Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 31 août 2018

Brigitte Bardot



Star, comédienne, chanteuse, danseuse, Brigitte Bardot a choqué par son mode de vie libre, manifesté son courage lors de la guerre d'Algérie, et a quitté le show business pour se consacrer à la défense des animaux. Arte a montré le show télévisé Spécial Bardot de François Reichenbach et Eddy Matalon (1968). Brigitte Bardot au sommet de sa célébrité interprète des chansons signées Gainsbourg, Rivière et Bourgeois, et se prête à des mises en scènes imaginatives. Après avoir été reçue durant l'affaire Benalla par le Président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron, Brigitte Bardot a critiqué le gouvernement d'Edouard Philippe sur plusieurs thèmes.


Au fil du documentaire Bardot, la méprise, apparaît une dame au caractère entier, paradoxale, sincère, lucide sur son passé, refusant toute concession, regrettant son insouciance qui a mené à la fin de ses deux histoires d'amour marquantes avec Jean-Louis Trintignant et Sami Frey, sous-estimant ses talents pour la comédie et le drame, ayant peu confiance en elle et souffrant de la difficulté à prendre une décision.

Arte diffusa les 15 et 18 mai 2016 le numéro de Personne ne bouge ! (Abgedreht!) consacré à Brigitte Bardot : "Et Dieu créa la star. En marge du Festival de Cannes, "Personne ne bouge !" s'incline devant l'actrice la plus incandescente des sixties. Avec une perle rare : Miss Bardot interviewée dans la langue de Shakespeare par la BBC, lors d'un tournage avec Sean Connery en 1968. Si son tailleur est riche, son anglais l'est un peu moins..."

"Avec Roger Vadim, à l'aube des années 1950, "BB" connaît le coup de foudre et le succès. Ils feront cinq films ensemble. Retour sur une histoire d'amour et de cinéma. Ballerines, bandeau, marinière, chignon bicolore, et l'indétrônable robe vichy : Bardot, c'est aussi la réinvention de la mode. 1963. Dans Le mépris, Godard filme la star comme personne, sur fond azur des eaux de Capri. En 1977, Bardot braque l'attention des médias sur le destin terrible des bébés phoques. Scandale ! De Jean-Max Rivière à Serge Gainsbourg, ils lui ont offert leurs chansons et elle en a fait des tubes : "La madrague", "Bonnie & Clyde", "Comic strip"... La méthode Bardot vous apprend à pousser la chansonnette avec élégance. 

Bardot la méprise
Arte a diffusé les 7 et 12 juin 2015 Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul (2013). "En 2011, Brigitte Bardot donne son accord pour un projet de documentaire biographique. Quand le réalisateur David Teboul la rencontre pour la première fois, sa réaction est sans appel : elle ne participera pas au film mais lui donne accès à ses archives familiales, une multitude de films réalisés par son père, des premières heures de son existence jusqu’à sa métamorphose en déesse des écrans. Elle l'autorise aussi à filmer librement les lieux de sa vie : les maisons de La Madrague et de La Garrigue à Saint-Tropez, ses refuges à elle. À partir de cette matière infime, précieuse, le cinéaste élabore un portrait intime de l’actrice en forme de déclaration d'amour. Il s'appuie aussi sur des passages d’"Initiales B.B.", l’autobiographie de l'actrice, dits par Bulle Ogier (très émouvante) et sur des extraits de films. De son enfance en milieu bourgeois – auprès d'une mère indifférente, d'un père autoritaire et d'une petite sœur qu'on lui préfère – jusqu’à son retrait du monde il y a trente ans, David Teboul réussit un portrait rare, émouvant, empathique. Il y donne à voir, pour la première fois peut-être, toutes les contradictions d'une femme passionnément amoureuse, mélancolique et sauvage, qui parvenait si mal à distinguer la vie du cinéma qu’elle faillit en mourir". 

"J’ai 7 ans, mes parents m’offrent un album intitulé Brigitte Bardot, amie des animaux (…) C’est comme ça que je vous ai rencontrée. L’enfant que j’étais est tombé amoureux de vous." Avec une délicatesse extrême, David Teboul scrute les images familiales et les extraits de films, s'y arrête parfois pour détecter un indice, un geste, imaginer ce que ressent cette enfant qui, à 15 ans, sera projetée brutalement sous la lumière. "En 1950, je devins mascotte de "Elle" et le destin se mit à marcher contre ma volonté", écrira-t-elle. Roger Vadim, Trintignant, Samy Frey, Gainsbourg… : les passions amoureuses s'enchaînent, les déceptions succèdent aux extases, la mélancolie s'installe toujours. Celle qui "met tous les personnages dans sa peau" tente de se suicider après le tournage de "La vérité", de Clouzot, en 1961. Jusqu'à se retrancher finalement avec ses animaux, comme réfugiée dans une nouvelle enfance, au creux d'une maison dont les murs, pourtant, sont couverts des images de cette gloire qu'elle a tant voulu fuir".


Le père de Brigitte Bardot "aimait le cinéma, et l’a filmée depuis ses premiers jours jusqu’à ses 15 ans. Après avoir cherché à se dérober, Brigitte se tourne vers la caméra vers l’âge de 7 ans pour en  devenir prisonnière. On voit aussi comment la danse lui permet de fuir l’univers familial et de s’émanciper, même si le cinéma la rattrape à travers son désir pour Vadim. Et ce gourou, dont elle est amoureuse et qui la désinhibe, réalise Et Dieu créa la femme, un accident qui deviendra le phénomène que l’on sait... Après un premier rendez-vous manqué, j’ai été extrêmement bouleversé quand je l’ai rencontrée, une seule fois, à Saint-Tropez. Elle s’est alors beaucoup protégée et il a fallu la convaincre. Mais elle m’a dit quelque chose d’extraordinaire : « En ne voulant pas être dans votre film, je vous fais un cadeau. » J’ai compris qu’il fallait que je construise le récit sur cette absence. Elle m’a, en revanche, laissé libre accès à ses maisons de La Madrague et de La Garrigue, comme à toutes les archives de son père. Et dans ce décor qu’est son intérieur, j’ai  eu le sentiment de replonger dans les années 1960, avec une sorte d’étrangeté. Le tout constituait la matière cinématographique d’un film sur un fantôme vivant, sur le présent d’un passé. La tension du film repose sur une incertitude : on a le sentiment qu’elle peut surgir à tout moment... {La liberté de Bardot] tient essentiellement à son rapport naturel au corps, qui n’existe alors chez aucune  autre actrice de sa génération. Bardot est une conservatrice transgressive, d’où la puissance qui émane d’elle", confie le réalisateur.

