vendredi 24 mai 2013

Pour la deuxième fois, la Cour d’appel de Paris reporte son délibéré dans l’affaire al-Dura

 
Le 23 mai 2013, la Cour d’appel de Paris  a annoncé sa décision de reporter son délibéré au 26 juin 2013 dans la plainte pour diffamation initiée par France 2 et Charles Enderlin, son correspondant en Israël, contre Philippe Karsenty, maire-adjoint de Neuilly et directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings. Au centre du délibéré : le reportage controversé de Charles Enderlin et Talal Abu Rahma, diffusé par France 2 le 30 septembre 2000, et accusant Tsahal d’avoir intentionnellement, dans la bande de Gaza, tué l’enfant dénommé Mohamed a(l)-Dura et blessé son père Jamal.


En ce 22 mai 2013 ensoleillé dans ce printemps pluvieux et froid, le hall jouxtant la salle d’audience de la Cour d’appel de Paris bruisse de commentaires sur le rapport gouvernemental israélien intitulé The France 2 Al-Durrah Report, its Consequences and Implications  (Le reportage Al-Durrah de France 2, ses conséquences et ses implications) et remis  le 19 mai 2013 par Yuval Steinitz, ministre israélien des Affaires internationales, de la Stratégie et des Renseignements, au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Un rapport qui conclut que ce reportage controversé est une « mise en scène ». Pour l’avoir écrit en 2004, Philippe Karsenty avait été poursuivi par France 2 et Charles Enderlin pour diffamation. Une procédure judiciaire à rebondissements, et au cours de laquelle la vision des rushes de France 2 et l’analyse de rapports médicaux sur Jamal al-Dura, conjointement à d’autres faits incontestables, ont conforté la thèse de la mise en scène des faits allégués dans ce reportage controversé et aux conséquences dramatiques.

Philippe Karsenty annonce publiquement qu’il ne répondra pas aux questions de l’AFP, et il reproche à un journaliste d’avoir relaté de manière partiale ce rapport. Un dialogue tendu s’ensuit entre ce journaliste gêné et Philippe Karsenty.

La salle d’audience de la Cour d’appel de Paris se remplit vite de journalistes de médias audiovisuels, notamment anglophones et France 3, mais non de médias Juifs français.

Pour la troisième fois, Charles Enderlin est absent d’une audience de la procédure qu’il a initiée, avec France Télévisions, voici près de neuf ans. Il est représenté, comme le groupe audiovisuel public, par Me Bénédicte Amblard.
 
Deuxième report sans explication
La greffière de la Cour d’appel indique le report du délibéré au 26 juin 2013.

Vers 13 h 45, les trois magistrats de la Cour d’appel de Paris entrent dans la salle.

Jacques Laylavoix, président de la Cour, lit les délibérés dans plusieurs affaires.

Puis, il déclare que dans l’affaire opposant France Télévisions et Charles Enderlin à Philippe Karsenty, le « délibéré est prorogé au 26 juillet ». Sans explication.

Quelques minutes de flottement dans la salle en raison de ces deux dates distinctes.

Aussi pâle que ses bottillons aux talons hauts et fins sont écarlates, Me Bénédicte Amblard s’enquiert auprès de la greffière de la date du délibéré : 26 juin ou 26 juillet ?

Sur un ton assuré, la greffière maintient la date du 26 juin 2013, sous-entendant que le Président s’est trompé.
 
Un rapport célèbre et méconnu
Dans le hall contigu à la salle d’audience, Philippe Karsenty répond aux questions des journalistes. Aux questions de ceux-ci, on devine qu’ils n’ont souvent pas lu (entièrement) le rapport Steinitz. Philippe Karsenty est donc amené à faire œuvre didactique et à réfuter certains mensonges.

Sûr du triomphe prochain de la vérité, conforté par ce rapport, il indique que Christophe Bigot, « ambassadeur de France en Israël, a transmis à France Télévisions l’invitation à participer aux travaux du Comité chargé de rédiger ce rapport. France Télévisions a refusé de coopérer. Mais Nizar Fares, commandant druze de la position israélienne, a témoigné dans le rapport ». Christophe Bigot « a déclaré qu’il n’a pas à dicter la ligne de conduite de » ce groupe public audiovisuel.

Quant au Dr Yehuda David, il ne fait pas partie de la Commission. Son témoignage figure en annexe du rapport.

Jamal al-Dura « propose d’exhumer le corps de son fils ? On ignore si c’est son fils ou un autre enfant décédé, et dans quelles circonstances le décès est survenu. Même si des tests ADN démontraient un lien de parenté, ces circonstances seraient inconnues. France 2 allègue que l’enfant palestinien dont les funérailles ont été filmées serait Mohamed al-Dura. Or, il s’agit de deux enfants différents : l’hôpital de Gaza a reçu le cadavre d’un enfant palestinien à 10 heures du matin ; Charles Enderlin déclare qu’il est 15 heures quand Mohamed al-Dura meurt  ».

Philippe Karsenty « propose que France 2 désigne un expert afin d’examiner les cicatrices de Jamal al-Dura. En 12 ans, aucun expert médical n’a examiné ses cicatrices ! » Jamal al-Dura allègue que « 12 balles auraient touché son corps. Or, on ne voit de sang ni sur ses vêtements, ni sur son corps, ni sur le mur devant lequel il se trouve dans le reportage de France 2… » Constituée à la demande du CERIF, une première commission d'enquête a "été torpillée par Patrick de Carolis". « Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a réclamé ce matin la constitution d’une commission d’enquête  » sur ce reportage controversé.

Et Philippe Karsenty d’ajouter : « Je suis la cible d’attaques ad hominem. Mais nul ne répond aux questions soulevés, nul ne se prononce sur les faits constatés par ce rapport… La personnalité de Charles Enderlin ou de Talal Abu Rahma n’est pas en cause. Seul le reportage m’intéresse. Il est bidonné. C’est une mise en scène ».

