mardi 30 mai 2017

« L’affaire Klimt » de Jane Chablani et Martin Smith


« L’affaire Klimt » (Stealing Klimt), documentaire passionnant de Jane Chablani et Martin Smith (2006) retrace le combat difficile, long - 50 ans - et victorieux de Maria Altmann, octogénaire Juive américaine d'origine viennoise, pour récupérer des biens familiaux, dont cinq tableaux de Gustav Klimt (1862-1918) - deux portraits de sa tante Adèle Bloch-Bauer et trois paysages (1900-1907) - ayant appartenu à son oncle, Ferdinand Bloch-Bauer, spolié en 1938 par les Nazis. La femme au tableau ("Woman in Gold”), film de Simon Curtis, fondé largement sur le livre The Lady in Gold d'Anne-Marie O’Connor, évoque le combat de Maria Altmann, interprétée par Helen Mirren, et de son avocat Me Randol Schoenberg joué par Ryan Reynolds. OCS le diffusera le 31 mai 2017.

Au Temps de Klimt. La Sécession à Vienne 
Rose Valland (1898-1980) 
Des galeries d’art sous l’Occupation, une histoire de l’histoire de l’art

"Je ne suis pas procédurière. Je combats pour obtenir ce qui nous a toujours appartenu", déclare calmement Maria Altmann, nonagénaire. Et parmi ces biens : Le portrait doré de sa tante Adèle Bloch-Bauer (1881-1925) peint par Klimt.

Au travers de son combat, apparaissent les refus de l'Autriche d'affronter les pans sombres de son histoire et le fonctionnement du marché de l'art, ainsi que le rôle des Juifs viennois dans l'essor économique et culturel de l'empire d'Autriche-Hongrie.

La Vienne de la Sécession et du Jugendstil (Style jeune)
La majorité des Juifs autrichiens font partie des classes moyennes.

Maria Hartman est née en 1916 dans une famille Juive de la haute bourgeoisie autrichienne.

Thérèse Bauer, sa mère, et la sœur de celle-ci, Adèle Bauer, toutes deux filles d'un directeur de banque, ont épousé deux frères, Ferdinand Bloch, magnat du sucre, et Gustav, avocat.

Adèle et Ferdinand Bloch-Bauer n'ont pas d'enfant. Cinq enfants, dont Maria la benjamine, naissent de l'union de Thérèse et de Gustav. Passionné de musique classique, Gustav Bloch-Bauer joue en amateur sur son violoncelle, un Stradivarius, lors de concerts de musique de chambre le vendredi, à son domicile viennois.

Parallèlement à l'Art nouveau en France, dans cette Vienne où vivent Freud, Klimt, Wittgenstein et Schnitzler, s'épanouit une effervescence artistique, le Jugendstil (Style jeune) et la Sécession viennoise, fondée en 1897 par Klimt, Schiele et Moser, liée aux arts décoratifs, et voulant rompre avec la peinture traditionnelle. Dans cette cité brillante, échoue Hitler.

Les Bloch-Bauer sont de grands mécènes. Curieuse, élégante, Adèle Bloch-Bauer tient un salon réputé à Vienne fréquenté par des artistes, dont les peintres Kokoschka qui portraiture Ferdinand Bloch-Bauer, et Klimt, déjà cher et célèbre, et le compositeur Richard Strauss.

A la demande de Ferdinand Bloch-Bauer, Klimt débute en 1904 le portrait de son épouse Adèle ; il l'achève en 1907, année de son exposition. Le collier porté par Adèle Bloch-Bauer dans cette œuvre est offert à Maria lors de son mariage, à 21 ans, avec Fritz Altmann, jeune et talentueux chanteur d'opéra, à la synagogue de Turnergasse - sa sœur Louise s'était mariée à la grande synagogue de Vienne.

Amitié amoureuse ou amour entre un peintre séducteur et cultivé et sa modèle ? Fait exceptionnel, Klimt effectue un second portrait d'Adèle Bloch-Bauer, en 1912.

En janvier 1923, Adèle Bloch-Bauer rédige son testament. Elle lègue tous ses biens à son mari Ferdinand, et demande que ses toiles soient confiées au musée national du Belvédère après la mort de son époux. Or, elle n'est pas la propriétaire de ces toiles : c'est son mari qui les a payées et en est propriétaire selon la loi autrichienne qui discrimine les femmes.

En 1925, Adèle Bloch-Bauer meurt d'une méningite à 43 ans. Ses "cendres sont déposées au caveau familial du cimetière communal de Vienne".

Eploré, Ferdinand Bloch-Bauer transforme la chambre de son épouse décédée en autel à sa mémoire en la décorant de ses toiles de Klimt et de fleurs.

Le mythe d'une Autriche victime du nazisme
Janvier 1933. Hitler arrive au pouvoir en Allemagne.

12 mars 1938. Arthur Seyss-Inquart, fondateur du parti national-socialiste autrichien, devient chancelier d'Autriche sous la pression d'Hitler. L'Autriche est annexée au IIIe Reich (Anschluss).

"Les Autrichiens ont prétendu plus tard qu'ils étaient victimes. Ils ont accueilli les nazis avec enthousiasme. Les cloches sonnaient. Les femmes jetaient des fleurs sur les soldats. La liesse avait envahi les rues", se souvient Maria Altmann.

C'est la "fin de la merveilleuse vie des Juifs à Vienne. Ferdinand Bloch-Bauer se réfugie dans son château à Prague (Tchécoslovaquie). L'intensité et la violence de l'antisémitisme des Autrichiens surprennent même les Allemands". Les Juifs autrichiens sont victimes d'agressions, d'humiliations - contraints de nettoyer les rues viennoises à genoux -, d'"aryanisations sauvages" - confiscations spontanées des biens (appartements, boutiques) d'une famille juive -, etc. sans pouvoir obtenir la moindre protection de voisins, de la police ou de la justice. Quand les autorités autrichiennes prennent conscience que ces "aryanisations sauvages" induisent un manque-à-gagner pour elles, elles ordonnent l'"aryanisation systématique" par en expropriant les Juifs de leurs "outils économiques - comptes bancaires, police d'assurances - et personnels : mobilier, maisons, etc.

