Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 3 février 2020

Assassinat antisémite de Sarah Halimi

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans le quartier parisien de Belleville, Sarah Halimi (appelée aussi Lucie Attal) - Halimi est le nom de son ancien mari -, ancienne directrice d'école, sexagénaire juive orthodoxe française, a été séquestrée et rouée de coups dans son domicile au 3e étage, puis défenestrée par Kobili Traoré, voisin musulman d’origine malienne et âgé de 27 ans.  Sans que les policiers présents n'interviennent. Refus de la juge d'instruction 
Anne Ihuellou jusqu'en février 2018 de retenir la circonstance aggravante d'antisémitisme, contradiction entre expertises psychiatriques, long silence médiatique, absence de stratégies 
d'actions efficaces contre l'antisémitisme létal élaborées par des organisations juives françaises plaidant essentiellement sur un registre émotionnel, ordonnance de la Cour d'appel de Paris du 19 décembre 2019 reconnaissant le caractère antisémite du crime et affirmant que le discernement de l'assassin, sous l’emprise de substances illicites, était aboli au moment des faits ainsi que l'irresponsabilité pénale de Traoré, Cour de cassation confirmant l'irresponsabilité pénale de l'assassin, refus de la France de se doter d'un fichier recensant les "Allah Akbar boys" et analysant leur parcours, prochain vote d'une loi macronienne qui ne réglera pas le problème du jugement en cour d'assises de prétendus "fous"... Analyse d'échecs graves pour les Français juifs. 

« Chasser les juifs pour régner » par Juliette Sibon

En 2001, un panorama des nouveaux visages des antisémitismes
Demain les Juifs de France
Antisémitismes de France 
« La France sans les juifs. Emancipation, extermination, expulsion » par Danny Trom
« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre 
La Présidence Hollande, les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'était bien pour les Français Juifs ? 
« Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe » par Joachim Schroeder et Sophie Hafner
Soirée spéciale de France 2 sur l’antisémitisme 
Quand la « rue arabe » pro-palestinienne ou/et pro-Hamas défilait lors de l'Opération Plomb durci… (1/2) 
Des « Blacks, Blancs, Beurs » antisémites ont attaqué des Juifs lors de l'opération défensive « Protective Edge » (2/2) 
Interview de Maitre Axel Metzker, avocat de la famille Selam
Le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris (1/5) 
Jean-Louis (Chalom) Levy, victime d’une tentative d’assassinat antisémite, est mort
Spoliations de Français juifs : l’affaire Krief (version longue)

Française juive orthodoxe, Sarah Halimi avait écarté une carrière médicale lucrative pour diriger une école privée juive dans le Marais. Divorcée, elle avait élevé ses enfants. Les parents d'élèves de cette école gardent un souvenir empli de gratitude à l'égard de cette dame. Retraitée, cette sexagénaire s'occupait d'élaborer des projets d'aides sociales pour les plus démunis. Elle était la seule Juive habitant dans cet immeuble.

Assassinat public

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans le quartier parisien de Belleville, Sarah Halimi a été rouée de coups dans son domicile au 3e étage et défenestrée par Kobili Traoré, voisin musulman d’origine malienne et âgé de 27 ans, qu'elle redoutait.

L’assassin a crié à plusieurs reprises « Allah Aqbar », récité des sourates et désigné sa victime sous le nom de « sheitan » (démon, en arabe).


Pendant plus d’une heure, la police, présente dans l’immeuble, n’est pas intervenue pour mettre fin à ces violences, semble avoir cru à un acte terroriste et attendu du renfort de la BAC. Kobili Traoré a été interné en hôpital psychiatrique.

Pourtant, après les attentats terroristes du 13 novembre 2016, les autorités politiques françaises avaient décidé que les forces de l'ordre sur place devaient intervenir sans attendre des forces spéciales. Et le 20 avril 2017, Karim Cheurfi, armé d'une Kalachnikov, a tiré sur un fourgon de police, tué le conducteur, Xavier Jugelé, et blessé deux autres policiers. Les policiers ont immédiatement réagi, et ont fait feu sur l’assaillant, sans attendre du renfort, sans s’interroger sur la nature éventuellement terroriste du meurtrier. Pourquoi n’ont-ils pas agi avec cette promptitude à l’égard de Sarah Halimi ?

Médias

Pendant plusieurs jours, les dirigeants des principales organisations juives françaises ont répété sur les ondes de la fréquence juive francilienne et sur les réseaux sociaux un discours exprimant leur émotion, invitant à la prudence, soulignant que « rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. L’enquête se poursuit et toutes les pistes sont ouvertes » et affirmant la confiance dans la justice. Ce qui a creusé le fossé entre ces dirigeants et leurs coreligionnaires lambda convaincus qu’il s’agissait d’un assassinat antisémite et outrés par la "psychiatrisation" de criminels responsables de leurs actes.

Les médias juifs, français et étrangers, ont immédiatement informé sur cet assassinat, notamment sur les agressions, verbales et physiques, antisémites ayant visé Sarah Halimi et sa famille pieuse, de la part de Kobili Traoré et de ses proches.

Quelques journaux ont évoqué cette tragédie sans mentionner la judéité de la victime et le fait que l’assassin est musulman. Ainsi, le 4 avril 2017, BFM a titré « Paris: mort d'une femme après une chute d'un balcon, un homme interpellé », Le Parisien a annoncé « Une femme meurt défenestrée à Paris, un voisin interpellé », 20 minutes a écrit, dans un article émaillé d'incohérences, "Paris: Un homme soupçonné d'avoir tué une femme en la poussant du balcon", et Ouest France a indiqué le 5 avril 2017 « Paris. Placé en psychiatrie pour avoir défenestré sa voisine ». Quant à France-Soir, il a surtitré "Transféré en psychiatrie... Paris: Un homme soupçonné d'avoir tué sa voisine en la poussant du troisième étage". Ces journaux indiquaient pourtant le nom du bailleur social, Paris Habitat, l'adresse de la victime - numéro 26 de la rue Vaucouleurs (75011) -, ou les actes de « petite délinquance » commis par le meurtrier. Pourquoi ce consensus médiatique dans le "politiquement correct" classant ce crime parmi les "faits divers" ? Pour que les lecteurs n'établissent pas le rapport avec l'assassinat antisémite en 2006 d'un homonyme, Ilan Halimi ? Pour ne pas faire de vague lors de la campagne électorale, à l'approche des deux dates de scrutin de l'élection présidentielle ? "Pour-ne-pas-faire-le-jeu-du-Front-national" ? Pour ne pas susciter de questionnements sur le "vivre ensemble" si vanté par journalistes et politiciens ?

Politiciens

Le 6 avril 2017, le Centre Simon Wiesenthal (SWC) a interpellé les onze candidats à la présidentielle du 23 avril sur la question de l’antisémitisme et d’Israël. « Depuis Ilan Halimi jusqu’à Sara Halimi, vos réponses peuvent fournir un élément d’espoir. Votre silence sera considéré, au mieux, comme de l’indifférence. »

« Dans une lettre adressée à chacun des onze candidats au premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril prochain, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, protestait contre « l’horrible acte survenu hier dans le 11e arrondissement de Paris – l’assassinat de Sara Halimi, une femme de confession juive âgée de 60 ans, par un homme signalé comme islamiste qui l’a défenestrée de son appartement sous les cris de ‘‘Allah akbar’’ ».


Shimon Samuels continuait sa lettre en ces termes : « Ce qui a commencé en 2006 par la prise d’otage et le meurtre d’Ilan Halimi s’est poursuivi par les massacres de l’école juive de Toulouse et du magasin Hyper Cacher, ainsi que d’innombrables autres attaques. Ces tragédies ont fait de la France le pays le plus dangereux pour la population juive. « L’état d’urgence contre le terrorisme sera levé après les élections présidentielles. Déjà, la sécurité militaire a été supprimée des cibles juives sensibles. »

Le Centre interpellait chaque candidat :

« 1. Est-ce que vous, en tant que président/présidente, entendez rétablir une présence militaire totale dans les institutions juives ?
Comptez-vous en finir avec la culture de l’apologie qui considère les auteurs de crimes islamistes comme des cas psychiatriques plutôt que comme des terroristes qui ont commis des crimes haineux ?

« 2. Malgré les avertissements de la municipalité de Paris, la police a autorisé, la semaine dernière, une manifestation ‘‘BDS’’ (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), sous le mot d’ordre : ‘‘Séparez le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) de l’État’’ – un euphémisme pour ‘‘Expulsez les Juifs de France’’.


« Monsieur le Candidat, Madame la Candidate, est-ce que votre présidence prendra des mesures pour pénaliser la diabolisation et la délégitimation d’Israël en tant que poison qui incite à la violence antisémite contre la communauté juive de France ?


« 3. Monsieur le Candidat, Madame la Candidate, est-ce que votre présidence optera pour un changement de politique étrangère sur le vote disproportionné contre Israël dans les organisations internationales – et tout particulièrement en ce qui concerne les résolutions de l’Unesco qui contestent le patrimoine juif et chrétien et les attaques constantes dirigées contre Israël au Conseil des droits de l’homme des Nations unies ? Ces points contribuent eux aussi à inciter à l’antisémitisme et ils ont été reconnus comme tels dans la définition de The International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA, Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste), dont la France est membre. »

Le 7 avril, le procureur de Paris François Molins a reçu des dirigeants d’organisations juives françaises pour faire part de sa prudence à l'égard de la qualification d'antisémitisme : il a récusé le caractère antisémite du meurtre. Un message répercuté avec célérité, dans les médias juifs et via les réseaux sociaux, par ces organisations juives françaises auprès de leurs coreligionnaires sur le mode : "Soyons prudents. Rien ne permet d'affirmer le caractère antisémite de l'assassinat, et blablabla". Certes, mais rien ne permettait d'infirmer ce caractère antisémite. Et au contraire, les déclarations des proches de la victime attestaient d'actes antisémites ayant visé Sarah Halimi et sa fille.

Signé par quatre organisations juives françaises - le Consistoire de France, le CRIF, le FSJU (Fonds Social Juif Unifié) et le SPCJ (Service de protection de la communauté juive) -, ce communiqué du 7 avril 2017 intitulé "Communiqué des associations juives de France sur l'assassinat de Sarah Attal-Halimi" a été diffusé dans les réseaux sociaux, notamment sur Facebook :

"Des représentants des associations juives de France ont rencontrés aujourd'hui le Procureur de la République de Paris. Ce matin, Haïm Korsia - Grand Rabbin de France, Joël Mergui - Président du Consistoire, Ariel Goldmann – Président du FSJU, Robert Ejnes – Directeur Général du CRIF et le SPCJ ont été reçus par Monsieur François Molins – Procureur de la République de Paris et les personnes chargées de l’enquête concernant le meurtre de Sarah Halimi Attal zal.Cette rencontre, obtenue à la demande des Institutions centrales de la communauté juive, avait pour but de faire connaître la vive émotion que suscite ce drame et toutes les interrogations profondes qui l’accompagnent.Il a été expliqué de façon très claire que « l’enquête en cours a pour but de parvenir à la manifestation de la vérité et déterminer si la circonstance antisémite doit être retenue ».A cette date, selon les premiers éléments de l’enquête et sur la base des premiers témoignages « rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. L’enquête se poursuit et toutes les pistes sont ouvertes ». Un juge d’instruction va être désigné.Le temps de l’enquête est long car il impose d’entendre tous les témoins, notamment les membres de la famille qui sont dans la semaine de deuil en Israël et qui seront entendus à leur retour, de saisir et exploiter tous les éléments d’indice sur le lieu du crime, toutes les analyses des échanges avec la Police et autres communications, toutes les investigations dans le passé de l’auteur des faits.Ce temps est essentiel et incompressible pour qu’aucun détail ne soit laissé inexploité.La vive émotion que ce drame inspire à tous est immense et chaque minute qui nous distance des résultats de l’enquête augmente la tourmente. Toutefois nous faisons pleine confiance aux hommes et femmes qui œuvrent à cette enquête.L’enquête ne peut se faire sur les réseaux sociaux, le mélange d’informations provenant de témoins directs avec des récits « revisités » par des commentateurs, le mélange d’informations vérifiées et avérées avec des informations supposées, imaginaires, voulues ou encore déniées créent une confusion qui dessert la recherche de la vérité.  Or chaque information ou témoignage peut être décisif. Tous ceux qui pensent pouvoir contribuer à l’enquête doivent se manifester auprès des enquêteurs et leur délivrer toutes les informations dont ils disposent. C’est là que leur témoignage sera le plus utile.Nos pensées et prières accompagnent la famille et les proches de Sarah Halimi zal."
En se faisant les porte-paroles du Procureur, ces dirigeants - dont certains (Me Ariel Goldman, président du Fonds Social Juif Unifié) sont des avocats - se sont discrédités à l'égard de nombre de leurs coreligionnaires et se sont laissés enferrés dans la doxa officielle ignorant l'antisémitisme islamique et dans la stratégie d'omerta du pouvoir politique. Car le procureur pouvait/devait inclure des griefs tel l'antisémitisme quitte, si l'enquête policière infirmait la circonstance antisémite, à enlever cette qualification pénale. Or, le Procureur, malgré ses déclarations, a exclu de jure et de facto la piste de l'antisémitisme.  Or, le 19 mai 2016, le Président François Hollande avait déclaré à propos du crash d'un avion d'EgyptAir qui assurait la liaison Paris-Le Caire : "Je ne peux pas exclure l'hypothèse de l'acte terroriste, ni quelque chose qui relèverait d'un incident technique, il est trop tôt. Nous avons le devoir de tout savoir, de tout connaître des causes de ce qui s'est produit et aucune hypothèse n'est écartée, aucune n'est privilégiée".

Le 7 avril, le journaliste Claude Askolovitch signait sur Slate.fr l'article "Cette vieille dame assassinée qui panique la communauté juive et dont on parle peu".


Le 2 février 2017, Théo, âgé de 22 ans, a été interpellé par quatre policiers, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Il a été soigné à l'Hôpital Robert-Ballanger pour des violences, dont un viol, qu'il a alléguées avoir subies lors de son arrestation. Le 7 février 2017, le Président de la République François Hollande s'est rendu à son chevet et est demeuré pendant trente minutes. Il a aussi posté un message illustré par une photographie sur son compte Twitter Curieusement, il n'a pas jugé utile d'accueillir à l'Elysée la famille de Sarah Halimi. Alors qu'il avait reçu à l'Elysée le 31 janvier 2017 les familles des victimes des attentats terroristes islamistes de janvier 2015 et des représentants de l'association des victimes du crash du vol Egyptair.

Marche blanche
Le 9 avril 2017, à l’appel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), une marche blanche a réuni un milliers de personnes près du domicile de la victime, dans le quartier de Belleville, à Paris. De jeunes Maghrébins ont crié « Sales juifs » et jeté des bouteilles en direction de cette foule. La police est intervenue. Vice-président du CRIF, Gil Taïeb a déclaré au Parisien : « Sarah a été assassinée par un cocktail de délinquance, de folie et une dose de haine antisémite qu’on ne peut pas ignorer ». Qu'est-ce qui lui permet d'affirmer la présence de folie alors que le rapport de l'expert psychiatre n'a pas encore été remis à la justice ? Une allégation qui risque d'abonder dans le sens d'une possible irresponsabilité pénale vers laquelle semble s'acheminer l'institution judiciaire.

Information judiciaire

Meyer Habib s'est prononcé rapidement sur cet assassinat. Le 10 avril 2017, Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle, a été la première candidate à cette élection, et pendant des semaines, la seule à évoquer cet assassinat. Candidat ou Président, Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé publiquement sur ce crime. Et ce, malgré la présence dans son premier cercle de Français juifs, et de candidats aux élections législatives qui prétendent "avoir l'oreille" du Président Emmanuel Macron.

Le 14 avril 2017, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire et séquestration, sans retenir la circonstance aggravante d'antisémitisme.


Invités de la cérémonie d'investiture

Le 14 mai 2017, à l'Elysée, lors de la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron, huitième président de la Ve République, se trouvaient des invités, notamment les "parents de Tamara Callot, une militante d'En Marche! originaire de Dreux (Eure-et-Loir) qui s'est tuée dans un accident de voiture le jour du premier tour de l'élection présidentielle 2017. Selon « L'Echo Républicain », le couple en deuil avait été convié à l'Elysée par Brigitte Macron, la nouvelle Première dame. La cérémonie au palais présidentiel a beaucoup ému la maman de Tamara Callot. En voyant ses larmes, Emmanuel Macron l'a prise dans ses bras pour la consoler avant que Brigitte Macron la réconforte également". Autre invité : "le compagnon de Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs-Elysées le 20 avril dernier ainsi que celui de Corinne Erhel, une députée des Côtes-d'Armor, décédée lors du dernier meeting de la campagne du nouveau président".

Mais aucun membre de la famille de Sarah Halimi n'avait été invité par le Président de la République Emmanuel Macron ou son entourage.

Conférence de presse
Le 22 mai 2017, lors de la conférence de presse organisée par les avocats de la famille de Sarah Halimi, les avocats, dont Me Alexandre Buchinger, ont indiqué que la veille de l’assassinat, Kobili Traoré avait passé sa journée à la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud (XIe arrondissement de Paris), célèbre pour être fréquentée notamment par des islamistes. En pleine nuit, Kobili Traoré est entré sciemment dans l’appartement contigu à celui de Sarah Halimi. Là, y vivait une famille d’origine malienne qu’il connaissait. Cette famille a eu si peur de lui qu’elle s’est enfermée dans une pièce, a jeté à la police dans la cour les clés de l’appartement. En fait, Kobili Traoré avait besoin d’entrer dans cet appartement, pour passer dans l’immeuble contigu et pénétrer via la fenêtre dans l’appartement de Sarah Halimi. Persuadés que le meurtre a été prémédité, les avocats réclament que la circonstance aggravante d’antisémitisme par la juge d'instruction Anne Ihuellou soit retenue. J'ai interrogé Joël Mergui, président du Consistoire de Paris Île-de-France et du Consistoire de France, pour savoir s'il avait évoqué, si d'autres dirigeants communautaires, avaient évoqué cet assassinat antisémite auprès d'Emmanuel Macron, avant ou après sa visite au Mémorial de la Shoah entre les deux tours de l'élection présidentielle. Joël Mergui m'a répondu ne pas l'avoir évoqué et ne pas savoir si ses homologues l'avaient évoqué. Ce crime ne méritait-il pas une réunion des dirigeants des principales organisations juives françaises pour adopter une stratégie commune plus efficace ? Ne méritait-il pas une requête ferme et précise auprès du candidat Macron dont l’élection était si prévisible ? Pourquoi ce silence de ces dirigeants avant/après cette visite avec Emmanuel Macron, alors qu'ils sont diserts envers leurs coreligionnaires ? 

Le 25 mai 2017, sur RMC-BFM TV, Joëlle Dago-Serry, chargée de clientèle dans le logement social pour les salariés, a déclaré « Dans les logements sociaux, on ne mélange plus les juifs et les musulmans » par peur de « confrontations communautaires ».

Le 1er juin 2017, lors d'un débat au Parlement européen sur la lutte contre l'antisémitisme, Frédérique Ries, eurodéputée belge, a dénoncé le « silence glaçant des autorités » françaises à l'égard de l'assassinat de Sarah Halimi.

Intellectuels
Le 6 juin 2017, dix-sept intellectuels français, dont Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Elisabeth Badinter, Marcel Gauchet et Sonia Mabrouk, lancent un appel exhortant à ce que la vérité soit établie sur cet assassinat. « Tout laisse penser, dans ce crime, que le déni du réel a encore frappé ».

"Dans un texte publié en exclusivité dans Le Figaro, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Élisabeth Badinter, Marcel Gauchet et d'autres personnalités* appellent à ce que toute la lumière soit faite sur la mort de cette Française de confession juive tuée aux cris d'«Allah akbar». Ce crime d'une barbarie rare, qui a eu lieu en pleine campagne présidentielle, a reçu peu d'attention des médias."


"Le 4 avril dernier, Sarah Halimi, Française de confession juive, âgée de 65 ans, mère de trois enfants et retraitée, a été torturée à son domicile aux cris d'«Allah akbar» puis défenestrée. La victime vivait dans un HLM du quartier de Belleville depuis une trentaine d'années. Cette nuit-là, son voisin, Kobili Traoré, 27 ans, a pénétré chez elle vers quatre heures du matin, l'a agressée et a commencé ses sévices. «Le rapport de police confirme que ma sœur a subi des actes de torture pendant près d'une heure, il l'a massacrée. Les dégâts sont tels que ma décence ne me permet pas de vous donner des détails», expliquera William Attal, le frère de Sarah Halimi. Une partie de la scène a été enregistrée par un voisin. La bande-son, que possèdent les enquêteurs, confirme le calvaire de Sarah Halimi. Les coups gratuits portés par l'agresseur sont d'une violence extrême. L'autopsie révélera plus d'une vingtaine de fractures sur le corps et le visage de la victime. Tandis qu'il ..."


Grand rabbin Haïm Korsia

« On ne peut pas à la fois reconnaître que l'Etat s'est engagé pleinement à travers le plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme et suspecter les uns ou les autres de ne pas vouloir reconnaître un acte antisémite », a confié à l'AFP le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le 16 juin 2017.

On peut douter de l'engagement de l'Etat contre l'antisémitisme et constater un refus de reconnaître un acte antisémite. Mais c'est peut-être gênant pour un grand rabbin de France ayant appelé à voter pour Emmanuel Macron de le dire. La dyarchie du Consistoire de France induit une contradiction entre la position des deux dirigeants de cet organisme. Une faille que les autorités politiques et les médias risquent d'instrumentaliser.


Artistes juifs français

Le 17 juin 2017, Yvan Attal, acteur, scénariste et réalisateur, a déclaré à i24News : "En tant que citoyen, lutter contre le terrorisme c'est déjà rester citoyen et ne pas avoir peur. Ensuite il y a un engagement politique: à chaque fois qu'on peut dénoncer un certain nombre de choses, il ne faut pas hésiter à les dénoncer. Par exemple je veux parler du cas de cette dame Sarah Halimi qui, il y a quelques mois, a été victime de terrorisme et personne n'en parle... En tant que citoyen j'ai envie d'en parler aujourd'hui. J'espère que le gouvernement prendra la mesure des faits. Cette dame a été poignardée, torturée, d'après ce qu'on sait. Elle a été défenestrée par un type qui a criée "Allah akbar". Cela ressemble aux attentats terroristes qui se déroulent sur la voie publique... Si on veut lutter contre le terrorisme, il ne faut pas avoir peur de dire les choses. Il faut nommer les choses".

Le 17 juin 2017, Michel Boujenah, acteur, scénariste et réalisateur, a été interrogé par la journaliste Vanessa Burggraf lors de l'émission On n'est pas couché sur France 2, sur l'assassinat de Sarah Halimi. Il a déclaré : "Sur cette affaire, c'est sûr [qu'il y a un déni d'antisémitisme en France]. Ils ont dit que c'était un déséquilibré. Mais c'est un déséquilibré qui a choisi sa victime, qui l'a torturée, qui la insultée de tous les mots antisémites et qui l'a défenestrée. Alors, c'est un fou, mais c'est un fou antisémite. Le plus terrible, c'est le silence incroyable autour de cette affaire. Moi, cela me bouleverse. ..Je ne comprends pas ce qui se passe avec l'antisémitisme".

Alexandre Devecchio, journaliste dans la rubrique Débats/Opinions du Figaro, a tweeté : "L'affaire Sarah Halimi enfin évoqué sur la télévision publique dans l'émission #ONPC par #Boujenah et Burgraff", puis "Dommage qu'on s'éloigne assez vite du sujet pour divaguer sur un antisémitisme vague et indifférencié".

Certes, mais Vanessa Burggraf a interrogé un artiste juif français sur cette affaire. Pourquoi n'a-t-elle pas interrogé des invités non-juifs sur ce "sujet d'actualité" ? Et elle a justifié sa question en invoquant un article qu'il avait twitté.


Plainte contre la police
Le 20 juin 2017, Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), a déclaré sur Judaïques FM, radio de la fréquence juive francilienne : "Les policiers de la BAC sont venus trois minutes après avoir été appelés. Ils étaient au nombre de quatre arrivés un peu avant 4 h 30. Des riverains, des voisins qui ont entendu les cris de Sarah Halimi et les cris Allah Aqbar et sourates émis par son assassin, ont appelé de nouveau la police. D'autres équipages de la BAC sont alors arrivés : ils sont quatre arrivés vers 4 h 40. A 4 h 48, une colonne d'intervention, d'assaut, composés de 18 à une vingtaine de policiers équipés, armés, préparés pour l'intervention sont arrivés. Il ne s'est rien passé pendant une heure et dix minutes. Sarah Halimi a été torturée. Il lui a cassé la figure. A 5 h 30, Sarah Halimi a été défenestrée".

Et de préciser : "J'ai demandé au ministre de l'Intérieur et au préfet de police de Paris l'ouverture d'une enquête administrative, qui peut devenir pénale, pour savoir ce qui s'est passé. Au cabinet du préfet de police de Paris, il y a une permanence avec un préfet de permanence au courant des déplacements, un commissaire de police responsable de tout Paris et un substitut de permanence au Parquet informé de tout ce qui se passe. Tous sont informés de ce qui se passe. Ont-ils donné des instructions ? De mon expérience, je n'ai jamais vu un équipage appelé au secours et qui n'intervient pas. Il y avait l'état de nécessité qui permet de ne pas respecter les heures légales - de 21 h à 6 h du matin - pour entrer dans un appartement : il y avait les cris de la femme, la violence. Il y avait cette situation de légitime défense : quelqu'un était en danger et il fallait la sauver de ce danger. Ils pouvaient tout faire, y compris utiliser leurs armes pour abattre l'agresseur. Il y avait l'état d'urgence : les policiers sont protégés pénalement pour faire des actes non autorisés hors état d'urgence. Lorsque les policiers sont présents, leur rôle c'est d'intervenir... La famille de la victime pourrait déposer plainte contre X pour non assistance à personne en danger : des voisins auraient pu intervenir, casser la porte, rentrer, la sauver. Mme Halimi n'aurait pas du mourir".

Le 20 juin 2017, au nom de membres de la famille de la victime, Me Gilles-William Goldnadel a porté plainte contre la police pour non assistance à personne en danger. Sur Radio J, il a insisté sur le fait que Sarah Halimi était encore vivante quand son assassin l'a défenestrée.


« Mais notre combat, c’est que la justice reconnaisse qu’il s’agisse d’un assassinat islamiste et antisémite [alors que l’information judiciaire confiée à des juges a été ouverte pour « homicide volontaire », sans retenir la préméditation ni le caractère antisémite]... « Ma sœur craignait terriblement cet homme, il l’avait traitée de "sale juive". Mais elle avait peur que porter plainte soit dangereux pour elle (…) et elle avait déposé une demande (pour déménager, ndlr) à l’office HLM de Créteil », a déclaré William Abitbol, qui le 19 juin 2017 a témoigné devant la police.


