samedi 25 octobre 2014

Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/8)


Journaux, radios, télévision, sites, blogs et groupes sur Internet... Les médias Juifs français sont variés, mais certains s’avèrent problématiques en raison de leur manque de professionnalisme : lectures ou paraphrases fréquentes de dépêches d’agences de presse au registre lexical biaisé, rares couvertures physiques d'événements, étroite proximité avec la communauté française Juive institutionnalisée, manquements à la déontologie journalistique, plagiats et contrefaçons d'articles et de photographies, absence d'analyses sur la situation communautaire et d'autocritiques, contenus parfois non attrayants, non-journalistes comme directeurs de publication ou rédacteurs d'articles, népotisme, etc. Autres raisons : leur mode de management - opacité financière, non respect du droit du travail, autoritarisme -, leur recours tardif et piètre aux nouvelles technologies de l'information et leur audience essentiellement communautaire, souvent déclinante et exprimant une insatisfaction croissante à leur égard. Des témoignages de vitalité intellectuelle sont devenus des indicateurs de faiblesses multiples et persistants. Des signes inquiétants pour les Français Juifs et leurs organisations, et ce, en pleine recrudescence du nombre d’actes antisémites et de guerre médiatique et idéologique contre Israël. Dossier actualisé. Un hommage sera rendu à Jacques Lazarus, fondateur d'Information juive, le 26 octobre 2014.

2e partie : La réaction de Philippe Meyer, directeur d'Information Juive
4e partie : La réaction de Virginie Guedj-Bellaïche, journaliste à Actualité juive hebdo et Osmose
5e partie : La réaction d'Alain Granat, directeur de Jewpop 
C'est le paradoxe : avec entre 500 000 et 600 000 âmes, la communauté française Juive est la première numériquement en Europe, mais le nombre et l'audience de ses médias se réduit en peau de chagrin.

Ce qui contribue à perdre la guerre de la communication et a laissé la narratif palestinien imprégner profondément et durablement la doxa, et ce, au détriment de la vérité historique. 

Et ce qui fragilise la lutte contre les ennemis du peuple Juif. Jérusalem a accueilli le Sommet des médias Juifs (Jewish Media Summit22-25 juin 2014) sur le thème The Challenges of Reporting on Israel and the Jewish World (Les Défis du journalisme sur Israël et le monde Juif)Parmi les orateurs, un seul journaliste français de médias Juifs s'est exprimé : Shlomo Malka, directeur d'antenne de RCJ, radio du FSJU (Fonds social Juif unifié), et ce, dans le cadre de la table-ronde sur Le problème de l'image d'Israël. Le 22 juin 2014, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a listé les trois défis à relever par Israël et les médias Juifs dans le monde : "Combattre la montée de l'antisémitisme, en particulier en Europe et constitué d'une alliance de l'antisémitisme de la gauche dure, de la droite dure et de l'islamisme, cimenter l'identité Juive, notamment celle des jeunes, qui se délite, et les dangers dans la région, en particulier éviter que des armes de destruction massive ne tombent dans les mains de musulmans radicaux :animés par la haine vieille de centaines d'années entre les sunnites et les chiites et émergeant avec la chute de régimes laïc l'ayant contenue - les milices chiites et sunnites se battent avec barbarie ; toutes deux sont des ennemies de l'humanité".

Médias en crises
Ces médias communautaires traversent plusieurs crises.

Crise de positionnement : équilibre délicat entre spécificité Juive et ouverture au monde, entre contre-pouvoir et flagornerie, "communautairement correct" et indépendance, entre attentions à l'égard de l'institution Juive française soutenant le média et liberté éditoriale, etc.

Crise liée au management : trois directeurs généraux du FSJU (Fonds social juif unifié) - Jacques Bénichou, puis Robert Ejnès, et depuis début 2014 Patrick Chasquès - en trois ans (2011-2014), oppositions idéologiques et parfois personnelles entre médias, opacités décisionnelle, financière et salariales, absence d’adaptations aux bouleversements technologiques, manque d’anticipations des mutations de lectorats, prises de décisions sans concertation avec des experts, incompétence, vanité et autoritarisme de dirigeants, carence généralisée d'institutions représentatives du personnel, notamment les syndicats, etc.

Crise liée à la proximité et aux relations complexes avec la communauté française Juive institutionnalisée ainsi que des organisations et politiciens israéliens : celles-ci constituent des annonceurs publicitaires majeurs que nul ne songerait à s'aliéner. Voici quelques années, le directeur d'un média important Juif français a déploré les mesures de rétorsion d'annonceurs israéliens furieux d'un numéro désagréable à l'égard d'Israël : plus de publicités payantes dans ce média ! Et le directeur de ce média a sollicité le président d'une organisation Juive française importante afin qu'il plaide sa cause auprès de ces annonceurs. Heureuse intervention de ce dirigeant communautaire : ces annonceurs ont de nouveau payé des annonces publicitaires dans ce média. Flagornerie, absence d'analyses et esprit critique émoussé, voire absent, caractérisent l'esprit de nombres de ces médias manquant à leur devoir d'éclairer leurs lecteurs. 

Crise entretenue par les fautes stratégiques d’organisations communautaires : succession de trois rédacteurs en chef en un an et deux directeurs de la publication en deux ans à L'Arche, magazine du FSJU, soutien à feu "Proche-Orient.info" au lieu de l’agence de presse israélienne Guysen International News (Guysen) qui avait développé un groupe médiatique sous la direction de Guy Senbel et Dominique Fitoussi, principe de Peter observable dans des institutions.

Crise liée à une adaptation tardive et insuffisante à Internet et à une perception erronée du Web : loin de réduire les coûts de production, la toile requiert des financements lourds, des spécialistes excellents, une actualisation rapide des informations, des stratégies ciblées fragmentant les publics et conjuguant site, blogs de journalistes et réseaux sociaux, etc.

Crise de lectorat : faible écho et rare influence de ces médias au-delà de Juifs français, évolution des modes de consommation culturelle au détriment de la presse imprimée payante, baisse de l’audience de médias, inadéquation des contenus à l'intérêt des lecteurs/auditeurs, reprise de dépêches d'agences de presse à l'identique ou légèrement rewrités - donc sans valeur ajoutée -, etc. Un aperçu des relations entre ces médias communautaires et leurs lecteurs/auditeurs/Internautes est donné lors des forums des auditeurs, lors des courriers des lecteurs, et sur les réseaux sociaux. Ainsi, le 19 mai 2013, le journaliste Méir Ben-Hayoun s'est indigné sur Facebook de la reprise par RCJ (radio soutenue par le Fonds Social Juif Unifié) d'une dépêche de l'AFP (Agence France Presse) critiquée pour sa couverture partiale des évènements au Proche-Orient. Trente-deux Internautes ont aimé son message. Quant aux commentaires, ils étaient peu amènes à l'égard de médias communautaires français. Ce débat sur Facebook révèle de vives critiques visant des médias qui en semblent inconscients ou refusent toute remarque non flatteuse à leur égard.

Crise de crédibilité par le non respect des principes déontologiques élémentaires : conflits d'intérêts, publi-reportages présentés comme informations, etc.

Crise financière malgré des ressources disparates - ventes par numéros ou abonnements, ressources des annonces publicitaires, des petites annonces, du rédactionnel, des suppléments au profit d'associations ou d'entreprises, aides étatiques (réduction postale, etc.), etc. - : opacité sur les tirages et chiffres d'affaires, nombre réduit et réticences d’annonceurs, en terme d’image, à intégrer dans leur campagne publicitaire ou media-planning des médias Juifs ou politiquement orientés en faveur d’Israël, pratique du "low cost".

Crise de qualité : carences dans la formation des journalistes, insuffisante rigueur dans la terminologie, licenciements injustifiés de journalistes talentueux, népotisme, absence d'analyse et de critiques d'évènements communautaires majeurs, tel le diner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), registre lexical biaisé -"colonie" au lieu de "localité", "territoires palestiniens" au lieu de "Judée et Samarie", etc. -, incapacité ou refus de dénoncer la propagande anti-israélienne, censure d'intellectuels ou de thèmes sensibles, indifférence des historiens et des chercheurs à l'égard de ces journaux non cités en référence de leurs ouvrages, etc. La programmation radiophonique estivale est à cet égard révélatrice : rediffusion d'émissions, diffusion non stop et monotone de chansons déjà multidiffusées, etc. Pourquoi ? Souci d'économies ? Craintes des animatrices que leurs remplaçantes s'avèrent meilleures qu'elles ?  

Crise par la "peopolisation communautaire" : textes flattant l'ego de dirigeants communautaires, articles inintéressants sur des "filles de", etc.

Ce qui ne manque pas d’inquiéter des institutions communautaires : si la presse Juive au lectorat essentiellement Juif disparaît et se fragmente en éclatant les lectorats en micro-cibles et en limitant le périmètre des sujets traités, comment ces associations vont-elles communiquer en direction des Juifs français ? Comment les autorités politiques françaises vont-elles considérer la communauté Juive française ?

Et quel tableau de la communauté Juive française donnent ces médias à un historien l'étudiant en ces décennies dramatiques !? 

Enfin, le succès d'audience de mon article, malgré sa longueur, témoigne de l'intérêt des Internautes pour ces médias français Juifs. L'absence de toute autre étude sur ce thème révèle qu'il s'agit d'un sujet tabou.

Médias et journalistes
Ces médias communautaires commandent des articles à des journalistes, souvent Juifs, parfois diplômés d'écoles de journalisme, souvent des femmes, et partageant généralement leurs sensibilités politiques et religieuses. Ils recourent aussi à des animateurs bénévoles - dirigeants associatifs, etc. - et aux métiers variés : notaire, avocats, médecin, etc. Certains journalistes bénéficient de "rentes de situations" qui les mettent à l'abri de la précarité infligée à leurs collègues.

S'abritant derrière une opacité financière, nombre de ces médias communautaires s'affranchissent du respect du droit du travail - remises de bulletins AGESSA (Sécurité sociale des auteurs) au lieu de bulletins de paie, refus de remettre l'attestions Assedic ou le certificat de travail à la fin de la collaboration de journalistes, etc.  -, du droit d'auteur, de la parole donnée : articles commandés non payés ou/et non publiés. Un comportement décevant de la part d'employeurs-parangons de vertus juives, donneurs de leçons de morale, distributeurs de bons et mauvais points dans la communauté... Un principe talmudique ne dit-il pas : "La loi du pays est la loi" (dina demalkhouta dina) ?

Comme leurs homologues non Juifs, de nombreux médias Juifs français versent des rémunérations très/trop faibles aux rédacteurs de leurs articles : de 23 € à 38 € bruts par feuillet (25 lignes de 60 signes et espaces), soit deux à presque trois fois moins que des tarifs syndicaux. La longueur moyenne d'un article publié est un feuillet à un feuillet et demi. Ce qui enfonce des journalistes pigistes dans la misère sociale.
Ces médias ne remboursent généralement pas les frais professionnels de journalistes, ne leur assurent aucune visite médicale du travail, aucune formation continue, etc.
En outre, des institutions représentatives du personnel sont absentes d'organes de presse juive française. Ce qui accroit la vulnérabilité de ces journalistes.

A noter que l'Association des journalistes Juifs, "qui s’était fixé pour mission de lutter contre la diffamation anti-israélienne dans les médias et la montée de l’antisémitisme en France" et a été présidée de 2000 à 2006 par Clément Weill-Raynal, n'est pas très active dans ces médias communautaires. 

Faits révélateurs ? Le 24 février 2011, c'est par une lettre-circulaire électronique, que Jacques Bénichou, alors directeur général du FSJU, a annoncé aux 73 collaborateurs - journalistes, universitaires, dessinateurs, etc. - de L’Arche « une pause dans leur collaboration » et les a exclus de la réflexion sur l’avenir du magazine. Un envoi collectif que Pierre Besnainou, président du FSJU, qualifiera de « maladresse ». Le 9 mars 2012, sur RCJ, ce dernier s'est prévalu d'une "décision du Bureau exécutif du FSJU après une réflexion de 18 mois" à laquelle n'ont pas été conviés des journalistes professionnels et compétents, et a qualifié d'"inacceptable dans la forme" l'envoi par Internet de ce courrier-type numérique.
Et dans son n°1289 (13 février 2014), Actu J réalise la prouesse de consacrer un dossier intitulé Travail et éthique : mode d'emploi, sans effectuer la moindre enquête sur ces médias et associations communautaires qui s'affranchissent du droit et de la Torah.

Et si un journaliste impudent ose solliciter l'augmentation d'une rémunération demeurée fixe pendant douze ans, on lui dit clairement qu'il est remplaçable... C'est si français cette propension à couper les têtes qui dépassent... Précisons qu'au sein d'un même groupe médiatique, on peut observer une grande variété de situations : certains journalistes détiennent la carte de presse,  véritable Sésame pour être accrédité auprès d'organisateurs d'évènements, d'autres ne peuvent la solliciter auprès de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP) car leur employeur ne leur a pas versé la rémunération à laquelle ils ont légalement droit, d'autres encore reçoivent des bulletins AGESSA, etc.
Voici quelques années, une organisation communautaire a licencié sans cause réelle et sérieuse la rédactrice en chef de son magazine alors qu'elle lui donnait toute satisfaction. Mais elle a conservé sa directrice de la communication et son adjointe qui émaillaient leurs communiqués de fautes de français, avaient conçu un flyer sans y indiquer le logo de l'association, etc. Deux rédactrices en chef s'étaient plaintes, en vain,  auprès du directeur de l'association de cette directrice de la communication : entraves à leur travail par des rétentions d'informations ou un interventionnisme intempestif ou un rewriting malmenant la langue française, soutien à un maquettiste problématique par ses carences et son refus de respecter l'autorité de la rédactrice en chef, etc.  L'une de ces journalistes a vécu cette situation comme un harcèlement moral. Ces deux rédactrices en chef étaient sépharades, et ces deux communicantes, comme les dirigeants de cette association, des ashkénazes. Vraisemblablement de pures coïncidences...

Si, faute de règlement amiable, un journaliste ou un photographe de médias communautaires s'aventure à saisir la justice pour défendre ses droits, malheur à lui : d'une part, il signe sa mort professionnelle dans ce milieu, et d'autre part, il affronte plusieurs parties dans ce combat du pot de terre contre le pot de fer : en effet, ses anciens employeurs se liguent contre lui. Et ils instrumentalisent la justice par de coûteux assignations et appels sans fondement juridique, mais visant à faire pression sur leur ancien employé, en vue d'une proposition de règlement transactionnel à leur seul bénéfice.

Particulièrement choquant : lors d'une audience judiciaire, l'avocat d'une célèbre organisation communautaire a sollicité un faible quantum du tribunal devant statuer sur l'indemnisation concernant une photographie reproduite sans autorisation de son auteur. Brandissant la photo litigieuse, il a déclamé : "Ce n'est tout de même pas la photographie de l'enfant Juif du ghetto de Varsovie ! Vous ne pouvez pas allouer" la somme réclamée par le photographe. Et le tribunal a alloué un montant ridicule de dommages et intérêts à ce photographe. Celui-ci a alerté des responsables communautaires sur cette instrumentalisation de la Shoah : certains ont exprimé leur indignation, mais l'organisation partie au procès est demeurée silencieuse. Qui ne dit mot consent ? Vraisemblablement. Certes, la parole de l'avocat est libre, mais il incombe à son client de lui indiquer les limites à ne pas franchir. Et que doivent penser les tribunaux de ces agissements ?

Ne cherchez pas les condamnations judiciaires de ces médias ou organisations communautaires dans leurs documents publics. Vous ne les y trouverez pas : ces médias et organisations ne communiquent ni sur leurs condamnations ni sur les honoraires élevés - 500 €/heure HT voire plus - de leurs avocats de cabinets installés dans des quartiers huppés parisiens (plaine Monceau, Champs-Elysées). L'une de leurs avocates a réclamé 15 000 € au titre des frais de justice de sa cliente.


Shocking !  Poursuivie pour d'énièmes contrefaçons, une des principales associations communautaires françaises, qui a pourtant des partenariats en Israël - gage de sionisme pour ses donateurs ? -, recourt, face à une justiciable pauvre, à une firme britannique internationale d'avocats, implantée notamment au Qatar et en Turquie - vous savez, ces pays qui financent et soutiennent les mouvements terroristes tel le Hamas qui veut détruire l'Etat d'Israël -, ainsi qu'aux Emirats Arabes Unis. Bref, trois amis d'Israël... Assignée à quatre reprises en particulier pour licenciement injustifié et contrefaçons, elle a préféré des procédures judiciaires à des règlements amiables. Ce qui représente pour elle au moins 60 000 € d'honoraires versés à ses avocats, soit plus de trois ans de salaires de ses salariés les plus modestes.



Tout ceci est caché, car cela risquerait de nuire à l'image de ces organisations et de dissuader leurs donateurs de savoir que leurs dons contribuent à augmenter les chiffres d'affaires de cabinets d'avocats florissants. A moins que certaines organisations communautaires ne fassent payer l'Etat pour leurs condamnations et frais judiciaires... 

Des comportements d'autant plus choquants alors que les Français, Juifs et non Juifs, traversent une grave crise économique et,  telle Ruth Smadja, subissent en plus des agressions antisémites sans avoir les moyens financiers d'emménager ailleurs.

Quant aux publications judiciaires de ces condamnations, la justice, a fortiori en droit du travail, rechigne à les accorder.

Donc, tant que les donateurs, notamment les artistes célèbres et autres VIP prêtant leur image et leur caution, ainsi que les lecteurs n'exigeront pas la transparence financière et une rectitude morale des dirigeants d'organisations et de médias communautaires, ces médias et organisations s'obstineront dans leurs comportements peu respectueux du droit et des valeurs du judaïsme dont ils se réclament.

 Si rares sont les journalistes ayant ouvert un blog et l'alimentant régulièrement par leurs articles, ils sont nombreux à privilégier les réseaux sociaux - Facebook, Twitter - à des fins personnelles, et subsidiairement professionnelles. 

Curieusement, si les lecteurs lambda renchérissent sur les observations et analyses de cet article, ce sont certains journalistes ou dirigeants de médias communautaires qui ne l'ont pas apprécié, et me l'ont fait savoir, parfois avec une agressivité blessante. Ainsi, en vociférant, l'une de mes consœurs m'a invectivée publiquement en me traitant de "journaliste nulle" entre autres gracieusetés. Refus des critiques ? Incapacité à se remettre en question et à argumenter ? Ignorance de la courtoisie ? Découverte de l'ampleur du fossé séparant ces médias d'une partie du public ? Conception du journalisme comme synonyme de flagornerie ? Révélateur du climat pesant sur ces médias : les  journalistes collaborant à ces médias et m'ayant fait part de leur analyse concordante avec la mienne, l'ont fait officieusement. Par crainte de représailles.

Des sujets tabous
"Des sujets tabous il y a plusieurs années ont aujourd'hui parfaitement leur place dans les colonnes du journal. Je pense notamment aux libéraux, à l'homosexualité, au sida, etc.., affirme la journaliste Virginie Guedj-Bellaïche, journaliste pour Actualité juive (surnommée Actu J) et Osmose.

Certes, et on pourrait ajouter d'autres thèmes, telle la bat-mitsva.

Mais des sujets tabous abondent, et minent la crédibilité de médias généralement "communautairement corrects".

Exemples : les Juifs noirs. Commandé par L'Arche, un dossier d'articles sur les Juifs noirs, comportant notamment l'interview de Guershon Nduwa, président de la Fédération des Juifs Noirs de France (FJN), n'a jamais été publié par ce magazine du FSJU. Et ce, depuis plus de quatre ans. Pourquoi ? Si Tribune juive a consacré un dossier à ces Juifs Noirs et si Radio J interviewe souvent et gracieusement Guershon Nduwa, RCJ, radio du FSJU, et Radio Shalom n'ont jamais invité ce dirigeant. Par ailleurs, la FJN a du payer, chèrement, un média Juif français, pour obtenir la publication d'articles sur ses activités. Pourquoi ?


Quant à Akadem, campus numérique Juif financé par le FSJU et le Fondation pour la Mémoire de la Shoah, il n'a pas éditorialisé les vidéos de deux manifestations de la FJN - un diner-débat (janvier 2011) et une conférence de Guershon N'duwa sur la fierté d'être juif (novembre 2009). Akadem "est intégralement financé par des subventions du Fonds Social Juif Unifié et de de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.  Si nous n'avons pas publié cette conférence, c'est entre autre faute de moyens financiers. Si cette conférence peut vous être utile... un don à l'ordre de l'Appel unifié juif de France (l'organe de collecte du FSJU), sera très apprécié. Pour votre information, le coût moyen d'une heure de numérisation et mise à disposition est de l'ordre de 20 €". Aucune de ces deux organisations importantes de la communauté Juive française n'aurait les 80 € nécessaires à numériser ces deux vidéos (4 heures) pour les présenter aux Internautes avec leur "apparat critique" !? Akadem dispose du budget pour numériser un concert d'Ishtar (février 2013) ou la table-ronde Ouverture (novembre 2009) avec des dirigeants du FSJU et de l'OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), et manquerait de moyens financiers pour ces deux évènements concernant les Juifs noirs !? Et depuis 2009 !? 


Commandé en 2009 par L'Arche, un article critique sur le controversé projet Aladin,  soutenu en particulier par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), n'a jamais été publié par ce magazine. Hormis Radio J qui a diffusé au printemps 2009, la chronique Les deux fautes de la FMS de Shmuel Trigano, aucun autre média communautaire n'a critiqué ce projet. 

Aux Etats-Unis, JCC Watchn fondé par Richard Allen, a critiqué des organisations Juives pour leur accueil de mouvements soutenant les BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) contre l'Etat d'Israël. Vote Watch Europe analyse la manière dont les eurodéputés assurent leur fonction. Deux initiatives inenvisageables pour la communauté française Juive, et non assumées même partiellement par ces médias qui occultent des questions fondamentales concernant ces dirigeants. 

Le leadership communautaire assure-t-il ses missions de manière satisfaisante ? La multiplicité des organisations communautaires est-elle adaptée en ce début de XXIe siècle dans une France en mutations profondes ? Quel est le  taux d'absentéisme ou d'assiduité des leaders communautaires ? Le fonctionnement de ces organisations est-il efficient ? Pourquoi ces organisations invitent-elles des orateurs israéliens généralement de gauche ? 

Les fonctions les plus importantes de ces organisations sont assurées par les mêmes personnalités, généralement des hommes, qui se succèdent, cumulent les titres, se cooptent selon des critères aberrants  - appartenance à des réseaux, actions "communautairement correctes", stratégies carriéristes cyniques, comportement clanique - souvent sans rapport avec la compétence, passent d'une institution à une autre, etc. 

Ma série de portraits de dirigeants communautaires sur Pierre BesnainouRoger FajnzylbergGil Taieb dénote donc dans ce paysage médiatique qui accoutume ces leaders à des pouvoirs non contrebalancés par des devoirs assumés : combien de ces dirigeants présentent le bilan de leur mandat ? Lequel s'est interrogé sur son éventuelle démission après notamment les assassinats antisémites du djihadiste Mohamed Merah en 2012 ? 

Qui est payé combien ? Y a-t-il des exemples d'enrichissement personnel parmi les dirigeants communautaires ? Ces questions-taboues s'avèrent d'autant plus aiguë en raison de l'opacité sur les revenus - salaires et autres avantages - des dirigeants d'organisations Juives françaises ainsi que de responsables de ces médias, des appels pour la Tsedaka et de la crise économique durable qui affecte aussi les Français Juifs. 

Deux exemples. Le salaire mensuel du directeur d'une des principales organisations communautaires s'élève à environ 10 000 €. De quoi faire pâlir d'envie de modestes chefs d'entreprises, certains cadres du secteur privé, voire de très hauts fonctionnaires. Me Patrick Klugman, avocat du grand rabbin Gilles Bernheim, a déclaré au Monde, à propos de l'indemnité que le Consistoire versera à son client, que celui-ci "a obtenu de quoi tenir en partie jusqu'à ses droits à la retraite avec l'équivalent de son salaire mensuel" (entre 5 000 et 9 000 euros)". Pourtant, des rumeurs ont allégué que le montant de ce salaire avoisinait les 15 000 €, voire les 17 000 €.  Un communiqué de Sammy Ghozlan, membre du Conseil d'administration du Consistoire central de France, a révélé le 28 février 2014, et sur Facebook, que le "montant mensuel total du salaire et des services" du Grand rabbin de France "s'élèvent à plus de 25 000 euros", et "à 34 000 euros par mois, si on rajoute son staff". Un communiqué guère repris par les médias communautaires...

A ces revenus exagérés, s'ajoutent une stabilité de l'emploi similaire à celle de la fonction publique - rares licenciements -, le cumul des jours fériés laïcs - Noël, le Jour de l'an - et des fêtes juives, les avantages de conventions collectives, la prime lors du départ à la retraite de certains - un mois de salaire par année d'ancienneté -, etc. Il est aussi difficile de joindre par téléphone des salariés d'organisations communautaires le vendredi dès la fin de la matinée ou en fin d'après-midi d'un jour de semaine. Précisons toutefois que des pigistes de médias communautaires sont exclus de ce statut si avantageux. 

En cette période de crise, la réforme de ces organisations n'est pas à l'ordre du jour.

Les organisations communautaires françaises gagneraient à fixer dans un règlement les devoirs de leurs dirigeants : neutralité politique, usage limité des réseaux sociaux, transparence sur leurs revenus, etc. Ne serait-ce que pour être sûr de l'absence d'enrichissement personnel.

Et aucune de ces organisations ne communique le montant de ses condamnations judiciaires, de ses honoraires d'avocats - minimum 500 € HT/heure - de cabinets, parfois américains, de quartiers huppés parisiens lors de procès à rebondissements, etc.

Nul n'est surpris de voir Gil Taieb, dentiste devenir communicant événementiel avec un piètre succès en 2010, ou Me Ariel Goldman, ancien vice-président du CRIF, porte-parole du SPCJ (Service de protection de la communauté Juive) et candidat à la présidence du FSJU, réaliser lors du dîner du 4 mars 2014, grâce à son téléphone mobile, un selfie avec Christine Taubira, ministre de la Justice.

Et, quand des dirigeants communautaires feront leur aliyah, ils reproduiront vraisemblablement en Israël leurs pratiques hexagonales... Sans tirer les leçons de leurs échecs et carences.


Illustration de questions occultées : la "cérémonie de reconnaissance" à Pierre Besnainou, à la fin de son mandat de président du FSJU et de l'AUJF (Appel unifié juif de France) - organe central de collecte dans le cadre de l'Appel national pour la Tsedaka -, et le cocktail en présence de nombreuses personnalités ont lieu au Centre communautaire de Paris, le 3 mars 2014, à 18 h 30. Qui paie ? Quel média communautaire a analysé son bilan ?

