mardi 22 août 2017

« Israël : le long de la ligne verte »


Arte rediffusera le 23 août 2017 dans le cadre d’Arte Reportage « Israël : le long de la ligne verte » (Israel: Entlang der Grünen Linie). Le « rendez-vous du grand reportage » partial.


« Dédié à l’actualité européenne et internationale, ARTE Reportage témoigne des soubresauts du monde. Des documents exceptionnels et souvent exclusifs, présentés en alternance par Andrea Fies et William Irigoyen, tous les samedis ».

Le 3 mai 2017, durant chabbat, Arte diffusera deux « documents » : l’un sur Israël, l’autre sur le Soudan du Sud.

Israël : le long de la ligne verte
Une « frontière longue de 350 kilomètres sépare Israël et la Cisjordanie ». Ce n’est pas une frontière, mais une ligne d’armistice, de cessez-le-feu comme l'indique, incidemment, le reportage.

Une « ligne tracée sur une carte d’État-major en 1949, qui court de la Galilée, au nord, jusqu'au désert de Judée, au sud, en traversant Jérusalem ». Donc, des territoires bibliques.

« Censée définir les contours d’un futur État palestinien » - non, le plan de partage de la Palestine mandataire de l’ONU prévoyait un Etat Juif, un Etat arabe et un corridor autour de Jérusalem -, cette « ligne verte » est « en fait une frontière introuvable ». Donc, n’est pas une frontière.

« Depuis leur victoire lors de la guerre des Six Jours en 1967, les Israéliens ne cessent de l’effacer ». On ne peut pas effacer ce qui n’existe pas. Ces territoires n'ont pas été "conquis", mais libérés de l'occupation jordanienne non reconnue par l'ONU.

De Jénine à Jérusalem, « l’équipe d’ARTE Reportage l'a longée pour mesurer les bouleversements qui, depuis un demi-siècle, rendent quasi impossible le partage du territoire entre Israéliens et Palestiniens ». Pourquoi le partager avec des Arabes palestiniens qui refusent tout partage ? « Ce barrage est fait pour humilier le peuple palestinien… Tout cela est notre pays. C'est une seule terre, la Palestine. C’est l'opinion du peuple palestinien, pas mon opinion personnelle », déclare un Arabe palestinien qui ne distingue pas entre les deux côtés de la Ligne verte. Quid de la bande de Gaza ?

Jérusalem, « c’est notre ville sainte, le roi David y a été couronné, son fils y a construit le Temple, Toute notre histoire est ici. Jérusalem fait partie du peuple juif », résume une Israélienne.

Quel est l'intérêt de ce énième reportage qui omet des vérités historiques ? Par exemple, pourquoi les Juifs ont-ils été empêchés de se rendre au Kotel lors de l'occupation illégale de la vieille ville de Jérusalem par la Jordanie, qui en 1948 y avait détruit une  cinquantaine de synagogues et profané des cimetières juifs ? La marche des drapeaux ne marque pas "la conquête" de Jérusalem, mais sa libération, prélude à sa réunification.

Et ce sont Véronique Cayla, présidente, Alain Le Diberder, directeur des programmes, et les responsables de secteurs d’Arte France qui ont refusé de diffuser Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, documentaire écrit et réalisé par Joachim Schroeder et Sophie Hafner. « Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme ». Un « documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes. Pour Arte France, « la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders », a résumé Luc Rosenzweig, journaliste. Finalement, Arte a diffusé ce documentaire une seule fois, sans l'annoncer sur les réseaux sociaux ni dans son programme le 21 juin 2017, à 23 h.

Soudan du sud : la guerre, la faim, les rebelles
Les Nuer « sont en guerre. Ce peuple de la haute vallée du Nil, qui a survécu à l'Empire Ottoman, aux colons Anglais et à la domination arabe au temps du Soudan uni, est aujourd'hui partie prenante du conflit qui déchire le Soudan du Sud ». 

« Assiégés par les troupes gouvernementales, encadrés par une armée rebelle qui les protège tout en les entraînant vers les plus grands dangers, les Nuer sont à nouveau menacés ». 

Des « dizaines de milliers de personnes sont déplacées ou réfugiées en Éthiopie. Mais les hommes n'ont d'autre choix que de se battre pour défendre la terre de leurs ancêtres ».
Pas un mot sur l’islamisme.
          

2016, 52 min
Sur Arte les 3 juin 2017 à 18 h 50, 23 août 2017 à 6 h 20

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 2 juin 2017.

« L'huile d'argan, l'or blanc du Maroc » de Roberto Lugones


Arte rediffusera le 21 août 2017 à 9 h 30, dans le cadre de 360°-Géo, « L'huile d’argan, l'or blanc du Maroc » (Arganöl - Marokkos weißes Gold) de Roberto Lugones (2008). Un documentaire daté sur l’argan, fruit de l’arganier dont on extrait une huile aux nombreux bienfaits, exportée dans de nombreux pays. D’un quasi-monopole et d’une activité traditionnelle liée aux Amazighs marocains à la concurrence israélienne.
Haut de huit à dix mètres, le tronc noueux, les branchages hérissés d’épines, le cime large et arrondie, résistant à la sécheresse, des racines pouvant chercher l’eau très profondément, embelli par des fleurs hermaphrodites apparaissant en mai-juin.

Tel apparaît l'arganier ou Argania spinosa

« Exception marocaine »
Cet arbre fruitier pousse traditionnellement dans l’Atlas marocain dans la plainte du Souss (sud-ouest du Maroc) – l’arganeraie couvre environ 800 000 hectares, soit environ un sixième de la forêt marocaine -, et dans la région de Tindouf, à l’ouest de l’Algérie. Sa durée de vie varie de 150 à 200 ans.

Longtemps, seuls les arganiers marocains donnaient des fruits, dénommés argans. Des fruits à coque dure, longs de trois centimètres, de couleur jaune-brun. 

Mûr, l’argan renferme une noix dure contenant deux ou trois « amandons ». Dromadaires et chèvres apprécient les feuilles vertes et le fruit de l’arganier, dont elles délaissent le noyau. Grimpant aux arbres, "les chèvres dévorent les jeunes pousses et épuisent les arganiers".

Dès le Xe siècle, des livres en arabe  mentionnent l’arganier, et des botanistes européens s’y intéressent. L’arganier relève d’un statut complexe : considéré comme un don de Dieu, il est aussi associé à la magie. A leurs invités, les Amazighs ou Berbères du Souss offrent thé, huile d’argan et miel.

« Depuis des siècles au Maroc, des femmes » amazighes vivant dans l’Atlas « extraient des fruits de l'arganier une huile très recherchée pour sa saveur et ses bienfaits sur la peau. Il y a peu, il aurait été impensable pour une villageoise marocaine d'avoir une activité hors de son foyer, de son douar, de son hameau. Elles sont désormais nombreuses à travailler dans des coopératives féminines », telle Marjana qui regroupe 37 membres soudées. Les nouvelles membres sont choisies en fin d'années. Les membres de Marjana touchent 1200 dirhams/mois, soit plusieurs centaines d'euros. A cette rémunération, s'ajoutent les bénéfices. Les coopératives permettent aux femmes élevant seules leurs enfants d'acquérir leur autonomie financière, et de financer des projets, tel l'agrandissement de leur maison. Les maris travaillent souvent loin du village et reviennent régulièrement au foyer familial. Marjana organise aussi l'accueil des touristes intéressés par le concassage du fruit, etc. Dans d'autres coopératives, des enfants et adolescentes travaillent pendant leurs vacances scolaires. Certaines Marocaines préfèrent travailler à domicile à concasser les fruits, afin de pouvoir s'occuper de leurs jeunes enfants. Dans cette région, les unions entre Berbères et Arabes sont fréquentes. Jeans et foulards islamiques constituent les vêtements féminins.

