jeudi 16 novembre 2017

Interview de Bat Ye’or sur les « migrants », l’Union européenne et Eurabia


Tablant sur la crédulité et l'émotion d'Européens peu ou mal informés, des pays d'Europe occidentale - France, Allemagne - ont accepté l'entrée massive sur leur territoire de dizaines de milliers de « migrants », immigrés illégaux : combien de « migrants économiques » ? Combien de terroristes islamistes parmi eux ? Combien de « migrants » accueillis par des pays musulmans du Golfe
Le « Printemps arabe », des diplomaties occidentales, notamment américaine ainsi que française, et moyen-orientales - Qatar, Iran, Turquie, etc. -, et l’apparition de l’Etat islamique (ISIS), ont déséquilibré des pays d'Afrique du nord et du Moyen-Orient, généré des guerres, fragmenté des Etats (Libye), et incité, voire contraint, des millions de personnes à quitter leur domicile.
De Libye, ont afflué des dizaines de milliers de « migrants » vers les côtes italiennes, principalement à l’île de Lampedusa.
Plus de la moitié des 22 millions de Syriens ont été contraints de quitter leur domicile en raison de la guerre opposant les forces gouvernementales d’Assad soutenu par l’Iran à une opposition composite. Environ 13,5 millions de Syriens ont besoin d'une aide humanitaire en Syrie. Selon l'UNOCHA, 6,5 millions de Syriens se sont déplacés en Syrie, « 270 000 Syriens ont demandé asile en Europe ». Trois millions de Syriens se sont réfugiés en Turquie (2,07 millions) et au Liban (1,07 million). Les autres réfugiés vivent en Jordanie, Irak, Égypte et Afrique du Nord. Environ 4,18 millions de Syriens ont trouvé refuge dans les pays limitrophes et, plus généralement, au Moyen-Orient.
Le Telegraph (25 juin 2015) a titré "Plus de 5 000 enfants migrants 'disparaissent' en Italie après avoir traversé la Méditerranée. Des associations caritatives craignent que les mineurs non accompagnés soient vulnérables et contraints au crime et à la prostitution". Ces 5 110 enfants dont on trouve plus trace sont parmi les 13 000 mineurs non accompagnés qui ont atteint l'Italie en 2015.
Michèle Coninsx préside depuis 2012 Eurojust. Cette unité de l'UE "a pour mission de promouvoir et renforcer la coordination et la coopération entre les autorités nationales dans la lutte contre la criminalité transfrontalière grave engagée dans l’Union européenne... Les réunions de coordination portent spécifiquement sur des types de criminalité, identifiés par le Conseil de l’UE comme des priorités : le terrorisme, le trafic de drogues, la traite des êtres humains, la fraude, la corruption, la cybercriminalité, le blanchiment d’argent ainsi que d’autres activités liées à la criminalité organisée dans la sphère économique". En juillet 2015, Michèle Coninsx a indiqué que des terroristes de l'Etat islamique (ISIS) traversaient la mer Méditerranée pour rejoindre l'Europe parmi les migrants, et que l'argent provenant de trafics d'êtres humains finançaient le terrorisme.
Selon Nova TV, les autorités bulgares ont arrêté le 26 août 2015, près du poste frontalier de Gyueshevo cinq hommes, âgés de 20 à 24 ans. Ces derniers avaient dans leurs téléphones portables des vidéos de décapitations et de la propagande de l'Etat islamique. 
Le 9 juillet 2015, 222 personnalités du monde de la culture ont écrit à Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, pour lui demander d'intervenir "au plus vite pour résoudre la situation des 600 réfugié-e-s qui survivent dans les rues de Paris grâce à l'aide de quelques citoyens, bénévoles et riverains réunis en un comité de soutien". Une lettre publiée par Télérama, hebdomadaire culturel chrétien de gauche et réclamant la "création d'un lieu d'accueil collectif... Ces hommes, ces femmes et ces enfants, épuisés par un voyage périlleux, ne relèvent pas de la politique d'immigration française mais de la Convention de Genève sur le droit d'asile".
Le 6 septembre 2015, à l'initiative du comédien Alex Lutz, 66 artistes ont lancé l'appel Une main tendue publié dans Le Journal du Dimanche. Cet artiste a expliqué : "Vendredi matin, j'ai contacté Denis Olivennes (PDG d'Europe 1), Bernard Murat (directeur du théâtre Édouard VII) et Jean-Marc Dumontet (producteur de spectacles). Nous étions tous les quatre sur une émotion forte. Je me suis demandé ce que je pouvais faire à mon petit niveau. Là, j'ai soufflé l'idée du cachet solidaire et de la mobilisation de la profession. Un cachet d'artiste peut payer quelques jours, quelques semaines, quelques mois d'hébergement. Je fais partie d'une génération qui a vu s'investir des artistes. J'ai un très fort souvenir de ce qu'a fait Coluche avec les Restos du cœur. On demande toujours beaucoup aux Français. Là, ce sont des artistes, des gens qui gagnent de l'argent qui vont donner de l'argent pour les réfugiés. Samedi à 17 heures, le texte était bouclé et nous avions nos signataires. En signant cet appel, Line Renaud par exemple s'est souvenue de l'Exode sur les routes de France, lors de la Seconde guerre mondiale". Extrait de cet appel : "L'Europe mais aussi les États-Unis, le Canada, l'Australie ou les riches pays pétroliers de la péninsule arabique, enfin, tous ceux qui se sont reconnu un droit d'ingérence en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie au nom des valeurs de l'humanité doivent assumer aujourd'hui le devoir d'asile. Ils doivent ouvrir leurs frontières et leurs bras aux réfugiés que nos lois protègent, conformément aux obligations auxquelles les États ont souscrit en ratifiant la Déclaration universelle des droits de l'homme. Nous comprenons très bien les inquiétudes que cela peut faire naître chez nos concitoyens, en particulier, les plus confrontés aux difficultés sociales. Mais nous considérons qu'il est du devoir des gouvernements occidentaux de dépasser ces inquiétudes et d'agir. Le courage et la grandeur consistent précisément à bousculer l'opinion si nécessaire pour défendre les valeurs essentielles de la démocratie. Nous nous déshonorerions si nous ne faisions pas honneur à ce droit d'asile qui est au cœur d'une civilisation vraiment humaine. Et parce que nous ne voulons pas seulement en appeler aux pouvoirs publics depuis le confort où nous sommes installés mais agir, parce que nous ne voulons en aucun cas donner des leçons mais nous engager, chacun des signataires de cet appel offrira un cachet solidaire à l'une des associations qui intervient dans les pays d'origine ou dans les pays d'accueil pour aider les réfugiés comme la Cimade, France Terre d'asile, la Ligue des droits de l'homme, le Secours catholique, Save the Children, Médecins sans frontières, l'Unicef, Médecins du monde, Care International et d'autres encore. Nous ne jugeons pas ceux qui ne partagent pas notre avis et moins encore ceux qui, le partageant, pour quelque raison que ce soit, ne sont pas en situation d'aider. Mais nous appelons tous ceux qui le peuvent à faire comme nous et à joindre le geste à la parole d'humanité." Premiers signataires : Line Renaud, François Cluzet, Daft Punk, Muriel Robin, Dany Boon, Isabelle Adjani, Florence Foresti, Michèle Bernier, Pierre Arditi, Évelyne Bouix, Bernard Murat, Carole Bouquet, Richard Berry, Chantal Lauby, Guillaume Canet, Nicolas Canteloup, Léa Drucker, François Berléand, Anne Roumanoff, Louis Chedid, Matthieu Chedid, Anna Chedid, Joseph Chedid, Laurent Lafitte, Mélanie Laurent, Patrick Chesnais, Charles Berling, Charlotte de Turckheim, Benjamin Biolay, Isabelle Carré, Jérémie Renier, Élodie Bouchez, Éric Judor, Malik Bentalha, Stéphane de Groodt, Géraldine Nakache, Anne Marivin, Audrey Dana, Camille Cottin, Bruno Sanches, Michel Fau, Stéphanie Bataille, Pascale Arbillot, Bérengère Krief, Dominique Besnehard, Joséphine Japy, Thierry Klifa, Ladislas Chollat, Pierre Lescure, Danièle Thompson, Yamina Benguigui, Sarah Lavoine, Lisa Azuelos, Amanda Sthers, François Morel, Lorànt Deutsch, Michel Boujenah, François-Xavier Demaison, Francis Huster, Elsa Zylberstein, Ludivine Sagnier, Laura Smet, Marc Lavoine, Marina Foïs, Michèle Laroque, Alex Lutz.
Le 6 septembre 2015, "quelques heures après le pape François", le Conseil français du culte musulman (CFCM), présidé par Anouar Kbibech, président aussi le Rassemblement des musulmans de France (RMF, proche du Maroc), a publié un communiqué sur les "migrants" : « Une tragédie humaine sans précédent est en train de se dérouler devant nos yeux en pleine Méditerranée, berceau de la civilisation humaine. » Le CFCM a constaté « avec satisfaction les initiatives prises par des pays européens, et à leur tête la France et l’Allemagne » pour accueillir les migrants. Il a espéré que les images d'Aylan, enfant syrien « échoué » sur une plage turque suscitent « un électrochoc » pour « enfin mener à une mobilisation générale de tous les pays de l’Union européenne, ainsi que celle de tous les pays musulmans de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) ». Il a appelé « l’ensemble des musulmans de France à se mobiliser pour prendre part à l’élan de solidarité qui est en train de s’organiser dans toutes les villes du pays », et a demandé aux mosquées de France de « contribuer à la coordination des efforts : Dieu dit : "Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression" (Sourate dite de « La Table Servie »)  ». Cet appel a reçu le soutient de la Grande mosquée de Paris, sous la plume de son son recteur Dalil Boubakeur, l’Union des Mosquées de France qui déclara, le 8 septembre, s’associer « à l’appel du pape François à donner une espérance concrète à ces victimes de la guerre et de la faim par l’accueil d’une famille au sein de chaque communauté religieuse ». A l'approche de la fête de l’Aïd el-Adha (23 ou 24 septembre), sacrifiant un mouton pour commémorer le sacrifice par Ibrahim de son fils, des dirigeants musulmans ont enjoint à leurs coreligionnaires de partager avec les migrants « des moments de fraternité et de solidarité ». « Nous pourrions peut-être imaginer cette année une nouvelle forme de solidarité pour venir en aide aux migrants en collectant les fonds du sacrifice à leur profit », a suggéré Abdallah Zekri, responsable de l’Observatoire contre l’islamophobie et nouveau secrétaire général du CFCM.  L’UMF a proposé que les musulmans de France, « qui ont déjà réservé leurs sacrifices pour la fête de l’Aïd El Adha, appliquent] la règle consistant à partager les deux tiers du sacrifice entre les invités et ceux qui sont en difficulté ». Et « à ceux qui n’ont pas (encore) réservé » leur mouton ou comptent le faire par procuration, cette fédération - proche du Maroc - rappelle que « l’acte sacrificiel reste (...) une recommandation alors que porter assistance aux personnes en danger est une obligation religieuse et morale et un devoir citoyen ». « Et comme toujours, s’acquitter d’une obligation ou d’un devoir prime sur l’accomplissement d’une recommandation », souligne le communiqué. Et Abdallah Zekri d'ajouter : « Celles et ceux qui ont déjà accompli leur devoir de pèlerinage et qui souhaitent le réitérer » pourraient plutôt participer « à une collecte en faveur des migrants ». Dans la « perspective du nouvel an hégirien 1437 » (14 octobre), l’UMF « rappelle que les réfugiés rentrent dans plusieurs des huit catégories, citées dans le saint Coran, pour recevoir une part de l’impôt de solidarité qu’est Zakat el Mal », ou aumône pour les pauvres musulmans et pour renforcer l'islam. Abdallah Zekri a rappelé que « 80 % de ces migrants viennent de pays musulmans, (et qu’) il ne faudrait pas que la solidarité vienne uniquement des autres ».
Sous le titre Les œuvres de charité musulmanes investissent les rues de Paris (18 septembre 2015), Le Monde a souligné la nouveauté de ces associations, dont Soutien sans faim, qui offrent "au grand jour" une aide alimentaire aux "migrants". « Les conditions de vie de la plupart des Français ont baissé par rapport à celles de leurs parents. Nous, c'est l'inverse : le niveau monte. Notre génération a réussi ou, en tout cas, elle s'est installée. Il y a une effervescence, une envie de s'engager , explique Phung Vo. Né dans une famille vietnamienne bouddhiste, ayant "grandi en cité" et s'étant converti à l'islam, cet ingénieur, père de deux enfants, "dirige aussi une des plus grosses associations musulmanes – 300 000 euros de dons par an, 1 800 repas par semaine. Il lui arrive de « prêter » certains des 500 bénévoles – 25 ans d'âge en moyenne – à des associations catholiques. « Elles peinent à recruter. Nous, on refuse du monde. » " A l'association de Phung Vo, les appels ont explosé depuis « la crise des migrants », des dons de 1 000, 10 000 euros pour les Syriens. Phung Vo refuse. « Ils sont peu nombreux en France pour l'instant et l'Etat prend en charge ceux qui arrivent. Ici, viennent des gens qui fuient la misère. » Les activités de l'association sont observées de près par le ministère de l'intérieur". 
Sur les 106 communiqués de presse de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) publiés de juillet à septembre 2015, seuls trois évoquent la "crise des réfugiés syriens", dont l'un pour stigmatiser "le traitement dur des réfugiés syriens par les autorités hongroises". Le premier d'entre eux date du 10 septembre 2015. Par contre, l'intérêt pour les Palestiniens suscite un nombre bien plus important de communiqués. Le 8 août 2015, l'OCI avait informé sur son aide humanitaire aux réfugiés Rohingyas fuyant la Birmanie.
Non signataires de la Convention onusienne sur les réfugiés (1951), les pays du Golfe ont été critiqués pour leur réaction jugée insuffisante dans l'accueil des réfugiés. 
Ainsi, Mina, ville située près de La Mecque (Arabie saoudite), dispose de  100 000 tentes dotées de l'air conditionné, de cuisines et salles de bains, et pouvant abriter trois millions de personnes. Cette cité près de la Syrie est peuplée quelques jours par an par les pèlerins se rendant à La Mecque.

