Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

samedi 31 octobre 2020

Photographies de Pierre Abensur : Juifs d’Iran, Le Cœur perse


En 2002, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté l'exposition éponyme - 58 tirages à bord noir de Pierre Abensur - assortie d'un beau catalogue. Ce photographe français a effectué deux reportages, en noir et blanc, sur les Juifs d’Iran sous la présidence du Président Khatami : l’un en septembre 1999 et l’autre en mars 2002. Belles et riches d’informations, ses photos montrent son empathie pour ces Perses qui, instruments de luttes pour le pouvoir, songent à l’exil. Souvent issus de la bourgeoisie moyenne, ces Juifs sont montrés dans leurs vies professionnelle, citoyenne et privée. Le 30 octobre 1910 s'est produit le pogrom de  Chiraz.


L'Iran
Pierre Abensur, dont le père est né au Maroc, est passionné par le sort des minorités, sociales ou religieuses.

Ainsi, il a initié une série de reportages photographiques sur les « communautés Juives en Terre d’Islam » : les Juifs de Sarajevo en 1996, ceux d’Istanbul en 1998 et de Djerba en 2001. Pourquoi ? « Rester est un acte de résistance, surtout dans certains pays. Il faut avoir la foi pour tenir. Pas seulement en raison des persécutions, mais aussi de la pression sociale. Notamment pour le mariage... ».

Grâce au soutien de l’Association européenne pour la culture juive, il poursuit son étude en offrant une autre image de l’Iran. C’est celle des Juifs de Téhéran, d’Ispahan, de Shiraz, Qhom et Kerman. Une communauté Juive vivait aussi à Golpayegan - l'Alliance israélite universelle y été présente - depuis 2700 ans.

Ses photographies ont été publiées par The New York Times, Le Point, le Figaro, Le Temps (Genève), Yediot Aaronot, L’Arche, Les Cahiers de l’Alliance, etc.

Au MAHJ, elles sont regroupées dans des espaces thématiques et sont accompagnées par les textes clairs et concis du photographe-reporter.

En trois ans, elles révélaient des permanences - l’accès à une chaîne de télévision israélienne via le satellite, la solidarité avec les pauvres ou les toxicomanes, etc. - et une évolution sensible : la percée d’internet et une relative libéralisation. C’est-à-dire du choc de l’arrestation en juin 1999 des 13 Juifs iraniens accusés d’espionnage à la déception devant l’impuissance ou le refus du Président Khatami freiné par l’opposition du Conseil de la Révolution, en passant par l’émigration délicate de 4 000 Juifs iraniens.

Si sous le Shah, la communauté Juive iranienne rassemblait 80-100 000 âmes, elle en compte actuellement moins de 20 000, essentiellement dans quelques villes.

Cette exposition révèle des hommes et femmes tiraillés entre l’attachement à leur pays, où les Juifs sont établis depuis deux mille cinq cents ans, et leurs aspirations à la sécurité, à la démocratie, voire à une promotion sociale (accès à certains postes administratifs).

Ces photos disent aussi la douleur des séparations familiales et de l’exil... Lucidement pessimistes sur leur avenir en Iran, ces Juifs ont hésité entre deux destinations : Israël et les Etats-Unis. Faute d’obtenir des visas par ceux-ci méfiants depuis les attentats du 11 septembre 2001, plusieurs « centaines de Juifs iraniens attendent à Vienne depuis des mois ».

Une autre image de l’Iran
« Le noir et blanc est plus essentialiste et profond que les couleurs », estime Pierre Abensur.

Très belles, ses photographies informent et traduisent l’empathie de ce photographe-reporter autodidacte pour autrui : deux Juives iraniennes couvertes d’un drapé à motifs dans la synagogue d’Ispahan le jour de Kippour, une Iranienne  Juive se rendant à la synagogue d’Ispahan au dôme hexagonal, aux porches surbaissés pour les dhimmis et au mur marqué par un slogan anti-américain, les habitants des maisons délabrées de l’ancien quartier Juif de Téhéran, le regard fasciné d’un enfant sur Zarozim, le modeste réparateur de lunettes dans le quartier des bijoutiers de Shiraz, une femme bouleversée de revoir grâce à Internet sa mère vivant en Israël, des Iraniens Juifs qui ont pris « l’habitude de se déchausser à l’entrée des synagogues par mesure d’hygiène, une tradition profane et domestique, vraisemblablement pas un emprunt à l’islam », la mère angoissée de l’un des « onze disparus de Zaedan » lors d’une tentative de quitter l’Iran par la frontière pakistanaise (1994-1995) et qui interpelle le président Khatami, etc.

Sur le mur d’un immeuble de Téhéran, une fresque célèbre trois "martyrs" non musulmans morts pendant la guerre contre l’Irak : parmi eux, Sharam Zarini, au nom écrit en hébreu.

« L’hôpital Docteur Sappir appartient encore à la communauté Juive, mais la plupart de ses patients et employés sont musulmans. Parmi les praticiens Juifs encore en exercice se trouve le docteur Mohaber, chirurgien et seul officier supérieur - général à la retraite - Juif de la République islamique d’Iran. Il avait été nommé directeur du nouvel hôpital militaire par l’impératrice Farah Dibah. Demeuré à son poste malgré la révolution, il a réalisé plus de mille deux cents opérations au cours de la guerre contre l’Irak ».

Et alors que la communauté Juive iranienne, en état de choc après l’arrestation en juin 1999 de leurs 13 coreligionnaires, lui réserve un accueil froid et craintif, Pierre Abensur saisit « devant le mausolée de l’Ayatollah Khomeyni, entouré de portraits de l’imam défunt », un Juif iranien qui tient d’une main le drapeau de son pays et de l’autre un iris, la fleur symbolique de l’Iran. La synthèse d’une situation dramatique.

De nos frères Perses, nous nous sentons proches par cette vie festive, ces pratiques religieuses (respect du shabbath), ce patriotisme profond, ces intérieurs cosy, etc. On est aussi ému en devinant leurs problèmes quotidiens, notamment pour respecter la cacherout. Et on constate leur « persité » par leurs noms et leurs coutumes, tel le nouvel an iranien ou norouz. Comme ils doivent nous trouver très « occidentaux » pour les mêmes raisons...


Addendum
Les Juifs iraniens dénomment "Allahdad("la justice divine"), pogrom survenu avant Pessah, en 1839, et au cours duquel 36 Juifs de Mashhad, dans la région du Grand Khorasan, ont été assassinés : le chef de Mashhad avait ordonné "à ses hommes d'attaquer la communauté juive, de brûler la synagogue, de piller les maisons, et d'enlever les filles". Le couteau sur la gorge, les rabbins, Lévy et Cohen ont été contraints à se convertir à l'islam en prononçant la shahada, sinon les autres Juifs, au nombre de près de 2400, auraient été tués. Tous les Juifs ont du se convertir à l'islam. Vêtus et prénommés comme des musulmans, ces "nouveaux musulmans" ont continué à pratiquer secrètement le judaïsme, par exemple en allumant les bougies avant chabbat. Certains de ces crypto-juifs ont préféré rejoindre d'autres cités comme Boukhara ou des territoires afghans. Ce fut alors que, pour l'une des premières fois, des Juifs européens sont intervenus en faveur de ces Juifs iraniens. "On dénombre aujourd'hui 20 000 juifs descendants des juifs de Mashhad, 10 000 vivent en Israël et les autres sont majoritairement aux États-Unis".

Le Sephardi Bulletin (septembre/octobre 2000), relayé par le blog Jewishrefugees,  relate  histoire d'Eliyahu S., un médecin militaire iranien

Selon le Mossad, huit des onze Iraniens Juifs portés disparus depuis leur tentative dans les années 1990 de fuir  l'Iran pour se réfugier dans l'Etat d'Israël, ont été tués

Le 15 décembre 2014, l'Iran a inauguré un monument en hommage aux soldats iraniens Juifs morts, environ 150, lors de la guerre irano-irakienne (1980-1988), afin de montrer que le régime iranien est modéré et que les Iraniens Juifs sont loyaux à l'égard de leur pays.

Le 20 juin 2015, de 14 h 30 à 17 h, à la Salle Guillaume de Nogaret à Montpellier, l'association Pour un judaïsme humaniste et laïque proposa la conférence Les Juifs d'Iran, avec Youssef Hourizadeh, sociologue, médiateur scientifique, suivie d'un goûter iranien. "« Ainsi parle Cyrus, Roi de Perse : - L'Eternel, Dieu du ciel, m'a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c'est lui qui m'a donné mission de lui bâtir un temple à Jérusalem, qui est en Judée. S'il est parmi vous quelqu'un qui appartienne à son peuple, que son Dieu soit avec lui, pour qu'il monte à Jérusalem, qui est en Judée, et qu’il bâtisse le temple de l'Eternel, Dieu d'Israël, de ce Dieu qui réside à Jérusalem ! Tous ceux qui restent (de ce peuple), quelle que soit leur résidence, leurs compatriotes devront les gratifier d'argent, d'or, d'objets de valeur et de bêtes de somme, en même temps que d'offrandes volontaires, destinées au temple de Dieu à Jérusalem ». C’est sur cette proclamation de Cyrus le Grand affranchissant les Juifs de leur exil à Babylone (-539) que se clôt le Deuxième Livre des Chroniques et c’est sur sa répétition que s’ouvre le Livre d’Esdras, attestant de l’ancienneté et de l’importance du lien qui unit l’histoire du peuple hébreu et celle de la Perse. Cette conférence sera pour nous l’occasion de découvrir l'évolution du peuple juif en Perse (Iran) à travers le temps, l'histoire et la géopolitique, jusqu'à l'époque actuelle et ses paradoxes".