Ramassés en veillant à éviter les scorpions, les noix sont séchées au soleil pendant une semaine. La pulpe dégagée de la noix sert d'aliment pour le bétail. Reste le noyau cassé pour récupérer les amandons. Les coques servent de combustibles. Les amandons sont torréfiés : trop torréfiés, ils ont un goût de brûle, pas assez torréfiés, le goût devient amer. Les amandons sont alors broyés manuellement dans un moulin de pierre. Une purée fluide tombe dans la bassine. Elle est malaxée en pâtons servant à l'alimentation du le bétail. Il faut 40 kg de fruits pour produire un litre d'huile d'argan alimentaire. Cette coopérative produit quatre litres d'huile d'argan par jour. "Précieuse et recherchée", cette huile alimentaire "aux reflets d'ambre" sublime un mets. "La fabrique de tapis ne rapporte plus. Il n'y a plus que la coopérative", précise une jeune Marocaine.

Pressé, l’argan produit une huile aux vertus appréciées dans la gastronomie, en cosmétologie – soins capillaires, du corps, prévention du vieillissement de la peau -, par la médecine – risques cardiovasculaires prévenus - et la pharmacologie : riche en vitamines E, antioxydants et en acides gras, cette huile favorise la cicatrisation, contribue à la lutte contre les vergetures. L'huile d'argan est aussi utilisée pour des massages corporel.

A noter que l’huile d’argan cosmétique est produite par pression à froid, est est très chère - il faut malaxer trois à quatre heures pour extraire manuellement un litre. Par contre, les amandons sont torréfiés pour produire une huile alimentaire odorante, à la couleur plus foncée, au goût proche de celui de la noisette et moins onéreuse. La production d’un litre d’huile d’argan requiert les fruits d’une demi-douzaine d’arganiers.

Cet « or vert » joue un rôle important dans l’économie marocaine - le Maroc produit de 2 500 à 4 000 tonnes d’argan par an -, ainsi que dans les sociétés rurales. Deux millions de Marocaines vivent de l’huile d’argan, en travaillant pour des coopératives ou des industries. Essaouira se développe aussi grâce à la vente des amandons - le prix du kg a quadruplé en quelques années - et de l'huile d'argan (le prix de l'huile d'argan pure vaut 130 dirhams, soit 13 euros). Les industries privilégient des machines modernes produisant en grandes quantités : jusqu'à 50 litres par heure. Des industries exportent trois à quatre tonnes d'huiles d'argan à qualité constante.


Depuis 1998, une zone de 830 000 hectares d’arganeraies entre Agadir et Essaouira, ancienne Mogador - "un port où arrivaient les navires chargés d'épices et d'esclaves", des boutiques proposent des dérivés de l'huile d'argan -, bénéficie de l’appellation « réserve de biosphère de l’arganeraie » de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Les réserves de biosphère « sont des zones comprenant des écosystèmes terrestres, marins et côtiers. Chaque réserve favorise des solutions conciliant la conservation de la biodiversité et son utilisation durable. Au nombre de 651 réserves de biosphère dans 120 pays, les réserves de biosphère sont « des sites de soutien pour la science au service de la durabilité » – des lieux spéciaux où tester des approches interdisciplinaires afin de comprendre et de gérer les changements et les interactions entre systèmes sociaux et écologiques, y compris la prévention des conflits et la gestion de la biodiversité ». Le « but de la Réserve de biosphère Arganeraie est d’aider à assurer la protection et l'utilisation durable des arganiers en leur permettant de servir en tant qu’énergies renouvelables bénéficiant les communautés locales vivant dans les réserves biosphère, ainsi que pour la région en général ». 

En 2010, l'Union européenne a attribué à l’huile d’argan l’indication géographique protégée (IGP). Un avantage en termes d’image, de commercialisation.


L’argan a été inscrit en 2014 (9.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco  : « L’arganier est une espèce sylvestre endémique… Différentes tâches, dont la réalisation se transmet par voie d’imitation et par l’apprentissage non formel, sont nécessaires pour obtenir l’huile, qui trouve de nombreux usages dans l’alimentation, la médecine et la cosmétique. Ces tâches sont la cueillette des fruits, leur séchage, le dépulpage, le concassage, le tri, la mouture et le malaxage ».

Le « moulin à bras spécifique est fabriqué par des artisans locaux, et le malaxage suppose l’ajout progressif d’eau tiède selon des quantités précises. Tous les aspects culturels relatifs à l’arganier, dont la culture de l’arbre, l’extraction de l’huile, la préparation des recettes et des produits dérivés, et la confection des outils artisanaux nécessaires aux différentes tâches contribuent à la cohésion sociale, à l’entente entre les individus et au respect mutuel entre les communautés. L’huile d’argan s’offre en cadeau de mariage et s’utilise fréquemment pour la préparation de plats de cérémonie. Les savoir-faire traditionnels portant spécifiquement sur l’extraction de l’huile et ses multiples usages sont transmis par les « arganières », qui apprennent à leurs filles, dès leur plus jeune âge, à les mettre en pratique ».

Parfois trop diluée pour produire ses effets bénéfiques, souvent contrefaite, souffrant d’une commercialisation déficiente, l’huile d’argan marocaine s’avère peu satisfaisante à certains égards. 

D’autant que le Maroc  ne semble pas avoir développé les recherches horticoles et partenariats entre universitaires et les responsables de la gestion des forêts, a détruit des arganeraies pour édifier l’aéroport d’Agadir et sous l’effet de l’agriculture intensive ainsi que de la croissance démographique. 

Par ailleurs, l’arganier est menacé par sa disparition progressive – densité moindre des forêts d’argans, replantation insuffisante -, et son bois dur est utilisé par des Marocains pour leur chauffage.

Afin d’assurer « le développement durable de cette réserve de biosphère » et d’aider à satisfaire les besoins énergétiques de la communauté locale », l'UNESCO et l'Agence nationale marocaine pour le développement des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique (ADEREE) ont organisé un séminaire, à Marrakech (Maroc) en mars 2015, pour débattre sur ces questions.

« L'accès aux sources d'énergie renouvelables est très important pour les réserves de biosphère de l'UNESCO. Grâce à l'Initiative RENFORUS - Futures d'énergie renouvelable pour les sites de l'UNESCO - l'organisation promeut l'utilisation des réserves de biosphère comme observatoires sur le terrain concernant l'utilisation durable des sources d'énergie renouvelables. Il combine l’objectif de conservation de la nature avec celui du développement durable, fondé sur la participation de la communauté locale et du secteur privé ».

Le « séminaire, qui a réuni les principales institutions nationales et parties prenantes, ainsi que des scientifiques et experts internationaux, a souligné les défis socio-économiques de gestion auxquels la forêt et ses habitants doivent faire face ». En outre, il « a démontré comment l'énergie renouvelable pourrait être une solution viable sur le long terme. Sur la base de ces discussions, ADEREE et l’Agence nationale pour le Développement des zones oasiennes et de l'arganier (ANDZOA), le Comité national MAB (Programme sur l’Homme et la biosphère) du Maroc, la Réserve de biosphère Arganeraie, et avec le soutien du bureau de l’UNESCO à Rabat et le Siège de l’UNESCO, vont développer un plan d'action pour les énergies renouvelable dans cette réserve de biosphère, formant partie du cadre général de la stratégie de l'énergie renouvelable au Maroc ».

