samedi 18 février 2017

Napoléon et Paris : rêves d’une capitale


Le musée Carnavalet présente l’exposition éponyme. Deux siècles après l’abdication de Napoléon 1er, il analyse les rapports, interactions, entre ce personnage historique exceptionnel et Paris. Une ville de pouvoir que l’empereur dote, par pragmatisme et esprit de rationalisation, pour l'exercice de son pouvoir centralisé et concentré dans les mains de Napoléon Ier, pour représenter sa geste, de nouveaux monuments, équipements et institutions, afin que Paris soit « la plus belle ville qui puisse exister ». L’abdication de Napoléon 1er en 1815 marque l’arrêt prématuré de son rêve grandiose d’embellissement de Paris. Arte diffuse Paris-Berlin, destins croisés.


Napoléon et Paris : rêves d’une capitale
Napoléon Ier ou la légende des Arts
Le congrès de Vienne ou l’invention d’une nouvelle Europe

La « prodigieuse existence de Napoléon Bonaparte est indissolublement liée à Paris ».

Lieu où le jeune Corse termine ses études, où il participe à plusieurs des grandes « journées » de la fin de la Révolution dont le coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799), où il s’empare du pouvoir, se couronne lors de son sacre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, convole à deux reprises consécutives en justes et fastueuses noces avec Joséphine de Beauharnais, puis Marie-Louise d’Autriche, devient le père de Napoléon II, il effectue sa seconde abdication à l’Elysée le 22 juin 1815 après la défaite de Waterloo (18 juin 1815), lieu où il a souhaité y reposer pour l’éternité : « Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé ». Pour Napoléon (1769-1821), Paris c’est « le théâtre des moments-clés de sa carrière politique ».

« Paris a façonné Napoléon tout autant que Napoléon a transformé Paris : durant la Révolution, Napoléon comprend que l’opinion se forge et que le pouvoir se conquiert dans la capitale ». 

Après une période décennale révolutionnaire, mû par des soucis de rationalisation, considérations politiques, un esprit pragmatique, la volonté de représenter matériellement le pouvoir et sa geste, Napoléon « a voulu remodeler Paris » bien qu'il en ait été souvent et durablement absent en raison des batailles menées hors des frontières de la France. Il "a voulu faire de Paris la capitale de l’Europe, une cité couverte de palais et d’édifices publics », « la plus belle ville qui puisse exister ».

Paris « devient le centre de la vie politique, diplomatique et mondaine du « Grand Empire » où confluent les élites de la nouvelle Europe. Le faste de la vie » et la cour brillante « au palais des Tuileries, réaménagé par les architectes Percier et Fontaine, sont évoqués à travers le luxe quotidien et l’élégance des figures impériales : l’impératrice Joséphine, Marie-Louise, le roi de Rome, les frères et sœurs de Napoléon, les dignitaires et les courtisans ». Se développe un style Empire, raffiné et inspiré de l'Antiquité, privilégiant l'acajou et les lignes rectilignes.

Dans une France impériale centralisée où les préfets jouent un rôle primordial dans la remontée d’informations aux ministères à Paris et dans l’exécution des ordres reçus, l’empereur Napoléon 1er a doté Paris d’institutions administratives dont certaines perdurent. « Administrateur autant que chef de guerre, il établit pour deux siècles l'organisation de la capitale, instituant les fonctions de préfet de la Seine et de préfet de police ainsi que le conseil général de la Seine », siégeant aussi en tant que conseil municipal, sans que les douze arrondissements constituant Paris comprennent des élus.

« Soucieux d’ordre et d’efficacité, l’empereur fait en outre édifier de nombreux équipements d’utilité publique : ponts, canaux, fontaines, marchés, halles, abattoirs, cimetières transforment la vie quotidienne des Parisiens ».

Soucieux du maintien de l'ordre public, Napoléon contribue ainsi à améliorer l’hygiène, la circulation, l’activité commerciale, et la qualité de vie des Parisiens.

