Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 30 avril 2020

L'European Jewish Association (EJA)


Créée en 2007, l’European Jewish Association (EJA) oeuvre dans le domaine social, organise des conférences aux thématiques liées principalement à l'antisémitisme, au judaïsme et à l'Etat d'Israël.  Et s'affirme partiellement en rivale ou en complément du Congrès Juif Européen (EJC). Sa conférence annuelle "Jews in Europe: United for a Better Futures'est tenue au Centre européen du Judaïsme (CEJ), à Paris, les 24 et 25 février 2020, durant la pandémie de coronavirus. Des mesures ont été proposées et les résultats d'un sondage présentés.

Interview de Richard D. Heideman, président du B'nai B'rith International
Un séjour politique de la délégation de l'American Jewish Congress à Paris en 2002 
Interview de Roger Cukierman
Une conférence de parlementaires européens amis d’Israël (EFI)
L’European Jewish Association

Fondée en 2007 par le rabbin Menachem Margolin, l’European Jewish Association (EJA) est une fédération d'organisations - Rabbinical Centre of Europe, European Jewish Study Network (EJSN), European Forum of Russian Jewry (EFRJ), Jewish Community of Hungary, etc. - et de média (European Jewish Press) juifs européens dont le siège est à Bruxelles (Belgique).

Buts : renforcer l'identité juive et développer les activités juives en Europe, défendre les intérêts juifs en Europe et établir des liens entre l'Europe et Israël.

Par son bleu profond et ses étoiles jaunes, son logo fait penser à celui de l'Union européenne (UE).

Jerusalem Day Conference
Les 6 et 7 novembre 2018, l’European Jewish Association (EJA) a organisé sa conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » à Bruxelles (Belgique). Eurodéputés, dirigeants communautaires et édiles politiques d’Etats européens… Cette conférence a souligné les problèmes graves affrontés par les Juifs européens – menaces sur la circoncision ou l’abattage rituel, isolement, antisémitisme non jugulé, mutations démographiques – et a révélé l’émergence, l’affirmation de cette organisation comme rivale du CJE (Congrès Juif européen), comme un acteur voulant jouer son rôle notamment en vue des élections européennes en mai 2019.

Le retard à publier le compte-rendu de la conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » de l’European Jewish Association (EJA) s’explique notamment par le panorama épouvantable, voire traumatisant, de la condition juive en Europe qui est apparu au soir de la première journée de témoignages de dirigeants communautaires. A noter que certains jeunes représentants de communautés - Sacha Ghozlan, président de l'UEJF (Union des étudiants juifs de France) pourfendant les réseaux sociaux, Nina Tojzner, secrétaire générale de la Fédération des jeunes juifs de Suède - étaient plus « politiquement corrects » que leurs aînés, notamment italiens stupéfaits de voir des femmes circuler en burka dans la péninsule ou britannique - Gideon Falter, président de la UK Campaign against Anti-Semitism - sur l'exil auquel songent 40% des juifs anglais ou l'antisémitisme de membres du Parti travailliste, dont son dirigeant Jeremy Corbyn.


Un intervenant a évoqué le problème des "migrants" musulmans élevés dans la haine des juifs et méprisant les femmes. Nina Tojzner a invité les gouvernements à éduquer les migrants.

Quant à Michel Gourary, directeur de l'European March of the Living Network, il a déploré le refus de magistrats, notamment en Allemagne, de reconnaître le caractère antisémite d'actes comme l'incendie d'une synagogue.

Les intervenants ont convergé vers des propositions : voyages d'édiles en Israël, ne pas couper les liens avec les gouvernants jugés "populistes", etc. Autres voies suggérées par l'exposition sur Jérusalem déployée devant la salle des tables-rondes, les brochures argumentées distribuées "Israel's Right as of Jerusalem, Judea and Samaria" et Jews in Jerusalem And Judea BC-500 000.

La présence de Katharina von Schnurbein, coordinatrice européenne chargée de la lutte contre l'antisémitisme ? Rassurante, certes. Mais comment l'Union européenne (UE) peut-elle combattre victorieusement l'antisémitisme par une diplomatie déséquilibrée - condamnation de la légitime défense d'Israël attaqué par le Hamas, etc. - et tout en finançant l'Autorité palestinienne qui salarie des terroristes prisonniers ou finance des manuels scolaires incitant à la haine d'Israël et des Croisés ?

« Toute attaque contre un Juif est une attaque contre Israël ». Un résumé lapidaire et pertinent de Ran Yishai, directeur au ministère de Jérusalem et du Patrimoine. Si « attaquer un Juif, c’était attaquer la République » comme l’ont répété tant de Présidents de la République et de ministres français, le pouvoir politique hexagonal aurait réagi dès 2000 à la recrudescence du nombre d’actes antisémites ou aurait adopté les mesures efficaces, et en premier lieu, aurait nommé les vecteurs de haine des Juifs. Ce qu’il n’a pas fait.

