mercredi 29 juin 2016

Les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'est bien pour les Français Juifs ?



Une polémique a surgi en avril-mai 2012 quant à l’effet sur les Français Juifs et la diplomatie française de l’élection du socialiste François Hollande à la Présidence de la République. De nombreux ministres ou membres de cabinets des gouvernements dirigés par les Premiers ministres socialistes Jean-Marc Ayrault (2012-2014), Manuel Valls (2014-2016) puis Bernard Cazeneuve (depuis le 6 décembre 2016) ont affiché des positions pro-palestiniennes, voire hostiles à l’Etat d’Israël. Difficile donc de combattre efficacement l'antisémitisme mâtiné d'antisionisme constitué par la délégitimation de l'Etat Juif. D'autant que l'antisémitisme et l'anti-judaïsme islamiques ne sont pas dénoncés, malgré ou à cause des attentats islamistes, et que perdure "la politique arabe" source et vecteur de l'antisémitisme/antisionisme d'une France en déclins. L'affaire Dieudonné ainsi que les manifestations de la "rue islamique" et de ses alliés sont emblématiques d'un antisémitisme cimentant l'alliance "arc-en-ciel" Black/Blanc/Beur. Les affaires KriefTanger - ruinée et expulsée de son appartement - et autres copropriétaires illustrent un "gouvernement des juges" spoliateur. Article actualisé.


    Comme leurs concitoyens, les Français Juifs envisagent cette alternance politique selon différents critères, dont la capacité éventuelle des autorités politiques nationales à enrayer les déclins - économiques, sociaux, culturels, moraux, intellectuels, universitaires, etc. -  de la France et à relancer une croissance économique riche en emplois en France. Avec la crainte d'échecs qui renverraient les Français Juifs au statut de boucs-émissaires dans une société n'ayant pas intégré une fraction de sa population immigrée et dont l'histoire nationale est insuffisamment connue, voire déformée et instrumentalisée à des fins politiques.

Nous envisagerons dans cet article deux angles essentiels : la position à l'égard du conflit entre le monde musulman et l'Etat d'Israël ainsi que la lutte contre l'antisémitisme, celui-ci étant nourri principalement par l'antisionisme, la diffamation - affaire al-Dura - et la délégitimation de l'Etat Juif, ainsi que par l'antisémitisme et l'antijudaïsme islamiques.

Polémique
Dans une tribune publiée par Haaretz (25 avril 2012), Richard Prasquier, alors président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), évoquait les positions hostiles à l’Etat d’Israël dans le camp de François Hollande, alors candidat socialiste à l’élection présidentielle.

Ce qui a suscité une polémique médiatique.

Dans Libération (16 mai 2012), Pierre Besnainou, alors président du FSJU (Fonds social juif unifié), se dissociait de certaines voix :
« Ces dernières semaines, au nom de la communauté juive de France, de nombreuses voix ont exprimé, ici ou là, en particulier sur Internet, les inquiétudes les plus graves. On aura revendiqué publiquement une préférence pour le président sortant, on se sera prêté à la dramatisation, parfois à la caricature des intentions de l’autre candidat et des conséquences, supposées dangereuses, notamment pour les juifs, de sa possible élection. On aura même agité l’épouvantail d’une islamisation de la société française. Le Fonds social juif unifié, qui fédère en France 300 associations dans tous les champs de la vie juive, ne s’y associe pas. Soyons clairs. Les institutions représentatives de la communauté juive (Consistoire, CRIF et Fonds social juif unifié) n’ont pas vocation à se livrer à cet exercice, aucune n’ayant la légitimité pour exprimer une position qui refléterait l’avis politique concerté des juifs de France ».
Il est donc d'autant plus curieux que, lors des élections législatives 2012 dans la 8e circonscription des Français de l’étranger qui inclut l'Etat d'Israël, Pierre Besnainou a soutenu en tant que président du FSJU, le candidat Gil Taïeb, vice-président du FSJU et proche de Kadima. Une prise de position qui jure avec la neutralité des autres dirigeants communautaires français.

Et Pierre Besnainou d'ajouter :
« Il n’existe pas de vote juif. Bien sûr la mise en cause d’une laïcité ouverte, un débat étrange sur l’abattage rituel, une relation à Israël contrariée, peuvent influer sur une préférence de couleur politique ou inspirer l’envie de sanctionner des gouvernants. En revanche, il existe aussi en France la crainte de voir renaître la « bête immonde ». Après le meurtre raciste d’Ilan Halimi, le drame de Toulouse, auquel j’associe naturellement les victimes de Montauban, a provoqué un traumatisme énorme. La réaction unanime de la classe politique républicaine, sa présence, la solidarité exprimée ont été à la hauteur du drame. » 
Pourtant la justice française avait reconnu le caractère antisémite de l'assassinat d'Ilan Halimi. Et en avril 2012, certes avec un mois de retard, le parquet de Parquet a délivré un réquisitoire supplétif afin que les quatre juges d'instruction retiennent la circonstance aggravante d'antisémitisme dans leur enquête concernant la tuerie antisémite à l 'école  Juive Ozar HaTorah de Toulouse. Alors pourquoi ce dirigeant communautaire français ne l'indique-t-il pas ? Et pourquoi omet-il d'évoquer l'islamisme et l'antisémitisme musulman, bien plus actuels et menaçants que l'éventuelle renaissance de la « bête immonde » ? Surtout quand on ajoute à cette liste l'assassinat de Sébastien Selam...

Puis Pierre Besnainou conclut : « Non, l’élection de François Hollande aux plus hautes responsabilités de la République n’est pas un coup dur pour la communauté juive ».

Un Parti socialiste très majoritairement pro-palestinien
Jadis pro-israélien, le Parti socialiste est majoritairement composé de pro-palestiniens.

« Ceux qui soutiennent une position plus équilibrée prenant en compte les arguments en faveur d’Israël ne représentent plus qu’une toute petite minorité », a constaté le journaliste  Clément Weill-Raynal en septembre 2011 sur RCJ, radio francilienne de la fréquence juive soutenue par le FSJU.

Il a précisé : « Selon le député européen Kader Arif chargé des questions internationales dans l’équipe de François Hollande, « la ligne du parti », est bien le soutien aux Palestiniens. « Ça va dans le bon sens » précise Kader Arif, dont les propos sont rapportés par Mediapart [Nda : Le PS se divise sur la reconnaissance d’un Etat palestinien, 19 septembre 2011]. Les pro-israéliens ne sont plus aujourd’hui au PS qu’ « une queue de comète ». L’expression est de Pouria Amirshahi, le secrétaire national aux droits de l’homme qui, lui, fait partie de l’équipe de Martine Aubry ».


Et de relever : « Plus préoccupant encore est peut-être ce communiqué du PS publié la semaine dernière qui demande non seulement « la cessation » de ce qu’il est convenu d’appeler la colonisation, mais qui également et surtout exige que la « décolonisation soit engagée ». Derrière cet euphémisme, se cache en fait le programme d’épuration ethnique prôné par une autorité palestinienne qui ne conçoit la Palestine indépendante que débarrassé de tous ses habitants juifs. Mahmoud Abbas  l’a confirmé il y a encore quelques jours. Et c’est bien à cette Palestine vidée de ces habitants juifs que souscrit désormais le Parti socialiste ».

De plus, Jean Glavany, député des Hautes-Pyrénées, aspirait, comme Elisabeth Guigou, Claude Bartolone - tous deux députés de Seine-Saint-Denis - et Daniel Vaillant, député de Paris, à se voir élu président de l’Assemblée nationale. Il est l’auteur du rapport controversé sur La géopolitique de l’eau, dans lequel il a inséré un encadré intitulé L’eau, révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen-Orient (13 décembre 2011). Une « ségrégation » imputée à l’Etat Juif. Ce qui a suscité l’indignation de cet Etat : « C'est plutôt le contraire qui est le cas. Israël transfère aux Palestiniens des quantités d'eau bien supérieures à ce qui est prévu dans les accords d'Oslo [de 1993 sur l'autonomie palestinienne]… », a déclaré Ygal Palmor, porte-parole au ministère israélien des Affaires étrangères.

Jean Glavany est aussi le co-auteur, notamment avec Dounia Bouzar, de deux ouvrages controversés et édités par la Fondation Jean-Jaurès : Le guide pratique de la laïcité, puis Laïcité : les deux points sur le i.

Quant à Elisabeth Guigou, cette ancienne ministre de la Justice a estimé que le boycott de produits israéliens est une « prise de position politique », alors que c'est un délit pénalement sanctionné. En février 2011, lors du début du « Printemps arabe », Le Canard enchainé avait révélé qu'Elisabeth Guigou était co-présidente du Comité de parrainage de l'IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) créé en 2006 par son époux, Jean-Louis Guigou, et financé notamment par l’homme d’affaires Aziz Miled. Celui-ci était un proche de la famille par alliance du président tunisien déchu Ben Ali. Il était impliqué dans la polémique sur les vacances en Tunisie de la ministre Michèle Alliot-Marie. Elisabeth Guigou avait alors rapidement démissionné de ce poste. Elle est « depuis longtemps engagée sur un partenariat Euro-Méditerranée ».

Elisabeth Guigou est aussi co-auteur, avec Renaud Muselier du rapport controversé n° 2628 de l'Assemblée nationale sur La place de la Syrie dans la communauté internationale (16 juin 2010). Elle discernait en Syrie des "signes d'ouverture incontestables".

Autre candidat au perchoir de l'Assemblée national : Claude Bartolone, signataire de cette proposition de résolution La reconnaissance par la France de l'Etat palestinien. Le conseil général de Seine-Saint-Denis (93) qu'il préside a voté le 25 juin 2009 pour une subvention exceptionnelle et controversée de 20 000 euros au Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine. Secrétaire général de l'UAM 93 (Union des associations musulmanes de ce département), Mohamed Henniche a déclaré sur la radio Beur FM, le 5 mai 2010, avoir fait "sa campagne électorale afin qu'il devienne président" dudit conseil général.

Quatrième candidat socialiste déclaré : le socialiste Daniel Vaillant, qui était ministre de l'Intérieur du gouvernement dirigé par Lionel Jospin au début de l'Intifada II. Il minorait alors le nombre d'actes antisémites. Au printemps 2002, ni lui ni les autres dirigeants socialistes n'avaient défilé contre l'antisémitisme, contre le terrorisme et en soutien à l'Etat d'Israël. "Même les organisations juives demeuraient silencieuses, nous avons su plus tard que c’était à la requête expresse du gouvernement socialiste, conduit par le Premier Ministre Lionel Jospin. Cette Omerta a constitué un facteur déterminant expliquant pourquoi la communauté juive s’est sentie abandonnée, aussi bien par les autorités françaises que par une société trop complaisante", a déclaré le 5 avril 2012 le sociologue Shmuel Trigano.

Le 21 juin 2012, Claude Bartolone a été désigné par les députés socialistes, majoritaires à l'Assemblée nationale, futur président de cette Assemblée, un rôle institutionnel important.

En outre, en mai 2012, Michel Rocard, ambassadeur itinérant de la France chargé des négociations sur les pôles Arctique et Antarctique et ancien Premier ministre socialiste, avait effectué une "étrange visite privée" en Iran. Il y avait été reçu "avec les égards réservés à un émissaire étranger officiel de haut rang". Un retour de la diplomatie officieuse ? Il est favorable à un "désarmement nucléaire général". Rappelons que la Ligue arabe s'active pour contraindre l'Etat d'Israël à signer le Traité de non prolifération nucléaire (TNP).

Les socialistes Jean-Pierre Bel et Bariza Khiari, respectivement président et vice-président du Sénat, sont membres du Comité de parrainage de Salah Hamouri, membre du groupe terroriste Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et condamné pour avoir fomenté l'assassinat du grand rabbin Ovadia Yossef.

Lors de l'Opération Protective Edge, des députés socialistes ont exprimé leur indignation après le premier communiqué compréhensif à l'égard d'Israël du Président François Hollande le 9 juillet 2014 au soir. Ainsi, dès le 10 juillet 2014, Alexis Bachelay, député socialiste des Hauts-de-Seine, et porte-parole de La Gauche Forte, et Razzy Hammadi, son homologue de Seine-Saint-Denis, ont appelé à "l'arrêt immédiat des représailles" en dénonçant "une escalade de violences au Proche-Orient" : "Aucune vengeance, aucune représaille, ne permettra d’aller vers une solution pacifique à ce conflit qui dure depuis trop longtemps. Au contraire, de nouvelles victimes vont s’ajouter à la liste déjà trop longue des personnes brisées par ce conflit. La loi du Talion ne saurait être cautionnée, elle foule au pied le droit international et doit être condamnée fermement... La  France doit rappeler que l’usage de la violence ne saurait être toléré en aucune manière.  La France condamne le terrorisme et doit rappeler l’Etat d’Israël à ses obligations internationales : arrêt de la colonisation et retrait des territoires occupés, afin de permettre la création d’un Etat palestinien viable. L’existence d’un Etat palestinien viable est la clé de voûte de toute solution négociée. En aucun cas la France ne doit laisser penser qu’elle cautionne les violences ou les représailles militaires. La première conséquence de l’usage disproportionnée de la force contre les palestiniens est la mort de plusieurs dizaines de civils dont de nombreux enfants. La France doit au contraire clairement condamner toutes les représailles militaires. Nous appelons le Président de la République à tenir ces positions claires, qui sont celles de la France depuis des années, au-delà même des alternances. Nous appelons les autorités françaises et européennes à user de toute leur influence pour faire cesser immédiatement et sans délai les violences. Nous mobiliserons dans les jours qui viennent, toute notre énergie dans le cadre d’actions appelant à l’arrêt immédiat des combats et à l’urgence d’une solution politique et définitive". Une position commune à Pouria Amirshahi, né en 1972 en Iran et député socialiste de la 9e circonscription des Français établis hors de France qui regroupe seize Etats d'Afrique du Nord et de l'Ouest. Pour Pouria Amirshahi, favorable à "l'étiquetage des produits des colonies israéliennes", "Gaza : le droit et la raison doivent l’emporter sur l’instinct de vengeance" : " C’est une fois de plus un combat à forces inégales qui a débuté. Les roquettes palestiniennes certes condamnables n’ont pas eu d’impact meurtrier sur la population israélienne quand l’offensive lancée par Israël a fait une fois de plus un grand nombre de morts et de blessés à Gaza. Par son communiqué officiel, le président de la République passe à côté de la juste cause de la paix, la plus belle que la France doive pourtant épouser… C’était pourtant la position de la diplomatie Française jusque-là. Car en se solidarisant d’un camp, le président de la République le conforte dans sa logique de vengeance et donc d’escalade. Que personne ne tombe dans le piège de la haine. Le Droit et la Raison doivent commander l’entendement. Or la stratégie du gouvernement israélien est condamnable, et les crimes qu’il encourage sont une honte et une folie. Ils font le lit de partis palestiniens sectaires et corrompus. Ce cynique aveuglement aggrave pourtant chaque année qui passe son bilan désastreux. C’est à l’ONU de se rendre utile désormais. Avant que la situation ne dégénère…" Quant à Michel Issindou, député socialiste de l'Isère et président du groupe d'études (GEVI) France-Palestine, il s’est dit "mal à l'aise" devant un communiqué qui donne "le sentiment qu'Israël est l'agressé". Il considère qu'"il y a "disproportion entre l'attaque et la riposte". Un refrain bien connu...

Des gouvernements pro-palestiniens
Le 6 juillet 2006, François Hollande, Pierre Moscovici, alors secrétaire national aux relations internationales, Kader Arif, eurodéputé, et Bariza Khiari, sénatrice de Paris, ont effectué un séjour officiel de trois jours en Algérie à l'invitation du FLN (Front de libération nationale). Selon l'agence de presse kabyle, lors de leur rencontre avec Amar Saadani, alors président de l’Assemblée populaire nationale algérienne (APN), parlement algérien, ce personnage leur aurait déclaré : « Au PS il y a trop de Juifs il faut commencer à désenjuiver pour contrer leur lobby ». Aucun membre de cette délégation n'aurait manifesté la moindre indignation et n'a infirmé ces propos. Selon cette agence de presse, Kader Arif et Bariza Khiari souhaitaient intégrer le parti de Belkhadem au sein de l’International socialiste. 

S’il s’est rendu au moins à deux reprises (2006, 2010) en Algérie, M. Hollande n’a jamais visité l’Etat Juif. Cela lui a-t-il permis de rallier 93% du vote des Français musulmans ?

Nissim Zvili, ancien ambassadeur d'Israël en France, a tenté à plusieurs reprises d'organiser une visite en Israël de dirigeants du Parti socialiste dirigé alors par François Hollande. Celui-ci a toujours refusé, au motif qu'il refusait de rencontrer Ariel Sharon, alors Premier ministre. Or, François Hollande a été Premier secrétaire de ce parti de 1997 à 2008. Donc avant et après qu'Ariel Sharon ait été Premier ministre d'Israël. Et il est choquant que François Hollande ait refusé de rencontrer un dirigeant issu d'élections démocratiques, mais par contre multiplie les visites dans des régimes autoritaires.


Parmi les conseillers à l’Elysée, Emmanuel Bonne, chargé du pôle « Afrique du Nord, Moyen-Orient, Nations unies »,connaît très bien l’Iran et l’Arabie saoudite ; Philippe Léglise-Costa a été conseiller technique d’Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères et actuel membre du Groupe de haut niveau de l'Alliance des Civilisations.

François Hollande a nommé comme Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le gouvernement Ayrault I (34 ministres) date du 16 mai 2012. Il a été peu remanié le 21 juin 2012 (38 ministres).

En mars 2010, Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes, a interdit « une conférence pro-israélienne qui devait avoir lieu dans cette ville par Charles Meyer, avocat international et vice-président de l’Alliance France-Israël, et Muriel Touaty, directrice de l’association Technion-France », écrit l'essayiste Michel Gurfinkiel dans PajamasMedia (12 juin 2012).

Et le 20 septembre 2011, le député Jean-Marc Ayrault se prononçait pour la reconnaissance de l'Etat palestinien préalable à la relance du dialogue.


Le 28 septembre 2011, environ 180 députés socialistes et radicaux ont déposé la proposition de résolution n° 3779 à l'Assemblée nationale portant sur La reconnaissance par la France de l'Etat palestinien.  Parmi les signataires, outre François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone, Jean Glavany, Elisabeth Guigou et Daniel Vaillant, de nombreux futurs  membres du gouvernement Ayrault 1 et du gouvernement Valls, dont Delphine Batho, ministre déléguée à la Justice nommée le 21 juin 2012 ministre de l'Ecologie, Jérôme Cahuzac, ministre délégué chargé du Budget, Bernard Cazeneuve, Christian Eckert, Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports et de l'Economie maritime, Michèle Delaunay, minsitre déléguée chargée des Personnes âgées et de la dépendance, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, Aurélie Filippetti, ministre de la Communication et de la Culture, Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative, Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire, François Lamy, ministre délégué chargé de la Ville, Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Victorin Lurel, ministre des Outre-Mer, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Michel Sapin, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Christiane Taubira, ministre de la Justice, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, et André Vallini.

Soit environ la moitié du gouvernement Ayrault et « 182 députés socialistes sur 195 » selon le journaliste Clément Weill-Raynal. Et d'ajouter : « Cette résolution reprenait pour l’essentiel les termes d’une déclaration votée en juin dernier – à l’unanimité moins une voix – par le Bureau national du parti » socialiste.

On repère dans cette liste des soutiens actifs à la libération de Salah Hamouri.

Le 7 juin 2011, une résolution visant à la reconnaissance de la Palestine a été déposée notamment par Monique Cerisier-ben Guiga. Elle a été signée en particulier par Catherine Tasca, Bariza Khiari, Alima Boumediène-Thiéry, Samia Ghali, Pierre Mauroy, Jean-Marc Todeschini, nommé secrétaire d'Etat aux Anciens combattants le 21 novembre 2014, André Vantomme et Mme Dominique Voynet.

La composition des gouvernements Ayrault I et II est plutôt inquiétante :
-           ancien consul de France à Jérusalem – en d’autres mots, le représentant de la France auprès de l’Autorité palestinienne -, Denis Pietton dirige le cabinet du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Ancien consul général de France à Jérusalem et à Jeddah (Arabie saoudite), Christian Nakhlé a été nommé dans ce cabinet. Laurent Fabius avait corédigé, en octobre 2010, un texte Nouvelle donne internationale et européenne adopté par le Parti socialiste et indiquant : « Nous romprons avec l'indulgence excessive du gouvernement français envers le pouvoir israélien à qui nous dirons qu'il devra quitter rapidement les territoires colonisés ». Au quai d'Orsay, Jean-François Girault, ancien conseiller diplomatique du Président Jacques Chirac et ancien ambassadeur en Syrie et en Irak, est nommé le 27 juin 2012 directeur du département Afrique du Nord/Moyen-Orient (ANMO) ;

-     Manuel Valls  est  ministre de l'Intérieur sous les gouvernements Ayrault, puis il succède à ce dernier comme Premier ministre en 2014.
Selon Emmanuel Ratier, contrairement aux allégations de Manuel Valls, celui-ci est né à Barcelone (Catalogne) non pas dans une famille espagnole ayant fui le régime de Franco, mais dans la haute bourgeoise catholique catalane pieuse, installée au début des années 1950 dans le cœur historique huppé de Paris, et se rendant régulièrement dans l'Espagne franquiste où les cimaises de musées et salons artistiques, dont la Biennale de Barcelone inaugurée en 1955 par Franco, accueillaient les œuvres de son père peintre, Xavier Valls, ainsi que dans le canton du Tessin, d'où est originaire sa mère.
"Prudent à l’excès, soucieux de ne pas apparaître comme le rejeton d’une dynastie bourgeoise – ce qu’il est – Manuel Valls préfère se fondre dans les paysages alpins qu’être confondu avec la « Confédération des banques »: « Se dire un peu Suisse quand un ancien ministre, Jérôme Cahuzac, est poursuivi pour fraude fiscale, et que le procès UBS sera un grand moment du prochain quinquennat relèverait de l’audace suicidaire», sourit un collaborateur du ministre de l’Economie Michel Sapin". 
Manuel Valls était chargé de la communication et de la presse au cabinet du gouvernement du socialiste Lionel Jospin (1997-2002) alors que celui-ci niait, puis minorait voire quasi-justifiait la recrudescence des actes antisémites concomitante au déclenchement de l'Intifada II par l'Autorité palestinienne. Une époque où des organisations Juives américaines déconseillaient, par prudence, aux Américains Juifs de voyager en France.
Maire d'Evry (2001-2012), ville de la banlieue parisienne, Manuel Valls a aussi été député de l'Essonne (2002-2012). Selon Emmanuel Ratier, Manuel Valls a été "pendant 25 ans" propalestinien : en 2002, il aurait été "le seul député socialiste présent au meeting à la Mutualité organisé par l'association Solidarité France-Palestine", aux côtés de militants de la Ligue des droits de l'homme (LDH), communistes et trotskystes. Emmanuel Ratier a allégué avoir trouvé "la plaquette des discours prononcés lors de cet évènement, éditée à 200 exemplaires, non pas à la Bibliothèque nationale de France, ni dans aucune bibliothèque française, mais à l’Institut d’études orientales au Caire qui dépend d’un ordre religieux". Selon Emmanuel Ratier, Manuel Valls aurait prononcé un "discours sidérant", attaqué Ariel Sharon, la "politique de colonisation", Israël, et prononcé un "plaidoyer propalestinien".
Evry Palestine "est à l'initiative du jumelage avec le camp de réfugiés palestiniens de Khan Younis, dans la Bande de Gaza, signé en septembre 1999 avec la Ville Nouvelle d’Evry, puis repris par la Ville d’Evry".
Le 24 mai 2006, le "nouvel accord de coopération avec la Ville d’Evry a été signé"... en "présence de Hind Khoury, déléguée générale de Palestine en France" et du député-maire Manuel Valls dans une salle ornée de drapeaux français et palestinien. "La signature par la ville d’Evry d’un accord de coopération avec le camp de réfugiés de Khan-Younis incarne la volonté de marquer, fortement et symboliquement, son engagement solidaire avec ce peuple de Palestine, riche de ses traditions et de sa culture.  Alors que la tragédie ne fait que s’amplifier, notre mobilisation aux côtés de l’association Evry-Palestine est fondamentale.  Elle marque notre souhait d’aider nos amis palestiniens par des actions, certes modestes, mais concrètes.  Elle permet d’informer nos concitoyens sur la réalité de la situation à Gaza.  Elle repose, enfin, sur le vœu d’une paix durable entre deux Etats, dans la sécurité et la liberté pour chacun des deux peuples", a écrit Manuel Valls.
Selon Emmanuel Ratier, des jeunes Palestiniens ont été accueillis à Evry chaque été, et Manuel Valls aurait mis à la disposition de l'association Evry Palestine, subventionnée par la municipalité, des locaux dans la Mairie d'Evry pour accueillir "la plus grande manif de France en faveur des Palestiniens, les "6 heures pour la Palestine", devenue "8 heures pour la Palestine », où jusqu’en 2009 il y aurait pris la parole presque tous les ans.
En avril 2008, « dans le cadre de la campagne de la Plate-forme des ONG pour la Palestine, « Paix comme Palestine, 60 ans après, la paix par le droit ! », et en commémoration de la Journée de la Terre du 30 mars 1976 », ce député maire d’Evry  a assisté à la plantation dans le Parc des Coquibus d’un olivier à l’initiative du comité Evry Palestine, comité local de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité). Manuel Valls a alors déclaré : « Je pense d’abord aux habitants de la Bande de Gaza, enfermés, qui vivent une situation infernale, dans tous les sens du terme, et à tous nos amis du camp Khan Younis", camp de la bande de Gaza "avec lequel notre commune a signé un accord de coopération décentralisée ». Manuel Valls a dénoncé « l’édification d’un mur honteux », la « poursuite des colonisations », le « sort des prisonniers », « l’absence de dialogue, l’humiliation, bref des événements qui ne vont pas dans le sens de la paix… Ce sont les raisons d’une fracture qui ne guérit pas et les signes d’une région meurtrie par la violence qui appelle la violence et le désespoir. Il est plus que jamais nécessaire de souligner l'urgence de la création d'un Etat, d'une patrie viable, réelle, concrète pour les Palestiniens ».
Tout change en 2009. Lors de la cérémonie des vœux en janvier 2009, et pendant l'opération israélienne Plomb durci contre le Hamas dans la bande de Gaza, Manuel Valls a annoncé "son intention de jumeler la ville d'Evry avec une ville israélienne". Ce qui a suscité l'ire de l'association Evry Palestine. Puis, en novembre 2009, la municipalité d'Evry a "refusé d'accueillir à la mairie, comme les années précédentes, la manifestation annuelle » des  Six Heures pour la Palestine qui se déroulent dans d'autres lieux. Le 22 février 2010, cette association a déploré l'ordre du maire Manuel Valls de supprimer toute subvention à son égard. Ce que le Conseil municipal avait entériné le 19 février 2010.
« Par ma femme [Anne Gravoin épousée en 2010, Nda], je suis lié de manière éternelle à la communauté Juive et à Israël. J’ai toujours dit que Jospin et Vaillant n’avaient pas pris suffisamment conscience de la réalité  qu’était en train de subir la communauté Juive dans toute cette période. Moi, j’étais maire déjà », a asséné Manuel Valls sur Radio Judaica Strasbourg, le 7 juin 2011.
Le 15 septembre 2012, des salafistes ont défilé en criant "Allah Aqbar" et ont prié sur les Champs-Elysées. Le ministre Manuel Valls ne sanctionne pas le préfet de police de Paris.
Au printemps 2013, les médias bruissent de deux scandales : le compte bancaire en Suisse du ministre Jérôme Cahuzac, alors ministre délégué chargé du Budget ayant dissimulé un compte bancaire en Suisse, et les plagiats commis par le grand rabbin de France Gilles Bernheim ainsi que l'absence d'agrégation de philosophie dont se prévalait ce leader spirituel français. Au matin du 11 avril 2013, devait se réunir le Consistoire afin de statuer sur le sort du grand rabbin Bernheim. Quelques heures avant cette réunion, le ministre de l'Intérieur chargé des Cultes, Manuel Valls, "tout en refusant de « prendre position sur les choix d’un homme ou des instances de la communauté juive », a invité le grand rabbin à songer à son futur : « Lui aussi doit réfléchir à ce qui est en train de se passer, la confiance. Quand la confiance est ébréchée, il faut des gestes forts ». Le grand rabbin de France, qui auparavant était déterminé à demeurer à son poste, a alors  pris congé de ses fonctions. Pourquoi ce ministre a-t-il attendu si longtemps pour se prononcer ?
Le 7 juillet 2013, la manifestation hostile à l'exposition faisant l'apologie du terrorisme islamiste contre les Israéliens est interdite par la préfecture de police de Paris qui autorise cependant celle des partisans de l'ancien président islamiste égyptien destitué, Mohamed Morsi. Le ministre Manuel Valls ne réagit pas.
Lors du rassemblement contre l'antisémitisme sur la place du Trocadéro le 19 mars 2014, il a souligné : "Cet antisémitisme, et c'est la nouveauté, il se nourrit de la haine d'Israël, il se nourrit de l'antisionisme, parce que l'antisionisme, c'est la porte ouverte à l'antisémitisme, parce que la mise en  cause de l'Etat d'Israël, Etat ami, Etat frère, et cette critique de l'Etat d'Israël basée sur l'antisionisme, c'est l'antisémitisme d'aujourd'hui ". Qu'attend le ministre pour mettre un terme à cet antisionisme diffusé en particulier par des médias publics ?
Prise de conscience tardive des ravages tragiques de l'antisémitisme et de sa mutation ? Mimétisme à l'égard de Nicolas Sarkozy qui avait su peaufiner son image de ministre de l'Intérieur ardent dans son combat contre l'antisémitisme ? Stratégie de présidentialiste s'attachant à agréger des soutiens précieux dans certaines communautés ? On ne peut que regretter que Manuel Valls ne se soit pas expliqué sur son évolution, revirement sur cette question sensible. Contrairement aux allégations d'Emmanuel Ratier affublé d'une grille "Juive négative" de lecture, Manuel Valls n'a pas fait "allégeance" auprès des associations Juives françaises qui n'ont pas découvert son passé militant de la cause palestinienne en 2014. Nombre d'entre elles connaissaient son passé pro-palestinien depuis les années 2000, et en lisant mon article publié en 2012.
- Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget dans le gouvernement Ayrault II après la démission de Jérôme Cahuzac et nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Valls. 
Il tolère le congrès de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) du 19 au 21 avril 2014 alors que certains orateurs, dont Omer Abderkalfi  qui a loué les Frères musulmans, sont problématiques. 
Il ne réagit pas après la publication de reportages sur ce congrès de Joachim Véliocas  sur les livres prônant le djihad et Michèle Tribalat  sur les diatribes de Hani Ramadan sur la "barbarie sioniste" et les lobbys juifs et sionistes. 
Selon Mediapart, Bernard Cazeneuve, « alors ministre des Affaires européennes, s’est fait discrètement remettre, le 20 juin 2012, dans son bureau du Quai d’Orsay l’insigne de l’Ordre royal du Cambodge par un ancien commandant khmer rouge, ancien garde du corps de Pol Pot et gouverneur de la ville de Païlin, Y Chhean, connu pour avoir dirigé la garde personnelle de Pol Pot, avant de devenir le gouverneur de Païlin, province de l’ouest du pays, zone refuge des Khmers rouges… L’organisateur de cette visite, le promoteur immobilier Éric Duval, « grand prieur de l’ordre Saint-Jean de Jérusalem », est visé par une enquête préliminaire à Nanterre pour des soupçons de corruption d’agents publics cambodgiens ». 
Il demeure inactif alors que des livres prônant le djihad sont mis en vente, lors du Ramadan 2014, dans un hypermarché Carrefour. 
Il est plus que réticent à interdire les manifestations anti-israéliennes à l'été 2014 pendant l'opération israélienne défensive Bordure protectrice ; 

-      Arnaud Montebourg est ministre du Redressement productif. En juillet-août 2010, ce député, dont un grand-père est algérien, a qualifié « d’illégaux » le blocus de la bande de Gaza et « l’attaque de la flottille de Gaza », a allégué que l’Opération Plomb durci était une « guerre contre les civils, les femmes, les enfants » et était favorable à des sanctions contre Israël. Le 6 octobre 2011, il a stigmatisé sur Beur FM "les provocations d’Israël et de son gouvernement extrémiste, les appuis dont ils disposent et notamment, malheureusement excessivement aux Etats-Unis. C’est à l’Europe et à la France de prendre l’initiative pour faire pression sur Israël et avancer dans le processus de paix, et on le fera en soutenant la cause palestinienne. Je suis favorable à la reconnaissance de l’Etat palestinien viable dans les frontières de 1967".
Le 16 septembre 2011, lors du premier débat des primaires socialistes, il s'est présenté en évoquant son grand-père arabe algérienLe 6 octobre 2011, sur Beur FM, il a allégué : "J’ai quelques origines (…) algériennes. C’est un peu mon deuxième pays... Parce que mon grand père (…) était algérien. Un arabe, pas un pied noir, un arabe… Il a porté en 39-45 porté l’uniforme français et combattu pour la France, et puis après, pendant la guerre d’Algérie, il était du coté du FLN. (…) C’est-à-dire, il a finalement été l’un de ceux qui (…) s’est battu pour la décolonisation. Et bien cette décolonisation aujourd’hui elle n’est pas soldée ; c’est-à-dire qu’aujourd’hui vous avez des français qui n’acceptent pas la vision qu’on donne de cette histoire là. Il serait temps, je crois, de la mettre dans le patrimoine politique, culturel et même psychologique commun. Ça fait parti un peu des leçons que j’ai tirées de ma propre histoire personnelle, qui est l’histoire d’une rencontre entre un algérien égaré dans le Morvan et une famille de bouchers-charcutiers du coté de mon père. Dans notre famille on se surnomme les arabo-morvandiaux. C’est en tout cas mon histoire et j’en suis très fier parce que c’est une richesse, une force. Et il y a des millions de français comme ça. La France n’est pas une nation ethnique, c’est une nation contractuelle".
Or, d'après Edouard Boulogne du blog Le scrutateur, Arnaud Montebourg est l'enfant d'un fonctionnaire des impôts et d'une universitaire dont le père, Khermiche Ould Cadi est d'une "famille de walis d'Algérie et d’une mère normande. Son aïeul Ahmed Ould Cadi, agha de Frendah (Oran), qui combattit aux côtés de l'Armée française lors de la conquête de l'Algérie, fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1842... et grand officier dans cet ordre en 1867". Ce "puissant et très riche seigneur rallié à la France" s'était "rangé aux côtés de la France... pour défendre les populations placées sous son autorité, contre d’incessantes et meurtrières razzias", et "pour remercier les médecins français d'avoir éradiqué une épidémie ravageuse chez ses "sujets", son aïeul a offert à la France plusieurs milliers d’hectares sur lesquels a été construite la ville de Lourmel".
En mars 2014, Arnaud Montebourg a préféré que Vivendi vende sa filiale SFR à Bouygues et non pas à Numéricable dirigée par Patrick Drahi, "ce David qui vient de l'emporter au nez et à la barbe de Goliath" (Philippe Manière). Le 18 mars 2014, dans sa chronique Les idées claires sur France Culture, Le journaliste économique Philippe Manière a ironisé sur l'intervention "surprenante" et du "ton vindicatif" d'Arnaud Montebourg, qui, "sans doute chauffé par un establishment furieux d'avoir été doublé par ce parvenu de Drahi, il a succombé à une sorte de réflexe anti-métèque... qui n'est pas à son honneur ni à l'honneur de la république". Citant une source gouvernementale, BFM TV écrit : "Bercy a lancé une enquête sur sa situation fiscale, et notamment sa résidence fiscale exacte, étant donné l'importance que prend Patrick Drahi dans l'économie hexagonale"  ;

-      Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a estimé « disproportionnée » l’opération Plomb durci et a prôné le dialogue avec le Hamas, mouvement dont la charte prône la destruction de l'Etat d'Israël et appelle au meurtre des Juifs. Elle demeure inactive dans l'affaire du Dr Krief, cas d'antisémitisme d'Etat ;

-      Aurélie Filippetti, ministre de la Communication et de la Culture, n'a pas décidé de fermer l'exposition scandaleuse et glorifiant le terrorisme palestinien d'Ahlam Shibli, photographe israélienne bédouine, au Jeu de Paume. Et le 7 janvier 2014, elle a exprimé son soutien à la circulaire de Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, visant à l'interdiction des spectacles de Dieudonné ;

-      Benoît Hamon est délégué auprès du ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation (2012-2014) dans le gouvernement Ayrault, puis ministre de l'Education nationale (avril-août 2014) dans le gouvernement Valls. Le 31 mai 2010, alors porte-parole du Parti socialiste, il avait exprimé « l'émotion du PS et sa condamnation à l'action inacceptable et très choquante d'Israël contre la flottille humanitaire ». Lors du dîner-débat organisé le 6 avril 2011 par l’UPJF (Union des patrons Juifs de France) , il a parlé du « morcellement dû à l’extension des colonies », du fait qu’il est « curieux que le juge Goldstone remette en cause son Rapport fait en toute intégrité », de « la perte de crédibilité de nos propres camarades israéliens », du « bain de sang »  constitué par l'arraisonnement du navire Marmara. Le 13 décembre 2011, il a assisté au lever  du drapeau palestinien à l’UNESCO et, "assis sur les bancs de la délégation palestinienne", il a écouté le discours du Président Abbas « sûr de la légitimité de son combat ». Selon Riposte laïque, Benoît Hamon a été élu député des Yvelines grâce au vote communautaire musulman déterminant à Trappes et à La Verrière.  Selon Le Canard enchaîné (19 novembre 2014), Benoit Hamon, qui a déposé en 2014 à l'Assemblée nationale, une proposition de résolution visant à la reconnaissance de la Palestine, aurait ainsi justifié cette proposition de résolution : « Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande » ;

