mardi 26 août 2014

Proust, du temps perdu au temps retrouvé

Fondé par Gérard Lhéritier, le Musée des Lettres et Manuscrits, qui a ouvert de nouveau ses portes le 15 avril 2010, a consacré l'exposition éponyme à l’écrivain Marcel Proust (1871-1922). Environ 160 documents - lettres et manuscrits, dessins, photographies ou éditions originales - parfois inédits, de 1894 à la mort de l’auteur de A la recherche du temps perdu dont le premier volume était publié le 14 novembre 1913.


Reynaldo Hahn est un jeune compositeur d’avenir quand il rencontre Marcel Proust, alors âgé de vingt-trois ans, et devient son premier amant. Leur relation conservera un caractère amoureux durant deux ans et sera le point de départ d’une intimité qui se prolongera jusqu’à la mort de l’écrivain. Ils échangeront pendant près de trente ans une abondante correspondance, dont deux cents lettres environ nous sont parvenues. Elles sont un document exceptionnel par la liberté de ton qui prévaut entre les deux hommes, par un style à l’inventivité surprenante, enfin par le rôle de confident et de conseiller que tient souvent Hahn auprès de son ami. Elles ouvrent à leur lecteur le laboratoire de Jean Santeuil puis de la Recherche du temps perdu, mais sont également l’occasion de suivre l’évolution des goûts littéraires et musicaux de Proust, de ses inimitiés, de ses affections et de découvrir ou retrouver en lui un observateur amusé de la haute société de son époque, volontiers moqueur et ne dédaignant pas l’autodérision.
L’ouvrage, publié initialement par Gallimard est disponible aux éditions Sillages (2012).

Nicolas Maury, élève du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en 2001, suit une belle carrière de comédien, tant au théâtre (il a travaillé notamment avec Robert Cantarella, Florence Giorgetti Philippe Minyana, Frédéric Fisbach..) qu’au cinéma (avec Patrice Chéreau, Philippe Garrel, Emmanuelle Bercot, Olivier Assayas, Nicolas Klotz, Noëmie Lvovsky, Riad Sattouf, Rebecca Zlotowski ou Mikael Buch...). Le grand public l’a découvert en 2015 dans la série télévisée Dix pour cent réalisée par Cédric Klapisch.


Le 14 novembre 1913, était publié, à compte d’auteur, avec un tirage de 1750 exemplaires, et chez Bernard Grasset, Du côté de chez Swann, premier volume d’À la recherche du temps perdu. Un livre refusé par Fasquelle, puis Ollendorf et les Éditions de la NRF, futur Gallimard . Lecteur de Du côté de chez Swann à la NRF, Gide écrit à Proust en janvier 1914  : « Le refus de ce livre restera la plus grave erreur de la NRF – et (j’ai honte d’en être pour beaucoup responsable) l’un des regrets, des remords les plus cuisants de ma vie. » Ollendorf répondit à Proust sur les premières pages de Du côté de chez Swann, préambule d’À la recherche du temps perdu : « Cher ami, je suis peut-être bouché à l’émeri, mais je ne puis comprendre qu’un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil ».

A la recherche du temps perdu
Marcel Proust est le fils d'Adrien Proust, professeur à la faculté de Médecine, et de Jeanne Proust, née Jeanne Weil, fille d'un agent de change Juif d'origine alsacienne et fine lettrée. Proust « attacha une grande importance à cette hérédité religieuse. La Recherche aurait pu s'appeler L'adoration perpétuelle ».

Enfant, il se rend dans la maison de son oncle Weil à Auteil.  Au lycée Condorcet, il a pour condisciples Daniel Halévy, Robert Dreyfus et Georges Bizet.
L’exposition présente des documents provenant de deux collections acquises par Aristophil, une société parmi les maîtres d'œuvres du musée : celle d’André Maurois (biographe de l’écrivain) et de son épouse Simone née de Caillavet (fille d’amis de Proust, qui inspira le personnage de Mademoiselle de Saint-Loup dans La Recherche) et celle de Suzy Mante-Proust, nièce du romancier.
Parmi ces documents, 86 lettres de Proust sur son œuvre, ses amis, ses amours, adressées à une quarantaine de destinataires, dont sa mère, le comte Robert de Montesquiou, Gaston Gallimard, Bernard Grasset, Charles Maurras, Daniel Halévy, la princesse Bibesco, la princesse de Polignac, Reynaldo Hahn, l’état des lieux signé par Proust sur son dernier appartement, cinq manuscrits littéraires dont un poème de Daniel Halévy sévèrement annoté par un Proust lycéen, et cinq dessins de Proust.

Ces documents informent sur la vie mondaine - Proust fréquente les salons littéraires de Léontine de Caillavet, née Lippmann, égérie du romancier Anatole France et de Madame Strauss  -, personnelle (comme locataire), familiale et amicale de l’homme de lettres, son souci de la promotion de ses livres – lettre au directeur du supplément littéraire du Figaro sollicitant la publication d’extraits de son roman Swann (1913)-, la genèse et la structure de son œuvre majeure La Recherche qu’il surnomme « son roman de malédictions », ainsi que son « peu d’affection pour Swann, ou ses réticences à l’égard de A l’Ombre des Jeunes Filles en fleurs, qu’il trouve « trop fade ». Un livre qui lui vaut le Prix Goncourt (1919).

Des lettres renseignent aussi sur ceux ayant inspiré Proust dans sa création de personnages : Gilberte Swann est inspirée par Jeanne Pouquet, mère de Simone de Caillavet, le baron de Charlus par le comte de Montesquiou. Pour Albertine, la source est double : Alfred Agostinelli et Albert Nahmias.

Proust y livre ses réflexions sur la vie, sur l’amitié, sur l’amour, sur le temps (à sa mère : « Dis-toi que cette lettre est l’expression d’une réalité fugitive qui ne sera plus quand tu la liras ») et sur cette « mémoire fatiguée par les stupéfiants »).

D’où un portrait aux multiples facettes d’un Proust « moins vaniteux que sensible », attentif aux autres, malade, cloîtré dans sa chambre parisienne et en relation constante avec le monde extérieur, la vie culturelle, à la recherche de romans et études littéraires, notamment sur Flaubert et les Goncourt, nécessaires à sa grande oeuvre. Un Proust qui séduisait, dans les salons et les dîners chez Weber ou au Ritz,  par ses talents d'imitateurs et ses pastiches.

L'exposition est conçue en espaces thématiques, aux couleurs distinctes et de plus en plus sombres. Elle débute en « une tonalité jaune, sont présentées les pièces ayant trait au Proust lycéen » qui se révèle tôt exigeant en littérature.

Puis, la «  dominante orangée nous entraîne vers l’Ecriture, de ses Pastiches jusqu’à son grand œuvre », La Recherche, via « ses traductions passionnées du critique d’art anglais John Ruskin. A travers ses placards corrigés (Ndlr : Proust indique les corrections sur les épreuves) avec paperoles (Ndlr : morceau de papier), sa correspondance avec ses éditeurs et les volumes de La Recherche avec envois autographes, on observe un écrivain stratège qui traite de tous les aspects concernant la diffusion de ses ouvrages, menant un prodigieux travail de renseignements sur le monde extérieur, de relecture, de corrections, s’interrogeant sur la sélection des passages, leur désignation », écrit Estelle Gaudry, commissaire de l’exposition. Ces placards témoignent des réécritures de Proust. Cet auteur ne « corrigeait pas, il ajoutait, débordait sur les marges ». L'exposition montre ces « sortes de collages sur de grandes feuilles des pages des épreuves, entre lesquelles Proust écrivait ses ajoutages ».

