Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 30 juin 2019

Joana chante Aznavour


La chanteuse française Joana Mendil rendra hommage avec d'autres artistes, le 1er juillet 2019, à Charles Aznavour par un concert au Gymnase à Paris. Son CD a pour titre Joana chante Aznavour Live au « Sentier des Halles ». 

« Aznavour en concert. Paris 2015 », par Marc di Domenico
Brigitte Bardot
Georges Brassens (1921-1981)
Jacques Canetti. 50 ans de chansons. 50 ans de passion
Lemmy Constantine
« Je suis venu vous dire… Gainsbourg by Ginzburg » par Pierre-Henry Salfati
Le compositeur Norbert Glanzberg (1910-2001)
Joana chante Aznavour
« L’histoire d’Irène » par Damian Pettigrew
Luc Lazza, chanteur et comédien
Edith Piaf (1915-1963)
Paris en chansons
« Les chansons du Front populaire », par Yves Riou et Philippe Pouchain
« Chantons la Libération » par Philippe Pouchain et Yves Riou

« Je vous invite sur la planète Aznavour », annonçait Joana Mendil au public du Sentier des Halles, cette scène parisienne au climat intimiste, chaleureux. Une atmosphère bien rendue dans son CD.

C’est un excellent répertoire de variété française, devenu vite classique, que cette artiste découverte par le grand public dans la Nouvelle Star 2006 et Les Dix Commandementsinterprète  en un style « jazzy », accompagnée de Romain Berrodier au piano, Frédéric Perrot à la batterie, Harry Gofin à la contrebasse et Patrick Maarek à la guitare.

Et c’est un enchantement.

Avec grâce, légèreté et aisance, Joana module sa voix douce en interprétant avec respect et sensibilité ces chansons, dont certaines datant du duo Roche-Aznavour. Jubilant sur Formidable. Emouvante dans Trousse chemise. Soulignant le talent de compositeur et de parolier valorisant une musique riche en mélodies et aux paroles disant la vie quotidienne, exprimant les sentiments et contant les souvenirs avec une touchante simplicité.

On peut écouter certaines chansons, visionner des extraits de spectacles et se procurer l’album du concert de 2008 sur http://www.myspace.com/joanamendil.

Cette artiste s'est produite le 5 juin 2013, à 20 h 30, au Centre d'Art et de culture de l'Espace Rachi (75005 Paris).

Arte diffusa le 21 décembre 2014 Aznavour, documentaire de Marie Drucker et Damien Vercaemer : "Fils d’immigrés arméniens, Charles Aznavour fait ses premiers pas sur scène dans les cabarets d’un Paris bientôt occupé, jouant pour les Allemands, alors que la famille cache dans son minuscule appartement des émigrés juifs. Après des débuts difficiles, le jeune chanteur est repéré par Édith Piaf... Portrait intime d'un artiste de 90 ans".

Théâtre du Gymnase Marie Bell
"Ne manquez pas cette première grande soirée à Paris en hommage à Charles Aznavour autour du spectacle de Joana Mendil et ses musiciens au Théâtre du Gymnase Marie Bell, le 14 janvier 2019 à 20 h, avec la participation de nombreux invités exceptionnels : Erik Berchot, Yannick Deborne, Gaya, Dan Gharibian, Jacky Nercessian, Magali Ripoll, Frédéric Zeitoun... et Joana Mendil !"

"Au départ un pari fou : celui de voir une jeune femme, Joana Mendil, se réapproprier des chansons de Charles Aznavour, certaines connues, d'autres moins. Celui de les transformer dans des arrangements jazzy sans pour autant les dénaturer."

"À l'arrivée, une réussite incontestée. Les professionnels sont, à chaque fois, dithyrambiques dans leurs commentaires. Et en mai 2009, après des moins de montée en puissance de ce spectacle, la consécration : la venue de Charles Aznavour pour écouter Joana Mendil !"

"Après la Nouvelle Star 2006, Les Dix Commandements, Le Bal des Vampires, Joana entame aujourd’hui la 11e saison de son spectacles consacré à Charles Aznavour et le Théâtre du Gymnase lui ouvre sa grande salle pour un concert en hommage à notre icone planétaire désigné par CNN et The Times en 1998 comme étant "l’artiste de variété du XXe siècle".

Elle "vous fera découvrir ou redécouvrir les histoires simples du grand Charles avec l'éclairage Joana. Vous sortirez du concert, avec le sentiment de mieux la connaitre, et c'est pourtant bien de l'Aznavour que vous aurez écouté."

"En accord avec la Fondation Aznavour à laquelle sera reversée une partie de la recette, Joana vous fera voyager sur sa planète Aznavour, entourée de son trio jazz et de ses nombreux invités exceptionnels."

"Il y a 30 ans un terrible tremblement de terre dévastait l'Arménie faisant des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de sans abris. Au lendemain Charles Aznavour mobilisait toutes ses forces et la planète entière pour venir en aide au pays. Son œuvre est poursuivie aujourd’hui par son fils Nicolas et un des projets de la Fondation Aznavour est de reloger les familles qui vivent toujours dans des conteneurs. Une partie des recettes de cette soirée sera reversée à la Fondation Aznavour".

Pour toi, Aznavour
La chanteuse française Joana Mendil rendra hommage avec d'autres artistes, le 1er juillet 2019, de 20 h à 23 h, à Charles Aznavour par un concert au Gymnase à Paris "Pour toi Aznavour", placé sous le haut patronage de l'Ambassade de la République d'Arménie en France. Un "concert en hommage à Charles Aznavour élu par CNN et The Times : “L’artiste de variété du XXe siècle” ! Avec la participation exceptionnelle de Seda Aznavour et Erik Berchot, ainsi que de nombreux artistes". Une soirée au profit de la Fondation Aznavour. "Le 1er juillet, cela fera exactement 9 mois que Charles nous aura quittés, mais c’est le 95e anniversaire de sa naissance que nous allons célébrer avec la participation de nombreux artistes : Essaï Altounian / Seda Aznavour / Erik Berchot / Romain Berrodier (piano) / Agnès Bihl / Ermonia (Finaliste The Voice Kids 2019) / Hakob Ghasabian (Lauréat Prodiges 2015) / Hary Gofin (contrebasse) / Benjamin Legrand / Joana Mendil / Jean Musy / Artyom Minasyan (doudouk) / Nara Noïan / Fred Perrot (batterie) / Vartan Petrossian / Shushana (violon) / Vicken Tarpinian / Frédéric Turyan / Frédéric Zeitoun..."



Le 1er juillet 2019 à 20 h
Le 14 janvier 2019 à 20 h
Au Théâtre du Gymnase-Marie Bell
Tél. : 01 42 46 79 79

Le 5 juin 2013, à 20 h 30
Au Centre d'Art et de culture de l'Espace Rachi
39, rue Broca. 75005 Paris

Le dimanche 22 mai 2011 à 15 h 30
A l’auditorium du Conservatoire de Saint-Maur-des-fossés :
25, rue Krüger, 94100 Saint-Maur-des-fossés
Réservation au comité de jumelage de Saint-Maur-des-fossés : 01 48 89 59 10

Le 26 octobre 2009, à 19 h 45
Au Sentier des Halles.

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié dans une version plus concise par L’Arche dans son n° 612 de mai 2009.
Il a été publié sur ce blog le 16 octobre 2009, puis les 23 mai 2013, 20 décembre 2014 et 14 janvier 2019. Il a été modifié le 13 juin 2019.

vendredi 28 juin 2019

Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !

Le 14 novembre 2007, la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris a visionné des rushes de France 2. La présidente de la Cour s’est étonnée de leur durée – 18 minutes au lieu de 27 minutes. Ces rushes ont été filmés par Talal Abu Rahma, cameraman palestinien de France 2, le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim (bande de Gaza). Ils contiennent des saynètes de guerre, les interviews de deux dirigeants palestiniens et l’incident al-Dura (environ une minute). Cette audience a renforcé la position de Philippe Karsenty qui a évoqué un « faux reportage » à propos de « la mort du petit Mohamed al-Dura ». Lors de sa chronique "Noyade de deux migrants dans le Rio Grande : "On ne fait pas de photo d'un enfant mort ! Ça relève de la pornographie !sur Europe 1 du 27 juin 2019, le journaliste Vincent Hervouet a évoqué Mohamed al Dura et l'impact de son image sur celle d'Israël.


Et Charles Enderlin apparut !

Venues des Etats-Unis, d’Israël ou de Belgique, les dizaines de personnes - journalistes (Mélanie Philips, Tom Gross, Stéphane Juffa), la réalisatrice Esther Schapira, auteure du documentaire Qui a tué Mohamed al Dura (2001-2002), bloggers, écrivains (Nidra Poller) et responsables de sites Internet (Honest Reporting, Take A Pen, UPJF), etc. - agglutinées près de la porte de la 11e chambre n’en croient pas leurs yeux. Pour la première fois, le fameux correspondant de France 2 à Jérusalem va répondre devant la justice française des célèbres images de l’incident al-Dura. Précédé de son avocate Me Bénédicte Amblard, il est suivi d’Alain Lardière, directeur adjoint de l’information chargé des reportages de France 2. Mais curieusement pas de son cameraman palestinien, Talal Abou Rahma, qui risque de devenir l’Arlésienne de l’affaire al-Dura.

Dans l’assistance largement acquise à l’appelant Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, soudain, un individu crie : « Charles Enderlin est innocent ! » Il provoque un esclandre et l’intervention brève de gendarmes.

Pour accueillir cette foule inhabituelle, la présidente fait ajouter une quinzaine de chaises.

Malheureusement, des journalistes ne pourront pas assister à une audience très attendue.

Des rushes de 18 minutes, et non de 27 minutes
La présidente de la Cour, Laurence Trébucq, l’annonce d’emblée : ce sera un visionnage dans le calme, qui ne doit pas durer tout l’après-midi et nul n’est autorisé à filmer ou photographier les images des rushes visionnées sur le grand écran de télévision amené par Philippe Karsenty.

Interrogée par Me Patrick Maisonneuve, avocat de l’appelant, Laurence Trébucq précise : Charles Enderlin commentera les images, et Philippe Karsenty pourra faire part de ses observations « au fur et à mesure ».

Surprise, Laurence Trébucq interroge Charles Enderlin sur la durée de ces rushes, « initialement sur une cassette Betacam et présentées à la Cour sur un DVD ». Pourquoi des rushes de 18 minutes et non de 27 minutes comme le mentionnent nombre de documents du dossier ?

« C’est très simple. J’avais 27 minutes d’images de Gaza et d’autres lieux. Quelques jours plus tard, j’ai pu récupérer la CASSETTE originale. Je l’ai mise dans un coffre. France 2 ne conserve jamais les rushes, elle les recycle ou les détruit. France 2 a fait une exception avec ces rushes du 30 septembre 2000, et vous avez une copie de la cassette originale » répond Charles Enderlin.

Il explique que le cameraman palestinien Talal Abou Rahma.

Il poursuit : « Nous avons montré ces images au monde entier [notamment] le 22 avril 2001, au congrès international des médiateurs de presse à Paris. Talal Abou Rahma a été autorisé par l’armée israélienne à venir pour y commenter ces images. Nous avons cessé de les diffuser quand nous avons vu apparaître sur Internet ces accusations [de mise en scène]. Nous allons vous éclairer ».

La présidente questionne Luc Rosenzweig, journaliste retraité du Monde et collaborateur de la Metula News Agency, et le professeur américain d’histoire Richard Landes qui ont vu les rushes de France 2, à Paris et à Jérusalem. Luc Rosenzweig se souvient : « Le 22 octobre 2004, [à Paris] Denis Jeambar, Daniel Leconte et moi sommes entrés en disant : « Nous voulons voir les 27 minutes de rushes ». On nous a dit : « Les voilà ». [La durée des rushes] n’était pas alors un objet de débat. Il y avait un timecode [Ndlr : référence temporelle – heure, minute, seconde - de chaque image d’une vidéo]. Cela dépassait 20 minutes. Je me souviens bien des scènes ». Quant à Richard Landes, il a vu les rushes à trois reprises et se souvient d’un timecode de 21 minutes. Donc, les rushes devraient durer au moins 20 minutes.

Cela n’ébranle pas Charles Enderlin qui maintient : « Vous avez une copie conforme de la cassette de Gaza. Je ne sais pas s’ils ont vu à Paris la cassette originale ou la cassette avec d’autres images ».

Me Patrick Maisonneuve cite le témoignage de Talal Abou Rahma devant le Centre palestinien des droits de l’homme le 3 octobre 2000 : « J’ai filmé approximativement 27 minutes de l’incident [al-Dura] qui a duré 45 minutes ».

Charles Enderlin défend son cameraman : « Talal Abou Rahma était en état de choc le soir de son témoignage. Nous étions en situation de guerre. Il a eu du mal à se souvenir ».

Le défenseur de Philippe Karsenty s’étonne d’un tel état psychologique persistant trois jours après les faits.

« Des scènes classiques d’Intifada »
Pour mieux voir ces rushes sur l’écran de télévision placé près des juges et les comparer avec ceux qu’ils avaient vus, Luc Rosenzweig et Richard Landes quittent leur place et s’avancent vers l’allée centrale, entre les bancs d’une part des avocats des intimés et d’autre part du défenseur de l’appelant.

Curieusement, les deux avocats de France 2 et Charles Enderlin, Maîtres Bénédicte Amblard et Pierre-Olivier Sur, ainsi que Me Guillaume Weill-Raynal tentent de constituer une barrière physique entre ces deux spectateurs et cet écran. Ce qui force Richard Landes à regarder les rushes, assis par terre, près de Philippe Karsenty.

Les rushes ? Des saynètes de guerre, deux interviews de responsables palestiniens et l’incident al-Dura.

Les rushes visionnés sont essentiellement composés, sur un fond sonore de ’’tirs de balles en caoutchouc’’, de scènes de rue avec des Palestiniens jetant des pierres, déambulant calmement ou, parfois, apparemment touchés, emmenés dans une ambulance, puis de plusieurs minutes d’interviews, notamment celle du dirigeant du Fatah dans la bande de Gaza, et ces rushes se concluent sur approximativement une minute de l’incident Jamal et Mohamed al-Dura.

Docte, didactique, insistant sur sa connaissance des lieux, Charles Enderlin déclare : « Les rushes, c’est l’équivalent de notes prises par un journaliste ». Et il ajoute : « Mais il n’y a pas de continuité temporelle absolue » (sic).

Il présente le contexte : « La veille, sur le mont du Temple, la journée a été très dure. Nous avons eu sept morts lors d’un accrochage. La région était à feu et à sang. Nous savions que la journée du lendemain serait très dure. Chaque fois qu’il y a des évènements sur le mont du temple, sur l’esplanade des mosquées, il y a des émeutes pendant une semaine. J’ai mis en alerte mes correspondants à Hebron et à Gaza. [Talal Abou Rahma] est un journaliste reconnu, qui a l’autorisation de se rendre en territoire israélien. Le lendemain [Ndlr : le 30 septembre 2000], je suis allé à Ramallah. Vous allez voir ces scènes d’Intifada. [Au carrefour de Netzarim], les Palestiniens jetaient des pierres et des cocktails Molotov. Les soldats israéliens tiraient des balles en caoutchouc. On ne les voit pas car ils tiraient au travers des meurtrières de leur position ».