France 2 a consacré sa soirée du 23 septembre 2014 à Brigitte Bardot : une interview par Laurent Delahousse (Un jour, un destin), puis Et Dieu créa la femmede Roger Vadim. 

Et Dieu créa la femme
Et Dieu créa la femme... de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant propulse Brigitte Bardot au rang de star. "À Saint-Tropez, trois hommes s’enflamment pour la beauté sauvage d'une orpheline de 18 ans... Et Roger Vadim créa... le mythe Brigitte Bardot. Un film événement, diffusé dans une version restaurée".

"À Saint-Tropez, Juliette, une orpheline de 18 ans, évolue parmi trois hommes qui la convoitent. Il y a Antoine, parti se chercher un avenir à Toulon. Mais aussi Michel, son frère cadet, qui a hérité de leur père un atelier de réparation de bateaux. Et puis il y a Éric Carradine, un quinquagénaire d'origine étrangère, promoteur et directeur de boîte de nuit qui rêve de bâtir un casino près de la plage. Placée dans une famille d'accueil, Juliette vend la presse dans une boutique sur le port mais elle n'aspire qu'à danser, flirter et vivre. Indignée de ces prétentions, la bonne société provinciale la condamne à retourner jusqu'à sa majorité dans une institution. Pour conserver sa liberté, le mariage seul peut la sauver…"

"À sa sortie en 1956, Et Dieu… créa la femme a connu un retentissement bien au-delà des frontières hexagonales, jusqu'aux États-Unis. Révélation du talent de cinéaste d'un jeune reporter de Paris match nommé Roger Vadim, le film fait entrer en pleine lumière le phénomène Brigitte Bardot".

"Passée par la danse classique, la jeune actrice, que vient d'épouser le réalisateur, y campe un personnage de femme-enfant, à la fois innocente et troublante, attirée par le plaisir et attisant autour d'elle un désir ravageur. Sacrée sex-symbol, la starlette ne le sera plus longtemps : une incroyable carrière l'attend. Sous le soleil d'un petit village au bord de la Méditerranée, pas encore point d'attraction de la jet set, Et Dieu… créa la femme a d'abord créé un mythe. Il se résume à deux initiales : BB".

Le 28 décembre 2016, Arte diffusa Et Dieu créa la femme..., de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant, puis le numéro de Personne ne bouge consacré à Brigitte Bardot.

En cas de malheur
Arte diffusera les 7, 9 et 26 juin 2015 En cas de malheur, de Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul. 

Produit par Raoul J. Lévy et Ray Ventura, En cas de malheur, de Claude Autant-Lara offre une adaptation d'un roman de Simenon par Claude Autant-Lara, Jean Aurenche et Pierre Bost. "Yvette et Noémie font un hold-up dans une boutique tenue par un couple âgé. Le casse tourne mal : la belle Yvette assomme la vieille dame et Noémie se fait pincer. Yvette se rend chez un avocat en vue, maître Gobillot. Elle lui expose son affaire, qu'il juge désastreuse. Puis, elle relève sa jupe, lui proposant de le payer en nature". Une scène censurée à l'époque. Le "digne avocat mûr a du mal à rester impassible" et accepte la délinquante aux mœurs libres  telle qu'elle est... La rencontre entre deux monstres sacrés, Brigitte Bardot et Jean Gabin, finement orchestrée par Claude Autant-Lara". 

Intimidée à l'idée de jouer avec Jean Gabin, la jeune Brigitte Bardot butte sur ses répliques lors du tournage de la première scène avec le célèbre comédien. Faisant montre d'une fine élégance, Jean Gabin, qui connait par cœur son texte, fait semblant de l'ignorer. Ce qui détend Brigitte Bardot.

La vérité
En 1960, sort La Vérité, film dramatique d'Henri-Georges Clouzot.
"Dominique Marceau, jeune femme au charme dévastateur, passe en cour d'assises. Accusée d'avoir assassiné son amant Gilbert Tellier, elle clame désespérément qu'il s'agit d'un crime passionnel. Mais nul ne la croit. Et son avocat a lui-même abandonné l'idée de la sortir des griffes du défenseur de la partie civile. Avec la complicité du président du tribunal, ce dernier revient sur la vie débauchée de la jeune femme pour en dessiner un portrait peu flatteur : égoïste, instable, provocatrice et oisive, Dominique aurait volé le petit ami de sa sœur Annie par pure jalousie…"

Signé Henri-Georges Clouzot, un "drame aussi précis qu'épris de liberté, où la sensuelle" Brigitte Bardot révèle son talent de tragédienne et s'avère époustouflante dans ses scènes devant la Cour, face au séduisant Sami Frey, Paul Meurisse, "avocat cynique et cruel", Charles Vanel "et sa dérision savoureuse", Louis Seigner, sociétaire de la Comédie française, Marie-José Nat, Jacques Perrin.  Clouzot y raille les ténors du barreau parisien.

"À la mise en scène "théâtrale" du procès, réglée avec une précision d'orfèvre - et émaillée de joutes oratoires incisives, tantôt noires, tantôt cocasses -, Clouzot juxtapose en un montage judicieux des flash-backs de la vie de l'héroïne. Tournées au Quartier latin en décor réel, ces scènes révélent le quotidien d'une jeunesse bohème, éprise de liberté et provocatrice. Une génération porteuse des bouleversements à venir, qui s'oppose aux codes moraux bourgeois et rigides des aînés. De quoi faire taire les railleries de la Nouvelle Vague qui, à l'époque, voulait rejeter le cinéaste à l'arrière-garde".

Viva Maria
En 1965, Louis Malle réalise Viva Maria avec deux stars : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau. "Deux chanteuses de music-hall font la révolution en Amérique centrale et inventent le strip-tease ! " Un film récompensé par le Grand prix du cinéma français et diffusé par Arte les 1er et 9 septembre 2016.

"Au début du XXe siècle, à l'occasion de leur premier duo sur scène, deux jeunes femmes que le hasard a réunies au sein d'une troupe de music-hall ambulante tirent parti d'un accident vestimentaire pour inventer le strip-tease. Tout irait bien pour elles si elles ne se trouvaient mêlées à une révolution paysanne conduite par un ardent jeune homme dont elles s'éprennent toutes les deux, l'une ouvertement, l'autre en secret..."

