vendredi 22 mai 2015

Poussin et Moïse, histoires tissées



Après la Villa Médicis (Rome) et la Galerie des Beaux-arts de Bordeaux, la Galerie des Gobelins a présenté l’exposition éponyme accompagnée d’un superbe catalogue. Résultant d’une commande royale en 1683, la tenture complète restaurée est composée de dix tapisseries sur Moïse, tissées et inspirées de neuf tableaux de Nicolas Poussin (1594-1665) et de deux peintures de Charles Le Brun (1619-1690). Elles évoquent des scènes majeures de la vie de Moïse, prophète du peuple hébreu, de son enfance jusqu’à la manne et le veau d’or dans le désert, via le passage de la mer Rouge par les Hébreux fuyant l’Egypte de Pharaon. Des épisodes de la Bible forts en symboles : liberté, iconoclasme, respect par les Juifs des commandements divins, etc. Article republié à l'approche de la fête juive de Chavouot (23 mai au soir-25 mai 2015, 6 et 7 Sivan 5775) qui rappelle le don oral de la Torah, sur le mont Sinaï, au peuple Juif. 

C’est une exposition exceptionnelle. Pour la première fois à Bordeaux ont été présentées ensemble ces dix tapisseries en laine et soie rehaussées d’or et restaurées de L’histoire de Moïse, un sujet souvent présenté dans l’iconographie chrétienne, et provenant de musée prestigieux. L’exposition a été reconnue d'intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication.

Une tenture commandée
A la mort de Jean-Baptiste Colbert en septembre 1683, le nouveau surintendant des Bâtiments du Roi, François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, imprime « une orientation stylistique et iconographique différente à la manufacture des Gobelins en abandonnant le tissage des célèbres tentures de Charles Le Brun (Alexandre, Histoire du Roi) ».

Dès 1683, les ateliers royaux initient « une nouvelle tenture composée de dix tapisseries » sur l’histoire de Moïse à partir de huit, ou neuf selon Arnauld Brejon de Lavergnée, tableaux de Nicolas Poussin mort près de 20 ans auparavant et alors considéré comme le plus grand peintre français, et de deux de Le Brun, Premier peintre du Roi.

Le commanditaire ? Un ministre ou le directeur de la Manufacture royale des Gobelins.

Cette tenture « magnifiait certes l’œuvre du maître, mort à Rome en 1665, mais elle témoignait aussi de la richesse du Cabinet du Roi, qui avait acquis deux peintures au cardinal Massimo en 1683, de la suprématie des Anciens et des Modernes, et de celle de l’école française sur sa consœur italienne ».

Scénographie chronologique
Grâce au prêt du Mobilier national, la galerie des Beaux-arts de Bordeaux a rassemblé les dix tapisseries de cette prestigieuse commande et permis ainsi au public de « redécouvrir un cycle essentiel de l’histoire du goût ainsi que de l’histoire de l’art français du XVIIe siècle ».

L’exposition a présenté aussi des tableaux de Poussin, un carton de tapisserie, des dessins et des gravures prêtés par de grandes institutions nationales et qui aidaient à comprendre la genèse, la réception et la diffusion de cette commande ainsi que l’œuvre de Poussin considéré par les artistes français comme l’égal de Raphaël.

Pour la première fois en France, a été montrée la tenture complète, restaurée par les ateliers du Mobilier national, de L’Histoire de Moïse d’après Nicolas Poussin (1594-1665) et Charles Le Brun (1619-1690).

Les dix pièces occupaient les deux principaux niveaux de la galerie suivant l’ordre chronologique de la Bible et des Antiquités judaïques de Flavius Josèphe.

A l’entrée de l’exposition, un ensemble de gravures, l’autoportrait de Poussin et un portrait de l’artiste par Jean Pesne, celui de Louvois par Robert Nanteuil et celui de Charles Le Brun par Gérard Edelinck rappelaient au visiteur « le rôle des deux peintres et du ministre dans la création ou la commande de la tenture royale ». Elles étaient accompagnées du plan manuscrit de la manufacture royale des Gobelins levé en 1691 par Sébastien Leclerc et conservé aux Archives nationales de France.

Au rez-de-chaussée, l’enfance de Moïse et l’épisode du buisson ardent.

A l’étage, les principaux thèmes de l’Exode.

Le prêt exceptionnel par le Louvre de trois peintures de Poussin qui ont servi de modèles aux ateliers des Gobelins, ainsi que de quatre dessins préparatoires à des tableaux consacrés à Moïse « permet une meilleure compréhension de la commande royale tandis que le carton de L’Adoration du veau d’or, récemment restauré, témoigne du processus de transposition avant le tissage ».

