mardi 30 septembre 2014

Anna Stein : peintures & sculptures


La Galerie Couteron  présente l’exposition  de peintures et sculptures d’Anna Stein. Vitrailliste, cette artiste primée crée des œuvres lyriques, souvent lumineuses, figuratives, ou à la limite de l’abstraction, et illustre le mouvement, l'élan, le groupe, la rencontre et l'Eden ainsi que l’élévation. Vernissage le 2 octobre 2014 à partir de 18 heures. Rencontres avec l’artiste les 14 octobre à partir de 18 heures et 6 novembre à partir de 18 heures.
  

« Comme toute œuvre, la peinture d’Anna Stein comporte des racines du passé et la redécouverte des régions et des temps lointains. Ces bribes du subconscient sont en lutte avec l’à peine consciente… Chaque toile est un corps à corps, en même temps qu’un plongeon dans l’inconnu. Mais aussi chaque toile s’ouvre sur un jamais vu, jamais pressentit, jamais ressentie », a déclaré en 1978 le photographe Lucien Hervé  originaire, comme Anna Stein de Hongrie.

Anna Stein est née dans une famille Juive à Budapest en 1936.

 Elle survit à la Shoah et se forme à l’Ecole des Beaux-arts de Budapest (1954-1956), puis à celle de Paris (1957-1962).

A Paris, elle est l’élève des peintres figuratifs Jean Souverbie (1891-1981) et Jean Aujame (1905-1965), section fresque.

Cette artiste primée a exposé en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud.

Ses thèmes : le groupe décliné en couple, l’Eden, l’être humain, son unité et ses dédoublements, la rencontre, les divinités antiques (« Aphrodite »).

C’est une œuvre en mouvement, et du mouvement. Une peinture de l’action et de la pensée, de la réflexion mystérieuse. Et du déséquilibre moteur.

Anna Stein souligne l’élan vital, ce qui nous motive, ce qui nous fait avancer quasi-instinctivement, ce qui nous élève.

Elle affectionne les couleurs lumineuses, les harmonies chromatiques.

« L’univers plastique d’Anna Stein est celui de la métamorphose. Celle de l’histoire, induite par le mythe, et celle de la matière à travers laquelle s’exprime le récit. Il en naît un langage lyrique personnel. Il exorcise son passé mêlé des empreintes des grands modèles du baroque perméable à ses fantasmes et à un imaginaire prêt à réinventer une syntaxe des formes et des couleurs dans un nouvel espace. Monumentalité, équilibre et harmonie sont ses expressions prioritaires… Les architectures se transforment en personnages, le paysage devient anthropomorphe et décline un monde dans lequel la couleur donne vie aux corps en mutation, aspirés par un élan ou chutant dans des mouvements de draperies aux envolées tourbillonnantes qui fragmentent la surface en zones d’ombre et de lumière », analyse Lydia Harambourg, membre correspondant de l’Académie des Beaux-arts.


Du 30 septembre au 8 novembre 2014
16, rue Guénégaud - 75006 Paris
Tél : +33 (0) 143 256 249
Du mardi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous au : +33 (0) 661 866 114
Rencontres avec l’artiste les 14 octobre à partir de 18 heures et 6 novembre à partir de 18 heures
Vernissage le 2 octobre 2014 à partir de 18 heures

Visuels :
Carton d'invitation
Hommage à Mallarmé - bronze - 43 x 16 x 8 cm - xxxx
Flamboyante - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2011

Aphrodite
bronze
60 x 31 x 20 cm - 2004

Histoire d’une famille
Huile sur toile
116 x 89 cm - 2009

Articles sur ce blog concernant :

Romain Gary, des « Racines du ciel » à « La Vie devant soi »

A "l’occasion du centenaire de la naissance de Romain Gary, l’Institut français de Jérusalem (IFJ) Romain Gary accueille l'exposition L’angoisse du roi Salomon de l’artiste israélien Ilan Itach inspiré du roman L’angoisse du roi Salomon, dernier ouvrage publié par l’auteur sous le pseudonyme d’Emile Ajar en 1979. Au travers de 24 encres sur bois, c’est tout l’univers et l’émotion de cette oeuvre que le peintre exprime par des lignes travaillées et des contrastes francs". Le musée des lettres et manuscrits a présenté l'exposition éponyme exceptionnelle au magnifique catalogue. Par 160 documents uniques, divers et rarement exposés, sont évoquées les vies de Romain Gary (1914-1980), Juif né dans le quartier Juif de Wilno ou Vilnius (Lituanie) et naturalisé Français, journaliste, écrivain couronné par deux Prix Goncourt, Compagnon de la Libération, diplomate, réalisateur…


Premier roman La Geste grimaçante (1934) et dernier chapitre de Gros-Câlin (1974) inédits, manuscrits, lettres autographes, correspondances, coupures de presse, photographies, extraits d’entretiens télévisés, éditions successives de ses livres en français et américain…

Trente ans après le suicide de Romain Gary (« brûle » en russe) né Roman Kacew, 160 documents uniques et rarement montrés, la plus importante collection d’écrits de Romain Gary. brossent un portrait de ce romancier distingué exceptionnellement à deux reprises par le Prix Goncourt - en 1956 pour Les Racines du ciel et en 1975 pour La Vie devant soi publié sous le pseudonyme d’Emile Ajar (« braise en russe ») -, journaliste et diplomate, dramaturge et réalisateur (Les oiseaux vont mourir au Pérou), séducteur et mystificateur, sensible et complexe, époux de Jean Seberg et père de leur fils Alexandre Diego, Compagnon de la Libération et héros des Forces aériennes de la France libre (FAFL) resté fidèle au général de Gaulle, Juif yiddishophone aux obsèques célébrées à l’Eglise Saint-Louis des Invalides en 1980.

