Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 5 avril 2019

Assassinat antisémite de Sarah Halimi


Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans le quartier parisien de Belleville, Sarah Halimi (appelée aussi Lucie Attal) - Halimi est le nom de son ancien mari -, ancienne directrice d'école, sexagénaire juive orthodoxe, a été rouée de coups dans son domicile au 3e étage et défenestrée par Kobili Traoré, voisin musulman d’origine malienne et âgé de 27 ans. La juge d'instruction Anne Ihuellou a refusé jusqu'en février 2018 de retenir la circonstance aggravante d'antisémitisme pour qualifier ce meurtre, et multiplie les expertises psychiatriques. La famille a porté plainte contre la police pour non assistance à personne en danger. Ce 4 avril 2019, diverses manifestations sont organisées à la mémoire de la victime.

Antisémitismes de France
Interview de Maitre Axel Metzker, avocat de la famille Selam
Française juive orthodoxe, Sarah Halimi avait écarté une carrière médicale lucrative pour diriger une école privée juive dans le Marais. Divorcée, elle avait élevé ses enfants. Les parents d'élèves de cette école gardent un souvenir empli de gratitude à l'égard de cette dame. Retraitée, cette sexagénaire s'occupait d'élaborer des projets d'aides sociales pour les plus démunis. Elle était la seule Juive habitant dans cet immeuble.

Assassinat public
Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans le quartier parisien de Belleville, Sarah Halimi a été rouée de coups dans son domicile au 3e étage et défenestrée par Kobili Traoré, voisin musulman d’origine malienne et âgé de 27 ans, qu'elle redoutait.

L’assassin a crié à plusieurs reprises « Allah Aqbar », récité des sourates et désigné sa victime sous le nom de « sheitan » (démon, en arabe).

Pendant plus d’une heure, la police, présente dans l’immeuble, n’est pas intervenue pour mettre fin à ces violences, semble avoir cru à un acte terroriste et attendu du renfort de la BAC. Kobili Traoré a été interné en hôpital psychiatrique.

Pourtant, après les attentats terroristes du 13 novembre 2016, les autorités politiques françaises avaient décidé que les forces de l'ordre sur place devaient intervenir sans attendre des forces spéciales. Et le 20 avril 2017, Karim Cheurfi, armé d'une Kalachnikov, a tiré sur un fourgon de police, tué le conducteur, Xavier Jugelé, et blessé deux autres policiers. Les policiers ont immédiatement réagi, et ont fait feu sur l’assaillant, sans attendre du renfort, sans s’interroger sur la nature éventuellement terroriste du meurtrier. Pourquoi n’ont-ils pas agi avec cette promptitude à l’égard de Sarah Halimi ?

Médias
Pendant plusieurs jours, les dirigeants des principales organisations juives françaises ont répété sur les ondes de la fréquence juive francilienne et sur les réseaux sociaux un discours exprimant leur émotion, invitant à la prudence, soulignant que « rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. L’enquête se poursuit et toutes les pistes sont ouvertes » et affirmant la confiance dans la justice. Ce qui a creusé le fossé entre ces dirigeants et leurs coreligionnaires lambda convaincus qu’il s’agissait d’un assassinat antisémite et outrés par la "psychiatrisation" de criminels responsables de leurs actes.

Les médias juifs, français et étrangers, ont immédiatement informé sur cet assassinat, notamment sur les agressions, verbales et physiques, antisémites ayant visé Sarah Halimi et sa famille pieuse, de la part de Kobili Traoré et de ses proches.

Quelques journaux ont évoqué cette tragédie sans mentionner la judéité de la victime et le fait que l’assassin est musulman. Ainsi, le 4 avril 2017, BFM a titré « Paris: mort d'une femme après une chute d'un balcon, un homme interpellé », Le Parisien a annoncé « Une femme meurt défenestrée à Paris, un voisin interpellé », 20 minutes a écrit, dans un article émaillé d'incohérences, "Paris: Un homme soupçonné d'avoir tué une femme en la poussant du balcon", et Ouest France a indiqué le 5 avril 2017 « Paris. Placé en psychiatrie pour avoir défenestré sa voisine ». Quant à France-Soir, il a surtitré "Transféré en psychiatrie... Paris: Un homme soupçonné d'avoir tué sa voisine en la poussant du troisième étage". Ces journaux indiquaient pourtant le nom du bailleur social, Paris Habitat, l'adresse de la victime - numéro 26 de la rue Vaucouleurs (75011) -, ou les actes de « petite délinquance » commis par le meurtrier. Pourquoi ce consensus médiatique dans le "politiquement correct" classant ce crime parmi les "faits divers" ? Pour que les lecteurs n'établissent pas le rapport avec l'assassinat antisémite en 2006 d'un homonyme, Ilan Halimi ? Pour ne pas faire de vague lors de la campagne électorale, à l'approche des deux dates de scrutin de l'élection présidentielle ? "Pour-ne-pas-faire-le-jeu-du-Front-national" ? Pour ne pas susciter de questionnements sur le "vivre ensemble" si vanté par journalistes et politiciens ?

Politiciens
Le 6 avril 2017, le Centre Simon Wiesenthal (SWC) a interpellé les onze candidats à la présidentielle du 23 avril sur la question de l’antisémitisme et d’Israël. « Depuis Ilan Halimi jusqu’à Sara Halimi, vos réponses peuvent fournir un élément d’espoir. Votre silence sera considéré, au mieux, comme de l’indifférence. »

« Dans une lettre adressée à chacun des onze candidats au premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril prochain, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, protestait contre « l’horrible acte survenu hier dans le 11e arrondissement de Paris – l’assassinat de Sara Halimi, une femme de confession juive âgée de 60 ans, par un homme signalé comme islamiste qui l’a défenestrée de son appartement sous les cris de ‘‘Allah akbar’’ ».

Shimon Samuels continuait sa lettre en ces termes : « Ce qui a commencé en 2006 par la prise d’otage et le meurtre d’Ilan Halimi s’est poursuivi par les massacres de l’école juive de Toulouse et du magasin Hyper Cacher, ainsi que d’innombrables autres attaques. Ces tragédies ont fait de la France le pays le plus dangereux pour la population juive. « L’état d’urgence contre le terrorisme sera levé après les élections présidentielles. Déjà, la sécurité militaire a été supprimée des cibles juives sensibles. »

Le Centre interpellait chaque candidat :
« 1. Est-ce que vous, en tant que président/présidente, entendez rétablir une présence militaire totale dans les institutions juives ?
Comptez-vous en finir avec la culture de l’apologie qui considère les auteurs de crimes islamistes comme des cas psychiatriques plutôt que comme des terroristes qui ont commis des crimes haineux ?

« 2. Malgré les avertissements de la municipalité de Paris, la police a autorisé, la semaine dernière, une manifestation ‘‘BDS’’ (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), sous le mot d’ordre : ‘‘Séparez le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) de l’État’’ – un euphémisme pour ‘‘Expulsez les Juifs de France’’.

« Monsieur le Candidat, Madame la Candidate, est-ce que votre présidence prendra des mesures pour pénaliser la diabolisation et la délégitimation d’Israël en tant que poison qui incite à la violence antisémite contre la communauté juive de France ?

« 3. Monsieur le Candidat, Madame la Candidate, est-ce que votre présidence optera pour un changement de politique étrangère sur le vote disproportionné contre Israël dans les organisations internationales – et tout particulièrement en ce qui concerne les résolutions de l’Unesco qui contestent le patrimoine juif et chrétien et les attaques constantes dirigées contre Israël au Conseil des droits de l’homme des Nations unies ? Ces points contribuent eux aussi à inciter à l’antisémitisme et ils ont été reconnus comme tels dans la définition de The International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA, Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste), dont la France est membre. »

Le 7 avril, le procureur de Paris François Molins a reçu des dirigeants d’organisations juives françaises pour faire part de sa prudence à l'égard de la qualification d'antisémitisme : il a récusé le caractère antisémite du meurtre. Un message répercuté avec célérité, dans les médias juifs et via les réseaux sociaux, par ces organisations juives françaises auprès de leurs coreligionnaires sur le mode : "Soyons prudents. Rien ne permet d'affirmer le caractère antisémite de l'assassinat, et blablabla". Certes, mais rien ne permettait d'infirmer ce caractère antisémite. Et au contraire, les déclarations des proches de la victime attestaient d'actes antisémites ayant visé Sarah Halimi et sa fille.

Signé par quatre organisations juives françaises - le Consistoire de France, le CRIF, le FSJU (Fonds Social Juif Unifié) et le SPCJ (Service de protection de la communauté juive) -, ce communiqué du 7 avril 2017 intitulé "Communiqué des associations juives de France sur l'assassinat de Sarah Attal-Halimi" a été diffusé dans les réseaux sociaux, notamment sur Facebook :
"Des représentants des associations juives de France ont rencontrés aujourd'hui le Procureur de la République de ParisCe matin, Haïm Korsia - Grand Rabbin de France, Joël Mergui - Président du Consistoire, Ariel Goldmann – Président du FSJU, Robert Ejnes – Directeur Général du CRIF et le SPCJ ont été reçus par Monsieur François Molins – Procureur de la République de Paris et les personnes chargées de l’enquête concernant le meurtre de Sarah Halimi Attal zal.Cette rencontre, obtenue à la demande des Institutions centrales de la communauté juive, avait pour but de faire connaître la vive émotion que suscite ce drame et toutes les interrogations profondes qui l’accompagnent.Il a été expliqué de façon très claire que « l’enquête en cours a pour but de parvenir à la manifestation de la vérité et déterminer si la circonstance antisémite doit être retenue ».A cette date, selon les premiers éléments de l’enquête et sur la base des premiers témoignages « rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. L’enquête se poursuit et toutes les pistes sont ouvertes ». Un juge d’instruction va être désigné.Le temps de l’enquête est long car il impose d’entendre tous les témoins, notamment les membres de la famille qui sont dans la semaine de deuil en Israël et qui seront entendus à leur retour, de saisir et exploiter tous les éléments d’indice sur le lieu du crime, toutes les analyses des échanges avec la Police et autres communications, toutes les investigations dans le passé de l’auteur des faits.Ce temps est essentiel et incompressible pour qu’aucun détail ne soit laissé inexploité.La vive émotion que ce drame inspire à tous est immense et chaque minute qui nous distance des résultats de l’enquête augmente la tourmente. Toutefois nous faisons pleine confiance aux hommes et femmes qui œuvrent à cette enquête.L’enquête ne peut se faire sur les réseaux sociaux, le mélange d’informations provenant de témoins directs avec des récits « revisités » par des commentateurs, le mélange d’informations vérifiées et avérées avec des informations supposées, imaginaires, voulues ou encore déniées créent une confusion qui dessert la recherche de la vérité.  Or chaque information ou témoignage peut être décisif. Tous ceux qui pensent pouvoir contribuer à l’enquête doivent se manifester auprès des enquêteurs et leur délivrer toutes les informations dont ils disposent. C’est là que leur témoignage sera le plus utile.Nos pensées et prières accompagnent la famille et les proches de Sarah Halimi zal."
En se faisant les porte-paroles du Procureur, ces dirigeants - dont certains (Me Ariel Goldman, président du Fonds Social Juif Unifié) sont des avocats - se sont discrédités à l'égard de nombre de leurs coreligionnaires et se sont laissés enferrés dans la doxa officielle ignorant l'antisémitisme islamique et dans la stratégie d'omerta du pouvoir politique. Car le procureur pouvait/devait inclure des griefs tel l'antisémitisme quitte, si l'enquête policière infirmait la circonstance antisémite, à enlever cette qualification pénale. Or, le Procureur, malgré ses déclarations, a exclu de jure et de facto la piste de l'antisémitisme.  Or, le 19 mai 2016, le Président François Hollande avait déclaré à propos du crash d'un avion d'EgyptAir qui assurait la liaison Paris-Le Caire : "Je ne peux pas exclure l'hypothèse de l'acte terroriste, ni quelque chose qui relèverait d'un incident technique, il est trop tôt. Nous avons le devoir de tout savoir, de tout connaître des causes de ce qui s'est produit et aucune hypothèse n'est écartée, aucune n'est privilégiée".