Au sous-sol, « la fortune critique des œuvres de Poussin consacrées au prophète hébreu » est illustrée par douze gravures provenant essentiellement du département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France (BNF), de peintures des musées des Beaux-arts de Tours et Bordeaux ainsi que d’une tapisserie tissée par la manufacture d’Aubusson d’après L’Adoration du veau d’or – sa destruction n’est pas illustrée - et de « deux entre-fenêtres tissées par les Gobelins appartenant au musée national du château de Pau et dont l’une montre la composition inversée du fait du tissage en basse-lisse ».

Poussin s’est inspiré d’œuvres antiques et de Raphaël. Les tapisseries d’après ce peintre sont : Moïse exposé sur les eaux, Moïse sauvé des eaux, Moïse enfant foulant aux pieds, la couronne de Pharaon, Moïse changeant en serpent la verge d’Aaron, Le Passage de la mer Rouge, La Manne dans le désert, Le Frappement du rocher, L’Adoration du veau d’or. Celles d’après Charles Le Brun : Le Buisson ardent et le Serpent d’airain.

Ce passage du peint au tissé s’accompagne par un changement de dimension : des petits formats peints aux grands formats tissés (4 m sur 6 m environ). Les cadrages des deux peintres sont en général respectés. Parfois deux personnages (Moïse enfant foulant la couronne) ou des plantes (La Manne) sont ajoutés dans la tapisserie.


Sous la direction de Marc Bayard, Arnauld Brejon de Lavergnée et Éric de Chassey, Poussin et Moïse. Du dessin à latapisserie. Drago, 2011. 2 volumes. 228 pages. 50 €. ISBN : 9788888493800.

Du 22 mai au 16 décembre 2012
42, avenue des Gobelins, 75013 Paris
Tél. : 01 44 08 53 49
Du mardi au dimanche de 11 h à 18 h
Jusqu’au 26 septembre 2011
Place du Colonel Raynal, 33000 Bordeaux
Tél. : 05 56 96 51 60
Du mercredi au lundi de 11 h à 18 h

Visuels de haut en bas :
Nicolas Poussin
Moïse sauvé des eaux, 1647
Paris, musée du Louvre.
Sébastien Le Clerc

Colbert de Villacert visitant les Gobelins.
Gravure.
Collection du Mobilier national, cliché du Mobilier national
© Ph. Sébert

Moïse sauvé des eaux
360 x 511 cm.
Tapisserie.
Collection du Mobilier national, cliché du Mobilier national
© Ph. Sébert

Moïse changeant en serpent la verge d’Aaron.
360 x 465 cm
Tapisserie
Collection du Mobilier national, cliché du Mobilier national
© I. Bideau

Le Buisson ardent.
365 x 210 cm
Tapisserie.
Collection du Mobilier national, cliché du Mobilier national
© Ph. Sébert

Le Veau d’or
361 x 505 cm
Tapisserie.
Collection du Mobilier national, cliché du Mobilier national
© L. Perquis

Moïse frappant le rocher.
363 X 520 cm.
Tapisserie.
Collection du Mobilier national, cliché du Mobilier national
© L. Perquis