« Gary veut dire brûle en Russe... C'est un ordre auquel je ne me suis jamais dérobé, ni dans mon œuvre, ni dans ma vie », expliquait Romain Gary.

« L’effort d’être un homme » (Romain Gary)
Roman Kacew est né en 1914 dans une famille juive modeste à Wilno (Vilnius), surnommée la "Jérusalem de Lituanie" alors dominée par la Russie.

Négociant en fourrure, son père est mobilisé en 1914 dans l'armée tsariste, tandis que son épouse Mina Owczynska et leur fils, "ainsi que les juifs de la ville, accusés de collaboration avec les Allemands" sont contraints de se rendre dans le centre de la Russie.
Sans information sur son épouse et Roman, Arieh "s’est uni à une jeune femme dont il a eu un fils et une fille".

En 1921, Roman Kacew et sa mère reviennent à Wilno, situé dans la Pologne.

Le couple se sépare en 1925 et divorce l’année suivante. Romain Gary s’inventera un père acteur, Ivan Mosjoukine.

Sa mère Mina fonde des espoirs élevés en son fils unique adoré : « J’ai été formé par un regard d’amour d’une femme », résumera Romain Gary  ». En 1960, Romain Gary rend un bouleversant hommage à sa mère dans La Promesse de l’aube, une autobiographie romancée : « Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours (…). Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer ». L’exposition montre son chapitre XXII qui ne sera publié qu’en 1980 dans l’édition française définitive, en Folio.

Après avoir vécu à Varsovie (Pologne), Mina et son fils émigrent en 1929 en France où, à Nice, Mina dirige un hôtel la pension Mermonts puis meurt en 1941. Romain Gary se lie d'amitié avec René Agid.
Bachelier, il étudie à l’université d’Aix-en-Provence, puis à Paris où il obtient une licence de droit.

En 1935, il est naturalisé français et ses deux premières nouvelles L’Orage et Une petite femme - sont publiées par Gringoire, hebdomadaire cofondé par Joseph Kessel - futur coauteur des paroles du Chant des partisans sur une musique d'Anna Marly -. Romain Gary dont il refusera toute rémunération quand cette revue deviendra d’extrême-droite, antisémite, fasciste.

Il effectue son service militaire et entre à Salon-de-Provence en novembre 1938. Elève observateur à l'Ecole de l'Air d’Avord, il est breveté mitrailleur le 1er avril 1939. Il est le seul, parmi 300 élèves, à ne pas être nommé officier en raison de « ses origines étrangères ». « Je n'ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines », résumera Romain Gary.

Dès juin 1940, Romain Gary choisit de rejoindre la France libre : « la seule communauté humane physique à laquelle j’ai appartenu à part entière ». « De Gaulle, c'était pour moi la faiblesse qui dit non à la force, c'était l'homme tout seul, dans sa faiblesse absolue, à Londres, disant non aux plus grandes puissances du monde, non à l'écrasement, non à la capitulation. C'était pour moi la situation même de l'homme, la condition même de l'homme, et ce refus de capituler, c'est à peu près la seule dignité à laquelle nous pouvons prétendre », écrit cet écrivain

Il arrive via Gibraltar en Angleterre où il s’engage dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL).

Sous le nom de Gari de Kacew, malgré le typhus qui le contraint à une hospitalisation de six mois, il fait montre d’un grand courage, en Afrique, au Proche-Orient - surveillance côtière en Palestine mandataire avec en particulier l’attaque d’un sous-marin italien – puis en Europe dès août 1942, comme capitaine au sein du groupe de bombardement Lorraine. En 1943, entre deux missions dangereuses, il écrit Education européenne.

Composé de bombardiers Boston, le groupe Lorraine est affecté à des opérations visant principalement à détruire, sous la protection des avions de chasse Spitfire, les sites de lancement des V1. Le 25 janvier 1944, le navigateur Gary parvient, malgré ses blessures à l’abdomen, à guider son pilote Arnaud Langer, touché aux yeux, afin de remplir leur mission et de retourner à leur base.

A partir de mai 1944, il est affecté à l’état-major des FAFL.

Ses multiples actes héroïques au contact de la mort lui valent d’être distingué Compagnon de la Libération (1944) - « La France Libre, c'est la seule communauté humaine physique à laquelle j'ai appartenu à part entière... Je suis toujours et en tout à la disposition de l'Ordre » - et Commandeur de la Légion d’Honneur, parmi d’autres titres prestigieux.

Un écrivain célébré et critiqué
En 1944, démobilisé, Romain Gary embrasse la carrière diplomatique et publie à Londres et en anglais son premier roman Education européenne (Forest of anger), salué par Kessel, Camus, Malraux, Aragon et récompensé par le Prix des Critiques.

Il est nommé secrétaire d’ambassade en Bulgarie et en Suisse, secrétaire de la délégation française auprès des Nations-unies à New-York en 1952 - il publie sous son premier pseudonyme, Fosco Sinibaldi, L’homme à la colombe (1956) dans lequel il se moque de l’action de l’ONU -, à Londres en 1955 et consul général de France à Los Angeles en 1956.

Le Prix Goncourt le récompense en 1956 pour Les racines du ciel porté à l’écran en 1958 dans une réalisation de John Huston et avec Errol Flynn, Juliette Gréco et Orson Welles,

En 1960, Romain Gary se consacre à la littérature.

Divorcé de sa première épouse, la romancière britannique Lesley Blanch, Romain Gary épouse l’actrice américaine Jean Seberg qu’il avait rencontrée en 1959 et dont on voit un poème inédit en français. En 1963, naît leur fils Alexandre Diego.
Jean Seberg s’engage dans le combat pour les droits civiques des Noirs. Un racisme qui inspirera Chien Blanc (1970) de Romain Gary, roman adapté au cinéma par Samuel Fuller.

