vendredi 31 mars 2017

« Amour et sexe sous l’Occupation » par Daniel Costelle, Isabelle Clarke et Camille Levavasseur


Histoire diffusera les 31 mars, 2, 8 et 19 avril 2017 « Amour et sexe sous l’Occupation », documentaire gênant de Daniel Costelle, Isabelle Clarke et Camille Levavasseur. Des Françaises entre ordre moral voulu par Vichy, intransigeances de la Résistance et sexualité libérée de l’autorité parentale, voire débridée, avec l’Occupant nazi. Ce film distille un profond malaise par son traitement biaisé, émaillé d’erreurs historiques et d’omissions, concernant notamment les Juifs.


Patrick Buisson a signé les deux volumes d’Années érotiques 1940-1945 (Albin Michel), encensés par des médias : Vichy ou les infortunes de la vertu (2008) et De la grande prostituée à la revanche des mâles (2009).

La société CC&C a adapté ce livre en une série documentaire télévisée en deux volets - « L’Occupation intime », dont le texte est lu par Alain Delon et Anouchka Delon, et « Amour et sexe sous l’Occupation » - réalisés par Daniel Costelle, Isabelle Clarke et Camille Levavasseur (2010).
   
« Collaboration horizontale »
Amour et sexe sous l'Occupation « interroge le mystère brûlant des relations intimes, hétérosexuelles et homosexuelles, en temps de guerre ; et explore ces années de chaos où la proximité avec la mort a renforcé l'aspiration au bonheur individuel, au plaisir et à la transgression ». Mais en accordant une grande place aux relations impliquant des Allemands nazis.

« Juillet 1940 : les Allemands s'installent en maîtres dans la France vaincue. Les soldats allemands impressionnent avec leur puissance et leur aura de vainqueur. L'opération séduction bat son plein ».

Patrick Buisson souligne « l’image masculine [française] dépréciée ». Métaphore ? « Le vainqueur a les traits du mâle, le vaincu ceux de la femme ».

Les « Occupants aident les Français à remettre le pays en marche ». Ou à l’exploiter au profit de IIIe Reich en spoliant les Juifs ?

« Soucieux d'encadrer les débordements, l'état-major de la Wehrmacht réquisitionne les maisons-closes » et est motivé par des préoccupations sanitaires, d’hygiène, afin d’éviter les maladies vénériennes. Le gouvernement de Vichy « reconnait ces bordels et crée un service public du sexe ».

Les « bordels les plus chics deviennent des officines du marché noir gérées par les profiteurs de guerre ».

Des SS filment leurs ébats avec des prostituées.

Patrick Buisson insiste sur « la surprise par rapport à 1870 et 1914. Les ordres sont stricts : les viols sont punis de peines de forteresses ».

C'est « la cohue dans les cabarets et les boîtes de nuit ». Et la joie chez Maxim’s et à la Tour d’Argent.

Selon Patrick Buisson, « l’instinct de vie » est aiguisé car la « vie est menacée ». Le sexe comme « révélateur des mentalités ».

Les « conquêtes allemandes ne sont pas seulement féminines : dans le Paris de l'Occupation, de Genêt à Cocteau, des homosexuels sont attirés par l'idéal masculin hyper-viril des Nazis, pactisent avec l'occupant ».

« Arletty, Florence Gould, Mireille Balin, Coco Chanel, Corinne Luchaire s'affichent avec des officiers allemands, par défi, véritable amour, intérêt professionnel, ou affinités de classe ». Ginette Leclerc « obtient l’autorisation d’ouvrir un cabaret avec son amant. Un lieu de rendez-vous pour les gestapistes ».

Certes Arletty a vécu une histoire d’amour avec Hans-Jurgen Soehring (1908-1960), magistrat nazi, officier allemand alors assesseur au conseil de guerre de la Luftwaffe à Paris. Mais elle a aussi obtenu la libération de Tristan Bernard, célèbre écrivain français juif septuagénaire interné au camp de Drancy.

Les « femmes de prisonniers de guerre perçoivent des allocations misérables ». Environ 800 000 prisonniers sont mariés. Nombre d’entre eux s’interrogent sur la fidélité de leurs conjointes.

La détresse amène des femmes à la prostitution clandestine.

Des « attentats visent les aspirants ayant des liaisons avec des femmes françaises ».

Et « près de 200 000 naissances seraient le fruit d'amours illicites avec l'ennemi ». De quelle année à quelle année ? En 1943, on recense 589 301 naissances vivantes.

Mais « aimer un Allemand, c'est forcément être une mauvaise Française ».

A « l'été 1944, l'euphorie de la Libération tourne parfois au règlement de comptes : le sort des tondues est la punition de la France qui s'est couchée et qui a couché avec l'ennemi ».

« La France dévoyée a subi le charme vénéneux de l’Occupant… La France de la ceinture serrée demande des comptes à la France de la jouissance… Le Maquis fait acte d’autorité sur les femmes et leur sexualité. Leur corps appartient à la Nation, aux hommes. C’est la victoire posthume de Vichy. Les hommes veulent purifier. Des femme sont tondues et lavées à grande eau, plongées dans le bassin municipal. Deux mille femmes sont tuées pour fait de collaboration », résume Patrick Buisson.

Arrêtée, Arletty déclara : «  Si mon cœur est français, mon cul, lui, est international ! » A ses juges, elle répliqua : « Si vous ne vouliez pas que je couche avec les Allemands, fallait pas les laisser entrer ». En 1946, le comité d'épuration l’a sanctionnée par un blâme. Interdiction lui a été aussi imposée de travailler pendant trois ans.

En « contant ces temps troublés où les autorités traditionnelles étaient remises en cause, Anouchka Delon transporte notamment les femmes françaises, témoins privilégiés de l'Occupation, dans leur passé ».

La « romancière Benoîte Groult, la résistante Gisèle Guillemot ou encore la comédienne Yvette Lebon livrent ici leurs souvenirs ».

Ce documentaire présente une large gamme de choix de femmes françaises sous l’Occupation : de la Résistante refusant toute relation avec l’Occupant allemand nazi à l’opportuniste, via l’inconsciente. On est ému par les images de femmes tondues à la Libération, le viol dont fut victime l’actrice Mireille Balin et les blessures psychologiques du chanteur Gérard Lenorman, né de l’union d’une adolescente française de seize ans et d’un violoniste volage membre des forces d’occupation allemandes. Une histoire évoquée dans sa chanson Warum mein Vater (« Pourquoi mon père »).

Mais ce documentaire gêne par sa ligne directrice – « On s’amuse à Paris », « Les jeunes se libèrent de l’autorité parentale et découvrent une nouvelle vie » tel le futur dramaturge Pierre Barillet, les « adolescents affirment leur autonomie », etc. -, ses libertés avec l’Histoire – prétendu attrait généralisé des Françaises pour l’Occupant nazi -, ses partis pris – discours évinçant généralement les Juifs, paraissant parfois complaisant -, etc.

Comme si les auteurs du documentaire étaient si fascinés par leur sujet qu’ils en perdaient toute nuance, toute perspective historique, tout regard critique.

Tous les homosexuels ne furent pas attirés par les Nazis. Né Roger Worms, le communiste homosexuel Roger Stéphane s’est engagé dans la résistance.