Et la reconnaissance pour quels faits ? La gestion par Pierre Besnainou laisse dubitatif : problèmes déontologiques non résolus, transformation problématique de L'Arche, etc. Le site du FSJU n'informe pas sur sa gestion des dossiers d'indemnisation récente par la Claims Conference des Juifs du Maroc et de Tunisie. Malgré la décision en 2012 de Pierre Besnainou d'affecter un gardien de sécurité à des lieux communautaires, un individu a pu se faire photographier faisant une quenelle devant l'école Ozar HaTorah (Toulouse), lieu de l'assassinat djihadiste antisémite de quatre Franco-Israéliens Juifs. Ni le site du FSJU ni celui destiné au vote électronique ne présente les modalités et les candidats à l'élection au Conseil national du FSJU le 9 mars 2014. A la différence de ses homologues, Pierre Besnainou a soutenu un candidat à une élection législative. Etc. Etc. Etc.
Radio de la communauté juive soutenue par le Fonds social juif unifié, RCJ a elle aussi marqué la fin du mandat de Pierre Besnainou
Ainsi, le 20 mars 2014, Sandrine Sebbane a interviewé Pierre Besnainou, son supérieur hiérarchique. Qui a-t-elle choisi pour témoigner sur son invité ? Le comédien Michel Boujenah, Gil Taieb, longtemps vice-président du FSJU, et Paule-Henriette Lévy, journaliste sur RCJ et directrice de l'Action culturelle du FSJU ! Tous trois, que dis-je, tous quatre ne tarissent pas d'éloge, ne trouvent aucun défaut à son action. La seule autocritique de Pierre Besnainou concernant l'absence d'un garde près d'une école Juive ne suscite aucune analyse. Alors que de nombreux Français Juifs peinent à imaginer leur avenir en France, la prochaine aliyah de ce dirigeant communautaire pendant huit ans n'interpelle aucun des quatre.
Le dernier mardi de chaque mois, Paule-Henriette Lévy a animé l'émission d'une heure Hors antenne avec Jacqueline Rémy et Annette Lévy-Willard, journalistes respectivement à Marianne et Libération. Le 25 mars 2014, elle a exprimé son "malaise" à interroger Pierre Besnainou, "président de sa propre radio". D'entrée, elle lui a accordé "quelques jokers" afin qu'il puisse s'exonérer de répondre à des questions qui l'embarrasseraient. En fin d'émission, elle a fait allusion aux critiques concernant certaines de ses actions, mais sans expliciter. Pas une seule de ces trois journalistes n'a posé de questions embarrassantes à Pierre Besnainou.
Deux cas d'école pour les Instituts de formation des journalistes ! Et d'autres émissions similaires en hommage à Pierre Besnainou ont été programmées sur RCJ...


Aucun média Juif français n'a relaté les circonstances de la capture du soldat franco-israélien Guilad Shalit révélées par Ben Caspit dans le Jerusalem Post du 29 mars 2013 : un rapt par des terroristes palestiniens sans les avoir combattus. Ce journaliste avait pourtant souligné aussi l'importance de la vie par les Juifs, notamment Israéliens, l'urgence pour Tsahal de tirer les leçons de ce rapt et le recours avec plus de parcimonie au terme "héros". Pourquoi ce silence ? Pour ne pas décevoir tous les Français Juifs que des institutions communautaies ont mobilisé pour sa libération ? Pour ne pas s'aliéner les organisations communautaires ayant organisé au printemps 2013 des soirées dont Guilad Shalit était invité d'honneur et ayant payé des annonces publicitaires dans ces médias ? Quelle différence avec le Jewish Tribune, journal du B'nai B'rith (BB) Canada ! En effet, ce magazine canadien a publié les critiques de cette honorable organisation Juive à l'égard du Jewish National Fund (JNF) qui  organise plusieurs soirées à l'automne 2013 dont l'invité d'honneur est Guilad Shalit : celui-ci, qui n'est pas un héros, véhicule davantage une image de faiblesse à l'égard des ennemis d'Israël. Le 26 juin 2013, le B'nai B'rith international s'est distancé de la position du BB Canada : le Forum des jeunes adultes du BB Europe avait reçu Guilad Shalit en invité d'honneur à Londres en novembre 2012 : "Guilad Shalit y a été chaleureusement accueilli". "Deux cents délégués de vingt pays  d'Europe, des Etats-Unis et d'Israël étaient présents quand le jeune homme a été fait membre d'honneur du BB international". 


De plus, en avril 2013, des médias communautaires français ont affiché la stupeur quand a été révélée la "non-agrégation" de philosophie du Grand rabbin Gilles Bernheim. Pourtant, la rumeur circulait déjà lors de la campagne pour l'élection du Grand rabbin de France au printemps 2008 - Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, l'avait publiée le 22 mai 2006 sans être poursuivi en justice par l'intéressé - et m'était alors parvenue. En avril 2013, la rédaction d'Actu J  était divisée sur Facebook : le 6 avril 2013, Sandrine Szwarc, responsable des pages Culture et qui avait encensé ce grand rabbin, interrogeait : "Le rôle des Juifs de France n'est-il pas de soutenir un des leurs plutôt que de le lyncher ?" Autre journaliste, autre opinion : le 10 avril 2013, sur son blog puis sur  son compte Facebook, Virginie Guedj-Bellaiche, appelait le grand rabbin à démissionner. Cet hebdomadaire a publié la lettre de Lydia Benattar, directrice de cette publication, au grand rabbin Gilles Bernheim le 8 avril 2013 : l'assurant de son soutien, elle l'y exhortait à "ne pas se murer dans le silence" et à dire "la vérité", sa vérité. Sur son compte Facebook, Sandrine Sebbane, "journaliste sur RCJ, radio du FSJU,  publiait le 3 avril 2013 un texte louant ce grand rabbin, notamment sa "rigueur intellectuelle". Un texte apprécié par de nombreux dirigeants communautaires, et au ton si véhément qu'un Internaute lui rappelait qu'il ne s'agissait pas de l'affaire Dreyfus. Aucun de ces médias communautaires n'a présenté la moindre analyse de ces scandales : plagiats et "non agrégation". Ni le moindre mea culpa. Et dans son n°1288 (6 février 2014), Actu J consacre une page entière au compte-rendu d'une conférence de Gilles Bernheim "devant la communauté juive ashkénaze des Lilas (93)" - dans cette ville se trouve le siège du journal - et à sa communication sur les réseaux sociaux où il "poursuit dans une analogie à peine masquée avec sa vie personnelle". Nul ne s'indigne, et notamment pas cet hebdomadaire, de cette discrimination entre Juifs : un Ashkénaze parle aux seuls Ashkénazes ! Et qui plus est, un ancien grand rabbin de France.

Curieusement, alors que des radios communautaires telle Radio J ont interrogé le rabbin Haïm Korsia sur les rumeurs de plagiats visant l'un de ses livres, Actualité juive a omis ce sujet à la fois lors de la campagne électorale pour le Grand rabbinat de France au printemps 2014 et après son élection.

Un conseil : si vous vous rendez au siège du Consistoire central de France, ne prononcez pas le mot "plagiat". Ainsi que l'a dit un important rabbin à l'automne 2014 : "On ne parle pas de la corde du pendu dans la maison du pendu".

Dans quelles circonstances le professeur Shmuel Trigano, a-t-il quitté en 2013 l'Alliance Israélite universelle (AIU) dont il a dirigé-fondé le Collège des Etudes Juives (1986-2013 ), et ce, moins d'un an après l'hommage que cette organisation lui avait rendu  ? Cette question ne suscite pas d'intérêt dans ces médias communautaires...  Et c'est désormais hors de l'AIU qu'il a fondé à l'automne 2013 l'Université populaire du judaïsme...  


Par ailleurs, aucun média communautaire n'a relayé l'information relative à la signature par Roger Fajnzylberg, actuel délégué général de la Fondation OSE-MES (Mémoire Enfance Solidarité) abritée par la Fondation du judaïsme français, d'un appel de Confluences publié dans Le Monde (7 novembre 1996) "grâce aux contributions des signataires". Promu par les Amis de La Paix Maintenant, cet appel s'indigne des "déclarations d'intransigeance de M. Netanyahou et son souhait affiché d'imposer la paix dans l'annexion... ou la judaïsation de Jérusalem-Est". Or, Jérusalem, capitale éternelle et indivisible d’Israël, est au cœur du judaïsme. En outre, Roger Fajnzylberg a déclaré en février 2013 souhaiter se "rendre disponible pour des institutions communautaires comme le CRIF ou le Fonds Social Juif Unifié"... 

En outre, aucun média communautaire n'a relaté le refus de l'ayant-droit d'Andrée Salomon, résistante française Juive, de voir le nom de celle-ci associé, par un plaque apposée au printemps 2013 sur le mur d'une maison d'enfants de l'OSE (Œuvre de secours aux enfants) à Eugène Schueller, "fondateur de L'Oréal [ayant] honteusement collaboré avec l’Occupant pendant la Deuxième Guerre mondiale". 
Pourquoi ce silence ? Volonté de ne pas contrarier la campagne publicitaire de l'OSE et de sa fondation - manne financière importante pour ces médias - afin de collecter des fonds à l'approche des déclarations d'impôts sur les revenus ?  Crainte de manquer une éventuelle annonce publicitaire du groupe de produits cosmétiques ?

Les affaires d'antisémitisme ? Bien que sollicités, d'importants médias communautaires n'enquêtent pas, et donc occultent certaines affaires d'antisémitisme graves. Surtout si elles révèlent aussi le refus d'institutions communautaires de s'en saisir ou leur incapacité à défendre victorieusement, efficacement, rapidement les Français Juifs victimes. Deux exemples : l'affaire Krief et l'affaire Smadja. 

Médecin nucléaire réputé dans deux centres d'imagerie médicales situés à Creil et à Compiègne, le Dr Lionel Krief a été la cible de propos antisémites et demeure victime d'une entente visant à le spolier et attestée par la lettre d'un avocat, Me Baube. Caractéristique alarmante : sous les présidences Sarkozy et Hollande, aucune autorité publique - ministres de la Santé, Agence régionale de Santé (ARS) de Picardie, etc. - n'a mis un terme à cette affaire où la santé des patients atteints souvent de maladies graves n'a pas été suffisamment prise en compte et où des conflits d'intérêts sont patents.

Depuis 2009, Ruth Smadja et ses deux enfants sont victimes de graves agressions antisémites - menaces de morts, tags nazis,  boite aux lettres cassée, etc. - à Goussainville, ville située dans la banlieue nord de Paris, a été révélé par des blogs. L'affaire Smadja révèle cet "exil intérieur" en France que des Français Juifs sont contraints d'envisager et de mettre en œuvre, quand elles disposent de suffisamment de moyens financiers, pour quitter un environnement antisémite agressif et assurer leur sécurité dans une autre ville.

"Les responsables communautaires "ont-ils compris désormais qu'il ne fallait plus minimiser les faits et désigner les vrais coupables", s'indigne Lydia Benattar dans son éditorial du 24 juillet 2014 (Actu J, n° 1309). Il ne tient qu'à elle que ces deux affaires soient évoquées dans son hebdomadaire incontournable.

L'assassinat de Sébastien Selam en 2003 ? Aucun média communautaire ne l'a analysé, et nombre de ces médias se sont contentés de lire des dépêches d'agences de presse. Dans son éditorial pour le 33e anniversaire de son hebdomadaire (n°1282, 24 décembre 2013), Lydia Benattar a omis de le mentionner dans sa liste des assassinats antisémites en France depuis la Libération. Oubli ? Ou sujet tabou ? A noter que si, lors du 28e diner du CRIF le 20 mars 2013,  Richard Prasquier, alors président de cette fédération, avait évoqué Sébastien Selam dans la liste des victimes de tueries antisémites, le Président François Hollande l'avait occulté, et lors du 29e diner du CRIF du 4 mars 2014, Roger Cukierman a omis de citer Sébastien Selam. De même, aucun média communautaire n'a relevé que le nom de Sébastien Selam est absent des annonces de Roger Cukierman et Gil Taieb sur la fréquence Juive francilienne et des affiches du rassemblement du 19 mars 2014 sur le thème "La haine des Juifs, ça suffit !", "contre l'antisémitisme et pour la fraternité républicaine" organisé, à Paris et en province (Toulouse, Bordeaux), par le CRIF qui y a convié des politiciens et des intellectuels. A Paris, lors de l'allumage des bougies, et après que des voix dans le public aient crié "Sébastien Selam", une bougie à la mémoire du jeune DJ a été allumée. Une fois encore, les médias communautaires n'ont pas été en phase avec les Juifs lambda, et ce sont deux Internautes, Frédéric Brasil puis moi qui, le 17 mars 2014, sur la page Facebook de ce rassemblement ont rappelé la mémoire du DJ assassiné en novembre 2003. Le 27 mai 2014, Paule-Henriette Lévy a évoqué sur RCJ, radio du FSJU dont elle est rédactrice en chef, les Français Juifs assassinés en France depuis l'Intifada II sans citer Sébastien Selam - Jacqueline Rémy (Marianne), Annette Lévy-Willard et d'autres journalistes présents n'ont pas réagi -, et vers 19 h 20, sur Radio Shalom, Pierre Gandus a oublié lui aussi ce jeune DJ tué en 2013 en interviewant le rabbin Haïm Korsia, qui n'a pas rectifié

Le 15 octobre 2014, Sandrine Sebbane a interviewé le journaliste-producteur français Juif Paul Amar. Evoquant. Curieusement, en listant les assassinats antisémites en France depuis l'Intifada II, ni Paul Amar ni elle n'ont évoqué le meurtre antijuif de Sébastien Selam. Pourtant, Paul Amar avait invité Me Axel Metzker, alors avocat de la famille Selam, dans son émission Revu & Corrigé

Les modalités du dialogue judéo-musulman ne sont jamais abordées par ces médias. Le 7 octobre 2014, seule Radio J a interviewé le Professeur Francis Weilldélégué du CRIF pour Besançon/Franche-Comté, sur sa lettre de démission comme membre du Comité directeur du CRIF, en date du 9 septembre 2014. Auteur en particulier du Dictionnaire alphabétique des sourates et versets du Coran (2009), Chrétiens et Juifs, Juifs et Chrétiens. L'inéluctable fraternité (2013) et Ethique et imagerie médicale, cet éminent professeur de médecine a contesté dans ce courrier interne la ligne suivie par le CRIF : 
"La montée de l’antisémitisme musulman et de l’antisionisme-antisémitisme de gauche sont un échec majeur du CRIF.
Nous avons été constamment alertés par P.A. Taguieff, par J. Tarnero, par Mme Bat Ye'or, par C. Caldwell et d’autres; j’ai moi aussi tenté de contribuer à cette alerte par mes propres livres.Voici onze ans que je tente d’expliquer que la voie du dialogue avec les rares musulmans dits modérés est une impasse. Les relations avec l’islam, ce ne sont ni quelques autobus de l’amitié, ni des repas partagés de clôture de Ramadan, ni une commission d’opérette pour nos relations avec les musulmans.
Dans le monde d’aujourd’hui, l’islam c’est le Coran ; le Coran ne laisse pas de place à l’angélisme. Le Coran, que le CRIF a choisi de ne jamais interpeller, malgré mes incitations répétées, est un texte violemment antijuif : nous sommes des singes et des porcs (Coran, 5:59-60), ou encore des singes abjects; nous tordons l’Ecriture, etc etc.. Pour toute personne croyant en un Coran « incréé » ce sont là des articles de foi appelés à être enseignés jour après jour dans un climat de mépris et de haine. Des témoignages de musulmans ayant quitté leur foi initiale le confirment.
Tout ce que nous reprochons aux salafistes et autres califes autoproclamés en matière d’intolérance, de violence, d’impérialisme, d’entreprises de génocide, et même de cruauté relève de prescriptions coraniques (par ex. : « Voici quelle sera la récompense de ceux qui combattent D. et Son apôtre, et qui emploient toute leur force à commettre des désordres sur la terre : vous les mettrez à mort ou vous leur ferez subir le supplice de la croix ; vous leur couperez les mains et les pieds alternés. 5 :33.   Vous couperez les mains des voleurs, homme ou femme, en punition de leur crime. C’est la peine que D. a établie contre eux ; Il est puissant et sage. 5 :38″).
Le silence prolongé de la majorité des institutions et communautés musulmanes face aux exactions de l’état islamique en Irak en est la preuve : un musulman, même simple pratiquant, même adepte d’une observance attiédie, ne peut en aucun cas s’élever contre les prescriptions coraniques. La récente déclaration du recteur Boubakeur en faveur des minorités d’Orient mérite une lecture attentive : monsieur le recteur déclare acquis le droit des trois religions à rester implantées en Orient – il oublie un peu vite le sort réservé aux juifs de ces pays !
Il oublie aussi de parler de la dhimmitude. Il ne fait aucune référence au Coran en parlant des chrétiens et du christianisme ; or le Coran fait des chrétiens des blasphémateurs, ce qui est une faute gravissime dans l’islam. Et il oublie que le Coran dénie au christianisme sa légitimité théologique...
Si on m’avait écouté, au lieu de rejeter systématiquement mes messages d’alerte adressés à la newsletter, nous aurions centré notre action sur les messages violents du Coran (et sur la charte du Hamas), en cherchant inlassablement à  en faire connaître les dangers.
Dès lors il n’y eut plus eu, dans notre pays, un seul journaliste, un seul homme politique, un seul citoyen ignorant cette violence. Face à la diffusion des versets dits « terribles » du Coran, les institutions musulmanes eussent été contraintes de se situer. Plus personne ne méconnaîtrait celles d’entre elles que leur adhésion à la violence rend « insolubles dans la république ». Cela aurait alerté l’opinion de façon positive et facilité la tâche des pouvoirs publics. Aurions-nous alors connu les crimes et les manifestations antisémites de masse auxquelles nous avons été et nous serons confrontés? Je ne le pense pas.
Hélas nous avons choisi le silence et la passivité pour privilégier quelques réactions immédiates et la gestion de nos relations avec les institutions de la république.
Nous n’avons récolté ainsi que d’inefficaces paroles d’indignation. Nous avons tendu la main et reçu en échange le malheur et l’impuissance. Lors de notre dernière conférence téléphonique, tu m’as dit, mon cher président [Roger Cukierman], que j’avais mille fois raison, mais que tu n’entreprendrais pas ce combat. La main du Seigneur est-elle trop courte pour sauver ?(Is. 50:2). Non bien sûr. Mais la main du CRIF ?
Bientôt le CRIF n’aura plus qu’une seule raison d’être : faciliter l’exil des juifs français; ils n’auront en effet plus besoin d’une représentation politique: ce sera trop tard. Ils auront besoin de bonnes agences de voyage et d’efficaces agences immobilières. Ce n’est pas ma conception de la défense des juifs et des valeurs du judaïsme.
Je ne veux pas continuer à être complice de cette absence déterminée de courage et de clairvoyance, indigne de nos pères fondateurs".
Sur Radio J, ce professeur a déclaré à Michel Zerbib le 7 octobre 2014 : alors président du CRIF, "Roger Cukierman m'a dit : "Je ne me battrai pas contre 1,3 milliard de musulmans"... Il faut se placer sur le plan de la vérité... Il se trouve que l'islam a pour fondement le Coran... qui est un texte extrêmement violent à l'égard des Juifs, de tous ceux qui ne sont pas musulmans, de nos frères chrétiens... Les tenants du Coran incréé sont obligatoirement en état d'acceptation des "versets terribles" comme des articles de foi. Pour l'immensité des musulmans, la haine des Juifs est une prescription de Dieu... On ne peut amorcer ces relations que devant le Coran, en demandant à nos interlocuteurs : quelle est votre position face à ces versets terribles ? On peut dire "Avec vous, on peut avoir des relations" ou "Si vous ne changez pas votre attitude face au texte, nous ne pouvons pas en avoir". Et de conclure : "Le CRIF comme les pouvoirs publics commettent une erreur majeure... L'islam est une religion de paix envers les autres musulmans, mais c'est une religion de guerre envers ceux qui ne le sont pas".

Par ailleurs, le passé pro-palestinien de Manuel Valls et ses discours virulents contre l'Etat d'Israël que j'avais révélés dès 2012 dans mon article Le gouvernement Ayrault, c'est bien pour les Français Juifs ? Aucun média communautaire ne les a évoqués.

En outre, qui savait quoi et quand sur l'enlèvement et la séquestration d'Ilan Halimi en janvier-février 2006 parmi ces dirigeants communautaires ? C’est une question dérangeante, mais qui taraude.

Un jeune Français Juif est kidnappé, et le ministre de l’Intérieur, alors Nicolas Sarkozy, « ami » de la communauté française Juive, n’aurait pas téléphoné à au moins un des principaux dirigeants communautaires pour assurer qu’il suivait avec attention cette affaire dramatique, et que la Crim avait mis ses plus fins limiers sur les traces des kidnappeurs ?! En début d’enquête, afin de déterminer le profil du jeune homme kidnappé, les policiers de la Crim ont interrogé les amis d’Ilan Halimi, et aucun d’eux n’aurait interrogé des dirigeants du FSJU, employeur de Ruth Halimi ?! Cela semble d’autant plus improbable que Ruth Halimi recevait quotidiennement de très nombreux appels téléphoniques des kidnappeurs, et que la direction du FSJU lui a accordé un congé au début de la période de séquestration d'Ilan.

Ajoutons que vers janvier-février 2014, le Café des Psaumes, lié à l'OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants) a refusé que soient déposés les tracts et collée sur une vitrine du Café l'affiche de la Fraternité judéo-noire (FJN) invitant à se réunir lors de la cérémonie de recueillement à la mémoire d'Ilan Halimi. La raison ? Le refus d'une "affiliation politique" !?

Le 31 octobre 2014, JSSNews publiait l'article Sacha Reingewirtz, Président de l’UEJF, humilie les Juifs de France. Il révélait que l'UEJF (Union des étudiants Juifs de France) avait refuséfin septembre 2014, de rencontrer Naftali Bennett, ministre israélien de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi et chargé de la Diaspora, président du parti sioniste religieux Habayit Hayehudi (Foyer Juif), lors de sa récente visite à Paris. Naftali Bennett aurait souhaité rencontrer des représentants des étudiants français Juifs pour évoquer des problèmes cruciaux, tels les équivalences de diplômes ou l'antisémitisme sur des campus. Le motif de ce refus ? L'UEJF aurait considéré Naftali Bennett comme « trop extrémiste ». 

Une polémique s'est est suivie, non tarie par la communication défaillante de l'UEJF qui n'a pas répondu par un communiqué aux graves accusations de JSSNews. C'est sur Twitter que Sacha Reingewirtz, président de l'UEJF, a choisi de réagir le 31 octobre 2014 : à 17 h, il twittait : "Mon soutien à Israël est connu.Je ne me laisserai pas impressionner par ceux qui se prétendent plus sioniste en mode chasse aux sorcières !" 

Le 2 novembre 2014, JSSNew publiait l'article Boycott d’un ministre israélien par l’UEJF: les étudiants réclament la démission de Sacha Reingewirtz. Il rectifiait  - il s'agissait d'une conférence, et non d'une rencontre - et mettait en cause le bureau exécutif de l’UEJF. Et de résumer : "Les deux seules personnes à qui l’UEJF refuse de parler sont Marine Le Pen et Dieudonné M’Bala M’Bala".

Sacha Reingewirtz réagissait par trois voies. Le 5 novembre 2014, il signait l'article Etudiants Sionistes Juifs de France ! sur un blog du Times of Israel. Il y écrivait : "Le soutien à la démocratie israélienne est un combat de chaque instant pour les étudiants juifs de France". Il listait ensuite les combats de l'UEJF sur des campus universitaires contre les antisionistes, rappelait la présence de membres de l'UEJF en Israël lors de l'opération Bordure protectrice. Il concluait : "Nous rencontrons tout le monde en Israël, et surtout ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord. Je n’ai jamais refusé de voir un ministre israélien, et je rencontrerai les politiques de droite comme de gauche lors de mon prochain déplacement en Israël en décembre. Nous n’avons de leçon de sionisme à recevoir de personne". 

C'est au pure player Alliance.fr (5 novembre 2014) et à Actualité juive hebdo (6 novembre 2014), qui, souffre de problèmes de distribution et n'a pas jugé utile de publier son article sur son site Internet, que Sacha Reingewirtz, "choqué", "abasourdi" par la violence de la polémique, a réservé ses explications. Il leur a indiqué n'avoir pas été invité par l'ambassade d'Israël en France à le rencontrer avec d'autres dirigeants communautaires - une faute de cette ambassade problématique ou une mise en cause injustifiée de l'ambassade par l'UEJF ? - et il a ajouté : "Lorsqu'on nous a demandé de lui organiser une conférence, j'ai simplement répondu que nous ne pouvions pas le faire à ce moment-là. On reçoit des dizaines de demandes d'organisation de conférences et il s'avère que, selon le contexte et le timing, il n'est pas toujours possible de les accepter" et "l’UEJF n’est pas un prestataire de conférence". Et de conclure que l'UEJF rencontre des ministres israéliens de tous bords, et prochainement le député israélien Yoni Chetboun du même parti que Bennett, en France et en Israël. La rencontre de l'UEJF avec le président Abbas/Mazen ? Y "étaient présents tous les dirigeants des institutions juives dont le président du CRIF", répond Sacha Reingewirtz à Alliance.frQuand bien même tous les autres dirigeants communautaires français l'auraient rencontré - or, je n'ai pas trouvé dans les médias mention de représentants du Consistoire de France, de SIONA ou du BNVCA, lors de cette rencontre -, ce n'est pas une raison. Et Sacha Reingewirtz d'alerter sur le danger d'"une police de la pensée". Mais la cette "police de la pensée" existe déjà dans les médias et conférences de la communauté juive institutionnalisée, notamment dans ceux de l'UEJF : nul orateur ne parle de "territoires disputés", de la conférence de San Rémo en 1920, etc.

Las ! Le 9 novembre 2014, JSSNews persistait et signait dans l'article Les mensonges de Sacha Reingewirtz sont-ils nés de l’esprit du « gourou » de l’UEJF, Judith Cohen-Solal ?Et de citer un courriel de "la présidente de l’UEJF de l’Université Descartes (Salomé Choukroun) [expliquant] que la raison pour laquelle cette rencontre n’a pas été organisée, « c’est parce qu’il (ndlr/ Naftali Bennett) est d’extrême droite et que le message que porte son parti va à l’encontre des valeurs que portent l’UEJF. » L’organisation des étudiants amis d’Israël de HEC, elle, est partie à la rencontre de Naftali Bennett (et a accepté cette demande de rencontre organisée par l’Agence Juive sans réfléchir)".

Selon JSSNews, la quinquagénaire Judith Cohen-Solal, surnommée “le gourou”, joue depuis longtemps un rôle occulte, déterminant, dans le formatage des dirigeants de l'UEJF et leur alignement sur la ligne politique du parti travailliste et de La Paix Maintenant.

Le long silence des médias et organisations communautaires à propos de ce scandale, et du rôle de Judith Cohen-Solal surprend. Comme d'habitude, cette occultation n'a pas permis d'éviter une affaire qui laissera des traces. 

C'est d'autant plus grave que d'anciens présidents de l'UEJF occupent des postes stratégiques de la communauté française Juive institutionnalisée : Yonathan Arfivice-président du CRIFancien conseiller de Richard Prasquier lors de son second mandat à la présidence du CRIF et secrétaire général adjoint de l'OSE dès le mandat de Roger Fajnzylberg,  Raphaël Haddad, coordinateur de la convention du CRIF du 13 janvier 2013 qui, dans un premier temps, avait "oublié" de mentionner Philippe Karsenty dans le programme de la convention du CRIF Demain les Juifs de France du 20 novembre 2011, etc. Et certains ont des engagements politiques, tel Patrick Klugman, Conseiller socialiste de Paris.

Par ailleurs, et nous souhaiterions clore cette liste, certains entrepreneurs français Juifs sont généreux à l'égard de leurs coreligionnaires pauvres dans le cadre de la Tsedaka : ils offrent des centaines de places gratuites à leurs spectacles, etc. Or, des employés d'associations communautaires confisquent impunément ces places pour les distribuer à des dizaines et des dizaines de privilégiés qui ont l'heur de figurer dans leur parentèle et dans leur réseau amical.

Enfin, pourquoi n'existe-t-il aucune autre étude des médias français Juifs, hormis la mienne ? Pourtant, en juillet 2013, le Shalom Hartman Institute a rendu publics les résultats de son sondage auprès de journalistes Juifs de médias Juifs.

Des intellectuels et politiciens boycottés
De nombreux médias communautaires recourent à des personnalités pour des tribunes hebdomadaires. Les professeurs Shmuel Trigano et Raphaël Drai ainsi que Me Gilles-William Goldnadel, président de l'association France-Israël, lisent leurs billets sur Radio J. Sur Judaïques FM, Théo Klein, ancien président controversé du CRIF, Gérard Akoun et André Nahum commentent l'actualité politique ou communautaire, et Antoine Spire assure la critique de livres. L'équipe de billetistes de RCJ, radio du FSJU, a compris les journalistes Clément Weill-Raynal, qui a mis un terme à ses chroniques à la fin des années 2000, Luc Rosenzweig qui a lu sa dernière tribune en 2014, et Gil Taieb, vice-président du FSJU, qui continue d'éditorialiser. Actu J publie les tribunes des billettistes de Radio J, de journalistes de RCJ, et de dirigeants des principales institutions Juives françaises.

