Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 16 octobre 2020

Charles Denner (1926-1995)

Charles Denner (1926-1995) était un résistant courageux et un acteur, souvent drôle et bouleversant, juif franco-polonais ayant joué avec les plus grands acteurs et sous la direction de réalisateurs talentueux dans des films populaires. Arte diffusera deux films de François Truffaut : le 19 octobre 2020 « La mariée était en noir » et le 26 octobre 2020 « L'homme qui aimait les femmes ».  

Charles Denner est né en 1926 à Tarnów, en Galicie (Pologne) dans une famille juive parlant yiddish. Son père Joseph est tailleur. La fratrie compte Elyse, née en 1923, Alfred né en 1924, Charles et Jacques.

En 1930, la famille Denner immigre en France.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, elle rejoint Brive-la-Gaillarde, alors en zone libre.

En 1941, Charles Denner interprète un valet dans le film Volpone de Maurice Tourneur avec Louis Jouvet, Charles Dullin, Harry Baur, Jacqueline Delubac et Jean Temerson.

Le 20 avril 1942, Alfred Denner est interpelé et emprisonné au château de Ségur. Rabbin de Brive David Feuerwerker parvient à le faire libérer.

Alfred et Charles Denner, âgé de 16 ans, entrent dans la Résistance. Charles adopte le pseudonyme de "Charles Dermat", et combat dans le maquis du Vercors où il est chasseur alpin. Lors d'une embuscade de son groupe visant un convoi allemand comprenant un camion de SS, il est grièvement blessé à la colonne vertébrale en parvenant cependant à faire exploser avec une grenade ce camion. Pour ce fait d'armes, il est distingué par la Croix de guerre.

A la Libération, il suit des cours d'art dramatique Charles Dullin, et gagne sa vie comme fort des Halles la nuit. 

Il débute au théâtre dans la compagnie des Compagnons de l'Arche d'André Marcovici. Attentif au renouveau du théâtre yiddish en langue française défendu par cette troupe, il incarne plusieurs rôles dans quatre pièces, dont Le Dibbouk de An Ski (1946) au théâtre Edouard VII, Le Keroub et le mariage de Rachel (1947) au théâtre La Bruyère, et Tel Haï (1947) aux théâtres Edouard VII et La Bruyère. 

Alors qu'il joue le rôle d'un clown dans Les Mamelles de Tirésias de Guillaume Apollinaire, pièce mise en scène par Clément Harari, Jean Vilar, qui dirige le Festival d'Avignon, le recrute. Charles Denner entre dans la troupe du Théâtre national populaire au théâtre national de Chaillot. En 1951, au Festival d'Avignon, il a pour partenaire Gérard Philipe dans Le Prince de Hombourg (von Kleist). Au TNP, il joue avec Jeanne Moreau, François Périer, Michel Galabru...

La pièce Drame à Toulon - Henri Martin de Claude Martin et Henri Delmas raconte la vie et le procès de Henri Martin, marin hostile à la guerre d'Indochine et condamné à cinq années d'emprisonnement pour participation à une « entreprise de démoralisation de l'armée et de la nation. » Paul Préboist, René-Louis Lafforgue, José Valverde et Antoine Vitez et Charles Denner interprètent cette pièce au fort message politique. Malgré des interdictions par arrêtés municipaux ou préfectoraux, la pièce compte plus de trois cents représentations.

Au TNP alors dirigé par Georges Wilson, Charles Denner incarne Matti dans Maître Puntila et son valet Matti de Bertolt Brecht, mis en scène et joué par Georges Wilson, avec Judith Magre.

Plus tard, en duo avec Philippe Avron, il est un Rogogine magistral dans L'idiot de Dostoïevski, mis en scène par André Barsacq au théâtre de l'Atelier.

Doté d'une voix de basse baryton, Charles Denner interprète trois chansons du 45 tours Chants Yiddish (Chant du Monde, 1958), recueillis, arrangés, harmonisés et orchestrés par Robert Cornman. Il interprète Dos lid fon'em Tanz Firer (le chant du meneur de danse), Cha Chtil (le Rabbin emmène ses disciples dans la danse), Aroïz iz in Wilna a naeir Bafehl (le nouvel édit de Vilna).

En 1946, Charles Denner "fait de la figuration en soldat allemand dans le court métrage de 28 minutes Rappel à la vie / Der Ruf tsum leben (en yiddish non sous-titré dans sa version originale) réalisé par Maurice Wolf (sous le pseudonyme de Saint Lou) et Élie Davidson". 

Après un petit rôle dans La Meilleure Part de Yves Allégret (1955), il est dirigé par Louis Malle dans Ascenseur pour l'échafaud.