Le 30 juin 2017, JForum a publié le texte de Me Jean Alexandre Buchinger, avocat des trois enfants de Sarah Halimi, Hanna, Elisheva et Yonathan, depuis le 4 avril 2017, expliquant les raisons pour lesquelles il a refusé de poursuivre les policiers :
"Ma première mission conjointement avec Mr Joël Mergui, Président du Consistoire, a été de faire en sorte que le permis d’inhumer puisse être délivré le plus rapidement possible pour des raisons religieuses, auxquelles les enfants de Sarah Halimi sont particulièrement attachés.
De façon tout à fait exceptionnelle, ce permis a pu être délivré dans les 24h et l’inhumation de Sarah Halimi a pu avoir lieu le surlendemain de son décès à Jérusalem.
J’ai pu prendre connaissance du dossier d’instruction le 19 avril 2017, le jour même de l’ouverture de l’information par le Procureur de la République et de la désignation d’un juge d’instruction.
Au vu des procès-verbaux d’audition d’un grand nombre de témoins, chose tout à fait inhabituelle en matière criminelle, j’ai immédiatement acquis la certitude qu’il s’agissait d’un assassinat à caractère terroriste, islamiste et antisémite.
Je me suis étonné de ce que l’information avait été ouverte d’une part pour « homicide volontaire » comme s’il s’agissait d’un meurtre ordinaire, et non pour assassinat avec la circonstance aggravante d’antisémitisme, et d’autre part pour « séquestration », mais non pas de celle de Sarah Halimi.
En fait, la séquestration visait la famille malienne, amie du meurtrier, dans l’appartement de laquelle il était entré en pleine nuit, avec pour objectif de passer par leur balcon à celui contigu de Sarah Halimi pour la surprendre dans son sommeil. Je n’ai pas compris que la séquestration ait été retenue pour cette famille, présentée comme victime, mais qu’il n’ait aucunement été fait mention de séquestration concernant Sarah Halimi , celle-ci avérée, et pas davantage d’actes de torture et de barbarie.
Lorsque le jour-même de l’assassinat, je me suis entretenu avec la substitut du Procureur de la République qui était venue sur place au petit matin, sa première réaction a été de me dire que « cette femme avait beaucoup souffert ».
Les témoins oculaires et auditifs qui n’ont assisté qu’au dernier moment du calvaire enduré par la victime, ont décrit avec précision les derniers actes de torture et de barbarie, qui avaient débuté bien avant qu’il ne traîne Sarah Halimi aux abords du balcon pour tenter de simuler son suicide avant de la défenestrer.
Ils ont tous témoigné de la sauvagerie du meurtrier qui alternait coups de poing d’une violence extrême et récitation de sourates du coran ponctuées de « Allah Akhbar », « J’ai tué le sheitan » (satan en arabe), « Dieu m’en est témoin ».
Le premier geste des fonctionnaires de police lorsqu’ils ont pénétré dans l’appartement de la mère de Kobili Traoré situé au 30 rue Vaucouleurs, a été de rechercher un drapeau de DAECH.
C’est dire que le caractère terroriste islamiste ne pouvait laisser la place au doute, ni pour les témoins des faits, ni davantage pour les policiers présents sur les lieux.
Les enfants de Sarah Halimi  se sont constitués partie civile dans les jours qui ont suivi la désignation du juge d’instruction.
L’un de mes premiers étonnements en découvrant le dossier a été que ni le Parquet antiterroriste et par voie de conséquence ni un Juge d’instruction de la section anti-terroriste n’avaient été saisis de ce dossier qui a été confié à un juge d’instruction en charge notamment des dossiers criminels « classiques ».
Trois jours après cet horrible assassinat, les dirigeants des institutions communautaires ont rencontré Monsieur François Molins, Procureur de la République de Paris, qui leur a déclaré qu’aucun mobile ne serait écarté.
Le dimanche 9 avril 2017, une marche blanche était organisée à l’initiative du CRIF, du Consistoire et du FSJU depuis le Métro Belleville jusqu’au 30 rue Vaucouleurs où demeurait Sarah Halimi .
Malgré les interventions répétées de Joël Mergui, Président du Consistoire, de Francis Khalifa, Président du CRIF et d’Ariel Goldman, Président du FSJU, tant auprès du Procureur de la République, du Ministre de l’intérieur, du Ministre de la Justice et du Préfet de Police, le dossier d’instruction n’a guère progressé.
La raison invoquée était l’impossibilité d’auditionner le meurtrier durant sa garde à vue, suite à un acte de rébellion au commissariat.
Son transfert le jour-même à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris puis son hospitalisation en établissement psychiatrique ont amené la juge d’instruction à ordonner le 22 avril une mesure d’expertise psychiatrique confiée à l’un des experts psychiatres près la Cour d’Appel de Paris.
Cet expert s’est vu fixé un délai de 4 mois, soit jusqu’au 22 août 2017 pour déposer son rapport d’expertise psychiatrique.
Trois mois après cet assassinat, non-seulement le rapport d’expertise psychiatrique n’a toujours pas été déposé mais les avocats des parties civiles ne sont même pas en mesure de savoir si cette expertise aurait déjà eu lieu.
Il est tout à fait inhabituel dans le cas d’une affaire aussi sensible que l’expert psychiatre n’ait pas déposé son rapport après un laps de temps aussi long.
Si la Justice ne paraît aucunement pressée de faire avancer ce dossier criminel, il est tout aussi étonnant que les médias dans leur ensemble aient attendu près de deux mois pour évoquer l’assassinat de Sarah Halimi.
A la demande de ses trois enfants qui ne comprenaient pas ce mutisme généralisé, j’ai pris la décision d’organiser un point de presse à mon cabinet le Lundi 22 Mai.
Il s’en est suivi de nombreux articles, des reportages télévisés, l’évocation de « l’affaire Sarah Halimi » à l’émission « On N’est Pas Couché ». Le Journal de 20 h de TF1 a fini par en faire l’un de ses sujets le jeudi 28 juin 2017 malgré la relative ancienneté de l’information à l’échelle du temps des médias.
Depuis plusieurs semaines j’ai fait l’objet de diverses pressions me demandant de m’associer au dépôt d’une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de Police appelés à intervenir au 30 rue Vaucouleurs.
Si les forces de police étaient immédiatement intervenues dans les instants qui ont suivi leur arrivée, Sarah Halimi serait toujours vivante.
Il y a eu de façon indiscutable un dysfonctionnement policier qui a conduit à l’inertie totale des forces de police durant l’interminable supplice de Madame Sarah Halimi.
Fallait-il pour autant déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de Police ?
Je suis convaincu que non.
Il s’agit selon moi d’un simple effet d’annonce tout à fait contre-productif.
Plutôt que déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger j’ai estimé bien plus opportun de former une demande d’actes circonstanciée auprès du juge d’instruction.
Depuis plusieurs semaines j’ai fait l’objet de diverses pressions me demandant de m’associer au dépôt d’une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de Police appelés à intervenir au 30 rue Vaucouleurs.
Je m’y suis catégoriquement refusé.
Ils avaient été appelés par une famille d’origine malienne très liée au meurtrier qui faisait état de sa venue chez eux en pleine nuit dans un état de grande excitation.
Avec une particulière rapidité, 3 fonctionnaires de police de la BAC du 11e arrondissement de Paris ont pénétré dans l’immeuble et se sont postés devant la porte d’entrée de l’appartement de cette famille d’origine malienne, qui s’était réfugiée dans l’une des pièces de leur appartement tandis que Kobili Traoré récitait à très haute voix des sourates du coran dans leur salon.
Plutôt que d’investir les lieux, ces policiers ont appelé du renfort arrivé 10 minutes plus tard, sans que ces autres fonctionnaires de police n’interviennent davantage. Il aura fallu attendre 1 h 10 pour qu’une colonne d’assaut de la BAC enfonce la porte et appréhende l’assassin qui n’a alors opposé aucune résistance.
Pendant ce temps, le criminel aura eu la possibilité de commettre l’irréparable. Si les forces de police étaient immédiatement intervenues dans les instants qui ont suivi leur arrivée, Sarah Halimi serait toujours vivante.
Il y a eu de façon indiscutable un dysfonctionnement policier qui a conduit à l’inertie totale des forces de police durant l’interminable supplice de Madame Sarah Halimi.
En tant qu’avocat des enfants de Sarah Halimi mon objectif est en tout premier lieu de faire reconnaître le caractère terroriste islamiste antisémite indiscutable de cet horrible assassinat précédé de torture et d’actes de barbarie.
En ce qui concerne les fautes indiscutables commises par les policiers dans leur appréciation de la situation, plutôt que déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger j’ai estimé bien plus opportun de former une demande d’actes circonstanciée auprès du juge d’instruction.
L’article 82-1 du Code de procédure pénale dispose que les parties civiles peuvent formuler des « demandes d’actes d’instruction » au magistrat instructeur chargé de l’enquête.
En quelques sortes, c’est un droit de lui demander d’effectuer des recherches ou de procéder des auditions qu’il n’aurait pas encore diligentées de sa propre initiative.
J’ai formulé une demande d’acte auprès du juge d’instruction afin que tous les fonctionnaires de police qui ont été amenés à intervenir dans le cadre de cette affaire soient auditionnés et que 14 questions précises leur soient posées.
J’ai également sollicité l’audition de tous les témoins oculaires et auditifs qui ont déjà été entendus préalablement afin qu’ils apportent leur éclairage quant à l’attitude des policiers et au contexte de l’intervention.
Il ne s’agit donc aucunement de chercher à occulter ce dysfonctionnement policier et ses conséquences, bien au contraire.
Plutôt que procéder par voie de plainte, la démarche consistant à former des demandes d’actes s’inscrit dans une logique de confiance en la Justice. Je trouve particulièrement malvenues les attaques totalement injustifiées consistant à critiquer les responsables de nos grandes institutions communautaires.
Tout comme les avocats en charge de cette affaire, ils sont contraints d’attendre les conclusions du rapport d’expertise psychiatrique qui tarde à venir.
Ils n’ont pas manqué de dénoncer le caractère terroriste islamiste et antisémite de ce terrible assassinat.
Les enfants de Sarah Halimi, dont j’assure la défense des intérêts, refusent catégoriquement d’être instrumentalisés de quelque façon que ce soit à des fins polémiques ou politiques".
CRIF
Le 26 juin 2017, Le Figaro a publié la tribune de Francis Kalifat, président du CRIF, intitulée "Pour Sarah Halimi, je ne me tairai pas". Francis Kalifat exhortait "à ce que ce crime soit reconnu pour ce qu'il est : un meurtre antisémite" :
"Il a fallu attendre de nombreuses années pour qu’enfin l’on reconnaisse que les actes et violences que subissent les français juifs ne sont pas de la violence ordinaire mais bien l'expression violente d'un antisémitisme nouveau.
De délinquants ordinaires en loups solitaires ou malades psychiatriques tout a été tenté pour ne pas reconnaître qu’à nouveau en France des juifs étaient agressés et même tués uniquement parce qu’ils étaient juifs.
Tout a été fait pour refuser de voir cette nouvelle réalité de la société française : Les préjugés antisémites et l’antisémitisme sont devenus un marqueur "d’une partie croissante des Français musulmans qui, encore plus inquiétant, réunit 50% des 15 à 25 ans." (Institut Montaigne septembre 2016).
Notre société peine à affronter cette nouvelle réalité et à reconnaître l’évidence de nommer le mal lorsqu’il s’agit d’une victime juive.
Le 4 avril à 4 heures 41 du matin le corps sans vie d’une femme de 66 ans gît dans la cour intérieure de l’immeuble qu’elle habite au 26 rue Vaucouleurs dans le onzième arrondissement de Paris.
Torturée au rythme de sourates du Coran, Sarah Attal-Halimi, vient d’être défenestrée vivante par le balcon de son propre appartement aux cris de Allah ou Akhbar par un jeune Français de 27 ans d'origine malienne, délinquant multirécidiviste, récemment radicalisé probablement lors d'un séjour en prison et fréquentant une mosquée salafiste.
Alors que plus qu’une évidence il s’agit là d’un cas d’école pour décrire un meurtre antisémite sur lequel pèse une  véritable omerta et ce crime ignoble n’est toujours pas reconnu comme tel.
Nous demandons depuis le premier jour, que toute la vérité soit publiquement révélée  sur cet assassinat sordide.
Sarah Attal-Halimi n’a pas été assassinée parce qu’elle se trouvait par hasard sur le chemin du tueur ni parce qu’elle habitait cet immeuble ni parce qu’elle était directrice de crèche, ou parce qu’elle aurait eu de l’argent. Non Sarah Attal-Halimi a été massacrée parce qu’elle était juive et pour cette seule et unique raison.
Nous ne comprenons pas ces atermoiements qui consistent à vouloir nous présenter ce tueur comme un dément alors qu’il est un terroriste dont la démence présumée ne saurait pour autant occulter l’antisémitisme haineux.
Quelle serait cette étrangeté que l’on ne pourrait que minorer ou déqualifier un meurtre antisémite? Et d’où vient cette logique qui voudrait qu’un crime raciste soit qualifié comme tel sans difficulté et pas un crime antisémite ? Le profil du meurtrier aurait-il un rapport avec la qualification de l’acte ?
Ce n’est pas une simple question que je pose, c’est un constat et une évidence. Et l’évidence exige de qualifier le crime, de dire les choses et de permettre à la famille de faire son deuil.
L’évidence est de ne pas chercher de fausses justifications et de vouloir se rassurer en pensant qu’un islamiste, sauf à être fou, ne pourrait pas assassiner une femme juive.
La mise en scène et la personnalité de l’assassin nous indique que Sarah Attal-Halimi est une nouvelle victime du terrorisme islamiste et que ce crime est antisémite car seule juive de son immeuble elle a été choisie comme victime expiatoire.
Sarah restera une victime de plus de cette nouvelle haine des juifs qui se développe  dans notre pays depuis le début des années 2000.
Ce que nous demandons qui découle de l’évidence, nous ne le demandons non par vengeance mais par justice et pour que justice soit faite il faut que sans plus tarder ce crime antisémite soit reconnu comme tel. Alors seulement Sarah pourra reposer en paix et sa famille pourra commencer son deuil
D'ici là pour Sarah Attal-Halimi je ne me tairai pas". 
TF1
Le 28 juin 2017, le journal de TF1 de 20 h a diffusé un reportage sur ce crime. Un reportage diffusé aussi sur le site de LCI.

Le frère de Sarah Halimi a évoqué les trente fractures causées par les coups de l'assassin qui a dit "Dieu m'en est témoin quand il l'a massacrée. On ne peut pas penser à autre chose qu'à un acte terroriste islamique".


Le journaliste a évoqué et montré la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud.


Me Buchinger a affirmé : "J'ai le sentiment que, quelque part, la volonté du parquet et du juge d'instruction est de banaliser cette affaire, d'éviter de lui donner cette connotation terroriste antisémite". La juge d'instruction est Anne Iuhelou.

"J'ai dénoncé dès le départ cette fâcheuse habitude quand il s'agit d'assassinats islamistes d'aller vers la phase de la psychiatrisation. Il s'agit d'un exalté... Quand on attaque aussi un policier avec un marteau, on n'est pas aussi un modèle d'équilibre", a conclu Me Gilles-William Goldnadel.


Run 4 Sarah Halimi

Jonathan Behar a organisé un défilé moto Run 4 Sarah Halimi (z''l), le 29 juin 2017. Un événement signalé sur Facebook ainsi :
"Sarah Halimi Z'al a été torturée et défenestrée par un Terroriste parce qu'elle était juive ne l'oublions jamais ! Le meurtre de Sarah n’a pas eu l’impact qu’il devrait avoir. Nous ne pouvons pas rester là à attendre que ça se passe. Nous allons donc défiler et faire du bruit pour Sarah en défilant à sa mémoire et pour que le silence soit rompu.
Nous défilerons également à la mémoire du prêtre égorgé, des victimes du bataclan, de Nice, de Charlie, de l’Hyper Cacher, de Toulouse... de nos policiers et militaires... Mohamed, Abel, Loïc, Xavier, Ilan, Jacques Hamel, Xavier... Abattus par des terroristes.
Nous ouvrons donc ce Run à tout motard !!! 2 roues et runners Tu as une moto ? Un 2 roues ? Des jambes ? Viens, nous allons défiler à la mémoire de Sarah et a toutes les victimes !
Nous avons décidé avec un groupe d’ami Biker les root's 26 de dédier quelques un de nos run a des causes qui nous sont chères :
- enfants malades
- écoles en difficultés
- distributions de colis aux nécessiteux
- etc….
Nous demandons à participant de mettre un brassard blanc, nous vous donnerons égalent un sticker à apposer (si vous le souhaitez) sur votre casque.
Les seuls sigles acceptés seront les drapeaux RUN 4 SARAH HALIMI et les gilets de vos asso / clubs respectifs
Never Again !
Medias et journalistes ont étés prévenus, des caméras sont prevues pour réaliser un clip qui sera diffusé sur un maximum de media social !".
Le rendez-vous est fixé à 19 h à la place du marché de Neuilly-sur-Seine. Le run s'achèva vers 20 h 45.

Le Collectif Haverim a diffusé en direct le Run sur sa page Facebook.


Cérémonie en hommage aux victimes de rafles

Le 10 juillet 2017, la juge d'instruction Anne Ihuellou avait mis en examen Kobili Traoré pour « homicide volontaire », sans retenir à ce stade de l'instruction le mobile antisémite, ni la séquestration de la victime, ni les tortures infligées par son assassin. L'assassin avait reconnu les faits, mais non avoir été motivé par l'antisémitisme.

Le 10 juillet 2018, "la juge d’instruction a prononcé la mise en examen pour séquestration, non pas de Sarah Halimi, mais pour celle de la famille Diara. Cette famille habite l’immeuble voisin, c’est chez eux que Traoré s’est présenté en pleine nuit pour atteindre le balcon de Sarah Halimi... Pourquoi les actes de tortures et de barbaries n’ont-ils pas été immédiatement retenus, alors qu’ils ont été constatés par une quinzaine de témoins au moins. Il y a même des voisines musulmanes qui ont reconnu quelle sourates a récité le meurtrier, et qui ont crié à Sarah Halimi « Tenez bon, la police arrive ",  a confié Me Alexandre Buchinger au Times of Israelle 3 mars 2018.


Le 16 juillet 2017, lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vél d'Hiv et d'hommage aux victimes des rafles et aux Justes parmi les Nations, Francis Kalifat, président du CRIF, a déclaré au Président de la République Emmanuel Macron, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : « Il est essentiel que le caractère antisémite de ce meurtre soit inscrit au dossier ».

Le Président Emmanuel Macron a demandé à la justice de « faire toute la clarté » sur ce crime « malgré les dénégations » du meurtrier présumé.

Refus 

Le 2 septembre 2017, l'expert psychiatre Daniel Zagury a remis son rapport judiciaire dans lequel il évoquait des "bouffées délirantes" de l'assassin. Il était aussi l'un des experts psychiatres dans l'affaire Selam.

Il a écrit sur l'assassin Kobili Traoré : « En dépit de la réalité indiscutable du trouble mental aliénant, l’abolition du discernement ne peut être retenue du fait de la prise consciente et volontaire régulière du cannabis en très grande quantité. [...] Le fait qu’elle [la victime] soit juive l’a immédiatement diabolisée et a amplifié le vécu délirant, a focalisé sur sa personne le principe diabolique qu’il fallait combattre et a provoqué le déferlement barbare dont elle a été la malheureuse victime. Autrement dit, le crime de Kobili Traore est un acte délirant et antisémite ».

Daniel Zagury "a parlé de bouffées délirantes, ce qui est vrai, en précisant que la responsabilité pénale était atténué, mais pas abolie au moment de la séquestration de l’assassinat. La preuve c’est que, voyant les gens agglutinés dans la cour, il a tenté de simuler le suicide de Sarah Halimi en criant « une femme va se suicider ! ». L’expert a eu une bonne appréciation en parlant de responsabilité pénale. Il va donc y avoir un renvoi en cour d’assises... Lorsque l’on reprend les témoignages des voisins ameutés par les cris et les hurlements, et qui ont témoigné de ce qu’ils ont vu, quand il la traite de Sheitan [satan en arabe], lorsqu’il crie Allah Akbar, et qu’il alterne les coups et les sourates du Coran, il devient évident qu’il s’agit d’antisémitisme", a confié Me Alexandre Buchinger au Times of Israel, le 3 mars 2018.


Le CRIF a entamé alors une épreuve de force avec le pouvoir judiciaire pour obtenir que la circonstance aggravante d'antisémitisme soit retenue.

Le 20 septembre 2017, le Procureur de la République du parquet de Paris a demandé à Anne Ihuellou, juge d'instruction, et au vu de l'expertise psychiatrique et « des premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs » de procéder à une mise en examen supplétive du chef d’accusation d'antisémitisme. « Cette décision est une satisfaction pour les enfants de Sarah Halimi. Ils ont appris la nouvelle avec un grand soulagement. Je comprends que le parquet et le juge d’instruction aient attendu les conclusions de l’expertise psychiatrique pour se prononcer. L’expert a conclu que l’acte de Monsieur Traore était à la fois délirant et antisémite. Même s’il n’est pas aussi clair dans ses conclusions, il évoque explicitement le caractère antisémite de son geste. Il était donc tout à fait normal que le parquet délivre ce réquisitoire supplétif et reconnaisse cette circonstance aggravante »,  a réagi Me Jean-Alex Buchinger, avocat de la famille de Sarah Halimi.


Et d'exprimer sa surprise face au déni de la juge : "Mais du coté de cette juge d’instruction, nous les parties civiles, avons ressenti un véritable déni. La preuve, c’est que lorsque le procureur de la république de Paris a déposé son réquisitoire supplétif demandant au juge de retenir la qualification d’acte antisémite, il est prévu un délai de réponse de cinq jours pour ce faire. Ou chose exceptionnelle, il peut refuser de le suivre. Dans ce cas, il doit rendre une ordonnance de refus motivé. Mais la juge d’instruction n’a ni suivi le réquisitoire du procureur de la République, ni fourni les motivations de ce refus, ça a été le mur du silence".


Le 11 décembre 2017, Me Alexandre Buchinger a déposé une demande d’actes d’instruction afin que la magistrate étende la mise en examen de Kobili Traoré aux circonstances aggravantes d’« antisémitisme », d’« assassinat » et d’« actes de tortures et de barbarie », et une demande de reconstitution des événements de la nuit de l'assassinat. Des actes que le Procureur aurait du demander...


Me Alexandre Buchinger a saisi "le président de la chambre d’instruction de Paris d’une requête aux fins de motivation de ma demande d’acte d’instruction par la chambre d’instruction". Et ce, afin de déplacer le pouvoir de décision détenu par la juge à la juridiction d’appel qui est la chambre d’instruction".


A la mi-janvier 2018, la juge a rendu une ordonnance "refusant d’instruire car le meurtrier avait reconnu les faits". Le lendemain, Me Alexandre Buchinger interjette appel, suivi par le Procureur le 31 janvier 2018.


"Dans les semaines à venir il était donc prévu que la juge se présente devant la chambre d’instruction, face à trois magistrats, pour un mini-procès à l’issue duquel la cour rend un arrêt motivé. Et là, coup de théâtre, la juge d’instruction décide il y a très peu de temps de refaire un interrogatoire sur le fond avec le meurtrier. A l’issue de celui-ci elle procède à une mise en examen supplétive pour la circonstance aggravante d’antisémitisme. Consciente que cette affaire allait être évoquée, elle a certainement pensé qu’il valait mieux procéder ainsi",   a précisé Me Jean-Alex Buchinger.


Le 29 janvier 2018, Anne Ihuellou, juge d'instruction, refusait toujours.

Le 27 février 2018, a eu lieu la deuxième audition de Kobili Traore par la juge d'instruction chargée de l'enquête. Après cette audition, la juge a retenu le caractère antisémite du meurtre comme circonstance aggravante.


Francis Kalifat s'en est réjoui.

On peut raisonnablement tempérer cette satisfaction induite par une décision tardive et partielle de la juge Anne Ihuellou.


En effet, la juge Anne Ihuellou a défié le parquet pendant près de six mois. Et le droit depuis dix mois. Pourquoi ?


Finalement, la juge a admis la circonstance aggravante d'antisémitisme, mais pas la séquestration et les tortures. Un tiers de victoire. La juge d'instruction a concédé in fine un des trois motifs réclamés depuis le printemps 2017. Peut-être pour éviter que son ordonnance soit infirmée par la Cour.


Notons que cette décision survient quelques jours avant le dîner annuel du CRIF dont l'invité d'honneur est le Président Emmanuel Macron. Pour la première présence du chef de l'Etat dans cet événement  médiatisé, le CRIF a choisi le Carrousel du Louvre. Un hasard ? Non. Au soir de son élection le 7 mai 2017, le Président Emmanuel Macron avait choisi la Cour d'honneur du Louvre pour sa première apparition publique. Peu populaire, en manque de réussites économiques, il savait que le président du CRIF l'interpellerait à propos de l'instruction partiale de la juge. Celle-ci a opportunément concédé une circonstance, en en refusant deux autres.


"Cette bataille semble avoir eu quelques résultats positifs hors le cadre de ce procès. A Sarcelles, (le 31 janvier 2018) le Premier ministre Edouard Philippe a évoqué une nouvelle loi qui permettrait aux victime d’actes racistes, antisémites, homophobes ou sexistes, de déposer plainte en qualifiant eux-mêmes l’acte dont ils ont été victimes. Et ce, sans à avoir à attendre le bon vouloir du juge d’instruction, de la même manière que la justice procède en Angleterre. Et quitte au juge, si les faits ne sont pas prouvés, de revenir sur cette qualification ensuite. Je pense que cette affaire Halimi, ces mois d’atermoiements pour faire reconnaître évidence, a du beaucoup jouer dans cette proposition de loi. On s’est rendu compte au niveau politique qu’il n’est plus possible que l’on doive se battre de la sorte pour faire reconnaître évidence",  a conclu Me Alexandre Buchinger au Times of Israelle 3 mars 2018.