Mais pour un intellectuel français Juif, tenir une tribune dans un média Juif n'empêche pas d'être boycotté par d'autres médias communautaires. Quand la thématique de ses œuvres relève du judaïsme ou des Juifs, ce boycott pénalise le succès et l'audience des livres, la carrière des auteurs et de leurs attachés de presse. La blogosphère peut pallier partiellement ces boycotts, mais pour les seuls lecteurs/auditeurs Internautes.

Des œuvres majeures  d'auteurs d'envergure internationale - en 2010, L'Europe et le spectre du califat, par Bat Ye'or, L'exil au Maghreb. La condition juive sous l'islam 1148-1912, par David G. Littman et Paul B. Fenton - n'ont pas été chroniquées par des médias communautaires importants. Pour Bat Ye'or, à la censure du Quai d'Orsay, s'est donc ajoutée celle de médias français Juifs unis dans le "politiquement correct". Signes du déclin de l'influence de médias Juifs français ou des œillères, voire de l'incompétence de journalistes qui ont ignoré sciemment l'intérêt suscité par ces deux livres auprès du public : ces deux ouvrages et les conférences de leurs auteurs ont connu un succès public - nouveau tirage en 2011 et réédition en 2012 de L'exil au Maghreb. La condition juive sous l'islam 1148-1912 par les PUPS - grâce à la blogosphère, espace d'information qui a suppléé les carences de médias communautaires français.

Ainsi des auteurs Juifs célèbres, français ou non, universitaires - Raphaël Israéli qui a forgé le vocable "islamikaze" - ou non, ainsi que des politiciens israéliens - Moshé Feiglin de Manhigut Yehudit (The Jewish Leadership Movement) - ne sont (quasiment) pas interviewés par certains médias Juifs français. 

Le 30 septembre 2014, lors d'une réunion publique à la Mairie du XVIIe arrondissement de Paris sur l'antisémitisme en France, Sammy Ghozlan, président du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), a déclaré n'être jamais invité sur RCJ car on le trouve "alarmiste".

Et le réalisateur Jean-Pierre Lledo constate que ses articles ne sont plus publiés depuis plusieurs mois par la newsletter du CRIF.

Les raisons de ces ostracismes ? Antagonismes personnels ou inconscience de l'importance de ces livres et de ces auteurs ? Rarement. La raison réside souvent dans les idées exprimées par ces personnalités bannies. Des idées distinctes du "communautairement correct" qui occulte ou minore la dhimmitude, évoque peu ou pas l'exode d'environ un million de Juifs des pays arabes, de Turquie et d'Iran, vante un "dialogue judéo-musulman" au contenu imprécis, déplore les victimes d'une Shoah "islamiquement correcte", nomme la Judée et la Samarie des "territoires palestiniens", etc.

Plagiats et contrefaçons
Est-ce un hasard si les scandales des plagiats du grand rabbin Bernheim n'ont été ni révélés ni analysés par des médias communautaires ayant hâte de "tourner la page" ?

Manque de temps ou de moyens financiers et humains ? Mauvaises habitudes ? Abondance d'informations sur Internet ? Inconscience ou partialité délibérée ? De nombreux  journalistes, de médias Juifs et non Juifs, lisent ou reproduisent des dépêches d'agences de presse. Mais les médias Juifs le mentionnent rarement, et souvent ne  rectifient pas la terminologie biaisée ("colonies", "occupation") de  ces dépêches. Ce qui suscite l'ire de lecteurs/auditeurs et participe de la campagne de délégitimation d'Israël.  

Ignorance du droit d'auteur ? Pas vu, par pris ? Dédain à l'égard des journalistes et photographes ? Paresse, incompétence, malhonnêteté, cynisme ou amoralité de dirigeants et journalistes ? Sentiment d'impunité né du faible risque de poursuites judiciaires et des montants dérisoires alloués par la justice aux auteurs victimes de contrefaçons ou de plagiats ? Facilité des Copier/Coller sur Internet ? Manque lamentable de professionnalisme ? Adossés ou non à des organisations françaises Juives, nombre de magazines reproduisent articles et photographies sans l'autorisation de leur auteur, sans les créditer et sans les rémunérer. Sans aucune autorisation, certains publient des articles sciemment sur deux pages, au lieu d'une page, afin d'insérer deux encarts publicitaires. 

Ce qui certes valorise ces périodiques sans bourse délier, augmente leurs bénéfices, mais n'est ni respectueux ni conforme au droit et à ces auteurs. Et ce qui occasionne de rares condamnations judiciaires, non dissuasives en raison des faibles montants d'indemnisation,  et non mentionnées aux lecteurs de ces médias ou aux membres et donateurs de ces institutions françaises Juives. 

Comme les magistrats réduisent à une peau de chagrin le droit de la propriété littéraire et artistique, ils condamnent sévèrement le journaliste/photographe qui a l'impudence de défendre ses droits d'auteur. Un journaliste/photographe a rencontré un des dirigeants communautaires les plus importants afin de solliciter qu'il intervienne en faveur d'un règlement transactionnel, c'est-à-dire amiable, dans des procédures judiciaires l'opposant à une organisation française Juive incontournable. Il lui a transmis trois décisions judiciaires : l'une condamnant cette importante organisation communautaire pour violation du droit du travail et reproduction sans autorisation de plusieurs de ses photographies, et les deux autres le condamnant pour avoir revendiqué ses droits d'auteur non reconnus par les magistrats contre cette même organisation française Juive "serial plagieuse", faisant appel aux donateurs, et recourant aux services onéreux - environ 60 000 € dépensés en quatre procédures judiciaires - d'une avocate d'un des principaux cabinets internationaux dont les bureaux se trouvent au Qatar, aux Emirats arabes unis, etc. Quelle ne fut pas sa stupéfaction d'entendre ce dirigeant communautaire lui dénier la qualité de victime : "Mais c'est vous qui avez lancé les procédures judiciaires ! Et vous avez été condamné. Vous n'êtes pas la victime". Si, au début de l'affaire Dreyfus, la famille du capitaine Dreyfus avait rencontré ce dirigeant communautaire, celui-ci aurait-il refusé de le défendre en raison d'une condamnation ? Un jugement n'est qu'une "vérité judiciaire". Ce journaliste a dit à ce dirigeant combien il était choqué par sa désignation erronée de la victime et lui a rappelé que, jusqu'à l'audience de plaidoirie, les parties au procès peuvent choisir le règlement transactionnel.

Certains dirigeants communautaires utilisent les œuvres de photographes dans des appels aux donateurs - ce qui contribue à augmenter considérablement le volume des dons -, voire à des fins privées, sans autorisation de leur auteur, sans rémunérer, sans créditer. Des plagiats systématiques qui révèlent une faiblesse morale, un dépassement de la frontière entre le Bien et le Mal, entre la légalité et l'illégalité d'autant plus graves qu'ils émanent de ceux devant donner l'exemple et se  prévalant de valeurs. 

Ces serial plagiaires s'avèrent un des maux de cette communauté.

L'affaire al-Dura
L’affaire al-Dura a opéré un clivage entre ces médias - du silence à de rares articles prudents -, et une unanimité pour ne présenter aucune analyse des implications de cette affaire.

Est-ce un hasard si la quasi-totalité des analyses sur cette grave affaire ont été et sont publiés dans des médias non communautaires : Metula News Agency, Guysen, Causeur, etc. Je remercie Guy Senbel, directeur-fondateur de Guysen, agence de presse israélienne, pour m'avoir laissé libre de couvrir cette affaire, les procès principaux, et ceux annexes, et avoir publié mes analyses  éclairant notamment sur les enjeux de cette affaire. De même, le 21 novembre 2007, alors correspondante à Paris de Guysen, j'ai été la seule à interroger, sous les applaudissements de spectateurs,  David Martinon, alors porte-parole du Président Nicolas Sarkozy, sur cette affaire lors de la réunion publique organisée par le CRIF. Parmi le public de cette réunion : des dirigeants communautaires, des Juifs lambda et des journalistes. Nombre d'entre eux m'ont félicitée à l'issue de la réunion. Mais si je n'avais pas interpelé David Martinon, ce qui a conduit Richard Prasquier, alors président du CRIF, à souligner la gravité de ces images, qui l'aurait fait ?

L'Arche a consacré à cette affaire un long article au début puis à la fin des années 2000, et une enquête de Luc Rosenzweig, journaliste ayant mené des investigations pendant plusieurs années pour la Metula News Agency, dans son numéro de l'été 2013.

Actu J a couvert les principaux rebondissements de cette affaire en étant divisée. Le 18 novembre 2004, après la conférence de presse au siège de France Télévisions, la journaliste de cet hebdomadaire est restée silencieuse alors que j'interpelais Arlette Chabot, alors directrice de l'information de France 2, sur l'absence de sang sur les vêtements de Jamal al-Dura supposé avoir été blessé par balles, etc.  Pour Michaël Blum, un de ses correspondants en Israël, "il n’y a pas eu de mise en scène d’Enderlin et les soldats de Tsahal n’ont pas tué Mohamed Al Dura". 

Or, Clément Weill-Raynal, chroniqueur judiciaire de cet hebdomadaire, a enquêté sur les blessures de Jamal al-Dura, a interviewé le Dr Yehuda David  et a exprimé des doutes sur l'authenticité des faits allégués par ce reportage controversé. Actu J représenté par Serge Benattar, directeur de la publication, Clément Weill-Raynal, et le Dr Yehuda David ont été assignés en justice par Jamal al-Dura pour diffamation. « J’aurais aimé continuer [d’enquêter]. Les poursuites judiciaires ont fait qu’il y a moins d’article sur cette affaire dans Actualité juive. C’est peut-être le but recherché… », a déploré Clément Weill-Raynal devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris, 8 février 2011. Ce Tribunal les a condamnés tous deux pour diffamation.

 Le 15 février 2012, l'arrêt de la Cour d'appel de Paris a relaxé le Dr Yehuada David et a condamné le journaliste Clément Weill-Raynal, pour les phrases incriminées dans sa réponse au droit de réponse de Charles Enderlin, à 1 000 euros d'amende avec sursis, 1 000 euros de dommages-intérêts et 6 000 euros de frais de justice. Un texte que Clément Weill-Raynal a confié lors des audiences judiciaires avoir rédigé, malgré ses réticences, à la demande de Serge Benattar, directeur de l'hebdomadaire. Serge Benattar "avait fait appel de la première condamnation mais en février 2012, les juges de la Cour d'appel, n'avaient pu que constater l'arrêt de poursuites à son encontre en raison de son décès", explique Clément Weill-Raynal en 2013.

Actualité juive hebdo a alors titré en encadré en bas de sa couverture de son n° 1199 (23 février 2012) sur la « victoire posthume de Serge Benattar », directeur de la publication et fondateur du journal. La quasi-totalité de la page 26 de ce numéro est consacrée à l’affaire al-Dura : « Le Dr Yehuda David gagne son procès en appel et Serge Benattar (zal) est mis hors de cause » et « Victoire posthume de Serge Benattar », ce titre-ci étant surmonté par « Reconnaissance ». Or, le décès de Serge Benattar en 2011 a induit la fin des poursuites contre ce journal qui n'était donc plus partie à ce procès en appel. En outre, la condamnation de son chroniqueur judiciaire, c'est la "victoire posthume de Serge Benattar » ?! Une condamnation sévère de Clément Weill-Raynal occultée par ces articles...

En septembre 2013, la Cour de cassation "casse sans renvoi" cet arrêt de la Cour d'appel de Paris : elle relaxe Clément Weill-Raynal ainsi que le Dr Yehuda David et déboute Jamal al-Dura de ses demandes. Que fait Actu J ? Bis repetita, cet hebdomadaire titre en couverture de son n°1269 (17 septembre 2013) : "Affaire al-Dura : la victoire posthume mais éclatante de Serge Benattar", et consacre trois articles sur une page à cet arrêt de la Cour de cassation. L'un de ces articles claironne Clément Weill-Raynal et "Actualité Juive" gagnent définitivement le procès intenté par Jamal al-Dura". Bref, que Clément Weill-Raynal soit condamné ou relaxé, qu' Actu J soit ou non partie au procès, ce journal gagne toujours le procès. Comprenne qui pourra...

Incompréhension de l'enjeu juridique du procès contre Philippe Karsenty devant la Cour d'appel de Paris en 2013 ? Actu J a titré à tort "La cour d'appel rejette la thèse de la mise en scène dans l'affaire Al Dura" (n°1261, 4 juillet 2013). Or, la Cour d'appel a jugé diffamatoires des expressions utilisées par Philippe Karsenty en 2004, sans se prononcer sur l'authenticité  ou la mise en scène des faits relatés dans ce reportage. Dans son n° 1262 (11 juillet 2013), Actu J a publié une lettre de Philippe Karsenty précisant que "la cour d'appel n'a nullement rejeté ma démonstration de la mise en scène. Elle m'a condamné pour des raisons techniques".

Radio J a couvert l'affaire dès l’origine en partageant les doutes sur l'authenticité des faits allégués par ce reportage controversé de Charles Enderlin et de Talal Abu Rahma diffusé par France 2 le 30 septembre 2000. Dès le début des années 2000, Michel Zerbib, rédacteur en chef de la station, a donné la parole à Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l'agence de presse israélienne Metula News Agency (ou Mena) ayant interviewé le physicien Nahum Shahaf, mené l'enquête et affirmé les premiers la mise en scène des images filmées. Le 16 novembre 2004, Michel Zerbib a aussi interrogé Arlette Chabot à une époque où filtraient des informations sur le visionnage des rushes du 30 septembre 2000 par les journalistes Luc Rosenzweig, Denis Jeambar et Daniel Leconte. France 2 a alors associé une stratégie de communication - interviews et conférence de presse de la seule Arlette Chabot auprès de médias Juifs français - à une tactique judiciaire en assignant, au côté de Charles Enderlin, pour diffamation Charles Gouz, webmaster de Desinfos.com, Pierre Lurçat et Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings.

Puis, vers 2005-2006, Radio J a questionné Philippe Karsenty, poursuivi en justice  jusqu'à ce que ce dernier exprime son indignation que Radio J ait invité à son diner de collecte de fonds Me Francis Szpiner, avocat devant la Cour d'appel de Paris de France 2 et de Charles Enderlin, et alors défenseur de la famille d'Ilan Halimi

Le 26 octobre 2006, Pierre Lurçat, auteur sous le nom de Paul Landaua remercié Guysen pour s'être déplacé - seul média à l'avoir fait - à l'audience judiciaire le visant devant le Tribunal correctionnel de Paris, contrairement aux "journalistes des "radios juives " parisiennes qui sont restés au chaud dans leurs bureaux". Ceux d'autres médias Juifs n'étaient pas là non plus... 
Les autres radios ont hésité, voire souvent évité d’interviewer ceux qui ont douté de l’authenticité de ce reportage. Lors de la conférence de presse du 18 novembre 2004 organisée par Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, au siège parisien de France Télévisions, le directeur de la rédaction d'une de ces radios Juives a assuré Arlette Chabot que, s'il recevait les articles de la Mena,  il se gardait bien de les lire et ne croyait pas en la thèse de la mise en scène.

Voici quelques années, lors d'une conférence de presse au CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), j'ai interpelé cet organisme chargé d'"assurer le respect des obligations des chaines" notamment dans le domaine de l'"honnêteté de l'information". Le président, alors Michel Boyon, s'est réjoui des félicitations de Richard Prasquier, alors président du CRIF, sur son action, et Rachid Arhab, alors co-président du groupe de travail "Déontologie des contenus audiovisuels" du CSA, a refusé toute intervention du CSA auprès de France Télévisions au vain prétexte de la procédure judiciaire en cours. Plusieurs mois plus tard, Rachid Arhab était interviewé lors d'une émission matinale de Judaïques FM, sans que son intervieweur, un dirigeant communautaire, ne l'interroge sur l'affaire al-Dura !

Directeur d’antenne de RCJ, le journaliste-écrivain Shlomo Malka a interviewé, le 14 février 2012, Simon Epstein, auteur du livre « 1930, une année dans l’histoire du peuple juif ». Cet historien a alors déclaré sur l’affaire al-DuraLa réalité est qu’on ne peut pas savoir qui a tiré car les balles venaient de tous les côtés. Donc on ne peut pas affirmer que ce sont les Israéliens. Pas plus qu’on ne peut affirmer que ce sont les Palestiniens. La faute d’Enderlin a été de faire confiance à son représentant cameraman palestinien [Nda : Talal Abu Rahma] qui bien évidemment, de manière tout à fait naturelle, tout à fait humaine, a dit que c’est les Israéliens. Au début de l’Intifada il ne pouvait pas dire que ce sont peut-être les Palestiniens qui l’ont tué ». Curieusement, Shlomo Malka, dont les réparties généralement fusent, ne s’est pas indigné de cette justification au manquement à une obligation journalistique essentielle.
  
Lors de la convention du CRIF du 13 janvier 2013, Philippe Karsenty, maire-adjoint de Neuilly, a notamment indiqué que la seule radio de la fréquence Juive francilienne à l'avoir interviewé sur l'affaire al-Dura est Radio J.

Aucun journaliste de ces médias communautaires n'a assisté à l'audience du 16 janvier 2013 devant la Cour d'appel de Paris dans la procédure pour diffamation intentée par Charles Enderlin et France 2 contre M. Karsenty.


Halléluia ! La publication le 19 mai 2013 du rapport du gouvernement israélien sur l'incident al-Dura et l'affirmation par ce rapport d'une mise en scène des faits allégués marquent un tournant majeur.

Comme l'a relevé le journaliste Méir Ben-Hayoun, RCJ a annoncé ce rapport par... une dépêche de l'AFP.


Dès le 20 mai 2013, Shlomo Malka a interviewé Philippe Karsenty lors du journal de RCJ à 12 h 30. RCJ l'a présenté à tort comme "avocat".

Correspondante aux Etats-Unis de RCJ, la journaliste et écrivain Clémence Boulouque écrit un article sur l'antisémitisme en France et publié par le magazine américain Tablet le 23 mai 2013... sans évoquer l'affaire al-Dura. Par ignorance de la nouvelle ligne de RCJ ? Par oubli ?

Le 11 juin 2013, sur Radio Shalom, Bernard Abouaf a enfin interviewé Philippe Karsenty afin que celui-ci réponde à la question d'un auditeur posée la veille. 


Le n°1261 (4 juillet 2013) d'Actualité Juive a publié un article sur la rencontre peu avant l'assemblée générale du CRIF du 30 juin 2013, de Roger Cukierman, élu le 26 mai 2013 avec la presse juive. Auteur de cet article, Pierre Assouline ne mentionne pas cette affaire. Pourquoi ? Roger Cukierman aurait-il éludé ce sujet ? Ou aucun représentant de la presse juive n'aurait questionné le président du CRIF sur cette affaire ? Or, Roger Cukierman avait en 2008 exprimé, notamment dans son autobiographie Ni fiers ni dominateurs et lors d'une interview qu'il m'avait accordée pour L'Arche, le regret de pas s'être "assez battu dans l'affaire al-Dura" lors de ses mandats et avait déclaré : "Il est essentiel que la vérité soit établie". 
Le 7 juillet 2013, lors de Dis-moi qui tu cites, je te dirai qui tu es, émission de l'Alliance israélite universelle (AIU), Ilana Cicurel a interviewé Olivier Schrameck, président du CSA, sur l'objectif de cet organisme public et les enjeux affrontés, sans l'interroger sur l'affaire al-Dura. Alors que Philippe Karsenty venait d'être condamné  par la Cour d'appel de Paris le 26 juin 2013, n'était-ce pourtant pas le moment pour Ilana Cicurel de questionner le président du CSA sur ces images aux conséquences tragiques ?

Comment expliquer l'attitude de la majorité des médias communautaires ? Oublis ? Désintérêt ? Malaise ? Extrême tact, courtoisie exquise, formation universitaire ou trait de caractère conduisant à éviter des questions délicates ? Indifférence ? Naïveté à l'égard de scènes qu'on ne pourrait suspecter de mise en scène ? Incompétence ? Ignorance de l'instrumentalisation des images lors d'une guerre médiatique ? Freins intellectuels à admettre Pallywood, industrie de la propagande audiovisuelle de l'Autorité palestinienne ? Illusion vaine qu'en occultant l'affaire al-Dura on obtiendra des résultats positifs dans d'autres domaines ? Pusillanimité ou fascination inhibante à l'égard des puissants, de membres de l'establishment, que l'on convie sans embarrasser et dont la présence ou fréquentation cajole la vanité ou/et l'ego : communauté Juive française institutionnalisée, France 2, CSA, ministre de la Culture et de la Communication, etc. ? Conformisme, "légalisme" ou suivisme à l'égard de la position officielle, communautaire française ou/et israélienne ? Conscience des graves implications de l'affaire al-Dura : mise en cause du narratif palestinien, inaction ou actions par intermittences de dirigeants communautaires, "partenaires pour la paix" producteurs de blood libels (accusations diffamatoires et infondées selon lesquelles les Juifs tueraient des enfants non juifs pour utiliser leur sang à des fins rituelles), mouvements "pacifiques" se fourvoyant, etc. ? Craintes d'entraver le "dialogue judéo-musulman" en révélant la Taqiyya et les règles de la guerre islamique ? Réticences à présenter un mea culpa pour n'avoir pas informé conformément à la déontologie journalistique les lecteurs/auditeurs sur cette affaire depuis une dizaine d'années ? Volonté de journalistes tentés de ne pas enfreindre le "médiatiquement correct", de ne pas se voir qualifiés de "complotistes" et de ne pas s'aliéner des employeurs, actuels ou potentiels ?

Résultats ? Ces médias accentuent leur déphasage par rapport aux Juifs lambda. Par rapport à ceux qui luttent pour faire émerger la vérité sur ce reportage sont marginalisés, et qui apparaissent dénués de tout soutien médiatique communautaire. Et l'affaire al-Dura semble ainsi minorée, sans intérêt.

Le 22 septembre 2013, j'ai interrogé le CSA afin de connaitre "l'avis du président Olivier Schrameck, ainsi que de Nicolas About et Mémona Hintermann-Afféjee, respectivement président et vice-présidente du Groupe de travail Déontologie de l'information et des programmes audiovisuels, sur le reportage de Charles Enderlin et Talal Abu Rahma, diffusé par France 2 le 30 septembre 2000, et alléguant la mort de Mohamed al-Dura et les blessures de Jamal al-Dura, et savoir "si ces trois membres du CSA envisagent des actions afin de faire émerger la réalité sur les faits allégués, et notamment par la réunion du « groupe de travail d'experts indépendants » constitué en 2008 avec l'accord de France 2".

Médias communautaires et conflits d'intérêts
Articles sur des évènements écrits par leurs organisateurs et publiés sans informer les lecteurs de la qualité de leur auteur, liens familiaux entre intervieweurs et interviewés non indiqués aux auditeurs... Les conflits d'intérêts s'avèrent protéiformes dans ces médias.

Le 21 septembre 2012, lors du journal de 12 h 30, RCJ a évoqué l'inauguration du Mémorial de la Shoah près de l'ancien camp de transit et d'internement de Juifs à Drancy. Son envoyée sur place était Rachel Rimmer, responsable de la Communication de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS) qui a financé ce Mémorial. Rachel Rimmer a alors annoncé la présence à ses côtés de... Philippe  Allouche, directeur de la FMS qui a été interviewé par le journaliste responsable de l'édition de la mi-journée de RCJ sans que soit posée la moindre question sur des éléments faisant débat : absence de "prise en charge" par l'Etat, devenir du Centre dans une ère où le devoir de mémoire est perçu de manière moins aigu, etc. Rachel Rimmer prépare aussi Mémoires Vives, émission dominicale de la FMS sur... RCJ. L'auditeur aurait été intéressé de connaitre les fonctions variées exercées par Rachel Rimmer et comment elle a alors concilié, simultanément, le journalisme et la communication.


Correspondante en Israël d'Actu J, Caroll Azoulay curieusement allègue sur ses profils Lindekin et Yatedo avoir cessé de collaborer à Actualité juive depuis 2010, et présente comme ses deux seules activités actuelles : rédactrice en chef du Petitjournal.com/TelAviv et directrice de l'agence de communication French Projection.  


Dans son n°1261 (4 juillet 2013), Actu J publie, dans la rubrique Immobilier et sur une demi-page, l'article Berggruen Residential : le nec plus ultra jamais encore construit en Israël. Signé par Caroll Azoulay, cet article vante un projet immobilier "exceptionnel" luxueux à Tel-Aviv. Emplacement, superficie et prix de vente du penthouse, piscines, espaces verts... Rien ne manque pour les acheteurs potentiels, excusez-moi, pour les lecteurs. On a l'impression de lire un publi-reportage ou du rédactionnel (publicité payée par l'annonceur et présentée comme un article), mais qui ne serait pas indiqué comme tel aux lecteurs. Si ce projet est quasi-historique, pourquoi Caroll Azoulay ne lui a-t-elle pas consacré un article dans le Petitjournal.com/TelAviv qu'elle dirige ? Qui a écrit l'article publié par Actu J : la correspondante d'Actu J ou la directrice de French Projection, agence israélienne de communication qui "donne accès au monde francophone", assure les "relations presse (francophone, israélienne, anglophone, russophone"), etc. ? Une lecture plus attentive de l'édition à Tel Aviv du Petitjournal.com montre qu'il ne s'agit pas d'un journal : "Le contenu et l'activité commerciale de l’édition Tel Aviv sont gérés par la société de droit israélien French Projection". Les articles de Caroll Azoulay pour Actu J relèvent-ils de la même logique ? Et avec l'accord de cet hebdomadaire ? Au vu de ces articles problématiques, ces questions se posent.


Dans son n°1268 du 12 septembre 2013, Actu J a publié l’article La Chambre de Commerce Israël-France ouvre à Jérusalem, signé par… Caroll Azoulay, devenue depuis juillet 2013 coordinatrice de la Chambre de commerce Israël-France à Jérusalem. Le monde est vraiment petit… Après avoir annoncé le « développement du desk Jérusalem [de la CCIIF]avec pour objectif d'apporter aux entreprises un maximum de services (juridiques, fiscaux, études de marché, emploi, etc.) », mais sans indiquer sa fonction, et après avoir donné la parole à Daniel Rouach, président de la CCIIF, donc son patron, enfin, l'un de ses patrons, Caroll Azoulay conclut : « Affaire à suivre… » Par Caroll Azoulay ? La journaliste ? La coordinatrice de la Chambre de commerce Israël-France à Jérusalem ? Ou la codirigeante de l’agence de relations publiques French Projection ?

Dans son n°1273 du 24 octobre 2013, Actu J a publié une interview d'Edouard Cukierman - une pleine page - sur la 11e édition de Go4 Europe organisée par la banque d'affaires Cukierman Investment House et Catalyst Ltd Fonds. Un "évènement désormais incontournable dans le monde des affaires créé par un brillant homme d'affaires franco-israélien". Un article signé par… Caroll Azoulay, qui oublie cependant de signaler qu'Edouard Cukierman est aussi membre du Board de la CCIIF, et que celle-ci est l'un des partenaires de Go4 Europe. Quand on vous disait que le monde était petit...


En 2014, l'ours de cet hebdomadaire liste Caroll Azoulay comme contact en Israël pour les publicités dans sa version imprimée et sur son site Internet. Eclairant.

Médias communautaires et politique
Début 2009, Christine Boutin, alors ministre du Logement, a convié des journalistes de médias communautaires pour une réunion à son ministère. En cette veille de fête juive, une demi-douzaine de journalistes de ces médias, dont moi, participaient à cette réunion. Alors que mes confrères babillaient, j'ai alerté sur ces défilés d'une "rue arabe" pro-palestinienne haineuse lors de l'Opération Plomb Durci (décembre 2008-janvier 2009), sur la tolérance de slogans et de banderoles antisémites ou d'organisations terroristes, sur le danger pour la république française de ces manifestations, etc. Un de ces journalistes a minoré l'antisémitisme en France au  motif que son fils scolarisé dans un établissement prestigieux parisien n'a jamais été victime d'acte antisémite. "Evidemment, c'est un célèbre lycée d'un quartier bourgeois !", ont entonné en chœur ces journalistes. J'ai rappelé alors l'agression antisémite, en toute impunité, contre un élève français Juif commise par deux élèves musulmans de ce même célèbre lycée. Christine Boutin a écouté avec intérêt ces propos. Quelle image aurait-elle eu de la situation des Français Juifs sans mes interventions ?

