mercredi 19 juin 2013

Les Rothschild en France au XIXe siècle


Cet article est republié alors que le Recueil de Rotschild (The Rothschild Miscellany) vient d'être inscrit sur le Registre Mémoire du Monde de l'UNESCO. Proposé en 2012 par l'Etat d'Israël, ce "manuscrit unique généreusement enluminé et orné de somptueuses miniatures réalisées en feuilles d’or et d’argent et avec des pigments précieux. Les illustrations offrent un aperçu inhabituel des coutumes religieuses, de la vie quotidienne et des modes des juifs italiens pendant la Renaissance. Ce recueil est un sommet de la peinture hébraïque sur manuscrits du XVe et un exemple sans équivalent du patrimoine culturel que les juifs ont laissé derrière eux (très peu d’objets culturels juifs de cette période sont parvenus jusqu’à nous)". James de Rothschild avait fait don de ce manuscrit fabriqué en Italie au musée d'Israël.

La Bibliothèque de France (BnF) a proposé en son site Richelieu l’exposition éponyme, assortie d'une magnifique catalogue, et axée sur James de Rothschild (1792-1868). L’histoire des Rothschild, dynastie Juive importante, emblématique et éclairée de banquiers, mécènes et philanthropes profondément insérée dans l’histoire politique, économique, sociale, intellectuelle - saint-simonisme - et culturelle de la France et d’autres pays européens sur plusieurs siècles.



En 2004-2005 et 2006-2007, le musée du Louvre a consacré des expositions à la collection d’Edmond de Rothschild (1845-1934), fils du baron James de Rothschild et HaNadiv Hayadoua (Bienfaiteur bien connu) sioniste - dès 1882, achats de terres insalubres et infestées par la malaria situées en Eretz Israël à des propriétaires arabes résidant au Liban comme la famille chrétienne Sursock, soutien aux localités juives, etc. - inhumé avec son épouse en Israël en 1954. Une collection de plus de 60 000 chefs d’œuvre - Finiguerra, Léonard de Vinci, Raphaël, Mantegna, Robetta, Bosch, Dürer, van Dyck, Seghers, Rembrandt, David… -, du dessin et de l’estampe, de manuscrits et livres rares, donnée au musée du Louvre par les héritiers d’Edmond de Rothschild en 1935. Ce « don exceptionnel modifia structurellement les collections » de ce musée.

« C’est à la famille que nous devons tout, et la meilleure fortune dont nous jouissons, avec l’aide de Dieu, est notre dévouement les uns aux autres et notre unité », a déclaré James de Rothschild.

« Histoire d’une famille et portrait de la haute finance éclairée du XIXe siècle », cette exposition est centrée sur « la personnalité emblématique » de James de Rothschild. 


En 1812, James de Rothschild (1792-1868), un des cinq frères de la famille Rothschild de Francfort - Mayer Amschel (1744-1812) y fonde la banque -, arrive à Paris pour y créer une filiale de la maison Rothschild. Agé de 20 ans, il devient rapidement grâce à son talent dans les affaires un des « acteurs éminents du monde de la haute banque » éclairée du XIXe siècle. Des banquiers venus de toute l’Europe comme lui vont transformer Paris en une place majeure de la finance et participer à la révolution industrielle.

Dans cette dynastie, James de Rothschild en est la figure centrale, « l’archétype de l’homme d’affaires du XIXe siècle, et d’autres grands banquiers Juifs, tantôt alliés, tantôt rivaux », les frères Pereire et les Camondo. Une profonde divergence oppose les Rothschild et les Pereire sur le recours à des emprunts populaires.

Ainsi, James de Rothschild « s’investit dans les chemins de fer, en particulier la ligne Paris-Boulogne, la construction de la Gare du Nord et de toutes les gares qui ponctuent le trajet. Ce sont aussi des investissements dans les mines, les fonderies et l’urbanisation de Paris ». « Accompagnant la révolution industrielle, James de Rothschild investit dans les chemins de fer (ligne Paris-Saint-Germain, Compagnie des chemins de fer du Nord, Compagnie des chemins de fer de l’Est), les mines, le transport de marchandises (or, mercure, tabac, etc.), lance des emprunts d’État, achète un grand cru bordelais (Château-Lafite). La réussite de celui qu’on surnomme « le Grand Baron » résiste à une vertigineuse succession de régimes politiques et le conduit à côtoyer les plus grands hommes de son temps. Témoins de la vie mondaine des Rothschild, leurs demeures de la rue Laffitte et de Ferrières sont le cadre de nombreuses réceptions brillantes où l’on croise les plus grandes figures des arts et des lettres : Delacroix, Balzac, Heinrich Heine, Berlioz, Rossini ou Chopin ».

Par le destin de la famille Rothschild, cette exposition dans la galerie Mansart évoque l’histoire du premier XIXe siècle, « le passage d’une société aristocratique et rurale à une société bourgeoise et industrielle, du Premier Empire aux prémices de la République via la Restauration, le règne de Louis Philippe et le Second Empire », le mode de vie et de représentation de ces grands banquiers - hôtels particuliers, châteaux, grands crus, collections d’œuvres d’art - ainsi que leur rôle important de mécènes. Elle montre un monde brillant et raffiné, une vie mondaine intense et loin d’être superficielle.


