La communauté Juive française est en voie de perdre la guerre de la communication et a laissé la narratif palestinien imprégner profondément et durablement la doxa, et ce, au détriment de la vérité historique.
Et ce aussi, malgré ses médias - journaux, etc. - qui traversent des crises. Crise
de positionnement : équilibre délicat entre spécificité Juive et ouverture
au monde, entre contre-pouvoir, flagornerie et indépendance bridée. Crise liée à une adaptation
tardive et insuffisante à Internet. Crise liée au management : oppositions
idéologiques et parfois personnelles entre médias, opacités décisionnelle et financière, absence d’adaptations aux
mutations technologiques et manque d’anticipations des mutations de lectorats, prises
de décisions sans concertation avec des experts, appui d’organisations
communautaires à feu "Proche-Orient.info" au lieu du soutien à l’agence de presse
Guysen qui a développé un groupe médiatique sous la direction de Guy Senbel et
Dominique Fitoussi. Perception erronée d’Internet : loin de réduire les
coûts de production, la toile requiert des financements lourds, des spécialistes
excellents, une actualisation rapide des informations, des stratégies ciblées
fragmentant les publics et conjuguant site, blogs de journalistes et réseaux
sociaux, etc. Crise de lectorat : faible écho et rare influence de ces
médias au-delà des Juifs français, évolution des modes de consommation
culturelle au détriment de la presse imprimée payante, baisse de l’audience et
de la crédibilité de médias, inadaptation des contenus à l'intérêt des lecteurs. Crise financière : nombre réduit
d’annonceurs, réticences d’annonceurs, en terme d’image, à intégrer dans leur
campagne publicitaire des médias Juifs ou politiquement orientés en faveur
d’Israël. Crise liée à l'absence généralisée d'institutions représentatives du personnel, notamment les syndicats. Crise de qualité par des licenciements injustifiés de journalistes talentueux, par l'absence d'analyse d'évènements communautaires tels le diner annuel du CRIF. "Peopolisation communautaire" : textes flattant l'ego de dirigeants communautaires, articles inintéressants sur des "filles de", etc.
Ce qui ne manque pas d’inquiéter des institutions
communautaires : si la presse Juive au lectorat essentiellement Juif
disparaît et se fragmente en éclatant les lectorats en micro-cibles et en limitant le périmètre des sujets traités, comment ces associations vont-elles communiquer en direction des
Juifs français ? Comment les autorités politiques françaises vont-elles
considérer la communauté Juive française ?
Ces médias recourent à des journalistes souvent Juifs, partageant généralement leurs sensibilités politiques.
Des médias français Juifs non-institutionnels entretiennent des relations complexes avec la communauté juive institutionnalisée. Ils dépendent largement de cette dernière en termes publicitaires. Voici quelques années, le directeur d'un média important Juif a déploré les mesures de rétorsion d'annonceurs furieux d'un numéro désagréable à leur égard : plus de publicités payantes dans ce média ! Et ce directeur de ce média a sollicité le président d'une organisation Juive française majeure afin qu'il plaide sa cause auprès de ces annonceurs. Et ceux-ci sont revenus...
Les relations entre ces médias communautaires et leurs lecteurs/auditeurs/Internautes ? Un aperçu est donné lors des forums des auditeurs, lors des courriers des lecteurs, et sur les réseaux sociaux. Ainsi, le 19 mai 2013, le journaliste Méir Ben-Hayoun s'est indigné de la reprise par RCJ (radio soutenue par le Fonds Social Juif unifié) d'une dépêche de l'AFP (Agence France Presse) critiquée pour sa couverture partiale des évènements au Proche-Orient. Trentte-deux personnes ont aimé son message. Quant aux commentaires, ils étaient peu amènes à l'égard de médias communautaires français.
La presse
communautaire
Parmi les rares revues Juives savantes ayant survécu depuis
le XIXe siècle : la Revue des études juives
fondée en 1880. Certaines ont rapidement disparu : La Revue Juive dirigée par Albert
Cohen (1925), la Revue de la pensée Juive
(1949-1951). Une presse Juive savante qui rencontre des difficultés financières.
En quelques années, le nombre de médias français Juifs imprimés
s’est réduit en peau de chagrin. Et ce n’est pas faute d’un manque de lecteurs
potentiels : avec environ 500 000 âmes, voire 600 000 âmes, cette
communauté est la première numériquement en Europe…
Depuis 1981, Actualité juive hebdo couvre l’actualité communautaire en France et dans le monde, et se prévaut
d’une bonne vitrine sur Internet (site, page Facebook). Il tire à 17 500
exemplaires - "le plus fort tirage de la presse juive en France" - et avance 80 000 lecteurs par semaine. Il privilégie les ventes par abonnements et par numéro dans des magasins d'alimentation cacher. Le "numéro en cours et les archives" sont disponibles en "version numérique sur PC/Mac/Tablettes/Smartphone" grâce à une application à télécharger. Le mercredi soir, Bernard Abouaf, directeur de la rédaction de Radio Chalom et membre du comité de rédaction d'Actualité juive hebdo, donne la parole à une journaliste de cet hebdomadaire afin qu'elle présente le sommaire et le dossier du numéro de la semaine de ce journal.
Michael Blum est le correspondant en Israël de ce journal et de... l'AFP (Agence France Presse). Celle-ci est très critiquée pour sa couverture biaisée, en particulier son registre lexical partial : "colonies" au lieu de localités, etc. Le 25 avril 2013, l'article de Michael Blum Quelques questions aux candidats de la 8e circonscription a suscité une polémique sur Internet. Un des candidats, Jonathan Simon-Selam, lui a vivement répondu.
Preuves de son
importance : entre les deux tours de l’élection présidentielle, ce journal
populaire a obtenu les interviews des candidats Nicolas
Sarkozy - celui-ci a affirmé le caractère Juif de l'Etat d'Israël, alors qu'il l'avait contesté lors d'une précédente interview sur la fréquence Juive francilienne - et François Hollande ; il offre une tribune régulière aux
dirigeants des principales organisations communautaires, ce qui peut susciter
des questionnements déontologiques.
Depuis le décès de son fondateur, directeur et rédacteur en chef Juif orthodoxe, Serge
Bénattar en juillet 2012, Actualité juive hebdo, qui a « traversé différentes épreuves qui ont
échoué à » le déstabiliser (Actualité
juive, 24 mai 2012), a pour rédactrice en chef, Lydia Bénattar, veuve de Serge Bénattar, et pour conseiller à la rédaction Bernard Abouaf. Signé auparavant par Serge Bénattar, l'éditorial de l'hebdomadaire a disparu. Est alors apparu un "Billet", à la périodicité irrégulière et confié à des personnalités extérieures à la publication : le grand rabbin de France Gilles Bernhein, Me Gilles-William Goldnadel, président de l'association France-Israël, etc. Ce qui ne manque pas de suscter des interrogations : absence de journaliste dans la rédaction susceptible d'éditorialiser ? Refus de recruter un éditorialiste par fidélité à la mémoire du défunt rédacteur en chef ? Crainte de l'émergence d'un pouvoir éditorial interne au sein d'une entreprise familiale ? Cette carence révèle une fragilité essentielle tant l'éditorial occupe une place privilégiée dans un journal : il fixe un cap, renforce le lien avec le lectorat en le fidélisant par ce rendez-vous régulier et une voix devenue familière, il se fait souvent le porte-parole de citoyens anonymes, etc.
Ce journal a été au centre d'une controverse grave révélant des carences informatives ou un parti pris idéologique, l'absence de contrôle par une personnalité compétente, etc. Dans le n°1201 (8 mars 2012) d’Actualité
juive, Eric Keslassy a écrit : « Le droit
international n’est pas favorable à Israël. Jérusalem-Est est considéré comme un
« territoire palestinien occupé » par l’ONU – s’appuyant notamment sur la résolution
242 qui réclame « le retrait des forces armées israéliennes des territoires
occupés « suite à la guerre des Six-jours ». Le n°1202 (15 mars 2012) d’Actualité juive a publié une « Mise au
point » de Meyer Dadi, vice-président de SIONA, puis la réponse d’Eric Keslassy.
Meyer David rappelait : « La traduction est volontairement tendancieuse, alors que la
version anglaise qui est celle qui a été votée et qui dit : « Withdrawal of
Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » parle de
« retrait de territoires »... Il est inapproprié de parler de droit
international concernant Jérusalem puisque pour le droit international, toutes
les frontières supposée ne sont que des lignes d’armistice, donc provisoires en
attendant un règlement définitif. Par ailleurs, cette résolution parle de
retrait des forces armées israéliennes et non de céder la souveraineté des
territoires ». Eric Keslassy lui a répondu :
« Le français est l’une des six langues officielles utilisées par l’ONU… C’est
le texte de la résolution 58/292 adoptée par l’Assemblée générales des Nations
unies le 14 mai 2004 qui fait état de Jérusalem-Est comme un « territoire
palestinien occupé ». Or, Le droit international, notamment la conférence de San Remo (1920), soutient les revendications territoriales de l'Etat Juif. En outre,
les rédacteurs et promoteurs -
de cette résolution (22 novembre 1967) ont clairement indiqué que «
Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent
conflict » signifiait le
retrait « de
territoires », et non « des » ou « de tous les territoires ». La version en anglais fait donc seule foi. De plus, pour Arthur Goldberg, ambassadeur américain aux Nations
Unies, la résolution 242 ne fait pas obstacle à la réunification israélienne de
Jérusalem. Par ailleurs, composée de pays arabes alliés à
des Etats du bloc des non-alignés, la majorité automatique anti-israélienne
sévit à l’ONU, notamment à son Assemblée
générale. Enfin, « Jérusalem-Est » est repris de la propagande
palestinienne. « ‘Jérusalem-Est’ n’existe pas en tant qu’entité administrative. Ce terme
regroupe l’ensemble des quartiers et espaces de Jérusalem
situés à l’est de la « ligne verte »,
l’ancienne ligne de cessez-le-feu israélo-jordanienne en vigueur de 1949 à 1967.