Fin mars 1938, la Gestapo exige la remise du Stradivarius "attesté par la déclaration de biens par les Rothschild". Le maître d'hôtel des Bloch-Bauer le leur donne. Profondément affecté, Gustav Bloch-Bauer meurt quelques mois plus tard.

Terrifiée, Maria Altmann est contrainte de remettre ses bijoux aux nazis Par peur, elle donne aussi ceux déposés chez son joaillier viennois, Rozet et Fischmeister. Son mari est arrêté peu après, et interné à Dachau. L'usine de cachemire du frère de Fritz, Bernhard Altmann, est saisie. Sous la pression des nazis, Bernhard Altmann, qui se trouve à Paris, signe un pouvoir en faveur des nazis contre la libération de son frère.

Le frère de Maria Altmann est arrêté en 1938. Interrogé, il découvre qu'il avait sauvé la vie en 1934 de son interlocuteur, un neveu de Hitler. Ce nazi lui conseille : "Partez aussi vite que possible".

Adolf Eichmann, "un des artisans de la Solution finale, dirige le Bureau d'émigration des Juifs". Ceux-ci ne peuvent quitter l'Autriche qu'en y laissant tous leurs biens. "Des amis de mes parents s'étaient suicidés car ils ne savaient pas où aller. Notre pédiatre a pris de la morphine, et une amie de ma mère se suicida avec son fils. Les gens qui n'avaient pas d'argent et ne parlaient pas de langue étrangère se trouvaient face à un grand rideau noir. Derrière ce rideau, il n'y avait rien. Que fallait-il faire ?", déplore Maria Altmann.

Après deux vaines tentatives, et avec l'aide de Bernhard Altmann, Fritz et Maria Altmann quittent l'Autriche pour Munich, puis en train pour Aix-la-Chapelle. Direction : Paris, et l'Angleterre.

Ferdinand Bloch-Bauer est accusé de fraude fiscale, et doit payer une amende. Une accusation sans fondement, mais qui prélude l'expropriation de ses biens. En 1938, les nazis saisissent la sucrerie de Ferdinand Bloch-Bauer, sa maison à Elisabethstrasse, sa collection de porcelaines et d'œuvres d'art, dont sept Klimt.

Le 9 novembre 1938, la nuit de Cristal, une nuit d'incendies, de pillages et de meurtres visant les Juifs, renforce leurs craintes et accélère leur départ vers Amsterdam, Paris, Harwich (Grande-Bretagne). En 1939, 120 000 Juifs autrichiens avaient fui leur pays, soit les deux tiers de la communauté juive autrichienne.

En mars 1939, les nazis envahissent la Tchécoslovaquie. Ferdinand Bloch-Bauer se réfugie alors en Suisse. Sa résidence à Prague est occupée par Reinhard Heydrich, un des responsables de la Shoah (Holocaust).

Le pillage des œuvres d'art par les nazis se poursuit, effectué par des commandos de pillards agissant pour des dirigeants nazis - en 1945, Hitler détient 5 000 œuvres d'art de maîtres -, des galeristes et des musées. A Vienne, le Dorotheum devient la "salle des ventes des nazis". La collection des Bloch-Bauer nourrit un "intérêt considérable" : sous le patronage du gouvernement autrichien nazi, est montée l'exposition Klimt en 1943.

De Zurich, Ferdinand Bloch-Bauer écrit à Kokoschka, qui s'est réfugié à Londres : "Je vis comme un mendiant. Je saurai dans les deux semaines à venir si on va me rendre les deux portraits de mon épouse défunte".

Jonathan Petropoulos détruit le mythe d'une Autriche victime des nazis : "Les Autrichiens représentaient 8% de la population du IIIe Reich, mais 14% chez les nazis, et 40% parmi les gardes des camps de concentration et d'extermination". En Autriche, se trouvent aussi des camps de concentration, tel celui de Mauthausen où les Juifs, les opposants politiques y souffrent, "affamés, fouettés à morts et gazés".

Une victoire judiciaire tardive
Les Alliés ont quasi-oublié "les crimes de guerre des Autrichiens, la complicité de l'Autriche dans la Shoah". Probablement pour "ancrer l'Autriche dans le camp occidental lors de la Guerre froide" et par manque de connaissance sur l'action de ce pays pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Après 1945, les Alliés veillent à récupérer les œuvres d'art volées. Ils "donnent carte blanche à l'Autriche". Galeristes, musées, marchands d'art et commissaires priseurs, actifs pour spolier les Juifs avant et pendant la guerre, redeviennent actifs après la fin du conflit.

En octobre 1945, Ferdinand Bloch-Bauer rédige un nouveau testament : il ne veut pas exécuter le souhait de son épouse de donner ses Klimt au musée du Belvédère ; il désire que ses neveux et nièces héritent de ses biens.

Un mois plus tard, il décède. Ses cendres reposent près de celles de son épouse.

Maria et Fritz Altmann ont immigré en 1942 aux Etats-Unis. Ils élèvent à Hollywood leurs enfants dans des conditions modestes. En 1948, ils contactent un avocat afin d'obtenir la restitution des tableaux volés, tout en ignorant les termes exacts du testament d'Adèle Bloch-Bauer qui comportait un vœu, et non une clause obligatoire.

L'Autriche s'abrite derrière les lois qui protègent son patrimoine historique et culturel national et l'embargo sur l'exportation des œuvres d'art.