Quid des départements d’outre-mer et protectorats français ? Dans « Screaming Silence », documentaire de Ronnie Sarnat (2015), un Israélien relatait le viol dont il fut victime, à l’âge de 13 ans, en Tunisie, sous l’Occupation nazie, par un soldat allemand, et ses questionnements sur son identité sexuelle durant toute sa vie d’adulte.

Pourquoi avoir évoqué le ferrailleur juif Joseph Joanovici ?

Quid des couples juifs séparés : maris engagés volontaires, ayant tenté, avec succès ou non, de franchir la ligne de démarcation, ayant été déportés, etc. ?

Quid des femmes juives enceintes, raflées et détenues au Vel d’Hiv, et dont certaines, ont provoqué leur avortement avec des aiguilles à tricoter ?

Quid de l’histoire d’amour entre Hélène Berr (1921-1945), cette brillante française juive agrégative française d’anglais, et Jean Morawiecki, engagé en novembre 1942 dans les Forces françaises libres ?

On éprouvait cette même gêne en visionnant « L’Occupation intime » qui stigmatisait Maurice Chevalier, alors que celui-ci avait protégé sa compagne juive, l'artiste Nita Raya, ainsi que la famille de cette chanteuse, danseuse et actrice; et à la Libération le compositeur Norbert Glanzberg témoignera en sa faveur.
         

« Amour et sexe sous l’Occupation », documentaire de Daniel Costelle, Isabelle Clarke et Camille Levavasseur
CC&C, 2010, 72 min
Commentaire dit par Anouchka Delon
Sur Histoire les 26 mars à 20 h 40, 31 mars à 8 h 40, 2 avril à 14 h 45, 8 avril à 14 h 45 et 19 avril 2017 à 18 h 30
  
A lire sur ce blog :
Les citations proviennent du documentaire et du communiqué de presse.

Avoir vingt ans à Jérusalem et à Tel Aviv


La Galerie Samuel (Paris) a présenté en 2005 l’exposition de trois photographes israéliens : Shaï Halevi, Dinu Mendrea et Ricki Rosen. Ces clichés offrent une image nouvelle, originale et variée de jeunes Israéliens, éprouvés par les attentats terroristes palestiniens, priant ou heureux de vivre, de s’amuser et de se détendre. Le 31 mars 2017 de 9 h 30 à 12 h 30, l'Institut français de Jérusalem Romain Gary à Jérusalem (Israël) proposera la conférence Beit Ham, une maison chaleureuse. "Les psychanalystes français Alain Didier-Weill et Paolo Lollo, invités par le Collège doctoral Paris-Jérusalem, se penchent, avec Alexandre Aiss, Henri Cohen Solal et Dominique Rividi, sur l’espace relationnel et les phénomènes transférentiels dans les lieux d’accueil pour les personnes en difficulté. Ce séminaire est consacré à la sortie du numéro 11 de la revue Insistance qui réunit des articles et des témoignages cliniques et humains liés à la pratique des lieux accueillant des jeunes : les maisons chaleureuses, Beit Ham. Celles-ci, influencées par la psychothérapie institutionnelle, témoignent de la confiance dans la capacité des humains à "devenir".


« Nous sommes las de voir qu’Israël est perçu sous un jour négatif dans de nombreux milieux. Pour nous, c’est une injustice, une faute due à l’ignorance et une entrave à la paix », déclare le 3 février 2005 Marc Lumbroso, alors membre du B’nai B’rith France, lors de l’inauguration de cette exposition.

« Faire découvrir différentes facettes d’Israël »
En 2005, le B’nai B’rith Paris-Ile-de-France et l’association CMJI (Connaissance du monde juif et d’Israël) organisent « Israël, un autre regard », « une série d’événements culturels et artistiques qui ont pour vocation de mettre en lumière des aspects méconnus de la société israélienne, d’en présenter la jeunesse, la gastronomie, la science ou encore l’histoire. Ce projet, qui s’inscrit au-delà des considérations politiques et religieuses, souhaite avant tout faire partager une émotion et des sentiments. Cette émotion, c’est celle d’hommes et de femmes qui voudraient faire découvrir Israël à ceux qui ne le connaissent pas ».

Les organisateurs veulent évoquer « la vie en Israël à travers les yeux de ceux qui la vivent au quotidien. C'est Israël à travers sa diversité, sa culture, ses modes de vie, son apport à la science ».

Voici donc la première manifestation, cette exposition de trois jeunes photographes israéliens - Shaï Halevi, Dinu Mendrea et Ricki Rosen – sur « deux villes que tout sépare, Jérusalem et Tel-Aviv, une description du quotidien de la jeunesse israélienne née dans la guerre, mais résolument tournée vers l'avenir ».

Shai Halevi est né en 1976 à Jérusalem. Cet adolescent se passionne pour la photographie. et intègre l’Ecole des hautes études en photographie de Jérusalem (Ecole Musrara). « L’Assocation des Amis de Beit Ham (« La maison chaleureuse »), qui assiste “les jeunes en difficulté sur la voie de leur vie d’adultes et de citoyens”, lui a donné les moyens de poursuivre sa démarche artistique ». Fondée par le psychanalyste Henri Cohen-Solal, l’association Beit Ham « met à disposition de ces jeunes des « lieux de vie », notamment un « centre de créativité » qui propose des activités » artistiques. En novembre 2003, Shai Halevi avait exposé au Passage de Retz (Paris) dix portraits de « citoyens anonymes de Jérusalem – Minyan (groupe de dix hommes adultes de la communauté d’Israël réunis pour la prière, Nda) – et cinq clichés de pierres et de béton”. En 2005, « ses clichés montrent le travail de ces jeunes en phase de réinsertion, dans les “maisons” de Beit Ham ». Dans ses dix clubs, éducateurs et moniteurs accueillent un millier d’enfants et d’adolescents en difficultés et de toutes religions. Là, ces jeunes dialoguent et travaillent (loisirs, métiers, arts). Un exemple intéressant pour les sociétés urbaines…

C’est Jérusalem que Dinu Mendrea a choisi de photographier. Né en 1970 en Roumanie, il a émigré en Israël à l’âge de seize ans. « Photographe pour l’armée pendant son service militaire, il a ensuite étudié la photographie pendant quatre ans à l’Académie d’Art Betzalel de Jérusalem. A 34 ans, ses clichés ont été présentés et publiés dans de nombreux titres de la presse française et internationale ». C’est dans la « ville d’or » qu’il a eu vingt ans. Il offre un « reportage photographique sur « l’ombre constante » que les attentats terroristes projettent au-dessus des Hiérosolymitains » et « une atmosphère partagée, une certaine lassitude de la situation ». Ces photos ont été présentées pour la première fois en France, après avoir été diffusés dans d’autres pays.

Ricki Rosen s’intéresse à Tel Aviv, l’occidentale, la ville réputée « ne jamais dormir ». Née aux Etats-Unis en 1956, Ricki Rosen vit en Israël depuis seize ans. Elle a couvert les principaux événements au Moyen-Orient ces dernières années. Ses clichés ont été publiés par les journaux français et internationaux et ont fait l’objet de nombreuses expositions. « Avoir vingt ans à Tel Aviv est un défi de tous les jours. Confrontée à la violence du terrorisme, la jeunesse libérale et laïque y poursuit envers et contre tout un idéal de vie hédoniste et cosmopolite ». Colorées, dynamiques et contrastées, ces photos ont illustré le reportage de Olivier Michel paru dans « Le Figaro Magazine » du 24 janvier 2004 et intitulé « Avoir 20 ans à Tel Aviv, La rage de vivre ».