Geneviève Fioraso, député socialiste de l’Isère, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du gouvernement Ayrault puis secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Valls.
Après que Israël a arraisonné la Dignité de la « flottille de la Liberté 2011 » qui devait briser le blocus naval de la bande de Gaza et après le blocage dans les aéroports des membres de « Bienvenue en Palestine », elle a appuyé le 27 juin   cette « action pacifique prévue pour Juillet 2011. Toute action non-violente ayant pour but de rapprocher les peuples doit être soutenue et encouragée ». Alertée par la lettre de Roger Cukierman, président du CRIF, sur la pièce antisémite jouée à l’université de La Rochelle, elle répond  le 10 juin 2013 : « L’épisode pose problème. Le malaise ressenti par certains spectateurs ne peut être tu, sur un sujet qui touche aux valeurs républicaines ». Elle « assure qu’aucune représentation de cette pièce ne sera envisagée à l’avenir » et que « le président de l’université de La Rochelle a découragé la production de la pièce à Montréal ». Elle ajoute qu’à l’Université de La Rochelle des « initiatives incontestables contre le racisme et l’antisémitisme » seront « prises dans les meilleurs délais ». Elle s’engage à adresser « très prochainement une lettre aux recteurs et aux chefs d’établissement pour appeler à leur vigilance et les encourager à mettre en œuvre les résolutions du plan d’action gouvernemental contre le racisme et l’antisémitisme ». Le 14 mars 2014, invités à dialoguer avec leurs homologues français sur le thème Avoir 20 ans en Israël, dix étudiants israéliens francophones ont été hués à l’université Paris VIII à Saint-Denis : « Sionistes, Fascistes ! » scandaient "quelques égéries de la cause palestinienne à l’entrée de l’université  » ; un groupe a surgi dans le hall de la faculté en criant pendant deux heures - “Sionistes dehors”, “Sionistes assassins”, “Israël, casse toi, Paris VIII n’est pas à toi” -, "avec une armada de tracts appelant au boycott d’Israël, mégaphone et drapeau palestinien". Ces étudiants israéliens ont été expulsés  de cette université sur ordre de la présidente de cet établissement public, Danièle Tartakowsky, et ce, « sous les cris des « youyous » et du drapeau symbolique de l’Autorité Palestinienne et d’organisations terroristes ». En outre, « l’Université de Paris VIII supprime la licence d’hébreu qui existe depuis 1970 et qui réunit plus de 200 étudiants par an ». Le 26 mars 2014, l’Association France-Israël a écrit à la ministre sur ces deux faits : « En accueillant des manifestations de boycott et en prolongeant ce comportement, comme nous venons de le décrire, la présidente de l’Université a choisi un comportement délictuel, sanctionné par les tribunaux et a manifesté aussi le mépris de la jurisprudence du Conseil d’Etat (CE 7 mars 2011-ENS) » sur l’expression des pluralismes des opinions ». Les dirigeants de l’association ont sollicité une audience auprès de la ministre. Les dirigeants de l’UEJF ont rencontré  la présidente, qui a présenté ses excuses pour les violences commises par ses étudiants et s’est engagée à organiser prochainement une conférence portant sur le sionisme et les espoirs de paix. L’UEJF dénonce l’absence de condamnation officielle de l’Université Paris VIII Saint-Denis à l’encontre des étudiants qui veulent faire régner la terreur, et appelle l’administration à prendre des sanctions à leur encontre – plusieurs appartiennent d’ailleurs à des associations élues aux conseils centraux de l’établissement  ».
Le 20 février 2015, Mediapart a dénoncé "le diplôme fantôme de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche", à savoir le fait qu'elle n'a pas la maîtrise d'économie indiquée dans ses biographies officielles ;


-    la sénatrice socialiste Hélène Conway est nommée le 21 juin 2012 ministre déléguée chargée des Français de l'étranger. Elle est l'une des 103 parlementaires signataires d'un appel demandant au "gou­ver­nement français à sou­tenir l’admission de l’Etat pales­tinien à l’ONU   dans « les fron­tières de 1967 avec pour capitale Jérusalem-​​Est ». Cet appel allègue : « Le gou­ver­nement israélien, refusant tout dia­logue, mène une poli­tique de colo­ni­sation illégale pour imposer une situation de fait accompli  ». En 2009, elle avait évoqué le "mur entre Israël et la Palestine" sans mentionner le terrorisme palestinien ;

- le sénateur socialiste Thierry Repentin est nommé le 21 juin 2012 ministre délégué à la Formation professionnelle et l'Apprentissage. Il a signé l'appel Paix comme Palestine qui dénonce notamment la "colonisation accélérée" et "la construction du mur" sans mentionner le refus palestinien du plan de partage onusien ;

- la sénatrice socialiste Nicole Bricq est nommée ministre de l'Ecologie, puis le 21 juin 2012 ministre du Commerce extérieur. En septembree 2011, elle a retiré sa signature de la lettre ouverte au Président Nicolas Sarkozy dans laquelle les signataires s'opposaient à la reconnaissance par l'ONU d'un Etat palestinien ;

-   née à Cayenne (Guyane), Christiane Taubira, ministre de la Justice, est à l’origine du vote en 2001 d’une loi qualifiant de « crimes contre l'humanité » la traite négrière transatlantique et l'esclavage, mais non la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes » (L’Express, 4 mai 2006). Quelques actes de cette ministre :
         - le 10 décembre 2012, Christiane Taubira a remis le Prix des droits de l'homme de la République française - prix décerné par la Commission nationale consultative des droits de l'homme - à Michel Warchawski, qui prône le boycott d'Israël, un acte illégal en France, et a été emprisonné en Israël en 1990 pour avoir "publié un pamphlet pour le compte du groupe terroriste FPLP [un mouvement qualifié de terroriste par l'Union européenne, Nda). Depuis cette date, cet activiste et son centre lorsqu’ils s’expriment sur le conflit israélo-palestinien, utilisent les termes suivants : « Génocide du peuple palestinien », « crimes de guerre », « massacre », « nettoyage ethnique ». Non content d’utiliser de tels termes, Michel Warschawski affirme « qu’il faut rejeter sans aucune ambiguïté l’idée (et l’existence même) d’un État juif, quelles que doivent être ses frontières » (Conférence de Haïfa pour le droit au retour,  juin 2008)", a écrit Richard Prasquier. 
          - en janvier 2013, le Parquet, placé sous l'autorité de la ministre de la Justice Christiane Taubira, a classé sans suite l'enquête préliminaire pour apologie du terrorisme, ouverte après la diffusion des propos de Souad Merah, au motif qu'ils ont été filmés à son insu. Lors de Mohamed Merah : itinéraire d'un terroriste français, sur M6, le 11 novembre 2012, Souad Merah avait été filmée disant : " Les juifs, tous ceux qui sont en train de massacrer les musulmans, je les déteste... Moi et (Abdel)Kader, on soutient les salafistes ". Or, le 31 janvier 2012, la Cour de cassation avait validé les enregistrements audio, réalisés à l'insu de Liliane Bettencourt par son majordome, et la procédure judiciaire issue d'eux. Et on peut s'étonner que le grief d'antisémitisme n'ait pas été ajouté à celui d'apologie du terrorisme.
         - malgré les pressions (pétition, tribune, etc.) du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions), Christiane Taubira n'a pas abrogé la circulaire d'une de ses prédécesseurs, Michèle Alliot-Marie (UMP) en date du 12 février 2010 et demandant des poursuites systématiques du parquet contre les appels au boycott des produits israéliens. Pourtant, cette circulaire est abrogée de facto : les parquets ne lancent quasiment pas de poursuite contre les boycotteurs, les procédures sont entachées d'erreurs juridiques induisant leur annulation, les plaintes sont souvent classées sans suite, les réquisitions des procureurs manifestent, comme les jugements des magistrats, du laxisme, etc.
                   - le 8 août 2015, Christiane Taubira a twitté : " #Cisjordanie, le père du petit Ali brûlé vif succombe à ses blessures. Faut-il des mots nouveaux pour ces meurtres anciens et haineux? ChT". Son message a été retweeté 199 fois et cassé en favori par 107 Internautes. L'enquête se poursuivait sans que la police dispose de preuves concernant l'éventuelle piste d'agresseurs Juifs. Christiane Taubira a allégué des "meurtres anciens et haineux". Ce qui accrédite l'idée fausse, infondée, de meurtres de longue date des Juifs contre les Arabes palestiniens musulmans !? Elle n'a pas eu un mot de compassion pour les blessés et morts israéliens Juifs victimes du terrorisme palestinien, à la même période.


Najat Vallaud-Belkacem, conseillère générale du Rhône, a été nommée ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement Ayrault I.

Dans son blog, et lors de ses interventions médiatiques, elle a exprimé de nombreuses déclarations favorables à un Etat palestinien, mais curieusement jamais en faveur d'un Etat pour les Saharaouis. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental figure dans la liste des territoires non autonomes établie par les Nations unies : il est occupé militairement par le Maroc depuis 1975. Soutenu par l'Algérie, le Front Polisario qui représente les Sahraouis - habitants du Sahara occidental -, prône un référendum afin de décider du statut  du Sahara occidental, territoire disputé.

Dans son blog personnel, Najat Vallaud-Belkacem a publié sous le titre générique "Tristes tropiques", quatre billets ou éditos du 30 décembre 2008, dont "Triste Gaza" :

"Ce matin, j’ai la nausée en lisant le compte rendu de cette nouvelle journée de violence dans la bande de Gaza (...)
Revenons en à des choses plus graves. L’offensive de l’armée israélienne contre les territoires palestiniens glace d’effroi tant est grande la violence des combats et tant le silence de la communauté internationale est assourdissant. Propos convenus des pays européens et de la Russie, propos habituels de la Maison Blanche. On aurait espéré un ton nouveau du côté de Washington, mais pour le moment, la voice of America du « Président élu » comme on dit, ne s’est pas faite entendre… Barak, so what ? Gaza, donc, pris en otage d’une campagne législative qui place le bras de fer avec le Hamas au cœur des débats. « Travaux pratiques » donc avant février, sur fond de recherche d’alliances gouvernementales. 
Je n’ai aucune espèce de sympathie pour le mouvement Hamas, qui ne veut pas reconnaître Israël, qui n’a pas prolongé le cessez-le-feu et je condamne sans appel les lâches tirs de roquettes contre les civils israéliens qui vivent dans la terreur permanente, mais je suis aussi choquée par la disproportion de la riposte israélienne qui frappe durement la population civile palestinienne, déjà étranglée par un an d’implacable blocus. 
Il n’y a pas de solution militaire à Gaza, sauf à pousser l’ensemble du peuple palestinien dans les bras du mouvement islamiste. Il n’y a d’autres voie que le dialogue avec un mouvement peu fréquentable, d’une part, mais élu démocratiquement et avec, d’autre part, une autorité Palestinienne qui, s’est certes beaucoup déconsidérée ces dernières années, mais qui reste l’ultime recours et le seul chemin vers la paix. Que de temps perdu depuis ce 7 juillet 1994 lorsque Yasser Arafat reprenait le chemin de sa terre natale, le cœur gonflé d’espérance. 
Il faut mettre fin, de part et d’autre, à cette dramatique et inutile escalade de la violence".
Il aurait été respectueux que Najat Vallaud-Belkacem mentionne Tristes tropiques, livre de l'ethnographe Claude Lévi-Strauss dont elle a repris le titre.
Une ligne sur les tirs contre les civils en Israël. Tout le reste en faveur des Palestiniens. Et Najat Vallaud-Belkacem trouve la riposte israélienne “disproportionnée” ?! 
Que d'occultations, d'ignorances et de fautes historiques : le Hamas est un mouvement terroriste islamiste qui veut détruire l'Etat d'Israël. Pourquoi n'a-t-elle pas condamné les tirs du Hamas contre les civils israéliens depuis le retrait en  2005 d'Israël de la bande de Gaza ? Quid des persécutions contre les chrétiens en "terre d'islam" ? Le parti nazi est arrivé au pouvoir par des élections démocratiques, et c'est une victoire militaire alliée alliée à la capitulation des dirigeants nazis qui a mis un terme à la Seconde Guerre mondiale sur le front européen. Yasser Arafat, qui était né au Caire (Egypte), était un terroriste qui poursuivait le même but que le Hamas, le Fatah et tous ces groupes terroristes : l'éradication de l'Etat Juif et l'assassinat des Juifs.

Lors de l'émission 13h15 sur France 2 présentée par Laurent Delahousse du 18 janvier 2009, Najat Vallaud-Belkacem avait estimé « totalement disproportionnée » l’opération israélienne Plomb durci (Cast Lead), avait évoqué les "manœuvres ont conduit Israël à  saper l'autorité de l'Autorité palestinienne, et à faire le jeu et le terreau du Hamas". Elle avait prôné le dialogue avec le Hamas, mouvement terroriste islamiste dont la charte prône la destruction de l'Etat d'Israël et appelle au meurtre des Juifs. Le philosophe Bernard-Henri Lévy rappelait le réseau de tunnels passant sous la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza, les "300 tunnels par lesquels passaient les missiles Grad", le président Moubarak qui "fermait les yeux par double jeu", l'installation des "lance-roquettes, dépôts d'armes" par le Hamas "dans des endroits les plus sacrés qui sont les mosquées, les écoles, les hôpitaux".
Elle a parlé de « la responsabilité éminente en Europe par rapport à ce qui se passe en Israël et en Palestine ». Bernard-Henri Levy tentait de lui faire remarquer qu’une même responsabilité existe vis-à-vis de la Bosnie sans pouvoir terminer sa phrase, Mme Vallaud-Belkacem lui objectant le nombre de musulmans et de juifs en France. Le philosophe pourra quand même parvenir péniblement à dire que « le propre d’un homme politique, d’un citoyen, c’est justement de dépasser son origine, on est tous des défenseurs de valeurs universelles… ». Tous ?"

Elle a déclaré : "L'Etat d'Israël qui se veut démocratique..." Bernard-Henri Lévy l'a interrompue : "Qui est démocratique" Elle lui a répondu : "Qui est démocratique de fait, à bien des égards. J'ai lu votre papier dans le Journal du Dimanche. Vous y démontrez aussi qu'à certains égards il ne l'est peut-être pas suffisamment". Ce qu'a nié le philosophe. L'Etat d'Israël est un Etat démocratique de fait et de droit. "J'attends davantage de cet Etat démocratique que je n'attends d'un mouvement ennemi des libertés". Avec ironie, ce philosophe a rappelé : "Je vois les problèmes d'intégration, etc. dans les banlieues françaises  avec les Français d'origine immigrée. [Un cinquième des Israéliens sont Arabes] et ont tous les droits des Israéliens. Il y a là un rapport d'un Etat avec une minorité exemplaire du point de vue démocratique". Najat Vallaud-Belkacem a refusé systématiquement de qualifier de terroriste et d'islamiste le Hamas.

Elle avait salué "les manifestants qui descendent par centaines de milliers manifester parce que c'est une forme de conscience citoyenne internationale... Le Hamas est un ennemi de la liberté". Bernard-Henri Lévy a rappelé les cris de "Mort aux Juifs" et les drapeaux du Hamas lors de ces manifestations, que le "Hamas voile les femmes, lapide les homosexuels, qui est la branche palestinienne des Frères musulmans". Najat Vallaud-Belkacem avait nuancé : "Tout le monde ne crie pas 'Mort aux Juifs'. Je crois qu'il y a de vrais humanistes en leur sein. Oui, [ces drapeaux] c'est extrêmement inquiétant". Elle avait omis  de citer les slogans "Allah Aqbar", les banderoles révisionnistes, etc. Pourquoi aucun de ces humanistes manifestant ne s'est-il pas indigné devant cet antisémitisme déchaîné et ce soutien au terrorisme ? Pourquoi cette "conscience citoyenne internationale" n'a-t-elle jamais défilé pour soutenir les chrétiens persécutés en Egypte, Iraq, Syrie, Pakistan, etc. ?

Refusant toute comparaison avec d'autres conflits, Najat Vallaud-Belkacem a déclaré : "Les passions se font aussi au rythmes des images médiatiques... Il y a eu peu de visibilité médiatique pour le conflit du Darfour". Et de citer les "images qui passent en boucle sur les chaines des paraboles, sur al-Jazeera". Bernard-Henri Lévy a répondu qu'il appartenait aux "observateurs éclairés dépasse la dictature des images, la dictature d'al-Jazeera".

Le 18 janvier 2009, elle y avait publié aussi  trois textes sur l'actualité sous le titre général "Ramasser le rameau d’olivier…" Dans le troisième et dernier texte intitulé Le rameau d’olivier plutôt que la mitrailletteNajat Vallaud-Belkacem a surenchéri: 
" Je suis heureuse de l’annonce, enfin, d’un cessez-le feu à Gaza, même si la trêve est incertaine et fragile après ces 22 jours d’une riposte israélienne d’une violence inouïe, même si les images insoutenables de ces civils sacrifiés mettront du temps à s’estomper et les blessures innombrables à cicatriser. Puisse le rameau d’olivier l’emporter sur la mitraillette dans cette région abîmée, l’alternative reste indubitablement la même qu’en 1974 lorsque Yasser Arafat prononçait son discours à l’ONU et déclarait « je viens avec un rameau d’olivier dans la main gauche et une mitraillette dans la main droite. Ne faites pas tomber le rameau d’olivier ». Cause palestinienne et cause israélienne ont un intérêt commun dans la paix. Cette paix dont les termes sont intelligiblement inscrits ne l’oublions pas, au partage de rue près, dans le pacte de Genève sans qu’il soit besoin de se poser à nouveau la question des préalables ou des contreparties. 
A quelques jours de la prise de fonction de Barak Obama, après ces mois bercés d’espérance, traversés au rythme d’un entêtant « yes we can », vient l’heure du changement, du « just do it » tant attendu. Ramassons ensemble, Américains, Européens, Israéliens et Palestiniens le rameau d’olivier tombé à terre. 
Il faut désormais gagner la paix".
Un billet partial, biaisé, omettant de nommer le Hamas. Bref, pour Najat Vallaud-Belkacem il est juste, normal, compréhensible qu'Arafat recourt au terrorisme si ses revendications ne sont pas acceptées et que l'Etat d'Israël n'exige pas la reconnaissance du principe de l'existence d'un Etat Juif !? La cause palestinienne ne vise pas la paix, mais l'éradication de l'Etat d'Israël et des Juifs. Le "pacte de Genève" n'a pas évoqué telle ou telle rue.

Acceptés par cette blogueuse, les commentaires de ce billet sont choquants, bourrés de fautes historiques, exhortant au boycott d'Israël qui est illégal, etc.  :

-  "Terminator pas encore en colère" : "quand on est contre la violence on est contre le terrorisme des juifs sionistes. on n’est pas des imbéciles heureux qui appellent à la paix alors qu’un pays est non seulement occupé mais est bombardé pour éliminer une population de la carte de l’Humanité. les juifs sionistes appellent leur gosses à écrire des phrases pleines de haine sur les bombes qui sont appelées à tuer les enfants palestiniens. La paix? Non!!!! Que les juifs sionistes déguerpissent d’abord et après on verra! Auriez-vous appelé à la paix lorsque la France était occupée par les nazis?? Bien sûr il avait fallut que les musulmans vous tirent du guêpier et vous permettent de retrouver votre indépendance (les goumiers, vous vous rappeler…?)" Et les centaines de milliers de musulmans luttant aux côtés des forces de l'Axe ?


-  "Hakim" (19 janvier 2009 at 15 h 52 min) : "Quant au Hamas, sa charte dit qu’il veut reprendre la terre qui lui a été volée, tout simplement. Il veut la disparition de l’Etat d’Israel, et non de sa population, comme tous les voisins, et comme beaucoup d’autres à travers la planéte".

 - "Madmax" (19 janvier 2009 at 15 h 45 min) : "Aux faux – Q de ce blog et plus particulièrement aux lâches vous défendez Israël, un Etat Terroriste qui n’a jamais respecté les résolutions de l’ONU depuis 60 ans, le seul Etat au monde qui ne respecte pas l’ONU, qui n’a jamais été sanctionné pour son massacre et son génocide contre les Palestiniens, le Hamas est un agneau devant cette Etat raciste sioniste qui est Israël... Oui après avoir vu à la TV, elle a été pitoyable la Najat. Bonne journée, les faux – Q"

- Pour le boycott (19 janvier 2009 at 15 h 17 min) : "En général les animaux sont incapables de résister à la bouffe, à la viande par exemple. Heureusement que nous sommes des être humain! Et en tant qu’être humains qui pensent et réfléchissent, des être humains qwui ne sont pas des assassins ou des complices d’assassins, on pourra aisément se passer de certains produits. Parce que nous ne sommes pas des animaux"

Pire, le 20 janvier 2009, la bloggeuse écrit sous son seul prénom Najat, après avoir lu les commentaires sur son éditorial, sans rectifier ni condamner les commentaires mensongers, diffamatoires, invitant à commettre le délit de boycott, etc. :
"Bonjour à tous, 

Les débats sont animés c’est le moins qu’on puisse dire. Des critiques, des insultes même, beaucoup de yaqafauxcons et trop de malentendus que je souhaite lever avant de cloturer une fois pour toutes ce billet. 

1/ Il n’a jamais été dans mon intention de minimiser le drame de Gaza: il est effroyable. 

2/ ni la responsabilité d’Israël: elle est éminente

3/ C’est pourquoi je condamne absolument et sans réserve l’attitude du gouvernement israélien et de son armée. Sa réaction a été totalement disproportionnée et criminelle. Je suis totalement opposée à la politique d’Israël dans la bande de Gaza et en particulier à ce blocus qui a fait tant de mal. Je souffre sincèrement pour toutes ces victimes civiles, pour ces enfants innocents. 

4/ Maintenant enfin que les journalistes peuvent rentrer à Gaza, toute la lumière doit être faite sur ce qui s’est passé et les crimes de guerre devront être sévèrement dénoncés. 

5/Croyez bien que je soutiens, comme je l’ai toujours fait, la cause palestinienne, la création d’un Etat palestinien libre et en paix.

6/ Je m’efforcerai d’être plus claire et ferme dans mes prochaines expressions publiques, si vraiment je ne l’ai pas été cette fois-ci. 

Quant à vous, Madmax, roger, rachid, michel et autres hafrit dont beaucoup ne font qu’un mais peu importe, quant à vous donc, n’oubliez jamais qu’il est beaucoup plus facile de se gratter les couilles en regardant la télé que de prendre des positions publiques nécessairement réflechies et mesurées qui seules conduiront un jour à la comprehension mutuelle et à la paix; beaucoup plus facile d’eructer derriere son ordinateur à coups de pseudos que de s’engager politiquement dans un long combat pour que vos idées prévalent vraiment; beaucoup plus facile enfin de se méler anonymement à une manifestation, que de veiller à ne pas instrumentaliser bêtement les souffrances d’un peuple…par respect pour lui.

Comme dit l’un d’entre vous, à bon entendeur salut".

Pas un mot pour condamner le Hamas qui n'est même pas nommé et exonéré de toute responsabilité. Quel langage pour une édile ("gratter les couilles") ! La souffrance du peuple israélien - "Entre octobre 2000 et jusqu’à la fin de l’Opération Plomb Durci en janvier 2009, plus de 12000 roquettes et obus de mortier ont été tirés sur Israël depuis la bande de Gaza, dont 3000 tirés au cours de l’année 2008 seulement. Un millions de civils israéliens qui résident dans le sud du pays vivaient sous la menace constante des tirs de roquettes et des infiltrations de terroristes depuis la bande de Gaza" -, Najat Vallaud-Belkacem ne connait pas ? Ou cela l'indiffère ?

Les commentaires sont fermés, mais Najat Vallaud-Belkacem n'a pas censuré ceux anti-israéliens, voire antisémites.

C'est d'autant plus surprenant que Najat Vallaud-Belkacem avait déploré en 2010 que des "sujets comme la burka qui touche 300 femmes, un sujet comme l'identité nationale"qui a donné lieu aux "dérapages verbaux les plus incroyables qui soient... Je crois que tout cela petit à petit sapent la cohésion nationale, que cela fait énormément de mal et qu'il sera sans doute trop tard pour rétablir le goût du vivre-ensemble qu'on aura abandonné dans ces débats". 

Extraits commentés d'un "tchatt avec les internautes de LeMonde.fr" (10 juin 2010), "chat modéré par Eric Nunès",  avec Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS et proche de Ségolène Royal :
"Aziz : Que pensez-vous de la boucherie perpétrée par Tsahal contre des humanitaires ?

Najat Vallaud-Belkacem : Il faut évidemment dénoncer le raid israélien, et je fais partie de ceux qui appellent à une levée du blocus sur Gaza".

Il est choquant qu'elle ait avalisé le terme infondé de "boucherie". Le "blocus de Gaza" ? Un "mythe savamment exploité" (Zvi Tenney).

"David : Quelle est la position du PS par rapport à la proposition de loi visant à créer un délit de polygamie (entre autres) déposée par Nicolas About au Sénat le 26 mai ?

Najat Vallaud-Belkacem : Je m’étonne de cette proposition, puisque je rappelle que la polygamie est d’ores et déjà interdite par le droit français. On est là encore dans la politique du fait divers, de l’émotion, et pour tout dire, du cynisme et de l’irresponsabilité d’un certain nombre d’hommes politiques qui, à trop vouloir désigner des boucs émissaires, finissent par saper la cohésion nationale. Il est des centaines de sujets qui attendent les pouvoirs publics : chômage des jeunes, situation des banlieues, crise économique… Qu’attend-on pour s’attaquer à ces priorités au lieu d’en distraire les Français avec force voiles ?

La polygamie existe en France. "En 1992, une étude de l'Institut national d'études démographiques (INED) estimait à 8 000 le nombre de ces familles, pour 90 000 personnes concernées, soit 11 à 12 personnes par famille environ. En mars 2006, un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme les évaluait entre 16 et 20 000 familles, soit près de 200 000 personnes", écrivait la sénatrice Anne-Marie Payet (La Réunion - UC). En 2013, 20 000-30 000 foyers seraient concernés par la polygamie, soient 300 000 personnes. Les maris polygames épousent leur deuxième épouse, et les suivantes, à l'étranger. Les organismes publics telle la Caisse d'allocation familiale versent des allocations destinées aux épouses, mais souvent récupérées par le mari.

"Guest : Quelle est votre opinion sur le projet de loi contre le port de la burqa ?

Najat Vallaud-Belkacem : Tout dans mes convictions féministes et progressistes s’oppose au port de la burqa. En particulier, bien entendu, lorsqu’il est imposé. Pour autant, j’ai trouvé insupportable le poids médiatico-politique donné à ce sujet, comme si nous tenions là l’alpha et l’oméga de la dignité, de la liberté et de l’égalité hommes-femmes. Il y a eu trop d’arrière-pensées dans la conduite de ce débat, comme de celui consacré à l’identité nationale. Une partie importante de la population s’est sentie stigmatisée, s’est braquée, y compris lorsque, comme moi, elle rejette absolument ce morceau de tissu. Faut-il une loi pour le proscrire ? Je pense que cela passera plutôt par l’éducation, par la lutte contre les discriminations, par l’égalité des chances, par l’accès à la culture.

Que l’on estime ce voile malvenu dans les lieux de service public, j’arrive encore à le comprendre ; toute société cherche à trouver l’équilibre entre la liberté individuelle et les impératifs de sécurité, de laïcité, etc., qui sont les siens. C’est ainsi que l’interdiction du foulard à l’école me semble être une mesure légitime. En revanche, que l’on puisse interdire aux femmes portant le voile (dont on sait que certaines ne quitteront bien sûr pas ce vêtement) de se promener librement dans la rue, cela me choque. Je suis opposée par principe aux lois d’exception, aux interdictions générales et absolues".
Il y a aussi des arrières-pensées dans ceux prônant et celles portant la burka : tester la république, réduire les droits des femmes, etc.

En janvier 2012, alors porte-parole du candidat socialiste François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem avait participé à la campagne aux côtés de ce dernier en arborant autour du cou un keffieh. En sachant qu'elle serait filmée par les télévisions. Un signe en direction du  "vote halal" ?
En 2014, Najat Vallaud-Belkacem est promue ministre des Droits des femmes, ville, jeunesse et sports dans le gouvernement Valls I, puis ministre de l’Education nationale du gouvernement Valls II. 
Le 24 juillet 2014, interviewée par Christophe Barbier, sur ItéléNajat Vallaud-Belkacem a allégué, à propos de la manifestation du 23 juillet 2014, l'absence "d'incidents, c'est la preuve qu'une manifestation peut bien se passer". Puis elle s'est élevée "avec la plus grande fermeté contre tous les slogans, contre tous les propos de haine, qu'ils soient antisémites ou autres. C'est inacceptable. Ça n'a pas sa place dans la République. Et c'est précisément le propos du Président de la République lorsqu'il dit que nous n'avons pas à importer le conflit israélo-palestinien sur notre territoire... La position de la France a toujours été très équilibrée, et rien n'a changé en la matière... Nous appelons à la paix". Sur l'enquête de l'ONU, elle a déclaré"Cette situation à Gaza est intolérable. La souffrance humaine, là-bas, on peut pas rester indifférent. Qu'il puisse y avoir toute la lumière faite sur ce qui se passe à Gaza, oui, c'est évidemment quelque chose qui permettra de progresser et j'espère de cheminer vers un  cessez-le-feu et vers la paix". 

Le 28 juillet 2014, Najat Vallaud-Belkacem a éludé sur Europe 1 l'interdiction du NPA qui avait appelé à participé à la "manifestation interdite place de République, du 26 juillet 2014, qui a dégénéré". Elle a estimé que "les forces de l'ordre ont très bien fait leur travail". 

Najat Vallaud-Belkacem a transformé son blog personnel en quasi-site bis de l'Education nationale : en bannière, sa signature côtoie le libellé de ses deux fonctions, l'une nationale, l'autre locale ; le logo du ministère de l'Education nationale est placé en colonne de gauche, comme s'il constituait une caution à tous ses écrits et aux commentaires scandaleux d'Internautes. Mais, Najat Vallaud-Belkacem y a laissé ses anciennes chroniques biaisées sur le conflit au Proche-Orient et ses vidéos partiales Triste Gaza",  Le rameau d’olivier plutôt que la mitraillette, etc
Ce qui soulève un problème grave, car un ministère est astreint au respect du devoir/principe de neutralité, et a importé le conflit jusque dans son blog en autorisant des messages haineux, tombant souvent sous le coup de la loi. Par ailleurs, comment cette ministre pourrait-elle exiger une neutralité dans le service public scolaire qu'elle ne respecte pas ?
"C'est l'honneur de la France que d'avoir progressivement inscrit dans le code pénal la répression des provocations à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes en raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, ou encore de leur orientation ou identité sexuelle. Ces actes ou propos sont donc réprimés par la loi et le canal virtuel qu'ils ont emprunté ne rend pas moins punissables ceux qui les commettent et que les tribunaux pourraient connaître... La liberté d'expression, qui constitue une de nos valeurs les plus précieuses, ne peut être impunément utilisée pour déverser, aux yeux de tous et sur quelques-uns, une charge haineuse aussi violente qu'inacceptable, aussi injuste et blessante qu'incompatible avec les valeurs fondamentales de liberté, d'égalité et de fraternité qui sont celles de la République", écrit Najat Vallaud-Belkacem dans sa tribune "Twitter doit respecter les valeurs de la République" (Le Monde, 28 décembre 2012). 
Ce qui est valable pour Twitter est aussi valable pour un blog/site sur Internet. Et les sanctions du Code pénal s'appliqueront-elles à la ministre de l'Education nationale ?  
On peut en douter. Ainsi que l'a persiflé le journaliste Eric Zemmour le 5 septembre 2014 sur Itélé : "Najat Vallaud-Belkacem est ministre de l'Education nationale pour la grande qualité de ses travaux sur l'école et l'Education nationale. C'est bien connu. Donc, elle est une référence dans le monde universitaire et politique sur l'Education nationale. Donc, on n'a pas le droit de se demander pourquoi elle est là... C'est une question de casting. Elle est là parce qu'elle est une femme, parce qu'elle est jeune, et quelle est née au Maroc... "

Le 21 octobre 2014, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, s'est exprimée à l'Observatoire de la laïcité. Elle a déclaré

"Ma conviction sur la laïcité est qu’elle est un principe essentiel et intangible garant du vivre ensemble, qui ne peut être à géométrie variable, soumis aux fluctuations des contextes sociaux ou politiques, négocié avec tel ou tel groupe de pression, ou enfin présenté de manière différente en fonction d’intérêts partisans ou d’objectifs qui lui sont exogènes. Cette intangibilité signifie que nous devons éviter deux écueils : la laïcité dégradée, ou laïcité ouverte, qui abdiquerait son ambition et son sens par des petits reculs ou des compromis successifs ; la laïcité dite de combat, qui stigmatise le fait religieux et constitue parfois le masque de l’islamophobie. 
La liberté religieuse est une expression de la liberté de conscience. La Laïcité n’est pas l’instrument d’une opposition ou d’un refoulement du fait religieux, mais la condition de la coexistence harmonieuse de toutes les expressions confessionnelles, comme de leur absence. Je pense que le principe de Laïcité doit sans cesse être explicité ainsi, pour être compris. C’est le beau sens de la pédagogie de la laïcité qu’Abdenour Bidar a développé, j’y reviendrai.
Dans cette période difficile, nous avons plus que jamais besoin de laïcité. Aussi, je serai extrêmement impliquée et exigeante pour que ce principe soit respectée pour ce qu’il est. Il faut recréer du consensus national sur la laïcité, faire qu’elle cesse d’être un combat pour être d’abord un moyen : moyen d’apaiser la société, de faire vivre une culture de la tolérance. Je veux tendre vers une Laïcité qui échappe aux conflits théoriques et aux passions politiques, qui trouve sa place dans nos vies quotidiennes en étant comprise, vécue, assumée...
L’enjeu est de promouvoir une école qui transmette une appartenance républicaine autour d’une culture commune et partagée, qui respecte les différences tout en se protégeant des irruptions identitaires et en prévenant les logiques de radicalisation. Cela passe aussi par une école capable d’éveiller les consciences, de développer la liberté intellectuelle et l’esprit critique. Il ne faut pas seulement développer la laïcité à ou dans l’école, mais faire en sorte que l’école délivre une pédagogie de la laïcité, qu’elle ancre ce principe dans les esprits comme dans les pratiques...
Le non respect de la loi de 2004 n’a fait l’objet que d'un très petit nombre d’incidents, réglés le plus souvent par le dialogue. Globalement, la loi est bien acceptée et bien comprise par les élèves et leurs familles. Elle contribue à faire régner, dans les écoles et établissements, un climat apaisé autour de la laïcité.
Globalement rares, présentées comme marginales ou très localisées, les contestations de certains enseignements concernent le fait religieux (refus de visiter des édifices religieux, de suivre un cours sur l’Islam ou un cours de français utilisant comme support la Bible.), la musique (refus de chanter ou de souffler dans un instrument à vent),  l’éducation physique et sportive (natation particulièrement),  l’éducation à la sexualité, l’histoire de l’évolution (en cours de SVT), le génocide arménien et la Shoah...
Il nous faudra travailler ensemble sur des questions qui continuent d’interroger l’institution régulièrement.
 Je pense notamment à la situation des parents accompagnateurs de sorties scolaires. Tout en rappelant mon attachement à la neutralité du service public, je vous indique que ma position est conforme à celle qu’a rappelée le Conseil d’État : "les parents accompagnant des sorties scolaires ne sont pas soumis à la neutralité religieuse". Ils ne peuvent être considérés comme des agents auxiliaires du service public et soumis aux règles du service public. Pour autant, il peut y avoir des situations particulières, liées par exemple à du prosélytisme religieux, qui peuvent conduire les responsables locaux à recommander de s’abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses. C’est un équilibre qui doit être trouvé par les responsables de terrain et les cas conflictuels restent heureusement limités. Pour autant, je veux réaffirmer un principe et une orientation. Le principe c’est que dès lors que les mamans (les parents) ne sont pas soumises à la neutralité religieuse, comme l’indique le Conseil d’État, l’acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l’exception. 
 L’orientation, c’est celle de l’implication des familles dans la scolarité de leur enfant et la vie de l’école. Au moment où je veux absolument renouer le lien de confiance, qui s’est distendu, entre les parents et l’école, au moment où nous voulons multiplier les initiatives de terrain en ce sens, tout doit être mis en œuvre pour éviter les tensions. Cela suppose d’éviter les provocations et de faire preuve de discernement. Je fais confiance aux acteurs de terrain et je serai attentive à ce que cette logique d’apaisement et d’implication collective pour la réussite des enfants soit partout mise en œuvre".

Le 24 janvier 2016, l'émission Le Supplément sur Canal + a diffusé un reportage sur une "association humanitaire" islamique controversée ayant fait l'objet de perquisitions, Barakacity, dont Moussa, un de ses membres, est détenu, dans des circonstances non claires, dans une prison au Bangladesh. 

Puis, Ali Baddou a interviewé Idriss Sihamedi, "président d'obédience salafiste" de l'association, fiché "S", en présence de la ministre de l'Education.

Se présentant comme un "musulman normal" ou "orthodoxe", Idriss Sihamedi a affirmé avoir collecté 16 millions d'euros de dons en trois ans, sans en indiquer l'origine ("Ce sont des particuliers, des footballeurs aussi"). Il a allégué que son association propose une "belle alternative" aux jeunes musulmans souhaitant faire le djihad en Syrie : "un djihad pacifique, humanitaire" au service des Syriens souffrant. Que pense-t-il de l'Etat islamique ? "Ce n'est pas qu'on ne condamne pas l'Etat islamique, c'est qu'on essaye d'avoir une certaine pédagogie pour essayer de discuter avec les jeunes et pour leur faire comprendre qu'on est une alternative qui est bien, qui est pacifique... Barakacity (…) condamne toutes les exactions commises par des groupes armés, des gouvernements, des juntes, etc. (…) S'ils tuent, s'ils brûlent des gens dans des cages etc., je ne vais pas vous dire oui. S'ils tirent sur des femmes enceintes, je ne vais pas vous dire "Non je ne condamne pas". Donc je pense que oui".

Idriss Sihamedi a aussi revendiqué ne pas serrer la main aux femmes.

Le présentateur Ali Baddou a exprimé sa gêne, et a interrogé Najat Vallaud-Belkacem. Après avoir refusé de répondre, la ministre a répondu : "Plus exactement, si je devais vraiment réagir, je dirais simplement qu'il faut distinguer à mon avis deux choses : la situation de Moussa, qui en sa qualité de ressortissant français a droit à une aide et une protection qui, si j'ai bien compris, lui est apportée par l'ambassade, et puis pour le reste je crois que c'est une association qui porte une façon de voir les choses qui n'est pas la mienne, à laquelle je ne souscris pas et qui me met aussi mal à l'aise, honnêtement, sur votre plateau, et donc je n'ajouterai rien". Un manque de fermeté inversement proportionnel à celle dont elle a fait preuve pour stigmatiser l'Etat d'Israël. De nombreux Internautes, politiciens et philosophes ont exprimé leur indignation à l'égard de l'absence de rappel de principes républicains, telle l'égalité entre hommes et femmes. 


