lundi 29 août 2016

Paris, ville rayonnante


Croissance démographique, présence du pouvoir royal et de l'université, prospérité économique, expansion urbaine, (re)construction d’édifices religieux, habitants juifs dynamiques et brillants… Paris acquiert au XIIIe siècle le statut, qui perdurera, de « grande capitale européenne, mondiale et artistique ». Invités par des penseurs à observer la nature, les artistes s’en inspirent pour forger un nouveau style gothique, dit rayonnant « en référence au tracé particulier des roses de bâtiments l’adoptant ». Un style léger, délicat, uni, cohérent et divers, conférant une identité artistique de Paris. Le musée de Cluny musée national du Moyen Age présenta une centaine d’œuvres – sculptures, éléments d’architecture – illustrant cet art et issues d’édifices prestigieux dans le cadre de l’exposition Paris ville rayonnante qui souligne les relations étroites entre l'architecture, son décor et les autres arts.

Apprécié par les Capétiens depuis le Xe siècle, Paris devient le centre permanent du pouvoir royal sous le règne de Philippe Auguste.

Une grande cité du monde médiéval
Siège d’institutions royales sédentarisées, bénéficiant d’un essor économique offrant des opportunités professionnelles et de la réputation croissante de l'Université, Paris voit sa population quadrupler au XIIIe siècle. Selon le premier recensement, fait par foyers, en 1328, la cité compterait environ 217 000 habitants. Les immigrants viennent principalement de région dans un rayon d’environ 100 kilomètres autour de Paris, d’autres d’Angleterre, d’Ecosse. Tous amènent avec eux leur savoir-faire dans diverses techniques, leurs styles, contribuant élaborer une nouvelle culture visuelle à Paris, une nouvelle vision artistique.

Les productions à Paris ? Celles des tisserands et des drapiers, celles des fabricants de vêtements, de fourrures, celles d’orfèvres. Les biens sont vendus dans les halles et lors de grandes foires (Saint-Laurent, Saint-Germain). Parmi les commerçants, sont particulièrement puissants les marchands de l’eau qui contrôlent la navigation fluviale, des marchandises transportées par voie d’eau (grain, vin, sel, bois).

Vecteurs d’optimisme, ces facteurs alliés à la nouvelle muraille génèrent un afflux d’immigration vers la cité et un développement urbain. La cité s’étend, enregistre une demande croissante de logements. De nouvelles paroisses sont créées et de nouvelles institutions établies dans la ville et ses faubourgs. Plus de 60 édifices religieux sont construits ou reconstruits ; la ville en compte une centaine. Les plus grands penseurs vivent à Paris et influencent les artistes, les incitant à une observation directe de la nature, dans une approche nouvelle.

Apparue au XIIe siècle, organisée par Philippe Auguste en 1200 puis par le pape Innocent III en 1215, l’Universitas magistrorum et scholarium Parisiensis, réputée pour ses arts libéraux et son enseignement de théologie, de médecine et droit, induit un nouveau type de bâtiments : les collèges (Cluny, Bayeux). Le plus célèbre est celui créé en 1253 par Robert de Sorbon. La librairie concourt au niveau d’excellence de Paris dans le domaine de la peinture et de l’enluminure.

Les Juifs à Paris
La communauté juive de Paris est expulsée à deux reprises.

Avec la première, en 1183, disparaît la juiverie de l’île de la Cité.

De retour en 1198, les Juifs s’installent dans trois nouvelles juiveries.

Sur la rive droite, peut-être à l’emplacement, au XIVe siècle, de la juiverie Saint-Bon, on a peu d’information.

Rive gauche, se trouvaient deux juiveries : la juiverie Galande, abandonnée avant la fin du XIIIe siècle, et surtout celle de la Harpe, la plus importante jusqu’à l’expulsion de 1307. Là, se tenait l’école talmudique, dirigée par de grandes figures intellectuelles : Léon de Paris (rabbi Judah ben Isaac) ou Yehiel ben Joseph jusqu’en 1259.

Peu nombreuse et en butte à l’antijudaïsme, cette communauté constitue un élément déterminant de la vie, notamment intellectuelle, de la capitale.

L’exposition montre trois stèles funéraires juives aux inscriptions en hébreu. Celle de Dame Margalit, fille de Rabbi Ézéchiel en calcaire lutétien gravé (Paris, avant 1306), celle de Reine, datée d’avant 1309, et une troisième datant d’avant 1306 ; ces deux dernières découvertes en 1849 (cimetière juif de la rue Pierre Sarrazin).

Le 22 juillet 1306, le lendemain du jeûne observé en mémoire du jour de la destruction du Temple de Jérusalem, les juifs sont emprisonnés, puis bannis, sous peine de mort, du royaume par le roi Philippe le Bel, et tous leurs biens, dont leurs Ketoubot (la ketouba est le contrat de mariage religieux) saisis. Sur cette expulsion, Jean de Saint-Victor écrit :
« En cette même année, en août et en septembre, tous les juifs, sinon quelques-uns qui voulurent se faire baptiser, furent expulsés du royaume ; le roi s’appropria leurs biens et les fit collecter par ses officiers, à l’exception d’une somme d’argent laissée à chaque juif pour payer son départ du royaume ; nombre d’entre eux moururent en chemin d’épuisement et de détresse »
Le 9 mai 2010, une conférence au musée d'art et d'histoire du judaïsme évoqua cette communauté juive parisienne.

Du gothique classique au rayonnant
Après avoir résolu les questions techniques, les architectes effectuent de nouvelles recherches « sur la forme et l’articulation de l’espace ». Un nouveau style apparaît dès le premier quart du XIIIe siècle.

Le style rayonnant doit son nom à la forme des roses. Les autres éléments de son répertoire décoratif, la sculpture végétale s'intégraient aisément dans les nouveaux édifices. Le style gothique rayonnant rencontre un grand succès en raison de sa facilité d’adaptation sur les supports, dans les arts, et aux demandes particulières : il devient plus sobre pour s’harmoniser à l'idéal ascétique des ordres mendiants (Carmes, Jacobins, Cordeliers). L’architecture rayonnante allie puissance et délicatesses.

A la fin du XIIIe siècle, les arts sont en étroite relation les uns avec les autres, le style rayonnant passe ainsi de l’architecture à l’orfèvrerie, aux enluminures de manuscrits... Il devient un « art total ». Il domine l’architecture de la France du Nord jusqu’aux environs de 1350, rencontre le succès à Cologne, Prague, Sienne ou l’abbaye de Westminster.

« Style de cour » (Robert Branner) privilégié, représentant le prestige royal et la grandeur de Paris, ou style de la ville ? Le gothique rayonnant parisien était le style omniprésent à Paris.

Mutilées et en partie détruites par les révolutionnaires, recherchées depuis le XIXe siècle, les têtes des rois de Juda provenant de la cathédrale Notre-Dame sont finalement découvertes par hasard, en 1977, dans les sous-sols de l’hôtel particulier qui abritait la Banque Française du Commerce Extérieur dans le IXe arrondissement.

Au cours du XIIIe siècle, environ soixante églises furent construites – la Sainte Chapelle (1239-1248) - ou reconstruites dans ce style rayonnant : église de Saint-Germain-des-Prés à Paris, nef de l’abbaye Saint-Denis. Si de nombreux bâtiments au style rayonnant ont été détruits, on peut en trouver des vestiges par les fouilles archéologiques. Restent aussi les sources archivistiques et graphiques.