Rassemblements

"Nous venons de célébrer les 11 mois de l’assassinat sauvage de Sarah Halimi. Après un long bras de fer avec la justice française, le caractère antisémite dans le meurtre de Sarah Halimi, à Paris, en avril 2017, a été retenu mardi par la juge d’instruction en charge de cette enquête très suivie dans la communauté juive. Pendant la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans un HLM de Belleville, Kobili Traoré, 27 ans, s’était introduit dans l’appartement de sa voisine de 65 ans,  Sarah Halimi. Aux cris d’«Allah Akbar», entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, le jeune homme l’avait rouée de coups sur le balcon, avant de la défenestrer. «J’ai tué le sheitan» (le démon, en arabe)", a indiqué le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) lors d'une commémoration à Netanya, en Israël. Président du BNVCA, Samy Ghozlan, "a pris la parole pour dénoncer le caractère antisémite de cet assassinat. Il a rappelé la montée de l’antisémitisme en France et a rappelé tous les crimes antisémites ces dernières années. Il a rappelé que malgré toutes les protections officielles, il est impossible de se protéger du voisinage. L’antisémitisme en France est à notre époque, véhiculé par les extrémistes arabo-musulmans à travers toute la communauté musulmane et la Gauche française. Ce qui était une spécificité de l’extrême-droite est devenu une spécificité de l’extrême-gauche et des musulmans. La France a de tout temps été antisémite, avec des périodes plus ou moins intense. Après la fin de la dernière guerre et la volonté universelle de paix qui s’est emparée du monde occidental, l’Occident s’est démobilisé et se laisse envahir. La guerre est déjà là, mais la France comme l’Europe ne sont pas préparés pour cette nouvelle forme d’invasion".

Le 4 mars 2018, à 16 h, est organisée une grande cérémonie de rassemblement et d'hommage à Paris à la mémoire de Sarah Halimi en la synagogue 35 rue Lepeu – 75011 Paris, en présence de membres de la famille, du Rav Michel Gugenheim, Grand Rabbin de Paris, du Rav Itsak Katz, du Rav Mordehai Rottenberg, du Rav Elie Lellouche et de dirigeants et représentants d'institutions et organisations juives. Parmi les organisateurs : le BNVCA, l'UPJF, le mouvement Siona, mais pas le CRIF. L'affiche n'indique aucune raison à cette cérémonie qui serait organisée pour les onze mois marquant la fin de l'année de deuil. Pour réclamer que la juge d'instruction ajoute les griefs de séquestration et d'actes de torture ? Pour s'offusquer de ce "gouvernement des juges" qui rechigne à reconnaître le caractère antisémite d'actes, comme à Montmagny le 28 février 2018 ? Pour s'indigner du comportement de la police lors de cette nuit tragique ? Pour souligner une évolution des actes antisémites : actes dirigés contre des synagogues, puis des Juifs dans la rue, ensuite à leur domicile ?

Lina Murr Nehmé

En novembre 2017, les éditions Salvator ont publié "L´islamisme et les femmes. Meurtre de sarah halimi, princesses saoudiennes séquestrées et autres scandales passés sous silence" par Lina Murr Nehmé“Lina Murr Nehmé, une spécialiste de l’histoire du Liban, revient dans sa contribution sur les circonstances de la mort de Sarah Halimi. Elle retrace le parcours de l’assassin, Kobili Traoré, un « caïd dérangé » qui a fréquenté la tristement célèbre mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris, dont l’imam a été expulsé de France, en 2012, pour avoir prêché le djihad“Pris de délire, et après des semaines de menaces, Traoré parvient à s’introduire chez sa victime dont il connaît la judaïté. Il la roue de coups en criant « Allahou abkar », « le cri du djihad armé »,« lancé la première fois par Mahomet quand il a attaqué les juifs de Khaybar en Arabie », signale l’auteure en s’appuyant sur l’un des six grands recueils d’hadiths. Elle demande aux autorités de lire les hadiths extraits du Coran ou de l’œuvre de différents imams qu’elle a rassemblés, pour décider s’il convient de les interdire.” (Marc-Olivier Bherer, Le Monde, 26 avril 2018)

Noémie Halioua

En mars 2018 est parue "L'affaire Sarah Halimi" de Noémie Halioua, Noémie Halioua (Les Editions du Cerf, collection Actualité). "Belleville, Paris, au sein d’un quartier HLM, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017. Kobili Traoré, un Franco-Malien de 27 ans, pénètre par effraction dans le domicile de Sarah Halimi, une retraitée de confession juive. Il la roue de coups aux cris d’« Allah Akbar » avant de jeter son corps par la fenêtre. Finalement interpellé par la police, l’homme est interné dans un service de psychiatrie. L’affaire va créer une polémique retentissante. S’agit-il ou non d’un acte antisémite ? Quel effet politique la campagne présidentielle alors en cours a-t-elle eu ? L’appareil judiciaire a-t-il mésestimé les faits ? Les médias ont-ils tardé à réagir ? Noémie Halioua a voulu savoir. Ce livre est le fruit de son enquête. Elle a interrogé tous les témoins, tous les acteurs, avocats, voisins, journalistes. Puisant aux meilleures sources, elle montre les parts d’ombre du dossier. Elle en traite surtout les dimensions les plus brûlantes : la banalisation de la judéophobie, le mal-être des juifs de France, leurs difficultés face à la montée de l’islam radical dans les quartiers défavorisés, mais aussi avec les autorités de la République. Un document indispensable pour que le silence ne recouvre pas la mort de Sarah Halimi". Noémie Halioua est âgée de 27 ans et dirige les pages Culture de l’hebdomadaire Actualité Juive hebdo.

"Le nouvel antisémitisme"
En avril 2018 a été publié "Le Nouvel Antisémitisme en France" (Albin Michel). "Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, Sarah Halimi, une retraitée de 66 ans, ancienne directrice d’école maternelle, est battue à mort avant d’être défenestrée. Malgré des preuves flagrantes, il aura fallu près d’un an pour que la justice retienne le caractère antisémite de l’acte. Pire encore, ce crime a longtemps été occulté par les médias. Pourquoi ce silence ? Quelle est cette gêne pour nommer la nouvelle haine des Juifs en France ? D’où vient cette complaisance de la part de certains ? Seize intellectuels ont décidé de se mobiliser pour dénoncer un véritable déni de réalité et réhabiliter la mémoire de Sarah Halimi. L’assassinat de Sarah Halimi autant que les crimes antijuifs commis en France depuis les années 2000, leur traitement médiatique et judiciaire, dessinent les contours d’un tournant idéologique particulièrement inquiétant. Ces textes ici rassemblés tirent le signal d’alarme et appellent à une urgente prise de conscience. Car la violence dont sont victimes les Juifs est révélatrice d’une menace qui va bien au-delà de la seule communauté juive. Cette menace touche notre société, nos libertés et notre République."

Deuxième expertise
"Interné en hôpital psychiatrique depuis la nuit du drame, le jeune homme est, depuis juillet 2017, mis en examen pour « homicide volontaire ». Mais il avait fallu attendre la fin du mois de février, après une seconde audition du suspect par la juge Ihuellou, pour que le caractère antisémite soit retenu. Ce que les parties civiles et le parquet réclamaient depuis des mois".

Le 11 juillet 2018, la "juge d’instruction a reçu les parties civiles pour leur notifier qu’un collège de trois experts psychiatres avait conclu que le meurtrier présumé de l’ancienne directrice de crèche n’était pas conscient de ses actes au moment des faits et que son discernement était donc aboli. Ce qui revient à le déclarer inapte à être jugé. Ces conclusions contredisent celles de la première expertise, rendue en septembre 2017 par le très réputé docteur Daniel Zagury. Une troisième expertise a été demandée par la magistrate Anne Ihuellou".


Après l'audition du suspect, la juge Anne Ihuellou avait demandé à trois psychiatres de procéder à un nouvel examen de Kobili Traoré. « Ce qui est vraiment particulier, c’est que l’avocat de la défense ne l’avait même pas demandé. J’en ai vu des instructions à charge, mais là, il s’agit d’un cas d’instruction à décharge », soulignait Me Gilles-William Goldnadel, avocat de la sœur de Sarah Halimi – Lucie Attal de son nom de jeune fille.

"Par une ordonnance datée du 4 avril – date anniversaire du meurtre – les trois experts ont été chargés de répondre notamment aux questions suivantes : « Dire si le sujet présente des anomalies mentales ou psychiques et dans l’affirmative, les décrire » et « préciser si l’intéressé était atteint au moment des faits d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli/altéré son discernement ou le contrôle de ses actes ». Deux entretiens ont été menés : le premier, d’une durée de deux heures, le 24 mai, par deux des psychiatres et un second, d’une durée de deux heures trente le 7 juin, avec le troisième expert. Le "rapport d’expertise psychiatrique de vingt-neuf pages" a été consulté par Le Monde "dans son intégralité".


Dans leur rapport, les trois experts ont répondu « Oui » à la première question : « Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis ». Il dispose également d’une « personnalité pathologique antisociale » (incapacité à se conformer aux normes sociales, impulsivité, irritabilité, agressivité, irresponsabilité...) et d’une propension à la violence".


Ces trois experts ont également estimé que le discernement du criminel avait été « aboli ». Kobili Traoré est « inaccessible à une sanction pénale », affirment-ils, précisant que les soins seront « longs et difficiles » : « On ne peut que constater l’extrême dangerosité de ce patient que nous considérons, hélas, comme durable en dehors d’un milieu psychiatrique ».


La "première expertise avait conclu que Kobili Traoré, sans antécédent psychiatrique, était atteint, au moment des faits, d’une « bouffée délirante aiguë » provoquée par une forte consommation de cannabis – une quinzaine de joints par jour, selon les déclarations du suspect. Selon Daniel Zagury, son discernement était « altéré » mais pas « aboli », un avis qui le rendait passible de poursuites pénales. Le psychiatre avait également conclu que le crime de M. Traoré était un « acte délirant et antisémite ». Et de préciser : « Aujourd’hui, il est fréquent d’observer, lors d’efflorescences [en psychiatrie, perte de contrôle lors d’une phase délirante] délirantes, chez les sujets de religion musulmane, une thématique antisémite : le juif est du côté du mal, du diabolique. Ce qui est habituellement un préjugé se mue en haine délirante. (…) Dans son bouleversement délirant, c’est l’incarnation du diable qu’il terrassait. »


"Sur les conclusions du Docteur Zagury, le collège de trois experts déclare : « Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste », même si, indiquent-ils, « nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte » : « Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle. »


Ces deux expertises divergent sur « les conséquences médico-légale de la consommation de cannabis » : « La particularité du délire aigu de Monsieur Traoré est le rôle possiblement déclencheur du cannabis. La question se posant donc de savoir s’il s’agit d’un trouble induit par le cannabis ou si le cannabis n’a joué qu’un rôle précipitant d’un délire. » Le docteur Zagury avait estimé que sa consommation excessive de cannabis était « consciente et volontaire ». Pour les trois psychiatres, ce n’était pas le cas. L’existence de délires induits surviennent à des doses importantes et « s’amendent dès l’arrêt de l’intoxication ». Or, "soulignent-ils, les taux de THC (le principe actif du cannabis) relevés dans le sang du suspect étaient modérés – ce qui ne correspond pas à la consommation alléguée le jour du drame – et ses idées délirantes ont persisté « longtemps après l’arrêt de l’intoxication ». Pour le collège d’experts, la prise de cannabis n’a pas donc pas induit une crise aigüe mais n’a fait qu’aggraver un processus psychotique déjà amorcé".


Francis Kalifat a écrit le 11 juillet 2018 :
« Nous redoutions le pire... et nous avons eu le pire.
Malgré le rapport d’expertise du psychiatre Daniel Zagury, praticien expérimenté et unanimement respecté qui concluait à une altération du discernement.
Malgré sa décision plus d’un an après les faits, de retenir le caractère aggravant d’antisémitisme au vu du rapport et des auditions du suspect et de témoins, ouvrant enfin la voie au procès de l’auteur du meurtre sordide de Sarah Halimi.
La juge d’instruction en charge du dossier - fait assez rare pour être souligné - a décidé dans le secret de son cabinet de demander une nouvelle expertise à un collège d’experts. Dans leur rapport communiqué aux parties civiles aujourd’hui, ils concluent à notre grande stupéfaction à une abolition totale du discernement de l'accusé.
Ce rapport ferme la porte au procès que nous attendions et plonge les enfants et la famille de Sarah Halimi dans le plus grand désarroi, interrompant le difficile et douloureux travail de deuil démarré à l’annonce de la reconnaissance du caractère antisémite de ce meurtre.
Nous ne comprenons pas l’obstination et les atermoiements qui consistent à vouloir faire de ce tueur un dément alors qu’il est un assassin dont la démence présumée ne saurait pour autant occulter l’antisémitisme haineux.
La mise en scène et la personnalité de l’assassin nous montrent parfaitement que Sarah Halimi est bien la victime d’un crime antisémite car connue comme juive par son agresseur, elle a été choisie comme victime expiatoire.
Sarah Halimi est et reste une victime de plus de cette nouvelle haine des Juifs qui se développe.
Nous attendons avec gravité et impatience le résultat d’une troisième expertise, à nouveau demandée par la juge d’instruction, qui viendra nous l’espérons enfin ouvrir la voie au procès.
Notre attente découle de l’évidence. Nous l’attendons non pas par vengeance mais par justice".
Sur Radio Shalom, Me Alexandre Buchinger a déploré que Me Francis Szpiner ait exigé de ses clients, dont le frère de la victime, d'être leur seul avocat.

« Rien n’est définitif. Nous pouvons demander à ce qu’un expert de notre choix soit associé à cette nouvelle expertise ou en demander une autre par la suite », insiste Me Caroline Toby, avocate des trois enfants de la victime, avec Me Francis Szpiner.


Me Francis Szpiner a twitté : "Les enfants de Sarah Halimi prennent acte de l’expertise qui conclut contrairement à la 1ere expertise a une abolition dû discernement du mis en examen 1/ #Sarahhalimi", puis "Une nouvelle expertise a été ordonnée par le magistrat instructeur avant même que nous le demandions.Nous maintenons que le mis en examen était conscient de ce qu’il faisait au moment des faits . Et qu’il doit être jugé 2/#Sarahhalimi".

Le 11 juillet 2018, Sammy Ghozlan a écrit ce communiqué :
"Le BNVCA déçu et inquiet apprend sans aucune surprise cependant, la décision de la Juge d’Instruction chargée de l’assassinat de Sarah Halimi qui, se substituant à l’avocat de l’assassin a réclamé une contre expertise psychiatrique qui contredit le premier examen et conclut que la volonté du criminel antjuif était abolie au moment des faits.
Depuis le début, le BNVCA a perdu toute illusion de voir l’assassin, voisin de la victime, sanctionné pour le crime antijuif qu’il a commis en toute connaissance de cause, selon nous, le 24 avril 2017 à Paris 20 eme.
Pour le BNVCA, Sarah Halimi n’aurait jamais du mourir. La façon dont l’instruction est conduite nous surprend à plus d’un titre.
1/ Le caractère antisémite n’a été reconnu que tardivement, et seulement après les réquisitions du Procureur de la République.
2/Pas de reconstitution qui pourrait nous éclairer sur les raisons pour lesquelles,ni les policiers avertis, présents sur les lieux, ni les résidents témoins , n’ont porté secours et assistance à la victime de Traoré.
3/Enfin la nouvelle expertise excuse la culpabilité de l’assassin antisémite au motif que sa volonté, son discernement, ont été abolis par la prise de stupéfiants.
4/Nous relevons le paradoxe suivant, selon lequel, lorsqu’un automobiliste en état d’ébriété ou sous l’empire de la drogue commet une infraction au code de la route, il est poursuivi pénalement et son état constitue une circonstance aggravante. Mais lorsqu’un islamiste, drogué, commet un crime antisémite, il bénéficie d’une excuse pénale absolutoire.
Pour le BNVCA qui n’attend rien de favorable de la nouvelle contre expertise commandée, nous sommes convaincus que ce crime va rester impuni et accroîtra le malaise ressenti par nos concitoyens juifs."
Combien d'autres expertises psychiatriques la juge va-t-elle demander ? Jusqu'à quand ? Pourquoi ? Qu'en attend-elle ? Qu'un expert nie la dimension antisémite de l'assassinat ?

Run 4 Sarah Halimi
Run 4 Sarah Halimi organisa un run le 22 juillet 2018 à 14 h 30 :
"Moto, 2 roues motorisé ou non, coureur rejoins-nous !
Nous avons besoin de toi, pour faire entendre notre voix face à ce terrorisme qui assassine nos ainées et que l'on veut nous faire passer pour de la folie !
L'antisémitisme a tué en 1942 sous couvert d'une pseudo science ! Il tue en 2016 puis en 2018 (Mireille Knoll) sous celui d'un pseudo folie ! Après avoir tenté de faire passer le meurtre de Sarah Halimi pour un fait divers, et non antisémite.
Un nouvel expert tente de le faire passer pour fou
Non l'assassin n'est pas fou. C'est assassin antisémite.
Nous avons choisi comme date celle de la commémoration du Vel d'hiv (qui coincide avec le jeûne de 9 Av).
Le Run partira à 15h30 de la commémoration de la rafle, et ira au Tribunal de Grande Instance.
Nous avons besoin de toi !"
Autopsie d'un meurtre
Le 20 novembre 2018 à 20 h 30, le Centre Medem - Arbeter Ring proposa la rencontre-débat "Autopsie d'un meurtre : Sarah Halimi", avec Jacques Tarnero, essayiste documentariste, et Michel Gad Wolkowicz,  psychanalyste, professeur de psychopathologie fondamentale.

"Sarah Halimi, retraitée de 65 ans, a été battue, torturée et défenestrée aux cris de Allahou akbar ! par son voisin Kobili Traoré dans la nuit du 3 au 4 avril 2017. A la suite du silence médiatique qui s'ensuivit, seize intellectuels représentatifs de différents courants de pensée ont publié cet ouvrage collectif pour dénoncer l'islamisme radical qui propage l'antisémitisme et les passages à l'acte : depuis 2006 ils ont provoqué les meurtres de 12 Juifs parce que Juifs."

"Les contributeurs de ce livre rappellent les faits et alertent sur le déni de ce « nouvel antisémitisme ».  après avoir attendu 11 mois avant de qualifier ce crime comme antisémite, la juge d’instruction a désigné plusieurs experts psychiatres, dont certains ont estimé que le meurtrier présumé Kobili Traoré était inapte à être jugé. La justice a trop souvent tendance à hospitaliser les djihadistes."


« … Ce crime a été longtemps occulté par les médias. Pourquoi ce silence ? Quelle est cette gêne à nommer la nouvelle haine des Juifs en France ? Ces textes ici rassemblés tirent le signal d'alarme et appellent à une urgente prise de conscience. Car la violence dont sont victimes les Juifs est révélatrice d'une menace qui va bien au-delà de la seule sphère juive. Cette menace touche notre société, nos libertés et notre République... »


Troisième expertise

On apprenait le 18 mars 2019 qu'une "nouvelle expertise psychiatrique du meurtrier présumé conclut à son « irresponsabilité pénale ». Selon Le Parisien, "les experts psychiatres qui se sont penchés une troisième fois sur le cas de Kobili Traoré ont estimé qu’il n’était « pas, actuellement, accessible à une sanction pénale ». Sans le dire aussi explicitement, ils considèrent que son discernement était aboli au moment des faits. C’est la seconde expertise à conclure à une irresponsabilité pénale tandis que le premier psychiatre qui avait examiné Kobili Traoré avait considéré que son discernement était simplement altéré. C’est à la juge d’instruction qu’il appartient désormais de renvoyer le suspect devant la cour d’assises ou de prononcer un non-lieu psychiatrique."

"Le soir des faits, Kobili Traoré, dont l’état de santé s’était dégradé depuis plusieurs jours, avait roué de coups sa victime tout en récitant des sourates du Coran et en s’exclamant « J’ai tué le sheitan » (NDLR : le démon en arabe). Dans leurs conclusions dont nous avons pris connaissance, les docteurs Pascal, Guelfi et Coutanceau indiquent que le jeune homme de 29 ans présentait « une bouffée délirante aiguë d’origine exotoxique » (c’est-à-dire provoquée par un agent toxique extérieur, en l’occurrence le cannabis dont il était un très gros consommateur)".


"Partant de là, ils précisent dans une formule alambiquée que ce diagnostic oriente « plutôt classiquement vers une abolition du discernement […] compte tenu qu’au moment des faits son libre arbitre était nul et qu’il n’avait jamais présenté de troubles antérieurement ». Ils précisent également qu’il n’aurait pas choisi sa victime à dessein : « Il n’y a pas, a priori, de capacité de sélectionner sa victime dans une bouffée délirante aiguë. Seule compte la réalité délirante. » Ce qui, en creux, semble écarter le choix délibéré de s’en prendre à une femme de confession juive."


"En juillet dernier, les docteurs Bensussan, Meyer-Buisan et Rouillon avaient très clairement indiqué que Kobili Traoré était « inaccessible à une sanction pénale ». Ils avaient pour leur part considéré que ce dernier souffrait « d’un trouble psychotique chronique […] faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural ».


"En septembre 2017, le docteur Roland Zagury, le premier expert nommé par la juge d’instruction, avait comme ses confrères conclu à une « bouffée délirante aiguë ». Mais il n’en avait pas tiré les mêmes conséquences. « En dépit de la réalité indiscutable du trouble mental aliénant, l’abolition du discernement (NDLR : et donc son irresponsabilité pénale) ne peut être retenue du fait de la prise consciente et volontaire régulière du cannabis en très grande quantité », concluait-il."


"Contacté, Me Thomas Bidnic, l’avocat de Kobili Traoré, ne se dit « pas surpris » par les conclusions de cette nouvelle expertise. « Nous avons toujours dit que mon client n’était pas responsable de ses actes », insiste le pénaliste. Pour les parties civiles en revanche, ce rapport est un nouveau coup dur. « Cette instruction est menée depuis le départ en dépit du bon sens, se lamente Me Gilles-William Goldnadel, l’avocat de la sœur de la victime. J’ai du mal à comprendre comment les experts sont parvenus à de telles conclusions. » 


"Interné d’office après son acte, Kobili Traoré séjourne actuellement à l’unité pour malades difficiles (UMD) de Villejuif (Val-de-Marne)."


Me Francis Szpiner "est l’avocat des enfants de la défunte. « Cette expertise nous surprend. Le premier expert avait indiqué que la prise de drogue, qui fait office de déclencheur de la bouffée délirante, était un acte volontaire. Il avait donc conclu à la responsabilité pénale du suspect. Les conclusions du dernier collège d’experts sont donc, selon nous, très contestables. À partir du moment où tous les experts ne sont pas d’accord, je pense que c’est à la juridiction de jugement, en l’occurrence à la cour d’assises, de se prononcer et de trancher. En dépit des conclusions de cette troisième expertise, je continue à espérer qu’il y aura un procès. C’est à la juge d’instruction qu’il appartient de se prononcer. Et même si elle rend une ordonnance de non-lieu, nous ferons bien évidemment appel. »

4 avril 2019
"4 avril 2017 Sarah Halimi
Vous vous souvenez ?
Sarah Halimi , torturée puis défenestrée.
Quelques questions insupportables toujours sans réponse :
- Pourquoi les 28 représentants des forces de l’ordre présents plus de 30 minutes au milieu des cris de souffrance et de terreur de Sarah Halimi ne sont-ils pas intervenus ?
- Pourquoi n’y a-t-il pas eu de reconstitution, comme dans toute affaire criminelle
- Pourquoi ce risque d’absence de procès pour cause « d’abolition du discernement »
Avec ce doute terrible : est-il cohérent qu’un crime puisse être reconnu à caractère antisémite ET plus tard que ce même crime soit déclaré avoir été commis en état d’abolition du discernement ! Avec pour conséquence, qu’un crime aussi épouvantable resterait impuni. Le meurtrier après quelques années en hôpital psychiatrique retrouverait la liberté ? Impensable.
Les associations HaGoRa et MPCT appellent à une journée de mobilisation pour exiger le procès du tueur islamiste de Sarah Halimi , en faisant du 4 avril 2019 une journée à la Mémoire de Sarah Halimi. Comment parler de lutte contre l’antisémitisme, lorsqu’un tel crime, s’appuyant sur des avis d’experts psychiatriques non convergents, resterait impuni.
Les Associations HaGoRa et le MPCT et le Comité de soutien pour Sarah Halimi appellent à la mobilisation sous différentes formes
Le 4 avril 2019, toute la journée : parler de Sarah Halimi dans nos conversations, mails et posts
Le 4 avril à 18h30 HaGoRa et le MPCT appellent à un Rassemblement devant la Mairie du XIème Arrondissement, Place Léon Blum
Le 4 avril à 20h30, la conférence de Stéphane Encel sur « L’antisémitisme en 100 questions » sera dédiée à la Mémoire de Sarah Halimi (Z’l), à l’Espace Culturel Juif au 119 rue Lafayette à 20h30..
Le 4 avril marque le début d’une nouvelle mobilisation contre l’impunité du meurtrier islamiste d’une femme juive reconnaissable."

Appel d'intellectuels

Le 7 avril 2019, Le Figaro a publié l'appel de 32 intellectuels intitulé « L’assassin de Sarah Halimi ne doit pas échapper à un procès ». "Il y a deux ans, une Française juive était tuée sauvagement à Paris aux cris d’«Allah akbar». La question du discernement du suspect est au cœur de l’instruction. Une troisième contre-expertise a conclu à son irresponsabilité. Trente-deux intellectuels, parmi lesquels Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Pierre Manent, Pierre Nora, Mona Ozouf et Paul Thibaud, demandent que ce crime soit jugé." Ils craignent un non-lieu.

"Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans une HLM de Belleville à Paris, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil par un voisin âgé de 27 ans qui la connaît depuis vingt ans. Kobili Traoré la bat pendant plus de vingt minutes. Des cris de douleur qui alertent le voisinage. Tous entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les «Allah akbar» et autres psalmodies coraniques. On apprendra qu’il avait fréquenté assidûment la mosquée salafiste de la rue Jean-Pierre-Timbaud les jours précédant son crime. Quelques policiers de la BAC du XIe arrondissement sont rapidement sur les lieux. Croyant être en présence d’un terroriste, ils attendent des renforts. Peu avant 5 heures, Kobili Traoré défenestre sa victime, criant à la police postée dans la cour: «Attention! Une femme va se suicider», comme pour couvrir son geste criminel. Le rapport du médecin légiste établira que «la mort de Sarah Halimi est due à un polytraumatisme par chute d’un lieu élevé», relevant «des lésions d’hémorragie massive pulmonaire, myocardique, méningée, et diverses fractures associées», plus d’une vingtaine sur le corps et le visage.