Les héritiers de Ferdinand Bloch-Bauer - Maria, son frère et sa sœur - signent un accord avec l'Autriche au terme duquel ils récupèrent certains biens contre l'abandon de leurs demandes visant les Klimt. Un prix élevé pour les Bloch-Bauer qui revendent ces biens pour améliorer leur niveau de vie grâce au produit de la vente.

Déçus, les Juifs autrichiens qui espéraient récupérer leurs biens dont les Nazis les avaient dépossédés, se retrouvent grugés à la fin des années 1940 et dans les années 1950 malgré leurs requêtes et malgré des lois sur les restitutions de biens.

De plus, dans les années 1970, sont délibérément détruits des documents sur les œuvres d'art volées en Autriche. Aussi l'ampleur des spoliations demeure inconnue.

"Des grands responsables économiques et sociaux, des personnalités du monde économique, appartiennent aux familles ayant tiré profit des expropriations de Juifs", explique une historienne.

Publiée par Art News en décembre 1984, une enquête - A Legacy of Shame Nazi Art Loot in Austria - révèle que des œuvres d'art volées à des Juifs sont entreposées dans un couvent du XIVe siècle à Mauerbach, près de Vienne. Le gouvernement autrichien est embarrassé, mais malgré les pressions internationales rejette des requêtes d'ayant-droits réclamant leurs biens volés. En 1996, la collection d'environ 8 000 œuvres d'art - porcelaines, tapisseries, peintures, livres, mobiliers, monnaies, armures, etc. - cachée dans ce couvent est dispersée lors d'une vente aux enchères qui rapporte 14 millions de dollars essentiellement versés à la communauté juive viennoise.

En 1998, deux tableaux d'Egon Schiele - Portrait de Wally et La ville morte - prêtées au Musée d'art moderne de New York (MOMA) par la galerie Leopold de Vienne sont saisis sur ordre du Procureur général de New York Robert Morgenthau. Ils étaient revendiqués par les descendants d'une galeriste Juive autrichienne, Léa Bondi, spoliée en 1938. Le Portrait de Wally du peintre expressionniste reviendra en août 2010 à cette galerie Léopold, après que la fondation Léopold ait versé 19 millions de dollars.

A l'initiative de la ministre autrichienne de la Culture, Elisabeth Gehrer, l'Autriche adopte fin 1998 une loi obligeant l'Etat à restituer les œuvres cédées de force par des propriétaires Juifs en échange de permis d'exportation.

Hubertus Czernin, journaliste ayant révélé le passé nazi de Kurt Waldheim devenu Secrétaire général des Nations unies, réunit en 1998, au terme d'une enquête d'un an, l'ensemble des archives autrichiennes concernant les spoliations des Juifs.

Grâce à son travail, Maria Altmann voit enfin, en 1998, le testament de sa tante. Auparavant, l'Autriche lui avait affirmé détenir les droits de propriété sur cinq Klimt revendiqués : les deux portraits d'Adèle Bloch-Bauer, Le pommier (1911) La forêt de bouleaux (1903), et Les Maisons d'Unterach sur le lac d'Attersee (1916). Or, dès 1948, le directeur du musée était au courant de l'illégalité de la détention de ces Klimt, de l'absence de tout titre de propriété par le musée. Les deux portraits d'Adèle Bloch-Bauer étaient jusque-là exposés avec un panneau alléguant une fausse date de propriété par le musée : "1936" pour le premier, et "1928" pour le second. Or, ces deux Klimt ornaient alors la chambre-autel de l'appartement des Bloch-Bauer à Elisabethstrasse. Une résidence viennoise occupée à ce jour par les chemins de fer autrichiens (Österreichische Bundesbahnen, öbb). Une spoliation plus que symbolique quand on sait le rôle réseaux ferrés dans la Shoah (Holocaust).

Maria Altmann s'adjoint les conseils d'un jeune avocat, Randol Schoenberg, petit-fils du musicien réfugié Arnold Schoenberg, ami de Fritz Altmann depuis leur jeunesse à Vienne.

En septembre 1998, cet avocat engage une procédure en Autriche pour restitution de toiles de Klimt. Les médias autrichiens expriment leur hostilité à l'égard de Maria Altmann, citoyenne américaine qui revient en Autriche en 1999. Le directeur du musée Gerbert Frodl confie à cette ayant-droit : "Nous avons de nombreux paysages. Prenez les paysages et laissez-nous les portraits".

Le 28 juin 1999, sur avis d'une commission, la ministre de la Culture Elisabeth Gehrer refuse de restituer les Klimt au motif qu'ils n'auraient pas été volés par les Nazis. Sa décision unilatérale a été prise sans débat contradictoire.

Les ayants-droits songent à entamer une procédure judiciaire. Mais il leur faudrait déposer une somme proportionnelle aux Klimt, soit plusieurs millions de dollars. Ils demandent une dispense qui leur est refusée.

En 2000, Maria Altmann décide d'agir devant la juridiction américaine qui, à chaque niveau et jusqu'à la Cour suprême en juin 2004 (six voix contre trois), s'estime compétente dans ce contentieux. La Cour suprême estime également qu'il n'y a aucune prescription. Curieusement, l'administration Bush s'était jointe à ce procès par un amicus curiae en faveur de... l'Autriche. Elle arguait des risques d'incidences de ce procès sur ses alliés.

Forte de sa victoire pourtant non prévisible, Maria Altmann va poursuivre la procédure au fond, quand l'Autriche lui propose de résoudre leur contentieux en s'en remettant à la décision d'un tribunal arbitral composé de trois avocats autrichiens. L'Autriche s'engage à restituer les Klimt si ce tribunal arbitre en faveur de Maria Altmann.

