Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 29 août 2018

Ori Gersht et Zadok Ben-David


Le musée de la Chasse et de la Nature présente, dans le cadre de la Saison France-Israël 2018, l’exposition collective d’œuvres des deux artistes israéliens Ori Gersht, créateur d'une vidéo numérique emblématique de la violence, et Zadok Ben-David, auteur d'une installation composée de fleurs métalliques colorées et implantées dans du sable. Des réflexions artistiques inspirées d'oeuvres du XVIIIe siècle européen et rendant sensible la fragilité de la vie.
A Paris, le musée de la Chasse et de la Nature participe à la Saison France-Israël 2018, en présentant les oeuvres de deux artistes israéliens.

« Avec des œuvres abordant les relations multi-facettes entre la nature et la culture et approfondissant les questions de lieu, de mémoire et d’identité, l’ensemble du programme favorisera la réflexion et le débat sur les questions esthétiques et politiques », a écrit Hadas Maor, commissaire et artiste israélienne.

Ori Gersht
Ori Gersht est né à Tel Aviv, en Israël, en 1967. En 1995, il a obtenu un MA en Photographie au Royal College of Art de Londres et en 1992 un BA en Photographie, Film et Vidée de l’université de Westminster de Londres. Il vit et travaille à Londres (Grande-Bretagne). Il enseigne la photographie au Kent Institute of Art & Design. Il expose dans des musées et galeries aux Etats-Unis, en Europe, en Nouvelle-Zélande, en Israël…

La vidéo « Grenade commence par une nature morte sereine d’un chou, d’une citrouille, d’une courge et d’une grenade, disposés dans un cadre de fenêtre d’une manière traditionnelle et picturale. Soudain, une balle à grande vitesse oblitère la grenade suspendue, l’éclatant comme une bouche pulvérisant des graines. L’œuvre établit ainsi un dialogue entre la paix et la violence, l’immobilité et le mouvement, la peinture et le film. » Le calme, l'harmonie sont rompus brutalement. Le ralenti en souligne la violence.

Falling bird de l’artiste Ori Gersht « s’inspire de la nature morte du peintre du XVIIIe siècle Jean Siméon Chardin, intitulée Un canard col-vert attaché à la muraille et une bigarade (collection du musée). Le film révèle un canard suspendu, fendant soudainement une surface noire miroitante, qui s’effondre dans son propre reflet. L’impact de l’oiseau qui pénètre la surface liquide ainsi que le déclenchement d’une formidable réaction en chaîne, évoque l’idée d’un désastre écologique. Ori Gersht explore les relations entre la photographie et la technologie ».

Zadock Ben-David
Zadock Ben-David est né à Bayhan, au Yémen en 1949 et a fait son aliyah la même année. Il est diplômé de St. Martin’s School of Art à Londres et y a enseigné de 1977 à 1982. Il a exposé ses œuvres en Europe, aux Etats-Unis, en Israël et en Asie, notamment au Japon. En 2008, il a reçu la commande d’une sculpture pour les Jeux Olympiques de Beijing. Il a participé à de prestigieuses biennales et a été distingué notamment par le premier prix à celle de Vila Nova de Cerveira au Portugal (2007) et celui en sculpture du musée de Tel Aviv (2005).

Blackfield de Zadock Ben-David « est une installation composée de centaines de fleurs de métal découpées et plantées dans une fine couche de sable. Provenant d’encyclopédies victoriennes du XIXe siècle, ces plantes composent une sorte d’immense toile de Jouy ou de Liberty en trois dimensions. Le travail de l’artiste joue avec la perception et la perspective, tandis qu’avers et revers de l’œuvre questionnent la vie et la mort ».


Du 5 juin au 2 septembre 2018
62, rue des Archives 75003 Paris
Du mardi à dimanche de 11 h à 18 h. Mercredi de 11 h à 21 h 30, sauf au mois d’août. Fermé le lundi et les jours fériés.

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Les citations proviennent du musée.

Theo Tobiasse (1927-2012)


Theo Tobiasse (1927-2012) était un peintre juif né à Jaffa, en Eretz Israël. Graphiste pour la publicité, il survit en France à la Shoah. Établi après guerre à Saint-Paul de Vence, en Provence, il y produit une oeuvre tramée sur des thèmes privilégiés : l’exil, la Bible, des femmes aux courbes sensuelles, corps aériens, la Shoah, le désir, l’amour fou, l’enfance, les baladins, les jeux de la représentation, la Lituanie de son enfance  et le bonheur familial. Le château de Vascoeuil propose une exposition de Théo Tobiasse.


Né en 1927 à Jaffa, en Palestine sous mandat britannique (Eretz Israël) dans une famille originaire de Lituanie.

Quittant cette Terre promise, la famille Tobiasse retourne en Lituanie. Le jeune Theo Tobiasse y reste jusqu’à ses cinq ans, puis sa famille s’installe en France en 1931.

Sous l’Occupation, la famille Tobiasse subit les persécutions antisémites, se cache, mais une partie des membres est décimée par la Shoah.

A la Libération (1944), Theo Tobiasse recherche la lumière, le soleil, le ciel vaste.

Il emménage à Nice, puis à Saint-Paul de Vence où il vit et travaille.

Ce village provençal, c’est son lieu d’élection. Là, découvrant le paysage lunaire du plateau de Saint-Barnabé, au col de Vence, Theo Tobiasse peint sa première toile.

Le « Rijksmuseum d’Amsterdam lui procure une seconde révélation : la Fiancée Juive de Rembrandt lui fait découvrir le mystère de la matière et de la couleur. Il comprend alors tout des glacis, des jus et des clairs-obscurs ».

Theo Tobiasse travaille comme graphiste dans la publicité.

Il est distingué en 1961 par le Prix de la jeune peinture méditerranéenne en 1961.


Au fil d’une carrière qui le mène en Amérique du Nord, en Europe, au Japon, cet artiste sculpte, crée des vitraux, des poteries, des gravures. Parmi ses œuvres monumentales : le Palais des Congrès de Nice, la Chapelle Saint-Sauveur-Le Cannet et le Centre communautaire israélite de Strasbourg.

De New York à Jérusalem, via Saint-Paul de Vence et Venise, Theo Tobiasse tient un « journal intime artistique » composé de cinq Carnets qui couvrent huit ans, de 1993 à 2001.

Des inédits - écrits, gouaches, pastels et dessins, natures mortes (« Festin bleu ») et portraits (« Reine de théâtre aux désirs errants ») - y traduisent les impressions et préoccupations de l’artiste qui a signé et daté chaque page.

On y retrouve ses thèmes d’inspiration : l’exil, la Bible, des femmes aux courbes sensuelles, corps aériens, la Shoah (« Le ciel le plus noir à la lumière des brasiers »), le désir, l’amour fou, l’enfance, les baladins disproportionnés souriants, les jeux de la représentation (« Les Ménines » inspirées de Velasquez), la Lituanie de son enfance – « la datcha dans la verdoyante campagne de Kaletova, les lumières des bateaux à roue pavoisés sur le Niémen, les traîneaux dans les rues enneigées de Kovno, mais aussi les théières rondes et les samovars ventrus, symboles de la chaleur familiale » - et les scènes de bonheur familial en couleurs sépia.


Privilégiant les rouges et bleus, Theo Tobiasse y exprime la détresse et l’espoir - « Il faut courir pour écarter les parois des ténèbres, attendre que le jour se lève pour imaginer une autre vie » -, ainsi que l’humour par la présence d’animaux improbables entre les barreaux d’une échelle (« L’amour au temps du Sinaï»).

Il décède le 3 novembre 2012

Hommages
Au printemps 2013, la Chapelle Saint-Elme au cœur de la Citadelle de Villefranche-sur-Mer a présenté l'exposition Intime/Ultime de Theo Tobiasse (1927-2012). "Une plongée en plein cœur de l’univers créatif de l’artiste qui a permis aux amateurs et aux collectionneurs de découvrir dessins, tableaux, poteries, bronzes, carnets, sculptures".

