Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 28 juillet 2016

Louis Stettner, photographe


Né en 1922, le photographe américain Juif Louis Stettner est « probablement le plus francophile des photographes américains » et l’un des plus attentifs à l’être humain. Un artiste qui est aussi dessinateur, peintre et sculpteur, et dont la démarche est marquée par le voyage. Il a photographié, en noir et blanc ainsi qu’en couleurs, New York et Paris sur plus de 60 ans : séries sur la Seine, sur Manhattan Wall. Le Centre Pompidou a présenté l'exposition Louis Stettner. Ici ailleurs.


« New York incite l’esprit à s’élever à travers l’adversité. Paris y parvient à travers l’amour », a déclaré le photographe américain Louis Stettner, né à Brooklyn et amoureux de Paris où il a séjourné longuement, avant de s'y établir, avec sa famille, en 1990.

Louis Stettner « s’est toujours intéressé aux plus humbles. Son œuvre témoigne des grands bouleversements politiques, sociaux et culturels de la seconde moitié du XXe siècle. Elle immortalise ceux qui sont les premiers touchés par la crise ou par la guerre ; l’immigré, l’ouvrier, les exclus qui souffrent dans les rues de Paris et de New York. Dans une époque où l’individualisme et la liberté sont menacés, Stettner met en valeur tout ce qu’il y a d’indivisible et d’individuel en chacun. Preuve de son engagement, Louis Stettner était membre de Photo-League, association très politisée et activiste qui subissait les foudres du Maccarthysme ». 

Une « attention aiguë à l’humain »
Louis Stettner naît en 1922 à Brooklyn, quartier de New-York, dans une famille Juive originaire de l’ex-empire Austro-hongrois.

C’est un enfant curieux qui s’intéresse aux autres cultures, et découvre la photographie à l’âge de 13 ans. Il fréquente assidument le Metropolitan Museum of Art, et notamment ses collections photographiques. Son premier appareil est ancien et en bois. Louis Stettner demeure attaché à ce jour, malgré l’ère du numérique, à la pellicule et à la photographie argentique.

En 1940, Louis Stettner s’engage dans l’Armée américaine comme étudiant ingénieur militaire. Il couvre comme photographe la guerre du Pacifique : Nouvelle-Guinée, Philippines, Japon…

Après 1945, il quitte l’Armée, et poursuit son activité photographique. Il enseigne et adhère à la Photo League, « collectif de photographes engagés, témoignant des réalités sociales et urbaines », dont un fondateur, Sid Grossman, devient un ami.

Influencé par Atget, Stieglitz – un éminent galeriste (An American Place) -, Lewis Hine et Weegee, « encouragé par Paul Strand, Louis Stettner révèle un talent pour la street photography » (photographie de rue), et pratique divers genres : portraits, reportages dans le monde - Chili, Mexique -, natures mortes, paysages, etc.

En 1947, Louis Stettner découvre la France lors de son premier séjour dont la durée était de deux mois. Il y demeure cinq ans. Amoureux de Paris, il photographie ce « port d’attache ».

Il étudie à l’IDHEC, école de formation aux métiers de l’image (photographie, cinéma) et ancêtre de la FEMIS, dont il obtient le diplôme.

Il devient l’ami d’Izis, Willy Ronis, de Boubat, de Cartier-Bresson, de Doisneau et surtout de « son maître » Brassaï « pour lesquels il organise la première grande exposition collective de photographes français aux Etats-Unis. Tous en ont commun une même exigence : capter la vérité intérieure de l’être, le pourquoi de l’existence ».

Louis Stettner visite l’Italie (1947), l’Espagne et la Normandie (1948).

En 1949, la Bibliothèque nationale de France (BNF), expose pour la première fois Louis Stettner au Salon des Indépendants. Louis Stettner travaille pour Time, Fortune…

En 1950, il est primé par Life lors d’une compétition de jeunes photographes.

De retour aux Etats-Unis en 1952, Louis Stettner réalise ses plus célèbres séries de photographies.

Celle sur Penn Station (1958), qui donne à voir l’atmosphère mystérieuse et onirique d’une gare désormais disparue, concentre l’efficacité formelle et la sensibilité du photographe pour ses contemporains ». Cette série fait « écho à la série sur le métro newyorkais (Subway, 1946), à « ses portraits isolés d’usagers des transports, employés fatigués, femmes pensives, couples défaits et absents ».

Louis Stettner enseigne la photographie aux Brooklyn College, Queens College et Cooper Union (1969-1973), puis l’art au W. Post Center de Long Island University (1973-1979).

De 1971 à 1979, il tient la chronique mensuelle de critique photographique Speaking Out, plus tard titrée A Humanist View, pour Camera 35.

Il reçoit le Premier prix du concours mondial de la Pravda en 1975, puis en 1976, donne des conférences au Centre international de photographie (ICP) de New York.