Dans la filmographie de Charles Denner, citons "Landru" de Claude Chabrol (1963). "Les Pieds nickelés" de Jean-Claude Chambon, "La Vie à l'envers" d'Alain Jessua, "Le vieil homme et l'enfant" de Claude Berri (1967), "La mariée était en noir" de François Truffaut, d'après le roman éponyme de William Irish, "Z" de Costa-Gavras, "Le Voyou", "L'aventure c'est l'aventure", "Si c'était à refaire" et "Robert et Robert" de Claude Lelouch, "L'Héritier" de Philippe Labro (1973), "Un officier de police sans importance" de Jean Larriaga, "Peur sur la ville" d'Henri Verneuil (1975), "L'homme qui aimait les femmes" de François Truffaut (1977), "L'Honneur d'un capitaine" de Pierre Schoendoerffer (1982), "L'Unique" de Jérôme Diamant-Berger (1985).

En 1986, Charles Denner incarne "Le marionnettiste de Lodz", de Gilles Segal, mis en scène par Jean-Paul Roussillon. 

Les années suivantes, il souffre d'un cancer à la gorge, de tuberculose et de bronchites.

Il meurt en 1995 à Dreux (Eure-et-Loir).

Conçue par Ethel et Charlet Denner, l'exposition Charles Denner a rendu hommage en 2015 à Dreux à ce comédien attachant. "Son nom ne vous dit peut-être rien, mais sa silhouette et sa voix vous sont familières, surtout si vous êtes un admirateur du cinéma des années 1980. L’acolyte de Belmondo dans Peur sur la ville, l’Homme qui aimait les femmes, pour Truffaut, c’était lui. Charles Denner, cet artiste comédien fut à l’affiche de trente-six pièces et quarante-huit films. Il joua avec les plus grands : Jean-Paul Belmondo, Gérard Philipe, Lino Ventura, pour des réalisateurs de taille : Alain Jessua, Claude Lelouch, François Truffaut, Costa Gavras… Cette exposition d’envergure proposera à chacun de découvrir ou de redécouvrir ce grand acteur charismatique du cinéma et du théâtre, bien connu des anciennes générations et parfois méconnu des nouvelles".

Charlet Denner a alors publié le roman "La montagne en partage, entre père et fils, pour Charles Denner".

« La mariée était en noir »

Arte diffusera le 19 octobre 2020 « La mariée était en noir » (Die Braut trug schwarz) de François Truffaut.

« Une femme décide de venger son mari assassiné sous ses yeux le jour de leurs noces... En version restaurée, un hommage de François Truffaut à Alfred Hitchcock, porté par Jeanne Moreau. La sublime et fatale Jeanne Moreau y est entourée d'une pléiade d'exquis acteurs : Michel Bouquet, Jean-Claude Brialy, Charles Denner, Claude Rich, et Michael Lonsdale, décédé le 21 septembre dernier ».

« Julie et David viennent de se marier. Mais alors qu’il sort de l’église au bras de son épouse, David est abattu d’une balle venue d’on ne sait où. La mariée devenue veuve se lance à la recherche de l’assassin. Plusieurs hommes, pour leur malheur, croiseront son chemin… »

« Lorsqu’il réalise La mariée était en noir, adaptation du roman éponyme de William Irish, François Truffaut sort du demi-échec commercial de Fahrenheit 451 et travaille à son fameux livre d’entretiens avec Alfred Hitchcock ». 

« De fait, de l’atmosphère à la direction artistique, en passant par la musique signée Bernard Herrmann, compositeur attitré du Britannique, aucun film du cinéaste n’a été aussi ouvertement influencé par l’œuvre du maître du suspense ». 

« Plus que les meurtres successifs des assassins du mari, c’est la relation de Julie avec le dernier d’entre eux, Fergus, qui a vraiment inspiré Truffaut ». 

« En plaçant le dénouement de l’histoire au milieu du film, il se consacre entièrement, dans la seconde partie, à son étude. Fasciné par les liens entre l’amour et la mort, le réalisateur livre ici sa vision personnelle de la femme fatale, entourée d’hommes lâches et immatures ». 

« Aussi fantomatique que vénéneuse, Jeanne Moreau épouse le rôle d’une mariée qui n’est pas sans évoquer l’héroïne vengeresse de Kill Bill de Quentin Tarantino ». 

Une femme enfermée dans sa passion amoureuse et son projet meurtrier, incapable ou refusant de saisir la chance de renouer une relation amoureuse avec le peintre Fergus interprété de manière bouleversante par Charles Denner.