Visuels : 
Copyright : Ricki Rosen/Corbis

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Cet article a été publié sur Guysen, et sur ce blog le :
- 25 juin 2014 et 2 janvier 2015. France 2 a diffusé Avoir 20 ans à Tel-Aviv de Michel Honorin les 26 juin 2014, à 4 h 05 et 2 janvier 2015, à 4 h 45 : "Pour plusieurs religieux israéliens, Tel Aviv fait figure de ville libertaire. Certains de ces "hommes en noir" n'hésitent pas à fustiger cette jeunesse qui déserte les synagogues les soirs de shabbat pour s'entasser dans les discothèques. Il est vrai que le service militaire obligatoire de trois ans pour les garçons, deux ans pour les filles, pousse certains jeunes à espérer la paix plutôt que l'avènement du Grand Israël. Certains d'entre eux témoignent de leur volonté de vivre libres, tout en craignant un conflit qui opposerait les laïcs et les religieux". 
- 14 juin 2015. Le 14 juin 2015, Les Nouveaux explorateurs sur Canal + ont évoqué notamment Tel Aviv.

jeudi 30 mars 2017

« Opération Barbie. Affaire d’Etats », de Bertrand Delais


Arte a rediffusé « Opération Barbie. Affaire d’Etats », documentaire de Bertrand Delais. Révélant des informations inédites, ce film relate l'enquête, la traque de dix ans nécessaire à l’arrestation en Bolivie, l’expulsion, puis au procès en France de Klaus Barbie (1913-1991), « boucher de Lyon » - une expression portant atteinte à la réputation des bouchers. Le Mémorial de la Shoah va présenter l'exposition Le procès Klaus Barbie. Lyon, 1987. 


Le chef de la section IV (SIPO-SD, Sicherheitspolizei und Sicherheitsdienst) des services de la police de sûreté allemande aux Pays-Bas, à Lyon, l’un des Nazis les plus actifs contre le ghetto d’Amsterdam, le tortionnaire de Jean Moulin, ancien préfet de la République, chef du Conseil national de la Résistance et Délégué général du général de Gaulle, l’organisateur de rafles de 44 enfants de la maison d’Izieu, le 6 avril 1944, fait permettant de le juger en France en 1987 pour crime contre l’humanité… C’est Klaus Barbie (1913-1991).

Une longue traque 
A la Libération de la France, Klaus Barbie se rend en Allemagne. Il est recherché par les Alliés – Etats-Unis, France - pour ses crimes de guerre.

En 1947, Barbie entre dans le réseau Peterson dirigé par Kurt Merk, et soutenu financièrement par le CIC (Counter Intelligence Corps) de l’Armée américaine.

Dès 1948, la France demande l’extradition de Klaus Barbie. Refus du CIC : pendant la Guerre froide, l’expérience acquise sous l’Occupation par Barbie dans la lutte contre les résistants communistes s’avère un atout.

En 1951, la police allemande l’accuse de vol. Grâce à de nombreux appuis (CIA, prêtre catholique Krunoslav Draganović), Barbie échappe de nouveau à tout procès et se réfugie en Argentine au terme d’un périple qui le mène à Vienne où il bénéficie de l’aide de Kurt Waldheim, Milan, Rome, puis Gênes.

En 1952 et 1954, Barbie est condamné par contumace, à la peine de mort, dans les procès visant René Hardy, soupçonné d’avoir trahi Jean Moulin.

En Bolivie, dont il acquiert la nationalité, Barbie prend le nom de « Klaus Altmann ». Directeur d’une entreprise d’exploitation de bois, Barbie dirige une compagnie maritime (1966-1971) et effectue le trafic de drogues et d’armes pour des dictatures militaires sud-américaines.

Dès 1964, Barbie collabore avec l’armée bolivienne. Il met de nouveau au service des pouvoirs politiques successifs, en particulier au Pérou, son expertise en matière de recherche d’opposants politiques et de torture.

En 1966 et 1967, Barbie aurait aussi été un agent du Service de renseignement de la République fédérale d’Allemagne (RFA) sous le nom d’Adler.

En 1961, la police ouest-allemande repère Barbie en Bolivie, et en 1969 connaît son nom d’emprunt. C’est à l’initiative de Beate Klarsfeld que le dossier n’est pas classé.

Le 18 février 1972, Beate Klarsfeld affirme que Klaus Altmann et Barbie ne sont qu'un seul et même individu. Toujours en 1972, TFl diffuse l’interview, en Bolivie, par le journaliste Ladislas de Hoyos de Klaus Altmann, qui nie être Barbie. Mais ses empreintes digitales le trahissent et prouvent sa réelle identité.

Régis Debray et ses amis survivants de la guérilla, dont Gustavo Sanchez, militant d'extrême gauche en Bolivie, tentent d'organiser l'enlèvement de Barbie/Altmann, "symbole de l'oppression nazie et sur les peuples d'Amérique latine". Debray rencontre le couple Klarsfeld. Celui-ci veut traduire devant la justice l'ancien dirigeant nazi, et non un "règlement de compte". Serge Klarsfeld réunit les fonds, utilise un "faux" passeport prêté par un ami. Direction : la Bolivie. Klarsfeld remet l'argent aux "apprentis agents". Barbie est caché dans la "prison dorée" de San Pedro par les autorités boliviennes.

18 février 1973. La demande d'extradition de la France est rejetée par la Bolivie. Barbie est libéré.

Une amie des Klarsfeld entre dans le cercle d'amis de Barbie et le surveille. Pendant dix ans, Barbie continue de mener ses affaires sans être inquiété.

En février 1982, un émigré bolivien annonce au couple Klarsfeld son intention du tuer Barbie. Mais il renonce à son projet en espérant la fin de la dictature militaire. Peu après la Bolivie et la France sont présidées par un président de gauche.  C'est la "période romantique" du début de la présidence de François Mitterrand.

Conseiller du Premier ministre Pierre Mauroy sous la présidence de François Mitterrand, ambassadeur, né à Béziers, né de parents espagnols républicains, Bernard Garcia, suggère une collaboration entre les deux pays afin de récupérer le criminel de guerre Barbie. « Il était nécessaire de le renvoyer devant la justice. Et surtout, qu'il ne meure pas dans son lit, comme d'autres », se souvient Bernard Garcia. Échanger Barbie contre des armes : un marché longtemps tenu secret.

Encouragé par Gaston Defferre, Garcia contacte alors Régis Debray, chargé de mission pour les relations internationales auprès de l'Élysée. Serge Klarsfeld renoue avec Régis Debray qui rédige une note au Président Mitterrand. Une réunion interministérielle décide d'une rencontre entre le président bolivien Zuazo et Garcia afin de proposer ce marché, et présenter Barbie à un juge à Cayenne. Contre Barbie, le président Zuazo demande "un équipement sérieux pour la police". Un accord est conclu entre les autorités au plus haut niveau des deux pays. Le 5 novembre 1982, Christian Riss, juge d'instruction, lance un mandat d'arrêt international. Refus surprenant d'Interpol. Influence de Kurt Waldheim ?

