Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 15 octobre 2021

Cat Stevens

Né en 1948 à Londres (Grande-Bretagne), Cat Stevens est un auteur-compositeur-interprète - pop, folk (Sad Lisa, Wild World, Lady D'Arbanville, Peace Train) - britannique qui s'est converti à l'islam en 1977 en s'appelant Yusuf Islam. Après un période de pause dans sa carrière artistique, il renoue avec la musique dans les années 1990 et débute en 2010 une tournée mondiale. Arte diffusera le 22 octobre 2021 « Cat Stevens - De Steven Georgiou à Yusuf Islam » (Cat Stevens. Von Steven Georgiou bis Yusuf Islam) de France Swimberge. 


Cat Stevens naît en 1948 à Londres. Son père est un Grec chypriote et sa mère suédoise. De sa scolarité dans une école catholique, il en conserve un mysticisme.

Enfant, il apprend le piano et la guitare.

Dès 1966, ses chansons ont du succès. Son premier album Matthew and Son sort en 1967. Après une pause d'un an due à la tuberculose, Cat Stevens renoue avec le succès : Sad Lisa, Wild World ou Lady D'Arbanville, écrites en hommage à sa compagne, l'actrice Patti D'Arbanville. 

En 1971, il signe la bande originale d'Harold et Maude, film de Hal Ashby. Parmi les chansons : Don't Be Shy, Trouble, If You Want to Sing Out.

De 1966 à 1978, Cat Stevens vend près de 60 millions d'albums.

Après avoir échappé à la noyage, Cat Stevens poursuit une quête spirituelle, et lit le Coran acheté à Jérusalem (Israël) par son frère, David Gordon, converti au judaïsme et co-fondateur avec Yael Drouyannoff de Peace Child Israel, qui enseigne la coexistence en recourant à divers arts, dont le théâtre.

En 1978, après s'être converti à l’islam et pris le nom de Yusuf Islam, il met un terme à sa carrière de chanteur.

L'année suivante, il se marie avec Fauzia Mubarak Ali à la mosquée de Regent's Park de Londres. Il vit au Royaume-Uni avec son épouse, leurs filles et leur fils. Il se consacre à des activités philanthropiques destinées aux musulmans et chante des chansons religieuses (anasheed). 

En 1995, paraît le premier album de Yusuf Islam : The Life of the Last Prophet, et en 2000 un album pour enfants, A Is for Allah.

En 2001, il renoue avec la musique et enregistre en 2006 un album afin de contribuer à la compréhension entre les musulmans et l’Occident.

De 2004 à 2006, à la suite d'une erreur patronymique, il est interdit d'entrée aux Etats-Unis.

Israël lui a interdit l'entrée dans son territoire en raison de son soutien à des associations liées au mouvement terroriste islamiste Hamas.

Lors des révolutions dans les pays arabes, Yusuf Islam compose une chanson en hommage aux opposants aux régimes autoritaires : My People (Mon peuple). 

« Cat Stevens - De Steven Georgiou à Yusuf Islam »
Arte diffusera le 22 octobre 2021 « Cat Stevens - De Steven Georgiou à Yusuf Islam » (Cat Stevens. Von Steven Georgiou bis Yusuf Islam), documentaire français de France Swimberge (2020). 

« L'iconoclaste chanteur Cat Stevens a érigé l'introspection et la quête spirituelle au rang d'art. Retour sur la carrière de celui qui se définit désormais comme un "miroir tendu aux musulmans et non-musulmans".

« Pas loin des sept vies d'un chat, et autant de noms. Steven Demetre Georgiou, Cat Stevens, Yusuf Islam, Yusuf et finalement Yusuf/Cat Stevens… » 

« Après le succès de "I Love My Dog", celui qui avait écrit et vendu pour 30 dollars, à 17 ans, "The First Cut Is the Deepest" devient l'extravagant symbole du Swinging London, auquel il apporte la profondeur de ses textes, plus noirs que la norme de l'époque ». 

« La scène musicale rock d'alors l'accueille à bras ouverts, séduite par son érudition et sa sensibilité ». 

« Sur la route avec Jimi Hendrix dès ses 18 ans, Cat Stevens se brûle les ailes au succès délirant de ses titres ». 

« Hospitalisé pour la tuberculose, il entrevoit lors de sa rémission le début d'un chemin métaphysique qui le fera passer successivement du bouddhisme à l'hindouisme en passant par le tao, le zen, l'astrologie, la numérologie… » 

« Le chanteur les essaie tous, avant, en novembre 1979, de disparaître des radars, pour annoncer plus tard qu'il a perdu le goût de la guitare au profit de l'étude du Coran ». 

« Sa lecture rigoriste du livre saint lui interdit d'abord de toucher à un instrument de musique : il mène une vie de père de famille et devient bientôt une figure musulmane influente d'Angleterre en créant la première école primaire islamique publique du pays ». 

« Entraîné dans la controverse qui accompagne la sortie des Versets sataniques de Salman Rushdie suite à son soutien à la fatwa lancée par l'ayatollah Khomeiny, Yusuf Islam devient bientôt infréquentable pour toute la presse occidentale. »

« La star reviendra sur scène une première fois pour rendre hommage à Nelson Mandela, puis plus récemment, sous le nom combiné de Yusuf/Cat Stevens ».

« Ses identités réconciliées, l'artiste déclare désormais en entretien se voir comme un "miroir tendu aux musulmans et non-musulmans" : sa musique parle à tous ». 

« France Swimberge peint le portrait d'un homme aux facettes multiples, mêlé d'images d'archives bouleversantes du jeune chanteur de l'album Tea for the Tillerman ». 