Avant d’entrer chez Sarah Halimi, l’assassin présumé s’était introduit dans l’appartement mitoyen d’une famille qu’il connaît, les Diarra. Effrayés par sa nervosité, ils s’étaient enfermés dans une pièce et avaient contacté la police. K. Traoré avait rapidement quitté les lieux pour enjamber le balcon et entrer chez sa victime. Il reprendra le même chemin à l’issue du meurtre pour finir ses prières chez les Diarra. À 5 h 35, plus d’une heure après le début des faits, la police enfonce enfin la porte des Diarra. K. Traoré n’oppose aucune résistance. À son arrivée au commissariat, il est pris d’un soudain accès de violence. Immédiatement transféré en hôpital psychiatrique, il ne sera pas interrogé. Le 10 juillet 2017, Traoré est mis en examen pour homicide volontaire.
Déjà condamné vingt-deux fois
La sauvagerie de ce crime fait irruption dans une campagne électorale où les sujets de sécurité sont quasi absents. Ce meurtre dérange par son caractère antisémite identifiable: Kobili Traoré ne s’est pas attaqué aux Diarra, il a fait ses prières avant d’aller chez Sarah Halimi qu’il a qualifiée de «Sheitan» (Satan). Pour minimiser l’affaire, la rubrique des faits divers évoque «l’émotion dans la communauté juive», comme si Sarah Halimi n’était pas avant tout une citoyenne française. Deux mois après ce crime barbare, pour rompre le silence médiatique, dix-sept d’entre nous publiaient une tribune. Deux ans après, rejoints par d’autres signataires, nous voulons informer des avancées de la procédure et de la probabilité d’un non-lieu «psychiatrique».
Délinquant multirécidiviste et grand consommateur de cannabis, avant avril 2017, Kobili Traoré a déjà été condamné vingt-deux fois et incarcéré à quatre reprises. Jamais il n’a été question de troubles psychologiques quelconques. Quand le 27 février 2018, a enfin lieu l’interrogatoire du mis en examen, il reconnaît les faits. K. Traoré va beaucoup mieux… Après onze mois, sur insistance du parquet, la juge retient la circonstance aggravante d’antisémitisme. En revanche, elle et sa collègue refusent toute reconstitution, procédure pourtant habituelle dans ce type d’affaire. Reconstitution ô combien indispensable pour clarifier la chronologie de ces interminables 70 minutes. Indispensable pour comprendre un crime qui a eu lieu sous les yeux des voisins et de la police. L’avocat du mis en examen y est favorable, mais la juge refuse, affirmant vouloir protéger l’état psychologique de K.Traoré! En juillet 2018, la 6e chambre de l’instruction suit son avis sur la non-opportunité d’une reconstitution et refuse de retenir les actes de torture et de barbarie ainsi que la préméditation.
«En France, aujourd’hui, être juif serait-il une incitation au meurtre pour des déséquilibrés psychiatriques ?»
La procédure judiciaire a été ponctuée par les rebondissements des expertises psychiatriques. Les conclusions de ces expertises sur l’état de Kobili Traoré au moment des faits déterminent le choix des juges d’instruction: le renvoi devant la Cour d’assises ou le non-lieu pour irresponsabilité pénale. Une première expertise réalisée par Daniel Zagury rendue au bout de six mois établissait que K.Traoré avait fait une bouffée délirante aiguë (BDA) suite à une consommation massive de cannabis. Il conclut à l’altération du discernement, mais à une responsabilité pénale. La dimension antisémite ne fait pas de doute pour l’expert. Cette expertise n’a pas l’heur de plaire à la juge d’instruction qui en ordonne une seconde ; requête provenant usuellement de l’avocat de la défense qui ici n’avait rien demandé. En juillet 2018, les trois experts viennent contredire leur confrère Zagury: la BDA de Kobili Traoré équivaut à une abolition du discernement, ils évoquent une schizophrénie. Une entrée subite dans cette pathologie à l’âge de 27 ans, sans aucun antécédent, est pourtant rarissime. Selon eux, le mis en examen est «inaccessible à une sanction pénale […] au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, il était un baril de poudre. Mais la conscience du judaïsme de Mme Attal a joué le rôle de l’étincelle».
Face à deux expertises divergentes, les juges en ordonnent une troisième. Quatre experts ont rendu mi-mars 2019 leurs conclusions corroborant la seconde expertise. En France, aujourd’hui, être juif serait-il une incitation au meurtre pour des déséquilibrés psychiatriques? S’agit-il de préparer l’opinion à une réinterprétation de la dizaine d’assassinats de Français juifs par des islamistes? La psychiatrisation est-elle le nouvel outil du déni de réalité?
L’instruction est achevée. Deux options s’offrent aux juges. Rendre une ordonnance de non-lieu «psychiatrique», avec un renvoi vers la chambre de l’instruction pour juger des mesures de sûreté à prendre à l’égard du meurtrier «irresponsable». Mais les juges ne sont pas tenues par les expertises judiciaires pour ordonner le non-lieu. Elles pourraient aussi rendre une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’assises. Existe la possibilité d’un acquittement si les jurés estiment que Kobili Traoré était pénalement irresponsable. Mais au moins y aurait-il un procès, avec des débats contradictoires. Au moins existerait-il un espoir que justice soit rendue à Sarah Halimi, victime d’un crime antisémite barbare.
Signataires : Michel Aubouin, ancien préfet ; Élisabeth Badinter, philosophe ; Georges Bensoussan, historien ; Laurent Bouvet, professeur de science politique ; Pascal Bruckner, philosophe ; Philippe d’Iribarne, sociologue ; Élisabeth de Fontenay, philosophe ; Bernard de la Villardère, journaliste ; Jacques de Saint Victor, historien ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Martine Gozlan, journaliste ; Noémie Halioua, journaliste ; Jacques Julliard, historien ; Suzanne Julliard, professeur de lettres ; Alexandra Lagnel-Lavastine, philosophe ; Josépha Laroche, politiste ; Michel Laval, avocat ; Marcel Gauchet, philosophe ; Damien Le Guay, philosophe ; Jean-Pierre Le Goff, sociologue ; Barbara Lefebvre, essayiste ; Bérénice Levet, philosophe ; Sonia Mabrouk, journaliste ; Yves Mamou, journaliste ; Pierre Manent, philosophe ; François Margolin, réalisateur ; Lina Murr Nehmé, historienne ; Pierre Nora, historien ; Michel Onfray, philosophe ; Mona Ozouf, historienne ; Paul Thibaud, philosophe ; Michèle Tribalat, démographe."

"Cette nouvelle tribune montre que le combat pour Sarah Halimi n'est pas terminé, que l'appareil judiciaire n'aura pas raison  de notre volonté de justice... Il est impensable que celui qui a reconnu les faits ne s'explique pas lors d'un procès. Avec cette tribune, nous espérons réveiller les consciences et remobiliser les forces pour que le meurtre de Sarah Halimi ne reste pas impuni", a déclaré la journaliste Noémie Halioua à i24NEWS et auteure de L'affaire Sarah Halimi.


Tous fous !

"La justice est bonne mère. La République aussi. Quand un homme boit avant de tuer, c’est une circonstance aggravante ; quand il fume du cannabis, c’est une circonstance atténuante! Les djihadistes qui ont massacré chez Charlie ou au Bataclan consommaient eux aussi des drogues avant d’agir ; et criaient «Allah Akbar» au moment de passer à l’acte: ce qui prouve bien qu’ils sont fous! Cinglés. Mabouls. Malades mentaux. Irresponsables. Le tueur de Nice? Fou. Psychopathe. L’égorgeur du père Hamel? Fou. Irresponsable. En effet, il faut être fou pour commettre des actes aussi cruels", a écrit l'essayiste Eric Zemmour dans sa tribune « Vous êtes en France, bienvenue chez les fous ! » (Le Figaro, 12 avril 2019).
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Et de conclure : "Au fait: reconnu dément, Kobili Traoré ne sera pas pénalement responsable. Mais, en l’absence de pathologie mentale chronique, il ne sera pas non plus hospitalisable d’office à long terme. Bienvenue chez les fous !"

"Déni de vérité et justice"

"Afin de tenter de comprendre les raisons intellectuelles du déni de vérité et de justice qui entoure l’affaire Sarah Halimi, il convient de replacer celle-ci dans le contexte de la doxa politiquement correcte et relativiste dominante dans nos sociétés multiculturelles. Tout s’y passe en fait comme si la légitimité antifasciste de nos élites intellectuelles, politiques et médiatiques consistait à combattre - 70 ans plus (ou trop) tard - toute forme de racisme et d’antisémitisme (même imaginaire) commis par des « fascistes »blancs-européens, tout en tolérant, à titre « réparateur », ce même racisme judéophobe dès lors qu’il s’exprime au nom de l’antisionisme et du tiersmondisme islamophile. Le « néofascisme exotique et islamique» ainsi toléré semble en effet être banalisé et même de facto toléré dans les « territoires perdus de la République »et dans l’univers de la « diversité », c’est-à-dire chez les enfants issus des pays anciennement colonisés que l’on présente comme des victimes par essence et des irresponsables par nature face à l’Etat post-colonial ontologiquement coupable. Cette dissymétrie fruit d’une discrimination à l’envers et d’une diabolisation de l’Etat occidental par opposition à la violence anti-étatique allogène parée de toutes les vertus révolutionnaires, n’est pas le fruit d’un quelconque complot, mais elle découle d’une véritable pathologie sociale de nos pays gagnées par la haine de soi, le relativisme et l’a priori multiculturaliste. Elles semblent être devenues incapables d’assimiler et même d’intégrer des nouveaux venus perméables au virus mondial de l’islamisme radical et de la haine envers les « croisés judéo-chrétiens occidentaux » par ailleurs plus qu’entretenue dans nos manuels scolaires et les discours politiquement corrects de nos dirigeants subjugués par le magistère moral des nouveaux clercs xénophiles adeptes de la haine soi persuadés que le vrai-nouveau racisme ne viserait que l’islam (« islamophobie ») et les « minorités visibles » issues de l’immigration arabo-africaine. Nous précisons ici « arabo-africaine » car il n’échappe à aucun lecteur, que dans la hiérarchie des victimes, les musulmans post-coloniaux ont non seulement détrôné le « juif errant » d’antan mais ils ont littéralement mis hors-jeu les Chinois, les Vietnamiens, les Philippins, les Indiens ou les Sri-Lankais non-musulmans, sans oublier les gitans, maanouchs, Roms, Tziganes, etc.", a écrit le géopolitologue Alexandre del Valle dans sa tribune Deuxième anniversaire de la mort de Sarah Halimi : nouveaux logiciels antisémites et psychiatrisation des attaques islamistes (Atlantico, 12 avril 2019).

Et de préciser : "En réalité, la négation de la nature antisémite et islamiste de l’assassinat de Sarah Halimi participe du même phénomène général de diabolisation de l’autorité de l’Etat et de disculpation de la violence des forces supposées victimes et rebelles. D’où la banalisation affligeante, dans la presse et les discours politiques, des violences zadistes, guévaristes, palestiniennes, chavistes, blacks blocs et de l’extrême-gauche révolutionnaire en général, puis de leurs élus rebelles des cités qui balancent des frigos sur les voitures de police ou de pompiers, brûlent des milliers de voiture chaque « fête de la Saint Sylvestre », pratiquent des « tournantes », et rackettent dans une logique néo-tribale et proto-jihadiste les petits-blancs et petits juifs des collèges et lycées au point que le phénomène de l’extorsion est aujourd’hui socialement banalisé et mis au registre des faits divers. Une fois de plus, l’idée dominante est qu’il vaut mieux taire ou minimiser la progression du totalitarisme islamiste et de ses corollaires communautaristes, antisémites ou misogynes, plutôt que de décrire le réel et de risquer ainsi de faire monter le Front national"


Et d'analyser : "Concernant le volet policier et judiciaire de l’affaire Sarah Halimi, l’ancien policier et président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, a souligné à juste titre que l’une des raisons pour lesquelles les policiers sont restés inertes 70 longues minutes pendant le martyr de Sarah Halimi au lieu d’intervenir alors qu’ils étaient en nombre largement suffisant sur les lieux, est que leurs supérieurs ont craint de déclencher des violences ou autre rixes urbaines et communautaire, en souvenir des impressionnantes émeutes de 2005 qui avaient été déclenchées à la fois par une altercation avec des jeunes délinquants en fuite et, ce qui est moins connu, la pénétration des forces de police dans un lieu de prière qui aurait mis le feu aux poudres.  Le simple constat de M. Ghozlan est en soi terrifiant, et il en dit long sur l’échec de l’intégration et la situation sécuritaire de la France."


Et de conclure : "Certes, les policiers, présents lors de la tuerie du Bataclan comme dans l’immeuble de Sarah Halimi la nuit du crime, sont restés trop longtemps inertes parce qu’ils n’ont pas reçu les ordres pour déclencher une action violente. Les responsables sont en premier lieu leurs supérieurs. Toutefois, force est de constater qu’au déni de justice et de vérité déplorés plus haut s’ajoute un incompréhensible dysfonctionnement des institutions sécuritaires, car chacun sait qu’après les attentats terroristes du 13 novembre 2016, les autorités politiques françaises avaient décidé que les forces de l'ordre sur place devaient désormais intervenir sans attendre des forces spéciales".


Investigations closes

Le 9 mai 2019, Maître Loïc Henri, un des avocats de la famille de Sarah Halimi, a écrit sur son compte Facebook : "Clôture des investigations dans le dossier Sarah Halimi:nous sommes donc en présence d'un Magistrat refusant la reconstitution de l'assassinat de Sarah Halimi afin d'éviter l'implication de par leur inaction des 28 policiers présents ce soir là. La juge Anne Ihuellou commet donc un "faux en écriture publique"... Il ne sert à rien de se focaliser sur la responsabilité pénale de Kobili Traoré (il sera reconnu très certainement irresponsable). N'oublions pas que si les 28 policiers étaient intervenus l'assassinat de Sarah Halimi n'aurait pas eu lieu. Je saisis le Parquet de Paris."

Réquisitions du parquet

Le 17 juin 2019, Me Gilles-William Goldnadel a tweeté : "Immense soulagement : dans l’affaire Sarah Halimi, le parquet vient de prendre des réquisitions de renvoi de Traoré devant la Cour d’Assises pour homicide volontaire avec circonstance aggravante d’appartenance à une religion déterminée. Ce soir, la justice française s’est grandie".

"Il revient désormais à la juge d'instruction de décider de la tenue ou non de ce procès, alors que trois expertises psychiatriques font craindre aux parties civiles que le jeune homme, toujours hospitalisé, soit reconnu comme pénalement irresponsable et bénéficie d'un non-lieu".


"Trois expertises psychiatriques, réalisées au cours de l'enquête, concordent pour dire que le jeune homme, sans antécédents psychiatriques, ne souffre pas de maladie mentale mais qu'il a agi lors d'une "bouffée délirante" provoquée par une forte consommation de cannabis. Elles divergent cependant sur la question de l'abolition ou de l'altération du discernement du suspect".


"Ce doit être à la cour d'assises d'en décider, à l'issue d'une audience contradictoire, où il y aura un véritable débat, et non pas sur la seule opinion de tel ou tel expert, qui ne sont de fait pas tous d'accords", a réagi Caroline Toby, l'avocate des enfants de la victime. "Le fait qu'il ait consommé du cannabis en excès, bien loin de le dégager de sa responsabilité pénale, l'aggrave", a commenté Gilles-William Goldnadel, l'avocat du beau-frère de la victime. L'avocat du suspect, Thomas Bidnic, a indiqué à l'AFP ne pas vouloir réagir dans l'immédiat.


"Cette affaire avait relancé le débat sur l'antisémitisme dans certains quartiers populaires sous l'effet d'un islam identitaire, controverse qui avait été ravivée un an plus tard par le meurtre de Mireille Knoll, une octogénaire juive à Paris, Mireille Knoll. L'affaire avait aussi pris une tournure politique quand le président Emmanuel Macron avait réclamé à la justice "toute la clarté" sur les faits, en présence du Premier ministre israélien en visite à Paris, en juillet 2017".


Quid de la séquestration ? Quid des actes de torture ? Quid de la reconstitution demandée en vain par des avocats, mais non par Me Francis Szpiner ? Quid d'éventuelles poursuites judiciaires engagées contre des policiers ?


Hasard ? Ce même 17 juin 2019, à Gray-la-Ville (Haute-Saône) se déroulait la reconstitution du meurtre d'Alexia  Daval commis par son mari Jonathann Daval dans la nuit 26 au 27 octobre 2017. "Nous voulions la vérité, nous l'avons eue." "Ces mots d'Isabelle Fouillot, la mère d'Alexia Daval, viennent ponctuer plus d'un an et demi d'enquête autour du meurtre de sa fille. Après une reconstitution de sept heures, lundi 17 juin, à Gray-la-Ville (Haute-Saône), Jonathann Daval a finalement livré des aveux complets sur la manière dont il a tué sa femme, en octobre 2017", indique l'article "Pourquoi la reconstitution du meurtre d'Alexia Daval a permis de lever les dernières zones d'ombre sur l'affaire" publié par Francetvinfo le 17 juin 2019.

Ordonnance des juges d'instruction

Le 12 juillet 2019, les juges d’instruction ont rendu leur ordonnance. Les magistrates ont estimé qu’il y avait « des raisons plausibles » de conclure à l’abolition du discernement de Kobili Traoré,  c'est à dire à son irresponsabilité pénale. Le meurtrier présumé de Sarah Halimi échappe, pour l'heure, au procès. Les juges s'en remettent néanmoins à la chambre de l'instruction. Concrètement, cela signifie qu'il appartiendra à la cour d'appel de trancher le débat quant au renvoi ou non de cet ancien voisin de la victime devant la cour d'assises."

Les juges d'instruction ont également pris le contre-pied du parquet sur un autre sujet sensible, en écartant la circonstance aggravante d'antisémitisme. Les magistrates soulignent que Kobili Traoré « a prononcé des paroles souvent inintelligibles » voire au «caractère insensé ». « Les experts (...) ont par ailleurs relevé l'absence d'émergence de cristallisation affective à ce type de rancoeur, de haine, voire de tonalité raciste ou stigmatisante », ajoutent-elles en reprenant les conclusions du troisième collège d'experts selon lequel « dans une bouffée délirante aigüe, il n'existe pas de capacité à sélectionner sa ou ses victimes ».


"Kobili Traoré a fait l'objet de trois expertises psychiatriques. Les sept médecins qui se sont penchés sur son cas ont abouti au même diagnostic : ce jeune homme de 29 ans était atteint au moment des faits d'une « bouffée délirante aigüe ». Un état provoqué par sa consommation excessive de cannabis, Kobili Traoré revendiquant la consommation de 15 joints par jour. Mais les magistrates rappellent que les praticiens n'en ont pas tiré les mêmes conséquences. Le premier expert, le Dr Daniel Zagury, avait conclu en septembre 2017 à une simple altération de son discernement, considérant que sa prise de cannabis en très grande quantité était « consciente et volontaire ». En juillet 2018, les docteurs Bensussan, Meyer-Buisan et Rouillons'étaient quant à eux prononcés en faveur de son irresponsabilité pénale, le suspect n'était, selon eux, pas conscient « des effets possiblement inducteurs d'un délire » de la consommation de cannabis. En mars dernier, le dernier collège d'expert avait rendu un rapport plus alambiqué mais plutôt favorable à une abolition du discernement."


"Le 17 juin dernier, le parquet de Paris s'était prononcé en faveur d'un renvoi devant la cour d'assises du jeune homme. Le ministère public s'était rallié à la position du Dr Zagury. Les juges d'instruction ne l'ont pas entendu ainsi, en considérant comme « plausible » son irresponsabilité".


« Le message délivré par les juges est terrible car il fait de la consommation de cannabis une cause d'irresponsabilité pénale. Cette instruction a été menée en dépit du bon sens et on va se battre devant la cour d'appel pour qu'il y ait un procès aux assises », raille Me Muriel Ouaknine-Melki qui, avec son confrère Me Oudy Bloch, représente les intérêts du frère de Sarah Halimi.


« Kobili Traoré voulait tuer une femme juive », soutient Me Muriel Ouaknine-Melki, indignée par cette décision. « En France, l'antisémitisme tue et on ne peut pas se permettre de ne pas apporter une réponse judiciaire forte à de tels actes. Il faut absolument qu'il y ait un procès. »


"L'ordonnance des juges satisfait en revanche Me Thomas Bidnic, l'avocat de Kobili Traoré. « Je considère depuis le départ qu'il n'est pas responsable. L'audience collégiale qui se déroulera devant la chambre de l'instruction offrira un débat approfondi qui devrait permettre de l'établir », soutient le pénaliste."


Le 15 juillet 2019, le parquet de Paris a "interjeté appel de l'ordonnance des juges d'instruction chargés de l'enquête sur le meurtre de la sexagénaire juive Sarah Halimi en 2017 à Paris, dans laquelle ils estimaient «plausible» l'abolition du discernement du suspect".


Me Gilles-William Goldnadel a aussi twitté qu'il interjetterait appel de cette ordonnance.


Le 21 juillet 2019, lors de la cérémonie nationale en hommage aux victimes des rafles et en hommage aux Justes parmi les Nations, Francis Kalifat, président du CRIF, a déclaré en présence de personnalités, dont la ministre des Armées Florence Parly :
"Comme les années précédentes, des Français juifs ont été insultés, harcelés, menacés, volés, agressés ou frappés parce que juifs. Et lors de mes nombreux déplacements à Paris, en banlieue ou en région, j’entends de plus en plus de Français juifs s’inquiéter pour l’avenir de leurs enfants en France et pour la pérennité d’une vie juive dans notre pays.
En 2017 et 2018, de nouveaux paliers ont été franchi avec l’assassinat de deux vieilles dames juives, Sarah Halimi et Mireille Knoll, chez elles, à leurs domiciles.
Comment comprendre alors, l’ordonnance rendue par les juges d’instruction dans le meurtre barbare de Sarah Halimi, concluant qu’il existe des « raisons plausibles » de penser que le discernement du suspect était « aboli » au moment des faits.  Depuis le début de cette affaire nous assistons à des atermoiements qui consistent à vouloir nous présenter cet assassin comme démentalors que sa mise en scène et sa personnalité nous indiquent clairement que Sarah Halimi est une nouvelle victime du terrorisme islamiste et que ce crime est antisémite.
Pourtant si elle est sans surprise cette décision est difficilement justifiable. La prise volontaire massive de cannabis, à l’origine de la bouffée délirante, viendrait exonérer de sa responsabilité  l’assassin de Sarah Halimi, alors même que délinquant et fumeur de cannabis multi récidiviste, il n’a jamais été décelé chez lui le moindre antécédent psychiatrique. Quelle est cette nouvelle règle qui rend inapte à un jugement un assassin sous l’emprise volontaire de la drogue alors qu’elle condamne avec une plus grande sévérité un automobiliste auteur d’un accident sous l’emprise de la même drogue ?
Nous accueillons avec satisfaction l’appel du parquet devant la chambre de l’instruction, pourtant si la France est aujourd’hui sous l’émotion de ces assassinats antisémites à fort pouvoir symbolique,  il existe une continuité entre ces meurtres et les violences physiques, les mezouzot arrachées, les graffiti sur les murs, les courriers anonymes et les insultes, menaces et crachats qui font cet antisémitisme du quotidien, qui rend insupportable la vie de tant de Français juifs qui souffrent, eux, depuis des années et souvent dans l’indifférence.
Les mots sont terribles, mais ne disent rien de la vie des victimes de cet antisémitisme qui gangrène ces quartiers que l’on nomme « difficiles » et qui conduit de plus en plus de Français Juifs à un inexorable exil intérieur. Ceux qui en ont les moyens fuient. Les autres restent dans un climat hostile fait, chaque jour, d’incivilités, de menaces et de violences."
La ministre des Armées Florence Parly, a éludé, notamment la mise en oeuvre en France de la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, en évoquant l'affaire Dreyfus.

Chambre de l'instruction de la Cour d'appel

Le 19 décembre 2019, la chambre de l'instruction de la Cour d’appel de Paris a reconnu le caractère antisémite du crime. 

Malgré l'absence de consensus parmi les experts, elle a déclaré que le discernement de l'assassin, sous l’emprise de substances illicites, était aboli au moment des faits et qu’il est donc pénalement irresponsable. 


La Cour a "rendu une ordonnance d’hospitalisation d’office, car Kobili Traoré présente une dangerosité psychiatrique extrême, disent les experts, « que nous considérons comme durable en dehors d’un milieu psychiatrique ». Il restera hospitalisé tant que les médecins de son établissement le jugeront utile". 


Les avocats du frère et des enfants de Sarah Halimi ont formé des pourvois en cassation contre cet arrêt. La Cour de cassation devrait statuer fin 2020.


Mobilisations indignées
Cet arrêt a suscité une indignation au-delà de la seule communauté juive française, tant il était dénué de toute logique et contredisait des faits avérés.

Le 3 janvier 2020, l’historien français Georges Bensoussan a analysé pour Le Figaro : « Le vrai tabou n’est pas l’antisémitisme, mais qui sont les antisémites ».

Lettre ouverte du grand rabbin de France Haïm Korsia semblant réclamer "une justice pour les Juifs", rassemblements "silencieux" et non silencieux le 5 janvier 2020, soutenus en province mais non à Paris par le CRIF, demandes par des dirigeants d'organisations juives françaises d'un procès devant une Cour d'assises pour connaitre la vérité ou pour apaiser la souffrance de la famille Halimi et lui permettre d'effectuer son travail de deuil, envoi de centaines de cartes postales à l'Elysée - 450 cartes postales signées et destinées au Président Emmanuel Macron, réclamant « Justice pour Sarah Halimi » à l'initiative du consistoire israélite du Haut-Rhin -... Quelle cacophonie ! Et avec quelle efficacité ?

Ministre de la Justice, Nicole Belloubet a considéré le 7 janvier 2020 sur RMC que le verdict était justifié : « Nous sommes dans un État de droit et dans cet État de droit, on ne juge pas les personnes qui sont irresponsables pénalement ». Ensuite, comme pour tempérer ses propos, elle déclare que « la reconnaissance du crime antisémite a été faite par les juges ». Le 16 décembre 2019, la ministre avait déclaré, après la démission de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire en charge des retraites, pour conflit d'intérêts : "La Haute autorité pour la transparence de la vie publique est saisie, elle doit statuer le 18 décembre et ensuite le parquet verra s'il se saisit ou pas... [Jean-Paul Delevoye] n'a pas triché, il n'a pas voulu tricher." Il semble délicat pour cette autorité administrative et pour le parquet de se déterminer en toute indépendance après une telle allégation.

Le 8 janvier 2020, deux sénateurs ont interpellé le gouvernement sur cette affaire. Roger Karoutchi, pour le groupe Les Républicains, a demandé au Premier ministre Édouard Philippe : « Au-delà des règles, au-delà des codes, monsieur le Premier ministre, trouvez-vous cela juste ? » Jean-Marie Bockel, pour le groupe Union centriste, a interrogé la garde des Sceaux sur la nécessité de changer la loi et a conclu qu’« un principe d’irresponsabilité pénale reprécisé par la loi ou par la jurisprudence de la Cour de cassation – peu importe –, dans le strict respect de l’indépendance de la justice, permettrait de ne pas priver de procès les victimes, les familles et, finalement, la Nation tout entière, notamment dans le cas d’actes antisémites ou terroristes ».


