Citations

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« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 18 juin 2024

Le Liban

Etat créé en 1920, longtemps prospère, le Liban, devenu Jüdenrein, a implosé en raison de son système politique - constitution pluriconfessionnelle, corruption généralisée, classe politique quasi-immuable -, de l'action du mouvement terroriste islamiste Hezbollah soutenu par le régime iranien des mollahs et visant la destruction de l'Etat d'Israël, des dégâts induits par l'action de mouvements terroristes palestiniens, de l'afflux de réfugiés syriens, d'une société tribale aux alliances volatiles, etc. Depuis le 8octobre 2023, le Hezbollah a intensifié ses tirs en direction du nord d'Israël, ouvrant un énième front contre l'Etat Juif. Arte diffusera le 18 juin 2024 à 20 h 55 "Casse du siècle au Liban", documentaire de Miyuki Droz Aramaki, Sylvain Lepetit et Sébastien Séga.

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Le keffieh, c'est tendance !
  
Après la Première Guerre mondiale, alors qu'était démembré l'Empire ottoman, le Liban a été créé en 1920.

Cet Etat, francophone, a été longtemps prospère. Un espace géographique majoritairement chrétien, francophone. Une "Suisse du Proche-Orient".

"Après la guerre civile" - l'expression est trompeuse car des Palestiniens, accueillis après la guerre d'Indépendance d'Israël ou venant du QG d'Arafat à Tunis, ont participé à ce conflit - "à la différence des milices armées, seul le Hezbollah, soutenu par l'Iran chiite, n'a pas désarmé. 
En 2019, le Hezbollah disposait de 40 000 soldats, dont 15 000 réservistes, et d'un arsenal militaire de 150 000 missiles et roquettes. Une armée entraînée en vue d'un nouveau conflit avec l'Etat d'Israël. L'Iran des mollahs, son principal soutien financier, qui lui versait un milliard de dollars par an, lui allouait en 2020, en raison des sanctions internationales, 600 000 dollars. Mais la levée des sanctions qui avaient été renforcées par Donald Trump, alors Président conservateur des Etats-Unis, a permis à l'Iran d'augmenter les fonds vers ses supplétifs, mandataires ou proxy en anglais, et de leur fournir un matériel sophistiqué.

L'économie libanaise s'est effondrée en raison de son système politique - constitution pluriconfessionnelle, corruption généralisée, classe politique quasi-immuable -, de l'action du mouvement terroriste Hezbollah soutenu par le régime iranien des mollahs et visant la destruction de l'Etat d'Israël, des dégâts induits par la présence de mouvements terroristes palestiniens, de l'afflux de réfugiés syriens, d'une société tribale aux alliances volatiles, etc. Les comptes bancaires ont été bloqués. De nombreux actes commerciaux sont effectués en dollars américains, tant le cours de la devise du pays du Cèdre, la livre libanise, a chuté.

Le 4 août 2020, une explosion est survenue dans le port de Beyrouth. L'explosion a causé des dégâts dans un rayon de 20 kms. Le bilan est lourd : 217 personnes tuées, 6 500 blessées, 300 000 déplacées. La cause ? Un "incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d’ammonium, malgré des avertissements répétés aux responsables". Les familles des victimes ont réclamé une enquête indépendante. L'enquête diligentée a souligné les carences des décideurs dûment informés des dangers potentiels de ce stockage et désigné des responsables parmi les politiciens. Ceux-ci ont alors mis en cause un des principaux juges chargés de cette instruction qui s'est arrêtée.

C'est un pays Jüdenrein. Les Juifs libanais ont fui le pays du Cèdre en quelques décennies alors que leur implantation était bimillénaire. Seul, l'Etat d'Israël permet la coexistence multiconfessionnelle.

Israël et le Liban, qui sont séparés depuis 1948 par une ligne de cessez-le-feu, ont négocié leur frontière maritime afin d'exploiter des champs gaziers dans la partie orientale de la Méditerranée. "Fin 2022, à l’issue de deux années de négociations", Amos Hochstein, émissaire du Président démocrate américain Joe Biden, a obtenu "un accord sur la frontière maritime entre Israël et le Liban qui a permis aux deux pays d’extraire et commercialiser du gaz naturel ainsi que d’autres ressources locales. Hochstein travaille depuis lors à la démarcation de la frontière terrestre entre les deux pays, avec potentiellement plusieurs phases, à commencer par le retour des habitants du sud-Liban et du nord d’Israël à la faveur d’un cessez-le-feu initial."