Et d’alerter : « Financé par de l’argent public, France Télévisions se plaint de n’avoir pas assez d’argent. Or, elle paie des honoraires d’avocats pour couvrir la plus grosse imposture médiatique des temps modernes. Arlette Chabot a instrumentalisé l’institution judiciaire pour faire taire les critiques. Je ne me suis pas écrasé La vérité est de mon côté. Plus le temps passe, plus j’ai de soutiens. J’ai cité mes amis dans mon article  publié par Boulevard Voltaire. On a sûrement toutes les preuves de la mise en scène ».

Pourquoi ce rapport est-il rendu public maintenant ? « Mohamed Merah a déclaré avoir tuer des Juifs pour « venger les enfants palestiniens victimes d’Israël  ». Cet imaginaire est entré dans les banlieues ». Devant des journalistes incrédules, il cite le rappeur Rost  ayant évoqué en 2012, dans l’émission Salut les terriens !  de Thierry Ardisson sur Canal +, la « mort de Mohamed al-Dura ». Et c’est moi qui ai du indiquer qu’une note de bas de page en début de rapport cite Mohamed Merah.
 
Un dossier brûlant
« Ils ont peur », chuchote une spectatrice en entendant le Président de la Cour annoncer un deuxième report.

Six heures de débats judiciaires, plus de quatre mois de réflexion… Il faudrait donc encore un mois à la Cour pour rendre son délibéré !?

Lapsus révélateur du Président de la Cour ? Annonce prématurée de la date du prochain report du délibéré ? Le lapsus du Président signifierait-il que six mois seraient nécessaires à la Cour pour statuer ? Juin, juillet… Le délibéré serait rendu la veille de vacances scolaires . C’était la tactique judiciaire dans les procès de membres du gang des Barbares poursuivis pour le rapt, la séquestration, la torture d’Ilan Halimi victime française Juive en 2006 du gang des Barbares dirigé par Youssouf Fofana  : les Cours d’assises des mineurs de Paris et de Créteil avaient rendu leurs verdicts peu avant les vacances respectivement d’été et d’hiver.

Comment expliquer ces reports successifs, sans motivation ? Recherche d’une stratégie pour s’extraire d’une affaire délicate à l’écho international ? Conscience, rendue plus aigue par la publication du rapport gouvernemental israélien, de l’importance de son prochain arrêt dans une affaire confinant à la « politique arabe de la France », au retentissement international, et aux effets tragiques ? Ordre du cabinet de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et plus particulièrement de son conseiller particulier, Me Jean-François Boutet, « un avocat à la Cour de cassation très engagé dans l’affaire al Dura et contre Philippe Karsenty, toujours en activité au sein de son cabinet, la SCP Boutet. Un cabinet représentant Canal + dans le procès en cassation opposant la société Canal + et Philippe Karsenty  ? Une ingérence rendue vraisemblable aussi par le non respect du principe de neutralité de la ministre de Justice qui, en violation du droit de tout justiciable à un procès équitable, a pris une position partiale en faveur d'Anticor, association dont elle est membre du Comité de parrainage, dans le procès pénal contre Patrick Buisson dans l'affaire des sondages commandés par l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

A noter qu’aurait été reporté le délibéré de la Cour de cassation dans la procédure visant à casser l’arrêt  ayant condamné le journaliste Clément Weill-Raynal, poursuivi  par Jamal al-Dura .

Ces reports successifs augmentent la pression pesant sur la Cour d’appel de Paris. Plus celle-ci reporte la date de son délibéré, plus des faits corroborent les dires pour lesquels est jugé Philippe Karsenty, plus elle s’enferre dans une affaire brûlante qui n'a pas carbonisé le prévenu, mais où s’est embourbé le groupe audiovisuel public.

La Cour d’appel de Paris relaxerait-elle Philippe Karsenty, les plaignants envisageraient vraisemblablement un pourvoi en cassation dans l’espoir qu’une Cour d’appel autrement composée condamnerait Philippe Karsenty. Mais ce serait un pari risqué. Le temps joue pour le prévenu. Déjà, au sortir de l’audience du 3 avril 2013, Philippe Karsenty avait annoncé la révélation prochaine de faits majeurs. Et ce rapport gouvernemental israélien vient d’être rendu public…

Condamnerait-elle Philippe Karsenty, la Cour d’appel de Paris aurait du mal à motiver son arrêt, et risquerait de se ridiculiser.

En outre, c’est une institution judiciaire affaiblie qui va statuer. Elle est éclaboussée par le scandale du « Mur des cons », ce panneau réunissant les photographies des personnalités honnies, méprisées et injuriées par le Syndicat de la Magistrature. Un honteux « Mur des cons » révélé par Clément Weill-Raynal, chroniqueur judiciaire de France 3.
 

« Décor » d’Adel Abdessemed


Cet article est republié alors que des conservateurs examinent le retable d'Issenheim afin d'établir la cartographie des dommages de ce chef d'oeuvre médiéval en vue de sa restauration, et à l'approche de la diffusion par Histoire, le 25 mai 2013, d'un documentaire sur un retable.

Autour du 500e anniversaire du retable d’Issenheim, le musée Unterlinden de Colmar présente l’œuvre « Décor » d’Adel Abdessemed, composée de quatre Christ, en regard de la Crucifixion de Grünewald qui les a inspirés. Achetés par François Pinault, riche homme d’affaires français et collectionneur d’art moderne et contemporain, quatre Christ constituent cette œuvre expressive, en fil de fer barbelé, présentée pour la première fois au public. Le parallèle par Frédérique Goerig-Hergott entre ces Christ et les prisonniers de Guantánamo choque.
 

