Citations

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mercredi 23 mai 2018

« Une jeunesse allemande » par Jean-Gabriel Périot


Arte diffusera le 24 mai à 23 h 55 « Une jeunesse allemande » (Eine deutsche Jugend) par Jean-Gabriel Périot. L’histoire de la Rote Armee Fraktion (Fraction Armée rouge), mouvement gauchiste terroriste allemand créé en 1968 par Andreas Baader et Ulrike Meinhof, actif de 1968 à 1998, et ayant établi des liens avec ses homologues palestiniens, notamment Septembre Noir, contre l’Etat d’Israël. « Un poignant et magistral récit en archives qui fait résonner au présent le choix de la lutte armée, après 1968, par une frange de la jeunesse allemande en révolte. »

          
En 1968, en République fédérale d’Allemagne (RFA), Andreas Baader et Ulrike Meinhof fondent la Rote Armee Fraktion (Fraction Armée rouge, FAR ou RAF), mouvement gauchiste terroriste allemand, actif dans la contestation politique du régime démocratique jusqu’en 1998, année où il a opéré sa dissolution.

La FAR organise des attentats contre des grands magasins francfortois le 3 avril 1968. Arrêtés le lendemain, Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Thorwald Proll et Horst Söhnlein sont condamnés le 31 octobre 1968 à trois ans de prison. Bénéficiant de la libération provisoire le 13 juin 1969, ils entrent dans la clandestinité. Baader est arrêté dès avril 1970, s’évade en mai...

Le 5 juin 1970, Agit 883 publie le texte « Bâtir l’armée rouge », insistant sur le caractère indispensable de la violence et promouvant la guérilla urbaine : « Favoriser la lutte des classes - Organiser le prolétariat - Commencer la résistance armée ». 

Les victimes de la FAR : des policiers allemands et néerlandais, des soldats américains, des attachés de l’ambassade de RFA à Stockholm (Suède), un procureur général et son chauffeur, un directeur de banque, Hanns Martin Schleyer, représentant du patronat allemand et ancien nazi, des douaniers hollandais, une cliente de banque tuée lors d’un braquage, etc.

En 1974, après s’être rendu à la prison où est détenu Baader à Stuttgart, le philosophe Jean-Paul Sartre s’indigne, lors d’une conférence de presse, des conditions d’emprisonnement des dirigeants de la FAR dans le quartier de haute sécurité de Stammheim. Mais il a confié à Daniel Cohn Bendit combien il trouvait Baader « con ».

Le 6 mai 1976, Ulrike Meinhoff se pend dans sa cellule.

Le 18 octobre 1977, les gardiens de la prison de Stammheim, à Stuttgart, découvrent Andreas Baader, âgé de 34 ans, Gudrun Ensslin, âgé de 34 ans, Jan-Carl Raspe, âgé de 32 ans, et Irmgard Möller, quatre membres de la FAR, inanimés dans leurs cellules du 7e étage de cette prison. Seule Irmgard Möller survit. Les trois autres succombent à leurs blessures par armes à feu ou pendaison. La police conclut à des tentatives de suicides. Ce même jour, la FAR tue Hanns Martin Schleyer qu’elle avait enlevé et séquestrait depuis le 5 septembre. Via Libération, la FAR informe que son cadavre se trouve à Mulhouse, en France. Peu auparavant, l’unité antiterroriste allemande GSG9 avait libéré à Mogadiscio (Somalie) les 91 otages du Boeing de la Lufthansa en tuant trois terroristes du commando « Martyr Halimeh » qui avait réclamé la libération des quatre détenus de la FAR.

« Quand je repense aujourd'hui, trente ans après, à l'automne 1977, je ne crois pas que notre attitude ait été erronée. Je n'en suis pas moins conscient que nous portons une part de responsabilité dans la mort de Hanns-Martin Schleyer », a écrit l'ancien chancelier Helmut Schmidt dans Ausser Dienst (éd. Siedler, Munich).

Ancien ministre vert des Affaires étrangères, Joschka Fischer, « qui, au début des années 1970, fit partie du milieu « alternatif » de Francfort, a expliqué qu'il comprit l'importance de la renonciation à la violence quand les membres du commando de Mogadiscio commencèrent à trier les passagers juifs et les non-juifs ».

Quant à Karl-Heinz Dellwo, il a participé à l’âge de 23 ans à la prise d’otages à l’ambassade de RFA à Stockholm en 1975. Il a été condamné en 1977 à une « double perpétuité » et a été libéré au terme de vingt ans de prison. A Hambourg, il dirige une société de production de films documentaires et a fréquenté les milieux altermondialistes. En 2007, il a expliqué son engagement par le contexte politique en RFA : mort de Benno Ohnesorg, étudiant tué par un policier en 1967 lors d'une manifestation contre la venue du Chah Mohammad Reza Pahlavi à Berlin-Ouest, « dialogue impossible entre les générations dans un pays sortant à peine de la dictature » nazie. 