"Ce que l’Occident propose aujourd’hui est complètement stupide et naïf. Il ne faut pas entrer dans la pitié dangereuse et dans la sensiblerie des gens. C’est vrai, le peuple français est très généreux, j’en suis témoin, et les gens vont ouvrir leurs portes. Mais est-ce une solution ? Il faut avoir du discernement et comprendre les causes de cette crise, notamment en Syrie et en Irak. Sur place, nous avons en face de nous Daech et d’autres islamistes qui vont dire : "Puisque l’Occident chrétien vous accueille, allez-y. Ils vous ouvrent les bras, allez-y… et ce pays n’est plus le vôtre". Il y a aussi un appauvrissement total de ce pays, parce que ceux qui partent, ce ne sont pas seulement malportants et les pauvres, c’est aussi toute la richesse intellectuelle, sociale, qui avait beaucoup de talent et de qualifications", a déclaré Ephrem Azar, frère dominicain sexagénaire, anthropologue, historien des religions, exilé en France depuis 25 ans, de retour d’un voyage en Irak, son pays natal, le 20 septembre 2015, à France Info. Président de "Entre deux rives, La passerelle France-Orient", association de dialogue interculturel et inter-religieux, il prône l'encouragement de "la dignité" pour que les victimes de persécutions demeurent au Moyen-Orient : "On est en train de travailler pour construire une école, un orphelinat et un dispensaire au Kurdistan" pour accueillir les migrants venant d'Irak.
L'Union européenne et ses Etats-membres ont alloué en aides humanitaire, économique, au développement et en assistance 4,2 milliards d'euros aux Syriens, dans leur pays et dans les Etats les accueillant. Selon l'UNHCR, du début de la crise en Syrie à septembre 2015, l'UE a reçu 512 909 demandes d'asile. Le budget européen en 2015 s'élève à 162,273 milliards d'euros.
Le 22 septembre 2015, une majorité d'Etats de l'UE ont accepté de répartir, selon des quotas, entre les Etats membres, 120 000 migrants. La République tchèque, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie - groupe de Visegrad - ont voté contre. Premier ministre slovaque, Robert Fico a annoncé son intention de porter plainte contre ce système de quotas obligatoires.
Le 29 septembre 2015, l'UE écrit : "En Turquie, 176 millions d'euros ont déjà été déployés en actions en lien avec la migration, dont une aide directe aux réfugiés. L'UE discute avec la Turquie une révision de l'allocation des fonds européens, de manière à ce qu'un total d'un milliard puisse être disponible pour des actions en lien avec les réfugiés en 2015-2016, avec des actions tels que le soutien à l'infrastructure de services de santé et l'enseignement de leur langue aux enfants réfugiés. Pour un accès rapide, une partie importante de cette aide passera par le Fonds européen trust MADAD. Parallèlement, la Commission européenne a lancé un dialogue exhaustif sur la migration avec la Turquie, sur tous les aspects, dont l'enregistrement, la réadmission et les retours, sur lesquels la Turquie doit agir plus efficacement". 
Lors des rencontres avec l'UE, la Turquie demande son entrée rapide dans l'UE, à laquelle est favorable la chancelière allemande. 
Frontex (European Agency for the Management of Operational Cooperation at the External Borders of the Member States of the European Union, Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne) estime qu’en 2014 plus de 220 000 « migrants » sont entrés illégalement dans l'UE via la mer Méditerranée. 
De janvier à septembre 2015, Frontex estime  que plus de 710 000 migrants sont arrivés dans l'UE, dont 129 000 en Italie - "les Erythréens constituent le groupe le plus nombreux à utiliser cette route", que les îles grecques dans la mer Égée, notamment Lesbos, "affrontent une pression migratoire massive". La Hongrie a annoncé avoir recensé "plus de 204 000 migrants à ses frontières, treize fois le nombre enregistré pour la même période en 2014". 

