lundi 6 février 2017

Les médecins Juifs militaires ou dans les Armées



Professionnels souvent méconnus, les médecins Juifs, militaires ou dans les Armées, ont conjugué leur souci de soigner ou/et guérir, leur engagement patriotique, ainsi que leur judaïsme. Ils se sont distingués par leurs recherches et découvertes scientifiques, livres et articles innovant notamment dans le domaine chirurgical si utile en temps de guerre. Affrontant souvent l'antisémitisme, bénéficiant d'une émancipation progressive dans certains pays européens, ils ont aussi œuvré au sein d'institutions communautaires et ont été distingués par leur courage sur les champs de batailles. Dans le cadre d'opérations humanitaires, certains ont soigné des victimes de catastrophes naturelles. Le 6 février 2017, de 14 h à 16 h,  l'Institut Maïmonide Universitaire Euro-Méditerranéen évoquera, avec Elodie Kay-Attia, professeur, auteur, et Christophe Vaschalde, chercheur, auteur, Pratique médicale, rationalisme et relâchement religieux. Les élites lettrées juives de l’Europe méditerranéenne (XIVe-XVIe siècles) (Paris, NGJ 9, Cerf-Patrimoines, sept. 2016)

« C’est un médecin qui soigne. C’est Dieu qui guérit », résume un verset biblique. Et selon le Talmud : “Qui sauve une vie, sauve l’humanité tout entière.”

De cet intérêt du Judaïsme pour la médecine témoignent les récits talmudiques ou la figure du rabbin et médecin Moïse Maïmonide ou Moses ben Maimon, dit Rambam (30 mars 1138-1204) à Cordoue, au XIIe siècle, ainsi que les Mélanges  d'histoire de la médecine hébraïque


Pratique médicale, rationalisme et relâchement religieux. Les élites lettrées juives de l’Europe méditerranéenne (XIVe-XVIe siècles) (Paris, NGJ 9, Cerf-Patrimoines, sept. 2016) "est issu du séminaire de l'équipe Nouvelle Gallia Judaica. Il contient neuf contributions présentées au cours de l'année universitaire 2011-2012. Il s'agit d'élites médicales dont on appréhende le rapport à l'Université chrétienne ; leurs collections de manuscrits touchant aussi bien la culture biblique et talmudique que la médecine ; leur rapport au crédit et à l'usure ; à la conversion lors de temps de crise majeurs, celui de 1391 qui a porté en germe la fin du judaïsme ibérique et a généré des apostasies célèbres de dirigeants religieux. En Varia, l'examen de deux contrats de mariage hébraïques (Provence, XVe siècle) s'ajoute à l'ensemble et étoffe un dossier déjà ouvert dans le n° 5 de la collection NGJ. Ces études contribueront à mieux appréhender sur l'espace méditerranéen et à la fin du Moyen Âge le comportement des médecins et lettrés juifs, leur rationalisme et leur propension au relâchement religieux".

Les médecins militaires allient le respect du serment d'Hippocrate à celui des devoirs de l'Armée. « L’esprit de dévouement, la modestie et l’efficacité » caractérisent les médecins militaires, selon Maurice Bazot, médecin général inspecteur (2S) et président de l’Association des Amis du Musée du Service de santé des armées (SSA).

Le « franco-judaïsme »

« La France a créé un Etat-nation, égalitaire, fort et centralisé qui a pris en charge ses citoyens vers la régénération, l’émancipation », (Pierre Birnbaum, professeur de sociologie politique à l’Université Paris I).

Par le processus méritocratique, cet Etat-nation a permis aux Juifs, devenus citoyens français en 1791, d’accéder rapidement aux plus hautes fonctions administratives.

Au début du XIXe siècle, les Juifs ont accès aux grandes écoles et aux grands corps de l’Etat. Ils occupent de hautes fonctions dans l’appareil d’Etat. C’est une nouvelle « sortie d’Egypte ».


Apparaissent des « Juifs d’Etat », distincts des « Juifs de cour » (Allemagne). Le « contrat républicain a deux faces : une noble et émancipatrice, et l’autre négative, complexe ».

Sous la IIIe République, avec la sécularisation de l’espace public, les élites catholiques fuient cet Etat, au bénéfice des juifs et des protestants.


On trouve des Juifs préfets, juges à la Cour de cassation, présidents de tribunaux, ministres, colonels. 

On recense plus de vingt-cinq généraux de 1870 à 1914 ; le premier est Léopold Sée (1822-1904) né dans une famille alsacienne. 

C’est l’époque bénie des épousailles entre les Juifs et l’Etat républicain. C’est l’épanouissement du franco-judaïsme. Les Juifs adorent l’Etat, et prient pour lui.

Théorisé par Maurras et Barrès, « l’antisémitisme politique moderne veut un Etat judenrein (sans Juif) et conduit au régime de Vichy ».

Expulsés alors de l’Etat, les Juifs, ces amoureux « fous de la République », éprouvent alors « désarroi et incompréhension ». 

Un nombre important de ces Juifs sont déportés lors de la Seconde Guerre mondiale : leur « visibilité en fait des boucs-émissaires de choix. C’est un moment symbolique » (Pierre Birnbaum).

Médecins Juifs militaires et soldats français
L’Armée française compte des médecins Juifs dès le début du XIXe siècle.


David Carcassonne (1789-1861) fait la campagne de Russie, puis devient conseiller municipal de Nîmes. Le sujet de sa thèse de docteur, soutenue en 1811 et publiée en 1815 ? Essai historique sur la médecine des Hébreux anciens et modernes.

Autre parcours : celui du Dr Moyse Jacob Cahen. Né en 1785 à Metz, ce chirurgien s’engage en 1800. Il reste dans l’Armée trente-six ans, trois mois et cinq jours. Il est l’auteur d’une Dissertation sur la circoncision envisagée sous les rapports religieux, hygiéniques et pathologiques (1816) qu'il dédie "à son père et à sa mère ainsi qu'à ses oncles, Samuel et Joseph Bing, grâce auxquels il a poursuivi ses études." Dans l'introduction, il écrit : "Cette dissertation se divisera donc naturellement en trois parties : dans la première, nous donnerons succinctement les preuves de l'origine et de l'antiquité (pour ancienneté) de la circoncision ; dans la seconde nous décrirons la manière dont elle se pratique chez les diverses nations qui l’ont adoptée, et en particulier dans la religion juive, à laquelle nous appartenons ; la troisième partie, qui est la plus importante, et celle à laquelle nous chercherons à donner les plus grands développements, nous la considérerons sous le double rapport de son utilité hygiénique et pathologique dans les contrées où elle prit naissance ". Le Dr Moyse Jacob Caen a présidé le Consistoire de Paris (1829-1840). Il s'est aussi dévoué au sein du Comité de bienfaisance israélite de Paris (1816-1840).

Autre figure éminente : celle du Dr Michel Lévy (1809-1872) qui fut un directeur de l’Ecole d’application du Service de santé des armées (SSA) créée en 1708. Un médecin et pédagogue si remarquable qu’une salle du Val-de-Grâce (Paris) porte son nom. Michel Lévy est l'auteur d'un Traité d'hygiène (1845) réédité, original et incontournable dans son accent mis sur la "contagion, l'infection et le rôle de la médecine sociale" ainsi que sa vision exhaustive de l'hygiène, privée et publique.

Parmi les électeurs au Consistoire israélite de Nancy en 1844, figurent le Dr Adolphe Coblentz, chirurgien-major au Génie, et le Dr Alexandre Mayer, né à Belfort, chirurgien à l'hôpital militaire, et âgés respectivement de 32 ans et de 30 ans.


Né dans une famille alsacienne, Louis Émile Javal (1839-1907) a pour condisciples et amis au lycée Bonaparte (aujourd'hui lycée Condorcet) à Paris, Sully Prudhomme et Sadi Carnot. Il étudie à l'École des mines de Paris (promotion 1860). Pour guérir sa sœur Sophie souffrant de strabisme, il devient médecin, ophtalmologue et devient un célèbre expert dans l'orthoptie, une rééducation des troubles visuels. Lors de la guerre de 1870, il est chirurgien-major de l'armée de Paris. Cet astigmate conçoit l'ophtalmomètre et l'iconoscope, et fonde en 1879 le laboratoire d'ophtalmoloscopie de la Sorbonne, qu'il dirige jusqu'en 1898. Sa méthode orthoptique consistant en exercices visuels guérit notamment sa sœur. A la demande d'une commission ministérielle, le Dr Louis Émile Javal étudie en 1884 la lecture d'un point de vue physiologique. En 1885, il est élu à l'Académie de médecine. Il est distingué comme officier de la Légion d'honneur. 

Cet auteur prolifique rédige des articles pour le quotidien réputé Le Temps. Très intéressé par la typographie et la graphologie, il se lie d'amitié avec Emile Zola. On lui demande d'expertiser l'écriture des documents réunis pour faire condamner le capitaine Dreyfus lors du deuxième procès en 1899. Polyglotte, fervent militant de l'esperanto, le Dr Louis Émile Javal mène une carrière de politicien : conseiller général et député (1885-1889) de l’Yonne. Fondateur en 1880 de la Ligue contre la dépopulation, il incite à la croissance démographique par la loi Javal, qui exonère de contributions directes les familles de sept enfants et plus. Son fils, Adolphe Javal (1873-1944), professeur de médecine et spécialiste de biochimie, est distingué en 1904 par le prix Desportes (thérapeutique médicale). Passionné d’agriculture, il écrit La Confession d’un agriculteur (1929). Il est l'un des "197", écrivains morts "pour la France" en 1939-1945 et dont les noms sont gravés au Panthéon. Une des petits enfants du Dr Louis Emile Javal est Louise Weiss (1893-1983), journaliste, agrégée, femme de lettres, politicienne et féministe française, militante pour que le droit de vote soit accordé aux femmes.