« Pratiquant ou non, on respecte l'icône. »

Curieusement, Arte ne communique aucune photographie de Yusuf Islam.





France, 2020, 52 mn
Coproduction : ARTE France, Terminal 9 Studios, Universal Music France
Sur Arte les 22 octobre 2021 à 22 h 30, 30 octobre 2021 à 6 h 50 et 10 novembre 2021 à 5 h
Sur arte.tv du 15/10/2021 au 20/12/2021
Visuels :
Le chanteur, auteur-compositeur et musicien britannique Cat Stevens, connu ensuite sous le nom de Yusuf Islam en 1971
© George Wilkes / Getty Images

Cat Stevens, chanteur musicien et auteur compositeur britannique en 1971
© LECOEUVRE PHOTOTHEQUE

Portrait de Cat Stevens en 1972
© Michael Putland / Getty Images

Portrait de Cat Stevens en 1974
© Michael Putland / Getty Images

Cat Stevens à l' émission " Top of the pops"
© Ron Howard/ Redferns/ Getty Images

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Les citations viennent d'Arte.  

« 17 octobre 1961, un massacre colonial » de Juliette Garcias

Durant la Guerre d'Algérie (1er novembre 1954-5 juillet 1962), pour protester contre le couvre-feu imposé aux nord-Africains, la fédération de France du FLN (Front de libération nationale) organise une manifestation, non déclarée à la préfecture de police, d'enfants et d'adultes algériens le 17 octobre 1961 à Paris. La police assure le maintien de l'ordre. Le nombre de morts s'élèverait à des dizaines de personnes. Arte diffusa le 18 octobre 2020, dans le cadre de « Quand l'histoire fait dates », (Zahlen schreiben Geschichte), « 17 octobre 1961, un massacre colonial » (17. Oktober 1961, Massaker von Paris), documentaire partial de Juliette Garcias.


Nommé au Collège de France en 2015, Patrick Boucheron dirige l’« Histoire mondiale de France » (Seuil, 2017) présentant "les nouvelles grandes dates mondiales qui ont façonné l’hexagone", "mettant en valeur les colonisés et l’islam" et assumant une "islamophilie systématique". Un anti-« Lieux de mémoire » du professeur Pierre Nora.

Un best-seller analysé dans « Histoire de l'islamisation française 1979-2019 » (Ed. L’Artilleur), controversé, critiqué notamment par Pierre Nora (« Politiquement, l’objectif est de lutter, « par une conception pluraliste de l’histoire, contre l’étrécissement identitaire qui domine aujourd’hui le débat public »).

Et fustigé par Eric Zemmour : « En près de 800 pages et 146 dates, on ne déviera pas de la ligne du parti: tout ce qui vient de l’étranger est bon. Les invasions barbares sont des « migrations germanique s» ; la défaite des Gaulois leur permit d’entrer dans la mondialisation romaine ; les conquérants arabes étaient bien plus brillants que les minables défenseurs carolingiens ; les martyrs chrétiens de Lyon venaient d’ailleurs et saint Martin était hongrois. Les théologiens chrétiens doivent tout au grand talmudiste Rachi ; « l’honteux traité de Troyes » de 1420 (qui donnait le royaume de France à la monarchie anglaise) est une heureuse tentative de construire la paix perpétuelle par l’union des couronnes ».


Quant à Alain Finkielkraut, il a estimé : 
« Je découvre, effaré, que ni Rabelais, ni Ronsard, ni La Fontaine, ni Racine, ni Molière, ni Baudelaire, ni Verlaine, ni Proust n’y figurent. Et si Mauriac est cité, ce n’est pas pour son œuvre, c’est pour sa critique honteusement réactionnaire du féminisme. Ainsi s’éclaire le sens de « monde » pour les nouveaux historiens. Mondialiser l’histoire de France, c’est dissoudre ce qu’elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage. Et c’est répondre au défi islamiste par l’affirmation de notre dette envers l’Islam. De manière générale, l’Histoire mondiale de la France remplace l’identité par l’endettement. Ici doit tout à ailleurs. De la France, patrie littéraire, ce qui surnage, c’est la traduction des Mille et Une Nuits par Antoine Galland et l’audace qui a été la sienne d’ajouter au corpus original des histoires que lui avait racontées un voyageur arabe venu d’Alep.
Instructif aussi est le récit de l’invasion musulmane de 719 à Narbonne, où les cultures se sont mêlées avant que les Francs, hélas, n’arriment par la force cette ville à leur royaume. Ceux qui, en revanche, croient pouvoir mettre au crédit de la France naissante la première traduction latine du Coran par l’abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1143, sont avertis que cette démarche n’était pas inspirée par la curiosité mais par une volonté de dénigrement. Et peu importe le fait que l’Islam de son côté ne pouvait pas même envisager de traduire les Écritures saintes des religions antérieures à son avènement.
Nos éminents universitaires n’ont que l’Autre à la bouche et sous la plume. Ouverture est leur maître mot. Mais ils frappent d’inexistence Cioran, Ionesco, Kundera, Levinas, tous ces étrangers qui ont enrichi notre philosophie et honoré notre littérature. Car c’est à ce «notre» qu’ils veulent faire rendre l’âme...
Le dégoût de l’identité a fait place nette de la culture. Les façonniers de l’Histoire mondiale de la France sont les fossoyeurs du grand héritage français.
« Une histoire libre », dit le journal Libération pour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct qui ne consacre pas moins de quatorze articles aux intellectuels sans jamais mentionner Raymond Aron, ni Castoriadis, ni Claude Lefort, ni aucun de ceux qui ont médité la catastrophe totalitaire et la bêtise de l’intelligence au XXe siècle…
« Histoire jubilatoire », ajoute Libération. Ce mot – le plus insupportablement bête de la doxa contemporaine – convient particulièrement mal pour une histoire acharnée à priver la France de son rayonnement et à l’amputer de ses merveilles.
Il n’y a pas de civilisation française, la France n’est rien de spécifiquement français: c’est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs de ce qui voudrait être le Lavisse du XXIe siècle entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble.
Quelle misère! »
« Dans cette deuxième saison de la série" « Quand l'histoire fait date », "aussi érudite et ludique que la précédente, le médiéviste Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, poursuit son exploration alerte des dates marquantes de l’histoire, des trésors artistiques ornant la grotte de Lascaux, en 18 000 avant notre ère, au coup d’État militaire contre le président chilien Salvador Allende, le 11 septembre 1973 ». 

« Mobilisant son talent de conteur, associé à une animation qui s’appuie sur une riche iconographie, et convoquant éclairages de spécialistes et approche réflexive, l’historien bouscule notre regard sur vingt événements majeurs et les traces qu’ils ont laissées dans les mémoires, en les replaçant dans une perspective globale et en assumant les incertitudes de la science historique ». 

« Entrelaçant plaisir du récit, techniques d’animation et esprit critique, Patrick Boucheron dévoile vingt nouvelles enquêtes sur les grandes dates qui ont marqué l’histoire et la mémoire des hommes ». 

« 17 octobre 1961, un massacre colonial »

Arte diffusa le 18 octobre 2020, dans le cadre de « Quand l'histoire fait dates », (Zahlen schreiben Geschichte), « 17 octobre 1961, un massacre colonial » (17. Oktober 1961, Massaker von Paris), documentaire partial de Juliette Garcias.

Durant la Guerre d'Algérie, débutent en 1961 des négociations entre le gouvernement français dirigé par le Premier ministre Michel Debré et le Gouvernement provisoire algérien (GPRA). Les attentats terroristes du FLN visant des policiers français, prennent fin en juillet, lors des pourparlers de Lugrin. Dès le 29 août, ils se produisent de nouveau. Les policiers français sont traumatisés par ces attentats qui les touchent le matin quand ils se rendent à leur travail ou le soir sur le chemin du retour à leur domicile. Certains imputent à des policiers l'assassinat d'Algériens. Le territoire métropolitain devenait un champs de guerre.

Le 5 octobre, Maurice Papon instaure un couvre-feu pour les Nord-Africains. Et ce, afin d'entraver l'action terroriste du FLN.

Pour protester contre ce couvre-feu, la fédération de France du FLN (Front de libération nationale) organise une manifestation non déclarée à la préfecture de police, d'enfants et d'adultes algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Le préfet de police de Paris est alors Maurice Papon.

« Le 17 octobre 1961, plus de 20 000 Algériens de France descendent dans la rue pour s’opposer à la guerre d’Algérie ».

La police assure le maintien de l'ordre et réunit des manifestants dans des espaces sportifs : Palais des sports, stade Pierre-de-Coubertin. "Ce rassemblement pacifique est réprimé dans le sang par la police ».  

Le FLN contraint 1 400 commerçants nord-africains à une grève générale et organise une deuxième manifestation. Face au refus de commerçants d'ouvrir leurs commerces, la police procède à des interpellations. Les autres commerçants finissent par reprendre leur activité professionnelle.

« En Europe, aucune manifestation n’avait été traitée aussi violemment par un État depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». 

« Aujourd'hui encore, la France peine à reconnaître ce massacre et le nombre exact de victimes reste inconnu ».

Le nombre de décès s'élèverait à des dizaines de personnes. Historien et journaliste communiste, Jean-Luc Einaudi allègue le nombre de 393 morts. Quant au professeur d'histoire normalien spécialiste du communisme français, Jean-Paul Brunet, il avance le nombre de 30 à 50 morts pour le 17 octobre et les jours suivants. Concernant la nuit du 17 octobre, l'historien Benjamin Stora cite trois nombres : 38 morts selon un rapport commandé par Jean-Pierre Chevènement, 48 selon celui demandé par Élisabeth Guigou et 98 selon les recherches menées par Linda Amiri et lui ; soit, en élargissant aux semaines précédentes et suivantes, environ 300 morts en trois mois. Un nombre à comparer au millier d'Algériens tués lors des combats entre le FLN et le MNA (Mouvement national algérien).

A l'évidence, ce documentaire de Juliette Garcias s'aligne sur la thèse de Jean-Luc Einaudi. Au vu du nombre de morts et des circonstances - guerre ou djihad, opération de maintien de l'ordre public, manifestation illégale, etc. -, le terme "massacre" ne semble pas adéquat.

En outre, il masque les méthodes de coercition exercées par le FLN sur la population algérienne en France : racket, menaces, instrumentalisation des civils, notamment des civils, etc.

Il ternit l'image de la France culpabilisée pour un prétendu "massacre". Ce qui risque d'alimenter le ressentiment de générations d'Algériens.

Jean-Luc Einaudi a consacré plusieurs livres à cette manifestation. "Le 17 octobre 1961, le FLN appelle les Algériens de la région parisienne à manifester pacifiquement à Paris pour protester contre le couvre-feu qui leur est imposé. Interdite par la police, la manifestation est très violemment réprimée. Le 17 octobre et les semaines qui suivirent, plus de 150 personnes sont mortes ou disparues. Le préfet de police Maurice Papon, responsable de cette répression, en niera toujours l’ampleur. Dans cet ouvrage, Jean-Luc Einaudi livre les conclusions de son enquête sur ces massacres, après avoir pu consulter les archives des hôpitaux de Paris, du Parquet, de la gendarmerie, de la préfecture de police, qui confirment et précisent les données recueillies dans ses précédents ouvrages. Dans une longue introduction et une postface inédites, il revient sur les débats et polémiques suscités par son livre, et confirme ses conclusions en répondant à ses contradicteurs.