En 2012, Actu J et Tribune Juive ont obtenu les interviews des candidats Nicolas Sarkozy (UMP) et François Hollande (PS). Dans l'hebdomadaire, Nicolas Sarkozy a affirmé le caractère Juif de l'Etat d'Israël, alors qu'il l'avait contesté lors d'une précédente interview sur la fréquence Juive francilienne. Tribune juive a recueilli l'opinion des candidats, notamment sur leur vision de la diplomatie française à l'égard du conflit. Les deux candidats ont affirmé qu'ils se rendront en Israël en cas de victoire. "Ce voyage fera partie de mes projets", a indiqué François Hollande, "opposé au boycott des produits israéliens, qui est illégal et qui ne sert pas la cause de la paix", et  favorable à la solution à "deux Etats voisins et souverains, dont chacun respecte la légitimité de l'autre. "Nous devrons être d'une très grande fermeté à l'égard de l'Iran, dont le programme nucléaire représente un danger vital pour Israël et pour la paix du monde". Nicolas Sarkozy était plus précis : "Dès le lendemain de ma réélection, si tel est le choix des Français, j'irai en Israël et je prendrai une initiative en faveur de la paix au Proche-Orient." Une interview relayée par l'AFP, et de nombreux médias, nous a précisé Sylvie Bensaid, le 26 octobre 2014, sur Facebook. 

Fin juin 2012, Serge Hajdenberg, président de Radio J, a lu sur Radio J une tribune critiquant de manière virulente Richard Prasquier, président du CRIF , l'accusant de s'être prononcé pour un des deux candidats à l'élection présidentielle, et s'achevant par "Dégage !" Le 30 juin 2012, Richard Prasquier niait tout soutien à un candidat et qualifiait Serge Hajdenberg d'"individu isolé qui utilise sa radio pour exhaler ses haines et ses frustrations". Lors de l'assemblée générale du CRIF du 1er juillet 2012, un vote de confiance à son président et à son bureau exécutif a recueilli 98% des suffrages exprimés à main levée. Le 5 juillet 2012, sur Radio J, Serge Hajdenberg a relaté le déroulement de ce vote, et a réitéré ses questions, notamment pourquoi l'absence de convocation d'assemblée générale (AG) extraordinaire après la tuerie antisémite à Toulouse ? Il a conclu en espérant une réflexion sur le travail en profondeur à entamer concernant la communauté française Juive, dont la future direction du CRIF, et l'espoir que les candidats à la présidence du CRIF présente rapidement leurs programmes afin qu'ils soient critiqués. Le 9 juillet 2012, lors de sa chronique hebdomadaire sur Judaïques FM, Roger Cukierman a stigmatisé l'absence de courtoisie du directeur de Radio J ainsi que les "attaques vulgaires" et autres "invectives". Le 11 juillet 2012, la polémique rebondit avec l'interview de Serge Hajdenberg par Guy Rozanowicz. Serge Hajdenberg maintient ses dires - "conflits personnels [Nda : de Richard Prasquier] avec des responsables communautaires : Sammy Ghozlan, SIONA", "les AG du CRIF ne servent à rien sinon à approuver les comptes", "haine [Nda : de Richard Prasquier] pour des médias Juifs" car il aurait "peur de la critique" -, et leur forme. Et affirme avoir le soutien d'autres dirigeants communautaires.

En 2012, se présentaient aux élections législatives françaises dans la 8e circonscription des Français de l’étranger incluant l'Etat d'Israël, en particulier Daphna Poznanski, candidate socialiste, Valérie Hoffenberg, candidate UMP, Philippe Karsenty et Gil Taïeb, vice-président du FSJU.


En 2012, Caroll Azoulay, correspondante en Israël d'Actu J,  a été la "conseillère en communication et en presse" (Communication and press advisor), au sein de French Projection, société de communication qu'elle co-dirige, de Valérie Hoffenberg. Ce qui révèle un conflit d'intérêt grave.

Dans son n° 1212 (31 mai 2012), Actu J a publié des interviews des dix candidats : les interviews de Daphna Poznanski et de Valérie Hoffenberg, ainsi que les portraits de quatre autres candidats, n'étaient pas signés.

Curieusement, Philippe Karsenty n'a été interviewé par aucune des quatre radios Juives franciliennes. Quand Bernard Abouaf, directeur de la rédaction de Radio Shalom, a interviewé "l'ensemble des candidats les plus crédibles, qui ont une chance d'accéder à cette élection" dans cette circonscription, il a omis Philippe Karsenty : il a interviewé Valérie Hoffenberg (UMP) le 30 mai 2012 (environ 15 minutes) et Gil Taieb, loué par le socialiste Jack Lang, le 31 mai 2012 (environ 11 minutes) - deux personnalités souvent invitées par cette radio. Bernard Abouaf a alors annoncé qu'il allait interviewer la candidate socialiste le 1er juin 2012 Daphna Poznansky - celle-ci sera interviewée le 5 juin 2012 sur Radio Shalom. Soit quelques jours avant le premier tour de scrutin du 3 juin 2012. Philippe Karsenty est arrivé en tête des votes en Israël en y incluant Jérusalem non pris en compte par le ministère des Affaires étrangères, suivi par Gil Taieb, Daphna Poznansky puis Valérie Hoffenberg. 


Force est de constater que tous les autres candidats n’ont pas pu s’exprimer sur RCJ avec un temps de parole similaire à celui de Gil Taïeb, titulaire d'une chronique hebdomadaire dominicale sur cette radio du FSJU sur la fréquence Juive francilienne.


Le 25 mai 2012, RCJ a publié la dépêche AFP intitulée Israël : Campagne passionnelle chez les Français de l’étranger et illustrée par une photo de…Gil Taïeb lors de sa campagne électorale à Netanya qui abrite une importante communauté francophone. Avec 9,92% des suffrages exprimés dans cette circonscription, Gil Taïeb est arrivé en 4e position lors du premier tour de scrutin du 3 juin 2012, mais en 2e position en Israël (Jérusalem inclus) avec 1 304 voix, soit 26% des suffrages exprimés. Il a donné "rendez-vous dans cinq ans".


Pour cette élection politique, Gil Taieb a bénéficié du soutien notamment de Pierre Besnainou, président du FSJU. Ce soutien soulève des questions éthiques qui n'ont pas été relevées par les médias français Juifs. D'autant que les dirigeants communautaires français s'abstiennent de toute ingérence dans les élections politiques françaises sous la forme d'un soutien à l'un des candidats. Si Richard Prasquier, président du CRIF, signale seulement le danger de l'extrême-droite, il n'a exprimé de soutien à aucun des candidats, notamment pas en faveur de Philippe Karsenty, dont il partage sa quête de la vérité dans l'affaire al-Dura, ni de Gil Taïeb, président de l'ABSI (Association pour le bien-être du soldat israélien) Keren Or, association membre du CRIF. Comme d'autres médias communautaires, RCJ ne s'est pas étonnée de cette intervention de Pierre Besnainou dans une élection politique.

Ce soutien surprend d'autant plus de la part de Pierre Besnainou que celui-ci s'était distancé en tant que président du FSJU, et dans une tribune publiée par Libération (16 mai 2012), des voix qui « au nom de la communauté juive de France, ont exprimé, ici ou là, en particulier sur Internet, les inquiétudes les plus graves" à l'égard de la possible victoire d'un des deux candidats à l'élection présidentielle : « Les institutions représentatives de la communauté juive (Consistoire, CRIF et Fonds social juif unifié) n’ont pas vocation à se livrer à cet exercice, aucune n’ayant la légitimité pour exprimer une position qui refléterait l’avis politique concerté des juifs de France ». 

Daphna Poznanski a été élue en juin 2012. Le 15 février 2013, son élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel. Des élections législatives partielles ont donc lieu en mai 2013 dans cette 8e circonscription qui inclut l’Etat d’Israël. Parmi les candidats : Valérie Hoffenberg, qui a gardé sa conseillère en communication Caroll Azoulay, Meyer Habib, vice-président du CRIF et candidat UDI (Union des démocrates et indépendants), Jonathan-Simon Sellem, fondateur de JSS News et candidat du Parti libéral démocrate (PLD).

Le 17 avril 2013, vers 8 h 17, lors du bulletin d'information de RCJ, Paule-Henriette Lévy, rédactrice en chef de cette radio Juive francilienne, a annoncé la réunion politique de Valérie Hoffenberg, ce jour-là en présence de Jean-François Copé, président de l'UMP, et de Claude Goasguen, député-maire du XVIe arr. de Paris. Ce n'est qu'après avoir promu cette réunion politique que Paule-Henriette Lévy a évoqué un sondage sur l'antisémitisme de jeunes Varsoviens. On peut douter de la pertinence de sa hiérarchie des informations. Cette journaliste n'a pas annoncé les réunions d'autres candidats à cette élection. 

Le 25 avril 2013, l'article Quelques questions aux candidats de la 8e circonscription de Michael Blum publié sur son blog - Valérie Hoffenberg échappait curieusement au feu de ses critiques accablant d'autres candidats - a suscité une polémique sur Internet. Un des candidats, Jonathan Simon-Sellem, lui a vivement répondu.

Dans son n° 1252 (25 avril 2013), Actu J a publié l'article de Caroll Azoulay titré "J.F. Copé et C. Goasguen en Israël", illustré par une photographie de ces politiciens entourant Valérie Hoffenberg, et publié sur un fond coloré pour bien le distinguer des autres articles. Dans son n° 1256 (30 mai 2013), ce journal a publié la longue interview par Caroll Azoualy de Claude Brightman, qui dirige le Collège académique de Netanya ayant remis, lors de la campagne électorale pour ces élections partielles, un "diplôme honoris causa" à cet ancien Président de la République. Claude Brightman a alors déclaré : "En octobre dernier, j'ai transmis cette invitation relayée par la vice-présidente des Amis français du campus francophone, Valérie Hoffenberg". Or, cet article "oublie" d'indiquer que Claude Brightman soutient la candidate Valérie Hoffenberg et est une des responsables de sa campagne électorale en 2013.


La revue de la presse de la candidate Valérie Hoffenberg ne mentionne curieusement aucun de ces articles d'Actu J. Par contre, neuf des 22 articles de cette revue de presse proviennent du site Internet Lepetitjournal.com. Sur ces neuf articles, deux  sont publiés par le site du Petitjournal/Tel Aviv dont la directrice est Caroll Azoulay et dont le contenu est géré par French Projection dirigée par cette dernière. Intitulé Meeting UMP - V. Hoffenberg : "Je veux que ce qui se passe ici soit mieux compris à Paris" (21 avril 2013), cet article est signé Justine Simonin qui ne figure pas dans la rubrique Contact du site. On peut relever d'étranges similitudes entre cet article et celui, signé par Caroll Azoulay et publié par Actu J (n° 1252, 25 avril 2013), sous le titre "J.F. Copé et C. Goasguen en Israël" : mêmes citations, extrait de phrases, même photographie, etc.  


Sur quel critère Actu J a-t-elle choisi la seule Caroll Azoulay, une de ses quatre correspondants en Israël, pour couvrir ces deux évènements liés à Valérie Hoffenberg ? N'y-a-t-il pas là un grave conflit d'intérêts pour cette journaliste et "conseillère en communication et en presse" de cette candidate ? Actu J en était-elle informGée ? En tout cas, les lecteurs ne l'ont pas été, et ont trouvé des informations cruciales ailleurs, dans des sites Internet - JSS News, Dreuz.info, etc. - ou blogs tel que le mien. Ne serait-il pas temps qu'Actu J informe ses lecteurs sur la double/triple fonction de Caroll Azoulay et veille avec plus de rigueur au respect de la déontologie journalistique, gage de crédibilité ? Devant ce cumul problématique de casquettes professionnelles par Caroll Azoulay, on peine à distinguer qui a payé ces articles : Actu J ou/et French Projection ou/et Valérie Hoffenberg ? Les comptes de campagne de cette candidate UMP retracent-ils toutes les prestations de sa "conseillère en communication et en presse" Caroll Azoulay ?  

Hamodia, hebdomadaire distribué en France et en Israël, vise à "informer dans un esprit de rassemblement, de tolérance et d'ouverture sans jamais faire le moindre compromis sur le respect scrupuleux des mitzvot". Il a consacré deux articles visibles sur son site Internet au candidat Meyer Habib : « Aux valeurs communes de la France et d'Israël, je rajoute celles de la Torah » - citation extraite de l'interview de ce candidat par Serge Golan - (8 mai 2013), puis Comment Meyer Habib a réussi à passer (29 mai 2013). Le 3 mars 2013, Michaël Blum, correspondant d'Actu J en Israël, a évoqué "la campagne d’Hamodia pour Meyer Habib". Mais comment qualifier la couverture par Actu J de cette campagne législative ?

Dans son n°1258 (13 juin 2013), Actu J a publié l'article Meyer Habib élu député signé par Caroll Azoulay. Quel dommage que ces informations intéressantes sur la campagne électorale de ce candidat élu député UDI aient été portées à la connaissance des lecteurs de cet hebdomadaire... après son élection.

Actu J va-t-elle couvrir les élections consistoriales du 24 novembre 2013 comme elle a couvert cette élection législative ? Sa directrice Lydia Benattar a déclaré : "Les prochaines élections au Consistoire vont créer beaucoup de remous dès la rentrée et nous essaierons d'être impartiaux comme à l'accoutumée..." (Actu J, n°1261, 4 juillet 2013)

Curieusement, aucun média communautaire ne s'est interrogé sur le fait que Meyer Habib a mené sa campagne électorale sans mettre un terme à sa fonction au CRIF, et qu'élu député, il demeure membre du Comité directeur du CRIF. 

Lors de la campagne pour les élections municipales 2014, les radios communautaires ont ouvert leur antenne aux candidats de la gauche et de la droite républicaines. Un journal communautaire a publié la photo, prise rue des Rosiers dans un des quartiers historiques Juifs, de Gil Taieb parlant avec Anne Hidalgo, candidate socialiste à la Mairie de Paris, et de Christophe Girard, maire du IVe arrondissement de Paris et candidat socialiste à sa succession, dialoguant avec Karen Taieb, conseillère socialiste et n° 2 sur la liste menée par Christophe Girard. Nul média ne s'est interrogé : quand Gil Taieb arpente un quartier parisien longtemps associé aux Juifs avec Anne Hidalgo, le fait-il à titre privé ou/et comme vice-président du CRIF ou d'une autre de ses fonctions dans le monde associatif Juif français ? Un leader communautaire français est-il astreint à un devoir de neutralité politique ? Karen Taieb, journaliste de RCJ, peut-elle soutenir Anne Hidalgo, qui s'est inclinée devant le mausolée du terroriste Arafat le 5 décembre 2013 et s'est tue devant l'incitation à la haine et au terrorisme de l'Autorité palestinienne ?

Médias français Juifs et institutions communautaires
Les élections à la direction d'instances Juives françaises - CRIF, Consistoires Israélites - rythment l'actualité communautaire et sont couvertes par ces médias, sans instance de contrôle pour vérifier l'égalité de traitement accordée aux candidats.

Elles représentent une manne publicitaire précieuse.

Fait rare : en 2004, l’élection à la présidence du CRIF a opposé Roger Cukierman, président sortant réélu, à Serge Hajdenberg, président de Radio J.

Curieusement, aucun média communautaire n'a révélé lors de la campagne pour l'élection du Grand rabbin de France au printemps 2008 que l'un des deux candidats, le grand rabbin Gilles Bernheim n'avait pas l'agrégation de philosophie dont il se prévalait. On peut s'étonner que la  rumeur qui circulait alors n'ait pas été relayée par des médias familiers des arcanes communautaires. En outre, bien que commandé par L'Arche, mon article évoquant le coût financier élevé de cette campagne et prônant une régulation n'a pas été publié par ce magazine.

Candidat malheureux à la présidence du CRIF au printemps 2013 puis candidat élu lors de l'élection au Consistoire de Paris du 24 novembre 2013, Gil Taieb lit sa chronique dominicale sur RCJ, radio du FSJU dont il est le vice-président... Ce qui lui a conféré un avantage : lors de la campagne électorale au Consistoire de Paris, les radios communautaires ont diffusé pendant plusieurs semaines des spots de trois minutes au cours desquelles chaque candidat présente sa candidature. Cependant, lors de son journal de 18 h, Radio Shalom a interviewé Alexandre Elicha, PDG de The Kooples et candidat sur la liste Pour un Consistoire uni et fort avec Joël Mergui. Quant à Actualité juive, cet hebdomadaire a publié les interviews des têtes de listes, sans analyse des bilans et programmes.

En juillet 2010, j'avais publié sur mon blog un article critique sur le rassemblement du 22 juin 2010, organisé par la communauté Juive française institutionnalisée sur le parvis des droits de l'homme (place du Trocadéro à Paris), en soutien à l'Etat d'Israël et en faveur de la libération du franco-israélien Guilad Shalit. J'avais souligné la faible mobilisation - quelques milliers de personnes, essentiellement Juives -, mauvais timing, etc. Mécontent par mes remarques, un leader communautaire avait alors allégué que je pratiquais la "désinformation". Ce qui était révélateur du refus des critiques par maints dirigeants communautaires, et de questionnements sur leurs actions et leur bilan. Le 13 février 2012, sur Radio Chalom, Bernard Abouaf, directeur de la rédaction de Radio Chalom, a déclaré avoir eu l'initiative, avec Gil Taieb et Raphaël Haddad, de ce rassemblement du 22 juin 2010, que tous trois avaient suggéré au CRIF.


Le 18 mars 2014, la veille du rassemblement sur le thème "La haine des Juifs, ça suffit !", "contre l'antisémitisme et pour la fraternité républicaine" organisé, sur le même lieu et en province (Toulouse, Bordeaux), par le CRIF et soutenu par les principales organisations communautaires, du B'nai B'rith France à JCall, Bernard Abouaf a estimé dans son compte Facebook que "cette manifestation n'a aucun sens" et qu'il n'y participera pas. Une déclaration publique rare dans le milieu médiatique communautaire, mais tardive. Combien de personnes à ce rassemblement ? "Plusieurs centaines" selon Actualité juive hebdo. Nul média n'a analysé ce déclin. 


Au printemps 2014, un scandale concernant le guet (acte de divorce juif religieux) a éclaté et a été dénommé un "guet-apens". Le 18 mars 2014, lors d’une réunion au siège du Consistoire israélite et en présence du couple séparé, de membres de la famille de l'ex-épouse, de Michel Gugenheim, grand rabbin de Paris et grand rabbin de France par interim, du rabbin Betslalel Levi, responsable du service des divorces au Consistoire, et des Rabbins Betsalel Levy, Salomon Malka et Haïm Perez, tous trois membres du Service des divorces au Consistoire, ainsi que de Yossef Itshak Pevzner, directeur des Institutions scolaires Sinaï (mouvement Loubavitch), un mari récalcitrant a obtenu contre la remise du guet à son ex-femme Anaëlle d’une part un chèque de banque de 90 000 € libellé à l’ordre des Institutions scolaires Sinaï, et d’autre part une attestation de l’ex-épouse reniant son témoignage dans la procédure civile de divorce. Ce scandale a éclaté non pas dans les médias communautaires, mais par les articles Agounot : le Consistoire français rétrograde ? de Sarah Lévy dans le Jérusalem Post  du 1er avril 2014, puis Divorces : Lettre adressée aux rabbins en France et de Francesous-titré Dysfonctionnements ou dérives du service des Divorces du Consistoire ? de Liliane Vana, "spécialiste en droit hébraïque, talmudiste et philologue" publié sur JForum le 6 avril 2014, suivi de  Divorces religieux, un scandale parmi d’autres au Consistoire ! d’Eliette Abécassis sur JForum (30 avril 2014). Leur diffusion sur les réseaux sociaux a suscité indignation et incrédulité.  


Cette affaire a été rendue publique par des radios communautaires - interviews de protagonistes sur Radio Shalom, Radio J et RCJ -, tardivement et en donnant la parole, d'abord et exclusivement, à la seule famille de l'ex-épouse. On a perçu aucune enquête préalable, mais en premier lieu des témoignages à charge contre le Consistoire et l'ex-mari qui a livré tardivement sa version. 

Il en ressort une certaine incapacité journalistique, non spécifique aux médias communautaires français, à appréhender la complexité des situations. Ce qui laisse perdurer bien des questions : que dit le jugement prononçant le divorce et les autres jugements rendus dans les affaires connexes ? Quelles sont les raisons des trois  années de procédure civile de divorce ? Qui a vu intégralement la vidéo de la réunion ? Le 15 mai 2014, Bernard Abouaf a reconnu sur Radio Shalom ne pas l'avoir vue intégralement. Comment se déroule cette réunion filmée ? Qui a lu les SMS échangés entre les rabbins et les beaux-frères ? Le journaliste Michel Zerbib a affirmé sur Radio J ne pas les avoir lus. L'ex-mari avait-il été contacté et avait-il refusé initialement de s'exprimer ? Et pourquoi ? Par pudeur ? Pour éviter d'assombrir l'image de la mère de son fils auprès de celui-ci ? Curieusement, nul ne s'interroge  sur le silence de l'ex-épouse inversement proportionnel à l'activisme volubile de ses père, oncle, frères et sœur. Des médias communautaires ont-ils refusé de couvrir l'affaire par souci d'enquêter ou pour ne pas se priver de la manne publicitaire en faveur de la Fondation du Consistoire ? Aucun des médias imprimés communautaires - Actualité juive, Hamodia - n'a nommé les organisateurs de cette affaire. 

Si les médias communautaires français avaient couvert cette affaire dès son apparition sur la Toile, soit en avril 2014, et ce, de manière honnête, ils auraient vraisemblablement épargné à la communauté française Juive et au judaïsme ce scandale, et auraient contrecarré une campagne biaisée visant le Consistoire. 

On peut d'autant plus regretter le réveil tardif de médias communautaires que c'est à partir de ces bribes d'informations glanées au fil de quelques interviews que s'est formé le jugement de l'opinion publique et celui manichéen et stigmatisant ("racket au guet") de certains journalistes, dont  Caroline Fourest

 L'auditeur/lecteur ? Il a eu l'impression gênante d'avoir été voyeur d'une affaire dont il ne percevait pas tous les enjeux et dont certaines informations, lui permettant de se former une opinion fondée, lui manquaient. 

En marge de manifestations haineuses de la « rue arabe » hostile à l’opération israélienne défensive « Protective Edge » (Bordure protectrice), les synagogues de Belleville (75020), de la rue de la Roquette (75011) et des Tournelles à Paris ont été visées les 12 et 13 juillet 2014 par des attaques violentes de « Blacks, Blancs, Beurs », portant souvent des keffiehs, dissimulant leur visage par des capuches, armés de projectiles, de battes de base-ball et parfois de hache, brandissant des drapeaux palestiniens, et scandant « Allah Aqbar » (Allah est le plus grand) ainsi que « Mort aux Juifs ». Seule radio de la fréquence Juive francilienne, RCJ a évité dans son bulletin matinal du 14 juillet 2014 de restituer la gravité de cette attaque antisémite contre la synagogue de la rue de la Roquette. Par contre, Radio Shalom qui a révélé en direct ce pogrom, Radio J et Judaïques FM ont couvert cet événement grave immédiatement, par le recueil de témoignages de témoins, etc.
                
Médias communautaires et Israël
L'Etat d'Israël est une thématique particulière et privilégiée pour ces médias en raison de l'actualité au Proche-Orient, de l'approfondissement des liens entre les Français Juifs et l'Etat Juif, etc. Lors de conflits menés par cet Etat, tel celui contre le Hezbollah au Liban en 2006, certains journalistes de radios juives françaises ont effectué des reportages en Israël.
Responsable des projets culturels à l'ambassade d'Israël en France, Francine Lutenberg présente sur la fréquence Juive (RCJ, Radio J, Judaïques, FM) l'actualité culturelle israélienne à Paris. En y incluant les manifestations "artistiques" biaisées contre Israël. Et ce, sans que ceux qui l'interviewent ne lui fassent la moindre remarque.

Voici quelques années, lors d'un déjeuner organisé par le CRIF pour la presse communautaire, l'un des sujets évoqués a été le boycott d'Israël. Indigné, le rédacteur en chef d'un média communautaire s'est alors exclamé : "Il faudrait une loi en France pour interdire le boycott !" Avec tact, le président du CRIF l'a informé qu'une telle loi existait déjà... Et dire que le CRIF a envoyé son étude intitulée Le boycott d'Israël : que dit le droit ? à tous les journalistes, et notamment à ceux des médias communautaires...

Actu J a été au centre d'une controverse grave révélant des carences informatives ou un parti pris idéologique, l'absence de contrôle par une personnalité compétente, etc. Dans son n°1201 (8 mars 2012), Eric Keslassy, sociologue et politologue, a écrit : « Le droit international n’est pas favorable à Israël. Jérusalem-Est est considéré comme un « territoire palestinien occupé » par l’ONU – s’appuyant notamment sur la résolution 242 qui réclame « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés « suite à la guerre des Six-jours ».

Le n°1202 (15 mars 2012) d’Actu J a publié une « Mise au point » de Meyer Dadi, vice-président de SIONA, puis la réponse d’Eric Keslassy. Meyer David rappelait : « La traduction est volontairement tendancieuse, alors que la version anglaise qui est celle qui a été votée et qui dit : « Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » parle de « retrait de territoires »... Il est inapproprié de parler de droit international concernant Jérusalem puisque pour le droit international, toutes les frontières supposée ne sont que des lignes d’armistice, donc provisoires en attendant un règlement définitif. Par ailleurs, cette résolution parle de retrait des forces armées israéliennes et non de céder la souveraineté des territoires ». Eric Keslassy lui a répondu : « Le français est l’une des six langues officielles utilisées par l’ONU… C’est le texte de la résolution 58/292 adoptée par l’Assemblée générales des Nations unies le 14 mai 2004 qui fait état de Jérusalem-Est comme un « territoire palestinien occupé ». Or, le droit international, notamment la conférence de San Remo (1920), soutient les revendications territoriales de l'Etat Juif. En outre, les rédacteurs et promoteurs - de cette résolution (22 novembre 1967) ont clairement indiqué que « Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » signifiait le retrait « de territoires », et non « des » ou « de tous les territoires ». La version en anglais fait donc seule foi. De plus, pour Arthur Goldberg, ambassadeur américain aux Nations Unies, la résolution 242 ne fait pas obstacle à la réunification israélienne de Jérusalem. Par ailleurs, composée de pays arabes alliés à des Etats du bloc des non-alignés, la majorité automatique anti-israélienne sévit à l’ONU, notamment à son Assemblée générale. Enfin, « Jérusalem-Est » est repris de la propagande palestinienne. « Jérusalem-Est’ n’existe pas en tant qu’entité administrative. Ce terme regroupe l’ensemble des quartiers et espaces de Jérusalem situés à l’est de la « ligne verte », l’ancienne ligne de cessez-le-feu israélo-jordanienne en vigueur de 1949 à 1967. Rattachés à la Jérusalem israélienne (« Jérusalem-Ouest») en juin 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours, ils se situent en fait au nord, à l’est et au sud de celle-ci. 
Dans son n°1288 (6 février 2014), Actu J publie l'article de Steve Nadjar sur l'association Paris-Tel Aviv, créée par les étudiants de Sciences Po Paris. Ni cet hebdomadaire ni l'auteur de l'article ne s'étonnent du parallèle entre Paris, capitale de la France, et Tel Aviv qui n'est pas la capitale d'Israël, ni d'actions curieuses organisées par cette association dont le "but est de faire connaître Israël, sa culture, son histoire, sa diversité" : un "shabbat laïc", une "tombola de  Chrismukkah", un voyage en Israël comprenant la "visite à Jérusalem du Saint Sépulcre, de l'Espanade des Mosquées, du Mur des Lamentations", etc.
Il est révélateur que ces médias communautaires, en phase avec la communauté juive institutionnalisée, n'ont jamais considéré, depuis des décennies, le cas de Jonathan Pollard comme une cause à soutenir, autour de la quelle se mobiliser, etc.
Les relations avec l'ambassade d'Israël ? Quelques exemples les illustrent.
Au début des années 2000, lors de la visite en France de Natan Sharanski, alors membre du cabinet du gouvernement israélien, tient deux conférences de presse à l'ambassade d'Israël en France : l'une pour les médias non-communautaires, puis l'autre pour les médias communautaires.
Un ambassadeur d'Israël en France s'est rendu voici quelques années au siège d'Actu J : ce n'est pas la direction de cet hebdomadaire qui s'est alors déplacée à l'ambassade d'Israël en France. De plus, cette ambassade  organise une réception annuelle  pour l'anniversaire de la refondation de l'Etat Juif (Yom Haatsmaout, 5 Iyar 5708). Le 17 avril 2013, quelques numéros d'Actu J, avaient été amenés par Lydie Bénattar et Sandrine Szwarc, respectivement directrice et responsable des pages Culture de cet hebdomadaire, et déposés gracieusement dans la Salle Wagram accueillant l'évènement. Dans son article laudateur publié par Actu J du 26 avril 2013 et immédiatement promu par Nosnondits, "blog non officiel du service de presse de l'ambassade d'Israël en France", Sandrine Szwarc évoque des "personnalités politiques de tout bord" parmi l'assistance. Or, publiée par CoolIsrael sous le titre tonitruant Le Tout-Paris présent à la soirée de l'indépendance d'Israël, une vidéo dément ces allégations : au fil des ans, cette soirée s'est "communautarisée". Pourquoi ne pas l'écrire ?

