jeudi 15 décembre 2016

L'enfance de... Danièle Thompson


Auteur talentueuse, notamment d’un roman, de nombreuses séries pour la télévision et d’une adaptation théâtrale, Danièle Thompson a grandi à Paris dans une famille de comédiens, Gérard Oury et Jacqueline Roman. Son œuvre est émaillée de souvenirs d’une « enfance merveilleuse » qui lui « a donné beaucoup de force dans la vie ». Danièle Thompson prépare, avec Jul, auteur de BD, une suite aux Aventures de Rabbi Jacob, réalisé par Gérard Oury. Le film s'appellera Rabbi Jacqueline.



La prime enfance. « Réfugiés en Suisse, mes parents, les acteurs Gérard Oury et Jacqueline Roman, travaillaient à la Comédie de Genève, un théâtre de répertoire dirigé par Maurice Jacquelin. A Paris, l’appartement de ma grand-mère paternelle, Marcelle Oury, avait été réquisitionné par les Allemands. A notre retour à Paris en 1945, nous avons habité à l’hôtel du Louvre. J’allais à l’école communale de la rue Molière. Trouver un appartement a été une grande joie. C’était la 1ère fois que j’avais une vraie maison. Je me souviens de ma mère, ses jolis cheveux bouclés protégés de l’odeur de cuisine sous un turban, en train de préparer le repas sur un réchaud ».

Amour, respect et estime. « L’appartement se trouvait au 179, rue de Courcelles, près de la Porte de Champerret. J’y suis restée jusqu’en 1962. C’était une période difficile pour mes parents qui ont du se battre, avaient des dettes, étaient dépensiers. Mais je n’ai manqué de rien. Fille unique, je me sentais la reine du monde. Mes parents m’ont élevée sans sévérité - il fallait bien travailler à l’école -, mais nous avions un pacte d’estime mutuelle. Je ne voulais pas les décevoir ».

Marcelle Oury. « Elle vivait dans un autre appartement au rez-de-chaussée de l’immeuble. Quand mes parents partaient en tournées, je m’installais chez elle. Elle faisait partie de la bourgeoisie Juive parisienne sophistiquée. C’était un personnage magnifique : drôle, original, pleine d’énergie. Elle avait travaillé avec Paul Poiret et Pierre Lazareff. Elle m’emmenait voir Colette ou dans les ateliers de ses amis artistes : Dufy, Utrillo. J’ai posé pour un tableau réalisé par Marie Laurencin. Ma grand-mère et moi nous adorions ».

Le grand-père maternel violoniste. « Avant guerre, il jouait dans un orchestre tzigane où ma grand-mère chantait. Resté quasi-enfermé sous l’Occupation, il était devenu aigri. Un jour, il a cuisiné chez nous un borsch, une soupe russe. Il m’a inspiré le personnage de Claude Rich dans La bûche. J’ai toujours adoré la musique russe, tzigane ».

Les spectacles. « De la 6e au Bac, j’allais au lycée Racine, qui n’était pas alors un établissement chic. J’étais bonne en français, j’aimais l’histoire et l’anglais. Après les cours, je filais aux théâtres de l’Athénée ou des Mathurins pour écouter mes parents répéter. Dans Mais n’te promène donc pas toute nue ! de Georges Feydeau, ma mère portait un chapeau insensé qui m’a inspiré le costume de Valérie Lemercier dans Fauteuils d’orchestre. Je dessinais sans arrêt. J’ai toujours aimé aller dans les galeries, les musées. Le jeudi, ma mère emmenait mes amies et moi au cinéma. Ce qui n’était pas toujours bien vu par les parents de mes amies. Nous avons été parmi les premiers à avoir la télévision ».

Un « grand sentiment d’identité juive ». « Je n’ai pas reçu d’éducation religieuse. Nous ne célébrions pas les fêtes juives, mais il y avait un grand sentiment d’identité juive. Il y a avait après la guerre la volonté chez certaines familles de ne pas clamer leur judaïsme. Aucun membre de ma famille n’a été déporté. Mais il y a eu la peur et les persécutions professionnelles : mon père a perdu son travail sous l’Occupation. Nous parlions de tout cela librement ».


Repères biographiques

1942
Danièle Thompson naît à Monaco

1966
Elle co-signe le scénario de La Grande vadrouille.

1973
Elle co-écrit le scénario des Aventures de rabbi Jacob de Gérard Oury.

1975
Elle est l’auteur du scénario de Cousin, cousine de Jean-Charles Tachella.

1980
Elle écrit La Boum de Claude Pinoteau.

1993
Elle est scénariste de La reine Margot de Patrice Chéreau et co-scénariste des Marmottes, d'Elie Chouraqui.

1994
Elle écrit La femme de l'amant (Grasset).

1999
Elle réalise La bûche.

2002
Elle est réalisatrice de Décalage horaire.

2006
Elle dirige Fauteuils d'orchestre.

2009
Elle réalise Le Code a changé, avec Karin Viard, Dany Boon, Marina Foïs, Patrick Bruel, Emmanuelle Seigner, Christopher Thompson, Marina Hands, Patrick Chesnais, Blanca Li et Laurent Stocker.

2011
Elle met en scène L’Amour, la mort, les fringues de Nora et Delia Ephron, au Théâtre Marigny.

2013
Elle est la réalisatrice de Des gens qui s'embrassent.

2016
Danièle Thompson réalise Cézanne et moi

Photo en couleurs : © Philippe Baledent : Biosstars-International

A lire sur ce blog :

Cet article a été publié en 2007 par Osmose. Il a été publié sur ce blog le 24 décembre 2013, puis le :
- 29 juin 2014. France 2 a diffusé Les Aventures de Rabbi Jacob, de Gérard Oury dont le scénario a été coécrit par Danielle Thompson ;
- 5 janvier 2015. Chérie 25 diffusa à 20 h 50 Les Marmottes d'Elie Chouraqui, dont le scénario a été coécrit par Danielle Thompson ;
- 28 décembre 2015. W9 diffusa à 20 h 55 Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson ;
- 16 mai 2016. Le 16 mai 2016, à 15 h 30, le Farband présentera Le Code a changé, réalisé par Danièle Thompson.

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