A Paris, Louis Stettner se fixe définitivement. En 1990, il « a pris ses quartiers à Saint-Ouen. Il en arpente le marché aux puces en quête de nouvelles inspirations : natures mortes, photographies trouvées et retravaillées…

Dans les années 2000, il développe en parallèle une grande fresque photographique en couleurs sur New York, Manhattan Pastorale qui évoque en couleurs le chaos énergique » de la ville.

« Comme le disait Brassaï, Louis Stettner est indéniablement un photographe « citadin », qui trouve dans le tissu urbain une inspiration à la fois graphique et humaine, et renouvelée. New York et Paris sont deux pôles de son œuvre, révélant différents aspects de sa personnalité artistique ».

Sur les plus humbles, cet artiste a réalisé des « séries de portraits d’ouvriers ou de femmes dans les années 1970 et de sans-abris en 1986 ».

Dessinateur, peintre abstrait et sculpteur, Louis Stettner a réalisé des œuvres « iconiques » publiées dans de nombreux magazines : Life, Time, Paris-Match, Réalités...

Ses tirages ont été acquis par de grands musées du monde entier.

Sur cet « artiste incontournable de la seconde moitié du 20e siècle », la galerie David Guiraud présente « essentiellement les images prises en France » des années 1940 jusqu’à nos jours. « De Photo-League à la Street Photography et de la Photographie Humaniste aux œuvres récentes tendant vers une abstraction plus marquée, cette exposition est un voyage à travers l’histoire de la photographie, de la France et des Etats-Unis ».

Ce photographe lui a fait don à la BNF de 70 épreuves et 2 portfolios en 1975-1976. L’exposition en la Galerie des donateurs de la BNF en 2012-2013 enrichit ce fonds. Environ 80 images retracent « plus de soixante-dix ans d’un parcours photographique qui a mené ce grand artiste du métro de New York aux trottoirs parisiens via l’Espagne ou le Mexique, avec toujours cette attention si particulière portée à l’humain ».

En 2013, dans le cadre du mois de la photo, deux expositions ont rendu hommage au photographe américain Juif Louis Stettner, « probablement le plus francophile des photographes américains » et l’un des plus attentifs à l’être humain : Louis Stettner, Les chefs d’œuvres à la galerie David GuiraudLouis Stettner, une rétrospective à la BNF. Un artiste qui est aussi dessinateur, peintre et sculpteur, et dont la démarche est marquée par le voyage.

Le Centre Pompidou présente l'exposition Louis Stettner. Ici ailleurs.

"Une rue de Paris à l’aube, un rayon de lumière entre deux gratte-ciels à New York, des reflets sur l’asphalte mouillé. Il y a dans les images de Louis Stettner une qualité atmosphérique que l’on ne voit nulle part ailleurs dans l’histoire de la photographie de la seconde moitié du 20e siècle. Par-delà son attention aux épiphanies lumineuses, le photographe sait aussi capter, avec une incomparable acuité, ce qui fait l’allure d’un être : le rythme de la marche sur les trottoirs des villes, l’abandon d’un corps sur un banc public, le geste précis du travailleur, etc. Il y a dans les images de Louis Stettner une qualité atmosphérique que l'on ne voit nulle part ailleurs", a écrit Clément Chéroux, commissaire de l'exposition, in Code Couleur, n°25, mai-août 2016, pp. 38-39.

Et d'ajouter ; "Né à Brooklyn en 1922, Louis Stettner est l’un des derniers grands photographes américains de cette génération qui soit encore actif aujourd’hui. Il commence la photographie à la fin des années 1930. Photographe pour l’armée américaine dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, il arrive à Paris en 1946, pour quelques semaines. Il y restera une bonne partie de sa vie. Il capte l’atmosphère de la capitale, mélange de pittoresque et de suranné qui n’a pas encore été ravagé par la modernisation des Trente Glorieuses. De retour à New York en 1952, il enregistre avec virtuosité les ambiances de la ville, les jeux de géométrie ou de lumière".


 Stettner "fait d’incessants allers-retours entre la France et les États-Unis jusqu’en 1990 et son installation définitive à Paris, où il vit toujours. Son œuvre est marquée par cette ambivalence géographique. Très proche de Strand ou de Weegee comme de Boubat et de Brassaï, Stettner est à lui seul un pont entre ces deux continents de la photographie".

"Après l’acquisition en 2013 d’une trentaine d’épreuves, Louis Stettner a souhaité faire don au Centre Pompidou d’un ensemble important d’une centaine de tirages d’époque. Grâce au généreux mécénat de Hervé et Etty Jauffret, ce don s’accompagne d’une nouvelle acquisition de sept tirages d’époque et de l’extraordinaire maquette de Pepe & Tony (1956), un projet de livre jamais réalisé. Cet ensemble d’acquisition/donation permet de faire de la collection du Musée national d’art moderne, le lieu de référence pour l’œuvre photographique de Louis Stettner".

