Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 6 avril 2020

« Marie-Thérèse d'Autriche » par Robert Dornhelm


Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), membre de la Maison des Habsbourg, a été impératrice du Saint-Empire et reine de Germanie (1745-1765). Mère de seize enfants, dont la future reine de France Marie-Antoinette, elle a imposé le catholicisme comme seule religion officielle, et fait procéder à l’expulsion des Juifs de Prague. Arte diffusera « Marie-Thérèse d'Autriche » (Maria Theresia), série réalisée par Robert Dornhelm. 

« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé 
« Marie-Thérèse d'Autriche » par Robert Dornhelm

Arrivée au pouvoir grâce à la Pragmatique Sanction, édit du 19 avril 1713 de son père l'empereur Charles VI (1685–1740) et finalement accepté notamment par les royaumes de Prusse et de de France lors de la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), « moderne et catholique, amoureuse et maternelle, Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780) s’impose dans un XVIIIe siècle dominé par les hommes ». Elle œuvra aussi à accroître les règles d’hygiène et à développer l’inoculation.

En 2018, Arte avait diffusé un téléfilm sur cette souveraine européenne.

« Conciliant romanesque et rigueur historique, cette superproduction européenne retrace l'histoire d'une souveraine exceptionnelle qui, de 1745 à 1780, dirigea l'Empire austro-hongrois en vivant au grand jour sa vie amoureuse et familiale. » 

« Montrant comment cette souveraine moderne et pleine de vitalité – incarnée cette fois par la charismatique Stefanie Reinsperger – sut s’imposer en autocrate dans un siècle des Lumières dominé par les hommes et user de sa féminité comme d’un instrument de pouvoir, cette fiction n’occulte pas pour autant sa bigoterie. Car la mère de la future reine de France, Marie-Antoinette, mit en place une police de la vertu, congédiant sa fidèle gouvernante, coupable d’adultère ». 

« Mêlant avec fluidité trame romanesque et reconstitution historique, elle renoue avec les ingrédients qui avaient fait le charme et le succès de la première : distribution étincelante, costumes et décors somptueux, dialogues incisifs, sens efficace du détail, fastes du palais de la Hofburg et secrets d’alcôves, stratégie politique et scènes de la vie conjugale ». 

« Au travers d’une fresque flamboyante, le portrait nuancé d’une femme hors norme qui parvint à concilier ses rôles d’épouse, de mère – de seize enfants –, d’impératrice et même de chef de guerre. »

« Cette brillante superproduction européenne retrace tambour battant l'adolescence et la tumultueuse première année de règne de Marie-Thérèse d'Autriche en mettant en lumière les dimensions à la fois féministe et romanesque de son remarquable destin. Incarnée par la convaincante Marie-Luise Stockinger, cette souveraine qui gouvernera judicieusement l'empire durant près de quarante années fera en effet de sa féminité la pierre angulaire de son pouvoir, vivant au grand jour sa vie d'amoureuse et de mère auprès de son époux François Étienne, avec lequel elle aura seize enfants ».

« Un biopic romanesque sur une souveraine hors norme qui usa habilement de sa féminité comme d’un instrument de pouvoir. 

Affermissant l’autorité de l’Etat, Marie-Thérèse d’Autriche a été influencée par le jansénisme. Elle a noué des relations complexes avec les Jésuites.

En 1722, Diego D’Aguilar, un Marrane (un Juif espagnol contraint au baptême) est appelé à Vienne pour réorganiser le monopole du tabac. Par 300 000 florins, il contribue à financer les modifications architecturales du château de Schönbrunn.
      
Marie-Thérèse d'Autriche haïssait les Juifs, Marie-Thérèse d’Autriche expulse les 20 000 Juifs de Prague, et plus généralement de Bohême et des grandes villes de Moravie, en 1744. Il en résulte une crise économique car le commerce du verre et de la toile de Bohême était assuré par les Juifs. Marie-Thérèse d’Autriche leur demande de revenir en 1748 pour relancer l’économie. Pour réduire le rôle économiqu des Juifs, elle encourage temporairement les entrepreneurs et financiers protestants – elle expulsera les Protestants d’Autriche.