Un hématome rouge vif télégénique

Et que voit-on dans ces rushes pendant une dizaine de minutes ? Des scènes de Palestiniens qui vont et viennent. Jettent des pierres. Ou sont agglutinés, immobiles près d’un poteau. Ou déambulent calmement à pied ou à bicyclette à proximité de la position israélienne, et au milieu d’un « terrain de combats ». Ou circulent en voitures. Ou attendent, debout, en face de la position israélienne, sans crainte de tirs. Ou encore un Palestinien censé être blessé, que des passants soulèvent, et qui est évacué en ambulance. Car il y a parfois deux ambulances sur une image. Le tout sur fond sonore de « balles en plastique ».

« Pendant dix minutes et 53 secondes, on ne voit pas une seule balle être tirée du fortin israélien, comme d’ailleurs dans tout le film de Talal », observe Philippe Karsenty. La réplique de Charles Enderlin fuse : « Quand un cameraman filmera une balle sortir d’un fortin, ce sera un scoop ! Les soldats israéliens utilisent des balles en caoutchouc, avec les gaz lacrymogènes, pour ne pas faire de victimes. Ces balles laissent des hématomes, parfois très graves ». La preuve ? Un Palestinien ouvre sa chemise, révélant l’« hématome » provoqué sur son torse par une telle balle : un petit cercle rouge vermillon.

L’appelant, Philippe Karsenty, relève une bizarrerie : « Un hématome est bleu, pas rouge vif ». Il s’étonne : « On ne voit pas de sang sur ces images, malgré les tirs. Pourquoi ces Palestiniens circulent-ils aussi calmement s’ils risquent d’être atteints par des balles en caoutchouc ? »

« Il n’y a pas encore de tirs à balles réelles », assène Charles Enderlin qui affirme avoir souvent « vu ces scènes… On emmène en ambulances ceux qui sont blessés, égratignés » (sic).

Philippe Karsenty manifeste sa surprise devant une scène particulière : près d’une Jeep, un Palestinien est censé être touché par un tir israélien à la jambe droite. Deux secondes plus tard, arrive une ambulance, qui a du démarrer au moment même de l’impact.

Philippe Karsenty ajoute que Talal Abou Rahma a déclaré que le chauffeur de cette Jeep avait été atteint par une balle en plein front. Ce que dément la simple vision des images. Charles Enderlin s’écrie : « Ce n’est pas le même chauffeur ! »

En plus de ces saynètes de guerre, ces rushes contiennent deux interviews, en arabe et en anglais : celle du responsable du Fatah à Gaza et du chef d'un mouvement palestinien de jeunesse. Le front ceint d’un bandeau jaune-oranger, le chef d'un mouvement palestinien accuse - « Le vilain Ariel Sharon a causé une provocation en allant sur l’esplanade des mosquées ». Sur un ton comminatoire, un dirigeant palestinien menace de réactions violentes de la rue palestinienne « si Arafat signe un accord sur Jérusalem ». Philippe Karsenty fait remarquer que ce dirigeant se trouve dans la ligne de mire du fortin israélien que l’on voit en arrière plan, à la même distance de la position militaire israélienne que les al-Dura. Sans être touché par des tirs israéliens…

Pourquoi les Palestiniens restent-ils à portée des balles en caoutchouc ou en métal caoutchouté des soldats israéliens ? « C’est un rituel » selon le correspondant de France 2.

Vêtu de gris, sur un ton quasi-professoral, Charles Enderlin, rarement avec le renfort d’Alain Lardière, directeur adjoint de l’information de France 2, paraît peu convaincant. Docte. Sanglé dans ses certitudes de professionnel chevronné, et jamais ébranlé par les remarques de bon sens de Philippe Karsenty qui découvre les rushes.

Charles Enderlin réclame la parole : « Je veux pouvoir commenter mes images ». La présidente de la Cour rectifie : « Ce ne sont pas vos images. Ce sont les images du cameraman Talal Abou Rahma ».

« You only live twice » ou la vie après la mort

« Le timecode va se figer. Quand Talal Abou Rahma remet en marche sa caméra, il y a un temps avant que l’appareil ne refonctionne. L’ambiance change. Cela commence à tirer à balles réelles », annonce Charles Enderlin.

A environ une minute de la fin des rushes, on voit l’adulte et l’enfant, appelés Jamal et Mohamed al-Dura. Cette séquence contient pendant approximativement 15 secondes un plan de coupe de la position israélienne : « Talal Abou Rahma a voulu vérifier si les tirs provenaient de la position israélienne », explique Charles Enderlin.

Philippe Karsenty rappelle que Talal Abou Rahma a déclaré en septembre 2001, à la réalisatrice Esther Schapira, avoir filmé « six minutes de la scène des al-Dura ».

Charles Enderlin indique que tous les cameramen palestiniens ont fui, sauf Talal Abou Rahma. Philippe Karsenty désigne sur le coin gauche de l’image le trépied d’une caméra.

Surtout Charles Enderlin campe sur sa position : « Les tirs provenaient de la position israélienne ». Ce que nie Philippe Karsenty en se fondant sur l’angle du seul tir en direction des al-Dura. Un tir rond, non en oblique, mais de face : « Des experts en balistique pourraient déterminer l’origine des tirs. Si la Cour acceptait que soit nommée une commission d’experts… »

Et Philippe Karsenty d’ironiser sur la maladresse des soldats israéliens qui tirent « sur les al-Dura » pendant « 45 minutes selon Talal Abou Rahma », alors que l’on ne voit l’impact que de sept balles sur le mur devant lequel ils se trouvent.

Et de souligner le blanc immaculé du tee-shirt, le jean non déchiré de Jamal al-Dura qui garde son intégrité physique, alors qu’il est censé avoir été touché par des « balles qui lui ont déchiqueté les muscles et arraché l’os du bras ».

Avant que l’enfant ne soit déclaré mort par Charles Enderlin, on entend déjà des cris en arabe : « L’enfant est mort ! L’enfant est mort ! » Comment ce journaliste chevronné trilingue explique-t-il pareille préscience ? « [Mohamed al-Dura] était en danger. En arabe, on dit que l’enfant est mort quand on sait qu’il va mourir. Quand un enfant palestinien est tué par balle, on dit : « C’est un martyr ». Quelques « Oh » d’incrédulité indignée parcourent l’assistance attentive et calme.

Philippe Karsenty montre du doigt une étoffe rouge – censée représenter le sang coulant de son corps - que l’enfant déplace de ses jambes à son ventre pour visualiser l’impact du tir mortel censé l’avoir visé.

La dernière image des rushes montre l’enfant, présenté par Charles Enderlin comme mort dans son commentaire off sur l’image précédente diffusée lors du JT du 30 septembre 2000, soulever le bras, tourner la tête, regarder la caméra, baisser le bras et garder ses jambes suspendues en l’air.

C’est notamment cette dernière image qui avait incité Philippe Karsenty, en novembre 2004, à qualifier l’incident al-Dura de « faux reportage » et « d’imposture médiatique ». Des qualificatifs à l’origine de la plainte de France 2 et de son journaliste pour diffamation contre Philippe Karsenty.

