vendredi 21 novembre 2014

« Nous, réfugiés palestiniens ... » d’Agnès Merlet


 Dans la série bi-média partiale Réfugiés. Un nouveau regard sur les camps d’Arte Reportage, Arte diffusera le 22 novembre 2014 à 18 h 35 « Œil pour œil », le regard de la photographe libanaise Christina Malkoun. Celle-ci a multiplié les clichés en noir et blanc d’immeubles libanais inachevés, avec des légendes parfois édulcorées.


Deux documentaires biaisés, dont Gaza-Parkour : les Palestiniens volants de Carmen Butta, sur les Palestiniens en quelques jours, la mise en avant sur le site Internet du cliché de dessins et graffitis dans le camp de réfugiés palestiniens à Burj El Barajneh (Liban) représentant en particulier la carte de l'Etat d'Israël aux couleurs du drapeau palestinien... La chaîne franco-allemande Arte se surpasse et gâte ses téléspectateurs.

Et ce, en pleine Intifada diplomatique du président Mahmoud Abbas (Abou Mazen) visant à faire reconnaître la « Palestine », notamment par des Etats européens. 

Evidemment, c’est fortuit. Comme d’habitude…

Un « projet-évènement »
« Cinquante-deux millions. C'est le nombre d’êtres humains qui sont contraints à vivre sur une terre qui n’est pas la leur. Sous la tente, la tôle ou la tuile, ces errants trouvent souvent refuge dans des camps - et il n’y en jamais eu autant qu’actuellement ».

De septembre à décembre 2014, Arte diffuse la série bimédia documentaire  Réfugiés. Un nouveau regard sur les camps dans quatre pays.

Cette série d’Arte Reportage associe, pour chaque numéro, les regards croisés d’un réalisateur de fiction, non documentariste, d’un écrivain, d’un photographe et d’un dessinateur. « Quatre mois, quatre destinations, seize regards de cinéastes, de photographes, d'écrivains et de dessinateurs de bande dessinée ». Plus fort encore, l’Internaute peut sur le web « incarner l'envoyé spécial d'ARTE et réaliser son propre reportage ».

A l’initiative de ce « projet-évènement » : Marco Nassivera, directeur de l'information d’ARTE, et le cinéaste Régis Wargnier, et « la précieuse collaboration du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés  » (UNHCR ).

De septembre à décembre 2014, cette série « raconte les camps de réfugiés ». Vaste programme réduit à quatre camps. L'Arte ne fournit aucune explication sur le choix des quatre pays.

Burj El Barajneh ("Tour des tours, en arabe")
Septembre 2014 : le Népal  avec Let my people go, de Régis Warnier, des planches de Nicolas Wild  et des photos de Martin Middlebrook.

Octobre 2014 : le Kurdistan irakien avec Le temps perdu, film de Pierre Schoeller, Cinq jours au camp de Kawergosk avec l’écrivain Laurent Gaudé, les ateliers dessin des enfants de Kawergosk de Reinhard Kleist et de photographie dirigé par Reza.

Décembre 2014 : le Tchad.

Novembre 2014 :  le Liban est évoqué en ce mois de novembre 2014 avec les incontournables « réfugiés palestiniens » filmés par Agnès Merlet, dessinés dans « Moukhaïam - La petite Palestine  », BD-reportage de Didier Kassaï, dessinateur originaire de Centrafrique et ayant vécu dans un camp à Bangui, Mot pour mot, lettres de Atiq Rahimi, écrivain originaire d’Afghanistan et auteur de Syngué Sabour. Pierre de patience (Prix Goncourt 2008), l’œil de la photographe libanaise et directrice artistique de l’édition arabe de l’hebdomadaire Elle, Christina Malkoun .

Quoi de commun entre tous ces réfugiés d'Asie et d'Afrique ? C'est au téléspectateur de deviner.

Seuls les réfugiés palestiniens bénéficient d'une organisation onusiens spécifique, l'UNRWA. En outre, les réfugiés palestiniens ayant fui l'Iran et s'entassaient dans des camps en Jordanie relevaient de l'UNHCR.

A la différence des réfugiés palestiniens au Liban, aucun des  réfugiés ayant fui le Bhoutan ou la Syrie n'aspire à la destruction de l'Etat qu'ils ont quitté.

Après les réfugiés bhoutanais dans le camps de Beldangi (Népal), les kurdes syriens en Irak, réfugiés au Tchad, voici donc les « réfugiés palestiniens » du camp de Burj El Barajneh situé dans la banlieue au sud de Beyrouth (Liban).

Dans la série bi-média d’Arte Reportage, Arte a diffusé le 15 novembre 2014 à 18 h 35 « Nous, réfugiés palestiniens... » (Wir Flüchtlinge aus Palästina), documentaire biaisé d’Agnès Merlet présenté par Rue 89. Et l’un des plus consultés du site Internet d’Arte.

Réalisatrice quinquagénaire notamment d’Artemisia (1997), Agnès Merlet  « a sillonné pendant 7 jours les ruelles du camp de réfugiés de Burj El Barajneh, au Liban. Elle y a notamment suivi un jeune Palestinien au destin improbable. Guidée par le hasard des rencontres, elle raconte en pointillés la vacuité du quotidien des réfugiés. Son film interroge la vie de ces exilés qui, dans un proverbe à l’humour désespéré, résument leur sort : « Notre passé est une tragédie, notre présent est un calvaire, heureusement nous n’avons pas d’avenir ».

Né à Sidon (Liban), Maher Younes, jeune dalleur, est encore un « réfugié palestinien ». Car, exception mondiale : le statut de réfugié palestinien est transmissible. Maher Younes surnomme le camp la “tombe des vivants. C’est comme une prison. C’est une tombe à ciel ouvert. On y survit tous ensemble. Il y a des Syriens, des Bangladais. Il y a des gens de partout ici”.

Um Zaher représente “le courage de la femme palestinienne” : cachant ses cheveux sous un foulard islamique noir, elle arbore avec ostentation un chèche à l’imprimé similaire à celui du keffieh palestinien et au dessin représentant la mosquée al-Aqsa. Agnès Merlet ne lui demande même pas de traduire les mots en arabe ornant son chèche.

La guerre des camps ? Non expliquée.

Un Arabe âgé souhaite que "la Palestine revienne aux Palestiniens". Donc, l'éradication de l'Etat Juif.

La responsabilité des Etats arabes, notamment du Liban qui a limité les professions que les Arabes palestiniens peuvent exercer, de l'UNRWA, de ces réfugiés, des pays européens, etc. dans cette situation ? Silence.

On ne sait ce qui qualifie le plus ces quatre regards ? L'ignorance ? La naïveté ? Le manque de curiosité ? Une conception minimaliste de leur mission ?

L'oeil de Christina Malkoun
"Beyrouth, c’est la ville de Christina Malkoun : elle y travaille comme directrice artistique de l’édition arabe du magazine Elle. Situé dans la banlieue sud de la capitale libanaise, le camp de Burj el-Barajneh n’est pas un donc pas une terre inconnue pour la photographe. Tantôt reporter, tantôt artiste multimédia, son travail comporte de multiples facettes. Christina Malkoun a cette fois-ci posé son œil sur les réfugiés palestiniens de Burj el-Barajneh. Ses images racontent les destinées de ses habitants, les stigmates de la guerre, les courtes joies du quotidien… et une ville de cubes posés les uns sur les autres. En attendant une autre vie".