En janvier 2006, ce tribunal arbitral reconnaît que le testament d'Adèle Bloch-Bauer n'a pas de valeur juridique, que la famille Bloch-Bauer a été spoliée et ordonne la restitution de cinq Klimt. Un sixième Klimt fait l'objet d'une procédure distincte et un septième Klimt reste en Autriche.

L'Autriche dispose d'un droit de préemption au prix du marché, soit 300 millions de dollars pour cinq Klimt. En février 2006, elle annonce n'avoir pas les moyens financiers pour acquérir ces Klimt. et les expédie aux Etats-Unis.

Ces Klimt sont exposés au musée d'art de Los Angeles (LACMA) en avril 2006.

Le collier que Maria Altmann a enrichi la collection de l'épouse de Goering, mais il n'a jamais été retrouvé.

"C'est notre Mona Lisa" (Ronald S. Lauder)
Lors d'une vente chez Christie's en juin 2006, les cinq Klimt sont achetés à des prix élevés. Ronald S. Lauder, magnat de la cosmétique, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Autriche et membre de la World Jewish Restitution Organization, se porte acquéreur du portrait d'Adèle Bloch-Bauer pour sa Neue Gallery à New York, au prix de 135 millions de dollars. Un record.

Maria Altmann est morte à 94 ans le 7 février 2011.

Selon ce documentaire remarquable, mais qui n'explique pas pourquoi le couple Bloch-Bauer a choisi l'incinération, sa victoire judiciaire fait figure d'exception parmi les procédures menées par des survivants de la Shoah pour récupérer leurs œuvres d'art. Environ 65 000 Juifs autrichiens sont morts lors de la Shoah. Depuis 1995, 30 000 Juifs survivants autrichiens ont reçu une indemnité symbolique de 6 000 dollars. Un Fonds de compensation a été crée par l'Autriche et doté de 200 millions de dollars par l'Etat, la ville de Vienne et des industries autrichiennes. Il a traité plus de 200 000 demandes. L'Autriche a restitué 10 000 œuvres volées à des Juifs sous le nazisme. De nombreuses autres ornent les cimaises de musées ou des appartements de particuliers.

Une victoire judiciaire similaire serait-elle possible en France ? On peut en doute après l'issue du procès intenté par la famille Waitzfelder contre L'Oréal. Une histoire relatée par la metteur en scène d'opéras, Monique Waitzfelder, dans son livre "L'Oréal a pris ma maison".

Le 4 novembre 2011, lors de la vente aux enchères Litzlberg am Attersee, tableau de Klimt qui avait été restitué en juillet 2011 à Georges Jorisch, petit-fils d'Amalie Redlich, Juive autrichienne spoliée de cette oeuvre par les Nazis, a été vendu pour 40 millions de dollars. Cette oeuvre a alors rejoint le musée d'art moderne de Salzburg.

"Woman in Gold”
"Woman in Gold” (La Femme au tableau), film de Simon Curtis, fondé largement sur le livre The Lady in Gold d' Anne-Marie O’Connor, ex-reporter au Los Angeles Times, évoque le combat de Maria Altmann, interprétée par Helen Mirren, et de son avocat Me Randol Schoenberg joué par Ryan Reynolds.

Le scénariste Alexi Kaye Campell "s’est servi de documents écrits, de récits personnels et des nombreuses interviews que Maria Altmann a accordées, puisant ainsi dans une documentation fournie qui lui a permis de dépeindre une vie fascinante. La fuite de Vienne de Maria et de ses proches aurait pu faire l'objet d'un film à part entière".

"Il y a cette histoire extraordinaire du frère de Maria qui a pu quitter Vienne parce qu’il avait un jour sauvé un neveu d’Hitler à la suite d’un accident de ski en le descendant de la montagne sur son dos car il s’était cassé une jambe. Deux ans plus tard, ledit neveu l'a convoqué au quartier général nazi pour lui remettre des papiers lui permettant de quitter le pays", confie Alexi Kaye Campbell.

"Depuis cette affaire, Schoenberg s’est spécialisé dans la restitution d’œuvres d’art et a créé un cabinet entièrement consacré à cette mission. Il a également utilisé une partie de ses fonds pour créer une nouvelle aile dans le musée de l’Holocauste de Los Angeles, afin de préserver le souvenir de cette tragédie pour les générations futures". "J’espère vraiment que ce film parlera aux jeunes et qu’ils se retrouveront en Randy. C’est une histoire extraordinaire de rédemption, de justice, et d'équité. Je pense qu’il est important que les jeunes générations voient ce film et que les générations moins jeunes y trouvent un bon moyen de se remémorer ces événements", explique Ryan Reynolds.

En juin 2015, l'actrice Helen Mirren a reçu un Prix du Congrès Juif mondial.

Ce film est sorti en France le 15 juillet 2015. Il a été diffusé par Canal + Décalé le 20 novembre 2016 à 23 h 30.

« L'affaire Klimt »
Documentaire de Jane Chablani et Martin Smith
Allemagne, 2006
1 h 28 minutes
Diffusions les 16 mai 2011 à 23 h 30 et 30 mai 2011 à 10 h 15

Mystérieusement Klimt
film d'Herbert Eisenschenk
52 minutes
Diffusion sur Arte les 18 juillet à 22 h 20, 30 juillet à 11 h 50 et 1er août 2012 à 3 h 05.