Le 7 avril, le journaliste Claude Askolovitch signait sur Slate.fr l'article "Cette vieille dame assassinée qui panique la communauté juive et dont on parle peu".

Le 2 février 2017, Théo, âgé de 22 ans, a été interpellé par quatre policiers, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Il a été soigné à l'Hôpital Robert-Ballanger pour des violences, dont un viol, qu'il a alléguées avoir subies lors de son arrestation. Le 7 février 2017, le Président de la République François Hollande s'est rendu à son chevet et est demeuré pendant trente minutes. Il a aussi posté un message illustré par une photographie sur son compte Twitter Curieusement, il n'a pas jugé utile d'accueillir à l'Elysée la famille de Sarah Halimi. Alors qu'il avait reçu à l'Elysée le 31 janvier 2017 les familles des victimes des attentats terroristes islamistes de janvier 2015 et des représentants de l'association des victimes du crash du vol Egyptair.

Marche blanche
Le 9 avril 2017, à l’appel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), une marche blanche a réuni un milliers de personnes près du domicile de la victime, dans le quartier de Belleville, à Paris. De jeunes Maghrébins ont crié « Sales juifs » et jeté des bouteilles en direction de cette foule. La police est intervenue. Vice-président du CRIF, Gil Taïeb a déclaré au Parisien : « Sarah a été assassinée par un cocktail de délinquance, de folie et une dose de haine antisémite qu’on ne peut pas ignorer ». Qu'est-ce qui lui permet d'affirmer la présence de folie alors que le rapport de l'expert psychiatre n'a pas encore été remis à la justice ? Une allégation qui risque d'abonder dans le sens d'une possible irresponsabilité pénale vers laquelle semble s'acheminer l'institution judiciaire.

Information judiciaire

Meyer Habib s'est prononcé rapidement sur cet assassinat. Le 10 avril 2017, Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle, a été la première candidate à cette élection, et pendant des semaines, la seule à évoquer cet assassinat. Candidat ou Président, Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé publiquement sur ce crime. Et ce, malgré la présence dans son premier cercle de Français juifs, et de candidats aux élections législatives qui prétendent "avoir l'oreille" du Président Emmanuel Macron.

Le 14 avril 2017, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire et séquestration, sans retenir la circonstance aggravante d'antisémitisme.

Invités de la cérémonie d'investiture
Le 14 mai 2017, à l'Elysée, lors de la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron, huitième président de la Ve République, se trouvaient des invités, notamment les "parents de Tamara Callot, une militante d'En Marche! originaire de Dreux (Eure-et-Loir) qui s'est tuée dans un accident de voiture le jour du premier tour de l'élection présidentielle 2017. Selon « L'Echo Républicain », le couple en deuil avait été convié à l'Elysée par Brigitte Macron, la nouvelle Première dame. La cérémonie au palais présidentiel a beaucoup ému la maman de Tamara Callot. En voyant ses larmes, Emmanuel Macron l'a prise dans ses bras pour la consoler avant que Brigitte Macron la réconforte également". Autre invité : "le compagnon de Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs-Elysées le 20 avril dernier ainsi que celui de Corinne Erhel, une députée des Côtes-d'Armor, décédée lors du dernier meeting de la campagne du nouveau président".

Mais aucun membre de la famille de Sarah Halimi n'avait été invité par le Président de la République Emmanuel Macron ou son entourage.

Conférence de presse
Le 22 mai 2017, lors de la conférence de presse organisée par les avocats de la famille de Sarah Halimi, les avocats, dont Me Alexandre Buchinger, ont indiqué que la veille de l’assassinat, Kobili Traoré avait passé sa journée à la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud (XIe arrondissement de Paris), célèbre pour être fréquentée notamment par des islamistes. En pleine nuit, Kobili Traoré est entré sciemment dans l’appartement contigu à celui de Sarah Halimi. Là, y vivait une famille d’origine malienne qu’il connaissait. Cette famille a eu si peur de lui qu’elle s’est enfermée dans une pièce, a jeté à la police dans la cour les clés de l’appartement. En fait, Kobili Traoré avait besoin d’entrer dans cet appartement, pour passer dans l’immeuble contigu et pénétrer via la fenêtre dans l’appartement de Sarah Halimi. Persuadés que le meurtre a été prémédité, les avocats réclament que la circonstance aggravante d’antisémitisme par la juge d'instruction Anne Ihuellou soit retenue. J'ai interrogé Joël Mergui, président du Consistoire de Paris Île-de-France et du Consistoire de France, pour savoir s'il avait évoqué, si d'autres dirigeants communautaires, avaient évoqué cet assassinat antisémite auprès d'Emmanuel Macron, avant ou après sa visite au Mémorial de la Shoah entre les deux tours de l'élection présidentielle. Joël Mergui m'a répondu ne pas l'avoir évoqué et ne pas savoir si ses homologues l'avaient évoqué. Ce crime ne méritait-il pas une réunion des dirigeants des principales organisations juives françaises pour adopter une stratégie commune plus efficace ? Ne méritait-il pas une requête ferme et précise auprès du candidat Macron dont l’élection était si prévisible ? Pourquoi ce silence de ces dirigeants avant/après cette visite avec Emmanuel Macron, alors qu'ils sont diserts envers leurs coreligionnaires ? 

Le 25 mai 2017, sur RMC-BFM TV, Joëlle Dago-Serry, chargée de clientèle dans le logement social pour les salariés, a déclaré « Dans les logements sociaux, on ne mélange plus les juifs et les musulmans » par peur de « confrontations communautaires ».

Le 1er juin 2017, lors d'un débat au Parlement européen sur la lutte contre l'antisémitisme, Frédérique Ries, eurodéputée belge, a dénoncé le « silence glaçant des autorités » françaises à l'égard de l'assassinat de Sarah Halimi.

Intellectuels
Le 6 juin 2017, dix-sept intellectuels français, dont Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Elisabeth Badinter, Marcel Gauchet et Sonia Mabrouk, lancent un appel exhortant à ce que la vérité soit établie sur cet assassinat. « Tout laisse penser, dans ce crime, que le déni du réel a encore frappé ».

"Dans un texte publié en exclusivité dans Le Figaro, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Élisabeth Badinter, Marcel Gauchet et d'autres personnalités* appellent à ce que toute la lumière soit faite sur la mort de cette Française de confession juive tuée aux cris d'«Allah akbar». Ce crime d'une barbarie rare, qui a eu lieu en pleine campagne présidentielle, a reçu peu d'attention des médias."

"Le 4 avril dernier, Sarah Halimi, Française de confession juive, âgée de 65 ans, mère de trois enfants et retraitée, a été torturée à son domicile aux cris d'«Allah akbar» puis défenestrée. La victime vivait dans un HLM du quartier de Belleville depuis une trentaine d'années. Cette nuit-là, son voisin, Kobili Traoré, 27 ans, a pénétré chez elle vers quatre heures du matin, l'a agressée et a commencé ses sévices. «Le rapport de police confirme que ma sœur a subi des actes de torture pendant près d'une heure, il l'a massacrée. Les dégâts sont tels que ma décence ne me permet pas de vous donner des détails», expliquera William Attal, le frère de Sarah Halimi. Une partie de la scène a été enregistrée par un voisin. La bande-son, que possèdent les enquêteurs, confirme le calvaire de Sarah Halimi. Les coups gratuits portés par l'agresseur sont d'une violence extrême. L'autopsie révélera plus d'une vingtaine de fractures sur le corps et le visage de la victime. Tandis qu'il ..."


Grand rabbin Haïm Korsia
« On ne peut pas à la fois reconnaître que l'Etat s'est engagé pleinement à travers le plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme et suspecter les uns ou les autres de ne pas vouloir reconnaître un acte antisémite », a confié à l'AFP le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le 16 juin 2017.

On peut douter de l'engagement de l'Etat contre l'antisémitisme et constater un refus de reconnaître un acte antisémite. Mais c'est peut-être gênant pour un grand rabbin de France ayant appelé à voter pour Emmanuel Macron de le dire. La dyarchie du Consistoire de France induit une contradiction entre la position des deux dirigeants de cet organisme. Une faille que les autorités politiques et les médias risquent d'instrumentaliser.

Artistes juifs français
Le 17 juin 2017, Yvan Attal, acteur, scénariste et réalisateur, a déclaré à i24News : "En tant que citoyen, lutter contre le terrorisme c'est déjà rester citoyen et ne pas avoir peur. Ensuite il y a un engagement politique: à chaque fois qu'on peut dénoncer un certain nombre de choses, il ne faut pas hésiter à les dénoncer. Par exemple je veux parler du cas de cette dame Sarah Halimi qui, il y a quelques mois, a été victime de terrorisme et personne n'en parle... En tant que citoyen j'ai envie d'en parler aujourd'hui. J'espère que le gouvernement prendra la mesure des faits. Cette dame a été poignardée, torturée, d'après ce qu'on sait. Elle a été défenestrée par un type qui a criée "Allah akbar". Cela ressemble aux attentats terroristes qui se déroulent sur la voie publique... Si on veut lutter contre le terrorisme, il ne faut pas avoir peur de dire les choses. Il faut nommer les choses".


Le 17 juin 2017, Michel Boujenah, acteur, scénariste et réalisateur, a été interrogé par la journaliste Vanessa Burggraf lors de l'émission On n'est pas couché sur France 2, sur l'assassinat de Sarah Halimi. Il a déclaré : "Sur cette affaire, c'est sûr [qu'il y a un déni d'antisémitisme en France]. Ils ont dit que c'était un déséquilibré. Mais c'est un déséquilibré qui a choisi sa victime, qui l'a torturée, qui la insultée de tous les mots antisémites et qui l'a défenestrée. Alors, c'est un fou, mais c'est un fou antisémite. Le plus terrible, c'est le silence incroyable autour de cette affaire. Moi, cela me bouleverse. ..Je ne comprends pas ce qui se passe avec l'antisémitisme".


Alexandre Devecchio, journaliste dans la rubrique Débats/Opinions du Figaro, a tweeté : "L'affaire Sarah Halimi enfin évoqué sur la télévision publique dans l'émission #ONPC par #Boujenah et Burgraff", puis "Dommage qu'on s'éloigne assez vite du sujet pour divaguer sur un antisémitisme vague et indifférencié".

Certes, mais Vanessa Burggraf a interrogé un artiste juif français sur cette affaire. Pourquoi n'a-t-elle pas interrogé des invités non-juifs sur ce "sujet d'actualité" ? Et elle a justifié sa question en invoquant un article qu'il avait twitté.

