dimanche 26 avril 2015

Jacques Canetti, 50 ans de chansons, 50 ans de passion


 L’Institut Pasteur a présenté l’exposition itinérante éponyme à Jacques Canetti (1909-1997). Né dans une famille Juive sépharade en Bulgarie, directeur artistique à la radio (Radio Cité) et dans des firmes discographiques (Polydor, Philips, Fontana), ce producteur a fondé le premier label indépendant de disques, et a été un incontournable découvreur de chanteurs talentueux, souvent auteurs-compositeurs-interprètes – Jacques Brel, Georges Brassens, Serge Gainsbourg - de la variété francophone à textes et directeur du mythique cabaret parisien Les trois baudets. Les éditions Jacques Canetti ont sorti deux coffrets d'Introuvables composés de raretés, enregistrées entre 1964 et 1981, du label Jacques Canetti.



« Le talent ne s'insuffle pas, mais il peut se détecter avec de la chance et de l'intuition. Je ne suis qu'un catalyseur. Et je donne de la confiance aux artistes, c'est épanouissant », déclarait Jacques Canetti.

La remise du Prix Georges, Jacques et Elias Canetti a offert à l’Institut Pasteur l’occasion de rendre hommage à Jacques Canetti, figure méconnue, mais influente pendant 50 ans dans l’histoire de la chanson française.

« On cherche jeune homme aimant la musique »
Nissim Jacques Canetti est né en 1909 à Roustchouk (Bulgarie) dans une famille Juive sépharade et polyglotte (allemand, judéo-espagnol) de commerçants aisés.

Jacques Elias et Mathilde, née Arditti, Canetti ont trois fils qui se distingueront chacun dans un domaine particulier.


L’ainé, Elias Canetti (1905-1994) s’épanouit dans la littérature comme écrivain - Die Blendung (Auto-da-Fé), Masse und Macht - et dramaturge - Die Befristeten (1956) -. Germanophone, Elias Canetti reçoit le Prix Nobel de littérature en 1981.

Jacques Canetti s’illustre dans la chanson française.


Georges Canetti (1911-1971) est célèbre pour ses études sur la tuberculose – sa mère meurt de tuberculose -, dont il est aussi atteint dès 1934. Brillant chercheur, célèbre biologiste, Georges Canetti devient professeur et vice président du conseil d’administration de l’Institut Pasteur. Il innove en associant plusieurs antibiotiques, ce qui réduit la durée du traitement antituberculeux, et découvre une mycobactérie. Il est nommé expert à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève (Suisse) en 1958. En 1977, Elias Canetti lui dédie Die gerettete Zunge. Geschichte einer Jugend (La langue sauvée - Histoire d'une jeunesse).

Un de leurs cousins est le peintre Georges Arditi.

En 1911, la famille Canetti émigre à Londres (Angleterre) pour collaborer avec la branche familiale qui y vit.

En 1912, Jacques Elias Canetti décède. La famille Canetti s’installe à Vienne (Autriche), puis en 1916 à Zurich (Suisse), avant de revenir à Vienne et de se rendre à Paris en 1926.

Les enfants Canetti fréquentent des lycées parisiens prestigieux. Leur mère a de très hautes ambitions pour eux. Passionné de musique, Jacques Canetti poursuit des études commerciales à HEC.


Agé de 20 ans, il répond à une annonce publiée par Paris Soir et débute ainsi chez Polydor, qui représente en France la célèbre firme discographique Deutsche Gramophon. Sa fonction est modeste : il écrit les étiquettes des disques et fiches biographiques pour les catalogues. Repéré pour ses qualités, il enregistre des disques de musique classique – Maurice Ravel assiste à l’enregistrement de son Boléro – et de variétés.

Parallèlement, Jacques Canetti devient correspondant en France de l’hebdomadaire britannique Melody Maker.

Féru de jazz, il invite Duke Ellington (1931) à Paris et Louis Armstrong (1934) à Lausanne – c’est leurs premières tournée ou enregistrement discographique –. Il crée aussi le premier orchestre de musiciens noirs de jazz.

En 1933, il « enregistre les premières chansons de Marlène Dietrich… en français » (Assez et Moi j’m’ennuie)

En 1935, il est recruté par Radio-Cité, station de radio parisienne propriétaire de Marcel Bleustein. Il y exerce la fonction de directeur artistique. Présente Jazz Hot. Crée des concepts radiophoniques qui perdurent, tels le radio crochet publicitaire (Le Music hall des jeunes), des annonces publicitaires encadrant des bulletins d’informations ou le jingle. Fait découvrir au public enthousiasmé la jeune Edith Piaf, qui enregistre des chansons pour Polydor, Charles Trénet, Lucienne Delyle (Sur les quais du vieux Paris) et des chansonniers.


Jacques Canetti acquiert la nationalité française en 1938.

En 1939, ce polyglotte est mobilisé dans les télécommunications.

Il subit les persécutions antisémites du régime de Vichy.  