Chef d’œuvre de la collection du musée d’Unterlinden de Colmar, le retable d’Issenheim, haut de trois mètres, est composé de panneaux peints s’articulant autour d’une caisse centrale constituée de sculptures. Ses créateurs ? Deux maîtres allemands du gothique tardif, le peintre Matthias Grünewald, pour les panneaux peints (1512-1516), et Nicolas de Haguenau, pour la partie sculptée antérieure (autour de 1490).

Le retable d'Issenheim est destiné au couvent des Antonins à Issenheim, au sud de Colmar (Haut-Rhin), où il décore le maître-autel de l’église.

Pour ses 500 ans, le musée d’Unterlinden a placé en face du retable qui l’a inspirée, l'œuvre Décor de l'artiste Adel Abdessemed.

Né à Constantine (Algérie), cet artiste controversé est formé à l’Ecole des Beaux-arts d’Alger, puis de celle de Lyon. En 2009, la galerie David Zwirner à New York présente son exposition Rio. Ses créations sont présentes dans les collections publiques, notamment au Centre Georges Pompidou qui lui consacre une exposition (3 octobre 2012-7janvier 2013), au musée d’Art moderne (MAM) de la Ville de Paris, dirigé depuis 2006 par Fabrice Hergott, et au musée d’Israël à Jérusalem. Un « catalogue raisonné de son œuvre paraitra en 2013, fruit de la collaboration entre la galerie David Zwirner, Pier Luigi Tazzi et Steidl Verlag ».

Créée aux Etats-Unis, exposée pour la première fois en Europe, cette œuvre est constituée de quatre Christ grandeur nature en fils de fer barbelé, Décor est apposée contre un mur latéral de la chapelle en pierres. Ce matériau brut, dur, source potentiel de blessures est tordu, noué pour former le corps du Christ crucifié, souffrant, mourant.

Dans le catalogue l’ouvrage publié aux éditions Xavier Barral,  Frédérique Goerig-Hergott, conservatrice (Art moderne et contemporain) au musée d’Unterlinden, écrit :
« La scène de la Crucifixion peinte par Grünewald présente le moment précis de la mort du Christ, dans cet univers bouleversé par les ténèbres qui ont envahi la terre en pleine journée. (…) Sensible aux représentations symboliques et à toute forme de langage universel, Adel Abdessemed ne pouvait figurer ce cri autrement que par l’essence même de la cruauté et de l’oppression : le fil de Fer barbelé coupant comme des lames de rasoir, ordinairement utilisé pour la défense militaire des frontières ou dans le camp de Guantánamo ».
Préfacé par François Pinault, ce catalogue est coécrit par l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, Eric de Chassey et Giovanni Careri. Qu’en pensent-ils ?

Ce parallèle avec Guantánamo, camp américain de détention de "combattants illégaux" arrêtés lors de la guerre contre le terrorisme islamiste, semble pour le moins choquant. D'autant plus en ce triste onzième anniversaire des quatre attentats islamistes aux Etats-Unis, dont contre les Twin Towers. Les barbelés me font penser  d'abord à ceux des camps nazis de concentration et d’extermination. A Gitmo, qui serait selon cette conservatrice le Christ ? L’artiste et la conservatrice n’ont pas répondu à ma demande d’interview sur ce parallèle.

Le 28 avril 2012, Le Monde a publié l’article A Comar, François Pinault « crucifie » Nicolas Sarkozy. Cet ami de l'ex-Président de la République Jacques Chirac a déclaré : « Ce n'est pas le passé qui nous domine, mais les images du passé… Dans le contexte actuel, c'est important, les choses sont rarement une coïncidence. C'est une façon de me révolter contre les gens qui ne savent pas pour qui ils votent. Qu'ils viennent ici devant les Christ... Présomption de légitime défense, c'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! [le Président de la République et candidat à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy] perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker de 1945 ».Encore des parallèles choquants.
 

Jusqu’au 16 septembre 2012
1 rue d'Unterlinden. 68000 Colmar
Tél. +33 (0)3 89 20 15 50
Tous les jours de 9 h à 18 h 
 

Visuels :
Adel Abdessemed
Décor, 2011-2012
Razor wire (fil de fer barbelé)
Four elements, each:
88 x 68 1/2 x 16 inches
223.5 x 174 x 40.6 cm
Courtesy of Adel Abdessemed and David Zwirner Gallery
 Collection François Pinault Foundation

Retable d’Issenheim,
1512-1516
Technique mixte (tempera et huile) sur panneaux constitués d’étroites planches de tilleul assemblées à joints vifs
Maître-autel de l’église de la commanderie des Antonins d’Issenheim
Présent dans les collections du musée dès sa création
© Musée Unterlinden, Colmar
Musée Unterlinden, Colmar
 
 
Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié les 11 septembre et 23 décembre 2012 lors de l'exposition Je suis innocent d'Adel Abdessemed au Centre Pompidou.
 

jeudi 23 mai 2013

« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau


Cet article est republié alors que l'un des deux assassins islamistes de Lee Rigby, jeune soldat britannique massacré au nom d'"Allah Aqbar", est un chrétien converti à l'islam.