L’exposition vise à "déployer stylistiquement et chronologiquement tout l’œuvre de Louis Stettner. Couvrant près de huit décennies de création, elle dévoile la toute première série du photographe, réalisée dans le Paris de l’après-guerre à l’aide d’une chambre grand-format, à la manière d’Atget, mais aussi le New York en transit des décennies suivantes, sa longue enquête sur les gestes du travail, ou sa toute dernière série réalisée récemment dans le sud de la France, au cœur du massif des Alpilles".

Du 15 juin au 12 septembre 2016
Au Centre Pompidou
Galerie de photographies
75191 Paris cedex 04
Tél. : 00 33 (0)1 44 78 12 33
Du mercredi au lundi de 11 h à 21 h 

Jusqu’au 19 janvier 2013
5, rue du Perche. 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 71 78 62
Jusqu’au 27 janvier 2013
A la BNF
Site François-Mitterrand
Quai François-Mauriac. 75706 Paris Cedex 13
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h. Dimanche de 13 h à 19 h. Ouverture exceptionnelle jusque 20 h les samedis et dimanches 19, 20, 26 et 27 janvier 2013.

Visuels :
Portrait de Louis Stettner
© Janet Iffland-Stettner 

Louis Stettner
Sailor, Times Square, NYC, 1951 
© Courtesy : Louis Stettner / Galerie David Guiraud
Louis Stettner
Paris, avenue de Châtillon, 1952
© Louis Stettner BnF, Estampes et photographie

Louis Stettner
Girl playing in circles, Penn Station, NYC, 1958
© Courtesy : Louis Stettner / Galerie David Guiraud
Louis Stettner
Manhattan from the Brooklyn Promenade, 1954
© Courtesy : Louis Stettner / Galerie David Guiraud
Louis Stettner
Man sleeping, Manhatan Pastorale, 2011, New York
© Louis Stettner BnF, Estampes et photographie

Louis Stettner
Twin Towers, 1977
© Courtesy : Louis Stettner / Galerie David Guiraud
Louis Stettner 
Ile Saint Louis, Paris, vers 1951
© Louis Stettner BnF, Estampes et photographie

Affiche
Louis Stettner: Tony, série Pepe et Tony, Pêcheurs espagnols, Ibiza, 1956

LOUIS STETTNER
N°15, de la série « Les Alpilles », France, 2014
Collection Centre Pompidou,musée national d’art moderne,
Paris
Don de l’artiste en 2015
© Centre Pompidou/Dist. RMN-GP

© Louis Stettner

LOUIS STETTNER
Brooklyn Promenade, New York, États-Unis
1954
Collection Centre Pompidou, musée national d’art moderne, Paris
Don de Hervé et Etty Jauffret en 2015
© Centre Pompidou/Dist. RMN-GP
© Louis Stettner

LOUIS STETTNER
Lac, État de New York, États-Unis
1952
Collection Centre Pompidou, musée national d’art moderne, Paris
Don de l’artiste en 2015
© Centre Pompidou/Dist. RMN-GP
© Louis Stettner
  
LOUIS STETTNER
Joueurs de cartes
De la série « Penn Station », New York, États-Unis, 1958
Collection Centre Pompidou, musée national d’art moderne, Paris
Don de l’artiste en 2015
© Centre Pompidou/Dist. RMN-GP
© Louis Stettner

LOUIS STETTNER
Manifestation politique, New York, États-Unis
1975-1977
Collection Centre Pompidou, musée national
d’art moderne, Paris. Don de l’artiste en 2015
© Centre Pompidou/Dist. RMN-GP

© Louis Stettner

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations proviennent des dossiers de presse. Cet article a été publié le 10 janvier 2013, puis le 28 juillet 2016.

dimanche 24 juillet 2016

« Borat » de Larry Charles


Arte diffusera le 24 juillet 2016 à 20 h 50  « Borat : Leçons culturelles sur l'Amérique au profit de la glorieuse nation du Kazakhstan » (Borat: Cultural learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazahkstan), film parodique de Larry Charles (2006). Une « parodie hilarante de documentaire » brodant sur l’enquête d’un journaliste kazakh très loufoque aux États-Unis.


Vivant à Kuçzek, le « journaliste kazakh et moustachu Borat Sagdiyev est envoyé » par le ministère de l’information Kazakh aux États-Unis pour filmer un reportage sur l’American way of life (mode de vie américain) afin d’améliorer la vie de ses concitoyens. « Au fil de ses pérégrinations » - New York, Washington, Caroline du sud, Los Angeles - avec son producteur Azamat Bagatov persuadé que les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont été fomentés par les Juifs et son poulet, il « tente de nouer contact avec la population, tout en satisfaisant ses besoins naturels en pleine rue et en voulant acheter les jeunes filles qui lui plaisent... »

« Subversion par le rire »
C’est le deuxième film avec le personnage créé par Sacha Baron Cohen dans son émission télévisuelle Da Ali G Show. Un regard corrosif sur des stéréotypes.

