mercredi 24 août 2016

Un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël


A l’approche du premier tour de l’élection présidentielle française le 22 avril 2012, les « conseils de vote » se sont multipliés en direction des Français musulmans, particulièrement courtisés par la classe politique et marqués par un taux élevé d'abstention ainsi que par l'ancrage à gauche : appels à voter pour Marine Le Pen, exhortations à un « vote halal », suggestions de ne pas voter en 2012 pour le Président/candidat Nicolas Sarkozy pour le punir de ses positions sur l’islam et l’immigration… Présente lors de scrutins syndicaux, la thématique du "vote halal" a perduré en France - élections législatives (juin 2012), municipales (2014) et régionales (2015) et à l'approche de celle présidentielle de 2017 - et hors de l'hexagone. Le 21 août 2016, déclarant sa candidature à la plus haute fonction du pouvoir exécutif, l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg a visé ce "vote musulman".

Le foulard islamique en France et en Allemagne 
Deux appels de musulmans à voter pour le Front national
Un dîner-débat intercultuel organisé par des musulmans à Drancy
Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ?
« Vers un islam d’Europe ? »
Latifa ibn Ziaten
Bariza Khiari, sénatrice socialiste

En 2011, l’étude The Future of the Global Muslim Population du Pew Research Center a indiqué que la part des musulmans dans la population européenne devrait passer dans les vingt prochaines années de 6 % à 8 % : de 7,5 % à 10,3 % en France (4,704 millions à 6,860 millions), de 5 % à 7,1 % (4,119 millions à 5,545 millions) en Allemagne.

Le 15 juin 2015, en clôture de la première réunion de l'Instance de dialogue avec le culte musulman, Bernard Cazeneuve, ministre socialiste de l'Intérieur et chargé des cultes, saluait "les valeurs de cinq millions de Français musulmans".

Elections régionales 2010
Lors des élections régionales en mars 2010, le NPA (Nouveau parti anticapitaliste), créé en 2009, a présenté en Ile-de-France une liste menée par son leader Olivier Besancenot. Dans sa liste du Vaucluse (région PACA, Provence Alpes Côte d'Azur), figurait Ilham Moussaïd, étudiante et trésorière départementale de son parti, membre du « comité populaire » à Avignon, candidate trotskyste « féministe, laïque et voilée ».

Première étape de la campagne d' Olivier Besancenot : la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise) le 29 janvier 2016. Pour ce dirigeant d'extrême-gauche, cette candidate, « c'est l'image de notre intégration dans les quartiers ». "Sur le quai, des jeunes de retour du lycée l'interpellent : « Le Coran ! C'est Besancenot ! Hé vas-y Olivier, on est derrière toi ! » Le facteur de Neuilly-sur-Seine a pris pied dans les quartiers populaires de banlieue où se concentrent les populations issues de l'immigration et qui sont devenues « un désert associatif, syndical et politique ». Résultat, des femmes voilées militent au NPA et ont intégré les comités de base, jusqu'à donc le représenter aux prochaines échéances de mars. Autre signe assumé : les plateaux-repas servis à l'heure de la rupture du jeûne pour les participants attachés au ramadan, lors de la dernière université d'été du parti à Port Leucate (Aude). Porte-voix en main, Besancenot tonne contre le débat sur l'identité nationale qui « stigmatise une communauté », et le NPA, qui vient de se réunir en conseil politique national, a dénoncé la loi contre la burqa, « islamophobe et liberticide ». Pour autant, cette candidature risque de provoquer de sérieuses ruptures au sein du parti trotskiste, à l'image de celles constatées en 2007 au Danemark dans la coalition rouge-verte lorsqu'une jeune femme voilée s'était présentée aux législatives. Omar Slaouti, chargé des « quartiers » au NPA, assure que la démarche d'Ilham « n'est en rien communautariste » mais renvoie juste l'image « de ceux qui subissent la crise dans les quartiers sensibles ». (Le Figaro, 2 février 2010)

Et Le Figaro ajoute : "En août à Port Leucate, Anne Leclerc, membre du comité exécutif du NPA, chargée des droits des femmes, s'était accrochée avec Abdel, un militant d'Avignon au verbe haut, proche de Besancenot, pour ses propos machistes. La candidature d'Ilham la met mal à l'aise. Elle ne « commente pas un choix validé localement », mais promet que « les valeurs féministes » brandies dans toute l'histoire de la LCR « ne seront pas dissoutes » au sein du NPA. D'autres s'inquiètent de certains arguments qui circulent, tels ceux de l'altermondialiste Raoul Marc Jennar, militant NPA qui fut, en 2007, un porte-parole de José Bové à l'élection présidentielle. Celui-ci estime qu'Ilham est une « courageuse révélatrice d'un débat essentiel » et affirme : « C'est le rôle des Églises qu'il faut combattre, pas les croyances individuelles. » Après les régionales, le NPA va lancer un débat national autour de « la religion, l'émancipation et la liberté ».

Une polémique avait surgi concernant cette candidate portant le foulard islamique.

Les 21 listes présentées ou soutenues par le NPA ont atteint 3,4 % des suffrages. Un score considéré comme « pas bon » par le NPA.

En novembre 2010, Ilham Moussaïd quittait le NPA.

La primaire socialiste
En septembre 2011, lors du premier débat télévisé avec les candidats à la primaire du Parti socialiste français à laquelle pouvait voter toute personne, adhérente ou non de ce parti, et dont aucune thématique ne visait l'islam ou le monde arabe, Arnaud Montebourg avait évoqué son grand-père maternel, un « Arabe d’Algérie ». Il avait obtenu environ 17;3% des suffrages, et occupé le troisième rang parmi les postulants.

Lors de ces primaires, la candidate Martine Aubry, pressentie pour être la future Première ministre si François Hollande était élu, s’était prononcée pour la reconnaissance de la « Palestine », puis pour celle de l’Etat d’Israël (sic). Alors que ce conflit au Proche-Orient était absent des sujets abordés par les candidats, et que la France a reconnu depuis plus de 60 ans l'Etat Juif.


Et c’est François Hollande qui a été élu à l’issue de ces primaires.

L’Iran espère en une victoire de François Hollande, candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle, et en une politique adoucie à l’égard de leur nucléaire militaire destiné à rayer l’Etat d’Israël de la carte du monde.


« Les Arabes nous ont donné la médecine et les sciences avant les Lumières. Pas d'avenir pour la France sans les Arabes. Entre nous et les Maghrébins existe un lien de fraternité », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, le 14 avril 2012, à Marseille.


Une « reconnaissance publique inédite en France… Certes, il a prononcé ces mots dans la ville de Marseille, où la population maghrébine est fortement présente et où se trouve le port qui fait le lien entre la France et l'Afrique du Nord. Autrement dit, on pourrait attribuer ces paroles à sa volonté d'obtenir le vote des Français d'origine arabe », écrit le journaliste libanais Fayçal Jalloul dans al Khaleej.

Et d’ajouter : « Dans une rencontre à huis clos avec des journalistes consacrée à la politique internationale, [Jean-Luc Mélenchon] avait expliqué que son pays n'avait pas intérêt à prendre position sur la question des sunnites et des chiites [les deux principales branches confessionnelles de l'islam qui s'affrontent au Moyen-Orient] et qu'il éviterait cet écueil s'il devait être élu ».

Des mots d’ordre islamiques
Alors que les « vote Juif » ou chrétiens - « vote catholique » et « vote protestant » - ont suscité études, sondages et articles, le « vote musulman » en France s’avère peu analysé, voire nié.


Pourtant le « nombre de musulmans serait de 4 millions en France en 2008, soit 6,4 % de la population (estimation à partir de l'enquête "Trajectoires et origines", INED-Insee, 2008) », selon la démographe Michèle Tribalat. Un nombre important au regard des 44 millions d'électeurs français.

Et le vote des 119 468 électeurs tunisiens selon l’IRIE (Instance régionale indépendante pour les élections) - environ un tiers des suffrages pour le parti islamiste Ennahda - avait suscité l’intérêt de la presse hexagonale.

En mai 2002, Radio Islam avait dénoncé une France dirigée par les « judéo-socialo-maçonniques » pour inciter les musulmans à voter pour le Front national.


Le 4 mars 2012, sur RTL, Soheib Bencheikh, ancien grand mufti de Marseille, « chercheur en sciences religieuses », a appelé à voter pour Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle pour marquer son opposition au candidat et Président de la République Nicolas Sarkozy.

Sur Internet, circule depuis quelques semaines une vidéo de François Hollande visitant la banlieue, attirant des personnes enthousiastes représentant la société multiculturelle, notamment des femmes arborant des foulards islamiques. Certains font part de leur intention de voter pour « François Hollanche, inch Allah ! »

Le 17 avril 2012, l’UFM 13 (Union des familles musulmanes des Bouches-du-Rhône) a lancé un appel à voter contre ceux qui « par calcul électoraliste et politicien, ont désigné à la vindicte populaire les musulmans, les jeunes des quartiers défavorisés, les chômeurs ou encore les étrangers… Pour tout cela, ils doiventrendre des comptes ». Et d’ajouter : « A coup de débats nauséeux sur l’identité nationale, de polémiques grotesques sur la viande halal ou de stigmatisation des immigrés prétendument responsables de l’insécurité, ils ont mis à mal la cohésion nationale, pourtant indispensable au vivre ensemble. Ils ont trahi le pacte républicain, en essayant de dresser une partie de la population contre l’autre ».

Le vendredi 20 avril 2012, un jour de prières pour les musulmans, et à 48 heures du premier tour de scrutin, le Conseil démocratique des musulmans de France a lancé un « appel citoyen pour un vote massif hallal » aux « musulmans d’apparence » dans 700 mosquées.

A Paris ou à Lyon, des recteurs exhortent leurs fidèles à voter « pour défendre notre dignité contre l’islamophobie et la stigmatisation des membres de notre communauté ». Assènent : « L’abstention et le vote blanc sont haram (interdit) ». A la mosquée de la Défense, quartier d’affaires près de Paris, il s’agit de « voter contre ceux qui n’ont eu de cesse depuis des mois de criminaliser la communauté musulmane », et le candidat désiré est nommé : François Hollande.

A l’origine de cette initiative : Abderrahmane Dahmane, actuel conseiller à la mosquée de Paris. Ce secrétaire national de l’UMP « chargé des relations avec les associations de Français issus de l’immigration » (2005-2007) avait été nommé en janvier 2011 « conseiller technique chargé de l’intégration » auprès du Président Sarkozy. Ce président du Conseil des démocrates musulmans s’était opposé au débat de l’UMP (Union pour un mouvement populaire) du 5 avril 2011 sur la laïcité et sur l’islam, et l’Elysée avait mis fin à ses fonctions. Il avait alors appelé les musulmans à porter une étoile verte à cinq branches pour demander l’annulation de ce débat ! Un parallèle choquant avec l’étoile jaune que les Juifs étaient contraints de porter sur leur vêtement sous l'Occupation nazie. Choquant de la part de ce conseiller principal d’éducation dans un collège promu en janvier 2011 inspecteur général de l’Education nationale. Une nomination controversée…

Dès mars 2011, Abderrahmane Dahmane avait appelé à voter contre l’UMP.

Le 16 janvier 2012, il a déclaré à Jeune Afrique être « en négociation avec la parti socialiste, à qui » il proposait « le même service » que celui dont il avait fait bénéficier le candidat Nicolas Sarkozy en 2007 : une « machine de guerre » constituée de « comités de soutiens dans toutes les principales villes du pays ». Il a rencontré François Hollande lors du débat sur le hallal, abattage rituel islamique, et devrait le revoir entre les deux tours de scrutin.

Et le 26 avril 2012, il assurait au Point que son appel avait été « largement entendu. Pour le premier tour, on a amplement rempli nos objectifs. Nous allons recommencer avant le second tour et appeler à voter François Hollande. Il saura préserver les valeurs de la République. En ce moment, je fais le tour de France pour mobiliser les électeurs de culture musulmane : Lyon, Marseille, Grenoble, Bordeaux, Strasbourg, Lille, Nantes  ». Le « vote musulman » ? Selon lui, il vient d'être créé par «les attaques de Copé, Guéant et de Sarkozy » 

Dans « Initiative citoyenne des musulmans de France », une vingtaine d'imams et de recteurs de mosquées de la région Rhône-Alpes ont insisté sur « l'obligation morale pour un musulman d'exercer son droit au vote. Pour être entendus, [les fidèles musulmans] doivent prendre leur destin en main en exerçant leur droit de vote en leur âme et conscience ».

Le 21 mars 2012, sur Oumma.com, Noureddine Aoussat insiste sur la mobilisation considérable des musulmans en vue de l’élection présidentielle 2012. Allègue : « Mis à part les discriminations à l’embauche qui sont une réalité indigne et insupportable, les problèmes de logement, d’emploi, de sécurité, n’ont pas de confession particulière et touchent indifféremment les Français ». Déplore l’absence de consigne de vote claire d’organisation ou de personnalité musulmanes. Evoque les positions ambivalentes de Mélenchon – défenseur de la cause palestinienne et virulent contre le foulard islamique - et de Bayrou, absent du dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et soutien à l’hebdomadaire Charlie hebdo ayant publié les dessins danois sur Mahomet. Dénonce les « lois liberticides qui vont de l’interdiction du foulard au lycée à la chasse aux jupes longues, en passant par la pénalisation du niqab dans l’espace public, sans oublier la traque des foulards des nounous dans l’intimité de leur foyer », le honteux et ignominieux faux débat sur l’identité nationale, la focalisation outrancière sur les prières de rue, sur la nourriture halal, et depuis peu sur la « merahisation » des musulmans de France, le comble de la bouc émissarisation a été atteint depuis plusieurs mois, et la coupe est désormais plus que pleine ». Et d’accuser la « droite sarkozyste » d’avoir alimenté « l’islamophobie ». Conclusion : « S’il y a une seule raison qui doit pousser tous les musulmans à aller voter ce dimanche, c’est bien le vote contre l’islamophobie. Ce premier tour doit être celui du vote sanction pour tous les candidats, tandis que le deuxième tour sera celui de la sélection du candidat qui n’encouragera pas l’islamophobie ».

Selon le Washington Times, de nombreux électeurs musulmans vont sanctionner par leur vote le candidat Nicolas Sarkozy pour les déclarations du Président Sarkozy à l’égard de l’islam, de l’immigration et de l’identité nationale. Le journal américain décrit l’action du collectif Acelefeu qui vise à faire émerger un « vote musulman », alors que le taux de participation électorale des musulmans s’élève à environ 50%.

Et Walid Shoebat dresse un parallèle entre l’attentat islamiste à Madrid en 2004 – celui-ci a influé sur les électeurs qui ont préféré le leader socialiste – et celui de Mohamed Merah en mars 2012.

Quant au controversé Tarik Ramadan, il s'est prononcé pour un vote François Hollande pour marquer l'opposition au Président sortant et candidat Nicolas Sarkozy.

Le 30 avril 2012, IFESI TV (Institut français d'études et de sciences islamiques) a  publié sur Youtube une courte vidéo Notre France, notre devoir dans laquelle de jeunes musulmans et musulmanes souvent voilées se présentent - prénom, âge, profession (ingénieur, juriste, etc.), département de vie -, déplorent le climat politique en France « islamophobe, méprisant, mesquin, délétère, effrayant, à peine respirable », se plaignent d'être « stigmatisés » ainsi que de l'absence de liberté, d'égalité et de laïcité ». « Depuis que ce monsieur est arrivé au pouvoir, il n'a cessé de cibler la communauté musulmane », dit l'un d'eux. « Il est très dangereux », renchérit un autre. « On lui souhaite une bon départ », déclare un troisième. « Le pou dans la tête de Marianne doit être évincé », affirme, geste à l'appui, un quatrième. « On a tous hâte qu'il parte. Dégage ! ...  Allez voter... Dimanche matin, je vais voter, inch Allah ! Prenons conscience de notre pouvoir... Dimanche, tu votes ! », concluent ces individus.

Halal et affirmation identitaire
Combien d’électeurs musulmans ont-ils suivi ces consignes de vote pour l'élection présidentielle française ? Résultat les 22 avril et 6 mai 2012.

Les trois récents sondages organisés par  le site Internet musulman Saphirnews, l'association culturelle d'éducation populaire JPLUS et l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) ont révélé la préférence pour Jean-Luc Mélenchon qui arrive en tête (31-39%), suivi de François Hollande (14-19%), devant Nicolas Sarkozy (0,4-9%) et Marine Le Pen (0,2-9,5%).

