Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 11 juillet 2024

« Paris 1874. Inventer l’impressionnisme »

Le musée d’Orsay présente l’exposition « Paris 1874. Inventerl’impressionnisme » (Paris 1874. The Impressionist Moment). « Forte de quelque 160 oeuvres, celle-ci propose de poser un regard neuf une période-clé » de l’histoire de l’art : l’organisation au début de la IIIe République, par des artistes venant d’horizons divers - Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Sisley, Cézanne - d’une exposition indépendante, distincte du Salon officiel, à Paris, le 15 avril 1874. Un critique qualifie ces artistes d’« impressionnistes ». « Les impressionnistes ont été les premiers à se détacher de règles jugées trop strictes, accueillant des femmes artistes, rejetant les sujets traditionnels et renversant les conventions pour créer une nouvelle façon de voir ».  

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« Il y a 150 ans, le 15 avril 1874, au 35 Boulevard des Capucines, ouvrait la première exposition impressionniste. Un groupe d’artistes de tous horizons, parmi lesquels Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Sisley ou encore Cézanne, décident de s’affranchir des règles et des parcours établis en organisant une exposition indépendante : ainsi naît l’impressionnisme. Le musée d’Orsay, qui abrite la plus importante collection au monde d’œuvres de ce mouvement, célèbre ce 150eme anniversaire en grand : en conviant son public à redécouvrir cette exposition majeure intitulée Paris 1874. Inventer l’impressionnisme qui, en 1874, finira par s’inscrire dans le cours de l’histoire de l’art, et en prêtant nombre de chefs-d’œuvre de sa collection impressionniste à travers toute la France. »

« Paris, 1874 : c’est à cette date, considérée encore aujourd’hui comme le coup d’envoi des avant-gardes, que « s’invente » l’impressionnisme. Que s’est-il passé exactement en ce printemps 1874 ? Quel sens donner aujourd’hui à une exposition devenue légendaire ? Que sait-on d’une manifestation dont on ne conserve aucune image, et où les artistes aujourd’hui qualifiés d’« impressionnistes » étaient en fait largement minoritaires ? Tel est l’enjeu de Paris 1874 : entrer dans la fabrique d’un mouvement artistique émergeant d’un monde en pleine mutation, et revenir sur une exposition visitée en son temps par seuls quelques milliers de curieux, mais dont le retentissement exceptionnel se prolonge jusqu’à aujourd’hui. »

« A partir de recherches neuves, l’exposition fait le point sur les circonstances ayant amené cette trentaine d’artistes, dont sept seulement sont considérés comme « impressionnistes », à se réunir pour montrer leur art en toute indépendance. Le climat de leur époque est celui d’un après-guerre, faisant suite à deux conflits : la guerre franco-allemande de 1870, perdue contre la Prusse, puis une violente guerre civile. Dans ce contexte de crise, les artistes repensent leur art et explorent de nouvelles directions. Avides d’autonomie, contestant un système académique qui le plus souvent les rejette, Monet, Degas, Morisot, Pissarro et leurs amis ou confrères se rassemblent sous forme de société anonyme coopérative pour exposer leur travail, au plein cœur du Paris moderne – au 35 boulevard des Capucines, dans l’ancien atelier du photographe Nadar –, en une présentation qui n’a rien d’homogène. Des scènes de la vie moderne ou de plein-air, à la touche enlevée, rapidement exécutées, y côtoient des tableaux plus conventionnels, de même que des gravures, sculptures et émaux. De cet assemblage d’environ 200 oeuvres, éminemment divers et inclassable, se dégage un désir commun : celui de faire carrière, en parallèle – ou en complément – de la voie officielle, et d’affirmer leur liberté. »

« Paris 1874. Inventer l’impressionnisme rassemble une sélection d’oeuvres ayant figuré à l’exposition impressionniste de 1874, mise en perspective avec des peintures montrées au Salon de cette même année, ainsi que des sculptures : oeuvres aux sujets religieux ou historiques, au « faire » léché, mais où se dessinent de nouvelles tendances, davantage en prise avec la vie contemporaine. Cette confrontation inédite entre les « indépendants » et les « académiques » permet de revivre et de souligner le choc visuel des oeuvres exposées par les impressionnistes cette année-là, mais aussi de le nuancer. »

« Invitation à reconsidérer nos aprioris – en regardant de près la peinture des impressionnistes, et en la replaçant dans le contexte de son époque – Paris 1874. Inventer l’impressionnisme souligne la richesse et les contradictions de la création contemporaine au printemps 1874. L’exposition présente des prêts exceptionnels, notamment Impression, soleil levant de Claude Monet, dont le titre inspire le terme d’« impressionniste » - une moquerie de journaliste qui finira pourtant par donner son nom à ce mouvement artistique et sceller son succès. »

« Avant tout, Paris 1874. Inventer l’impressionnisme propose au visiteur de s’interroger sur ce qui, en 1874, constitue une oeuvre impressionniste : à quoi tiennent sa différence et sa nouveauté ? Jugée au départ déroutante et bâclée, cette peinture est aujourd’hui unanimement plébiscitée, innervant toute une part de notre univers visuel. Un siècle et demi après son émergence, il est temps de faire le point sur l’impressionnisme tel qu’il éclot au printemps 1874, et de réexaminer sa radicalité. »

« Au musée d’Orsay, l’exposition « Paris, 1874. Inventer l’impressionnisme » rassemble une sélection d’oeuvres ayant figuré à l’exposition impressionniste de 1874, mise en perspective avec des peintures montrées au Salon de cette même année, ainsi que des sculptures : oeuvres aux sujets religieux ou historiques, au « faire » léché, mais où se dessinent de nouvelles tendances, davantage en prise avec la vie contemporaine. En une centaine d’oeuvres, l’exposition célèbre l’anniversaire d’un événement historique aujourd’hui considéré comme le coup d’envoi des avant-gardes. »

« Cette exposition est organisée par le musée d’Orsay et la National Gallery of Art, Washington où elle sera présentée du 8 septembre 2024 au 19 janvier 2025. »

Le Commissariat est assuré à Paris par Sylvie Patry, conservatrice générale du patrimoine / directrice artistique, Mennour, Paris, et Anne Robbins, conservatrice Peinture, musée d’Orsay, assistées de Caroline Gaillard et Estelle Bégué, musée d’Orsay, et à Washington par Mary Morton, curator and Head of the Department of French Paintings, National Gallery of Art, Washington D.C., Kimberly A. Jones, curator of 19th-Century French Paintings, National Gallery of Art, Washington D.C.

Avec le soutien exceptionnel du Musée Marmottan Monet et de l’Académie des beaux-arts, Paris
Avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France

Une programmation culturelle - conférences, colloque, concerts - accompagne l'exposition.

• « Le musée d’Orsay propose également de passer « Un soir avec les impressionnistes, Paris 1874 » en vivant une expédition immersive en réalité virtuelle d’une ampleur inédite qui plonge le public au coeur de la soirée d’inauguration de la première exposition impressionniste, le 15 avril 1874. Equipé de casques à remonter le temps, le visiteur parcourt le Boulevard des Capucines et entre dans les anciens ateliers du photographe Nadar pour découvrir la première exposition impressionniste et les moments clefs qui ont mené à cette aventure humaine et artistique, à la rencontre de Monet, Renoir, Degas, Pissarro, Morisot, etc. »




• « Enfin, avec « Les 150 ans de l’impressionnisme avec le musée d'Orsay », opération territoriale sans précédent, depuis février et jusqu’à la fin de l’été, cet anniversaire est célébré à travers toute la France grâce aux prêts de 178 chefs-d'œuvre du musée d'Orsay accordés à 34 institutions muséales. »



Parcours de l’exposition
« L’exposition se divise en 11 sections thématiques et comprend 157 oeuvres et documents d’archives, dont 89 peintures, 7 sculptures, 53 œuvres d’arts graphiques. »
« INTRODUCTION
PARIS ENTRE RUINES ET RENOUVEAU
1. CHEZ NADAR
2. PEINDRE LE PRESENT, EXPOSER PAR SOI-MEME
3. 15 AVRIL 1874 : UNE EXPOSITION INDÉPENDANTE ET ÉCLECTIQUE
4. LE SALON DE 1874
5. LE SALON, LA GUERRE ET LA DEFAITE
6. CONVERGENCES
7. LA VIE MODERNE COMME MOTIF
8. L’ECOLE DU PLEIN AIR
9. FAIRE SENSATION : « IMPRESSION » ET AVANT-GARDE
10. 1877 : L’EXPOSITION DES IMPRESSIONNISTES »