Les Rothschild ont contribué à façonner l’Europe économique, bancaire, industrielle et culturelle du XIXe siècle. « Entrepreneurs, ces grands banquiers s’engagent dans l’industrie, les matières premières, les transports. Esthètes, ils animent autour d’eux une vie artistique très riche ». Philanthropes à une ère sans Etat providence, ils ouvrent un hôpital qui porte leur nom, soutiennent la recherche médicale, créent la fondation de l’hôpital Rothschild, ou œuvrent pour la promotion d’un nouvel urbanisme. Grâce à « leurs liens familiaux et leurs réseaux » - de Francfort à Londres, Vienne, Naples et Paris -, ils « essaiment leurs affaires dans différents pays ». « Collectionneurs passionnés d’œuvres d’art, ils ont joué le rôle de mécènes auprès des institutions françaises : musée du Louvre, Bibliothèque nationale, musée national de la Renaissance, château d’Écouen, musée des Arts décoratifs, musée Camondo, etc. »


Témoins de la « vie mondaine des Rothschild, leurs demeures de la rue Laffitte à Paris et de Ferrières sont le cadre de nombreuses réceptions brillantes où l’on croise les plus grandes figures des arts et des lettres : Delacroix, Balzac, Heinrich Heine, Berlioz, Rossini ou Chopin ». Balzac (La Maison Nucingen), Zola (L’Argent) ou Stendhal (Lucien Leuwen) s’inspirent d’illustres membres de la branche parisienne pour créer des figures romanesques.

Près de deux cents pièces, manuscrits, tableaux, photographies et documents d’archives… Il n’en faut pas mois pour évoquer le « mode de vie - châteaux, œuvres d’art et grands crus -, les activités bancaires, les entreprises industrielles, le rôle de philanthrope et de mécène culturel » des Rothschild au XIXe siècle.


Près de deux cents pièces, manuscrits, tableaux - La Laitière de Greuze, première œuvre achetée par James de Rothschild et conservée au musée du Louvre -, photographies et documents d’archives et de collections de divers musées… Il n’en faut pas mois pour évoquer le « mode de vie, les activités bancaires, les entreprises industrielles, le rôle de philanthrope et de mécène culturel » des Rothschild au XIXe siècle.

Citons des objets d’orfèvrerie - tabatière de la reine Victoria en orfèvrerie, diamant et émail (musée du Louvre), nautile monté en hanap avec la représentation de Neptune, en coquillage, orfèvrerie et vermeil, (musée national de la Renaissance, château d’Écouen) - ou des objets religieux telle cette plaque ornementale pour la Torah en argent, corail, perles et pierres semi-précieuses (musée d’art et d’histoire du Judaïsme), des manuscrits enluminés dont le Chansonnier de Jean de Montchenu du XVe siècle, le Bréviaire de Martin d’Aragon du XIV-XVe siècle, des autographes de Pierre Corneille et Madame de Maintenon (département des Manuscrits de la BnF) ainsi que des ouvrages à reliure précieuse de la bibliothèque de James-Édouard, le troisième fils de James et Betty et léguées par sa veuve à la Bibliothèque nationale de France en 1922 (département de la Réserve des Livres rares).

Ajoutons des photographies, dont une série de cartes de visites d’Eugène Disderi (1819-1889) représentant James de Rothschild ou l’Album de vues photographiques, Chemins de fer du Nord, Ligne de Paris à Boulogne, commandé par James, président de la Compagnie, au célèbre photographe Edouard Baldus (1813-1889), illustrant gares, rails et viaducs (département des Estampes et de la photographie de la BnF).
 

La dynastie
Un immense arbre généalogique de la famille Rothschild sur huit générations accueille le visiteur.

A son sommet : Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), fondateur de la dynastie.

Puis ses cinq fils et ses cinq filles. Banquier à Francfort, Mayer Amschel édifie avec ses fils un « réseau familial d’affaires et de commerce ». Amschel reste à ses côtés, Nathan va à Londres, Salomon à Vienne, Carl à Naples et James à Paris.

« Anoblis par l’empereur d’Autriche François Ier en 1822, les cinq frères font figurer dans leur blason un bouclier rouge - « rote Schild » en allemand - au centre de l’écu et cinq flèches symboles de l’unité de la famille, tenue par une main ferme, sans doute celle du père ».

Une unité renforcée par les mariages entre cousins des diverses branches.
 

À 20 ans, James de Rothschild arrive à Paris
James de Rothschild, le futur « Grand Baron », était le benjamin des fils et le cadet des dix enfants de Mayer Amschel Rothschild.

James a grandi dans la Judengasse - la rue des Juifs - à Francfort. Il est élève à l’école juive et a appris à écrire en « jüdisch », version francfortoise du yiddish. La langue de sa correspondance avec ses frères.