Le site Internet d'Arte reportage présente les photographies de Christina Malkoun en quatre portfolios correspondant au camp - "Vue globale du camp de Burj el-Barajneh : immeubles en béton à moitié construits, citernes d’eau, toits en aluminium pour se protéger de la pluie", à la jeunesse  - un garçon amateur de football porte un Tshirt à l'effigie du Qatar -, à la vieillesse et le handicap.

Christina Malkoun a multiplié les clichés dramatiques en noir et blanc, en couleurs pour exprimer la joie, souvent alourdis de symboles et de métaphores, avec des légendes parfois édulcorées.

Exemples : "Un éleveur fait voler ses pigeons autour du drapeau palestinien". Les pigeons symbolisent la liberté, l'absence d'entraves à laquelle aspire cet éleveur palestinien.

Une même photo prise à deux moments différents : "Deux prises de vue, à deux jours d’intervalles. La première avec le seul drapeau national palestinien... " et "... la seconde avec le drapeau du parti chiite libanais Hezbollah à ses côtés. Il fut un temps où les deux drapeaux se querellaient". Le Hezbollah est un mouvement terroriste islamiste. Pourquoi cette querelle ?

Le camp ? Des immeubles libanais inachevés, un réseau dense de câbles électriques pendants, des citernes d'eau.

Le noir et blanc aux contrastes accentuées dramatise : "Ce réfugié vit ici depuis 1948, l’année de la création du camp. Il tient à son keffieh pour ne pas oublier qui il est. "On retournera vivre sur notre terre un jour, mais quand je ne serai plus là", annonce-t-il" -

Lettres d'Atiq Rahimi

Ecrivain originaire d’Afghanistan et auteur de Syngué Sabour. Pierre de patience (Prix Goncourt 2008), Atiq Rahimi a rédigé cinq lettres biaisées de son séjour bref dans ce camp.

« Puis, d’une voix intérieure tremblante, se dit désespérément que si les Palestiniens s’abîment dans cette errance, c’est pour qu’ils éprouvent la souffrance des enfants errants d’Abraham ! Son exil à la Tour des tours, ou ailleurs, est donc une fatalité, et non pas un enjeu géopolitique. Ce destin, il faut le définir comme châtiment. Il faut que le monde musulman et arabe se remette en question, ainsi que les Israéliens », a écrit Atiq Rahimi dans sa cinquième et dernière lettre. Un parallèle aberrant entre les Juifs et les Palestiniens.

« Moukhaïam - La petite Palestine  » de Didier Kassaï
"Alors qu’il venait de survivre aux heures noires de la Centrafrique, Didier Kassaï a embarqué pour le Liban. Impossible pour lui de ne pas comparer le camp de Burj el-Barajneh avec celui qu’il a fréquenté à Bangui - et pourtant, rien n’est pareil. Illustrateur, caricaturiste, cet autodidacte a sorti son premier album personnel L’Odyssée de Mongou en 2008, qui sera suivi cette année de Tempête sur Bangui, publié chez La Boîte à Bulles, et de Pousse-pousse, chez L’Harmattan BD. Pour ARTE Reportage, Didier Kassaï s’est perdu dans les dédales du camp de Burj el-Barajneh, avec l’objectif de raconter le quotidien des réfugiés palestiniens, bouleversé par l’arrivée des réfugiés syriens".


Le racisme anti-noir des Arabes, notamment des Arabes originaires de la Palestine mandataire ? Silence.

Une adolescente est présentée comme artiste. Que peint-elle ? Une colombe de la paix près d'une Palestine quadrillant l'Etat d'Israël. Ou plutôt la carte de l'Etat Juif revêtue du quadrillage ornant les keffiehs palestiniens.

« Moukhaïam - La petite Palestine  », BD-reportage de Didier Kassaï, est choquante par son discours anti-israéliens. Son dessin final signifie que la victoire aboutit à la "Palestine" englobant l'Etat d'Israël. La colombe blanche symbole de paix regarde vers "INTIFADA". 

 
  « Nous, réfugiés palestiniens... » d’Agnès Merlet
France, 2014, 52 minutes 
Diffusions sur Arte les 15 novembre 2014 à 18 h 35 et 17 novembre 2014 à 6 h 50
"Œil pour œil", avec Christina Malkoun, le 22 novembre 2014
"Mot pour mot", avec Atiq Rahimi, le 29 novembre 

Visuels : Arte/Christina Malkoun


Les citations proviennent du site Internet d'Arte.
Cet article a été publié le 14 novembre 2014.

Jacky Kooken, sculpteur


La Galerie Metanoia  présentera l’exposition Le Ciel et l'Enfer avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken, ancien dompteur qui pratique la taille directe (« création sans repentir »), et sur commande la mise aux points, sur le marbre, la pierre et le granit pour des œuvres dans lesquelles ce sculpteur imprime une grande douceur, une poésie et une spiritualité. Vernissage le 21 novembre 2014 à partir de 18 h.


"Un thème très baudelairien qui mêle spiritualité et sensualité.  Marbres, granits, pierres, bronze doré à la feuille d'or, vous découvrirez un best of de mes plus belles sculptures. A cette occasion ma Muse Monique Ayoun dédicacera ses ouvrages "Viens", "Histoire de mes seins" avec les illustrations de Wolinski, "Musulmanes et laïques en révolte", a écrit Jacky Kooken qui sera présent jusqu'au 27 novembre 2014 de 13 h 30 à 18 h 45 tous les jours de l'exposition.

Cirque et sculpture
Jacky Kooken  est issu d’une famille de saltimbanques Juifs du cirque.

D'origine iranienne, son père Pablo Kooken a été un dompteur adepte du dressage en douceur, et un peintre et sculpteur pratiquant l’Art brut.

Né à Paris, Jacky Kooken  a poursuivi dans cette voie artistique en sculptant la pierre, le marbre et le granit pour faire apparaître des œuvres  empreintes d'une grande douceur. Il s’est perfectionné chez le statuaire François (1980-1981).

La taille directe, qui ne tolère aucun repentir et que Jacky Kooken préfère, « exprime au mieux la sensibilité et la chaleur impulsive de l’artiste. A la recherche d’une autre voie que celle empruntée par Rodin, il se tourne vers la tradition des tailleurs de pierre et sculpteurs de nos églises romanes. Il cherche la sobriété, sculpte et simplifie le corps humain, pour n’en retenir que l’âme, l’essentiel » (Mareyk Goyffon).

Têtes en offrande, figures littéraires (Don Quichotte), divinité romaine (Jason), personnage biblique (Samson), rabbin, anges bienveillants aux yeux clos, femmes muses et lettres hébraïques peuplent l’imaginaire de cet artiste adepte du geste épuré, si patent dans une photo de son père guidant Rhinna la tigresse .

En plus de ses sculptures en matériaux compacts, Jacky Kooken a créé des mobiles légers, suspendus, quasi-transparents, en plastique bleu récupéré. Le thème principale : le cirque, et surtout les trapézistes.

