Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 30 septembre 2018

« Rendez-vous avec la mort » par Michael Winner


Arte rediffusera le 3 octobre 2018 « Rendez-vous avec la mort » (Rendezvous mit einer Leiche) par Michael Winner. « Une riche veuve est assassinée lors d'une croisière vers la Terre sainte. Peter Ustinov mène l'enquête dans le costume d'Hercule Poirot et Lauren Bacall lui donne la réplique ». Une adaptation du roman Appointment with Death, d'Agatha Christie.
  
Fred Astaire (1899-1987)
Lauren Bacall (1924-2014)
Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand
Liv Ullmann

« New Jersey, 1937. À la mort de Mr Boynton, ses enfants, Ginevra, Lennox, Carol et Raymond, apprennent que leur père a légué toute sa fortune à leur belle-mère détestée, Emily. Pour détendre l'atmosphère, celle-ci leur propose une croisière vers la Terre sainte. Sur le bateau, les passagers font connaissance. Il y a là Sarah King, une belle doctoresse, Cope, l'avocat, Hercule Poirot, lady Westholme, membre du Parlement, et son amie miss Quinton. Lorsqu'Emily est assassinée, Hercule Poirot se charge de l'enquête… »

« Peter Ustinov a incarné Hercule Poirot dans pas moins de six films en dix ans. Pourtant, en apparence, il est peut-être l'interprète qui ressemble le moins au célèbre détective privé belge, créé par Agatha Christie avec moins de cheveux et nettement plus de sveltesse. Mais le talent de l'acteur fait largement oublier ces détails physiques ».

« À l'image du héros, il fait montre d'un sens de l'humour très british, à peine entamé par une occasionnelle fatuité (toute continentale, selon la chauvine Agatha). Passant avec délectation ses suspects sur le gril, de Mort sur le Nil à Rendez-vous avec la mort, il campe un limier sédentaire, à la fois simple et distingué, incorruptible et débonnaire, qui ne se départit jamais de son bon sens ».

Un film bien joué par des grands comédiens, dont Lauren Bacall et Sir John Gielgud, au dénouement étonnant et dont l'action se situe en Eretz Israël.


« Rendez-vous avec la mort » par Michael Winner
Etats-Unis, 1988
Image : David Gurfinkel
Montage : Arnold Crust
Musique : Pino Donaggio
Production : Golan-Globus Productions
Producteur/-trice : Michael Winner
Scénario : Peter Buckman, Anthony Shaffer et Michael Winner
Acteurs : Peter Ustinov, Lauren Bacall, Carrie Fisher, John Gielgud, Piper Laurie, Hayley Mills, Jenny Seagrove, Michael Craig
Auteur : Agatha Christie
Sur Arte les 23 septembre 2018 à 20 h 50 et 3 octobre 2018 à 13 h 35
Visuels :
Peter Ustinov (Hercule Poirot) et Lauren Bacall (Mady Westholme)
Jenny Seagrove (Dr. Sarah King), John Gilegud (Colonel Carbury) et Peter Ustinov (Hercule Poirot)
Peter Ustinov (Hercule Poirot)
© Paramount Pictures

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Les citations sur le film sont d'Arte.

« Phoenix » par Christian Petzold


Arte rediffusera le 3 octobre 2018 « Phoenix » par Christian Petzold. « Dans le Berlin de l'après-guerre, une ancienne déportée » juive « se lance dans un jeu dangereux. Après « Barbara », Christian Petzold entraîne Nina Hoss, son actrice fétiche, dans un drame vertigineux ». L'histoire de la difficulté de renouer avec sa personnalité après la Shoah.


« Après avoir survécu à Auschwitz, Nelly Lenz, gravement brûlée, a pu bénéficier d'une opération de chirurgie réparatrice qui lui a donné un nouveau visage. Les mois de convalescence ont été longs et elle s'apprête à rentrer enfin à Berlin. Aidée par son amie Lene Winter, qui travaille à l'Agence juive, Nelly espère y retrouver la trace de sa famille. Elle recherche surtout Johnny, son mari pianiste, dont elle est sans nouvelles. Lene assure que ce dernier avait déposé une demande de divorce juste avant l'arrestation de Nelly, mais celle-ci refuse de la croire. Un jour, elle croise Johnny près du Phoenix, une boîte de nuit où les soldats américains viennent s'amuser, et où il est désormais serveur. Surpris par sa troublante ressemblance avec l'épouse qu'il croit morte, Johnny lui propose de se faire passer pour elle afin qu'il puisse hériter des biens de ses riches beaux-parents. Nelly accepte… »

« Tel un fantôme revenu du monde des morts, Nelly, une chanteuse juive rescapée des camps, veut renouer le fil de son existence auprès de l'homme qu'elle a aimé. Mais peut-on récupérer sa vie quand on a tout perdu, y compris ce qui faisait son identité ? » 

« Lancée dans une quête entêtée, Nelly va se laisser façonner par celui qui fut son mari pour qu’il reconnaisse en elle celle qu'elle a été ». 

« Après Barbara, Christian Petzold retrouve Nina Hoss, son actrice fétiche, pour une vertigineuse plongée hitchcockienne – le film s'inspire en effet de Vertigo – dans un pan douloureux de l’histoire allemande. Un étourdissant portrait de femme ».

Le film s’inspire aussi du roman policier Le Retour des cendres (1961) d’Hubert Monteilhet, de la nouvelle Ein Liebesversuch (Une Expérience d’amour) d’Alexander Kluge et d’une histoire  relatée par l’essayiste allemand Sebastian Haffner dans son autobiographie.

L’époux Johnny donne à Nelly un portrait de… la star Hedy Lamarr.

Der Spiegel a critiqué certaines scènes invraisemblables et reproduisant des clichés antisémites : au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, alors que des Allemands crèvent de faim dans des caves, des Juifs vivent dans des villas dotées de personnel domestique - Nelly est l'héritière d'une riche famille juive -, Nelly demeure impavide en apprenant le suicide de son amie juive Berlinoise, Lene. Celle-ci projetait de faire son aliyah, mais estimait "n'avoir pas d'avenir" et "être trop attirée par ses proches décédés". C'est cet "appel de la mort" chez des rescapés qui marque une victoire des Nazis après la capitulation du IIIe Reich.

Rythmé par la chanson triste Speak Low interprétée par Kurt Weill (1943), ce film émouvant a reçu le Prix FIPRESCI au Festival international du film de Saint-Sébastien. Il est dédié à Fritz Bauer.

Il a été refusé par le comité de sélection du Festival de Cannes.


« Phoenix » par Christian Petzold
Allemagne, Pologne, 2014, 92 min
Auteur : Hubert Monteilhet
Image : Hans Fromm
Montage : Bettina Böhler
Musique : Stefan Will
Production :Schramm Film Koerner & Weber, BR, WDR, ARTE
Producteur/-trice : Florian Koerner von Gustorf, Michael Weber
Scénario : Christian Petzold, Harun Farocki
Avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Nina Kunzendorf, Michael Maertens, Imogen Kogge, Uwe Preuss 
Sur Arte les 11 janvier 2017 à 20 h 55, 3 octobre 2018 à 20 h 55, 12 octobre 2018 à 13 h 35

Visuels : © Schramm Film, Christian Schulz

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 10 janvier 2017.

Les engagés volontaires Juifs étrangers dans les armées françaises durant les deux guerres mondiales


Dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale et du 70e anniversaire de la Libération de la France et de la victoire sur le nazisme, le Mémorial de la Shoah a « célébré l’histoire et la mémoire des engagés volontaires juifs étrangers, en restituant l'ampleur de leur contribution à l'histoire de la France et de l’Europe ». Une exposition-dossier très ashkénaze qui ignore les résistants Juifs en Grande-Bretagne ou en Afrique du Nord. Le 4 octobre 2018, à 20 h, l'Institut d'Etudes du Judaïsme de l'Université libre de Bruxelles organise, dans l'auditoire H1308, la conférence de Georges Brandstatter intitulée "Combattants Juifs dans les armées de Libération, 1939-1945".
« Mon cher enfant, ton père va à la mort pour une grande idée (…) Dans une heure, nous marcherons pour la France, pour les Juifs. Vive la République, vive la libre, noble et démocratique France », écrit Léon Lévi-Litvack, cité dans « Le volontaire Juif », n° 5, mai 1931.

Costumes, photographies, fanions, affiches, journaux, dessins, cartes… Tous ces documents témoignent d’engagements courageux et de sentiments patriotiques lors des deux conflits mondiaux.

« Prise en étau entre les représentations de la débâcle de 1940 et le drame de la Shoah, la mémoire héroïque de l’engagement volontaire doit demeurer comme l’une des pages les plus belles de l’histoire de France et l’incarnation des valeurs de la République… Cette exposition se veut un hommage à tous les combattants morts pour la libération de la France, sans distinguer parmi les origines ou les confessions ». Pourquoi cette exposition a-t-elle largement occulté les Juifs d’Afrique du Nord ou engagés dans les Forces françaises libres ?

Pour la France
« En cette année du centenaire de la Grande Guerre et du 70e anniversaire de la libération de la France, le Mémorial de la Shoah est fier de contribuer avec le ministère de la Défense à cet hommage nécessaire envers ces dizaines de milliers de combattants juifs étrangers qui laissèrent derrière eux famille et travail pour aller défendre, en 1914 comme en 1939, leur patrie d'adoption », écrit Eric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah.