Textes de salles
Introduction
« À Paris, le 15 avril 1874 ouvre une exposition qui marque la naissance d’un mouvement artistique parmi les plus célèbres au monde, l’impressionnisme. Pour la première fois, Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Cézanne et Sisley se réunissent en toute indépendance pour exposer leurs oeuvres : des tableaux clairs et lumineux, traduisant avec une touche rapide et enlevée leurs impressions fugitives ressenties devant le motif. Ils s’émancipent ainsi du Salon, grande exposition officielle dominant la vie artistique parisienne, et gardienne de la tradition académique. À une époque marquée par des bouleversements politiques, économiques et sociaux, les impressionnistes proposent un art en prise avec la modernité. Leur manière de peindre « ce qu’ils voient, […] comme ils le voient » surprend et déroute. »

« Que s’est-il joué pendant ces quelques semaines ? En une sélection d’oeuvres issues de l’exposition de ces artistes indépendants, ou du Salon, Paris 1874. Inventer l’impressionnisme célèbre le 150e anniversaire d’un printemps décisif. L’exposition explore les coulisses et les enjeux d’un événement devenu légendaire, souvent considéré depuis comme le coup d’envoi des avant-gardes. »
Paris entre ruines et renouveau
« À Paris, au printemps 1874, le souvenir de la guerre franco-allemande de 1870 et de l’insurrection révolutionnaire de la Commune, l’année suivante, reste très vif. La capitale a été considérablement dégradée par ces événements dramatiques. Dès 1871, la reconstruction commence. Ces travaux prolongent les transformations entamées pendant le Second Empire, sous l’égide du baron Haussmann, préfet de la Seine, comme le percement de grands axes de circulation, l’édification de gares, la création d’espaces verts, ou encore la construction du nouvel Opéra. Le bâtiment de Charles Garnier s’inscrit dans un quartier complètement remodelé avec ses larges avenues et ses grands boulevards. C’est au coeur du Paris des affaires, du luxe et des spectacles, en plein renouveau, que se tient la première exposition impressionniste. »

1. Chez Nadar
« À la fin des années 1860, des artistes, parmi lesquels, Monet, Sisley, Renoir, Degas, Pissarro et Bazille élaborent, en pleine nature ou en ville, une peinture neuve, toute d’atmosphère et de perception, à la touche enlevée ».

« Ils sont rassemblés en réseaux d’amitiés, ou liés par des affinités esthétiques, et réfléchissent à s’associer pour organiser leur propre exposition – hors des circuits officiels et du système du Salon, dont ils sont souvent exclus. »

« Bazille est confiant : « Nous sommes sûrs de réussir. Vous verrez qu’on parlera de nous ». La guerre de 1870, qui les sépare, en mobilise certains, et fauche Bazille, brise leur élan. Leur projet d’exposition indépendante ne prend forme que trois ans plus tard, consolidé par l’intérêt manifeste de certains collectionneurs et marchands, dont Paul Durand-Ruel. Ces artistes se constituent en « Société anonyme des peintres, sculpteurs, graveurs, etc. », et partent à la recherche d’adhérents supplémentaires. Degas, qui « s’agite et travaille l’affaire, avec assez de succès », trouve un local à l’emplacement idéal, près du nouvel opéra : l’ancien atelier du photographe Nadar, au 35 boulevard des Capucines. « Il y a là de l’espace et une situation unique », note Degas : sept ou huit salles, sur deux niveaux, en pleine lumière, desservies par un ascenseur. Autre nouveauté, l’exposition sera ouverte en nocturne, éclairée au gaz, pour attirer une clientèle plus large. « Si on remue ainsi quelques milliers de gens, ce sera beau », espère Pissarro. »

2. Peindre le présent, exposer par soi-même
« Le 15 avril 1874, l’exposition de la « Société anonyme » ouvre ses portes, avec quelque 200 œuvres sélectionnées par les artistes eux-mêmes – sans la sanction d’un jury, ni l’entremise d’un marchand. »

« Elles sont accrochées par leurs soins, dans l’ancien atelier de Nadar, sur des murs tapissés de laine brun-rouge. Il ne subsiste de cette exposition, pour s’en faire une idée, que des témoignages écrits et son livret. La première salle, évoquée ici, sans doute installée par Renoir, fait la part belle à sa peinture, avec d’éblouissants instantanés de la vie moderne, du Paris de la mode et des divertissements : ses boulevards, ses danseuses et ses spectateurs, autant de motifs également observés par Monet et Degas. »

« Vous qui entrez, laissez tout préjugé ancien ! », prévient le critique Prouvaire, notant quelques jours après l’ouverture que certains des tableaux de cette exposition sans nom – puisqu’anonyme – « donnent avant tout « l’impression » des choses, et non leur « réalité même ».

3. 15 avril 1874 : une exposition indépendante et éclectique
« L’exposition réunit 31 artistes ayant surtout en commun d’avoir payé leur cotisation. Ils sont d’âges et d’horizons divers : près de 40 ans séparent le doyen Adolphe-Félix Cals du cadet Léon-Paul Robert, et le milieu social des grands bourgeois Degas ou Morisot est très éloigné de celui de l’anarchiste Pissarro et des communards Ottin et Meyer. Ce n’est pas non plus un principe esthétique qui les rassemble, mais plutôt une même volonté d’exposer librement et de vendre leur travail. »

« Leurs oeuvres sont d’une étonnante variété de sujets, de techniques et de styles. On y trouve deux fois moins de peintures que d’oeuvres sur papier, dont une quarantaine d’estampes, de même qu’une dizaine de sculptures et quelques émaux. Des paysages très esquissés, des scènes de chasse ou de course, voire une vue de maison close, côtoient des gravures d’après Holbein, des intérieurs de synagogue ou un buste d’Ingres. L’entrée est payante, ainsi que le catalogue, et les oeuvres sont assez onéreuses. 3 500 visiteurs environ verront l’exposition. La société, largement déficitaire, sera dissoute. »

« Seule une poignée de peintures de Sisley, Monet, Renoir et Cézanne, trouvent preneur. Un critique raille la « forte quantité de croûtes », tandis que d’autres discernent « sept ou huit oseurs, des œuvres desquels [...] s’échappe un impérieux sentiment du vrai ».

4. Le Salon de 1874
« Au Palais de l’Industrie et des Beaux-Arts, avenue des Champs-Élysées – à vingt minutes à pied du boulevard des Capucines –, le Salon ouvre ses portes le 1er mai 1874. Incontournable vitrine de la production artistique du moment, cette gigantesque exposition officielle est un événement annuel où le public se presse en masse. Il est aussi essentiel pour les artistes, car depuis deux siècles, c’est là que se jouent leur succès et leur carrière. Soigneusement sélectionnés par un jury sous l’égide de la Direction des Beaux-Arts, plusieurs milliers d’oeuvres se côtoient, dont près de 2 000 peintures accrochées bord à bord : « grandes machines » – immenses tableaux à sujet historique, religieux ou mythologique –, scènes de genre anecdotiques, tableaux « orientalistes », nombreux paysages ou portraits léchés. La plupart de ces oeuvres sont à mille lieues des tableaux « trop frais peints » des futurs impressionnistes, parfois arbitrairement rejetés dans les années 1860. En 1874, même si son jury est particulièrement sévère, le Salon n’est « ni plus mauvais ni meilleur » que les années précédentes, selon le critique Castagnary : « Ce qui lui fait défaut, c’est l’oeuvre capitale […] qui […] devient une date dans l’histoire de l’art. » En effet, cette année-là, l’exposition qui passera à la postérité n’est pas le Salon. »

