Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 26 mai 2019

Jerusalem Day Conference


Les 6 et 7 novembre 2018, l’European Jewish Association (EJA) a organisé sa conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » à Bruxelles (Belgique). Eurodéputés, dirigeants communautaires et édiles politiques d’Etats européens… Cette conférence a souligné les problèmes graves affrontés par les Juifs européens – menaces sur la circoncision ou l’abattage rituel, isolement, antisémitisme non jugulé, mutations démographiques – et a révélé l’émergence, l’affirmation de cette organisation comme rivale du CJE (Congrès Juif européen), comme un acteur voulant jouer son rôle notamment en vue des élections européennes en mai 2019.

Une conférence de parlementaires européens amis d’Israël 
Jerusalem Day Conference

Fondée en 2007 par le rabbin Menachem Margolin, l’European Jewish Association (EJA) est une fédération d'organisations - Rabbinical Centre of Europe, European Jewish Study Network (EJSN), European Forum of Russian Jewry (EFRJ), Jewish Community of Hungary, etc. - et de média (European Jewish Press) juifs européens dont le siège est à Bruxelles (Belgique). Buts : renforcer l'identité juive et développer les activités juives en Europe, défendre les intérêts juifs en Europe et établir des liens entre l'Europe et Israël.

Le retard à publier le compte-rendu de la conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » de l’European Jewish Association (EJA) s’explique notamment par le panorama épouvantable, voire traumatisant, de la condition juive en Europe qui est apparu au soir de la première journée de témoignages de dirigeants communautaires. A noter que certains jeunes représentants de communautés - Sacha Ghozlan, président de l'UEJF (Union des étudiants juifs de France) pourfendant les réseaux sociaux, Nina Tojzner, secrétaire générale de la Fédération des jeunes juifs de Suède - étaient plus « politiquement corrects » que leurs aînés, notamment italiens stupéfaits de voir des femmes circuler en burka dans la péninsule ou britannique - Gideon Falter, président de la UK Campaign against Anti-Semitism - sur l'exil auquel songent 40% des juifs anglais ou l'antisémitisme de membres du Parti travailliste, dont son dirigeant Jeremy Corbyn.

Un intervenant a évoqué le problème des "migrants" musulmans élevés dans la haine des juifs et méprisant les femmes. Nina Tojzner a invité les gouvernements à éduquer les migrants.

Quant à Michel Gourary, directeur de l'European March of the Living Network, il a déploré le refus de magistrats, notamment en Allemagne, de reconnaître le caractère antisémite d'actes comme l'incendie d'une synagogue.

La présence de Katharina von Schnurbein, coordinatrice européenne chargée de la lutte contre l'antisémitisme ? Rassurante, certes. Mais comment l'Union européenne (UE) peut-elle combattre victorieusement l'antisémitisme par une diplomatie déséquilibrée - condamnation de la légitime défense d'Israël attaqué par le Hamas, etc. - et tout en finançant l'Autorité palestinienne qui salarie des terroristes prisonniers ou finance des manuels scolaires incitant à la haine d'Israël et des Croisés ?

« Toute attaque contre un Juif est une attaque contre Israël ». Un résumé lapidaire et pertinent de Ran Yishai, directeur au ministère de Jérusalem et du Patrimoine. Si « attaquer un Juif, c’était attaquer la République » comme l’ont répété tant de Présidents de la République et de ministres français, le pouvoir politique hexagonal aurait réagi dès 2000 à la recrudescence du nombre d’actes antisémites ou aurait adopté les mesures efficaces, et en premier lieu, aurait nommé les vecteurs de haine des Juifs. Ce qu’il n’a pas fait.

Car « Attaquer un Juif », c’est effectivement attaquer d’abord un « Sioniste », un « Yahoud », Israël en tant que peuple et Etat. Et cela implique une politique de l’Etat juif pour lutter contre cet antisémitisme, et en premier lieu en affirmant ses droits bibliques, historiques et juridiques sur sa terre (Eretz Israel).

L'absence des médias communautaires français juifs - radios, journaux - pour couvrir cet événement correspondait à l'effondrement de la condition juive en Europe. Seuls étaient représentés JForumInfoEquitable et mon blog. Or, il s'avère indispensable pour une communauté juive de disposer de médias dynamiques qui, seuls, expriment ses préoccupations et constituent des opportunités pour des pouvoirs politiques désireux de s'adresser à une partie ciblée de la population.

Lors du diner, des bougies ont été allumées à la mémoire des victimes de l'attentat commis par Robert Bowers contre la synagogue de Pittsburgh, le samedi 27 octobre 2018, ayant causé la mort de onze juifs et blessé  plusieurs fidèles.

A été adoptée une résolution soumise aux partis politiques européens, notamment en vue de l’élection des membres du Parlement européen en mai 2019. Ce texte exhortait en particulier à lutter contre le BDS (Boycott Désinvestissement Sanction), respecter la liberté religieuse et à nommer un Envoyé spécial chargé de la lutte contre l’antisémitisme. Des lignes rouges plusieurs mois avant les élections cruciales des eurodéputés dans une Union européenne en voie d'implosion.


A lire sur ce blog :

Fritz Bauer (1903-1968)


Fritz Bauer (1903-1968) était un juge et un procureur juif allemand. Il a initié les procès dits « d'Auschwitz » à Francfort-sur-le-Main où ont été jugés des gardiens du camp nazi d’Auschwitz. Toute l'histoire diffusera « Le procès d’Auschwitz, la fin du silence » de Barbara Necek  les 26 mai 2019 à 15 h et 30 mai 2019 à 12 h 30. Le 26 mai 2019 à 22 h 55, RMC Story diffusera "Le labyrinthe du silence", de Giulio Ricciarelli avec Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht. Arte diffusera le 28 mai 2019 à 22 h 30 "Fritz Bauer, un procureur contre le nazisme" (Fritz Bauer - Generalstaatsanwalt. Nazi-Jäger) de Catherine Bernstein. « Fritz Bauer - Un héros allemand » (Der Staat gegen Fritz Bauer) est un film réalisé par Lars Kraume (2014). 
Né de parents juifs à Stuttgart, Fritz Bauer (1903-1968) a été un étudiant brillant. En 1920, ce docteur en droit, juge assesseur a adhéré au Parti social démocrate (SPD). Ce fervent démocrate est devenu au début des années 1930 un des dirigeants du Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold.

Après l’échec d’une grève générale contre les Nazis dans la région de Stuttgart, il est interpellé par la Gestapo en mai 1933, détenu au camp de concentration de Heuberg durant huit mois, avant d’être libéré.

Victime des lois anti-juives, Bauer est contraint de quitter son travail.