« Nous avons donné ces images [de l’incident al-Dura]. Pendant toute cette scène, j’étais en conversation avec Talal Abou Rahma qui me demande de m’occuper de sa famille s’il lui arrivait quelque chose », conclut Charles Enderlin.

Les dernières images de ces rushes montrent la rue palestinienne.

La présidente de la Cour rappelle l’audience relai du 16 janvier 2008 et celle de plaidoiries du 27 février 2008. Me Patrick Maisonneuve lui demande alors la communication de ces rushes, au même titre que celle des autres pièces versées au débat. Ce qui respecterait les droits de la défense.

Au moment où Charles Enderlin quitte la salle d’audience, des journalistes se pressent auprès de lui pour l’interroger. Guysen lui demande à quelle heure il a reçu les images de son cameraman. Mais le correspondant de France 2 reste silencieux. Etrangement, ses conseils lui ont interdit de s’exprimer devant la presse.

Richard Landes confie à GIN avoir vu trois minutes de plus de rushes à Jérusalem, en présence de Charles Enderlin.

Une experte de l’affaire al-Dura précise à Guysen : « On a le timecode du DVD mais pas celui de la bande originelle. Quand un cameraman arrête de filmer, puis recommence, le timecode reprend à zéro. Or, ici le time code a défilé sans coupure. On ne peut pas être sûr qu’il s’agit de la bande originale ».


Visuels de haut en bas :
Timbre égyptien sur l'incident al-Dura
L’entrée de la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris.
Philippe Karsenty
Logo de France 2
Luc Rosenzweig
Carte de la bande de Gaza. © DR
Carte du carrefour de Netzarim (bande de Gaza).
Des Palestiniens, dont un sur bicyclette, face à la position israélienne, dans le carrefour de Netzarim ce jour-là.
Derrière le baril, Jamal al-Dura lève le bras.
L'enfant appelé Mohamed al-Dura présenté comme mort.
Après avoir été présenté comme mort, l'enfant appelé Mohamed al-Dura soulève le bras, tourne la tête, regarde la caméra.


Cet article a été publié par Guysen et sur ce blog le 1er septembre 2010.

Génocide au Cambodge par les Khmers rouges


Les Khmers rouges, communistes maoïstes, ont commis de 1975 à 1979 un génocide au Cambodge, en tuant environ 1,7 million de Cambodgiens, soit un cinquième de la population. Rithy Panh a réalisé des documentaires sur ce génocide commis par des communistes loués par de nombreux journalistes occidentaux. Arte diffusera le 27 juin 2019 "Les tombeaux sans noms" (Gräber ohne Namen) de Rithy Panh. 



Cambodge fut un protectorat français (1863-1953) dans l'Asie du Sud-Est, à l'époque où l'Indochine française comprenait le Tonkin, l'Annam, la Cochinchine (colonie), le Laos, le Cambodge et  Kouang-Tchéou-Wan (concession).


De 1975 à 1979, la dictature des Khmers rouges a imposé une autarcie et voulu créer une société communiste.

Le Programme d'Étude sur le génocide cambodgien de l'université Yale considère que ce régime totalitaire a assassiné environ 1,7 million de Cambodgiens, soit plus de 20 % de la population du Cambodge.

En 1979, l'invasion du Cambodge par le Vietnam met fin à ce pouvoir. Les Khmers rouges mènent une guérilla, et disparaissent vers la fin des années 1990.

« 1978. Les images retrouvées des Khmers rouges » 
Arte diffusa « 1978. Les images retrouvées des Khmers rouges » (1978. Die wiederaufgefundenen Bilder der Roten Khmer), documentaire de Pierre Catalan et Serge Viallet, le 10 juin 2016. Dans le cadre de Mystères d’archives (Verschollene Filmschätze), les documentaristes révèlent des images inédites terrifiantes sur le génocide des Cambodgiens par les Khmers rouges.

Le 18 avril 1975, le quotidien français Libération titrait « Phnom Penh : sept jours de fête pour une libération ». Plus de deux millions d'habitants de la capitale du Cambodge ont été contraints de la quitter en trois jours. Les Khmers rouges ont fait table rase du passé. Ils sombrent dans une "folie meurtrière". Ses frontières avec le Laos et le Vietnam sont fermées.

De 1975 à 1979, année de l’invasion du Cambodge par le Vietnam, les Khmers rouges, proches de la Chine communiste de Mao, ont commis un génocide d’inspiration communiste dans le Kampuchéa démocratique. L’un des fomenteurs de ce génocide qui a fait environ 1,7 million de Cambodgiens sur sept millions d'habitants, soit plus d’un cinquième de la population, a été Pol Pot. Les causes de mortalité : assassinats, famine, épuisement.

« Tombé aux mains des Khmers rouges en avril 1975, le Cambodge a été totalement isolé du monde pendant quatre ans. À Phnom Penh comme ailleurs dans le pays, il n'y avait plus de cinémas. Pourtant, les Khmers rouges ont tourné de nombreux films de propagande. À quel public étaient destinées ces « mises en scène » ?

Un film en noir et blanc a été tourné dans le nord ouest du pays où hommes et femmes, ainsi qu'enfants sont contraints à construire un barrage. Interdit de parler sur ces chantiers de travaux forcés de l'aube à la nuit, à la lumière des néons. "Trahir l'Ankar conduit à la mort". Le "peuple ancien" a "droit à quelques privilèges" : porter des vestes à boutons, fumer, etc. Le "peuple nouveau" était urbain : certains portent encore des tongs aux pieds. Le film date donc du début du régime. La "famine fait des ravages sous ce régime de terreur". Les mots "papa" et "maman" sont interdits. Les enfants sont particulièrement craints car ils détiennent droit de vie et de mort sur les adultes. La production de riz s'effondre, et une grande partie est exportée vers la Chine.

Des images en couleurs du stade olympique montrent des réunions du nouveau régime. Y accourent des membres du "peuple ancien", souvent analphabètes. Aucun spectateur ne porte de lunettes ou de montres, car celles-ci révéleraient une éventuelle trahison. Les formes de politesse sont abolies. Le "nous" est substitué au "je". L'écharpe à carreaux signale le "peuple ancien". Cette réunion vise à montrer l'unanimité et l'organisation au sein du parti. Un défilé militaire se déroule sans grand public. Les combattantes arborent des Kalachnikofs, armes soviétiques. Les chars semblent américains. Plusieurs cameramen filment l’événement au cœur de la ville, jadis animée. En 1966, le prince Sihanouk y avait reçu le président français, Charles de Gaulle. Quelques années après, le Cambodge était impliqué dans la guerre du Vietnam. Les Khmers rouges recrutaient leurs soldats dans ces régions bombardées. Les ruraux avaient fui pour rejoindre la capitale.

Dans un centre de formation, des adolescents suivent attentivement des cours pour "défendre la patrie". Certains ont été des enfants-soldats. Un matériel fourni par la Chine filme ces scènes, notamment chez un médecin.

En 1978, à l'initiative de Pol Pot, un film retrace la victoire de ses troupes, avec l'aide de tribus, sur celles de Lon Nol. Pol Pot avait donné des directives cinématographiques précises. C'est l'année de la seule interview de Pol Pot. Son choix : un média yougoslave. Une opération de communication

"Culte du secret et obsession de la trahison" caractérisent le régime des Khmers rouges et de son chef. En 1976, lors d'une réunion, la caméra filme l'évitement d'un serrement de mains entre dirigeants du parti. Signe annonciateur d'une prochaine élimination physique du dirigeant et de sa famille.