En 2013, la galerie  Ada Loumani à Valbonne a présenté l’exposition Tobiasse, Moments d’Atelier éponyme qui révèlait "les moments inédits de création et d’inspiration" de Theo Tobiasse (1927-2012). Sa fille, Catherine Faust-Tobiasse "nous invite à découvrir une facette plus personnelle de son œuvre en entrouvrant la porte de son atelier… Au cœur même de son expression pure et libre, céramiques, dessins, sculptures, écrits se dévoilent au fil de l’univers intime de l’artiste récemment disparu".

La ville de Mougins et le Musée d'Art classique de Mougins ( MACM) ont présenté l'exposition Mougins monumental (4 avril-30 juin 2015)avec notamment une sculpture de Theo Tobiasse (1927-2012). Une "exposition à ciel ouvert : sur terre, dans les jardins, dans les airs, à travers les ruelles ! Cette agréable balade vous invitait à voyager dans le temps pour mieux comprendre les évolutions du monde artistique. Des années 60 avec les Nouveaux Réalistes, à la relève contemporaine, Mougins Monumental est un parcours initiatique original".

La galerie Perahia présenta "Tobiasse intime" (12-27 Juin 2015). "Bien plus qu'une exposition, une incursion dans l'atelier de l'artiste, au cœur de son domaine réservé !  Près de cent cinquante œuvres - huiles sur toiles, gouaches, pastels dessins, gravures, céramiques, sculptures - inédites sortiront du silence de l'atelier de Théo Tobiasse, à Saint-Paul de Vence. Pour la première fois, à Paris, C'est à la galerie Perahia que Catherine Faust-Tobiasse, fille de l'artiste, confie le privilège de présenter ces travaux de Tobiasse dont la planète des arts, elle-même, ignorait en partie l'existence ! L'événement devrait diffuser bien de nouvelles lumières sur l'ensemble d'une oeuvre mondialement reconnue. La Lituanie, l'errance, Paris, Saint-Paul de Vence, les vibrations de New-York, l'envoûtement pour Venise, la sensualité des femmes, des amantes de passage, certes, mais aussi de l'incontournable, de la femme-mère, mère de l'Humanité ! De tendres confidences sur l'essence d'une oeuvre. A mille lieux de toute indiscrétion mais comme autant de tendres confidences sur l'essence même du travail de son père, Catherine ouvre de nouvelles voies d'entrée dans l'épopée onirique de Théo.

"Tobiasse, qui vouait un amour éternel à Jérusalem, cette terre qu'on lui avait promise mais qu'il dut quitter pour l'Europe centrale, avec sa famille, aux toutes premières lueurs de ses jours ! Depuis les ténèbres de l'exil jusqu'à l'ancrage éblouissant dans les lumières de la Méditerranée, le flux de ses multiples vies, nourri des sédiments de la mémoire, a ciselé un art aux infinies facettes. Théo Tobiasse, le peintre-sculpteur, le passionné de dessin, l'émouvant créateur de correspondances poétiques entre les visuels et les mots, entre les formes et les couleurs. Tobiasse le luxuriant, dont la toile côtoie les étoiles, le céramiste-conteur, l'artiste  qui ne cesse de nous faire voyager dans l'imaginaire chatoyant de son parcours en lignes courbes. Tobiasse, foisonnant de sensibilité, dont tant d'émotions ou de drames, tant de passions, aussi, ont abreuvé la palette et la glaise, la plume, le crayon, le ciseau !"

Vallauris, Le Cannet et Saint-Paul de Vence rendaient hommage à Tobiasse par des expositions (24 juin-30 octobre 2017) sous l'enseigne Tobiasse, trois terres d'inspirationExpositions à facettes, voyage artistique et initiatique… Une découverte hors cadre proposée par trois villes d’art du Sud de la France : Vallauris, Saint-Paul de Vence et Le Cannet.

Le Musée Magnelli, musée de la céramique de Vallauris proposait Les Lumières de l'espoir. Il "invite le visiteur à pénétrer dans l'univers de l'artiste en suivant son chemin de vie entre rires et larmes, soleil et ténèbres, intimité familiale et déchirement de l'exil. On y retrouve ses thèmes favoris : la femme - mère, épouse, amante -, la mythologie, le cirque, les musiciens, les saltimbanques. Ces principaux thèmes sont déclinés par autant de techniques différentes, employées seules ou en association. Tobiasse exprime ses sentiments en deux ou trois dimensions, du plus léger collage à la sculpture monumentale de bronze ou de béton, de la délicatesse d’un glacis jeté sur une feuille, à la vigoureuse pleine pâte d’une toile saturée de couleurs, jusqu’à sa palette, devenue montagne, sorte de paysage fantastique dont seul l’artiste connaît les secrets. Au total, ce sont plus de 150 oeuvres toutes techniques confondues qui illustrent l’immense créativité et la singularité d’un artiste qui a traversé le siècle en conservant au plus profond de lui-même : Les lumières de l’espoir aux heures les plus sombres de l’histoire du XX° siècle".

"La Maison des quartiers exposait des céramiques d'édition, réalisées dans l’atelier de Gérard Crociani, d'après des originaux de Tobiasse. Le public pourra également découvrir dans les salles d’exposition la technique d’édition céramique. Des projections de films où apparaît l’artiste seront projetées en continu : L’âge d’or de la céramique Azuréenne 1950 - 1970 (2009) de Roland Kelberg produit par Vidéo Film Biot et Les éditions céramiques de Tobiasse, film HD couleur 20 min 30s de Maxime Martins. Vallauris 2017.Au port de Golfe-Juan une présentation de l’exposition dans un espace proche de la capitainerie et sur la promenade offre aux estivants un aperçu de l’événement". 


"Au Cannet, dans la Chapelle Tobiasse (rue Saint Sauveur) décorée par Théo Tobiasse en 1989, l’exposition La Vie est une Fête présentait les maquettes, les dessins et les calques préparatoires qui ont servi à la réalisation du décor de la chapelle. On ignore la date de construction de la chapelle Saint-Sauveurcet ancien beffroi qui marque l’entrée du quartier des Ardissons. Son clocher sonnait pour signaler les appels aux armes ou l’approche d’un danger".

"Sauvée d’une ruine probable, cette chapelle a été restaurée en 1989. Respecter son histoire tout en lui rendant sa vocation spirituelle, telle fut la préoccupation de Tobiasse, artiste contemporain de renommée mondiale qui a ouvert ce lieu à l’œcuménisme et choisit pour thème : « La vie est une fête ».  Cette fresque monumentale, vive et poétique narre une histoire universelle où le chœur de l’édifice rayonne à partir d’une colombe, symbole de la paix. Sur le parvis extérieur, « L’oiseau de lumière », sculpture de l’artiste, invite le visiteur à découvrir cet univers".

"Saint-Paul de Vence a proposé Portraits de Mon Village, une déambulation dans les rues et les places à la découverte d’oeuvres monumentales, en bronze ou en acier découpé, ainsi que des photographies en noir et blanc de l’artiste, faites par André Villers dans les années 80 à Saint-Paul, et présentées sur le lieu même où elles ont été prises. L’Espace Verdet dévoile des Fragments de vie à travers des films, des vidéos, une librairie éphémère, permettant de consulter des ouvrages consacrés à Tobiasse". "«Sculpter la peinture, peindre la sculpture, colorer la lumière de manière à exprimer la métamorphose perpétuelle des formes », visait Tobiasse. 


Théo Tobiasse "aurait eu 90 ans en 2017. Né en Israël de parents lituaniens, la famille s’exile à Paris alors que Théo n’a que 5 ans. Attiré par la lumière, il s’installe sur la Côte d’Azur en 1950 et acquiert une maison en 1975 à Saint-Paul de Vence, qu’il affectionne particulièrement et qu’il ne quittera plus".