Le couple divorce. Romain Gary aidera toujours Jean Seberg, qui souffre de troubles psychiatriques et meurt en 1979 dans des circonstances étranges.

Dédaigné par des critiques encensant le nouveau roman, cet écrivain prolifique, talentueux, adulé du public, est l’auteur de romans adaptés au cinéma pour des stars - La Vie devant soi (1977) par Moshé Mizrahi avec Simone Signoret, Clair de femme en 1979, par Costa-Gavras avec Yves Montand et Romy Schneider - et évoquant souvent le combat inégal de personnages contre des puissances :
« Il n'y a pas un roman de moi qui ne soit une histoire d'amour, que ce soit pour une femme ou pour l'humanité, pour une civilisation ou pour la liberté, pour la nature ou pour la vie, ce qui revient du reste au même. Le thème de tous mes livres, en apparence les plus frivoles, comme « Lady L. », c'est la comédie de l'absolu, de l'inspiration, le rêve d'ailleurs ».
Par ce qui s’avère le plus grand scandale littéraire du XXe siècle, par ce pseudonyme flamboyant (Ajar), Romain Gary défie la critique dont il veut souligner les préjugés et qu’il ridiculise et renouvelle sa créativité : Gros-câlin (1974), L’Angoisse du Roi Salomon (1979).

Cette exposition montre l’intime de la création littéraire : ainsi, le manuscrit autographe complet sur quatre cahiers registres noirs du premier jet de La vie devant soi (1975), écrit en une semaine, révèle la puissance de l’inspiration sur l’auteur rayant immédiatement un mot d’une écriture rapide et fluide. Certains manuscrits sont parfois largement modifiés.

Pour déjouer les soupçons des médias et du milieu littéraire, il fait incarner ce pseudonyme par son cousin Paul Pavlowitch. Ce qui ne sera révélé qu’après sa mort.

Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980. Ses obsèques sont célébrées à l’Eglise Saint-Louis des Invalides et ses cendres sont dispersées, selon son vœu, au large de Menton.
« Je me suis bien amusé, au revoir et merci. », indiquait Romain Gary in Vie et mort d’Emile Ajar. On peut ne pas le croire.

Le public de toutes générations, montre la fidélité des lecteurs et la curiosité pour un homme sensible, mû par des valeurs éternelles. L'exposition a donc été prolongée.

Fin 2013, Gros-Câlin de Romain Gary (Emile Ajar) a été à l'affiche du théâtre de l'Œuvre (Paris) dans une mise en scène de Bérangère Bonvoisin. 

A "l’occasion du centenaire de la naissance de Romain Gary, l’Institut français de Jérusalem (IFJ) Romain Gary accueille l'exposition L’angoisse du roi Salomon (2 juin-30 septembre 2014) de l’artiste israélien Ilan Itach inspiré du roman L’angoisse du roi Salomon, dernier ouvrage publié par l’auteur sous le pseudonyme d’Emile Ajar en 1979. Au travers de 24 encres sur bois, c’est tout l’univers et l’émotion de cette oeuvre que le peintre exprime par des lignes travaillées et des contrastes francs".

Jusqu’au 3 avril 2011
222, boulevard Saint-Germain 75007 Paris
Tél. : 01 42 22 48 48
Du mardi au dimanche de 10 h à 19 h, nocturne le jeudi jusqu'à 21 h 30

Pierre Assouline, Paul Audi, Pierre Bayard, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Bernard Fauconnier, Roger Grenier, Nancy Huston, Hervé Le Tellier, Bernard-Henry Lévy, Jean-Marie Rouart, Mireille Sacotte et Tzvetan Todorov, Lectures de Romain Gary. Ed. Gallimard, Le Magazine littéraire et MLM, 2011. 240 pages. ISBN : 9782070132379

Visuels de haut en bas
Couverture du dossier de presse et du catalogue
Romain Gary (1975)
© Jeanloup Sieff/Agence Vu

La Geste grimaçante
« L’étiquette du dossier enfermant ce manuscrit de 1934, roman totalement inédit de Romain Gary, porte cette indication, écrite de la main de l’auteur un an avant son suicide : « Ce manuscrit de mon premier roman ne doit pas être publié. Il peut être ouvert [illisible]. Romain Gary. 16 XII 79 ». Dans ce livre sombre, doté d’une structure solide, le jeune Romain Gary révèle sa maîtrise de la narration et de la psychologie des personnages, ainsi que son talent pour les dialogues.
© Coll. privée/Musée des lettres et manuscrits, Paris

La Promesse de l’aube
« Feuillet dactylographié de l’ouvrage La Promesse de l’aube, numéroté « II », sur lequel figure, en photocopie, la mention manuscrite autographe de Romain Gary ; « Chapitre inédit en français de La Promesse de l’aube ». Gary a corrigé le numéro de chapitre en « XXII ». C’est dans la version anglaise sous le titre Promise at Dawn qu’apparaît ce chapitre, qui ne figure pas dans la version originale française. Ce n’est qu’en 1980, dans la version définitive du livre (Gallimard, collection Folio) que le chapitre sera intégré à l’œuvre ».
© Coll. privée/Musée des lettres et manuscrits, Paris

Clair de femme
« Ensemble regroupant les différentes versions manuscrites du roman de Romain Gary, Clair de femme, paru en 1977. L’analyse des différentes versions montre aussi que Gary semblait avoir dès le début de la rédaction une idée très précise de l’intrigue et des personnages qui devaient figurer dans la version finale. Ainsi, on note finalement peu de différences entre le texte jeté d’une écriture pressée sur les premiers cahiers de brouillon et la version publiée ».
© Coll. privée/Musée des lettres et manuscrits, Paris