De janvier à mai 2015, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a recensé 103 000 « migrants » arrivés en Europe via la Méditerranée. 
Au 14 octobre 2015, il estime à 590 580 ce nombre ; le mois d'octobre 2015 - 218 953 entrées - est celui ayant enregistré le plus grand nombre d'arrivées. Dix nationalités revendiquées représentent 90 % de ces arrivées : la Syrie (54%), l'Afghanistan (15%), l’Érythrée (6%), l'Iraq (4%), le Nigéria (3%), le Pakistan et la Somalie (2% chacun), le Soudan, la Gambie et le Bangladesh (1% chacun), etc. Au 28 octobre 2015, sur les 705 251 migrants arrivés par mer en Europe, 65% sont des hommes, 14% des femmes et 20% des enfants. 
Le 5 novembre 2015, la Commission européenne a annoncé que l'UE recevrait trois millions de migrants d'ici à 2017. Cette arrivée aurait "un impact sur la croissance économique qui serait faible, mais positif pour l'Union européenne", a déclaré Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques. Après une croissance de 1,6 % cette année dans la zone euro, Bruxelles table sur 1,8 % pour 2016, révisant très légèrement à la baisse sa prévision de printemps (+ 1,9 %). Pour 2017, elle mise sur 1,9 % de croissance. Pour les 28 pays de l'UE, la croissance devrait s'élever à 1,9 % cette année, puis 2,0 % en 2016 et 2,1 % en 2017. « L'économie européenne reste sur une trajectoire de reprise », a souligné Pierre Moscovici. L'UE prévoit un taux de chômage pour la zone euro de 10,6 % pour 2016, contre 11 % en 2015 et 10,3% en 2017. Dans l'UE, il devrait se fixer à 9,5 % en 2015, à 9,2 % en 2016 et 8,9 % en 2017. Pierre Moscovici a évalué l'impact de l'arrivée des migrants de « 0,2 à 0,3 % » de croissance « d'ici 2017 » pour l'ensemble de l'UE. Un pourcentage dépendant des politiques d'intégration pour faciliter l'accès au marché du travail. 
Selon un document secret gouvernemental allemand révélé en octobre 2015 par Bild, le nombre de migrants accueillis en 2015 par l'Allemagne serait de 1,5 million. En raison du "facteur familial" de quatre à huit individus, ce nombre pourrait atteindre 7,36 millions de "migrants" si ceux-ci obtenaient le statut de réfugiés et obtenaient le regroupement familial. La population allemande s'élève à près de 80 millions d'habitants.
Un document révélé par l'édition dominicale de Die Welt du 25 octobre 2015, les services de renseignements allemands ont exprimé leur inquiétude : "Nous importons l'extrémisme islamique, l'antisémitisme arabe, les conflits nationaux et ethniques d'autres peuples ainsi qu'une compréhension sociétale et légale différente... L'intégration de centaines de milliers de migrants illégaux en Allemagne n'est plus possible à la lumière de ce nombre et il existe déjà des sociétés parallèles" - cette expression désigne des communautés musulmanes ayant peu ou pas de contact avec la société. Et de poursuivre : "Les agences chargées de la sécurité ne pourront pas résoudre ces problèmes de sécurité importés et les réactions croissantes de la population allemande". Un dirigeant allemand expert en sécurité a déclaré au journal : " L'arrivée massive de gens de toutes les parties du monde mènera à l'instabilité chez nous. Nous produisons des extrémistes au travers de l'immigration. La société civile se radicalise car une majorité d'entre elle ne veut pas d'immigration et y est contrainte par l'élite politique".
Le 22 octobre 2015, la Süddeutsche Zeitung (SZ) a révélé que les autorités prévoyaient "une montée en puissance des violences contre les migrants. Alors que plus de 500 attaques ont été recensées cette année contre des centres d’accueil, “il faut s’attendre à ce que la scène d’extrême droite accentue son ‘agitation’ contre la politique d’asile”, rapporte la SZ, citant l’Office fédéral de la police criminelle (BKA). “Le spectre des extrémistes de droite, habituellement très hétérogène, trouve ici un consensus idéologique”, explique le BKA, qui avait réalisé son analyse avant même la tentative d’assassinat menée contre la candidate à la mairie de Cologne".
Le patronat allemand est divisé sur les aspects positifs de ces afflux de "migrants". La "Fédération de l’industrie (BDI) et l’Assemblée des chambres de commerce (DIHK) ont dû s’employer à répondre aux critiques publiques du secteur du bâtiment qui reprochait un certain aveuglement face au choc prévisible de l’afflux massif de migrants. Le coût et la difficulté d’insertion sur le marché  du travail de ces dizaines de milliers de réfugiés est tout particulièrement mis en avant". (Les échos, 20 octobre 2015)
Selon Ludger Wößmann, professeur d'Economie à l'université de Munich, interviewé par le Zeit (3 décembre 2015), l'enseignement en Syrie donne des résultats désastreux - deux tiers des élèves n'ont pas les compétences de base d'après des études de l'OCDE -, et les deux tiers des demandeurs d'asile en provenance de pays en guerre n'ont pas de qualification professionnelle, ne savent ni lire ni écrire. Environ 10% des migrants ont un diplôme universitaire.
En octobre 2015, la Fédération gay et lesbienne de Berlin et Brandenburg avance deux à trois signalements hebdomadaires d'abus physiques, dont des agressions sexuelles,  contre des "migrants" homosexuels dans des centres d'accueils de "migrants". Sept "migrants" homosexuels ont été retirés, pour préserver leur sécurité, d'un de ces abris à Dresde. Des autorités berlinoises songent à ouvrir un abri destiné aux seuls gays et lesbiennes. Sur la télévision publique néerlandaise, NOS, principale association d'homosexuels, a révélé que lors de deux semaines d'octobre 2015, dix cas de harcèlement et d'intimidation de "migrants" gays dans  une douzaine de centre abritant des "migrants" de Syrie et d'Iraq.  Ces gays craignaient d'être tués par d'autres "migrants" qui les avaient menacés. 
Vous devez oublier ce que vous avez appris chez vous sur ce qui est bien et ce qui est mal", a écrit aux "migrants" Harald Martenstein, journaliste et romancier allemand, dans l'édition berlinoise du quotidien Der Tagesspiegel (27 septembre 2015). Et d'ajouter : "Vous n'êtes pas obligés de renoncer à votre culture. Mais vous devez accepter l'égalité entre hommes et femmes. Vous devez apprendre que les homosexuels et les Juifs sont comme tout le monde. Vous devez supporter la moquerie et la satire, même quand elles concernent votre religion. . . Si vous n'acceptez pas ces règles, vous n'avez pas d'avenir ici.”
Durant les dix premiers mois de 2015, une dizaine de centres de "migrants" ont été incendiés en Suède. Avec 9,8 millions d'habitants, le royaume suédois, qui a accueilli environ 100 000 "migrants" en dix mois, devrait recevoir de 140 000 à 190 000 "demandes d’asile" pour toute l'année 2015.
Des cas de gale ont été signalés dans les camps de migrants à Calais et Paris (France), dans les abris PC en Suisse, etc.  De retour en république tchèque, une doctoresse, qui a travaillé dans des hôpitaux allemands, a relaté les risques - résurgence de maladies éradiquées en Europe, résistantes aux antibiotiques (tuberculose) ou apparition de pathologies non curables,  médecins poignardés - et problèmes - "migrants" refusant tout traitement par une femme, surveillance d'hôpitaux et de pharmacies - qu'elle y a constatés.
Divers essayistes, journalistes et dirigeants communautaires européens ont exprimé leurs craintes quant aux conséquences pour les Juifs de l'Union européenne de l'arrivée massive de millions de "migrants" musulmans important l'antisémitisme étatique et religieux de leur pays d'origine.
Si des dirigeants Juifs britanniques ou allemands ont exhorté leurs gouvernements à accueillir les réfugiés, Josef Schuster, président du Conseil central germanique des Juifs (Zentralrat der Juden in Deutschland), a exprimé à la chancelière Angela Merkel, promotrice d'une UE ouverte à des millions de "migrants", son inquiétude à l'égard de migrants venant de pays hostiles à Israël et risquant de renforcer l'antisémitisme au sein des musulmans en Allemagne. 
Porte-parole du Forum Juif pour la démocratie et contre l'antisémitisme (Jüdische Forum für Demokratie und gegen Antisemitismus), Levi Salomon, a rappelé à la mi-octobre 2015 que l'idéologie nazie de haine des Juifs et la haine d'Israël étaient au centre des partis Baath en Irak et en Syrie, donc "la majorité des réfugiés ont absorbé l'antisémitisme avec le lait maternel". Présidente du Forum, Lela Susskind, a précisé : "La peur d'une recrudescence de l'antisémitisme à travers l'immigration de réfugiés croit parmi les Juifs en Allemagne. De nombreux réfugiés de Syrie et d'Iraq ont été élevés dans une société dont la doctrine étatique consistait en la destruction d'Israël. [L'intégration des migrants dans la société allemande] serait très difficile. Mais nous ne croyons pas que nos craintes soient prises au sérieux par les politiciens". Avec 1596 actes antisémites en 2014, le nombre d'agressions antisémites en Allemagne a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans, plus que dans tout autre Etat de l'UE. Expert du terrorisme, Bernd Georg Thamm a écrit sur le jihad islamique pour le Forum financé en partie par le Conseil central des Juifs, dans lequel il alerte sur "l'israélisation" de l'Europe" - attaques visant des lieux de culte et des institutions culturelles-, et a dit : "La situation actuelle en Israël avec des attentats constants par des djihadistes sur des civils est concevable en Europe". 
Le 23 novembre 2015, lors d'un entretien au quotidien allemand Die WeltJosef Schuster s'est déclaré favorable à des plafonds, à la limitation de l'afflux de réfugiés dans son pays, car nombre d'entre eux sont originaires de pays où "la haine des juifs" est répandue : "Je crois qu'il faudrait que l'accès à l'Allemagne soit contrôlé. Tôt ou tard, on ne pourra pas éviter des plafonds [pour réduire le nombre de réfugiés]. Le flux de réfugiés a deux facettes. Il faut considérer les deux. Beaucoup de réfugiés fuient la terreur de (l'organisation) Etat islamique et veulent vivre en paix et librement. Mais "en même temps, ils viennent de cultures où la haine des juifs et l'intolérance sont solidement installées", tout comme sont problématiques dans ces cultures "l'égalité homme/femme et le rapport aux homosexuels".  Dirigée par Günter Burkhardt, l'ONG Pro Asyl a critiqué les commentaires de Josef Schuster en disant qu'il était malheureux qu'un groupe Juif partageait la même position que le parti conservateur bavarois CSU.
En 2015, l'Autriche doit accueillir 100 000 "réfugiés", ce qui représente un pourcent de sa population, et en 2016 130 000 migrants. Le 23 novembre, Oskar Deutsch, dirigeant de la communauté Juive de Vienne (Autriche) ou Israelitischen Kultusgemeinde (IKG) Wien, a confié à des journalistes son inquiétude suscitée par l'augmentation de l'antisémitisme induite par l'afflux écrasant des demandeurs d'asile en Autriche. Il a argué que de nombreux migrants musulmans ont été élevés en étant nourris par l'antisémitisme. Il croit aussi que l'Autriche a déjà "plus ou moins" atteint sa capacité maximale de migrants, et souligne l'existence parmi les demandeurs d'asile en Autriche de "prétendus réfugiés", ne fuyant pas la guerre ou la persécution, mais cherchant à améliorer leur situation économique.
Le 7 septembre 2015, Esther Voet, rédactrice en chef du  Nieuw Israelitisch Weekblad, le plus important journal Juif aux Pays-Bas, a alerté sur la nécessité de ne pas fonder une politique d'immigration sur la seule émotion, et sur le fait que les pays du Golfe, et non l'Europe, devraient accueillir les "migrants". Elle a évoqué les risques de "migrants" venant de cultures "à la faible considération pour les droits des homosexuels, des Juifs et des femmes, et qui ont été endoctrinés pour haïr les normes occidentales”. En octobre 2015, le Bureau central Juif des Pays-Bas s'est opposé à l'ouverture d'un centre de réfugiés à Amstelveen, dans le sud d'Amsterdam en raison des risques : c'est le seul lieu aux Pays-Bas avec une infrastructure juive communautaire et un grand nombre de communautés Juives reconnaissables : écoles, synagogues, écoles Juives, restaurants cacher, cimetière, etc. Grand rabbin des Pays-Bas, Binyomin Jacobs a déclaré que les agressions de "migrants" contre les gays prouvaient "la différence de culture, qui requiert l'établissement de pont, entre certains réfugiés et les normes acceptées aux Pays-Bas". S'il était favorable à l'aide aux réfugiés, il a ajouté qu'ils "ont été élevés avec un antisémitisme cruel et d'autres formes de haine et d'intolérance".  
Des centaines de migrants musulmans - la plupart des Afghans et Iraniens - se convertissent au christianisme afin d'augmenter leurs chances d'obtenir le statut de réfugiés en Allemagne et d'éviter le retour forcé vers leurs pays. En Afghanistan et en Iran, un musulman qui se convertit au christianisme encourt la peine de mort ou l'emprisonnement. L'islam n'admet pas l'apostasie, et le musulman qui abandonne l'islam, l'oumma, risque d'être assassiné par un coreligionnaire.
Porte-parole du ministre allemand de l'Intérieur, Tobias Plate a déclaré en octobre 2015 qu'environ 30% des demandeurs d'asile en Allemagne détiennent des faux passeports et cartes d'identité syriens. En Allemagne, 87% des réfugiés syriens obtiennent l'asile. 
Selon l'institut Pew, pour le premier semestre 2015, les migrants ayant le plus de chance d'obtenir le statut de réfugiés sont "ceux se réclamant de la nationalité syrienne  (94,8%), puis les Erithréens (88.5%) et les Iraquiens (87,1%). 
En Allemagne, dans des refuges accueillant les migrants, des musulmans attaquent les chrétiens, les Kurdes et les yazidis. Ils agressent aussi leurs coreligionnaires d'autres clans, ethnies, nationalités.  Jörg Radek, dirigeant d'un syndicat de la police germanique a suggéré, fin septembre 2015, que les réfugiés chrétiens seront accueillis dans des centres distincts de ceux pour les "migrants" musulmans. Des chrétiens d'Irak et de Syrie ont témoigné pour France 5 : début 2015, « au cours de la fête d'arrivée, il y avait de la musique. Ensuite, les réfugiés arabes ont mis leur musique. Mais c'était des chants appelant au djihad. les bénévoles allemands ne comprenaient rien et ne faisaient qu'applaudir »
"Nous observons que les Salafistes apparaissent dans ces abris, déguisés en volontaires et aidants, cherchant délibérément à contacter les réfugiés pour les inviter dans leurs mosquées et les recruter pour leur cause", a déclaré Hans-Georg Maaßen, chef du renseignement allemand. Un recrutement observable aussi en Norvège
Trafic de drogues, vols, rixes, violsen particulier dans les centres de "migrants" en Allemagne et Suède - en octobre 2015, la direction du centre d'asile de Tingsryd et le Bureau des migrations ont protégé un "migrant" ayant violé un enfant de trois ans, ont refusé de révéler le crime et l'identité du violeur à la police, et ont transféré le violeur vers un autre centre -, vandalismes, violences diverses, "système de justice parallèle", violences pour ceux soupçonnés de contrevenir à la charia, échauffourées... Tels sont les délits ou crimes auxquels se livrent de nombreux migrants , sans que la police intervienne.
Depuis août 2015, Fatema Alkasem, Syrienne âgée de 14 ans et enceinte, a disparu, avec son époux âgé de 24 ans, du centre d'accueil de réfugiés qui les avaient accueillis aux Pays-Bas. Les centres d'asile néerlandais abriteraient vingt épouses âgées de treize à quinze ans, alors qu'en moyenne, trois arrivent chaque semaine dans ce pays. "Une fille de douze ans avec un homme de 40 ans, ce n'est pas un mariage, c'est un abus", s'est indigné Attje Kuiken, parlementaire néerlandaise travailliste.  Le gouvernement néerlandais va modifier les lois sur la famille afin que les regroupements familiaux ne concernent que les couples âgés d'au moins 18 ans.
Le 25 septembre 2015, Il Corriere della Sera a révélé qu'une jeune trentenaire militante de l'association No Borders avait été violée en août 2015 dans un centre d'accueil de réfugiés à Vintimille, en Italie près de la frontière italo-française, par des "migrants" soudanais. Ses collègues de No Borders lui avaient conseillé de ne pas rendre public son viol afin de ne pas porter préjudice à leur combat pour un monde sans frontière. Certains de ses collègues allèguent qu'elle a relaté son viol par dépit que son groupe ait été évincé du camp après une controverse. La police italienne enquête pour vérifier les dires des protagonistes. Le 5 octobre 2015, Osman Suliman, "migrant" soudanais de 20 ans, a comparu pour viol d'une jeune femme à Nottingham devant un tribunal britannique. Après les viols commis par des "migrants" ou descendants d'immigrés, le Danemark a décidé en octobre 2015 de contraindre les "migrants" à suivre des cours d'éducation sexuelle. En 2011, après des crimes sexuels commis près de centres d'accueil de "migrants", la Norvège avait institué à destination de ces derniers cinq heures de cours pour leur enseigner qu'"un baiser ne signifie pas un accord pour des relations sexuelles".
Le cadavre de Roksan M. a été trouvé à Dessau (Allemagne) en octobre 2015. Âgée de 20 ans, Roksan M. avait été victime d'un viol par trois individus en Syrie. Consciente qu'elle risquait d'être victime d'un "crime dit d'honneur", perçue par sa famille comme "salie" par ce viol, elle avait quitté en 2013 la Syrie et avait obtenu le statut de réfugiée en Allemagne , où elle gagnait sa vie comme interprète gouvernementale auprès des "migrants". Elle avait écrit sur son profil WhatsApp : "J'attends la mort. Mais je suis trop jeune pour mourir", et elle était revenue vivre dans le foyer de sa famille arrivée de Syrie. Son père et ses frères, actuellement en fuite et recherchés par la police, l'auraient mortellement poignardée sur l'ordre de sa mère.
"Les journalistes se sont érigés en directeurs de conscience, ils sont les grands prêtres de l’humanité, ils forment le nouveau sacerdoce, et ce coup d’Etat médiologique conduit à la disparition pure et simple de la morale de responsabilité du champ de la morale. Seule la morale de conviction, désormais, a voix au chapitre. On entretient, avec délice, la flamme de la pure doctrine, et peu importent les conséquences. Nul n’a le droit de se demander si la proportion des « Je suis Charlie » ne va pas se réduire dramatiquement avec l’augmentation des flux migratoires. Nous sommes mis en demeure d’ouvrir les frontières, et il nous est interdit de faire la moindre liaison entre les phénomènes. Rien n’a à voir avec rien. L’islam n’a aucun rapport avec l’islamisme, et l’immigration actuelle n’a aucun rapport avec le délitement des sociétés européennes", a déclaré l'essayiste Alain Finkielkraut (Marianne, 17 octobre 20105)
Selon Die Welt (29 octobre 2015), au moins 580 migrants ont disparu du camp Shelterschlefe. Sept mille migrants ont quitté les abris de Brandenburg sans que les autorités allemandes sachent où ils se trouvent.
Fin octobre, l'Aftonbladet a révélé que 21 748 individus ont reçu des lettres annonçant leur expulsion par l'Agence des Migrations – le plus grand nombre dans l'histoire. Sur ces 21 748 migrants, 14 140 sont enregistrés par la police comme "en fuite" ou "recherchés". Certains se trouvent vraisemblablement en Suède, et d'autres ont quitté ce pays. "Nous ne savons pas où ils sont", a déclaré Patrik Engström, dirigeant de la police nationale des frontières. Les autres migrants se trouvent dans des centres d'accueil, en prisons, etc.
Dans la « jungle » de Calais, camp situé près du centre d’accueil de jour Jules-Ferry, vivent près de 6 000 migrants. "Des travaux pour l’installation du campement humanitaire de 1 500 places, annoncé par Manuel Valls le 31 août ont débuté début novembre, ainsi que l’augmentation de la capacité d’accueil des femmes et les enfants. Les départs de migrants à destination de centres dans d’autres régions de France ont également débuté, dans le cadre du dispositif annoncé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Près de 1 000 migrants auraient déjà été éloignés de Calais. Début novembre, le tribunal administratif de Lille a contraint l’État à prendre des mesures d’urgence pour améliorer les conditions de vie des migrants dans la « jungle » de Calais". 
Dans la nuit du 8 au 9 novembre 2015, près de la « jungle » de Calais, jusqu'à 200 "migrants" se sont efforcés de "ralentir, voire de bloquer le trafic sur la rocade portuaire de Calai. Ces tentatives se sont poursuivies jusqu’à 1 heure du matin, nécessitant l’adaptation d’un dispositif de sécurité, avec des migrants qui ont jeté divers objets sur la rocade », a déclaré la préfecture. Selon une source policière, les forces de l’ordre ont utilisé « presque 300 grenades » lacrymogènes pour empêcher l'avancée des "migrants". Seize policiers ont été blessés légèrement par des jets de pierres dans ces affrontements. « C’est la première fois que c’est aussi violent et qu’on a malheureusement autant de collègues blessés. On est inquiet, si un jour on a une révolte au sein du camp, ça va être la folie », a indiqué Gilles Debove, responsable du syndicat SGP Police-Force Ouvrière dans le Calaisis. « La tension est très palpable. Ces affrontements d’une ampleur inégalée montrent d’une part qu’il est plus difficile de passer, d’autre part que la résistance vis-à-vis des forces de l’ordre est de plus en plus vive. Ce genre de violences risque de se reproduire », a observé Ludovic Hochart (UNSA Police). « Moralement, c’est dur. Il était demandé aux agents une moyenne de 50 placements par jour en centre de rétention, loin de Calais. Un objectif intenable qui est descendu à 25 placements par jour. Le but, c’est d’éloigner les migrants, de leur casser le moral, même si pour le moment il est trop tôt pour dire si cette stratégie aura des effets », analyse Ludovic Hochart. Selon les syndicats de police, les affrontements sont fréquents, et les migrants « testent le dispositif policier ». 
A Calais, 1 125 membres des forces de l’ordre sont chargés de gérer la pression migratoire et de maintenir l'ordre public près des installations du tunnel sous la Manche. Maire de Calais, Natacha Bouchart a souhaité que l’armée intervienne pour « surveiller » sa ville.
Lors de sa réunion (10-12 novembre 2015) Athènes (Grèce), la Conférence des rabbins européens (CER) a distribué aux migrants des couvertures, vêtements, etc.
"Effondrement démographique, immigration de masse, implosion politique : le cycle infernal qui a frappé Rome entre les années 200 et 600 est-il en train de se répéter en Occident, sous nos yeux ?" (Michel Gurfinkiel)
En outre, l’Union européenne (UE) aux 28 Etats membres songe à imposer des quotas de « migrants » à ses Etats-membres, même à ceux réticents, et considère légal, juste et urgent l'étiquetage des produits fabriqués en Judée et en Samarie, plutôt que le combat militaire contre l'Etat islamique (ISIS) ou Daech.
Le 13 novembre 2015, quatre attentats terroristes islamistes commis par sept ou neuf  djihadistes, dont des islamikazes, de l'Etat islamique (ISIS), à Paris et en Seine-Saint-Denis ont tué 129 personnes et blessé environ 352 individus. "Assaillants", "terroristes", "kamikazes", Daech... Ces vocables utilisés par politiciens et médias révèlent les réticences, refus à associer ces terroristes à l'islam. 
Près du cadavre d'un des islamikazes ayant fait exploser sa ceinture d'explosifs à 21 h 20 au Stade de France, a été découvert un passeport syrien portant le nom patronymique d'un individu né en septembre 1980 en Syrie, inconnu des services de renseignement français.  "Selon les autorités grecques, citées par l'AFP, le passeport syrien retrouvé par la police près du corps d'un des auteurs des attentats sanglants de Paris appartenait à un migrant enregistré le 3 octobre dernier, lors de son arrivée sur l'île de Leros".
Des médias ont supprimé ou modifié - France Inter - les articles sur leurs sites Internet ayant minimisé ou occulté les risques de terroristes infiltrés parmi les migrants.
Le 14 novembre 2015, Jean-Claude Juncker, président de la Commission de l'UE, a asséné à Antalya (Turquie), lors du sommet du G20: « Ceux qui ont perpétré les attentats sont exactement ceux que les réfugiés fuient, pas l’inverse, et par conséquent, il n’y a pas lieu de revoir dans leur ensemble les politiques européennes en matière de réfugiés ».
Après ces attentats, plus d'une douzaine de gouverneurs d'Etats américains - Alabama, Michigan, Caroline du Sud, Oklahoma, Idaho, Maine, Nebraska, Texas, Arkansas, Arizona, Indiana, Louisiane, Mississippi, Massachusetts, Ohio, Carolina du Nord, Wisconsin, Géorgie et Illinois - se sont opposés à l'entrée des 10 000 "migrants" syriens que les Etats-Unis se sont engagés à recevoir l'année à venir. Ce qui a suscité l'indignation de l'ADL (Anti-Defamation League). 
Les Etats-Unis ont admis 1 682 "migrants" syriens au cours de l'année fédérale fiscale qui s'est achevée le 30 septembre, soit une augmentation par rapport aux 105 admis un an plus tôt. En septembre, le Secrétaire d'Etat John Kerry a annoncé que les Etats-Unis accroîtront le nombre de "migrants" reçus de toutes les nations en le portant à 15 000 par an au cours des deux prochaines années, portant le nombre total annuel à 100 000 d'ici à 2017. Sur les 2 184 "réfugiés" syriens admis aux Etats-Unis depuis le déclenchement de la guerre civile syrienne en 2011, seulement 53 (2,4 %) sont chrétiens, tandis que 2098, soit 96 %, sont musulmans selon les statistiques du Département d'Etat publiées le 16 novembre 2015. Les autres 33 réfugiés sont : 1 Yazidi, 8 Témoins de Jehovah, 2 Baha’i, 6 Zoroastriens, 6 d'"autres religions" 7 de "sans religion," et 3 athées. 
Le 19 novembre 2015, la Chambre des représentants a adopté par 289 voix contre 137 un texte suspendant l’accueil de réfugiés syriens et irakiens. La "proposition de loi républicaine veut obliger le directeur du FBI, le secrétaire à la Sécurité intérieure et le directeur du Renseignement national à certifier personnellement que chaque réfugié ne pose pas de menace sécuritaire, de nouveaux obstacles qualifiés de dilatoires et d’impraticables par la Maison Blanche. La pause pourrait durer des années, se sont alarmés des démocrates". Candidat aux primaires présidentielles du parti républicain, le sénateur Rand Paul a appelé le 18 novembre à "une suspension du programme d’exemption de visas pour les touristes de certains pays, en particulier français, dans la foulée des attentats de Paris. « Ce qui m’inquiète, c’est que des citoyens français qui nourrissent une grande hostilité envers la civilisation, votre gouvernement et la paix, puissent nourrir la même hostilité envers nous et monter dans un avion pour venir ici », a dit Rand Paul mercredi à l’AFP. Il a déposé lundi une proposition de loi qui imposerait une période d’attente de 30 jours pour tous les voyageurs à destination des Etats-Unis, afin que les autorités américaines mènent des vérifications d’antécédents. Son entourage n’a pas précisé à partir de quand la période d’attente" débuterait. Les ressortissants de 38 pays, dont 23 dans l’UE, qui n’ont actuellement pas besoin de visa pour des séjours touristiques aux États-Unis seraient visés par cette réforme. "Si ces touristes ou voyageurs d’affaires se rendent souvent aux Etats-Unis, Rand Paul explique qu’ils pourraient déposer un dossier pour intégrer le programme de voyageurs fréquents « Global Entry », aujourd’hui réservé aux citoyens américains, aux résidents permanents (cartes vertes) et aux ressortissants de quelques pays, dont le Canada, le Mexique et les Pays-Bas". 
Selon un sondage effectué du 15 au 17 novembre 20105, 53% des Américains sont opposés à l'accueil de "réfugiés syriens".
A l'initiative de HIAS (Hebrew Immigrant Aid Society), association humanitaire Juive américaine, plus de mille rabbins américains, de 46 Etats et de Washington DC, ont signé une lettre publiée par des journaux Juifs américains, tel Forward, et qu'HIAS a remise au Congrès le 2 décembre 2015
Il est significatif que l'HIAS ait sciemment omis d'évoquer, dans sa liste de persécutions antisémites, les Juifs ayant été contraints de fuir les pays Arabes, la Turquie et une partie de Jérusalem, essentiellement des années 1940 aux années 1970. 
Cette lettre exhorte les membres du Congrès à accueillir des réfugiés : "Depuis sa fondation, les Etats-Unis ont offert refuge et protection aux plus vulnérables dans le monde. Epoque après époque, ces réfugiés étaient Juifs. Qu'ils aient fui les pogroms de la Russie tsariste, les horreurs de la Shoah ou les persécutions de la Russie soviétique ou de l'Iran, nos familles et amis ont trouvé la sécurité sur ces rivages. Nous sommes inquiets de voir tant de politiciens déclarer leur opposition à l'accueil de réfugiés. Les attentats douloureux du mois dernier à Paris et à Beyrouth sont cités comme des raisons pour dénier l'entrée à des gens eux-mêmes victimes de la terreur. Et, dans ces commentaires, nous, leaders juifs, nous voyons un des moments les plus sombres de notre histoire se répéter. En 1939, les Etats-Unis ont refusé de laisser le [paquebot, Ndr] Saint-Louis entrer dans notre pays, renvoyant plus de 900 réfugiés juifs en Europe, où beaucoup périrent dans les camps de concentration. Ce moment fut une tache dans l'histoire de notre pays - une décision tragique faite dans un climat de peur, suspicion et d'antisémitisme profonds. The Washington Post a publié les résultats d'un sondage d'opinion du début des années 1940 montrant que la majorité des citoyens américains ne voulaient pas accueillir, au cours de ces années, les réfugiés juifs dans ce pays. En 1939, notre pays ne pouvait pas dire la différence entre un ennemi et les victimes d'un ennemi. En 2015, ne refaisons pas la même erreur. Nous exhortons donc nos représentants élus pour soutenir l'installation de réfugies et s'opposer aux mesures qui arrêteraient, interdiraient ou restreindraient effectivement le financement pour ces groupes des réfugiés. En tant que rabbin, nous prenons au sérieux la prescription biblique "d'accueillir l'étranger". Nous appelons nos représentants élus à maintenir le grand héritage d'un pays qui accueille les réfugiés"Le 2 décembre 2015, HIAS a remis cette lettre au Congrès. 
Des édiles canadiens ont eux aussi exprimé leur refus d'accueillir les 25 000 "migrants" syriens que le Premier ministre Justin Trudeau va accueillir au cours des douze prochains mois.
"La Pologne ne pourra pas respecter les accords européens de relocalisation d'immigrés, a déclaré" le 14 novembre Konrad Szymanski, "futur responsable aux Affaires européennes dans le gouvernement conservateur en cours de formation à Varsovie (Pologne). Konrad Szymansky lie les attentats "à la crise migratoire et aux bombardements français des positions de Daech. Les décisions, que nous avons critiquées, du Conseil européen sur la relocalisation des réfugiés et immigrés vers tous les pays de l'UE ont toujours la force de droit européen. (Mais) après les événements tragiques à Paris nous ne voyons pas la possibilité politique de les respecter". Il a invité à "revoir la politique européenne face à la crise migratoire. La Pologne doit garder le contrôle complet de ses frontières, ainsi que de sa politique d'asile et de migrations. La Pologne accueillera des réfugiés s’il y a des garanties de sécurité, et ces dernières sont mises en question après les attentats de Paris". Le nouveau ministre des affaires étrangères, Witold Waszczykowski, a asséné : « Nous devons atteindre la communauté musulmane, qui hait ce continent et qui veut le détruire. Nous devons aussi contrer les mouvements politiques de gauche qui considèrent qu’il faut sans cesse ouvrir nos frontières ».

