jeudi 31 juillet 2014

Les gouvernements Ayrault et Valls, c'est bien pour les Français Juifs ?



Une polémique a surgi en avril-mai 2012 quant à l’effet sur les Français Juifs et la diplomatie française de l’élection du socialiste François Hollande à la Présidence de la République. De nombreux ministres ou membres de cabinets des gouvernements dirigés par les Premiers ministres socialistes Jean-Marc Ayrault (2012-2014) et Manuel Valls (depuis avril 2014) ont affiché des positions pro-palestiniennes, voire hostiles à l’Etat d’Israël. Difficile donc de combattre efficacement l'antisémitisme mâtiné d'antisionisme constitué par la délégitimation de l'Etat Juif. D'autant que l'antisémitisme et l'anti-judaïsme islamiques ne sont pas dénoncés, et que perdure "la politique arabe" source et vecteur de l'antisémitisme/antisionisme d'une France en déclins. L'affaire Dieudonné est emblématique d'un antisémitisme cimentant l'alliance "arc-en-ciel" Black/Blanc/Beur. Article actualisé.


    Comme leurs concitoyens, les Français Juifs envisagent cette alternance politique selon différents critères, dont la capacité éventuelle des autorités politiques nationales à enrayer les déclins - économiques, sociaux, culturels, moraux, intellectuels, universitaires, etc. -  de la France et à relancer une croissance économique riche en emplois en France. Avec la crainte d'échecs qui renverraient les Français Juifs au statut de boucs-émissaires dans une société n'ayant pas pu intégrer une fraction de sa population immigrée et dont l'histoire nationale est insuffisamment connue.
Nous envisagerons dans cet article deux angles essentiels : la position à l'égard du conflit entre le monde musulman et l'Etat d'Israël ainsi que la lutte contre l'antisémitisme, celui-ci étant nourri principalement par l'antisionisme, la diffamation - affaire al-Dura - et la délégitimation de l'Etat Juif. D'autant que les négociations et sanctions pour amener l'Iran à arrêter son programme nucléaire militaire révèlent leurs limites et qu'une intervention militaire israélienne est envisageable.

Polémique
Dans une tribune publiée par Haaretz (25 avril 2012), Richard Prasquier, alors président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), évoquait les positions hostiles à l’Etat d’Israël dans le camp de François Hollande, alors candidat socialiste à l’élection présidentielle.

Ce qui a suscité une polémique médiatique.

Dans Libération (16 mai 2012), Pierre Besnainou, alors président du FSJU (Fonds social juif unifié), se dissociait de certaines voix :
« Ces dernières semaines, au nom de la communauté juive de France, de nombreuses voix ont exprimé, ici ou là, en particulier sur Internet, les inquiétudes les plus graves. On aura revendiqué publiquement une préférence pour le président sortant, on se sera prêté à la dramatisation, parfois à la caricature des intentions de l’autre candidat et des conséquences, supposées dangereuses, notamment pour les juifs, de sa possible élection. On aura même agité l’épouvantail d’une islamisation de la société française. Le Fonds social juif unifié, qui fédère en France 300 associations dans tous les champs de la vie juive, ne s’y associe pas. Soyons clairs. Les institutions représentatives de la communauté juive (Consistoire, CRIF et Fonds social juif unifié) n’ont pas vocation à se livrer à cet exercice, aucune n’ayant la légitimité pour exprimer une position qui refléterait l’avis politique concerté des juifs de France ».

Il est donc d'autant plus curieux que, lors des élections législatives 2012 dans la 8e circonscription des Français de l’étranger qui inclut l'Etat d'Israël, Pierre Besnainou a soutenu en tant que président du FSJU, le candidat Gil Taïeb, vice-président du FSJU et proche de Kadima. Une prise de position qui jure avec la neutralité des autres dirigeants communautaires français.

Et Pierre Besnainou d'ajouter :
« Il n’existe pas de vote juif. Bien sûr la mise en cause d’une laïcité ouverte, un débat étrange sur l’abattage rituel, une relation à Israël contrariée, peuvent influer sur une préférence de couleur politique ou inspirer l’envie de sanctionner des gouvernants. En revanche, il existe aussi en France la crainte de voir renaître la « bête immonde ». Après le meurtre raciste d’Ilan Halimi, le drame de Toulouse, auquel j’associe naturellement les victimes de Montauban, a provoqué un traumatisme énorme. La réaction unanime de la classe politique républicaine, sa présence, la solidarité exprimée ont été à la hauteur du drame. » 

Pourtant la justice française avait reconnu le caractère antisémite de l'assassinat d'Ilan Halimi. Et en avril 2012, certes avec un mois de retard, le parquet de Parquet a délivré un réquisitoire supplétif afin que les quatre juges d'instruction retiennent la circonstance aggravante d'antisémitisme dans leur enquête concernant la tuerie antisémite à l 'école  Juive Ozar HaTorah de Toulouse. Alors pourquoi ce dirigeant communautaire français ne l'indique-t-il pas ? Et pourquoi omet-il d'évoquer l'islamisme et l'antisémitisme musulman, bien plus actuels et menaçants que l'éventuelle renaissance de la « bête immonde » ? Surtout quand on ajoute à cette liste l'assassinat de Sébastien Selam...

Puis Pierre Besnainou conclut : « Non, l’élection de François Hollande aux plus hautes responsabilités de la République n’est pas un coup dur pour la communauté juive ».

Un Parti socialiste très majoritairement pro-palestinien
Jadis pro-israélien, le Parti socialiste est majoritairement composé de pro-palestiniens.

« Ceux qui soutiennent une position plus équilibrée prenant en compte les arguments en faveur d’Israël ne représentent plus qu’une toute petite minorité », a constaté le journaliste  Clément Weill-Raynal en septembre 2011 sur RCJ.

Il a précisé : « Selon le député européen Kader Arif chargé des questions internationales dans l’équipe de François Hollande, « la ligne du parti », est bien le soutien aux Palestiniens. « Ça va dans le bon sens » précise Kader Arif, dont les propos sont rapportés par Mediapart [Nda : Le PS se divise sur la reconnaissance d’un Etat palestinien, 19 septembre 2011]. Les pro-israéliens ne sont plus aujourd’hui au PS qu’ « une queue de comète ». L’expression est de Pouria Amirshahi, le secrétaire national aux droits de l’homme qui, lui, fait partie de l’équipe de Martine Aubry ».

Et de relever : « Plus préoccupant encore est peut-être ce communiqué du PS publié la semaine dernière qui demande non seulement « la cessation » de ce qu’il est convenu d’appeler la colonisation, mais qui également et surtout exige que la « décolonisation soit engagée ». Derrière cet euphémisme, se cache en fait le programme d’épuration ethnique prôné par une autorité palestinienne qui ne conçoit la Palestine indépendante que débarrassé de tous ses habitants juifs. Mahmoud Abbas  l’a confirmé il y a encore quelques jours. Et c’est bien à cette Palestine vidée de ces habitants juifs que souscrit désormais le Parti socialiste ».

De plus, Jean Glavany, député des Hautes-Pyrénées, aspirait, comme Elisabeth Guigou, Claude Bartolone - tous deux députés de Seine-Saint-Denis - et Daniel Vaillant, député de Paris, à se voir élu président de l’Assemblée nationale. Il est l’auteur du rapport controversé sur La géopolitique de l’eau, dans lequel il a inséré un encadré intitulé L’eau, révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen-Orient (13 décembre 2011). Une « ségrégation » imputée à l’Etat Juif. Ce qui a suscité l’indignation de cet Etat : « C'est plutôt le contraire qui est le cas. Israël transfère aux Palestiniens des quantités d'eau bien supérieures à ce qui est prévu dans les accords d'Oslo [de 1993 sur l'autonomie palestinienne]… », a déclaré Ygal Palmor, porte-parole au ministère israélien des Affaires étrangères.

Jean Glavany est aussi le co-auteur, notamment avec Dounia Bouzar, de deux ouvrages controversés et édités par la Fondation Jean-Jaurès : Le guide pratique de la laïcité, puis Laïcité : les deux points sur le i.

Quant à Elisabeth Guigou, cette ancienne ministre de la Justice a estimé que le boycott de produits israéliens est une « prise de position politique », alors que c'est un délit pénalement sanctionné. En février 2011, lors du début du « Printemps arabe », Le Canard enchainé avait révélé qu'Elisabeth Guigou était co-présidente du Comité de parrainage de l'IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) créé en 2006 par son époux, Jean-Louis Guigou, et financé notamment par l’homme d’affaires Aziz Miled. Celui-ci était un proche de la famille par alliance du président tunisien déchu Ben Ali. Il était impliqué dans la polémique sur les vacances en Tunisie de la ministre Michèle Alliot-Marie. Elisabeth Guigou avait alors rapidement démissionné de ce poste. Elle est « depuis longtemps engagée sur un partenariat Euro-Méditerranée ».

Elisabeth Guigou est aussi co-auteur, avec Renaud Muselier du rapport controversé n° 2628 de l'Assemblée nationale sur La place de la Syrie dans la communauté internationale (16 juin 2010). Elle discernait en Syrie des "signes d'ouverture incontestables".

Autre candidat au perchoir de l'Assemblée national : Claude Bartolone, signataire de cette proposition de résolution La reconnaissance par la France de l'Etat palestinien. Le conseil général de Seine-Saint-Denis (93) qu'il préside a voté le 25 juin 2009 pour une subvention exceptionnelle et controversée de 20 000 euros au Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine. Secrétaire général de l'UAM 93 (Union des associations musulmanes de ce département), Mohamed Henniche a déclaré sur la radio Beur FM, le 5 mai 2010, avoir fait "sa campagne électorale afin qu'il devienne président" dudit conseil général.

Quatrième candidat socialiste déclaré : le socialiste Daniel Vaillant, qui était ministre de l'Intérieur du gouvernement dirigé par Lionel Jospin au début de l'Intifada II. Il minorait alors le nombre d'actes antisémites. Au printemps 2002, ni lui ni les autres dirigeants socialistes n'avaient défilé contre l'antisémitisme, contre le terrorisme et en soutien à l'Etat d'Israël. "Même les organisations juives demeuraient silencieuses, nous avons su plus tard que c’était à la requête expresse du gouvernement socialiste, conduit par le Premier Ministre Lionel Jospin. Cette Omerta a constitué un facteur déterminant expliquant pourquoi la communauté juive s’est sentie abandonnée, aussi bien par les autorités françaises que par une société trop complaisante", a déclaré le 5 avril 2012 le sociologue Shmuel Trigano.

Le 21 juin 2012, Claude Bartolone a été désigné par les députés socialistes, majoritaires à l'Assemblée nationale, futur président de cette Assemblée, un rôle institutionnel important.

En outre, en mai 2012, Michel Rocard, ambassadeur itinérant de la France chargé des négociations sur les pôles Arctique et Antarctique et ancien Premier ministre socialiste, avait effectué une "étrange visite privée" en Iran. Il y avait été reçu "avec les égards réservés à un émissaire étranger officiel de haut rang". Un retour de la diplomatie officieuse ? Il est favorable à un "désarmement nucléaire général". Rappelons que la Ligue arabe s'active pour contraindre l'Etat d'Israël à signer le Traité de non prolifération nucléaire (TNP).

Les socialistes Jean-Pierre Bel et Bariza Khiari, respectivement président et vice-président du Sénat, sont membres du Comité de parrainage de Salah Hamouri, membre du groupe terroriste Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et condamné pour avoir fomenté l'assassinat du grand rabbin Ovadia Yossef.

Lors de l'Opération Protective Edge, des députés socialistes ont exprimé leur indignation après le premier communiqué compréhensif à l'égard d'Israël du Président François Hollande le 9 juillet 2014 au soir. Ainsi, dès le 10 juillet 2014, Alexis Bachelay, député socialiste des Hauts-de-Seine, et porte-parole de La Gauche Forte, et Razzy Hammadi, son homologue de Seine-Saint-Denis, ont appelé à "l'arrêt immédiat des représailles" en dénonçant "une escalade de violences au Proche-Orient" : "Aucune vengeance, aucune représaille, ne permettra d’aller vers une solution pacifique à ce conflit qui dure depuis trop longtemps. Au contraire, de nouvelles victimes vont s’ajouter à la liste déjà trop longue des personnes brisées par ce conflit. La loi du Talion ne saurait être cautionnée, elle foule au pied le droit international et doit être condamnée fermement... La  France doit rappeler que l’usage de la violence ne saurait être toléré en aucune manière.  La France condamne le terrorisme et doit rappeler l’Etat d’Israël à ses obligations internationales : arrêt de la colonisation et retrait des territoires occupés, afin de permettre la création d’un Etat palestinien viable. L’existence d’un Etat palestinien viable est la clé de voûte de toute solution négociée. En aucun cas la France ne doit laisser penser qu’elle cautionne les violences ou les représailles militaires. La première conséquence de l’usage disproportionnée de la force contre les palestiniens est la mort de plusieurs dizaines de civils dont de nombreux enfants. La France doit au contraire clairement condamner toutes les représailles militaires. Nous appelons le Président de la République à tenir ces positions claires, qui sont celles de la France depuis des années, au-delà même des alternances. Nous appelons les autorités françaises et européennes à user de toute leur influence pour faire cesser immédiatement et sans délai les violences. Nous mobiliserons dans les jours qui viennent, toute notre énergie dans le cadre d’actions appelant à l’arrêt immédiat des combats et à l’urgence d’une solution politique et définitive". Une position commune à Pouria Amirshahi, né en 1972 en Iran et député socialiste de la 9e circonscription des Français établis hors de France qui regroupe seize Etats d'Afrique du Nord et de l'Ouest. Pour Pouria Amirshahi, favorable à "l'étiquetage des produits des colonies israéliennes", "Gaza : le droit et la raison doivent l’emporter sur l’instinct de vengeance" : " C’est une fois de plus un combat à forces inégales qui a débuté. Les roquettes palestiniennes certes condamnables n’ont pas eu d’impact meurtrier sur la population israélienne quand l’offensive lancée par Israël a fait une fois de plus un grand nombre de morts et de blessés à Gaza. Par son communiqué officiel, le président de la République passe à côté de la juste cause de la paix, la plus belle que la France doive pourtant épouser… C’était pourtant la position de la diplomatie Française jusque-là. Car en se solidarisant d’un camp, le président de la République le conforte dans sa logique de vengeance et donc d’escalade. Que personne ne tombe dans le piège de la haine. Le Droit et la Raison doivent commander l’entendement. Or la stratégie du gouvernement israélien est condamnable, et les crimes qu’il encourage sont une honte et une folie. Ils font le lit de partis palestiniens sectaires et corrompus. Ce cynique aveuglement aggrave pourtant chaque année qui passe son bilan désastreux. C’est à l’ONU de se rendre utile désormais. Avant que la situation ne dégénère…" Quant à Michel Issindou, député socialiste de l'Isère et président du groupe d'études (GEVI) France-Palestine, il s’est dit "mal à l'aise" devant un communiqué qui donne "le sentiment qu'Israël est l'agressé". Il considère qu'"il y a "disproportion entre l'attaque et la riposte". Un refrain bien connu...

Un gouvernement pro-palestinien
S’il s’est rendu au moins à deux reprises en Algérie, M. Hollande n’a jamais visité l’Etat Juif. Cela lui a-t-il permis de rallier 93% du vote des Français musulmans ?

Nissim Zvili, ancien ambassadeur d'Israël en France, a tenté à plusieurs reprises d'organiser une visite en Israël de dirigeants du Parti socialiste dirigé alors par François Hollande. Celui-ci a toujours refusé, au motif qu'il refusait de rencontrer Ariel Sharon, alors Premier ministre. Or, François Hollande a été Premier secrétaire de ce parti de 1997 à 2008. Donc avant et après qu'Ariel Sharon ait été Premier ministre d'Israël. Et il est choquant que François Hollande ait refusé de rencontrer un dirigeant issu d'élections démocratiques, mais par contre multiplie les visites dans des régimes autoritaires.