A lire sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 5 septembre 2011. Il a été republié le :
- 6 avril 2012, à l'approche de Pessah (Pâque juive) qui commémore la sortie d'Egypte ancienne des Hébreux où ils y étaient tenus en esclavage. Cette fête juive est aussi appelée fête de la liberté.
- 25 mai 2012, à l'approche de la fête juive de Chavouot qui rappelle le don de la Torah, sur le mont Sinaï, au peuple Juif ;
- 4 octobre 2012 à l'approche de la diffusion, les 8, 14 et 20 octobre 2012, sur la chaine Histoire d'un documentaire sur Poussin ;
- 15 décembre 2012 ;
- 12 avril, 6 août et 11 décembre 2013, 18 avril et 15 août 2014 à l'approche de la diffusion par Histoire, les 13 avril et 1er mai 2013, les 6 et 13 août 2013, les 14 et 15 décembre 2013, les 19 et 25 avril, 16 août  2014 de l'émission Palettes, consacrée à Poussin, notamment quatre œuvres picturales sur les quatre saisons inspirées de la Bible. "Au cours de ses dernières années à Rome, Nicolas Poussin exécute pour le duc de Richelieu quatre tableaux évoquant les saisons. Considérée comme le testament pictural du peintre, cette série est l'aboutissement d'un art techniquement maîtrisé, véritable synthèse de tous les éléments du style tardif de l'artiste, mais où pointent les symptômes de l'âge et de la maladie, visibles dans la touche tremblée et minuscule. Fidèle au chromatisme des Vénitiens, Poussin module des jeux de couleur surprenants, en rapport étroit avec le sens de chaque tableau. " Les Quatre Saisons ", c'est aussi les quatre phases de la Rédemption, les quatre parties de la journée, les quatre âges de l'histoire des hommes et surtout quatre épisodes de la Bible. Les différentes interprétations thématiques de cette suite révèlent une étroite synthèse entre le récit biblique et la mythologie classique. Mais Poussin résume tout son savoir de peintre et laisse éclater une sorte de panthéisme virgilien";
- 13 mai 2013 à l'approche de la fête juive de Chavouot qui rappelle le don de la Torah, sur le mont Sinaï, au peuple Juif et de la diffusion sur Histoire de ce documentaire le 19 mai 2013 ;
- 25 décembre 2013. France 3 a diffusé à 13 h 55 Les Dix Commandements, de Cecil B. DeMille avec Charlton Heston et Yul Brynner ;
- 3 juin 2014. La fête juive de Chavouot (3 juin au soir au 5 juin 2014 au soir, du 5 au 7 Sivan 5774) célèbre le don de la Torah sur le mont Sinaï et le début de la saison de la moisson du blé ;
- 3 avril 2015. Article republié en cette veille de Pessah 5775 (14-22 Nissan) : "Le mois de Nissan est le mois de la naissance du peuple d’Israël. C’est pourquoi selon les maîtres de la Michna, le premier Nissan - le jour où D.ieu annonça à Moïse et Aaron la libération prochaine des Hébreux – est considéré comme un Roch Hachana « tête de l’année ». Ainsi au Roch Hachana de Tichri qui rappelle la naissance d’Adam et Eve, couple géniteur de l’humanité, s’ajoute ce Roch Hachana de notre naissance, sans pour autant remettre les compteurs de l’Histoire à zéro. Car la vocation Juive n’a de signification qu’au cœur de l’humanité même. Si la sortie d’Avram (futur Abraham) de Ur en Chaldée marque le début de l’identité d’Israël au niveau individuel, la sortie d’Égypte marque la naissance de tout un peuple. Et c’est parce que D.ieu nous a libéré « d’une main forte et d’un bras étendu » que nous sommes devenus Son peuple, appelé à respecter la Torah et les mitsvot, qui constituent notre sagesse aux yeux des nations. Comme l’enseigne le Midrach, « le Saint, béni soit-Il, n’a pas libéré Israël durant l’hiver glacial ou durant les chaleurs étouffantes de l’été». Il a choisi le mois du printemps, ‘hodech haaviv. Durant ce mois la nature se réveille de sa léthargie, et Israël, par sa vocation spirituelle, devient printemps et espérance du monde".

« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein

  
La chaîne franco-allemande Arte a diffusé le documentaire intéressant La croix gammée et le turban, La tentation nazie du grand mufti (Turban und Hakenkreuz, Der Großmufti und die Nazis), documentaire de Heinrich Billstein. Un film centré sur le grand mufti de Jérusalem Haj Mohammad Amin al-Husseini (1897-1974) et abordant un sujet tabou, méconnu : les alliances, fondées sur des affinités idéologiques et l'antisémitisme, entre cet important dirigeant musulman et ses homologues nazis avant - première rencontre avec Hitler le 28 novembre 1941, à Berlin - et pendant la Seconde Guerre mondiale. Lors de la fête de Chavouot en 1941 a éclaté le Farhud, pogrom contre les Juifs à Bagdad, scellé par l'alliance entre les Nazis et les Arabes musulmans, notamment le grand mufti de Jérusalem al Husseini qui s'était installé dans l'Irak pro-nazi, et qui a contribué à l'exode des Juifs irakiens de leur terre natale où ils vivaient généralement depuis des siècles.


Ce documentaire s’ouvre sur des images d’actualités allemandes de 1941 : la rencontre souriante  entre le führer Adolf Hitler et le grand-mufti Mohammad Amin al-Husseini, « grand représentant du nationalisme arabe. En Palestine, il est juge suprême et grand argentier. Son nationalisme lui vaut la haine des Britanniques qui ont mis sa tête à prix pour 25 000 livres ».

Hitler déclare alors à al-Husseini qu'après la victoire du IIIe Reich contre l'Angleterre et l'URSS, l'Allemagne visera la destruction des Juifs vivant dans «  la sphère arabe sous la protection britannique » et al-Husseini déclenchera des «  opérations arabes qu’il aura secrètement préparées ».

L’antisémitisme du « glaive de l’islam »
Surnommé « le glaive de l’islam », Mohamed Amin al-Husseini est né en 1895 dans une famille influente de Jérusalem. Pendant la Première Guerre mondiale, il combat jusqu'en 1917 aux côtés des Ottomans alliés à l'empire allemand.

A 23 ans, « opposé à l’immigration juive, politicien ambitieux et brillant orateur », Mohamed Amin al-Husseini « s’impose comme un des leaders du nationalisme arabe ». Ajoutons qu'il milite alors, et jusqu'en 1920, année du début du mandat de la France sur la Syrie, pour le rattachement de la "Palestine" à la Syrie. Ainsi, dans la photographie ci-contre, les Arabes de la Palestine mandataire défilent à Jérusalem en mars 1920 contre l'immigration juive et pour le "pansyrianisme" : la "Palestine" est alors présentée tactiquement comme une province méridionale de la Syrie. Et ce, afin de lutter contre le sionisme.