Sans aucun commentaire ni aucune photo, RCJ diffuse les discours de Nicole Guedj, présidente de la Fondation France-Israël, et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères lors du diner de cette Fondation dans une salle, composée essentiellement de convives Français Juifs, de l'ambassadeur d'Israël Yossi Gal et de hauts diplomates, du Quai d'Orsay, le 29 novembre 2012. Des discours précédés de la projection d'un film d'archives sur le vote de l'Assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947 concernant le plan de partage de la Palestine mandataire. La nuit où la France vote pour le statut d'Etat observateur non membre à la Palestine à l'ONU, Nicole Guedj fait applaudir le président François Hollande et Laurent Fabius tente de justifier ce vote scandaleux... 
Fin 2013, "il n’est pas anodin que le « mensuel du judaïsme français » célèbre aujourd’hui les « derniers bâtisseurs d’Israël », que seraient Shimon Pérès et Ariel Sharon, deux ex-bâtisseurs devenus destructeurs dans la fin de leur vie… Que l’organe du FSJU les érige en modèles en dit long sur la déconnection entre le judaïsme institutionnel français et les réalités israéliennes", constate Pierre Itshak Lurçat, le 19 janvier 2014.

Manquements déontologiques rentables
Outre les nombreux exemples de manquements aux règles basiques de la déontologie journalistique cités dans mon article, il importe de relever des pratiques choquantes illustrant ces accrocs à des règles élémentaires.

Des médias Juifs français publient des articles annonçant ou rendant compte d'évènements communautaires. Comment réaliser des économies ? Exiger et obtenir que les organisateurs de ces évènements écrivent ces articles publiés souvent sous pseudonymes. Comment gagner de l'argent ? Faire payer pour la publication de ces articles.  Tarif d'un de ces médias : 600 € par article. Rien ne vaut cependant la signature d'un(e) journaliste pour rendre attrayante l'information et la crédibiliser aux yeux des lecteurs. Comme les rémunérations de journalistes sont faibles - 23 €-38 € bruts/feuillet -, ces médias engrangent des bénéfices substantiels...

On observe des pratiques similaires chez certaines radios Juives françaises : espaces rédactionnels qui ne se présentent pas toujours comme tels aux auditeurs, et permettent des rentrées financières. Tarif d'une radio Juive française : 250 € par émission.

Ces us et coutumes délitent la confiance en ces médias, et grèvent les modestes budgets de petites associations communautaires dont les membres sont des militants bénévoles.

Des pratiques jamais adoptées par Guysen.

Une propagande anti-israélienne mal/non repérée
Absence lors de vernissages presses d'expositions ou des projections de films pour les journalistes ? Curiosité intellectuelle réduite ? Insuffisant esprit critique et d'analyse ? Manque de temps ? Incapacité à détecter la propagande anti-israélienne ? Volonté de ne pas dénigrer des artistes israéliens ou des manifestations soutenues parfois par la problématique ambassade d'Israël en France ?

Tribune Juive et Actu J ont publié des critiques élogieuses ou sans esprit critique de l'exposition collective, souvent biaisée et plus politique qu'artistique, Pluriel. Regards sur l’art contemporain israélien 2012.

Dans son n° 1250 (11 avril 2013), Actu J a salué « Inch’Allah » (2011) ce "joli film maitrisé, au rythme apaisé" (sic). Or, ce film partial franco-canado-israélien d’Anaïs Barbeau-Lavalette a diffusé les poncifs antisémites de la propagande palestinienne dont deux blood libels (accusations diffamatoires de meurtres rituels) modernisés. Et cette liste n'est pas exhaustive...

Salué comme une "enquête historique" par David Pouvil dans Actu J (n°1266, 29 août 2013), le documentaire L'exil des Juifs d'Ilan Ziv (2012) est vertement critiqué pour sa partialité politique biaisée par André Mamou sur Tribune juive, par Ralph Izbicki sur le site Internet d'Arte, par l'abbé Alain René Arbez qui a déploré que la "renaissance de l’Etat d’Israël a été évoquée... à travers l’insistance d’une interview récente de Palestiniens ayant quitté Séphoris/Safori en 1948" et par le professeur Shmuel Trigano. Il est symptomatique que des spectateurs lambda sur Internet aient relevé ce qu'un journaliste d'Actu J a omis d'indiquer.

Le même David Pourvil salue « Juifs & musulmans - Si loin, si proches », série partiale par Karim Miské, en ces termes : "une formidable série documentaire" et "très enrichissant" (Actu J, n°1272, 17 octobre 2013).
Et il loue le numéro d'Echappées Belles en Israël - De Tel Aviv à Jéricho - sur France 5, un "beau carnet de voyage" (Actu J, n°1285, 16 janvier 2014) qui évoque pourtant les "territoires palestiniens" ou "Jérusalem-Est" et occulte les persécutions des chrétiens par l'Autorité palestinienne, etc.

Force est de constater que des médias Juifs français ne révèlent guère les manifestations "culturelles" anti-israéliennes. C'est mon blog qui a dénoncé la désinformation par l'acteur François Cluzet sur le terroriste Salah Hamouri. Ce sont deux blogs, dont le mien, qui ont alerté sur Gaza 2010, exposition photographique de Kai Wiedenhöfer. C'est Me Gilles-William Goldnadel qui s'est indigné de celle de la photographe Ahlam Shibli au Jeu de Paume (2013)... Signalons qu'aucun média Juif français n'était représenté parmi le public de la table-ronde à l'Ecole des Beaux-arts sur cette exposition scandaleuse.

Pire, certains journalistes expriment spontanément la propagande palestinienne. Ainsi, voici quelques années, une journaliste a allégué avec assurance que la "densité humaine la plus élevée au monde se trouve dans la bande de Gaza" ! Or, Hong-Kong est le lieu le plus densément peuplé au monde en 2009. En 2008, Calcutta (24 718 habitants/km²), Hanoï (23 342 habitants/km²), Paris (20 246 habitants/km²) et Athènes (20 235 habitants/km²) devancent la bande de Gaza (4 603 habitants/km²) en termes de densité humaine.
Des revues Juives savantes
Parmi les rares revues Juives savantes ayant survécu depuis le XIXe siècle : la Revue des études juives fondée en 1880. Certaines ont rapidement disparu : La Revue Juive dirigée par Albert Cohen (1925), la Revue de la pensée Juive (1949-1951).

Citons la Revue d'histoire de la Shoah fondée en 1946. C'est le "seul périodique européen consacré à l'histoire de la destruction des Juifs d'Europe".
Depuis 28 ans, parait "ce qui est devenu la seule revue de pensée juive de type spéculatif et intellectuel en France et sans doute en Europe : Pardès", indique le professeur Shmuel Trigano qui la dirige.

Publiée par les éditions In Press, c'est une "revue entièrement indépendante et... bénévole", ajoute-t-il. A raison de deux numéros annuels, "la collection « Pardès » a ouvert une voie inédite dans l’approche des questions juives, conjuguant recherche et réflexion, croisant philosophie, histoire, littérature et sciences religieuses. Elle est un carrefour ouvert à toutes les écoles de pensée, sans exclusive idéologique", précise l'éditeur.

Cet universitaire a aussi lancé L'Observatoire du monde juif qui "a publié douze bulletins (diffusion 2 500 exemplaires à toute la classe politique) aux effets très importants lors de la première période du "nouvel antisémitisme". Nous avons publié les premiers la liste des agressions antisémites en 2001. Et fait la preuve de la compromission des médias et institutions juifs avec le pouvoir", observe Shmuel Trigano.

Et d'ajouter :
"J’ai eu l’idée de créer un centre de recherches qui fournirait une information sans mythologie sur le monde Juif et Israël. J’avais constaté que depuis quelques années, ces sujets n’étaient quasiment plus étudiés à l’Université, ce qui permettait aux idées les plus folles de germer. L’objectif est d’aller au-delà de la lutte contre l’antisémitisme. Il s’agit de produire et diffuser une information fondée sur des documents, des faits, des statistiques, etc. L’Observatoire du monde juif est né aussi en réaction au sentiment de scandale éprouvé devant le black-out devant les agressions anti-Juives en France depuis le début de l’Intifada II. Ce black-out a été général : parmi tous les médias, chez les pouvoirs publics et dans la communauté Juive française jusqu’au dîner du CRIF fin 2001. Même les déclarations de certains responsables amoindrissaient la gravité des faits. Quand nous tentions d’en parler, la chose n’était pas reçue. On nous accusait de falsification, d’incitation à la haine raciale, etc. Comme ces actes n’étaient pas rapportés par les médias, c’est comme s’ils n’existaient ni socialement ni politiquement.  D’où l’idée de publier dès le premier numéro (novembre 2001) de l’Observatoire du monde juif cette liste tenue par les services de la communauté Juive française pour alerter l’opinion publique et montrer la crédibilité de la chose. C’était la première que cette liste était publiée et elle a été distribuée par le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) lors de son dîner annuel en décembre 2001 en présence notamment du Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, de ministres et d’autres personnalités. L’impact a été immense. C’est à ce moment que fut crevé l’abcès : tout a été dit. Alors, certains, notamment les leaders d’opinion Juifs français ont accusé dans la presse la communauté Juive française de repli communautaire, comme pour délégitimer le travail fourni. Ils ont manifesté une incompréhension face à la situation et ont tenu un discours qui ne résiste pas à la réalité. C’est une minorité bruyante. Ils ont agi comme les policiers du « politiquement correct ». Grâce aux abonnements des particuliers ou des mécènes, et au travail de bénévoles, nous envoyons chaque numéro systématiquement aux parlementaires, eurodéputés, aux médias, aux gens d’Eglise, à des intellectuels, à certains maires, à la presse chrétienne et à celle arabe à Paris, etc. Certains édiles nous ont indiqué apprécier cette source d’informations".
Puis Shmuel Trigano a lancé la revue trimestrielle Controverses dont les "18 numéros ont fait un travail gigantesque d'analyse de l'antisémitisme" (2006-2011). En mars 2010, c'est la revue Controverses qui a traduit en français le rapport Goldstone diffamant l'Etat d'Israël à propos de l'opération militaire Plomb durci, et en a présenté des analyses pertinentes dans un numéro spécial. Ce numéro a été alors offert aux convives du diner du CRIF. L'ambassade d'Israël en France a publié le site Internet Gaza Facts: The Israeli Perspective. Des rubriques Questions/Réponses qui renvoient à des réponses brèves en français, et détaillées en... anglais !

Shmuel Trigano conclut : "Dans 50 ans c'est dans ces journaux qu'on cherchera les éléments pour écrire l'histoire des Juifs de France. Nous n'avons eu aucun soutien institutionnel, mais plutôt une hostilité de la part de tous ceux qui auraient du faire ce travail et aucun relais de la "presse et des médias juifs".

Une presse Juive savante qui rencontre des difficultés financières.

La presse communautaire
En quelques années, le nombre de médias imprimés français Juifs s’est réduit en peau de chagrin. Et ce n’est pas faute d’un manque de lecteurs potentiels...


Depuis 1981, Actualité juive hebdo (appelée aussi Actu J) couvre l’actualité communautaire en France et dans le monde, et se prévaut d’une bonne vitrine sur Internet (site, compte Facebook). Il tire à 17 500 exemplaires - "le plus fort tirage de la presse juive en France" - et avance 80 000 lecteurs par semaine. Cet hebdomadaire incontournable privilégie les ventes par abonnements et par numéro dans des magasins d'alimentation cacher et des relais H. Mais il connait des problèmes de distribution : nombre de commerces cacher parisiens ne constituent plus ses dépôts de vente, certains numéros sont introuvables chez les marchands de journaux qui le distribuent habituellement,  etc.


Le "numéro en cours et les archives" sont disponibles en "version numérique sur PC/Mac/Tablettes/Smartphone" grâce à une application à télécharger. A partir du 9 janvier 2013, Actu J a été disponible en classe Affaires dans les vols vers/de Tel-Aviv et de/vers Paris, Marseille, Genève et Bruxelles, ainsi que dans les salons VIP d’El Al à l'aéroport Charles de Gaulle et de Ben Gourion.

Ses ressources ? Les ventes, les annonces publicitaires dans les versions imprimées - en 2009, une annonce en quadrichromie coûte, selon sa dimension et son emplacement dans l'hebdomadaire, de 300 € à 5 950 € HT par numéro - et numérique du journal, les petites annonces, etc.

Résultats ? La société publiant Actu J a enregistré en 2009 un chiffre d'affaires de 2,177 millions d'euros, puis en 2010 de 1,941 millions d'euros. Curieusement, et alors qu'Actu J est diffusé, en plus du territoire français, "auprès de la communauté francophone en Belgique, Suisse, Luxembourg et en Israël", cette société a  publié, comme ses chiffres d'affaires à l'export pour ces deux années, "0" €. Et peut se permettre de publier les annonces publicitaires pour le trimestriel l'Arche du FSJU.


Le mercredi soir, Bernard Abouaf, directeur de la rédaction de Radio Chalom et membre du comité de rédaction d'Actu J, donne la parole à une journaliste de cet hebdomadaire afin qu'elle présente le sommaire et le dossier du numéro de la semaine.  

Actu J offre une tribune régulière aux dirigeants des principales organisations communautaires : CRIF, FSJU, Consistoires israélites de France et de Paris, etc. Ce qui peut susciter des questionnements déontologiques...

Après mon article sur la procédure d'indemnisation de Juifs victimes de persécutions antisémites au Maroc et en Tunisie nés avant 1943-1944, ce n'est dans aucun de ses médias (L'Arche, RCJ, etc.)  que le FSJU, mis en cause, a réagi, mais c'est dans Actu J. 

Depuis le décès de son fondateur, directeur et rédacteur en chef Juif orthodoxe, Serge Bénattar en juillet 2012, Actu J, qui a « traversé différentes épreuves qui ont échoué à » le déstabiliser (Actu J, 24 mai 2012), a pour rédactrice en chef et directrice, Lydia Bénattar, veuve du fondateur, et pour conseiller à la rédaction Bernard Abouaf. Signé auparavant par Serge Bénattar, l'éditorial de l'hebdomadaire a disparu. Est alors apparu un "Billet", à la périodicité irrégulière et confié à des personnalités extérieures à la publication : le grand rabbin de France Gilles Bernhein, Me Gilles-William Goldnadel, etc. Ce qui ne manque pas de susciter des interrogations : refus de recruter un éditorialiste par fidélité à la mémoire du défunt rédacteur en chef ? Absence de journaliste susceptible d'éditorialiser dans la rédaction ? Crainte de l'émergence d'un pouvoir éditorial interne au sein d'une entreprise familiale ? Cette carence révèle une fragilité essentielle tant l'éditorial occupe une place privilégiée dans un journal : il fixe un cap, renforce le lien avec le lectorat en le fidélisant par ce rendez-vous régulier et une voix devenue familière, il se fait souvent le porte-parole de citoyens anonymes, etc.

Dans une interview publiée dans le n°1261 (4 juillet 2013), Lydia Benattar révèle certains objectifs problématiques :
"[Au décès de mon époux], j'étais certaine que nous devions rester coûte que coûte le journal de la communauté juive de France sans laisser le champ libre aux journaux gratuits arrivés sur le marché... J'ai choisi de faire une rédaction collégiale où chacun est investi avec des réunions hebdomadaires et où le choix des unes et des dossiers est discuté avec tous et toutes. Nous recevons également ensemble nos interlocuteurs, responsables et directeurs de la communication. C'est une innovation dans la presse... Nous allons essayer d'accentuer les rapprochements [i.e. partenariats]... Il faut unir notre communauté qui semble parfois désorganisée, voire égarée en suivant comme des moutons de Panurge, si j'ose dire, des manifestations non-officielles qui n'ont pas lieu d'être... Concernant la crise qu'a traversée le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, l'ami et le collaborateur du journal depuis des longues années, nous avons choisi de rester fidèles à nos idées et à celles de Serge [Benattar] en continuant à soutenir l'homme brillant qu'il est. D'ailleurs nos colonnes lui sont toujours ouvertes".
Le souhait de pérennité du journal se comprend. Quelle est l'attitude d'Actu J  à l'égard des annonceurs misant aussi sur ces journaux gratuits ? Sous la direction de Serge Bénattar, pourquoi la rédaction n'avait-elle pas ce caractère "collégial" ? Les principaux newsmags français optent souvent pour des couvertures marketing qui dopent les ventes en kiosque. Il est dommage que Lydia Benattar n'indique pas la teneur de ces réunions, au siège du journal, entre la rédaction d'Actu J et les "responsables et directeurs de la communication". Ces partenariats d'Actu J  influent-ils sur la teneur des articles publiés ? Quel dédain pour les membres de cette communauté assistant aux manifestations "non-officielles" ! Incombe-t-il à Lydia Benattar de déterminer quelles manifestations "n'ont pas lieu d'être" ? Et sur quels critères se fonde-t-elle ? Doit-on lui rappeler que la France a un régime démocratique et que ses coreligionnaires sont libres d'assister aux manifestations de leur choix ? Actu J couvre-t-elle une manifestation jugée comme "n'ayant pas lieu d'être" par sa directrice ? Cet hebdomadaire a été le partenaire de l'UPJF (Union des patrons et professionnels Juifs de France) organisateur du colloque sur la judéophobie des "islamistes radicaux" et de l'extrême-droite. En plus d'avoir annoncé cet événement, ce journal a été distribué gratuitement aux centaines de spectateurs des tables-rondes auxquelles a assisté Lydia Bénattar. Alors qu'Actu J avait accueilli au début des années 2000, dans ses locaux, l'équipe de Sammy Ghozlan, président du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), alertant sur la recrudescence d'actes antisémites déclenchée par l'Intifada II, il était absent du dîner de gala du BNVCA le 17 juin 2014 : le dernier numéro d'Israël Actualités, qui consacre plusieurs articles à cette soirée, était à la disponibilité des  convives et son directeur, Alain Sayada, présent aux côtés de Sammy Ghozlan.

Lydia Benattar va-t-elle entreprendre l'unification de cette communauté ou soutenir l'un de ceux qui la prônent ? Dans l'affirmative, lequel, dans quels buts, avec quelle stratégie et en excluant des organisateurs de "manifestations non-officielles qui n'ont pas lieu d'être" ? On est surpris par le silence de cette directrice à l'égard des Français Juifs blessés profondément et durablement par les scandales Bernheim : sa sollicitude est ciblée sur le seul grand rabbin Bernheim. On ne peut que regretter que Sandrine Szwarc, qui l'a interviewée, ne lui a pas posé ces questions. Le silence de dirigeants et médias communautaires aux déclarations de Lydia Benattar, et la publication in extenso de cette longue interview sur le site Internet du CRIF, sont révélateurs à maints égards.

Dans un billet d'humeur (n°1288, 6 février 2014), Lydia Benattar évoque les "Juifs de France" - une terminologie erronée, car elle dénaturalise les Français Juifs, et usuelle parmi les leaders communautaires ainsi que les politiciens - et "le nombre inquiétant de Français qui se convertissent au Jihad". Par une expression alambiquée, elle évite de nommer les musulmans, de naissance ou par conversion, qui optent pour le jihad et à qui elle reconnait la nationalité française - tout en "dénaturalisant" ses coreligionnaires français  -, lors même que nombre de ces jihadistes, tel Mohamed Merah, ont une deuxième nationalité. 


Michaël Blum est correspondant en Israël de ce journal et de... l'AFP (Agence France Presse). Celle-ci est très critiquée pour sa couverture biaisée, en particulier son registre lexical partial : "colonies" au lieu de localités, etc. Michaël Blum allègue qu'un rabbin l'aurait "poussé à travailler à l'AFP" (sic) mais n'en donne pas le nom. Le 1er juillet 2013, son article Danny Danon, un jeune loup de droite qui prend du poids au Likoud pour l'AFP a suscité le 2 juillet 2013 l'indignation de Jonathan Simon-Selam sur Facebook : "Comment peux-tu utiliser des mots comme "ultra-sioniste", "colonisation", etc. Sais-tu que les médias français n'attendent que ça pour taper sur le pays que tu dis aimer et défendre ?" Curieusement, dans son compte Facebook, Michaël Blum ne mentionne que sa collaboration à l’AFP. Pourquoi ? Michael Blum a rédigé une dépêche pour l'AFP sur la mort du leader spirituel Ovadia Yossef sans mentionner la tentative d'assassinat fomentée par le terroriste "franco-palestinien" Salah Hamouri. Une manière d'occulter le terrorisme palestinien et ses soutiens en France... Sans réaction de la direction de l'hebdomadaire.



Dans le n°1294 (20 mars 2014), Carole Binder a interviewé Jérôme Clément sur sa fonction de président de l'AFAOTA (Association française des amis de l'opéra de Tel Aviv). Elle a débuté son article en évoquant les relations diplomatiques entre la France et Israël, puis a posé une question louangeuse qui débutait ainsi : l'AFAOTA " ne pouvait espérer présidence plus idoine" !? Mais si. En effet, Jérôme Clément a été président du directoire (1989-1999, 2006-2011), et du comité de gérance (2003-2007) d'Arte France qui a diffusé nombre de films et reportages anti-israéliens. Ainsi, en 2004, le CRIF a écrit à Jérôme Clément avant la diffusion par Arte du film La Porte du Soleil.  Cela ne méritait-il pas une question à Jérôme Clément et à l'AFAOTA ?



Ce n'est que dans son numéro 1305 (26 juin 2014) qu'Actu J a publié en haut de sa Une, au-dessus du hashtag #BringBackOurBoys, la photo des trois adolescents israéliens - Naftali Frenkel, âgé de 16 ans, Gilad Shaer, âgé de 16 ans, et Eyal Yifrach, âgé de 19 ans - kidnappés par le Hamas le 12 juin 2014. Quid des cinq soldats israéliens - Zachary Baumel, Tzvi Feldman, Yehuda Katz, Ron Arad et Guy Hever - portés disparus ?  



Actu J n’a pas été détrônée par la déclinaison française depuis 2007  d’Hamodia, fondé par le rav Itzhak Meïr Levin en 1950 et diffusé en trois langues - hébreu, anglais, français - dans le monde Juif, notamment au sein de la communauté hassidique en Israël, à plus de 100 000 exemplaires. Cet hebdomadaire francophone Juif orthodoxe, familial, sérieux, centré sur l’actualité israélienne et le judaïsme, adapté à tous les âges, bénéficiant de bons journalistes, dont Daniel Haïk, ainsi que d’un éditorialiste et essayiste célèbre, Michel Gurfinkiel. Il est diffusé dans "près de deux cents points de vente" dans les grandes villes françaises. Notons que Daniel Haïk est aussi un correspondant en Israël de Radio J.

Autre hebdomadaire : Israël Actualités qui se définit comme un "journal israélien en langue française" - les adresses et numéros de téléphones dans l'ours sont pourtant français -, présente gracieusement, en version imprimée et sur son site Internet, "toute l'information en provenance d'Israël" en reprenant des dépêches d'agences et des articles publiés par d'autres médias.

Lancé en novembre 1986 par de jeunes rabbins, Kountrass Famille est un mensuel Juif orthodoxe qui contient des enseignements de la Torah, couvre la vie communautaire orthodoxe et traite de l'actualité internationale et israélienne. « Kountrass » est "le nom donné aux écrits de Rachi par ses contemporains, le « carnet » commentant l'ensemble des textes traditionnels". Le magazine dispose d'un site Internet avec peu d'articles gratuits et est présent dans les réseaux sociaux. D'un format A3 en noir et blanc, il a évolué vers le format des newsmagazines.

En 2011 : le mensuel L’Arche, magazine créé en 1957 par le Fonds social juif unifié (FSJU), se transforme en trimestriel.


La même année, après plusieurs changements de propriétaires - dont Pierre Besnainou au milieu des années 2000 -, s’opère la mutation du mensuel imprimé Tribune juive, magazine créé sous le titre de Bulletin de nos communautés d’Alsace et de Lorraine par le rabbin Jacquot Grünewald voici environ cinquante ans, en une version numérique.

TJ Presse a été mise en liquidation judiciaire au printemps 2011. "Les derniers mois, nous avions 3 600 abonnés alors qu'il y en avait 20 000 auparavant", a déclaré Michaël Abizdid, alors directeur de la publication, à Actu J (14 avril 2012). Il s'est défini plus comme un "mécène pour la communauté... pour l'aider à garder un média juif" que comme un "repreneur" dans cette "opération". Il a évoqué la crise de 2009 difficile "sur le plan des annonces publicitaires". Le déficit s'élevait "à 350 000 euros par an". Tribune Juive aurait du prendre le virage Internet "parce qu'il faut resserrer les coûts", "mais n'en a pas eu le temps". Il a été le directeur de la campagne électorale de l'ancien grand rabbin de France Joseph Sitruk en 2008. Depuis septembre 2012, Tribune Juive est actif sur Internet grâce à son site et diffuse une newsletter hebdomadaire.

 A l'automne 2013, tout en s'appuyant sur son site Internet, une présence dans les réseaux sociaux, sur tablettes et smartphones, Tribune Juive magazine, dirigé par André Mamou, a repris sa publication mensuelle imprimée dans un format légèrement plus grand que le A4 : le numéro de septembre-octobre 2013 est offert, distribué dans les commerces cacher. Sa newsletter bi-hebdomadaire informe les Internautes.


Résistant au sein de l'Armée juive, ou l'Organisation Juive de Combat. Jacques Lazarus (1916-2014) crée Information juive, premier magazine juif d'Algérie. En 1962, installé en France, il relance ce périodique qui fusionne avec  Le journal des communautés, organe du Consistoire. Son directeur de publication est Victor Malka. Un hommage sera rendu à Jacques Lazarus, fondateur d'Information juive, le 26 octobre 2014.



Information juive, le journal des communautés ? Ce mensuel du Consistoire israélite de France a une audience limitée et souffre d’une insuffisante modernisation. Il n’est pas non plus suffisamment intégré dans la communication globale de l’institution qui privilégie sa newsletter, les interventions du président Joël Mergui et des grands rabbins de Paris et de France sur la fréquence Juive ainsi que dans Actu J, et de manière faible son site Internet. Philippe Meyer, directeur d'Information juive a réagi à mes remarques. Ses sommaires sont insuffisamment attractifs.

Fondé en 1954 par des « militants de la gauche juive qui entendaient rester fidèles et solidaires avec les idéaux des créateurs de l’Etat d’Israël  », le Cercle Bernard Lazare, qui regroupe édite deux publications mensuelles  : « Les Cahiers Bernard Lazare  créés en 1957 et Les Cahiers Yiddish (Yidishe Heftn), dernier mensuel de langue yiddish en Europe ».