« Passionné et mystique, Kooken frappe la pierre comme on cherche le Graal. Il travaille la matière (pierre, marbre ou granit) avec une euphorie juvénile et sauvage qui lui fait oublier toute fatigue. Aujourd’hui, la plupart de ses confrères utilisent des machines, mais lui refuse cette mécanisation : «  Qui pourra dire le plaisir du coup de massette qui sonne dans le marbre comme un battement de cœur ? », s’émerveille-t-il... Il y a une métaphysique de la joie chez Kooken. Doté d’une force physique exceptionnelle, l’artiste transmet ce trop-plein d’énergie vitale et sa chaleur impulsive à ses œuvres qui rayonnent dés lors d’un magnétisme rare… Kooken exprime avec tendresse et ferveur sa judaïté. Prix Neuman pour une « Menorah étoilée » qu’il dédia à son père et qui fait toujours le bonheur de la collection du Musée d’Art juif de Paris, Jacky aime à sculpter des « Aleph », des « Figures d’Anges » ou des « Chandeliers à Sept branches »… Toutes ses sculptures sont une véritable invitation à la caresse. La pierre pour lui est voluptueuse. Le plaisir d’aimer se transcende dans celui de la création plastique… Il se plait à dire que dans sa vie, les anges déchus ont été vaincus et il croit très fort en son Ange Gardien qu’il porte toujours autour du cou… « L’ange bleu, « Icare », « Voie Lactée », « L’envol », « Elévation »…. Toutes ces somptueuses sculptures nous parlent de sacré autant que d’érotisme. « Le coup de massette, c’est le rythme. Le rythme c’est le souffle, et le souffle c’est l’âme non entravée dans sa capacité de jouir… » Telle est la profession de foi de ce sculpteur-poète », résume Monique Ayoun, journaliste et écrivain.

Jacky Kooken a notamment exposé au Salon des Indépendants (De la bible à nos jours, Grand Palais, 1985), à l’Institut de France (concours international P. L. Weller, 1986) et au Musée d’art Juif (1987), ainsi que dans des galeries – galerie Robain, galerie du Vert Galant - et espaces : cloitre des Billettes (Paris, 1999), exposition internationale de sculptures monumentales au Centre culturel de Chantilly (2000-2010). Il a aussi participé au festival international de sculpture Stone in the Galilee  à Ma’alot-Tarshiha (Israël) pour lequel il a créé en 1998 une sculpture de sept tonnes en marbre de Carrare (225 x 166 x 80 cm), à la Biennale internationale de Malte (2001-2003) et est exposé en permanence en particulier au Jardin de sculptures de Tasos (Grèce). Il est conseiller artistique et membre du jury au Centre culturel Christiane Peugeot- Galerie Atelier Z.

Des prix ont jalonné sa carrière : Prix A. Neuman, prix international décerné par le Musée d'art Juif de Paris (1987) - le marbre couronné fait partie de la collection du Musée -, Grand Prix Rubens de l’association Belgo-Hispanica et de la revue artistique Belge Apollo (1987), distinction spéciale à la Biennale internationale d’art à Malte (2001, 2003).

En avril 2014, la Galerie Metanoia  a présenté l’exposition collective Don’t Worry, Be Happy! avec notamment des sculptures figuratives de Jacky Kooken.  Don't Worry, Be Happy (Ne t'inquiète pas, sois heureux) est une des chansons les plus célèbres de Bobby McFerrin. Par cette exposition, la Galerie Métanoïa, qui a « proposé une sélection d'art contemporain dans une perspective pluriculturelle », a entendu favoriser la détente et le bonheur.

"Cette exposition prend le contre pieds des artistes qui projettent dans leurs œuvres leurs angoisses, leurs craintes, leurs traumatismes ou leurs peurs. Des artistes, tout à fait dans l’air de ce temps désespérant... Il est plus aisé de créer dans la noirceur que dans la lumière. "Don’t warry be happy" est une démarche artistique volontairement optimiste. Nous avons pris le parti de l’art positif, lumineux, dégageant de la joie, celle-là même que nous avons eu à créer. Suivre les élans de son ange gardien dans sa création, c’est aussi rester sourd aux incitations démoniaques de son ange déchu. Créer dans l’élévation et la beauté est une mission divine. Il y a plus d’un médium pour y parvenir (peinture, sculpture, musique, etc.) comme il y a plus d’un chemin", expliquait Jacky Kooken.

Au petit matin du 17 juillet 2014, vers 7 heures du matin, un ou plusieurs "vandales ont tiré sans doute avec une corde ou une ceinture attachée au haut de la sculpture Janus, et l’on faite basculer violemment au sol. Comme cette sculpture n’était pas scellée, ils n’ont pas eu de difficulté à la faire tomber au sol de tout son long... Sculpture de 2 m 12 de haut pour un poids de 400 Kilos environ, Janus, dont le cœur est en béton cellulaire, a été armée de grillage et de ciment blanc de Portland. Cette oeuvre avait été sélectionnée et exposée au Printemps de la sculpture à Chantilly en 2001 pour l’exposition internationale de sculptures monumentales organisée par le Centre culturel de la ville. Elle était pressentie pour orner la cour d’une école, mais ce projet n’a hélas pas abouti, le maire ayant préféré avantager un sculpteur local". Elle "était donc posée sur une palette, dans la cour, devant" l'atelier de l'artiste "depuis le retour de cette exposition. Une restauration au ciment s’imposait avec un soclage en béton avec point d’ancrage au sol garantissant une fixation au sol... Janus monte désormais "la garde devant mon atelier, boulonné au sol, en attendant un éventuel acquéreur institutionnel", écrit Jacky Kooken sur son blog.

La Galerie Metanoia  présentera l’exposition Le Ciel et l'Enfer davec e sculptures figuratives de Jacky Kooken.


Du 21 au 27 novembre 2014. Vernissage le 21 novembre 2014 à partir de 18 h.
Du 18 au 24 avril 2014
A la Galerie Metanoia
56, rue Quincampoix. 75004 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 65 23 83
Du lundi au samedi de 13 h 30 à 18 h 45
Concert d'AIYANA, cordes vocales et instrumentales le 23 avril 2014
Vernissage le 18 avril 2014 de 18 h à 21 h. L'artiste a accueilli les visiteurs le lundi de Pâques.

A lire sur ce blog :
Articles in English

Cet article a été publié le 18 avril 2014. Il a été republié le 30 août 2014.

« Misgano, Juif d’Ethiopie. Retour vers la Terre promise », de Jan Willem den Bok


Arte rediffusera le 21 novembre 2014 à 15 h 35 « Misgano, Juif d’Ethiopie. Retour vers la Terre promise  » (« Het land van Melk en Misgano ”, « The Land of Milk and Misgano  »), documentaire de Jan Willem den Bok (2011). Descendants de la reine de Saba et du roi Salomon, ou de la tribu de Dan, les Juifs d’Ethiopie ont majoritairement pu faire leur aliyah en Israël. C'est l'espoir de Misgano et de sa famille qui attendent depuis près de huit ans l'autorisation de rejoindre la Terre Promise.


« L’Ethiopie est notre patrie. Israël est la terre à laquelle nous appartenons. Dieu nous appelle pour retourner à notre terre, à retrouver nos racines », explique Misgano.