« Mêlant caméras cachées et canulars, cet ovni, qui a fait connaître son héros, Sacha Baron Cohen, à un large public, a accumulé les entrées, les critiques positives, mais aussi les procès ». 

Il a suscité un incident diplomatique : lors de sa visite aux Etats-Unis, Noursoultan Nazarbayev, président du Kazakhstan, a évoqué le « problème Borat ». Mais il a ensuite admis que le film avait largement contribué à la célébrité du cette contrée d’Eurasie.

« Censuré par l'immense majorité des pays arabes », sauf le Liban, « interdit de distribution dans les cinémas russes, ce faux documentaire burlesque  a été accusé d'à peu près tous les griefs imaginables : racisme, antisémitisme » - Sacha Baron Cohen et Larry Charles sont juifs -, « islamophobie, sexisme, homophobie... »

L’ADL (Anti-Defamation League) a épinglé l’antisémitisme du personnage de Borat en soulignant que tous les spectateurs ne saisiraient pas le deuxième degré… Dès 2004, l’ADL avait été saisie par des plaintes de téléspectateurs outrés par la chanson « Throw the Jew down the well, so my country can be free!  Grab them by the horns, and we have big party! » interprétée par Borat dans l’épisode Peace du Da Ali G Show en août 2004. Sacha Baron Cohen est un Juif observant, dont la mère est née en Israël et la grand-mère vit à Haïfa. Lycéen, il était membre du mouvement Habonim Dror. Il a aussi vécu dans un kibboutz du nord d’Israël. Il a déclaré vouloir démasquer l’antisémitisme et l’apathie à son égard. 

Produite par le comédien britannique Sacha Baron Cohen, cette « parodie  hilarante de documentaire a outré les plus hautes autorités du Kazakhstan ». 

« Mais derrière son ton satirique et sa détonante cruauté, le très politiquement incorrect Borat vise en réalité l'Amérique pour en dénoncer l'obscurantisme et l'arrogance. Ainsi cette séquence en Virginie, dans laquelle un organisateur de rodéo conseille au reporter de se raser la moustache pour « ne pas ressembler à un musulman ». 

La langue parlée par Borat ? L’hébreu émaillé de phrases mêlant des idiomes slaves dont le tchèque, et non le kazakh. Quant à Ken Davitian, qui incarne Azamat Bagatov, il s’exprime en arménien.

« Déluge d'énergie et de cocasseries », laissant une large place à l’improvisation, à l’inattendu, le film américain « s'emploie à pratiquer la subversion à coups d'éclats de rire aussi féroces qu'efficaces ». 

Il a reçu un accueil enthousiaste du public. Sacha Baron Cohen a reçu le Golden Globe 2007 du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie.

En mars 2012, lors de la cérémonie de médailles d’un tournoi de tir sportif au Koweït, les organisateurs ont par erreur diffusé l’hymne tiré du film Borat, au lieu de l’hymne national du Kazakhstan. 


« Borat » de Larry Charles
Everyman Pictures, Four by Two, Dune Entertainment, Major Studio Partners, One America, Sacha Baron Cohen, Jay Roach, 2006, 80 min
Auteurs : Todd Phillips, Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Peter Baynham
Image : Anthony Hardwick, Luke Geissbuhler
Montage : James Thomas, Craig Alpert, Peter Teschner
Musique : Erran Baron Cohen
Scénario : Peter Baynham, Anthony Hines, Sacha Baron Cohen, Dan Mazer
Avec Sacha Baron Cohen, Ken Davitian, Pamela Anderson, Luenell Campbell, Bob Barr, David Corcoran
Sur Arte le 24 juillet à 20 h 50 
Visuels : © 2006 Twentieth Century Fox Film Corporation

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sont extraites du site d'Arte.

jeudi 21 juillet 2016

« Willy Brandt. Une vie en politique » par André Schäfer


Arte diffusera le 23 juillet 2016 « Willy Brandt. Une vie en politique » (Willy Brandt. Erinnerungen An Ein Politikerleben) documentaire par André Schäfer. « Grâce à des archives rares et aux témoignages de ceux qui l'ont côtoyé, le portrait plein de vie » d'un politicien, résistant au nazisme, qui a marqué l'histoire de l'Allemagne et de l'Europe : Willy Brandt (1913-1992), chancelier fédéral social-démocrate de la République fédérale allemande (RFA) de 1969 à 1974, qui lors d’un voyage officiel en Pologne, alors chancelier, s’agenouille le 7 décembre 1970 « devant le monument honorant les Juifs morts pendant le soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943 », et Prix Nobel de la paix en 1971 « pour avoir contribué au rapprochement avec le bloc de l'Est » (Ostpolitik). Sous le mandat de Willy Brandt, onze athlètes israéliens ont été pris en otages lors des Jeux olympiques à Munich en 1972 par un commando lourdement armé de terroristes arabes palestiniens de Septembre Noir. Ils ont été tués lors d'une opération de la police allemande pour mettre un terme à cet attentat terroriste.