5. Le Salon, la guerre et la défaite
« En parcourant les 24 salles de peintures du Salon, le romancier et critique d’art Émile Zola se lamente : « Des tableaux, toujours des tableaux », des salles « long[ues] comme de Paris en Amérique », puis descend vers la nef des sculptures, aspirant à « fumer un cigare ». Il observe que les oeuvres qui passionnent le public sont « les scènes tragiques de la dernière guerre » qui s’est soldée par la défaite de la France face à la Prusse. Ces peintures et ces sculptures résonnent auprès des visiteurs, qu’il s’agisse de représentations directes, comme la scène de bataille de Detaille illustrant la tragique journée de Reichshoffen, le 6 août 1870, ou nettement plus symboliques comme le tableau de Maignan, un épisode de la conquête normande, évoquant le sacrifice et le deuil. »
« En 1874, bien des artistes, officiels ou indépendants, ont vu cette guerre de près. Le Salon, qui en 1872 avait exclu des oeuvres sur ce sujet d’une actualité encore très vive, s’est ouvert à ce thème contrairement à celui de la Commune, qui n’y sera pas représentée. Les futurs impressionnistes se détournent de ces deux sujets au profit d’autres aspects de leur époque. »

6. Convergences
« En 1874, le Salon, tout comme la première exposition dite « impressionniste » dont il diffère apparemment en tout point, par son échelle et ses principes d’organisation – montre des œuvres offrant une certaine vision du présent. Cette institution séculaire n’est plus la vitrine d’un art exclusivement académique ; des oeuvres tout à fait radicales, comme Le Chemin de fer de Manet y trouvent leur place. Manet, invité quelques semaines auparavant par ses confrères à exposer avec eux au 35 boulevard des Capucines, refuse obstinément, car il ne veut pas s’abstraire du Salon – selon lui le seul véritable champ de bataille pouvant mener au succès. »
« Tous les artistes qui en sont rejetés – comme Éva Gonzalès, avec une peinture de la vie moderne, ne rallient pas pour autant l’exposition indépendante. Enfin, pas moins de douze artistes préfèrent multiplier leurs chances d’être vus, et de vendre, en présentant simultanément des oeuvres à l’exposition de la Société anonyme et au Salon. Même parmi les futurs impressionnistes, tous ne sont pas définitivement « revenus » du Salon ; beaucoup y retourneront quatre ou cinq ans plus tard. Outre deux importants tableaux « refusés », cette section rassemble les oeuvres d’artistes présents à la fois à la première exposition impressionniste et au Salon de 1874. La ligne de partage entre tradition et avant-garde est, en 1874, encore très poreuse. »

7. La vie moderne comme motif
« En 1863, le poète Charles Baudelaire fait de la « modernité » – un mot apparu au XIXe siècle – une composante du beau. Industrialisation, mondialisation, urbanisation : tout change rapidement. À l’exposition de 1874, une trentaine de tableaux font écho à ces évolutions et à l’avènement d’un mode de vie urbain et bourgeois, de la sphère domestique aux rues de Paris rénovées, en passant par le développement des loisirs et des lieux de spectacle. En dehors de Degas, qui montre une blanchisseuse en plein travail, les impressionnistes peignent surtout la « high life », comme on dit alors pour désigner la haute société. Au Salon aussi, on peut voir des scènes de la vie moderne, mais souvent abordées de manière anecdotique ou moralisatrice. Pour les impressionnistes, le temps présent n’est pas seulement un réservoir de sujets nouveaux. C’est une manière neuve de voir et de peindre un monde en proie à l’accélération du temps et en perpétuel mouvement. Ils rapprochent ainsi l’art de la vie. »

8. L’Ecole du plein air
« C’est sous cette bannière que le critique Ernest Chesneau rassemble certains des participants à l’exposition de la Société anonyme de 1874. Cette manière de peindre rapidement, sur le motif, la nature et les effets changeants de l’atmosphère, se pratique pourtant depuis la fin du XVIIIe siècle. »
« Cependant les impressionnistes innovent, car s’ils n’exécutent pas intégralement leurs tableaux en extérieur, ils placent au coeur du processus de travail de l’oeuvre aboutie ce qui n’était pour leurs prédécesseurs qu’un exercice, une étape préparatoire. L’importance accordée au paysage par Monet, Sisley et Pissarro reflète aussi un goût plus général. Depuis le milieu du XIXe siècle, au Salon comme sur le marché de l’art, le paysage s’affirme comme le « genre moderne », dans l’esprit du temps. »
« Chintreuil et Daubigny, peintres de la génération précédente, présents au Salon en 1874, revitalisaient déjà une production de paysages en phase avec la nostalgie du public pour une campagne vue comme éternelle et intacte, au moment-même où la nature est menacée par l’urbanisation et l’industrialisation. »

9. Faire sensation : « impression » et avant-garde
« Impression, soleil levant a-t-il vraiment donné son nom à l’impressionnisme en 1874 ? C’est à la fois vrai et faux. Le titre du tableau a en effet inspiré, avec d’autres paysages de Monet, Pissarro et Sisley, le mot « impressionniste » au journaliste Louis Leroy, ironisant sur cette nouvelle peinture. Mais, hormis ce sarcasme, le mot ne s’impose pas encore et le tableau, passé à peu près inaperçu en 1874, ne devient célèbre qu’au début du XXe siècle. »
« Avec cette « impression », Monet transgresse les usages. Il affirme ainsi son désir de transcrire un effet fugitif de la lumière, une sensation subjective, plutôt que de décrire un lieu. Cette intention était probablement renforcée par la présence dans l’exposition de 1874 de pastels accrochés à proximité, et d’études de ciel de son maître, Eugène Boudin, car, contrairement aux usages du Salon officiel, les impressionnistes exposaient ensemble dessins et peintures. »
« Cette quête d’instantanéité ne signifie pas que les tableaux impressionnistes sont peints en une seule fois sur le motif. Impression, soleil levant a réclamé plusieurs séances. Il s’agit pourtant de préserver, y compris quand l’oeuvre est retravaillée en atelier, la fraîcheur de la sensation première, de donner l’impression d’une impression. »

10. 1877 : l’exposition des impressionnistes
« Le 4 avril 1877, la troisième exposition des impressionnistes ouvre ses portes, grâce à la détermination et au financement de Gustave Caillebotte, recrue récente, à la fois peintre et mécène. Elle succède aux expositions de 1874 et de 1876. Décevantes d’un point de vue commercial, elles ont néanmoins installé l’idée qu’un mouvement nouveau était né. Ainsi, pour la première et unique fois, les artistes qui exposent en ce printemps 1877 se proclament « impressionnistes ». Ils publient même un journal sous ce titre. Dans un vaste appartement parisien situé au 6 rue Le Peletier sont présentées 245 œuvres de 18 artistes dont deux femmes, Berthe Morisot et la marquise de Rambures, une amie de Degas. »
« Par son exceptionnelle qualité et la primauté accordée à la célébration de la vie moderne, l’édition de 1877 restera peut-être la plus impressionniste de toutes ces expositions. Cinq autres manifestations collectives suivront jusqu’en 1886, mais aucune n’aura la force d’un manifeste. Résolument rétifs à toute théorie, profondément individualistes, les impressionnistes n’en continueront pas moins d’inventer de nouvelles manières de voir et de peindre le monde. »