Les Cahiers Yiddish (Yidishe Heftn) sont créés en septembre 1996 alors que la presse yiddish quotidienne - Unzer Wort, Unzer Schtimé, Naïe Presse - avait disparu. Soutenus par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, ils sont dirigés par Claude Hampel et ont des abonnés hors de France. Cette revue publie des articles sur des thèmes culturels et politiques concernant Israël, et signés notamment Mordekhai Lerman, Milka Szulsztejn, Izak Opatowski, Charles Zabuski, S. Lichtensztein et, en particulier, celui qui apporta sa caution morale : Henry Bulawko. Citons la contribution de Devi Tuszynski et du sculpteur Michel Milberger. Ses couvertures reproduisent des œuvres d’artistes : Moulé Ben-Haim, Ilex Beller, Alain Kleinmann, Benn, etc.
En 2012, le FSJU  a lancé un magazine annuel, Balagane. Sous le titre, était indiqué en couverture du premier numéro (juillet 2012) "le jewish culturel magazine", et dans le deuxième numéro : " magazine du Festival des cultures Juives". Directeur de la publication : Jacques Benichou, puis Robert Ejnès, et rédaction en chef assurée par Paule-Henriette Lévy, directrice du Festival des cultures juives, et Fabienne Cohen-Salmon.

Ont été publiés pendant quelques années divers journaux : Migdal , L'Ajitateur (2002, 2003) - directeur de publication et rédacteur en chef Gérard Darmon - , J'Com News, "revue trimestrielle du judaïsme et de la transmission" dirigée par Pascal Silvéra, vendue uniquement sur abonnement et revendiquant "10 000 lecteurs" etc.


Avec Cultures-J sous-titré Une communauté. Un magazine. Des cultures, c'est une expérience originale : le site Internet éponyme est lancé en 2010 sur une thématique artistique et culturelle juive, et depuis fin 2013 il est associé à une version print gratuite de 40 pages sur papier glacé, distribuée dans les théâtres et lieux communautaires. Grâce à ses partenariats, il offre des jeux-concours permettant aux lecteurs de  découvrir des spectacles, etc.

A noter, le lancement d'un magazine trimestriel, sur support papier et sur Internet, destiné aux "enfants juifs de 7 à 12 ans pour explorer les différentes facettes du judaïsme", LAMALO ? (Pourquoi pas, en hébreu), soutenu notamment par le FSJU et fondé par Leslie Siboni, rédactrice en chef. Son premier numéro (septembre 2012) s'ouvre par l'article intitulé Bienvenue au mellah ! : arpentant les ruelles du mellah de Rabat, Abraham se demande s'il aura le mynian, quorum de dix juifs ayant fait leur bar-mitzva, donc ayant atteint leur majorité religieuse (13 ans), indispensable pour certaines prières. Un Juif du mellah n'aurait que cette préoccupation ?! Quid du Tritel (pogrom antisémite) à Fès (17-19 avril 1912, 30 nissan 5672) : assassinats, viols, incendies, etc. En trois jours, le mellah (quartier Juif) de Fès a été détruit aux deux-tiers. Certains Juifs se réfugièrent alors au Palais, où ils durent rester dans la cage voisine de celle des lions. Dans son numéro (septembre-décembre 2013), Lamalo ? écrit, dans un article intitulé Le sionisme et ses héros  qu'Alfred Dreyfus était "d'origine juive", alors qu'il était juif...

Sont apparus aussi des magazines émanant d'établissements scolaires Juifs, tel Chné-or & vous, ou Cachère magazine qui informe sur les produits autorisés, donne des recettes, présente les coutumes juives...

Nouvel arrivé sur ce segment de la presse Juive française en  septembre 2013 : Priëlles ("Péri" fruit/"El" D.), magazine trimestriel gratuit "féminin d'art culinaire et de tendance juive", distribué près de magasins cacher, lors de grands évènements communautaires, et présent sur Facebook et Twitter avant la sortie du premier numéro qui traite, sur papier glacé, dans une jolie maquette, de règles de la cachérisation, de recettes de gâteaux et repas, de conseils cosmétiques, etc.  

Le risque serait une presse Juive française dominée par un, voire deux hebdomadaires à diffusion quasi-nationale et au lectorat déclinant, et constituée de périodiques thématiques - Hag Saméah, "magazine des fêtes juives" - ou aux micro-cibles : fidèles d'une communauté locale - trimestriel Tribu 12, "magazine de la communauté juive de Boulogne-Billancourt" Kesher -, élèves et parents d'élèves d'un groupe éducatif, etc.

Des radios trentenaires
Apparues vers 1980, quatre radios franciliennes – RCJ (radio de la communauté juive soutenue par le Fonds social juif unifié), Radio Shalom, Radio J et Judaïques FM – se partagent la fréquence Juive (94.8 FM). Une preuve de faiblesse pour la première communauté Juive européenne. A titre de comparaison : la communauté musulmane ou/et arabe en France, qui est la plus importante en Europe, dispose de plusieurs fréquences pour ses diverses radios : Beur FM, Radio Orient, Radio Salam, Radio Soleil, etc.

Caractéristique de ces quatre radios de la fréquence Juive française : leurs (vice-)présidents animent des émissions ou y interviennent régulièrement : Gil Taïeb, vice-président du FSJU, lit sur RCJ depuis plusieurs années sa tribune dominicale ; Robert Assaraf, président de Radio Shalom, anime la revue de presse quotidienne et codirige le Forum des auditeurs de cette radio ; chaque lundi vers 7 h 45, Serge Hajdenberg, président de Radio J, interroge la correspondante de cette radio en Israël et interviewe  une personnalité sur l'actualité ; Vladimir Spiro, président de Judaïques FM, co-anime avec Gérard Akoun deux émissions politiques - Pleins feux, Trente minutes pour convaincre - sur cette radio.


Ces radios disposent de correspondants en Israël afin de répondre en direct aux questions suscitées par l'actualité, d'assurer une revue de la presse israélienne : Katy Bisraor sur Radio J et RCJ, Jonathan Serero sur Judaïques FM, etc. 

Le chabbat et lors des fêtes religieuses juives, cette fréquence Juive diffuse un programme enregistré. Exception : lors de la guerre contre le Hezbollah au Liban (2006), Radio J a ouvert exceptionnellement son antenne pour des programmes originaux en direct d'Israël.

Certaines de ces radios sont présentes aussi par un site web où elles publient les enregistrements de certaines émissions (RCJ, Judaïques FM) -, un blog, une page Facebook, et exceptionnellement un compte Twitter de journaliste. Deux radios - RCJ et Judaïques FM - ont transformé leur site Internet en site multimédia. La métamorphose du site de RCJ est cependant plus achevée, mais le site pas régulièrement actualisé.


La grille des programmes de ces radios révèle un large positionnement : des émissions sur la religion juive, voire le judéo-espagnol ou le yiddish, voisinent avec d’autres sans thématique Juive. La programmation musicale lasse tant elle est monotone, répétitive. A noter, la diffusion en 2002 et en exclusivité par RCJ de la chanson Le Sable et le soldat écrite par Serge Gainsbourg à la demande du conseiller culturel de l'ambassade d'Israël en France lors de la Guerre des Six-Jours (juin 1967). RCJ a aussi diffusé la version en hébreu par la chorale de Tsahal de cette chanson lyrique et sobre (1'40'') qui était détenue par Kol Israël : « Quitte à mourir pour le sable d'Israël, la terre d'Israël, les enfants d'Israël/Je défendrai contre tout ennemi/Le sable et la terre qui m'étaient promis/Quitte à mourir pour le sable d'Israël, les villes d'Israël, le pays d'Israël/Tous lesGoliath venus des pyramides/Reculeront devant l'étoile de David... »

La plupart des invités des journaux de RCJ viennent de la gauche et de l'extrême-gauche (Mouvement Chalom Archav) israélienne.

Au début de l'Intifada II, les chroniques du philosophe Alain Finkielkraut lors de l'émission Qui vive ? de RCJ animée par Ilana Cicurel faisaient l'objet d'une écoute particulièrement attentive des auditeurs, au-delà de la communauté française Juive. Publiées dans L'Arche, les réflexions d'Alain Finkielkraut sur l'actualité nationale et internationale lui ont valu plusieurs procès, que cet intellectuel a gagnés, notamment contre le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et Eyal Sivan, réalisateur du controversé Route 181. Depuis le 6 janvier 2013, Alain Finkielkraut et Elisabeth Lévy, directrice de la rédaction de Causeur, commentent l'actualité dans l'émission dominicale L'esprit d'escalier.

Lors de la seconde manifestation à la mémoire d'Ilan Halimi en février 2006, j'avais interviewé, avec l'aide de cameramen, des VIP politiques ou artistiques pour l'agence de presse Guysen International News qui avait rapidement diffusé cette vidéo sur Guysen TV. Des radios Juives françaises ont diffusé les interviews radiophoniques essentiellement de dirigeants communautaires ayant participé à cette marche. Des auditeurs d'une de ces radios ont téléphoné pour interroger sur un ton furieux : "Guysen a diffusé les interviews des présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, et d'autres politiciens français. Pourquoi votre radio n'a-t-elle pas diffusé ces interviews ? Pourquoi entend-on toujours les mêmes personnes sur votre antenne ?"  

Depuis environ un an, RCJ s'oriente vers le multimédia : articles, vidéos, émissions radiophoniques en direct et en différé, photos. Ainsi, RCJ diffuse les vidéos de ses Grands entretiens avec des politiciens sur son site Internet et sur les réseaux sociaux (Youtube). Le 31 juillet 2013, aucun des cinq articles A la Une de l'actualité, souvent des dépêches d'AFP, n'est retweeté, liké, partagé dans les réseaux sociaux ou commenté. Idem pour cinq autres articles concernant eux l'Etat d'Israël... 


Le 31 juillet 2014, Shlomo Malka, directeur d'antenne et un des piliers de RCJ, a annoncé à la fin du journal de 12 h 30, que celui-ci était le dernier qu'il présentait. Curieusement, aucun responsable du FSJU et aucun collègue ne l'ont remercié à l'antenne.



Le 9 avril 2014, le site du FSJU a annoncé : "Radio Shalom va emménager dans les prochains jours dans les locaux de RCJ à l'Espace Rachi-Guy de Rothschild. Un premier pas peut-être vers un rapprochement des deux radios". Un rapprochement favorisé par leur ligne éditoriale similaire par le registre lexical biaisé : "territoires occupés", etc.


Les Forums en direct des auditeurs de Radio Shalom et de Radio J permettent de sentir battre le pouls de la communauté juive. Dans ces espaces, s’infiltrent parfois des antisionistes…


Radio Shalom diffuse aussi des flashes d'information de Kol Israël.


Sur Radio Shalom, Claude Bochurberg anime depuis 1981 l'émission nocturne Mémoire et Vigilance au cours de laquelle il interviewe des témoins, des historiens, etc. sur la Shoah. Il a fait don de ces archives sonores au Mémorial de la Shoah. Ce documentariste et ostéopathe a aussi rassemblé ses articles publiés dans la rubrique Mémoire d'Actualité juive  dans un ouvrage édité par les Fils et Filles des déportés Juifs de France sous le titre Les témoins et le témoin - Articles de Claude Bochurberg parus dans Actualité Juive hebdo.

L'une des émissions les plus passionnantes de Judaïques FM, "radio du judaïsme français" présidée par Vladimir Spiro et Gérard Akoun, et plus généralement de la fréquence juive francilienne, est Musique juive d'hier et d'aujourd'hui, présentée par Hervé Roten, ethnomusicologue et directeur de l’institut Européen des Musiques Juives.

C'est à Eva Soto sur Judaïques FM, que Philippe Bilger, alors avocat général, accorde une interview le  12 juillet 2009, pour justifier le jugement rendu par la Cour d'assises de Paris dans le procès contre le gang des Barbares accusé du rapt, de tortures et de l'assassinat d'Ilan Halimi.

De nouveau, c'est à Eva Soto sur Judaïques FM que le hacker du site de Dieudonné accorde une interview diffusée le 30 décembre 2013. Ce hacker y déclare sa motivation, sa stratégie et son but : lancer une campagne - appels téléphoniques par 3 000 personnes, trois fois par jour, aux mairies et aux préfectures - visant à faire interdire pour troubles à l'ordre public des spectacles de Dieudonné.

A l'automne 2012, Judaïques FM  a modifié son site Internet pour y associer en plus des archives de ses émissions, des vidéos. Mais cette radio renvoie vers d'autres sites de médias imprimés : The New York Times, Le Monde et Ynet (Yediot Aharonot). 

Si Radio Shalom et Judaïques FM, qui "soutient un juste compromis dans le conflit Israélo-palestinien", se sont positionnés sur la gauche des échiquiers politiques, français et israélien, Radio J affiche sa proximité avec les partisans de la Judée et de la Samarie. La terminologie, juridiquement et historiquement, biaisée de certaines radios - "territoires palestiniens", "colons", "frontières de 1967", "esplanade des mosquées" - choque. D'autant que cette terminologie partiale est fréquente sur RCJ, une radio qui se veut celle "de la communauté juive" et est adossée au FSJU. On attendrait donc de RCJ un registre lexical neutre, et le reflet de la diversité de cette communauté, en plus d'une exactitude juridique et historique. D'autant qu'en septembre 2013, deux journalistes anglophones de France 24, chaîne du service public audiovisuel français, ont désigné les habitants des hauteurs du Golan comme des "settlers", terminologie neutre. Il a fallu l'enlèvement le 12 juin 2014 de Naftali Frenkel, âgé de 16 ans, Gilad Shaer, âgé de 16 ans, et Eyal Yifrach, âgé de 19 ans pour que ces médias cessent, mais seulement brièvement, l'usage de "colons" et "colonies".

Par ailleurs, le 22 avril 2013, Paule-Henriette Lévy sur RCJ et Eva Soto sur Judaïques FM, journalistes présentant les flashes d'informations, ont parlé de "deux jeunes hommes", au lieu de deux terroristes ayant causé le 15 avril 2013 les attentats islamistes à Boston, "berceau de la révolution américaine" (André Kaspi).


Depuis le printemps 2014, le rapprochement entre RCJ et Radio Shalom s'est matérialisé par l'installation des bureaux de Radio Shalom dans les locaux de RCJ.

A partir du printemps 2013, Radio J est diffusée sur les vols d'El Al. Et elle a lancé son site Internet le 5 mai 2014.

Une des rares émissions de radios françaises Juives à avoir atteint une dimension nationale est le Forum dominical de Radio J animé notamment par Frédéric Haziza. En mars 2011, l’invitation de Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), a suscité l’indignation de responsables communautaires et la division au sein de la direction de la radio. Radio J a rapidement décidé de ne pas l'accueillir dans son Forum.


En octobre 2010, Radio J a créé le blog Justice pour Ilan Halimi pour élargir sa couverture exceptionnelle des audiences du procès en appel du gang des Barbares qui se sont déroulées à publicité restreinte. A la différence du procès en première instance, les Internautes ont pu bénéficier, outre les articles d'Elsa Vigoureux, journaliste au Nouvel Observateur, d'interviews et de reportages radiophoniques par le journaliste Eric Haddad.


Radio J organise des diners de collectes de fonds afin de financer le passage au numérique. Le 15 novembre 2011, pour fêter les 30 ans de Radio J qu'il avait fondée, Serge Hajdenberg, président de Radio J,  a organisé un dîner dont le principal invité d'honneur était le ministre français de l'Intérieur et chargé des Cultes, alors Claude Guéant.
 Lors de la semaine du 21 mai 2012, les auditeurs de Radio J et de Radio Chalom ont eu la surprise d’entendre un texte révélant le règlement amiable ayant résolu le grave différend entre Guy Rozanowicz, secrétaire général de Radio J, et Robert Assaraf, président de Radio Shalom.

Scoop de Radio J. Le 9 septembre 2012, cette radio a diffusé l'interview en français de Reza Pahlavi, fils de l'ancien Shah d'Iran et de l'impératrice Farah Pahlavi, par Michel Zerbib et Guy Rozanowicz. Et c'est Dominique Lunel qui a tweeté à 15 h 18, en direct, pour signaler cette interview. Le 11 septembre 2012, l'UPJF, dont le président Claude Barouch a assisté à l'interview, a posté la vidéo de cette interview sur YouTube.

Radio J a noué un partenariat avec l'UPJF qui dispose d'une plage horaire dominicale sur cette radio. Michel Zerbib anime aussi les colloques de l'UPJF.

Certaines émissions de ces radios communautaires sont rediffusées par leurs homologues en province, voire parfois sur une radio israélienne ou canadienne francophone.


Les communautés Juives de province se sont aussi dotées de radios, présentes aussi sur Internet, telle la dynamique Radio Chalom Nitsan (RCN) sur la Côte d’Azur et RJL Judaica Lyon (94,5).


Jérusalem a accueilli le Sommet des médias Juifs (Jewish Media Summit22-25 juin 2014) sur le thème The Challenges of Reporting on Israel and the Jewish World (Les Défis du journalisme sur Israël et le monde Juif)Curieusement, les organisateurs ont sélectionné parmi les médias Juifs français, Shlomo Malka, directeur d'antenne de RCJ, et ce, dans le cadre de la table-ronde sur Le problème de l'image d'Israël. Or, ils ont choisi comme orateurs de ce Sommet essentiellement des journalistes de médias imprimés. Le 22 juin 2014, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a listé les trois défis à relever par Israël et les médias Juifs dans le monde : "combattre la montée de l'antisémitisme, en particulier en Europe et constitué d'une alliance de l'antisémitisme de la gauche dure, de la droite dure et de l'islamisme, cimenter l'identité Juive, notamment celle des jeunes, qui se délite, et les dangers dans la région, en particulier éviter que des armes de destruction massive ne tombent dans les mains de musulmans radicaux :animés par la haine vieille de centaines d'années entre les sunnites et les chiites et émergeant avec la chute de régimes laïc l'ayant contenue - les milices chiites et sunnites se battent avec barbarie ; toutes deux sont des ennemies de l'humanité".


De TFJ à Khoutspa TV

Après huit ans d’émissions sur le câble et le satellite, TFJ (Télévision française Juive) a disparu en 2006 lors d'une procédure judiciaire. Elle avait notamment interviewé des membres de la famille du DJ Sébastien Selam.

La récente Khoutspa TV « la TV qui ose tout » a retenu un mode de diffusion original : publication de ses reportages filmés dans sa page Facebook et sur les réseaux de partages de vidéos (YouTube, DailyMotion).
Elle a révélé l’antisémitisme et l’anti-israélisme d’individus brandissant des drapeaux palestiniens, place de la Bastille (Paris), le 6 mai 2012 (La Palestine à Paris).
Reste la chaine israélienne francophone Guysen TV pour les Internaute et les abonnés au câble ou au satellite. Fondée par Guy Senbel et Dominique Fitoussi, Guysen TV a été rachetée à l'été 2012 par Patrick Drahi et Haïm Slutzky qui ont confié la direction de la nouvelle chaine israélienne trilingue i24news, lancée en juillet 2013, à Frank Melloul.

Blogs et groupes Internet
L’essor d’Internet a bousculé les Français Juifs, leurs institutions et médias. Propagandes haineuses antisémites, antijuives ou anti-israéliennes, réinformation via sites et blogs en faveur de l’Etat d’Israël et du judaïsme, articles à la lecture gratuite en plusieurs langues... On y trouve tout.

Cet essor a coïncidé avec le déclenchement de l’Intifada II et une désinformation généralisée par les MSM (Main Stream Medias) nationaux.

Si les Français Juifs sont entrés dans l'ère 2.0, tous les médias Juifs n’ont pas opéré avec succès cette mutation technologique.

Soutenu par des organisations communautaires et des investisseurs privés, le site Proche-Orient.info a été lancé en 2002, quasi en même temps que l’agence de presse Guysen. Dirigé par la journaliste Elisabeth Schemla, il a disparu à l’automne 2006 en raison de « difficultés économiques ».


Se sont développés depuis une dizaine d’années des groupes Yahoo – créé le 23 octobre 2000, le groupe Réponses-Israël aux 5 600 membres est particulièrement actif vers 2001-2002 - et des sites Internet (Desinfos.com, Col.fr, JForum), ainsi que des blogs français qui publient gracieusement des articles originaux ou traduits en français, et assurent une présence active sur le front de l’information : Europe-Israël, Israël-Infos, le culturel Jewpop...

A ceux-ci s’ajoutent les groupes (Belsef, Desintox-be) ou blogs francophones, tels JSSNews, Debriefing et Philosemitisme, et bien d’autres. (Nda : l'agence de presse Mena est israélienne). 


Le "premier magazine Juif sur le net" Alliancefr.com offre depuis une quinzaine d'années un sommaire de sujets variés, de l'international à la gastronomie. Dirigé par sa fondatrice Claudine Douillet, il bénéficie d'une tribune régulière sur Judaïques FM. Le 27 juin 2014, il a révélé le recrutement par la mairie de Bobigny (Seine-Saint-Denis) de Linda Benakouche, qui, mineure, avait séquestré une jeune femme enceinte et tué son fœtus et qui est l'épouse de Jean-Christophe Soumbou, un kidnappeur d'Ilan Halimi, dès avant ce rapt et cet assassinat antisémites. 


Et j’oublie d’autres initiatives…

Ces médias ont permis aux Juifs francophones de desserrer l’étau de leur marginalisation, de se sentir moins isolés lors de l’Intifada II, de combattre dans la guerre médiatique contre Israël, et de gagner des batailles.
Ce sont des blogs ou des mailings lists d’Internautes Juifs qui ont diffusé des argumentaires précis sur l’abattage rituel juif (che’ita). Ils ont ainsi pallié les carences informatives des Consistoires israélites français.
Une partie du combat contre la désinformation incombe donc aussi à des individus dévoués, rarement des professionnels de l’information, qui publient des articles originaux ou traduits de sources généralement anglophones et occultées par le « politiquement correct ».

Communications institutionnelles

Les institutions françaises juives ont perçu l’utilité de se doter de médias considérés comme vecteurs de communication externe et interne : Mila, revue trimestrielle de l'organisation des femmes sionistes WIZO France "distribuée auprès de 5 000 femmes actives", Osmose, magazine longtemps trimestriel de l'OSE (Oeuvre de Secours aux enfants) au tirage de "14 500 exemplaires" au printemps 2012, Jamif, journal mensuel de l'AMIF (Association des médecins israélites de France), etc.

Des journaux aux formats variés, souvent celui d'un newsmagazine, et dotés aussi d'une version électronique, temporaire ou permanente.

 Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) demeure actif en lançant son site web, une newsletter en français et anglais, un compte Twitter, une page Facebook… A la différence du Consistoire, le CRIF hésite sur le positionnement de son site Internet : espace institutionnel – vecteur de sa communication externe, publication d’éditoriaux de son président, etc. - ou plate-forme accueillant les opinions les plus diverses, et parfois controversées ? 

En outre, la newsletter du CRIF, qui toucherait en 2014 selon Roger Cukierman "50 000 foyers", souffre aussi d'une hiérarchisation parfois aberrante des sujets évoqués : par exemple, est placée en première place, avant un article sur l'actualité internationale ou politique, l'annonce de telle ou telle décoration républicaine remise à un dirigeant communautaire français. Le 29 octobre 2012, le CRIF a publié une revue de presse de l'actualité culturelle de novembre, d'environ 28 pages, établie par Marc Knobel, chercheur au CRIF. Celui-ci mentionne l'exposition du designer Guillaume Bardet à Montélimar, et non celle sur Soutine au musée de l'Orangerie. Curieusement, la newsletter et le site Internet du CRIF n'ont publié aucun article sur l'audience du 16 janvier 2013, alors que Richard Prasquier y avait assisté, alors qu'ils ont informé sur l'appel du SNJ (Syndicat national des journalistes) à manifester par solidarité avec Charles Enderlin, etc. Le reste est à l'avenant.
Vers la mi-février 2013, le CRIF a annoncé, dans la revue de presse de sa newsletter et sur son site, et sous le titre Juifs d'Europe en danger : un documentaire israélien édifiant le documentaire Alla Islam, sur les traces de la conquête de l'Europe par l'islamisme, réalisé par deux journalistes israéliens, Zvi Yehezkeli et David Deryi. Dans sa tribune Le CRIF publie sur son site un documentaire plus que douteux du 20 février 2013 sur Rue 89, Guillaume Weill-Raynal a cité quelques passages de ce doucmentaire qui a "été dénoncé par de nombreuses voix" lors de sa diffusion en Israël à l'automne 2012. Le 22 février 2013, Richard Prasquier a déclaré : "On n'est pas allé au bout de la procédure de contrôle". Après avoir visionné ce film, il a estimé que ce documentaire, qui dramatise inutilement la situation des Juifs européens, "n'avait pas sa place dans le site du CRIF. Ce film a été diffusé en Israël et demeure visible notamment sur Youtube, mais il a disparu du site Internet du CRIF "islamiquement correct". Cette décision de retrait a été qualifiée de "bonne chose" par l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi. Il est surprenant qu'une seule voix française soit parvenue à cette auto-censure affligeante. Doit-on rappeler qu'une revue de presse présente les actualités et que casser un thermomètre ne favorise pas la guérison du malade ? De plus, le 11 octobre 2011, Arte a diffusé le reportage sur La vie juive en Europe qui décrivait un « antisémitisme qui est surtout le fait de musulmans", notamment marocains, à Malmö (Suède). Ce qui n'a pas suscité l'ire de M. Weill-Raynal ni d'aucune autorité musulmane en Europe. Une polémique déclenchée alors que le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) a publié un rapport alarmant sur l'antisémitisme en 2012. Le 21 février 2013, sur Radio J, Ron Rafaeli indiquait que les  victimes de ces violences antisémites décrivaient majoritairement leurs agresseurs comme de type maghrébin. Enfin, le CRIF a présenté la recension du livre Vichy et la Shoah - Enquête sur le paradoxe français d'Alain Michel préfacé par Richard Prasquier qui ne partage pas les thèses de cet ouvrage.

Plus que son prédécesseur Roger Cukierman, Richard Prasquier a multiplié sur le site du CRIF les tribunes, très argumentées, en réaction à l'actualité. Mais, au cours de ses deux mandats, il a organisé de rares rencontres - un déjeuner avec la presse communautaire -, alors que Roger Cukierman, élu le 26 mai 2013, a rencontré la presse juive peu avant l'assemblée générale du CRIF du 30 juin 2013. Et Roger Cukierman préfère aussi axer sa communication digitale par des vidéos postées sur le site Internet du CRIF. C'est plus rapide, et aisément relayé.
Le 27 mars 2014, interviewé par Michel Zerbib sur Radio J, Me Gilles-William Goldnadel, président de l'association France-Israël et secrétaire national de l'UMP aux médias et à la désinformation, a stigmatisé sur Radio J la newsletter du CRIF - "On dirait Libération" - car elle soulignait le score du seul Front national, en occultant celui de l'extrême-gauche lors du premier tour des élections municipales du 23 mars 2014. Cet avocat a visé une "petite coterie" au sein de l'UEJF (Union des étudiants Juifs de France) qui, espérant faire "carrière dans le Parti socialiste, a détourné l'association de ses buts". Il a conclu :"Le CRIF n'est plus en phase avec la communauté juive". Dès le 28 mars 2014, le CRIF rappelait dans sa newsletter ainsi que sur son site Internet, et ce, 48 heures avant le second tour de ces élections, "son attachement aux valeurs républicaines" et appelait "les électeurs à faire barrage aux listes d’extrême-gauche et d’extrême-droite, dont le front national, qui prônent l’exclusion, le sectarisme et le clivage au sein de la société, contraires aux valeurs de la République".

Depuis le début des années 2000, le CRIF a créé une collection d'essais, Etudes du CRIF, signés d'historiens renommés - Pierre-André Taguieff, Françoise S. Ouzan, - , publiés en versions papier et électronique, et parfois distribués aux invités du diner annuel du CRIF. Celui-ci s'est distancié d'une de ces études portant sur un sujet sensible, Les détours du rapprochement judéo-arabe et judéo-musulman à travers le monde, écrite par Dov Maimon, Franck Bonneveau et Dina Lahlou.