Les résultats du 22 avril 2012 en Seine-Saint-Denis, département au nord de Paris où l'islam est la première religion selon la démographe Michèle Tribalat, sont les suivants : 38,68% des voix pour François Hollande, 19,48% pour Nicolas Sarkozy, 16,99% pour Jean-Luc Mélenchon, et 13,55% pour Marine Le Pen.  Au niveau national, ces résultats sont : 28,63 % des voix pour François Hollande, 27,18% pour Nicolas Sarkozy, 17,90% pour Marine Le Pen et 11,10% pour Jean-Luc Mélenchon.

L’intervention d’imams dans une élection politique tient à la spécificité de l’islam, religion et politique. Une manière également de démontrer leur force aux politiciens ? Ces appels revêtent un aspect problématique : des Etats étrangers - Algérie, sultanat d'Oman, etc. - ou "de grandes fortunes du Golfe" subventionnent nombre de mosquées et d'imams en France.

Curieusement, certains musulmans recourent à des thématiques islamiques pour mobiliser des citoyens français à exercer leur devoir civique. Délimitent publiquement leur périmètre de « l’islamiquement tolérable » à l’adresse de la classe politique. Expriment une revendication citoyenne centrée sur l'égalité, mais écartent d'autres libertés publiques fondamentales : liberté d'expresion, liberté des débats, etc. Brandissent le spectre de l'islamophobie alors qu'une recrudescence d'actes antisémites est constatée. Evoquent des discriminations à l'embauche à l'égard des musulmans, mais semblent ignorer les propos d'une employée chargée des logements de la mairie de Bagnolet à Madame Myriam T-M., de confession juive, qui le 14 mars 2012 lui demandait des explications sur le fait que le logement promis avait été proposé à une autre famille : « Vous les Juifs, vous avez des sous ! Allez dans une agence immobilière ! Si je veux, votre dossier restera en bas de la pile ! »

De manière surprenante, les attentats de l'islamiste Mohamed Merah ont induit une réflexion excluant tout questionnement sur le lien entre l'islam et l'antisémitisme.

L’article du site Internet Oumma.com révèle aussi les sujets clivants pour des musulmans. Est-ce un hasard si les thèmes cités concernent les Juifs et l’Etat d’Israël ?

Quant au parallèle, émis par ce jeune électeur musulman, entre un candidat honni et un « pou », il est à l'image de cette campagne électorale : François Hollande a été comparé à une « anguille » pour créer l'image d'un candidat fuyant toute précision sur son programme. Mais, l'épithète de « pou » revêt une connotation encore plus choquante, car elle renvoie pour des historiens à la métaphore de l'antisémitisme hitlérien associant les Juifs à des animaux nuisibles : rats, poux, etc.

Ces appels peuvent aussi s’interpréter comme un signe de plus de l’échec de cet « islam de France » pour l’avènement duquel a tant œuvré Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur puis Président de la République, en créant notamment le Conseil français du culte musulman (CFCM).


Que signifie ce « vote halal » ? « Le “halal” est central dans la dégradation de l’intégration culturelle des populations de l’immigration du Sud car il ne concerne pas seulement l’abattage rituel : il s’agit d’une philosophie de vie qui consiste, au travers des concepts de “pur” et d’“impur”, de “licite” et d’“illicite” à bâtir une muraille identitaire autour d’une communauté d’appartenance qui se base sur des principes religieux et non sur les principes républicains », a expliqué Malika Sorel-Sutter, membre du Haut Conseil à l’intégration, à Valeurs actuelles le 19 avril 2012.


Et d’ajouter : « L’islamologue Gilles Kepel – dont je partage les observations mais pas les conclusions – a montré dans un livre récent (Quatre-vingt-treize, Gallimard) que le halal était devenu un des vecteurs les plus puissants de « l’affirmation identitaire ». Il parle même de « perspective de purification » et attire l’attention sur le fait que l’enjeu du halal, au travers de ce rigorisme, est le « contrôle cultuel et politique » des musulmans par les salafistes et les Frères musulmans, qui se livrent bataille sur la terre de France considérée comme importante au vu des millions de musulmans qui y résident ».


Y aurait-il un basculement « anti-Sarkozy » parmi les électeurs musulmans en 2012, ce qui révèlerait un tournant politique ? La droite a-t-elle « poussé les musulmans vers la gauche » ? Le candidat Sarkozy a-t-il échoué à reconquérir dans sa « reconquête de l'électorat musulman » :  réservation d'une quinzaine de bus pour des musulmans afin que ceux-ci se rendent au meeting de Villepinte du 11 mars 2012, dévoilement le 14 mars 2012, à la grande mosquée de Paris, d'une plaque en hommage aux soldats musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), etc. ? Est-il perçu comme « sioniste » ou « proche des Juifs » ?

Non. En 2007, tous les candidats se sont efforcés de séduire ce vote de minorités religieuses ou ethniques. Un sondage CSA/CISCO (2007) auprès de 5 009 personnes – dont 3% déclarés musulmans – avait révélé que le « vote des minorités ethniques issues de l’immigration s’est massivement porté sur la gauche et l’extrême gauche ». Le vote des 150 électeurs déclarés « musulmans » se distinguait nettement de celui de l’opinion moyenne au premier tour : 64% de vote Royal (au lieu de 25,9%), 14% de vote d’extrême gauche (au lieu de 9,5%), soit un total gauche/extrême gauche de 78%, à comparer à un score national de 35%. A contrario, Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy recueillaient chacun 1% - Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national avait obtenu 10,4% en moyenne nationale, et Nicolas Sarkozy environ 30%.

« Paradoxalement, à la dernière élection présidentielle, en se portant massivement en faveur de Ségolène Royal, qui a subi une défaite, le vote ethnique s’est aussi érigé en interlocuteur revendicatif vis-à-vis du vainqueur Nicolas Sarkozy », conclut Jean-Yves Ménébrez le 23 mai 2007 dans Polémia.


Force est de constater le long silence de médias français, généralement de gauche, à l’égard de ces positions islamiques en faveur de François Hollande, en France et surtout à l’étranger (Iran).

Ceci est d'autant plus inquiétant que "l'islam de France" ou "l'islam en France" est largement financé par des souverains ou/et pays étrangers : Maroc - le souverain chérifien, Commandeur des croyants, maintient ainsi les ouailles sous sa sujétion -, Algérie, etc.

Finalement, Nicolas Sarkozy a du compter sur ceux qu’il a le plus déçus, notamment les électeurs Français Juifs. Selon le baromètre IFOP/JDD 2007-2012, la popularité de Nicolas Sarkozy a chuté de 46% à 32% chez l'ensemble des Français, de 64% à 50% chez les catholiques pratiquants et de 62% à 43% chez les Juifs.

Une « variable religieuse » clivante
Selon un sondage réalisé par OpinionWay et Fiducial pour Le Figaro, le nombre d'électeurs musulmans s'élèvent à deux millions. Le 22 avril 2012, 59% de ces électeurs musulmans ont voté pour François Hollande, 23% pour Jean-Luc Mélenchon, 7% pour le centriste François Bayrou (Modem) et 4% pour Nicolas Sarkozy. Le 6 mai 2012, 93% des électeurs musulmans ont voté pour François Hollande et 7% pour Nicolas Sarkozy.

Au premier tour de l'élection présidentielle, François Hollande a enregistré ses plus hauts taux dans dix pays d'Afrique noire et d'Afrique du Nord.

Une étude de l'IFOP sur le vote des musulmans à la présidentielle révèle que ces électeurs ont voté pour François Hollande à 57% au premier tour, et à 86% au second tour, et pour Mélenchon à 20% (contre 11% pour l'ensemble des Français). « Une préférence électorale à gauche plus marquée cette année qu'en 2007 ».

Jérôme Fourquet, directeur adjoint du Département opinion publique à l’IFOP, dans Atlantico, le 25 juillet 2012 [1] résume :
« Dans les milieux populaires, le fait d’être ou non musulman influe très profondément sur le vote. Ainsi, si François Hollande domine sans partage l’électorat populaire de confession musulmane avec 63 % des voix au premier tour, il est devancé de deux points par Marine Le Pen (29 % contre 27 %) sur l’ensemble des ouvriers et employés. Aussi, faut-il être très prudent lorsqu’on évoque le vote des fameux « quartiers populaires », réservoirs de voix pour la gauche pour certains ou en voie de droitisation pour les autres. La variable religieuse (et avec elle la composition ethnique de la population locale) introduit une ligne de clivage très marquée au sein même des milieux populaires. Parmi les ouvriers et employés se déclarant de confession musulmane, le total Hollande / Mélenchon / extrême-gauche a atteint au premier tour de la présidentielle pas moins de 82% des voix contre 9 % seulement pour le total Sarkozy / Le Pen assurant ainsi une domination sans partage à la gauche dans bon nombre de banlieues et de quartiers de grands ensembles. Le rapport de force est en revanche tout autre si l’on considère cette fois l’ensemble des milieux populaires (et plus uniquement ceux qui se disent de confession musulmane) : 48 % en faveur du bloc Sarkozy / Le Pen contre 40 % pour le bloc de gauche, gauche qui s’est retrouvée sur la défensive dans de nombreux territoires (zones péri-urbaines, villes moyennes, vieux bassins industriels) à forte population populaire mais… non musulmane ».
 En juillet 2013, une étude de l'IFOP porte sur Le vote des musulmans à l'élection présidentielle de 2012. Ces électeurs musulmans représentent 5% du corps électoral français et sur-votent à gauche. Cette étude se fonde sur un "échantillon cumulé de 14 200 électeurs inscrits".
Au premier tour, Nicolas Sarkozy a recueilli 7% des voix des électeurs musulmans, contre 27% parmi l'ensemble des Français. Marine Le Pen  a reçu 4% des voix de ces électeurs, contre 18% des voix de l'ensemble des Français. "Avec 57 % des voix, François Hollande a ainsi largement franchi la barre de 50 % dès le premier tour et doublé son score moyen dans ce segment de l’électorat qui, parallèlement, a également beaucoup plus voté pour Jean-Luc Mélenchon que la moyenne des Français : 20 % contre 11 %". 

Au second tour, 86% des électeurs français musulmans ont voté pour le candidat socialiste, contre 14% pour le candidat UMP. Ce "sur-vote très important (34 points de plus que la moyenne nationale [Nda : pour François Hollande]) enregistré dans ce segment - constituant on le rappelle environ 5 % des inscrits représente 1,5 point du corps électoral… soit l’avance qui a permis à François Hollande de l’emporter".

La "domination de la gauche dans l’électorat musulman n’est pas une nouveauté (et elle tient pour partie à l’histoire : implication plus forte de la gauche dans la lutte pour la décolonisation, dans la lutte contre le racisme, attitude plus ouverte sur la question du multiculturalisme, etc…) mais elle s’est renforcée par rapport à l’élection présidentielle de 2007". Mais au premier tour, le Front national enregistre en cinq ans une hausse de trois points (1% en 2007, 4% en 2012) et l'extrême-gauche/Front de gauche/PC une augmentation de 11 points (10% à 21%) : "Bien que laïc intransigeant et hostile à la visibilité trop importante de la religion (et donc de l’islam) dans l’espace public, le leader du Front de Gauche est parvenu, par son opposition très nette au FN et par la reconnaissance des bienfaits de la présence d’une immigration arabo-musulmane en France (lors du discours du Prado à Marseille notamment), à capter une part significative de ce vote". Entre 2007 et 2012, le centriste François Bayrou perd points : de 15% à 6%.

Ce "puissant sur-vote à gauche des musulmans n’est pas lié à la structure démographique de ce groupe... La variable religieuse (et avec elle la composition ethnique de la population locale) introduit une ligne de clivage très marquée au sein même des milieux populaires. Parmi les ouvriers et employés se déclarant de confession musulmane, le total Hollande/Mélenchon/extrême-gauche a atteint au premier tour de la présidentielle pas moins de 82% des voix contre 9 % seulement pour le total Sarkozy/Le Pen assurant ainsi une domination sans partage à la gauche dans bon nombre de banlieues et de quartiers de grands ensembles. Le rapport de force est en revanche tout autre si l’on considère cette fois l’ensemble des milieux populaires (et plus uniquement ceux qui se disent de confession musulmane) : 48 % en faveur du bloc Sarkozy/Le Pen contre 40 % pour le bloc de gauche, gauche qui s’est retrouvée sur la défensive dans de nombreux territoires (zones péri-urbaines, villes moyennes, vieux bassins industriels) à forte population populaire mais… non musulmane".

Des drapeaux étrangers à la Bastille
« Choqué [par] les multiples drapeaux étrangers[1] brandis aux alentours de la colonne de la Bastille : algériens, marocains, palestiniens, etc. », l'éditorialiste Ivan Rioufol a écrit le 7 mai 2012 : « Ces manifestations d’appartenance sont à mettre en parallèle avec les excellents scores qu’Hollande enregistre dans les "quartiers populaires" (comprendre : quartiers musulmans). En Seine-Saint-Denis, il l’emporte massivement avec 65,32% des suffrages contre 34,68% pour Sarkozy. A Clichy-sous-Bois, d’où sont parties les émeutes de 2005, il enregistre 72,07%, et même 89,04% dans le quartier "sensible" du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie. De semblables résultats se retrouvent jusque dans certains arrondissements de Paris, comme le XX e, le XVIII e ou le XIX e. Hollande s’est donné deux priorités : la justice et la jeunesse. Il n’a pas dit : le désendettement et le communautarisme… »

Le 8 mai 2012, sur RTL, le journaliste Eric Zemmour déclare : "Les drapeaux ne sont pas d'innocentes décorations. Ils sont le symbole de l'appartenance et de la fierté nationales et identitaires... La symbolique guerrière des oriflammes ne date pas d'hier".

Et le 9 mai 2012, Ivan Rioufol s'est interrogé : " François Hollande sera-t-il l'obligé de son électorat musulman ? "

Khoutspa TV a interrogé des jeunes qui brandissaient des drapeaux palestiniens à la place de la Bastille (Paris), le 6 mai 2012. Ils  révèlent une ignorance du conflit entre le monde musulman et l'Etat d'Israël ainsi que du judaïsme. Ils profèrent des propos antisémites et anti-israéliens : "Les Juifs... Ils sont racistes ! Ils tuent des enfants ! Ils ont volé un Etat ! C'est les bourreaux d'aujourd'hui ! Les Juifs n'ont pas le droit à un Etat".

Sans aucune condamnation des dirigeants politiques, notamment socialistes. 

Le 11 mai 2012, lors de l'émission sur Paris Première Zemmour et Naulleau, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de la campagne présidentielle de François Hollande et conseillère municipale socialiste franco-marocaine, a déclaré en parlant des porteurs de drapeaux étrangers : " Ces gens soudainement se sentaient totalement français ". Eric Zemmour a répliqué : " Avec un drapeau étranger, on se sent français ?!"

Le 13 juin 2012, le site Sauvons la liberté a indiqué que le Parti socialiste avait fait disparaitre les drapeaux étrangers de la photo de la place de la Bastille au soir de l'élection de François Hollande.

Un vote incontournable courtisé
" Sans le vote des immigrés extra-européens naturalisés et de leurs enfants et petits-enfants nés français (leur pourcentage dans l’électorat est impossible à déterminer), le candidat socialiste aurait été difficilement élu président, étant donné le vieillissement de la population ", écrit Laurent Chalard dans l'article Une courte victoire démographique publié par  Libération (13 mai 2012).

Et d'expliquer : " L’étude de la répartition géographique du vote pour François Hollande, montre l’importance de ce facteur. Dans les communes à fort pourcentage de populations ayant des origines non européennes, le candidat socialiste progresse beaucoup plus qu’en moyenne nationale par rapport au score réalisé en 2007 par Ségolène Royal. Les exemples de Clichy-sous-Bois, La Courneuve, Garges-lès-Gonesse ou du XVe arrondissement de Marseille témoignent d’une progression de plus de 10 points en cinq ans, avec des scores bien souvent supérieurs à 70%. Cet électorat a massivement voté pour la gauche, ou plutôt contre le discours stigmatisant de Nicolas Sarkozy ".