Robert Badinter, ministre de la Justice, est favorable à un procès de Barbie. Malgré le soutien du Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, le Président Mitterrand hésite, est "embarrassé". Crainte de voir renaître les dissensions de l'Occupation ? "Mitterrand a un grand sens de l'Histoire. Il mesurait que ce serait le procès des criminels contre l'humanité. Ce serait porter à son crédit", analyse Robert Badinter.

La CIA évalue la transaction d'armes françaises à 10 millions de francs. Les "Etats-Unis décident de ne plus soutenir les dictatures d'Amérique latine de plus en plus liées au cartel de la drogue".

La demande d'extradition d'un juge allemand court toujours. La RFA ne souhaite pas un procès de Barbie sur son sol. 

Le 4 février 1983, Barbie, colonel honoraire des renseignements en Bolivie, est expulsé vers la France, après avoir été emprisonné pour une dette fiscale en janvier 1983. Sans mandat d'arrêt ni demande d'extradition. Pour tromper les soutiens de Barbie, un faux "Barbie" est mené en voiture jusqu'à l'aéroport. Barbie croit que l'avion le transportant l'amènera en Allemagne, "où il pense ne rien avoir à craindre". Il demeure "arrogant, loquace" avec le journaliste Carlos Soria Galvarro qui l'interviewe lors du trajet. "Il n'a eu aucun signe de regret" à l'égard de ses actes lors de la Deuxième Guerre mondiale, se souvient ce journaliste.

Après sept heures de vol, l'Hercule bolivien se pose sur l'aéroport de Cayenne, en Guyane française. Barbie est stupéfait. Le procureur lui signifie son mandat d'arrêt.

En France métropolitaine, Barbie est détenu, selon la volonté de Robert Badinter, à la prison de Montluc, là où a été torturé Jean Moulin pendant deux jours.

L'instruction débute. Il y a prescription pour la mort de Jean Moulin. Barbie ne peut être poursuivi que pour des crimes pour l'Humanité. Klarsfeld retrouve l'original de l'ordre de l'arrestation des enfants Juifs d'Izieu - le plus jeune enfant avait quatre ans -. D'autres crimes sont révélés, dont la rafle de la rue Sainte-Catherine au cours de laquelle le père de Robert Badinter a été arrêté. "En voyant l'ordre de déportation de son père, je mesure que l'abolition de la pine de mort concernait au premier chef l'assassin de mon père. Je me suis interrogé à ce sujet Ce que j'ai appris au long de cette affaire : l'abolition correspondait à ce qu'il était", déclare d'une voix émue Robert Badinter.

Le 11 mai 1987 « débute à Lyon le procès de Klaus Barbie, accusé de crimes contre l'humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale. Détenu au fort Montluc d'où il avait ordonné les exactions contre les Juifs et les résistants, l'ancien chef de la Gestapo est condamné à la réclusion à perpétuité. Mais pour en arriver à ce procès hors norme, dix ans de traque et d'intrigues entre États ont été nécessaires. La colère de citoyens, de journalistes et de conseillers politiques qui refusaient de voir Barbie en liberté aura finalement eu raison du « boucher de Lyon ».

En 1987, à l’issue d’un procès se déroulant sur 37 jours d’audience (11 mai-4 juillet 1987) au cours desquels sont entendus 107 témoins et experts, plaident 39 avocats de parties civiles, trois avocats, dont Me Jacques Vergès, pour le prévenu, la cour d’assises du Rhône installée au palais de justice de Lyon, présidée par André Cerdini - Pierre Truche représentant le ministère public - condamne Klaus Barbie à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’Humanité : rafles de 86 personnes au siège de l'UGIF (Union générale des israélites de France), sis au 12, de la rue Sainte-Catherine le 9 février 1943 et d’Izieu le 6 avril 1944, déportation de plus de six cents Juifs et résistants dans le convoi du 11 août 1944. Une double première : le procès d’un dirigeant nazi en France, filmé (145 heures).

Simone Lagrange
Simone Lagrange avait témoigné lors du procès de Barbie. Elle était née dans une famille juive originaire du Maroc, du nom de Kadoshe. La famille Kadoshe s'était fixée dans les années 1930 à Saint-Fons (métropole de Lyon). À l'âge de 13 ans, Simone "avait été arrêtée avec ses parents au domicile familial sur dénonciation le 6 juin 1944. Conduits dans les locaux de la Gestapo à Lyon, fille et parents avaient été interrogés et torturés par son chef Klaus Barbie, surnommé « le boucher de Lyon », qui voulait savoir où étaient cachés les plus jeunes des enfants de la famille". Détenues à Montluc, Simone et sa mère "avaient été transférées à Drancy le 23 juin, puis déportées sept jours plus tard vers le camp d'Auschwitz-Birkenau par le convoi n° 76. Mère et fille avaient été sélectionnées à leur arrivée pour le travail dans le camp des femmes de Birkenau, mais la mère de Simone avait été gazée dès le 23 août. Son père avait été déporté par le convoi parti de Lyon le 11 août 1944, avec deux des enfants de sa fille aînée âgés de 5 et 7 ans. Seule Simone avait survécu au travail forcé et aux marches de la mort, au cours desquelles son père fut tué sous ses yeux le 19 janvier 1945. De retour en France fin mai 1945, elle retrouva ses jeunes frère et sœur qui avaient été cachés dans une institution religieuse".

Simone Kadoshe, devenue ensuite Simone Lagrange, a été "un des témoins clés du procès de Klaus Barbie, tenu à Lyon en 1987". « Barbie a tiré sur la résille qui retenait mes longs cheveux blonds. Ils se sont déroulés, il a tiré dessus de toutes ses forces et j'ai reçu la première paire de gifles de ma vie. Mon père a tenté de s'interposer, on lui a mis un revolver sur la tempe », expliquait Simone Lagrange. Elle a aussi retranscrit ses souvenirs dans des livres, témoigné dans les établissements scolaires et transmis son expérience de l'horreur de l'espace concentrationnaire nazi dans un documentaire sur France 2 intitulé Moi petite fille de 13 ans: Simone Lagrange témoigne d'Aushwitz (2010). Elle est morte le 17 février 2016 à l'âge de 85 ans à Grenoble, en Isère. 

Grâce à des archives du ministère français des Affaires étrangères, des services secrets de l’ex-République fédérale allemande, et du ministère américain de la Justice, aux témoignages d’acteurs contribué à l'arrestation de Klaus Barbie, aux interviews de Serge et Beate Klarsfeld, qui avaient échoué à enlever Klaus Barbie, ainsi que de Robert Badinter, alors ministre de la Justice, Régis Debray, le « voile se lève sur les dix années de traque et d'intrigues entre Etats qui ont été nécessaires pour aboutir au procès de l'ancien nazi ».