L’empereur Napoléon 1er aspire à « une nouvelle Rome peuplée de monuments grandioses », à sa gloire. Si certains édifices commandés sont parfois achevés, d’autres « demeurent ébauchés : la colonne Vendôme, le palais de la Bourse, la fontaine du Châtelet, le Temple de la Gloire, les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Etoile ». De nombreux « rêves sont restés à l’état de projet, comme le très populaire éléphant de la Bastille, les palais du roi de Rome, des archives ou des beaux-arts ». 

Deux siècles après la fin du Premier Empire, l’exposition Napoléon et Paris : rêves d’une capitale au musée Carnavalet « explore les relations complexes entre un homme exceptionnel et l’une des plus belles villes du monde », et révèle le « rêve inachevé » de Napoléon, étape méconnue vers la cité haussmannienne, conçu par Napoléon.

« Mobilier, costumes et accessoires restituent l’atmosphère de l’époque. Les paysages parisiens peints par Bouhot, Boilly ou Hubert Robert, les maquettes, plans et dessins issus des ateliers de Percier, Fontaine ou Brongniart, les reliques des monuments disparus, les nombreuses caricatures font revivre avec une puissance d’évocation inégalée le style Empire et l’urbanisme napoléonien ».

Si l’exposition évoque les relations de Napoléon et du pape Pie VII, elle omet les relations avec les Juifs. L'article 2 du décret du 30 mai 1806 de l'empereur Napoléon Ier dispose « qu'il sera formé au 15 juillet prochain, dans notre bonne ville de Paris, une assemblée d'individus professant la religion juive et habitant le territoire français ». Dénommée souvent Assemblée des notables, cette assemblée réunit 95 députés désignés par les préfets au niveau des départements. C'est à Paris que l'Empereur convoque, en séance solennelle à Paris, le 9 février 1807, le Grand Sanhédrin, cour suprême juive instituée le 10 décembre 1806 et réunissant soixante-et-onze rabbins, afin de conférer une valeur légale et religieuse aux principes de l'Assemblée des notables en réponse aux douze questions posées par le gouvernement. Le président du Sanhédrin était David Sintzheim, rabbin de Strasbourg, beau frère de Cerf Berr.

Chronique parisienne de Napoléon
Lors des quinze ans du Consulat - du coup d'État du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) au 18 mai 1804 (28 floréal an XII) - et de l’Empire (18 mai 1804-6 avril 1814), Napoléon est plus actif « sur les champs de bataille de l’Europe que dans ses palais de Paris et d’Ile-de-France, mais Paris n’en reste pas moins le centre nerveux du régime et le principal théâtre de ses fastes ». Il ne réside à Paris que 900 jours en neuf ans.

A Paris, le gouvernement napoléonien se mue « en une nouvelle monarchie. Délaissant Reims, Napoléon élit Paris pour se faire sacrer. Là, il y accueille des chefs d’Etat étrangers et y « fait célébrer le retour de ses armées victorieuses ».

Au Louvre, l’empereur épouse l’archiduchesse Marie-Louise (1810), et c’est aux Tuileries que vient au monde leur fils, le roi de Rome (1811).

Mais le pouvoir est fragile, et menacé : Napoléon est la cible « du premier attentat à la bombe de l’histoire, rue Saint-Nicaise (1800) ; il échappe à la conspiration de Cadoudal (1802-1804) ; pendant la campagne de Russie, le général Malet et ses complices échouent de peu à s’emparer du pouvoir (1812). C’est à Paris, enfin, que se joue à deux reprises le sort du régime impérial : en 1814, quand la ville, au terme d’une rude bataille, est occupée par les Alliés ; en 1815, quand Napoléon, vaincu à Waterloo, se résigne à abdiquer pour la seconde fois ».