CHRONOLOGIE

« 1839 - 1841
Naissance de Paul Cézanne, Alfred Sisley, Claude Monet, Berthe Morisot et Auguste Renoir. Camille Pissarro et Edgar Degas, leurs aînés, sont nés en 1830 et 1834.
1858-1859
Monet fait la connaissance de Pissarro à Paris.
1861
Monet effectue son service militaire en Algérie. Pissarro rencontre Cézanne et Armand Guillaumin.
1862
Édouard Manet et Edgar Degas font connaissance au musée du Louvre.
Monet peint en plein air avec Johan Barthold Jongkind et Eugène Boudin près du Havre. Frédéric Bazille, Monet, Renoir et Sisley se forment dans l’atelier de Charles Gleyre. Des sociétés d’artistes, comme la Société nationale des Beaux-Arts, sont fondées afin de « rendre l’art indépendant et […d’] apprendre aux artistes à faire eux-mêmes leurs affaires ». Avec ces expositions, le marché privé se développe parallèlement aux circuits officiels, dominés par le Salon et les achats de l’Etat.
1863
En marge du Salon se tient le premier « Salon des Refusés », ordonné par Napoléon III, où sont présentées les œuvres rejetées par le Jury. Édouard Manet et James Whistler y font scandale.
1864
Débuts de Morisot et de Renoir au Salon, rejoints l’année suivante par Degas et Monet.
1866
Succès de Monet au Salon avec Camille, dit aussi La Femme à la robe verte, un grand portrait en pied de sa compagne. Première participation de Bazille.
1867
Bazille et Renoir partagent un atelier à Paris, dans le quartier des Batignolles, où se retrouvent les futurs impressionnistes.
Tous refusés au Salon, ils envisagent une exposition indépendante : « Nous avons donc résolu de louer chaque année un grand atelier où nous exposerons nos oeuvres […] nous sommes sûrs de réussir », écrit Bazille à sa mère.
En marge de l’Exposition universelle, Manet et Gustave Courbet font chacun construire un pavillon pour y organiser leur exposition.
Vers 1868-1869
Morisot et sa soeur Edma, Manet et Degas se rencontrent et se fréquentent au Louvre ou au gré des soirées organisées par leurs familles.
1870
19 juillet
Début de la guerre entre la France et l’Allemagne. La capitulation de Napoléon III le 2 septembre, à la suite de la défaite de Sedan, entraîne la chute du Second Empire. La Troisième République est proclamée deux jours plus tard.
Manet, Degas et Renoir sont engagés dans les combats. Bazille est tué en novembre.
Cézanne part dans le sud de la France.
Monet et Pissarro se réfugient à Londres où ils rencontrent le marchand parisien Paul Durand-Ruel, qui lui aussi a fui la guerre. Il achète et expose leurs oeuvres.
1871
Des insurrections révolutionnaires dans plusieurs villes de France aboutissent, à Paris, à la proclamation du Conseil de la Commune le 28 mars.
Ce gouvernement ne dure que 72 jours et la Commune est violemment réprimée.
Certains peintres s’installent en dehors de Paris : Monet à Argenteuil, Cézanne à Auvers-sur-Oise, non loin de Pissarro établi à Pontoise. Sisley reste à Louveciennes. Ces lieux sont représentés dans les tableaux qu’ils exposeront en 1874.
1872
Au Salon, dit « de la défaite » (le premier depuis la fin de la guerre), les oeuvres faisant référence au conflit sont décrochées peu après l’ouverture.
En novembre, Monet, au Havre, peint son tableau Impression, soleil levant.
1873
Nouveau « Salon des Refusés » : Renoir et Guillaumin y exposent.
Le 27 décembre, Monet, Pissarro, Renoir et Sisley notamment, créent une Société anonyme : la « Société des artistes peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes ». Son objet est d’organiser des expositions indépendantes.
1874
17 janvier : première annonce du projet de l’exposition de la Société anonyme dans la presse. 
Le 15 avril, l’exposition ouvre dans les anciens ateliers du photographe Nadar, au 35 boulevard de Capucines. Elle va durer trente jours. 31 artistes y exposent plus de 200 oeuvres.
1er mai : ouverture du 91e Salon des artistes vivants (le « Salon ») au Palais de l’Industrie à Paris (aujourd’hui détruit, il était situé à l’emplacement de l’actuel Grand Palais). Il comprend près de 4000 oeuvres toutes techniques confondues.
15 mai : fermeture de l’exposition impressionniste. Le bilan financier fait état de plus de 3500 visiteurs. Quatre oeuvres ont été vendues. Une soixantaine d’articles ou de mentions ont paru dans la presse.
Le 25 avril, un journaliste publie un article satyrique intitulé « L’exposition des impressionnistes », en référence à Impression, soleil levant de Monet et à d’autres oeuvres, également moquées. Quatre jours après, sous la plume du critique Castagnary, le terme « impressionniste » est utilisé pour la première fois de manière positive : « Ils sont impressionnistes en ce sens qu'ils rendent non le paysage, mais Ia sensation produite par le paysage. »
20 juin : fermeture du Salon qui a accueilli près de 300 000 visiteurs. 168 oeuvres ont été achetées par l’Etat. Un quart des participants à l’exposition impressionniste y ont également exposé (comme Giuseppe De Nittis, Stanislas Lépine ou Zacharie Astruc).
17 décembre : face aux mauvais résultats financiers de leur exposition, les membres de la Société anonyme doivent la mettre en liquidation.
1875
Première vente « impressionniste » à l’hôtel Drouot, organisée par Monet, Renoir, Alfred et Morisot. C’est un échec : pour la grande majorité des oeuvres, les prix « au marteau » n’excèdent pas 250 francs.
1876
1er Avril- 30 avril : deuxième exposition du groupe à la galerie Durand-Ruel, 11 rue Le Peletier (louée pour l’occasion). Nouveau venu, Gustave Caillebotte en devient l’un des membres les plus actifs.
Edmond Duranty, romancier et ami de Degas, publie La Nouvelle Peinture, qui place l’impératif de la vie moderne et de la lumière au coeur des préceptes esthétiques des exposants.
1877
4 avril, 30 avril : troisième exposition dans un appartement loué au 6 rue Le Peletier à Paris. Pour la première et unique fois, les artistes la nomment eux-mêmes « exposition impressionniste », et publient une revue qui reprend ce terme : L’Impressionniste : journal d’art. Quatre numéros paraîtront.
1879-1886
Cinq autres expositions impressionnistes auront lieu : l’organisation, les lieux et les membres seront à chaque fois différents. Du groupe initial de 1874, seuls Pissarro, Morisot (sauf en 1879) et Degas (sauf en 1882) y participeront. Ils seront rejoints par Marie Bracquemond et Mary Cassatt (qui en 1874 exposaient au Salon), ainsi que par Paul Gauguin, Georges Seurat, Paul Signac et Odilon Redon. »


Du 26 mars au 14 juillet 2024
Esplanade Valéry Giscard d’Estaing 75007 Paris
Niveau 0, Grand espace d’exposition
Tél. : 01 40 49 48 14
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 18h.
Nocturne les jeudis jusqu’à 21h45.
Gratuit tous les premiers dimanches du mois.
Visuels :
Affiche
Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872,
huile sur toile, Paris, musée Marmottan Monet, don Eugène et Victorine Donop de Monchy, 1940. Inv. 4014.
© Musée Marmottan Monet / Studio Christian Baraja SLB.

Berthe Morisot (1841-1895)
La Lecture
1873
Huile sur toile
46 x 71,8 cm
Cleveland, The Cleveland Museum of Art, Gift of the Hanna Fund
© Image Courtesy of the Cleveland Museum of Art

© Excurio – GEDEON Experiences –
musée d’Orsay, Paris.

Félix Nadar (1820-1910)
Façade de l’atelier de Nadar, 35, boulevard des Capucines à Paris
Vers 1861
Épreuve sur papier albuminé d’après négatif sur plaque de verre au collodion
24,4 x 19,1 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France, département des estampes et de la photographie,
EO-15(1)-FOL
Bibliothèque nationale de France

Edgar Degas (1834–1917)
Classe de danse
Vers 1870
Huile sur bois
19,7 x 27 cm
New-York, The Metropolitan Museum of Art, H. O.
Havemeyer Collection, Bequest of Mrs. H. O.
Havemeyer, 1929
Image Courtesy of the Metropolitan Museum of Art

Camille Pissarro (1830-1903)
Le Jardin de la ville, Pontoise
1874
Huile sur toile
60 x 73 cm
New-York, The Metropolitan Museum of Art, Gift of Mr. and Mrs. Arthur Murray, 1964
Image Courtesy of the Metropolitan Museum of Art


Cary Grant (1904-1986)


Cary Grant (1904-1986) est un élégant acteur anglo-américain qui, après avoir débuté à Broadway, a poursuivi en 1931 une brillante carrière à Hollywood, excellant dans les screwball comedies (comédies loufoques) ou les drames, sous la direction d’Hitchcock, de Cukor, de Hawks, Walsh, Capra. Il a manifesté sa remarquable intelligence dans le choix pertinent de ses films et dans ses investissements financiers judicieux. Arte diffusera le 12 juillet 2024 à 13 h 30 "Rien ne sert de courir" de Charles Walters avec Cary Grant, Jim Hutton, Samantha Eggar.


« Tout le monde voudrait être Cary Grant. Moi aussi, je veux être Cary Grant ! », plaisantait Cary Grant, qui pensait être en partie juif.