Le 25 janvier 2016, sur son compte FacebookNajat Vallaud-Belkacem a écrit : "À la suite des réactions suscitées par l’intervention inacceptable du président d’une association lors de l’émission « Le Supplément » diffusée hier sur Canal+, je tiens à ne laisser subsister aucune ambiguïté. Au-delà de la sidération provoquée par le refus inadmissible, et inédit à ma connaissance dans ce type d’émission, de condamner clairement Daesh, les propos de cet individu mettent en cause les principes fondamentaux de notre République, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est la raison pour laquelle j’ai non seulement exprimé mon profond désaccord, mais aussi refusé d’engager un débat avec un individu qui se situe en dehors du champ républicain". Peu convaincant.


Le 27 janvier 2016, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Najat Vallaud-Belkacem a été interpellée sur sa faible réaction sur Canal +. Elle a répondu« Ma règle est simple : on ne débat pas contre les ennemis de la République, on les combat, et mon combat est total. Il exclut tout dialogue artificiel et toute mise en scène », voire  « une polémique dérisoire ». Pourtant la France dialogue avec l'Iran... Et la ministre d'ajouter : «  C'est vrai, [Idriss Sihamedi] a tenu sur le plateau des propos qui ont abasourdi tout le monde. Je les ai condamnés, bien évidemment, et j'ai refusé de servir la soupe à ce monsieur en lui offrant une tribune supplémentaire »,

Lors du séminaire gouvernemental du 23 juillet 2016 à l'Elysée, Najat Vallaud-Belkacem a allégué, selon Le Canard enchaîné, que l'attentat terroriste islamiste du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice était le premier au cours duquel des "enfants ont été tués". Quid des trois enfants juifs français assassinés par le terroriste islamiste Mohammed Mérah en 2012, à l'école Ozar HaTorah à Toulouse ?

- Valérie Fourneyron est ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative. Député socialiste, elle a interrogé le 24 mai 2011 le ministre des Affaires étrangères et européennes pour savoir « si la France soutiendra la soumission officielle du rapport Goldstone au conseil de sécurité en vue d’une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale » ;

-   né à Alger, Kader Arif est ministre délégué aux Anciens combattants jusqu'en novembre 2014. Cet eurodéputé et « porte parole des socialistes et démocrates européens dans cette commission, a demandé et obtenu en 2010, d’une Commission idoine du Parlement européen, le gel du calendrier d'adoption de l'accord », en fait « un nouveau protocole avec l'Etat d'Israël, favorisant l'exportation de biens industriels israéliens vers le marché européen ». En 2011, il a allégué que l’action de la « Flottille de la liberté 2010 » aurait été « non violente et humanitaire ». Le 21 novembre 2014, soupçonné de favoritisme dans l'attribution de marchés publics de plusieurs millions d'euros - il aurait favorisé les sociétés de son frère et de ses neveux - dans la région Midi-Pyrénées, il a démissionné, et a été remplacé par Jean-Marc Todeschini ;

-    d’origine algérienne, la réalisatrice Yasmina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères chargée de la Francophonie - le remaniement du 21 juin 2012 lui a ôté les Français de l'étranger -, a signé un appel contre un débat sur l’islam ;

- né en Guadeloupe, député, Victorin Lurel est ministre des Outre-mer. Il a représenté le gouvernement français aux obsèques du président vénézuélien Hugo Chavez, le 8 mars 2013. Il a déclaré : "Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu'on prétend que c'est un dictateur. Il a pendant ces quatorze ans respecté les droits de l'homme" ;
- Alain Vidalies est ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. En 2005, ce député socialiste des Landes a signé la pétition lancée par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et intitulée "Stop the Wall" Campagne Internationale contre le Mur et pour la Fin de l’Occupation des Territoires Palestiniens. Comme Christiane Taubira, il a aussi signé une tribune Monsieur le Président, n'oubliez pas Salah ! publiée par Libération (24 juillet 2009) interpellant le Président de la République en faveur de Salah Hamouri, terroriste. En 2011, il est l'auteur d'une question écrite au ministre des Affaires étrangères sur le controversé rapport Goldstone : ia demandé au ministre des Affaires étrangères "de bien vouloir lui indiquer si les autorités françaises soutiendront la soumission du rapport Goldstone au conseil de sécurité, en vue d'une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale.le rapport Goldstone" (J.O. 8 mars 2011) ;
Marylise Lebranchu ministre de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique. Le 12 septembre 2013, elle a évoqué à Paris avec Mahmoud Abbas « l’accord de coopération qui sera signé à l’automne avec son homologue palestinien, M. Saïd Al-Kuni, ministre des collectivités locales. Elle a rappelé l’appui du gouvernement à toute action de coopération décentralisée entre les collectivités palestiniennes et les collectivités françaises, dans le cadre de la diplomatie des territoires  ». Le 28 novembre 2013, elle a participé au Forum « Dunkerque + 10 : des collectivités locales européennes pour la Palestine ». Elle y a plaidé pour « une diplomatie des territoires, pour que l’on passe au stade supérieur de la coopération, celui des partenariats entre des villes, des conseils généraux, directement avec des villages palestiniens  » ;
Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports et de l'Économie maritime  sous le gouvernement Jean-Marc Ayrault et nommé secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche dans le gouvernement Manuel Valls. Le 14 octobre 2010, il a loué sur son blog l’exposition Breaking le silence de Catherine Gil Franco : une exposition « d’une rare puissance, proposée par le Comité Boulonnais de Soutien au Peuple Palestinien, [qu’il a] pu inaugurer samedi dans la galerie du cloître de la bibliothèque des Annonciades. L’artiste Catherine Gil Franco, passionnée par le Moyen-Orient et bouleversée par les exactions commises par l’armée israélienne en Palestine, y propose en effet une série de toiles inspirées par la condition des Palestiniens. Surgissent des visions hallucinées, mêlées de larmes et de sang, hantées par le vide et l’inanité, qui hurlent la désespérance d’un peuple » ;
  -    Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est représenté par Cécile Duflot, ministre à l’égalité des territoires et au logement, et Pascal Canfin, ministre délégué du développement, soutient ceux engagés dans les campagnes BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) contre l’Etat d’Israël. Mme Duflot a parlé de « terrorisme d’Etat » à propos de l’arraisonnement de la flottille pour la paix (2010), etc. Le 10 mars 2010, l’eurodéputé Canfin a voté pour une résolution sur la mise en œuvre des recommandations du rapport Goldstone, etc.

-       nombre de ministres ou membres de leurs cabinets sont liés au think-tank socialiste Terra Nova, souvent comme auteurs de rapports ou de notes, voire comme dirigeant de Terra Nova : Jean-Philippe Thiellay, conseiller pour les institutions et les libertés publiques auprès du Premier ministre, est vice-président de ce think tank.  Terra Nova estime dans son rapport Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? : « Jeunes peu qualifiés et mères célibataires frappés par le précariat, blacks et beurs de banlieue discriminés à l'embauche, ouvriers au chômage de longue durée : ce sont ces nouvelles classes populaires que la gauche doit défendre » (10 mai 2011). Dans la note Musulmans de France : Pour une citoyenneté inclusive par Marc Cheb Sun et Ousmane Ndiaye (09/03/2011 ), ce think tank appelle « à « l'émergence d'une puissante citoyenneté musulmane », dispensée d'intégration. Bref, les « progressistes » invitent la France à se communautariser davantage et à s'islamiser, sans jamais se poser la question du respect d’un héritage culturel plus que millénaire, qui devrait être soudainement balayé par de nouvelles minorités refusant le processus de l'intégration puis de l'assimilation » (Ivan Rioufol, 14 mars 2011). Et le 17 juin 2012, Olivier Ferrand, directeur de Terra Nova, candidat socialiste, a été élu député de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône. Lors de sa campagne, il avait bénéficié de l'appui d'Arnaud Montebourg, de Jacques Attali, de Manuel Valls et  de Lionel Jospin. Il est décédé à l'âge de 42 ans le 30 juin 2012.

Et ce florilège est loin d’être exhaustif…

Ajoutons que des rumeurs prévoient l'entrée dans le gouvernement, après l'élection législative de 2012, de ministres communistes ou du Front de gauche. Le Parti communiste français (PCF) a soutenu la campagne de BDS contre l'Etat Juif. Le Front de gauche a maintenu en son sein René Balme, maire de Grigny, antisioniste revendiqué, investi à l'élection législative 2012. Ce soutien de Salah Hamouri est "fondateur et administrateur du site Oulala.net qui soutient les thèses conspirationnistes" et qui invite "à regarder le premier film" de Dieudonné, L'antisémite".

En septembre 2012, les médias israéliens ont constaté l'absence, depuis l'élection présidentielle, de visite de ministres français dans l'Etat Juif, même si les missions professionnelles bilatérales se succèdent. A noter les visites des ministres Laurent Fabius (15-16 juillet 2012) et Yamina Benguigui (8 septembre 2012) en Algérie pour préparer la visite officielle du Président François Hollande. avant la fin 2012.

Le 31 mars 2014, après la défaite du parti socialiste aux élections municipales et la démission du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le Président François Hollande a nommé Manuel Valls Premier ministre. EELV décide de ne pas participer au gouvernement Valls.

Le gouvernement Valls  comprenait 17 ministres, dont 14 du précédent gouvernement.

- Ségolène Royal devient ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’énergie. Lors de son séjour en Israël en décembre 2006, elle a justifié la construction de la barrière anti-terroristes : "Quand c'est nécessaire, c'est sans doute justifié, encore faut-il que les choses se fassent dans une bonne entente  ». En 2007, candidate à l’élection présidentielle, elle avait pris position  : « Le sort de ces colonies israéliennes dans les Territoires occupés devra être décidé entre les deux parties lors des négociations pour une paix définitive et la création d’un État palestinien… L’objectif à long terme doit être un Moyen-Orient sans armes de destruction massive. C’est l’aspiration des peuples de la région et c’est une exigence pour la paix dans cette partie du monde. Je souhaite qu’Israël signe le Traité de non-prolifération nucléaire qui permettra à l’AIEA d’inspecter ses installations nucléaires…. L’Iran doit se conformer aux demandes de l’AIEA et donner des garanties sur sa non accession au nucléaire militaire ».

     - François Rebsamen, sénateur socialiste  de Côte d’or, a été ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social (2014-2015). En 2001, il avait présenté son père Eric Rebsamen comme originaire d’Alsace et ayant pris la nationalité suisse « pour ne pas être enrôlé dans l’Armée allemande », la Wehrmacht. Selon le site Enquête-Débat, son père aurait rejoint la Suisse car un avis de recherche pour collaboration – « inculpé d’atteinte à la sécurité extérieure de l’Etat - le visait. En juillet 2006, lors de la guerre d’Israël contre le Hezbollah au Liban, François Rebsamen publie sur son blog le communiqué du Parti socialiste : « Les opérations militaires israéliennes au Liban et les tirs de roquettes du Hezbollah sur des villes israéliennes ont créé une situation intolérable et dangereuse, causant destructions et souffrances pour les populations civiles et risquant d’embraser l’ensemble de la région et déstabiliser tout le Moyen-Orient… Le Parti socialiste condamne les bombardements des objectifs civils par Israël et par le Hezbollah. Israël a le droit à la sécurité et au respect de ses frontières, mais il doit également respecter le droit international, notamment le droit humanitaire, la souveraineté et l’intégrité de ses voisins… Il y a trop longtemps que le droit international reste inappliqué et que les résolutions de l’ONU demeurent lettres mortes au Proche-Orient  ».


    - Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne et député du Morbihan, est désigné ministre de la Défense. Le 1er août 2006, il a déclaré : « L'Etat d'Israël a décidé - depuis 20 jours - de lancer des opérations militaires de très grande envergure au Liban. Le bilan est effroyable : 540 morts dont un tiers d'enfants, 800 000 réfugiés, une crise humanitaire d'ampleur et la destruction de nombreuses infrastructures vitales (des dizaines de ponts, des usines, des centrales électriques…). Pour retrouver ses deux soldats otages et protéger légitimement le nord de son territoire, l'Etat d'Israël emploie des moyens disproportionnés. Le bombardement de l'armée israélienne à Cana, qu'il soit accidentel ou délibéré, marque objectivement une escalade dans l'horreur et suscite à juste titre l'indignation internationale. Les Etats-Unis portent une lourde responsabilité en soutenant de manière inconditionnelle la stratégie israélienne. Sans forcément partager leurs convictions et leurs méthodes, les populations du Liban, de Gaza et de Cisjordanie, sont de plus en plus conduites, par cette violence, à soutenir ces organisations. La voix des modérés devient inaudible et le processus de paix, remis en cause par Israël depuis les accords d'Oslo, demeure dans l'impasse… Conformément au positionnement de la Région Bretagne, il me semble en effet important que les Régions s'impliquent sur les enjeux européens et internationaux ».

-     Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Forêt et porte-parole du gouvernement Valls. Eurodéputé membre de la Délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien (2004-2012), il est député socialiste de la Sarthe ;


    - Sylvia Pinel (PRG), ministre déléguée puis ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme promue ministre du Logement et de l’Egalité des territoires ;


   
Jean-Marie Le Guen, député socialiste du XIIIe arrondissement de Paris, nommé Secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement auprès du Premier ministre.
En septembre 2011, il signe une lettre  adressée au Président Nicolas Sarkozy contre la « stratégie de contournement des négociations visant à imposer la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien lors de la session de septembre de l’Assemblée générale des Nations Unies  ». En novembre 2012, il a déclaré : « Un vote en faveur de l’admission de la Palestine en tant qu’Etat non membre observateur de l’ONU ne s’imposait pas… Je déplore que la communauté internationale, et notamment l’ONU, soit restée silencieuse aux nombreux appels du gouvernement israélien qui lui demandait d’agir contre les tirs de roquettes continuels depuis la bande de Gaza qui, je le rappelle, a été totalement évacuée par Israël en 2005. Aucun pays, aucun dirigeant ne resterait les bras croisés dans une situation pareille. Israël n’avait donc pas d’autre choix que d’intervenir militairement. Il l’a fait avec mesure mais, compte tenu de la situation sur le terrain, il est impossible d’éviter les victimes civiles. On ne peut que les regretter évidemment mais le Hamas en est co-responsable, comme il est co-responsable du maintien du blocus de la bande de Gaza et de la situation humanitaire dans laquelle se trouve sa population. Même si je suis convaincu qu’il faut traiter séparément le dossier des négociations avec les Palestiniens et celui du nucléaire iranien, il est évident que l’Iran mène une guerre (à peine) larvée contre Israël par Hamas – et Hezbollah – interposé. Il semblerait même que l’attentat de Sofia n’y soit pas étranger. La communauté internationale ne doit pas ignorer cette situation et probablement étendre les sanctions contre l’Iran… Il ne fait pas de doute que l’Assemblée Générale votera en faveur de l’admission de la Palestine à l’ONU. Je souhaite qu’Israël ait la sagesse d’en prendre son parti : en votant pour l'admission de la Palestine, les Etats arabes vont de facto reconnaitre Israël dans les frontières de 1967, son droit à l'existence dans la sécurité et accepter une solution négociée à la question des réfugiés ! Ces mots figurent dans la résolution présentée par les Palestiniens ! Il faut qu’Israël les prenne au mot et tende à nouveau la main aux Palestiniens et aux Etats arabes pour engager des négociations de paix. C’est le seul moyen d’assurer sa sécurité à long terme. Je ne doute pas que François Hollande, qui a fait montre de son amitié pour Israël à plusieurs reprises, apporterait le soutien de la France à une initiative en ce sens. Les messages de haine véhiculés par le Hamas voire par les chaines publiques palestiniennes sont inacceptables. Nous avons peu de moyens de pression sur le Hamas mais je suis favorable à ce que l’Union Européenne et la France demandent fermement à l’Autorité Palestinienne, qu’elles soutiennent financièrement, de mettre fin à ces campagnes  ».
Le 23 juillet 2014, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, a dénoncé  « la légèreté » des "députés PS qui allaient manifester pour Gaza" lors d'un défilé autorité par le gouvernement. Il a déclaré sur Europe 1 : « Ces députés expriment une sensibilité, et peut-être parfois, je l'ai vu dans certaines expressions, une absence de compréhension de la gravité de ce qui se joue. Il y a parfois une certaine forme de légèreté ». Il n'a pas remis « en cause leur bonne foi et leur volonté d'exprimer leur indignation et leur émotion devant ce qui se passe au Proche-Orient ».Il a espéré « que tout se passera bien, qu'il n'y aura pas de mots d'ordre antisémites ou des paravents à l'antisémitisme... Ils tireront les propres conséquences de cette manifestation ». Ce député, "qui dit craindre des violences, se félicite que, « comme il le fait depuis 1974, le Parti socialiste n'appelle pas à ce type de manifestations. Nous ne pensons pas qu'il faille prendre parti, si ce n'est pour la paix.» Une position partagée sur i-Télé par la députée PS Elisabeth Guigou".
Dans leur livre "Nos chers émirs" publié à l'automne 2016 par les éditions Michel Lafon, Christian Chesnot et Georges Malbrunot  ont écrit : Jean-Marie Le Guen "voulait imposer une agence de communication pour gérer des déclarations d'hommes politiques, pour contrôler un peu les déclarations au Parlement qui seraient critiques vis-à-vis du Qatar". Selon un officiel à Doha : "Il disait à nos diplomates à Paris: "En tant que ministre en charge des Relations avec le Parlement, je tiens tous les députés et sénateurs de mon camp, via les questions au gouvernement. Je peux bloquer des questions hostiles au Qatar, ou au contraire les alimenter. Mais je n’ai pas à le faire gratuitement". Bref, "il nous faisait littéralement du chantage" ;


    - Fleur Pellerin, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger ;


    - Harlem Désir, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères. Eurodéputé, puis Premier secrétaire du Parti socialiste. Il a déclaré qu’il n’y a « pas de solution militaire au conflit au Proche-Orient" et est favorable à la solution à deux Etats » ;


     - Annick Girardin  (PRG), député de Saint-Pierre et Miquelon, secrétaire d’Etat chargée du Développement et de la Francophonie ;


    - Christian Eckert, député de Meurthe-et-Moselle, secrétaire d’Etat chargé du Budget. En trois ans, il a déposé trois questions écrites au ministère des Affaires étrangères. 

Le 1er juillet 2008, il a interrogé : « La bande de Gaza est soumise depuis janvier 2008 à un blocus israélien, ce qui entraîne une situation de catastrophe humanitaire telle que le Conseil de sécurité de l'ONU a dû appeler Israël à « respecter strictement le droit international humanitaire » et à « prendre des mesures concrètes » pour faire cesser la « punition collective » infligée à la population. Si l'on peut comprendre que les autorités israéliennes réagissent à des tirs de roquettes qui visent des populations civiles sur son territoire, on ne peut accepter des mesures de « riposte » disproportionnées, telle qu'une asphyxie économique qui entraîne des drames quotidiens et une punition aussi aveugle que collective. Si le droit à la résistance du peuple palestinien ne peut justifier que soient visées des cibles civiles, la sécurité d'Israël ne saurait davantage justifier le recours à un tel blocus. Cette année 2008 marque les soixante ans du conflit israélo-palestinien et l'absence d'existence des deux États qui devaient se partager les territoires après la fin du mandat britannique de la Palestine. Aucun avenir n'est possible pour aucun peuple de la région sur la base du recours à la force ; c'est au contraire en respectant leurs droits respectifs et les résolutions des Nations unies que l'avenir de la région pourra se construire. Aussi, il souhaiterait connaître les intentions diplomatiques du Gouvernement, afin de réagir à la gravité de la situation à Gaza et son rôle dans le processus de paix et la relance des négociations ».
Le 30 mars 2010, il s'est enquis : « Dans un avis du 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice de La Haye déclarait illégal le mur construit en Cisjordanie. Cinq ans plus tard, la construction se poursuit. En décembre 2008, le gouvernement israélien a mené dans la bande de Gaza son offensive la plus violente depuis 1967, causant de nombreuses destructions humaines et matérielles au sein d'une population déjà lourdement atteinte, par le blocus de ce territoire, mais aussi par la succession des violences internes et externes. La mission des Nations-unies menée par le juge sud-africain Goldstone est parvenue à recueillir des « preuves solides établissant de nombreuses violations graves du droit international, du droit international humanitaire et des droits de l'Homme, commises par Israël pendant ses opérations militaires, à Gaza ». Cette résolution recommande que tous les responsables de violations du droit international, commises par l'ensemble des parties, soient conduits à rendre compte de leurs actes. À cet égard, l'assemblée générale des Nations-unies serait légitimement en droit de demander à Israël et au gouvernement de facto du Hamas à Gaza de lancer immédiatement des enquêtes, indépendantes et conformes aux normes internationales, sur les allégations de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et d'autres violations graves du droit international perpétrées durant le conflit. De même, il serait opportun qu'elle constitue un comité d'experts impartiaux qui aurait pour mission d'évaluer l'authenticité, l'efficacité et la conformité avec le droit international des mesures mises en œuvre par les Israéliens et les Palestiniens dans un délai donné, ou qu'elle demande au secrétaire général d'instaurer cet organe. Enfin, il lui appartiendrait d'envisager toute disposition utile dans le cas où le gouvernement israélien ou les autorités palestiniennes concernées ne feraient pas le nécessaire pour que les responsables soient amenés à rendre compte de leurs actes. Aujourd'hui, ce territoire dévasté ne doit sa survie qu'à l'aide internationale. La poursuite du blocus empêche toute reconstruction. Ainsi, c'est toute sa population qui fait l'objet d'un enfermement synonyme d'une punition collective. Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer quelle place la France, dans le cadre européen et au sein de la communauté internationale, entend prendre pour obtenir la réouverture complète de la bande de Gaza, la mise en place d'un dialogue et la mise en œuvre par le conseil de sécurité des Nations-unies des recommandations du rapport de la mission du conseil des droits de l'Homme menée par le juge Goldstone  ».

Le 22 mars 2011, il a demandé au ministre des Affaires étrangères « si le Gouvernement, au nom de la France, entend soutenir la soumission officielle de ce rapport [Goldstone] au conseil de sécurité, en vue d'une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale  ».

    - Valérie Fourneyron, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire ;


    - Axelle Lemaire, député socialiste  dans la 3ème circonscription législative des Français établis hors de France et secrétaire d’Etat chargée du Numérique, a déclaré : « Je ne comprends pas pourquoi il y a un buzz autour [du jugement sur la crèche Baby Loup ayant licencié une salariée portant le foulard islamique]. J’habite en Angleterre où le port du voile est plus répandu. Je rencontre pas mal de jeunes femmes françaises qui me disent : « Je suis allée habiter là-bas parce que j’en ai marre d’être discriminées au quotidien, stigmatisées uniquement parce qu’on m’identifie comme musulmanes parce que j’ai choisi de porter la voile. Elle sont très bien intégrées… On ne se pose pas forcément les bonnes questions sur qu’est-ce qu’une laïcité tolérante au XXIe siècle  ».

Kader Arif, secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire ;

- André Vallini, sénateur socialiste de l’Isère et secrétaire d’Etat chargé de la Réforme territoriale. En septembre 2011, il signe une lettre  adressée au Président Nicolas Sarkozy contre la « stratégie de contournement des négociations visant à imposer la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien lors de la session de septembre de l’Assemblée générale des Nations Unies » ;

Laurence Rossignol, ancienne membre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) élue sénatrice socialiste de l’Oise  (Picardie), porte-parole du parti socialiste et secrétaire d’Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie. Lors de l’émission Ce soir ou jamais du 5 avril 2013, elle a déclaré : « Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents  ». Elle n’a pas desserré l’étau teinté d’antisémitisme enserrant le Dr Krief, spolié injustement sans qu’aucune institution républicaine ne lui assure la protection à laquelle il a droit. « Conseil juste humain : si vous pouvez travailler ailleurs autrement, sauvez-vous de ce truc sordide. Sauvez votre peau et laissez votre avocat les faire condamner un maximum d’indemnités de réparation du préjudice subi. Il arrive que la fuite soit salvatrice ». Tel est le SMS envoyé par Laurence Rossignol, le 20 septembre 2012, au Dr Lionel Krief, après le décès prématuré de Christelle Rennuit, assistante du médecin au centre de médecine nucléaire à Creil, le 3 septembre 2012. C'est d'autant plus grave pour une militante ayant participé à la création de SOS Racisme ;

Ségolène Neuville, député des Pyrénées orientales et secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion ;



Parmi les membres des cabinets ministériels du gouvernement Valls, citons Jamel Oubechou, conseiller auprès de la Ministre des Droits des femmes, ville, jeunesse et sports Najat Vallaud-Belkacem. Président du conseil d'administration de l'Institut des Cultures d'Islam (ICI), ce normalien a été conseiller Culture, Francophonie et Développement au cabinet d'Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères, conseiller de coopération et d'Action culturelle près l'Ambassade de France en Syrie (2002-2006) et directeur général adjoint aux Relations internationales à la Mairie de Paris (2008–2010). Il est l'un des contributeurs d'un des rapports controversés sur la "politique d'intégration" remis en décembre 2013 au Premier ministre, alors Jean-Marc Ayrault.

Le 3 juin 2014, un remaniement ministériel a constaté la démission de Valérie Fourneyron remplacée par Carole Delga, et le député Thierry Mandon a été nommé secrétaire d'État en charge de la Réforme de l'État et de la Simplification.

Le 25 août 2014, le Premier ministre Manuel Valls a présenté la démission de son gouvernement au Président de la République François Hollande.

Le 26 août 2014, le gouvernement Manuel Valls II a été annoncé. Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Frédéric Cuvillier n'en sont plus membres.

Douze ministres gardaient leurs portefeuilles du gouvernement Valls I : "Christiane Taubira à la Justice, Laurent Fabius (Affaires étrangères/développement international), Ségolène Royal (Ecologie/développement durable/énergie), Michel Sapin (Finances et comptes publics), Marisol Touraine (Affaires sociales), François Rebsamen (Travail/emploi/dialogue social), Jean-Yves Le Drian (Défense), Bernard Cazeneuve (Intérieur), Stéphane Le Foll (Agriculture et porte-parole du gouvernement), Sylvia Pinel (Logement/Egalité des territoires/ruralité, George Pau-Langevin (outre-mer), Marylise Lebranchu (Décentralisation et Fonction publique)".

Najat Vallaud-Belkacem a été promue ministre de l’Education nationale. A Emmanuel Macron, ancien associé à la banque Rothschild, échoit le ministère de l'Economie. Fleur Pellerin devient ministre de la Culture et de la Communication et Patrick Kanner, président du Conseil général du Nord, accède au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Le 20 juillet 2014, Patrick Kanner a tweeté "En cette journée de commémoration de la rafle du Vel d'hiv, la fermeté républicaine de M.Valls est essentielle". 

Parmi les 17 secrétaires d'Etat du gouvernement Valls II, trois ont font leur apparition et un fait son retour : 

Pascale Boistard est nommée secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes. Dans son compte Twitter, cette députée socialiste de la Somme (Picardie) et membre de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale, a reproduit des citations politiques anti-israéliennes : "Laurent Fabius dénonce le "carnage de Gaza"" (6 août 2014), "#Gaza: le droit d'Israël à la sécurité ne justifie pas le "massacre" de civils (Fabius) https://www.lorientlejour.com/article/879284", etc. Du 27 juillet au 6 août 2014, Pascale Boistard a (re)tweeté douze Tweets baisés car appelant au cessez-le-feu, niant le bien-fondé de l'opération Bordure protectrice ou alléguant des massacres commis par Tsahal, un Tweet contre le "manichéisme communautaire" et un autre sur l'appel "du PS à refuser la haine de l'autre" et évoquant d'abord des "inscriptions inadmissibles sur les murs d'une salle de prières d'une association musulmane", puis "les exactions et insultes antisémites". Elle n'a pas réagi à l'assaut antisémite contre la synagogue parisienne de la rue de la Roquette le 13 juillet, mais retweete un communiqué

- Thomas Thévenoud, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, au Tourisme et aux Français de l’étranger. Ce député socialiste de Saône-et-Loire est secrétaire du groupe d'amitié avec la Turquie, vice-président du groupe d'amitié avec la Russie et vice-président du Groupe d'études à vocation internationale concernant le Vatican. Le 22 juillet 2014, ce porte-parole des députés socialistes a soutenu la "proposition d'un corridor humanitaire" suggérée par Jean-Christophe Cambadélispremier secrétaire du PS et soupçonné par Mediapart d'avoir usurpé son doctorat universitaire en 1985 ainsi que commis des plagiats dans son livre Pour une nouvelle stratégie démocratique : "La paix là-bas, la République ici, cela signifie un cessez-le-feu immédiat à Gaza, pour arrêter les massacres, et le respect de l'état de droit en France", a-t-il ajouté. Lors de la réunion du groupe PS, "certains ont fait état de leurs interrogations sur les interdictions de manifestations, mais la position du groupe est que lorsque toutes les garanties ne sont pas réunies, il est normal qu'elles ne soient pas autorisées", a dit Thomas Thévenoud". Or, l'Etat d'Israël a continué lors de l'opération Bordure protectrice de fournir l'aide humanitaire aux Gazaouis. Le 4 septembre 2014, sur proposition du Premier ministre, le Président François Hollande a mis fin aux fonctions de Thomas Thévenoud "à sa demande et pour des raisons personnelles", en raison de problèmes fiscaux. Matthias Fekl, député socialiste du Lot-et-Garonne, lui a succédé à son poste ;

- Myriam El Khomri, secrétaire d’Etat socialiste à la Ville. "Née à Rabat en 1978, d’une mère bretonne et d’un père marocain", Myriam El Khomri grandit au Maroc, et se fixe en France à l’âge de neuf ans. Titulaire d’un DESS de droit public à la Sorbonne", elle rejoint la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris en 2001, après l’élection de Bertrand Delanoë comme Maire de la capitale. Elle est alors  "collaboratrice de Daniel Vaillant, en charge des questions relatives à la prévention, la sécurité et la toxicomanie". Ministre de l'Intérieur de 2000 à 2002, année de son élection comme député de Paris et maire du XVIIIe arrondissement de Paris, Daniel Vaillant a alors nié, puis minoré la recrudescence d'actes antisémites induites par l'Intifada II. Le blog de Myriam El Khomri évoque dans un texte le soutien du Conseil de Paris aux "223 jeunes lycéennes enlevées par la secte Boko Haram au Nigéria", puis la traite des êtres humains. Nulle mention dans son texte de faits délicats : ces lycéennes sont chrétiennes, Boko Haram est un mouvement islamiste, etc. Silence aussi sur l'enlèvement des trois jeunes Israéliens juifs...
Quant à Alain Vidalies il devient titulaire du secrétariat d'Etat aux Transports. Son engagement partial est évoqué supra. 

Les "autres secrétaires d'Etat conservent leur poste : Jean-Marie Le Guen (Relations avec le Parlement), Thierry Mandon (Réforme de l'Etat), Harlem Désir (Affaires européennes), Annick Girardin (Développement et Francophonie), Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur et Recherche), Christian Eckert (Budget), Kader Arif (Anciens combattants), Laurence Rossignol (Famille et Personnes âgées), Ségolène Neuville (Personnes handicapées), Carole Delga (Commerce et Artisanat), Axelle Lemaire (Numérique), André Vallini (Réforme territoriale) et Thierry Braillard (Sports)".

Le 21 novembre 2014, soupçonné de favoritisme dans l'attribution de marchés publics de plusieurs millions d'euros - il aurait favorisé les sociétés de son frère et de ses neveux - dans la région Midi-Pyrénées, Kader Arif a démissionné, et a été remplacé par Jean-Marc Todeschini, sénateur socialiste de la Moselle (Lorraine). Ce parlementaire avait signé la proposition de résolution sur la reconnaissance de la Palestine, déposée le 7 juin 2011, déposée notamment par Monique Cerisier- ben Guiga.

Le 27 janvier 2016, Christiane Taubira a démissionné. Jean-Jacques Urvoasdéputé socialiste du Finistère et président de la Commission des Lois à l'Assemblée nationale, lui a succédé au ministère de la Justice. Ce vice-président du groupe d'amitié France-Iran milite pour les Palestiniens :
En 2008, il a soutenu la cause de Salah Hamouri ;
- Le 7 avril 2009, évoquant un rapport d'Amnesty International, il écrivait : "Il en ressort que durant le récent conflit, qui a opposé Israël et le Hamas, des crimes de guerre et de graves violations du droit international ont été perpétrés par les deux parties. L’impunité de fait accordée par la communauté internationale ne manquerait pas de susciter de nouvelles violations des droits fondamentaux à l’encontre des populations civiles à l’occasion d’un prochain conflit, en Palestine ou ailleurs dans le monde. C’est pourquoi il demande au gouvernement français d’user de toute son influence auprès du conseil de sécurité de l’ONU afin d’exiger, d’une part, la création d’une commission d’enquête internationale impartiale chargée d’enquêter sur l’existence de crimes de guerre commis par les deux parties et, d’autre part, que l’ONU impose d’une manière effective et immédiate un embargo sur les armes en direction d’Israël et du Hamas et suspende tout transfert d’armes dont ils pourraient bénéficier" ;
- En septembre 2011, il s'est opposé à la  reconnaissance de la "Palestine" à l'ONU : "C'est un choix personnel. Je suis favorable, depuis toujours, à l'existence de deux Etats. Mais je pense qu'une solution imposée par une seul partie n'est pas la solution et risque d'envenimer les choses" ,
- Le 2 décembre 2014, il a voté pour une résolution parlementaire reconnaissant "l'Etat de Palestine" ;
- Le 20 novembre 2015, il a écrit à la ministre de la Justice, alors Christine Taubira, pour solliciter l'abrogation de la circulaire du 12 février 2010 de Michèle Alliot-Marie, alors Garde des Sceaux. Cette circulaire rappelait la loi prohibant la discrimination, et visait à harmoniser au niveau national l'action des parquets pour que ceux-ci poursuivent en justice les individus appelant aux boycotts des produits israéliens.

Le 6 décembre 2016, après la démission de Manuel Valls qui se présente à la Primaire du Parti socialiste, le Président François Hollande a désigné Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Les nouveaux ministres ou ministres ayant changé de portefeuilles sont :

Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur. Ce président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale avait écrit en 2013 à Laurent Fabius, alors ministre des Relations extérieures, pour lui demander une "identification clairement lisible sur les produits importés des colonies israéliennes en Cisjordanie". En 2014, il a été un des promoteurs de la résolution sur la reconnaissance de l'Etat de Palestine en 2014. Le 21 mars 2017, il démissionne de sa fonction de ministre de l'Intérieur ; Matthias Feklalors secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger, lui succède à ce poste.

- André Vallini, ministre des relations avec le parlement ;

Jean-Marie Le Guen, désormais Secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie

Il est symptomatique qu'aucune organisation Juive ou aucun média français n'ait réalisé cette étude. Ce qui révèle des carences graves et préjudiciables à une analyse exacte de la situation actuelle.

« Politique arabe »/"Politique iranienne" française 
Certes, le Président François Hollande a reçu à l’Elysée, le 6 juin 2012, Yaakov Amidror, chef du Conseil de sécurité nationale d’Israël, auquel il a fait part de « la volonté de la France d'engager avec Israël l'approfondissement de notre relation bilatérale et de développer les nombreux liens existant entre les sociétés israélienne et française dans tous les domaines » et de rencontrer « prochainement » le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.


Cependant, le 7 juin 2012, Laurent Fabius et Mahmoud Abbas ont signé au quai d’Orsay une « convention pour une aide budgétaire de 10 millions d’euros, qui constitue une partie des engagements français » et qui est la « première tranche de l’aide budgétaire » française au titre de 2012. « Les résultats obtenus permettent aujourd’hui d’affirmer que l’Autorité palestinienne est prête à établir un Etat fonctionnel et viable… Avec cette contribution, elle aura versé 105 millions d’euros à l’Autorité palestinienne pour la seule aide budgétaire depuis la conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien organisée à Paris en décembre 2007 », a déclaré Laurent Fabius. Une aide financière non conditionnée par l’arrêt de l’éducation à la haine d’Israël, de l'incitation au terrorisme, etc. Un soutien financier choquant au vu de l'essor économique de l'Autorité palestinienne - "8% en Cisjordanie et 15% à Gaza" en 2010 selon le quai d'Orsay et le FMI - et alors que, en raison de la crise économique - taux du PIB français de 1,7% en 2011 selon l'INSEE -, la France ne rembourse plus certains médicaments, etc.

Et le 8 juin 2012, le Président français s'entretenait à l’Elysée avec Mahmoud Abbas (Abou Mazen) qu’il avait rencontré « à plusieurs reprises ces derniers mois » alors qu’il était Premier secrétaire du Parti socialiste et comme candidat. Lors d’une conférence de presse, il s’est prononcé pour la reprise des négociations en vue de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Il a annoncé l’organisation d’un « séminaire intergouvernemental pour améliorer les relations entre l’Autorité palestinienne et la France et pour amplifier encore les échanges ». Quant à Mahmoud Abbas, il a rappelé le vote de la France à l'UNESCO en faveur de l'admission de "l'Etat de Palestine" au sein de cette organisation et il a annoncé qu'il irait aux Nations unies "afin d'obtenir le statut d'Etat non membre".

Le 6 juillet 2012, le Président François Hollande recevait Mahmoud Abbas à l'Elysée.

Signe alarmant, le 29 juin 2012, la France, représentée par son ambassadeur Daniel Rondeau, a voté en faveur de l'inscription "en urgence" et pour "la Palestine" du site "le Lieu de naissance de Jésus, l'Église de la Nativité et la Route du pèlerinage, Bethléem" sur sa liste du patrimoine mondial de l'UNESCO lors de la 36e session du Comité du patrimoine mondial à Saint-Pétersbourg (Russie).