Parmi les conseillers à l’Elysée, Emmanuel Bonne, chargé du pôle « Afrique du Nord, Moyen-Orient, Nations unies »,connaît très bien l’Iran et l’Arabie saoudite ; Philippe Léglise-Costa a été conseiller technique d’Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères et actuel membre du Groupe de haut niveau de l'Alliance des Civilisations.

François Hollande a nommé comme Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le gouvernement Ayrault I (34 ministres) date du 16 mai 2012. Il a été peu remanié le 21 juin 2012 (38 ministres).

En mars 2010, Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes, a interdit « une conférence pro-israélienne qui devait avoir lieu dans cette ville par Charles Meyer, avocat international et vice-président de l’Alliance France-Israël, et Muriel Touaty, directrice de l’association Technion-France », écrit l'essayiste Michel Gurfinkiel dans PajamasMedia (12 juin 2012).

Et le 20 septembre 2011, le député Jean-Marc Ayrault se prononçait pour la reconnaissance de l'Etat palestinien préalable à la relance du dialogue.

Le 28 septembre 2011, environ 180 députés socialistes et radicaux ont déposé la proposition de résolution n° 3779 à l'Assemblée nationale portant sur La reconnaissance par la France de l'Etat palestinien.  Parmi les signataires, outre François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone, Jean Glavany, Elisabeth Guigou et Daniel Vaillant, de nombreux futurs  membres du gouvernement Ayrault 1 et du gouvernement Valls, dont Delphine Batho, ministre déléguée à la Justice nommée le 21 juin 2012 ministre de l'Ecologie, Jérôme Cahuzac, ministre délégué chargé du Budget, Bernard Cazeneuve, Christian Eckert, Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports et de l'Economie maritime, Michèle Delaunay, minsitre déléguée chargée des Personnes âgées et de la dépendance, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, Aurélie Filippetti, ministre de la Communication et de la Culture, Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative, Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire, François Lamy, ministre délégué chargé de la Ville, Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Victorin Lurel, ministre des Outre-Mer, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Michel Sapin, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Christiane Taubira, ministre de la Justice, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, et André Vallini.

Soit environ la moitié du gouvernement Ayrault et « 182 députés socialistes sur 195 » selon le journaliste Clément Weill-Raynal. Et d'ajouter : « Cette résolution reprenait pour l’essentiel les termes d’une déclaration votée en juin dernier – à l’unanimité moins une voix – par le Bureau national du parti » socialiste.

On repère dans cette liste des soutiens actifs à la libération de Salah Hamouri.

La composition des gouvernements Ayrault I et II est plutôt inquiétante :
-           ancien consul de France à Jérusalem – en d’autres mots, le représentant de la France auprès de l’Autorité palestinienne -, Denis Pietton dirige le cabinet du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Ancien consul général de France à Jérusalem et à Jeddah (Arabie saoudite), Christian Nakhlé a été nommé dans ce cabinet. Laurent Fabius avait corédigé, en octobre 2010, un texte Nouvelle donne internationale et européenne adopté par le Parti socialiste et indiquant : « Nous romprons avec l'indulgence excessive du gouvernement français envers le pouvoir israélien à qui nous dirons qu'il devra quitter rapidement les territoires colonisés ». Au quai d'Orsay, Jean-François Girault, ancien conseiller diplomatique du Président Jacques Chirac et ancien ambassadeur en Syrie et en Irak, est nommé le 27 juin 2012 directeur du département Afrique du Nord/Moyen-Orient (ANMO) ;

-     Manuel Valls  est  ministre de l'Intérieur sous les gouvernements Ayrault, puis il succède à ce dernier comme Premier ministre en 2014.
Selon Emmanuel Ratier, contrairement aux allégations de Manuel Valls, celui-ci est né à Barcelone (Catalogne) non pas dans une famille espagnole ayant fui le régime de Franco, mais dans la haute bourgeoise catholique catalane pieuse, installée au début des années 1950 dans le cœur historique huppé de Paris, et se rendant régulièrement dans l'Espagne franquiste où les cimaises de musées et salons artistiques, dont la Biennale de Barcelone inaugurée en 1955 par Franco, accueillaient les œuvres de son père peintre, Xavier Valls, ainsi que dans le canton du Tessin, d'où est originaire sa mère.
Manuel Valls était chargé de la communication et de la presse au cabinet du gouvernement du socialiste Lionel Jospin (1997-2002) alors que celui-ci niait, puis minorait voire quasi-justifiait la recrudescence des actes antisémites concomitante au déclenchement de l'Intifada II par l'Autorité palestinienne. Une époque où des organisations Juives américaines déconseillaient, par prudence, aux Américains Juifs de voyager en France.
Maire d'Evry (2001-2012), ville de la banlieue parisienne, Manuel Valls a aussi été député de l'Essonne (2002-2012). Selon Emmanuel Ratier, Manuel Valls a été "pendant 25 ans" propalestinien : en 2002, il aurait été "le seul député socialiste présent au meeting à la Mutualité organisé par l'association Solidarité France-Palestine", aux côtés de militants de la Ligue des droits de l'homme (LDH), communistes et trotskystes. Emmanuel Ratier a allégué avoir trouvé "la plaquette des discours prononcés lors de cet évènement, éditée à 200 exemplaires, non pas à la Bibliothèque nationale de France, ni dans aucune bibliothèque française, mais à l’Institut d’études orientales au Caire qui dépend d’un ordre religieux". Selon Emmanuel Ratier, Manuel Valls aurait prononcé un "discours sidérant", attaqué Ariel Sharon, la "politique de colonisation", Israël, et prononcé un "plaidoyer propalestinien".
Evry Palestine "est à l'initiative du jumelage avec le camp de réfugiés palestiniens de Khan Younis, dans la Bande de Gaza, signé en septembre 1999 avec la Ville Nouvelle d’Evry, puis repris par la Ville d’Evry".
Le 24 mai 2006, le "nouvel accord de coopération avec la Ville d’Evry a été signé"... en "présence de Hind Khoury, déléguée générale de Palestine en France" et du député-maire Manuel Valls dans une salle ornée de drapeaux français et palestinien. "La signature par la ville d’Evry d’un accord de coopération avec le camp de réfugiés de Khan-Younis incarne la volonté de marquer, fortement et symboliquement, son engagement solidaire avec ce peuple de Palestine, riche de ses traditions et de sa culture.  Alors que la tragédie ne fait que s’amplifier, notre mobilisation aux côtés de l’association Evry-Palestine est fondamentale.  Elle marque notre souhait d’aider nos amis palestiniens par des actions, certes modestes, mais concrètes.  Elle permet d’informer nos concitoyens sur la réalité de la situation à Gaza.  Elle repose, enfin, sur le vœu d’une paix durable entre deux Etats, dans la sécurité et la liberté pour chacun des deux peuples", a écrit Manuel Valls.
Selon Emmanuel Ratier, des jeunes Palestiniens ont été accueillis à Evry chaque été, et Manuel Valls aurait mis à la disposition de l'association Evry Palestine, subventionnée par la municipalité, des locaux dans la Mairie d'Evry pour accueillir "la plus grande manif de France en faveur des Palestiniens, les "6 heures pour la Palestine", devenue "8 heures pour la Palestine », où jusqu’en 2009 il y aurait pris la parole presque tous les ans.
En avril 2008, « dans le cadre de la campagne de la Plate-forme des ONG pour la Palestine, « Paix comme Palestine, 60 ans après, la paix par le droit ! », et en commémoration de la Journée de la Terre du 30 mars 1976 », ce député maire d’Evry  a assisté à la plantation dans le Parc des Coquibus d’un olivier à l’initiative du comité Evry Palestine, comité local de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité). Manuel Valls a alors déclaré : « Je pense d’abord aux habitants de la Bande de Gaza, enfermés, qui vivent une situation infernale, dans tous les sens du terme, et à tous nos amis du camp Khan Younis", camp de la bande de Gaza "avec lequel notre commune a signé un accord de coopération décentralisée ». Manuel Valls a dénoncé « l’édification d’un mur honteux », la « poursuite des colonisations », le « sort des prisonniers », « l’absence de dialogue, l’humiliation, bref des événements qui ne vont pas dans le sens de la paix… Ce sont les raisons d’une fracture qui ne guérit pas et les signes d’une région meurtrie par la violence qui appelle la violence et le désespoir. Il est plus que jamais nécessaire de souligner l'urgence de la création d'un Etat, d'une patrie viable, réelle, concrète pour les Palestiniens ».
Tout change en 2009. Lors de la cérémonie des vœux en janvier 2009, et pendant l'opération israélienne Plomb durci contre le Hamas dans la bande de Gaza, Manuel Valls a annoncé "son intention de jumeler la ville d'Evry avec une ville israélienne". Ce qui a suscité l'ire de l'association Evry Palestine. Puis, en novembre 2009, la municipalité d'Evry a "refusé d'accueillir à la mairie, comme les années précédentes, la manifestation annuelle » des  Six Heures pour la Palestine qui se déroulent dans d'autres lieux. Le 22 février 2010, cette association a déploré l'ordre du maire Manuel Valls de supprimer toute subvention à son égard. Ce que le Conseil municipal avait entériné le 19 février 2010.
« Par ma femme [Anne Gravoin épousée en 2010, Nda], je suis lié de manière éternelle à la communauté Juive et à Israël. J’ai toujours dit que Jospin et Vaillant n’avaient pas pris suffisamment conscience de la réalité  qu’était en train de subir la communauté Juive dans toute cette période. Moi, j’étais maire déjà », a asséné Manuel Valls sur Radio Judaica Strasbourg, le 7 juin 2011.
Le 15 septembre 2012, des salafistes ont défilé en criant "Allah Aqbar" et ont prié sur les Champs-Elysées. Le ministre Manuel Valls ne sanctionne pas le préfet de police de Paris.
Au printemps 2013, les médias bruissent de deux scandales : le compte bancaire en Suisse du ministre Jérôme Cahuzac, alors ministre délégué chargé du Budget ayant dissimulé un compte bancaire en Suisse, et les plagiats commis par le grand rabbin de France Gilles Bernheim ainsi que l'absence d'agrégation de philosophie dont se prévalait ce leader spirituel. Au matin du 11 avril 2013, devait se réunir le Consistoire afin de statuer sur le sort du grand rabbin Bernheim. Quelques heures avant cette réunion, le ministre de l'Intérieur chargé des Cultes, Manuel Valls, "tout en refusant de « prendre position sur les choix d’un homme ou des instances de la communauté juive », a invité le grand rabbin à songer à son futur : « Lui aussi doit réfléchir à ce qui est en train de se passer, la confiance. Quand la confiance est ébréchée, il faut des gestes forts ». Le grand rabbin de France, qui auparavant était déterminé à demeurer à son poste, a alors  pris congé de ses fonctions. Pourquoi ce ministre a-t-il attendu si longtemps pour se prononcer ?
Le 7 juillet 2013, la manifestation hostile à l'exposition faisant l'apologie du terrorisme islamiste contre les Israéliens est interdite par la préfecture de police de Paris qui autorise cependant celle des partisans de l'ancien président islamiste égyptien destitué, Mohamed Morsi. Le ministre Manuel Valls ne réagit pas.
Lors du rassemblement contre l'antisémitisme sur la place du Trocadéro le 19 mars 2014, il a souligné : "Cet antisémitisme, et c'est la nouveauté, il se nourrit de la haine d'Israël, il se nourrit de l'antisionisme, parce que l'antisionisme, c'est la porte ouverte à l'antisémitisme, parce que la mise en  cause de l'Etat d'Israël, Etat ami, Etat frère, et cette critique de l'Etat d'Israël basée sur l'antisionisme, c'est l'antisémitisme d'aujourd'hui ". Qu'attend le ministre pour mettre un terme à cet antisionisme diffusé en particulier par des médias publics ?
Prise de conscience tardive des ravages tragiques de l'antisémitisme et de sa mutation ? Mimétisme à l'égard de Nicolas Sarkozy qui avait su peaufiner son image de ministre de l'Intérieur ardent dans son combat contre l'antisémitisme ? Stratégie de présidentialiste s'attachant à agréger des soutiens précieux dans certaines communautés ? On ne peut que regretter que Manuel Valls ne se soit pas expliqué sur son évolution, revirement sur cette question sensible. Contrairement aux allégations d'Emmanuel Ratier affublé d'une grille "Juive négative" de lecture, Manuel Valls n'a pas fait "allégeance" auprès des associations Juives françaises qui n'ont pas découvert son passé militant de la cause palestinienne en 2014. Nombre d'entre elles connaissaient son passé pro-palestinien depuis les années 2000, et en lisant mon article publié en 2012.
- Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget dans le gouvernement Ayrault II après la démission de Jérôme Cahuzac et nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Valls. Il tolère le congrès de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) du 19 au 21 avril 2014 alors que certains orateurs, dont Omer Abderkalfi  qui a loué les Frères musulmans, sont problématiques. Il ne réagit pas après la publication de reportages sur ce congrès de Joachim Véliocas  sur les livres prônant le jihad et Michèle Tribalat  sur les diatribes de Hani Ramadan sur la "barbarie sioniste" et les lobbys juifs et sionistes. Selon Mediapart, Bernard Cazeneuve, « alors ministre des Affaires européennes, s’est fait discrètement remettre, le 20 juin 2012, dans son bureau du Quai d’Orsay l’insigne de l’Ordre royal du Cambodge par un ancien commandant khmer rouge, ancien garde du corps de Pol Pot et gouverneur de la ville de Païlin, Y Chhean, connu pour avoir dirigé la garde personnelle de Pol Pot, avant de devenir le gouverneur de Païlin, province de l’ouest du pays, zone refuge des Khmers rouges… L’organisateur de cette visite, le promoteur immobilier Éric Duval, « grand prieur de l’ordre Saint-Jean de Jérusalem », est visé par une enquête préliminaire à Nanterre pour des soupçons de corruption d’agents publics cambodgiens ». Il demeure inactif alors que des livres prônant le djihad sont mis en vente, lors du Ramadan 2014, dans un hypermarché Carrefour. Il est plus que réticent à interdire les manifestations anti-israéliennes à l'été 2014 pendant l'opération israélienne défensive Bordure protectrice ; 

-      Arnaud Montebourg est ministre du Redressement productif. En juillet-août 2010, ce député, dont un grand-père est algérien, a qualifié « d’illégaux » le blocus de la bande de Gaza et « l’attaque de la flottille de Gaza », a allégué que l’Opération Plomb durci était une « guerre contre les civils, les femmes, les enfants » et était favorable à des sanctions contre Israël. Le 6 octobre 2011, il a stigmatisé sur Beur FM "les provocations d’Israël et de son gouvernement extrémiste, les appuis dont ils disposent et notamment, malheureusement excessivement aux Etats-Unis. C’est à l’Europe et à la France de prendre l’initiative pour faire pression sur Israël et avancer dans le processus de paix, et on le fera en soutenant la cause palestinienne. Je suis favorable à la reconnaissance de l’Etat palestinien viable dans les frontières de 1967".
Le 16 septembre 2011, lors du premier débat des primaires socialistes, il s'est présenté en évoquant son grand-père arabe algérienLe 6 octobre 2011, sur Beur FM, il a allégué : "J’ai quelques origines (…) algériennes. C’est un peu mon deuxième pays... Parce que mon grand père (…) était algérien. Un arabe, pas un pied noir, un arabe… Il a porté en 39-45 porté l’uniforme français et combattu pour la France, et puis après, pendant la guerre d’Algérie, il était du coté du FLN. (…) C’est-à-dire, il a finalement été l’un de ceux qui (…) s’est battu pour la décolonisation. Et bien cette décolonisation aujourd’hui elle n’est pas soldée ; c’est-à-dire qu’aujourd’hui vous avez des français qui n’acceptent pas la vision qu’on donne de cette histoire là. Il serait temps, je crois, de la mettre dans le patrimoine politique, culturel et même psychologique commun. Ça fait parti un peu des leçons que j’ai tirées de ma propre histoire personnelle, qui est l’histoire d’une rencontre entre un algérien égaré dans le Morvan et une famille de bouchers-charcutiers du coté de mon père. Dans notre famille on se surnomme les arabo-morvandiaux. C’est en tout cas mon histoire et j’en suis très fier parce que c’est une richesse, une force. Et il y a des millions de français comme ça. La France n’est pas une nation ethnique, c’est une nation contractuelle".
Or, d'après Edouard Boulogne du blog Le scrutateur, Arnaud Montebourg est l'enfant d'un fonctionnaire des impôts et d'une universitaire dont le père, Khermiche Ould Cadi est d'une "famille de walis d'Algérie et d’une mère normande. Son aïeul Ahmed Ould Cadi, agha de Frendah (Oran), qui combattit aux côtés de l'Armée française lors de la conquête de l'Algérie, fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1842... et grand officier dans cet ordre en 1867". Ce "puissant et très riche seigneur rallié à la France" s'était "rangé aux côtés de la France... pour défendre les populations placées sous son autorité, contre d’incessantes et meurtrières razzias", et "pour remercier les médecins français d'avoir éradiqué une épidémie ravageuse chez ses "sujets", son aïeul a offert à la France plusieurs milliers d’hectares sur lesquels a été construite la ville de Lourmel".
En mars 2014, Arnaud Montebourg préfère que Vivendi vende sa filiale SFR à Bouygues et non pas à Numéricable dirigée par Patrick Drahi, "ce David qui vient de l'emporter au nez et à la barbe de Goliath" (Philippe Manière). Le 18 mars 2014, dans sa chronique Les idées claires sur France Culture, journaliste économique Philippe Manière ironise sur l'intervention "surprenante" et du "ton vindicatif" d'Arnaud Montebourg, qui, "sans doute chauffé par un establishment furieux d'avoir été doublé par ce parvenu de Drahi, il a succombé à une sorte de réflexe anti-métèque... qui n'est pas à son honneur ni à l'honneur de la république". Citant une source gouvernementale, BFM TV écrit : "Bercy a lancé une enquête sur sa situation fiscale, et notamment sa résidence fiscale exacte, étant donné l'importance que prend Patrick Drahi dans l'économie hexagonale"  ;