"Dans sa maison-atelier face aux remparts, Il avait trouvé là un bonheur de lumière et de ciel immense mais également le regard des peintres et des artistes qui y avaient traversé les siècles et ensoleillé cette terre de bergers".

"L’exposition à découvrir aux détours des ruelles de Saint-Paul de Vence, présente des sculptures monumentales, en bronze et en acier découpé, ainsi qu’un parcours de photographies en noir et blanc prises par son ami le photographe André Villers dans les années 80 et présentées sur le lieu même où l’artiste a été photographié".

L’Espace Verdet "dévoilait des «fragments de vie» à travers des films, des vidéos, une librairie éphémère permettant de consulter des monographies, catalogues et carnets de voyages… Une invitation à s’imprégner de l’univers créatif de l’artiste".

« C’est très certainement la guerre et les deux années sombres qu’il a passé tapi dans un appartement qui marqueront à tout jamais son travail. Il sort de sa cachette avec une unique envie : exploser, crier et profiter de la vie. Il refuse de vivre dans le regret ou le souvenir et prend ses pinceaux et ses crayons avec pour objectif de faire enfin ce qu’il aime : peindre ».

En cet été 2018, deux expositions offrent la possibilité de revoir des oeuvres de Tobiasse. "A l’occasion de la sortie de sa cuvée millésimée TOBIASSE, le vignoble du Clos des Roses propose l'exposition In Vino Vertias de Tobiasse organisée en collaboration avec l’événement Art & Vin. Vernissage, jeudi 5 juillet 2018 dès 18 h en présence de la fille de l’artiste, Catherine Faust-Tobiasse. Du 5 juillet au 31 août 2018, le Clos des Roses invite les visiteurs à venir admirer, certaines des nombreuses oeuvres de Théo Tobiasse, originaire de Saint-Paul-de-Vence. Des oeuvres qui viendront s’ajouter à la collection du domaine, déjà muni du Triptyque « Poème à Trois voix au Pied de la Montagne » exposé au restaurant La Bastide du Clos des Roses depuis 2008".

"Pour la deuxième année consécutive, le Clos des Roses collabore avec l’événement Art & Vin organisé sous l’initiative des Vignerons Indépendants du Var®, et qui chaque année depuis 1998, accordent vignerons et artistes le temps d’un été.  Pour l’occasion, le Clos des Roses célèbre sa 10e vinification (2007-2016), en rendant hommage au très célèbre artiste Théo Tobiasse, et à le plaisir d’annoncer le lancement d’une nouvelle cuvée limitée en son honneur."

"La peinture In Vino Veritas, qui sera représentée sur les étiquettes de la nouvelle cuvée a vu le jour en 2004 lors d’un déjeuner à Paris dans le célèbre restaurant Le Café Voltaire face au Louvre sur les bords de la Seine. Au cours du repas, dégustant un bon vin devants son petit-fils Arthur, alors âgé de 12 ans, Théo Tobiasse se mit à dessiner sur la nappe en papier ce dessin accompagné de la citation latine «In Vino Veritas» dans un moment d’humour et de fantaisie. On y retrouve toute l’inspiration de la «mythologie Tobiasse», de l’exultation des sens : le verre, la bouteille, la lumière du candélabre, l’oiseau couronné, la grappe de raisin, la pomme symbole d’abondance, les fleurs miraculeuses que l’on rencontre dans toute son oeuvre, et aussi, bien sûr, la femme tentatrice et sensuelle. Pour l’occasion, un rouge Côtes de Provence 2016 a été spécialement élaboré et pensé pour donner vie à cette peinture. Avec un assemblage de Grenache (50%) et de Syrah (50%), ses notes épicées et ses arômes de tabac promettent complexité et robustesse, des traits de caractère qui qualifiaient également l’artiste. D’un beau potentiel de garde, il est à apprécier jeune ou à laisser en cave quelques années, à l’image de l’oeuvre, qui perdure dans le temps. Cette édition limitée sera présentée en 3 200 unités et 500 coffrets personnalisés, comprenant une reproduction numérotée de l’oeuvre originale." 

Le château de Vascoeuil propose une exposition de Théo Tobiasse. "Né à Jaffa en Israël, il arrive en 1931 à Paris où il échappe à la Shoah, puis à Nice et établira son atelier principal à St Paul de Vence en 1975. L’œuvre de cet artiste protéiforme, véritable hymne à la vie, est imprégnée des images de la Bible, des souvenirs de l’exil, de la femme mère ou amante, des réminiscences de l’enfance en Lituanie, de la culture juive et de ses multiples voyages et des villes qui lui sont chères et dans lesquelles il séjourne ou travaille (Jérusalem, Paris, New York, Venise) Peintures, gravures, sculptures, pastels, dessins, poteries sont les outils qui redonnent vie dans un tourbillon de couleurs à ses émotions englouties et l’exposition donnera à voir les différentes facettes de cet immense talent du XX° siècle dont les œuvres figurent dans de nombreux Musées et collections publiques. Importante exposition avec plus d’une centaine d’oeuvres diverses au Château (sur trois étages) au Colombier et à la Galerie."


Theo Tobiasse, Les carnets de Saint-Paul de Vence. Biro Editeur, 2007. Coffret 25x17 cm de 5 volumes facsimilé, relié toile, 40 pages couleurs chacun, édition de tête : 140 ex. avec une gravure originale signée et numérotée par l'artiste, en vente chez Biro éditeur au prix de 580 €, édition courante en vente chez Biro éditeur au prix de 200 €. ISBN : 978-2351190227


Du 5 juillet au 31 août 2018. Vernissage le 5 juillet 2018 dès 18 h
Au Clos des Roses 
1609 route de Malpasset - Fréjus
Tél. : 04 94 52 80 51

Du 8 juillet au 21 octobre 2018
Au château de Vascoeuil
8 Rue Jules Michelet - Vascœuil
Tél.: 0 235-236-235

Du 24 juin au 30 octobre 2017
Vallauris
Tobiasse, Les Lumières de l'Espoir
Au Musée Magnelli, musée de la céramique
Place de la Libération
T. 04 93 64 16 05
Juillet – août : 10h - 12h45 | 14h15 – 18h, tous les jours
septembre – juin : 10h – 12h15 | 14h00 – 17h00
tous les jours sauf le mardi

Les Éditions Céramiques de Tobiasse
Maison des Quartiers

Le Cannet
La Vie Est Une Fête
Chapelle Tobiasse
Rue Saint Sauveur
Office de Tourisme :
T. 04 93 45 34 27
Tous les jours sauf le lundi de 10h à 13h et de 15h à 19h
Entrée libre

Saint-Paul de Vence
Portraits de Mon Village
Parcours dans le village
Espace Verdet
Place de l’Hospice, rempart ouest
Office de Tourisme : T. 04 93 32 86 95
Du mardi au samedi de 10 h à 13 h et de 14h30 à 18h30. Entrée libre

Du 12 au 27 juin 2015
A la Galerie Perahia
24 rue Dauphine. 75006 Paris
Tel : 01 43 26 56 21
Du mardi au samedi de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h 30. Vernissage le 11 juin 2015 à 18 h.

Du 12 juillet au 30 septembre 2013
A la Galerie Ada Loumani
Place de l’Eglise, 06500 Valbonne
Tél. : 04 93 12 97 04
Tous les jours de 10 h à 13 h et de 15 h 30 à 20 h

Du 8 avril au 2 juin 2013
A la Chapelle Saint-Elme au coeur de la Citadelle de Villefranche-sur-mer
Du lundi au vendredi de 9 h 30 à 16 h., et le week-end pour groupes sur réservation. Entrée libre
Vernissage le 11 avril 2013 à 18 h

Visuels :
Théo Tobiasse
Portrait sous le tilleul

Théo Tobiasse, Une fleur sur un bateau.

