Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 30 avril 2021

« Les procès de Rastatt - Des criminels de guerre devant la justice française » de Judith Voelker

Arte diffusera le 4 mai 2021 « Les procès de Rastatt - Des criminels de guerre devant la justice française » (Die Rastatter Prozesse. Kriegsverbrecher vor Gericht), documentaire-fiction de Judith Voelker. « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des criminels de guerre nazis furent jugés par les Alliés à Rastatt, en Allemagne, sur le territoire de la zone d'occupation française. Coup de projecteur sur des procès méconnus ».

« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan 

Rastatt, ou Rastadt, est une ville allemande située dans le Land de Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l'Allemagne.

Juifs et Judaïsme
L'implantation juive dans la cité remonte au Moyen-âge. Persécutions, expulsions et retour alternent au cours de l'époque moderne. Le 31 octobre 1829 est inaugurée la première synagogue. Une école et un mikvé (bain rituel) complètent les institutions juives. Inhumés au cimetière juif de Kuppenheim, les Juifs sont enterrés dès 1881 dans le cimetière juif de Rastatt. 

Depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, les habitants juifs de Rastatt contribuent à l'essor économique et industriel de la cité. En 1877, Josef Altschul est le premier conseiller municipal Juif de la ville. Jusqu'en 1933, d'autres habitants Juifs sont élus membres du conseil municipal.

On recense 227 Juifs en 1900. Le nombre de Juifs diminue avec le départ des jeunes, surtout après la Première Guerre mondiale. 

En 1918, le Centralverein deutscher Staatsbürger jüdischen Glaubens (Union centrale des citoyens allemands de confession juive) s'implante à Rastatt, suivie en 1924 par l'Organisation sioniste.

En 1924, Rastatt compte 200 Juifs, soit 1,33%  des 15 000 habitants, et en 1933, 155 Juifs appartenant à la bourgeoise : industriels, aubergiste, médecin, avocat, négociants, commerçants...

De 1933 à 1940, les deux tiers des habitants juifs persécutés se réfugient dans d'autres villes allemandes, ou fuient aux États-Unis, en France et en Palestine mandataire.

Inaugurée en 1906, la deuxième synagogue de Rastatt a été détruite en 1938 durant la nuit de Cristal, au cours duquel des magasins Juifs sont pillés, détruits, et des Juifs interpellés, battus à la gare et déportés au camp de concentration de Dachau. 

Le 22 octobre 1940, trente habitants juifs de Rastatt sont déportés au camp de Gurs (France). Sur ce groupe maltraité, six meurent à Gurs, un au camp de Noé et un au camp de Rivesaltes,  huit parviennent à quitter ce cam. Les autres Juifs sont déportés dansles camps d'extermination à l'est. Ne demeure à Rastatt qu'une seule femme juive, Mischling, née d'un couple mixte, juif et « aryen ».

Le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem (Israël) a identifié 51 victimes juives, nées ou ayant vécu à Rastatt, du nazisme. Douze déportés de Rastatt survivront aux camps.

Procès
« Largement éclipsés par celui de Nuremberg, les procès de Rastatt comptent pourtant parmi les plus importants menés par les Alliés pour crimes de guerre après le second conflit mondial ».

"Le tribunal général du gouvernement militaire de la zone française d'occupation en Allemagne (GMZFOA) fut institué par l’arrêté no 43 du 2 mars 1946 pour la zone française d’occupation et le secteur français de Berlin. Il siégea de 1946 à 1949, à Rastatt, dans le Bade-Wurthemberg."

« Entre 1946 et 1949, sur le territoire de la zone d'occupation française, 235 procès se sont tenus devant le Tribunal général, au château de Rastatt, dans le Land du Bade-Wurtemberg, afin de juger principalement des membres du personnel des camps nazis – 2 130 accusations furent portées ». 

"Au total, plus de 2 000 accusés ont dû répondre, devant le Tribunal général de Rastatt, de 1946 à 1954, de leur implication dans le national-socialisme. Ils ont été inculpés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de crimes contre la paix. Soixante-deux des accusés ont été exécutés. Un peu moins d'un quart a été acquitté".

Parmi les personnages principaux : le procureur français Joseph Granier et la jeune avocate allemande Helga Kloninger.

Parmi ces procès, celui de  Hermann Röchling, "magnat de la sidérurgie sarroise", et Ernst Röchling devant le Tribunal du Gouvernement militaire de la zone française d'occupation en Allemagne (G.M.Z.F.O.A.) à Rastatt (1948-1949).

Hermann Röchling, membre du parti national-socialiste, le NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei) est le chef de l'économie de guerre allemande depuis 1942. C'est devant la chambre économique de ce tribunal qu'eut lieu les 16 février-30 juin, 15 novembre-20 décembre 1948 le procès intenté à Hermann Röchling, industriel sarrois, et aux autres dirigeants du trust industriel et commercial « Röchlingsche Eisen-und Stahlwerke », accusés de crimes contre la paix, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Les forges et aciéries Röchling, à Völklingen, près de Sarrebruck, constituaient l’une des plus importantes firmes de la Sarre avec de nombreuses filiales en Allemagne et à l'étranger."

"Durant la Deuxième Guerre mondiale, le recours aux travailleurs forcés dans les usines Röchling va grandement changer par rapport au premier conflit mondial, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Cette pratique atteint son apogée lorsque Goebbels proclame la « guerre totale ».

"En Union soviétique, l’Ukraine devient une importante plaque tournante pour les travailleurs forcés déplacés. Une fois arrivés en Allemagne, les déportés se voient retirer leur passeport. Ils doivent ensuite porter l’insigne « OST » qui désigne les travailleurs de l’Est et sont confinés dans des camps fermés. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, 12 000 étrangers ont travaillé sur le site de Völklingen. Plus de 250 de ces travailleurs forcés ont trouvé la mort".

"Du 16 février au 30 juin 1948, les principaux représentants de l’usine sidérurgique Röchling de Völklingen sont jugés au château de Rastatt par le Tribunal Général : Hermann Röchling comparaît en qualité de président du comité directeur ainsi que les membres de la direction Ernst Röchling, Hans-Lothar von Gemmingen, Wilhelm Rodenhauser et Albert Meier. La défense fait appel du jugement rendu le 30 juin 1948." Il "fut reconnu, par jugement de 30 juin 1948, coupable de crime contre la paix pour avoir contribué à la conduite des guerres d'agression, et de crimes de guerre pour avoir pratiqué, en vue de l'augmentation du potentiel de guerre allemand, le pillage économique des pays occupés et la politique du travail forcé". 

L'arrêt en appel "ne retint que le chef de crimes de guerre mais avec des charges plus lourdes" pour Hermann Röchling. "Le 25 janvier 1949, le verdict définitif est prononcé : dix ans de prison, confiscation de sa fortune et privation de ses droits civiques pour Hermann Röchling. Trois ans de prison, confiscation de la moitié de sa fortune et perte de ses droits civiques pour Hans-Lothar von Gemmingen. Trois ans de prison pour Wilhelm Rodenhauser. Albert Maier est acquitté. Alors qu’il avait été acquitté en première instance, Ernst Röchling est condamné à cinq ans de prison, sa fortune est confisquée et il est privé de ses droits civiques."

"Les responsables SS de Natzweiler, arrêtés ou en fuite, sont jugés au cours des procès de Wuppertal (1946), de Rastatt (1946-1954) et de Metz (1952-1954), mis à part Josef Kramer. Alors en zone d'occupation française en Allemagne, un tribunal militaire français à Rastatt juge notamment les deux derniers commandants du camp du Struthof, Friedrich Hartjenstein et Heinrich Schwarz. Le verdict est prononcé le 1er février 1947. Les deux commandants du camp du Struthof sont condamnés à mort, mais seule la peine de Heinrich Schwarz est immédiatement appliquée. Friedrich Hartjenstein échappe une seconde fois à la condamnation à mort, lui qui était pourtant commandant du camp d'extermination d'Auschwitz II-Birkenau avant d'organiser l'évacuation du KL-Natzweiler. Il décède d'une crise cardiaque le 20 octobre 1954, dans une clinique francilienne tandis qu'il attendait l'exécution de sa peine. Dix-neuf autres responsables SS sont condamnés à mort, dont Franz Ehrmanntraut, surnommé Fernandel par les détenus du camp souche, jugé uniquement pour son rôle au camp annexe de Bisingen". 

Citons aussi les procès de Herbert Oehler et Walter Telschow en 1946. Le SS Oehler avait créé des menottes très douloureuses. Pendant des semaines, il a contraint des détenus à les porter et a pris un plaisir sadique à voir leur souffrance. Quant à Telschow, lui-même prisonnier dans un camp de concentration, il a cruellement assassiné des prisonniers. 

En décembre 1949, s'est déroulé le procès de gardiennes au camp de concentration de Ravensbrück.

« Longtemps restées inaccessibles, les archives judiciaires ont pu récemment être dépouillées et étudiées, permettant ainsi de documenter le déroulement exact de nombreuses procédures ». 