-       Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre franco-marocaine des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, ont estimé « disproportionnée » l’opération Plomb durci et ont prôné le dialogue avec le Hamas, mouvement dont la charte prône la destruction de l'Etat d'Israël et appelle au meurtre des Juifs. Najat Vallaud-Belkacem a été, et serait toujours, membre du Conseil de la communauté marocaine de l'étranger (CCME) auprès du roi du Maroc, S.M. Mohamed VI ;

-      Aurélie Filippetti, ministre de la Communication et de la Culture, n'a pas décidé de fermer l'exposition scandaleuse et glorifiant le terrorisme palestinien d'Ahlam Shibli, photographe israélienne bédouine, au Jeu de Paume. Et le 7 janvier 2014, elle a exprimé son soutien à la circulaire de Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, visant à l'interdiction des spectacles de Dieudonné 
-      Benoît Hamon est délégué auprès du ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation dans le gouvernement Ayrault, puis ministre de l'Education nationale dans le gouvernement Valls. Le 31 mai 2010, alors porte-parole du Parti socialiste, il avait exprimé « l'émotion du PS et sa condamnation à l'action inacceptable et très choquante d'Israël contre la flottille humanitaire ». Lors du dîner-débat organisé le 6 avril 2011 par l’UPJF (Union des patrons Juifs de France) , il a parlé du « morcellement dû à l’extension des colonies », du fait qu’il est « curieux que le juge Goldstone remette en cause son Rapport fait en toute intégrité », de « la perte de crédibilité de nos propres camarades israéliens », du « bain de sang »  constitué par l'arraisonnement du navire Marmara. Le 13 décembre 2011, il a assisté au lever  du drapeau palestinien à l’UNESCO et, "assis sur les bancs de la délégation palestinienne", il a écouté le discours du Président Abbas « sûr de la légitimité de son combat ». Selon Riposte laïque, il a été élu député des Yvelines grâce au vote communautaire musulman déterminant à Trappes et à La Verrière ;
Geneviève Fioraso, député socialiste de l’Isère, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du gouvernement Ayrault puis secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Valls. Après que Israël a arraisonné la Dignité de la « flottille de la Liberté 2011 » qui devait briser le blocus naval de la bande de Gaza et après le blocage dans les aéroports des membres de « Bienvenue en Palestine », elle a appuyé le 27 juin   cette « action pacifique prévue pour Juillet 2011. Toute action non-violente ayant pour but de rapprocher les peuples doit être soutenue et encouragée ». Alertée par la lettre de Roger Cukierman, président du CRIF, sur la pièce antisémite jouée à l’université de La Rochelle, elle répond  le 10 juin 2013 : « L’épisode pose problème. Le malaise ressenti par certains spectateurs ne peut être tu, sur un sujet qui touche aux valeurs républicaines ». Elle « assure qu’aucune représentation de cette pièce ne sera envisagée à l’avenir » et que « le président de l’université de La Rochelle a découragé la production de la pièce à Montréal ». Elle ajoute qu’à l’Université de La Rochelle des « initiatives incontestables contre le racisme et l’antisémitisme » seront « prises dans les meilleurs délais ». Elle s’engage à adresser « très prochainement une lettre aux recteurs et aux chefs d’établissement pour appeler à leur vigilance et les encourager à mettre en œuvre les résolutions du plan d’action gouvernemental contre le racisme et l’antisémitisme ». Le 14 mars 2014, invités à dialoguer avec leurs homologues français sur le thème Avoir 20 ans en Israël, dix étudiants israéliens francophones ont été hués à l’université Paris VIII à Saint-Denis : « Sionistes, Fascistes ! » scandaient "quelques égéries de la cause palestinienne à l’entrée de l’université  » ; un groupe a surgi dans le hall de la faculté en criant pendant deux heures - “Sionistes dehors”, “Sionistes assassins”, “Israël, casse toi, Paris VIII n’est pas à toi” -, "avec une armada de tracts appelant au boycott d’Israël, mégaphone et drapeau palestinien". Ces étudiants israéliens ont été expulsés  de cette université sur ordre de la présidente de cet établissement public, Danièle Tartakowsky, et ce, « sous les cris des « youyous » et du drapeau symbolique de l’Autorité Palestinienne et d’organisations terroristes ». En outre, « l’Université de Paris VIII supprime la licence d’hébreu qui existe depuis 1970 et qui réunit plus de 200 étudiants par an ». Le 26 mars 2014, l’Association France-Israël a écrit à la ministre sur ces deux faits : « En accueillant des manifestations de boycott et en prolongeant ce comportement, comme nous venons de le décrire, la présidente de l’Université a choisi un comportement délictuel, sanctionné par les tribunaux et a manifesté aussi le mépris de la jurisprudence du Conseil d’Etat (CE 7 mars 2011-ENS) » sur l’expression des pluralismes des opinions ». Les dirigeants de l’association ont sollicité une audience auprès de la ministre. Les dirigeants de l’UEJF ont rencontré  la présidente, qui a présenté ses excuses pour les violences commises par ses étudiants et s’est engagée à organiser prochainement une conférence portant sur le sionisme et les espoirs de paix. L’UEJF dénonce l’absence de condamnation officielle de l’Université Paris VIII Saint-Denis à l’encontre des étudiants qui veulent faire régner la terreur, et appelle l’administration à prendre des sanctions à leur encontre – plusieurs appartiennent d’ailleurs à des associations élues aux conseils centraux de l’établissement  » ;
    -     Guillaume Garot est nommé le 21 juin 2012 ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire. Membre du groupe d'amitié France-Qatar, ce député de Mayenne a interrogé le 23 mars 2010 le ministre des Affaires étrangères. Il a alors demandé « si le Gouvernement entend prendre des mesures envers Israël pour condamner la colonisation illégale de la Palestine et la construction du mur ». Il a aussi allégué : «  La mission des Nations-unies menée par le juge Goldstone a recueilli « des preuves solides établissant de nombreuses violations du droit international, du droit international humanitaire et des droits de l'Homme par Israël pendant ses opérations militaires à Gaza » » ;

-    la sénatrice socialiste Hélène Conway est nommée le 21 juin 2012 ministre déléguée chargée des Français de l'étranger. Elle est l'une des 103 parlementaires signataires d'un appel demandant au "gou­ver­nement français à sou­tenir l’admission de l’Etat pales­tinien à l’ONU   dans « les fron­tières de 1967 avec pour capitale Jérusalem-​​Est ». Cet appel allègue : « Le gou­ver­nement israélien, refusant tout dia­logue, mène une poli­tique de colo­ni­sation illégale pour imposer une situation de fait accompli  ». En 2009, elle avait évoqué le "mur entre Israël et la Palestine" sans mentionner le terrorisme palestinien ;

- le sénateur socialiste Thierry Repentin est nommé le 21 juin 2012 ministre délégué à la Formation professionnelle et l'Apprentissage. Il a signé l'appel Paix comme Palestine qui dénonce notamment la "colonisation accélérée" et "la construction du mur" sans mentionner le refus palestinien du plan de partage onusien ;

- la sénatrice socialiste Nicole Bricq est nommée ministre de l'Ecologie, puis le 21 juin 2012 ministre du Commerce extérieur. En septembree 2011, elle a retiré sa signature de la lettre ouverte au Président Nicolas Sarkozy dans laquelle les signataires s'opposaient à la reconnaissance par l'ONU d'un Etat palestinien ;

-   née à Cayenne (Guyane), Christiane Taubira, ministre de la Justice, est à l’origine du vote en 2001 d’une loi qualifiant de « crimes contre l'humanité » la traite négrière transatlantique et l'esclavage, mais non la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes » (L’Express, 4 mai 2006). Quelques actes de cette ministre :
         - le 10 décembre 2012, Christiane Taubira a remis le Prix des droits de l'homme de la République française - prix décerné par la Commission nationale consultative des droits de l'homme - à Michel Warchawski, qui prône le boycott d'Israël, un acte illégal en France, et a été emprisonné en Israël en 1990 pour avoir "publié un pamphlet pour le compte du groupe terroriste FPLP [un mouvement qualifié de terroriste par l'Union européenne, Nda). Depuis cette date, cet activiste et son centre lorsqu’ils s’expriment sur le conflit israélo-palestinien, utilisent les termes suivants : « Génocide du peuple palestinien », « crimes de guerre », « massacre », « nettoyage ethnique ». Non content d’utiliser de tels termes, Michel Warschawski affirme « qu’il faut rejeter sans aucune ambiguïté l’idée (et l’existence même) d’un État juif, quelles que doivent être ses frontières » (Conférence de Haïfa pour le droit au retour,  juin 2008)", a écrit Richard Prasquier. 
          - en janvier 2013, le Parquet, placé sous l'autorité de la ministre de la Justice Christiane Taubira, a classé sans suite l'enquête préliminaire pour apologie du terrorisme, ouverte après la diffusion des propos de Souad Merah, au motif qu'ils ont été filmés à son insu. Lors de Mohamed Merah : itinéraire d'un terroriste français, sur M6, le 11 novembre 2012, Souad Merah avait été filmée disant : " Les juifs, tous ceux qui sont en train de massacrer les musulmans, je les déteste... Moi et (Abdel)Kader, on soutient les salafistes ". Or, le 31 janvier 2012, la Cour de cassation avait validé les enregistrements audio, réalisés à l'insu de Liliane Bettencourt par son majordome, et la procédure judiciaire issue d'eux. Et on peut s'étonner que le grief d'antisémitisme n'ait pas été ajouté à celui d'apologie du terrorisme ;
- Valérie Fourneyron est ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative. Député socialiste, elle a interrogé le 24 mai 2011 le ministre des Affaires étrangères et européennes pour savoir « si la France soutiendra la soumission officielle du rapport Goldstone au conseil de sécurité en vue d’une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale » ;
-   né à Alger, Kader Arif est ministre délégué aux Anciens combattants. Cet eurodéputé et « porte parole des socialistes et démocrates européens dans cette commission, a demandé et obtenu en 2010, d’une Commission idoine du Parlement européen, le gel du calendrier d'adoption de l'accord », en fait « un nouveau protocole avec l'Etat d'Israël, favorisant l'exportation de biens industriels israéliens vers le marché européen ». En 2011, il a allégué que l’action de la « Flottille de la liberté 2010 » était « non violente et humanitaire » ;

-    d’origine algérienne, la réalisatrice Yasmina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères chargée de la Francophonie - le remaniement du 21 juin 2012 lui a ôté les Français de l'étranger -, a signé un appel contre un débat sur l’islam ;
- né en Guadeloupe, député, Victorin Lurel est ministre des Outre-mer. Il a représenté le gouvernement français aux obsèques du président vénézuélien Hugo Chavez, le 8 mars 2013. Il a déclaré : "Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu'on prétend que c'est un dictateur. Il a pendant ces quatorze ans respecté les droits de l'homme" ;
- député des Landes, Alain Vidalies est ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. En 2005, il a signé la pétition lancée par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et intitulée "Stop the Wall" Campagne Internationale contre le Mur et pour la Fin de l’Occupation des Territoires Palestiniens. Il a aussi signé une tribune publiée par Libération (24 juillet 2009) interpelant le Président de la République en faveur de Salah Hamouri, terroriste. En 2011, il est l'auteur d'une question écrite au ministre des Affaires étrangères sur le controversé rapport Goldstone ;
- Marylise Lebranchu ministre de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique. Le 12 septembre 2013, elle a évoqué à Paris avec Mahmoud Abbas « l’accord de coopération qui sera signé à l’automne avec son homologue palestinien, M. Saïd Al-Kuni, ministre des collectivités locales. Elle a rappelé l’appui du gouvernement à toute action de coopération décentralisée entre les collectivités palestiniennes et les collectivités françaises, dans le cadre de la diplomatie des territoires  ». Le 28 novembre 2013, elle a participé au Forum « Dunkerque + 10 : des collectivités locales européennes pour la Palestine ». Elle y a plaidé pour « une diplomatie des territoires, pour que l’on passe au stade supérieur de la coopération, celui des partenariats entre des villes, des conseils généraux, directement avec des villages palestiniens  » ;
Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports et de l'Économie maritime  sous le gouvernement Jean-Marc Ayrault et nommé secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche dans le gouvernement Manuel Valls. Le 14 octobre 2010, il a loué sur son blog l’exposition Breaking le silence de Catherine Gil Franco : une exposition « d’une rare puissance, proposée par le Comité Boulonnais de Soutien au Peuple Palestinien, [qu’il a] pu inaugurer samedi dans la galerie du cloître de la bibliothèque des Annonciades. L’artiste Catherine Gil Franco, passionnée par le Moyen-Orient et bouleversée par les exactions commises par l’armée israélienne en Palestine, y propose en effet une série de toiles inspirées par la condition des Palestiniens. Surgissent des visions hallucinées, mêlées de larmes et de sang, hantées par le vide et l’inanité, qui hurlent la désespérance d’un peuple » ;
  -    Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est représenté par Cécile Duflot, ministre à l’égalité des territoires et au logement, et Pascal Canfin, ministre délégué du développement, soutient ceux engagés dans les campagnes BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) contre l’Etat d’Israël. Mme Duflot a parlé de « terrorisme d’Etat » à propos de l’arraisonnement de la flottille pour la paix (2010), etc. Le 10 mars 2010, l’eurodéputé Canfin a voté pour une résolution sur la mise en œuvre des recommandations du rapport Goldstone, etc.