Modèle d’une arche du pont des Arts, 1800 Bois et fer partiellement doré 62 x 101,5 x 96,5 cm.
© Eric Emo / Musée Carnavalet / Roger-Viollet
Le « pont des arts fut le premier pont métallique de Paris : ses arches étaient réalisées en fonte de fer en reprenant le principe d’une charpente en bois mais avec plus de transparence et de légèreté. La passerelle eut beaucoup de succès dès son inauguration en 1804 car elle offrait une vue inédite sur le Louvre, l’Institut et la Seine. Elle fut modifiée au XIXe siècle et reconstruite après 1980 avec de notables différences. Le métal fut choisi pour sa rapidité d’exécution : Bonaparte avait lancé la construction de trois ponts (Austerlitz, Arts et Cité) à réaliser entre 1801 et 1804 par une entreprise privée qui en obtiendrait en échange l’exploitation. Concédé à la compagnie des Trois ponts, le péage du pont des Arts fut supprimé par la Révolution de 1848 ».

Napoléon et l’administration de la cité
Après » dix années d’instabilité politique, Napoléon Bonaparte a bien conscience que Paris est le lieu où se font et défont les régimes ». Il veut de « tenir » la capitale. 

A cette fin, il place les institutions municipales, « qui ne doivent plus constituer un contre-pouvoir, sous la tutelle de deux fonctionnaires nommés par le gouvernement, le préfet de la Seine et le préfet de police » chargés d’administrer la ville. Sans représentants élus, Paris s’avèrent sous le contrôle étroit des « administrateurs, des policiers et des ingénieurs de Napoléon, qui introduisent le métal dans l’architecture de la cité ».

De « nouvelles institutions – les « masses de granit » – viennent encadrer la vie des Parisiens : Légion d’honneur que convoitent les notables, lycées où se forment les élites, musées, bibliothèques, cultes placés sous la tutelle de l’État ».

Les immeubles sont numérotés. Les nouveaux équipements et artères parisiens portent le nom de victoires militaires - Austerlitz, Ulm -, la campagne d’Egypte - rue d’Aboukir, passage du Caire, rue des Pyramides - de l’empereur Napoléon Ier, voire évoquent celui-ci : rue Bonaparte, quai Napoléon, rue Impériale (1808).

La rue de Rivoli est emblématique de l’urbanisme décidé par l’empereur : ligne rectiligne, espace large, hauteur des immeubles réduite.

« L’espace public est placé sous contrôle. La police surveille les journaux, les théâtres, les commerces, les cafés, les jardins publics. Les Parisiens sont invités à se divertir et à s’abstenir d’exprimer toute opinion hostile au pouvoir.
Le Paris de Napoléon, c’est…
- la naissance de l’architecture métallique à Paris et le temps des ingénieurs, avec le pont des Arts et le pont d’Austerlitz ;
- la première numérotation rationnelle des maisons d’après le système mis au point sous l’Empire et encore en vigueur ;
- des marchés, halles, fontaines et canaux créés aux quatre coins de la capitale pour le bien-être des Parisiens ;
- deux préfets qui subsistent jusqu’à aujourd’hui : un pour la police, un pour le département de la Seine ».

Alexandre Benoît Jean Dufay, dit Casanova,
Festin du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise, 2 avril 1810.
1812.
Château de Fontainebleau. Dépôt du musée de Versailles, 1986.
© RMN-Grand Palais (Château de Fontainebleau) / Gérard Blot
« Le mariage de l’empereur au faîte de son pouvoir et de la fille de l’empereur d’Autriche demanda d’importants préparatifs, dans tout Paris et au palais impérial des Tuileries, dont la salle de spectacle spécialement apprêtée est ainsi décrite par le Moniteur universel du 10 avril 1810 : « La belle salle de spectacle était devenue une salle de fête ; elle avait été disposée pour le banquet impérial. On avait, à cet effet, remplacé le théâtre par une décoration absolument pareille à celle de la salle, de sorte qu’au lieu d’une salle et d’un théâtre, on ne voyait qu’une salle d’une ordonnance régulière et d’un ensemble parfait. Deux coupoles soutenues par des arcs doubles, et des pendentifs ornés de colonnes, composaient cette décoration. L’une des deux divisions parallèle à l’autre, était occupée par la table destinée au banquet impérial, placée sur une estrade, et surmontée d’un dais magnifique (…). L’empereur et l’impératrice y ont pris place au milieu des rois et reines, princes et princesses de la famille. »

La cour de Napoléon aux Tuileries
Le 19 février 1800, en délaissant le palais du Luxembourg, où résidait le Directoire, au profit des Tuileries, « vieux palais de l’ancienne royauté, dernière résidence officielle de Louis XVI et siège du pouvoir pendant la Convention », Napoléon agit sur le registre symbolique. Cette décision de modifier le lieu d’exercice du pouvoir, révèle aussi « la personnalisation du régime » et prélude à son évolution vers la centralisation : l’empereur détient tous les pouvoirs.

