Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 16 juin 2019

« La femme, la république et le bon Dieu » d’Olivia Cattan et d’Isabelle Lévy


Dans leur livre La femme, la république et le bon Dieu, La place des femmes dans la société est-elle menacée par les religions ?, Olivia Cattan, journaliste et présidente-fondatrice de l’association Paroles de femmes, et Isabelle Lévy, auteur et formatrice sur les religions auprès de personnels de santé et d’acteurs sociaux, examinent le judaïsme, le christianisme et l’islam au regard de la république et des droits des femmes. Du 16 au 19 juin 2019, la maison Rachi à Troyes accueillera le colloque "Les femmes et le leadership dans le judaïsme", "premier congrès mondial réunissant les voix des femmes dans le judaïsme. 

Un stage éducatif contre les stéréotypes

Les mutilations génitales féminines
« La femme, la république et le bon Dieu » d’Olivia Cattan et d’Isabelle Lévy


Olivia Cattan et Isabelle Lévy stigmatisent les « interprétations inexactes de textes sacrés » par des hommes accusés d’avoir souvent accaparé le rituel et d’avoir réduit les femmes à un statut infériorisant.

Ainsi, dans le judaïsme, l’accès aux cours d’études des livres saints s’avère ardu et le libellé de divorce religieux (guet) est détenu seulement par le mari qui parfois le refuse ou le monnaye chèrement à son ex-femme. Sans cet acte de divorce, la femme juive est dite agouna, et ne peut se remarier religieusement. Aussi est-il souhaité que l’acte de mariage juif (kétouba) stipule qu’en cas de divorce le mari donnera ce guet. Malheureusement, les grands rabbins de France, dont actuellement Haim Korsia, n'ont pas adopté cette solution. Respect de la halakha (loi juive) ? 

Citations et témoignages émouvants à l’appui, ce livre intéressant souligne l’écart entre les textes et les pratiques, et brosse un tableau de la condition féminine selon ces trois religions monothéistes en retenant des thèmes majeurs : naissance, mariage, sexualité, maternité, divorce, violences conjugales ou châtiments corporels à l’égard des enfants, etc. Les deux auteures s’attristent par exemple que le catholicisme interdise le divorce religieux et l’avortement.

Cet ouvrage vise à informer sur les droits et devoirs des hommes et des femmes, et prône une relation égalitaire entre eux fondée sur l’égalité, le respect et la dignité. Ce qui mettrait un terme aux souffrances induites notamment par des pratiques barbares : excision, mariages forcés de filles dès 13 ans...

On apprend beaucoup, notamment la dot donnée par le mari musulman à sa femme lors du mariage.

Paradoxalement, la conversion au catholicisme d’Africains polygames induit des drames : répudiation des autres épouses délaissées, sans domicile, séparées de leurs enfants. Le livre semble prôner une transition nécessaire.

Une république menacée
Les « religions doivent évoluer en matière de droits des femmes comme la France doit reconsidérer son principe de laïcité… Il est temps en 2008 de prendre en considération les nouvelles aspirations religieuses tout en se donnant la possibilité d’intervenir en cas de pratiques intégristes ».

Mais, face aux assauts des obscurantismes, la république défend mal ses principes (égalité entre les sexes, laïcité) : jurisprudence fluctuante en matière de répudiation de femmes musulmanes (talâq), célébration de mariages religieux islamiques avant ceux civils ou tolérance de la polygamie.

A l'égard de l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) - 220 000 avortements en 2012 -, dépénalisée et encadrée par la loi Veil en 1973 dans un but de santé publique, et non comme avancée des droits de la femme, et reconduite en 1979, elle a évolué. Les délais demeurent longs dans le secteur public, pas seulement en raison des agissements de commandos catholiques anti-avortement. Par ailleurs, la France a adopté des mesures contraires à l'esprit de la loi Veil : remboursement par la Sécurité sociale (loi Roudy en décembre 1982), délai légal pour avorter passant de 10 à 12 semaines de grossesse (juillet 2001), remboursement à 100% pour toutes les femmes (mars 2013), suppression de la notion de « détresse » pour une femme voulant avorter (août 2014)... Il convient aussi de souligner les séquelles psychologiques chez la femme qui avorte, et parfois aussi chez le compagnon, même désireux de cet acte.