Monopoles contestés
"Dans les années 1980, Pierre Fabre, fondateur des laboratoires du même nom, découvre cette huile pressée et récoltée par les femmes marocaines qui l'utilisent alors pour la cuisine, a confié Bernard Fabre, responsable recherche et développement des produits végétaux de l'entreprise, à M le magazine du Monde (14 février 2014). Il la rapporte en France, l'analyse et démontre son pouvoir antioxydant, puis la fait entrer dans une gamme de soins anti-âge chez Galénic."

En 1983, la société Pierre Fabre  Dermo Cosmétique avait déposé la marque « ARGANE », et vendu une crème à base d’huile d’argan. Dans un procès en contrefaçon de cette marque et opposant Pierre Fabre à la société Clairjoie, la Cour de cassation a condamné le 6 mai 2014 Pierre Fabre : elle a annulé sa marque « ARGANE » « pour dépôt frauduleux et défaut de caractère distinctif… Ce terme était exclusivement descriptif de la composition des produits désignés par la marque ».

Ce monopole du Maroc est contesté depuis 2012 par l’entreprise israélienne Sivan qui fabriquera prochainement de l’huile d’argan en Israël. 

Au terme de 25 ans de recherches agronomiques et de sélections puis clonage d’arbustes poussant à partir de graines marocaines, Sivan a découvert une souche de l’arganier appelée Argan 100, qui fournit des arbres plus productifs – jusqu’à cent kilos de noix par an, soit dix fois plus qu’un arganier marocain -, adaptés au climat méditerranéen, résistants aux maladies, et produisant des noix dix fois plus grandes que celles des arganiers marocains. 

Des forêts d’environ 2 500 arganiers ont été plantées dans la région d’Ashkelon, d’Arava et du Néguev. Il faut patienter quinze ans pour voir apparaître les noix sur l’arganier. Cinquante kilos de noix d’argans sont nécessaires pour produire un litre d’huile d’argan pure. 

A suivre…

   
Arte, 2008, 53 min
Sur Arte les 24 septembre 2015 à 12 h 25, 2 avril 201621 août 2017 à 9 h 30

Visuels :
Ces jeunes femmes montrent le changement de la mode dans la société marocaine.

© Medienkontor FFP

© Direction du patrimoine culturel de l'UNESCO

A lire sur ce blog :
Les citations sont extraites d'Arte et de l'Unesco. Cet article a été publié le 24 septembre 2015, puis le 31 mars 2016.

lundi 21 août 2017

« Une aventurière en Irak : Gertrude Bell » par Zeva Oelbaum et Sabine Krayenbuhl


Arte diffusera le 22 août 2017 « Une aventurière en Irak : Gertrude Bell » (Von Britannien nach Bagdad: Gertrude Bell ; Letters from Baghdad), documentaire par Zeva Oelbaum et Sabine Krayenbuhl. Un « portrait fascinant de Gertrude Bell (1868-1926), l'une des exploratrices les plus influentes du début du XXe siècle. Cette aventurière a contribué à façonner, avec des répercussions parfois funestes, le Moyen-Orient d'aujourd'hui » en soutenant la dynastie Hachémite dans les actuels Iraq et Jordanie. Elle était opposée à la déclaration Balfour.

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« Gertrude Bell était une femme de tête et de cœur, vertigineuse », disait d’elle T.E. Lawrence (Lawrence d'Arabie).

Voyageuse
Gertrude Bell  naît dans une famille aisée d’industriels. Son grand-père Sir Isaac Lowthian Bell était un parlementaire libéral et membre d'un gouvernement de Benjamin Disraeli.

En 1871, Mary Shield Bell, mère de Gertrude, meurt en accouchant de son fils Maurice. Cette mort prématurée marque une fille âgée alors de trois ans, et la rapproche de son père, Sir Hugh Bell.

Quatre ans plus tard, Sir Hugh Bell se remarie avec Florence Olliffe, dramaturge, auteur d'histoires pour enfants et d'une étude sur les ouvriers des usines de Bell. Le couple a trois enfants. Florence Bell instille le sens du devoir chez Gertrude Bell et contribue à son développement intellectuel.

En 1886, elle obtient un diplôme d’histoire d’Oxford en deux ans et avec mention.

« Tour à tour exploratrice, archéologue et espionne, Gertrude Bell délaisse très jeune l'Angleterre victorienne pour s'aventurer dans le désert d'Arabie qu'elle sillonne de longues années à dos de chameau, parée de ses plus belles toilettes ».

Avec son appareil photographique, elle saisit le désert et les sites archéologiques qui la fascinent.

Dotée d’une solide constitution physique, cette alpiniste polyglotte voyage au Japon, aux Etats-Unis et en Amérique du sud, en France, à Bucarest et Téhéran où elle rencontre son oncle ambassadeur, Sir Frank Lascelles. Sur son séjour en Iran, elle écrit Persian pictures (1894).

Elle effectue deux tours du monde : en 1897-1898 et en 1902-1903.

En 1899, elle se rend en Eretz Israël, alors dans l’empire ottoman, à Damas, à Bagdad, et étudie le persan, l’arabe et le turc. Ce qui lui inspire son livre Syria, the desert and the sown publié en 1907.

 Elle impressionne les dirigeants de l’Armée britannique et les sheikhs tribaux.

Adoptant une attitude hardie dans des mondes conservateurs, elle méprise les femmes luttant pour acquérir le droit de vote.

Féminine, surnommée la « dame » ou « la reine du désert », Gertrude Bell emporte avec elle sa collection de chaussures, ses robes du soir, sa baignoire, ses plats…

De 1900 et 1914, Gertrude Bell mène six expéditions archéologiques et diplomatiques entre le Levant et l'Euphrate.

« Pendant la Première Guerre mondiale, cette Anglaise à l'arrogance affichée » s'engage volontairement à la Croix-Rouge en France. Elle « est recrutée par les services de renseignements de l'armée britannique ».

Elle est bouleversée par la mort au front en 1915 du major Charles Doughty-Wylie dont elle était éprise.

Elle est témoin du génocide commis par les Ottomans à l'égard des Arméniens - un génocide dont elle saisit la spécificité par rapport aux massacres précédents - et de la vente d'Arméniennes au marché.

« Agent secret et ambassadrice occulte au service de Sa Gracieuse Majesté durant la Grande Guerre, elle est la seule femme à participer au titre de conseiller aux conférences internationales de 1919 et 1921 ».

« Appréciée pour ses connaissances pointues des ethnies locales, notamment des communautés bédouines, et sa maîtrise de la langue arabe, Gertrude Bell va dessiner les frontières du futur État irakien au sein du bureau colonial, au côté de son ami – le célèbre Lawrence d'Arabie. Dans un univers largement dominé par les hommes, elle devient la femme la plus influente de l'Empire britannique ».

Comme T.E. Lawrence, elle conjugue courage et vulnérabilité affective.