Théo Tobiasse, Papillons de velours noir venus de l’épaisseur des siècles. 2 mai 1992

Theo Tobiasse
La colombe de Noé
Sculpture en métal polychrome- découpé- Strates 

Théo Tobiasse
C'est tout un peuple arraché à sa terre
1986
technique mixte, pastel, lavis, acrylique sur papier

70 X 50

Théo Tobiasse
L’œil dans l'oiseau
Plat en terre cuite
1993
diamètre 46 cm

Chapelle Saint-Sauveur

1989

André-Villers
Théo Tobiasse
Vue Saint-Paul panoramique, Remparts ouest

Théo Tobiasse
Dame à la bougie
1998
huile sur papier
102 x 70 cm

Théo Tobiasse
Huit lumières pour des temps magiques
1988
Pastel sur panneau bois stratifié
151 x 160 cm

Théo Tobiasse
Danseuse folle
1985
Bronze gravé
hauteur 25 cm

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié en une version concise par L'Arche en 2007, et sur ce blog le 6 novembre 2012, puis les 11 avril, 19 mai, 27 juillet et 24 septembre 2013, 2 avril et 9 juin 2015, 28 octobre 2017, 6 juillet et 28 août 2018.

mardi 28 août 2018

Harold Feinstein (1931-2015), photographe


Harold Feinstein (1931-2015) était un photographe juif américain. Représentant la New York School of Photography, cet artiste humaniste et professeur, méconnu en France, a saisi la vitalité, l’exubérance ainsi que la diversité ethnique et culturelle de la Big Apple d’après guerre. En 2018, la galerie Thierry Bigaignon présente l’exposition "Harold Feinstein • Gracieusement vôtre".


« La clé de mon travail, c’est que je ne suis jamais arrivé au bout : il y aura toujours un premier baiser, une première femme… », a confié  Harold Feinstein (1931-2015).

Harold Feinstein est un photographe juif américain. Représentant la New York School of Photography, cet artiste humaniste et professeur, méconnu en France, a saisi la vitalité, l’exubérance ainsi que la diversité ethnique et culturelle de la Big Apple d’après guerre.

« Prodige de la photographie »
Harold Feinstein (1931-2015) nait dans une famille de Juifs immigrés : son père Louis, grossiste en viande, venait d’Odessa, et sa mère Sophie d’Autriche.

Harold Feinstein  débute sa carrière en 1946, à l’âge de 15 ans, avec le Rolleiflex d’un voisin.

L’année suivante, il interrompt sa scolarité pour se consacrer entièrement à son activité de photographe.

En quatre ans, il acquiert une notoriété telle qu’Edward Steichen (1879-1973), conservateur et directeur du département de la photographie du Museum of Modern Art (MoMA), lui achète  des photographies pour la collection permanente du MoMA.

Harold Feinstein  adhère à la Photo League  à l’âge de 17 ans, et y côtoie notamment Sid Grossman.

Il devient une figure importante de l’avant-garde de la street photography (Photographie de rue) new-yorkaise. Helen Gee expose ses œuvres à la Limelight Gallery.

Harold Feinstein collabore au label discographique Blue Note Records.

En 1952, mobilisé dans l’infanterie, il saisit aussi la vie quotidienne des soldats pendant la Guerre de Corée, entre entrainement, combats et cérémonies officielles, ainsi que celle de villageois.

Harold Feinstein est l’un des habitants originels du Jazz Loft où il fait la connaissance de W. Eugene Smith, et collabore à la maquette du Pittsburg Project de Smith.

En 1954, le Whitney Museum of American Art lui consacre une exposition, et en 1957 le Museum of Modern Arte présente ses œuvres. Dans The New York Times, Jacob Deschin qualifie le travail de Feinstein de « nouveau pictorialisme ».

Vingtenaire, Harold Feinstein enseigne à New York, à la Annenberg School of Communications de l’Université de Pennsylvanie, à l’université de Massachusetts, au Maryland Institute of Art...

Il est célèbre pour son activité pendant 60 ans à Coney Island.

Il s’exerce aussi dans divers genres : nus, portraits, natures mortes.

Au milieu des années 1980, il explore la couleur en photographiant, en 35 mm, des fleurs et des coquillages sur un fond de ciel. Ses clichés sont publiés par LIFE. Feinstein utilise des lentilles kaléidoscopiques, produisant un portfolio d’images abstraites de l’architecture de la Big Apple, notamment des immeubles conçus par les architectes Louis Kahn et Frank Lloyd Wright.

En 1998, Feinstein recourt en pionnier à la scanographie, en usant d’un scanner comme d’une caméra. En 2000, le Computerworld Smithsonian Award couronne son travail photographique numérique.

Les photographies de Feinstein figurent au sein des collections permanentes de célèbres musées : Museum of Modern Art, International Center of Photography (ICP), George Eastman House, Museum of Photographic Arts, Center for Creative Photography, Musée d’Art Moderne, the Jewish Museum, and the Museum of the City of New York.

Ses portfolios et articles ont été publiés par de célèbres magazines LIFE, Aperture, Black and White, Camera Arts, The New York Times Magazine, American Photo, Oprah Magazine, Evergreen Review, Photography Annual, Modern Photography et Popular Photography.

En 2011, âgé de 80 ans, Harold Feinstein reçoit The Living Legend Award remis par le Griffin Museum of Photography.

Il décède en 2015.

Galerie Thierry Bigaignon 
En 2017, la galerie Thierry Bigaignon a présenté l’exposition La Rétrospective Harold Feinstein, 1ère partie : Les années 40 et 50 : L'Optimisme Contagieux (Retrospective Part 1: The Early Years - Contagious Optimism!).

Un hommage, dans le cadre du Mois de la photo Grand Palais, à Harold Feinstein (1931-2015). Une sélection de photographies humanistes, inédites, en noir et blanc. Une invitation à la découverte d'un photographe américain méconnu, mais majeur du XXe siècle.

En 2018, cette galerie propose l'exposition "Harold Feinstein • Gracieusement vôtre". "Après une première exposition en 2017 qui mettait à l’honneur l'optimisme contagieux du photographe américain alors qu’il dépeignait la jeunesse et l'insouciance de l'après-guerre, la Galerie Thierry Bigaignon présente la deuxième partie de la rétrospective consacrée à Harold Feinstein, avec une série de photographies prises entre 1964 et 1988."

"La renaissance de ce prodige de la photographie, le plus jeune membre de la Photo League et dont la précocité fût très tôt confirmée par son entrée dans la collection permanente du Museum of Modern Art de New York (MOMA) alors qu’il était âgé d’à peine 19 ans, franchit une deuxième étape. Après avoir couvert les années 40 et 50 lors de la première partie de cette rétrospective, la Galerie Thierry Bigaignon a cette fois sélectionné 21 photographies couvrant la période des années 60 à 80, illustrant une fois de plus le formidable talent de cet artiste américain décédé en 2015."

"Bien que sa muse ait toujours été Coney Island, où il est né en 1931, l’objectif d’Harold Feinstein s’est tourné dès les années 60 vers les rues, les commerces et les restaurants de Manhattan, faisant de ses œuvres l'un des témoignages les plus prégnants de cette Amérique en pleine effervescence. Mais plus encore, ce qui frappe dans cette nouvelle sélection du galeriste parisien c’est l’omniprésence des corps et la remarquable captation du mouvement, comme si Feinstein voyait dans la rue un ballet de grâce et de beauté."

"Ses photographies immortalisent en noir et blanc des moments particuliers de la vie des New-Yorkais, s’immisçant dans leur quotidien pour mieux mettre en lumière l’humanité de ces personnages. Harold Feinstein décrivait lui-même ces images comme « un petit échantillon de [son] voyage photographique témoignant de la beauté et du mystère de cette vie humaine ».