Dans un article publié par Actualité juive hebdo (9 janvier 2020, n° 1550), divers avocats français juifs, membre d'instances dirigeantes d'organisations communautaires, ont déploré la jurisprudence jugée insuffisamment sévère envers les auteurs d'actes antisémites : "L'antisémitisme est devenu un des sujets d'affrontement entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire... Les juges ont tendance à s'instituer comme pouvoir autonome et ne supportent pas l’empiétement du pouvoir exécutif", a déclaré Me Patrick Klugman. Et Me Ariel Goldmann, président du FSJU, d'abonder : "J'ai souvent le sentiment que l'antisémitisme embarrasse la justice... Il est fortement possible que les magistrats aient tendance à le traiter comme un délit ordinaire". "Pour Marc Bensimhon, l'avocat du BNVCA, il peut aussi y avoir 'une "incompétence crasse des magistrats face à des infractions techniques complexes. Les juges ne prennent pas le temps nécessaire qu'il faudrait pour traiter chaque affaire du fait de l'encombrement des juridictions". Et aussi, estime-t-il, "un positionnement politique d'extrême-gauche et pro-palestinien des magistrats". Dès 2003, Me Aude Weill-Raynal et Me Gilles-William Goldnadel alertaient sur les territoires perdus de la justice française... Une fois ce constat établi, quelle est la stratégie des dirigeants communautaires, dont Ariel Goldmann ?

Le 9 janvier 2020, CRIF a organisé un hommage aux victimes juives de l'attentat terroriste islamiste à l'hypercacher à la porte de Vincennes (9 janvier 2015). "Avant l’allumage de la bougie en mémoire de Sarah Halimi, le président du Crif, Francis Kalifat, a tenu à s’exprimer sur le meurtre de Sarah Halimi, insistant sur la nécessité d'un procès. Il a déploré que la famille de Sarah Halimi soit "privée d'un procès indispensable pour son travail de deuil". L'Arrêt de la Cour d'appel "prive les enfants et la famille de Sarah Halimi du procès indispensable à l’apaisement et à la sérénité auxquels ils ont droit. Cette décision prive, à ce stade, la France du procès de l’antisémitisme", a-t-il déclaré. "La France a besoin de ce procès pour faire son chemin dans sa longue lutte contre l’antisémitisme, car pour Sarah Halimi, l’application des règles de droit, indispensables dans une démocratie, n’épuise pas le débat. "Nous attendons bien sûr avec angoisse et inquiétude mais aussi avec confiance l’examen du pourvoi formé devant la cour de cassation car il ne peut y avoir de droit sans justice" a-t-il ajouté.

Lors de la visite officielle du Président de la République Emmanuel Macron, accompagné de ministres et dirigeants communautaires, en Israël pour le 5e Forum international sur la Shoah du 23 janvier 2020 organisé à Yad Vashem (Jérusalem) pour le 75e anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a évoqué auprès de ce Chef d'Etat l'affaire Sarah Halimi. Ministre de l'Intérieur et Chargé des Cultes, Christophe Castaner s'est recueilli au cimetière de Jérusalem en particulier devant la tombe de Sarah Halimi.

Devant la communauté française en Israël, le Président Emmanuel Macron a déclaré  que le "besoin d'un procès" était "là". « Je sais l’émotion très forte provoquée par cette décision » qui a suscité « tant de colère et d’attentes », avait dit le Président en marge des cérémonies . Tout en affirmant qu’il ne pouvait commenter ouvertement une décision de justice – « Je ne peux vous parler avec le cœur, car le président est le garant de l’indépendance de la justice » – il s’est exprimé en détail sur cette affaire en cours. « Un pourvoi en cassation a été formulé et constitue une voie possible », a indiqué le président, soulignant que la justice française avait « reconnu le caractère antisémite de ce crime ». Si « la responsabilité pénale est affaire des juges, la question de l’antisémitisme est celle de la République, a-t-il ajouté. Même si à la fin le juge décidait que la responsabilité pénale n’est pas là, le besoin de procès est là [afin] que l’on comprenne ce qu’il s’est passé. […] Nous en avons besoin dans la République. »


« Nous sommes scandalisés par ces propos. Certes, il rappelle qu’il est garant de l’indépendance de la justice, qu’il ne peut pas interférer dans les décisions judiciaires, mais c’est exactement ce qu’il fait ! », a déclaré à l’Agence France-presse (AFP) la présidente du Syndicat de la magistrature, Katia Dubreuil. Le syndicat du "Mur des cons".


Son homologue de l’Union syndicale des magistrats (USM), Céline Parisot, n’a pas dit autre chose. « Le communiqué a le mérite d’être clair. Le président de la République n’a pas à donner son avis sur une procédure judiciaire en cours. Il est là pour garantir l’indépendance de la justice et non pour lui donner des consignes », a-t-elle insisté.


Le 27 janvier 2020, la première présidente de la Cour de cassation Chantal Arens et le procureur général François Molins ont souligné dans un communiqué public : « La première présidente de la Cour de cassation et le procureur général près cette Cour rappellent que l’indépendance de la justice, dont le président de la République est le garant, est une condition essentielle du fonctionnement de la démocratie, affirment les deux plus hauts magistrats du pays lors d’une rare mise au point de l’institution envers la présidence. Les magistrats de la Cour de cassation doivent pouvoir examiner en toute sérénité et en toute indépendance les pourvois dont ils sont saisis. »

Les avocats de la famille de la victime ont salué l'intervention du Président Emmanuel Macron, ont stigmatisé un « manque à la Constitution », et ont rappelé que « le principe d’indépendance de la justice ne doit jamais devenir une caution à son dysfonctionnement ».


Le 4 février 2020, le sénateur Roger Karoutchi (Les Républicains) a annoncé sur son compte Facebook avoir déposé une proposition de loi visant à modifier la loi.


Le 12 février 2020, à l'Hôtel de Matignon, a eu lieu la 2e cérémonie de remise du Prix national Ilan Halimi, en présence d'Édouard Philippe, Premier ministre, de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, de Franck Riester, ministre de la Culture et et le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT Frédéric Potier. Le Prix national Ilan Halimi récompense un travail collectif mobilisant des jeunes de moins de 25 ans, visant à faire reculer les préjugés racistes et antisémites. Le Premier ministre a remis ce prix pour la deuxième année consécutive afin de poursuivre le travail de fond engagé par le Gouvernement pour mener pied à pied le combat contre le racisme et l’antisémitisme." 

Par ailleurs, contrairement à la première édition, la mère d’Ilan Halimi était absente de la cérémonie à Matignon". "La romancière et scénariste Emilie Frèche, présidente du jury, a évoqué le grand découragement né après la décision de justice déclarant pénalement irresponsable le suspect du meurtre de Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017. "C’est une des raisons pour laquelle Ruth, la maman d’Ilan, n’est pas parmi nous aujourd’hui", a-t-elle affirmé devant M. Philippe.

"En quelques semaines, trois propositions de loi ont été déposées au Sénat et deux à l’Assemblée nationale, par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et Eric Pauget (Les Républicains), pour réviser les conditions dans lesquelles la justice peut reconnaître une personne irresponsable", a résumé Jean-Baptiste Jacquin. 

Le 18 février 2020, à la tribune du Sénat, Nicole Belloubet, garde des sceaux," a annoncé la création d’une commission pour évaluer la façon dont la justice procède pour juger des personnes irresponsables pénalement. « Sans remettre en cause le principe essentiel de notre Etat de droit selon lequel on ne juge pas les fous », a précisé la ministre de la justice, il s’agit d’établir un diagnostic sur les éventuelles lacunes du droit au regard de ce qui se fait en Europe ou en Amérique du Nord. Et en particulier de faire « l’état de la jurisprudence en matière de troubles résultants d’une intoxication volontaire ».

"Selon la lettre de mission du gouvernement, leur rôle sera également de faire un état des lieux de la jurisprudence dans ce type d’affaire et d’envisager des propositions dans la « perspective d’amélioration législative ou non ». Des parlementaires composeront cette instance de réflexion, comme Philippe Houillon (LR) et Dominique Raimbourg (PS), deux anciens présidents de la commission des Lois de l’Assemblée nationale. On trouvera également des magistrats ou encore des experts psychiatres."

"La ministre a rappelé que "la réforme de 2008 a recherché un « équilibre » et a apporté des évolutions majeures dans le régime de l’irresponsabilité pénale. Celle-ci peut désormais être débattue publiquement devant la chambre de l’instruction. Des mesures de sûreté peuvent être décidées par le juge à l’encontre de l’auteur des faits. Et la justice peut reconnaître, malgré la déclaration d’irresponsabilité, qu’il existe cependant des charges suffisantes à l’encontre de l’accusé s’agissant des faits qui lui sont reprochés".

Distincte de l'expertise de psychiatrie médico-légale, l'expertise psychiatrique dédaigneuse des faits suscite des interrogations pertinentes.


Le 8 juin 2020, l'AFP twittait : "le Président Emmanuel Macron a demandé au gouvernement "d'accélérer" dans ses propositions pour améliorer la déontologie des forces de l'ordre #AFP (1/5)... Il a également demandé à la garde des Sceaux Nicole Belloubet de se pencher sur le dossier du décès en 2016 d'Adama Traoré, un jeune délinquant noir de 24 ans, lors d'une arrestation" par trois gendarmes français, dont deux d'origine antillaise.

Sur Twitter, Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille de la victime, a répliqué : "Monsieur Emmanuel Macron, Je vous demande de respecter la séparation des pouvoirs. La loi interdit à la garde des Sceaux d'intervenir dans des affaires individuelles".  

Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) et l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) ont déploré cette initiative du Président Emmanuel Macron et de la Garde des Sceaux.

Curieusement, la Cour de cassation n'a publié aucun communiqué.

En juin 2020, le collectif Adama Traoré ou le comité pour la vérité pour Adama Traoré ont multiplié les manifestations, émaillées parfois de violences et de cris antisémites. Le 10 juillet 2020, les avocats des gendarmes ont annoncé que les juges d'instruction avaient ordonné une "nouvelle expertise médicale confiée à quatre médecins belges pour déterminer la cause de la mort du jeune homme".

"La même justice refuse de poursuivre l’assassin de Sarah Halimi, en se fondant sur une expertise médicale peu convaincante tandis qu’elle veut poursuivre la jeune Mila pour incitation à la haine. La célérité des juges à traiter les dossiers des Gilets Jaunes est sans commune mesure avec la lenteur de traitement de la plupart des autres dossiers. On doit bien constater que la justice penche à gauche, très à gauche même. Pour donner un visage à cette politisation, on parlera du syndicat de la magistrature. L’indignation de la Cour de Cassation devant l’insupportable ingérence, selon elle, du Président dans un dossier judiciaire pourrait rapidement être taxée d’hypocrisie, quand on regarde de près. Nous avons une justice politisée, non par ingérence de l’Etat mais par autonomisation par rapport à la société, qu’elle est censée servir... la justice est rendue au nom du peuple souverain. Mais cela ne suffit pas à en garantir l’impartialité: il faut aussi que la justice rendue s’enracine dans la vérité des faits et une peine de mesure appropriée à la gravité de ces mêmes faits... [Sur la culture de l'excuse qu'applique parfois la justice et qui semble être en décalage avec les préoccupations des français] Cest l’imprégnation profondément gauchiste d’une partie du corps des magistrats qui l’emporte. La justice occidentale, enracinée dans la Bible (pensons par exemple au livre d’Ezéchiel), est normalement fondée sur la notion de responsabilité individuelle. De ce point de vue, le traitement du cas de l’assassin de Sarah Halimi est emblématique d’une volonté de nier la responsabilité individuelle. Comme il est difficile de nier la motivation antisémite de l’acte, on suppose que l’acte a été commis sous l’emprise de stupéfiants. A l’inverse, Mila est aussitôt soupçonnée d’incitation à la haine; alors que c’est elle qui est menacée ! Il est très significatif que le gauchisme qui nie la responsabilité individuelle soit fasciné par l’islamisme, qui est un fatalisme... Il est rare que je sois d’accord avec Emmanuel Macron; mais en l’occurrence, sur le cas de l’assassin de Sarah Halimi, le président a eu raison de donner un avis. Il aurait fallu, pour que cela ait tout son poids, qu’il dise explicitement qu’il est garant de la non politisation de la justice et de son objectivité. Malheureusement, cela ne peut pas être formulé par le président car il se rapprocherait alors effectivement de l’idée qu’il existe un droit naturel, une impartialité juridique ancrée dans le réel", a déclaré Edouard Husson, universitaire (Atlantico, 29 janvier 2020).

"Le paradoxe de l’affaire Halimi est que nous étions en présence d’une décision normale mais qui n’a pas été comprise. En effet, Kobili Traoré, l’assassin de la malheureuse Sarah Halimi tuée dans des circonstances épouvantables et pour des raisons évidemment antisémites a été déclaré irresponsable car son discernement était aboli (c’est-à-dire qu’il était en état de démence) au moment où il a accompli son forfait. C’était l’avis de six experts psychiatres assermentés auxquels la chambre d’instruction de la Cour de Paris s’est rangée. Il aurait fallu une communication de l’institution qui soit suffisamment pédagogique pour permettre d’apaiser l’émotion. Au lieu de cela, on a laissé se développer une polémique qui a complètement obscurci le véritable enjeu. La communication de Madame Belloubet à ce sujet fut calamiteuse, et l’intervention maladroite d’Emmanuel Macron lors de son voyage en Israël n’a rien arrangé. En alimentant d’une part dans l’opinion la conviction que l’on a protégé un islamiste antisémite, de l’autre côté en renforçant chez les magistrats le sentiment d’une mise en cause de leur indépendance. Et pourtant cette justice aurait intérêt à faire un véritable examen de conscience et à réfléchir aux raisons pour lesquelles la confiance que lui fait d’opinion publique est à ce point anéantie... L’initiative d’un procureur (sur ordre pas ?) d’ouvrir une enquête préliminaire contre la jeune Mila est simplement aberrante. Sur le fond, cela alimente l’idée selon laquelle ce qui lui arrive et de sa faute et « qu’elle l’a bien cherché ». Et bien sûr le rôle joué dans la répression de masse contre le mouvement social des gilets jaunes est un désastre démocratique. Le soutien apporté un pouvoir brutal, d’abord en prononçant un nombre énorme de condamnations dans des conditions entretenant souvent des rapports lointains avec la légalité, ensuite en fixant des peines de prison ferme en très grand nombre, et enfin en protégeant les violences policières, tout cela a durablement brisé le rapport de confiance qui doit exister entre le peuple et sa Justice.Malheureusement pour l’instant les magistrats sont plutôt mobilisés pour crier au charron quand le président de la république relève l’émotion provoquée par l’affaire Halimi. L’attitude de leurs organisations syndicales est de ce point de vue caractéristique. Elles ne se réveillent que lorsque on effleure en parole leur indépendance mais sont systématiquement muettes sur les atteintes aux libertés et les dysfonctionnements dans notre pays... Je crois qu’effectivement on peut dire que l’indépendance des juges du siège et assurée dans notre pays. Mais il y a deux problèmes qui se posent, d’abord c’est que l’indépendance n’est là que pour assurer l’impartialité, et de ce point de vue la justice française a un gros problème avec une culture de la subjectivité très éloignée de cette exigence comme l’a démontré la calamiteuse affaire du « mur des cons ». Le deuxième problème est relatif au fait qu’en France les juges du siège et le parquet sont dans une proximité qui fait qu’on les confond. Ils reçoivent une formation commune, prêtent un serment commun, portent les mêmes tenues, et passent leur temps à migrer d’une structure à l’autre dans des allers-retours délétères. Il faut marteler le fait que le parquet, autorité de poursuite de la république, n’est pas indépendant et soumis hiérarchiquement au pouvoir exécutif. On vient d’avoir une illustration de cette situation fusionnelle dans la polémique Halimi, avec le communiqué commun de la première présidente de la Cour de cassation et du procureur général auprès de celle-ci. Pour le juriste, c’est simplement ahurissant et ce n’est malheureusement pas la première fois... Les magistrats doivent-ils rendre des comptes ? Évidemment, mais la culture de la forteresse assiégée est très forte, et le corporatisme puissant. Rappelons qu’au moment de l’affaire d’Outreau et de la procédure disciplinaire contre le calamiteux juge Burgaud, une promotion de l’ENM avait voté pour porter son nom… le Conseil Supérieur de la Magistrature, organe chargé de la discipline du corps est d’une telle mansuétude que l’idée est acquise que les magistrats sont intouchables. À mon sens, ceux-ci seraient bien inspiré de se rappeler que la légitimité n’est pas une donnée définitive mais qu’elle doit se construire dans une pratique transparente et quotidienne. Ensuite une plus grande rigueur dans les procédures disciplinaires serait vraiment bienvenue. Ce serait déjà de progrès qui permettrait d’atténuer le sentiment majoritaire dans l’opinion que « les magistrats sont irresponsables...La fameuse « culture de l’excuse » est moins prégnante qu’on le pense mais qui existe quand même. La sociologie du corps des magistrats fait qu’ils sont imprégnés de la culture des couches moyennes et leur expérience sociale est, au moins au début de leur carrière limitée. Rappelons que les étudiants sortent de l’école vers l’âge de 25 ans avec leur permis de juger ».", a considéré Régis de Castelnau (Atlantico, 29 janvier 2020).

Le Groupe pas silencieux
A l'appel du Groupe pas silencieux sur Facebook, une cinquantaine de personnes se sont réunies place de la République, à Paris, le  13 septembre 2020. 

Un rassemblement intitulé « Justice pour Sarah Halimi et cérémonie en hommage aux victimes de l’antisémitisme et des attentats islamistes ».

Allan Knoll, un des fils de Mireille Knoll, Française juive tuée à Paris par deux assassins musulmans, a déclaré : « La manière dont le système judiciaire a traité la communauté juive est inacceptable. La décision rendue par le juge [dans l’affaire Halimi] est honteuse. Le fait que quelqu'un prenne une petite quantité de drogue ne signifie pas qu’il ne soit plus en possession de ses facultés. Le meurtre de Sarah Halimi était un acte délibéré et il ne peut rester impuni."

Allan Knoll a estimé qu’une réouverture de l’affaire « rendrait justice à Sarah Halimi et à toutes les victimes juives qui ont été agressées et tuées au fil des ans ». 

Allan Knoll a accusé la justice française « de s’incliner servilement » devant des présumés meurtriers comme Traoré. 

« Il n’y a aucune justification politique à cela. Jusqu’à ce que vous vous releviez, la France restera à genoux », a souligné Allan Knoll.

Cour de cassation
Sur Twitter, L'Amazone est composée de "féministes radicales, dans toute la France et à Bruxelles. Activistes. rejoins noues dans la rue". 

Le 1er mars 2021, des militantes de L'Amazone avaient collé  des "femmages" pour Sarah Halimi, victime d'un "féminicide atnisémite mpuni".

Le 3 mars 2021, s'est déroulée l'audience devant la Cour de cassation.

"Les consorts Halimi, dans leur troisième moyen articulé en quatre branches, reprochent à la chambre de l’instruction d’avoir déclaré M. Traoré irresponsable pénalement. Ils arguent que la toxicomanie n’est pas une maladie mentale et n’entre pas dans le champ des troubles psychiques ou neuropsychiques visés par l’article 122-1 du code pénal. Ensuite, que l’acte volontaire de consommation de stupéfiants est constitutif d’un comportement fautif qui exclut l’irresponsabilité. Puis, la consommation de cannabis ayant pour but d’obtenir une modification de l’état de conscience, il ne pouvait être déduit du seul fait que Kobili Traoré n’avait pas encore eu de bouffée délirante à la suite de sa consommation de stupéfiants, qu’il n’avait pas conscience des risques encourus par cette consommation. « Celui qui consomme à l’excès des stupéfiants sait que cela va affecter son libre arbitre », plaide Me Emmanuel Piwnica, pour la partie civile, qui regrette aussi que Kobili Traoré « coule des jours heureux dans un hôpital psychiatrique en attendant sereinement d’en sortir ».

"Enfin, ils avancent que la chambre de l’instruction ne pouvait, sans se contredire, à la fois constater que les propos tenus par le mis en examen « avant et après de défenestrer Lucie Attal » « illustrent un reste de conscience », que celui-ci a « volontairement » précipité la victime de son balcon, a agi en ayant « conscience du judaïsme de Madame Attal », et en déduire cependant l’abolition de son discernement au moment des faits. L’argumentaire des consorts Attal, autre partie civile, est similaire, mettant en avant également que le fait de consommer un produit stupéfiant est un délit constituant une circonstance aggravante, et ne peut constituer en même temps une cause d’exonération de la responsabilité pénale". 

"En défense, Me Spinosi a exhorté "les juges à ne pas rendre une décision qui soit politique, à rendre une décision « sans considération de son impopularité ». Il rappelle simplement que l’ivresse cannabique, à laquelle chaque consommateur de cannabis doit s’attendre, ne doit pas être confondue avec la bouffée délirante, à laquelle le sujet ne pouvait pas s’attendre. « Nous sommes face à quelqu’un qui a une pathologie liée à la consommation de cannabis, quelqu’un traité en hôpital psychiatrique aujourd’hui et qui est considéré comme malade », plaida Me Spinosi.

Pour l’avocate générale Sandrine Zientara, « ce qui relève d’une certitude, c’est que l’arrêt de la cour d’appel de Paris est conforme au droit ». Elle a proposé la requalification du crime antisémite en homicide involontaire suite à une faute par imprudence et le rejet des pourvois.

Le 14 avril 2021, la Cour de cassation a confirmé l'arrêt de la Cour d'appel sur l'irresponsabilité pénale de l'assassin. 

La Cour de cassation a indiqué : "La loi ne fait pas de distinction selon l'origine du trouble mental qui a fait perdre à l'auteur la conscience de ces actes". Elle s'est présentée comme respectueuse de cette norme juridique.

Or, agissant en "gouvernement des juges", elle ne respecte pas la loi en matière de droit d'auteur : sa jurisprudence bafoue les lois de 1957, 1985 et 2014 ainsi que la convention de Berne (1886) sur ce droit en voie de destruction.

Comme ce dernier ne souffre pas de pathologie psychiatrique, il ne peut pas être interné en hôpital psychiatrique. Comme il a été reconnu irresponsable, il n'effectuera aucune peine d'emprisonnement. Il devrait bénéficier d'une liberté prochaine. 

Lors d'une conférence de presse le 14 avril 2021, les avocats de la famille de Sarah Halimi ont exprimé leur déception car ils espéraient un revirement de la jurisprudence de la Cour de cassation. Avocate de William Attal et
 présidente de l'OJE (Organisation juive européenne)Me Muriel Ouaknine-Melki s'est interrogée« Nous attendions une décision sage. Les Juifs doivent-ils prendre leur propre disposition pour leur propre sécurité ? » Elle a aussi évoqué une future aliyah des Français juifs. Deux points souvent occultés par les médias non-juifs français.

Cet arrêt a suscité l'indignation de médias, de dirigeants politiques, surtout de droite - Eric Ciotti, Valérie Boyer, Jacques Lefort -, de Marine Le Pen et de LREM. Et ce, d'autant qu'à Marseille, un individu avait été condamné en 2020 à un an de prison ferme pour avoir, 
après avoir consommé de l'alcool et de la cocaïne, tué le chien de sa voisine "en le jetant du 4e étage".

Aure exemple a contrario de l'affaire Halimi. Une "affaire où la justice a condamné un homme jugé "fou" par la majorité des experts" et révélée par LCI. "Un homme de 32 ans a été condamné [en 2020] à 15 ans de prison pour avoir tenté d’assassiner son ex-petite amie. Cinq experts psychiatres sur sept estimaient que son discernement était aboli, comme dans l’affaire Halimi. Mais les juges n’ont pas eu la même lecture". 

"
En novembre 2017, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a eu une lecture diamétralement opposée dans une autre affaire qui présentait de nombreux points communs avec l’affaire Sarah Halimi." Fin juin 2015, Nessim C., 32 ans, entre au domicile de son ex-amie Alicia, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Il l'a frappée "à plusieurs reprises avec un couteau et a tenté de l’étrangler dans la cave. Interpellé par les policiers, il a fait l’objet de plusieurs expertises psychiatriques. Au total, trois collèges de sept experts se sont penchés sur son cas. Les deux premiers ont conclu à l’abolition du discernement, les deux suivants à son altération, et les trois derniers à nouveau à son abolition, relevant une "bouffée délirante aiguë", comme l’indique l’arrêt du 3 novembre 2017 de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles".

"A rebours de la majorité des experts penchant vers l’irresponsabilité pénale, les juges ont, comme le réclamait l’avocat de la victime, l’actuel ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, retenu une simple altération du discernement et renvoyé l’accusé devant la cour d’assises. Saisie, la chambre criminelle de la cour de Cassation a estimé un an plus tard que l’appréciation des juges était "souveraine", ces derniers étant donc fondés à tirer des conclusions différentes de celle de la majorité des experts".
 
"La prise, volontaire, de cannabis a été là encore soulevée dans le débat. "Il y avait un état d’excitation maniaque favorisé par la prise de cannabis", ont relevé les trois derniers experts, suscitant alors l’incompréhension et le sentiment d’injustice de Me Dupond-Moretti qui arguait alors dans son mémoire que "la seule prise de cannabis ne constitue pas une circonstance atténuante et ne peut être retenue non plus comme cause d’irresponsabilité pénale".

"Les juges, rappelle la cour de Cassation ont estimé que cette consommation volontaire et de longue date de cannabis, quand bien même elle aurait pu selon certains experts conduire "à un état délirant", "ne doit pas s’analyser comme une cause d’abolition du discernement mais au contraire comme une circonstance aggravante". Et ce en 2018.

"Nessim C. a été condamné par la cour d’assises des Hauts-de-Seine à 15 ans de prison, peine que la cour d’assises des Yvelines a confirmé en appel, retenant l’altération du discernement au moment des faits. Un pourvoi en Cassation a été déposé mais, selon nos informations, il a été jugé irrecevable récemment. Sa condamnation à 15 ans de prison est donc définitive".

Le 18 avril 2021, Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts (EELV), a suscité une polémique en déclarant dans le « Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI : « Je comprends l'émoi de la communauté juive, mais on doit conserver ce principe : 'On ne juge pas les fous' (...) La justice, ce n'est pas la vengeance.» 

"Après sa déclaration, l'élu écologiste s'est rapidement retrouvé au cœur d'une polémique. Sur Twitter, de nombreux internautes ont vivement dénoncé ses propos. Les réactions politiques ont également été nombreuses. « C'est la communauté... nationale qui s'est émue de l'absence de jugement du meurtrier de Sarah Halimi ! Défendons notre nation une et indivisible. C'est ça la France, une France que certains ne cessent de diviser et de fracturer », a notamment réagi Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France. « Ce n'est pas la communauté juive qui est en émoi mais la communauté nationale, tout simplement. Une fois de plus, les dirigeants de la gauche rétrécissent la nation par leur communautarisme. Pourquoi tournent-ils ainsi le dos à nos principes républicains ?», a quant à elle répondu Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national.