"Sur une musique de Georges Delerue, un western échevelé réalisé en 1965 par Louis Malle avec les deux stars féminines de l'époque : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau".

Avec la chanson Ah ! Les p'tites femmes (de Paris) signée de Louis Malle, Jean-Claude Carrière et Georges Delerue. Et des pépites drôles - Jeanne Moreau haranguant des paysans mexicains en citant Jules César de Shakespeare pour les inciter à faire la révolution malgré la mort du chef Florès - ou surréalistes : le magicien qui retire la balle du corps de sa colombe décédée et qui reprend vie ou l'homme d'église mort qui s'avance en tenant sa tête entre ses mains.

« Spécial Bardot » par François Reichenbach et Eddy Matalon
Pour le Jour de l’an 1968, l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), organisme public audiovisuel, a diffusé le show musical Spécial Bardot. Dans une atmosphère conviviale, la star est entourée de ses amis : Sacha Distel, élégant en smoking pour La Belle vie, Claude Brasseur, Serge Gainsbourg, Claude Bolling...

Une série de clips de ses succès – pieds nus pour La Madrague, en cuissardes pour Harley Davidson – et de reprise de standard de jazz - Everybody Loves My Baby accompagnée par Claude Bolling et son orchestre - qui alternent avec des séquences de Brigitte Bardot lors d’une séance photo avec Sam Lévin et David Bailey, arborant des min-robes sexy et des styles différents – robe Charleston frangée des années 20, vêtements de hippie - et flânant à La Madrague, à Saint-Tropez, à Port Grimaud, à Paris et à Londres. « Révolutionnaire ! Un crescendo ascensionnel qui s'achève sur une vision de Bardot sanglée d'un parachute, s'envolant dans les airs en chantant "Mr Sun" dans une robe hippie (griffée, tout de même [Paco Rabanne, nda]) ».


Filmée avec talent et amour, au summum de sa beauté et de son succès, la star française mondiale déploie l’étendue de son talent dans des registres variés : de la nostalgie à la comédie. Souveraine. Sensuelle. Ironique. Rayonnante. La démarche souple et gracieuse de ballerine. Les yeux charbonneux soulignés de khôl.

Et avec des guest stars : Sacha Distel (La bise aux hippies), Claude Brasseur (Bubble Gum), Serge Gainsbourg - Comic Strip, Bonnie and Clyde (duo mythique) - et Manitas de Plata.

Une « émission culte » des sixties exaltant dans certains titres une joie de vivre, une bonne humeur et l'insouciance !

Un modèle parfois imité - show télévisé Isabelle Adjani en 1984 -, mais jamais égalé.

On ne peut que regretter que les visuels disponibles soient en noir et blanc pour une émission en couleurs : celles automnales de la Côte d'Azur et de Paris, celles pimpantes et chatoyantes des hippies.

Défense des animaux
En 1973, Brigitte Bardot annonce son retrait du show business afin de se consacrer à la défense des animaux.

Une décision reçue avec incrédulité par les médias.

Brigitte Bardot quitte définitivement les studios de cinéma, et crée sa fondation. L'un de ses combats les plus médiatisés a concerné la protection des bébés phoques.

"En Allemagne et en France, on ne sait pas ce que c'est que de gérer un territoire hostile de 10 millions de km²... Au Canada, si. On parvient même à maintenir sur la banquise, zone hostile s'il en est, une relative harmonie entre phoques et chasseurs. Jusqu'à ce que Brigitte Bardot s'en mêle. En 1977, encore dotée de son aura de sex-symbol international, BB débarque sur la banquise et braque l'attention des médias du monde entier sur le destin du pauvre petit blanchon. Comment peut-on briser à coups de gourdin les crânes de ces créatures cotonneuses aux grands yeux humides ?"

Aquarelles de Manara
 Le 12 juin 2016, vingt-cinq œuvres - aquarelles et encres de Chine - du dessinateur italien septuagénaire Manara représentant la jeune Brigitte Bardot, ont été vendues 592 702 euros lors d'enchères organisées par la maison parisienne Millon. Manara est célèbre pour ses bandes dessinées érotiques : Le déclic, Un été indien

Le tableau vendu le plus cher (35 090 euros) "représente l'actrice nue de profil, assise, avec les genoux repliés sur sa joue". "Pour cette vente réalisée en duplex à Bruxelles et Paris, les enchères ont débuté à 15000 euros".

La "dernière fois que l'actrice française, aujourd'hui âgée de 81 ans, a autorisé un artiste à la représenter remonte à 1968, quand le sculpteur Aslan avait créé à son effigie un buste de Marianne, figure de la République française qui orne nombre de mairies et sites officiels".

Les "25 aquarelles ont été signées au dos par l'ancienne actrice, qui a également intégré à chaque dessin le symbole qui lui est le plus personnel, une « marguerite à sept pétales qui veut dire je t'aime discrètement à ceux qui la reçoivent...» Certains tableaux évoquent la célèbre photographie de Sam Lévin ou Bardot immortalisée avec son Harley Davidson, d'autres des films ou son amour pour les animaux. L'artiste a su, en général, restituer l'intensité du regard, les jambes fuselées, et le port de ballerine de Brigitte Bardot.

"C'est la salle de ventes parisienne Millon, assistée des experts en BD bruxellois Alain Huberty et Marc Breyne, qui a établi le contact entre l'ex-star de cinéma et Manara, leurs proposant de réaliser une série originale. « Reproduire son visage est très difficile car il a des expressions subtiles, entre ironie, mystère, séduction et provocation», avait déclaré l'artiste italien dans un entretien réalisé en mai par l'AFP. « Il a fait des dessins vivants. On y sent le vent... On y lit une révolte, une sensualité, un amusement », avait commenté Brigitte Bardot".

Attentats terroristes islamistes
Le 29 juillet 2016, Brigitte Bardot a twitté : "Attentats : J'ai mal au cœur, à tous mes cœurs. Je vomis ces terroristes islamistes. Stop à "l'Aïd el Kebir humain" !" D'une part, elle se référait aux attentats terroristes islamistes revendiqués par l'Etat islamique et commis par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Tunisien, sur la Promenade des Anglais à Nice dans la soirée du 14 juillet 2016 -  - 84 personnes tuées et 286 blessées -. et par Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, à l'église Saint-Étienne de Saint-Étienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016 - le père Jacques Hamel égorgé près de l'autel, un paroissien blessé. Et d'autre part, elle évoquait la fête islamique au cours de laquelle les musulmans sacrifient traditionnellement un animal, notamment un mouton, en l'égorgeant. Ce tweet de Brigitte Bardot a été liké 987 fois et retweeté 657 fois au 834 fois au 31 juillet 2016.