-       nombre de ministres ou membres de leurs cabinets sont liés au think-tank socialiste Terra Nova, souvent comme auteurs de rapports ou de notes, voire comme dirigeant de Terra Nova : Jean-Philippe Thiellay, conseiller pour les institutions et les libertés publiques auprès du Premier ministre, est vice-président de ce think tank.  Terra Nova estime dans son rapport Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? : « Jeunes peu qualifiés et mères célibataires frappés par le précariat, blacks et beurs de banlieue discriminés à l'embauche, ouvriers au chômage de longue durée : ce sont ces nouvelles classes populaires que la gauche doit défendre » (10 mai 2011). Dans la note Musulmans de France : Pour une citoyenneté inclusive par Marc Cheb Sun et Ousmane Ndiaye (09/03/2011 ), ce think tank appelle « à « l'émergence d'une puissante citoyenneté musulmane », dispensée d'intégration. Bref, les « progressistes » invitent la France à se communautariser davantage et à s'islamiser, sans jamais se poser la question du respect d’un héritage culturel plus que millénaire, qui devrait être soudainement balayé par de nouvelles minorités refusant le processus de l'intégration puis de l'assimilation » (Ivan Rioufol, 14 mars 2011). Et le 17 juin 2012, Olivier Ferrand, directeur de Terra Nova, candidat socialiste, a été élu député de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône. Lors de sa campagne, il avait bénéficié de l'appui d'Arnaud Montebourg, de Jacques Attali, de Manuel Valls et  de Lionel Jospin. Il est décédé à l'âge de 42 ans le 30 juin 2012.

Et ce florilège est loin d’être exhaustif…

Ajoutons que des rumeurs prévoient l'entrée dans le gouvernement, après l'élection législative de 2012, de ministres communistes ou du Front de gauche. Le Parti communiste français (PCF) a soutenu la campagne de BDS contre l'Etat Juif. Le Front de gauche a maintenu en son sein René Balme, maire de Grigny, antisioniste revendiqué, investi à l'élection législative 2012. Ce soutien de Salah Hamouri est "fondateur et administrateur du site Oulala.net qui soutient les thèses conspirationnistes" et qui invite "à regarder le premier film" de Dieudonné, L'antisémite".

En septembre 2012, les médias israéliens ont constaté l'absence, depuis l'élection présidentielle, de visite de ministres français dans l'Etat Juif, même si les missions professionnelles bilatérales se succèdent. A noter les visites des ministres Laurent Fabius (15-16 juillet 2012) et Yamina Benguigui (8 septembre 2012) en Algérie pour préparer la visite officielle du Président François Hollande. avant la fin 2012.
Le 31 mars 2014, après la défaite du parti socialiste aux élections municipales et la démission du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le Président François Hollande a nommé Manuel Valls Premier ministre. EELV décide de ne pas participer au gouvernement Valls.
Le gouvernement Valls  comprend 17 ministres, dont 14 du précédent gouvernement.
- Ségolène Royal devient ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’énergie. Lors de son séjour en Israël en décembre 2006, elle a justifié la construction de la barrière anti-terroristes : "Quand c'est nécessaire, c'est sans doute justifié, encore faut-il que les choses se fassent dans une bonne entente  ». En 2007, candidate à l’élection présidentielle, elle avait pris position  : « Le sort de ces colonies israéliennes dans les Territoires occupés devra être décidé entre les deux parties lors des négociations pour une paix définitive et la création d’un État palestinien… L’objectif à long terme doit être un Moyen-Orient sans armes de destruction massive. C’est l’aspiration des peuples de la région et c’est une exigence pour la paix dans cette partie du monde. Je souhaite qu’Israël signe le Traité de non-prolifération nucléaire qui permettra à l’AIEA d’inspecter ses installations nucléaires…. L’Iran doit se conformer aux demandes de l’AIEA et donner des garanties sur sa non accession au nucléaire militaire ».
     - François Rebsamen, sénateur socialiste  de Côte d’or, devient ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social. En 2001, il avait présenté son père Eric Rebsamen comme originaire d’Alsace et ayant pris la nationalité suisse « pour ne pas être enrôlé dans l’Armée allemande », la Wehrmacht. Selon le site Enquête-Débat, son père aurait rejoint la Suisse car un avis de recherche pour collaboration – « inculpé d’atteinte à la sécurité extérieure de l’Etat - le visait. En juillet 2006, lors de la guerre d’Israël contre le Hezbollah au Liban, François Rebsamen publie sur son blog le communiqué du Parti socialiste : « Les opérations militaires israéliennes au Liban et les tirs de roquettes du Hezbollah sur des villes israéliennes ont créé une situation intolérable et dangereuse, causant destructions et souffrances pour les populations civiles et risquant d’embraser l’ensemble de la région et déstabiliser tout le Moyen-Orient… Le Parti socialiste condamne les bombardements des objectifs civils par Israël et par le Hezbollah. Israël a le droit à la sécurité et au respect de ses frontières, mais il doit également respecter le droit international, notamment le droit humanitaire, la souveraineté et l’intégrité de ses voisins… Il y a trop longtemps que le droit international reste inappliqué et que les résolutions de l’ONU demeurent lettres mortes au Proche-Orient  ».
    - Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne et député du Morbihan, est désigné ministre de la Défense. Le 1er août 2006, il a déclaré : « L'Etat d'Israël a décidé - depuis 20 jours - de lancer des opérations militaires de très grande envergure au Liban. Le bilan est effroyable : 540 morts dont un tiers d'enfants, 800 000 réfugiés, une crise humanitaire d'ampleur et la destruction de nombreuses infrastructures vitales (des dizaines de ponts, des usines, des centrales électriques…). Pour retrouver ses deux soldats otages et protéger légitimement le nord de son territoire, l'Etat d'Israël emploie des moyens disproportionnés. Le bombardement de l'armée israélienne à Cana, qu'il soit accidentel ou délibéré, marque objectivement une escalade dans l'horreur et suscite à juste titre l'indignation internationale. Les Etats-Unis portent une lourde responsabilité en soutenant de manière inconditionnelle la stratégie israélienne. Sans forcément partager leurs convictions et leurs méthodes, les populations du Liban, de Gaza et de Cisjordanie, sont de plus en plus conduites, par cette violence, à soutenir ces organisations. La voix des modérés devient inaudible et le processus de paix, remis en cause par Israël depuis les accords d'Oslo, demeure dans l'impasse… Conformément au positionnement de la Région Bretagne, il me semble en effet important que les Régions s'impliquent sur les enjeux européens et internationaux ».
-     Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Forêt et porte-parole du gouvernement Valls. Eurodéputé membre de la Délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien (2004-2012), il est député socialiste de la Sarthe ;
    - Sylvia Pinel (PRG), ministre déléguée puis ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme promue ministre du Logement et de l’Egalité des territoires ;
    - Jean-Marie Le Guen, député socialiste du XIIIe arrondissement de Paris, nommé Secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement auprès du Premier ministre. En septembre 2011, il signe une lettre  adressée au Président Nicolas Sarkozy contre la « stratégie de contournement des négociations visant à imposer la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien lors de la session de septembre de l’Assemblée générale des Nations Unies  ». En novembre 2012, il a déclaré : « Un vote en faveur de l’admission de la Palestine en tant qu’Etat non membre observateur de l’ONU ne s’imposait pas… Je déplore que la communauté internationale, et notamment l’ONU, soit restée silencieuse aux nombreux appels du gouvernement israélien qui lui demandait d’agir contre les tirs de roquettes continuels depuis la bande de Gaza qui, je le rappelle, a été totalement évacuée par Israël en 2005. Aucun pays, aucun dirigeant ne resterait les bras croisés dans une situation pareille. Israël n’avait donc pas d’autre choix que d’intervenir militairement. Il l’a fait avec mesure mais, compte tenu de la situation sur le terrain, il est impossible d’éviter les victimes civiles. On ne peut que les regretter évidemment mais le Hamas en est co-responsable, comme il est co-responsable du maintien du blocus de la bande de Gaza et de la situation humanitaire dans laquelle se trouve sa population. Même si je suis convaincu qu’il faut traiter séparément le dossier des négociations avec les Palestiniens et celui du nucléaire iranien, il est évident que l’Iran mène une guerre (à peine) larvée contre Israël par Hamas – et Hezbollah – interposé. Il semblerait même que l’attentat de Sofia n’y soit pas étranger. La communauté internationale ne doit pas ignorer cette situation et probablement étendre les sanctions contre l’Iran… Il ne fait pas de doute que l’Assemblée Générale votera en faveur de l’admission de la Palestine à l’ONU. Je souhaite qu’Israël ait la sagesse d’en prendre son parti : en votant pour l'admission de la Palestine, les Etats arabes vont de facto reconnaitre Israël dans les frontières de 1967, son droit à l'existence dans la sécurité et accepter une solution négociée à la question des réfugiés ! Ces mots figurent dans la résolution présentée par les Palestiniens ! Il faut qu’Israël les prenne au mot et tende à nouveau la main aux Palestiniens et aux Etats arabes pour engager des négociations de paix. C’est le seul moyen d’assurer sa sécurité à long terme. Je ne doute pas que François Hollande, qui a fait montre de son amitié pour Israël à plusieurs reprises, apporterait le soutien de la France à une initiative en ce sens. Les messages de haine véhiculés par le Hamas voire par les chaines publiques palestiniennes sont inacceptables. Nous avons peu de moyens de pression sur le Hamas mais je suis favorable à ce que l’Union Européenne et la France demandent fermement à l’Autorité Palestinienne, qu’elles soutiennent financièrement, de mettre fin à ces campagnes  » ;
    - Fleur Pellerin, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger ;
    - Harlem Désir, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères. Eurodéputé, puis Premier secrétaire du Parti socialiste. Il a déclaré qu’il n’y a « pas de solution militaire au conflit au Proche-Orient" et est favorable à la solution à deux Etats ».
     - Annick Girardin  (PRG), député de Saint-Pierre et Miquelon, secrétaire d’Etat chargée du Développement et de la Francophonie
    - Christian Eckert, député de Meurthe-et-Moselle, secrétaire d’Etat chargé du Budget. En trois ans, il a déposé trois questions écrites au ministère des Affaires étrangères. 

Le 1er juillet 2008, il a interrogé : « La bande de Gaza est soumise depuis janvier 2008 à un blocus israélien, ce qui entraîne une situation de catastrophe humanitaire telle que le Conseil de sécurité de l'ONU a dû appeler Israël à « respecter strictement le droit international humanitaire » et à « prendre des mesures concrètes » pour faire cesser la « punition collective » infligée à la population. Si l'on peut comprendre que les autorités israéliennes réagissent à des tirs de roquettes qui visent des populations civiles sur son territoire, on ne peut accepter des mesures de « riposte » disproportionnées, telle qu'une asphyxie économique qui entraîne des drames quotidiens et une punition aussi aveugle que collective. Si le droit à la résistance du peuple palestinien ne peut justifier que soient visées des cibles civiles, la sécurité d'Israël ne saurait davantage justifier le recours à un tel blocus. Cette année 2008 marque les soixante ans du conflit israélo-palestinien et l'absence d'existence des deux États qui devaient se partager les territoires après la fin du mandat britannique de la Palestine. Aucun avenir n'est possible pour aucun peuple de la région sur la base du recours à la force ; c'est au contraire en respectant leurs droits respectifs et les résolutions des Nations unies que l'avenir de la région pourra se construire. Aussi, il souhaiterait connaître les intentions diplomatiques du Gouvernement, afin de réagir à la gravité de la situation à Gaza et son rôle dans le processus de paix et la relance des négociations ».
Le 30 mars 2010, il s'est enquis : « Dans un avis du 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice de La Haye déclarait illégal le mur construit en Cisjordanie. Cinq ans plus tard, la construction se poursuit. En décembre 2008, le gouvernement israélien a mené dans la bande de Gaza son offensive la plus violente depuis 1967, causant de nombreuses destructions humaines et matérielles au sein d'une population déjà lourdement atteinte, par le blocus de ce territoire, mais aussi par la succession des violences internes et externes. La mission des Nations-unies menée par le juge sud-africain Goldstone est parvenue à recueillir des « preuves solides établissant de nombreuses violations graves du droit international, du droit international humanitaire et des droits de l'Homme, commises par Israël pendant ses opérations militaires, à Gaza ». Cette résolution recommande que tous les responsables de violations du droit international, commises par l'ensemble des parties, soient conduits à rendre compte de leurs actes. À cet égard, l'assemblée générale des Nations-unies serait légitimement en droit de demander à Israël et au gouvernement de facto du Hamas à Gaza de lancer immédiatement des enquêtes, indépendantes et conformes aux normes internationales, sur les allégations de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et d'autres violations graves du droit international perpétrées durant le conflit. De même, il serait opportun qu'elle constitue un comité d'experts impartiaux qui aurait pour mission d'évaluer l'authenticité, l'efficacité et la conformité avec le droit international des mesures mises en œuvre par les Israéliens et les Palestiniens dans un délai donné, ou qu'elle demande au secrétaire général d'instaurer cet organe. Enfin, il lui appartiendrait d'envisager toute disposition utile dans le cas où le gouvernement israélien ou les autorités palestiniennes concernées ne feraient pas le nécessaire pour que les responsables soient amenés à rendre compte de leurs actes. Aujourd'hui, ce territoire dévasté ne doit sa survie qu'à l'aide internationale. La poursuite du blocus empêche toute reconstruction. Ainsi, c'est toute sa population qui fait l'objet d'un enfermement synonyme d'une punition collective. Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer quelle place la France, dans le cadre européen et au sein de la communauté internationale, entend prendre pour obtenir la réouverture complète de la bande de Gaza, la mise en place d'un dialogue et la mise en œuvre par le conseil de sécurité des Nations-unies des recommandations du rapport de la mission du conseil des droits de l'Homme menée par le juge Goldstone  ».
Le 22 mars 2011, il a demandé au ministre des Affaires étrangères « si le Gouvernement, au nom de la France, entend soutenir la soumission officielle de ce rapport [Goldstone] au conseil de sécurité, en vue d'une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale  ».
    - Valérie Fourneyron, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire ;
    - Axelle Lemaire, député socialiste  dans la 3ème circonscription législative des Français établis hors de France et secrétaire d’Etat chargée du Numérique, a déclaré : « Je ne comprends pas pourquoi il y a un buzz autour [du jugement sur la crèche Baby Loup ayant licencié une salariée portant le foulard islamique]. J’habite en Angleterre où le port du voile est plus répandu. Je rencontre pas mal de jeunes femmes françaises qui me disent : « Je suis allée habiter là-bas parce que j’en ai marre d’être discriminées au quotidien, stigmatisées uniquement parce qu’on m’identifie comme musulmanes parce que j’ai choisi de porter la voile. Elle sont très bien intégrées… On ne se pose pas forcément les bonnes questions sur qu’est-ce qu’une laïcité tolérante au XXIe siècle  ».
- Kader Arif, secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire ;
André Vallini, sénateur socialiste de l’Isère et secrétaire d’Etat chargé de la Réforme territoriale. En septembre 2011, il signe une lettre  adressée au Président Nicolas Sarkozy contre la « stratégie de contournement des négociations visant à imposer la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien lors de la session de septembre de l’Assemblée générale des Nations Unies » ;
Laurence Rossignol, ancienne membre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) élue sénatrice socialiste de l’Oise  (Picardie), porte-parole du parti socialiste et secrétaire d’Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie. Lors de l’émission Ce soir ou jamais du 5 avril 2013, elle a déclaré : « Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents  ». Elle n’a pas desserré l’étau teinté d’antisémitisme enserrant le Dr Krief, spolié injustement sans qu’aucune institution républicaine ne lui assure la protection à laquelle il a droit. « Conseil juste humain : si vous pouvez travailler ailleurs autrement, sauvez-vous de ce truc sordide. Sauvez votre peau et laissez votre avocat les faire condamner un maximum d’indemnités de réparation du préjudice subi. Il arrive que la fuite soit salvatrice ». Tel est le SMS envoyé par Laurence Rossignol, le 20 septembre 2012, au Dr Lionel Krief, après le décès prématuré de Christelle Rennuit, assistante du médecin au centre de médecine nucléaire à Creil, le 3 septembre 2012. C'est d'autant plus grave pour une militante ayant participé à la création de SOS Racisme ;
Ségolène Neuville, député des Pyrénées orientales et secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion ;
Thierry Braillard,  député du Rhône (PRG), secrétaire d’Etat chargé des Sports. Le 16 juillet 2013, il a appelé l’attention du ministre des Affaires étrangères « sur la situation des colonies israéliennes en Cisjordanie au regard du droit international et de leur impact dans les relations commerciales avec l'Union européenne et en particulier avec la France. Il lui demande quelle est la position de la France face a ces colonies et à leur impact commercial  ».