« Brandt à genoux à Varsovie - Sven Simon » 
« Willy Brandt. Une vie en politique » par André Schäfer


Willy Brandt « a grandi dans un milieu modeste de la ville hanséatique de Lübeck, et dans sa jeunesse est devenu actif au sein de la gauche politique allemande.

Il s’est engagé dans le travail illégal contre les Nazis, et a du s’exiler en Norvège en 1933. 

Là, il a rejoint le Parti travailliste, et a soutenu la campagne pour le Prix de la paix à Ossietzky. 

Quand Hitler a envahi la Norvège en 1940, il a fui en Suède où, comme journaliste, il a milité pour une Norvège libre et une Allemagne démocratique et couvert la Guerre d’Espagne. 

Après la guerre, Brandt s’est engagé dans la reconstruction du Parti social démocrate (SPD) d’Allemagne de l’Ouest. 

Il est devenu Maire de Berlin Ouest, président de parti, et Chancelier. Comme Chancelier fédéral, Brandt a obtenu la signature par l’Allemagne de l’Ouest » du TNP  (Traité de non prolifération nucléaire) le 28 novembre 1969. 

Il a aussi conclu un accord de non violence avec l’Union soviétique et un accord avec la Pologne qui a entraîné l’acceptation par l’Allemagne des nouvelles frontières nationales en Europe orientale effectives depuis 1945. 

Ces traités ont servi de bases à l’accord quadripartite sur Berlin qui a facilité les visites de familles dans les deux parties de la ville divisée  » en 1971.

"Possible que l'histoire retienne plus son rôle sur la scène internationale qu'en Allemagne. Pourtant, Willy Brandt (1913-1992), antinazi de la première heure, a contribué à donner un autre style à la vie politique allemande et à lancer des débats de société. Maire de Berlin de 1957 à 1966, il assiste impuissant à la construction du mur en 1961, mais aura la joie de le voir tomber vingt-huit ans plus tard. On oublie trop souvent que le mérite lui en revient en partie : c'est lui qui, de 1961 à 1963, développe avec Egon Bahr, alors son bras droit de l'Office de presse et d'information à Berlin, l'idée d'une « politique des petits pas » et celle d'un « changement grâce au rapprochement ». Ces principes se concrétiseront avec l'Ostpolitik qu'il pourra enfin mettre en oeuvre une fois élu chancelier en 1969, lui qui, auparavant, avait été ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de coalition dirigé par le chrétien-démocrate Kurt-Georg Kiesinger, un ancien proche de Goebbels. Willy Brandt sera à l'initiative de trois traités essentiels avec la Pologne, l'URSS et la RDA. Homme charismatique, il sait choisir les formules qui marquent, comme : « Oser plus de démocratie ». Il a aussi su rajeunir et dynamiser l'image du Parti social-démocrate (SPD), puis, après sa démission en 1974, insuffler une nouvelle énergie à l'Internationale socialiste".


Geste à Varsovie
En 1939, plus de trois millions de Juifs (9,5% de la population) vivent en Pologne sur environ 9,5 millions de Juifs en Europe. Les Nazis persécutent les Juifs, les spolient, les contraignent à survivre dans des ghettos, les tuent dans des camps d’extermination, etc. A Varsovie vivent 1 300 000 habitants, dont 380 000 Juifs, soit près d’un tiers de la population. En 1940, les Nazis y créent un ghetto. Ils vont l’enserrer par un mur de plus de trois mètres de haut, hérissé de fils de fer barbelés et étroitement surveillé. Ce ghetto surpeuplé est administré par un « conseil juif » (Judenrat) dirigé par l'ingénieur Adam Czerniakow. Environ 500 000 Juifs sont passés par ce ghetto de quatre kilomètres carrés. Des centaines de milliers de Juifs  de tous âges, enfants et adultes, y survivent entassés, dans la promiscuité, la misère et le manque d’hygiène, victimes de maladies (typhus), affamés. Certains tentent de se procurer des vivres par la contrebande ou le marché noir, avec le risque d'être arrétés et fusillés. Beaucoup y meurent de faim et d’épidémies. Le 19 avril 1943, des organisations juives déclenchent le soulèvement dans le ghetto. Pendant près d’un mois, jusqu’au 16 mai 1943, des Juifs courageux défient les Nazis qui écraseront cette insurrection. Lors de la Shoah, plus de 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants sont tués au complexe concentrationnaire d’Auschwitz, dont 90% étaient juives. En 1950, on évalue à 45 000 le nombre de Juifs ayant survécu en Pologne à la Shoah.

En 1945, l’Allemagne nazie a capitulé. « Ses frontières reculent en deça de celles de 1939 jusqu’à la fameuse ligne Oder-Neisse, la ligne constituée par le cours de l’Oder et de son affluent la Neisse.

Des millions d’Allemands (Volksdeutsche) « vivent dans ces territoires perdus.