Et de poursuivre : « Ils luttèrent pour la France, ils luttèrent contre l'antisémitisme, ils luttèrent aussi au nom de leur attachement viscéral aux valeurs républicaines, symbolisées par cette devise "Liberté, Egalité, Fraternité" née de la Révolution française dont le souvenir résonnait avec tant de force dans leur cœur et leur conscience. Des milliers devaient en payer le prix du sang. Cette page trop souvent méconnue de notre histoire vient une fois de plus battre en brèche le lieu malheureusement commun d'une prétendue passivité des Juifs. Non, les Juifs dans leur diversité furent de tous les combats. Carency en 1915 ou Marchélepot en 1940 figurent parmi les hauts faits d'armes des régiments étrangers. Le parcours des survivants ne s'arrête pas avec la défaite de 1940. Pris dans la tourmente de la Shoah qui ne les épargna pas, beaucoup poursuivirent une lutte acharnée contre le nazisme dans la Résistance ou les armées alliées. Le Mémorial de la Shoah fait de l'évocation et de l'hommage aux engagés volontaires une partie intégrante de ses missions. Les liens étroits que nous entretenons avec l'Union des engagés volontaires anciens combattants juifs  - leurs enfants et leurs amis (1939-1945) vont pleinement dans ce sens pour que demain, l'attachement à la France, le courage et le sacrifice de ces homes ne soient jamais oubliés ».

Durant les deux conflits mondiaux, les Juifs de France rejoignent massivement les armées françaises. En 2005, le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) avait présenté l'exposition passionnante Les Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 (5675-5679).

Sur les 40 000 Juifs étrangers vivant en France, 8 500 s’engagent lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914. Plus du tiers est tué lors des combats. Morts pour la France.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, « un million et demi de soldats Juifs ont participé aux combats, dont 500 000 dans l’armée américaine et 500 000 dans l'Armée rouge, deux cent cinquante mille y ont perdu la vie, 36000 ont reçu des distinctions militaires de l’armée américaine, 160 000 ont été décorés dans l’Armée russe et 150 ont eu droit au prestigieux titre de Héros de l'Union soviétique  ». Ces statistiques sur « la participation des Juifs à l’effort de guerre, dans toutes les armées des forces alliées, tous les corps d’armées à tous les niveaux de la hiérarchie militaire », et sur tous les fronts, ont été communiquées lors d’un colloque international à l’université de Tel-Aviv en 2014.

En 1939, sur les 160 000 Juifs étrangers vivant en France, 25 000 s’engagent pour lutter contre le IIIe Reich. Des associations Juives jouent un rôle important dans cette mobilisation. Ces dizaines de milliers d'engagés volontaires Juifs étrangers sont « majoritairement affectés au sein de la Légion étrangère. Avec leurs camarades », ils défendent « leur patrie d’adoption, en métropole et sur l’ensemble des fronts », et contribuent « à lui rendre sa liberté, motivés par la préservation de l’idéal républicain et de ses valeurs ». Les « deux-tiers participent aux combats héroïques de Narvik, de la Somme, de l’Aisne ou encore des Ardennes ». Des milliers sont tués lors des combats.

L’exposition-dossier retrace le parcours de certains de ces engagés Juifs : Ilex Beller (1914-2005) né en Pologne, ancien des Brigades internationales, ouvrier fourreur et retraité peintre des shtetls, Léo Cohn (1913-1944), professeur d’hébreu né à Lubeck (Allemagne) qui meurt au camp d’Auschwitz, Samuel Danowski (1904-1982), né à Brest-Litovsk, médecin, soldat au 23 RMVE, puis résistant docteur dans des maquis de Corrèze (1943-1944), Joseph Epstein (1911-1944), communiste combattant auprès des républicains espagnols, engagé dans la Légion étrangère, fait prisonnier, évadé, responsable des Francs-tireurs et partisans français de la région parisienne, fusillé au Mont Valérien, Fred Samuel (1908-2006), né à Buenos Aires (Argentine), joaillier, sergent-chef fait prisonnier, évadé, résistant au sein des FFI puis soldat au sein de la 7e armée américaine, Haïm Albert Saul (1910-1979), né à Smyrne (Turquie).

Quid des Juifs d'Afrique du Nord ?

Lors de la Seconde Guerre mondiale, ces engagés volontaires Juifs « sont internés en Allemagne pour les uns – sur 1,6 million de prisonniers de guerre en Allemagne, 10 000 à 15 000 d’entre eux seraient Juifs, français ou étrangers ; leurs familles ne sont pas épargnées par les rafles et déportations -, démobilisés et persécutés en France pour les autres par le régime de Vichy. Leur sort n’est alors guère distinct de celui des Juifs de France pris dans la tourmente de la Shoah ».

En Afrique du nord, environ 2 000 engagés Juifs démobilisés sont affectés dans la trentaine de camps de travaux forcés pour construire, dans des conditions très difficiles, une ligne de chemin de fer parcourant le Sahara à l’initiative du gouvernement de Vichy en 1941, au Maroc et en Algérie. Ils sont progressivement libérés en 1943, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord en novembre 1942. Ils poursuivent le combat dans les rangs des armées française ou alliée.

L’exposition-dossier bénéficie du soutien de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, avec la participation du Musée de la Légion étrangère, du Service historique de la Défense, de l’Union des engagés volontaires, anciens combattants juifs étrangers (1939-1945), leurs enfants et amis, de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, du Centre d’étude et de recherche sur les camps d’internement dans le Loiret – Musée-Mémorial des enfants du Vel’ d’Hiv’.

Georges Brandstatter
A noter la publication de Résistants Juifs 1940-1945, de Georges Brandstatter (Ed. Jourdan). "Témoignages de ceux qui dans la clandestinité résistèrent. On a tout appris sur la guerre, les batailles, les bombardements, l’ exode, les privations. Sur la résistance aussi, à Londres et dans les maquis. Sur les camps, les déportations, l’indicible horreur. Alors le regard s’est porté ailleurs, non plus sur les horreurs, les salauds ou les héros, mais sur les gens ordinaires, ceux et celles qui ont vécu cette période en restant eux-mêmes ou en le devenant. C’est ainsi que sont apparus sur la scène de l’histoire de nouveaux résistants, occasionnels parfois, modestes toujours, jusqu’alors demeurés dans l’ ombre. Le temps est donc venu où l’on peut voir en pleine lumière ces Justes qui ont aidé des Juifs et ces Juifs qui se sont battus autant et même proportionnellement plus que les autres, contrairement à ce que disent les idées reçues, qu’elles soient inspirées par la haine ou par la compassion. De même que les Français n’étaient ni tous des collaborateurs, ni tous des résistants, les Juifs n’ont pas tous été des victimes passives. C’est sans doute la principale leçon à retirer de ce livre. Un livre qui d’ailleurs ne donne pas de leçon et c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Georges Brandstatter a patiemment recueilli, de 1998 à 2010, les témoignages oraux de personnes vivant en France, en Belgique et en Israël. Nées au début du siècle dernier, elles ont à ce jour plus ou moins quatre-vingts ans. Ce livre vient à son heure, à un moment où s’accélère le travail de mémoire, pour que personne ne soit oublié et pour que tous ceux qui ont quelque chose à dire puissent le faire. Le livre de Georges Brandstatter comble un vide. Car si la parole des résistants en général a été recueillie, celle des Juifs résistants et volontaires pour la création de l’Etat d’Israël ne l’était pas encore. Pour la première fois un aspect inconnu de la Shoah."

Le 4 octobre 2018, à 20 h, l'Institut d'Etudes du Judaïsme de l'Université libre de Bruxelles organise, dans l'auditoire H1308, la conférence de Georges Brandstatter intitulée "Combattants Juifs dans les armées de Libération, 1939-1945".

Cérémonies
La Fédération des Anciens combattants engagés volontaires et résistants Juifs dans l'Armée française a organisé la cérémonie de la Flamme sous l'Arc de Triomphe (Paris) les 12 mai 2015 à 18 h 30 et 17 mai 2016, à 18 heures. Cette cérémonie s'est achevée par les hymnes nationaux français et israélien.

La cérémonie du souvenir en hommage aux combattants Juifs étrangers engagés volontaires (1939-1945) a eu lieu le 7 juin 2015 à 10 h 30 au cimetière parisien de Bagneux.

L'Union des Engagés Volontaires Anciens Combattants juifs 1939-1945 leurs Enfants et Amis (UEVACJEA) a présenté du 23 au 30 mai 2016, à la Mairie du XVe arrondissement de Paris, l'exposition Les Juifs étrangers ont défendu la France. Les Juifs étrangers engagés volontaires dans l'armée française 1914-1918 et 1939-1945Vernissage le 26 mai 2016 à 18 h 30.

En 1914, "sur une population de 40 000 juifs étrangers vivant sur le sol national, à l’aube de la première guerre mondiale, 8 500 hommes s’engagent dans l’armée française. Ils sont incorporés dans les Régiments de la Légion Etrangère et combattent sur un certain nombre de terrains d’opération en Artois, en Champagne, dans la Somme, en Argonne et à Verdun, 3 600 d’entre eux ont donné leur vie pour la défense de leur patrie d’adoption, « LA FRANCE ».