Rattachés à la Jérusalem israélienne («
Jérusalem-Ouest») en juin 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours, ils
se situent en fait au nord, à l’est et au sud de celle-ci.
A partir du 9 janvier 2013, Actualité juive hebdo est disponible en classe
Affaires dans les vols vers/de Tel-Aviv et de/vers Paris, Marseille, Genève et
Bruxelles, ainsi que dans les salons VIP d’El Al à l'aéroport Charles de Gaulle et de Ben
Gourion.
Les relations avec l'ambassade d'Israël ? Un exemple récent les illustre. L'ambassade d'Israël en France organise une réception annuelle pour l'anniversaire de la refondation de l'Etat Juif (Yom Haatsmaout, 5 Iyar 5708). Le 17 avril 2013, quelques numéros d'Actualité juive, avaient été amenés par Lydie Bénattar et Sandrine Szwarc, respectivement directrice et responsable des pages Culture de cet hebdomadaire, et déposés gracieusement dans la Salle Wagram accueillant l'évènement. Dans son article laudateur publié par Actualité juive du 26 avril 2013 et immédiatement promu par Nosnondits, "blog non officiel du service de presse de l'ambassade d'Israël en France", Sandrine Szwarc évoque des "personnalités politiques de tout bord" parmi l'assistance. Or, publiée par CoolIsrael sous le titre tonitruant Le Tout-Paris présent à la soirée de l'indépendance d'Israël, une vidéo dément ces allégations : au fil des ans, cette soirée s'est "communautarisée". Pourquoi ne pas l'écrire ?
Information juive, le journal des communautés ? Ce mensuel
du Consistoire israélite de France a une
audience limitée et souffre d’une insuffisante modernisation. Il n’est pas non
plus suffisamment intégré dans la communication globale de l’institution qui
privilégie sa newsletter, les interventions du président Joël Mergui et des
grands rabbins de Paris et de France sur la fréquence Juive ainsi que dans Actualité juive hebdo, et de manière
faible son site Internet. Philippe Meyer, directeur d'Information juive a réagi à mes remarques.
A noter, le lancement d'un magazine trimestriel, sur support papier et sur Internet, destiné aux enfants de 7 à 12 ans, LAMALO (Pourquoi pas, en hébreu) soutenu notamment par le FSJU, et l'apparition de magazines liés à des établissements scolaires Juifs, tel Chné-or & vous.
Le risque serait d'une presse Juive française dominée par un, voire deux hebdomadaires à diffusion quasi-nationale et au lectorat déclinant, et constituée de périodiques aux micro-cibles : fidèles d'une communauté (trimestriel Tribu 12), élèves et parents d'élèves d'un groupe éducatif, etc.
Des radios
trentenaires
Apparues vers 1980, quatre radios franciliennes – RCJ (radio de la communauté juive soutenue par le Fonds social juif unifié), Radio Shalom, Radio J et Judaïques FM – se partagent la fréquence Juive (94.8 FM). Une preuve de faiblesse pour la première communauté Juive européenne. A titre de comparaison : la communauté musulmane ou/et arabe, qui est la plus importante en Europe, dispose de plusieurs fréquences pour ses diverses radios : Beur FM, Radio Orient, Radio Salam, Radio Soleil, etc.
Le chabbat et lors des fêtes religieuses juives, cette fréquence Juive diffuse un programme enregistré. Exception : lors de la guerre contre le Hezbollah au Liban (2006), Radio J a ouvert son antenne pour des programmes originaux en direct d'Israël.
Au début de l'Intifada II, les chroniques du philosophe Alain Finkielkraut lors de l'émission Qui vive ? de RCJ animée par Ilana Cicurel faisaient l'objet d'une écoute particulièrement attentive des auditeurs, au-delà de la communauté française Juive. Les réflexions d'Alain Finkielkraut sur l'actualité nationale et internationale lui ont valu plusieurs procès, qu'il a gagnés, notamment contre le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et Eyal Sivan, réalisateur du controversé Route 181. Depuis le 6 janvier 2013, Alain Finkielkraut et Elisabeth Lévy, directrice de la rédaction de Causeur, commentent l'actualité dans l'émission dominicale L'esprit d'escalier.
Depuis environ un an, RCJ s'oriente vers le multimédia : articles, vidéos, émissions radiophoniques en direct et en différé, photos. Ainsi, RCJ diffuse les vidéos de ses Grands entretiens avec des politiciens sur son site Internet et sur les réseaux sociaux (Youtube).
Les Forums en direct des auditeurs de Radio Shalom et de Radio J permettent de sentir battre le pouls de la communauté juive. Dans ces espaces, s’infiltrent parfois des antisionistes…
Certaines de ces radios sont présentes aussi par un site web où elles publient les
enregistrements de certaines émissions (RCJ, Judaïques FM) -, un blog, une page Facebook, et exceptionnellement un compte Twitter de journaliste.
Deux radios - RCJ et Judaïques FM - ont transformé leur site Internet en site multimédia. La métamorphose du site de RCJ est cependant plus achevée. A l'automne 2012, Judaïques FM, présidée par Vladimir Spiro et Gérard Akoun, a modifié son site Internet pour y associer en plus des archives de ses émissions, des vidéos, mais renvoie vers d'autres sites de médias imprimés : The New York Times, Le Monde et Ynet (Yediot Aharonot). Cette "radio du judaïsme français... soutient un juste compromis dans le conflit Israélo-palestinien".
Si Radio Shalom et Judaïques FM se sont positionnés sur la gauche des échiquiers politiques, français et israélien, Radio J affiche sa proximité avec les partisans de la Judée et de la Samarie, et organise des diners de collectes de fonds afin de financer le passage au numérique. Le 15 novembre 2011, pour fêter ses 30 ans, Serge Hajdenberg a organisé un dîner dont le principal invité d'honneur était le ministre français de l'Intérieur et chargé des Cultes, alors Claude Guéant
Fait rare : en 2004, l’élection à la présidence du CRIF a opposé Roger Cukierman, président sortant réélu, à Serge Hajdenberg, président de Radio J. .
En octobre 2010, Radio J a créé le blog Justice pour Ilan Halimi pour élargir sa couverture exceptionnelle des audiences du procès en appel du gang des Barbares qui se sont déroulées à publicité restreinte. A la différence du procès en première instance, les Internautes ont pu bénéficier, outre les articles d'Elsa Vigoureux, journaliste au Nouvel Observateur, d'interviews et de reportages radiophoniques par le journaliste Eric Haddad.
Une des rares émissions de radios françaises Juives à avoir atteint une dimension nationale est le Forum dominical de Radio J animé notamment par Frédéric Haziza. En mars 2011, l’invitation de Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), a suscité l’indignation de responsables communautaires et la division au sein de la direction de la radio. Radio J a rapidement décidé de ne pas l'accueillir dans son Forum.
Lors de la semaine du 21 mai 2012, les auditeurs de Radio J et de Radio Chalom ont eu la surprise d’entendre un texte révélant le règlement amiable ayant résolu le grave différend entre Guy Rozanowicz, secrétaire général de Radio J, et Robert Assaraf, président de Radio Shalom.
Fin juin 2012, Serge Hajdenberg a lu sur Radio J une tribune critiquant de manière virulente Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), l'accusant de s'être prononcé pour un des deux candidats à l'élection présidentielle, et s'achevant par "Dégage !" Le 30 juin 2012, Richard Prasquier niait tout soutien à un candidat et qualifiait Serge Hajdenberg d'"individu isolé qui utilise sa radio pour exhaler ses haines et ses frustrations". Lors de l'assemblée générale du CRIF du 1er juillet 2012, un vote de confiance à son président et à son bureau exécutif a recueilli 98% des suffrages exprimés à main levée. Le 5 juillet 2012, sur Radio J, Serge Hajdenberg a relaté le déroulement de ce vote, et a réitéré ses questions, notamment pourquoi l'absence de convocation d'assemblée générale (AG) extraordinaire après la tuerie antisémite à Toulouse ? Il a conclu en espérant une réflexion sur le travail en profondeur à entamer concernant la communauté française Juive, dont la future direction du CRIF, et l'espoir que les candidats à la présidence du CRIF présente rapidement leurs programmes afin qu'ils soient critiqués. Le 9 juillet 2012, lors de sa chronique hebdomadaire sur Judaïques FM, Roger Cukierman a stigmatisé l'absence de courtoisie du directeur de Radio J ainsi que les "attaques vulgaires" et autres "invectives". Le 11 juillet 2012, la polémique rebondit avec l'interview de Serge Hajdenberg par Guy Rozanowicz. Serge Hajdenberg maitient ses dires - "conflits personnels [Nda : de Richard Prasquier] avec des responsables communautaires : Sammy Ghozlan, SIONA", "les AG du CRIF ne servent à rien sinon à approuver les comptes", "haine [Nda : de Richard Prasquier] pour des médias Juifs" car il aurait "peur de la critique" -, et leur forme. Et affirme avoir le soutien d'autres dirigeants communautaires.