Car « Attaquer un Juif », c’est effectivement attaquer d’abord un « Sioniste », un « Yahoud », Israël en tant que peuple et Etat. Et cela implique une politique de l’Etat juif pour lutter contre cet antisémitisme, et en premier lieu en affirmant ses droits bibliques, historiques et juridiques sur sa terre (Eretz Israel).

Au siège du Parlement européen, Andi Cristea, vice-président du Comité des Affaires étrangères du Parlement de l'UE, a lié l'augmentation du nombre d'actes antisémites avec le "climat politique". S'il a affirmé son soutien aux "pratiques religieuses traditionnelles juives", il a insisté sur leur "conflit avec les droits de l'homme. Toutes les communautés juives doivent voir ce problème être mis sur la table" et a conclu sur cette interrogation : "Qu'est-ce qui est le plus humain ?" Une fin de discours reçue froidement par l'assistance.


L'absence des médias communautaires français juifs - radios, journaux - pour couvrir cet événement correspondait à l'effondrement de la condition juive en Europe. Seuls étaient représentés JForumInfoEquitable et mon blog. Or, il s'avère indispensable pour une communauté juive de disposer de médias dynamiques qui, seuls, expriment ses préoccupations et constituent des opportunités pour des pouvoirs politiques désireux de s'adresser à une partie ciblée de la population.


Lors du diner de gala, des bougies ont été allumées à la mémoire des victimes de l'attentat commis par Robert Bowers contre la synagogue de Pittsburgh, le samedi 27 octobre 2018, en ayant causé la mort de onze juifs et blessé  plusieurs fidèles.

Et un diaporama commenté sur les découvertes archéologiques à Jérusalem prouvait l'ancienneté de la présence juive sur sa Terre.

A été adoptée une résolution soumise aux partis politiques européens, notamment en vue de l’élection des membres du Parlement européen en mai 2019. Ce texte exhortait en particulier à lutter contre le BDS (Boycott Désinvestissement Sanction), respecter la liberté religieuse et à nommer un Envoyé spécial chargé de la lutte contre l’antisémitisme. Des lignes rouges plusieurs mois avant les élections cruciales des eurodéputés dans une Union européenne en voie d'implosion.

RED LINES 2018:

✓ "Political parties and their leadership must sign up to the full IHRA definition of Anti-semitism.

✓ Every European Country must appoint a dedicated Special Representative to combat anti-Semitism where one already doesn’t exist

✓ All political parties pledge to exclude from government parties or politicians that espouse anti-Semitism as defined by the IHRA definition.

✓ All political parties to pass, in accordance with their respective rules of procedure, binding resolutions that reject BDS activities as fundamentally anti-Semitic.

✓ All political parties to support in writing and in party documents their support for freedom of religion and freedom of practice at Member State level and EU level."

"Jews in Europe: United for a Better Future"
La conférence annuelle 2020 "Jews in Europe: United for a Better Future" s'est tenue, devant une assistance prestigieuse, au Centre européen du Judaïsme (CEJ), récemment inauguré à Paris, les 24 et 25 février 2020, durant la pandémie de coronavirus (COVID-19).


On peut tout d'abord s'interroger sur la pertinence à avoir maintenu cette conférence à Paris dans un contexte de crise sanitaire. Et ce, d'autant que Joël Mergui, président des Consistoires de France et de Paris Ile-de-France, a accueilli la conférence dans son CEP. Il a été contaminé par le COVID-19 et est heureusement sorti de l'hôpital pour entamer sa convalescence. On n'ose pas poser la question : combien d'autres participants à cet événement ?


"As the number of anti-Jewish incidents logged in many EU Countries hits record highs, the European Jewish Association (EJA), joined forces with the largest federation of France’s Jewish communities and organizations, the Consistoire Central, the newly-founded Action and Protection League of Europe (APLE), and the World Zionist Organization (WZO), for a major two-day conference in Paris."

"Ministers, parliamentarians and policy-makers as well as diplomats from across Europe directly engaged with leaders of European Jewish communities and organizations to spearhead a sustainable end to Antisemitism."

"The Conference took place in the newly inaugurated European Centre for Judaism in Place Jerusalem, Paris, amid a time of growing worry for Jews across the continent, who once again find themselves in the frontline as xenophobia, populism and nationalism take stronger root."