"François Hollande devra tenir compte de l’espoir qu’il porte pour cette jeunesse d’origine extra-européenne qui a des réelles difficultés d’insertion dans le pays, au risque sinon de la faire définitivement basculer dans le communautarisme, processus déjà engagé, mais encore potentiellement réversible. Quant à la droite, elle devra prendre en compte l’existence de cette population, appelée à croître dans l’électorat, si elle souhaite reconquérir le pouvoir. La stratégie de droitisation de son discours et d’éventuelle alliance avec l’extrême droite est donc suicidaire à long terme ".
Lors du dîner du CRIF Marseille du 21 mai 2012, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur chargé des Cultes, a déclaré :
« Toute agression perpétrée à l’endroit d’une religion, contre un lieu de culte, contre une église, contre un temple, contre une mosquée ou une synagogue est une grave offense faite à la République et à ses valeurs ».
Ce qui "ouvre la voie à un possible délit de blasphème", comme l'observe Ivan Rioufol. Et interdit toute critique de l'islam.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ont condamné l'agression, par des jeunes d'origine maghrébine, à coups de marteau et barre de fer, contre trois jeunes Français Juifs portant kippa, le 2 juin 2012, près de l'école Juive Beth Benahem à Villeurbanne, en qualifiant l'acte de "très grave", d'une "violence insupportable", mais non d'acte antisémite. Manuel Valls, ministre socialiste de l'Intérieur, a qualifié cette agression d'antisémite.

Le 7 juin 2012, le site de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) a publié une interview vidéo et la lettre à "mes amis-es musulmans de Montreuil et de Bagnolet" de Jean-Pierre Brard, député du Front de gauche, candidat dans la 7e circonscription de la Seine-Saint-Denis, incluant Montreuil et Bagnolet et soutenu par Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet. Il s'y félicite d'avoir été le « 1er maire de France à permettre la construction d’une Mosquée, celle de la rue de Rosny à Montreuil, par le biais d’un bail emphytéotique ». Il s'engage à «  construire un grand cimetière musulman pour Montreuil et pour Bagnolet, d’au moins 3 000 places... Dans la société française, les musulmans sont devenus les boucs-émissaires ». Ce candidat « refuse la stigmatisation de l’Islam » et promet de « refuser toutes nouvelles lois visant à stigmatiser la communauté musulmane »[1].

Ce site a publié l'appel de Youssef el Ouachouni « J'ai besoin de vous dans la 1ère circonscription (93) ». Ce candidat de Riposte citoyenne se présente dans la 1ère circonscription de Seine-Saint-Denis : Epinay-sur-Seine, Saint-Denis Sud, l'Ile Saint-Denis et Saint-Ouen.

Le 14 juin 2012, le site de l'UAM 93 a publié la lettre de Patrick Braouezec, député sortant de Seine-Saint-Denis, Pierrefitte et Villetaneuse soutenu par le Front de gauche, et celle de Georges Sali, président du groupe des élus socialistes de Saint-Denis, qui apporte son soutien à Patrick Braouezec. Celui-ci évoque son vote contre la loi sur la burka, son accueil de Salah Hamouri, ses interventions pour un Etat palestinien, etc. En avril 2012, il avait été agressé par une bande de jeunes près de l'Hôtel de ville de Saint-Denis.

Le 15 juin 2012, il publie le courrier de Milouda Latrèche, candidate dans la 5è circonscription de Seine-Saint-Denis (Drancy, Bobigny, Le Bourget), un portrait de Mounir Satouri (EELV, Europe Ecologie Les Verts) candidat dans les Yvelines...

Quadragénaire d’origine comorienne et préparant l’ENA, Saïd Ahamada a grandi dans les quartiers nord de Marseille, cité qui accueille le long du vieux port et dans son centre-ville une population majoritairement issue de l'immigration, en particulier originaire d'Afrique du nord. Fondateur du collectif Avenir-Marseille-Egalité (AME),  il a déclaré à Vosges Matin le 25 août 2013 : "Marseille est constitué de ghettos. Les pauvres au nord, les moins pauvres et les riches au sud... Le clientélisme, plus qu’ailleurs, c’est la plaie de cette ville. Exemple : des associations tenues par des dealers notoires sont subventionnées par des fonds publics. En échange, les caïds de quartier tiennent les bureaux de vote ! J’ai vu, de mes yeux, des types à la solde des dealers des quartiers nord, interdire aux gens de fermer le rideau de l’isoloir ou exiger qu’ils ne prennent qu’un seul bulletin. Et les mêmes truands occupent ensuite des fonctions au conseil général [des Bouches-du-Rhône présidé par le socialiste Jean-Noël Guérini, mis en examen à trois reprises, Nda] ! Pour en finir avec tout cela, il faut en finir avec les ghettos et avec le clientélisme." Une régression civique révélée lors du procès de la député socialiste des Bouches-du-Rhône, Sylvie Andrieux, condamnée le 22 mai 2013 pour détournement de fonds publics à fins de clientélisme...

Après la victoire électorale de Samia Ghalil - en tête à l'issue du premier tour de scrutin le 13 octobre 2013 avec 25,25%, devant Patrick Mennucci (20,65%) - lors des primaires socialistes en vue de l'élection municipale à Marseille, Marie-Arlette Carlotti, ministre socialiste des Handicapés a déclaré : « Nous avons assisté au cours de cette journée à un fonctionnement à plein régime du clientélisme. Personne n'avait vu jusqu'à présent ce système fonctionner avec une telle puissance, un tel sentiment d'impunité, à la vue de tous, avec des dizaines de mini bus qui sillonnent la ville, avec des échanges d'argent, des intimidations, le tout avec une organisation que je qualifierai de paramilitaire ». Maire du 8e secteur de Marseille (15e et 16e arrondissements), sénatrice des Bouches-du-Rhône et conseillère municipale, colistière de Jean-Noël Guérini en 2008Samia Ghalil a obtenu ses meilleurs scores dans les quartiers nord de la ville phocéenne où elle a grandi. Le 20 octobre 2013, Patrick Mennucci a remporté le second tour de ces primaires.

Le 18 février 2014, le Président de la République François Hollande a inauguré le "mémorial du soldat musulman" - deux plaques listant les unités musulmanes lors des deux conflits mondiaux - pré-inauguré en 2012 par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, à la grande mosquée de Paris. En français et en arabe, des plaques en hommage « aux soldats musulmans morts pour la France en 14-18 et en 39-45 » avaient été inaugurées par Hervé Morin, alors ministre de la Défense. Selon Le Monde, le nombre de soldats de confession musulmane morts au cours des deux guerres mondiales s'élève à 86 000 et à  100 000. A quelques semaines des élections municipales, cette inauguration visait à s'assurer du vote d'électeurs musulmans réprobateurs à l'égard du mariage homosexuel, de la théorie du genre et ABCD de l'égalité soutenus par le gouvernement socialiste Ayrault.

Elections municipales en 2014
« Pour une leçon de clientélisme, c'est une leçon de clientélisme ! Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, vient d'apporter un soutien à peine déguisé à Hidalgo avant le second tour des élections municipales », écrit le 28 mars 2014, Serge Federbusch, président du Parti des libertés et candidat dans le Xe arrondissement de Paris.

 Et de révéler  la teneur de la lettre de  Dalil Boubakeur du 27 mars 2014 : « Nous avons toujours travaillé dans la confiance et l’efficacité avec l’équipe municipale conduite par Bertrand Delanoë. Je sais que nous continuerons dans le même esprit avec Anne Hidalgo ».

Commentaire du créateur du site Internet Delanopolis : Dalil Boubakeur « présume du résultat du scrutin ».

Sur Riposte laïque, Lucette Jeanpierre  évoque « les 26 millions d’euros alloués pour la construction de l’Institut des Cultures d’Islam… [le silence de] Vaillant-Carèche-Delanoë avec les prières illégales musulmanes, plus de dix ans, rue Myrha ».

Le 30 mars 2014, Serge Federbusch dénonce le « clientélisme communautaire de la gauche » révélé, selon lui, par la Une de Libération intitulée Et si la gauche votait ? (à gauche) et illustrée par une jeune femme Noire brandissant un drapeau tricolore, coiffée, ceinturée et bottée de rouge.

Signé par Maria Magassa-Konaté, Saphirnews publie l’article intéressant Ces musulmans qui usent de la religion pour (dé)légitimer le vote  sur les mouvements animant, pour et contre le vote, les électeurs musulmans.

Des responsables de mosquées  appellent leurs fidèles à se déplacer jusqu’au bureau de vote. C’est le cas d’Hassan Iquioussen, conférencier de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) et imam de la mosquée d’Escaudain (Nord Pas-de-Calais).

Les « responsables d’une soixantaine de mosquées et d'associations musulmanes de la région parisienne se sont réunis le 15 mars 2014 à l’invitation du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) à Montreuil (Seine-Saint-Denis)... Dans la droite ligne de la campagne « On ne marche plus, on vote » (novembre 2013) suivie de l’opération « Aux urnes, citoyens !  » menée par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France)" qui s’indigne des « propos stigmatisants », et quatre organisations - le Collectif Citoyens jusqu’à son retrait en mars 2014, le Mouvement Citoyen Ensemble Nous Sommes Sevran, le Collectif Citoyens Musulmans et le Collectif On ne marche plus, on vote (ONMPOV) –, l’association appelle les musulmans de France  à voter lors des élections municipales. Une campagne qui s’appuie sur des porte-à-porte, des dialogues avec les habitants de Montfermeil (93), Trappes (78) et Meaux (77).

Certains n’hésitent pas à désigner les noms des candidats pour qui ou contre qui voter - l’Union des associations musulmanes d’Épinay-sur-Seine (UAME) a appelé, vainement, à ne pas réélire, Hervé Chevreau, maire d’Epinay-sur-Seine. A Evreux (Eure), deux associations musulmanes s'opposent sur le soutien à apporter aux candidats : l’Association des musulmans d’Evreux (AME) ne cache pas son hostilité au maire Michel Champredon (Parti radical de gauche) qui a attribué un terrain de 5 000 m² à sa rivale, l’Union cultuelle des musulmans d’Evreux (UCME), afin d’y édifier une mosquée . Marc Everbecq, maire communiste de Bagnolet, a recueilli le soutien de « dix organisations musulmanes et mosquées  ». Inutile de souligner combien le candidat soutenu par le Front national, Robert Ménard, qui a rencontré le CCIF de Béziers en novembre 2013, est critiqué  en particulier pour ses déclarations sur un islam « toujours plus voyant, agressif, conquérant » et sur Mahomet qui « n’est pas un prophète sympathique ».

Si certains musulmans considèrent donc le vote comme halal, d’autres le fustigent comme haram.

Ainsi, née en 2011, l’association Anâ-Muslim  (Je suis musulman, en arabe), qui promeut la « restauration idéologique… du dogme et de l’identité musulmane », a mené la campagne #Préserve ta foi, ne vote pas  par tracts  et affiches, ainsi que via Internet afin d’inciter ses coreligionnaires à ne pas voter. Pourquoi ? Sourates du Coran à l’appui, elle avance deux raisons principales : « Voter, c'est reconnaître le pouvoir des hommes sur terre et leur donner la souveraineté absolue de créer leurs lois qui n'on rien à voir avec l'islam » - une allusion à peine voilée à la loi sur le mariage entre homosexuels – et c’est « élire des personnes qui auront pour fonction de créer des lois, c'est donner des associés à Allah ». Et d’opposer l’islam à la démocratie. Sur le recto des tracts, des affiches électorales, dont celle de Marine Le Pen, sont floutées.

Le 20 mars 2014, la Fondation Jean-Jaurès  a publié la note d’analyse d’une enquête d’opinion   Des musulmans de gauche signée par Gilles Finchelstein sur le vote des électeurs musulmans en Ile-de-France. Se dégage un profil « proche de la figure traditionnelle de la gauche », notamment par ses aspirations à l’égalité et à l’interventionnisme étatique, mais qui s’en distingue par une forte pratique religieuse, une perception ambivalente sur l’immigration - « une source d’enrichissement culturel », mais « il y a trop d’immigrés » - et des positions culturelles « conservatrices », voire réactionnaires : 83 % à ne pas approuver l’idée que « l’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité », rejet à 95 % de l’adoption par les couples homosexuels, soit quasi-unanimement, 65 % à partager l’idée que « la femme est faite avant tout pour avoir des enfants et les élever », 45 % à ne pas considérer « normal qu’une femme puisse choisir d’avorter » (+35 points). « Ce qui caractérise ce groupe – et là réside le défi électoral pour la gauche – c’est son rapport pour le moins distancié à la politique ».

Sous la houlette de Jean-François Copée, l’UMP tente de séduire  un électorat musulman  déçu  par un Président François Hollande incapable de sortir la France de la crise économique, reportant l’octroi du droit de vote aux étrangers non-européens et qui a soutenu la campagne du ministre de l’Intérieur Manuel Valls contre Dieudonné, tout en promouvant des changements profonds de la société, telle la loi votée en 2013, autorisant le mariage entre homosexuels ou la théorie du genre dans des établissements scolaires et soutenant l’Etat d’Israël.

Quant au Modem, il dispose en Fadila Mehal, sa vice-présidente à Paris et 2e sur la liste UMP-Modem-UDI du XVIIIe arrondissement de Paris et présidente-fondatrice des Mariannes de la diversité, d’une ambassadrice en direction des électeurs issus de l’immigration.

A l'issue du premier tour (23 mars 2014, le maire de Fréjus depuis 1997, Elie Brun (divers droite), découvre que David Rachline, candidat du Front national, arrive en première position, suivi par un candidat UMP. Même dans les quartiers où sera édifiée la mosquée. Commentaire d'Elie Brun : « Avec ce que j’ai fait pour eux putain ! Ils iront faire leur mosquée tous seuls. Qu’ils m’emmerdent plus ». Même hiérarchie des votes au second tour.

  "Aujourd’hui, certains éléments de langage du Front national (FN) - et plus encore de sa nébuleuse Soral-Dieudonné - s’adressent à l’électorat d’origine maghrébine ou musulmane, alors que l’immigration et l’islamisation constituent, avec l’insécurité et l’Europe, les quatre cavaliers de l’apocalypse frontiste", écrit le politologue Gilles Kepel dans Libération le 21 mai 2014. Et d'observer : "Stéphane Ravier, élu maire FN du VIIe secteur de Marseille n’aurait pu gagner si l’électorat maghrébin et comorien, qui peuple en masse les cités de ces quartiers Nord, s’était mobilisé pour lui faire barrage... C’est l’obsession identitaire qui rapproche le discours frontiste de propos islamistes pullulant sur la Toile et les réseaux sociaux... Le mariage homosexuel ou la «théorie du genre» incarnent les méfaits de «l’élite mondialisée» que le FN voit, lui, dans l’Europe : la Manif pour tous et les Journées de retrait de l’école ont permis aux identitaires des deux rives de lancer des passerelles. D’un côté, l’ancienne pasionaria des mobylettes de Convergence 84, Farida Belghoul, se retrouve aux côtés d’Alain Soral pour prôner aux parents musulmans le retrait d’une école publique qui pervertirait la jeunesse… et d’où les signes religieux ostentatoires ont été bannis depuis 2004. De l’autre, Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, participe au Congrès de l’UOIF 2014 pour y dénoncer en chœur la destruction du modèle familial traditionnel". 

Reconnaissance parlementaire de la "Palestine"
Le 28 novembre 2014, l'Assemblée nationale a débattu, en présence de Laurent Fabius, sur une résolution, proposée par deux députés socialistes de Seine-Saint-Denis, Benoit Hamon et Elisabeth Guigou, et invitant la France à reconnaître la Palestine. Le 2 décembre 2014, cette résolution a été adoptée par 339 voix contre 151 voix, sur les 506 votants et 490 suffrages exprimés. La majorité absolue était de 246 voix.

Cité par Le Canard enchaîné (19 novembre 2014)Benoit Hamon aurait dit : « Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande » lors de l'opération Bordure protectrice à l'été 2014. Sa justification officielle, exprimée sur RTL le 20 novembre 2014 : « L’objectif d’inviter le gouvernement à reconnaître l’État de Palestine, pour redonner de la force aux partisans de la paix des deux camps ». Sans sanctionner l'Autorité palestinienne  et en acceptant l'union de deux mouvements terroristes : le Fatah et le Hamas ?! Un "vote halal" qui a cruellement fait défaut à ce candidat aux primaires du parti socialiste avant l'élection présidentielle de 2012. Selon Riposte laïque, Benoît Hamon a été élu député des Yvelines grâce au vote communautaire musulman déterminant à Trappes et à La Verrière.  

Le 11 décembre 2014, après un vif débat, une résolution similaire a été adoptée par le Sénat par 153 voix Pour contre 146 Contre sur 299 suffrages exprimés et 323 votants. Signes de la faiblesse ou duplicité du Président François Hollande ? Aveu aussi du manque d'autorité de Nicolas Sarkozy, nouveau dirigeant de l'UMP, qui avait souhaité un vote Contre des groupes UMP au Parlement.