Ensuite, en une nuance de rose, nous observons la « montée irrésistible du jeune mondain au sein des cercles littéraires ».

La couleur aubépine mène vers le Proust « analyste des passions, liant amour et amitié, jamais avare d’un conseil ou d’une lettre de félicitations. Marcel charme ses interlocuteurs, avec tendresse, humour ou par son talent plus méconnu pour le dessin ».

Enfin, sous une « dominante violette, symbolisant la guerre et la mort, rouage important » de Proust et de ses romans.

Le 14 octobre 2013, la Bibliothèque nationale de France  (BNF) a acquis, grâce à des mécènes, un agenda inédit de Marcel Proust. Cet agenda sera conservé au Département des manuscrits de la BNF. « Ayant échappé aux recherches proustiennes jusqu’à ce jour, il apporte une pièce manquante au puzzle de la genèse de À la Recherche du temps perdu en prenant place juste avant les quatre carnets de notes déjà conservés dans le fonds. La densité de ses annotations en fait également une pièce unique car il recèle tout l’univers de « Combray » ( Du côté de chez Swann ) : promenade au bois de Boulogne, jeu de billes, petite phrase de violon... autant d’éléments qui ressurgiront dans le roman. Le carnet contient des listes de termes (d’architecture, de cuisine, de botanique) et de noms, témoins de l’essai par Proust de sa « palette » d’écrivain. Ce carnet comprend aussi une véritable curiosité, peut-être d’ordre autobiographique : les notes, datées 11 - 14 août 1906, d’une filature dans Paris qui reste à élucider. Aucun autre agenda de ce type ayant appartenu à Marcel Proust n’est connu à l’heure actuelle ».

Arte diffusa le 27 août 2014 Marcel Proust, du côté des lecteursdocumentaire de Thierry Thomas (2000). 
Extraits de lettres de Marcel Proust


Lettre à Georges Goyau du 18 décembre 1904
« Je crois que chacun de nous a charge des âmes qu’il aime particulièrement, charge de les faire connaître et aimer, de leur éviter le froissement des malentendus et la nuit, l’obscurité comme on dit, de l’oubli »

Lettre à Francis Chevassu, directeur du supplément littéraire du Figaro, A propos d’Un amour de Swann, vers le 14 janvier 1913 :
« En aucun cas il ne faudrait l’appeler ‘nouvelle’. Ma préférence serait que vous disiez franchement que c’est extrait (…) d’un livre qui doit paraître ».

Lettre à Rachilde (Madame Vallette) le 10 janvier 1920 :
« C'est la première chose qu'on m'offrait de ma vie, je me suis gardé de le refuser ».

Jusqu’au 29 août 2010
222, boulevard Saint-Germain 75007 Paris
Tél. : 01 42 22 48 48
Du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 20h


Visuels de haut en bas : © Coll. privée/Musée des Lettres et Manuscrits, Paris.

Affiche reprenant le portrait photographique de Marcel Proust, contretype par Man Ray vers 1922 d’un cliché d’Otto vers 1895-1896. Epreuve en noir et blanc, 114 x 93 mm, avec estampille de Man Ray au dos à son adresse de la rue Campagne-Première.

Lettre-télégramme autographe signée, adressée à Charles Maurras, 27 juillet 1896

Manuscrit autographe, avec annotations autographes de Reynaldo Hahn (15 novembre 1895).
Ce « très rare manuscrit de jeunesse relate la soirée du 14 novembre 1895, un dîner littéraire chez Alphonse Daudet en compagnie de Reynaldo Hahn, de Goncourt et Coppée, donnant lieu à une brillante étude de caractères comprenant un portrait de Daudet, l’un des modèles de Bergotte dans La Recherche. Proust l’a adressé à son ami Reynaldo Hahn (ici appelé « mon gentil ») qui y a porté quelques annotations ».
« Quelqu’un qui ne sent pas la poésie, et qui n’est pas touché par la Vérité, n’a jamais lu Baudelaire ».
A la recherche du temps perdu. Paris, Grasset, 1913, Editions de la N.R.F, 1919-1927.

A l’Ombre des jeunes filles en fleurs. Placard d’épreuves corrigées de 1914, placé par Proust dans un exemplaire de l’édition de luxe de 1920.
«  Mythique placard de Proust, parmi les plus développés connus, de A l’Ombre des jeunes filles en fleurs. Un extraordinaire témoignage du travail de réécriture que Proust mena sur son roman pendant la guerre. Alors que les premières épreuves des Jeunes filles avaient été imprimées en 1914 pour Grasset, la guerre retarda la publication du livre. Proust entreprit alors, de 1914 à 1918, un immense travail de relecture qui l’amena à corriger et à amplifier formidablement son texte. A la demande de Gide, Proust rejoignit finalement la N.R.F en 1916, et l’ouvrage parut chez cet éditeur en 1918. Ces placards comportent encore d’innombrables variantes par rapport au texte définitif ».


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Citations extraites du dossier de presse et des panneaux de l'exposition
Cet article a été publié le 17 août 2010, puis les 13 novembre 2013 et 26 août 2014. Il a été modifié le 16 octobre 2013.

lundi 25 août 2014

Le grand rabbin Simon Fuks (1911-2008)


Né en 1911 dans une famille polonaise hassidique à Dobrzyn, Simon Fuks grandit à Genève (Suisse).

Formé dès 13 ans au Séminaire de la rue Vauquelin, Simon Fuks a mené en parallèle des études brillantes en anthropologie, philosophie et langues orientales à l’université de Genève et à l’Ecole des hautes études de Paris.

En avril 1936, il a été nommé rabbin à Wintzenheim, près de Colmar.

Mobilisé comme aumônier israélite, Simon Fuks déplorait l’antisémitisme au sein de sa division. Après la défaite militaire, à Dunkerque, il est évacué avec des soldats français en Angleterre. 

De retour en France, il est fait prisonnier en juillet 1940. Détenu dans un oflag à Oberlangendorf (Moravie), il revint de captivité en 1941.

Dès mai 1941, ce rabbin s’illustra activement avec son épouse Raymonde (1915-2004) dans l’aide sociale et le sauvetage de ses coreligionnaires, et dans la résistance à Agen et dans le Lot-et-Garonne.

En mai 1943, traqué par les Nazis, le couple se réfugie en Suisse. Sur ces faits, Simon Fuks avait écrit Un rabbin d’Alsace, souvenirs de guerre (Ed. Jérôme Do Bentzinger, 2003).

Il fut « un des hommes qui reconstruisirent le judaïsme français » (rabbin Haïm Korsia) et a redonné « son lustre d’antan à la communauté de Colmar » dont il fut le rabbin de 1945 à 1986

Cet humaniste fut grand rabbin du Haut-Rhin de 1947 à 1986. A ce double titre, il a déployé tous ses efforts pour accueillir fraternellement nos coreligionnaires venant d’Afrique du Nord, et en particulier d’Algérie.

Sioniste fervent, très marqué par l’exemple des prophètes d’Israël, il avait milité contre l’antisémitisme, contre l’exécution de Noirs américains condamnés sans avoir eu de réel moyen de défense et pour un règlement négocié du conflit au Proche-Orient, fut-ce au prix de sacrifices. 

Il est décédé le 26 août 2008, à près de 98 ans.

Un texte sur ce grand rabbin est publié en hébreu.