Citons aussi les docteurs Benjamin Rueff, auteur de Coup d'oeil médical sur la fondation du camp de Saïda (Algérie) publié en 1851, Isaïas Weill, dont les parents assurent le commerce de bétail, Henri-Victor Widal (1826-1894), médecin général, auteur  notamment de Conférences d'hygiène militaire (1881) et père du célèbre bactériologiste Dr Georges Fernand Widal (1862-1929) dont un hôpital parisien porte le nom, Jules Worms, médecin militaire dont le dévouement lors des guerres de Crimée (1853-1856) et de 1870 lui vaut d'être officier de la Légion d'Honneur au titre militaire, Léopold Halbronn, médecin aide-major au 7e chasseur à pied à Beauvais (Oise) adhérant à l’Alliance israélite universelle (AIU) dans la région du Nord en 1864-1865.

Quant à Moïse Aboulker (1843-1880), ayant bénéficié de la citoyenneté française par le senatus consulte de 1865, il est le « premier Israélite indigène » (1) à étudier en vue de devenir docteur en médecine après ses études en France métropolitaine. En 1871, il obtient son diplôme français de docteur en médecine. Il se distingue par son patriotisme et son dévouement lors du siège de Paris et de la Commune. Ce qui lui vaut les remerciements de Clémenceau, maire du Xe arrondissement où ce médecin a soigné des blessés. Dans la famille Aboulker, citons aussi  José Aboulker : ce brillant étudiant en médecine et résistant est un artisan majeur de la réussite du débarquement des Alliés à Alger, le 8 novembre 1942. 

Parmi les médecins militaires de la Grande Guerre : Georges Louis Ulmann (1889-1916), étudiant à la Faculté de Paris, médecin aide Major de 2e classe au 407 R.I..

Jeune Juif polonais, Eugène Minkowski (1885-1972) suit un cursus scolaire et universitaire à Varsovie, à Kazan, puis à Munich. Il complète sa formation en psychiatrie à Zurich. Amoureux de la France, il s’engage comme volontaire dans l'Armée française et ses hauts faits militaires lui valent la Croix de Guerre et la Légion d’Honneur.

Lors de ce premier conflit mondial, le Dr Gaston Nora, père de l'historien Pierre Nora, a courageusement sauvé un jeune soldat dénommé Xavier Vallat dans les tranchées et sous le feu allemand. 

Mobilisé en 1914 alors qu’il est chef de clinique à l’hôpital de la Salpêtrière (Paris), le Marseillais Joseph Lévy-Valensi  (1879-1943) est grièvement blessé en 1915 sur le champ de bataille « pendant l’évacuation de son ambulance. Il tombe en criant « Vive la France  ». Il garde des séquelles importantes de sa blessure. Joseph Lévy-Valensi  est distingué par la Légion d’Honneur à titre militaire et de la Croix de Guerre. Auteur d’un Précis de psychiatrie réédité (1926, 1939, 1948), ce professeur d’histoire de la médecine  à la Faculté de médecine de l’université de Paris est mobilisé en 1939. Ce brillant neuropsychiatre est fait prisonnier dans l’hôpital militaire où il sert, puis libéré. Exclu de l’enseignement le 19 décembre 1940 par le Statut des Juifs, il est réintégré par décret du 2 février 1942 et enseigne en zone libre. Il porte alors sur lui un papier signé du maréchal Pétain qui a écrit : « Messieurs les Allemands, cet homme est un grand Français, n'y touchez pas ». Ce médecin internationalement connu est arrêté le 5 septembre 1943 à Nice lors d’une rafle, interné à Drancy, il est assassiné à Auschwitz le 25 novembre 1943.

Entre les deux guerres mondiales, les Juifs sont accusés de ne pas avoir combattu. Des calculs morbides prouvent le contraire. Sur les 32 000 soldats Juifs mobilisés pendant la Première Guerre mondiale, 6 500 périssent…

Titulaire de la Croix de guerre en raison de son action lors de la Grande Guerre, le Dr André Cain sert comme médecin commandant dans un hôpital militaire lors de la Seconde Guerre mondiale.

Ancien commandant de Verdun, André Bloch est médecin-commandant à l’hôpital Dominique Larrey à Versailles, où il a pour collègue le Dr Gaston Nora, médecin-capitaine.

Sous l'Occupation, les discriminations antisémites contre les médecins Juifs édictées par le régime de Vichy sont appliquées avec sévérité par le Conseil de l'Ordre des médecins.


Jacques Ulmann est né en 1917 dans une famille d'artistes: son père est Louis-Félix Ulmann, artiste-peintre, et son grand-père maternel Emmanuel Hannaux (1855-1934) est sculpteur, ultime élève d'Auguste Dumont (1801-1884), membre de l'Institut de France dès 1838 et professeur à l'École des Beaux-arts de 1853 à son décès. Engagé au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, Jacques Ulmann est démobilisé à la fin des combats, près de Limoges. Victime du numerus clausus des statuts des Juifs édictés par le régime de Vichy, il ne peut prétendre à l'externat à Paris. Après un passage à l'hôpital Rothschild, il rejoint la zone libre, se fait enregistrer par la police sous le nom de Jacques-André Hannaux et étudie à la Faculté des Sciences de Lyon. Son épouse, Colette Ulmann, et lui sont des donateurs au musée du Louvre, notamment d'un dessin italien du XVIIe siècle.

Lors de cette Deuxième Guerre mondiale, citons un jeune médecin militaire Juif promis à un bel avenir : François Jacob (1920-2013), biologiste émérite de la "révolution moléculaire" à l'Institut Pasteur et membre de la célèbre Académie française depuis 1996. Fuyant la France après la capitulation en juin 1940, cet étudiant en médecine s'engage à Londres comme artilleur dans les Forces françaises livres, est "affecté au service de santé comme médecin auxiliaire". "Après avoir participé à l’expédition de Dakar et à la fin de la campagne du Gabon, il rejoint le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) et accède, en septembre 1942, au grade de médecin-chef de la 12e compagnie RTST. Il prend ensuite part aux campagnes de Fezzan (Libye), de Tripolitaine puis de Tunisie où, blessé au bras par un tir de mortier, il refusera d’être évacué de la ligne de feu tant que son remplaçant ne sera pas arrivé. Affecté au 13e bataillon médical de la 2e Division Blindée, il débarque à Utah Beach en août 1944 où il est gravement meurtri au bras et à la jambe en relevant des blessés. Il est alors évacué sur Paris et doit se faire soigner durant plusieurs mois à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. Le 10 novembre 1944, il est nommé médecin lieutenant à titre exceptionnel. Il est ensuite démobilisé le 15 septembre 1945", précise le ministère de la Défense. Et d'ajouter : "Son courage et son mérite sur les champs de bataille lui valent de nombreuses distinctions : Grand Croix de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945 et décoré de la Croix de Guerre 1939-1945 avec cinq citations. Une fois la guerre terminée, François Jacob termine ses études de médecine mais, désormais incapable de pratiquer la chirurgie à cause de ses blessures, il se tourne vers la recherche scientifique en biologie". En 2007, François Jacob est nommé chancelier de l’Ordre de la Libération. Le 24 avril 2013, a eu lieu la cérémonie aux Invalides en hommage à François Jacob, Prix Nobel de médecine avec André Lwoff et Jacques Monod (1965), et Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945. Les honneurs militaires lui ont été rendus en présence du Président de la République François Hollande.

Eugène Minkowski (1885-1972) contribue activement au sauvetage d'enfants Juifs. Son fils, Alexandre Minkowski (1915-2004), jeune interne des hôpitaux de Paris (1938), est engagé volontaire dans le 19e bataillon de chasseurs portés, puis entre dans la Résistance. Croix de guerre 1939-45, médaillé de la résistance, ce pédiatre a fondé la néonatalité en France.

A la Libération, le Dr Gaston Nora témoigne au procès, et en faveur de Xavier Vallat, cet ancien combattant devenu sous l'Occupation Commissaire aux questions juives.

Psychiatre freudien et marxiste, père de la psychanalyste Anne-Lise Stern, le Dr Henri Stern fuit l'Allemagne nazie en 1933 pour la France. Il y résiste notamment dans les maquis à Albi. "Nommé médecin aux Armées après la capitulation" du IIIe Reich en 1945, il se rend dans l'Allemagne vaincue, et visite des camps d'extermination. Il  rédige un rapport remarquable sur "le comportement des déportés face à leurs bourreaux" dans les camps d'extermination. Curieusement, Le Monde qui évoque ce médecin militaire ne qualifie pas de Juifs ces déportés. 