« Enrichi d’interviews d’historiens et de spécialistes, ce documentaire-fiction méticuleusement reconstitué nous plonge au cœur des procès de Rastatt et permet de replacer dans un contexte historique global tout un pan de la relation franco-allemande de l’après-guerre. »


Allemagne, 2020, 1 h 30
Sur Arte les 4 mai 2021 à 20 h 50 et 14 mai 2021 à 9.25
Disponible du 04/05/2021 au 01/08/2021
Visuels : © SWR/Moving Story Media/Hans Jakobi

Les Studios Eclair de 1907 à 2021


En 2007, Epinay-sur-Seine, ville dans la banlieue au nord de Paris (Seine-Saint-Denis), et la Cinémathèque française ont célébré le centenaire de ses industries cinématographiques par une exposition  didactique retraçant l’histoire des studios et laboratoires Eclair, « des hommes forts de l’entreprise, des innovations techniques créées – Caméflex et caméras légères utilisées par la Nouvelle vague - et des nombreux films qui y ont vu le jour ». Depuis le 18 juin 2015, la firme Eclair, leader dans la restauration de films, était en redressement judiciaire. En 2018, la municipalité a acheté le site des laboratoires qui sera transformé en quartier artistique et culturel.

L'enfance d'Alexandre Arcady

En 24 panneaux illustrés, Marc Sandberg, petit-fils de Serge Sandberg et auteur de la scénographie, des textes et fiches de l’exposition Les Studios Eclair de 1907 à 2007, assisté d’Olivier Sandberg, ont décrit les mutations d’une société devenue en 2003 le premier laboratoire de postproduction photochimique et numérique d’Europe.

Distinguant plusieurs périodes phares, cette exposition didactique a souligné le dynamisme des fondateurs, Charles Jourjon et Ambroise Parnaland, qui en moins de cinq ans, et par une production variée - séries comiques et scientifiques, l’Eclair-Journal – ont hissé leur firme, la société française des films l’Eclair, au 3e rang mondial de l’industrie cinématographique. 

"La Ville d'Épinay-sur-Seine accueille ses premiers tournages en 1907. Les studios Éclair rivalisent alors avec Pathé et Gaumont pour devenir un incontournable dans le paysage cinématographique. Retour sur un rêve français."

"C’est sur l’ancienne propriété du comte de Lacépède, située avenue de Lattre de Tassigny, que l’industriel parisien Charles Jourjon décide de fonder la société Éclair, le 22 avril 1907. La propriété, située au cœur d’un parc de 4 hectares comptant une grande variété d’essences d’arbres, le ru d’Enghien et sa presqu’île servent alors de décors naturels aux premiers films muets. Un studio y est ensuite construit avec un atelier de décors et, grâce à l’arrivée d’un transformateur électrique en 1911, les tournages ne sont plus soumis aux caprices de la météo."

"Au vu du succès de l’entreprise, Joseph Menchen, producteur de cinéma autrichien, s’installe à son tour à Épinay-sur-Seine, dans l’ancienne propriété de Madame d’Épinay, rue du Mont. Il y fait construire un studio de tournage et en confie la direction artistique au dramaturge Michel Carré. Le plateau de 40 x 22 mètres est alors éclairé de façon naturelle par une grande verrière. Ce studio sera ensuite mis au noir en 1924. En 1914, la guerre éclate et Joseph Menchen doit quitter la France. Charles Jourjon en profite pour récupérer le studio de son concurrent."

A la fin de la Première Guerre mondiale, des problèmes ont amené la direction à faire appel à de nouveaux partenaires, notamment Serge Sandberg (1879-1981), exploitant de salles d’origine lituanienne qui fonda la société SIC Eclair et relança l’orchestre Pasdeloup en 1918.

"En 1920, l’ancien studio de tournage de films muets, ainsi que le magasin de décors d’origine, avenue de Lattre de Tassigny, sont réaménagés en studios d’enregistrement et de synchronisation sonore, s’appelant d’abord « L’Usine Éclair » avant de devenir « Les Laboratoires Éclair ». En 1929, ce studio sera loué à la société anonyme des films sonores Tobis qui en fera le premier studio sonore français. Le début de la fin pour les films muets ! Mais après la guerre, en 1955, Les Laboratoires Éclair s’adaptent encore une fois à l’arrivée de nouvelles techniques pour pouvoir traiter les pellicules couleur."

Avec le film parlant, ces studios ont été choisis en particulier par la société Albatros d’Alexandre Kamenka pour le tournage d’œuvres de Jean Epstein, Jacques Feyder (La Kermesse héroïque) ou René Clair (« Sous les toits de Paris ») dans les décors de Lazare Meerson, assisté d’Alexandre Trauner.

En 1930, Serge Sandberg a revendu à Charles Jourjon tous les actifs d’Eclair sauf les studios de la rue du Mont loués avec promesse de vente à la société des films sonores Tobis…

"Trois autres plateaux de tournage sont, par la suite, construits sur le site de la rue du Mont, dont le plateau F en 1961, celui que l’on voit en arrivant par le pont d’Épinay. Sa forme trapézoïdale permet alors la reconstitution de rues, de carrefours et même d’un quartier entier, une offre inédite pour les réalisateurs à l’époque. Les Laboratoires Éclair règnent alors en maître à Épinay-sur-Seine, concentrant les activités de tournage et de traitement des pellicules."

En complément de cette exposition, étaient diffusés des films tournés par ou dans les studios Eclair de 1913 à 1920.

Depuis le 18 juin 2015, la firme Eclair, leader dans la restauration de films, est en redressement judiciaire

En 2018, la municipalité a acheté le site des laboratoires qui sera transformé en quartier artistique et culturel.

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié par L'Arche, et sur ce blog les :
- 26 novembre 2014. La Cinémathèque française a présenté l'exposition Profession Chef décorateur (3 décembre 2014-28 juin 2015). Un hommage à Bernard Natan, a été rendu le 26 novembre, à 18 h au siège de la Fémis, 6 rue Francoeur, 75018 Paris, qui abrita la société Rapid films, dirigée par Bernard Natan (1886-1942), Juif français né en Roumaniepionnier visionnaire du cinéma françaisproducteur talentueux, spolié - une spoliation évoquant celle du Dr Lionel Krief -, et diffamé par des rumeurs infondées le présentant à tort comme un escroc, puis assassiné à Auschwitz ;
- 8 juillet 2015. 

jeudi 29 avril 2021

« Les enfants de Sarajevo - Album de guerre » d’Ángel Leiro et d’Airy Maragall

Arte diffusera le 5 mai 2021 « Les enfants de Sarajevo - Album de guerre » (Kinderbilder aus Sarajevo ; Postwar Album) d’Ángel Leiro et d’Airy Maragall. « Partant à la recherche des enfants qu’il a immortalisés durant le siège de la capitale de la Bosnie-Herzégovine, le photojournaliste espagnol Gervasio Sánchez esquisse l’émouvant portrait d’une génération sacrifiée ».

« Les enfants de Sarajevo - Album de guerre » d’Ángel Leiro et d’Airy Maragall
Le Kosovo


« Gervasio Sánchez est journaliste depuis 1984. Ses travaux ont été publiés dans l’Heraldo de Aragón et La Vanguardia, et il travaille avec la chaîne SER et la BBC. Il est l’auteur de plusieurs livres de photographie, comme Kosovo, Niños de la Guerra, Sierra Leona. Guerra y paz, La caravana de la muerte. Las víctimas de Pinochet, Vidas minadas et Sarajevo 1992-2008 (publiés par Blume). Il a reçu les prix Cirilo Rodríguez, Club Internacional de Prensa, Andalucía de Cultura, Derechos Humanos de Periodismo, Liber Press et Javier Bueno. Les autorités aragonaises lui ont décerné la Médaille d’or de Santa Isabel de Portugal et la Médaille du mérite professionnel. En 2008, il a reçu le Prix Ortega y Gasset pour la photographie de Sofía Elface Fumo avec sa fille Alia et il a reçu le Prix national de photographie en 2009. Il est envoyé spécial pour la paix de l’UNESCO depuis 1998. »

« À l’hiver 2019-2020, Gervasio Sánchez s’est rendu à Sarajevo dans l’espoir de retrouver les enfants qu’il avait photographiés durant l’interminable encerclement, de 1992 à 1996, de la ville par les forces serbes ». 

« En mobilisant ses contacts, qui ont diffusé les clichés sur les réseaux sociaux, et en menant des "enquêtes de voisinage", il est parvenu à identifier une poignée d’entre eux ». 

« Edo, l’ancien gamin des taudis, qui s’aventurait dans les ruines de la Bibliothèque nationale incendiée, se démène pour offrir à son fils les opportunités dont il a été privé ». 

« Alma, photographiée avec sa petite sœur sur une balançoire à bascule devant un char de l’ONU, travaille dans l’hôtellerie et estime que le conflit l’a rendue plus forte. Saisi en train de jouer au basket dans la cour de leur immeuble criblé d’impacts, Damir a intégré l’équipe nationale avant que son corps, marqué par les privations, ne lui impose une retraite prématurée ». 

« Jasmin, qui rêvait de réformer la vie politique bosnienne, n’en a retiré qu’une immense amertume ». 

« Enfin, Aljosa, qui s’amusait avec ses camarades sur des brouettes de fortune, pleure la mort de l’un d’entre eux, tué en 2009, mais aussi celle du vivre-ensemble qui animait la ville de son enfance ». Cette guerre, suivie par l'exode de nombreux Serbes chrétiens, révèle l'échec du "vivre-ensemble" interconfessionnel.

« Ils avaient entre 5 et 15 ans lors du siège de la ville et, pour certains d’entre eux, les saisissants clichés en noir et blanc que leur offre Gervasio Sánchez demeureront les seuls témoignages visuels de leur enfance en guerre, dont le souvenir traumatique se mêle de nostalgie ». 

« Dans un Sarajevo enneigé éminemment cinématographique, ce documentaire touchant dessine le portrait d’une génération brisée, en manque de perspectives dans un pays corrompu et divisé qui n’a pas pansé ses plaies ».