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié par L'Arche.

samedi 23 août 2014

Une conférence de parlementaires européens amis d’Israël

Fondé en 2006, le groupement Amis européens d’Israël (EFI) s’est imposé comme un acteur majeur dans l’amélioration de « la relation globale » entre l'Union européenne (UE) et Israël. Son originalité ? Réunir des eurodéputés et membres des parlements nationaux européens. Avec quelques 1 000 membres, c’est l’un des plus groupes les plus importants au Parlement européen. 


Pour assumer sa mission principale - forger « une relation politique forte et une meilleure compréhension entre l'Europe et Israël » -, l’EFI a organisé à Paris, les 6 et 7 novembre 2008, une « Policy Conference » en présence de centaines de personnalités, parlementaires d’une trentaine de pays européens – en particulier Marek Siwiec, vice-président polonais du parlement européen, Rudy Salles, vice-président de l’Assemblée nationale - et politiciens israéliens : Dalia Itzik, présidente de la Knesset, Amira Dotan, responsable à la Knesset de la délégation pour les relations avec le parlement européen.

Cette période était marquée par l’annonce du renforcement des relations bilatérales entre l’UE et Israël (16 juin 2008), le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM) – poste de secrétaire général adjoint accordé à Israël le 4 novembre -, la fin de la présidence tournante de l’UE par la France suivie, dès le 1er janvier 2009, par la république tchèque.

La plupart des orateurs ont rappelé l'apport du judaïsme et du peuple Juif à l'Europe, ainsi que les valeurs communes entre celle-ci et l'Etat d'Israël.

Avec leurs collègues israéliens, ils ont exprimé leur inquiétude sur la menace nucléaire iranienne visant également l'Europe et présenté les nombreux avantages pour l'UE à approfondir ses relations avec Israël, dont l'Etat de droit et la vitalité économique ont été loués. Une coopération protéiforme - recherche et développement, économie, culture, éducation supérieure, communication, etc. – et qui pourrait inclure la quête des moyens de lutter contre la pauvreté en Europe et Israël.

Un parlementaire a suggéré d'interroger la Croix-Rouge pour savoir ce qu'elle a fait en faveur du soldat franco-israélien Guilad Shalit, otage depuis 2006 du Hamas qui refuse de donner toute information sur son sort.

Le souvenir de la Shoah, la lutte contre l’antisémitisme, la dénonciation de l’antisionisme ont été des leitmotivs de nombreux discours. Ainsi, Bjarne Kallis, président du groupe d'amitié Finlande/Israël au parlement finlandais et ancien président du Parti chrétien démocrate, a déclaré : « Aussi longtemps que le public est endoctriné par des informations biaisées et négatives sur Israël, il sera difficile de construire de bonnes relations avec Israël… Nous ne devrions jamais sous-estimer l'influence de l'action civique. A l'été 2006, plusieurs petites manifestations anti-israéliennes rassemblant 50 individus radicaux avaient attiré l'attention des médias jusqu'à ce qu'un dimanche, plusieurs milliers de Finlandais défilèrent dans les rues d'Helsinki en soutien à Israël. Après ce défilé, les manifestations anti-israéliennes ont immédiatement pris fin ».

L’attachement à l’Etat d’Israël et la conscience des dangers le menaçant étaient particulièrement sensibles chez les parlementaires originaires de pays ayant été sous l’orbite communiste.

Enfin, cette conférence a envisagé les moyens de parvenir à la paix au Proche-Orient, notamment en réglant le problème des réfugiés palestiniens.

La destinée des Juifs ayant du quitter les pays musulmans a aussi été retracée.



vendredi 22 août 2014

Patrick Faigenbaum


Après la Vancouver Art Gallery (Canada) puis la Villa Médicis à Rome, Chambéry accueille la rétrospective de 40 ans de carrière de l'artiste Patrick Faigenbaum. "Près de soixante photographies retracent son œuvre à travers des portraits, des paysages de nature et de périphéries urbaines, des natures mortes".


« Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel)
(Charles Baudelaire, Le Cygne).


Patrick Faigenbaum est né en 1954, dans une famille Juive ashkénaze de confectionneurs à Paris.

« Une géographie et une biographie » (Jean-François Chevrier)
Après avoir suivi une formation de peintre dans une école d’arts graphiques, cet artiste choisit la photographie comme moyen d’expression.

Depuis 1973, son itinéraire est « centré autour de la notion de portraits qui participent pleinement de l’identité du lieu ou de la ville choisie auxquels il donne un visage ».

Ses portraits de familles aristocratiques italiennes – il séjourne à la Villa Medicis (1985-1987) – en noir et blanc le font connaître vers 1984-1985. Patrick Faigenbaum explore le lien entre ces héritiers de familles célèbres posant devant son objectif et leurs palais magnifiques, à l’architecture majestueuse, témoins et chargés d’une histoire brillante.

Il a exposé notamment au Centre Georges Pompidou (1984), à Florence et Stuttgart (1985), Chicago et Dallas (1988), au musée d’art moderne de la Ville de Paris (1991), à New York (1991, 1993, 1999), au Museum of Art, Ein Harod Israël (1993), à Toronto (2000), au musée du Louvre et à Lisbonne (2005), à Lisbonne (2007), au Point du Jour à Cherbourg (2011).

Après Brême en Allemagne où il bénéficie d’une résidence (1997), Prague (1995), Saint-Raphaël (1998), Beauvais (2002), Tulle (2007), Barcelone (2008), un kibboutz et la Sardaigne, Patrick Faigenbaum a photographié sa ville natale, Paris, où il vit et travaille : il enseigne à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris depuis 2000.

En 2012, le Musée de la Vie romantique a présenté l’exposition Patrick Faigenbaum, photographies. Paris proche et lointain. Une promenade dans Paris et de sa banlieue et dans son histoire familiale que nous convie Patrick Faigenbaum. Un périple géographique et temporel, artistique et biographique, poétique et quasi-pictural. De beaux portraits quasi-intemporels, en couleurs, de Paris et de sa banlieue ainsi que ceux de la mère du photographe, jeune boutiquière rue de la Chaussée d’Antin (1972) puis dame âgée (2010) saisie dans un noir et blanc. Des photographies savamment composées, souvent pictorialistes. Une ville natale intimement liée à sa mère.

« Pour cette exposition, Proche et lointain qualifient à la fois une géographie et une biographie… Les lieux les plus proches sont ceux de l’intimité familiale : entre autres, un extraordinaire ensemble de portraits de la mère de l’artiste, des vues du quai de la Loire… Le lointain géographique se distribue selon les quatre points cardinaux du territoire métropolitain (dont Montreuil, Nanterre, Saint-Denis, Rungis), avec un accent particulier sur l’axe historique (les terrasses de Saint-Germain-en-Laye). Le lointain biographique est présenté dans un prologue qui rassemble, sous le titre « Rue Michel-Chasles », les images les plus anciennes de l’artiste, restées inédites jusqu’à ce jour », écrit le philosophe Jean-François Chevrier.

Le proche et le lointain biographique
En 1972, âgé de 18 ans, Patrick Faigenbaum vient d’abandonner la peinture et de découvrir les photographes Richard Avedon qui affectionne les visages sur un fond blanc, et Bill Brandt qu’il rencontre en 1977 à Londres et lui conseille : « Vous photographiez des gens qui semblent liés à un cadre et vous les isolez. Montrez ce cadre ». Avec son Nikon, il photographie alors sa mère, Suzanne, cousant et accueillant la clientèle dans sa modeste boutique de confection, rue de la Chaussée d’Antin, dans le quartier de l’Opéra et des grands magasins. Suzanne Faigenbaum

En avril 2010, cet artiste photographie sa mère, âgée, malade, dans sa chambre à coucher – son père est mort en 1968. Sont exposés ces clichés en planches-contact.