Plainte contre la police
Le 20 juin 2017, Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), a déclaré sur Judaïques FM, radio de la fréquence juive francilienne : "Les policiers de la BAC sont venus trois minutes après avoir été appelés. Ils étaient au nombre de quatre arrivés un peu avant 4 h 30. Des riverains, des voisins qui ont entendu les cris de Sarah Halimi et les cris Allah Aqbar et sourates émis par son assassin, ont appelé de nouveau la police. D'autres équipages de la BAC sont alors arrivés : ils sont quatre arrivés vers 4 h 40. A 4 h 48, une colonne d'intervention, d'assaut, composés de 18 à une vingtaine de policiers équipés, armés, préparés pour l'intervention sont arrivés. Il ne s'est rien passé pendant une heure et dix minutes. Sarah Halimi a été torturée. Il lui a cassé la figure. A 5 h 30, Sarah Halimi a été défenestrée".

Et de préciser : "J'ai demandé au ministre de l'Intérieur et au préfet de police de Paris l'ouverture d'une enquête administrative, qui peut devenir pénale, pour savoir ce qui s'est passé. Au cabinet du préfet de police de Paris, il y a une permanence avec un préfet de permanence au courant des déplacements, un commissaire de police responsable de tout Paris et un substitut de permanence au Parquet informé de tout ce qui se passe. Tous sont informés de ce qui se passe. Ont-ils donné des instructions ? De mon expérience, je n'ai jamais vu un équipage appelé au secours et qui n'intervient pas. Il y avait l'état de nécessité qui permet de ne pas respecter les heures légales - de 21 h à 6 h du matin - pour entrer dans un appartement : il y avait les cris de la femme, la violence. Il y avait cette situation de légitime défense : quelqu'un était en danger et il fallait la sauver de ce danger. Ils pouvaient tout faire, y compris utiliser leurs armes pour abattre l'agresseur. Il y avait l'état d'urgence : les policiers sont protégés pénalement pour faire des actes non autorisés hors état d'urgence. Lorsque les policiers sont présents, leur rôle c'est d'intervenir... La famille de la victime pourrait déposer plainte contre X pour non assistance à personne en danger : des voisins auraient pu intervenir, casser la porte, rentrer, la sauver. Mme Halimi n'aurait pas du mourir".

Le 20 juin 2017, au nom de membres de la famille de la victime, Me Gilles-William Goldnadel a porté plainte contre la police pour non assistance à personne en danger. Sur Radio J, il a insisté sur le fait que Sarah Halimi était encore vivante quand son assassin l'a défenestrée.

« Mais notre combat, c’est que la justice reconnaisse qu’il s’agisse d’un assassinat islamiste et antisémite [alors que l’information judiciaire confiée à des juges a été ouverte pour « homicide volontaire », sans retenir la préméditation ni le caractère antisémite]... « Ma sœur craignait terriblement cet homme, il l’avait traitée de "sale juive". Mais elle avait peur que porter plainte soit dangereux pour elle (…) et elle avait déposé une demande (pour déménager, ndlr) à l’office HLM de Créteil », a déclaré William Abitbol, qui le 19 juin 2017 a témoigné devant la police.


Le 30 juin 2017, JForum a publié le texte de Me Jean Alexandre Buchinger, avocat des trois enfants de Sarah Halimi, Hanna, Elisheva et Yonathan, depuis le 4 avril 2017, expliquant les raisons pour lesquelles il a refusé de poursuivre les policiers :
"Ma première mission conjointement avec Mr Joël Mergui, Président du Consistoire, a été de faire en sorte que le permis d’inhumer puisse être délivré le plus rapidement possible pour des raisons religieuses, auxquelles les enfants de Sarah Halimi sont particulièrement attachés.
De façon tout à fait exceptionnelle, ce permis a pu être délivré dans les 24h et l’inhumation de Sarah Halimi a pu avoir lieu le surlendemain de son décès à Jérusalem.
J’ai pu prendre connaissance du dossier d’instruction le 19 avril 2017, le jour même de l’ouverture de l’information par le Procureur de la République et de la désignation d’un juge d’instruction.
Au vu des procès-verbaux d’audition d’un grand nombre de témoins, chose tout à fait inhabituelle en matière criminelle, j’ai immédiatement acquis la certitude qu’il s’agissait d’un assassinat à caractère terroriste, islamiste et antisémite.
Je me suis étonné de ce que l’information avait été ouverte d’une part pour « homicide volontaire » comme s’il s’agissait d’un meurtre ordinaire, et non pour assassinat avec la circonstance aggravante d’antisémitisme, et d’autre part pour « séquestration », mais non pas de celle de Sarah Halimi.
En fait, la séquestration visait la famille malienne, amie du meurtrier, dans l’appartement de laquelle il était entré en pleine nuit, avec pour objectif de passer par leur balcon à celui contigu de Sarah Halimi pour la surprendre dans son sommeil. Je n’ai pas compris que la séquestration ait été retenue pour cette famille, présentée comme victime, mais qu’il n’ait aucunement été fait mention de séquestration concernant Sarah Halimi , celle-ci avérée, et pas davantage d’actes de torture et de barbarie.
Lorsque le jour-même de l’assassinat, je me suis entretenu avec la substitut du Procureur de la République qui était venue sur place au petit matin, sa première réaction a été de me dire que « cette femme avait beaucoup souffert ».
Les témoins oculaires et auditifs qui n’ont assisté qu’au dernier moment du calvaire enduré par la victime, ont décrit avec précision les derniers actes de torture et de barbarie, qui avaient débuté bien avant qu’il ne traîne Sarah Halimi aux abords du balcon pour tenter de simuler son suicide avant de la défenestrer.
Ils ont tous témoigné de la sauvagerie du meurtrier qui alternait coups de poing d’une violence extrême et récitation de sourates du coran ponctuées de « Allah Akhbar », « J’ai tué le sheitan » (satan en arabe), « Dieu m’en est témoin ».
Le premier geste des fonctionnaires de police lorsqu’ils ont pénétré dans l’appartement de la mère de Kobili Traoré situé au 30 rue Vaucouleurs, a été de rechercher un drapeau de DAECH.
C’est dire que le caractère terroriste islamiste ne pouvait laisser la place au doute, ni pour les témoins des faits, ni davantage pour les policiers présents sur les lieux.
Les enfants de Sarah Halimi  se sont constitués partie civile dans les jours qui ont suivi la désignation du juge d’instruction.
L’un de mes premiers étonnements en découvrant le dossier a été que ni le Parquet antiterroriste et par voie de conséquence ni un Juge d’instruction de la section anti-terroriste n’avaient été saisis de ce dossier qui a été confié à un juge d’instruction en charge notamment des dossiers criminels « classiques ».
Trois jours après cet horrible assassinat, les dirigeants des institutions communautaires ont rencontré Monsieur François Molins, Procureur de la République de Paris, qui leur a déclaré qu’aucun mobile ne serait écarté.
Le dimanche 9 avril 2017, une marche blanche était organisée à l’initiative du CRIF, du Consistoire et du FSJU depuis le Métro Belleville jusqu’au 30 rue Vaucouleurs où demeurait Sarah Halimi .
Malgré les interventions répétées de Joël Mergui, Président du Consistoire, de Francis Khalifa, Président du CRIF et d’Ariel Goldman, Président du FSJU, tant auprès du Procureur de la République, du Ministre de l’intérieur, du Ministre de la Justice et du Préfet de Police, le dossier d’instruction n’a guère progressé.
La raison invoquée était l’impossibilité d’auditionner le meurtrier durant sa garde à vue, suite à un acte de rébellion au commissariat.
Son transfert le jour-même à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris puis son hospitalisation en établissement psychiatrique ont amené la juge d’instruction à ordonner le 22 avril une mesure d’expertise psychiatrique confiée à l’un des experts psychiatres près la Cour d’Appel de Paris.
Cet expert s’est vu fixé un délai de 4 mois, soit jusqu’au 22 août 2017 pour déposer son rapport d’expertise psychiatrique.
Trois mois après cet assassinat, non-seulement le rapport d’expertise psychiatrique n’a toujours pas été déposé mais les avocats des parties civiles ne sont même pas en mesure de savoir si cette expertise aurait déjà eu lieu.
Il est tout à fait inhabituel dans le cas d’une affaire aussi sensible que l’expert psychiatre n’ait pas déposé son rapport après un laps de temps aussi long.
Si la Justice ne paraît aucunement pressée de faire avancer ce dossier criminel, il est tout aussi étonnant que les médias dans leur ensemble aient attendu près de deux mois pour évoquer l’assassinat de Sarah Halimi.
A la demande de ses trois enfants qui ne comprenaient pas ce mutisme généralisé, j’ai pris la décision d’organiser un point de presse à mon cabinet le Lundi 22 Mai.
Il s’en est suivi de nombreux articles, des reportages télévisés, l’évocation de « l’affaire Sarah Halimi » à l’émission « On N’est Pas Couché ». Le Journal de 20 h de TF1 a fini par en faire l’un de ses sujets le jeudi 28 juin 2017 malgré la relative ancienneté de l’information à l’échelle du temps des médias.
Depuis plusieurs semaines j’ai fait l’objet de diverses pressions me demandant de m’associer au dépôt d’une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de Police appelés à intervenir au 30 rue Vaucouleurs.
Si les forces de police étaient immédiatement intervenues dans les instants qui ont suivi leur arrivée, Sarah Halimi serait toujours vivante.
Il y a eu de façon indiscutable un dysfonctionnement policier qui a conduit à l’inertie totale des forces de police durant l’interminable supplice de Madame Sarah Halimi.
Fallait-il pour autant déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de Police ?
Je suis convaincu que non.
Il s’agit selon moi d’un simple effet d’annonce tout à fait contre-productif.
Plutôt que déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger j’ai estimé bien plus opportun de former une demande d’actes circonstanciée auprès du juge d’instruction.
Depuis plusieurs semaines j’ai fait l’objet de diverses pressions me demandant de m’associer au dépôt d’une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de Police appelés à intervenir au 30 rue Vaucouleurs.
Je m’y suis catégoriquement refusé.
Ils avaient été appelés par une famille d’origine malienne très liée au meurtrier qui faisait état de sa venue chez eux en pleine nuit dans un état de grande excitation.
Avec une particulière rapidité, 3 fonctionnaires de police de la BAC du 11e arrondissement de Paris ont pénétré dans l’immeuble et se sont postés devant la porte d’entrée de l’appartement de cette famille d’origine malienne, qui s’était réfugiée dans l’une des pièces de leur appartement tandis que Kobili Traoré récitait à très haute voix des sourates du coran dans leur salon.
Plutôt que d’investir les lieux, ces policiers ont appelé du renfort arrivé 10 minutes plus tard, sans que ces autres fonctionnaires de police n’interviennent davantage. Il aura fallu attendre 1 h 10 pour qu’une colonne d’assaut de la BAC enfonce la porte et appréhende l’assassin qui n’a alors opposé aucune résistance.
Pendant ce temps, le criminel aura eu la possibilité de commettre l’irréparable. Si les forces de police étaient immédiatement intervenues dans les instants qui ont suivi leur arrivée, Sarah Halimi serait toujours vivante.
Il y a eu de façon indiscutable un dysfonctionnement policier qui a conduit à l’inertie totale des forces de police durant l’interminable supplice de Madame Sarah Halimi.
En tant qu’avocat des enfants de Sarah Halimi mon objectif est en tout premier lieu de faire reconnaître le caractère terroriste islamiste antisémite indiscutable de cet horrible assassinat précédé de torture et d’actes de barbarie.
En ce qui concerne les fautes indiscutables commises par les policiers dans leur appréciation de la situation, plutôt que déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger j’ai estimé bien plus opportun de former une demande d’actes circonstanciée auprès du juge d’instruction.
L’article 82-1 du Code de procédure pénale dispose que les parties civiles peuvent formuler des « demandes d’actes d’instruction » au magistrat instructeur chargé de l’enquête.
En quelques sortes, c’est un droit de lui demander d’effectuer des recherches ou de procéder des auditions qu’il n’aurait pas encore diligentées de sa propre initiative.
J’ai formulé une demande d’acte auprès du juge d’instruction afin que tous les fonctionnaires de police qui ont été amenés à intervenir dans le cadre de cette affaire soient auditionnés et que 14 questions précises leur soient posées.
J’ai également sollicité l’audition de tous les témoins oculaires et auditifs qui ont déjà été entendus préalablement afin qu’ils apportent leur éclairage quant à l’attitude des policiers et au contexte de l’intervention.
Il ne s’agit donc aucunement de chercher à occulter ce dysfonctionnement policier et ses conséquences, bien au contraire.
Plutôt que procéder par voie de plainte, la démarche consistant à former des demandes d’actes s’inscrit dans une logique de confiance en la Justice. Je trouve particulièrement malvenues les attaques totalement injustifiées consistant à critiquer les responsables de nos grandes institutions communautaires.
Tout comme les avocats en charge de cette affaire, ils sont contraints d’attendre les conclusions du rapport d’expertise psychiatrique qui tarde à venir.
Ils n’ont pas manqué de dénoncer le caractère terroriste islamiste et antisémite de ce terrible assassinat.
Les enfants de Sarah Halimi, dont j’assure la défense des intérêts, refusent catégoriquement d’être instrumentalisés de quelque façon que ce soit à des fins polémiques ou politiques".
CRIF
Le 26 juin 2017, Le Figaro a publié la tribune de Francis Kalifat, président du CRIF, intitulée "Pour Sarah Halimi, je ne me tairai pas". Francis Kalifat exhortait "à ce que ce crime soit reconnu pour ce qu'il est : un meurtre antisémite" :
"Il a fallu attendre de nombreuses années pour qu’enfin l’on reconnaisse que les actes et violences que subissent les français juifs ne sont pas de la violence ordinaire mais bien l'expression violente d'un antisémitisme nouveau.
De délinquants ordinaires en loups solitaires ou malades psychiatriques tout a été tenté pour ne pas reconnaître qu’à nouveau en France des juifs étaient agressés et même tués uniquement parce qu’ils étaient juifs.
Tout a été fait pour refuser de voir cette nouvelle réalité de la société française : Les préjugés antisémites et l’antisémitisme sont devenus un marqueur "d’une partie croissante des Français musulmans qui, encore plus inquiétant, réunit 50% des 15 à 25 ans." (Institut Montaigne septembre 2016).
Notre société peine à affronter cette nouvelle réalité et à reconnaître l’évidence de nommer le mal lorsqu’il s’agit d’une victime juive.
Le 4 avril à 4 heures 41 du matin le corps sans vie d’une femme de 66 ans gît dans la cour intérieure de l’immeuble qu’elle habite au 26 rue Vaucouleurs dans le onzième arrondissement de Paris.
Torturée au rythme de sourates du Coran, Sarah Attal-Halimi, vient d’être défenestrée vivante par le balcon de son propre appartement aux cris de Allah ou Akhbar par un jeune Français de 27 ans d'origine malienne, délinquant multirécidiviste, récemment radicalisé probablement lors d'un séjour en prison et fréquentant une mosquée salafiste.
Alors que plus qu’une évidence il s’agit là d’un cas d’école pour décrire un meurtre antisémite sur lequel pèse une  véritable omerta et ce crime ignoble n’est toujours pas reconnu comme tel.
Nous demandons depuis le premier jour, que toute la vérité soit publiquement révélée  sur cet assassinat sordide.
Sarah Attal-Halimi n’a pas été assassinée parce qu’elle se trouvait par hasard sur le chemin du tueur ni parce qu’elle habitait cet immeuble ni parce qu’elle était directrice de crèche, ou parce qu’elle aurait eu de l’argent. Non Sarah Attal-Halimi a été massacrée parce qu’elle était juive et pour cette seule et unique raison.
Nous ne comprenons pas ces atermoiements qui consistent à vouloir nous présenter ce tueur comme un dément alors qu’il est un terroriste dont la démence présumée ne saurait pour autant occulter l’antisémitisme haineux.
Quelle serait cette étrangeté que l’on ne pourrait que minorer ou déqualifier un meurtre antisémite? Et d’où vient cette logique qui voudrait qu’un crime raciste soit qualifié comme tel sans difficulté et pas un crime antisémite ? Le profil du meurtrier aurait-il un rapport avec la qualification de l’acte ?
Ce n’est pas une simple question que je pose, c’est un constat et une évidence. Et l’évidence exige de qualifier le crime, de dire les choses et de permettre à la famille de faire son deuil.
L’évidence est de ne pas chercher de fausses justifications et de vouloir se rassurer en pensant qu’un islamiste, sauf à être fou, ne pourrait pas assassiner une femme juive.
La mise en scène et la personnalité de l’assassin nous indique que Sarah Attal-Halimi est une nouvelle victime du terrorisme islamiste et que ce crime est antisémite car seule juive de son immeuble elle a été choisie comme victime expiatoire.
Sarah restera une victime de plus de cette nouvelle haine des juifs qui se développe  dans notre pays depuis le début des années 2000.
Ce que nous demandons qui découle de l’évidence, nous ne le demandons non par vengeance mais par justice et pour que justice soit faite il faut que sans plus tarder ce crime antisémite soit reconnu comme tel. Alors seulement Sarah pourra reposer en paix et sa famille pourra commencer son deuil
D'ici là pour Sarah Attal-Halimi je ne me tairai pas". 
TF1
Le 28 juin 2017, le journal de TF1 de 20 h a diffusé un reportage sur ce crime. Un reportage diffusé aussi sur le site de LCI.