Le 23 juillet 2012, au quai d'Orsay, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a désigné l'envoyé spécial de la France auprès de l'OCI (Organisation de la conférence islamique) : Louis Blin, consul général de France à Djeddah (Arabie saoudite), où siègle l'OCI. M. Fabius a déclaré : « Ce qui portera notre représentation au niveau de celle de nos partenaires proches. La France souhaite en effet suivre vos travaux assidûment et accompagner le développement d’une organisation qui a su trouver sa place par le dialogue avec le reste du monde ». Cette décision a été annoncée lors de l'« Iftar [Nda : diner rompant le jeûne lors du mois du Ramadan] en l’honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de la coopération islamique ». Seule la Syrie n'était pas invitée à ce diner traditionnel initié par Bernard Kouchner, alors ministre français des Affaires étrangères et interrompu quelques années. Pour Laurent Fabius, ce diner « permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman». Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, a décliné l'invitation à cette soirée. Les responsables du CFCM (Conseil français du culte musulman) étaient présents à ce dîner.

Lors de la cérémonie du 1er novembre 2012 à la mémoire des victimes de l'attentat djihadiste de Mohamed Merah contre l'école juive Ozar HaTorah, le Président François Hollance a déclaré que l'Etat d'Israël est "un pays créé, au lendemain de la Shoah, pour servir de refuge aux juifs". Or, la recréation de l'Etat d'Israël correspond l'aboutissement du sionisme politique, à un aspect du mouvement d'émancipation des peuples, mouvement des nationalités du XIXe siècle, etc. De plus, le Président François Hollande a ajouté : " La garantie de [la]sécurité [des Juifs] est une cause nationale... Le but de la République, c'est qu'il n'y ait plus jamais aucun policier devant une école... Contre le terrorisme mon pays est sans faiblesse". "La garantie de leur sécurité" ne signifie pas la lutte contre l'antisémitisme. Quant  à la fermeté de la France dans la lutte contre le terrorisme, on peut en douter devant la décision du parquet de clore l'enquête préliminaire ouverte contre Souad Merah. Par ailleurs, le 8 novembre 2012, Abdellah Zekri, président de l'Observatoire de l'islamophobie au sein du CFCM (Conseil français du culte musulman), a exprimé le souhait d'une "déclaration solennelle" du président François Hollande contre "la montée de l'islamophobie". Le Président Hollande est averti : s'il accède au souhait du CRIF, le CFCM, qui représente une part importante de son électorat,en 2012, exigera une mesure identique à son égard.

En novembre 2012, "la France présente un plan de cessez le feu « franco-qatari » ? Et pas « européen » pour mettre un terme à l'Opération Pilier de défense menée par Israël contre le Hamas et les autres mouvements terroristes qui, de la bande de Gaza, terrorisent par leurs tirs de roquettes les habitants de l'Etat d'Israël, principalement ceux du Sud.

La France a instruit la plainte contre X de Souha Arafat, veuve  de Yasser Arafat, alléguant, à tort, qu'Arafat aurait été assassiné par empoisonnement au polonium. Ce que dément le dossier médical du défunt. De plus,  le 5 juillet 2007,  Ahmad Jibril, Secrétaire général du FPLP Commandement général, a déclaré sur al-Manar : "L'équipe d'Abu Mazen (Mahmoud Abbas, Nda) a dit qu'Arafat est mort du SIDA". En outre, des rumeurs ont allégué une mort d'Arafat due à une cirrhose du foie.

En accueillant cette plainte confiée à trois juges d'instruction, la France accorde du crédit à la thèse de l'empoisonnement par les Juifs et gaspille l'argent public dans ce qui relève plus d'une lutte de pouvoirs ou de règlements de comptes au sein de l'Autorité palestinienne. Quant on sait le nombre de plaintes jugées irrecevables alors que les preuves de l'infraction sont réunies et les lenteurs de l'instruction judiciaire, cette réactivité française coûteuse ne manque pas de surprendre...

Le 29 novembre 2012, la France a voté, à l'Assemblée générale de l'ONU, pour le statut d'"Etat non membre observateur" de la "Palestine".

Le 14 janvier 2013, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a souligné que le Président de la République François Hollande avait évité de qualifier les terroristes d'islamistes lorsqu'il avait évoqué l'intervention militaire française au Mali. Ajoutons que le ministre Laurent Fabius a lui aussi éviter de lier ce terrorisme à l'islam, et que tous les médias hexagonaux ont évoqué le Français ou le Roubaisien Mehdi Nemmouche en évitant tout lien avec l'islam, et non l'islamiste assassin présumé de quatre personnes au musée Juif de Bruxelles (Belgique) ; un procédé sémantique qui a ulcéré le journaliste Eric Zemmour sur Itélé le 6 juin 2014. La leçon a bien été apprise par politiciens et médias...

Ainsi que l'analyse Herb Keinon le 19 janvier 2013, la France va vouloir prouver "au monde islamique qu'elle n'a rien contre lui ou contre les musulmans". Quel meilleur moyen que de devenir "le champion de la cause palestinienne ?" Le Président François Hollande a déjà évoqué des sanctions de l'Union européenne contre Israël...

Le 5 février 2013, la Bulgarie a évoqué "des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l'auteur de l'attentat" terroriste islamiste à l'aéroport de Bourgas, le 18 juillet 2012. Cet attentat a fait six morts - cinq touristes israéliens et le chauffeur bulgare- et une trentaine de blessés. Au sein de l'Union européenne, la France s'oppose à l'inscription du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes. Même la Turquie a inscrit ce mouvement dirigé par  Hassan Nasrallah dans sa liste de mouvements terroristes... Parmi les points à l'ordre du jour de la réunion du Conseil des 27 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles (Belgique) du 18 février 2013 : l'inscription éventuelle du Hezbollah sur la liste européenne des mouvements terroristes. 

Le 7 mars 2013, la France a rendu un hommage national à Stéphane Hessel, anti-israélien, lors d'une cérémonie aux Invalides (Paris) au cours de laquelle le Président François Hollande a prononcé l' éloge de cet "humaniste" controversé.

Le 12 avril 2013, 13 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE), dont Laurent Fabius, se sont déclarés prêts à soutenir les démarches de Catherine Ashton, représentante diplomatique de l'UE, en faveur de l'étiquetage des produits des "colonies israéliennes". Le 12 mai 2012, puis le 10 décembre 2012, les Etats membres de l'UE avaient affirmé leur volonté d'appliquer "la législation européenne et les accords bilatéraux concernant les biens produits dans les colonies".

Le 19 juillet 2013, le porte-parole du Quai d'Orsay a déclaré : " La Commission de l'Union européenne a publié le 19 juillet au Journal officiel de l'UE des lignes directrices sur l'éligibilité aux subventions, bourses et instruments financés par l'Union européenne des entités israéliennes et de leurs activités dans les territoires occupés par Israël depuis juin 1967. Ces lignes directrices ont vocation à s'appliquer de manière horizontale aux différents programmes et aides de l'Union européenne sur la période 2014-2020. Elles visent uniquement à garantir qu'ils ne bénéficieront pas aux colonies israéliennes. Elles mettent ainsi en application la position politique constante de l'Union européenne, exprimée à de nombreuses reprises par le Conseil affaires étrangères, selon laquelle Israël doit - conformément au droit international - être clairement distingué des territoires occupés". Or, en droit international, ces territoires sont "disputés" ou "contestés".

Le 22 juillet 2013, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-huit Etats-membres de l'UE ont décidé d'inscrire la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes, tout en poursuivant le dialogue avec le Hezbollah. Les mêmes individus dirigent les branches armée et politique de ce mouvement terroriste islamiste qui dispose, selon Tsahal, de plus de 60 000 roquettes et missiles pouvant frapper tout endroit en Israël.

Le 22 août 2013, Laurent Fabius a déclaré sur RMC-BFM TV en évoquant le conflit au Proche-Orient : "On parle moins de ce conflit en ce moment mais c’est le père de toutes les batailles".

Le 24 septembre 2013, le Président François Hollande a rencontré à New York, à la demande de l'Iran, le président iranien nouvellement élu, Hassan Rohani. Celui-ci n'a aucunement l'intention de mettre un terme au programme nucléaire iranien.

Lors de sa visite en Israël et dans les territoires disputés, le Président Hollande a déclaré, devant la Knesset le 18 novembre 2013, que la "colonisation" devait cesser. En avril 2013, il avait évité de prononcer ce mot quand il avait évoqué le Sahara occidental. Or, ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental figure dans la liste des territoires non autonomes établie par les Nations unies : il est occupé militairement par le Maroc depuis 1975. Aucun membre de la Knesset ne lui a rappelé que, le 17 mai 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par consensus une résolution inscrivant de nouveau la Polynésie française sur la Liste onusienne des territoires non autonomes à décoloniser. Avant cette visite, la France par la voix de Laurent Fabius avait exprimé la politique traditionnelle de fermeté à l'égard du programme nucléaire iranien. Après cette visite, la France a soutenu l'accord désastreux allouant de facto encore du temps à l'Iran pour qu'elle poursuive son programme nucléaire. L'Etat d'Israël a "fustigé cette erreur historique".

Le 20 mai 2014, lors de son audition devant la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international,  a déclaré : "Après la conclusion de l'accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, j'ai rappelé que la France a toujours été favorable à l'unité palestinienne mais que tout nouveau gouvernement devra respecter les conditions connues : reconnaître l'existence de l'État d'Israël, refuser le recours à la violence et accepter l'ensemble des accords conclus".

Le 6 juin 2014 le Président François Hollande a prononcé trois discours à l'occasion des cérémonies de commémoration du 70e anniversaire de Débarquement des Alliés en Normandie. A Ouistreham, il a évoqué les "victimes allemandes du nazisme", puis il a déclaré : "Notre devoir, c’est de lutter contre les fanatismes, les extrémismes, les nationalismes... Aujourd’hui, les fléaux s’appellent le terrorisme, les crimes contre l’Humanité ; mais ce sont aussi des fléaux terribles que nous avons à conjurer à travers les crises humanitaires, les dérèglements du système financier, les dangers du réchauffement climatique, la misère et le chômage de masse. Ce n’est pas comparable, mais c’est ce qui peut aussi menacer, partout dans nos Nations, la cohésion et parfois provoquer des conflits". Lors de la cérémonie franco-américaine à Colleville-Sur-Mer, il a souligné les combats des Etats-Unis et de la France "contre l’oppression et l’obscurantisme et qui ont aussi cette ambition, vouloir rendre le monde plus juste, plus démocratique, plus pacifique... Il s’agissait alors de lutter contre la barbarie nazie. Aujourd'hui, aujourd'hui encore nos deux pays sont unis pour répondre à d’autres menaces, le réchauffement climatique, le creusement des inégalités, le sous-développement, la misère, la faim. Eh oui, encore aujourd’hui nous sommes unis face à d’autres périls que l’on croyait à jamais disparus, le fondamentalisme, le racisme, l’extrémisme, le terrorisme". Lors de la cérémonie internationale d'hommage aux victimes de la bataille de Normandie à Caen, le Président François Hollande a souligné : "Dans toutes les guerres ce sont les civils qui payent un lourd tribut. Des civils lorsqu’ils sont utilisés comme boucliers humains, des civils lorsqu’ils sont victimes du terrorisme, des civils lorsque l’on voit des enfants être des cibles, parce que la guerre jette des centaines de milliers de personnes sur les routes, parce que des jeunes filles sont enlevées et livrées à la violence sexuelle". Mettre en parallèle la lutte contre le nazisme avec le prétendu "réchauffement climatique" est choquant. Si le Président François Hollande dénonce le "racisme", il ne prononce pas le mot "antisémitisme", et il omet sciemment de qualifier le terrorisme et le fondamentalisme d'islamiques. A quelques semaines de la fusillade antisémite au musée Juif de Bruxelles (Belgique) commise le 24 mai 2014 vraisemblablement par l'islamiste Mehdi Nemmouche, c'est lamentable. Comment lutter contre un ennemi que l'on craint de nommer ? 

L'Union européenne a défini l'antisémitisme, et en présente des exemples sur son site Internet : "Faire preuve d'une double morale en exigeant d'Israël un comportement qui n'est attendu ni requis d'aucun autre pays démocratique" ou "utiliser des symboles et images associés à l'antisémitisme classique (par ex: l'affirmation que les Juifs ont tué Jésus ou les meurtres rituels) pour caractériser Israël et les Israéliens". N'est-ce pas ce que font la France - affaire al-Dura - et l'Union européenne (UE) ? 

Ce n'est que le 17 juin 2014, que Laurent Fabius a condamné l'enlèvement par le Hamas, le 12 juin 2014, de trois adolescents israéliens : Naftali Frenkel, âgé de 16 ans, Gilad Shaer, âgé de 16 ans, et Eyal Yifrach, âgé de 19 ans. Par  contre, dès la découverte des dépouilles de ces trois jeunes Israéliens le 30 juin 2014, le Président François Hollande - "Le chef de l’Etat exprime sa préoccupation face à la multiplication des violences ces derniers jours en Cisjordanie et à Gaza. Il condamne les tirs de roquettes depuis Gaza sur le territoire israélien. Il demande que tout soit fait pour éviter de nouvelles victimes et le risque d’une escalade de la violence" - et Laurent Fabius - "Alors que le gouvernement français n’a cessé d’exiger la libération de ces trois jeunes, j’adresse à leurs famille et au peuple israélien mes profondes condoléances et ma totale solidarité" - ont condamné "ce lâche  assassinat", "ces crimes odieux, lâches et barbares".

Lors de l'opération Protective Edge, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a déclaré le 9 juillet 2014 que la France "condamne une accélération à la fois des tirs de la part Palestiniens et de la riposte de la part d'Israël", et exprime la "volonté réaffirmée, dans ce contexte, d'avoir des discussions avec l'ensemble des acteurs sur le Proche-Orient, les Etats-Unis, mais aussi à l'échelle de l'Union européenne car le ministre des Affaires étrangères considère qu'il faut qu'il y ait une position européenne". Ce qui mettait de manière choquante et injuste sur le même plan l'agresseur islamiste et la défense israélienne. Le 8 juillet 2014, lors de son audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a déclaré : "C'est une situation épouvantable. Des exactions ont été commises. Ces jeunes gens israéliens assassinés, puis ce jeune Palestinien brûlé, tout cela est épouvantable. Le risque est à la fois de mettre en danger des vies humaines de part et d'autre, et puis de déclencher des mécanismes qui échappent au contrôle des uns et des autres. La France plaide, pour la retenue, au risque sinon de repartir dans une situation de violence croissante. J'en ai discuté ces jours derniers avec nos partenaires étrangers, y compris des partenaires du côté israélien et du côté palestinien, mais aussi avec les Américains, Mme Clinton, des collègues en haute fonction. La question posée est : « Quelle est la bonne solution ? Quels sont les bons paramètres, les bons critères ? » Le rôle de la diplomatie est de chercher les bons dosages. Dans la crise israélo-palestinienne, on connaît les paramètres. Cela fait d'ailleurs très longtemps que l'on en discute. Il s'agit maintenant d'appliquer la solution. Compte tenu des passions légitimes que ce conflit génère, chacune des deux parties est-elle prête à accepter cette solution ? Je n'en suis pas sûr. Les Américains, John Kerry le premier, ont fait beaucoup d'efforts, qui pour l'instant n'ont pas abouti. La question n'est pas tant de « trouver le bon paramètre» que de « faire appliquer cette solution internationale par les deux parties grâce à la pression internationale, des États-Unis, de l'Europe, de la France, des pays arabes, et d'autres »... Je pense que ce qui a été dit, notamment par Mahmoud Abbas lui-même : dès lors que le Hamas serait impliqué dans l'assassinat de ces jeunes, il ne peut pas participer à un gouvernement. En ce qui concerne le Hamas, la France n'a jamais été contre un gouvernement unitaire, mais dès lors que les conditions sont réunies, c'est-à-dire la reconnaissance d'Israël, le refus de la violence". 

Revirement le 9 juillet 2014 au soir : le Président François Hollande a eu "un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. Le Président de la République rappelle la nécessité de prévenir l’escalade des violences". 

Volonté de ne pas s'aliéner le "vote halal" déjà choqué par la loi autorisant le mariage entre homosexuels et des députés socialistes indignés par sa compréhension de nécessité d'Israël de se défendre contre les islamistes ? Nouvelle inflexion vers un retour à la "politique arabe" : le 10 juillet 2014, le Président François Hollande a exprimé lors "d'un entretien téléphonique avec le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, son inquiétude concernant la situation à Gaza et a déploré que les opérations militaires en cours aient déjà fait de nombreuses victimes palestiniennes. La sécurité de toutes les populations civiles doit être assurée et l’escalade doit cesser. Tout doit être fait pour restaurer la trêve établie en 2012. C’est ce message que la France a porté aujourd’hui au Conseil de Sécurité. Le Président de la République a salué le sens des responsabilités du Président Abbas et les efforts qu’il déploie pour parvenir à l’apaisement des tensions. La crise actuelle rappelle l’impérieuse nécessité de reprendre les négociations afin de parvenir à l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient. La France reste mobilisée pour aider Israéliens et Palestiniens à atteindre cet objectif".


Et pour finir, momentanément : le 13 juillet 2014, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a condamné, sur Europe 1 et i-Télé, « les tirs de roquettes qui se sont produits de la part du Hamas sur la population civile israélienne », et a demandé « à Israël de faire preuve de mesure dans sa riposte, de respecter le droit international et de faire en sorte que les victimes civiles soient épargnées ». Comme si Israël ne le faisait déjà pas déjà ! Et il a refusé « l'escalade » de la violence et a souhaité le retour  à la table des négociations. Pour Laurent Fabius, « à Gaza comme en Israël, la priorité absolue, c'est le cessez-le-feu ».

Tolérance de défilés, et parfois de rassemblements interdits, de la "rue arabe" et de ses soutiens émaillés de slogans et banderoles antisémites, de drapeaux djihadistes et de guérillas urbaines inquiétantes, absence de paroles fortes du Président François Hollande face à la recrudescence de l'antisémitisme, écart abyssal entre la fermeté affichée du gouvernement et la réalité laxiste, volonté de ne pas stigmatiser un électorat qui avait plébiscité le candidat socialiste en 2012... La diplomatie française s'infléchit davantage en faveur des Palestiniens.  

A l'évidence, le Président François Hollande a entendu le message des manifestants : le 24 juillet 2014, il a reçu les organisations non gouvernementales (ONG) françaises actives à Gaza : la Croix-Rouge française, Médecins du monde (MDM), Médecins sans frontières (MSF), le Secours islamique de France, Première urgence-Aide médicale internationale, Handicap international. Le Président de la République "a annoncé que le Gouvernement français allait débloquer une aide de 11 millions d’euros pour faire face à l’urgence (aide budgétaire et aide humanitaire). Il a annoncé la mise en place, par le Ministère des Affaires étrangères, d’un fonds dédié qui permettra de mutualiser les moyens des collectivités territoriales qui souhaitent se mobiliser et de l’Etat, autour de projets significatifs pour venir en soutien aux populations. Cette aide d’urgence s’inscrit dans le cadre d’un engagement constant de la France aux côtés de l’Autorité palestinienne".

Puis, le 28 juillet 2014 Président François Hollande s'est entretenu avec le Président Mahmoud Abbas le 28 juillet 2014.  "Il l’a informé que la France allait procéder au versement d’une première tranche d’aide budgétaire de 8 millions d’euros à l’Autorité palestinienne qui s’ajoutera à l’aide humanitaire exceptionnelle de 3 millions d’euros déjà débloquée pour la population de Gaza. Dans le prolongement de la réunion internationale qui s’est tenue samedi à Paris, il a réitéré la pleine mobilisation de la France en faveur d’un cessez-le-feu. Alors que la situation sécuritaire et humanitaire observée à Gaza appelle la mobilisation de toute la communauté internationale, le Chef de l’Etat a souligné auprès de M. Abbas la nécessité de soutenir les démarches entamées pour obtenir une trêve durable, qui réponde aux besoins légitimes des Palestiniens en matière de développement économique et de protection des civils comme des Israéliens en matière de sécurité. Il a souligné la nécessité d’associer pleinement l’Autorité palestinienne aux efforts menés en ce sens sur la base de l’initiative égyptienne. Le Chef de l’Etat a enfin marqué sa conviction que cette crise venait souligner l’urgence de redonner un horizon politique aux Palestiniens et aux Israéliens : seules des négociations crédibles entre Israéliens et Palestiniens pourraient permettre la signature d’un règlement juste et définitif, établissant deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité".

Quels succès politiques et financiers pour le Hamas et Abbas ! Quelle faiblesse politique et morale française privilégiant une  "politique arabe" si désastreuse et le soutien à un mouvement islamiste ! Qui croira en une énième quand cinq trêves ont déjà été rompues par le Hamas ?

Quelle différence avec le Canada qui a demandé, le 22 juillet 2014, à l'ONU une "enquête indépendante" sur la découverte, pour la deuxième fois, de roquettes dans des écoles d'une de ses agences, l'UNRWA, et de la remise de ces armes au Hamas, "une organisation placée sur la liste des organisations terroristes, une fois que les autorités israéliennes eurent découvert leur emplacement", a déclaré John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères. Et le 29 juillet 2014, l'UNRWA a annoncé avoir trouvé pour la troisième fois des armes du Hamas dans une de ses écoles, sans réaction du Président Hollande.

Celui-ci a condamné le 30 juillet 2014 "le bombardement qui a frappé une école des Nations Unies, dans le camp de Jabaliya dans la bande de Gaza, causant la mort d’au moins seize Palestiniens. Il s’associe au Secrétaire général des Nations Unies qui a jugé ces faits « injustifiables ». La France exige la mise en place d’un cessez-le-feu immédiat. Tous les efforts doivent converger vers cet objectif". Mais il n'a pas réagi à la demande de 58 députés UMP et UDI - Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Debré, Claude Goasguen, Hervé Mariton, Alain Marleix, Dominique Bussereau ou Patrick Devedjian, les centristes Jean-Christophe Fromantin et François-Xavier Villain - réclamant au chef d'État une double initiative diplomatique pour "éviter la disparition progressive des Chrétiens d'Orient" : une intervention de la France auprès des autorités des "pays du Proche et du Moyen-Orient concernés pour leur demander de mieux garantir le libre exercice du culte sur leur territoire et de prendre des mesures de sécurité particulières autour des lieux de culte fréquentés par les chrétiens" ; un projet de résolution présenté par la France devant le Conseil de Sécurité des Nations unies afin de "réaffirmer solennellement - après sa récente 'déclaration à la presse' sur la persécution de minorités à Mossoul en Irak - le droit de toutes les minorités à pratiquer en toute liberté et en toute sécurité leur religion dans le respect des principes de la Déclaration universelle des droits de l'Homme."

10 septembre 2014 : revirement sémantique majeur dans la lutte contre le terrorisme islamiste au Moyen-Orient. Lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre Laurent Fabius refuse d'utiliser l'expression "Etat islamique" : "Le groupe terroriste dont il s'agit n'est pas un Etat. Je recommande de ne pas utlilser l'expression Etat islamique car cela occasionne une confusion : islam, islamistes, musulmans. Il s'agit de ce que les arabes appellent "Daesh" et de ce que j'appellerais les "égorgeurs de Daesh" (Daesh" est l'acronyme en arabe de l'EIIL (Etat islamique en Irak et au levant). Aux Etats-Unis, ils emploient le terme "ISIL" (Islamic State of Iraq and the Levant). Autre raison possible : ne pas heurter le "vote halal". Un choix adoubé par le Président de la République François Hollande lors de la conférence sur l'Irak à Paris, le 15 septembre 2014, et les autres ministres. Mais hormis Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) et Olivier Ravanello (I-Télé), les médias demeurent rétifs à utiliser "Daesh", peu signifiant pour leur audience, et évoquent l'Etat islamique. "Dire "Daesh" au lieu de #EIIL n'enlève aucune légitimité étatique. Daesh est l'acronyme arabe de EIIL(Ad dawla al islamiya fi 'Iraq wa Shem)", a twitté la journaliste Nassira el Moaddem le 15 septembre 2014. Le 17 septembre 2014, Arrêt sur images révélait que Marc Saikali, directeur de France 24, a envoyé le 13 septembre 2014 un courrier électronique à sa rédaction sur le traitement de l’Etat islamique sur l’antenne. Il a demandé à ces journalistes à « sortir d’une sorte de neutralité stupide » pour « prendre position » ; « Nous devons, sur nos antennes, avec nos invités, dans nos débats, ouvertement prendre parti contre ces barbares. Je vous demande donc de veiller à chaque mot, chaque plan. Les images que nous diffusons avec des drapeaux noirs flottant au vent et de jeunes gens en pleine santé doivent obligatoirement être soumises au synthé : vidéo de propagande. Y compris en arabe. [...] La ligne éditoriale de la chaîne est claire : ce sont des terroristes et des barbares. J’attire particulièrement l’attention du booking sur les invités. Je ne veux plus voir un seul crétin qui justifierait les actions de ces sauvages sous prétexte politique sunnite/chiite. Pour une fois, il y a les gentils et les méchants ! Eux, sont les pires ennemis de notre civilisation. Nous allons devoir gérer leur existence pour au moins cinq ans. Au moindre dérapage, je serai intransigeant. Notre devoir est de lutter contre eux. Tout le temps. Avec au moins 43 millions de téléspectateurs, nous avons une responsabilité immense ». La Société des journalistes (SDJ) de RFI a réagi en demandant avec ironie : « La boîte de Marc Saikali a-t-elle été piratée ? Ces propos vont totalement à l’encontre des règles de déontologie de base enseignées en première année d’école de journalisme, et nuisent gravement à la réputation de France Médias Monde et à celle des journalistes du groupe qui sont, eux, guidés par ces mêmes règles ». Pourquoi cette vertueuse SDJ ne s'indigne-t-elle pas de la terminologie baisée de ses journalistes traitant d'Israël : "colons", "colonies", "territoires occupés", etc. ? La SDJ aurait-elle réagi de la même manière lors de la Seconde Guerre mondiale à l'égard des nazis ? Cet Etat islamique n'est-il pas barbare ?

A noter que le 10 septembre 2014, le président américain Barack Obama a déclaré : "Ce groupe se fait appeler 'Etat islamique' mais il faut que deux choses soient claires : ISIL (Islamic State of Iraq and the Levant, Nda)  n'est pas islamique. Aucune religion ne cautionne le meurtre d'innocents et la majorité des victimes de l'ISIL sont des musulmans. ISIL n'est certainement pas un Etat. Il était auparavant la branche d'Al-Qaïda en Irak".


Le 19 septembre 2014, le président de la République François Hollande s'est entretenu à l'Elysée le président Mahmoud Abbas (Abu Mazen) avant que ce dernier ne se rende à l’Assemblée Générale des Nations Unies. Un choix non fortuit. Ainsi que l'a dit le Président Hollande lors de la conférence de presse : "Nous aurons donc à dire très clairement, dans une résolution qui sera présentée au Conseil de sécurité, ce que nous attendons maintenant du processus et ce que doit être la solution du conflit". 

Le Président Hollande a déclaré : "Nous devions ensemble rappeler les événements terribles qui se sont produits à Gaza, qui ont fait plus de 2.000 morts, des milliers de blessés, et des personnes qui aujourd’hui sont dans le dénuement le plus complet. Je veux à la fois saluer tous les efforts que Mahmoud Abbas lui-même, avec les égyptiens et beaucoup d’autres, ont pu mener pour trouver un accord qui doit être durable, quant à la situation à Gaza et qui évite d’autres morts. Mais je veux aussi lui dire le soutien de la France, à la fois sa solidarité par rapport aux populations, mais aussi sa contribution pour la reconstruction de Gaza. Néanmoins c’est la troisième fois que Gaza est détruite. Nous ferons bien volontiers notre travail de solidarité, mais que ce que nous devons rechercher c’est un accord de paix durable. Pour y parvenir, il y a la nécessité de reprendre des négociations qui ont été interrompues et qui doivent maintenant trouver leur dénouement. Cela fait trop longtemps qu’il y a des discussions, qu’il y a des négociations, des suspensions, des arrêts, des interruptions et qu’il y a l’idée qu’il n’y aura jamais de solution pour en terminer avec le conflit israélo-palestinien, alors que nous en connaissons tous les paramètres et que j’ai eu l’occasion de les préciser et d’énoncer nos principes lorsque je me suis rendu et en Israël et en Cisjordanie... En attendant, nous aurons aussi à cœur de prendre la dimension de ce qui se passe dans la région. C’est ce que nous avons fait. La lutte contre le terrorisme, a pris un tour nouveau avec ce mouvement Daech, qui finalement a parti lié avec d’autres mouvements terroristes qui déjà existaient dans la région. La France a été amenée à prendre ses responsabilités, et j’ai exprimé au Président Mahmoud Abbas ce qu’était notre conception de cette intervention, qui n’est qu’une réponse à la demande qui nous a été adressée par les autorités irakiennes et qui permettra d’affaiblir ce mouvement terroriste qui menace l’Irak, mais qui menace aussi toute la région et bien au-delà".


Et de conclure : "Une nouvelle fois, cette rencontre et je ne peux même plus dire combien nous en avons eu depuis mon élection, témoigne de la relation tout à fait exceptionnelle qui existe entre nos deux personnalités et surtout entre la France et le peuple palestinien. Mais nous savons que la France est également liée à Israël, que la France veut la sécurité d’Israël et c’est parce que nous savons parler à tous nos partenaires que nous pouvons être une solution pour mettre un terme à ce conflit".


Alors que le discours du Président Hollande tenait en quatre minutes, celui du Président Abbas a prononcé un discours anti-israélien ("colonisation") pendant environ 13 minutes, en sachant que son hôte ne pourrait pas lui répondre.

Le 2 octobre 2014, le ministre Laurent Fabius a condamné "avec gravité la décision des autorités israéliennes d’approuver la construction de 2 610 logements à Givat Hamatos. Si cette décision était maintenue, elle marquerait la création d’une nouvelle colonie, pour la première fois depuis plus de quinze ans, à Jérusalem-Est. Cette annonce vient directement menacer la solution des deux Etats et la vocation de Jérusalem à être la capitale de ces deux Etats à un moment où tous les efforts doivent converger vers la paix. Nous appelons instamment les autorités israéliennes à revenir sur cette décision. On ne peut prétendre plaider pour une solution et dans le même mouvement agir contre celle-ci sans que des conséquences en soient tirées, notamment au sein de l’Union européenne".

Lors de la Conférence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a déclaré le 12 octobre 2014 : "La réconciliation palestinienne est un autre élément clef de la stabilisation de Gaza et une étape nécessaire vers la paix... Nous devons tirer les leçons du passé. L'objectif est clair : un État de Palestine indépendant, démocratique, contigu et souverain, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d'Israël, sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux États. Cette solution des deux États est menacée sur le terrain notamment par la colonisation. Face à ce danger, il nous faudra bien, à un moment, reconnaître l'État palestinien".

Le 14 octobre 2014, Laurent Fabius a répondu à une question à l’Assemblée nationale : "À partir du moment où nous disons qu’il faut qu’il y ait deux États, il y aura nécessairement une reconnaissance de l’État palestinien ; cela va de soi, c’est logique. La seule question est : quelles sont les modalités et comment, pour être le plus efficace possible ? Nous en avons parlé dimanche au Caire avec le président Mahmoud Abbas ; hier, j’accueillais John Kerry et, ce matin, je me suis entretenu avec le ministre des Affaires étrangères de la Palestine qui était dans mon ministère pour me rencontrer. Ce que nous voulons, ce n’est pas une question symbolique, c’est être utile à la paix. Jusqu’à présent, l’idée qui a prévalu - vous le savez -, c’est que la reconnaissance devait être liée à la négociation. Mais, à partir du moment où la négociation serait impossible ou n’aurait pas de conclusions, il faudrait évidemment que la France prenne ses responsabilités. C’est dans cet état d’esprit que nous travaillons avec l’ensemble des parties, et notamment avec les Palestiniens. Cela signifie que nous n’agirons pas ainsi seulement en matière de symbole mais pour être utile à la paix. Et je vous confirme que, le moment venu, il y aura bien une reconnaissance de l’État palestinien".

Le 24 octobre 2014, le quotidien israélien Maariv a révélé « la relation controversée de l’Ambassadeur de France en Israël » Patrick Maisonnave avec Nadia Sartawi, fille du dirigeant de l'OLP assassiné Issam Sartaoui, ancienne directrice des relations internationales et du protocole du Conseil législatif palestinien, puis chargée des négociations économiques pour le ministère français des Affaires étrangères. "Après la diplomate (Marion Castaing) qui a mis un direct du droit à un soldat l’an passé et qui a été promue et est aujourd’hui en poste en Italie, après les saluts nazis à l’école du Consulat de France de Jérusalem, après le non respect de la minute de silence lors du jour de la Shoah dans cette même école, après le chauffeur du consulat attrapé avec de l’or, des cigarettes et des téléphones (il trafiquait entre la Jordanie et les villes arabes d’Israël et des territoires), après les révélations sur l’ancien Ambassadeur de France en Israël Christophe Bigot… Voilà qui ne devrait pas améliorer l’image de la France en Israël", écrit Ariel Melles dans JSSNews.

Le 28 novembre 2014, l'Assemblée nationale a débattu, en présence de Laurent Fabius, sur une résolution, proposée par deux députés socialistes de Seine-Saint-Denis, Benoit Hamon et Elisabeth Guigou, et invitant la France à reconnaître la Palestine. Le 2 décembre 2014, cette résolution a été adoptée par 339 voix contre 151 voix, sur les 506 votants et 490 suffrages exprimés. La majorité absolue était de 246 voix. Cité par Le Canard enchaîné (19 novembre 2014), Benoit Hamon aurait dit : « Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande ». Sa justification officielle, exprimée sur RTL le 20 novembre 2014 : « L’objectif d’inviter le gouvernement à reconnaître l’État de Palestine, pour redonner de la force aux partisans de la paix des deux camps ». Sans sanctionner l'Autorité palestinienne  et en acceptant l'union de deux mouvements terroristes : le Fatah et le Hamas ?! Un "vote halal" qui a cruellement fait défaut à ce candidat aux primaires du parti socialiste avant l'élection présidentielle de 2012. Le 11 décembre 2014, après un vif débat, une résolution similaire a été adoptée par le Sénat par 153 voix Pour contre 146 Contre sur 299 suffrages exprimés et 323 votants. Signes de la faiblesse ou duplicité du Président François Hollande ? Aveu aussi du manque d'autorité de Nicolas Sarkozy, nouveau dirigeant de l'UMP, qui avait souhaité un vote Contre des groupes UMP au Parlement.

Le 18 décembre 2014, le Conseil de sécurité de l'ONU (Organisation des Nations unies) a examiné une résolution sur l'"occupation", inspirée par la France et amendée par l'Autorité palestinienne : le ministre Laurent Fabius en a ôté la clause imposant aux Palestiniens de reconnaître l'Etat d'Israël comme Etat Juif. Les quinze membres de ce Conseil devraient voter sur ce texte le 19 décembre 2014. La France donne deux ans aux négociations "pour parvenir à un règlement définitif" du conflit.

Le 30 décembre 2014, le Conseil de sécurité onusien a rejeté cette résolution modifiée le 29 décembre 2014 : huit Etats - la France, la Chine, la Russie, l'Argentine, le Tchad, le Chili, la Jordanie et le Luxembourg  - ont voté Pour, deux pays - Etats-Unis, Australie -  ont voté Contre, et cinq - le Royaume-Uni, le Nigéria, la Lituanie, la Corée du sud et le Rwanda - se sont abstenus.  Ce texte prévoyait "Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d'un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l'arrêt de la colonisation israélienne et  le caractère illégal du mur de séparation", ainsi que le désengagement israélien des territoires disputés avant fin 2017. Ambassadeur de France à l'ONU, François Delattre avait allégué devant ledit Conseil que la France soutenait cette résolution car elle était « poussée par l'urgence à agir ». Il a exprimé sa déception devant cet échec, mais a annoncé : « Nos efforts ne doivent pas s'arrêter là. Notre responsabilité est d'essayer encore. Avant qu'il ne soit trop tard ».

Lors du débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi Macron, des députés socialistes "frondeurs" ont exprimé leur opposition à ce texte. Après des pressions intenses du Président François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls, ce projet de loi était adopté le 19 février 2015 par le recours à l'article 49-3. Force est de constater que ces deux autorités politiques nationales peuvent, quand elles le veulent, ramener dans le rang les élus socialistes et "siffler la fin de la récré". Elles ne l'ont pas voulu pour les deux résolutions parlementaires sur la reconnaissance de la Palestine.

Lors des négociations sur le programme nucléaire iranien, la position de relative fermeté de la France révèle plus la prééminence de la "politique arabe" française, qu'un penchant pro-israélien.

La France a projeté de soumettre au Conseil de sécurité onusien une résolution visant à résoudre le "conflit israélo-palestinien dans un délai maximal de dix-huit mois" par "une solution juste, durable et globale". Selon Le Figaro, faute d'accord à l'issue de cette période, "la France a fait savoir qu'elle reconnaîtrait officiellement l'Etat de Palestine". Ce texte réclame la création d'un Etat palestinien démilitarisé "sur la base des frontières du 4 juin 1967, moyennant des échanges mutuellement agréés de territoires équivalents", et le retrait d'Israël des territoires disputés. Les négociations devront définir un plan "qui garantisse la sécurité d'Israël et de la Palestine ... et qui empêche la résurgence du terrorisme ainsi que l'infiltration d'armes". Jérusalem ? La cité biblique deviendrait "la capitale des deux futurs Etats". La France prône "une solution juste, équilibrée et réaliste" par un "mécanisme de compensation". Selon Le Figaro, la France a "communiqué de façon informelle à Londres et Madrid" son projet qui devrait être soumis au vote à l'été 2015, après la date limite du 30 juin 2015 fixée pour l'accord avec l'Iran sur son programme nucléaire militaire.  Cette date du 30 juin aurait été choisie par la France sur l'insistance des Etats-Unis et des pays arabes, pour calquer ce calendrier sur celui des négociations avec l'Iran.

Début mai 2015, la rencontre stratégique annuelle, sur des thèmes notamment sécuritaires, entre diplomates français et israéliens sur ce texte de Laurent Fabius a été tendue. Lors de cette réunion au ministère israélien des Affaires étrangères à Jérusalem, les délégations étaient menées respectivement par le directeur-général de ce ministère Nissim Ben-Shitreet et son homologue français Christian Masset. Selon Haaretz, les diplomates israéliens ont reproché à leurs homologues français de ne pas les informer sur leur initiative onusienne, alors qu'ils discutent de la teneur de ce texte avec les Palestiniens, des pays arabes et des membres du Conseil de Sécurité, à Paris et à New York. Les Français ont tout nié et s'obstinent en alléguant une frustration européenne.