Juif d'Éthiopie âgé de 30 ans, Misgano a décidé d'émigrer en Israël avec sa femme, qui parle peu, et ses deux fils, Tesfae et Abraham, âgés respectivement de six ans et de quatre ans, « vers son pays, vers la ville sainte de Jérusalem. Dieu nous guide vers la Terre promise » où vivent déjà ses parents, frère – Atalay Tatgehn n’a pu étudier, gagne difficilement sa vie comme manutentionnaire dans un entrepôt de crèmes glacées à Tel Aviv, mais sait que son avenir est en Israël, "pays promis par Dieu, le pays du miel" -, et sœurs.

Falashmuras
En 1984, débute l’Opération Moïse qui, sur un an, et par avions israéliens, amène 8 000 Juifs d’Ethiopie, appelés « falashas », puis « falashmuras », en Israël.

Dans les années 1980, l'Etat Israël met en œuvre une politique d'immigration contrôlée en direction des Juifs d'Éthiopie. Depuis, 50 000 à 60 000 d'entre eux auraient rejoint la Terre promise. Des olim qui ont rencontré, comme leurs prédécesseurs, des difficultés à s'intégrer dans la société israélienne.

Six mille attendent encore de pouvoir faire leur aliyah en 2011.

Voici près de huit ans, Misgano et sa famille ont quitté leur village éthiopien pour s’installer dans la ville de Gondar, près des centres administratifs, pour pouvoir postuler au programme d'immigration vers Israël. Sur le mur de leur maison pauvre : des dessins représentant l’étoile de David et des photos de famille.

C’est émouvant d'entendre ces Falashmuras réciter avec piété des prières en hébreu et exprimer leur amour profond pour Eretz Israël dans lequel ils aspirent à s'intégrer.
Misgano attend depuis plus de sept ans l’autorisation d’émigrer en Israël dont il cultive une image idéalisée, tout en ayant conscience que la vie y sera difficile. Est déçu lorsque, malgré ses efforts en cours d'hébreu, son nom ne figure pas sur la liste des Falashmuras autorisés à prendre l'avion jusqu'à Tel-Aviv. "Notre tour n'est pas encore venu", soupire Misgano.

L'Etat d'Israël réduit le nombre d'olim arrivant chaque mois - de 200 à 150 - car les capacités des centres d'accueil et d'intégration sont pleines.

Enfin, Misgano est informé de l'autorisation qui est accordée à sa famille pour faire son aliyah. Une nouvelle accueillie par des réjouissances familiales pudiques. "Aujourd'hui, nous allons enfin pouvoir vivre notre rêve. Le mois prochain, nous serons en Israël. Dieu ne nous a pas oubliés, Il s'est souvenu de nous", chuchote presque Misgano à son épouse. Il promet de revenir un jour dans son village natal auquel il demeure attaché et où vit encore une moitié de sa famille, l'autre moitié ayant choisi Israël.

Jan Willem den Bok filme Misgano et sa famille au cours de la dernière année précédant le départ, un peu à la manière d'un road-movie entre Gondar et Tel-Aviv : les réunions au cours desquelles on leur présente grâce à des diapositives leur futur Etat et son histoire, leur dialogue avec un responsable de l'Agence Juive, “les démarches administratives, les cours d'hébreu, les réunions à la synagogue, la longue attente, l'annonce de l'acceptation du dossier, le retour au village pour dire adieu aux proches et aux amis...” et à la vie simple de paysan et d'apiculteur qu'il a menée - "Cette terre a nourri des générations de familles et continuera à le faire pendant encore longtemps" - et de membre d'une communauté villageoise soudée, affectueuse, solidaire, reconnaissante. On s'interroge sur l'avenir de ces Juifs ayant décidé de demeurer en Ethiopie. L'un d'eux, chef de famille et grand-père, se trouve trop vieux pour partir en Israël...

Misgano promet à ses enfants de travailler dur en Israël pour qu'ils puissent faire des études, les conjure au travail, à faire des études, leur dit son amour pour eux. A l'aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, son épouse et lui embrassent le sol israélien. Prudemment, Misgano et sa famille empruntent l'escalator de l'aéroport. Ils sont accueillis par des membres de leur famille.

Le documentaire montre aussi les manifestations de Juifs d'Ethiopie pour que cessent les discriminations à leur égard. Des doléances exprimées par Atalay Tatgehn : "Nous sommes trop pauvres pour eux. Nous essayons de nous intégrer. Mais ils ne veulent pas nous aider". Manque le contrepoint gouvernemental.

« Misgano, Juif d’Ethiopie. Retour vers la Terre promise  », de Jan Willem den Bok
Pays-Bas, 2011, 50 mn
Diffusion les :

-  9 décembre 2013 à 18 h 10
- 21 novembre 2014 à 15 h 35.

A lire sur ce blog :
Articles in English
 Cet article a été publié le 9 décembre 2013. Il a été republié le :
-  22 mai 2014. Sur Arte, Tracks a diffusé les 24 et 31 mai 2014 le reportage Le blues des Falashas : "Plongée au cœur de la scène musicale de la communauté falasha, ces Israéliens d'origine éthiopienne, dont les artistes revendiquent en chanson le retour à leurs racines. Parmi eux : Surafel Chanie, qui mixe R'n'B et pop moderne éthiopienne, ou Ester Rada, espoir de la world music, élue miss Israël en 2013".

jeudi 20 novembre 2014

Spoliés ! L’« aryanisation » économique en France 1940-1944


Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère a présenté l’exposition éponyme réunissant des documents d’archives : photographies de prospection, courriers, affiches de mise en vente, témoignages. Une synthèse du rapport (2010) sur les modalités et l’ampleur du processus antisémite et administratif « d’aryanisation » et de spoliations dont les Juifs ont été victimes à Grenoble, et plus généralement dans le département de l’Isère, et les restitutions ordonnées par la République. Le Cercle Bernard Lazare présentera le 20 novembre 2014 « Les indemnisations des spoliations, où en est-on ? » avec Pierre-Alain Weil, rapporteur général de la Commission pour l’indemnisation des victimes des spoliations durant l’Occupation.



Depuis les années 1990, nombre d’historiens ont étudié la spoliation des « biens Juifs » dans l’Europe nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une étude tardive de l’« aryanisation économique »
En 1995, dans la première édition de son livre-enquête Le musée disparu, enquête sur le pillage des œuvres (éd. Austral), Hector Feliciano évoquait un sujet tabou : le pillage des œuvres d’art.

Plusieurs pays, dont la France, ont été interpelés sur la destinée des biens et avoirs ayant été volés aux Juifs pendant ce conflit.

« Bien que connue de longue date et considérée, dès les années 1950, par Léon Poliakov, Joseph Billig et Raul Hilberg comme l’une des étapes clés dans le processus de destruction des juifs d’Europe, l’« aryanisation économique » est longtemps restée un aspect marginal des études portant sur les persécutions antisémites ».

Depuis une vingtaine d’années, des études ont été consacrées à ce sujet. Ont été mis en relief les buts et effets de l’« aryanisation » (exclusion sociale, spoliation, etc.), en particulier lors de la mise en œuvre de la politique génocidaire nazie.