Gertrude Bell est opposée à la déclaration Balfour, et est persuadée que la terre confiée au peuple juif par cette déclaration est « pauvre, incapable d’un grand développement ». « I hate Mr Balfour's Zionist pronouncement with regard to Syria. It's my Bellief that it can't be carried out; the country is wholly unsuited to the ends the Jews have in view; it is a poor land, incapable of great development and with a solid two thirds of its population Mohammadan Arabs who look on Jews with contempt. I think myself that they will ficher themselves pas mal of Zionist ambitions, which it would be an invidious task to try and force upon them. To my mind it's a wholly artificial scheme divorced from all relation to facts and I wish it the ill-success it deserves - and will get, I fancy », écrit Gertrude Bell le 25 janvier 1918 à Dame Florence Bell, sa belle-mère.

Gertrude Bell « convainc même Winston Churchill, à l'époque secrétaire d'État aux colonies, de nommer Fayçal Ibn Husseïn, leader sunnite de la révolte arabe de 1916-1918, premier roi d'Irak. La « Khatoun » (« princesse »), comme la surnomment les Arabes, sera sa conseillère jusqu'à sa mort en 1926. Le choix de placer un souverain sunnite à la tête d'une population en majorité chiite pèse encore lourdement sur l'Irak d'aujourd'hui ».

A la fin de sa vie, Gertrude Bell est chargée des Antiquités par le gouvernement irakien et contribue à fonder le musée archéologique de Bagdad, actuel musée national d’Iraq. Elle lutte contre les voleurs et trafiquants d’objets archéologiques.

En 1927, Florence Bell publie, en deux volumes, les lettres de Gertrude Bell écrites dans les vingt années précédant la Première Guerre mondiale.

Reine du désert
« Raconté avec ses propres mots, à partir de lettres, de journaux intimes, dits par l'actrice Sandrine Bonnaire, et de documents officiels, « Une aventurière en Irak : Gertrude Bell » (Letters from Baghdad), documentaire par Zeva Oelbaum et Sabine Krayenbuhl retrace de manière singulière l'incroyable destin de Gertrude Bell ».

Ce documentaire « explore  avec subtilité la personnalité hors du commun de cette femme audacieuse, à la fois colonialiste et profondément engagée auprès du peuple irakien, qu'elle a appris à connaître et apprécier. Gertrude Bell a fondé le musée d'Irak mais aussi contribué à modeler le Moyen-Orient actuel, une influence dont elle n'imaginait sans doute pas les répercussions politiques néfastes ».

« Grâce à des images d’archives extraordinaires, en grande partie inédites et restaurées, ainsi que des interviews reconstituées de ses contemporains, l'exploratrice livre sa vision du Moyen-Orient nous transportant un siècle en arrière, au temps des empires coloniaux et du réveil nationaliste en Mésopotamie ».

C’est Liora Lukitz, historienne israélienne de l’Iraq, qui a « redécouvert » Bell à qui elle a consacré la biographie A Quest in the Middle East - Gertrude Bell and the Making of Modern Iraq (I.B. Tauris, 2006).
         
Juifs irakiens
Le blog Jewishrefugees a évoqué la perception des Juifs irakiens par Gertrude Bell en publiant un extrait des lettres de l’espionne britannique. Ces lettres sont lisibles sur un site universitaire consacré à Gertrude Bell.

Gertrude Bell décrit les Juifs comme constituant « une partie de la population importante, riche, intelligente, cultivée, active ».

Et elle espère que certains de ses illustres représentants, dont Sassoon Eskel (1860-1932), qu’elle dénomme Sasun Effendi et dont elle loue la « sagesse et la modération habituelles », seront des acteurs clés dans la construction du nouvel Iraq :

« The Jews form a very important part of the population, rich, intelligent, cultivated and active. One example of their attitude towards the new order will be enough to show their quality. It has been given out that all the subjects of the Sultan would ultimately be called upon to perform military service; the law (which has since been passed) had not yet assumed a definite shape and many were of the opinion that it would be found impossible to frame it. Not so the Jews of Baghdad. As soon as the idea of universal service had been conceived, a hundred young men of the Jewish community applied for leave to enter the military school so that they might lose no time in qualifying to serve as officers. The permission was granted, and I trust that they may now be well on the road to promotion. The Christians showed no similar desire to take up the duties of the soldier. »(Amurath à Amurath, 1911)

« I'm now going to cultivate the Jew community - there are 80, 000 in Baghdad out of a pop. of 200, 000- and find out more about them. So far, I've only met the bigwigs, such as the Chief Rabbi. There's no doubt they will be a great power here some day ». (Lettre à ses parents, 1917)

« I'm making great friends with two Jews, brothers one rather famous, as a member of the Committee of Union and Progress and a deputy for Baghdad. His name is Sasun Effendi. They have recently come back from Constantinople (Istanbul) - they were at the first tea party I gave for you here. I've known Sha'al's wife and family a long time. They are very interesting and able men. Sasun, with his reputation and his intelligence, ought to be a great help ». (Lettre à ses parents, 14 juin 1920)

« The man I do love is Sasun Eff. and he is by far the ablest man in the Council. A little rigid, he takes the point of view of the constitutional lawyer and doesn't make quite enough allowance for the primitive conditions of the 'Iraq, but he is genuine and disinterested to the core. He has not only real ablility but also wide experience and I feel touched and almost ashamed by the humility with which he seeks - and is guided by - my advice. It isn't my advice, really; I'm only echoing what Sir Percy thinks. But what I rejoice in and feel confident of is the solid friendship and esteem which exists between us. And in varying degrees I have the same feeling with them all. That's something, isn't it? that's a basis for carrying out the duties of a mandatory? »  (Lettre à son père Sir Hugh Bell, 18 December 1920)

Sassoon Eskel est né dans une famille bagdadi juive aristocratique, les Shlomo-David. Ce sioniste avait pour cousin Siegfried Sassoon (1886-1967), poète et soldat britannique.

Sassoon Eskel suit sa scolarité dans un établissement de l’Alliance Israélite universelle à Bagdad.

Son père avocat, rabbin et philanthrope, Ezra Sassoon, l’envoye ensuite se former au droit et économie à Istanbul (Constantinople), Londres et Vienne. Polyglotte, Sassoon Eskel parle neuf langues : arabe, persan, turc, hébreu, grec, allemand, français, latin et anglais.

De retour en 1881 à Bagdad, Sassoon Eskel travaille comme dragoman (interprète) pour l’administration de Bagdad, et occupe un poste important dans les services de gestion de l’eau avant son élection en 1908 au conseil municipal de Bagdad comme échevin.

Apprécié des Ottomans, il remplit deux mandats à ce titre, puis est désigné comme conseiller spécial du ministère de l’Agriculture et du Commerce.

En 1920, il joue un rôle important dans la fondation des lois et de l’infrastructure financière du gouvernement irakien. Il est ministre des Finances à cinq reprises et député de Bagdad dans le premier parlement du royaume. Un parlementaire réélu jusqu’à son décès.

En 1921, quand Winston Churchill organise la conférence du Caire pour discuter de l’avenir de l’Iraq, de la Jordanie et d’Israël, Eskell est un des deux Irakiens envoyés pour déterminer le futur du pays et choisir son roi.

En 1923, le roi George V lui décerne le titre de Chevalier.

Eskell s’est vu qualifier du vocable turc laudateur « Effendi » et reçoit la Médaille al-Moutamayez ottomane. Il est aussi distingué par le roi Faisal.

Eskell est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris où il suivait un traitement médical. Sa bibliothèque réputée est pillée, et sa collection perdue après 2003.