Depuis l'agression djihadiste par des mouvements terroristes islamistes, dont le Hamas et le Djihad islamique, ainsi que des civils gazaouis, le 7 octobre 2024, le Hezbollah s'est joint aux attaques contre l'Etat Juif par des tirs de roquettes, à partir du sud du Liban vers le nord d'Israël. L'Etat d'Israël a évacué les habitants de la zone septentrionale, et a du lutter contre des incendies de forêts et champs - plus d'un millier d'hectares détruites - causés par les armes du Hezbollah qui revendique plus de deux mille tirs depuis le 8 octobre 2024. L'Etat d'Israël a réagi par des éliminations ciblées de dirigeants du Hezbollah. C'est un énième front pour l'Etat Juif. Un sondage publié vers le 19 juin 2024 a révélé qu'un tiers des habitants du nord d'Israël avait décidé de ne plus revenir vivre dans cette zone en raison des dangers encourus, car ils craignent une invasion de djihadistes comme le 7 octobre 2023.

Le 13 juin 2024, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé lors du Sommet du G7 que "la France, les Etats-Unis et Israël allaient travailler en format « trilatéral » sur la feuille de route française pour contenir les tensions à la frontière israélo-libanaise. Le 14 juin 2024, le ministre de la Défense israélien l’a rapidement remis à sa place : « Alors que nous menons une guerre juste, défendant notre peuple, la France a adopté des politiques hostiles envers Israël. Ce faisant, la France ignore les atrocités commises par le Hamas contre les enfants, les femmes et les hommes israéliens. Israël ne sera pas partie prenante au cadre trilatéral proposé par la France. Nous ne serons pas partenaires du comité pour réguler la situation sécuritaire à la frontière nord si la France y participe ».

Le 17 juin 2024, Amos Hochstein a rencontré "les autorités israéliennes en charge de la guerre, dans le but d’éviter une nouvelle escalade des tensions entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah soutenu par l’Iran, a déclaré lundi un responsable de la Maison Blanche." C'est le "quatrième déplacement de Hochstein en Israël depuis le 7 octobre 2023."

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ainsi rencontré l’envoyé spécial américain Amos Hochstein – l’homme de confiance du président américain Joe Biden sur les tensions entre Israël et le Hezbollah – au bureau du Premier ministre à Jérusalem. Un porte-parole de l’ambassade américaine a déclaré au Times of Israel que Hochstein se trouvait en Israël dans le cadre des efforts de l’administration Biden « pour prévenir une escalade le long de la frontière israélo-libanaise ». Le conseiller à la sécurité nationale Tzahi Hanegbi, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, le chef d’état-major Tzahi Braverman, le secrétaire militaire Roman Gofman et le conseiller politique Ophir Falk et l’ambassadrice adjointe des États-Unis, Stephanie Hallett, ont assisté à cette réunion. Le compte-rendu israélien n’a fourni aucun détail sur le contenu de la conversation".

"Le ministre de la Défense Yoav Gallant a lui aussi rencontré Hochstein pour un « entretien individuel prolongé » au siège du ministère de la Défense à Tel Aviv, a indiqué le bureau de Gallant. Les deux hommes ont ensuite discuté avec des équipes professionnelles, a ajouté le communiqué. Gallant a informé Hochstein de l’évolution de la situation dans le nord, où les tensions se sont récemment intensifiées avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, selon le communiqué. Ils ont « longuement discuté de la situation sécuritaire et de son impact sur la région ».

Puis Hochstein s'est entretenu "avec l’ex-membre du cabinet de guerre Benny Gantz lundi soir, de même qu’avec le chef de l’opposition Yaïr Lapid et le Président Isaac Herzog."

"Israël s’est dit ouvert à une solution diplomatique au conflit, ajoutant qu’à défaut, il se lancerait dans une guerre totale contre le Hezbollah pour rétablir la sécurité dans le nord."

Le 18 juin 2024, le Hezbollah a posté la vidéo, d'une durée d'une dizaine de minutes, d'un de ses drones d'observation ayant survolé le nord d'Israël, notamment le port de Haïfa. Il n'a pas indiqué la date de cette vidéo. "Dans les explications qui accompagnent le déroulé des images vidéos, le parti de Hassan Nasrallah pointe différents bâtiments d’un complexe militaro-industriel appartenant à l’Autorité pour le développement de l'armement, connue sous le nom de Rafael. Le drone poursuit sa course et survole des navires de guerre amarrés dans le port de Haïfa, des installations pétrochimiques, des réservoirs de pétrole et l’aéroport de cette ville située à 30 km de la frontière libanaise, filmant au passage des plateformes du Dôme de fer ou des entrepôts d’assemblage de composants de missiles anti-aériens."