Le ministre des affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, a insisté : « l’Europe doit changer son attitude ». 
« L’époque de l’immigration incontrôlée et illégale ne peut pas continuer ainsi. Paris a tout changé », a affirmé le ministre des finances bavarois, Markus Söder (CSU), à l’hebdomadaire Die Welt am Sonntag. « On doit immédiatement clarifier qui vient dans notre pays, qui le traverse et s’y installe. Les règles de droit qui ne sont plus appliquées depuis plusieurs semaines doivent l’être à nouveau », a écrit sur Facebook, Horst Seehofer, ministre-président (CSU) de la Bavière.
Le 17 novembre 2015, Laszlo Trocsanyi, ministre hongrois de la Justice, a annoncé que le parlement hongrois avait adopté, par 141 voix pour, 41 contre et une abstention, un texte permettant à la Hongrie de poursuivre l'UE devant la Cour de justice au Luxembourg, début décembre 2015, à propos de son plan de redistribuer les "migrants" selon des quotas. Ce texte reproche à l'UE d'ignorer le droit des gouvernements nationaux d'"exprimer leur opinion" en essayant d'affecter les 160 000 "migrants" dans les 28 Etats membres en fonction de la population. Elle conteste la "légitimité sociale" des quotas. La veille, le Premier ministre Viktor Orban avait réitéré son refus des quotas, qui "ne tient pas compte du principe de subsidiarité et omet d'accorder aux parlements nationaux la possibilité d'exprimer leur opinion", et d'accueillir des "migrants" dont le dossier de demande d'asile a été rejeté : "Nous déciderons qui nous laisserons entrer dans notre pays et avec qui nous voulons vivre... De façon délibérée et organisée, les terroristes ont exploité les migrations de masse, en se mélangeant à la foule des gens quittant leurs foyers en quête d’une vie meilleure. Nous ne disons pas que chaque migrant est un terroriste mais personne ne peut dire combien de terroristes sont déjà arrivés, combien arrivent chaque jour... On nous a dit que ce n’était pas humain, mais je pose la question : qu’est-ce qui est le plus humain? Fermer la frontière à ceux qui rentrent illégalement ou mettre en danger la vie des Européens? Le droit à l’autodéfense est plus fort que tous les autres, plus fort que n’importe quelle idéologie ou argument économique"La Hongrie a construit une clôture barbelée et électronique à ses frontières serbe et croate. Environ  400 000 migrants ont traversé la Hongrie jusqu'à ce qu'elle ferme ses frontières à la mi-octobre 2015.
La Slovaquie conteste ce plan. 
"Seuls 4% des réfugiés inscrits au chômage en Allemagne ont trouvé un emploi sur l’année écoulée, selon des chiffres communiqués par le ministère de l’Emploi" le 18 novembre 2015.
Le 15 novembre 2015, à 20 h 15, Vox pop, "magazine d'investigation européen" d'Arte, sera consacré aux migrants : "L'Union Européenne doit accueillir en 2015 plus d'un million de migrants économiques et politiques, trois à quatre fois plus qu’en 2014. Une situation délicate qui divise les Etats membres. Au-delà du drame humain et des tensions que cette arrivée massive provoque dans la plupart des pays de l’Union, nombreux sont les experts qui estiment que ces migrants sont une chance pour l’Europe. Vox pop enquête en Allemagne où le patronat accueille à bras ouverts cette population qu’il voit d’abord comme une main-d’œuvre, parfois bon marché. Enquête en Allemagne, pays qui a mis en place un dispositif d'accueil colossal - Interview de Michelle Leighton, directrice à l'Organisation mondiale du travail - Nouvelle crise politique en Irlande du Nord".
Le 18 novembre 2015, l'effigie d'un Juif brandissant le drapeau de l'UE a été brûlée lors du rassemblement d'environ cent anti-migrants Polonais à Wroclaw (Pologne) aux cris de "Pologne unie catholique ! Radicalisme national !" A bas l'Union européenne !" Le rassemblement était organisé par le Camp national radical et la Jeunesse entièrement polonaise“Notre devoir de parlementaires et celui du gouvernement sont de dire que nous n'accepterons aucun Islamiste en Pologne car la Pologne est pour les Polonais”, a proféré un orateur. A la fin du rassemblement, un des participants a mis le feu sur l'effigie préparée d'un Juif haredi alors que la foule chantait "Dieu, honneur et patrie". “Ce qui est arrivé la nuit dernière à Wroclaw est outrageant et inquiétant. Nous ne pouvons nous empêcher de nous souvenir que des effigies de Juifs étaient brûlés dans les années 1930 et actuellement par le Hamas. Nous sommes émus par la condamnation claire et la voix forte morale du maire de Wroclaw, Rafal Dutkiewicz”, a déclaré le grand rabbin Michael Schudrich au Jerusalem Post le 19 novembre 2015. Ce rassemblement a eu lieu une semaine après que le ministre de la Défense, Antoni Macierewicz, a allégué qu'il n'y avait pas de doutes quant à l'authenticité des Protocoles des Sages de Sion "Je l'ai lu. Il est très intéressant. Certains disent qu'il est authentique, d'autres disent qu'il n'est pas authentique. Je ne suis pas un spécialiste. L'expérience montre qu'il y a de tels groupes dans les cercles Juifs". Ce qui a suscité l'indignation de groupes Juifs.
Le 25 novembre 2015, le Canada a annoncé qu'il allait "étaler l'accueil des 25 000 réfugiés syriens jusqu'à fin février 2016, retardant ainsi de deux mois la promesse de campagne" de Justin Trudeau, élu le 19 octobre 2015 Premier ministre, "pour des raisons de sécurité et de logistique". Début décembre 2015, il orchestrera un pont aérien "avec des charters et des avions militaires, afin d'acheminer 10 000 premiers réfugiés syriens sur son sol avant fin décembre. Ces réfugiés se trouvent actuellement en Jordanie, au Liban et en Turquie. Pour mener à bien la sélection des Syriens, 500 agents consulaires ont été dépêchés dans ces trois pays voisins de la Syrie. L'administration canadienne choisit les personnes à accueillir en collaboration avec l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR)". La sélection sera opérée sur "la base de vérifications de sécurité, grâce à des des analyses morphologiques et des enquêtes des services de renseignement, en plus d'être soumis à des examens médicaux".
"Nous avons la responsabilité (...) d'offrir un refuge à un plus grand nombre de victimes de la guerre", a déclaré Justin Trudeau, espérant que "le Canada (soit) à nouveau reconnu comme le pays généreux qu'il a toujours été" - le Canada accueille 250 000 immigrés par an. Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique, a avancé des exigences sanitaires et surtout de sécurité : "La sûreté et la sécurité ont toujours été en tête de nos priorités".
Le gouvernement canadien privilégiera, en Jordanie, au Liban et en Turquie, les familles et "les femmes vulnérables". Seuls les "homosexuels hommes seront accueillis ou les célibataires hommes accompagnés d'autres membres de leur famille". Au Canada, ces réfugiés "seront répartis sur l'ensemble du territoire. De "nombreuses municipalités et organismes de bienfaisance ont commencé à recenser des logements vacants et à appeler la population à faire don de vêtements pour aider les réfugiés arrivant au cœur de l'hiver. L'armée canadienne se tient prête à héberger, dans ses bases d'Ontario et du Québec, quelque 6 000 personnes, a précisé Harjit Sajjan, ministre de la Défense". "Nous avons conclu que pour mener à bien cette opération et pour accueillir (les Syriens) avec plus qu'un sourire, mais aussi un toit au-dessus de leur tête et tout le reste dont ils ont besoin, il est préférable de prendre un peu plus de temps", a plaidé le ministre de l'Immigration, John McCallum. Le gouvernement canadien évalue à 678 millions de dollars canadiens (478 millions d'euros) le coût du transfert, puis de l'intégration de ces réfugiés.
Dans une interview au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung (25 novembre 2015), le Premier ministre français socialiste Manuel Valls a annoncé espérer que l'Europe cesse d'accueillir des réfugiés : "Nous ne pouvons plus accueillir de réfugiés en Europe, ce n'est pas possible. [...]. Si nous ne le faisons pas , alors le peuple ne voudra plus de l'Europe... Pour moi, il est clair, il y a une guerre ! [...] Cette nouvelle guerre prendra peut-être quelques mois, peut-être quelques années". La veille, il avait affirmé "ne pas confondre les choses", en précisant que "l'immense majorité des musulmans français ne supportent pas ce qui s'est passé", et il avait déjà désigné l'islamisme radical et le salafisme, branche fondamentaliste de l'islam, comme les "ennemis" après les attentats de Paris, revendiqués par l'organisation djihadiste État islamique (EI). Il a justifié sa position par le fait que deux des assassins islamistes du 13 novembre 2015 à Paris "avaient profité du flux de migrants pour traverser l'Europe et rejoindre la France".
Haut-Commissaire des Nations unies aux réfugiés, Antonio Guterres a "mis en garde contre l'amalgame entre migrants et terroristes : "Les réfugiés sont des victimes des terroristes et c'est très important de faire cette distinction. [Les attentats terroristes islamistes du 13 novembre] n'ont pas été provoquées par le mouvement des réfugiés".
Le 25 novembre 2015, Jean-Claude Juncker a déclaré : “Nous devons sauvegarder l'espirt derrière Schengen.  Oui, le système Schengen est en partie comateux. Mais . . . une seule monnaie n'existe pas si Schengen échoue. C'est un des piliers de la construction de l'Europe.”
Le 26 novembre 2015, le Financial Times a relaté l'avertissement du Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays assumera de janvier à juin 2016 la présidence tournante du Conseil de l'UE : l'UE risque de connaitre le destin de l'Empire romain si elle ne contrôle pas ses frontières et n'arrête pas l'afflux massif de migrants venant du Moyen-Orient et d'Asie centrale, car "comme nous le savons par l'Empire romain, les grands empires s'effondrent si leurs frontières ne sont pas bien protégées". Il pense que la Grèce doit augmenter sa "capacité d'accueil" à au moins 100 000 migrants. Il a reconnu la menace représentée par des "combattants étrangers" - nationaux ayant rejoint des terroristes en Iraq et en Syrie - avait augmenté, ceux retournant de la zone de guerre étaient maintenant plus létaux car ils " ont réellement appris les techniques les plus diaboliques” par des groupes extrémistes. 
Le 29 novembre 2015, le sommet UE-Turquie à Bruxelles "a débouché sur un accord. Ankara va contribuer aux efforts visant à endiguer le flux de migrants qui convergent vers l'Europe en contrepartie d'une aide financière, de l'octroi de visas et d'une relance des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne". A la plus grande satisfaction du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Les "Vingt-Huit ont confirmé une enveloppe de 3 milliards d’euros pour freiner le flux de migrants en provenance de Turquie. Cette aide doit permettre au pays d'améliorer les conditions d'accueil des réfugiés syriens sur son territoire afin de fixer une partie de ces migrants sur son sol.  Ils ont également promis un accord sur la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs à l’automne 2016. Enfin, ils se sont engagés à relancer le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, gelé depuis des années". La Turquie "est candidate depuis 1999 et négocie son admission depuis 2005".
"Autant de demandes qui, il y a encore quelques mois, n’auraient eu aucune chance d’aboutir. Pour de nombreux observateurs, ce rapprochement tombe à un bien mauvais moment, quelques jours à peine après de nouvelles arrestations de journalistes en Turquie". 
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré« Nous avons ouvert un nouveau chapitre dans nos relations avec la Turquie. Cet accord ne va pas nous faire oublier les divergences qui subsistent encore avec la Turquie en ce qui concerne la liberté de la presse ou les droits de l'homme. Ce seront des questions sur lesquelles nous reviendrons encore et encore pour justement réduire l'écart qui nous sépare ».
"Comme la Turquie héberge plus de 2,2 millions de Syriens et a dépensé huit milliards de dollars, l'UE a souligné l'importance de partager le fardeau dans le cadre de la coopération Turquie-UE".
"Ce sommet devait renouveler notre relation fondée sur un calendrier clair d'action. Nous avons discuté sur des thèmes importants tels le contre-terrorisme, l'énergie, le commerce, et des questions de géo-stratégie d'intérêt commun. A l'évidence, la migration était la principale raison de notre rencontre. Nous n'attendons pas qu'autrui garde nos frontières à notre place. Ceci peut et devrait être fait seulement par les Européens...  Notre accord établit un plan clair pour rétablir l'ordre à notre frontière commune. Nous allouons aux réfugiés syriens en Turquie une nouvelle Refugee Facility de trois milliards d'euros. La Turquie demeure un partenaire stratégique clé pour l'Europe, mais aussi un pays candidat à l'UE. Nous avons convenu de redynamiser le processus d'adhésion. Nous avons salué l'annonce de tenir la Conférence intergouvernementale [le 14 décembre 2015, Ndr] pour ouvrir le chapitre 17  sur la politique économique et monétaire, tout en mettant en place le travail préparatoire sur l'ouverture d'autres chapitres. Nous ne réécrivons pas la politique d'élargissement européenne. Le cadre de négociations et les conclusions pertinentes continuent de s'appliquer, y compris sa nature fondée sur le mérite et le respect des valeurs européennes, ainsi que les droits de l'homme. Nous attendons avec impatience 2016 comme année clé pour l'application de cet accord UE-Turquie", a précisé Donald Tusk, président du Conseil européen et ancien Premier ministre polonais.
Et d'indiquer : "Environ 1,5 million de personnes sont entrées illégalement dans l'UE en 2015. La plupart ont transité par la Turquie. Certains recherchent un refuge contre la guerre et les persécutions, d'autres une vie meilleure et quelques-uns pensent à détruire nos valeurs". Donald Tusk "a ajouté qu'un accord avec Ankara ne suffirait pas à mettre un terme à la plus grave crise de réfugiés que l'Europe ait connue depuis la Deuxième Guerre mondiale si l'UE ne parvient à contrôler fermement ses frontières extérieures". Et de conclure : "Ne soyons pas naïfs, la Turquie n'est pas la seule clef pour résoudre la crise migratoire (...) Sans contrôle de nos frontières extérieures, Schengen appartiendra à l'histoire ancienne".
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a salué "un jour historique" : "Je suis heureux de voir que tous mes collègues en Europe sont d'accord sur le fait que la Turquie et l'UE ont le même destin."
Au 2 décembre 2015, l'UNHCR estime que 889 380 migrants sont entrés dans l'Union européenne et 3 515 personnes sont portées disparues en Méditerranée.
Le 3 décembre 2015, après la Slovaquie, la Hongrie a porté devant la Cour européenne la décision de répartition des migrants selon des quotas obligatoires.
Porte-parole du gouvernement hongrois, Janos Lazar a annoncé qu'« un des principaux organisateurs des attaques terroristes de Paris était à la gare de Keleti à Budapest, où il a recruté une équipe parmi ceux des migrants qui avaient refusé de se faire enregistrer, et a quitté le pays avec eux ». Une "source du gouvernement hongrois a par la suite confirmé à l’AFP qu'il "s’agit bien de Salah Abdeslam, toujours sous mandat d’arrêt international. RTL avait déjà révélé que l’homme de 26 ans avait quitté la Hongrie le 9 septembre, avec à ses côtés deux personnes dont les services de renseignements n’avaient pu déterminer l’identité".
Le 2 décembre 2015, lors d'un attentat terroriste islamiste à San Bernardino (Californie), ralliés à l'Etat islamique (ISIS), Syed Rizwan Farook, inspecteur d'action sanitaire dont les parents avaient émigré du Pakistan, et son épouse pakistanaise Tashfeen Malik ont tué 14 personnes et blessé 21 personnes lors de la fête de fin d'année d'un centre d'action sociale. Le couple s'était marié en Arabie saoudite. 
Le 7 décembre 2015, Donald J. Trump, candidat aux primaires républicaines pour l'élection présidentielle de 2016, a appelé à "arrêt total et complet de l'entée des musulmans aux Etats-Unis jusqu'à ce que les représentants de notre pays comprennent ce qui se passe. Selon Pew Research, un institut de sondage parmi d'autres, il y a une grande haine à l'égard des Américains parmi de larges segments de la population musulmane. Très récemment, un sondage du Center for Security Policy a montré que "25% des sondés étaient d'accord que la violence contre les Américains ici aux Etats-Unis est justifiée comme une partie du djihad global" et 51% des sondés "étaient d'accord que les musulmans en Amérique devraient avoir le choix d'être gouvernés selon la sharia". La sharia autorise de telles atrocités tel le meurtre contre les non-croyants qui refusent la conversion, la décapitation et des actes plus impensables qui nuisent gravement aux Américains, spécialement aux femmes". Donald J. Trump a déclaré : "Sans regarder ces différents sondages, il est évident pour tout le monde que cette haine est incompréhensible.  Nous devrons déterminer l'origine et la cause de cette haine. Jusqu'à ce que nous soyons capables de déterminer et de comprendre ce problème et la menace dangereuse qu'il pose, notre pays ne peut pas être les victimes d'attentats épouvantables par des gens qui croient seulement au djihad, et n'ont aucun sens de la raison ou du respect de la vie humaine. Si je gagne l'élection présidentielle, nous feront que l'Amérique soit de nouveau Grande".
Une déclaration qui a indigné certains de ses rivaux républicains - Jeff Bush -, le président Obama, des organisations Juives américaines, etc. Des membres de la Knesset ont exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à ne pas recevoir Donald Trump. Le 9 décembre 2015, le Premier ministre israélien a répondu qu'Israël assurait la liberté de culte, rejetait les propos de Donald Trump et accueillait tous les candidats américains à l'élection présidentielle. Donald Trump a reporté la date de sa visite en Israël.
"Ce que je fais n'est pas différent de ce qu'a fait FDR (Franklin Delanoe Roosevelt, Ndr). Nous n'avons pas d'autre choix. Il y a des gens qui veulent se faire exploser dans nos immeubles, dans nos villes" , a déclaré Donald Trump lors de l'émission "Good Morning America" sur ABC. Et d'ajouter que la politique de Roosevelt était pire. Peu après l'attaque japonaise à Pearl Harbour du 7 décembre 1941, lors de la Seconde Guerre mondiale, plus de 110 000 personnes d'origine japonaise ont été internés dans des camps gouvernements (1942-1946). 
Alors que des Américains étaient otages en 1979-1980 de l'Iran des ayatollahs, le président démocrate Jimmy Carter a exercé des pressions sur le régime iranien en interdisant l'entrée aux Etats-Unis des Iraniens, sauf ceux admis pour des raisons d'urgences médicales ou leur opposition au régime shiite. Il a notamment invoqué le Nationality Act de 1952. Environ 15 000 Iraniens ont été contraints de quitter les Etats-Unis en raison de leur séjour irrégulier dans ce pays.
Le 10 décembre 2015, Damac Properties, associé de Donald Trump, a retiré le nom "Trump" et la photo de Donald Trump ainsi que celle de sa fille Ivanka d'un site luxueux de Golfe à Dubaï. 
Le 6 décembre 2015, à la porte de Brandebourg à Berlin (Allemagne), la première bougie de Hanoucca a été allumée par des enfants juifs allemands et réfugiés musulmans syriens, ainsi que par la professeur Monika Grütters, ministre allemande de la Culture. C'est vraisemblablement la plus grande Ménorah d'Europe.
  Au soir du 6 décembre 2015, lors du premier tour des élections régionales, le FN a devancé tous les autres partis dans six régions métropolitaines sur treize - il était à égalité dans une septième région - : ce parti a atteint le taux de 27,96 % au niveau national, devant la liste Union de la Droite (26,89%) et celle Union de la Gauche (23,33%), avec un taux d'abstention de 50,02%. A Calais, la liste conduite par Marine Le Pen (Front national) a obtenu 49,10% des suffrages exprimés.
Le 10 décembre 2015, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a accueilli 163 Syriens arrivés par vol militaire canadien atterrissant à Toronto. Dix mille Syriens devraient arriver d'ici au 31 décembre 2015, et 15 000 d'ici à février 2016. Par maque de temps, toutes les mesures de sécurité ne pourront pas être prises.
Le 11 décembre 2015, une agence gouvernementale américaine a révélé que l'Etat islamique avait la faculté de fabriquer de faux passeports syriens car il a accès aux imprimantes et à des passeports vierges, aux informations biographiques et empreintes digitales de citoyens syriens.
Le 14 décembre 2015, sur France 234, Nikola Poposki, ministre des Affaires étrangèresde Macédoine, pays de 2,1 millions d'habitants, a déclaré : "Il s'agit d'une décision européenne de renforcer le contrôle des frontières. Nous sommes sur la deuxième ligne de défense puisque les réfugiés arrivent en Macédoine depuis l’Union européenne, depuis la Grèce. Chaque jour, nous voyons passer entre 5 et 10 000 migrants".
Certains pays – dont l’Allemagne, l’Autriche, la Suède – ont rétabli à titre temporaire les frontières conformément aux protocoles de Schengen. En raison des attentats du 13 novembre 2015 et de la COP 21, la France a aussi réintroduit les contrôles aux frontières. 
La Hongrie a érigé des barrières à ses frontières avec la Serbie et la Croatie.