Son message a suscité une polémique. Directrice du Huffington Post, la journaliste Anne Sinclair a répondu sur son compte Twitter : "Le Mépris était un beau film". Son twitt a été liké 63 fois et retweeté à 50 reprises.

Le 20 juin 2016, dans sa tribune Magnanville, Rennes, Tel Aviv : trois versions d'un même déni (Le Figaro, 20 juin 2016)Shmuel Trigano, philosophe et sociologue spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain, affirme que les "hommes politiques et intellectuels, marqués par le postmodernisme, oublient que les actes terroristes sont aussi des actes religieux. Pour s'en démarquer, les musulmans doivent condamner ce retour primitif au sacrifice humain" :
"Les derniers événements à Tel Aviv, Orlando, Magnanville et Rennes marquent un tournant dans le rapport à la situation, que certains d'entre nous connaissent bien depuis 15 ans. La défaite des belles âmes qui ont parasité la conscience collective du réel est annoncée...  Une information très contrariante a été squizée tout simplement par les médias car elle éclairait trop grossièrement la réalité: à savoir qu'une femme a reçu trois coups de poignard à Rennes le jour même de Magnanville, de la part d'un individu qui voulait selon ses mots « faire un sacrifice pour le Ramadan ». C'est ce qu'on pouvait lire sur le moment dans les dépêches de presse des chaînes d'information. Puis on a lu que ce meurtrier mystique était un « déséquilibré » et l'information a ensuite disparu...Le meurtre [à Rennes] est justement défini par l'auteur comme un « sacrifice », c'est à dire un acte religieux, ce que sont tous ces actes barbares et pas uniquement « terroristes ». Leur finalité est religieuse - sauf que la religion du califat est aussi sa politique... Or c'est ce que le discours officiel s'évertue à nier et cacher, ce qui a conduit à la confusion totale des esprits et à l'égarement du public.
En France des débats médiatiques s'évertuent à comprendre - disent-ils - les causes d'un tel phénomène et s'épuisent en considérations qui n'ont de sociologiques que le nom car elles négligent le constat du fait idéologique, religieux et politique, qui est pourtant au cœur du social.
Une telle situation vaut aussi pour Tel Aviv... Le soir même du massacre, toutes les villes de Cisjordanie et de Gaza ont célébré l'ignominie avec feux d'artifices, offrande de douceurs, comme s'il y avait là un rituel de Ramadan...
Il y a aujourd'hui dans l'islam, un courant qui se revendique de ses valeurs pour commettre ces actes. C'est un problème pour les musulmans qui doivent le combattre s'ils veulent s'en démarquer... La guerre de religion qui fait rage dans l'islam contemporain entre sunnites et chiites confirme cet état de faits. Il y a tout simplement, si l'on peut dire, un courant, l'islamisme, qui est à l'œuvre dans ce chaos. Dans les rangs de cet univers religieux, se produit dans une terrible régression de l'humanité qui voit la religion régresser aux temps primitifs des sacrifices humains, des crimes rituels...
Il faut appeler un chat, un « chat ». C'est la condition sine qua non de la salubrité publique et de la santé mentale, ce que le discours dominant officiel autant que médiatique a mis en très grave danger depuis 15 ans. La question doit être posée au monde musulman. C'est comme cela qu'il faut concevoir un rapport d'égalité et de respect que nous sommes en droit d'attendre et d'exiger".
Le 28 juillet 2016, dans sa tribune Terrorisme : on sacrifie les victimes pour ne pas avoir à livrer bataille contre les bourreaux publiée par Le Figaro, Shmuel Trigano, professeur émérite des universités, a écrit : 

"Les actes terroristes sont commis explicitement au nom de l'islam... 
Le meurtre des non-musulmans est perpétré par les islamistes comme un sacrifice religieux offert à la divinité, un meurtre «moral», «sacré», de même que la mort recherchée du pseudo « martyr » lui ouvre la porte du paradis : un véritable culte de la mort.
Il faut comprendre cette logique d'un autre âge, profondément régressive sur le plan de l'histoire humaine (la régression de la religion au sacrifice humain!), pour comprendre le motif de tous ces massacres. Cette explication n'est pas un commentaire de ma part. Elle découle de sources coraniques et elle est confirmée par l'imam Qaradawi, qui siège au Qatar, pays ami de la France, et qui est le chef du Conseil de la Fatwa pour l'Europe, le mentor sur la plan de la Charia des Frères Musulmans (et donc de leurs émules français). Dans ses décisions juridiques, il justifie le meurtre des non musulmans, et avant tout des Juifs, comme un moyen licite de défendre et illustrer l'islam. Il va même jusqu'à estimer que, si le «martyr» le juge nécessaire, le meurtre des non-musulmans pourrait s'accompagner, pour le succès de l'opération, de la mort de musulmans (ainsi expédiés illico presto au paradis). Sur ce dernier point, celà montre parfaitement que le fait que les attentats frappent aussi des musulmans ne diminue en rien le caractère et la justification exclusivement islamiques de ces actes. À ce propos, il est pitoyable de voir journalistes et experts se perdre en conjectures sur les motifs des massacres et entraîner avec eux un public sidéré et égaré, parce qu'ils se refusent à voir la réalité en face..."
Statue
Le 28 septembre 2017, pour les 83 ans de la star, Saint-Tropez a dévoilé une statue en bronze à son effigie. "La beauté de la statue de Brigitte Bardot, inspiré de la Naissance de Vénus de Botticeli, revisité par le maître italien de la BD érotique Milo Manara, n'a pas enthousiasmé tous les admirateurs de l'actrice... Cette œuvre grandiose, de quelque 700kg et de 2,5m de hauteur, a été offerte à la mairie par le commissaire-Priseur Alexandre Millon. Il avait été le responsable de la vente aux enchères des 25 aquarelles de Manara dédiées à l'icône".

Un bel hommage et une oeuvre de gratitude à l'égard de Brigitte Bardot qui a rendu mondialement célèbre ce port de pêche apprécié de peintres impressionnistes.