"EJA Chairman Rabbi Menachem Margolin, speaking at the conference said, “We of course welcome the many recent statements and speeches from those in power, but what we need is concrete action. “When your boat has a hole in it, you don’t just shout at the hole. Our conference aims to block the hole, not just for Jews but for everyone in Europe. We must remember that antisemitism starts with the Jews, but it infects society as a whole. Therefore, fighting antisemitism should not just be left to the Jews, but requires everyone in society, especially political leaders, to man the barricades against it. This conference is our Europe-wide call to action.”


"The EJA conference tacked security, education, antizionism as the new antisemitism, the importance of bringing youth forwards and the establishment of a forum of Jewish leaders to liaise and lobby political leaders across the EU."


Le rabbin Menachem Margolin, président de l'EJA, a présenté un « plan d'actions » qu'il souhaite voir adopter « par le parlement de chaque gouvernement européen ». Parmi ces mesures : "interdiction de vendre des symboles nazis, mise à jour obligatoire des programmes scolaires sur la Shoah, nomination d'un responsable dans chaque pays de l'UE, prohibition de «l'utilisation de stéréotypes antisémites», "comme cela a pu avoir lieu en Belgique lors d'un carnaval". Pourquoi avoir éludé l'exil forcé, essentiellement des années 1940 aux années 1970, de près d'un million de Juifs du monde arabe ou et musulman, de Judée, de Samarie, etc. ?

Il "a ensuite précisé à l'AFP qu'il allait proposer de créer une plateforme sur le réseau social Whatsapp permettant de centraliser les incidents antisémites - attaques verbales ou physiques - dans l'Union européenne, car actuellement «la plupart ne font pas l'objet de plaintes». 

"Pour les communautés juives qui le demandent, il souhaite mettre sur pied «un centre de sécurité» proposant une aide via la vidéosurveillance. «C'est crucial que chaque gouvernement ait un responsable» de la lutte contre l'antisémitisme, «car nous constatons que nous, communautés, ne pouvons pas, seules, (l')éradiquer», a-t-il estimé. Il s'est félicité de l'existence d'un «coordinateur chargé de la lutte contre l'antisémitisme» dans certains pays de l'UE, citant la France, l'Italie, la Grande-Bretagne ou encore la Roumanie. Née en 2007, l'EJA, dont le siège est à Bruxelles, se présente comme voulant «renforcer l'identité juive» et «défendre les intérêts juifs en Europe».

Selon un sondage réalisé auprès de 16.000 répondants venant de 16 pays d'Europe et présenté lors de cette conférence, un "réseau secret" de Juifs influencerait les affaires politiques et économiques mondiales. C’est le sentiment que partage un cinquième des 16.000 personnes interrogées. Le même nombre était également d'accord avec la déclaration selon laquelle "les Juifs exploitent la victimisation de l'Holocauste pour leurs propres besoins". En outre, un quart des répondants étaient d'accord avec le fait que les politiques d'Israël leur permettent de comprendre pourquoi certaines personnes détestent les Juifs. L'enquête a été menée en décembre et janvier en Autriche, en Belgique, en République tchèque, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Pologne, entre autres pays."


Finalement, on s'interroge : quel est l'intérêt des conférences de telles organisations ? Combien de redondances dans les actions élaborées par différentes associations juives, nationales ou européennes ? Et avec quelle efficacité ?

Certes, des personnalités de premier rang y interviennent, mais parfois des discours creux et souvent non suivi d'actions. Ministre française de la Justice, Nicole Belloubet en offre l'exemple le plus patent : le parquet de Paris ne poursuit aucun appel au boycott, et classe sans suite nombre de signalements d'antisémitisme. Et la France se trouve à l'origine de nombreux textes anti-israéliens, tant au sein de l'UE que dans des instances onusiennes.

Force est de constater que les Etats aux dirigeants les plus vilipendés par leurs homologues et des médias français apparaissent comme des défenseurs des Juifs et des alliés reconnaissants de l'Etat d'Israël. Parmi eux l'Autriche qui a annoncé que son Parlement allait voter une résolution anti-BDS.

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Cet article a été publié le 26 mai 2019.

Douglas Fairbanks (1883-1939)


Arte rediffusera le 2 mai 2020 « Douglas Fairbanks - Je suis une légende » (Douglas Fairbanks, Stummfilmheld und Hollywoodlegende), passionnant documentaire réalisé par Clara Kuperberg et Julia Kuperberg. « Star des films de cape et d'épée, le bondissant Douglas Fairbanks (1883-1939) a contribué à inventer, entre deux pirouettes, le Hollywood d'aujourd'hui. Raconté par Laurent Lafitte, son parcours flamboyant ressuscite la magie des débuts du cinéma ». Un précurseur talentueux méconnu.