Le 5 août 2016, la municipalité de Bagdad a annoncé qu’elle démolira la maison centenaire de Sir Sassoon Eskell et allouera le terrain à un promoteur immobilier. Cette maison était située rue Rashid, dans le centre de la ville, parallèlement à une rive du Tigre.

Sa’id Hamza, directeur du département d’investigation des sites patrimoniaux au sein du ministère irakien du Tourisme et des Antiquités, a qualifié cette décision de « violation » de la loi. Il a ajouté que « la maison d’Eskell est composée de deux parties : l’une devant aller au ministère des Finances, et l’autre à l’héritier, Albert Sassoon Eskell.

Malgré cette protestation, la maison a été détruite.

« La nouvelle de cette démolition a été reçue [à Bagdad] avec une grande tristesse. Chaque intellectuel irakien, toute personne intéressée par le passé du pays, sait qui Yechezkel Sassoon était », a déclaré Nabil al-Rube’l, historien irakien spécialisé dans l’histoire des Juifs babyloniens. Et d’ajouter ironiquement : « J’aimerais remercier notre pays, notre gouvernement et ses institutions pour avoir honoré, par cette démolition, la grande contribution de Sassoon en tant que serviteur public dévoué qui a utilisé de bonne foi et avec honnêteté l’argent public ».

Indigné par cette démolition, le poète Mohammed al-Rakabi a écrit un poème partagé sur Internet : « Sassoon, votre demeure est dans notre cœur. L’amour demeure et ne mourra pas dans les chaines. Si vous étiez né dans un pays qui reconnait ses fondateurs, les ignares ne seraient pas parvenus à devenir des maîtres ».
    

« Une aventurière en Irak : Gertrude Bell » par Zeva Oelbaum et Sabine Krayenbuhl
Between the Rivers Productions (USA) en coproduction avec YUZU Productions  en collaboration avec ARTE France, 2016, 88 min
Sur Arte le 22 août 2017 à 20 h 50

Visuels :
Un portrait de Gertrude Bell, aventurière et espionne Britannique, qui a parcouru l'Irak et ses pays limitrophes pour dessiner les frontières.
Un portrait de Gertrude Bellen 1921. Aventurière et espionne Britannique, elle a parcouru l'Irak et ses pays limitrophes pour dessiner les frontières.
Winston Churchill, Gertrude Bell et Lawrence d’Arabie au Caire lors de la Conférence du Caire de 1915
Photo non datée de Gertrude Bell, aventurière et espionne Britannique, qui a parcouru l'Irak et ses pays limitrophes pour dessiner les frontières
Une photo du site historique de Palmyre prise par l'aventurière et espionne britannique Gertrude Bell en Syrie en 1900
Une photo des ruines du palais de Mshatta prise par l'aventurière et espionne britannique Gertrude Bell en Jordanie en 1900
Une photo du palais Al-Ukhaidir prise par l'aventurière et espionne britannique Gertrude Bell en Irak en 1909
Une photo de la ville de Babylone prise par l'aventurière et espionne britannique Gertrude Bell en Irak en 1909
Une photo prise par l'aventurière et espionne britannique Gertrude Bell en Turquie en 1907, dans la région de Bin Bir Kilisse, située dans la province actuelle de Karaman
© Gertrude Bell Archive, Newcastle

A lire sur ce blog :
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Les citations sur le film sont d'Arte.

Jerry Lewis (1926-2017)

Acteur, chanteur, producteur, réalisateur, scénariste, entertainer américain Juif sioniste Jerry Lewis (1926-2017) est mort le 20 août 2017 à Las Vegas. Il a créé un personnage de naïf malhabile et s'est engagé pour collecter des fonds au profit de la recherche médicale.  Le 25 août 2017, à 22 h 25, en plein chabbat, Arte rediffusera Jerry Lewis, le clown rebelle (Jerry Lewis. The Man Behind the Clown), documentaire de Gregory Monro.

Ingrid Bergman (1915-1982)
« Marlon Brando, un acteur nommé Désir », par Philippe Kohly
Yul Brynner (1920-1985)
Charlie Chaplin (1889-1977)
Tony Curtis (1925-2010) 
« La cité sans voiles » de Jules Dassin
Marlene Dietrich (1901-1992)
« The Kid Stays in the Picture. L’incroyable histoire vraie de Robert Evans”, de Brett Morgen et Nanette Burnstein
« Juste une dernière chose… » de Peter Falk
Judy Garland (1922-1969)
Audrey Hepburn (1929-1993)
Hedy Lamarr (1914-2000), actrice et inventrice
Jerry Lewis
Marilyn Monroe (1926-1962)
« River Phoenix, l'étoile filante » de Jobst Knigge
Romy Schneider (1938-1982)
Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand
Orson Welles (1915-1985)

Jerry Lewis est né Joseph Levitch le 16 mars 1926 à Newark, New Jersey, dans une famille Juive russe d’artistes. Son père était un artiste de vaudeville ayant choisi pour nom de scène de Danny Lewis, et sa mère Rachel née Brodsky était pianiste pour une station de radio.

Âgé de cinq ans, Joey Lewis, puis Jerry Lewis débute avec ses parents dans les spectacles organisés pour les estivants new-yorkais Juifs, pour la plupart ashkénazes, passant, leurs vacances dans les hôtels cacher de la populaire Jewish Borscht Belt (Ceinture Juive du Borscht), ou Jewish Alps (“Alpes juives”), désignant ces localités des montagnes Catskill, près de New York. Là, ont joué des artistes du stand-up Mel Brooks, Woody Allen, Rodney Dangerfield, Joan Rivers, Lou Goldstein, etc. Un des hôtels de la chaîne Kutsher dans cette Ceinture a été démoli en mai 2014. 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il ne peut s’engager en raison d’un souffle au cœur.

En 1944, il épouse Patti Palmer avec laquelle il a cinq fils, et adopte un garçon. Leur fils Joseph Christopher Lewis (1964-2009) meurt d'une overdose de drogue.

Martin and Lewis
En 1946, Jerry Lewis forme avec Dean Martin  (1917-1995) Martin and Lewis, un duo qui se rôde dans des cabarets. Dean Martin incarne le crooner, le latin lover, Jerry Lewis, un naïf, parfois benêt, à la voix nasillarde. Plus jeune et séduisant que Laurel et Hardy ou Abbott et Costello, ce tandem complémentaire divertit l'Amérique de l’après-guerre.

Sa notoriété croit avec ses numéros lors d’émissions à la radio, puis à la télévision dès 1948 dans le populaire Ed Sullivan Show sur CBS TV.

En 1949, Paramount repère Jerry Lewis et Dean Martin, et les engage pour jouer dans Ma bonne amie Irma (My Friend Irma) de George Marshall.

Pour la célèbre firme hollywoodienne, Jerry Lewis et Dean Martin tournent en sept ans dans dix-sept comédies populaires produits par Hal Wallis.

Dernier film du duo Dean Martin-Jerry Lewis : Un vrai cinglé de cinéma  (Hollywood or Bust, 1956) de Frank Tashlin. “Un passionné de cinéma et un petit escroc traversent les États-Unis pour se rendre à Hollywood. Malcolm, un passionné de cinéma enthousiaste et naïf, et Steve, un joueur un peu escroc mais charmeur, gagnent ensemble un beau cabriolet. Malcolm rêve d'aller à Hollywood pour rencontrer Anita Ekberg ; Steve doit quitter New York au plus vite pour échapper aux individus auxquels il doit de l'argent. À bord de leur décapotable, ils traversent les États-Unis en direction de La Mecque du cinéma »

Pour renouveler le comique souvent burlesque – comique de situation, gags, expressions faciales de Jerry Lewis -, ou ce duo, le réalisateur Frank Tashlin fait jouer au chien danois Mister Bascom un rôle non négligeable.