Visuels : © Stardust Filmverleih-Erich Lessing-AKG London et DR
Gustav Klimt :
Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer I (1907)
Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer II (1912)
La forêt de bouleaux (1903)
Le pommier (1911)
Les Maisons d'Unterach sur le lac d'Attersee (1916)

Maria Altmann et son avocat Randy Schoenberg lors d'une conférence de presse

Articles sur le blog :
- Chrétiens
- Culture
- Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié une première fois le 16 mai 2011, et republié :
- le 4 novembre 2011 ;
à l'occasion de la diffusion de Mystérieusement Klimt, film d'Herbert Eisenschenk sur Arte les 18 juillet à 22 h 20, 30 juillet à 11 h 50 et 1er août 2012 à 3 h 05 ;
- 21 octobre 2012 à l'approche de la diffusion du numéro de la série La vie privée des chefs d'œuvre intitulé Le Baiser de Klimt, film de Jeremy Bugler sur Histoire les 22 et 28 Octobre, et 10 Novembre 2012 ;
- 6 mars 2014. Complément d'enquête, sur France 2, évoquera à 22 h 20 le sort des œuvres d'art dérobées par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Aux Baux-de-Provence, les Carrières de Lumières accueillent Klimt et Vienne. Un siècle d'or et de lumières (7 mars 2014-4 janvier 2015) ;
- 29 mars et 15 juillet 2015 ;
- 21 novembre 2016.

Documentaires sur Donald Trump


Arte diffusera le 30 mai 2017 « Trump, mon nouveau président  » (Trump, mein neuer Präsident) par David Herszenhorn. « Dans l'Amérique profonde qui l'a élu, les trois premiers mois du président Trump, vus à travers le quotidien de cinq citoyens assoiffés de changement : un père de famille d'origine yéménite, une jeune fondamentaliste chrétienne, un travailleur social, une ouvrière proche de la retraite, et un shérif de l'Arizona, près de la frontière mexicaine ».
  

Les réactions de la quasi-totalité des médias, journalistes et documentaristes français ont consisté à déformer, voire nier la réalité, au travers d'un filtre partial. Une pratique sclérosée qui les empêche d'informer et de procéder à une analyse pertinente. Et qui révèle une impossibilité ou un refus de s'adapter à une nouvelle donne mondiale, une peur du changement comme si la situation actuelle était exemplaire et paradisiaque, un attachement irraisonné à une doxa orwellienne.

France 5
Les 24 janvier et 9 février 2017, France 5 diffusera, dans le cadre du Monde en face présenté par Marine Carrère d'Encausse, L'inquiétant Mr Trump, documentaire de Romain Besnainou et Stéphane LopezLe titre est emblématique de la pratique sclérosée de médias, journalistes et documentaristes filtrant la réalité au travers d'un filtre partial. Ce qui les empêche d'informer et de procéder à une analyse pertinente. Et ce qui participe à une entreprise de délégitimation et de diffamation du Président américain Donald Trump.

Un "récit de 72 jours" qui ont modifié "la face du monde" émaillé d'interviews de la "working class" appauvrie par des politiques désastreuses : réglementation bureaucratique, fiscalité alourdie, abandon du charbon pour des énergies plus coûteuses, etc. 

Le film colporte des rumeurs infondées en stigmatisant Steve Bannon accusé à tort de diriger Breitbart, "journal nationaliste", et d'être "raciste, antisémite".

Richard D. Wolff, universitaire, évoque l'hostilité contre les musulmans. Les sondages ont montré que depuis les attentats islamistes du 11 septembre 2001, les actes antisémites sont plus nombreux que les actes contre les musulmans : selon le FBI, en 2015, 57% des actes haineux religieux aux Etats-Unis ont visé les Juifs, et 16% les musulmans. 

"Depuis son élection en novembre dernier, Donald Trump n'a cessé de bousculer les codes. Du haut du 66e étage de la Trump Tower, les communiqués officiels ont fait place à des avalanches de tweets. De la constitution de son équipe, mélange de généraux, de grandes fortunes et d'ultra-conservateurs, aux revirements en matière de politique étrangère, Donald Trump dessine peu à peu les contours de sa présidence. Le réalisateur Romain Besnainou s'est rendu aux Etats-Unis pour suivre durant 60 jours la montée en puissance de celui qui s'apprête à devenir l'homme le plus puissant du monde, de son élection à son investiture le 20 janvier 2017".

"Ce qui surprend le monde est l'effondrement du "politiquement correct", constate avec pertinence Guido Lombardi, ami de Donald Trump. Et d'expliquer que le Président américain choisit ses collaborateurs non sur le critère du suivisme, mais sur le critère de l'innovation. Ce qui explique la conversation téléphonique du Président Trump avec présidente taïwanaise Tsai Ing-wen - les Etats-Unis avaient rompu leurs relations diplomatiques en 1979 - le 2 décembre 2016.

"Psychodrame avec le New York Times" ? Mais, après l'élection de Donald Trump, ce journal a présenté des excuses à ses lecteurs pour n'avoir pas "capté la colère bouillonnante d'une large partie de l'électorat américain... qui s'est senti non respecté par l'establishment de Washington, de Wall Street et des principaux médias" (MSM).

"L'Amérique que veut incarner Donald Trump est plus militaire et plus autoritaire" ? C'est oublier la volonté du Président élu de vaincre le terrorisme islamiste - al Qaïda, Etat islamique - qui a frappé durement les Etats-Unis et d'autres pays dont la France, la Belgique et l'Etat juif.

Le Président Trump a condamné le vote par le Conseil de sécurité onusien en décembre 2016 et veut transférer le siège de l'ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem. Il rompt avec "la politique de paix appliquée par Jérusalem", commente le réalisateur. "Ceci risque d'engendrer beaucoup de chaos et de violence... Ceci pourrait coûter des vies", allègue Ruchi Anand. Quelle ignorance du droit, de l'Histoire ! Quelle "politique de paix" ? Le chaos et la violence sont déjà là. Et l'Union européenne finance les incitations de l'Autorité palestinienne à la haine des Juifs et de l'Occident, au terrorisme, etc.

Les "climato-sceptiques" ? Le documentaire élude les arguments contre le "réchauffement climatique".