Les nouveaux édifices étaient moins grands que ceux édifiés précédemment, leurs fenêtres s'élargissaient progressivement. Le décor architectural devient indissociable de la structure, et l’emporte sur celle-ci qu’il veut rendre imperceptible. « Murs et contreforts furent réduits ou cachés derrière des arcatures en trompe-l’œil et de la sculpture. Les décors végétaux se répandirent sur les coursives, moulurations, clefs de voûtes et chapiteaux », précise le musée.

Le décor architectural « abandonne le répertoire stylisé de feuilles lisses ou côtelées hérité de la fin du XIIe siècle. Il devient de plus en plus naturaliste dans le choix des essences. La vigne et le chêne d’abord sont soigneusement représentés, puis très vite l’érable, le figuier, l’aubépine, le chardon ou la rhubarbe. Cette nature forestière, parfois sauvage et anthropomorphe, reste maîtrisée… Dans la lignée d’Albert le Grand puis de saint Thomas d’Aquin, les théologiens scolastiques postulent de la perfection de la Création non seulement comme tout, mais aussi dans ses détails. La minutieuse observation de la nature par les sculpteurs le reflète parfaitement ». Le décor végétal sculpté sur les chapiteaux, les frises, les portails avec un sens de la vie, se substituant aux figures. « En lieu de stylisation, c’est une nouvelle approche naturaliste qui se développe dans les années 1240. Les feuilles et les herbes des prés et des forêts des environs de Paris se répandent en guirlandes sur les monuments ou poussent sur les portails » (Xavier Dectot, conservateur au musée de Cluny et co-auteur du catalogue de l’exposition).

À l’instar de l’architecture, la sculpture rayonnante se fait plus légère, soignant la fluidité des drapés, la délicatesse des boucles. Provenant du revers de la façade du transept sud de Notre-Dame, Adam est remarquable par « l’élégance de sa posture et la finesse de la description anatomique. Cette statue témoigne à la fois de l’héritage de l’Antiquité et de la virtuosité des grands artistes du XIIIe siècle », résume le musée.


Jusqu’au 24 mai 2010
6, place Paul Painlevé. 75005 Paris
Tél. : 01 53 73 78 16
Tous les jours, sauf le mardi, de 9 h 15 à 17 h 45

Conférence de Raphaëlle Laufer-Krygier sur les Juifs de Paris au Moyen Âge au musée d'art et d'histoire du judaïsme (MAHJ) le dimanche 9 mai 2010 à 15 h
Durée : 1 h 30 ; visite guidée

Visuels de haut en bas :

Groupe de deux chapiteaux de colonnettes engagées
Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Paris
Vers 1239-1245
Pierre
Hauteur : 0.28m
Largeur : 0.36m
Profondeur : 0.2m
Paris, Musée de Cluny - Musée national du Moyen Âge
© RMN / Jean-Gilles Berizzi

Clé de voûte : feuillages
Collège de Cluny, Paris
3e quart du XIIIe siècle
Calcaire
Hauteur : 0.295m
Largeur : 0.60m
Profondeur : 0.635m
Diamètre : 0.360m
Paris, Musée de Cluny - Musée national du Moyen Âge
© RMN / Jean-Gilles Berizzi

Têtes des rois de Juda
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Vers 1220-1230
Paris, Musée de Cluny - Musée national du Moyen Âge
© RMN / Gérard Blot

Clé de voûte : tête
Collège de Cluny, Paris.
3e quart du XIIIe siècle
Calcaire
Hauteur : 0.29m
Largeur : 0.37m
Profondeur : 0.46m
Diamètre : 0.355m
Paris, Musée de Cluny - Musée national du Moyen Âge
© RMN / Jean-Gilles Berizzi

Adam
Cathédrale Notre-Dame de Paris, revers de la façade du bras sud du transept
Vers 1260
Calcaire
Hauteur : 2m
Largeur : 0.73m
Profondeur : 0.41m
Paris, Musée de Cluny - Musée national du Moyen Âge
© RMN / Hervé Lewandowski


A lire sur ce blog :
Cet article a été publié le 8 mai 2010.

samedi 27 août 2016

Cranach et son temps


Le musée du Luxembourg a rouvert ses portes par cette exposition éponyme consacrée à Lucas Cranach (1472-1553), peintre important, "fécond et polyvalent" de la Renaissance allemande, à une époque de "profonds bouleversements politiques et religieux marquée en particulier par la Réforme protestante dont la doctrine sera exprimée sous forme d'iconographie par Cranach. Le 15 août 2016, John Walter, juge californien, a statué en faveur du Norton Simon Museum. Il a débouté Marei von Saher, héritière du collectionneur néerlandais juif Jacques Goudstikker de sa requête visant à ce que lui soit restitué Adam et Eve (c.1530), diptyque de Lucas Cranach l'Ancien. 


Cette exposition s'articule autour de quatre thématiques : Lucas Cranach, un artiste européen ; la cour, les Pays-Bas et l’Italie ; un peintre de la beauté féminine ; un acteur de la réforme protestante.

Cette exposition souligne les influences des œuvres de Dürer et des artistes et humanistes des Pays-Bas sur cet artiste qui occupe une position officielle dès 1505 à la cour de Frédéric III le Sage (1463-1525), prince électeur de Saxe, Etat puissant du Saint Empire romain germanique, qui à Wittenberg protège Martin Luther (1483-1546), dont le visage sera popularisé via des tableaux et gravures par Cranach. La traduction allemande de la Bible est agrémentée de gravures par Cranach de Samson et Dalila ainsi que de David et Bethsabée pour illustrer le 6e commandement - "Tu ne commettras point d'adultère" -.

Ce mécène  lui confie des missions diplomatiques, et offre ses œuvres notamment à Charles Quint et à François 1er. Certaines enrichissent les collections du roi Henri VIII.

Une section est dédiée à la représentation du nu au travers de personnages féminins empruntés à l'Antiquité ou à la Bible - Eve du tableau inspiré d'une gravure sur cuivre de Dürer ; Judith, veuve israélite, est transformée par Cranach en héroïne de la résistance protestante -. Des images "ambiguës" mêlant érotisme et morale. Ainsi cette Justice dont les mains portent une balance, évoquant la pondération, et une épée symbole de la dureté du jugement.

Arte rediffusa les 22 mai et 3 juin 2016 Cranach, les voleurs et la Stasidocumentaire de Heike Nelsen-Minkenberg et Thomas Müller (2015, 52 min) : "Une nuit de mai 1980, les deux volets d'un retable peints par Lucas Cranach, dit "l'Ancien", sont dérobés dans une église de Klieken, un village de RDA proche de Wittenberg, où se trouvait l'atelier du maître. Vingt-sept ans plus tard, l'oeuvre estimée à des centaines de milliers d'euros sur le marché de l'art ressurgit tout aussi mystérieusement. Mais s'agit-il de l'original ou d'une excellente copie ? Afin de tenter d'élucider l'affaire, l'historienne Natalie Akbari et le criminologue Michael Baurmann s'associent pour mener l'enquête. Celle-ci les conduit au coeur des troubles activités de la Stasi et de la Koko, sa branche commerciale, impliquée dans le trafic d'art en échange de devises. Chantages, internement de collectionneurs en hôpital psychiatrique, vols : la police de renseignement est-allemande ne lésinait pas sur les méthodes pour se procurer des trésors, avant de les revendre à l'Ouest. Certains marchands d'art commandaient même directement à la Stasi les toiles et antiquités qu'ils convoitaient. Entre histoire de l'art et débats d'experts sur les attributions - un examen aux rayons infrarouges révèle ainsi que c'est un des élèves les plus doués de Cranach qui a exécuté le retable -, politique et polar, cette passionnante investigation, qui revisite l'oeuvre du pionnier du nu profane, met en lumière l'extraordinaire opacité du marché de l'art en Europe et la faiblesse Une enquête édifiante sur le vol d'un retable de Cranach en Allemagne de l'Est, qui montre le rôle actif de la Stasi, alors en quête de devises, dans le trafic d’œuvres d'art".