A quand un documentaire sur une chaîne publique française sur le rôle du ministère français des Affaires étrangères, soucieux de la « politique arabe » de la France, dans la fuite en mai 1946 vers l’Egypte, après un séjour très agréable d’un an à Paris et dans sa banlieue, du grand mufti de Jérusalem Mohamed Amin al-Husseini, éminent collaborateur des Nazis, alors que la Grande-Bretagne et la Yougoslavie voulaient le juger pour crimes de guerre ?

Les 10 mai 2016 à 21 h 40, 12 mai à 18 h 15, 13 mai à 12 h 35, 15 mai à 23 h 23, Toute l'Histoire diffusera Opération Barbie, affaire d'Etats, documentaire de Bertrand Delais (2014, 52 min) : "Le 11 mai 1987 débute à Lyon le procès de Klaus Barbie, accusé de crimes contre l'humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale. Détenu au fort Montluc, d'où il avait ordonné les exactions contre les juifs et les résistants, l'ancien chef de la Gestapo est condamné à la réclusion à perpétuité. Mais pour en arriver à ce procès hors norme, dix ans de traque et d'intrigues entre États ont été nécessaires. La colère de citoyens, de journalistes et de conseillers politiques qui refusaient de voir Barbie en liberté aura finalement eu raison du «boucher de Lyon ».

La maison d'Izieu
Après la visite du Président François Mitterrand le 24 avril 1994 pour l'inauguration de la Maison d'Izieu-Mémorial des enfants Juifs assassinés (Ain), lieu (Ain), lieu de la rafle du 6 avril 1944, à l'initiative de Klaus Barbie et exécutée par la Gestapo, de 41 enfants Juifs âgés de quatre à dix-sept ans, et de sept adultes Juifs vers les camps nazis de la mort, le Président François Hollande s'est rendu le 6 avril 2015 dans ce lieu pour y inaugurer une extension. En 1944, cette maison était dirigée par Sabine Zlatin, qui a survécu, et Miron Zlatin. Le enfants et adultes Juifs raflés ont été assassinés dans les camps d'Auschwitz-Birkenau (Pologne) et de Reval (Estonie). Le Président était accompagné par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, et par Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'État chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire. L'extension de la maison s'était avérée nécessaire pour accueillir les 26.000 visiteurs qui s'y recueillent chaque an, dont de nombreuses classes et leurs enseignants.

« Je suis là pour les enfants d'Izieu, et pour les 11.000 enfants et les 64.000 adultes déportés en France pendant la Seconde guerre mondiale. Je suis là pour eux et tous les enfants martyrisés partout dans le monde, victimes du fondamentalisme religieux qui s'empare des peurs, au Kenya, en Syrie, en Irak, où des hommes, des femmes, des enfants sont pourchassés en raison de leurs traditions et de leur religion. Tous les aspects de notre passé doivent être enseignés dans nos établissements scolaires. La barbarie n'a pas d'âge, de limite et de couleur. Le repli et l'isolement sont toujours des poisons mortels pour une nation. Dans notre civilisation de l'image, tout doit être fait pour que la mémoire trouve sa place. L'école doit s'ouvrir aux témoins, aux artistes, aux scientifiques et lutter contre les préjugés.Tous les aspects de notre passé doivent être enseignés dans nos établissements scolaires : l'esclavage, la colonisation, la Shoah », a déclaré le Président de la République François Hollande.

Juifs originaires de Pologne et de Russie, Sabine et son époux Miron Zlatin sont arrivés en France dans les années 1920 pour fuir l'antisémitisme. Ils ont obtenu leur naturalisation en  1939. En mai 1943, aidés par Pierre-Marcel Wiltzer, sous-préfet de Belley, ils ont installé à Izieu (Ain), une « colonie d'enfants réfugiés ». Là, dans cette zone sous occupation italienne, ils ont hébergé une centaine d'enfants orphelins. La colonie d'Izieu a accueilli une centaine d'enfants orphelins. Le 8 septembre 1943, l'Italie capitule ; "les départements occupés jusque-là par les Italiens passent sous la férule nazie. Sabine Zlatin comprend alors qu'il faut disperser les enfants mais elle n'y parviendra pas à temps.

Le 6 avril 1944, un détachement de la Wehrmacht et une voiture de la Gestapo lyonnaise, dirigée par Klaus Barbie, débarquent et emportent 45 enfants et 7 adultes.  Le télex signé par Klaus Barbie, le 6 avril 1944, annonce l'arrestation des enfants d'Izieu et ordonne leur transfert à Drancy: « Ce matin, la maison d'enfants juifs ‘Colonie Enfant' d'Izieu - Ain a été dissoute. Au total ont été arrêtés 41 enfants âgés de 3 à 13 ans. En outre, nous avons réussi à arrêter la totalité du personnel juif »  Miron Zlatin est fusillé dans le camp de Reval, en Estonie (aujourd'hui Tallinn) en août 1944. Sa femme Sabine, absente pendant la rafle, échappe à l'extermination et meurt en 1996 après avoir dévoué sa vie à la mémoire des enfants juifs déportés.  Par décret présidentiel du 3 février 1993, la Maison d'Izieu est désignée par la République comme l'un des trois lieux de la mémoire nationale où sont organisées des cérémonies officielles lors de la « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite ‘gouvernement de l'État français' (1940-1944) ».

Après la visite du Président François Mitterrand le 24 avril 1994 pour l'inauguration de la Maison d'Izieu-Mémorial des enfants Juifs assassinés (Ain), lieu de la rafle du 6 avril 1944, à l'initiative de Klaus Barbie et exécutée par la Gestapo, de 41 enfants Juifs âgés de quatre à dix-sept ans, et de sept adultes Juifs vers les camps nazis de la mort, le Président François Hollande s'est rendu le 6 avril 2015 dans ce lieu pour y inaugurer une extension de de Mémorial.

Il a déclaré : "Le crime contre l’humanité s’est produit, ici, dans ce cadre admirable et paisible, sur ce terre-plein où je me situe et qui domine la vallée du Rhône, au milieu des montagnes du Bugey et du Dauphiné. Il était 8h30, le 6 avril 1944. C’était le début des vacances de Pâques. L’innocence avait trouvé refuge dans cette Maison. Des enfants avaient confiance dans la vie, ils pensaient être, ici, à l’abri. Ils ignoraient qu’ils étaient une proie. Ordre avait été donné par Klaus Barbie aux soldats SS et à la Gestapo de ratisser la région et de rechercher tous les juifs qui pouvaient s’y cacher, et notamment les enfants, pour les déporter et les conduire au supplice. Une voiture, deux camions se sont donc arrêtés devant la Maison et ont emmené vers la mort les 44 enfants et les 7 adultes qui étaient avec eux. Ces enfants – dont certains n’avaient pas 4 ans – ont d’abord été conduits dans la prison de Montluc à Lyon, puis transférés à Drancy, inscrits sous les numéros 19185 à 19235 ; et quelques jours après, ce fut le départ pour un voyage dont la seule survivante fut Léa Feldblum. Les plus jeunes ont péri dans la chambre à gaz d’Auschwitz, tandis que les plus âgés, c'est-à-dire les adolescents et les éducateurs ont été fusillés à Reval en Estonie".

Les 10 mai 2016 à 21 h 40, 12 mai à 18 h 15, 13 mai à 12 h 35, 15 mai à 23 h 23, Toute l'Histoire diffusa Opération Barbie, affaire d'Etats, documentaire de Bertrand Delais (2014, 52 min).