En 1935, il a fui au Danemark, puis en 1943 en Suède. Là, avec Willy Brandt, Bauer a fondé le journal Sozialistische Tribüne (Tribune socialiste).

En 1949, Bauer a rejoint la République fédérale allemande (RFA), où il a repris une carrière de fonctionnaires dans l’institution judiciaire. En 1956, il est nommé procureur général de la Hesse - un des seize länder - à Francfort. Une fonction exercée jusqu’à son décès en 1968.

« De retour en RFA en 1949, il a organisé les premiers procès d'anciens gardiens du camp d'Auschwitz avant d'être un élément clé du dispositif qui permettra que se tienne, en 1961, le procès d'Adolf Eichmann en Israël ». Bauer a du surmonter de nombreux obstacles. Le chancelier Adenauer avait déclaré qu’il était temps de « tirer un trait et de laisser le passé derrière soi ».  « Se confronter à notre passé signifie nous juger nous-mêmes, juger les aspects dangereux de notre société et enfin, juger tout ce qui a été inhumain » affirmait cet humaniste, ce moraliste lors d’une conférence le 9 juillet 1962.

Fritz Bauer a contribué aussi à ce que les victimes du régime nazi obtiennent des indemnisations, a réhabilité les résistants au nazisme, a renforcé le caractère indépendant de l’institution judiciaire allemande, et a participé à la réforme de la loi et de la juridiction pénales allemandes. Il a déclaré : « Dans le système judiciaire, je vis comme en exil ».

En 1952, lors "de sa première affaire en tant que Procureur Général, il avait fait sensation à travers tout le pays en accusant l’extrémiste de droite Otto Ernst Remer de diffamation. Remer avait affirmé, lors d’un discours électoral, que Von Stauffenberg et les combattants résistants du 20 juillet 1944 étaient des traîtres, parce qu’ils avaient brisé leur serment de loyauté envers Hitler. Bauer, de son côté, avait construit son argumentation sur le fait qu’un tel serment de loyauté était illégitime. Ses arguments étaient résumés ainsi : « Un Etat injuste, qui commet chaque jour des dizaines de milliers d’assassinats, donne à chaque individu le droit d’utiliser l’auto-défense ». Avec cet argument, Bauer a contré l’excuse la plus fréquente que les nazis donnaient en disant « qu’ils n’avaient fait qu’exécuter les ordres donnés, conformément à leur devoir ». Les juges donnent raison à Fritz Bauer et condamnent Remer à trois mois de prison. Ce jugement spectaculaire a officiellement réhabilité l’organisation tant décriée qui avait tenté d’assassiner Hitler. Pour la première fois, une cour de justice allemande affirmait clairement que le régime d’Hitler n’était pas « un Etat constitutionnel mais un Etat injuste ».


En 1957, Fritz Bauer "reçoit une lettre de Lothar Hermann, un juif émigré en Argentine, qui affirme savoir à quel endroit se cache Eichmann, grâce à sa fille qui est tombée amoureuse du fils d’Eichmann. Fritz Bauer a l’intelligence de ne pas communiquer cette information aux autorités allemandes : il avait déjà constaté à plusieurs reprises que les nazis recherchés parvenaient toujours à en être informés juste avant leur arrestation. Au lieu de cela, il informe les services secrets israéliens ainsi que Georg-August Zinn, son ancien camarade du SPD et Président de la Hesse. Afin de brouiller les pistes, Bauer fait paraître une série d’articles expliquant que la traque d’Eichmann se concentrait désormais au Koweit. Ainsi, le Mossad parvient à enlever Eichmann et à le conduire en Israël. Le souhait le plus cher de Fritz Bauer (pouvoir traduire Eichmann devant la cour de justice de Francfort) ne s’est pas réalisé, le gouvernement fédéral allemand n’ayant jamais réclamé l’extradition d’Eichmann. Il faudra attendre dix ans après sa mort pour découvrir le rôle crucial de Fritz Bauer dans la traque et l’arrestation d’Eichmann."

Le "procès Eichmann a été, à tous points de vue, un début. Et Fritz Bauer n’aura de cesse de tenter d’amener devant la justice allemande les anciens criminels nazis. Avec le gigantesque procès d’Auschwitz, dans lequel comparaissent plus de 21 anciens membres de la garnison SS du camp de concentration, Bauer réussit enfin à monter son plus grand dossier. La preuve la plus spectaculaire lui a été fournie par Thomas Gnielka, un éditeur du quotidien « Frankfurter Rundschau ». Il avait mis la main sur un dossier qu’un survivant de l’Holocauste avait trouvé parmi les ruines du poste de police de Breslau (actuellement Wroclaw, en Pologne)."


"Ces documents, signés du chef de camp Rudolf Höss, faisaient apparaître, sous forme de liste, quels prisonniers avaient été tués par quels SS. Grâce à cette liste, Bauer put finalement obtenir des éléments tangibles sur les coupables et poursuivre son enquête. Les efforts de Fritz Bauer ont conduit à la décision de justice de la cour fédérale de Karlsruhe qui a désigné la cour de justice de Francfort comme étant la seule compétente pour toutes les plaintes déposées contre les tortionnaires d’Auschwitz. Ainsi, Fritz Bauer put superviser toutes les enquêtes sur Auschwitz depuis Francfort. Ces enquêtes, étalées sur deux ans, étaient extrêmement complexes : le camp d’Auschwitz était très peu connu, les survivants de l’Holocauste étaient difficiles à retrouver et il fallait les persuader de faire le voyage jusque dans le pays de leurs tortionnaires pour y témoigner."


"Le premier procès d’Auschwitz à Francfort débute en décembre 1963 et sera le plus grand procès criminel de l’Allemagne d’après-guerre. En termes judiciaires, le procès n’est pas très probant : la plupart des accusés ne seront pas reconnus coupables mais uniquement complices de meurtres et ils seront remis en liberté après quelques années en prison."

"Mais à long terme, le but de Fritz Bauer, qui est de faire de ce procès un « procès éducatif » pour les Allemands, sera une réussite. « Ce procès doit montrer au monde entier que la nouvelle Allemagne est déterminée à préserver la dignité de chaque individu ».  Grâce aux témoignages bouleversants des rescapés, pour la première fois, la réalité sur Auschwitz est rendue public. Auschwitz cesse d’être un pan vierge dans la mémoire collective. Le vœu de Fritz Bauer est enfin exaucé : le silence lugubre de l’ère Adenauer est définitivement brisé.

Fritz Bauer est décédé d’un arrêt cardiaque à l’âge de 64 ans. 

Il a créé en 1968, avec le journaliste Gerhard Szczesny l’Union humaniste. Celle-ci a créé le Prix Fritz Bauer.