Médecin urgentiste engagé dans l'armée française, Élie Paul Cohen a relaté son parcours dans un livre publié en 2016. "À vingt ans, Élie, idéaliste, antimilitariste, ne vit que pour la musique. Trente ans plus tard, médecin urgentiste, il est recruté, suite à des hasards de la vie, par l’armée française et envoyé à Camp Bastion, la base militaire américano-britannique, dans la zone la plus meurtrière de l’Afghanistan. Sa mission ? Importer dans l’armée française les méthodes de pointe permettant de sauver les polytraumatisés de guerre. Il se retrouve impliqué dans une guerre actuelle asymétrique et sans front. Une guerre censée endiguer un terrorisme qui depuis s’est répandu en Afrique et au Moyen-Orient, pour nous rejoindre aujourd’hui dans les rues de Paris, de Bruxelles et d’ailleurs. L’étonnant destin d’Élie, raconté de manière enlevée et poignante, offre une plongée vertigineuse au cœur de cette nouvelle donne contemporaine qui bouleverse nos vies, les guerres sans front et le terrorisme. Un parcours hors du commun, palpitant et d’une grande humanité". "Médecin franco-britannique, Élie Paul Cohen a d’abord travaillé dans la musique avant d’exercer la médecine d’urgence et ostéopathie. Il travaille aujourd’hui au SAMU. Il est aussi compositeur de musique expérimentale avec, entre autres, l’INA-GRM (le groupe de recherche musicale fondé par Pierre Schaeffer) et il collabore à une recherche sur la transformation en son du signal de résonance magnétique de l’ADN et des protéines, avec le Pr Jacques Demongeot de l’université Joseph Fourier de Grenoble et le Pr Brian Sutton du King’s College à Londres". Dans "cette "guerre sans front", qu'il apprend les techniques de réanimation pré-hospitalière militaire, le "damage control resuscitation". Le principe: effectuer une transfusion sanguine massive des blessés, afin d'oxygéner les tissus. Elie Paul Cohen a grandement contribué à diffuser en France ces techniques, désormais utilisées auprès des victimes d'attentat". "En 2014, j'ai rencontré pendant la guerre contre le Hamas des médecins israéliens de l'avant. Il y a des échanges entre médecins. Les cycles de formation sur la prise en charge des blessés lourds étaient en cours au moment des attentats à Paris", a déclaré le Dr Élie Paul Cohen sur Radio J, le 20 septembre 2016. 

En Europe
Ces médecins militaires Juifs s’illustrèrent dans le reste de l'Europe.

Dans l'empire autrichien, le "service militaire est introduit en 1788 et les Juifs doivent y participer. Les officiers et les médecins militaires juifs ne sont pas toujours bien acceptés dans le milieu militaire car, jusqu'en 1867, ils en sont pas des citoyens à part entière... Après le compromis austro-hongrois de 1867 et la réforme militaire de 1868, la situation des juifs s'améliore dans l'armée austro-hongroise d'autant plus que François-Joseph éprouve de l'antipathie pour les mouvements antisémites. Quelques juifs accomplissent une carrière normale, deviennent généraux et sont même anoblis à titre militaire". (Daniel Tollet,Gerald Stieg, Antijudaïsme et antisémitisme en Autriche du XVIIe au XXe siècleUniversité de Rouen et du Havre, 2004)


"Dans l'armée, en 1911, il y avait un feld-maréchal, cinq généraux, 17 colonels, 15 lieutenants-colonels et 48 majors Juifs, et dans la Marine, il y avait entre autres un contre-amiral et deux capitaines de vaisseaux. De nombreux médecins militaires Juifs portaient également des grades élevés. En 1917, le nombre de généraux Juifs de la monarchie allait passer à 23", écrit Mieczysław Adamczyk dans L'éducation et les transformations de la société juive dans la monarchie des Habsbourg 1774 à 1914 (Champion, 1999).


"A partir de 1917, la censure est assouplie lorsqu'il s'agit d'articles antisémites et il devient habituel de voir traiter les juifs de "profiteurs de guerre", de voir accuser les médecins militaires juifs de réserver un traitement de faveur aux blessés juifs tandis qu'ils renverraient au front les blessés non juifs ("aryens"), etc.", relève Jacques Le Rider (À la recherche de l'austriacité, par Gilbert Ravy, Christine Mondon, Paul Pasteur, Christine Mondon, Jacques Le Rider. Publications de l'université de Rouen)

Au Danemark, l'un des plus célèbres est Ludwig Lewin Jacobson (1783-1843), biologiste émérite, auteur de livres médicaux, et chirurgien militaire lors de la seconde bataille de Copenhague (1807) dans le cadre des guerres anglaises opposant le Danemark et la Norvège soutenue par l’Angleterre. Autorisé par le Danemark en 1813 à entrer dans l’Armée française pour étudier le système médical français, il travaille en 1814 dans un hôpital de campagne près de Leipzig. Il est distingué en 1814, par un diplôme honoraire de docteur en médecine et chirurgie par l’université de Kiel, en 1833 par l’Académie des Sciences et en 1836 est élu membre honoraire de la Kongelige Medicinske Selskab (Société royale médicale) du Danemark. Il invente plusieurs appareils qui améliorent le métier de chirurgien : par exemple, un instrument pour arrêter l’hémorragie artérielle. Interdit à l’université de Copenhague en raison de sa judéité, il décline la proposition d’enseigner comme professeur car elle était conditionnée à sa conversion au christianisme et n’assiste pas à la première réunion des experts en sciences naturelles à Christiana (1822) car un édit interdisait alors aux Juifs de demeurer en Norvège.

Dans l'empire allemand, citons le Dr Elkan Mayer au XVIIIe siècle, et David Assur ou David Assing (1787-1842), médecin allemand aspirant à libérer l’Allemagne du joug napoléonien. Il a rejoint un régiment de cavalerie en tant que praticien. Il a été affecté dans les armées russe, puis prussienne. Il s’est converti au christianisme, et a écrit des poèmes lyriques.

« Personne ne pourra nous accuser, nous les Juifs, que nous nous sommes engagés comme des lâches dans ce dur combat… Notre Fédération de jeunesse a réussi à former ses adhérents pour devenir des hommes conscients de leurs devoirs vis-à-vis de leur Patrie », écrit le Dr. N., médecin-lieutenant, le 21 novembre 1914, devant Ypres, à la Fédération de la jeunesse israélite (Israelitischer Jugendbund) de Lörrach (Bade). (2)

Selon Michael Berger, « environ 100 000 soldats Juifs ont participé à la guerre, ce qui correspond au poids de la population juive ; environ 80 000 soldats Juifs sont montés au front ; environ 12.000 soldats juifs sont tombés ; environ 35 000 ont été décorés ; 23 000 ont fait l’objet de promotions, dont plus de 2 000 dans le rang des officiers, sans inclure les 1 100 officiers médecins et fonctionnaires militaires ». (3)

Né à Berlin (alors dans l'empire allemand), Friedrich (Frederick) Salomon Perls, connu sous le nom de Fritz Perls  (1893-1970) s’engage dans la Première Guerre mondiale. Devenu médecin, Fritz Perls assiste Kurt Goldstein qui travaille avec des soldats souffrant de lésions au cerveau. Après avoir rencontré brièvement Freud, il débute une analyse avec Wilhelm Reich. En 1933, avec son épouse Laura Perls et leur enfant, il fuit l’Allemagne nazie pour les Pays-Bas, puis en 1934 l’Afrique du Sud où Fritz Perls crée un Institut de formation à la psychanalyse. En 1942, il s’engage dans l’armée sud-africaine comme psychiatre militaire avec le rang de capitaine. Il est démobilisé en 1946, année où il s’installe à New York avec sa famille. Là, le couple crée l'Institute of Gestalt Therapy. En 1951, est publié Gestalt Therapy: Excitement and Growth in the Human Personality coécrit par Fritz Perls, Ralph Hefferline et Paul Goodman. « Gestalt » « désigne un arrangement, une configuration, une forme particulière d’organisation des parties constitutives d’un ensemble  » (Perls). La « Gestalt thérapie  » constitue une révolution dans les concepts et pratiques de la psychothérapie et privilégie  la conscience de la sensation, l’attention aux sentiments, au comportement dans un environnement actuel.

Des médecins nazis ont effectué de « prétendues recherches et expérimentations effectuées à des fins alléguées idéologiques, militaires et médicales  », en fait des mutilations et tortures souvent mortelles infligées à des déportés, notamment tziganes dans les camps de Dachau, d’Auschwitz. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’ensemble des experts ont conclu à l’absence d’honnêteté scientifique de ces « expériences ».


Né à Vienne, le Dr Leo Alexander (1905-1945) reçoit son diplôme de médecine de l’université de Vienne en 1929, et de psychiatrie à l’université de Francfort. En 1933, il émigre aux Etats-Unis où il enseigne notamment la neuropsychiatrie dans des facultés de médecine. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est major dans le Corps médical de l’armée américaine et enquêteur médical militaire auprès de Robert P. Patterson, Secrétaire d’Etat à la Guerre. Après guerre, il est nommé chef conseiller médical auprès de Telford Taylor, chef du Conseil pour les crimes de guerre et participe aux procès à Nuremberg en novembre 1946, notamment ceux de médecins nazis. Le Dr Leo Alexander a rédigé un rapport évaluant les « expériences » nazies menées à Dachau sur l’hypothermie, et une partie du Code de Nuremberg qui consigne des principes légaux, moraux et éthiques aux expériences scientifiques sur les êtres humains. Il a aussi contribué à Doctors of Infamy: The Story Of The Nazi Medical Crimes (1946). Il a aussi soigné 40 Polonais devenus handicapés à la suite d’injections d’une bactérie de gangrène gazeuse par le Dr  Josef Mengele dans un camp de concentration.