Le succès de Martin and Lewis est décuplé par la bande dessinée publiée par DC Comics The Adventures of Dean Martin and Jerry Lewis (1952-1957).

Une série qui, après la séparation du duo, s’appellera The Adventures of Jerry Lewis  (1957-1971). Dans cette seconde série, Jerry Lewis rencontre Superman, Batman et autres héros ou méchants de cartoons.

Au fil des années, le duo, fondé à l’origine sur deux personnages antithétiques et  complémentaires, fonctionne moins bien auprès du public : le charme de Jerry Lewis opère au détriment du personnage incarné par son compère. Ainsi en 1954, le magazine Look découpe une photo du duo pour ne retenir que le portrait de Jerry Lewis qu’il met en couverture.

La rupture entre les deux amis artistes a lieu en 1956.

Chacun poursuit une carrière solitaire à succès. Dean Martin révèle ses talents dramatiques dans Comme un torrent (Some Came Running) de Vincente Minelli et Rio Bravo de Howard Hawks.

A l’instigation de Frank Sinatra, Dean Martin apparaît  lors de l’édition 1976 du Téléthon animée par Jerry Lewis. Après le décès du fils de Dean Martin, Dean Paul Martin en 1987, Jerry Lewis et Dean Martin se rapprochent.

Un "auteur"
Jerry Lewis  poursuit sa carrière à la Paramount pour laquelle il devient une star comique notamment sous la direction de Frank Tashlin.

Parallèlement, il poursuit une carrière de chanteur à succès : Rock-a-Bye Your Baby with a Dixie Melody, It All Depends on You

En 1960, il finance et réalise The Bellboy (Le dingue du palace) à l’hôtel Fontainebleau (Miami). Une prouesse pour un film à petit budget, tourné sans script et quasiment muet. Jerry Lewis innove par la régie vidéo (Video Assist) qui lui permet immédiatement de visualiser sa prestation grâce à une caméra vidéo. Une technique reprise à ce jour par les autres réalisateurs.

Il réalise ensuite, sur des scénarios coécrits avec Richmond, en particulier The Errand Boy (Le zinzin d'Hollywood, 1961), The Ladies Man (Le tombeur de ces dames, 1961), The Nutty Professor (Docteur Jerry et Mister Love, 1963) et The Patsy (1964). Et, à la différence de ses collègues, il ouvre ses plateaux de tournage au public.

Des comédies où Jerry Lewis présente de manière ironique, cocasse, sa vision de la société américaine, de l'homo americanus.

Le zinzin d'Hollywood
Dans Le zinzin d'Hollywood  (The Errand Boy¸ 1961), Jerry Lewis démonte les étapes dans la fabrication d’un film, et associe comique visuel, humour spirituel et émotion.

« Le patron des studios Paramutual veut comprendre où passent les budgets faramineux qu'il dépense à longueur d’année. Il tombe par hasard sur Morty S. Tashman, un colleur d'affiches maladroit et benêt, à qui il propose de devenir garçon de courses. De cette façon, le jeune homme aura accès à tous les services et deviendra les yeux de son patron. Morty s'acquitte de se son travail avec zèle, mais son incroyable gaucherie provoque un flot de catastrophes... »

Comme The Bellboy (Le dingue du palace), Le zinzin d’Hollywood est construit sur une succession de « saynètes burlesques et poétiques (la fameuse séquence du petit clown blanc) », mais Jerry Lewis « l’enrichit d’un regard satirique sur l’usine à rêve, obsédée par la réussite et le rendement. Il s’agit pour Jerry Lewis de montrer l’envers du décor et aussi comment il utilise l’argent, en passant en revue tous les maillons de la chaîne de la fabrication d’un film, du scénario à la première projection publique. Ces différentes étapes lui inspirent une succession de gags irrésistibles, mais aussi un cours magistral sur la création et l’économie du cinéma ». Jerry Lewis démystifie et démythifie les coulisses du système hollywoodien, en soulignant le travail long, minutieux et collectif nécessaire à la production d’un film. Une manière de concilier cinéma commercial et cinéma d’auteur.

Le tombeur de ces dames 
Dans Le tombeur de ces dames (The Ladies Man, 1961), « un universitaire découvre l’infidélité de sa fiancée. Sa misogynie le plonge dans un délire qui lui rend insupportable toute présence féminine. Mais à la suite d’un malentendu, il est engagé comme homme à tout faire dans un pensionnat de jeunes filles… »

Jerry Lewis révèle sa virtuosité technique. « Ainsi, le décor du pensionnat fait l’objet d’un effet de distanciation : il s’agit d’une maison de poupées géante coupée en deux dont chaque pièce est explorée par la caméra dans des plans virtuoses. Le travail sur la couleur place aussi le film aux confins de l’expérimentation, comme en témoigne la scène onirique de la femme vampire, silhouette noire émergeant d’une chambre blanche. Son film dessine le profil psychanalytique de l’homme américain et des rapports hommes-femmes faussés par le culte de la séduction et de la beauté, sous forme d’un cauchemar agressif et clinquant ».

Docteur Jerry et Mister Love
Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor, 1963) offre l’opportunité pour Jerry Lewis en adaptant Docteur Jekyll et Mister Hyde de Stevenson de régler « ses comptes avec le monde du spectacle » et dénoncer « le culte de l’apparence ».

« Professeur de chimie timide et complexé, Julius Kelp souffre de ne pas savoir capter le cœur des jeunes filles qui peuplent ses cours. Malgré tous ses efforts, son physique ingrat, ses maladresses, sa myopie et sa voix de fausset n'inspirent qu'une vague pitié à Stella, la jolie blonde qui trône au second rang. Pour séduire la belle, Julius met au point une potion miraculeuse qui le transforme aussitôt en un redoutable séducteur, égocentrique et macho... »

Avec son quatrième long métrage, Jerry Lewis signe un chef-d’œuvre combinant « un classique de la comédie, une satire de la société américaine et un film matriciel du fantastique moderne ». Jerry Lewis se révèle « un clown génial, un transformiste hallucinant », et « un réalisateur extrêmement brillant dont la fluidité de la mise en scène et l’utilisation de la couleur influencera toute une génération de cinéastes cinéphiles.

La première apparition de Buddy Love dans le cabaret, précédé d’un long travelling en caméra subjective, annonce le prologue de La nuit des masques de John Carpenter et les plans-séquences de Martin Scorsese, tandis que Brian De Palma se souviendra des rituels cruels des étudiants et du bal de fin d’année dans Carrie au bal du diable et de la panoplie vestimentaire de Buddy Love pour les chanteurs grotesques de Phantom of the paradise ».

En 2008, Jerry Lewis collabore avec Drake Bell à l’adaptation en film d’animation de The Nutty Professor et en 2012, il met en scène une version musicale du film.

En 1966, Jerry Lewis signe un contrat de réalisateur-producteur avec la Columbia Pictures.