Le 30 octobre 1910, a été déclenché le pogrom de  Chiraz par une fausse accusation de crime rituel (blood libel), une accusation précédée de la rumeur infondée de profanation du Coran dont un exemplaire aurait été jeté dans un puits par des Juifs. Près du cimetière juif, le cadavre d'un enfant est découvert par des musulmans le premier jour de la fête juive de Souccot. Il s'est avéré ensuite qu'il s'agissait de la dépouille d'un garçon juif décédé peu auparavant. Selon la rumeur, les Juifs auraient assassiné une jeune musulmane pour utiliser son sang à des fins rituelles. Lors du pogrom commis par des soldats supposés défendre les Juifs et une foule déchaînée composée notamment de femmes et d'enfants, 12 Juifs sont tués et 50 blessés et les 6 000 Juifs de Chiraz sont spoliés de leurs biens. Certains sont protégés par le consulat britannique ou des amis musulmans, dans des champs. Cet événement qui a duré six à sept heures a été décrit par le représentant de l'Alliance israélite universelle de Chiraz. Il est ainsi décrit par l'Alliance israélite universelle (AIU) :
« Les voleurs faisaient la chaîne dans la rue. On se passait les tapis, les ballots d'effets, les sacs de marchandise [...], tout ce qui, en un mot, pouvait avoir quelque prix. Ce qui n'en avait pas, ce qui en raison de son poids ou de son volume ne pouvait pas être emporté était, dans une rage de vandalisme, détruit, brisé. Les portes et les fenêtres des maisons étaient arrachées à leurs gonds et emportées ou réduites en pièces. On laboura littéralement les chambres pour voir si le sous-sol ne recelait pas quelque richesse...« Des femmes, des hommes, des vieillards se roulent dans la poussière, se frappent la poitrine et demandent justice. D'autres plongés dans un état de véritable stupeur, paraissent inconscients et sous l'effet d'un affreux cauchemar qui ne veut pas prendre fin. »
L'AIU ainsi que divers musulmans ont aidé les survivants juifs iraniens.

Ce pogrom est évoqué par David Littman et Shmuel Trigano dans leurs publications.


Juifs d’Iran, le cœur perse, Photographies de Pierre Abensur. MAHJ, 2002. Plaquette brochée. 18 pages. 8 euros.

A lire sur ce blog :
Cet article a été publié par Guysen en 2002, et sur ce blog les 21 mars et 22 décembre 2014, puis les 19 juin 2015, 31 octobre 2016, 30 octobre 2017, 31 octobre 2019.

vendredi 30 octobre 2020

Les « accords d’Oslo »


Les accords d'Oslo résultent de négociations secrètes entre Israéliens, sous la férule de Shimon Peres, et "Palestiniens" à Oslo (Norvège), pour "mettre un terme au conflit israélo-palestinien". Le 13 septembre 1993, à Washington (Etats-Unis), la Déclaration de principes est signée  en présence de Yitzhak Rabin, alors Premier ministre israélien, de Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) et de Bill Clinton, alors Président démocrate des États-Unis. Une aberration politique, diplomatique, juridique et historique inédite, élaborée par des Israéliens incompétents, naïfs, cyniques ou dupés, et ayant abouti à un nombre tragiquement élevé de victimes juives israéliennes. A l'initiative du Président conservateur Donald Trump et de sa diplomatie associant réalisme, pragmatisme et rapports de force, les "accords d'Abraham" ont marqué la régularisation des relations entre l'Etat d'Israël, les Emirats Arabes Unis (EAU) et le Bahreïn. Ils ont mis un terme au "veto palestinien".

La problématique ambassade d’Israël en France 

Les accords d'Oslo résultent de négociations secrètes entre Israéliens, sous la férule de Shimon Peres, et "Palestiniens" à Oslo en Norvège, pour "mettre un terme au conflit israélo-palestinien". Le 13 septembre 1993, à Washington (Etats-Unis), la Déclaration de principes est signée  en présence de Yitzhak Rabin, alors Premier ministre israélien, de Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) et de Bill Clinton, alors Président des États-Unis.

Une aberration politique, diplomatique, juridique et historique inédite, élaborée par des incompétents, naïfs, cyniques ou dupés israéliens, et ayant abouti à un nombre tragiquement élevé de victimes juives israéliennes.

Les Prix Nobel de la Paix 1994 sont décernés à Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat “for their efforts to create peace in the Middle East” (pour leurs efforts afin de créer la paix au Moyen-Orient"' !?


« La guerre d’Oslo »
Essai passionnant, « La guerre d’Oslo » de Joël Fishman et Ephraïm Karsh est un livre excellent au titre provocateur et lapidaire est écrit par deux historiens : Joël Fishman, chercheur au Jerusalem Center for Public Affairs (JCPA), et Ephraïm Karsh, professeur au King’s College de Londresdirecteur du Middle East Forum et auteur d'un livre récent remarquable Palestine Betrayed (Yale, 2010). Il est composé de deux parties - « Anatomie d’une illusion » (Ephraïm Karsh ) et « L’étrange mésaventure d’Oslo » (Joël Fishman) - nourries de citations indiscutables et dont la première partie est lisible sur Internet.

Dans sa préface, Shmuel Trigano souligne l’exception diplomatique israélienne dans l’histoire des relations internationales :

« Où a-t-on vu un Etat vainqueur d’une guerre d’agression (la guerre des Six jours), décrétée contre lui, remettre les gages de sa victoire (au demeurant des territoires ridiculement exigus) à son ennemi le plus invétéré, alors dans une position de grande faiblesse stratégique, lui donner des armes pour qu’il lève une « police », avec pour seule demande la « prière » que cet ennemi daigne le reconnaître ? »
Un leurre stratégique
"Deux universitaires de gauche, dont Ron Pundak, mandatés par le vice-ministre des Affaires étrangères de l'époque, Yossi Beilin, devaient-ils rencontrer - dans cette ville dérobée aux regards, et ce pendant plusieurs semaines du début 1993 - des délégués palestiniens mandatés par Yasser Arafat... alors que le chef de la diplomatie israélienne d'alors, Shimon Pérès n'en était pas au courant au départ ! Or, lorsque ces négociateurs clandestins des deux parties ont progressé en mettant laborieusement au point la trame des futurs accords d'Oslo, Beilin a subitement mis Pérès au courant. Lequel devait donner son feu-vert à cette initiative, mais en préférant attendre avant d'en avertir le Premier ministre Rabin. Quelques mois plus tard, une fois le plan et les grands axes de ces accords bien éclaircis, Pérès les a alors présentés à Rabin qui, malgré sa surprise et même sa colère initiales, a fini par accepter de se jeter lui aussi à l'eau en faisant sien l'argument à la fois naïf et irresponsable de Beilin et Pérès prétendant que cela permettrait enfin à Israël d'initier "une avancée historique" en proposant un tel compromis à l'OLP, ennemi de toujours de l'Etat hébreu. C'est ce qui explique le fait - ensuite confirmé par maints observateurs et analystes de la scène politique israélienne - que Rabin a, d'une certaine manière, été victime d'une véritable "agression politico-diplomatique" de la part de Beilin et Pérès... aux idées desquels il a dû se rallier en fin de parcours : alors que tout était déjà plus ou moins sur les rails...", a écrit Richard Darmon (Hamodia, 21 ocotbre 2015)

Le 13 septembre 1993, la Déclaration de principe est signée à Washington, en présence de Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien tout en retenue, de Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), et du souriant Bill Clinton, Président des États-Unis. Elle fixe des modalités de négociations pour mettre un terme au conflit et prévoit une autonomie palestinienne temporaire de cinq ans. 

Non ratifiés par l'OLP, les accords d’Oslo appliquent la « stratégie par étapes » adoptée en 1974 par l’OLP :
« Les Palestiniens recevront tout territoire qu’Israël leur remettra, puis l’utiliseront comme tremplin pour procéder à d’autres gains territoriaux jusqu’à ce qu’ils obtiennent la « libération totale de la Palestine », la liquidation de l’Etat juif ».
Ce qu’énonce Yasser Arafat dès le 13 septembre 1993 – jour de la signature de la Déclaration de principes à Washington entre Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, Bill Clinton, président des Etats-Unis, et Yasser Arafat, président de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) – dans un discours préenregistré et diffusé par la télévision jordanienne, et ce qu’il répète malgré les réactions de colère des dirigeants israéliens.

Arafat réitère ses propos le 10 mai 1994, une semaine après la signature de l’accord de Jéricho-Gaza, lors d’une rencontre avec des dirigeants musulmans en Afrique du Sud : il compare les accords d’Oslo « au traité d’Hudaybia signé par le prophète Mahomet avec les habitants de La Mecque en 628 et violés au bout de deux ans seulement lorsque Mahomet se retrouva en position de force ».


Cette tactique du « cheval de Troie » est aussi révélée ouvertement par d’autres dirigeants palestiniens : Fayçal Husseini, Yasser Abed Rabo, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), Ahmed Qorei (Abou Ala).