Gros-Câlin
« Les 16 premières pages de ce cahier manuscrit de premier jet relatent la rencontre du narrateur et d’une certaine Anna Maria. Il n’est pas question de python mais d’une relation amoureuse et érotique. Ce passage s’interrompt brusquement et Gary reprend au feutre, avec cette indication portée à l’encre orange : « Changer le nom du python à : Gros Câlin » (le reptile s’appelait précédemment Simon). Dès lors, le canevas et les scènes sont en place. Toute la version de premier jet regorge ainsi de passages finalement écartés non par manque d’intérêt mais pour resserrer la structure du roman ». Le livre a été publié par Le Mercure de France dirigé par Simone Gallimard.
© Coll. privée/Musée des lettres et manuscrits, Paris

Romain Gary (1972)
Photo Jacques Robert (mai 1972) /
© Editions Gallimard

Les citations sont extraites du dossier de presse et des sites de l'Orde de la Libération et de la France libre

Arte a diffusé les 12, 23 et 24 septembre 2011 Gary/Ajar, documentaire de Philippe Kohly.

Articles sur ce blog concernant :
Affaire al-Dura/Israël
Aviation/Mode/Sports
Chrétiens
Culture
France
Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)
Cet article a été publié en une version concise dans le n° 633 de février 2011 de L'Arche. Il a été publié sur ce blog les 18 mars et 11 septembre 2011, 15 décembre 2013 et :
- 9 mai 2014 car Arte a diffusé les 9 mai et 21 mai 2014 La vie devant soi de  Didier Ranz ;
- 16 juin 2014. A l'occasion du centenaire de la naissance de Romain Gary né le 15 mai 1914, le MAHJ  a évoqué le 18 juin 2014 Romain Gary ou l'amour impossible ;
- 15 juillet 2014.
 Il a été modifié le 30 septembre 2014.

lundi 29 septembre 2014

« Inch’Allah » d’Anaïs Barbeau-Lavalette


Ciné + Club diffusera le 30 septembre 2014 « Inch’Allah » (2011), film partial franco-canado-israélien d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Une jeune médecin canadienne envoyée dans les territoires disputés, confrontée à un conflit dans lequel elle prend parti pour le côté palestinien. Un film biaisé, diffusant les poncifs antisémites de la propagande palestinienne dont deux blood libels (accusations diffamatoires de meurtres rituels) modernisés.


Hasard ? C’est le lendemain de la fête juive de Pessah et le jour où la Cour d’appel de Paris rendra son arrêt(1) dans l’affaire Charles Enderlin et France 2 contre Philippe Karsenty concernant la controverse « a(l)-Dura » que sort le 3 avril 2013 en France, dans 52 salles de cinéma, ce film.

Le point commun entre ces deux faits ? Un blood libel, c’est-à-dire une accusation infondée et diffamatoire portée à l’encontre des Juifs accusés de tuer des enfants non-juifs pour recueillir leur sang et l’utiliser dans un cadre rituel (fabrication de matsot – galettes - de Pessah).

Différences : dans ce film de fiction, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette présente deux blood libels ! Et dans les images diffusées par France 2 ce 30 septembre 2000, on peine à distinguer le sang sur les « al-Dura ».

Une propagande éhontée
L’intrigue : « Dans la clinique de fortune d’un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, Chloé (Evelyne Brochu), une jeune obstétricienne québécoise, accompagne les femmes enceintes, sous la supervision de Michaël, un médecin d’origine française. Entre les checkpoints et le Mur de séparation, Chloé rencontre la guerre et ceux qui la portent : Rand (Sabrina Ouazani), une patiente pour laquelle Chloé développe une profonde affection ; Faysal (Yousef Sweid), le frère aîné de Rand, résistant passionné ; Safi, le cadet de la famille, enfant brisé par la guerre qui rêve de voler au-delà des frontières ; et Ava (Sivan Levy), jeune militaire, voisine de palier de l’appartement de Chloé en Israël. Cette rencontre entraîne Chloé dans une aventure de l'intime comme du territoire. Une aventure où elle perd ses repères, se déracine, chute. Certains voyages bouleversent et transforment. Certains voyages font voler en éclats toutes certitudes. Pour Chloé, Inch’Allah est de ces voyages-là ».

Dès les premières images, la réalisatrice plonge le spectateur dans le Tiers monde : dépotoir dans lequel des pauvres, notamment des enfants, s’efforcent de récupérer des objets. Et omniprésente : la barrière de sécurité antiterroriste dans sa partie murale.

Dès les premières répliques, le ton est donné : « Ils tirent sur la colonie ! » Et les enfants jouent à simuler être des terroristes. Ceci n’est même pas analysé par la réalisatrice comme le produit d’une éducation  protéiforme de l’Autorité palestinienne à la violence.

Avec perversité, ce long métrage de fiction aligne des stéréotypes forgés par le narratif palestinien, et diffusés comme faits réels par de nombreux reportages et documentaires.

Les clichés : des oiseaux volant dans un ciel azur, l’enfant tentant de percer de ses petites mains le « Mur ». Des symboles lourds. Mais qui fonctionnent toujours auprès du public à l’esprit formaté par la propagande palestinienne distillée par des médias nationaux.