Fondé en 1995, l’Institut Fritz Bauer a pour mission la défense des droits civils et se concentre sur les effets de la Shoah.

La traque d’anciens Nazis par des procureurs allemands, dont Joachim Kügler, Georg Friedrich Vogel, Gerhard Wiese – qui ont induit notamment le « second procès d’Auschwitz » tenu à Francfort contre 22 membres de la direction du camp (décembre 1963-août 1965) - a inspiré plusieurs films allemands, dont « Le Labyrinthe du silence » (Im Labyrinth des Schweigens) coécrit par le réalisateur Giulio Ricciarelli (2014) avec Elisabeth Bartel, et « Fritz Bauer – et « Un héros allemand  », co-écrit par le réalisateur Lars Kraume et l’essayiste Olivier Guez.

Sur ce lent processus de travail de mémoire, la journaliste Géraldine Schwarz a écrit en 2017 l’essai « Les Amnésiques ».

« Fritz Bauer - Un héros allemand »
« Fritz Bauer - Un héros allemand » (Der Staat gegen Fritz Bauer) est un film réalisé par Lars Kraume (2014). « Mis en scène comme un film d'espionnage à l'ancienne, un état des lieux saisissant de l'Allemagne d'après-guerre » et de ses difficultés à affronter son passé nazi.

« République fédérale allemande (RFA), fin des années 1950. Intègre procureur général de Francfort-sur-le-Main, Fritz Bauer se démène pour que soient jugés les criminels nazis. Dans un pays engagé sur la voie de la reconstruction et où les fonctionnaires du régime hitlérien ont retrouvé leurs anciens postes, son opiniâtreté suscite une sourde hostilité ».

« Lorsqu'il est informé qu'Adolf Eichmann, l'un des principaux responsables de la mise en œuvre de la solution finale, se cacherait à Buenos Aires, Bauer bataille pour obtenir son extradition. Mais tous les moyens sont bons pour l'empêcher d'y parvenir, y compris en piégeant son jeune collègue Karl Angermann pour homosexualité, encore condamnée par la loi. Résolu à ne pas céder aux pressions, Fritz Bauer se tourne vers les services secrets israéliens », le Mossad, « pour s'emparer d'Eichmann... »

« En retraçant le combat de cet homme d'exception, magistralement incarné par Burghart Klaußner – et dont la mort, en 1968, demeure suspecte –, Lars Kraume met en lumière les limites de la dénazification entreprise outre-Rhin après le rétablissement de la démocratie ».

« Portant un soin particulier à la reconstitution historique, il met habilement en scène l'obscure mécanique destinée à saper le travail de la justice contre les criminels nazis et leurs complices ».

« Le film raconte l’histoire vraie de Fritz Bauer qui contribua à la capture d'Adolf Eichmann au terme d'une traque haletante. Le film dresse aussi le tableau de l’Allemagne de l’après-guerre et critique les entraves à la dénazification et l’amnésie collective qui entoure les crimes commis durant le 3e Reich. Il dénonce aussi la répression de la prostitution homosexuelle à l'époque ».

« Aussi pédagogique sur le fond qu'exemplaire sur la forme, un état des lieux saisissant de l'Allemagne d'après-guerre ».

Ce film a été distingué par cinq Lola, équivalents allemands des César, notamment dans les catégories de Meilleur film et Meilleur scénario.

« Le procès d’Auschwitz, la fin du silence » 
À l’occasion du cinquantenaire de la mort de Fritz Bauer (1er juillet 1968), deux films, deux hommages, reviennent sur le parcours du procureur allemand. Le 17 juin 2018 à 16 h 30, le Mémorial de la Shoah a proposé la projection en avant-première du documentaire « Le procès d’Auschwitz, la fin du silence » de Barbara Necek (France, 52 mn, 13 Productions, France Télévisions, Toute l’Histoire, 2017. Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah). En présence de la réalisatrice Barbara Necek et de Guillaume Mouralis, chargé de recherche, CNRS.

Toute l'histoire diffusera ce film les 26 mai 2019 à 15 h et 30 mai 2019 à 12 h 30.

En 1947, les Alliés ouvrent le procès des camps de la mort nazis à Cracovie, en Pologne. Plus de quinze ans plus tard, le 20 décembre 1963, à Francfort en Allemagne de l'Ouest, débute le «second procès d'Auschwitz», une vingtaine d'anciens SS vont répondre de leurs crimes commis au camp de concentration et d'extermination nazi installé à côté du village polonais Oświęcim, en allemand « Auschwitz ». Ce documentaire raconte ce procès historique à l'aide d'interviews des derniers témoins, d'images d'archives et d'enregistrements sonores des séances, classés depuis octobre 2017 au patrimoine immatériel de l'Unesco.

Face à eux, près de 360 témoins, dont 211 survivants d’Auschwitz. Dans une Allemagne hostile à la vérité, ils vont confronter pour la première fois le pays avec les crimes de son passé et révéler au monde l’horreur d’Auschwitz.

Un document essentiel pour comprendre le contexte de l'époque, les coulisses du procès et ses répercussions. La narration, fluide, met l'accent sur l'impact considérable de ce procès sur l'opinion publique. Les témoignages, difficilement soutenables, disent l'horreur à l'état pur. Indispensable.
  
"Fritz Bauer, un procureur contre le nazisme"
Arte diffusera le 28 mai 2019 à 22 h 30 "Fritz Bauer, un procureur contre le nazisme" (Fritz Bauer - Generalstaatsanwalt. Nazi-Jäger) de Catherine Bernstein. "Dans l'Allemagne de l'Ouest des années 1960, le combat obstiné du procureur Fritz Bauer pour briser le silence sur les crimes du IIIe Reich, faire juger les criminels nazis et rendre justice à leurs innombrables victimes."

"Francfort-sur-le-Main, 20 décembre 1963. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une cour fédérale allemande s'apprête à juger d'anciens criminels nazis. Au terme d'une instruction dirigée pendant cinq ans par Fritz Bauer, 22 prévenus sont sur le banc des accusés. En poste au camp d'extermination d'Auschwitz, ils étaient SS, membres de la Gestapo, médecin, dentiste ou encore kapos. Dans un pays désormais divisé et où le miracle économique va de pair avec une politique de l'oubli, le procureur général du Land de la Hesse veut confronter l'Allemagne à son passé. Jusqu'en août 1965, 360 anciens déportés vont relater les atrocités dont ils ont été victimes ou témoins. Avec effroi, les jeunes Allemands découvrent alors l'ampleur des crimes commis par la génération de leurs parents."