Les élections départementales (ex-cantonales) auront lieu le 22 mars 2015 pour le premier tour de scrutin et le 29 mars 2015 pour le second tour. Elles "se dérouleront dans 2 054 cantons. Elles permettront de renouveler l’intégralité des conseillers départementaux".

Des votes musulmans
En novembre 2015, la Fondation Jean-Jaurès a publié Karim vote à gauche et son voisin vote FN. Sociologie électorale de l’« immigration », ouvrage de Gilles Finchelstein Jérôme Fourquet.

Une publication visant à répondre à ces questions : « Quelle est l'importance de la religion dans les déterminants du vote ? Vers qui se tournent les populations d’origine arabo-musulmane ? La présence de ces populations a-t-elle un impact électoral ? Cette enquête de terrain donne une analyse des votes dans toute leur complexité, loin de l’anathème et des fantasmes »

« Depuis plusieurs décennies, on s’interroge à chaque élection sur la manière dont ont voté les électeurs en fonction de leur genre, de leur âge, de leur profession - et, évidemment, de leur religion. Pendant longtemps, l’enjeu consistait à mesurer le vote "catholique" ou le vote "juif". Aujourd’hui, l’enjeu c’est aussi le vote "musulman". Ce dernier a suscité de nombreux commentaires après les dernières élections municipales. Des socialistes battus, expliquant que leur défaite tenait à l’abandon de l’électorat musulman, conséquence du mariage pour tous. Des leaders des Républicains, se réjouissant d’avoir récupéré le vote musulman. Enfin, quelques observateurs en mal de sensationnel sont allés jusqu’à annoncer le basculement de cet électorat vers le Front national. L’objectif de cet essai est très simple : étudier à la fois le vote "musulman" - vers qui se tourne-t-il et quelles sont ses motivations ? - et l’impact électoral, s’il existe, de la présence d’une population d’origine arabo-musulmane dans les différents quartiers. Dans cette enquête dirigée par Jérôme Fourquet apparaît le visage d’une France trop rarement représentée comme une réalité dans l’analyse des votes, alors qu’elle est, inversement, surexposée comme un fantasme dans l’imaginaire collectif. » (Gilles Finchelstein)


Les raisons du vote pour le candidat François Hollande en 2012 ?  La "proximité avec la gauche ou le Parti socialiste, la volonté, voire la nécessité d’un « changement ».


L'enquête a analysé le vote de l’électorat d’origine « arabo-musulmane » dans sept grandes villes : Marseille, Roubaix, Toulouse, Perpignan, Aulnay-sous-Bois, Mulhouse et Creil. Dans six villes, émerge une corrélation très positive entre la propension du vote musulman et le vote à gauche. Perpignan s'avère l'exception  à cette règle. En effet, dans cette ville, "l'électorat d'origine arabo-musulmane a préféré voter pour Jean-Marc Pujol, soit le candidat UMP (et pourtant plutôt du courant de la droite forte) plutôt que de voir Louis Alliot, arrivé en tête du premier tour, remporter la ville. On peut donc dire que dans ce cas le vote d'origine arabo-musulmane a voulu faire barrage avec le candidat qui avait le plus de chances de l'emporter contre le candidat le plus "menaçant".

Aux élections municipales de 2014, cet électorat a sanctionné les candidats socialistes, dont Patrick Mennucci à Marseille, car il a nourri de nombreux griefs : certes, le mariage pour tous et la "théorie du genre" dans les écoles, mais surtout les promesses économiques et sociales non tenues : "dégradation des conditions de vie dans certains quartiers, liée à la délinquance et au logement", baisse du pouvoir d'achat, insécurité, services publics dégradés, etc. Ce "mécontentement devrait perdurer, explique Jérôme Fourquet, mais il ne profite ni à la droite, « qui peine à pénétrer cet électorat », ni au FN qui « conserve un très fort pouvoir répulsif ».

"L’étude de Jérôme Fourquet porte aussi sur l’impact électoral de la présence d’une population d’origine arabo-musulmane sur le vote FN. Sur la base des résultats de l’élection présidentielle à Marseille, elle montre qu’au fur et à mesure que la proportion de cette population s’élève, le vote FN décolle. Il atteint son point culminant (30 %) dans les bureaux de vote comptant entre 14 et 16 % de ces électeurs puis passé ce niveau, chute très rapidement. De même, l’étude montre que le vote frontiste est « dopé » dans les bureaux de vote qui comptent peu de personnes d’origine arabo-musulmane mais qui sont entourés de bureaux de vote où cette proportion est beaucoup plus importante".

"La déception vis-à-vis de la gauche et la méfiance vis-à-vis de la droite offrent au centre une opportunité certaine de se rapprocher de cet électorat populaire. Nous relevons toutefois une certaine contradiction dans nombre des entretiens menés, avec d’un côté la dénonciation d’une politique gouvernementale « pas assez à gauche » et de l’autre un centre dont la politique économique se veut plus libérale que celle du Parti socialiste. C’est d’autant plus vrai que certains hésitent à se déclarer « au centre ou ni l’un ni l’autre », a constaté Jérôme Fourquet, 

Mosquées/politiciens
Le 19 janvier 2015, invité sur ITélé par Olivier Galzi, Razzy Hammadi, député socialiste de Seine-Saint-Denis et ancien président du Mouvement des jeunes socialistes, a stigmatisé les "lâchetés" de certains élus locaux qui "ont négocié les mosquées contre des voix".


Le 14 septembre 2015, Le Figaro a publié l'interview de Céline Pina, conseillère régionale socialiste du Val d'Oise, par Isabelle Kersimon qui évoque notamment le Salon de la femme musulmane prévu à Pontoise.

Céline Pina a déclaré : "Un jour, je m'étonnais de voir arriver voilée une femme que je savais être en quête d'émancipation. Sa réponse a été: « Tu ne sais pas où je vis et dans mon quartier, avoir mis le voile fait que mon fils ne se fait plus traiter de fils de pute et ma fille de fille des caves, et moi de pute tout court, avec les violences et la menace latente de viol qui va avec ces joyeusetés ». Quand je lui ai fait remarquer qu'en France, il y avait des lois, elle m'a répondu : « Il y a aussi une réalité». Quand je lui ai parlé d'émancipation, elle a rigolé en me disant : « Tu sais où on les croise le plus les politiques, c'est quand ils viennent faire leur marché à la mosquée et pour l'Aïd. Ils sont bras dessus bras dessous avec ceux-là mêmes qui nous mettent la pression. Entre dominants, ils se sont reconnus, et nous, ils nous ont passées par perte et profit... » En France, la montée en puissance des intégristes musulmans est largement alimentée par nos démissions collectives".

Et d'expliquer : "Quand l'abstention est à ce point élevé, l'élection se fait en instrumentalisant les communautés, les particularismes... Pour que les votes soient garantis et massifs, mieux vaut que les individus ne réfléchissent pas trop par eux-mêmes et soient sous emprise. Or l'intégrisme, le fanatisme, le fondamentalisme, c'est la forme la plus aboutie d'emprise. Caricaturalement, négocier avec un «barbu», souvent sous couvert d'aide à une association dite culturelle ou sociale, peut vous permettre de fixer des quartiers entiers. C'est donc une rente de situation que l'on pérennise en servant les intérêts de ceux qui manipulent leur communauté. Ainsi, communautarisme et clientélisme sont les deux mamelles de l'électoralisme... La droite valdoisienne ayant théorisé le fait que si le PS avait gardé la plus grosse ville de l'agglomération de Cergy-Pontoise, c'est parce que l'ancien maire et actuel député, Dominique Lefebvre, avait poussé cette logique à son apogée, elle pousse ses pions, elle aussi, chez les islamistes et sert donc également un intérêt personnel bien compris en renonçant à défendre les principes qui ont pourtant construit notre pays et ce que nous sommes. Quant aux islamistes, ils ont compris le système et se vendent aux plus offrant, ou au plus complaisant... C'est ainsi qu'on les voit se répartir équitablement sur les listes de droite et de gauche au moment des élections locales. Qui manipule l'autre? Peu importe mais le jeu est dangereux. Il est plus que temps que le discours politique rappelle fortement ce qui fait la France et ce qui n'est pas tolérable sur notre sol, qui que l'on soit et d'où que l'on vienne."


Le 1er décembre 2015, Le Figaro a publié l'interview de Laurence Marchand-Taillade, ancienne vice-présidente du MoDem Val-d'Oise, secrétaire nationale du PRG en charge des libertés individuelles et des droits nouveaux et présidente de l'Observatoire de la Laïcité du Val d'Oise (Ovlo), par Isabelle Kersimon. 

Laurence Marchand-Taillade alertait : "Lors de ma participation à l'enquête d'Envoyé Spécial diffusée en mai dernier sur France 2, j'ai longuement expliqué de quelle manière les filières salafistes ont été installées et pérennisées à Argenteuil par l'ancien maire de la ville, Philippe Doucet (PS). J'ai travaillé trois mois avec la journaliste. Le reportage est édifiant. M. Doucet est rapporteur sur les questions de laïcité à l'Assemblée nationale. Il est membre du Parti socialiste. En 2012, il a installé un Conseil du culte à Argenteuil, que nous avons fait casser devant le tribunal administratif. Il a donc créé un «Conseil du vivre-ensemble». L'observatoire de la laïcité du Val-d'Oise devait y siéger pour garantir que ce conseil ne se substitue pas aux élus du conseil municipal. Or, nous n'avons jamais été invités. Dans les faits, ce « Conseil du vivre-ensemble » est donc bien un Conseil du culte. Ses réunions sont privées. Ses résultats sont occultes. Nous n'avons pas connaissance de la teneur et de la justification des emplois qui y ont été créés. Le maire actuel d'Argenteuil (LR) a constaté une dette d'un montant de 90 000 euros dus à la ville par l'association cultuelle salafiste… M. Doucet, qui est également député et président de la communauté d'agglomération, n'a pas non plus - comme M. Bianco - la même conception que nous de la laïcité. Il a fait campagne dans une mosquée, obtenant des votes contre des promesses relatives au culte. Il n'est pas le seul, nous le savons bien. Il a déshabillé la loi Laborde sur les modes de garde pour enfants. Et nous savons pertinemment que, dans le Val-d'Oise, les femmes voilées sont des militantes très actives. Leur voilement est très politique. Ce sont elles qui montent au front pour séduire les élus au nom de l'enfance et des mères. Il organise ce mardi 1er décembre une conférence-débat avec… Jean-Louis Bianco. Son objectif est d'imposer sa «charte de la laïcité» au détriment de la loi de 1905. Nous avons alerté tous les groupes politiques. Seuls les Radicaux de gauche m'ont répondu qu'ils ne voteraient pas dans son sens. Là encore, du côté de tous les autres élus, silence radio".

Selon Laurence Marchand-Taillade, Philippe Doucet, maire socialiste de 2008 à 2014, « tolérait tout lorsqu'il était aux affaires et organisait le communautarisme, tant à la mairie d'Argenteuil, où il a négocié des voix tout le long de son mandat avec les responsables religieux les plus radicalisés, qu'à la communauté d'agglomération, où il a mis à disposition, pour l'entretien des extérieurs des mosquées, des employés de l'hôtel d'agglomération ». (Le Point, 2 mars 2016)

Le 24 mars 2016, la police a interpellé Reda Kriket dans un appartement d'Argenteuil où ont été découverts un nombre impressionnant d'armes. Le prévenu préparait un attentat terroriste islamiste de grande ampleur.


Gilles Kepel
Le 26 février 2016, Gilles Kepel, spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain, a déclar é à L'Humanité : en 2012, "au scrutin législatif, 400 Français héritiers de l’immigration, principalement algérienne, s’étaient portés candidats, soit 8 % du total des candidatures, et une dizaine d’entre eux ont été élus. Il fallait ensuite analyser la façon dont « le mariage pour tous » avait aliéné une partie du vote social en faveur de la gauche, et avait amené un certain nombre d’électeurs qui se définissaient comme musulmans à s’identifier à la droite, au nom de critères de conservatisme commun. C’est ainsi que, lors des « manifs pour tous », défilaient des gens de l’association Fils de France de Camel Bechikh, porte-parole de cette manifestation, par ailleurs membre de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Il fallait dans le même temps comprendre comment l’absence de traduction sociale des promesses du candidat devenu président, essentiellement la persistance du non-emploi, s’était soldée par une abstention massive des électeurs de Hollande". 


Justice et Egalité
Lors des élections départementales de 2015, le parti Justice et Égalité (PJE), "parti islamo-turc", a présenté des candidats dans dix cantons de l'est de la France, à Strasbourg, Colmar, Belfort, Montbéliard, Pontarlier et Besançon. Il a revendiqué son lien avec l'islam, et a défendu le communautarisme. Président de sa fédération du Bas-Rhin, Fatih Karakaya l'a défini comme un "parti laïque qui défend les valeurs familiales et traditionnelles des musulmans et des minorités". 

"S'ils se disent indépendants, de nombreux cadres du PEJ ont aussi des responsabilités au sein de la Cojep. Une structure d'éducation populaire dont le champ d'action principale, à l'Est de la France, épouse la carte d'Egalité et Justice. Depuis les manifestations du parc Gezi d'Istanbul, la Cojep "ne cache plus son accointance avec l'AKP", le parti pour la Justice et le Développement du Premier ministre Erdogan", a souligné Mine Günbay, adjointe socialiste au maire de Strasbourg en charge notamment de la démocratie locale et du droit des femmes". Et cette élue d'origine turque de le qualifier "a minima" d'"islamo-conservateur. [Son programme est] "absolument abject" et a des "relents panturquistes".

Dans son manifeste mis en ligne, le PEJ a exprimé "une position victimaire marquée, estimant en préambule que "la rhétorique islamophobe est reprise par tous les acteurs politiques et européens". "Il n'y a pas de différence entre Manuel Valls et le FN", souligne Fatih Karakaya. Outre des revendications liées aux "quartiers" et à la politique de la Ville, le PEJ demande pêle-mêle l'abolition de la loi sur l'interdiction du voile à l'école, l'instauration de l'Aïd-el-Kébir comme jour férié national, ou encore "la possibilité de menus halals dans les cantines scolaires". En matière internationale, le programme se résume à l'adhésion de la Turquie et de la Bosnie au sein de l'Union européenne ainsi qu'à la "défense des droits des Palestiniens". 

Le parti défend le "communautarisme", une de ses "priorités". "Le regroupement de personnes au sein d'une structure ou autour d'un projet commun sur base de leurs similitudes culturelles ou religieuses est très mal perçu en France", regrette le parti qui propose la création "d'un organe communautaire chargé de surveiller le processus législatif... Notre parti milite pour redéfinir la laïcité tout en garde (sic) à l'esprit le principe de la séparation des pouvoirs mais néanmoins mettre en place des accommodements raisonnables concernant les musulmans". Bref, une réforme de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. 

Ce parti demande l'abolition de la loi sur le mariage pour tous, adoptée "afin de répondre favorablement à un petit lobby influent d'homosexuels". Il se veut un rempart "contre le positionnement libertin de la société française pour pouvoir revenir à la cellule familiale traditionnelle". Il est opposé à "l'introduction de la théorie du genre" à l'école, les ABCD de l'égalité promus par Najat Vallaud-Belkacem. "On voit bien l'orientation de ce programme... Il n'est pas pensable qu'un imam vienne enseigner dans une école alors que des associations homosexuelles peuvent y venir témoigner..." 

"Aux récentes élections municipales, le parti Mouvement Citoyen de Strasbourg, mené par Tuncer Saglamer, un candidat déjà issu du Cojep, avait réalisé des scores encourageants avec 2,63% des voix à Strasbourg (allant jusqu'à 6,49% dans le quartier populaire de Cronenbourg)". 

Fatih Karakaya a dit "connaître Mohamed Latrèche [fondateur du Parti des musulmans de France, Nda], comme tout le monde", sans donner son opinion sur l'action de ce Parti. Il avance son militantisme pendant des années au sein d'Europe-Ecologie-Les-Verts à Schiltigheim. "Comme la plupart des autres candidats du PEJ, il "se sentait discriminé" au sein des partis traditionnels. Il en veut pour preuve de ne pas avoir été investi comme candidat EELV aux dernières municipales à Wissembourg". 