Avec lucidité, il analysait : « J'ai probablement choisi cette profession à la recherche d'approbation, d'adulation, d'admiration et d'affection. J'ai passé la plus grande partie de ma vie à osciller entre Archie Leach et Cary Grant, peu sûr de chacun d'entre eux, les suspectant tous les deux »

Né Archibald Alexander Leach, en 1904 à Bristol, Cary Grant « se retrouve à 11 ans pratiquement orphelin quand son père fait interner sa mère sans le lui dire dans une institution psychiatrique et s'en va refaire sa vie ailleurs ». Une mère qui le surprotégeait et fondait de grands espoirs en lui. A 11 ans, Archibald doit se débrouiller seul, sans son père qui l'a confié à sa grand-mère. Archibald découvre émerveillé le monde du spectacles, et âgé de 14 ans rejoint une troupe d'acrobates qui se produit en Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis en 1920. En 1922, il décide de demeurer à New York. A la fin des années 1920, il est choisi en fonction de sa beauté pour des comédies musicales. Il passe des vacances en Californie. En 1932, il signe un contrat avec la Paramount, et prend le nom de Cary Grant. Il en espère la "plénitude et la sérénité". Cary Grant apprend à jouer devant la caméra, aux côtés de Mae West et Marlene Dietrich.

Le « futur héros de La mort aux trousses, disparu en 1986, vivra l'absence maternelle comme un abandon qui le suivra la majeure partie de sa vie, au fil des échecs successifs de ses relations amoureuses ».

En 1935, dans Sylvia Scarlett de George Cukor, Cary Grant s'impose. La même année, son père décède de cirrhose aiguë. La première femme de Cary Grant a demandé le divorce.

A Hollywood, Cary Grant choisit rapidement l’indépendance à l’égard des grands studios, sélectionne les scénarios et réalisateurs avec discernement, et opère des investissements judicieux qui assurent son aisance financière. Il peaufine son personnages dans des comédies loufoques (screwball comedies). 


En 1936, Cary Grant découvre que sa mère est en vie, internée depuis 21 ans à la demande de son père. Il la fait sortir de l'asile et l'installe à Bristol. Il la verra jusqu'à la fin de sa vie.


Conscient des enjeux de la Deuxième Guerre mondiale, il tente de s’engager. Il soutient le moral des troupes tout en travaillant à Hollywood. En 1942, son mariage avec la philanthrope Barbara Hutton prend fin.

« N'appartenant tout à fait ni à l'Angleterre de ses origines ni à l'Amérique de son succès, l'acteur tente de résoudre ses fêlures identitaires à travers des séances de psychothérapie sous LSD ». Sa troisième épouse Betsy Drake l'y encourage.

"La justice des hommes" 

"La justice des hommes" (Zeuge der Anklage) est réalisé par George Stevens (1942). 

"Un ouvrier injustement accusé rallie un juriste à sa cause pour prouver son innocence... "La justice des hommes" (The Talk of the Town) est une délicieuse comédie policière de George Stevens ("Géant"), avec Cary Grant et Jean Arthur."

 "Accusé par Andrew Holmes d'avoir incendié son usine et causé la mort d'un homme, Leopold Dilg, un ouvrier contestataire, est arrêté. Après s'être évadé de prison au beau milieu de son procès, Leopold trouve refuge dans la maison de Nora. Cette dernière, professeure de lycée, a loué pour les vacances une partie de sa demeure à Michael Lightcap, un éminent spécialiste du droit pénal. Après avoir passé la nuit dans le grenier, le fugitif s'aventure au petit matin dans le jardin où le professeur prend son petit déjeuner. Lorsque les deux hommes confrontent vivement leurs points de vue sur la justice, Nora fait passer Leopold pour son jardinier…"

"De joutes verbales en parties d'échecs, le prolétaire en cavale (Cary Grant) et le juriste pétri de savoir livresque (Ronald Colman) apprennent à s'apprécier, couvés par leur hôtesse (Jean Arthur), qui tricote, assure l'intendance et apporte son grain de sel aux conversations. Autour de ce drôle de ménage à trois, George Stevens (Une place au soleil, Géant…) dirige une délicieuse comédie policière, où les échanges en pyjama et les quiproquos en rafale accompagnent les coups de griffe contre des élites malhonnêtes ou corrompues (représentants de l'institution judiciaire, policiers, patrons…) et l'enquête pour faire éclater la vérité. Nommé en 1943 aux Oscars dans sept catégories, dont celles du meilleur film et du meilleur scénario, un film à redécouvrir, ne serait-ce que pour le plaisir de voir Cary Grant cabotiner."

Au début des années 1950, Cary Grant songe à quitter le cinéma, mais accepte la proposition de Hitchcock de tourner dans La Main au collet, puis dans La Mort aux trousses.

"Allez coucher ailleurs" 
"Allez coucher ailleurs" (Ich war eine männliche Kriegsbraut ; I Was a Male War Bride) est réalisé par Howard Hawks. 

"En 1945, un officier français se fait passer pour une "épouse de guerre" pour suivre sa belle en Amérique... Une savoureuse comédie de Howard Hawks, avec Cary Grant et Ann Sheridan".

"Dans l’immédiat après-guerre, en Allemagne, le capitaine français Henri Rochard et le lieutenant américain Catherine Gates, qui ont déjà fait équipe lors de précédentes opérations, sont envoyés à Bad Nauheim pour convaincre un ingénieur de se mettre au service de la France. À l’issue de cette mission mouvementée, ils s’avouent leur amour et décident de se marier. Mais en vertu de règlements militaires absurdes, Henri se voit contraint d'adopter le statut d’"épouse de guerre" pour obtenir le droit de suivre sa femme aux États-Unis…"

"Cette comédie méconnue de Hawks constitue un divertissement des plus réjouissants : aux prises de bec incessantes du duo, qui dissimule son attirance mutuelle sous un déluge de bravades, succède une série d'abracadabrantes péripéties bureaucratiques. Gentiment martyrisé par la pétulante Ann Sheridan, Cary Grant, partagé entre révolte et autodérision, affronte les situations les plus cocasses, jusqu’à son improbable travestissement en infirmière. Ainsi doit-il répéter "je suis une épouse de soldat en route pour les USA selon la loi 271 du Congrès" à tout bout de champ à une pléiade de militaires aussi bornés que médusés. Avec gags et dialogues savoureux – dont certains plus ou moins subtilement connotés, les deux époux se retrouvant privés de nuit de noces par le rapatriement inopiné de l’unité de Catherine –, un régal de comédie romantique."

"Chérie, je me sens rajeunir"
Le 21 février 2018 à 13 h 35, Arte diffusa "Chérie, je me sens rajeunir" de Howard Hawks (1952).

"Cary Grant joue les savants fous en compagnie de Ginger Rogers et Marilyn Monroe dans un classique de la comédie américaine. Une véritable potion magique concoctée par Howard Hawks !"

"Le professeur Barnaby Fulton travaille à l’élaboration d’une formule pour rajeunir. Sa femme, Edwina, accepte avec tendresse ses éternels oublis et sa distraction. Dans le laboratoire de Barnaby, un singe renverse une préparation dans la fontaine à eau. Après avoir avalé un verre d’eau, le professeur rajeunit miraculeusement. Mais cette cure de jouvence engendre quelques problèmes dans son couple…"

"Dans cette comédie du remariage, un couple gagné par la routine va être sauvé par un véritable coup de jeune, dans tous les sens du terme. Le film abonde en clins d’œil et sous-entendus sexuels qui font, aujourd’hui encore, tout le sel du genre et le délice des spectateurs. La plastique impressionnante de Marilyn Monroe, secrétaire sans orthographe mais non sans qualités, ajoute du piment à l’affaire. Pour se retrouver, le couple vedette va devoir rajeunir, sans effets spéciaux ni maquillage, mais avec l’abattage irrésistible de deux monstres sacrés de l’écran, Cary Grant et Ginger Rogers".


"La main au collet"

"La main au collet" (1955) d'Alfred Hitchcock réunit Cary Grant et Grace Kelly. 

"Accusé à tort d’une série de cambriolages, "le chat" décide de mener sa propre enquête... Hitchcock s'amuse : sur fond de Côte d’Azur, une aventure enlevée, avec l'impeccable Cary Grant et la sublime Grace Kelly, image parfaite du fantasme hitchcockien".