Le Hezbollah "veut montrer qu'il dispose d'une longue liste de cibles potentielles. L’aéronef passe au-dessus de Kiryat Shmona, Nahariya et Safad, en Galilée et pousse jusqu’à la ville de Afoula, au sud de Haïfa. Dans ce travail de communication, le Hezbollah veut montrer aux dirigeants politiques et militaires israéliens, mais aussi à l’opinion publique en Israël, qu’il dispose d’une longue liste de cibles potentielles bien identifiées et répertoriées. Cette vidéo a clairement un but dissuasif à un moment où les craintes d’une guerre totale s’amplifient. Sa diffusion intervient alors qu'Amos Hochstein s'entretenait avec Nabih Berry, Président du Parlement libanais, à Aïn el-Tiné, "pour éviter une escalade du conflit." 


« Le Liban, otage du Moyen-Orient » 
Arte rediffusa le 12 août 2020 « Le Liban, otage du Moyen-Orient » (LibanonEin Land als Geisel) par Michael Richter. 

« Le Hezbollah menace le fragile équilibre libanais entre ses communautés religieuses et ethniques. Retour sur l’installation au pouvoir du mouvement chiite et sur son poids politique au pays du cèdre ». Un groupe terroriste.

« Au Liban, le Hezbollah est devenu depuis quelques décennies un acteur politique incontournable ». Un acteur terroriste. A l'initiative de la France, l'Union européenne distingue une branche armée figurant sur sa liste des mouvements terroristes d'une branche politique tolérée.

« Dans ce pays où l’équilibre et la paix entre les différentes communautés religieuses relèvent d’une alchimie complexe et incertaine depuis la fin de la guerre civile en 1990, le "Parti de Dieu" chiite, en grande partie financé par Téhéran, menace la stabilité nationale et régionale ».

« Doté d’une milice plus puissante encore que l’armée libanaise, il pèse de plus en plus lourd dans les urnes ».  

« Grâce au jeu des alliances, le Hezbollah est devenu la première force politique du pays et dispose désormais de deux ministres au sein du gouvernement ». Il mobilise enfants et adolescents dans son mouvement Les scouts d'al-Mahdi.

Le documentaire souligne que la création au début du XXe siècle d'un Etat chrétien au Proche-Orient reposait sur l'idée d'un pays majoritairement chrétien. Or, la démographie musulmane a bouleversé la donne initiale.

« Le Premier ministre Saad Hariri, sunnite, doit donc composer avec les velléités du chiite Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, qui se révèle être un partenaire gênant ».

« Quand il ne menace pas dans ses discours le voisin israélien, lequel reproche au Hezbollah d’agir pour le compte de l’Iran, il s’en prend aux puissants États-Unis, dont le président Donald Trump n’a de cesse d’intimider le gouvernement de Téhéran ».

« Les tensions internationales croissantes font pointer le risque d’une escalade militaire entre Israël et le Hezbollah, dont l’arsenal de défense continue de se renforcer ».

« Cette enquête documentée analyse la situation géopolitique explosive du Moyen-Orient, et notamment l’habile montée en puissance du Hezbollah, un "État dans l’État" capable de paralyser les institutions étatiques ».

« Face à l’ascension hégémonique du mouvement chiite, l’opposition s’organise. Menée par des forces issues de la société civile, elle aspire à imposer par des voies démocratiques une alternative aux conflits interreligieux qui gangrènent la région ». 

Une aspiration qui n'a pas trouvé la voie pour que le Liban renoue avec les libertés et la prospérité économique.

Explosions à Beyrouth
Le 4 août 2020 vers 18 h, plusieurs explosions, au moins trois, ont eu lieu dans le port de Beyrouth, au Liban. Plus précisément dans l'un des hangars de la zone portuaire. 

Ce qui a causé des dégâts humains et matériels très importants dans la capitale libanaise et "parmi les navires mouillant au port". 

Le résultat géographique laissé : un cratère de 120 m de diamètre et de 43 m de profondeur.