Le 15 août 2016, John Walter, juge californien, a statué en faveur du Norton Simon Museum. Il a débouté Marei von Saher, héritière du collectionneur néerlandais juif Jacques Goudstikker de sa requête visant à ce que lui soit restitué Adam et Eve (c.1530), diptyque de Lucas Cranach l'Ancien. Cette affaire dure depuis dix ans devant la justice. Le juge a considéré que la famille Goudstikker n'avait pas respecté le délai concernant une réclamation en propriété de peintures. La Norton Simon Foundation a déclaré qu'elle "prend au sérieux la responsabilité fiduciaire à l'égard du public que notre titre de propriété d'oeuvres d'une telle importance confère. Nous avons exposé au public de manière quasi-continue les panneaux depuis 1971, et nous continuerons d'assurer qu'ils demeurent accessibles pour le public pendant les années à venir".

Le collectionneur juif Jacques Goudstikker a été contraint de vendre ces tableaux au dirigeant nazi Hermann Göring durant la Deuxième Guerre mondiale. Goudstikker avait acheté ces œuvres, qui avaient été mises en vente aux enchères par le gouvernement soviétique à Berlin, en 1931, avant de fuir l'Allemagne pour les Pays-Bas, qui sont tombés sous le joug nazi en 1940. C'est alors qu'il avait été contraint à cette vente à Göring ; les œuvres sont retournées aux Pays-Bas après la guerre.

“Evidemment, Mme von Saher est déçue par la décision de la Cour, et elle a l'intention d'interjeter appel”, a annoncé Larry Kaye, de la firme new-yorkaise Herrick Feinstein, à Artnet News. “Pendant les nombreuses années pendant lesquelles elle a cherché justice à propos du vol des biens de Jacques Goudstikker par les Nazis, Mme von Saher a eu beaucoup de succès, notamment quand ceux en possession de ses œuvres d'art ont bien agi et lui ont rendu des œuvres sans qu'elle ait à saisir la justice. Vraiment, Mme von Saher croit fermement que des négociations amiables sont le meilleur moyen à l'égard des revendications d’œuvres d'art volées par les Nazis et  ont résolu des douzaines de réclamations avec des particuliers, galeries et musées. Bien qu'elle ait affronté une résistance dans cette affaire, elle demeure optimiste sur sa victoire finale.”
Desi Goudstikker, la veuve de Jacque, a eu l'opportunité de réclamer les tableaux après la guerre, mais n'a pas initié de procédure, car elle pensait que le procès ne serait pas équitable.
Puis, de manière inattendue, les Stroganoffs, ont réclamé Adam et Eve. En 1961, George Stroganoff, alors exilé, a réclamé ces œuvres de Cranach, ainsi qu'un Rembrandt et un Petrus Christus, en indiquant qu'elles avaient été prises à sa famille après la Révolution russe.
Cependant Marei von Saher affirme que ces tableaux ont été pris par les Bolcheviques dans une église de Kiev.
Le gouvernement néerlandais a vendu Adam et Eve et le Petrus Christus à Stroganoff pour 60 000 florins en 1966, après avoir renoncé à réclamer le Rembrandt. En 1971, un collectionneur américain Norton Simon a acheté Adam et  Eve à Stroganoff pour $800 000.
Le Pasadena Museum of Modern Art a été renommé Musée Norton Simon en 1975 et a reçu sa collection, dont les tableaux de Cranach.
Depuis 2007, Von Saher réclame ces tableaux devant la justice américaine fédérale, mais on lui objecte toujours que Desi Goudstikker ne les a jamais réclamés. Mais le fait que l'affaire ait été entendue par la justice est en soi remarquable.
“Si ces tableaux ne reviennent pas à leur propriétaire, il y a un réel problème sur la manière de traiter les œuvres d'art volées par les Nazis” a dit E. Randol Schoenberg, avocat pour Von Saher, à  TAN.

Jusqu'au 23 mai 2011
Au musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard, 75006 Paris
Tél. : 01 40 13 62 00
Tous les jours de 10 h à 20h, nocturnes le vendredi et le samedi jusqu'à 22 h

Visuels
Lucas Cranach L’Ancien
Allégorie de la justice
1537
Panneau, 74 x 52 cm
collection privée
© Collection privée

Lucas Cranach L’Ancien
Autoportrait
1531
huile sur panneau de hêtre,
45,4 x 35,6 cm
Burgen, Schlösser Altertümer
© GDKE Rheinland-Pfalz
Lucas Cranach L’Ancien
Adam et Eve
vers 1510
tempera et huile sur bois, 58 x 44 cm
Varsovie, Museum Narodowe w Warzawie
© Museum Narodowe w Warzawie

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié le 17 mai 2011, et 21 mai 2016. 

dimanche 21 août 2016

« Un espion au cœur de la chimie nazie : Zyklon B - Les Américains savaient-ils ? » d’Egmont R. Koch et de Scott Christianson


Histoire diffusera les 22 et 28 août, 2, 7 et 12 septembre 2016 « Un espion au cœur de la chimie nazie : Zyklon B - Les Américains savaient-ils ? » (Der Spion vom Pariser Platz - Wie die Amerikaner von Hitlers Giftgas erfuhren) d’Egmont R. Koch et de Scott Christianson (2010). Un documentaire sur les relations industrielles et commerciales étroites perdurant sous le nazisme entre l’américaine Du Pont de Nemours et l’allemande IG Farben dont l’une des filiales, Deguesh, a fabriqué le gaz Zyklon B utilisé pour tuer les Juifs dans les chambres à gaz des camps d’extermination. Député et conseiller économique d’IG Farben, Erwin Respondek (1894-1971) a informé les Etats-Unis sur des plans d’Hitler, notamment sur l’utilisation de ce gaz."Le procédé pour fabriquer le gaz Zyklon B à base d'acide prussique était détenu par le trust allemand IG Farben, regroupant les plus grandes entreprises chimiques d’outre-Rhin. De son côté, la firme américaine Dupont de Nemours, qui avait passé dès 1927 des accords avec IG Farben en matière de recherche et de développement, travaillait aussi sur l’acide prussique et avait déjà testé son produit en 1924 sur un condamné à mort. Le 3 septembre 1941, les SS font une expérience de gazage sur des prisonniers de guerre soviétiques internés à Auschwitz. Parallèlement, Erwin Respondek, un économiste au service d'IG Farben qui désapprouvait la politique des nazis, commence à faire passer des informations sur les gaz asphyxiants allemands via l’ambassade américaine située tout près de son bureau berlinois. Mais le gouvernement américain ne semble guère s’en préoccuper..."



« Mon père n’était pas un résistant, mais un agent, un espion, extrêmement courageux », estime Henriette Respondek, fille d’Erwin Respondek.

"Le procédé pour fabriquer le gaz Zyklon B à base d'acide prussique était détenu par le trust allemand IG Farben, regroupant les plus grandes entreprises chimiques d’outre-Rhin. De son côté, la firme américaine Dupont de Nemours, qui avait passé dès 1927 des accords avec IG Farben en matière de recherche et de développement, travaillait aussi sur l’acide prussique et avait déjà testé son produit en 1924 sur un condamné à mort. Le 3 septembre 1941, les SS font une expérience de gazage sur des prisonniers de guerre soviétiques internés à Auschwitz. Parallèlement, Erwin Respondek, un économiste au service d'IG Farben qui désapprouvait la politique des nazis, commence à faire passer des informations sur les gaz asphyxiants allemands via l’ambassade américaine située tout près de son bureau berlinois. Mais le gouvernement américain ne semble guère s’en préoccuper..."