« Opération Barbie. Affaire d’Etats  », de Bertrand Delais
Arte France / Siècle Productions, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 2014, 53 min 

Visuels :
Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, est considéré comme l'un des plus grands criminels de guerre
© Siècle Productions

Klaus Barbie, surnommé le "boucher de Lyon" lors de son procès
© Marc Riboud

Le politicien Robert Badinter
© Siècle Productions

Un article dans le journal "Presencia" sur l'extradition de Klaus Barbie en France, 1983.
© Siècle Productions

© Présidence de la République - C.Chavan

Colonie d'Izieu, été 1943 (maison d'Izieu, succession S. Zlatin)

Télex du 6 avril 1944. (CDJC, Mémorial de la Shoah)

A lire sur ce blog :
Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié sur ce blog les 10 mars et 7 septembre 2015, 18 février et 9 mai 2016.

Le Marais en héritage(s) : 50 ans de sauvegarde, depuis la loi Malraux



Le Musée Carnavalet a présenté l’exposition éponyme. Plus de 330 œuvres – photographies, livres, dessins, plans et cartes, films, affiches, maquettes, gravures et médailles rappellent les problématiques soulevées par le « tracé du premier secteur sauvegardé parisien » à l’initiative des ministres André Malraux et Pierre Sudreau, des passionnés et des amateurs éclairés. Le 30 mars 2017, France 5 diffusera Le Marais, un trésor à Paris, documentaire de Laurent Lefebvre. "Quartier le plus visité de Paris, le Marais est à la fois aristocratique, populaire, bohème et bourgeois. Il abrite artisans et commerçants, une population qui se bat chaque jour pour préserver l'âme de cet espace. Il s'enracine dans une capitale capricieuse qui l'a tantôt choyé, tantôt délaissé. Aujourd'hui, de l'Hôtel de Ville à la Bastille, le Marais s'est constitué comme le poumon artistique et branché de la ville. Musée à ciel ouvert, ses jardins secrets et ses multiples hôtels particuliers de la Renaissance permettent de remonter le temps".


Le nom « Marais », pour désigner ce quartier, semble être apparu dans les années 1560.

Au XVIIe siècle, il « devient le quartier le plus élégant et le plus à la mode de la capitale ».

Pour évoquer cette période, le Musée Carnavalet présente une « matériauthèque » du Marais formée « de lambris, portes, solives, balustres de rampes, sculptures, céramiques, boucles, monnaies, enseignes, documents, photographies, films, plans, maquettes… »

Au fil des siècles, le Marais est demeuré pour partie bourgeois, et pour partie populaire avec ses artisans, petits commerçants et ouvriers, et juif principalement par son Pletzl.

« Sur la plupart de ces quais au-delà de Notre-Dame ne figure aucun monument illustre […]. Ils sont les décors privilégiés d'un rêve que Paris dispensa au monde, et nous voulons protéger ces décors à l'égal de nos monuments. » (André Malraux. Intervention à l’Assemblée Nationale, 23 juillet 1962).

Quarante ans après le décès d’André Malraux et pour le 50e anniversaire « du tracé du premier secteur sauvegardé parisien », le musée Carnavalet montre « une exposition dédiée au Marais, quartier qui occupe une place singulière dans le cœur des Parisiens » et dans l’histoire des Juifs de la capitale (Pletzl).

Plus de 300 œuvres mettent « en perspective 50 ans de l’évolution d’un quartier exceptionnel par l’abondance de ses hôtels particuliers érigés aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles qui côtoient des architectures contemporaines et au cœur duquel se trouve le musée Carnavalet ».

La loi du 4 août 1962 a instauré « les secteurs sauvegardés dont le caractère historique justifie » la « conservation, la restauration et la mise en valeur ». Elle confère au quartier du Marais « un dispositif de protection patrimoniale spécifique, à l’instar des centres historiques des villes comme Lyon, Chartres, Clermont-Ferrand ou Aix-en-Provence ».

La « sauvegarde du Marais a suscité d’exceptionnelles aventures humaines, individuelles et collectives associant des « décideurs, des aménageurs, des élus, des architectes, des urbanistes et des résidents, et induisant « de multiples visions et controverses ».

« Quels ont été les défis, les succès et les revers de la valorisation ? Que révèlent-ils ? Vers quel renouveau tendent-ils ? » L’exposition, dont la commissaire est Valérie Guillaume, Directrice du musée Carnavalet – Histoire de Paris, « évoque les questions patrimoniales et esthétiques » suscitées par ce plan de sauvegarde ainsi que « ses dimensions sociologiques, économiques et humaines ». 

Témoignages, photographies, films, cartes, maquettes, instruments, échantillons, affiches, dessins in situ, prélèvements, éléments d’architecture soulignent l’évolution permanente de ce quartier. Le visiteur est invité à une véritable « immersion sensorielle » à travers les couleurs et les matériaux du Marais.

De « nombreuses pièces inédites issues d’hôtels particuliers, de maisons de rapport ou de lieux de culte sauvés de la destruction », et découvertes aussi lors de fouilles archéologiques récentes, laissent apparaître « un Marais secret » au savoir-faire, à l’art de vivre, l’architecture urbaine, et l’esthétique si particuliers.

Un « dispositif numérique interactif propose ainsi aux visiteurs de se plonger dans deux rues familières du quartier, la rue des Rosiers dans le 4e arrondissement et la rue du Temple, dans le 3e arrondissement. A partir de témoignages, de photos et d’extraits de presse, un portrait vivant est esquissé ».

En 50 ans d’application de la loi Malraux, le secteur sauvegardé du Marais a subi des métamorphoses architecturales, démographiques, sociales.

Avant sa fermeture provisoire (2015-2019) pour assurer une rénovation visant à « repenser en profondeur la présentation de ses collections ainsi que sa médiation afin de devenir le musée incontournable pour comprendre Paris, son espace urbain, ses habitants, sa mémoire et son histoire, cette exposition propose de « nouvelles clés de compréhension d’un territoire » par une scénographie annonçant partiellement une « des salles d’introduction du futur musée après sa rénovation ».

La loi Malraux à l’origine des secteurs sauvegardés
La sauvegarde du Marais « inaugure un mouvement international de préservation et de mise en valeur des quartiers anciens qui émerge dans les années 1960 ». Parallèlement à un mouvement visant à moderniser les villes pour les adapter aux voitures.

Un secteur sauvegardé est « une zone urbaine soumise à des règles particulières en raison de son « caractère historique, esthétique ou de nature à justifier la conservation, la restauration et la mise en valeur de tout ou partie d'un ensemble d'immeubles, bâtis ou non » (loi du 4 août 1962 dite « loi Malraux ») ».

On en compte 105 secteurs sauvegardés en France. Alors ministre des Affaires culturelles, André Malraux souhaitait en créer 400.

« D’une extraordinaire richesse patrimoniale, le Marais est le premier quartier parisien déclaré « secteur sauvegardé » en décembre 1964. Son territoire de 126 hectares, environ 1,2% de la surface de Paris, recouvre partiellement les 3e et 4e arrondissements. Nous célébrons en 2015 le 50e anniversaire de sa délimitation ».