Le 11 novembre 2017, dans Salut les Terriens ! sur C8, Thierry Ardisson a interrogé le couturier Karl Lagerfeld sur les migrants : « Vous pensez qu’Angela Merkel a fait une grosse faute ? »
Karl Lagerfeld a répondu : « Oui, à mon avis oui. Regardez la France, qui est le pays des droits de l’homme et tout – ce qui n’a pas empêché la colonisation. Ils prennent, je ne sais pas, 10 000 ou 20 000 [migrants]. Elle [la chancelière allemande Angela Merkel] en avait déjà des millions et des millions – qui sont bien intégrés, qui travaillent et c’est très bien, parce que la démographie est un peu descendante… Elle n’avait pas besoin de se taper un million en plus pour se donner une image charmante, après l’image de marâtre qu’elle s’était donnée dans l’histoire de la crise grecque. C’est un peu ça. Tout à coup, la fille de pasteur ressort. »
Thierry Ardisson s'est enquis : « Est-ce que vous croyez qu’elle l’a fait pour faire excuser son attitude pendant la crise grecque, ou pour montrer que l’Allemagne, par rapport à ce qui s’est passé pendant la Deuxième Guerre mondiale, était finalement un pays accueillant ? »
Réponse de Karl Lagerfeld : « Oui, mais là je vais dire une horreur. On ne peut pas, même s’il y a des décennies entre [les deux événements], tuer des millions de Juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis après. Vous savez, on demande aux gens de prendre de jeunes gens [pour les recruter]. Je connais quelqu’un en Allemagne qui a pris un jeune Syrien, qui parlait un peu anglais. Au bout de quatre jours, vous savez ce qu’il a dit à la dame ? "La meilleure invention de l’Allemagne, c’est l’Holocauste". Il était dans la rue la minute qui suit, je vous le dis tout de suite. »
« Ah ouais… Ouais », dit Thierry Ardisson. Silence du public.
« Une horreur », a déploré Karl Lagerfeld.