Parmi les pires scènes : l’intervention nocturne des soldats israéliens aux domiciles des Arabes palestiniens, les deux blood libels  - le tank israélien tuant accidentellement un enfant palestinien qui le défiait et le refus de soldats israéliens d’un check-point de laisser passer la voiture d’une Arabe palestinienne enceinte vers l’hôpital, malgré les demandes de la jeune médecin québécoise, cause la mort du bébé. Cette Arabe palestinienne, qui n’a pu donner la vie à son enfant – un garçon – et voit son statut de femme amoindri, se fait sauter dans la terrasse ensoleillée emplie d’Israéliens. Les affiches et aveux vidéos de cette islamikaze sont déjà prêts pour l’édification des masses palestiniennes… Le spectateur éprouve-t-il de l’empathie pour les victimes de cette terroriste ? On peut en douter. Finalement, le film est construit sur une dramaturgie qui vise à justifier cet attentat terroriste palestinien.

La réalisatrice fait ainsi fi de la réalité : les histoires abondent d’aide de soldats et médecins israéliens à des Arabes palestiniennes enceintes, d’aide médicale israélienne gracieuse dans les soins ou la formation des (para)médicaux Arabes palestiniens, dont les Gazaouis. Ainsi, le 7 février 2011, un nouveau-né palestinien, qui souffrait de problèmes respiratoires, a été sauvé grâce à des soldats israéliens. Rappelons l’action de l’association Un cœur pour la paix. qui assure, avec les autorités militaires israéliennes et l’hôpital Hadassah de Jérusalem, des opérations délicates du cœur des enfants palestiniens d’un coût de 12 000 euros pris en charge pour moitié par cet hôpital : une opération du cœur est effectuée par semaine, un patient sur deux est un nouveau né, etc. De même, l'association israélienne Save a Child's Heart  (SACH) coopère avec le Wolfson Medical Center  à Holon (Israël) afin d'effectuer des opérations chirurgicales du cœur d'enfants de toutes origines. Depuis 1995, SACH a opéré plus de 2 400 enfants, dont 49% sont de l'Autorité palestinienne, de Jordanie, d'Iraq et du Maroc.

Des vérités transparaissent cependant : le nombre élevé d’Arabes palestiniennes portant le foulard islamique, l’omniprésence de l’islam – slogans, mosquée, etc. -, l’ingratitude palestinienne à l’égard de la médecin (« Sale chrétienne ! »). Inch’Allah, c’est l’avènement de la « Palestine » telle que figurant dans ce film !?

« Raconter la Palestine à ma façon »
Née en 1979, romancière (Je voudrais qu'on m'efface), réalisatrice arabophone - elle a appris l'arabe à l'université Bir-Zeit à Ramallah - Anaïs Barbeau-Lavalette  est l’auteur du documentaire Si j’avais un chapeau (2005), tourné notamment dans un camp de réfugiés, avec des enfants, et d’un recueil de chroniques Embrasser Yasser Arafat (Éditions Marchand de feuilles).

Anaïs Barbeau-Lavalette a signé en 2010 un appel violent de 500 artistes canadiens soutenant le mouvement international BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) contre l'Etat d'Israël : "Il y a plus de 60 ans commença la Nakba (catastrophe en arabe) des Palestiniens... [Le] déni constant par Israël des droits inaliénables des réfugiés palestiniens de regagner leurs maisons et leurs terres, comme le stipule le droit international, et contre l’occupation et la colonisation qu’impose Israël à la Cisjordanie (Jérusalem compris) et à Gaza, violant aussi le droit international et passant outre de multiples résolutions des Nations Unies... Les Palestiniens subissent un système institutionnalisé de racisme et de ségrégation qui ressemble à l’apartheid sud-africain d’autrefois".

En 2010, elle avait déclaré à Montréal : "Quand on est au cœur de cette guerre, ambiguë comme toutes les guerres, on constate qu’il n’y a malgré tout qu’une victime : le peuple palestinien. Oppressé, occupé, étouffé, à qui il ne reste que l’arme du plus faible : la terreur".

Repérée pour son premier film de fiction, Le ring, elle "écrit alors une fiction dont le personnage principal prépare un attentat-suicide, une réalité qu’elle a vue de près, de très près. "J’ai rencontré des mères de kamikazes. D’ici, ça a l’air monstrueux, inhumain. Mais en vivant là-bas, en voyant l’humiliation quotidienne, je suis arrivée à comprendre cette issue, celle qui consiste à se faire exploser au milieu des vivants ennemis. Sans la cautionner, je la comprends. Pas seulement intellectuellement, mais émotivement, physiquement."

Elle se sent éloignée de cette société arabe palestinienne. Ce qui l’y accroche pourtant, c’est que ce lieu est « privé de cette liberté qui est essentielle à l’être humain. Autant à l’intérieur (celle des femmes) qu’à l’extérieur (du fait de l’occupation) ».

« Le caractère monstrueux d’actes terroristes (qui pourtant ont lieu depuis longtemps et partout ailleurs) est exacerbé, sorti de son contexte, jamais expliqué et toujours associé aux Arabes », déclare Anaïs Barbeau-Lavalette lors de la sortie d'« Inch’Allah » en France en 2013.

Elle a donc voulu dans son deuxième film de fiction  Inch’Allah « redonner un visage humain à un geste inhumain. C’est dérangeant, mais je pense que ça participe à un processus de paix, d’ouverture à l’autre ».

"On ne comprend pas la guerre parce qu’on la détache de la fibre humaine qui la porte. On parle de terrorisme dans les pays arabes. C’est quoi, ce mot-là ? J’aimerais tant comprendre qui est la personne derrière la bombe humaine. Pas pour excuser, mais pour humaniser l’humain, donc le rapprocher de nous... Pour une Québécoise, le monde arabe est confrontant, attrayant, mystérieux. J’ai beaucoup voyagé dans ces pays-là, j’ai appris l’arabe, j’ai habité en Palestine. Un pays prisonnier, dans lequel les femmes ne sont pas libres. Les portes y sont pourtant ouvertes, les gens sont heureux qu’on s’y aventure. Ce con­traste m’a donné de la maturité", déclarait Anaïs Barbeau-Lavalette au magazine féminin québeccois Châtelaine (10 mai 2012).