« Les affaires continuent… »

Pendant la Première Guerre mondiale, les armées allemande, française et britannique recourent aux armes chimiques pour la première fois sur les champs de bataille. Ce qui tue des milliers de soldats asphyxiés et induit des lésions graves chez des dizaines de milliers d’autres.

Le 8 février 1924, dans la prison d’Etat de Carson City (Nevada), l’exécution d’un condamné à mort, Gee Jon, est effectuée pour la première fois, non par pendaison ou fusillade, mais par l'acide prussique dans une échoppe transformée en chambre à gaz. Ce gaz de la firme DuPont de Nemours était alors utilisé, sous de larges tentes, contre les parasites dans les orangeraies. Les Etats-Unis effectuaient des tests avec différents gaz en vue de leur utilisation au combat. Comme les cobayes humains étaient interdits dans ce pays, cette exécution est alors suivie avec intérêt par le Service américain de la guerre chimique. Or, lors de l'exécution, le gaz se liquéfie en raison de la température basse ; l'agonie dure 15 minutes. Si le directeur de la prison loue cette « méthode élégante et humaine », les opposants la qualifient de « barbare ».

Dans les années précédant l’inauguration du nouveau siège social d’IG Farben (IG-Farbenindustrie AG) à Francfort en novembre 1930, les grandes entreprises de la chimie d’outre-Rhin – en particulier BASF, Bayer, Agfa, Höchst - se sont associées pour constituer IG Farben, un trust et cartel visant le partage des marchés mondiaux.

Né dans une famille catholique, Erwin Respondek en est un conseiller économique précieux : il a travaillé au ministère allemand des affaires étrangères et a négocié un accord secret à Genève avec le célèbre groupe chimiste américain DuPont de Nemours fondé en 1802. Ces deux entreprises partageraient leurs secrets sur les projets en développement et créeraient ainsi un « monopole partagé sur les nouveaux produits à l’étude » et les futures décisions afin de garantir les bénéfices et de maximiser leurs profits, voire se partager les marchés. A l’origine fabriquant de poudre à canon, DuPont est alors le fournisseur le plus important de munitions et d'explosifs de l’armée américaine pendant la Première guerre mondiale. Après cette guerre, DuPont propose à l’Allemagne ses armes dont la production est interdite à ce pays vaincu.

Erwin Respondek rédige les clauses de ce contrat (1927) entre les deux firmes, notamment celles sur « les colorants et les produits chimiques industriels comme l’acide prussique utilisé dans la métallurgie et la lutte contre les parasites » : rats, puces, cafards et autres animaux nuisibles.

Dans le but de lutter contre la vive concurrence et d’attaquer le marché américain, IG Farben prend une participation dans la société Degesch (Deutsche Gesellschaft für Schädlingsbekämpfung) qui développe depuis quelques années un produit dérivé à base d’acide prussique, le zyklon B. Fixé sur un granulé de sable, contenu dans une boite à conserve étanche, l’acide prussique devient volatile au contact de l’air et se répand sous la forme d’un gaz, comme le montre un film publicitaire Kleinkrieg. C’est un des produits d’IG Farben les plus vendus.

A Berlin, l’ambassade des Etats-Unis se trouve sur la Pariser Platz (place de Paris), près de la porte de Brandebourg et des bureaux d’Erwin Respondek, conseiller économique d’IG Farben et député du Zentrum (parti du Centre) au Reichstag.

Dans les années suivant l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, Erwin Respondek aide des Juifs allemands souhaitant émigrer à transférer leurs actifs à l’étranger. Il  « met en place un réseau secret contre les Nazis ».

Aux Etats-Unis, les dirigeants de DuPont de Nemours s’enthousiasment pour le chancelier nazi. « Ce qu’il a obtenu jusqu’à présent est remarquable », écrit dont Alfred I. DuPont le 23 novembre 1933, à propos d’Hitler pour lequel il éprouve de la « sympathie ». Quant à Benno Hiebler Du Pont, il écrit le 4 avril 1933 : « Les Juifs riches qui ont volé des millions et des millions doivent maintenant en répondre. La solution de la « question juive » est pour Hitler une affaire épineuse et périlleuse ».

Pierre DuPont « avait avoué avoir des ancêtres Juifs. Pourtant, il continuait à renforcer ses relations avec IG Farben et l’Allemagne nazie ». Prudent, il code « ses télégrammes comme l’aurait fait un service d’espionnage ».

Le Congrès américain lance des enquêtes sur les cartels internationaux. Les trois frères DuPont se voient reprochés le commerce illicite de munitions avec IG Farben, mais sans que rien n’altère leur activité dans des cartels.

Défiant la Maison Blanche, ils soutiennent « une tentative de putsch de la mouvance fasciste contre Roosevelt ». DuPont  « a apporté un soutien financier à des mouvements d’inspiration fasciste », précise l’historien Ray Stokes. Ironie de l’Histoire : le fils Roosevelt épouse une jeune femme issue de la famille DuPont, en présence de la famille de l’époux et en l’absence de celle de la mariée.

Une  héritière de la dynastie américaine, Madeleine DuPont épouse un Allemand et a trois fils. En 1931, elle se remarie. Tandis qu'elle défendera « la pureté de la race allemande », ses trois fils combattront dans l'Armée allemande...

Dans les années 1930, le parti nazi écarte du pouvoir certains dirigeants d’IG Farben, dont Carl Bosch – Prix Nobel de chimie en 1931 - , pour y placer des hommes sûrs, en particulier Hermann Schmitz qui succède en 1940 à Bosch. Hitler prépare ses plans de conquête et son armée. Ce qui bénéficie à IG Farben.

Des préparatifs de guerre dont se doute la firme américaine qui enregistre une croissance de son chiffre d’affaires. « Il faut accepter le réarmement de l’Allemagne et l’accroissement de son armée… et mêmes certains épisodes annexes comme l’émigration (des Juifs) et les camps de concentration », écrit DuPont Berater F. Cyril James le 13 avril 1939.

En 1937, un nouveau modèle de chambre à gaz est breveté aux Etats-Unis. Début 1939, un prisonnier est exécuté avec de l’acide prussique dans une prison de Caňon City (Colorado) : les autorités ont estimé la dose exacte en observant de précédentes exécutions de condamnés. Des études médicales sont publiées sur les réactions chimiques, l’agonie des prisonniers.

Les militaires demeurent sceptiques quant à l’utilisation de gaz sur les champs de bataille. IG Farben teste de nouveaux gaz en prévision de la guerre.

Après l’invasion de la Pologne (1939), l’Allemagne prépare à l’été 1940 celle de l’Union soviétique.

Ayant glané des informations sur cette invasion auprès de sources fiables, haut placées dans l’armée et le parti nazi ainsi que parmi des intimes du Führer, Erwin Respondek hésite : doit-il transmettre ces informations – « abattre politiquement et militairement l’URSS » - à l’ambassade des Etats-Unis à Berlin ? Ce qui est assimilable à une crime de haute trahison, lourd de risques pour sa famille et lui. Finalement, il communique aux diplomates américains ses informations, qui sont transmises au président Roosevelt. Le Département d’Etat les livre à l’ambassadeur de l’URSS à Washington, qui en fait part à Staline. Incrédule, celui-ci les qualifie de « provocations » et ne prépare pas son pays à l'offensive allemande.