Bat Ye’or est une essayiste spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme « dhimmitude » pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes (dhimmis) sous domination islamique ou « terre d’islam ». Elle a aussi analysé Eurabia, alliance euro-arabe visant à fondre l’Europe dans un ensemble méditerranéen. Interview réalisée le 27 septembre 2015.


Alors que la diplomatie américaine sous la présidence de Barack Obama a initié une situation de chaos au Moyen-Orient, elle est demeurée longtemps silencieuse face à ces migrations vers l’Europe.
L’Etat d’Israël a fourni une aide humanitaire, médicale à des centaines de Syriens, et avance des arguments d’ordre démographique et géostratégiques pour refuser d’accueillir les « migrants » syriens. L'ONG IsraAid fournit une aide médicale, alimentaire, etc. aux migrants.
Le Canada a souligné son aide humanitaire aux Syriens, sa participation dans la coalition militaire contre l’Etat islamique et sa volonté de s’assurer que les « migrants » ne représentent pas une menace pour le pays.
Les pays du Golfe, pourtant riches et peu peuplés, refusent d’accueillir les « migrants », notamment ceux de Syrie. 
Le 9 septembre 2015, le Conseil des dirigeants Juifs et musulmans (Muslim-Jewish Leadership Council, MJLC) a été créé par la Conférence des rabbins européens (CER), qui réunit environ 700 rabbins orthodoxes, le Secours islamique mondial, et le Conseil islamique pour la République fédérale d'Allemagne. Sa réunion de lancement a été accueillie par la problématique Kaiciid, organisation intergouvernementale fondée par l’Arabie saoudite, l’Espagne et l’Autriche. Soutenu par Haïm Korsia, grand rabbin de France, et Moshé Lewin, directeur exécutif de la CER, le MJLC a annoncé qu’il « mobilisera ses ressources dans ses réseaux pour soutenir les réfugiés en Europe ». Il « a exhorté les décideurs politiques européens à entreprendre tous les efforts pour assurer la sécurité aux réfugiés ». Un peu curieux de la part de l’Arabie saoudite.
L’Iran ne semble pas attirer les réfugiés syriens chiites. « Alors que les gens sont confrontés à des difficultés, c'est la grande mission humanitaire du monde, en particulier de l’Europe, d'aider ces déplacés », a déclaré le président Rohani en recevant le nouvel ambassadeur de la Hongrie à Téhéran, le 6 septembre 2015.
Alors que l’Australie ramène les « migrants » non désirés vers leurs pays d’origine ou des Etats tiers, et a évité tout afflux massif vers ses côtes ainsi que toute mort en mer, l’Union européenne a adopté une politique opposée, créant des « appels d’air » constants, non dissuasifs, enrichissant les passeurs. Est-ce un présage de la future « Eurabia » ?

Ce n’est pas un présage, mais une consolidation du système d’Eurabia dans lequel nous vivons aujourd’hui, ce régime politique et social anticipé et programmé dès les années 1970s par les chefs d’Etat qui constituaient alors la Communauté européenne. Une stratégie menée avec ténacité, inscrite dans des déclarations officielles de ministres, de leaders politiques – implantée ouvertement et se propageant dans l’ensemble des pays de la Communauté européenne à tous les niveaux sociaux. Elle a ses hérauts, ses militants, ses lobbies et ses fanatiques dans tous les secteurs d’activité. 

La société Eurabia associe les lois et les pratiques de l’islam au contexte européen par le maillage social des réseaux émanant de la Commission européenne. Elle s’oppose aux concepts d’Europe forteresse, d’Etat-nation et les remplace par la fluidité des invasions provenant du sud méditerranéen et au-delà, induisant l’instauration éventuelle d’une nationalité européenne active indépendante de l’Etat-nation et par conséquent non obligatoirement intégrée. Ce concept de nationalité européenne active fut discuté à la Conférence de Berlin (17-19 novembre 2006) et inscrit par la Commission européenne dans une longue liste de propositions présentées au Parlement et au Conseil européen pour l’année du Dialogue Interculturel en 2008. Elles furent entérinées le 18 décembre 2006 mais la nationalité européenne supra-étatique indépendante d’une intégration ethnoculturelle ne fut pas retenue (1).

Le poids démographique de l’islam en Europe, s’appuyant sur un immense hinterland musulman transcontinental, désagrège le tissu spirituel et culturel judéo-chrétien résiduel et réalise enfin les aspirations libératrices d’une Europe malade de la haine de ses propres racines. Le rêve commun des Nazis et de la Confrérie des Frères Musulmans, a traversé les décennies dans l’alliance de l’Europe et de l’Islam contre Israël, scellant leur réconciliation par leur interpénétration fusionnelle sur l’éradication d’Israël par la Palestine musulmane. Une Palestine qui fut reconnue en premier par la France en la personne du chef terroriste d’origine égyptienne Yasser Arafat, et récemment par la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, en la personne du terroriste Mahmoud Abbas. 

Or quels que soient les honneurs décernés aux massacreurs des Israéliens, cette réconciliation demeure fallacieuse car Israël ne totalise pas l’ensemble des motifs de l’hostilité de l’islam envers la Chrétienté et l’Europe. Ceux-ci existaient 13 siècles avant la libération nationale du peuple juif et la restauration de l’Etat d’Israël dans sa patrie. Ces motifs s’enracinent dans les textes théologiques et juridiques fondamentaux de l’islam et, grâce à leur déni par l’Europe, ils n’ont encore fait l’objet d’aucun examen critique pouvant conduire à leur abrogation malgré beaucoup de bonne volonté et de courage chez certains intellectuels musulmans. C’est pourquoi j’estime qu’Eurabia n’est qu’une étape dans une évolution vers le modèle libanais ou syrien.      
           
Politiciens, médias et artistes recourent à différents vocables, non synonymes pour désigner ceux qui quittent l’Afrique et le Moyen-Orient pour vivre en Europe. Le terme « immigrés » a été récemment supplanté par le mot « migrants » ou « demandeurs d’asile », et ces deux derniers sont souvent remplacés par « réfugiés ». 
Que signifient ces glissements sémantiques vers « migrants », terme imposé depuis des années par l’Union européenne (UE) ? Permet-il d’occulter la religion dominante de ces « migrants » - l’islam - ou le sens unique de ces transferts de populations ?
    
De toutes façons, l’islam et son histoire furent présentées depuis des décennies de manière biaisée par le mythe de la « coexistence pacifique sous la charia ». Je pense que le mot « migrant » vise à familiariser la population européenne avec une immigration économique massive s’ajoutant à celle des réfugiés. Son utilisation par l’Union européenne depuis plusieurs années indique que ce flux migratoire était jugé inévitable parce qu’il s’inscrit dans la programmation visant à construire la fameuse civilisation méditerranéenne chantée par l’historien Fernand Braudel. Source d’enrichissement pour l’Europe, elle opérerait par la fluidité des déplacements transcontinentaux facilités par l’abolition des frontières, le mixage de l’Islam et du post-christianisme  tant souhaité par l’UE. 

Dans ce contexte, le mot « migrant » remplace avantageusement celui d’« immigré » qui, dénotant une origine étrangère, est connoté d’éléments négatifs. C’est dans cette vision futuriste que l’on doit comprendre les railleries méprisantes de Romano Prodi, alors président de la Commission européenne, reprochant à Israël ses frontières, et lui recommandant de remplacer son mur de protection contre le terrorisme jihadiste par « des ponts », donnant en exemple la politique du Partenariat euro-méditerranéen de l’Europe. Ce Partenariat, expliquait-il en 2003, créerait « ce que nous appelons : une douce sécurité » (2).  

Depuis quelques années, le continent européen est confronté à l’arrivée, à vitesse accentuée cet été 2015, de centaines de milliers de « migrants », essentiellement musulmans. L’UNHCR a recensé 442 036 « migrants » arrivés par voie maritime en Europe en 2015. Est-ce un mouvement spontané ou organisé ?

Probablement les deux. Il me semble difficile de croire que l’invasion de l’Europe par des centaines de milliers de personnes avec les mêmes phrases clichés soit uniquement un mouvement spontané. L’effet de masse, vagues après vagues, est certainement intentionnel pour décourager tout refus. D’autre part, ces migrants témoignent d’une ignorance puérile de la réalité de l’Europe qu’ils s’imaginent être une terre de cocagne et dont ils estiment que les habitants, dont ils ne connaissent pas même la langue, doivent obligatoirement leur fournir leurs moyens de déplacements, l’hébergement et la nourriture. Je précise ici qu’il s’agit de satisfaire de manière imminente les besoins vitaux de plusieurs centaine de milliers de personnes. Je crois que l’encouragement à immigrer est venu de l’Europe, soit de familles et d’amis déjà installés, soit d’associations humanitaires et de l’UE ; ceci expliquerait l’accueil enthousiaste de certains dirigeants, les outrances du président de la Commission et la foule des bénévoles.

En février 2015, l’Etat islamique avait menacé l’Europe, en particulier l’Italie, d’y envoyer 500 000 « migrants » en cas d’intervention militaire en Libye, et prélève sa part sur l'argent donné aux passeurs… 

Un mouvement d’une telle ampleur a certainement de nombreux organisateurs. Il est trop tôt encore pour en donner une explication correcte. De nombreux observateurs y ont noté des aspects curieux telle que la grande majorité d’hommes jeunes. Il y a certainement des organisateurs dans les pays d’émigration et sur les relais de voyage, mais aussi très probablement dans les pays d’Europe avec le soutien d’organisations humanitaires et de médias surtout audio-visuels.  

L’Etat islamique a récemment mis en garde les « migrants » contre les dangers de quitter le dar al-islam. 
C'est une forme de hijra qu'effectuent ces « migrants ». 
Que représente la hijra en islam ?

La hijra reproduit l’exemple du Prophète émigrant avec ses compagnons (al-Muhajirun, les immigrants) de la Mecque vers Yathrib devenue Médine.
C’est un événement capital pour l’islam car c’est par l’émigration que Mahomet devint un chef de guerre et un législateur et put fonder une puissante entité politique.
A Médine – selon les sources traditionnelles – s’élaborèrent l’idéologie, la stratégie, les tactiques et la juridiction du jihad.
La hijra  marque d’ailleurs le début du calendrier islamique.
Elle est considérée comme le moyen le plus important pour diffuser l’islam.    

Le 13 septembre 2015, dans l’île de Lesbos (Grèce), Sky News a trouvé un guide en arabe distribué gratuitement aux « migrants » et leur indiquant les noms et coordonnées d’associations, comme la Croix-Rouge ou d’organisations internationales tel l’UNHCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés) pouvant les aider, les aides financières qu’ils peuvent solliciter dans les principaux pays européens, etc.
Derrière ce manuel illustré de photographies d’hommes souriants deux organisations : WatchTheMed-Alarmphone, qui donne aux « migrants », avant leur périple maritime, un livret sur la sécurité en mer, et W2eu (“Welcome To Europe”, Bienvenue en Europe). Des associations au financement opaque.
Des comptes Facebook agissent comme des agences de voyages en faisant miroiter aux aspirants à la migration des conditions agréables, loin de la réalité, de traversées de la mer Méditerranée.
N’y a-t-il pas là des exemples d’encouragements à l’immigration illégale, de violations de la loi non sanctionnées par les gouvernements ? L’affaiblissement du droit est mauvais signe dans une démocratie…

Ce sont certainement des encouragements qui suggèrent une organisation très importante avec probablement des connivences en Europe même où les financements opaques sont légions. Mais je ne me hasarderai pas à donner plus de précisions. 
« Immigration illégale » devient une expression qui n’a plus de sens dans le contexte d’invasions. Quelle loi sanctionnera ces débarquements de plusieurs centaines de milliers de personnes – phénomènes que l’on nous dit inexorables quelle que soit notre volonté ? N’est-ce pas déjà se résigner à céder aux nouveaux venus une partie de notre souveraineté, puisque c’est eux qui décident, de façon irrévocable et péremptoire, de leur droit de venir s’implanter en Europe et de leur destination ? Nous n’avons plus qu’à nous incliner. D’ailleurs de quelle démocratie parlez-vous quand on voit l’UE imposer ses diktats contre la volonté des peuples et des Etats ?  

Le Guide du routard a annoncé qu’il allait publier un manuel gratuit destiné aux « migrants ».
Mais nombre de villes ou pays ont avoué que leurs capacités d’accueil avaient atteint leurs limites, et n'ont pas intégré des « migrants » arrivés voici six à douze mois. Le 16 septembre 2015, le quotidien Libération a évoqué les « problèmes d’hygiène, de violence, pratiques mafieuses » dans le lycée parisien Jean-Quarré (75019) transformé en « refuge autogéré », le collectif « La Chapelle en lutte », qui avait « organisé l’occupation des lieux », débordé, divisé, entretenant des relations tendues avec la Mairie de Paris et instrumentalisant les « réfugiés ».

Les protestations des villes ou de pays manquant de capacité d’accueil n’ont pas d’importance pour les leaders de l’UE dont le souci principal est la réception de ces flux et non leurs renvois ou le refus. 
Le 15 septembre 2015, le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière réclamait des « moyens de pression » – en vérité de répression – contre les récalcitrants. 
Les mesures, prises par le Premier ministre hongrois Viktor Orban et visant à protéger son pays du déferlement des migrants, ont déclenché l’hostilité quasi-unanime de la presse et des menaces de rétorsion de hauts fonctionnaires de l’UE. 
Il est clair que l’ancienne souveraineté territoriale des Etats-nations a passé subrepticement des peuples à une entité supranationale régie par un fonctionnariat tout-puissant.  

En avril 2015, dans le détroit de Sicile, quinze musulmans ivoiriens, maliens et sénégalais ont jeté par-dessus bord douze chrétiens nigérians et ghanéens où ceux-ci sont morts. La police italienne, qui a interpellé les criminels, a déclaré que la motivation de ces derniers « serait la profession de la foi chrétienne par les victimes, au contraire de la foi musulmane professée par les agresseurs  ». 
N’y a-t-il pas des risques de futurs heurts entre « migrants » dans leurs pays d’accueil ? 
    
