Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

samedi 5 mai 2018

Les impressionnistes


En rupture avec l’art académique, de jeunes peintres créent dans la seconde moitié du XIXe siècle l'impressionnisme, un art moderne figuratif se distinguant des codes académiques prévalant alors par ses angles de vue nouveaux, son attention pour les impressions et lumières éphémères, ses choix de dépeindre la nature et non des thèmes mythologiques, historiques ou religieux, ainsi que par ses touches de pinceau patentes. Critiqué, incompris, soutenu par quelques galeristes, l’impressionnisme s’impose au XXe siècle et influe d’autres arts tels la littérature, la musique, la photographie et le cinéma. Arte diffusa le 6 mai 2018 à 17 h 35 "Quand les impressionnistes découvrent le Japon..." (Als die Impressionisten Japan entdecken), de Jerôme Lambert et Philippe Picard. 

Des « œuvres qui, à l'origine, ne valaient rien se vendent aujourd'hui à prix d'or et se retrouvent dans les musées les plus prestigieux de la planète ». 

Académisme rejeté
Créée par le roi Louis XIV, l’Académie royale de peinture et de sculpture a fixé les canons, les règles du bon goût - thèmes, techniques, etc. – en louant la beauté et soulignant la pureté du trait dans le dessin. Ses références-modèles ? L’art antique. Les apprentis artistes apprenaient les couleurs dans des ateliers. 

Au cours du XVIIIe siècle, le goût pour les couleurs s’affirme, ainsi qu’en témoignent les œuvres de Boucher et de Watteau. 

Avec Goya et Delacroix, la peinture évolue.

Au milieu du XIXe siècle, grâce aux tubes de peintures et au chevalet portatif, les peintres transforment la nature en ateliers, et la photographie, par sa reproduction à l’identique de la réalité, bouleverse la peinture. 

Nouveautés
« Indépendants », « Intransigeants », « Refusés », « Groupe des Batignolles », « Impressionnistes »… Tels sont les noms désignant un nouveau courant artistique apparu sous le Second Empire. 

« Le scandale impressionniste » (Sensation Impressionismus), documentaire de François Lévy-Kuentz, retrace « l'aventure d'une bande de jeunes peintres qui lancèrent dès 1874 une esthétique en rupture totale avec la peinture historique en vigueur dans les Salons officiels. Inspirés par l'École Réaliste de Barbizon de Corot, Rousseau, Millet et Daubigny, cette nouvelle génération a pour noms » Courbet, Camille Pissarro (1830-1903), Jongkind, Renoir, Bazille, Cézanne, Caillebotte, Berthe Morisot et « Claude Monet, leur chef de file ».

Place de Furstenberg, l'atelier de Bazille surplombe celui de Delacroix. Bazille et Monet y observe le peintre romantique.

Refusés au Salon de Paris, ils exposent en 1863 au Salon des Refusés institué par l’empereur Napoléon III. Le tableau Déjeuner sur l’herbe de Manet choque : une femme est peinte nue dans un paysage peuplé d’hommes vêtus. Un scandale, car le nu était toléré dans les sujets mythologiques.

En l’écrivain Emile Zola, le mouvement impressionniste trouve un allié de taille.

En 1874, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot, Edgar Degas, "à la prodigieuse mémoire visuelle" et d’autres constituent la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs afin d’organiser leur exposition, dans l'atelier du photographe Nadar, boulevard des Capucines. C’est la première des huit expositions des peintres impressionnistes entre 1874 et 1886. Elle présente les tableaux de 39 peintres, dont Eugène Boudin. C’est l’humoriste Louis Leroy qui, ironisant dans un article de la revue Charivari, sur le tableau Impression, soleil levant (1872-1873), de Monet, forge le nom de ce mouvement : l’impressionnisme.

Mais ce mouvement est animé de dissensions : certains affectionnent la peinture « sur le motif » en plein air, d’autres privilégient le trait sur la couleur. Manet se distancie. Tout comme Renoir, Sisley et Monet. Seul Pissarro expose dans les huit Salons.

Leurs thèmes picturaux : des scènes de la vie quotidienne, des paysages peints « sur le motif ».

« S'appuyant sur les lettres des principaux protagonistes de l'impressionnisme (Corot, Pissarro, Cézanne, Renoir, Monet, Manet, Van Gogh ou Morisot), ce documentaire raconte l'aventure de la lumière, comment celle-ci est devenue l'élément premier de l'œuvre, détrônant le dessin ».