Parmi les membres des cabinets ministériels du gouvernement Valls, citons Jamel Oubechou, conseiller auprès de la Ministre des Droits des femmes, ville, jeunesse et sports  Najat Vallaud-Belkacem. Président du conseil d'administration de l'Institut des Cultures d'Islam (ICI), ce normalien a été conseiller Culture, Francophonie et Développement au cabinet d'Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères, conseiller de coopération et d'Action culturelle près l'Ambassade de France en Syrie (2002-2006) et directeur général adjoint aux Relations internationales à la Mairie de Paris (2008–2010). Il est l'un des contributeurs d'un des rapports controversés sur la "politique d'intégration" remis en décembre 2013 au Premier ministre, alors Jean-Marc Ayrault.

Le 3 juin 2014, un remaniement ministériel a constaté la démission de Valérie Fourneyron remplacée par Carole Delga, et le député Thierry Mandon a été nommé secrétaire d'État en charge de la Réforme de l'État et de la Simplification.

Il est symptomatique qu'aucune organisation Juive ou aucun média français n'ait réalisé cette étude. Ce qui révèle des carences graves et préjudiciables à une analyse exacte de la situation actuelle.

La « politique arabe » française immuable
Certes, le Président François Hollande a reçu à l’Elysée, le 6 juin 2012, Yaakov Amidror, chef du Conseil de sécurité nationale d’Israël, auquel il a fait part de « la volonté de la France d'engager avec Israël l'approfondissement de notre relation bilatérale et de développer les nombreux liens existant entre les sociétés israélienne et française dans tous les domaines » et de rencontrer « prochainement » le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Cependant, le 7 juin 2012, Laurent Fabius et Mahmoud Abbas ont signé au quai d’Orsay une « convention pour une aide budgétaire de 10 millions d’euros, qui constitue une partie des engagements français » et qui est la « première tranche de l’aide budgétaire » française au titre de 2012. « Les résultats obtenus permettent aujourd’hui d’affirmer que l’Autorité palestinienne est prête à établir un Etat fonctionnel et viable… Avec cette contribution, elle aura versé 105 millions d’euros à l’Autorité palestinienne pour la seule aide budgétaire depuis la conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien organisée à Paris en décembre 2007 », a déclaré Laurent Fabius. Une aide financière non conditionnée par l’arrêt de l’éducation à la haine d’Israël, de l'incitation au terrorisme, etc. Un soutien financier choquant au vu de l'essor économique de l'Autorité palestinienne - "8% en Cisjordanie et 15% à Gaza" en 2010 selon le quai d'Orsay et le FMI - et alors que, en raison de la crise économique - taux du PIB français de 1,7% en 2011 selon l'INSEE -, la France ne rembourse plus certains médicaments, etc.

Et le 8 juin 2012, le Président français s'entretenait à l’Elysée avec Mahmoud Abbas (Abou Mazen) qu’il avait rencontré « à plusieurs reprises ces derniers mois » alors qu’il était Premier secrétaire du Parti socialiste et comme candidat. Lors d’une conférence de presse, il s’est prononcé pour la reprise des négociations en vue de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Il a annoncé l’organisation d’un « séminaire intergouvernemental pour améliorer les relations entre l’Autorité palestinienne et la France et pour amplifier encore les échanges ». Quant à Mahmoud Abbas, il a rappelé le vote de la France à l'UNESCO en faveur de l'admission de "l'Etat de Palestine" au sein de cette organisation et il a annoncé qu'il irait aux Nations unies "afin d'obtenir le statut d'Etat non membre".

Le 6 juillet 2012, le Président François Hollande recevait Mahmoud Abbas à l'Elysée.

Signe alarmant, le 29 juin 2012, la France, représentée par son ambassadeur Daniel Rondeau, a voté en faveur de l'inscription "en urgence" et pour "la Palestine" du site "le Lieu de naissance de Jésus, l'Église de la Nativité et la Route du pèlerinage, Bethléem" sur sa liste du patrimoine mondial de l'UNESCO lors de la 36e session du Comité du patrimoine mondial à Saint-Pétersbourg (Russie).


Le 23 juillet 2012, au quai d'Orsay, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a désigné l'envoyé spécial de la France auprès de l'OCI (Organisation de la conférence islamique) : Louis Blin, consul général de France à Djeddah (Arabie saoudite), où siègle l'OCI. M. Fabius a déclaré : « Ce qui portera notre représentation au niveau de celle de nos partenaires proches. La France souhaite en effet suivre vos travaux assidûment et accompagner le développement d’une organisation qui a su trouver sa place par le dialogue avec le reste du monde ». Cette décision a été annoncée lors de l'« Iftar [Nda : diner rompant le jeûne lors du mois du Ramadan] en l’honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de la coopération islamique ». Seule la Syrie n'était pas invitée à ce diner traditionnel initié par Bernard Kouchner, alors ministre français des Affaires étrangères et interrompu quelques années. Pour Laurent Fabius, ce diner « permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman». Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, a décliné l'invitation à cette soirée. Les responsables du CFCM (Conseil français du culte musulman) étaient présents à ce dîner.

Lors de la cérémonie du 1er novembre 2012 à la mémoire des victimes de l'attentat djihadiste de Mohamed Merah contre l'école juive Ozar HaTorah, le Président François Hollance a déclaré que l'Etat d'Israël est "un pays créé, au lendemain de la Shoah, pour servir de refuge aux juifs". Or, la recréation de l'Etat d'Israël correspond l'aboutissement du sionisme politique, à un aspect du mouvement d'émancipation des peuples, mouvement des nationalités du XIXe siècle, etc. De plus, le Président François Hollande a ajouté : " La garantie de [la]sécurité [des Juifs] est une cause nationale... Le but de la République, c'est qu'il n'y ait plus jamais aucun policier devant une école... Contre le terrorisme mon pays est sans faiblesse". "La garantie de leur sécurité" ne signifie pas la lutte contre l'antisémitisme. Quant  à la fermeté de la France dans la lutte contre le terrorisme, on peut en douter devant la décision du parquet de clore l'enquête préliminaire ouverte contre Souad Merah. Par ailleurs, le 8 novembre 2012, Abdellah Zekri, président de l'Observatoire de l'islamophobie au sein du CFCM (Conseil français du culte musulman), a exprimé le souhait d'une "déclaration solennelle" du président François Hollande contre "la montée de l'islamophobie". Le Président Hollande est averti : s'il accède au souhait du CRIF, le CFCM, qui représente une part importante de son électorat,en 2012, exigera une mesure identique à son égard.

En novembre 2012, "la France présente un plan de cessez le feu « franco-qatari » ? Et pas « européen » pour mettre un terme à l'Opération Pilier de défense menée par Israël contre le Hamas et les autres mouvements terroristes qui, de la bande de Gaza, terrorisent par leurs tirs de roquettes les habitants de l'Etat d'Israël, principalement ceux du Sud.

La France a instruit la plainte contre X de Souha Arafat, veuve  de Yasser Arafat, alléguant, à tort, qu'Arafat aurait été assassiné par empoisonnement au polonium. Ce que dément le dossier médical du défunt. De plus,  le 5 juillet 2007,  Ahmad Jibril, Secrétaire général du FPLP Commandement général, a déclaré sur al-Manar : "L'équipe d'Abu Mazen (Mahmoud Abbas, Nda) a dit qu'Arafat est mort du SIDA". En outre, des rumeurs ont allégué une mort d'Arafat due à une cirrhose du foie.

En accueillant cette plainte confiée à trois juges d'instruction, la France accorde du crédit à la thèse de l'empoisonnement par les Juifs et gaspille l'argent public dans ce qui relève plus d'une lutte de pouvoirs ou de règlements de comptes au sein de l'Autorité palestinienne. Quant on sait le nombre de plaintes jugées irrecevables alors que les preuves de l'infraction sont réunies et les lenteurs de l'instruction judiciaire, cette réactivité française coûteuse ne manque pas de surprendre...

Le 29 novembre 2012, la France a voté, à l'Assemblée générale de l'ONU, pour le statut d'"Etat non membre observateur" de la "Palestine".

Le 14 janvier 2013, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a souligné que le Président de la République François Hollande avait évité de qualifier les terroristes d'islamistes lorsqu'il avait évoqué l'intervention militaire française au Mali. Ajoutons que le ministre Laurent Fabius a lui aussi éviter de lier ce terrorisme à l'islam, et que tous les médias hexagonaux ont évoqué le Français ou le Roubaisien Mehdi Nemmouche en évitant tout lien avec l'islam, et non l'islamiste assassin présumé de quatre personnes au musée Juif de Bruxelles (Belgique) ; un procédé sémantique qui a ulcéré le journaliste Eric Zemmour sur Itélé le 6 juin 2014. La leçon a bien été apprise par politiciens et médias...

Ainsi que l'analyse Herb Keinon le 19 janvier 2013, la France va vouloir prouver "au monde islamique qu'elle n'a rien contre lui ou contre les musulmans". Quel meilleur moyen que de devenir "le champion de la cause palestinienne ?" Le Président François Hollande a déjà évoqué des sanctions de l'Union européenne contre Israël...

Le 5 février 2013, la Bulgarie a évoqué "des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l'auteur de l'attentat" terroriste islamiste à l'aéroport de Bourgas, le 18 juillet 2012. Cet attentat a fait six morts - cinq touristes israéliens et le chauffeur bulgare- et une trentaine de blessés. Au sein de l'Union européenne, la France s'oppose à l'inscription du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes. Même la Turquie a inscrit ce mouvement dirigé par  Hassan Nasrallah dans sa liste de mouvements terroristes... Parmi les points à l'ordre du jour de la réunion du Conseil des 27 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles (Belgique) du 18 février 2013 : l'inscription éventuelle du Hezbollah sur la liste européenne des mouvements terroristes. 

Le 7 mars 2013, la France a rendu un hommage national à Stéphane Hesse, anti-israélien, lors d'une cérémonie aux Invalides (Paris) au cours de laquelle le Président François Hollande a prononcé l' éloge de cet "humaniste" controversé.

Le 12 avril 2013, 13 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE), dont Laurent Fabius, se sont déclarés prêts à soutenir les démarches de Catherine Ashton, représentante diplomatique de l'UE, en faveur de l'étiquetage des produits des "colonies israéliennes". Le 12 mai 2012, puis le 10 décembre 2012, les Etats membres de l'UE avaient affirmé leur volonté d'appliquer "la législation européenne et les accords bilatéraux concernant les biens produits dans les colonies".

Le 19 juillet 2013, le porte-parole du Quai d'Orsay a déclaré : " La Commission de l'Union européenne a publié le 19 juillet au Journal officiel de l'UE des lignes directrices sur l'éligibilité aux subventions, bourses et instruments financés par l'Union européenne des entités israéliennes et de leurs activités dans les territoires occupés par Israël depuis juin 1967. Ces lignes directrices ont vocation à s'appliquer de manière horizontale aux différents programmes et aides de l'Union européenne sur la période 2014-2020. Elles visent uniquement à garantir qu'ils ne bénéficieront pas aux colonies israéliennes. Elles mettent ainsi en application la position politique constante de l'Union européenne, exprimée à de nombreuses reprises par le Conseil affaires étrangères, selon laquelle Israël doit - conformément au droit international - être clairement distingué des territoires occupés". Or, en droit international, ces territoires sont "disputés" ou "contestés".

Le 22 juillet 2013, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-huit Etats-membres de l'UE ont décidé d'inscrire la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes, tout en poursuivant le dialogue avec le Hezbollah. Les mêmes individus dirigent les branches armée et politique de ce mouvement terroriste islamiste qui dispose, selon Tsahal, de plus de 60 000 roquettes et missiles pouvant frapper tout endroit en Israël.

Le 22 août 2013, Laurent Fabius a déclaré sur RMC-BFM TV en évoquant le conflit au Proche-Orient : "On parle moins de ce conflit en ce moment mais c’est le père de toutes les batailles".

Le 24 septembre 2013, le Président François Hollande a rencontré à New York, à la demande de l'Iran, le président iranien nouvellement élu, Hassan Rohani. Celui-ci n'a aucunement l'intention de mettre un terme au programme nucléaire iranien.

Lors de sa visite en Israël et dans les territoires disputés, le Président Hollande a déclaré, devant la Knesset le 18 novembre 2013, que la "colonisation" devait cesser. En avril 2013, il avait évité de prononcer ce mot quand il avait évoqué le Sahara occidental. Or, ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental figure dans la liste des territoires non autonomes établie par les Nations unies : il est occupé militairement par le Maroc depuis 1975. Aucun membre de la Knesset ne lui a rappelé que, le 17 mai 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par consensus une résolution inscrivant de nouveau la Polynésie française sur la Liste onusienne des territoires non autonomes à décoloniser. Avant cette visite, la France par la voix de Laurent Fabius avait exprimé la politique traditionnelle de fermeté à l'égard du programme nucléaire iranien. Après cette visite, la France a soutenu l'accord désastreux allouant de facto encore du temps à l'Iran pour qu'elle poursuive son programme nucléaire. L'Etat d'Israël a "fustigé cette erreur historique".

Le 20 mai 2014, lors de son audition devant la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international,  a déclaré : "Après la conclusion de l'accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, j'ai rappelé que la France a toujours été favorable à l'unité palestinienne mais que tout nouveau gouvernement devra respecter les conditions connues : reconnaître l'existence de l'État d'Israël, refuser le recours à la violence et accepter l'ensemble des accords conclus".

Le 6 juin 2014 le Président François Hollande a prononcé trois discours à l'occasion des cérémonies de commémoration du 70e anniversaire de Débarquement des Alliés en Normandie. A Ouistreham, il a évoqué les "victimes allemandes du nazisme", puis il a déclaré : "Notre devoir, c’est de lutter contre les fanatismes, les extrémismes, les nationalismes... Aujourd’hui, les fléaux s’appellent le terrorisme, les crimes contre l’Humanité ; mais ce sont aussi des fléaux terribles que nous avons à conjurer à travers les crises humanitaires, les dérèglements du système financier, les dangers du réchauffement climatique, la misère et le chômage de masse. Ce n’est pas comparable, mais c’est ce qui peut aussi menacer, partout dans nos Nations, la cohésion et parfois provoquer des conflits". Lors de la cérémonie franco-américaine à Colleville-Sur-Mer, il a souligné les combats des Etats-Unis et de la France "contre l’oppression et l’obscurantisme et qui ont aussi cette ambition, vouloir rendre le monde plus juste, plus démocratique, plus pacifique... Il s’agissait alors de lutter contre la barbarie nazie. Aujourd'hui, aujourd'hui encore nos deux pays sont unis pour répondre à d’autres menaces, le réchauffement climatique, le creusement des inégalités, le sous-développement, la misère, la faim. Eh oui, encore aujourd’hui nous sommes unis face à d’autres périls que l’on croyait à jamais disparus, le fondamentalisme, le racisme, l’extrémisme, le terrorisme". Lors de la cérémonie internationale d'hommage aux victimes de la bataille de Normandie à Caen, le Président François Hollande a souligné : "Dans toutes les guerres ce sont les civils qui payent un lourd tribut. Des civils lorsqu’ils sont utilisés comme boucliers humains, des civils lorsqu’ils sont victimes du terrorisme, des civils lorsque l’on voit des enfants être des cibles, parce que la guerre jette des centaines de milliers de personnes sur les routes, parce que des jeunes filles sont enlevées et livrées à la violence sexuelle". Mettre en parallèle la lutte contre le nazisme avec le prétendu "réchauffement climatique" est choquant. Si le Président François Hollande dénonce le "racisme", il ne prononce pas le mot "antisémitisme", et il omet sciemment de qualifier le terrorisme et le fondamentalisme d'islamiques. A quelques semaines de la fusillade antisémite au musée Juif de Bruxelles (Belgique) commise le 24 mai 2014 vraisemblablement par l'islamiste Mehdi Nemmouche, c'est lamentable. Comment lutter contre un ennemi que l'on craint de nommer ? 