« On l'a oublié, mais Douglas Fairbanks fut l'un des rois d'Hollywood. »

Acteur sympathique et populaire, scénariste, réalisateur, producteur ayant co-fondé en 1919, avec Mary Pickford, Charles Chaplin et D.W. Griffith, la United Artists, homme d’affaires avisé, cinéphile précurseur, pionnier au rôle essentiel dans l’industrie cinématographique naissante à Hollywood (création de The Academy of Motion Picture Arts and Sciences qui remet chaque année les Oscars, de la première école de cinéma à la University of Southern California)… L’Américain Douglas Fairbanks (1883-1939) a été, lors de l’ère du cinéma muet, une star mondiale - The Three Musketeers, Robin Hood, The Thief of Bagdad, The Black Pirate - et le troisième acteur le mieux payé. 

Avec son épouse, la star canadienne Mary Pickford, « la petite fiancée de l’Amérique », il a formé un couple idéal. 

Il a été aussi l’archétype du comédien-cascadeur athlétique et intrépide pour des films d’aventures ou de cape et d’épée interprétés par Jean Marais ou Jean-Paul Belmondo, et un modèle inspirant The Artist, de Michel Hazanavicius.

Douglas Fairbanks est né Douglas Elton Ulman en 1883 à Denver, Colorado. Issu d’une famille juive d’origine allemande en Pennsylvanie, son père est un célèbre avocat new-yorkais, qui abandonne le foyer familial quand Douglas Ulman a cinq ans. Sa mère, catholique, est native de la Big Apple, et donnera à sa famille le nom de son premier mari, Fairbanks. 

Dès son adolescence, Douglas Fairbanks joue comme comédien amateur.

A l’aube du XXe siècle, il entre dans la compagnie de l’acteur britannique Frederick Warde, qui l’avait repéré à Denver. Il gagne sa vie comme vendeur et employé de bureau.

En 1902, il débute à Broadway.

En 1907, il se marie avec Anna Beth Sully (1888-1967), issue d’une famille aisée d’industriels. Le couple a un fils, Douglas Elton Fairbanks, futur acteur.

« The King of Hollywood »
En 1915, la famille se rend à Hollywood. Douglas Fairbanks est recruté par la Triangle Pictures et est dirigé par le réalisateur D.W. Griffith. Cet athlète séduit les spectateurs de The Lamb (Le Timide), son premier film sous la direction de Christy Cabanne.

« Jugé mauvais acteur, il démarre par des galipettes dans des comédies bas de gamme. Devenues sa marque de fabrique, ses cascades, associées à son énergie et à son inamovible sourire, font de lui une immense star ». 

Grâce aux auteurs Anita Loos et John Emerson, il s’oriente vers des comédies romantiques : Amour et publicité (His Picture in the Papers) de John Emerson (1916), Un charmeur (Mr. Fix-It), d'Allan Dwan (1918).

1916. Douglas Fairbanks crée sa première société, la Douglas Fairbanks Film Corporation et signe un contrat avec la Paramount.

« En 1916, deux rencontres majeures changent le cours de sa vie déjà mouvementée : Charlie Chaplin, qui deviendra son meilleur ami, et Mary Pickford, "petite fiancée de l'Amérique" et grande vedette de l'époque, dont il tombe éperdument amoureux ». Un amour partagé par l’actrice, mariée alors à l’acteur Owen Moore.

En 1918, avec Chaplin et Pickford, Douglas Fairbanks participe à l’effort de guerre en vendant des bons de soutien aux Etats-Unis engagés dans la Première Guerre mondiale.

« En 1919, le trio Fairbanks/Pickford/Chaplin envoie valser Famous Players (la future Paramount) en créant United Artists, premier studio indépendant capable de distribuer ses films ». Le couple Fairbanks divorce officiellement. L’ex-épouse de l’acteur obtient la garde de leur fils.

L’année suivante, Mary Pickford, divorcée, épouse Douglas Fairbanks. Leur voyage de noces en Europe révèle leur popularité outre-atlantique. Leur retour à Hollywood est accueilli par une ferveur populaire.

En 1921, Mary Pickford, Charles Chaplin et Douglas Fairbanks contribuent à organiser le Motion Picture Fund pour aider les professionnels du cinéma qui ne pouvaient pas travailler ou ne pouvaient payer leurs factures.

« Dès lors, Fairbanks a les mains libres. Le signe de Zorro (1920) – inspiré d’une histoire, The Curse of Capistrano (1919), publiée par un pulp magazine dont Mary Pickford décèle le potentiel et a le plus grand mal à convaincre son époux de la lire -, Les trois mousquetaires (un vieux rêve) en 1921, Robin des Bois (1922), Le voleur de Bagdad (1924)… : les tournages s'enchaînent, toujours plus ambitieux, dans une débauche de décors grandioses et de folles acrobaties. Fairbanks, acteur et producteur, vit un âge d'or, jusqu'à l'avènement du parlant, à la fin des années 1920 ».