"John Robie, alias "le chat", a renoncé aux vols de bijoux qui l’ont rendu célèbre avant la guerre. Profitant de l’amnistie que lui a valu son engagement dans la Résistance, il mène une retraite paisible au bord de la Méditerranée. Son passé resurgit pourtant brusquement lorsque de riches vacanciers de la Côte d’Azur sont victimes d’une vague de cambriolages portant sa signature. Accusé par tous, poursuivi par la police, "le chat" prend la fuite et part à la recherche du véritable criminel. Il fait rapidement la connaissance d’une cible idéale pour son usurpateur, une riche héritière américaine chaperonnée par sa mère…"

"La main au collet est une private joke en forme de conte de fées", écrivaient Rohmer et Chabrol. Mineur mais savoureux, ce film d'Hitchcock n’a d’autre ambition que de divertir et de réjouir les sens. L’intrigue, vaguement policière, n’a d’ailleurs aucune importance. Facétieux, le cinéaste propose l’histoire de deux captures sous le soleil méditerranéen : celle du voleur par Robie et celle de ce dernier par... une riche héritière. La fausse ingénue finit, à force de persévérance, par rattraper le félin par l’échine et lui mettre "la main au collet". Un hymen béni par belle-maman, qui viendra s’installer chez eux, un épilogue tragi-comique qui assombrit à peine une œuvre en tous points chatoyante. Le film est composé comme un poème mondain où les couleurs et les formes mènent la danse, dévoilant au passage un baiser, un chat courant sur un toit, un curieux bal masqué."

"La péniche du bonheur"
Réalisé en 1958 par Melville Shavelson, "La péniche du bonheur(Hausboot ; Houseboat) réunit Cary Grant et Sophia Loren. "Dépassé par les événements, un veuf engage une jolie Italienne pour s'occuper de ses trois enfants… Avec Cary Grant et Sophia Loren, une comédie familiale pleine de fantaisie."

"Séparé de sa femme, l'avocat Tom Winters s'est éloigné de ses jeunes enfants : David, Elizabeth et Robert. Après le décès brutal de son épouse, il refuse pourtant de voir la fratrie être éclatée entre ses beaux-parents et la famille de sa belle-sœur Carolyn. Emmenant avec lui ses trois bambins à Washington, où il travaille, Tom affronte leur ressentiment et se montre vite débordé par les questions d'intendance. Un soir, Robert échappe à sa surveillance et disparaît au milieu d'une fête foraine. Gina Zaccardi, la fille d'un prestigieux chef d'orchestre italien en tournée aux États-Unis, retrouve le petit garçon et le reconduit chez son père. D'emblée, la progéniture exige que Tom embauche Gina comme nounou…"

"Emberlificoté dans des événements qui le dépassent, Tom gère comme il peut les situations cocasses qui s'abattent sur sa petite famille, désormais installée sur une péniche. Les enfants alignent les réparties comiques tandis que Gina, élevée dans les meilleurs pensionnats européens, se révèle incapable de leur cuire un œuf. Nommé aux Oscars dans deux catégories (scénario et musique), La péniche du bonheur réunit pour la première fois Cary Grant et la jeune Sophia Loren, qui venait d'entamer sa carrière à Hollywood. Pleine de charme, leur romance à l'écran (et à la ville) pimente de fantaisie une adorable comédie familiale."

"Indiscret"
"Indiscret" (Indiskret ; Indiscreet) est une comédie réalisée par Stanley Donen (1958). 

"Au premier regard, une comédienne succombe au charme d'un expert financier. Mais celui-ci lui annonce qu'il est marié... Réunissant Ingrid Bergman et Cary Grant dans un duo de charme, une élégante comédie sentimentale mise en scène par Stanley Donen, maître du genre."

"Après avoir abrégé des vacances aux Baléares, Anna Kalman, comédienne de théâtre à la gloire désenchantée, est de retour chez elle à Londres. Ayant perdu toute illusion sur les hommes, la belle célibataire rencontre alors, grâce à sa sœur et à son beau-frère, Philip Adams, un irrésistible expert financier au charme duquel elle succombe au premier regard. Le parti idéal n’a qu’une faiblesse : il est marié et dans l’incapacité de divorcer. Bravant avec panache les conventions, le couple entame une liaison sans nuages, jusqu’au jour où Anna apprend que Philip lui a menti…"

"Impeccable fluidité de la mise en scène, audaces formelles dans une économie de lieux et subterfuges visuels empruntés au théâtre… : à partir du scénario de Norman Krasna adapté de sa pièce à succès et sur un très étroit fil narratif, Stanley Donen (Chantons sous la pluie) brode une délicieuse comédie et explore avec élégance la complexité du couple et de ses petits arrangements. Épris d’Anna, Philip, maladivement rétif à l’engagement, se retranche derrière un statut fictif d’homme marié pour éviter, avec elle comme avec ses conquêtes antérieures, l’invasion conjugale, tandis qu’elle s’égare avec volupté dans le rêve romantique de l’amour impossible. C’est cette partition délicate et à fleurets mouchetés qu’interprètent Cary Grant et Ingrid Bergman, stars assumant le flamboyant crépuscule de leur carrière, et qui se retrouvent à l’écran douze ans après avoir été réunis au sommet par Hitchcock dans Les enchaînés. Un duo de charme dont la classe souveraine infuse le film, discrète et subtile variation sur la guerre des sexes."

"La mort aux trousses"
"La mort aux trousses" (Der unsichtbare Dritte) est un film réalisé par Alfred Hitchcock (1959) avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason et Martin Landau. 

"La course effrénée de Roger Thornhill (l'immense Cary Grant) pour sauver sa peau... Perfection du suspense, ironie jubilatoire, érotisme discret : une mécanique de haute précision signée Alfred Hitchcock. Un très grand cru."

"Roger Thornhill, flegmatique publicitaire new-yorkais, est enlevé par deux hommes qui tentent de le tuer. Parvenant à leur échapper, il se rend au siège des Nations unies, à la suite d'un certain Townsend, qu’il prend pour l’un de ses ravisseurs. Mais ce dernier est assassiné et tout accuse Thornhill, qui doit désormais déjouer à la fois la police et les espions lancés à ses trousses. Sautant dans un train pour Chicago, il tombe sous le charme d’une blonde voyageuse, Eve Kendall, qui l’aide à se cacher. Mais se trouve-t-elle vraiment là par hasard ?"

"Seul en rase campagne, Cary Grant voit surgir un petit avion… Devenue séquence d’anthologie, sa course désespérée dans les plants de maïs a fini par résumer à elle seule la maestria du film. Mais, sur un tempo d’enfer qui ne s’apaise qu’à l’ultime minute, Cary Grant, inusable marathonien, passe pourtant d’un morceau de bravoure à l’autre, Alfred Hitchcock ayant demandé à son scénariste, Ernest Lehman, d’échafauder aussi une course-poursuite autour de deux lieux spectaculaires : le siège des Nations unies et le mont Rushmore, célèbre pour ses effigies de quatre présidents américains sculptées dans la roche. Les deux compères ont monté une mécanique jubilatoire millimétrée, où les ingrédients du plaisir hitchcockien – suspense, érotisme, humour et brio – s’articulent à la perfection. Un très grand cru."

"Opération jupons"
Arte diffusera le 20 janvier 2021 "Opération Jupons" (Operation Petticoat) de Blake Edwards (États-Unis, 1959) avec Tony Curtis (Nicholas Holden), Cary Grant (Matt T. Sherman), Joan O'Brien (Dolores Crandall), Dina Merrill (Barbara Duran), Gene Evans (Molumphry), Dick Sargent (Stovall), Virginia Gregg (Edna Heywood). 

« 1941. Une énième attaque japonaise vient de saborder le sous-marin Tigre des mers, que son capitaine tient à relancer de toute urgence dans la bataille. Un jeune lieutenant, dandy et escroc hors pair, vient à sa rescousse, flanqué de cinq auxiliaires... féminines ».

Ce « premier opus hollywoodien de Blake Edwards, le maître américain de l'absurde, est un pastiche jubilatoire des films de guerre des années 1950. Le capitaine affiche une détermination farouche et son beau lieutenant (Tony Curtis dans un rôle taillé sur mesure), une effronterie sans égale. Mais la situation sombre très vite dans la loufoquerie la plus totale. Les vains efforts de Cary Grant pour garder à bord de son submersible un semblant de conformisme militaire sont délicieusement jouissifs. Détournant les codes de virilité et d'héroïsme en vigueur, le réalisateur de The party évite l'écueil de la farce sexiste et développe ce qui deviendra sa marque : le génie du choc situationnel ».