L'Union européenne a défini l'antisémitisme, et en présente des exemples sur son site Internet : "Faire preuve d'une double morale en exigeant d'Israël un comportement qui n'est attendu ni requis d'aucun autre pays démocratique" ou "utiliser des symboles et images associés à l'antisémitisme classique (par ex: l'affirmation que les Juifs ont tué Jésus ou les meurtres rituels) pour caractériser Israël et les Israéliens". N'est-ce pas ce que font la France - affaire al-Dura - et l'Union européenne (UE) ? 

Ce n'est que le 17 juin 2014, que Laurent Fabius a condamné l'enlèvement par le Hamas, le 12 juin 2014, de trois adolescents israéliens : Naftali Frenkel, âgé de 16 ans, Gilad Shaer, âgé de 16 ans, et Eyal Yifrach, âgé de 19 ans. Par  contre, dès la découverte des dépouilles de ces trois jeunes Israéliens le 30 juin 2014, le Président François Hollande - "Le chef de l’Etat exprime sa préoccupation face à la multiplication des violences ces derniers jours en Cisjordanie et à Gaza. Il condamne les tirs de roquettes depuis Gaza sur le territoire israélien. Il demande que tout soit fait pour éviter de nouvelles victimes et le risque d’une escalade de la violence" - et Laurent Fabius - "Alors que le gouvernement français n’a cessé d’exiger la libération de ces trois jeunes, j’adresse à leurs famille et au peuple israélien mes profondes condoléances et ma totale solidarité" - ont condamné "ce lâche  assassinat", "ces crimes odieux, lâches et barbares".

Lors de l'opération Protective Edge, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a déclaré le 9 juillet 2014 que la France "condamne une accélération à la fois des tirs de la part Palestiniens et de la riposte de la part d'Israël", et exprime la "volonté réaffirmée, dans ce contexte, d'avoir des discussions avec l'ensemble des acteurs sur le Proche-Orient, les Etats-Unis, mais aussi à l'échelle de l'Union européenne car le ministre des Affaires étrangères considère qu'il faut qu'il y ait une position européenne". Ce qui mettait de manière choquante et injuste sur le même plan l'agresseur islamiste et la défense israélienne. Le 8 juillet 2014, lors de son audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a déclaré : "C'est une situation épouvantable. Des exactions ont été commises. Ces jeunes gens israéliens assassinés, puis ce jeune Palestinien brûlé, tout cela est épouvantable. Le risque est à la fois de mettre en danger des vies humaines de part et d'autre, et puis de déclencher des mécanismes qui échappent au contrôle des uns et des autres. La France plaide, pour la retenue, au risque sinon de repartir dans une situation de violence croissante. J'en ai discuté ces jours derniers avec nos partenaires étrangers, y compris des partenaires du côté israélien et du côté palestinien, mais aussi avec les Américains, Mme Clinton, des collègues en haute fonction. La question posée est : « Quelle est la bonne solution ? Quels sont les bons paramètres, les bons critères ? » Le rôle de la diplomatie est de chercher les bons dosages. Dans la crise israélo-palestinienne, on connaît les paramètres. Cela fait d'ailleurs très longtemps que l'on en discute. Il s'agit maintenant d'appliquer la solution. Compte tenu des passions légitimes que ce conflit génère, chacune des deux parties est-elle prête à accepter cette solution ? Je n'en suis pas sûr. Les Américains, John Kerry le premier, ont fait beaucoup d'efforts, qui pour l'instant n'ont pas abouti. La question n'est pas tant de « trouver le bon paramètre» que de « faire appliquer cette solution internationale par les deux parties grâce à la pression internationale, des États-Unis, de l'Europe, de la France, des pays arabes, et d'autres »... Je pense que ce qui a été dit, notamment par Mahmoud Abbas lui-même : dès lors que le Hamas serait impliqué dans l'assassinat de ces jeunes, il ne peut pas participer à un gouvernement. En ce qui concerne le Hamas, la France n'a jamais été contre un gouvernement unitaire, mais dès lors que les conditions sont réunies, c'est-à-dire la reconnaissance d'Israël, le refus de la violence". 

Revirement le 9 juillet 2014 au soir : le Président François Hollande a eu "un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. Le Président de la République rappelle la nécessité de prévenir l’escalade des violences". 

Volonté de ne pas s'aliéner le "vote halal" déjà choqué par la loi autorisant le mariage entre homosexuels et des députés socialistes indignés par sa compréhension de nécessité d'Israël de se défendre contre les islamistes ? Nouvelle inflexion vers un retour à la "politique arabe" : le 10 juillet 2014, le Président François Hollande a exprimé lors "d'un entretien téléphonique avec le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, son inquiétude concernant la situation à Gaza et a déploré que les opérations militaires en cours aient déjà fait de nombreuses victimes palestiniennes. La sécurité de toutes les populations civiles doit être assurée et l’escalade doit cesser. Tout doit être fait pour restaurer la trêve établie en 2012. C’est ce message que la France a porté aujourd’hui au Conseil de Sécurité. Le Président de la République a salué le sens des responsabilités du Président Abbas et les efforts qu’il déploie pour parvenir à l’apaisement des tensions. La crise actuelle rappelle l’impérieuse nécessité de reprendre les négociations afin de parvenir à l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient. La France reste mobilisée pour aider Israéliens et Palestiniens à atteindre cet objectif".

Et pour finir, momentanément : le 13 juillet 2014, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a condamné, sur Europe 1 et i-Télé, « les tirs de roquettes qui se sont produits de la part du Hamas sur la population civile israélienne », et a demandé « à Israël de faire preuve de mesure dans sa riposte, de respecter le droit international et de faire en sorte que les victimes civiles soient épargnées ». Comme si Israël ne le faisait déjà pas déjà ! Et il a refusé « l'escalade » de la violence et a souhaité le retour  à la table des négociations. Pour Laurent Fabius, « à Gaza comme en Israël, la priorité absolue, c'est le cessez-le-feu ».

Tolérance de défilés, et parfois de rassemblements interdits, de la "rue arabe" et de ses soutiens émaillés de slogans et banderoles antisémites, de drapeaux djihadistes et de guérillas urbaines inquiétantes, absence de paroles fortes du Président François Hollande face à la recrudescence de l'antisémitisme, écart abyssal entre la fermeté affichée du gouvernement et la réalité laxiste, volonté de ne pas stigmatiser un électorat qui avait plébiscité le candidat socialiste en 2012... La diplomatie française s'infléchit davantage en faveur des Palestiniens.  


A l'évidence, le Président François Hollande a entendu le message des manifestants : le 24 juillet 2014, il a reçu les organisations non gouvernementales (ONG) françaises actives à Gaza : la Croix-Rouge française, Médecins du monde (MDM), Médecins sans frontières (MSF), le Secours islamique de France, Première urgence-Aide médicale internationale, Handicap international. Le Président de la République "a annoncé que le Gouvernement français allait débloquer une aide de 11 millions d’euros pour faire face à l’urgence (aide budgétaire et aide humanitaire). Il a annoncé la mise en place, par le Ministère des Affaires étrangères, d’un fonds dédié qui permettra de mutualiser les moyens des collectivités territoriales qui souhaitent se mobiliser et de l’Etat, autour de projets significatifs pour venir en soutien aux populations. Cette aide d’urgence s’inscrit dans le cadre d’un engagement constant de la France aux côtés de l’Autorité palestinienne".

Puis, le 28 juillet 2014 Président François Hollande s'est entretenu avec le Président Mahmoud Abbas le 28 juillet 2014.  "Il l’a informé que la France allait procéder au versement d’une première tranche d’aide budgétaire de 8 millions d’euros à l’Autorité palestinienne qui s’ajoutera à l’aide humanitaire exceptionnelle de 3 millions d’euros déjà débloquée pour la population de Gaza. Dans le prolongement de la réunion internationale qui s’est tenue samedi à Paris, il a réitéré la pleine mobilisation de la France en faveur d’un cessez-le-feu. Alors que la situation sécuritaire et humanitaire observée à Gaza appelle la mobilisation de toute la communauté internationale, le Chef de l’Etat a souligné auprès de M. Abbas la nécessité de soutenir les démarches entamées pour obtenir une trêve durable, qui réponde aux besoins légitimes des Palestiniens en matière de développement économique et de protection des civils comme des Israéliens en matière de sécurité. Il a souligné la nécessité d’associer pleinement l’Autorité palestinienne aux efforts menés en ce sens sur la base de l’initiative égyptienne. Le Chef de l’Etat a enfin marqué sa conviction que cette crise venait souligner l’urgence de redonner un horizon politique aux Palestiniens et aux Israéliens : seules des négociations crédibles entre Israéliens et Palestiniens pourraient permettre la signature d’un règlement juste et définitif, établissant deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité".

Quels succès politiques et financiers pour le Hamas et Abbas ! Quelle faiblesse politique et morale française privilégiant une  "politique arabe" si désastreuse et le soutien à un mouvement islamiste ! Qui croira en une énième quand cinq trêves ont déjà été rompues par le Hamas ?

Quelle différence avec le Canada qui a demandé, le 22 juillet 2014, à l'ONU une "enquête indépendante" sur la découverte, pour la deuxième fois, de roquettes dans des écoles d'une de ses agences, l'UNRWA, et de la remise de ces armes au Hamas, "une organisation placée sur la liste des organisations terroristes, une fois que les autorités israéliennes eurent découvert leur emplacement", a déclaré John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères. Et le 29 juillet 2014, l'UNRWA a annoncé avoir trouvé pour la troisième fois des armes du Hamas dans une de ses écoles, sans réaction du Président Hollande.

Celui-ci a condamné le 30 juillet 2014 "le bombardement qui a frappé une école des Nations Unies, dans le camp de Jabaliya dans la bande de Gaza, causant la mort d’au moins seize Palestiniens. Il s’associe au Secrétaire général des Nations Unies qui a jugé ces faits « injustifiables ». La France exige la mise en place d’un cessez-le-feu immédiat. Tous les efforts doivent converger vers cet objectif". Mais il n'a pas réagi à la demande de 58 députés UMP et UDI - Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Debré, Claude Goasguen, Hervé Mariton, Alain Marleix, Dominique Bussereau ou Patrick Devedjian, les centristes Jean-Christophe Fromantin et François-Xavier Villain - réclamant au chef d'État une double initiative diplomatique pour "éviter la disparition progressive des Chrétiens d'Orient" : une intervention de la France auprès des autorités des "pays du Proche et du Moyen-Orient concernés pour leur demander de mieux garantir le libre exercice du culte sur leur territoire et de prendre des mesures de sécurité particulières autour des lieux de culte fréquentés par les chrétiens" ; un projet de résolution présenté par la France devant le Conseil de Sécurité des Nations unies afin de "réaffirmer solennellement - après sa récente 'déclaration à la presse' sur la persécution de minorités à Mossoul en Irak - le droit de toutes les minorités à pratiquer en toute liberté et en toute sécurité leur religion dans le respect des principes de la Déclaration universelle des droits de l'Homme."

Recrudescence de l’antisémitisme
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ont condamné l'agression, par des jeunes d'origine maghrébine, à coups de marteau et barre de fer, contre trois jeunes Français Juifs portant kippa, le 2 juin 2012, près de l'école Juive Beth Benahem à Villeurbanne, en qualifiant l'acte de "très grave", d'une "violence insupportable", mais non d'acte antisémite.

Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a qualifié cette agression d'antisémite. Il a aussi assuré la délégation de dirigeants communautaires de sa détermination à combattre l’antisémitisme en annonçant une série de mesures.

Il s’est rendu à la grande synagogue de Sarcelles pour rassurer la communauté Juive locale après l’agression antisémite contre un jeune Français Juif.

Lors du dîner du CRIF Marseille du 21 mai 2012, il a déclaré : « Toute agression perpétrée à l’endroit d’une religion, contre un lieu de culte, contre une église, contre un temple, contre une mosquée ou une synagogue est une grave offense faite à la République et à ses valeurs ». Ce qui "ouvre la voie à un possible délit de blasphème", comme l'observe Ivan Rioufol.

Et de poursuivre : "Il y a dans notre pays, au côté de l’antisémitisme que l’on peut qualifier d’historique – ce qui ne le rend pas moins condamnable ! –, un antisémitisme qui apparaît sous des formes nouvelles et se nourrit d’une pensée islamiste radicale… Il y a également un antisémitisme plus pernicieux, qui ne dit pas qui il est, et se cache derrière un antisionisme de façade… Les Français juifs, expression qu’il faut préférer à celle de « Juifs de France » qui ne traduit peut-être pas assez la réalité et l’intensité du lien qui unit les Juifs à la France, ont toujours apporté au pot commun de notre nation… Cette France émancipatrice a fait venir les Juifs orientaux – je le dis ici tout particulièrement à Marseille – ; elle a fait venir les Juifs d’Europe de l’Est fuyant les persécutions ; elle a enfin été pour les Juifs d’Afrique du Nord une patrie pour laquelle obtenir la naturalisation constituait une grande fierté ». Notons que ces Juifs d'Afrique du Nord ont fui des persécutions arabes...

Et le ministre de l'Intérieur d’ajouter : « La sécurité de l’Etat hébreu doit être garantie. Il convient de rappeler cette règle essentielle : jamais la terreur ne peut servir la construction d’une paix. Seules les voies de la négociation doivent être explorées afin d’aboutir – enfin ! – à l’existence d’un Etat d’Israël aux frontières reconnues et vivant en paix au côté d’un Etat palestinien démocratique et respecté ».

Manuel Valls a averti : « Ministre de l'Intérieur, je n'accepterai pas que viennent sur notre sol des soi-disant prédicateurs, des soi-disant théologiens qui prônent, que ce soit avec des mots durs ou des mots doux, la haine des Juifs. Il est temps pour les organisations qui les invitent de changer d’attitude et de respecter les lois de la République ». Deux ans plus tard, il n'a pas interdit le congrès de l'UOIF et n'a pas réagi aux diatribes - "barbarie sioniste", lobbys Juifs et sioniste - de Hani Ramadan lors de cette réunion.

Certes Manuel Valls a dénoncé « un nouvel antisémitisme qui a pris racine à l'extrême gauche comme à l'extrême droite » et appelé à « ne pas nier ce problème ». Il a aussi reconnu l'émergence d'un « antisémitisme né dans nos banlieues », ce qui pouvait sous-entendre, dans le "politiquement correct" dominant, en lien avec une population souvent immigrée ou/et musulmane.
Mais il n'a pris aucune mesure pour juguler cet antisémitisme.

Pourtant le Président François Hollande a reçu au palais de l'Elysée Mahmoud Abbas (Abou Mazen) qui a reconnu en 2005 avoir envoyé des terroristes commettre des attentats. Un révisionniste qui rend hommage aux terroristes, etc.

Bref, le Président François Hollande a repris la méthode et les mots de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur puis Président de la République – éloge du judaïsme et des Juifs français républicains et de leur contribution à l'histoire de la France, devoir de mémoire à l’égard des victimes de la Shoah, détermination verbale à lutter contre l'antisémitisme -, en allant parfois plus loin : rectification pertinente par l’adoption de « Français Juifs », annonce de la réunion avant fin 2012 d’un comité interministériel pour lutter contre l’antisémitisme - ce que Nicolas Sarkozy, alors Président, avait refusé à deux reprises en 2011 et 2012 -, affirmation le 1er novembre 2012 à l'école Ohr Torah (Toulouse) que "la garantie de [la] sécurité [des Français Juifs] est une cause nationale", etc. Un comité qui aurait du déjà s'être tenu en raison de la tragédie de Toulouse et de la recrudescence du nombre d'actes antisémites dans les mois ayant suivi cet attentat djihadiste de Mohamed Merah. En ce 30 avril 2014, quels actes ont mis en application ces paroles louables ?

Le Président François Hollande a aussi sanctuarisé la critique d'une religion, en l'occurrence l'islam, et n'a pas critiqué l’antisémitisme et l'antijudaïsme musulmans – qui expliquent en partie « l’exode oublié » d’environ un million de Juifs du monde arabe, d’Iran et de Turquie, ainsi que d'une partie de Jérusalem en 1948 –, ni la « politique arabe » française déséquilibrée et anti-israélienne reflétée par la terminologie biaisée des médias sur le conflit et l'affaire al-Dura. Ces éléments omis alimentent pourtant l’antisémitisme contemporain. Ce qu'avait relevé le rapport Rufin en 2004.