En 1943, le Dr Leon Goldensohn  (1911-1961), psychiatre de Newark (New Jersey), s’engage dans l’armée de terre américaine. Il sert dans la 63e division de l’armée américaine en France et en Allemagne. Psychiatre avec grade de commandant, il est muté au 121e Hôpital général de Nuremberg, puis le 3 janvier 1946, le 685e Internal Security Detachment (ISD). Il fait partie de l’équipe de psychiatres chargés de veiller, avant et pendant les procès de Nuremberg, sur la santé mentale de 21 Nazis poursuivis pour leurs actions dans le génocide des Juifs ou pour avoir été témoins de crimes de guerre. Pendant six mois, le Dr Leon Goldensohn mène des interviews quasi-quotidiens et longs en particulier de Rudolf Höss, commandant du camp d’Auschwitz, d’Hermann Goering, commandant de l’armée aérienne allemande, de Joachim von Ribbentrop (1941-1943), ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich, et de Julius Streicher, rédacteur en chef du journal antisémite Der Sturmer. Il consigne ses questions et leurs réponses, et les interroge notamment sur leurs carrières dans le parti nazi et le traitement subi par les Juifs. Sa mission s’achève le 26 juillet 1946, à la fin des auditions de la défense.
 
En Italie, Cesare Lombroso (1835-1909) a été chirurgien militaire lors de la guerre ou campagne d’Italie (1859) au cours de laquelle l’armée franco-piémontaise luttait contre celle de l’empire d’Autriche, professeur de médecine légale, et célèbre chercheur de l’école italienne de criminologie.
Ces médecins militaires Juifs se distinguèrent aussi dans l'empire austro-hongrois, et en Hongrie : le Dr. József Heksch (1853-1921) a été colonel dans l'armée nationale.


Né en Moravie alors dans l’empire austro-hongrois (actuellement en Tchéquie), Leo Eitinger  (1912-1996) obtient le diplôme de médecin en 1937 et effectue son service militaire comme officier dans l’Armée de l’air tchécoslovaque. En 1939, il fuit les persécutions nazies antisémites et se réfugie en Norvège grâce à Nansenhjelpen, organisation humanitaire d’aide aux réfugiés Juifs en Norvège. Là, il aide à l’installation d’enfants juifs tchécoslovaques dans un orphelinat Juif à Oslo. Il est autorisé à exercer la psychiatrie à Bodø, mais les nazis abrogent cette autorisation après leur invasion en 1940. Il se réfugie dans la clandestinité de janvier 1941 à mars 1942, date de son arrestation. Il est déporté en 1943 aux camps d’Auschwitz – il est affecté à l’hôpital -, puis de Buchenwald. De retour en Norvège, il se spécialise en psychiatrie, enseigne à l’université d’Oslo. Il devient célèbre internationalement par ses études de la souffrance humaine en portant une attention particulière à la psychiatrie clinique, en particulier à la victimologie, aux effets de l’agression sur la victime  et aux troubles de stress post-traumatique. Il a étudié les traumatismes psychologiques chez les survivants de la Shoah.


En Pologne : le père du Dr David Rosenthal (1808-1889) et Philipp Lubelski (1788-1879). Lors de la Première Guerre mondiale, Janusz Korczak  (1878-1942) est mobilisé dans l’armée russe qui l’affecte comme médecin au front, et en 1919, l’armée de la Pologne indépendante le mobilise....

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en Yougoslavie, les médecins Juifs, tel le Croate Dr Stjepan Steiner (1915-2006), médecin personnel (1943-1947) de Tito et combattant aux côtés des Partisans lors d'offensives allemandes, comptent dans leurs rangs des femmes, en particulier la Dr Zora Goldschmidt-Steiner, éminente chirurgienne, et la Dr Rosa Papo. Ils "ont joué un rôle important dans l’établissement de services médicaux pour les Partisans et l’infrastructure logistique de l’Armée des Partisans », etc. En 1976, à sa retraite, le Dr Stjepan Steiner, devenu un cardiologue de renommée internationale, est major général des Corps médicaux. 

En Finlande, le Dr et major Leo Skurnik (1907-1976) « a organisé l’évacuation d’un hôpital militaire de campagne allemand et sauvé la vie de plus de 600 officiers et soldats allemands » et fut distingué par la Croix de fer qu'il refusa. Fidèle au serment d'Hippocrate, il a soigné sans  discrimination, les blessés, finlandais ou allemands.

De l'empire russe à l'URSS
 Dans l'empire russe, le Dr Benjamin Osipovich Portugalov (1835-1896), chirurgien militaire, subit les discriminations antisémites. Auteur d'articles sur l'hygiène et l'alcoolisme, il est l'un des premiers médecins russes à prôner la médecine sociale. Il était "opposé à la circoncision et à l'abattage rituel".

A la fin du XIXe siècle, l'armée russe tsariste a sciemment "réduit le nombre de médecins Juifs" dans ses rangs, et les a discriminés. Lors de la guerre russo-japonaise (1904-1905), « 26 des 30 médecins militaires mobilisés à Kiev étaient Juifs. A Odessa, les Juifs ont fourni 21 médecins sur 30 ».

Dentiste, Joseph Trumpeldor (1880-1920) s'engage dans l'armée russe en 1902. Blessé lors du siège de Port-Arthur lors de la guerre russo-japonaise (1904-1905), il perd son bras gauche. Officier de réserve de l'armée russe, il étudie le droit et s'installe en Eretz Israël en 1912. Avec Jabotinsky, il contribue à créer la "Légion juive".

Né en Lettonie (alors dans l’empire russe), Miron Vovsi (1897-1960) est le cousin de Solomon Mikhoels (1890-1948), directeur et acteur du Théâtre Juif Yiddish de Moscou, président du Comité antifasciste Juif et assassiné sur ordre du pouvoir communiste. Général et médecin-chef de l'Armée rouge, Miron Vovsi a été le médecin personnel de Staline (1878-1953), qui a dirigé en dictateur l’Union soviétique de 1929 à son décès, le 5 mars 1953. En janvier 1953, Miron Vovsi est arrêté dans le cadre du « complot des blouses blanches », machination ourdie par le régime stalinien accusant faussement neuf médecins, dont six Juifs, d’avoir tué deux responsables de l’Union soviétique et de projeter d’en tuer d’autres. Comme son gendre, le compositeur  Mieczyslaw Weinberg  (1919-1996), il est libéré par Beria après la mort de Staline.

Dans l'empire ottoman
Émerge la figure exceptionnelle du Dr Elias Cohen (ou Elias Pasha), premier Juif à être nommé général et médecin personnel du pacha.

Né en 1844, Elias Cohen est inscrit à l’école fondée à Constantinople par la famille Camondo. Diplômé de l’Ecole impériale de médecine en 1867, il complète sa formation à Berlin et à Vienne. Il est attaché à l’hôpital central naval, professeur à l'Ecole militaire à Haïdar-Pasha, chirurgien-chef et ophtalmologiste au quartier-général du 3e corps d’armée ottomane.

En 1885, il intervient auprès du Pacha en faveur de Juifs de Kadikeuy, quartier densément peuplé de Constantinople, faussement accusés par des chrétiens orthodoxes et Arméniens de crime rituel. (blood libel) 

En 1888, il est nommé professeur de dermatologie à la Faculté de médecine de Constantinople.


En Iraq
Le Sephardi Bulletin (septembre/octobre 2000), relayé par le blog Jewishrefugees,  relate  histoire d'Eliyahu S. 

Lors de la guerre entre l'Iran et l'Iraq (1980-1988), Eliyahu S., jeune dentiste irakien Juif, a servi dans un hôpital militaire iraquien de campagne dans des conditions difficiles : hygiène insuffisante, blessures graves au visage et à la mâchoire, hostilité des infirmières, etc. Il s'était engagé dans l'unité chirurgicale de l'hôpital militaire Rashid. Après s'être méfiés de lui, ses supérieurs lui ont accordé leur confiance et lui ont donné les moyens de sa mission. Mais, après deux ans, les autorités irakiennes ont décidé d'exempter les Irakiens Juifs de l'Armée. Eliyahu S. a donc du cesser sa fonction. 


Alors qu'il avait obtenu une bourse pour se perfectionner en Grande-Bretagne, la  première guerre du Golfe liée à l'invasion du Koweït par l'Iraq (1990-1991) a éclaté. Eliyahu S. a été muté à l'hôpital de Basra, puis  dans une unité à 50 km de la ligne de front visée par des bombardements américains et britanniques réguliers. L'officier qui l'a accueilli s'est alors exclamé : "Nous combattons Israël, et on m'envoie un Juif ?" Vêtu de son vieil uniforme militaire, sans casque, Eliyahu S. a affronté les pénuries en électricité, etc. pour soigner des soldats blessés et affamés. Il aurait pu fuir avec un collègue sunnite, mais a refusé de fuir par crainte des représailles terribles qui auraient frappé sa famille. Ensanglanté, il a été déclaré mort par un médecin après qu'une bombe a touché l'ambulance où il se trouvait. Alors qu'il allait être enterré, les soldats ont remarqué que ses orteils bougeaient, et mirent fin à son enterrement. Après  deux heures d'inconscience et une semaine d'amnésie, il constate qu'il n'a aucune fracture, et quitte l'hôpital. Il survit et parvient au terme d'un périple dangereux à rejoindre Bagdad. 


Quand cette guerre s'est achevée, un autre conflit a surgi : celui opposant la majorité chiite au régime de Saddam Hussein... 


En septembre 1991,  Eliyahu S. a quitté l'Iraq, et vit en Grande-Bretagne.