Le proche et le lointain géographique
Paris, ses monuments – parvis de Notre-Dame à Noël - et les vues des Orgues de Flandre et du Quai de la Loire – toits, travaux sur la chaussée, composée de pavés, de rue - depuis l’appartement familial. Plus loin, c’est Orly au printemps 2011, des espaces verts de détente près d’un immeuble d’habitation à Nanterre, les bâtiments de Rungis où sont entreposés les aliments qui nourrissent les Franciliens, la basilique de Saint-Denis, la grande terrasse de Saint-Germain-en-Laye.

Des espaces photographiés en peintre maître en couleurs chaudes.

Du 24 mai au 25 août 2014, le Musée des Beaux-Arts de Chambéry accueille "la dernière étape de la rétrospective des 40 ans de carrière de l’artiste Patrick Faigenbaum, après la Vancouver Art Gallery (Canada) puis la Villa Médicis à Rome. Près de 60 photographies retraceront son œuvre à travers des portraits, des paysages de nature et de périphéries urbaines, des natures mortes". 

Un regard croisé et inédit entre les photographies de Patrick Faigenbaum et les collections de peintures ainsi que sculptures anciennes et d’art contemporain - du XVe au XXIe siècle - du Musée des Beaux-Arts de Chambéry. "Peintre de formation, portraitiste renommé, Patrick Faigenbaum est l’une des figures majeures de la scène photographique contemporaine. Ses œuvres sont présentes dans les plus grandes institutions internationales. L’artiste a remporté le 10 juin 2013 le prestigieux Prix Henri Cartier-Bresson, qui lui vaut de réaliser actuellement un projet en Inde sur la ville de Calcutta « Kolkata ».

Au rez-de-chaussée du musée, "à une photographie de l’artiste seront associées des œuvres de la collection d’art contemporain du musée, datées entre 1979 et 1983 (Raymond Hains, Giuseppe Penone, Patrick Saytour…), période des débuts de la carrière du photographe".

Au 1er étage, "quarante photographies s’articulent autour du panneau double-face peint par Jacquelin de Montluçon pour l’église des Antonites de Chambéry, vers 1496. Cette oeuvre majeure de la production artistique de la région consacre l’entrée du peuple dans la peinture religieuse, à partir de personnages aux visages remarquablement individualisés. Les trois autres panneaux du retable des Antonites, peints par le même Jacquelin de Montluçon et conservés au Musée des Beaux-Arts de Lyon, sont reproduits pour l’occasion à l’échelle 1 et exposés dans la partie introductive de l’exposition. Une vitrine propose une documentation scientifique relative au retable et à l’art en Savoie au XVe siècle, tandis qu’un espace sera consacré à la consultation de catalogues et d’albums dédiés à Patrick Faigenbaum".

Enfin, au 2e étage, "quinze photographies s’intègrent aux collections permanentes dont l’accrochage est modifié pour l’occasion. La série de Prague, tirée en noir et blanc par Patrick Faigenbaum en 1997, se confronte aux grandes œuvres baroques de Mattia Preti et de Luca Giordano, tandis que des natures mortes photographiées en couleur viendront se nicher en contrepoint à la mezzanine".

Du 24 mai au 25 août 2014
Au Musée des Beaux-Arts
Place du palais de justice. 73000 Chambéry
Tél. : 04 79 33 75 03
Tous les jours sauf mardi et jours fériés de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h

Jusqu’au 12 février 2012
Au Musée de la Vie romantique
Hôtel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal. 75009 Paris
Tél. : 01 55 31 95 67
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, sauf les lundis et jours fériés.


Visuels de haut en bas :
Affiche
Patrick Faigenbaum, Vue de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye, mai 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Saint-Denis, avril 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Rungis, mai 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Nanterre Université mai 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Famille Frescobaldi, Florence, 1984-2010
Tirage au gélatino-chlorobromure d’argent
67 x 66 cm avec cadre
©Patrick Faigenbaum

Jacquelin de Montluçon, Le Martyre de sainte Catherine, vers 1496
Panneau double-face, retable des Antonites de Chambéry
Huile sur bois, 97 x 79,1 cm
©Musées de Chambéry_Photo D GOURBIN


Patrick Faigenbaum, Avenue Vinohradska, Prague, 1994
Tirage au gélatino-chlorobromure d’argent
93,5 x 91,5 cm avec cadre
©Patrick Faigenbaum

Articles sur ce blog concernant :
Judaïsme/Juifs
Cet article a été publié le 3 février 2012, puis le 22 mai 2014. Il a été actualisé le 20 mai 2014.

mercredi 20 août 2014

Le sculpteur Joel Shapiro


Dans le cadre de The New York Moment, « saison transversale mêlant arts visuels, musique et danse », le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne a présenté une exposition sur la création artistique new-yorkaise des années 1970 et le « minimalisme qui, en réaction au culte de l’individu et à la société de consommation, a diffusé son Less is moreMoins c’est plus ») dans les arts visuels, la musique, l’architecture ou le design. Un mouvement représenté par trois « grandes figures de ce courant influent tels que Joel Shapiro et Peter Halley », et Philip Glass. La galerie Karsten Greve présente jusqu'au 23 août 2014 une exposition de Joel Shapiro, sculpteur américain minimaliste américain célèbre pour ses sculptures de formes rectangulaires et en bronze monumentales, en équilibre instable, défiant la gravité. Un « artiste essentiel du paysage sculptural américain ». 


Joel Shapiro est né en 1941 à New York et a vécu dans Sunnyside Gardens, dans une famille démocrate, ouverte aux causes progressistes.

Agé de 22 ans, il séjourne en Inde pendant deux ans dans le cadre des Peace Corps. Un tournant dans sa vie.

Diplômé de l’Université de New York, il est recruté par le musée Juif de la Big Apple lors de l’installation des expositions sur Yves Klein, et d’autres artistes. Il est impressionné par la sobriété et l’épure des œuvres de Robert Morris à la Green Gallery vers 1964.

Il est repéré lors de l’exposition « Anti-Illusion : Procedure/Material » au Whitney Museum of American Art en 1969. Il débute sa collaboration avec la galerie newyorkaise Paula Cooper qui l’expose en 1970.

Ses œuvres figurent dans de nombreuses expositions internationales : la Biennale de Venise (1980), Documenta à Kassel (1977), au Stedelijk Museum à Amsterdam en 1985, au Louisiana Museum of Modern Art au Danemark en 1990...

Le Whitney Museum of American Art organise une rétrospective de Joel Shapiro en 1982.

Les créations de Joel Shapiro sont montrées au Museum of Fine Arts de Boston en 1999, au Denver Art Museum (Colorado) en 2001, au Metropolitan Museum of Art de New York en 2001, au Gana Art Center de Seoul en 2008, au Minneapolis Institute of Arts (Minnesota) en 2008.

Elles sont acquises par le Los Angeles County Museum of Art (Californie), le Museum of Modern Art de New York, le Whitney Museum of American Art de New York, le Tate Britain de Londres, la Peggy Guggenheim Collection de Venise, le Tel Aviv Museum of Art, le Klasma Museum of Contemporary Art d’Helsinki.

On découvre la première grande sculpture monumentale de Joel Shapiro au Walker Art Center/Minneapolis Sculpture Garden en 1995 ; cette œuvre est exposée en 1996 au Nelson-Atkins Museum of Art/Kansas City Sculpture Park. Depuis cette date, cet artiste a réalisé une vingtaine de commissions publiques, notamment aux Etats-Unis, et ses sculptures de bronze et de bois sont présentes dans plus de 75 collections publiques dans le monde.

