Citations

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lundi 12 août 2019

Jean-Pierre Mocky (1929-2019)


Jean-Pierre Mocky (1929-2019) est un acteur, prolifique réalisateur (Un Drôle de paroissien, 1963), scénariste (La Tête contre les murs de Franju, 1959), producteur et exploitant d’une salle de cinéma (Paris) français né d’un père juif. France 5 et Arte lui rendent hommage en diffusant le 12 août 2019 respectivement « Y a-t-il un Français dans la salle ? » (1982) et « Solo ».
  
Henri Alekan (1909-2001), directeur de la photographie

Enfant caché durant l’Occupation, Jean-Pierre Mocky a, durant une carrière de plus de soixante-dix ans été comédien, scénariste, réalisateur ayant dirigé généralement les stars du cinéma français - Bourvil, Fernandel, Michel Serrault, Jeanne Moreau - et soignant les seconds rôles, producteur pour asseoir son indépendance, écrivain, exploitant de la salle de cinéma Le Brady (Paris) de 1994 à 2010.

Victime de contrefaçon, il a défendu victorieusement ses droits d’auteur judiciairement. Mais ce procès l’a isolé dans une profession prisant peu les procédures judiciaires.

Y a-t-il un Français dans la salle ?
En 1982, sort « Y a-t-il un Français dans la salle » réalisé par Jean-Pierre Mocky avec Victor Lanoux, Jacques Dutronc, Marion Peterson, Jacqueline Maillan, Jean-François Stévenin, Dominique Lavanant, Michel Galabru et Andréa Ferréol. 

Une vision corrosive de politiciens.

Solo
En 1970, Jean-Pierre Mocky réalise « Solo » (Eine Stadt zittert vor Solo). « Vincent Cabral, violoniste et trafiquant de bijoux tente de retrouver son frère Virgil, chef d'un groupuscule d'extreme-gauche responsable de plusieurs attentats sanglants commis contre la haute bourgeoisie. "Solo" est le premier titre d'une série de films "noirs" qui traverse l'oeuvre de Mocky. »

« Trafiquant de diamants de haut vol, Vincent Cabral, qui dissimule ses activités derrière une profession de violoniste, revient de voyage à Paris, où dix-huit personnes viennent d'être massacrées lors d'une soirée mondaine par un commando de jeunes tueurs d'extrême gauche. Cabral comprend que son frère cadet, Virgile, dont il finance les études, est impliqué. Alors que la police est sur la piste du jeune homme, il tente de le retrouver avant elle et d'empêcher un nouveau carnage ».

« Le Mocky de la grande époque a sans doute réalisé certains des meilleurs films politiques français, maquillés en polars de série B. Chez lui, l’humour et la fantaisie n’excluent pas la mélancolie, la violence et même le tragique. Solo, analyse à chaud par le cinéaste des désillusions de Mai-68, est le premier d’une série de canevas immuables, confrontant un homme seul à la corruption, à la violence et à la connerie ordinaires. Une course-poursuite dans la nuit menée tambour battant, truffée d’action et d’idées de mise en scène, où l’on sent l’influence du film noir américain. Le réalisateur endosse avec panache la défroque d’un antihéros au cynisme de façade, nimbant son film, tout autant que le thème musical signé Georges Moustaki, d’un romantisme ténébreux ».

"La palette de Jean-Pierre Mocky, estampillé auteur comique, est beaucoup plus variée qu’on le pense. Chez lui l’humour et la fantaisie n’excluent pas la mélancolie, la violence et même le tragique. Ainsi, le Mocky de la grande époque a sans doute réalisé certains des meilleurs films politiques français, maquillés en polars de série B. Solo est le premier titre d’une série de films qui traverse l’œuvre de Mocky à partir des années 70. Le cinéaste s’y attribue souvent le rôle principal. Ces films répondent à un canevas immuable : un homme seul est confronté à la corruption, à la violence et à la connerie ordinaires. Il y perdra la vie. Ces thrillers pamphlétaires tranchent avec ses comédies excentriques et entendent dresser un état de lieux de la France et de ses institutions au moment du tournage. Réfractaire à toute forme d’esprit de sérieux ou de discours pontifiants, Mocky préfère alors puiser son inspiration dans les rubriques de faits-divers, les scandales locaux ou dans des romans américains de série noire, dont il adapte l’intrigue dans un contexte tricolore. Le point de départ de Solo est l’analyse à chaud des conséquences immédiates de mai 68 par le cinéaste. Les idéaux révolutionnaires de jeunes gauchistes se sont mués en nihilisme anti-bourgeois, qui les conduit au passage à l’acte terroriste. Le frère aîné d’un des membres du groupe, un escroc individualiste, va tenter de devancer la police et d’empêcher un nouveau carnage. Solo est une course-poursuite dans la nuit menée tambour battant, truffée d’action et d’idées de mise en scène, où l’on sent l’influence du film noir américain. Mocky endosse avec panache la défroque d’un antihéros au cynisme de façade. Son interprétation, ainsi que le thème musical signé Georges Moustaki, nimbent Solo d’un romantisme ténébreux", a écrit Olivier Père.

« Solo » par Jean-Pierre Mocky
France, 1970
Scénario : Jean-Pierre Mocky, Alain Moury
Production : Balzac Films, Cine Eclair, Showking Films, Société Nouvelle Cinévog
Producteur/-trice : Jean-Pierre Mocky
Image : Marcel Weiss
Montage : Marguerite Renoir
Musique : Georges Moustaki
Avec Jean-Pierre Mocky, Anne Deleuze, Sylvie Bréal, Denis Le Guillou, René-Jean Chauffard, Marcel Pérès
Sur Arte le 12 août 2019 à 22 h 30

« Y a-t-il un Français dans la salle ? »
1982
Scénario : Jean-Pierre Mocky, Frédéric Dard, d'après son roman
Dialogues : Frédéric Dard, Jean-Pierre Mocky
Avec Victor Lanoux, Jacques Dutronc, Marion Peterson, Jacqueline Maillan, Jean-François Stévenin, Dominique Lavanant, Michel Galabru et Andréa Ferréol
Sur France 5 le 12 août 2019 à 20 h 45

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Les citations sont d'Arte.

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