jeudi 26 mai 2016

Les engagés volontaires Juifs étrangers dans les armées françaises durant les deux guerres mondiales


Dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale et du 70e anniversaire de la Libération de la France et de la victoire sur le nazisme, le Mémorial de la Shoah a « célébré l’histoire et la mémoire des engagés volontaires juifs étrangers, en restituant l'ampleur de leur contribution à l'histoire de la France et de l’Europe ». Une exposition-dossier très ashkénaze qui ignore les résistants Juifs en Grande-Bretagne ou en Afrique du Nord. L'Union des Engagés Volontaires Anciens Combattants juifs 1939-1945 leurs Enfants et Amis (UEVACJEA) présente du 23 au 30 mai 2016, à la Mairie du XVe arrondissement de Paris, l'exposition Les Juifs étrangers ont défendu la France. Les Juifs étrangers engagés volontaires dans l'armée française 1914-1918 et 1939-1945. Vernissage le 26 mai 2016 à 18 h 30. Elle organise le 5 juin 2016 à 10 h 30, au cimetière  Parisien de Bagneux, la cérémonie du souvenir en hommage aux Combattants Juifs Étrangers Engagés Volontaires Morts pour la France (Guerre 1939-1945).
« Mon cher enfant, ton père va à la mort pour une grande idée (…) Dans une heure, nous marcherons pour la France, pour les Juifs. Vive la République, vive la libre, noble et démocratique France », écrit Léon Lévi-Litvack, cité dans « Le volontaire Juif », n° 5, mai 1931.

Costumes, photographies, fanions, affiches, journaux, dessins, cartes… Tous ces documents témoignent d’engagements courageux et de sentiments patriotiques lors des deux conflits mondiaux.

« Prise en étau entre les représentations de la débâcle de 1940 et le drame de la Shoah, la mémoire héroïque de l’engagement volontaire doit demeurer comme l’une des pages les plus belles de l’histoire de France et l’incarnation des valeurs de la République… Cette exposition se veut un hommage à tous les combattants morts pour la libération de la France, sans distinguer parmi les origines ou les confessions ». Pourquoi cette exposition a-t-elle largement occulté les Juifs d’Afrique du Nord ou engagés dans les Forces françaises libres ?

Pour la France
« En cette année du centenaire de la Grande Guerre et du 70e anniversaire de la libération de la France, le Mémorial de la Shoah est fier de contribuer avec le ministère de la Défense à cet hommage nécessaire envers ces dizaines de milliers de combattants juifs étrangers qui laissèrent derrière eux famille et travail pour aller défendre, en 1914 comme en 1939, leur patrie d'adoption », écrit Eric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah.

Et de poursuivre : « Ils luttèrent pour la France, ils luttèrent contre l'antisémitisme, ils luttèrent aussi au nom de leur attachement viscéral aux valeurs républicaines, symbolisées par cette devise "Liberté, Egalité, Fraternité" née de la Révolution française dont le souvenir résonnait avec tant de force dans leur cœur et leur conscience. Des milliers devaient en payer le prix du sang. Cette page trop souvent méconnue de notre histoire vient une fois de plus battre en brèche le lieu malheureusement commun d'une prétendue passivité des Juifs. Non, les Juifs dans leur diversité furent de tous les combats. Carency en 1915 ou Marchélepot en 1940 figurent parmi les hauts faits d'armes des régiments étrangers. Le parcours des survivants ne s'arrête pas avec la défaite de 1940. Pris dans la tourmente de la Shoah qui ne les épargna pas, beaucoup poursuivirent une lutte acharnée contre le nazisme dans la Résistance ou les armées alliées. Le Mémorial de la Shoah fait de l'évocation et de l'hommage aux engagés volontaires une partie intégrante de ses missions. Les liens étroits que nous entretenons avec l'Union des engagés volontaires anciens combattants juifs  - leurs enfants et leurs amis (1939-1945) vont pleinement dans ce sens pour que demain, l'attachement à la France, le courage et le sacrifice de ces homes ne soient jamais oubliés ».

Durant les deux conflits mondiaux, les Juifs de France rejoignent massivement les armées françaises. En 2005, le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) avait présenté l'exposition passionnante Les Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 (5675-5679).

Sur les 40 000 Juifs étrangers vivant en France, 8 500 s’engagent lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914. Plus du tiers est tué lors des combats. Morts pour la France.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, « un million et demi de soldats Juifs ont participé aux combats, dont 500 000 dans l’armée américaine et 500 000 dans l'Armée rouge, deux cent cinquante mille y ont perdu la vie, 36000 ont reçu des distinctions militaires de l’armée américaine, 160 000 ont été décorés dans l’Armée russe et 150 ont eu droit au prestigieux titre de Héros de l'Union soviétique  ». Ces statistiques sur « la participation des Juifs à l’effort de guerre, dans toutes les armées des forces alliées, tous les corps d’armées à tous les niveaux de la hiérarchie militaire », et sur tous les fronts, ont été communiquées lors d’un colloque international à l’université de Tel-Aviv en 2014.

En 1939, sur les 160 000 Juifs étrangers vivant en France, 25 000 s’engagent pour lutter contre le IIIe Reich. Des associations Juives jouent un rôle important dans cette mobilisation. Ces dizaines de milliers d'engagés volontaires Juifs étrangers sont « majoritairement affectés au sein de la Légion étrangère. Avec leurs camarades », ils défendent « leur patrie d’adoption, en métropole et sur l’ensemble des fronts », et contribuent « à lui rendre sa liberté, motivés par la préservation de l’idéal républicain et de ses valeurs ». Les « deux-tiers participent aux combats héroïques de Narvik, de la Somme, de l’Aisne ou encore des Ardennes ». Des milliers sont tués lors des combats.

L’exposition-dossier retrace le parcours de certains de ces engagés Juifs : Ilex Beller (1914-2005) né en Pologne, ancien des Brigades internationales, ouvrier fourreur et retraité peintre des shtetls, Léo Cohn (1913-1944), professeur d’hébreu né à Lubeck (Allemagne) qui meurt au camp d’Auschwitz, Samuel Danowski (1904-1982), né à Brest-Litovsk, médecin, soldat au 23 RMVE, puis résistant docteur dans des maquis de Corrèze (1943-1944), Joseph Epstein (1911-1944), communiste combattant auprès des républicains espagnols, engagé dans la Légion étrangère, fait prisonnier, évadé, responsable des Francs-tireurs et partisans français de la région parisienne, fusillé au Mont Valérien, Fred Samuel (1908-2006), né à Buenos Aires (Argentine), joaillier, sergent-chef fait prisonnier, évadé, résistant au sein des FFI puis soldat au sein de la 7e armée américaine, Haïm Albert Saul (1910-1979), né à Smyrne (Turquie).

Quid des Juifs d'Afrique du Nord ?

Lors de la Seconde Guerre mondiale, ces engagés volontaires Juifs « sont internés en Allemagne pour les uns – sur 1,6 million de prisonniers de guerre en Allemagne, 10 000 à 15 000 d’entre eux seraient Juifs, français ou étrangers ; leurs familles ne sont pas épargnées par les rafles et déportations -, démobilisés et persécutés en France pour les autres par le régime de Vichy. Leur sort n’est alors guère distinct de celui des Juifs de France pris dans la tourmente de la Shoah ».