A la fin de son règne, sous l’influence de son courtier juifs Abraham Mendel Theben, Marie-Thérèse d’Autriche a édicté des textes assurant la protection étatique à ses sujets juifs. Elle a aussi interdit la conversion forcée des enfants juifs au christianisme. En 1764, elle a ordonné la libération de deux juifs emprisonnés à la suite de l’accusation de blood libel portée contre eux dans le village d’Orkuta. La même année, elle fait adopter des lois restreignant les autorisations de résidence des Juifs.

« À la tête d’un vaste territoire européen, la très moderne Marie-Thérèse d’Autriche s’imposa comme femme de pouvoir dans un XVIIIe siècle dominé par les hommes, sans renoncer à son rôle de mère et d’épouse. Un destin hors norme retracé avec brio dans une fiction ».

« Voltaire, qu’elle n’appréciait guère, parlait d’elle comme d’une "grande femme qui excelle dans l’utile et l’agréable". Surnommée de son vivant "Marie-Thérèse d’Autriche la Grande", l’unique souveraine de la maison des Habsbourg réussit l’exploit de mener de front à parts égales une vie de femme d’État, d’ardente amoureuse et de mère attentive de famille nombreuse. Célébrée pour ses réformes visant à moderniser et à unifier ce qui allait devenir l’Empire austro-hongrois, elle fit aussi preuve de finesse diplomatique pour préserver des territoires s’étendant des Balkans à la Méditerranée, ainsi que d’une singulière pugnacité lors des deux guerres qui ont émaillé ses quarante ans de règne. Instructive et enlevée, la superproduction européenne que diffuse ARTE revient notamment sur la périlleuse première année de son règne, l'archiduchesse n'étant âgée que de 23 ans lorsqu’elle succède à son père Charles VI, disparu sans héritier mâle en 1740. Pensant n’en faire qu’une bouchée, Frédéric II de Prusse déclenche avec ses alliés une guerre de succession en attaquant la Silésie. Plaidant humblement sa cause devant la noblesse hongroise, qui lui envoie ses troupes, l'audacieuse se fait couronner "roi" de Hongrie, à cheval et l’épée au poing, avant de renverser les alliances. »

L’amour et le pouvoir
« Dès 1740, elle nomme son époux François Étienne de Lorraine corégent d’Autriche, l’autorisant ainsi à être élu empereur du Saint Empire romain germanique en 1745. Impératrice consort, couronnée reine de Bohême en 1743, c’est elle qui dirige de facto, laissant la conduite des affaires (filatures, manufactures de draps et de faïences) à son fringant mari, qu’elle a épousé en 1736. De leur mariage d’amour naissent seize enfants, cinq garçons et onze filles, dont la dernière reine de France, Marie-Antoinette. Comme le souligne Élisabeth Badinter dans l’ouvrage « Le Pouvoir au féminin. Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780), l'impératrice reine » qu’elle lui a consacré en 2016, l’impératrice supervise elle-même l’éducation de chacun d’entre eux – une implication exceptionnelle parmi les souveraines de son temps. Très éprise de son conjoint, avec lequel elle fera – autre comportement inhabituel à l’époque –, lit commun jusqu’à sa mort en 1765, elle se montre jalouse de ses multiples infidélités et impose une austère rigueur morale à la cour de Vienne, nourrie par un intolérant catholicisme. La souveraine protège néanmoins les arts, aime la musique – jeune fille, elle chante admirablement et, plus tard, prendra le petit Mozart sur ses genoux – et institue en 1774 l’école publique et la scolarité obligatoire des enfants de 6 à 12 ans. Lorsqu’elle décède en 1780, au terme de quinze années de corégence avec son fils Joseph II, Marie-Thérèse laisse un empire aussi riche que puissant, consolidé par les mariages stratégiques de ses enfants », a écrit Marie Gérard.