L'UEVACJEA a organisé le 5 juin 2016 à 10 h 30, au cimetière  Parisien de Bagneux, la cérémonie du souvenir en hommage aux Combattants Juifs Étrangers Engagés Volontaires Morts pour la France (Guerre 1939-1945). Elle se réunira "devant le monument aux morts (près de l’entrée principale du cimetière) sous lequel, reposent 66 soldats ramenés de tous les champs de bataille choisis symboliquement  parmi des milliers d’autres. En 1939, 160 000 juifs étrangers vivent en France. Dès la déclaration de la guerre le 3 septembre 1939, 25 000 s’engagent contre l’Allemagne nazie, ce qui représente la quasi-totalité des hommes en âge de porter les armes. Incorporés dans les 11e et 12e Régiments étrangers d’infanterie, 13e Demi-brigade de la Légion étrangère, 97e groupe de reconnaissance de division d’infanterie et dans les 21e, 22e, 23e Régiments de marche de volontaires étrangers. Ils participent aux combats de Narvik (Norvège), de la Somme, de l’Aisne ou encore des Ardennes. Pourtant rien ne les prédestinait à tenir un fusil, ils le firent cependant avec bravoure. Des milliers d’entre eux moururent tandis que de nombreux autres, épuisés ou blessés, partirent pour l’Allemagne dans les stalags. Ceux qui évitèrent la captivité et restèrent en France, furent impitoyablement persécutés : ils furent d’abord dépouillés systématiquement de leurs biens avant d’être internés dans des camps de concentration et d’extermination. Les rescapés de cette féroce répression rejoignirent les rangs de la Résistance intérieure ou de la France Libre. Ils combattirent aussi bien en Afrique du Nord qu’en Italie ou en France, lors des débarquements de Normandie et de Provence. Loin de l’idée selon laquelle les Juifs étrangers auraient été des victimes passives ayant accepté leur sort avec fatalité, leur engagement volontaire prouve au contraire leur rôle actif dans le combat contre le nazisme et pour la libération de la France".

Léon Masliah, Président de la Fédération des Associations d’Anciens Combattants, Engagés Volontaires et Résistants Juifs dans l’Armée Française, "vous prie de bien vouloir honorer de votre présence la Cérémonie de la Flamme sous l’Arc de Triomphe, le 9 mai 2018 à 18 h 30. Accueil des personnalités à 18 h 15 sous l’Arc de Triomphe. Formation du Cortège des Drapeaux à 18 h (Angle Champs Elysées – Place de l’Etoile).


Du 5 novembre 2014 au 8 mars 2015
Niveau crypte, entresol et salle de lecture
17, rue Geoffroy–l’Asnier. 75004 Paris 
Tél. : 01 42 77 44 72 
Tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h

Visuel :
Groupe d’engagés volontaires du 21e RMVE dans une baraque du camp d’instruction militaire du Barcarès (Pyrénées-orientales). France, 1939-1940. 
© Mémorial de la Shoah / UEVACJ-EA.

Les citations proviennent du communiqué de presse et de l'exposition. Cet article a été publié les 3 mars, 12 mai et 11 novembre 2015, 26 mai 2016 et 8 mai 2018.

samedi 29 septembre 2018

« Les musulmans d’Europe » par Thomas Lauterbach et Faruk Hosseini


Arte (re)diffusera les 2 et 3 octobre 2018 « Les musulmans d’Europe » (Europas Muslime), série documentaire en cinq volets réalisés par Thomas Lauterbach et par Faruk Hosseini. « Comment vivent les musulmans du Vieux Continent aujourd’hui ? Enquête dans plusieurs pays en compagnie de la journaliste Nazan Gökdemir et du politologue germano-égyptien Hamed Abdel-Samad ». Arte diffuse aussi sur son site Internet "Mariages musulmans en Angleterre" (Muslimische Hochzeiten in England). Pourquoi une (re)diffusion en pleine nuit ?

« 24 septembre 622 : l'an 1 de l'islam » par Denis van Waerebeke 
« Jésus et l’islam » de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur 
« Juifs & musulmans - Si loin, si proches », par Karim Miské
« Les musulmans d’Europe » par Thomas Lauterbach  
   
Un « voyage avec la journaliste Nazan Gökdemir et du politologue Hamed Abdel-Samad en Allemagne, en France, en Belgique et en Espagne ».

« Depuis les récents attentats terroristes, les temps sont difficiles pour les musulmans d’Europe ». Une allégation non étayée par des statistiques. Pourquoi ne pas qualifier ces attentats d'islamistes ? Les temps sont surtout difficiles pour les cibles du terrorisme islamique, les victimes et leur famille.

« L’islam est de plus en plus critiqué, certains estimant même que cette religion encouragerait la violence ». Un certain nombre de ces critiques sont musulmans.

« Au cours de l’été 2016, la journaliste allemande Nazan Gökdemir et le politologue germano-égyptien Hamed Abdel-Samad – connu pour ses positions critiques vis-à-vis de l’islam – ont parcouru plusieurs pays d’Europe pour s’entretenir avec des musulmans ».  Bref, un documentaire réalisé et diffusé entre deux attentats terroristes islamistes.

« Comment vivent aujourd’hui les musulmans du Vieux Continent ? À quoi ressemble leur vie aujourd’hui ? Quel rôle y jouent les traditions, la foi, la famille et la politique ? »

"Les musulmans sont-ils en mesure d'avoir une réflexion critique sur  l'islam ? Quelles sont leurs craintes ? Leur croyance est-elle un facteur d'exclusion... La critique de l'islam ne doit pas être le monopole de l'extrême-droite. Exprimer le doute et la critique n'est pas quelque chose de 'honteux. Bien au contraire... La période est tendue et Hamed est considéré comme le plus virulent critique de l'islam en Allemagne ? Comment les musulmans vont-ils réagir face à lui", s'interroge Nazan Gökdemir.

Allemagne
« Dans ce premier volet, Nazan Gökdemir et Hamed Abdel-Samad se rendent à Berlin où ils rencontrent notamment l’islamologue Bassam Tibi ainsi que la journaliste Sineb El Masrar ».Environ 500 000 musulmans vivent à Berlin.

Un sondage auprès de musulmans indique que la majorité place le Coran au-dessus de la constitution. "80% si tous avaient répondu avec honnêteté". Pour Nazan Gökdemir, "chaque religion évolue à son rythme". Hamed Abdel-Samad estime que "l'islam n'est pas réformable".

Un musulman justifie le port du foulard islamique en alléguant qu'un "homme ne peut pas résister à la tentation".

Quant à Bassam Tibi, il explique : « Je suis un musulman réformiste. Je suis croyant... J’ai encore de  l'espoir. Interdire la critique empêche tout progrès intellectuel. L'engagement pour la liberté et les droits de l’homme nous réunit tous deux... Il faut replacer dans le contexte historique beaucoup de choses du Coran. Un musulman ne peut pas être européen s'il veut vivre comme en islam. L'Etat et l'Eglise allemand soutiennent cet islam ségrégationniste. Ils veulent calquer sur l'islam le modèle chrétien. Je ne veux pas être représenté par le Conseil central des musulmans. Nous sommes des individus. Arrêtez-de nous voir comme membres de l’oumma".

Puis, le réalisateur assiste à une fête musulmane à la mosquée Pinar Cetin, d'inspiration ottomane. C'est la Nuit du destin : Le Coran a été révélé à Mahomet. Trois à quatre mille invités rompent le jeûne, puis prient. Des musulmans agressent verbalement Hamed Abdel-Samad. Celui-ci réfute toute volonté de provocation : "Je cherche le dialogue, mais il tourne souvent à la confrontation. Des gens m’invectivent et je ne l’accepte pas. L'amertume est grande et tôt ou tard elle engendrera de la violence." La confrérie soufie refuse de le voir.

Emus, Hamed Abdel-Samad se souvient avoir dansé avec eux quand il avait 11 ans : "Je n’ai plus la foi. J’aime les lieux baignés de nostalgie. Je m’étais réjoui de voir cela... Si chaque fois que j’ouvre la bouche, je dois faire attention à ne pas blesser l’un, l’autre… C’est de l’auto-censure, et je suis écrivain. Je ne peux pas croire que cela vienne de moi".

France, Belgique, Espagne
Nazan Gökdemir et Hamed Abdel-Samad « poursuivent leur tour d’Europe à Schaerbeek, commune bruxelloise tristement célèbre depuis les attentats qui ont frappé Bruxelles le 22 mars 2016 ». 

Nazan Gökdemir a "habité à Bruxelles il y a une dizaine d'années. A l'époque, la ville était déjà très "colorée". Mais aujourd'hui  je trouve qu'il y a plus de femmes voilées qu'il y a dix ans, se souvient-elle.

"Est-ce que cela veut dire qu'en Belgique l'islam est mieux accepté qu'en Allemagne ou que le processus d'islamisation est plus avancé", se demande l'écrivain Hamed Abdel-Samad. Bonne question", conclut Nazan  Gökdemir.