En Afrique du nord, environ 2 000 engagés Juifs démobilisés sont affectés dans la trentaine de camps de travaux forcés pour construire, dans des conditions très difficiles, une ligne de chemin de fer parcourant le Sahara à l’initiative du gouvernement de Vichy en 1941, au Maroc et en Algérie. Ils sont progressivement libérés en 1943, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord en novembre 1942. Ils poursuivent le combat dans les rangs des armées française ou alliée.

L’exposition-dossier bénéficie du soutien de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, avec la participation du Musée de la Légion étrangère, du Service historique de la Défense, de l’Union des engagés volontaires, anciens combattants juifs étrangers (1939-1945), leurs enfants et amis, de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, du Centre d’étude et de recherche sur les camps d’internement dans le Loiret – Musée-Mémorial des enfants du Vel’ d’Hiv’.

A noter la publication de Résistants Juifs 1940-1945, de Georges Brandstatter (Ed. Jourdan)

La Fédération des Anciens combattants engagés volontaires et résistants Juifs dans l'Armée française a organisé la cérémonie de la Flamme sous l'Arc de Triomphe (Paris) les 12 mai 2015 à 18 h 30 et 17 mai 2016, à 18 heures. Cette cérémonie s'est achevée par les hymnes nationaux français et israélien.

La cérémonie du souvenir en hommage aux combattants Juifs étrangers engagés volontaires (1939-1945) a eu lieu le 7 juin 2015 à 10 h 30 au cimetière parisien de Bagneux.

L'Union des Engagés Volontaires Anciens Combattants juifs 1939-1945 leurs Enfants et Amis (UEVACJEA) présente du 23 au 30 mai 2016, à la Mairie du XVe arrondissement de Paris, l'exposition Les Juifs étrangers ont défendu la France. Les Juifs étrangers engagés volontaires dans l'armée française 1914-1918 et 1939-1945.

En 1914, "sur une population de 40 000 juifs étrangers vivant sur le sol national, à l’aube de la première guerre mondiale, 8 500 hommes s’engagent dans l’armée française. Ils sont incorporés dans les Régiments de la Légion Etrangère et combattent sur un certain nombre de terrains d’opération en Artois, en Champagne, dans la Somme, en Argonne et à Verdun, 3 600 d’entre eux ont donné leur vie pour la défense de leur patrie d’adoption, « LA FRANCE ».

L'UEVACJEA organise le 5 juin 2016 à 10 h 30, au cimetière  Parisien de Bagneux, la cérémonie du souvenir en hommage aux Combattants Juifs Étrangers Engagés Volontaires Morts pour la France (Guerre 1939-1945). Elle se réunira "devant le monument aux morts (près de l’entrée principale du cimetière) sous lequel, reposent 66 soldats ramenés de tous les champs de bataille choisis symboliquement  parmi des milliers d’autres. En 1939, 160 000 juifs étrangers vivent en France. Dès la déclaration de la guerre le 3 septembre 1939, 25 000 s’engagent contre l’Allemagne nazie, ce qui représente la quasi-totalité des hommes en âge de porter les armes. Incorporés dans les 11e et 12e Régiments étrangers d’infanterie, 13e Demi-brigade de la Légion étrangère, 97e groupe de reconnaissance de division d’infanterie et dans les 21e, 22e, 23e Régiments de marche de volontaires étrangers. Ils participent aux combats de Narvik (Norvège), de la Somme, de l’Aisne ou encore des Ardennes. Pourtant rien ne les prédestinait à tenir un fusil, ils le firent cependant avec bravoure. Des milliers d’entre eux moururent tandis que de nombreux autres, épuisés ou blessés, partirent pour l’Allemagne dans les stalags. Ceux qui évitèrent la captivité et restèrent en France, furent impitoyablement persécutés : ils furent d’abord dépouillés systématiquement de leurs biens avant d’être internés dans des camps de concentration et d’extermination. Les rescapés de cette féroce répression rejoignirent les rangs de la Résistance intérieure ou de la France Libre. Ils combattirent aussi bien en Afrique du Nord qu’en Italie ou en France, lors des débarquements de Normandie et de Provence. Loin de l’idée selon laquelle les Juifs étrangers auraient été des victimes passives ayant accepté leur sort avec fatalité, leur engagement volontaire prouve au contraire leur rôle actif dans le combat contre le nazisme et pour la libération de la France".


Du 5 novembre 2014 au 8 mars 2015
Niveau crypte, entresol et salle de lecture
17, rue Geoffroy–l’Asnier. 75004 Paris 
Tél. : 01 42 77 44 72 
Tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h

Visuel :
Groupe d’engagés volontaires du 21e RMVE dans une baraque du camp d’instruction militaire du Barcarès (Pyrénées-orientales). France, 1939-1940. 
© Mémorial de la Shoah / UEVACJ-EA.

Les citations proviennent du communiqué de presse et de l'exposition. Cet article a été publié les 3 mars, 12 mai et 11 novembre 2015.

mercredi 25 mai 2016

« Les studios Babelsberg ou le Hollywood allemand » de Alexander Lück et Daniel Finkernage


Arte diffusa « Les studios Babelsberg ou le Hollywood allemand  » (Wiederholungen: Keine Wiederholungen Unser Hollywood), documentaire de Alexander Lück et Daniel Finkernage. Créés en 1911 à Potsdam, dans la banlieue de Berlin (Allemagne), les studios de cinéma Babelsberg connaissent leur âge d’or – équipes techniques talentueuses, acoustique exceptionnelle, réputation internationale, etc. - avant l’arrivée des Nazis au pouvoir. Après une éclipse lors de l’ère communiste, ils suscitent un nouvel engouement. Arte diffusera le 25 mai 2016 à 22 h 10 Quand la RDA faisait son cinéma (Grosses Kino Made in DDR), documentaire de André Meier (2016, 52 min).


« Comparés à « un patient que l’on a réanimé encore et encore », selon les mots du réalisateur et producteur allemand Tom Tykwer (L’enquête), les studios ont traversé l’empire allemand, la république de Weimer, le IIIe Reich, la République démocratique allemande (RDA) et l’Allemagne réunifiée.

De « Metropolis » de Fritz Lang au thriller de Roman Polanski « The Ghost writer », ce « documentaire conte l’ascension, la chute puis la renaissance de ce temple cinématographique”.

« Hollywood allemand »
En 1911, à l’initiative d’Erich Zeiske, directeur de la société de production de films Deutschen Bioscop, Guido Seeber fait édifier à Neubabelsberg un studio dans une usine de fleurs artificielles désaffectée sur une friche industrielle (47 ha).

Une action pionnière dans l’histoire du cinéma en Europe. Un mythe va bientôt naitre.

Dès 1912, Der Tontentanz (Danse macabre) y est réalisé. Sa principale actrice, la danoise Asta Nielsen, accède au rang de star des studios.


A la lumière naturelle éclairant les premiers films, est adjointe la lumière artificielle. Sophistiquée, cette lumière-ci sied aux éclairages expressionnistes prisant les contrastes marqués. 