Moi je joue
Le 25 octobre 2017, sort Moi je joue, de Brigitte Bardot avec la collaboration de François Bagnaud. « La chanson, c’était ma récréation après les tournages ! » "Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Georges Brassens, Jacques Brel, Nino Ferrer... tous ont voulu composer pour Brigitte Bardot en célébrant sa beauté et sa sensualité. Mais ce sont Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois («La Madrague», «Le Soleil»), et bien sûr Serge Gainsbourg («Harley Davidson», «Bonnie and Clyde») qui lui écriront ses plus belles et inoubliables chansons. Entre sourire et émotion, B.B. partage ses souvenirs souvent inédits, parfois touchants et inattendus, sur sa carrière de chanteuse".

Combats
Le 17 janvier 2018, dans un entretien avec Paris Match, Brigitte Bardot a déclaré : "Je vis très simplement avec mes animaux et pour ma fondation. Loin de ce qu’on avait baptisé la “bardolâtrie”, quand les gens me poursuivaient pour des autographes. Je veux vaincre l’indifférence des gouvernements et des peuples vis-à-vis des animaux. C’est mon amour pour eux et ce combat qui, jour après jour, me donnent à mon âge cette force. Par ailleurs, je ne parle que si j’ai quelque chose à dire. Je me réveille à La Madrague vers 9 heures, m’occupe de mes neuf chiens et six chats, puis de moi. Après, j’appelle la fondation pour un tour d’horizon. Bernard, mon compagnon et mari, me sert d’intermédiaire avec les fax et les e-mails. Je n’ai ni ordinateur ni tablette. Pas même de portable, cet instrument qui sert aussi à faire d’horribles selfies – on ne peut aller nulle part sans que quelqu’un se colle à vous ! La journée commence donc avec le courrier. Je reçois quelque 60 à 70 lettres par jour. Je réponds moi-même à celles qui sont importantes ou me touchent. A 13 heures, je vais à La Garrigue, ma ferme, retrouver mes autres animaux, une cinquantaine, parmi lesquels Candy le poney et Bonhomme l’âne, vivant en liberté en compagnie de sept cochons, huit chèvres, autant de moutons, deux boucs, une tortue, des oies, des canards, des poules et dix-sept chiens et chats. Là, je me consacre à la fondation. En trois décennies, elle a pris beaucoup d’importance. Vers 18 heures, fatiguée, je regagne La Madrague. Il faut reconnaître que je n’ai jamais eu autant de travail que maintenant, à 83 ans ! Je dîne avec Bernard, passe quelques coups de fil et me couche. Je ne vais jamais à Saint-Tropez. Non seulement pour ne pas risquer de provoquer d’émeute ou me mettre en danger, mais parce que ça n’a plus rien du petit port de pêche que j’ai connu. C’est devenu une vitrine du luxe, un lieu sans âme".

Et de se souvenir : "Partout où je passais, j’étais traquée. J’ai encore du mal à comprendre ce qui m’est arrivé, une sorte d’enchaînement incontrôlable m’ayant rendue très méfiante à l’égard de la race humaine. Je n’ai quasiment pas gardé de relations dans ce milieu, d’autant qu’à mon âge il me reste peu d’amis de ces années-là. Mes seules attaches : un peu Delon, Belmondo, Mylène Demongeot, Robert Hossein. On se téléphone une ou deux fois par an, un lien surtout dû aux animaux, sujet qui nous rapproche".

Sur le harcèlement sexuel : "Concernant les actrices, et pas les femmes en général, c’est, dans la grande majorité des cas, hypocrite, ridicule, sans intérêt. Cela prend la place de thèmes importants qui pourraient être discutés. Moi, je n’ai jamais été victime d’un harcèlement sexuel. Et je trouvais charmant qu’on me dise que j’étais belle ou que j’avais un joli petit cul. Ce genre de compliment est agréable. Or il y a beaucoup d’actrices qui font les allumeuses avec les producteurs afin de décrocher un rôle. Ensuite, pour qu’on parle d’elles, elles viennent raconter qu’elles ont été harcelées… En réalité, plutôt que de leur profiter, cela leur nuit".

Sur son combat contre le cancer : "La maladie, la souffrance, la mort, c’est grave et pas trop rigolo, n’est-ce pas ? Comment prétendre le contraire ? Mais puisque c’est inéluctable, il faut essayer de l’apprivoiser. Quand j’ai eu un cancer du sein, ça a été très difficile. J’étais toute seule et j’avais décidé de faire uniquement de la radiothérapie, et pas cette épouvantable chimio, pour ne pas perdre mes cheveux. Elle détruit le mal mais aussi le bien et on en sort anéanti. Je vois des gens qui, après cette épreuve, sont des loques. Jamais je ne voudrais passer par là. Cette maladie m’a obligée à me retrouver face à moi-même. Et maintenant, si j’aime bien parfois la solitude, je ne peux néanmoins vivre seule.Je n’ai pas paniqué, pensant que je vaincrais, que je n’allais pas mourir. C’est resté secret jusqu’au jour où le mal a été derrière moi. Cela fait une bonne trentaine d’années, maintenant. Mais ma plus belle victoire est celle que je n’ai pas encore obtenue pour les animaux".

"Moi non plus"
Le Théâtre de la Madeleine a présenté "Moi non plus", pièce de Bertrand Soulier, dans une mise en scène de Philippe Lellouche, avec Jérémie Lippmann et Mathilde Bisson. "Décembre 1967. Brigitte rejoint Serge dans la nuit secrète d'un palace parisien."Ecris-moi la plus belle des chansons d'amour" demande l'actrice au compositeur. Les amants ne le savent pas encore mais leur idylle vient d'entrer dans l’Histoire.  Les paroles seront d'une impudeur grandiose, la mélodie d'une sensualité inégalée… Gainsbourg s'installe derrière le piano sous les yeux de Bardot : la légende est en marche".

Pampelonne
Le 14 juillet 2018, Brigitte Bardot a déploré les projets de réaménagement de la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, sur la presqu'île de Saint-Tropez.

Elle a déclaré à Paris-Match : Au début il n’y avait rien. Et puis des plages sont apparues avec le film « Et Dieu… créa la femme ». Chacune était différente, rigolote et non conforme. Il y avait de la joie, c’était le symbole de la liberté. Avec ce projet de réaménagement cette plage va devenir monotone, alors qu’elle était si charmante… C’est dramatique !