Ahmid Bénichou travaille dans la police : « Les femmes se foulardent de plus en plus, les hommes portent des barbes. Dans l'espace public, je suis citoyen. Nous devons apprendre à ne pas brandir « Je suis musulman » comme étendard. Des prédicateurs traitaient la première génération comme des vauriens. Tous les Etats ont toléré cela à cause de l’argent... De quel islam parlons-nous ? la wahaabite ?" L'Arabie saoudite contrôle la plupart des mosquées.

Les jeunes musulmans ayant rejoint l'Etat islamique avançaient : "C’est écrit dans le Coran qu’on va au Paradis en libérant Sham ».

Nazan Gökdemir et Hamed Abdel-Samad « s’entretiennent également avec l’ancien grand mufti de Marseille et se rendent à la grande mosquée de Grenade ».

Une « diffusion suivie d’un entretien à 1 h 05 avec un invité ».

Danemark
Le volet "Au Danemark" (Dänemark) est réalisé par Faruk Hosseini.

"Dans ce premier épisode, la journaliste Nazan Gökdemir et le politologue Hamed Abdel-Samad partent au Danemark où, en 2005, la publication de caricatures du prophète Mohammed avait provoqué une série de réactions violentes. À Copenhague, ils rencontrent Sherin Khankan, la première femme imam d’Europe, découvrent Norrebro, quartier de la capitale souffrant d’une mauvaise réputation, et s’entretiennent avec Naser Khader, un membre du Parlement danois qui a fait l’objet de plusieurs controverses."

Au Danemark, comme en Allemagne, les musulmans représentent environ 5% de la population, contre 8% en France".

Questions posées en voix off : "Qu'est-ce que cet épisode [publication des dessins sur Mahomet et violences de musulmans au Danemark et au Moyen-Orient] a changé dans la vie des musulmans danois ? Est-ce qu'ils se sentent danois et membres d'un islam européen ? Comment vivent-ils au quotidien dans un pays où, depuis quelques années, l'extrême-droite gagne du terrain ?"

Le reportage recourt à la notion d'"extrême-droite" pour qualifier un mouvement politique sans en justifier la pertinence.

Bosnie-Herzégovine
"Dans ce deuxième épisode "En Bosnie-Herzégovine" (Bosnien) réalisé par Faruk Hosseini et diffusé le 3 octobre 2018, Nazan Gökdemir et Hamed Abdel-Samad se rendent dans l’un des hauts lieux de l’islam en Europe : la Bosnie-Herzégovine. À Sarajevo, ils rencontrent l’imam de la mosquée impériale, l’un des religieux les plus influents du pays. Ils visitent ensuite Srebrenica, ville martyre où, en 1995, 8 000 hommes et adolescents musulmans ont été assassinés. Puis direction Mostar, une ville déchirée entre un quartier chrétien à l’ouest et un quartier musulman à l’est".

"La Bosnie est un pays qui nous donne la preuve que les quatre confessions peuvent très bien vivre en bonne intelligence et nous montre comment tout peut dérailler", déclare Hamed Abdel-Samad. exprimant le mythe al-Andalus et cherchant "la petite étincelle qui a suffi à déclencher une guerre entre des confessions qui coexistaient pacifiquement jusque-là". En fait, il occulte la dhimmitude liée au djihad. Ce qui fausse sa perception de l'Histoire.

"On se dira peut-être à la fin de ce voyage que c'est justement la religion qui permet aux gens de coexister en paix", dit Nazan Gökdemir à Hamed Abdel-Samad, qui rétorque : "Je doute que ce soit la religion. Moins il y a de religion, plus il y a de paix".

Angleterre
Arte diffuse sur son site Internet, dans le cadre d'ARTE Regards (Re: Liebe halal), "Mariages musulmans en Angleterre" (Muslimische Hochzeiten in England).

"En Europe, nombre de jeunes Musulmans prennent la décision de s’unir rapidement, car la loi islamique ne permet pas de se fréquenter sans être mariés. Mais si ces unions sont valides sur le plan religieux, elles n’ont pas automatiquement de valeur juridique. En Angleterre, 60 % de ces mariages ne sont pas reconnus par la loi."

"En cas de séparation, ce sont souvent les femmes qui ont le plus à perdre, en témoigne Sarah Shahzad, âgée de 28 ans et mère de sept enfants, qui a décidé de se séparer de son compagnon devenu violent. Elle ne reçoit plus aucun soutien financier, et ne peut faire valoir son droit au versement d’une pension alimentaire. Mais la jeune femme peut compter sur l’engagement de l’avocate Aina Khan, qui se bat depuis de nombreuses années pour l’enregistrement des mariages musulmans."


« Les musulmans d’Europe » (Europas Muslime) par Thomas Lauterbach.
Allemagne, 2016, 30 min
Sur Arte
1ère partie : Allemagne (Auf Reisen mit Nazan Gökdemir und Hamed Abdel-Samad) : les 12 avril 2017 à 0 h 10, 3 octobre 2018 à 1 h 35 (53 min)
2e partie : Belgique, France, Espagne (Auf Reisen mit Nazan Gökdemir und Hamed Abdel-Samad)  : les 11 avril 2017 à 23 h 20, 3 octobre 2018 à 2 h 25 (52 min)
Visuels : © AVE/Thomas Lauterbach
"Au Danemark" (Dänemark) par Faruk Hosseini :  le 2 octobre 2018 à 23 h 50. Allemagne, 2017
"En Bosnie-Herzégovine" (Bosnien) réalisé par Faruk Hosseini : le 3 octobre 2018 à 0 h 40. Allemagne, 2017

"Mariages musulmans en Angleterre" (Muslimische Hochzeiten in England
Allemagne, 2018, 30 min

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Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 9 avril 2017.

Le monde selon Topor


La Bibliothèque nationale de France (BNF) a présenté l’exposition Le monde selon Topor. Un hommage à Roland Topor (1938-1997), né dans une famille juive polonaise, « artiste hors-norme, au génie graphique, à l’homme d’esprit à l’humour subversif, au dessinateur génial, à l’écrivain de nouvelles, de romans, de pièces de théâtre… toujours empreint d’un humour grinçant et d’une certaine mélancolie ». Une exploration de « l’univers créatif de Topor, le dessinateur et l’écrivain, des années 60 jusqu’à sa mort en 1997 ». Un artiste prolifique inscrit dans la lignée de célèbres illustrateurs du XIXe siècle. A Essen, le Museum Folkwang propose l'exposition "Panoptikum". 
     
Astérix
« Walt Disney - L'enchanteur », par Sarah Colt
Will Eisner. Génie de la bande dessinée américaine
« Du Panthéon à Buenos Aires » de René Goscinny
« René Goscinny, notre oncle d'Armorique » par Guillaume Podrovnik
« Silex and the City. #Je suis sapiens » par Jean-Paul Guigue
« La Planète sauvage » par René Laloux
« Lucky Luke - La fabrique du western européen » par Guillaume Podrovnik

« On n’est pas né pour faire une chose. Si on a la possibilité d’en faire plusieurs, on s’ennuie moins », a déclaré Roland Topor (1938-1997) qui trouvait « exaltante » la révolte du ghetto de Varsovie, ville originaire de son père Abram, né en 1903.

Roland Topor était né dans une famille juive polonaise à Paris. Ses parents, Abram et Zlata, s’étaient installés en France au début des années 1930. Abram Topor avait peint en artiste amateur de remarquables tableaux.

« Artiste inclassable, Topor est aujourd’hui considéré comme l’un des grands dessinateurs du XXe siècle. Créateur insatiable, il mit son crayon au service d’un imaginaire débridé : dessins d’humour, illustrations pour la presse et l’édition, affiches, films d’animation, émissions de télévision, décors et costumes de théâtre ». C’était aussi un rire énorme qui cachait une sensibilité extrême, une mélancolie.

« C’est par ses dessins d’humour parus dans les journaux dès la fin des années 50 que Roland Topor se fit connaître. Il participa ensuite à l’aventure d’Hara-Kiri entre 1961 et 1966. Ses dessins sont présents dans de nombreuses publications, grand public ou confidentielles ».

« Fort d’une reconnaissance rapidement acquise, Topor fut sollicité par des éditeurs pour illustrer des livres. Lecteur infatigable et curieux, il eut à cœur de mettre en images les textes d’auteurs avec lesquels il partageait une certaine affinité d’esprit tels Jacques Sternberg, Boris Vian ou Marcel Aymé ».

« Artiste du livre, on trouve aussi Topor dans le sillage des avant-gardes artistiques de son temps : en 1962, il créa avec Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowsky « le Panique », un mouvement dérisoire en réaction au groupe surréaliste vieillissant et pontifiant ».

« Topor mit son talent au service du monde du spectacle dès les années 60. Il collabora avec des cinéastes par divers biais : création de dessins pour des films d’animation, de génériques, d’affiches ».

En 1973, Roland Topor « révolutionne avec son complice Laloux le monde de l’animation et la France se met à rêver de La Planète sauvage sur grand écran.

Avec le réalisateur Henri Xhonneux, Roland Topor « conçut Téléchat, une parodie de journal télévisé pour enfants diffusée en France à partir de 1983 : les marionnettes originales de l’émission seront présentées dans l’exposition ».