Scoop de Radio J. Le 9 septembre 2012, cette radio a diffusé l'interview en français de Reza Pahlavi, fils de l'ancien Shah d'Iran et de l'impératrice Farah Pahlavi, par Michel Zerbib et Guy Rozanowicz. Et c'est Dominique Lunel qui a tweeté à 15 h 18, en direct, pour signaler cette interview. Le 11 septembre 2012, l'UPJF (Union des patrons Juifs de France), dont le président Claude Barouch a assisté à l'interview, a posté la vidéo de cette interview sur YouTube.
A partir du printemps 2013, Radio J est diffusée sur les vols d'El Al.
De plus, l’affaire al-Dura a opéré un clivage entre ces
médias. Radio J l’a couverte dès l’origine en laissant la parole aux parties tout
en soutenant la thèse de Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings. Les
autres radios ont hésité, voire souvent évité d’interviewer ceux qui ont douté de
l’authenticité du reportage de Charles Enderlin et de Talal Abu Rahma diffusé
sur France 2 le 30 septembre 2000. Lors de la conférence de presse du 18 novembre 2004 organisée par Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, au siège de France Télévisions, le directeur de la rédaction d'une de ces radios juives a assuré Mme Chabot que, s'il recevait les articles de la Mena (Metula News Agency, agence de presse ayant effectué les premières enquêtes en français), il se gardait bien de les lire et ne croyait pas en la thèse de la mise en scène.
Lors de la convention du CRIF du 13 janvier 2013, Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, a notamment indiqué que la seule radio de la fréquence Juive francilienne à l'avoir interviewé sur l'affaire al-Dura est Radio J. Lors de l'audience du 16 janvier 2013 devant la Cour d'appel de Paris dans la procédure pour diffamation intentée par Charles Enderlin et France 2 contre M. Karsenty, aucun journaliste de ces médias communautaires n'y a assisté. Halléluia ! Après la publication le 19 mai 2013 du rapport du gouvernement israélien sur l'incident al-Dura, Shlomo Malka a interviewé Philippe Karsenty lors du journal de RCJ à 12 h 30. RCJ l'a présenté à tort comme "avocat", et comme l'a relevé le journaliste Méir Ben-Hayoun, RCJ a annoncé ce rapport par une dépêche AFP.
Curieusement, Philippe Karsenty n'a été interviewé par aucune de ces radios en tant que candidat indépendant dans la 8e circonscription incluant l'Etat d'Israël en juin 2012. Quand Bernard Abouaf, directeur de la rédaction de Radio Shalom, a interviewé "l'ensemble des candidats les plus crédibles, qui ont une chance d'accéder à cette élection" dans cette circonscription, il a omis Philippe Karsenty : il a interviewé Valérie Hoffenberg (UMP) le 30 mai 2012 (environ 15 minutes) et Gil Taieb, loué par le socialiste Jack Lang, le 31 mai 2012 (environ 11 minutes) - deux personnalités souvent invitées par cette radio. Bernard Abouaf a alors anonncé qu'il allait interviewer la socialiste le 1er juin 2012 Daphna Poznansky - celle-ci sera interviewée le 5 juin 2012 sur Radio Shalom. Soit quelques jours avant le premier tour de scrutin du 3 juin 2012. Philippe Karsenty est arrivé en tête des votes en Israël en y incluant Jérusalem non pris en compte par le ministère des Affaires étrangères, suivi par Gil Taieb, Daphna Poznansky puis Valérie Hoffenberg.
Le 22 avril 2013, Paule-Henriette Lévy sur RCJ et Eva Soto sur Judaïques FM, journalistes présentant les flashes d'informations, ont parlé de "deux jeunes hommes", au lieu de deux terroristes ayant causé les attentats islamistes à Boston, "berceau de la révolution américaine" (André Kaspi), le 15 avril 2013.
Certaines émissions de ces radios sont rediffusées par
leurs homologues en province, voire parfois sur une radio israélienne
francophone.
Les communautés Juives de province se sont aussi dotées de radios,
présentes aussi sur Internet, telle la dynamique Radio Chalom Nitsan (RCN) sur
la Côte d’Azur.
De TFJ à Khoutspa TV
Après huit ans d’émissions sur le câble et le satellite,
TFJ (Télévision française Juive) a disparu en 2006 lors d'une procédure judiciaire. Elle avait notamment interviewé des membres de la famille du DJ Sébastien Selam.
La récente Khoutspa TV « la TV
qui ose tout » a retenu un mode de diffusion original : publication
de ses reportages filmés dans sa page Facebook et sur les réseaux de partages
de vidéos (YouTube, DailyMotion).
Elle a révélé l’antisémitisme et l’anti-israélisme
d’individus brandissant des drapeaux palestiniens, place de la Bastille (Paris), le 6 mai 2012 (La Palestine à Paris).
Reste la chaine israélienne francophone Guysen TV
pour les Internaute et les abonnés au câble ou au satellite. Fondée par Guy Senbel et Dominique Fitoussi, Guysen TV a été rachetée à l'été 2012 par Patrick Drahi et Haïm Slutzky qui ont confié la direction de la nouvelle chaine trilingue à Frank Melloul.
Blogs et groupes
L’essor d’Internet a bousculé les Français Juifs, leurs
institutions et médias : propagandes haineuses antisémites, antijuives ou
anti-israéliennes, réinformation en faveur de l’Etat d’Israël et du judaïsme,
articles à la lecture gratuite en plusieurs langues, etc.
Si les Français Juifs se sont adaptés à la toile qui leur
fournit , tous les médias Juifs n’ont pas opéré avec succès la mutation et .
D’autant qu’il a coïncidé avec le déclenchement de l’Intifada II, de
désinformations par des médias nationaux.
Soutenu par des organisations communautaires et des investisseurs privés, le site Proche-Orient.info a été lancé en 2002, quasi en même temps que l’agence de presse Guysen. Dirigé par la journaliste Elisabeth Schemla, il a disparu à l’automne 2006 en raison de « difficultés économiques ».
A
ceux-ci s’ajoutent les groupes (Belsef,
Desintox-be) ou blogs francophones, tels JSSNews,
Debriefing et Philosemitisme, et
bien d’autres. (Nda : l'agence de presse Mena est israélienne).
Et j’oublie d’autres initiatives…
Ces médias ont permis aux Juifs francophones de desserrer
l’étau de leur marginalisation, de se sentir moins isolés lors de l’Intifada II, de combattre dans la guerre
médiatique contre Israël, et de gagner des batailles.
Ce sont des blogs ou des mailings lists d’Internautes Juifs
qui ont diffusé des argumentaires précis sur l’abattage rituel juif (che’ita). Ils ont ainsi pallié les
carences informatives des Consistoires israélites français.
Une partie du combat contre la désinformation incombe donc
aussi à des individus dévoués, rarement des professionnels de l’information,
qui publient des articles originaux ou traduits de sources généralement
anglophones et occultées par le « politiquement correct ».
Communications
institutionnelles
Les institutions françaises juives ont perçu l’utilité de
se doter de médias considérés comme vecteurs de communication externe et
interne : Mila, revue trimestrielle de l'organisation des femmes sionistes WIZO France "distribuée auprès de 5 000 femmes actives", Osmose, magazine longtemps trimestriel de l'OSE (Oeuvre de Secours aux enfants) au tirage de "14 500 exemplaires" au printemps 2012, Jamif, journal mensuel de l'AMIF (Association des médecins israélites de France), etc.
Des journaux aux formats variés, souvent celui d'un newsmagazine, et dotés aussi d'une version électronique, temporaire ou permanente.
On ne peut que déplorer la reproduction par des magazines, adossés ou non à des organisations françaises Juives dont certaines lancent des appels publics aux donateurs, d'articles et de photographies sans solliciter l'autorisation de leur auteur, sans les créditer et sans les rémunérer. Ce qui certes valorise ces périodiques sans bourse délier, mais n'est ni respectueux ni conforme au droit et à ces auteurs. Et ce qui occasionne des condamnations judiciaires non mentionnées aux donateurs ou abonnés.
Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) demeure actif en lançant son site web, une
newsletter en français et anglais, un compte Twitter, une page Facebook… A la
différence du Consistoire, le CRIF hésite sur le positionnement de
son site Internet : espace institutionnel – vecteur de sa communication
externe, publication d’éditoriaux de son président, etc. - ou plate-forme
accueillant les opinions les plus diverses, et parfois controversées ? En outre, la newsletter du CRIF souffre aussi d'une hiérarchisation parfois aberrante des sujets évoqués : par exemple, est placée en première place, avant un article sur l'actualité internationale ou politique, l'annonce de telle ou telle décoration républicaine remise à un dirigeant communautaire français. Le 29 octobre 2012, le CRIF a publié une revue de presse de l'actualité culturelle de novembre, d'environ 28 pages, établie par Marc Knobel, chercheur au CRIF. Celui-ci mentionne l'exposition du designer Guillaume Bardet à Montélimar, et non celle sur Soutine au musée de l'Orangerie. Curieusement, la newsletter et le site Internet du CRIF n'ont publié aucun article sur l'audience du 16 janvier 2013, alors que Richard Prasquier y avait assisté, alors qu'ils ont informé sur l'appel du SNJ (Syndicat national des journalistes) à manifester par solidarité avec Charles Enderlin, etc. Le reste est à l'avenant.
Vers la mi-février 2013, le CRIF a annoncé, dans la revue de presse de sa newsletter et sur son site, et sous le titre Juifs d'Europe en danger : un documentaire israélien édifiant le documentaire Alla Islam, sur les traces de
la conquête de l'Europe par l'islamisme, réalisé par deux journalistes
israéliens, Zvi Yehezkeli et David Deryi. Dans sa tribune Le CRIF publie sur son site un documentaire plus que douteux du 20 février 2013 sur Rue 89, Guillaume Weill-Raynal a cité quelques passages de ce doucmentaire qui a "été dénoncé par de nombreuses voix" lors de sa diffusion en Israël à l'automne 2012. Le 22 février 2013, Richard Prasquier a déclaré : "On n'est pas allé au bout de la procédure de contrôle". Après avoir visionné ce film, il a estimé que ce documentaire, qui dramatise inutilement la situation des Juifs européens, "n'avait pas sa place dans le site du CRIF". Ce film a été diffusé en Israël et demeure visible notamment sur Youtube, mais il a disparu du site Internet du CRIF "islamiquement correct". Cette décision de retrait a été qualifiée de "bonne chose" par l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi. Il est surprenant qu'une seule voix française soit parvenue à cette auto-censure affligeante. Doit-on rappeler qu'une revue de presse présente les actualités et que casser un thermomètre ne favorise pas la guérison du malade ? De plus, le 11 octobre 2011, Arte a diffusé le reportage sur La vie juive en Europe qui décrivait un « antisémitisme qui est surtout le fait de musulmans", notamment marocains, à Malmö (Suède). Ce qui n'a pas suscité l'ire de M. Weill-Raynal ni d'aucune autorité musulmane en Europe. Une polémique déclenchée alors que le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) a publié un rapport alarmant sur l'antisémitisme en 2012. Le 21 février 2013, sur Radio J, Ron Rafaeli indiquait que les victimes de ces violences antisémites décrivaient majoritairement leurs agresseurs comme de type maghrébin. Enfin, le CRIF a présenté la recension du livre Vichy et la Shoah - Enquête sur le paradoxe français d'Alain Michel préfacé par Richard Prasquier qui ne partage pas les thèses de cet ouvrage.
Plus que son prédécesseur Roger Cukierman, Richard Prasquier multiplie sur le site du CRIF les tribunes, très argumentées, en réaction à l'actualité.
Depuis le début des années 2000, le CRIF a créé une collection d'essais, Etudes du CRIF, signés d'historiens renommés - Pierre-André Taguieff, Françoise S. Ouzan, - , publiés en versions papier et électronique, et parfois distribués aux invités du diner annuel du CRIF. Celui-ci s'est distancié d'une de ces études portant sur un sujet sensible, Les détours du rapprochement judéo-arabe et judéo-musulman à travers le monde, écrite par Dov Maimon, Franck Bonneveau et Dina Lahlou.
Les Consistoires israélites recourent au mensuel Information juive. La grande synagogue
de Paris dispose de La Lettre de la
Victoire. Le Mouvement Juif libéral de France (MJLF) a lancé Tenou’a
dont le numéro d'automne 2011 est consacré au
rapport qu'entretient le judaïsme à l'animal ».
Des communautés
juives locales bénéficient de médias imprimés - Neuilly -ou simplement électroniques (La e-letter de Beth Moshé, newsletter de
la communauté juive d’Aulnay-sous-Bois).
Conscience du lectorat réduit de leurs journaux ? Volonté d’élargir leur au dience en touchant des franges plus larges, voire périphériques ? Des responsables d'organisations Juives françaises ont choisi de s’exprimer dans les principaux médias communautaires : tribunes dans Actualité juive hebdo, émission Un rabbin vous parle de feu le grand rabbin de Paris David Messas sur RCJ, chroniques hebdomadaire de Joseph Haïm Sitruk, grand rabbin de France (1987-2008), et de Joël Mergui, président des Consistoires, sur Radio J, émission Torah et Société du grand rabbin de France Gilles Bernheim sur Radio Shalom sous la forme d'une interview par Pierre Gandus, etc.
C'est dans le cadre de cette émission radiophonique que le grand rabbin de France Gilles Bernheim s'est expliqué le 9 avril 2013, vers 19 h 30, sur les plagiats qu'il a commis et l'agrégation de philosophie non obtenue.
Des organisations - UPJF (Union des patrons et professionnels Juifs de France), association France-Israël, AIU
(Alliance israélite universelle), Primo-Europe, BNVCA
(Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme),
Connec’sion, Fraternité judéo-noire (FJN), Confédération des Juifs de France et amis d'Israël (CJFAI), etc. – ont articulé leur communication, parfois
exclusivement, via Internet (site, newsletter), souvent en raison de manques de moyens
financiers ou/et par souci de modernité.
Danger d’Internet : les refontes successives des sites
de l’UPJF et du Consistoire ont fait disparaître un nombre considérable
d’articles pertinents, d’archives précieuses et riches en argumentaires. Le départ du précédent responsable éditorial de l'UPJF a aussi induit une modification dans le site par la réduction en particulier de la quantité de textes publiés.
Dans ce paysage éclaté, face à la révolution des nouvelles technologies, les organisations Juives françaises
peinent à concevoir une stratégie de communication adaptée et commune. Ainsi,
organisé par le Consistoire israélite de France en partenariat avec le FSJU, le
18 mars 2012, le Congrès des communautés juives de France du
18 mars 2012 a
multiplié les tables-rondes passionnantes, mais … non filmées et non diffusées
sur Internet. Une tâche qu’aurait pu assurer Akadem,
campus numérique du FSJU.
Un cas pratique révèle, en concentré, ces
difficultés : le FSJU et ses médias.
RCJ, radio du FSJU
Le FSJU est l’une des principales organisations de la communauté juive française. Ses domaines d’actions : le social, la culture, l’éducation et la jeunesse. Il offre un exemple emblématique particulièrement intéressant, tant
son groupe médiatique est large et varié : radio – RCJ -, presse – L’Arche, Communauté nouvelle destiné à
des donateurs de l'AUJF -,
Internet : sites institutionnel et de L’Arche,
etc.
« Dès sa création, RCJ s’est assignée un objectif de rigueur professionnelle. C’est pourquoi elle s’est assurée notamment la collaboration de journalistes issus de milieux divers »,
indique le site Internet de la radio.
Sa programmation associe flashes et bulletins d’informations ainsi que des émissions
de divertissement. Parfois dans le cadre de partenariats avec des organisations françaises ou israéliennes Juives.
Le directeur d’antenne de RCJ est le journaliste-écrivain Shlomo Malka. Celui-ci
a interviewé, le 14 février 2012, Simon
Epstein, auteur du livre « 1930, une année dans l’histoire du peuple juif ».
Cet historien a alors déclaré sur l’affaire al-Dura :
« La réalité est qu’on ne peut pas savoir qui a tiré car les balles
venaient de tous les côtés. Donc on ne peut pas affirmer que ce sont les
Israéliens. Pas plus qu’on ne peut affirmer que ce sont les Palestiniens. La
faute d’Enderlin a été de faire confiance à son représentant cameraman
palestinien [Nda : Talal Abu Rahma] qui bien évidemment, de manière tout à
fait naturelle, tout à fait humaine, a dit que c’est les Israéliens. Au début
de l’Intifadah il ne pouvait pas dire que ce sont peut-être les Palestiniens
qui l’ont tué ».
Curieusement, Shlomo Malka, dont les réparties généralement
fusent, ne s’est pas indigné de cette justification au manquement à une
obligation journalistique essentielle.
Le 17 mars 2013, cette radio n'a pas diffusé en direct la cérémonie à Toulouse, en hommage aux victimes du djihadiste Merah. Elle a préféré diffusé l'interview de François Bayrou, président du MoDem. Aucun des deux journalistes ne l'ont interviewé sur son refus de participer en 2012 au diner du CRIF qualifié de "réunion communautaire", mais son accord pour assister au diner de l'Union des associations musulmanes (UAM) de Seine-Saint-Denis en 2007, ou sa position en 2012 en faveur de créneaux spécifiques pour les femmes dans les piscines. Ou ses déclarations le 19 mars 2013, après l'attentat antisémite à Toulouse qui selon lui s'enracinait "dans l'état d'une société" malade de ses divisions. François Bayrou avait accusé les responsables politiques qui "montrent du doigt" en fonction "des origines" et font "flamber les passions". Des questions pertinentes le jour de la cérémonie nationale en hommage aux victimes de Mérah, et à quelques jours du diner du CRIF.