En 1999, Flammarion a publié "Police contre FLN. Le drame d'octobre 1961" de Jean-Paul Brunet. "Paris, mardi 17 octobre 1961 au soir. Une manifestation de masse déclenchée par le FLN est réprimée par la police parisienne avec la dernière violence. On est en pleine guerre d'Algérie. Des milliers d'Algériens vont être arrêtés et parqués plusieurs jours durant. Un certain nombre trouveront la mort sous les coups des policiers. Combien ? Plusieurs dizaines comme le FLN l'avance quelques jours plus tard ? Deux cents ? Davantage encore ? La Préfecture de Police n'admet que 2 morts et nie toute exaction. Maurice Papon est alors Préfet de Police. La fin de la Guerre d'Algérie et l'amnistie feront sombrer dans l'oubli ce triste épisode. C'est, une vaste enquête à laquelle s'est livré Jean-Paul Brunet pour resituer la vérité historique. À l'aide d'archives jusqu'ici interdites, notamment celles de la Préfecture de Police, il a pu reconstituer la manifestation du 17 octobre, le climat de haine et de terreur qui régnait alors, les pressions du FLN sur les ressortissants algériens et le comportement d'une police à laquelle son patron avait laissé toute liberté. Si le nombre de morts est moins spectaculaire que ce que certains ont pu dire, l'ouvrage apporte une vaste moisson d'informations dont certaines, étonnantes, contribuent à saisir les ingrédients du drame d'octobre. Au-delà, il explique la « mauvaise conscience » algérienne de la France."

Durant le procès de Maurice Papon accusé d'être responsable de la déportation, de juillet 1942 à mai 1944, d'environ 1 600 Juifs de Bordeaux vers le camp de Drancy, près de Paris, Jean-Luc Einaudi a été témoin à charge contre le prévenu.

En 2012, lors du 51e anniversaire de la manifestation, le Président de la République française, alors le socialiste François Hollande, « reconnaît avec lucidité », au nom de la République, la « sanglante répression » durant laquelle ont été tués « des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ».

Le 14 octobre 2021, Richard Prasquier, Président d'honneur du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a déclaré dans sa tribune sur Radio J :
"Il s’agit d’un événement survenu il y a soixante ans. Le  17 octobre 1961 à Paris  avait lieu une manifestation d’une trentaine de mille  musulmans algériens. Elle protestait contre la décision du Préfet de Police de Paris, un certain Maurice Papon, d’imposer un couvre-feu à la population algérienne de Paris et à elle seule. 
La police parisienne a réagi de façon violente. 
Je me souviens, ou plutôt, je ne me souviens pas de cette soirée. Rien à la radio ou à la télévision et très peu dans les journaux, dans une France  sous l’article 16 de la Constitution. Des photos et des témoignages clandestins n’ont touché que les plus militants, mais des rumeurs ont vite circulé: on aurait vu des cadavres flotter sur la Seine. 
La protestation s’arrêta là et ne fut pas reprise par le FLN, qui négociait alors avec le gouvernement français. Rien à voir  avec l’émotion provoquée quatre mois plus tard par les attentats de l’OAS à Paris qui vont entre autres défigurer une enfant de quatre ans, et entrainer une manifestation populaire où la charge de la police provoquera 9 morts au métro Charonne.
Si pendant vingt ans au moins, la répression du 17 octobre 1961 a été oubliée, il n’en est plus de même aujourd’hui. Les paroles du Président Macron seront scrutées avec attention, dans une période de tensions extrêmes entre la France et l’Algérie et d’une pré-campagne présidentielle où les reconstructions mémorielles occupent une place inattendue.
Les historiens évaluent aujourd’hui entre 30 et 100, et non pas plusieurs centaines, le nombre des morts, dont aucun n’était armé. Le crime est donc majeur et a été couvert par les plus hautes autorités, à commencer par le Général de Gaulle pour qui ce n’était qu’une péripétie. Loin de lui nuire, ce crime a propulsé Maurice Papon à une grande carrière ministérielle jusqu’à ce qu’il soit  mis en cause pour son rôle dans la déportation de 1600 Juifs bordelais. 
Avant  la manifestation, il avait assuré à ses hommes qu’il les couvrirait. Son successeur, Maurice Grimaud, dira à ses policiers en mai 68: « Si vous frappez un manifestant à terre, c’est la police tout entière que vous frappez vous-même». Et il n’y a presque pas eu de morts au cours des journées de mai 68.
Les historiens ont confirmé le racisme de certains policiers, mais aussi  leur exaspération après les attentats perpétrés contre eux par les militants FLN les semaines précédentes, quand se déroulait une guerre de l’ombre pour le contrôle de la population algérienne de Paris, et que le  FLN  liquidait sans pitié ses adversaires en attribuant leur disparition à la police. 
Plus tard, si le souvenir de la répression  n’a pas été mis en avant en Algérie, c’est que les chefs du FLN parisien de l’époque étaient hostiles à l’Armée des Frontières de Boumediene, cette armée qui depuis Ben Bella jusqu’aux dirigeants d’aujourd’hui a monopolisé le pouvoir dans l’Algérie indépendante, a éliminé ses adversaires et écrit l’histoire qui lui convenait.
Une histoire complexe qui n’occulte pas les fautes et les crimes, mais qui rejette la description en blanc et noir, ce n’est pas ce que le gouvernement algérien recherche. Il veut que la France mette la corde au cou, alors qu’il n’admet lui-même aucune culpabilité, ni pour les massacres de Constantine de 1955, de Melouza en 57 ou d’Oran en juillet 62, ni pour le sort atroce des harkis, pour ne citer que ces crimes-là…..Ni, bien sûr, pour cette simple injonction, la valise ou le cercueil, qui décida du destin des Algériens non-musulmans.
Mais il est vrai que c’est la répression sanglante dont la France s’est rendue coupable le 8 juillet 1945 à Sétif et à Guelma qui a été le détonateur de la révolte armée.
Les historiens français ont confirmé  que la torture  était banale et se faisait sur instructions de la hiérarchie et beaucoup d’entre eux remettent en cause sa soi-disant efficacité préventive car un homme torturé dénonce souvent des innocents. La guerre d’Algérie a été une page très sombre de l’histoire de la France, mais elle ne fait pas des divers gouvernements français les équivalents d’un régime pétainiste qui a aidé à envoyer, en connaissance de cause, des dizaines de milliers de femmes, enfants et vieillards à la mort sous le seul prétexte qu’ils étaient mal nés.
Aujourd’hui dans notre pays, la guerre d’Algérie n’est pas un sujet tabou, et les déclarations du Président Macron sur la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin et dans le honteux abandon des harkis tranchent avec les frilosités antérieures.  Elles tranchent aussi avec le négationnisme qui dans le monde couvre tant de génocides ou d’épurations ethniques, à commencer par le génocide des Arméniens, et l’autre révisionnisme qui s’acharne à qualifier de nazi un ennemi politique et dont le sionisme est la cible privilégiée.
La  vérité est rarement simple et sa recherche est un risque, car Il est plus confortable de se dire outragé, de refuser toute remise en cause et de se prétendre par définition dans le camp du bien. Cette recherche est le seul moyen d’ouvrir  un espace de dialogue qui brise le « eux contre nous ».
Néanmoins, la recherche des nuances ne doit  pas  rendre sourd aux colères de ceux qui voient leur environnement se décomposer. Comme ces pieds-noirs d’Algérie qui, quand leur monde basculait, s’en étaient remis à une organisation terroriste sans perspective, des hommes et des femmes  aujourd’hui risquent, à cause des  carences successives des politiques, de s’en remettre à des tribuns manipulateurs de désespoir. 
Il faut répondre à leur angoisse qui est aussi notre angoisse, il faut y répondre sans arrogance et sans complaisance…"

« Le temps retrouvé »
(Arte mag n° 36. Le programme du 29 août au 4 septembre 2020)

« Pour sa deuxième saison, Quand l’histoire fait dates offre une exploration audacieuse de grands événements et de leurs représentations. Entretien avec son concepteur, l’historien Patrick Boucheron. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger ».

« Quels critères ont guidé votre approche pour ces vingt nouveaux épisodes ?
Patrick Boucheron : Nous avons radicalisé notre proposition initiale ! Depuis sa conception, la série interroge les diverses manières de faire événement.
Elle propose une collection de problèmes davantage que de périodes. Nous avons, cette fois-ci, voulu aller plus loin en retenant des dates dont on cherche l’événement, comme l’an mil. Nous avons joué sur le contre-factuel* dans l’épisode sur la mise à sac du palais d’été de Pékin en 1860. 
Nous avons même poussé l’audace jusqu’à dater un événement qui n’a pas eu lieu. Au IVe siècle, l’empereur Constantin est censé avoir donné la moitié de son empire au pape. Le texte de la donation est un faux. Le non-événement a pris une importance que l’événement réel n’aurait pas eue.

La représentation de l’histoire compterait donc plus que l’histoire elle-même ?
Une date a l’apparence de l’évidence, comme Marignan en 1515.
Or derrière chaque date il y a une petite intrigue aussi captivante à explorer que le récit en soi. C’est pourquoi la série inclut deux fils narratifs : le récit que l’on raconte et nous-mêmes en train de le raconter. Cette approche se lit en particulier dans l’épisode sur la révolution religieuse d’Akhenaton, en Égypte ancienne. À la fin de sa vie, Freud, miné par la maladie et l’exil, a voulu en percer le mystère pour expliquer la montée du nazisme et de l’antisémitisme à son époque. La solution aux énigmes du présent se trouve parfois dans le passé.
L’histoire de l’esclavage et de la colonisation resurgit depuis l’affaire George Floyd.

Un épisode aurait-il pu faire écho à ce présent si enraciné dans le passé ?
La question de la justice et de l’égalité, aiguisée par la crise sanitaire, est abordée avec la Déclaration d’indépendance des États-Unis, en 1776. Ce moment marque la première affirmation des droits universels de l’humain dans un pays dont on sait qu’il détruit les nations indiennes et qu’il deviendra esclavagiste. La “question noire”, déjà traitée dans la première saison avec la libération de Mandela, revient maintenant avec le pèlerinage du roi malien Mansa Moussa en 1324.
Nous aurions certes pu aborder plus frontalement la question de la décolonisation. Elle apparaît malgré tout dans l’épisode sur le massacre des Algériens, à Paris le 17 octobre 1961. L’événement pose clairement la question du racisme, de la violence policière et du legs colonial en France.