« L'IMAGE »

« Le petit garçon s’appelle Edo. Sur la photo, il pose droit comme une bougie dans les décombres d’un bâtiment dont les structures en métal menacent de s’effondrer. Un bras en écharpe, un visage tuméfié, un front arborant un gros pansement : son regard s’est figé dans une gravité insondable. Edo fait partie des jeunes Bosniens que le photojournaliste Gervasio Sánchez a immortalisés lors du siège de Sarajevo (1992-1996). L’Espagnol a réussi à le retrouver pour son documentaire qui interroge la force de résilience des enfants face à la guerre. Aujourd’hui, Edo s’en est sorti, mais un stress post-traumatique non traité l’a rendu bègue. Un parcours dramatique commun à toute une génération marquée au fer rouge, dont le photographe livre un portrait saisissant ». 



« Les enfants de Sarajevo - Album de guerre » d’Ángel Leiro et d’Airy Maragall
Espagne, 2019, 51 mn
Coproduction : ZDF/ARTE, Lukimedia, Aragón TV, Movistar+, Al Jazeera Documentary Channel
Sur Arte le 5 mai 2021 à 00 h 15
Disponible du 03/05/2021 au 01/08/2021
Visuels
© Gervasio Sanchez
© Lukimedia
© Gervasio Sanchez

La synagogue de la Ghriba à Djerba


La Ghriba, synagogue de Djerba (île au sud de la Tunisie), est la plus ancienne du continent africain. Chaque année, pèlerins et touristes  juifs s'y rendent. Le 2 juillet 2002, lors d’un repas-conférence, l’association Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie (ATPJT) a relevé les certitudes et contradictions relatives à l'attentat terroriste islamiste - 21 morts et 30 blessés - commis le 11 avril 2002 par l'islamikaze franco-tunisien âgé de 25 ans, Nizar Nawar, d'al-Qaïda, avec l'aide de son oncle Belgacem Naouar. Le pèlerinage de la Ghriba a été annulé en avril 2020 en raison de la pandémie de coronavirusLe pèlerinage juif de la Ghriba (26 avril-2 mai 2021) se déroule "sans les milliers de pèlerins venus habituellement du monde entier, en raison de la pandémie".
  

Située au sud de la Tunisie, l'île de Djerba abrite une des dernières communautés juives du monde musulman ou/et arabe. Des juifs actifs dans le commerce méditerranéen et férus dans l'étude des textes rabbiniques.

Cette communauté remonte à des temps anciens, et témoigne d'une présence juive continue, malgré une histoire mouvementée, cruelle sous la dhimmitude, statut avilissant sous domination islamique.


Les Djerbiens relatent l'installation des Cohanim (membres de la catégorie sacerdotale juive) à Djerba après la destruction du Temple de Salomon par l'empereur Nabuchodonosor II en 586 av. J.-C. Ces Cohanim auraient amené une porte du Temple détruit et des pierres de ce Temple, intégrées dans la Ghriba de Djerba, devenue ainsi un lieu de pèlerinage depuis cette date.


L'île compte une vingtaine de synagogues, dont l'une d'elles est la plus ancienne en Afrique. Chaque année, pèlerins et touristes s'y rendent.


A l'aube du XXIe siècle, après l'exil de nombre de ses membres, la communauté juive de Djerba réunit quelques milliers d'âmes.


Arte

Arte diffusa le 25 janvier 2019, dans le cadre de la série documentaire "islamiquement correcte" « Des monuments et des hommes » (Stätten des Glaubens), « Tunisie - La synagogue de la Ghriba » (Tunesien - Die Al-Ghriba-Synagoge) réalisé par Celia Lowenstein et Lysiane Le Mercier.

La série documentaire « Des monuments et des hommes » est liée à « Synagogues. Absence et présence », documentaire « politiquement correct » véhiculant le mythe al-Andalus, i.e. "un âge d'or arabe en Andalousie islamisée", le mythe de la coexistence pacifique interreligieuse sous domination islamique.

Ce film fustige l'Inquisition et l'antisémitisme chrétien, tout en éludant le djihad et la dhimmitude. Les juifs subissaient le statut cruel et déshumanisant de dhimmi, infligé aux non-musulmans vaincus par le djihad et sous férule islamique. Il leur était interdit de « construire, d'agrandir et de restaurer les synagogues » que les mosquées devaient pouvoir surplomber afin de démontrer la supériorité de l'islam sur le judaïsme.

La série « Des monuments et des hommes » invite à « la découverte de quinze édifices religieux exceptionnels ».

« Dernier épisode : sur l’île de Djerba, dans le sud de la Tunisie, la Ghriba est l'une des synagogues les plus visitées d’Afrique. Présentée comme "l’antichambre de Jérusalem", parce qu’elle abrite des vestiges du temple de Salomon, elle fait l'objet d'un pèlerinage annuel à l'occasion de la fête juive de Lag Ba'omer ».


« A Djerba, en Tunisie, où les plans des synagogues se calquent alors sur ceux des mosquées ».

« En compagnie de Ruth Davis, ethnomusicologue anglaise venue y participer, on en découvre les nombreux rites, pratiqués en majorité par les femmes ».


"Us et coutumes des pèlerins"