Tourné en Jordanie, Inch’Allah est souvent filmé comme un documentaire émaillé de gros plans et rythmée par des "scènes coups de poing". Du point de vue d’une jeune médecin canadienne « postée en Palestine ». Mais comme ce docteur soigne des Arabes palestiniens et que son seul contact avec les Israéliens se réduit à une soldate qui critique les checkpoints et à des images brèves de la télévision israélienne sur les victimes d’un attentat palestinien en début de film… Les soldats israéliens sont dépeints comme cruels, insensibles, inhumains. Jamais, la réalisatrice ne dénonce l'instrumentalisation cynique des enfants, "élèves en classes, terroristes dans les rues", soumis à un lavage de cerveaux et à un entrainement militaire leur inculquant la haine d'Israël. Son héroïne ne le voit pas.

Pour ceux qui douteraient du caractère politique du film, le dossier de presse consacre une page aux « femmes palestiniennes, entre résistance et soumission » - « soumises à la Charia », « limitations des libertés publiques » par le Hamas, « violences conjugales et verbales, agressions sexuelles, crimes d’honneur », « résistantes contre l’occupation »  -, et le site Internet du film  présente des cartes erronées et sans perspectives historiques de la région. Pourquoi le film n’illustre-t-il pas ces femmes « prisonnières d’une société archaïque » ? Pourquoi n'évoque-t-il pas les harcèlements sexuels, tentatives de viols, etc. commis par des Arabes palestiniens contre des activistes israéliennes ou étrangères qui soutiennent la Cause palestinienne ? Des agressions sexuelles que des dirigeants des organisations où elles militent minorent, occultent pour ne pas ternir l'image de cette Cause !

Le jeu de Evelyne Brochu s’avère limité à une expression renfrognée, comme celui de Claire Foy, actrice britannique du Serment  (The Promise), série télévisée biaisée de Peter Kosminsky, éclairée de rares sourires tristes, graves. Lassant. C’est surtout une jeune femme ignare de l’Histoire et du droit, dépassée par la situation, enfreignant sciemment les impératifs de neutralité de sa mission, instrumentalisant une soldate israélienne pour permettre à ses amis palestiniens de voir le village quitté par leurs aïeuls, manifestant dans un défilé anti-israélien, mais ne songeant pas à décourager des Arabes palestiniens de commettre un attentat terroriste.

Bien analysé par David OuelletteInch’Allah se situe dans la lignée de Paradise Now, film franco-germano-néerlando-israélien réalisé par Hany Abu-Assad (2005). Même partis pris. Même soin dans le marketing ciblé. L'affiche française laisse une plus grande place aux Arabes palestiniens, dont deux femmes portant le foulard islamique.

Entre Pallywood et ces longs métrages - toujours des fictions haineuses -, le spectateur est aveuglé par des jeux de miroirs teintés.

Sélection officielle Festival International de Toronto 2012 Prix FIPRESCI  - Section Panorama - Festival de Berlin 2013 Prix du Jury œcuménique - Mention spéciale - Festival de Berlin 2013… Les prix  décernés à ce film moins que médiocre révèlent l’appétence de professionnels du cinéma pour ce genre d’histoires diabolisant Israël.

Dans son n° 1250 (11 avril 2013, Actualité juive, hebdomadaire incontournable de la communauté Juive française, salue ce "joli film maitrisé, au rythme apaisé" (sic).

Et Akadem, campus numérique du FSJU (Fonds social juif unifié) en annonce à deux reprises la diffusion au CCLJ dans sa newsletter et dans son site Internet.

Soutenu par le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), établissement public français, ce film bénéficie du partenariat de France-Culture, radio du service public hexagonal. Est-ce surprenant dans le pays dont le fleuron du service public télévisuel, France 2, a diffusé les images controversée sur les « a(l)-Dura » le 30 septembre 2000 ?

Selon les chiffres de CBO-Box office, ce film a enregistré 9 988 entrées en France au terme de cinq jours d'exploitation. Quel écart entre les Prix récoltés dans des festivals et cette fréquentation si faible !

« Inch’Allah »
Scénario et réalisation d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Production : Micro_scope (Canada) et ID Unlimited (France) en association avec July August Productions (Israël)
Distribution : Happiness Distribution
1 h 41, 2011
Avec : Evelyne Brochu, Sabrina Ouazani, Sivan Levy, Yousef Sweid et Carlo Brandt


(1) La Cour d'appel de Paris a anonncé qu'elle rendra son arrêt le 22 mai 2013.


Photos : © P. Lavalette et S. Kakas


A lire sur ce blog :
Affaire al-Dura/Israël
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Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
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Shoah (Holocaust)
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  Cet article a été publié le 3 avril 2013, et modifié le 30 septembre 2014.
Il a été republié le :
- 14 mars 2014. Dans le cadre du Festival A films ouvertsFestival du film pour l'interculturalité et contre le racisme (11-23 mars 2014), ce film a été projeté au Centre communautaire laïc Juif (CCLJ) David Susskind à Bruxelles (Belgique) le 14 mars 2014, à 20 h 30.