Avec l’aide de la comédienne Françoise Rosay, il fuit Paris en 1942 pour la zone libre où il organise avec elle des spectacles et des tournées dans le Sud de la France et en Afrique du Nord.

En 1942, il se réfugie en Algérie où il travaille comme directeur artistique à Radio-Alger et fonde à Alger avec le chansonnier Pierre-Jean Vaillard, Georges Bernardet et Christian Vebel le théâtre des Trois-Anes. « Il organise avec eux des tournées de l’Algérie à l’Égypte pour soutenir l’action de René Capitan, qui représentait la France Libre et le Général de Gaulle en Afrique du Nord », précise sa fille, Françoise Canetti.

Un producteur influent
En 1945, Jacques Canetti retourne à Paris où il associe en 1947 la production artistique pour une firme discographique à la direction d’une salle de spectacles. 


Son choix se porte sur les Trois Baudets, ancien dancing situé face au Chat Noirdans le quartier de la butte Montmartre, sur la rive droite de la capitale. Un petit théâtre laboratoire de 247 places. 

Là, lors de l’âge d’or des auteurs-compositeurs-interprètes et de la chanson à texte, Jacques Canetti présente des artistes devenus légendaires, notamment Georges Brassens qui le surnommait "Socrate", et en 1954 le belge Jacques Brel découvert sur une maquette qu'il avait reçue. Son épouse est très active à ses côtés.

Après avoir entendu une maquette de Jacques Brel, Jacques Canetti le réveille en pleine nuit, et lui propose de le rencontrer à Paris. Une rencontre décisive : Jacques Brel décide alors d'abandonner son poste stable d'entrepreneur en Belgique, pour entamer en 1953 une carrière d'auteur-compositeur-interprète. Quand on n'a que l'amour en 1958 marque le démarrage réel de sa carrière par ce succès public. En 1967, Jacques Brel assène à Jacques Canetti : : « Vous avez eu le mérite de me sortir de mon trou, mais, en somme, vous m'avez dit ce qui était probablement évident et, comme vous étiez Canetti, cela m'a donné l'élan nécessaire pour faire ce que j'avais envie de faire dans mon for intérieur. [...] C'est vous qui devez me dire merci ! J'ai fait honneur à votre réputation de découvreur ». Ce qui poussait Jacques Brel : "Le besoin d'être aimé".


De Boris Vian à Anne Sylvestre, en passant par Raymond Devos, Pierre Roche et Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Philippe Clay, Isabelle Aubret, les Frères Jacques Ils sont repérés à leurs débuts, encadrés, encouragés et produits par Jacques Canetti, attaché à des chansons éternelles, de qualité, dans deux domaines alors essentiels : les disques et la scène, à une époque où la télévision publique est balbutiante.


« Le Théâtre des Trois Baudets devient "le" lieu où s’épanouit une nouvelle chanson : celle des Auteurs-Compositeurs-Interprètes (les "ACI"). Une formule originale : une première partie avec cinq-six "ACI" ou humoristes inconnus, et une seconde partie composée d’une courte pièce de théâtre avec des textes de Boris Vian, Pierre Daninos ou François Billetdoux … Ainsi, dans une même soirée Henri Salvador, Félix Leclerc, Pierre Dac, Francis Blanche et toute l'équipe de La Rose Rouge – Rosy Varte, Michel Roux et Yves Robert – étaient sur scène. Ou encore Jean Yanne et Raymond Devos que mon père avait encouragé à interpréter ses propres textes », rappelle Françoise Canetti.

"En 1948, Henri Salvador est déjà très connu. Artiste complet, musicien, chanteur, fantaisiste, compositeur, il s’est déjà produit « Chez Carrère », a participé à l’orchestre de Ray Ventura et connu la gloire au Brésil. Après les premières tentatives infructueuses dans mon Théâtre des Trois Baudets, je le programme du 13 au 21 mai 1948 dans le spectacle Ici l’on rit qui connut un grand succès. Il y présente pour la première fois un tour de chant solo", se souvient Jacques Canetti dans le coffret « Mes 50 ans de chansons françaises ».

Et d'ajouter : "Puis je lui fais enregistrer Le loup, la biche et le chevalier, Maladie d’Amour et Clopin clopant qui obtiennent en 1949 le Grand Prix du Disque. Quelques années plus tard, de retour des Etats-Unis avec Michel Legrand, je rapporte dans mes bagages un style de musique encore inconnu en France ; le rock n’roll. Boris Vian est chargé de « franciser » quatre chansons qui seront chantées par Henri Salvador sur des arrangements de Michel Legrand, et pour faire plus américain, le trio décide de prendre des pseudonymes. Un 45 tours EP est gravé: Henry Cording and his Original Rock and Roll Boys. Les chansons sont signées « Vernon Sinclair  », alias Boris Vian, Michel Legrand devient « Big Mike »  et Henri Salvador, « Henry Cording ». 