Au 16 août 2020, ces explosions visibles par des fumées de couleurs différentes, ont induit 177 morts et plus de 6 500 blessés - dont 120 dans un état critique -, et des dizaines de disparus. On évalue le montant des dégâts matériels à des milliards de dollars.

La synagogue a subi de légers dommages.

Les pistes, essentiellement explorées par le quotidien allemand Die Spiegel, mènent au Hezbollah et à l'Iran.

« Liban, l'épreuve du chaos »
Arte rediffusa le 28 septembre 2022 à 00 h 00 « Liban, l'épreuve du chaos » (Libanon: Krisenstaat am Abgrund), documentaire d’Amal Mogaizel.

« Deux ans après la double explosion dans le port de Beyrouth, un décryptage de la faillite du Liban, victime d’une crise sans précédent, en proie à la colère, à la tentation de l’exil et aux espoirs portés par la jeune génération ».

« Apocalyptique, la double explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth a de nouveau attisé le vent de la révolte, qui s’était levé le 17 octobre 2019 au Liban, avant d’être violemment réprimé ». Par qui ? Le Hezbollah ?

« À nouveau, par milliers, les Libanais, toutes générations et confessions confondues, sont descendus dans la rue pour exiger le départ de la classe politique incompétente et corrompue qui spolie leur pays depuis quarante ans ». 

« L’ancien coffre-fort du Moyen-Orient, modèle de la région dans les années 1950-1960, est à l’agonie, rongé par une inflation exponentielle, fragmenté par les inégalités sociales et menacé par la famine ». 

« Otage de puissances étrangères et de clans mafieux, le Pays du Cèdre a en outre dû faire face à l’afflux d’1,5 million de réfugiés syriens depuis 2011 ». 

« Nés après la guerre civile, les jeunes, déchirés entre la tentation de l’exil et le désir de changement, veulent en finir avec le système politico-confessionnel qui a gangrené la société. Ils réclament un État laïque et démocratique. »

« Maintes fois occupé, détruit et ressuscité, le Liban peut-il se réinventer ? Ce pays, qui avait anticipé les printemps arabes en 2005 lors de la "révolution du Cèdre", est-il condamné au chaos ? La crise économique, sociale et politique sans précédent qu’il traverse peut-elle engendrer des changements majeurs ? » 

« Amal Mogaizel sonde l’âme traumatisée de cette nation plurielle, prise en tenaille entre les États-Unis, Israël, qui y a multiplié les interventions militaires, la Syrie, qui s’est approprié ses ressources, et l’Iran, qui y affirme sa puissance au travers du Hezbollah ». 

« De Beyrouth à Tripoli, la journaliste franco-libanaise rencontre des intellectuels, comme l’écrivain Amin Maalouf, des observateurs dont la journaliste Gisèle Khoury et des jeunes parmi lesquels une vaillante influenceuse… Entre découragement et espoirs d’une nouvelle génération déterminée à ne plus subir, un poignant état des lieux. »


« Liban : au cœur du Hezbollah »
Arte diffusa le 27 septembre 2022 à 23 h 05 « Liban : au cœur du Hezbollah » (Libanon: Inside the Hezbollah) de François-Xavier Trégan.

« Au moment où le Liban traverse une crise existentielle des plus aigües, retour sur l'histoire du Hezbollah, parti controversé soutenu par l’Iran. Un récit de l’intérieur qui bénéficie de témoignages inédits des combattants chiites eux-mêmes. »

« En juin 1982, sous l’impulsion de son ministre de la Défense Ariel Sharon, Israël envahit le sud du Liban dans le but de liquider Yasser Arafat, réfugié à Beyrouth, et l'OLP. » Surtout pour assurer la paix dans le nord de l'Etat Juif victime de tirs de missiles à partir du Sud Liban.

« Pour lutter contre l’offensive de Tsahal, un petit groupe de guérilla se constitue dans la clandestinité en fusionnant différentes formations chiites ». 

« Formé et soutenu par la République islamique d’Iran de l'ayatollah Khomeiny, il se déclare officiellement en 1985 sous le nom de Hezbollah : le "parti de Dieu". 

« Quarante ans plus tard, le petit groupe est devenu l’une des principales forces, armée et politique, du Moyen-Orient. Mouvement de résistance légitime et populaire pour les uns, groupe terroriste pour les autres, le Hezbollah, autant admiré que redouté, traverse pourtant une épreuve déterminante. » Comme s'il était normal qu'un parti politique ait une armée, un arsenal militaire, etc. !