Les Consistoires israélites recourent au mensuel Information juive. La grande synagogue de Paris dispose de La Lettre de la Victoire


Le Mouvement Juif libéral de France (MJLF) a lancé Tenou’a dont le numéro d'automne 2011 est consacré au rapport qu'entretient le judaïsme à l'animal »Depuis le printemps 2013, Tenou'a a gagné son autonomie. Dirigé par le rabbin Delphine Horvilleur, « Tenou’a – Atelier de pensée(s) juive(s) » est "un point de rencontre unique en France pour les juifs de tous horizons et de toutes sensibilités, tant au niveau de la pensée que de l’art. Tissant les fils d’un dialogue entre religion, société, histoire, sciences et art contemporain, Tenou’a accueille dans ses pages des intellectuels, acteurs publics et universitaires, leaders d’opinion et artistes reconnus et talentueux au sein de la communauté juive. Seule publication juive à ouvrir ses colonnes à toutes les sensibilités religieuses et culturelles du judaïsme, Tenou’a veut montrer et susciter le pluralisme intellectuel et artistique juif d’aujourd’hui. Tenou’a veut donner la parole à tous ceux qui souhaitent exprimer leurs idées et leurs analyses dans le respect et le dialogue avec les positions de chacun, pour servir une pensée juive décloisonnée et confiante. Tenou’a présente, dans chaque numéro, une trentaine d’oeuvres d’art contemporain. Nous avons la conviction que l’art peut être un midrash au même titre que les mots. Toutes ces oeuvres sont le fruit du travail d’artistes juifs, vivants, créant actuellement. Tenou’a est en dialogue permanent, constructif et nourri avec ces artistes et leurs galeristes. Nous souhaitons ainsi montrer la formidable vivacité des artistes juifs, en Israël et en Diaspora aujourd’hui. La créativité juive est le moteur, le carburant et le chemin de Tenou’a".



Quant à l'Union libérale israélite de France (ULIF), elle s'est dotée du trimestriel Le Messager-Hamevasser.

Des communautés Juives locales bénéficient de médias imprimés - Neuilly -ou simplement électroniques (La e-letter de Beth Moshé, newsletter de la communauté juive d’Aulnay-sous-Bois).

Conscience du lectorat réduit de leurs journaux ? Volonté d’élargir leur au dience en touchant des franges plus larges, voire périphériques ? Des responsables d'organisations Juives françaises ont choisi de s’exprimer dans les principaux médias communautaires : tribunes dans Actu J, émission Un rabbin vous parle de feu le grand rabbin de Paris David Messas sur RCJ, chroniques hebdomadaire de Joseph Haïm Sitruk, grand rabbin de France (1987-2008), et de Joël Mergui, président des Consistoires, sur Radio J,  émission Torah et Société du grand rabbin de France Gilles Bernheim sur Radio Shalom sous la forme d'une interview par Pierre Gandus, etc.
C'est dans le cadre de cette émission radiophonique que le grand rabbin de France Gilles Bernheim s'est expliqué le 9 avril 2013, vers 19 h 30, sur les plagiats qu'il a commis et l'agrégation de philosophie non obtenue.
Des organisations - UPJF, AIU (Alliance israélite universelle), Primo-Europe, BNVCA, Connec’sion, Fraternité judéo-noire (FJN), Confédération des Juifs de France et amis d'Israël (CJFAI), etc. – ont articulé leur communication, parfois exclusivement, via Internet (site, newsletter), souvent en raison de manques de moyens financiers ou/et par souci de modernité. Depuis 2003, le BNVCA publie la version digitale de sa revue mensuelle Vigilance Info, l'UPJF a lancé UPJF Mag.

Danger d’Internet : les refontes successives des sites de l’UPJF et du Consistoire ont fait disparaître un nombre considérable d’articles pertinents, d’archives précieuses et riches en argumentaires. Le départ du précédent responsable éditorial de l'UPJF a aussi induit une modification dans le site par la réduction en particulier de la quantité de textes publiés.

Dans ce paysage éclaté, face à la révolution des nouvelles technologies, les organisations Juives françaises peinent à concevoir une stratégie de communication adaptée et commune. Ainsi, organisé par le Consistoire israélite de France en partenariat avec le FSJU, le 18 mars 2012, le Congrès des communautés juives de France du 18 mars 2012 a multiplié les tables-rondes passionnantes, mais … non filmées et non diffusées sur Internet. Une tâche qu’aurait pu assurer Akadem, campus numérique du FSJU. Le 2 juin 2013, les discours du 2e Congrès des communautés juives de France n'ont pas été diffusés en direct sur Internet... 

Un cas pratique et emblématique révèle, en concentré, ces difficultés : le FSJU et ses médias dont RCJ et L'Arche.

RCJ, radio du FSJU

Le FSJU est l’une des principales organisations de la communauté juive française. Ses domaines d’actions : le social, la culture, l’éducation et la jeunesse.


Le FSJU offre un exemple emblématique particulièrement intéressant, car il a bâti en quelques décennies un groupe médiatique large et varié, imprimé, audiovisuel et électronique : radio – RCJ -, presse – L’Arche, Communauté nouvelle destiné à des donateurs de l'AUJF, Balagane largement centré sur le Festival des cultures Juives -, e-learning avec Akadem, media culturel JudaicinéAction culturelle du FSJU sur Youtube, etc.


Le 17 décembre 2013, le Président de la République François Hollande a rappelé à l'Elysée que le FSJU : "est la principale organisation juive dans le champ de l’éducation, mais aussi des médias et la première source de collecte".



RCJ  signifie "Radio de la communauté juive". Le 24 octobre 2014, Benjamin Duvshani a annoncé que le nom de la radio changera en 2015 : le sens de RCJ serait "Radio des cultures juives"...



Directrice de l'action culturelle du FSJU depuis quelques années, Paule-Henriette Lévy, a été promue en 2014 : rédactrice en chef de RCJ, elle  devient la direction de l'antenne,. Elle prépare une nouvelle grille de la radio en janvier 2015.




Sa programmation associe flashes et bulletins d’informations ainsi que des émissions de divertissement. Parfois dans le cadre de partenariats avec des organisations françaises ou israéliennes Juives. 


Le 17 mars 2013, cette radio n'a pas diffusé en direct la cérémonie à Toulouse, en hommage aux victimes du djihadiste Merah. Elle a préféré diffuser l'interview de François Bayrou, président du MoDem. Aucun des deux journalistes ne l'ont interviewé sur son refus de participer en 2012 au diner du CRIF qualifié de "réunion communautaire", son accord pour assister au diner de l'Union des associations musulmanes (UAM) de Seine-Saint-Denis en 2007, ou sa position en 2012 en faveur de créneaux spécifiques pour les femmes dans les piscines. Ou ses déclarations le 19 mars 2013, après l'attentat antisémite à Toulouse qui selon lui s'enracinait "dans l'état d'une société" malade de ses divisions. François Bayrou avait accusé les responsables politiques qui "montrent du doigt" en fonction "des origines" et font "flamber les passions". Des questions pertinentes le jour de la cérémonie nationale en hommage aux victimes de Mérah, et à quelques jours du diner du CRIF.

Sur RCJ, on entend parfois des journalistes parler d'« activistes » au lieu de terroristes, de « colonies » ou de « territoires occupés » au lieu d’« implantations » et de « territoires disputés », vocables conformes au droit international. Ce qui risque d’incliner les auditeurs, Juifs et non-Juifs, à penser que cette terminologie biaisée des médias dominants, les MSM (Mainstream medias),  est fondée juridiquement puisqu’elle est reprise par un média Juif institutionnel. Un registre lexical partial adopté aussi notamment par Radio Chalom.

Voici quelques mois, commentant les résultats d’élections consécutives au « printemps arabe », Paule-Henriette Lévy, rédactrice en chef de RCJ, a pourtant distingué l’islamisme de l’« islamisme modéré ». Quelques semaines plus tard, elle réfutait toute pertinence à cette distinction. Le 29 août 2012, elle alléguait lors du bulletin d'information de 8 h, que Rachel Corrie, militante américaine d'ISM, aurait été "blessée par les chenilles du bulldozer" israélien dans la bande de Gaza. Du gore - inspiré peut-être par un titre d'article du Monde -, mais faux. Rachel Corrie a été blessée par un amas de terre poussée par un bulldozer qui ne l'a pas touchée. Ainsi que l'indique le jugement argumenté du tribunal de Haïfa dont de larges extraits sont disponibles en anglais sur Internet.


Le 23 octobre 2014, Paule-Henriette a qualifié d'"assaillant" Michael Zehaf-Bibeau, Canadien de 25 ans converti à l'islam et auteur des deux attentats islamistes au Monument aux morts puis au Parlement d'Ottawa (Canada) du 22 octobre 2014. Une terminologie évitant tout lien avec l'islam.



Lors d’une Matinale, Sandrine Sebbane a interviewé Dominique Cantien sur son autobiographie Avec eux… Dominique Cantien a été la compagne de Philippe Douste-Blazy, alors ministre des Affaires étrangères (2005-2007), et s’est vue proposer un poste par le successeur de ce dernier, Bernard Kouchner. Eh bien, curieusement, Sandrine Sebbane n’a posé aucune question sur la diplomatie française ni sur la « politique arabe » de la France.


Le 19 mars 2013, Sandrine Sebbane a annoncé qu'elle va parler des "Juifs de France et des musulmans de France" avec Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten, une des victimes de l'islamiste Mohamed Merah en 2012. Pourquoi ne pas parler des Juifs français ? En effet, la quasi-totalité des "Juifs de France" ont la nationalité française, et elle seule. Sandrine Sebbane explique qu'il faut appeler Mohamed Merah 'terroriste", et non "tueur au scooter". Mais pourquoi ne pas qualifier ce terroriste d'"islamiste" ou de djihadiste ? Cette journaliste demeure silencieuse quand Latifa Ibn Ziaten nie tout lien entre l'islam et les attentats du moudjahidin Merah.

Le 24 décembre 2013, Sandrine Sebbane a interviewé l'historien Bernard Stora, et véhiculé le mythe de la "coexistence pacifique et harmonieuse" entre musulmans et non musulmans. Peut-être ignore-t-elle la dhimmitude, les pogroms, dont celui en 1934 à Constantine, en "terre d'islam".

Le 20 février 2014, elle a interviewé les candidats des deux listes parisiennes à l'élection nationale du FSJU en mars 2014. Pas la moindre question critique sur leurs actions et bilans.


Dans la semaine du 28 juillet 2014, environ trois semaines après le début de l'opération Bordure protectrice, Sandrine Sebbane a encouragé les auditeurs à passer leurs vacances estivales en Israël... par des émissions en direct de palaces de Tel Aviv : Sheraton, etc. Et ceux qui n'ont pas les moyens de payer un séjour si onéreux dans ces hôtels somptueux ?! Même pas un direct d'un hôtel deux étoiles ?


Sur son compte Facebook, le chanteur et acteur Patrick Bruel a publié le 4 août 2014, à la fin de l'opération Bordure protectrice, une Mise au pointqui a suscité une controverse. Il a commencé par nier toute aide financière à Tsahal, puis il a révélé une grande ignorance ou une dangereuse naïveté sur ce conflit en soutenant la solution des deux Etats. Le 5 août 2014, interrogé par la journaliste Sandrine Sebbane sur RCJ, le réalisateur Alexandre Arcady a assuré : "Patrick Bruel a été infiniment blessé. Il a toujours été proche de l'Etat d'Israël". On peut s'étonner que Sandrine Sebbane n'ait pas interrogé sur RCJ les VIP - acteurs, chanteurs, etc. - qu'elle connait sur ce regain d'actes antisémites, sur cette "rue arabe" déferlante de violences, etc.
Le 15 octobre 2014, Sandrine Sebbane a interviewé le journaliste-producteur français Juif Paul Amar. Evoquant leur confrère Eric Zemmour, auteur d'un essai controversé, Le suicide français, elle a demandé à Paul Amar si Eric Zemmour était "dangereux" !? Shocking. Son travail de journaliste consiste d'abord et surtout à présenter des arguments opposés à la thèse d'Eric Zemmour sur la "protection" des Juifs par le régime de Vichy, et non d'attaquer un absent de cette manière. A-t-elle jamais posé cette question à propos de l'islam ? "Al-Andalus", évoqué positivement par Paul Amar, n'était-ce pas plus "dangereux" ? Paul Amar a répondu à cette question en reconnaissant n'avoir pas lu le livre. Curieusement, en listant les assassinats antisémites en France depuis l'Intifada II, ni Paul Amar ni elle n'ont évoqué Sébastien Selam. Au nom de ses convictions humanistes , Paul Amar a raconté avoir parfois fait essayer de faire dialoguer Leila Shahid et l'ambassadeur israélien, Tarik Ramadan et Bernard-Henri Lévy. Et Paul Amar a affirmé n'avoir jamais pris parti !? Pourquoi n'avoir pas interrogé ce journaliste du service public sur l'affaire al-Dura ?

Lors de son talk-show, Sandrine Sebbane interviewe régulièrement Francine Lutenberg, responsable des projets culturels à l'ambassade d'Israël en France qui les présente sur RCJ. On ne peut que regretter que cette "journaliste Culture" ne l'interpelle pas sur des manifestations artistiques controversées - expositions, spectacles, etc. -, soutenues par le service culturel  de cette ambassade problématique malgré leurs caractères politique et partial.  Exemple : ce 3 mars 2014, Francine Lutenberg a évoqué, sans réaction de Sandrine Sebbane, notamment A portée de crachat, pièce de Taher Najib, bientôt présentée au Théâtre du Rond-Point. Et elle a présenté cet auteur comme un Arabe israélien palestinien !? Ce dramaturge déclare être né en 1970 "à Umm el Fahem, dans le nord de la Palestine" (sic). En fait il est né à Oum el-Fahem, en Galilée (Israël).


Quant à Elisabeth Steiner, cette avocate a récemment interviewé Jacques Giami, président de l’association « Pro-Arte », « qui a pour but d'entretenir la mémoire de la Shoah et de diffuser la culture juive ». Elle s’est alors étonnée, ou a feint de s’étonner, qu’un Juif non ashkénaze se soit intéressé à la Shoah. Rappelons l’occupation nazie en Tunisie (1942-1943) et la déportation de Juifs de Tunisie vers les camps nazis d’extermination.

"Parole d'ambassadeur". Tel est le titre de cette émission curieuse. "Un dimanche par mois, dans le journal de la mi-journée, Jonathan Siksou ou Julien Miro donne la parole à un ambassadeur de France en poste à l’étranger, ou à un ambassadeur de l’étranger en France.  Le diplomate présente sa mission et explique les enjeux auxquels la France est confrontée dans le pays où il se trouve missionné". Qu'attendre de cette émission ? Des révélations sur la "politique arabe" de la France pourvoyeuse d'antisémitisme ou un langage "diplomatiquement correct" ? On trouve dans la liste des invités : Ichiro Komatsu, ambassadeur du Japon en France. Comprenne qui pourra la logique de l'émission. 

Poursuivons notre promenade dans la grille des programmes de RCJ. Depuis environ un an, Gil Taïeb, vice-président du FSJU et responsable de l’Opération Lunettes en Israël, dispose d’environ cinq minutes sur RCJ pour sa chronique hebdomadaire dominicale, à l’heure du déjeuner, et souvent truffée de "je". Il y commente l’actualité.  Le 23 juin 2013, Gil Taieb a consacré son billet hebdomadaire à inciter les auditeurs au Salon des 12 heures pour Israël, qui est une initiative de personnes privées...

Continuons sur RCJ. Voici Objectif santé présenté le lundi (13 h-14 h) par Karen Taïeb, épouse de Gil Taïeb.


30 janvier 2012, l’invité est Guillaume Gérault, coauteur du livre avec Catherine Behar, Ronald Mary et Jean-Charles Sommerard « Le guide de l’olfactothérapie », paru aux Éditions Albin Michel (octobre 2011). Les « auteurs nous proposent la méthode de soins la plus simple qui soit : l’utilisation des huiles essentielles en olfaction, au flacon ou au bouchon ». Les auteurs : « Guillaume Gérault est naturopathe, aromatologue et thérapeute psycho-corporel formé aux techniques manuelles. Jean-Charles Sommerard, aromatologue, a fondé le premier bar à eaux florales du monde, à Paris. Catherine Béhar est sophro-analyste et aromatologue, spécialisée dans la gestion des émotions et du stress. Ronald Mary est journaliste ».


Le 21 mai 2012, l’invité est le « Dr Alain Delabos, auteur du livre « Mincir sur mesure grâce à la chrononutrition », paru aux Éditions Albin Michel ». La chrononutrition a été « élaborée en 1986 par le Dr Alain Delabos et testée médicalement par l’équipe des scientifiques de l’IREN (Institut de recherche européen sur la nutrition)... Cette méthode révolutionnaire permet de mincir là où il faut et sans se priver. Elle vous propose de déterminer votre propre morphotype, afin de comprendre pourquoi vos kilos superflus sont localisés sur telle ou telle partie du corps et de corriger d’éventuelles erreurs… tout aliment est bénéfique s’il est consommé en fonction de l’horloge biologique du corps. Ses principes essentiels peuvent alors parvenir jusqu’à leur site d’action cellulaire, alors que le même aliment, pris à un autre moment, s’oriente vers une voie de stockage ». Ce texte publié par RCJ omet de préciser que l'IREN a été créé à l'initiative notamment du... Dr Delabos. Le 25 mars 2013, Karen Taieb invite de nouveau le Dr Delabos, auteur de Mincir en beauté grâce à la morphonutrition (Albin Michel). Cet invité reconnait l'absence d'études scientifiques sur le bien-fondé de ses allégations. Karen Taieb cite un article récent sur le Dr Delabos publié par... Gala. Quelle source pour une émission médicale !


Le 5 novembre 2012, l'invité est Christian Brun, naturopathe et qui, contrairement aux allégations du site de RCJ, n'est pas médecin. Il est « l’auteur du livre « Nettoyer et drainer son foie naturellement », paru aux Éditions Guy Trédaniel (août 2012) ». « En suivant les conseils naturopathiques relevant du bon sens et de la logique, en adoptant une hygiène de vie globale et spécifique, vous aurez les moyens de préserver les fonctions vitales de cet organe essentiel qu’est le foie, par des moyens naturels et efficaces ».

Curieux pour une « émission médicale »...

Non signés, ces textes publiés par RCJ proviennent-ils de communiqués de presse des éditeurs ou ont-ils été rédigés par Karen Taieb ou/et RCJ ? Il est étrange qu'un site d'information soucieux de "rigueur" ne mentionne pas l'auteur de ces textes. Les éditions Albin Michel sont-elles surreprésentées ?

Les allégations de ces textes sont-elles scientifiquement ou médicalement valables ? Ont-elles été validées par des études conformes aux protocoles standards scientifiques et médicaux, et reconnus internationalement ? Si oui, lesquelles ? Ces études ont-elles la qualité scientifique suffisante pour être considérées comme valables pour la santé humaine ? L’information sur les conceptions, méthodologies et objectifs de ces études est-elle suffisante ? Curieusement, Karen Taïeb, qui se prévaut de sa qualité de "journaliste médicale radiophonique", n’a pas posé ces questions essentielles.

Certes, me direz-vous, ce ne sont là que trois invités sur 26 (11,54%) sur moins de dix mois – semaines et mois d’arrêt de l’émission en raison de vacances ou fêtes juives inclus - en 2012.

Mais il est problématique que ces (non-)médecins parlent sur des thèmes dépourvus d'études conformes aux protocoles standards internationaux dans une « émission médicale » à la programmation quasi-essentiellement composée d'invités médecins, sur un sujet aussi sensible que la santé humaine, et sous la responsabilité d’une "journaliste médicale radiophonique".  
N’y a-t-il pas des sujets plus intéressants et pertinents, tels le déremboursement de médicaments ou de l'hypertension artérielle par la Sécurité sociale, l’accompagnement des malades en fin de vie ou la circoncision si contestée depuis quelques années, notamment en Europe ? N’y aurait-il pas là matière à des enquêtes, reportages ou interviews par des journalistes ? Ne vaudrait-il pas éviter les invités qui ne sont pas médecins ? Quels sont les liens entre cette « émission médicale » et la rédaction de RCJ ? Il semble surprenant qu'aucun responsable de la rédaction de RCJ ou/et du FSJU n'ait infléchi vers plus de raison les critères de Karen Taieb dans le choix de ses invités et des thèmes abordés.


Innovation récente en ce printemps 2012 : un talk-show en anglais sur RCJ, GloCal Impact (un samedi soir sur deux, 23 h-24 h) animé par "Georges Hazan, Managing Director / (Directeur) BROTHERS & Partners". Une "émission destinée aux auditeurs et internautes anglophones". Quel dirigeant de cette organisation française Juive i a pris la décision de lancer cette émission dans la langue de Shakespeare et non animée par un journaliste? Et pourquoi ? Quels sont l’audience, l’intérêt et le coût de ce talk-show ? Le 19 mai 2012, pour parler de « Jerusalem Day – Yom Yerushalayim », Georges Hazan a invité Emmanuel Navon, professeur israélien et candidat du Likoud aux primaires du Likoud et Kenneth Weinstein, président de l’Hudson Institute (Washington, D.C.). Deux francophones…

Plusieurs mois après la publication de cet article, le site Internet de RCJ a supprimé toute mention de cette émission.

Le FSJU et ses médias envisageront-ils un code déontologique et une réflexion sur leur stratégie et leur éthique, ainsi que sur leur programmation et leur ligne éditoriale ? Non. Au printemps 2013, Gil Taieb est candidat à la présidence du CRIF et lit sa chronique dominicale sur RCJ. Il se présente comme candidat libre à l'élection au Consistoire de Paris du 24 novembre 2013, et continue de lire sa chronique hebdomadaire sur RCJ.

L’Arche, de mensuel à trimestriel


Le 24 février 2011, par une lettre-circulaire électronique, Jacques Bénichou, directeur général du FSJU, a annoncé aux 73 collaborateurs - journalistes, universitaires, dessinateurs, etc. - de L’Arche « une pause dans leur collaboration » et les a exclus de la réflexion sur l’avenir du journal. Un envoi collectif que Pierre Besnainou qualifiera de « maladresse ».

Le 9 mars 2012, sur RCJ, alors que le philosophe Alain Finkielkraut, lecteur et ancien collaborateur de L'Arche, soulignait que L'Arche n'était pas ni un "jouet" ni une "danseuse" et que, si "un journal a des lecteurs", un "site Internet a des navigateurs", ce même président du FSJU a reconnu : " Nous avons mal préparé la suite. Cela n'aurait pas du se passer comme cela". Et Pierre Besnainou s'est prévalu d'une "décision du Bureau exécutif du FSJU après une réflexion de 18 mois" et a qualifié l'envoi par Internet de ce courrier d'"inacceptable dans la forme".

Le 8 mars 2011, Libération écrivait : « Avec 2 000 à 2 500 abonnés et 200 à 300 numéros vendus, selon les chiffres de Besnainou, ce magazine perd de l’argent ». Président du FSJU, Pierre Besnainou a argué de problèmes financiers graves affectant L’Arche. « L’audience de L’Arche est de plus en plus faible. Nous n’avons pas arrêté de pousser la communication […] Dernièrement, nous avons envoyé 300 000 mails, et nous avons eu très peu de retour », a-t-il déclaré. Et de préciser qu’il s’agissait de transformer « L’Arche papier en Arche.fr ». Un site qui republierait les archives de L'Arche. Quant à la version imprimée, elle deviendrait trimestrielle.

Cette double mutation  a suscité l’opposition de la quasi-totalité des collaborateurs du magazine dénonçant le 15 mars 2011, dans Libération, « un sabordage politique », « un aveuglement », et l’oubli d’« un des fondements du judaïsme, sa part symbolique, la dimension particulière de l’écrit et du « Livre » ».

Le 22 septembre 2011, Témoignage chrétien affirmait que L’Arche disposait de « 2 900 abonnés pour 500 à 600 exemplaires vendus en kiosque » début 2011. Curieusement, les statistiques diffèrent les unes des autres, alors qu’elles émanent du même FSJU...


Il semble que des dirigeants du FSJU, généralement sans expertise journalistique – entrepreneur, Pierre Besnainou avait confié à des journalistes la direction de la rédaction de Tribune juive qu’il avait acquise pendant quelques années ; Gil Taieb est « docteur en chirurgie dentaire » ; Patrick Chasquès, directeur de la communication, Marc Abensour, ancien directeur administratif et financier chez Natixis, etc. - et de L’Arche n’ont pas su au fil des années mieux positionner ce magazine ni prendre pendant plus d'une décennie le bon virage Internet. N’en ont pas appliqué les règles : fréquence rapide des publications, mises en page éclatées, synergie entre web, blog et réseaux sociaux, etc. Ont lancé des campagnes d’abonnement sans dynamiser parallèlement le site Internet de L’Arche et sans jouer des synergies entre les versions imprimée et numérique de L’Arche. N’ont pas associé à leurs réflexions et actions les collaborateurs de L’Arche, ce qui les a vraisemblablement privés d’avis éclairés de journalistes compétents et expérimentés dans la presse écrite et les médias électroniques.

Au printemps 2012, le site Internet de L’Arche présente des articles du romancier Yann Moix sur le terrorisme et de l’universitaire Eric Marty sur les assassinats d’enfants Juifs par Mohamed Merah, et, dans la rubrique Culture Life Style, des textes datant de septembre 2011, le Tweet le plus récent de L’Arche remonte à 141 jours !

Dans son n° 1213 (7 juin 2012), Actu J indique Les ambition de L'Arche nouvelle formule. "C'est Internet que le magazine veut conquérir", résume cet hebdomadaire. Curieusement, pour présenter ces ambitions, ce n'est pas le rédacteur en chef, Shlomo Malka, mais Marc Abensour, chargé des finances du journal, directeur général adjoint du FSJU et "un de ceux qui ont décidé de la nouvelle périodicité du journal" - trimestrielle - qui s'exprime. "La diffusion sur Internet est prometteuse, explique-t-il. Nous visons 20 000 visiteurs pour les débuts, puis autour de 50 000 visiteurs mensuels dans les trois ans à venir". Des visiteurs qui devraient pouvoir consulter les anciens numéros de L'Arche, en ligne et gratuitement. "Peut-être pas tous", précise M. Abensour. Il est vrai qu'avec plus de six cents numéros, le passage au numérique sera un travail titanesque. Et qui aura un prix... Le site n'hébergera sans doute pas de fil d'information ni de dépêches. Il proposera en revanche des articles politiques, des chroniques culturelles et des blogs". Aucune information n'est donnée sur le coût actuel et futur de L'Arche, sur la raison du changement de rédacteur en chef, etc.

Au cours de l'été 2012, RCJ diffuse des annonces publicitaires présentant quelques titres du sommaire du numéro estival de ce "magazine du judaïsme français" et invitant les auditeurs à l'acheter dans leurs "kiosques habituels". Le 6 octobre 2012, ce trimestriel indiquait être diffusé essentiellement dans près de 70 kiosques et librairies parisiennes.

Le site Internet de L'Arche présente quelques articles du numéro d'août 2012, ainsi qu'un lexique de Twitter. Joke : l'auteur de ce lexique ignore le mot hashtag. Parmi les signataires d'articles, des journalistes de RCJ, tels Jonathan Siksou et Paule-Henriette Lévy. Pour la rubrique Expositions : Rachel Rimmer, responsable de la Communication de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), et Ariane Charton, "spécialisée dans l'étude de l'époque romantique"...


L'Arche consacre son numéro d'octobre 2012 à un dossier sur Pierre Mendès France comprenant une interview du Président François Hollande sur cet homme politique et l'antisémitisme. Ni le Président ni les journalistes Salomon Malka et Dominique Laury n'ont qualifié l'attentat antisémite de Toulouse de djihadiste ou d'islamiste, ni abordé la diplomatie française, notamment à l'égard de l'Etat d'Israël.