Dès 1802, une vie de cour réapparaît, dont l’éclat s’accroît en 1804 quand est proclamé l’Empire. « Napoléon et sa famille forment désormais une dynastie et adoptent le style de vie et les codes de représentation des autres monarchies d’Europe ».

Dans cette cour nouvelle, voisinent, s’associent, fusionnent « les nouvelles élites issues de la Révolution et les éléments ralliés de l’ancienne noblesse. La création d’une noblesse d’Empire (1808) » vise « à rapprocher les deux groupes ».

Au centre de cette cour régie par une étiquette particulièrement détaillée : les membres de la famille de l’Empereur devenus princes, les « titulaires des grandes dignités et ceux des grands offices civils et militaires de l’Empire ». Dans un cercle plus large :  les « officiers de maisons impériales et princières, les membres des grands corps de l’État, les hauts fonctionnaires et les officiers généraux et supérieurs ». Dans un cercle plus éloigné de l’Empereur : les princes étrangers séjournant à Paris, les diplomates, les « étrangers de distinction » et les « personnes présentées » (Thierry Sarmant).

Les « fastes de cour – habits, vaisselle, mobilier – ont aussi un objectif utilitaire : les commandes officielles et celles des grands notables animent l’industrie du luxe et contribuent à donner du travail aux ouvriers de Paris et de Lyon ».

L’Antiquité influe la mode féminine, dont la silhouette est libérée des paniers. Chaussées de bottines ou escarpins, les élégantes gantées prisent particulièrement depuis le Consulat le châle, surtout celui léger, doux, mais onéreux fait en duvet de chèvre du Tibet. Le blocus de l’Angleterre induit une fabrication lyonnaise de châles, désormais en soie, laine ou coton. Éventail et bijoux attestent aussi du rang de la dame.

Au Louvre, affluent les œuvres d’art prélevées comme butins de guerre par l’empereur Napoléon Ier.

Jean-Antoine Alavoine Le Chevalier, Projets pour la fontaine de l’éléphant place de la Bastille, vers 1809-1819.
© Musée Carnavalet / Roger-Viollet
« Napoléon ordonna en 1810 la construction d’une fontaine surmontée d’un éléphant de bronze sur la place de la Bastille. L’animal devait être chargé d’une tour, à l’image de l’utilisation militaire qu’en faisaient les anciens, évocation antique chère à l’empereur.
Le projet confié à Alavoine aboutit à la création en 1815 d’une maquette grandeur nature, réalisée par le sculpteur Pierre-Charles Bridan, qui resta sur la place de la Bastille jusqu’en 1846. Les fondations sur lesquelles devait s’élever la fontaine furent utilisées pour la colonne de Juillet.
Cette œuvre fait partie d’une série de projets dessinés pour la fontaine par Alavoine, qui proposent quelques variantes quant à l’aspect de l’éléphant, tantôt surmonté d’une tour et tantôt d’un trône, dont le socle figurant des dieux fluviaux repose sur deux ou trois vasques avec des effets d’eau multiples ».

La ville rêvée de Napoléon
Du règne du roi Louis XVI (1774-1792) à la conquête du pouvoir par Bonaparte, Paris a peu changé.

« Tout en poursuivant les démolitions d’édifices religieux devenus biens nationaux, le nouveau régime relance la commande publique. Napoléon remet à l’honneur le projet de réunion des Tuileries au Louvre et entreprend de couvrir Paris de monuments largement inspirés de l’Antiquité », notamment de la Rome antique.