Le frère de Sarah Halimi a évoqué les trente fractures causées par les coups de l'assassin qui a dit "Dieu m'en est témoin quand il l'a massacrée. On ne peut pas penser à autre chose qu'à un acte terroriste islamique".

Le journaliste a évoqué et montré la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud.

Me Buchinger a affirmé : "J'ai le sentiment que, quelque part, la volonté du parquet et du juge d'instruction est de banaliser cette affaire, d'éviter de lui donner cette connotation terroriste antisémite". La juge d'instruction est Anne Iuhelou.

"J'ai dénoncé dès le départ cette fâcheuse habitude quand il s'agit d'assassinats islamistes d'aller vers la phase de la psychiatrisation. Il s'agit d'un exalté... Quand on attaque aussi un policier avec un marteau, on n'est pas aussi un modèle d'équilibre", a conclu Me Gilles-William Goldnadel.

Run 4 Sarah Halimi
Jonathan Behar a organisé un défilé moto Run 4 Sarah Halimi (z''l), le 29 juin 2017. Un événement signalé sur Facebook ainsi :
"Sarah Halimi Z'al a été torturée et défenestrée par un Terroriste parce qu'elle était juive ne l'oublions jamais ! Le meurtre de Sarah n’a pas eu l’impact qu’il devrait avoir. Nous ne pouvons pas rester là à attendre que ça se passe. Nous allons donc défiler et faire du bruit pour Sarah en défilant à sa mémoire et pour que le silence soit rompu.
Nous défilerons également à la mémoire du prêtre égorgé, des victimes du bataclan, de Nice, de Charlie, de l’Hyper Cacher, de Toulouse... de nos policiers et militaires... Mohamed, Abel, Loïc, Xavier, Ilan, Jacques Hamel, Xavier... Abattus par des terroristes.
Nous ouvrons donc ce Run à tout motard !!! 2 roues et runners Tu as une moto ? Un 2 roues ? Des jambes ? Viens, nous allons défiler à la mémoire de Sarah et a toutes les victimes !
Nous avons décidé avec un groupe d’ami Biker les root's 26 de dédier quelques un de nos run a des causes qui nous sont chères :
- enfants malades
- écoles en difficultés
- distributions de colis aux nécessiteux
- etc….
Nous demandons à participant de mettre un brassard blanc, nous vous donnerons égalent un sticker à apposer (si vous le souhaitez) sur votre casque.
Les seuls sigles accéptés seront les drapeaux RUN 4 SARAH HALIMI et les gilets de vos asso / clubs respectifs
Never Again !
Medias et journalistes ont étés prévenus, des caméras sont prevues pour réaliser un clip qui sera diffusé sur un maximum de media social !".
Le rendez-vous est fixé à 19 h à la place du marché de Neuilly-sur-Seine. Le run s'achèva vers 20 h 45.

Le Collectif Haverim a diffusé en direct le Run sur sa page Facebook.


Cérémonie en hommage aux victimes de rafles
Le 10 juillet 2017, la juge d'instruction Anne Ihuellou avait mis en examen Kobili Traoré pour « homicide volontaire », sans retenir à ce stade de l'instruction le mobile antisémite, ni la séquestration de la victime, ni les tortures infligées par son assassin. L'assassin avait reconnu les faits, mais non avoir été motivé par l'antisémitisme.

Le 10 juillet 2018, "la juge d’instruction a prononcé la mise en examen pour séquestration, non pas de Sarah Halimi, mais pour celle de la famille Diara. Cette famille habite l’immeuble voisin, c’est chez eux que Traoré s’est présenté en pleine nuit pour atteindre le balcon de Sarah Halimi... Pourquoi les actes de tortures et de barbaries n’ont-ils pas été immédiatement retenus, alors qu’ils ont été constatés par une quinzaine de témoins au moins. Il y a même des voisines musulmanes qui ont reconnu quelle sourates a récité le meurtrier, et qui ont crié à Sarah Halimi « Tenez bon, la police arrive ",  a confié Me Alexandre Buchinger au Times of Israelle 3 mars 2018.

Le 16 juillet 2017, lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vél d'Hiv et d'hommage aux victimes des rafles et aux Justes parmi les Nations, Francis Kalifat, président du CRIF, a déclaré au Président de la République Emmanuel Macron, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : « Il est essentiel que le caractère antisémite de ce meurtre soit inscrit au dossier ».

Le Président Emmanuel Macron a demandé à la justice de « faire toute la clarté » sur ce crime « malgré les dénégations » du meurtrier présumé.

Refus 
Le 2 septembre 2017, l'expert psychiatre Daniel Zagury a remis son rapport judiciaire dans lequel il évoquait des "bouffées délirantes" de l'assassin. Il était aussi l'un des experts psychiatres dans l'affaire Selam.

Il a écrit sur l'assassin Kobili Traoré : « En dépit de la réalité indiscutable du trouble mental aliénant, l’abolition du discernement ne peut être retenue du fait de la prise consciente et volontaire régulière du cannabis en très grande quantité. [...] Le fait qu’elle [la victime] soit juive l’a immédiatement diabolisée et a amplifié le vécu délirant, a focalisé sur sa personne le principe diabolique qu’il fallait combattre et a provoqué le déferlement barbare dont elle a été la malheureuse victime. Autrement dit, le crime de Kobili Traore est un acte délirant et antisémite ».