« L’autre secteur sauvegardé à Paris est la partie Est du 7e arrondissement, il est délimité par un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) établi en 1972 et approuvé en 1991 ».

La « sauvegarde du patrimoine n’exclut pas les projets architecturaux contemporains.

Bien au contraire, même dans un secteur sauvegardé, la ville se construit par strates temporelles successives. Trois propositions architecturales des années 2010, présentées en début d’exposition, témoignent de cet harmonieux dialogue entre le patrimoine et la création :
- les logements sociaux construits par les architectes Chartier-Corbasson à l’angle des rues de Turenne et Saint-Antoine (4e), avec leur audacieuse façade évolutive et mobile, en alignement de rue,
- la réhabilitation de l’ancienne Société des Cendres par l’architecte Pierre Audat au 39 rue des Francs-Bourgeois (4e),
- la future fondation des Galeries Lafayette conçue par Rem Koolhaas situé entre la rue du Plâtre et la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie (4e), actuellement en cours d’aménagement ».

Les acteurs de la sauvegarde du Marais
« Depuis l’établissement de son périmètre le 16 avril 1965, le secteur sauvegardé du Marais fait l’objet d’une politique de mise en valeur active qui mobilise politiques, architectes, urbanistes, historiens, archéologues mais aussi les bénévoles et les amoureux du Marais ».

« Dès 1959, le ministre des affaires culturelles André Malraux partage avec son collègue Pierre Sudreau, ministre de la Construction, la volonté de sauvegarder le patrimoine historique et esthétique. Ensemble, ils engagent le ravalement des monuments parisiens ainsi décrits par Malraux : « Paris noir était une ville triste. C’est la saleté qui l’avait rendue triste. Le noir supprimait les ombres, donc le décor ». André Malraux « considère la sauvegarde comme une ressource imaginaire féconde » : « Dans notre civilisation, l’avenir ne s’oppose pas au passé, il le ressuscite ». Son « grand génie a été de réussir à personnifier la loi votée le 4 août 1962 et depuis communément appelée « loi Malraux ».

C’est « exceptionnellement au Sénat que cette loi est d’abord présentée, en décembre 1961, par Pierre Sudreau. La loi a un double but, dit-il, « de protéger et d'essayer de restaurer des quartiers anciens ou historiques qui font partie de l'âme de notre pays ».

Le 23 juillet 1962, André Malraux « prononce devant l’Assemblée nationale un discours dont cet extrait demeure particulièrement fameux » : « Les nations ne sont plus seulement sensibles aux chefs-d’œuvre, elles le sont devenues à la seule présence de leur passé. Ici est le point décisif : elles ont découvert que l'âme de ce passé n'est pas faite que de chefs-d’œuvre, qu'en architecture un chef-d’œuvre isolé risque d'être un chef-d’œuvre mort ».

En 1970, la FNAC « lance un concours à destination des photographes amateurs pour immortaliser Paris. Prêtées généreusement par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP), ces images témoignent de la vie populaire du Marais à cette époque : les amateurs entrent dans les cours et dans les ateliers, accèdent aux chantiers de construction et témoignent ainsi des transformations du quartier ».

 « Animés par la passion du quartier, des amateurs s’engagent bénévolement dans sa préservation et arpentent méthodiquement ses rues pour capturer ses singularités et ses trésors afin d’en dresser un plan exhaustif ».

De 1962 à 1968, « Michel Raude met en place le Festival du Marais. Inspiré par le Festival d’Avignon, il propose des spectacles vivants dans les hôtels particuliers du quartier afin de faire connaitre ce patrimoine ».

Roland Liot, » photographe professionnel, est aussi spectateur de cette époque : il explore le Marais pour figer sur la pellicule les modifications qui l’affectent ».

Le Marais « a été également un territoire d’intense mobilisation militante contre l’expulsion de ses habitants et la rénovation par le privé de son patrimoine historique. Créé en 1975, l’inter-comité du Marais alerte l’opinion et les médias et contribue activement à modifier la réflexion en matière d’architecture et d’urbanisme ».

L’exposition s'achève par deux promenades, à travers le musée et le quartier. Au sein du musée Carnavalet - Histoire de Paris « le visiteur découvre les nombreuses œuvres et décors intérieurs du Marais qui n’ont pas pu être déplacés dans les salles d’exposition temporaire : la maquette de l’ensemble décoratif provenant de l’hôtel Colbert de Villacerf, datant du XVIIe siècle évoque ces nombreux ensembles décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles remontés dans l’hôtel Carnavalet ».

Enfin, l’exposition « engage chacun à inventer sa promenade dans le quartier, sur les pas des artistes Kojiro Agaki, Françoise Schein, Michel Longuet ou encore de la communauté des Urban Sketchers Paris, réseau de dessinateurs qui a organisé spécialement pour l’exposition deux « marathons de dessins » (ou SketchCrawl) en février et mars 2015 ».

Le 6 octobre 2016, à 19 h 30, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) proposa Habiter le Marais 1900-1980,conférence d’Isabelle Backouche à l’occasion de la parution de son ouvrage Paris transformé. Le Marais 1900-1980 : de l’îlot insalubre au secteur sauvegardé (Créaphis éditions, 2016). "Le Marais a suscité de nombreux projets, débats et combats avant et après la décision de sa sauvegarde par la loi Malraux en 1962. Sa partie sud, au bord de la Seine, est l’un des dix-sept îlots insalubres délimités en 1920. Dénommé « îlot 16 », il a la réputation d’être un ghetto et son aménagement est lancé à partir de 1941. L’historienne Isabelle Backouche, directrice d’études à l’EHESS au Centre de recherches historiques, aborde les liens entre urbanisme et antisémitisme, observant à la loupe cette transformation urbaine qui frappe l’inscription de la communauté juive dans ce quartier. Elle pratique l’histoire urbaine et a notamment publié La cathédrale Notre-Dame et l'Hôtel de Ville. Incarner Paris du Moyen Age à nos jours (Paris, Publications de la Sorbonne, 2015), Aménager la ville. Les centres urbains français entre conservation et rénovation (de 1943 à nos jours) (Paris, A. Colin, 2013), Maison de l’histoire de France : enquête critique (Paris, Fondation Jean Jaurès, 2012).

Le 30 mars 2017, France 5 diffusera Le Marais, un trésor à Paris, documentaire de Laurent Lefebvre (55 min). "Quartier le plus visité de Paris, le Marais est à la fois aristocratique, populaire, bohème et bourgeois. Il abrite artisans et commerçants, une population qui se bat chaque jour pour préserver l'âme de cet espace. Il s'enracine dans une capitale capricieuse qui l'a tantôt choyé, tantôt délaissé. Aujourd'hui, de l'Hôtel de Ville à la Bastille, le Marais s'est constitué comme le poumon artistique et branché de la ville. Musée à ciel ouvert, ses jardins secrets et ses multiples hôtels particuliers de la Renaissance permettent de remonter le temps".

"Maigret tend un piège"
Arte diffusa les 26 février, 3 et 9 mars 2016 Maigret tend un piègede Jean Delannoy '1958) d'après l'oeuvre de Simenon, avec Jean Gabin, Annie Girardot, Jean Desailly, Olivier Hussenot, Jeanne Boitel, Lucienne Bogaert, Lino Ventura, Jean Debucourt, Guy Decomble, Maurice Sarfati et Daniel Emilfork.