Il explique « la méfiance du public et de la critique envers ce combat « révolutionnaire » qui remet en cause la façon de voir les formes et la lumière ». Qui achète les œuvres des impressionnistes ? Pas l’Etat. Mais des collectionneurs privés tels le peintre Gustave Caillebotte, Charles Ephrussi, issu d’une famille juive de banquiers et de négociants en blé, le chimiste Paul Bérard, le négociant en tissus Ernest Hoschedé, le médecin Georges de Bellio et l’ingénieur Henri Rouart...

En une trentaine d’années, le public apprécie l’impressionnisme . Un goût qui perdure au XXIe siècle, et révèle aussi le désintérêt pour un art « conceptuel », abstrait, pédant, dédaignant la beauté. 

Un « combat qui réussit à s'imposer après trente ans grâce au soutien du marchand d'art Paul Durand-Ruel, notamment avec l'entrée d’œuvres majeures dans les musées nationaux ». Précurseur, grâce à un réseau de galeries mondiales et ses relais médiatiques, Paul Durand-Ruel (1831-1922) organise  des expositions à Londres et à New York. La côte des impressionnistes monte, mais pas avec la même rapidité pour tous : dès 1879, Renoir bénéficie de rentrées régulières. Pour Monet, l’aisance financière arrive au début des années 1880, et pour Pissarro dans les années 1890. Mais Sisley décède pauvre.

« À partir de documents d'époque, ce film foisonnant et documenté dessine la trajectoire de ce mouvement populaire qui fut à l'origine de l'art moderne ». 

Lui ont succédé un néo-impressionnisme, un postimpressionnisme, un pointillisme représenté par Georges Seurat et Paul Signac. Après une brève expérience du pointillisme, Pissarro revient à l'impressionnisme. Cézanne ouvre la voie à l'art moderne.

D’autres arts sont influencés par l’impressionnisme : la musique (Claude Debussy, Maurice Ravel, Paul Dukas, Erik Satie), la littérature (Mirbeau).

Impressionnists in London
La Tate Britain Gallery présente l'exposition Impressionnists in London. Elle évoque les artistes impressionnistes qui ont fui la guerre de 1870 en France et ont trouvé refuge en Angleterre.


"The story of the artists who fled to Britain to escape war in France. This exhibition presents captivating works by Monet, Tissot, Pissarro and their compatriots. In the 1870s, France was devastated by the Franco-Prussian war and insurrection in Paris, driving artists to seek refuge across the Channel. Their experiences in London and the friendships that developed not only influenced their own work but also contributed to the British art scene. The EY Exhibition: Impressionists in London, French Artists in Exile (1870 – 1904) is the first exhibition to map the connections between French and British artists, patrons and art dealers during a traumatic period in French history. Highlighting their engagement with British culture, traditions and social life, their art is a fascinating insight into how London was perceived by the visiting French artists and the remarkable works that came from their time here are not to be missed. Also features works from Dalou, Sisley, Derain and Legros."

"Tate Britain brings together over 100 beautiful works by Monet, Tissot, Pissarro and others in the first large-scale exhibition to chart the stories of French artists who sought refuge in Britain during the Franco-Prussian War. The EY Exhibition: Impressionists in London, French Artists in Exile (1870-1904) maps the artistic networks they built in Britain, considers the aesthetic impact London had on the artists’ work, and presents instantly recognisable views of the city as seen through French eyes."

"The EY Exhibition: Impressionists in London looks at French painters’ keen observations of British culture and social life, which were notably different to the café culture found in Paris. Evocative depictions of figures enjoying London parks such as Pissarro’s Kew Green 1892 are shown, that were in stark contrast to formal French gardens where walking on the grass was prohibited. Scenes of regattas fringed with bunting as painted by Alfred Sisley and James Tissot in The Ball on Shipboard c.1874 are also displayed, demonstrating how British social codes and traditions captured the imagination of the Impressionists at the time."

"While in London, French artists gravitated towards notable figures who would help them develop their careers and provide them with financial support. The exhibition looks at the mentorship Monet received from Charles-François Daubigny and considers the significant role of opera singer and art patron Jean-Baptiste Faure – works that he owned including Sisley’s Molesey Weir, Hampton Court, Morning 1874 are exhibited. One of the most influential figures to be celebrated is art dealer Paul Durand-Ruel, who first met Monet and Pissarro in London during their exile in 1870-71. Durand-Ruel purchased over 5,000 Impressionist works over his lifetime which, in Monet’s own words, saved them from starving."