Peu de dirigeants étrangers se rendent au Cambodge sous les Khmers rouges. Pol Pot veut la guerre contre le Vietnam. La médiation du Laos s'avère inutile.

Presse française aveuglée
"Trois jours à peine après la chute de Phnom Penh, les gendarmes français livraient aux Khmers rouges, qui le tueront, le président de l'Assemblée nationale du Cambodge. Et il ne fut pas un cas unique. Sur ce point, le discours lénifiant de la France giscardienne rejoignait celui du Monde et de la plupart des organes de presse, y compris Le Nouvel Observateur. Cette complaisance explique aussi l'étrange amnésie qui va suivre. Alors que, dès les 24-25 octobre 1975, dans La Croix, puis les 17-18 février 1976, dans Le Monde, le père François Ponchaud évoquait les exactions du régime (évacuation des villes, exécutions systématiques, travaux forcés et, déjà, famine), son témoignage demeurait largement inaudible. Un Jean Lacouture refusait toujours d'y croire, confiera-t-il encore en 2001, parce que deux articles en avaient parlé dans Le Figaro. Sans doute ne lisait-il pas non plus Ouest France, qui, en février-mars de la même année, sortait aussi des témoignages accablants. Ni l'écrivain cambodgien Soth Polin et le reporter de l'agence Reuters Bernard Hamel, qui, en juillet-août 1976, publiaient les premiers témoignages sur le génocide en cours. La vérité devenant irréfutable, et bravant l'ire de Georges Marchais, Lionel Jospin sauvera l'honneur en donnant au Monde "Les socialistes et le Cambodge", tribune appelant à croire les réfugiés et demandant : "Où les camps de concentration ont-ils jamais créé un homme nouveau ?" Lacouture publiera Survive le peuple cambodgien ! et avouera en 1978 à Valeurs actuelles sa honte d'avoir été complice de loin, d'avoir "péché par ignorance et naïveté". Mais, le premier aussi, il emploiera le vocable douteux d'"autogénocide" (repris par le linguiste américain Chomsky !) et se risquera à parler de "national-socialisme de rizière" plutôt que, tout simplement, de maoïsme ou de communisme". (L'Express, 10 janvier 2012)

Des aveuglements récurrents d'intellectuels et de politiciens de la gauche française.

La Déchirure
En 1984, La Déchirure (The Killing Fields), film britannique oscarisé de Roland Joffé, avait montré les horreurs de ce régime, son mode de fonctionnement inhumain.

Interprété par Sam Waterston (Sydney Schanberg), Haing S. Ngor (Dith Pran), John Malkovich (Al Rockoff) et Julian Sands (Jon Swain), il s’inspirait de l’histoire du journaliste Sydney Schanberg, distingué par le Prix Pulitzer en 1976, et s’attachait à Dith Pran, en montrant le fonctionnement destructeur du régime génocidaire : embrigadement des enfants séparés de leurs parents, destruction de la famille, extermination d'un peuple contraint de quitter les villes pour survivre dans des campagnes pour sa « rééducation ».

Rithy Panh
Rescapé de ce régime totalitaire criminel, Rithy Panh a réalisé des documentaires - S21, la machine de mort Khmère rouge (2003), Duch, le Maître des forges de l'enfer (2011), L'Image manquante (2013) - sur ce génocide perpétré par un régime ayant imposé l’autarcie, et sur les survivants.

Il a aussi co-écrit avec Christophe Bataille "L'Elimination". "A douze ans, je perds toute ma famille en quelques semaines. Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital de Mong, dans le lit où vient de mourir une de ses filles. Mes nièces et mes neveux. Tous emportés par la cruauté et la folie khmère rouge. J'étais sans famille. J'étais sans nom. J'étais sans visage. Ainsi je suis resté vivant, car je n'étais plus rien." Trente ans après la fin du régime de Pol Pot, qui fit 1.7 millions de morts, l'enfant est devenu un cinéaste réputé. Il décide de questionner un des grands responsables de ce génocide : Duch, qui n'est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille sa légende. L'élimination est le récit de cette confrontation hors du commun. Un grand livre sur notre histoire, sur la question du mal, dans la lignée de Si c'est un homme de Primo Levi, et de La nuit d'Elie Wiesel."

« Exil » est un documentaire de Rithy Panh. « Après « L’image manquante », déchirante et lumineuse traversée d'une enfance brisée par la sanguinaire révolution de Pol Pot, le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh fouille à nouveau ses souvenirs du génocide khmer rouge dans ce film qui vogue à la frontière du rêve et de la réalité, de l’écriture documentaire et poétique ».

« Un très jeune homme vêtu de noir dans une maisonnette aux parois de bambou. Passent près de lui, comme en rêve, des images d'archives du Cambodge des années 1960 et du régime des Khmers rouges, une nuée de corbeaux de papier, la lune et les planètes, des photographies anciennes, une série d'objets. Parfois, la caresse d'une main féminine se pose sur la joue de cet homme enfant désespérément solitaire, tenaillé par la faim et à demi prostré. Il figure le cinéaste lui-même. Jeté à 11 ans sur les routes avec les siens et l'ensemble des habitants de Phnom Penh, lorsque les Khmers rouges s’emparent de la capitale en 1975, Rithy Panh a survécu, contrairement à une grande partie de sa famille, parvenant à fuir pour gagner un camp de réfugiés en 1979, d'où il part pour la France l'année suivante ».

« Rithy Panh continue d'explorer sa propre mémoire à vif d'un génocide qui a fait quelque 2 millions de victimes, auxquelles il n'a cessé de chercher à rendre justice dans son œuvre. Au-delà du pays natal à jamais perdu, l'exil qu'il évoque dans ce film poème, c'est à la fois la douleur du rescapé, « mort et vif », amputé d'une partie de lui-même, la nostalgie et l'impossible deuil d'un passé anéanti, l'absence au monde qui en découle. Mais par la magie de ses mots et de ses images, le cinéma devient un langage assez puissant pour renouer le lien avec le réel, les êtres et les choses aimés. On ne cesse de creuser la terre dans Exil, des perpétuels chantiers des Khmers rouges filmés quarante ans plus tôt aux trésors exhumés un à un par le personnage principal, comme la métaphore d'un douloureux retour vers la lumière. « Tu vois, ma mère, je t'attendais… » Citant Mao Zedong, Robespierre ou Alain Badiou, mais aussi René Char, Baudelaire et Apollinaire, la voix off, écrite une fois encore par Christophe Bataille, qui a cosigné avec Rithy Panh son livre autobiographique L'élimination (Grasset), mêle avec lyrisme une réflexion sur la révolution qui dévore les vies humaines (« La pureté, c'est la terreur… ») et une méditation intime où passent les souvenirs, les sensations, les sentiments ».

"Du 23 au 27 juin 2019, ARTE bouscule sa grille pour accueillir la quatrième édition du festival du documentaire, entièrement dédié aux grands documentaires : onze coproductions ARTE signées par des réalisateurs de renom, pour la plupart sorties en salles ou primées dans les grands festivals internationaux. Le documentaire, dans toute sa diversité formelle, son foisonnement de sujets, son inventivité, fait partie de l’essence d’ARTE. C’est le genre emblématique de l’ouverture au monde, qui est en même temps agrandissement de l’univers de chacun. À la fois en prise avec le réel tout en le transfigurant, à travers un regard esthétique et singulier, il donne à voir l’invisible, l’autre, le différent, l’inédit. C’est l’ambition de ce festival que de valoriser toute la palette de ce genre puissant auquel ARTE est particulièrement attachée. ARTE présente à l’antenne des films particulièrement marquants qui, chacun à leur façon, nous dévoilent ce que l’on ne voit pas d’ordinaire ou plus. De Visages Villages d’Agnès Varda et JR primé à Cannes en 2017 et dans de nombreux festivals, à Les tombeaux sans noms de Rithy Panh, sélectionné entre autres à la Mostra de Venise en 2018, en passant par Wrong Elements de Jonathan Littel sélectionné à Cannes en 2016, ou bien encore" « Gaza, la vie » par Garry Keane.