« Il y a une émotion très forte chez tous les Français », a également insisté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur Europe 1 ce lundi matin. Dans son interview fleuve au Figaro, Emmanuel Macron, le président de la République a pourtant sensiblement tenu les mêmes propos que l'élu écologiste, en exprimant « aux proches de la victime » et à tous les « concitoyens de confession juive qui attendaient un procès » son « chaleureux soutien » et sa « détermination (...) à les protéger ».

"Après cette controverse, Julien Bayou a tenu à « préciser sa pensée». Au micro d'Europe 1, dimanche soir, le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, a expliqué qu'il avait réagi « en homme de droit » en développant « sur les raisons juridiques » ayant conduit la Cour de cassation à prendre cette décision. « Mais clairement, ce verdict nous a tous choqués, évidemment », a clarifié l'avocat. « Quand un juif est attaqué, c'est toute la France qui est attaquée. J'ai parlé de la communauté juive en particulier parce que les juifs en France sont particulièrement touchés par ces actes de plus en plus barbares et de plus en plus nombreux», a-t-il expliqué au micro d'Europe 1. Malgré ces précisions, les nombreux messages d'internautes évoquant la première déclaration de l'élu continuent d'affluer sur les réseaux sociaux."

Le 15 décembre 2016, il avait twitté sur Bagui et Youssouf Traoré, délinquants d'origine malienne condamnés "pour violences, outrages ou menaces sur huit policiers et gendarmes" à des peintes d'emprisonnement : "Les frères Traoré condamnés sur une simple suspicion... Terrible nouvelle. Pas de justice pas de paix".

Tête de liste EELV aux élections régionales d’Île-de-France, Julien Bayou a, le 23 avril 2021, publié sur Twitter des affiches afin d'encourager les écologiste à aller voter.

Il a 
écrit : « Pour défendre leurs intérêts, les chasseurs, les boomers et tous les autres iront voter en juin prochain. Et pour défendre le climat, est-ce que vous, vous pourrez voter ? » Et il a fustigé les chasseurs, les « fachos », le philosophe Alain Finkielkraut, l’éditorialiste Eric Zemmour - deux Français juifs -, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et les « boomers » (Français nés après la Deuxième Guerre mondiale). "Face aux vives critiques, Julien Bayou a ensuite modifié sa campagne faisant disparaître toutes mentions des chasseurs et des « boomers ».

En outre, de nouveau, le contexte s'avère politique : en juin 2021, sont prévues les élections départementales et régionales ; dans un an, en avril 2022, aura lieu l'élection présidentielle.

Le 17 avril 2021, Damien Rieu, "lanceur d'alerte, candidat RN aux élections départementales à Péronne (80)", a twitté : "
Kobili Traoré, le tueur de #SarahHalimi, musulman très pratiquant, s’appelle « Fofana » sur Facebook. Est-ce un hommage au chef du gang des barbaresEn tous cas des amis à lui ont du contenu antisémite sur leurs RS. Ça fait beaucoup pour des « bouffées délirantes » non ?" Dirigé par Youssouf Fofana, le gang des Barabares avait, en 2006, enlevé, séquestré et torturé Ilan Halimi, tué par Fofana.

Le 18 avril 2021, dans un article intitulé "Emmanuel Macron au Figaro : « Je me bats pour le droit à la vie paisible », le Président de la République Emmanuel Macron a déclaré au Figaro souhaiter "un changement de la loi pour que la prise de stupéfiants ne supprime pas la responsabilité pénale". 

« 
Il ne m’appartient pas de commenter une décision de justice, mais je voudrais dire à la famille, aux proches de la victime et à tous nos concitoyens de confession juive qui attendaient ce procès, mon chaleureux soutien et la détermination de la République à les protéger... En République, on ne juge pas les citoyens qui sont malades et n’ont plus de discernement, on les traite. Mais décider de prendre des stupéfiants et devenir alors "comme fou" ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale... Décider de prendre des stupéfiants et devenir alors "comme fou" ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale. Sur ce sujet, je souhaite que le garde des Sceaux présente au plus vite un changement de la loi », a déclaré le chef de l'Etat au Figaro.

Une interview-fleuve abordant diverses thématiques, dont l'Histoire que le Président a défendue auprès du Figaro et dénigrée à CBS. Ce qui lui vaudra le commentaire lapidaire d'Alexandre Devecchio, rédacteur en chef adjoint des pages Débats du Figaro et essayiste, sur Twitter : "Macron n'est pas seulement le président du "en même temps", c'est celui de l'archipel française disant à chaque "communauté" ce qu'elle veut entendre."

A ce jour, et depuis janvier 2020, cinq propositions de lois, dont deux au Sénat, ont été déposées par des parlementaires et signées par des dizaines d'édiles. A l'Assemblée nationale, notamment par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et Eric Pauget, député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes, - « proposition de loi rationalisant l’irresponsabilité pénale » des criminels -. Et, au Sénat, par Nathalie Goulet, sénatrice (groupe Union Centriste) de l'Orne (Normandie) - proposition "tendant à revoir les conditions d’application de l’article 122-1 du code pénal sur la responsabilité pénale des auteurs de crimes et délits" et par Roger Karoutchi visant à "abroger la déclaration d’irresponsabilité pénale au stade de l’instruction" et à « garantir la tenue d’un procès en cas de procédure d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental ».

Pourquoi aucune d'entre elles n'a abouti à un vote par le Parlement ? Parce que le gouvernement avait d'autres priorités, comme faire adopter un projet de loi réduisant le pouvoir d'appréciation des juges en matière d'évaluation du montant d'indemnités en cas de licenciement et une proposition de loi sur la bioéthique permettant l'euthanasie ("fin de vie libre et choisie") et la PMA ?

Les dirigeants d'organisations juives françaises ont bien accueilli  cette annonce qui a été critiquée par certains, dont le quotidien Libération dans l'article de Chloé Pilorget-Rezzouk, intitulé "Affaire Sarah Halimi : une irresponsabilité politique d’Emmanuel Macron ?", et sous-titré "En critiquant l’arrêt de la Cour de cassation dans son interview au « Figaro », le Président s’inscrit dans la lignée de Nicolas Sarkozy, « un fait divers, une loi ». Comme si l'assassinat au nom d'"Allah Aqbar" d'une Juive par un musulman était un "fait divers" !?

Le 19 avril 2021, Marianne a publié l'interview par Thibaut Solano de Paul Bensussan "L'irresponsabilité pénale s'imposait" :
"Le Professeur Frédéric Rouillon, le Docteur Elisabeth Meyer-Buisan et moi-même avons été désignés en collégialité pour effectuer l’expertise psychiatrique de Kobili Traoré. En avril 2018, Madame Ihuellou, magistrat instructeur, nous demandait l’examen psychiatrique et médico-psychologique du sujet, ainsi que l’étude de l’entier dossier. Nous avons rencontré Monsieur Traoré à deux reprises, en mai et juin 2018 à l’UMD Henri Colin (Unités pour Malades Difficiles, où sont internés les patients psychiatriquement dangereux) et rendu notre rapport le 11 juin 2018.
Il n’y a eu aucune dissension au sein du collège. Nous avons conclu (à l’instar des autres experts) à une bouffée délirante aiguë, ici marquée par l’apparition soudaine d’un délire de persécution et de possession de nature satanique. Décrite par Magnan en 1866, la bouffée délirante survient typiquement chez un patient exempt de tout trouble psychiatrique (on parle de « coup de tonnerre dans un ciel serein »). Elle constitue fréquemment un mode d’entrée dans un trouble schizophrénique. Ce trouble est l’un des cas les plus consensuels d’irresponsabilité pénale. Il se caractérise par l’apparition soudaine d’idées délirantes et/ou d’hallucinations et/ou d’un discours incohérent et/ou d’un comportement grossièrement désorganisé pendant plus d’un jour et, par définition, moins d’un mois. Ce délire aigu engendre des bouleversements émotionnels et une note confusionnelle, toutes modifications que nous avons retrouvées dans les auditions de l’entourage de Monsieur Traoré.
Dans les heures qui ont précédé son passage à l’acte, il était halluciné, soliloquait en répondant à des voix imaginaires, inquiétait tout le monde, y compris ses parents, ses voisins maliens qu’il avait séquestrés et qui avaient appelé la police… Il était allé la veille à la mosquée, avait consulté un exorciste, pensait que son beau-père voulait l’empoisonner ou le « marabouter », que l’auxiliaire de vie (d’origine haïtienne) de sa sœur appliquait sur lui des rituels vaudous… Des thèmes et des mécanismes délirants particulièrement riches, une dimension persécutive dominante.
La problématique était ici le rôle possiblement déclencheur du cannabis. L’existence de délires induits par le cannabis est parfaitement établie et leur séméiologie est très comparable à celle présentée par Monsieur Traoré au moment des faits. Mais les taux sanguins de THC retrouvés chez lui étaient faibles à modérés (peu compatibles avec une consommation massive récente) et les idées délirantes ont persisté longtemps après l’arrêt de l’intoxication, alors même que Monsieur Traoré était hospitalisé et traité par antipsychotiques majeurs. Enfin et surtout, croyant trouver l’apaisement dans le fait de fumer, comme il le faisait régulièrement depuis l’âge de 15 ans, il a sans doute précipité l’évolution d’un trouble dont le cannabis n’a été selon nous qu’un co-facteur et non la cause. Nous avons donc conclu à l’irresponsabilité pénale, tout simplement parce qu’elle s’imposait techniquement !
Ce qui ne revenait pas, faut-il le préciser, à occulter la barbarie du passage à l’acte, et moins encore sa dimension antisémite. C’est en s’enfuyant par le balcon de chez les voisins, alors qu’il se croyait poursuivi par les « démons » qu’il est entré par effraction dans l’appartement de Madame Halimi et que l’enchaînement fatal est survenu. Je l’ai souligné dans le rapport comme à la barre de la chambre de l’instruction : en proie à son délire, à la fois agressif et terrorisé, Monsieur Traoré était au moment des faits un baril de poudre. Mais le judaïsme de Madame Attal, la vision du chandelier à sept branches, ont été l’étincelle. Pour le dire simplement : le crime était celui d’un fou, mais son crime était antisémite car dans son délire, il assimilait les juifs au démon. L’indignation de l’opinion publique et de la communauté tient selon moi à l’idée (fausse) que reconnaître la folie et l’irresponsabilité pénale du meurtrier reviendrait à nier la dimension antisémite de son acte. Il faut à ce sujet rappeler que l’arrêt de la Chambre de l’instruction a retenu la culpabilité de Monsieur Traoré, mais aussi la dimension antisémite de son crime.
Tout comme nous (et comme les membres du troisième collège d’experts), le Docteur Zagury a conclu à une bouffée délirante aiguë. Mais à la différence de ses confrères, Daniel Zagury, considérant que la consommation de cannabis avait été délibérée et volontaire, estimait que le sujet avait contribué à l’apparition de son trouble mental et ne pouvait donc être exonéré de sa responsabilité. Il le considérait donc comme partiellement responsable de ses actes, retenant une altération (et non une abolition) du discernement et du contrôle de ses actes.
Ce en quoi nous ne pouvions le rejoindre : le sujet n’avait selon nous aucune conscience du fait que le cannabis pouvait le faire délirer, à l’inverse de braqueurs ou de meurtriers sniffant de la cocaïne avant un passage à l’acte, pour se donner « du cœur à l’ouvrage ». Dans ce cas, les toxiques sont alors consommés pour faciliter le passage à l’acte, ce qui n’était pas le cas de Kobili Traoré, submergé par l’efflorescence délirante.
Plus de 70 % des adolescents, de tous milieux sociaux, disent avoir expérimenté la consommation de cannabis. Environ 40 % disent en avoir fumé régulièrement et 10 % sont des consommateurs chroniques. Tous, fort heureusement, ne deviennent pas schizophrènes ! Le risque de schizophrénie est multiplié par deux avec le cannabis qui passe donc de 1 à 2 %, ce que peu de médecins savent. L’image du cannabis, selon moi dangereusement édulcorée, est celle d’une drogue « douce », dont on vante même, aujourd’hui, les vertus thérapeutiques. Faut-il rappeler qu’un ministre de la santé en exercice, il n’y a pas si longtemps, plaidait pour sa dépénalisation ? Comment imaginer qu’un sujet déscolarisé, fumant du cannabis depuis l’âge de 15 ans sans avoir jamais déliré, sache que le cannabis l’expose au risque de schizophrénie ?
Il est impossible de déterminer avec certitude la cause d’une bouffée délirante et il est vrai que le sujet consommait régulièrement du cannabis depuis l’âge de 15 ans, ce qui n’est qu’un facteur favorisant parmi d’autres ; l’épisode délirant peut rester unique, mais c’est un cas de figure théorique, rarement rencontré en pratique clinique. Il est, dans l’immense majorité des cas, une forme de début d’un trouble mental sévère : troubles schizophrénique ou bipolaire.
Je dois ici relever un raccourci singulier dans cette affaire : le postulat selon lequel le trouble délirant a été induit par le cannabis a été répandu par les médias. Il est évident que la consommation de cannabis, sur un terrain fragile, a pu être précipitante. Mais pour affirmer qu’elle en a été l’unique cause, il faudrait être certain que Monsieur Traoré, s’il ne consommait plus jamais de cannabis, ne délirerait plus jamais. Ce que nul ne sait, hormis peut-être les psychiatres traitants qui en ont la charge depuis quatre ans. Rien ne permet d’exclure l’hypothèse que Monsieur Traoré souffre aujourd’hui d’un trouble psychiatrique chronique, dont la bouffée délirante aiguë aurait été la manifestation inaugurale. Si tel n’était pas le cas, il aurait pu être renvoyé en prison dans l’attente de son procès, et non maintenu dans une structure de soins où les places sont comptées."
Question de Thibaut Solano pour Marianne : "Les avocats de la partie civile soulignent que Kobili Traoré a menti aux policiers, la nuit des faits, en affirmant que Sarah Halimi voulait se suicider. Cette stratégie n’implique-t-elle pas un degré de lucidité qui va à l’encontre de la bouffée délirante ?"
Réponse de l'expert psychiatre : "Il ne faut pas confondre un malade mental et un sujet qui n’a plus du tout de cerveau ! Daniel Zagury, pour répondre à cette question, utilise dans son rapport une formule qu’il affectionne : « le délirant ne boit pas le Coca-Cola par l’oreille ». Le crime du sujet psychotique, marqué du sceau de la folie, se caractérise souvent par l’absence de mobile rationnel, de préméditation, l’instantanéité de l’attaque, sa férocité, l’acharnement inutile sur la victime, la multiplicité des coups, mais aussi, une totale indifférence et une absence de remords.
Toutefois, même chez les plus grands psychotiques, la valeur cathartique du passage à l’acte peut se traduire, immédiatement après, par une retombée brutale de la charge anxieuse, un effondrement, avec un retour partiel à la réalité : c’est ainsi que l’on retrouve certains malades mentaux criminels prostrés sur les lieux du crime, ne cherchant pas à fuir ou à se cacher. Se rendant sans doute compte de ce qu’il venait de faire, Monsieur Traoré a ainsi tenté de faire croire que sa victime s’était suicidée, attitude pouvant donner l’illusion d’un stratagème de défense aussi fou que son geste. Mais qui pouvait y croire, alors qu’il venait de s’acharner aussi longuement sur elle, en hurlant ? Ce qui devait nous déterminer pour la juste appréciation de son degré de responsabilité n’est pas son état après l’acte, mais au moment des faits et du déferlement de violence, comme le demande le Code pénal. Et à ce sujet, pas l’once d’une divergence n’existe entre les experts."

Le caractère antisémite associé à l'irresponsabilité pénale ? "C’est l’un des arguments soulevés par le Grand Rabbin de France. Il s’agit là d’une question purement juridique, intellectuellement passionnante, mais que je ne me sens pas autorisé à trancher. Sur le plan psychiatrique, je peux en revanche expliquer que lorsqu’un sujet délire, les thèmes délirants sont bien sûr le reflet de ses croyances, de son éducation, de sa personnalité, mais aussi de l’ambiance sociétale. Il est difficile de nier qu’il existe un antisémitisme arabo-musulman et il n’y a aucune raison de penser que Monsieur Traoré, en pleine bouffée délirante, puisse y demeurer imperméable. L’assimilation des juifs au démon dans son crime et le déferlement de violences et d’insultes sont suffisamment éloquents et se passent de commentaire : un crime peut être fou et antisémite, même si l’enquête n’a pas permis de mettre en évidence, chez Kobili Traoré, des manifestations d’antisémitisme ou de radicalisation antérieures aux faits", a répondu l'expert psychiatre.

L'alcool est une circonstance aggravante, pas le cannabis ? "Tout conducteur sait que l’alcool augmente le temps de réflexe, diminue la vigilance et est un facteur accidentogène. Il peut donc difficilement s’étonner être considéré comme responsable lors d’un accident, ou d’un passage à l’acte criminel. Le fumeur de cannabis, même s’il n’est pas, comme Kobili Traoré, un délinquant toxicomane, ignore généralement les effets redoutables de ce toxique, dont la banalisation actuelle dissimule la dangerosité. De surcroît, si au-delà de 2 g d’alcoolémie tout conducteur sans exception est à haut risque accidentogène, seule une infime minorité de fumeurs de cannabis développe une bouffée délirante. Le parallèle entre ces deux cas de figure est donc assez artificiel."

L'antisémitisme ? "L’hésitation initiale à retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme, au début de l’instruction, a pu donner à certains l’impression que cette dimension était niée, ou occultée, ce qui aggravait le désarroi et l’incompréhension. Mais je déplore que cette formule stupide et dangereuse, selon laquelle la Justice, en reconnaissant l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, aurait délivré « un permis de tuer » ait été répandue par des gens informés, parfois même avocats, surfant sur l’émotion populaire ; il en est de même de cette idée obscène qu’il suffirait de « fumer un joint pour tuer une juive, en toute impunité ». De tels raccourcis sont indignes, en particulier lorsqu’ils sont le fait de professionnels du droit."

Et d'ajouter : "Je comprends et partage l’émoi de la communauté juive, atteinte à plusieurs reprises dans les dernières années par des crimes antisémites, commis par des auteurs de mouvance islamiste. Le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, dont la voix est respectée, a lui-même exprimé son incompréhension et son indignation, après l’audience devant la Chambre de l’instruction comme après l’arrêt de la Cour de cassation, allant jusqu’à parler de « scandale judiciaire ». Il commet selon moi une erreur d’analyse, en affirmant que « soit le meurtre est antisémite, et donc pensé, soit il est l’œuvre d’un irresponsable, et donc non pensé. Mais pas les deux à la fois ». Daniel Zagury comme notre collège avons clairement affirmé que le crime était fou et antisémite et les juges nous ont entendus. C’est pourquoi je suis choqué lorsque j’entends, au journal de 18 heures de France Inter, le mercredi 14 avril, jour où la Cour de cassation a rendu son arrêt, Amélie Perrier lancer le sujet sans vergogne « L’affaire oppose depuis des années les experts psychiatres à la communauté juive ». Comment peut-on ainsi surfer sur l’émotion en étant aussi caricatural dans le propos ? C’est essentiellement pour faire œuvre de pédagogie que j’ai accepté de répondre à vos questions : je voudrais, en sachant à quel point la tâche est difficile devant une communauté bouleversée, donner un éclairage sur certains raccourcis et contre-vérités médiatiques".

L'absence de procès ? "Depuis la loi du 25 février 2008, dite « loi Dati », les familles de victimes d’un malade mental criminel ne sont plus privées du débat comme c’était auparavant le cas avec le non-lieu. Une audience publique se tient devant la chambre de l’Instruction en cas d’irresponsabilité pénale : les débats ne portent alors que sur cette question essentielle. À cette audience, qui a eu lieu le 27 novembre 2019 pour Kobili Traoré, assistent les parties civiles, les avocats, les experts et même la presse. Les experts sont entendus et les avocats ne se privent pas de les interroger : l’oralité des débats est essentielle et le débat est de mise. À l’issue de cette audience, la chambre de l’instruction peut soit renvoyer l’accusé devant la Cour d’assises, si les arguments en faveur de l’irresponsabilité pénale lui paraissent insuffisants, soit rendre un arrêt de déclaration de culpabilité et « d’irresponsabilité pénale pour trouble mental ». Le crime reproché au sujet est alors inscrit à son casier judiciaire, la culpabilité est définitivement établie, même s’il est pénalement irresponsable. Le « non-lieu » qui révoltait autrefois les familles comme l’opinion a bien disparu. Cette évolution législative concilie, au terme d’un débat contradictoire, une reconnaissance de culpabilité et une irresponsabilité pénale. Ce qui est conforme au principe éthique de toutes les démocraties judiciaires, remontant au Droit romain, selon lequel les malades mentaux ne peuvent être condamnés. On ne juge pas les fous, c’est ainsi, et c’est l’honneur de la Justice comme de la psychiatrie. Citons à ce sujet Yves Lemoine, magistrat, historien : « Jamais, dans notre civilisation, on n’entendit les fous, même pour les crimes les plus atroces (...) Faire comparaître un dément, c’est renier le fondement même de notre civilisation ». Une autre réserve est qu’un procès, en particulier lorsqu’il concerne un malade mental criminel, permet rarement la compréhension espérée par les familles de victimes : le crime du sujet psychotique est par définition irrationnel et incompréhensible. Sa compréhension échappe à tous, et à l’auteur lui-même. Elle est de plus possible devant la Chambre de l’instruction, pas uniquement et pas davantage devant une Cour d’assises."

Les critiques l'ayant visé : "J’ai été particulièrement atteint et personnellement visé par les reproches et l’incompréhension d’une partie de la communauté juive. J’en ai été peiné, mais aussi indigné : le fait qu’un expert soit juif devrait-il influencer sa lecture d’un crime ou délit ? Dans cette hypothèse, aurait-il fallu ne désigner que des experts non-juifs ? C’est aussi absurde qu’offensant et ce serait pour le coup, presque de l’antisémitisme ! En tout cas de la discrimination… La particularité était que je recevais ces reproches sur mon lit d’hôpital. Ayant subi peu après l’audience un grave accident de moto, qui aurait pu et dû être fatal, j’étais polytraumatisé, sortant du coma et de la réanimation lorsque j’ai entendu Maître Francis Szpiner, avocat des parties civiles, et donc auxiliaire de justice tout comme moi, me traiter de « Diafoirus de la médecine » sur un plateau de télévision. Entendre un avocat que j’estimais me traiter d’imposteur ou de charlatan, autrement dit manier l’invective ou l’injure, au seul motif que mon rapport n’a pas eu l’heur de lui convenir, fut une expérience singulière. Je ne pouvais évidemment rien répondre : d’une part parce que mon état ne le permettait pas, mais aussi et surtout parce que l’affaire n’était juridiquement pas close et que j’étais tenu à un devoir de réserve. Ce d’autant que bien qu’habitué aux joutes oratoires, ouvert à la contradiction et au débat, je ne me suis jamais départi d’une exigence de courtoisie. Il m’a cependant été facile de prendre mes distances : ces querelles d’ego me semblaient dérisoires au regard de la tragédie que vivait la famille de Sarah Halimi et des enjeux juridiques et médico-légaux soulevés par cette affaire."

Vers une prochaine libération de l'assassin ? "La réponse théorique est positive : une hospitalisation, même sur décision d’un représentant de l’État n’est pas une peine : sa durée n’est donc pas fixée. Lorsque les médias nous disent « l’assassin n’ira pas en prison », l’incompréhension et la colère se conjuguent, le public s’imaginant que l’auteur de ce crime atroce va recouvrer la liberté. Mais en pratique, le public doit comprendre d’une part que l’univers des UMD n’a rien à envier à l’univers carcéral en termes de coercition ; d’autre part qu’une sortie est hautement improbable à court et moyen terme. Il faudrait pour cela qu’un collège pluridisciplinaire, incluant le Directeur de l’établissement psychiatrique, considère que Monsieur Traoré ne présente plus de dangerosité psychiatrique. Que deux expertises psychiatriques, ordonnées par le représentant de l’État désignant des experts extérieurs à l’établissement concluent dans le même sens. Et enfin que cette décision soit avalisée par le Préfet. À titre d’exemple, Romain Dupuy, auteur d’un double meurtre en 2005, n’est toujours pas sorti de l’UMD de Cadillac, malgré des expertises favorables. Dans le cas de Kobili Traoré, la peine, si elle avait été prononcée, aurait dû tenir compte de l’altération du discernement et donc être réduite. Ce qui fait que les malades mentaux criminels, s’ils sont condamnés, sortent parfois plus rapidement de prison que s’ils avaient été reconnus irresponsables et internés en psychiatrie. Mais qui le sait ?"

La future réforme législative ? "Une commission se penche actuellement sur la question, j’ignore la teneur de ses conclusions. La question est complexe, et concerne plus le législateur que le psychiatre, d’autant qu’il faut différencier l’ivresse cannabique, où la drogue a un effet précipitant de premier plan, du rôle favorisant du cannabis dans le déterminisme multifactoriel d’un trouble psychotique où se mêlent facteurs psychologiques, neuro-développementaux, génétiques, sociaux… sans qu’il soit aisé de préciser le poids respectif de ces différents paramètres. Il ne faut toutefois pas méconnaître la nature même de la maladie mentale, qui pousse les sujets psychotiques à consommer des toxiques, même s’ils sont informés de leur dangerosité, ou encore à interrompre des traitements qui leur sont indispensables. Que faire devant un schizophrène en rupture thérapeutique qui commet un crime ? L’opinion est prompte à se révolter, mais ces débats méritent sagesse, sens de la nuance et technicité. Je l’ai souvent dit : le doute, en expertise, est une qualité professionnelle et il faut se méfier des experts dogmatiques ou péremptoires. Le doute : cet « état d’esprit intermédiaire entre l’ignorance et la certitude… »

Le 21 avril 2021, ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti a dit sur RTL : "La Cour de cassation a respecté le droit. Le problème, c'est que le droit permet, en l'occurrence, à ce que l'on retienne l'irresponsabilité d'un homme au motif qu'il aurait consommé des produits psychotropes.... Le président de la République s’est longuement expliqué. Je suis totalement en phase avec lui. Ma méthode est de travailler et de parler ensuite, et de ne pas dire n’importe quoi. Je travaille à une modification législative sur ce point et je vous ferai part des fruits de ma réflexion et de mon travail qui est déjà lancé". Le ministre n'a pas précisé si cette évolution législative serait présentée dans son projet de loi de confiance en l'institution judiciaire, examiné à l'Assemblée nationale à partir de début mai" 2021.