En 1809, James de Rothschild « séjourne en Angleterre chez son frère Nathan, le premier Rothschild à avoir émigré à l’époque où ce dernier diversifie son entreprise, délaissant le commerce du textile et d’autres marchandises pour s’intéresser au monde de la finance et transformer sa société « NM Rothschild» en « Rothschild Brothers ».

En 1812, James se fixe à Paris. En témoigne un rapport de la police.

Dès 1814, les frères Rothschild « sont chargés du financement de l’effort de guerre de la coalition emmenée par la Grande-Bretagne contre Napoléon Ier. La situation de James en France est pour le moins délicate et il doit user de tout son talent diplomatique, une fois la guerre terminée, pour que l’entreprise familiale puisse obtenir des contrats gouvernementaux face à des concurrents bien établis comme la maison britannique « Baring Brothers » et la maison parisienne de Jacques Laffitte ».

En 1816, à l’initiative de James, la maison de Paris est enregistrée au registre du commerce.

En 1817, James choisit comme siège de la société « Messieurs de Rothschild Frères » le quartier des affaires, à l’hôtel d’Otrante, situé rue Laffitte, ancienne propriété de Fouché. C’est la troisième entité de la firme Rothschild après Francfort et Londres.

L’empereur d’Autriche accorde alors aux cinq frères le droit d’utiliser une particule, puis les anoblit en 1822. Lors d’un voyage en Angleterre chez Nathan, son frère Salomon confie à James que « de Rothschild Frères » est un « grand sujet de conversation dans la capitale » : « il n’a jamais existé à Paris une maison aussi fameuse que la vôtre ».
 

James et Betty
En 1824, James épouse sa nièce Betty, âgée de 19 ans. Betty est la fille de son frère Salomon, installé à Vienne, et de Caroline Stern. Le couple aura cinq enfants : Charlotte, Alphonse, Gustave, Salomon et Edmond.

Les femmes de la famille Rothschild « sont encouragées à jouer un rôle dans la société, à être des hôtesses accomplies, à représenter leur famille dans ses activités philanthropiques, à s’occuper de l’éducation des enfants et à aider leur époux dans les affaires en rendant une myriade de services à leurs clients et à leurs amis ».

A l’instar d’autres femmes de la famille, Betty sera médiatrice entre les générations, notamment entre les pères et les fils. Elle jouera un rôle éminent dans la création de fondations caritatives. 

Banque, industrie et affaires
Après des guerres napoléoniennes, James et ses frères consacrent plusieurs années au règlement et aux transferts de subsides aux Etats victorieux.

Enrichi, James s’impose vite dans les milieux financiers de la haute-banque parisienne.

En 1820, il « accorde un prêt d’un million de francs au gouvernement de Louis XVIII face aux émeutes de juin survenues après l’assassinat du duc de Berry ».

Et ainsi, pendant un demi-siècle, James aide « les différents gouvernements, de la Restauration au Second Empire en passant par la monarchie de Juillet, au travers de prêts, emprunts, rentes et autres obligations. Banquier puissant, il a la confiance des souverains dont il gère les fortunes, celle de Louis-Philippe ou de la famille royale de Belgique, mais aussi des politiques comme Metternich ou Thiers et des artistes parmi lesquels Balzac et Vigny ».

En relation avec ses frères, James développe des activités commerciales : acquisition de coton aux Etats-Unis, de cigares à Cuba, de bois, de métaux précieux, or, cuivre et mercure. Mais il est surtout un des promoteurs de la modernisation de la société française et de son essor économique. Il joue un rôle essentiel dans le développement du réseau de chemin de fer français.

Il s’investit dans la création des Chemins de Fer du Nord, œuvre de sa vie, et participe au développement des lignes Paris-Orléans, Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) et aux Chemins de fer de l’Est.

James intervient aussi dans l’exploitation des minerais et des métaux, investissant dans les charbonnages de Belgique ou les mines de mercure d’Almadén, en Espagne.

Enfin, il s’intéresse aux vignobles : en 1868, il achète Château Lafitte, grand crû du Médoc, après que son gendre et neveu Nathaniel, le mari de sa fille Charlotte, a acheté Château-Mouton en 1853. 

Résidences
Résidence principale de James et de Betty, l’hôtel particulier du 19 rue Laffitte à Paris dans le IXe arrondissement de Paris, ancienne propriété de Fouché, abrite les bureaux de la banque et les appartements privés luxueux.

« L’hôtel du baron de Rothschild est comme on le sait, un des splendides hôtels de Paris… Au fond de la vaste cour qui le sépare du portail donnant sur la rue Laffitte et placées en bas du perron, deux statues tenant des torches dans lesquelles le gaz ingénieusement transformé brûle d’une façon toute pittoresque, attirent l’attention du passant et éclairent le visiteur. Une galerie règne de ce côté dans presque toute la longueur de la façade » (Édouard Ferdinand Beaumont-Vassy, Les Salons de Paris et la société parisienne sous Louis-Philippe Ier, 1866).