Le « droit au retour » des réfugiés de 1948 et de leurs descendants en Israël et des indemnités pour leurs "préjudices" sont des éléments constitutifs de cette « stratégie par étapes ».

La visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple le 28 septembre 2000 ? Ce n’était pas une provocation : elle avait a été coordonnée par les Israéliens et les Palestiniens. Et ce n’est que le lendemain que surviennent des « troubles violents qui n’avaient rien de spontané » et étaient attisés par le prêcheur de la mosquée al-Aqsa appelant les fidèles musulmans « à déraciner les Juifs de Palestine ».

Se déroulent une « guerre ouverte sous les yeux des médias du monde entier » déclinant le cliché du prétendu soulèvement populaire palestinien contre un « occupant militaire cruel », et une guerre « secrète » visant, par des attentats, les civils et les militaires en Israël. Et un étrange processus historique dont les deux protagonistes n'ont jamais évoqué lors de leurs dialogues l’objectif final, et dont les Israéliens n'ont jamais défini le but ultime, à la différence des Palestiniens. Ceux-ci visent l'éradication de l'Etat d'Israël et le massacre de ses habitants juifs.

Méfiant à l’égard du processus d’Oslo et d’Arafat, le Premier ministre Yitzhak Rabin nourrit une « profonde suspicion » à l’égard des deux principaux architectes de ce processus : Shimon Peres, qui rêve de construire un « nouveau Moyen-Orient », et Yossi Beilin.

Le reste est duperie des Israéliens et des Américains par Arafat, rejet de la légitimité de l’Etat d’Israël -  négation de « la sainteté de Jérusalem pour le judaïsme », etc. - par  l’OLP et l’Autorité palestinienne (AP), reconstitution d’une infrastructure terroriste dès l’arrivée d’Arafat à Gaza en juillet 1994, concessions israéliennes face à l’intransigeance palestinienne, détournement de la considérable manne financière internationale, enseignement de la haine des Juifs et des Croisés,  diffamation d’Israël, recours au terrorisme comme moyen de pression sur l’Etat Juif (plus de 1 200 personnes assassinées en Israël par les terroristes palestiniens - Fatah, FPLP, Hamas, etc. - depuis septembre 2000), violations systématiques par les dirigeants Palestiniens des accords conclus, préparation de l’Intifada II dès le retour de Camp David, « pouvoir tyrannique et corrompu de l’AP, refus des promoteurs israéliens des accords d’Oslo de reconnaître leurs erreurs ou fautes stratégiques majeures et l’absence de « partenaire pour la paix ».

Joël Fishman constate un « manque de courage » de l’élite Juive, en Israël et en diaspora, et avance que la volonté de Rabin, à la prestigieuse carrière militaire, a été brisée lors de la guerre du Golfe. Cette faiblesse morale expliquerait son absence de réaction aux actes de guerre des Arabes palestiniens.


Quant à Ephraïm Karsh, il souligne le « défaut de perception et l’aveuglement », un « état d’esprit idéologique, mélange d’immaturité politique et d’arrogance » des dirigeants israéliens : le problème serait tactique et susceptible d’être résolu par la diplomatie, et non une « menace stratégique ». Ce professeur évoque des similitudes entre le réarmement allemand de l’entre-deux guerres et celui de l’OLP sous les accords d’Oslo - utilisation de la propagande pour mobiliser toute la société, etc. – et analyse la confusion mentale dans les opinions publiques résultant d’un détournement du sens des mots et l’imposition de slogans clivants - « camp de la paix » - et d’une terminologie accusatrice à l’égard de l’Etat Juif : « occupation », « génocide », etc.

« Les déboires d’Israël proviennent de son incapacité à comprendre les buts stratégiques de l’ennemi, ses moyens et ses méthodes… Dans le cadre de la stratégie palestinienne, la guerre et la négociation vont de pair et s’inscrivent dans le « djihad permanent » ». Une phrase à méditer tant elle reste d’actualité plus de six ans après la publication du livre et alors que s’intensifie, notamment en Europe, la campagne pour la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Affairisme et corruption

Dans un entretien à Amnon Lord et Gilad Katz publié par l’hebdomadaire israélien Makor Rishon (3 octobre 2008) et repris dans Controverses, Moshé Yaalon raconte son dernier entretien avec le Premier ministre Rabin « en août 1995, deux mois après [sa] prise de fonction aux renseignements militaires ». Moshé Yaalon lui fait part de l’écart entre l’image d’un Arafat prêt à arriver à un compromis territorial dans les frontières de 1967 et le discours d’Arafat aux Palestiniens, la dénégation de l’Etat d’Israël dans les médias et le système éducatif de l’Autorité palestinienne (AP). Moshé Yaalon conseille alors à Rabin de geler le processus d’Oslo. Et Rabin conclut : « L’Autorité palestinienne est à la veille d’élire son président. Je lui présenterai cet ultimatum juste après leurs élections ». Yitzhak Rabin est assassiné le 4 novembre 1995. Une lettre d'Eitan Habar, alors chef du cabinet du Premier ministre Rabin, à Shmuel Fisher du 25 décembre 1994 affirme l'opposition de Rabin à un Etat palestinien.

Moshé Yaalon éclaire aussi certaines décisions politiques ou économiques israéliennes majeures – par exemple, l’abandon par le gouvernement israélien de réserve de gaz naturel au large de la Bande de Gaza au profit de l’AP, dès le gouvernement Barak – par les relations d’affaires entre des dirigeants, fonctionnaires ou conseillers, palestiniens et israéliens, et Martin Schlaff, milliardaire autrichien Juif.

Le 30 décembre 2012, le président Shimon Peres sortant du devoir de réserve auquel l'oblige sa fonction, a qualifié, devant des diplomates israéliens, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) de "partenaire pour la paix". Le 15 avril 2013, dans une interview au Jerusalem Post, Shimon Peres a affirmé ne pas regretter la signature des accords d'Oslo. Ceux-ci ont pourtant induit des vagues d'attentats terroristes approuvés par l'Autorité palestinienne.


Le 17 juin 2013, Naftali Bennett, ministre israélien de l'Economie, a rejeté l'idée d'un Etat palestinien. Ce qui a suscité l'ire de l'American Jewish Committee (AJC). Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a maintenu son adhésion à la solution des deux Etats.


Les célébrations quasi-officielles de l'anniversaire du président Shimon Peres contribuent-elles à renforcer les liens de VIP avec l'Etat d'Israël ou à entretenir le culte d'un "acteur de paix" ?


Dans son article Virus de la polio et contamination des aquifères d'Israël (31 juillet 2013),  Mark Langfan alerte sur la violation par l'Autorité palestinienne (AP) des accords d'Oslo - non traitement des eaux usées, etc. -, le refus de l'AP de construire avec l'aide financière internationale des stations d'épuration, et la contamination délibérée par l'AP de l'eau dans les parties centrale et méridionale d'Israël. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a indiqué qu'"un poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) a été isolé dans des échantillons d’eaux usées prélevés le 9 avril 2013 à Rahat, dans le sud d’Israël. Le séquençage génétique et les investigations épidémiologiques se poursuivent pour en déterminer l’origine. Les analyses préliminaires indiquent que la souche n’est pas liée au virus touchant actuellement la Corne de l’Afrique".

Pierre Besnainou

Pierre Besnainou, président du FSJU (Fonds social juif unifié) a déclaré, ce 25 mars 2014, sur RCJ, radio francilienne financée par cette organisation : "Shimon Peres est un ami, mentor, père spirituel. Je l'ai rencontré il y a une vingtaine d'années après la signature des accords d'Oslo. J'étais assez proche du gouvernement tunisien sou la présidence de Ben Ali. Arafat était à Tunis. La Tunisie a joué un rôle que peu connaissent dans ces accords. J'ai été un passeur de messages de paix entre la Tunisie et l'Etat d'Israël. J'ai fait partie de la première délégation tunisienne à se rendre en Israël... Shimon Peres, ce sera les accords de paix. Shimon Peres, c'est le passé, le présent, ce sera certainement l'avenir... Le processus est malheureusement ralenti. Certainement des problèmes d'hommes... L'Etat palestinien est fondamental. S'il n'y a pas d'Etat palestinien, l'Etat d'Israël n'est pas Juif. Demander aux Palestiniens de reconnaitre un Etat Juif, on peut en débattre. Depuis Oslo, le principe d'un Etat Juif et d'un Etat musulman qui vivent côte à côte, on l'espère en paix, est un élément sur lequel plus personne ne peut remettre en cause... Qu'est-ce qu'un Etat Juif ? 

"Aucune des trois journalistes - Paule-Henriette Lévy, Annette Lévy-Willard et Jacqueline Rémy -  n'a contesté la pertinence de ces propos. Pourtant c'est la reconnaissance d'Israël comme Etat Juif qui est à l'origine du refus par les Etats arabes et les Arabes de la Palestine mandataire du plan de partage onusien en 1947, des guerres successives contre Israël, des trois Non de Khartoum, etc.