Qui sont ces Américains, Européens ou Australiens convertis à l’islam radical ? Quels sont les parcours et motivations de ces djihadistes ?
C’est à ces questions cruciales que répond Paul Landau, dont on avait remarqué le précédent essai, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe (2005), dans ce livre passionnant sur ces conversions « relationnelles (instrumentales et non instrumentales) ou/et rationnelles (intellectuelles, mystiques et politiques) » (Stefano Allievi).
Une réalité difficile à cerner par l’absence de statistiques et d’études fiables
Dans ce livre passionnant, l’auteur brosse les portraits et décrit les parcours de ces islamistes, en insistant sur ce qui distingue leur engagement de celui dans des mouvements gauchistes et sur le risque qu’ils fassent des émules.
Puis Paul Landau conclut à l’impossibilité de déterminer un profil-type, tout en relevant « l’importance des liens familiaux et sociaux dans le développement des réseaux islamistes, l’absence d’éducation religieuse poussée », et des « éléments catalyseurs » tels « une grande instabilité affective, un goût de l’aventure, une tendance à la révolte contre leur éducation, contre leur environnement et l’Occident en général, le décalage entre l’image sympathique donnée d’eux par leurs proches et avocats, et le visage beaucoup moins innocent qui ressort des enquêtes policières et de leurs propres déclarations ».
L’auteur offre un panorama des convertis qui adoptent une double conversion, à l’islam d’abord, puis à "l’islam radical". Un islam vécu par ces convertis prosélytes comme « une religion morale ».
Ces conversions à l’islam dans des quartiers populaires s’apparentent à une forme d’assimilation à rebours (conversions de « Français de souche »), d’acculturation à un environnement ayant changé. Les procès du gang des Barbares dirigé par Youssef Fofana ont révélé que plusieurs membres de ce gang s’étaient convertis à l’islam.
Un mouvement de conversion « qui a redoublé d’ampleur au lendemain des attentats terroristes  islamistes du 11 septembre 2001 revendiqués par al-Qaïda".
Les lieux de prosélytisme ? La prison, la mosquée et Internet.
Ces convertis sont sélectionnés « pour le djihad ou les tâches de propagande et de logistique » lors de leur séjour dans des camps d’entraînement.
Paul Landau souligne l’importance de ces convertis pour les islamistes - al-Qaïda, le Hezbollah ou le Lashkar e-Taiba - : conseiller en communication (Adam Gadahn), islamikaze telle la Belge Muriel Degauque, taliban comme l’Américain John Walker Lindh ou l’Australien David Hicks, « anciens moudjahidine reconvertis dans l’islamo-gangstérisme » comme le Français Lionel Dumont, « émir aux yeux bleus » comme l’Allemand Christian Ganczarski, prédicateur (da’wa) tel Olivier Corel, « cibles et acteurs des filières de recrutement [assumant] des tâches de logistique et de soutien », etc.
L’auteur déplore enfin les carences de l’Occident, « un des fronts du djihad et base arrière où sont radicalisés, recrutés et parfois entraînés » ces convertis, les lois inadaptées au combat contre le djihad, la collaboration tardive entre pays, les divisions internes occidentales, l’attitude française paradoxale d’« efficacité contre le terrorisme islamiste et laxisme envers l’islamisme politique », etc.

Exemple : la France a accordé un visa au qatari et sunnite  cheikh al-Qaradawi, président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche et prédicateur souvent invité par al-Jazeera, au prédicateur égyptien salafiste Mahmoud al-Masri - tous deux exhortent à tuer les Juifs, et al-Qaradawi est favorable à l'exécution des homosexuels -,  et à Cheikh Omar Abdelkafi Chahata pour permettre leur participation au congrès de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) le 6 avril 2012 au Bourget, près de Paris.

Ce Conseil a notamment émis deux fatwas considérant la polygamie comme « un droit  », et exhortant les musulmans du monde entier de fournir « tous les efforts pour résister à l'occupation et libérer Al-Qods », c'est-à-dire Jérusalem (Israël). Le 21 juillet 2007, lors d'une émission pour enfants destinée à la chaine égyptienne al-Nas, Mahmoud al-Masri a déclaré que, si le mensonge est interdit, il est cependant autorisé à un musulman dans trois hypothèses : à une épouse sur des thèmes sentimentaux, à l'ennemi en temps de guerre et pour réconcilier deux rivaux musulmans.

« Je remercie personnellement Monsieur Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, d'avoir été attentif à nos différentes demandes et d'avoir arbitré contre les visas accordés par le quai d'Orsay pour Messieurs Yûsuf Al-Qaradâwî  et Mahmoud al-Masri, qui sont des prédicateurs de la haine et n'ont rien à faire en France en ces temps si troublés », a déclaré Dominique Lunel, interface entre le gouvernement et la communauté juive française, le 23 mars 2012, en fin d'après-midi.

Le cheikh al-Qaradawi « a un passeport diplomatique [qatari]. La France n'a [donc] pas délivré de visa pour ce prédicateur. Il n'y a pas eu de défaillance des services consulaires. La France s'opposera s'il maintient sa venue en France. Le gouvernement français ne souhaite pas la venue de prêcheurs extrémistes sur son territoire, prend et prendra toutes les mesures nécessaires pour que ce genre de personnages ne viennent pas diffuser sur le territoire de la république française un message de haine raciste, antisémite  », a déclaré Henri Guaino, conseiller spécial du Président Nicolas Sarkozy, le 25 mars 2012, sur Radio J, radio de la fréquence Juive francilienne, en évoquant une éventuelle mesure d'interdiction du territoire. Il a souligné « les excellentes relations de confiance et d'amitié » entre la France et le Qatar. Selon le site musulman Saphirnews, « les deux cheikhs visés sont en effet venus de nombreuses fois en France sans que rien ne leur soit reproché. Mahmoud El-Masri est d'ailleurs venu sans problèmes lors du Rassemblement annuel des musulmans du Nord en février dernier ».

Ayant indiqué s'être rendu dans la bande de Gaza, Henri Guaino a aussi stigmatisé « l'injustice » caractérisant selon lui la situation des Gazaouis vivant « d'une certaine manière dans une prison à ciel ouvert puisque ces gens ne peuvent pas rentrer, ne peuvent pas sortir, ne peuvent pas se baigner dans la mer... Je ne vois pas en quoi tuer une petite fille et des soldats peut faire avancer la cause palestinienne ».

« Alors même que le Quai d’Orsay ne souhaitait divulguer aucun nom, quatre invités représentant un fort risque à l’ordre public viennent de se voir interdire leur entrée sur le territoire français pour le Congrès de l’UOIF. Il s’agit de Ayed Bin Abdallah al Qarni, Safwat al Hijazi, Egyptien, [Nda : l’ancien grand mufti de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem cheikh] Akrima Sabri, et Abdallah Basfar, Saoudien. Le quai d’Orsay, par la voix du ministre Alain Juppé a accepté de communiquer les noms des quatre  personnes interdites de territoire », a indiqué Dominique Lunel le 29 mars 2012. 