En 1921, les Britanniques « le nomment grand mufti de Jérusalem malgré son jeune âge, 24 ans, et sa formation théologique plutôt rudimentaire. Il porte également le turban des théologiens et juristes... De quoi faire honneur à une famille qui revendique une descendance directe du prophète Mahomet ». Mohamed Amin al-Husseini nomme ses affidés aux postes clés.

En 1931, il organise le congrès mondial islamique. « A partir de là, la question palestinienne devient la cause de tous les Arabes et de tous les musulmans ».

Mohamed Amin al-Husseini « était très violent, cruel et impitoyable. Il a tué tous ses rivaux au sein de la société palestinienne. Il considérait toute opinion différente de la sienne comme une trahison et y répondait par la violence », se souvient Uri Avnery, membre de l’Irgoun.

Mohamed Amin al-Husseini « rêve de diriger une grande Arabie et une Palestine débarrassée des juifs ». Né à Jérusalem en 1918, émissaire de l’Agence juive, Aharon Cohen l’a vu « de loin à la mosquée. Il incitait ouvertement à la haine contre les juifs… Il avait un grand charisme ».

Le terme « tentation » est inadéquat. Il s’agit d’une alliance précoce : fin mars 1933, le grand mufti affirme au consul d’Allemagne en Palestine sous mandat britannique que « les musulmans approuvent le nouveau régime. Il souligne la nécessité de combattre l’influence néfaste des juifs dans l’économie et la politique ». Rappelons que le 30 janvier 1933 Adolf Hitler est devenu chancelier d'Allemagne.

Ses affinités avec le nazisme sont profondes, et non pragmatiques, non motivées par un ennemi commun : « l’ennemi nazi de mon ennemi britannique est mon ami ». Elles sont cimentées par l’antisémitisme : dès avril 1933, le grand mufti demande à l’Allemagne « de ne plus envoyer ses Juifs en Palestine ». Il souhaite « bâtir une alliance durable ».

Il déclare : "Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité des armes, dans la prééminence du chef, dans l’idéal de l’ordre".

Il obtient « le soutien notamment financier des SS », en particulier pour la grande insurrection de 1936. Des relations secrètes se poursuivent.

Une participation active et protéiforme à la guerre et à la Shoah
« Il faisait des discours incendiaires pour éveiller les consciences : ‘Nous risquons de perdre la mosquée al-Aqsa et les lieux sacrés de l’islam' », déclare Nasr ad-Din an-Nashashibi, écrivain.

« Face à tant de haine, la vie devenait très difficile pour nous », précise Aharon Cohen.

A Jérusalem « et dans d’autres villes, les Juifs fuient leur maison pour avoir la vie sauve… Certains émeutiers arabes portent la croix gammée ».

En octobre 1937, recherché par les Britanniques en raison de l’assassinat d’un haut responsable britannique, le grand mufti fuit au Liban. Il continue à « orchestrer les émeutes ».

Fin 1940, quand les avions italiens et allemands bombardent les positions britanniques, tel le « port de Haïfa où débouche l’oléoduc acheminant le pétrole irakien », le grand mufti ne s’en émeut pas. « Au contraire, il va conseiller aux Allemands de bombarder Jérusalem… »

Il se trouve alors en Iraq, où il fomente un putsch pronazi, et propose « un soutien de guerre actif » à Hitler dès janvier 1941.

David Ben David, volontaire dans l’armée britannique, soldat de la Brigade juive, s’est engagé en mai 1941 « parce que les Nazis persécutaient nos familles en Europe et qu’il fallait que quelqu’un s’oppose à ces criminels, alors que les Allemands étaient à l’apogée de leur pouvoir. Seuls les Britanniques combattaient alors les Nazis… Les Arabes aiguisaient déjà leurs couteaux pour égorger les juifs avec l’aide des Allemands, des nazis. C’était vraiment la panique ». En 1942, le Yichouv, ensemble des Juifs vivant en Palestine mandataire, est menacé au Sud par les chars de Rommel, à l’Ouest par les Allemands qui occupent la Grèce et la Crète, et à l’Est par des troupes allemandes du Caucase qui se dirigent vers Jérusalem, via l’Iraq.

La bataille de Stalingrad (17 juillet 1942-2 février 1943) et l’offensive du général Montgomery à al-Alamein (1942) marquent des défaites capitales du IIIe Reich.