"Adhérent du parti social-démocrate et de confession juive, le juge Fritz Bauer a été poussé à l'exil en 1935, après avoir été interné deux ans en camp de concentration et exclu de la fonction publique. À son retour en Allemagne après-guerre, nommé procureur général à Francfort en 1956, il lance plusieurs procédures afin de retrouver d'anciens criminels de guerre nazis en fuite, notamment le docteur Mengele. Empêché de mener à bien ses enquêtes, il se résoudra à livrer aux services secrets israéliens les informations qui permettront l'enlèvement puis le procès à Jérusalem, en 1961, d'Adolf Eichmann, le "logisticien" de la "solution finale". Les éclairages de spécialistes (historiens, juristes, biographes de Fritz Bauer) et de nombreuses archives retracent son combat obstiné pour mettre en lumière l'échec de la dénazification, briser le silence sur les crimes du IIIe Reich et rendre justice à ses innombrables victimes."

"Le labyrinthe du silence"
Le 26 mai 2019 à 22 h 55, RMC Story diffusera "Le labyrinthe du silence", de Giulio Ricciarelli avec Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht. "1958. Alors que l'Allemagne veut oublier son passé et que des centaines de fonctionnaires nazis ont été réintégrés dans l'administration, un jeune procureur décide de faire juger, pour la première fois sur le sol allemand, d'anciens SS ayant servi à Auschwitz."

Allemagne, à la fin des années 1950. Jeune procureur ambitieux et fier de sa fonction au parquet de Francfort, Johann Radmann ne s'occupe pour le moment que d'affaires sans grand intérêt. Bientôt, un journaliste attire son attention sur le fait qu'un rescapé des camps de concentration aurait reconnu Alois Schulz, un ancien officier SS en poste à Auschwitz. Ce dernier serait actuellement enseignant au lycée Goethe de la ville. Alors que ses supérieurs et ses collègues choisissent d'ignorer ces allégations, Radmann décide de ne pas négliger l'affaire. Il découvre rapidement plusieurs pièces cruciales qui permettraient l'ouverture d'un procès d'envergure
 


« Le livre d’Olivier Guez, mon co-scénariste « L’impossible retour - Une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 » étudie la façon dont les juifs ont pu vivre en Allemagne, le pays des meurtriers, après l’Holocauste. Un des chapitres est consacré à Fritz Bauer et aux « procès d’Auschwitz ». J’ai trouvé le livre remarquable et quand Olivier est venu en Allemagne, il y a quatre ans, à l’occasion de la sortie allemande du livre, je l’ai rencontré et lui ai dit que ce serait un sujet passionnant à développer en film. En parlant ensemble, nous revenions constamment à Fritz Bauer, parce que c’est un personnage hors du commun : il ne s’est pas du tout comporté comme la plupart des victimes de l’Holocauste qui ne voulaient plus en parler. Bien qu’il ait eu à faire face à une très forte résistance, il voulait poursuivre les nazis - non pas par esprit de vengeance, mais parce qu’il était guidé par un grand esprit humaniste et qu’il voulait informer ses compatriotes. Il avait une personnalité lumineuse et il est devenu le personnage principal du film.
Après avoir étudié longuement, avec Olivier, la biographie de Fritz Bauer, nous avons décidé de nous concentrer sur la traque d’Adolf Eichmann car c’est une période particulièrement haletante de sa vie et surtout elle montre bien ce que Fritz Bauer cherchait, et en quoi sa personnalité était hors du commun. Nous voulions raconter l’histoire d’une rédemption : celle d’un homme brisé et pessimiste, qui revient en Allemagne après la Seconde Guerre Mondiale et qui sera transformé grâce à son combat contre l’oubli collectif.
Dans l’émission de télévision : « Heute abend KellerKlub » faite pendant la période du procès Eichmann et reproduite dans le film, Fritz Bauer explique, de formidable manière, aux jeunes du « KellerKlub » ce qu’est l’esprit de la démocratie. Vous comprenez qu’il était un véritable humaniste. Il est convaincu que les Allemands nés après la Seconde Guerre mondiale ont la possibilité de construire une nouvelle société. En fait, il a ouvert de nouvelles perspectives à la génération post-Adenauer, parce qu’il a osé lever le voile et briser le silence. C’est en cela qu’il est devenu par la suite une inspiration importante lors des révoltes des étudiants.
C’était un début parfait pour le film, parce Fritz Bauer y explique très simplement ce qui le motive. Il pense que l’avenir de son pays natal dépend fondamentalement de la manière dont les jeunes générations vont gérer leur passé. Il est prêt à donner tout ce qu’il possède pour cela. Il a même risqué sa vie pour cette idée.
Nous avons lu beaucoup de livres et en premier lieu toutes les biographies de Fritz Bauer. Nous avons aussi eu la chance de rencontrer Gerhard Wiese, qui est le dernier survivant de l’équipe des procureurs de Fritz Bauer. C’est un homme très vif, brillant et à l’esprit alerte qui nous a raconté ce que cela représentait, à cette époque, d’être procureur général à Francfort et quel genre d’homme son patron était. Il a été d’une grande aide. De plus, nous avons eu de nombreuses conversations avec les employés de l’institut Fritz Bauer. Ces échanges étaient denses et très instructifs. Peu de temps avant le début du tournage, il y a eu une grande exposition organisée au musée juif de Francfort.
Les rapports de la police danoise sur les contacts que Fritz Bauer avait avec des homosexuels étaient exposés là, au public, pour la première fois. Il a été prouvé que lorsque Fritz Bauer était en exil au Danemark, il a été arrêté en compagnie de prostitués hommes. On peut seulement imaginer comment il a dû gérer sa sexualité quand il a été nommé procureur général du Hesse. Nous avons essayé de traiter ce sujet dans le film de la manière la plus délicate possible. Mais aborder le sujet de l’homosexualité était important pour nous pour deux raisons : d’abord pour le développement dramatique de l’histoire car à cette époque le « paragraphe 175 » du Code Civil était toujours en vigueur. Ce paragraphe rendait illégales les « activités lubriques » entre hommes et donnait aux détracteurs de Fritz Bauer un prétexte pour provoquer sa chute. Et ensuite, pour montrer la tyrannie qui régnait pendant l’ère Adenauer : ce « paragraphe homo », qui avait été renforcé quand les nazis étaient au pouvoir, n’a été aboli en Allemagne qu’en 1994 ! C’est un exemple criant de toutes ces années durant lequelles les idées les plus injustes de l’ère nazi sont restées en place en R.F.A.
Presque tous les personnages du film ont réellement existé, à l’exception de Karl Angermann, qui représente l’idéalisme d’une jeune génération de procureurs généraux qui se battent au côté de Fritz Bauer par conviction. Nous l’avons imaginé à partir de plusieurs personnages ayant existé de manière à créer une figure attachante qui évolue aux côtés de Fritz Bauer, et bien sûr, pour amener le sujet de l’homosexualité dans l’intrigue.
Burghart Klaussner et moi, on ne se connaissait pas. Notre directrice de casting Nessie Nesslauer me l’a recommandé. Il a immédiatement saisi la personnalité de Fritz Bauer et l’a interprété de manière incroyablement juste. On pouvait voir dès le début à quel point il était connecté à son personnage - et aussi quel point il lui ressemblait. Le même âge, le même physique, l’esprit vif, la maturité émotionnelle, la rage innée - et aussi l’humour. Mon plus grand souci était d’éviter de faire un film moralisateur et hypocrite. C’est pour cela qu’il était fondamental que mon personnage principal ait un côté acerbe, avec un humour nonchalant. Burghart Klaussner le joue extrêmement bien. Il a toujours le ton juste quand il fait dire par exemple à son personnage « J’ai un revolver - si je me suicide il n’y aura aucune rumeur ».
Le meilleur souvenir du tournage ? Je pense que c’est la manière dont Burghart Klassner a insufflé tant de vitalité à un personnage qui était un peu en retrait, en lui apportant de nombreuses nuances. Il a accepté avec gratitude ce que le scénario pouvait lui offrir et m’a régulièrement surpris avec de nouveaux détails, comme par exemple son léger rire espiègle en fin de phrase.
Au XXIe siècle, un individu doit avoir le courage de se consacrer toute sa vie à une cause et de poursuivre un but, quelle que soit la forme de résistance qu’il rencontre. Fritz Bauer a dû faire face à de nombreuses oppositions pour avoir été « un Juif habité par la vengeance » et il a été constamment encerclé d’ennemis puissants. Aucune autorité allemande ne souhaitait coopérer avec lui ; ils ont dressé des obstacles les uns après les autres devant lui. Cette phrase célèbre est de lui : « Quand je sors de mon bureau, j’entre en territoire ennemi ». Finalement, son combat a prévalu. Pour moi, c’est un véritable héros ».