Tony Curtis confiait avoir quasiment tout appris comme spectateur de films américains : les règles de la courtoisie et de galanterie à l’égard des femmes, un savoir-être, l’élégance vestimentaire, etc. Et Cary Grant a personnifié pour le jeune new yorkais cette quintessence masculine. Ce film de Blake Edwards réunit Cary Grant et l’étoile montante qui l’avait gentiment parodié  dans Some Like it Hot de Billy Wilder.

"Charade"
En 1963, « Charade  », réalisé par Stanley Donen, offre à Cary Grant et à Audrey Hepburn l'occasion de briller dans une comédie policière sophistiquée dont l'action se situe notamment à Paris.

« De retour des sports d’hiver, la jolie traductrice Reggie Lambert découvre son mari assassiné dans leur appartement parisien mis à sac. Peter Joshua, un séduisant divorcé qu’elle a rencontré à Megève, lui propose son aide. Bientôt, les anciens amis du défunt refont surface. Ils sont persuadés que Reggie sait où son mari a caché le magot qu’il a subtilisé à la Résistance française… Une femme enquête sur l'étrange assassinat de son mari avec l'aide d'un séduisant divorcé... »

« Truffée de clins d’œil à l'histoire du cinéma, de rebondissements et de courses-poursuites, une comédie pétillante de Stanley Donen, servie par un duo de grande classe : Audrey Hepburn et Cary Grant ».

« Réalisée par l’auteur de Chantons sous la pluieCharade est un pur bonheur. Truffé de clins d’œil à l’histoire du cinéma, de rebondissements, de répliques irrévérencieuses, de courses-poursuites dignes des plus belles chorégraphies, cette comédie policière emballe le spectateur ». 

« Portée par un duo d’acteurs étincelant, elle est surtout le comble du glamour hollywoodien ». 

Habillée par Givenchy, Audrey Hepburn, « plus gracieuse que jamais, illumine le film de son mélange de drôlerie et de fragilité. Quant à Cary Grant, impossible de résister à ses airs narquois de séducteur ». 

« Initialement, l’acteur avait rejeté le projet : il se jugeait trop vieux pour le rôle et soulignait sa grande différence d’âge (trente ans) avec la jeune première. Pour dissiper ses réticences, on rédigea des blagues et des sous-entendus sur le sujet. Ici, c’est la jeune femme qui mène le jeu de la séduction, inversant ainsi l’ordre des choses ».

Autobiographie
« Consignés dans une autobiographie jamais publiée, les pensées et les doutes de celui qui fut une icône de l'âge d'or hollywoodien jalonnent le film de Mark Kidel  et mettent en lumière son intimité ». 

« Tout comme les images tournées par l'acteur lui-même : sa manière de cadrer les scènes de rue ou le visage de ses proches révèlent le regard poétique qu'il portait sur le monde et la vie ».

En 1966, Cary Grant quitte le cinéma, et se consacre à l'éducation de sa fille Jennifer, née de son mariage avec l'actrice Dyan Cannon.

À la fin des années 1960, Cary Grant est membre du comité de direction de Fabergé dont il assure aussi la promotion.

Il reçoit en 1970 un Oscar d'honneur pour sa carrière et en 1981un hommage du Kennedy Center.

En 1973, la mère de Cary Grant meurt.

Dans les années 1980, Cary Grant présente lors de tournées aux États-Unis son spectacle « A Conversation with Cary Grant » : des séances composées d'extraits de ses films commentés et de débats avec le public.

"Rien ne sert de courir"
Arte diffusera le 12 juillet 2024 à 13 h 30 "Rien ne sert de courir(Walk Don’t Run), comédie américaine réalisée par Charles Walters (1966) et interprétée par Cary Grant, Jim Hutton, Samantha Eggar.

"À la veille de l’ouverture des JO de 1964, dans un Tokyo en ébullition, un homme d’affaires et un architecte athlète partagent l’appartement d’une ravissante expatriée... Une comédie romantique enlevée, avec Cary Grant en entremetteur de charme, dans son dernier rôle au cinéma."

"En voyage d’affaires à Tokyo, sir William Rutland, arrivé deux jours avant la date prévue, se retrouve sans toit, victime de la pénurie de logements provoquée par les JO."

"Une petite annonce dénichée à l’ambassade britannique le conduit chez Christine Easton, une secrétaire expatriée qui loue son canapé le temps de l’événement. Malgré les réticences de la jeune femme, inquiète du qu’en-dira-t-on, Rutland pose ses valises dans l’appartement… et impose un nouveau colocataire à sa logeuse : Steve Davis, un étudiant en architecture et athlète américain rencontré par hasard, en qui il revoit le jeune homme qu’il était. Témoin de l’attraction entre son voisin de chambrée et Christine, pourtant fiancée, Rutland se prend à jouer les Cupidon…"

"La cohabitation entre ce trio improbable donne évidemment lieu à un enchaînement de gags délectables (pantalons fugueurs, portes qui claquent, embouteillage de salle de bains…), placidement observés par deux gamins squatteurs de cage d’escaliers tout droit sortis d’un Ozu. Cette réjouissante comédie romantique sur fond de guerre froide – la paranoïa, risible, des autorités contraste avec l’esprit de communion des athlètes – soigne aussi le décor, entraînant ses héros dans un Japon de carte postale en Technicolor, entre kimonos, technologie dernier cri et mets traditionnels. Pour son dernier tour de piste, Cary Grant livre un numéro irrésistible tout en élégance et malice."  
 

 « Cary Grant, de l'autre côté du miroir »
« Cary Grant, de l'autre côté du miroir » (Becoming Cary Grant), documentaire de Mark Kidel est un « émouvant portrait voyage à travers les mondes de Cary Grant (1904-1986). Gentleman affable à l'écran, âme secrètement en souffrance à la ville : derrière la vedette hollywoodienne se cache une personnalité profonde, dévoilée par une autobiographie inédite et des films amateurs personnels ».

« À ses archives personnelles, confiées par Barbara Harris, sa cinquième épouse, et Jennifer Grant, sa fille, se mêlent les extraits des grands films de celui qui fut l'acteur préféré d'Hitchcock, et qui a été sur scène acrobate, héros comique ou tragique et, surtout, homme du monde plein de charme ». Etudiante brillante en histoire et en sciences politiques, Jennifer Grant se lance après le décès de son père dans une carrière d'actrice, notamment dans des séries télévisées.

« Structuré par les évocations de ses séances de thérapie, cet émouvant portrait voyage à travers les mondes de Cary Grant, de son enfance blessée à la célébrité, de la souffrance qu'il finit enfin, devenu père, par apprivoiser, à la sérénité ».

Dans Becoming Cary Grant, les mots de Cary Grant sont lus par Jonathan Pryce.

"Personne ne bouge - Cary Grant !"
Arte diffusa Personne ne bouge - Cary Grant ! Un "portrait taillé sur mesure de Cary Grant, le plus séduisant des acteurs britanniques d'Hollywood. Avec, en bonus, des images rares du comédien dans son intimité, tournées par son ami Ken Murray. Ancien comédien et animateur de télévision, ce dernier l'a filmé (ainsi que d'autres stars) dans l'intimité et loin des plateaux pendant trois décennies".

"Avant de tourner pour Alfred Hitchcock, Cary Grant a été l'une des grandes stars de l'âge d'or de la comédie hollywoodienne. Patrick Brion et Charlotte Garson explorent ce versant pétillant de sa carrière. Toujours bien habillé, l'acteur portait comme personne à l'écran… la robe de chambre".


"Ce bel homme, qui a fait chavirer le cœur des jeunes filles, a fait scandale en s'affichant dans les années 1930 aux côtés du comédien Randolph Scott. Le critique de cinéma Jean-Marc Lalanne se penche sur "La mort aux trousses", la quatrième et dernière collaboration de l'acteur, né Archibald Leach, avec "Hitch", en 1959. Si tout le monde s'accorde pour le considérer comme le gentleman parfait, qui sont aujourd'hui les nouveaux Cary Grant du cinéma et quelles recettes lui ont-ils empruntées ?"