"Pour les anciens collègues d'Éric Dupond-Moretti, cette modification législative reviendrait à "juger les fous". "Je suis totalement contre l'idée que l'on puisse juger des fous. C'est ce que l'on faisait au Moyen Âge. Les fous, il faut les soigner, mais pour autant, la question en droit qui est posée, c'est est-ce qu'un homme qui a consommé des psychotropes, a raison de cela, peut être considéré comme responsable", s'est défendu le Garde des Sceaux. "Ensuite, il y a un tas de gradations. Il y a l'analyse qu'en feront les juges : 'est-ce qu'on a consommé des psychotropes pour se donner du courage pour commettre un meurtre ?" Dans son projet de réforme, le ministre a éludé la responsabilité des magistrats. Or, ils sont près d'une vingtaine de magistrats, dont douze à la Cour de cassation, à être impliqués dans cette affaire.

"Une saisine de la CEDH serait vouée à l'échec. On ne juge pas les fous, même si en 2013 l'illuminé Stéphane Moitoiret, qui avait assassiné un enfant, fut condamné à 30 ans de réclusion, quand la majorité des psychiatres déclaraient son discernement aboli", a déclaré Richard Prasquier, ancien président du CRIF et cardiologue, sur Radio J, le 21 avril 2021.

Me Sidney Touati a ainsi commenté l'arrêt de la Cour de cassation : 
"Montesquieu qui jeta les bases de la République moderne, estimait que la Justice ne devait pas être rendue par des Juges professionnels.
L’évolution de la Justice en France, donne raison au grand philosophe. Globalement, dans la façon de juger, nous constatons le triomphe des sciences dites de l’homme et un affaiblissement considérable de la notion de responsabilité.
Un chiffre illustre cette terrifiante dérive : pour les plaintes pour viol, seuls  2% aboutissent à une condamnation effective.
L’arrêt Halimi consacre de manière éclatante, la psychiatrisation de la Justice. La mainmise des psychiatres sur les Juges et corrélativement, la démission de ces derniers. En cette période de gestion du Covid et de ses avatars, c’est toute la société qui se médicalise, qui tombe sous la coupe d’un cercle « d’experts médicaux ».
Autre exemple : en correctionnelle, la peine maximale prévue par la loi, est de dix années.
En réalité, les peines prononcées sont en moyenne de deux ans… peines souvent vidées de leur contenu par les peines de substitution tel le port du bracelet électronique, ou les décisions prises par le juge des libertés.
La psychiatrie est loin d’être une science exacte. Des crimes terribles ont été commis sous son autorité. On ne comprend pas dès lors pourquoi les juges prennent les dires des psychiatres, au cas d’espèce non unanimes de surcroît, pour des vérités scientifiques indiscutables.
Outre la soumission aux médecins -psychiatres, on perçoit à travers ce genre de décision, une méfiance à l’égard d’une justice rendue par le peuple, incarné par le jury des Cours d’Assises.
Tout se passe comme s’il fallait soustraire le criminel, M. Z (c’est ainsi qu’il est nommé dans l’arrêt dont il s’agit) à ce qu’il reste de la justice populaire.
Les juges professionnels aiment pratiquer l’entre-soi. Les dernières réformes ne chassent-elles partiellement le peuple des Cours d’Assises…?
Cependant, la décision des juges professionnels  aurait sans doute été tout autre si, au lieu de tuer sa victime au cri d’Allah Akbar, M. Z avait crié « vive Hitler ». 
A l'initiative de Jonathan Behar, fondateur le 23 janvier 2020 du Groupe Facebook “Agissons pour Sarah Halimi" divers rassemblements ont eu lieu, notamment dans la capitale, le dimanche 25 avril 2021. Parmi les co-organisateurs : Gil Taieb et Frank Tapiro.

Le CRIF - Gil Taieb,  vice-président a promu l'unité -, le FSJU et le Consistoire central de France se sont ralliés à ces rassemblements qu'ils coorganisent à Paris ("grand rassemblement de la colère pour Sarah Halimi") sur le parvis des droits de l'homme, place du Trocadéro.

D'autres rassemblements ont été organisés en France : à Lyon ("Dr Sarah Halimi - rassemblement pour agir"), à Marseille - à 14 h de la place de la préfecture en direction du Palais de Justice -, à Nice - à 17 h devant le Palais de Justice -, à Lille - à 14h place de la République -, à Deauville - 14h, sur l’Esplanade du Port (face à la gare),  à Lyon - à 16h, devant la Cour d’Appel de Lyon, 1 Rue du Palais de Justice -, à Montpellier - à 11h30, sur la place de la Comédie -, à Bordeaux - à 14h, sur le parvis des Droits de l’homme -, à Toulouse - à 17h, place du Salin - et à Strasbourg - à: 14h, sur le Parvis Jean Kahn, avenue de la Paix-Simone Veil -. 

Et en Israël à 15 h - 
Jérusalem (au parc de l’Indépendance), Tel Aviv (devant l’ambassade de France), Eilat (Hom Rachrach) -, en Grande-Bretagne - devant l’ambassade de France à Londres à 13 h -en Italie - sur la piazza Farnese de Rome à 15 h -, en Belgique - à Bruxelles à 14 h devant l'ambassade de France -, et aux Etats-Unis (devant les consulats français de Los Angeles à 10 h et de New York à 11 h, en plus de celui du 20 avril 2021, à Miami au Solidarity Walk Macy’s Aventura Parking Lot à 11 h). 

Les buts de ces rassemblements ? "Nous voulons canaliser la colère, que le loi [sur l'irresponsabilité pénale, Ndlr] porte le nom de Sarah Halimi pour que, demain, la justice soit rendue grâce à Sarah, un procès grâce à de nouveaux éléments, la pression populaire et l'appui politique", a expliqué Jonathan Behar le 21 avril 2021 sur Radio J.

"Monseigneur Thibault Verny, évêque auxiliaire du diocèse de Paris, membre du Conseil pour l’Unité des chrétiens et chargé des relations avec le judaïsme ainsi que le Père Christophe le Sourt, Directeur du Service National des Relations avec le Judaïsme (SNRJ) représenteront l’Église de France et témoigneront de leur solidarité dimanche 25 avril 2021 lors du Grand rassemblement en mémoire de Sarah Halimi sur le parvis du Trocadéro. Mgr Thibault Verny, Évêque auxiliaire de Paris," a publié ce communiqué : 
"Le meurtre de Sarah Halimi est un crime à la fois délirant et antisémite.
Le caractère délirant – au sens psychiatrique du terme – a pour effet de ne pas pouvoir poursuivre le crime en l’état de la législation sur l’abolition du discernement.
Il appartient au législateur de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’irresponsabilité pénale lorsque le trouble mental est lié à la consommation récente de stupéfiants.
L’Eglise Catholique tient à exprimer sa proximité et son émotion à la communauté juive :« Avec force, les évêques redisent aujourd’hui combien la lutte contre l’antisémitisme doit être l’affaire de tous, et ils affirment leur volonté de travailler avec tous ceux et toutes celles qui sont engagés dans cette lutte. » (déclaration du 1er février 2021 sur l’antisémitisme)."
Président de l'organisation "Yahad-in-Unum" et "Action Yazidis" "Back to life", écrivain, le père Patrick Desbois a posté sur Facebook le 21 avril 2021 :
"Parce qu’en dépit de notre respect pour la Justice, la décision qui vient d’être prise par la Cour de Cassation nous laisse sans voix.
Parce que hante notre mémoire le souvenir de ces allemands ivres fusillant des Juifs.
Parce qu’une jurisprudence Sarah Halimi déclarerait bon nombre de meurtriers nazis innocents.
Parce que cette décision inique tue une deuxième fois #SarahHalimi et nous exhorte à poursuivre la lutte contre l’antisémitisme.
Nous nous devons d’être présents dimanche 25 avril à 14h sur le parvis des Droits de l’Homme".
Le 23 avril 2021, Le Figaro a publié la tribune  « L'antisémitisme n'est pas l'affaire des juifs » de Amine El-Khatmi, président du Printemps Républicain :
"Cette décision [de la Cour de cassation, Ndlr] n'est pas une décision « de justice » mais une décision « d'injustice », qui soulève le cœur autant que l'indignation...
Comment comprendre que la justice invoque l'abolition du discernement alors qu'elle reconnaît noir sur blanc son antisémitisme ? Assez lucide pour discerner sa victime juive mais pas assez pour être responsable de son assassinat ? En tout état de cause, sa haine des juifs, elle, n'a souffert d'aucune abolition et lui a tenu la main au moment de jeter sa victime par la fenêtre !
Depuis le début de cette affaire, depuis le soir du crime, rien n'a été fait pour que la vérité éclate. On n'a pas voulu voir l'islamisme, on n'a pas voulu voir l'antisémitisme et désormais la justice se cache derrière le petit doigt de la prétendue folie d'un homme, derrière « une bouffée délirante aiguë » qui sert d'édredon duveteux au confort d'une société qui refuse de regarder le réel.
Mais comme l'écrivait Mirabeau, « il existe quelqu'un de pire que le bourreau, c'est son valet. ». Et dans cet emploi, depuis plusieurs jours, les postulants sont nombreux.
Il y a ceux qui, n'écoutant que leur courage ne rien leur dire, se gardent bien d'intervenir, faisant ainsi écho à l'impassibilité du pays après l'attaque antisémite de l'école Otzar Hatorah de Toulouse qui aurait pourtant dû jeter les Français par millions dans les rues...
Comme toujours, on accuse les juifs d'un « deux poids deux mesures ». Cette réalité est exacte. On meurt encore en France pour le simple fait d'être né juif. Par bonheur, aucune autre communauté́, aucune autre appartenance ne vous conduit à être défenestré́ en pleine nuit, à être torturé et brûlé, à être abattu à bout portant dans la cour de votre école ou dans votre épicerie de quartier. S'il y a un deux poids, deux mesures, c'est dans cette hideuse injustice qui accable les français juifs qu'elle réside. C'est de ce poids deux mesures que je suis accablé aujourd'hui et contre lequel je manifesterai dimanche.
Je manifesterai également pour réclamer une évolution de la loi. Puisque celle-ci ne fait pas de distinction sur l'origine du trouble psychique, il est de la responsabilité du législateur de combler ce vide juridique rapidement. Il faut que dorénavant, lorsqu'un accusé aura volontairement consommé de la drogue, de l'alcool ou des médicaments, il soit reconnu responsable de ses actes et jugé.
Je manifesterai enfin pour rappeler haut et fort que l'antisémitisme n'est pas l'affaire des juifs, le combat d'une communauté. Il n'est pas question de laisser nos concitoyens de confession juive seuls dans ce combat car s'en prendre à eux, c'est s'en prendre à la France. Les victimes de l'école de Toulouse, celles de l'hypercasher, Ilan Halimi, Sarah Halimi et Mireille Knoll, avant d'être juifs, étaient d'abord des enfants de la France".
La LICRA a également lancé une pétition pour que la rue où vivait Sarah Halimi porte son nom. Au 27 avril 2021, la pétition avait recueilli 13 726 signatures.

Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 25 000 personnes ont participé à ces rassemblements en France : plus de 20 000 à Paris et plus de 6 200 en province. 

Parmi eux, à Paris, William Attal et Yonathan Attal, Me Me Muriel Ouaknine-Melki, Me Francis Szpiner, avocat et maire du XVIe arrondissement de Paris, des dirigeants communautaires - Joel Mergui, Haïm Korsia, Alain Goldmann -, des politiciens dont Christophe Castaner, ancien ministre LREM de l'Intérieur, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, huée bien qu'elle ait annoncé qu'une rue de la capitale portera le nom de Sarah Halimi - l'édile avait décerné en 2015 à Abou Mazen (Mahmoud Abbas) la médaille du Grand vermeil de la Ville de Paris -, Xavier Bertrand, candidat à l'élection présidentielle et président du conseil régional des Hauts-de-France, et le député  Meyer Habib, mais pas des représentants des écologiques (EELV) et de La France Insoumise (LFI). 

Etaient venus des dirigeants de l'Eglise de France et l'imam Chalghoumi. Sur Faceboook, Le Groupe Pas Silencieux a publié ce texte :
"Boualem Sansal lanceur d’alerte depuis la première heure sur le meurtre de Sarah Halimi
« Puisque les organisateurs ont préféré hier donné la parole à Hanouna, Arthur ou Gad Elmaleh pour aligner les banalités, eux qui n'ont pas bougé pendant 4 ans d'instruction à la différence de Boualem Sansal qui a été à nos côtés depuis le premier jour pour alerter l'opinion publique sur ce crime...
Hier son texte devait être lu par Jacques Tarnero qui s'est vu privé de micro sans qu'aucune raison lui soit donnée. Il faut dire que le texte de Boualem Sansal pense, articule une pensée qui était sans doute un peu trop en hauteur pour la plupart des intervenants qui se sont succédés hier. L'immense majorité d'entre eux se sont intéressés à ce crime il y a dix jours et les organisateurs ont préféré la peopolisation au sérieux de l'engagement intellectuel. Triste époque. » 
Barbara Lefebvre".

Ce texte a été publié par Le Figaro le 26 avril 2021 sous le titre "Boualem Sansal : « L'affaire Sarah Halimi nous offre l'occasion solennelle d'affirmer que l'islamisme ne passera pas en France » :
"Je souhaite que ce rassemblement soit pour nous l'occasion d'affirmer notre volonté absolue de ne plus jamais nous laisser cantonner dans le rôle de la victime, qui subit, qui déplore, qui se plaint, qui va fouiller le Coran, les hadiths et la jurisprudence islamique pour trouver quelques arguments à signaler aux islamistes qui les amèneraient à reconsidérer leur lecture de leurs livres sacrés et de bien vouloir aussi tenir compte de ce que la France est une démocratie laïque, réellement tolérante et pacifique qui permet aux islamistes d'y vivre en toute sécurité, sans être jamais inquiétés. Agir de la sorte c'est reconnaître à ces assassins le statut de soldats d'Allah, quelle gloire, auxquels il faudrait presque appliquer les conventions de Genève, c'est en appeler à leur clémence, à les prier d'essayer de contextualiser les commandements coraniques, à tenir compte des lois de la République et des valeurs millénaires de la France.
L'affaire Sarah Halimi nous met aujourd'hui devant l'obligation morale de refuser ce statut que les islamistes et leurs avocats nous imposent et de nous poser en vainqueurs en toutes circonstances, qui refusent toute discussion sur leurs lois, leurs valeurs et leur mode vie. Affirmons en cette occasion solennelle que l'islamisme ne passera pas en France, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais, quels que soient les habits derrière lesquels il se cache parfois pour nous tromper."
N'oublions pas les philosophes - Bernard-Henri Lévy, Luc Ferry, Raphaël Enthoven -, Amine El-Khatmi, président du Printemps Républicain et les artistes - le réalisateur Alexandre Arcady, dont Arte venait de diffuser « Carte blanche à Alexandre Arcady : "Sarah et les autres" », les chanteurs Carla Bruni qui représentait aussi son époux et ancien Président Nicolas Sarkozy, Enrico Macias, Michel Jonasz, Patrick Bruel et Amir, le comédien Gad Elmaleh, l'animateur Arthur, le compositeur-interprète de hip-hop, r'n'b et reggae et youtubeur (176 000 abonnés) Ramous ("C'est un devoir de citoyen de me déplacer. En ce mois du Ramadan, j'ai faim et soif de justice. Sarah Halimi était un membre de ma famille... Je vois ce qui nous rassemble")... 

Etaient aussi présentes des militantes du collectif féministe Nemesis

Les discours des personnalités ont révélé des contradictions entre, d'une part, les aspirations à un procès ainsi qu'à la justice émanant de la famille Attal et de son avocate et, d'autre part, celles à la loi future pour laquelle des dirigeants communautaires ont remercié le Président Emmanuel Macron. La confusion : certains ont allégué que ce qui était arrivé à Sarah Halimi aurait pu toucher des musulmans. L'affirmation d'un discours républicain français dans une France vacillante sous les attaques du djihad, de l'islamo-gauchisme, du racialisme, de la "théorie du genre". Et le tabou de l'antisémitisme islamique.  

Au-delà du nombre de manifestants à ces rassemblements en France, c'est la présence de non-Juifs qui était espérée par les organisateurs, car elle témoignait de la sensibilisation de la Nation.

Sur Radio J, le 26 avril 2021, le réalisateur François Margolin, qui prépare un film sur l'affaire Sarah Halimi, a constaté une foule majoritairement juive, l'absence d'une partie de la classe politique, essentiellement la gauche, une "ampleur du déni de justice de l'ordre de l'affaire Dreyfus".

Ancien journaliste au Monde, Yves Mamou a souligné, dans l'article "L’Affaire Sarah Halimi : une affaire française qui pose aux juifs une question particulière" (Dreuz.info, 21 avril 2021), les enjeux spécifiques de cette affaire pour les Français juifs :
"L’affaire Halimi est un déni de justice certes, un déni de justice qui résonne fort dans la société française, mais elle est d’abord et avant la consolidation d’un dogme français dominant : rien ne doit pouvoir mettre en danger la victimisation musulmane.
Depuis la fin des années 1960, depuis la guerre des Six Jours, la gauche française (cette gauche progressiste qui croit que l’Histoire avance par un progrès constant contre les discriminations) pense que le musulman est l’incarnation de la victime. Il en est l’essence.
SOS Racisme sans « s » à la fin, Touche pas à mon pote… structurent encore les comportements du pouvoir politique, judiciaire et médiatique. Peu importe que la frange active de l’islam politique soit partie en guerre contre les juifs, puis à partir de 2015, soit partie en guerre contre tous les non-juifs : le Bataclan, le Stade de France, la Promenade des Anglais à Nice, un chef d’entreprise décapité en Isère, un curé égorgé en Normandie…
L’affaire Sarah Halimi montre que les pouvoirs politique, médiatique, judiciaire refusent de remettre en cause le dogme victimaire qui entoure la présence musulmane en France. Une manière habile mais suicidaire de refuser de répondre à la guerre quand la guerre vous est déclarée. Le terrorisme est devenu une sorte d’accident climatique et la commémoration des morts du terrorisme une technique pour faire taire. On rend hommage aux morts, silence dans les rangs !
Le gouvernement n’a parlé de guerre qu’à propos du covid 19 – « conseil de guerre »… – mais en perdant toutes les batailles, celle des masques, celle des tests, celle de frontière ouvertes ou fermés, celle des vaccins…
Le refus de rendre justice à Sarah Halimi contribue donc au déni français. Quand la société Evian reconnait à un islamiste le droit de se sentir agressé par une invitation publicitaire à boire de l’eau le jour du ramadan, il s’agit d’une réplique de l’attitude de soumission du pouvoir politique envers l’islamisme. Quand une cour d’assise atténue en appel les peines prononcées contre des voyous musulmans qui ont tenté de bruler vifs des policiers dans leur voiture de patrouille, quand la police n’est pas autorisée à utiliser son arme dans un guet apens en banlieue, il s’agit d’un déni de la guerre.
L’affaire Halimi est donc à cet égard une affaire française : la mort de cette vieille dame est regrettable, mais elle ne doit pas générer d’autre réaction qu’une marche blanche, c’est à dire silencieuse.
L’affaire Halimi est aussi une affaire juive dans la mesure ou elle pose aux Français juifs une question cruciale : jusqu’à quand accepteront-ils de jouer la variable d’ajustement du déni de la guerre qui structure la politique des pouvoirs politique, médiatique et judiciaire.
En d’autres termes, les Juifs ont-ils le désir et le pouvoir de démolir le mur du silence et de la commémoration qui empoisonne la société toute entière ? Ont-ils le pouvoir et le désir de rendre ce service à la France ? Ont-ils le pouvoir de dire que le roi ment et qu’il est nu ?
Indéniablement, oui. Les juifs ont ce pouvoir de dire qu’aujourd’hui ils sont redevenus les victimes de violences de type nazi perpétrées par des islamistes. Ils doivent se poser en victimes – les vraies, celles qui sont assassinées – et dénoncer l’islamisme comme un projet assassin.
S’ils agissaient ainsi, les Juifs ébranleraient jusque dans ses fondements l’antiracisme occidental blanc qui attribue aux seuls musulmans la qualité de victime. Les juifs ont le pouvoir de rebattre les cartes, Mais ce pouvoir ne peut être exercé que si les dirigeants de la communauté juive prennent soudain conscience que leur silence les place du côté des antiracistes officiels et des islamistes.
Rien n’indique que les notables juifs soient à la hauteur des enjeux historiques qui sont aujourd’hui entre leurs mains".
Refus de la reconstitution, pourtant de plein droit en matière criminelle, refus par la juge d'instruction d'actes demandés par les parties civiles et de rencontrer leurs avocats, refus du renvoi devant la Cour d'assisses demandée par le procureur... Me Gilles-William Goldnadel, qui représente Esther Lekover, sœur de la victime, et Me Francis Szpiner ont annoncé qu'ils saisiront la justice israélienne par un dépôt de plainte pour déni de justice, par leur cliente, dans un commissariat de police israélien. Ils espèrent que le Procureur de la République ouvrira une enquête... Une voie judiciaire à dimension politique. Le 25 avril 2021, sur BFM, un avocat de Kobili Traoré a considéré que cette voie de droit risquait d'alimenter l'antisémitisme. Les autorités politiques israéliennes devront résoudre un dilemmne délicat : privilégier leurs relations bilatérales avec la France dont la diplomatie archaïque approuve les pires résolutions onusiennes hostiles à l'Etat Juif, ou défendre des Juifs français victimes d'antisémitismes en France.

Avocats de William Attal, Me Muriel Ouaknine-Melki et Me Oudy Bloch, ainsi que d'autres avocats ont déclaré qu'ils allaient saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour faire condamner la France en raison de l'absence d'un procès et obtenir une indemnisation pour la famille. Une condamnation qui leur permettrait de faire rouvrir le dossier si un fait nouveau survenait.

Une CEDH partiale, politisée, dont des juges, anciens dirigeants d'ONG financées notamment par l'Open Society Foundations de Georges Soros, statuent en fonction de leur idéologie.

Mais se tourner vers la justice européenne ou israélienne pour espérer, éventuellement, que, peut-être, la France serait condamnée pour déni de justice ou que le parquet/Procureur ouvrira une enquête, n'est-ce pas reconnaître, implicitement, une rupture de l'égalité de tous les Français devant la justice ? Que les droits de la défense seraient refusés aux justiciables Juifs ? Que des magistrats statueraient en fonction de leur idéologie ou de leur antisémitisme ? Et que ce traitement discriminatoire tiendrait à la judéité de la victime ? Ce qui laisserait profiler un antisémitisme de magistrats, donc de l'Etat...

C'est bien cet antisémitisme judiciaire qui a été nié par le journaliste Jean-Michel Aphatie, sur LCI, le 24 avril 2021, face à Me Muriel Ouaknine-Melki, avocate de William Attal. Cette avocate a évoqué les contradictions de la justice reconnaissant le caractère antisémite de l'assassinat et l'abolition du discernement, les difficultés de juges à reconnaître le caractère antisémite d'actes et, leur propension, après avoir retenu ce caractère, à déclarer irresponsable pénalement le criminel, ainsi que les 80 dossiers d'antisémitisme dans son bureau.

Le 22 avril 2021, l’ECUJE a organisé le w
ebinaire "Sarah Halimi - "La Justice, la justice tu poursuivras" avec la participation du Grand Rabbin de France Haïm Korsia ainsi que Patrick Klugman, avocat, membre du comité directeur du CRIF, Muriel Ouaknine-Melki, avocate du frère de Sarah Halimi, William Attal, et présidente de l’OJE, Francis Szpiner, avocat des enfants de Sarah Halimi et maire du XVIe arrondissement de Paris. Haïm Korsia a préconisé que le gouvernement consacre la lutte contre l'antisémitisme en grande cause nationale. Me Patrick Klugman lui a rappelé qu'en 2015 le gouvernement avait attribué à ce combat le label "Grande cause nationale 2015". Avec quelle efficacité ? Mes Muriel Ouaknine-Melki et Patrick Klugman ont relaté les réticences des juges dans les dossiers d'antisémitisme. Me Patrick Klugman a aussi indiqué que les magistrats ou les policiers connaissaient l'idéologie des experts, et les choisissaient pour conforter leur position.

Dans les médias, des juristes se sont succédés pour justifier l'arrêt de la Cour de cassation. Ainsi, le 24 avril 2021, Jean-Baptiste Perrier, directeur de l'Institut de sciences pénales et de criminologie, a déclaré sur LCI que "la bouffée délirante dure d'un jour à un mois" - or l'assassin a agi dans un délai très rapide - et a allégué à tort, à titre d'exemple de cette prétendue "bouffée délirante", le fait que Traoré aurait séquestré la famille amie chez laquelle il était entré pour pouvoir pénétrer par la fenêtre dans le domicile de Sarah Halimi. Or, cette famille s'était volontairement enfermée dans sa salle de bains. D'autres allèguent que les magistrats ont suivi des experts psychiatres unanimes. Ce qui est faux : d'une part, le juge n'est pas tenu par les conclusions des experts psychiatres, et, d'autre part, ces experts n'étaient pas unanimes : le deuxième collège, dirigé par Paul Bensussan, a conclu à l'abolition du discernement alors que cet expert national a reconnu devant la Cour d'appel s'être trompé. Quant au troisième collège dirigé par Roland Coutanceau, il a conclu à l'abolition du discernement, alors que cet expert a considéré auprès de L'Express qu'il aurait pu aussi conclure sur l'altération du discernement. 