Certes ! Ces personnes sont conditionnées par leurs cultures, leurs préjugés religieux, les mœurs de sociétés guerrières violentes, même si elles en sont aujourd’hui les victimes. Elles apportent avec eux leurs conflits ethniques et tribaux qui ont ravagé les pays conquis par l’islam depuis plus d’un millénaire. 
La colonisation européenne instaura une sorte de stabilité. Mais avec la disparition des anciennes élites, le fanatisme et la cruauté des chefs de guerre jihadistes terrorisent les populations. 
Dans le déchirement des frontières des pseudo Etats-nations qu’avaient voulu créer les Européens, l’ummah arabe du 7e siècle surgit telle qu’elle fut toujours en sa réalité profonde, ressuscitant ses tribus et ses clans du nom de leurs ancêtres qui envahirent ces régions avec la même idéologie et les mêmes comportements. 
Le retour de l’ummah, de la charia et la restauration du Califat pour éliminer toute trace de la civilisation occidentale constituèrent l’aspiration politique et culturelle de masses arabes et musulmanes dès le XIXe siècle. 

Le 1er septembre 2015, sur Europe 1, Fabrice Leggeri, président de Frontex, a révélé l’existence d’un trafic de faux passeports syriens , en particulier en Turquie – ces passeports permettent d’obtenir le statut de réfugiés dans les Etats européens. 
La police bulgare a récemment découvert 10 000 passeports syriens, faux ou volés . 
Journaliste néerlandais du Nieuwe Revue, Harald Doornbos a obtenu un passeport syrien  pour 750 euros et en moins de deux jours. 
« Trente pour cent des demandeurs d'asile qui affirment être syriens ne sont pas syriens », a déclaré Tobias Plate, porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur, à la presse, le 25 septembre 2015. 
Une aide humanitaire s’avère-t-elle adéquate pour répondre à un problème politique, voire militaire ?
      
L’affirmation que la morale induit une mauvaise politique est discutable. En revanche, il est certain que la fausse morale produit une mauvaise politique. 

L’aide humanitaire soulage les souffrances, mais ne pourrait résoudre les problèmes politiques et militaires. Or, nos leaders se refusent à considérer cette crise sous ces angles. Ils nous assurent que ces invasions ne sont qu’un début et que rien ne les arrêtera. S’y opposer serait donc inutile comme eux-mêmes nous en donnent l’exemple par leur inertie et même leur accueil bienveillant. 
Ce mouvement de « migrants » est d’ailleurs fort bien organisé comme l’ont noté certains analystes. Les vagues humaines débarquent connaissant leur itinéraire et sélectionnant leur pays de résidence, bousculant les obstacles et les policiers, faisant fi des règles des pays qu’elles traversent, rieuses et faisant le V de la victoire – victoire d’un triomphe ? 
Bien encadrées et protégées par le réseau des collaborateurs, pardon des réseaux humanitaires ou familiaux de l’intérieur, elles exigent d’être transportées, nourries, logées et d’aller où elles veulent. Ce ne sont pas des familles faméliques et hagardes vêtues d’humbles lambeaux comme ce fut le cas des réfugiés arméniens, juifs ou d’autres. 
La similarité des comportements de ces milliers de personnes aux flux intarissables suscite des interrogations quant à une planification organisée avec ses mots d’ordre et sa propagande. Depuis 1973 l’Organisation de la Coopération (ex-Conférence) Islamique (OCI) collabore avec l’UE pour éliminer l’Europe-forteresse, imposer la discrimination positive, modifier l’enseignement scolaire et universitaire dans l’UE, implanter des mosquées et centres d’enseignement islamiques, sans parler des musées dont Jacques Chirac, alors Président de la République, s’était fait le champion (3).  
L’on doit avoir une vision d’ensemble des mutations de l’Europe pour en saisir le sens puisque leurs justifications, matérialisées dans des politiques, ne furent jamais discutées avec les citoyens européens. Et ne soyons pas naïfs : leurs enjeux meuvent une dynamique financière colossale. La compassion est payante – enfin cela dépend des victimes, car il y a des victimes qui sont a priori et toujours des oppresseurs. Voici dix ans j’avais analysé dans mon livre Eurabia les mécanismes et cité les promoteurs de cette stratégie dont le Président Jacques Chirac se plaisait à dire que la France en avait été à l’origine et la force de propulsion (4).        

Les Etats membres de l’UE sont divisés à l’égard de ces « migrants ». Certains sont prêts à accueillir les seuls migrants chrétiens, veulent préserver leur culture : Hongrie, Pologne, Slovaquie, république tchèque… D’autres soutiennent cette immigration massive, et œuvrent à l’instauration de quotas obligatoires de migrants par les instances européennes : Allemagne, France. 
Des considérations historiques – souvenir de l’occupation ottomane, volonté de maintenir la liberté acquise après l’ère communiste, attachement à la civilisation chrétienne -, économiques – besoin de main d’œuvre, de salariés pour maintenir les retraites -, politiques – liens avec le monde Arabe -, démographiques – déclin de la natalité - expliquent-elles cette division profonde au sein de l’Union européenne ? 

Tous les éléments que vous énumérez motivent ces différentes réactions. Les provinces sud de la Hongrie subirent l’occupation ottomane durant 150 ans. Les Serbes, les Grecs, les Bulgares et les Roumains ne s’en libérèrent que par des guerres qui seraient qualifiés aujourd’hui de génocides et qui se prolongèrent jusqu’au XXe siècle. L’Allemagne et l’Autriche ont une position particulière due à leur alliance durant la Première Guerre mondiale avec l’Empire ottoman et de la collaboration les unissant aux peuples arabes et musulmans durant la Seconde Guerre mondiale. La première communauté musulmane en Allemagne fut constituée par les milliers de musulmans d’origine diverses venus s’enrôler dans les armées SS et qui y restèrent (5).  Par ailleurs, je comprends que certains Etats préfèrent accueillir des réfugiés chrétiens, car ils sont les plus menacés avec les yazidis et les musulmans modernistes, et par ailleurs les mieux intégrables aussi. D’où l’importance de la sélection pour pouvoir maintenir les possibilités de l’asile pour ceux qui sont véritablement en danger. 

Il ne fait aucun doute que la nombreuse diaspora musulmane en Europe se réjouit de l’arrivée massive de migrants qui renforceront son poids politique. L’absence d’interrogations publiques sur ce phénomène crucial pour les Européens s’explique par la participation de tous les partis européens dans la politique immigrationniste musulmane, l’absence d’une opinion publique organisée et cohérente d’opposition avec un programme politique bien défini – par le matraquage dans les médias écrits et audiovisuels de la pensée unique forgée par la Commission européenne et surtout par l’incapacité à prévoir l’avenir compte tenu de l’opacité de la désinformation depuis les années 1970 et du déni de la réalité. 

La politisation de la culture fut une décision délibérée entérinée par la Conférence de Berlin réunie à l’initiative de la Commission européenne (17-19 novembre 2006). Ses promoteurs estimaient que l’action culturelle devait être un facteur fondamental de la politique étrangère et du développement. A la suite de cette conférence, la Commission européenne lança un programme pour promouvoir le dialogue entre les cultures et les civilisations au plan international (6). Parmi les initiatives planifiées dans les secteurs culturels elle citait la citoyenneté, le combat contre la discrimination, l’exclusion sociale, le racisme, la xénophobie, la promotion de la politique de l’asile et de l’intégration des immigrants. Elle précisait l’importance du Dialogue Interculturel dans le contexte du Partenariat Euro-méditerranéen du fait des pays d’origine de nombreux immigrants dans l’UE. Ceci explique l’imprégnation politique de toute la culture et la pensée européenne.

Les autorités nationales et européennes ont révélé leur impuissance à endiguer l’afflux des « migrants », leur inertie face à cette pression démographique constante, leurs contradictions et atermoiements. S’achemine-t-on vers une réforme des accords de Schengen que l’Allemagne n’a pas respecté en acceptant l’entrée massive de « migrants » non enregistrés précédemment, ou de l’Union européenne ? 

Toutes les structures craquent et il est difficile de prévoir même le proche avenir avec le réveil de divers mouvements européens protestataires.

Dans un centre de réfugiés de Stuttgart, la police allemande a arrêté un terroriste  marocain de 21 ans de l’Etat islamique… Comment expliquer l’absence générale d’interrogations publiques sur le risque d’infiltrations de terroristes de l’Etat islamique sous couvert de « migrants » ?

Ayant décrété et constamment clamé depuis quatre décennies qu’Israël seul représentait un danger de guerre mondiale, l’UE a occulté la réalité du jihad et du terrorisme. Elle a prêché que le dialogue, l’amour et le service de l’Autre supprimeraient la guerre et établiraient la société de « douce sécurité » de Prodi. Le Mal venait des frontières, de la résistance, du nationalisme, des Murs. Nous sommes dans cette logique-là. Sur les quelques blogs que je lis, ces inquiétudes s’expriment et motivent les résistances.      

On observe une opinion publique française partagée entre crainte – vers un changement de civilisation ? - et compassion à l’égard de ces migrants. Alors que les « élites politiques et médiatiques » nationales véhiculent le « politiquement correct » favorable à l’accueil des migrants. Quels effets vont avoir ces centaines de milliers de « migrants » accueillis en France, en Allemagne ou dans les pays scandinaves ?
Le 13 septembre 2015, Jacques Attali, essayiste, chroniqueur et fondateur-premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en 1991, s’est réjoui de ces arrivées de migrants : « Ces gens-là vont faire de l’Europe, la première puissance du monde. L’intégration espagnole et italienne en Belgique est un succès. On ne voit que les problèmes de l’intégration musulmane mais pas les succès qui sont nombreux. En France, on a quelque 5 millions de musulmans dont 98 % s’intègrent, sont médecins, avocats, journalistes. Normalement, ce qui se passe avec les migrants devrait entraîner la construction d’une Europe plus intégrée, plus puissante, se donnant les moyens de recevoir ces personnes. Leur arrivée est une incroyable chance car cela transforme la démographie européenne. Et nous, au contraire, on a une réaction de petits. »
   
Le désir d’extension jusqu’à n’avoir plus de frontières est inhérent à l’UE. Gare à ceux qui oublient que la mégalomanie et la volonté de puissance sont à l’origine des guerres. Il est absurde de comparer l’intégration des Espagnols et des Italiens, à ceux des migrants musulmans porteurs d’une culture et d’une religion dont la critique nous est interdite.
  
Ces migrants pèseront davantage sur la politique intérieure de l’UE et de ses pays membres, au niveau électoral, sur leur système scolaire, universitaire, leur culture,  société,  droit et sur la politique extérieure de l’UE comme lobbies servant les intérêts de leurs pays d’origine dont l’influence et l’immixtion en Europe augmenteront. Bref l’Europe se désagrégera  dans le monde musulman d’Orient et d’Afrique comme le souhaitaient les initiateurs et les propulseurs de ce mouvement.

Le 6 septembre 2015, lors de la cérémonie en mémoire aux martyrs de la Déportation, le grand rabbin de France Haïm Korsia a déclaré : « Aujourd’hui, il nous faut agir ! Agir pour lutter, dans un front uni, contre le terrorisme et tous ceux qui instrumentalisent et dévoient la religion pour tuer au nom de Dieu, d’où qu’ils viennent et quels qu’ils soient. Agir, pour ne laisser personne au bord du chemin de la vie Quel engagement pouvons-nous prendre pour les minorités persécutées d’Orient ? Quelles actions en faveur des migrants, ces réfugiés qui affluent depuis des mois dans des conditions insupportables vers les terres européennes, fuyant la guerre, la pauvreté, la souffrance indicible ? La France, terre d’asile et d’accueil, la France, berceau des droits de l’homme, ne peut fermer les yeux sur ces femmes et ces hommes qui échouent aux portes de nos frontières, avec pour seul espoir, celui de vivre. La France, qui rayonne dans le monde entier de par ses valeurs d’humanisme, d’universalité et de partage, ne peut se taire face à l’épreuve de ses frères humains. N'oublions pas le terrible verdict de Chantecler dans le Roman de Renart : « Maudits soient les yeux qui se ferment quand ils doivent rester ouverts ». J’appelle de mes voeux un sursaut civique et humain, des gestes forts de notre pays et de l’Union européenne pour que des solutions soient trouvées au plus vite. Ce verset biblique vaut pour chacun : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même, car tu as été étranger en terre d’Egypte » (Lévitique XIX, 34). C'est ce dont nous parlerons prochainement avec les dirigeants des grandes organisations de la communauté juive, afin de retrouver la force si simple et si parfaite du message du cardinal Saliège de Toulouse en 1942 : « Les Juifs sont des hommes, les juives sont des femmes ». Oui, ce message s’applique à tous. Nous devons être les Saliège et les Théas, les Trocmé et les Boegner de notre temps et dire, en mémoire de nos disparus et en fidélité avec nos valeurs : « Les migrants sont nos frères en humanité  ».
Ce parallèle avec la Shoah – « migrants » assimilés aux Juifs – est exprimé par Emmanuel Macron, ministre français de l’Economie, par Sir Erich Reich, président de l’Association of Jewish Refugees’ Kindertransport group, dans sa lettre au Premier ministre David Cameron.
D’autres dirigeants communautaires, tels Eric de Rothschild ou Roger Cukierman, présidents respectifs de la Fondation Casip-Cojasor et du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont dressé un parallèle avec l’arrivée de leurs ashkénazes en France, ou de l’« exode oublié » des Juifs d’Afrique du Nord.
Que pensez-vous de ces parallèles

Je préfère ne pas commenter le discours du grand rabbin de France Haïm Korsia. Ce sont de belles phrases morales, mais traitant d’un sujet politique. Les Juifs français – qu’on appelle maintenant « Juifs de France » comme Islam de France, musulmans de France – représentent l’un des plus beaux maillons du judaïsme. Leurs écrivains, universitaires, juristes, savants, politiciens contribuèrent par leurs œuvres à la richesse de la culture universaliste française.
Aujourd’hui humiliés, terrorisés, vilipendés, agressés au plus profond de leur identité, victimisés par une politique occultant le terrorisme islamique qui les cible en priorité, mutilés de leurs racines ancestrales par une stratégie démembrant l’Etat d’Israël pour le remplacer par la Palestine islamique en lui transférant l’archéologie et l’histoire de l’ancien peuple d’Israël, ils se voient contraints de s’expatrier d’une patrie où leurs droits humains les plus élémentaires à la sécurité  sont violés. 
Ce phénomène n’est pas particulier à la France. Une situation de chaos généralisé s’est installée dans l’Union européenne, favorisée par la politique cynique de ses gouvernements et ses caractéristiques touchent l’ensemble des Européens mais en particulier les juifs parce que plus vulnérables et il faut bien le reconnaître, ciblés par deux haines: européenne et islamiste. 