Yuzu Productions , 2015, 52 min
Sur Arte les 11 juin 2017 à 22 h 45, 2 juillet 2018 à 0 h 05, 21 juillet 2018 à 16 h 40
Visuels
La mère de Cary Grant et une des lettres qu'elle lui a écrit après sa sortie de l'hôpital psychiatrique.
La mère de Cary Grantentourée de deux aide-soignantes de l'hôpital psychiatrique où elle a été enfermée pendant plus de 20 ans
Cary Grant à Venise, années 30
La première épouse de Cary Grant Virginia Cherrill
Image extraite des archives privées de l'acteur, années 1930
Cary Grant dans les années 40
 © Yuzu Productions

 "Personne ne bouge - Cary Grant !"
France, 2017
Sur Arte le 15 décembre 2017 à 22 h 25

"La justice des hommespar George Stevens
Etats-Unis, 1942
Scénario : Irwin Shaw, Sidney Buchman, Dale Van Every
Production : Columbia Pictures
Producteur/-trice : Fred Guiol, George Stevens
Image : Ted Tetzlaff
Montage : Otto Meyer
Musique : Friedrich Hollaender
Avec Cary Grant, Jean Arthur, Ronald Colman, Edgar Buchanan, Glenda Farrell, Charles Dingle, Emma Dunn
Auteur : Sidney Harmon
Sur Arte les 8 avril 2019 à 22 h 25 et 24 avril 2019 à 13 h 35
Visuels : © 1942, renewed 1970 Columbia Pictures Industries, Inc./All rights reserved

"Allez coucher ailleurs" par Howard Hawks
Etats-Unis, 1949
Auteur : Henri Rochard
Scénario : Leonard Spigelgass, Charles Lederer, Hagar Wilde
Production : 20th Century Fox
Producteur/-trice : Sol C. Siegel
Image : Osmond Borradaile, Norbert Brodine
Montage : James B. Clark
Musique :Cyril J. Mockridge
Avec Cary Grant (Henri Rochard), Marion Marshall (Kitty Lawrence), Ann Sheridan (Catherine Gates), Randy Stuart, William Neff, Eugene Gericke
Sur Arte le 30 décembre 2019 à 22 h 35
Visuels : © Twentieth Century Fox Film Corp.

"Chérie, je me sens rajeunir" de Howard Hawks
Etats-Unis, 1952
Image : Milton R. Krasner
Montage : William B. Murphy
Musique : Leigh Harline
Production : Twentieth Century Fox
Producteur/-trice : Sol C. Siegel
Scénario : Ben Hecht, Charles Lederer
Acteurs : Cary Grant, Ginger Rogers, Charles Coburn, Marilyn Monroe, Hugh Marlowe, Henri Letondal
Auteur : Harry Segall

"La main au collet" par Alfred Hitchcock
Etats-Unis, 1955
Scénario : John Michael Hayes
Production : Paramount Pictures
Producteur/-trice : Alfred Hitchcock
Image : Robert Burks
Montage : George Tomasini
Musique : Lyn Murray
Auteur : David Dodge
Costumes : Edith Head
Avec Cary Grant, Grace Kelly, Jessie Royce Landis, John Williams, Charles Vanel, Brigitte Auber
Sur Arte le 7 avril 2019 à 20 h 55
Visuels :
Cary Grant (John Robie) et Grace Kelly (Frances Stevens)
Jessie R. Landes (Jessie Stevens) et Grace Kelly (Frances Stevens)
© ZDF/Paramount Pictures

"La péniche du bonheurpar Melville Shavelson
Etats-Unis, 1958
Scénario : Melville Shavelson, Jack Rose
Production : Paramount Pictures
Producteur/-trice : Jack Rose
Image : Ray June
Montage : Frank Bracht
Musique : George Duning
Avec Cary Grant, Sophia Loren, Martha Hyer, Harry Guardino, Mimi Gibson, Paul Petersen, Charles Herbert, Eduardo Ciannelli
Sur Arte le 24 décembre 2019 à 20 h 50
Visuels : © Paramount Pictures

"Indiscret" par Stanley Donen
Royaume-Uni, Etats-Unis, 1958
Auteur :  Norman Krasna
Scénario : Norman Krasna
Production : Warner Bros., Grandon Productions
Producteur/-trice : Stanley Donen
Image : Freddie Young
Montage : Jack Harris
Musique : Ken Jones, Richard R. Bennett
Avec Cary Grant, Ingrid Bergman, Cecil Parker, Phyllis Calvert, David Kossoff, Megs Jenkins
Sur Arte le 6 janvier 2020 à 20 h 55
Visuels : © 2019 by Paramount Pictures Corporation

"La mort aux trousses" par Alfred Hitchcock
Etats-Unis, 1959
Scénario : Ernest Lehman
Production : Metro-Goldwyn-Mayer
Producteur/-trice : Alfred Hitchcock, Herbert Coleman
Image : Robert Burks
Montage : George Tomasini
Musique : Bernard Herrmann
Avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, Jessie Royce Landis, Leo G. Carroll, Josephine Hutchinson, Philip Ober, Martin Landau, Adam Williams, Edward Platt, Robert Ellenstein, Les Tremayne, Philip Coolidge, Patrick McVey, Ed Binns, Ken Lynch
Sur Arte les  27 décembre 2018 à 20 h 55, 31 décembre 2018 à 13 h 10
Visuels :
Cary Grant (Roger Thornhill) et Eva Marie Saint (Eve Kendall)
James Mason (Philip Vandamm)
Credit : © Metro-Goldwyn-Mayer

« Opération Jupons » de Blake Edwards
Universal International Pictures, Granart Company, 1959, 77 min
Auteur : Paul King, Joseph Stone
Image : Russel Harlan
Montage : Frank Gross, Ted J.Kent
Musique : David Rose, Henry Mancini
Producteur/-trice : Robert Arthur, Cary Grant
Scénario : Stanley Shapiro, Maurice Richlin
Avec Cary Grant, Tony Curtis, Joan O'Brien, Dina Merrill, Gene Evans, Dick Sargent, Virginia Gregg
Sur Arte les 21 mars à 20 h 55 et 23 mars 2016 à 13 h 35, 27 avril 2020 à 21 h, 18 janvier 2021 à 22 h 30, 20 janvier 2021 à 13 h 45, 4 février 2021 à 13 h 35

« Charade  », par Stanley Donen
Universal Pictures, Stanley Donen Production, 1963, 109 min
Auteur : Peter Stone, Marc Behm
Image : Charles Lang Jr.
Montage : James Clark
Musique : Henry Mancini
Producteur/-trice : Stanley Donen, James Ware
Scénario : Peter Stone
Avec Cary Grant, Audrey Hepburn, Walter Matthau, James Coburn, George Kennedy, Dominique Minot, Ned Glass, Jacques Marin, Paul Bonifas, Thomas Chelimsky 
Sur Arte le 11 juin 2017 à 20 h 55
Visuels 
Audrey Hepburn (Reggie Lambert) et Cary Grant (Peter Joshua)
© NBC/Universal

"
Rien ne sert de courir" de Charles Walters

Etats-Unis, 1966, 1 h 49
Production : Sol C. Siegel Productions
Auteurs : Robert Russell, Frank Ross
Scénario : Sol Saks
Image : Harry Stradling
Montage : Walter Thompson, James Wells
Musique : Quincy Jones
Avec Cary Grant (Sir William Rutland), Jim Hutton (Steve Davis), Samantha Eggar (Christine Easton), John Standing (Julius D. Haversack), Miiko Taka (Aiko Kurawa), Ted Hartley (Yuri Andreyovitch), Ben Astar (Dimitri)
Sur Arte les 12 juillet 2024 à 13 h 30, 24 juillet 2024 à 15 h 10, 13 août 2024 à 15 h 15
Disponible à partir du 12/07/2024
Visuels : © 1966/renewed 1994 Columbia Pictures Industries Inc./All rights reserved

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le :
- 9 juin 2017. Arte diffusa « Cary Grant, de l'autre côté du miroir » (Becoming Cary Grant ; Cary Grant - Der smarte Gentleman aus Hollywood), documentaire de Mark Kidel ;
- 14 décembre 2017, 20 février, 2 juillet et 27 décembre 2018, 21 décembre 2019, 21 janvier 2021.