Daniel Zagury "a parlé de bouffées délirantes, ce qui est vrai, en précisant que la responsabilité pénale était atténué, mais pas abolie au moment de la séquestration de l’assassinat. La preuve c’est que, voyant les gens agglutinés dans la cour, il a tenté de simuler le suicide de Sarah Halimi en criant « une femme va se suicider ! ». L’expert a eu une bonne appréciation en parlant de responsabilité pénale. Il va donc y avoir un renvoi en cour d’assises... Lorsque l’on reprend les témoignages des voisins ameutés par les cris et les hurlements, et qui ont témoigné de ce qu’ils ont vu, quand il la traite de Sheitan [satan en arabe], lorsqu’il crie Allah Akbar, et qu’il alterne les coups et les sourates du Coran, il devient évident qu’il s’agit d’antisémitisme", a confié Me Alexandre Buchinger au Times of Israel, le 3 mars 2018.


Le CRIF a entamé alors une épreuve de force avec le pouvoir judiciaire pour obtenir que la circonstance aggravante d'antisémitisme soit retenue.

Le 20 septembre 2017, le Procureur de la République du parquet de Paris a demandé à Anne Ihuellou, juge d'instruction, et au vu de l'expertise psychiatrique et « des premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs » de procéder à une mise en examen supplétive du chef d’accusation d'antisémitisme. « Cette décision est une satisfaction pour les enfants de Sarah Halimi. Ils ont appris la nouvelle avec un grand soulagement. Je comprends que le parquet et le juge d’instruction aient attendu les conclusions de l’expertise psychiatrique pour se prononcer. L’expert a conclu que l’acte de Monsieur Traore était à la fois délirant et antisémite. Même s’il n’est pas aussi clair dans ses conclusions, il évoque explicitement le caractère antisémite de son geste. Il était donc tout à fait normal que le parquet délivre ce réquisitoire supplétif et reconnaisse cette circonstance aggravante »,  a réagi Me Jean-Alex Buchinger, avocat de la famille de Sarah Halimi.

Et d'exprimer sa surprise face au déni de la juge : "Mais du coté de cette juge d’instruction, nous les parties civiles, avons ressenti un véritable déni. La preuve, c’est que lorsque le procureur de la république de Paris a déposé son réquisitoire supplétif demandant au juge de retenir la qualification d’acte antisémite, il est prévu un délai de réponse de cinq jours pour ce faire. Ou chose exceptionnelle, il peut refuser de le suivre. Dans ce cas, il doit rendre une ordonnance de refus motivé. Mais la juge d’instruction n’a ni suivi le réquisitoire du procureur de la République, ni fourni les motivations de ce refus, ça a été le mur du silence".

Le 11 décembre 2017, Me Alexandre Buchinger a déposé une demande d’actes d’instruction afin que la magistrate étende la mise en examen de Kobili Traoré aux circonstances aggravantes d’« antisémitisme », d’« assassinat » et d’« actes de tortures et de barbarie », et une demande de reconstitution des événements de la nuit de l'assassinat. Des actes que le Procureur aurait du demander...

Me Alexandre Buchinger a saisi "le président de la chambre d’instruction de Paris d’une requête aux fins de motivation de ma demande d’acte d’instruction par la chambre d’instruction". Et ce, afin de déplacer le pouvoir de décision détenu par la juge à la juridiction d’appel qui est la chambre d’instruction".

A la mi-janvier 2018, la juge a rendu une ordonnance "refusant d’instruire car le meurtrier avait reconnu les faits". Le lendemain, Me Alexandre Buchinger interjette appel, suivi par le Procureur le 31 janvier 2018.

"Dans les semaines à venir il était donc prévu que la juge se présente devant la chambre d’instruction, face à trois magistrats, pour un mini-procès à l’issue duquel la cour rend un arrêt motivé. Et là, coup de théâtre, la juge d’instruction décide il y a très peu de temps de refaire un interrogatoire sur le fond avec le meurtrier. A l’issue de celui-ci elle procède à une mise en examen supplétive pour la circonstance aggravante d’antisémitisme. Consciente que cette affaire allait être évoquée, elle a certainement pensé qu’il valait mieux procéder ainsi",   a précisé Me Jean-Alex Buchinger.

Le 29 janvier 2018, Anne Ihuellou, juge d'instruction, refusait toujours.

Le 27 février 2018, a eu lieu la deuxième audition de Kobili Traore par la juge d'instruction chargée de l'enquête. Après cette audition, la juge a retenu le caractère antisémite du meurtre comme circonstance aggravante.


Francis Kalifat s'en est réjoui.

On peut raisonnablement tempérer cette satisfaction induite par une décision tardive et partielle de la juge Anne Ihuellou.

En effet, la juge Anne Ihuellou a défié le parquet pendant près de six mois. Et le droit depuis dix mois. Pourquoi ?

Finalement, la juge a admis la circonstance aggravante d'antisémitisme, mais pas la séquestration et les tortures. Un tiers de victoire. La juge d'instruction a concédé in fine un des trois motifs réclamés depuis le printemps 2017. Peut-être pour éviter que son ordonnance soit infirmée par la Cour.

Notons que cette décision survient quelques jours avant le dîner annuel du CRIF dont l'invité d'honneur est le Président Emmanuel Macron. Pour la première présence du chef de l'Etat dans cet événement  médiatisé, le CRIF a choisi le Carrousel du Louvre. Un hasard ? Non. Au soir de son élection le 7 mai 2017, le Président Emmanuel Macron avait choisi la Cour d'honneur du Louvre pour sa première apparition publique. Peu populaire, en manque de réussites économiques, il savait que le président du CRIF l'interpellerait à propos de l'instruction partiale de la juge. Celle-ci a opportunément concédé une circonstance, en en refusant deux autres.

"Cette bataille semble avoir eu quelques résultats positifs hors le cadre de ce procès. A Sarcelles, (le 31 janvier 2018) le Premier ministre Edouard Philippe a évoqué une nouvelle loi qui permettrait aux victime d’actes racistes, antisémites, homophobes ou sexistes, de déposer plainte en qualifiant eux-mêmes l’acte dont ils ont été victimes. Et ce, sans à avoir à attendre le bon vouloir du juge d’instruction, de la même manière que la justice procède en Angleterre. Et quitte au juge, si les faits ne sont pas prouvés, de revenir sur cette qualification ensuite. Je pense que cette affaire Halimi, ces mois d’atermoiements pour faire reconnaître évidence, a du beaucoup jouer dans cette proposition de loi. On s’est rendu compte au niveau politique qu’il n’est plus possible que l’on doive se battre de la sorte pour faire reconnaître évidence",  a conclu Me Alexandre Buchinger au Times of Israelle 3 mars 2018.

Rassemblements
"Nous venons de célébrer les 11 mois de l’assassinat sauvage de Sarah Halimi. Après un long bras de fer avec la justice française, le caractère antisémite dans le meurtre de Sarah Halimi, à Paris, en avril 2017, a été retenu mardi par la juge d’instruction en charge de cette enquête très suivie dans la communauté juive. Pendant la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans un HLM de Belleville, Kobili Traoré, 27 ans, s’était introduit dans l’appartement de sa voisine de 65 ans,  Sarah Halimi. Aux cris d’«Allah Akbar», entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, le jeune homme l’avait rouée de coups sur le balcon, avant de la défenestrer. «J’ai tué le sheitan» (le démon, en arabe)", a indiqué le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) lors d'une commémoration à Netanya, en Israël. Président du BNVCA, Samy Ghozlan, "a pris la parole pour dénoncer le caractère antisémite de cet assassinat. Il a rappelé la montée de l’antisémitisme en France et a rappelé tous les crimes antisémites ces dernières années. Il a rappelé que malgré toutes les protections officielles, il est impossible de se protéger du voisinage. L’antisémitisme en France est à notre époque, véhiculé par les extrémistes arabo-musulmans à travers toute la communauté musulmane et la Gauche française. Ce qui était une spécificité de l’extrême-droite est devenu une spécificité de l’extrême-gauche et des musulmans. La France a de tout temps été antisémite, avec des périodes plus ou moins intense. Après la fin de la dernière guerre et la volonté universelle de paix qui s’est emparée du monde occidental, l’Occident s’est démobilisé et se laisse envahir. La guerre est déjà là, mais la France comme l’Europe ne sont pas préparés pour cette nouvelle forme d’invasion".


Le 4 mars 2018, à 16 h, est organisée une grande cérémonie de rassemblement et d'hommage à Paris à la mémoire de Sarah Halimi en la synagogue 35 rue Lepeu – 75011 Paris, en présence de membres de la famille, du Rav Michel Gugenheim, Grand Rabbin de Paris, du Rav Itsak Katz, du Rav Mordehai Rottenberg, du Rav Elie Lellouche et de dirigeants et représentants d'institutions et organisations juives. Parmi les organisateurs : le BNVCA, l'UPJF, le mouvement Siona, mais pas le CRIF. L'affiche n'indique aucune raison à cette cérémonie qui serait organisée pour les onze mois marquant la fin de l'année de deuil. Pour réclamer que la juge d'instruction ajoute les griefs de séquestration et d'actes de torture ? Pour s'offusquer de ce "gouvernement des juges" qui rechigne à reconnaître le caractère antisémite d'actes, comme à Montmagny le 28 février 2018 ? Pour s'indigner du comportement de la police lors de cette nuit tragique ? Pour souligner une évolution des actes antisémites : actes dirigés contre des synagogues, puis des Juifs dans la rue, ensuite à leur domicile ?

Noémie Halioua
En mars 2018 est parue "L'affaire Sarah Halimi" de Noémie Halioua, Noémie Halioua (Les Editions du Cerf, collection Actualité). "Belleville, Paris, au sein d’un quartier HLM, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017. Kobili Traoré, un Franco-Malien de 27 ans, pénètre par effraction dans le domicile de Sarah Halimi, une retraitée de confession juive. Il la roue de coups aux cris d’« Allah Akbar » avant de jeter son corps par la fenêtre. Finalement interpellé par la police, l’homme est interné dans un service de psychiatrie. L’affaire va créer une polémique retentissante. S’agit-il ou non d’un acte antisémite ? Quel effet politique la campagne présidentielle alors en cours a-t-elle eu ? L’appareil judiciaire a-t-il mésestimé les faits ? Les médias ont-ils tardé à réagir ? Noémie Halioua a voulu savoir. Ce livre est le fruit de son enquête. Elle a interrogé tous les témoins, tous les acteurs, avocats, voisins, journalistes. Puisant aux meilleures sources, elle montre les parts d’ombre du dossier. Elle en traite surtout les dimensions les plus brûlantes : la banalisation de la judéophobie, le mal-être des juifs de France, leurs difficultés face à la montée de l’islam radical dans les quartiers défavorisés, mais aussi avec les autorités de la République. Un document indispensable pour que le silence ne recouvre pas la mort de Sarah Halimi". Noémie Halioua est âgée de 27 ans et dirige les pages Culture de l’hebdomadaire Actualité Juive hebdo.

Deuxième expertise
"Interné en hôpital psychiatrique depuis la nuit du drame, le jeune homme est, depuis juillet 2017, mis en examen pour « homicide volontaire ». Mais il avait fallu attendre la fin du mois de février, après une seconde audition du suspect par la juge Ihuellou, pour que le caractère antisémite soit retenu. Ce que les parties civiles et le parquet réclamaient depuis des mois".

Le 11 juillet 2018, la "juge d’instruction a reçu les parties civiles pour leur notifier qu’un collège de trois experts psychiatres avait conclu que le meurtrier présumé de l’ancienne directrice de crèche n’était pas conscient de ses actes au moment des faits et que son discernement était donc aboli. Ce qui revient à le déclarer inapte à être jugé. Ces conclusions contredisent celles de la première expertise, rendue en septembre 2017 par le très réputé docteur Daniel Zagury. Une troisième expertise a été demandée par la magistrate Anne Ihuellou".