Paul Landau, Pour Allah jusqu’à la mort, enquête sur les convertis à l’islam radical. Editions du Rocher, 298 pages, 19 euros. ISBN 978 2 268 06640 0

Articles sur ce blog concernant :
Affaire al-Dura/Israël 

Cet article avait été commandé et non publié par L'Arche. Il a été modifié le 30 mars 2012
 Il a été publié les 23 mars, puis 10 octobre 2012 alors que la police française enquête sur l'attentat antisémite et islamiste contre une épicerie cacher de Sarcelles.
 

« Les Anges (dit-on) » et l'atelier d'Anne Gorouben au Memorial de la Shoah


Les 6 et 9 juin 2013, Anne Gorouben animera l'atelier Le Colporteur est un passeur au Mémorial de la Shoah. Du 19 juin au 13 juillet 2013, la Galerie La Ralentie présentera  l'exposition éponyme de la peintre Anne Gorouben. Exposant notamment en Europe et en Afrique, cette artiste - peintre, écrivain - développe une oeuvre inspirée par l'enfance, la littérature (Kafka), la poésie (Paul Celan), la difficulté à communiquer et la Shoah. Vernissage le mardi 18 juin 2013, à partir de 18 h.

 
Formée à l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, Anne Gorouben est une artiste primée qui a bénéficié de résidences à Dresde (1991), Berlin, Prague, Odessa (1997-1998) et New-York (1999).

« Je fais partie de la 3e génération », confie Anne Gorouben, dont l’histoire « familiale est douloureuse : un grand-père maternel tailleur survivant à Auschwitz, un père ancien enfant caché, auteur d’une autobiographie » qu’elle a illustrée. Cela a été longtemps une « mémoire sans récit, faite de silences et de non-dits ».

Un histoire douloureuse qu’Anne Gorouben a retracée dans son livre 100, boulevard du Montparnasse (Ed. Buchet-Chastel, Les Cahiers dessinés).

 
Un "art d'empathie"
A l’été 2000, au foyer Emmaüs de l’hôpital Sainte-Anne, Anne Gorouben a dessiné ceux qu’elle nomme « les habitants du crépuscule ».

En 2003-2004, dans le cadre de l’opération « Diffractions » célébrant les 20 ans du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) francilien, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté un pastel sec et fusain, aux tons gris-bleus sourds, sur carton (1995), acquis par ce FRAC, de l’artiste inspirée par le poème « Todesfuge » (« Fugue de mort ») écrit en 1945 par Paul Celan (1920-1970). Il l’a exposé avec l’enregistrement sonore du célèbre poème lu par l’auteur. Né en Roumanie, Paul Celan est élève à l’école hébraïque Safah Ivriah pendant trois ans, puis débute des études de médecine à Paris en 1938, et apprend la philologie dans sa ville natale, Cernauti. En 1942, ses parents sont déportés, et meurent. Paul Celan est envoyé dans des camps de travail en Valachie. En 1948, il s’installe à Paris, où il devient un traducteur réputé et poète d’expression allemande.

Ecrit en 1945, « Todesfuge » (« Fugue de mort ») évoque la Shoah et contient notamment ce vers : « La mort est un maître venu d'Allemagne ». Pour Anne Gorouben, la rencontre avec ce poème « fut brutale, une lecture que me fit un ami. Le poème de Paul Celan dénoua dans l’intensité de sa présence la douleur accumulée ». Elle ne l’a pas illustré, mais a établi des correspondances picturales : marquée par des douleurs familiales, elle a dessiné des bâtiments abandonnés, des gens et des dogues allemands et écrit « le texte du poème à la sanguine ». Elle a aussi animé un atelier pédagogique pour les classes de la 4e à la Terminale.

En 2004, La Belle Hortense (Paris) montrait pour la première fois son grand tableau et ses dessins préparatoires pour le film de Robert Bober et Pierre Dumayet « Correspondances Kafka » (2002). Elle a peint le couple impossible formé de l’écrivain tchèque germanophone et de Milena Jensenska.

En 2009, à l’Apostrophe, l’exposition d’Anne Gorouben était intitulée « Parler se fait rare », titre d’un poème de Luc Decaunes, et sous-titrée « Les êtres gyrovagues - l’échelle de Jacob – (café) – Enfermée dehors… »
 
Elle comprenait des œuvres de formats divers, souvent petits, regroupés comme les Chutes, en diptyques ou triptyques (le pastel Hommage à Maurice Quentin Delatour) : 15 formats en noir et blanc sur chutes de bois, 15 dessins de ses carnets, huit aquarelles, l’installation dans une boîte L’échelle de Jacob, et la série d’huiles sur toile, Les êtres gyrovagues (ce terme désignait des moines mendiants et errants).

Au foyer Emmaüs de l’hôpital Sainte-Anne, Anne Gorouben a dessiné ceux qu’elle nommait « les habitants du crépuscule » et dont « la souffrance psychique, et surtout la douleur des corps » la touchent.

Les thèmes récurrents inspirant Anne Gorouben ? C’est « la difficulté à communiquer, à s’exprimer, et la joie de pouvoir se rencontrer, de parler. Ce sont les gens, leur attitude, le visage humain qui m’intéressent. C’est le travail des corps dans l’ombre, dans la lumière. Ce qu’on cache, ce qu’on révèle. Ce qui se détache dans la pénombre, laisse deviner la personne. La peinture est un art d’empathie avec l’autre... Douceur et douleur cheminent ensemble dans mon travail », explique l’artiste.