Joel Shapiro expose à la galerie Daniel Templon en 2001 pour la troisième fois.

Joel Shapiro n’a eu de cesse de repousser les limites de la sculpture.

Selon Rosalind Krauss, Joel Shapiro « appartient à cette famille d’artistes qui, depuis le pop art jusqu’au minimalisme, ont délaissé le « psychologisme » des formes torturées pour investir le champ de la perception : le conceptualisme plus que l’expressionisme. En effet, une œuvre comme 75 Ibs (1970), qui consiste en la réunion de deux barres, l’une de plomb, l’autre de magnésium, qui ont le même poids mais pas la même longueur, n’est pas sans évoquer l’art conceptuel, tandis que les petites maisons de bronze que l’artiste disperse dans les espaces d’exposition au cours des années 70 ne cachent pas leur sympathie pour le minimalisme. Mais l’œuvre de Shapiro se distingue de ces illustres mouvements, et, partant, en dépasse l’ancrage dorénavant historique. Elle s’en émancipe tout d’abord parce qu’elle ne refoule pas la figure humaine sans toutefois y faire appel d’une manière littérale. En effet, les sculptures des années 80 et 90 évoquent, par un assemblage de formes parallélépipédiques, les silhouettes de corps aux membres largement déployés mais dont la géométrie les tire irrésistiblement du côté de l’abstraction. Cette œuvre se distingue également par cette conscience que l’artiste a de l’histoire de l’art. Son indéfectible fidélité pour la technique de la fonte du bronze a son importance : il s’agit d’une histoire dont les acteurs ont pour nom Cellini, Rodin, Giacometti, Picasso, Gonzalez, ou Tony Smith. Les billots de bois assemblés, l’artiste décide ou non de les soumettre à la fonte. Shapiro œuvre en sorte que le bronze garde dans sa chair les veines du bois, un détail qui dénote un intérêt pour une certaine tactilité mais qui inclut aussi toutes les étapes du processus à l’œuvre finale. Mais surtout, les sculptures de Shapiro exploitent cette contradiction inhérente à l’histoire de la sculpture, celle qui s’immisce entre le poids supposé colossal du bronze et l’équilibre précaire auquel les formes paraissent soumises. Une instabilité feinte qui fait des sculptures de Shapiro des figures baroques, éternellement figées devant une chute à jamais différée ».

En 2004, la galerie Daniel Templon a présenté pour la première fois en France six sculptures de petit format de Joel Shapiro lors de l’exposition, Small scale sculpture. « Entre la tradition constructiviste et la référence discrète à la figure humaine, ces sculptures géométriques semblent évoquer la pose délicate et précaire d’un corps vivant ou d’un arbre. Ensemble ces six sculptures posées chacune sur leur piédestal, semblent presque créer un ballet. Pour les réaliser, Joel Shapiro manipule longuement dans son atelier de petites poutrelles de bois qu’il assemble avec du fil de fer. Chaque angle et chaque longueur sont précisément étudiés. Elles sont ensuite soigneusement coulées dans le bronze qui conserve chaque détail de la trame du bois : aspérités, coupures, traces de colle ou de clou laissées par l’artiste ». Vues à longue distance, ces sculptures « ont l’aspect minimaliste d’objets parfaitement lisses, entre la construction architecturale et l’outil, mais de près elles gardent la sensualité du bois, et la trace même de leur construction ». Joel Shapiro « dépasse l’exploration formelle des volumes et de la ligne. La sculpture ne se veut pas non plus mimétique, elle ne « représente » ni un humain, ni un arbre. Ce que l’artiste cherche à provoquer chez le spectateur, c’est plutôt une « empathie ». Pour lui, ces formes géométriques incarnent des émotions. Il les réaliste presque intuitivement, toujours à la recherche d’une expressivité particulière ou du point d’équilibre le plus périlleux possible ».

En 2009, pour la première fois, cet artiste minimaliste a présenté à la Galerie Daniel Templon des dessins inspirés par ses sculptures abstraites. « Entre tradition constructiviste et référence à la figure humaine, Joel Shapiro utilise des formes extrêmement simplifiées et les inscrit dans une palette vive et gaie de couleurs simples. Il joue avec elles sur la notion de mouvement et cherche à provoquer chez le spectateur une certaine « empathie ». Pour lui, ces formes géométriques incarnent des émotions. Réalisées de manière intuitive, elles sont construites avec spontanéité et conservent la trace de la réflexion de l’artiste. Empreintes de doigt, traces de gomme, formes effacées puis déplacées, agissent comme des « repentirs » de l’artiste à la recherche d’un équilibre subtil entre harmonie et déconstruction ». Ses « dessins sont l’approche bidimensionnelle d’un sujet qu’il explore à travers la sculpture : la forme dans l’espace. Comme il l’explique, « les dessins sont des questions et des notes. Je dessine les problèmes auxquels je pense à un moment donné. Une fois le problème résolu, il devient une synthèse de mon travail ».

Le 27 novembre 2012, le premier prix de la Gabarron International Award for Visual Arts a été  décerné à Joel Shapiro.

La L.A. Louver Gallery (Etats-Unis) a présenté une exposition de Joel Shapiro.

Dans le cadre de The New York Moment, « saison transversale mêlant arts visuels, musique et danse », le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne a présenté une exposition sur la création artistique new-yorkaise des années 1970 et le « minimalisme qui, en réaction au culte de l’individu et à la société de consommation, a diffusé son Less is more (« Moins c’est plus ») dans les arts visuels, la musique, l’architecture ou le design. Un mouvement représenté par trois figures emblématiques de ce courant majeurs : Joel Shapiro, Peter Halley, et Philip Glass.

La salle centrale du musée a réuni des sculptures monumentales de Joel Shapiro « composées d’éléments géométriques », et, des objets archétypiques, qui donnent à voir la maison comme un concept universel, dans une forme ruinée par l’Histoire et altérée par le temps. Ces œuvres permettent de découvrir deux méthodes de formulation plastique chères à Joel Shapiro: le singulier, l’éphémère et la trace du processus, en regard de surfaces pures d’où l’intervention humaine semble absente ».

Joel Shapiro « joue avec le poids, la densité et l’équilibre des matériaux. Ses sculptures peuvent être posées au sol, suspendues au plafond ou en appui entre les murs… La relation de l’oeuvre à l’espace est pour lui essentielle. Ses formes géométriques assemblées ressemblent à des silhouettes en mouvement et les formes architecturales évoquent des maisons ».

L’art minimal s’impose aux Etats-Unis lors des années 1960. « Comme d’autres artistes minimalistes (Carl Andre par exemple), il utilise du bois ou du bronze et supprime le socle dans ses premières œuvres car, comme le cadre, il sépare l’art de son environnement ». « Impressionné par les œuvres de Robert Morris », Joel Shapiro se distingue de l’art minimal. « A l’inverse des œuvres minimales lisses, régulières, au fini industriel, Shapiro réalise de petites sculptures (« Maisons »), de façon artisanale, en laissant visibles les traces de son travail. Dans l’art minimal, le spectateur est renvoyé aux éléments de base de l’œuvre (forme et matière), en toute neutralité. Pour Shapiro, l’œuvre doit emmener le spectateur dans un espace qui devient différent ».