En 1817, à l’âge de 25 ans, James achète un château près de Paris, à Boulogne, entouré d’un vaste parc. En 1855, il le fait reconstruire entièrement dans le style néo-XVIIe siècle inspiré du château de Clagny, édifié par Mansart en 1680 à côté de Versailles. Le décorateur : le peintre Eugène Lami. Dans ce château, les Rothschild reçoivent la haute société parisienne, les personnalités du monde politique et du monde culturel lors de réceptions brillantes.

En 1838, James acquiert l’hôtel de Saint-Florentin, auparavant résidence de Talleyrand situé place de la Concorde, près de la rue de Rivoli, une adresse prestigieuse face au ministère de la Marine.

Entre 1853 et 1860, James fait construire un château à Ferrières, domaine acheté aux héritiers de Fouché en 1829. Sur les plans de l’architecte anglais Joseph Paxton, le château est achevé en 1860. Son aménagement et sa décoration sont de nouveau confiés à Eugène Lami. Ce château est confortable, luxueux ; sa décoration représentative du « style Rothschild » allie style Renaissance et Louis XIV, son grand hall et ses vastes salons sont les écrins de collections exceptionnelles d’œuvres d’art. Ferrières est le cadre de magnifiques réceptions et de chasses. Napoléon III, qui « l’honore de sa présence » le 16 décembre 1862, le décrira comme un « château des Mille et Une Nuits ». 

Collections de tableaux
En mai 1821, à 29 ans, James de Rothschild achète sa première toile, La Laitière de Jean-Baptiste Greuze (1783, Musée du Louvre, Paris). Il s’impose comme le premier collectionneur de sa famille. « Même si son père avait mené à Francfort un prospère négoce de monnaies, médailles et antiques, aucun des Rothschild n’a acquis d’œuvres de maîtres anciens avant l’arrivée de James à Paris, centre majeur du marché de l’art. A sa mort en 1868, sa collection compte une soixantaine de tableaux ».

Les « écoles hollandaises et flamandes sont les plus représentées avec une quarantaine de tableaux, notamment le Portrait de Willem van Heythuysen par Frans Hals et Le Porteur d’étendard de Rembrandt. Le goût de James l’inscrit dans la lignée des grands collectionneurs de la seconde moitié du XVIIe siècle. Sa collection se complète de tableaux de l’école française », Portrait de Mlle Duclos dans le rôle d’Ariane de Nicolas de Largillière, l’école italienne, La Sainte Famille d’Andrea del Sarto et l’école espagnole, Portrait de don Luis de Haro, marquis de Carpio de Vélasquez.

L’achat de deux primitifs flamands, La Vierge à l’Enfant avec saints et donateur par Jan Van Eyck (vers 1441 -1443) et La Fuite en Égypte de Hans Memling (avant 1494), conservés actuellement au musée du Louvre, est symbolique de la collection de James qui se distingue de celles de ses nombreux parents devenus collectionneurs à sa suite. James a développé un goût qui lui est propre et qu’il exprime avec audace, sans reculer devant des prix souvent élevés. La fonction première des tableaux qu’il achète est de décorer ses demeures ».

Sa fille Charlotte, baronne Nathaniel de Rothschild, fait don de La Laitière au musée du Louvre en 1899 et « lègue ses collections à de nombreuses institutions françaises, tout comme le feront ses frères et ses cousins ».

Henri de Rothschild, arrière-petit fils de Jamest et fils de James-Edouard, offre une bibliothèque à la BN.

Depuis plus d’un siècle, cette « tradition de mécénat est emblématique de la famille Rothschild ».

Parmi les collections d’œuvres d’art : de nombreuses représentations de la Vierge. C’est la figure de la maternité qui touche les Rothschild. 
 

Vie sociale et culturelle
James et Betty de Rothschild évoluent dans cette haute bourgeoisie qui, « comme la noblesse, ouvre ses salons et fait de Paris une ville de légende par ses soirées enchanteresses et ses mondanités brillantes ».

Dans « leur hôtel particulier de la rue Laffitte à Paris, ils invitent pour des concerts, tiennent quatre dîners par semaine réunissant trente à cinquante invités en habit du soir et donnent un bal tous les samedis soirs. La table de James et de Betty est la plus célèbre de Paris. Ils ont à leur service Antonin-Marie Carême (1784 -1833), l’un des plus talentueux cuisiniers de l’histoire de la gastronomie. Pour eux, il invente, entre autres, le soufflé, le saumon, et le filet de bœuf « à la Rothschild » .

Banquier, James finance des investissements français, lance des emprunts et des obligations d’état.

De son arrivée à Paris (1812) à sa mort (1868), il est « en relation avec les dirigeants politiques des différents régimes qui se succèdent » : Louis XVIII et la Restauration, Charles X, Louis-Philippe, l’éphémère Seconde République et le Second Empire. James et Betty sont particulièrement proches de Louis-Philippe et de sa famille. Grâce aux frères de James et au réseau de la banque Rothschild, ils nouent des relations amicales avec les familles royales et impériales d’ Europe.