Et d'ajouter : "On est en train de tuer l’âme de Pampelonne. C’est une époque qu’ils vont foutre en l’air. L’argent va tuer cet endroit, comme c’est déjà le cas dans le village de Saint Tropez, où je ne vais plus... Au début du Club 55, ce n’était qu’une buvette. Il n’y avait pas un rat. L’Esquinade avec la famille Urbini fait partie de ma famille. Comme les Moreu Des Jumeaux. Aujourd’hui j’apprends qu’ils ont perdu leur plage. Pourtant elle est élégante, joyeuse, très couleur locale. Jean-Claude Moreu a continué malgré le décès de son frère jumeau. Aujourd’hui en lui enlevant leur création de plus de trente ans, on a tué une deuxième fois son frère".

Aïd el-kébir 2018 
A l'occasion de cette fête musulmane, la Fondation Brigitte Bardot a annoncé avoir sauvé près de 650 moutons et les avoir mis en sécurité. "Pour la 4ème année consécutive, la Fondation Brigitte Bardot était présente dans les Bouches-du-Rhône sur plusieurs sites clandestins, en renfort des autorités qui ont préparé et rendu possibles les interventions, pour organiser la prise en charge d'un maximum de moutons."


"Plus de 400 moutons ont été saisis dans les Bouches-du-Rhône, plus de 200 en Ile-de-France, une cinquantaine d'autres en Normandie et en Alsace... Tous ces animaux, qui devaient être égorgés un 21 août, à l’occasion de l’Aïd el-Kebir, dans des conditions abjectes, rejoignent la plus grande ferme des animaux sauvés de la mort, l'arche de la Fondation Brigitte Bardot ! À ce stade nous ne pouvons donner trop de détails sur l'origine des animaux, compte-tenu des procédures engagées. Pour en savoir plus, suivez-nous sur Facebook et sur Twitter", a conclu la Fondation Brigitte Bardot.

Politique
Le 24 juillet 2018, durant l'affaire Benalla, Brigitte Bardot a été reçue par le Président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron. Elle s'est dite "confiante" après cet entretien.

, Brigitte Bardot a critiqué le gouvernement d'Edouard Philippe sur plusieurs thèmes.


Le 28 août 2018, sur BFMTV, Brigitte Bardot s'est dite "ravie" de la démission de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et "furieuse" à l'égard du Président Emmanuel Macron qu'elle accusait de se mettre "à genoux" devant les chasseurs : "Je suis furieuse contre Macron. Alors que j'ai eu un petit espoir quand je l'ai rencontré le 24 juillet à l'Elysée, cet espoir s'est envolé. Je suis très sévère depuis hier avec Emmanuel Macron, quelqu'un qui peut à ce point là se mettre à genoux devant des assassins, parce que les chasseurs sont des assassins. Nicolas Hulot "a été certainement aussi horrifié que moi par l'allégeance de Macron devant les chasseurs"..


À partir du 19 janvier 2018
Au Théâtre de la Madeleine 
19, rue de Surène. 75008 Paris
Du mardi au samedi à 19h.

Et Dieu créa la femme... de Roger Vadim
Iéna Productions, Cocinor, U.C.I.L, Raoul J. Lévy, 1956, 88 min
Image : Armand Thirard
Montage : Victoria Mercanton
Musique : Paul Misraki
Scénario : Roger Vadim, Raoul J. Lévy
Avec Brigitte Bardot, Curd Jürgens, Jean-Louis Trintignant, Christian Marquand, Georges Poujouly, Jean Tissier, Jeanne Marken, Mary Glory, Isabelle Corey, Jean Lefebvre, Philippe Grenier, Jacqueline Ventura, Paul Faivre 
Sur Arte le 28 décembre 2016 à 20 h 55

Scandale ! Brigitte Bardot au secours des bébés phoques, de Philippe Collin, Xavier Mauduit, Frédéric Bonnaud
Sur Arte le 15 août 2015 à 20 h 36

Viva Maria, de Louis Malle
Nouvelles Editions de Films, Les Productions Artistes Associés, Vides Cinematografica, Oscar Dancigers, 1965, 112 min
Image : Henri Decaë
Montage : Kenout Peltier, Suzanne Baron
Musique : Georges Delerue
Scénario : Louis Malle, Jean-Claude Carrière
Avec Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Claudio Brook, Paulette Dubost, Poldo Bendandi, George Hamilton, Carlos López Moctezuma, José Ángel Espinosa 'Ferrusquilla'
Sur Arte les 15 août à 13 h 35, 23 août à 13 h 35, 1er septembre à 13 h 35 et 9 septembre 2016 à 13 h 35
Visuels : © Gaumont 2013

Par François Reichenbach et Eddy Matalon
France, 1968, 47mn
Musique : Francis Lai
Diffusion le 22 juillet 2012 à 16:15

Visuels : 
© Arte pour En cas de malheur
© Studio Canal
© Sony Pictures pour La Vérité
© Jean Adda
© Sipa. 1977 - Brigitte Bardot en campagne pour sauver les bébés-phoques au Canada

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 21 juillet 2012, puis le :
- 9 septembre 2012 à l'approche de la soirée Gainsbourg sur France 2 - Gainsbourg (Vie héroïque) de Joann Sfar, puis Un jour un destin, Gainsbourg - ce 9 septembre 2012 dès 20 h 45 ;
- 25 décembre 2012 à l'approche de la diffusion de Viva Maria, de Louis Malle, avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot, le 26 décembre 2012 à 0 h 05 ;
- 27 novembre 2013. Arte a diffusé Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul, ce 27 novembre 2013 à 20 h 50 ;
- 24 mars 2014. Arte a diffusé à 20 h 40 La vérité d'Henri-Georges Clouzot, avec Brigitte Bardot, Sami Frey et Marie-José Nat ;
- 23 mai 2014. France 5 a diffusé le 24 mai 2014 Le mystère Bardotdocumentaire de Gilles Nadeau ;
- 13 août et 23 septembre 2014. Toute l'histoire a diffusé les 13, 14 et 16 août 2014 Bardot, la méprise ;
- 7 juin 2015. Arte diffusa les 7, 9 et 26 juin 2015 En cas de malheur, de Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul ;
- 7 décembre 2015. Le 9 décembre 2015, Toute l'Histoire diffusa Brigitte Bardot, la méprise ;
- 15 mai, 15 juin, 1er septembre et 29 décembre 2016, 26 octobre 2017, 25 mars 2018.