« Alors que le Liban est plongé dans une crise politique et économique majeure, une partie de sa population accuse ses dirigeants de corruption et de faillite. Le Hezbollah n’échappe pas aux critiques ». Un euphémisme !

« Ouvertement remis en cause, le parti se retrouve à l’heure des choix : demeurer le pion stratégique de l’Iran dans la région ou s’affranchir de cette tutelle pour se mettre entièrement au service des intérêts du Liban et de sa population. »

« Cultivant le culte du secret sur son organisation, le "parti de Dieu" s'est toujours montré rétif à tout regard extérieur, a fortiori journalistique. François-Xavier Trégan (Yémen, le chaos et le silence, Ashbal – Les lionceaux du califat) parvient pourtant à recueillir la parole de ses combattants et partisans d’hier et d’aujourd'hui. » Pourquoi ne pas les dénommer terroristes ?

« Les membres du parti n’esquivent aucune question, quitte à remettre en cause les choix du passé, conférant ainsi un caractère exceptionnel à leur témoignage ». 

« À Beyrouth, dans la vallée de la Bekaa et dans le sud du Liban, les voix du Hezbollah évoquent ses décennies d’évolution et son avenir incertain, suspendu en permanence entre effondrement et reconstruction. »


"Casse du siècle au Liban" 
Arte diffusera le 18 juin 2024 à 20 h 55 "Casse du siècle au Liban", documentaire de Miyuki Droz Aramaki, Sylvain Lepetit et Sébastien Séga.

"Liban, un pays pillé par ses dirigeants. Cette enquête démontre comment la caste dirigeante a impunément détourné les économies du peuple libanais."

"Depuis 2019, le Liban affronte une crise économique et financière sans précédent. Cet état des lieux dense et alerte, nourri de témoignages très divers, montre comment une poignée de dirigeants a organisé ce qui constitue sans doute le plus gros détournement d’argent de l’histoire".  

"Depuis le début de la crise, à l'automne 2019, la livre libanaise a perdu 98 % de sa valeur face au dollar, l’inflation atteint des niveaux record et la grande majorité des habitants, privés d’accès à leurs comptes bancaires, à l’exception de retraits limités et surfacturés, s’enfoncent dans la pauvreté. Comment le Liban, autrefois surnommé "la Suisse du Moyen-Orient", a-t-il pu tomber si bas ?"

"C’est dans le chaos de la guerre civile (1975-1990) qu’ont émergé les principaux dirigeants du pays, anciens chefs de milices propulsés leaders politiques à la faveur d’une loi d’amnistie : les chiites Nabih Berri et Hassan Nasrallah (à la tête du Hezbollah), le représentant de la minorité druze Walid Joumblatt, les chrétiens Michel Aoun et Samir Geagea, auxquels s’ajoute le milliardaire sunnite Rafiq Hariri, artisan de la reconstruction de Beyrouth, nommé Premier ministre en 1992."

"Pendant trois décennies, avec la complicité du système bancaire, cette caste dirigeante a joué avec les économies du peuple et pillé impudemment le pays."

"Bousculée par le soulèvement populaire d'octobre 2019, qui a vu un million de Libanais de toutes confessions descendre dans la rue, puis par l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, l’élite politique est parvenue à se maintenir au pouvoir en attisant une fois encore la peur de l'autre."

"Et les réformes exigées par la communauté internationale – pourtant prête à aider cet État stratégique pour la stabilité au Moyen-Orient – pour en finir avec la corruption endémique n’ont pas été engagées."


"Remontant le fil de l’histoire et de l’argent en compagnie d’analystes passionnants (historienne, journalistes, économiste, avocat fiscaliste, professeure de droit…), ce documentaire instructif et enlevé raconte comment le pays du Cèdre, paradis fiscal ultralibéral dans les décennies suivant son indépendance, en 1943, s’est mué en kleptocratie, alimentée par le confessionnalisme et le pouvoir des zaïms, les chefs communautaires et politiques."

"Le film suit en parallèle des habitants désespérés, qui donnent un aperçu concret des conséquences de l’effondrement de leurs services publics, sur fond de scandales financiers : les Libanais sont notamment otages d’une "mafia des générateurs" qui les rackette sans vergogne, l’entreprise d’État EDL étant incapable de leur fournir plus de quelques heures de courant par jour."