Les Rothschild fréquentent aussi de nombreux artistes de leur temps. A leurs réceptions : des peintres, le baron Gros, Eugène Delacroix, Ary Scheffer et Ingres, ainsi que des écrivains. Client de la banque, Balzac dédicace son roman Esquisse d’homme d’affaires d’après nature à James et L’enfant maudit à Betty. Fils d’un banquier allemand, Heinrich Heine « fait partie du premier cercle des Rothschild et partage la vie de leur famille ».

Enfin, James de Rothschild voue une admiration sans faille pour les musiciens : la famille a une loge à l’Opéra, James commande à Hector Berlioz une cantate pour l’inauguration du tronçon de la ligne Paris-Lille en 1846, Chopin enseigne le piano à sa fille Charlotte et, pour elle il compose la très célèbre Valse en si mineur Opus 64. Preuve de l’intimité avec Rossini, les Rothschild le choisissent comme témoin au mariage de Lionel, le neveu de James, dans la maison familiale de la Judengasse, à Francfort.
 
Philanthropie
Dans la France des années 1840 et avant l’État-Providence, les malades, vieillards, orphelins et nécessiteux bénéficiaient d’initiatives de charité privée, souvent religieuse, pour pourvoir à leurs besoins. Malgré des bureaux de bienfaisance, et diverses tentatives d’organiser la solidarité parmi des groupes religieux, des pans entiers sont dépourvus de toute assistance. Ainsi, les Juifs n’ont pas d’hôpital à Paris.

James et Betty de Rothschild se distinguent par leurs actions dans de nombreuses entreprises philanthropiques, dont certaines visent la communauté juive : l’hôpital de la rue Picpus accueille des patients dès 1852, les dames de la famille Rothschild organisent des loteries au profit du Comité de Bienfaisance Israélite.

Dans certains cas, ces actions suppléent une carence dans le dispositif de bienfaisance : tels les dispensaires antituberculeux, les premiers logements sociaux de Paris et les aides à l’Assistance Publique.

Cette « dynamique philanthropique va se poursuivre au sein de la famille Rothschild pendant plusieurs générations, suffisamment longtemps pour voir des initiatives de bienfaisance ou de charité isolées se muer en philanthropie scientifique et en action sociale coordonnée ».
 

James de Rothschild, figure romanesque
Arrivé à Paris à 20 ans, James de Rothschild est demeuré jusqu’à sa mort dans ce pays dont il n’a jamais eu la nationalité. « Au fil des différents régimes politiques, il a conquis sa légitimité grâce à la confiance des gouvernants et de ses pairs de la haute banque, mais aussi grâce à sa vie sociale et aux réceptions de la rue Laffitte, du château de Boulogne et de Ferrières, qui lui ont permis d’honorer les personnalités de tous horizons, aussi bien politiques qu’artistiques ».

« Personnalité ancrée dans le monde des affaires et dans la vie mondaine de la haute bourgeoisie, riche, puissant, il rassemblait tous les éléments pour que la littérature s’empare de lui comme personnage de roman. Il devint ainsi un modèle pour trois des maîtres de la littérature du XIXe siècle, qui lui empruntent sans le camper totalement, des traits de sa vie » : Balzac dans La Maison Nucingen (1837), Stendhal dans Lucien Leuwen (1836) et Zola dans L’Argent (1881).

Dans ses mémoires, la comtesse Stéphanie de Tascher de La Pagerie, cousine par alliance de Joséphine de Beauharnais, écrit à propos de James lors de son décès le 13 novembre 1868 : « C’était positivement un grand financier, et il lui restera la gloire d’avoir été l’homme le plus riche de Paris. Il était le banquier des rois et le roi des banquiers. Son honorabilité et sa probité étaient au niveau de sa fortune ; il y joignait dit-on, une grande bienfaisance ».
 

Grands banquiers du XIXe siècle : les Pereire et les Camondo
En contrepoint de la partie principale dédiée à James de Rothschild, l’exposition présente deux grandes familles de banquiers représentatives de la haute-banque parisienne du XIXe siècle : les Camondo et les Pereire. Comme James de Rothschild, ce sont de grands financiers Juifs, « promoteurs de la société industrielle, acteurs de la vie mondaine et artistique, possédant de magnifiques demeures et des collections d’œuvres d’art léguées à leur mort aux grandes institutions françaises ».

Nés à Bordeaux, les frères Emile (1800 -1875) et Isaac (1806 -1880) Pereire se fixent à Paris dans les années 1820 et se lancent dans l’industrie et la banque. Leurs domaines d’intervention : la construction et la mise en exploitation des chemins de fer de Paris à Saint-Germain-en-Laye (1835-1837), de Paris à Versailles Rive-droite (1839). Les frères Pereire collaborent avec James de Rothschild sur le projet de la ligne Paris-Lyon (1840) et la création de la ligne Lyon-Méditerranée ; mais une rivalité et des divergences les opposent et croitront dans la banque et le chemin de fer.

