Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

samedi 14 septembre 2019

Les tournées et titres controversés de Salah Hamouri en France (5/5)

Membre de l’organisation terroriste FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), le franco-palestinien Salah Hamouri a sillonné, en 2013, la France par des tournées qui suscitent des polémiques : crainte de nouveaux actes antisémites, liberté de circulation réduisant la lutte contre le terrorisme, risques d'accoutumance ou de tolérance d'une cause génocidaire, etc. Le 15 septembre 2019, il sera présent à la Fête de l'Humanité, organisée par le Parti communiste français.

1ère partie : Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri (1/5)


Rappelons qui est Salah Hamouri : né en 1985, ce franco-palestinien membre du FPLP a plaidé coupable, et a été condamné en 2008 à sept ans de prison pour avoir fomenté d’assassiner le chef spirituel du parti orthodoxe israélien Shass, le rabbin Ovadia Yossef.


Lors du magazine 13 h 15 présenté sur France 2 le 8 novembre 2009, le comédien François Cluzet a désinformé sur Salah Hamouri en alléguant que ce dernier aurait été emprisonné pour « délit d’opinion » en Israël.


Le 9 novembre 2009, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) saisissait le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) pour « désinformation et incitation à la haine » car Salah Hamouri avait été légalement condamné par Israël à sept ans de prison pour son rôle leader au sein d’une branche du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), organisation terroriste, et pour avoir tenté d’assassiner Ovadia Yossef, grand rabbin israélien et chef du parti Shass.


Le 22 novembre 2009, ce magazine de France 2 a diffusé  un reportage partial, lacunaire et déséquilibré en occultant une partie essentielle de la vérité sur ce terroriste.


Saisi par le BNVCA présidé par Sammy Ghozlan à propos de ces deux émissions partiales, le CSA a répondu le 1er décembre 2009. Le CSA a considéré que les propos de François Cluzet « n'étaient pas constitutifs d'une incitation à la haine ou à la violence. En les diffusant, France 2 n'a donc pas manqué à ses obligations en matière de déontologie et de maîtrise de l'antenne » et « qu'en diffusant, le 22 novembre 2009, un sujet complet sur Salah Hamouri, France 2 avait assuré la diversité des points de vue et l'honnêteté de l'information ». (publication sur le site Internet le 13 janvier 2010).


Salah Hamouri a bénéficié d’une intense mobilisation. A Paris, en décembre 2009, des élus de gauche du Conseil régional d’Ile-de-France ont profité d’une séance du Conseil consacrée au budget 2010 des « Actions internationales et européennes » pour une opération de communication et de mobilisation  en faveur du terroriste franco-palestinien Salah Hamouri. Sans réaction de l’exécutif dudit Conseil.


Ayant bénéficié de soutiens politiques en France aux plus hauts niveaux, Salah Hamouri a été libéré de manière anticipée le 18 décembre 2011, dans le cadre de l’accord ayant permis la libération du jeune otage Franco-Israélien Guilad Shalit le 18 octobre 2011 en échange de 1 027 détenus Arabes palestiniens.


Il n’a exprimé ni regret ni remord, et a annoncé poursuivre son combat.


Activisme municipal Le Président de la République François Hollande n’a pas accueilli à l’Elysée Salah Hamouri dont il s’était réjoui de la libération. Peut-être en raison de la tuerie antisémite jihadiste à Toulouse le 19 mars 2012. En tout cas, c’est une forme de désaveu.


Mais Salah Hamouri a été reçu par Bertrand Delanoë, alors maire de la capitale, à l’Hôtel de Ville de Paris le 5 avril 2012 – un maire gêné pour expliquer cet accueil à Khoutspa TV, et occultant son activisme en faveur de la libération de Salah Hamouri -.


Salah Hamouri a été accueilli lors de la Quinzaine culturelle de la Palestine – dont l’exposition partiale et controversée Le Hamas de Frédéric Sautereau - à Angoulême.


Par des associations pro-palestiniennes à Bagnolet le 20 avril 2012.


Par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à Ivry-sur-Seine le 27 avril 2012.


Par Pierre Trapier, maire de Portes-lès-Valence, le 8 septembre 2012 et malgré une lettre du président du CRIF rétablissant la vérité sur Salah Hamouri.


A la fête de l’Humanité (14-16 septembre 2012) où l'eurodéputé Patrick Le Hyaric a tenu un discours controversé.


A Montpellier le 17 septembre 2012 pour notamment rencontrer la presse.


A Nantes le 21 septembre 2012…

Salah Hamouri a aussi été reçu par le consulat de France à Jérusalem le 9 novembre 2012.

Dolce vita

Lors de son tour de France, Salah Hamouri a exhorté à soutenir les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes.

Mais non ces Gazaouis civils condamnés par des tribunaux militaires dans la bande de Gaza et emprisonnés dans les geôles du Hamas.

Des prisonniers palestiniens qui constituent un « business » institutionnalisé tant par l’Autorité palestinienne que par le Hamas : ministère, primes, impressions d’affiches, salaires aux terroristes détenus, etc.

Et des détenus condamnés pour terrorisme qui réalisent un film sur la fête organisée dans leur cellule à l'occasion des fiançailles de l'un deux, et le publient sur Internet.

En janvier 2013, des médias ont révélé que des détenus palestiniens condamnés pour terrorisme avaient organisé une party dans la cellule d'une prison israélienne afin de fêter les fiançailles de l'un d'eux, et avaient publié sur Internet le film réalisé grâce à leur téléphone mobile sur cette fête.