Parrain de l’Institut central islamique de Berlin, le grand mufti voit son utilité croître pour les Nazis. Il « prêche la guerre sainte contre les juifs à la radio allemande. Il promeut sans relâche le régime nazi auprès des musulmans non arabes et tente de convaincre Indiens, Ouighours, Caucasiens Tatars de Crimée à s’engager au côté des Allemands… Il se fait grassement payer chaque service rendu par le ministère des Affaires étrangères et la SS... Ses prêches enflammés dans l’unique mosquée de Berlin mêlent habilement antisémitisme religieux et racisme, mettant ainsi l’islam au service de ses ambitions politiques… La plupart des musulmans allemands adhèrent » à son discours. Ajoutons le grand écho de la propagande nazie en Arabe écoutée avec attention par les auditeurs Arabes réunis à cet effet dans les cafés de la Palestine mandataire.

Dans ses émissions radiophoniques à Berlin, al-Husseini incite "à tuer les Juifs où qu'ils se trouvent. C'est la volonté de Dieu". 

Début 1942, Adolf Eichmann lui révèle la Solution finale. Impressionné, le grand mufti envoie à l’été 1942 une délégation visiter le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen. En 1943, son ami Heinrich Himmler, chef des SS, l’informe : « A ce jour, nous avons exterminé environ trois millions » de Juifs. Le grand mufti exhorte les autorités de Hongrie, Bulgarie et Roumanie à inclure les enfants Juifs dans la Solution finale. Et l'obtient.

Il « participe à la création de la division SS Handschar, appelée ainsi en référence à une épée orientale. A cette occasion, les nazis inventent le néologisme de "musulgermain". L’unité comptera jusqu’à 20 000 hommes ». Al-Husseini est chargé de la formation culturelle et philosophique de ces soldats qui jurent d’obéir jusqu’à la mort à Hitler et de « rapprocher le monde germain et le monde arabe. Himmler lui accorde mollahs et imams pour encadrer les troupes ». Il les choisit et les forme dans une école particulière.

Le 2 novembre 1943, al-Hussein harangue des milliers de manifestants musulmans à Berlin, en les exhortant à "expulser les Juifs des pays arabes".

Il projetait de construire secrètement des camps d'extermination pour tuer les Juifs dans les pays Arabes et en Palestine mandataire, notamment près de Sichem (Naplouse).

A bord d’un avion allemand, il gagne la Suisse qui le remet à la France. Craignant que la France lui permette de fuir le tribunal de Nuremberg, un groupe de soldats Juifs songe à le tuer. Mais la crainte de violences contre les Juifs vivant dans des pays majoritairement musulmans les dissuade d’agir.

En mai 1946, le grand mufti fuit la France et se rend au Caire (Egypte) sous une fausse identité.

Il est refoulé par les Britanniques de la Palestine mandataire.

En 1947, le grand-mufti Mohammad Amin al-Husseini refuse la partition onusienne de cette Palestine sous mandat britannique - un Etat Juif, un Etat Arabe et une zone internationale (corpus separatum) incluant Jérusalem - et il rallie les armées arabes pour lutter contre l’Etat d’Israël renaissant.

Avant l’ouverture du procès Eichmann, installé à Beyrouth, il nie toute responsabilité dans la Shoah. Il prétend même n’avoir jamais rencontré l’organisateur principal de la Solution finale.

Etonnantes carences informatives
C'est exceptionnel que la télévision française diffuse en prime time un documentaire historique sur « le grand mufti de Hitler ».

Se fondant sur des « biographies récentes », le réalisateur présente des archives rarement vues, voire inédites, et a choisi d’interroger des témoins ou acteurs. Certes, leurs interviews sont intéressantes et révélatrices : dans son intérieur cossu décoré de la photo de son père, Amina al-Husseini, la fille du grand mufti, n’émet aucune critique. Nasr ad-Din an-Nashashibi, écrivain, déplore ce « triste jour », la défaite du maréchal Rommel. Fuad Mujakić, imam de la division Handschar, rappelle : « Pour tenter de rassurer mes camarades, je leur expliquais que… tout musulman qui perdait la vie au combat pour l’islam serait un shahid, un martyr. Ils savaient ce que cela signifiait ».

Cependant, l’absence de contrepoints par des historiens manque à ce documentaire. Certains chiffres auraient mérité d'être cités : par exemple, plus de 100 000 musulmans européens ont combattu pour l’Allemagne nazie, dont dans une division SS en Bosnie.

Et que d’oublis !

Rien sur les pogroms commis à l'instigation d'al-Husseini : massacres de 67 Juifs et pillages des maisons juives et synagogues à Hébron le 24 août 1929, à Safed,  à Jérusalem, etc. Dans Le juif errant est arrivé, Albert Londres  décrit la barbarie des assassins à Hébron ce 24 août 1929 : "Ils coupèrent les mains, ils coupèrent les doigts, ils maintinrent des têtes au-dessus d'un réchaud, ils pratiquèrent l'énucléation des yeux. (...) Sur les genoux de Mme Sokolov, on assit tour à tour six étudiants de la Yeshivah [école religieuse juive] et, elle vivante, on les égorgea. On mutila les hommes. Les filles de treize ans, les mères et les grands-mères, on les bouscula dans le sang et on les viola en chœur".