« On a l'air de considérer que nous vivions alors dans une société heureuse et satisfaisante, comme s'il n'y avait pas eu de guerre du Vietnam ni de colonialisme, comme si la République fédérale n'avait pas été créée sur une histoire criminelle et comme si presque tous les nazis n'avaient pas été intégrés dans la nouvelle société. Un des aspects de la RAF est que nous avons voulu mener la résistance au nazisme que nos parents n'avaient pas faite. Je ne cherche pas à me justifier. Chaque mort était de trop et la violence révolutionnaire reste de la violence, mais je refuse d'entrer dans un débat qui renierait l'Histoire... Dans les années 1960, les mouvements de libération étaient tous liés à la lutte armée : la Fraction armée rouge n'est pas tombée du ciel. Il y a eu des actions, lors de la lutte armée, qui étaient incontestablement fausses et illégitimes et dont on doit avoir honte aujourd'hui. Mais nous avons passé des décennies en prison pour cela. Aujourd'hui, des journalistes m'appellent et, sans même s'être présentés, me demandent par trois fois si je regrette. Que nous ayons purgé de lourdes peines de prison ne leur suffit pas. Comme si nous en étions sortis intacts, ils veulent encore nous casser moralement - ce que je ne peux ni ne veux accepter », a confié Karl-Heinz Dellwo, ancien membre de la RAF, à L’Express (22 mars 2007). Sous le nazisme, son père a été chassé du lycée : il avait pour mère une « demi-juive ».

Le 19 février 2016, Dieter Dehm, député du parti antilibéral Die Linke, « a reconnu dans le quotidien Bild que Christian Klar », ancien membre de la « deuxième génération » de la FAR, entré en clandestinité en 1976, arrêté en 1982, condamné en 1985 notamment pour neuf assassinats et détenu en prison pendant 26 ans, libéré en 2008, « travaillait pour lui depuis plusieurs années afin de gérer sur le plan technique son site internet et d'autres contenus en ligne, et qu'il lui avait donné à ce titre plusieurs fois accès à la chambre des députés à Berlin, le Bundestag ». Il a ainsi motivé son recrutement : « Christian Klar est aujourd'hui un citoyen comme les autres, il a effectué sa peine et depuis sa sortie de prison il ne s'est rendu coupable de rien ». Une révélation qui a suscité une polémique outre-Rhin.

Israël
La FAR a noué des relations avec les terroristes palestiniens, notamment avec Septembre Noir, contre l’Etat d’Israël. 

Ses membres s’entraînaient dans les camps du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), ont participé au détournement de l’avion d’Air France à Entebbe en juin 1976… 

Lors de la prise d’otages durant les Jeux olympiques de Munich 1972, les terroristes palestiniens ont exigé notamment la libération de terroristes de la FAR emprisonnés.

« Le terrorisme de gauche aurait existé en Allemagne, même sans le soutien des Palestiniens. Les contacts n'en ont pas moins été réels : débutant en 1969-1970, ils se sont poursuivis pendant toute la durée de la lutte armée en Allemagne jusqu'aux années 90. Des militants des futurs groupes de l'ultragauche se sont rendus en Jordanie, au cours des étés 1969 et 1970, pour y suivre des camps d'entraînement à la lutte armée. A l'autre bout de la chaîne, une terroriste de la RAF a fourni une assistance logistique à un groupe palestinien auteur de » l'attaque près de l’aéroport de Budapest (Hongrie), en 1991, d'un bus de Juifs russes souhaitant faire leur aliyah, a déclaré à Libération  Thomas Skelton-Robinson, historien britannique, un des auteurs de l'ouvrage collectif La RAF et le terrorisme de gauche.

Et de préciser : « Des liens existaient aussi avec des pays tels que l'Algérie, la Libye, la Syrie, le Yémen du sud et surtout l'Irak jusqu'en 1979. Ces pays ont moins soutenu le terrorisme de gauche allemand que l'action des alliés palestiniens de ces terroristes. Mais ils savaient ce qu'ils faisaient et des témoins parlent de contacts directs entre certains membres de la RAF et les services de renseignement irakiens par exemple. Ces pays ont d'ailleurs soutenu toutes sortes de groupes du terrorisme international. L'Algérie, par exemple, a soutenu les Black-Panthers au début des années 70, la Libye a soutenu l'IRA [Armée républicaine irlandaise, ndlr]. Les terroristes de gauche allemand se sont retrouvés, à leur insu, impliqués dans de complexes conflits et querelles d'intérêt qui les dépassaient. En Allemagne, nombre de militants de la lutte armée venaient des mouvements pacifistes et avaient refusé de faire leur service militaire. Il leur fallait acquérir l'expérience de la lutte armée. Par ailleurs, les groupes terroristes allemands se considéraient comme une part d'un vaste mouvement anti-impérialiste… Un groupuscule a commis un attentat raté contre des locaux de la communauté juive de Berlin, le 9 novembre 1969, jour anniversaire de la Nuit de cristal. L'action a été justifiée après coup dans un appel critiquant la position dominante de la gauche allemande de l'époque : «La Palestine est pour la RFA et l'Europe ce que le Vietnam est aux Américains». Ulricke Meinhof a également pris position en septembre 1972 dans un long article après le massacre des athlètes israéliens de Munich appelant Moshe Dayan « le Himmler » d'Israël. Mais le plus souvent, les terroristes allemands, dans un pays hanté par l'Holocauste, se sont arrangés pour ne pas avoir à se justifier de ces crimes contre des juifs. Ils ne se considéraient pas comme antisémites, mais comme « antisionistes ». La différence est ténue lorsque des terroristes allemands séparent les juifs des autres otages lors d'un détournement d'avion en 1976. Dès le début des années 80, les groupes allemands, tout comme leur principal soutien arabe, le FPLP-SC [Front de libération de la Palestine-Commandement spécial], ne sont plus les bienvenus en Irak après l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979. Ne subsistent que des liens épars, avec quelques terroristes isolés, comme Carlos. Mais de nombreux membres de la RAF trouvent refuge en RDA (République démocratique d’Allemagne). On suppose que l'Allemagne de l'Est a proposé cette solution pour rendre service aux groupes palestiniens. Il ne faut pas oublier que l'Union soviétique a longuement soutenu les groupes palestiniens, qu'elle a utilisés comme source d'information sur le Moyen Orient ». 