Situés au sud-ouest de Berlin, les studios Babelsberg assoient leur notoriété. Les classiques du cinéma muet y sont tournés : Le Golem de Paul Wegener (1920), Nosferatu le vampire de Murnau (1922)…

Sous l’impulsion de la firme de production cinématographique UFA (Universum Film AG), ces studios  s’adaptent au cinéma parlant par une acoustique remarquable, une protection des bruits extérieurs parfaite.

Leur apogée se situe dans la décennie précédant l’avènement du nazisme avec la réalisation de films allemands, de genres divers - comédies avec Lilian Harvey faisant oublier les difficultés de la vie quotidienne -, à la célébrité internationale - Der letzte Mann (Le dernier homme, 1924), Die Büchse der Pandora (La boîte de Pandora, 1929), Der blaue Engel (L’Ange bleu) de Josef von Sternberg (1930) avec Marlene Dietrich, M - Eine Stadt sucht einen Mörder (1931), Berlin Alexanderplatz – et de coproductions réalisées en plusieurs langues : Gueule d'amour (1937) de Jean Grémillon avec Jean Gabin, Mireille Balin et René Lefèvre, L'Étrange Monsieur Victor (1938) de ce réalisateur avec Raimu et Madeleine Renaud. En 2010, la Cinémathèque française avait présenté l’exposition Tournages Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939  dans laquelle elle évoquait ces studios très actifs.

Pour son film de science-fiction Metropolis (1927), Fritz Lang tourne dans un plateau de 2 200 m². Là, Eugen Schüfftan (1893-1977), chef opérateur génial perfectionne la technique d’effets spéciaux sur laquelle il travaillait depuis 1923 avec Ernst Kunstmann, qu’il avait expérimentée lors du tournage de Die Nibelungen (1924) de Fritz Lang et qui sera dénommée l'effet Schüfftan. Dans Metropolis Eugen Schüfftan associe habilement miroirs, maquettes de décor et acteurs pour donner aux spectateurs l’impression de gigantesque. Détenu par l’UFA et une société de miroiterie, ce procédé est la propriété aux Etats-Unis du studio Universal Pictures.

L’avènement du nazisme en Allemagne en 1933 incite nombre d’artistes et de techniciens à fuir les persécutions antisémites ou politiques. Fritz Lang, Billy Wilder, Eugen Schüfftan se réfugient d’abord en France, puis rejoignent les Etats-Unis.

Sous la férule de Goebbels, ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le IIIe Reich (1933-1945), les studios Babalsberg sont dotés de la Deutsche Filmakademie Babelsberg, école destinér à former des réalisateurs nazis contraints d’adhérer au syndicat le Reichsfilmkammer. A l’instar des Oscar, sont créés les Deutscher Filmpreis.

Près de mille films, sur les 1 100 réalisés sous le IIIe Reich, sont réalisés dans ces studios : Münchhausen (Les aventures du baron Munchhausen) de Josef von Báky, des films de propagande ou antisémites - Le Juif Süss (Jud Süß) de Veit Harlan (1940) -, des films mièvres…

Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les studios se retrouvent dans la RDA, et la propriété de la DEFA (Deutsche Film AG), firme russo-germanique. Parmi les films antifascistes réalisés alors : Les assassins sont parmi nous (Die Mörder sind unter uns) de Wolfgang Staudte (1945-1946) avec Hildegard Knef et Ernst Wilhelm Borchert. 

Ces studios attirent aussi des tournages européens : Les Aventures de Till l'espiègle de Gérard Philipe et Joris Ivens avec Gérard Philipe, Jean Vilar et Nicole Berger (1956), Les Sorcières de Salem (1957) de Raymond Rouleau avec Yves Montand, Simone Signoret et Mylène Demongeot, Les Misérables (1958) de Jean-Paul Le Chanois avec Jean Gabin, Bernard Blier et Bourvil.

En 1965, le Parti communiste interdit tous les films produits.

En 1990, la réunification de l’Allemagne correspond au début de la crise affectant ces studios : absence de commandes étatiques de films, désintérêt des producteurs occidentaux, habitudes issues de la bureaucratie communiste, etc. En quelques années, l’effectif de ces studios diminue drastiquement : de 2 400 à 792.

1992 marque le rachat des studios par la Compagnie générale des eaux (CGE) et l’installation en leur sein des bureaux d’une chaîne de télévision du Land. Nouveauté : les touristes affluent pour découvrir ces studios mythiques. Ce qui crée 120 emplois.

A l’initiative de la CGE, notamment de sa filiale la Compagnie Immobilière Phénix (CIP), les studios Babelsberg associent tournages de films, plateaux pour des sociétés de (post)production ou de télévision, etc. Avec des tarifs inférieurs de 10% à ceux de Hollywood, des subventions étatiques… 

Le succès économique récent des studios provient aussi de la direction efficace des studios par le réalisateur Volker Schlöndorff (1992-1997), de leur rachat en 2004 à Vivendi Universal par FBB (Filmbetriebe Berlin Brandenburg GmbH) dirigée par Carl Woebcken et Christoph Fisser, des associations avec des firmes françaises et hollywoodiennes, et de la situation géographique près de cette Mitteleuropa. Il est patent lors des Berlinales.

Parmi les films tournés à Babelsberg  : Jakob the Liar (1999) de Peter Kassovitz avec Robin Williams, Alan Arkin et Liev Schreiber, Inglourious Basterds (2009) par Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz et Diane Kruger, Le Pianiste de Roman Polanski, Stalingrad de Jean-Jacques Annaud, Monuments Men (2014) de George Clooney avec Matt Damon, George Clooney et Cate Blanchett.

Au « travers des films emblématiques qui ont suivi, les réalisateurs content » l’histoire de « ce temple cinématographique, dont l’histoire mouvementée a toujours été liée aux fractures historiques vécues par le pays ». 

« Aux images d’archives de tournage, dans lesquelles se glissent de véritables trésors – comme les premières auditions de Marlene Dietrich pour L’ange bleu –, se mêlent les souvenirs de grands réalisateurs : Fritz Lang racontant comment il a échappé à Goebbels ou encore Wolfgang Kohlhaase se remémorant le passage des studios sous orbite communiste après 1945. Des acteurs de renom (Angelica Domröse, Uwe Kockisch, Michael Gwisdek) prennent également la parole pour dévoiler les coulisses de ce Hollywood allemand, qui attire aujourd’hui des pointures américaines telles que Quentin Tarantino ».

Arte diffusera le 25 mai 2016 à 22 h 10 Quand la RDA faisait son cinéma (Grosses Kino Made in DDR), documentaire de André Meier (2016, 52 min). "Retour sur l'histoire mouvementée du cinéma en RDA, à travers celle de sa société de production, la Defa, qui, de 1946 à 1992, produisit plus de 1 200 films. L'histoire du cinéma est-allemand est indissociable de celle de la Defa (Deutsche Film AG), société de production d'État, fondée en 1946 sous l'impulsion des autorités soviétiques. Avec à terme 2 200 employés, la Defa, installée dans le quartier de Babelsberg à Potsdam, a produit jusqu'en 1992 plus de 700 longs métrages de cinéma et plus de 500 téléfilms".