Topor « fut en outre l’auteur de romans, notamment le Locataire chimérique, adapté au cinéma par Roman Polanski, de nouvelles, de pièces de théâtre, de chansons, et de scénarii de films ».

« Caustique, absurde et poétique l’univers de Roland Topor, Mi-fugue, Mi-raisin a mis Des Papous dans la tête aux auditeurs des années 70-80 ».

De Téléchat à Merci Bernard, c’est toute une génération qui cultive l’humour décalé alors que Tac au Tac renouvelle pour la télévision le cadavre exquis cher aux surréalistes. Avec son complice Jean-Michel Ribes, Roland Topor conçut des sketchs pour les émissions humoristiques Merci Bernard et Palace diffusées à la télévision au milieu et à la fin des années 1980 ».

« Artiste polyvalent, Topor développa à travers ses dessins et ses écrits, un style et une vision du monde que l’on qualifie souvent de « panique ». « Je suis paniqué et je me marre » disait-il.

Son « œuvre lui ressemble : prolifique, polymorphe, polytechnique, cosmopolite, humaniste, nourrie à diverses sources de l’art, de la littérature, du passé et de son temps, angoissée et joyeuse. Intellectuelle, l’œuvre de Topor n’en fut pas moins populaire. L’artiste ne souhaitait pas réserver ses créations aux seuls amateurs d’art mais visait tous les publics pour en être reconnu et ne rester prisonnier d’aucun. Il passait d’un champ créatif à l’autre, d’un médium à l’autre, d’un mode de diffusion à l’autre le plus librement possible ».

La « liberté de Topor se conjugue avec la multiplicité de sa création. Certaines devinrent des succès populaires : « Le poing dans la gueule » et « Le coup de marteau », des symboles dénonçant la liberté d’expression bafouée, La Planète sauvage, un chef-d’œuvre international du film d’animation, Téléchat, un ovni de créativité télévisuelle, Merci Bernard et Palace, deux souvenirs impérissables de l’humour noir au petit écran, l’affiche du film Le Tambour, son roman Le Locataire chimérique adapté au cinéma par Roman Polanski… les images et les écrits de Topor ont marqué les esprits. Derrière les œuvres connues, il y a l’œuvre de Topor, dans toute sa beauté, sa diversité, sa virtuosité, sa complexité, son génie. L’intérêt pour son œuvre littéraire continue de croître auprès de publics variés ».

La Bibliothèque nationale de France (BnF) « conserve le fonds le plus important de publications, d’estampes et de livres de Topor, grâce au dépôt légal et à une donation consentie par Nicolas Topor, le fils de l’artiste ». « Il m’a transmis un état d’esprit de curiosité, la liberté de pouvoir créer sans se mettre de barrières, sans autocensure », constate Nicolas Topor, artiste peintre.

« Vingt ans après sa disparition, la BnF consacre une exposition rétrospective à Roland Topor (1938-1997) en partenariat avec le Théâtre du Rond-Point, dans le cadre de Art Paris Art Fair 2017 et Drawing Now Paris / Le Parcours. Le commissariat est assuré par Céline Chicha-Castex, conservateur au département des Estampes et de la photographie de la BnF Alexandre Devaux, historien d’art, spécialiste de Topor ».

La Bibliothèque rend hommage à l’artiste hors-norme, au génie graphique et à l’homme d’esprit à l’humour subversif que fut Roland Topor ». 

Le monde selon Topor  « dévoile de multiples facettes de l’œuvre de cet artiste hors du commun, l’un des plus marquants et prolifiques de la fin du XXe siècle ». L’exposition « met en lumière son travail d’auteur, le littéraire et le graphique étant chez Topor deux écritures intimement mêlées. Du dessin à l’écriture, l’œuvre de Topor est principalement une œuvre de papier. Environ 300 pièces révèlent « la variété de la production artistique de Topor », la pureté de la ligne, l’efficacité du dessin.

Articulée autour de quatre sections thématiques, cette exposition « met en vis-à-vis un grand nombre de dessins originaux, provenant essentiellement de collections privées, et des éditions conservées dans les fonds de la BnF ». Les deux premières parties « abordent les dessins de Topor pour la presse et ceux d’illustration. Dans la 3e partie, sont montrées différentes contributions de Topor au monde du spectacle, qu’il s’agisse de ses dessins pour le cinéma, la télévision, le théâtre ou l’opéra. La 4e partie aborde l’œuvre de Topor en tant qu’artiste, écrivain et concepteur ou performeur de livres ».

Le parcours se déroule « sous une forme « labyrinthique » avec un espace central consacré au spectacle (projection d’extraits de La Planète sauvage et des Escargots). L’espace dédié aux marionnettes originales de la série Téléchat constitue un temps fort du parcours. Les cimaises sont dessinées avec des terminaisons en biseaux ouvertes comme si elles avaient été tranchées, ménageant des effets de perspectives sur le reste de l’exposition. Les surfaces biseautées des cloisons sont habillées de citations visuelles des dessins de Topor. Ces zooms cadrés font écho aux dessins originaux de chaque section ».

Les « textes de salle et les cartels sont imprimés sur un papier Velin. Faisant écho au grain, à la fragilité du dessin, il souligne l’importance de ce medium dans le travail de Topor. Chaque section se distingue par une couleur spécifique, dans une gamme douce, tons gris/pastel extraits des œuvres de Topor ».

« Certaines œuvres sont rapprochées dans des vitrines verticales feuilletées, nichées dans les cimaises pour mettre en valeur des séries partageant la même thématique. Les focus se distinguent par un réchampi, peinture en bande continue sur le mur ».

Autour de l’exposition, ont eu lieu la conférence « Roland Topor, l’œuvre audiovisuelle », la journée d’étude « Topor, artiste multimédia » conçue par Céline Chicha et Alexandre Devaux, avec Bertrand Tillier, professeur d’Histoire contemporaine et des médias, et un après-midi d’hommage conçu par Jean-Michel Ribes, « ami, compagnon de rire et de création de Roland Topor, et entremêlant lectures, saynètes et images d’archives, reflétant fidèlement l’imaginaire foisonnant de cet artiste inclassable ».

Topor et la presse 
« Séduit par l’effet choc des dessins de Siné, Topor, encore étudiant aux Beaux-arts, renonça à s’isoler dans un travail laborieux de peintre d’atelier devant attendre longtemps une hypothétique reconnaissance, pour se lancer dans le dessin d’humour ».

« Il présenta ses dessins à Bizarre, une revue empreinte de l’héritage Dada et surréaliste, adepte d’humour noir, dirigée par Jean-Jacques Pauvert : son premier dessin y fut publié en juillet 1958 ».

« Noir, sans légende, intellectuel, elliptique, psychologique, violent, l’humour de Topor gagna rapidement les faveurs d’un public d’amateurs éclairés ». 

« Dans ses premiers dessins, Topor mit en scène de manière récurrente un personnage type, un homme en costume et chapeau melon, rappelant aussi bien le personnage de Charlot que les figures de Magritte ». 

Il « participa ainsi à l’éclosion d’une nouvelle vague du dessin d’humour qui trouva un aboutissement dans les pages d’Hara-Kiri. De 1961 à 1966, Topor participa à l’aventure d’Hara-Kiri, journal satirique créé en 1960 par François Cavanna et Georges Bernier, dit le Professeur Choron. Avec les dessinateurs Reiser, Fred, Lob, Cabu, Gébé et Wolinski, Hara-Kiri partait « joyeusement en guerre contre les monstres Bêtise, Mensonge, Futilité, Injustice, Conformisme », selon Cavanna. Les premiers dessins de Topor publiés furent une série de « gueules malmenées ». Certaines d’entre elles servirent de visuels pour la première campagne d’affichage en kiosque du journal, dont le célèbre « coup de poing dans la gueule ». Au gré des numéros, on voit son petit bonhomme « abandonner la scie, le marteau et les clous du sadisme au premier degré et se projeter dans des cauchemars ou des délires de plus en plus extravagants, de plus en plus personnels. » (J. Sternberg) ». 

Topor « ne se considérait pas comme un véritable dessinateur de presse, même s’il dessinait pour la presse : hormis quelques contributions comme celles, violemment contestataires, parues dans L’Enragé et Action en 1968, ou d’autres plus tardives dans Libération, ses interventions graphiques étaient généralement détachées de l’actualité. Son humour met à distance le fait et révèle, souvent, le drame psychologique qui se joue en coulisse du banal quotidien ».

De Bizarre au quotidien Le Monde, via Hara-Kiri, l’hebdomadaire ELLE, Le Canard enchainé, le New York Times, Libération, Le Journal du Dimanche, Sciences et Avenir, London Magazine, Die Zeit et « de nombreuses publications, petites ou grandes, généralistes ou spécialisées, françaises ou étrangères, Topor a entretenu une fidélité constante à ce mode de diffusion. Tout en ayant le souci de porter son œuvre (dessins et textes) à l’appréciation du plus grand nombre par ce biais, il a toujours su imposer l’originalité de ses idées et de son style aux différentes rédactions ».

« Bien qu’il n’ait pas manifesté de goût pour le dessin d’actualité, Topor n’était pas pour autant indifférent à la marche du monde. Il a maintes fois prêté son concours à des causes humanitaires ». 