"Part of the exhibition examines the central role of Alphonse Legros in French émigré networks. As Professor of Fine Art at the Slade School in London from 1876 to 1893, he made a dynamic impact on British art education both as a painter and etcher, and exerted a decisive influence on the representation of peasant life as can be seen in The Tinker 1874. He introduced his patrons Constantine Alexander Ionides and George Howard, 9th Earl of Carlisle, to sculptor Aimé-Jules Dalou who then, together with fellow sculptor and émigré Edouard Lantéri, shaped British institutions by changing the way modelling was taught. Jean-Baptiste Carpeaux’s sojourns in London, which he initially planned in order to stay close to his great patron, the exiled Emperor Napoleon III, are also examined."

"The final and largest section of the exhibition is dedicated to representations of the Thames. Featuring a group of Monet’s Houses of Parliament series, this room looks at how depictions of the Thames and London developed into a key theme in French art. A selection of André Derain’s paintings of London landmarks, which answer directly to Monet’s, demonstrate the continuity of this motif in art history. The show concludes with the Entente Cordiale – a formal pact of peace and unity between Britain and France – which, in the case of Monet in particular, coincided with the culmination of an artistic project which started in 1870."

"The EY Exhibition: Impressionists in London, French Artists in Exile (1870-1904) is curated by Dr Caroline Corbeau-Parsons, with Assistant Curator Elizabeth Jacklin, in collaboration with the Petit Palais and Paris Musées. The exhibition will be accompanied by a fully illustrated catalogue and a programme of talks and events in the gallery."

Le Japon
Arte diffusera le 6 mai 2018 à 17 h 35 "Quand les impressionnistes découvrent le Japon..." (Als die Impressionisten Japan entdecken), de Jerôme Lambert et Philippe Picard.

"À l’occasion des 150 ans de l’ère Meiji, marquant l’ouverture du pays du Soleil-Levant à l’Occident, retour sur la mode du japonisme qui influença les avant-gardes européennes dans la seconde moitié du XIXe siècle - Manet, Monet, Degas, Van Gogh ou Whistler..."

éAvec l’entrée de la flotte américaine dans la baie de Tokyo en 1853, dans un Japon fermé aux navires étrangers depuis deux siècles, l’Occident découvre l’art nippon, ses estampes et son raffinement. À l’aube de l’ère Meiji, des collectionneurs, tels Guimet, Cernuschi ou encore les frères Goncourt, sillonnent le pays pour en rapporter des merveilles, devant lesquelles le public des expositions universelles de Londres ou de Paris va s'extasier. Bientôt, la vogue du japonisme – et La grande vague de Kanawaga d’Hokusai – submerge tous les arts : peinture, arts décoratifs, musique et danse. Habitée par l’Extrême-Orient, fût-il imaginaire, l’avant-garde artistique européenne – Manet, Monet, Degas, Van Gogh ou Whistler... – s’empare de cette esthétique pour mener sa révolution, de laquelle émergeront les mouvements impressionniste et nabi. L’Europe tourne son regard vers l’Asie, avant de découvrir l’Afrique…é

"D’ateliers en voyages initiatiques, de galeries en chroniques littéraires, ce documentaire plonge dans cette époque d’ébullition artistique pour en restituer l’atmosphère et brosser le portrait de ses grandes figures. S’appuyant sur la photographie en pleine explosion derrière le maître Nadar, et sur des scènes reconstituées en ombres chinoises, il revisite avec bonheur les œuvres emblématiques de cette rupture augurant la modernité."

Du 2 novembre 2017 au 7 mai 2018
A la Tate Britain
Millbank, Westminster, London SW1P 4RG
Tel. : +44(0)20 7887 8888
Du lundi au dimanche de 10 h à 18 h

"Quand les impressionnistes découvrent le Japon...", de Jerôme Lambert et Philippe Picard
France, 2017, 53 min.
Sur Arte le 6 mai 2018 à 17 h 35
Visuel :
"Nocturne Tokyo", Shizuoka Museum
Credit : © Kobayashi Kiyochika _Nocturne

« Le scandale impressionniste » de François Lévy-Kuentz
Arte France, Scotto Productions, 2010, 52 min
Texte lu par François Marthouret
Sur Arte les 24 juillet à 17 h 35 et 24 août 2016 à 3 h 55
Visuels : © Library of Congress, © RMN (Musée d'Orsay)/Hervé Lewandowski et © Musée d'Orsay
    
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Les citations sont extraites du site d'Arte. Cet article a été publié le 23 juillet 2016.

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