Lors de son discours en 1995, le Président de la République Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs lors de la Shoah. (Holocaust)

La « Commission Matteoli » (1997-2000)
La Mission d’étude sur la spoliation des Juifs en France - ou « Commission Matteoli » - a été établie en mars 1997 par Alain Juppé, alors Premier ministre, et présidée par Jean Mattéoli, ancien déporté résistant et ancien ministre.

En étaient membres : Ady Steg, Jean Favier, Jean Kahn, Serge Klarsfeld, Alain Pierret, François Furet et Annette Wieviorka, rejoints en 1998 par Claire Andrieu et Antoine Prost.

Le but : « déterminer, à partir de l’examen des différents fonds d’archives, et en particulier ceux du Commissariat général aux Questions Juives et du service de restitution des biens des victimes des lois et mesures de spoliation, les conditions dans lesquelles les spoliations organisées dans le cadre de la législation de Vichy ont eu lieu et ce qui a pu être restitué ».

Remis le 17 avril 2000, le rapport soulignait « l'ampleur de la spoliation qui a frappé la population juive en France, environ 330 000 personnes en 1940, une spoliation lancée par les Allemands nazis « en zone Nord dès le début de l'Occupation, assumée par Vichy et étendue par lui à l'ensemble du territoire national à partir de juillet 1941 ».

Ce rapport révélait « la multiplicité et la complexité des mécanismes de la spoliation qui a touché tous les secteurs de l'économie à l'exception du secteur primaire, toutes les branches de la fonction publique, de l'industrie, du commerce et des services, secteur public et secteur privé confondus :
- 80 000 comptes bancaires et environ 6 000 coffres bloqués ;
- 50 000 procédures « d'aryanisation » engagées ;
- plus de 100 000 objets d'art ainsi que plusieurs millions de livres pillés ;
- 38 000 appartements vidés ».

Ce rapport prouvait que la « restitution effectuée après la Seconde Guerre mondiale a été importante, mais incomplète, que l'administration des Domaines a procédé de façon un peu trop hâtive à la vente d'objets divers appartenant à des Juifs, et que les musées de France n'ont pas mené avec suffisamment de détermination la recherche en propriété concernant les œuvres et objets d'art qui leur ont été confiés ».

Il a recommandé la création de deux organisations :
- la Commission d’indemnisation des Victimes de Spoliations, pour compléter le dispositif d’indemnisation mis en place après la Seconde Guerre Mondiale.
- la Fondation pour la Mémoire de la Shoah , présidée dès 2000 par Simone Veil, puis depuis 2007 par David de Rothschild, et dont le vice-président est Serge Klarsfeld. Lui ont été versés les fonds des Juifs spoliés sans ayant droit et gardés indûment par les administrations de l’Etat et les établissements financiers français.

Des « zones d'ombre » dans cette spoliation ont été alors signalés, notamment l'usage des droits d'auteurs compositeurs Juifs sociétaires de la SACEM (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique) bloqués sous l'Occupation, en particulier ceux de Paul Misraki, compositeur pour Ray Ventura et ses Collégiens (Tout va très bien Madame la marquise), de Michel Emer (L'accordéoniste pour Edith Piaf), Géo Koger (J'ai deux amours pour Joséphine Baker et avec Vincent Scotto, Prosper pour Maurice Chevalier, La Java bleue pour Fréhel), Norbert Glanzberg (Le bonheur est entré dans mon cœur pour Lys Gauty)...

« La lecture du rapport Mattéoli m'a édifiée. Curieusement, les archives concernant les versements de la Sacem à ses sociétaires pendant la guerre ont disparu. De plus, on apprend qu'entre 1941 et 1945 la Sacem a encaissé des sommes importantes qu'elle ne pouvait pas distribuer, notamment aux auteurs-compositeurs déportés ou exilés. Or elle a, semble-t-il, à cette époque, commencé à acquérir des immeubles. Ces deux informations, rapprochées l'une de l'autre, ne sont guère apaisantes pour l'esprit », a déclaré au Point (28 avril 2000) Vline Buggy, fille de Géo Koger et parolière talentueuse de chansons célèbres pour des artistes de variété renommés : Claude François, Hughes Aufray, Sylvie Vartan, Herbert Léonard, etc. 

La Commission d'enquête grenobloise
Des recherches similaires ont été aussi menées à Bordeaux, Toulouse, Lyon et Grenoble. Grenoble présente l’originalité d’avoir été un haut lieu de la résistance, devenue ville Compagnon de la Libération.

Sous l’égide de la municipalité de Michel Destot, une commission d’enquête a été mise en place à Grenoble le 28 avril 1997 afin d’établir la vérité sur les spoliations dont les Juifs ont été victimes et les éventuelles restitutions en Isère de 1940 à 1945, sur « l’entreprise visant à déposséder systématiquement les familles juives de leurs biens, vendus au profit de l’État ». En 2001, elle a confié le travail de recherche et synthèse à Tal Bruttmann, historien chargé de mission auprès des archives municipales.

Cette Commission a été présidée par Michel Bénichou, puis Georges Lachcar. Elle a réuni des élus de Grenoble, les présidents du CRIF régional et des Chambres de commerce et d’industrie, de notaires et des métiers, des responsables de l’administration fiscale, le directeur du musée de Grenoble, des anciens combattants et déportés, des historiens.

Elle a traité plus de 300 demandes de recherches et de renseignements provenant d’administration, d’institutions (musées) ou de personnes privées, et classé et indexé certains des fonds d’archives.

Elle a aussi organisé des évènements : conférences, cinq voyages de lycéens à Auschwitz, expositions, etc.

Pour la première fois, une ville française a dressé un inventaire complet des biens volés aux Juifs lors de cette période. A été réalisé le classement des archives, conservé aux Archives départementales de l’Isère, du camp de Fort-Barraux et de la politique d’internement menée dans le département par le régime de Vichy. Ont été identifiées le millier de victimes de la Shoah en Isère ; leurs noms ont été réunis dans un livre publié avec le Musée de la résistance et de la déportation de l’Isère en 2005.

Achevé fin 2008, ce travail de recherches historiques sur les spoliations a été présenté au Conseil municipal de Grenoble en mars 2009.

Résultats de ces travaux : « l’objectif de la politique « d’aryanisation » économique est de transférer en des mains « aryennes » les biens ayant appartenu à des Juifs, selon ce processus : dépossession du bien qui est confié par l’Etat (par l’intermédiaire du commissariat général aux Questions juives) à la gestion temporaire d'un administrateur provisoire, chargé de gérer le bien et d’en organiser la vente ». Les sommes dégagées de la vente sont confisquées au profit de l’Etat.

Ont été touchées « 72 entreprises dont le siège social se trouvait en Isère (essentiellement à Grenoble), ainsi que plusieurs dizaines d’autres disposant de filiales ou succursales dans le département (exemple : chaussures André ou Dames de France) ».

Cette politique cause l’éviction du propriétaire et du personnel juifs de l’entreprise.

En raison de « la complexité de la politique « d’aryanisation », toutes les entreprises ne sont pas vendues. Certaines font par exemple l’objet de liquidation ».

Le rapport distingue parmi les « biens immobiliers :
- ceux appartenant à des personnes physiques : au moins 74 biens immobiliers touchés (immeubles, appartements et terrains), essentiellement situés à Grenoble.
- ceux appartenant à des personnes morales (entreprises) : plus d’une centaine, dont un ensemble de terrains à Corenc (Montfleury) et la station thermale d’Uriage (propriétaire d’un important ensemble de terrains alentours dont ceux de Chamrousse, ce qui donne lieu à la naissance d’un projet de station de ski à Chamrousse).