« Les Français connaissent mal celle qui fut la mère de Marie-Antoinette. Pourtant, Marie- Thérèse d'Autriche (1717 -1780) est l'une des grandes figures tutélaires de son pays. Je l'ai découverte par sa correspondance privée, dans laquelle elle se révèle guerrière, politique avisée, mère tendre et sévère. Mais cette mère-là n'est pas n'importe laquelle, c'est une femme au pouvoir absolu, hérité des Habsbourg, qui régna pendant quarante ans sur le plus grand empire d'Europe. Et, ce faisant, elle eut à gérer trois vies, parfois en opposition les unes avec les autres : épouse d'un mari adoré et volage, mère de seize enfants, souveraine d'un immense territoire. Cette gageure qu'aucun souverain masculin n'eut à connaître, j'ai voulu tenter de la comprendre : qui fut cette femme et comment elle put - ou non - concilier ses différents statuts. Prendre la mesure, en somme, de ses forces et faiblesses, de ses priorités et inévitables contradictions. Ce portrait, qui puise à des sources abondantes et souvent inédites, ne saurait être exhaustif : Marie-Thérèse garde bien des mystères. Cette femme incomparable en son temps, qui inaugure une nouvelle image de la souveraineté et de la maternité, ressemble, sous certains aspects, aux femmes du XXI siècle », a résumé Élisabeth Badinter.

Premier volet
« Vienne, 1732. Le Saint Empire romain germanique attend avec de moins en moins d'espoir la naissance d'un héritier mâle au palais de la Hofburg. Même si, en vertu de l'édit de la Pragmatique Sanction, la fille aînée de Charles VI, Marie-Thérèse, peut lui succéder sur le trône des Habsbourg, l'empereur veut croire, envers et contre tout, que son épouse vieillissante peut encore lui donner un fils. Turbulente et passionnée, la jolie archiduchesse de 15 ans se moque bien de ses chances d'exercer le pouvoir. Seul compte pour elle son mariage annoncé avec François Étienne de Lorraine, qu'elle aime depuis l'enfance. Mais un proche conseiller de l'empereur, Eugène de Savoie, juge ce dernier incapable de défendre l'empire contre les dangers qui le menacent. Il convainc Charles VI de rompre les fiançailles et de se concilier la Prusse en offrant à son prince héritier Frédéric la main de Marie-Thérèse. Révoltée, celle-ci sabote la négociation en dénigrant publiquement la belle-famille qu'on lui destine, en présence de l'ambassadeur prussien… »

2e volet  
« Florence, 1740. Près de cinq ans après leur mariage, Marie-Thérèse ("Rési") et François, qui ont fui l'atmosphère persifleuse de Vienne pour leur grand-duché de Toscane, élèvent deux petites filles et attendent un troisième enfant. Mais la mort soudaine de Charles VI, à la suite d'un accident de chasse suspect (on soupçonne un assassinat fomenté par Berlin), oblige le jeune couple à regagner l'Autriche pour s'y emparer d'un pouvoir que tous lui contestent. Tandis que François s'absorbe dans le commerce de la soie et flirte avec de charmantes intrigantes, sa jeune épouse affronte le dégoût à peine voilé de ses ministres, qui refusent de se plier à l'autorité d'une femme, qui plus est novice en politique. Alors que Carolina, leur dernière-née, a contracté la variole, la Prusse et la France, jugeant l'Autriche très affaiblie, attaquent l'empire en violation des traités… »

3e volet 
« Marie-Thérèse d’Autriche est attaquée de toutes parts, la Prusse, la Bavière, la France, la Saxe et l'Espagne contestant son droit à la succession. Frédéric II conquiert la riche Silésie et entraîne ses ennemis dans une guerre contre elle, alors qu’à la Hofburg à Vienne sa belle-mère, Mlle de Chartres, l’espionne pour le compte de Louis XV. De son côté, son mari François Étienne de Lorraine se lance dans un commerce lucratif – y compris avec ses ennemis –, et la catholique souveraine est ulcérée par les jeux d’argent qu’il encourage. Devant l’inexorable avancée des Français, l’impératrice se résout à faire appel au baron Franz de Trenck, redoutable et sanguinaire cheffe de guerre, qui lève pour elle un régiment de pandours. »

4e volet 
« Le baron de Trenck remporte des victoires décisives, mais Marie-Thérèse ne peut plus ignorer ses crimes de guerre et il est jeté en prison. Se posant en "mère bienveillante" de son peuple, la souveraine se fie à son instinct pour régner et asseoir son pouvoir, n’écoutant que son ancien précepteur, Emmanuel de Silva-Tarouca. Mais les infidélités de son époux François Étienne lui attirent les railleries de la cour. L’impératrice nomme le père Johannes, un jésuite, à la tête d'une inquisitrice commission de chasteté. Lequel s’en prend au volage mari, qu’il soupçonne en outre d’être franc-maçon. Les époux s’éloignent, Marie-Thérèse succombant à son tour au charme d’un officier... »
 