« Veuve le jour de son mariage, Julie Kohler se transforme en ange de la vengeance et élimine un à un les responsables de la mort de son époux, l’amour de sa vie. Mal aimé par les exégètes du cinéaste et par son auteur lui-même, La mariée était en noir est un film étrange dans lequel Truffaut tente d’appliquer les principes de son maître Alfred Hitchcock, sans pour autant renoncer à sa propre personnalité de cinéaste. Cela donne un résultat paradoxal. Les citations visuelles ou musicales – Truffaut emprunte à Hitchcock son compositeur fétiche, Bernard Herrmann – ne font que souligner les différences qui existent entre La mariée était en noir et les films du cinéaste anglais. Truffaut ne laisse pas vraiment la place au suspens, et refuse de diaboliser les coupables, décrits comme des échantillons de masculinité ridicules ou pathétiques – ils sont interprétés par les géniaux Michel Bouquet, Michael Lonsdale ou Charles Denner. Truffaut, français jusqu’au bout des ongles, ne parvient jamais au niveau de sophistication et de « glamour » de son modèle. Il y a dans son film une trivialité inséparable des personnages et des décors qu’il décrit, malgré des intentions déréalisantes qui emmènent parfois La mariée était en noir sur les territoires de l’onirisme. Jeanne Moreau hante le film comme un fantôme. Elle exécute son plan de manière méthodique, avec une sorte de folie froide. La mariée était en noir rejoint les grands films monomaniaques de Truffaut, qui imagine une héroïne obsédée par la mort. Le programme de cette adaptation française d’un roman de William Irish fait immanquablement penser à Kill Bill. Quentin Tarantino a pourtant déclaré n’avoir jamais vu le film de Truffaut », a analysé Olivier Père.


« L'homme qui aimait les femmes »

Arte diffusera le 26 octobre 2020 « L'homme qui aimait les femmes » (Der Mann, der die Frauen liebte) de François Truffaut. « La quête éperdue d’un amoureux impénitent. Avec Charles Denner, François Truffaut dédie aux femmes un vibrant hommage  en forme d’autoportrait. »

« Le solitaire Bertrand Morane est habité jusqu’au vertige par une seule obsession : conquérir toutes les femmes ou presque... Charles Denner est touchant et pathétique dans ce personnage de fétichiste mélancolique, un autoportrait en filigrane de son auteur, François Truffaut ».

« Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. » 

« Employé en blouse bleue dans un laboratoire aéronautique, le solitaire Bertrand Morane est habité jusqu’au vertige par une seule obsession : conquérir toutes les femmes ou presque. » 

« À ses heures perdues, du matin au soir, aimanté par elles, ce fétichiste – des jambes et des mouvements de robes − tente de les séduire, plus cavaleur que prédateur, avant de consigner, dans une autofiction, son épopée désespérée ».

« Avec une pudeur paradoxalement équivalente à l’érotisme de son propos, François Truffaut met en scène la quête perpétuelle, et perdue d’avance, d’un coureur mélancolique ». 

« Ni Don Juan, ni Casanova, son héros, victime consentante du hasard, s’épuise à essayer sincèrement d’aimer, d’aventures en nuits trop brèves ». 

« Il y a, dit-il, comme pour s’encourager dans son entreprise, les grandes tiges et les petites pommes", toutes aussi respectueusement dignes d’intérêt ». 

« Il y a aussi une mère glacée, qui traverse, de toute son indifférence aveugle, quelques flash-back en noir et blanc, chargeant avec dédain son fils adolescent de poster des lettres à ses multiples amants ». 

« Il y a, enfin, les premières amours, refoulées dans les replis de sa mémoire ». 

« À travers la figure de Bertrand Morane, à laquelle Charles Denner, touchant et pathétique, sanglé dans un étroit blouson de cuir, apporte toute sa tristesse fiévreuse, le film dessine ainsi en filigrane un autoportrait de son auteur ». 

« Mais il ne se réduit pas, loin de là, à un canevas funeste. C’est aussi, en écho à son titre, une déclaration d’amour aux femmes. Comme le note la lumineuse Brigitte Fossey (l’éditrice inspirée de Morane), en observant l’interminable cortège de ses anciennes amantes à ses funérailles : "Toutes ces femmes ont quelque chose que les autres n’ont pas. »

Au moment où le spectateur commence à se lasser de ces relations fugaces et successives, apparait la lumineuse Leslie Caron, la seule femme que Bertrand Morane a aimée, et qu'il continue d'aimer malgré la blessure encoure douloureuse de leur rupture. Et, finalement, en nouant des relations brèves et sans lendemain avec tant de femmes, le personnage incarné par Charles Denner s'assure que perdure son seul amour, son seul engagement affectif. 