« Que la lumière soit ! » de Yoël Benharrouche


La galerie Nuances et lumière a présenté une exposition individuelle d'œuvres récentes – acryliques sur toiles - du peintre Yoël Benharrouche. Cet artiste israélien exprime sa foi dans l’harmonie et le bonheur du couple. Il imprègne son art lyrique, mêlant des influences cubistes à l’art calligraphique à son goût pour les collages, d’une dimension spirituelle juive marquée par la place centrale de Jérusalem. Un de ses tableaux est proposé lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Né en 1961 à Beer-Sheva (Israël), Yoël Benharrouche s’installe avec sa famille à Nice en 1974, et suit les cours à l’Ecole des Beaux-arts jusqu’en 1985. Parallèlement, il étudie les textes bibliques. Il vit en Israël depuis 1993.

Cet artiste peint toujours le mouvement, le déséquilibre comme moteur pour avancer.

Il offre une vision dynamique et douce de la vie. Ses personnages portent des costumes orientaux, aux pantalons bouffants, et sont parés de chevelures ondoyantes. Il les met en scène comme des personnages de spectacles musicaux, jouant de la guitare ou du piano. Le couple composé d’êtres complémentaires vit en fusion (« Le cercle est une forme qui révèle la vie »).

Il affectionne les paysages de cités ensoleillées caractérisées par des maisons aux hautes coupoles (« Ville du ciel sur les trois roues de l’équilibre »).

En 2004, à la Galerie Art Symbol, des influences cubistes sont plus prégnantes (« Le langage du corps ») dans son exposition Parfum de Terre. Certaines œuvres sont bi-ou trichromes, saturées de rouge ou bleu (« Un souffle qui me joue les mélodies de l’espace »).

« Je pense que l’Art en général est la preuve que le lien entre la Terre et le Ciel existe et l’artiste doit parvenir à véhiculer cette pensée spirituelle jusqu’au point de sa cristallisation dans la matière », m’expliquait M. Benharrouche en 2004. Et d’ajouter : « La matière et la terre s’imprègnent de ce ciel. La terre devient alors un corps plein d’âme... »

Si vous vous promeniez sur les Champs-Elysées en 2012, vous pouviez aller à la Galerie Bartoux pour découvrir l'exposition de Yoël Benharrouche, présentant une vingtaine d’œuvres narratives et figuratives.

Le tableau Danse de la vie de Yoël Benharrouche est proposé lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Du 18 novembre au 9 décembre 2013
A la galerie Nuances et lumière
4, cours de la liberté - 69003 Lyon, France
Tel. +33(0) 4 37 48 09 71
Du lundi au samedi de 9 h à 19 h 30. Le dimanche de 14 h 30 à 18 h 30
Vernissage le 24 novembre 2013 de 12 h à 21 h en présence de l'artiste

Jusqu’au 4 novembre 2012
Exposition « Que la lumière soit ! »
A la galerie Bartoux, galerie d’art Elysées
Elysées 26 – 26, avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris
Tél. : 01 42 89 41 21
Du mardi au samedi de 10 h 30 à 20 h, le dimanche de 11 h à 20 h

Visuels :
Contact silencieux de l'amour
100 x 100 cm 

La grande préparation
100 x 80 cm 

L'amour vécu avec Jérusalem
100 x 80 cm 

L'esprit limpide
50 x 60 cm

Danse de la vie
Terragraphie, technique artisanale avec sable
70 x 110 cm

Articles sur ce blog concernant :
 Cet article a été publié par Guysen, puis sur ce blog le 31 octobre 2012, 22 novembre 2013.

dimanche 28 septembre 2014

« Les faussaires de l'histoire » par Michaël Prazan


Dans le cadre du Mois du film documentaire, le Mémorial de la Shoah diffusera le 23 octobre 2014 à 19 h 30 « Les faussaires de l'histoire », documentaire de Michaël Prazan, en présence des réalisateurs et de Henry Rousso, directeur de recherche, IHTP-CNRS (sous réserve).. Un film intéressant, mais lacunaire et « arabiquement », « palestiniennement » et « islamiquement correct ».


 Lors de la projection en avant-première  de ce documentaire au Grand Action le 17 septembre 2014, Michaël Prazan, auteur de documentaires très intéressants "Frères Musulmans : Enquête sur la dernière idéologie totalitaire" - ce film courageux est assorti d'un livre - et de « Ellis Island, une histoire du rêve américain”, et sa co-auteur Valérie Igounet ne cessaient de remercier France 5 : « Une commande de France 5, cela ne se refuse pas », déclarait le réalisateur.

Bien accueilli par le public lors de cette séance, son documentaire  laisse pourtant perplexe : les occultations historiques graves, en particulier sur le négationnisme et le révisionnisme dans le monde arabe, émanent-elles de France 5 ou des deux auteurs ? Pourquoi réaliser un nouveau documentaire sur ces « faussaires de l’histoire », sans mentionner ces révisionnistes et négationnistes de la Shoah, tel l’Arabe « palestinien » Mahmoud Abbas. (Abou Mazen), auteur d'une thèse révisionniste. Le 27 avril 2014, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a déclaré, en anglais et en arabe, et peu après la signature d'un accord avec le Hamas, mouvement terroriste islamiste, et peu avant Yom HaShoah : "Ce qui est arrivé aux juifs durant l’Holocauste est le crime le plus odieux qui soit survenu contre l’humanité pendant l’ère moderne". Certains estiment à tort que cette déclaration serait nouvelle et romprait avec les propos précédents du dirigeant de l'Autorité palestinienne. Or, celui-ci n'a pas nié la Shoah dans sa thèse soutenue en Union soviétique (1982) et dans son livre (1984), il a allégué de manière infondée que les Juifs sionistes auraient été complices des Nazis dans la commission de la Shoah, dont il doute du nombre de victimes Juives. Et l'Autorité palestinienne persiste à diffuser des émissions négationnistes, à nier  dans ses manuels scolaires la Shoah et à refuser d'évoquer l'alliance et la complicité entre le grand mufti de Jérusalem al-Husseini et Hitler dans la Solution finale. En 2000, Autopsie d’un mensonge , documentaire de Jacques Tarnero évoquait ce révisionnisme de l’Autorité palestinienne.