Le Monde
a publié l'interview de
François Molins, procureur général près la Cour de cassation, intitulé « Rien ne permet d’affirmer que la justice serait laxiste » :
"Evidemment que la justice ne délivre aucun permis de tuer ! Et c’est aussi triste qu’alarmant de devoir le rappeler. Des propos très graves et très inquiétants sont tenus en ce moment. Venir dire que la Cour de cassation, par la décision rendue dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, a donné un permis de tuer les juifs en France est insupportable et particulièrement outrageant pour les magistrats qui ont rendu cette décision.
Il ne vient à l’idée de personne de minimiser l’atrocité des faits commis. Je partage l’émotion que ce drame a pu susciter et comprends la colère légitime de la famille de la victime.
Il est néanmoins essentiel aujourd’hui d’essayer de faire comprendre pourquoi la décision rendue l’a été conformément à la règle de droit. L’Etat de droit a pour objet d’éviter l’arbitraire. Cela impose qu’une infraction soit prévue par la loi avant la commission du fait, tout comme la peine encourue. Il en est de même concernant les conditions de la responsabilité pénale. Ce principe a valeur constitutionnelle.
Aujourd’hui, l’article 122-1 du code pénal pose un principe clair : toute personne dont le discernement est aboli au moment de la commission des faits est irresponsable pénalement, quelle que soit la raison de l’abolition du discernement.
L’office du juge de cassation est de juger en droit. Si la Cour de cassation peut interpréter la loi dans le silence de celle-ci, elle ne peut le faire que dans des limites strictes qui ne peuvent jamais aller jusqu’à se substituer au législateur et modifier la norme. La loi pénale – tout particulièrement la question de la responsabilité pénale – ne peut s’interpréter que de façon très stricte afin d’éviter tout arbitraire ou tout risque de « gouvernement des juges » si décrié parfois…
Rien ne permet d'affirmer de façon générale et sans nuance que la justice serait laxiste...
Depuis une réforme de 2008, les juges se prononcent d'abord sur l'existence de l'infraction et son imputabilité à l'auteur, ce qui implique que l'infraction soit qualifiée au regard des éléments de contexte», a-t-il détaillé, et «dans un second temps, sur la question de la responsabilité pénale». Avant cette réforme, «le code pénal niait, en cas d'irresponsabilité pour cause d'abolition du discernement, l'existence même du crime ou du délit», a-t-il rappelé. Une situation «insupportable pour les victimes...
C'est l'abolition du discernement lors du passage à l'acte et elle seule, qui induit l'irresponsabilité pénale. «Or, toute personne qui consomme de l'alcool ou du cannabis n'a pas une bouffée délirante et ne voit pas son discernement aboli."
Le 25 avril 2021, le JDD (Journal du dimanche) a annoncé que le ministre de la Justice s'entretiendra le 26 avril 2021 "avec Dominique Raimbourg et Philippe Houillon, deux anciens présidents de la commission des Lois à qui sa prédécesseure, Nicole Belloubet, avait confié en juin 2020 une mission sur l'irresponsabilité pénale, déjà dans le cadre de l'affaire Halimi. Leurs conclusions sont attendues en mai. Mais les choses pourraient aller vite. Les présidents des groupes centristes et LR au Sénat ont ainsi fait savoir vendredi que les deux propositions de loi sur le sujet déposées en janvier dernier seraient inscrites à l'ordre du jour le 25 mai. L'idée est "qu'il ne soit plus possible, pour les juges, de décider que le discernement n'existe pas lorsque le trouble résulte de l'absorption volontaire d'alcool ou de substance stupéfiante", écrivent-ils dans un communiqué commun. Un point central du débat entre les experts psychiatres au cours de l'instruction..."

Invité
du Grand Jury, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports, a déclaré sur l'affaire Sarah Halimi : « Je n'irai pas aux manifestations. (...) Ce jugement montre un angle mort de la justice. On peut discuter du fait que cette personne était irresponsable pénalement, mais je ne veux pas discuter d'une décision de justice. »

A 13 h 15, le ministre de la Justice a twitté un communiqué de presse en écrivant : 
"Conformément à la demande du Président de la République, le gouvernement présentera fin mai en conseil des ministres un projet de loi pour combler le vide juridique apparu dans l’affaire Sarah Halimi. 
Cette histoire tragique qui nous a tous marqués va faire avancer notre droit".
Adoptée, cette loi pénale ne sera pas rétroactive car elle sera plus sévère que la loi actuelle.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), 
garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire et statuant comme conseil de discipline des magistrats, a publié un communiqué de presse pour fustiger la « mise en cause » de la justice dans deux affaires « douloureuses », en référence à la contestation de l’arrêt de la Cour de cassation dans le dossier Sarah Halimi et du verdict au procès de Viry-Châtillon""L’institution judiciaire doit pouvoir continuer de juger, à l’abri des pressions, en toute indépendance et en toute impartialité". Le CSM a appelé « à la mesure ». « En ce qui concerne l’arrêt de la Cour de cassation dans l’affaire Halimi, il convient de rappeler que le juge a pour mission d’appliquer la loi et se doit, en matière pénale, de l’interpréter strictement. Il ne peut la créer ou la modifier. Il s’agit là d’un principe fondamental pour préserver les équilibres démocratiques »". S’agissant du verdict de la cour d’assises de Paris statuant en appel dans l’affaire de Viry-Châtillon, le CSM rappelle « qu’il a été rendu par les juges et les jurés au terme de débats de plusieurs semaines. La déformation volontaire des propos tenus par le représentant du ministère public et le dénigrement, dans des termes souvent outranciers, des acquittements partiels prononcés portent une atteinte profonde à l’autorité qui s’attache aux décisions de justice ». "Au terme de six semaines de procès à huis clos, cinq jeunes avaient été condamnés le 18 avril à des peines allant de six ans à dix-huit ans de réclusion criminelle pour avoir attaqué et brûlé des policiers à Viry-Châtillon (Essonne) en 2016. Huit avaient été acquittés, suscitant l’indignation des syndicats de policiers et d’une partie de la classe politique. La procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, avait dénoncé le 21 avril une « tentative de déstabilisation de l’institution judiciaire » après la diffusion, par des élus, de « propos erronés » imputés à l’avocat général ayant requis au procès en appel. Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, avait aussi pris la défense de ce magistrat".

Diniz, Internaute, a commenté sur Twitter : "Vous étiez où quand 10.000 manifestants se massaient au pied du tribunal de Paris pour faire pression sur la justice dans l'affaire Adama Traoré ? On n'a pas vu de communiqué ?"

Autant que les juges, les experts psychiatres ont été vivement critiqués et ont du expliquer au public leur position. Sur i24News, Paul Bensussan, "agréé par la Cour de cassation et la CPI", a réitéré la teneur de son interview à Marianne, et était persuadé ne pas avoir été berné par la taqyia :
"Je partage l'émotion, on ne peut pas rester indifférents à ce qu'il se passe, pour autant, je ne m'associe pas aux raccourcis et aux contre-vérités qui ont été répandus.
Je regrette que des autorités politiques et morales, au lieu d'apaiser la souffrance de la communauté juive et l'incompréhension de la nation toute entière, aient choisi de l'attiser.
L'irresponsabilité pénale est en général très mal acceptée lorsque le crime est effroyable. L'opinion publique a l'impression que c'est une sorte de cadeau fait à l'auteur du crime et que justice ne sera jamais rendue.
Il consommait du shit pour s'abrutir ou s'endormir, il n'avait jamais fait d'expérience délirante, mais dans cette histoire, le délire a commencé 48h avant les faits. Il entendait des voix, il croyait qu'il était poursuivi par des démons, il se croyait possédé. Il a séquestré ses voisins musulmans. Ils se sont barricadés par peur. Et c'est par le balcon, en fuyant les démons, qu'il est rentré dans l'appartement de Sarah Halimi. [Ndlr : A relever la contradiction concernant les voisins]
Il est évident que l'étincelle a été la vision du chandelier à 7 branches et des livres religieux, il s'agit d'un crime fou, mais il s'agit d'un crime antisémite. [Ndlr : Comment l'assassin a-t-il pu distinguer le chandelier et les livres religieux dans l'obscurité ?]
L'antisémitisme musulman existe, et lorsqu'un musulman entre dans un délire alors qu'il revient de la mosquée, c'est un délire antisémite. Le nier, c'est ne pas connaître la psychiatrie.
Penser que l'antisémitisme est toujours quelque chose de réfléchi et de lucide, c'est faire une erreur grossière".

Le 25 avril 2021 à 19 h, Le Monde a publié la tribune d''un collectif d'experts psychiatres intitulée "Affaire Sarah Halimi : « Le crime était celui d’un fou, ce qui ne l’empêche pas d’être antisémite ». Chapô : "Face à la polémique déclenchée par la confirmation en cassation de l’irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire, cinq experts psychiatres consultés dans ce dossier justifient leur conclusion".

Le 26 avril 2021, sur BFM, le Dr Roland Coutanceau, expert psychiatre auprès de la justice et membre de dernier collège nommé par la juge d'instruction a expliqué : "C'est le délire qui a entraîné le passage à l'acte. Tous les collèges, même l'expert ayant conclu à l'altération du discernement, ont dit : c'est une bouffée délirante exo-toxique, qui est liée à la consommation excessive de haschich. Au moment des faits, le sujet était délirant. Surtout, le système motivationnel, le sens de l’acte est inspiré fortement par le délire qui a entrainé le passage à l’acte, le meurtre. Voici ce qui nous a conduit à conclure à l'abolition du discernement. Ensuite, c'est la responsabilité des juges de dire : l'abolition du discernement entraine l'irresponsabilité pénale dans le cadre de la loi actuelle." 

Le 26 avril 2021, sur Radio Shalom, à l'initiative du journaliste Bernard Abouaf, Yonathan Halimi et le youtubeur Ramous, au discours pacifique, ont dialogué via Zoom.

Le 28 avril 2021, Me Muriel Ouaknine-Melki a répondu sur Radio J à la tribune des experts psychiatres. "Un affront à notre intelligence et à notre connaissance du dossier de plus en plus partagée... Les experts nous intoxiquent".

Et sur France 5, le Dr Roland Coutanceau a exprimé son opinion : « 
L’acte est antisémite, mais le sujet ne l’est pas forcément. Sinon, on la contradiction. Comment sortir de la contradiction... J'ai  parlé avec lui quand il était en dehors de la bouffée délirante. Je n'ai pas trouvé qu'il avait un antisémitisme entier, déterminé, tranché... Vous allez me dire : "Peut-être qu'il peut le masquer ?" »

Le 3 mai 2021, le BNVCA a publié un communiqué exprimant son horreur suscitée par la création sur Facebook d'un "Comité de soutien à Kolili Traoré, le tueur islamiste de Sarah Halimi, présenté comme "innocent".

Le 6 mai 2021, l'hebdomadaire Actualité juive publiait dans son numéro 1598 la "lettre ouverte" du Dr Moshe Kantor, président du Congrès Juif européen (EJC) au Président Emmanuel Macron. Après avoir exprimé sa gratitude au chef de l'Eta pour son "engagement républicain inébranlable contre l'antisémitisme", le dirigeant du CJE a fustigé le "déni de justice", fait part de son "grand soulagement" induit par "la décision du Garde des Sceaux de proposer un nouveau texte législatif afin que jamais plus un tel crime ne connaisse le même épilogue". Il s'est associé au "voeu exprimé par Bernard-Henri Lévy de voir cette nouvelle loi porter le nom de Madame Sarah Halimi". (en caractères gras dans la lettre, Ndlr)

Réforme législative
"Nicole Belloubet annonce, en février 2020, la création d’une commission chargée d’évaluer la façon dont la justice procède pour juger des personnes irresponsables pénalement, « sans remettre en cause le principe essentiel de notre Etat de droit selon lequel on ne juge pas les fous », précise la ministre de la justice d’alors."

"Pour cause de crise sanitaire, cette mission confiée à deux anciens avocats et anciens présidents, respectivement Les Républicains et Parti socialiste, de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Philippe Houillon (Les Républicains) et Dominique Raimbourg (Parti socialiste), ne sera mise sur pied qu’après le premier confinement. La lettre de mission est signée le 8 juin, tandis que les deux responsables de ce chantier s’entourent de trois magistrats (Xavière Siméoni, Marie-Hélène Heyte et Antoine Garapon), deux médecins psychiatres (Roger Franc et Jean-Claude Pénochet) et un avocat (Nathalie Roret, remplacée, après sa nomination à l’Ecole de la magistrature, par Edmond-Claude Fréty)."

"Initialement prévue début 2021, la restitution de ce rapport au ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, a été reportée en mai, car l’un des deux rapporteurs avait contracté le Covid-19. Mais la demande formulée, le 19 avril, par Emmanuel Macron de changer la loi après la décision de la Cour de cassation du 14 avril confirmant l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi a précipité les événements. Une visioconférence a été organisée à la hâte, vendredi 23 avril, permettant à MM. Houillon et Raimbourg de remettre officiellement leur rapport au garde des sceaux."

Le rapport préconise de garder inchangée la loi.

Il semble que le ministre de la Justice tiendra peu compte de ce rapport, et s'alignera sur la volonté du Président Emmanuel Macron. « Décider de prendre des stupéfiants et devenir alors “comme fou” ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale. (…) Là aussi, pas de fausse impunité », a-t-il justifié

Donc, pourquoi avoir attendu si longtemps ? Pourquoi avoir sollicité un rapport de parlementaires ? Et comment concilier la réforme macronienne avec le projet de loi "confiance en l'institution judiciaire" présenté par le ministre de la Justice : ce projet va augmenter le nombre de cours criminelles départementales, formées de magistrats professionnels, à la place de cours d’assises ? Ce qui réduira la présence des citoyens dans les jurys de cours d'assises. Or celles-ci, "mêlant magistrats professionnels et jurés populaires étaient jusqu’alors défendues avec vigueur par un avocat nommé Éric Dupont-Moretti".

Cette réforme, comme celle  de l'irresponsabilité pénale, a suscité l'ire du Syndicat de la magistrature. 

Le 26 avril 2121, sur RMC, Sarah Massoud, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature - celui du "Mur des cons" -, a invité "à ne pas juger avec émotion dans ces sujets complexes, et surtout pas dans l'urgence... Parce qu'on touche à la psychiatrie, à la matière criminelle". 

Déjà, le 25 avril 2021, le syndicat de la magistrature avait retwitté le communiqué de presse du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sur la "mise en cause de l'institution judiciaire", notamment après l'arrêt de la Cour de cassation.

Christian Vanneste, député honoraires, président du RPF, président d'honneur de famille et liberté, a analysé les enjeux de cette réforme dans "Affaire Halimi, justice des experts, démocratie de l'entre-soi !" (19 avril 2021) : 
"Parmi les nombreux symptômes du mal qui touche notre pays, à savoir la perte de confiance des Français dans leur Etat, dans son avenir, et dans les institutions qui sont censées le préparer, l’un des plus graves est l’effondrement du jugement que nos compatriotes portent sur la Justice. Si l’on prend deux sondages, celui pour l’Express de 2019, ou celui de 2020 pour l’Institut Montaigne, on ne peut qu’être étonné de la faiblesse de la confiance, voire de la méfiance exprimées à l’égard d’une institution en principe neutre, vouée par définition au bien commun, que la grande majorité devrait considérer comme une protectrice et non comme une menace. Or, en 2019, la méfiance est à 47%, et à 52% en 2020, soit présente dans à peu près la moitié de la population, avec une chute de 10% en dix ans pour le premier sondage, encore légèrement favorable.
Il est quand même extraordinaire qu’un meurtre à la résonnance sociale aussi forte, chargé d’antisémitisme, soit soustrait au jugement populaire par des experts. Nous sommes en plein dans l’antipopulisme qui considère qu’on ne peut laisser le peuple décider des sujets sérieux qui le concernent. Un musulman toxicomane a assassiné une femme de confession juive : les experts ont décidé qu’il fallait reconnaître la confession de la victime, non la responsabilité de l’auteur. Imaginons que la victime fût une dame musulmane, et le meurtrier un “Gaulois” alcoolique, la décision aurait-elle été identique ? En fait, les juges ont déjà répondu : dans ce cas, l’ivrogne sait les dangers de l’alcool alors que le toxicomane ne pouvait connaître ceux du cannabis dont certains réclament la dépénalisation. Ce mélange d’opportunisme et de casuistique est l’expression d’une justice d’experts qui veulent rester au-dessus des passions populaires tout en se soumettant au politiquement correct à la mode...
L’appel à un jury populaire aurait au moins évité que le procès soit subtilisé par les experts. Il est d’ailleurs inquiétant que le projet de réforme présenté par l’ex-champion de la défense devenu ministre de la Justice supprime le jury populaire en première instance des cours d’Assise. On sent bien cette sourde volonté d’éloigner le peuple, de rester entre juristes. Il se trouve que les détracteurs de l’institution judiciaire se recrutent surtout parmi les moins diplômés, les électeurs de droite et d’extrême droite, les employés, les ouvriers et les habitants de communes rurales et  ses meilleurs défenseurs chez les cadres supérieurs, les Parisiens, les (très) diplômés, les étudiants, les partisans de la République en marche, d’Europe Ecologie Les Verts et du Parti Socialiste. En justice, comme ailleurs, le slogan du macronisme, c’est “cachez ce peuple que nous ne saurions voir !” Nous vivons une démocratie de l’entre-soi !"
Ces deux projets de loi seront adoptés par le Parlement. Celui réduisant la part des "jurys populaires" influera sur celui réformant l’article 122-1 du Code pénal.

Et les organisations juives françaises exprimeront leur gratitude envers le Président Emmanuel Macron...

Résultat dans une affaire où le discernement du suspect criminel serait déclaré altéré par des experts psychiatres : des magistrats, numériquement plus importants que des jurés non-professionnels, statueront vraisemblablement en faveur de l'irresponsabilité pénale et risquent d'influencer ces jurés. 

Tout cela pour ça !

Un combat win-lose (gagnant-perdant) au détriment des victimes ou de leurs familles. 

Bien que cette réforme soit importante, le ministre de la Justice mène activement sa campagne
dans les Hauts-de-France comme candidat pour La République En Marche (LREM) aux élections régionales (20 et 27 juin) « Je serai au premier rang dans le Pas-de-Calais sur la liste de Laurent Pietraszewski (…), parce que je ne veux pas que cette terre file entre les mains du RN [Rassemblement national]... Je ne viens pas ici pour faire de la figuration. Je viens avec des valeurs que je porte depuis toujours. A la différence de M. [Xavier] Bertrand [président sortant Les Républicains], je ne veux pas chasser sur les terres du Rassemblement national. Je veux chasser le Rassemblement national de cette terre », a déclaré M. Dupond-Moretti dans un entretien à La Voix du Nord

Commission d'enquête parlementaire
En 2006, à l'Assemblée nationale, une commission d'enquête a été "chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans l'affaire dite d'Outreau et de formuler des propositions pour éviter leur renouvellement". Elle a "entendu 221 personnes" dont des juges et publié son rapport dont le "principal leg réside dans l'amélioration de la gestion de la garde à vue". Quant aux magistrats qui ont avalisé l'instruction catastrophique du 
juge Fabrice Burgaud, âgé de 29 ans lors de l'affaire d'Outreau, ils n'ont pas été sanctionnés. Le juge Fabrice Burgaud ? Lui reprochant un "manque de rigueur caractérisé notamment dans la conduite des auditions et des interrogatoires", le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) concluait, en 2009, la procédure disciplinaire" le visant par "une réprimande, la sanction la plus basse". "Depuis 2011, le magistrat a rallié la Cour de cassation, d'abord comme auditeur puis comme avocat général référendaire".

Dans cette affaire, "les personnes détenues à tort ont été indemnisées pour cette erreur judiciaire de sommes allant de 650 000 euros à 1 million d'euros. En effet, le montant total de l'indemnisation a été tenu secret afin d'éviter que la jurisprudence ne crée une inflation des indemnisations de détention. Cette indemnisation portait sur trois champs, à savoir la faute lourde de l'État, le préjudice matériel et la détention préventive".

Pourquoi une commission parlementaire, plutôt sénatoriale comme celle dirigée avec maestria par Philippe Bas dans l'affaire Benalla, n'enquêterait-elle pas sur les "dysfonctionnements judiciaires" concernant les assassins déclarés judiciairement irresponsables pénaux ? Ce qui permettrait de répondre à de nombreuses questions essentielles. La commission de l'Assemblée nationale dans cette affaire n'avait pas in fine rédigé de rapport. 

Le député Meyer Habib (Union des démocrates, radicaux et libéraux) a du lire mon article ou en a entendu parler. Il avait demandé une commission d'enquête parlementaire sur l'attentat de la rue des Rosiers. En ce début du mois de mai 2021, il va demander en Conférence des présidents la création d'une "commission d'enquête à l'Assemblée nationale auprès du bureau de cette Assemblée sous la présidence de Richard Ferrand. On verra combien de députés vont co-signer la résolution. On veut faire la lumière sur des zones d'ombres. Le Président Emanuel Macron est sorti de sa réserve. Dans les jours à venir, j'espère que cela passer au Bureau. La Commission aura six mois pour interroger les personnes de son choix, puis elle remettra son rapport", a déclaré Meyer Habib sur Radio J le 5 mai 2021. 

En réduisant le champs d'enquête de cette éventuelle commission parlementaire au seul assassinat de Sarah Halimi, Meyer Habib en réduit considérablement la portée. Et, sauf éléments nouveaux susceptibles de rouvrir judiciairement le dossier, la famille de Sarah Halimi pourra peut-être solliciter une indemnisation de l'Etat. Serait-ce satisfaisant ?

Epilogue
Ce crime présente des points communs avec celui de Sébastien Selam en 2003 : assassinat antisémite par un voisin musulman, présentation du criminel comme « déséquilibré », fréquentation de la même mosquée, attitude calme de l'assassin lors de son arrestation, occultation par de nombreux médias de la difficile vie de Français juifs dans certains environnements non pas seulement en banlieue, mais aussi dans Paris intra muros, etc. 

Le 23 avril 2021, Jamel Gorchene, Tunisien âgé de 36 ans, "
arrivé en France en 2009 et [qui] avait bénéficié en 2019 d’une autorisation exceptionnelle de séjour salarié, puis d’une carte de séjour en décembre 2020, valable jusqu’en décembre 2021, selon le Parquet national antiterroriste", a égorgé la policière Stéphanie M. à Rambouillet. 

Sur LCI, le 23 avril 2021 au soir, un invité d'une émission d'information a souligné la signature islamique de ce qu'il a qualifié d'"attentat islamiste" : la période du Ramadan et le cri d'"Allah Aqbar" qui n'est pas seulement une proclamation de foi, mais aussi un cri de guerre. Et c'est durant cette fête que surviennent les annuelles "Ramadan riots" (émeutes du Ramadan) en Israël.

Le 27 avril 2021, sur CNews, Céline Pina, ex-édile socialiste et cofondatrice avec Fatiha Boudjahlat du mouvement Viv(r)e la République, a qualifié l'égorgement d'"acte rituel". 

Ces assassinats ou attentats terroristes révèlent la vulnérabilité de Français juifs vivant dans des environnements où l’antisémitisme prégnant n’est ni signalé à la police - ou réduit éventuellement à des mains courantes au commissariat - ou aux organisations chargées de la lutte contre l’antisémitisme, ni recensé par ces dernières. Leur isolement. Leur condition dhimmitisée. Leur absence d'organisation pour les représenter. Le discrédit d'organisations censées être leur porte-parole.

Ces agressions létales de Juifs par des « irresponsables pénaux » musulmans suscitent maintes inquiétudes et réflexions. Quel est le nombre exact de victimes juives françaises d’antisémitisme depuis 2000 - treize ? Seize ? Plus ? Et, dans ce nombre, quelle est la part de celles assassinées par des irresponsables pénaux ? Pourquoi des organisations juives françaises se sont-elles désintéressées de certaines d’entre elles ? Pourquoi leur inaction actuelle concernant Jean-Louis (Chalom) Levy dont l'agresseur musulman franco-algérien Mehdi Kerkoub a été déclaré lui aussi en 2019 irresponsable pénalement ? 

Pourquoi la solitude des Français juifs induite par l'absence de toute alliance avec ceux, juristes ou essayistes, qui critiquent le "gouvernement des juges", et par les organisations chrétiennes dont les fidèles sont eux-aussi victimes de ce terrorisme ?

Pourquoi la France n’établit-elle pas un fichier de ces « Allahou Akbar boys » (Mark Steyn), en distinguant les irresponsables pénaux, pour les recenser, analyser ces statistiques et surveiller ces individus dangereux ? Par déni ou peur de la réalité ou de la "guerre civile" ? Par manque de moyens financiers ? Par volonté de réduire les statistiques officielles de la criminalité ? Cela supposerait une "révolution copernicienne" de ce leadership qui, après avoir initialement porté la voix du Procureur François Molins auprès de ses coreligionnaires, s'efforce in fine de défendre, mal, la victime juive Sarah Halimi. Ce qui réduit leur crédit auprès de leurs coreligionnaires. "Quand un procès est mal positionné à l'origine, il est difficile, parfois impossible, de le remettre sur les bons rails", m'avait confié un avocat. En refusant de poursuivre les policiers inactifs lors des tortures infligées à la pauvre Sarah Halimi, l'institution judiciaire a clairement signifié qu'elle n'entendait pas que toute la vérité soit faite et et que la justice soit dite.

Entre les terroristes islamistes tués par les forces de l’ordre et les irresponsables pénaux, combien d’assassins de Français, juifs ou chrétiens, seront condamnés à des peines de prison ? Combien seront finalement libérés par décision du « gouvernement des juges » d’un Etat préférant des solutions alternatives à l’hospitalisation complète si coûteuse et ne cessant d’accorder des droits aux personnes hospitalisées sans leur consentement ?

Faute d'avoir nommé adéquatement ces assassinats pour ce qu'ils sont - des attentats islamistes dans le cadre d'un djihad -, la France s'interdit d'envisager la déchéance de nationalité des terroristes binationaux - Kobili Traoré est franco-malien - et leur expulsion du territoire national. "Qu'est-ce que ce type [l'assassin, Ndlr] faisait en France ? A faire du trafic de drogue dans un logement social ! Qui était Mohamed Mérah ? Des bons à rien. Des parasites sociaux", a déclaré Me Régis de Castelnau le 29 avril 2021. Mais le 25 avril 2021, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait refusé de "tirer un trait entre immigration et terrorisme". 

Faute d’avoir lutté pour que soit établie toute la vérité dans l’affaire Selam, faute de désigner l’antisémitisme et l’antijudaïsme islamiques et de les combattre, faute d'avoir élaboré et mise en œuvre une stratégie d'actions, la communauté juive française institutionnalisée ne finit pas de constater le prix tragiquement élevé de son inefficacité durable dans cette affaire cruciale et l'effondrement continu de la condition juive en France.

Les avocats des membres de la famille de Sarah Halimi se sont plaints de la partialité de la juge d'instruction et de l'ordonnance inique. Pourquoi ne vont-ils pas jusqu'au bout de leur raisonnement : poursuivre la France devant la CEDH pour déni d'un procès équitable pour les Français juifs. Les exemples de victimes juives du "gouvernement des juges" ne manquent hélas pas. Certains avocats vont accomplir, en partie, ce que je préconisais depuis des années.

Ces assassinats ou attentats terroristes au nom de l'islam révèlent que le pouvoir politique instrumentalise les Juifs dans la "négociation" de son pacte social avec une immigration de peuplement majoritairement musulmane, dont une partie hait la France et y déchaine une violence voire un djihad quasi-quotidien. Juifs, chrétiens et, dans une bien moindre mesure, les personnes perçues ou considérées comme "chinoises", constituent une variable d'ajustement utilisée cyniquement par des politicards.

Jusqu'à quand ? 

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Cet article a été publié le 22 juin 2017, puis les 4 mars et 21 novembre 2018, 5 avril 2019, 3 février 2020.

1 commentaire:

  1. C'est vraiment honteux.

    A noter aussi l'indifférence relative ou absolue d'organisations juives américaines - Anti-Defamation League, American Jewish Committee - qui comptent parmi leurs objectifs celui de se solidariser avec les Juifs d'autres pays, si besoin est - par le biais d'interventions intelligentes et vigoureuses.

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