Le 4 décembre 2012, un petit tour dans ce site Internet montre un Tweet vieux de 31 jours, soit du 2 novembre 2012,  indiquant : « Nous vous remercions pour vos messages sur le site et cette page facebook. Malheureusement nous ne pouvons pas encore publier les feedback, mais nous en tenons bien entendu compte  » - un message présent aussi, et c'est le seul, sur la page Facebook de L'Arche magazine L'article  IFeelSmart, l’iPhone grand écran remonte au 30 septembre 2012. Toujours en page d'accueil, l'annonce d'un article de la "rédaction" sur l'exposition du peintre Yoël Benharrouche qui s'est achevée le... 4 novembre 2012. Etc. Etc. Etc. Quel thème abordé dans ce site web est susceptible de séduire les jeunes Internautes ?

Dans son n°1253 du 1er mai 2013, Actu J publie l'interview de Robert Ejnès, directeur général du FSJU depuis l'automne 2012, par Yaël Scemama. Curieusement, ni la journaliste ni ce dirigeant communautaire n'évoquent L'Arche ou les raisons du départ rapide de Jacques Bénichou de la direction générale du FSJUEt quand Robert Ejnès quitte début 2014 sa fonction au FSJU pour celle de directeur du CRIF, nul média n'enquête sur les raisons de ce turn over inquiétant à la direction d'une fédération communautaire majeure. Des sujets tabous ?


Il faut attendre le n°1297 (10 avril 2014) de cet hebdomadaire pour que Yaël Scemama interviewe, sans le relancer, Pierre Besnainou sur son bilan. Et ce président en fin de mandat déclare : "On a un journal au moins aussi bon que dans le passé, une audience au moins aussi importante, et un équilibre financier qui ne pèse pas sur la collecte". Bref, la situation demeurerait inchangée. Alors pourquoi toutes ces modifications ? Et sur qui pèse l'équilibre financier ? Pierre Besnainou ne communique pas le montant du budget, les nombres d'exemplaires publiés et ceux vendus, etc. C'est d'autant plus curieux que son second objectif lors de son élection en 2006 était de maintenir au FSJU "cette culture Rothschild de la transparence et de l'efficacité dans l'action".

Depuis plus de trois ans, le FSJU ne communique pas les résultats des deux "nouvelles" formules de la désormais trimestrielle L’Arche lancées à l’automne 2011, puis à l'automne 2012. Pour la promotion de cette seconde formule, le FSJU a recouru à plusieurs reprises à la mailing list d'un site Juif sur Internet. En 2013, il a payé des annonces publicitaires publiées par Actu J. A quel coût, avec quels résultats en terme d'audience conquise et gardée ? Mystère.

Quelques constats. L’Arche a vu défiler trois rédacteurs en chef en un an, dont deux pour sa nouvelle formule – Laurent-David Samama, âgé de 24 ans et membre du comité de la rédaction de La règle du jeu, puis Shlomo Malka, et trois directeurs de la publication en trois ans. Ce qui fait un peu beaucoup.  Le 31 juillet 2014, Shlomo Malka a annoncé qu'il présentait son dernier journal radiophonique sur RCJ, mais demeure rédacteur en chef de L'Arche.

Si loquaces en 2011 pour alléguer des nombres contradictoires d'abonnés - 2 000 ? 2 500 ? 2 900 ? - annoncés pour justifier les modifications de la formule du magazine, les dirigeants du FSJU demeurent silencieux sur le nombre d'abonnés plus de deux ans après la mutation de ce magazine et sur la fin de la collaboration de 70 contributeurs. S'il s'avérait que cette énième formule est un échec - à quel coût ? -, le FSJU le reconnaitra-t-il ? Et dans l'affirmative, le pourra-t-il sans engager la responsabilité des dirigeants ayant initié ces réformes et qui demeurent aux rênes de cette organisation ? Par ailleurs, pourquoi aucun média communautaire - RCJ, Actu J, etc. - interviewant ces dirigeants ne manifeste la moindre curiosité sur ce sujet ?

Les « personnalités de l’envergure du sociologue Michel Wieviorka ou de la philosophe Blandine Kriegel » annoncées en 2011 dans Témoignage chrétien par Patrick Chasquès, alors directeur de la publication de L’Arche, ont-elles rejoint L’Arche ? Non.

Après la deuxième formule de L'Arche (octobre 2012), force est de constater que ses dirigeants ne parviennent pas à jouer de la synergie entre le magazine print (imprimé), le site Internet et les réseaux sociaux : ainsi, ce 31 juillet 2013, aucun des articles de la page d'accueil du site Internet n'est commenté, rares sont les posts sur le mur Facebook de L'Arche commentés ou likés, etc.

Mais il ne faut pas désespérer : une troisième formule sera peut-être lancée par le FSJU, avec qui sait, un quatrième rédacteur en chef...

En outre, L’Arche n’a plus recouru à ses quelques 70 collaborateurs. Ce qui pénalise en particulier les journalistes et les dessinateurs. Blessés par la lettre-type électronique du FSJU, des collaborateurs se sont interrogés avec angoisse en particulier sur leurs modes de rémunération et leurs droits. appelons qu’au programme du candidat Gil Taïeb aux élections législatives de juin 2012 figure la « défense des acquis et octroi de nouveaux droits sociaux ».

Par ailleurs, en 2012, le FSJU  a lancé le magazine annuel, Balagane, qui est passé de 40 pages à 84 pagesCurieusement, le FSJU a trouvé les moyens financiers pour ce "jewish culturel magazine", devenu le "magazine du Festival des cultures Juives", et distribué gratuitement. Combien de lecteurs à ce magazine ? Quel coût et quelles retombées ? Re-mystère.

Le souci du FSJU de gestion optimale de son budget est compréhensible et juste. Mais on ne déshabille pas David pour habiller Simon, ni Rachel pour habiller Sarah. Pourquoi le FSJU n’a-t-il pas proposé aux journalistes de L’Arche des emplois par exemple dans RCJ ou Akadem ? Ne serait-il pas envisageable par exemple de scinder en deux ou en trois Objectif santé de Karen Taïeb ou Hors antenne de Paule-Henriette Lévy afin de libérer des créneaux horaires pour d’autres émissions ? Ce qui ne pourrait qu’être bénéfique à RCJ et serait conforme à son histoire. Verra-t-on un jour un radiothon pour des collaborateurs de L’Arche, à l’instar de celui annuel « organisé à l’occasion de la campagne nationale pour la Tsédaka » (justice, en hébreu ; campagne annuelle de collecte de fonds dirigée par le FSJU) ? Quel est le coût financier de RCJ ou de Communauté nouvelle, magazine mensuel soutenu par le FSJU et longtemps dirigé par Patrick Chasquès, directeur depuis 2014 du FSJU ? Quels sont les résultats financiers, et en termes d'abonnements, de cette énième relance de L'Arche ?

De plus, combien a coûté au FSJU le rassemblement place du Trocadéro du 22 juin 2010, à l’initiative de plusieurs organisations communautaires et visant à afficher le soutien à l’Etat d’Israël peu après la « Flottille pour la paix » et à exhorter à la libération de l’otage franco-israélien Guilad Shalit ? Co-organisée par Gil Taïeb, cette manifestation n’a attiré qu’environ 3 200 personnes selon la police, au plus 5 000 individus, et non les 15 000 allégués alors par les organisateurs.

Le 8 septembre 2014, le vénérable magazine Juif américain Forward a publié l'article French Jews, Escaping to Israel Is Not the Answer (Juifs français, fuir en Israël n'est pas la réponse) de Laurent-David Samama qui épingle la nouvelle orientation de L'Arche. Pourquoi avoir exhorté ses compatriotes et coreligionnaires à demeurer en France dans un article en anglais publié par un magazine américain ? Un tel article en français n'aurait-il pas eu plus d'audience chez le public visé ? A moins que l'auteur ait voulu assurer aux  Américains Juifs que tout va bien en France, que le gouvernement Valls lutte avec efficacité contre l'antisémitisme et que les Français Juifs ont tort de songer au départ, etc. A lire les commentaires des Internautes, Laurent-David Samama n'a pas convaincu ces derniers. Il y oublie de citer l'assassinat de Sébastien Selam en 2003, l'extrême-gauche antisioniste, etc. Pourquoi ? Il y épingle la nouvelle orientation de L'Arche. Il a déploré le récent focus croissant sur l'Etat d'Israël de L'Arche qui "perd lentement son identité socialiste". Il allègue avoir réuni lorsqu'il en était le rédacteur en chef "une équipe de penseurs établis populaires et de nouveaux écrivains prometteurs pour dire aux lecteurs comme il était intéressant d'être un Juif en France - en opposition aux regards toujours tournés vers Israël. Cette ligne éditoriale a échoué. Nos lecteurs ne pouvaient absolument pas accepter le changement. Ils étaient - et malheureusement sont toujours - plein d'informations biaisées venant de blogss et de sites Internet non professionnels". Bref, ce n'est pas de la faute de Laurent-David Samama, mais celle des lecteurs  et de la direction du FSJU qui a mis un terme prématuré à cette orientation. N'y avait-il pas d'autres raisons ? Quel dommage que Laurent-David Samama ne nomme pas ces "penseurs établis populaires" et ces "nouveaux écrivains prometteurs" Pourquoi cet homme de gauche n'informe-t-il pas ses lecteurs que s'il a manifesté de l'intérêt pour mon dossier sur les Juifs Noirs, il ne l'a pas publié dans L'Arche ? Pourquoi L'Arche devrait-il avoir une "identité socialiste" ? Il est financé par le FSJU qui doit respecter un principe de neutralité. A se positionner à gauche sur l'échiquier politique français, il s'éloigne d'une partie non négligeable des Français Juifs. Quelles "informations biaisées" ? Quels "sites non professionnels" ? Deux liens Internet renvoient vers Dreuz et vers JSSNews. Nous attendons leur réponse avec intérêt. Laurent-David Samama croit-il qu'il soit si facile de créer un blog ou site Internet, de l'alimenter en informations, de le faire monter en puissance, et de tromper les Internautes par un contenu erroné ? Il écrit aussi : "En France, une diversité d'opinions peut encore être exprimée en politique et dans les médias". Mais non, le "politiquement et islamiquement correcte" caractérise la classe politique et les médias français. Ce qui explique le fossé croissant entre eux et les Français lambda. Laurent-David Samama conclut : "La fuite est-elle vraiment la solution ? L'aliyah résoud-elle tous les problèmes des Juifs français (sécurité, jobs, éducation) ? Tous les Juifs qui se précipitent en Israël croient-ils vraiment qu'il est plus facile d'être une part d'un pays constamment en guerre, une terre jamais apaisée, un Etat sous la constante menace d'attaques terroristes et de la montée possible d'une nouvelle Intifada ? La France souffre probablement de problèmes sociaux profonds, d'une incapacité à intégrer ses récents immigrants et d'une organisation politique désespérément datée, mais elle demeure un des pays les plus paisibles et beaux au monde. Aussi longtemps que cela ne change pas, il y aura toujours un avenir pour les Juifs en France". Cette description de l'Etat d'Israël, dénuée de toute spiritualité, est étonnante et affligeante. La France ne vit-elle pas au rythme des Intifadas : émeutes urbaines récurrentes, manifestations violentes de la "rue arabe", d'un niveau élevé du nombre d'agressions antisémites, etc. Pourquoi ne pas nommer des immigrants musulmans ? Dans ce beau pays de France, Laurent-David Samama arborerait-il une étoile de David ou une kippa, par exemple à Barbès ou en Seine-Saint-Denis ? Pour les Juifs espagnols au XVe siècle, pour les Juifs allemands des années 1930, pour les Juifs marocains dans les années 1960, la fuite a été la solution. Et l'affaire du Dr Krief prouve que nous n'en sommes pas si loin.

Une "peau de chagrin"
Dès lors, est-ce étonnant que l'audience et le nombre de la majorité de ces médias Juifs français fondent comme neige au soleil et que des lecteurs/auditeurs s'éloignent silencieusement, mais définitivement d'eux ? Un mouvement amplifié par les décisions catastrophiques de dirigeants de médias.

Depuis la première publication de mon article le 25 mars 2012, les tendances inquiétantes constatées se sont poursuivies, alors que la situation de la France et des Français Juifs a continué de se dégrader.

Or, la prochaine décennie sera décisive pour la France, pour sa communauté Juive et pour ces médias : l'émigration Juive se poursuivra, donc le nombre de lecteurs/auditeurs/abonnés de ces médias poursuivra sa chute, des apparatchiks quinquagénaires "communautairement corrects" et de gauche dirigeront des instances communautaires et agiront vraisemblablement comme leurs prédécesseurs à l'égard de ces médias, des héritiers succéderont aux pionniers/fondateurs de médias communautaires et décideront de poursuivre ou non l'activité de ces médias, de nouvelles technologies bouleverseront les médias, etc. 

Finalement, et de manière paradoxale, on peut se demander si ces médias communautaires français ne trouveront pas un éventuel second souffle temporaire lors de la future aliyah massive des Juifs français qu'ils accompagneront vraisemblablement en Israël. Leurs futurs atouts ? Un public francophone déraciné et en voie d'intégration, une infrastructure déjà prête (délégation du FSJU en Israël), leurs réseaux relationnels et médiatiques (correspondants), etc. En effet, une partie des olim français, en tout cas les seniors, éprouveront peut-être plus de difficultés à intégrer l'Etat d'Israël, sa langue. L'apparition de médias francophones leur permettrait de s'informer dans leur langue maternelle. Ainsi, les Juifs venant de l'ex-Union soviétique ont créé des médias russophones. Mais d'une part, aucun de ces médias francophones ne pourra faire l'économie de l'adaptation à l'ère Internet, et, d'autre part, des médias francophones existent déjà : le Jerusalem Post, en versions imprimée et électronique depuis une dizaine d'années,  The Times of Israel présent sur Internet et, depuis 2013, i24news, qui a succédé à l'agence de presse Guysen, sur Internet ainsi que sur le câble, et dispose de moyens financiers autrement plus importants que ces médias communautaires français.  

Force est de conclure sur l’urgence pour la communauté Juive française institutionnalisée d’entamer une réflexion profonde sur sa communication, notamment via ces médias, afin d’établir un plan d’actions, du court au long termes, adaptées aux défis actuels et futurs, et de ne pas accroître le fossé la séparant d’un grand nombre de Français Juifs.
Des actions qui devront nécessairement, mais pas uniquement, s’appuyer sur des médias Juifs crédibles, professionnellement, à l’audience élargie et solides financièrement. Ce qui suppose des bons journalistes travaillant dans un cadre légal et des dirigeants compétents, et la fin de pratiques honteuses, voire scandaleuses, par des donneurs de leçons de morale.
C’est à ce prix que ces médias survivront et que cette communauté peut espérer transformer sa faiblesse médiatique en force journalistique, et contribuer à gagner la bataille décisive de la communication dans une France en déclins.

NB : J’ai collaboré à Actualité juive hebdo, à L’Arche, à Communauté nouvelle et à Akadem, comme rédactrice en chef d'Osmose, correspondante en France et co-éditorialiste à Guysen. J'ai été interviewée par Radio J et RCN. Je publierai les éventuelles réponses des personnes mentionnées dans cet article.
Le 23 novembre 2012, mécontente d'un passage de cet article l'évoquant, une journaliste de médias Juifs français que j'ai rencontrée fortuitement, a multiplié les invectives à mon égard en public, a adopté un ton agressif à mon endroit, sans argumenter sur le fonds ni trouver la moindre erreur dans mon article.  Si des personnes citées ou leurs proches sont en désaccord avec cet article, elles peuvent réagir par des commentaires ou par des lettres, mais pas par des invectives, pas par une agression verbale dénuée d’arguments.


Articles sur ce blog concernant :
Publié le 25 mars 2012, cet article a été republié les 15 janvier, 20 mai, 3 juillet, 8 octobre et  :
- 30 décembre 2013 - le hacker du site de Dieudonné vient d'indiquer sa stratégie sur Judaïques FM et Actualité juive fête son 33e anniversaire - :
- 3 mars 2014 et 24 juin 2014.
 Il a été modifié pour la dernière fois le 16 novembre 2014.

16 commentaires:

  1. Tableau ultra détaillé des médias juifs de France. Bravo pour ce travail remarquable...

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  2. Monik Kern-Bresler28 mai 2012 10:55

    Une juste et nécessaire mise au point !

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  3. véronique, je vous remercie de signaler sur votre blog que tribunejive.info la version numérique de Tribune juive a obtenu des interviews exclusives de Nicolas Sarkozy et François Hollande entre les deux tours de la présidentielle. Votre papier laisse à penser que seul Actualité Juive a obtenu ces interviews ce qui décrédibilise notre titre et donne à nos lecteurs une fausse image de notre media.

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    1. Monik Kern-Bresler30 mai 2012 10:15

      Pourquoi "Anonyme" ?

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  4. Adam Harishon29 mai 2012 14:13

    Véronique,

    Comme d'habitude votre analyse est exhaustive, sans complaisance ni critique inutiles.
    Cependant, il me semble difficile de détacher le constat de "médiocrité" des médias de tous les autres rouages officiels de la Communauté. Ecoles, corps rabbinique, responsables communautaires ( du CRif au Consistoire en passant par le Fonds Social) sont tous engagés dans des concurrences mesquines et passent à côté de l'essentiel. Plutôt que de s'associer efficacement, ils veulent tous se faire entendre plus que les autres, se montrer au premier rang, si possible en masquant les autres. En résulte un éclatement des ressources, une cacophonie contre productive et une démobilisation de la base. La pléthore des mails que nous recevons, bien peu souvent originaux ( comme les vôtres) sont la plupart du temps des compilations de liens traduits vaguement de l'anglais. La communauté manque cruellement de leaders dignes et qui soient capables de mobiliser les forces vives de celle-ci.

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  5. Il est inexacte de dire qu'Akadem n'a pas rendu compte de la manifestation du Consistoire.

    http://www.akadem.org/sommaire/themes/politique/laicite/la-laicite-aujourd-hui/liberte-egalite-fraternite-laicite-06-04-2012-43461_188.php

    Pour le reste votre article est très impressionniste et partial, il est marqué par votre expérience personnelle dans les médias que vous citez.
    Dommage, une vraie enquête sur les médias juifs reste à faire.

    Laurent Munnich
    Directeur d'Akadem

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  6. Le Consistoire et le FSJU ont organisé ce Congrès composé de tables-rondes simultanées en salles le matin et de conférences/débats en amphithéâtre l'après-midi.

    Les tables-rondes matinales n'ont pas été filmées par Akadem - un camaraman est passé parfois filmé quelques minutes. Elles n'apparaissent donc pas dans votre lien ni plus généralement sur le site Akadem. Ce dimanche matin, j'ai exprimé publiquement mon étonnement que d'une part, aucune caméra ne filme intégralement ces tables-rondes et que d'autre part, il n'y ait aucune diffusion en direct et sur Internet de ces tables-rondes. J'ai cité des évènements publics non communautaires que j'ai couverts et qui bénéficiaient d'une diffusion en direct sur Internet. J'ai été applaudie, ce qui prouve que mon étonnement était partagé et une carence des organisateurs, car des Français Juifs isolés auraient pu bénéficier de ces tables-rondes, et des Français non-Juifs apprendre beaucoup sur les interrogations soulevées lors de cette journée.

    Akadem a filmé les conférences de l'après-midi et votre lien concerne une des conférences. Cette conférence a été publiée après l'évènement, et non en direct. Pour l'éclairer : un seul document, qui porte sur la laïcité (1792-2005) et qui reprend l'essentiel d'une chronologie, sans l'actualiser, publiée sur le site Internet de l'Assemblée nationale ! Votre chronologie sur la laïcité s'arrête en 2005. Rien sur les débats récents sur la laïcité, sur les abattages rituels, sur les carrés confessionnels, sur la loi interdisant la dissimulation du visage dans les espaces publics (2011), sur les prières de musulmans dans les rues, etc. Pourquoi ?

    De plus, d'autres sujets ont été alors abordés.

    Dommage qu'une couverture en direct et intégrale, ainsi qu'un travail éditorial plus actualisé et plus large n'aient pas été assurés.

    Mon article est nourri de mon expérience de plus de dix ans dans des médias communautaires, d'analyses argumentées avec liens Internet, dates et photos, de confidences de collègues et confrères et de directeurs de médias Juifs, etc. Et je n'ai pas tout dit, notamment sur les conditions de travail de journalistes de médias Juifs...

    Les Internautes ont abondé dans mon sens, et c'est un euphémisme. Ce qui prouve que mon tableau n'est ni "impressioniste" ni "partial".

    J'ai aussi travaillé à Akadem. Donc, je sais quel travail peut être fait sur une conférence.

    Pourquoi ai-je été la seule à effectuer cette enquête sur des médias français Juifs qui, sauf exceptions, sont en déclin ou connaissent une audience faible, et essentiellement communautaire ?

    Pourquoi Akadem ne ferait-il pas une "vraie enquête" sur les médias Juifs ? Il dispose de journalistes pour sa TV culturelle sur Internet...

    Véronique Chemla

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  7. Le 28 mai 2012, la page Facebook de Jewpop a évoqué mon article Un paysage médiatique français Juif contrasté ainsi : « La journaliste Véronique Chemla règle ses comptes avec les médias juifs ! #tataflingueuse » (http://fr-fr.facebook.com/jewpop/posts/468541093172699
    ).

    Les commentaires sont :
    Laurent D. Samama : Tâta, je te trouve bien gentil! Je dirai plutôt mémé... Cette dame fait partie du système depuis des décennies, si elle voulait que ça change, elle aurait du le faire quand elle le pouvait!
    28 mai, 03:43 via mobile • 1

    Jewpop : Vas-y Laurent D. Samama, dynamite, ventile, éparpille, façon puzzle ! :)
    28 mai, 05:15

    Vince Oron Dogue : L'article est interessant cependant ecrire des articles pour Haaretz, le journal le plus biaise et qui incite le plus a la haine en Israel ce n'est pas glorieux donc pas de like pour Mme Chemla .
    28 mai, 06:40 via mobile"

    N’ayant pas de compte Facebook, et ne souhaitant pas en créer, je n’ai pas pu répondre à ces commentaires.

    J’ai sollicité de Jewpop qu’il publie ma réponse dans sa page Facebook. En vain.

    Je la publie donc sur mon blog :

    « J’ai écrit cet article comme journaliste, et non pour “régler” des “comptes avec les médias juifs”.

    J’ai décrit, analysé et argumenté une situation. Et les commentaires des Internautes abondent généralement dans mon sens.

    Mon expérience professionnelle dans ces médias remonte à 2001. Ce qui ne fait pas des « décennies ».

    A quel « système » Laurent D. Samama fait-il allusion ? Si j’en faisais partie, ces médias n’auraient pas mis un terme à leurs commandes d’articles auprès de moi.

    M. Samama, alors rédacteur en chef de L’Arche, avait souhaité utiliser mon dossier d’articles sur les Juifs noirs pour le numéro de L’Arche à paraitre en octobre 2011, voire aussi sur le site Internet de ce magazine. A ce jour, mon dossier et d’autres articles n’ont pas été publiés par ce magazine qui les avait pourtant commandés. Pourquoi ?

    Il me parait naïf, faux et illusoire d’écrire qu’un changement – lequel ? Dans quel but ? Selon quelles modalités ? - parmi ces médias dépendrait de ma seule volonté.

    Et qu’a fait M. Samama, ex-rédacteur en chef de L’Arche, pour que « ça change » ?

    Dernières questions pour actualiser mon article : pourquoi M. Samama n’exerce-t-il plus cette fonction de rédacteur en chef de L’Arche que ce vingtenaire a occupée, certes pour quelques numéros, et malgré la brièveté de son expérience professionnelle dans les médias ? Pourquoi n’a-t-il pas réagi directement sur mon blog ?

    Avez-vous lu mes articles sur la disparition de la petite Rose Pizem publiés par Haaretz ?

    Ce quotidien a respecté mes articles – mon interview-scoop a même été mise à sa Une - et m’a payée la somme convenue dans un délai raisonnable. Je n’en dirai pas autant de tous les médias auxquels j’ai contribué.

    De plus, j’ai écrit pour des médias français qui publiaient des articles dont je ne partageais pas les opinions.

    Parvenir à faire publier des articles éloignés de la ligne éditoriale d’un journal relève de l’exploit.

    Je suis plus choquée par la terminologie biaisée – « colons », « territoires palestiniens », « territoires occupés », etc. –, utilisée par certains médias français Juifs, que par la ligne éditoriale d’Haaretz, car tout le monde connait la partialité de ce quotidien israélien.

    Par ailleurs, j’ai critiqué dans mon blog un article publié par Haaretz (http://www.veroniquechemla.info/2009/12/pas-dantisemitisme-en-france.html).

    Enfin, le terme « mémé » me semble relever d’une surenchère agressive, encouragée par Jewpop, pas « gentille » et dérapant sur le terrain personnel. Faute d’arguments peut-être. »

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  8. Véronique,

    Je baisse mon chapeau. Ce n'est pas un article, mais carrément une recherche, une étude. Beucoup de critiques constructives.
    On regrettera toutefois que ce riche travail ne puisse être apprécié que par une minorité de personnes au fait des médias. Félicitations

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  9. ce riche travail n'est pas apprécié pour plusieurs raisons :
    - d'abord il est trop long, exhaustif soit main il me semble inadapté à la lecture du Net.
    - il s'agit plus d'un catalogue que d'une vraie analyse.
    - il suinte à mon sens, d'une certaine condescendance d'une "grande journaliste" vis à vis de la presse communautaire, sorte de 2ème classe des médias.

    je ne dis pas que la presse juive est parfaire loin de là. mais je crois que vous ne la connaissez pas assez pour en mesurer les évolutions. je travaille depuis plus de 13 ans pour Actualité juive, il a évolué, s'est adapté. certes, il reste toujours du chemin à faire mais des sujets tabous il y a plusieurs années ont aujourd'hui parfaitement leur place dans les colonnes du journal. je pense notamment aux libéraux, à l'homosexualité, au sida etc...
    enfin, que JewPop vous appelle gentiment mémé, n'est-il pas une facon de vous rendre la monnaie de votre pièce quand vous avez taclé le jeune âge de Laurent david Samama, nommé à la rédaction de l'Arche ? Un pic qui n'apparaît plus dans la version actuelle publiée
    Cordialement
    Virginie Guedj-Bellaïche

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  10. Bonjour Virginie,

    J'ai publié ma réponse précédée de ton commentaire en un article : http://www.veroniquechemla.info/2013/06/reaction-de-virginie-guedj-bellaiche.html

    Cordialement,

    Véronique Chemla

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  11. La presse juive Francaise est trop molasse

    la presse numerique francaise en Israel fair 20 plus et en 30 fois mieux

    le muselage est à tous les étages dans l'hexagone

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  12. Bonjour,

    Je représente la communauté Alyah en Live (www.alyah.fr). Je partage dans une large mesure le constat de Véronique. Il y a effectivement beaucoup de "bruits" de "gesticulations" dans la presse francophone juive.

    Pour autant, il me semble que ce constat est également vrai pour la presse de façon générale. Combien de fois j'ai vu des inepties reprises en boucle par nos plus grands quotidiens nationaux, des coquilles qui feraient honte à n'importe quel étudiant en journalisme... (je ne parles même pas de biais ou de subjectivité).

    La raison, à mon sens est que l'équation économique des médias ne permet tout simplement pas aujourd'hui de faire le même journalisme qu'il y a 30 ans. La pression en terme d'audience est telle et le cycle de l'information s'est tellement accéléré que les médias ne peuvent plus travailler de la même manière.

    En d'autres terme, je veux dire qu'il y a bien un problème, mais qu'il ne me semble pas possible de désigner un "coupable". Je suis toujours agacé de lire des articles écrits à la va vite, mais dans le même temps, je sais bien qu'il n'est pas facile aujourd'hui de faire du bon journalisme.

    Je reste toutefois impressionné par le nombre croissant d'initiatives qui animent notre communauté et souhaite vivement que nous puissions aller de l'avant.

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  13. Merci pour vos articles, c est malheureusement la verite pas tres belle à lire.

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