"Explorant sous tous les angles le Times Square scintillant ou les rues tourbillonnantes de Harlem, il photographie cafés enfumés, rames de métro et vitrines de magasins et révèle toute la poésie et la grâce d'une ville en pleine évolution, à travers des images à la fois engageantes et magnétiques. Pour François Cheval, qui prépare avec Audrey Hoareau une rétrospective de l’oeuvre, « Harold Feinstein fait comme si le réel devait se conformer à l’idée qu’il se fait du monde. Mettre en valeur, avec méthode, la beauté latente du quotidien, la tâche ne l’a pas effrayé, et pourtant, quelle ambition, doter la photographie d’une morale ! »

A l’occasion de cette exposition-événement, la galerie a mis en vente le 22 mai 2018 sur le site COLLECTORS CONFIDENTIAL une photographie rare de Harold Feinstein : "Lovers Recline". une photo vintage de 1965.

"The photograph is particularly rare, not only because it has almost never been shown, but also because it stands out form the rest of Harold Feinstein's lifetime body of work. We present it as a special bonus print to complement the gallery's current exhibition "Graciously Yours". It was taken in 1965 in Philadelphia, Pennsylvania. The subjects are a couple who were friends of Harold Feinstein’s as he was teaching at the Philadelphia Museum School at the time."

"This is a rare and real vintage print, made by Harold Feinstein in 1965 when the shot was taken. It is 11”x14”, with an image size of 8.625” x 13” with a black border (not included in the image measurement). As far as we know, only three prints were made then and none have been made afterwards."
"Lovers Recline (1965)
Vintage silver gelatin print made by the artist (1965)
Paper size: 11 x 14 in - Image size: 8.625 x 13 in
Signed and dated at recto
Unframed print
Availability : now
Free worldwide shipping
© Harold Feinstein, Lovers Recline, 1965"

"Harold Feinstein (1931-2015) began his career in photography in 1946 at the age of 15 and within four short years, Edward Steichen, an early supporter, had purchased his work for the permanent collection of the Museum of Modern Art (MoMA). He joined the Photo League at 17 and became a prominent figure in the vanguard of the early New York City street photography scene. He was one of the original inhabitants of the legendary « Jazz Loft » which he later turned over to his long-time collaborator and colleague W. Eugene Smith. Feinstein had his first exhibition at the Whitney Museum of American Art in 1954 and his first exhibition at the Museum of Modern Art in 1957. While his Coney Island work has been much celebrated, Feinstein’s breadth and exposure are far greater. He has a large collection of classic street photography, nudes, portraits and still life. His first black and white monograph, « Harold Feinstein, A Retrospective », was published in 2012 by Nazraeli Press and won a Photo District News 2013 award in the Best Photo Books category. Feinstein’s photographs have been exhibited in and are represented in the permanent collections of major museums around the globe including the Museum of Modern Art, International Center of Photography, George Eastman House, Museum of Photographic Arts, Center for Creative Photography, Musée d’Art Moderne, the Jewish Museum, and the Museum of the City of New York. His portfolios, photo essays, and articles have been published in major periodicals including, LIFE, Aperture, Black and White, Camera Arts, The New York Times Magazine, American Photo, Oprah Magazine, Evergreen Review, Photography Annual, Modern Photography and Popular Photography. In 2011 at the age of 80, he was given « The Living Legend Award » by the Griffin Museum of Photography."


CITATIONS

« Coney Island était mon île au trésor. Le temps était beau, plein de vacarme et de cris. J'aimais les montagnes russes, les spectacles... Il y avait pléthore d'images, et les jeunes qui traînaient là en bande réclamaient qu'on les prenne en photo. Je travaillais souvent si vite qu'il me fallait attendre l'impression pour découvrir certains détails de l'image  ».

« Si je devais nommer les cinq personnes les plus importantes dans ma carrière de photographie, Edward Steichen devrait être sur cette liste. J’avais juste seize ans en 1947 lorsque Steichen, qui avait 68 ans, est devenu le Directeur de la Photographie au Museum of Modern Art. Trois ans plus tard, en 1950, je pénétrais dans le musée sans prévenir et demandait à le rencontrer. J’avais auparavant reçu des encouragements de Dorothy Norman de me lancer dans ma carrière photographique. Norman, une femme riche qui était à la fois artiste et mécène, de même que l’amante de Stieglitz jusqu’à sa mort, m’a gracieusement dit : « Tu es jeune mais tu iras loin car tu peux ressentir de l’émerveillement mêlé d’admiration. C’est le mot de passe pour la sagesse ». Ma visite au musée en tant que jeune homme de 19 ans a été en partie incitée par ses encouragements.
L’homme à la réception a appelé Steichen et j’ai été invité à son bureau pour le rencontrer. Ce jour-là, il a acheté deux de mes photographies, ce qui était assez grisant pour un photographe de rue de 19 ans (et ça l’est toujours même à 84 ans). C’étaient les premières que j’ai jamais vendues.
J’ai appris plus tard que Steichen lui-même avait reçu des encouragements de la même manière. Lorsqu’il avait 21 ans, Steichen, qui n’avait jamais encore rencontré Alfred Stieglitz – alors considéré comme le baromètre dans le monde de la photographie – s’est arrêté à New York pour le rencontrer alors qu’il se rendait à Paris pour étudier la peinture. Stieglitz a été impressionné et a acheté trois des photographies de Steichen pour la somme de cinq dollars chacune. Steichen était sur un petit nuage, déclarant qu’il n’en avait jamais vendu une pour plus de 50¢ ! Peu après son arrivée à Paris, il a abandonné la peinture et s’est dédié à la photographie. Je devine que cet incident doit avoir influencé Steichen pour qu’il adopte la tradition d’encourager les jeunes photographes prometteurs en achetant leurs œuvres pour la collection du MOMA. J’ai eu la chance d’être l’un des bénéficiaires…
Plusieurs années plus tard, Steichen m’a demandé de contribuer par mes photographies à l’exposition Family of Man. J’ai décliné sa proposition. C’est probablement la décision la plus folle de ma carrière.
Je n’étais pas le seul photographe à décliner son offre, et je suis sûr de n’être pas le seul à le regretter. L’exposition est généralement considérée comme Evènement le plus important dans l’histoire de la photographie. Et le catalogue, qui a été vendu à plus de quatre millions d’exemplaires, est probablement le livre de photographies le plus lu jamais publié. Il n’est pas surprenant que Steichen ait considéré cette exposition comme sa réalisation la plus grande.
Mon regret n’est pas seulement à propos de la perte de visibilité pour mon travail. Mais, mon purisme à l’époque était vraiment en contradiction avec l’approfondissement des graines de rébellion et de populisme en moi ».

Du 24 mai au 31 août 2018. Vernissage le 24 mai 2018 de 18 h à 21 h
Du 2 février au 30 avril 2017
Hôtel de Retz
Bâtiment A
9, rue Charlot, 75003 Paris
Tel. : +33 (0)1 83 56 05 82
Du mardi au samedi de 12 h à 19 h

Visuels 
Couverture du catalogue
© Harold Feinstein, Coney Island Teenagers, 1949. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

© Harold Feinstein, 125th Street from Elevated Train, 1950. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein. Bidding Farewell, 1952. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein, Boy with Chalk Numbers, 1955. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein. Coke Sign on the Boardwalk,1949. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

© Harold Feinstein, Two Men and a Boy Contemplate, 1950. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon.

Affiche : Harold Feinstein, Black Hands and Back, 1974. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Man Smoking in Diner, 1974. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Take Your Own Photos, 1978. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Window Washer, 1974. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Harold Feinstein, Dancers Arms, 1970. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
© Harold Feinstein, Lovers Recline, 1965

A lire sur ce blog :
Cet article a été publié le 2 avril 2017. Les citations proviennent notamment des communiqués de presse.

vendredi 24 août 2018

« Eldorado Terezín » par Claire Audhuy


L’ancien camp de Natzweiler-Struthof présente , du 23 au 26 août 2018, sous chapiteau, « Eldorado Terezín », écrit et mis en scène par Claire Audhuy. Sur scène est reconstituée la visite au camp nazi de Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par les Allemands, organisée le 23 juin 1944 par les nazis pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), avec en contrepoint la pièce « On a besoin d’un fantôme  » de Hanuš Hachenburg (1929-1944), « récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto ». Des représentations associant comédiens et marionnettes, suivies d’ateliers. Un spectacle gratuit dans la limite des places disponibles.