* Type de raisonnement qui consiste à imaginer l’issue nouvelle d’un événement historique, après avoir modifié l’une de ses causes. »


« 17 octobre 1961, un massacre colonial » de Juliette Garcias
France, 2020, 27 min
Sur Arte les 18 octobre 2020 à 16 h 40 et 12 novembre 2020 à 3 h 40
Disponible du 11/10/2020 au 16/12/2020
Visuels : © Les Films d' Ici

Les citations sur le film proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 15 octobre 2020.

jeudi 14 octobre 2021

Amos Oz (1939-2018)

Arte diffusera le 20 octobre 2021 « Amos Oz - La quatrième fenêtre » (Amos Oz: Das vierte FensterEin Porträt), documentaire de Yair Qedar. « Au fil de conversations inédites d’Amos Oz avec sa biographe, de témoignages de ses proches et d’extraits de ses livres, un portrait intime bouleversant du grand écrivain israélien disparu en 2018, qui n’occulte pas ses parts d’ombre. »


« Un an avant sa mort, Amos Oz (1939-2018), se sachant condamné par un cancer, demandait à son amie et biographe Nurith Gertz de ne surtout pas écrire son panégyrique, se déclarant "enfant gâté", "avide d’honneurs", en bref "une mascarade ambulante". Sans réelle coquetterie ». 

« Si le film dément ce noir autoportrait, esquissé d’une voix déjà lasse au téléphone par l’écrivain, il n’édulcore pas les ambivalences de son immense sujet ». 

« Dévoilant l’homme et ses abyssales fragilités, Yair Qedar retrace avec finesse le destin romanesque d’un des plus grands maîtres du genre ». 

« Celui, d’abord, d’un enfant unique et aimé se surpassant pour ne pas décevoir ses parents, jusqu’au trou noir, à 12 ans : le suicide de sa mère, fin et début de tout ».
 
« Car de sa rage adolescente à son imaginaire refuge, tout peuplé de mots, de sa jeunesse au kibboutz à sa gloire littéraire, l’auteur de "Mon Michaël" – le "Madame Bovary" israélien – n’a cessé de tenter de vivre avec cette incompressible douleur, se glissant, dans son absolu chef-d’œuvre "Une histoire d’amour et de ténèbres", derrière la fenêtre de sa mère pour l’apprivoiser ». 

« Aspirant, entre autres ambitions, à être bon, Amos Oz sera aussi déchiré, à la fin de sa vie, par la rupture totale avec sa fille cadette, Galia, qui lui reprochera de l’avoir humiliée et maltraitée ». 

« À tort ou à raison, mais sans pouvoir réellement s'en expliquer, regrettera l’écrivain accusé, dont les "familles malheureuses" restaient une source inépuisable d’inspiration ».

« Au fil d’entretiens enregistrés avec sa biographe, de témoignages de ses proches – membres de sa famille, amis et hommes politiques et, surtout, d’extraits de ses textes magnifiques, infusés de cette "ultime nuance" qu’évoque son frère de lettres David Grossman , ce documentaire immerge dans l’œuvre et la psyché de l’icône ». 

Co-fondateur du mouvement La Paix Maintenant, « chroniqueur de son pays en devenir, l’écrivain, qui s’insurgeait depuis la guerre des Six Jours contre l’occupation des Territoires palestiniens au risque même de servir d’alibi à Israël, avait joué de son influence auprès de Shimon Pérès dans les accords d’Oslo ». Il s'agit de territoires disputés.

« Si l'actrice Natalie Portman, éblouie par son charisme, qui a adapté "Une histoire d'amour et de ténèbres," voyait en lui une "rock star""," Amos Oz confessait que, "depuis ses 12 ans et demi, il sent au fond de lui qu’il ne vaut rien [...] parce que la femme qui comptait le plus est partie en claquant la porte..."

Un communiqué partial d'Arte sur un écrivain et poète engagé politiquement en faveur de la "Solution à deux Etats".



Israël, 2020, 58 mn
Coproduction : ARTE, KAN (Israeli Public Broadcasting Corporation), ZDF, SVT
Sur Arte le 20 octobre 2021 à 22 h 40
Sur arte.tv du 20/10/2021 au 15/07/2024

Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 14 octobre 2021

J'ai été interviewée sur Radio Chalom Nitsan (RCN) le 14 octobre 2021 à 11 h, dans le cadre d'Israël d'hier et d'aujourd'huiémission animée par 
André Barmo'ha, sur 
le livre d'Eric Zemmour « La France n'a pas dit son dernier mot », dont la lecture s'avère stimulante, et sur les risques d'explosion de la communauté juive française par la campagne stigmatisant cet essayiste au bénéfice du Président Emmanuel Macron : quittés par des coreligionnaires choqués par ces attaques, des dirigeants communautaires vont perdre tout intérêt pour le pouvoir politique. J'évoquerai dans une autre émission les relations germano-israéliennes alors qu'Angela Merkel quittera prochainement son poste de chancelière de l'Allemagne.

Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mon interview sur Radio Chalom Nitsan les 13 et 20 février 2020 
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 14 octobre 2021

« Il y a mille façons d'informer. Il n'y en a qu'une pour dire la vérité »... Radio Chalom Nitsan émet de Nice. Cette "radio de la communauté Juive de la Côte d'Azur" dispose d'un site Internet, d'un compte Facebook, et d'une chaine Youtube

Dans le cadre d'Israël d'hier et d'aujourd'huiémission « sur l'actualité d'Israël et la géopolitique du monde » animée par André Barmo'ha qui laisse ses invités s'exprimer librement, j'évoquerai le livre « La France n'a pas dit son dernier mot » d'Eric Zemmour (Rubempré)

On peut écouter les interviews en live et sur divers supports. Diffusions de l'Émission ( HD )
- Sur Internet / le site RCN rcnradio.info & Appli Radio
- Sur Smartphone / l'Appli Gratuite de RCN & Appli Radio
- En F.M 89.3 sur la Côte d'Azur - RNT 208.1 (France)
- Sur les Réseaux Sociaux & Numériques (Heure de France)
- Chaque Mardi de 11/00 à 12/00
- Chaque Dimanche de 10/00 à 11/00
En Israël sur Radio Futée
Chaque Samedi soir / Motsé Shabbat (Heure d’Israël)
En Podcast (Sans limite / Plusieurs émissions)
- Sur Internet / le site RCN rcnradio.info
- Sur Smartphone / l'Appli Gratuite de RCN

« La France n'a pas dit son dernier mot » d'Eric Zemmour (Rubempré) relate les coulisses de la vie politique, rassemble les analyses de l'essayiste sur une société française bouleversée par une immigration de masse, les pressions politico-médiatico-intello-universitaires pour la culpabiliser et la rendre honteuse de son Histoire. 

Un livre parsemé d'annotations personnelles et porteur d'espoirs. articulés autour de quatre thèmes débutant par un "I" : "Immigration", "Industrialisation", "Instruction", "Identité".  

Cet ouvrage s’avère un quasi-bilan de sa carrière, initiée dans les années 1980, d’observateur de la vie politique française, surtout parisienne, et un résumé dense de ses analyses sur les bouleversements de la société française en quelques décennies (Le Suicide français, 2014).

L’auteur ne cache pas s’être inspiré de « Choses vues » de Victor Hugo. Il révèle des « choses vues, choses entendues, choses sues, longtemps tues. Trop longtemps tues ».

L’auteur pourfend le « politiquement correct » au « caractère totalitaire et liberticide pour qu’il n’y ait plus de retour en arrière ».

Sur les politiciens, Eric Zemmour porte un regard aigu. Pas cynique. Mais désabusé. Sa galerie des portraits révèle une droite ayant accepté la supériorité intellectuelle et morale de la « Gôche » et une classe politique généralement moins que médiocre. 

Selon les chiffres de l'institut GfK cités par Paris Match (22 septembre 2021), cet ouvrage s'est vendu à 78 851 exemplaires en une semaine. Ce succès, ainsi que celui des conférences ou débat d'Eric Zemmour révèlent l'attente parmi les Français que des thèmes interdits par le "politiquement correct" soient abordés sans les déconnectés de la réalité et d'un "homme providentiel" pour redresser la France en déclins.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a exhorté : "Pas un vote juif pour Eric Zemmour". Le journaliste a expliqué que le CRIF alimentait le stéréotype antisémite du pouvoir directif des Juifs. 

Des dirigeants communautaires et des personnalités médiatiques, intellectuelles ou du monde économique, interviennent pour stigmatiser Eric Zemmour. Un spectacle déplorable. Une instrumentalisation politique. Des postures morales partiales au détriment du débat fondé sur des arguments. Une alimentation involontaire, dangereuse de la haine. 

La stigmatisation d'Eric Zemmour vise notamment à influer sur les élus tentés de lui accorder leur parrainage - pour pouvoir se présenter au premier tour de l'élection présidentielle, un candidat doit convaincre 500 édiles à le "présenter", à signer en leur faveur - s'il se présente à l'élection présidentielle de 2022. 

Le 11 octobre 2021, sur CNews, l’essayiste québécois Mathieu Bock-Côté "s’est agacé des qualificatifs visant [Eric Zemmour] et accusé la gauche de diaboliser le polémiste pour éviter la confrontation des idées. Il est aussi revenu sur le message de Gaëtan Matis qui avait souhaité par écrit rassembler Eric Zemmour et ses partisans au Bataclan un soir de 13 novembre 2015 : « Le jour où il y aura une agression physique contre Eric Zemmour, toute une armée de gens expliqueront qu’il l’a bien cherché et qu’il a provoqué cette haine contre lui ».

"Charlotte d’Ornellas a expliqué pourquoi l’ancien intervenant de Christine Kelly risquait de mettre en péril ses adversaires politiques et médiatiques dans cette campagne présidentielle : « Leur diabolisation permanente va se retourner contre eux car Eric Zemmour la refuse depuis vingt ans. Ils prennent les gens entre la tyrannie et la culpabilisation mais lui repousse cette diabolisation ».

Les Français juifs sont divisés, comme leurs concitoyens non-juifs. Leur degré d'adhésion aux analyses de l'essayiste s'avère variable. Les organisations juives françaises ont perdu depuis le déclenchement de l'Intifada II et la recrudescence des actes antisémites la confiance des Juifs français lambda. D'où la rareté des rassemblements à l'initiative de ces organisations. 

Le pouvoir politique respecte ces organisations, et donc les Français juifs, dans la mesure où ces organisations disposent de "bataillons" à leur écoute.

En acceptant d'entrer dans ce jeu politique dangereux et de stigmatiser Eric Zemmour, ils risquent d'une part d'attiser la haine, de se couper définitivement de leur base, et de ne plus représenter le moindre intérêt pour le pouvoir politique. Celui-ci en tirera toutes les conséquences et les "jettera après usage", après les avoir manipulés. Cette cassure aura des effets dramatiques pour les Juifs lambdas et signera l'arrêt de mort de ces organisations. Et ce, alors que tout le monde a conscience des enjeux existentiels de la France.

Le mieux serait donc que ces organisations s'écartent de ce champs politique miné.