Hatem Bourial a écrit dans Tunis-Hebdo du 20 mai  2019 :
"C’est autour de 1920 que le pèlerinage de la Ghriba a été institué. Il se déroule depuis à l’occasion de la célébration de Lag Be Omer, une fête juive qui intervient 33 jours après Pessah.Les dates du pèlerinage coïncident aussi avec les célébrations de deux grands rabbins : Rebbi Meier et Rebbi Shamaoun. Dans la tradition de ce pèlerinage, les juifs venaient de tout le sud tunisien pour sacrifier à ce rituel. Les communautés de Gabès, Tataouine, Ben Gardane et Zarzis étaient ainsi en première ligne.Selon la tradition, l’endroit où s’élève la synagogue de la Ghriba était un lieu isolé où personne ne se rendait. Un jour, les habitants du village voisin de Hara Sghira y découvrirent une femme seule, vivant dans une cabane faite de branchages.La croyant magicienne, personne ne l’aborda ni ne lui demanda la raison de sa présence. Un soir, un incendie ravagea la hutte mais personne ne s’en approcha, craignant la magie de la mystérieuse étrangère.Réduite en cendres, la cabane recouvrait le corps intact de la femme morte mais épargnée par les flammes. C’est à ce moment que les villageois comprirent qu’il s’agissait d’une sainte et construisent une synagogue sur le site de la cabane brûlée.Selon la coutume, il s’agit de la plus ancienne synagogue d’Afrique. L’édifice aurait été agrandi dans les années 1860 alors que l’Oukala date des années 1950 et avait été construite pour recevoir les pèlerins. On donne des origines très lointaines à cette synagogue.Non seulement elle serait contemporaine de la destruction du Temple mais elle contiendrait aussi des pierres originales du temple détruit, incorporées dans l’édifice. Si rien ne permet de l’affirmer, les fidèles y croient et considèrent aussi que cette synagogue possède des Thoras parmi les plus anciennes au monde.Les origines mythiques de la synagogue et la ferveur qui entoure le pèlerinage laissent planer une aura mystérieuse au-dessus de la Ghriba. De plus, le fait que sept synagogues maghrébines portent ce nom (dont deux autres en Tunisie, à savoir au Kef et l’Ariana) ajoute encore plus de mystère à ce lieu vénéré et de ferveur au pèlerinage qu’il accueille.***Le pèlerinage de la Ghriba est accompagné de nombreuses coutumes. Il existe ainsi un usage important qui est celui de la « seouda » qui se déroule dans la grande salle de la synagogue.Il s’agit d’un repas relativement frugal mais festif. Ce repas est précédé par une prière récitée par les rabbins de la synagogue. Les pèlerins se nourrissent ensuite de fruits secs accompagnés par de la boukha, l’eau de vie de figues qui est une spécialité juive tunisienne.Les verres de boukha sont offerts aux présents et ce qui reste au fond de chaque verre est ensuite reversé dans les bouteilles qui avaient été ouvertes. Les bouteilles sont alors refermées et les pèlerins pourront alors les ramener chez eux pour les déguster en famille. De même, on ramènera à la maison quelques fruits secs pour les partager avec ceux qui n’étaient pas présents.Il existe aussi un rituel qui a lieu à l’arrivée des pèlerins à la Ghriba. Après avoir traversé la première salle de l’édifice, les visiteurs pénètrent ensuite dans le sanctuaire proprement dit. Généralement, on va alors au fond de la synagogue où se trouve l’armoire de la Torah qu’on a coutume d’embrasser. Auparavant, on aura allumé des chandelles, formulé des vœux et donné une obole. Ce n’est qu’ensuite qu’intervient une coutume très suivie de nos jours encore.Les pèlerins se rapprochent d’une niche éclairée à la lumière des bougies. Cette niche se trouve sous l’armoire de la Torah et désigne l’emplacement où le corps de la mystérieuse « ghriba » (la légendaire inconnue fondatrice de la synagogue) aurait été retrouvé.Dans cette niche dérobée aux regards, les pèlerins ont coutume de déposer un ou plusieurs œufs crus sur lesquels ils écrivent le nom de jeunes filles à marier. Plus tard, à la fin des journées du pèlerinage, on reviendra pour retirer ces œufs qui auront, entre-temps, cuit à la chaleur des bougies et dans l’atmosphère confinée de la niche.Ensuite, on remettra à chacune des jeunes filles concernées, l’œuf qui porte son nom. Cet oeufs sera consommé par l’intéressée et le prince charmant finira par se faire connaître avant le prochain pèlerinage. Toujours suivie par les jeunes djerbiennes des deux haras, cette coutume est inséparable des nombreux usages qui accompagnent le pèlerinage religieux qui intervient entre les 14 et 18 Iyyar du calendrier hébraïque.Le plus emblématique de ces usages (et le plus suivi) est celui de la procession de la « menara », un terme qui signifie « lanterne » ou « candélabre ». Cette « menara » est gardée toute l’année dans la petite « oukala », le caravansérail qui se trouve en face de la synagogue. Elle est remisée là, dans l’attente des journées de ferveur.Traditionnellement, la « menara » est décorée puis amenée en procession jusqu’au village de Hara Sghira. A l’occasion de la procession, la menara est revêtue de dizaines de foulards qui la recouvrent en totalité. Pour ces soieries et aussi pour les petits globes d’argent qui surmontent la « menara », on procède alors à des enchères qui se déroulent dans une ambiance de fête, à l’intérieur de l’oukala.Sur fond de musique orientale et dans le retentissement des youyous, la joie est grande parmi les pèlerins. Ce n’est qu’après la vente de la dernière des soieries que la procession s’ébranlera, quittant le caravansérail pour le village de Hara Sghira.La coutume ancienne voulait que le fait de pouvoir porter la « menara » durant la procession soit également vendu aux enchères. Et comme les enchérisseurs sont généralement nombreux, les porteurs changeaient le long du chemin, au son de l’orchestre qui les précède. Arrivée à Hara Sghira, la procession visitait alors toutes les synagogues de la localité et s’y arrêtait pour des prières rituelles destinées au repos des morts et à la liesse des vivants.Ensuite, la procession rebroussera chemin en direction de la synagogue de la Ghriba qui se trouve à un kilomètre du village. C’est le temps fort du pèlerinage qui se déroule par ailleurs sur plusieurs jours. Poursuivrons la revue de ces rituels ancestraux en évoquant un chant connu comme étant celui de la Ghriba, un chant fort connu qui est repris en chœur.Intitulé « Chant de la Ghriba », cet hymne mérite d’être rappelé aussi bien dans sa version locale que dans une traduction en langue française.En voici le texte en judéo-arabe : « Ana jitek taleb ou ma  nirjaachi khayeb… Ouassitek ya Ghriba ou ouaritni laajeyeb… Ya Ghriba allik ennadi, balaghli kasdi ou mradi.. Kol aam njik men bledi ala rassi ou ayouni… Ya ness, ana Ghriba ou ouahdi zourouni, koll am rodbalkom tensouni… Ya Ghriba alik essalam, fokna mel dhlam, ahdina toul el am be schouh rebbi Shamaoun».Voici la traduction française de cet hymne : « Je viens à toi demander et ne repartirai pas déçu… Je t’ai fait un vœu ô Ghriba et tu m’as montré les merveilles. .. Je t’invoque, ô Ghriba, pour que tu exauces mes vœux et attentes… De mon pays je viens fervent tous les ans, sur ma tête et mes yeux… Bonnes gens, je suis Ghriba, rendez-moi visite une fois l’an et surtout ne m’oubliez pas.. Ghriba, je te salue, puisses-tu nous épargner les injustices, nous guider toute l’année par le saint truchement de Rebbi Shamaoun ».Tel est le chant de la Ghriba que reprennent pèlerins et fidèles djerbiens, enfants de Tunisie et de tous les pays.***Le pèlerinage de la Ghriba se déroulera pour l’essentiel les 22 et 23 mai et devrait réunir près de 7000 visiteurs venant de plusieurs pays. Outre les rituels, un message de paix prendra la forme d’une rupture du jeûne interconfessionnelle.C’est ainsi le retour au faste pour ce pèlerinage juif qui était passé inaperçu de 2011 à 2013 et qui retrouve des couleurs depuis 2017. Dans deux jours, l’événement ne devrait pas passer inaperçu et mobilisera la presse internationale. En attendant, l’atmosphère est au recueillement pour les fidèles qui sont actuellement plongés dans la lecture du Zohar et des textes sacrés.Au-delà de cet événement qui aura lieu cette semaine, il existe plusieurs autres pèlerinages juifs qui continuent à se dérouler en Tunisie quoique avec une intensité moindre.Du nord au sud du pays, ces pèlerinages sont nombreux et prennent la forme de « hiloula » et « seouda », c’est-à-dire de visites rituelles à l’occasion de l’anniversaire d’un saint personnage de la tradition juive tunisienne. Les plus connus de ces pèlerinages ont lieu à Tunis pour la célébration du rabbin Haï Taieb dont la tombe se trouve au cimetière du Borgel. Cette commémoration a lieu en automne, le dix-neuvième jour du mois de Kislev dans le calendrier hébraïque. Un autre pèlerinage a lieu à Testour pour célébrer la mémoire de Rebbi Fradj Chaouat dont la sépulture se trouve dans cette ville du nord-ouest tunisien. Cette célébration intervient également en automne.A El Hamma de Gabès, c’est la mémoire du Rabbin Yossef El Maarabi qui est honorée chaque année au mois de décembre. Enfin, Nabeul accueille un pèlerinage dédié au rebin Yaacov Slama dont la tombe se trouve au cimetière juif de la ville. Il est d’ailleurs question d’entourer d’un faste particulier ce dernier pèlerinage au mois d’août prochain.
Place maintenant au pèlerinage de la Ghriba de Djerba ! Le fait que cet événement se déroule en plein mois de Ramadan est en soi un message de paix. Puissent tous les vœux être exaucés !"
Attentat d'al-Qaïda
Le 2 juillet 2002, un repas-conférence a été organisé par l’association Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie (ATPJT). 

Grâce à une recherche documentaire scrupuleuse, Bernard Allali, président de ATPJT, a retracé l’historique des événements liés à l’attentat islamiste du 11 avril 2002 contre cette synagogue de Djerba, le plus ancien lieu de culte d'Afrique. Sur un panneau, un montage d’articles et de photos appuyait ses propos.

Ce matin-là, juste « après l’explosion, les autorités tunisiennes bouclent l’accès à la zone et les journalistes sont tenus à l’écart ».

Allié à la peur des Tunisiens, ce black-out favorise la circulation de rumeurs.

En fonction de leurs intérêts et de leurs sources, les autorités tunisienne, française, allemande et israélienne, ainsi que la communauté Juive locale ont adopté des thèses opposées - accident ou acte terroriste - répondent diversement à six questions : « S’agit-il d’un accident ou d’un attentat ? Quel est le nombre réel de morts et leurs origines ? La camionnette était-elle remplie de bonbonnes de gaz ou était-ce un camion-citerne ? La camionnette était-elle garée devant la Ghriba ou était-elle en mouvement ? De quelle façon s’est fourni le chauffeur en gaz liquide ? Le terroriste présumé est-il encore vivant ? ».

Force est de constater que cet attentat antisémite qui a fait 21 morts, dont 14 touristes allemands et deux Français - Paul Sauvage et Mohamed Fatmi - et cinq Tunisiens, et 30 blessés, a été revendiqué par Al-Qaïda.

Conduite par l'islamikaze Nizar Nawar, la camionnette à l’origine de l’explosion était vraisemblablement garée devant la Ghriba, édifiée voici plus de 2 500 ans dans cette île du sud tunisien. L’enquête continue...

En mai 2002, le « voyage de solidarité » de personnalités françaises à la Ghriba est étonnant d’indifférence aux victimes.

« Lors de l’explosion, ma mère, mon fils et ma nièce se trouvaient dans la grande salle de la synagogue. Dans la salle mitoyenne, mon père a pris plus de temps pour se déchausser : il boitait et portait des prothèses aux hanches », confie Etienne Sauvage, fils de la victime française, Paul Sauvage, un modeste commerçant retraité.

Le parallèle entre l’attitude de la France et celle de l’Allemagne, dont le ministre de l’Intérieur, Otto Schily, s’est rendu le 21 avril 2002 à Djerba, est à l’avantage de cette dernière.

La plainte contre X déposée par M. Sauvage a été reçue avant que la France ne qualifie enfin cet acte d’attentat.

Invité par l’ATPJT, l’intéressé déplore le comportement de son pays qui contraste avec celui manifesté lors de l’attentat de Karachi : « consulat peu au fait de la situation et incrédule, absence de représentant de l’Etat à l’enterrement », refus du Quai d’Orsay de transmettre l’éventuel certificat d’autopsie, etc.

De plus, ce ministère a déclaré une seule victime au Fonds de garantie - le mort -, en omettant son épouse et ses petits-enfants traumatisés.

« C’est odieux et très éprouvant. Nous sommes pris dans un jeu politique et diplomatique qui nous dépasse. On vit mal cet abandon », conclut M. Sauvage, meurtri par certains articles de presse.

La famille Sauvage a relevé le contraste avec le traitement accordé aux familles des victimes de l’attentat de Karachi (Pakistan).

L'ATPJT a aussi remis un chèque de 3 550 euros à l’American Jewish Joint Distribution Committee (JDC), dont le directeur des programmes est Yechiel Bar-Chaim, pour aider les Juifs tunisiens nécessiteux. 