Le 20 février 2013, le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) a publié son rapport 2012. En 2012, 614 actes antisémites, dont quatre assassinats antisémites, ont été recensés, contre 389 en 2011, soit une augmentation de 58%. 55% des violences racistes en France visent des Juifs ; les Juifs représentent environ 1% de la population en France. Les victimes d'actes antisémites décrivent majoritairement leurs agresseurs comme de type maghrébin.

Finalement, le 26 février 2013, un comité interministériel dirigé par Jean-Marc Ayrault a décidé de mesures de lutte contre le racisme et l'antisémitisme : module de formation à cette lutte dans la formation initiale des fonctionnaires de l'Etat, augmentation des visites scolaires dans des "lieux de mémoire", actions de sensibilisation à l'usage d'Internet, inscription dans le cahier des charges de France Télévisions de l'obligation de favoriser la lutte contre la formation des préjugés. Très peu de médias français ont évoqué cette réunion. Aucune mesure nouvelle ou/et efficace n'a été prise.

Donc, la France espère vainement éteindre l’incendie de l'antisémitisme en usant d'une pipette pour remplir d’eau un seau percé.

Le rapport du SPCJ pour 2013  révèle l'inefficacité des quelques mesures adoptées. "Depuis l’an 2000, soit depuis 14 années consécutives, le nombre d’actes antisémites en France est très élevé". L’antisémitisme en France "ne peut plus être considéré comme un phénomène conjoncturel lié aux évènements et conflits du Proche-Orient ; il s’agit d’un mal structurel qui n’étant pas combattu comme tel n’a pu être enrayé à ce jour". En 2013, le SPCJ a recensé 423 actes antisémites, soit une diminution de 31% par rapport à 2012 mais une hausse de 9% à celui de 2011 "pourtant déjà très préoccupant". En 2013, "40% des violences racistes commises en France sont dirigées contre des Juifs. Or, les Juifs en France représentent un peu moins de 1% de la population".

Est-ce un hasard si "c’est en Hongrie et en France que ce sentiment" que "l’antisémitisme est un problème majeur est de loin le plus fort, respectivement 90 % et 85 %", selon un sondage de la FRA (Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne) auprès des Européens Juifs en 2013 ? Et la FRA conclut que des "mesures plus ciblées sont nécessaires".

Selon l’Agence juive, l’aliyah de France a cru de manière considérable depuis le début 2014 : "854 nouveaux olim [nouveaux immigrants] de France sont arrivés en Israël au cours des mois de janvier et février, contre 274 au cours de la même période en 2013", soit une hausse de 312 %.

Fait aggravant, le Président François Hollande n'a quasiment rien à dire lors des diners du CRIF (Conseil représentatif des institutions Juives de France) dont il est l'invité d'honneur : lors de celui de 2013, il a longuement évoqué la guerre menée par la France au Mali, et lors de celui de 2014, devant un public médusé, il a ouvert son discours en détaillant la crise en Ukraine, conclu très brièvement par une ode à la contribution des Français Juifs à l'histoire de la France, et n'a pas répondu positivement à l'exhortation de Roger Cukierman, président du CRIF, de faire de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme une cause nationale. Le CRIF a donc été réduit à lancer le 7 avril 2014 le manifeste Vivons ensemble signé par des partis républicains et les représentants des principales confessions en France. Le mot "antisémitisme" y est omis au profit d'un magma verbeux, politisé et silencieux à l'égard de l'extrême-gauche.

Quant aux cris d'orfraie du gouvernement Ayrault devant la percée du Front national lors du premier tour des élections municipales du printemps 2014, il convient d'en nuancer la signification. D'une part, cela a permis d'occulter la percée de l'extrême-gauche, et d'autre part, tout candidat du Front national se maintenant au second tour permet des triangulaires qui favorisent souvent l'élection d'un candidat socialiste, qui sans cela, aurait été balayé par la "vague bleue" : ainsi, le parti socialiste ravit Avignon à la droite.

"Après avoir été informé des résultats d’une enquête interne et confidentielle sur la situation sécuritaire alarmante des écoles juives en France, il ne fait hélas aucun doute que des agressions d’enfants juifs vont se produire dans les écoles juives qui ne sont pas protégées par une présence policière visible. Si comme ils l’affirment, le ministre de l’intérieur et le président de la République veulent vraiment lutter contre l’antisémitisme et qu’ils ne font pas garder les écoles juives, la question ne sera pas, pour les parents, de savoir si un nouveau carnage se produira, mais quand ?", alerte Sammy Ghozlan, président du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), le 8 juin 2014. Et d'ajouter : "Le BNVCA considère que la sécurité des citoyens reste du domaine exclusif de l’Etat".

Recevant le 11 juin 2014 une délégation menée par le Centre Simon Wiesenthal (CSW), le Président François Hollande a déclaré : "Nous aimerions être un exemple mondial dans la lutte contre l'antisémitisme".

Le 21 juillet 2014, le président François Hollande a reçu six représentants des cultes juif, catholique, protestant, orthodoxe, bouddhiste et musulman afin d'exprimer sa condamnation des violences récentes. Comme si les agresseurs musulmans avaient visé à Paris ou à Sarcelles d'autres fidèles que les Juifs...Sur le perron de l'Elysée, Joël Mergui et Dalil Boubakeur se sont serrés la main. Avec quel effet auprès des musulmans ?

Le 23 juillet 2014, Bernard Cazeneuve a considéré que la LDJ "est dans l'excès. Elle est dans des actes qui peuvent être répréhensibles et qui doivent être condamnés et ces actes le sont par moi de façon extrêmement ferme. S'il y a des violences qui ont été commises, des plaintes qui ont été déposées, le droit passera". Le ministre a nié toute protection policière de la LDJ : "Les forces de police se sont interposées entre la LDJ et des manifestants pour éviter des affrontements. Tout ce discours, toutes ces affirmations selon lesquelles il y aurait une complicité de la police avec la LDJ qui expliquerait que les manifestations aient mal tourné relève d'une manipulation pure et simple".

Selon Libération (31 juillet 2014) citant une "source policière haut placée" La DLPAJ (Direction des libertés publiques et des affaires juridiques ) du ministère de l’Intérieur "travaille à temps plein pour étudier la possibilité d’une interdiction de la LDJ. Nous menons l’analyse la plus fine possible pour être certains que c’est faisable ». L’article 212-1 du Code de la sécurité intérieure "mentionne sept critères pouvant justifier une dissolution par décret en Conseil des ministres... Deux d’entre eux pourraient être invoqués contre la LDJ. L’un concerne les groupes qui«provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence pour motifs ethniques ou religieux, ou propagent des idées encourageant cette discrimination », l’autre ceux « qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ». Consacrer sa Une à une rumeur de dissolution d'un mouvement très minoritaire, et n'ayant pas contrevenu à la loi, est déjà aberrant, mais le faire le jour du rassemblement de soutien à l'Etat Juif, est-ce un hasard ?

On perçoit mal la pertinence et l'urgence de cet examen en vue d'une dissolution réclamée par EuroPalestine et des députés dont le socialiste Alexis Bachelay et le communiste Jean-Jacques Candelier (Front de Gauche) qui imputait à la LDJ les violences des 13 et 19 juillet 2014 !? On n'ose pas imaginer que des gouvernants tenteraient ainsi d'apaiser des parlementaires critiques à l'égard de leur politique, et ce, au détriment de la liberté et de leurs concitoyens Juifs.

Alors que les statistiques de la délinquance révèlent une hausse non endiguée par le ministère de l'Intérieur, alors que la quasi-totalité des casseurs, antisémites et adorateurs du djihad lors de ces défilés ou rassemblements haineux demeurent en liberté, alors que la LDJ a pallié les carences des forces de l'ordre lors des assauts ayant visé les synagogues en particulier de la rue des Tournelles (Paris) du 13 juillet 2014 et de Sarcelles le 20 juillet 2014, le ministère de l'Intérieur songerait "à plein temps" à interdire la LDJ, mais pas le NPA qui a pourtant manifesté malgré deux interdictions préfectorales confirmées par la justice, ni le collectif Cheikh Yacine, ni les organisations appelant au boycott d'Israël !? Les antisémites en rêvent : des Juifs sans défense... Bref, le "bon vieux temps de la dhimmitude" avec ses pogroms... C'est la même logique qui préside aux condamnations de l'Etat d'Israël se défendant contre les islamistes.

Et le gouvernement socialiste inactif depuis des années pour mettre un terme à la spoliation teintée d'antisémitisme du Dr Lionel Krief, médecin nucléaire français Juif, approuverait illico presto cette dissolution sans motivation à ce jour !?
    
Interrogés le 31 juillet 2014 sur la fréquence Juive francilienne, Roger Cukierman, président du CRIF, Sammy Ghozlan, président du SPCJ, et Joël Mergui, président des Consistoires ont exprimé ce 31 juillet 2014 leur stupéfaction devant cette décision visant un groupe de quelques dizaines de militants en Ile-de-France, et ayant défendu des synagogues. Roger Cukierman a stigmatisé un "deux poids, deux mesures" en dressant un parallèle avec l'impunité d'organisations pro-palestiniennes ayant attaqué des synagogues.

Les antisémites en rêvent : des Juifs sans défense... Bref, le "bon vieux temps de la dhimmitude" avec ses pogroms... C'est la même logique qui préside aux condamnations de l'Etat d'Israël se défendant contre les islamistes.

Curieusement, ni le Premier ministre Manuel Valls ni son ministre de l'Intérieur ne semblent pressés de régler le cas de la  controversée Sihem Souidancienne adjointe de sécurité à la police des frontières et actuelle chargée de mission au Service de l'accès au droit et de l'aide aux victimes (SADJAV) au sein du ministère de la Justice. Le site Europe-Israël s'est indigné que Sihem Souid,  ait publié sur son compte Twitter les visages de membres présumés de la LDJ avec ce commentaire : "Trombi des membes de la LDJ à faire tourner". Selon une de mes sources, certains de ces membres supposés ont reçu des menaces de mort et ont du quitter la France. La police a refusé le dépôt de mains courantes ou plaintes au motif que les pages Internet visées publient des photos sans menace directe. Sur Twitter, Avner lui a répondu le 21 juillet 2014 : "Sihem Souid, utilisez-vous aussi vos contacts pour diffuser les noms de Juifs à tabasser ?"

Auteur d'un livre préfacé par le diffamateur d'Israël Stéphane Hessel, Sihem Souid a manqué à l'obligation de neutralité inhérente à sa fonction en prenant le parti des agresseurs antisémites contre leurs victimes et a porté atteinte à la vie privée et à l'image de ces personnes. En la gardant à son poste, les ministres de l'Intérieur et de la Justice risquent de faillir eux aussi à la neutralité de leur fonction, alors que des prévenus sont ou seront jugés en lien avec ces manifestations haineuses et agressions. Comment croire en l'impartialité de Sihem Souid ?

Le 26 juillet 2014, Edward Amiach, président de l'UPJF (Union des patrons et professionnels Juifs de France), a écrit au Premier ministre et au ministre de l'Intérieur :
"Madame Sihem Souid qui est fonctionnaire de police, chargée de mission au Ministère de la Justice et membre du bureau du CEPS (Centre d’Etudes et de Prospective Stratégique) a illégalement détourné des fichiers de Police pour publier sur Tweeter et Facebook des photos de personnes juives présumées membres de la LDJ.
Cette action est ouvertement une invitation à la « chasse aux juifs », et une trahison de la confiance que la République a placée en elle.
Les citoyens de France, juifs ou non juifs ne peuvent tolérer qu’un fonctionnaire abuse de ses pouvoir et de ses fonctions, et viole tous ses devoirs, aux fins d’assouvir ses buts politiques, en incitant à la haine, à la discrimination et à l’antisémitisme, et en appelant, au meurtre de façon à peine voilée.
C’est intolérable. C’est inadmissible pour que les Français puissent garder confiance en la république.
Nous connaissons votre engagement dans la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et toutes les formes de discrimination ou d’appels à la haine.
C’est pourquoi nous exigeons que Madame Sihem Souid soit exclue sans délai de la fonction publique, et qu’elle soit dûment poursuivie pour trahison de ses devoirs, détournement de fichiers, appels à la haine et à l’antisémitisme, visés notamment par l’article L 226-21 du Code pénal et l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881".

Aucun de ces deux ministres n'a répondu à cette missive.

Quelle France ?
Vers quelle France nous acheminons-nous ?

Le 13 novembre 2013, la publication sur le site du Premier ministre de cinq rapports sur la "refondation de la politique d'intégration" a suscité une vive polémique. "La rupture avec l'héritage du peuple français est pleinement assumée", a résumé Malika Sorel-Sutter, ancienne membre du Haut conseil à l'intégration, le 12 décembre 2013 dans Le Figaro. "Il est révélateur d'un courant de pensée coupé des réalités concrètes, d'une appétence pour l'autodestruction", observe Pierre Beylau, dans Le Point, le 13 décembre 2013. "Ces propositions sont le reflet de l'idéologie qui est au pouvoir. C'est un fait : ce sont ces "personnalités qualifiées", c'est Terra Nova, la Fondation Jean Jaurès, tous ces gens qui croient encore à Pierre Bourdieu et qui ne commenceraient pas leur journée subventionnée sans Libé. Or, de quel pays rêvent-ils, ces qualifiés ? Ils voudraient que la France ne soit pas. C'est aussi simple que ça : ils n'aiment pas la France telle qu'elle est, ils la préféreraient sans son histoire, sans sa langue, sans ses rues, sans sa culture et sans son peuple. Dès lors, une question simple, innocente, candide, énoncée par pure hypothèse, se pose : pourquoi ne vont-ils pas quelque part où la France n'est pas ?... C'est la France qui fait la richesse de la diversité...  Le passé d'un pays doit avoir des droits sur le présent", écrit le journaliste Charles Consigny le16 décembre 2013. Cet ensemble de rapports préconisait d'"assumer la dimension arabo-orientale de la France".

Pour plaire à l'infime minorité d'une minorité, et en ignorant le million de Français manifestant contre son projet, le gouvernement socialiste, ayant multiplié les échecs tant en interne qu'à l'international, a obtenu en 2013 l'adoption de la loi instituant le mariage entre homosexuels. Une "manipulation anthropologique" (Shmuel Trigano). A quand, un mariage entre homosexuels que les dirigeants religieux seront contraints de célébrer "au nom de l'égalité" ?

Et bientôt, ce gouvernement s'attèlera à accorder aux couples homosexuels la PMA (procréation médicalement assistée).

Le 22 septembre 2013, vingt-deux nominations – 15 désignations nouvelles et 7 renouvellements – ont visé le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé  (CCNE) créé en 1983.

Parmi les nouveaux membres : l’avocat Jean-Pierre Mignard, ami de François Hollande, Michelle Meunier, pro-LGBT, la sénatrice PS Michelle Meunier, auteur de propositions favorables aux droits des transsexuels…

Deux religieux  – le pasteur Louis Schweitzer et le rabbin Michel Azoulay – n’ont pas été confirmés  et ont cédé la place à une historienne du protestantisme – Marianne Carbonnier-Burkard – et un neurologue affirmant son attachement à la tradition juive – Lionel Naccache.

Or, le président de la République désigne le Président du CCNE et, parmi les 39 membres nommés pour quatre ans et renouvelés par moitié tous les deux ans, cinq personnalités  « appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles ».

Les deux personnalités évincées ont exprimé leurs oppositions à cet évincement des religieux.

L’Elysée a expliqué au Figaro : « Nous souhaitons revenir aux principes de création du Conseil de 1983 et faire appel à des laïcs pour représenter les courants religieux ».

Il s’agit d’un acte politique présidentiel majeur en vue des débat sur la PMA pour les homosexuelles vivant en couple et l’euthanasie.