Après l'audition du suspect, la juge Anne Ihuellou avait demandé à trois psychiatres de procéder à un nouvel examen de Kobili Traoré. « Ce qui est vraiment particulier, c’est que l’avocat de la défense ne l’avait même pas demandé. J’en ai vu des instructions à charge, mais là, il s’agit d’un cas d’instruction à décharge », soulignait Me Gilles-William Goldnadel, avocat de la sœur de Sarah Halimi – Lucie Attal de son nom de jeune fille.

"Par une ordonnance datée du 4 avril – date anniversaire du meurtre – les trois experts ont été chargés de répondre notamment aux questions suivantes : « Dire si le sujet présente des anomalies mentales ou psychiques et dans l’affirmative, les décrire » et « préciser si l’intéressé était atteint au moment des faits d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli/altéré son discernement ou le contrôle de ses actes ». Deux entretiens ont été menés : le premier, d’une durée de deux heures, le 24 mai, par deux des psychiatres et un second, d’une durée de deux heures trente le 7 juin, avec le troisième expert. Le "rapport d’expertise psychiatrique de vingt-neuf pages" a été consulté par Le Monde "dans son intégralité".

Dans leur rapport, les trois experts ont répondu « Oui » à la première question : « Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis ». Il dispose également d’une « personnalité pathologique antisociale » (incapacité à se conformer aux normes sociales, impulsivité, irritabilité, agressivité, irresponsabilité...) et d’une propension à la violence".

Ces trois experts ont également estimé que le discernement du criminel avait été « aboli ». Kobili Traoré est « inaccessible à une sanction pénale », affirment-ils, précisant que les soins seront « longs et difficiles » : « On ne peut que constater l’extrême dangerosité de ce patient que nous considérons, hélas, comme durable en dehors d’un milieu psychiatrique ».

La "première expertise avait conclu que Kobili Traoré, sans antécédent psychiatrique, était atteint, au moment des faits, d’une « bouffée délirante aiguë » provoquée par une forte consommation de cannabis – une quinzaine de joints par jour, selon les déclarations du suspect. Selon Daniel Zagury, son discernement était « altéré » mais pas « aboli », un avis qui le rendait passible de poursuites pénales. Le psychiatre avait également conclu que le crime de M. Traoré était un « acte délirant et antisémite ». Et de préciser : « Aujourd’hui, il est fréquent d’observer, lors d’efflorescences [en psychiatrie, perte de contrôle lors d’une phase délirante] délirantes, chez les sujets de religion musulmane, une thématique antisémite : le juif est du côté du mal, du diabolique. Ce qui est habituellement un préjugé se mue en haine délirante. (…) Dans son bouleversement délirant, c’est l’incarnation du diable qu’il terrassait. »

"Sur les conclusions du Docteur Zagury, le collège de trois experts déclare : « Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste », même si, indiquent-ils, « nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte » : « Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle. »

Ces deux expertises divergent sur « les conséquences médico-légale de la consommation de cannabis » : « La particularité du délire aigu de Monsieur Traoré est le rôle possiblement déclencheur du cannabis. La question se posant donc de savoir s’il s’agit d’un trouble induit par le cannabis ou si le cannabis n’a joué qu’un rôle précipitant d’un délire. » Le docteur Zagury avait estimé que sa consommation excessive de cannabis était « consciente et volontaire ». Pour les trois psychiatres, ce n’était pas le cas. L’existence de délires induits surviennent à des doses importantes et « s’amendent dès l’arrêt de l’intoxication ». Or, "soulignent-ils, les taux de THC (le principe actif du cannabis) relevés dans le sang du suspect étaient modérés – ce qui ne correspond pas à la consommation alléguée le jour du drame – et ses idées délirantes ont persisté « longtemps après l’arrêt de l’intoxication ». Pour le collège d’experts, la prise de cannabis n’a pas donc pas induit une crise aigüe mais n’a fait qu’aggraver un processus psychotique déjà amorcé".

Francis Kalifat a écrit le 11 juillet 2018 :
« Nous redoutions le pire... et nous avons eu le pire.
Malgré le rapport d’expertise du psychiatre Daniel Zagury, praticien expérimenté et unanimement respecté qui concluait à une altération du discernement.
Malgré sa décision plus d’un an après les faits, de retenir le caractère aggravant d’antisémitisme au vu du rapport et des auditions du suspect et de témoins, ouvrant enfin la voie au procès de l’auteur du meurtre sordide de Sarah Halimi.
La juge d’instruction en charge du dossier - fait assez rare pour être souligné - a décidé dans le secret de son cabinet de demander une nouvelle expertise à un collège d’experts. Dans leur rapport communiqué aux parties civiles aujourd’hui, ils concluent à notre grande stupéfaction à une abolition totale du discernement de l'accusé.
Ce rapport ferme la porte au procès que nous attendions et plonge les enfants et la famille de Sarah Halimi dans le plus grand désarroi, interrompant le difficile et douloureux travail de deuil démarré à l’annonce de la reconnaissance du caractère antisémite de ce meurtre.
Nous ne comprenons pas l’obstination et les atermoiements qui consistent à vouloir faire de ce tueur un dément alors qu’il est un assassin dont la démence présumée ne saurait pour autant occulter l’antisémitisme haineux.
La mise en scène et la personnalité de l’assassin nous montrent parfaitement que Sarah Halimi est bien la victime d’un crime antisémite car connue comme juive par son agresseur, elle a été choisie comme victime expiatoire.
Sarah Halimi est et reste une victime de plus de cette nouvelle haine des Juifs qui se développe.
Nous attendons avec gravité et impatience le résultat d’une troisième expertise, à nouveau demandée par la juge d’instruction, qui viendra nous l’espérons enfin ouvrir la voie au procès.
Notre attente découle de l’évidence. Nous l’attendons non pas par vengeance mais par justice".
Sur Radio Shalom, Me Alexandre Buchinger a déploré que Me Francis Szpiner ait exigé de ses clients, dont le frère de la victime, d'être leur seul avocat.

« Rien n’est définitif. Nous pouvons demander à ce qu’un expert de notre choix soit associé à cette nouvelle expertise ou en demander une autre par la suite », insiste Me Caroline Toby, avocate des trois enfants de la victime, avec Me Francis Szpiner.


Me Francis Szpiner a twitté : "Les enfants de Sarah Halimi prennent acte de l’expertise qui conclut contrairement à la 1ere expertise a une abolition dû discernement du mis en examen 1/ #Sarahhalimi", puis "Une nouvelle expertise a été ordonnée par le magistrat instructeur avant même que nous le demandions.Nous maintenons que le mis en examen était conscient de ce qu’il faisait au moment des faits . Et qu’il doit être jugé 2/#Sarahhalimi".

Le 11 juillet 2018, Sammy Ghozlan a écrit ce communiqué :
"Le BNVCA déçu et inquiet apprend sans aucune surprise cependant, la décision de la Juge d’Instruction chargée de l’assassinat de Sarah Halimi qui, se substituant à l’avocat de l’assassin a réclamé une contre expertise psychiatrique qui contredit le premier examen et conclut que la volonté du criminel antjuif était abolie au moment des faits.
Depuis le début, le BNVCA a perdu toute illusion de voir l’assassin, voisin de la victime, sanctionné pour le crime antijuif qu’il a commis en toute connaissance de cause, selon nous, le 24 avril 2017 à Paris 20 eme.
Pour le BNVCA, Sarah Halimi n’aurait jamais du mourir. La façon dont l’instruction est conduite nous surprend à plus d’un titre.
1/ Le caractère antisémite n’a été reconnu que tardivement, et seulement après les réquisitions du Procureur de la République.
2/Pas de reconstitution qui pourrait nous éclairer sur les raisons pour lesquelles,ni les policiers avertis, présents sur les lieux, ni les résidents témoins , n’ont porté secours et assistance à la victime de Traoré.
3/Enfin la nouvelle expertise excuse la culpabilité de l’assassin antisémite au motif que sa volonté, son discernement, ont été abolis par la prise de stupéfiants.
4/Nous relevons le paradoxe suivant, selon lequel, lorsqu’un automobiliste en état d’ébriété ou sous l’empire de la drogue commet une infraction au code de la route, il est poursuivi pénalement et son état constitue une circonstance aggravante. Mais lorsqu’un islamiste, drogué, commet un crime antisémite, il bénéficie d’une excuse pénale absolutoire.
Pour le BNVCA qui n’attend rien de favorable de la nouvelle contre expertise commandée, nous sommes convaincus que ce crime va rester impuni et accroîtra le malaise ressenti par nos concitoyens juifs."
Combien d'autres expertises psychiatriques la juge va-t-elle demander ? Jusqu'à quand ? Pourquoi ? Qu'en attend-elle ? Qu'un expert nie la dimension antisémite de l'assassinat ?

Run 4 Sarah Halimi
Run 4 Sarah Halimi organisa un run le 22 juillet 2018 à 14 h 30 :
"Moto, 2 roues motorisé ou non, coureur rejoins-nous !
Nous avons besoin de toi, pour faire entendre notre voix face à ce terrorisme qui assassine nos ainées et que l'on veut nous faire passer pour de la folie !
L'antisémitisme a tué en 1942 sous couvert d'une pseudo science ! Il tue en 2016 puis en 2018 (Mireille Knoll) sous celui d'un pseudo folie ! Après avoir tenté de faire passer le meurtre de Sarah Halimi pour un fait divers, et non antisémite.
Un nouvel expert tente de le faire passer pour fou
Non l'assassin n'est pas fou. C'est assassin antisémite.
Nous avons choisi comme date celle de la commémoration du Vel d'hiv (qui coincide avec le jeûne de 9 Av).
Le Run partira à 15h30 de la commémoration de la rafle, et ira au Tribunal de Grande Instance.
Nous avons besoin de toi !"
Autopsie d'un meurtre
Le 20 novembre 2018 à 20 h 30, le Centre Medem - Arbeter Ring proposa la rencontre-débat "Autopsie d'un meurtre : Sarah Halimi", avec Jacques Tarnero, essayiste documentariste, et Michel Gad Wolkowicz,  psychanalyste, professeur de psychopathologie fondamentale.

"Sarah Halimi, retraitée de 65 ans, a été battue, torturée et défenestrée aux cris de Allahou akbar ! par son voisin Kobili Traoré dans la nuit du 3 au 4 avril 2017. A la suite du silence médiatique qui s'ensuivit, seize intellectuels représentatifs de différents courants de pensée ont publié cet ouvrage collectif pour dénoncer l'islamisme radical qui propage l'antisémitisme et les passages à l'acte : depuis 2006 ils ont provoqué les meurtres de 12 Juifs parce que Juifs."

"Les contributeurs de ce livre rappellent les faits et alertent sur le déni de ce « nouvel antisémitisme ».  après avoir attendu 11 mois avant de qualifier ce crime comme antisémite, la juge d’instruction a désigné plusieurs experts psychiatres, dont certains ont estimé que le meurtrier présumé Kobili Traoré était inapte à être jugé. La justice a trop souvent tendance à hospitaliser les djihadistes."

