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lundi 7 janvier 2019

« Le pacte Hitler-Staline » par Cédric Tourbe


Arte diffusera le 8 janvier 2019 « Le pacte Hitler-Staline » (Der Hitler-Stalin-Pakt) par Cédric Tourbe. « Comment Hitler et Staline, autrefois ennemis jurés, ont-ils pu opérer, en août 1939, un rapprochement destructeur ? La chronique, captivante et détaillée, du fiasco diplomatique qui a conduit à la signature du pacte germano-soviétique, aux conséquences funestes ».

« Le 23 août 1939, l’Allemagne nazie et l’Union soviétique, représentées par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, Joachim von Ribbentrop et Viatcheslav Mikhaïlovitch Molotov, signent un pacte de non-agression, accompagné d’un protocole secret qui prévoit le partage des territoires conquis en Europe de l'Est » : Finlande, la Pologne, les pays baltes et la Bessarabie. Ce pacte stipulait la neutralité d'une partie si l'autre partie entrait en conflit avec les puissances occidentales.

Le 1er septembre 1939, « quelques jours plus tard, Hitler, ainsi libéré de la menace d’être pris en étau, envahit la Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale ».

« Comment le Führer et Staline, autrefois ennemis jurés, ont-ils opéré ce rapprochement destructeur ? » 

« Pendant cinq ans, Maxime Litvinov, commissaire du peuple aux Affaires étrangères, représentant de l’URSS à la SDN (Société des nations) et farouche antinazi, a cherché à nouer une alliance militaire avec la France et la Grande-Bretagne pour faire obstacle aux volontés expansionnistes du IIIe Reich. Ses appels à l'instauration d'une politique de sécurité collective sont restés lettre morte, ouvrant le champ à l'un des plus grands coups de théâtre du XXe siècle ».

« Peur de la contagion communiste, pusillanimité face au réarmement progressif de l'Allemagne, coups du sort – telle la mort, dans l'attentat contre le roi de Yougoslavie, en 1934, à Marseille, du ministre français Louis Barthou, favorable à un front antinazi –, décisions absurdes, climat de paranoïa généralisée... : à travers un abondant fonds d'archives, ce documentaire passionnant plonge dans le secret des chancelleries ». 

Il « suit ainsi le fil d'une débâcle diplomatique que les esprits les plus lucides de leur temps (Litvinov, donc, mais aussi Ivan Maïski, ambassadeur russe à Londres, Churchill...) n'auront pas réussi à empêcher ».

Ce traité de non-agression germano-russe avait été précédé le 22 mai 1939, à Berlin, par la signature du Pacte d'acier (Stahlpakt ; Patto d'Acciaio) effectuée par les ministres des Affaires étrangères allemand et italien, respectivement Joachim von Ribbentrop et Galeazzo Ciano. Un pacte militaire offensif entre les forces de l'Axe qui perdure jusqu'à la chute de l'Italie fasciste en 1943.

Le 27 septembre 1940, l'Allemagne nazie, l'Italie et le Japon ont signé un pacte tripartite et constituaient désormais l'Axe Rome-Berlin-Tokyo.

Ce traité germano-soviétique induit une grave crise des relations internationales, et fragmente les partis communistes occidentaux : indignés, certains communistes, dont des parlementaires, quittent le parti aligné sur Moscou. En France, le Parti communiste français est interdit (décrets Daladier).

Le 22 juin 1941, le führer Hitler attaque l'URSS en initiant l'opération Barbarossa. Ce qui signifie la fin du pacte germano-soviétique.

En 1989, l'URSS a reconnu tout le Pacte et ses finalités.

Vladimir Poutine
Le 11 mai 2015, le Président de la Russie, Vladimir Poutine, alors qu'il était en compagnie d'Angela Merkel, "a justifié la signature du pacte germano-soviétique, traité de non-agression entre les deux pays conclu en août 1939. « L'Union soviétique a fait un tas d'efforts pour créer les conditions favorables à une résistance collective au nazisme en Allemagne… mais tous ses efforts n'ont pas été couronnés de succès. lorsque l'URSS a réalisé qu'on l'avait laissée toute seule face à l'Allemagne d'Hitler, il a pris des mesures visant à éviter un affrontement direct, et le pacte Molotov-Ribbentrop a été signé », a déploré le chef du Kremlin.