"Des productions qui reflètent l'histoire et les contradictions de la République démocratique allemande (RDA), et offrent un aperçu passionnant de l'évolution des représentations morales et idéologiques portées par ses cinéastes, depuis la lutte contre le militarisme et le rejet du nazisme jusqu'à l'affrontement Est-Ouest. Mais les réalisateurs de la Defa se trouvaient parfois écartelés entre les directives du Parti, les attentes du public et leur propre vision. Plusieurs films, critiques à l'égard du pouvoir ou esthétiquement trop audacieux - marque de la "décadence occidentale" - ont été frappés par la censure pour ne resurgir qu'après la chute du mur. Malgré le passage à l'Ouest de nombreuses stars, comme Manfred Krug, Armin Mueller-Stahl, Winfried Glatzeder ou Jutta Hoffmann, les succès restent au rendez-vous : La légende de Paul et Paula de Heiner Carow attire, en 1973, plus de 3 millions de spectateurs, et Jacob le menteur de Frank Beyer est nommé aux Oscars en 1977. S'appuyant sur de nombreux extraits de films et les interviews d'acteurs et de réalisateurs, ce documentaire retrace la passionnante histoire de l'ère Defa, et revient sur ses productions les plus marquantes. Il témoigne aussi de ses ambitions à l'échelle internationale, notamment par le biais de collaborations, dans les années 1950, avec des acteurs français aux sympathies communistes - comme Simone Signoret et Yves Montand, Gérard Philipe ou Michel Piccoli, venus tourner à l'Est".

  
« Les studios Babelsberg ou le Hollywood allemand  » de Alexander Lück et Daniel Finkernage
53 min
Sur Arte le 5 février 2015 à 0 h 20 

Visuels :
Les studios, au lever du soleil
© Finkernagel&Lück

Volker Schlöndorff
© Finkernagel&Lück

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 4 février 2015.

Barbra Streisand


Née le 24 avril 1942, Barbra Streisandcélèbre et talentueuse chanteuse, réalisatrice, productrice, compositrice, militante démocrate et philanthrope, Juive américaine y interprète des standards de Broadway et de Hollywood, alterne comédies musicales et drames, devant et derrière la caméra. Le 16 mai 2016, Barbra Streisand a annoncé la sortie de son prochain album, intitulé Encore: Movie Partners. Elle y interprétera des airs de Broadway. Le 26 mai 2016, à 15 h 15, le Cercle Bernard Lazare projettera Yentl de Barbra Streisand.


Barbra Streisand est née en 1942, dans une famille Juive de Brooklyn, à New York.

Son père, Emmanuel Streisand, professeur estimé, meurt quand Barbra a 15 mois. Sa mère, Diana, se remarie en 1949 avec Louis Kind.

« Une actrice qui chante »
Adolescente, Barbra Streisand débute comme chanteuse de nightclub.

En 1960, elle se produit dans un club gay The Lion à Greenwich Village (Manhattan).

Elle chante aussi au Canada, puis revient aux Etats-Unis en 1961.

La télévision s’intéresse à cette jeune chanteuse.

1962 marque ses débuts à Broadway.

En 1963, son premier disque The Barbra Streisand Album reçoit deux Grammy Awards.

Retour à Broadway en 1964 en interprétant le rôle de Fanny Brice dans Funny Girl avec des titres phares : People, composée par Jule Styne et Bob Merrill (“A feeling deep in your soul/says you were half, now you’re whole”),  et Don't Rain on My Parade. Quatrième album studio de l'artiste, People occupe le 7 novembre 1964 la  première place du Billboard, et y reste pendant cinq semaines. Avec plus d'un million de disques vendus, il devient disque de platine.
Un succès qui l’amène à Londres et lui vaut ses premières émissions télévisées centrées sur elle.
Barbra Streisand reprend ce rôle dans le film Funny Girl réalisé par William Wyler (1968) avec Omar Sharif. La relation amoureuse entre l'actrice Juive et l'acteur égyptien, chrétien converti à l'islam, crée une polémique.
Je suis arrivée à Hollywood sans avoir fait modifier la forme de mon nez, sans avoir fait poser de couronnes sur mes dents, ou sans avoir changé mon nom. C'est très gratifiant pour moi”, a déclaré Barbra Streisand.

Ses deux films suivants sont tirés eux aussi de comédies musicales : Hello Dolly! de Gene Kelly (1969) avec Walter Matthau et Louis Armstrong, et On a Clear Day You Can See Forever (Melinda) de Vincente Minelli (1970) avec Yves Montand.

De sa filmographie émergent des comédies, comme What’s Up, Doc ? (On s'fait la valise, Docteur ? 1972) avec Ryan O’Neal, The Way We Were (Nos plus belles années) avec Robert Redford (1973), une comédie dramatique sur fond de guerre froide et maccarthysme, et un remake de A Star Is Born (Une étoile est née, 1976) de Frank Pierson avec Kris Kristofferson.

Productrice – elle cofonde First Artists Production Company en 1969 avec Paul Newman, Sidney Poitier et Steve Mc Queen -, elle devient réalisatrice en 1983 avec Yentl, inspiré par une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, et The Prince of Tides (Le Prince des marées, 1991), avec son fils Jason Gould né de son mariage avec l’acteur Elliott Gould, et The Mirror Has Two Faces (Leçons de séduction, 1996).


Barbra Streisand excelle à surfer sur les vogues – disco -, multipliant les duos avec Johnny Mathis, Donna Summer, Tony Bennett ou Neil Diamond – tout en restant fidèle à son style et attirant des compositeurs de mélodies (Guiltyproduit par Barry Gibb contient Woman in Love). Lors de ce concert, elle chante avec le quatuor Il Divo notamment Somewhere.

Sa carrière décrite sur son site Internet s’apparente au tableau d’honneur de la première de la classe.

« Une actrice qui chante ». C’est ainsi que se définit Barbra Streisand dont la vocation la destinait à la comédie.

Arte a rediffusé Barbra Streisand Live in Concert de Barbra Streisand et Gary Smith (2009). La célèbre et talentueuse chanteuse, réalisatrice, productrice, compositrice, militante démocrate et philanthrope, Juive américaine interprète des standards de Broadway et de Hollywood devant le public conquis d’un concert en Floride en 2006. Eblouissante.
Naturel, professionnalisme, sensibilité, humour, lyrisme, élégance… Barbra Streisand déploie tous ses talents de chanteuse devant un public enthousiaste lors de sa tournée en 2006.

En Floride, accompagnée magnifiquement par son orchestre admirablement dirigé par Bill Ross, entre deux anecdotes teintées d'humour, elle enchaine Starting Here, Starting Now, Come Rain Or Come Shine, Funny girl, My man, The Way We Were, titre-phare du film realise par Sydney Pollack (1973) avec Robert Redford, People, Somewhere ou Don't Rain On My Parade.

Le coréalisateur Gary Smith capte les enthousiasmes des spectateurs, célèbres ou anonymes, les préparatifs, l’activité dans les coulisses, la relation d’amour partagé entre une artiste exigeante, distinguée par de nombreux prix – Oscar, Tony Award, Emmy Award, Golden Globe, Légion d’Honneur - et son public au cours d’une carrière couronnée par 51 disques d’or et 30 de platine.