« L'huile d'argan, l'or blanc du Maroc » de Roberto Lugones


Arte rediffusera le 1er septembre 2018, dans le cadre de 360°-Géo, « L'huile d’argan, l'or blanc du Maroc » (Arganöl - Marokkos weißes Gold) de Roberto Lugones (2008). Un documentaire daté sur l’argan, fruit de l’arganier dont on extrait une huile aux nombreux bienfaits, exportée dans de nombreux pays. D’un quasi-monopole et d’une activité traditionnelle liée aux Amazighs (Berbères) marocains à la concurrence israélienne.
Haut de huit à dix mètres, le tronc noueux, les branchages hérissés d’épines, le cime large et arrondie, résistant à la sécheresse, des racines pouvant chercher l’eau très profondément, embelli par des fleurs hermaphrodites apparaissant en mai-juin.

Tel apparaît l'arganier ou Argania spinosa

« Exception marocaine »
Cet arbre fruitier pousse traditionnellement dans l’Atlas marocain dans la plainte du Souss (sud-ouest du Maroc) – l’arganeraie couvre environ 800 000 hectares, soit environ un sixième de la forêt marocaine -, et dans la région de Tindouf, à l’ouest de l’Algérie. Sa durée de vie varie de 150 à 200 ans.

Longtemps, seuls les arganiers marocains donnaient des fruits, dénommés argans. Des fruits à coque dure, longs de trois centimètres, de couleur jaune-brun. 

Mûr, l’argan renferme une noix dure contenant deux ou trois « amandons ». Dromadaires et chèvres apprécient les feuilles vertes et le fruit de l’arganier, dont elles délaissent le noyau. Grimpant aux arbres, "les chèvres dévorent les jeunes pousses et épuisent les arganiers".

Dès le Xe siècle, des livres en arabe  mentionnent l’arganier, et des botanistes européens s’y intéressent. L’arganier relève d’un statut complexe : considéré comme un don de Dieu, il est aussi associé à la magie. A leurs invités, les Amazighs ou Berbères du Souss offrent thé, huile d’argan et miel.

« Depuis des siècles au Maroc, des femmes » amazighes vivant dans l’Atlas « extraient des fruits de l'arganier une huile très recherchée pour sa saveur et ses bienfaits sur la peau. Il y a peu, il aurait été impensable pour une villageoise marocaine d'avoir une activité hors de son foyer, de son douar, de son hameau. Elles sont désormais nombreuses à travailler dans des coopératives féminines », telle Marjana qui regroupe 37 membres soudées. Les nouvelles membres sont choisies en fin d'années. Les membres de Marjana touchent 1200 dirhams/mois, soit plusieurs centaines d'euros. A cette rémunération, s'ajoutent les bénéfices. Les coopératives permettent aux femmes élevant seules leurs enfants d'acquérir leur autonomie financière, et de financer des projets, tel l'agrandissement de leur maison. Les maris travaillent souvent loin du village et reviennent régulièrement au foyer familial. Marjana organise aussi l'accueil des touristes intéressés par le concassage du fruit, etc. Dans d'autres coopératives, des enfants et adolescentes travaillent pendant leurs vacances scolaires. Certaines Marocaines préfèrent travailler à domicile à concasser les fruits, afin de pouvoir s'occuper de leurs jeunes enfants. Dans cette région, les unions entre Berbères et Arabes sont fréquentes. Jeans et foulards islamiques constituent les vêtements féminins.

Ramassés en veillant à éviter les scorpions, les noix sont séchées au soleil pendant une semaine. La pulpe dégagée de la noix sert d'aliment pour le bétail. Reste le noyau cassé pour récupérer les amandons. Les coques servent de combustibles. Les amandons sont torréfiés : trop torréfiés, ils ont un goût de brûle, pas assez torréfiés, le goût devient amer. Les amandons sont alors broyés manuellement dans un moulin de pierre. Une purée fluide tombe dans la bassine. Elle est malaxée en pâtons servant à l'alimentation du le bétail. Il faut 40 kg de fruits pour produire un litre d'huile d'argan alimentaire. Cette coopérative produit quatre litres d'huile d'argan par jour. "Précieuse et recherchée", cette huile alimentaire "aux reflets d'ambre" sublime un mets. "La fabrique de tapis ne rapporte plus. Il n'y a plus que la coopérative", précise une jeune Marocaine.

Pressé, l’argan produit une huile aux vertus appréciées dans la gastronomie, en cosmétologie – soins capillaires, du corps, prévention du vieillissement de la peau -, par la médecine – risques cardiovasculaires prévenus - et la pharmacologie : riche en vitamines E, antioxydants et en acides gras, cette huile favorise la cicatrisation, contribue à la lutte contre les vergetures. L'huile d'argan est aussi utilisée pour des massages corporel.

A noter que l’huile d’argan cosmétique est produite par pression à froid, est est très chère - il faut malaxer trois à quatre heures pour extraire manuellement un litre. Par contre, les amandons sont torréfiés pour produire une huile alimentaire odorante, à la couleur plus foncée, au goût proche de celui de la noisette et moins onéreuse. La production d’un litre d’huile d’argan requiert les fruits d’une demi-douzaine d’arganiers.

Cet « or vert » joue un rôle important dans l’économie marocaine - le Maroc produit de 2 500 à 4 000 tonnes d’argan par an -, ainsi que dans les sociétés rurales. Deux millions de Marocaines vivent de l’huile d’argan, en travaillant pour des coopératives ou des industries. Essaouira se développe aussi grâce à la vente des amandons - le prix du kg a quadruplé en quelques années - et de l'huile d'argan (le prix de l'huile d'argan pure vaut 130 dirhams, soit 13 euros). Les industries privilégient des machines modernes produisant en grandes quantités : jusqu'à 50 litres par heure. Des industries exportent trois à quatre tonnes d'huiles d'argan à qualité constante.


Depuis 1998, une zone de 830 000 hectares d’arganeraies entre Agadir et Essaouira, ancienne Mogador - "un port où arrivaient les navires chargés d'épices et d'esclaves", des boutiques proposent des dérivés de l'huile d'argan -, bénéficie de l’appellation « réserve de biosphère de l’arganeraie » de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Les réserves de biosphère « sont des zones comprenant des écosystèmes terrestres, marins et côtiers. Chaque réserve favorise des solutions conciliant la conservation de la biodiversité et son utilisation durable. Au nombre de 651 réserves de biosphère dans 120 pays, les réserves de biosphère sont « des sites de soutien pour la science au service de la durabilité » – des lieux spéciaux où tester des approches interdisciplinaires afin de comprendre et de gérer les changements et les interactions entre systèmes sociaux et écologiques, y compris la prévention des conflits et la gestion de la biodiversité ». Le « but de la Réserve de biosphère Arganeraie est d’aider à assurer la protection et l'utilisation durable des arganiers en leur permettant de servir en tant qu’énergies renouvelables bénéficiant les communautés locales vivant dans les réserves biosphère, ainsi que pour la région en général ». 