Soutenu par Napoléon III, leur grand projet est la création en 1852 d’une banque de prêt à long terme pour l’industrie, le Crédit Mobilier, qui finance les travaux d’Haussmann, la création de la Compagnie générale transatlantique et la station balnéaire d’hiver d’Arcachon. Après la faillite du Crédit mobilier en 1867, les frères Pereire ne joueront plus de rôle de premier plan dans l’économie française bien qu’ils lui aient contribué à son essor très important.

L’épouse d’Isaac Pereire finance le premier vol d’Adler à bord de l’appareil L’Éole, qui se détache du sol pour la première fois, le 9 octobre 1890, dans les jardins du domaine Pereire du château de Gretz-Armainvilliers, à l’est de Paris.

Installés à Constantinople à la fin du XVIIIe siècle, les Camondo furent sans doute la famille Juive sépharade la plus puissante de l’Empire ottoman. Le manque de travaux historiques ne permet pas de décrire les origines de leur ascension sociale. Riches banquiers, ils se distinguent par leur dynamisme et leur philanthropie et sont perçus comme « Les Rothschild de l’Est ». Anoblis en 1867 par le roi d’Italie Victor Emmanuel II, les deux frères Abraham Behor et Nissim de Camondo se fixent peu après à Paris.

La génération suivante se passionne pour l’art. Fils d’Abraham Behor, Isaac est compositeur et soutient la construction du Théâtre des Champs-Elysées. A sa mort (1911), il donne au musée du Louvre toutes ses collections : mobilier, œuvres d’art d’Extrême-Orient et peinture impressionniste.

Passionné par les arts décoratifs français du XVIIIe siècle, son cousin Moïse rassemble une collection exceptionnelle dans son hôtel particulier de la rue de Monceau. Son fils unique, Nissim, meurt en combat aérien en 1917. A la mémoire de son fils, Moïse de Camondo lègue son hôtel et ses collections à l’Union centrale des Arts Décoratifs. Le musée Nissim de Camondo est inauguré en 1936.

Les derniers descendants de cette famille ont été déportés et assassinés à Auschwitz sous l’Occupation, lors de la Seconde Guerre mondiale.
  
Sous la direction de Claude Collard et Melanie Aspey, Les Rothschild en France au XIXe siècle. Éditions de la BnF, 2012. 196 pages, 130 illustrations. 36 €. ISBN : 978-2717725230
 
Jusqu’au 10 février 2013
5, rue Vivienne. 75002 Paris
Tél. : 01 53 79 49 49
Du mardi au samedi 10 h à 19 h. Dimanche de 12 h à 19 h

Visuels : 
Jeton permettant à Lionel de Rothschild de voyager gratuitement sur les chemins de fer du Nord, dont il était l’administrateur.
The Rothschild Archive, London 

Édouard Baldus, Chemin de fer du Nord, Ligne de Paris à Compiègne par Chantilly,Petites Vues photographiques, vers 1865
– Page de garde - Carte illustrée de Paris à Boulogne,
BnF, Estampes et photographie

Album photographique anonyme,
Locomotives, vers 1874 
Archives de la Compagnie des Chemins de fer du Nord
ANMT, Roubaix 

Bon de transport pour une caisse de lingots d’or
Fonds Rothschild, ANMT, Roubaix

Émile Zola, L’Argent, 1891
Séance à la Bourse
BnF, département Littérature et art 

Émile Zola, L’Argent, 1891
Séance à la Bourse
BnF, département Littérature et art 

Armoiries octroyées en 1822
exemplaire officiel illustré, reliure, 1843,
The Rothschild Archive London

 Baron James de Rothschild, vers 1820, huile sur toile
The Rothschild Archive London 

Chèque du 12 février1871 qui a permis le rachat rapide et complet de la dette de la France à la Prusse après la défaite de Napoléon III,
manuscrit,
Peter Schwabach and The Rothschild Archive London 

Catherine et Alexandre Serebriakoff : Vue de l’hôtel de la rue Laffitte à Paris
Copie. Aquarelle, vers 1867,
©ADAGP, 2012 Coll. Part. Rothschild Paris

Eugène Disdéri, James de Rothschild,
photographie Planche contact avec sept portraits,
BnF, Estampes et photographie

 Photographie d’Olympe Aguado, octobre 1856 : La cour à Compiègne, avec James de Rothschild (à gauche)
BnF, Estampes et photographie

 Château Lafite, étiquette d’une bouteille de vin, 1894
Collection Château Lafite

Anonyme,
La Banque du 19 rue Laffitte vers 1880
Coll. Part. Rothschild, Paris

Paul Castelnau,
hôtel particulier,  2 rue Saint Florentin, place de la Concorde
Tirage d’après autochrome
© Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, RMN

 Eugène Lami,
Hall du château de Ferrières,
vers 1860, aquarelle.
Collection particulière, France 

Eugène Lami, Sortie de l’Opéra,
huile sur toile,1835
BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra 