Tsvia Walden

La Villa méditerranée à Marseille a accueilli le 27 mars 2017 à 19 h 30 la conférence « Shimon Peres, le combattant de la paix » en présence de sa fille Tsvia Walden. "Présentation de la vie et de l’action de Shimon Peres et témoignage de Tsvia Walden, professeur de psycholinguistique à l’Université Ben Gourion et à l’École Normale Beth Berl. Auteur de nombreux travaux dans le domaine de l’acquisition du langage, elle est cofondatrice de Beth Esther, institution qui s’adresse à la jeunesse en détresse, israélienne et palestinienne. Elle a été, en 2003, l’une des signataires de l’Initiative de Genève pour la recherche d’un accord global et final entre Israël et les Palestiniens. Elle est l’auteure d’une autobiographie intitulée « Parole d’Israélienne. Langue promise sur une terre maternelle » (Paris, Plon, 2001). En plus de son travail professionnel, elle s’emploie à promouvoir l’écoute et le dialogue actifs à travers des questions sociales comme la promotion des droits de l’homme, le processus de paix au Moyen-Orient et l’action féministe. « Mon père a été marqué par la Shoah, même s’il est arrivé en Israël à l’âge de treize ans, en 1934. Il ne lui est pas facile de prendre en compte la version que les Palestiniens donnent des événements qui ont marqué l’avènement de l’État. Mon père est un homme d’État, il cherche toujours la voie royale, le juste milieu entre les extrêmes. Cette attitude modérée était aussi requise par sa fonction de président de l’État d’Israël. Il appartient à la génération de ceux qui ont créé l’État d’Israël, qui l’ont vu naître et qui savent que notre État aurait très bien pu ne jamais voir le jour. En tant que président de l’État, mon père représentait Israël aux yeux de l’étranger, il devait donc adopter une perspective mondiale », a écrit Tsvia Walden.

« La mélancolie de la gauche – Yossi Beilin et l’effondrement du camp de la paix – L’Histoire qui a été tue »

"Il faudra encore des années pour disséquer et analyser ce qui a passé par la tête des concepteurs et artisans des accords d’Oslo, qui ont amené larmes et sang, et « plombé » tous les gouvernements israéliens successifs. Le temps passe et les archives se dévoilent peu à peu aux yeux des chercheurs et historiens."
"L’un d’eux, Dr. Avi Shilon, docteur en sciences politiques et ancien journaliste, a cherché à savoir quelles furent les causes de cet échec qui selon lui a décrédibilisé la gauche israélienne jusqu’à ce jour. Pour cela, il a notamment obtenu le droit d’examiner les archives personnelles de Dr. Yossi Beilin, ancien ministre et l’un des artisans au forceps de ces accords. Il a condensé ses conclusions dans un livre qu’il vient de publier, « La mélancolie de la gauche – Yossi Beilin et l’effondrement du camp de la paix – L’Histoire qui a été tue ».
"L’auteur ne cache pas que de très nombreuses erreurs ont été faites depuis le début des négociations secrètes, mais en tant qu’homme de gauche, il en attribue la responsabilité aux acteurs israéliens qui selon lui ne seraient pas allés assez loin dans leur volonté de comprendre les ‘Palestiniens’, leurs souffrances et leurs frustrations !!!"
"Mais il y a notamment un passage qui donne froid dans le dos lorsque l’on connaît les effets pervers et meurtriers de ces accords. Dans l’un des documents en possession de Yossi Beilin, il est question d’une rencontre qui eut lieu en août 1993 entre Shimon Pérès et le secrétaire d’Etat américain de l’époque Warren Christopher. Shimon Pérès expliquait à son interlocuteur pourquoi le gouvernement israélien tenait à signer rapidement ces accords et avancer vers la paix: « Nous avons attrapé l’OLP au creux de la vague, mais il ne faut pas exercer trop de pressions sur eux afin de ne pas perdre ce partenaire ». Question logique de Warren Christopher: « Mais comment pouvez-vous être certains qu’on peut leur faire confiance? ». Réponse de Shimon Pérès: « Ils n’ont pas le choix, ils sont très faibles stratégiquement » (sic)."
"La suite est connue…"
"Voilà comment celui que la communauté internationale surnommait le « visionnaire d’Israël » et le « prophète de la paix » voyait l’OLP et Yasser Arafat qu’il allait ramener de Tunis pour lui ouvrir les portes de la Judée-Samarie."

« Au cœur des accords d'Oslo  »
Arte diffusa le 5 septembre 2018 « Au cœur des accords d'Oslo » (Die Oslo-Tagebücher ; The Oslo Diaries), documentaire israélien partial réalisé par Daniel Sivan et Mor Loushy, qui est l'auteure du documentaire « Des voix au-delà de la censure ».

"For us, working on The Oslo Diaries was really a journey into the craft of listening. The information was hidden in plain sight in the personal diaries and memoirs of the negotiators, yet no one ever thought of digging into the backstage of the peace talks. The peace talks were mistakenly perceived as a bureaucratic action, a tedious negotiating process. Once we started listening to the people behind the maps and headlines we discovered a true passion that drove us forward to discover more and more texts and never before seen footage. For us, as a generation that was raised on the Oslo hope for peace, it was a true feeling of uncovering our own past, what we never knew existed. As to the editing process, it was not easy. Oslo is a complex subject matter and every word and sentence has deep political repercussions — you cannot be objective when you’re making a film about the peace process between Israel and Palestine. And so we found ourselves arguing vigorously for three years. The only thing harder than two directors being their own editors is raising our kids together, so we just found ourselves talking politics 24/7. It was tough, but we hope our heated debate crossed over to the film, and that the audience will pick up some of the same emotions and conflicts we went through while creating it", ont déclaré les réalisateurs-monteurs à Filmmakermagazine (21 janvier 2018).

Et d'ajouter : "We are going to have a big release in Israel, as the film will be broadcast as a three-part series on Yes Docu, and we know it will raise a powerful debate. We invite all Israelis and Palestinians to revisit our shared past, and to see if we can rethink our reality in light of the years that have been branded on both sides as “disastrous.” To be perfectly honest, most Israelis and Palestinians see Oslo as a tragedy. Many Israelis believe we gave too much and were repaid with terror, and many Palestinians view it as a cynical prolongation of the Israeli Occupation. We hope this film can open their eyes to another side of the story, in which sworn enemies lay down their arms and both took a leap of faith towards a different future. It is this courage to take that leap of faith that is so lacking in our leaders today".

« Résultats d’un ensemble de discussions menées dans le plus grand secret, entre des négociateurs issus des deux camps, les accords d’Oslo devaient poser les premiers jalons d’une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien. En septembre 1993, la paix semble effectivement possible... »

« À Washington, les leaders Yasser Arafat et Yitzhak Rabin scellent, par une poignée de main historique, un premier accord, sous l’œil ravi du président américain Bill Clinton ».


« Mais cette tentative de pacification, largement soutenue par la communauté internationale, est rapidement mise en difficulté ».

« En 1995, l’assassinat d'Yitzhak Rabin par un étudiant israélien d’extrême droite amenuise tout espoir d’une entente globale au Proche-Orient ».


« Une immersion instructive au cœur d'accords historiques ».


Ce documentaire a été projeté dans de nombreux festivals ; sa première mondiale a eu lieu au Sundance Film Festival dans l'Utah, et a été bien accueilli par la critique.




« Au cœur des accords d'Oslo » par Daniel Sivan et Mor Loushy
Israël, Medalia Productions, Intuitive Pictures Productions (Canada), Yes Docu, Rabinovich Film Fund Cinema Project, Israel Lottery Council for Culture & Arts, Catapult Film Fund, Jenerosity Foundation, Hartley Film Foundation, Creative Europe MEDIA - European Commission, Radio Canada, Documentary Channel, 2018, 96 min
Sur Arte le 5 septembre 2018 à 0 h 40

Visuels :
Shimon Peres (au centre) lors de la signature de l'Accord d'Oslo dans le jardin de la Maison Blanche à Washington D.C., 1993.
Credit : © Ohayon Avi/Israel GPO
     
Les lauréats du prix Nobel de la paix 1994, Yasser Arafat (à gauche), Shimon Peres (au centre) et Izchak Rabin (à droite), présentent leurs certificats.
Credit : © Sa'ar Ya'acov/Israel GPO

Izchak Rabin (à gauche), Bill Clinton (au centre) et Yasser Arafat (à droite) entrent sur le territoire de la Maison-Blanche à Washington D.C. peu avant la signature de l'Accord d'Oslo de 1993.
Rabin (2e à partir de la gauche) et Arafat (3e à partir de la droite) se donnent la main après la signature de l'accord d'Oslo II à la Maison Blanche en 1995. Le président américain Bill Clinton (au centre) regarde, le roi Hussein de Jordanie (à gauche) applaudit.
Bill Clinton (à gauche) et Yasser Arafat (à droite) après le discours d'Izchak Rabin (au centre) dans le jardin de la Maison Blanche avant la signature de l'Accord d'Oslo en 1993.
Credit : © Ohayon Avi/Israel GPO

Shimon Peres (à gauche), Hosni Mubarak (au centre) et le secrétaire d'État américain Warren Christopher (à droite) tentent de convaincre Yasser Arafat (2e à partir de la droite) de signer l'Accord du Caire en présence d'Izchak Rabin (2e à partir de la gauche).
Credit : © Israeli Tsvika/Israel GPO

Le Caire, 1994 : Izchak Rabin (au centre) après que Yasser Arafat ait refusé de signer la Convention du Caire sur le tracé des frontières.
Credit : © Israeli Tsvika/Israel GPO
Les citations sur le documentaire sont d'Arte.