Des oeuvres conçues ou/et interprétées dans le camp de concentration nazi de Terezín (Theresienstadt), forteresse et cité de garnison localisée dans les Sudètes, région située alors en Tchécoslovaquie et annexée par les Allemands, l'une des plus célèbres est l'opéra pour enfants, Brundibár qui a été composé en 1938 par Hans Krása, sur des lyrics d’Adolf Hoffmeister. Interprétée  le 23 septembre 1943, cette œuvre a été instrumentalisée par la propagande nazie dans le film Theresienstadt - eine Dokumentarfilm aus den jüdische Siedlungsgebiet  (Theresienstadt. Un documentaire sur la zone de peuplement juif), dirigé par Kurt Gerron.

Claire Audhuy, docteur en études théâtrales à l’Université de Strasbourg et directrice artistique de la compagnie Rodéo d’âme, nous invite à découvrir « Eldorado Terezín » qui relate la visite organisée le 23 juin 1944 par les nazis pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Elle y associe en contrepoint la pièce « On a besoin d’un fantôme  » de Hanuš Hachenburg (1929-1944), « récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto ».  « Eldorado Terezín » a été créé lors des « Scènes d’automne en Alsace », à la Comédie de l’Est, à Colmar, en novembre 2017.

La Croix-Rouge à Terezín
« En octobre 1943, 450 juifs danois sont envoyés à Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par le IIIe Reich. Le gouvernement danois demande immédiatement le droit de leur rendre visite. Adolf Eichmann accepte d'organiser la venue d'une délégation internationale, mais pas avant le printemps 1944... Car il lui faut du temps pour transformer le camp en vitrine qui dupera l'opinion internationale. Le ghetto de Terezín devait être représentatif de l'ensemble du système concentrationnaire nazi, devenant même « l'Eldorado » des juifs d'Europe. Aussitôt, exit les malades et les plus fragiles : 7 500 personnes partent à Auschwitz. Quant à toutes les autres, elles sont embauchées pour repeindre les façades du ghetto, pour planter des fleurs, construire un terrain de jeu pour les enfants, un théâtre, un pavillon de musique, une piscine, une synagogue, mais aussi pour rénover le café et la banque, pour ajouter des pancartes qui fleurent bon la petite ville de province. Quelques mois plus tard, la commission de la Croix-Rouge arrive et visite les lieux », a déclaré Claire Audhuy, qui a écrit et mis en scène « Eldorado Terezín  ».

L’histoire ? « Bienvenue à Terezín, le nouvel Eldorado juif offert par le Führer lui-même ! Ici, on rit, on chante, on danse et on mange même des sardines portugaises ! Juin 1944. Dans le ghetto de Terezín, le commandant SS Karl Rahm promène le représentant de la Croix-Rouge dans une ville aux allures de vitrine idéale. Manipulant le malheureux « maire » de cette « colonie juive » vantée par la propagande nazie, Rahm vole d’une baraque à l’autre, anime son pantin préféré et tout un tas de marionnettes dont il tire les ficelles. »

« Après le départ du délégué de la Croix-Rouge, la vie dans le camp reprend son cours normal, au rythme des transports vers l’Est", vers le camp nazi d'Auschwitz. Parmi les internés, Hanuš Hachenburg (1929-1944), un jeune garçon de 14 ans, donne ce soir-là une pièce clandestine pour marionnettes, qu’il vient d’écrire. Elle raconte l’histoire d’un despote sanguinaire et stupide : Analphabète Gueule Premier. Pour assouvir sa soif de pouvoir, le tyran ordonne l’extermination des personnes inutiles, mais la Mort ne fait plus peur et tout le monde se moque d’elle. Cette farce rappelle qu’il ne faut jamais oublier de rire. De ce rire qui peut nous permettre de dépasser la sidération et la peur. Qui nous permet de rester des hommes ».

Claire Audhuy « reconstitue sur scène la visite de Terezín, organisée par les nazis pour le Comité international de la Croix-Rouge, le 23 juin 1944. Une multitude de maquettes filmées permettent de découvrir cette grande et ingénieuse machinerie conçue pour duper les rares visiteurs de passage. La pièce de Hanuš Hachenburg, intitulée « On a besoin d’un fantôme », fut récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto. Elle apporte un génial contrepoint à l’entreprise de mystification nazie. « Eldorado Terezín » met en lumière la manipulation de l’information mais aussi l’ironie, l’humour noir et l’autodérision comme autant d’instruments de résistance ».

Et Claire Audhuy d’ajouter : « Je souhaite rejouer sur le plateau cette fameuse visite et sa mise en scène singulière. Pour cela, j'invite les spectateurs à devenir des observateurs, tout comme à l'époque l'ont été les membres de la délégation internationale de la Croix-Rouge lors de la visite guidée officielle. Cela me permet de leur faire découvrir la réalité contextuelle dans laquelle Hanuš Hachenburg écrivit sa pièce de théâtre clandestine « On a besoin d'un fantôme ». Cette visite planifiée sert de prologue à la pièce pour marionnettes d'Hanuš que l'on découvrira en seconde partie de spectacle. »

L’arrivée
« À l'entrée de la salle, les observateurs du jour sont accueillis par le commandant SS du camp, Karl Rahm. Sur scène, discrètement, s'affaire le Dr Eppstein, « doyen des Juifs » et faux maire de la ville. En réalité, il n'était qu'un pantin dans les mains du SS. À l'occasion de la visite officielle, il avait dû soigneusement apprendre chacun des mots qu'il prononçait et était en permanence suivi par le commandant du camp lui-même. Ainsi, sur scène, Eppstein est symbolisé par une marionnette portée aux traits réalistes, d'environ 1,70 cm. À travers la voix et le corps du SS Karl Rahm, il vante les mérites et vertus de ce camp modèle « généreusement offert par le Führer ». Sous les yeux des observateurs se déroule une visite bien rodée, cadrée par les nazis, au mètre près. »

La visite
« Cette visite s'appuie sur le rapport rendu par la Croix-Rouge et sur le film de propagande que les nazis ont tourné après le passage de la délégation, à l’été 1944. Sur le plateau, plusieurs maquettes représentent Terezín. Chacune d’entre elle est filmée et l'image est projetée en direct sur grand écran, où se dévoilent les rues propres de la ville, les maisons coquettes, les parcs verdoyants et les habitants bien habillés. Leurs activités sont diversifiées : agriculture, travail en atelier, match de football, piscine, jeux d'enfants, dégustation de sardines… Une journée ordinaire dans une ville ordinaire.Après cette visite, le SS Karl Rahm propose aux observateurs de regarder un petit film documentaire sur cette colonie juive auto-gérée qu'est Theresienstadt. On découvre quelques extraits des vraies images du film de propagande de 1944 où les visages sont riants et la vie idyllique. »

Derrière le décorum nazi : la réalité du ghetto
« Le commandant SS Rahm se débarrasse alors de sa marionnette d'Eppstein pour saluer ses hôtes. Par ce geste, il vient de condamner Eppstein à la mort : en effet, le faux maire sera exécuté quelques semaines après la visite de la Croix-Rouge.

Avant cette visite, près de 10 000 juifs qui étaient passés par Theresienstadt ont été déportés à Auschwitz et à Treblinka : la plupart y sont morts. Les déportations ont continué après le passage de la Croix-Rouge, et on estime qu'au total, environ 33 000 prisonniers sont morts dans le ghetto même.