Parallèlement, au Mémorial de la Shoah (2008-2009), elle a créé et animé l’atelier d’arts plastiques pour adultes Le Colporteur est un passeur. Elle y « aborde la vie juive avant la Shoah et s’inspire de musiques chantées ou instrumentales, de littérature et de poésie ». Son nom vient d’un mot russe signifiant « colporteur ». Celui-ci « est un passeur, un lien. C’est un élément important de la vie des familles ».  Un travail pictural à partir d'un objet "qui parle" au participant à cet atelier. « L’histoire d’une famille dont le récit a été impossible à transmettre, apparaît parfois à travers un objet, une photographie, un texte ou une image, qui semble condenser cette histoire. Chacun des participants est invité à venir avec un objet qui « lui parle » et à s’en inspirer pour réaliser un travail pictural ».
 

Dans l’attente du site Internet d’Anne Gorouben, on peut lire son livre, la voir au 30e Marché de la Poésie (14-17 juin 2012) à Paris sur le stand de Siranouche éditions, et découvrir son installation « Autoportraits dans la valise » au Colloque « CultureS et autofictionS » organisé par Isabelle Grell et Arnaud Genon à Cerisy-la-Salle (16-23 juillet 2012).
 
En mars 2012, lors du Salon du livre, elle a présenté son livre et avait ouvert les portes de son atelier au public - puis de nouveau du 7 décembre au 9 décembre 2012 inclus -. Dans son atelier, elle a montré des "fragments d'existences peintes "sur le motif"."Pendant le long temps de préparation de ce livre dessiné entièrement à la mine de plomb, j'ai retrouvé et retravaillé une série nombreuse d'aquarelles que j'avais laissées de côté. La couleur cohabitait avec le noir et blanc dense et lumineux que je recherchais dans les dessins. Je présente ces fragments d'existences peintes "sur le motif", moment partagé avec des gens dont à part pour quelques autoportraits, je ne connais rien qu'un temps et un lieu partagé, ce qui n'est pas rien". 
 

Anne Gorouben, 100, boulevard du Montparnasse. Préface de Geneviève Brisac. Ed. Buchet-Chastel, coll. Les cahiers dessinés, 2011. 128 pages. 18 €. ISBN : 978-2-283-02526-0

 
Les 6 juin 2013 de 19 h à 21h 30 et 9 juin 2013 de 15 h à 17 h 30
Le 14 octobre 2012, de 15 h à 18 h
17, rue Geoffroy-l'Asnier. 75004 Paris
Atelier tous niveaux, 12 participants maximum
Réservation par tél. : 01 53 01 17 25 ou par e-mail : marini.bambi@memorialdelashoah.org

 
Du 19 juin au 13 juillet 2013
22-24, rue de la Fontaine au Roi. 75011 Paris
Tél. : +33 (0)1 58 30 68 71
Du mardi au samedi, de 14 h à 19 h. Entrée libre
Vernissage le mardi 18 juin 2013, à partir de 18 h.


Le 7 décembre 2012 à partir de 18 h
Les 8 et 9 décembre 2012 de 14 h à 20 h
A son atelier
 230, rue Saint-Charles, 75015 Paris
Code 4364, puis interphone Gorouben, puis flèches rouges

 
Du 16 au 23 juillet 2012
Au Colloque « CultureS et autofictionS »
Au Château
50210 Cerisy-la-Salle
Tél : 02 33 46 91 66
 

Du 14 au 17 juin 2012
Place Saint-Sulpice, 75006 Paris
Jeudi 14 juin de 14 h 00 à 22 h 30, vendredi 15 juin de 11h 30 à 22 h 30, samedi 16 juin de 11h 30 à 22 h 30 dimanche 17 juin 2012 de 11h 30 à 20 h

Visuel d'Anne Gorouben :
Les Anges (dit-on), (publiés chez Siranouche édition)
pastel sec, 21 x 29,7 cm, 2012-2013

Les lieux de l'enfance,
150 x 90 cm,
Montparnasse 1994-1997

Articles sur ce blog concernant :
 
Cet article avait été publié en une version plus concise par L'Arche. Il a été publié sur ce blog les 14 juin, 7 octobre et 5 décembre 2012. Il a été modifié le 23 mai 2013.
 

Joana chante Aznavour


La chanteuse Joana Mendil se produira le 5 juin 2013, à 20 h 30, au Centre d'Art et de culture de l'Espace Rachi (75005 Paris). Son CD a pour titre Joana chante Aznavour Live au « Sentier des Halles »


« Je vous invite sur la planète Aznavour », annonçait Joana Mendil au public du Sentier des Halles, cette scène parisienne au climat intimiste, chaleureux. Une atmosphère bien rendue dans ce CD.

C’est un excellent répertoire de variété française, devenu vite classique, que cette artiste découverte par le grand public dans la Nouvelle Star 2006 et Les Dix Commandementsinterprète  en un style « jazzy », accompagnée de Romain Berrodier au piano, Frédéric Perrot à la batterie, Harry Gofin à la contrebasse et Patrick Maarek à la guitare.

Et c’est un enchantement.

Avec grâce, légèreté et aisance, Joana module sa voix douce en interprétant avec respect et sensibilité ces chansons, dont certaines datant du duo Roche-Aznavour. Jubilant sur Formidable. Emouvante dans Trousse chemise. Soulignant le talent de compositeur et de parolier valorisant une musique riche en mélodies et aux paroles disant la vie quotidienne, exprimant les sentiments et contant les souvenirs avec une touchante simplicité.

On peut écouter certaines chansons, visionner des extraits de spectacles et se procurer l’album du concert de 2008 sur http://www.myspace.com/joanamendil.


Le 5 juin 2013, à 20 h 30
Au Centre d'Art et de culture de l'Espace Rachi
39, rue Broca. 75005 Paris

Le dimanche 22 mai 2011 à 15 h 30
A l’auditorium du Conservatoire de Saint-Maur-des-fossés :
25, rue Krüger, 94100 Saint-Maur-des-fossés
Réservation au comité de jumelage de Saint-Maur-des-fossés : 01 48 89 59 10

Le 26 octobre 2009, à 19 h 45
Au Sentier des Halles.