Après les accords de Potsdam signés le 2 août 1945 par Joseph Staline, Clement Attlee et Harry S. Truman, environ sept millions d’Allemands de Pologne, essentiellement en Poméranie et en Prusse, sont expulsés vers l’Allemagne et l’Autriche. Les raisons ? Créer des nations homogènes, éviter que l’Allemagne revendique à l’avenir des territoires situés au sein de ses Etats voisins à l’est, punir les Allemands pour leur bellicisme et leur soutien au nazisme, éviter des problèmes futurs constitués par une « cinquième colonne », semer les germes de dissensions entre Etats de sa sphère d’influence et leurs voisins.

Lors de ces transferts massifs de 12 à 16 millions d’Heimatvertriebene (réfugiés) de Pologne et de Tchécoslovaquie jusqu’au début des années 1950, près de 500 000 civils décèdent des suites de mauvais traitements, de maladies, de faim, d’épuisement, de privations, etc.

Au terme de ces marches forcées vers l’Ouest, seuls 12 % des Allemands d'avant-guerre sont demeurés dans ces territoires. « Les survivants se battront inlassablement pour récupérer leurs terres, leurs domaines, désormais polonais ».

La RFA a refusé de reconnaître la léglité de sa frontière orientale la séparant de la Pologne.

Or, en décembre 1970, Willy Brandt, alors chancelier (1966-1974) social-démocrate (SPD) de la République fédérale allemande (RFA) effectue un voyage officiel en République populaire de Pologne. C’est le premier séjour depuis 1945 d’un Premier ministre allemand. La RFA demande au gouvernement polonais, plutôt froid, d’insérer dans ce séjour le dépôt d’une gerbe par le chancelier devant le Mémorial à la mémoire des victimes du ghetto de Varsovie.

Le 7 décembre 1970, en signant le traité de Varsovie, Willy Brandt reconnaît cette frontière orientale – la ligne Oder-Neisse.

Puis, Willy Brandt dépose « une gerbe devant le monument honorant les Juifs  morts pendant le soulèvement du ghetto  de Varsovie  en 1943 ».

Après la signature du traité, le chancelier Willy Brandt « se rend au monument du ghetto de Varsovie pour y déposer une gerbe ». Il « avance lentement vers le monument, son visage est impassible. Il se penche sur la gerbe, en arrange les deux rubans aux couleurs de l’Allemagne. Il recule d’un pas, demeure un instant dans la pose de l’homme d’État recueilli, tel que le protocole le prévoit. Puis, soudainement, il tombe à genoux. Son visage est grave » (Jeanette Konrad).

Ancien bourgmestre gouverneur de Berlin (1957-1966), Willy Brandt « a alors ce geste inattendu et spontané de s'agenouiller » (Kniefall von Warschau, Génuflexion de Varsovie) et de demander pardon aux Polonais, et au monde entier, pour les crimes commis » par les Allemands nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, et « plus particulièrement pour ceux commis contre les Juifs ».

Cet agenouillement et cette demande de pardon sont d’autant plus remarquables qu’ils émanent de Willy Brandt, ancien opposant au régime nazi et ancien président du Bundesrat (1957-1958), donc un homme non responsable de ces atrocités commises par le régime nazi. Ce double geste, le chancelier allemand l’effectue au nom de l’Allemagne, alors divisée en une RFA et une RDA (République démocratique allemande) sous orbite soviétique.

Pendant environ une demi-minute, Willy Brandt « demeure dans ce geste de recueillement presque religieux. Puis il se relève et se détourne rapidement ».

« Il s'agenouille, lui, qui n'en a pas besoin pour tous ceux qui devraient le faire mais ne le font pas parce qu'ils n'osent pas ou ne le peuvent pas ». Le « reporter du magazine « Der Spiegel » qui assiste à la scène résume la surprise mais aussi le symbole de ce geste spontané, celui d'un opposant au nazisme qui avait trouvé refuge en Norvège, que certains de ses opposants politiques avaient qualifié de « renégat » comme d'aucuns avaient hué Marlene Dietrich à son retour à Berlin au début des années 60  » (Pascal Thibaut).

Un geste spontané ou mûrement réfléchi ? Willy Brandt déclarera « plus tard qu’il avait su, sur le chemin vers le monument, que « cette fois, ça ne serait pas comme lors d’un dépôt ordinaire de gerbe, juste en inclinant la tête ». Il dira aussi : « J’ai fait ce que font les hommes quand les mots font défaut ». Un geste non exécuté par son prédécesseur, Kurt-Georg Kiesinger (1904-1988), giflé par Beate Klarsfeld, le 7 novembre 1968, qui a alors crié « Kiesinger, Nazi ! Démissionne ! »

« Parmi les photographes officiels, Sven Simon immortalise ce moment de recueillement bouleversant qui fit le tour du monde ».