« Le procès d’Auschwitz, la fin du silence » de Barbara Necek
France, documentaire, 13 Productions, France Télévisions, Toute l’Histoire, 2017. Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 52 mn
Sur Toute l'histoire les 26 mai 2019 à 15 h et 30 mai 2019 à 12 h 30.

"Le labyrinthe du silence", de Giulio Ricciarelli
Allemagne,  2014, 125 minutes
Avec Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht, Johannes Krisch, Hansi Jochmann, Johann Von Bülow, Robert Hunger-Bûhler, Lukas Miko, Gert Voss

"Fritz Bauer, un procureur contre le nazisme" de Catherine Bernstein
France, 2016, 57 min
Sur Arte le 28 mai 2019 à 22 h 30
Visuels :
Fritz Bauer procureur à Francfort, 1963
Credit : © D.R
Procès d'Auschwitz à Francfort, 1963
Credit : © D.R.
Portrait de Fritz Bauer
Credit : © Siegfried Träge/ Fritz Bauer

« Fritz Bauer - Un héros allemand » de Lars Kraume
Allemagne, 2014, 95 min.
Image : Jens Harant
Montage : Barbara Gies
Musique : Julian Maas, Christoph M. Kaiser
Producteur/-trice : Thomas Kufus
Réalisation : Lars Kraume
Scénario : Lars Kraume
Acteurs : Burghart Klaußner, Ronald Zehrfeld, Lilith Stangenberg, Laura Tonke, Sebastian Blomberg, Jörg Schüttauf
Auteur : Lars Kraume
Sur Arte le 25 avril 2018 à 20 h 55

Visuels :
© Zero One Film/Martin V. Menke

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations sont d'Arte et du dossier de presse du film. Cet article a été publié le 25 avril 2018.

Un dîner-débat intercultuel organisé par des musulmans à Drancy


A l’occasion des « Journées portes ouvertes entre synagogues, mosquées et centres communautaires juifs et musulmans » (13-15 novembre 2009), nous avions publié cet article sur la nécessité d’un dialogue avec les musulmans sans avaliser le mythe « islamiquement correct » de la « coexistence harmonieuse et égalitaire interconfessionnelle en terre d’islam sous domination musulmane », dans le cadre des relations confessionnelles ou politiques. "L'association Sciences & Éducation organise une soirée avec un prédicateur fondamentaliste et propose de faire des dons « déductibles des impôts »."
A l’initiative de musulmans de Seine-Saint-Denis (département au Nord de Paris), « où se fabrique la France du XXIe siècle » (Claude Bartolone, député), ce dîner-débat interconfessionnel et interculturel, dénommé aussi « dîner républicain », présidé par Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, et Hassan Chalghoumi, imam de Drancy et président de la Conférence des imams de France réunissant une soixantaine d’imams et intellectuels musulmans, a suscité soutien et réserves.

Y assistaient ce 10 juin 2009 plus de 200 convives, dont Rachid Kaci, alors conseiller technique du Président de la République Nicolas Sarkozy en charge de la politique de la ville et de la diversité, des élus locaux, hauts fonctionnaires, dirigeants d’organisations juives, rabbins – David Messas, grand rabbin de Paris, Michel Serfaty, co-responsable de l’Amitié judéo-musulmane de France (AJMF) -, imams, diplomates de pays arabes et des Etats-Unis, représentants d’associations œuvrant dans le dialogue interconfessionnel afin de préserver le vivre-ensemble et fourmillant de projets, scouts musulmans, mais peu de musulmanes, dont la moitié portait le foulard islamique.

Pour éviter d’accroître les divisions parmi la communauté musulmane, des évêques et Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, avaient décliné l’invitation. Le grand rabbin de France Gilles Bernheim et des membres du CFCM (Conseil français du culte musulman) étaient absents. Quant à l’invitée d'honneur, Christine Boutin, elle y participait en « catholique pratiquante », et non comme ministre de la Ville et de l'exclusion, la fonction qu’elle exerçait alors.

Par tact, le repas excluant le vin était casher. Il a débuté par une bénédiction musulmane.

Des appels à la fraternité
Thème annoncé du débat : « les voies du dialogue, les chemins de la fraternité ».

Les personnalités étaient interrogées sur la « contribution de la religion à la cohésion et à la paix sociales », et souvent abondaient en ce sens.