Joël Fishman et Ephraïm Karsh, La Guerre d’Oslo. Préface de Shmuel Trigano, traduction par Claire Darmon et Jean-Pierre Bensimon. Les Editions de Passy, collection L’Observatoire, 2005. 257 pages. ISBN : 978-2351460009. 23 €

Articles sur ce blog concernant :
Affaire al-Dura/Israël
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Culture
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Judaïsme/Juifs
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Shoah (Holocaust)


Cet article a été publié, en une version plus concise, par L'Arche, sur ce blog une première fois le 18 avril 2011 et republié mis à jour le :
- 9 novembre 2011 pour le 16e anniversaire de l'assassinat d'Yitzhak Rabin (1922-1995) ;
- 12 décembre 2011 après l'interview de Newt Gingrich, candidat à l'investiture du Parti républicain pour l'élection du prochain président des Etats-Unis en 2012, à The Jewish Channel. Newt Gingrich y a déclaré que le « peuple palestinien » avait été inventé et qu'il était trompeur de qualifier les accords d'Oslo de « processus de paix ». Il a ainsi énoncé des vérités historiques ;
- 5 novembre 2012 en raison des cérémonies en hommage à Yitzhak Rabin assassiné le 4 novembre 1995 ;
- le 6 janvier 2013 après les déclarations du 30 décembre 2012 président Shimon Peres sortant du devoir de réserve auquel l'oblige sa fonction et qualifiant, devant des diplomates israéliens, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) de "partenaire pour la paix" ;
- le 15 avril 2013 après la publication par The Jerusalem Post de l'interview du Président Shimon Peres qui affirme ne pas regretter la signature des accords d'Oslo" ;
- 18 juin 2013 après la publication d'interviews par des médias israéliens du Président Shimon Peres affirmant ne pas regretter la signature des accords d'Oslo. Le 17 juin 2013, Naftali Bennett, ministre israélien de l'Economie, a rejeté l'idée d'un Etat palestinien. Ce qui a suscité l'ire de l'American Jewish Committee (AJC). Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a maintenu son adhésion à la solution des deux Etats. Les célébrations quasi-officielles de l'anniversaire du président Shimon Peres contribuent-elles à renforcer les liens de VIP avec l'Etat d'Israël ou le culte de Shimon Peres comme "acteur de paix" ?
- 30 juillet 2013 alors que le "processus de paix" né des accords d'Oslo devrait être relancé sous la condition de la libération de 104 prisonniers terroristes palestiniens. Une décision amorale, cynique, inutile et dangereuse ;
- 4 août, 13 septembre et 5 novembre 2013. La Maison Itshak Rabin a organisé un hommage à ce politicien et militaire, le 5 novembre 2013, à 19 h 30, à la mairie du XIXe arrondissement de Paris ;
- 25 mars 2014 et 4 novembre 2014, 23 juin 2015. Les 23 à 16 h 40 et 25 juin 2015 à 23 h,  le 25 juin 2015 à 23 h, la chaîne Histoire diffusa dans le cadre des Grands assassinats de l'histoire le documentaire Yitzhak Rabin : "Retour sur l'assassinat du premier ministre israélien. Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, âgé de soixante treize ans, est touché par deux balles tirées à bout portant dans son dos. Ce crime intervient après qu'il a prononcé un discours lors d'une manifestation pour la paix sur la place des rois de Tel Aviv" ;
- 26 octobre 2015. Le 26 octobre 2015, l'Etat d'Israël organisait des cérémonies en hommage à Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre 1995 ;
- 28 mars 2017, 3 septembre 2018 et 9 novembre 2019.

Charles Aznavour (1924-2018)


Né dans une famille d'émigrés arméniens, Charles Aznavour (1924-2018) était un artiste talentueux, intelligent, curieux, maîtrisant la comédie, le drame, la photographie, la composition de musiques et l'écriture de chansons narratives, généreux à l'égard des jeunes artistes, un amoureux de la langue française, et osant aborder des sujets sensibles. Le 26 octobre 2017, en Israël, il a reçu la médaille Raoul Wallenberg pour l’aide apporté par sa famille aux Juifs et Arméniens. Une distinction remise par le président israélien Reuven Rivlin. Le 23 octobre 2020, le quotidien israélien de gauche Haaretz a publié la lettre ouverte de Nicolas Aznavour, fils de l'artiste, cofondateur et président du conseil d’administration de la Fondation Aznavour, adressée au président d’Israël Reuven Rivlin afin qu'il intervienne "pour assurer un moratoire sur la vente de ces armes à l’Azerbaïdjan". 


Quatre-vingts ans de carrière, plus de mille chansons composées – Jezebel, Plus bleu que tes yeux, Le feutre taupé (1948), Sur ma vie (1956), Je m’voyais déjà (1960), Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les comédiens (1962), La mamma (1963), Et pourtant (1963), Hier encore (1964), For Me Formidable (1964), Que c'est triste Venise (1964), La Bohème (1965), Emmenez-moi (1967), Désormais (1969), Comme ils disent (1972), La Marguerite  -, concerts dans le monde en six langues différentes, plus de 180 millions de disques vendus, une filmographie de plus de 70 longs métrages, ambassadeur d’Arménie en Suisse... 

Exceptionnel palmarès d’un artiste, Charles Aznavour, né en 1924 lors du séjour de ses parents, survivants du génocide commis à l’égard des Arméniens dans l’empire ottoman et artistes amateurs, à Paris dans l’attente de leurs visas pour les Etats-Unis. Pour la terre de ses ancêtres, il crée une Fondation Aznavour pour l’Arménie, crée Pour toi Arménie chantée par 80 artistes émus par le séisme ayant frappé ce pays (1989).

Avec sa sœur Aïda qui a l’oreille absolue, cet enfant de la balle apprend son métier à l’Ecole des enfants du spectacle, et débute une carrière d’acteur et de chanteur, notamment dans la compagnie de Jean Dasté. Ses parents cachent  des Juifs et des résistants, dont des membres du groupe Manouchian.
Grâce à Raoul Breton, éditeur de Charles Trénet, Charles Aznavour est présenté aux artistes qui comptent dans la variété française.

A la Libération, il forme un duo avec le pianiste Pierre Roche et fait une tournée au Canada - le duo dure huit ans. Remarqué par Edith Piaf, il rentre en France, et sert d’homme à tout faire - secrétaire, chauffeur, etc. - pour la chanteuse qui le persuade de subir une rhinoplastie en 1950. 

S’il peine à s’imposer auprès du public comme interprète – « Mes handicaps ? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d'instruction, ma franchise, mon manque de personnalité. Ma voix ? Impossible de la changer. Les professeurs que j'ai consultés sont catégoriques : ils m'ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte. D'une petite dixième, je peux obtenir une étendue de près de trois octaves. Je peux avoir les possibilités d'un chanteur classique, malgré le brouillard qui voile mon timbre. De la ténacité j'en ai eu, et elle a payé » -, il co-écrit notamment avec Gilbert Bécaud et son beau-frère Georges Garvarentz, des standards interprétés par les plus célèbres chanteurs : Edith Piaf (C'est un gars, Plus bleu que tes yeux, Jezebel) - Piaf reconnaissait en Aznavour la même manière de "croquer dans les mots" -, Juliette Gréco (Je hais les dimanches), Eddie Constantine (Et bâiller et dormir), Marcel Amont (Le Mexicain), Gilbert Bécaud (Mé-qué, mé-qué)…

Ses premiers succès de chanteur surviennent vers 1956 auprès des publics difficiles de Marseille et de Casablanc (Maroc). Et notamment auprès des spectateurs juifs.

Charles Aznavour comparait son métier d'auteur à celui d'écrivain, plutôt que de poète. Un "écrivain de la chanson".

"Tirez sur le pianiste"
Le Cercle Bernard Lazare a projeté le 28 février 2019 à 15 h "Tirez sur le pianiste" (Schießen Sie auf den Pianisten) réalisé par François Truffaut, avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Michèle Mercier, Nicole Berger, Daniel Boulanger, Claude Heymann, Alex Joffé et le chanteur Boby Lapointe. "Hommage à Charles Aznavour le comédien, avec ce deuxième long métrage de François Truffaut, une parodie de série noire américaine et une bouleversante histoire d'amour et de mort."

"Qui est Charlie Kohler, le pianiste secret, distrait et triste du bistrot de Plyne ? Un soir, son frère Chico, poursuivi par des truands, se réfugie dans le bar. Amoureuse de Charlie, la serveuse Léna sait qu'il se nomme Édouard Saroyan, qu'il est un grand pianiste, qu'il a été marié. Un jour, sa femme Thérésa lui a avoué qu'elle avait acheté sa célébrité en couchant avec son imprésario, puis elle s'est jetée par la fenêtre. Depuis, Édouard a troqué son instrument de concert contre un piano de bastringue. Maintenant, Léna veut aider Charlie à redevenir Édouard. Ensemble, ils vont annoncer leur démission à Plyne. Mais celui-ci cherche la bagarre et Charlie le tue. Le couple se réfugie avec Chico dans son chalet à la montagne où, armés jusqu'aux dents, ils attendent l'assaut des gangsters qui ont retrouvé leur trace…"

"Dans cette adaptation du roman de Goodis, le genre policier est joyeusement parodié : depuis les gangsters peu effrayants, dont la conversation provoque le rire général, jusqu'à la prestation de Boby Lapointe, dont la célèbre chanson "Avanie et Framboise" est sous-titrée, Truffaut s'amuse avec le public, multiplie les surprises et les digressions. Le thème de l'amour, qui domine comme dans la plupart de ses films, prend ici trois aspects, trois visages de femmes clairement différenciés par les mouvements de caméra et le cadrage. La caméra se contente d'observer de loin Michèle Mercier, qui représente l'amour physique, détaché. L'isolement tragique de Nicole Berger s'exprime par un cadrage en gros plan sur son visage, sur fond blanc. Fondus enchaînés et images superposées créent un rythme plein de beauté, mais révèlent aussi la fragilité de l'amour de Marie Dubois, ici jeune débutante. Trois aspects de l'amour, tous trois voués à l'échec."