La perfection.

En 2012, est sorti l'album Release Me de Barbra Streisand, suivi par la tournée Back to Brooklyn.

Le 17 juin 2013, lors de son séjour en Israël, Barbra Streisand a reçu un diplôme docteur en philosophie honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem qui abrite The Emanuel Streisand Building for Jewish Studies.  Elle a rencontré le Président Shimon Peres qui a fêté son 90e anniversaire.

Cette chanteuse a donné ses deux premiers concerts en Israël, au Bloomfield Stadium à Tel-Aviv les 20 et 22 juin 2013, devant 16 000 spectateurs. Elle a notamment interprété Avinu Malkeinu et Peoplepuis a entonné la HaTikva.


En 2013, le Museum of Jewish Heritage à New York a présenté le festival cinématographique Hello, Gorgeous! centré sur Barbra Streisand.


Le 16 septembre 2014, est sorti Partners36e album de Barbra Streisand, Douze standards américains interprétés en duos avec notamment Stevie Wonder, Michael Bublé (It Had to Be You), Blake Shelton (I’d Want It to Be You), Billy Joel (New York State of Mind) et Lionel Richie (The Way We Were) et en virtuel avec Elvis Presley (Love Me Tender). Selon la firme discographique Warner, il pourrait se vendre à plus de 150 000 exemplaire en une semaine, soit avant le 21 septembre prochain. Barbra Streisand a vendu 72 millions de disques aux Etats-Unis et 140 dans le monde.


Dans le cadre de la programmation Du Shtetl à Broadwayle cinéma Le Balzac projeta le 10 février 2015, à 20 h, Funny Girl  de William Wyler, avec Barbra Streisand et Omar Sharif. Le film était  précédé d'une présentation par le journaliste Denis Jeambar.

Le 24 novembre 2015, à la Maison Blanche (Washington), le Président Barack Obama a remis en particulier à Barbra Streisand et au réalisateur Steven Spielberg la Médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Celle-ci est distingue  des personnalités qui "ont contribué de manière particulièrement méritante  à la sécurité ou aux intérêts nationaux des Etats-Unis, à la paix mondiale, ou aux efforts culturels ou d'autres apports privés ou publics".

Le 16 mai 2016, Barbra Streisand a annoncé la sortie de son prochain album, intitulé Encore: Movie Partners. Elle y interprétera des airs de Broadway où elle a débuté avant d'entamer une carrière cinématographique.

Le 26 mai 2016, à 15 h 15, le Cercle Bernard Lazare projettera Yentl de et avec Barbra Streisand (1983, 132 minutes), Inspiré de la nouvelle d'Isaac Bashevis Singer : Yentl, the Yeshiva Boy (1962), ce film a pour interprètes principaux : Mandy Patinkin, Amy Irving. La musique est signée de Michel Legrand. Les paroliers des chansons sont Alan et Marilyn Bergman.

Barbra Streisand donnera des récitals lors de sa prochaine tournée.

Du 26 juin au 6 août 2013
Au Museum of Jewish Heritage à New York
Edmond J. Safra Plaza. 36 Battery Place. New York, NY 10280
Tél. :  646.437.4202  

Etats-Unis, 2009, 108 minutes
Diffusions :
- 31 juillet 2011 à 22 h 35
- 4 août 2011 à 2 h 15
- 20 mai 2013 à 0 h 30


Photos : © Sony Music Entertainment-Steve Shapiro


Articles sur ce blog concernant :
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- Judaïsme/Juifs
- Monde arabe/Islam
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Cet article a été publié pour la première fois le 31 juillet 2011.
Il a été republié le :
- 29 octobre 2012 en raison de la sortie de l'album Release Me et de la tournée Back to Brooklyn de Barbra Streisand,
- 14 mai, 17 et 25 juin, 28 juillet et 8 novembre 2013 ;
- 24 avril et 20 septembre 2014, 9 février et 30 novembre 2015.
Il a été modifié pour la  dernière fois le 25 mai 2016.

L’attentat islamiste contre la synagogue de la Ghriba


Le 2 juillet 2002, lors d’un repas-conférence, l’association Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie (ATPJT) a relevé les certitudes et contradictions relatives à cet attentat terroriste islamiste - 21 morts et 30 blessés - commis par l'islamikaze franco-tunisien âgé de 25 ans, Nizar Nawar d'al-Qaïda, avec l'aide de son oncle Belgacem Naouar. L'ATPJT a aussi remis un chèque de 3 550 euros à l’American Jewish Joint Distribution Committee (JDC) pour aider les Juifs tunisiens nécessiteux. Le 9 mai 2016, le bureau du contre-terrorisme israélien a publié un communiqué déconseillant de se rendre à La Ghriba en raison de menaces terroristes : « Des éléments terroristes continuent à opérer en Tunisie et à commettre des attaques, il y a donc un haut niveau d’alerte contre les cibles juives ». Le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, dans l’île de Djerba (Tunisie) aura lieu les 25 et 26  mai 2016. De 1 500 à 2 000 pèlerins sont attendusLes festivités se déroulent du 20 au 28 mai, selon le président de l’Association de la Ghriba, Perez Trabelsi. Peu avant ce pèlerinage, Mohamed Khelil, ministre des Affaires religieuses, a annoncé l'octroi de 15 000 dinars pour l'entretien de la synagogue de la Ghriba. 


Grâce à une recherche documentaire scrupuleuse, Bernard Allali, président de ATPJT, a retracé l’historique des événements liés à l’attentat islamiste du 11 avril 2002 contre cette synagogue de Djerba, le plus ancien lieu de culte d'Afrique. Sur un panneau, un montage d’articles et de photos appuyait ses propos.

Un attentat d'al-Qaïda
Ce matin-là, juste « après l’explosion, les autorités tunisiennes bouclent l’accès à la zone et les journalistes sont tenus à l’écart ».

Allié à la peur des Tunisiens, ce black-out favorise la circulation de rumeurs.

En fonction de leurs intérêts et de leurs sources, les autorités tunisienne, française, allemande et israélienne, ainsi que la communauté Juive locale ont adopté des thèses opposées - accident ou acte terroriste - répondent diversement à six questions : « S’agit-il d’un accident ou d’un attentat ? Quel est le nombre réel de morts et leurs origines ? La camionnette était-elle remplie de bonbonnes de gaz ou était-ce un camionciterne ? La camionnette était-elle garée devant la Ghriba ou était-elle en mouvement ? De quelle façon s’est fourni le chauffeur en gaz liquide ? Le terroriste présumé est-il encore vivant ? ».

Force est de constater que cet attentat antisémite qui a fait 21 morts, dont 14 touristes allemands et deux Français - Paul Sauvage et Mohamed Fatmi - et cinq Tunisiens, et 30 blessés, a été revendiqué par Al-Qaïda.

Conduite par l'islamikaze Nizar Nawar, la camionnette à l’origine de l’explosion était vraisemblablement garée devant la Ghriba, édifiée voici plus de 2 500 ans dans cette île du sud tunisien. L’enquête continue...