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, s’élevait avec fermeté contre cette idée : « Il faut se garder de vouloir instrumentaliser d’une quelconque manière une religion, quelle qu’elle soit. C’est la grande invention de cette notion de laïcité qui veut distinguer, pas séparer, l’ordre spirituel qui a ses propres fondements, sa propre logique, sa propre finalité, son propre calendrier, d’avec l’ordre temporel qui, lui, est sur d’autres contingences et d’autres nécessités. En revanche, dans ce département notamment, et qui est particulièrement emblématique, il y a nécessité de dialogue, qui veut d’abord dire respect entre ceux qui sont amenés à discuter, à disputer au sens étymologique de disputatio. Ce dialogue implique la vérité pour éviter qu’on arrive rapidement à une espèce de syncrétisme qui voudrait qu’on relève les convergences ou les évidences, et qu’on passe sous silence les divergences théologiques qui peuvent exister, mais qui ont des conséquences dans la vie quotidienne néanmoins ».

Si les religions étaient décrites comme facteurs de paix, médiation et dialogue, l’importance de la laïcité était rappelée par des édiles.

Des orateurs, dont Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire de Paris Bertrand Delanoë, et le grand rabbin David Messas avalisaient le mythe « islamiquement correct » de « l’âge d’or des relations interconfessionnelles harmonieuses en terre d’islam » tolérante.

Enfin, Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), rendait hommage à l’imam Chalghoumi qui a maintenu le dialogue avec les organisations juives et prôné la modération pendant l’opération israélienne Plomb durci contre le Hamas dans la bande de Gaza. Il proposait à la jeunesse de mener des actions communes humanitaires.

Rythmée par des chants en arabe et une Marseillaise orientalisée, puis par des airs d’opéra interprétés par le baryton David Serero et un film abscons, ode à l’islam qui « ne sait dissocier le spirituel du temporel, [et où] foi et citoyenneté y trouvent harmonie dans une logique saine », cette soirée présentait l’exposition Judaïsme, christianisme, islam, proches… lointains de l’Institut du monde arabe (IMA).

Le discours controversé du président Barack Obama au monde musulman (Le Caire, 4 juin 2009) y était distribué…

D’autres dîners similaires étaient annoncés. Cette initiative devrait avoir des prolongements, dans les villes des Imams membres de la Conférence des Imams de France.

Le 1er septembre 2013, Hassan Chalghoumi, imam de Drancy, a déclaré avoir été agressé physiquement, ainsi que ses deux enfants, alors qu'il séjournait à Gammarth (Tunisie). Son avocate Me Samia Maktouf et M. Chalghoumi ont déclaré que l'agresseur avait qualifié ce dernier de "sioniste", de "juif" et de "collaborateur". Une version contestée par Me Pascal Garbarini, avocat de l'agresseur présumé et prénommé Karim qui a été arrêté par la police tunisienne. Ce 3 septembre au matin, Hassan Chalghoumi a été amené à l'hôpital d'instruction des armées Bégin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), après un malaise cardiaque ;

Le 8 avril 2014, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’Imam Hassen Chalghoumi, président de la Conférence des imams de France, a convié trois cents convives, dont Tarak Ben Ammar, l’écrivain Marek Halter, des grands rabbins, les présidents du  CRIF et du Mémorial de la Shoah, des prêtres, des pasteurs, des imams dont le directeur de la Ligue islamique mondiale, l’évêque des Églises évangéliques et le mufti de la République centrafricaine, "représentants des deux communautés qui se combattent actuellement dans ce pays", des ministres de Centrafrique et de Guinée équatoriale, pour la deuxième année au "dîner annuel républicain Vivre ensemble”. Invitée d'honneur, Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, "a loué le dialogue entre les religions et la tolérance" : « La République française est une République laïque, une république qui dit qu'elle est capable de contenir en son sein toutes les croyances du monde, toutes les philosophies du monde ». La ministre de la Justice "avait auparavant déposé une gerbe au mémorial de la Déportation à Drancy". 

Le 5 mai 2015 à 20 h 30, dans le cadre du cycle d'activités Juifs, musulmans, chrétiens: et si pas maintenant, quand ?le Centre communautaire laïc Juif (CCLJ) proposa la conférence  Marek Halter, Hassem Chalghoumi: Faisons-le... ensemble"Réconciliez-vous", "faites-le !". Dans ces deux ouvrages, Marek Halter, sous ces deux injonctions, nous invite au passage à l'acte qui sera la clé du siècle à venir : Se réconcilier ! "Dites, mes amis juifs, musulmans, chrétiens, voulez-vous vivre ainsi dans la haine longtemps? Dans notre pays, vous habitez souvent la même rue, le même quartier. Vos enfants fréquentent la même école... Pour que l'aversion de leurs parents n'assombrisse pas leurs lendemains: réconciliez-vous !" Ces propos, Hassen Chalghoumi ne cesse depuis des années de les répéter au risque de sa vie. Imam de Drancy, il n'a de cesse de prôner le vivre-ensemble, la rencontre, l'échange, la tolérance". 

"L'association religieuse musulmane Sciences & Éducation va organiser un dîner caritatif vendredi 24 mai 2019 dans les locaux de l'IESH de Saint-Denis (Institut européen des sciences humaines), le centre de formation d'imams proche des Frères musulmans. Le programme prévoit une soirée « au profit du centre de formation des oulémas » de Mauritanie... et annonce la possibilité de faire des dons « déductibles des impôts ». (Le Point, 14 mai 2019)

Cet article a été publié en une version plus concise dans le n° 614-615, juillet-août 2009, de L’Arche, et dans ce blog les 14 novembre 2009,
- 3 septembre 2013. Le 1er septembre 2013, Hassan Chalghoumi, imam de Drancy, a déclaré avoir été agressé physiquement, ainsi que ses deux enfants, alors qu'il séjournait à Gammarth (Tunisie). Son avocate Me Samia Maktouf et M. Chalghoumi ont déclaré que l'agresseur avait qualifié ce dernier de "sioniste", de "juif" et de "collaborateur". Une version contestée par Me Pascal Garbarini, avocat de l'agresseur présumé et prénommé Karim qui a été arrêté par la police tunisienne. Ce 3 septembre au matin, Hassan Chalghoumi a été amené à l'hôpital d'instruction des armées Bégin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), après un malaise cardiaque ;
- 9 avril 2014 et 3 mai 2015.

vendredi 24 mai 2019

Steve Bannon


Steve Bannon est un ex-officier de marine, entrepreneur, directeur de médias (Breitbart News), réalisateur et producteur américain, catholique et conservateur. Directeur exécutif dès 2016 de la campagne présidentielle du candidat Donald Trump, il est nommé conseiller stratégique du Président des États-Unis. Licencié en août 2017, Steve Bannon a annoncé qu'il demeurera loyal au président Donald Trump et poursuivra son combat pour ses valeurs. Il fonde Le Mouvement et s'intéresse aux élections européennes« L'homme qui murmure à l'oreille de Trump » (Steve Bannon: Der Trump-Flüsterer ; Bannon's War) est un documentaire réalisé par Michael Kirk. 