« Il y en eut bien d’autres : Georges Brassens, Jacques Brel, Guy Béart, Boris Vian, Félix Leclerc, Bobby Lapointe, Anne Sylvestre, Jean Yanne, Mouloudji, Catherine Sauvage, Serge Gainsbourg, etc. La chanson a pris ses lettres de noblesse en étant ‘’engagée’’ dans son temps. Aujourd’hui, cette formule est banale. À l’époque, Boris Vian se faisait huer par les anciens d’Indochine avec Le Déserteur. Georges Brassens était interdit d’antenne avec Le Gorille », précise Françoise Canetti.


Ainsi, au théâtre des Trois Baudets, se succèdent des humoristes – Robert Lamoureux, Darry Cowl, les comédiens Philippe Noiret et Jean-Pierre Darras - et des chanteurs (quasi-) débutants : Félix Leclerc, découvert lors d’un séjour au Québec en 1951, Francis Lemarque, Ricet-Barrier, Lény Escudéro, Maurice Fanon, etc.

Jacques Canetti organise aussi les tournées à l'étranger d'artistes consacrés, tels les illustres Maurice Chevalier et Yves Montand. 


Pour des salles de spectacles, Jacques Canetti monte des spectacles de music-hall variés pour les tournées estivales Radio Programme avec des artistes placés en première - lever de rideau, vedette anglaise - et deuxième parties – vedette américaine précédant la vedette principale - des tours de chant selon leur degré d’expérience et leur notoriété. Là, les artistes ont ainsi la faculté de s’aguerrir et de tester leurs nouvelles chansons avant une rentrée parisienne.

De 1948 à 1962, Jacques Canetti constitue, en tant que directeur artistique chez Philips « le plus beau catalogue de chansons françaises » où figurent aussi Zizi Jeanmaire, Dario Moreno et Michel Legrand. 

Le premier disque enregistré pour cette firme célèbre : celui de Juliette Gréco.

Les vagues rock’n’roll et yéyé s’avèrent difficiles à traverser pour nombre d’artistes. De plus, le succès croissant de la télévision fragilise les cabarets. En outre, l’activité discographique s’industrialise, recourt davantage au marketing et gère désormais différemment les carrières d’artistes, débutants ou confirmés.

Les Productions Jacques Canetti
En 1962-1963, Jacques Canetti démissionne de Philips et lance le premier label français indépendant, Les Productions Jacques Canetti, que dirige depuis 1997 sa fille Françoise Canetti. Jacques Canetti vend aussi les Trois Baudets.


Comme les meilleurs chanteurs avaient signé, sous son influence, des contrats avec Philips, Jacques Canetti cherche de nouveaux talents. Il découvre  et promeut les jeunes Jacques Higelin et Brigitte Fontaine.


Il encourage des comédiens à enregistrer des chansons et poèmes mis en musique. 

Ainsi, Jeanne Moreau, qui avait chanté Le Tourbillon de la vie dans Jules et Jim de François Truffaut, interprète des chansons de Serge Rezvani (J'ai la mémoire qui flanche), et Serge Reggiani enregistre un disque de chansons de Boris Vian. 

Jacques Canetti grave aussi des pièces de théâtre -  La Voix humaine de Jean Cocteau par Simone Signoret - et poèmes lus par des comédiens : Arletty prête sa voix à ceux de son ami Jacques Prévert. Jacques Canetti constitue ainsi des équipes artistiques et un patrimoine musical national de grande valeur afin de le faire connaitre du plus grand nombre par un medium populaire et pérenne : le disque.

« Détecter, expérimenter et révéler : la démarche d’une vie pour Jacques Canetti ! Ce « révélateur » de talents a accompagné les artistes en qui il croyait. Ils avaient du talent, Jacques Canetti leur a donné du temps et de la confiance pour grandir et s’imposer. Il aimait "explorer les sentiers nouveaux, découvrir de jeunes talents. Il a amené la chanson au Théâtre nationale populaire de Vilar", explique sa fille.

Photos, affiches cultes, archives inédites ont été réunies par Françoise Canetti, sa fille, pour retracer ce parcours musical original, exceptionnel et un brin nostalgique. « Une balade musicale dans les coulisses de la chanson française ».


Créé en 2006, à la suite de la donation à l’Institut Pasteur des correspondances des frères Canetti entre 1938 et 1952 - Le livre Lettres à Georges paru fin 2009 chez Albin Michel réunit cette correspondance. -, le prix Georges, Jacques et Elias Canetti encourage les travaux de chercheurs de l’Institut Pasteur sur les maladies infectieuses, en particulier la tuberculose. 

Il a récompensé cinq chercheurs pasteuriens qui se sont illustrés par leurs travaux sur la tuberculose. Il a été remis à l’Institut Pasteur le 27 septembre 2011 par le Pr Alice Dautry, directrice générale de l’Institut Pasteur, lors de l’inauguration de cette exposition intéressante qui contribue à remettre à l’honneur un patrimoine français musical remarquable.

Le 21 septembre 2014, France 2 a consacré à Henri Salvador, qui a enregistré certains de ses plus grands succès - Le loup, la biche et le chevalier, Maladie d’Amour et Clopin clopant - pour la firme discographique dirigée par Jacques Canetti, l'émission Un jour, un destin, à 23 h 20.