"Ces gens-là ont fait de l'entrisme dans tous les partis politiques: au PCF, à EELV en passant par l'UMP et le PS", a résumé Mine Günbay, "en référence entre autres au vice-président du PEJ, Kadir Güzle, ancien conseiller municipal UMP d'Obernai. 

"On a notre culture, notre tradition, nous l'assumons", répond Fatih Karakaya qui voit déjà plus loin. Aux régionales, le PEJ, qui revendique 200 sympathisants, espérait présenter des candidats dans les nouvelles régions Alsace-Champagne-Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté et "pourquoi pas l'Ile-de-France". "Nous avons également des demandes à Lyon", soulignait le responsable du PEJ qui a comme objectif d'atteindre 5000 adhérents dans les deux ans qui viennent. Et de présenter même un candidat à une élection présidentielle". 

Le PEJ a aussi répondu Mine Günbay : "Si Madame l’adjointe était disposée à dénoncer la tenue de manifestations pro-P.K.K. à Strasbourg, elle trouverait à ses côtés le P.E.J. et tous ceux qui y sont attachés. Pour rappel, le 15 juin 2009, le Conseil de l’Union Européenne a déclaré que le P.K.K. est une organisation terroriste. Néanmoins, Strasbourg est une ville où cette organisation agit en toute impunité. Que reste-t-il alors des combats “humanistes” qu’évoque l’intéressée quand ses penchants idéologiques la conduisent à passer sous silence cette situation scandaleuse ?" 


Les résultats au 1er tour des élections départementales, le 22 mars 2015, s'avèrent modestes. Le PEJ a publié ce communiqué :
Les citoyens français se sont exprimés, nous regrettons le faible taux de participation, c’est le constat du malaise de notre démocratie. Il revient à chaque parti politique de prendre ses responsabilités pour faire vivre la démocratie et la redynamiser dans notre pays.
C’est un score remarquable et encourageant pour la suite de notre mouvement. Le Parti Egalité et Justice prend acte du message du peuple français, nous espérons que ce sera de même pour les autres formations politiques.
Notre volonté de porter la voix de la diversité est  encore plus forte aujourd’hui qu’hier ! Les citoyens issus de la diversité découvrent la politique grâce à des partis comme nous.
A ceux qui ont sous estimé la force du Parti Egalité et  Justice !
A ceux qui ont marginalisé notre mouvement, en nous catégorisant uniquement sur des domaines  communautaires et religieux.
A ceux qui se sont moqué de notre programme pour les citoyens français issus de la diversité !
A ceux qui ont lancé une campagne de signatures pour la dissolution de notre mouvement !
Nous leurs  disons haut et fort que ce 22 mars 2015 est une date historique pour le PEJ et les citoyens français issus de la diversité !
Nous sommes plus que jamais déterminés à œuvrer pour le vivre-ensemble dans notre pays.
Nous serons les remparts face à la montée de tous les extrémismes !  Aujourd’hui une nouvelle voie est ouverte dans la démocratie française !...
Vive la France, Vive la république, vive la diversité et vive le PEJ !"
Après le premier tour des élections régionales du 6 décembre 2015, le PEJ a publié un communiqué sur une "classe politique en ruines" : "Dans ce contexte, et au regard des décennies de déceptions soumises par ces partis aux français en général, et aux citoyens issus de l’immigration en particulier, il est totalement inutile de donner nos voix à ces politiciens de la division, de la discrimination et de l’inégalité. C’est pourquoi, le Parti Egalité et Justice (PEJ) appelle tous ses militants et ses sympathisants à se présenter aux urnes dimanche prochain, à ne pas bouder la démocratie, et à voter BLANC, pour afficher clairement notre refus de ces partis politiques traditionnels et incompétents. Pour le PEJ, ce ne sera ni PS, ni Les Républicains, ni le FN. Ce système politique, qui ne permet pas la participation juste et égale des partis comme le PEJ, doit laisser la place à une vraie démocratie inclusive et diversifiée".

L'UDMF
L'Union des démocrates musulmans de France (UDMF) a été créée "en novembre 2012 par Nagib Azergui afin de permettre aux citoyens français de confession et/ou de sensibilité musulmanes d'apporter une alternative au sein de la société française dans les domaines : économique, social et politique... Je suis de ceux qui ont vu l'Islam, dans notre pays, se transformer en problème par des acteurs engagés dans la discorde en l'espace d’une décennie à peine (écrivains, chroniqueurs, philosophes, journalistes...). Christine Boutin, ancienne ministre du logement sous Sarkozy et présidente du parti Chrétien Démocrate (PCD) fait référence à l'idéologie chrétienne qui l'anime tout comme Angela Merkel, la chancelière allemande du parti de l'Union Chrétienne-Démocrate (CDU). Dans la diversité sociale et culturelle qui composent notre Nation, l'Islam, deuxième religion du pays, en était jusqu'alors exclu à cause de toute une série de clichés que nous comptons bien balayer... Au sein de l'UDMF nous séparons comme il se doit, au même titre que le PCD ou la CDU, le religieux émanant de notre croyance pour en exploiter la morale et l'exemplarité qui la composent afin que celle-ci puisse être une force supplémentaire pour notre pays. Cela, afin de retrouver un pays ouvert au vivre ensemble enfin respectueux de nos différences et un rayonnement pour les autres États". "Ni le PCD, ni l'UDMF ne réclament l'instauration d'un type de gouvernement théocratique, c'est-à-dire basé sur la religion", a affirmé Jean-Yves Camus. En outre, le parti chrétien-démocrate se réfère à la doctrine sociale de l'Eglise dans des pays majoritairement chrétiens. Le christianisme a accepté la séparation de l'Eglise et de l'Etat, à la différence de l'islam, à vocation universaliste, et qui mêle étroitement religion et politique.

L'UDMF a deux précédents. Créé en 1997 à Strasbourg (Alsace), le Parti des musulmans de France (PMF), présidé et fondé par Mohamed Latrèche avait obtenu 0,92% des voix aux législatives de 2007. Publié au Journal officiel le 16 mai 2014, un  arrêté du ministère des Finances avait gelé "les fonds, instruments financiers et ressources économiques qui appartiennent à Latrèche (Mohamed Ennacer) et à l'Association culturelle islamique". Le gouvernement a considéré que cet épicier-boucher halal de 57 ans, "fait l'apologie du djihad armé terroriste, notamment le djihad armé syrien, et, ce faisant, favorise les actes de terrorisme". "Interrogé par l'AFP, M. Latrèche s'est refusé à tout commentaire. Au début des années 2000, le PMF, né à Strasbourg en 1997, avait été très actif dans le débat autour du port du voile à l'école né à Strasbourg en 1997. M. Latrèche s'était fait plus discret ces dernières années, selon une source policière. M. Latrèche avait déjà été la cible de plusieurs plaintes pour divers propos sur les juifs et le sionisme, mais n'a pas fait l'objet de condamnations". Il avait disparu "en raison de l'antisémitisme embarrassant de son leader" (Michel Houellebecq, Soumission). En 2009, le Parti démocrate musulman a été fondé à Béziers, ville dont le maire est Robert Ménard, ancien président de Reporters sans frontièrs (RSF) soutenu par le Front National (FN). Ce Parti semble inactif depuis 2011.

"J'ai rencontré le PMF. On s'est rendu compte que leurs propositions n'étaient pas envisageables. On a rompu le contact. On sera attaqué, par les discriminations mais aussi par les musulmans. Démocratie, laïcité, liberté de la femme etc. Beaucoup de personnes qui viennent d'arriver en France ne comprennent pas ça. Mais nous, on est enraciné en France. On doit respecter la démocratie, sinon on arrive au chaos", a déclaré Najib Azergui en février 2015.

Selon Pascal Perrineau, l'UDMF a "un créneau extrêmement faible. Même s'ils le contestent, leur parti se fonde, de fait, sur une référence religieuse. Or, les partis qui se construisent sur des bases communautaires n'ont jamais fait un tabac en France. Regardez l'état dans lequel se trouve le parti de Christine Boutin !" Et d'ajouter : ce micro-parti peut espérer "1" ou "2"% d'intentions de vote, alors que l'Union chrétienne démocrate d'Angela Merkel lors des élections législatives en 2013 a obtenu 41% des suffrages exprimés. "C'est différent. Ce genre de parti peut s'enraciner dans une démocratie chrétienne extrêmement vieille. En Allemagne, la montée de ce courant date de l'entre-deux guerres, lorsqu'il a fallu trouver une réponse au Marxisme. En France, il n'y a pas du tout de dimension confessionnelle dans l'électorat", a analysé Pascal Perrineau.

Lors des élections municipales de 2013, Hocine Hebbali a été élu sous l'étiquette UDMF sur la liste UDI menée par Stéphane de Paoli à Bobigny, et arrivée en tête lors des municipales de mars 2013. Hocine Hebbali est conseiller municipal délégué à l'Histoire locale et aux mémoires. Il a la charge d'un "projet de musée de l'histoire de la colonisation française, selon l'entourage du maire". La "liste conduite par Stéphane de Paoli s'était appuyée sur le vote de la communauté musulmane pour battre les communistes, implantés depuis 1919 dans cette commune de Seine-Saint-Denis", département au nord de Paris.

Avant les élections départementales des 22 et 29 mars 2015, l'UDMF avait annoncé le 12 février 2015 présenter des candidats dans huit cantons sur les 2 000 cantons français. Avec une cotisation annuelle de 20 €, elle se targuait d'avoir "900 adhérents" en France - dont "200 après les" attentats de janvier 2015, la publication des livres d’Eric Zemmour et Michel Houellebecq (Soumission) -, "8 000 sympathisants", et un élu, conseiller municipal à Bobigny. L’UDMF a déposé huit candidatures à Bobigny (Seine-Saint-Denis) - binôme Khalid Majid, cadre âgé de 36 ans de la SNCF d'origine marocaine, père de 3 enfants, et Shérazade Benhaddad, militante associative âgée de 34 ans et secrétaire de la section locale du parti -, à Bagneux (Hauts-de-Seine), aux Mureaux (Yvelines), à Marseille (Bouches-du-Rhône), à Lyon (Rhône), Nice (Alpes-Maritimes), Avion (près de Lens, Pas-de-Calais) et peut-être Strasbourg (Alsace), selon Le Parisien.

Au programme de l'UDMF : "Les cours d'éducation civique et de philosophie pour « faire réfléchir et débattre les jeunes », le développement du halal pour créer de l'emploi, le déploiement de la finance islamique pour assainir l'économie. Quant au respect de la laïcité, il signifie, dans leur interprétation de la loi, la tolérance des religions... et donc le droit de porter le voile à l'école. Ce que la loi française interdit justement ! Dans les troupes de l'UDMF, on trouve principalement des quadras actifs". L'UDMF avance "que certains "épisodes tragiques" (Algérie, colonisation, etc) de l'histoire de France sont "passés sous silence" dans les programmes scolaires", Elle "milite pour leur enseignement ainsi que pour celui de la langue arabe, injustement "bannie" du secondaire".

Le parti "emprunte ses thèmes à la droite et à la gauche, conservateur sur le plan sociétal - la "Manif pour tous" constitue une "rupture" pour ses adhérents - mais antilibéral sur le plan économique et social. L'UDMF se dit favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales, pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne et veut revenir - sans le dire clairement - sur l'interdiction du port du voile à l'école. Affirmant que certains "épisodes tragiques" de l'histoire de France comme la guerre d'Algérie ou la colonisation sont "passés sous silence" dans les programmes scolaires, il milite pour leur enseignement et pour celui de la langue arabe, "injustement bannie" du secondaire. Pourfendeur de "l'austérité", il entend promouvoir la finance islamique, conçue comme une alternative "éthique" à la finance traditionnelle et un moyen d'enrayer de futures crises. Il souhaite aussi faire de la France un des "leaders mondiaux" sur le marché de l'alimentation "hallal".

Formateur en nouvelles technologies, ayant grandi à Nanterre "près des bidonvilles", Nagib Azergui a déclaré à l'AFP que l'UDMF "touche un public d'"actifs, Français de confession musulmane pour la plupart, qui ne se reconnaissent pas dans l'offre politique" et veulent "sortir du bipartisme. Il y a une place pour ce parti", entre la droite, coupable de "discrimination", et la gauche, rejetée pour son "instrumentalisation" du vote arabo-musulman"

"Aujourd'hui, dans un contexte dramatique comme celui que nous connaissons, nous avons davantage besoin d'entendre nos voix trop longtemps noyées dans le silence. C'est un combat essentiel pour lutter contre les stigmatisations et amalgames dangereux qui associent terrorisme et islam", a écrit Khalid Majid dans sa profession de foi.

"Nous voyons bien que les choses sont bien différentes lorsque l'on évoque un parti musulman démocrate. Nous sommes aujourd'hui calomniés par ceux qui tentent désespérément de museler la réalité et qui lui préfèrent le fantasme et les clichés moyenâgeux", dénonce le président du parti Emir Megharbi, sur le site de l’UMDF

Au nom de l'UDMF, un seul binôme composé de Bruno Perez et Houria Medjbar, était candidat dans le canton Marseille 1, 12e canton des Bouches-du-Rhône, "un territoire de 39 000 inscrits qui englobe une partie des quartiers populaires du centre-ville de Marseille". Un "canton très disputé du centre-ville de Marseille".

"Gaulliste auto-affirmé, ancien du RPR et candidat du Rassemblement pour la France de Charles Pasqua en 2001", Bruno Perez, pied-noir de 52 ans né en Algérie, dit s’être converti à l’islam il y a sept ans. Il a expliqué au Monde avoir été contacté « trois semaines avant le dépôt de candidature » par l’UDMF, parti dont il « ne connaissai(t) pas, jusqu’alors, l’existence ».

Mais, le 12 mars 2015, ses deux candidats ont écrit à la préfecture des Bouches-du-Rhône afin d'annoncer qu’ils « suspendaient » leur action et « ne déposeraient pas de bulletins de vote » dans les bureaux le 22 mars. Les raisons ? « Nous avons confondu vitesse et précipitation », a dit Bruno Perez, qui avançait aussi « des problèmes de santé personnels » et des « pressions », qui cependant l'auraient épargné. Une décision de retrait qui aurait été prise collégialement. Dans un communiqué de presse, Bruno Perez et Houria Medjbar ont écrit :
"Nous avons été sollicités il y a quelques semaines pour porter les idées de l'UDMF à Marseille, et nous y avons répondu favorablement. Même si une partie de l'électorat est très réceptive, le contexte de ressentiment envers les citoyens FRANÇAIS de confession musulmane engendre un climat délétère dont les fondements sont la crainte,l'ignorance et les manipulations politiciennes à visée démagogique et électorale. Cette islamophobie rampante, attisée par les attentats ignobles de janvier 2015 ,mène à un amalgame dangereux et clivant faussant le jeu démocratique et ébranlant la devise républicaine"
LIBERTÉ-ÉGALITÉ-FRATERNITÉ
"Profondément républicains et démocrates, nous estimons que les conditions sereines au bon exercice de la démocratie ne sont pas réunies, non pas sur la forme mais sur le fond, et en tirons les conséquences en décidant de ne pas mettre à disposition des électeurs nos bulletins de vote.Cette abstention est un appel à la responsabilité des partis politiques, des pouvoirs exécutif et législatif pour que cessent la division des composantes nationales, les comportements sectaires,l'affaiblissement de la République et de la Démocratie.Nous prônons le vivre ensemble des composantes communautaires nationales pour agir dans l'intérêt de l'ensemble de nos concitoyens sans a priori idéologique.Nous pensons que nul détient la vérité et les solutions que ce soit à droite comme à gauche, et que rejeter une proposition au seul prétexte qu'il est présenté par tel ou tel mouvement politique ne répond pas aux exigences de l'intérêt général.Nous croyons que la situation sociale, économique et internationale exige une union nationale pour consolider l'édifice
FRANCE
Nous sommes, pour notre part, prêts à réfléchir et à agir avec quelque mouvement politique qui pense sincèrement, comme nous, qu'il est urgent et impérieux de s'unir pour enrayer l'affaiblissement de notre pays.
QUE VIVE LA RÉPUBLIQUE, VIVE LA FRANCE!"
En alléguant des "pressions" et un "manque de financement", l'UDMF n'a donc présenté aucun candidat lors de ces élections départementales : "Certains membres ont préféré se retirer du circuit à cause de cette pression grandissante et nous ne pouvons que respecter leur choix et comprendre leurs raisons". Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste (PS), avait qualifié d'"erreur stratégique majeure" l'existence de cette "pseudo-formation politique" : "C'est exactement ce que cherche le Front national et je vais même plus loin, sans mettre le Front national sur le même plan. C'est exactement ce que cherchent les terroristes".