En mai 2002, le « voyage de solidarité » de personnalités françaises à la Ghriba est étonnant d’indifférence aux victimes.

« Lors de l’explosion, ma mère, mon fils et ma nièce se trouvaient dans la grande salle de la synagogue. Dans la salle mitoyenne, mon père a pris plus de temps pour se déchausser : il boitait et portait des prothèses aux hanches », confie Etienne Sauvage, fils de la victime française, Paul Sauvage, un modeste commerçant retraité.

Le parallèle entre l’attitude de la France et celle de l’Allemagne, dont le ministre de l’Intérieur, Otto Schily, s’est rendu le 21 avril 2002 à Djerba, est à l’avantage de cette dernière.

La plainte contre X déposée par M. Sauvage a été reçue avant que la France ne qualifie enfin cet acte d’attentat.

Invité par l’ATPJT, l’intéressé déplore le comportement de son pays qui contraste avec celui manifesté lors de l’attentat de Karachi : « consulat peu au fait de la situation et incrédule, absence de représentant de l’Etat à l’enterrement », refus du Quai d’Orsay de transmettre l’éventuel certificat d’autopsie, etc.

De plus, ce ministère a déclaré une seule victime au Fonds de garantie - le mort -, en omettant son épouse et ses petits-enfants traumatisés.

« C’est odieux et très éprouvant. Nous sommes pris dans un jeu politique et diplomatique qui nous dépasse. On vit mal cet abandon », conclut M. Sauvage, meurtri par certains articles de presse.

La famille Sauvage a relevé le contraste avec le traitement accordé aux familles des victimes de l’attentat de Karachi (Pakistan).


Pour aider les Juifs tunisiens dans le besoin, un chèque de 3 550 euros a été remis à Yechiel Bar-Chaim, directeur des Programmes de l’American Jewish Joint Distribution Committee.



Actualisation : En Tunisie, Belgacem Naouar, oncle de l’islamikaze antisémite franco-tunisien Nizar Nawar, qui avait commis cet attentat et s’était entraîné en Afghanistan, a été condamné à 20 ans de prison pour complicité. Une peine confirmée en 2007. En France, Christian Ganczarski, Allemand converti à l'islam, a été condamné en 2009 à 18 ans de réclusion pour complicité dans cet attentat, et Walid Nawar, frère de cet islamikaze qui vivait alors en France, à 12 ans de réclusion. Selon le site Tunisie-secretBelgacem Naouar aurait "été libéré de prison en février 2011, dans la foulée" du « printemps arabe ».


En 2011, le pèlerinage de la Ghriba a été annulé pour des raisons de sécurité, après le "printemps arabe".


Ce 11 avril 2012, pour la première fois, le président tunisien, en l’occurrence Moncef Marzouki, s’est déplacé pour commémorer cette tragédie.

Au nombre d’environ 1 500 âmes – 100 000 vers 1956 -, les Juifs tunisiens sont éprouvés par une recrudescence d’actes antisémites depuis le « printemps arabe » : slogans antisémites dans une manifestation à Tunis en février 2011, slogans anti-Juifs à Zarzis (août 2011), saccage et pillage de la synagogue Beth El à Sfax (août 2011), chants antisémites – « Il faut tuer les Juifs, c'est notre devoir », « Khaybar Khaybar ya Yahūd, jaysh Muḥammad saya’ūd » ("Khaybar, Khaybar ô Juifs, l’armée de Mahomet reviendra") - à l’aéroport de Tunis le 12 janvier 2012 lors de la visite du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, menaces - « Mort aux Juifs », « Massacrez les Juifs ! », « L’armée du messie est en marche » - le 13 février 2012 par des manifestants écoutant le cheikh égyptienWajdi Ghonim à Tunis, menaces et slogans antisémites (« Mort aux Juifs ») lors d'une manifestation de salafistes favorables à l’introduction de la charia dans la constitution (25 mars 2012), etc.

Le pèlerinage (Hiloula) à la synagogue de la Ghriba (Tunisie) s'est déroulé les 9 et 10 mai 2012. Ce qui correspondait à la fête juive de Lag Baomer. L'Etat d'Israël a déconseillé à ses ressortissants de s'y rendre en raison d'un risque considérable. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a annulé sa visite prévue les 9 et 10 mai 2012, dans la plus ancienne synagogue d’Afrique sur l’île de Djerba, en raison de l'antisémitisme en Tunisie. Environ 500 pélerins se sont rendus à la Ghriba.

Le 2 octobre 2013, Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), a alerté  sur des agressions commises impunément contre des Tunisiens Juifs sur l'île de Djerba et « a accusé la police de harcèlement » : lors d’un déjeuner festif, des policiers ont confisqué une « moto volée sans même vérifier les papiers du propriétaire. Ils ont tirés des gaz lacrymogènes et ne sont repartis qu'à l'approche d'un bus de touristes. En outre, un individu qui se présente « comme le nouveau Hitler » est entré par effraction dans la salle de prière d'une école juive, agressant devant des enfants un adulte présent. Il est accusé d'avoir agressé deux jeunes filles ». Malgré des plaintes et un emprisonnement durant 24 heures, cet agresseur n'est poursuivi que pour « atteinte aux biens d'autrui », sans que soit mentionné le caractère antisémite présumé des agressions. Yamina Thabet a ajouté que les Tunisiens Juifs « en ont marre d'être utilisés lors de visites officielles de responsables politiques comme un argument de l'existence d'une coexistence pacifique (avec les musulmans) alors que lorsqu'il y a des violations de la loi, ils sont les premières victimes de négligences ». Par ailleurs, « malgré une plainte judiciaire, aucune mesure n'a été prise contre un imam de la banlieue de Tunis qui lors d'un prêche diffusé à la télévision, avait appelé Dieu à éradiquer les juifs. Un appel à la haine raciale passible de un à trois ans de prison ». Le grand rabbin de Tunisie, Haïm Bitan, a affirmé  à Africanmanager, que « des citoyens de la communauté israélite de Djerba, ont été visés, dernièrement, par des agressions de la part d'inconnus, et ce à deux reprises. La première a été commise par deux individus qui s'en sont pris à la salle des prières d'une école israélite, alors que la seconde a visé trois citoyens juifs circulant dans une rue de l'île. Les forces de sécurité ont été informées de ces deux agressions et sont intervenues immédiatement ».


Le 9 mars 2014, les passagers israéliens d'un navire de croisière de la Norwegian Cruise Line (NCL), ancré au port de Tunis, ont été interdits de débarquer. La veille, le chef de la police de La Goulette a téléphoné à l'agence Tunisie Maritime, qui collabore avec diverses compagnies de croisière, dont la NCL, pour annoncer, sans l'expliquer, cette interdiction.


Le 14 avril 2014, Maurice Bchiri a été agressé à Djerba.

Des centaines, 1 500 ou 2 500 Juifs ont fait le pèlerinage à la Ghriba le week-end (16-18 mai 2014).


Le 22 mai 2014, Gabriel Uzon a été poignardé au cœur sur un marché de l’île de Djerba. L'agresseur a évoqué "la vengeance de la nation de Mahomet".