En 1973, quand Joel Shapiro « pose au sol sa première maison composée de pièces de bois, il se demande : « Cela peut-il être une sculpture ? ». Les pièces ici brûlées, fragiles et malléables portent des traces de leur fabrication. Il y a de la tenue et de l’effondrement à la fois, de la construction et de la destruction, comme une représentation qui serait en mutation perpétuelle. Les modifications, les passages produits peuvent donner en retour une émotion, voire quelque chose d’angoissant, notamment dans la mise en abîme d’une représentation familière (la maison) ».

Joel Shapiro crée des sculptures ni figuratives ni abstraites, mais « motivées par des formes géométriques articulées qui deviennent, comme lui-même le dit, « la manifestation du corps ». Elles produisent sur le spectateur un effet notable : selon son propre regard, il peut reconnaître dans telle ou telle forme sculpturale la représentation d’une chose précise, concrète, référentielle. Shapiro l’exprime ainsi : « mes sculptures ne revendiquent pas autre chose que leur statut d’objet occupant l’espace ». Elles posent ces questions : l’espace existe-t-il et comment le saisir ? »

La galerie Karsten Greve présente jusqu'au 23 août 2014 une exposition de Joel Shapiro, sculpteur américain minimaliste américain célèbre pour ses sculptures de formes rectangulaires et en bronze monumentales, en équilibre instable, défiant la gravité. Un « artiste essentiel du paysage sculptural américain ».


Du 3 mai au 23 août 2014
A la galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme. 75003 Paris
 Tel: +33-(0)1-42 77 19 37
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h

Jusqu’au 18 mai 2014
Au MAM Saint-Etienne Métropole
rue Fernand Léger. 42270 Saint-Priest-en-Jarez
Tél. +33 (0)4 77 79 52 52
Tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h

Du 14 novembre 2013 au 11 janvier 2014
A la L.A. Louver Gallery
45 North Venice Boulevard.  Venice, Californie 90291
Tel: 310.822.4955 
Du mardi au samedi de 10 h à 18 h. Le lundi sur rendez-vous

Jusqu’au 20 octobre 2012
30, rue Beaubourg, 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 72 14 10
Du lundi au samedi de 10 h à 19 h

Visuels :
Joel Shapiro, Vues d’installation au Museum Ludwig, Cologne, 2011 ©Joel Shapiro. Photo Lothar Schnepf
Joel Shapiro, New Installation, 2012, commission, Rice University Art Gallery, Houston, Texas Photo: Nash Baker
Joel Shapiro, Untitled, 2002 – 2004, bronze blanc, 406.4 x 203.2 x 86.4 cm. © 2002-2004 Joel Shapiro / Artist Rights Society (ARS), New York. Image Courtesy of the artist. ADAGP, Paris 2014

Articles sur ce blog concernant :

Les citations proviennent des communiqués de presse. Cet article a été publié les 14 octobre 2012,  13 novembre 2013, 8 janvier et 18 mai 2014.

mardi 12 août 2014

Réaction de Virginie Guedj-Bellaïche à mon article sur les médias français Juifs (4/10)


Virginie Guedj-Bellaïche, alors journaliste à Actualité juive hebdo ainsi qu'à Osmose et maintenant à i24news, a commenté en 2013 mon article Un paysage médiatique Juif français contrasté, puis en 2014 sur Twitter sa réaction à cet article. Allégations non étayées d'arguments, revue de presse israélienne réduite à un journal, présentation partiale d'un invité de la table-ronde qu'elle modérait, autocensures, grave accusation infondée et irrespectueuse portée à mon égard en août 2014... Voici certaines caractéristiques de Virginie Bellaiche dont le commentaire initial est suivi de ma réponse.  Celle-ci, je l'espère, n'entraînera pas de vaine polémique.

Le 11 juin 2013, Virginie Guedj-Bellaïche a ainsi commenté mon article :
« Ce riche travail n'est pas apprécié pour plusieurs raisons :
- d'abord il est trop long, exhaustif soit main il me semble inadapté à la lecture du Net.
- il s'agit plus d'un catalogue que d'une vraie analyse.
- il suinte à mon sens, d'une certaine condescendance d'une "grande journaliste" vis à vis de la presse communautaire, sorte de 2ème classe des médias.
je ne dis pas que la presse juive est parfaire loin de là. mais je crois que vous ne la connaissez pas assez pour en mesurer les évolutions. je travaille depuis plus de 13 ans pour Actualité juive, il a évolué, s'est adapté. certes, il reste toujours du chemin à faire mais des sujets tabous il y a plusieurs années ont aujourd'hui parfaitement leur place dans les colonnes du journal. je pense notamment aux libéraux, à l'homosexualité, au sida etc...
enfin, que JewPop vous appelle gentiment mémé, n'est-il pas une facon de vous rendre la monnaie de votre pièce quand vous avez taclé le jeune âge de Laurent david Samama, nommé à la rédaction de l'Arche ? Un pic qui n'apparaît plus dans la version actuelle publiée
Cordialement
Virginie Guedj-Bellaïche »

Ma réponse à Virginie Guedj-Bellaïche :
« Bonjour Virginie,

Un rappel préliminaire : quand on finit un message par « Cordialement » suivi de ses nom et prénom, il est d’usage de dire « Bonjour », « Madame », voire « Chère consœur ».

Dès l’abord, tu adoptes un ton qui me semble celui d’une « professeur-en-journalisme-sur-Internet-corrigeant-une-copie-de-mauvaise-élève ». Mais qui es-tu Virginie Guedj-Bellaïche ?

Je crois que nous n’avons ni la même vision et la même pratique du journalisme, ni les mêmes valeurs.

Mon « riche travail n’est pas apprécié ». Mais par qui ? Sur les 11 commentaires publiés, j’ai reçu de magnifiques éloges : « Travail remarquable », « Très belle enquête », « Une juste et nécessaire mise au point », « Comme d'habitude votre analyse est exhaustive, sans complaisance ni critique inutiles », « Ce n'est pas un article, mais carrément une recherche, une étude. Beaucoup de critiques constructives », etc. Ceux qui n’ont pas apprécié sont ceux dont les médias – Information Juive, Akadem - sont visés par mon article, et toi. Tu conviendras que ce chiffre de trois est encore plus faible si on le compare aux milliers de lecteurs de cet article.

Certes, mon article, en fait un vrai dossier, est long. Mais quand on s’aventure à défricher un terrain inexploré, il s'avère difficile de savoir où s’arrêter… Et, par conscience professionnelle, j’actualise cet article/dossier. Les lecteurs y découvrent toujours des informations nouvelles intéressantes. Je publierai vraisemblablement mon dossier en un livre.

En quoi mon article/dossier te semble-t-il « inadapté à la lecture du Net » ? Sur ton blog Ca n'engage que moi... et encore, ton article Le beau gosse du lycée finit mal en général fait près de deux pages ! Publié par Le Monde, l'article Le coût caché du bac : 1,5 milliard d'euros avoisine les trois pages. Les articles de Caroline Glick, Daniel Pipes ou d’Ivan Rioufol sont eux aussi souvent longs. So what (Et alors) ? Les Internautes connaissent ma « valeur ajoutée » et me l’écrivent : informations originales, sujets intéressants, voire passionnants, analyses fondées, arguments pertinents, sources précises, etc. Ni eux ni moi n’avons un quelconque intérêt ou goût pour les articles courts bla-bla-bla. Mes articles les plus lus sont aussi parmi les plus longs, et notamment cet article. Et mes articles longs sont cités par des historiens, essayistes, etc.

Mon article serait « plus un catalogue qu’une vraie analyse » ?! Les Internautes ne partagent pas ton avis sur mon article/dossier : « tableau », « enquête », « analyse », « étude », « beaucoup de critiques constructives », etc. Virginie, as-tu bien lu mon article ?