« Années de plomb »

« Une jeunesse allemande s'ouvre sur une question, en voix off, de Godard : « Est-ce qu'il est encore possible de faire des images aujourd'hui, en Allemagne ? » Il se clôt sur des extraits du film L'Allemagne en automne, réalisé en 1978 par Fassbinder sous le choc de la mort en prison, officiellement par suicide, d'Andreas Baader et de Gudrun Esslin, deux des membres de la Rote Armee Fraktion (Fraction Armée rouge, RAF). Le cinéaste s'y met en scène, hors de lui, face à sa propre mère, laquelle professe son désir d'un « dirigeant autoritaire qui serait bon, aimable et raisonnable ».

« Entre ces deux séquences, Jean-Gabriel Périot déploie l'histoire, racontée d'abord par leurs images et leurs mots, puis, à partir du moment où la République fédérale allemande (RFA) a fait d'eux les ennemis publics absolus, par les journaux et reportages télévisés, de quelques-unes des figures de la RAF : Ulrike Meinhof, la journaliste au verbe clair, qui met brillamment en cause l'ordre établi, dans le mensuel de gauche Konkret et à la télévision, ou Holger Meins, l'émule de Dziga Vertov, qui avec ses camarades de la DFFB, l'école de cinéma de Berlin inaugurée en 1966, documente la révolte des étudiants et la répression policière ». 

Il « met en scène des films d'abord joyeusement combatifs, puis de plus en plus rageurs, où apparaissent aussi Baader et Esslin, ou encore Horst Mahler, l'avocat socialiste qui ferraille contre l'État policier dans les prétoires ».

« D'une intensité constante, le montage magistral des archives, dépourvu de tout commentaire, met en évidence la répression et la surdité opposées par le pouvoir et sa police, appuyés par les médias, notamment le tout-puissant groupe Springer, à la rébellion d'une partie de la jeunesse ». 

« Vingt ans après la chute du nazisme, celle-ci dénonce l'amnésie historique et l'injustice sociale qui fondent le miracle économique, et crie dans la rue sa colère contre les faux-semblants de la démocratie ». 

« En montrant combien l'aventure sanglante des leaders de la RAF fut aussi la conséquence de cette violence d'État, Jean-Gabriel Périot en restaure la dimension tragique. Il fait aussi résonner au présent la force intacte de cette révolte et le poids de son échec ».

« La singularité de la RAF, c’est qu’elle avait fabriqué des images. Meinhof était une journaliste de télévision en plus de la presse écrite, Holger Meins était réalisateur, Gudrun Ensslin avait joué dans un film… Je n’ai pas eu besoin de l’écrire ou de la penser comme telle, mais il est indéniable que ce qui m’a touché, c’est le côté tragique de cette histoire. Sa part de mythologie, de tragédie grecque : avec des enfants qui vont mourir, à cause de leurs pères et de cette histoire du nazisme qui les dépasse. Car il s’agit d’une génération d’enfants auxquels on a montré Nuit et brouillard de Resnais et qui, une fois revenus à la maison, ont forcément questionné leurs parents », a déclaré le réalisateur (Télérama, 15 octobre 2015).

Et de poursuivre : « Il y a une dimension de gâchis terrible, à mes yeux très incarnée dans les dernières images d’archives de Ulrike Meinhof, deux mois avant la fondation de la RAF, où elle apparaît très atteinte. Sur son visage et dans la manière dont elle parle, quelque chose a changé. Physiquement, on sent que rien n’a marché dans tout ce qu’elle a entrepris jusque-là, qu’elle est découragée, qu’elle porte de grandes failles. Se profile alors très nettement un moment de crise, d’impasse qui va se révéler tragique ».

Ce documentaire a été présenté en particulier au Festival international du film documentaire Docaviv  en Israël.


« Une jeunesse allemande » par Jean-Gabriel Périot
Allemagne, France, 2016, 93 min

Visuels :
Studentenprotest
Als die dffb besetzt wurde, wurde sie umbenannt in Dziga-Vertov-Akademie
Holger Meins bei der Eröffnung der Deutschen Film- und Fernsehakademie Berlin (dffb) durch Willy Brandt
Ulrike Meinhof zu Gast in der Talk-Runde "?Die ausgehöhlte Autorität?"
Filmausschnitt aus ?"The Green Beret?" von Carlos Bustamante aus dem Jahr 1968
Ausschnitt aus einem Übungsfilm für ein dffb-Kameraseminar: „Farbtest. Die Rote Fahne“ von Gerd Conradt (1968)
© W-film Distribution/Local Films

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Les citations sur le documentaire proviennent d'Arte.

Anne Gorouben, peintre


Anne Gorouben - peintre, écrivain - développe une œuvre inspirée par l'enfance, la littérature (Kafka), la poésie (Paul Celan), la difficulté à communiquer et la Shoah. Elle expose notamment en Europe et en Afrique. Tous les lundis, de 17 h à 20 h, à des tarifs abordables, Anne Gorouben donne des cours de dessin dans son atelier parisien. Le 27 mai 2018, de 11 h 30 à 13 h 30 et de 15 h 30 à 17 h 30, elle animera l'atelier de peinture Le Colporteur est un passeur.



Formée à l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, Anne Gorouben est une artiste primée qui a bénéficié de résidences à Dresde (1991), Berlin, Prague, Odessa (1997-1998) et New-York (1999).