Salah Hamouri peut circuler en France comme tout citoyen français. Ce qui soulève une question : en accordant la liberté de circulation dans l’hexagone aux membres français du FPLP, la France ne vide-t-elle pas d’une partie de sa substance la décision de l’Union européenne, dont elle est un membre fondateur et éminent, d’inclure le FPLP dans la liste des organisations terroristes ?

Une question d'autant plus épineuse pour la diplomatie française qu'Abu Sami, un dirigeant du FPLP, est venu en décembre 2012 en France pour une réunion publique dans le local du NPA 31 (Nouveau parti anticapitaliste) de Toulouse, et devant le logo, ô combien expressif, du FPLP.

Meeting à Saint-Denis

Les meetings de Salah Hamouri en France en faveur de la libération d’Arabes palestiniens détenus en Israël pour des activités liées au terrorisme ? Du plus bel effet pour la « rue arabe » et ses alliés…

Le plus récent : le 17 avril 2013, à Saint-Denis, ville située dans le département 93, dans la banlieue nord de Paris. L
e maire communiste est Didier Paillard, militant en faveur de la libération de prisonniers Arabes palestiniens. Sur son site Internet, cette cité semble en plein chaos.

Elle « entretient des liens avec le camp de Rafah depuis 2001  » : « accueil d’étudiants à l’université de Saint-Denis », etc. Une coopération décentralisée partiale ? Saint-Denis « s’est aussi engagée avec Nazareth (Israël), première ville arabe d’Israël  ».

La municipalité de Saint-Denis a milité  inlassablement  pour la libération  de Salah  Hamouri qu’elle a accueilli le 6 avril 2012.

Le 15 avril 2013, le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme) a demandé  au préfet de Bobigny d'interdire le meeting  organisé, notamment le 17 avril 2013, à la Bourse du Travail de Saint-Denis en soutien à des terroristes palestiniens qui purgent leur peine en Israël. La présence de Salah Hamouri à cette réunion était annoncée.

Selon les requérants ayant saisi le BNVCA, « ces manifestations qui s'apparentent à l'apologie du terrorisme sont organisées »par un Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et (arabes) Israéliens (CNPJDPI) avec le soutien du MRAP, de la Ligue des Droits de l'homme, et divers groupements communistes ou d'extrême gauche « qui devraient, être plus préoccupés par les massacres commis en Syrie, au Mali, en Algérie, Tunisie, au Soudan, etc. »

Le BNVCA a rappelé que « la synagogue de Saint-Denis avait déjà fait l'objet de jets de cocktails Molotov, le lendemain d'une manifestation propalestinienne organisée par la mairie de Saint-Denis », et que « le Président de la République, comme le ministre de l'Intérieur, ont reconnu que le palestinisme et l'antisionisme sont la source essentielle de ce nouvel antisémitisme. Ils ont promis que tout serait mis en œuvre pour enrayer ce phénomène. Cet antisémitisme peut cesser si l'on met un terme à ces campagnes inutiles et néfastes d'incitation à la haine d'Israël qui pousse immanquablement à l'acte antijuif ».

Le BNVCA a souligné « que les terroristes antijuifs, djihadistes, de Toulouse ou de Sarcelles, justifient leurs crimes par leur désir de venger les Palestiniens.

Il a demandé « à ses conseils de déposer plainte contre les organisateurs de cette réunion, pour apologie du terrorisme, comme il l'a fait contre le conseil municipal de Bezons dont l'un des membres est annoncé à ce meeting ».

Le 16 avril 2013, le Centre Simon Wiesenthal (CSW) a écrit à Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France afin que celui-ci dénonce « ce rassemblement scandaleux » et prenne « les mesures qui s’imposent pour l’empêcher en tant que menace à l’ordre public ». 


Et d'expliquer : « ceux [invités] ont du sang innocent sur les mains. Tous ont été échangés pour sauver la vie d’un otage retenu par le Hamas pendant cinq ans et demi, mais aucun d’entre eux n’a jamais été gracié pour ses crimes. Certains font partie du Hamas ou des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, organisations désignées comme terroristes par l’Union européenne. Tous devraient être arrêtés dès qu’ils touchent le sol français. Cet événement ne peut que radicaliser plus encore les jeunes Français exposés à l’appel du djihad. Les graines qui seront semées demain à Saint-Denis risquent d’encourager d’autres Mohamed Merah à répandre le chaos et la mort à travers la France. Que des personnalités françaises accueillent ces auteurs d’atrocités au moment où nous assistons au déroulement d’attentats à Boston fait preuve d’une grande perversité, quelle que soit leur origine ou leur idéologie ».


Le 19 avril 2013, la Confédération des Juifs de France et Amis d'Israël (CJFAI) a exprimé « sa profonde indignation suite à la "triomphale réception" par la Ville de Saint Denis, ce 17 avril, des terroristes suivants :

• Salah Hamouri, 27 ans, membre du FPLP, condamné en Israël pour tentative d’attentat,
• Amir Jabar Sharif Sawalma, membre des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, condamné pour avoir organisé trois "attentats-suicides" en Israël ;
• Allam Kaabi, du FPLP, qui a planifié l’assassinat de Rehavem Ze’vi, ministre israélien du Tourisme ».
Ces trois individus ont été libérés dans le cadre de l’échange de prisonniers Arabes palestiniens contre l’otage franco-israélien Guilad Shalit.