Arte diffusera le 27 juin 2019 "Les tombeaux sans noms" (Gräber ohne Namen) de Rithy Panh. "Sur les lieux où il fut déporté, enfant, par les Khmers rouges et où neuf des siens ont péri, Rithy Panh invoque les morts par les images, les mots, les rites. Une méditation bouleversante sur le deuil impossible engendré par le génocide."

"J’ai fait ce voyage pour m’asseoir avec les morts. Et pour parler avec eux dans les pagodes, au bord des routes et des fleuves […] Je suis retourné régulièrement dans ces lieux. Je n'ai pas trouvé de trace des tombes de mon père et de mes neveux. Ni des fosses communes où furent ensevelies ma mère et mes sœurs." En 1975, Rithy Panh, alors âgé de 11 ans, fut déporté par les Khmers rouges avec les siens dans une plaine agricole de la province de Battambang, dans le nord-ouest du Cambodge. La plupart ont succombé aux travaux forcés, à la famine et aux exactions de tous ordres infligés au "peuple nouveau", comme le régime de Pol Pot désignait les habitants des villes et des régions conquises."

"Continuant à sonder l'histoire d'un génocide qui a fait quelque 2 millions de morts, et le deuil impossible que ces quatre années de terreur ont légué aux rescapés, le cinéaste approfondit avec Les tombeaux sans noms une exploration autobiographique entreprise avec L'image manquante, puis Exil. Ce nouveau chemin qu'il essaie de tracer vers les disparus passe par des cérémonies bouddhiques, destinées à communiquer avec les âmes errantes qui n'ont pu être incinérées selon les rites."

"Vay Tchol" ("frappé et jeté") : telle était la sanction promise à tous, rappelle un paysan, aussi chenu que les bonzes et les nonnes qui accompagnent Rithy Panh dans sa quête. Pour invoquer les êtres aimés et le manque lancinant par lequel ils survivent en lui, le réalisateur interroge la "plaine linceul", entre rizières et forêts, où la violence et la douleur restent enfouies au pied des arbres, dans la terre et les fondrières".

"Entre les mains parcheminées des officiants, un fil de coton, une figurine modelée dans une feuille de bananier, un œuf, une calebasse de fer, un cierge ou des bannières flottant dans le vent suggèrent aussi puissamment que les photos de famille le lien ténu qui peut se tisser entre morts et vivants. En écho aux incantations qui cherchent et qui consolent, les réminiscences imagées des vieux témoins rappellent ce qu'il s'est passé en ces lieux. Si ce film en forme de méditation bouleverse une fois encore, c'est aussi par la manière dont il tente de capter l'âme d'un pays meurtri, pour offrir au travers des rites, de la nature, de la parole, sinon l'apaisement, au moins l'acceptation de ce qui fut."

"1980. Marche pour la survie du Cambodge
Arte diffusa le 16 décembre 2017, dans le cadre de Mystères d'archives (Verschollene Filmschätze), "1980. Marche pour la survie du Cambodge" (1980. Marsch für das Überleben Kambodschas), de Serge Viallet.

"En 1980, un an après avoir occupé le Cambodge, le Viêtnam est accusé d'y organiser une famine à grande échelle".

"Près de sa frontière avec la Thaïlande, les ONG Médecins sans frontières et International Rescue Committee organisent une marche à laquelle participent de nombreuses personnalités".


"Les tombeaux sans noms" de Rithy Panh
France, 2018, 116 min
Sur Arte le 27 juin 2019 à 23 h 10
Visuels :
Dans le documentaire "Les tombeaux sans noms" de Rithy Panh, le réalisateur part sur les traces des victimes des khmers rouges au Cambodge
Credit : © Cdp/ D.R.
Photos de membres de la famille de Rithy Panh, victimes des khmers rouges au Cambodge, dans son documentaire "Les tombeaux sans noms"
Credit : © Cdp/ D.R.

Sur Arte le 16 décembre 2017 à 17 h 55
Visuels :
Mercredi 6 février 1980. Thaïlande. Province de Aranyaprathet. A la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Une des banderoles des participants à la Marche pour la survie du Cambodge
© INA

6 Fevrier 1980. Claude Malhuret,president de MSF France de 1978 a 1979, Xavier Emmanuelli, president de 1979 a 1980, et Rony Brauman, president de 1982 a 1994, pendant la "Marche pour la survie du Cambodge", a la frontiere entre le Cambodge et la Thailande, pres d'Aranya-Prathet. En tête de la marche, une banderole en 3 langues : "Cambodge, marche pour la survie. Permettez-nous d'aider le peuple khmer."
Claude Malhuret, president of MSF France from 1978 to 1979, Xavier Emmanuelli, president from 1979 to 1980, and Rony Brauman, president from 1982 to 1994 during the 'march for the survival of Cambodia', on the Thai border in 1980.
© MSF

« Exil » par Rithy Panh
2015, 77 min
Sur Arte les 6 juin 2017 à 22 h 20 et 2 juillet 2019 à 2 h 20
Visuels : © Film Distribution
Le réalisateur Rithy Panh
L’exil est un abandon, une solitude terrifiante. Dans l’exil, on se perd, on souffre, on s’efface. Mais on peut retrouver les siens, aussi. Au pays des mots, des images, dans la rêverie qui n’est pas seulement enfantine. Tout commence par l’exil et rien ne vaut que par lui. Le film "Exil"est une méditation sur l’absence ; sur la solitude intérieure, géographique, politique.

« 1978. Les images retrouvées des Khmers rouges  », de Pierre Catalan et Serge Viallet
2010, 26 min
Sur Arte le 10 juin 2016 à 12 h 50
Visuels :
Frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. Réfugiés khmers

Articles sur ce blog concernant :
Les citations non sourcées proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 10 juin 2016, puis les 6 juin et 16 décembre 2017.

jeudi 27 juin 2019

« The Goutte d’Or ! L'institut des Cultures d'Islam invite Martin Parr »


L'Institut des Cultures d'Islam (ICI) a présenté l'exposition éponyme composée d'une trentaine de clichés en couleurs, parfois en grands formats, d'habitants - commerçants, femmes en cours d'alphabétisation - et de lieux - prières illégales sur la voie publique, hammam - de ce quartier populaire et cosmopolite de Paris, accueillant des vagues d'immigrés, notamment Juifs - ashkénazes et sépharades - et maintenant musulmans, par le photographe britannique Martin Parr. Une exposition qui se voulait  consensuelle et qui parfois troublait. Le 29 juin 2019, aura lieu un parcours croisé entre le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahj) et l'Institut des cultures d'Islam (ICI) autour du textile par Jacky Libaud, guide-conférencier de l’ICI et et jardinier : "Mode et textile à la Goutte-d'Or" de 11 h à 12 h 30 et Du Sentier à la Goutte d’Or à 11 h . Rendez-vous à l’ICI, 19-23, rue Léon, Paris, dans le 18e arrondissement. 