En 1976, Amnesty international « lança une campagne médiatique pour dénoncer la torture dont étaient victimes les prisonniers politiques et sollicita d’une quinzaine d’artistes le don d’une œuvre originale. Topor offrit un dessin évoquant la liberté d’expression opprimée : un visage de profil, dont la mâchoire inférieure est décrochée par un coup de marteau. L’idée était reprise d’un dessin paru dans Hara-Kiri dix ans plus tôt et dans le journal hollandais God, Nederland & Oranje en mars 1967. Topor avait déjà redessiné ce motif pour une lithographie de l’album Cosy Corner en 1972, et le réutilisa pour la couverture du numéro 1 de la revue Mépris en 1973. C’est cette dernière version qui servit pour l’affiche d’Amnesty. Cet exemple permet d’évoquer les multiples destinations des images de Topor qui ne se laisse pas enfermer dans un domaine particulier. Il ne souhaite pas assigner une image à une fonction ou à un sens unique ». 

Topor illustrateur 
« Fort d’une reconnaissance rapidement acquise dans la presse », Topor « fut sollicité par des éditeurs pour illustrer des livres. Ses « premières illustrations furent créées dans le sillage de ses collaborations aux revues Bizarre et Hara-Kiri ». 

« La renommée de Topor croissant, les commandes d’autres éditeurs se multiplièrent. Topor a ainsi illustré plus de cent livres. De la simple couverture commandée pour l’édition de poche d’un roman à gros tirage à l’extrême préciosité de certains ouvrages réservés aux bibliophiles, il a affirmé son talent à marier ses images, pourtant si singulières, à des classiques de la littérature française et étrangère et à des textes d’amis ». 

Topor « était un amoureux des livres. Sa curiosité insatiable l’amena dès son enfance à explorer les écrits de différents auteurs. Si Alexandre Dumas, Alfred Jarry, Robert-Louis Stevenson, Lewis Carroll, Jack London et Edgar Poe suscitèrent ses plus durables émois littéraires, il dévora avec la même gourmandise les polars, les romans de science-fiction, les livres d’humour, de poésie, d’images ». 

Il « eut à cœur d’illustrer les textes d’auteurs anciens ou contemporains avec lesquels il partageait une certaine affinité d’esprit tels Charles Perrault, Marcel Aymé, Félix Fénéon, Emmanuel Bove, Boris Vian, et ses amis Jacques Sternberg, André Ruellan, Marcel Moreau, Freddy de Vree... Ses cent-vingt dessins pour les Œuvres complètes de Marcel Aymé (Flammarion, 1977), comptent parmi ses créations majeures ». 

Les illustrations de Topor « suivent la progression générale de son œuvre : aux premiers dessins en noir et blanc où le style est rudimentaire, concis et elliptique, succédèrent, dès le milieu des années 1960, des images plus élaborées, où l’atmosphère et les compositions se densifient, notamment par les variations rythmiques de ses hachures. Puis, dans les années 1970, une grâce nouvelle surgit par l’apport de la couleur et l’usage du crayon de couleur et de l’aquarelle mêlés à l’encre de Chine ». 

« Au gré des commandes, Topor joua à faire entrer son univers en résonnance avec celui des auteurs qu’il illustra, sans jamais le trahir ni celui de l’écrivain. Il apporta un grand soin à ces travaux d’enluminure de textes sans affadir ses visions ; l’imaginaire d’un autre devenait au contraire un stimulant pour creuser et développer le sien. Son dessin agit souvent comme le révélateur d’un contenu latent dans le texte. Mais il n’explique rien : il ouvre sur le merveilleux et l’inconscient ». 

Topor et le spectacle 
Topor « mit son talent au service du monde du spectacle dès les années 1960 ». 

« Comme dessinateur, il conçut des génériques pour Qui êtes-vous Polly Maggoo ? de William Klein et Viva la Muerte de Fernando Arrabal, des dessins pour la séquence de « La Lanterne magique » du film Casanova de Federico Fellini, des affiches de films et de spectacles : celle qu’il créa pour le film Le Tambour de Volker Schlöndorff en 1978 est l’une de ses images les plus connues ». 

« Comme écrivain, il participa à l’écriture de films de Pierre Richard (Les Malheurs d’Alfred coécrit avec André Ruellan, 1972), Bob Swaim (L’Autoportrait d’un pornographe, 1972), Peter Fleischmann (La Maladie de Hambourg, 1979), Jean-Michel Ribes (La Galette du roi, 1986) ». 

Il « fit aussi quelques apparitions comme acteur dans les films de ses amis William Klein, Raoul Ruiz, Werner Herzog, Pascal Thomas, Jérôme Savary, Volker Schlöndorff ». 

Dans son court métrage Les Temps morts (1964), des dessins de Topor sont mêlés à des images documentaires, à quelques essais de papiers découpés ». 

Topor « perfectionna sa technique dans Les Escargots, film en couleurs qu’il réalisa avec Laloux en 1966 : l’histoire, naturaliste et fantastique, est celle d’escargots mangeurs de salades devenues géantes à force d’être arrosées par les larmes de leur cultivateur. Devenus monstrueux eux-mêmes, ils attaquent une ville dont les habitants sont saisis de panique ».

Sortie en 1973, l’œuvre cinématographique la plus remarquée demeure La Planète sauvage, film d’animation réalisé par René Laloux. Débuté dès 1966, ce long métrage est distinguée par le Prix spécial du jury au Festival de Cannes l’année de son exploitation en salles. « L’histoire, adaptée par Topor et Laloux du roman Oms en série de Stefan Wul, raconte le conflit entre les Draags, humanoïdes éclairés mais despotiques vivant sur la planète Ygam, et les Oms de la planète Terra, humains à l’état sauvage. Par le prêt d’un ensemble de dessins préparatoires au film, l’exposition montre le travail de Topor pour la conception des images du film ». 

« Avec Henri Xhonneux, Topor réalisa en 1989 le film Marquis, un sulfureux hommage à Sade ». 

Topor « travailla aussi pour la télévision : dès 1967, sollicité par Daisy de Galard, il devint un collaborateur régulier de l’émission Dim Dam Dom. Son esprit, caustique et joyeux, sa verve et son rire contribuèrent à faire de lui un invité apprécié des plateaux de télévision ».

« Avec le réalisateur belge Henri Xhonneux et le producteur Eric Van Beuren, il conçut Téléchat, une série télévisée pour enfants de 234 épisodes diffusée en France dans l’émission Récré A2 sur Antenne 2 et en Belgique à partir de 1983. Téléchat parodie le journal télévisé des adultes. Il est présenté par des marionnettes : une autruche, Lola, et un chat, Groucha. Interviennent dans l’émission Micmac, le micro de Groucha, Albert le dictionnaire, Durallô, le téléphone du studio, Duramou, un fer à repasser huissier de justice, le singe Pub-pub et divers personnages loufoques. Les gluons qui sont interviewés ou apparaissent dans des reportages, font parler la matière des objets. L’émission démarre invariablement par l’objet fêté du jour. Après le générique de fin, on revoit Groucha et Lola discuter après le travail au café, le Milk Bar. Les marionnettes de l’émission conservées au Centre de la Marionnette de Tournai sont présentées dans l’exposition ». 

Le « succès fut aussi au rendez-vous des émissions humoristiques conçues avec Jean-Michel Ribes, Merci Bernard (1982-1984) et Palace (1988), pour lesquelles Topor rédigea des sketches ». 

« Durant les années 1990, toujours actif sur de nombreux fronts artistiques, Topor s’adonna à la création de costumes et de décors pour des mises en scène au théâtre et à l’opéra, en France et à l’étranger : La Flûte enchantée à Essen, Ubu Rex à Munich. Lui-même mit en scène Ubu Roi au Palais de Chaillot en 1992 et sa pièce L’Hiver sous la table en 1996 ». 

Ses « pièces furent et continuent à être jouées aux quatre coins du monde ». 

Topor artiste et écrivain 
« Dans son désir de ne pas rester limité aux seules possibilités que lui offraient la presse ou l’édition littéraire, Topor souhaita se frotter au monde de l’art contemporain ».

« Contrairement à la plupart des dessinateurs d’humour qui se considéraient comme journalistes, il assuma d’emblée sa vocation d’artiste, non sans ironie. Ses dessins de presse, tout comme ses illustrations, ses dessins pour l’animation et ses estampes pouvaient être accrochés à côté de dessins spécifiquement préparés pour l’exposition ».

« Tout faisait œuvre : le petit dessin-gag en noir et blanc rapidement exécuté aussi bien que les œuvres en couleurs, de plus grand format, patiemment élaborées, dans lesquelles il laissait briller son imaginaire insolite et sa virtuosité. Topor aimait jouer le jeu de la confusion des valeurs, de la contestation des hiérarchies. Doué d’un formidable esprit de conceptualisation, il s’amusa à transgresser les frontières définies par le marché de l’art, les institutions, les critiques, les historiens et les artistes eux-mêmes. Il souhaita s’affranchir du sens unique, du conformisme, de la sclérose ».