L’empereur Napoléon Ier « innove en donnant aux constructions utilitaires autant d’importance qu’aux édifices de prestige : fontaines, quais, marchés, abattoirs s’élèvent dans tous les quartiers. Le nouveau Paris napoléonien est la ville des équipements autant que la cité des monuments ».

À la fin de l’Empire, se profile « le projet d’un nouveau quartier administratif dans l’Ouest parisien, autour d’un gigantesque « palais du roi de Rome », qui aurait été la nouvelle résidence impériale ».

Ce Paris, l’Empereur l’arpente, notamment le populaire faubourg Saint-Antoine, pour tester ou redorer sa popularité, donner une image de lui distincte du vainqueur caracolant, et constater l’état des travaux entrepris à son initiative.

Au départ de Napoléon, la ville se trouve toujours confrontée à des problèmes d’approvisionnement, d’éclairage, de salubrité – Paris est une ville sale, constate Stendhal –, surtout dans les rues étroites du centre. Malgré une police efficace – ce sont les débuts de Vidocq, l’ancien bagnard embauché par la préfecture – s’entasse dans les vieux faubourgs ce que Frégier va appeler « la classe dangereuse » formée de déserteurs, d’anciens brigands et d’ouvriers sans travail », écrit Jean Tulard, de l’Institut.

La « chute du régime ne permet pas d’achever ces entreprises : la restructuration complète de Paris attendra le règne de » l’empereur Napoléon III.

Le Paris rêvé par Napoléon ce sont les plans, les dessins, les maquettes des monuments imaginés par ses architectes : un obélisque sur le Pont-Neuf, une pyramide au milieu du cimetière du Père-Lachaise, un éléphant monumental place de la Bastille.

Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853).
"Vue du Palais du roi de Rome, prise du côté de la grande route".
© Musée Carnavalet / Roger-Viollet
« Le palais du roi de Rome fut imaginé par Percier et Fontaine dans le but de fournir une résidence à l’empereur. Après plusieurs discussions, le projet définitif fut arrêté, à l’emplacement actuel du palais du Trocadéro.
À partir de janvier 1811, il fut décidé qu’il s’agirait du palais du roi de Rome, qui allait naître quelques mois plus tard.
Cet immense palais dont les ailes auraient accueilli les salons, les antichambres et les habitations des princes, embrassant côté jardin l’étendue du bois de Boulogne, aurait été, selon Fontaine, « l’ouvrage le plus vaste et le plus extraordinaire de notre siècle ». La chute de l’Empire enterra définitivement cette grandiose entreprise ».

La légende napoléonienne à Paris
Après la seconde abdication de l’empereur Napoléon Ier, le souvenir de Napoléon perdure « dans la mémoire collective ainsi qu’à travers les monuments qu’il a commencés et que terminent les régimes ultérieurs ». 

« L’exil et la mort de l’empereur à Sainte-Hélène (1821) achèvent de forger sa légende ». 

« Dès 1833, sa statue surmonte de nouveau la colonne Vendôme  ».

En 1840, « sa dépouille est ramenée à Paris, et la Monarchie de Juillet tente de bénéficier du prestige du héros défunt ».

« Avec l’avènement du Second Empire (1852), le culte officiel de Napoléon Ier atteint son apogée. Napoléon III et le préfet Haussmann donnent aux rues du nouveau Paris des appellations qui rappellent les batailles et les généraux du Premier Empire ».

Le « monument le plus emblématique de cette légende napoléonienne est la colonne Vendôme, où une nouvelle statue de Napoléon en empereur romain prend place en 1863. La colonne symbolise si bien les deux Empires que la Commune la fait abattre le 16 mai 1871. Reconstruite entre 1873 et 1875, au frais du peintre Courbet, rendu responsable de sa démolition, elle est redevenue un lieu de mémoire.

Le Paris rêvé de Napoléon Ier, préfigure le Paris de Napoléon III » qui mènera de grands "travaux haussmanniens" sous le Second Empire (1852-1870).