L'UDMF a présenté des listes aux élections régionales de décembre 2015Faute de budget, elle n'a pu financer l'impression d'un nombre suffisant de bulletins, et a invité les électeurs à les imprimer à partir d'un site Internet dévolu à son programme en vue de l'élection régionale. "Nous avons édité 200 000 bulletins avec 7 000 € de frais de campagne. Dans les grands départements, par exemple, nous n’avons pu équiper à chaque fois que les 15 plus grandes villes" a expliqué Nizarr Bourchada, tête de liste en Ile-de-France. 

Les candidats de l'UDMF en région Ile-de-France représentent la "beurgeoisie" - cadres dans le secteur privé, élus locaux, bénévole au Secours islamique - au discours victimaire, dont le caractère vindicatif et procédant par amalgames douteux a été policé avant les élections départementales.

Selon le journaliste Laurent de Boissieu, l'UDMF a ôté de son site deux pages. Dans Antisémitisme et islamophobie : quand l'Histoire se répète, elle établissait un parallèle choquant et infondé entre la France sous l'Occupation et celle depuis le 11 septembre 2001, entre les Juifs persécutés sous l'Occupation et les musulmans vivant en France à l'aube du XXIe siècle. La laïcité comme barrage à l'islam stigmatisait la France, "modèle d'intolérance absolue et parfaitement incohérent. Il est temps de balayer au karcher ces incohérences et retrouver l'envie de vivre Ensemble".

Des médias nationaux, pas uniquement communautaires, ont donné la parole aux dirigeants de l'UDMF. Celle-ci prône la "guerre au monde de la finance", la réduction de la pression fiscale, une finance "éthique" - finance islamique ? -, un nouveau modèle urbain, développer le secteur halal, pourvoyeur d'emplois, "opportunité économique pour les agriculteurs et éleveurs", et les entreprises exportatrices notamment de produits du terroir sous label halal, l'enseignement de la citoyenneté, l'"égalité des chances à l'école", l'abrogation de la circulaire Châtel du 27 mars 2012 qui prohibe l'accompagnement de sorties scolaires par des mères de famille portant « des signes religieux ostentatoires ». Comment pouvons-nous interdire à des parents d’élèves portant un turban, un voile ou une kippa… de participer à la vie scolaire de leur enfant ?" -. l'enseignement de la langue arabe dès le collège, la lutte contre l'islamophobie, "mal de la décennie" et tous les racismes - "négrophobie, antisémitisme" -, une police exemplaire, une réforme des collectivités locales, droit de vote aux étrangers résidant depuis plus de cinq ans en France, la paix au Proche-Orient - reconnaissance de la Palestine par l'ONU et par l'Union européenne, peuple palestinien sous protection internationale, fin du blocus de Gaza -, etc.

Sa campagne, l'UDMF l'a menée sur les réseaux sociaux - 7 000 likes sur Facebook - et en bénéficiant d'articles dans des médias nationaux importants : Le Parisien, BFM TV, France 3, Métronews, 20minutes.fr, Le Figaro, etc. Oumma.com, etc. Sans oublier les relais communautaires :  Beur FM, Radio Orient, France Maghreb 2.

Les résultats de l'UDMF sont loin d'être négligeables en Ile-de-France : 5,90% à Mantes-la-Jolie - en 4e position avant la liste EELV (Europe Ecologie Les Verts) - , 4,71 % à Villetaneuse, 4,58 % à Chanteloup les Vignes, 4,38% aux Mureaux, 4,4% à la Courneuve, 4,2% à Trappe, 3,72 % à Villeneuve la Garenne, 3,70 % à Stain, 3,66% à Montereau, 2,91 % à Bobigny, 2,39% à Saint-Denis, 2,20% à Clichy-sous-bois


Sur Oumma TV, Najib Azergui, co-fondateur de l’UDMF s'est réjoui d'avoir présenté 225 candidats dans le respect de la parité. Il a souligné l'importance après les attentats terroristes islamistes du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis de "prendre la parole" contre les "amalgames dangereux, nuisibles". Il a évoqué la "percée dans des quartiers" caractérisés auparavant par une forte abstention. En Île-de-France caractérisée par sept millions d'électeurs et 13 000 communes, avec un budget de 7 000 euros, l'UDMF a imprimé 200 000 bulletins de vote imprimés pour 15 villes franciliennes importantes. Il a souligné le problème de "visibilité médiatique" et ses résultats : 6% à Mantes-la-jolie, 14% dans un quartier du Val fourré, 7% à Poissy nord, 4,4% à Villetaneuse".  

L'UMDF ambitionne de se présenter aux élections présidentielle et législatives de 2017. Il lui faut au préalable recueillir 500 parrainages. Dans son roman Soumission publié en 2015, Michel Houellebecq relate l'accession au pouvoir en 2022 du mouvement "Fraternité musulmane".

Union citoyenne
Signes de l'intérêt pour cet électorat musulman, de nombreuses listes, dont Union citoyenne dirigée en Île-de-France par Dawari Horsfall, présentent aux élections régionales de 2015 des candidats issus de la diversité, notamment en Seine-Saint-Denis.

Au premier tour, cette liste a obtenu 0,73% à Mantes-la-Jolie, 0,60% à Clichy-sous-Bois, 0,30% à Saint-Denis, et 0,17 % des suffrages exprimés à Noisy-le-Sec. 

Aux élections régionales en 2015, Wiam Berhouma, signataire de la MAFED (Marche des femmes pour la dignité) a figuré à la 18e place de la Liste d’union citoyenne en Île-de-France. "Avec 7 096 votes, cette liste  avait recueilli 0,23 % des suffrages au premier tour". Wiam Berhouma "est en lien très étroit avec le Parti des indigènes de la République (PIR), mouvement fondé en 2005 par Houria Bouteldja et qui prône ouvertement la lutte des races". Le 31 octobre 2015, une « Marche de la dignité » était "organisée pour dénoncer « les violences policières » et commémorer les 10 ans des « révoltes des quartiers populaires ». L’occasion de crier sa haine de la France à plein poumon. L’occasion également de créer un collectif, celui de la « Marche des femmes pour la dignité ». Parmi les signataires de ce mouvement, Houria Bouteldja, mais aussi… Wiam Berhouma".


Le 21 janvier 2016, lors de l'émission Des paroles et des actes sur France 2, Wiam Berhoumaprofesseur d'anglais à Noisy-le-Sec,  a agressé verbalement Alain Finkielkraut comme une musulmane maltraite un dhimmi, un Yahoudi (Juif en arabe) en "terre d'islam". Une scène d'une grande violence symbolique, psychologique, morale, diffusée par le fleuron du service public télévisuel hexagonal. Sans qu'aucune excuse pour ce traitement choquant et cette désinformation ne soit présentée à l'antenne.

Syndicats français

Le 24 novembre 2014, des graffitis djihadistes ont été découverts sur des avions Easyjet et espagnols dans des aéroports français.

Les élections syndicales offrent aussi des exemples de "vote halal" dans des entreprises.

"Les syndicats sont restés étrangement muets sur la question [du communautarisme au sein de la RATP (Régie autonome des transports parisiens)], muselés par la guerre impitoyable qu'ils se livrent. Explications : quand un syndicat obtient 10% de voix, il décroche des moyens. Par exemple, la possibilité de distribuer des "chèques relève", du temps imparti aux tâches syndicales sur les heures de travail. Comme la fédération bus (14.000 machinistes) est la plus importante de la Régie, certaines centrales n'auraient pas hésité à surfer sur le communautarisme pour draguer les électeurs. Un temps, Force ouvrière s'est ainsi vu surnommer "Force orientale". Christophe Salmon, de la CFDT, décrypte : "Ils ne sont pas les seuls. Sud et la CGT aussi ont tenté d'aller pêcher ces voix-là." Aux élections de 2014, l'arrivée du SAP-RATP (Syndicat antiprécarité), un nouveau syndicat raflant plus de 50% des voix dans deux dépôts "difficiles", et donc vite estampillé "syndicat pour musulman", a fait tiquer. Secrétaire général adjoint du SAP-RATP, Hani Labidi martèle : "Quand on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage. Notre succès inattendu dérange. Donc on nous fait porter je ne sais quelle dérive, mais nous ne faisons ni dans la politique ni dans la religion. Et nous respectons pleinement la laïcité." (Nouvel Obs, 29 novembre 2015)

"La recherche de voix à tout prix, combinée à l’absence de stratégie claire de Philippe Martinez, conduisent le premier syndicat de France, la CGT, à fermer les yeux sur des dérives identitaires dans ses rangs". (L'Opinion19 novembre 2015) Si la CGT a condamné les attentats terroristes islamistes à Paris et à Saint-Denis du 13 novembre 2015, la CGT a stigmatisé "la stratégie d'intensification des frappes de François Hollande contre l'État islamique et le recours à l’état d’urgence".

Et L'Opinion de décrire : "A en croire certains en interne, la CGT « est aujourd’hui l’alliance improbable du rouge et du vert ». « Entre le courant gauchiste et ceux qui trouvent que l’islamophobie est trop forte, qu’il faut soutenir la Palestine et boycotter Israël, des passerelles existent ; en tout cas, un terrain d’entente évident », assure un membre de la confédération. Dans les faits, cela se traduit par à une forme de complaisance envers l’islamisme. Plus grave, cela conduit à poser des oeillières sur les formes d’expression les plus radicales de la religion. Et à en croire des témoignages, la situation s’est dégradée très vite ces derniers mois. Pour un autre expert des relations sociales, qui préfère aussi rester anonyme, toutes les centrales sont traversées par une montée des communautarismes. Mais, à la CGT, le terreau est particulièrement propice : « Dans ce bateau ivre, il y a des failles, dans lequel l’islam radical s’est engouffré de façon plus ou moins insidieuse ».  

L'Opinion liste les entorses aux principes fondamentaux, telle l'égalité hommes/femmes, et à la laïcité : prières au travail, etc. Des atteintes aux valeurs qui se ont multipliées face à l'inaction de directions paralysées par la crainte d'accusation d'islamophobie ou de grèves. "Ces dérives sont d’autant plus difficiles à sanctionner que le salarié est adhérent d’un syndicat puissant. A la CGT, la fédération des transports est un navire amiral. Et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT  « n’a pas les moyens de dire stop aux dérives », commente une source.  Même constat dans la fédération du commerce, dont le nombre d’adhérents ne cesse de progresser, ou celle du nettoyage, où le communautarisme est très fort. « Lepaon avait demandé à une de ces grosses fédés de stopper la promotion du spectacle de Dieudonné. On lui a ri au nez », rapporte un cadre de l’organisation. « Le sujet n’est pas facile », reconnaît Maurad Rahbi, seul à accepter de parler. De religion musulmane, le secrétaire général de la fédération du textile, de l’habillement et du cuir tient à se battre contre les amalgames. Il évoque une anecdote : « Des jeunes d’une section sont venus me dire qu’ils ne voulaient pas de porc, ni de vin, sur les tables, dans les congrès ou les réunions. Je leur ai dit que je n’allais pas faire des tables à part en fonction des confessions. Des repas de substitution ont aussi été proposés aux personnes de confessions juive ou aux végétariens. Mais on en a parlé et les jeunes n’ont pas quitté le syndicat ». Pour Jean-Paul Delgène, qui dirige Technologia, un cabinet d’audit en RH, « la loi de 2008 sur la représentativité syndicale favorise la recherche de candidats pour créer des sections. Du coup, elles ne sont pas toujours regardantes sur les profils ». Et d’espérer que les événements récents vont modifier la tolérance que les centrales ont pu avoir. Les plus pessimistes craignent qu’ici ou là, ce ne soit pas uniquement des voix que les centrales acceptent mais aussi de l’argent. « Il ne faudrait pas qu’un doute s’installe sur le financement des syndicats », lâche ce connaisseur de la centrale, inquiet".

Air France connait aussi l'importance du "vote halal" important en terme d'adhésions et de votes lors des élections professionnelles. Un vote qui a induit des revendications spécifiques : nourriture halal à la cantine des salariés à l'initiative d'un dirigeant syndical de la CGT. "Ce clientélisme étant contraire à l'éthique de la CGT, nous avons carrément, en 2013, suspendu sa section et relevé tous ses responsables de leurs mandats", affirme Mehdi Kemoune, actuel secrétaire général adjoint de la CGT Air France. Désormais, c'est Force ouvrière (FO) qui est accusée au sein de la CGT d'accueillir les radicaux excommuniés ailleurs. Christophe Malloggi, secrétaire général FO à Air France, s'en défend : "La CGT a joué à un jeu dangereux en portant des revendications ultracommunautaires par souci de plaire, avec des erreurs de casting. Cela n'a pas sa place chez nous. Nous restons laïques".

En outre, la loi sur la représentativité de 2008 impose aux syndicats de dépasser la barre des 10% dans les entreprises "pour faire partie des négociations. Un appât du gain auxquels certains ont cédé, renforçant le risque d'enracinement de l'islamisme ordinaire".


Lors des élections professionnelles à Air France en mars 2015, la CGT a perdu sa première place. Une défaite induite par la réaction de la CGT à l'égard de leaders syndicaux islamistes. « Depuis des années nos camarades d’Air France, de la RATP aussi, ont dénoncé des dérives [islamistes]. A Air France, on a exclu [les islamistes], d’ailleurs ça nous a coûté la première place aux élections professionnelles. (…) On a viré purement et simplement de genre d’individus de la CGT, ça nous a coûté la première place aux élections mais on a assumé cette décision... Il y a des leaders qui entraînent des salariés… On a perdu 500 syndiqués dans l’affaire. Ils n’étaient pas tous radicaux…  », expliqué Philippe Martinez, le 2 décembre 2015. Et de préciser : « Il y a des leaders, dans les ateliers, etc. Dans la CGT à Roissy il y a plus de 2 000 syndiqués CGT, quand il y a des problèmes de ce genre [l’intégrisme islamiste], des leaders peuvent entraîner des salariés. Ce sont très peu d’individus, mais il y a besoin d’agir ». 

Elections régionales 2015 
Le Front national cible l'électorat musulman dans ses tracts-brochures, tirés à 600 000 exemplaires  avec encart "Musulman peut-être, mais Français d’abord", et distribués dans des quartiers sensibles, et dans les affiches électorales, dont la vedette s'appelle Kelly Betesh ou opposant deux femmes, l'une vêtue du niqab, l'autre aux joues tricolores ("Choisissez votre banlieue. Votez Front !"). « La cible, ce ne sont pas les musulmans, ni les habitants des cités, mais les autres. C'est de la pure communication, une façon de dire "Regardez, on n'est pas raciste. On a un discours républicain », a avancé le sociologue Sylvain Crépon. 

Les principales organisations musulmanes de France, dont le CFCM et l'UOIF, ont appelé à exercer son devoir civique. Le 1er décembre 2015, signé par Laid Bendidi, président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes, Benaissa Chana, vice-président du CRCM, Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, et Azzedine Gaci, recteur de la Mosquée Othmane de Villeurbanne, un appel aux musulmans français à voter en présentant les compétences de la collectivité locale : « La Région est présente dans notre quotidien : les lycéens et centres d’apprentissage, les transports express régionaux, la formation tout au long de la vie, le développement économique, la culture, le sport, la vie associative, la lutte contre les discriminations », Après les attentats terroristes islamistes du 13 novembre, cet appel insiste : « Il est de notre devoir d’accomplir ce devoir civique, pour dire et affirmer que les musulmans de France sont les plus ardents défenseurs de la devise républicaine. Ce devoir citoyen, dans le contexte actuel, est une obligation qui s’impose à nous ». 


Imam salafiste de Brest, auteur de prêches choquants, Rachid El Jay dit “Abou Houdeyfa”, a exhorté les électeurs musulmans à voter, puis à contrer le Front National à l'approche du second tour des élections régionales.

Le 9 décembre 2015, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale et tête de liste du Parti socialiste en Ile-de-France, a déclaré à L'Obs, hebdomadaire de gauche : "Pécresse défend Versailles, Neuilly et la race blanche". Valérie Pécresse dirige la liste Les Républicains-UDI-Parti chrétien démocrate-Mouvement démocrate dans cette région.


Le 10 décembre 2015, Le Figaro a publié l'interview de Laurent Bouvet, professeur de Sciences politiques, intitulée Bartolone ou le clientélisme ethno-culturel de la gauche Terra Nova. Laurent Bouvet a déclaré : "Le candidat PS à la région a clairement axé sa campagne sur la stratégie Terra Nova. C'est-à-dire l'appel à la «banlieue», avec tout ce que cela suppose de réduction et d'illusion, et à Paris. Il a pour cela multiplié les clins d'œil et les allusions, n'hésitant pas à déployer une forme de clientélisme ethno-culturel assez étonnant dans ses propos. De la même manière, il a favorisé clairement sur ses listes, la mise en avant d'une forme de diversité identitaire qui tranche avec la faible diversité sociale des profils de ses colistiers - dont la grande majorité est issue du secteur public et en particulier du milieu des collaborateurs politiques et d'élus. Depuis la fusion des listes avec le Front de gauche et EELV, on constate que cette stratégie est encore renforcée dans la mesure où figurent sur les listes de la gauche désormais pour le 2nd tour, des candidats qui ont soutenu et défilé, par exemple, avec des militants islamistes et avec les Indigènes de la République lors de la «Marche pour la dignité» à Paris le 31 octobre dernier, dont les slogans étaient clairement et profondément identitaires. C'est en quelque sorte ici une combinaison du résultat dont témoigne depuis des années l'aveuglement stratégique à la Terra Nova et de la gestion par la gauche de collectivités locales et de territoires sur le mode du clientélisme ethno-culturel. Ce qui a forgé une sorte de vision identitaire - assez symétrique à celle du FN - de la politique, réduisant tout ou presque à cette dimension, spécialement la prise en compte des difficultés sociales... On assiste bien néanmoins, comme à chaque élection depuis 2012, à la mise à jour de l'état réel de la politique française. Ce que nombre de responsables politiques mais aussi de journalistes ou même de chercheurs tentent de masquer ou d'oublier à longueur d'années ressurgit régulièrement en pleine lumière, à travers le vote de nos concitoyens. Ce ne sont pas là des sondages ou des extrapolations, c'est l'expression démocratique du peuple. On peut continuer à tenter de mettre la poussière sous le tapis ou à détourner le regard en racontant des choses sur la société française telle qu'on voudrait qu'elle soit plutôt que de la décrire et de la considérer telle qu'elle est. Mais le réel nous rattrape, et cela devient de plus en plus clair et précis. La prochaine étape étant la présidentielle, je ne saurais trop conseiller, comme j'essaie de le faire depuis des années à mon modeste niveau, avec d'autres, à tous ces responsables politiques et commentateurs d'ouvrir enfin les yeux et de lâcher les moulins à prière qu'ils ont commencé à faire tourner, sans succès, dans les années 1980."


Le 11 décembre 2015, Bruno-Roger Petit, philosophe, a écrit dans Challenges : "La sortie de Bartolone dérange parce qu'elle ne s'inscrit pas, "en creux" dans "les valeurs de la République" tant vantées par les socialistes en cette année 2015. Elle est le reflet d'une vision de la politique qui n'aspire guère à incarner cette essence républicaine défendue par quatre générations de socialistes depuis la fin du 19e siècle, de Jaurès à Hollande en passant par Blum et Mitterrand. Loin de la recherche de l'universalisme, ou de la construction d'une majorité politique identifiée à une majorité sociale, Claude Bartolone paraît se présenter en candidat d'une communauté contre une autre, voire de communautés contre d'autres. "Versailles, Neuilly, et la race blanche" seraient donc opposées à Clichy, Bagnolet et d'autres races? Est-ce cela le socialisme républicain en 2015? Ainsi naît le doute en politique. La charge de Bartolone est de nature à conduire bien des électeurs de gauche, instruits de l'affaire, à se poser quelques questions au moment de voter éventuellement pour ses listes en Île-de-France dimanche. Pour quel type de socialiste vont-ils voter? Pour un héritier de Jaurès, Blum et Mitterrand? Ou pour un clientéliste électoral prêt à tout et n'importe quoi pour additionner les voix ? D'autant plus que Claude Bartolone peut se voir aussi attaquer sur un autre front. D'un côté, il se pose en adversaire d'une candidate  - Valérie Pécresse - présentée comme avocate électorale de "la race blanche" ; et de l'autre il  laisse passer sans réagir un appel à meeting lancé par l'une de ses colistières issue du Front de Gauche, Clémentine Autain, en faveur d'un meeting avec Tariq Ramadan en guest star et organisé par des associations ou mouvements communautaristes contestent le principe même de l'existence d'une République laïque aspirant à l'universel. Les cyniques diront que le besoin de remporter une élection régionale à n'importe quel prix est sans aucun doute la cause du grand écart affiché par Claude Bartolone en ces dernières heures de campagne... Depuis quelques années, la politique de certains grands élus du PS dans la construction des édifices politiques qui les mènent à des victoires électorales locales passent souvent par une forme d'accommodation communautariste. On drague des clientèles culturelles et non pas sociales pour les agréger à une majorité politique. L'an passé, à Vaulx-En Velin, dans une ville conquise par le PS lors des dernières élections municipales, on a pu constater les dégâts que pouvait causer la promotion de certaines personnalités susceptibles de commettre des dérapages préjudiciables pour le Parti socialiste. Dès lors, viendra bien le moment où il faudra bien poser la question qui peut fâcher : Claude Bartolone est-il le symptôme apparent d'un PS qui parle république et pense communautarisme ? Un socialiste du niveau de Claude Bartolone peut-il encore vanter "les valeurs de la République" tout en accusant son adversaire, Valérie Pécresse, d'être la candidate de la défense de la "race blanche" ? La gauche en général, et le Parti socialiste en particulier ne fera pas l'économie de ce débat, qui met en jeu la laïcité, confrontée à la montée des communautarismes. A quand la clarification ? Il est bien des électeurs socialistes ou de gauche, pour qui le legs de Jaurès, Blum et Mitterrand possède encore une valeur sentimentale et politique, qui aimeraient bien le savoir. Certes, "On ne sort de l’ambiguïté qu'à son détriment" comme le disait le cardinal de Retz, mais on ajoutera aujourd'hui : "à condition de ne pas en abuser".

Le 11 décembre 2015 s'est tenu à Saint-Denis un meeting  « pour une politique de paix, de justice et de dignité », avec Tariq Ramadan, prêcheur et petit-fils de Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans, et Clémentine Autain, porte-parole de « Ensemble ! » et n°2 sur la liste menée par le socialiste Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, en Seine-Saint-Denis. Un meeting lié à un appel contre le racisme et l'islamophobie signé notamment par les Indigènes de la République et le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France). Clémentine Autain a indiqué qu'elle n'y serais pas, mais que "c'est pour la paix". Interpellé sur les réseaux sociaux, Claude Bartolone, farouchement opposé à la transparence sur les revenus des élus et heureux propriétaire d'une villa urbaine d'architecte, d'une valeur de deux millions d'euros et située dans une zone pavillonnaire des Lilas avec une vue magnifique de Paris, est demeuré silencieux. Adressée au Premier ministre socialiste Manuel Valls, la pétition demandant l'interdiction de ce meeting a réuni 1545 signatures en moins de 48 heures.

Dans son discours au soir du second tour de l'élection régionale du 13 décembre 2015, Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, a évoqué "les musulmans stigmatisés par le FN", mais non les Juifs.

Quant à Claude Bartolone, malgré sa défaite - la région Ile-de-France a été gagnée par la liste de droite menée par Valérie Pécresse -, il a retrouvé le 15 décembre 2015 aisément le perchoir de l'Assemblée nationale : le groupe socialiste l'a reconduit dans cette fonction par acclamation, sans vote. Il a estimé que ses propos sur la "race blanche" n'étaient "pas forcément calibrés". Des députés de la majorité se sont étonnés que le « patron » du "groupe LR ne demande pas que l’un des siens, Marc Le Fur, nettement battu dimanche en Bretagne, ne remette pas en jeu son poste de vice-président de l’Assemblée".

Vers la présidentielle 2017
A moins d'un an de la primaire au sein de la droite et du centre afin de choisir leur candidat en vue de l'élection présidentielle en 2017, Alain Juppé, ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, se rendra en Algérie du 31 janvier au 2 février 2016. "20.622 Français étaient inscrits, fin 2013, au consulat de France à Alger, dont 4 100 Français inscrits depuis moins d’un an et 5 085 Français inscrits depuis plus de 5 ans. Alain Juppé dispose ainsi d'un référent en Algérie. Selon le site internet francocophone Tout sur l'Algérie, Laurent Stéfanini est le responsable de la campagne du candidat Juppé pour le cœur du Maghreb. C'est donc lui qui est chargé de relayer au mieux la parole juppéiste en Algérie. 

"C'est devenu un passage obligatoire pour tous les prétendants à l'Élysée. À l'image de François Hollande en 2010 et Nicolas Sarkozy en 2006, l'Algérie est une terre de visite pour tous les candidats alors que Jacques Chirac s'y était, lui, rendu quelques semaines après sa réélection. Un voyage symbolique donc pour le maire de Bordeaux, ville jumelée avec Oran, où il doit notamment rencontrer le président Abdelaziz Bouteflika" (RTL, 2 février 2016).

RTL a poursuivi en expliquant les buts des politiciens français : "Il y a un partage des rôles entre la droite et la gauche. Historiquement, la droite s'est davantage tournée vers le Maroc alors que la gauche était plus proche de l'Algérie. Il y a une proximité plus forte entre les élites françaises et marocaines qu'avec les élites algériennes car l'Algérie n'est pas un pays de villégiature. Alain Juppé est un peu entre les deux, car [Oran] c'est la ville la plus marocaine - par la langue et par l'ambiance - d'Algérie", explique à RTL.fr Pierre Vermeren, professeur d'histoire du Maghreb contemporain à l'université Paris I. Et d'ajouter que, si le Maghreb est "très important dans la politique intérieure et extérieure de la France", les Franco-Algériens suscitent un intérêt particulier auprès des candidats : "Il existe deux groupes électoraux concernés. L'un avec les familles issues de l'Algerie française ou avec un passé militaire mais aussi un groupe issu de l'immigration post-coloniale. Cette coutume, qui garde un impact important, s'est installé au fil du temps. C'est important pour un président qu'il montre son intérêt à l'Algérie".

Ajoutons que plus d'1,5 million de binationaux franco-algériens vivent en France et plusieurs millions de Français, juifs, chrétiens, athées, etc. sont liés à l'histoire de l'Algérie, conquise en 1830 par la France pour mettre un terme aux exactions des pirates Barbaresques, protégés par la régence d'Alger, et ayant accédé à l’indépendance en 1962.


"Le clientélisme n'est pas le propre de la gauche. Certains élus de banlieues de droite instrumentalisent eux aussi telle ou telle communauté à des fins électoralistes. Lors des dernières élections municipales, par exemple, des alliances ont été nouées avec certaines associations musulmanes sur la base d'un refus commun du «mariage pour tous». Si la gauche avait vraiment été dans une logique opportuniste ou soi-disant «communautariste», elle n'aurait pas fait de cette loi un tel enjeu. De façon plus générale, je considère que le procès en «islamo-gauchisme» est un mauvais procès, car cette tentation est pour le moment assez marginale en France. Nous sommes loin de la situation britannique, où des groupes de la gauche radicale ont fait cortège commun avec des organisations intégristes, allant jusqu'à conclure avec elles des accords électoraux. En France, on en est loin. C'est Caroline Fourest qui est invitée à la Fête de l'Huma pas l'UOIF. Et sur les questions de laïcité, après tout, Jean-Luc Mélenchon n'est pas si éloigné de Manuel Valls... Quand au Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot, auquel je consacre un chapitre dans mon livre, il s'est frotté à la question religieuse, ou plutôt cette question lui a sauté à la figure, lorsqu'il a présenté une candidate voilée aux élections régionales. Mais là encore, sa logique n'était pas de «miser» sur l'islam, c'était de s'implanter dans des banlieues populaires où la question de la religion est de plus en plus incontournable. A cette occasion, les militants de ce courant se sont déchirés, et ils se sont aperçus que leur culture politique ne les avait guère préparés à affronter le retour de flamme du religieux. Résultat: le NPA est moribond, et sa mésaventure montre à quel point la gauche, bien au-delà de ce seul groupe, est sans cesse menacée par un violent retour du refoulé... Le problème, à gauche, n'est donc pas une supposée complaisance à l'égard des religieux, mais une authentique incapacité à envisager la force autonome du spirituel", a expliqué Jean Birnbaum, journaliste, au Figaro (22 février 2016).

Arnaud Montebourg
 Arnaud Montebourg a été avocat et député socialiste de Saône-et-Loire de 1997 à 2012 et président du conseil général de Saône-et-Loire (2008-2012).

En juillet-août 2010, ce député, dont un grand-père est algérien, a qualifié « d’illégaux » le blocus de la bande de Gaza et « l’attaque de la flottille de Gaza ». Il a aussi allégué que l’Opération Plomb durci était une « guerre contre les civils, les femmes, les enfants » et était favorable à des sanctions contre Israël. 

Le 6 octobre 2011, il a stigmatisé sur Beur FM "les provocations d’Israël et de son gouvernement extrémiste, les appuis dont ils disposent et notamment, malheureusement excessivement aux Etats-Unis. C’est à l’Europe et à la France de prendre l’initiative pour faire pression sur Israël et avancer dans le processus de paix, et on le fera en soutenant la cause palestinienne. Je suis favorable à la reconnaissance de l’Etat palestinien viable dans les frontières de 1967".

Le 16 septembre 2011, lors du premier débat des primaires socialistes, il s'est présenté en évoquant son grand-père arabe algérienLe 6 octobre 2011, sur Beur FM, il a allégué : "J’ai quelques origines (…) algériennes. C’est un peu mon deuxième pays... Parce que mon grand père (…) était algérien. Un arabe, pas un pied noir, un arabe… Il a porté en 39-45 porté l’uniforme français et combattu pour la France, et puis après, pendant la guerre d’Algérie, il était du coté du FLN. (…) C’est-à-dire, il a finalement été l’un de ceux qui (…) s’est battu pour la décolonisation. Et bien cette décolonisation aujourd’hui elle n’est pas soldée ; c’est-à-dire qu’aujourd’hui vous avez des français qui n’acceptent pas la vision qu’on donne de cette histoire là. Il serait temps, je crois, de la mettre dans le patrimoine politique, culturel et même psychologique commun. Ça fait parti un peu des leçons que j’ai tirées de ma propre histoire personnelle, qui est l’histoire d’une rencontre entre un algérien égaré dans le Morvan et une famille de bouchers-charcutiers du coté de mon père. Dans notre famille on se surnomme les arabo-morvandiaux. C’est en tout cas mon histoire et j’en suis très fier parce que c’est une richesse, une force. Et il y a des millions de français comme ça. La France n’est pas une nation ethnique, c’est une nation contractuelle".

Or, d'après Edouard Boulogne du blog Le scrutateur, Arnaud Montebourg est l'enfant d'un fonctionnaire des impôts et d'une universitaire dont le père, Khermiche Ould Cadi est d'une "famille de walis d'Algérie et d’une mère normande. Son aïeul Ahmed Ould Cadi, agha de Frendah (Oran), qui combattit aux côtés de l'Armée française lors de la conquête de l'Algérie, fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1842... et grand officier dans cet ordre en 1867". Ce "puissant et très riche seigneur rallié à la France" s'était "rangé aux côtés de la France... pour défendre les populations placées sous son autorité, contre d’incessantes et meurtrières razzias", et "pour remercier les médecins français d'avoir éradiqué une épidémie ravageuse chez ses "sujets", son aïeul a offert à la France plusieurs milliers d’hectares sur lesquels a été construite la ville de Lourmel".


Le 28 septembre 2011, environ 180 députés socialistes et radicaux ont déposé la proposition de résolution n° 3779 à l'Assemblée nationale portant sur La reconnaissance par la France de l'Etat palestinien.  Parmi les signataires : Arnaud Montebourg.

Arnaud Montebourg a été ministre du Redressement productif dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault (2012-2014), puis ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique sous le gouvernement Valls (avril-août 2014). 

En mars 2014, Arnaud Montebourg a préféré que Vivendi vende sa filiale SFR à Bouygues et non pas à Numéricable dirigée par Patrick Drahi, "ce David qui vient de l'emporter au nez et à la barbe de Goliath" (Philippe Manière). Le 18 mars 2014, dans sa chronique Les idées claires sur France Culture, le journaliste économique Philippe Manière a ironisé sur l'intervention "surprenante" et du "ton vindicatif" d'Arnaud Montebourg, qui, "sans doute chauffé par un establishment furieux d'avoir été doublé par ce parvenu de Drahi, il a succombé à une sorte de réflexe anti-métèque... qui n'est pas à son honneur ni à l'honneur de la république". Citant une source gouvernementale, BFM TV écrit : "Bercy a lancé une enquête sur sa situation fiscale, et notamment sa résidence fiscale exacte, étant donné l'importance que prend Patrick Drahi dans l'économie hexagonale".