Billet de la Loterie israélite, fondée en 1843 pour récolter des fonds servant à financer d’autres œuvres philanthropiques,1
1846, Paris, Archives du CASIP-COJASOR
 
Hôpital Nathaniel de Rothschild fondé en 1871 à Berck-sur-Mer, Pas de Calais
The Rothschild Archive London
 
Invitation à la vente de charité au profit de l’hospice des vieux marins et vieilles matelotes envoyée par la baronne Laura-Thérèse de Rothschild, 1902
The Rothschild Archive, London
 
Honoré de Balzac,
La maison Nucingen, 1853
BnF, Bibliothèque de l’Arsenal

Léon Bonnat,
Le comte Abraham-Béhor de Camondo,
1882, huile sur toile
Les Arts décoratifs, musée Nissim de Camondo



Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié le 8 février 2013.
 

mardi 18 juin 2013

« Les Anges (dit-on) » d'Anne Gorouben


 Du 19 juin au 13 juillet 2013, la Galerie La Ralentie présentera  l'exposition éponyme de la peintre Anne Gorouben. Exposant notamment en Europe et en Afrique, cette artiste - peintre, écrivain - développe une oeuvre inspirée par l'enfance, la littérature (Kafka), la poésie (Paul Celan), la difficulté à communiquer et la Shoah. Vernissage le mardi 18 juin 2013, à partir de 18 h.

 
Formée à l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, Anne Gorouben est une artiste primée qui a bénéficié de résidences à Dresde (1991), Berlin, Prague, Odessa (1997-1998) et New-York (1999).

« Je fais partie de la 3e génération », confie Anne Gorouben, dont l’histoire « familiale est douloureuse : un grand-père maternel tailleur survivant à Auschwitz, un père ancien enfant caché, auteur d’une autobiographie » qu’elle a illustrée. Cela a été longtemps une « mémoire sans récit, faite de silences et de non-dits ».

Un histoire douloureuse qu’Anne Gorouben a retracée dans son livre 100, boulevard du Montparnasse (Ed. Buchet-Chastel, Les Cahiers dessinés).

 
Un "art d'empathie"
A l’été 2000, au foyer Emmaüs de l’hôpital Sainte-Anne, Anne Gorouben a dessiné ceux qu’elle nomme « les habitants du crépuscule ».

En 2003-2004, dans le cadre de l’opération « Diffractions » célébrant les 20 ans du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) francilien, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté un pastel sec et fusain, aux tons gris-bleus sourds, sur carton (1995), acquis par ce FRAC, de l’artiste inspirée par le poème « Todesfuge » (« Fugue de mort ») écrit en 1945 par Paul Celan (1920-1970). Il l’a exposé avec l’enregistrement sonore du célèbre poème lu par l’auteur. Né en Roumanie, Paul Celan est élève à l’école hébraïque Safah Ivriah pendant trois ans, puis débute des études de médecine à Paris en 1938, et apprend la philologie dans sa ville natale, Cernauti. En 1942, ses parents sont déportés, et meurent. Paul Celan est envoyé dans des camps de travail en Valachie. En 1948, il s’installe à Paris, où il devient un traducteur réputé et poète d’expression allemande.

Ecrit en 1945, « Todesfuge » (« Fugue de mort ») évoque la Shoah et contient notamment ce vers : « La mort est un maître venu d'Allemagne ». Pour Anne Gorouben, la rencontre avec ce poème « fut brutale, une lecture que me fit un ami. Le poème de Paul Celan dénoua dans l’intensité de sa présence la douleur accumulée ». Elle ne l’a pas illustré, mais a établi des correspondances picturales : marquée par des douleurs familiales, elle a dessiné des bâtiments abandonnés, des gens et des dogues allemands et écrit « le texte du poème à la sanguine ». Elle a aussi animé un atelier pédagogique pour les classes de la 4e à la Terminale.

En 2004, La Belle Hortense (Paris) montrait pour la première fois son grand tableau et ses dessins préparatoires pour le film de Robert Bober et Pierre Dumayet « Correspondances Kafka » (2002). Elle a peint le couple impossible formé de l’écrivain tchèque germanophone et de Milena Jensenska.

En 2009, à l’Apostrophe, l’exposition d’Anne Gorouben était intitulée « Parler se fait rare », titre d’un poème de Luc Decaunes, et sous-titrée « Les êtres gyrovagues - l’échelle de Jacob – (café) – Enfermée dehors… »
 
Elle comprenait des œuvres de formats divers, souvent petits, regroupés comme les Chutes, en diptyques ou triptyques (le pastel Hommage à Maurice Quentin Delatour) : 15 formats en noir et blanc sur chutes de bois, 15 dessins de ses carnets, huit aquarelles, l’installation dans une boîte L’échelle de Jacob, et la série d’huiles sur toile, Les êtres gyrovagues (ce terme désignait des moines mendiants et errants).

Au foyer Emmaüs de l’hôpital Sainte-Anne, Anne Gorouben a dessiné ceux qu’elle nommait « les habitants du crépuscule » et dont « la souffrance psychique, et surtout la douleur des corps » la touchent.