Il « débute sa carrière comme dessinateur d’humour dans une certaine presse : Bizarre en 1958, Arts en 1959, Fiction en 1960 et Hara-Kiri en 1961. C’est par l’intermédiaire de Hara-Kiri qu’il fait la connaissance de Fernando Arrabal. Une amitié très forte naît entre les deux hommes et ensemble, avec d’autres artistes rencontrés lors de ses études à l’École des beaux-arts de Paris dont Jodorowsky, ils fondent en 1962 le groupe « Panique », mouvement artistique dérisoire, qui, malgré son manque de sérieux assumé, va jouir d’une certaine renommée dans le monde des arts et des lettres ».

Ce « mouvement artistique dérisoire » vise « à se moquer du groupe surréaliste et surtout de son chef André Breton. Ayant rencontré ce dernier lors d’une réunion protocolaire, Topor avait jugé dérisoire l’autorité dont le pape des surréalistes faisait encore la démonstration ».

En outre, ces « jeunes artistes souhaitaient se démarquer de ce qui existait déjà. Le Café de la Paix, place de l’Opéra, devint le lieu de réunion du nouveau groupe Panique. Le Panique n’était pas une école artistique régie par un manifeste, mais une réunion d’amis n’ayant pas une conception dogmatique de l’art, dans un esprit bannissant toute idée de sérieux, de hiérarchie et de genre ».

« Outre ses fondateurs, le groupe Panique réunit anarchiquement de 1962 à la fin des années 1990 plusieurs artistes plasticiens et écrivains dont Olivier O. Olivier, Christian Zeimert, Michel Parré, Sam Szafran, Abel Ogier, Gironella, Oscar de Witt, Diego Bardon, André Ruellan, Jacques Sternberg, Copi, Jérôme Savary et Roman Cieslewicz. »

« À la même époque, Topor se rapprocha de ceux qu’il percevait comme sa « famille » artistique : Jean Tinguely, Daniel Spoerri, Robert Filliou, Pol Bury, Erik Dietman, tous héritiers de Duchamp ».

Topor « a néanmoins toujours souhaité rester libre de tout courant artistique ».

Dès 1966, « l’atelier de lithographie de Peter Bramsen devint pour lui un lieu où il côtoyait différents artistes d’avant-garde, et se lia d’amitié avec plusieurs d’entre eux, dont Pierre Alechinsky. Sur les conseils de Peter Bramsen, il aborda la technique de la linogravure au moyen duquel il conçut des images percutantes dont plusieurs furent reproduites dans la presse et servirent à faire des affiches ».

Topor « aborda le livre comme objet de diffusion et de création. Le livre permet en premier lieu de réunir les dessins et les textes dispersés dans la presse ; il pérennise ainsi sa production, autrement promise à la vie éphémère des périodiques (Les Masochistes, Dessins Panique, Four Roses for Lucienne…) ».

Topor « joua avec le livre sous différentes coutures. Le livre, comme tout chez Topor, ne doit pas être réduit à une fonction unique. Écrivain, il est l’auteur de roman dont La Princesse Angine et Le Locataire chimérique, adapté au cinéma par Roman Polanski, de nouvelles, de pièces de théâtre (Le Bébé de Monsieur Laurent, Vinci avait raison, L’Hiver sous la table), de chansons. Vecteur et outil de diffusion, le livre est aussi un objet artistique en soi, conceptualisable à l’envi ».

« Parce que la Bibliothèque nationale de France est avant tout le lieu de la mémoire imprimée, il est important de montrer l’étonnante création livresque de Topor. Plusieurs types de livres sont ainsi présentés en vitrine parfois accompagnés de dessins originaux et de manuscrits, comme les premières pages du Locataire chimérique ».

« Parmi les variations conceptuelles autour du livre, Topor créa les curieux jeux de société : L’étrange cas de Sherlock Holmes et Le Topsychopor, et des livres pastiches (Le Bateau ivre, Les photographies conceptuelles d’Erwahn Ehrlich), de livres-gags (Le livre à boutons, La Vérité sur Max Lampin), et des curiosités, plus ou moins rares, devenues la visée d’amateurs bibliophiles (Le Tachier de l’amateur, L’Epikon, Laid Poulet, Le Grouilloucouillou, Cons de fées…) »

Les 10, 11, 12, 13, 14, 15, 17 et 19 octobre 2017, Toute l'Histoire diffusa Roland Topor, songes, mensonges, panique et déconnade. "Artiste protéiforme, Roland Topor aura travaillé à opposer le plus de surfaces possibles à l’avancement, cherchant sans doute en cela à retenir la vie par tous les moyens. Découverte d'un homme aux multiples talents".

Le 21 mars 2018, à 20 h, le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris présente à la Salle de Cinéma Une soirée avec Roland  Topor. L’exposition "Le continent belge ! 20 ans d’Art BUL et quelques… présente les œuvres de plus de soixante-dix artistes belges et internationaux, dont Roland Topor. Cette soirée permet de mieux le découvrir à travers deux documentaires, en présence de Serge Sarfati, Nicolas Topor, Alexandre Devaux, le producteur Eric van Beuren et Yves de Bruyn, commissaire de l’exposition : "Roland Topor, Songes, Mensonges, Panique et Déconnade", un film de Serge Sarfati, Nicolas Topor et Alexandre Devaux, réalisé par Serge Sarfati (France/Belgique, Prismedia, YC Aligator Film, RTBF, avec la participation de AB Thématiques pour Toute l’Histoire, Mirabelle TV, du CNC. Avec le soutien de l’Angoa et de la Procirep, de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, du Farband (Union des sociétés juives de France) – 2017 – 52 min.) - dessinateur, romancier, chansonnier, parolier, scénariste, créateur de décor et auteur de pièces, de nouvelles et d’œuvres cinématographiques… Roland Topor aura travaillé à opposer le plus de surfaces possibles à ce qu’il appelait « Le style lisse », cherchant sans doute en cela à retenir la vie par tous les moyens. Une vie intensément vécue – intensément consacrée à extraire de chaque instant une émotion, une expérience, l’expression, par tant de supports possibles, d’un imaginaire débordant – au point, paradoxalement, d’en accélérer le terme par ses excès d’existence". Ce film sera suivi par "Topor, Père et fils" de Henri Xhonneux (Belgique, YC Aligator Film, Triangle 7, RTBF – 1989 – 26 min.). "Le cinéaste belge Henri Xhonneux (1945-1995) a beaucoup œuvré  en collaboration avec le dessinateur et scénariste Roland Topor. Ensemble, ils ont créé la série télévisée Téléchat (de 1983 à 1985). En 1989, il réalise Marquis, sur un scénario de Roland Topor librement inspiré de la vie du Marquis de Sade enbastillé. Dans ce document, Henri Xhonneux filme Roland Topor qui s’entretient avec son père".

"Panoptikum" au Museum Folkwang 
A Essen, le Museum Folkwang propose l'exposition "Panoptikum". "In der französischen Kunst und Kultur der zweiten Hälfte des 20. Jahrhunderts ist Roland Topor eine Ausnahmeerscheinung. Niemand sonst betätigte sich im Laufe seines Lebens auf so vielen Feldern kreativen Schaffens wie er. Topor war ein unermüdlicher Zeichner und Illustrator, aber auch der Autor einer Fülle von Romanen, Kurzgeschichten und Bühnenstücken. Darüber hinaus schrieb er Drehbücher und trat in Filmen auf, führte im Theater Regie, entwarf Bühnenbilder und Kostüme und schuf nicht zuletzt über einhundert Plakate. Verbindendes Element dieser breit gefächerten Aktivitäten ist Topors Faszination für die Absurditäten und Unzulänglichkeiten des Daseins. Mit besonderer Vorliebe blickt er in die Abgründe des menschlichen Miteinanders, wie sie sich vor allem – aber nicht nur – im Verhältnis zwischen Mann und Frau auftun. Doch auch das Individuum mit seinen Ängsten und Obsessionen, Leidenschaften und Begehrlichkeiten ist ein bevorzugtes Studienobjekt. Topors Beobachtungen fließen in surreale Szenen ein, die zwischen Witz und Schrecken changieren und im Idealfall beim Betrachter, Leser oder Zuschauer einen Moment der Erkenntnis stiften.  Topor, der bereits 1997 verstarb, wäre 2018 achtzig Jahre alt geworden. Aus diesem Anlass widmet ihm das Museum  Folkwang eine Ausstellung, die sein vielfältiges Schaffen anhand von mehr als 200 Exponaten vorstellt: Neben satirischen Tuschzeichnungen für Zeitungen und Zeitschriften der 1960er Jahre wird das reiche illustrative Werk Topors anhand von Zeichnungen und Büchern aus mehr als drei Jahrzehnten präsentiert. Darüber hinaus sind wichtige Beispiele seiner Druckgrafik, eine repräsentative Auswahl von Plakaten sowie Trickfilme nach Vorlagen Topors zu sehen. Seine Verbindung zum Theater veranschaulichen einige Originalkostüme aus der Inszenierung von Mozarts Zauberflöte am Essener Aalto-Theater (1990), die erstmals gemeinsam mit den Zeichnungen Topors ausgestellt werden, nach denen sie geschneidert wurden. Das Veranstaltungsangebot zur Ausstellung finden Sie hier... Gefördert durch"