En Chine révolutionnaire
Né en 1902 à Lemberg (Lvov, Ukraine), étudiant en médecine à Vienne (Autriche), déporté à Dachau puis à Buchenwald, libéré en 1939, Juif réfugié, Jakob Rosenfeld (1902-1952) arrive à Shanghai en 1939. Cet urologue-gynécologue rejoint en 1941 la 4e armée de Mao Zedong (1893-1976). Ce médecin militaire a atteint le grade de général, et est surnommé le "général Luo" ou « Boudda sauveur ».

Opérations délicates sur le front, actions visant à améliorer l’hygiène, formation de médecins chinois à la médecine moderne, constituent son quotidien. Jakob Rosenfeld est nommé "ministre de la Santé du gouvernement des troupes combattantes en 1947" (Gerd Kaminski).

Ne retrouvant plus sa place à Vienne, interdit en Chine, ce médecin fait son aliyah en 1950. Le musée Juif de Vienne lui a rendu hommage en 2006-2007 par l'exposition Jakob Rosenfeld. Ein jüdischer General in Maos Armee.


Le 1er septembre 2016, le musée des réfugiés juifs à Shanghai (Chine) a dévoilé une statue de Jacob Rosenfeld (1903-1952). La cérémonie a aussi rendu hommage à Ho Feng-Shan, consul-général de Chine à Vienne (Autriche) qui a délivré des centaines, peut-être des milliers de visas chinois à des Juifs souhaitant fuir le nazisme.

Aux Etats-Unis
En Amérique, ces médecins militaires Juifs se dévouèrent dans la guerre contre l'empire britannique (1812), tel le Dr Jacob de La Motta (1789-1845), chirurgien qui a contribué à la construction d'une synagogue à Savannah et est remarqué par William Harrisson, qui devenu président des Etats-Unis le nomme receveur général de son district. Un Juif séfarade du Nouveau monde…

Le documentaire Jewish Soldiers in Blue and Gray de Jonathan Gruber (2011) évoque la division entre les Juifs américains lors de guerre de Sécession (1861-1865), et notamment la figure du médecin Juif du président Lincoln, le pédicure/podologue Isachar Zacharie, qui a espionné le Sud pour le compte de l'Union. Lors de cette guerre civile, des médecins américains Juifs choisirent leur camp : nordiste  (Etats-Unis ou "Union") et sudiste ("Confédération"), comme le Dr Simon Baruch (1840-1921), chirurgien général de la Confédérationauteur d’un rapport sur la vaccination qui induit la première action législative sur le sujet en Caroline du Sud et de livres sur la chirurgie militaire (Les blessures par baillonnettes), les maladies infantiles, la malaria, pionnier dans la chirurgie de l’appendicite et l’hydrothérapie, etc.


Le Dr Albert Bruce Sabin (1906-1993), lieutenant-colonel de l’armée américaine, est un pionnier légendaire : à l’armée, au Bureau d’enquête sur les maladies épidémiques, il a développé un vaccin contre l’encéphalite japonaise ; « on estime qu’en 21 ans, son vaccin oral contre la polio, découvert dans les années 1950 lors de recherches universitaires, a prévenu cinq millions de cas de polio paralytique et 500 000 morts ». De 1969 à 1972, cet éminent chercheur a vécu en Israël où il a présidé l'Institut scientifique Weizmann à Rehovot. 

Des médecins militaires américains Juifs qui ont servi aussi en Iraq,  tel le Dr Josh Lipschutz qui y arrive en 2004...


Aux Etats-Unis, "le 30 mars est le National Doctors Day (Journée nationale des docteurs), un jour établi en 1933, affirmé par une résolution de la Chambre des Représentants en 1958, et édicté par la législation fédérale en 1990. Les Américains observent cette Journée en envoyant des cartes de vœux aux docteurs, en déposant des œillets rouges sur les tombes de praticiens décédés. Les Juifs, qui représentent environ 2,5% de la population américaine, composent 60% des candidats aux écoles de médecine en 1934, et seulement 9% en 1988. En 2015, environ 14% des médecins américains sont Juifs". 

En Eretz Israel
Parmi les médecins militaires Juifs israéliens, citons le Dr Aaron Valero (1913-2000) - né dans une famille Juive hiérosolymitaine depuis des siècles (branche maternelle installée à Jérusalem depuis le XVe siècle), il s’engagea lors de la Seconde Guerre mondiale dans l’armée britannique, puis dans les rangs israéliens lors de la Guerre d’indépendance sur le front Nord.

Créé en 1947 dans la Haganah, le Corps Médical est "responsable de la formation de tous les membres du personnel médical de Tsahal, allant de l’infirmier militaire de compagnie, aux officiers médicaux à l’échelle du bataillon, de la brigade et de la division". “Dans la doctrine du Corps Médical, il est écrit clairement qu’il faut tendre la main à tout blessé et à tout malade, ennemi ou non.”

Avant et pendant la guerre d'Indépendance, les médecins, dont le Dr Haim Yassky, et les infirmières de l’hôpital Hadassah du mont Scopus ont joué un rôle majeur et ont payé un lourd tribut en exerçant leurs missions périlleuses. Le 13 avril 1948, "77 membres de la faculté et du personnel de l’université" hébraïque de Jérusalem et de cet hôpital "sont tués lors de l’attaque d’un convoi" médical - médecins, infirmières, blessés - par des terroristes arabes.

Né à Galati (Roumanie), le soldat Leon (Nello) Solomonovitch a servi comme auxiliaire médical lors de la Guerre d’Indépendance (1948-1949). Tué lors de la bataille pour Ashdod visant à contenir l’offensive de l’armée égyptienne. Comme son nom manquait dans le rapport militaire, il avait été enterré dans une fosse commune. et porté disparu. En mai 2013, des archivistes de Tsahal ont pu déterminer les circonstances liées à son décès. En juin 2013, Solomonovitch a été enterré dans une tombe portant son nom.

Cas délicat : celui de Marcus Klingberg. Né dans une famille Juive polonaise très pieuse, Marcus Klingberg fuit sur l'injonction paternelle, Varsovie occupée par les Nazis, pour l'Union soviétique stalinienne. Âgé de 21 ans, cet étudiant en médecine s'engage dans l'Armée rouge. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il revient en Pologne, s'y marie, et, après un passage en Suède, ce médecin se fixe en Israël lors de la guerre d'Indépendance. En 1949, il obtient le grade de colonel. "Il a toujours ce grade d’ailleurs, ainsi que sa retraite d’officier", a déclaré Ian Brossat au Journal du Dimanche, en 2014. Il progresse au sein de Tsahal : chef de médecine préventive au commandement des services de santé de l'armée (1950). direction de l'Institut de médecine militaire (1953). Puis, ce "directeur scientifique adjoint de l'Institut de recherche biologique Nes Ziona, institut ultra-secret, situé près de Tel Aviv, soupçonné d’avoir été utilisé par Israël pour fabriquer des armes chimiques et bactériologiques. L'Etat hébreu a signé en janvier 1993 le traité qui interdit les armes chimiques mais ne l'a jamais ratifié. Selon Le Nouvel Obs, daté du 6 janvier 1994, "au moins 43 types d'armements non conventionnels, des virus aux toxines de champignons en passant par les bactéries et les poisons de synthèse" y seraient confectionnés. Pendant 30 ans, Marcus Klingberg transmet de nombreux documents classés secret-défense à l'Union soviétique. L'espion utilise les congrès scientifiques auxquels il participe à l'étranger pour communiquer ses dossiers à son agent traitant". Soupçonné par le Shin Bet dès 1965, cet espion est arrêté en 1983, condamné à environ 20 ans de prison. Lors de sa détention, il rencontre Mordechai Vanunu, qui avait rendu publics des informations sur la centrale de Dimona. En 1998, Marcus Klingberg bénéficie d'une libération anticipée en raisons de problèmes de santé. Il est assigné à résidence. En 2003, Israël l'autorise à quitter le territoire national. Marcus Klingberg rejoint sa fille et son petit-fils, Ian Brossat, adjoint communiste de la Maire de Paris des questions relatives au logement et à l'hébergement d'urgence, dans la capitale française où il vit à ce jour. 

La Branche médicale de l’Armée israélienne a pour mission d’offrir un traitement médical rapide et professionnel tout en évacuant les blessés en un temps record vers différents hôpitaux. Contrairement aux autres corps de Tsahal, elle est toujours dirigée par un médecin aguerri possédant une vaste expérience pratique dans des hôpitaux israéliens et du reste du monde. Ses priorités sont établies en fonction de l’urgence de la blessure », quelle que soit l’origine du patient.

« Les soldats de l’Armée israélienne respectent le serment d’Hippocrate et sont tenus de soigner aussi bien les soldats que les Palestiniens », a déclaré le sergent Shlezinger, un des instructeurs de la Branche médicale des FDI.

« Nous traitons les soldats, les Palestiniens et même les terroristes selon les mêmes exigences médicales. J’exerce la médecine depuis 12 ans, et je n’ai jamais été le témoin d’incident au cours duquel un patient a reçu moins d’attention qu’un Israélien », a souligné le Commandant et médecin Hamzi Ghanem, chef d’une compagnie de la Branche médicale de Tsahal.

Selon le chef du Corps médical de Tsahal, « la coopération entre sa branche et le Commandement du Front intérieur est essentielle. Elle permet d’améliorer les méthodes d’évacuation des blessés et de les répartir dans différents hôpitaux ».