Le couple surnommé le « Hollywood royalty » reçoit dans sa ville « Pickfair » des dirigeants politiques, Albert Einstein, George Bernard Shaw,  Elinor Glyn, Helen Keller, H. G. Wells, Lord Mountbatten, Fritz Kreisler, Amelia Earhart, F. Scott Fitzgerald, Noël Coward, Max Reinhardt, Sir Arthur Conan Doyle, Austen Chamberlain, Sir Harry Lauder, le médaillé olympique et soldat japonais Takeichi Nishi…

En 1927, Douglas Fairbanks et Mary Pickford, confinée à des rôles de petites filles ou d’adolescentes, sont les premiers acteurs à laisser leur empreinte dans le ciment du Grauman's Chinese Theatre à Hollywood.

Douglas Fairbanks est élu premier président de la Motion Picture Academy of Arts and Sciences qu’il a co-fondé.

« Le super-héros, les superproductions, le story-board, les Oscars, les foules en délire et même la première villa avec piscine à Beverly Hills… : tout ce qui constitue l'industrie du cinéma américain et le star-system, Douglas Fairbanks l'a inauguré ou en a eu l'intuition ». 

En 1927, la sortie du premier film parlant (talkie) Le Chanteur de jazz (The Jazz Singer) signe le déclin de leurs deux carrières.

En 1929, au Dolby Theatre à Los Angeles, Douglas Fairbanks se distingue en maître de cérémonie de la première soirée au cours de laquelle sont remis quatorze Oscars de la Motion Picture Academy, notamment à Janet Gaynor consacrée Meilleure actrice pour son interprétation dans Seventh Heaven (L’Heure suprême) de Frank Borzage.

Piètre qualité des films ? Décalage par rapport aux attentes du public durant la crise de 1929 ? Douglas Fairbanks enchaîne les insuccès commerciaux : Pour décrocher la lune (Reaching for the Moon), de Edmund Goulding (1930), M. Robinson Crusoe (Mr. Robinson Crusoe), de Edward Sutherland (1932), Les Quarante ans de Don Juan (The Private Life of Don Juan), de Alexander Korda (1934). 

Il met un terme à sa carrière cinématographique et parcourt le monde où sa popularité demeure intacte. 

Son couple se délite, notamment en raison de la liaison de l’acteur avec Sylvia Ashley – sa future 3e épouse -, et le divorce est prononcé en 1936.

En 1939, Douglas Fairbanks est terrassé par une crise cardiaque à Santa Monica.

« À travers ce destin flamboyant, le pensionnaire du Français Laurent Lafitte raconte en voix off les coulisses d'une industrie florissante mais encore artisanale et la splendeur des films d'aventures qu'elle a produits, dévoilant au passage le secret de certains effets spéciaux ». 

« Une foule d'archives étonnantes montrant l'industrieux Hollywood, Fairbanks enthousiaste et conquérant, les clowneries avec Chaplin ou la complicité amoureuse avec Mary Pickford complète ce documentaire au charme innocent, celui des commencements ».



« Douglas Fairbanks - Je suis une légende » par Clara Kuperberg et Julia Kuperberg
France, 2016, 53 min
Sur Arte les 27 janvier 2019 à 5 h 55, 19 avril 2020 à 22 h 50, 2 mai 2020 à 7 h 30
Disponible du 12/04/2020 au 25/04/2020
Visuels :
Douglas Fairbanks, photo du tournage "Le voleur de Bagdad", 1924.
Douglas Fairbanks
Douglas Fairbanks et Mary Pickford au cours de la construction de leurs studios de cinéma (1927).
(de gauche à droite) Mary Pickford,Douglas Fairbanks, et Sid Grauman, 1927
© Wichita Films

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 25 janvier 2019.

mercredi 29 avril 2020

Des 55 ans aux 72 ans de l’Etat d’Israël


Yom Haatsmaout, Jour de l'indépendance de l'Etat d'Israël, a lieu le 5 du mois d'iyar. Il correspond à la lecture de la déclaration d’indépendance de l’Etat Juif par David Ben Gourion. En 2019, l'Etat d'Israël affichait une réussite, à bien des égards, exemplaire, mais était visée par des mouvements terroristes islamistes et l'Iran qui veulent sa destruction, alors que la France s'enfonçait dans ses déclins. En 2020, les célébrations se déroulent dans le cadre de la pandémie de coronavirus contre laquelle le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris des mesures précoces et efficaces. Les Juifs, israéliens ou de diaspora, savent-ils célébrer les grands événements : Yom HaZikaron, Yom Haatsmaout, etc. ? 