Procès
En Tunisie, Belgacem Naouar, oncle de l’islamikaze antisémite franco-tunisien Nizar Nawar, qui avait commis cet attentat et s’était entraîné en Afghanistan, a été condamné à 20 ans de prison pour complicité. Une peine confirmée en 2007. En France, Christian Ganczarski, Allemand converti à l'islam, a été condamné en 2009 à 18 ans de réclusion pour complicité dans cet attentat, et Walid Nawar, frère de cet islamikaze qui vivait alors en France, à 12 ans de réclusion. Selon le site Tunisie-secretBelgacem Naouar aurait "été libéré de prison en février 2011, dans la foulée" du « printemps arabe ».

Pèlerinages sous tensions

En 2011, le pèlerinage de la Ghriba a été annulé pour des raisons de sécurité, après le "printemps arabe".

Ce 11 avril 2012, pour la première fois, le président tunisien, en l’occurrence Moncef Marzouki, s’est déplacé pour commémorer cette tragédie.

Au nombre d’environ 1 500 âmes – 100 000 vers 1956 -, les Juifs tunisiens sont éprouvés par une recrudescence d’actes antisémites depuis le « printemps arabe » : slogans antisémites dans une manifestation à Tunis en février 2011, slogans anti-Juifs à Zarzis (août 2011), saccage et pillage de la synagogue Beth El à Sfax (août 2011), chants antisémites – « Il faut tuer les Juifs, c'est notre devoir », « Khaybar Khaybar ya Yahūd, jaysh Muḥammad saya’ūd » ("Khaybar, Khaybar ô Juifs, l’armée de Mahomet reviendra") - à l’aéroport de Tunis le 12 janvier 2012 lors de la visite du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, menaces - « Mort aux Juifs », « Massacrez les Juifs ! », « L’armée du messie est en marche » - le 13 février 2012 par des manifestants écoutant le cheikh égyptienWajdi Ghonim à Tunis, menaces et slogans antisémites (« Mort aux Juifs ») lors d'une manifestation de salafistes favorables à l’introduction de la charia dans la constitution (25 mars 2012), etc.

Le pèlerinage (Hiloula) à la synagogue de la Ghriba (Tunisie) s'est déroulé les 9 et 10 mai 2012. Ce qui correspondait à la fête juive de Lag Baomer. L'Etat d'Israël a déconseillé à ses ressortissants de s'y rendre en raison d'un risque considérable. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a annulé sa visite prévue les 9 et 10 mai 2012, dans la plus ancienne synagogue d’Afrique sur l’île de Djerba, en raison de l'antisémitisme en Tunisie. Environ 500 pélerins se sont rendus à la Ghriba.

Le 2 octobre 2013, Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), a alerté  sur des agressions commises impunément contre des Tunisiens Juifs sur l'île de Djerba et « a accusé la police de harcèlement » : lors d’un déjeuner festif, des policiers ont confisqué une « moto volée sans même vérifier les papiers du propriétaire. Ils ont tirés des gaz lacrymogènes et ne sont repartis qu'à l'approche d'un bus de touristes. En outre, un individu qui se présente « comme le nouveau Hitler » est entré par effraction dans la salle de prière d'une école juive, agressant devant des enfants un adulte présent. Il est accusé d'avoir agressé deux jeunes filles ». Malgré des plaintes et un emprisonnement durant 24 heures, cet agresseur n'est poursuivi que pour « atteinte aux biens d'autrui », sans que soit mentionné le caractère antisémite présumé des agressions. Yamina Thabet a ajouté que les Tunisiens Juifs « en ont marre d'être utilisés lors de visites officielles de responsables politiques comme un argument de l'existence d'une coexistence pacifique (avec les musulmans) alors que lorsqu'il y a des violations de la loi, ils sont les premières victimes de négligences ». Par ailleurs, « malgré une plainte judiciaire, aucune mesure n'a été prise contre un imam de la banlieue de Tunis qui lors d'un prêche diffusé à la télévision, avait appelé Dieu à éradiquer les juifs. Un appel à la haine raciale passible de un à trois ans de prison ». Le grand rabbin de Tunisie, Haïm Bitan, a affirmé  à Africanmanager, que « des citoyens de la communauté israélite de Djerba, ont été visés, dernièrement, par des agressions de la part d'inconnus, et ce à deux reprises. La première a été commise par deux individus qui s'en sont pris à la salle des prières d'une école israélite, alors que la seconde a visé trois citoyens juifs circulant dans une rue de l'île. Les forces de sécurité ont été informées de ces deux agressions et sont intervenues immédiatement ».

Le 9 mars 2014, les passagers israéliens d'un navire de croisière de la Norwegian Cruise Line (NCL), ancré au port de Tunis, ont été interdits de débarquer. La veille, le chef de la police de La Goulette a téléphoné à l'agence Tunisie Maritime, qui collabore avec diverses compagnies de croisière, dont la NCL, pour annoncer, sans l'expliquer, cette interdiction.

Le 14 avril 2014, Maurice Bchiri a été agressé à Djerba.

Des centaines, 1 500 ou 2 500 Juifs ont fait le pèlerinage à la Ghriba le week-end (16-18 mai 2014).

Le 22 mai 2014, Gabriel Uzon a été poignardé au cœur sur un marché de l’île de Djerba. L'agresseur a évoqué "la vengeance de la nation de Mahomet".


Le 29 mars 2015, jour de la marche à Tunis contre le terrorisme, René Trabelsi, directeur général de Royal First Travel (RFT), agence de voyage organisant des séjours lors du pèlerinage à la synagogue de la Ghriba, et un des dirigeants de la communauté Juive tunisienne, s'est fait photographié, portant l'affiche # TunisieMoiJYVais, à la droite de Mahmoud Abbas, lui-même au côté de Selma Elloumi, ministre du Tourisme.

En avril 2015, une campagne d'affichage dans les abribus de Paris a encouragé les touristes à se rendre en Tunisie. Les affiches représentent des personnalités - Bertrand Delanoë, ancien Maire de Paris, Michel Boujenah, comédien, Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, Juliette Gréco et Hugues Aufray, chanteurs - tenant un panneau rouge sur lequel est écrit en blanc "#TUNISIEMOIJYVAIS".

Le 2 mai 2015, le Premier ministre israélien a mis en garde les Juifs et les Israéliens désireux de se rendre au pèlerinage de La Ghriba en raison des menaces d'attentats terroristes les visant dans ce pays. Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a alerté sur les risques d'attentats terroristes en Tunisie, le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, dans l’île de Djerba (Tunisie) aura lieu les 6 et 7 mai 2015, lors de la fête juive de Lag Baomer.

Le 9 mai 2016, le bureau du contre-terrorisme israélien a publié un communiqué déconseillant de se rendre à La Ghriba en raison de menaces terroristes : « Des éléments terroristes continuent à opérer en Tunisie et à commettre des attaques, il y a donc un haut niveau d’alerte contre les cibles juives ». Le 18 mai 2016, le Président de la République, Beji Caid Essebsi, a dialogué au Palais de Carthage avec le président de l’Association de la Ghriba, Perez Trabelsi, sur ce pèlerinage. Le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, dans l’île de Djerba (Tunisie) a eu lieu les 25 et 26  mai 2016. De 1 500 à 2 000 pèlerins étaient attendusLes festivités se déroulèrent du 20 au 28 mai, selon le président de l’Association de la Ghriba, Perez Trabelsi. Peu avant ce pèlerinage, Mohamed Khelil, ministre des Affaires religieuses, a annoncé l'octroi de 15 000 dinars pour l'entretien de la synagogue de la Ghriba. Le ministre de l'Intérieur a pris des mesures de sécurité exceptionnelles en vue du pèlerinage.

Le 25 mai 2016, était prévue une rencontre pour envisager la création d'un musée juif. La table-ronde est organisée sous le patronage du ministère du Tourisme et de l’Artisanat en partenariat avec la direction de Promotion des musées de l’INP, avec la collaboration du Comité la communauté juive en Tunisie, le Laboratoire du patrimoine et la Faculté des Lettres de La Manouba. Y assisteront la ministre du Tourisme Salma Rekik, le ministre des Affaires religieuses Mohamed Khelil, René Trabelsi, Président du Comité d’organisation du pèlerinage de la Ghriba, ainsi que Roger Bismuth, Président de la communauté juive en Tunisie. "Des discussions de haut niveau réuniront, entre autres, Habib Kazdaghli, historien et doyen de la faculté de La Manouba, Souad Toumi, conservatrice au musée du Bardo, Zhor Rehihil, conservatrice au musée du Judaïsme marocain à Casablanca, Hélène Hoog, conservatrice au musée d’Art et du Judaïsme à Paris, et Nisya Allovi, Directrice du musée juif d’Istanbul".

 Le pèlerinage à La Ghriba s'est déroulé du 12 au 14 mai 2017. Près de 3 000 touristes étaient attendus.


Le 18 mai 2019, Hichem Fourati, ministre de l’Intérieur, "a effectué une visite au cours de laquelle il a inspecté le niveau de sécurité à l’aéroport international, les itinéraires de transport et le lieu d’hébergement des pèlerins". Il "a rendu visite aux policiers chargés de la sécurité du pèlerinage de la Ghriba et inauguré un centre de sécurité nationale situé à Houmet Essouk."

Le pèlerinage de la Ghriba devrait attirer 6 000 à 7 000 pèlerins les 22 et 23 mai 2019. Perez Trabelsi, président de l’Association El Ghrib, a déclaré sur Jawhara FM qu'un Iftar, repas rompant le jeûne du Ramadan et réunissant juifs et musulmans, devrait être organisé à la Ghriba en marge du pèlerinage juif". « Je suis très content que le pèlerinage de la Ghriba coïncide avec le mois de ramadan. Nous essayons toujours d’envoyer des messages de paix et de tolérance lors de cette fête religieuse juive. Ce sera une occasion pour les chrétiens, les musulmans et les juifs de rompre ensemble le jeûne », a déclaré RenéTrabelsi, homme d’affaires juif tunisien nommé ministre du Tourisme et de l'Artisanat, sur Jawhara FM le 26 mars 2019. "Des personnalités politiques internationales et des journalistes seront présents durant ses deux jours".