« … Ce crime a été longtemps occulté par les médias. Pourquoi ce silence ? Quelle est cette gêne à nommer la nouvelle haine des Juifs en France ? Ces textes ici rassemblés tirent le signal d'alarme et appellent à une urgente prise de conscience. Car la violence dont sont victimes les Juifs est révélatrice d'une menace qui va bien au-delà de la seule sphère juive. Cette menace touche notre société, nos libertés et notre République... »

Troisième expertise
On apprenait le 18 mars 2019 qu'une "nouvelle expertise psychiatrique du meurtrier présumé conclut à son « irresponsabilité pénale ». Selon Le Parisien, "les experts psychiatres qui se sont penchés une troisième fois sur le cas de Kobili Traoré ont estimé qu’il n’était « pas, actuellement, accessible à une sanction pénale ». Sans le dire aussi explicitement, ils considèrent que son discernement était aboli au moment des faits. C’est la seconde expertise à conclure à une irresponsabilité pénale tandis que le premier psychiatre qui avait examiné Kobili Traoré avait considéré que son discernement était simplement altéré. C’est à la juge d’instruction qu’il appartient désormais de renvoyer le suspect devant la cour d’assises ou de prononcer un non-lieu psychiatrique."

"Le soir des faits, Kobili Traoré, dont l’état de santé s’était dégradé depuis plusieurs jours, avait roué de coups sa victime tout en récitant des sourates du Coran et en s’exclamant « J’ai tué le sheitan » (NDLR : le démon en arabe). Dans leurs conclusions dont nous avons pris connaissance, les docteurs Pascal, Guelfi et Coutanceau indiquent que le jeune homme de 29 ans présentait « une bouffée délirante aiguë d’origine exotoxique » (c’est-à-dire provoquée par un agent toxique extérieur, en l’occurrence le cannabis dont il était un très gros consommateur)".

"Partant de là, ils précisent dans une formule alambiquée que ce diagnostic oriente « plutôt classiquement vers une abolition du discernement […] compte tenu qu’au moment des faits son libre arbitre était nul et qu’il n’avait jamais présenté de troubles antérieurement ». Ils précisent également qu’il n’aurait pas choisi sa victime à dessein : « Il n’y a pas, a priori, de capacité de sélectionner sa victime dans une bouffée délirante aiguë. Seule compte la réalité délirante. » Ce qui, en creux, semble écarter le choix délibéré de s’en prendre à une femme de confession juive."

"En juillet dernier, les docteurs Bensussan, Meyer-Buisan et Rouillon avaient très clairement indiqué que Kobili Traoré était « inaccessible à une sanction pénale ». Ils avaient pour leur part considéré que ce dernier souffrait « d’un trouble psychotique chronique […] faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural ».

"En septembre 2017, le docteur Roland Zagury, le premier expert nommé par la juge d’instruction, avait comme ses confrères conclu à une « bouffée délirante aiguë ». Mais il n’en avait pas tiré les mêmes conséquences. « En dépit de la réalité indiscutable du trouble mental aliénant, l’abolition du discernement (NDLR : et donc son irresponsabilité pénale) ne peut être retenue du fait de la prise consciente et volontaire régulière du cannabis en très grande quantité », concluait-il."

"Contacté, Me Thomas Bidnic, l’avocat de Kobili Traoré, ne se dit « pas surpris » par les conclusions de cette nouvelle expertise. « Nous avons toujours dit que mon client n’était pas responsable de ses actes », insiste le pénaliste. Pour les parties civiles en revanche, ce rapport est un nouveau coup dur. « Cette instruction est menée depuis le départ en dépit du bon sens, se lamente Me Gilles-William Goldnadel, l’avocat de la sœur de la victime. J’ai du mal à comprendre comment les experts sont parvenus à de telles conclusions. » 

"Interné d’office après son acte, Kobili Traoré séjourne actuellement à l’unité pour malades difficiles (UMD) de Villejuif (Val-de-Marne)."

Me Francis Szpiner "est l’avocat des enfants de la défunte. « Cette expertise nous surprend. Le premier expert avait indiqué que la prise de drogue, qui fait office de déclencheur de la bouffée délirante, était un acte volontaire. Il avait donc conclu à la responsabilité pénale du suspect. Les conclusions du dernier collège d’experts sont donc, selon nous, très contestables. À partir du moment où tous les experts ne sont pas d’accord, je pense que c’est à la juridiction de jugement, en l’occurrence à la cour d’assises, de se prononcer et de trancher. En dépit des conclusions de cette troisième expertise, je continue à espérer qu’il y aura un procès. C’est à la juge d’instruction qu’il appartient de se prononcer. Et même si elle rend une ordonnance de non-lieu, nous ferons bien évidemment appel. »
4 avril 2019
"4 avril 2017 Sarah Halimi
Vous vous souvenez ?
Sarah Halimi , torturée puis défenestrée.
Quelques questions insupportables toujours sans réponse :
- Pourquoi les 28 représentants des forces de l’ordre présents plus de 30 minutes au milieu des cris de souffrance et de terreur de Sarah Halimi ne sont-ils pas intervenus ?
- Pourquoi n’y a-t-il pas eu de reconstitution, comme dans toute affaire criminelle
- Pourquoi ce risque d’absence de procès pour cause « d’abolition du discernement »
Avec ce doute terrible : est-il cohérent qu’un crime puisse être reconnu à caractère antisémite ET plus tard que ce même crime soit déclaré avoir été commis en état d’abolition du discernement ! Avec pour conséquence, qu’un crime aussi épouvantable resterait impuni. Le meurtrier après quelques années en hôpital psychiatrique retrouverait la liberté ? Impensable.
Les associations HaGoRa et MPCT appellent à une journée de mobilisation pour exiger le procès du tueur islamiste de Sarah Halimi , en faisant du 4 avril 2019 une journée à la Mémoire de Sarah Halimi. Comment parler de lutte contre l’antisémitisme, lorsqu’un tel crime, s’appuyant sur des avis d’experts psychiatriques non convergents, resterait impuni.
Les Associations HaGoRa et le MPCT et le Comité de soutien pour Sarah Halimi appellent à la mobilisation sous différentes formes
Le 4 avril 2019, toute la journée : parler de Sarah Halimi dans nos conversations, mails et posts
Le 4 avril à 18h30 HaGoRa et le MPCT appellent à un Rassemblement devant la Mairie du XIème Arrondissement, Place Léon Blum
Le 4 avril à 20h30, la conférence de Stéphane Encel sur « L’antisémitisme en 100 questions » sera dédiée à la Mémoire de Sarah Halimi (Z’l), à l’Espace Culturel Juif au 119 rue Lafayette à 20h30..
Le 4 avril marque le début d’une nouvelle mobilisation contre l’impunité du meurtrier islamiste d’une femme juive reconnaissable."

Appel d'intellectuels
Le 7 avril 2019, Le Figaro a publié l'appel de 32 intellectuels intitulé « L’assassin de Sarah Halimi ne doit pas échapper à un procès ». "Il y a deux ans, une Française juive était tuée sauvagement à Paris aux cris d’«Allah akbar». La question du discernement du suspect est au cœur de l’instruction. Une troisième contre-expertise a conclu à son irresponsabilité. Trente-deux intellectuels, parmi lesquels Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Pierre Manent, Pierre Nora, Mona Ozouf et Paul Thibaud, demandent que ce crime soit jugé." Ils craignent un non-lieu.

"Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans une HLM de Belleville à Paris, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil par un voisin âgé de 27 ans qui la connaît depuis vingt ans. Kobili Traoré la bat pendant plus de vingt minutes. Des cris de douleur qui alertent le voisinage. Tous entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les «Allah akbar» et autres psalmodies coraniques. On apprendra qu’il avait fréquenté assidûment la mosquée salafiste de la rue Jean-Pierre-Timbaud les jours précédant son crime. Quelques policiers de la BAC du XIe arrondissement sont rapidement sur les lieux. Croyant être en présence d’un terroriste, ils attendent des renforts. Peu avant 5 heures, Kobili Traoré défenestre sa victime, criant à la police postée dans la cour: «Attention! Une femme va se suicider», comme pour couvrir son geste criminel. Le rapport du médecin légiste établira que «la mort de Sarah Halimi est due à un polytraumatisme par chute d’un lieu élevé», relevant «des lésions d’hémorragie massive pulmonaire, myocardique, méningée, et diverses fractures associées», plus d’une vingtaine sur le corps et le visage.
Avant d’entrer chez Sarah Halimi, l’assassin présumé s’était introduit dans l’appartement mitoyen d’une famille qu’il connaît, les Diarra. Effrayés par sa nervosité, ils s’étaient enfermés dans une pièce et avaient contacté la police. K. Traoré avait rapidement quitté les lieux pour enjamber le balcon et entrer chez sa victime. Il reprendra le même chemin à l’issue du meurtre pour finir ses prières chez les Diarra. À 5 h 35, plus d’une heure après le début des faits, la police enfonce enfin la porte des Diarra. K. Traoré n’oppose aucune résistance. À son arrivée au commissariat, il est pris d’un soudain accès de violence. Immédiatement transféré en hôpital psychiatrique, il ne sera pas interrogé. Le 10 juillet 2017, Traoré est mis en examen pour homicide volontaire.
Déjà condamné vingt-deux fois
La sauvagerie de ce crime fait irruption dans une campagne électorale où les sujets de sécurité sont quasi absents. Ce meurtre dérange par son caractère antisémite identifiable: Kobili Traoré ne s’est pas attaqué aux Diarra, il a fait ses prières avant d’aller chez Sarah Halimi qu’il a qualifiée de «Sheitan» (Satan). Pour minimiser l’affaire, la rubrique des faits divers évoque «l’émotion dans la communauté juive», comme si Sarah Halimi n’était pas avant tout une citoyenne française. Deux mois après ce crime barbare, pour rompre le silence médiatique, dix-sept d’entre nous publiaient une tribune. Deux ans après, rejoints par d’autres signataires, nous voulons informer des avancées de la procédure et de la probabilité d’un non-lieu «psychiatrique».
Délinquant multirécidiviste et grand consommateur de cannabis, avant avril 2017, Kobili Traoré a déjà été condamné vingt-deux fois et incarcéré à quatre reprises. Jamais il n’a été question de troubles psychologiques quelconques. Quand le 27 février 2018, a enfin lieu l’interrogatoire du mis en examen, il reconnaît les faits. K. Traoré va beaucoup mieux… Après onze mois, sur insistance du parquet, la juge retient la circonstance aggravante d’antisémitisme. En revanche, elle et sa collègue refusent toute reconstitution, procédure pourtant habituelle dans ce type d’affaire. Reconstitution ô combien indispensable pour clarifier la chronologie de ces interminables 70 minutes. Indispensable pour comprendre un crime qui a eu lieu sous les yeux des voisins et de la police. L’avocat du mis en examen y est favorable, mais la juge refuse, affirmant vouloir protéger l’état psychologique de K.Traoré! En juillet 2018, la 6e chambre de l’instruction suit son avis sur la non-opportunité d’une reconstitution et refuse de retenir les actes de torture et de barbarie ainsi que la préméditation.
«En France, aujourd’hui, être juif serait-il une incitation au meurtre pour des déséquilibrés psychiatriques ?»
La procédure judiciaire a été ponctuée par les rebondissements des expertises psychiatriques. Les conclusions de ces expertises sur l’état de Kobili Traoré au moment des faits déterminent le choix des juges d’instruction: le renvoi devant la Cour d’assises ou le non-lieu pour irresponsabilité pénale. Une première expertise réalisée par Daniel Zagury rendue au bout de six mois établissait que K.Traoré avait fait une bouffée délirante aiguë (BDA) suite à une consommation massive de cannabis. Il conclut à l’altération du discernement, mais à une responsabilité pénale. La dimension antisémite ne fait pas de doute pour l’expert. Cette expertise n’a pas l’heur de plaire à la juge d’instruction qui en ordonne une seconde ; requête provenant usuellement de l’avocat de la défense qui ici n’avait rien demandé. En juillet 2018, les trois experts viennent contredire leur confrère Zagury: la BDA de Kobili Traoré équivaut à une abolition du discernement, ils évoquent une schizophrénie. Une entrée subite dans cette pathologie à l’âge de 27 ans, sans aucun antécédent, est pourtant rarissime. Selon eux, le mis en examen est «inaccessible à une sanction pénale […] au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, il était un baril de poudre. Mais la conscience du judaïsme de Mme Attal a joué le rôle de l’étincelle».
Face à deux expertises divergentes, les juges en ordonnent une troisième. Quatre experts ont rendu mi-mars 2019 leurs conclusions corroborant la seconde expertise. En France, aujourd’hui, être juif serait-il une incitation au meurtre pour des déséquilibrés psychiatriques? S’agit-il de préparer l’opinion à une réinterprétation de la dizaine d’assassinats de Français juifs par des islamistes? La psychiatrisation est-elle le nouvel outil du déni de réalité?
L’instruction est achevée. Deux options s’offrent aux juges. Rendre une ordonnance de non-lieu «psychiatrique», avec un renvoi vers la chambre de l’instruction pour juger des mesures de sûreté à prendre à l’égard du meurtrier «irresponsable». Mais les juges ne sont pas tenues par les expertises judiciaires pour ordonner le non-lieu. Elles pourraient aussi rendre une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’assises. Existe la possibilité d’un acquittement si les jurés estiment que Kobili Traoré était pénalement irresponsable. Mais au moins y aurait-il un procès, avec des débats contradictoires. Au moins existerait-il un espoir que justice soit rendue à Sarah Halimi, victime d’un crime antisémite barbare.
Signataires : Michel Aubouin, ancien préfet ; Élisabeth Badinter, philosophe ; Georges Bensoussan, historien ; Laurent Bouvet, professeur de science politique ; Pascal Bruckner, philosophe ; Philippe d’Iribarne, sociologue ; Élisabeth de Fontenay, philosophe ; Bernard de la Villardère, journaliste ; Jacques de Saint Victor, historien ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Martine Gozlan, journaliste ; Noémie Halioua, journaliste ; Jacques Julliard, historien ; Suzanne Julliard, professeur de lettres ; Alexandra Lagnel-Lavastine, philosophe ; Josépha Laroche, politiste ; Michel Laval, avocat ; Marcel Gauchet, philosophe ; Damien Le Guay, philosophe ; Jean-Pierre Le Goff, sociologue ; Barbara Lefebvre, essayiste ; Bérénice Levet, philosophe ; Sonia Mabrouk, journaliste ; Yves Mamou, journaliste ; Pierre Manent, philosophe ; François Margolin, réalisateur ; Lina Murr Nehmé, historienne ; Pierre Nora, historien ; Michel Onfray, philosophe ; Mona Ozouf, historienne ; Paul Thibaud, philosophe ; Michèle Tribalat, démographe."