"Un Taxi pour Tobrouk"
Arte rediffusa le 25 juillet 2018 à 15 h 10 "Un taxi pour Tobrouk" (Taxi nach Tobruk) réalisé par Denys de La Patellière, avec Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Hardy Krüger, Germán Cobos.

"En 1942, le périple de quatre résistants et de leur prisonnier allemand dans le désert libyen... Un film drôle et touchant, porté par les dialogues de Michel Audiard, avec Lino Ventura et Charles Aznavour. Engagés dans la Résistance pour des motifs plus ou moins louables, quatre soldats des Forces françaises libres se retrouvent à Tobrouk, en Libye. Livrés à eux-mêmes après la mort de leur chef, ils s'enfuient dans le désert en direction d'El-Alamein, où les combats font rage. Leader par défaut de ce commando, le brigadier Théo Dumas peine à tenir ses hommes, plus doués pour la parlote que pour la guerre. Quand leur pick-up est détruit par l'aviation ennemie, à 700 kilomètres des lignes alliées, la mort leur semble promise. Mais par un hasard miraculeux, ils tombent sur un convoi allemand, abattent les soldats et font un prisonnier : le capitaine Ludwig von Stegel, francophone et redoutablement malin. Le début d'un périple aux multiples rebondissements".

"Denys de La Patellière a voulu évoquer dans ce film l'absurdité d'une guerre qui a coûté la vie à plusieurs membres de sa famille. Grâce au génie de Michel Audiard, son plaidoyer pacifiste se double d'une ironie féroce et désopilante, superbement maniée par Lino Ventura et Charles Aznavour, étonnant en médecin juif dont le père, vichyste, "a la légalité dans le sang". Le périple de ce "commando d'orateurs" égarés dans les sables se déguste sans modération".

La vague yé-yé
Las ! L’arrivée des chanteurs yé-yé représente un défi qu’il relève en nouant une amitié avec Johnny Hallyday et Sylvie Vartan pour lesquels il écrit des standards : respectivement Retiens la nuit (1961), et La plus belle pour aller danser (1963). Une expérience qu’il renouvellera avec les chanteurs apparus dans les années 1980-1990.

Un répertoire qui a enrichi le patrimoine musical français et qui est repris par la jeune génération, en particulier par Joana Mendil.

Filmographie
Parallèlement, Charles Aznavour trouve au cinéma des rôles intéressants, de la comédie au drame : La Tête contre les murs de Georges Franju, avec Pierre Brasseur, Jean-Pierre Mocky (1958), Le Passage du Rhin d’André Cayatte, Tirez sur le pianiste de François Truffaut et Un taxi pour Tobrouk de Denys de La Patellière avec Lino Ventura en 1960,  Le Rat d'Amérique de Jean-Gabriel Albicocco (1962), La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre (1965),  Le Tambour de Volker Schlöndorff avec David Bennent et Mario Adorf (1979),  Qu'est-ce qui fait courir David ? d'Élie Chouraqui avec Francis Huster, Nicole Garcia (1981), Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol avec Michel Serrault (1982),  Ararat de Atom Egoyan avec Marie-Josée Croze (2002)…

Mari et père comblé, il souffre de la mort de son fils Patrick (1951-1976), décédé d'une overdose.

Grand lecteur aux goûts éclectiques, il entame une carrière d’écrivain.

Concert 2015
Arte rediffusa le 7 octobre 2018 « Aznavour en concert. Paris 2015 » (Aznavour in Concert - Paris 2015), réalisé par Marc di Domenico (2015). En septembre 2015, au Palais des sports de Paris, Aznavour « interprète ses éternels succès devant un public ravi. À 91 ans, cet immense artiste démontre une nouvelle fois son talent d'écriture, de composition et d'interprétation sur la scène du Palais des sports. Son répertoire, qu'il a chanté dans le monde entier, de New York à Tokyo, de Moscou à Montréal, raconte toutes les facettes de l'existence humaine ».

Une « captation au plus près de l'artiste et de son immense talent. Privilégiant les plans serrés, la réalisation fait la part belle au visage et à la gestuelle du chanteur, adaptée à chaque titre".

"Un hommage chaleureux à l'un des grands de la chanson française ».

Israël
Le 26 octobre 2017, en Israël, Charles Aznavour a reçu la médaille Raoul Wallenberg pour l’aide apportée par la famille Aznavourian, dont les parents Knar et Mischa, proches du résistant Missak Manouchian, aux Juifs et Arméniens pendant la Deuxième Guerre mondiale, sous le régime de Vichy.

Une distinction remise par le président israélien Reuven Rivlin qui a déclaré : « On peut lire dans le Talmud que quiconque sauve une seule vie sauve tout un monde ».


« Nous avons tant de choses en commun, les Juifs et les Arméniens, dans le malheur, dans le bonheur, dans le travail, dans la musique, dans les arts », a affirmé Charles Aznavour. Et d’ajouter « J’ai un petit peu l’impression que je viens dans un coin de ma famille à moi parce que nous avons la même manière, aussi, de vivre et de manger et de boire. [J'ai des] "relations fortes avec le pays et avec le peuple juif ».

Charles Aznavour a demandé à Reuven Rivlin : « Pourquoi Israël n’a-t-il pas reconnu le génocide des Arméniens ? Je ne vous pose pas une question secrète et je n’attends pas une réponse, mais il est important de la poser. Pourquoi vous ne reconnaissez pas le génocide des Arméniens alors que vous-mêmes avez souffert du régime nazi ? ».

Reuven Rivlin "a répondu que c’était une question politique et que chaque année la question est posée à la Knesset et que lui-même en 2015 à la tribune de l’ONU, il avait évoqué clairement le génocide des Arméniens de 1915. « Nous étions présents à la Knesset lors de la cérémonie sur ces terribles événements. Malheureusement le gouvernement israélien n’a pas réussi à reconnaître les faits comme un génocide (...) et moi en tant que président d’Israël, je me dois de respecter les décisions du gouvernement israélien. Les massacres ou le génocide sont terribles. En 1915, le peuple arménien a été victime de choses terribles » dit Reuven Rivlin. Pourtant, le président israélien a pris position sur des sujets politiques, telle la Cour suprême israélienne accusée de politisation.

Le 1er août 2016, la "commission Knesset pour l’Education, la Culture et le Sport a reconnu le génocide arménien". Elle "a exhorté le gouvernement israélien à reconnaître officiellement l’extermination de masse de 1915 d’1,5 Arméniens en tant que génocide".

 « Notre obligation morale est de reconnaître le génocide arménien », a déclaré Yakov Margi, président de la commission et député  Shas, lors d’une réunion. Il a regretté que l’Etat d’Israël n'ait pas reconnu le génocide perpétré par les Turcs en 1915-1916.

La "députée de Meretz Zehava Gal-on, les députés de l’Union sioniste Zouheir Bahloul et Nahman Shai et le député de la Liste arabe unie, Dov Khenin", ont soutenu "la mesure".

Le 5 juillet 2016, des membres de la communauté arménienne de Jérusalem avaient manifesté devant la Knesset après l'accord diplomatique entre le gouvernement israélien et la Turquie, afin que l’Etat d’Israël reconnaisse le génocide. Le 23 avril 2015, ils avaient défilé avec des drapeaux et des torches dans la Vieille Ville de Jérusalem, à la veille du centenaire du génocide. Reuven Rivlin, qui "était l’un des défenseurs les plus virulents de la reconnaissance du génocide pendant son mandat en tant que président à la Knesset, a évité d’utiliser le terme de génocide" lors de cette commémoration ; ce qui avait déçu les dirigeants arméniens. Il "l’a utilisé, cependant, quelques semaines plus tôt lors d’un événement différent".

En juillet 2016, Yuli Edelstein, député membre du Likud, a souhaité qu'Israël reconnaisse ce génocide malgré les tensions que cette reconnaissance pourrait causer entre l'Etat juif et la Turquie. « Nous ne devons pas ignorer, minimiser ou nier ce terrible génocide. Nous devons déconnecter les intérêts actuels, liés à cette époque et à ce lieu, du passé difficile, dont ce sombre chapitre en fait partie », avait déclaré Edelstein lors de la commémoration par la Knesset du génocide.

