mercredi 16 novembre 2016

« Paul Simon « Graceland » - Retour aux sources africaines » par Joe Berlinger Munich


Arte diffusa Paul Simon « Graceland » - Retour aux sources africaines (Paul Simon « Graceland » - Under African Skies), documentaire par Joe Berlinger. Né dans une famille juive, Paul Simon devient célèbre par son duo avec Arthur Garfunkel, un ami d’enfance. Sorti en 1986, inspiré de la musique sud-africaine (Jaiva) Graceland est le plus grand succès de la carrière solo de ce musicien, compositeur, producteur et arrangeur de musiques folk, rock, pop. Le 14 novembre 2016, Paul Simon a donné un concert à Paris.


Né en 1941 dans une famille juive d’origine hongroise, Paul Simon devient célèbre dans les années 1960 par son duo avec Arthur Garfunkel, un ami d’enfance new-yorkaise.

Simon & Garfunkel
Les deux amis débutent dans un duo dénommé Tom and Jerry.

Sounds of Silence (1966) – chanson interprétée durant la commémoration des attentats terroristes islamistes du 11 septembre 2001 -, Mrs Robinson (1967) – chanson de la bande originale de The Graduate de Mike Nichols -, Bridge over Troubled Water (1970), El Condor Pasa, Cecilia, The Boxer, Bye Bye Love, Song for the Asking… demeurent à la fois caractéristiques des Sixties et des standards.

La décennie suivante marque la rupture du groupe vocal, qui se reforme en 1981 pour le célèbre concert à Central Park pour une tournée aux Etats-Unis en 2003, puis en Amérique et en Europe (2004) et en Asie.

Paul Simon poursuit sa carrière de musicien, à peine interrompue par son apparition dans Annie Hall de Woody Allen en 1977.

En 1986, sort Graveland, le plus grand succès, public et critique, de Paul Simon. Un album qui mêle des styles musicaux divers - pop, a cappella, isicathamiya, rock, zydeco et mbaqanga -, et dont l’un des plus célèbres titres est You Can Call Me Al.

Paul Simon est l’un des rares artistes, avec les Bee Gees, titulaires du copyright sur ses enregistrements.

Couronné d’un Grammy Lifetime Achievement Award, Paul Simon  a remporté douze Grammy Awards, dont trois dans la catégorie Album de l’Année, grâce à « Bridge Over Troubled Water » (1970) - intronisé en 1998 au Grammy Hall of Fame -, « Still Crazy After All These Years » (1976) et « Graceland » (1986).

Membre du Songwriters Hall of Fame, Paul Simon a été récompensé par le Johnny Mercer Award et « a été intronisé au Rock n’ Roll Hall of Fame à deux reprises, en tant que membre de Simon and Garfunkel et en tant qu’artiste solo ». « Mrs. Robinson » figure dans le Top 10 des plus grandes chansons du cinéma par l’American Film Institute. Paul Simon a également été honoré par le Kennedy Center en 2003 et a figuré dans la liste de Time Magazine des « 100 personnes les plus influentes qui façonnent notre monde » en 2006. En 2007, il « a été lauréat du premier Prix Gershwin pour la chanson populaire décerné par la Bibliothèque du Congrès américain. Ce nouveau prix, qui porte le nom des légendaires frères Gershwin, George et Ira, et rend hommage à l’impact profond et positif de la musique populaire dans la culture, est octroyé tous les ans à un compositeur ou un interprète pour l’ensemble de son œuvre ».

Les concerts dont Mr Simon est le plus fier ? Ses deux concerts au Central Park de New-York avec Art Garfunkel en 1981 et en tant qu’artiste solo en 1991, et sa série de spectacles à l’invitation de Nelson Mandela en Afrique du Sud - le premier artiste américain à jouer en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid.

En 1998, sa « prestation sur le terrain du Yankee Stadium pour la célébration du monument en l’honneur de Joe DiMaggio (illustre jouer de football américain) est un précieux souvenir pour le très grand fan de Yankee qu’il est », comme son père.

Paul Simon est également le co-fondateur du Children’s Health Fund (Fonds pour la santé des enfants) avec le Dr Irwin Redlener. CHF « offre des dons et des unités mobiles de personnel médical qui apportent des soins aux enfants pauvres et nécessiteux dans les régions urbaines et rurales à travers les États-Unis. Depuis sa création en 1986, il a fourni plus de 2 millions médecin / patient visites. Dans le sillage des ouragans Andrew et Katrina, il a été la source de soins de santé primaires pour les communautés décimées par les tempêtes. M. Simon a également soulevé des millions de dollars pour de bonnes causes aussi variées que l’AMfAR, The Nature Conservancy, The le Fonds pour les enfants emprisonnés en Afrique du Sud et Autism Speaks and The Joe Torre Safe at Home Foundation ».