Le CJFAI est choquée et ne comprend pas « comment des membres d’une organisation terroriste (le Hamas, les Brigades des martyrs d’al-Aqsa et le FPLP figurent sur la liste des organisations terroristes établie par l’Union européenne), peuvent obtenir, sans aucune difficulté, un visa et parcourir notre pays en toute liberté ! Ensuite, il est indécent qu’une quelconque autorité publique puisse recevoir en grande pompe une bande de terroristes, avec la circonstance aggravée que ceux-ci sont passés à l’acte et ont été condamnés pour leurs méfaits ! Enfin, il est totalement insupportable et indigne que ces tristes sirs soient honorés et « décorés » au nom d’une institution de la République ! »

Leur « prise de parole dans l’enceinte de la Bourse du travail de St Denis, créée il y a plus d’un siècle pour défendre les droits des ouvriers, rend cette réception encore plus indigne et constitue une véritable insulte au combat de ces ouvriers ».

Cette « visite intervient après la triste et illégale décision de faire citoyen d'honneur de la Ville de Bezons, le prisonnier palestinien, Majdi Ihrima Al-Rimawi qui a été condamné par la justice israélienne pour avoir conçu et planifié l'assassinat d'un ministre israélien, Rechavam Zeevi, en octobre 2001; cette décision a été condamnée par le Préfet du Val d’Oise pour qui elle "constitue un manquement à l'obligation de neutralité républicaine". Celui-ci a saisi, à juste titre, le Tribunal administratif "au titre du contrôle de légalité".

Le « terrorisme est un fléau universel qui sévit de Mogadiscio à Boston, du Pakistan à l’Irak, de Londres à Paris, en passant par New-York ! »

Cette association a demandé « solennellement au Ministre de l’Intérieur, garant de l’ordre public et des valeurs Républicaines, de :

• déclarer les membres de ces organisations terroristes non grata dans notre pays, et par conséquent, de leur refuser tout visa ;
• condamner le terrorisme qui vise des civils, quels qu’ils soient ;
• informer les municipalités qui se hasarderaient à recevoir ou honorer ces terroristes qu’ils s’exposent à des poursuites administratives et pénales pour apologie du terrorisme ».
Par ailleurs, elle a sollicité un engagement du gouvernement « à ne plus demander la libération de prisonniers jugés et condamnés pour de tels faits, quelle que soit la cause qu’ils aient prétendu défendre ».

Le 18 avril 2013, le CRIF a publié la tribune A Saint-Denis : la danse macabre avec le FPLP, de Marc Knobel, chercheur au sein de cette organisation. Celui-ci a qualifié d’« indécente », voire « inacceptable » cette « propension à inviter et/ou à honorer ainsi des membres ou des dirigeants du FPLP » .

On peut regretter que Marc Knobel ne se soit pas exprimé plus tôt, notamment en 2009.


N'ayant pas réagi à temps, de manières unitaire et efficace, le CRIF se limite à l'expression d'une 'indignation vertueuse.


Détention 2017-2018

D'août 2017 à septembre 2018, Salah Hamouri, "chercheur de terrain pour l’organisation palestinienne Addameer" a été placé en détention administrative en Israël qui lui reprochait d'être de nouveau lié à une organisation terroriste, le FPLP.

En 2017, une déclaration de la Cour suprême israélienne "justifie les raisons de sa détention, qu’elle reconnaît comme dérogatoire au droit commun. Elle décrit Salah Hamouri comme « un haut responsable d’une organisation terroriste opérant à Jérusalem, en Judée et en Samarie [Cisjordanie] ». Cette décision a été examinée par la Cour suprême réputée pour son indépendance, qui s’est ainsi prononcée : « Il ressort des éléments que le prévenu constitue bien un danger important et réel pour la sécurité publique et que la détention administrative pour la période donnée est justifiée ».

Le Président de la République Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sont intervenus à plusieurs reprises auprès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en faveur  de Salah Hamouri. Quid de l'indépendance de la justice ?

Salah Hamouri a bénéficié de nombreux soutiens en France : édiles, syndicat des avocats de France (SAF), etc.

Un "rassemblement a eu lieu le 30 août 2018 sur le parvis de la gare de Choisy-le-Roi par « solidarité » avec Salah Hamouri détenu en Israël, accusé d’appartenance à une organisation terroriste. Il avait déjà été détenu entre 2005 et 2011 en Israël. « Il est détenu sous le régime de la détention administrative, sur la base d’un dossier secret auquel ni lui, ni ses avocats, ni le gouvernement français, ni même le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU n’ont eu accès », indique dans un communiqué la majorité municipale (PCF) de Choisy-le-Roi. « Ceci est d’autant plus scandaleux qu’il lui est interdit de recevoir son jeune enfant ainsi que son épouse, Elsa Lefort, elle-même Val-de-Marnaise et ancienne élue de Choisy-le-Roi », a réagi le président PCF du conseil départemental Christian Favier ce jeudi.

Tournée après sa libération
A l'automne 2018, Salah Hamouri, libéré le 30 septembre 2018, a été notamment reçu au Sénat.