On peut regretter notamment que les auteurs simplifient les réticences de religions à l’égard de techniques visant à résoudre l’infertilité de couples et éludent des questions majeures, en particulier la quête d’identité d’enfants revendiquant le droit à connaître leur père donneur anonyme de sperme. Un droit pour l’enfant à l’identité affirmé par ces fois.

Ajoutons que la république devrait combattre les « crimes d’honneur » (honor killingset les sanctionner pénalement dans leur spécificité.

Manquent dans ce livre un index et un lexique, surtout pour des vocables chrétiens non définis.

Le 7 mars 2010, lors de la soirée organisée par Paroles de femmes la veille de la Journée internationale des droits de la femme, Olivia Cattan a regretté l’essaimage des subventions publiques au détriment d’associations actives sur le terrain.

Le 1er juillet 2016, à 16 h, a eu lieu le rassemblement Tous en short pour la liberté des femmes place de la République.

Du 16 au 19 juin 2019, la maison Rachi à Troyes accueillera le colloque "Les femmes et le leadership dans le judaïsme", "premier congrès mondial réunissant les voix des femmes dans le judaïsme. Rashi fut à Troyes au XIème siècle, un des commentateurs les plus connus de la Torah et du Talmud. Son épouse et ses trois filles sont restées dans l’ombre, plongées dans le silence d’une tradition qui voyait comme une exception l’étude des textes pour les femmes. Pour la première fois en France, la Maison Rashi organise un congrès intitulé « les filles de Rashi » afin de leur redonner la parole, pour se réapproprier une tradition qui est pleinement la leur. Des femmes, Docteurs en Bible, en Talmud, en Midrash, en loi juive, rabbins et enseignantes de toutes les tendances du judaïsme, orthodoxe, massorti et libérale, venant de France, d’Israël, d’Angleterre et des Etats-Unis y animeront des ateliers avec des étudiantes. Le public sera mixte. Ne manquez pas cet événement qui contribuera à mettre en lumière des sages, des exégètes et des penseurs qui peuvent dignement se réclamer de l’héritage. 
Cet événement, inspiré par Rachi, aura lieu dans la maison qui porte son nom. Il comporte des ateliers d’étude sur la Bible, le Midrach, la Halakha, le Talmud, la spiritualité ainsi que des conférences autour de la question « Les femmes doivent-elles désobéir pour être leaders ? ». 
ATELIER BIBLE
lundi 17/06 - 9h30 
Avex Joëlle Bernheim, Psychanalyste, Fondatrice du Centre d’Etudes Juives au féminin
Rosine Cohen, Professeur d’hébreu et d’histoire juive à l’Ecole Rambam Maimonide et au Centre d’Etudes Juives au féminin
Tamara Cohn Eskenazi, Rabbin, Ph.D. Professeur de Littérature et d’histoire biblique, Hebrew Union College - Jewish Institute of Religion

ATELIER TALMUD
lundi 17/06 - 11h30
Ann-Gaëlle Attias, Élève rabbin, Leo Baeck College
Florianne Chinsky, Rabbin, Mouvement Juif Libéral de France
Dr. Laliv Clenman, Docteur en Littérature rabbinique, Leo Baeck College
Daniela Touati, Élève rabbin, Leo Baeck College

ATELIER MIDRASH
lundi 17/06 - 16h30
Tali Artman, Ph.D Professeur de Midrash et Talmud, Leo Baeck College - Londres et Professeur de Judaïsme à la Faculté de Théologie, Université de Cambridge
Pauline Bebe, Rabbin, Communauté Juive Libérale-Ile de France
Yaera Ratel, Élève rabbin, Leo Baeck College

CONFÉRENCE
lundi 17/06 - 20h00
Les femmes doivent-elles désobéir pour être leaders ?
Maggie Anton, Écrivain de Rachi’s daughters
Delphine Horvilleur, Rabbin, Mouvement Juif Libéral de France
Dominique Schnapper, Sociologue
Perrine Simon-Nahum, Directrice de recherche au CNRS"


Olivia Cattan et Isabelle Lévy, La femme, la république et le bon Dieu, La place des femmes dans la société est-elle menacée par les religions ? Préface de Ghaleb Bencheikh. Les Presses de la Renaissance, 2008. 264 pages. ISBN : 978-2-7509-0370-1

Visuels :
De haut en bas, photos d’Olivia Cattan - © John Foley-Opale - et d’Isabelle Lévy : DR
Cet article a été publié en une version plus concise dans le n° 611 d’avril 2009 de L’Arche, et sur ce blog le :
- 5 mars 2012 à l'approche de la soirée Ce que veulent les femmes organisée par Paroles de femmes et Les Marianne de la diversité le 6 mars 2012, à partir de 18 h, à l'ESG Management School, 25 rue Saint-Ambroise, 75011 Paris ;
- 8 mai 2014. Un scandale lié au guet remis à l'époux récalcitrant contre un chèque de 90 000 €uros a éclaté ;
- 7 mars 2015, 1er juillet 2016 et 8 mars 2017, 10 mars 2018.

« Ô vous, frères humains ». Luz dessine Albert Cohen


Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) a présenté « Ô vous, frères humains ». Luz dessine Albert Cohen. Les planches originales du roman graphique de Luz, ancien collaborateur de Charlie hebdoÔ vous, frères humains, adapté du récit éponyme d’Albert Cohen (1895-1981). En novembre 2018, est sorti "Les Indélébiles" par Luz. Le 27 mai 2019, le jury de la troisième édition du Prix du récit dessiné 2019 a décerné son Prix à Luz "pour son récit graphique Indélébiles. Les prix de la Scam seront remis le 21 juin 2019.

« La manifestation du 11 janvier 2015 - Martin Argyroglo »
« Ô vous, frères humains ». Luz dessine Albert Cohen 
Astérix
« Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant », se souvenait Albert Cohen (1895-1981), en 1972.

« […] Courant 2015, j’ai ressenti le besoin de relire Ô vous, frères humains. J’ai été plus puissamment encore frappé par le calvaire psychologique de ce petit garçon, déambulant à la lisière de la folie, par le message testamentaire d’Albert Cohen... », a déclaré le dessinateur Luz, le 5 février 2016.

Cette relecture l’a incité à concevoir l’adaptation du récit de l’écrivain en un roman graphique dont les planches sont présentées à l’’auditorium du musée d’art et d’histoire du Judaïsme  (mahJ).

« Quatre ans après avoir obtenu une reconnaissance internationale avec Belle du seigneur, Albert Cohen publie Ô vous, frères humains (Gallimard, 1972) ». 

« Alors âgé de soixante-dix-sept ans, l’écrivain place au cœur de son ouvrage l’un des événements les plus traumatisants de sa vie : en 1905, le jour de ses dix ans, il subit en public les insultes antisémites d’un camelot à Marseille. Douleur, colère et désespoir vont ébranler son sentiment de sécurité, fragilisant à jamais ses certitudes sur la fraternité des hommes. C’est en évoquant cette expérience, que l’écrivain lance un appel à la mémoire d’une humanité commune et solidaire ».

Quelques mois après l’attentat terroriste islamiste du 7 janvier 2015 ayant visé la rédaction de l’hebdomadaire Charlie Hebdo, au cours duquel ont été assassinés ses amis et collègues, Luz « publie Catharsis chez Futuropolis. « Dans ce « carnet de santé en images », Luz « décrit le choc provoqué par ces attentats. Pourquoi le mahJ, n’indique-t-il pas dans son communiqué de presse que ces attentats sont islamistes ?

Toujours habité par le thème de la perte de l’innocence, il s’empare ensuite du récit autobiographique d’Albert Cohen ». Celui-ci y révélait « sa découverte de l’antisémitisme. Le jour de ces dix ans (en 1905), le jeune Albert arpente les rues marseillaises à la recherche d’un petit cadeau pour sa mère. Il est fasciné par le bagout d’un camelot qui s’adressera pourtant à lui en le traitant de « sale youpin ! ». Les insultes antisémites résonneront pour toujours à ses oreilles. Dans ce livre intense, triste mais sans virer jamais au pessimisme, Albert Cohen déploie la beauté de son écriture lyrique pour montrer la violence de sa blessure enfantine. Un beau livre, malheureusement intemporel, qui fait réfléchir sur l’absurdité de toutes les formes de racisme et de discrimination. Plus de cent après les faits, Luz s’empare de ce récit autobiographique pour en donner une version illustrée poignante et inédite. Sans jamais trahir l’oeuvre de l’écrivain, il raconte l’intégralité de l’histoire mais ne garde du livre que le monologue destructeur du camelot et la puissance du texte des trois derniers chapitres, qui évoque les camps de la mort ».

« À partir de ce texte d'Albert Cohen, qui l’a profondément marqué pendant l’adolescence, il livre un roman graphique poignant et singulier. L’album paraît en avril 2016 chez le même éditeur ».