« L'homme qui murmure à l'oreille de Trump » (Steve Bannon: Der Trump-Flüsterer ; Bannon's War) est un documentaire réalisé par Michael Kirk (2017). « Qui est Steve Bannon, l'un des proches conseillers de Donald Trump ? Enquête sur le premier cercle du pouvoir à la Maison-Blanche, aussi restreint qu'opaque ». « Après Président Trump, le réalisateur Michael Kirk et l’équipe politique de l’émission d'investigation phare Frontline enquêtent sur le fonctionnement – et les dysfonctionnements – du nouveau pouvoir qui s'est installé à Washington, au sein du premier cercle des conseillers de Donald Trump. Déclarations fracassantes, luttes d'influence, confrontations idéologiques… : en s’appuyant sur de multiples sources à l’intérieur de l'administration, le film tente de déchiffrer l’avenir du pays, qui se joue derrière des portes closes. Au centre de cette enquête se trouve Steve Bannon, magnat de la presse "alt-right" (d'extrême droite), devenu le principal conseiller politique à la Maison-Blanche ». Bannon n'est pas d'extrême-droite.

De Goldman Sachs à Breitbart
« Début avril, Donald Trump a voulu montrer qu'il prenait ses distances avec celui qu'on présente comme son éminence grise, notamment en le démettant de ses fonctions au Conseil national de sécurité ».

« Mais comment interpréter ce petit coup de théâtre ? On doit en tout cas à Steve Bannon le caractère offensif du discours présidentiel d'investiture, ainsi que le « décret antimusulmans » du 27 janvier, retoqué depuis. Il ne s’agit pas d’un « décrit antimusulmans », mais d’un acte interdisant, temporairement, l’entrée aux Etats-Unis de personnes provenant de sept pays : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Certains soutiennent financièrement le terrorisme islamiste, d’autres sont déchirés par des guerres et dépourvus d’un Etat pouvant établir sa souveraineté sur tout son territoire.

« Afin de mieux comprendre ses positions idéologiques, le film explore son passé de conseiller militaire dans la Marine américaine, puis de banquier chez Goldman Sachs, et surtout son rôle à la tête du site Breitbart News Network, devenu l'un des principaux relais médiatiques de la droite extrême et des ultraconservateurs ». Non, Breitbart News est un média conservateur, pro-israélien.

Le choix de Breibart News en faveur du candidat Donald Trump incite certains journalistes à le quitter.

« Passant au crible son parcours ainsi que ceux de deux autres hommes clés de l'administration Trump, le jeune conseiller politique Stephen Miller et le ministre de la Justice Jeff Sessions, le documentariste Michael Kirk explicite la vision qui préside aujourd'hui aux destinées de l'Amérique – et du monde ».

La présentation par des médias télévisés de Bannon en marionnettiste tirant les ficelles a déplu au Président Donald Trump. Des divergences entre conseillers à la Maison Blanche ont surgi. Ce qui semble avoir induit le relatif éloignement de Steve Bannon, qui demeure chef de la stratégie, précieux dans la formulation des thématiques lors des meetings du Président.

Les médias, des magistrats, Hollywood et le parti démocrate ont déclaré la guerre à Donald Trump dès la campagne électorale. Ils ne se sont pas remis de la défaite de leur candidate : Hillary Clinton.

Dans la campagne visant à diaboliser le Président Donald Trump, Steve Bannon a été une cible. Il a été accusé à tort d'être antisémite. Malheureusement, l'ADL (Anti Defamation League) a abondé en ce sens, sans dénoncer l'antisémitisme du démocrate Keith Ellison, pro-BDS.

Selon des médias américains, dans le livre Fire and Fury: Inside the Trump White House, Steve Bannon accuserait de trahison le fils de Donald Trump à qui il aurait reproché d'avoir rencontré une avocate russe afin d'avoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton dans le cadre de la campagne électorale. Le Président Donald Trump déclare alors que « Steve n'a eu qu'un rôle très limité dans notre victoire historique » et pense que Steve Bannon a « perdu la raison ». Les déclarations de Bannon l'ostracisent.

Le 7 janvier 2018, Steve Bannon présente des excuses pour ses critiques de la famille du Président américain et avance que ses critiques visaient Paul Manafort.

Le surlendemain, la PDG du groupe Breitbart fait part publiquement du départ de Steve Bannon de la direction de Breitbart News, poste qu'il occupait après son départ de la Maison-Blanche.

Billy Joel
Le 21 août 2017, lors de son concert au Madison Square Garden de New York, le chanteur, pianiste et compositeur juif américain Billy Joel a arboré l'étoile de David jaune sur sa veste. En fin de concert, il a interprété "Goodbye to You" alors que défilaient sur l'écran vidéo immense sur la scène du concert, les photographies de conseillers du Président Donald Trump, dont Steve Bannon. Sans explication. Le 22 août 2017, Billy Joel a publié un communiqué citant le politicien irlandais Edmund Burke : "Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien.”

Ce concert a eu lieu après les violences à Charlottesville, le 12 août 2017 où se sont opposés frontalement, en raison de carences de la police, des manifestants opposés au déboulonnement de statues de militaires sudistes - manifestation autorisée et hétéroclite (militants non violents, suprématistes blancs, néo nazis) - et des "militants des droits de l'homme", plus nombreux, parfois vulgaires (doigts d'honneurs), pratiquant l'invective, brandissant un poing en direction d'un manifestant opposé au déboulonnement de ces statues.

Conduisant une automobile, James Alex Fields Jr a foncé dans le groupe des contre-manifestants et tué une jeune Américaine, Heather D. Heyer.

Dans divers discours, le Président Donald Trump a dénoncé l'Alt-Right (Droite alternative) et l'Alt-Left (première occurrence de ce vocable), les violences des deux côtés.