Qui a fomenté ces violences à l'approche de l'investiture du Président Donald Trump ? Pourquoi avoir caché que la Marche des Femmes était dirigée par Linda Sarsour, Américano-palestinienne antisémite, ayant des liens familiaux avec le mouvement terroriste islamiste Hamas dont elle a récemment rencontré le financier ? Quid de la cinquantaine d'associations ayant organisé ces Marches pour les Femmes (Women Marches) et soutenues financièrement par Soros ?

Le reste est à l'avenant...

"Sulfureux". C'est ainsi que de prime abord Marine Carrère d'Encausse qualifie, sans argumenter, le Président Donald Trump, avant de présenter ses experts-invités, majoritairement hostiles au président américain. Marine Carrère d'Encausse oserait-elle affubler les ayatollahs iraniens ou les dirigeants algériens d'épithètes similaires ? 

Et Marine Carrère d'Encausse d'ajouter : "Donner le droit à tous les Américains de porter une arme est sans doute une promesse cohérente pour un Président qui a pour programme de partir en guerre tous azimuts contre les médias, les clandestins, l’islam radical, les immigrants..." !? Que d'amalgames ! Que d'erreurs ! Donald Trump s'est heurté à des MSM qui lui étaient hostiles - 194 médias américains avaient pris position pour Hillary Clinton, contre 6 seulement en faveur de Donald Trump -, qui ont couvert partialement sa campagne électorale. Le Président américain veut vaincre l'islam radical, et ce combat intègre le contrôle des frontières américaines.

Mike Pence ? Un "vice président chrétien créationniste, ultra conservateur". Qu'est-ce qu'un "ultra-conservateur" par rapport à un conservateur ? Mystère.

Thomas Snégaroff, historien, spécialiste des États-Unis, chroniqueur pour la radio France Info, évoque la crainte de démocrates qu'une "juge vieille" de la Cour suprême décède. Quelle galanterie !!! Et dire que Donald Trump est accusé de ne pas respecter les femmes... 

"Vous voyez que les femmes américaines ont même ici du mal à s'exprimer", ironie Anne Toulouse, journaliste qui rappelle des vérités sur la jurisprudence de la Cour suprême favorable au droit à l'avortement.

Sympa, France 5. La chaîne publique confie une émission sur les relations internationales à une journaliste médicale dont on avait pu cerner les carences et la partialité dans le numéro évoquant de manière louangeuse la diplomatie française, et sans sourciller l'accord signé avec l'Iran en 2015 sur son programme nucléaire militaire. Et dire que le Magazine de la Santé, présenté sur France 5 notamment par Marine Carrère d'Encausse, n'a pas répondu au message envoyé en 2016 par le Dr Lionel Krief, médecin nucléaire français juif ruiné et spolié. Oubli ? Manque de temps ? Censure ? Inquiétant.

Cette soirée sur France 5 a attiré 1,205 millions de téléspectateurs (4,7% de parts d'audience). Ce qui a placé France 5 en quatrième position en termes d'audience.

Arte
À la veille de l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier, ARTE a diffusé la THEMA Donald Trump : le pouvoir et les médias, un « gros plan sur le 45e président des États-Unis, avec notamment un portrait réalisé par les journalistes de Frontline, la prestigieuse émission américaine de grand reportage de PBS, et un tableau implacable du rapport de forces entre la politique et les médias ». Une soirée présentée par Thomas Kausch. Et partiale.

Qui est Donald Trump, élu le 8 novembre 2016 ? « Pour tenter de répondre, à la lumière d'une foudroyante ascension politique qui a pris de court la plupart des pronostics, Michael Kirk (Du 11-Septembre au califat), l'un des investigateurs chevronnés de l'émission documentaire américaine Frontline, reprend certains éléments de Quel président pour l'Amérique ?, le documentaire qu'il avait consacré, avant le scrutin présidentiel, aux deux candidats, Donald Trump et Hillary Clinton".

Dans Président Trump (Präsident Donald Trump), Michael Kirk « dresse un portrait rigoureux et nuancé du président si peu orthodoxe que s’est donné l’Amérique ».

« Riche héritier élevé à la dure, dans un énorme manoir du Queens, Donald Trump a fait siens très tôt les préceptes impitoyables de son père, magnat de l’immobilier, selon lesquels le monde appartient aux « gagnants », c’est-à-dire aux « tueurs ». De son père, il a hérité l'énergie. Élevé dans une fratrie de cinq enfants, il est envoyé au début des années 1960 à l'Académie militaire de New York. Une institution qui pratique le bizutage. Donald Trump excelle dans le basket ball.

Il veut percer dans l'immobilier à Manhattan. Il choisit Roy Cohn comme avocat, notamment lors d'un procès pour discrimination à l'égard d'Afroaméricains voulant louer un appartement dans leur immeuble. Roy Cohn lui apprend à rendre coup pour coup. Mais les preuves de discriminations sont établies, et la transaction est privilégiée. Cependant, Donald Trump proclame alors avoir gagné.

Il veut construire une tour très haute de 68 étages, la Trump Tower. Et choisit une femme pour l'édifier. Pari réussi ! Mais il ne semble pas avoir été admis par les élites. Il s'installe dans un penthouse sur trois étages en haut de la tour. Il "devient un symbole de réussite économique". Les banques lui accordent des prêts à des conditions avantageuses.

« Suivront des milliards précocement amassés dans l’immobilier, toujours, mais aussi les casinos, une quasi-faillite, un rétablissement boursier aux allures de tour de passe-passe qui lui rendra une grande part de sa fortune, puis une stupéfiante carrière dans la publicité et la télé-réalité (avec la très populaire émission The Apprentice), où il use de son propre personnage » pendant 14 saisons.