"Les dirigeants incriminés, eux, s’accrochent à leurs privilèges et rejettent toute responsabilité, à l’instar de l’ancien gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé, accusé d’avoir monté une pyramide de Ponzi à l’échelle du pays. Interrogé ici, celui qui est visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par la France et l’Allemagne pour détournement de fonds et blanchiment d’argent affirme ainsi avoir agi "pour l’intérêt du pays" dans un sidérant plaidoyer pro domo..."




« Dans un documentaire poignant, tourné de l'automne 2019, en pleine révolution, jusqu'aux lendemains de la double explosion du 4 août 2020, à Beyrouth, la réalisatrice Amal Mogaizel part à la rencontre des Libanais confrontés au chaos, oscillant entre colère et espoirs de renouveau. Entretien. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier.

Comment vit-on au Liban aujourd’hui ?
Amal Mogaizel : On vit sans horizon, ni portes, ni fenêtres, avec un triste fatalisme qui me touche d’autant plus que je suis franco-libanaise. La double explosion du 4 août 2020 a constitué le coup de grâce pour un peuple qui souffrait déjà d’une profonde crise économique et sociale, liée à l’indigence de sa classe politique. Produit de la corruption et d’une ahurissante négligence, cette catastrophe, qui a jeté 300 000 personnes à la rue, a été ressentie comme un meurtre de masse. L’espoir a explosé en même temps que le nitrate d’ammonium. Avec l’appauvrissement de la classe moyenne, la plus cruellement frappée − 50 % des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté −, le peuple a perdu sa légendaire et sacro-sainte joie de vivre, parce que la flambée des prix ne lui en donne plus les moyens.

Quelles sont les priorités pour sortir le pays de la crise ?
Le plus urgent serait de réformer le système bancaire et de rétablir les grandes infrastructures étatiques, en panne à cause de la corruption. Privés d’eau potable et ne disposant que de deux heures d’électricité par jour comme au temps de la guerre, les gens ne peuvent même plus travailler. Il faut aussi rapidement mettre en place un régime viable de protection sociale : 80 % des Libanais ne sont pas assurés, et se trouvent dans l’incapacité d’acheter des médicaments s’ils tombent malades. L’État n’est plus en mesure de répondre aux besoins essentiels de sa population.

Les interlocuteurs de votre film dénoncent la faillite du confessionnalisme. Le Liban peut-il se réinventer ?
Absolument. Je crois beaucoup en cette nouvelle génération qui n’a pas connu la guerre civile et dont la mémoire n’est pas encombrée des traumatismes, des rancœurs et des deuils qu’elle a entraînés. Dans un monde globalisé et connecté, les leaders communautaires ne peuvent plus la prendre en otage. Louable à l’origine, le projet libanais du vivre-ensemble a échoué. Il est temps de dépasser le confessionnalisme pour inventer un modèle laïque, même s’il ne s’agit pas de reproduire le schéma français dans un pays attaché à ses religions. Le recrutement dans les administrations, par exemple, ne doit plus dépendre des quotas des confessions, mais des compétences. Cette évolution prendra des décennies, avec des générations sacrifiées. Ceux qui s’exilent peuvent espérer pour leurs petits-enfants un Liban déconfessionnalisé.

Mais comment ce pays, terrain de jeu de puissances étrangères, peut-il conquérir son indépendance ?
Pris en étau entre Israël et la Syrie, le Liban, qui subit sur son sol la partie d’échecs entre les puissances de la région, est victime d’une malédiction géographique. Seul un État moderne fort, démocratique et transparent, peut garantir cette indépendance. Avec son ouverture, sa liberté et sa créativité, le Liban, creuset du brassage des cultures et des religions, possède des atouts et peut même devenir un laboratoire pour le monde entier. »


« Liban, l'épreuve du chaos » d’Amal Mogaizel
France, 2020, 52 mn
Coproduction : ARTE GEIE, Capa Presse
Sur Arte le 28 septembre 2022 à 00 h 00
Sur arte.tv du 27/09/2022 au 25/11/2022
Visuels : © Capa Presse

« Liban : au cœur du Hezbollah » de François-
Xavier Trégan
France, 2022, 52 min
Production : Memento Productions
Sur Arte le 27 septembre 2022 à 23 h 05
Sur arte.tv du 26/09/2022 au 26/10/2022
Visuels : © François-Xavier Trégan