Mais pour répondre à votre question, je trouve scandaleuse l’assimilation des « migrants » aux Juifs fuyant le nazisme. Tout d’abord les Juifs, soit les ambassadeurs de l’ancien royaume de Judée à Rome en 160 avant J.-C. et rejoints par des coreligionnaires, soit ceux déportés plus tard de Judée comme esclaves par les Romains, vivaient en Europe dès l’époque romaine. A l’époque moderne l’abolition de leur statut discriminatoire leur permit de mieux s’intégrer dans les milieux où ils vivaient depuis des siècles. D’autre part le judaïsme n’est pas l’islam. Le système théologique, militaire, juridique, politique, social, économique du jihad qui règle ad aeternam l’ensemble des relations  entre musulmans et non-musulmans y compris les moindres détails, y est inexistant et contraire à ses valeurs. De plus juifs et chrétiens partagent un même livre : la Bible hébraïque ou premier Testament qui inspira Jésus, lui-même juif ainsi que ses apôtres. Ce tronc commun d’où naquit le christianisme établit une communauté de valeurs qui sont étrangères à l’islam, malgré l’affirmation du contraire pour éviter un examen critique de certains dogmes musulmans et maintenir toujours une équivalence mensongère entre les religions et les civilisations. 

Enfin l’élément démographique dans ce type de comparaison est déterminant. Après deux mille ans d’existence en France, la communauté juive compte environ 500 000 membres. Après quelques septante ans, la communauté musulmane s’élève à près de 10 millions. En Suède, en Norvège, en Ukraine, en Pologne, en Allemagne, en Italie, dans les Balkans, combien de Juifs après deux mille ans et combien de musulmans après quelques décennies ? Je soulève ce problème car la démographie est importante sur le plan de l’intégration. Et, dans le même ordre d’idée, il n’y a qu’un seul Etat d’Israël et 56 Etats musulmans. Avoir des millions de personnes hostiles aux cultures des peuples d’accueil génère des conflits ingérables avec les risques d’immixtion des pays d’origine.

En ce qui concerne plus particulièrement la Shoah, les Juifs européens furent condamnés par leur propre gouvernement – Allemagne, Autriche, France, Italie, Hongrie, Pays-Bas, etc. – à la déportation et à une extermination totale, du fœtus au vieillard organisée sur le mode industriel partant du rabattage, aux convoyages et jusqu’aux fosses, ce qui n’est le cas d’aucun peuple aujourd’hui, excepté Israël menacé d’annihilation par l’Iran. Les « migrants » qui déferlent sur l’Europe comprennent certes ! de nombreux réfugiés traumatisés, mais surtout des foules d’hommes jeunes et hilares bien déterminés à réaliser leurs objectifs.

De plus, les Juifs étaient prêts à s’engager dans les armées Alliées contre le nazisme. Mais les migrants musulmans récusent-ils l’idéologie jihadiste contre Israël, les Juifs, les chrétiens et les non-musulmans ? Acceptent-ils l’égalité des êtres humains et des sexes ? Et puis, combien de Juifs d’Afrique du Nord sont arrivés en France ? Quelques dizaines de milliers qui se considéraient Français de Tunisie et du Maroc? Les Juifs d'Algérie étant déjà français par choix depuis 1870. Quel est le nombre de ce rapatriement d’anciennes colonies, 100.000 maximum ? Combien leur intégration a-t-elle coûté à l’Etat ?
L’assimilation de notions hétéroclites dans des pots-pourris de propagande politique, est caractéristique de la confusion de notre époque où tout se vaut afin que le désordre et l’erreur priment sur la raison. Cette démarche délibérée nuit à l’esprit français fondé sur le rationalisme et à l’exigence scientifique caractéristique de la culture européenne.   

Le 8 septembre 2015, à la synagogue Nazareth, le Premier ministre socialiste français Manuel Valls a exhorté à une « voix juive » solidaire des « réfugiés qui arrivent en Europe », car « c’est une part de votre histoire ». Y a-t-il instrumentalisation par les pouvoirs politiques français du judaïsme, de l’Histoire Juive ? 
Dans l’affirmative, cette instrumentalisation est curieusement acceptée par des dirigeants communautaires oublieux de l’accord du 14 juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien… 

C’est certainement une instrumentalisation, une invitation pressante à établir une équivalence entre les exodes générés par les persécutions, l’exil, la Shoah et les centaines de milliers de migrants, majoritairement musulmans, déferlant sur l’Europe. Ces exhortations politiques ont dû probablement s’exercer sur les chefs religieux chrétiens. On ne voit pas en quoi la hijra fait partie de l’histoire juive. Les Juifs furent des réfugiés, mais les circonstances et les causes de leurs malheurs furent différentes. La bonne conscience européenne se trompe de guerre : nous ne sommes plus en 1940, et on ne peut rattraper ni corriger le passé, mais cette bonne conscience maintient le cap des objectifs de 1940 : se liguer avec les ennemis d’Israël pour le contraindre à se suicider.  

Le 6 septembre 2015, le Pape François a demandé « que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe accueille une famille ». Il a annoncé que le Vatican accueillera deux familles. Il existe 120 000 paroisses en Europe. Le Vatican a accueilli une famille – les parents et leurs deux enfants - de Damas (Syrie), membre de l’Eglise grecque catholique melkite. Il l’a installée près de la basilique Saint-Pierre. Les dirigeants européens, qui ont stigmatisé les pays voulant accueillir des réfugiés chrétiens, ne lui ont reproché ni le faible nombre de migrants accueillis, ni d’avoir sélectionné ses coreligionnaires…
Le 14 septembre 2015, rappelant qu’il est « un fils d’immigrés », le pape François a déclaré à Radio Renascença, média portugais en évoquant les « migrants » : « Ces pauvres gens fuient la guerre, la faim… La cause est un système socio-économique qui est mauvais, injuste ». Il a ajouté : « Quand il y a un espace vide, les gens cherchent à occuper ce lieu… Je pense que l’Europe doit redevenir la mère Europe, doit assumer son rôle, c’est-à-dire récupérer son identité… Il est vrai qu’à 400 km de la Sicile, nous avons une guérilla terroriste extrêmement cruelle. Aussi, le danger d’infiltration est réel… A l’évidence, un réfugié arrive avec toutes sortes de mesures sécuritaires et doivent être reçus car c’est un commandement de la Bible. Moïse a dit à son peuple : « J’ai accueilli l’étranger, car souvenez-vous que vous avez été étrangers en Egypte ». 
Que vous inspirent ces propos prudents ou confus dans un refus de décrire avec exactitude la réalité islamiste ?
La position initiale du pape François a été soutenue par les églises catholiques d’Allemagne et d’Autriche, mais a été contestée notamment par Laszlo Kiss-Rigó, évêque à Szeged, au sud de la Hongrie, région parcourue par des dizaines de milliers de migrants. Le 7 septembre 2015, dans le Washington Post, il a estimé que le pape François ne connaissait pas la situation des « migrants » : « Ce ne sont pas des réfugiés. C’est une invasion. Ils viennent ici en criant « Allah Akbar ». Ils veulent nous envahir. L’Europe est submergée de personnes qui se présentent comme des réfugiés, mais qui menacent gravement les valeurs chrétiennes universelles. La plupart d’entre eux se comportent de manière très arrogante et cynique ». 
Les églises nationales semblent alignées sur la position de leurs gouvernements…

Ces déclarations me rappellent ce comportement chrétien que j’ai défini comme le « service chrétien pour l’islam » qui est un attribut de la dhimmitude chrétienne transformant le sentiment de vulnérabilité en amour envers l’oppresseur (Eurabia, p. 262). Menacés de conversion forcée ou d’expulsion par le calife Omar b. Abd-al-Aziz (717-720), les Coptes lui donnèrent tout l’argent qu’ils purent « et rendirent des services aux musulmans, devenant un modèle pour beaucoup » (7).

J’ai étudié ce syndrome dans ses manifestations historiques liées aux devoirs des chrétiens dhimmis envers les musulmans inscrits dans la sharia (corvées, tributs, rançons, abaissements, rituels honorifique, etc.) et dans ses effets psychologiques et l’ai nommé ‘syndrome dhimmi’. Il caractérise et motive la guerre antisioniste des Eglises d’Orient, la déjudaïsation des racines chrétiennes et leur réislamisation par le Jésus palestinien musulman, mais surtout leur campagne d’islamisation en Europe. Rappelez-vous les Georges Corm, Edward Saïd, le père Youakim Moubarak, Naim Stefan Ateek, le patriarche latin Michel Sabbagh, et leurs porte-voix en Europe : Louis Massignon, l’Abbé Pierre, les pères Lelong et Delorme, Kenneth Cragg, le Conseil Œcuménique des Eglises, la liste est interminable… 

Les autorités religieuses furent toujours soumises, manipulées par les pouvoirs politiques seuls détenteurs de la force militaire, et obligées d’obtempérer aux ordres de l’Etat du fait de leur vulnérabilité et de leurs responsabilités. L’on retrouve dans tout le cours de l’histoire cette obédience prudente d’autorités morales responsables de populations sans défense. Ibn Khaldoun l’avait bien noté écrivant que chez les juifs et les chrétiens les souverainetés temporelle et religieuse étaient séparées, tandis que dans l’islam elles étaient unies afin que la force militaire de l’Etat soutienne l’expansion religieuse.

La « crise des migrants » a occulté l’accord sur le programme militaire nucléaire iranien signé le 14 juillet 2015 à Vienne (Autriche). Pourtant les milliards de dollars que l’Iran va récupérer avec la levée des sanctions vont en partie financer des mouvements terroristes ou le régime si honni de la diplomatie française du président syrien Bachar al-Assad et accusé de contribuer à l’exode des « migrants »…

Les migrants ne viennent pas seulement de Syrie. Les politiciens européens crédules et puérils, obnubilés par leur idéologie du déni se sont laissés bernés par les mirages de l’Orient et ce sont les peuples européens qui se retrouvent en dindons de la farce. Je crains que le peu de sécurité qui prévalait encore en Europe ne vole bientôt en éclats… surtout avec un Iran enrichi et nucléarisé. Les leaders actuels devraient écouter davantage leur peuple au lieu de les mépriser, s’ils veulent éviter des drames futurs et maintenir ouvertes les portes de l’asile pour tous les persécutés de l’intolérance et du fanatisme.

(1) Extraits de ces propositions dans Bat Ye’or, L’Europe et le spectre du Califat, Les provinciales, 2010, pp. 79-83.

(2) Extraits du discours de R. Prodi dans Eurabia : l’Axe euro-arabe, Jean-Cyrille Godefroy, Paris 2006, pp. 205.

(3) L’Europe et le spectre du Califat, chap. I.

(4) Discours du Caire, 8 avril 1996 dans Eurabia, p.186.

(5) Voir à ce sujet le livre très explicite de Ian Johnson, A Mosque in Munich. Nazis, the CIA, and the Rise of the Muslim Brotherhood in the West. New York: Houghton Mifflin Harcourt, 2010.

(6) L’Europe et le Spectre du Califat, p. 79-81.

(7) Voir la citation dans Bat Ye’or, Juifs et Chrétiens sous l’Islam face au danger intégriste, Paris Berg International Editeurs, 2005, p. 58

A lire sur ce blog :
Cet article a été publié les 27 septembre et 15 novembre 2015. Son introduction a été actualisée au 16 décembre 2015, 2 février et 8 avril 2016 :
Le 2 février 2016, Arte consacra sa soirée aux migrants en diffusant trois documentaires : Les défis de l'accueilLe business de l'urgence et Balkans Transit.
Les 9 et 11 avril 2016, dans le cadre d'Arte reportage, Arte diffusa Nulle part, en France, de Yolande Moreau (Arte, 2016, 52 min). "L'actrice et réalisatrice Yolande Moreau pose son regard sur les camps de réfugiés de Calais et de Grande-Synthe à travers la trajectoire d'un jeune Kurde de 28 ans, qui aspire à rejoindre l'Angleterre. Cinquième cinéaste invitée de la série multimédia d'Arte reportage « Réfugiés », Yolande Moreau a passé une dizaine de jours dans les jungles de Calais et de Grande Synthe en janvier 2016. Elle en revient avec un film témoignage dans lequel alternent les interviews réalisées sur le « terrain » avec les textes écrits par Laurent Gaudé et lu par l'actrice et réalisatrice. Après Régis Wargnier au Népal, Pierre Schoeller en Irak, Agnès Merlet au Liban et Claire Denis au Tchad, Yolande Moreau propose une oeuvre personnelle. Ni reportage ni documentaire, dans cet entre-deux assumé, elle nous emmène pendant 30 minutes « Nulle part, en France »... Grèce : les migrants dans l'impasse. Les migrants arrivés sur les îles grecques sont retenus dans l'attente d'être éventuellement renvoyés vers la Turquie.  Malgré les protestations des associations humanitaires, la mise en place de l'accord controversé UE-Turquie se concrétise pour tenter de freiner l'afflux de réfugiés. En mer Egée, l'équipe d'ARTE Reportage a assisté à la tension grandissante et aux affrontements entre migrants retenus dans le camp de l'île de Chios, un centre de rétention prévu pour 1.200 personnes où s'entassent plus de 1.500 réfugiés. Certains migrants ont manifesté pour réclamer leur liberté de mouvement. Dans le reste du pays, la situation des réfugiés qui croupissent sous des tentes dans le grand port du Pirée ou dans des conditions d'un autre âge du côté d'Idomeni, à la frontière macédonienne, continue de susciter l'indignation des ONG qui dénoncent l'indifférence des Vingt-Huit au sort de ces milliers de vies humaines. Depuis cet accord, l'afflux sur les îles grecques a été réduit, mais les arrivées continuent de se compter par centaines. Après la fermeture de la route des Balkans fin février, quelque 50.000 exilés, non soumis à l'accord UE-Turquie, resteraient bloqués en Grèce..."
- Article republié le 28 juillet 2016.

2 commentaires:

  1. Whenever and wherever I have the opportunity, I cite Bat Ye'or extensive knowledge and predictions on Eurabia, on the US blogs and Mass media.
    I wonder if anybody besides the SUPER-EXPERTS even know who Bat Ye'or is!!!!

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    1. Beside her deep knowledge of subjects she analyses perfectly, Mrs Ye'or is a great Lady.

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