A la Libération, soit le bien spolié a connu un changement légal de propriétaire (vente ou liquidation), soit le bien est encore aux mains de l’administrateur provisoire ».

Pour « les biens immobiliers volés, l’ensemble a été restitué au lendemain de la guerre aux propriétaires légitimes ou, pour ceux ayant été tués durant la guerre, à leurs héritiers.

Pour les entreprises, 57 parmi les 72 établies en Isère ont été restituées de façon certaine. Pour les 15 restantes, on ne dispose pas de suffisamment d'éléments pour établir leur devenir après la guerre ». Ce qui représente environ un cinquième.

Les « spoliations rémanentes ne résident dans des biens qui n’auraient pas été restitués après la guerre, et dans la gestion de ces biens durant la période de Vichy (loyers encaissés au détriment du légitime propriétaire, détournement de fonds, liquidation des entreprises etc.) ».

Toutes les « spoliations ont touché au moins 500 familles vivant en Isère pendant la guerre. Elles ont surtout appuyé la dynamique d’exclusion de la société de la population juive et, à partir de 1942 et des déportations, joué un rôle de première importance dans la fragilisation de cette population ».

Des évènements à Grenoble sur cette spoliation
La Ville de Grenoble et le Conseil Général de l'Isère, avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, ont organisé divers évènements pour présenter les résultats de l’étude sur la spoliation des Juifs en Isère durant l’Occupation.

Le rapport final de la Commission d'enquête sur la spoliation des biens juifs a été édité aux Presses universitaires de Grenoble (2010).

De plus, un livre de Tal Bruttmann analyse cette « aryanisation » économique et ces dépossessions en Isère entre 1940 et 1944 contre les Juifs en France.

Un colloque scientifique international (1er-3 juin 2010) s’est également tenu aux Archives départementales de l'Isère sur « Aryanisation économique et spoliations des juifs dans l'Europe nazie (1933-1945) » : Allemagne, Autriche, Italie, Belgique, Pays-Bas, France, Hongrie, Slovaquie, Estonie, Croatie, Italie, Roumanie, Norvège.

Un colloque montrant l’ampleur de la politique d’« aryanisation » dans l’Europe nazie, la systématisation de cette politique nationale constituant en la spoliation des Juifs, un élément de la persécution économique les ayant visés : Juifs spoliés, destruction de la vie économique juive, administration qui « fait son travail », arsenal législatif, pratiques et actions de la justice et de la police, administrateurs provisoires, intermédiaires et bénéficiaires, spoliation comme étape dans la « solution finale ».

Or, l’« Europe nazie » semble avoir été définie étroitement. En effet, l’« Europe » alors, ce n’était pas seulement la France ou l’Italie métropolitaines, c’était aussi leur empire colonial.

A Grenoble, dans les salles de l’ancien palais de justice, place Saint-André, une exposition retrace les étapes de cette « aryanisation économique » de 1940 à 1944.

Une exposition originale
Aucune des autres missions d’enquête sur les spoliations des Juifs, à Paris, Bordeaux, Lyon ou Marseille, n’avait présenté les résultats de leurs travaux dans le cadre d’une exposition.

A Grenoble comme sur tout le territoire français, Vichy et son administration mirent en œuvre de 1940 à 1944 une politique antisémite « implacable, multipliant les mesures d’exclusions, d’interdictions et de dépossessions, reléguant les juifs au ban de la société. Des mesures qui facilitèrent la mise en œuvre de la « solution finale ». Hommes, femmes et enfants Juifs sont mis au ban de la société, privés de leurs droits, recensés et marqués. Sous couvert de légalité, l’administration française va les déposséder peu à peu de leurs biens, même des plus modestes ». Cette politique d’Etat est dénommée « aryanisation économique ».

L’Europe aux prises avec le nazisme, l’antisémitisme et la guerre
L’exposition présente le contexte historique, économique et politique de cette « aryanisation » en insistant sur le nazisme, l’antisémitisme et la guerre.

L’« aryanisation », « processus administratif impulsé par l’Allemagne, est organisé et mis en place par le gouvernement de Vichy. Dans le contexte idéologique de la Révolution nationale qui prône le retour au « vraies » valeurs et stigmatise les responsables du complot qui auraient ruiné la France, les Juifs, notamment, deviennent alors une cible majeure. La mise en place de lois raciales et le recensement qui suit sont les prémices d’une politique d’exclusion visant une catégorie bien définie de la population ».

Dans ce processus, sont engagées des administrations de l’Etat français : la préfecture, la police et la justice. Tous collaborent « à l’identification, l’exclusion et la dépossession systématique des Juifs. Le Commissariat général aux Questions Juives (CGQJ) est spécialement créé pour répondre à ces objectifs ».

L’« aryanisation »
Comme tout processus administratif, l’"aryanisation" économique peut être analysée étape par étape.

« D’apparence légal, ce procédé rend effectives les lois votées par l’Etat français de Vichy. Processus divisé en trois étapes majeures, un « bien juif », quel qu’il soit, est d’abord identifié et soustrait à son propriétaire au profit d’un administrateur provisoire afin d’être vendu à un « non-juif ».

Ont été spoliées des centaines de familles, dont certaines installées de longue date, et d’autres réfugiées à Grenoble.

La Compagnie Industrielle d’Uriage, la ganterie Fischl, le magasin La Providence, les chaussures André, un marchand de bonnet, un marchand forain, l’appartement de Madame Babatt… Autant d’entreprises et de personnes, célèbres ou non, touchées directement par ces mesures antisémites.

De l’«aryanisation » à l’extermination
Progressivement, l’étau se resserre : recensés, dépouillés, exclus et raflés, les Juifs sont destinés à l’extermination et déportés.

Restitutions et mémoires
Après la Libération, Yves Farges et Emile Terroine jouent un rôle majeur pour le rétablissement de la légalité républicaine, l’abrogation des lois raciales et la restitution des biens.

Témoignent Lionel Jospin, Alain Juppé, Antoine Veil, Annette Wievorka, Théo Klein, Freddy Raphaël, Michel Destot, Georges Lachcar et Tal Bruttmann.

Tal Bruttmann, « Aryanisation » économique et spoliation en Isère. Edition Presses universitaires de Grenoble, coll. Résistance.

L’« aryanisation » économique en France 1940 – 1944. Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2010


Jusqu’au 26 février 2011
A l’ancien palais du Parlement
14, rue Hébert. 38000 Grenoble
Tél. : 04 76 42 38 53
Ouvert mardi de 13 h 30 à 18 h, du mercredi au vendredi de 9 h à 18 h, samedi et dimanche de 10 h à 18 h
Entrée libre

Visuels de haut en bas : © MRDI
Affiche indiquant la mise sous administration provisoire
Fonds Robert Troujman, coll. MRDI

Déclaration individuelle

Formulaire de commerçants (non associés)

Le magasin La Providence

Les citations sont extraites du dossier de presse.


Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié le 19 février 2011, et republié le :
- 12 décembre 2012 après le décès de Michel Slitinsky à l'âge de 87 ans, le 8 décembre 2012. Toute la vérité n'a pas été établie sur les spoliations des Français Juifs raflés à Bordeaux - "546 immeubles et fonds de commerce "aryanisés en Gironde" - et à Nancy,  déportés, et dont certains étaient fortunés. Des fonds provenant de la vente de biens Juifs auraient abondé un compte d'avoués.
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Jacques Grinberg, Michel Macréau, Maryan, Marcel Pouget : retour sur quelques artistes de la Nouvelle Figuration


La Galerie Polad-Hardouin présentera l'exposition éponyme avec notamment des œuvres de Maryan (1927-1977), peintre expressionniste Juif d'origine polonaise et survivant de la Shoah. La (re)découverte d'un artiste fragile et attachant. Vernissage le jeudi 20 novembre 2014 à partir de 18 heures.



« Je n’oblige personne à aimer ma peinture mais qu’on me colle pas des étiquettes, par exemple : peinture dénonciatrice, agressivité sans bornes, ou alors, on dit aussi : Ça m’étonne pas avec son passé concentrationnaire […] En ce qui concerne ma peinture, je déclare officiellement que moi j’aurais plutôt appelé ma peinture, peinture-vérité ». Maryan, in catalogue de la galerie Ariel, Paris, 1977

En 2013-2014, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté non une rétrospective, mais la première exposition importante en Europe dédiée à l’œuvre de Maryan et dénommée l'exposition La Ménagerie humaine. A l'exception d'un "tableau clé de 1952", cette exposition "reprend les temps forts de l’œuvre peint et dessiné de 1960 à 1977. Elle comprend, outre les carnets de 1971 – donnés par la veuve de l’artiste au Musée national d’art moderne en 2012 –, vingt peintures et une trentaine de dessins regroupés par séries. Des extraits du film Ecce homo, tourné au Chelsea Hotel en 1975, sont montrés dans le parcours". Pour la première fois, est montré un ensemble de dessins créés en 1971 par Maryan, Ecce homo, qui "constitue le cœur et la trame de l’exposition. Avec un humour désespéré et ravageur, l’artiste y revient sur son enfance, sur sa traversée de la guerre, qu’il accompagne de commentaires lapidaires dans un anglais mâtiné de français, de yiddish et de polonais".

Peinture-vérité
Mayan S. Maryan est né en 1927 à Novy-Sacz (Pologne) sous le nom de Pinchas Burstein.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Maryan survit dans différents ghettos, camps de travail et camps de concentration en Pologne. Sa famille est décimée lors de la Shoah.

En 1945, à la libération des camps par les Russes, Maryan est blessé par balle à la jambe et amputé. Il se trouve dans les camps de réfugiés en Allemagne, pays où il pense s’installer.

En 1947, persuadé par un dirigeant de l’Agence Juive, il fait son aliyah et est admis, grâce à une bourse, à la New Bezalel School of Art à Jérusalem (1948-1949), où il s’inscrit aux cours d’arts appliqués.

En 1949, a lieu sa première exposition personnelle à la YMCA, à Jérusalem.

Vers 1950-1962, Maryan s’installe à Paris. Il complète sa formation pendant trois ans à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts, dont deux ans dans la section « Lithographie ». Il réalise des lithographies, dont les illustrations pour « Le Procès » de Franz Kafka. Il assiste aux cours de Fernand Léger, voyage en Europe et aux Etats-Unis avec son épouse, Annette Minna rencontrée en 1950 à Paris.

Marqué par ses cinq années d’internement, il développe un style figuratif, expressionniste, coloré. Peint des monstres, personnages à l’expression grotesque ou clownesque, tirant la langue ou aux poses vulgaires, des hommes de pouvoir – soldats, juges – et des marginaux, des animaux quasi-humanisés ou des hommes animalisés. Imprègne ses premières œuvres de thèmes Juifs. Il participe au lancement du mouvement artistique de la Nouvelle figuration.

En 1952, la Galerie Breteau présente la première exposition parisienne de Maryan.

En 1956 débute la collaboration de l’artiste avec la Galerie de France (Paris).

Maryan est distingué en 1959 par le Prix des Critiques d’Art à la Biennale de Paris.

Il s’installe en 1962 à New York et se rend souvent en Europe où il expose.

En 1963, il commence sa collaboration avec la Allan Frumkin Gallery newyorkaise qui organise plusieurs expositions à New York et à Chicago.

Sa première exposition à la Galerie Claude Bernard date de 1966.

Maryan obtient la citoyenneté américaine sous le nom de Maryan S. Maryan en 1969.

En 1975, il réalise un film « Ecce Homo »

Il est nommé Chevalier de l’Ordre des arts et lettres par le Ministère de la Culture français en 1976.

Maryan meurt à New York en 1977, à l’âge de 50 ans. Il est enterré au Cimetière de Montparnasse à Paris.

En 2012, la galerie Claude Bernard a présenté des œuvres de Maryan. Le MAHJ rendra hommage à Maryan du 6 novembre 2013 au 9 février 2014.

Autour de son exposition, le MAHJ a proposé des conférences, lectures, visites guidées, podcasts, etc.

La Galerie Polad-Hardouin de Paris présentera l'exposition  Jacques Grinberg, Michel Macréau, Maryan, Marcel Pouget : retour sur quelques artistes de la Nouvelle Figuration invitant à redécouvrir quatre peintres emblématiques de la Nouvelle Figuration : Jacques Grinberg, Michel Macréau, Maryan, Marcel Pouget. "Après le refus brutal du nouveau maire de Carcassonne cet été d’accueillir la donation qui était en cours de la collection Cérès Franco, sa fille, Dominique Polad-Hardouin, a choisi de mettre l’accent sur quatre artistes importants de la Nouvelle Figuration. La collection Cérès Franco est constituée de 1 500 œuvres (peintures, sculptures, dessins), d'une valeur de plus de 4 millions d'euros. Pendant près de 50 ans, Cérès Franco a rassemblé des œuvres de l’art populaire, de l’art naïf brésilien, d’artistes autodidactes (outsider artists) ou encore d’artistes se réclamant du courant de la Nouvelle Figuration". La "galeriste Cérès Franco, qui joua un rôle fédérateur au sein de ce mouvement, et plus particulièrement pour ces artistes. C’est donc naturellement que sa fille, Dominique Polad-Hardouin, s’est imprégnée de cette esthétique, et a exposé ceux qui, quelques générations plus tard, ont inscrit leurs pas dans ce chemin. En 2008, l’exposition collective « Nouvelle Figuration : acte III » organisée à la galerie entendait ajouter un troisième volet à celles de la galerie Mathias Fels (1961 et 1962) et mettre en lumière ce courant qui a perduré, malgré son manque de cohésion et de visibilité, et a infusé la jeune peinture contemporaine".

"Peintures, dessins, gouaches, sérigraphies, les supports utilisés sont aussi multiples que leurs univers graphiques. Pourtant, une vibration commune émane de ces œuvres : l’omniprésence de l’humain, et cette volonté forcenée de traduire ce qu’il a de plus ardent, de plus rayonnant, mais aussi ses méandres les plus sombres et les plus tragiques. Ces artistes ne reculent ni devant le grotesque ni devant la caricature pour exprimer ce monde qui les hante".