« Le Liban, otage du Moyen-Orient » par Michael Richter
Allemagne, 2019
Sur Arte les 24 septembre 2019 à 22 h 25, 11 octobre 2019 à 10 h 15, 12 août 2020 à 00 h 15
Disponible du 11/08/2020 au 08/11/2020
Visuels : © Michael Richter

"Casse du siècle au Liban" de Miyuki Droz Aramaki, Sylvain Lepetit et Sébastien Séga 
France, 2024, 95 min
Auteurs : Miyuki Droz Aramaki, Sylvain Lepetit et Sébastien Séga 
Coproduction : ARTE France, Brainwork
Producteur : Thierry Tripod
Sur Arte le 18 juin 2024 à 20 h 55
Sur arte.tv du 11/06/2024 au 15/01/2025
Visuels : © Brainworks

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Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 25 septembre 2019, puis les 11 août 2020 et 20 septembre 2022.

dimanche 16 juin 2024

« Nuits de noces » de Rachel Elitzur

Arte diffusera le 18 juin 2024 à 22 h 35 « Nuits de noces » de Rachel Elitzur. « Devant la caméra de Rachel Elitzur, des couples anonymes issus de la communauté ultraorthodoxe d’Israël racontent le déroulement de leur mariage arrangé. Un document rare qui interroge la violence inhérente aux traditions religieuses. »

« Histoire du judaïsme » par Sonia Fellous 
Lieux saints partagés. Coexistences en Europe et en Méditerranée
« Juifs et Arabes de France : dépasser la question israélo-palestinienne » 
Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte 
La mer morte
Hébron, ville biblique 
« Le mystère Atlit Yam. 10 000 ans sous les mers » de Jean Bergeron
Le logiciel espion Pégase/Pegasus

« Dans la tradition des juifs ultraorthodoxes, le mariage obéit à des rituels stricts : guidés par leur rabbin, les jeunes fiancés, parfois tout juste sortis de l’adolescence, se connaissent souvent à peine au moment de la cérémonie qui unira leurs destins. »

« Pour ces jeunes gens élevés à l’écart de personnes de l’autre sexe, dans l’ignorance des réalités de la vie matrimoniale et plus encore de la sexualité, le mariage, aussi attendu que redouté, est souvent vécu comme une violence. »

« Elle-même membre de la communauté hassidique et divorcée, la réalisatrice Rachel Elitzur est partie de sa propre expérience pour se lancer dans un projet rare : recueillir la parole anonyme d’hommes, de femmes et de couples de tous âges qui racontent, avec pudeur mais sans détour, comment s’est déroulée leur union. »

"C’était la première fois que j’étais assise face à un homme et que je le regardais." "J’étais absente ; mon corps était là mais mon âme était ailleurs." "Tout était tellement forcé, tout sonnait faux." "J’avais l’impression de me violer moi-même." « Les mots qu’utilisent les témoins anonymes disent la peur de l’inconnu, la désorientation ou la résignation, parfois la sidération psychique, l’impression de subir son destin ou d’aller au-devant d’une vie de malheur… »

« Étape par étape, ils et elles décrivent de l’intérieur les rites de passage que sont le Shiddoukh (les rencontres entre les fiancés, encadrées par les familles), la cérémonie, le passage dans la "chambre d’isolement" où les jeunes mariés doivent s’embrasser pour la première fois, puis la nuit de noces, elle-même si codifiée qu’elle laisse peu de place à la découverte ou à la tendresse. »

« Au contraire, la perte de la virginité s’apparente bien souvent – pour les femmes, mais parfois aussi pour les hommes – à un viol. »

« Afin de donner corps à ces récits, qu’elle se garde de juger, Rachel Elitzur a fait appel à de jeunes acteurs israéliens non religieux pour incarner un couple de mariés devant sa caméra : ces derniers se montrent médusés par le rigorisme d’une communauté fermée qui leur est résolument étrangère. »

Informés par leur conseiller conjugal, ces jeunes êtres sont immatures affectivement, n'ont aucune conscience de ce que représente la vie en couple, l'engagement marital.


« Nuits de noces » de Rachel Elitzur
Allemagne, Israël, 2023, 58 mn
Production : Pardes Production, Neue Celluloid Fabrik, Yes Docu, en association avec SWR/ARTE
Sur Arte le 18 juin 2024 à 22 h 35
Sur arte.tv du 16/06/2024 au 13/09/2024
Visuels : © SWR/Avigail Sperber