Le 1er octobre 2018, il déclarait à Pierre Barbancey, journaliste à L'Humanité : "Il faut rappeler qu’il y a des centaines de prisonniers en détention administrative et certains y sont depuis plus de deux ans maintenant. Certains ont été libérés puis arrêtés de nouveau, toujours dans le cadre de la détention administrative, seulement quelques jours après être sortis. Là encore, c’est un moyen pour détruire la société palestinienne." Peut-être que ces détenus avaient fomenté un attentat terroriste...

Le 15 novembre 2018, le quotidien communiste recevait Salah Hamouri dans ses locaux pour un cocktail.


Le 19 novembre 2018, Le BNVCA, "alerté par de nombreux internautes scandalisés, a condamné la tribune du Syndicat des avocats de France (SAF) parue sur le Journal du Barreau de Marseille (n°3, page 20), dans laquelle son auteur appelle au soutien de Salah Hamouri libéré des geôles israéliennes ou il a été détenu pour ses activités terroristes" et compare le FPLP à un "parti de gauche". 

Le 9 décembre 2018, Azzedine Taibi, maire communiste de Stains, a remis la médaille de citoyen d'honneur de la ville à Salah Hamouri. Il avait publié des affiches pour inviter les habitants à l'accueillir.

Quelques jours plus tard, le 11 décembre 2018, Chérif Chekatt, fiché S, commettait un attentat terroriste islamiste près du marché de Noël à Strasbourg. Politiciens et journalistes le dénommait "agresseur", un "Français", et rechignaient à évoquer un attentat terroriste islamiste.

A la mi-décembre 2018, cet "avocat franco-palestinien - inscrit au barreau de Ramallah - était l'invité à Ajaccio de la fédération du parti communiste de Corse-du-Sud, avec le soutien de l'association Corsica Palestina" qui l'avait déjà invité en 2012. A Corse-matin, il reconnait n'avoir pas subi de torture physique et évite de prononcer le mot "Israël".

Le 18 décembre 2018, c'est au tour de Gennevilliers d'accueillir Salah Hamouri lors d'une "réception en son honneur".


Salah Hamouri ne parcourt pas seulement la "ceinture rouge" composées de municipalités communistes d'Ile-de-France, il sillonne la France. On se demande quand il trouve le temps pour terminer son master et exercer son métier d'avocat.

Il se rend à Carhaix, en Bretagne, et accorde une interview au Télégramme auprès duquel il allègue concernant sa première arrestation et détention : « C’est une vieille histoire. J’ai été condamné à sept ans de prison pour cela. J’avais accepté un plaider coupable pour éviter une peine de 14 ans, mais il n’y avait rien de précis dans le dossier ». Son appartenance au FPLP ? « Ce n’est pas une question à laquelle je peux répondre. Le FPLP est considéré comme une organisation terroriste. Ce n’est pas du tout comme en France où on peut dire que l’on est communiste, socialiste… Là-bas, toute appartenance à un parti politique est interdite. Je ne peux pas dire si je suis membre ou pas ». Bien qu'il le nie, il remet en cause le fondement même de la recréation de l'Etat d'Israël en 1948 et, véhiculant le mythe al-Andalus, se prononce pour la création d'un seul Etat, donc l'annihilation de l'Etat Juif : « Je considère que sa création a été une erreur et une injustice historiques. Le présent le démontre. C’est tout sauf un conflit religieux. Avant 1948, il y avait bien des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans qui vivaient en paix en Palestine. Je le répète : c’est un conflit entre un peuple occupé et une force occupante. La religion est un prétexte. Moi, je suis né musulman mais je n’ai rien contre les Juifs en tant que Juifs. Ce ne sont pas les Juifs qui occupent nos rues, ce sont les Israéliens. Ce que les Palestiniens contestent, c’est la colonisation. La solution des deux États est morte et enterrée, à cause de la colonisation. La seule qui vaille, c’est la création d’un État démocratique, laïc, qui garantisse le retour des Palestiniens. Un État où tous les habitants auront les mêmes droits ».

La cité bretonne le fait citoyen d'honneur à l'unanimité ! Une médaille remise par Oussama Sbaï, représentant de la mairie, le 19 décembre 2018, à Salah Hamouri, invité par France Palestine solidarité Centre-Bretagne (FPSCB), en présence d'une trentaine d'individus dont Claude Leostic, présidente de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine. « Je remercie la Ville de Carhaix qui est là depuis longtemps et qui soutient la cause palestinienne. Aujourd’hui, il y a 5 500 prisonniers politiques et plus de 250 prisonniers administratifs.  C’est un moyen pour détruire la population palestinienne », déclara Salah Hamouri. Claude Leostic, présidente de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine, a enfoncé le clou : « Pour nous, il n’y a pas de conflit israélo-palestinien. C’est une guerre d’occupation coloniale. Israël a la volonté évidente d’annihiler toute réalité palestinienne. »

A Brest, le 19 décembre 2018, c'est la maison des syndicats qui abrite la réunion organisée à l'initiative de l'AFPS - Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez.

Le 20 décembre 2018, sur RCF (Radio chrétienne francophone), Salah Hamouri évoque « l’occupation israélienne [de la Palestine] depuis 1948 ». Bref, il nie toute légitimité à l'Etat Juif.

21 décembre 2018 : retour à Saint-Denis du « prisonnier politique franco-palestinien » Salah Hamouri célébré par la municipalité.