"1713 : Charles VI de Habsbourg, archiduc d’Autriche, roi de Hongrie, de Bohême et empereur du Saint Empire romain-germanique instaure la Pragmatique sanction, qui permet qu’une femme puisse hériter des territoires de la Maison des Habsbourg
1717 : naissance de Marie-Thérèse d’Autriche, fille aînée de Charles VI
1736 : mariage avec François Etienne, duc de Lorraine
1740 : mort de Charles VI. Marie-Thérèse prend la tête de l’archiduché d’Autriche, est couronnée « roi » de Hongrie et reine de Bohême. Frédéric II de Prusse conteste la Pragmatique sanction, marquant début de la Guerre de succession d’Autriche
1741 : naissance d’un premier garçon, Joseph
1745 : François Etienne devient François Ier, Empereur des Romains, et Marie-Thérèse impératrice consort
1748 : fin de la Guerre de Succession d’Autriche, signature du Traité d’Aix-la-Chapelle. Marie-Thérèse obtient de la Prusse la confirmation
de la Pragmatique sanction et la reconnaissance de son mari comme Empereur
1755 : naissance de Marie-Antoinette, 15ème et avant-dernier enfant de Marie-Thérèse et François Etienne
1756 : début de la Guerre de Sept ans qui oppose Marie-Thérèse d’Autriche et Louis XV de France au royaume de Grande-Bretagne et celui de Prusse
1763 : fin de la Guerre de Sept ans ; le fils aîné de Marie-Thérèse devient Empereur du Saint Empire romain-germanique sous le titre de Joseph II.
Mais Marie-Thérèse conserve la réalité du pouvoir
1765 : mort de François Etienne
1770 : mariage de Marie-Antoinette d’Autriche avec le dauphin de France et futur Louis XVI, une des alliances stratégiques et politiques dont Marie-Thérèse a le secret
1780 : mort de Marie-Thérèse d’Autriche."


«Marie-Thérèse d'Autriche » par Robert Dornhelm
Robert Dornhelm
Autriche, République tchèque, Slovaquie, 2017, 4 x 1 h 40
Scénario : Miroslava Zlatnikova
Production : MR Film, Maya Production, Ceska Televize, RTVS, ORF, MTVA
Producteur/-trice : Marcela Mojtova, Peter Cermak, Oliver Auspitz, Andreas Kamm, Ferdinand Dohna
Image : Tomas Juricek
Montage : Michal Lansky
Musique : Roman Kariolou
Avec Marie-Luise Stockinger (Marie-Thérèse de Habsbourg), Vojtech Kotek (François-Etienne de Lorraine), Fritz Karl (Charles VI), Zuzana Stivinova (l'impératrice Elisabeth-Christine), Karl Markovics (Eugène de Savoie), Vladimir Javorsky (Kampmüller), Ratoti Zoltan (Grumbkow), Cornelius Obonya (Gottfried Philipp Spannagel), Julia Stemberger (Marie-Caroline de Fuchs-Mollard), Anna Posch (Marie-Anne de Habsbourg), Adorjani Balint (Nicolas 1er Esterházy), Tatiana Pauhofova (la comtess Elisa Fritz), Alexander Barta (Kinsky), Zuzana Maurery (Mademoiselle de Chartres)
Costumes : Jan Kocman
Décors de film : Martin Kurel
Chargé(e) de programme : Olaf Grunert
Son : Michal Deliopulos
Sur Arte 
1er volet : le 8 avril 2020 à 20 h 55
2e volet : le 8 avril 2020 à 22 h 40
3e volet  : le  9 avril 2020 à 20 h 55
4e volet  : le 9 avril 2020 à 22 h 35
Disponible du 07/04/2020 au 06/07/2020
Visuels :
© ZDF/Dusan Martincek
© Ceská televize/Karel Cudlín
© ZDF/Jakub Hrab

Articles sur ce blog concernant :
Les citations et la chronologie sont extraites du site d'Arte.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire