Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 18 mai 2018

Raoul Hausmann. Un regard en mouvement


Le Jeu de Paume présente la rétrospective « Raoul Hausmann. Un regard en mouvement ». Raoul Hausmann (1886-1971) apparaît un artiste majeur du XXe siècle. « Fer de lance de Dada Berlin, initiateur de la poésie sonore, pionnier du collage et du photomontage, écrivain, directeur de revues, expérimentateur en tous genres et « plus grand agitateur culturel du Berlin des années 1920 » selon Franz Jung, il fut, au tournant des années 1930, un photographe passionné, prolifique, sensible et lyrique ».


Après Le Point du Jour à Cherbourg en 2017, le Jeu de Paume révèle la diversité des recherches artistiques de Raoul Hausmann (1886-1971), artiste singulier dont l’œuvre avait été jugée « dégénérée » par les Nazis.

« À partir de plus de 130 tirages d’époque, tous réalisés par Hausmann lui-même, l’exposition reconstitue une œuvre photographique demeurée longtemps méconnue ». L’œuvre photographique de Raoul Hausmann (1886-1971) « est restée longtemps sous-estimée. De cet artiste-clé du XXe siècle né à Vienne, la postérité a d’abord retenu le rôle majeur au sein de Dada Berlin, les assemblages, les collages, les photomontages, les poèmes optophonétiques, quand les vicissitudes de l’Histoire ont effacé cette autre facette, à tous égards prééminente, de son rayonnement ».

Dès 1927, Raoul Hausmann « devient pourtant un photographe prolifique, notamment lors de ses séjours sur la mer du Nord et la mer Baltique ».

En 1931, Hausmann « estime être devenu photographe. Photographe ému, flâneur magnifique, il ne cherche pas la perfection d’une image trop lisse, parfaitement ordonnée et construite, mais les interstices de liberté et l’éblouissement de ce qu’il nomme « la beauté sans beauté ». Son sens du calme est sa façon de résister, digne, debout, à la violence des temps. Cette pratique nouvelle pour lui, immédiatement absorbante, devient la clé de voûte d’une pensée globale foisonnante qui culmine jusqu’à son départ forcé en 1936 d’Ibiza où il s’était réfugié » après l’accession des nazis au pouvoir et l’incendie du Reichstag, « et où il s’était intéressé à l’architecture de l’île et à ses habitants. Au cours de cette intense décennie, il a beaucoup réfléchi à la photographie et développé une pratique profondément singulière du médium, à la fois documentaire et lyrique, indissociable d’une manière de vivre et de penser ».

La pratique de Raoul Hausmann « évolue alors. Fasciné par la pureté des maisons paysannes en forme de cubes blancs, il réalise l’inventaire photographique de ces « architectures sans architecte », populaires, à la fois anciennes et modernes, qui évoquent le « style international ». La photographie vient alors soutenir une étude anthropologique de l’habitat vernaculaire, engagée contre les racismes des années 1930. Lui-même intégré à la communauté insulaire, évoluant presque hors du temps, comme dans un « état de rêve », Hausmann réalise encore des portraits saisissants des habitants, qui sont une autre forme de son engagement ».

Hausmann « photographe étonne. Lui dont on connaît la veine acerbe et mordante de l’époque dada vise ici la pacification, la réconciliation, une forme de résistance au temps par la sérénité. À partir du milieu des années 1920, l’atmosphère de Berlin lui semblant de plus en plus oppressante, il prolonge sans cesse ses séjours dans de petits villages sur les bords de la mer du Nord et de la Baltique, qui font à la fois office de « refuges » et de « cachettes pour artistes ». Là, il photographie le sable, l’écume, les tourbières, des corps nus, les courbes des dunes, le blé, les brins d’herbe, l’anodin qui s’impose dans un éblouissement. Son attention se porte aussi sur de modestes artefacts solitaires, chaises cannées, corbeilles en osier, tous objets troués qu’il transforme en flux, voire en tourbillon de lumière. Hausmann nomme ces expérimentations « mélanographie ». Elles rendent le saisissement né de l’apparition de l’image comprise, écrit-il, comme « la dynamique d’un processus vivant ».

« L’éclatement de la guerre d’Espagne, et l’abandon presqu’immédiat du petit territoire d’Ibiza aux franquistes, marquent le début d’un exil pénible qui ne lui permettra plus de se consacrer de façon aussi assidue à la photographie. Raoul Hausmann se réfugie finalement en France, dans le Limousin ».

Au cours de cette décennie, il « produit plus d’un millier de tirages dont beaucoup furent publiés ou exposés en leur temps, avant de tomber ensuite dans l’oubli. Ces images et leur diffusion le situent dans un milieu, en Allemagne, à Paris où il est de passage en 1935, ensuite en Tchécoslovaquie (la seule rétrospective complète de son vivant a lieu à Prague, en 1937) ».

Son « oeuvre invite aussi à reconsidérer un réseau et une histoire de la photographie ».

Ses « amis avaient pour nom August Sander, Raoul Ubac, Elfriede Stegemeyer, et Lázló Moholy-Nagy, lequel ne craignait pas de déclarer à Vera Broïdo, l’une des compagnes de Hausmann : « Tout ce que je sais, je l’ai appris de Raoul. »

« À la croisée de la Nouvelle Vision et de la Nouvelle Objectivité, le travail de Raoul Hausmann se construit dans une poétique de l’écart face aux normes. À la fois expérimental et « classique », il n’aime rien tant que résoudre et dépasser les oppositions. Ses nus sublimes, sculpturaux, minéraux, s’opposent à la monstruosité du corps nazi. Ses images de plantes, d’écume, de flux de la lumière et de la matière sont autant d’images du désordre, dénuées de toute vision autoritaire. À tous égards, cette photographie, née d’un équipement minimal, sert un projet d’existence maximale ».

Hausmann « réfléchit aux usages sociaux et politiques des images, notamment à Ibiza, dans son travail sur l’architecture vernaculaire, inventaire du bâti dont l’objectif est d’invalider l’idée d’« origine » et de « race ». Ce projet autour de la notion d’habitat, au sens philosophique du terme, répond finalement, comme l’ensemble de son œuvre, à ce mot d’ordre qu’il ne perdra jamais de vue : « Edifie toi-même les limites de ton univers ».

En 1966, le Moderna Museet de Stockholm en Suède lui consacre sa première rétrospective.

Hausmann décède en 1971.

« L’oubli qui a nimbé l’œuvre de Hausmann redouble sa traversée du siècle clandestine. Lui qui fut taxé d’artiste « dégénéré » par les nazis et quitta précipitamment l’Allemagne en 1933 dut abandonner bien des clichés sur la route de ses exils pressés. Son travail photographique est, dès lors, demeuré secret, largement invisible, présumé perdu, avant que ne soit presque miraculeusement découvert, entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980, un fonds jusque-là inconnu dans l’appartement de sa fille à Berlin (aujourd’hui à la Berlinische Galerie) ». Les « fonds français, principalement conservés au Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart et au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, ainsi qu’au Musée national d’art moderne, se sont constitués dans le même temps, et enrichis jusqu’aux années 2010. Depuis lors, son aura de photographe n’a cessé de croître ».

De « cet artiste-clé du XXe siècle, la postérité a d’abord retenu le rôle majeur au sein de Dada Berlin, les assemblages, les photomontages, les poèmes optophonétiques, quand les vicissitudes de l’Histoire ont effacé cette autre facette, à tous égards prééminente, de son rayonnement ».

Des rétrospectives comme celle au Jeu de Paume permettent de réévaluer l’œuvre prolifique d’un artiste difficilement classable.


BIOGRAPHIE

« 1886 Raoul Hausmann naît à Vienne le 12 juillet.

1900 Étudie la peinture et la sculpture.

1912 Se lie aux milieux expressionnistes, en particulier au peintre Heckel faisant partie du groupe Die Brücke ; il s’éloignera de l’expressionnisme pendant la guerre, quand Walden publiera dans sa revue Der Sturm un « Chant des chants du prussianisme ».

1915 Rencontre Hannah Höch, Hans Richter, Arthur Segal, Franz Jung, Emmy Hennings, futurs membres de Dada.
Hannah Höch devient sa compagne jusqu’en 1922.

1918 Fondation du Club Dada à Berlin : Raoul Hausmann, Johannes Baader, Franz Jung, George Grosz, Richard Huelsenbeck, Hannah Höch et les frères Herzfelde.
Hausmann est le Dadasophe. Il réalise ses premiers collages, assemblages, photomontages, et poèmes phonétiques. Le principe du photomontage (qu’il nomme klebebild, « tableau collé ») s’inspire d’une tradition populaire.

1919 Révolution spartakiste, assassinats de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht à Berlin (janvier). Grande soirée Dada : poèmes phonétiques de Hausmann, qu’il nomme « automobiles d’âme ». Création de la revue Der Dada avec Baader, intense activité littéraire et éditoriale.

1920 Grande tournée Dada avec Baader et Huelsenbeck en Allemagne et en Tchécoslovaquie.

1921 Soirée « Anti-Dada et Merz » avec Schwitters à Prague. Au moment où le mouvement se disloque à Berlin, Hausmann estime que Dada se poursuit en lui : « Dada était un mot, mais l’état intellectuel et individuel compris sous ce mot pendant deux ans continuait en moi. »

1927 Premières vacances à Kampen sur l’île de Sylt ; puis à Jershoft. Vera Broïdo rejoint Raoul Hausmann et Hedwig Manckiewitz, qu’il a épousée en 1923. Hausmann débute une pratique photographique à laquelle il se consacre intensément à partir de 1930-1931. Entame parallèlement la rédaction de son livre Hylé, continuée jusque dans les années 1950.

1929 Commence à collaborer à la revue a bis z, l’organe des Artistes progressistes de Cologne ; rencontre August Sander, qui le photographie notamment en « danseur ».
Hausmann danse beaucoup dans les années 1920, de façon abstraite, solitaire, minimale, en construisant un espace géométrique impalpable, perceptible seulement dans l’instant.

1931 Prononce la conférence inaugurale de l’exposition « Fotomontage », organisée par l’artiste constructiviste César Domela à la Kunstbibliothek de Berlin.

1932 Publication de ses photographies dans des revues en Allemagne tout au long des années 1930.
Parution d’Autoportrait avec son texte « Comment voit le photographe ? » dans Das Deutsche Lichtbild 1933.

1933 27 février : incendie du Reichstag. 10 mars : Hausmann, déclaré « artiste dégénéré » par les nazis, quitte précipitemment Berlin en compagnie d’Hedwig Manckiewitz et de Vera Broïdo, qui sont juives. Le 27 mars, ils arrivent à Ibiza. 10 mai : autodafé à Berlin ; son livre Hourrah ! Hourrah ! Hourrah ! (1920) est brûlé.

1934 Vera Broïdo met fin à leur relation. Hausmann se rend à Paris, où il travaille avec Raoul Ubac. Premier article sur les maisons d’Ibiza dans la revue suisse Œuvres. Accompagné de photographies, cet article est suivi par d’autres, en 1935-1936, dans L’Architecture d’aujourd’hui, D’Ací i d’Allà, A.C.

1935 Publication de quatre photographies dans l’ouvrage collectif Formes nues. Hausmann fait breveter en Angleterre l’optophone, une machine, jamais réalisée, transformant les sons en lumières colorées, et réciproquement : « dispositif de combinaison de chiffres sur une base photoélectrique ».

1936 18 juillet : début de la guerre d’Espagne à Barcelone.
Hausmann s’engage aux côtés des Républicains à Ibiza, premier territoire abandonné aux franquistes. Octobre : arrivée à Zurich. Exposition de ses photographies d’Ibiza au Kunstgewerbemuseum.

1937 Février : Expulsé de Suisse. Mars : Figure dans « Entartete Kunst », exposition diffamatoire organisée par les nazis, à Munich, contre « l’art dégénéré. Le Musée des arts décoratifs de Prague présente une rétrospective de ses photographies. C’est la seule de son vivant. À Prague, il retrouve de nombreux opposants à Hitler, notamment son ami Franz Jung. Projette d’écrire une « nouvelle histoire de l’art ».

1938 De retour à Paris, il retrouve son ami Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp ; il expose au premier Salon des Réalités nouvelles en 1939.

1939 Après la déclaration de guerre, Hausmann se rend à Peyrat-le-Château, en Haute-Vienne. Jusqu’en 1950, il publie des textes sur la photographie, pour la plupart d’ordre technique, dans la revue suisse Camera.

1940 Marthe Prévôt s’installe avec le couple Hausmann à Peyrat. Hausmann cherche à émigrer aux États-Unis, sans succès, malgré l’aide de Moholy-Nagy qui l’invite à enseigner à l’Institute of Design de Chicago (New Bauhaus).

1945 Isolé à Limoges, vivant dans le dénuement, il entretient, les années suivantes, une immense correspondance. Revues et informations lui parviennent du monde entier.

1946 Projette de créer une revue avec Schwitters, P.I.N. : « Nous avons besoin de tendances nouvelles en poésure et peintrie. » Hannah Höch organise, dans Berlin en ruines, l’exposition « Fotomontage » comprenant des oeuvres de Hausmann.

1953 Exposition à Sarrebrück organisée par Otto Steinert, animateur du mouvement Subjektive Fotografie.

1954 Participe à « Subjektive Fotografie II ». Exposition « Dada 1916-1923 » à la galerie Sidney Janis à New York et à toutes les rétrospectives Dada présentées en Europe à partir de 1957.

1958 Publication de Courrier Dada. À la fois récit et recueil de textes, l’ouvrage rend compte, entre autres, de l’histoire du photomontage.

1967 Rétrospective, sans photographies, au Moderna Museet de Stockholm dirigé par Pontus Hulten. Hausmann se lie d’amitié avec de jeunes artistes, Henri Chopin, Claude Viallat. En 1964-1966, il correspond, parmi eux, avec Guy Debord, George Maciunas, puis Dick Higgins.

1968 Parution de Mélanographie, avec six photographies originales.

1971 Raoul Hausmann meurt à Limoges le 1er juillet  ».

CITATIONS

« G [Werner Gräff] : La photographie, fort pratiquée ces derniers temps, de détails et de structures, par exemple la photographie d’un cristal, de sable, de pierres, de plantes, de toutes sortes de matériaux, est certes intéressante et encourage les capacités optiques, mais cette voie risque bientôt de fournir aussi peu de possibilités que toutes les autres voies explorées avec la seule intention de l’originalité.
H [Raoul Hausmann] : Mais il est une chose qui sera toujours nouvelle : la valeur d’un bout de terre, son harmonie avec le vent, les nuages, l’eau, les plantes et le soleil. Ce qui est décisif, c’est la capacité de voir l’essence réelle d’un visage, d’un paysage, d’une fleur, d’un animal…
et faire l’expérience de cette essence, cela nous semble être, de tout temps et dans toutes les circonstances, indépendant des artifices ! Ce ne sont pas des lois qui doivent fixer le choix de l’ouverture du diaphragme, des négatifs, de la vitesse de l’obturateur et le rendu fidèle des couleurs, mais un sentiment plus ou moins fort de la personnalité qui se tient derrière l’appareil photographique. »
Raoul Hausmann et Werner Gräff, « Comment voit le photographe ? », (« Wie sieht der Fotograf ? »), Das Deutsche Lichtbild 1933.
Traduction de l’allemand par François Mathieu dans Olivier Lugon (éd.), La Photographie en Allemagne.
Anthologie de textes (1919-1939), Nîmes, Jacqueline Chambon, 1997.

« Le monde a besoin de tendances nouvelles en poésure et peintrie
Les vieilles camelotes ne peuvent plus mentir […]
Nous voulons farfader le sprit, parce que nous voyons avec nos oreilles et entendons avec nos yeux […]
Le langage n’est qu’un moyen de comprendre et de ne pas comprendre
Vous préférez le langage pour comprendre des platitudes que déjà chacun connaît par coeur. Nous préférons le langage qui vous procure un sentiment nouveau pour des temps nouveaux. »
Raoul Hausmann et Kurt Schwitters, Préface pour le projet de revue PIN (Poetry Is Now, Present Inter Noumenal), 1946.

« Nous VOYONS le ciel et la terre, mais nous les voyons terminés et identiques, plus ou moins grands ou petits, plus hauts ou plus bas. Le fait que nous distinguons le haut et le bas dérive de notre sentiment inné de la gravité qui se présente dans la vie des choses, des relativités, comme force mentale, comme valeur. Comme les choses sont petites ou grandes, elles sont également disposées l’une au-dessus ou au-dessous de l’autre ! L’oeil humain évalue moralement, tandis que pour la réalité spirituelle, il n’existe ni haut ni bas, ni grand ni petit… »
« Dans un monde où nous n’aurions plus besoin d’être des dominateurs par peur, nous n’oserions plus imposer notre petit ego corporel comme juge optique des réalités spirituelles d’un monde qui n’est pas composé de limites corporelles. Nous ne pouvons pas être des photographes oppresseurs, mais des émotionnés ! »
« La vision, quand elle est créatrice, est la configuration des tensions et distensions des relations essentielles d’un corps, que ce soit homme, bête, plante, pierre, machine, partie ou entité, grand ou petit. »
Raoul Hausmann, « Nous ne sommes pas des photographes », 1921, publié dans Courrier Dada.
Nouvelle éd. de Marc Dachy, Paris, Allia, 2004 (1958).


Du 6 février au 20 mai 2018
1, place de la Concorde. 75008 Paris
Tél. : +33 1 47 03 12 50
Mardi de 11 h à 21 h. Du mercredi au dimanche de 11 h à 19 h. Fermeture le lundi.

Visuels :
Affiche
Sans titre
1931
Raoul Hausmann
© Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Dune mobile
Septembre 1931
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Maison paysanne (Can Rafal)
1934
Raoul Hausmann
© Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Sans titre (chardon)
1932
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Trois chaises
1934
Raoul Hausmann
© Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Enfants de la Frise
Entre 1927 et 1933
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Sans titre (Fleur de chrysanthème)
Entre 1927 et 1933
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Petite Fleur en Herbe
1932
Raoul Hausmann
Photomontage.
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Sans titre (Herbe des dunes)
vers 1931
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Material der Malerei
1918
Raoul Hausmann
© Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Regard dans le miroir
1930
Raoul Hausmann
© Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Monsieur Mariano Ribas
1933
Raoul Hausmann
@ Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Raoul Hausmann tenant sa sculpture-assemblage L’Esprit de notre temps
1967
Marthe Prévôt
© Documentation du Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Le Triangle (Vera Broïdo)
Vers 1931
Raoul Hausmann
Coll. Marc Smirnow. © ADAGP, Paris, 2017

Sans titre
1931
Raoul Hausmann
© Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Sans titre (Paysage de dunes)
entre 1927 et 1933
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Sans titre (Vera Broïdo)
Vers 1931
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Sans titre (Pied dans le sable)
vers 1931
Raoul Hausmann
© ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

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Les citations proviennent du dossier de presse.

Le siècle du jazz


Evènement artistique majeur du XXe siècle et « musique hybride, le jazz a marqué la culture mondiale de ses sons et de ses rythmes ». Conçue par le philosophe et critique d’art Daniel Soutif, cette exposition a présenté en 2009, au musée du quai Branly, en distinguant dix sections chronologiques, les relations au XXe siècle entre le jazz et les arts graphiques. De « la peinture à la photographie, du cinéma à la littérature, sans oublier le graphisme ou la bande-dessinée, l’exposition montre plus particulièrement le développement du jazz en Europe et en France dans les années 1930 et 1940 ». Arte diffusera le 20 mai 2018 à 22 h 50 "Le jazz : une arme secrète" (Geheimwaffe Jazz), par Hugo Berkeley (87 min.)

1917 marque la « naissance » du jazz annoncé notamment par les gospels, cake-walk et ragtime. jazz est si en vogue dès l’après Première Guerre mondiale aux Etats-Unis que l’expression « Jazz Age », forgée par l’écrivain Francis Scott Fitzgerald, désigne ces « années folles ». Des années au cours desquelles s’illustre Paul Whiteman et émerge à Harlem une culture afro-américaine, majoritairement musicale. Le jazz inspire des artistes, afro-américains ou non.


Les Européens découvrent ces rythmes syncopés grâce à la venue de l’orchestre militaire de James Reese Europe, de spectacles de Harlem, notamment la Revue nègre dont une artiste, Joséphine Baker, est sublimée par le dessinateur Paul Colin.

Histoire a  diffusé De Harlem à Montmartre, documentaire d'Olivier Simonet, les 9 et 12 juillet 2014 "L'irruption du jazz dans le Paris des années folles, à l'abri de la ségrégation en vigueur aux États-Unis. Une épopée jubilatoire. Le jazz serait-il né en France ? Ce film retrace une partie de sa genèse à Paris, au lendemain de la Grande Guerre, autour des musiciens noirs américains, soldats engagés dans le conflit et restés en Europe. Dans la trépidante vie culturelle de la ville-lumière, leur art s'épanouit librement, à l'abri de la ségrégation raciale qui sévit outre-Atlantique. Pendant les deux décennies suivantes, ils créent une communauté socio-musicale d'expatriés dans le quartier de la Butte Montmartre. Certains, comme Josephine Baker et Sidney Bechet, y ont accédé à la célébrité, d'autres ont été oubliés, mais tous ont contribué à cette fascinante épopée du jazz, entre l'Amérique et la France. Inspiré du livre éponyme de l'historien William A. Shack, le film retrace leur histoire grâce à des documents d'archives, dont certains inédits, provenant des deux côtés de l'Atlantique, et à des témoignages".

The Jazz Singer
En 1927, le premier film sonore, parlant, américain est The Jazz Singer (Le chanteur de jazz), film d'Alan Crosland sur une musique de Louis Silvers. Le héros, Jakie Rabinowitz, est un chanteur américain Juif qui s'éloigne de la tradition incarnée par son père, chantre dans les synagogues, pour entamer une carrière à succès à Broadway... Adapté de The Day of Atonement, nouvelle (1922) devenue une pièce de théâtre de Samson Raphaelson, ce film a reçu un "Oscar d’honneur lors de la première cérémonie des Oscars en 1929".

Grands orchestres


Durant les années Swing (1930-1939), les grands orchestres de Duke Ellington, Count Basie, Benny Goodman, le clarinettiste Artie Shaw – avec Billie Holiday - ou Glenn Miller excellent, et séduisent Hollywood.

Ray Ventura et ses Collégiens, Mireille, Charles Trénet et d’autres contribuent à introduire le jazz en France. 


Enseignant communiste américain, Abel Meeropol (1903-1986), ou Lewis Allan, écrit en 1939, après avoir vu l'image d'un Noir lynché dans le sud des Etats-Unis, le poème Strange Fruit, publié dans la revue marxiste The New Masses. Il compose la musique de ce poème. La chanson devient populaire dans le milieu de la gauche américaine, et est créée par Billie Holiday en 1939, au Café Society. "Southern trees bear a strange fruit, blood on the leaves, blood on the root … strange fruit hanging on the poplar trees..." Billie Holiday a aussi interprété My Yiddishe Mamme.

Louis Armstrong

Surnommé Satchmo (satchel-mouth, bouche-sacoche) ou Pops, le trompettiste et chanteur Louis Armstrong (1901-1971) chante les gospels, blues et invente le scat, jazz qui substitue des onomatopées aux paroles et dont l'une des éminentes chanteuses est Ella Fitzgerald.

Né à La Nouvelle Orléans, élevé sans père au foyer, Louis Armstrong travaille enfant auprès d'une famille Juive pauvre d'origine lituanienne qui le considère comme un membre de la famille, le nourrit, lui donne affection et lui enseigne "comment vivre : la vraie vie et la détermination".

Ella Fitzgerald
Le 16 avril 2017, Arte diffusa Pure Love - The voice of Ella Fitzgeralddocumentaire de Katja DureggerLa "grande dame du jazz aurait eu 100 ans le 25 avril. Dotée de l'oreille absolue, d'une intonation parfaite et d'une impressionnante tessiture s'étendant sur trois octaves, elle se frotta avec la même aisance au be-bop et au scat improvisé. Retour en forme d’hommage sur la vie et la voix de l’immense Ella Fitzgerald".

"Née le 25 avril 1917 en Virginie, Ella Fitzgerald a marqué le monde du jazz d'une empreinte indélébile. Dotée de l'oreille absolue, d'une intonation parfaite et d'une impressionnante tessiture s'étendant sur trois octaves, elle commence sa carrière à 17 ans et devient en quelques années l’une des chanteuses de swing les plus réputées d'Amérique. Se frottant avec la même aisance au be-bop et au scat improvisé, elle entrera dans la légende comme la "First lady of jazz". Elle semblait un instrument parmi les instruments de l'orchestre de Chick Webb où elle a débuté. En 1955, Marilyn Monroe a soutenu Ella Fitzgerald, en butte au racisme.

"En s’appuyant sur de foisonnantes archives filmiques et photographiques, qui l'ont immortalisée sur les scènes du monde entier, en répétition ou en interview, ce documentaire rend un vibrant hommage à la reine du jazz, et à l'héritage qu'elle a laissé à la musique actuelle. On y croise des musiciens et des chanteurs profondément marqués par son œuvre, mais aussi des chercheurs en psychologie de la musique et en neurologie, qui explorent, sous un angle inattendu, la magie sans pareille de sa voix".

Eddie Rosner

"Trompettiste, compositeur et chef d’orchestre allemand d’origine polonaise", Eddie Rosner (1910-1976) est "quasiment inconnu en France, cet enfant prodige du jazz surnommé « l’Armstrong Blanc » par Louis Armstrong. lui-même devint, au terme d’une épopée poignante, le « tsar » du jazz en U.R.S.S. " Récompensé par un Emmy Award, Le Jazzman du Goulag (Ideale Audience International et France 3, 1999) de Pierre-Henry Salfati évoque, grâce à des documents d’archives inédits, la vie extraordinaire d’Eddie Rosner, trompettiste, compositeur et chef d’orchestre allemand d’origine polonaise. Inconnu en France, cet enfant prodige du jazz surnommé « l’Armstrong Blanc » par le maître en personne devint, au terme d’une épopée hors du commun, le tsar du jazz en Union soviétique. Persécuté par les Nazis en tant qu’artiste dégénéré, placé au rang de musicien d’Etat par Staline avant d’être banni et déporté au goulag, Rosner a connu la gloire et le déshonneur, le génie et la pauvreté. Cet homme à part a tout possédé et tout perdu... sauf son amour du jazz". 


Le 13 janvier 2016, à 20 h, la Mediathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild de l'Alliance israélite universelle (AIU) a proposé, dans le cadre du Ciné-club animé par Samuel Blumenfeld, journaliste au Monde, la projection de Le Jazzman du goulag (1999), documentaire de Pierre-Henry Salfati récompensé par un Emmy Award. Cette projection a été suivie par une rencontre avec le réalisateur". Les 27 juillet, 1er, 6 et 10 août 201618 août à 10 h 10, 24 août à 9 h 45 et 30 août 2017 à 9 h 40Histoire diffusera Le Jazzman du Goulag de Pierre-Henry Salfati qui évoque, grâce à des documents d’archives inédits, la vie extraordinaire d’Eddie Rosner.

Jazz et arts
Durant la Seconde Guerre mondiale, le jazz participe à l’effort de guerre. A New York, le Boogie Woogie inspire Mondrian émigré. A Paris, les Zazous séduisent ou irritent. Matisse et Dubuffet peignent le jazz, et William H. Johnson s’intéresse à la danse Jitterbug.


Le graphiste Alex Steinweiss (1917-2011) dessine la première pochette de disque pour Columbia.

Charlie Parker, Dizzy Gillespie, bahaï depuis 1968 et qui s'est produit à deux reprises en Israël, Thelonious Monk, Miles Davis et d’autres lancent le Bebop (1945-1960).

Le jazz influence les peintres expressionnistes abstraits (Jackson Pollock).

Avec le microsillon, la pochette de disque (Record Cover) bénéficie de talentueux graphistes et photographes : Lee Friedlander, Herman Leonard.

Des artistes de jazz se produisent dans les salles de spectacle européennes ou collaborent  à des firmes discographiques en France. Formé auprès de Nadia Boulanger, Quincy Jones est recruté par le label Eddie Barclay.

Les cinéastes sont séduits par le jazz moderne, notamment Louis Malle qui choisit Miles Davis qui improvise la musique de son film Ascenseur pour l’échafaud (1957) avec Jeanne Moreau, en voyant les images de ce long métrage.

Si « le Bebop est noir et new-yorkais, le West Coast Jazz » s’épanouit à Hollywood.

Le Free Jazz d’Ornette Coleman (1960) signe l’avant-garde libertaire, parallèlement aux mouvements de revendication des Noirs.


Le jazzman américain Dave Brubeck est l'auteur notamment d'une Cantate juive (1969), oeuvre musicale commandée en 1968 par le rabbin Charles D. Mintz, directeur du Conseil de Pennsylvanie de l’Union des congrégations américaines hébraïques afin d'établir un pont entre Juifs et Noirs.

Quant au « jazz contemporain » (1980-2002), il s’articule autour de trois pôles : à New York un Bebop historicisé et une « tradition libertaire et avant-gardiste dans de petits clubs célébrant sa composante juive », ainsi que, dans le reste du monde, des « descendances ».


Addendum sur le Jazz israélien
La 27e édition du festival de jazz de la Mer Rouge à Eilat (Israël) a eu lieu du 18 au 21 août 2013.


Le 28 août 2013, le saxophoniste israélien Daniel Zamir, qui avait représenté Israël à Jazzahead! (25-28 avril 2013) à Brême (Allemagne), a donné un concert à l'université de Witwatersrand (Wits) en Afrique du Sud. Des membres d'un groupe BDS, dirigé par l'étudiant Muhammed Desai, ont manifesté devant la salle du spectacle contre cet artiste en apostrophant les spectateurs - "Vous avez le sang d'enfants palestiniens sur votre jersey", "Israël apartheid" -  chantant "Dubula e Juda” (“Tuez un Juif”), dérivé du chant "Dubula Ibhunu” (“Tuez les Boers”) datant de l'époque du régime de l'apartheid et déclaré en mars 2010 contraire à la constitution par la justice sud-africaine. Un jugement qui a indigné l'ANC (Congrès national africain).  Le 13 mars 2013, lors de la "Semaine de l'apartheid d'Israël" dans cette université,  le pianiste israélien Yossi Reshef a été contraint d'interrompre son concert en raison d'individus pro-BDS surgissant sur la scène, et soufflant dans leurs vuvuzelas, après avoir chanté "Dubula Ibhunu” devant le lieu du spectacle.

Gilad Hekselman Trio a donné des concerts au Duc de Lombards (12-14 décembre 2013) au Duc des Lombards, et, avec trois formations de jazz israélien : Shai Maestro Trio, Eli Degibri Quartet, et Omer Klein (solo) -, à "You & the Night & the Music", le 16 décembre 2013 à 20 h à l'Olympia, à Paris. Eli Degibri a donné des concerts à Paris (20-23 décembre 2013) au Duc des Lombards, à Paris.

Née en Israël dans une famille pieuse d'origine éthiopienne, Ester Rada associe les rythmes du jazz à la musique soul, reggae, funck et groove. Auréolée du succès de Life Happens, elle s'est produite au Jamel Comedy Club le 10 mars 2014, à 20 h, à l'Embarcadère d'Aubervilliers  dans le cadre du festival Banlieues bleues le 15 mars 2014 à 20 h.

Le contrebassiste Omer Avital s'est produit au Café de la danse le 28 avril 2014. Après avoir étudié en Israël et à New York, il suit un parcours atypique et varié : il a accompagné les plus grands - Wynton Marsalis, Brad Mehldau et Kenny Garrett - et présente des "compositions aux mille influences et nuances, avec la crème de la scène jazz israélienne et new yorkaise". Son album New Song est sorti le 6 mars 2014 chez Plus Loin Music/Abeille Musique.

Le Yaron Heman Quartet s'est produit dans le cadre du festival Tempo Jazz de Vincennes, le 18 mai 2014, à l’Auditorium Jean-Pierre Miquel à Cœur de ville, et Omer Avital Quartet les 21, 22 et 23 mai 2014 au Duc des Lombards.

"C’est aux côtés d’Herbie Hancock qu’Eli Degibri, à coup sûr l’un des grands saxophonistes de demain, se produit dès l’âge de 18 ans. On le retrouve plus tard aux côtés de Ron Carter, Al Foster, Brad Mehldau… Aujourd’hui, il est retourné vivre au pays, en Israël, et y travailler notamment avec Ofri Nehemya et Gadi Lehavi dont la jeunesse, confrontée à l’expérience et la maturité de Barak Mori, lui a permis de composer en « prenant de nouvelles directions » et de « réinventer un univers musical ». Saxophoniste, Eli Degibri se produira dans Jazz sur son 31 en quartet avec Gadi Lehavi, pianiste, Barak Mori, à la basse et Ofri Nehemya, à la batterie, le 25 octobre 2014 à 22 h au Club New York/Automne Club à Toulouse. Il y interprétera des airs de son dernier CD Twelve (Plus Loin Music). "« Quand je quittais Tel Aviv pour Boston il y a 17 ans, je nourrissais l’espoir de revenir tôt ou tard à la maison afin de partager Ma musique avec Mes amis. C’est désormais chose faite avec cet album intitulé Twelve, enregistré aux côtés de Gadi Lehavi au piano (16 ans), Ofri Nehemya (18 ans) à la batterie, ainsi que mon meilleur ami à la contrebasse, Barak Mori. L’insouciance de Gadi et Ofri m’a incité à réinventer un univers musical, à prendre de nouvelles directions et de nombreux risques aux côtés de Barak. La jeunesse de Gadi et Ofri, associée à la maturité et à l’expérience de Barak et moi-même, est rapidement devenue le catalyseur de ce groupe à travers mes compositions. Sans âge, la musique traverse le temps et, à ce titre, j’ai le sentiment d’être resté un enfant », a déclaré Eli Degibri.

"Né le 20 avril 1970 à Kibbutz Kabri, en Israël, Avishaï Cohen est un contrebassiste, chanteur et compositeur israélien. Après avoir commencé le piano à l’âge de 9 ans, c’est la musique et l’intensité du bassiste Jaco Pastorius qui changea la direction musicale de Cohen, ce dernier décidant finalement d’étudier la contrebasse avec Michael Klinghoffer pendant deux ans. Il part ensuite à New York, où il se met en contact avec de nombreux musiciens de jazz. Il s’inscrit au Mannes College The New School for Music et s’intègre à plusieurs groupes de musique . Il est finalement repéré par le pianiste Danilo Pérez et, peu après, par le pianiste Chick Corea, qui lui offre un contrat d’enregistrement. Cohen forme avec Corea le sextet Origin en 1996, y restant pendant 7 ans avant de le quitter en 2003 afin de créer son propre label, Razdaz Records, ainsi que son propre groupe, le Avishai Cohen Trio (composé de Cohen, Mark Guiliana à la batterie et Shai Maestro au piano). Le premier album du nouveau label de Cohen, Lyla, est un mélange de musique jazz, rock, pop, latin, et même funk".


"Inspirée de ses origines et de cultures variées, la musique de Cohen est une synthèse de musiques du Moyen-Orient, de l’Europe de l’ Est  et même d’idiomes musicaux afro-américains. Cohen a travaillé avec de nombreux musiciens de genres différents, tels que Bobby McFerrin, Herbie Hancock, Kurt Rosenwinkel, Alicia Keys et même avec les orchestres philarmoniques de Londres et d’Israël. Il a aussi produit plusieurs albums. L’album Duende (2012), est une collaboration avec le jeune pianiste Nitai Hershkovits, découvert par Cohen pendant un séjour à Tel Aviv. Un album favorisant un style « chamber classical jazz folk », l’album Duende s’éloigne du style contemporain de Cohen afin de retrouver une voix épurée et sereine" (Biographie de la documentation de Radio France, avril 2013). Le 14 avril 2015, Avishaï Cohen trio - Avishaï Cohen (contrebasse), Nitai Hershkovits (piano), Daniel Dror (batterie) - s'est produit au Plan (Ris-Orangis), et le cinéma Le Balzac diffusera Le Chanteur de jazz, dans le cadre de  Du Shtetl à Broadway.

Elu révélation par le magazine Downbeat en 2012, on a pu entendre le saxophoniste Avishai Cohen au sein du prestigieux « SF Jazz Collective » ou encore à la tête du sextet « the 3 Cohens ». Au Duc des Lombards, Avishai Cohen a présenté, dans le cadre du Trumpet Master, les 11 et 12 décembre 2014 "les compositions aux mille couleurs de son dernier album “Triveni - Dark Nights”… Un trio désormais incontournable" et composé de Avishai Cohen (trompette), Yoni Zelnik (basse) et Nasheet Waits (batterie).


Le 14 avril 2015, Avishaï Cohen trio - Avishai Cohen (Contrebasse, chant), Nitai Hershkovits (Piano), Daniel Dor (Batterie) - se produira au Plan (Ris-Orangis), avec en première partie Hybrid. "Contrebassiste adulé et compositeur hors pair, Avishai Cohen signe son grand retour à sa formation fétiche: le trio acoustique. Avec From Darkness, Avishai Cohen revient donc au cœur même de ce qui articule son langage et sa pratique de musicien. Mais comme toujours avec lui, ce qui semble relever d’un retour aux fondamentaux porte surtout la promesse d’un départ: si le compositeur et contrebassiste israélien ressaisit le bagage de l’expérience, c’est pour mieux prendre le large et partir à la conquête de terres vierges".

Les 26, 27 et 28 novembre 2015Gilad Hekselman s'est produit au Duc des Lombards. "En quelques années, le guitariste Gilad Hekselman s’est imposé comme un incontournable du jazz made in New York d’aujourd’hui. En Trio il présente le répertoire de son nouvel album « Homes » paru chez Jazz Village. The guitarist Gilad Hekselman is a major figure of the made in New york Jazz. He presents his new album in Trio "Homes". 

Les 24 et 25 mai 2016 à 19 h 30 et 21 h 30, le Shai Maestro TrioZiv Ravitz (Batterie), Jorge Roeder (Contrebasse), Shai Maestro (Piano) - s'est produit au Duc des Lombards. " Soudé par 3 années de tournées intenses dans le monde entier, Shai Maestro Trio montre une complicité rare sur scène, nourrie par des mélodies profondes et des rythmiques d’une richesse incroyable qui ont permis au Maestro d’imposer son style! Un trio envoûtant sur disque, magique sur scène". 

"Natif d’un village près de Tel-Aviv, Shai Maestro fait ses armes pendant cinq ans auprès du contrebassiste Avishai Cohen avant d’entamer une carrière de leader. A la tête de son trio composé du contrebassiste péruvien Jorge Roeder et du batteur Ziv Ravitz, surdoué de la polyrythmie, le pianiste a déjà confirmé par deux premiers albums ses talents d’interprète et de compositeur. Si l’on y retrouve le lyrisme et les envolées mélodiques de l’œuvre de son maître époque Gently Disturbed, Shai Maestro s’en distingue notamment par son dynamisme. Avec le répertoire de son dernier album « Untold Stories », il confirme sa virtuosité sans pour autant en faire étalage. Envoutant en album, magique en live, ne manquez pas ce concert exceptionnel ! After a five-year stint recording and touring with bass player Avishai Cohen, pianist Shai Maestro created his acclaimed trio with Peruvian bassist Jorge Roeder and Israeli drummer Ziv Ravitz. After two very well received albums, the trio comes back with "Untold Stories", released in June, that truly displays their poetry and brotherhood in music".

Jazz, "arme secrète"
 Arte diffusera le 20 mai 2018 à 22 h 50 "Le jazz : une arme secrète" (Geheimwaffe Jazz), par Hugo Berkeley (87 min.). "Retour sur un pan méconnu de la guerre froide, quand les États-Unis menaient bataille au moyen des grands noms du jazz". 

"En 1956, les États-Unis mettent au point une nouvelle arme inattendue contre l’Union soviétique : le jazz. Pour triompher dans la compétition tous azimuts instaurée par Eisenhower, il s’agit de conquérir les esprits par la musique". 

"En envoyant Louis Armstrong, Duke Ellington, Dizzy Gillespie ou Dave Brubeck – les "Jazz ambassadors" – se produire à l’étranger avec leurs groupes, où se mêlent musiciens blancs et noirs, le gouvernement américain entend redorer le blason du pays, face aux critiques soviétiques visant notamment la ségrégation raciale. Pourquoi des artistes noirs, toujours victimes de discrimination dans leur pays, acceptent-ils de véhiculer l’image mensongère d’une Amérique pionnière de la liberté, de l’égalité et de la tolérance ? Alors que le Mouvement des droits civiques prend de l’ampleur, les musiciens, tenus de prendre position, vont retourner cette mission en leur faveur, afin de donner une résonance à la lutte contre la ségrégation".


 "Le jazz : une arme secrète", par Hugo Berkeley  
Etats-Unis, 2017, 87 min
Visuels
Louis Armstrong (Mi.) 1956 auf der Bühne in Accra, damals Goldküste, vor geschätzten 100.000 Menschen
© Louis Armstrong House Museum
Dizzy Gillespie (re.) versucht sich an einem traditionellen Rabab Instrument in Pakistan.
© Malcolm Poindexter III

Daniel Soutif, Le Siècle du jazz : Art, cinéma, musique et photographie de Picasso à Basquiat. Flammarion, 2009. 446 apges. ISBN-13: 978-2081224247

Visuels
 L'ouïe absolue, intonation parfaite, étendue de voix de trois octaves - la voix d'Ella Fitzgerald est inégalée jusqu'à aujourd'hui
© SWR/William P. Gottlieb

Cet article a été publié par L'Arche en une version plus concise. Il a été publié sur ce blog le :
- 3 juin 2012 à l’approche du Festival 100% Tel Aviv Jazz à Paris (5-7 juin 2012) ;
- 9 décembre 2012 à la mémoire du jazzman américain Dave Brubeck décédé le 5 décembre 2012 ;
- 13 janvier 2013 à l'approche du cycle That's Jazz ! sur la chaîne Histoire, les 14 et 15 janvier 2013 ;
- 30 avril 2013 pour la 2e Journée internationale du jazz ;
- 21 mai 2013 à l'approche de Eddie Rosner, jazzman au Goulag, documentaire de Pierre-Henry Salfati, le 23 mai 2013, à 20 h 30, au Centre d'art et de Culture ;
- 7 juillet 2013 pour l'anniversaire du décès de Louis Armstrong, le 6 juillet 2013 ;
- 19 août 2013 pendant la 27e édition du festival de jazz de la Mer Rouge à Eilat (18-21 août 2013) ;
- 4 septembre et 11 décembre 2013, 10 mars et 28 avril 2014 avant la journée internationale de jazz ayant lieu le 30 avril 2014 ;
- 18 mai, 9 juillet, 24 octobre et 11 décembre 2014 ;
- 12 avril 2015. Le 12 avril 2015, à 22 h 40, Arte diffusa Billie Holiday. Un supplément d'âme, documentaire de Katja Duregger ;
- 24 novembre 2015, 12 janvier, 24 mai et 27 juillet 2016 - diffusion par Histoire du documentaire sur Eddie Rosner les 27 juillet, 1er, 6 et 10 août 2016 ;
- 7 décembre 2016, 16 avril et 19 août 2017. Le 6 décembre 2016, Histoire diffusa Le Jazzman du Goulag (1999) de Pierre-Henry Salfati qui évoque, grâce à des documents d’archives inédits, la vie extraordinaire d’Eddie Rosner.