A Paris, 3 700 personnes ont célébré avec ferveur les 55 ans de l’Etat d’Israël en 2003

Le 7 mai 2003, pour Yom Haatsmaout, la Fédération des Organisations Sionistes de France (FOSF) et le KKL, avec l’UPJF, le Consistoire Central, la Wizo, le Libi et l’Agence juive ont organisé une soirée au Palais des Congrès (Paris). L’intensité de l’amour des 3 700 spectateurs pour Israël, qui fêtait les 55 ans de sa refondation, révélait une inquiétude sourde. 

C’est une salle comble qui a témoigné avec enthousiasme son attachement à l’Etat d’Israël en cet anniversaire particulier, notamment pour les superstitieux.

« Le fête du Souvenir est proche de celle de l’Indépendance. Comme dans la tradition juive, la joie est associée à la peine », a noté Robert Zbili, président de la FOSF devant notamment S.E. Nissim Zvili, ambassadeur d’Israël en France, S.E. Yitzhak Eldan, ambassadeur près de l’UNESCO, des édiles, des dirigeants de la communauté juive française et d’organismes israéliens, des responsables de lobbys américains - AIPAC, American Jewish Congress -, des spectateurs de tous âges, dont Clara Beyler, volontaire de la Maguen David Adom choisie pour allumer un flambeau lors de la cérémonie commémorative à Jérusalem.

« Nous sommes au lendemain de la victoire de la Coalition sur les troupes de Saddam Hussein. Cette histoire se serait écrite différemment sans la décision prise par Menahem Begin en 1981 de détruire la centrale nucléaire irakienne Osirak », a ajouté M. Zbili.

Entrecoupés par la retransmission des vœux du président Moshe Katsav et une collecte de fonds au profit de la Forêt des enfants victimes du terrorisme (Jérusalem), les discours de personnalités se sont enchaînés. Dénonçant l’islamisme, le Front national et la résurgence de l’antisémitisme, soulignant la force du lien entre Israël et les Etats-Unis, le président de l’UPJF, Hervé Giaoui, a vivement incité les spectateurs à soutenir les politiciens amis d’Israël et à investir le champs politique.

La remise des Prix de Jérusalem a ensuite consacré l’action en faveur de l’Etat hébreu accomplie par le député Eric Raoult (UMP) et le gal Michel Darmon, président de l’Association France-Israël.

« Un pays n’est pas donné à son peuple sur un plateau d’argent » (Haïm Weizman)
« 55 ans après son indépendance, Israël continue à lutter, jour après jour, pour assurer son indépendance. Cet Etat a une Armée puissante pour assurer sa protection. Il est prêt à faire des concessions pour avoir la paix. Mais il ne se cédera jamais au terrorisme. En 55 ans, Israël a su intégrer les Juifs originaires de 102 pays. Au cours des dix dernières années, l’Etat hébreu a intégré un million d’immigrants. C’est un motif de fierté », a déclaré M. Zvili.

Et c’est Jacques Kupfer, Président du Likoud-France, qui a prôné l’aliyah.

Puis Joseph Sitruk, Grand Rabbin de France, a dénoncé les agressions antisémites et stigmatisé la légende d’une photo publiée par un journal : « L’Esplanade des Mosquées, qui abriterait, selon les Juifs, les vestiges du Temple de Salomon »...


Il a regretté, même s’il en connaissait les raisons, les mesures d’austérité décidées par le gouvernement israélien et qui touchent en particulier les « Noirs » (« Religieux »). « Les Juifs ont une longue mémoire, dénommée l’histoire, et un grand avenir appelé l’éternité », a-t-il conclu.

Rika Zaraï, la troupe Adama, Sarale Sharon et d’autres artistes ont ravi le public. Une farandole de jeunes spectateurs montait sur scène pour poursuivre dans l’allégresse cette longue nuit...

Israël en 2015
Le Central Bureau of Statistics israélien a rendu public des statistiques intéressant l'Etat Juif en 2015. La population israélienne s'élève à 8 345 000 âmes, plus de dix fois celle recensée lors de la refondation de l'Etat en 1948, alors habité par 806 000 personnes. Les Juifs constituent en 2015 74,9% de cette population, et les Arabes 20,7%. Environ 75% de la population Juive sont nés Israéliens, et plus de la moitié des Israéliens de la deuxième génération.

En un an, de 2014 à 2015, la population israélienne a cru de 164 000, avec 32 000 nouveaux immigrants. En 1948, seuls Tel Aviv-Jaffa avait plus de 100 000 résidents. En 2015, il y avait 14 villes en Israël à la population dépassant 100 000 habitants, et six de plus de 200 000 : Jérusalem, Tel Aviv-Jaffa, Haifa, Rishon Lezion, Ashdod et Petah Tikva.