Ignorant cela, Erwin Respondek poursuit sa carrière d’espion… Dans une lettre, il informe les Américains de l’utilisation de gaz de combat en cas d’invasion de la Grande-Bretagne et d’autres secrets, telle la production d’acide prussique.

Le camp d'Auschwitz
C’est la devise d’IG Farben – « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre) – qui est placée à l’entrée des camps de concentration et d’extermination nazis.

Dans le but de réaliser la « Solution finale », un test sur des êtes humains est réalisé. Le 3 septembre 1941, les SS effectuent une « opération ultra secrète » dans le sous-sol du baraquement n°11 du camp d’Auschwitz. Ils y enferment plusieurs centaines prisonniers de guerre soviétiques et, munis de masques à gaz, ils répandent par les fenêtres des granulés imbibés d’acide prussique. Un gaz asphyxiant se dégage. Quarante huit heures plus tard, tous les prisonniers sont morts. Les nazis connaissent désormais la quantité de gaz nécessaire pour tuer un certain nombre d'êtres humains à une certaine température.

A Auschwitz, IG Farben a installé une usine employant des déportés, travailleurs forcés.

A Auschwitz-Birkenau, la sélection élimine les Juifs considérés comme inaptes au travail forcé dès leur arrivée en wagons à bestiaux. Ces Juifs sont assassinés dans les chambres à gaz, puis leurs cadavres sont incinérés dans des fours disposés à proximité. Environ un million de Juifs sont tués par gaz à Auschwitz-Birkenau.

Via une filiale basée en Suisse et malgré l'entrée en guerre des Etats-Unis en 1941, les deux firmes DuPont de Nemours et IG Farben continuent leurs relations d'affaires. Des informations sur les gaz asphyxiants utilisés lors de la Shoah parviennent à la firme américaine très tôt.

Peu avant la libération du camp, les nazis font sauter les chambres à gaz pour éliminer les traces de leurs crimes.

En 1947, des dirigeants d’IG Farben  sont jugés par le Tribunal de Nuremberg, reconnus coupables de crimes de guerre et condamnés à des peines de prison. Hermann Schmitz, qui a plaidé non coupable, est condamné à une peine d'emprisonnement pour avoir fait travailler des déportés dans des conditions d'esclavage ; il est vite gracié. En 1950, la firme IG Farben est dissoute. Les sociétés la composant retrouvent leur indépendance en 1952... et rapidement leurs dirigeants ex-nazis.

Erwin Respondek espère un travail auprès des Américains. Mais ses courriers au gouvernement militaire américain restent sans réponse. Erwin Respondek épouse une infirmière en 1955 ; le couple a une fille. Sans l'emploi tant espéré, l'amertume et la tristesse gagnent Erwin Respondek, dont la vie devient difficile et la mort passe inaperçue. On peut regretter des lacunes dans ce film à la fois sur la vie et l'action d'Erwin Respondek.

La firme américaine ne rendra jamais aucun compte sur ses relations avec IG Farben pendant la Seconde Guerre mondiale.

Curieusement, aucun des visuels disponibles pour la presse ne montre le camp d'Auschwitz, les vestiges des chambres à gaz, les boites de zyklon B produites par Degesch, etc. 



d’Egmont R. Koch et de Scott Christianson
WDR, Allemagne, 2010, 52 minutes
Diffusions les :

- 2 novembre 2011 à 20 h 40, 5 novembre 2011 à 16 h et 8 novembre 2011 à 10 h
Visuels de haut en bas :
Erwin Respondek
© Privat

Gee Jon
© Staatsarchiv Nevada

© Archiv BASF

© Staatsarchiv Nevada

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Cet article a été publié les 2 novembre 2011 et 1er septembre 2014, 30 juin 2015, 23 février 2016.

vendredi 19 août 2016

Ody Saban


La Halle Saint-Pierre présente L’ESPRIT SINGULIER. Collection de l’Abbaye d’Auberive, exposition collective, avec des œuvres d’Ody Saban. La galerie Corcia montre l'exposition "Bourgeons de fêtes utopistes" et publie un livre dédié à l'artiste. A cette occasion, Anne & Julien présentent le numéro 25 de la Revue HEY ! modern art & pop culture comprenant un article de 10 pages consacré aux œuvres d’Ody Saban ! Et projection de trois films dédiés à l’œuvre d’Ody Saban : « Ody Saban, Métamporphose du taureau en grenouille », film réalisé par Aline Marçot. « Ody Saban, les jardins de Lilith » et « Portrait Ody Saban», deux films réalisés par Sylvie GroschatauDes créations picturales - acryliques et aquarelles - dans lesquelles cette artiste exprime sa vision onirique et fantastique de ces végétaux luxuriants, inquiétants et bigarrés, représentations symboliques de l'inconscient humain". 

C’est un personnage ! Brune, menue, pétulante, maligne, Ody Saban est peintre, sculpteur, membre du groupe surréaliste, poétesse, théoricienne, féministe et férue de psychanalyse.

Ody Saban est née à Istanbul (Turquie) dans une famille Juive sépharade spoliée lors de la Seconde Guerre mondiale et qui ne parviendra jamais à récupérer ses biens volés.

Son père fabrique des tissus, et sa mère, couturière, collectionne des broderies anciennes anatoliennes.

Ody Saban a cinq ans quand ses parents divorcent et sept ans quand sa mère se remarie avec un peintre musulman, restaurateur de porcelaines et miniatures, musicien et poète.

Élève dans des écoles catholiques françaises et italiennes, elle écrit des poèmes d’amour dès l’âge de 12 ans.


Orpheline de père à 15 ans, Ody Saban part à 16 ans, avec son ami, pour Israël.

Elle vit dans un kibboutz et étudie les Beaux-arts, puis ouvre une galerie.
Puis, elle s’installe à Paris et y suit une formation aux Beaux-arts (1977-1980).

Elle enseigne notamment au centre Beaubourg, crée des mouvements féminins et artistiques (« Singulières Plurielles », « Art et regard de femmes », « Art Cloche ») et commence une carrière internationale d’artiste.

Avec le poète Thomas Mordant, elle crée des œuvres signées Mordy Sabbath.

La « lettre féminine manquante »
Les créations artistiques d’Ody Saban figurent aux catalogues de musée et galeries, en particulier ceux de la Bibliothèque nationale de France, du Fonds national d’art contemporain (FNAC), de la Collection de l'art brut à Lausanne, du Site de la Création Franche, du Folk Art Museum à New-York, du ministère du Tourisme à Ankara (Turquie), du musée de Naharia (Israël) et du museo de la Solidaridad Salvador Allende à Santiago (Chili).

Les thèmes de cette artiste ? Les souffrances de l’exil, les mythologies, Lilith, la première femme de la Bible, et les plaisirs de la vie.

Par ses acryliques aux couleurs pimpantes, Ody Saban peint une paix au Proche-Orient, le chaos new yorkais, et crûment l’amour d’un « couple maladroit », car imparfait, et dont la femme s’avère conquérante. « Le vrai amour, c’est la tendresse », ponctue souvent cette artiste.

Voici une sélection de quelques unes des expositions depuis environ une décennie d'une artiste peintre et essayiste dont l'oeuvre a enrichi des collections publiques et privées en particulier en France, aux Etats-Unis, en Turquie, en Bulgarie, en Allemagne, en Suisse et en Israël.