Addameer
En janvier 2019, le ministère israélien des Affaires stratégiques a publié le rapport intitulé "Terrorists In Suits" (« terroristes en complets-vestons ») et sous-titré "The ties between NGOs promoting BDS and terror organizations" ("Les liens entre des ONG promouvant le BDS et des organisations terroristes"). Ce rapport argumenté révèle comment le Hamas et le FPLP utilisent un réseau d'ONG promouvant le boycott de l'Etat d'Israël dans leur stratégie pour le détruire, y placent, souvent à de hauts postes, leurs membres et mènent des campagnes conjointes. Ces mouvements terroristes et ces ONG pro-BDS collectent ensemble de l'argent, emploient le même personnel qui a gardé son soutien au terrorisme.

Parmi ces 13 ONG liées au terrorisme : Addameer, fondée par des membres du FPLP en 1992, ayant un siège social à Ramallah, et liée au FPLP. Elle milite pour les droits des terroristes détenus dans les prisons israéliennes et qu'elle appelle "prisonniers politiques". Certains de ses dirigeants - Khalida Jarrar - ont été condamnés pour activités terroristes. Salah Hamouri est mentionné dans ce rapport comme « chercheur sur le terrain » ("field worker") d'Addameer et membre du FPLP.

NGO Monitor, observatoire israélien des ONG, présente Addameer comme l'aile visant à défendre les prisonniers à l'intérieur du réseau du FPLP. Addameer délégitime le système judiciaire israélien et l'Etat Juif accusé de "crimes de guerre".

Addameer a reçu de l'argent notamment de l'ONU - UNICEF, PNUD -, les Pays-Bas (Interchurch Organization for Development Cooperation (ICCO), la Grande-Bretagne (Christian Aid), Human Rights and International Humanitarian Law Secretariat, le Danemark, la municipalité de Barcelone, le ministère norvégien des Affaires étrangères, etc.

Annulation judiciaire du titre de Citoyen d'honneur de Stains
Le 23 mai 2019, dans un communiqué et sur Facebook, l'Organisation Juive Européenne (OJE) "a annoncé avoir obtenu gain de cause auprès du Tribunal administratif de Montreuil dans sa requête d'annulation de la décision du maire de Stains d'attribuer le titre de citoyen d'honneur à Salah Hamouri. Le Conseil municipal de Stains avait répondu favorablement à la demande du maire, le 9 décembre 2018. L'une des avocates de l'OJE avait dénoncé qu'un tel hommage, décerné à un terroriste palestinien, membre du Front populaire de libération de la Palestine, plusieurs fois condamné par la justice israélienne, notamment pour avoir participé à un complot visant à assassiner un rabbin, était contraire aux principes essentiels de neutralité et de laïcité du service public français. Le Tribunal administratif de Montreuil a fait droit à tous les arguments juridiques développés devant lui par l'OJE."

Le Crif a salué "le travail de l'OJE et se félicite de la décision du Tribunal administratif de Montreuil."

Fête de l'Humanité 2019
Le 15 septembre 2019, Salah Hamouri sera présent à la Fête de l'Humanité, organisée par le Parti communiste français. Agenda Palestine et Campagne BDS France - Boycott Désinvestissement Sanctions contre Israël ont créé une page Facebook pour cet événement.


A lire sur ce blog :

Cet article a été publié le 22 avril 2013, puis le 13 décembre 2018.

A l’époque de l’affaire Dreyfus


En 2002, la Maison de la Bibliophilie a présenté une centaine de documents originaux sur l’Affaire Dreyfus confiés par un collectionneur privé, le Dr. B. Cet amateur les a éclairés par une chronologie et des notices sur les acteurs, le contexte et les enjeux de l'affaire Dreyfus. Il a montré aussi les échos à l’étranger de cette injustice teintée d’antisémitisme. Des « trésors » passionnants sur ce « drame qui a fait avancer la conscience humaine ». Le 13 janvier 1898, le quotidien L'Aurore publiait en première page l'article intitulé J'accuse... !, lettre ouverte de l'écrivain Emile Zola au Président de la République, Félix Faure. Tariq Ramadan est un enseignant petit-fils du fondateur des Frères musulmans Hassan el-Banna (1906-1949) et islamologue longtemps prisé par les médias. Accusé de viols sur des admiratrices et des élèves, il a écrit Le Devoir de vérité à paraître le 11 septembre 2019. Dans ce livre et dans une interview sur BFM, il compare son affaire à l'affaire Dreyfus. 

Inaugurée en novembre 2001, « la Maison de la Bibliophilie  offre l’opportunité à un amateur de présenter sa collection (livres, documents, objets) liée à l’histoire et aux grands faits de société ».

Pour le Dr B., c’est l’achat de l’édition originale du Procès de Zola dédicacé par un expert qui a initié voici une trentaine d’années une passion pour l’Affaire Dreyfus, si « fertile en événements politiques et littéraires ».

Des gravures du Journal illustré, du Petit journal et de L’Illustration ont évoqué la condamnation du capitaine français Juif Alfred Dreyfus, le 22 décembre 1894, pour trahison « à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée », c'est-à-dire au bagne en Guyane (Amérique du Sud).

Au combat solitaire du frère Mathieu Dreyfus, succède des ralliements progressifs à la cause : dreyfusards, convaincus de l’innocence d’un individu, se battent dès le début et pour la réhabilitation de Dreyfus, les dreyfusistes combattent pour la justice et la vérité contre les valeurs d’autorité et d’ordre et songent à un meilleur fonctionnement de la République, et les dreyfusiens, apparus vers 1898, souhaitent clore cette Affaire pour revenir à une normalité politique et sociale et sauvegarder le régime républicain parlementaire. Pour certains, la personne du capitaine Dreyfus s’efface derrière le symbole. Une défense duale et divisée s’élabore : primauté de l’individu ou celle de principes ?