"Roland Topor (1938–1997) – cartoonist and illustrator, author, filmmaker and actor, costume and set designer – is one of the most remarkable figures of the French art and literary scenes of the second half of the 20th century. In his eclectic, often surreal work, he reflected upon the absurdities and incomprehensible contradictions of human existence. His motifs alternate between wit and horror, while always providing moments of epiphany. Roland Topor, who died in 1997, would have turned 80 in 2018. To commemorate this, from 29 June to 30 September 2018, Museum Folkwang will show Panoptikum, an exhibition that celebrates his multifaceted oeuvre. In six sections, the exhibition presents over 200 works by Roland Topor from various creative periods and artistic genres. His early drawings in ink start the exhibition with a crisp stroke and an imaginative range of subject matter. Topor began to regularly publish his drawings in magazines in 1958, to begin with primarily in French satirical magazines, and later in newspapers such as The New York Times. A selection of his illustrations will also be exhibited. Publishers often like to dip into the rich reserves of Roland Topor’s extraordinary inventiveness. While initially he remained staunchly committed to the black and white of his drawings in ink, over the years Topor increasingly turned to colour to intensify the effect of his works. His illustrations for Carlo Collodi’s Pinocchio from 1995 represent a high point in this development. "

"Topor also developed his narrative imagery independently from literary texts, both in his drawing and printmaking. This exhibition features a significant group of these stand-alone works, with an emphasis on the 1970s. The fact that Topor’s drawing of a man whose chin is being smashed off by a hammer was used five years later by Amnesty International for a poster illustrates how open his depictions are to a range of interpretations and readings. "

"Topor’s linocuts, created in the late 1970s, comprise a separate group within the exhibition. In the characteristic black and white of this technique, he produced memorable images, with a particular focus on the relationship between men and women."

"Another section is dedicated to Topor’s extensive film work. The focus is on his collaboration with the French cartoon director René Laloux. The early short films Les temps morts (Dead Times, 1964) and Les escargots (The Snails, 1965) are presented in a separate screening space, as is an excerpt from the feature-length animated film La planète sauvage (Fantastic Planet, 1973), which won a special jury prize at the 1973 Cannes Film Festival. Also on display is a selection of coloured drawings with grotesque erotic motifs that Topor produced for a scene in Federico Fellini’s Casanova (1975). Roland Topor’s deep connection with the stage and theatre is illustrated in the exhibition through his involvement in the production of Mozart’s The Magic Flute at the Aalto-Theater in Essen in 1990. Topor designed both the sumptuous costumes and the sets. A group of his colourful designs will be presented together with original costumes that have been preserved to this day in the props department of the opera house. The poster for the Essen performance also came from Topor, who created more than 100 posters for theatre and film over the course of his life. Reason enough to dedicate an entire section of the exhibition to this important area of his visual production."



« 7 janvier 1938. Naissance de Roland Topor à Paris. Ses parents Abram et Zlata, juifs polonais, s’y sont établis au début des années 1930. 
1941-1945. Traquée par la police de Vichy, la famille Topor se réfugie en Savoie. 
1955. Topor s’inscrit à l’école des Beaux-arts de Paris. 
1958. Premier dessin publié : couverture de la revue Bizarre. 
1960. Illustre L’Architecte de Jacques Sternberg. Première exposition à la Maison des Beaux-arts. Les Masochistes, premier livre de dessins, chez E. Losfeld. Première nouvelle, « L’amour fou », dans Fiction, une revue qui le publie dès lors régulièrement. 
1961. Entre au journal Hara-Kiri où il publie jusqu’en 1966. 
Prix de l’humour noir pour son livre de dessins Anthologie paru chez J.-J. Pauvert. 
1962. Création du groupe Panique avec Arrabal et Jodorowsky. Premières publications étrangères : revue S.NOB (Mexique), Cartoon 62, Diogenes (Suisse). Entre au magazine ELLE, engagé par Peter Knapp, il y fait la connaissance de Roman Cieslewicz. 
1963. Illustre le Manuel du savoir-mourir d’André Ruellan (Prix de l’humour noir). 
1964. Le Locataire Chimérique, premier roman, chez Buchet Chastel. Participe au Gag Festival organisé à Berlin par Daniel Spoerri. 1963. Naissance de Nicolas Topor. 
1965. Acteur et dessinateur du générique final du film de William Klein Qui êtes-vous Polly Maggoo ? 
Cinq éphémères paniques, avec Arrabal et Jodorowsky au Centre culturel américain de Paris. 1966. Création du film d’animation Les Escargots, avec René Laloux. 
1968. Participe aux journaux L’Enragé (de Siné), Le Pavé (de Lebel), Action (de Schalit, Cieslewicz est à la maquette). 
1969. Prix des Deux-Magots pour son roman Joko fête son anniversaire
1971. Débute au New York Times
Générique dessiné du film Viva la Muerte d’Arrabal. 
1972. Participe à 1960-72, Douze ans d’art contemporain en France, au Grand Palais. 
1973. La Planète sauvage, film d’animation, avec René Laloux. Prix spécial du jury au Festival de Cannes. 
1975. Première rétrospective institutionnelle : Panic, The Golden years, au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Dessins de « La Lanterne magique » pour le film Casanova de Federico Fellini. 
1976. Affiche pour Amnesty international. 
1977. 120 illustrations pour les Œuvres romanesques de Marcel Aymé. 
1978. Son affiche pour le film Le Tambour de Volker Schlöndorff est diffusée dans le monde entier. 
Décors et costumes pour l’opéra Le Grand Macabre de Georg Ligeti à Bologne. 
1981. Premières peintures à la bombe. Grand Prix national des arts graphiques du Ministère de la Culture. 
1982. Coauteur pour Merci Bernard de Jean-Michel Ribes. 
1983. Cocréation de Téléchat avec Henri Xhonneux. 
1985. Exposition itinérante du Stadtmuseum de Munich jusqu’aux Beaux-arts de Paris. 
1989. Film Marquis (scénario, dialogues et co-direction artistique).
1990. Grand Prix des arts de la Ville de Paris. 

1991. Décors et costumes pour l’opéra Ubu Rex de Kristof Penderecki à Munich.
1992. Monte Ubu Roi d’Alfred Jarry au Théâtre national de Chaillot. 
16 Avril 1997. Mort de Roland Topor ».

Du 29 juin au 30 septembre 2018
Au Museum Folkwang 
Museumsplatz 1. 45128 Essen
Tel. : +49 201 8845 000
Mardi, mercredi, samedi et dimanche de 10 h à 18 h. Jeudi et vendredi de 10 h à 20 h
Visuels :
Roland Topor
L'Emigrant, 1972
© VG Bild-Kunst, Bonn 2018

Roland Topor
Ohne Titel, 1965 (veröffentlicht)
Tuschfeder, 60 x 50 cm
Sammlung Jakob und Philipp Keel
© VG Bild-Kunst, Bonn 2018

Du 28 mars au 16 juillet 2017 
Quai François Mauriac, Paris XIIIe 
Tél. : 01 53 79 49 49
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h. Dimanche de 13 h à 19 h 

Visuels
Affiche
Roland Topor, A gorge déployée, 1975 Encre de Chine et crayon de couleur
 Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Affiche promotionnelle pour le journal Hara-Kiri, 1961
 BnF, Estampes et photographie © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Les fruits de la Passion, 1981 Encre et pastel BnF, Estampes et photographie
© Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Next, 1979
Linogravure, 48 x 38 cm
BnF, Estampes et photographie
© Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Malin comme 3 singes, Paris, 1972 Sérigraphie en couleurs BnF, Estampes et photographie. © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, A gorge déployée, 1975 Encre de Chine et crayon de couleur
 Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, maquette de décor pour Ubu Roi d’Alfred Jarry : Cracovie insurgée, 1992
Costumes, décors et mise en scène, Palais de Chaillot, Paris
Encre et crayons de couleur
Collection particulière Cliché Bertrand Huet
© Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, dessin pour La Planète sauvage, 1970-1972 Collection particulière © Adagp, Paris, 2016 Cliché Bertrand Huet

Roland Topor, dessin pour Hara-Kiri n° 27, avril 1963. Encre de Chine. Jakob & Philipp Keel Collection. © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Marteau pilon poil au menton. Planche extraite de l’album Cosy Corner, © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, dessin pour la couverture de Histoires comme si, 1975. Encre et crayons de couleur. Collection particulière. © Adagp, Paris, 2016
Cliché Bertrand Huet

Roland Topor, dessin pour La Jument verte de Marcel Aymé, vers 1975. Encre, crayons et aquarelle sur papier. Collection particulière.
© Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, dessin pour le personnage de Groucha pour la série télévisée Téléchat, 1980-1981. Feutre. Collection particulière. © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, maquette de costume pour Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, costumes, décors et mise en scène de Topor, Staatstheater de Kassel,1989. Encre et crayons de couleurs. Collection particulière. © Adagp, Paris, 2016. Cliché Bertrand Huet

Roland Topor, affiche pour Le mois de l’Estampe à Paris, 1997. Lithographie en couleurs. BnF, Estampes et photographie. © Adagp, Paris, 2016

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Les citations sir le documentaire sont de la BNF. Cet article a été publié le 12 juillet 2017, puis les 10 octobre 2017, 21 mars 2018.