Le président russe a éludé le "protocole secret qui avait été attaché à ce « pacte Molotov-Ribentropp », dont l'existence n'a été dévoilée aux Russes qu'après la chute de l'URSS, et qui prévoyait un partage de la Pologne entre les deux puissances. Dans la foulée, Moscou avait annexé au début de la guerre les pays baltes, décision que Vladimir Poutine justifie tacitement, mais que la chancelière allemande a jugée, au contraire, « illégitime ».

En 2009, Vladimir Poutine, alors Premier ministre, "avait condamné ce pacte germano-soviétique. «Toutes les tentatives d'apaiser les nazis entre 1934 et 1939 par divers accords et pactes étaient moralement inacceptables et politiquement insensées, nuisibles et dangereux», avait-il déclaré le 1er septembre 2009 à Gdansk, en Pologne, lors du 70e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale".

A l'époque, "l'heure était à la condamnation, encore timide, des crimes du stalinisme, et aux tentatives de réconciliation avec la Pologne. Huit mois plus tard, le chef du gouvernement russe était venu dans la forêt de Katyn, s'incliner devant les tombes de 4.400 officiers polonais tués sur ordre du Kremlin, durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant des décennies, Moscou s'est efforcé de faire endosser à la Wehrmacht la responsabilité de ces massacres. Au total, «la petite terreur» stalinienne des années 39-40, comme l'appelle l'historien américain, Timothy Snyder, aura coûté la vie à 21.892 citoyens polonais."

En 2015, Vladimir Poutine "redevenu président, est à la tête d'un État engagé, selon ses contempteurs, dans un processus rampant de réhabilitation de Staline, comme l'a notamment montré la commémoration, en grande pompe, du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le ministre russe de la culture, Vladimir Medinski, auquel le chef du Kremlin a apporté son soutien, qualifie le pacte germano-soviétique de «succès éminent» de la diplomatie stalinienne."

Ce 8 mai 2015, "des militants communistes ont inauguré à Tver (ouest de Moscou) un buste du dictateur et général en chef de l'armée rouge. Surtout, à la faveur de la crise ukrainienne, les relations russo-polonaises se sont très fortement dégradées, expliquant le silence du président russe à l'égard des crimes staliniens commis contre la Pologne."


« Le pacte Hitler-Staline » par Cédric Tourbe
France, 2018, 102 min
Sur Arte le 8 janvier 2019 à 20 h 50, 10 janvier 2019 à 9 h 25
Visuels :
Signature du pacte germano-soviétique. A gauche, Viatcheslav Molotov (1890-1986), diplomate soviétique, au centre Joachim von Ribbentrop (1893-1946), homme politique allemand. Moscou, Kremlin, le 23 août 1939.
A gauche, le diplomate soviétique Viatcheslav Molotov (1890-1986),, au centre Joseph Stalin (1879-1953), à droite Maxime Litvinov (1876-1951), diplomate soviétique.
Maxime Litvinov (1876-1951), diplomate soviétique.
Credit : ©RGAKFD

L'ambassadeur de l'Union soviétique à Helsinki, Ivan Maisky (1884-1975)
Credit : ©Archive of Russian Academy Of

En 2ème en partant de la droite, Viatcheslav Molotov (1890-1986), diplomate soviétique, au centre Joseph Stalin (1879-1953), homme d'Etat soviétique. Août 1939.
Au centre Joseph Stalin (1879-1953), homme d'Etat soviétique. Au second plan derrière Joseph Stalin, le diplomate soviétique Maxime Litvinov (1876-1951). Août 1939.
Credit : ©RGAKFD

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2 commentaires:

  1. j'aurai voulu connaitre la bande son de ce programme.
    merci d'avance

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    1. Bonjour.
      Je l'ignore. Je vous invite à voir le générique du documentaire sur le site d'Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/080961-000-A/le-pacte-hitler-staline/
      Cordialement,
      Véronique Chemla

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