« Je fais partie de la 3e génération », confie Anne Gorouben, dont l’histoire « familiale est douloureuse : un grand-père maternel tailleur survivant à Auschwitz, un père ancien enfant caché, auteur d’une autobiographie » qu’elle a illustrée. Cela a été longtemps une « mémoire sans récit, faite de silences et de non-dits ».

Un histoire douloureuse qu’Anne Gorouben a retracée dans son livre 100, boulevard du Montparnasse (Ed. Buchet-Chastel, Les Cahiers dessinés).

Un "art d'empathie"
A l’été 2000, au foyer Emmaüs de l’hôpital Sainte-Anne, Anne Gorouben a dessiné ceux qu’elle nomme « les habitants du crépuscule ».

En 2003-2004, dans le cadre de l’opération « Diffractions » célébrant les 20 ans du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) francilien, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté un pastel sec et fusain, aux tons gris-bleus sourds, sur carton (1995), acquis par ce FRAC, de l’artiste inspirée par le poème « Todesfuge » (« Fugue de mort ») écrit en 1945 par Paul Celan (1920-1970). Il l’a exposé avec l’enregistrement sonore du célèbre poème lu par l’auteur. Né en Roumanie, Paul Celan est élève à l’école hébraïque Safah Ivriah pendant trois ans, puis débute des études de médecine à Paris en 1938, et apprend la philologie dans sa ville natale, Cernauti. En 1942, ses parents sont déportés, et meurent. Paul Celan est envoyé dans des camps de travail en Valachie. En 1948, il s’installe à Paris, où il devient un traducteur réputé et poète d’expression allemande.

Ecrit en 1945, « Todesfuge » (« Fugue de mort ») évoque la Shoah et contient notamment ce vers : « La mort est un maître venu d'Allemagne ». Pour Anne Gorouben, la rencontre avec ce poème « fut brutale, une lecture que me fit un ami. Le poème de Paul Celan dénoua dans l’intensité de sa présence la douleur accumulée ». Elle ne l’a pas illustré, mais a établi des correspondances picturales : marquée par des douleurs familiales, elle a dessiné des bâtiments abandonnés, des gens et des dogues allemands et écrit « le texte du poème à la sanguine ». Elle a aussi animé un atelier pédagogique pour les classes de la 4e à la Terminale.


En 2004, La Belle Hortense (Paris) montrait pour la première fois son grand tableau et ses dessins préparatoires pour le film de Robert Bober et Pierre Dumayet « Correspondances Kafka » (2002). Elle a peint le couple impossible formé de l’écrivain tchèque germanophone et de Milena Jensenska.

Anne Gorouben "dessine les humbles. Assise dans la salle de télé, elle discute avec les pensionnaires du SAMU social de Paris. A leurs cotés Le petit jaunais imprime pour un livre" en 2006. Intitulé Ce corps difficile, "ce livre regroupe ses portraits sensibles, quelques mots autographes signent leur présence et les miroirs révèlent ou cachent leurs maux à notre regard".


En 2009, à l’Apostrophe, l’exposition d’Anne Gorouben était intitulée « Parler se fait rare », titre d’un poème de Luc Decaunes, et sous-titrée « Les êtres gyrovagues - l’échelle de Jacob – (café) – Enfermée dehors… »

Elle comprenait des œuvres de formats divers, souvent petits, regroupés comme les Chutes, en diptyques ou triptyques (le pastel Hommage à Maurice Quentin Delatour) : 15 formats en noir et blanc sur chutes de bois, 15 dessins de ses carnets, huit aquarelles, l’installation dans une boîte L’échelle de Jacob, et la série d’huiles sur toile, Les êtres gyrovagues (ce terme désignait des moines mendiants et errants).


Au foyer Emmaüs de l’hôpital Sainte-Anne, Anne Gorouben a dessiné ceux qu’elle nommait « les habitants du crépuscule » et dont « la souffrance psychique, et surtout la douleur des corps » la touchent.

Les thèmes récurrents inspirant Anne Gorouben ? C’est « la difficulté à communiquer, à s’exprimer, et la joie de pouvoir se rencontrer, de parler. Ce sont les gens, leur attitude, le visage humain qui m’intéressent. C’est le travail des corps dans l’ombre, dans la lumière. Ce qu’on cache, ce qu’on révèle. Ce qui se détache dans la pénombre, laisse deviner la personne. La peinture est un art d’empathie avec l’autre... Douceur et douleur cheminent ensemble dans mon travail », explique l’artiste.

Parallèlement, au Mémorial de la Shoah (2008-2009), elle a créé et anime l’atelier d’arts plastiques pour adultes Le Colporteur est un passeur.

Elle y « aborde la vie juive avant la Shoah et s’inspire de musiques chantées ou instrumentales, de littérature et de poésie ». Son nom vient d’un mot russe signifiant « colporteur ». Celui-ci « est un passeur, un lien. C’est un élément important de la vie des familles ». 

"Grâce aux techniques de collage, peinture, pastel ou dessin, vous composez un tableau qui réunit, harmonise ou met en contraste le passé, le présent et l’avenir. Cet atelier d’arts plastiques est un moment ludique d’échange et de partage. Il s’adresse à tout public adulte, tous niveaux, débutants bienvenus".