"De L’Assommoir décrit hier par Zola aux colonnes de nos quotidiens d’aujourd’hui, la Goutte d’Or est sans doute le quartier de Paris qui jouit le plus d’une « mauvaise réputation ». Criminalité, trafic de drogues, insalubrité, prostitution, prières dans la rue, tels sont les mots qui reviennent en boucle à son évocation, quitte à oublier la beauté de ce nom hérité du vin [blanc] qui y était cultivé au XIXe siècle", écrit Véronique Rieffel, commissaire de l'exposition, auteur du livre Islamania et directrice de l'ICI.


L'ICI, "lieu d'accueil"
Installé depuis 2006 à la Goutte d’Or, l’ICI est le "lieu d’accueil, unique en son genre, des cultures que l’on dit « d’ailleurs » mais qui s’avèrent résolument « d’ICI ».


L’ICI se veut "un observatoire et un acteur de référence participant à la construction d’un islam parisien, français, européen".

Sa programmation est "fondée sur : la diversité des cultures d'Islam, irréductibles au seul monde arabe, la création contemporaine face aux cultures d'Islam traditionnelles, le fait religieux sous l'angle scientifique et la contribution des cultures d'Islam au patrimoine universel... L’art au service du dialogue des peuples est une source intarissable en cette Goutte d’Or". Dixit le dossier de presse

Financé par la Mairie de Paris, l'ICI s'ajoute au département des Arts de l'Islam du Louvre et à l'Institut du monde arabe (IMA).


Une résidence offerte à Martin Parr
Sur ce "quartier en pleine évolution", l'ICI veut faire découvrir "un monde cosmopolite et attachant qui mérite d’être connu au-delà de stéréotypes sulfureux".


Pour ce faire, l'ICI a proposé en 2010 une résidence au célèbre photographe britannique Martin Parr.


Né à Epsom (banlieue sud de Londres, Surrey) en 1952, Martin Parr est passionné dès son enfance par l'image, il étudie de 1970 à 1973 à Manchester Polytechnic.

Ses thématiques privilégiées ? La "société de consommation, le tourisme de masse, la mode, la publicité et son imagerie. Au premier regard ses clichés peuvent semblent exagérés, les motifs étranges, frôlant le kitch, et les perspectives inhabituelles... Se cache un discours critique et une forme prononcée d’autodérision".


En 1994, Martin Parr "intègre Magnum Photos. En 2002, la Barbican Art Gallery et le National Media Museum présentent une rétrospective importante de son travail, exposition qui sillonnera l’Europe durant cinq années". En 2009, le Jeu de Paume a montré la Planète Parr, la collectionde Martin Parr.


Mission confiée à Martin Parr par l'ICI ? Photographier "avec l’humour et le décalage qui le caractérisent", avec leur accord, des habitants de ce quartier situé près de la butte Montmartre et du Sacré-Coeur.

"Un monde cosmopolite et attachant"
Pendant une semaine, fin janvier 2011, Martin Parr a saisi la réalité quotidienne au gré d'un parcours balisé par l'ICI dans ce quadrilatère bordé par le boulevard Barbès à l'Ouest, le boulevard de la Chapelle au Sud, la rue Max Dormoy à l'Est et la rue Ordener au Nord.


Un quartier populaire à forte densité de population - "57 000 habitants au km² (contre 20 800 hab/km² pour d'autres quartiers de la capitale)" -, dont "36% de la population est d’origine étrangère (contre 17,5% en moyenne dans la Ville de Paris)", et qui abrite le marché Dejean regorgeant de produits exotiques et d'épices, des lieux de spectacles - le Centre Musical Fleury-Goutte d'Or-Barbara, l’Olympic Café ou le Lavoir Moderne -, et des espaces pour des créateurs, dont la styliste Sakina M’Sa qui propose "des cours de couture dans son atelier aux femmes du quartier".


Martin Parr a photographié les fidèles dans l'église St Bernard, "occupée en 1996 par 300 étrangers en situation irrégulière". Un restaurateur Juif aux clients souvent musulmans. Le café Mon village, "espace de sociabilité fréquenté par de vieux migrants et tenu par un immigré Kabyle". Un moment de détente avec partage de la "galette des rois" entre les femmes du cours d'alphabétisation de l'association Accueil Laghouat. Le caviste Don Doudine. L'intérieur du Temple Ganesha qui organise "des services religieux traditionnels hindouistes en langue sanskrite", des résident(e)s de la maison de retraite "l'Oasis". Jocelyn, propriétaire de la Boutique Connivence, "LE magasin de vêtements des « sapeurs » ou représentants de la « S.A.P.E » (Société des ambianceurs et des personnes élégantes) d’origine africaine et marqués par les codes vestimentaires européens". Un poulailler.


Et des musulmans priant dans la mosquée Khalid Ibn Walid de la rue Myrha installée depuis 1985. L'installation des tapis près de la mosquée Al Fath, "posés jusqu'au boulevard Barbès... L'équipe chargée de coordonner la prière termine de baliser les délimitations les espaces de prière des espaces de passage... Grand, portant une barbe blanche finement taillée, vêtu de la tenue traditionnelle, l’imam, M. Hamdaoui, est là et invite à photographier la mosquée de l'intérieur. « C'est important de montrer que nous sommes amenés à prier sur la chaussée pas pour le plaisir de déranger mais parce que la mosquée est complètement bondée ».


Un "islam quotidien, familier, presque villageois, celui de la majorité silencieuse que l’on montre rarement dans les médias… car la Goutte d’or est aussi un quartier riche de nombreux commerces, parfois nichés dans des endroits inattendus, héritier d’un patrimoine culturel : du charcutier posant devant sa tirelire-cochon aux pratiques ferventes de la foi, d’une collection de théières bariolées délicieusement kitsch à l’art de la « sape » (la mode du dandysme tropical)".


Martin Parr impressionné par la "grande prière du vendredi"
Pour un reportage "dans le West Midlands, j’ai été amené à prendre en photo différentes communautés : des hindouistes, des musulmans, des Juifs. Mais au cours de ce reportage, je n’étais pas entré dans une mosquée", se souvient Martin Parr. Et d'ajouter : "C’est la première fois que je vois de l’intérieur une mosquée dans un pays non musulman. Je ne connaissais les mosquées que comme touriste à Istanbul où on ne peut visiter les lieux de cultes qu’en dehors des heures de prières… Là, j’y étais en plein milieu… Passionnant !… Je pense que je suis arrivé sans complexe et sans idées préconçues sur le quartier".

Martin Parr reste impressionné par "la grande prière du vendredi à la mosquée El Fath. Je n’avais jamais vu ça ! C’était impressionnant et très intense. En Angleterre, il n’y a pas ce genre de scène de rue. A ma connaissance, il n’y a pas de problème de construction de lieux de culte musulman... Il y a assez de place pour tout le monde dans les mosquées. Le plus surprenant, c’est que c’est là où j’ai eu le moins de problème avec la présence de ma caméra alors qu’on aurait pu imaginer que ce serait le moment le plus délicat ! J’ai même pu photographier des femmes à l’intérieur de la mosquée en train de prier. Je n’avais jamais vu ce type d’image avant".

Faits troublants
Le 5 avril 2011, une foule impressionnante s'est pressée au vernissage de cette exposition articulée autour de quatre thématiques - Melting Potes, Spiritualités, Rituels, La I-cité -, alors que s'achevait le débat sur la laïcité et l'islam organisé par l'UMP (Union pour un mouvement populaire) et qui avait suscité une controverse.

Cette exposition consensuelle laisse un peu dubitatif.