En 2011, Tsahal a annoncé que cette Branche médicale sera prochainement dotée de « nouveaux moyens issus de l’innovation technologique » destinés à « améliorer les soins d’urgence et l’évacuation des blessés sur le champ de bataille, Israéliens comme Palestiniens ». Le Docteur Nachman, général de Brigade et Médecin en chef de la Branche médicale, a évoqué « les innovations technologiques bientôt effectives sur le champ de bataille :  bandage homéostatique qui permet d’arrêter rapidement le saignement, un hélicoptère médical sans pilote afin d’évacuer efficacement les blessés sans mettre en danger la vie d’un pilote ».

L’Unité 699, unité de recherche et de sauvetage aérienne de l’armée israélienne, a "pour mission de venir en aide à tous ceux qui en ont besoin – que ce soit sur terre ou sur mer. L’unité évacue les blessés vers les hôpitaux et effectue également des recherches minutieuses depuis les airs et sur le terrain pour retrouver les personnes portées disparues".

L’Unité de recherche et de sauvetage de Tsahal participe à des missions en Israël et à l’étranger. Lors des 26 dernières années, Tsahal « a envoyé 14 délégations humanitaires à travers le monde dans des endroits qui venaient d’être frappés par des catastrophes naturelles. La plupart de ces délégations étaient composées de réservistes de cette Unité et de médecins de Tsahal qui ont mis en place des hôpitaux de campagne dès leur arrivée sur les lieux du drame  ». Ces délégations médicales laissent tout le matériel et l’équipement médicaux apportés pour aider les autorités dans la région sinistrée. Au total, au 24 décembre 2012, ce « personnel médical israélien a sauvé la vie de 417 personnes, a porté secours à plus de 3700 blessés et a assisté la naissance de 47 bébés ».

Citons parmi ces opérations humanitaires de Tsahal dans le monde :
  

- l’Opération Salomon/Moïse rapatriant en 1985 des Juifs d’Ethiopie - un bébé est né lors d’un vol Addis-Adeba-Tel Aviv - ;
- les secours médicaux aux victimes du séisme en Arménie le 7 décembre 1988 ;
- le sauvetage des victimes de l’attentat à la bombe d’un centre communautaire Juif à Buenos Aires le 18 juillet 1994 ;
- l’aide médicale dès le 23 juillet 1994 soignant les réfugiés, réunis près de la ville de Gouma au Zaïre, dans un hôpital de campagne après le génocide commis à l’égard des Tutsis et de Hutus modérés au Rwanda ;
- lors du tremblement de terre au nord-est de la Turquie (1999) ;
- Le secours apporté aux victimes de l’attentat à la voiture piégée à l’hôtel China Hilton en octobre 2004 ;
- l’arrivée d’une délégation israélienne après l’effondrement d’un immeuble à Nairobi (Kenya) en janvier 2006 ;
- l’envoi d’une délégation après les inondations et les écoulements de boue en Colombie en décembre 2010 . La totalité de l’équipement, composé de 20 tonnes d’aliments secs, 5000 kits médicaux, 2000 couvertures, 1000 ponchos, 1000 matelas et 100 tentes, fut réunie en l’espace de 2 jours ;
- lors de son intervention après le tremblement de terre en Haïti (2010), la délégation traita 1 111 patients, effectua 317 interventions chirurgicales avec succès et participa à 16 naissances ;
- l’intervention  après le séisme au Japon le 11 mars 2011, « au large des côtes nord-est de l’île de Honshu. Son épicentre se situait à 130 km à l’est de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi. Le séisme engendra un tsunami qui ravagea partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires ». La délégation humanitaire de Tsahal est arrivée au Japon le 27 mars 2011, puis est allée à la préfecture de Miyagi, où les dégâts humains et matériels étaient importants. La délégation a mis en place un centre professionnel similaire à un véritable hôpital prêt à fonctionner pendant un mois » ;
- une délégation israélienne équipée de 100 tonnes de matériel médical et humanitaire destinées à fournir un centre médical multi-services de pointe à installer dans la ville de Tacloban est partie le 10 novembre 2013 pour les Philippines dont le centre a été dévasté par le passage du typhon Haiyan  qui a ravagé le centre des Philippines le 8 novembre 2013 et causé la mort de 4 460 personnes. Le 13 novembre 2013, une délégation  de 147 membres est arrivée par deux avions aux Philippines pour œuvrer à Bogo, dans la province septentrionale de Cebu. Le 15 novembre 2013, un bébé, né dans l’hôpital de campagne de Tsahal  à Bogo, a été prénommé Israël par ses parents reconnaissants. Le  vice-président des Philippines a déclaré : « J’aimerais remercier Israël qui est là pour nous apporter son aide ».

Le 13 novembre 2013, une délégation composée de 148 membres est partie afin de « fournir de l’aide en matière de recherche, de sauvetage et d’apporter les services médicaux nécessaires dans la capitale de Leyte Province, la ville de Tacloban touchée par le Typhon… La délégation comprend des représentants de l’Unité de sauvetage du Commandement du Front intérieur dirigée par le commandant de l’unité, le colonel Ramtin Sabti, ainsi que des médecins haut placés du Corps médical de Tsahal, dirigé par le vice-médecin général, le docteur colonel Dudu Dagan ». Une deuxième délégation médicale est arrivée le 14 novembre 2013.

La délégation humanitaire de Tsahal  comprenait 148 soldats du Corps médical et du Homefront Command sous la direction du Col. Ramtin Sabati, qui commande la National Rescue Unit.

« Composée à la fois de professionnels de la santé, de chercheurs et d’experts en sauvetage servant dans le Commandement du Front intérieur, elle s’est concentrée sur l’apport de traitements médicaux aux victimes du typhon et sur la réparation des infrastructures endommagées comme des écoles ou des installations d’eau ».

Le colonel Dr. David Dagan, chef de l’hôpital de campagne de Tsahal, a déclaré : « Les experts que nous avons envoyés étaient les meilleurs en Israël dans leur domaine. Les médecins, les infirmières et le personnel médical ont quitté leurs maisons, leurs familles et ont laissé leur travail immédiatement après avoir appris que leur aide était nécessaire, motivés par la compassion et guidés par les valeurs de dignité humaine et d’amitié ».


« 2 686 patients, parmi eux 848 enfants, ont été soignés par les médecins de l’hôpital de campagne de Tsahal. Aux blessés du typhon s’ajoutent les soins apportés aux nécessiteux, comme aux personnes souffrant de maladies chroniques. 60 opérations chirurgicales ont été effectuées incluant des ablations de tumeurs cancéreuses et des opérations des yeux. Le gynécologue de Tsahal a assisté environ 36 naissances ».

Une « partie du matériel médical et de sauvetage de Tsahal restera aux Philippines pour être utilisée par la délégation allemande et autrichienne. Ce matériel est constitué de 8 tentes, de groupes électrogènes, de divers médicaments et d’une appareil de radiologie ».
« La délégation a travaillé pour établir une infrastructure qui permettra d’approvisionner la population locale en eau et en denrées alimentaires. Les installations d’eau ont été construites dans les zones montagneuses à proximité des caravanes. Par ailleurs, des conteneurs d’eau et de riz ont été distribués. La délégation s’est également chargée de construire des infrastructures permettant l’arrivée d’eau dans les écoles ».

Des « soldats et des officiers du Commandement du Front intérieur ont travaillé sur la réhabilitation des écoles endommagées par la tempête. Quatre écoles différentes ont été reconstruites et ont pu accueillir les enfants pour leurs premiers jours de classe depuis la catastrophe du typhon.

De plus, les psychologues de Tsahal ont conseillé les enseignants locaux afin de leur donner les outils pour aider les enfants à retrouver une vie normale ».


Lors d’une cérémonie à Bogo pour la réouverture de l’école reconstruite après avoir été endommagée par le typhon, le colonel Dr. David Dagan a loué l’équipe médicale. Le colonel Yoram Laredo, commandant adjoint de la délégation humanitaire de Tsahal, a déclaré : « Nos soldats ont travaillé sans relâche pour remplacer les plafonds, construire des murs et pour que l’école principale de Bogo redevienne la maison des enfants de la ville ». Le col. Dr. Eyal Proctor, chef du département clinique de Tsahal, a dirigé des séminaires suivis par plus de 120 directeurs d’écoles et éminents professionnels de l’éducation, afin de leur enseigner à traiter les suites d’une catastrophe naturelle et à ramener les étudiants vers leur vie quotidienne.

L’avion de la délégation humanitaire israélienne de Tsahal a atterri en Israël le 27 novembre 2013 avec à son bord la délégation des FDI (Forces de défense israéliennes) et deux enfants philippins qui recevront des soins médicaux à l’hôpital Schneider. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Moshe Ya'alon, le vice-ministre de la Défense Danny Danon et le chef d'état-major Lt. Gen. Benny Gantz ont salué la délégation lors d'une cérémonie à l'aéroport international Ben-Gurion, qui a pris fin avec l'allumage de la première bougie de Hanoucca.

Tsahal au Népal
Le 25 avril 2015, un séisme d'une magnitude de 7,8 sur sur l’échelle de Richter a frappé Katmandou, capitale du Népal. Le 27 avril 2015, "un avion transportant une délégation d’aide humanitaire israélienne, avec 80 personnes à son bord, a décollé pour le Népal. Cette délégation sera bientôt rejointe par un deuxième avion transportant 170 membres du personnel militaire et une cargaison d’aide humanitaire".

“Notre mission a trois objectifs : mener des opérations de recherche et de sauvetage, ouvrir un hôpital de campagne dans les 12 heures qui suivront notre arrivée, et bien sûr apporter toute l’aide possible aux Népalais”, a expliqué le colonel Yoram Larado, chef de la délégation humanitaire au Népal.