"De gros travaux d’entretien et d’embellissement de la synagogue ont été menés, en prévision du pèlerinage de la Ghriba. Pour la première fois, des écrans géants seront installés, afin de permettre aux visiteurs de suivre les différentes cérémonies et d’éviter la bousculade lors de la procession de la Ghriba. Toutes les précautions logistiques et sécuritaires sont prises pour assure la réussite de cette fête".


"Il y a quatre mois, deux synagogues de l'île ont été  incendiées. Après interrogatoire, quatre jeunes ont été arrêtés et le ministère de l'Intérieur a déclaré que les antécédents étaient criminels et constituaient une protestation contre le coût de la vie".

Le 31 janvier 2020,  après l'ouverture à la demande de le président Kaïs Saïed d'une enquête sur la participation d'un joueur franco-israélien à un tournoi international de tennis à Tunis, le député français UDI-Agir Meyer Habib a appelé au boycott de la Tunisie. Il "avait accusé le pays d’avoir "érigé la haine d'Israël en politique d'Etat. Alors que l’Egypte et la Jordanie ont conclu des accords de paix, que l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn ou le Maroc ont engagé une normalisation des relations avec Israël, la Tunisie s'enfonce dans la haine obsessionnelle et suit les traces de l’Iran. Il faut cesser provisoirement de se rendre dans un pays qui a érigé la discrimination, la haine d’Israël et l’antisémitisme en politique d’Etat". Le 10 février 2020, René Trabelsi, "ministre tunisien du Tourisme, a condamné les appels du député Meyer Habib à boycotter la Tunisie : "C’est la première fois qu’une personnalité demande le boycott, la Tunisie ne l’accepte pas". Il a exhorté "le député français à s'excuser. Le ministre tunisien a également rédigé une lettre ouverte dans laquelle il indique qu'un appel à boycotter son pays "serait d'ajouter à ses malheurs en faisant le lit de l'extrémisme." Le 13 février 2020, le député français lui a répondu que "la haine d'Israël qui obsède les dirigeants islamistes tunisiens n'est que le faux nez d'un profond antisémitisme".  

Prévu du 7 au 13 mai 2020 en Tunisie, le pèlerinage de la Ghriba a été annulé en avril 2020 en raison de la pandémie de coronavirus. "Nous ne rouvrirons la synagogue qu'une fois dépassé le danger du virus", et simultanément à la réouverture des mosquées et autres lieux de culte en Tunisie, a déclaré Perez Trabelsi, organisateur de l'événement.

Le 8 avril 2021, Tunis Webdo a publié l'article
"Djerba : Agressions intolérables et violence absurde" relatant des agressions antisémites. "Le 6 avril 2021, dans la matinée, avant 11 h, une jeune fille de seize ans a été agressée à Djerba. Selon des témoignages recueillis sur place, cette jeune fille de confession juive et vivant dans le quartier de Hara Kebira a été agressée de manière absolument gratuite de la part de deux personnes qui ont été arrêtées dans la journée du mardi, six heures après les faits. Un bon point aux équipes sécuritaires pour leur efficacité puisque les agresseurs ont été appréhendés à 17h." 

"Quelque soient les explications données a posteriori par les agresseurs, la victime affirme que ce n’est pas le vol de son téléphone portable qui était le motif de son agression. Plusieurs personnes voient en outre des motivations inqualifiables à ce geste qui in fine trouble la quiétude de la communauté juive djerbienne".

"Cette qualification à connotation « raciste » est d’autant plus prise au sérieux que, la semaine dernière, durant la fête de Pessah, selon des témoignages recueillis sur place, un enfant de dix ans a été roué de coups par un agresseur adulte. Ces gestes stupides et ignobles ne peuvent être tolérés et doivent être clairement réprimés. Leur caractère isolé ne doit pas occulter leur dangerosité et l’impact qu’ils peuvent avoir sur toute une communauté. Il est malheureux de constater que cette violence absurde puisse être exercée contre les membres d’une minorité tunisienne. Aux autorités compétentes de donner l’exemple et de redoubler de pédagogie pour que des individus égarés et délibérément violents, ne puissent pas sévir dans l’impunité".

Le 8 avril 2021, i24NEWS a évoqué une "vague de violence contre la communauté juive". "Environ deux hommes de confession musulmane ont étranglé mercredi pendant de nombreuses minutes une jeune fille juive d'une vingtaine d'années, près de son domicile, a rapporté le site Ynet. Un passant qui a remarqué ce qui se passait a réussi à faire fuir les deux individus qui n'ont pas été identifiés. Des membres de la communauté affirment que cette affaire est le résultat d'un "discours routinier et violent" envers les Juifs de Tunisie."

"La semaine dernière également, il y a eu une affaire d'agression contre un jeune garçon de confession juive de 10 ans, un habitant du quartier, qui a été battu par un résident local d'origine musulmane. Son identité n'a pas encore été révélée par la police."

"Dans cette petite communauté juive d'environ 1500 personnes, il a été également rapporté que la police harcelait les chauffeurs juifs depuis un certain temps, et qu'un haut fonctionnaire de la police a même signalé à l'un des membres de la communauté que les Juifs ne reçoivent pas les traitements appropriés pour les récentes agressions et que seule la pression internationale pouvait aider à changer la situation."

"En janvier dernier, le nouveau président tunisien, Kaïs Saïed, a publiquement accusé les Juifs de l'instabilité du pays, lors d'une visite d'un quartier résidentiel administratif de la capitale tunisienne. Les organisations juives, y compris la Conférence rabbinique européenne, ont condamné les remarques du président Saïd et exprimé leur inquiétude envers le bien-être de la communauté juive du pays".

"Le grand rabbin de Moscou et président de la Conférence rabbinique européenne, Pinchas Goldschmidt, avait déclaré que "la Conférence rabbinique européenne suit avec une grande inquiétude le harcèlement des membres de la communauté juive à Djerba ces derniers jours et observe l'inaction de la police locale".

Débuté le 26 avril 2021, le pèlerinage juif de la Ghriba "s'est ouvert sans les milliers de pèlerins venus habituellement du monde entier, en raison de la pandémie... Pas de rassemblements, prières individuelles et masque obligatoire. Il se déroule jusqu'au 2 mai pour la communauté juive de l'île et les quelques fidèles qui ont fait le déplacement de l'étranger".

"On est très content de pouvoir faire nos prières ici à la Ghriba. Il n'y a pas de festivités cette année mais ça n'a aucune importance, on vient pour la prière. L'année dernière c'était impossible", affirme à l'AFP Elizabeth, une retraitée venue de Paris."

"Le pèlerinage de la Ghriba aujourd'hui est un match à huit clos. Il faut jouer le match, il n'y a pas de public, mais ce n'est pas grave. Quand on vient, on demande un beau mariage, la réussite aux examens, une bonne santé pour toute la famille. Cette année, on prie pour le monde entier", assure René Trabelsi, juif et ancien ministre du Tourisme, présent à Djerba avec une vingtaine de touristes français".

"La Tunisie a officiellement enregistré 300.342 cas de contamination au coronavirus, dont 10.304 décès, pour près de 12 millions d'habitants. Elle fait face à une augmentation inédite du nombre d'hospitalisations, débordant certaines structures de réanimation".

"Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi a assisté ce jeudi 29 avril 2021, au démarrage officel du pèlerinage de la Ghriba à l’île de Djerba. Hichem Mechichi a mis l’accent sur la symbolique de cet évènement, soulignant qu’il témoigne de la diversité et de la tolérance en Tunisie. « La Tunisie accueille tous ses enfants, indépendamment de leurs références religieuses, leur culture et leur croyance ».
 
Il a ajouté que cet évènement avait été maintenu malgré la situation épidémique, dans l’objectif de préserver les traditions. « Nous avons tenu à maintenir cet évènement. Nous avons appliqué certaines restrictions et mis en place des protocoles sanitaires. Hier, aussi nous avons célébré la bataille de Badr en respectant les mesures sanitaires. Nous voulons garder cette image d’une Tunisie tolérante ».

"Lors de son intervention sur les ondes d’une radio privée, le délégué régional du tourisme, Hichem Mehouachi a indiqué que le pèlerinage d’El Ghriba a démarré aujourd’hui, en présence du chef du gouvernement Hichem Mechichi, du ministre du Tourisme, Habib Ammar et du ministre des Affaires Religieuses, Ahmed Adhoum. A ce titre, Mehouachi a annoncé que le pèlerinage sera exceptionnel, précisant que sa tenue prouve que l’île de Djerba est une terre de tolérance et de cohabitation".

Le 18 mai 2021, le site tunisien d'informations Business News a publié l'article "L’amalgame malsain de Mohamed Ammar entre sionisme et judaïsme" . "Par ignorance ou par bêtise, on ne le sait pas. Mais le fait est là ! Le député d’Attayar, Mohamed Ammar est tombé dans le piège de l’amalgame. Mardi 18 mai 2021, alors qu’il souhaitait défendre et appuyer l’acteur Mhadheb Rmili, le représentant du peuple a qualifié les lieux de culte juif de « temples sionistes ». Et ce, durant l'opération israélienne "Gardien des murs" ou "Gardien des Murailles" (Chomer Hahomot, en hébreu) menée par l'Etat Juif en réaction contre les tirs de roquettes du mouvement terroriste islamiste Hamas à partir de la bande de Gaza. 