A l'été 2015, la France a abandonné son projet de présenter une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU obligeant Israël à reprendre les négociations avec l'Autorité palestinienne afin de conclure la paix en 18 mois.

Le 14 juillet 2015les négociations et sanctions pour amener l'Iran à arrêter son programme nucléaire militaire ont abouti à un accord problématique entre le groupe E3/UE+3 ou P5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume Uni, Russie) et.l'Iran.

Le 10 septembre 2015, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution autorisant "les Palestiniens à faire flotter leur drapeau au siège de l'institution internationale à New York, une nouvelle étape dans l'intense campagne diplomatique qu'ils mènent pour faire reconnaître leur Etat". La résolution a "été adoptée par 119 voix pour, huit contre et 45 abstentions sur les 193 pays membres de l'ONU. Les Etats-Unis et Israël ont voté contre, de même que le Canada et l'Australie. La France a voté pour, ainsi que la Russie et la Chine. Le Royaume-Uni et l'Allemagne se sont abstenus. A Paris où il se trouvait jeudi, le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a vu dans ce vote « un pas sur le chemin menant la Palestine au statut de membre à part entière des Nations unies ».Le 29 novembre 2012, la Palestine était devenue un «Etat observateur non membre» de l'ONU, lors d'un vote historique à l'Assemblée générale. Fort de ce nouveau statut, l'Etat de Palestine a intégré des agences de l'ONU et a rejoint la Cour pénale internationale. Mais n'est pas encore devenu membre à part entière des Nations unies bien qu'il soit reconnu par plus de 130 pays. La résolution demande que les drapeaux des Etats non membres de l'ONU ayant statut d'observateur soient « hissés au siège et dans les bureaux des Nations unies après ceux des pays membres». Seuls les Palestiniens et le Vatican ont ce statut. L'ONU a désormais 20 jours pour se préparer à déployer le drapeau palestinien à son fronton". 
"Les Palestiniens espèrent que le drapeau rouge, noir, blanc et vert sera hissé à l'occasion de la venue à New York fin septembre de leur président, Mahmoud Abbas. Celui-ci doit participer à la session annuelle de l'Assemblée générale et à un sommet sur le développement durable. Il doit prononcer un discours devant l'Assemblée le 30 septembre".

Le 16 octobre 2015, l'ambassadeur de France auprès des Nations unies "a déposé à New York un projet de texte réclamant l'envoi d'observateurs internationaux par l'ONU" sur le mont du Temple à Jérusalem (Israël). Ce "document doit être débattu dans les prochaines heures par les membres du Conseil de sécurité des Nations unies. S'ils parviennent à un consensus, ce texte pourrait faire l'objet d'une déclaration endossée par le président du Conseil de sécurité. « Il s'agit de mettre en place des observateurs indépendants capables de recenser d'éventuelles violations du statu quo », a précisé une source informée de ces démarches. Mais un responsable israélien a observé : « Un tel dispositif est à nos yeux inenvisageable.»

Le 21 octobre 2015, le Conseil exécutif de l'UNESCO a adopté la résolution affirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la "Palestine". Cette résolution a été adoptée par 26 voix pour, 6 contre - dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne - et 25 abstentions dont la France. Elle indique : "Les deux sites palestiniens d'Al Haram al Ibrahimi/Tombeau des Patriarches à Al Khalil/Hébron et la mosquée Bilal Bin Rabah/Tombe de Rachel à Bethléem, font partie intégrante de la Palestine". En outre, l'Unesco "regrette" le refus d'Israël de se conformer à une résolution antérieure qui l'appelait à retirer ces deux sites de la Liste du patrimoine national israélien.

Après les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015, la diplomatie française a opéré un revirement à 180° : si auparavant elle s'alignait sur le "Ni Bachar al-Assad, ni Daech" si cher au ministre Laurent Fabius, désormais, elle vise l'Etat islamique : "L'ennemi, c'est Daech".

Cependant, la "politique arabe" française demeure immuable dans son soutien à l'Autorité palestinienne, la délégitimation et la diabolisation d'Israël, etc.

Le 27 janvier 2016, journée de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité, le Président François Hollande a reçu à l'Elysée le président iranien Hassan Rohani qui dirige un Etat visant à détruire l'Etat d'Israël. Selon l’Elysée, les accords commerciaux signés entre l'Iran et des groupes ou investisseurs français - ADP, Airbus, Alstom, PSA, Sanofi, SNCF, Suez, etc. - représentent un potentiel de 15 milliards d’euros. 

Le 29 janvier 2016, Laurent Fabius, dont divers médias ont annoncé son départ du Quai d'Orsay pour présider le Conseil constitutionnel, a annoncé la volonté de la France d'organiser une conférence internationale pour "relancer le processus de paix" au Proche-Orient. Cette conférence réunirait l'Etat d'Israël, l'Autorité palestinienne, les Etats-Unis, l’Union européenne (UE) et les pays de la Ligue arabe. En cas d’échec, M. Fabius a affirmé que Paris reconnaîtrait de manière unilatérale "l’Etat de Palestine". 

Négociateur en chef palestinien, Saeb Erakat a remercié la France pour son « implication internationale sérieuse afin de mettre un terme à l’occupation ». 

Le 30 janvier 2016, un dirigeant israélien a estimé que les propos de Laurent Fabius vont encourager l'irrédentisme des Palestiniens : « Le ministre des Affaires étrangères français dit d’emblée que si son initiative aboutit à une impasse, la France reconnaîtra un Etat palestinien. Cette déclaration va inciter les Palestiniens à parvenir à une impasse. Des négociations ne peuvent être tenues et il n’est pas possible de parvenir à la paix de cette façon ».

En plein chaos au Moyen-Orient, alors que les Etats y vacillent sous les avancées des islamistes, la France a relancé une ancienne chimère en partie pour embellir le bilan désastreux de sa diplomatie. A la fin de l’été 2014, lors de la conférence des ambassadeurs au Quai d’Orsay, Laurent Fabius avait averti : « Il faudra bien, à un moment, reconnaître l’Etat palestinien ». S'en était suivie à l’automne 2014 une initiative : une résolution devant le Conseil de sécurité de l’ONU imposant "aux protagonistes un calendrier contraignant ainsi que des paramètres sur les grandes questions (droit au retour des réfugiés palestiniens, Jérusalem capitale des deux Etats, reconnaissance mutuelle, etc.) Le 28 novembre 2014, un débat a lieu à l’Assemblée nationale, avant un vote sur une résolution symbolique reconnaissant "la Palestine". Laurent Fabius a allégué "devant les députés la nécessité de trouver le bon tempo pour cette mesure unilatérale : « La France reconnaîtra l’Etat de Palestine (…) Nous soutenons la négociation, mais nous refusons que celle-ci devienne le mode de gestion d’un statu quo injuste et intenable ». Le ministre a évoqué "la tenue d’une conférence internationale, à l’initiative de la France, pour « accompagner » l’effort de paix. Quelques jours plus tard, devant la commission des affaires étrangères au Sénat, M. Fabius a insisté sur "le calendrier contraignant, dans le cadre d’une éventuelle résolution du Conseil de sécurité. A la fin du mois de décembre 2014", Paris déchantait devant son isolement car les Etats-Unis ne soutenaient pas la démarche française et "les Palestiniens, arc-boutés sur des positions maximalistes, poussent un projet de résolution concurrent, via la Jordanie, devant le Conseil de sécurité". Un texte  rejeté. Les actions de la France réduites à néant. Lors des six mois de négociations intenses sur le programme nucléaire militaire iranien, le président Barack Obama a demandé à la France  de reporter ses "initiatives de paix". Fin juin 2015, le voyage de Laurent Fabius au Proche-Orient n'aboutit à rien. En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le 30 septembre 2015, le Quartet (ONU, UE, Russie et Etats-Unis), la Jordanie, l’Egypte et l’Arabie saoudite se sont réunis. Dès le 1er octobre 2015, débutaient des attentats terroristes palestiniens au couteau qui ont coûté la vie à 25 Israéliens. 


Le 2 février 2016, sur Radio J, l'essayiste Michel Gurfinkiel a rappelé que, sous la constitution de la Ve République, le ministre des Affaires étrangères n'est pas le chef de la diplomatie française. Celle-ci est élaborée par le Président de la République, le Premier ministre et ce ministre. Cette "équipe ne peut pas ne pas mener la guerre contre les terroristes", a déclaré cet écrivain.

Michel Gurfinkiel a expliqué que cette initiative de la diplomatie française s'expliquait notamment par "la crainte, pour des raisons de sécurité  et électoralement, de mener la guerre contre le djihadisme" avec un "front intérieur". Elle veut donner des gages au "vote halal" en refusant une position équilibrée sur ce conflit. Citant un sondage d'IPSOS rendu public le 31 janvier 2016, il a souligné la part importante des musulmans de France ayant des sympathies pour l'Etat islamique et al Qaïda ou refusant de se prononcer sur ces mouvements terroristes islamistes. "Des chiffres cohérents avec ceux publiés à l'été 2014. un très fort courant de soutien à la forme la plus extrême de l'extrémisme djihadiste. Cette proportion est plus élevée chez les moins de 24 ans".

Alan Baker, ancien ambassadeur d'Israël au Canada, a estimé que la France minait l'accord intérimaire signé en 1995 par Israël et l'OLP, et dont l'Union européenne était témoin.

Au lieu de s'inspirer de l'Etat d'Israël qui, vivant en état de guerre depuis près de 70 ans et ce, sans "loi d'urgence" éternisable, et dans le respect des droits de l'homme et des libertés publiques, a su métamorphoser son économie et la rendre dynamique, à la pointe du progrès technologique - "Start-up nation" - et concurrentielle sur tous les continents, la France  déclinante persiste à s'ingérer de manière partiale dans ce conflit et ne parvient pas à retrouver le sentier de la croissance économique. Ce qui accroît sa dépendance à l'égard des régimes dictatoriaux du Moyen-Orient et mine son image de "pays des droits de l'homme".


Le 9 mars 2016, Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, a déclaré que la France ne reconnaîtrait pas « automatiquement » l’Etat palestinien si son initiative pour relancer le processus de paix avec Israël échoue : « Il n’y a jamais rien d’automatique, la France prend cette initiative, va l’exposer à ses partenaires, et donc c’est la première étape, il n’y a pas de préalable ».
Le 15 avril 2016, lors de sa 199e session, le Conseil exécutif de l'Unesco a adopté une résolution présentée par l’Égypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan condamnant Israël, "puissance occupante" de la "Palestine occupée".

Composé de 58 membres, le Conseil exécutif a approuvé la résolution n° 19 par 33 voix Pour - dont la France, l'Espagne, la Suède et la Slovénie -, six Contre - l'Estonie, l'Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et les Etats-Unis - et 17 abstentions. Le Ghana et le Turkmenistan étaient absents. Sur l'insistance dela France, l'Espagne a voté Pour.

Une deuxième résolution qui a condamné les actions israéliennes a été approuvée par 45 voix Pour, une voix contre – les Etats-Unis – et 11 abstentions.

Cette résolution n° 19 a déploré "vivement les irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne et de forces en uniforme sur le site de la mosquée al-Aqsa/al-Haram al-Sharif, et exhorte Israël, la Puissance occupante, à prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent le caractère sacré et l’intégrité de la mosquée al-Aqsa/al-Haram al-Sharif".

Elle a prié "instamment Israël, la Puissance occupante, de cesser toute atteinte à l’égard des biens du Waqf situés à l’est et au sud de la mosquée al-Aqsa/al-Haram al-Sharif, comme les récentes confiscations de parties du cimetière al-Youssefeyah et de la zone d’al Sawanah du fait de l’interdiction faite aux Musulmans d’inhumer leurs défunts à certains endroits et de l’installation de fausses tombes juives en d’autres lieux des cimetières musulmans, qui viennent s’ajouter au changement radical du statut et du caractère distinctif des palais omeyyades, notamment la violation que représente la conversion persistante de nombreux vestiges islamiques et byzantins en soi-disant bains rituels juifs ou lieux de prière juifs".

Elle a regretté "en outre la décision israélienne d’approuver un plan de construction d’une ligne de funiculaire à deux voies à Jérusalem-Est, ainsi que le projet de construction de la dénommée « Maison Liba » dans la Vieille Ville de Jérusalem, la construction d’un centre destiné à accueillir les visiteurs – le dénommé « Centre Kedem » – à proximité du mur sud de la mosquée, la construction du Bâtiment Strauss et le projet d’ascenseur Place Al Buraq (« place du Mur occidental »)", Or, ce mur est un vestige du mur de soutènement du Second Temple édifié par 

Elle a réaffirmé "que la Rampe des Maghrébins fait partie intégrante de la mosquée al-Aqsa/ al-Haram al-Sharif et est indissociable de celle-ci" et que "les deux sites palestiniens d’Al-Haram Al-Ibrahimi/Tombeau des Patriarches à Al-Khalil/Hébron et de la mosquée Bilal Bin Rabah/ Tombe de Rachel à Bethléem, qui se trouvent à Al-Khalil/Hébron et à Bethléem, font partie intégrante de la Palestine". Rien sur le mont du Temple à Jérusalem. Les dénominations en arabe précèdent celles en hébreu. Ce qui est chronologiquement faux.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est indigné le 16 avril 2016 : “C'est encore une autre décision absurde onusienne, L'UNESCO ignore le lien unique historique du judaïsme avec le mont du Temple, où deux temples se sont dressés pendant un millier d'années et vers lequel chaque Juif dans le monde a prié depuis des milliers d'années. L'ONU est en train de réécrire une partie basique de l'histoire humaine et a prouvé de nouveau qu'il n'y a aucun niveau bas où elle s'arrêtera”.

Lettres de Roger Cukierman et de Joël Mergui, présidents respectivement du CRIF et du Consistoire de France, au Président de la République, tribune du Grand rabbin de France Haïm Korsia dans Le Figaro après un entretien avec Jean-Marc Ayrault à l'issue duquel Korsia s'était dit rassuré... Les actes d'indignation de ces dirigeants juifs français n'ont pas infléchi la position de la "politique arabe" de la France. Le Président François Hollande a répondu à la première lettre de Roger Cukierman trois semaines après sa réception. Un signe de dédain ou d'indifférence. Pour le Président Hollande, « rien dans le vote de la France ne doit être interprété comme une remise en cause de la présence et de l’histoire juives à Jérusalem » et les Français juifs n'auraient pas compris. Le vote ou la résolution ? . Quant à Jean-Marc Ayrault, interrogé à l’Assemblée Nationale le 10 mai 2016 par le député Claude Goasguen (Les Républicains), il a répondu : « la France a voté ce texte avec d’autres pays européens pour marquer son attachement au maintien du statu quo sur les lieux saints à Jérusalem... Rien dans le vote de la France ne doit être interprété comme une remise en cause de la présence et de l’histoire juive à Jérusalem. S’il y a une incompréhension du fait de certaines formulations dans cette résolution je le regrette  ». Tout au plus le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur chargé des Cultes Bernard Cazeneuve ont-ils trouvé "maladroite" la formulation de la résolution. Invité du CRIF, Bernard Cazeneuve allégué que les Français juifs auraient mal compris la résolution. Comme s'il n'y avait que cette résolution..

Cette résolution visait pour le Président Hollande à s'assurer de la venue de pays Arabes à sa conférence internationale fin mai 2016 et à séduire le "vote halal" à un an de l'élection présidentielle. Le bilan de son mandat s'avère si mince...

Le 17 mai 2016, interviewé sur Europe 1, le Président François Hollande a annoncé à la fois sa vigilance pour que soit mieux rédigée une nouvelle résolution présentée à la session d'octobre de l'Unesco et le report de sa conférence internationale à Paris pour régler le "conflit israélo-palestinien".

Le 14 mai 2016, Hassan Diab, professeur d'université libano-canadien sexagénaire en sociologie, principal suspect de l’attentat de la rue Copernic, est sorti de prison "pour un placement sous bracelet électronique. Une juge des libertés et de la détention a considéré qu’un « doute » existait sur la « question fondamentale » de savoir si Hassan Diab était en France le jour de l’attentat, après des auditions du suspect en janvier et de son ancienne épouse plus récemment. Le parquet de Paris a interjeté appel de la décision". Le 24 mai 2016, la cour d'appel de Paris a ordonné le retour en détention de Hassan Diab.

Afin de préparer la conférence et de rassurer Israël, Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls se sont rendus en Israël et dans les territoires sous direction de l'Autorité palestinienne respectivement les 15 mai et du 21 au 24 mai 2016. Le Premier ministre Manuel Valls a twitté sur sa présence au mausolée de Yasser Arafat : "Hommage à Yasser Arafat, leader de tout un peuple, acteur courageux de l'Histoire". Comment un chef du gouvernement peut-il rendre ainsi hommage à un terroriste corrompu et mener avec efficacité une lutte contre le terrorisme ? N'a-t-il pas compris que la France et Israël ont les mêmes ennemis - une idéologie islamiste - recourant aux mêmes stratégies et tactiques, notamment le terrorisme ?

Le 25 mai 2016, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et d'autres Etats de l'Union européenne ont voté en faveur de la résolution onusienne "Situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé"  proposée par "les délégations du Koweït, au nom du Groupe arabe, et de la Palestine", et adoptée par l'Assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et qui accuse, uniquement l'Etat Israël de violation du droit à la santé.  Cette résolution suggère  que le Directeur général fasse un rapport et "des recommandations pratiques sur la situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé".

Le vote a été acquis par 107 Pour, huit Contre, huit abstentions, et 58 absents. Hillel Neuer, dirigeant d'UN Watch, a salué la position des Etats-Unis, du Canada, de l'Australie, du Paraguay, du Guatemala, de la Micronésie et de la Papouasie Nouvelle Guinée rejoignant l'Etat d'Israël pour s'opposer à ce que perdure un agenda politisé.  Une résolution a fustigé Israël pour "l'impact de l'occupation prolongée et les violations des droits de l'homme sur la santé mentale, physique et environnementale dans le territoire palestinien occupé".

Jean-Marc Ayrault a déclaré au Monde (2 juin 2016) : « Notre volonté est de sortir du statu quo actuel. Sur le terrain, notamment dans les territoires palestiniens, la situation se dégrade. La colonisation se poursuit, organisée ou diffuse. Pour un visiteur qui se rend sur place, il est palpable que se réduit l’espace disponible pour un Etat palestinien. Dans les territoires palestiniens ou dans les camps en Jordanie et au Liban la propagande de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] exploite le désespoir. Tous ceux qui sont soucieux de la paix et veulent la sécurité dans la région font ce même constat. J’ai largement consulté : les pays de la région s’inquiètent de cette situation sans perspective. La solution des deux Etats, un Etat israélien et un Etat palestinien, vivant côte à côte, en paix et en sécurité, avec Jérusalem pour capitale partagée, a toujours été la position de la France. Elle avait été présentée par François Mitterrand devant la Knesset en 1982, lors de sa visite historique. Cette perspective s’éloigne. Il n’y a pas de négociation directe israélo-palestinienne. Il faut donc reprendre l’initiative au niveau international pour créer un contexte favorable. Le secrétaire d’Etat américain s’est beaucoup investi dans une médiation. Son constat est semblable au nôtre. Il faut créer un nouveau climat à l’échelle internationale pour dire aux deux parties : nous n’allons pas négocier à votre place, c’est votre responsabilité, Israéliens et Palestiniens, mais nous voulons vous aider. La dernière conférence internationale était celle d’Annapolis (aux Etats-Unis), il y a neuf ans. Notre ambition est donc de remobiliser la communauté internationale. Dans cette perspective, nous partons de tout le travail accompli jusqu’à présent : les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, les principes de Madrid, c’est-à-dire « la terre contre la paix », l’initiative arabe de paix de 2002 et la feuille de route du Quartet [Etats-Unis, UE, Russie et ONU]. Le 3 juin, je proposerai la formation de groupes de travail qui recenseront les contributions des différents pays présents afin de mettre en lumière, en direction des peuples israéliens et palestiniens, les dividendes de la paix. Je vise, à l’issue de cette réunion, deux résultats : la confirmation de la perspective d’une conférence avec les parties d’ici à la fin de l’année et la mise en place de plusieurs groupes de travail. L’un d’eux aura pour thème les incitations économiques comme, par exemple, l’offre de partenariat privilégié avec l’Union européenne et un accord d’association pour le futur Etat palestinien. Un deuxième groupe se concentrera sur l’environnement régional et les garanties de sécurité. Comme je l’ai évoqué en rencontrant par deux fois le président [Mahmoud] Abbas, les Palestiniens ont aussi un travail à faire : la réconciliation interpalestinienne et l’unité entre la Cisjordanie et Gaza. Cela ne peut se faire que sur une base très claire, celle de l’agenda de paix et de dialogue porté par le président palestinien. Il faut que le Hamas fasse le premier pas et accepte le cadre fixé par la communauté internationale, c’est-à-dire la reconnaissance de l’Etat d’Israël et des accords passés, et la renonciation à la violence.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a affirmé que la seule solution repose sur des négociations directes. Aujourd’hui, ces négociations directes n’existent pas. Quand j’ai rencontré Benyamin Nétanyahou, il m’a dit être favorable à la solution des deux Etats, mais opposé à la méthode que nous proposons. Ce désaccord de méthode peut être surmonté. Si l’on ne sort pas de l’impasse actuelle, nous courons à la catastrophe. Le contexte a changé : le développement du terrorisme a un impact, y compris dans cette partie de la région. Il s’agit d’un danger pour Israël. La France est l’amie d’Israël, et il y a aujourd’hui une réelle inquiétude pour sa sécurité et son avenir.Il y a quelques mois, vous m’auriez dit qu’une telle réunion était impossible. J’ai voulu créer les conditions pour qu’elle ait lieu. Je ne m’inscris pas dans la logique de l’échec. Mes interlocuteurs palestiniens l’ont parfaitement compris et ils ont d’eux-mêmes décidé de retirer le projet de résolution sur la colonisation qu’ils voulaient présenter à l’ONU. Il faut avoir le maximum de pays autour de la table afin de dépasser une situation de blocage et arriver à cette solution des deux Etats.C’est sûrement moins confortable pour l’administration Obama et, en même temps, cela justifie encore plus notre initiative pour recréer une dynamique. John Kerry comprend le sens de notre démarche et sera présent à Paris. C’est le cas de beaucoup d’autres pays ou d’organisations internationales. C’est un beau résultat politique, j’y vois la reconnaissance de la constance de l’engagement et des positions de la France sur ce conflit. Même quand nos interlocuteurs expriment des désaccords, personne ne doute de la sincérité de la France".

Le 3 juin 2016, "Initiative pour la paix au Proche-Orient", titre de la conférence internationale à Paris, s'est tenue pendant quelques heures à Paris. En présence des ministres des affaires étrangères ou représentants de 28 pays et organisations internationales. Sans Israël ni l'Autorité palestinienne dont les intérêts étaient défendus par nombre de participants dont l'UE et la Ligue arabe. Selon Le Canard enchaîné, le Président François Hollande souhaitait, en vue de l'élection présidentielle de 2017, reconquérir ses électeurs de gauche, notamment les "jeunes des banlieues". Selon d'autres sources, cette conférence servait sa communication politique par une photographie le montrant parmi les principaux dirigeants du monde.

Communiqué final : "Les participants se sont réunis à Paris le 3 juin 2016 pour réaffirmer leur soutien en faveur d’un règlement juste, durable et global du conflit israélo-palestinien. Ils ont réaffirmé qu’une solution négociée des deux États est le seul moyen de parvenir à une paix durable, avec deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Ils ont manifesté leur alarme face aux actions menées sur le terrain, en particulier la continuation des actes de violence et la poursuite de la colonisation, qui mettent dangereusement en péril la perspective de la solution des deux États. Les participants ont souligné que le statu quo n’est pas soutenable et ont insisté sur l’importance qui s’attache à ce que les deux parties démontrent, par des politiques et des actions, leur réel engagement envers la solution des deux États, afin de restaurer la confiance et créer les conditions nécessaires afin de mettre fin complètement à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 et de résoudre toutes les questions touchant au statut final à travers des négociations directes sur la base des résolutions 242 (1967), 338 (1973), et rappelant les autres résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies et soulignant l’importance de la mise en œuvre de l’initiative arabe de paix. Les participants ont discuté des moyens par lesquels la communauté internationale pourrait aider à faire progresser les perspectives de paix, notamment en offrant des incitations aux parties pour faire la paix. Les participants ont aussi souligné le potentiel pour la paix et la sécurité régionales tel qu’envisagé par l’initiative arabe de paix. Les participants ont souligné le rôle clef du Quartet et des principaux partenaires régionaux. Ils ont salué l’offre faite par les pays intéressés de contribuer à cet effort, et celle de la France de le coordonner ainsi que la perspective de tenir, d’ici la fin de l’année, une conférence internationale". En renvoyant à l'initiative de paix arabe, ce communiqué soutient le droit au retour des réfugiés palestiniens. Un moyen de détruire l'Etat juif. Il prélude d'autres actions au sein du Conseil de l'ONU contre Israël.

Le 1er juillet 2016, la France a salué la "publication du rapport du Quartette pour le Proche-Orient" et en a partagé les conclusions. "Ce rapport souligne notamment l’impact destructeur de la colonisation et de la violence qui menacent la solution des deux Etats. La solution des deux Etats est pour la France, comme pour l’ensemble de la communauté internationale, la seule possible. Les conclusions de ce rapport confortent l’initiative que la France a prise afin de rassembler la communauté internationale en faveur de la paix au Proche-Orient et dont la première réunion a eu lieu le 3 juin dernier, à Paris, en présence de près de 30 partenaires internationaux. La France continuera à travailler étroitement dans cette direction avec les membres du Quartette et avec tous ses partenaires, afin d’aider à la mise en œuvre des recommandations du rapport et de préparer la conférence de paix envisagée d’ici la fin de l’année". Le terrorisme islamiste palestinien n'est pas nommé.

Alors que le Royaume-Uni a décidé le 23 juin 2016, par référendum, de quitter l'Union européenne (Brexit), l'Union européenne via le Quartet et la France persiste dans une voie anti-israélienne. Et la France, qui est incapable de juguler la violence croissante de mouvements gauchistes et de mafias, qui affronte le terrorisme islamiste sans oser nommer l'ennemi islamiste, voire en le réduisant à l'Etat islamique (Daech, ISIL), et en refusant d'intégrer le combat contre l'islamisme dans une diplomatie repensée, et surtout cohérente, a la vanité de penser régler le conflit au Proche-Orient !?

Le 18 octobre 2016, les 58 Etats-membres du Conseil exécutif de l'Unesco ont voté en séance plénière sur diverses résolutions. La résolution niant les liens entre le peuple juif et Jérusalem et islamisant des sites juifs a été adoptée, et la France s'est abstenue lors de ce vote.

Le 24 novembre 2016, Michel Sapin, ministre français de l'Economie, a demandé aux distributeurs d'ajouter "colonies israéliennes" ou un libellé similaire sur les produits alimentaires provenant des villes situées sur le plateau du Golan, en Judée et Samarie, notamment de "Jérusalem-Est", territoires bibliques et disputés. La France est le premier Etat à mette en vigueur une décision de la Commission de l'Union européenne datant de novembre 2015 et relative à l'étiquetage de ces produits.

Le 23 décembre 2016, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté par 14 voix favorables la résolution 2334 stigmatisant les "colonies" israéliennes. La France a voté Pour, et les Etats-Unis se sont abstenus.

François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies Conseil de sécurité, a ainsi expliqué le vote de la France :
"L’adoption de la résolution 2334 marque un jour important et à bien des égards historique dans l’histoire récente du Conseil de sécurité.
Il s’agit en effet de la première résolution adoptée par ce Conseil sur le règlement du conflit israélo-palestinien depuis huit ans. Et c’est la première fois que le Conseil de sécurité s’exprime ainsi, de manière aussi claire, pour constater ce qui est en réalité une évidence : la colonisation israélienne remet en cause, petit à petit, les chances de voir bâtir un Etat palestinien viable et indépendant, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec l’Etat d’Israël. Il était donc nécessaire que le Conseil de sécurité rappelle l’attachement collectif et unanime de la communauté internationale à la solution des deux Etats, et qu’il s’exprime clairement sur les menaces à cette solution.
Si nous ne menons pas une action résolue en ce sens, la solution à deux Etats va s’évanouir, comme un mirage dans le désert, alors même qu’il n’existe aucune alternative crédible qui puisse répondre aux aspirations légitimes des deux parties...
Au cours de la dernière décennie, la colonisation israélienne a connu une accélération incontestable qui n’a fait qu’attiser les tensions sur le terrain et l’exaspération de la communauté internationale. La colonisation, qui est illégale au regard du droit international, procède d’une politique délibérée. Cette politique vise à mettre les populations comme la communauté internationale devant un fait accompli, en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est. Elle se décline sous de multiples facettes : expansion des colonies au-delà de la ligne verte, y-compris à Jérusalem-Est, annexion de facto de la zone C, transferts forcés de populations, démolitions d’habitations et de structures palestiniennes, restrictions aux accès et mouvements, construction du mur au-delà de la ligne de 1967. Cette politique n’est pas seulement illégale au regard du droit international ; elle met aussi en péril la perspective de la création d’un Etat palestinien viable et indépendant, qui est le meilleur gage de la sécurité d’Israël et d’une solution durable à ce conflit. C’est le message que la France, en votant en faveur de cette résolution, a souhaité adresser aujourd’hui.
Si la colonisation est la principale menace, sur le terrain, à la solution des deux Etats, elle n’est malheureusement pas la seule. Les actes de violence, l’incitation à la violence et le terrorisme minent, eux aussi, les chances de voir deux Etats, israélien et palestinien, coexister un jour pacifiquement. Ils détruisent la confiance et le dialogue entre des populations qui sont pourtant appelées à cohabiter. A cet égard, la Résolution 2334 réitère avec force sa condamnation de tout acte de terrorisme, de l’incitation à la violence et de toute attaque délibérée des populations civiles. Elle en appelle à l’Autorité palestinienne pour continuer à mettre tout en œuvre pour décourager les entreprises terroristes.
Identifier et nommer les menaces à la solution des deux Etats est important. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi œuvrer à recréer, après deux ans d’impasse, les conditions d’une reprise des négociations. Les Israéliens comme les Palestiniens ont un intérêt vital à la paix, qui ne peut qu’être fondée sur la solution des deux Etats. C’est tout le sens de l’initiative de la France pour tenter de relancer le processus de paix. Dans ce cadre, après l’importante réunion ministérielle du 3 juin dernier, la France a décidé d’organiser le 15 janvier prochain à Paris une conférence internationale dont l’objectif sera de présenter la contribution de la communauté internationale à la relance d’un processus de négociation et à la conclusion et la mise en œuvre d’un accord de paix - étant entendu, chacun le sait, que seuls les Israéliens et les Palestiniens seront en mesure de conclure la paix directement.
La résolution adoptée aujourd’hui et la conférence internationale de Paris représentent les deux faces de la même médaille, visant à affirmer notre attachement commun à la solution à deux Etats et à créer les conditions permettant d’y parvenir. Cette résolution et l’initiative française constituent ce faisant, nous l’espérons, de premiers et importants jalons vers la relance d’un processus politique crédible. Un processus qu’il nous faudra, collectivement, poursuivre dans les semaines et les mois à venir.
Cette résolution, pour me résumer, n’est en aucun cas le bout de la route. Elle est une étape importante, potentiellement historique, sur le chemin difficile et exigeant qui doit nous conduire à la paix et à la sécurité au Proche Orient.
Alors Monsieur le Président, chers collègues, assumons ensemble la lourde responsabilité qui nous incombe à tous sur ce chemin".
Il est choquant que la France stigmatise la prétendue "colonisation" juive en Judée et en Samarie. Et ce, alors que l'ONU a inscrit la Polynésie française et la Nouvelle Calédonie sur sa liste des Territoires non autonomes

Une liste où figurent aussi :
- Anguilla, Bermudes, Îles Vierges britanniques, Îles Caïmanes, Îles Falkland (Malvinas), Montserrat, Sainte-Hélène, Îles Turques et Caïques, Gibraltar et Pitcairn administrés par la Grande-Bretagne ; 
- Tokélaou sous administration de la Nouvelle-Zélande ;
- Îles Vierges américaines, Samoa américaines, Guam sous administration des Etats-Unis.

Une histoire qui ne désigne pas la "Cisjordanie", les hauteurs du Golan, la Galilée ou "Jérusalem-Est" comme "territoires non autonomes".

Le 17 mai 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par consensus une résolution inscrivant de nouveau la Polynésie française sur la Liste onusienne des territoires non autonomes à décoloniser qui comprend notamment Gibraltar - territoire cédé à la Grande-Bretagne au XVIIIe siècle et revendiqué par l'Espagne - , le Sahara occidental, les îles Falklands/Malouines, la Nouvelle-Calédonie, les Bermudes, etc.

Le 7 février 2017, le Président François Hollande s'est entretenu avec Mahmoud Abbas. Lors de la conférence de presse commune, il a fustigé "l'accélération de la colonisation" et son attachement à "la solution à deux Etats". Mahmoud Abbas a évoqué la loi adoptée par la Knesset qui "autorise le vol de terres privées au profit des colons et légalise les terres occupées depuis 1967. Israël travaille sur" la base "d'un Etat", fondement de "l'apartheid". Il s'est opposé à la célébration par la Grande-Bretagne de la Déclaration Balfour, "cause de notre Nakba, de notre malheur. Le gouvernement britannique doit s'excuser auprès de notre peuple et reconnaître l'Etat palestinien". Abbas "poursuit ses efforts de réconciliation avec le Hamas" soumise à la "reconnaissance de la légalité internationale" par ce dernier. Il a conclu : "Nous sommes dans la même bataille contre le terrorisme, car le terrorisme n'a pas de religion".

Antisémitisme non jugulé
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ont condamné l'agression, par des jeunes d'origine maghrébine, à coups de marteau et barre de fer, contre trois jeunes Français Juifs portant kippa, le 2 juin 2012, près de l'école Juive Beth Benahem à Villeurbanne, en qualifiant l'acte de "très grave", d'une "violence insupportable", mais non d'acte antisémite.

Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a qualifié cette agression d'antisémite. Il a aussi assuré la délégation de dirigeants communautaires de sa détermination à combattre l’antisémitisme en annonçant une série de mesures.

Il s’est rendu à la grande synagogue de Sarcelles pour rassurer la communauté Juive locale après l’agression antisémite contre un jeune Français Juif.

Lors du dîner du CRIF Marseille du 21 mai 2012, il a déclaré : « Toute agression perpétrée à l’endroit d’une religion, contre un lieu de culte, contre une église, contre un temple, contre une mosquée ou une synagogue est une grave offense faite à la République et à ses valeurs ». Ce qui "ouvre la voie à un possible délit de blasphème", comme l'observe Ivan Rioufol.

Et de poursuivre : "Il y a dans notre pays, au côté de l’antisémitisme que l’on peut qualifier d’historique – ce qui ne le rend pas moins condamnable ! –, un antisémitisme qui apparaît sous des formes nouvelles et se nourrit d’une pensée islamiste radicale… Il y a également un antisémitisme plus pernicieux, qui ne dit pas qui il est, et se cache derrière un antisionisme de façade… Les Français juifs, expression qu’il faut préférer à celle de « Juifs de France » qui ne traduit peut-être pas assez la réalité et l’intensité du lien qui unit les Juifs à la France, ont toujours apporté au pot commun de notre nation… Cette France émancipatrice a fait venir les Juifs orientaux – je le dis ici tout particulièrement à Marseille – ; elle a fait venir les Juifs d’Europe de l’Est fuyant les persécutions ; elle a enfin été pour les Juifs d’Afrique du Nord une patrie pour laquelle obtenir la naturalisation constituait une grande fierté ». Notons que ces Juifs d'Afrique du Nord ont fui des persécutions arabes...

Et le ministre de l'Intérieur d’ajouter : « La sécurité de l’Etat hébreu doit être garantie. Il convient de rappeler cette règle essentielle : jamais la terreur ne peut servir la construction d’une paix. Seules les voies de la négociation doivent être explorées afin d’aboutir – enfin ! – à l’existence d’un Etat d’Israël aux frontières reconnues et vivant en paix au côté d’un Etat palestinien démocratique et respecté ».

Manuel Valls a averti : « Ministre de l'Intérieur, je n'accepterai pas que viennent sur notre sol des soi-disant prédicateurs, des soi-disant théologiens qui prônent, que ce soit avec des mots durs ou des mots doux, la haine des Juifs. Il est temps pour les organisations qui les invitent de changer d’attitude et de respecter les lois de la République ». Deux ans plus tard, il n'a pas interdit le congrès de l'UOIF et n'a pas réagi aux diatribes - "barbarie sioniste", lobbys Juifs et sioniste - de Hani Ramadan lors de cette réunion.

Certes Manuel Valls a dénoncé « un nouvel antisémitisme qui a pris racine à l'extrême gauche comme à l'extrême droite » et appelé à « ne pas nier ce problème ». Il a aussi reconnu l'émergence d'un « antisémitisme né dans nos banlieues », ce qui pouvait sous-entendre, dans le "politiquement correct" dominant, en lien avec une population souvent immigrée ou/et musulmane.
Mais il n'a pris aucune mesure pour juguler cet antisémitisme.

Pourtant le Président François Hollande a reçu au palais de l'Elysée Mahmoud Abbas (Abou Mazen) qui a reconnu en 2005 avoir envoyé des terroristes commettre des attentats. Un révisionniste qui rend hommage aux terroristes, etc.

Bref, le Président François Hollande a repris la méthode et les mots de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur puis Président de la République – éloge du judaïsme et des Juifs français républicains et de leur contribution à l'histoire de la France, devoir de mémoire à l’égard des victimes de la Shoah, détermination verbale à lutter contre l'antisémitisme -, en allant parfois plus loin : rectification pertinente par l’adoption de « Français Juifs », annonce de la réunion avant fin 2012 d’un comité interministériel pour lutter contre l’antisémitisme - ce que Nicolas Sarkozy, alors Président, avait refusé à deux reprises en 2011 et 2012 -, affirmation le 1er novembre 2012 à l'école Ohr Torah (Toulouse) que "la garantie de [la] sécurité [des Français Juifs] est une cause nationale", etc. Un comité qui aurait du déjà s'être tenu en raison de la tragédie de Toulouse et de la recrudescence du nombre d'actes antisémites dans les mois ayant suivi cet attentat djihadiste de Mohamed Merah. En ce 30 avril 2014, quels actes ont mis en application ces paroles louables ?