La "première équipe doit arriver au Népal tard dans la nuit du 27 avril 2015. Elle rejoindra immédiatement les autres délégations étrangères, également présentes pour participer à l’effort humanitaire après le tremblement de terre le plus violent qu’ait connu le Népal depuis 80 ans :
◾Le nombre de morts causé par le tremblement de terre s’élève déjà à plus de 3000 personnes.
◾Les hôpitaux locaux ne sont pas adaptés pour traiter plus de 6500 blessés.
◾Une réplique de magnitude 6.7 sur l’échelle de Richter a frappé hier (26/04/2015).
◾Des centaines de milliers de personnes provenant de Katmandou ont dû être déplacées.
◾150 touristes israéliens sont portés disparus, n’ayant toujours pas donné signe de vie".

Pendant les deux semaines suivantes, les "équipes de recherche et sauvetage seront déployées près de Katmandou. L’objectif est de localiser les survivants piégés sous les ruines des bâtiments effondrés. Un hôpital de campagne sera également installé afin de pourvoir la population locale en soins médicaux.

Parmi les médecins de Tsahal : le Dr. Avi Yitzchak, Israélien Juif falashmura arrivé d'Ethiopie en Israël par l'opération Salomon (mai-juin 1991). Grâce à une bourse du Keren Hayessod, il a pu mener des études de médecine. Premier médecin falashmura en Israël, il a fait son internat à l'hôpital Soroka à Be'er Sheva. Ce lieutenant-colonel chirurgien a aussi participé à l'effort d'Israël à Haïti.

Au 8 mai 2015, treizième jour d'action au Népal, l’hôpital de campagne de Tsahal "a soigné 1427 patients en 13 jours. Il y a eu 90 interventions chirurgicales vitales, et 8 bébés sont nés. Les ingénieurs de Tsahal ont évalué la stabilité de 295 immeubles endommagés par le séisme. Les psychologues de Tsahal ont tenu un séminaire destiné à aider les éducateurs népalais à gérer le retour à la normal pour la population après le sinistre qui a frappé le pays".

Ajoutons le rôle de la Maguen David Adom et de Sauveteurs sans frontières (SSF) auprès des victimes de ces catastrophes naturelles notamment aux Philippines.

Au printemps 2013, les équipes médicales de la Division de la Galilée ont effectué des exercices « mettant en scène des scénarios d’accidents avec des blessés graves à l’aide de mannequins en plastique « intelligents »  afin « d’améliorer sa préparation pour les urgences médicales en temps de combat. Chaque exercice a été filmé afin que les équipes puissent réviser leur travail tout en recevant les commentaires des officiers supérieurs  ». Selon le lieutenant Hadar Gaz, médecin du bataillon du génie de combat ayant participé à l’exercice, ces mannequins « simulent avec précision les saignements, les réponses de la victime et la respiration », et sont « ce qui a de plus proche d’une véritable victime ». 

Le 25 juillet 2013 a eu lieu le 3e Grand Tournoi des médecins de Tsahal. « Quarante unités de l'armée réparties en 40 équipes médicales participaient donc à cette grande compétition : 300 participants : médecins, infirmiers ou encore aides soignant. Pour la première fois cette année, des dentistes et des psychologues sont aussi participants. Les épreuves ciblent » les spécialités de chaque groupe médical. Transport en courant d’un brancard portant un faux patient, perfusion le plus vite possible, diagnostic et soins médicaux adéquats le plus rapidement possible et dans un environnement rappelant celui d’un conflit, parcours du combattant pour atteindre un blessé, édification d’une « station de collecte régimentaire », quizz… La Marine israélienne a remporté ces épreuves.


Le 18 février 2014, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est rendu dans l'hôpital militaire israélien de campagne installé depuis un an dans les hauteurs du Golan et soignant des blessés syriens victimes des combats en Syrie. Tout a débuté le 16 février 2013, quand sept blessés venus de Syrie ont sollicité de l’aide. "Il est apparu évident aux soldats de Tsahal présents à la frontière qu’il était impératif de les aider". Marié et père de trois enfants, le colonel Tariff Bader est responsable de cet hôpital de campagne à la frontière syrienne. Druze et originaire du Golan, il sert dans Tsahal depuis 1993, "après avoir terminé ses études de médecine et a grimpé les échelons jusqu’à devenir officier de médecine du Commandement du Nord". Il raconte : “Ils sont arrivés un jour de Shabbat et ont été pris en charge par les mêmes personnes qui traitent les soldats dans la région du Golan”. "Réaction normale de la part de ses soldats selon lui. L’infrastructure comprend des services de chirurgie, d’orthopédie ou encore de radiologie et des infirmières et aides-soignants viennent prêter main forte aux médecins soldats qui se trouvent à la frontière. Israël a déjà pris soin de près de 700 blessés syriens et environ 350 d’entre eux ont été soignés dans l’hôpital de campagne lui-même".

Le « nombre de victimes est un facteur très important, lorsque les médecins doivent trier et hiérarchiser les blessés en fonction de la gravité de leur état. La responsabilité repose alors sur les épaules des jeunes médecins, qui avec l’aide de ceux qui les entourent, doivent décider si le traitement d’une blessure à la tête est plus important qu’un soldat inconscient ».

« C’est une tradition dans la Brigade Givati. Les médecins travaillent très dur pendant l’entrainement et suivent une formation médicale spécialisée. En outre, ils participent à tous les exercices du bataillon comme n’importe quel autre soldat », a déclaré le capitaine Dr. Michael Malkin.

"Dans la nuit du 25 avril 2014, dans le village de Beitin près de Ramallah, un bébé palestinien âgé d’un mois a commencé à s’étouffer chez lui. La mère a emmené le nourrisson jusqu’à un point de contrôle de Tsahal où un docteur", le sous-lieutenant Tzanani, "lui a sauvé la vie". Ensuite, "le quartier général de Tsahal a reçu de nombreux appels des villageois de Beitin qui" exprimaient leur reconnaissance.


Voici une histoire heureuse. Lors de l'Opération Pilier de défense (novembre 2012), deux frères - Emmanuel Zrihen, capitaine et médecin du bataillon 931 de la brigade Nahal, et Elie Zrihen, sergent-chef - se trouvaient au front, à la frontière avec la bande de Gaza, et ne pouvaient se rendre au mariage de leur sœur ainée le 18 novembre 2012, qui est aussi le 4e jour de cette opération militaire. Le commandant de la base dans laquelle l’unité Nahal se trouvait a autorisé Emmanuel Zrihen à retrouver son frère Elie pour que tous deux se joignent à cette cérémonie festive familiale. Emmanuel Zrihen se souvient : “Sur le coup, je n’ai pas vraiment réalisé, je n’ai pas voulu partir et laisser mes soldats. Le rôle de mes soldats est de veiller sur Israël et ses civils, le mien est de veiller sur eux". Sur l'insistance de ses soldats, Emmanuel Zrihen "a rejoint son frère cadet pour prendre la route. Parce qu’ils n’avaient pas leur téléphone avec eux, ils n’ont pas pu prévenir qu’ils arrivaient. C’est les visages peints et dans leurs uniformes verts kakis qu’Elie et Emmanuel sont arrivés vers 23 heures au mariage. L’effet de surprise a été immédiat. Une émotion indéfinissable parcouru alors la salle".


Le 27 juillet 2014, Tsahal a annoncé avoir ouvert depuis quelques jours un "hôpital temporaire pour les habitants palestiniens à la frontière avec la bande de Gaza, au point de passage Erez. Médecins, infirmières et aides-soignants apportent leur aide aux civils de Gaza dans de nombreux services : service d’urgence, de pédiatrie ou encore de gynécologie. Bien que les terroristes du Hamas tirent continuellement des roquettes sur les civils israéliens, l’hôpital traite les civils blessés de Gaza en coopération avec le Croissant Rouge. Cependant, le Hamas, organisation terroriste contrôlant la bande de Gaza, empêche les Palestiniens d’entrer en Israël pour recevoir les soins que peut leur offrir l’hôpital".


Citons quelques médecins militaires. Chirurgien orthopédique spécialisé en microchirurgie de la main à l’hôpital Tel ha Shomer (Tel-Aviv), le Dr Yehuda David a été décoré de l'ordre du mérite militaire en 2007 pour sa bravoure sur les champs de batailles et vainqueur d'un procès intenté par Jamal a(l)-Dura.

Le psychiatre militaire israélien le Dr Eyal Fruchter  travaille sur les troubles, états ou syndromes de stress post-traumatique (SSPT, ESPT). Il a traité le soldat franco-israélien Guilad Shalit.

Quant au Dr Bernd Wollschlaeger, il s'est converti au judaïsme au terme d'un parcours initié par la découverte du passé nazi de son père allemand.

Le 1er octobre 2015, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rendu un vibrant hommage devant l'assemblée générale des Nations unies aux médecins de Tsahal : "Israeli doctors and nurses – doctors and nurses from the Israeli military – treat thousands of wounded from the killing fields of Syria and thousands more in the wake of natural disasters from Haiti to Nepal.This is the true face of Israel. These are the values of Israel".


Le 9 mai 2016 à 14 h, dans le cadre des Séminaires de la Schola Judeorum - Laboratoire d'Etudes sur les Monothéismes (LEM) - CNRS, l'Institut Maïmonide propose la conférence "Médecins juifs du XIIe au XVIIe siècle" par Nessim Sachs, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris.