Mon article « suinte ». J’accepte les critiques quand elles sont fondées, dénuées de méchanceté et exprimées avec courtoisie. Le verbe « suinte » ne me semble pas adéquat car il me parait avoir une connotation pour le moins désagréable.

C’est étrange que tu ne cites aucune phrase de mon article à l’appui de tes allégations. « Certaine condescendance d'une "grande journaliste" vis à vis de la presse communautaire, sorte de 2ème classe des médias » ?! Comment qualifier ton attitude de journaliste/modératrice lors de la table-ronde « De la judéophobie à l’antisionisme » lors de la Convention du CRIF en janvier 2013 : tu as donné d’emblée les fonctions précises de personnalités – « un homme politique, Jérôme Guedj » -, sauf celle de Philippe Karsenty que tu as présenté comme « un militant » alors qu’il est notamment maire-adjoint de Neuilly ! Des SMS de spectateurs ont alors exprimé leur indignation devant ta présentation.

Les Internautes partagent mes analyses sur des médias communautaires : « Il me semble difficile de détacher le constat de "médiocrité" des médias de tous les autres rouages officiels de la Communauté », « Une juste et nécessaire mise au point », etc. Et encore, je n’ai pas publié le commentaire le plus virulent car il comportait une phrase me semblant diffamatoire. Comment se fait-il qu’en plus de 12 ans de collaboration à des médias communautaires, je n’ai quasiment jamais rencontré mes confrères d’autres médias lors de la couverture événements ? Dois-je nommer cette journaliste qui a rédigé un bref compte-rendu de colloque en citant le nom d’un invité qui était… absent de ce colloque ? Ou ce journal qui a publié le même article, à l’identique, sur deux pages situées en vis-à-vis, mais signé par deux noms différents de "journalistes" ?

J’ai écrit mon article en journaliste : c’est-à-dire en restant factuelle, en soulevant des questions journalistiques, voire éthiques, etc. Sans parti pris. Sans mépris. Des journalistes de ces médias m’ont confié leurs opinions concordantes sur mon constat sur ces médias communautaires. Il ne tient qu’à ces médias de s’améliorer. Je donne d’ailleurs quelques pistes en ce sens…

Je travaille depuis 2001 dans des médias communautaires français, notamment de 2001 à 2004 pour Actualité juive. Je les lis/écoute depuis des décennies. J’ai décrit dans mon article leur évolution affligeante depuis une douzaine d’années. Pourquoi n’écris-tu pas un article sur ces médias ? Nous pourrions alors comparer ta vision et la mienne.

« Il a évolué, s’est adapté ». Qui « il » ? Et comment ? Toujours pas d’arguments à l’appui de tes allégations.

Quels « sujets tabous il y a plusieurs années ont aujourd'hui parfaitement leur place dans les colonnes du journal » Actualité juive hebdo ? Le 18 avril 2013, le Huffington Post a publié l’article peu convaincant La parenthèse Bernheim co-signé par Pauline Delpech et toi. As-tu proposé cet article à Actualité juive hebdo ? Si oui, pourquoi ne l’a-t-il pas publié ? Si non, pourquoi ? Pourquoi n’as-tu pas proposé un article similaire à cet hebdomadaire par exemple en 2011 ou en 2012 ? Pourquoi n’as-tu pas dit au public de la Convention du CRIF en janvier 2013 ton avis sur Gilles Bernheim ? Tu en présentais la séance plénière au cours de laquelle ce grand rabbin de France s’est exprimé et a été écouté avec attention et compréhension par le public. Ajoutons que "la parenthèse Bernheim" n'est pas close : ce grand rabbin a été nommé à une fonction majeure à l'Alliance israélite universelle (AIU) après ce scandale, et tous les médias ont évoqué les scandales Bernheim lors de la campagne électorale du grand rabbin de France en juin 2014.

De même, l’Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) devait appeler en 2013 une de ses maisons d’enfants du nom d’Andrée Salomon, résistante ayant participé au sauvetage d’enfants Juifs sous l'Occupation de la France par les Nazis. Au printemps 2013, l’OSE a informé les lecteurs du n°32 de son magazine Osmose du refus de l’ayant-droit d’Andrée Salomon. En effet, cet ayant-droit a eu la surprise de découvrir « sur le carton d'invitation commun de la Mairie de Paris, quelques jours avant l'inauguration, que I'OSE, après un premier accord de principe de [sa] part, avait entrepris d'ajouter subrepticement, le nom d'Eugène Schueller à la plaque commémorative de cet événement, sachant que ce dernier, le fondateur de L'Oréal, avait honteusement collaboré avec l’Occupant pendant la Deuxième Guerre mondiale. Quelle odieuse idée que de lier dans la pierre le souvenir d'un bienfaiteur à celui des bourreaux ! ». Virginie, tu es la rédactrice de ce numéro d’Osmose. As-tu proposé à Actualité Juive ou au Huffington Post un sujet d’article sur ces faits ? Je te suggère plusieurs angles : pourquoi et comment Roger Fajnzylberg, alors directeur général de l’OSE, association avec un tel passé historique, s’est-il comporté ainsi ? Sa nomination à la délégation générale de la Fondation OSE-Mémoire Enfance Solidarité est-elle adéquate ? Ce manque de respect à l’égard de cet ayant-droit correspond-il aux valeurs de l’OSE ? Pourquoi aucun média communautaire n’a-t-il consacré le moindre article au refus de cet ayant-droit ? Pour ne pas s'aliéner un annonceur majeur en pleine campagne de collecte de fonds ? Etc. Etc. Etc.

Alors, plus de « sujets tabous » dans ces médias communautaires, et notamment dans Actualité juive hebdo ? J’en doute.

Mes parents m’ont donné un joli prénom de fleur, Véronique. « Tata » est affectueux quand il est prononcé par un neveu ou une nièce. J’ai saisi l’allusion cinématographique aux « Tontons flingueurs ». Mais il y a me semble-t-il un dérapage vers « Mémé » qui est l’abréviation de « Mémère ». Où est la « gentillesse » dans « Mémé » ? Je suis surprise que tu n’aies pas relevé ses connotations.

« Rendre la monnaie de la pièce quand vous avez taclé le jeune âge de Laurent David Samama, nommé à la rédaction de l'Arche » ?! Je ne comprends pas. On répond à un article argumenté par des contre-arguments, pas pour « rendre la monnaie de la pièce ». D’autant que mon article est dénué de connotations péjoratives. J’ai effectivement relevé le jeune âge du rédacteur en chef Laurent-David Samama, car il dénote dans ce paysage médiatique où les rédacteurs en chef de ces médias avoisinent la cinquantaine, voire la soixantaine. Cette nomination soulevait des questions journalistiques : pourquoi avoir nommé à ce poste un homme aussi jeune, sans expérience de rédaction en chef d’un tel trimestriel, alors que L’Arche était en pleine mutation ? Pourquoi avoir mis fin si rapidement à sa fonction ?

« Un pic qui n'apparaît plus dans la version actuelle publiée ». Virginie, as-tu bien lu mon article ? Celui-ci contient toujours ces phrases : « Quelques constats. L’Arche a vu défiler trois rédacteurs en chef en un an, dont deux pour sa nouvelle formule – Laurent-David Samama, âgé de 24 ans et membre du comité de la rédaction de La règle du jeu, puis Shlomo Malka. Ce qui fait un peu beaucoup ».