Le "refus d’Israël de reconnaître officiellement le massacre des Arméniens comme étant un génocide repose sur des considérations géopolitiques et stratégiques et l’on retrouve en tête de ses considérations ses relations avec la Turquie, qui nie avec véhémence que les Turcs ottomans aient commis un génocide. Israël et la Turquie ont signé un accord de rapprochement au mois de juin, améliorant ainsi la qualité de leurs relations diplomatiques après des années de relations glaciales qui ont été aggravées par" les violences commises contre les soldats de Tsahal par des terroristes turcs lors de l'arraisonnement du navire qui voulait rompre en 2010 le blocus naval de la bande de Gaza dirigée par le mouvement islamiste Hamas.

"Je ne dis pas ça parce que je suis ici, mais il y a des villes dans le monde que je préfère, et je dois avouer que ma ville préférée est Tel-Aviv parce que ça bouge beaucoup. Ici, c'est Tel-Aviv, Barcelone en Espagne, New-York et Milan, j'ai toujours une ville où je me sens le plus à l'aise et où je me sens le plus en osmose avec le public", a confié Charles Aznavour lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv le 26 octobre 2017.

"Je préfère qu'on traduise mes textes en hébreu et que les artistes locaux les chantent", a observé le chanteur en citant Avi Toledano en 1978 avec "la Bohême". Il estime que ses rencontres les plus importantes ont été Edith Piaf, Charles Trénet, Maurice Chevalier et Jean Cocteau : "Ce sont des artistes qui m'ont vraiment apporté et appris quelque chose".

Le 27 octobre 2017, il s'est rendu dans le village israélo-arabe Neve shalom (Oasis de paix, en hébreu)/Wahat as-Salam (Oasis de paix en arabe) dont les habitants sont citoyens israéliens. Il a visité l'Ecole pour la Paix

Le 28 octobre 2017, il a donné un concert au Heichal Menorah Mivtahim (ex Nokia) sur Ygal Alon à Tel-Aviv dans le cadre de sa tournée mondiale One Night Only!

"Personne ne bouge !"
Arte TV diffuse "Personne ne bouge ! Charles Aznavour" (2017). "De ses débuts comme auteur-compositeur à son incroyable succès aux États-Unis, voyage en compagnie d'un monument de la chanson française. Avec une perle rare de 1980 : invité de la BBC, Charles Aznavour évoque sans ciller les frasques de sa jeunesse dans la langue de Shakespeare... Pour commencer, révision des fondamentaux : devant le sacre de l'autodidacte, on oublie à quel point Aznavour fut à ses débuts un artiste à la voix et au style décriés. Retour sur la revanche artistique d'un auteur-compositeur hors du commun, avec Laurent Balandras, écrivain, et Bertrand Dicale, journaliste ; gros plan sur le deuxième long métrage de François Truffaut, Tirez sur le pianiste, sorti en 1960, dans lequel le grand Charles incarne le musicien taciturne du roman noir de David Goodis ; petite histoire d’"Aznavour l'Américain" avec Robert Belleret, son biographe, et Gérard Davoust, son producteur et éditeur ; et une perle rare de 1980, quand l’artiste, invité de Sir Michael Parkinson, l'étoile de la BBC, évoque sans ciller les frasques de sa jeunesse dans la langue de Shakespeare".

"Pour toi, Aznavour"
La chanteuse française Joana Mendil rendra hommage avec d'autres artistes, le 1er juillet 2019, de 20 h à 23 h, à Charles Aznavour par un concert au Gymnase à Paris "Pour toi Aznavour", placé sous le haut patronage de l'Ambassade de la République d'Arménie en France. Un "concert en hommage à Charles Aznavour élu par CNN et The Times : “L’artiste de variété du XXe siècle” ! Avec la participation exceptionnelle de Seda Aznavour et Erik Berchot, ainsi que de nombreux artistes". Une soirée au profit de la Fondation Aznavour. "Le 1er juillet, cela fera exactement 9 mois que Charles nous aura quittés, mais c’est le 95e anniversaire de sa naissance que nous allons célébrer avec la participation de nombreux artistes : Essaï Altounian / Seda Aznavour / Erik Berchot / Romain Berrodier (piano) / Agnès Bihl / Ermonia (Finaliste The Voice Kids 2019) / Hakob Ghasabian (Lauréat Prodiges 2015) / Hary Gofin (contrebasse) / Benjamin Legrand / Joana Mendil / Jean Musy / Artyom Minasyan (doudouk) / Nara Noïan / Fred Perrot (batterie) / Vartan Petrossian / Shushana (violon) / Vicken Tarpinian / Frédéric Turyan / Frédéric Zeitoun..."

Nicola Aznavour
Le Haut-Karabagh, Haut-Karabakh ou Artsakh est une république autoproclamée de Transcaucasie et d'une superficie de 11 430 km² pour 148 917 habitants, majoritairement arméniens chrétiens, en 2015. Sa capitale ? Stepanakert.

Depuis la fin de l'Union soviétique dont il formait une des républiques socialistes soviétiques, le Haut-Karabagh a œuvré  pour son indépendance ou son rattachement à l'Arménie, tandis que l'Azerbaïdjan, Etat à la population majoritairement musulmane (chiite), considérait le Haut-Karabagh comme terre azérie.  

Le 2 septembre 1991, l'assemblée nationale du Haut-Karabagh a déclaré son indépendance. Celle-ci est reconnue seulement par l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud-Alanie et la Transnistrie. 

Le 12 mai 1994, la trêve négociée par la Russie met un terme aux combats entre les Arméniens et les Azerbaïdjanais. Cependant, des heurts armés sporadiques ont lieu, en particulier en avril 2016.

Le 27 septembre 2020, l'armée azérie bombarde Stepanakert. Président de la République azerbaïdjanaise, Ilham Aliyev signe un décret sur la déclaration de l’état de guerre. Les dirigeants de l'Artsakh déclarent la loi martiale et la mobilisation générale. Quant au gouvernement arménien, il annonce la mobilisation générale et la mise en vigueur de la loi martiale. Premier ministre, Nikol Pachinian prévient que les deux pays sont proches d'une «  guerre d’envergure ». Président turc islamiste et proche des Frères musulmans, Recep Tayyip Erdoğan, affirme son soutien « avec tous nos moyens » à l'Azerbaïdjan. La guerre se déroule de nouveau au Haut-Karabagh.

Début octobre 2020, l'Arménie accuse la Turquie d'amener des mercenaires syriens dans la région contestée. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, environ 850 combattants pro-Ankara y auraient été envoyés.

Le 1er octobre 2020, l’Arménie rappelle son ambassadeur en Israël, en signe de protestation contre les ventes d’armes israéliennes à l'Azerbaïdjan.

Le 23 octobre 2020, le quotidien israélien de gauche Haaretz a publié la lettre ouverte de Nicolas Aznavour, fils de l'artiste, cofondateur et président du conseil d’administration de la Fondation Aznavour, adressée au président d’Israël Reuven Rivlin afin qu'il intervienne "pour assurer un moratoire sur la vente de ces armes à l’Azerbaïdjan" :
"Monsieur le Président,
En 2017, avec mon père Charles Aznavour, j’ai eu le plaisir de me rendre en Israël où la Fondation Internationale Raoul Wallenberg (IRWF) a décerné la « Médaille Raoul Wallenberg » à Aïda et Charles Aznavour en votre présence.
Ce prix prestigieux est un gage de reconnaissance à la famille Aznavour, à la mère Knar, au père Misha et à leur fille et fils susmentionnés, qui, pendant les jours sombres de l’occupation nazie en France, ont tendu la main à ceux qui étaient persécutés. Je me souviens que mon père se rappelait comment il avait grandi dans le quartier du Marais à Paris où de nombreux immigrants s’étaient installés côte à côte, dont des réfugiés juifs et arméniens. C’étaient des voisins et des amis proches.
Lorsque la Gestapo a commencé à arrêter des Juifs pour les expulser, l’appartement de mes grands-parents est devenu un abri pour qu’ils se cachent et trouvent un passage sûr. Mes grands-parents savaient qu’ils couraient un danger énorme tous les jours, mais mon père et sa sœur ne l’ont compris que plus tard.
Mes grands-parents avaient fui en France pour échapper au Génocide des Arméniens par l’Empire ottoman dans les années 1920. Leur vie n’a pas toujours été facile à cause de leur pauvreté, de leur méconnaissance du français et de la douleur qu’ils portaient en eux. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, ils ont réalisé avec consternation que l’Histoire se répétait et ils ont pris de grands risques pour sauver autant de vies que possible.
La médaille que mon père a reçue au nom de notre famille fait partie des objets que nous prévoyons d’exposer prochainement au musée Charles Aznavour à Erevan et d’informer nos visiteurs des horreurs de la Shoah.
Monsieur Reuven Rivlin, depuis le 27 septembre, l’agression militaire de l’Azerbaïdjan s’est déjà transformée en guerre et en tragédie entraînant la mort de centaines, voire de milliers de jeunes hommes, journalistes, civils et enfants. L’armée azerbaïdjanaise utilise de nombreuses armes fabriquées en Israël, notamment des bombes à fragmentation interdites par le droit international, et des drones militaires.
En réponse aux photos publiées par les autorités arméniennes, Amnesty International a publié son rapport en notant en particulier : « Les experts d’Amnesty International Crisis Response ont pu retracer l’emplacement des images dans les quartiers résidentiels de Stépanakert et ont identifié des armes à sous-munitions M095 DPICM de fabrication israélienne tirées par les forces azerbaïdjanaises vers Stepanakert, Shushi, Martakert et d’autres villes. « L’utilisation de bombes à fragmentation en toutes circonstances est interdite par le droit international humanitaire, de sorte que leur utilisation pour attaquer des zones civiles est particulièrement dangereuse et ne fera qu’entraîner de nouveaux morts et blessés », a déclaré Denis Krivosheev, chef par intérim d’Amnesty International pour l’Europe de l’Est et le Centre-Asie. « Les bombes à fragmentation sont par nature des armes aveugles, et leur déploiement dans les zones résidentielles est absolument épouvantable et inacceptable. Alors que les combats continuent de s’intensifier, les civils doivent être protégés et non délibérément ciblés ou mis en danger de manière imprudente. »
En souvenir de mes grands-parents et de mon père, je vous invite, Monsieur le Président, à intervenir pour assurer un moratoire sur la vente de ces armes à l’Azerbaïdjan. Israël, établi par les survivants et descendants de la Shoah, ne peut fermer les yeux ni participer au génocide que l’Azerbaïdjan, avec l’aide du gouvernement turc, se prépare à commettre en Arménie. Ce serait un affront à la mémoire de mes ancêtres qui ont sauvé de nombreuses vies juives pendant la Seconde Guerre mondiale, mais plus encore, donc ce serait un terrible affront à la mémoire des victimes de la Shoah.. Je vous demande de nous aider dans l’intérêt de l’humanité et de la longue amitié entre les Juifs et les Arméniens, de vous tenir debout à nos côtés contre les horreurs de la guerre et de la destruction.
Dans l’annexe de cette lettre, veuillez trouver quelques preuves documentées de l’utilisation des munitions internationalement interdites par les forces armées azerbaïdjanaises.
Je tiens à vous assurer, Monsieur le Président, de ma très haute considération."
Interviewé sur i24News, Nicolas Aznavour a déclaré : "Je ne pense pas qu'armer une dictature à long terme serve les intérêts d'Israël".