Le grand mufti al-Husseini joua un rôle dans le farhud, pogrom les 1er-2 juin 1941, à Bagdad (Iraq) : 175 Juifs tués, mille Juifs blessés, 900 maisons juives détruites, des biens Juifs pillés, etc.

Rien sur l’origine de la fortune personnelle – or et dollars – du grand mufti placée pendant la Deuxième Guerre mondiale dans des banques suisses : l’argent de Juifs spoliés.

Rien sur le rôle de la France qui évita son extradition et lui permit de s'évader pour fuir en Egypte en 1946.

Rien sur ses relations avec les Frères musulmans, mouvement islamiste fondé en 1928 par Hassan El Bana, dont l'un des petits-enfants est Tariq Ramadan, et aux nombreuses ramifications, dont le Hamas.

Rien sur les nazis promus après guerre conseillers de dirigeants arabes dont le grand mufti était proche. Citons notamment Nasser.

Rien sur les liens entre nazisme et islamisme.

Rien sur le négationnisme et le révisionnisme virulents dans le monde musulman, notamment dans l’Autorité palestinienne (AP) dirigé par Mahmoud Abbas (Abou Mazen), auteur d'une thèse révisionniste. Le 27 avril 2014, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a déclaré, en anglais et en arabe, et peu après la signature d'un accord avec le Hamasmouvement terroriste islamiste, et peu avant Yom HaShoah : "Ce qui est arrivé aux juifs durant l’Holocauste est le crime le plus odieux qui soit survenu contre l’humanité pendant l’ère moderne". Certains estiment à tort que cette déclaration serait nouvelle et romprait avec les propos précédents du dirigeant de l'Autorité palestinienne. Or, celui-ci n'a pas nié la Shoah dans sa thèse soutenue en Union soviétique (1982) et dans son livre (1984), il a allégué de manière infondée que les Juifs sionistes ont été complices des Nazis dans la commission de la Shoah, dont il doute du nombre de victimes Juives. Et l'Autorité palestinienne persiste à diffuser des émissions négationnistes, à nier dans ses manuels scolaires la Shoah et à refuser d'évoquer l'alliance et la complicité entre le grand mufti de Jérusalem al-Husseini et Hitler dans la Solution finale.

Aucune interview de Leila Shahid, petite-nièce du grand mufti, ancienne représentante de l’AP en France et actuelle représentante de l’AP auprès de l’Union européenne (UE).

Rien sur le rôle du grand mufti dans la création de l'OLP (Organisation de la libération de la Palestine) dont le but est la destruction de l'Etat Juif et longtemps dirigée par Arafat dont il fut le mentor...

De plus, ce documentaire use parfois d’une terminologie partiale : « esplanade des mosquées » au lieu de ou avec « mont du Temple », « Jérusalem, 1917, la Palestine est sous domination ottomane » - ce qui suggère à tort que la Palestine a existé comme Etat (souverain) - au lieu de « Jérusalem, 1917, Eretz Israël est sous domination ottomane », ou « à partir de 1933, la situation s’envenime avec l’arrivée massive de juifs allemands fuyant les Nazis » au lieu « de nombreux Arabes de la Palestine mandataire refusent l'arrivée massive de juifs allemands fuyant les Nazis », etc.

Par ailleurs, ce film véhicule le mythe « islamiquement correct » et dangereux de la « coexistence pacifique sous la férule musulmane ».

Enfin, on peut regretter que l'action menée par le grand mufti al-Husseini contre l'Etat d'Israël dans les enceintes internationales n'aient pas été évoquées : ralliement dès les années 1950 des pays non-alignés à la politique d'isolement et de stigmatisation de l'Etat Juif, etc.

Avec ses lacunes et partis pris, ce remarquable documentaire présente le grand   mérite de traiter d’un sujet tabou, même pour Arte qui dénature le titre en l’affaiblissant et ne transmet à la presse aucun visuel sur les rencontres entre le grand mufti et des dirigeants nazis.

A noter la notice biaisée de présentation du documentaire dans la version papier du Parisien TV Magazine : « Défenseur de la cause panarabe dès les années 1920, Amin al-Hussein lutte contre l’émigration des juifs organisée par les Britanniques dans son pays, la Palestine ». C’est nier le lien historique, biblique entre les Juifs et Eretz Israël, et donc la légitimité de l’Etat d’Israël. Le terme Palestine a été instrumentalisé dès son origine : après la révolte du patriote juif Bar Kokhba vaincu par l'empereur romain Hadrien en 135, les Romains veulent détruire en Judée tout souvenir d’histoire juive, y compris les noms de Judée et de Jérusalem. Ils nomment Jérusalem Ælia Capitolina, et, pour nommer ce territoire, ils forgent le terme « Palestine » à partir du mot Philistins, anciens ennemis des Hébreux et disparus (préhistoire). Le vocable « Palestine » désigne des territoires dont le périmètre a varié selon les périodes.