Un travail pictural à partir d'un objet "qui parle" au participant à cet atelier. « L’histoire d’une famille dont le récit a été impossible à transmettre, apparaît parfois à travers un objet, une photographie, un texte ou une image, qui semble condenser cette histoire. Chacun des participants est invité à venir avec un objet qui « lui parle » et à s’en inspirer pour réaliser un travail pictural ». Ainsi, sont nés Les rencontres du colporteur, publiées par Le Petit Jaunais : "Quatre natures mortes en médaillon gris perle parcourues d'un feston de textes savoureux empruntés à Kafka et à la littérature populaire". Les 14 et 17 novembre 2013, Anne Gorouben a animé l'atelier Le Colporteur est un passeur au Mémorial de la ShoahLe 31 mai 2015 à 11 h 30, au Mémorial de la Shoah (2008-2009), Anne Gorouben a animé l’atelier d’arts plastiques pour adultes Le Colporteur est un passeurLe 21 mai 2017, Anne Gorouben anima au Mémorial de la Shoah l'atelier d'arts plastiques, pour adultes de tous niveaux - débutants acceptés - Le colporteur est un passeur"Chacun est invité à venir avec des images et/ou des objets de sa vie présente ou passée. Les réalisations faites à partir de différentes techniques (collages, pastels, crayons…) révéleront les liens établis entre ces différents éléments". 

Dans l’attente du site Internet d’Anne Gorouben, on peut lire son livre, la voir au 30e Marché de la Poésie (14-17 juin 2012) à Paris sur le stand de Siranouche éditions, et découvrir son installation « Autoportraits dans la valise » au Colloque « CultureS et autofictionS » organisé par Isabelle Grell et Arnaud Genon à Cerisy-la-Salle (16-23 juillet 2012).


En mars 2012, lors du Salon du livre, elle a présenté son livre et avait ouvert les portes de son atelier au public - puis de nouveau du 7 décembre au 9 décembre 2012 inclus -. Dans son atelier, elle a montré des "fragments d'existences peintes "sur le motif". "Pendant le long temps de préparation de ce livre dessiné entièrement à la mine de plomb, j'ai retrouvé et retravaillé une série nombreuse d'aquarelles que j'avais laissées de côté. La couleur cohabitait avec le noir et blanc dense et lumineux que je recherchais dans les dessins. Je présente ces fragments d'existences peintes "sur le motif", moment partagé avec des gens dont à part pour quelques autoportraits, je ne connais rien qu'un temps et un lieu partagé, ce qui n'est pas rien". 


Du 19 juin au 13 juillet 2013, la Galerie La Ralentie a présenté  l'exposition « Les Anges (dit-on) » de la peintre Anne Gorouben. "Inachevée, la femme est debout, vue de dos, solide dans son devenir. L'homme de profil attend, roide et inactif. Ces mots laisseraient présager le pire, si l'œuvre ne se tenait au-delà du commentaire social mû par des considérations d'une actualité étrangère à l'art, et rédigé par un homme. Anne Gorouben travaille dans l'espace ambigu du pastel, entre dessin et peinture. Les figures assument une situation comparable, murées par le vide où s'offre, se perd la conversation. Sans elles, la lumière est plus forte, moins diffuse. La fumée des cafés révèle l'espace qu'elle voudrait réduire, et les pastels en traduisent l'insignifiance. Pourtant qu'un visage sorte du halo : c'est un mot, une bribe de phrase vraiment dite, juste et pleine et qui rencontre une autre liberté qui s'ignorait. Les tableaux se tiennent à l'écart des sentiments identifiables qui nommeraient leur présence, un peu comme « l'Invalide » de Seurat dont on ne sait s'il fait face ou s'il tourne le dos vers le fleuve; ils pratiquent une attirance paradoxale qui arrête le regard pour lui communiquer des états de l'errance. Anne Gorouben est attentive à ce qui n'a pas lieu, pendant ces minutes sans projet qui sont les plus nombreuses, entre deux situations, peut-être entre deux corps, celui qu'en désir on n'habite plus et celui que l' on cherche. Il se peut qu'il n'y ait pas d'endroit plus difficile à peindre", écrit Bernard Goy dans le catalogue de l'exposition Le sens figuré. Collections du FRAC Ile-de-France à Montréal.

Du 27 septembre au 29 décembre 2013, un "ensemble d'œuvres, dessins, pastels, peintures et lithographies d'Anne Gorouben ont été accrochées en dialogue dans le parcours des collections du Musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun, Indre".

Le philosophe Jérôme Lèbre "accompagnera de sa réflexion la rencontre des œuvres d'Anne Gorouben avec le Musée ses collections et son histoire". Le documentaire "Anne Gorouben" réalisé par Jean-Pierre Rosseuw (2000), avec des textes de l'artiste, pour le Centre d'Art Contemporain d'Istres a été projeté lors d'une rencontre le samedi 30 novembre 2013.

Le livre lithographié Les pleurants, les gisants, les vivants sera édité par Le Petit Jaunais. Les tirages seront présentés dans la salle des Pleurants de l'église de Pruniers.

Du 6 au 8 décembre 2013, Anne Gorouben a présenté dans son atelier la série de lithographies réalisées avec l'éditeur Le Petit jaunais depuis 1996. Jusqu'au 29 décembre 2013,  dans le cadre de l'exposition « Corps sublimes, Corps difficile » d'Anne Gorouben, un "ensemble d'œuvres, dessins, pastels, peintures et lithographies d'Anne Gorouben ont été accrochées, en dialogue dans le parcours des collections du Musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun, Indre".

Une rencontre avec Esther Orner et Anne Gorouben a été organisée par Béatrice Courraud le 11 mars 2014, à la librairie La Lucarne des Ècrivains, 119 rue de l'Ourcq, 75019 Paris (métro Crimée). 