Le « Parisien d’aujourd’hui qui se trouve place de la Concorde peut admirer, dans toutes les directions, un monument napoléonien : l’arc de triomphe de l’Étoile à l’ouest, l’Assemblée nationale au sud, l’arc de triomphe du Carrousel à l’est, l’église de la Madeleine au nord ».


REPÈRES CHRONOLOGIQUES

« 1769, 15 août : naissance de Napoléon Bonaparte à Ajaccio.
1784, 30 octobre : arrivée de Bonaparte à l’École militaire de Paris.
An VIII, 18-19 brumaire (9-10 novembre 1799) : coup d’État de Bonaparte qui ouvre la période du Consulat.
An VIII, 28 pluviôse (17 février 1800) : loi sur l’organisation administrative de la France, instituant les fonctions de préfet de la Seine et de préfet de police.
An IX, 3 nivôse (24 décembre 1800) : attentat royaliste de la rue Saint-Nicaise contre Bonaparte.
An XI, 1er floréal (21 janvier 1802) : Arrêté ordonnant la vente des terrains des futures rues de Rivoli, Castiglione et rue et place des Pyramides qui sont percées en 1804.
An XI, 28 brumaire (19 novembre 1802) : musée du Louvre réorganisé et placé sous la direction de Vivant Denon.
An XIII, 11 frimaire (2 décembre 1804) : couronnement et sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame. Le 5 décembre, distribution des aigles au Champ-de-Mars.
Juillet 1806-août 1808 : érection de l’arc de triomphe du Carrousel.
1810, 1er-2 avril : mariage de Napoléon avec Marie-Louise.
1810, 15 août : inauguration de la colonne Vendôme .
1811, 20 mars : naissance à Paris de Napoléon-François-Joseph-Charles, roi de Rome, héritier du trône impérial.
1812, 22-23 octobre : tentative de coup d’État du général Malet.
1813, 15 août : ouverture à la navigation du canal de l’Ourcq.
1814, 30 mars : bataille de Paris. Le 31 mars, entrée dans Paris des souverains alliés.
1814, 4 avril : Fontainebleau, Napoléon abdique en faveur du roi de Rome. Le 6 avril, il abdique sans conditions.
1815, 1er mars : débarquement de Napoléon à Golfe-Juan. Début des Cent-Jours.
1815, 1er juin : assemblée du « Champ de Mai ».
1815, 18 juin : bataille de Waterloo.
1815, 22 juin : seconde abdication de Napoléon en faveur de son fils, qu’il proclame empereur sous le nom de Napoléon II. Le 29 juin, il quitte la Malmaison et débute son voyage pour Rochefort, d’où il se rendra volontairement aux Anglais, qui le déporteront Sainte-Hélène.
1821, 5 mai : mort de Napoléon à Sainte-Hélène.
1840, 15 décembre : Retour des Cendres : translation des restes de Napoléon aux Invalides.
1861, 2 avril : Le cercueil de Napoléon est placé dans le tombeau dessiné par Visconti.
1864 : les boulevards issus de l’ancienne rue Militaire prennent le nom de maréchaux d’Empire.
1871, 16 mai : la colonne Vendôme est abattue.
1875, 26 décembre : remise en place de la statue de Napoléon sur la colonne Vendôme restaurée ».

Sous la direction de Thierry Sarmant et Florian Meunier, conservateurs en chef au musée Carnavalet, Charlotte Duvette, commissaire associée, et Philippe de Carbonnières, attaché de conservation au musée Carnavalet, Napoléon et Paris : rêves d’une capitale. Editions Paris Musées, 2015. 260 illustrations couleur. ISBN 978-2-7596-0292-6. 44,90 €

Jusqu’au 30 août 2015
16, rue des Francs-Bourgeois. 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 44 59 58 58
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h

Visuels :
Robert Lefèvre (1755-1830), Portrait de Napoléon Ier (1769-1821), en uniforme de colonel des chasseurs de la Garde, 1809, commandé par la Ville pour l’Hôtel de Ville. Huile sur toile 226 x 157 cm. © Stéphane Piera / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

François Rémond, François Damerart, Napoléon Ier, empereur des Français © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) Stéphane Maréchalle

Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853), Vue intérieure de la Halle aux vins. Plume, lavis d’encre de Chine 29,3 x 26,3 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Etienne Bouhot (1780-1862), La fontaine et la place du Châtelet, 1810. Huile sur toile 81 x 99 cm. © Stéphane Piera / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), Nécessaire de campagne de Napoléon Ier. Coffret : cajou marqueté de laiton ; intérieur compartimenté en acajou sculpté, garniture de maroquin vert ; objet en vermeil, argent, cristal, porcelaine, écaille, ébène, ivoire, acier, cuir, soie Dimensions du coffret : H 18 cm, L 52 cm, Pr 36 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Pierre-Joseph Sauvage, Portrait de Bonaparte (1769-1821), en premier consul, 1799-1804. Huile sur toile (grisaille). 65 x 49 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Hippolyte Louis Emile Pauquet (1797-?) et Charles-Pierre-Joseph Normand (1765-1840) d'après Fontaine. Album du mariage de 1810. L'empereur Napoléon Ier et de l'impératrice Marie-Louise d'Autriche recevant sur le Grand Balcon des Tuileries les Hommages des Troupes qui défilent devant elles, le jour de la Cérémonie de leur Mariage. Eau-forte, H 49,1 cm x 31,2 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Modèle d’une arche du pont des Arts, 1800 Bois et fer partiellement doré 62 x 101,5 x 96,5 cm. © Eric Emo / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Nicolas Antoine Lebel, Le pont d’Austerlitz, Manufacture de Sèvres, 1808-1810. Porcelaine dure, diamètre : 24 cm. Fondation Napoléon. © Patrice Maurin Berthier

Nicolas-Antoine Taunay (1755-1830), Entrée de la Grande Armée à Paris par la barrière de Pantin, 25 novembre 1807. Huile sur toile 157,5 x 223cm. Château de Versailles. © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux

Anonyme, Les musards de la rue du Coq, ou La boutique du marchand d'estampe Martinet vers 1810, Eau-forte coloriée 21,9 x 37 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Alexandre Benoît Jean Dufay, Casanova (dit), Festin du mariage de Napoléon 1er et de Marie-Louise, 2 avril 1810. 1812. Huile sur toile 148 x 224,5 cm. Château de Fontainebleau. Dépôt du musée de Versailles, 1986. © RMN-Grand Palais (Château de Fontainebleau) / Gérard Blot

Charles Percier (1764-1838) et Pierre François Léonard Fontaine (1762-1853), Fauteuil du trône de Napoléon Ier du château des Tuileries, 1804. Bois doré, velours. H : 122 cm ; L : 88 cm ; Pr : 70 cm Dépôt du musée de Fontainebleau, 2003. Musée du Louvre. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Habit de grand maréchal du palais porté par le général Bertrand, 1813. Velours de soie amarante (couleur rouge), broderies de fils lamés, paillettes et cannetilles argent. Musée Galliera. © Ph. Joffre et D. Lifermann / Galliera / Roger-Viollet

Jean-Antoine Alavoine Le Chevalier, Projets pour la fontaine de l’éléphant place de la Bastille, vers 1809-1819. Aquarelle 36 x 57 cm. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Louis-Charles-Auguste Couder (1790-1873), Napoléon Ier visitant l’escalier du Louvre sous la conduite des architectes Percier et Fontaine, 1833. Huile sur toile 177 x 135 cm (dépôt du musée de Malmaison). Musée du Louvre. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Ollivier

Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853). "Vue du Palais du roi de Rome, prise du côté de la grande route". Dessin. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Etienne Bouhot (1780-1862), La place Vendôme et la rue de Castiglione avec les ruines de l’église des Feuillants, 1808. Huile sur toile 81 x 99 cm. © Stéphane Piera / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Marie-Victoire Jaquotot, Napoléon 1er en costume de sacre. Peinture sur porcelaine, H 15,5 cm L: 11,5 cm. Fondation Napoléon. © Patrice Maurin Berthier


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Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 27 août 2015.

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