L’exposition rappelle que l’adhésion à la cause dreyfusarde n’a pas été immédiate pour Zola, Clemenceau, Jaurès ou Blum. Pour des raisons diverses : Dreyfus est bourgeois, Juif, militaire.

Le 13 janvier 1898, le quotidien L'Aurore publiait en première page l'article intitulé J'accuse... !lettre ouverte de l'écrivain Emile Zola au Président de la République, Félix Faure. C'est Georges Clémenceau (1841-1929), qui travaille pour ce journal, qui trouve ce titre.

Des livres et photographies laissent imaginer les souffrances endurées par le capitaine Dreyfus au bagne de l’île du Diable (1895-1899).

Cette condamnation injuste et flagrante a révolté en Italie - carte postale de soutien d’Iesa - et en Alsace occupée par l’Allemagne impériale : image d’Epinal sur le procès de 1899.

Hermann-Paul a illustré La campagne de révision (La revue blanche). Parmi les dreyfusards : Bernard Lazare (Une erreur judiciaire, 1897), Lucien Herr et la Librairie Bellais, etc.

En 1898, Stock publiait Les lettres d’un innocent, recueil de celles de Dreyfus, depuis sa condamnation, à son épouse Lucie, née Hadamard.

Par le rôle des intellectuels – terme apparu avec l’affaire Dreyfus -, par « la médiatisation de la presse », c’est « le prototype d’une affaire d’opinion publique ». « La presse est devenue le lieu d’un grand mouvement de démocratie argumentaire ». Apparaissent la Ligue des Droits de l’Homme (1898), les pétitions, etc. C’est aussi une ère où une librairie antisémite publiait librement à Paris…

Le caricaturiste anti-dreyfusard, Caran d’Ache, a légendé un dessin dans Psst... ! : « La Révision ?... soit, mais avec le poteau et les douze balles, cette fois » (1898). Il est l’auteur des deux célèbres œuvres dessinées publiées par Le Figaro, le 14 février 1898, révélant les fractures profondes et violentes suscitées par cette affaire. Premier dessin : « - Surtout ! Ne parlons pas de l'affaire Dreyfus! », prévient un homme aux personnes attablées. Le second dessin montre ces convives se bagarrant avec fureur et violence : « - Ils en ont parlé…»

Quant à la Librairie antisémite, elle éditait Le péril judéomaçonnique (1897) et l’Antijuif Le jeu des 36 têtes (1899) avec « le traître Dreyfus, le pornographe Zola, Clémenceau la honte », etc.

Bien que l’innocence de Dreyfus ait été reconnue (1906) et que Dreyfus ait réintégré l'armée avec le grade de chef d'escadron, et ait été décoré de l’ordre de la Légion d'honneur, (grade de chevalier), les préjugés s’opposaient encore à la raison, les attaques virulentes à la raison digne. Ainsi, le 4 juin 1908, lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon, le journaliste Louis Grégori a blessé Dreyfus. Un jury de la Seine l’a relaxé peu après ! Ce qu’a relaté Le Procès du Panthéon (La Libre parole, 1908).

Cet amateur a confié des objets exceptionnels sur ce moment crucial de l’histoire de France et du judaïsme, voire du sionisme politique moderne - alors correspondant à Paris du journal Die Neue Freie Presse, Theodor Herzl couvre l’affaire Dreyfus - : facsimile du « bordereau », photographies des « pièces secrètes », extraits de L’Autoforgerie de Bertillon et du dossier d’expertise graphologique, numéro de L’Aurore avec la Lettre au Président Félix Faure : J’accuse du 13 janvier 1998, bon à tirer signé par les magistrats de l’affiche de la Cour de cassation sur la demande de révision du procès (27 mai 1899), calendrier publié par l’Action française (1908), dessins, brochures, photographies de Nadar, vaisselle, exemplaires « truffés », éditions au tirage limité, accompagnés d’un billet d’auteur, etc. Et la belle gravure de Zwy Milsthein unit Zola et Dreyfus.

Cette exposition émouvante a été « une contribution républicaine et civique ».

ADDENDUM
« Il y a un aspect qui est extrêmement intéressant pour moi dans cette affaire, c'est l'insistance avec laquelle les médias, comme l'armée à l'époque ou comme n'importe quelle institution d'État, ne veulent pas admettre une erreur », a expliqué Roman Polanski en 2013. Le réalisateur a dénoncé "les «mensonges de la presse» auxquels il a préféré ne pas répondre à l’époque. «Si je réagis, ils ont le dernier mot, ils n'admettront jamais qu'ils se sont trompés. Comme l'armée à l'époque.»

En mai 2014, de nouveau, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a comparé à tort l'affaire Kerviel à l'affaire Dreyfus. Par contre, et à maints égards, le parallèle entre l'affaire Dreyfus et l'affaire al-Dura ou l'affaire du Dr Lionel Krief s'avère pertinent. Une comparaison approuvée par Marine Le Pen du Front national. 