Le Président François Hollande a aussi sanctuarisé la critique d'une religion, en l'occurrence l'islam, et n'a pas critiqué l’antisémitisme et l'antijudaïsme musulmans – qui expliquent en partie « l’exode oublié » d’environ un million de Juifs du monde arabe, d’Iran et de Turquie, ainsi que d'une partie de Jérusalem en 1948 –, ni la « politique arabe » française déséquilibrée et anti-israélienne reflétée par la terminologie biaisée des médias sur le conflit et l'affaire al-Dura. Ces éléments omis alimentent pourtant l’antisémitisme contemporain. Ce qu'avait relevé le rapport Rufin en 2004.


Le 20 février 2013, le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) a publié son rapport 2012. En 2012, 614 actes antisémites, dont quatre assassinats antisémites, ont été recensés, contre 389 en 2011, soit une augmentation de 58%. 55% des violences racistes en France visent des Juifs ; les Juifs représentent environ 1% de la population en France. Les victimes d'actes antisémites décrivent majoritairement leurs agresseurs comme de type maghrébin.

Finalement, le 26 février 2013, un comité interministériel dirigé par Jean-Marc Ayrault a décidé de mesures de lutte contre le racisme et l'antisémitisme : module de formation à cette lutte dans la formation initiale des fonctionnaires de l'Etat, augmentation des visites scolaires dans des "lieux de mémoire", actions de sensibilisation à l'usage d'Internet, inscription dans le cahier des charges de France Télévisions de l'obligation de favoriser la lutte contre la formation des préjugés. Très peu de médias français ont évoqué cette réunion. Aucune mesure nouvelle ou/et efficace n'a été prise.

Donc, la France espère vainement éteindre l’incendie de l'antisémitisme en usant d'une pipette pour remplir d’eau un seau percé.

Le rapport du SPCJ pour 2013  révèle l'inefficacité des quelques mesures adoptées. "Depuis l’an 2000, soit depuis 14 années consécutives, le nombre d’actes antisémites en France est très élevé". L’antisémitisme en France "ne peut plus être considéré comme un phénomène conjoncturel lié aux évènements et conflits du Proche-Orient ; il s’agit d’un mal structurel qui n’étant pas combattu comme tel n’a pu être enrayé à ce jour". En 2013, le SPCJ a recensé 423 actes antisémites, soit une diminution de 31% par rapport à 2012 mais une hausse de 9% à celui de 2011 "pourtant déjà très préoccupant". En 2013, "40% des violences racistes commises en France sont dirigées contre des Juifs. Or, les Juifs en France représentent un peu moins de 1% de la population".

Est-ce un hasard si "c’est en Hongrie et en France que ce sentiment" que "l’antisémitisme est un problème majeur est de loin le plus fort, respectivement 90 % et 85 %", selon un sondage de la FRA (Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne) auprès des Européens Juifs en 2013 ? Et la FRA conclut que des "mesures plus ciblées sont nécessaires".

Selon l’Agence juive, l’aliyah de France a cru de manière considérable depuis le début 2014 : "854 nouveaux olim [nouveaux immigrants] de France sont arrivés en Israël au cours des mois de janvier et février, contre 274 au cours de la même période en 2013", soit une hausse de 312 %.

Fait aggravant, le Président François Hollande n'a quasiment rien à dire lors des dîners du CRIF (Conseil représentatif des institutions Juives de France) dont il est l'invité d'honneur : lors de celui de 2013, il a longuement évoqué la guerre menée par la France au Mali, et lors de celui de 2014, devant un public médusé, il a ouvert son discours en détaillant la crise en Ukraine, conclu très brièvement par une ode à la contribution des Français Juifs à l'histoire de la France, et n'a pas répondu positivement à l'exhortation de Roger Cukierman, président du CRIF, de faire de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme une cause nationale. Le CRIF a donc été réduit à lancer le 7 avril 2014 le manifeste Vivons ensemble signé par des partis républicains et les représentants des principales confessions en France. Le mot "antisémitisme" y est omis au profit d'un magma verbeux, politisé et silencieux à l'égard de l'extrême-gauche.

Quant aux cris d'orfraie du gouvernement Ayrault devant la percée du Front national lors du premier tour des élections municipales du printemps 2014, il convient d'en nuancer la signification. D'une part, cela a permis d'occulter la percée de l'extrême-gauche, et d'autre part, tout candidat du Front national se maintenant au second tour permet des triangulaires qui favorisent souvent l'élection d'un candidat socialiste, qui sans cela, aurait été balayé par la "vague bleue" : ainsi, le parti socialiste ravit Avignon à la droite.

"Après avoir été informé des résultats d’une enquête interne et confidentielle sur la situation sécuritaire alarmante des écoles juives en France, il ne fait hélas aucun doute que des agressions d’enfants juifs vont se produire dans les écoles juives qui ne sont pas protégées par une présence policière visible. Si comme ils l’affirment, le ministre de l’intérieur et le président de la République veulent vraiment lutter contre l’antisémitisme et qu’ils ne font pas garder les écoles juives, la question ne sera pas, pour les parents, de savoir si un nouveau carnage se produira, mais quand ?", alerte Sammy Ghozlan, président du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), le 8 juin 2014. Et d'ajouter : "Le BNVCA considère que la sécurité des citoyens reste du domaine exclusif de l’Etat".

Recevant le 11 juin 2014 une délégation menée par le Centre Simon Wiesenthal (CSW), le Président François Hollande a déclaré : "Nous aimerions être un exemple mondial dans la lutte contre l'antisémitisme".

Manifestations antisémites lors de l'opération Bordure protectrice
Le 21 juillet 2014, le président François Hollande a reçu six représentants des cultes juif, catholique, protestant, orthodoxe, bouddhiste et musulman afin d'exprimer sa condamnation des violences récentes. Comme si les agresseurs musulmans avaient visé à Paris ou à Sarcelles d'autres fidèles que les Juifs...Sur le perron de l'Elysée, Joël Mergui et Dalil Boubakeur se sont serrés la main. Avec quel effet auprès des musulmans ?

Le 23 juillet 2014, Bernard Cazeneuve a considéré que la LDJ "est dans l'excès. Elle est dans des actes qui peuvent être répréhensibles et qui doivent être condamnés et ces actes le sont par moi de façon extrêmement ferme. S'il y a des violences qui ont été commises, des plaintes qui ont été déposées, le droit passera". Le ministre a nié toute protection policière de la LDJ : "Les forces de police se sont interposées entre la LDJ et des manifestants pour éviter des affrontements. Tout ce discours, toutes ces affirmations selon lesquelles il y aurait une complicité de la police avec la LDJ qui expliquerait que les manifestations aient mal tourné relève d'une manipulation pure et simple".


Selon Libération (31 juillet 2014) citant une "source policière haut placée" La DLPAJ (Direction des libertés publiques et des affaires juridiques ) du ministère de l’Intérieur "travaille à temps plein pour étudier la possibilité d’une interdiction de la LDJ. Nous menons l’analyse la plus fine possible pour être certains que c’est faisable ». L’article 212-1 du Code de la sécurité intérieure "mentionne sept critères pouvant justifier une dissolution par décret en Conseil des ministres... Deux d’entre eux pourraient être invoqués contre la LDJ. L’un concerne les groupes qui«provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence pour motifs ethniques ou religieux, ou propagent des idées encourageant cette discrimination », l’autre ceux « qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ». Consacrer sa Une à une rumeur de dissolution d'un mouvement très minoritaire, et n'ayant pas contrevenu à la loi, est déjà aberrant, mais le faire le jour du rassemblement de soutien à l'Etat Juif, est-ce un hasard ?

On perçoit mal la pertinence et l'urgence de cet examen en vue d'une dissolution réclamée par EuroPalestine et des députés dont le socialiste Alexis Bachelay et le communiste Jean-Jacques Candelier (Front de Gauche) qui imputait à la LDJ les violences des 13 et 19 juillet 2014 !? On n'ose pas imaginer que des gouvernants tenteraient ainsi d'apaiser des parlementaires critiques à l'égard de leur politique, et ce, au détriment de la liberté et de leurs concitoyens Juifs.

Alors que les statistiques de la délinquance révèlent une hausse non endiguée par le ministère de l'Intérieur, alors que la quasi-totalité des casseurs, antisémites et adorateurs du djihad lors de ces défilés ou rassemblements haineux demeurent en liberté, alors que la LDJ a pallié les carences des forces de l'ordre lors des assauts ayant visé les synagogues en particulier de la rue des Tournelles (Paris) du 13 juillet 2014 et de Sarcelles le 20 juillet 2014, le ministère de l'Intérieur songerait "à plein temps" à interdire la LDJ sans existence juridique et qui regroupe quelques dizaines de personnes, mais pas le NPA qui a pourtant manifesté malgré deux interdictions préfectorales confirmées par la justice, ni le collectif Cheikh Yacine, ni les organisations appelant au boycott d'Israël !? Les antisémites en rêvent : des Juifs sans défense... Bref, le "bon vieux temps de la dhimmitude" avec ses pogroms... C'est la même logique qui préside aux condamnations de l'Etat d'Israël se défendant contre les islamistes.

Et le gouvernement socialiste inactif depuis des années pour mettre un terme à la spoliation teintée d'antisémitisme notamment du Dr Lionel Krief, médecin nucléaire français Juif, approuverait illico presto cette dissolution sans motivation à ce jour !?
    
Interrogés le 31 juillet 2014 sur la fréquence Juive francilienne, Roger Cukierman, président du CRIF, Sammy Ghozlan, président du SPCJ, et Joël Mergui, président des Consistoires ont exprimé ce 31 juillet 2014 leur stupéfaction devant cette décision visant un groupe de quelques dizaines de militants en Ile-de-France, et ayant défendu des synagogues. Roger Cukierman a stigmatisé un "deux poids, deux mesures" en dressant un parallèle avec l'impunité d'organisations pro-palestiniennes ayant attaqué des synagogues.

Les antisémites en rêvent : des Juifs sans défense... Bref, le "bon vieux temps de la dhimmitude" avec ses pogroms... C'est la même logique qui préside aux condamnations de l'Etat d'Israël se défendant contre les islamistes.


Curieusement, ni le Premier ministre Manuel Valls ni son ministre de l'Intérieur ne semblent pressés de régler le cas de la  controversée Sihem Souidancienne adjointe de sécurité à la police des frontières et actuelle chargée de mission au Service de l'accès au droit et de l'aide aux victimes (SADJAV) au sein du ministère de la Justice. Le site Europe-Israël s'est indigné que Sihem Souid,  ait publié sur son compte Twitter les visages de membres présumés de la LDJ avec ce commentaire : "Trombi des membes de la LDJ à faire tourner". Selon une de mes sources, certains de ces membres supposés ont reçu des menaces de mort et ont du quitter la France. La police a refusé le dépôt de mains courantes ou plaintes au motif que les pages Internet visées publient des photos sans menace directe. Sur Twitter, Avner lui a répondu le 21 juillet 2014 : "Sihem Souid, utilisez-vous aussi vos contacts pour diffuser les noms de Juifs à tabasser ?"

Auteur d'un livre préfacé par le diffamateur d'Israël Stéphane Hessel, Sihem Souid a manqué à l'obligation de neutralité inhérente à sa fonction en prenant le parti des agresseurs antisémites contre leurs victimes et a porté atteinte à la vie privée et à l'image de ces personnes. En la gardant à son poste, les ministres de l'Intérieur et de la Justice risquent de faillir eux aussi à la neutralité de leur fonction, alors que des prévenus sont ou seront jugés en lien avec ces manifestations haineuses et agressions. Comment croire en l'impartialité de Sihem Souid ?

Le 26 juillet 2014, Edward Amiach, président de l'UPJF (Union des patrons et professionnels Juifs de France), a écrit au Premier ministre et au ministre de l'Intérieur :
"Madame Sihem Souid qui est fonctionnaire de police, chargée de mission au Ministère de la Justice et membre du bureau du CEPS (Centre d’Etudes et de Prospective Stratégique) a illégalement détourné des fichiers de Police pour publier sur Tweeter et Facebook des photos de personnes juives présumées membres de la LDJ.
Cette action est ouvertement une invitation à la « chasse aux juifs », et une trahison de la confiance que la République a placée en elle.
Les citoyens de France, juifs ou non juifs ne peuvent tolérer qu’un fonctionnaire abuse de ses pouvoir et de ses fonctions, et viole tous ses devoirs, aux fins d’assouvir ses buts politiques, en incitant à la haine, à la discrimination et à l’antisémitisme, et en appelant, au meurtre de façon à peine voilée.
C’est intolérable. C’est inadmissible pour que les Français puissent garder confiance en la république.
Nous connaissons votre engagement dans la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et toutes les formes de discrimination ou d’appels à la haine.
C’est pourquoi nous exigeons que Madame Sihem Souid soit exclue sans délai de la fonction publique, et qu’elle soit dûment poursuivie pour trahison de ses devoirs, détournement de fichiers, appels à la haine et à l’antisémitisme, visés notamment par l’article L 226-21 du Code pénal et l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881".

Aucun de ces deux ministres n'a répondu à cette missive.

La démonstration de force et le décharnement de violences de la "rue arabe" et de ses soutiens, ainsi que le chantage à peine voilé du "vote halal" sont parvenus à atteindre plusieurs de leurs objectifs. Après avoir promis le 24 juillet 2014 à des ONG une "aide de 11 millions d’euros pour faire face à l’urgence (aide budgétaire et aide humanitaire)", le Président François Hollande s'est entretenu avec le Président Mahmoud Abbas le 28 juillet 2014.  "Il l’a informé que la France allait procéder au versement d’une première tranche d’aide budgétaire de 8 millions d’euros à l’Autorité palestinienne qui s’ajoutera à l’aide humanitaire exceptionnelle de 3 millions d’euros déjà débloquée pour la population de Gaza. Dans le prolongement de la réunion internationale qui s’est tenue samedi à Paris, il a réitéré la pleine mobilisation de la France en faveur d’un cessez-le-feu. Alors que la situation sécuritaire et humanitaire observée à Gaza appelle la mobilisation de toute la communauté internationale, le Chef de l’Etat a souligné auprès de M. Abbas la nécessité de soutenir les démarches entamées pour obtenir une trêve durable, qui réponde aux besoins légitimes des Palestiniens en matière de développement économique et de protection des civils comme des Israéliens en matière de sécurité. Il a souligné la nécessité d’associer pleinement l’Autorité palestinienne aux efforts menés en ce sens sur la base de l’initiative égyptienne. Le Chef de l’Etat a enfin marqué sa conviction que cette crise venait souligner l’urgence de redonner un horizon politique aux Palestiniens et aux Israéliens : seules des négociations crédibles entre Israéliens et Palestiniens pourraient permettre la signature d’un règlement juste et définitif, établissant deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité".

Quels succès politiques et financiers pour le Hamas et Abbas !

Quelle faiblesse politique et morale d'une France endettée et privilégiant une  "politique arabe" si désastreuse et le soutien à un mouvement islamiste ! Qui croira en une énième trêve quand cinq trêves ont déjà été rompues par le Hamas ?

Alors que la France endettée et appauvrie verse sans fin des sommes aux Palestiniens, le Canada a demandé, le 22 juillet 2014, à l'ONU que cette organisation lance une "enquête indépendante" sur la découverte, pour la deuxième fois, de roquettes dans des écoles d'une de ses agences, la problématique UNRWA, et de la remise de ces armes au Hamas, "une organisation placée sur la liste des organisations terroristes, une fois que les autorités israéliennes eurent découvert leur emplacement. Si ces faits étaient avérés, ils iraient à l'encontre de tout ce que l'Organisation des Nations unies devrait représenter en tant qu'institution au service de la paix et de la sécurité de ses membres", a déclaré John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères. Et le 29 juillet 2014, l'UNRWA a annoncé avoir trouvé pour la troisième fois des armes du Hamas dans une de ses écoles.

"Les socialistes au pouvoir sont-ils à la hauteur de l'enjeu ? Sont-ils conscients de ce qui est en train de s'emparer d'une part non négligeable de la société ? À les voir considérer de manière aussi inattentive, légère et dilettante les incidents de ces derniers jours, prisonniers de petits calculs qui leur interdisent de s'en prendre réellement à Besancenot et au NPA, on s'inquiète. Et là où l'on rêverait de voir des héritiers de Clemenceau (la référence de Manuel Valls, paraît-il) on ne voit pour le moment que des petits Daladier. Oui, des petits Daladier qui nous préparent, à force de renoncement et d'aveuglement, de légèreté et de dilettantisme, un mortifère Munich communautariste", résume Bruno-Roger Petit, chroniqueur politique au Nouvel Observateur, le 28 juillet 2014, tout en déplorant le silence du Président Hollande et de son Premier ministre après ces "démonstrations de haine".

Le 28 juillet 2014, lors de la réunion Commission de la Knesset sur l’Immigration et l’Intégration, des députés israéliens ont interrogé les ambassadeurs de pays européens sur les actions menées afin de lutter contre l'antisémitisme, notamment celui de ces défilés haineux. Le député Hasson les a avertis que « si les pays européens ne parviennent pas à protéger les Juifs sur leur territoire, l’État d’Israël le fera. Le sang juif n’est pas du sang qui ne compte pas ! » Un "représentant de l’ambassade de France à Tel-Aviv a déclaré que son pays s’engage dans la « tolérance zéro » contre l’antisémitisme, ajoutant que » toutes les attaques sur les Juifs de France sont des attaques contre la France. » Selon lui, « la France a renforcé sécurité autour des communautés juives avant même que les récentes manifestations anti-israéliennes n’éclatent. La France ne nie pas qu’il y a un problème… Le gouvernement français s’efforce de lutter contre les actes de racisme augment progressivement. »

Le 30 juillet 2014, le Président François Hollande a condamné "le bombardement qui a frappé une école des Nations Unies, dans le camp de Jabaliya dans la bande de Gaza, causant la mort d’au moins seize Palestiniens. Il s’associe au Secrétaire général des Nations Unies qui a jugé ces faits « injustifiables ». La France exige la mise en place d’un cessez-le-feu immédiat. Tous les efforts doivent converger vers cet objectif".

Selon Libération (31 juillet 2014) citant une "source policière haut placée" La DLPAJ (Direction des libertés publiques et des affaires juridiques ) du ministère de l’Intérieur "travaille à temps plein pour étudier la possibilité d’une interdiction de la LDJ. Nous menons l’analyse la plus fine possible pour être certains que c’est faisable ». L’article 212-1 du Code de la sécurité intérieure "mentionne sept critères pouvant justifier une dissolution par décret en Conseil des ministres... Deux d’entre eux pourraient être invoqués contre la LDJ. L’un concerne les groupes qui«provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence pour motifs ethniques ou religieux, ou propagent des idées encourageant cette discrimination », l’autre ceux « qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ». Consacrer sa Une à une rumeur de dissolution d'un mouvement très minoritaire, et n'ayant pas contrevenu à la loi, est déjà aberrant, mais le faire le jour du rassemblement de soutien à l'Etat Juif, est-ce un hasard ?

On perçoit mal la pertinence et l'urgence de cet examen en vue d'une dissolution réclamée par EuroPalestine, l'Observatoire contre l'islamophobie et responsable du Conseil français du culte musulman (CFCM), et des députés dont les socialistes Alexis Bachelay et Olivier Faure ainsi que le communiste Jean-Jacques Candelier (Front de Gauche) qui imputait à tort à la LDJ les violences des 13 et 19 juillet 2014 !? On n'ose pas imaginer que des gouvernants socialistes tenteraient ainsi d'apaiser leurs soutiens parlementaires critiques à l'égard de leur politique, et ce, au détriment de la liberté et de leurs concitoyens Juifs.

Alors que les statistiques de la délinquance révèlent une hausse non endiguée par le ministère de l'Intérieur, alors que la quasi-totalité des casseurs, antisémites et adorateurs du djihad lors de ces défilés ou rassemblements haineux demeurent en liberté, alors que la LDJ a pallié les carences des forces de l'ordre lors des assauts ayant visé la synagogue de la rue des Tournelles du 13 juillet 2014, le ministère de l'Intérieur songerait "à plein temps" à interdire la LDJ, mais pas le NPA qui a pourtant manifesté malgré deux interdictions préfectorales confirmées par la justice, ni le collectif Cheikh Yacine, ni les organisations appelant au boycott d'Israël !?

Les antisémites en rêvent : des Juifs sans défense... Bref, le "bon vieux temps de la dhimmitude" avec ses pogroms, ces Juifs qui rasent les murs... C'est la même logique qui préside aux condamnations de l'Etat d'Israël se défendant contre les islamistes.

Interrogés le 31 juillet 2014 sur la fréquence Juive francilienne, Roger Cukierman, président du CRIF, Sammy Ghozlan, président du SPCJ, et Joël Mergui, président des Consistoires ont exprimé ce 31 juillet 2014 leur stupéfaction devant cette décision visant un groupe de quelques dizaines de militants en Ile-de-France, et ayant défendu des synagogues. Roger Cukierman a stigmatisé un "deux poids, deux mesures" en dressant un parallèle avec l'impunité d'organisations pro-palestiniennes ayant attaqué des synagogues.

Tollé d'organisations communautaires, dont l'UEJF (Union des étudiants Juifs de France) peu suspecte de sympathie pour la LDJ, devant cette partialité ? Prise de conscience du caractère biaisé de cette étude ? Bernard Cazeneuve a déclaré :  « Si les conditions de droit sont remplies, concernant l'ensemble des groupes qui peuvent poser problème, nous procéderons à des dissolutions. Si elles ne sont pas réunies, nous ne le ferons pas. Dans la république, ce qui compte c'est le respect des principes de droit. Le ministère de l'Intérieur doit, sur ces sujets, veiller à ce que les règles soient respectées de façon scrupuleuse pour éviter tout arbitraire ». Et faire travailler un service "à plein temps" sur les motivations juridiques d'une dissolution uniquement d'une organisation Juive française et non pas de mouvements ne respectant pas le droit, est-ce arbitraire !? Et qu'il n'a évoqué d'autres groupes dans sa ligne de mire qu'une fois rendue publique

Et le gouvernement socialiste inactif depuis des années pour mettre un terme à la spoliation par des magistrats, teintée d'antisémitisme, du Dr Lionel Krief, médecin nucléaire français Juif, et celle de copropriétaires Français Juifs dont Eva Tanger, sexagénaire ruinée et sur laquelle pèse une menace d'expulsion alors que le fond du dossier est en cours d'examen, approuverait illico presto cette dissolution sans motivation à ce jour !?

Le 30 juillet 2014, le ministre de l'Intérieur a adressé une circulaire aux préfets sur le "signalement des délits de diffamation, d'injures ou de provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciale ou religieuse". "Le contexte actuel des tensions internationales, notamment au Proche-Orient, se traduit par une recrudescence d'actes et de propos à caractère raciste ou antisémite", allègue d'emblée le ministre. Or, seuls les actes antisémites ont connu une recrudescence. Et Bernard Cazeneuve de poursuivre : "Ces faits graves constituent autant d'atteintes aux principes fondateurs de notre République et à l'unité de la nation face auxquels l'Etat doit faire preuve d'une fermeté absolue. En plus de la sauvegarde de l'ordre public, il relève de votre responsabilité de signaler systématiquement au parquet compétent, aux fins de poursuite, les actes et propos à caractère raciste ou antisémite". Le ministre y a aussi cité les articles de la loi de 1881 punissant ces délits.

Le 31 juillet 2014, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a annoncé avoir porté plainte contre X après que des inscriptions antisémites ont été découverts le 28 juillet dans le XIII arrondissement de Marseille : une stèle érigée en mémoire des 30 enfants et 14 adultes Juifs arrêtés le 20 octobre 1943 au château de la Verdière et déportés à Auschwitz a été dégradée. A quelques mètres de ce monument, les murs d'un magasin ont été salis d'une inscription antisémite. Une "enquête a été ouverte et confiée à la direction départementale de sécurité publique". Le 28 juillet 2014, ce ministre "avait annoncé son intention de demander aux préfets d'ester en justice. Il avait alors cité deux cas : des croix gammées tracées sur un lieu de culte musulman à La Charité-sur-Loire (Nièvre) le 26 juillet", et cette inscription antisémite sur cette stèle. Il est paradoxal de poursuivre judiciairement pour une croix gammée dessinées sur une mosquée, quand des musulmans dessinent des croix gammées sur le monument place de la République.

Quant à  la ministre de la Justice, Christiane Taubira, c'est sur son compte Twitter qu'elle diffuse les 31 juillet et 1er août 2014 deux messages sur les seuls enfants Gazaouis. Les horreurs commises par exemple au Congo ne suscitent aucun Tweet de sa part. En reprenant les allégations fausses de la propagande anti-israélienne distillant des blood libels, cette Garde des Sceaux leur donne un crédit et mine la crédibilité en sa détermination à lutter contre l'antisémitisme.

Le Président Hollande a prononcé un discours à l’occasion de la cérémonie de commémoration franco-allemande du centenaire de la Grande Guerre au Monument National du Hartmannswillerkopf et en présence de Joachim Gauck, président de la République fédérale d’Allemagne. Le  Président Hollande a déclaré : pour préserver la paix, "la France et l’Allemagne doivent faire entendre leur réponse et doivent apaiser ces cris de détresse. C’est ce que nous faisons aussi en Afrique, au Sahel pour empêcher des groupes terroristes ; c’est ce que nous faisons en République centrafricaine où un génocide menaçait ; et c’est ce que nous devons faire encore et toujours au Proche-Orient pour faire cesser les massacres. Tous nos efforts doivent être tendus pour imposer aujourd’hui plus que jamais le cessez-le-feu à Gaza et en finir avec les souffrances des populations civiles. Je le dis ici, dans un lieu de mémoire. Mais à ceux qui désespèrent du processus de paix au Proche-Orient, quel plus beau message pouvons-nous délivrer que celui d’aujourd’hui. L’histoire de la France et de l’Allemagne démontre que la volonté peut toujours triompher de la fatalité, et que des peuples qui ont été regardés comme des ennemis héréditaires peuvent en quelques années se réconcilier. Voilà l’image que nous devons donner pour tous les peuples qui s’interrogent sur l’avenir et qui s’affrontent encore aujourd’hui". Trois "oublis" historiques majeurs : la paix est née de la capitulation du IIIe Reich, celui-ci ne visait pas le génocide des Français, et les manuels scolaires français et surtout allemands ont été écrits pour ôter tout ferment de haine entre les deux peuples. Donc, rien de comparable avec le conflit religieux né du refus islamique de l'Etat Juif.

Puis, le Président Hollande a dénoncé " le bombardement inadmissible d'une école de Rafah gérée par les Nations Unies qui a provoqué la mort d'au moins dix personnes qui y avaient trouvé refuge. Il se joint au Secrétaire général des Nations Unies pour demander que les responsables de cette violation du droit international répondent de leurs actes. Une nouvelle fois, l'impérieuse nécessité d'un cessez-le-feu pour soulager la détresse des populations civiles se confirme tragiquement".

Le 4 août 2014, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangèresa déclaré : "Combien de morts faudra-t-il encore pour que s’arrête ce qu’il faut bien appeler le carnage de Gaza ? La tradition d’amitié entre Israël et la France est ancienne et le droit d’Israël à la sécurité est total, mais ce droit ne justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils. Le Hamas porte évidemment une responsabilité écrasante dans cet engrenage macabre qui sert surtout les extrémismes, mais celle-ci non plus ne justifie pas ce que le Secrétaire général des Nations unies a qualifié de crimes. C’est pourquoi nous soutenons, nous exigeons l’instauration d’un réel cessez-le-feu comme le propose l’Egypte et nous sommes prêts, en tant que Français et Européens, à concrètement y contribuer. C’est pourquoi aussi une solution politique est indispensable, dont les paramètres sont connus, et qui selon moi devra être imposée par la communauté internationale, puisque les deux parties, malgré d’innombrables tentatives, se sont malheureusement montrées incapables d’en conclure la négociation. Cessez-le-feu, imposition de la solution de deux Etats et sécurité d’Israël, il n’y a pas d’autre voie".

Lors de son déplacement à l’occasion de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale à Liège (Belgique), le Président Hollande a déclaré : "L'Europe doit regarder en face [la situation de l'autre côté de la Méditerranée]... Le terrorisme, la violence peuvent se propager, se transposer. Nous devons agir..Quand je vois ce qui se passe pour les Chrétiens d'Irak, les minorités en Syrie, les massacres tous les jours. Ce qui se produit également comme massacres à Gaza. Vingt six jours de conflit, nous devons agir".

Dans un courrier adressé le 5 août à François Hollande, Roger Cukierman "a alerté le Président de la République sur l'utilisation des termes "carnage" et "massacre" pour qualifier les opérations de l'armée Israélienne à Gaza. Le caractère disproportionné de ces termes a suscité de l'incompréhension et une vive émotion chez les Juifs français". Le CRIF a estimé "que le Président de la République et le ministre des Affaires étrangères ne tiennent pas compte des exactions commises par le Hamas sur la population palestinienne de Gaza, utilisée comme bouclier humain dans des écoles et des hôpitaux ou sont stockés armes et missiles. Ils ne tiennent pas compte des enlèvements et des assassinats de civils israéliens, ni des tunnels creusés pour tuer, ni des milliers de missiles lancés sur la population israélienne depuis 10 ans par les terroristes du Hamas".

En reprenant, certes tardivement, le slogan "Halte aux massacres" de la propagande du Hamas véhiculée par la "rue arabe" et ses soutiens depuis plusieurs semaines, le Président Hollande et le ministre Fabius ont donné du crédit à ces prétendus "massacres" diffamant Tsahal, qui "fait tout ce qui est en son pouvoir pour minimiser les pertes civiles", et servant à exercer des pressions sur le seul Etat Juif isolé. Ils ont donné des gages au "vote halal". Mais ils se sont décrédibilisés, notamment sur le plan moral : si plusieurs centaines de victimes civiles regrettables - aucune statistique fiable n'est disponible - d'une guerre contre le Hamas résulteraient d'un "massacre", comment qualifier les 2 959 civils tués, dont 12 % imputables aux « forces pro-gouvernementales » (principalement l'armée afghane), en Afghanistan en 2013 selon les statistiques de l'ONU, "1 600 personnes tuées en Irak pour le seul mois de juillet 2014", et a fortiori les 150 000 morts en trois ans de guerre en Syrie ? Comment la France pourrait-elle convaincre qu'elle serait un médiateur impartial pour résoudre ce conflit ?

A défaut de victoire militaire, c'est donc une victoire médiatique, politique - alliance de l'extrême-droite aux gauchistes via des centristes -, symbolique et d'opinion publique majeure du Hamas, et de son principal soutien, le Qatar. La oumma a répondu "Présente" sans guère de voix rompant cet unanimisme : de la baronne d'origine pakistanaise Sayeeda Warsi, première femme musulmane secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères et secrétaire d'Etat chargée des cultes et des communautés au Royaume-Uni, qui a démissionné le 5 août 2014 par un Tweet expliquant ne plus pouvoir "soutenir la politique moralement indéfendable du gouvernement" de David Cameron sur Gaza à la fonctionnaire de police Sihem Souid, via la maire Rachida Dati. La "rue arabe" a de nouveau constitué un levier efficace pour infléchir le langage de la diplomatie française et imposer sa "politique arabe". Et elle a révélé sa "passion palestinienne", sa violence islamique hystérisée aux cris d'"Allah Aqbar", son amour du nazisme et sa haine de la France, de la république, de la démocratie et des Juifs. L'inscription de croix gammées par des individus, parfois masqués de keffieh, sur le grand monument parisien consacré à la République française est significative à maints égards.

Quant à la réponse judiciaire à ces manifestations tenues malgré leur interdiction et au vandalisme, les condamnations fermes sont rares, et uniquement pour dégradation. Pas pour antisémitisme.

Le 13 août 2014, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, a déclaré à Médiapart « 485 manifestations ont eu lieu à Paris et en province ; cinq seulement ont été interdites. Contrairement à ce que j’ai pu lire, ce ne sont pas le président de la République ou le Premier ministre qui ont pris cette décision d’interdiction. C’est moi. Et je leur ai fait cette proposition pour des raisons que je veux prendre le temps d’expliquer et que j’assume... Il ne faut pas confondre la liberté de crier son indignation et le droit à commettre des délits qui ne sauraient exister dans la République. Car l’antisémitisme n’est pas un droit. C’est un délit. Or, qu’avais-je entre les mains ? Des éléments précis et concrets témoignant du fait que des synagogues et des commerces allaient être attaqués et que des actes antisémites seraient perpétrés ». Et d'ajouter : "Sur le fond, il est évident que la cause pour laquelle les manifestants se sont mobilisés était juste. Revendiquer pour les Palestiniens un droit à disposer d’un État, exiger que la guerre cesse à Gaza et que des enfants ne soient pas tués était une cause qui aurait pu justifier que toute la France fût dans la rue. J’ai moi-même beaucoup manifesté par le passé pour ces causes et je l’aurais fait de nouveau dans un autre contexte que celui des fonctions que j’occupe". Il est grave qu'un ministre de l'Intérieur prononce un discours politique si partial - pas un mot sur les Israéliens ciblés par le Hamas - et véhiculant un blood libel.

Antisémitisme perdurant
De janvier à juillet 2014, 527 actes antisémites ont été enregistrés en France, soit une augmentation de 91% par rapport à la même période en 2013. Environ 1% des Français Juifs, soit quelque 5 500 personnes, feront leur « aliyah » (« montée » en Israël) en 2014 ; la France deviendra alors le premier pays d’émigration juive, devant l'Ukraine et les Etats-Unis.

Lors de la cérémonie des vœux pour la nouvelle année 5775, le 18 septembre 2014, à la Grande synagogue des Victoires (75009 Paris), Le Premier ministre Manuel Valls a revendiqué ses interdictions de spectacles de Dieudonné et de manifestations pro-Hamas, a rappelé que le sionisme est une forme d'antisémitisme et a déclaré« Un plan national d’action contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie existe. Force est de constater que sa mise en oeuvre n’est pas à la hauteur des enjeux... Ce qu’il faut c’est remettre à plat ce plan d’action, c’est lui donner de l’ambition et de la visibilité ; nous y travaillons... Le Fonds interministériel de prévention de la délinquance sera à nouveau mobilisé en 2015... et il permettra de financer les travaux de sécurisation » des bâtiments Juifs (lieux de culte, centres communautaires, écoles, etc.) ». Rien de neuf. Les magistrats ne considèrent pas l'antisionisme comme une forme d'antisémitisme, les autorités politiques ne luttent pas contre les causes de l'antisémitisme, etc. Mais le Premier ministre Manuel Valls a été chaleureusement applaudi par environ un millier de personnes, dont des dirigeants communautaires, des fidèles lambda, des élus franciliens et l'ambassadeur d'Israël en France. Des paroles non suivies d'actes efficaces.

« La vie de la communauté juive fait partie de notre vie. Elle fait partie de notre identité et de notre culture », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, à Berlin, le 21 septembre 2014, lors d'un rassemblement contre la recrudescence d'actes antisémites en Europe. A l'appel du Conseil central des Juifs en Allemagne, cinq mille personnes s'étaient réunies porte de Brandebourg, à quelques centaines de mètres du Mémorial de l'Holocauste. Le slogan : « Plus jamais de haine des Juifs ». De "nombreux responsables allemands des principales tendances politiques, de la gauche radicale aux conservateurs, en passant par les Verts et les sociaux démocrates, ainsi que la plupart des membres du gouvernement fédéral étaient présents aux côtés de responsables religieux catholiques et protestants" ainsi que du Congrès Juif mondial. Inimaginable en France qui regroupe pourtant la communauté Juive la plus importante en Europe.


« L’émission « Complément d’enquête » intitulée « Juifs de France : ont-ils raison d'avoir peur ? » m’a interviewé à plusieurs reprises, mais n’a pas diffusé mon interview. Elle a diffusé l'interview de François Pupponi, maire de Sarcelles, qui avançait des explications socio-économiques à l'antisémitisme… On est passé du palestinisme à l'islamisme, et maintenant au djihadisme. Il ne faut pas empêcher les djihadistes français de quitter la France, mais il faut les empêcher de rentrer en France. C’est à l’Etat, et à lui seul, d’assurer l’ordre public, et notamment la protection des établissements Juifs. Voici quelques années, deux balles ont été tirées contre une épicerie casher à Sarcelles. Quelques heures après, le policier , venu à ma demande pour constater les faits, m’a téléphoné pour me dire : « Tout a été réparé » à la demande des autorités municipales qui veulent préserver l’image de leur ville. Il faut que les autorités politiques nationales déclarent l'état d'urgence qui seul permet des mesures d'exception », a déclaré Sammy Ghozlan, président du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), le 30 septembre 2014, lors d'une réunion publique à la Mairie du XVIIe arrondissement de Paris sur l'antisémitisme en France.

Il s’est éloigné du SPCJ (Service de protection de la communauté juive) dont il ne perçoit pas clairement les objectifs. Il a ajouté n'être jamais invité sur RCJ car on le trouve « alarmiste ». Il a déploré l’absence générale dans les médias de représentants de l’ambassade d’Israël en France lors de l’opération israélienne défensive Bordure protectrice, et a recensé 250 signalements d’agressions antisémites dans les trois premières semaines de cette opération militaire.

Le 7 décembre 2014, à l'appel notamment du CRIF, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Créteil, en présence notamment de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur et chargé des Cultes, et de dirigeants communautaires, pour exprimer leur indignation après les violentes agressions antisémites en bande contre un jeune couple Juif dans l'appartement familial de cette ville de la proche banlieue de Paris. Roger Cukierman, président du CRIF, a prévenu : "Si l'État ne fait pas de cette cause nationale une ardente obligation, les Juifs partiront en masse et la France tombera entre les mains soit de la charia, soit du Front national". Il a alerté :  "Les Juifs se sentent en danger, certains quittent déjà la France". 

Bernard Cazeneuve a souligné l'impératif d'ériger la lutte contre le racisme et l'antisémitisme en "cause nationale". Il a affirmé "connaître le sentiment d'inquiétude qui traverse la communauté juive de France" face à l'antisémitisme, "véritable pathologie sociale... Ce crime (...) n'est pas un simple fait divers. Derrière ce crime, il n'y a pas seulement un acte lâche, crapuleux et antisémite. Derrière ce crime, il y a un mal qui ronge la République et que nous devons combattre à tout prix. Nous devons faire de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme une cause nationale en y associant toutes les administrations intéressées (...), les préfectures, les élus, les associations, les représentants des différents cultes. La République vous défendra de toutes ses forces parce que, sans vous, elle ne serait plus la République. La République vous protégera toujours contre des actes et des paroles qui portent atteinte au socle même des valeurs qui la fondent". Et de rappeler que les actes et menaces antisémites ont augmenté "de plus de 100 % au cours des dix premiers mois de l'année. Plus de 930 affaires ont fait l'objet de poursuites" au premier semestre 2014".

Malgré les exhortations du CRIF, les gouvernements socialistes ont refusé pendant plusieurs années de faire de la lutte contre l'antisémitisme une cause nationale. Le 28 novembre 2014, Manuel Valls, Premier ministre, a déclaré la lutte contre le "dérèglement climatique" grande cause nationale pour 2015. La grande cause nationale est l'engagement associatif en 2014, la lutte contre l'illettrisme en 2013...

Le 9 décembre 2014, à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls s'est dit "étonné devant le manque de réaction de la société et des médias contre cet acte antisémite. Il y a quelques années, face à de pareils actes, il y aurait eu des dizaines de milliers de personnes dans la rue". Il a exhorté à "une rébellion contre le racisme et l'antisémitisme. Je veux lancer ici un cri d'indignation contre ce qui peut se passer dans la partie des droits de l'homme qu'est la France". Des propos applaudis dans tout l'hémicycle.

Le 15 décembre 2014, le Président François Hollande a "inauguré" le musée de l'Histoire de l'immigration. Un établissement culturel ruineux, sans succès hormis le public scolaire captif. Dans son discours, il a loué "l'immigration, chance pour la France", a souligné le nombre d'Africains ayant combattu pour la France lors des deux guerres mondiales, ayant contribué à la "reconstruction du pays", etc. Les Juifs ayant fui les pogroms de l'empire russe ou les pays Arabes ? Oubliés. Ignorés. Les seuls Juifs nommés sont le capitaine Dreyfus dans une phrase sur la "boue antisémite" et les résistants Juifs de la MOI (Main d'oeuvre immigrée).

Le rapport du SPCJ révèle que 2014 "est une année où le "fait antisémite est prépondérant quasiment sans discontinuer :
‣ En 2014, le nombre d’actes antisémites recensés sur le territoire français a doublé. Il est de 851 contre 423 en 2013. Cela représente une augmentation de 101%.
‣ En 2014 les actions violentes ont augmenté de 130% comparativement à 2013. Le nombre d’actions violentes en 2014 est de 241 contre 105 en 2013.
‣ L’antisémitisme est devenu toujours plus violent et hyper-violent. Aujourd’hui parler de la menace antisémite en France c’est parler de préjugés tenaces, de stéréotypes sectaires, de haine profonde mais aussi et surtout de terrorisme djihadiste antisémite. On tue des hommes, des enfants en bas âge pour l’unique raison qu’ils sont Juifs.
‣ 51% des actes racistes commis en France en 2014 sont dirigés contre des Juifs. Les Juifs représentent un peu moins de 1% de la population française. Moins de 1% des citoyens du pays est la cible de la moitié des actes racistes commis en France.
‣ La hausse de 30% des actes racistes commis en France en 2014 comparativement à 2013 est constituée exclusivement par la hausse des actes antisémites. En effet, les actes racistes, hors actes antisémites, recensés en 2014 sont en recul de 5% comparativement à 2013.
Cela montre une fois de plus combien l’antisémitisme, pour être efficacement combattu, a besoin de programmes, de mesures, d’outils adaptés à sa propre mécanique. Combien les programmes de lutte anti-racisme n’endiguent pas la progression des actes antisémites, loin s’en faut.
‣ Les villes les plus touchées par les actes antisémites en 2014 sont Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Sarcelles, Nice, Villeurbanne, Strasbourg et Créteil".

Après les attentats de janvier 2015, la France a annoncé que la lutte contre l'antisémitisme et le racisme serait une cause nationale. Placée sous la responsabilité du Premier ministre, dirigée par Gilles Clavreul, la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l'Antisémitisme (DILCRA) ne bénéficie pas de moyens conséquents et a pour mission de "donner une nouvelle impulsion à l’action publique en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme". Beaucoup de communication...

En 2015, "l’antisémitisme en France en 2015 est extrêmement élevé, hyper-violent et endogène", a constaté le SPCJ dans son rapport annuel recensant, en étroite coopération avec le ministère de l’Intérieur, les actes antisémites commis sur le territoire français :
‣ "808 actes antisémites commis en France en 2015 ayant donné lieu à un dépôt de plainte. Un nombre extrêmement élevé.
‣ En 2015, 29 personnes (hommes, femmes, enfants, bébés) sont prises en otage dans un supermarché cacher le 9 janvier 2015. 4 personnes y sont exécutées.
‣ Pour la première fois, l’antisémitisme en France atteint un niveau extrêmement élevé indépendamment de tout conflit armé au Proche Orient.
‣ En 2015, une fois de plus, les Juifs, qui représentent moins de 1% de la population totale, sont la cible à eux seuls de 40% des actes racistes commis en France et de 49% des violences racistes aux personnes.
‣ En France, en 2015, en moyenne, 2 actes antisémites sont recensés par la police chaque jour.
‣ En 2015, de très nombreux témoignages de victimes d’actes antisémites évoquent leur réticence à déposer plainte pour des insultes antisémites, des menaces ou des violences légères alors que certains, quelques mois plus tôt, se sont fait exécuter, car Juifs.

‣ Le nombre de Juifs qui quittent ou envisagent de quitter la France pour rejoindre d’autres pays ne fait qu’augmenter. Une grande partie des Juifs en France ne comprend plus sa place dans la Nation, se sent incomprise au-delà même de son insécurité physique".

Lors du 31e dîner du CRIF, le 7 mars 2016, le Premier ministre Manuel Valls a lu le discours du Président François Hollande retenu à Bruxelles, et a déclaré :
"Nous savons qu’il y a un antisémitisme ancien ou un antisémitisme nouveau. Il y a l’antisémitisme insupportable de l’extrême droite toujours présent mais on trouve aussi un antisémitisme à l’extrême gauche. Il y a l’antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l’antisémitisme, dans les quartiers populaires, d’une jeunesse radicalisée. Et puis il y a la haine d’Israël, il y a l’antisémitisme et il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël.
Mais dire que nous n’acceptons pas – et c’est ce que le président la République voulait vous dire –, ce n’est pas suffisant. Les paroles, oui, doivent être suivies par les actes, des actes forts, soutenus par des politiques publiques volontaristes. Il ne faut pas avoir peur de mener ces politiques. Mener des politiques fortes contre l’antisémitisme ou l’antisionisme ne fera pas perdre des voix ici ou là, dans tel ou tel quartier, elles honoreront tous ceux qui seront engagés dans ce combat...
Et c’est dans cet esprit-là, monsieur le président, mesdames et messieurs, que la France est résolument opposée au boycott d’Israël, notamment quand il s’exprime à travers le mouvement dit BDS. La cour de cassation a jugé plusieurs fois et encore récemment que l’appel de cette organisation à ne pas acheter les produits israéliens constituait une discrimination fondée sur l’appartenance à une nation. Cette discrimination n’est pas seulement illégale, elle est illégitime, elle est même un non-sens quand on sait combien le savoir, la science, la culture, la création rapprochent les peuples. Elle est un non-sens, comme quand il s’agit de boycotter cette belle initiative de Paris avec Tel-Aviv l’été dernier et je veux saluer l’engagement du maire de Paris, d’Anne HIDALGO, contre ceux qui voulaient boycotter et interdire cette manifestation. Donc, oui, il faut être vigilant et appliquer tout simplement, monsieur le président, les règles de droit".
Manuel Valls a rappelé le "plan gouvernemental de mobilisation contre le racisme et l’antisémitisme" dont la mise en œuvre a été confiée au préfet Gilles Clavreul". Il a listé les principaux axes de la lutte contre l'antisémitisme sur Internet, par révisionnisme, et l'importance de l'éducation :  
"Protéger ne suffit pas, il faut aussi réprimer avec la plus grande force les actes bien sûr mais aussi les paroles, les discours, les écrits antisémites. Cette exigence vaut bien sûr sur Internet comme partout ailleurs. L’État exige ainsi des gestionnaires de réseaux et des fournisseurs d’accès la suppression de tous les propos qui entretiennent la haine. Il y a du travail et la justice est systématiquement et doit être systématiquement saisie. La plateforme PHAROS, vous l’avez évoquée, chargée de combattre la diffusion de la haine sur Internet, a été renforcée par une unité dédiée et j’ajoute, monsieur le président, que la disposition visant à sortir les délits antisémites et racistes du droit de la presse pour les faire entrer dans le droit commun figurera dans le projet de loi « égalité, citoyenneté » soumis au Parlement au printemps. Ainsi, il sera dit de la manière la plus claire que la liberté d’expression que nous chérissons, ce n’est pas le permis de répandre la haine.
 Pour cela, il nous faut aussi éveiller, mobiliser les consciences. Ce qui veut dire transmettre des valeurs, transmettre la connaissance de l’histoire. Et soyez certains que l’Éducation nationale, ses enseignants et bien sûr, la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, sont pleinement mobilisés.
 L’État a noué un partenariat avec les grandes institutions dédiées à la transmission. Des conventions ont été signées avec la Fondation du Camp des Milles, avec le Mémorial de Rivesaltes, avec bien sûr le Mémorial de la Shoah – nous l’avons fait ensemble il y a encore quelques semaines. D’autres partenariats seront conclus dans les mois qui viennent avec le Mémorial des enfants du Vel’d’Hiv’. C’est une mobilisation sans précédent que nous devons mener pour la reconquête des cœurs et des esprits. Réveiller les consciences, c’est aussi soutenir ces voix qui s’expriment dans le monde arabe –et je pense à Kamel Daoud qui est la cible d’attaques insupportables – pour se battre contre les fanatismes, les intégrismes de toutes sortes qui veulent enfermer les esprits, les consciences, les femmes".
Enfin, le Premier ministre a évoqué la diplomatie française :
"C’est parce que la France ne transige pas avec la sécurité d’Israël qu’elle met toute son énergie au service de la paix au Proche-Orient. Nous avons donc pris une initiative, celle d’inviter chacun à reprendre la voie de la négociation pour aboutir à la seule solution qui vaille : deux États aux frontières reconnues pour deux peuples vivant dans la sécurité, j’ajouterai dans la sérénité. Le chemin est long, le chemin sera long mais c’est cet objectif-là qu’il faut poursuivre. Et c’est dans cet esprit-là, monsieur le président, mesdames et messieurs, que la France est résolument opposée au boycott d’Israël, notamment quand il s’exprime à travers le mouvement dit BDS. La cour de cassation a jugé plusieurs fois et encore récemment que l’appel de cette organisation à ne pas acheter les produits israéliens constituait une discrimination fondée sur l’appartenance à une nation. Cette discrimination n’est pas seulement illégale, elle est illégitime, elle est même un non-sens quand on sait combien le savoir, la science, la culture, la création rapprochent les peuples. Elle est un non-sens, comme quand il s’agit de boycotter cette belle initiative de Paris avec Tel-Aviv l’été dernier et je veux saluer l’engagement du maire de Paris, d’Anne HIDALGO, contre ceux qui voulaient boycotter et interdire cette manifestation. Donc, oui, il faut être vigilant et appliquer tout simplement, monsieur le président, les règles de droit".
Habilement, le discours a éludé l'étiquetage des produits fabriqués en Judée et en Samarie.

L'assimilation de l'antisionisme à l'antisémitisme, apparue dans de précédents discours de Manuel Valls devant des auditoires juifs - en 2012, à la grande synagogue de la rue des Victoires, en 2014 au Trocadéro et devant des membres du Consistoire israélite de France  -, a soulevé une brève polémique. Certains se sont rendus comptes qu'ils étaient antisémites sans le savoir, sans se l'avouer.

Manuel Valls a conclu : "Soyez tous fiers d’être Français, soyons fiers d’être français".

Attentats terroristes islamistes antisémites
Après les attentats à Montauban et Toulouse en 2012, malgré la réforme des services de renseignements, des attentats  terroristes islamistes se sont produits en France sous le mandat du Président Hollande.

Du 7 au 9 janvier 2015, les attentats terroristes islamistes revendiqués par l'Etat islamique (ISIS) et AQPA (al-Qaïda dans la péninsule arabique) ont visé la rédaction du périodique satirique Charlie hebdo et l'hypercacher à la porte de Vincennes à Paris. Ils ont été commis respectivement par Chérif et Saïd Kouachi et Amedy Coulibaly. Ils ont coûté la vie à 17 personnes, dont sept Français Juifs. Sur les réseaux sociaux, dans les rassemblements à Paris - plus d'un million et demi de personnes - et en province du 11 janvier 2015, le message dominant était "Je suis Charlie". Une telle mobilisation populaire ne s'est pas produite pour les agressions ou attentats antisémites durant l'Intifada II. Une mobilisation d'où la "France plurielle" ou "Blacks Beurs" était largement absente.

Le 11 janvier 2015, lors du rassemblement d'environ 50 chefs d'Etats et de gouvernements à Paris, parallèlement à la manifestation en solidarité avec les victimes de ces attentats terroristes islamistes, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont défilé aux côtés du Président Hollande. Celui-ci avait d'abord demandé au Premier ministre israélien de ne pas être présent. Une demande à laquelle avait accédé Netanyahu avant de décider de participer à cette marche parisienne. La France avait alors invité Abbas (Mazen) du mouvement terroriste Fatah. Diffusé sur France 3 le 4 janvier 2016, Attentats. Au coeur du pouvoir, documentaire d'Antoine Vitkine, indique que, devant ces bus "touristiques loués à la hâte" afin de mener ces "invités de marque" au rassemblement, Benjamin Netanyahu "a un mouvement de recul. Au lendemain d'attaques terroristes, il voulait s'assurer" que les autocars "sont évidemment blindés". La réponse du Président François Hollande : "Je lui ai dit que toutes les dispositions avaient été prises. Il était vraisemblable que le bus n'était pas blindé. Je ne connais pas de bus blindé en France. Il en existe sans doute à l'étranger. Je lui ai dit que toutes les dispositions ont été prises, parce que sinon il n'était pas possible d’organiser ce défilé". Ces deux pays en guerre - la France et l'Etat d'Israël - ont subi des attentats terroristes islamistes. Mais cette anecdote révèle toute la différence entre un Premier ministre lucide préoccupé de sécurité et un  Président, qui se précipite sur les lieux d'attentats sans tenir suffisamment compte des dangers encourus - dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, le terroriste islamiste Abdelhamid Abaaoud s'était rendu près du Bataclan peu avant l'arrivée de François Hollande - récupérer politiquement l'émotion de l'opinion publique par une image affirmant son statut international et occultant des dysfonctionnements graves, notamment dans les renseignements généraux.

 Le 8 février 2015, lors du Forum de Radio J, radio Juive de la fréquence francilienne, Jean-Christophe Cambadélis, premier Secrétaire du Parti socialiste, a répondu : "Je ne sais pas et c'est un peu vain. Ça a eu lieu et c'est ignoble et les Français ont parfaitement bien réagi alors que dans des actions précédentes antisémites, les Français n'avaient pas réagi. Évidemment, on pense tout de suite à la communauté musulmane, mais vous verrez que derrière, [ce sera] la communauté juive, dont on indiquera que ce sont les représentants d'Israël en France, qu'ils ont des idées et des modes de vie qui ne correspondent pas à la France. Je suis contre que l'on identifie une communauté à un Etat. On identifie la communauté juive à Israël et on identifie les musulmans à Daech. C'est le même raisonnement. Je suis loin de mettre Daech sur le même plan qu'Israël".


Devant l'indignation suscitée par ce parallèle - qui est "on" ? - choquant entre l'Etat Juif et l'Etat islamique, Jean-Christophe Cambadélis a précisé sa pensée sur Twitter. Quant à Gilbert Collard, député apparenté Front national, il a twitté : "#Cambadelis va mal:comparer l'état islamique à Israël! je n'ai jamais entendu ni vu un juif tuer un français en hurlant: "Yahvé est grand!" Dan lui a répliqué sur Twitter : "Vous auriez pu être crédible en écrivant "un autre français". Raté." Et Yolande Fournier a twitté : "On n'a jamaisvu 1juif faire sauter1restaurant allemand ni 1église ni les statues de Bamian. on a interet à se donner la main". Certains ont rappelé le passé trotskyste de Jean-Christophe Cambadélis.

Revendiqués par l'Etat islamique en Irak et au Levant (ISIS), les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis ont causé la mort de 130 personnes et en ont blessé plus de 350.

Ils ont été présentés à tort, mais sciemment par le Président François Hollande, puis par la classe politico-médiatique française et même par la communauté Juive française institutionnalisée, comme ayant visé toute la France, indistinctement. Or, la simple lecture des noms des victimes prouve que rares sont les patronymes "de la diversité".

En outre, le communiqué d'ISIS cite une sourate sur les Juifs. le communiqué d'ISIS cite la sourate 59, verset 2 du Coran sur les Juifs : "Et ils pensaient qu'en vérité leurs forteresses les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s'attendaient point, et a lancé la terreur dans leurs coeurs. Ils démolissaient leurs maisons de leurs propres mains, autant que des mains des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués de clairvoyance". Le 15 novembre 2015, interrogé par ArteYoussef Afif, imam suppléant à la Grande Mosquée Mohamed VI de Saint-Etienne, a déclaré : "C’est un verset qui a été révélé à notre prophète dans un contexte bien précis, dans une période bien précise, dans ces circonstances bien précises et eux [les terroristes de l'Etat islamique, Nda] l’utilisent à tout bout de champ et n’importe comment. Ce verset a été révélé quand le prophète était installé à Médine. Il avait conclu le pacte de Médine, c’est une sorte de constitution dans laquelle il a mis en place certaines règles entre les musulmans et les non musulmans de Médine. Il y avait trois tribus juives dans la ville de Médine et ils se sont mis d’accord sur certaines règles pour qu’ils puissent vivre ensemble, il y avait déjà cet esprit du vivre ensemble à l’époque. C’est une constitution écrite, qu’on peut toujours trouver, elle est authentifiée par des historiens. Puis quand le prophète est allé trouver l’une de ces tribus pour solliciter une aide financière, ils ont essayé de le tuer. Il a donc demandé à les chasser de Médine et c’est à ce moment-là que le verset a été révélé". Cet imam a présenté la version islamique, antisémite de ce différend entre les Juifs médinois et Mahomet. L'essayiste Bat Ye'or a analysé le film Juifs et musulmans - Si loin, si proche  qui "débute sur les premiers accrochages doctrinaires entre Mahomet et les Juifs médinois. On ne sait pourquoi le narratif omet de dire que l’arrivée de Mahomet à Médine résultait d’un pacte entre le Prophète persécuté par les Mekkois et une tribu de Médine qui l’y avait invité pour faire pièce aux juifs. Le narratif insiste lourdement sur l’hostilité des Juifs envers Mahomet reprenant ainsi un élément important de l’historiographie islamique. Or cette accusation est sujette à caution car il n’existe aucune autre version de ces épisodes pour la vérifier. Même ceux-ci la démentent car ils ne mentionnent aucun musulman maltraité, pillé, agressé ou tué par des juifs. Par contre tous les juifs médinois et d’Arabie furent chassés, dépouillés, réduits en esclavage ou massacrés par la communauté islamique naissante. Cette hostilité, est-elle bien juive ? Le narratif évoque les désaccords théologiques entre les rabbins médinois et Mahomet qui les sommait de le reconnaître comme le véritable connaisseur et détenteur de leur propre religion. Il est clair que les interprétations coraniques de la Bible devaient surprendre les rabbins qui connaissaient les textes. Ce contexte de décalage théologique se reproduit d’ailleurs avec les chrétiens puisque la version islamique des Évangiles diffère des originaux et que Mahomet adopte la même position envers les Chrétiens. Cependant ces conflits théologiques n’étaient pas exceptionnels à une époque où la religion revêtait une importance cruciale... Mais pour en revenir à cette hostilité juive envers les musulmans médinois qui, selon les textes arabes somment les juifs de se convertir, les giflent, les agressent, en assassinent quelque uns – elle devint un objet de foi car attestée par le Coran, livre incréé, où plusieurs versets la mentionnent conjuguée au même reproche envers les chrétiens".

Par ailleurs, le café-restaurant La belle équipe appartient à Grégory Reibenberg, Français Juif. Enfin et surtout, la principale cible des terroristes s'avère le Bataclan, lieu de spectacles menacé par les islamistes pour son accueil de soirées en solidarité avec l'Etat Juif et dont les propriétaires étaient jusque récemment des Français Juifs. Une salle de spectacles recevant le groupe américain de rock Eagles of Death Metal qui venait de se produire en Israël. Tous ces faits prouvent que l'antisémitisme caractérise ces attentats. L'Etat islamique (ISIS) vise à terroriser les Occidentaux, les kouffars, les Yaoud, probablement aussi à réduire le chiffre d'affaires des entreprises détenues par des Français Juifs, à les marginaliser dans la  société française, à ce qu'ils soient évités, boycottés par leurs concitoyens, et in fine à ce qu'ils quittent la France. Car ISIS a bien conscience que les Juifs sont les plus ardents défenseurs de la république, de la démocratie, de la France.

Dans une lettre aux Français vivant aux Etats-Unis, Gérard Araudambassadeur de France aux Etats-Unis et ancien ambassadeur de France en Israël (2003-2006), a évoqué les attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, sans mentionner l'Etat islamique et en opérant une distinction choquante : "Ce sont les fondements même de notre modèle de société que les terroristes cherchent à détruire : hier des journalistes et des Juifs ; aujourd’hui de simples citoyens dont le seul tort était de profiter de la vie un vendredi soir à Paris". Cette distinction entre les Juifs et les "citoyens ordinaires" a suscité l'indignation parmi ses concitoyens Juifs, dont l'artiste Ron Agam sur son compte Facebook le 15 novembre 2015. Elle rappelait une distinction similaire opérée par Raymond Barre, alors Premier ministre de la France, après l'attentat islamiste contre la synagogue rue Copernic, en 1980. 


Le 27 novembre 2015, lors de l'hommage national aux victimes des attentats terroristes islamistes du 13 novembre, à l'Hôtel national des Invalides, le Président François Hollande a déclaré : "Nous connaissons l’ennemi, c’est la haine ; celle qui tue à Bamako, à Tunis, à Palmyre, à Copenhague, à Paris et qui a tué naguère à Londres ou à Madrid. L’ennemi, c’est le fanatisme qui veut soumettre l’homme à un ordre inhumain, c’est l’obscurantisme, c’est-à-dire un islam dévoyé qui renie le message de son livre sacré". Il a omis de citer une ville israélienne visée par le terrorisme islamiste, et a évité tout lien entre l'islam et la violence. Dire que c'est le même terrorisme qui frappe en France et en Israël serait contrecarrer la "politique arabe" de la France qui favorise des terroristes : le Fatah et Mahmoud Abbas (Anou Mazen), le Qatar qui soutient le Hamas, etc.

Le 30 novembre 2015, arrivé en France pour l'ouverture de la COP 21, le Premier ministre israélien n'a pas pu se recueillir devant le Bataclan, un des lieux frappés par les attentats terroristes de l'Etat islamique (ISIS), pour des "raisons de sécurité". Or, le 30 novembre 2015, le Président américain Barack Obama, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le Premier ministre du Québec Philippe Couillard, le Premier ministre japonais Shinzo Abe, Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, la Présidente du Chili Michelle Bachelet, la Présidente de la Corée du Sud Park Geun-Hye se sont recueillis et ont déposé des fleurs devant le Bataclan. Dans une société de communication, l'absence de l'image du Premier ministre israélien se recueillant à la mémoire des victimes ne peut être fortuite.

Comment ne pas voir un lien entre ces attentats et le traitement aberrant, partial, accordé au terrorisme palestinien par la France, de son quai d'Orsay à de nombreux politiciens, universitaires et journalistes ?

Le 3 décembre 2015, peu avant le premier  tour des élections régionales, Jean-Christophe Cambadélis a déclaré lors d'une conférence de presse : « Je suis frappé de la montée en gamme du Front national contre les musulmans. Sous Vichy, c'étaient les juifs, aujourd'hui ce sont les musulmans ». Un parallèle infondé, assorti de l'instrumentalisation politique des Juifs sur un fond de Shoah.

En refusant de qualifier le terrorisme d'islamiste - les plaques à la mémoires des victimes de janvier 2015 évoquent le "terrorisme" -, la France empêche ses citoyens de saisir la nature de la menace mondiale affrontée et devant être vaincue. Cependant, de nombreux Français, essentiellement chrétiens, se sont renseignés sur Internet, en lisant des livres, en écoutant des conférenciers, etc. Ils ont compris qu'ils sont, comme leurs concitoyens Juifs, et comme les Israéliens, les cibles du djihad mondial dans un combat existentiel. En suivant ce mutisme "islamiquement correct", les dirigeants communautaires français s'interdisent de desserrer l'étau qui isole les Français Juifs.


Le 9 janvier 2016, lors de la cérémonie organisée par des institutions françaises Juives en hommage aux victimes de l'attentat antisémite perpétré par Amédy Coulibaly le 9 janvier 2015 à l'hypercacher de la Porte de Vincennes - 28 otages, quatre Français Juifs assassinés -, le Premier ministre Manuel Valls a déclaré :
"Un an après, cet Hyper Cacher de la porte de Vincennes est devenu un symbole.
Le symbole du courage, car il faut des symboles : celui de Lassana Bathily, venu en aide à des femmes et des hommes menacés de mort… Oui ! Cher Lassana Bathily, alors que parfois il y a des débats dans notre société, moi je suis fier que vous soyez devenu français, naturalisé français ! C’est cela, la France d’aujourd'hui et de demain ! Courage aussi des otages, et je veux leur dire, à ces otages qui ont passé des moments d’horreur, ici, dans cet Hyper Cacher, je veux leur dire leur courage… qu’ils en soient persuadés : par leur courage, ils ont aussi sauvé des vies !
Le symbole d’un pays qui ne se perd pas dans la haine de l’autre, mais qui trouve en lui la force d’être ce peuple fier de ce qu’il est, qui dit non au racisme, non à l’antisémitisme, non au rejet et au repli".
Or, d'une part, dès l'origine, Lassana Bathily a nié tout héroïsme dans son comportement, et d'autre part, cette légende du héros Lassana Bathily est contestée "fermement par les principaux intéressés, à savoir les six clients adultes de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, cloîtrés pendant quatre heures -une éternité- dans un congélateur du sous-sol avec un bébé de onze mois. Criant au mensonge, ces ex-otages sont en colère ! L'un d'eux, Yohann Dorai, témoigne dans le livre que nous signons ensemble" :
C'est lui et non Lassana Bathily qui a débranché le système de réfrigération afin de permettre une survie précaire des otages dans un espace glacial qui aurait pu devenir leur tombeau. Logique. Yohann Dorai est chauffagiste de profession.
C'est lui aussi et non Lassana Bathily qui a verrouillé la porte du congélateur après que les otages s'y sont cachés sans aucune aide du jeune malien, comme en attestent plusieurs témoignages. C'est lui encore et non Lassana Bathily qui a caché une clef du congélateur dans un recoin du sous-sol et en a prévenu la police comme en témoigne un documentaire, Les Hommes du Raid, diffusé en septembre dernier par la Cinquième. C'est lui enfin qui a donné sa doudoune pour couvrir le bébé enfermé avec sa maman dans cette pièce minuscule où il faisait moins cinq degrés.
Fuyant les tirs meurtriers de Kalachnikov, une quinzaine de clients devenus otages s'étaient précipités vers le fond du magasin. Sidérés devant l'issue de secours fermée à double tour, ils s'étaient ensuite dirigés vers l'escalier en colimaçon, à quelques mètres de là, qui les mena au sous-sol.
Lassana Bathily, qui s'y trouvait déjà pour y ranger des produits surgelés, proposa alors à certains otages de s'enfuir avec lui par le monte-charge qui les mènerait au rez-de-chaussée vers la porte de secours dont il possédait, semble-t-il, les clefs. Ce projet paraissant trop aléatoire, personne ne le suivit. Lassana n'insista pas et pensa d'abord à se sauver lui-même. Qui oserait lui en faire reproche? Une fois dehors, le jeune manutentionnaire fut aussitôt arrêté sans ménagement par les policiers du RAID qui encerclaient le bâtiment.
Après les avoir convaincus qu'il n'était aucunement complice du terroriste, Lassana Bathily les a renseignés sur la topographie du magasin qu'il connaissait bien. Le jeune homme, surtout, a facilité l'assaut en fournissant à la police le double des clefs du rideau de fer de la porte principale du magasin. C'est le seul fait d'armes à son actif. Cela fait-il de lui un héros ? (Michel Taubmann, Huffington Post, 8 janvier 2016).
Le héros parmi les otages dans cet hyper cacher ? Yohav Hattab. "Celui dont l'acte et la vie n'ont pas été célébrés par toutes les télévisions et tous les journaux. Peut-être, parce qu'il n'a pas été là après le drame pour raconter son geste. Peut-être parce que les médias ont oublié de se pencher sur son histoire. Yoav Hattab est mort le 9 janvier 2015, une kalachnikov à la main en tentant de sauver les autres otages du magasin".

Pourquoi politiciens, médias et dirigeants communautaires n'ont-ils pas célébré alors, loué durablement, l'héroïsme de Yohav Hattab, jeune étudiant Juif tunisien, justifiant d'être qualifié de "seul héros" ? Parce qu'il urgeait d'atténuer, voire de gommer le caractère islamique du terroriste assassin ? Parce que l'image de Juifs victimes est profondément ancrée dans l'imaginaire collectif français ? Parce qu'un compatriote civil otage Juif, combattant arme à la main un terroriste islamiste, choque ? Parce qu'il fallait compléter l'image des chrétiens Justes parmi les Nations par un "pendant" musulman ? Pour crédibiliser le "vivre ensemble multiculturel" ? Pour ne pas évoquer l'existence de Juifs aux conditions modestes, et qui eux ne basculent pas dans le terrorisme. Pour signifier aux Français Juifs qu'ils sont redevables à un musulman et qu'ils doivent taire leurs interrogations sur l'antisémitisme islamique ? Pour ne pas stigmatiser tous les musulmans ? Accueilli chaleureusement par les organisations Juives françaises et américaines, Le 19 janvier 2016, sur Internet, le journaliste Brett Kline a révélé que Lassana Bathily lui avait confié que, parmi les musulmans en France, seul l'imam Hassen Chalghoumi l'avait contacté pour le féliciter. Ses autres coreligionnaires en France l'ont ignoré.

Le 14 janvier 2016, sur i24news, Me Axel Metzker a déclaré avoir envoyé des mises en demeure, au nom de son client David, à l'Etat, au Président de la République, au Premier ministre, aux ministres de l'Intérieur et de la Justice afin de savoir pourquoi la photo d'Amédy Coulibaly n'a pas été diffusée, publiquement et "de manière massive, dès le 8 janvier 2015 au matin, à partir du moment où il a été identifié" par les services de la police et du renseignement français. Et ce, alors que la photographie des frères Chérif et Saïd Kouachi faisait le tour du monde par Internet", et en raison des relations étroites entre les frères Kouachi et Coulibaly, "amis de longue date". "Quand on connait le parcours de Chérif Kouachi dès le 7 janvier 2015, [quand on savait] que Chérif Kouachi voulait incendier des synagogues dès 2005 - ce qui a été retranscrit dans des procès-verbaux dès 2007 -, qu'il avait pour but d'intimider et de faire peur aux Juifs... C'est pourquoi nous devons créer peut-être une nouvelle jurisprudence en ce domaine et donner les moyens à l'administration afin de protéger la sécurité du peuple français", a déclaré cet avocat. Me Axel Metzker a estimé qu'il "aurait été possible d'éviter l'attentat à l'hypercacher. Les "autorités ont un devoir à l'égard de cette communauté" juive française. Il a déploré le "manque de vigilance des autorités" françaises.

Le 11 janvier 2016, un lycéen musulman turc d'origine kurde âgé de 15 ans a agressé à deux reprises, et notamment avec une machette, Benjamin Amsellem, professeur d'une école juive à Marseille, port méditerranéen qui abrite la deuxième plus grande communauté juive en France. Il a revendiqué sa tentative d'assassinat "au nom d'Allah" et de l'Etat islamique. "J’ai très mal au dos, j’ai du mal à me déplacer. J’attends aussi les résultats d’analyses quant à l’état de mes reins qui pourraient avoir été touchés par la violence de certains coups. [J'ai vu] la haine dans les yeux [de (s)on agresseur]. Je lui disais d’arrêter de me frapper mais il continuait et je ne pensais pas m’en sortir vivant", a confié cet enseignant à La Provence le 11 janvier 2016. Il n'éprouve "aucune colère mais de la peur et de l'appréhension quant à l’avenir. Honnêtement, je ne sais pas comment je vais me relever de cette terrible agression". Et d'ajouter qu'il songeait à ne plus porter sa kippa. Président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar a invité ses coreligionnaires de la cité phocéenne à ne plus porter la kippa "jusqu'à des jours meilleurs". Ce qui a suscité l'opposition des dirigeants communautaires. Le 12 janvier 2016, Michèle Teboul, présidente du CRIF Marseille-Provence, a observé sur BFM TV : "Il est très difficile de demander plus de sécurité que celle que nous avons déjà.On ne va quand même pas mettre un policier derrière chaque juif qui marche dans la rue. Ce serait impossible à réaliser". Le 14 janvier 2016, lors de la visite à Marseille du ministre de l'Intérieur chargé des Cultes Bernard Cazeneuve, Ruben Ohana, grand rabbin de Marseille, a déclaré : « Il serait difficile de demander à l’Etat de faire plus que ce qu’ils ont fait. D’un autre côté, nos demandes vont uniquement dans le sens d’essayer de faire un peu plus pour que l’ensemble de la Nation prenne conscience. Il ne s’agit pas ici de revendications communautaires. La communauté juive fait partie intégrante de la France, elle est soucieuse de la direction qu’elle prend. Et c’est à ce niveau qu’il me semble que l’Etat doit apporter des réponses ».

En avril 2016, un expert sécuritaire israélien a révélé à Fox News que les autorités politiques françaises ont rejeté, "peu après le sanglant attentat contre Charlie Hebdo et près d'un an avant les attaques de novembre dernier à Paris qui ont tué 130 personnes", l'offre d'une société israélienne de haute technologie spécialisée dans les logiciels de traque des terroristes et la mise à jour en temps réel d'informations "sur les terroristes potentiels et leur historique". Une technologie qui "aurait permis la détection des cellules djihadistes de Paris et Bruxelles" et est utilisée aux Etats-Unis et dans d'autres pays ayant de bonnes relations avec Israël. "Les autorités françaises ont apprécié (le système israélien), mais les hauts fonctionnaires ont affirmé avoir reçu des instructions d'en haut de ne pas acheter de la technologie israélienne et la discussion s'est arrêtée là", a confié une source sécuritaire israélienne à Fox. La Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), qui dépend du ministère de l'Intérieur, n'a pas motivé son refus de l'offre israélienne".

Lors des hommages aux victimes des attentats terroristes du 13 novembre 2015, des plaques ont été apposées sur les lieux de ces attaques. Aucune plaque n'a mentionné le "terrorisme" et encore moins le "terrorisme islamique".

On peut et on doit demander aux plus hautes autorités politiques françaises de mettre un terme à une diplomatie déséquilibrée, de cesser la délégitimation et la diabolisation de l'Etat Juif, de réinscrire les Juifs et le judaïsme dans l'Histoire, de détruire le "gouvernement des juges", etc.

 "Gouvernement des juges"
En Occident chrétien médiéval depuis l’empereur byzantin Justinien (527-565) – hormis les sauf-conduits émis par les rois carolingiens au IXe siècle -, et en dar al-islam (terre sous domination islamique), un Juif était exclu  de la justice : interdiction de témoigner contre un chrétien ou un musulman, etc.

La Révolution française a émancipé les Juifs.

En 1848, Adolphe Crémieux  (1796-1880), alors avocat, a obtenu de la Cour de cassation l’abolition du serment more judaico, ultime discrimination humiliante visant les justiciables juifs.

A l’aube du XXIe siècle, des magistrats introduiraient-ils subrepticement, durablement, impunément, un statut inférieur, discriminatoire aux Juifs ?

Les spoliations de Juifs en France depuis l’Intifada II, un antisémitisme d'Etat « au nom du peuple français » ? Sans des magistrats, agents publics rémunérés par l'Etat, sans ces maillons judiciaires inévitables faute de règlement amiable, aucun ennemi des Juifs ne pourrait légalement les ruiner ou/et les spolier. Les affaires de Juifs spoliés, telles les affaires KriefTanger et M. B., des illustrations d’un « gouvernement des juges  » ? Une leçon destinée aux Juifs afin qu’ils cessent d’importuner des magistrats en réclamant justice dans leur « combat du pot de terre contre le pot de fer », et se laissent invectiver, voler, ruiner, tuer socialement, professionnellement sans se rebeller ? Silence, on ruine et on spolie en ce langage si policé caractéristique du droit français et dans des « palais d’injustice », dans ces « territoires perdus de la justice française  ».

Des spoliations appelées à perdurer avec le projet gouvernemental, soutenu  par le Garde des Sceaux socialiste Jean-Jacques Urvoas, d’accroître l’indépendance des juges  ?

Les auteurs de la constitution de 1958 avaient pourtant refusé un pouvoir judiciaire. Quelques décennies ont suffi à l'émergence d'un "gouvernement des juges".

Ce "gouvernement des juges" a institué des "territoires perdus de la Justice". Il a condamné les victimes juives d'antisémitisme, relaxé la belle-mère d'Arafat malgré ses propos haineux, spolie les Juifs depuis le déclenchement de l'Intifada II, a été longtemps clément à l'égard de Dieudonné, développe une jurisprudence aléatoire à l'égard de ceux appelant au boycott d'Israël ou des produits israéliens, débouté en juin 2016 la préfecture de Seine-Saint-Denis de sa demande visant le retrait d’une banderole déployée sur la mairie de Stains en soutien à Marwan Barghouti, terroriste palestinien emprisonné en Israël, etc.