Sur Linkedin, tu indiques dans ton Parcours que tu as été « pigiste » pour l’Œuvre de Secours aux enfants de 2006 à 2010. Or, j’ai été rédactrice en chef et seule journaliste pour ces trois numéros d’Osmose : 12 (octobre-décembre 2006), 13 (janvier-mars 2007) et 14 (avril-juin 2007). Peux-tu rectifier ? Sinon, cela entame la crédibilité de mon CV.

Cordialement,

Véronique Chemla »

Une "revue de presse israélienne" pour Jewpop
Le 10 juillet 2014, Jewpop a inauguré dans sa rubrique Comics une "revue de presse israélienne" assurée par Virginie Bellaïche et intitulée "Une semaine sous tension". Un titre banal. Quel sera le prochain titre si la tension persiste ?

Enfin, une revue de presse, c'est un bien grand mot pour quatre dessins du caricaturiste Guy Morad publiés par le quotidien Yedioth Aharonot les 6, 7 et 10 juillet 2014. Une revue de presse suppose pourtant une sélection de plusieurs médias...

Pourquoi des dessins ? Parce que "l'Ivrit" de Virginie Bellaiche, qui "vit en Israël depuis peu" est "très sommaire".

Pourquoi Guy Morad ? Certes, "en un dessin", il "permet de comprendre les grands enjeux de l’actualité du jour". Mais trois de ses quatre dessins présentent négativement   le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Exemple : ce dernier propose deux bidons d'essence à Benjamin Netanyahu, debout près d'une fenêtre d'où pénètrent des flammes. Des flammes en fonds de trois des quatre dessins. Pourquoi ce choix de présenter Lieberman contribuant à attiser un incendie ? Ces quatre dessins sont-ils représentatifs de la presse israélienne ? Pourquoi n'avoir pas publié aussi des dessins du célèbre dessinateur Yaacov Kirschen dont on peut voir les créations sur son blog DryBones ?

N'oublions pas la prose de Virginie Bellaiche :  quatre phrases introductives sur son insuffisante maîtrise de l'hébreu, et la traduction des mots ou de phrases dans l'encadré, dans une pancarte, dans un panneau des dessins. Seul un dessin est contextualisé brièvement.

Sur Twitter
Le 9 août 2014, Virginie Guedj-Bellaiche a participé à une conversation sur Twitter avec Jean-Marc Morandini sur la vie privée et le coming out.

A Kevin Vatant qui citait mon article sur elle, Virginie Guedj-Bellaiche a répondu : "et pour votre info "ma réaction" était juste un mail donc perso envoyé à une consœur . C'est tt ce que t'as trouvé ?"

En résumé : Virginie Bellaiche m'a accusée d'avoir rendu public son "mail... perso". Oubli ? Liberté par rapport à la réalité ? Volonté d'éviter de répondre aux questions et arguments dans mon article ? Ainsi que le prouve la photo publiée supra, je n'ai fait dans cet article que publier le commentaire public de Virginie Bellaiche sur mon blog. Si celle-ci avait voulu que son commentaire demeure confidentiel, elle avait le loisir de m'envoyer un courrier électronique ou un message privé sur Twitter ou sur Facebook. Ce qu'elle n'a pas fait.

Je garde confidentiels les messages "perso" qui me sont adressés. Et Virginie Bellaiche le sait.

Alléguer qu'une journaliste ne respecte pas le caractère personnel d'un mail, c'est gravissime : qui me fera des confidences par mail en croyant que je les divulguerai ?

Cette "experte" auto-proclamée en réseaux sociaux pensait que ce Tweet passerait inaperçu de moi !? Erreur.

Hourra ! Le 10 août 2014, Virginie Bellaiche exulte : elle est "venue à bout de tout le monde", sauf  "une sous tasse". Quel mépris à l'égard de la seule Internaute qui continue de Twitter sans partager son opinion !

Aux lecteurs de juger et d'apprécier l'élégance du comportement de Virginie Bellaiche. Je refuse d'être le "dommage collatéral" de son "tweet clash".

On ne sait ce qui est le plus lamentable et choquant de la part de Virginie Bellaiche : se poser comme victime d'une consœur indélicate ? Porter atteinte à ma réputation professionnelle, et ce, sans regret ni remord ? Manifester une conception minimaliste et un peu prétentieuse d'une "revue de presse israélienne" ? Son dédain à l'égard des avis divergents? Un mépris inversement proportionnel à la très haute opinion qu'elle se fait d'elle ? Son refus ou son incapacité de se remettre en question et de faire son mea culpa ? Ses autocensures préjudiciables à l'information des lecteurs ?

Je conclurai en citant la Charte d’éthique professionnelle des journalistes "(Syndicat national du journalisme, 1918/38/2011) dans la dernière version de la Charte de déontologie, fondatrice de la profession, adoptée par le Comité national en mars 2011, pour le 93e anniversaire du SNJ" :.
"Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre.
(...)
Un journaliste digne de ce nom :
(...)
• Respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence ;
• Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;
(...)
• Dispose d’un droit de suite, qui est aussi un devoir, sur les informations qu’il diffuse et fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révélerait inexacte ;
(...)
• Défend la liberté d’expression, d’opinion, de l’information, du commentaire et de la critique ;
(...)
Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ;
• Cite les confrères dont il utilise le travail, ne commet aucun plagiat ;
(...)
Garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations".

Des devoirs inscrits aussi dans la Charte de Munich (ou "Déclaration des devoirs et des droits des journalistes), signée le 24 novembre 1971 à Munich et adoptée par la Fédération européenne des journalistes et celle internationale des journalistes" (FIJ) :
"1. Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité ;
2. Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ;
(...)
5. S’obliger à respecter la vie privée des personnes ;
6. Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ;
7. Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement
8. S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information".

A quand un rectificatif public de Virginie Bellaiche ?

Le 12 août 2014, Virginie Bellaiche m'a écrit un message personnel qui m'a blessée.

A Jean-David qui lui apprenait sur Twitter que j'avais "mis à jour" mon "dossier", elle a répondu : "@VeroniqueChemla dans sa grande exhaustivité a omise de rappeler que je l'ai appelée pour parler et qu'elle m'a raccroché au nez", puis a ajouté "@jdichay faut bien remplir un blog...."

Passons sur les fautes de français. "Faut bien remplir" un compte Twitter...

Virginie Bellaiche ne présente pas d'excuse et n'argumente pas. Comment réagirait-elle si une Internaute avait porté la même atteinte à son honneur de journaliste ?

Rectifions : avant de raccrocher, j'ai dit que je ne voulais pas lui parler. Virginie Bellaiche a insisté. Je l'ai alors prévenue que j'allais raccrocher. Elle a continué, alors j'ai raccroché. Pourquoi ? Je n'ai pas de temps à perdre quand je ne suis pas respectée et dans un dialogue de sourds où quasiment chaque phrase me blesse. Virginie Bellaiche et moi ne pouvons pas nous comprendre. Donc, je ne lui réponds plus. Et j'espère qu'elle cessera de parler de et à moi.

Cet article est l'un de mes 650 articles publiés sur mon blog. Je ne l'ai republié que parce que Virginie Bellaiche a porté atteinte à ma e-réputation et à mon honneur de journaliste. J'ai rétabli la vérité.

J'avais épinglé sa "revue de presse israélienne" car elle était partiale ainsi que peu pertinente, et car Jewpop, subventionné par des organisations communautaires françaises, me semblait devoir être neutre dans le conflit au Proche-Orient.

Je souhaite que Virginie Bellaiche me respecte, et notamment mon droit d'auteur.

A lire sur ce blog :
Articles in English 

Cet article a été publié le 11 juin 2013. Il a été actualisé le 13 août 2014.