Ancienne conseillère sur les Communautés religieuses auprès du Président Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, Dominique Lunel m'a confié le 13 octobre 2021 : les dirigeants d'organisations juives françaises "doivent avoir une vision réaliste et protectrice pour la communauté face aux défis qui arrivent pour la France, et pas une vision uniquement politicienne qui est forcément restreinte".

Angela Merkel
Deux éléments ont été occultés ou marginalisés par les médias établissant le bilan de la politique de la chancelière Angela Merkel, membre de l'Union chrétienne-démocrate. Des faits qui ont influé sur la condition juive en Allemagne et les relations germano-israéliennes.

Premier fait
: sa décision d'accueillir plus d'un million de "migrants" à l'été 2015. La plupart étaient éduqués dans la haine des Juifs. Et Angela Merkel a payé la Turquie d'Erdogan pour réguler le flux de "migrants", donc a confié la sécurité de son pays à un dirigeant qui ne cache pas sa duplicité et sa volonté de rétablir un califat. Une manière pour l'Allemagne de réduire sa culpabilité liée à la Shoah en accueillant des "migrants" comparés à tort aux Juifs persécutés par les Nazis.

La « police allemande a déclaré que 401 crimes antisémites  ont été rapportés à travers le pays dans la première moitié de l’année 2018, une hausse de 10,7 % par rapport aux 362 crimes antisémites racistes rapportés lors des six premiers mois de 2017. Les données ont également montré que la grande majorité des crimes (349) ont été perpétrés par des néo-nazis ou d’autres personnes d’extrême droite. La police a noté que parmi tous les crimes rapportés en 2018 jusqu’à présent, six étaient motivés par une « idéologie religieuse », qui comprendrait les attaques motivées par la haine anti-Israël. Mais des représentants de la communauté juive ont contesté cette affirmation, déclarant que plus d’attaques ont été menées par des extrémistes musulmans que la police ne l’a enregistré. Le plus grand nombre de crimes antisémites a été commis à Berlin (80), et le deuxième plus grand (43), a été perpétré dans la région allemande de Bavière, selon les chiffres de la police ».

« Sigmount Königsberg, un représentant des Juifs de Berlin, a déclaré mercredi au journal allemand Deutsche Welles qu’un pourcentage beaucoup plus important des incidents antisémites a été commis par des extrémistes musulmans par rapport à ce que les données de la police indiquaient. Il a également souligné que les harcèlements religieux dans les écoles jouaient un rôle important dans la montée des incidents antisémites.  « Je dirais qu’au moins cinq incidents antisémites sur dix ont des origines musulmanes. Parfois même plus, par exemple dans les écoles, le chiffre serait plutôt à huit sur dix », a-t-il déclaré au journal ».

« Il a expliqué que la police allemande classait, de manière erronée, des attaques comme venant de « droite » à cause d’un système de classification dépassé. Königsberg a noté que la police avait classé une manifestation de salafistes de 2016 comme un « incident nazi d’extrême droite » parce que les participants avaient fait des saluts nazis ».

Deuxième fait : les votes de l'Allemagne dans les organes des Nations unies. Dans son article "Les Deux années "Honteuses" de l'Allemagne au Conseil de Sécurité de l'ONU" (12 janvier 2021),  Soeren Kern a analysé la partialité de la diplomatie allemande :
"Un examen approfondi des règles auxquelles à obéi le vote de l'Allemagne à l'ONU, révèle un troublant deux poids-deux mesures, notamment sur la question des droits de l'homme qui seraient à en croire le gouvernement allemand, la « pierre angulaire » de sa politique étrangère.
Au Conseil de sécurité de l'ONU, l'Allemagne a voté des dizaines de résolutions - dont beaucoup fleurent bon l'antisémitisme - qui ont épinglé Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient.
L'Allemagne a fermé les yeux quand des pays qui violent les droits de l'homme en continu comme la Chine, la Libye, la Mauritanie, le Soudan et le Venezuela se sont fait élire au Conseil des droits de l'homme, la plus haute instance humanitaire de l'ONU.
En 2020, l'Allemagne a condamné 13 fois Israël, mais n'a pas tenté de faire voter une seule résolution défendant les droits de l'homme à Cuba, en Chine, en Arabie saoudite, en Turquie, au Pakistan, au Venezuela – ni dans aucun des 175 autres pays-membres de l'ONU, indique UN Watch, une ONG de veille sur les organisations internationales basée à Genève.
« Sur les 17 résolutions soumises aux voix de l'Assemblée générale des Nations Unis cette année, 13 ont épinglé Israël. Presque tous les pays-membres de l'UE ont voté les 13 résolutions anti-israéliennes. Aucun d'eux n'a essayé de mettre aux voix une résolution en faveur des féministes saoudiennes emprisonnées et torturées ; ou en soutien aux artistes dissidents arrêtés à Cuba ; ou pour aider les journalistes turcs jetés derrière les barreaux ; ou pour secourir les minorités religieuses attaquées au Pakistan sans parler des opposants politiques persécutés au Venezuela où plus de cinq millions de personnes ont fui la répression gouvernementale, la faim et l'effondrement économique. » - UN Watch, 16 décembre 2020.
En 2018 et 2017, l'Allemagne a continué de voter les résolutions anti-israéliennes de l'ONU, et en 2016 , l'Allemagne s'est distingué par l'approbation d'une résolution particulièrement honteuse parrainée par le groupe des Etats arabes et la délégation palestinienne, qui a stigmatisé Israël comme le seul pays au monde qui a porté atteinte à la « santé mentale, physique et environnementale ».
Troisième fait : Angela Merkel a accentué la domination hégémonique de l'Allemagne dans l'Union européenne (UE) qui met en place Eurabia.

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