Alors que la France est menacée par des attentats terroristes islamistes, alors qu'elle laisse les forces de l'ordre être gravement agressées lors de manifestations à l'initiative du syndicat CGT hostile à la loi réformant le Code du travail, elle persiste à spolier et ruiner les Juifs.


"Assumer nos responsabilités"
Le 26 juillet 2016, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, deux terroristes islamistes, sont entrés dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), près de Rouen en criant "Allah Ouaqbar", cri affirmant la supériorité d'Allah et de l'islam. Munis de couteaux, ils y ont pris en otages cinq personnes au nom de l'Etat islamique (ISIL). Ils ont égorgé Jacques Hamel, prêtre auxiliaire de la paroisse et âgé de 86 ans, et gravement blessé un autre otage. Lors de l'assaut, la Brigade d'intervention rapide (BRI) les a tués. "La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête. L’enquête a été confiée à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet". Le CFCM (Conseil français du culte musulman) a invité les musulmans à assister à la messe dominicale du 31 juillet 2016 dans une église proche de leur domicile en signe de "solidarité et compassion" après le "lâche assassinat".

Ce 31 juillet 2016, donc le jour désigné pour l'alliance entre catholiques et musulmans, Le Journal du dimanche a publié en exclusivité la tribune "Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités" signée de "personnalités musulmanes françaises" qui "critiquent l'organisation actuelle de l'islam de France" et prônent la réactivation de la Fondation pour l'islam de France :
"Après l'assassinat de caricaturistes, après l'assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l'assassinat d'un couple de policiers, après l'assassinat d'enfants, de femmes et d'hommes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd'hui l'assassinat d'un prêtre célébrant la messe… L'horreur, toujours plus d'horreur et la volonté très claire maintenant de dresser les Français les uns contre les autres. Pour détruire la concorde nationale qui tient encore.
Nous musulmans étions silencieux parce que nous avions appris qu'en France la religion est une affaire privée.
Nous devons parler maintenant parce que l'islam est devenue une affaire publique et que la situation actuelle est intolérable.
En tant que musulmans, de foi ou de culture, nous sommes concernés par l'impuissance de l'organisation actuelle de l'islam de France qui n'a aucune prise sur les événements.
Malgré les efforts de personnalités engagées, l'islam de France est – mal – géré par des représentants des pays dont sont issus beaucoup de musulmans français. Cette organisation avait probablement un sens quand les musulmans étaient des immigrés. Or, aujourd'hui, les musulmans de France sont à 75% français. Ils sont majoritairement jeunes, voire très jeunes. Nombre d'entre eux sont la proie d'idéologues de l'islam djihadiste mais aussi de l'islamisme politique. Les représentants traditionnels ne les comprennent plus car ils ne les connaissent pas tout simplement.
Alors, il faut changer de générations, avec un projet d'organisation clair : donner des sources de financement pérennes et transparentes aux mosquées, former et salarier des imams, faire le travail historique, anthropologique et théologique qui permet et permettra encore plus demain d'être français et musulman dans une République laïque. Et mener enfin la bataille culturelle contre l'islamisme radical, auprès des jeunes et des moins jeunes, avec les moyens de production les plus modernes et les techniques de diffusion des idées et des informations les plus efficaces.
Il faut agir donc en tant que musulmans.
Mais aussi en tant que Français. Nous devons répondre à l'interpellation de la société française qui nous dit : "Mais, où êtes-vous? Que faites-vous?"
Certes, cette interpellation est paradoxale : on nous a appris à faire de la religion une affaire privée. Pourquoi dès lors prendre la parole en tant que musulmans? Parce que le risque de fracture entre les Français est chaque jour plus important.
Alors, avant qu'il ne soit trop tard, avant que la violence ne dresse les Français les uns contre les autres – ce qui est l'objectif de Daech –, il faut agir et prendre nos responsabilités. Et dépasser l'injonction paradoxale : "Faites disparaître vos différences ; condamnez parce que vous êtes différents."
À force de travail et d'abnégation personnelle mais aussi parce que la République a fait son travail, nous avons, comme nos autres concitoyens, pris notre place dans la société française. Et aujourd'hui, cette génération est prête à assumer ses responsabilités et notamment l'organisation de l'islam de France.
Une Fondation pour l'islam de France avait été créée il y a plus de dix ans. Elle n'a jamais fonctionné. Il est temps de la réactiver maintenant, de lui donner la capacité de collecter des ressources. Les Français de confession musulmane sont prêts à la relancer, à l'animer, à contribuer à son financement. Cette Fondation, au niveau national comme au niveau régional, peut être l'institution qui permettra l'organisation de l'islam de France. Au-delà, c'est à un travail quotidien d'explication, de mise en perspective, d'action sociale et culturelle que nous sommes prêts à nous atteler.
En tant que Français, en tant que musulmans. Parce que la France en a besoin."
Ont signé cette tribune des membres de la "beurgeoisie" : Kaci Ait Yala, chef d'entreprise ; Najoua El Atfani, cadre entreprise BTP, administratice club XXIe siècle ; Rahmene Azzouzi, chef du service urologie, CHU d'Angers ; Linda Belaidi, dirigeante EASI (European Agency for Strategic Intelligence) ; Tayeb Belmihoub, auteur, comédien ; Sadek Beloucif, chef du service anesthésie réanimation, hôpital Avicenne, ex-membre du Comité national d'éthique ; Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d'addictologie ; Nadia Bey, journaliste ; Abdennour Bidar, philosophe, inspecteur général de l'éducation nationale ; Antar Boudiaf ; Hamou Bouakkaz, conseiller d'arrondissement, ancien adjoint au maire de Paris ; Marc Chebsun, auteur, éditorialiste ; Abdelnor Chehlaoui, banquier d'affaires ; Fatiha Gas, directrice d'un établissement d'enseignement supérieur ; Mohamed Ghannem, chef du service cardiologie, Fondation Léopold-Bellan ; M'jid El Guerrab, ancien conseiller du président du Sénat ; Kamel Haddar, entrepreneur (éducation et média) ; Abderrahim Hafidi, universitaire, islamologue ; Sofiène Haj Taieb, DG Finances, fonds d'investissement ; Khalid Hamdani, chef d'entreprise, membre du Cese ; Majid Si Hocine, médecin ; Mehdi Houas, président Talan (conseil informatique), ancien ministre ; Elyès Jouini, professeur d'université, vice-président d'université, ancien ministre ; Hakim El Karoui, ancien conseiller du Premier ministre, chef d'entreprise ; Bariza Khiari, sénatrice de Paris ; Saadallah Khiari, cinéaste, auteur ; Shiraz Latiri, cadre, société d'assurance ; Kamel Maouche, avocat au barreau de Paris ; Kaouthar Mehrez, ingénieur ; Malika Menner, directeur des Relations externes d'un grand groupe télécom ; Louisa Mezreb, PDG Facem management ; Naima M'Faddel, adjointe au maire de Dreux, chargée de l'action sociale ; Pap'Amadou Ngom, PDG Des systèmes et des hommes ; Bouchra Rejani, directrice générale d'une société de production audiovisuelle ; Mahamadou Lamine Sagna, sociologue, chercheur à Paris-VII ; Nadir Saïfi, juriste ; Yasmine Seghirate, responsable de la communication pour une organisation internationale ; Mohsen Souissi, ingénieur ; François-Aïssa Touazi, fondateur CAPmena, ancien conseiller du ministère des Affaires étrangères ; Farid Yaker, président forum France Algérie ; Faiez Zannad, professeur de thérapeutique-¬cardiologie, CHU Nancy, université de Lorraine.

Habilement, ces signataires ont fustigé "l'horreur" sans le qualifier, et centré leur pétition sur la réorganisation des institutions musulmanes. Comme si c'était le problème ou la solution !

Cette liste débute par l'évocation de l'attentat terroriste islamiste commis au siège de Charlie hebdo par les frères Chérif et Saïd Kouachi le 7 janvier 2015 et enchaîne par une allusion à celui au Bataclan le 13 novembre 2015. D'une part, elle omet les attentats terroristes à Toulouse et à Montauban.  Le 11 mars 2012. A Toulouse, Mohamed Merah tue le maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten, 30 ans, sous-officier du 1er régiment du train parachutiste, qui avait mis sur Internet une annonce pour vendre sa moto. Il lui dit : « Tu tues mes frères. Maintenant, je te tue ». Le 15 mars 2012, à Montauban, il a assassiné Abel Chennouf, 25 ans, et le 1ère classe Mohamed Legouad, 24 ans, soldats français du 17e régiment de génie parachutiste (RGP). Un quatrième soldat, Loïc Liber, 28, est gravement blessé à la moelle épinière (tétraplégique, sous assistance respiratoire). Le 19 mars 2012, près et dans l'école Juive OzarHaTorah, Mohamed Mérah assassine Miriam Monsonego, fille âgée de 8 ans du principal de l’établissement scolaire, le rab Yaacov Monsonego, Jonathan Sandler, 30 ans, professeur de judaïsme, et ses deux fils, Arye, 5 ans, et Gabriel, 4 ans.

Et d'autre part, cette tribune oublie Philippe Braham, cadre commercial dans une société d'informatique âgé de 45 ans, cadre commercial, Yohan Cohen, étudiant et employé du magasin âgé de 20 ans, Yoav Hattab, étudiant âgé de 21 ans - son héroïsme est sciemment occulté par la plupart des dirigeants politiques et des médias -, et François-Michel Saada, cadre supérieur retraité âgé de 64 ans, assassinés à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, par  Amedy Coulibaly se revendiquant de l'Etat islamique (ISIS).

En fait, cette tribune a, sciemment ou non, occulté essentiellement les victimes juives.

Qu'aucun de cette quarantaine de signataires n'ait relevé ces omissions s'avère révélateur et choquant. Que ni le rédacteur en chef ni le directeur de la publication n'aient été surpris par cette omission consterne.

Olivier Duhamel, juriste et politologue, s'est indigné sur cet "incroyable oubli". Le journaliste et essayiste Jean Birnbaum s'élevait aussi sur Facebook contre cet oubli. Tout comme Bernard-Henri Lévy, l'UEJF (Union des étudiants juifs de France), le grand rabbin de France Haïm Korsia qui a "appelé plusieurs signataires pour leur faire part de la blessure qui fut la mienne et celle de la communauté juive", etc.

Le 1er août 2016, le CRIF publiait le communiqué de presse intitulé "Un oubli lourd de sens..." :
"Une trentaine de personnalités musulmanes françaises issues de la société civile ont publié hier matin dans le Journal du Dimanche une tribune dans laquelle ils affirment leur engagement dans le combat contre l'islamisme radical et souhaitent une refondation de l'islam de France.
Si cette mobilisation est salutaire et représente une voix importante dans la bataille contre l'islam radical, le Crif note avec inquiétude que cette tribune démarre par une liste des principales victimes récentes du terrorisme (caricaturistes, policiers, jeunes du 13 novembre, familles du 14 juillet, prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray...) mais occulte dans cette liste l'attentat de l'Hypercacher et ses victimes juives, comme elle oublie celui contre l'école Ozar Hatorah de Toulouse en 2012.
Cet oubli est bien entendu un affront à la mémoire des huit victimes de ces deux attentats, qui ont été ciblées par le terrorisme parce que Juifs. Mais, au-delà, cette mémoire sélective empêche surtout de comprendre toutes les dimensions du terrorisme islamiste auxquelles la France est aujourd'hui confrontée.
Le président du Crif Francis Kalifat demande aux auteurs de cette tribune d'apporter la clarification nécessaire sous peine d'entacher l'utilité de leur démarche".
Le 1er août 2016, Bariza Khiari, sénatrice socialiste proche de Laurent Fabius, a répondu sur son compte Facebook - un post liké 115 fois et partagé 118 fois en 24 heures :
"Un début de polémique semble poindre au sujet de la tribune parue ce dimanche dans le JDD.
Nous, Français et musulmans tenons à dire avec la plus grande clarté que nous ne faisons aucune différence entre les victimes du terrorisme aveugle qui frappe notre nation depuis de nombreux mois.
Élèves juifs de Toulouse ou clients de l'Hyper Casher assassinés parce qu'ils étaient juifs, prêtre catholique martyrisé en son église, soldat ou policier musulman abattu en service... La liste des victimes est terriblement longue et si diverse, à l'image de notre nation dans toutes ses composantes, qu'il nous faut affronter l'adversité ensemble.
C'est bien tous ensemble - juifs, chrétiens, musulmans, agnostiques ou non croyants, que nous aurons à mener ce combat. Il nous faudra toutes nos forces. Ne les abîmons pas dans de faux procès et restons des citoyens solidaires.
En fraternité.
Ce post a été rédigé et validé par tous les signataires de la tribune pour répondre à des interrogations légitimes".
Ce terroriste est islamiste, et non affligé de cécité. Il cible les Yahoud, les chrétiens, les kouffars... "L'imam Qaradawi, qui siège au Qatar, pays ami de la France, est le chef du Conseil de la Fatwa pour l'Europe, le mentor sur la plan de la Charia des Frères Musulmans (et donc de leurs émules français). Dans ses décisions juridiques , il justifie le meurtre des non musulmans, et avant tout des Juifs, comme un moyen licite de défendre et illustrer l'islam. Il va même jusqu'à estimer que, si le « martyr » le juge nécessaire, le meurtre des non-musulmans pourrait s'accompagner, pour le succès de l'opération, de la mort de musulmans (ainsi expédiés illico presto au paradis). Sur ce dernier point, cela montre parfaitement que le fait que les attentats frappent aussi des musulmans ne diminue en rien le caractère et la justification exclusivement islamiques de ces actes", a analysé Shmuel Trigano, professeur.émérite des Universités, philosophe et sociologue (Le Figaro, 28 juillet 2016).

Le CRIF informait sur l'entretien entre son président Francis Kalifat et Bariza Khiari, co-signataire de cette tribune :
"Au cours de cet entretien, Mme Khiari a rejeté toute mauvaise intention de la part des signataires et a tenu à assurer qu'elle ne faisait aucune différence entre les victimes, qu'il s'agisse des élèves juifs de Toulouse ou des clients de l'Hyper Casher assassinés parce qu'ils étaient juifs, du prêtre catholique martyrisé en son église, des soldats et policiers abattus en service... Pour Mme Khiari, face au terrorisme, c'est la nation dans son ensemble et dans toutes ses composantes qui doit affronter l'adversité".
Le grand rabbin de France Haïm Korsia twittait : "Je salue les réactions individuelles de certains signataires qui ont clarifié leurs propos, en particulier la Sénatrice B. Khiari". Circulez, y'a plus rien à dire ni à faire ?

Le 2 août 2016, le grand rabbin de France Haïm Korsia twitte : "Je demande à ce que le texte soit modifié pour inclure l'ensemble des victimes  - militaires et Français juifs". En vain.

Ces oublis révèlent les préjugés tenaces d'une "beurgeoisie", ainsi que l'échec du "dialogue judéo-musulman", et des relations publiques des organisations juives françaises, dont le CRIF et le Consistoire israélite de France. Hormis l'indignation publique, nul n'a su/pu contrer cette alliance de revers, un pacte tacite initié par musulmans en direction des chrétiens. Une alliance qui exclut les Juifs, les ostracise. Et nie la réalité.

Si promptes à exhorter au "vivre ensemble", les autorités politiques françaises sont demeurées silencieuses à l'heure où elles visent, avec ces signataires, à doter d'une nouvelle organisation la communauté musulmane dans l'hexagone. Comme si c'était la solution, urgente, pour triompher du djihad !? Quel leurre !

Quelle France ?
Vers quelle France nous acheminons-nous ?

Le 13 novembre 2013, la publication sur le site du Premier ministre de cinq rapports sur la "refondation de la politique d'intégration" a suscité une vive polémique. "La rupture avec l'héritage du peuple français est pleinement assumée", a résumé Malika Sorel-Sutter, ancienne membre du Haut conseil à l'intégration, le 12 décembre 2013 dans Le Figaro. "Il est révélateur d'un courant de pensée coupé des réalités concrètes, d'une appétence pour l'autodestruction", observe Pierre Beylau, dans Le Point, le 13 décembre 2013. "Ces propositions sont le reflet de l'idéologie qui est au pouvoir. C'est un fait : ce sont ces "personnalités qualifiées", c'est Terra Nova, la Fondation Jean Jaurès, tous ces gens qui croient encore à Pierre Bourdieu et qui ne commenceraient pas leur journée subventionnée sans Libé. Or, de quel pays rêvent-ils, ces qualifiés ? Ils voudraient que la France ne soit pas. C'est aussi simple que ça : ils n'aiment pas la France telle qu'elle est, ils la préféreraient sans son histoire, sans sa langue, sans ses rues, sans sa culture et sans son peuple. Dès lors, une question simple, innocente, candide, énoncée par pure hypothèse, se pose : pourquoi ne vont-ils pas quelque part où la France n'est pas ?... C'est la France qui fait la richesse de la diversité...  Le passé d'un pays doit avoir des droits sur le présent", écrit le journaliste Charles Consigny le 16 décembre 2013. Cet ensemble de rapports préconisait d'"assumer la dimension arabo-orientale de la France".

Pour plaire à l'infime minorité d'une minorité, et en ignorant le million de Français manifestant contre son projet, le gouvernement socialiste, ayant multiplié les échecs tant en interne qu'à l'international, a obtenu en 2013 l'adoption de la loi instituant le mariage entre homosexuels. Une "manipulation anthropologique" (Shmuel Trigano). A quand, un mariage entre homosexuels juifs ou chrétiens que les dirigeants religieux seront contraints de célébrer "au nom de l'égalité" ?

Et bientôt, ce gouvernement s'attèlera à accorder aux couples homosexuels la PMA (procréation médicalement assistée).

Le 22 septembre 2013, vingt-deux nominations – 15 désignations nouvelles et 7 renouvellements – ont visé le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé  (CCNE) créé en 1983.

Parmi les nouveaux membres : l’avocat Jean-Pierre Mignard, ami de François Hollande, Michelle Meunier, pro-LGBT, la sénatrice PS Michelle Meunier, auteur de propositions favorables aux droits des transsexuels…

Deux religieux  – le pasteur Louis Schweitzer et le rabbin Michel Azoulay – n’ont pas été confirmés  et ont cédé la place à une historienne du protestantisme – Marianne Carbonnier-Burkard – et un neurologue affirmant son attachement à la tradition juive – Lionel Naccache.

Or, le président de la République désigne le Président du CCNE et, parmi les 39 membres nommés pour quatre ans et renouvelés par moitié tous les deux ans, cinq personnalités  « appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles ».

Les deux personnalités écartées ont exprimé leurs oppositions à cet évincement des religieux.

L’Elysée a expliqué au Figaro : « Nous souhaitons revenir aux principes de création du Conseil de 1983 et faire appel à des laïcs pour représenter les courants religieux ».

Il s’agit d’un acte politique présidentiel majeur en vue des débat sur la PMA pour les homosexuelles vivant en couple et l’euthanasie.

En 2005, le CCNE s’était prononcé contre l’ouverture de la PMA aux couples homosexuels . Un avis réitéré en 2010. En 2014, le CCNE se prononcera par avis sur l’ouverture de la PMA aux homosexuelles vivant en couples. Des sujets controversés…

Lors des manifestations en 2013 contre le mariage entre homosexuels, s'est nouée une alliance entre chrétiens et musulmans isolant et marginalisant les Juifs hors de son cercle. Et ce sont des membres de cette alliance qui ont crié : "Juif, la France n'est pas à toi !" et "Juifs, hors de France" lors de la manifestation Jour de colère, exprimant le 26 janvier 2014, à Paris, son opposition à la politique du Président François Hollande.

Autre exemple de cette conjonction antisémite Blacks Blancs  Beurs : le mouvement « Journée de retrait de l'école », lancé "par une certaine Farida Belghoul, 55 ans, militante passée en 30 ans de l'extrême gauche à l'extrême droite. Initiatrice en 1984 de la seconde marche des beurs, aujourd'hui proche de l'essayiste Alain Soral (lui-même lié à Dieudonné) et de son association « Égalité et Réconciliation », Farida Belghoul est partie en croisade contre l'avènement d'une théorie du genre à l'école depuis la rentrée 2013-2014. Elle est passée à l'action le 24 janvier 2014 en appelant à un boycott de l'école une fois par mois, via les réseaux sociaux et des sms diffusés en chaîne". Résultat : "Plus d'un tiers d'absentéisme constaté dans une école strasbourgeoise de zone d'éducation prioritaire, et un mouvement qui gagne de nombreuses académies". Issus des communautés turque, maghrébine et gitane, de nombreux parents ont suivi ce boycott et se sont enquis notamment  : « Est-il vrai que des juifs vont venir à l'école pour savoir si nos enfants sont des garçons ou des filles ? "

Ajoutons la répression policière et judiciaire contre des opposants au mariage entre homosexuels, l'imposition de la dangereuse et infondée "théorie du genre" (Gender studies) ou ABCD de l'égalité dans l'enseignement, la substitution de "parent 1" et "parent 2" au père et à la mère - ou inversement ?! -, et c'est le cadre et les fondements symboliques ainsi que les normes de la société française, devenue liberticide, qui sont ébranlés, détruits progressivement, cyniquement et délibérément. Ces élucubrations dangereuses ont été soutenues par Najat Vallaud-Belkacem.

L'éducation nationale ? Dans son livre Refondons l’école (2013), Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale, a écrit : « Dans notre tradition républicaine, il appartient à l’école non seulement de produire un individu libre, émancipé de toutes les tutelles – politiques, religieuses, familiales, sociales -  capable de construire ses choix par lui-même, autonome, épanoui et heureux, mais aussi d’éduquer le citoyen éclairé d’une République démocratique, juste et fraternelle... L’école républicaine n’a jamais prétendu être neutre entre toutes les valeurs […] Elle n’a jamais signifié ni la neutralité philosophique ni la neutralité politique ». Et les élèves sont gavés par un prêchi-prêcha haineux à l'égard de l'entreprise et des entrepreneurs, partial au détriment de l'Etat Juif et oublieux du récit national.


Les trois rassemblements pro-Hamas, mouvement terroriste totalitaire, légalement interdits à Paris et à Sarcelles en juillet 2014, mais tolérés de facto, ont été caractérisés par un déferlement de violences, de vandalismes, une haine déchaînée contre la démocratie, la république et la France - inscription de croix gammées inscrites sur le socle de la statue place de la République - sans que les forces de l'ordre les préviennent dans des lieux parisiens devenus "zones de non-droit". 

Ils ont révélé la faiblesse politique ou, selon les termes du psychanalyste Daniel Sibony sur RCJ, le 27 juillet 2014, "un clivage entre des paroles ronflantes et un dégonflage qui frise la lâcheté, expression d'un mauvais état mental de l'establishment français prêt à afficher sa culpabilité à l'égard des "colonisés", des "exploités". C'est dramatique pour la culture française. D'autant que la France ne subit aucune menace". Et cet essayiste d'alerter sur le danger si la France "perd la bataille de la dignité" et sur le "traumatisme de la mentalité musulmane" ne pouvant admettre "la souveraineté Juive" en Israël de Juifs considérés comme dhimmis. Cette mentalité "va mettre du temps à le digérer". 

La vague de migrants, majoritairement musulmans, acceptée, voire encouragée par les dirigeants de l'Union européenne, l'Allemagne et la France surtout à l'été 2015, va métamorphoser la France vers qui afflueront les déboutés du droit d'asile d'Allemagne et de Suède. L'arrivée sans contrôle aux frontières de centaines de milliers de migrants en Europe révèle le faible intérêt des gouvernants pour la sécurité de leurs concitoyens. Par contre, à l'approche de la COP 21 et de l'accueil de dizaines de chefs d'Etats et de gouvernements, les contrôles aux frontières ont été rétablis... Parmi ces migrants : au moins deux des terroristes islamistes du 13 novembre 2015, celui ayant visé un commissariat de police du quartier de la Goutte d'Or à Paris...

En outre, le "gouvernement des juges" sévit en toute impunité", car aucun gouvernement de droite ou de gauche n'a osé y mettre un terme. Ce qui, pour les Juifs, signifie le déni de leurs droits de défense, et leur spoliation en cours et "au nom du peuple français".

Quelle France ! Méconnaissable. L'Etat fort, centralisé et souverain a laissé la place à un Etat décentralisé, dont la souveraineté nationale a été considérablement réduite par l'Union européenne. Un Etat évoquant un Etat d'Ancien régime où le pouvoir central est affaibli par des baronnies régionales. Un Etat revendiquant le multiculturalisme, acceptant d'être culpabilisé pour la colonisation et la traite transatlantique des Africains, incapable ou refusant d'affirmer son histoire, son "récit national", et préférant des "accommodements" avec des immigrés dont il n'exige pas qu'ils acceptent ses valeurs et son patrimoine historique et culturel, s'intègrent, et encore moins s'assimilent en France. Or des sociétés multiculturelles européennes - Espagne médiévale, Pologne avant la Deuxième Guerre mondiale, etc. - ont été meurtrières à l'égard des Juifs.

A la nation, a été progressivement substituée la juxtaposition de "communautés". Même les chrétiens, malgré leur statut historique et leur nombre, sont désormais décrits comme une "communauté" parmi  les autres. Cet agglomérat de "communautés" est prôné par des politiciens aux motivations cyniques, électoralistes,  et est loué par des médias et intellectuels amnésiques. Mais il délite la nation française, fondement de la condition juive française, et s'avère réducteur pour les Juifs français. Que représentent-ils désormais pour des politicards-girouettes sans programme, sans éthique, sans morale, sans idéologie affirmée et constante - exception faite des idées des extrêmes sur l'échiquier politique - ? Une infime minorité que l'on gomme de l'Histoire, notamment lors d'expositions. Mais, dans certains quartiers, dans certaines élections, le vote des électeurs Juifs s'affirme comme déterminant en faveur du candidat victorieux.

Cette France promouvant "l'indifférenciation", le "relativisme" et décrite par le professeur Shmuel Trigano et le journaliste Eric Zemmour, peut-elle convenir aux Français Juifs ?

"Dieudoleaks"
A la fin 2013, ont éclaté divers scandales concernant le hacker ayant rendu publicque la base de données du site Internet de Dieudonné, acteur, politicien et homme d'affaires : des diatribes antisémites dans son spectacle Le Mur joué dans son théâtre de la Main d'or (Paris)les échanges de courriers électroniques entre Noémie Montagne, épouse de Dieudonné, et Alain Soral ou d'autres Internautes, ses amendes non payées liées à ses condamnations "à huit reprises par la justice pour injure raciale et antisémitisme" - il devait "au total 65.000 euros dont 37.000 euros en condamnation définitive" -, etc. 

Si Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, a exprimé dès décembre 2013 son indignation et mené un combat judiciaire pour l'interdiction de ce spectacle, Christiane Taubira, ministre de la Justice, s'est finalement exprimée le 3 janvier 2014, non par un communiqué de presse - ce qui aurait été logique, habituel et solennel -, mais par un article titré Ebranler les hommes dans le Huffington Post !? 

 Le gouvernement, les médias et des  dirigeants communautaires se sont engouffrés dans cette brèche périlleuse et dangereuse de l'interdiction des spectacles de Dieudonné :  accréditation de l'idée de "lobby Juif puissant" et du "deux poids, deux mesures", périmètre des libertés à géométrie politique variable et arbitraire, excluant par exemples des actes anti-chrétiens ou les apologies du terrorisme - le terroriste Georges Ibrahim Abdallah fait citoyen d'honneur par Marc Everbecq, maire communiste de Bagnolet, le 11 décembre 2013. Fin janvier 2014, le préfet a contesté en justice la légalité de cette décision municipale. Le 31 janvier 2014, le tribunal de Montreuil a rendu une ordonnance de suspension immédiate cette décision municipale -, exigence formulée par Bariza Khiari, vice-présidente socialiste du Sénat, que les propos islamophobes recueillent "le même niveau d'indignation" des pouvoirs publics que les propos antisémites alors que "forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent" (Pascal Bruckner), etc.

Ce faisant, ce gouvernement, les médias et des  dirigeants communautaires ont négligé et occulté au début l'apport de "Dieudoleaks", des révélations obtenues par ce hacker : l'affairisme des Dieudonné et Cie - "quenelle" déposée comme marque, vente de produits dérivés, appels aux donateurs naïfs alors que leur société est bénéficiaire, etc. -, l'insulte de Noémie Montagne ("Sale arabe") sans encourir la moindre poursuite du parquet de Paris, etc. Pour les médias, "Jews are news", pour Dieudonné et Cie, les Juifs et l'antisionisme/l'antisémitisme constituent leur fonds de commerce avoués : « J’espère que demain il ne faudra pas aussi vous payer des droits pour être antisémite ? » (Alain Soral à Noémie Montagne) ; Dieudonné débute son spectacle par une diatribe, très appréciée des spectateurs, contre le rêve américain qui n'aurait réussi que pour les Juifs ! Quid du président Obama ?

Le 9 janvier 2014, Le Parisien révélait : Dieudonné "a versé au fisc, en novembre dernier, 666 620 €. Cette somme... correspond à la totalité des impôts dus par l’artiste après négociations sur les pénalités... Condamné sept fois pour injures et incitation à la haine raciale (quatre autres condamnations relèvent de délits routiers, dont une conduite sans permis), Dieudonné doit encore 65 290 €. Une somme sur laquelle le fisc n’a jusqu’à présent récupéré que 600 €... Une somme de 415 000 € aurait été retrouvée sur les comptes camerounais de la société Ewondo Corp, SARL créée le 11 janvier 2013 à Yaoundé dont Dieudonné serait le responsable légal. Cette somme proviendrait des comptes bancaires de l’ex-épouse de Dieudonné et de l’un de ses fils. Un montage mis à jour dans le cadre d’une enquête du parquet de Chartres".

Le 28 janvier 2014, près de 600 000 euros et 15 000 dollars, en liquide, ont été découverts lors d'une perquisition effectuée, par la Direction centrale de la police judiciaire dans le cadre d'une enquête préliminaire, au domicile de Dieudonné M'Bala M'Bala situé en Eure-et-Loir. Des documents comptables et des disques durs ont été saisis lors d'une perquisition, par des enquêteurs de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales de la Direction centrale de la police judiciaire, au théâtre de la Main d'or ce jour-là.

Le 12 février 2014, Le Canard enchaîné a décrit les virements entre les comptes bancaires de Dieudonné (Banque populaire), de Noémie Montagne et de la société Production de la Plume, et a listé le luxueux patrimoine de Dieudonné constitué, souvent à son nom, au fil des récentes années sans que ni le Trésor public ni le ministère de la Justice ne réagissent. Quand au sait comment des Bureaux d'aide juridictionnelle scrutent le patrimoine des justiciables et en excluent injustement ceux remplissant pourtant les conditions d'éligibilité à l'aide juridictionnelle...

Et quid de l'origine des fonds de la liste du Parti antisioniste en 2009 et 2012 ? L'Iran a-t-il financé ces listes et ces candidats, ce qui est interdit par la loi ?  Les "comptes ont été réquisitionnés par la justice". Et depuis tant d'années, aucun résultat ?! Et quelle est la destination des quelques 293 000 € ou 300 000 € de dons privés ? Comment Dieudonné a-t-il pu envoyer selon Le Monde  400 000 € au Cameroun depuis 2009, dont 230 000 € en 2013, sans qu'aucune saisie n'ait pu être effectuée sur son compte bancaire ?

Situation paradoxale : Dieudonné se produit en France, mais est interdit d'entrée en Grande-Bretagne depuis le 31 janvier 2014. Une décision d'exclusion prise par Theresa May, secrétaire d'Etat britannique à l'Intérieur. Réponse de Dieudonné : une quenelle à la reine d'Angleterre.

Pourquoi l'Etat, sous les Présidences Chirac, Sarkozy et Hollande, a-t-il tant tardé à réagir ? Pourquoi cette indulgence judiciaire et politique si longue à l'égard de Dieudonné condamné pour antisémitisme ? Pourquoi l'instruction de la plainte déposée en 2011 par la LICRA n'a-t-elle pas avancé ? Pourquoi cette inaction de juges d'instruction et Procureurs alors que, peut-être sans base légale - sans indices graves et concordants attestant d'une quelconque implication dans une infraction -, certains d'entre eux ont écouté pendant plus d'un an les conversations téléphoniques de Nicolas Sarkozy, avocat et ancien Président ? Comment Dieudonné peut-il se produire au théâtre de la Main d'or alors qu'il n'a pas la licence de catégorie 1 "obligatoire pour tout exploitant d'un lieu de spectacle" et sans réaction de la préfecture de Paris et de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) ?  

Comment et pourquoi un artiste et un politique héraut de la gauche a-t-il effectué un tel parcours politique ? Lors de sa conférence de presse au CAPE le 2 juillet 2004, Dieudonné avait déclaré : "Je n'ai pas changé. Maintenant, je peux dire ce que je pense. Avant, je débutais dans le métier, alors j'ai fait ce qu'on attendait de moi comme Noir. Je m'étais tu". 


Pourquoi tant de VIP se réjouissent-ils à se faire photographier auprès de Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale ou reproduisent sa syntaxe gestuelle codée : "quenelle", index levé vers le ciel traduisible par "au-dessus c'est le Soleil" et signifiant que la Shoah demeure "le sujet le plus sacré" ?

Une affaire qui arrivait à point nommé pour le gouvernement, alors qu'il enregistrait de nombreux échecs dans sa politique et que de nombreux médias ont souligné l'augmentation du nombre d'Olim ayant immigré de France en 2013. Un gouvernement qui, à la fois se souvient de sa lamentable attitude - négation de la réalité, puis minoration, et justification  - lors de la recrudescence du nombre d'actes antisémites en 2000 - Manuel Valls était chargé de la communication et de la presse au cabinet du gouvernement du socialiste Lionel Jospin (1997-2002) -, et veut donner des gages sur sa détermination à lutter contre l'antisémitisme.

La quenelle, signe nazi inversé, un signe contre le système ? Non, ceux qui l'effectuent vivent (très) bien grâce au système.

Ce que révèlent ces "quenelles", ce sont des antisémites, souvent jeunes et musulmans, qui n'ont souvent pas conscience de l'être. Dieudonné a su fédérer un public sociologiquement large, de la bourgeoisie aux pauvres.

C'est aussi l'instrumentalisation par le pouvoir politique socialiste, surtout par Manuel Valls, de cette affaire. Deux sondages réalisés à partir du 10 janvier 2014 ont révélé une "baisse de popularité inédite" de ce ministre à l'image positive, "depuis son entrée au gouvernement". Parmi "les personnes sondées par You Gov: seulement 38% d'entre elles soutiennent le principe de l'interdiction. Dans le détail, 64% des sondés sont d'accord pour dire que l'interdiction des spectacles « fait de la publicité » à Dieudonné et à ses idées (10% pensent le contraire) et 45% pensent que cette mesure « enfreint la liberté d'expression » (26% estiment le contraire). Enfin, 38%, contre 32%, jugent que cette méthode n'est pas efficace pour prévenir l'antisémitisme". Lapsus révélateur : le 6 février 2014, interrogé lors de l'émission Des paroles et des actes sur France 2, Manuel Valls déclare : "Le racisme et l'antisémitisme ce sont des délits qui doivent être condamnés par la loi. Depuis qu'il y a eu l'interdiction du Conseil d'Etat, ce personnage ne peut plus proférer dans ses spectacles les mêmes propos. Donc si c'était à refaire, je ne le referai pas", puis il rectifie : "Je peux vous dire que si c'était à refaire, je le referais, mille fois".

Et c'est l'alliance Black/Blanc/Beur, des médias - Yann Barthès sur Canal + - aux sportifs - Anelka, Nasri, Tony Parker, Yannick Noah -, via l'extrême-droite et le "politiquement correct de gauche", et d'extrême-gauche, contre les Juifs, pardon, contre les Sionistes. Est-ce un hasard si dans sa chanson Ma colère dont le clip est sorti le 4 mars 2014, Yannick Noah, métisse comme Dieudonné, élude l'antisémitisme de Dieudonné et chante "Ma colère n'est pas un Front, elle n'est pas nationale... Ma colère a tout l'honneur de combattre la leur" ?

Comme l'a relevé Me Gilles-William Goldnadel le 11 janvier 2014 : "L’erreur stratégique de Dieudonné est d’avoir fait une révolution copernicienne dans laquelle il est passé de l’extrême gauche à l’extrême droite. En réalité, il a bougé d’un centimètre, mais c’est la distance qui sépare l’impunité totale à la culpabilité automatique : le paradis antisioniste est très proche de l’enfer antisémite".

Antisionisme/Antisémitisme : l'avers et le revers de la même pièce antijuive.

Selon le démographe Nicolas Bourgoin cité par le site islamique Saphirnrews (19 mars 2014), le parti socialiste pourrait perdre le "vote musulman" en raison du "sionisme outrancier" du Président Hollande et de la campagne contre Dieudonnée menée par Manuel Valls. Ce qui s'est en partie produit en 2015 pour des raisons autres : déception à l'égard de la politique économique et sociale, mariage entre homosexuels, etc.

Et contre cette alliance jugulante, contre les sources alimentant l'antisémitisme - "politique arabe"/"politique iranienne", antisémitisme islamique, délégitimation et diabolisation d'Israël en particulier sur le service public radiophonique et télévisuel, "gouvernement des juges" spoliateur, etc -, les autorités politiques françaises ne feront rien. Ou plutôt ne feront pas le nécessaire.

Et ce, d'autant que le Président François Hollande, impopulaire, est persuadé, sur le fondement de sondages, face à une droite divisée, de devancer le candidat de droite, et d'être réélu, en raison du "front républicain", au second tour de l'élection présidentielle de 2017 face à Marine Le Pen. Quel que soit le bilan de sa politique. Et, as usual, le CRIF appellera à voter contre les extrémistes, donc pour le président sortant...


Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié les 17 juin 2012, puis les 30 novembre 2012, 18 et 27 février, 23 juillet, 24 septembre et 31 décembre 2013, 30 avril et 8 juin 2014,
- 8 juin 2014. Sur Radio J, Claude Barouch, président de l'UPJF (Union des patrons Juifs de France), a loué le 8 juin 2014 l'action des autorités politiques françaises dans leur combat contre l'antisémitisme, mais les a décrites désemparées comme des dirigeants communautaires ;
- 31 juillet et 28 août 2014, 2 décembre 2015, 29 juin 2016. 
 Il a été modifié pour la dernière fois le 28 mars 2017.