Le 29 mars 2015, jour de la marche à Tunis contre le terrorisme, René Trabelsi, directeur général de Royal First Travel (RFT), agence de voyage organisant des séjours lors du pèlerinage à la synagogue de la Ghriba, et un des dirigeants de la communauté Juive tunisienne, s'est fait photographié, portant l'affiche # TunisieMoiJYVais, à la droite de Mahmoud Abbas, lui-même au côté de Selma Elloumi, ministre du Tourisme.

En avril 2015, une campagne d'affichage dans les abribus de Paris a encouragé les touristes à se rendre en Tunisie. Les affiches représentent des personnalités - Bertrand Delanoë, ancien Maire de Paris, Michel Boujenah, comédien, Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, Juliette Gréco et Hugues Aufray, chanteurs - tenant un panneau rouge sur lequel est écrit en blanc "#TUNISIEMOIJYVAIS".

Le 2 mai 2015, le Premier ministre israélien a mis en garde les Juifs et les Israéliens désireux de se rendre au pèlerinage de La Ghriba en raison des menaces d'attentats terroristes les visant dans ce pays. Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a alerté sur les risques d'attentats terroristes en Tunisie, le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, dans l’île de Djerba (Tunisie) aura lieu les 6 et 7 mai 2015, lors de la fête juive de Lag Baomer.

Le 9 mai 2016, le bureau du contre-terrorisme israélien a publié un communiqué déconseillant de se rendre à La Ghriba en raison de menaces terroristes : « Des éléments terroristes continuent à opérer en Tunisie et à commettre des attaques, il y a donc un haut niveau d’alerte contre les cibles juives ». Le 18 mai 2016, lrésident de la République, Beji Caid Essebsi, a dialogué au Palais de Carthage avec le président de l’Association de la Ghriba, Perez Trabelsi, sur ce pèlerinage. Le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, dans l’île de Djerba (Tunisie) aura lieu les 25 et 26  mai 2016. De 1 500 à 2 000 pèlerins sont attendusLes festivités se déroulent du 20 au 28 mai, selon le président de l’Association de la Ghriba, Perez Trabelsi. Peu avant ce pèlerinage, Mohamed Khelil, ministre des Affaires religieuses, a annoncé l'octroi de 15 000 dinars pour l'entretien de la synagogue de la Ghriba. Le ministre de l'Intérieur a pris des mesures de sécurité exceptionnelles en vue du pèlerinage.


Le 25 mai 2016, est prévue une rencontre pour envisager la création d'un musée juif. La table-ronde est organisée sous le patronage du ministère du Tourisme et de l’Artisanat en partenariat avec la direction de Promotion des musées de l’INP, avec la collaboration du Comité la communauté juive en Tunisie, le Laboratoire du patrimoine et la Faculté des Lettres de La Manouba. Y assisteront la ministre du Tourisme Salma Rekik, le ministre des Affaires religieuses Mohamed Khelil, René Trabelsi, Président du Comité d’organisation du pèlerinage de la Ghriba, ainsi que Roger Bismuth, Président de la communauté juive en Tunisie. "Des discussions de haut niveau réuniront, entre autres, Habib Kazdaghli, historien et doyen de la faculté de La Manouba, Souad Toumi, conservatrice au musée du Bardo, Zhor Rehihil, conservatrice au musée du Judaïsme marocain à Casablanca, Hélène Hoog, conservatrice au musée d’Art et du Judaïsme à Paris, et Nisya Allovi, Directrice du musée juif d’Istanbul"


ATPJT. BP 116. 75562 Paris Cedex 12. atpjt@wanadoo.fr


repères historiques de la tunisie du XVIIIe siècle a nos jours


Les Juifs vivent en Tunisie depuis plus de deux mille ans – leur présence est attestée dès le IIe siècle.  

1705
La monarchie beylicale est établie. On distingue les Juifs tunisiens (Touansa) et Granas, originaires de la ville toscane Livourne (Leghorn en hébreu) et plus généralement de l’ensemble de la péninsule italienne.


1857
Le bey Mohamed proclame le Pacte Fondamental qui accorde à tous ses sujets l’égalité des droits, supprimant ainsi le statut de dhimmis.


1881
12 mai. Signature du traité du Bardo qui place la Régence de Tunis sous protectorat français. La France assume la responsabilité de la défense et des relations extérieures soumises à l’autorité du résident général de France.


1883
8 juin. La convention de La Marsa complète le traité du Bardo.


1940




1941
Juin. Appel du général de Gaulle à Londres. Le gouvernement dirigé par le maréchal Pétain signe la convention d’armistice avec le représentant du IIIe Reich.
Novembre. statut des Juifs de Tunisie à l’instar de celui édicté en France en octobre 1940. Il est compété le 26 juin 1941.

20 mai. Pogrom  contre les Juifs à Gabès - sept Juifs assassinés et vingt Juifs blessés, maisons saccagées, magasins pillés - commis par des Arabes tunisiens.


1942
8 décembre. les armées de l’Axe occupent la Tunisie. Persécutions contre les Juifs : amendes collectives, prise d’otages, camps de travail forcé, rafle, amendes collectives, déportations, etc.
9 décembre. Rafle des Juifs de Tunis par les SS.


1943
7 mai. Les troupes Alliées libèrent Tunis.


1948
Lors de l’indépendance d’Israël, environ 105 000 Juifs vivent en Tunisie.
A la suite de l'application du plan Arabe visant l'exil forcé des Juifs de pays arabes, et d'émeutes antisémites dans le quartier Juif de la Hara (Tunis), la plupart d'entre eux quitte ce pays essentiellement de 1948 (recréation de l'Etat d'Israël) aux années 1960.


1954
31 juillet. Le président du Conseil Pierre Mendès France annonce à Carthage l'octroi de l'autonomie interne à la Tunisie et la formation d'un gouvernement tunisien chargé de négocier l’autonomie interne de la Tunisie.


1955
Septembre. Les conventions d’autonomie interne sont appliquées. Albert Bessis est ministre de l’Urbanisme du gouvernement de Tahar Ben Ammar.


1956
20 mars. La Tunisie obtient son indépendance.
8 avril. L’Assemblée constituante élit Habib Bourguiba à sa présidence.
L'administration est "tunisifiée".
L’économie tunisienne est mise en coopérative. Les entrepreneurs Juifs sont contraints de se doter d'un associé musulman.
Les relations postales avec l'Etat d'Israël sont rompues.


1957




1958
25 juillet. L'Assemblée constituante, élue le 25 mars, vote l'abolition de la monarchie beylicale et proclame la république. Elle élit Habib Bourguiba, Premier ministre sortant, président de la république.
La communauté Juive est expropriée du vieux cimetière de Tunis.

11 juillet 1958. "Loi spécifique au judaïsme : Remplacement des communautés juives par des commissions provisoires du culte israélite et suppression du statut personnel des Juifs".


1961



1961-      1962
Après des mois de crise, et des combats (entre 600 et 2 000 morts côté tunisien), la France évacue sa base militaire dans le port de Bizerte, près de Tunis. Violences.

 Les Juifs fuyant la Tunisie ne peuvent emporter "qu’un dinar (2 euros)".