Maryan occupe l’espace 2 de la galerie, "avec une peinture de la fin des années cinquante, des pastels et un ensemble de sérigraphies en noir et blanc. On y retrouve ces figures d’un carnaval mordant, affublées de masques et d’insignes de pouvoir, exorcisant la souffrance, l’humiliation et la mort. Exécutées pendant la période new-yorkaise de l’artiste, elles sont montrées pour la première fois à la galerie".


La Nouvelle Figuration : chaînon manquant de la peinture contemporaine
L'expression "Nouvelle Figuration" apparaît pour la première fois en 1950 sous la plume de Jean-Michel Atlan, célèbre artiste COBRA, dont l'oeuvre "ni figurative ni abstraite, eut une influence décisive sur le jeune Maryan, arrivé récemment de Jérusalem. L’amitié solide qu’ils nouèrent métamorphosa le style de sa peinture, évoluant vers une abstraction narrative et géométrisante. Elle bascula ensuite dans les années 1960 vers la représentation obsessionnelle et symbolique de personnages solitaires incarnant un pouvoir aveugle et absurde".
Dans l'art à Paris alors dominé "d'un côté par l'abstraction, et de l'autre par les peintres figuratifs de la Nouvelle École de Paris, des artistes issus des mouvements expressionnistes et Cobra qui ne se reconnaissaient pas dans la figuration traditionnelle de leur époque, jugée trop académique, ont exploré une voie alternative".
Recourant à "la dynamique et la force lyrique de l’abstraction, ils dépassent ce clivage de la représentation pour exprimer un univers intérieur allusif, profus et inquiet. La figure humaine, les désirs et les angoisses, sont au coeur de leurs préoccupations".
En "1961 et 1962, deux expositions manifestes, « Une Nouvelle Figuration I&II », vont rassembler chez le marchand Mathias Fels à Paris, ces peintres en quête d'une autre représentation. Les critiques Jean-Louis Ferrier et Michel Ragon, donnent successivement corps, dans les textes d'introduction des catalogues, à une définition en creux de la Nouvelle Figuration. Venant d'horizons fort différents, ces artistes étaient moins réunis par un style ou une facture semblable, que par une insatisfaction commune face à la peinture de leur époque. Ainsi, Maryan et Marcel Pouget exposèrent aux côtés de Pierre Alechinsky, Enrico Baj, John Christoforou, Asger Jorn, Francis Bacon, Bengt Lindström, Jean Messagier, Paul Rebeyrolle et Peter Saul".
De ce "mouvement d'ampleur internationale fit de Paris son centre névralgique, où gravitaient artistes, critiques d'art et collectionneurs". Jacques Grinberg, "le plus jeune des quatre peintres exposés, fut une force vive de la Nouvelle Figuration, multipliant les expositions, et participant à des salons aux côtés de ses confrères".
En 1962, "la jeune critique d’art et commissaire d’exposition brésilienne", Cérès Franco, rencontra Michel Macréau et découvrit la Nouvelle Figuration. Cérès Franco eut "un rôle fédérateur entre les artistes de ce mouvement, qu’elle fit connaître hors de France, grâce à des expositions organisées au Brésil et en Espagne, et pour certains d’entre eux (Macréau, Pouget, Grinberg) dans sa galerie L'OEil de Boeuf, inaugurée en 1972".
"Parallèlement, un mouvement fédéré autour de la figure du critique d’art Pierre Restany vit le jour dès 1960 dans l’atelier d’Yves Klein. Plus uni, construit et répondant à des idéaux à la fois esthétiques et politiques communs, puisant son inspiration dans la réalité de son temps, le groupe des Nouveaux Réalistes (Arman, Raymond Hains, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely, Villéglé), eurent raison de la Nouvelle Figuration en tant que mouvement, et ouvrirent la voie à la Figuration Narrative (Erro, Rancillac, Klasen, Monory…). La Nouvelle Figuration ne parvint pas à se faire une place en France, ignorée des critiques d'art et des institutions pendant près de cinquante ans.
Manquant de cohésion, ce groupe se désagrégea au milieu des années 1960. Maryan, lassé des mondanités parisiennes s’était installé définitivement à New York dès 1962".
Si "la manière de Macréau, mêlant énergiquement peinture, écriture et graphisme, fut peu comprise de son temps, elle annonçait avec vingt ans d’avance l’esthétique de Jean-Michel Basquiat, A.R. Penck, et Robert Combas qui trouvèrent un écho autrement plus favorable au début des années 1980. Les affinités entre ces artistes méritent d’être creusées".
Quant "aux visions rythmiques et hallucinées du «psychopeintre» Marcel Pouget, sa manière de cerner de blanc les silhouettes de ses personnages, de recourir aux teintes électriques et acides, elles ont très certainement inspiré les Nouveaux Fauves allemands, en particulier certaines peintures de Jörg Immendorff. Ce dernier aurait d’ailleurs vu chez Cérès Franco, la toile La Salle de récréation de l’hôpital psychiatrique (1978), alors qu'elle l'exposait dans sa galerie. Jacques Grinberg, qui absorba tout au long de sa carrière des influences diverses (kabbale, tao), mais toujours fidèle à cette figuration énergique, symbolique et géométrique, porta la Nouvelle Figuration jusqu'au seuil du XXIe siècle".
"De l’autre côté de l’Atlantique, en observant les peintures et les dessins de Maryan, et plus précisément la série de la Ménagerie humaine, on ne peut que songer aux personnages cagoulés peuplant les toiles de Philip Guston. Celui qui décida en 1967 d’abandonner l’expressionnisme abstrait, partage avec le peintre d’origine polonaise ce même goût pour le grotesque, la dérision et un certain humanisme. Goût également partagé avec George Condo, où la composition, la récurrence des insignes de pouvoir tout comme les accoutrements de clowns que l’on retrouve dans ses récents portraits imaginaires, rappellent encore une fois la force colorée et brutale des oeuvres de Maryan".



Du 20 novembre 2014 au 17 janvier 2015
86, rue Quincampoix. 75003 Paris
Tél. : 33 (0)1 42 71 05 29 
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h. Fermeture annuelle du 20 décembre 2014 au 6 janvier 2015
Vernissage le jeudi 20 novembre à partir de 18 heures

Du 6 novembre 2013 au 9 février 2014
Au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : (33) 1 53 01 86 60
Lundi, mardi, jeudi, vendredi de 11 h à 18 h. Mercredi de 11 h à 21 h. Dimanche de 10 h à 18 h.
Le musée est fermé les samedis et le mercredi 1er janvier 2014.

Jusqu’au 3 novembre 2012
7-9, rue des Beaux Arts. 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 97 07
Du mardi au samedi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30

Visuels :
Affiche
Maryan
Personnage (détail), 1962
Huile sur toile
Collection particulière, courtesy Michel Soskine Inc., Madrid-New York. © DR

Sans titre
1966
Pastel, 48 x 48 cm

Sans titre (PH1378)
1973
sérigraphie sur papier
70 x 50 cm

Illustration pour le procès de Franz Kafka
1952
Gravure
57 x 47 cm

Maryan
Sans titre (PH 1377)
1969
Acrylique sur papier
64 x 52 cm

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Publié les 30 octobre 2012 et 4 février 2014, cet article a été modifié le 14 novembre 2014.