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié dans une version plus concise par L’Arche dans son n° 612 de mai 2009.
Il a été publié sur ce blog le 16 octobre 2009 et modifié le 21 mai 2013.
 

mercredi 22 mai 2013

« L’Europe et le spectre du califat » de Bat Ye’or


Cet article est republié à l'approche de la diffusion sur France 3, à 21 h 55, de La Confrérie de Michaël Prazan.
 
Sous domination islamique, les indigènes non-musulmans - juifs, chrétiens, hindous, bouddistes, zoroastriens, etc. - vaincus à la suite du jihad se trouvent confrontés à cette douloureuse alternative : soit la conversion à l’islam, soit la reprise du jihad, soit la dhimmitude, un statut cruel et inégalitaire réservé aux non-musulmans (cf. lexique infra).
 
Universaliste, l’islam vise à appliquer la sharîa et à établir le califat, la gouvernance islamique mondiale à la fois politique, religieuse et législative.

Tel est le dessein de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), une organisation transnationale faîtière qui regroupe 56 pays et entité musulmans ou à majorité musulmane et 1,3 milliard de musulmans.

Un but avoué par les islamistes et dont ont pris conscience des responsables de l'administration Bush comme Dick Cheney, alors vice-président, et Donald Rumsfeld, alors Secrétaire à la Défense.


Dès les années 1970, l’OCI bénéficie d’une conjoncture favorable (cf. chronologie infra).

Forte d’avoir su unifier un continent européen en paix, l’Union européenne a cependant réduit la souveraineté de ses Etats membres et imposé les décisions de sa bureaucratie.

Après le double choc pétrolier et l’afflux des pétrodollars, en croyant assurer sa sécurité menacée par le terrorisme islamiste, marquée par l'alliance entre les dirigeants nazis et leurs homologues du monde arabe ou/et musulman ainsi que de l'adhésion enthousiaste de foules arabes pour le Führer et l'idéologie antisémite du IIIe Reich, elle s’est rapprochée du monde arabe, dont elle partage nombre d’idées, pour former Eurabia.

Ce faisant, elle sacrifie l’Etat d’Israël et les chrétiens d’Orient persécutés sur l’autel de ses intérêts et de ses faiblesses. Occculte son histoire. Néglige son identité. Impose une terminologie « politiquement correcte » qui imprègne aussi des médias...

Dialogue euro-méditerranéen, multilatéralisme, multiculturalisme, Alliance des civilisations (UNAOC), dialogue des cultures… Tels sont les instruments promus par une Europe négligeant son passé ou par une ONU (Organisation des Nations unies) influencée par une majorité automatique incluant les Etats et entité membres de l’OCI.

Les buts ? Affaiblir les Etats-Unis, superpuissance leader du monde occidental ; imposer des concessions unilatérales et sans réciprocité à un Occident culpabilisé par son passé colonial ; instiller la sharîa (finance islamique, interdiction du blasphème), etc.

Ainsi, à l’insu des populations européennes, et à des siècles de distance, des mécanismes institutionnels et des réseaux œuvrent au rétablissement du califat universel aboli par Atatürk en 1924. Un califat dont le siège serait à Jérusalem, ville définie comme la capitale de la « Palestine ». Ce qui révèle la volonté de détruire l'Etat Juif.

Par cet essai documenté, au style clair, synthèse augmentée et mise à jour de ses précédents travaux, déjà publié en italien (2009) et prochainement édité aux Etats-Unis, Bat Ye’or, essayiste qui a forgé le terme dhimmitude, offre des clés pour comprendre le monde contemporain et ses enjeux.

Un livre passionnant dont les analyses ont été involontairement validées par le refus de François Descoueyte, directeur du CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère) d'une conférence de presse de Bat Ye'or et le silence de média sur les faits analysés.


AddendumAhmet Davutoglu, ministre turc des Affaires étrangères, a déclaré les 3 et 4 mars 2013 : "Le Yémen et Skopje ont fait partie du même pays voici 110 ans... Les peuples qui ont historiquement vécu ensemble dans cette région ont été séparés au siècle dernier... Le siècle dernier a été seulement pour nous une parenthèse [que] nous allons fermer. Nous le ferons sans guere, sans appeler quiconque ennemi, sans être irrespectueux des frontières. Nous allons de nouveau relier Sarajevo à Damas, Benghazi à Erzurum à Batumi. C'est le coeur de notre puissance... Quand nous disons ceci, c'est appelé le "nouvel Ottomanisme".

Bat Ye'or, L'Europe et le spectre du califat. Editions Les Provinciales, 2010. 215 pages.  ISBN : 978-2-912833-22-8
 

QUELQUES REPERES CHRONOLOGIQUES

587 avant l'ère commune. Le roi Nabuchodonosor II détruit le Premier Temple qui avait été construit à Jérusalem par le roi juif Salomon, au Xe siècle, pour abriter l’Arche d’Alliance.

70. Reconstruit (19 av. JC-63) par Hérode 1er, roi de Judée, le Deuxième Temple est détruit par les Romains.

380. L’édit des empereurs Théodose et Gratien (édit de Thessalonique) impose le christianisme comme seule religion officielle et obligatoire de l’empire romain

632. A la mort de Mahomet, Abou Bakr est nommé calife.

661. Califat des Omeyyades, dont la capitale est Damas, jusqu’en 750.

732. Bataille de Poitiers au cours de laquelle Charles Martel, maire du Palais du royaume franc, victorieux, met un terme à l’expansion musulmane en France.

750. Califat des Abbassides, dont la capitale est Bagdad, jusqu’en 1258.

1095. La première des neuf Croisades permet l’accès des pèlerins à Jérusalem.
Création des Etats latins d’Orient qui disparaissent en 1291.