Les 14 Israéliens qui ont allumé les torches lors de la cérémonie d'ouverture de ce Jour de l'Indépendance témoignent de la réussite, à bien des égards, exemplaire de l'Etat Juif dans différents domaines : Dr. Danny Gold a inventé et développé le système de défense Iron Dome missile, Ehud Shabtai, un des fondateurs et développeurs de l'application de navigation Waze utilisée quotidiennement par des millions de conducteurs dans 120 pays, Or Assouline, un lycée et président d'une société pour jeunes entrepreneurs, qui participe à un programme spécial d'ingénierie biomédicale, Malka Piotrkowsky, qui enseigne aux femmes le Talmud, traditionnellement réservé aux hommes, Rami Levy, propriétaire d'une chaine de supermarchés et de réseaux téléphoniques qui a contraint de grands chaines de supermarchés israéliennes à baisser leurs prix, Prof. Marta Weinstock-Rosin, qui a développé des médicaments pour traiter les maladies Alzheimer et Parkinson, Gavriel Iddan, ingénieur qui a développé de minuscules caméras que les patients peuvent avaler, Avihu Medina, auteur-compositeur-interprète pour son importante contribution à la culture israélienne et à la chanson hébraïque, Sima Shine, officier du renseignement de très haut rang, Alice Miller, pilote de l'armée qui a obtenu de la Cour suprême l'autorisation pour les femmes de suivre les cours de l'armée aérienne, Lucy Aharish, journaliste musulmane qui oeuvre à promouvoir le pluralisme social et la coexistence, Gal Lusky, fondateur et président de Israeli Flying Aid, qui fournit une assistance humanitaire dans des zones sinistrées dans le monde, Rafi Mehudar, développeur de l'irrigation au goutte à goutte, innovation en Israël et à l'étranger, et Corp. Dan Korkovsky, membre de l'unité de renseignement spécial de Tsahal composée de soldats autistes dotés de qualités remarquables pour rassembler les informations.

Comment commémorer ?
Dans un article publié en hébreu dans NRG, et édité le 21 avril 2015 dans sa traduction en anglais sous le titre "We Have Forgotten How to Remember" (Nous avons oublié comment nous souvenir) par le mouvement politique Manhigut Yehudit (Leader Juif), Moshe Feiglin a écrit : "Ceux qui sont tombés sur le champs de bataille méritent un respect spécial ; les parents des soldats tombés méritent une fierté spéciale qui l'emporte sur la fierté des familles des victimes du terrorisme. Yom Hazikaron ne doit pas être un jour de deuil. C'est le jour pendant lequel nous devrions honorer ceux qui ont sacrifié leur vie pour nous. C'est le jour où nous devrions les saluer, intérioriser leur héritage, baisser notre tête et saluer leur famille. C'est un jour d'hommage, pas un autre Jour de la Shoah... La raison pour laquelle ces soldats sont morts s'est perdue pour nous. Après tout, la Haute cour de justice a déjà décidé que la Nakba ("catastrophe", en arabe) peut aussi être observée le Jour de l'Indépendance d'Israël. Autrement dit : tout est virtuel, rien n'est réel".

Et d'expliquer : "Tout est devenu confus/ "Victoire" est devenue un mot sale. Nous ne revendiquons pas de représenter la vérité ou la justice, aussi il n'y a rien pour lequel se battre vraiment... La seule victoire que nous voulons adopter est celle du monde occidentale : la justice de la victime. Ne commencez même pas à penser à une parade militaire le Jour de l'Indépendance. "La seule procession que notre Chef d'état-major peut mener est la marche d'Auschwitz à Birkenau", a écrit Amnon Lord, rédacteur en chef de la revue Makor Rishon. Et il avait raison".

Et de dénoncer le plan visant à reconquérir la bande de Gaza dirigée par le Hamas  pour l'offrir à Abu Mazen (Mahmoud Abbas), et de déplorer son coût humain en termes de morts de soldats israéliens chargés de capturer les terroristes libérés dont la capture avait coûté la vie à nombre de soldats de Tsahal.

En France, les organisations Juives, françaises et israéliennes, organisent des soirées musicales en l'honneur de l'anniversaire de la refondation de l'Etat d'Israël. Chanteurs et danseurs israéliens attirent un public essentiellement Juif sioniste, souvent jeune, mais qui ignore une grande partie de l'Histoire Juive, notamment celle de l'Etat d'Israël, tant son leadership communautaire est acquis à la "solution à deux Etats", même dans un Moyen-Orient en complète recomposition politique.

Quant à Yom HaShoah, c'est une journée "islamiquement correcte" qui occulte l'alliance entre dirigeants nazis et musulmans, tel al-Husseini, l'adhésion populaire dans le monde arabe pour le nazisme, etc.