Graceland
« Retour avec Paul Simon  en Afrique du Sud sur les traces de son album « Graceland », qui avait suscité en 1986, en plein apartheid, une polémique désormais oubliée ».

Réalisé en 1986 avec des artistes sud-africains - le groupe Ladysmith Black Mambazo, Ray Phiri (guitare), Bakithi Kumalo (basse) et Isaac Mtshali (batterie) - et enregistré en partie à Johannesburg, « à une époque où le boycott de l'apartheid interdisait ce genre de collaboration, Graceland, neuvième album solo de Paul Simon, est aujourd'hui considéré comme le premier opus de la world music ». Paul Simon était "conscient des problèmes politiques en Afrique du Sud". Harry Belafonte l'invite à contacter "l'ANC, et lui propose d'en rencontrer les dirigeants". Mais Paul Simon croyait en la liberté de la musique.

"J'étais intimidé et fasciné à l'idée de partir en Afrique du Sud. J'ai été frappé par les très vives tensions raciales. Mandela était toujours en prison", se souvient Paul Simon. Pour des artistes Noirs sud-africains, malgré les boycotts adoptés par les instances onusiennes, enregistrer avec un artiste américain célèbre constituait une chance à saisir pour faire connaitre leur musique, leurs parties chantées mêlant de petits cris. Et l'occasion d'apprendre lors des "ambiances incroyables", "séances géniales" en studios d'enregistrements. La distance a aussi contribué à la liberté de Paul Simon, loin des demandes stressantes de sa société discographique. Tenté d'écrire une chanson politique, Paul Simon se rend compte que ses collègues sud-africains chantent sur des "filles qui portaient des jupes". A la différence de Peter Gabriel, il choisit des airs de musique pop pour des thèmes non politiques.

Loué par la critique et vendu à 14 millions d'exemplaires dans le monde, distingué par un Grammy Award en 1987, Graceland « avait été la cible d'une intense polémique, le chanteur s'étant vu accusé de servir de caution au régime blanc de Pretoria » pour avoir enfreint le boycott culturel de l'Afrique du sud. L'ANC a reproché à Paul Simon de ne pas lui avoir demandé l'autorisation avant d'enregistrer son disque. Une attitude liberticide qui suscite l'indignation de l'artiste américain.

Une tournée est envisagée avec Miriam Makeba, chanteuse africaine la plus célèbre et en exil. Sur scène : Blancs et Noirs chantent. Une "manière de dire au public quelles étaient ses convictions profondes", explique Harry Belafonte. En Europe, des alertes à la bombe empêchent certains concerts. Des manifestations anti-apartheid se tenaient à Londres devant la salle de spectacles. Un "univers magique" est révélé au public. Graceland a "permis cette prise de conscience", reconnait Paul Simon. A la demande de Nelson Mandela, l'ANC finit par inviter Paul Simon à se produire en Afrique du sud.

« L'immense succès remporté par cette fusion inédite de styles et de langues, amplifié ensuite par une tournée qui s'étalera sur cinq ans, ainsi que la visibilité offerte à des musiciens sud-africains alors ostracisés dans leur propre pays ont fait oublier depuis la controverse ».

« En marge d'un mémorable concert d'anniversaire organisé en Afrique du Sud, avec Paul Simon et ses complices d'alors, ce documentaire revient avec eux vingt-cinq ans après sur l'album et sa genèse. En compagnie d'anciens activistes anti-apartheid et de figures comme Quincy Jones, Paul McCartney, David Byrne, Peter Gabriel, Whoopi Goldberg, Oprah Winfrey ou Harry Belafonte, ce passionnant voyage aux sources de la musique interroge aussi le rôle de l'artiste et l'évolution du monde depuis un quart de siècle ».


Paul Simon « Graceland » - Retour aux sources africaines, par Joe Berlinger
2011, 83 min
Sur Arte les 27 février à 22 h 35 et 2 avril 2016 à 1 h 05

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent d'Arte et du site de Paul Simon.
Cet article a été publié le  27 février puis le 16 novembre 2016.

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