The Day the Clown Cried (1972), dont l’intrigue se déroule dans un camp de concentration nazi, demeure son film inachevé et jamais distribué. Pourquoi ? Jerry Lewis avoue, avec lucidité et fermeté, avoir “honte de son travail. C’est mauvais, mauvais, mauvais”. Producteur, il en a interdit la commercialisation. Le 10 août 2013, un extrait du film et du tournage – Serge Gainsbourg et Jane Birkin assistent à certaines scènes à Paris - est publié sur YouTube.


A la télévision, Jerry Lewis anime The Jerry Lewis Show sur ABC (1963, 1970), puis sur NBC (1967-1969).

Sur les scènes du monde entier, accompagné d’un orchestre, ce crooner alterne chansons et sketches, dont le fameux sketch The Typewriter, repris par Francis Perrin et Michel Leeb.

Il fait ses débuts dans les comédies musicales en 1976 avec Hellzapoppin' avec Lynn Redgrave, puis sur Broadway en 1994 dans Damn Yankees, chorégraphié par Rob Marshall.

Parallèlement, il enseigne le cinéma notamment à la University of Southern California de Los Angeles, où ses élèves s’appellent Steven Spielberg, George Lucas, etc.

En février 1980, Jerry Lewis remet un César d’honneur à Louis de Funès  en créant un numéro comique hilarant sans embarrasser le célèbre récipiendaire.

Divorcé en 1980, il épouse en 1983 SanDee Pitnick avec laquelle il adopte une fille.

Son interprétation dans The King of Comedy (La Valse des pantins), de Martin Scorsese (1983) est saluée par la critique.

Cependant, les apparitions de Jerry Lewis au cinéma se raréfient, en particulier en raison de problèmes de santé, dans la décennie suivante où on le remarque dans Arizona Dream d’Emir Kusturica (1994).

En 2013, Max Rose, film dramatique de Daniel Noah, avec Jerry Lewis, Dean Stockwell et Kerry Bishé est présenté au Festival de Cannes hors compétition.

Célébré en France comme un auteur par les revues Positif et Les cahiers du cinéma, soutenu principalement par le journaliste et critique Robert Benayoun qui loue le génie comique de Jerry Lewis au-delà ou par ses mimiques et grimaces, Jerry Lewis est distingué par la Légion d’Honneur en 1984 et 2006.

Il est distingué par de nombreux Prix à Hollywood - Jean Hersholt Humanitarian Award (2009) - et au festival de Venise.

Il a animé l’annuel Téléthon (1966-2010) pour l’association de dystrophie musculaire qu’il soutient depuis 1952.

Et se rend pour la première fois en Israël en 1981 pour y participer à un Téléthon. Il déclare  : « Tout le monde peut dire des blagues, mais pas n’importe qui peut être aussi meshuga [fou, en yiddish] que moi ».

En 2014, Arte a diffusé un cycle de quatre films interprétés ou/et réalisés par Jerry Lewis : Un vrai cinglé de cinéma  (Hollywood or Bust, 1956), Le tombeur de ces dames  (The Ladies Man, 1961), Le zinzin d’Hollywood  (The Errand Boy, 1961) et Docteur Jerry et Mister Love  (The Nutty Professor, 1963). Un florilège des œuvres de l’acteur, chanteur, producteur, réalisateur, scénariste, entertainer américain Juif sioniste Jerry Lewis.

Donald Trump
Le 17 décembre 2015, dans l'émission The World Over, sur la chaîne catholique EWTN, Jerry Lewis a déclaré : "Je pense que [Donald Trump] est great : c'est un showman et nous n'avons jamais eu de showman occupant le fauteuil présidentiel... Il n'est pas Ronald Reagan. Vous ne pouvez pas faire de comparaison avec Ronald Reagan. Je pourrais parler pendant trois heures simplement en le louant. Il était si bien". Interviewé par Raymond Arroyo, Jerry Lewis a affirmé : "Les réfugiés devraient rester où ils se trouvent. Personne n'a œuvré plus dur que moi pour la condition humaine, mais ils ne font pas partie de la condition humaine. Si 11 types de ce groupe de 10 000 sont membres d'ISIS [Etat islamique, ndr], comment puis-je prendre ce risque ? Je ne veux plus perdre de nouveau des Français ou des Britanniques. Vous ne pouvez pas critiquer le président pour cela, parce qu'il n'a jamais été préparé à cela. Et ce que j'observe en lui, c'est de l'incertitude. Et l'incertitude ne caractérise pas un leader. Il doit faire... L'Etat islamique a attaqué le monde. Où sont tous nos alliés de l'OTAN ? Pourquoi l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne, et l'Espagne, ne font rien pour arrêter l'Etat islamique ? Réunissez vos armées, joignez-vous à l'armée américaine et éliminez-le ! Nous ne l'arrêtons pas. Nous nous contentons de relater ce qu'il fait. C'est ridicule !"

Le 13 janvier 2016, dans le cadre de la rétrospective Annett Wolf, la Cinémathèque française présenta Jerry Lewis (Jerry Lewis Og Hans Verden), documentaire de Annett Wolf (Danemark / 1972 / 42 min) : "Sur le plateau de son film maudit et jamais sorti en salles, The Day the clown Cried, Jerry Lewis donne sa vision de la comédie, du drame, de la mise en scène, et montre à un acteur comment mourir au ralenti".

Jerry Lewis, le clown rebelle
Le 18 juin 2017, Arte diffusa Jerry Lewis, le clown rebelle (Jerry Lewis. The Man Behind the Clown), documentaire de Gregory Monro. "J'ai toujours eu cinq anq... J'étais le pitre de la classe... J'ai débuté en écrivant des textes pour des comédiens... Je suis toujours en train de scruter le monde... Dean Martin était bien plus qu'un frère pour moi, et il me manque toujours autant... Je suis nostalgique de tout. J'ai eu beaucoup de chance et j'en suis bien conscient. J'ai eu l'opportunité de gagner le cœur du public", a  confié Jerry Lewis, dont le père était un chanteur et comique, et la mère pianiste. C'est un enfant anxieux qui souffre d'être fils unique.

"Dans la lignée de Charlie Chaplin, Buster Keaton et Stan Laurel, Jerry Lewis s’inscrit dans la plus pure tradition de l’âge d’or de la comédie. Ses numéros de pantomime, ainsi que son humour burlesque et corrosif, ont fait de lui l’un des comiques les plus influents du 7eme Art. Mais Lewis était bien plus qu’un clown, son intérêt pour l’art du cinéma l’a hissé au rang d’artisan de la comédie. Une passion qui l’a conduit à écrire, produire, réaliser et jouer dans ses propres films, des œuvres désormais classiques comme « Le dingue du palace », « Le tombeur de ces dames », « Le zinzin de Hollywood » ou encore « Dr. Jerry et Mister Love ».

"En devenant cinéaste, Lewis a cassé son image de simple comique et s’est imposé comme une valeur sure à Hollywood, où il s’est amusé également à bousculer les conventions. Il a innové en inventant une nouvelle méthode de tournage, et sa vision du monde et du genre humain lui ont fait gagner ses lettres de noblesse Outre-Atlantique. Cependant, les critiques américains et l’élite culturelle l’ont boudé et le boudent toujours. Alors que les Américains ne voient en Lewis que le clown, les Européens et plus particulièrement les Français, le considèrent comme un auteur. Une admiration qui a suscité de nombreuses questions au sein de la culture populaire durant plus de 50 ans. Pour quelle raison les Européens adulent-ils autant Jerry Lewis ? Qu’est-ce qui explique l’hostilité des Américains envers lui ? Est-il vraiment un génie visionnaire ? Qui se cache derrière le nez rouge ?"