1261. Califat des Fatimides, dont la capitale est Le Caire.

1453. Constantinople est prise par les troupes menées par le sultan Mehmet II.

1492. Les rois catholiques espagnols achèvent la Reconquista de l’Espagne sous domination maure depuis 718.

1517. Califat ottoman qui s’étend sur une partie de l’Asie, de l’Afrique et une partie de  l’Europe de l’Est, et sera aboli en 1924 par Atatürk, président turc.

1529. Soliman II le Magnifique échoue à s’emparer de Vienne.

1571. Bataille victorieuse à Lépante de la flotte de la Sainte-Ligue contre celle ottomane.

1683. Vienne résiste victorieusement aux Turcs qui lèvent leur siège de la ville.

1801-1805. Première des deux guerres barbaresques gagnées par les Etats-Unis contre les Etats barbaresques en Méditerranée afin de n’avoir plus à payer de tribut pour la sécurité de leurs navires. La seconde guerre barbaresque se déroule en 1815. En mars 1794, le Congrès américain a adopté l'Act to provide a Naval Armament pour se doter de l'US Navy.

1924. Mustafa Kemal Atatürk, président turc, abolit le califat ottoman institué en 1517.

1933. Mohammad Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem, exprime son soutien au nazisme triomphant en Allemagne. Il devient un collaborateur efficace et rémunéré des nazis.

1945. 8 mai. La capitulation de l'Allemagne nazie marque la fin en Europe de la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle six millions de juifs ont été exterminés (Shoah ou Holocaust). Des nazis fuient vers l’Amérique latine et vers des pays arabes dont l'Egypte et la Syrie.

1948. 14 mai. Restauration de l’Etat d’Israël.
Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par les Nations unies dont le principal rédacteur est René Cassin.

1973. Guerre du Kippour : alors que l’Etat d’Israël est attaqué par des armées arabes, l’Europe ferme son espace aérien aux avions américains le ravitaillant.
Premier choc pétrolier : en quelques mois, le prix du baril de pétrole triple. Boycott arabe (OPEC ou OPEP, Organisation des pays exportateurs de pétrole) contre les pays amis de l’Etat juif.

1975. Publication de l’opuscule Eurabia.

1979. Deuxième choc pétrolier qui se traduit par une hausse considérable du prix du pétrole.

1989. Auteur des Versets sataniques (1988), Salman Rushdie est visé par la fatwa de l’ayatollah iranien Khomeiny l’accusant de « propos blasphématoires » envers l’islam.

1990. Déclaration du Caire des droits de l’homme en islam fondée sur la sharîa.

2001. 11 septembre. Attentats terroristes islamistes perpétrés par al-Qaïda aux Etats-Unis.

2004. Un islamiste tue le réalisateur néerlandais Théo van Gogh, co-auteur avec Ayaan Hirsi Ali, du film Soumission, dénonçant la condition des femmes sous l’islam.

2005. Le journal danois Jyllands-Posten publie 12 dessins sur Mahomet. Ce qui suscite l'ire de musulmans et des menaces de mort pour les auteurs de ces oeuvres, notamment Kurt Westergaard.

2006. Le Figaro publie Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? du philosophe Robert Redeker, qui est alors menacé de mort.

2008. Le politicien néerlandais Geert Wilders réalise Fitna, film critique sur l’islam. Menacé de mort, il vit sous protection policière.
Le Conseil onusien des droits de l’homme adopte une résolution sur La lutte contre la diffamation des religions.

2009. 29 novembre. Vote majoritaire en Suisse contre la construction de nouveaux minarets. Réactions négatives de la communauté internationale.

2010. 21 octobre. Le Conseil exécutif de l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) adopte cinq résolutions dont l’une islamise et palestinise deux sites juifs - le Tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem - et demande à Israël de les retirer de sa liste des sites du patrimoine national.


LEXIQUE

Blasphème : en islam, il détermine la condamnation des « infidèles » et des musulmans qui, accusés de ce délit, peuvent être condamnés à mort et même assassinés.

Califat : territoire gouverné par le calife conformément à la sharîa.

Coran : parole incréée d’Allah, révélée à Mahomet par l’ange Gabriel.

Da’wa : appel de l’islam ; prédication, propagation universelle de l’islam.

Dar al-islam : territoire sous gouvernance musulmane. Il se différencie du dar al-harb (domaine de la guerre), territoire visé par le jihad afin de le soumettre à l’islam et y appliquer la sharîa.

Dhimmi : non musulman soumis par les armées du jihad, il cède au calife sa terre et sa souveraineté en échange d’une protection contre le jihad. Cette protection lui assure une sécurité relative et conditionnée à des prescriptions et des discriminations avilissantes.

Eurabia : titre d’une revue et nom donné à un nouveau continent unissant l’Europe et le monde arabe par les tenants de cette idéologie.

Fiqh : jurisprudence islamique.

Frères musulmans : mouvement islamiste fondé par Hassan al Banna, en 1928, en Egypte.

Hadith : relation des actes et propos du prophète Mahomet. Un des deux fondements de l’islam avec la Coran.

Jihad : guerre obligatoire non abrogeable contre les infidèles.

Jizya : taxe coranique obligatoire pour les non musulmans dhimmis et qui doit être perçue avec humiliation (Cor. 9, 29).

Sharîa : gouvernance fondée sur le Coran et la Sunna.

Sunna : Compilations des hadiths et traditions se rapportant à Mahomet. Source avec le Coran de la juridiction islamique.

Théologie de la libération palestinienne : elle vise à extraire le christianisme de sa matrice juive.

Wakf : bien appartenant à Allah ou de mainmorte et géré au bénéfice de la communauté islamique ou d’œuvres charitables.


Articles sur ce blog concernant :
Articles in English

Cet article a été publié le 14 décembre 2010, puis le 23 mars 2013.