Sur les prières illégales le vendredi sur l'espace public, cette exposition accrédite l'idée d'un manque de mosquées. Les musulmans qui sortent des bouches de métro pour se joindre à ces prières ? Selon Véronique Rieffel, il s'agit de musulmans travaillant à la Goutte d'Or.


Pourtant, on peut penser que ces prières publiques constituent des tests à l'égard de la république française et de ses valeurs (laïcité, égalité devant la loi, etc.).


Et si l'harmonie et la tolérance imprègnent ce quartier multiethnique, pourquoi le projet d'"apéro saucisson-pinard" à la Goutte d'Or en juin 2010 a-t-il suscité tant d'indignations chez des politiciens et a-t-il été interdit par la préfecture de police de Paris ? Cette question a été exprimée par Pierre Cassen, un des responsables de Riposte Laïque, lors de la conférence de presse du 4 avril 2011.

Enfin, l'ICI a autorisé sur sa façade l'affiche d'un concert au profit d'Un bateau français pour Gaza, c'est-à-dire un navire visant à forcer, comme en 2010, le blocus de la bande de Gaza dirigée par le mouvement islamiste et terroriste Hamas dont la charte vise la destruction de l'Etat d'Israël. Une "initiative" jugée "regrettable" par Alain Juppé, ministre  français des Affaires étrangères, le 14 juin 2011, répondant à l'Assemblée nationale à la question du député UMP du Val-de-Marne, Jacques-Alain Bénisti. D'une part, cette affiche politisée viole le principe de neutralité du service public auquel est astreint l'ICI, organisme subventionné par la Ville de Paris qui prévoit son futur agrandissement en célébrant son "esprit de concorde". D'autre part, cette affiche prône un acte illégal soutenu financièrement et de manière scandaleuse par des cheminots de la CGT de Marseille de la SNCF, plus précisément le comité d'entreprise CGT cheminots-PACA (Provence Alpes Côte d'Azur). En outre, cette "solidarité" à la Goutte d'Or vise une action agressive contre l'Etat juif, ternit l'ICI qui aurait du la refuser et ne favorise pas le vivre ensemble ni le respect de la légalité. A noter que ce n'est pas la première instrumentalisation d'une institution de la Ville de Paris : le musée municipal d'Art moderne a accueilli fin 2010 l'exposition du photographe Kai Wiedenhöfer Gaza 2010.

L'Institut des Cultures d'Islam (ICI), dont le président est Jamel Oubechou, a été inauguré dans ses nouveaux locaux, au 56 rue Stephenson, 75018 Paris, le 28 novembre 2013. 

En 2014, la Maison européenne de la photographie (MEP) a montré des photographies de Martin Parr sur Paris.



Attentat déjoué
Le 7 janvier 2016, vers 11 h 30, un individu a essayé d'entrer dans le commissariat de la Goutte d'Or en criant "Allah Akbar", armé « d’une arme blanche de type feuille de boucher » et "muni d'une ceinture d'explosifs factices". Il a été tué par des policiers. 

"Selon le procureur de la République, François Molins, « ont été découverts sur lui un téléphone portable et un papier sur lequel figurent le drapeau de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] et une revendication non équivoque en langue arabe ». Une source proche de l’enquête a précisé à l’AFP qu’il s’agissait d’un message « prêt{ant] allégeance » à l’EI et justifiant son acte par une vengeance contre les « attaques en Syrie ».


"L’individu, qui ne portait pas de papiers sur lui, a été identifié, grâce à ses empreintes digitales dans le Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED). Selon une source judiciaire citée par Reuters, il s’agi d’un ressortissant marocain né en 1995 à Casablanca, mis en cause pour vol en 2013.

La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie, et une enquête a été ouverte pour « tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste ».

"L’enquête ne fait que commencer, mais la ministre de la justice, Christiane Taubira, a laissé entrendre sur iTélé que l’homme n’avait a priori « aucun lien avec la radicalisation violente ». « Nous savons que c’est une ambiance extrêmement lourde et que des personnes qui ont des fragilités psychologiques, je n’ai pas dit que c’est le cas de cette personne, mais les personnes qui ont des fragilités psychologiques peuvent agir de cette façon (...) L’enquête fera la clarté de tout ça. »

"Cette attaque survient le jour anniversaire de la tuerie de Charlie Hebdo, qui avait fait douze morts il y a un an, la première d’une série d’attaques terroristes en région parisienne". 

Dans la matinée, François Hollande, qui présentait ses vœux aux forces de sécurité à Paris, avait déclaré« Je l’affirme une nouvelle fois ici. Nous ne les oublierons jamais. Ils sont morts pour que nous puissions vivre libres. (…) Trois policiers qui représentaient la diversité des origines, des parcours, des métiers, des missions des forces de sécurité de notre pays. » "Il a affirmé que toute agression d’un policier, d’un gendarme ou d’un sapeur-pompier n’était « pas seulement » un acte de délinquance, mais une « atteinte à la République ». Il a ajouté que les auteurs de tels faits devaient « savoir qu’ils seront inlassablement recherchés et interpellés et punis comme il convient ».

Textile

Le 29 juin 2019, aura lieu un parcours croisé entre le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahj) et l'Institut des cultures d'Islam (ICI) autour du textile par Jacky Libaud, guide-conférencier de l’ICI et et jardinier : "Mode et textile à la Goutte-d'Or" de 11 h à 12 h 30 et Du Sentier à la Goutte d’Or à 11 h . Rendez-vous à l’ICI, 19-23, rue Léon, Paris, dans le 18e arrondissement. Il est conseillé de suivre les deux promenades : Au cœur du Sentier et Mode et textile à la Goutte-d'Or. Mais comment ?

"À l’instar du Sentier, ce quartier situé à proximité des Grands Boulevards, la Goutte d’Or accueille dès la fin du XIXe siècle des familles juives d’artisans tailleurs, chapeliers et fourreurs venant d’Europe de l'Est. Elles initient, installent, dans ce quartier populaire, une tradition liée au textile, qui évolue après la Seconde Guerre mondiale, avec l’arrivée de commerçants du Maghreb puis du reste de l’Afrique, répondant aux demandes des nouvelles immigrations. Cette promenade dans les pas des marchands de tissus, couturiers, brodeurs et créateurs de mode dévoile une société parisienne souvent méconnue, qui se révèle dans sa diversité au fil des rencontres, des échoppes et des ateliers."


Jusqu'au 2 juillet 2011
A l'Institut des Cultures d’Islam (ICI)
19-23, rue Léon, 75018 Paris
Tél. : 01 53 09 99 80
 Du mercredi au dimanche de 15 h à 20 h, et le samedi de 10 h à 20 h

Visuels de haut en bas : © Martin Parr / Magnum Photos – Institut des cultures d’Islam
Leçon de mode inspirée avec la créatrice Sakina M’Sa
Prière du vendredi rue Polonceau

Carte de la Goutte d'Or : © DR
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Cet article a été publié en juin 2011, et republié le :
- 7 août 2012 en raison de la publication de 100 photos de Martin Parr pour la liberté de la presse par Reporters sans frontières (RSF) et de l'exposition signée par Rip Hopkins, Another Country - Les Britanniques en France, et Martin Parr, Think of England, au Musée Géo-Charles de la ville d'Échirolles (près de Grenoble) à l'occasion des Jeux olympiques de Londres 2012 ;
- 15 novembre 2012 à l'approche de la vente par le département Photographies de Christie's à Paris, le 16 novembre 2012, de 55 photos de la collection de Bruce et Nancy Berman, qui contient notamment des photographies de Mitch Epstein et Martin Parr ;
- 26 novembre 2013 et 25 mai 2014, 7 janvier 2016.