Le 13 novembre 2016, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a attribué la meilleure note - "niveau 3" - de son classement à l'hôpital militaire de l'armée israélienne. Une première mondiale. De plus, cet hôpital a été distingué pour l'excellence de ses "soins spécialisés" pour les brûlures, l'obstétrique, la gynécologie, et concernant les unités de chirurgie plastique reconstructive. Ce niveau 3 correspond à la capacité de gérer "des soins chirurgicaux complexes, y compris des soins intensifs".

A la suite du séisme de magnitude 7.0 en Haïti en 2010, l'OMS avait "déploré que dans de nombreux cas, le déploiement des équipes médicales étrangères ne soit pas basé sur une évaluation des besoins". En 2013, elle avait créé une nouvelle "classification et normes minimales" fondée sur des critères liés à l'efficacité et à l'éthique de l'aide médicale apportée par des équipes (para)médicales étrangères lors des catastrophes humanitaires internationales.

"Le monde devrait apprendre d'Israël : comment opérer dans des zones sinistrées selon une bonne éthique", a déclaré le colonel adjoint, le Dr. Ofer Merin, commandant de l'unité chirurgical de l'hôpital militaire.

1809 : Michel Lévy, fils de modestes commerçants drapiers, naît à Strasbourg.

1830 : il réussit le concours de chirurgien-élève à l’hôpital militaire d’instruction de Strasbourg.

1831 : sa conduite lors de la campagne de Morée et ses écrits brillants lui valent l’accès au grade de chirurgien sous-aide.

1832 : nommé chirurgien aide-major, le Dr Michel Lévy se rend au siège d’Anvers.

1834 : il soutient sa thèse de doctorat en médecine, à Montpellier, sur l’opération de l’empyème. Il « se montre un précurseur de l’intervention précoce ».

1836 : De la vitalité de la race juive en Europe. Coup d’œil historique sur l’état des israélites en France et particulièrement en Alsace.

1837 : ce professeur est nommé à la chaire d’hygiène et de médecine légale de l’hôpital de perfectionnement du Val-de-Grâce (VDG).

1837-1844 : il écrit nombreux articles, au style clair et sur des recherches originales, dans La Gazette médicale de Paris.

1840 : le Dr Michel Lévy épouse Adèle Dupont. Ils auront trois enfants, dont Auguste-Michel-Lévy (1844-1911), sorti major de l'école Polytechnique et de l'Ecole des Mines.

1843-1844 : le Dr Michel Lévy obtient du Consistoire israélite de Paris, dont il est membre, l’interdiction de la succion lors de la circoncision.

1844 : Traité d’hygiène publique et privée (2 volumes, 1 000 pages, 6 éditions complétées). Le Dr Michel Lévy y évoque aussi « les mesures de police sanitaire de Moïse ». Ce précurseur associe l'hygiène publique et privée.

1850 : il devient médecin 1er professeur au VDG. Il est élu à l’Académie de médecine qu’il présidera en 1857. Il obtient la création de l’École d’application de la médecine et de la pharmacie militaires (EAMPM) au VDG. Il entre au Conseil de santé.  Il réforme l'enseignement de la médecine militaire.

1851 : il est nommé médecin inspecteur : il est le seul général israélite du Second Empire. Il est membre du Comité consultatif d’hygiène publique en France.

1854-1855 : fort de son expérience dans le traitement de cas de choléra en 1832 et en 1849, il impose lors de la guerre de Crimée des mesures sauvant la vie de 14 000 malades du choléra et du typhus.

1856 : il est nommé 2e directeur de l’EAMPM impériale du VDG et s’y révèle un organisateur visionnaire.

1866 : est publié son livre De la vitalité de la race juive en Europe.

1872 : ce Grand Officier de la Légion d’Honneur décède au VDG.

Repères biographiques du Dr Michel Lévy d’après la présentation du Dr Jean-Jacques Ferrandis et le chapitre biographique de Henri Baruk, dans Mélanges d’histoire de la médecine hébraïque (2003). 

Le SSA 

La "gestion de crises sanitaires est une expertise du SSA. La contribution du SSA à la résilience nationale est inscrite dans le livre blanc de la défense et de la sécurité nationale 2013".

Après les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015, le "service de santé des armées (SSA) a renforcé le plan Blanc pour répondre à la prise en charge de l’afflux important des victimes. Le plan Blanc organise la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles. Les hôpitaux militaires (HIA) de la plateforme hospitalière d’île de France, Begin à St Mandé et Percy à Clamart ont soigné de nombreux blessés des attentats de Paris, dont certains dans un état très grave. Au total, 52 blessés ont été pris en charge par les HIA. Les équipes ont œuvré sans discontinuer. Elles disposent de compétences spécifiques acquises en opérations. A Paris, elles ont effectué sur les victimes des attentats, les mêmes gestes et prodigué les mêmes soins que sur les blessés de guerre.  Forte plus-value au bénéfice des partenaires civils".

Le "ministère de la Santé a également sollicité le SSA pour la prise en charge psychologique à l’école militaire des familles et des victimes des attentats. Une équipe de spécialistes psychiatres et psychologues a renforcé la cellule d’urgence médico-psychologique de l’assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP).  Les HIA parisiens ont participé à l’accueil de victimes des attentats de janvier 2015".


(1) Extrait d'Alger médical (1871), notamment cité par le Dr Bruno Halioua dans la présentation en 2008 de son PP sur des médecins militaires Juifs au XIXe siècle. Une information disponible et contextualisée historiquement dans Les Consistoires israélites d'Algérie au XIXe siècle. L'alliance de la civilisation et de la religion, de Valérie Assan (Armand Colin, 2012).

(2) Eugen Tannenbaum, Kriegsbriefe deutscher und österreichischer Juden - Lettres de guerre de Juifs  allemands et autrichiens). Berlin, 1915,  p. 114

(3) Eisernes Kreuz Und Davidstern, Die Geschichte Jüdischer Soldaten in Deutschen Armeen - Croix de fer et Etoile de David. L’histoire des soldats israélites dans les armées allemandes, Berlin, 2006, pp. 172 – 175

Visuels :
Portrait du Dr Michel Lévy, par G. Collin. Huile sur toile, 1827. © Musée du SSA.
Course des brancards, bébé prénommé Israël et ophtalmologue : © IDF
Cérémonie le 27 novembre 2013 : ©  Kobi Gideon / GPO
Construction de l'hôpital militaire au Népal en 2015 : ©  IDF

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié en une version plus concise sous le titre Le FSJU et l'AMIF au Val-de-Grâce dans le n° 157 (juillet-août 2008) de Communauté nouvelle. Il a été publié sur ce  blog le :
- 18 janvier et 31 octobre 2013, 19 février 2014 à l'approche de la diffusion sur Histoire du documentaire La médecine et la guerre. "C'est au cours des guerres que la médecine a fait ses plus grandes avancées. En temps de guerre, les infirmiers doivent évacuent les blessés des champs de bataille, les chirurgiens se retrouvent confrontés aux blessures les plus graves. Cette série en trois parties remonte l'histoire depuis l'Antiquité pour détailler les méthodes de ceux qui ont risqué leur vie pour en sauver d'autres..." 
20, 23 et 29 janvier et 4 février 2013, le 24 avril et 31 juillet 2013, les 21 août à l'approche de la diffusion par Histoire, le 22 août 2013, du Journal d'un médecin dans les tranchées, documentaire de Joëlle Novic. "Les témoignages des médecins de la Grande Guerre sont très rares tant ces derniers sont restés silencieux à leur retour du front sur ce qu'ils ont vécu. Le témoignage de Lucien Laby est unique. Il a 22 ans, est étudiant à l'Ecole du Service de santé militaire quand la guerre le surprend, en famille, à Lignières, dans la Somme. Dès le premier jour de la mobilisation il tient son journal. Ce qu'il ne peut exprimer par les mots, il le dessine. De ses cartons à dessins s'échappent des visages tordus de douleur, des hommes terrés dans la boue, des corps figés dans la mort ou encore un soldat porté en terre sous une tempête de neige. Ses dessins, son regard, témoignent par delà le temps. A partir de son journal et de ses dessins le film fait le récit de ce qui a eu lieu entre Marne et Somme de juillet 1914 à novembre 1918. La voix de Lucien Laby, portée par Carmelo Carpenito, nous conduit sur les traces des combats que le temps efface. Elle fait écho aux images d'archives, muettes, qui accompagnent le film".
- 21 août 2013 avant la diffusion par Histoire le 22 août 2013, du Journal d'un médecin dans les tranchées, documentaire de Joëlle Novic, et alors que l'Etat d'Israël a lancé une campagne de vaccination contre la polio : le vaccin oral contre la polio a été découvert par le Dr Albert Sabin (Saperstein), qui a été un médecin dans l'US Army ;
- 18 octobre 2013 avant la diffusion par Histoire le 19 octobre 2013 de La longue marche de Mao sur le périple communiste en 1934-1935. Arrivé à Shanghai en 1939, Jakob Rosenfeld (1902-1952), urologue-gynécologue d'origine ukrainienne, a rejoint en 1941 la 4e armée de Mao ;
- 29 novembre 2013 ;
- 21 janvier 2014. Arte a diffusé Criminal Doctors Auschwitz d'Emil Weiss le 21 janvier 2014 à 22 h 35 ;
- 26 juin et 1er août 2014, 30 mars 2015 ;
- 13 octobre 2015. France 2 diffusa Les pionniers de l'urgence avec Michel Cymes évoquant en particulier des médecins militaires ;
- 9 mai et 13 septembre 2016. 
Il y a été actualisé, sans les erreurs involontaires initiales, pour la dernière fois le 5 février 2017.  

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