"A l’occasion de ses 90 ans, Jerry Lewis revient sur sa carrière exceptionnelle. De son duo légendaire avec le crooner Dean Martin, à son incroyable popularité internationale, sans oublier sa grande histoire d’amour avec l’art du cinéma. Par le biais d’archives rares, d’extraits de films et de témoignages d’amis, de critiques de cinéma et d’artistes comme Sean Hayes, Tony Lewis, Jonathan Rosenbaum ou encore Martin Scorsese, le réalisateur Gregory Monro invite le spectateur à redécouvrir le parcours hors du commun d’un clown philanthrope et visionnaire, trop souvent mécompris".

"Digne successeur des grands maîtres (Buster Keaton, Charlie Chaplin, Stan Laurel), Jerry Lewis a passé sa vie au service du divertissement. Comique, cinéaste, producteur, philanthrope... : qui se cache derrière le masque élastique de l'as de la maladresse ? Retour sur une carrière à rebondissements".

"C'est le visage des empotés, des pitres, des enfants, des souffre-douleurs, toujours au mauvais endroit au mauvais moment… Dès les années 1940, Jerry Lewis connaît un succès public fulgurant, notamment grâce à son duo avec Dean Martin. Mais son passage derrière la caméra, début 1960, brouille les pistes et braque les critiques sur sa légitimité à se proclamer "cinéaste", malgré la technicité et l'originalité extraordinaires dont il fait preuve dans sa mise en scène. Dès lors, Jerry Lewis entame un bras de fer avec les studios de Hollywood, pour lesquels il écrit, produit et réalise des œuvres singulières, comme Le tombeur de ces dames ou Dr. Jerry et Mister Love, connaissant la gloire et gagnant le respect en Europe, tout en étant simultanément rejeté par les critiques et le public américains".

"Le plus pur comique, c'est celui qui se passe du verbe", commente Pierre Étaix, l'un des nombreux intervenants, en entretien ou en archives – aux côtés, entre autres, de Martin Scorsese et Jean-Luc Godard –, du documentaire de Gregory Monro. Digne successeur des grands maîtres (Buster Keaton, Charlie Chaplin, Stan Laurel…), Jerry Lewis a passé sa vie au service du divertissement. Mais s'il a fait de son corps l'arme polymorphe d'un burlesque qui s'embarrasse rarement de mots, c'est aussi pour mettre face à elle-même une Amérique oublieuse de ses plus faibles. Une des raisons, peut-être, du peu de succès rencontré dans son propre pays et du triomphe que lui a réservé l'Europe, notamment la France, où les cinéastes de la Nouvelle Vague ont salué en lui un pair, satiriste brillant, émouvant et hilarant, de son temps".


Un vrai cinglé du cinéma  (Hollywood or Bust)
Film de Frank Tashlin (États-Unis, 1956, 1h34mn, VF/VOSTF)
Scénario : Erna Lazarus
Image : Daniel L. Fapp
Musique : Walter Scharf, Charles O'Curran, Sammy Fain, Paul Francis Webster
Musique : Howard A. Smith
Production : Paramount
Avec : Jerry Lewis (Malcolm Smith), Dean Martin (Steve Wiley), Anita Ekberg (Anita Ekberg), Pat Crowley (Terry Roberts), Maxie Rosenbloom (Bookie Benny), Pat Crowley (Terry Roberts), Maxie Rosenbloom (Bookie Benny), Willard Waterlab (Neville)
Diffusion sur Arte les 25 décembre à 20 h 50 et 30 décembre à 15 h 05
Visuels : © Arte

Le zinzin d’Hollywood (The Errand Boy)
Film de Jerry Lewis (États-Unis, 1961, 1h32mn, noir et blanc, VF/VOSTF)
Scénario : Jerry Lewis, Bill Richmond
Image : W. Wallace Kelley
Musique : Walter Scharf
Montage : Stanley E. Johnson
Costumes de Edith Head
Production : Jerry Lewis
Avec : Jerry Lewis (Morty S. Tashman), Brian Donlevy (Mr. T. P. Paramutual), Isobel Elsom (Irma Paramutual), Sig Rumann (Baron Elston Carteblanche), Fritz Feld (le réalisateur des années 1920), Howard McNear (Dexter Sneak)
Diffusion sur Arte les 25 décembre à 22 h 25, 30 décembre 2013 à 13 h 35 et 10 janvier 2014 à 13 h 35
Visuels : © Arte

Le tombeur de ces dames  (The Ladies Man)
Film de Jerry Lewis (États-Unis, 1961, 1h35mn, VF/VOSTF)
Scénario : Jerry Lewis, Bill Richmond
Image : W. Wallace Kelley
Musique : Walter Scharf
Montage : Stanley Johnson
Production : Jerry Lewis Productions
Avec : Jerry Lewis (Herbert H. Heebert), Helen Traubel (Helen Welenmelon), Pat Stanley (Fay), Kathleen Freeman (Katie), Buddy Lester (Buddy), Gloria Jean (Gloria), Hope Holiday (Miss Anxious), Sylvia Lewis (Sylvia), Shary Layne (Faith) 
Diffusion sur Arte les 27 décembre 2013 à 13 h 40, 2 janvier à 20 h 50 et 13 janvier 2014 à 13 h 35
Visuels : © Arte

Docteur Jerry et Mister Love  (The Nutty Professor)
Film de Jerry Lewis (États-Unis, 1963, 1h43mn, VF/VOSTF)
Scénario : Jerry Lewis, Bill Richmond, d’après Robert Louis Stevenson
Image : W. Wallace Kelley
Musique : Walter Scharf, Lee Brown
Montage : John Woodcock
Costumes : Edith Head
Production : Paramount Pictures, Jerry Lewis Enterprises
Avec : Jerry Lewis (Julius Kelp / Buddy Love), Stella Stevens (Stella Purdy), Del Moore (le Dr Warfield), Kathleen Freeman (Miss Lemmon), Howard Morris (M. Kelp), Elvia Allman (Mme Kelp)
Diffusion sur Arte les 1er janvier à 20 h 50, 3 janvier à 13 h 35 et 8 janvier 2014 à 13 h 35
Visuels : © Paramount Pictures/All Rights Reserved

Jerry Lewis, le clown rebelle, documentaire de Gregory Monro
French Connection Films, Arte France, INA, Lowlands Media, Inkwell Films, 2016, 61 min
Sur Arte le 18 juin 2017 à 22 h 50
Visuels :
Affiche
Jerry Lewis assis derrière une camera Panavision
© Owen Franken

Jerry Lexos dans le film "Le zinzin d'Hollywood", 1961
© Jerry Lewis Films, Inc.

Jerry Lewis sur le tournage de "The Pasty"
© Jerry Lewis Films, Inc.

Portrait de Jerry Lewis
© Jerry Lewis Films, Inc.

Jerry Lewis_Copyright

Martin & Lewis in the 1950s
Credit - Jerry Lewis Archives

Jerry Lewis with director Martin Scorsese on the set of _The King of Comedy_ in 1982
Credit - Jerry Lewis Archives

A lire sur ce blog :
     Cet article a été publié le 25 décembre 2013, puis les 18 mai 2014 et 16 mars 2015, 11 janvier 2016, 18 juin 2017.