Jusqu’au 28 octobre 2011
25, rue de Docteur Roux. 75015 Paris
Tél. : +33 (0)1 45 68 80 00
Du lundi au vendredi de 14 h à 17 h 30

Du 16 novembre au 16 décembre 2011
Place Paul Eluard, 59282 Douchy-les-Mines
Tél : 03 27 21 44 70
Le mardi de 14 h à 18 h, les mercredi et samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, les jeudi et le vendredi de 16 h à 18 h

Du 6 mars au 14 avril 2012
A la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges

Visuels :
 Le portrait de Elias Canetti
© Raphael Sorin
Le portrait de Georges Canetti
© Institut Pasteur

Le portrait de Jacques Canetti
© Agence Enguerant

Articles sur ce blog concernant :
France
Judaïsme/Juifs
- Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié le 19 octobre 2011, puis le 21 septembre 2014.

« Les larmes de la rue des Rosiers » d'Alain Vincenot


La rue des Rosiers est située dans le Pletzl (« petite place » en yiddish), ce quartier juif parisien depuis le Moyen-âge. Elle en est devenue l’emblème. Cet article est republié en cette Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation instituée en 1954.

Avant la Seconde Guerre mondiale, c’était un lieu où vivaient et travaillaient des juifs venus essentiellement d’Europe centrale et de Russie.

Dans ce livre bouleversant préfacé par Elie Wiesel et doté d’une précieuse chronologie (1933-1945), Alain Vincenot, auteur de Je veux revoir Maman, les enfants juifs cachés sous l'occupation, brosse le portrait de 19 adultes juifs ayant grandi dans ce quartier populaire et artisanal.

Et au travers d’eux évoque leur parentèle, dans leur pays d’origine et en France : la vie culturelle, les réseaux juifs de sociabilité, les persécutions antisémites, les caches, le ghetto de Varsovie, les Justes parmi les nations, les camps, etc. ainsi que l’antisémitisme en Pologne après la guerre.

Ces témoins nous disent, ou nous font comprendre les difficultés, la douleur et l’appréhension de dire ou d’entendre l’horreur, l’attente de parents qui ne reviennent pas d’une « destination inconnue », les vexations de l’administration française rétive à leur reconnaître le statut d’« interné politique », la nostalgie de journaux et spectacles en yiddish...


Alain Vincenot, Les larmes de la rue des Rosiers. Editions des Syrtes, 2010. 283 pages, 20 euros. ISBN : 978-2-84545-154-4

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié en une version plus concise dans le numéro 624 de mai 2010 de L'Arche, et sur ce blog le 4 septembre 2010.

samedi 25 avril 2015

Le 8e Salon des écrivains du B’nai B’rith


Près de 2 000 personnes ont afflué le 23 novembre 2003, à la Mairie du XVIe arrdt de Paris, pour le 8e Salon des écrivains du B'nai B'rith (BB) de France événement automnal placé sous les signes de l’ouverture et de la laïcité. Cet article est republié en hommage à Eugène Leiba, décédé récemment, initiateur du Salon du livre du BB France, ancien président de la Loge Ben Gourion.


Lancé en 1996 par le B’nai B’rith France (BB France), le Salon des écrivains du BB est devenu un rendez-vous littéraire majeur. « Nous avons été accueillis dès le début par le Maire du XVIe arrondissement de Paris, Pierre-Christian Taittinger. Le succès s’est vite confirmé », raconte Edwige Elkaïm, présidente du BB France.

Quelques chiffres attestent ce succès. Une trentaine d’écrivains étaient présents lors du 1er Salon centré essentiellement sur la thématique juive. Quelques centaines d’amoureux des livres s’y étaient rendus. L'édition 2003 a rassemblé 80 auteurs, dont une quinzaine d’écrivains membres du BB France. Seule condition restrictive : avoir publié dans l’année. Le public attendu est évalué à plusieurs milliers.

L’agencement des salles est particulier : chaque stand réunit deux écrivains, en la présence d’une hôtesse membre du BB France. Les visiteurs se promènent donc dans des allées, avec un large choix de genres littéraires et donc d’auteurs. Du géopoliticien Frédéric Encel à la romancière Karine Tuil, de l’universitaire Guy Millière à l’historienne Elisabeth Antébi, du journaliste Nicolas Weill au philosophe Eric Marty...

De cette floraison d’œuvres, émergent deux dominantes : les ouvrages d’actualité et les mémoires.

Cette année, parmi les écrivains chrétiens figuraient deux auteurs arméniens : Marig Ohanian et Martine Hovanessian.

Sont aussi conviés deux écrivains berbères, musulmans, dont Morad El Hattab, auteur des « Chroniques du buveur de lune » et admirateur du philosophe Emmanuel Lévinas (1905-1995).