Cette « trajectoire haute en couleur, expliquent ses proches et ses biographes (dont son conseiller politique Roger Stone), a donné à cet homme affamé de gloire, n’ayant jamais remporté un mandat avant l’élection du 8 novembre » 2016, un « instinct phénoménal pour comprendre et utiliser à son profit les ressorts de la consommation et du spectacle ».

« De son mentor en politique, le sulfureux avocat Roy Cohn, rendu célèbre par ses manipulations au sein de la commission McCarthy, à ses choix pour former aujourd’hui son futur gouvernement, qui suscitent l’effroi jusque dans le Parti républicain, cette enquête analyse aussi les méthodes et les credo « du » Donald, comme le surnomment les Américains ». Pour ce documentaire, les questions pertinentes de Donald Trump sur le lieu de naissance de Barack Obama relèvent d'une volonté de provocation. Alors qu'elles concernent une question déterminant la possibilité pour un candidat de postuler à la fonction suprême, la Présidence.

La « fin justifie les moyens, « la vérité ne veut pas dire grand-chose » et une mauvaise publicité vaut toujours mieux que le silence… : autant d’adages auxquels les électeurs ont partiellement donné raison ». Quel mépris !

C'est mal comprendre les raisons de la victoire de Donald Trump : le discrédit à l'égard de l'establishment politique de Washington, la méfiance à l'égard de Hillary Clinton, méprisante, corrompue, malade et non charismatique, les deux mandats catastrophiques du Président Barack Obama, l'attrait pour le discours non "politiquement correct" de Donald Trump, l'espoir en un homme d'affaires qui a su remonter la pente après ses échecs et construire un empire financier florissant, etc.

Mon village, le ketchup et Donald Trump (Kings von Kallstadt. Mein Dorf, Ketchup & Der König von New York), de Simone Wendel évoque les origines allemandes de Donald Trump.

« Quel est le point commun entre Donald Trump et la dynastie Heinz, rendue célèbre par son ketchup ? » Ils proviennent de la petite ville allemande de Kallstadt, en Rhénanie-Palatinat.

« C’est de cette commune de mille deux cents âmes qu’émigrèrent au XIXe siècle Henry John Heinz, père du fondateur de la marque, puis Friedrich Trump, grand-père du célèbre magnat de l’immobilier, pour tenter leur chance aux États-Unis ».

La réalisatrice Simone Wendel, « cousine au deuxième degré de Donald Trump, en est originaire elle aussi ».

« Y a-t-il quelque chose dans l’air de ce village qui soit propice à l’ambition ou à l’appel du large ? S’agirait-il des excellents vins de ses coteaux ou de la spécialité locale, l’estomac de truie farci ? De Kallstadt jusqu’aux bureaux de Donald Trump à New York, cette enquête généalogique pleine de malice explore sous un angle inattendu un pan de l’histoire de l’immigration américaine ».

Ces partis pris sont aussi partagés par la majorité des médias juifs français.

« Trump, mon nouveau président »
« Pour comprendre comment le magnat de l'immobilier a réussi à l'emporter, et comment ses partisans ont vécu les trois premiers mois de sa présidence, David Muntaner s'est rendu dans l'Amérique profonde, celle qui l'a élu ».

« Son film suit cinq citoyens extrêmement différents mais tous assoiffés de renouveau politique  ». Mais non révélateurs des Américains moyens.

« Dans le Michigan, à Hamtramck, l'une des villes qui compte la plus forte proportion de musulmans aux États-Unis, un père de famille d'origine yéménite, qui a voté Trump, est révulsé par le « décret antimusulmans » promulgué une semaine après l'investiture ». Il ne s’agit pas d’un « décrit antimusulmans », mais d’un acte interdisant, temporairement, l’entrée aux Etats-Unis de personnes provenant de sept pays : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Certains soutiennent financièrement le terrorisme islamiste, d’autres sont déchirés par des guerres et dépourvus d’un Etat pouvant établir sa souveraineté sur tout son territoire. Hamtramck a une majorité de conseillers musulmans au Conseil municipal. Avec des amis musulmans, ce père de famille manifeste contre ce décret.

« À Florence, dans le Mississippi, une jeune fondamentaliste chrétienne et son mari se réjouissent du combat annoncé contre le droit à l'avortement ». C'est une ancienne infirmière contente des promesses déjà tenues par le Président Trump et mère de plusieurs enfants. Elle croit en la théorie de la Création. Le Président Donald Trump a signé un « executive action » qui interdit aux ONG internationales qui pratiquent ou promeuvent l’avortement de recevoir un financement du gouvernement américain, notamment de la US Agency for International Development. Mise en vigueur par le Président Ronald Reagan, cette « Mexico City policy » avait été arrêtée en 2009 par l’administration Obama.

« Dans un quartier déshérité d'Oakland, en Californie, un travailleur social qui s'est refusé à voter dénonce le racisme ordinaire de l'Amérique ». Il tente d'inciter un jeune Afro-américain à poursuivre des études à l'université. Un autre Afro-américain déplore l'inaction du Président Obama. Une élève manifeste contre le président Trump et sa volonté de supprimer Obamacare.

« À Indianapolis, ville industrielle ravagée par les délocalisations, une ouvrière proche de la retraite attend que « son » président fasse revenir les emplois ». Grâce à l'assurance maladie souscrite par son employeur, son cancer a pu être détecté, et elle a pu être soignée. Elle est fière de travailler pour cette compagnie et ses produits.

« En Arizona, près de la frontière mexicaine, un shérif lui aussi favorable à Trump montre que le mur de séparation avec le Mexique a commencé à s'élever sous Obama… » Il montre les découpes du mur, et les réparations. Il déplore l'inaction face aux "cartels de la drogue qui ruine des vies". Il ironise sur l'hostilité à l'égard du "mur de Trump", et du silence à l'égard de celui érigé par Obama. Il croit au "processus légal d'immigration" et veut que la loi soit appliquée. Le message ferme du président Trump a généré une baisse drastique du nombre d'immigrations illégales.