"S’exprimant au sujet des agressions de l’Etat sioniste contre la population fragilisée de la bande de Gaza, bombardée depuis lundi dernier par l’armée de l’occupation, Mohamed Ammar a évoqué le statut controversé que l’acteur avait publié le 15 mai pour marquer sa position en faveur du peuple palestinien meurtri." 
  
"Le statut de l'acteur a suscité une grande controverse. Affirmant défendre la cause palestinienne, il a publié sur sa page Facebook : « leurs lieux de culte ne sont pas plus sacrés que les notres » et laissant entendre que les défenseurs de la cause palestinienne devraient utiliser les lieux de culte juifs situés dans le monde arabo-musulman afin de faire pression sur Israel. « Ainsi, le gouvernement sioniste se retrouvera dans l'obligation de ne pas toucher à la mosquée al-Aqsa afin de sauvegarder la sécurité de ces lieux », a-t-il écrit."

"Citant entre autres la synagogue de la Ghriba à Djerba, Mhadheb Rmili a suggéré un échange de lieux de culte juif dans les pays arabes contre la mosquée al-Aqsa laissant entendre que « pour garantir la sécurité de ses lieux de culte, l’Etat sioniste serait dans l’obligation d’assurer celle d’al-Aqsa »."

"Une publication très critiquée au sujet de laquelle l'acteur a dû s'expliquer, affirmant que ses propos devaient être compris au second degré et ajoutant qu'il s'agit d'une « solution tout à fait pacifique » et non « d'un appel à la violence ».

"Ce statut a tellement plu au député qu’il n’a pas hésité à le soutenir sous la coupole de la sacro-sainte assemblée des représentants du peuple, n'hésitant pas à faire l'amalgame entre juifs et sionistes.  Les internautes tunisiens n’ont, d’ailleurs, pas manqué l’occasion pour pointer du doigt, encore une fois, le niveau de certains de nos élus, hélas législateurs !"

UNESCO
"Alors que le nombre de citoyens de confession juive en Tunisie est passé de près de 100.000 avant l'indépendance (1956) à seulement 1.500 de nos jours, les pèlerins se rendant à la Ghriba chaque année viennent aussi d'Europe, des États-Unis et d'Israël.


"La sécurité est revenue en Tunisie". Le dimanche 14 mai 2017, "le Premier ministre tunisien Youssef Chahed s'est lui-même rendu à la Ghriba afin de "passer un double message". "Le premier est de dire que la Tunisie est un pays plusieurs fois millénaire, avec une histoire marquée par l'ouverture à toutes les religions", a tout d'abord fait valoir Youssef Chahed".

"Mais il s'agit aussi de souligner "que la sécurité est revenue en Tunisie", a poursuivi Youssef Chahed, en allusion aux attaques djihadistes ayant fait des dizaines de morts -dont 59 touristes étrangers- en 2015 et début 2016. Après en avoir gravement souffert, le tourisme tunisien, secteur vital de l'économie, enregistre une reprise sensible de la fréquentation, en particulier en provenance de France, son marché historique".

Ministre tunisien de la Culture, Mohamed Zine El Abidine, a déclaré que la Tunisie va demander l'inscription de l'île de Djerba sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), en invoquant sa "richesse religieuse".

La Tunisie "compte à ce jour huit sites classés, dont les médinas de Tunis et Sousse, l'amphithéâtre romain d'El Jem (est) ou encore les sites archéologiques de Carthage et de Dougga (nord), dernier en date inscrit, il y a 20 ans déjà".


"Nous allons essayer de classer Djerba parmi le patrimoine universel. (...) C'est une île importante sur le plan de la singularité culturelle, religieuse. Il y a quatre structures très importantes,[dont l'Institut national du patrimoine (INP)], qui travaillent de pair pour préparer un bon dossier. [Djerba est] un monde précieux, et c'est pourquoi nous sommes tous autour de lui. Nous, mais l'Unesco aussi, qui se prépare, j'espère bientôt, à classer Djerba au patrimoine de l'humanité", a indiqué M. Zine El Abidine.

Des experts de l'UNESCO ont visité récemment Djerba.

Les "autorités tunisiennes entendent s'appuyer en particulier sur l'héritage religieux de Djerba qui, outre des mosquées, compte églises et synagogues". 

"L'île est "un étalon de valeurs qui montre à quel point les espaces de confluences religieuses sont des espaces de vie", a insisté le ministre de la Culture.

Exposition

A Paris, la Fondation de la maison de la Tunisie et Beit el Bennani présentèrent l'exposition "Les Tunisiens juifs de Djerba - Frank Scherschel (Photographies)". "La vie quotidienne des juifs de Djerba, sous l’objectif du photographe américain du magazine Life Frank J. Scherschel (1907-1981). Après avoir couvert la deuxième guerre mondiale, en Europe, pour Life, Frank J. Scherschel est venu en Tunisie entre 1956 et 1957 pour photographier les événements en rapport avec l’indépendance de la Tunisie. C’est à cette occasion, qu’il a réalisé le présent reportage sur les quartiers juifs de Djerba. Beit el Bennani est un centre de documentation sur le patrimoine tunisien situé dans La Médina de Tunis et ouvert aux étudiants et aux chercheurs. En plus d’une riche bibliothèque, ce centre dispose aussi d’un fonds photographique et archivistique, inédit pour la plupart, axé sur des sujets liés à l’histoire et au patrimoine".

Semaine tunisienne

Le Centre Communautaire Jérôme Cahen de Neuilly-sur-Seine, proposa dans le cadre de la Semaine tunisienne une exposition et une table-ronde sur l'histoire des juifs de Djerba le 5 février 2018 de 20 h à 22 h 30. "Grande destination touristique en Méditerranée, l’île de Djerba est un haut lieu de la mémoire séfarade et reste le cadre de vie d’une des dernières communautés juives en terre d’islam.  Regards croisés sur cette communauté avec Haïm Bittane, Grand Rabbin de Tunisie, Gilles Bernheim, Grand Rabbin, Michel Gugenheim, Grand Rabbin de Paris, Claude Nataf, historien, et Gabriel Kabla. Du 2 au 16 février 2018, est proposée l'exposition de photos sur les Juifs de Djerba photographiés par Franck J. Scherschel, photographe américain au magazine LIFE.

Timbre

Le 15 mai 2019, alors que sera célébré Bar Rabbi Shimon Yochai durant le pèlerinage, La Poste tunisienne a émis un timbre honorant la Synagogue de la Ghriba de Djerba.


repères historiques de la tunisie du XVIIIe siècle a nos jours


Les Juifs vivent en Tunisie depuis plus de deux mille ans – leur présence est attestée dès le IIe siècle.  

1705
La monarchie beylicale est établie. On distingue les Juifs tunisiens (Touansa) et Granas, originaires de la ville toscane Livourne (Leghorn en hébreu) et plus généralement de l’ensemble de la péninsule italienne.


1857
Le bey Mohamed proclame le Pacte Fondamental qui accorde à tous ses sujets l’égalité des droits, supprimant ainsi le statut de dhimmis.


1881
12 mai. Signature du traité du Bardo qui place la Régence de Tunis sous protectorat français. La France assume la responsabilité de la défense et des relations extérieures soumises à l’autorité du résident général de France.


1883
8 juin. La convention de La Marsa complète le traité du Bardo.


1940



1941
Juin. Appel du général de Gaulle à Londres. Le gouvernement dirigé par le maréchal Pétain signe la convention d’armistice avec le représentant du IIIe Reich.
Novembre. statut des Juifs de Tunisie à l’instar de celui édicté en France en octobre 1940. Il est compété le 26 juin 1941.

20 mai. Pogrom contre les Juifs à Gabès - sept Juifs assassinés 
sur la place de la synagogue et vingt Juifs blessés, maisons saccagées, magasins pillés - commis par des Arabes tunisiens.


1942
8 décembre. les armées de l’Axe occupent la Tunisie. Persécutions contre les Juifs : amendes collectives, prise d’otages, camps de travail forcé, rafle, amendes collectives, déportations, etc.
9 décembre. Rafle des Juifs de Tunis par les SS.


1943
7 mai. Les troupes Alliées libèrent Tunis.


1948
Lors de l’indépendance d’Israël, environ 105 000 Juifs vivent en Tunisie.
A la suite de l'application du plan Arabe visant l'exil forcé des Juifs de pays arabes, et d'émeutes antisémites dans le quartier Juif de la Hara (Tunis), la plupart d'entre eux quitte ce pays essentiellement de 1948 (recréation de l'Etat d'Israël) aux années 1960.


1954
31 juillet. Le président du Conseil Pierre Mendès France annonce à Carthage l'octroi de l'autonomie interne à la Tunisie et la formation d'un gouvernement tunisien chargé de négocier l’autonomie interne de la Tunisie.


1955
Septembre. Les conventions d’autonomie interne sont appliquées. Albert Bessis est ministre de l’Urbanisme du gouvernement de Tahar Ben Ammar.


1956
20 mars. La Tunisie obtient son indépendance.
8 avril. L’Assemblée constituante élit Habib Bourguiba à sa présidence.
L'administration est "tunisifiée".
L’économie tunisienne est mise en coopérative. Les entrepreneurs Juifs sont contraints de se doter d'un associé musulman.
Les relations postales avec l'Etat d'Israël sont rompues.