Il semble un peu maladroit de la part de Nicolas Aznavour d'avoir adressé sa lettre au Président israélien dont la fonction est honorifique conformément aux lois fondamentales d'Israël. Cependant, depuis quelques décennies, les titulaires de cette fonction sont parfois sortis de leur réserve pour intervenir de manière partiale dans la vie politique, essentiellement lors de la désignation du Premier ministre. Ce qui leur a été reproché par des politiciens ou journalistes.

En outre, l'Etat Juif n'a pas été rétabli uniquement "par les survivants et descendants de la Shoah". Des Juifs autochtones ou ayant du fuir des pays majoritairement musulmans, ont contribué à ce rétablissement.

Par ailleurs, on peut regretter que Nicolas Aznavour ait omis d'évoquer un autre point commun entre Juifs et Arméniens chrétiens : la Bible hébraïque. Il a également occulté le caractère religieux, civilisationnel de ce conflit initié par l'Azerbaïdjan, ainsi que l'aide militaire - drones, mercenaires syriens - fournie par la Turquie dirigée par Recep Tayyip Erdoğan.

Dans cette région, les alliances diplomatiques ou militaires sont particulièrement complexes, et des ONG partiales. Ainsi, depuis le 6 octobre 2020, le régime des ayatollahs iraniens, qui développe un programme militaire iranien visant la destruction de l'Etat Juif, "soutient désormais, de manière indéfectible, Bakou dans le conflit qui l’oppose à Erevan. Un soutien paradoxal, car l’Azerbaïdjan reste un allié proche d’Israël, l’un des plus féroces adversaires de la République islamique d’Iran. Cette dernière a, en revanche, toujours entretenu d’intenses échanges avec l’Arménie, Téhéran lui fournissant du gaz et Erevan de l’électricité".

Enfin, des Français d'origine arménienne se plaignent depuis des années que leurs rassemblements en hommage aux victimes du génocide effectué par les Ottomans et leurs complices (1915-1916) soient troublés par des agressions verbales de Turcs musulmans.

Le 28 octobre 2020 au matin, "la circulation sur l’autoroute A7 était bloquée dans les deux sens au niveau du péage de Vienne (Isère) par une manifestation de soutien à l’Arménie. Vers 7 h 30, des bouchons étaient en formation tant en direction de Lyon que de Marseille, a indiqué le service d’information routière Bison Futé. Un manifestant, se présentant sous le seul prénom d’Arthur, a expliqué que ce rassemblement était motivé par la crainte qu’un « deuxième génocide » soit en train de se reproduire en Arménie. Il a chiffré entre 300 et 400 personnes le nombre de manifestants sur place". "Des militants turcs avaient perturbé le rassemblement et des heurts avaient rapidement éclatés. Des « coups de couteaux » se seraient même échangés selon la police nationale. Au total, 300 à 400 personnes étaient présentes sur place d’après les informations de LyonMag. Quatre personnes auraient été très légèrement blessées. Une enquête a été ouverte et un appel à témoins a été lancé par les CRS autoroutières Auvergne-Rhône-Alpes."
 
"En réponse au blocage de l’A7 mercredi matin, une centaine d’extrémistes turcs", vraisemblablement membres du mouvement Loups Gris, "ont mené une expédition punitive à la recherche d’Arméniens dans l’agglomération lyonnaise. Le conflit s’intensifie du côté de Lyon. Dans la soirée du mercredi 28 octobre, des membres du groupuscule ultranationaliste turc, les Loups gris, ont envahi les rues de Vienne, puis de Décines. Ces extrémistes défilaient pour interpeller la communauté arménienne. Ils n’ont pas hésité à scander des menaces envers leurs rivaux : « Allah Akbar » ou encore « Vous êtes où les Arméniens ?! », « Ici, c’est la Turquie » et « Nique l’Arménie, on va vous baiser », pouvait-on entendre. 

"D’après les informations de Lyon Mag, de nombreux policiers étaient présents dans l’Est lyonnais afin d’éviter tout débordement. Une centaine de véhicules de police a aussi tourné en centre-ville. Le groupe de Turcs était composé d’environ 150 individus « surexcités » selon la Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), qui a d’ailleurs rapporté qu’un équipage de la police nationale avait été agressé. Les Turcs ont finalement quitté les lieux avant 23 heures. Aucun blessé n'est à déplorer d’après les pompiers". 

"Pour éviter un match retour entre les deux communautés, un important dispositif policier avait été mis en place à Décines avec 101 fonctionnaires déployés sur zone "dans le but de rétablir l’ordre républicain" selon la préfecture du Rhône. Au total, 19 véhicules ainsi que "l’intégralité des protagonistes ont été contrôlés" selon les services de l’Etat. De plus, 65 personnes ont écopé d’une amende pour non-respect du couvre-feu. Le calme est finalement revenu vers 23 h".Les tentatives d’intimidation et les actions communautaires hostiles n’ont pas leur place dans la République" a réagi dans la nuit le préfet du Rhône Pascal Mailhos après cette soirée sous tension".

Le 29 octobre 2020, la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) a twitté : "Les Loups gris, organisation turque ultranationaliste violente, ont organisé hier à Vienne et à Décines de véritables « pogroms » contre des membres de la communauté arménienne. La 
@_LICRA_ saisit la justice de ces agressions racistes. Ces mouvements doivent être dissous !"



Le 1er juillet 2019 à 20 h
Le 14 janvier 2019 à 20 h
Au Théâtre du Gymnase-Marie Bell
Tél. : 01 42 46 79 79

"Tirez sur le pianiste" par François Truffaut
France, 1960, 1 h 30
Image : Raoul Coutard
Montage : Claudine Bouché, Cécile Decugis
Musique : Georges Delerue, Boby Lapointe et Félix Leclerc
Production : Les Films de la Pléiade
Producteur/-trice : Pierre Braunberger
Avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Michèle Mercier, Nicole Berger, Serge Davri, Claude Mansard, Richard Kanayan, Albert Rémy, Jean-Jacques Aslanian, Daniel Boulanger, Claude Heymann, Alex Joffé, Boby Lapointe, Catherine Lutz, Alice Sapritch
Auteur : François Truffaut
Marcel Moussy nach David Goodis' Roman "Down There"
Distributeur : Roissy Films
Son : Jacques Gallois
Sur Arte le 7 octobre 2018 à 22 h 30
Au Cercle Bernard Lazare le 28 février 2019 à 15 h

"Un taxi pour Tobrouk" réalisé par Denys de La Patellière
France, Espagne, 1960, 90 minutes
Image : Marcel Grignon
Montage : Jacqueline Thiédot
Musique : Georges Garvarentz
Production : Franco London Films, S.N.E. Gaumont, Procusa, Continental Film
Réalisation : Denys de La Patellière
Scénario : Michel Audiard, Denys de La Patellière, René Havard
Acteurs : Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Hardy Krüger
Germán Cobos

« Aznavour en concert. Paris 2015  », par Marc di Domenico
86 min
Sur Arte les 3 janvier 2015 à 17 h 45 et 6 janvier 2015 à 3 h 15, 11 décembre 2017 à 0 h 00, 7 octobre 2018 à 17 h 45
Visuels : © Marc di Domenico

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Les citations sur le concert viennent d'Arte. Cet article a été publié le 2 janvier 2016, puis les 1er novembre et 11 décembre 2017, 22 mars et 2 octobre 2018, 28 février 2019.