En 2010, l'Union européenne a attribué à l’huile d’argan l’indication géographique protégée (IGP). Un avantage en termes d’image, de commercialisation.


L’argan a été inscrit en 2014 (9.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco  : « L’arganier est une espèce sylvestre endémique… Différentes tâches, dont la réalisation se transmet par voie d’imitation et par l’apprentissage non formel, sont nécessaires pour obtenir l’huile, qui trouve de nombreux usages dans l’alimentation, la médecine et la cosmétique. Ces tâches sont la cueillette des fruits, leur séchage, le dépulpage, le concassage, le tri, la mouture et le malaxage ».

Le « moulin à bras spécifique est fabriqué par des artisans locaux, et le malaxage suppose l’ajout progressif d’eau tiède selon des quantités précises. Tous les aspects culturels relatifs à l’arganier, dont la culture de l’arbre, l’extraction de l’huile, la préparation des recettes et des produits dérivés, et la confection des outils artisanaux nécessaires aux différentes tâches contribuent à la cohésion sociale, à l’entente entre les individus et au respect mutuel entre les communautés. L’huile d’argan s’offre en cadeau de mariage et s’utilise fréquemment pour la préparation de plats de cérémonie. Les savoir-faire traditionnels portant spécifiquement sur l’extraction de l’huile et ses multiples usages sont transmis par les « arganières », qui apprennent à leurs filles, dès leur plus jeune âge, à les mettre en pratique ».

Parfois trop diluée pour produire ses effets bénéfiques, souvent contrefaite, souffrant d’une commercialisation déficiente, l’huile d’argan marocaine s’avère peu satisfaisante à certains égards. 

D’autant que le Maroc  ne semble pas avoir développé les recherches horticoles et partenariats entre universitaires et les responsables de la gestion des forêts, a détruit des arganeraies pour édifier l’aéroport d’Agadir et sous l’effet de l’agriculture intensive ainsi que de la croissance démographique. 

Par ailleurs, l’arganier est menacé par sa disparition progressive – densité moindre des forêts d’argans, replantation insuffisante -, et son bois dur est utilisé par des Marocains pour leur chauffage.

Afin d’assurer « le développement durable de cette réserve de biosphère » et d’aider à satisfaire les besoins énergétiques de la communauté locale », l'UNESCO et l'Agence nationale marocaine pour le développement des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique (ADEREE) ont organisé un séminaire, à Marrakech (Maroc) en mars 2015, pour débattre sur ces questions.

« L'accès aux sources d'énergie renouvelables est très important pour les réserves de biosphère de l'UNESCO. Grâce à l'Initiative RENFORUS - Futures d'énergie renouvelable pour les sites de l'UNESCO - l'organisation promeut l'utilisation des réserves de biosphère comme observatoires sur le terrain concernant l'utilisation durable des sources d'énergie renouvelables. Il combine l’objectif de conservation de la nature avec celui du développement durable, fondé sur la participation de la communauté locale et du secteur privé ».

Le « séminaire, qui a réuni les principales institutions nationales et parties prenantes, ainsi que des scientifiques et experts internationaux, a souligné les défis socio-économiques de gestion auxquels la forêt et ses habitants doivent faire face ». En outre, il « a démontré comment l'énergie renouvelable pourrait être une solution viable sur le long terme. Sur la base de ces discussions, ADEREE et l’Agence nationale pour le Développement des zones oasiennes et de l'arganier (ANDZOA), le Comité national MAB (Programme sur l’Homme et la biosphère) du Maroc, la Réserve de biosphère Arganeraie, et avec le soutien du bureau de l’UNESCO à Rabat et le Siège de l’UNESCO, vont développer un plan d'action pour les énergies renouvelable dans cette réserve de biosphère, formant partie du cadre général de la stratégie de l'énergie renouvelable au Maroc ».

Monopoles contestés
"Dans les années 1980, Pierre Fabre, fondateur des laboratoires du même nom, découvre cette huile pressée et récoltée par les femmes marocaines qui l'utilisent alors pour la cuisine, a confié Bernard Fabre, responsable recherche et développement des produits végétaux de l'entreprise, à M le magazine du Monde (14 février 2014). Il la rapporte en France, l'analyse et démontre son pouvoir antioxydant, puis la fait entrer dans une gamme de soins anti-âge chez Galénic."

En 1983, la société Pierre Fabre  Dermo Cosmétique avait déposé la marque « ARGANE », et vendu une crème à base d’huile d’argan. Dans un procès en contrefaçon de cette marque et opposant Pierre Fabre à la société Clairjoie, la Cour de cassation a condamné le 6 mai 2014 Pierre Fabre : elle a annulé sa marque « ARGANE » « pour dépôt frauduleux et défaut de caractère distinctif… Ce terme était exclusivement descriptif de la composition des produits désignés par la marque ».

Ce monopole du Maroc est contesté depuis 2012 par l’entreprise israélienne Sivan qui fabriquera prochainement de l’huile d’argan en Israël. 

Au terme de 25 ans de recherches agronomiques et de sélections puis clonage d’arbustes poussant à partir de graines marocaines, Sivan a découvert une souche de l’arganier appelée Argan 100, qui fournit des arbres plus productifs – jusqu’à cent kilos de noix par an, soit dix fois plus qu’un arganier marocain -, adaptés au climat méditerranéen, résistants aux maladies, et produisant des noix dix fois plus grandes que celles des arganiers marocains. 

Des forêts d’environ 2 500 arganiers ont été plantées dans la région d’Ashkelon, d’Arava et du Néguev. Il faut patienter quinze ans pour voir apparaître les noix sur l’arganier. Cinquante kilos de noix d’argans sont nécessaires pour produire un litre d’huile d’argan pure. 

A suivre…

   
Arte, 2008, 53 min
Sur Arte les 24 septembre 2015 à 12 h 25, 2 avril 201621 août 2017 à 9 h 30, 1er septembre 2018 à 8 h 45

Visuels :
Ces jeunes femmes montrent le changement de la mode dans la société marocaine.

© Medienkontor FFP

© Direction du patrimoine culturel de l'UNESCO

A lire sur ce blog :
Les citations sont extraites d'Arte et de l'Unesco. Cet article a été publié le 24 septembre 2015, puis le 31 mars 2016, 22 août 2017.