En fin d’après-midi, sur le thème « La laïcité : combat pour la République », sont intervenus le Grand Rabbin Gilles Bernheim, Rémy Schwartz, conseiller d’Etat et membre de la commission « Stasi » sur la laïcité, l’historien des idées Pierre-André Taguieff et le sociologue Shmuel Trigano. Un thème essentiel tant il fonde notre « devenir ensemble » en France…


Cet article a été publié dans Actualité juive.

vendredi 24 avril 2015

David « Chim » Seymour (1911-1956)


David Szymin (1911-1956), dit David « Chim » Seymour, est « un des photojournalistes les plus respectés de l’Europe du XXe siècle ». Né à Varsovie (Pologne), ce photographe Juif, polyglotte et légendaire s’est illustré notamment lors du Front populaire, de la guerre civile espagnole, dans l’Europe en voie de reconstruction et dans l’Israël renaissant. L'International Center of Photography (ICP) a présenté l’exposition We Went Back: Photographs from Europe 1933–1956 by Chim  (Nous étions de retour : photographies d’Europe 1933-1956 par Chim). Une rétrospective rendant hommage à cet artiste talentueux. L'exposition Paris Magnum (12 avril 2014-25 avril 2015) montre  des tirages de David Seymour.

Robert Capa estimait que "le vrai photographe, c’est lui : David Seymour". Quant à Henri Cartier-Bresson, il a déclaré ; "Chim prenait son appareil photo comme un médecin sort son stéthoscope de sa mallette, concentrant son diagnostic sur le cœur. Son cœur était vulnérable".

"Je veux être au cœur de l’action", a écrit David Seymour dans une de ses dernières lettres à Magnum. Il considérait ainsi son métier : "We are only trying to tell a story. Let the 17th-century painters worry about the effects. We've got to tell it now, let the news in, show the hungry face, the broken land, anything so that those who are comfortable may be moved a little". ("Nous essayons seulement de raconter une histoire. Laissez les peintres du XVIIe siècle s'inquiéter à propos de leurs effets. Nous devons le dire maintenant, laisser les informations entrer, montrer le visage affamé, la terre brisée, afin que ceux qui se sentent à l'aise peuvent être un peu émus").

De Szymin à Chim
Dawid Szymin est né en 1911 à Varsovie (Pologne). Sa famille dirige une maison d’édition spécialisée dans les traductions en hébreu et en yiddish de romans européens et américains classiques et modernes ainsi que dans la publication d’écrivains yiddish.

Pour se préparer à travailler dans l’entreprise familiale, Dawid Szymin étudie l’art graphique à Leipzig, puis à Paris en 1932.

Parallèlement à ses études à la Sorbonne, il débute sa carrière en 1933. Pour subvenir à ses besoins, il emprunte un appareil photographique et commence à photographier des événements marquants sur la montée du Front populaire pour le magazine populaire communiste Regards, auquel il collabore régulièrement, et bien avant ses amis et confrères Robert Capa et Henri Cartier-Bresson, comme photographe aux magazines de gauches parisiens.

Comme son nom patronymique est trop compliqué à prononcer ou à épeler, il propose le pseudonyme de « Chim ».

Au printemps 1936, il accepte une commande de Regards et part en Espagne pour un reportage photographique sur l’atmosphère dans ce pays après les récentes élections, du côté républicain.

Dans les mois qui suivent, son travail est largement publié par des news magazines internationaux – Life -, et il devient, avec Capa et Taro, un des plus photographes les plus importants de la guerre civile espagnole.

De retour à Paris en 1939, Chim affronte des perspectives inquiétantes comme Juif, étranger, et engagé politiquement à gauche.

En mai 1939, il fuit la France pour le Mexique, en bateau, avec des réfugiés espagnols.

Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il se trouve à New York, où il a retrouvé Capa, sa sœur Eileen Shneiderman, et des amis.

Il s’engage dans l’armée américaine comme photographe et interprète. Il est chargé d’assurer les photographies aériennes de reconnaissance à Medmenham (Angleterre) pour l’US Air Force. Il reçoit une médaille des Renseignements américains pour la qualité de son travail.

Il obtient la nationalité américaine en 1942 sous le nom de David Seymour.

Il arrive à Paris après la Libération, en 1944.

Ses parents sont tués lors de la Shoah.

En 1947, il cofonde avec Capa, Cartier-Bresson et George Rodger la coopérative de photographes Magnum.

Il photographie la vie quotidienne dans les territoires des Alliés et des anciennes forces de l’Axe deux ans après la fin de la guerre pour un reportage intitulé « We Went Back » qui relance sa carrière de photojournaliste.

David Seymour dit Chim voyage sans cesse les neuf années suivantes dans le cadre de sa collaboration avec des magazines internationaux les plus célèbres – Life, Newsweek, etc. - et pour des projets spéciaux.

En 1948, mandaté par l’UNICEF  (Fonds des Nations unies pour l'enfance), il informe sur l’impact de la guerre sur les enfants européens – Tchécoslovaquie, Pologne, Allemagne, Grèce, Italie - et passe plusieurs années en Italie lors de sa transition vers la démocratie. Ses photographies seront publiés par Life réunies dans son livre Children of Europe  (1949).