« Le chercheur inquiet »

« Le chercheur inquiet » est un documentaire de Avril Tembouret (2013), avec la participation de Costa Gavras, Anna Gaylor, Alain Jessua, Claude Lelouch, Elie Chouraqui, Denis Podalydès, Jean Rochefort et José Garcia.

« Nous avons tous nos fantômes. Avec le temps certains s’effacent peu à peu. D’autres nous hantent. »

« Le chercheur inquiet » part sur les traces du comédien disparu Charles Denner. Souvenirs enfouis de ceux – cinéastes, comédiens – qui l’ont côtoyé, fragments de films qui ont marqué la mémoire, bribes de rencontres et d’obsessions… Un film en quête, sur le fil de l’absence et de la fascination ».

« Charles Denner (1926 – 1995) a marqué le cinéma français d’un étrange sillage, mélange de fulgurance et de discrétion. Sa carrière débute au théâtre en 1950, dans la troupe du TNP. Claude Chabrol lui offre son premier grand rôle au cinéma en 1964 avec Landru. Il travaille ensuite avec des cinéastes tels que Louis Malle (Ascenseur pour l’échafaud), Costa-Gavras (Z), Henri Verneuil (Peur sur la ville) et surtout Claude Lelouch (L’aventure c’est l’aventure, Toute une vie) et François Truffaut, pour lesquels il fut un comédien fétiche. Éternel second rôle, il a marqué le public par son étrangeté et sa fébrilité. Son plus beau rôle est sans doute celui que Truffaut écrivit spécialement pour lui en 1977 : L’homme qui aimait les femmes. Comédien « oublié » (aucune biographie, aucune rétrospective) et trop tôt disparu, il occupe pourtant une place à part dans la mémoire de nombreux spectateurs qu’il a marqué par sa singularité ».


« Le chercheur inquiet » de Avril Tembouret

France, Kanari Films, en coproduction avec Ciné +, avec la soutien du CNC, de la Procirep et de l’Angoa, 2013, 55 minutes

Labellisé Images de la Culture

Image : David Tabourier, Avril Tembouret & Nicolas Le Gal

Son : Lucas Héberlé

Montage : Anne Argouse

Musique originale : Pierre Payan

Avec la participation de Costa Gavras, Anna Gaylor, Alain Jessua, Claude Lelouch, Elie Chouraqui, Denis Podalydès, Jean Rochefort et José Garcia


« La mariée était en noir » de François Truffaut

France, Italie, 1968, 1 h 43mn. Version restaurée

Auteur : Wiliam Irish

Scénario : Jean-Louis Richard, François Truffaut

Production : Dino de Laurentiis Cinematografica, Les Films du Carrosse, Les Productions Artistes Associés

Producteurs : Marcel Berbert, Oscar Lewenstein

Image : Raoul Coutard

Montage : Claudine Bouché

Musique : Bernard Herrmann

Avec Jeanne Moreau (Julie Kohler), Michel Bouquet (Coral), Jean-Claude Brialy (Corey), Charles Denner (Fergus), Claude Rich (Bliss), Michael Lonsdale (René Morane), Daniel Boulanger (Delvaux), Serge Rousseau (David)

Sur Arte les 19 octobre 2020 à 20 h 55 et 6 novembre 2020 à 13 h 35

Visuels : © Metro Goldwyn Mayer


« L'homme qui aimait les femmes » de François Truffaut

France, 1977, 1 h 54mn. Version restaurée

Scénario : Michel Fermaud, Suzanne Schiffman, François Truffaut

Production : Les Films du Carrosse, Artistes Auteurs Associés

Producteur/-trice : Marcel Berbert, François Truffaut

Image : Néstor Almendros

Montage : Martine Barraqué

Musique : Maurice Jaubert

Avec Charles Denner (Bertrand Morane), Brigitte Fossey (Geneviève Bigey), Nelly Borgeaud (Delphine Grezel), Geneviève Fontanel (Hélène), Leslie Caron (Véra), Valérie Bonnier (Fabienne), Nathalie Baye (Martine Desdoits), Sabine Glaser (Bernadette), Anna Perrier (Uta, Babysitter)

Sur Arte le 26 octobre 2020 à 20 h 55

Visuels :

Charles Denner est Bertrand Morane dans le film de François Truffaut " L' homme qui aimait les femmes"

© Artistes Associes - Films du Carrosse

Charles Denner est Bertrand Morane et Sabine Glaser est Bernadette dans le film de François Truffaut " L' homme qui aimait les femmes"

© Artistes Associes - Films du Carrosse

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