Cette « chronique sensible, au jour le jour, des premiers pas d'un pouvoir imprévisible et en rupture, tant sur le fond que sur la forme, tient aussi celle d'un pays divisé et miné par la crise, dont les citoyens se revendiquent pourtant, chacun à leur manière, acteurs d'un changement possible ».

Puis, Andrea Fies s'entretient avec David M. Herszenhorn, correspondant à Bruxelles de l’hebdomadaire Politico, sur les débuts de la présidence de Donald Trump. Il analyse sa politique étrangère et examine son impact sur les démocraties européennes.


« Trump, mon nouveau président » par David Herszenhorn
2017, 58 min
Sur Arte le 30 mai 2017 à 20 h 50
Visuels
Nancy McCubbin et Julie Meadows lors de l'investiture de Donald Trump, le 20 Janvier 2017 à Washington
Transmission de l'investiture de Donald Trump le 20 Janvier 2017
Akil a suivi la transmission de l'investiture de Donald Trump le 20 Janvier 2017 à Hamtramck dans le Michigan. Ses amis n'ont pas compris pourquoi il a voté pour lui
Akil avec ses enfants au petit déjeuner: Le père âgé de 36 ans a déménagé avec sa femme il y a dix ans du Yémen à Hamtramck, au Michigan
Dans le comté de Cochise dans l'État américain de l'Arizona, il y a déjà un mur long de 135 kilomètres à la frontière avec le Mexique
Le sheriff Mark Dannels devant le mur avec le Mexique dans le comté de Cochise dans l'État américain de l'Arizona

© Babel Press

L'inquiétant Mr Trump, de Romain Besnainou
2017, 1 h 15 min
Sur France 5 le 24 janvier à 20 h 45 et le 9 février 2017 à 23 h 50

President Trump, de Michael Kirk
Frontline Pbs, PBS, États-Unis, 2016, 52 mn
Sur Arte le 17 janvier 2017 à 20 h 50

Mon village, le ketchup et Donald Trump, de Simone Wendel
Allemagne, 2014, 52 mn
Sur Arte les 18 janvier à 0 h 15 et 9 février 2017 à 23 h 50

Visuels : © SWR Projekt Gold Film u. Design

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 17 janvier puis le 24 janvier 2017.

« Identités douloureuses - Les nouvelles droites en Europe » par Jakob Kneser et Manuel Gogos


Arte diffusera le 30 mai 2017 « Identités douloureuses - Les nouvelles droites en Europe » (Unter Fremden - Eine Reise zu Europas Neuen Rechten) par Jakob Kneser et Manuel Gogos. « Voyage à travers l'Europe pour décrypter l’ascension de ces nouveaux mouvements d’extrême droite ». Un glissement sémantique biaisé de « droites » à « extrême droite ».


Ils « se voient comme le fer de lance d’une vague politique qui prend de l’ampleur en Europe. 

Nationalistes et conservateurs, les jeunes identitaires sont vent debout contre l’immigration, l’islam et la mondialisation, unis par une haine du multiculturalisme, du métissage et du pluralisme démocratique ». 

« Leur cheval de bataille : le spectre du « grand remplacement », conséquence d'une « invasion musulmane » fantasmée. Incarnant un renouveau de l’extrême droite, ils constituent dans cette mouvance les mouvements de jeunesse les plus actifs sur le continent ».

But pour certains : "Reconquérir une partie de l'espace public".

« Nouveaux codes »
« S'ils n'en gardent pas moins des liens étroits avec les partis traditionnels de l'extrême droite (FN en France, FPÖ en Autriche, Pegida ou Alternative für Deutschland en Allemagne), leur communication politique et leur culture se veulent résolument « jeunes », entre street art, hip-hop et actions sur Internet ». 

« Pour comprendre les codes et les motivations de ces militants, le journaliste allemand d’origine grecque Manuel Gogos a rencontré les représentants de ces nouvelles droites européennes ». 

« Quelle identité veulent-ils préserver ? Contribuent-ils à banaliser les idées d’extrême droite ? De Berlin à Paris en passant par Vienne, cette enquête fouillée révèle les fondements idéologiques et les contradictions de ces mouvances identitaires ».

Un documentaire émaillé de préjugés - refus de toute critique du multiculturalisme -, d’amalgames visant à stigmatiser une certaine droite souverainiste et l’extrême-droite, mais occultant les dangers de l’extrême-gauche, qui, elle, est dominante chez les « faiseurs d’opinion » - pédagogistes, journalistes, etc. - imposant un « politiquement correct » refusant de qualifier le terrorisme d'islamiste, engrange des résultats électorats inquiétants, multiplie les positions anti-israéliennes : soutien au BDS (Boycott Divestment Sanctions). 

Un film refusant de montrer la réalité en évoquant des « fantasmes ». 

A l’image de la récente campagne présidentielle au cours de laquelle ont été souvent évacués des thèmes cruciaux : l’identité, l’immigration, etc.


« Les nouvelles droites en Europe » par Jakob Kneser et Manuel Gogos
Allemagne, 2016, 53 min
Sur Arte le 30 mai 2017 à 22 h 55

Visuels
Les partisans du mouvement identitaire lors d'une manifestation PEGIDA sur la place du Théâtre de Dresde le 16 Octobre, 2016
Manuel Gogos en conversation avec la chanteuse Marianne et le directeur du projet de bande patriotique français Les Brigandes, Joël LaBruyère
Les partisans du mouvement identitaire lors d'une manifestation PEGIDA sur la place du Théâtre de Dresde le 16 Octobre, 2016
Credit : © Jakob Kneser

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