1967



1982
Juin. Lors de la guerre des Six-jours (5-10 juin), des exactions antisémites ont lieu à Tunis le 5 juin : grande synagogue profanée, magasins pillés, etc. Le président Bourguiba condamne ces actes. Nouvel exode des Juifs.

Tunis accueille Arafat et le QG de l'OLP.


1987
Fin de la présidence de Bourguiba. Zine Ben Ali est élu président.


2002
11 avril. Un camion-citerne de gaz naturel bourré d'explosifs saute devant de la synagogue de la Ghriba (île de Djerba), tue 21 personnes et en blesse 30.


2003
Environ 1 500 Juifs demeurent en Tunisie.


2010
17 décembre. Mohamed Bouazizi, jeune vendeur de fruits et légumes, s’immole à Sidi Bouzid. Des manifestations et des émeutes se multiplient ; c’est le début de la « révolution du jasmin » émaillée d’actes antisémites et du « printemps arabe ».

2011
14 janvier. Le président Ben Ali et sa famille fuient en Arabie saoudite.
17 janvier. Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi nomme un gouvernement d'union.
1er février. Des responsables de la communauté juive de Gabès informent que la synagogue d'el Hamma, récemment restaurée et sise à 15 km de cette ville, a été incendiée, des rouleaux de la Torah brûlés et des tombes saccagées le 31 janvier 2011.
3 mars. Annonce de l'élection d'une Assemblée constituante de 217 membres.
23 octobre. Le mouvement islamiste Ennahdha est vainqueur de ces élections.
Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda, est nommé Premier ministre du gouvernement de coalition réunissant le Congrès pour la République (ou Al Mottamar) et Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol).
12 décembre. Moncef Marzouki élu président par l’Assemblée constituante.

2012
5 janvier. Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement du mouvement terroriste islamiste palestinien Hamas, dont la charte vise à la destruction d'Israël, est reçu à Tunis par Hamadi Jebali et le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi. Une foule l’accueille en brandissant des drapeaux tunisiens et palestiniens et en scandant : « Mort aux Juifs », « Avec notre esprit et notre sang nous libérerons la Palestine ».
Mars-avril. Manifestations violentes d’islamistes.
3 mai. Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné Nabil Karoui, patron de la chaîne de télévision Nessma, à une amende de 2 400 dinars (environ 1 200 euros) « pour la diffusion au public [en octobre 2011] d'un film troublant l'ordre public et portant atteinte aux bonnes mœurs », en l'occurrence Persepolis, film d’animation de Marjane Satrapi. Une scène de ce film représente Allah. Elle n’avait suscité aucun trouble lors de la diffusion du film dans les salles de cinéma, mais des islamistes s’en étaient indignés.

2013


2014


2015






































2016

25 juillet. Rached Ghannouchi, chef du mouvement islamiste Ennahdah, annonce l'avènement du califat et d'une "constitution islamique".
2 octobre. Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), a alerté  sur des agressions commises impunément contre des Tunisiens Juifs sur l'île de Djerba et « a accusé la police de harcèlement », tout en déplorant le laxisme.

26 janvier. Elue le 23 octobre 2011 après la révolution ayant renversé le président Zine el-Abidine Ben Ali, l'Assemblée constituante adopte la Constitution par 200 voix pour, douze contre et quatre abstentions 
27 janvier. Ce texte fondamental "est signé par le président de la République, Moncef Marzouki, le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar, et le chef du gouvernement, Ali Larayedh, au cours d'une cérémonie au siège de l'Assemblée".
Le préambule de cette Constitution "affirme l'attachement du peuple aux droits de l'homme et à son identité arabo-musulmane". Il souligne notamment "que la Tunisie doit participer à l'unification du monde arabe et appuyer les mouvements de libération, dont le mouvement palestinien". L'article 1 de la Constitution précise : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime ».

18 mars. Attentat islamiste au musée du Bardo (Tunis), ayant causé la mort de 24 personnes, dont 21 touristes.
26 juin. Attentat islamiste revendiqué par l'Etat islamique dans la station balnéaire de Port El-Kantaoui près de Sousse, et ayant fait 39 morts et 39 blessés.
24 novembre. Attentat contre un bus de la garde présidentielle qui a fait au moins 13 morts et 20 blessés, dont trois grièvement, au centre de Tunis. Levé en octobre 2015, l’état d’urgence a été décrété et un couvre-feu mis en place de 21 heures à 5 heures du matin.
10 décembre. Lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix 2015 au Quarter du dialogue national tunisien "pour sa contribution décisive à l'édification d'une démocratie pluraliste en Tunisie à la suite de la Révolution de Jasmin en 2011", ce Quartet, constitué de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, du Conseil de l'Ordre national des avocats de Tunisie et de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, a exprimé sa "douleur et son indignation à propos de ce qui s'est passé dans de nombreux lieux dans le monde. Voici quelques jours, notre capitale Tunis, et avant cela, Sousse, le musée du Bardo, Beyrouth, Paris, Sharm el-Sheikh et Bamako ont témoigné des incidents barbares et atroces dans lesquels des centaines de gens innocents ont été tués. Les sentiments de compassion et sympathie ne peuvent pas empêcher le chagrin et la souffrance des familles de victimes et autres qui sont tombées dans d'autres villes du monde... Aujourd'hui, nous avons un urgent besoin de dialogue entre civilisations, et de coexistence pacifique dans le contexte de diversité et de variation. Aujourd'hui nous avons un urgent besoin de faire du combat contre le terrorisme une priorité absolue, ce qui signifie la coordination constante et la coopération parmi toutes les nations pour assécher ses ressources et les détacher de leur environnement incubateur. Aujourd'hui, nous avons besoin d'accélérer l'élimination des zones sensibles dans le monde, et particulièrement afin de trouver une solution à la cause palestinienne et permettre au peuple palestinien l’exercice de son autodétermination sur sa propre terre et construire leur Etat indépendant". Il est significatif que ce Quarter n'ait pas évoqué Jérusalem parmi les villes ciblées par le terrorisme, et n'ait pas dénoncé le terrorisme palestinien. L'UGTT, la Ligue tunisienne des droits de l'Homme et l'Ordre des avocats tunisiens sont particulièrement virulents dans leur anti-israélisme.


7 marsAttentat islamiste de  l'État islamique (EI) à Ben Gardane contre les forces de sécurité tunisiennes.


Articles sur ce blog concernant :

Cet article avait été publié par Actualité Juive hebdo en 2002. Il a été republié :
- le 11 avril 2012, à l'occasion du 10e anniversaire de l'attentat d'al-Qaïda contre la synagogue de la Ghriba (Tunisie) ;
- 9 mai 2012 et 24 avril 2013 à l'approche du pèlerinage (Hiloula) à la synagogue de la Ghriba (Tunisie) du 26 au 28 avril 2013 ;
- 12 juillet 2013 à l'approche de la diffusion par France 5, les 13 juillet à 20 h 39 et 21 juillet 2013 à 10 h 30, du numéro d'Echappées belles intitulé Tunisie, les jasmins de l'espoir qui évoqua les Juifs de Djerba ;
- 4 octobre 2013 et 19 mai 2014, 6 mai 2015.
Il a été modifié le 25 mai 2016.