"Trois femmes sont retrouvées mortes, vêtements lacérés, dans le quartier du Marais à Paris. Au quatrième meurtre, le commissaire Maigret comprend qu'il a affaire à un tueur en série et décide de lui tendre un piège. Il organise une reconstitution du dernier meurtre, choisissant pour appât des femmes ressemblant à celles que le tueur prend pour cible, et dissimule des policiers en civil parmi la foule. Le leurre fonctionne. Dans le même temps, l'inspecteur Lagrume, tête de turc de Maigret, prend en filature une certaine Yvonne Maurin, dont le comportement étrange pendant la reconstitution a éveillé ses soupçons. Une série de coïncidences et le génie du commissaire Maigret conduiront vite au criminel..."

Un film noir éclairé par les dialogues de Michel Audiard, qui offre un costume sur mesure à Jean Gabin.  Maigret le débonnaire, Gabin le magnifique. C'est la première fois que Jean Delannoy réalise un Maigret. Associé pour les dialogues à Michel Audiard, il parvient à transposer d'une remarquable façon l'atmosphère créée par Georges Simenon. Jean Gabin est sans doute celui qui a le mieux incarné le commissaire à la pipe et à la force tranquille, se moquant des déductions savantes et préférant humer les lieux et les êtres, à la recherche du "pourquoi" plutôt que du "comment".

Premier des trois films avec Gabin dans le rôle du célèbre commissaire, Maigret tend un piège impose une atmosphère noire et lourde, digne des plus grands polars. Un film savoureux, porté par le jeu de ses acteurs, dont deux "débutants" qui feront leur chemin, Annie Girardot et Lino Ventura".
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Témoignage du sociologue Edgar Morin qui habitait au 35, rue des Blancs Manteaux au début des années 1960

« La population est merveilleusement cosmopolite. Il y a des Juifs que le trop plein de la rue des Rosiers a exilé vers l’est, des Arabes travaillant aux Halles et qui logent dans une même pièce ; il y a une colonie chinoise déportée pendant la guerre de 1914 de la concession française de Shanghai et dont les descendants se sont consacrés à la maroquinerie. »

« Le Marais […] a disparu depuis le début du XIXe siècle sous les appentis ; les excroissances en matériaux divers apportés là par une population des plus denses à Paris, sous la crasse et la lèpre d’un vieillissement accéléré. »


L’îlot 16, au croisement de l’histoire urbaine, architecturale, politique et sociale

« Pluridisciplinaire, l’exposition resitue les questions architecturales dans leur contexte politique, historique et sociétal. Le cas particulier de l’îlot 16 est emblématique de l’inscription de ces problématiques dans le territoire. C’est en 1921 que dix-sept îlots dits « insalubres », parce que la mortalité par tuberculose y est supérieure à la moyenne, sont délimités sur l’ensemble du territoire parisien. Ces quartiers sont destinés à être rasés et reconstruits. Le 16e îlot, d’une superficie de 14 hectares, est situé au sud du 4e arrondissement. Il est délimité à l’ouest par l’église Saint-Gervais, à l’est par la rue de Foucry, au nord par la rue François Miron et au sud par le quai de l’Hôtel de Ville Plusieurs visions d’aménagement de cet îlot se sont succédé dans les années 1930. L’urbanisme de mouvance moderniste voulait détruire le quartier et édifier un centre administratif et culturel doté d’un vaste espace vert. L’administration du régime de Vichy (1940-1944) préfère à ce plan un processus de conservation et de sauvegarde. Elle privilégie le curetage des cours intérieures, l’aménagement d’espaces verts, la destruction de bâtiments vétustes et la reconstruction d’édifices, de style historique. L’ancien tracé des rues est modifié. Ces différentes interventions préfigurent les méthodes en vigueur à partir de la loi Malraux ».

« L’expulsion des habitants, à majorité locataires, des 350 immeubles classés insalubres, dans cet îlot 16, a eu lieu pendant les persécutions des Juifs, notamment entre 1941 et 1944. 20% des foyers qui avaient fait l’objet de la procédure d’expulsion s’étaient déclarés juifs ».


Jusqu’au 28 février 2016
Au Musée Carnavalet 
Histoire de Paris
16, rue des Francs-Bourgeois. 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 44 59 58 58
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h

Visuels 
Cour d'honneur de l'hôtel Carnavalet - 2015 © Jean-Baptiste Woloch / Musée Carnavalet

Mascaron : tête masculine de Faune Vers 1648-1650 Calcaire de Saint-Leu 66 x 75 x 34, 5 cm, Paris, Association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris historique © Paris Musées/Lyliane Degrâces-Khoshpanjeh

Place des Vosges, acardes SketchCrawl 14 Février/8 Mars 2015, Aquarelle. Marion Rivolier. Paris, Marion Rivolier/ Urban Sketcher Paris © Marion Rivolier

Anonyme. Panneau du grand hôtel d'Aumont. Chêne sculpté et peint en blanc, décor rapporté doré. 1774-1791. Paris, musée Carnavalet. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

 « Non aux expulsions en août, Solidarité avec l’intercomité du Marais, 25 rue Saint Paul exposition, film, permanence » Intercomité du Marais - © Atelier F.A.P. (Front des Artistes Plasticiens)

La Place des Vosges © Roland Liot

Saint François enlevé dans un char de feu, partie supérieure"".
Paris, musée Carnavalet. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Delphine Priollaud-Stoclet,  Rue des Rosiers. Gouache . 29,7 x 42cm Paris, coll. Delphine Priollaud-Stoclet / Urban Sketchers Paris © Delphine Priollaud-Stoclet

Plan de Sauvegarde et de mise en valeur du Marais 2013

Vue aérienne de la place de l'Hôtel-de-Ville piétonne en 1983 - © Droit Réservé Ville de Paris, collection Direction de l’Urbanisme

Bâtiment existant et tour d'exposition de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, Maquette 1-100e du projet de l’agence OMA © OMA

1977 La place de l'Hôtel-de-Ville - Esplanade de la Libération, ancienne place de Grève jusqu'en 1803 © Droit Réservé Ville de Paris, collection Direction de l’Urbanisme

Portrait d'André Malraux, ministre de la Culture, dans son bureau de la rue de Valois,  Paris (Ier arr.). 1967.
Photographie de Jean Mounicq.
Paris, musée Carnavalet. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Roman Cieslewicz (1930-1996). Affiche pour le festival du marais du 6 juin au 14 juillet 1972, Sérigraphie, 1972. Paris, musée Carnavalet.© Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Décor du cabinet provenant de l'Hôtel Colbert de Villacerf. Anonyme. Paris, musée Carnavalet.  © Daniel Lifermann / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Françoise Schein, Rue du Roi de Sicile, anciennement 48 rue des droits de l’homme, 2014. Installation lumineuse. Paris, collection particulière. Courtesy V Contemporary Art Gallery www.5contemporary.com/ © Françoise Schein, ADAGP 2015.

Paris transformé. Le Marais 1900-1980 : de l’îlot insalubre au secteur sauvegardé d'Isabelle-Backouche © DR

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 26 février 2016, puis le 5 octobre 2016.