La notice de ce magazine occulte l'antisémitisme du grand mufti, son alliance avec les Nazis et sa participation à la Shoah, les Livres blancs publiés par les Britanniques et réduisant le nombre d’émigrants Juifs autorisés à émigrer en Palestine mandataire, etc. Une question demeure : al-Husseini a-t-il lutté pour « la Palestine » ou souhaitait-il recréer un califat ?

La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti  (Turban und Hakenkreuz, Der Großmufti und die Nazis) de Heinrich Billstein. Allemagne, 2009. 53 minutes
Diffusions les 9, 12 décembre 2009 à 14 h et 15 décembre 2009 à 9 h 55, 11 décembre 2012 à 10 h 35

La croix gammée et le turban 1/3
La croix gammée et le turban 2/3
La croix gammée et le turban 3/3

Photos :
Portrait du Grand Mufti Mohammed Amin al-Hussein et le Grand Mufti Mohammed Amin al-Hussein lors d'une rencontre avec les chefs islamistes. © NDR-Said Ibraihim al-Husaini.
Autres photos : © DR

Pour en savoir davantage :
Matthias Küntzel, Jihad et haine des juifs, le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international. Préface de Pierre-André Taguieff. L’œuvre éditions, 2009. 180 pages. ISBN : 978-2-35631-040-8

Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée, le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine. Traduit de l’allemand par Barbara Fontaine Ed. Verdier, 2009. 352 pages. ISBN : 978-2-86432-591-8


Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié une première fois le 8 décembre 2009 et modifié le 17 mai 2015.
Il a été republié les :
- 18 novembre 2011 et 6 septembre 2012, 21 avril 2013 à l'occasion de la diffusion le 19 novembre 2011, puis les 9, 12, 18 et 24 septembre, 1er et 17 octobre, 10 décembre 2012, les 21 avril 2013 à 20 h 35, 24 et 30 avril 2013 sur Histoire TV du volet de la série Les collaborateurs des Nazis consacré au grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini ;
- 22 août 2013 à l'approche de la commémoration du massacre de 67 Juifs et des pillages des synagogues et maisons Juives à Hébron le 24 août 1929 à l'instigation d'al-Husseini ;
- 9 octobre 2013 après le discours du Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu le 6 octobre 2013 à l'université Bar Ilan rappelant les liens étroits entre le mouvement national "palestinien", notamment le grand mufti al-Husseini, et les dirigeants nazis ;
- 28 novembre 2013, 29 avril et 29 novembre 2014 2014 ;
- 3 juin 2014. Lors de la fête de Chavouot en 1941 a éclaté le Farhud, pogrom contre les Juifs à Bagdad, scellé par l'alliance entre les Nazis et les Arabes musulmans, notamment le grand mufti de Jérusalem al Husseini qui s'était installé dans l'Irak pro-nazi, et qui a contribué à l'exode des Juifs irakiens de leur terre natale généralement depuis des siècles.

« Portraits de femmes de la Bible par 32 artistes contemporains »


 Le livre « Portraits de femmes de la Bible par 32 artistes contemporains  » résulte d'une commande de Patrick Amsellem, d’Echo international, en 2004Article republié à l'approche de la fête juive de Chavouot (23 mai au soir-25 mai 2015, 6 et 7 Sivan 5775) qui rappelle le don oral de la Torah, sur le mont Sinaï, au peuple Juif.  


Les personnages et les récits de la Bible ont inspiré de nombreux peintres, graveurs et sculpteurs renommés. Botticelli, Dürer, Michel-Ange, Raphaël, Le Tintoret, Véronèse, Rubens, Poussin, Van Dyck, Rembrandt, Chassériau, Picabia, Klimt, Picasso… La liste de ces maîtres est longue.

Depuis plus d’un siècle, les artistes ont délaissé les thèmes bibliques. Vraisemblablement par osmose avec la sécularisation des sociétés occidentales et le rejet de la figuration au profit d'un art  abstrait conceptuel.

C’est donc une initiative originale qu’a eue Patrick Amsellem, d’Echo international. Il a demandé en 2004 à des artistes – dessinateurs, peintres, sculpteurs - de créer une œuvre inspirée des femmes de la Bible afin de « mettre en exergue leur modernité. Discrètes ou mises en avant, ces femmes restent étroitement liées à l’histoire politique et religieuse du peuple d’Israël. Elles ne sont pas décrites dans l’Ancien Testament de façon dépréciative tant sur le plan spirituel, moral qu’intellectuel », écrit-il.

Il s’est donc adressé à trente-deux artistes de toutes générations, aux disciplines artistiques et aux styles différents, et aux origines variées : certains sont européens, d’autres argentins, israélien, africains et japonais.