Sur RCJ, on entend parfois des journalistes parler
d'« activistes » au lieu de terroristes, de « colonies » ou de « territoires occupés » au lieu
d’« implantations » et de « territoires disputés »,
vocables conformes au droit international. Ce qui risque d’incliner les
auditeurs, Juifs et non-Juifs, à penser que cette terminologie biaisée
des médias dominants, les MSM (Mainstream medias), est fondée juridiquement puisqu’elle est reprise par un média Juif institutionnel. Un
registre lexical partial adopté aussi notamment par Radio Chalom.
Voici quelques mois, commentant les résultats d’élections
consécutives au « printemps arabe », Paule-Henriette Lévy, rédactrice
en chef de RCJ, a pourtant distingué l’islamisme de l’« islamisme modéré ».
Quelques semaines plus tard, elle réfutait toute pertinence à cette distinction. Le 29 août 2012, elle alléguait lors du bulletin d'information de 8 h, que Rachel Corrie, militante américaine d'ISM, aurait été "blessée par les chenilles du bulldozer" israélien dans la bande de Gaza. Du gore - inspiré peut-être par un titre d'article du Monde -, mais faux. Rachel Corrie a été blessée par un amas de terre poussée par un bulldozer qui ne l'a pas touchée. Ainsi que l'indique le jugement argumenté du tribunal de Haïfa dont de larges extraits sont disponibles en anglais sur Internet.
Le 17 avril 2013, vers 8 h 17, lors du bulletin d'information de RCJ, Paule-Henriette Lévy, rédactrice en chef de cette radio Juive francilienne, a annoncé la réunion politique de Valérie Hoffenberg, candidate pour l'élection
législative partielle de mai 2013 dans la 8e circonscription qui inclut
l’Etat d’Israël, ce 17 avril 2013 et en présence de Jean-François Copé, président de l'UMP, et de Claude Goasguen, député-maire du XVIe arr. de Paris. Cette journaliste annoncera-t-elle les réunions de tous les candidats à cette élection ? Ce n'est qu'après avoir promu cette réunion politique que Paule-Henriette Lévy a évoqué un sondage sur l'antisémitisme de jeunes Varsoviens. On peut douter de la pertinence de sa hiérarchie des inforrmations.
Lors d’une Matinale, Sandrine Sebbane a interviewé
Dominique Cantien sur son autobiographie Avec eux… Dominique
Cantien a été la compagne de Philippe Douste-Blazy, alors ministre des Affaires
étrangères (2005-2007), et s’est vue proposer un poste par le successeur de ce
dernier, Bernard Kouchner. Eh bien, curieusement, Sandrine Sebban n’a posé
aucune question sur la diplomatie française ni sur la « politique
arabe » de la France. Lors de son talk-show, Sandrine Sebbane interviewe régulièrement Francine Lutenberg, responsable
des projets culturels à l'ambassade d'Israël en France. On ne peut que regretter que cette journaliste ne l'interroge pas sur des manifestations artistiques controversées - expositions, spectacles, etc. -, soutenues par le service culturel de cette ambassade malgré leurs caractères politique et partial.
Le 19 mars 2013, Sandrine Sebbane annonce qu'elle va parler des "Juifs de France et des musulmans de France" avec Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten, une des victimes de l'islamiste Mohamed Merah en 2012. Pourquoi ne pas parler des Juifs français ? En effet, la quasi-totalité des "Juifs de France" ont la nationalité française, et elle seule. Sandrine Sebbane explique qu'il faut appeler Mohamed Merah de 'terroriste", et non de "tueur au scooter". Mais pourquoi ne pas qualifier ce terroriste d'"islamiste" ou de djihadiste ? Cette journaliste demeure silencieuse quand Latifa Ibn Ziaten nie tout lien entre l'islam et les attentats du moudjahidin Merah.
Quant à Elisabeth Steiner,
cette avocate a récemment interviewé
Jacques Giami, président de
l’association « Pro-Arte »,
« qui a pour but d'entretenir la mémoire de la Shoah et de diffuser la
culture juive ». Elle s’est alors étonnée, ou a feint de s’étonner, qu’un
Juif non ashkénaze se soit intéressé à la Shoah. Rappelons l’occupation nazie en Tunisie (1942-1943) et la déportation de Juifs de Tunisie vers les camps nazis
d’extermination.
Le 21 septembre 2012, lors du journal de 12 h 30, RCJ a évoqué l'inauguration du Mémorial de la Shoah près de l'ancien camp de transit et d'internement de Juifs à Drancy. Son envoyée sur place était Rachel Rimmer, responsable de la Communication de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS) qui a financé ce Mémorial. Rachel Rimmer a alors annoncé la présence à ses côtés de... Philippe Allouche, directeur de la FMS qui a été interviewé par le journaliste responsable de l'édition de la mi-journée de RCJ sans que soit posée la moindre question sur des éléments faisant débat : absence de "prise en charge" par l'Etat, devenir du Centre dans une ère où le devoir de mémoire est perçu de manière moins aigu, etc. Rachel Rimmer prépare aussi Mémoires Vives, émission dominicale de la FMS sur... RCJ. L'auditeur aurait été intéressé de connaitre les fonctions variées exercées par Rachel Rimmer et comment elle a alors concilié, simultanément, le journalisme et la communication.
Sans aucun commentaire ni aucune photo, RCJ diffuse les discours de Nicole Guedj, présidente de la Fondation France-Israël, et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères lors du diner de cette Fondation dans une salle, composée essentiellement de convives Français Juifs, de l'ambassadeur d'Israël Yossi Gal et de hauts diplomates, du Quai d'Orsay, le 29 novembre 2012. Des discours précédés de la projection d'un film d'archives sur le vote de l'Assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947 concernant le plan de partage de la Palestine mandataire. La nuit où la France vote pour le statut d'Etat observateur non membre à la Palestine à l'ONU, Nicole Guedj fait applaudir le président François Hollande et Laurent Fabius tente de justifier ce vote scandaleux...
Poursuivons notre promenade dans la grille des programmes
de RCJ, avec sa couverture d'une campagne électorale en 2012 dans laquelle ont été impliqués deux dirigeants du FSJU.
Depuis environ un an, Gil Taïeb, vice-président du FSJU et
responsable de l’Opération Lunettes en
Israël, dispose d’environ cinq minutes sur RCJ pour sa chronique hebdomadaire
dominicale, à l’heure du déjeuner, et souvent trufée de "je". Il y commente l’actualité. Il se présente
aussi à l’élection
législative de juin 2012 dans la 8e circonscription des
Français de l’étranger
incluant l’Etat d’Israël. Force est de constater que tous les autres candidats
n’ont pas pu s’exprimer sur RCJ avec un temps de parole similaire.
Le 25 mai 2012, RCJ a publié la dépêche AFP intitulée Israël : Campagne passionnelle chez les Français de l’étranger et illustrée par une photo de…Gil Taïeb lors de sa campagne électorale à Netanya qui abrite une importante communauté francophone. Avec 9,92% des suffrages exprimés dans cette circonscription, Gil Taïeb est arrivé en 4e position lors du premier tour de scrutin du 3 juin 2012, mais en 2e position en Israël (Jérusalem inclus) avec 1 304 voix, soit 26% des suffrages exprimés. Il a donné "rendez-vous dans cinq ans".
Pour cette élection politique, Gil Taieb a bénéficié du soutien notamment de Pierre Besnainou, président du FSJU qui soutient RCJ. Ce soutien soulève des questions éthiques qui n'ont pas été relevées par les médias français Juifs. D'autant que les dirigeants communautaires français s'abstiennent de toute ingérence dans les élections politiques françaises sous la forme d'un soutien à l'un des candidats. Si Richard Prasquier, président du CRIF, signale seulement le danger de l'extrême-droite, il n'a exprimé de soutien à aucun des candidats, notamment pas en faveur de Philippe Karsenty, dont il partage sa quête de la vérité dans l'affaire al-Dura, ni de Gil Taïeb, président de l'ABSI (Association pour le bien-être du soldat israélien) Keren Or, association membre du CRIF. Comme d'autres médias communautaires, RCJ ne s'est pas étonnée de cette intervention de Pierre Besnainou dans une élection politique.
Ce soutien surprend d'autant plus de la part de Pierre Besnainou que celui-ci s'était distancé en tant que président du FSJU, et dans une tribune publiée par Libération (16 mai 2012), des voix qui « au nom de la communauté
juive de France, ont exprimé, ici ou là, en particulier sur
Internet, les inquiétudes les plus graves" à l'égard de la possible victoire d'un des deux candidats à l'élection présidentielle : « Les institutions représentatives de la communauté juive (Consistoire, CRIF et Fonds social juif unifié) n’ont pas vocation à se livrer à cet exercice, aucune n’ayant la légitimité pour exprimer une position qui refléterait l’avis politique concerté des juifs de France ».
Revenons à RCJ et à Objectif santé présenté le lundi (13 h-14 h) par
Karen Taïeb, épouse de Gil Taïeb.