1957




1958
25 juillet. L'Assemblée constituante, élue le 25 mars, vote l'abolition de la monarchie beylicale et proclame la république. Elle élit Habib Bourguiba, Premier ministre sortant, président de la république.
La communauté Juive est expropriée du vieux cimetière de Tunis.

11 juillet 1958. "Loi spécifique au judaïsme : Remplacement des communautés juives par des commissions provisoires du culte israélite et suppression du statut personnel des Juifs".


1961


1961-    1962
Après des mois de crise, et des combats (entre 600 et 2 000 morts côté tunisien), la France évacue sa base militaire dans le port de Bizerte, près de Tunis. Violences.

 Les Juifs fuyant la Tunisie ne peuvent emporter "qu’un dinar (2 euros)".


1967



1982
Juin. Lors de la guerre des Six-jours (5-10 juin), des exactions antisémites ont lieu à Tunis le 5 juin : grande synagogue profanée, magasins pillés, etc. Le président Bourguiba condamne ces actes. Nouvel exode des Juifs.

Tunis accueille Arafat et le QG de l'OLP.


1987
Fin de la présidence de Bourguiba. Zine Ben Ali est élu président.


2002
11 avril. Un camion-citerne de gaz naturel bourré d'explosifs saute devant de la synagogue de la Ghriba (île de Djerba), tue 21 personnes et en blesse 30.


2003
Environ 1 500 Juifs demeurent en Tunisie.


2010
17 décembre. Mohamed Bouazizi, jeune vendeur de fruits et légumes, s’immole à Sidi Bouzid. Des manifestations et des émeutes se multiplient ; c’est le début de la « révolution du jasmin » émaillée d’actes antisémites et du « printemps arabe ».

2011
14 janvier. Le président Ben Ali et sa famille fuient en Arabie saoudite.
17 janvier. Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi nomme un gouvernement d'union.
1er février. Des responsables de la communauté juive de Gabès informent que la synagogue d'el Hamma, récemment restaurée et sise à 15 km de cette ville, a été incendiée, des rouleaux de la Torah brûlés et des tombes saccagées le 31 janvier 2011.
3 mars. Annonce de l'élection d'une Assemblée constituante de 217 membres.
23 octobre. Le mouvement islamiste Ennahdha est vainqueur de ces élections.
Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda, est nommé Premier ministre du gouvernement de coalition réunissant le Congrès pour la République (ou Al Mottamar) et Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol).
12 décembre. Moncef Marzouki élu président par l’Assemblée constituante.

2012
5 janvier. Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement du mouvement terroriste islamiste palestinien Hamas, dont la charte vise à la destruction d'Israël, est reçu à Tunis par Hamadi Jebali et le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi. Une foule l’accueille en brandissant des drapeaux tunisiens et palestiniens et en scandant : « Mort aux Juifs », « Avec notre esprit et notre sang nous libérerons la Palestine ».
Mars-avril. Manifestations violentes d’islamistes.
3 mai. Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné Nabil Karoui, patron de la chaîne de télévision Nessma, à une amende de 2 400 dinars (environ 1 200 euros) « pour la diffusion au public [en octobre 2011] d'un film troublant l'ordre public et portant atteinte aux bonnes mœurs », en l'occurrence Persepolis, film d’animation de Marjane Satrapi. Une scène de ce film représente Allah. Elle n’avait suscité aucun trouble lors de la diffusion du film dans les salles de cinéma, mais des islamistes s’en étaient indignés.

2013


2014




2015













































2016



2017
25 juillet. Rached Ghannouchi, chef du mouvement islamiste Ennahdah, annonce l'avènement du califat et d'une "constitution islamique".

2 octobre. Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), a alerté  sur des agressions commises impunément contre des Tunisiens Juifs sur l'île de Djerba et « a accusé la police de harcèlement », tout en déplorant le laxisme.

26 janvier. Elue le 23 octobre 2011 après la révolution ayant renversé le président Zine el-Abidine Ben Ali, l'Assemblée constituante adopte la Constitution par 200 voix pour, douze contre et quatre abstentions 
27 janvier. Ce texte fondamental "est signé par le président de la République, Moncef Marzouki, le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar, et le chef du gouvernement, Ali Larayedh, au cours d'une cérémonie au siège de l'Assemblée".
Le préambule de cette Constitution "affirme l'attachement du peuple aux droits de l'homme et à son identité arabo-musulmane". Il souligne notamment "que la Tunisie doit participer à l'unification du monde arabe et appuyer les mouvements de libération, dont le mouvement palestinien". L'article 1 de la Constitution précise : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime ».
18 mars. Attentat islamiste au musée du Bardo (Tunis), ayant causé la mort de 24 personnes, dont 21 touristes.
26 juin. Attentat islamiste revendiqué par l'Etat islamique dans la station balnéaire de Port El-Kantaoui près de Sousse, et ayant fait 39 morts et 39 blessés.
24 novembre. Attentat contre un bus de la garde présidentielle qui a fait au moins 13 morts et 20 blessés, dont trois grièvement, au centre de Tunis. Levé en octobre 2015, l’état d’urgence a été décrété et un couvre-feu mis en place de 21 heures à 5 heures du matin.
10 décembre. Lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix 2015 au Quarter du dialogue national tunisien "pour sa contribution décisive à l'édification d'une démocratie pluraliste en Tunisie à la suite de la Révolution de Jasmin en 2011", ce Quartet, constitué de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, du Conseil de l'Ordre national des avocats de Tunisie et de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, a exprimé sa "douleur et son indignation à propos de ce qui s'est passé dans de nombreux lieux dans le monde. Voici quelques jours, notre capitale Tunis, et avant cela, Sousse, le musée du Bardo, Beyrouth, Paris, Sharm el-Sheikh et Bamako ont témoigné des incidents barbares et atroces dans lesquels des centaines de gens innocents ont été tués. Les sentiments de compassion et sympathie ne peuvent pas empêcher le chagrin et la souffrance des familles de victimes et autres qui sont tombées dans d'autres villes du monde... Aujourd'hui, nous avons un urgent besoin de dialogue entre civilisations, et de coexistence pacifique dans le contexte de diversité et de variation. Aujourd'hui nous avons un urgent besoin de faire du combat contre le terrorisme une priorité absolue, ce qui signifie la coordination constante et la coopération parmi toutes les nations pour assécher ses ressources et les détacher de leur environnement incubateur. Aujourd'hui, nous avons besoin d'accélérer l'élimination des zones sensibles dans le monde, et particulièrement afin de trouver une solution à la cause palestinienne et permettre au peuple palestinien l’exercice de son autodétermination sur sa propre terre et construire leur Etat indépendant". Il est significatif que ce Quarter n'ait pas évoqué Jérusalem parmi les villes ciblées par le terrorisme, et n'ait pas dénoncé le terrorisme palestinien. L'UGTT, la Ligue tunisienne des droits de l'Homme et l'Ordre des avocats tunisiens sont particulièrement virulents dans leur anti-israélisme.


7 marsAttentat islamiste de  l'État islamique (EI) à Ben Gardane contre les forces de sécurité tunisiennes.

Juillet. La programmation de l'humoriste juif français d'origine tunisienne Michel Boujenah au festival de Carthage, le 19 juillet 2017, a suscité une polémique. Le syndicat UGTT avait demandé par courrier au ministère de la Culture d'annuler la soirée du spectacle du comédien à qui certains ont reproché son sionisme. Le spectacle a été maintenu.




« Tunisie - La synagogue de la Ghriba » par Celia Lowenstein et Lysiane Le Mercier 
France, 2018, 26 min
Sur Arte les 25 janvier 2019 à 17 h 35 et 31 janvier 2019 à 6 h 40

Visuels :
La Ghriba à Djerba (Tunisie), l'une des plus anciennes et des plus célèbres synagogues de la diaspora juive.
La communauté juive de Djerba est une des dernières à subsister dans le monde arabe.
Intérieur du monument sacré nommé la "Ghriba", où les 2 communautés de l'île, juive et musulmane, se retrouvent une fois par an.
Le nom de cette synagogue, "Ghriba" vient d’un mot arabe qui signifie “étrange”. Il existe une autre version des origines mythiques du monument ... Celle d'une femme mystérieuse et solitaire.
Credit : © ZED-ARTE


Du 6 au 30 décembre 2017
A la Maison de la Tunisie
45, Boulevard Jourdan. 75014 Paris
Tél. :  01 53 62 77 00

ATPJT. BP 116. 75562 Paris Cedex 12. atpjt@wanadoo.fr

Articles sur ce blog concernant :

Cet article avait été publié par Actualité Juive hebdo en 2002. Il a été republié :
- le 11 avril 2012, à l'occasion du 10e anniversaire de l'attentat d'al-Qaïda contre la synagogue de la Ghriba (Tunisie) ;
- 9 mai 2012 et 24 avril 2013 à l'approche du pèlerinage (Hiloula) à la synagogue de la Ghriba (Tunisie) du 26 au 28 avril 2013 ;
- 12 juillet 2013 à l'approche de la diffusion par France 5, les 13 juillet à 20 h 39 et 21 juillet 2013 à 10 h 30, du numéro d'Echappées belles intitulé Tunisie, les jasmins de l'espoir qui évoqua les Juifs de Djerba ;
- 4 octobre 2013 et 19 mai 2014, 6 mai 2015, 25 mai 2016, 13 mai et 22 décembre 2017, 5 février et 5 mai 2018, 24 janvier, 22 mai 2019 et 20 mai 2020.
Il a été modifié le 28 avril 2021.