La seconde partie du spectacle met quant à elle en lumière un régime imaginaire où des enfants ont décidé de rester libres dans un univers carcéral et totalitaire. Ces adolescents ne se sont pas pris pour des rois. Ils se sont au contraire définis comme des êtres libres et responsables, conscients de leurs droits et des valeurs auxquelles ils continuèrent à adhérer malgré tout via "la République de Skid".

« On a besoin d’un fantôme », pièce clandestine
Hanuš Hachenburg (1929-1944) a écrit la pièce « On a besoin d’un fantôme  » clandestinement dans le camp de concentration nazi de Terezín (Theresienstadt). Il a été tué au camp nazi d'Auschwitz.

Cette pièce a été publiée dans Vedem (« Nous menons » en tchèque), magazine littéraire en langue tchèque édité de 1942 à 1944 dans ce camp. Il était élaboré de manière artisanale par une quarantaine d'adolescents âgés de 13 à 15 ans, sous l'autorité du jeune dessinateur Petr Ginz (1928-1944), encadrés par Valtr Eisinger (mort en 1945 près de Buchenwald) et Josef "Pepek" Stiassny. Environ 800 pages de Vedem ont été découvertes après la Deuxième Guerre mondiale.

Vedem était intégralement écrit, édité et illustré par des enfants et adolescents habitant la baraque L417, dite « Maison Une », que les garçons évoquaient sous le nom de « République de Škid ». La revue réunissait des poèmes, des essais, des blagues, des dialogues, des critiques littéraires, des histoires et des dessins. La plupart des garçons ont été tués au camp nazi d'Auschwitz, une quinzaine ont survécu.

Les "onze dernières pages de Vedem sont la pièce de théâtre « On a besoin d’un fantôme  », écrite par Hanuš Hachenburg, jeune dramaturge et poète juif tchèque né à Prague. Les exemplaires étaient copiés à la main et lus dans les baraques le vendredi soir. Pendant un certain temps, les nouveaux numéros étaient aussi annoncés sur le tableau d'affichage des baraques, mais cette pratique cessa par mesure de prudence en raison des inspections régulières des SS. L'esprit satirique de nombreux articles aurait en effet pu mettre en danger les garçons".

Dans le spectacle, « un petit garçon se faufile vers l'avant du plateau, une peluche dans sa main. C'est Hanuš, en compagnie de l’un des personnages de la pièce qu'il s'apprête à jouer pour ses compagnons de baraque, les « Skidites ». Les marionnettes de table d’« On a besoin d'un fantôme » sont toutes des animaux anthropomorphes d'environ 70 cm de hauteur. Tout se fait à vue puisqu'il s'agit d'un enfant qui joue avec des pantins pour ses camarades. Deux autres marionnettistes interviennent en noir pour manipuler tous les personnages et donner la réplique à Hanuš. »

« On découvre un univers qui semble naïf et ludique, fait de petits animaux sympathiques. Mais c'est là que se déploie la puissance de l'analyse du jeune auteur qui manie l'humour pour dénoncer la terrible réalité concentrationnaire. Rien n'est oublié : délation, extermination, manipulation des esprits.  »

« Quelques jours seulement après la visite de juin 1944, le subterfuge nazi ayant parfaitement fonctionné, la Croix-Rouge rend un rapport très satisfaisant au sujet du traitement des juifs par les nazis. Dès lors, le « camp des familles » pour les juifs de Terezín, créé à Auschwitz, est liquidé. Hanuš est assassiné début juillet 1944, à la veille de ses 15 ans. On sait qu'à Auschwitz, il continua à écrire des poèmes. Les déportés se les récitaient entre eux, de bouche à oreille ».

Cette pièce de théâtre a été « récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto ». Elle est parfois jouée par des lycéens, tels ceux des lycées Jean-Rostand, à Strasbourg, et de Robert-Schuman, à Haguenau.

Le théâtre concentrationnaire, par Claire Audhuy
« La découverte récente de pièces de théâtre concentrationnaires oubliées permet d'entendre des voix dans la nuit. Ce ne sont pas celles de fantômes ou de revenants mais celles d'hommes et de femmes qui ont osé faire du théâtre là où survivre était en soi une gageure. Se jouant des nazis, ils donnèrent la vie dans les camps de la mort. Ils compilèrent la mémoire des indésirables.
Ils apostrophèrent la mort en s'en moquant. Ils rêvèrent de libération, de retour, de vie après les camps.
Ces textes permettent de mieux appréhender une partie de l’univers concentrationnaire et apportent aussi de nouveaux éclairages sur les ressorts vitaux de l’humain et ses méthodes de survie par l’outil artistique. Car le travail des nazis pour briser les hommes, s’il est physique, est aussi psychique, et, sur ce terrain invisible, les résistances s’organisèrent. Tout acte créatif, quel que soit le médium, devint une arme pour lutter contre la déchéance, la chute vers le , la perte des convictions et des valeurs, la fin de la dignité et de l’humanité. Déportée à Ravensbrück où elle écrivit une opérette, Germaine Tillion dit bien : « Survivre, notre ultime sabotage. »
Faire du théâtre concentrationnaire clandestin, c’était à la fois protester et s'affirmer. Ainsi, les déportés luttèrent contre la désinformation, l’abandon du combat, les manipulations nazies, mais aussi pour la défense de leur identité et de leur intégrité. Ce combat mental et intellectuel du théâtre aura des effets sur les possibilités de survie au camp : encaisser les coups durs, espérer encore, vouloir vivre, penser à l'avenir. Le théâtre est une résilience qui offre l'accessibilité à des capacités retrouvées. C’est dans la création que certains déportés puisèrent leur courage et leur énergie pour dépasser la peur ; c'était à la fois un moyen de ne pas désespérer mais aussi une technique d'apaisement.
Pour reprendre la phrase du Kapo Halle, qu'il a lui-même empruntée à un immense écrivain anglais : faire du théâtre dans les camps, c'est « être ou ne pas être ». Réunir des camarades, à l'insu des nazis, pour leur prodiguer un peu de réconfort grâce à des saynètes théâtrales « pose la question du surgissement de l’humain dans un univers dont la finalité est de [le] détruire1. »
Ce théâtre fait découvrir des facettes méconnues des camps (les joies procurées par la création artistique, l’empathie pour des personnages irréels, le besoin de réécrire un quotidien invivable, les actions groupées, le partage, le divertissement par le rire...). Quant au contexte concentrationnaire, il nous donne à voir, à entendre, de nouveaux théâtres : un « théâtre de la survie » orchestré par les condamnés, un « théâtre de veille » destiné à assurer par des conseils la protection des spectateurs, un « théâtre de sauvetage » qui divertit pour mieux soutenir, un « théâtre de spectres » où les souvenirs des hommes sont conviés pour rappeler l’existence d’un autre monde.
Produits dans des environnements violents, avec de bonnes volontés et dans le dépouillement, ces théâtres « pauvres » se rapprochent de l'essentiel : exister. Ils ont une réelle empreinte sur la réalité concentrationnaire et interviennent « socialement » en créant de la cohésion entre les déportés. Face à l’expérience concentrationnaire, le théâtre s'est plus que jamais transformé en monde parallèle avec ses règles propres. Déracinés et isolés, les déportés s’y expatrièrent pour retrouver un peu d'espoir. Au contact des camps, le théâtre s'est radicalisé pour devenir un véritable outil salutaire.
« Dans les camps, le théâtre est né. [..] Il a restitué les hommes à eux-mêmes. Il a libéré². »

Rodéo d’âme
« À la fois compagnie de théâtre, maison d’édition et incubateur de projets pluridisciplinaires, Rodéo d’âme interroge des thématiques engagées au fil de ses actions.

Les projets documentaires se construisent à partir de recherches sur le terrain et en archives, d’entretiens divers et de reportages. Ils aboutissent aussi bien à des spectacles qu’à des films, des ateliers ou des expositions, et s’articulent souvent autour d’éditions complémentaires.