"Cette nouvelle tribune montre que le combat pour Sarah Halimi n'est pas terminé, que l'appareil judiciaire n'aura pas raison  de notre volonté de justice... Il est impensable que celui qui a reconnu les faits ne s'explique pas lors d'un procès. Avec cette tribune, nous espérons réveiller les consciences et remobiliser les forces pour que le meurtre de Sarah Halimi ne reste pas impuni", a déclaré la journaliste Noémie Halioua à i24NEWS et auteure de L'affaire Sarah Halimi.

Tous fous !
"La justice est bonne mère. La République aussi. Quand un homme boit avant de tuer, c’est une circonstance aggravante ; quand il fume du cannabis, c’est une circonstance atténuante! Les djihadistes qui ont massacré chez Charlie ou au Bataclan consommaient eux aussi des drogues avant d’agir ; et criaient «Allah Akbar» au moment de passer à l’acte: ce qui prouve bien qu’ils sont fous! Cinglés. Mabouls. Malades mentaux. Irresponsables. Le tueur de Nice? Fou. Psychopathe. L’égorgeur du père Hamel? Fou. Irresponsable. En effet, il faut être fou pour commettre des actes aussi cruels", a écrit l'essayiste Eric Zemmour dans sa tribune « Vous êtes en France, bienvenue chez les fous ! » (Le Figaro, 12 avril 2019).
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Et de conclure : "Au fait: reconnu dément, Kobili Traoré ne sera pas pénalement responsable. Mais, en l’absence de pathologie mentale chronique, il ne sera pas non plus hospitalisable d’office à long terme. Bienvenue chez les fous !"

"Déni de vérité et justice"
"Afin de tenter de comprendre les raisons intellectuelles du déni de vérité et de justice qui entoure l’affaire Sarah Halimi, il convient de replacer celle-ci dans le contexte de la doxa politiquement correcte et relativiste dominante dans nos sociétés multiculturelles. Tout s’y passe en fait comme si la légitimité antifasciste de nos élites intellectuelles, politiques et médiatiques consistait à combattre - 70 ans plus (ou trop) tard - toute forme de racisme et d’antisémitisme (même imaginaire) commis par des « fascistes »blancs-européens, tout en tolérant, à titre « réparateur », ce même racisme judéophobe dès lors qu’il s’exprime au nom de l’antisionisme et du tiersmondisme islamophile. Le « néofascisme exotique et islamique» ainsi toléré semble en effet être banalisé et même de facto toléré dans les « territoires perdus de la République »et dans l’univers de la « diversité », c’est-à-dire chez les enfants issus des pays anciennement colonisés que l’on présente comme des victimes par essence et des irresponsables par nature face à l’Etat post-colonial ontologiquement coupable. Cette dissymétrie fruit d’une discrimination à l’envers et d’une diabolisation de l’Etat occidental par opposition à la violence anti-étatique allogène parée de toutes les vertus révolutionnaires, n’est pas le fruit d’un quelconque complot, mais elle découle d’une véritable pathologie sociale de nos pays gagnées par la haine de soi, le relativisme et l’a priori multiculturaliste. Elles semblent être devenues incapables d’assimiler et même d’intégrer des nouveaux venus perméables au virus mondial de l’islamisme radical et de la haine envers les « croisés judéo-chrétiens occidentaux » par ailleurs plus qu’entretenue dans nos manuels scolaires et les discours politiquement corrects de nos dirigeants subjugués par le magistère moral des nouveaux clercs xénophiles adeptes de la haine soi persuadés que le vrai-nouveau racisme ne viserait que l’islam (« islamophobie ») et les « minorités visibles » issues de l’immigration arabo-africaine. Nous précisons ici « arabo-africaine » car il n’échappe à aucun lecteur, que dans la hiérarchie des victimes, les musulmans post-coloniaux ont non seulement détrôné le « juif errant » d’antan mais ils ont littéralement mis hors-jeu les Chinois, les Vietnamiens, les Philippins, les Indiens ou les Sri-Lankais non-musulmans, sans oublier les gitans, maanouchs, Roms, Tziganes, etc.", a écrit le géopolitologue Alexandre del Valle dans sa tribune Deuxième anniversaire de la mort de Sarah Halimi : nouveaux logiciels antisémites et psychiatrisation des attaques islamistes (Atlantico, 12 avril 2019).

Et de préciser : "En réalité, la négation de la nature antisémite et islamiste de l’assassinat de Sarah Halimi participe du même phénomène général de diabolisation de l’autorité de l’Etat et de disculpation de la violence des forces supposées victimes et rebelles. D’où la banalisation affligeante, dans la presse et les discours politiques, des violences zadistes, guévaristes, palestiniennes, chavistes, blacks blocs et de l’extrême-gauche révolutionnaire en général, puis de leurs élus rebelles des cités qui balancent des frigos sur les voitures de police ou de pompiers, brûlent des milliers de voiture chaque « fête de la Saint Sylvestre », pratiquent des « tournantes », et rackettent dans une logique néo-tribale et proto-jihadiste les petits-blancs et petits juifs des collèges et lycées au point que le phénomène de l’extorsion est aujourd’hui socialement banalisé et mis au registre des faits divers. Une fois de plus, l’idée dominante est qu’il vaut mieux taire ou minimiser la progression du totalitarisme islamiste et de ses corollaires communautaristes, antisémites ou misogynes, plutôt que de décrire le réel et de risquer ainsi de faire monter le Front national"

Et d'analyser : "Concernant le volet policier et judiciaire de l’affaire Sarah Halimi, l’ancien policier et président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, a souligné à juste titre que l’une des raisons pour lesquelles les policiers sont restés inertes 70 longues minutes pendant le martyr de Sarah Halimi au lieu d’intervenir alors qu’ils étaient en nombre largement suffisant sur les lieux, est que leurs supérieurs ont craint de déclencher des violences ou autre rixes urbaines et communautaire, en souvenir des impressionnantes émeutes de 2005 qui avaient été déclenchées à la fois par une altercation avec des jeunes délinquants en fuite et, ce qui est moins connu, la pénétration des forces de police dans un lieu de prière qui aurait mis le feu aux poudres.  Le simple constat de M. Ghozlan est en soi terrifiant, et il en dit long sur l’échec de l’intégration et la situation sécuritaire de la France."

Et de conclure : "Certes, les policiers, présents lors de la tuerie du Bataclan comme dans l’immeuble de Sarah Halimi la nuit du crime, sont restés trop longtemps inertes parce qu’ils n’ont pas reçu les ordres pour déclencher une action violente. Les responsables sont en premier lieu leurs supérieurs. Toutefois, force est de constater qu’au déni de justice et de vérité déplorés plus haut s’ajoute un incompréhensible dysfonctionnement des institutions sécuritaires, car chacun sait qu’après les attentats terroristes du 13 novembre 2016, les autorités politiques françaises avaient décidé que les forces de l'ordre sur place devaient désormais intervenir sans attendre des forces spéciales"

Sébastien Selam
Ce crime présente des points communs avec celui de Sébastien Selam en 2003 : assassinat antisémite par un voisin musulman, présentation du criminel comme « déséquilibré », fréquentation de la même mosquée, attitude calme de l'assassin lors de son arrestation, occultation par de nombreux médias de la difficile vie de Français juifs dans certains environnements non pas seulement en banlieue, mais aussi dans Paris intra muros, etc. 

Ces assassinats révèlent la vulnérabilité de Français juifs vivant dans des contextes où l’antisémitisme prégnant n’est ni signalé à la police ou aux organisations chargées de la lutte contre l’antisémitisme, ni recensé par ces dernières. Leur isolement. Leur condition dhimmitisée. Leur absence d'organisation pour les représenter. Le discrédit d'organisations censées être leur porte-paroles.

Faute d’avoir lutté pour que soit établie toute la vérité dans l’affaire Selam, faute de désigner l’antisémitisme et l’antijudaïsme islamiques et de les combattre, la communauté juive française institutionnalisée ne finit pas de constater le prix tragiquement élevé de son inaction durable dans cette affaire cruciale et l'effondrement continu de la condition juive en France.

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Cet article a été publié le 22 juin 2017, puis les 4 mars et 21 novembre 2018.

1 commentaire:

  1. C'est vraiment honteux.

    A noter aussi l'indifférence relative ou absolue d'organisations juives américaines - Anti-Defamation League, American Jewish Committee - qui comptent parmi leurs objectifs celui de se solidariser avec les Juifs d'autres pays, si besoin est - par le biais d'interventions intelligentes et vigoureuses.

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