En 2002, Ody Saban a exposé à la Henry Boxer Gallery (Londres) et à l’American Visionnary Art Museum (Baltimore).

En 2003, la Galerie Les Singuliers a présenté son exposition sur la lettre féminine manquante. Ody Saban a créé une lettre signifiant l’intimité féminine et résultat de recherches liées à la psychanalyse et au judaïsme. La même année, ses « Œuvres sur papiers » sont exposées à l’Espace Châteauneuf (Tours) et à la Galerie Art’s Factory (Paris).

En 2004, à la Galerie Richard Treger (Paris), dans l’exposition « Portraits imaginaires », Ody Saban a présenté près de 20 aquarelles très colorées et rehaussées d’encres de Chine. Elle s’inspirait du surréalisme, de la psychanalyse et du judaïsme (« Ketouba ») dans des réflexions sur l’amour et l’intimité féminine.

En 2011, ses œuvres ont été visibles notamment au Sydney College of the Arts de l’université de cette ville australienne, au musée à Baltimore et à la libraire Publico.

Hommages personnels et historiques
En 2011, la librairie libertaire Publico a présenté « Louise Michel est en nous et avec nous » de cette artiste, soit une quarantaine de peintures et sculptures ainsi que deux livres en sérigraphie et en lithographie d’Ody Saban. Un hommage artistique à sa grand-mère brodeuse, à sa mère couturière – tous deux Juives turques - et à Louise Michel (1830-1905), activiste anarchiste inspiratrice d’éducateurs par ses réflexions sur la pédagogie en direction des enfants. Ody Saban a été aussi l’une des peintres de l’exposition virtuelle Malice au pays des merveilles proposée par Françoise Monnin.

Là, Ody Saban a réuni « des installations, des sculptures en papier mâché léger en aquarelles, des livres d'artistes uniques. Mes livres d'artistes sont des hommages à ma grand mère, Fortüne Penso, qui a brodé toute sa vie – les broderies de tulipes résultent de son travail - et à ma mère, couturière. En plus des 41 œuvres exposées, le visiteur découvre deux livres en sérigraphies et en lithographie. Il y a un grand rouleau en hommage à Louise Michel (encre de Chine), une frise de 5 mètres sur sa pédagogie avec les enfants. Louise Michel, féministe égalitaire, insurgée indomptable, combattante de la Commune, a été à la base de l'école libre, avant même Freinet », m’a confié Ody Saban le 2 décembre 2011 à propos de cette exposition montrée pour la première fois en 2007 à l’abbaye d’Auberive.

Ody Saban utilise des matériaux et des techniques variés : peintures sur toile, dessins noir et blanc, aquarelles, livres d'artistes uniques... « J'écris, surtout des poèmes dont certains sont publiés. Je travaille toujours sur les lettres kous et zayin. Dans toutes les expositions, ces lettres sont cachées ».
Les bateaux ? « Les bateaux et mes œuvres sont toujours dans la sublimation. Je ne peins jamais la misère. D'où le titre, « Sus au misérabilisme », emprunté à André Breton. Et le souvenir de « l’exil, de la déportation de mon père car il était Juif, lors de la Seconde Guerre mondiale, à Ashkalé (Aşkale) en Anatolie orientale (Turquie), d'où il est revenu sourd et boiteux. Ce camp était prêt pour l'extermination des Juifs, si ce conflit n’avait pas pris fin ».

Ody Saban est également l’une des six artistes « enchanteurs » de l’exposition collective et virtuelle Malice au pays des merveilles.

Sur les amoureux ? Deux livres en anglais, l’un déjà édité et l’autre publié début 2012.

En 2012, étaient prévues plusieurs expositions d’Ody Saban : collectives - Outsider Art Fair à la Gallery Creative Growth de New York (27-29 janvier 2012), Surrealism in 2012: Toward the World of the Fifth Sun (8 janvier-19 février 2012) à Goggleworks Center for the Arts (Pennsylvanie, Etats-Unis), exposition internationale du surréalisme 1991-2012 « L’air de l’autre » (9 février–4 avril 2012) à l’Old Town City Hall de Prague (République tchèque) - et individuelles : Ody Saban, dessins-aquarelles "prises de risques"à la galerie Dettinger–Mayer de Lyon (13 avril-12 mai 2012).

La Galerie Dettinger-Mayer Art primitif-Art contemporain a présenté Prises de risques d’Ody Saban. Des dessins-aquarelles dans lesquels Ody Saban exprime sa vision féministe de la vie en célébrant le personnage de Mélusine.

A la Galerie Dettinger-Mayer, cette artiste a célébré le personnage de Mélusine. « Mélusine la bâtisseuse, dans l’angle de l’Arcane 17, qui a construit toute la nuit cette exposition. Les bras ouverts, ces œuvres créés par Mélusine vous attendent, pour que vous preniez des risques en vous posant des questions  ».

En juin 2012, la galerie Claire Corcia offre ses cimaises aux dessins et aquarelles d'Ody Saban pour Les Fleurs de la nuit, sa première exposition personnelle dans cet espace culturel. Des œuvres - acryliques de grand format, aquarelles sur papier translucide ou sur papier spécialement fabriqué par l'artiste - créées en 2011-2012 s'inspirant de la légende des fleurs de la nuit. Accompagnée de conférences et lectures, cette exposition présente des œuvres dans lesquelles cette artiste exprime sa vision onirique et fantastique de ces végétaux.

Cette artiste a expliqué : « Je vous présente des fleurs et des arbres aux formes et aux manières de vivre « fantastiques », comme sont presque toujours les existences et les apparences des végétaux quand on les regarde intensément. Dans cet univers de forêts oniriques aux charmes puissants et lents comme ceux de lourds parfums, se meuvent de subtils bateaux qui représentent l’inconscient humain. Là, vivent aussi des êtres surgissant de ma mythologie personnelle. Dans mes tableaux récents, j’ai voulu montrer certaines manifestations directes ou indirectes des fleurs de la nuit : « Les fleurs de la nuit voyagent », « Les yeux de la nuit déplacent la forêt », « Les lèvres de l’eau percent la forêt »… J’ai également voulu montrer l’environnement des fleurs de la nuit, les êtres qui les hantent, les lettres réelles ou imaginaires qui les accompagnent, ébauchant un langage inédit, insolite. Ici et là apparaissent Lilith et ses ami(e)s, son amoureux et le tourbillon de ses passions. Surgissent aussi des lettres telles « Kous » (imaginaire) ou « Zayin » (réelle), provenant de différentes langues et restant souvent cachées, recouvrant les pollens des fleurs de la nuit de baisers… Ces lettres ne vous deviendront visibles que progressivement en sortant peu à peu du rêve de la nuit des fleurs… »

Et en septembre 2012, le musée du Montparnasse à Paris devait accueillir ses œuvres sur le thème de l’érotisme. Une exposition annulée.

En 2013, la Galerie les Yeux Fertiles a présenté Artistes d'ailleurs, exposition collective avec notamment des créations picturales d’Ody Saban exprimant sa vision onirique et fantastique de ces végétaux, et la Galerie Grand’ Rue à Poitiers  Défense de faire taire la jungle.