30 janvier 2012, l’invité est Guillaume Gérault,
coauteur du livre avec Catherine Behar, Ronald Mary et Jean-Charles Sommerard «
Le guide de l’olfactothérapie », paru aux Éditions Albin Michel (octobre 2011).
Les « auteurs nous proposent la méthode de soins la plus simple qui soit :
l’utilisation des huiles essentielles en olfaction, au flacon ou au bouchon ».
Les auteurs : « Guillaume Gérault est naturopathe, aromatologue et
thérapeute psycho-corporel formé aux techniques manuelles. Jean-Charles
Sommerard, aromatologue, a fondé le premier bar à eaux florales du monde, à
Paris. Catherine Béhar est sophro-analyste et aromatologue, spécialisée dans la
gestion des émotions et du stress. Ronald Mary est journaliste ».
Le 21 mai 2012, l’invité est le « Dr Alain Delabos, auteur du livre « Mincir
sur mesure grâce à la chrononutrition », paru aux Éditions Albin Michel ».
La chrononutrition
a été « élaborée en 1986 par le Dr Alain Delabos et testée médicalement
par l’équipe des scientifiques de l’IREN (Institut de recherche européen sur la
nutrition)... Cette méthode révolutionnaire permet de
mincir là où il faut et sans se priver. Elle vous propose de déterminer votre
propre morphotype, afin de comprendre pourquoi vos kilos superflus sont
localisés sur telle ou telle partie du corps et de corriger d’éventuelles
erreurs… tout aliment est bénéfique s’il est consommé en fonction de l’horloge
biologique du corps. Ses principes essentiels peuvent alors parvenir jusqu’à
leur site d’action cellulaire, alors que le même aliment, pris à un autre
moment, s’oriente vers une voie de stockage ». Ce texte publié par RCJ omet de préciser que l'IREN a été créé à l'initiative notamment du... Dr Delabos. Le 25 mars 2013, Karen Taieb invite de nouveau le Dr Delabos, auteur de Mincir en beauté grâce à la morphonutrition (Albin Michel). Cet invité reconnait l'absence d'études scientifiques sur le bien-fondé de ses allégations. Karen Taieb cite un article récent sur le Dr Delabos publié par... Gala. Quelle source pour une émission médicale !
Le 5 novembre
Curieux pour une « émission médicale »...
Non signés, ces textes publiés par RCJ proviennent-ils de communiqués de presse des éditeurs ou ont-ils été rédigés par Karen Taieb ou/et RCJ ? Il est étrange qu'un site d'information soucieux de "rigueur" ne mentionne pas l'auteur de ces textes. Les éditions Albin Michel sont-elles surreprésentées ?
Les allégations de ces textes sont-elles scientifiquement
ou médicalement valables ? Ont-elles été validées par des études conformes aux
protocoles standards scientifiques et médicaux, et reconnus internationalement ? Si oui, lesquelles ? Ces études ont-elles la qualité scientifique
suffisante pour être considérées comme valables pour la santé humaine ? L’information
sur les conceptions, méthodologies et objectifs de ces études est-elle
suffisante ? Curieusement, Karen Taïeb, qui se
prévaut de sa qualité de "journaliste médicale radiophonique", n’a pas posé ces questions
essentielles.
Certes, me direz-vous, ce ne sont là que trois invités sur 26 (11,54%) sur moins de dix mois –
semaines et mois d’arrêt de l’émission en raison de vacances ou fêtes juives inclus - en 2012.
Mais il est problématique que ces (non-)médecins parlent sur des thèmes dépourvus d'études conformes aux protocoles standards internationaux dans une « émission médicale » à la
programmation quasi-essentiellement composée d'invités médecins, sur un sujet aussi
sensible que la santé humaine, et sous la responsabilité d’une "journaliste
médicale radiophonique".
N’y a-t-il pas des sujets plus intéressants et
pertinents, tels le déremboursement de médicaments ou de l'hypertension artérielle par la Sécurité sociale, l’accompagnement
des malades en fin de vie ou la circoncision si contestée depuis quelques années, notamment en Europe ? N’y aurait-il pas là matière à des enquêtes,
reportages ou interviews par des journalistes ? Ne vaudrait-il pas éviter les invités qui ne sont pas médecins ? Quels sont les liens entre cette « émission médicale » et la rédaction de RCJ ? Il semble surprenant qu'aucun responsable de la rédaction de RCJ ou/et du FSJU n'ait infléchi vers plus de raison les critères de Karen Taieb dans le choix de ses invités et des thèmes abordés.
Innovation récente en ce printemps 2012 : un talk-show
en anglais sur RCJ, GloCal Impact (un samedi soir sur deux, 23
h-24 h) animé par "Georges Hazan, Managing Director / (Directeur) BROTHERS & Partners". Une "émission destinée aux auditeurs et internautes
anglophones". Quel dirigeant de cette organisation française Juive i a pris la décision de lancer cette émission dans la langue de
Shakespeare et non animée par un journaliste? Et pourquoi ? Quels sont l’audience, l’intérêt et le
coût de ce talk-show ? Le 19 mai 2012, pour parler de « Jerusalem Day – Yom
Yerushalayim », Georges Hazan a invité Emmanuel Navon,
professeur israélien et candidat du Likoud aux primaires du Likoud et Kenneth Weinstein, président de l’Hudson
Institute (Washington, D.C.). Deux francophones…
Plusieurs mois après la publication de cet article, le site Internet de RCJ a supprimé toute mention de cette émission.
Le FSJU et ses médias envisageront-ils un code déontologique et une réflexion sur leur stratégie et leur éthique, ainsi que sur leur programmation et leur ligne éditoriale ? Non. Au printemps 2013, Gil Taieb est candidat à la présidence du CRIF et lit sa chronique dominicale sur RCJ.
RCJ et L’Arche
« Les premiers pionniers » de RCJ « furent un petit « noyau » de journalistes de la revue « l’Arche » – dont une bonne partie reste encore en place aujourd’hui – qui ont parié pour ce nouveau média ».
Ainsi, Anne-Marie Baron assure la critique cinématographique dans les deux médias.
Le 24 février 2011, par une lettre-circulaire électronique,
Jacques Bénichou, directeur général du
FSJU, a annoncé aux 73 collaborateurs - journalistes, universitaires, dessinateurs, etc. - de L’Arche
« une pause dans leur collaboration » et les a exclus de la réflexion
sur l’avenir du journal. Un envoi collectif que Pierre Besnainou qualifiera de
« maladresse ».
Le 9 mars 2012, sur RCJ, alors que le philosophe Alain Finkielkraut, lecteur et ancien collaborateur de L'Arche, soulignait que L'Arche n'était pas ni un jouet ni une danseuse et que, si "un journal a des lecteurs", un "site Internet a des navigateurs", ce même président du FSJU a reconnu : " Nous avons mal préparé la suite. Cela n'aurait pas du se passer comme cela". Et Pierre Besnainou s'est prévalu d'une "décision du Bureau exécutif du FSJU après une réflexion de 18 mois" et a qualifié l'envoi par Internet de ce courrier d'"inacceptable dans la forme".
Le 8 mars 2011, Libération
écrivait : « Avec 2 000 à 2 500 abonnés et 200 à 300
numéros vendus, selon les chiffres de Besnainou, ce magazine perd de l’argent ». Président du FSJU, Pierre Besnainou a
argué de problèmes financiers graves affectant L’Arche. « L’audience de L’Arche
est de plus en plus faible. Nous n’avons pas arrêté de pousser la communication
[…] Dernièrement, nous avons envoyé 300 000 mails, et nous avons eu très
peu de retour », a-t-il déclaré. Et de préciser qu’il s’agissait de transformer
« L’Arche papier en
Arche.fr ». Un site qui republierait les archives de L'Arche. Quant à la version imprimée, elle deviendrait trimestrielle.
Cette double mutation a suscité l’opposition de la
quasi-totalité des collaborateurs du magazine dénonçant le 15 mars 2011, dans Libération, « un sabordage politique », « un aveuglement », et l’oubli d’« un des fondements du judaïsme, sa part symbolique, la dimension particulière de l’écrit et du « Livre » ».
Le 22 septembre 2011, Témoignage
chrétien affirmait que L’Arche disposait
de « 2 900 abonnés pour 500 à 600 exemplaires vendus en
kiosque » début 2011. Curieusement, les statistiques diffèrent les unes
des autres, alors qu’elles émanent du même FSJU...
Il semble que des dirigeants du FSJU, généralement sans expertise journalistique – entrepreneur, Pierre
Besnainou avait confié à des journalistes la direction de la rédaction de Tribune juive qu’il avait acquise
pendant quelques années ; Gil Taieb est « docteur en chirurgie dentaire » ; Patrick
Chasquès, directeur de la communication, Marc Abensour, ancien directeur administratif et financier chez Natixis, etc. - et
de L’Arche n’ont pas su au fil des
années mieux positionner ce magazine ni prendre pendant des années le bon
virage Internet. N’en ont pas appliqué les règles : fréquence rapide des
publications, mises en page éclatées, synergie entre web, blog et réseaux
sociaux, etc. Ont lancé des campagnes d’abonnement sans dynamiser parallèlement
le site Internet de L’Arche et sans
jouer des synergies entre les versions imprimée et numérique de L’Arche. N’ont pas associé à leurs
réflexions et actions les collaborateurs de L’Arche,
ce qui les a vraisemblablement privés d’avis éclairés de journalistes compétents
et expérimentés dans la presse écrite et les médias électroniques.Au printemps 2012, le site Internet de L’Arche présente des articles du romancier Yann Moix sur le terrorisme et de l’universitaire Eric Marty sur les assassinats d’enfants Juifs par Mohamed Merah, et, dans la rubrique Culture Life Style, des textes datant de septembre 2011, le Tweet le plus récent de L’Arche remonte à 141 jours !