Anne Gorouben a présenté l'exposition "Nora-le-chat et autres histoires de bêtes" dans son atelier (13-15 juin 2014). "Après la mort du chat j'ai repris mes aquarelles, j'ai sorti mes jouets, petits animaux en résine qui servent à mes installations, et je les ai fait poser", a expliqué Anne Gorouben qui a présenté ses animaux familiers dans son atelier. 

Une exposition déclinée à la Galerie UNIVER/Colette Colla ("Histoires de bêtes"24 septembre-4 octobre 2014). C'est à la mort de sa chatte Nora en juillet 2013 qu'Anne Gorouben la peint. "Auparavant, les chiens occupaient mes peintures et mes carnets. Pourquoi les chiens ? Je les ai dessinés dans toutes les rues et les cafés de toutes les villes. Ils sont pour moi comme un soulignement du corps humain, ils en accentuent la solitude ou l'errance, la dépendance, le besoin éperdu d'amour. Le chat appartient à l'intime, tout contre l'homme, il est aussi "celui qui s'en va tout seul", il partage sa vie sur la pointe de ses pattes", a confié Anne Gorouben.

Et du 20 septembre au 30 novembre 2014, dans l'exposition Les bêtes (18 septembre-30 novembre 2014), le Musée Singer-Polignac a exposé un choix d’œuvres de la Collection d'Art Brut de l'hôpital Sainte-Anne, et de quelques artistes contemporains dont Anne Gorouben qui a déclaré : "Je suis très heureuse de me trouver parmi eux, plus que cela, impressionnée, ému. Cette Collection, cela représente un tel combat dans la psychiatrie pour la reconnaissance de l'expression des malades comme des êtres humains... Dans ces moments de régression où nous avons le sentiment de ne voir partout que barbarie, il faut tenir ce qui a été gagné sur l'aveuglement".

Dans son atelier, du 6 au 8 mars 2015, elle a vendu ses dessins réalisés dans les années 1980 et 1990. A des petits prix : de 100 € à 300 € le dessin ou le pastel  non encadré de ses séries :
- "Autoportraits des années 80,  (une série présentée au Colloque "CultureS et AutofictionS", organisé par Isabelle Grell et Arnaud Genon à Cerisy-la-Salle, 2012) ;
 - "Les fantômes du passé", aquarelles ;
 - "Un monde disparu", cafés ;
- Natures mortes, salade, poireaux, drapés..."
-"Pas de jour sans un visage" 1999, dessins et pastels secs sur papier ou carton
 Une occasion de venir visiter son atelier et de se retrouver autour d'un verre...

Du 21 janvier au 14 août 2015, "Le bonheur familial", sa série de dix-sept pastels, est exposé, aux côtés d’œuvres de Marcel KatuchevskiRoland Topor et Saul Steinberg, dans la grande exposition anniversaire Les Cahiers dessinés, dont le commissaire est Frédéric Pajak, à la Halle Saint-Pierre (Paris).


Les 19, 20, 21 juin 2015 de 15 h à 20 h, Anne Gorouben a exposé dans son atelier ses peintures ua pastel, à l'huile ou à l'eau

 Solo show... de peintures 1995-2015. "Peut-être la dernière fois que je présente mon travail dans cet atelier que j'occupe depuis 23 ans... En me voyant toujours dessiner, on en oublie que je suis peintre... Peintre au pastel souvent, mais aussi à l'huile ou à l'eau. Alors j'ai décidé de mettre au mur différents moments de ma peinture depuis l'été 1995 où j'ai repris mes huiles et mené parallèlement toutes sortes de techniques.  Donc, peintures, en avant !

En 2015, Anne Gorouben a signé l'Appel des 800 (Libération, 20 octobre 2015) : "Cinéastes, écrivains, philosophes, chercheurs, intellectuels… Tous se mobilisent pour alerter l’opinion publique sur le sort réservé aux migrants et réfugiés de la jungle de Calais. Depuis décembre 2015, Anne Gorouben "dessine dans la "Jungle" de Calais, "dans ces Lieux de vie que sont les cafés-cantines, le Théâtre, le Legal Center, le Women Center, les abris, avec les réfugiés. Avec l'Appel de Calais, je suis venue au plus vite par trois séjours consécutifs, rendre visible la dignité et le courage de ces hommes et femmes". Sur son blog, elle a publié certains de ses dessins.