En 2005, le CCNE s’était prononcé contre l’ouverture de la PMA aux couples homosexuels . Un avis réitéré en 2010. En 2014, le CCNE se prononcera par avis sur l’ouverture de la PMA aux homosexuelles vivant en couples. Des sujets controversés…

Lors des manifestations en 2013 contre le mariage entre homosexuels, s'est nouée une alliance entre chrétiens et musulmans isolant et marginalisant les Juifs hors de son cercle. Et ce sont des membres de cette alliance qui ont crié : "Juif, la France n'est pas à toi !" et "Juifs, hors de France" lors de la manifestation Jour de colère, exprimant le 26 janvier 2014, à Paris, son opposition à la politique du Président François Hollande.

Autre exemple de cette conjonction antisémite Blacks Blancs  Beurs : le mouvement « Journée de retrait de l'école », lancé "par une certaine Farida Belghoul, 55 ans, militante passée en 30 ans de l'extrême gauche à l'extrême droite. Initiatrice en 1984 de la seconde marche des beurs, aujourd'hui proche de l'essayiste Alain Soral (lui-même lié à Dieudonné) et de son association « Égalité et Réconciliation », Farida Belghoul est partie en croisade contre l'avènement d'une théorie du genre à l'école depuis la rentrée 2013-2014. Elle est passée à l'action le 24 janvier 2014 en appelant à un boycott de l'école une fois par mois, via les réseaux sociaux et des sms diffusés en chaîne". Résultat : "Plus d'un tiers d'absentéisme constaté dans une école strasbourgeoise de zone d'éducation prioritaire, et un mouvement qui gagne de nombreuses académies". Issus des communautés turque, maghrébine et gitane, de nombreux parents ont suivi ce boycott et se sont enquis notamment  : « Est-il vrai que des juifs vont venir à l'école pour savoir si nos enfants sont des garçons ou des filles ? "

Ajoutons la répression policière et judiciaire contre des opposants au "mariage pour tous", l'imposition de la dangereuse et infondée théorie du genre (Gender studies) ou ABCD de l'égalité dans l'enseignement, et c'est le cadre et les fondements symboliques ainsi que les normes de la société française, devenue liberticide, qui sont ébranlés, détruits progressivement, cyniquement et délibérément.

L'éducation nationale ? Dans son livre Refondons l’école (2013), Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale, a écrit : « Dans notre tradition républicaine, il appartient à l’école non seulement de produire un individu libre, émancipé de toutes les tutelles – politiques, religieuses, familiales, sociales -  capable de construire ses choix par lui-même, autonome, épanoui et heureux, mais aussi d’éduquer le citoyen éclairé d’une République démocratique, juste et fraternelle... L’école républicaine n’a jamais prétendu être neutre entre toutes les valeurs […] Elle n’a jamais signifié ni la neutralité philosophique ni la neutralité politique ». Et les élèves sont gavés par un prêchi-prêcha haineux à l'égard de l'entreprise et des entrepreneurs, partial au détriment de l'Etat Juif et oublieux du récit national.

Les trois rassemblements pro-Hamas, mouvement terroriste totalitaire, légalement interdits à Paris et à Sarcelles en juillet 2014, mais tolérés de facto, ont été caractérisés par un déferlement de violences, de vandalismes, une haine déchaînée contre la démocratie, la république et la France - inscription de croix gammées inscrites sur le socle de la statue place de la République - sans que les forces de l'ordre les préviennent dans des lieux parisiens devenus "zones de non-droit". 

Ils ont révélé la faiblesse politique ou selon les termes du psychanalyste Daniel Sibony sur RCJ le 27 juillet 2014, "un clivage entre des paroles ronflantes et un dégonflage qui frise la lâcheté, expression d'un mauvais état mental de l'establishment français prêt à afficher sa culpabilité à l'égard des "colonisés", des "exploités". C'est dramatique pour la culture française. D'autant que la France ne subit aucune menace". Et cet essayiste d'alerter sur le danger si la France "perd la bataille de la dignité" et sur le "traumatisme de la mentalité musulmane" ne pouvant admettre "la souveraineté Juive" en Israël de Juifs considérés comme dhimmis. Cette mentalité "va mettre du temps à le digérer". 

Quelle France ! Méconnaissable.

Cette France promouvant l'indifférenciation", et décrite par le professeur Shmuel Trigano et le journaliste Eric Zemmour, peut-elle convenir aux Français Juifs ?

"Dieudoleaks"
A la fin 2013, ont éclaté divers scandales concernant le hacker a rendu publics la base de données du site Internet de Dieudonné, acteur, politicien et homme d'affaires : des diatribes antisémites dans son spectacle Le Mur joué dans son théâtre de la Main d'or (Paris)les échanges de courriers électroniques entre Noémie Montagne, épouse de Dieudonné, et Alain Soral ou d'autres Internautes, ses amendes non payées liées à ses condamnations "à huit reprises par la justice pour injure raciale et antisémitisme" - il devait "au total 65.000 euros dont 37.000 euros en condamnation définitive" -, etc. 

Si Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, a exprimé dès décembre 2013 son indignation et mené un combat judiciaire pour l'interdiction de ce spectacle, Christiane Taubira, ministre de la Justice, s'est finalement exprimée le 3 janvier 2014, non par un communiqué de presse - ce qui aurait été logique, habituel et solennel -, mais par un article titré Ebranler les hommes dans le Huffington Post !? 

 Le gouvernement, les médias et des  dirigeants communautaires se sont engouffrés dans cette brèche périlleuse et dangereuse de l'interdiction des spectacles de Dieudonné :  accréditation de l'idée de "lobby Juif puissant" et du "deux poids, deux mesures", périmètre des libertés à géométrie politique variable et arbitraire, excluant par exemples des actes anti-chrétiens ou les apologies du terrorisme - le terroriste Georges Ibrahim Abdallah fait citoyen d'honneur par Marc Everbecq, maire communiste de Bagnolet, le 11 décembre 2013. Fin janvier 2014, le préfet a contesté en justice la légalité de cette décision municipale. Le 31 janvier 2014, le tribunal de Montreuil a rendu une ordonnance de suspension immédiate cette décision municipale -, exigence formulée par Bariza Khiari, vice-présidente socialiste du Sénat, que les propos islamophobes recueillent "le même niveau d'indignation" des pouvoirs publics que les propos antisémites alors que "forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent" (Pascal Bruckner), etc.

Ce faisant, ce gouvernement, les médias et des  dirigeants communautaires ont négligé et occulté au début l'apport de "Dieudoleaks", des révélations obtenues par ce hacker : l'affairisme des Dieudonné et Cie - "quenelle" déposée comme marque, vente de produits dérivés, appels aux donateurs naïfs alors que leur société est bénéficiaire, etc. -, l'insulte de Noémie Montagne ("Sale arabe") sans encourir la moindre poursuite du parquet de Paris, etc. Pour les médias, "Jews are news", pour Dieudonné et Cie, les Juifs et l'antisionisme/l'antisémitisme constituent leur fonds de commerce avoués : « J’espère que demain il ne faudra pas aussi vous payer des droits pour être antisémite ? » (Alain Soral à Noémie Montagne) ; Dieudonné débute son spectacle par une diatribe, très appréciée des spectateurs, contre le rêve américain qui n'aurait réussi que pour les Juifs ! Quid du président Obama ?

Le 9 janvier 2014, Le Parisien révélait : Dieudonné "a versé au fisc, en novembre dernier, 666 620 €. Cette somme... correspond à la totalité des impôts dus par l’artiste après négociations sur les pénalités... Condamné sept fois pour injures et incitation à la haine raciale (quatre autres condamnations relèvent de délits routiers, dont une conduite sans permis), Dieudonné doit encore 65 290 €. Une somme sur laquelle le fisc n’a jusqu’à présent récupéré que 600 €... Une somme de 415 000 € aurait été retrouvée sur les comptes camerounais de la société Ewondo Corp, SARL créée le 11 janvier 2013 à Yaoundé dont Dieudonné serait le responsable légal. Cette somme proviendrait des comptes bancaires de l’ex-épouse de Dieudonné et de l’un de ses fils. Un montage mis à jour dans le cadre d’une enquête du parquet de Chartres".

Le 28 janvier 2014, près de 600 000 euros et 15 000 dollars, en liquide, ont été découverts lors d'une perquisition effectuée, par la Direction centrale de la police judiciaire dans le cadre d'une enquête préliminaire, au domicile de Dieudonné M'Bala M'Bala situé en Eure-et-Loir. Des documents comptables et des disques durs ont été saisis lors d'une perquisition, par des enquêteurs de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales de la Direction centrale de la police judiciaire, au théâtre de la Main d'or ce jour-là.

Le 12 février 2014, Le Canard enchainé a décrit les virements entre les comptes bancaires de Dieudonné (Banque populaire), de Noémie Montagne et de la société Production de la Plume, et a listé le luxueux patrimoine de Dieudonné constitué, souvent à son nom, au fil des récentes années sans que ni le Trésor public ni le ministère de la Justice ne réagissent. Quand au sait comment des Bureaux d'aide juridictionnelle scrutent le patrimoine des justiciables et en excluent injustement ceux remplissant pourtant les conditions d'éligibilité à l'aide juridictionnelle...

Et quid de l'origine des fonds de la liste du Parti antisioniste en 2009 et 2012 ? L'Iran a-t-il financé ces listes et ces candidats, ce qui est interdit par la loi ?  Les "comptes ont été réquisitionnés par la justice". Et depuis tant d'années, aucun résultat ?! Et quelle est la destination des quelques 293 000 € ou 300 000 € de dons privés ? Comment Dieudonné a-t-il pu envoyer selon Le Monde  400 000 € au Cameroun depuis 2009, dont 230 000 € en 2013, sans qu'aucune saisie n'ait pu être effectuée sur son compte bancaire ?

Situation paradoxale : Dieudonné se produit en France, mais est interdit d'entrée en Grande-Bretagne depuis le 31 janvier 2014. Une décision d'exclusion prise par Theresa May, secrétaire d'Etat britannique à l'Intérieur. Réponse de Dieudonné : une quenelle à la reine d'Angleterre.

Pourquoi l'Etat, sous les Présidences Chirac, Sarkozy et Hollande, a-t-il tant tardé à réagir ? Pourquoi cette indulgence judiciaire et politique si longue à l'égard de Dieudonné condamné pour antisémitisme ? Pourquoi l'instruction de la plainte déposée en 2011 par la LICRA n'a-t-elle pas avancé ? Pourquoi cette inaction de juges d'instruction et Procureurs alors que, peut-être sans base légale - sans indices graves et concordants attestant d'une quelconque implication dans une infraction -, certains d'entre eux ont écouté pendant plus d'un an les conversations téléphoniques de Nicolas Sarkozy, avocat et ancien Président ? Comment Dieudonné peut-il se produire au théâtre de la Main d'or alors qu'il n'a pas la licence de catégorie 1 "obligatoire pour tout exploitant d'un lieu de spectacle" et sans réaction de la préfecture de Paris et de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) ?  

Comment et pourquoi un artiste et un politique héraut de la gauche a-t-il effectué un tel parcours politique ? Lors de sa conférence de presse au CAPE le 2 juillet 2004, Dieudonné avait déclaré : "Je n'ai pas changé. Maintenant, je peux dire ce que je pense. Avant, je débutais dans le métier, alors j'ai fait ce qu'on attendait de moi comme Noir. Je m'étais tu". 

Pourquoi tant de VIP se réjouissent-ils à se faire photographier auprès de Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale ou reproduisent sa syntaxe gestuelle codée : "quenelle", index levé vers le ciel traduisible par "au-dessus c'est le Soleil" et signifiant que la Shoah demeure "le sujet le plus sacré" ?

Une affaire qui arrivait à point nommé pour le gouvernement, alors qu'il enregistrait de nombreux échecs dans sa politique et que de nombreux médias ont souligné l'augmentation du nombre d'Olim ayant immigré de France en 2013. Un gouvernement qui, à la fois se souvient de sa lamentable attitude - négation de la réalité, puis minoration, et justification  - lors de la recrudescence du nombre d'actes antisémites en 2000 - Manuel Valls était chargé de la communication et de la presse au cabinet du gouvernement du socialiste Lionel Jospin (1997-2002) -, et veut donner des gages sur sa détermination à lutter contre l'antisémitisme.

La quenelle, signe nazi inversé, un signe contre le système ? Non, ceux qui l'effectuent vivent (très) bien grâce au système.

Ce que révèlent ces "quenelles", ce sont des antisémites, souvent jeunes et musulmans, qui n'ont souvent pas conscience de l'être. Dieudonné a su fédérer un public sociologiquement large, de la bourgeoisie aux pauvres.

C'est aussi l'instrumentalisation par le pouvoir politique socialiste, surtout par Manuel Valls, de cette affaire. Deux sondages réalisés à partir du 10 janvier 2014 ont révélé une "baisse de popularité inédite" de ce ministre à l'image positive, "depuis son entrée au gouvernement". Parmi "les personnes sondées par You Gov: seulement 38% d'entre elles soutiennent le principe de l'interdiction. Dans le détail, 64% des sondés sont d'accord pour dire que l'interdiction des spectacles « fait de la publicité » à Dieudonné et à ses idées (10% pensent le contraire) et 45% pensent que cette mesure « enfreint la liberté d'expression » (26% estiment le contraire). Enfin, 38%, contre 32%, jugent que cette méthode n'est pas efficace pour prévenir l'antisémitisme". Lapsus révélateur : le 6 février 2014, interrogé lors de l'émission Des paroles et des actes sur France 2, Manuel Valls déclare : "Le racisme et l'antisémitisme ce sont des délits qui doivent être condamnés par la loi. Depuis qu'il y a eu l'interdiction du Conseil d'Etat, ce personnage ne peut plus proférer dans ses spectacles les mêmes propos. Donc si c'était à refaire, je ne le referai pas", puis il rectifie : "Je peux vous dire que si c'était à refaire, je le referais, mille fois".

Et c'est l'alliance Black/Blanc/Beur, des médias - Yann Barthès sur Canal + - aux sportifs - Anelka, Nasri, Tony Parker, Yannick Noah -, via l'extrême-droite et le "politiquement correct de gauche", et d'extrême-gauche, contre les Juifs, pardon, contre les Sionistes. Est-ce un hasard si dans sa chanson Ma colère dont le clip est sorti le 4 mars 2014, Yannick Noah, métisse comme Dieudonné, élude l'antisémitisme de Dieudonné et chante "Ma colère n'est pas un Front, elle n'est pas nationale... Ma colère a tout l'honneur de combattre la leur" ?

Selon le démographe Nicolas Bourgoin cité par le site islamique Saphirnrews, le parti socialiste pourrait perdre le "vote musulman" en raison du "sionisme outrancier" du Président Hollande et de la campagne contre Dieudonnée menée par Manuel Valls.

Et contre cette alliance jugulante, contre les sources alimentant l'antisémitisme - "politique arabe", antisémitisme islamique, délégitimation et diabolisation d'Israël en particulier sur le service public radiophonique et télévisuel, etc -, les autorités politiques françaises ne feront rien.

Comme l'a relevé Me Gilles-William Goldnadel le 11 janvier 2014 : "L’erreur stratégique de Dieudonné est d’avoir fait une révolution copernicienne dans laquelle il est passé de l’extrême gauche à l’extrême droite. En réalité, il a bougé d’un centimètre, mais c’est la distance qui sépare l’impunité totale à la culpabilité automatique : le paradis antisioniste est très proche de l’enfer antisémite".

Antisionisme/Antisémitisme : l'avers et le revers de la même pièce antijuive.

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié les 17 juin 2012, puis les 30 novembre 2012, 18 et 27 février, 23 juillet, 24 septembre et 31 décembre 2013, 30 avril et 8 juin 2014,
- 8 juin 2014. Sur Radio J, Claude Barouch, président de l'UPJF (Union des patrons Juifs de France), a loué le 8 juin 2014 l'action des autorités politiques françaises dans leur combat contre l'antisémitisme, mais les a décrites désemparées comme des dirigeants communautaires. 
 Il a été modifié pour la dernière fois le 31 juillet 2014.