Dès 1951, il se rend presque chaque année en Israël où il s’intéresse au pays renaissant et à la vie de ses habitants : utilisation de l’eau cruciale pour l’irrigation, lignes d’armistices, vie en kibboutz, sites historiques. Il y retrouve, avec émotion, des survivants de sa famille. L’un de ses plus célèbres clichés montre Eliezer Tritto brandissant sa fille Myriam, première enfant née dans la localité d’immigrants italiens d’Alma (1951).

En 1954, au décès de Capa, il préside Magnum.

Il meurt alors qu’il couvre la guerre de Suez, en novembre 1956 : avec Jean Roy, il est atteint par un tireur égyptien quatre jours après la signature de l’armistice.

Il est enterré au cimetière Cedar Park – Beth El  à Paramus, près de New York, dans la section de l’organisation Farband.

La rétrospective We Went Back: Photographs from Europe 1933–1956 by Chim suit « le développement de la carrière de Chim  comme photojournaliste intellectuellement engagé, plaçant sa vie et son œuvre dans le contexte plus large de la photographie et des politiques européennes des années 1930 à 1950 ».

Une femme allaitant son enfant lors d’un meeting politique en Espagne, une fillette Polonaise prénommée Terestka traumatisée par la guerre se tient devant son dessin au tracé tortueux évoquant son « home », Picasso devant son tableau Guernica, un mariage célébré dans le nouvel Etat d’Israël, les portraits de l'historien d'art Bernard Berenson, du chef d'orchestre Arturo Toscanini et de la star Sophia Loren… Ces nombreuses photographes signés David « Chim » Seymour  sont célèbres.

L’exposition présente aussi d’autres clichés moins connus, mais tout aussi impressionnants de qualité : travailleurs au Vatican attendant leur déjeuner, un verger de tomates dans les ruines du Francfort d’après-guerre, des enfants jouant à Omaha Beach devant un navire militaire à moitié échoué sur la plage…

Plus de 150 photographies - principalement des vintage en noir et blanc, des tirages en couleurs inédits, dont une boite récemment découverte de diapositives datant de 1947 - révèlent la « pratique documentaire sophistiquée par laquelle Chim anime le détail informatif par la métaphore » et allie l’empathie à l’épure.

Une « réévaluation de la carrière de Chim » à la lumière des négatifs de la « Valise mexicaine  et des tirages vintage récemment catalogués.

Dans ses compositions, David « Chim » Seymour associe une « rare lucidité intellectuelle et intelligence émotionnelle ». Ses reportages les plus célèbres portent sur la montée du Front populaire en France, la guerre civile en Espagne qu’il couvre avec Capa et Gerda Taro, la reconstruction dans l’Europe d’après-guerre et la renaissance de l’Etat d’Israël.

A Paris, le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) a présenté l’exposition La Valise mexicaine, Capa, Taro, Chim. Les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole, montée par l’ICP  en 2011.

L'exposition Paris Magnum (12 avril 2014-25 avril 2015) montre  des tirages de David Seymour d'une France populaire en grève durant le Front populaire. 

Jusqu’au 5 mai 2013
A l’International Center of Photography  (ICP)

1133 Avenue of the Americas at 43rd Street, New York, NY 10036
Tél. : 212.857.0000

Visuels :
Chim, [Foule écoutant le discours du socialiste Pietro Nenni, Basilique de Mazzsenzio, Rome], 11 mars 1948. © Chim (David Seymour)/ Magnum Photos.

Chim, [Picasso devant son tableau Guernica, Paris]. 1937. © Chim (David Seymour)/ Magnum Photos.

Chim, [Femme parmi les ruines dans son jardin, Francfort, Allemagne]. 1947. © Chim (David Seymour)/ Magnum Photos.

Chim, [Femme allaitant son bébé lors d’un meeting sur la réforme agraire, près de Badajoz, Extremadure, Espagne]. Avril-mai 1936. © Chim (David Seymour)/ Magnum Photos.

Chim, [Enfants jouant à Omaha Beach, Normandie, France]. 1947. © Chim (David Seymour)/ Magnum Photos.

Chim, [Fillettes jouant dans les ruines d’un ancien orphelinat, Monte Cassino, Italie]. 1948. © Chim (David Seymour)/ Magnum Photos.

Chim, [Mariage sous une houppa improvisée et soutenue par des fusils et des fourches, Israël], 1952. © Chim (David Seymour)/Magnum Photos

Chim, [Ouvriers à la cantine, Cité du Vatican, Rome]. 1949. © Chim (David Seymour)/ Magnum Photos.

Grève immobile d’ouvriers dans une usine métallurgique, Saint-Ouen, 12 juin 1936.
© David Seymour / Magnum Photos

A lire sur ce blog :

Les citations sont extraites du dossier de presse. Cet article a été publié le 3 mai 2013.

La photographe Martine Franck (1938-2012)


La Fondation Henri Cartier-Bresson a présenté un accrochage de portraits de la photographe Martine Franck (1938-2012). Membre de Magnum Photos depuis 1983, cette artiste avait participé à la création de l’agence Viva en 1972. Martine Franck avait réalisé aussi des reportages sociaux et saisit des paysages. L'exposition Paris Magnum (12 avril 2014-25 avril 2015) présente des photographies de Martine Franck.