"For his four-song encore, Billy Joel wore a bright yellow Star of David on the front and back of his black suit. Cheers went up in the crowd when a close-up of Joel wearing the symbol was shown on the main video screen. He made no comment onstage about why he was wearing the symbol for Jewish identity. On Tuesday, Joel issued a statement quoting Irish statesman Edmund Burke, saying, “The only thing necessary for the triumph of evil is for good men to do nothing.” Through a representative, Joel declined to further comment… The subject is close to Joel’s heart, considering many of his relatives died in the Holocaust and his paternal grandfather, Karl Joel, had to flee Nazi Germany in 1938, eventually settling in America after living in Switzerland and Cuba". (Newsday)

"Singer Patty Smyth dropped in at Billy Joel’s Madison Square Garden concert in New York City Monday night to perform one of her biggest hits, “Goodbye to You” — as an image of former White House chief strategist Steve Bannon flashed on the screen above her. The former Scandal singer belted out her 1984 hit as a montage of former White House staffers, including Bannon, former press secretary Sean Spicer, and former communications director Anthony Scaramucci played on the background screen". – Breitbart

"Rabbi Abraham Cooper, associate dean at the Simon Wiesenthal Center told The Jerusalem Post on Tuesday, “Billy Joel’s father was [a soldier in the U.S. Third Army and was present at the liberation of Dachau in 1945]. If anyone has the right to use the Yellow Star as a gesture of solidarity to victims of the Nazis and in defiance of latter-day Nazis in Charlottesville and elsewhere around the world, it would be Billy Joel. Kol hakavod [‘Good going’], Billy!” – The Jerusalem Post. Certes, mais il me semble indécent de garder la veste arborant l'étoile jaune infamante alors que défilent les images du Président Donald Trump et de ses conseillers. Les Etats-Unis sont régis par un régime présidentiel démocratique. Le Président Donald Trump et ses conseillers ne sont pas nazis, et le parallèle entre le IIIe Reich persécutant les Juifs et les Etats-Unis en 2017 est infondé. Il eût été judicieux de dénoncer l'antisémitisme à gauche, notamment à l'extrême-gauche américaine, ceux islamique ou anti-israélien, les harcèlements d'étudiants juifs sur les campus américains, etc.

N'y avait-il pas d'autres moyens pour cet artiste d'exprimer ses pensées que d'arborer l'étoile jaune ? Pourquoi avoir instrumentalisé “Goodbye to You” ? Pourquoi avoir politisé la fin de son concert ?

D'une certaine manière, Billy Joel a utilisé l'amour de ses spectateurs à des fins partisanes peu glorieuses et non pertinentes.

The Movement
En 2018, L'Américain Steve Bannon a lancé The Movement, une fédération pour réunir les souverainistes européens. Il a été l'invité d'honneur des souverainistes italiens. "J'ai rencontré Salvini après les élections... Nous aurons un sentiment de victoire au printemps 2019 si nous avons un tiers des voix, la minorité de blocage", analyse Steve Bannon qui propose des instruments pour gagner des élections.

Le 10 mars 2018, Steve Bannon était l'invité d'honneur du XVIe Congrès du Front national (FN) à Lille.

Il a déclaré : « L’Histoire est de notre côté et nous propulsera de victoire en victoire. plus grand que l’Italie, plus grand que la Pologne, plus grand que la Hongrie... Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes… Portez-le comme un badge d’honneur parce que chaque jour qui passe nous devenons plus forts, et eux s’affaiblissent ».

Le 22 mai 2019, sur RCJ, Paule-Henriette Lévy et Laurence Goldman ont interviewé Ilana Cicurel, avocate et candidate sur la liste de LREM aux élections européennes en position d'éligibilité. Pourquoi n'avoir pas interviewé, par exemple Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) ? Durant près de 27 minutes, Ilana Cicurel a exhorté les auditeurs à voter le 26 mai 2019, et a vanté les mérites du programme de la liste macronienne : "Le Brexit nous a étonnés et a montré que l'Europe peut disparaître... Il y a une montée des extrêmes dans toute l'Europe. On a vu ces images glaçantes d'un meeting à Milan avec Marine Le Pen et Matteo Salvini. Ce qui est bien avec l'extrême-droite c'est qu'ils se tapent dessus... Nous sommes dans un monde en train de se recomposer avec des grands géants. Parmi ces géants, il y a les Chinois,  les Américains et les Russes. Par Américains via Steve Bannon, je veux plutôt dire l'équipe de Trump. Ils s'engagent de cette manière dans la campagne européenne car ils ont peur : l'Union européenne est la première puissance commerciale. Quand ils voient le Président de la République Emmanuel Macron qui a relancé l'idée d'une ambition européenne. Quand on voit l'espoir qu'il a fait naître, je pense que Steve Bannon et les Russes ont conscience que cela peut leur faire de l’ombre". Et d'évoquer leur argent et leur but - "la dislocation de l'Europe" et la présence d'un fils de Simone Veil sur cette liste Renaissance. Ilana Cicurel a stigmatisé la liste des Républicains. Quel dédain pour le Président Donald Trump ! Que d'amalgames infondés - l'Europe n'est pas l'Union européenne ! Que d'allégations conspirationnistes sans aucun fait avéré - Steve Bannon est persona non grata à la Maison Blanche après son livre fustigeant le Président Donald Trump ! Le bilan des deux premières années du Président américain est considérable et positif, a fortiori comparé à celui du Président français. 

Et Ilana Cicurel a ajouté : "Nous vivons dans une période dangereuse... Je suis fière du programme qui renoue avec un optimisme européen. Il y a le climat... J'ai fait un tour de France... On est le pays le plus attractif au niveau européen... L'euro nous permet d'emprunter... Aux Etats-Unis et en Chine on a créé des emplois... La France est un pays trop petit pour être prospère... L’Europe nous a apporté la paix pendant 70 ans. Le miracle c'est cette paix". Et d'alléguer que Steve Bannon et les Russes auraient "peur" de ce "potentiel de développement" ! Rectifions certaines des erreurs débitées : "Les résultats de l'enquête demandée par Business France à Kantar auprès de 500 investisseurs étrangers venant de cinq pays début janvier montrent que... l'Hexagone tient son rang de deuxième pays jugé le plus attractif en Europe, derrière l'Allemagne". Une place confirmée par le "classement qui est réalisé tous les ans par un grand cabinet international, AT Kearney, sur la base d’un questionnaire envoyé à 500 grands patrons de par le monde. Et ce classement, le voici : les Etats-Unis restent en tête des pays les plus attractifs, suivis de l’Allemagne, du Canada, de la Grande-Bretagne, et de la France". De plus, depuis 2014, après un conflit armé, la Turquie occupe 38 % du territoire de Chypre. En outre, la superficie n'est pas le facteur déterminant expliquant la prospérité : Israël s'est hissé au huitième rang des puissances mondiales avec une superficie correspondant à quelques départements français. Enfin, le Président Emmanuel Macron est très isolé au sein de l'Union européenne. Comment pourrait-il initier une réforme des institutions ?

Le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) a décidé de décompter le temps de parole de Steve Bannon de celui du Rassemblement national (RN), nouvelle dénomination du Front national.

2017, 52 min
Sur Arte le 30 mai 2017 à 21 h 50 et le 2 juin 2017 à 10 h 15

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Les citations sir le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 29 mai 2017, puis les 24 août 2017 et 18 mars 2018.