Dans son n° 1213 (7 juin 2012), Actualité juive indique Les ambition de L'Arche nouvelle formule. "C'est Internet que le magazine veut conquérir", résume cet hebdomadaire. Curieusement, pour présenter ces ambitions, ce n'est pas le rédacteur en chef, Shlomo Malka, mais Marc Abensour, chargé des finances du journal, directeur général adjoint du FSJU et "un de ceux qui ont décidé de la nouvelle périodicité du journal" - trimestrielle - qui s'exprime. "La diffusion sur Internet est prometteuse, explique-t-il. Nous visons 20 000 visiteurs pour les débuts, puis autour de 50 000 visiteurs mensuels dans les trois ans à venir". Des visiteurs qui devraient pouvoir consulter les anciens numéros de L'Arche, en ligne et gratuitement. "Peut-être pas tous", précise M. Abensour. Il est vrai qu'avec plus de six cents numéros, le passage au numérique sera un travail titanesque. Et qui aura un prix... Le site n'hébergera sans doute pas de fil d'information ni de dépêches. Il proposera en revanche des articles politiques, des chroniques culturelles et des blogs". Aucune information n'est donnée sur le coût actuel et futur de L'Arche, sur la raison du changement de rédacteur en chef, etc.
Au cours de l'été 2012, RCJ diffuse des annonces publicitaires présentant quelques titres du sommaire du numéro estival de ce "magazine du judaïsme français" et invitant les auditeurs à l'acheter dans leurs "kiosques habituels". Or, on peine à trouver ce magazine dans ces kiosques, car il est surtout vendu par abonnements. Le 6 octobre 2012, ce trimestriel indiquait être diffusé essentiellement dans près de 70 kiosques et librairies parisiennes.
Le site Internet de L'Arche présente quelques articles du numéro d'août 2012, ainsi qu'un lexique de Twitter. Joke : l'auteur de ce lexique ignore le mot hashtag. Parmi les signataires d'articles, des journalistes de RCJ, tels Jonathan Siksou et Paule-Henriette Lévy. Pour la rubrique Expositions : Rachel Rimmer, responsable de la Communication de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), et Ariane Charton, "spécialisée dans l'étude de l'époque romantique"...
L'Arche consacre son numéro d'octobre 2012 à un dossier sur Pierre Mendès France comprenant une interview du Président François Hollance sur cet homme politique et l'antisémitisme. Ni le Président ni les journalistes Salomon Malka et Dominique Laury n'ont qualifié l'attentat antisémite de Toulouse de djihadiste ou d'islamiste, ni abordé la diplomatie française, notamment à l'égard de l'Etat d'Israël.
Le 4 décembre 2012, un petit tour dans ce site Internet montre un Tweet vieux de 31 jours, soit du 2 novembre 2012, indiquant : « Nous vous remercions pour
vos messages sur le site et cette page facebook. Malheureusement nous ne
pouvons pas encore publier les feedback, mais nous en tenons bien entendu compte » - un message présent aussi, et c'est le seul, sur la page Facebook de L'Arche magazine. L'article IFeelSmart, l’iPhone grand écran remonte au 30 septembre 2012. Toujours en page d'accueil, l'annonce d'un article de la "rédaction" sur l'exposition du peintre Yoël Benharrouche qui s'est achevée le... 4 novembre 2012. Etc. Etc. Etc. Quel thème abordé dans ce site web est susceptible de séduire les jeunes Internautes ?Dans son n°1253 du 1er mai 2013, Actualité juive publie l'interview de Robert Ejnès, directeur général du FSJU depuis l'automne 2012, par Yaël Scemama. Curieusement, ni la journaliste ni ce dirigeant communautaire n'évoquent L'Arche.
Le FSJU ne communique pas les résultats des deux "nouvelles" formules de la désormais trimestrielle L’Arche lancées à l’automne 2011, puis à l'automne 2012. Pour la promotion de cette seconde formule, le FSJU a recouru à plusieurs reprises à la mailing list d'un site Juif sur Internet.
Quelques constats. L’Arche a vu défiler trois rédacteurs en chef en un an, dont deux pour sa nouvelle formule – Laurent-David Samama, âgé de 24 ans et membre du comité de la rédaction de La règle du jeu, puis Shlomo Malka. Ce qui fait un peu beaucoup.
Les « personnalités de l’envergure du sociologue Michel Wieviorka ou de la philosophe Blandine Kriegel » annoncées en 2011 dans Témoignage chrétien par Patrick Chasquès, alors directeur de la publication de L’Arche, ont-elles rejoint L’Arche ? Non.
Après la deuxième formule de L'Arche (octobre 2012), force est de constater que ses responsables ne parviennent pas à jouer de la synergie entre le magazine print (imprimé), le site Internet et les réseaux sociaux.
Mais il ne faut pas désespérer : une troisième formule sera peut-être lancée par le FSJU...
En outre, L’Arche
n’a plus recouru à ses quelques 70 collaborateurs. Ce qui pénalise en
particulier les journalistes et les dessinateurs. Blessés par la lettre-type électronique
du FSJU, des collaborateurs se sont interrogés avec angoisse en particulier sur
leurs modes de rémunération et leurs droits. appelons qu’au programme du candidat Gil Taïeb aux élections législatives de juin 2012 figure la
« défense des acquis et octroi de nouveaux droits sociaux ».
Le souci du FSJU de gestion optimale de son budget est compréhensible
et juste. Mais on ne déshabille pas David pour habiller Simon, ni Rachel pour habiller Sarah. Pourquoi le FSJU
n’a-t-il pas proposé aux journalistes de L’Arche
des emplois par exemple dans RCJ ou Akadem ? Ne serait-il pas envisageable par exemple de scinder en
deux ou en trois Objectif santé de
Karen Taïeb ou Hors antenne de
Paule-Henriette Lévy afin de libérer des créneaux horaires pour d’autres
émissions ? Ce qui ne pourrait qu’être bénéfique à RCJ et serait conforme
à son histoire. Verra-t-on un jour un radiothon pour des collaborateurs de L’Arche, à l’instar de celui annuel
« organisé à l’occasion de la campagne nationale pour la Tsédaka » (justice, en hébreu ; campagne annuelle de collecte de fonds dirigée par le FSJU) ? Quel est le coût financier de
RCJ ou de Communauté nouvelle,
magazine mensuel soutenu par le FSJU et longtemps dirigé par Patrick Chasquès ? Quels sont les résultats financiers, et en termes d'abonnements, de cette énième relance de L'Arche ?
De plus, combien a coûté au FSJU le rassemblement place du Trocadéro du 22 juin 2010, à l’initiative de plusieurs organisations
communautaires et visant à afficher le soutien à l’Etat d’Israël peu
après la « Flottille pour la paix » et
à exhorter à la libération de l’otage franco-israélien Guilad Shalit ? Co-organisée
par Gil Taïeb, cette manifestation n’a attiré qu’environ 3 200
personnes selon la police, au plus 5 000 individus, et non les 15 000
allégués alors par les organisateurs.
Force est de conclure sur l’urgence pour la communauté Juive
française institutionnalisée d’entamer une réflexion profonde sur sa
communication afin d’établir un plan d’actions, du court au long termes, adaptées aux défis actuels et
futurs, et de ne pas accroitre le fossé la séparant d’un grand nombre de
Français Juifs.
Des actions qui devront nécessairement, mais pas
uniquement, s’appuyer sur des médias Juifs crédibles, professionnellement, à l’audience élargie et solides financièrement. Ce qui suppose des bons journalistes.
C’est à ce prix que cette communauté peut espérer gagner la
bataille décisive de la communication dans une France en déclins.
NB : J’ai collaboré à Actualité juive hebdo, Guysen, à Osmose et à L’Arche. JAMIF a publié mes articles. J'ai été interviewée par Radio J et RCN. Je publierai les éventuelles réponses des personnes
mentionnées dans cet article.
Le 23 novembre 2012, mécontente d'un passage de cet article l'évoquant, une personne que j 'ai rencontrée fortuitement, a multiplié les invectives à mon égard en public, a adopté un ton agressif à mon endroit, sans argumenter sur le fonds ni trouver la moindre erreur dans mon article. Si des personnes citées ou leurs proches sont en désaccord avec cet article, elles peuvent réagir par des commentaires ou par des lettres, mais pas par des invectives, pas par une agression verbale dénuée d’arguments.
Articles
sur ce blog concernant :
Publié le 25 mars 2012, cet article a été republié le 15 janvier 2013. Il a été modifié pour la dernière fois le 20 mai 2013.