Née à Anvers dans une famille flamande francophone, Martine Franck passe son enfance en Grande-Bretagne.


A la déclaration de guerre, son père s’engage dans l’armée britannique. Sa mère, son frère et elle vont aux Etats-Unis et, en 1944, retrouvent Londres sous les V2...

Martine Franck étudie l’histoire de l’art à l’Université de Madrid, puis à l’Ecole du Louvre (Paris).

Elle est engagée comme stagiaire à Time-Life pour assister les photographes étrangers de passage à Paris : Eliot Elisofon, Gjon Mili, etc. Et rejoint Vogue qui lui confie la rubrique Les contemporaines : citons les portraits de Sarah Moon et d’Ariane Mnouchkine.

En 1970, Martine Franck est membre de la première agence Vu, puis en 1972, participe à la fondation de l’agence Viva avant de rejoindre Magnum en 1980.

Elle effectue des portraits d’artistes, d’écrivains et surtout des reportages humanitaires en Inde, en Irlande et au Népal. Dernière épouse du célèbre photographe Henri Cartier-Bresson, elle préside depuis 2004 la Fondation Henri Cartier-Bresson. Elle a une fille, Mélanie.


En 2002, le Musée de la Vie romantique a présenté l’exposition Le temps qui passe, une centaine de photographies de Martine Franck, membre de l’agence Magnum. Essentiellement en noir et blanc, encadrées du liseré noir, avec des contrastes accentués, ces clichés, classiques et romantiques, évoquent ses thèmes de prédilection : les paysages, les portraits d’artistes, les jeux de miroir et le Théâtre du Soleil. Autant de mises en abîmes et de méditations sur la vieillesse, la solitude, la dialectique apparence/réalité sublimée par le monde du spectacle, et la Nature, sauvage ou marquée par l’Homme.

« Le romantisme me semble avoir des correspondances avec la photographie. Toutes ces notions liées au temps qui passe, l’instant, l’émotion, la nostalgie, la rêverie me sont proches. C’est aussi la connaissance de l’autre, la découverte de soi à travers l’autre, et la liberté de pouvoir s’exprimer sans contraintes. Le portrait me passionne. Ce que je cherche à capter, c’est la lumière dans l’œil, les gestes, un moment d’écoute ou de concentration. Un thème m’a toujours touché, celui de la vieillesse. Les visages permettent de lire le passé, comme les lignes de la main permettent de déchiffrer l’avenir », précisait la photographe. Elle a saisi le regard sage et pessimiste d’Albert Cohen (1968), celui fuyant et très maquillé de Lily Brik (1976) et celui scrutateur, amusé et interrogatif du metteur en scène Peter Brook (1997), le visage rayonnant d’ironie de Marc Chagall (1980), la gracile et mystérieuse Isabelle Huppert (1981) et Sam Szafran en quasi fusion avec son tableau (1983). Autre sujet de prédilection, la vieillesse, à la fois savoir accumulé et période vécue dans l’apaisement.


« A travers le miroir... C’est un thème qui s’est imposé à moi involontairement, et de façon récurrente. Le miroir permet de s’éloigner de la réalité, puisqu’il éloigne lui-même la réalité. Certains portraits se sont imposés naturellement, comme les séances de maquillage des comédiens ou des danseurs, Ariane Mnouchkine, Erhard Stiefel qui fabrique les masques du Théâtre du Soleil. On joue avec le narcissisme de l’autre. Ceux qui se découvrent dans une glace, les comédiens qui se maquillent pour devenir un autre soi-même ». De la première création jusqu'aux représentations de spectacles récents, via les répétitions, Martine Franck est devenue la chroniqueuse de cette aventure, impressionnant les comédiens bondissant sur scène. « En général, je préfère le noir et blanc qui permet une transposition contrôlée de la réalité, une certaine distance par rapport au concret qui autorise un instant de rêve. En revanche, il m’arrive d’utiliser la couleur, en particulier pour le Théâtre du Soleil car la lumière et l’ambiance « irréelle » d’un spectacle peut rajouter une émotion visuelle » et traduire la chaleur intense du jeu.

Martine Franck multiplie les mises en abîmes : de dos, l’acteur Charles Denner, concentré, regarde dans un miroir (1966). Elle révèle la symbiose entre un état d’âme et l’environnement : dans l’hiver new-yorkais, le visage inquiet d’une jeune femme se dégage dans un reflet de branches d’arbres (The Metropolitan Museum, 2001).


« J’ai toujours photographié des paysages, par plaisir, par besoin. La prise de vues est le contraire de l’instantané. Il faut d’abord prendre le temps de contempler, se ressourcer. C’est une forme d’exercice de méditation visuelle, devant des espaces inconnus marqués souvent par la main de l’homme. Mes paysages sont classiques par la composition et le contenu, et romantiques par le dépaysement et le goût de l’étrange. On trouve ainsi souvent dans mes prises de vue un élément animal ou humain qui ordonne l’ensemble. Mais j’aime aussi les espaces purs, désincarnés, comme les ciels de Norvège, à Bergen, qui résonnent pour moi comme une musique de Sibelius ». Le ciel nuageux semble alors se fondre dans les fjords (Bergen, 1983).