En 2014 (5-22 juillet 2014) et en 2016 (8-30 juillet-jours pairs) à l'Albatros, le festival Off d'Avignon présente Dreyfus, l'amour pour résister (1h20), pièce de théâtre, librement adaptée de la correspondance d’Alfred et de Lucie Dreyfus intitulée "Ecris-moi souvent, écris-moi longuement" (Mille et Une Nuits, Ed Fayard),  par Vincent Duclert. "A travers des lettres d’une beauté à couper le souffle, se révèle le témoignage méconnu et bouleversant d’un homme injustement éclipsé par sa propre Affaire, qui puise dans l’amour la force de résister à cinq années de déportation imméritées. Une page de l’Histoire de France,une formidable leçon d’Humanité, un hymne à l’amour. Ce combat exemplaire et pacifique contre l’Antisémitisme et la raison d’Etat demeure d’une brûlante actualité". Mise en scène par Gilbert Ponté, la pièce de théâtre est interprétée par Joël Abadie et soutenue par Métropole Montpellier, Ligue des Droits de l'Homme, LICRA LR.

À l’occasion de la parution de L’histoire de l’Affaire Dreyfus de 1894 à nos jours par Philippe Oriol, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et les éditions Les Belles Lettres organisent, au musée de l'Armée (Hôtel national des Invalides), le 13 novembre 2014, de 17 h à 19 h 30, une conférence exceptionnelle en partenariat avec la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du Ministère de la Défense. Animée par Nicolas Weill, journaliste au Monde et traducteur, cette conférence réunira Philippe Oriol, historien, Charles Dreyfus, petit-fils du capitaine Dreyfus, vice-président de l’association Maison Zola – Musée Dreyfus, Martine Le Blond-Zola, vice-présidente de l’association Maison Zola – Musée Dreyfus, Vincent Duclert, historien (EHESS / Centre de recherches sociologiques et politiques Raymond-Aron), Henri Mitterand, professeur émérite (Université Paris III / Columbia University, New York), président d’honneur de la Société littéraire des Amis d’Émile Zola et Alain Pagès, professeur de littérature française (Université Paris III).


Pour l'anniversaire de la publication de J'accuse de Zola le 13 janvier 1898, hommage à Alfred Dreyfus et à Emile Zola a été rendu le 13 janvier 2015, à 18 h, en présence de Philippe Oriol, historien, et de Martine Leblond-Zola, arrière-petite-fille d'Emile Zola. Puis, à 20 h 30, le théâtre Pierre Tabard à Montpellier présentera Dreyfus, l'amour pour résister, de Vincent Duclert avec Joël Abadie. La pièce a été représentée jusqu'au 15 janvier 2015.


À l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) présentera le 18 mai 2015 à 19 h 30. À l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), L'histoire de l'affaire Dreyfus, en présence de Philippe Oriol et de Nicolas Weill, journaliste au Monde. LHistoire de l’affaire Dreyfus "se propose d’offrir une vision plus proche de ce que fut l’événement et de le dépasser pour en observer les échos jusqu’à 2012. Philippe Oriol, enseignant et chercheur, auteur de nombre d’articles et de publications concernant l’Affaire, a engagé un important travail de documentation : le dépouillement systématique de toute la presse publiée, entre 1894 et 1908, celui des fonds des archives départementales et, surtout, des archives peu ou pas exploitées ou inédites. Il oeuvre depuis dix ans à un Dictionnaire biographique et géographique de l’affaire Dreyfus en trois volumes".


Dans le cadre du Festival Avignon Off, la compagnie de la Traversée présente Dreyfus, l'Amour pour Résister (4-26 juillet 2015, 1 h 20), librement adapté par Joël Abadie, interprète, de « Écris-moi souvent, écris-moi longuement... », correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus par Vincent Duclert (©Mille et Une nuits, Ed Fayard), et de « Cinq années de ma vie » d'Alfred Dreyfus. La pièce est mise en scène par Gilbert Ponte : "A travers des lettres d’une beauté à couper le souffle, se révèle le témoignage d’un homme, injustement éclipsé par sa propre Affaire, qui puise dans l’amour de sa femme la force de résister". Bande visuelle : Amandine Francotte, voix off Lucie : Lorène Hartmann, voix off journaliste : Christophe Guillon, voix off Zola : Xavier Jaillard, création et régie lumières : Benoît Cornard.

Le 20 novembre 2015, dans le cadre de Mystères d'archives, Arte rediffusa 1939. Dernières images du bagne de Guyanedocumentaire de Serge Viallet et Pierre Catalan (2013, 27 minutes) : "En 1939, les reporters Raymond Mejat et Pierre-André Martineau tournent des images dans plusieurs pénitenciers de Guyane. Comment expliquer que le bagne de Cayenne soit encore en activité à la fin des années 1930 ?"

Pierrette Dupoyet présenta son spectacle Dreyfus, l'affaire au théâtre de la Vieille Grille (19-22 mai 2016).

En 2016 (8-30 juillet-jours pairs) à l'Albatros, le festival Off d'Avignon présenta Dreyfus, l'amour pour résister (1h20)pièce de théâtre, librement adaptée de la correspondance d’Alfred et de Lucie Dreyfus intitulée "Ecris-moi souvent, écris-moi longuement" (Mille et Une Nuits, Ed Fayard),  par Vincent Duclert. 


Les 17 et 18 décembre 2017, à Tel Aviv (Israël), Gilbert Ponte, metteur en scène, et Joel Abadie, comédien, présenteront le spectacle Moi, Alfred Dreyfus.