Les thèmes récurrents inspirant Anne Gorouben ? C’est « la difficulté à communiquer, à s’exprimer, et la joie de pouvoir se rencontrer, de parler. Ce sont les gens, leur attitude, le visage humain qui m’intéressent. C’est le travail des corps dans l’ombre, dans la lumière. Ce qu’on cache, ce qu’on révèle. Ce qui se détache dans la pénombre, laisse deviner la personne. La peinture est un art d’empathie avec l’autre... Douceur et douleur cheminent ensemble dans mon travail », explique l’artiste.

Parallèlement, au Mémorial de la Shoah (2008-2009), elle a créé et animé l’atelier d’arts plastiques pour adultes Le Colporteur est un passeur. Elle y « aborde la vie juive avant la Shoah et s’inspire de musiques chantées ou instrumentales, de littérature et de poésie ». Son nom vient d’un mot russe signifiant « colporteur ». Celui-ci « est un passeur, un lien. C’est un élément important de la vie des familles ».  Un travail pictural à partir d'un objet "qui parle" au participant à cet atelier. « L’histoire d’une famille dont le récit a été impossible à transmettre, apparaît parfois à travers un objet, une photographie, un texte ou une image, qui semble condenser cette histoire. Chacun des participants est invité à venir avec un objet qui « lui parle » et à s’en inspirer pour réaliser un travail pictural ».  Les 6 et 9 juin 2013, Anne Gorouben a animé l'atelier Le Colporteur est un passeur au Mémorial de la Shoah.
 

Dans l’attente du site Internet d’Anne Gorouben, on peut lire son livre, la voir au 30e Marché de la Poésie (14-17 juin 2012) à Paris sur le stand de Siranouche éditions, et découvrir son installation « Autoportraits dans la valise » au Colloque « CultureS et autofictionS » organisé par Isabelle Grell et Arnaud Genon à Cerisy-la-Salle (16-23 juillet 2012).
 
En mars 2012, lors du Salon du livre, elle a présenté son livre et avait ouvert les portes de son atelier au public - puis de nouveau du 7 décembre au 9 décembre 2012 inclus -. Dans son atelier, elle a montré des "fragments d'existences peintes "sur le motif"."Pendant le long temps de préparation de ce livre dessiné entièrement à la mine de plomb, j'ai retrouvé et retravaillé une série nombreuse d'aquarelles que j'avais laissées de côté. La couleur cohabitait avec le noir et blanc dense et lumineux que je recherchais dans les dessins. Je présente ces fragments d'existences peintes "sur le motif", moment partagé avec des gens dont à part pour quelques autoportraits, je ne connais rien qu'un temps et un lieu partagé, ce qui n'est pas rien". 

 
Anne Gorouben, 100, boulevard du Montparnasse. Préface de Geneviève Brisac. Ed. Buchet-Chastel, coll. Les cahiers dessinés, 2011. 128 pages. 18 €. ISBN : 978-2-283-02526-0

  
Du 19 juin au 13 juillet 2013
22-24, rue de la Fontaine au Roi. 75011 Paris
Tél. : +33 (0)1 58 30 68 71
Du mardi au samedi, de 14 h à 19 h. Entrée libre
Vernissage le mardi 18 juin 2013, à partir de 18 h.

Les 6 juin 2013 de 19 h à 21h 30 et 9 juin 2013 de 15 h à 17 h 30
Le 14 octobre 2012, de 15 h à 18 h
Au Mémorial de la Shoah

17, rue Geoffroy-l'Asnier. 75004 Paris
Atelier tous niveaux, 12 participants maximum
Réservation par tél. : 01 53 01 17 25 ou par e-mail : marini.bambi@memorialdelashoah.org

Le 7 décembre 2012 à partir de 18 h
Les 8 et 9 décembre 2012 de 14 h à 20 h
A son atelier  230, rue Saint-Charles, 75015 Paris. Code 4364, puis interphone Gorouben, puis flèches rouges

 
Du 16 au 23 juillet 2012
Au Colloque « CultureS et autofictionS »
Au Château
50210 Cerisy-la-Salle
Tél : 02 33 46 91 66
 

Du 14 au 17 juin 2012
Place Saint-Sulpice, 75006 Paris
Jeudi 14 juin de 14 h 00 à 22 h 30, vendredi 15 juin de 11h 30 à 22 h 30, samedi 16 juin de 11h 30 à 22 h 30 dimanche 17 juin 2012 de 11h 30 à 20 h

Visuel d'Anne Gorouben :
Les Anges (dit-on), (publiés chez Siranouche édition)
pastel sec sur papier, 21 x 29,7 cm, 2012-2013

Les lieux de l'enfance,
150 x 90 cm,
Montparnasse 1994-1997

Articles sur ce blog concernant :
 
Cet article avait été publié en une version plus concise par L'Arche. Il a été publié sur ce blog les 14 juin, 7 octobre et 5 décembre 2012. Il a été modifié le 10 juin 2013.