Martine Franck photographie les paysages comme s’ils étaient des visages : elle est sensible aux marques témoignant de l’action de l’Homme. Elle montre la manière dont celui-ci ou l’érosion a façonné la Nature, et suggère les trésors de patience, d’efforts, d’amour et de spiritualité pour la rendre vivable. Ce n’est pas un hasard si ce Musée de la vie romantique accueille ces paysages d’Irlande, de Norvège et de France : des lieux isolés, battus par le vent et tourmenté par les orages, et des ruines.

 « D’une façon générale, je reste fidèle à mes appareils traditionnels : pour les portraits et reportages, un Leica M - il se tient bien en main -, et pour les paysages et le théâtre, le Canon avec zoom. Je veux pouvoir saisir très vite des instantanés, pour les retrouver au développement de la pellicule, à l’examen de la planche contact, et retracer le déroulé du moment. Aujourd’hui, alors que les possibilités techniques sont infinies pour la nouvelle génération, je reste fidèle à une méthode dite « classique ». Le cliché, lorsqu’il est retenu, est agrandi tel quel, et il n’est jamais retouché au tirage ». Les influences picturales sont prégnantes dans la rigueur de la composition et le soin apporté aux jeux géométriques : telles les ruptures harmonieuses des lignes d’horizons et des courbes des chaises longues (Agadir, 1976).

De cette rétrospective, émanait une poésie profonde alliée à une mélancolie latente...


La Maison européenne de la photographie (MEP) a présenté en 2011-2012 l’exposition Martine Franck : « Venus d’ailleurs. Peintres et sculpteurs à Paris depuis 1945 » réunissant une soixantaine de ses photographies de peintres et de sculpteurs, célèbres ou inconnus, dans leur atelier depuis 1965, dont Marc Chagall. Une commande de la MEP dans le cadre de la série “Étranges Étrangers”. De Pierre Alechinsky à Zao Wou Ki, Yaacov Agam, Avigdor Arikha, Marc Chagall, Shamaï Haber, Dani Karavan, Anselm Kiefer, Richard Lindner, Lea Lublin, Oscar Rabine, Pierre Skira, Arpad Szenes, Boris Zaborov… Tous sont saisis dans leur atelier dans le cadre de cette série de portraits d’artistes « venus d’ailleurs », attirés par Paris où ils s’y sont installés pour créer leur œuvre.


En 2012,  la galerie Claude Bernard a présenté une exposition de portraits de la photographe Martine Franck. Pour sa deuxième exposition dans cette galerie, celle-ci a choisi une centaine de photographies d'artistes ayant choisi Paris comme lieu de leur création et de leur vie : Balthus, Diego Giacometti, Raymond Mason...


Pour Martine Franck « une photographie c’est un fragment de temps qui ne reviendra pas ». Elle « parvient à capturer cet instant où l’artiste s’abandonne avec complicité, dans son atelier ou à l’extérieur. Dans chaque portrait transparait le lien privilégié né de la rencontre entre le modèle et la photographe ; alors se révèlent l’humour, la tendresse, la pudeur et l’humanité », précise la galerie Claude Bernard.


Martine Franck est décédée le 15 août 2012, à l'âge de 74 ans.

L'exposition Paris Magnum (12 décembre 201-25 avril 2015) présente des photographies de Martine Franck.


Martine Franck photographe. Editions Adam Biro/Paris-Musées, 2002. 142 pages. ISBN : 2 87660 346 2

De septembre à décembre 2012
Au 3e niveau
2, impasse Lebouis. 75014 Paris
Tél. : 01 56 80 27 00
Du mardi au dimanche de 13 h à 18 h 30.  Le samedi de 11 h à 18 h 45. Mercredi jusqu'à 20 h 30.


Du 22 mars au 28 avril 2012
7-9, rue des Beaux-Arts, 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 97 07
Du mardi au samedi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30
Vernissage le 22 mars 2012 de 18 h à 22 h

Jusqu’au 8 janvier 2012
5/7, rue de Fourcy. 75004 Paris
Tél. : 01 44 78 75 00
Du mercredi au dimanche inclus.

Visuels de haut en bas :
Balthus, 1999
© Martine Franck/Magnum Photos

Pierre Alechinsky, Bougival, 2004
© Martine Franck/Magnum Photos

Diego Giacometti, 1983
© Martine Franck/Magnum Photos

Yaacov Agam, 2010
© Martine Franck/Magnum Photos

Raymond MASON, 1982
© Martine Franck/Magnum Photos

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié en une version plus concise par Guysen en 2002. Il a été republié le 18 mars 2012, le 19 août 2012 à la mémoire de Martine Franck et le 24 décembre 2012. Il a été modifié le 11 septembre 2012.