2018
En avril 2018, la population d’Israël s’élève à 8,84 millions d’habitants. Au cours des douze derniers mois, elle a augmenté de 1,9 % - 163 000 personnes -, 177 000 bébés sont nés et environ 41 000 personnes sont mortes. Avec 6,589 millions d'âmes, les Juifs représentent environ les 3/4 de la population totale, et la minorité arabe compte environ 1,849 million de personnes, soit 20,9 % de la population totale. Près de 404 000 personnes feraient partie d’autres communautés.

Avec 6,4 millions de personnes en avril 2018, contre moins de 450 000 en 1939, Israël est le pays où vivent le plus de Juifs. Il devance les Etats-Unis (5,7 millions) et la France avec un peu plus de 450 000 personnes. Il y a plus de 100 000 juifs dans six autres pays : le Canada, la Grande-Bretagne, l'Argentine, la Russie, l'Allemagne et l'Australie.

En 70 ans, la population totale d'Israël a été multipliée par onze, passant de 806 000 à 8 842 000 habitants.

Il y a moins de juifs dans le monde en 2018 qu'en 1939 à la veille de la Seconde Guerre mondiale. On comptait en 1939 16,6 millions de Juifs dans le monde.

2019
En 2019, l'inquiétude des Français juifs s'est approfondie dans une France en déclins, alors que l'Etat d'Israël affichait une réussite, à bien des égards, exemplaire, mais était visée par des mouvements terroristes islamistes et l'Iran visant sa destruction.

2020

En 2020, les célébrations se déroulent dans le cadre de la pandémie de coronavirus contre laquelle le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris des mesures précoces et efficaces. 

Durant la pandémie de coronavirus, les parades aériennes vont survoler les hôpitaux israéliens pour rendre hommage au personnel soignant dévoué auprès des malades : pour la première fois, le nombre de guéris a dépassé celui des contaminés. Un couvre-feu a été instauré pour éviter les rassemblements.



La population israélienne est évaluée à 9,2 millions selon le Bureau central de statistiques (BCS). La population israélienne a augmenté de 171 000 habitants depuis Yom HaAtsmaout 2019 et devrait atteindre les 11,1 millions en 2030. D’ici 2048, pour les 100 ans de la refondation de l'Etat Juif, le BCS prévoit une population de 15,2 millions d’habitants. 


En 1948, 6% seulement de la population juive mondiale de 11,5 millions vivaient en Israël. En 2020, 45% des 14,7 millions de Juifs du monde résident dans l'Etat d'Israël. En 2020, les villes ayant le plus grand nombre d'habitants sont Jérusalem (936 047), Tel Aviv-Jaffa (461 352), Haïfa (285 542), Rishon Lezion (254 238) et Petah Tikva (248 005).


Les 6,806 millions de Juifs représentent 74 % de la population israélienne, alors qu’il y a 1,93 million d’Arabes en Israël, soit 21 % de la population. Les 5% restants, soit 454 000 habitants, appartiennent à d’autres groupes. 

"Parmi la population juive, 78 % sont nés dans le pays, et depuis la fondation d’Israël en 1948, 3,3 millions de personnes ont immigré en Israël." En 2019, 180 000 naissances ont été enregistrées, 44 000 personnes sont mortes, et 32 000 olim ont fait leur aliyah. Israël a une “population jeune” : 950 000 enfants âgés de moins de quatre ans, 28% de la population a entre 0 et 14 ans, tandis que 12% a plus de 65 ans."

Selon une étude du Taub Center menée par le Prof. Alex Weinreb, l'augmentation du nombre d'Israéliens âgés de plus de 70 ans est prévisible, plus que doublant de 669 000 en 2017 à environ 1,41 million en 2040. Le taux de personnes âgées dans le secteur arabo-israélien dépassera celui du secteur Juif. Dans la population Juive, le nombre de personnes âgées de plus de 70 s'accroîtra de 88% (de 615 000 à 1,21 million). Parmi les Arabes, le groupe de même âgé quadruplera de 54 000 à 197 000. Le taux de croissance démographique annuel devrait diminuer de 1,87% en 2019 à 1,52% en 2040 en raison de la baisse du taux de fertilité. L'épidémie de coronavirus ne devrait pas avoir d'influence sur le taux de mortalité en 2020 et l'espérance de vie.


Visuels :
Déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël
Carte d'Israël dans ses lignes d'armistices et de frontières en 2006


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Cet article a été publié dans Actualité juive et sur ce blog le 23 avril 2015, puis les 12 mai 2016, 2 mai 2017, 19 avril 2018 et 9 mai 2019.