Le 9 juin 2018, de 14 h 30 à 17 h, à l’occasion du 120e anniversaire de sa fondation avec l’affaire Dreyfus, la Ligue des droits de l'homme (LDH) organisa à l'Auditorium de l’Hôtel de ville de Paris le colloque « De l’affaire Dreyfus à l’antisémitisme d’aujourd’hui ». "Comment analyser aujourd’hui l’antisémitisme en France ? Dans quelle histoire, quelle actualité se constitue-t-il comme un phénomène dramatique et un enjeu central du débat public ? Comment enfin prendre la juste mesure de la prégnance de ses représentations – singulièrement sur Internet – à la fois traditionnelles et renouvelées ? Ce triple questionnement s’avère indispensable ​à qui veut faire échec aux attentats et agressions, aux assignations à résidence, aux tentations multiples de réifier des identités – réelles ou supposées –  au détriment des valeurs d’égalité et de fraternité. Car au-delà de l’analyse du phénomène, il s’agit de lui opposer, encore et toujours, des contre offensives militantes ​sur un plan à la fois pédagogique, politique et institutionnel. La LDH organise un débat public sur ce thème.
Programme
Ouverture par Anne Hidalgo, Maire de Paris (sous réserve)
Présentation historique de l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus et les réactions avec la création de la LDH
Animation par Sylvia Zappi, journaliste
Martine Cohen, sociologue, sociologue émérite au CNRS
Gilles Manceron, historien et membre du comité central de la LDH
Michel Wieviorka, sociologue directeur d’études à l’EHESS
Frédéric Potier, délégué interministériel contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah)"

Tariq Ramadan est un enseignant petit-fils du fondateur des Frères musulmans Hassan el-Banna (1906-1949) et islamologue longtemps prisé par les médias. Accusé de viols sur des admiratrices et des élèves, il a écrit Le Devoir de vérité à paraître le 11 septembre 2019 aux Presses du Châtelet. Dans ce livre et dans une interview par Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV du 6 septembre 2019, il compare à tort son affaire à l'affaire Dreyfus : « C'est l'histoire du cheminement d'un homme qui est aussi humain que vous et que, dans ce pays, on a diabolisé et déshumanisé. Vous avez déshumanisé un homme. Et rappelez-vous : la France de 1897 contre Dreyfus avait tort.. Elle semble reproduire des Dreyfus, hier juifs, aujourd'hui musulmans ».

Des déclarations qui ont suscité l'indignation d'organisations luttant contre le racisme. Le 6 septembre 2019, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a twitté : "N'est pas le Capitaine Dreyfus qui veut. Le rapprochement historique fait par @TariqRamadan est une insulte à la mémoire d'Alfred Dreyfus et une offense à tous ceux qui ont œuvré à sa réhabilitation #Zola."

Dans sa tribune « Tariq Ramadan éveille chez une jeunesse en scission une volonté d’en découdre » publiée par Le Parisien (8 septembre 2019), Lydia Guirous, porte-parole des Républicains a écrit :
« À travers son procès, Tariq Ramadan veut inviter cette partie de la jeunesse à une forme d'insurrection contre un acharnement et un complot dont il serait la victime. Il tente de devenir le leader des 30 % de jeunes musulmans ou de culture musulmane, radicalisés, qu'une étude de l'Institut Montaigne de septembre 2016 avait révélés. Une étude qui estimait la population musulmane à 5,6 millions de personnes, soit 1,6 million de personnes qui vivent dans le rejet et la haine de la France, de ses valeurs et de son mode de vie. C'est bien une tentative de mobilisation de cette partie de la population, qui vit déjà en scission, que tente de mettre en place Tariq Ramadan...
En dénonçant une justice raciste, qui serait à deux vitesses, l'une plus dure avec les Noirs et les Arabes, et l'autre plus clémente avec les Blancs, Tariq Ramadan éveille chez une jeunesse en scission une volonté d'en découdre. Il veut être le symbole de l'acharnement judiciaire d'un Etat qui serait raciste et islamophobe. Il est ainsi fidèle à la pensée que relaient les indigénistes et les communautaristes.
Tariq Ramadan veut que ce procès ne soit pas seulement celui de Tariq Ramadan accusé de viols par six femmes, il voudrait qu'il devienne médiatiquement celui d'une communauté contre le système judiciaire, contre la France. Le danger pour notre société est qu'il puisse être entendu… »


Visuel :
Alfred Dreyfus
Dessin sur le vif réalisé lors du procès de Rennes par Paul-Albert Laurens
©collection Philippe Zoummeroff


Cet article a été publié en une version concise dans Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le :
- 20 mai 2014. De nouveau, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) compare à tort l'affaire Kerviel à l'affaire Dreyfus. Par contre, et à maints égards, le parallèle entre l'affaire Dreyfus et l'affaire al-Dura ou l'affaire du Dr Lionel Krief s'avère pertinent. Une comparaison approuvée par Marine Le Pen du Front national ;
- 17 juillet et 13 novembre 2014, 12 janvier 2015 ;
- 17 mai 2015 : à l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) présentera le 18 mai 2015 à 19 h 30. À l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), L'histoire de l'affaire Dreyfusen présence de Philippe Oriol et de Nicolas Weill, journaliste au Monde ;
- 10 juillet et 18 novembre 2015, 19 mai et 13 juillet 2016, 14 janvier 2017, 16 décembre 2017, 8 juin 2018.