Si la reconnaissance de cette frontière a été longtemps espérée par les Polonais, l’agenouillement de Willy Brandt a suscité la controverse en RFA. Selon un sondage publié par Der Spiegel, 48% des Allemands interrogés ont considéré que cet agenouillement était exagéré,41% convenable et 11% n’avaient aucune opinion. Dans la Pologne communiste, la modeste mise de genoux allemands à terre rompt avec l’image du « mauvais Allemand », hautain, dédaigneux, cruel.

Cette « image qui fera le tour du monde deviendra le symbole de la réconciliation entre l’Allemagne et la Pologne ».

Lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix, le 11 décembre 1971, Willy Brandt a longuement développé sa vision de la diplomatie allemande, mais sans évoquer son agenouillement devant ce Mémorial.

Le Traité de Varsovie, notamment le tracé des frontières extérieures, est confirmé et complété à Moscou par le traité dit « 2 + 4 » signé le 12 septembre 1990 par la RFA, la RDA, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS).

En 1971, Willy Brandt est distingué  le Prix Nobel de la paix « pour avoir contribué au rapprochement avec le bloc de l'Est » (Ostpolitik).

Tragédie aux Jeux olympiques 1972
Lors des Jeux olympiques de Munich (ancienne République fédérale allemande, actuelle Allemagne), onze athlètes israéliens sont pris en otages par les terroristes du mouvement Arabe palestinien Septembre Noir. Des forces de l’ordre allemandes tentent une vaine opération pour mettre un terme à la prise d’otages. Alors que des athlètes israéliens étaient parvenus à rompre des liens autour de leurs poignets, tous les athlètes israéliens sont tués lors de l'intervention allemande. Lors de l'opération allemande, cinq des huit terroristes sont tués, et trois interpellés.


Le bilan est lourd : onze athlètes Juifs de l'équipe olympique israélienne - David Mark Berger (28 ans, haltérophile), Zeev Friedman (28 ans, haltérophile), Yosef Gottfreund (40 ans, arbitre de lutte), Eliezaar Halfen (24 ans, lutteur), Yosef Romano (32 ans, haltérophile), Amitzur Shapira (40 ans, entraîneur de l'équipe d'athlétisme), Mark Slavin (18 ans, lutteur), Andre Spitzer (27 ans, arbitre d'escrime), Yakov Springer (50 ans, entraîneur de l'équipe d'haltérophilie), Kehat Schor (53 ans, entraîneur de l'équipe de tir), Moshe Weinberg (32 ans, entraîneur de l'équipe de lutte) - et un policier ouest-allemand décédés.

Un attentat terroriste révélant la détermination et le courage des athlètes et politiciens Juifs israéliens, ainsi que la lâcheté et l’incompétence de dirigeants politiques et sportifs européens, la cruauté lâche des terroristes  Arabes palestiniens antisémites, et l’alliance remontant au grand mufti de Jérusalem al-Husseini entre ces derniers et les (néo-)nazis allemands.

Le 17 juin 2012, le journal allemand Der Spiegel révèle, en se fondant sur le rapport du Service fédéral de renseignement, que deux néo-nazis, Willi Pohl et Wolfgang Abramowski, ont aidé les terroristes de Septembre Noir, dont Abou Daoud (sous le nom de Saad Walli), chef du commando, dans la logistique de cette prise d’otages des athlètes israéliens. L’un des deux néo-nazis était chargé par l’OLP de commettre des attentats et de prendre des otages en particulier à la cathédrale de Cologne, ceci pour venger des Arabes palestiniens tués par des policiers allemands. Willi Pohl, « aujourd'hui repenti de son passé nazi et devenu auteur pour la série télévisée à succès Tatort », a assisté à la rencontre entre Abou Daoud et des « Arabes portant costume et cravate », des diplomates syriens selon lui. Pohl et son complice « ont été arrêtés à Munich en octobre 1972 en possession d'armes automatiques, de grenades et d'une lettre de menace signée « Septembre noir » adressée à un juge chargé de l'instruction d'une enquête sur les membres du commando qui avaient survécu. Le commando s'était servi des mêmes grenades, de fabrication belge avec un explosif d'origine suédoise, pour tuer les otages israéliens ». En 1974, Pohl a été condamné à deux ans d’emprisonnement pour possession illégale d’armes.

Le 23 juillet 2012, ce journal allemand révélait que des alertes sur la tragédie à venir lors de ces J.O. avait été alors exprimées.

Le 26 août 2012, le Spiegel révélait que, craignant d'autres attentats, la RFA a collaboré officieusement, comme l'Italie, avec l’OLP peu après cet assassinat. Plusieurs mois après cet attentat, Walter Scheel, ministre allemand des Affaires étrangères, a rencontré secrètement plusieurs terroristes de Septembre Noir pour "reconstruire la confiance". Ces terroristes ont réclamé le soutien allemand à l'OLP en échange de l'arrêt des attentats terroristes palestiniens. Et l'ont obtenu. La RDA a mis un terme à son enquête.