En 2014,  "Civilisations de la forêt inondée" à la galerie Claire Corcia "invite à la découverte des créations inédites d'Ody Saban, réalisées en 2013 et 2014. Cette exposition "d'envergure offre une vision protéiforme du travail de cette artiste à travers un ensemble important de peintures à l'acrylique sur toile, plus ou moins matiéristes, de moyens et grands formats et d'aquarelles sur papier translucide ou spécialement préparé par l'artiste. Le vertige de la création, l'euphorie prennent le dessus. Ody Saban crée la "beauté" par strates successives. Elle peint puis dessine sur sa peinture, repeint puis redessine jusqu'à être satisfaite, sans aucune prescience de l'œuvre à atteindre. Ody Saban immerge le spectateur au cœur d'une nature luxuriante, inquiétante, dévorante, où les êtres et la végétation se métamorphosent, parés de couleurs flamboyantes et psychédéliques. Cet univers de forêts oniriques est le lieu de toutes les éclosions, propice à l'étreinte amoureuse, à la quête spirituelle, au recueillement. Dans la forêt inondée se meuvent des bateaux qui représentent l'Inconscient humain, habités d'êtres surgissant de la mythologie personnelle de l'artiste". Une exposition accompagnée de diverses manifestations".

 « Ody  Saban présente ses rêves intensément intempestifs de civilisations d’une forêt inondée…de baisers, jeux, amour, grenouilles, papillons et aussi de menaces et de parades faces aux menaces… Visions d’un monde enfin réconcilié mais fragile", écrit Thomas Mordant. Et d'ajouter : "Après l’exposition en 2012, d’Ody Saban chez Claire Corcia « Les fleurs de la nuit » où une forêt habitée mûrissait déjà aux alentours, voici des instantanés d’un long rêve « inachevable » de civilisations. Les animaux, végétaux et humains s’hybrident facilement et échangent volontiers leurs fonctions et langages. Il est difficile de ne pas être saisi par la lumière et la nuit, l’exubérance et la chaleur tropicale qui sourd de cette imagination fortement érotisée, libérée des contraintes serviles. En effet, si cette forêt est inondée d’eau, indispensable à la vie exubérante et folle - les bateaux n’y sont d’ailleurs pas rares- elle l’est également de désirs.
Décrivons très schématiquement quelques fragments de leurs représentations oniriques pris au hasard.
  - Une grande abeille humanisée, gardienne de souvenir (elle abrite d’anciennes photographies retouchées avec amour) chasse une de ces « grandes têtes molles » que désignait Lautréamont tandis qu’en dessous d’elle passe un bateau guidé par des animaux ancestraux ou futurs.
   - Des créatures éprises sont cachées par une frêle coquille naissante enveloppe secrétée par la forêt.
  - Un être humain, symboliquement surveillé par d’autres animaux,  joue de la musique avec l’appareil phonatoire d’une grenouille de sa taille. Un enfant construit sa maison au rythme de cette musique.
   - Des reptiles protègent une femme qui sauvegarde elle-même des humains s’unissant.
   - La forêt se déploie pour s’envoler. De part et d’autre de son sexe des animaux blancs se regardent. A ces animaux blancs font échos des yeux blancs vigilants.
   - Des couples enlacés voyageant sur l’eau sont pris par le souci d’une boue noire. Une cloche qui pourrait bien symboliser le temps tient immobiles ses multiples battants.
   - Une femme possède plusieurs paires de jambes et se tient en équilibre sur une tête en forme de cœur.
   - On distingue aussi un être dont les principaux organes internes sont deux autres personnes s’embrassant ; « un loup à miel » entouré de ses amis ; un couple dont un des partenaires est… végétal.  

        Des couleurs vives s’épanouissent avec des formes simples, des images rapidement perceptibles dans leur globalité ; aucune recherche de l’originalité pour l’originalité, ni de complaisance pour les complications du banal ; rien pour faire laid, peu de choses pour faire « joli ». Toute la valeur de la peinture d’Ody Saban se situe à l’exact niveau de l’authenticité des rêves éveillés qu’elle parvient à diffuser, de la passion charnelle et intellectuelle qui l’anime. Les nuances extrêmement délicates de l’expression proviennent des qualités et de quantités d’énergie qui débordent de ses œuvres. Une série de dessins en noir et blanc sur papier ultramince au point d’en être transparents mais où le noir domine à force de fins traits d’encre témoigne de la capacité d’Ody Saban à se renouveler dans les registres les plus divers (ce qu’elle n’a d’ailleurs jamais manqué de faire) tout en restant fidèle à une forme d’expression moins apparemment virtuose. Les œuvres d’Ody Saban s’emparent de paysages- ici ceux de civilisations nouvelles- sensibles, intellectuels, exigeants de la façon la plus concrète. La recherche d’un sens et même d’une surabondance de sens coïncide chez Ody Saban avec l’organique dont elle joue à pleines mains et tout son corps ».

Dans le cadre du Printemps de l'art contemporain, la galerie Polysémie présenta "L’amour réciproque… aux frontières de l’Art Brut" (13 mai-10 juin 2015)exposition d’Ody Saban. Des circuits culturels ont été organisés à partir du vendredi 15 mai à 11 h et à 14 h. Des conférences et performances accompagnaient cette exposition. Pour les inscriptions, envoyer un mail à circuits@marseilleexpos.com ou appeler le 09 50 71 13 54

L’Esprit singulier présente du 30 mars au 26 août 2016, à la Halle Saint-Pierre "le fonds de l’Abbaye d’Auberive. Son fondateur, Jean-Claude Volot, collectionneur conduit par son désir, son intuition et ses émotions, a réuni en trois décennies plus de 2500 œuvres constituant l’une des plus grandes collections d’art moderne et contemporain où dialoguent art singulier, expressionnisme figuratif et art populaire. L’exposition, présente environ 600 œuvres de 70 artistes, parmi lesquels des grands noms de la photographie (Joel-Peter Witkin…), de l’art brut (Josée Francisco Abello Vives, Philippe Dereux, Anselme Bois-Vives), de l’art singulier (Louis Pons, Fred Deux, Michel Macréau), de la figuration libre (Robert Combas, Hervé di Rosa…), de l’art contemporain (Ernest Pignon-Ernest, Myriam Mihindou, Gao Xingjian…) ou encore surréaliste (Hans Bellmer). Les filiations, les jeux de miroir, les fils invisibles façonnent cet ensemble en nous rappelant que le fondement de l’art réside dans sa puissance à ébranler la norme".

Dès le 2 juin 2016, la galerie Corcia montre l'exposition "Bourgeons de fêtes utopistes" d'Ody Saban avec des œuvres réalisées en 2015 et 2016, et lui dédie un livre. A cette occasion, Anne & Julien présenteront le numéro 25 de la Revue HEY ! modern art & pop culture comprenant un article de 10 pages consacré aux œuvres d’Ody Saban. Et projection de trois films dédiés à l’œuvre d’Ody Saban : « Ody Saban, Métamporphose du taureau en grenouille », film réalisé par Aline Marçot. « Ody Saban, les jardins de Lilith » et « Portrait Ody Saban», 2 films réalisés par Sylvie Groschatau.  !

"Cette exposition d'envergure offre une vision protéiforme du travail d'Ody SABAN à travers un ensemble important de peintures matiéristes à l'acrylique et encre de Chine sur toile, de moyens et grands formats et d'aquarelles sur papier. Le vertige de la création, l'euphorie prennent le dessus. Ody SABAN crée la "beauté" par strates successives. Elle peint puis dessine sur sa peinture, repeint puis redessine jusqu'à être satisfaite de l'image obtenue, sans aucune préscience de l'oeuvre à atteindre. Ody SABAN immerge le spectateur au coeur d'une nature luxuriante, inquiétante, dévorante, où les êtres et la végétation se métamorphosent, parés de couleurs flamboyantes et psychédéliques. Cet univers de forêts oniriques est le lieu de toutes les éclosions, propice à l'étreinte amoureuse, à la quête spirituelle, au recueillement".