Tableau ultra détaillé des médias juifs de France. Bravo pour ce travail remarquable...
RépondreSupprimerUne juste et nécessaire mise au point !
RépondreSupprimerTrès belle enquête
RépondreSupprimervéronique, je vous remercie de signaler sur votre blog que tribunejive.info la version numérique de Tribune juive a obtenu des interviews exclusives de Nicolas Sarkozy et François Hollande entre les deux tours de la présidentielle. Votre papier laisse à penser que seul Actualité Juive a obtenu ces interviews ce qui décrédibilise notre titre et donne à nos lecteurs une fausse image de notre media.
RépondreSupprimerPourquoi "Anonyme" ?
SupprimerVéronique,
RépondreSupprimerComme d'habitude votre analyse est exhaustive, sans complaisance ni critique inutiles.
Cependant, il me semble difficile de détacher le constat de "médiocrité" des médias de tous les autres rouages officiels de la Communauté. Ecoles, corps rabbinique, responsables communautaires ( du CRif au Consistoire en passant par le Fonds Social) sont tous engagés dans des concurrences mesquines et passent à côté de l'essentiel. Plutôt que de s'associer efficacement, ils veulent tous se faire entendre plus que les autres, se montrer au premier rang, si possible en masquant les autres. En résulte un éclatement des ressources, une cacophonie contre productive et une démobilisation de la base. La pléthore des mails que nous recevons, bien peu souvent originaux ( comme les vôtres) sont la plupart du temps des compilations de liens traduits vaguement de l'anglais. La communauté manque cruellement de leaders dignes et qui soient capables de mobiliser les forces vives de celle-ci.
Il est inexacte de dire qu'Akadem n'a pas rendu compte de la manifestation du Consistoire.
RépondreSupprimerhttp://www.akadem.org/sommaire/themes/politique/laicite/la-laicite-aujourd-hui/liberte-egalite-fraternite-laicite-06-04-2012-43461_188.php
Pour le reste votre article est très impressionniste et partial, il est marqué par votre expérience personnelle dans les médias que vous citez.
Dommage, une vraie enquête sur les médias juifs reste à faire.
Laurent Munnich
Directeur d'Akadem
Le Consistoire et le FSJU ont organisé ce Congrès composé de tables-rondes simultanées en salles le matin et de conférences/débats en amphithéâtre l'après-midi.
RépondreSupprimerLes tables-rondes matinales n'ont pas été filmées par Akadem - un camaraman est passé parfois filmé quelques minutes. Elles n'apparaissent donc pas dans votre lien ni plus généralement sur le site Akadem. Ce dimanche matin, j'ai exprimé publiquement mon étonnement que d'une part, aucune caméra ne filme intégralement ces tables-rondes et que d'autre part, il n'y ait aucune diffusion en direct et sur Internet de ces tables-rondes. J'ai cité des évènements publics non communautaires que j'ai couverts et qui bénéficiaient d'une diffusion en direct sur Internet. J'ai été applaudie, ce qui prouve que mon étonnement était partagé et une carence des organisateurs, car des Français Juifs isolés auraient pu bénéficier de ces tables-rondes, et des Français non-Juifs apprendre beaucoup sur les interrogations soulevées lors de cette journée.
Akadem a filmé les conférences de l'après-midi et votre lien concerne une des conférences. Cette conférence a été publiée après l'évènement, et non en direct. Pour l'éclairer : un seul document, qui porte sur la laïcité (1792-2005) et qui reprend l'essentiel d'une chronologie, sans l'actualiser, publiée sur le site Internet de l'Assemblée nationale ! Votre chronologie sur la laïcité s'arrête en 2005. Rien sur les débats récents sur la laïcité, sur les abattages rituels, sur les carrés confessionnels, sur la loi interdisant la dissimulation du visage dans les espaces publics (2011), sur les prières de musulmans dans les rues, etc. Pourquoi ?
De plus, d'autres sujets ont été alors abordés.
Dommage qu'une couverture en direct et intégrale, ainsi qu'un travail éditorial plus actualisé et plus large n'aient pas été assurés.
Mon article est nourri de mon expérience de plus de dix ans dans des médias communautaires, d'analyses argumentées avec liens Internet, dates et photos, de confidences de collègues et confrères et de directeurs de médias Juifs, etc. Et je n'ai pas tout dit, notamment sur les conditions de travail de journalistes de médias Juifs...
Les Internautes ont abondé dans mon sens, et c'est un euphémisme. Ce qui prouve que mon tableau n'est ni "impressioniste" ni "partial".
J'ai aussi travaillé à Akadem. Donc, je sais quel travail peut être fait sur une conférence.
Pourquoi ai-je été la seule à effectuer cette enquête sur des médias français Juifs qui, sauf exceptions, sont en déclin ou connaissent une audience faible, et essentiellement communautaire ?
Pourquoi Akadem ne ferait-il pas une "vraie enquête" sur les médias Juifs ? Il dispose de journalistes pour sa TV culturelle sur Internet...
Véronique Chemla
Le 28 mai 2012, la page Facebook de Jewpop a évoqué mon article Un paysage médiatique français Juif contrasté ainsi : « La journaliste Véronique Chemla règle ses comptes avec les médias juifs ! #tataflingueuse » (http://fr-fr.facebook.com/jewpop/posts/468541093172699
RépondreSupprimer).
Les commentaires sont :
Laurent D. Samama : Tâta, je te trouve bien gentil! Je dirai plutôt mémé... Cette dame fait partie du système depuis des décennies, si elle voulait que ça change, elle aurait du le faire quand elle le pouvait!
28 mai, 03:43 via mobile • 1
Jewpop : Vas-y Laurent D. Samama, dynamite, ventile, éparpille, façon puzzle ! :)
28 mai, 05:15
Vince Oron Dogue : L'article est interessant cependant ecrire des articles pour Haaretz, le journal le plus biaise et qui incite le plus a la haine en Israel ce n'est pas glorieux donc pas de like pour Mme Chemla .
28 mai, 06:40 via mobile"
N’ayant pas de compte Facebook, et ne souhaitant pas en créer, je n’ai pas pu répondre à ces commentaires.
J’ai sollicité de Jewpop qu’il publie ma réponse dans sa page Facebook. En vain.
Je la publie donc sur mon blog :
« J’ai écrit cet article comme journaliste, et non pour “régler” des “comptes avec les médias juifs”.
J’ai décrit, analysé et argumenté une situation. Et les commentaires des Internautes abondent généralement dans mon sens.
Mon expérience professionnelle dans ces médias remonte à 2001. Ce qui ne fait pas des « décennies ».
A quel « système » Laurent D. Samama fait-il allusion ? Si j’en faisais partie, ces médias n’auraient pas mis un terme à leurs commandes d’articles auprès de moi.
M. Samama, alors rédacteur en chef de L’Arche, avait souhaité utiliser mon dossier d’articles sur les Juifs noirs pour le numéro de L’Arche à paraitre en octobre 2011, voire aussi sur le site Internet de ce magazine. A ce jour, mon dossier et d’autres articles n’ont pas été publiés par ce magazine qui les avait pourtant commandés. Pourquoi ?
Il me parait naïf, faux et illusoire d’écrire qu’un changement – lequel ? Dans quel but ? Selon quelles modalités ? - parmi ces médias dépendrait de ma seule volonté.
Et qu’a fait M. Samama, ex-rédacteur en chef de L’Arche, pour que « ça change » ?
Dernières questions pour actualiser mon article : pourquoi M. Samama n’exerce-t-il plus cette fonction de rédacteur en chef de L’Arche que ce vingtenaire a occupée, certes pour quelques numéros, et malgré la brièveté de son expérience professionnelle dans les médias ? Pourquoi n’a-t-il pas réagi directement sur mon blog ?
Avez-vous lu mes articles sur la disparition de la petite Rose Pizem publiés par Haaretz ?
Ce quotidien a respecté mes articles – mon interview-scoop a même été mise à sa Une - et m’a payée la somme convenue dans un délai raisonnable. Je n’en dirai pas autant de tous les médias auxquels j’ai contribué.
De plus, j’ai écrit pour des médias français qui publiaient des articles dont je ne partageais pas les opinions.
Parvenir à faire publier des articles éloignés de la ligne éditoriale d’un journal relève de l’exploit.
Je suis plus choquée par la terminologie biaisée – « colons », « territoires palestiniens », « territoires occupés », etc. –, utilisée par certains médias français Juifs, que par la ligne éditoriale d’Haaretz, car tout le monde connait la partialité de ce quotidien israélien.
Par ailleurs, j’ai critiqué dans mon blog un article publié par Haaretz (http://www.veroniquechemla.info/2009/12/pas-dantisemitisme-en-france.html).
Enfin, le terme « mémé » me semble relever d’une surenchère agressive, encouragée par Jewpop, pas « gentille » et dérapant sur le terrain personnel. Faute d’arguments peut-être. »
Véronique,
RépondreSupprimerJe baisse mon chapeau. Ce n'est pas un article, mais carrément une recherche, une étude. Beucoup de critiques constructives.
On regrettera toutefois que ce riche travail ne puisse être apprécié que par une minorité de personnes au fait des médias. Félicitations