La compagnie travaille depuis de nombreuses années sur la construction des mémoires contemporaines, notamment dans ses ouvrages : « Penser & parler l’Europe », « Mémoires vivantes », « Les Yeux mêlés » ou « Les Robes grises ».

L’équipe de Rodéo d’âme a monté une pièce de théâtre, « Frères ennemis », dans un camp de réfugiés en Cisjordanie et est partie à la rencontre des gardiens des anciennes synagogues d’Alsace, avec « Les Gardiens des lieux ».

Elle continue à faire découvrir des voix du passé pour mieux comprendre et changer notre présent, en éditant « On a besoin d’un fantôme », une pièce de théâtre satirique écrite en 1943 par un adolescent en déportation et « Les Théâtres de l’extrême », carnet de route qui pose la question du surgissement du théâtre en des lieux inattendus.

Poursuivant sa démarche autour des jeunes écritures contemporaines, Rodéo d’âme oeuvre également à faire connaître le théâtre documentaire et la poésie du réel à travers quelques-uns de ses titres : « Misères de vie » (poésie), « Une poignée de terre » (théâtre), « Guerre sans visage » (théâtre), « Les Migrantes » (théâtre), « La Lumière sur le seuil » (poésie), « Frères ennemis » (théâtre), « Dieu, les caravanes et les voitures » (théâtre), « Pas de chips au paradis » (théâtre), « Eldorado Terezín » (théâtre)… »

« Née en 1985, Claire Audhuy crée en 2004 la compagnie Rodéo d’âme. Elle écrit et met en scène des pièces documentaires, où se mêlent souvent musique, théâtre, danse, chant et vidéo : « La Guerre de Joseph », « Les Migrantes », « Frères ennemis », « Une poignée de terre », « Dieu, les caravanes et les voitures », « 120 jours à Hénin-Beaumont ».
Spécialiste du théâtre en situations extrêmes, Claire Audhuy a soutenu une thèse de doctorat sur le théâtre dans les camps nazis. Lors de ses recherches universitaires, elle a exhumé 28 manuscrits de pièces concentrationnaires clandestines. Parmi ces oeuvres, celle d’un jeune auteur prodigieux et plein d’humour retient son attention. Elle décide de retrouver les anciens camarades de camp d’Hanuš, recueille leur témoignage, assure l’édition de la pièce et anime des ateliers pédagogiques.
En février 2016, elle part en tournée théâtrale en République tchèque avec une classe de 36 lycéens qui ont joué la pièce d’Hanuš dans l’ancien ghetto de Terezín.
En août 2016, avec Baptiste Cogitore, elle interviewe Zdenek Taussig, survivant de la Shoah et ami d’Hanuš, dans l’optique de réaliser un film documentaire de 52 minutes intitulé « Les fantômes d’Hachenburg ».
En parallèle, elle multiplie ses activités de conférencière et d’intervenante artistique auprès des collégiens et lycéens. »

Né en 1987, Baptiste Cogitore « est journaliste reporter d’images. En 2004, il fonde Rodéo d’âme avec Claire Audhuy. Son ouvrage sur les anciennes synagogues d’Alsace, « Les Gardiens des lieux », paraît à l’automne 2013. En 2015, il codirige avec Claire Audhuy l’édition du livre « On a besoin d’un fantôme » et réalise le film documentaire « Bulli Tour Europa ». Son livre « Aux frontières de l’oubli » (paru chez Médiapop en mai 2016) est un récit de voyage du Bulli Tour Europa. »

Diplômée du Théâtre aux Mains Nues et de la London School of Puppetry, Célia Constantinesco crée et dirige la compagnie Mademoiselle Sauvage depuis 2014. Elle participe comme scénographe à « La Guerre de Joseph », création de Rodéo d'âme en 2015. Pour « Eldorado Terezín », elle manipule caméra vidéo et marionnettes.

Plasticienne décoratrice, maquettiste et factrice de marionnettes, Léa Haouzi est aussi très investie dans les films d’animation stop-motion (FASE film, la Fémis). Avec Rodéo d’âme, elle a déjà réalisé les marionnettes de « La Guerre de Joseph » (2015). Elle assure la construction de 18 marionnettes de table et à fils pour la pièce de Hanuš Hachenburg.

Marie Hattermann a fondé en 2012 la compagnie Du ciel entre les oiseaux. Elle collabore aux projets de Rodéo d’âme dès 2011 à l’occasion de concerts de musiques composées dans les camps nazis où elle intervient comme récitante. En 2015-2016, elle est marionnettiste-comédienne et chanteuse pour « La Guerre de Joseph ». Elle interprète le personnage de Hanuš.

Médaille d’or du CNR en clarinette, premier prix de musique de chambre de la ville de Paris et diplômé du Théâtre aux Mains nues, Sylvain Juret est à la fois musicien et marionnettiste. Dans la pièce « Eldorado Terezín », il interprète le SS Karl Rahm et manipule sa marionnette portée, le juif Eppstein.

Chef d’orchestre, compositeur et directeur musical, notamment pour le Théâtre du Peuple de Bussang en 2015 et en 2017, Gabriel Mattei travaille à un théâtre musical. Il a déjà composé la musique pour les pièces de Claire Audhuy : « Une poignée de terre » (2011) et « Dieu, les caravanes et les voitures » (2016). Pour « Eldorado Terezín », il compose la musique et l’interprète à l’accordéon sur le plateau.

Collaborateur du TJP, de la compagnie Flash Marionnettes, du Fil Rouge Théâtre ou encore de la compagnie Les Anges au Plafond, Jaime Olivares est à la fois peintre, scénographe et constructeur de marionnettes.

Morgane Viroli se forme au Point d’Eau, l’espace culturel d’Ostwald, avant d’étendre ses expériences au Maillon, au TJP, au Fossé des Treize… Elle participe à plusieurs festivals de cirque en Belgique, de contes en Alsace (L’Avide Jardin, L’Avide Château), de marionnettes (TJP). Elle se spécialise dans la création lumière pour marionnettes et théâtre d’objets. Elle travaille avec les compagnies de Menotte en Paluche, Bardaf, Mademoiselle Sauvage…

1. Jacques Sémelin, « Face au totalitarisme, la désobéissance civile », Bruxelles, André Versaille éditeur, 2011, p. 18.
2. Louis Jouvet, « Le théâtre rend aux hommes la tendresse », in Témoignages sur le théâtre, Paris, Flammarion (1952),
« Champs Arts » (2009), 2016, p. 317.

Hanuš Hachenburg« On a besoin d’un fantôme  » (1929-1944). Traduit en français par Alžběta Tichá. Rodéo d'âme, 2015. 157 pages. ISBN-13: 979-1091045049

« Eldorado Terezín », écrit et mis en scène par Claire Audhuy
Du 23 au 26 août 2018
Jeudi 23 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'un atelier sur les coulisses d'un spectacle de marionnettes
Vendredi 24 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'une initiation à la manipulation de marionnettes
Samedi 25 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'un atelier "autoportrait"
Dimanche 26 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'un atelier d'écriture sur l'écriture mémorielle
Route Départementale 130. Natzwiller, 67130 France
Le 7 décembre 2018 à Montigny en Gohelle (62) pour scolaire et tout public

D'après la pièce « On a besoin d'un fantôme » d'Hanuš Hachenburg, œuvre éditée par Rodéo d’âme
Scénographie et construction de décores : Jaime Olivares assisté de Jean-François Frering et Frédérique Hault-Charlier
Création musicale : Gabriel Mattei
Création marionnettes : Jaime Olivares
Régie : Morgane Viroli
Images d’archives : Baptiste Cogitore
Avec Célia Constantinesco, Marie Hattermann, Sylvain Juret (marionnettistes) et Gabriel Mattei (musicien)
Production : Rodéo d’âme
Coproduction : Comédie de l’est – Centre dramatique national d’Alsace

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