Le 4 août 2014, pendant l'opération israélienne Bordure protectrice contre le mouvement terroriste islamiste Hamas dans la bande de Gaza, alors que défilait la "rue islamique" et ses alliés haineux, Arnaud Montebourg a twitté : "A #Gaza le droit à la sécurité n'implique pas le droit au massacre, il serait temps de faire prévaloir le droit international sur l'impunité". Un twitt liké 385 fois et retwitté à 1186 reprises.


Le 21 août 2016, lors de son discours annonçant sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, Arnaud Montebourg a déclaré à Frangy-en-Bresse (Haute-Savoie) :
"Et comme s’il fallait ajouter de la déception à la désillusion, il y eut la déchéance de nationalité et la loi travail.
Peut-on croire que ce soit une fierté que d’avoir laissé entendre que les binationaux étaient en quelque sorte la cause de tous nos malheurs ? [...]
Cette Bourgogne d’où je viens et que nous avons en partage, c’est aussi celle du Morvan. Le Morvan ? C’est là que la famille de mon père tenait une boucherie en face de la gare à Autun. C’est là qu’elle rencontra par hasard la famille de ma mère qui venait d’Algérie. Ils ont formé une alliance originale, fondé une famille française qui s’est longtemps décrite comme pour se moquer d’elle-même d’arabo-morvandiaux.
Pour nous comme pour moi, ce métissage, c’était la France que nous aimions passionnément et qui me permit de trouver mon chemin personnel. Je suis fier de porter ces deux France en moi, ces deux histoires qui ont fait tant de choses ensemble et ont surmonté la peur qu’elles éprouvaient de leurs propres différences dans une république qui n’a pas cessé de les réunir.
Aujourd’hui, c’est cette république, ses fondements et ses promesses qui sont en grand danger...
Les attaques terroristes
Pendant que notre pays est confronté aux difficultés économiques, la France est depuis dix-huit mois exposée à des attaques terroristes sans aucun précédent sur notre territoire.
C’est un défi d’une rare difficulté que d’y faire face car les sentiments de haine et de colère, de vengeance parfois, peuvent légitimement prendre le dessus après que nous avons tous été envahis par la si dure et si profonde tristesse de devoir pleurer nos morts.
Pourtant, il faut garder la tête froide et examiner les faits (rien que les faits), à travers le prisme de la vérité. Et la vérité conduit à dire que nos ennemis n’ont pas choisi la France comme cible par hasard. Ceux qui commanditent les attentats sur le sol français ont constitué un proto-Etat, le groupe Etat islamique, qui occupe un territoire, asservit les populations musulmanes, met en œuvre un projet totalitaire, organise des expéditions criminelles, bénéficie de financements douteux et d’alliés contestables. Il nous prend pour le maillon faible des pays occidentaux en raison de la part importante de nos compatriotes se reconnaissant dans la culture d’origine arabo-musulmane. Ce groupe Etat islamique voudrait retourner ceux-là de nos compatriotes contre leur propre pays, la France.
Il connait l’état des tensions à l’intérieur de notre pays. Il examine et exploite la faiblesse de notre unité républicaine. Et je n’hésite pas à dire qu’il souhaite la victoire du lepénisme et fera tout pour l’obtenir pendant la campagne électorale en semant encore plus la terreur, en tentant de nous jeter encore plus les uns contre les autres pour que nous nous accusions mutuellement les uns, les autres, de telle faiblesse, de telle inaptitude, de telle incompétence. Il espère par dessus tout que nous abandonnerons les protections de l’Etat de droit, les libertés individuelles pour obtenir davantage d’affrontements entre Français.
Il veut que le pays de Voltaire et de Rousseau, le pays de la Révolution française, du serment du Jeu de Paume, de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen renonce à ses principes pour nous pousser à l’arbitraire et exploiter contre nous ceux qui pourraient en être les victimes.
Mais nous serons impitoyables, inflexibles. Et nous serons forts parce que la société française saura s’unir pour faire face.
Notre seule réaction doit être celle de ne pas céder à la provocation de l’ennemi et dans une grande maîtrise de nous-mêmes et avec le sang-froid nécessaire, tenir bon face à la menace. Pour réussir, il faudra mobiliser la société française toute entière autour de sa propre sécurité. Car il est possible de réduire par l’entraide, l’action collective d’une société, les dégâts humains et moraux du terrorisme comme d’autres pays ont su le faire.
Réapprendre la fraternité et refaire France, c’est ce que je vous propose de construire ensemble.
L’Union [européenne] n’a pas été capable de traiter la question migratoire.L’Union n’a pas su nous protéger contre la menace terroriste...
La France est en effet une puissance d’équilibre qui assure un pont entre les nations, elle n’est pas belliqueuse et doit organiser le dialogue. Entre l’Iran et l’Arabie saoudite, elle doit assurer l’équilibre. Entre les Etats-Unis et la Russie, elle doit se tenir fièrement au milieu, entre Israël et la Palestine, elle n’a pas vocation à être pour l’un ou pour l’autre, mais à la fois soutenir la sécurité de l’Etat d’Israël tout en défendant l’avènement d’un Etat viable pour le peuple palestinien".
Arnaud Montebourg a évoqué le terrorisme, mais sans le qualifier d'islamiste et sans questionner l'islam. L'Etat islamique présenté comme unique commanditaire "des attentats sur le sol français" mais non Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), basé au Yémen et qui a revendiqué l'attentat terroriste islamiste contre la rédaction de Charlie hebdo le 7 janvier 2015. Les musulmans asservis par l'Etat islamique, mais non les chrétiens et les Yézidis réduits en esclavage ou massacrés. La "culture arabo-musulmane" mais non celle "arabo-chrétienne" ou berbère (amazigh). Le conflit au Proche-Orient sans dénoncer les projets génocidaires des ennemis d'Israël, notamment l'OLP, le Fatah, le Hamas et l'Iran, et comme si une position équilibrée entre Israël et la "Palestine" - celle de l'Autorité palestinienne ou du Hamas ? - était pertinente : entre les Juifs et l'Allemagne nazie, Arnaud Montebourg aurait milité pour une position "au milieu" ? Quid de l'opération française Barkhane au Mali ? Des oublis, confusions, amalgames, erreurs, flous peu dignes d'un aspirant à la fonction de chef de la diplomatie d'un Etat qui se veut protecteur des chrétiens d'Orient persécutés et d'un pays membre permanent au sein du Conseil de sécurité de l'ONU (Organisation des Nations unies).

Il est curieux ou significatif que ni Arnaud Montebourg, ni ceux à qui avaient lu son discours avant le prononcé, ni les médias n'ont sursauté devant "l'oubli" des chrétiens. Quant aux églises chrétiennes françaises et associations de défense des chrétiens d'Orient, elles se sont tues.

A entendre les sifflements/huées ayant accueilli l'affirmation du soutien à la sécurité de l'Etat Juif, il est vraisemblable qu'Arnaud Montebourg sera amené à donner plus de gages au "vote halal" et à ses alliés à (l'extrême-)gauche. 

Si ce politicien renonce à participer à la primaire organisée par le parti socialiste, il courtisera davantage ce "vote halal" pour compenser le manque d'électeurs, principalement des notables, qui choisiront un des candidats à cette primaire. Des primaires seront organisées par Les Républicains/CentreLes deux candidats issus de ces deux primaires auront eux et eux seuls des chances de devenir Président de la République. Il est vraisemblable que l'un d'eux affrontera Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle et sera élu au nom du "front républicain". Donc ces deux primaires constituent, sur la base d'un électorat réduit, une étape déterminant l'issue du second tour de l'élection présidentielle de 2017. Si Arnaud Montebourg ne gagne pas les primaires du Parti socialistes ou présente en vain une candidature solo hors de ces Primaires, il aura marqué un jalon important dans sa démarche vers la Présidence.

Le parti Islam en Belgique
Le 14 octobre 2012, le parti Islam aux élections communales en Belgique a présenté quatre candidats, dont deux ont été élus en région bruxelloise : Redouane Ahrough à Anderlecht et Lhoucine Aït Jeddig à Molenbeek.

Qualifié d'islamiste, ce parti songe à s'installer en Wallonie.


Son but : un "Etat islamique en Belgique".

Lancée le 29 octobre 2012 sur Internet, la pétition Stop Parti Islam réclame "la mise en place d’un audit afin de vérifier la validité légale des statuts du parti « ISLAM » et son interdiction en cas de non-respect des lois en vigueur, ainsi que l’annulation de l’élection des 2 candidats élus du parti précité".

 Elle se fonde sur l'article 17 de la Convention européenne des droits de l'Homme.

Au 6 novembre 2012, elle a recueilli 29 778 signatures.

Molenbeek
"Pendant 30 ans, le royaume de Belgique a en effet laissé à l’Arabie saoudite le soin de gérer, via une ONG appelée la Ligue islamique mondiale, plusieurs lieux de culte musulmans à Bruxelles. Parmi eux, la Grande mosquée du Cinquantenaire, qui fut longtemps considérée comme le porte-voix du wahhabisme en Belgique avant de changer de direction en 2012 sous la pression d’autorités locales de plus en plus inquiètes de la montée de l’intégrisme au sein de la communauté musulmane".

Depuis quelques décennies, depuis au moins l'attentat ayant tué le commandant Massoud en Afghanistan en 2001, Molenbeek-Saint-Jean, situé à l'ouest de Bruxelles et dirigé pendant vingt ans (1992-2012) par Philippe Moureaux, est devenue une "plaque tournante du terrorisme".

"Après avoir annoncé son "retrait total" de la vie politique, Philippe Moureaux, 73 ans, peut être présenté, à travers son bilan, au passé, même si le PS a ensuite annoncé qu'il restait sénateur. Le bourgmestre de Molenbeek avait la capacité de rougir (de colère) pour intimider ses interlocuteurs rétifs mais, en coulisses, c'était un manœuvrier hors pair, un diplomate, un bâtisseur de réseaux. Il a fait trembler Bruxelles pendant des décennies. Président jamais élu de la fédération bruxelloise du PS, il disposait les pièces de sa machine de pouvoir en choisissant ses hommes, les imposant là où ils étaient le plus utiles, les protégeant contre vents et marées. Les voix discordantes étaient étouffées. D'où l'opacité du PS bruxellois jusqu'à l'arrivée de Rudi Vervoort", a écrit Marie-Cécile Royen (Le Vif, 19 octobre 2012).

Et d'ajouter : "Sa faiblesse, son talon d'Achille est précisément ce qui le rendait humain : son attachement à Molenbeek. C'est là que ce fils de famille, rejeton complexé d'un ministre libéral, a pu donner libre cours à sa fibre sociale, suivant l'exemple de son père affectif, le Liégeois André Cools. Le premier, il intégra des personnes issues des minorités ethno-religieuses sur ses listes communales, puis aux élections régionales. Sans ce réflexe, l'électorat socialiste bruxellois se réduirait aujourd'hui à 10 %. Mais la créature a échappé à son maître. A force de flatter les mosquées, Philippe Moureaux est devenu, aux yeux des Wallons et d'une partie des Bruxellois et des Flamands, l'incarnation du communautarisme. C'est lui et quelques autres qui bloquèrent toute restriction dans le domaine de l'immigration et acceptèrent des entorses au "pacte républicain". Tournées électorales dans les mosquées, consultation des chefs religieux, prêt de locaux communaux pour des classes de religion islamique, "dispositif ramadan", etc. A force, Philippe Moureaux est devenu le patron informel de la communauté marocaine de Belgique, donnant des gages politiques au royaume du Maroc sur le Sahara occidental et agissant comme "juge de paix" en Belgique (il trancha une énième querelle de l'Exécutif des musulmans de Belgique en promotionnant la frange des Frères musulmans). Sur le terrain, cependant, il perdait pied. Trafics de drogue dans la rue et dans les cafés, afflux de populations pauvres, harcèlement des femmes non voilées et des homosexuels dans la rue, politique occupationnelle des jeunes, faible maîtrise de l'espace public malgré une centaine de gardiens de la paix dénués de pouvoir coercitif, prolifération des foyers de radicalisme... Ces aspects de la vie urbaine ne sont pas propres à Molenbeek mais, en s'attaquant aux porteurs de mauvaises nouvelles plutôt qu'aux problèmes énoncés, Moureaux a donné une image caricaturale de sa commune". 

Le 14 octobre 2012 ont été élus deux candidats du parti Islam en région bruxelloise (Belgique).

L'Islamic Forum of Europe (IFE) en Grande-Bretagne
Selon le Telegraph (27 février 2010), l'Islamic Forum of Europe (IFE), "qui croit dans le djihad et dans la sharia, et veut transformer la Grande-Bretagne et l'Europe en un Etat islamique, a placé ses sympathisants dans un bureau de vote et revendique être capable de mobiliser des masses d'électeurs.

Ministre de l'Environnement, Jim Fitzpatrick, a déclaré à The Sunday Telegraph, que l'IFE était devenu un parti secret à l'intérieur du Parti travailliste et dans d'autres partis politiques : "Ils agissent presque comme une organisation pratiquant l'entrisme, plaçant ses gens dans les partis politiques, recrutant des membres pour ces partis politiques, essayant que ceux choisis soient élus afin qu'ils exercent une influence et un pouvoir politiques, que ce soit au niveau local ou national. Ils sont en complet désaccord avec le programme du parti travailliste, avec notre soutien à la laïcité".

Il a ajouté que l'IFE avait "infiltré et "corrompu" son parti dans l'East London de la même manière que la Tendance militante d'extrême-gauche l'avait fait dans les années 1980"

L'enquête de six mois du Telegraph et de la télévision Channel 4 a révélé que les activistes de l'IFE se vantent d'avoir déjà "consolidé... beaucoup d'influence et de pouvoir" à Tower Hamlets, un conseil d'un quartier londonien au budget d'un milliard de livres sterling".  Elle a établi que ce groupe et ses alliés ont obtenu plus de dix millions de livres sterling provenant des contribuables ; la  plus grande partie de cet argent provenant de fonds gouvernementaux visant à "prévenir l'extrémisme violent". Des dirigeants d'IFE ont été filmés alors qu'ils "exprimaient leur opposition à la démocratie, leur soutien à la  sharia, ou se moquant des Noirs. L'IFE a organisé des réunions avec des extrémistes, dont des alliés Talibans, un homme qualifié par le gouvernement américain de "co-conspirateur non inculpé" dans l'attentat contre le World Trade Center en 1993 et un individu sur lequel le FBI enquête en raison de ses liens avec les attentats du 11 septembre. Des musulmans modérés de Londres ont dit que l'IFE et ses alliés imposaient leurs vues dures sur le reste de la communauté locale, freinant le comportement jugé "non-islamique".

Parlementaire londonien, George Galloway a admis que sa victoire surprise lors de l'élection de 2005 devait beaucoup à l'IFE qui avait jouté un "rôle décisif". 

L'IFE a insisté sur le fait qu'il n'était ni fondamentaliste ni extrémiste, et ne soutenait pas la violence.

Le vote musulman s'avère important pour le parti travailliste. Et l'antisémitisme un gage qu'ont souvent donné les candidats du Parti travailliste (Labour) au vote halal.

Israël
Les Arabes israéliens représentent environ un cinquième de la population d'Israël.

En vue de l'élection législative du 17 mars 2015, les partis Arabes israéliens ont constitué le 22 janvier 2015 une Liste Jointe, commune ou unie (הרשימה המשותפת‎, HaReshima HaMeshutefet). Ces partis sont : Hadash, la Liste Arabe unie (branche sud du Mouvement islamique), Balad et Ta'al.  Ils ont recueilli 10,55% des suffrages. Avec treize députés, ils forment le troisième plus grand groupe .de la 20e Knesset.

Comme certains de ces députés souhaitent la disparition de l'Etat d'Israël, on peut en déduire que cette idée n'a pas été perçue comme un empêchement insurmontable pour les autres politiciens arabes constituant cette Liste.


[1] En caractères gras dans l'article.

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié le 22 avril 2012, republié les 17 juin et 6 novembre 2012, 9 juillet, 8 septembre et 20 octobre 2013, 30 mars  2014, 10 décembre 2015 et 2 avril 2016. Il a été modifié le 22 août 2016.