Le 29 août 2012, des archives israéliennes déclassifiées révèlent combien les Israéliens déploraient cette tentative de sauvetage « mal organisée et ratée. [Les Allemands ont] tout fait pour en finir avec cette histoire, à n'importe quel prix afin de ne pas perturber les Jeux Olympiques… Ils n’ont même pas fait un effort minimal pour sauver des vies, ils n’ont pas pris le moindre risque pour sauver les gens, ni les leurs ni les nôtres » selon Zvi Zamir, alors chef du Mossad. Selon le Premier ministre Golda Méïr, l’Etat d’Israël n’avait pas reçu d’alerte concernant une menace visant l’équipe nationale aux J.O. de Munich. Golda Méïr avait exhorté à ne pas rendre responsable de cette tragédie les services de renseignements israéliens.

Le 5 septembre 2012, lors d'une cérémonie à la mémoire des victimes israéliennes à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruck, Ankie Spitzer, veuve d'Andrei Spitzer, entraineur de l'équipe israélienne d'escrime, a déploré la « tentative de sauvetage désastreuse » des forces de sécurité allemandes. Elle a fustigé « l'incompétence, la stupidité et l'arrogance » des autorités allemandes en 1972, et l'interdiction pour les familles des victimes d'accès aux documents officiels sur cette tragédie. Elle a réclamé « une nouvelle enquête » sur cet échec. Lors d'une conférence de presse, elle a insisté pour que les autorités allemandes « ouvrent tout », car c'était son droit de savoir ce qui s'était passé. Président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, DieterGraumann a dénoncé le « dilettantisme désastreux et inimaginable des forces de sécurité allemandes », et la « négligence » et la « légèreté » des dirigeants sportifs. « Aucun être humain ne peut comprendre » que les Jeux n'aient pas été interrompus immédiatement, a-t-il constaté. « Avons-nous été trop naïfs ? Avons-nous sous-estimé la menace terroriste ? Ces questions demeurent », a reconnu le ministre allemand de l'Intérieur, Hans-Pieter Friedrich. Silvan Shalom, vice-Premier ministre israélien, a qualifié le 5 septembre 1972 d'un «  des jours les plus tragiques du jeune Etat d'Israël ». Il a considéré «  tout à fait légitimes » les demandes des proches des victimes et estimé qu'il était « peut-être temps » que l'Allemagne déclassifie les documents concernant cette tragédie.

"Avec entre autres son fils, l'historien Peter Brandt, et Egon Bahr, fidèle d'entre les fidèles, ce portrait réalisé par André Schäfer "retrace les grandes étapes d'une carrière politique exceptionnelle".

REPÈRES

1939. 23 août. Signature du Pacte germano-soviétique. A ce pacte de non-agression entre le IIIe Reiche et l’Union soviétique est ajouté un protocole secret concernant le partage de la Pologne par les cocontractants et l'annexion des pays baltes et de la Bessarabie par l'URSS.
29 août. Ultimatum de l'Allemagne nazie à la Pologne : l'Allemagne nazie réclame la restitution du couloir de Dantzig.
30 août. Mobilisation générale décrétée en Pologne.
31 août. A l’initiative de Reinhard Heydrich, chef de service de sécurité nazi, un commando allemand fomente un prétendu « incident » en attaquant la station radio frontalière de Gleiwitz, en territoire allemand. Et ce, afin d’agresser la Pologne.
Hitler signe la directive no 1 du plan Blanc (Fall Weiss) d'invasion de la Pologne prévue pour le 1er septembre.
5 septembre. Les frontières de la Pologne sont franchies.
17 septembre. L’Armée rouge envahit la partie orientale de la Pologne.
Pour éviter d’être capturés par l’envahisseur nazi, le Président et le gouvernement polonais fuient en Roumanie. Là, sous la pression allemande, les autorités roumaines les internet.
28 septembre. Signature à Moscou d'un traité germano-soviétique de « délimitation et d'amitié » entre Ribbentrop et Molotov, les ministres des Affaires étrangères respectivement du IIIe Reich et de l’Union soviétique.
27 septembre. Varsovie capitule.
28 septembre. Reddition des troupes polonaises encerclées à Modlin.
29 septembre. au terme du Blitzkrieg, l’Allemagne nazie et l’Union soviétique se partagent la Pologne suivant la ligne de démarcation qu’ils avaient fixée.
30 septembre. Élu en 1926, Ignacy Mościcki, Président de la République, transmet sa charge à Władysław Raczkiewicz. Celui-ci nomme le général Władysław Sikorski Premier ministre.
1er octobre. Le gouvernement de celui-ci prête serment.
22 novembre 1939-12 juin 1940. Il séjourne en France où les soldats polonaires combattent.
1940. Juin. Le gouvernement polonais s’installe à Londres (Angleterre).

« Willy Brandt. Une vie en politique » par André Schäfer
WDR, 2013, 89 min
Sur Arte le 23 juillet 2016 à 1 h 15

Visuels : © Florianfilm GmbH, © dpa et © WDR/Interfoto

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Cet article reprend des extraits d'autres articles publié sur ce blog, et des citations d'Arte.