Bien sûr, le documentaire insiste le négationnisme de dirigeants iraniens, dont l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Alors pourquoi occulter celui de leurs homologues arabes ou turcs ?

Histoire du négationnisme en Occident
Alternant des archives “méconnues et souvent inédites” et des interviews d’historiens – Henry Rousso, Annette Wieviorka -, du journaliste Yvan Levaï, de Robert Badinter, de la réalisatrice Juive française et ancienne déportée Marceline Loridan, et de l’expert Jean-Yves Camus, le documentaire “Les Faussaires de l’Histoire” retrace “l’histoire du discours négationniste en France et de sa diffusion”.

Sur cette “escroquerie intellectuelle et antisémite”, Michaël Prazan en souligne “l’apparition dans l’immédiat après-guerre chez les nostalgiques du nazisme et de la collaboration”. L’extrême-droite recourt au révisionnisme pour pouvoir diffuser un discours antisémite et nationaliste.

“Dans les années 70, sous l’influence d’une extrême-gauche « antisioniste », le négationnisme subit une certaine réorientation, qui s’étend ensuite jusqu’à la fin des années 90 vers le monde arabo-musulman, portée par la star déchue du parti communiste Roger Garaudy” converti à l’islam.

En 1987, l’historien Henry Rousso forge le terme « négationnisme » car il trouve le vocable « négationniste » connoté positivement et à l’application trop large.

Le documentaire “décortique pour mieux le comprendre et le conjurer le discours de haine qui se dissimule derrière les masques de l’historicité et du militantisme politique”.

Il recèle des perles. L’aveu du journaliste Ivan Levaï qui interviewant dans les années 1970 Robert Faurisson pour prouver l’absence de fondement de ses allégations négationnistes, reconnait avoir échoué : le révisionniste lui a volé son émission. L’extrait du procès filmé au cours duquel Robert Badinter, ténor du barreau, stigmatise avec émotion et fermeté ces “faussaires de l’histoire”. L’historien Pierre Vidal-Naquet expliquant à Bernard Pivot son refus catégorique de dialoguer avec les révisionnistes : « Leur donner la parole, c’est leur donner la seule chose qu’ils réclament » et c’est aussi légitimer leur discours. La publication en 1978 d’un article négationniste de Faurisson, maître de conférences à l'université de Lyon-II édité par Jean-Jacques Pauvert et Gallimard, admirateur de Céline et Lautréamont, par Le Monde  et Le Matin de Paris. La scène au cours de laquelle Dieudonné fait remettre au Zénith  de Paris le Prix de l’infréquentabilité et de l'insolence à Faurisson par un régisseur vêtu d’un pyjama en tissu Vichy  arborant l'étoile jaune.

« Discours de haine »
Ce documentaire révèle le dédain et l’incompétence d’historiens à l’égard des aspects techniques de la Shoah. Il élude certains thèmes - pourquoi les universités Lyon II et Lyon III ont-elles été des foyers de révisionnisme ? - et certaines contradictions.

Robert Badinter estime, avec raison, que le révisionnisme ou le négationnisme sont des formes d’antisémitisme, mais il s’oppose à la loi Gayssot  (1990) qualifiée à tort de loi mémorielle. Or, Jean-Claude Gayssot, député communiste, avait élaboré sa proposition de loi afin de sanctionner l’antisémitisme sous ses habits négationnistes et révisionnistes, et il ne considère pas sa loi comme une loi mémorielle.

Directeur musée d’Auschwitz, Piotr Cywinski directeur du Musée d'Auschwitz, rappelle que les preuves des chambres à gaz abondent dans les camps nazis, dont Sobibor. Mais il a tort : le négationnisme n’a pas quitté l’Europe, il s’exprime par des élèves souvent issus de l’immigration musulmane dans des établissements scolaires français ou britanniques. Les révisionnistes sont parmi nous : cette « rue musulmane » et ses alliés déclinent le révisionnisme en slogans, banderoles et pancartes en arpentant les artères des villes occidentales pour assimiler à tort Gaza à Auschwitz. En outre, il est inutile de se culpabiliser. Le révisionnisme n’a pas besoin de terreau dans le monde arabe, turc ou iranien. Il est largement représenté dans les stands des Salons du livre de ces sphères.

Des questions demeurent notamment sur le rôle de l’Union soviétique : Abbas y a soutenu sa thèse. Le révisionnisme et le négationnisme servent-ils à miner la légitimité d’Israël?

Sont-ils des instruments visant à dissimuler l’alliance avec les nazis de dirigeants du monde musulman, dont al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et mentor d’Arafat, et à disculper ces dirigeants de leur rôle meurtrier dans la Shoah ?

Et qui finance ces revues, livres et librairie révisionnistes ?


« Les faussaires de l'histoire » par Michaël Prazan
Co-écrit avec Valérie Igounet
Montage : Yvan Gaillard
Musique originale : Stephan Haeri
Production : Vincent Gazaigne. Talweg / CNRS Images, avec la participation de France Télévisions, TV5 Monde et avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, de la PROCIREP – Société des Producteurs, de l'ANGOA et du Centre national du cinéma et de l’image animée
2014
Ce film existe en deux versions : 62’ et 52’
Sur France 5 le 28 septembre 2014 à 22 h 25

Le 23 octobre 2014 à 19 h 30 
Au Memorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier. 75004 Paris
En présence des réalisateurs et de Henry Rousso, directeur de recherche, IHTP-CNRS (sous réserve).

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