Il leur a laissé « carte blanche » pour traiter de Lilith, Eve, Sarah, Rébecca, Rachel et Léa, Tsippora, Déborah, Dalila, Bethsabée, Esther, Judith et Suzanne. Ces treize figures ne sont pas toutes des héroïnes juives. Elles constituent une gamme de sentiments et de situations éternels : « Femme aimante, amoureuse, amante, épouse, mère, femme démon, sœur, prophétesse, reine, patriote, femme politique, poétesse, salvatrice, guerrière, courtisane, séductrice, veuve ou encore femme stérile demandant à donner la vie... »

Pourim "rappelle la délivrance de la communauté juive exilée en Perse (vers - 520), grâce au courage d'Esther et de son cousin Mardochée pour contrecarrer le décret d'extermination d'Aman. Le mot Pourim est un mot perse qui signifie " tirage au sort ", car Aman tira au sort la date du 14 adar pour exterminer les Juifs. 

Par reconnaissance à l'Eternel, les Juifs se réjouissent en accomplissant quatre mitsvot (prescriptions de la Torah) lors de la fête de Pourim marquée aussi par le jeûne d'Esther (11 Adar) :
- la lecture de la méguilat (Livre) d'Esther le soir et le matin ; 
- le repas de Pourim (michté) ;
- l'envoi de mets entre voisins, michloah manot ;
- les dons aux pauvres (matanot laévionim)".

Le résultat ou plutôt les résultats de cette « commande » ? Surprenants, parfois déroutants (« Lilith et Eve » de Christophe Pillet, « Esther » de Carole Benzaken), rarement classiques (« Déborah » de Valérie Favre, « Rébecca » de Fabio Rieti).

Les œuvres : huile, acrylique ou technique mixte sur toile, création par logiciel, sculpture en verre et pierre, pastel, photo et texte, polyptique, etc. Elles ont été mises en vente lors de l’exposition les réunissant en février 2005 à la Galerie Nikki Diana Marquardt, place des Vosges à Paris.

Aucun artiste n’est intimidé par cette manière indirecte de se confronter à ses illustres aînés. Henri Cueco rend hommage à Rembrandt en peignant Bethsabée. D’autres créateurs intègrent la femme de la Bible dans leurs univers. Ainsi Marc Goldstain, fidèle au réalisme urbain, dépeint « Rébecca aux Fontaines du Parc André Citroën ».

Parfois, l’artiste retient un élément emblématique. Monique Frydman s’intéresse aux prénoms de l’épouse d’Abraham : « Sara-Saraï-Sarah », symboles d’étapes fondatrices. Quant à Philippe Favier, il retient le palmier pour évoquer « Déborah ».

Sur Lilith, sont proposées plusieurs visions : celle onirique de Ricardo Mosner, celle pleine d’assurance et aux couleurs vives de l’Israélienne Alona Harpaz et celle démultipliée de Orlan qui se réfère aussi à la Vénus de Botticelli.

Ce livre bilingue (français/anglais), beau et clair a accompagné l’exposition en 2005 à la Galerie Nikki Diana Marquardt. Patrick Amsellem et Philippe Goury ont rédigé les récits concis des femmes de la Bible. Anne Deroy a écrit de courtes biographies des artistes.

Une réserve : il manque un sommaire à cet ouvrage non paginé.

Ruth n'est pas illustrée. Le Livre de Ruth est lu lors de la fête juive de Chavouot (3 juin au soir au 5 juin 2014 au soir ; 23 mai au soir-25 mai 2015, 6 et 7 Sivan 5775) au cours de laquelle sont célébrés le don de la Torah sur le mont Sinaï et le début de la saison de la moisson du blé.

« Portraits de femmes de la Bible par 32 artistes contemporains ». Préface de Patrick Amsellem. Ed. Paris Musées-Echo International-Tiempo, 2004. 100 pages. ISBN : 2-87900-878-6

Visuel :
Ce rouleau d'Esther de 1746 est conservé par la Bibliothèque Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre. L'artiste de ce rouleau est Wolf Leib Katz Poppers, scribe Juifs et  illustrateur né à Hildesheim.
Rouleau manuscrit dans un étui en bois, avec un cahier explicatif signé Falk Wiesemann, Taschen. Edition multilingue: allemand, anglais, français, hébreu. 642 x 33,5 cm, 194 pages. 


Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié en février 2005 par L'Arche, et le 27 juillet 2011, puis le :
- 30 janvier 2013 - après l'intervention sur Radio J, le 27 janvier 2013, de Nina s'indignant de l'absence des femmes à la tribune des orateurs lors du colloque de l'UPJF le 13 janvier 2013 ;
- 28 décembre 2013. Josy Eisenberg évoquera la femme de Loth le 29 décembre 2013 sur France 2 ;
- 2 juin 2014.
-  en ce jour du jeûne d'Esther (11 Adar, 21 février 2013, 4 mars 2015), veille de la fête juive de Pourim 5775.