En novembre 2015, est paru Mon Kafka, d'Anne Gorouben (Editions Encre marine/Les Belles lettres). "Une lecture dessinée du Journal de Franz Kafka en 73 dessins à la mine de plomb sur papier, par Anne Gorouben, texte de Kafka dans la traduction de Marthe Robert",
« Ce dimanche 19 juillet 1910,
j'ai dormi, je me suis réveillé, dormi, réveillé,
misérable vie. »
Franz Kafka, Journal.
« J'y songe souvent et, chaque fois, » je me demande quand dans ma vie est apparu le Journal. Impossible de dater cette apparition, mais il me semble tout de même que ce fut très tôt, dès mes premières années d’étude, presque à l’âge où Kafka a commencé à l’écrire. Il ne m’a plus quitté. Ce grand livre souffrant, tragique et drôle, n’est pas de ceux qui détruisent, mais de ceux qui sauvent, qui donnent de la force. On y revient, sans cesse. Parcouru par la douleur de l’existence, il est traversé par la lumière. D’une beauté déchirante, il est transpercé par l’échec, par l’angoisse lancinante de l’échec, par le désir de solitude et par le désir de la rencontre, par la nécessité menacée d’écrire et la douleur du corps, du « désespoir que me causent mon corps et l’avenir de ce corps » (1910).
« Je suis une fois de plus tiraillé à travers cette fente longue, étroite, terrible, dont, à vrai dire, je ne puis triompher qu’en rêve. À l’état de veille et par la seule force de ma volonté, je n’y parviendrais jamais » (5 décembre 1919).
Aujourd’hui je parcours à nouveau le Journal par le biais de cette quête particulière de l’écriture de ses rêves, de ses visions d’avant le sommeil (« mais je n’ai pas dormi du tout ») et de l’immédiat après réveil.
Franz Kafka écrit comme on dessine – c’est l’écriture la plus proche du dessin que je connaisse. Quelque chose que je n’ai jamais vu ailleurs. Et, dans le Journal, le travail incessant de cette écriture se frayant un chemin par approches successives, cet effort pour aller vers cette vérité dépouillée est incomparable – Kafka dessine.
« L’insatisfaction dont une rue offre l’image, chacun lève les pieds pour quitter la place où il se trouve » (21 août 1912).
« Tout oublier. Ouvrir la fenêtre. Vider la chambre. Elle est traversée par le vent. On ne voit que le vide, on cherche dans tous les coins et l’on ne se trouve pas » (19 juin 1916).
« Vague espoir, vague confiance » (2 novembre 1921).
« Cet après-midi, rêve d’une tumeur sur ma joue. Cette frontière oscillant perpétuellement entre la vie ordinaire et une terreur en apparence plus réelle » (22 mars 1922).
« Mon travail se clôt, comme peut se fermer une plaie qui n’est pas guérie » (8 mai 1922).
La plaie n’est pas et ne peut se guérir, chaque page ouverte du journal l’est sur une douleur et sur un récit mêlé de désespoir et de lumière. Pour moi, les images, ce que j’appelle cette évocation si violente qu’elle s’apparente donc au dessin, se reçoivent de façon viscérale, intense ; elles se ressentent physiquement : ce sont des mots qui agissent sur le corps, qui pénètrent avec toute la force que nécessita leur expulsion.
« Mon Kafka », il est celui de tous et celui singulier de chacun. Marina Tsetaïeva écrivit « Mon Pouchkine » en 1937. Mon titre lui est un évident hommage". (Anne Gorouben, Paris, juin 2015)

Le 20 février 2016, à 15 h 30, au Centre Medem, 52, rue René Boulanger 75010 Paris, Anne Gorouben proposa Mon Kafka"une lecture à quatre voix d'extraits du Journal de Kafka avec projection des œuvres originales du superbe ouvrage d'Anne Gorouben et de magnifiques interludes musicaux chantés par Janet Pape (soprano et flûte à bec) accompagnée par Christine Massetti (violon). Et pour notre plus grand plaisir, afin d'accompagner lé tey et lé cafey, vos eplshtrudel, keys kikhn, leker, souvganiot, umen tachn, gâteaux aux noix ou au pavot seront très appréciés !"



La Ville A des Arts présenta une exposition collective réunissant des pastels d'Anne Gorouben, des dessins d'Igor Minaev et des photographies d'Igor Bitman-Glick. Deux concerts se déroulèrent pendant l'exposition.


La Galerie Treize-dix a présenté l'exposition collective de dessins contemporains "Autre Je" (9 mars-1er mai 2017). L'occasion de découvrir les œuvres de Taku Bannai, Anne Gorouben, Yuki Kitazumi, Moonassi, Sarah Beth Schneider et Lisa Zordan sous le commissariat d'Axelle Viannay. Le 11 mars 2017 dès 16 h, aura lieu la séance de dédicace des livres "100 boulevard du Montparnasse" et "mon Kafka" Anne Gorouben et du roman graphique "Pieds nus dans les ronces" de Lisa Zordan. 

"Dans "Autre Je", six artistes explorent un moi fragile, parfois serein et familier, parfois trouble et inquiétant, souvent introspectif, dont chaque composition et technique picturale fait écho à un sentiment intime. Avec des papiers découpés, Les noirs de l'encre fluide de Moonassi et de la mine de plomb presque seuratienne d'Anne Gorouben livrent le regardeur à une introspection métaphysique ou psychanalytique. "Je se dédouble, se perd autant qu'il se découvre, se cherche en l'autre à la découverte d'une altérité qui est un autre soi", a écrit Axelle Viannay.

Du 16 au 18 juin 2017, Anne Gorouben organisa dans son atelier - 230 rue Saint-Charles, 75015 Paris - Tendre est notre nuit. "Ouvrir à nouveau l'atelier... Notre immeuble a été rénové, les travaux ont duré longtemps, plus d'un an. En rangeant l'atelier je retrouve des séries d’œuvres. Des dessins, monotypes, peintures, dont ce monotype du Terminus Balard en 1995. Dans ce café, grand "rade" échoué au bord du boulevard extérieur, j'ai dessiné des heures des jours des années. Dessiné le chien Hector, les habitués, avec une fascination chaque fois renouvelée par les mouvements de la lumière, pour ce lieu et ces gens qui m'était devenu depuis longtemps si familiers. Des pans de mon travail que je vous invite à découvrir ou retrouver vous aussi, dans le calme retrouvé de notre immeuble/cité d'artistes". Le vendredi 16 juin à partir de 18 heures, les samedi 17 et dimanche 18 juin de 14 h heures à 20 heures.


Anne Gorouben, 100, boulevard du Montparnasse. Préface de Geneviève Brisac. Ed. Buchet-Chastel, coll. Les cahiers dessinés, 2011. 128 pages. 18 €. ISBN : 978-2-283-02526-0

Anne Gorouben, Les pleurants, les gisants, les vivants. Le Petit Jaunais, 2013


"Et vous faites aussi de la peinture ? "
Vernissage le 18 juin 2015 de 18 h à 21 h. Ouvert les 19, 20, 21 juin de 15 h à 20 h
Vente de dessins
Du 6 au 8 mars 2015.  Vernissage le vendredi 6 mars 2015 à partir de 17 heures
Les 16, 17, 18 janvier 2015, de 15 h à 20 h
Cours de dessin tous les lundis de 17 h à 20 h
A son atelier  230, rue Saint-Charles, 75015 Paris. Code d'accès : téléphoner au 06 12 44 50 67
 puis interphone Gorouben, bâtiment B, atelier 25, puis flèches rouges
Les 7 décembre et 8 décembre 2013 de 14 h à 20 h. Vernissage le 6 décembre 2013, à partir de 18 h
Le 7 décembre 2012 à partir de 18 h. Les 8 et 9 décembre 2012 de 14 h à 20 h
Du 13 juin au 15 juin 2014. Vernissage le 13 juin à partir de 18 h.
Vendredi 13 juin à partir de 18 heures, samedi 14 et dimanche 15 juin de 15 heures à 20 heures


Du 9 mars au 1er mai 2017. Vernissage le 8 mars 2017 à partir de 19 h
A la Galerie Treize-dix
13, rue Taylor. 75010 Paris
Tél. : 0787800041
Du mardi au jeudi de 14 h 30 à 19 h 30 et du vendredi au samedi de 14 h 30 à 20 h

Du 5 au 11 décembre 2016. Vernissage le 5 décembre 2016 de 18 h à 22 h.

15 rue Hégésippe Moreau. 75018 Paris

Du 24 septembre au 4 octobre 2014
A la Galerie UNIVER/Colette Colla
 6 cité de l'ameublement. 75011 Paris (angle 31 rue de Montreuil)
Tél. : 01 43 67 00 67
Du mercredi au samedi de 14 h à 19 h. Vernissage le 24 septembre à 18 h 20 en présence de l'artiste

Du 20 septembre au 30 novembre 2014
Au Musée Singer-Polignac
Centre hospitalier Sainte-Anne
1, rue Cabanis - 75014 Paris
Vernissage en présence de l'artiste le 18 septembre 2014 de 18 h à 21 h

Atelier "Le colporteur est un passeur"
Les 16 novembre 2014, 20 novembre 2016 et 21 mai 2017 de 11 h 30 à 13 h 30 et de 15 h 30 à 17 h 30
Les 14 novembre de 19 h 30 à 21 h 30 et 17 novembre 2013 de 15 h 30 à 18 h 30
Les 6 juin 2013 de 19 h à 21h 30 et 9 juin 2013 de 15 h à 17 h 30,  14 octobre 2012 de 15 h à 18 h
Au Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l'Asnier. 75004 Paris
Atelier tous niveaux, 12 participants maximum
Réservation par tél. : 01 53 01 17 25 ou par e-mail : marini.bambi@memorialdelashoah.org

Lithographie. Une aventure d'Anne Gorouben avec le Petit jaunais
Du 27 septembre au 29 décembre 2013
« Corps sublimes, Corps difficile » d'Anne Gorouben
Au Musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun, Indre
Salle des Pleurants, des Mendiants, des Hommes, et Salle des Femmes
Rue de l’Hospice Saint-Roch. 36100 Issoudun
Tél. : 02 54 21 01 76
Du mercredi au vendredi de 14 h à 18 h, samedi et dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.
Vernissage le 27 septembre 2013 à 18 h.

Du 19 juin au 13 juillet 2013
22-24, rue de la Fontaine au Roi. 75011 Paris
Tél. : +33 (0)1 58 30 68 71
Du mardi au samedi, de 14 h à 19 h. Entrée libre
Vernissage le mardi 18 juin 2013, à partir de 18 h.
Du 16 au 23 juillet 2012
Au Colloque « CultureS et autofictionS »
Au Château
50210 Cerisy-la-Salle
Tél : 02 33 46 91 66

Du 14 au 17 juin 2012
Place Saint-Sulpice, 75006 Paris
Jeudi 14 juin de 14 h 00 à 22 h 30, vendredi 15 juin de 11h 30 à 22 h 30, samedi 16 juin de 11h 30 à 22 h 30 dimanche 17 juin 2012 de 11h 30 à 20 h

Visuel d'Anne Gorouben :
Merci de ne pas réveiller le chat qui dort
 Aquarelle sur papier, 2014

« Todesfuge »

Les Anges (dit-on), (publiés chez Siranouche édition)
pastel sec sur papier, 21 x 29,7 cm, 2012-2013

Les lieux de l'enfance,
150 x 90 cm,
Montparnasse 1994-1997

Le colporteur est un passeur
© Mémorial de la Shoah

Vivre ensemble, seul, Calais, 2015
Le Bonheur familial, 2015
Infini, La Rochelle, 1995

Articles sur ce blog concernant :
Cet article avait été publié en une version plus concise par L'Arche. Il a été publié sur ce blog les 14 juin, 7 octobre et 5 décembre 2012, 18 juin, 9 novembre et 4 décembre 2013, 16 février, 10 mars, 12 juin, 16 septembre et 15 novembre 2014, 5 mars et 28 mai 2015, 17 février, 13 mai et 18 novembre 2016, 7 mars, 13 mai et 6 juin 2017. Il a été modifié le 22 mai 2018.