"Les dernières œuvres d’Ody Saban se présentent comme une grande fête. Une ivresse lucide naît d’un savant mélange d’humour, de désirs, de mythologies fantastiques. Ces œuvres, pleines à craquer de vie, n’ont plus assez de la surface des toiles. Elles prennent de plus en plus de volumes jusqu’à former, dans certaines œuvres, de véritables bas-reliefs minces, extrêmement touffus. Les êtres hybrides assemblés par Ody Saban ont toutes et tous été mordus et partiellement façonnés par la douleur. Toutefois, la plupart d’entre elles et eux ont relevé la tête et décidé de s’inventer des souhaits nouveaux dans un monde neuf. Ils continuent à surgir des terres rouges et ors de la forêt magique, de ses feuillages extasiés ou de ses cours d’eaux vives, mais leurs activités et leurs liens gagnent en intensité. Là se tiennent, dans des buts précis, des assemblées de femmes. Ainsi « pour la transformation des objets magiques », « pour la construction d’un sourire aérien » …  Des espoirs se font jour, sous les aspects les plus divers. Ainsi sous la forme d’une nageuse en plein ciel, de rayons de soleils inattendus, d’un soudain « poussin accompagné parmi les fleurs ». Des rêves phosphorescents sont extraits de lourds rouleaux de temps : « Elle pique la mémoire ».  Des conseils sont parfois donnés aux compagnes et compagnons de voyage : « ne perdez aucune de vos têtes !» Et en effet, certains personnages créés par Ody Saban ont tant de visages et de mémoires, élégamment emboîtées les unes dans les autres, qu’ils risqueraient d’en laisser trainer l’une ou l’autre ici ou là. Un tableau porte comme titre une citation de Jacques Prévert : « Si les chevaliers de l’Apocalypse arrivent… »  (Ils sont là ! l’artiste vous les montre !)  « … donnez d’abord à boire aux chevaux. » Les amoureux, à force de faire l’amour, transforment maintenant le monde autour d’eux, apprivoisent très doucement la nature, sans l’effaroucher. La volonté et la nécessité de vivre intensément, ouvertement, librement, à hauteur humaine, ont rarement été exprimées de façon aussi pleines", a analysé Thomas Mordant, le 2 février 2016

A l’occasion de la Soirée de Vernissage :
 -      Anne & Julien présenteront le numéro 25 de la Revue HEY ! modern art & pop culture comprenant un article de 10 pages consacré aux œuvres d’Ody Saban.
-      Diffusion de trois films dédiés à l’œuvre d’Ody Saban :
·         « Ody SABAN, Métamporphose du taureau en grenouille », projection du film réalisé par Aline MARCOT
·         « Ody SABAN, les jardins de Lilith », projection du film réalisé par Sylvie Groschtau
·         « Portrait Ody Saban », projection du film réalisé par Sylvie Groschtau.

Dès le 2 juin 2016

Dès le 2 juin 2016. Vernissage le 2 juin 2016 de 18 h à 21 h 30
Du 4 juin au 19 juillet 2014
Du 7 juin au 30 juin 2012
323, rue Saint-Martin, 75003 Paris
Tél. : 09 52 06 65 88
Du mardi au vendredi de 11 h 30 à 19 h ; le samedi de 14 h à 19 h.
Vernissage le mercredi 4 juin 2014 de 18 h à 21 h 30.
- Mercredi 11 juin à 19h : Michel Lequenne, « Discussions autour de l’œuvre d’Ody Saban ».
- Samedi 14 juin à 15h : « Ody Saban, Naissance d’un tableau », projection du film inédit réalisé par Viviane Vagh, musique de Jonathan Levine à l’occasion des journées NOMADES 2014.
- Samedi 14 juin à 17h30 : « Improvisations vocales » d’après les tableaux d’Ody 
Sabanpar la kant’actrice Karoline Zaidline à l’occasion des journées NOMADES 2014.
Vernissage le 7 juin 2012 de 18 heures à 22 h. Conférence de Thomas Mordant sur Ody Saban et l'art des fous le jeudi 14 juin 2012 à 19 h 30. 

Du 30 mars au 26 août 2016
A la Halle Saint-Pierre
2, rue Ronsard – 75018 Paris
Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89
Du lundi au vendredi de 11 h à 18 h, samedi de 11 h à 19 h et dimanche de 12 h à 18 h

Du 13 mai au 10 juin 2015
A la galerie Polysémie 
12, rue de la Cathédrale, 13002 Marseille,
Tél. : 04 01 19 80 52
 Du mardi au samedi de 14 h à 18 h 30. Vernissage le 15 mai 2015 à partir de 18 h.

Du 23 octobre au 30 novembre 2013
A la Galerie les Yeux Fertiles
27, rue de Seine, 75006 PARIS
Tél.: 01 43 26 27 91
Du mardi au vendredi de 14 h à 19 h. Le samedi de 11 h à 13 h et de 14 h à 19 h
Vernissage le 22 octobre 2013 à partir de 18 h


Du 14 avril au 12 mai 2012
A la Galerie Dettinger-Mayer
4, place Gailleton. 69002 LYON
Tél. : 04 72 41 07 80
Du mardi au samedi de 15 h à 19 h 30. Le matin sur rendez-vous
Vernissage le vendredi 13 avril 2012 à 18 heures
Jusqu’au 15 janvier 2012

Jusqu’au 31 décembre 2011
A la librairie Publico
145, rue Amelot, 75011 Paris
Tél. : 01 48 05 34 08
Du lundi au vendredi de 14 h à 19 h 30, le samedi de 10 h à 19 h 30

Visuels de haut en bas :
Soleillant malgré nos morts
2013

Dans la forêt des quatre vents
2012
130 x 195 cm

Rouleau
Hommage à Louise MICHEL. Rouleau (détail)
Encre de Chine sur papier
28,5 x 500 cm

L’envol vers demain ou Trouver du nouveau
2006
Acrylique sur toile
65 x 92 cm
Grand mère végétal
2000
43 x 35 cm
Douze pages recto verso, toiles, tissus, broderies de tulipes, un bouton en forme de chapeau rouge 2,5 cm de diamètre, deux gros aiguilles, fine dentelle pour chapeau, quatre rubans et des mots en hébreu sont brodés dans la bouche. 50cm x 5 cm, 21cm x 4 cm, 20 cm x 5 cm, 19 cm x 4 cm

Bateau amoureux
2009
Encre de Chine sur papier chinois
48,5 x 70 cm

Sus au Misérabilisme
Aquarelle encre de Chine sur papier d’aquarelle d’Inde
2010
75 x 55 cm

Portrait de Mélusine dans l'angle de l'Arcane 17
Aquarelle, encre de Chine sur papier de soie
2009
70,5 x 48,5cm.

Le bébé d’Isis et de Lilith, 2013

L’oeil blanc, 2013

Grande abeille chassant un céphalopode, 2013

Souris mon rêve danse, 2013

« Sur pont du bateau désir », 62 x 92 cm, Acrylique, Encre de Chine dur toile. 2011

Brève escale des foudres,1992. technique mixte sur toile,131 x 131 cm © Atelier Démoulin

" Petite fille s'identifiant à une algue "

" Poussin accompagné parmi les fleurs "

Articles sur ce blog concernant :
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Shoah (Holocaust) 

Cet article a été publié pour la première fois le 26 décembre 2011 sur ce blog, puis les 7 juin 2012, 21 octobre 2013 et 3 juin 2014, 11 mai 2015, 27 mars et 1er juin 2016. Il a été modifié le 27 mai 2016.