« L’exposition des 130 dessins du roman graphique de Luz, prêtés par l’artiste, permet de faire redécouvrir au public l’un des textes les plus forts et les plus émouvants d’Albert Cohen et l’art de Luz – virtuose de l’encre et du lavis –. En regard de ce manifeste humaniste, l’exposition présente également des documents audiovisuels, des carnets de Luz, ainsi que des archives, issues du fonds Albert Cohen récemment donné au mahJ par les ayants droit de l’écrivain ».

Cette exposition a reçu le soutien de la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l'Antisémitisme (DILCRA), rebaptisée DILCRAH (Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT), dans le cadre d’un partenariat avec France Inter.

Le commissariat est assuré par Anne Hélène Hoog.

Curieusement, dans ses dessins publiés par Charlie hebdo, Luz avait pris parti contre Israël dont il ternissait l’image. Il ne semblait pas avoir compris que l’Etat d’Israël, « Juif des nations », était victime d’antisémitisme dans les enceintes l'ONU (Organisation des Nations unies), de la Ligue arabe et de l’OCI, de l’anti-judaïsme islamique. Comme le petit Albert Cohen. Luz semblait ignorer que l'Etat juif était la cible d’un projet génocidaire, que le terrorisme islamiste le visant se tournerait aussi contre les défenseurs de la liberté, de la démocratie. Ces réflexions manquent dans cette exposition. Il est dommage que le mahJ n'ait pas interrogé ce dessinateur talentueux sur son aveuglement.

Albert Cohen
Né en 1895 à Corfou (Grèce), dans une famille juive sépharade, romaniote et italienne, de nationalité ottomane, qui se fixe à Marseille en 1900 « à la suite d’un pogrom, Albert Cohen a mené de front une carrière de juriste et d’écrivain ». 

Le « jeune Albert fréquente le lycée Thiers, où il se lie d’amitié avec Marcel Pagnol, puis s’inscrit à l’université de Genève pour y suivre des études de Droit (1914-1917) et de Lettres (1917-1919) ». 

En 1919, il « obtient la nationalité suisse et entame sans succès une carrière d’avocat à Alexandrie ».

En 1921, il « publie son premier ouvrage, un recueil de poèmes intitulé Paroles juives et projette de se consacrer à l’écriture et à la littérature. En 1925, Albert Cohen dirige la Revue juive (Gallimard) à Paris ».

De 1926 à 1931, à Genève, « travaille comme fonctionnaire attaché à la division diplomatique du Bureau international du travail ». 

En 1930, Cohen « publie son premier roman, Solal, qui sera suivi, huit ans plus tard, de Mangeclous ». 

« Très engagé dans le mouvement sioniste depuis 1914, Albert Cohen s’installe à Londres, où à partir de 1941, il tente de constituer un comité interallié pro-sioniste et d’organiser le futur État d’Israël. L’Agence juive, dont le premier objectif est de sauver les juifs d’Europe en organisant leur émigration en Palestine, le charge de missions diplomatiques auprès des gouvernements en exil ».

En 1944, Albert Cohen « démissionne et devient conseiller juridique auprès du Comité intergouvernemental pour les réfugiés » regroupant notamment la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Il élabore l’accord international conclu le 15 octobre 1946 entre les pays alliés sur le statut et la protection des réfugiés. Rentré à Genève en 1947, il travaille pour les Nations Unies jusqu’en 1957. 

« Je suis content qu’on aime ce que j’ai écrit. Mais je vais vous faire un aveu. Ce dont je suis le plus heureux, ce n’est pas d’avoir écrit Solal, Mangeclous le Livre de ma mère, Belle du Seigneur ou les autres livres. Ce dont je suis le plus heureux, c’est d’être l’auteur de l’Accord international du 15 octobre 1946. Je vais vous dire de quoi il s’agit et vous comprendrez pourquoi je suis plus fier de cela que tous les livres que j’ai écrits. Pendant la guerre, j’étais à Londres et j’étais conseiller juridique du Comité Intergouvernemental pour les Réfugiés, composé de vingt gouvernements dont la Suisse. Et ce Comité m’a chargé de préparer un accord très important pour les réfugiés privés de la protection d’un gouvernement. Et je ne vais pas allonger, mais j’ai eu le bonheur de créer, par cet accord, un passeport [Nansen] qui a changé complètement la vie des réfugiés apatrides, qui étaient de pauvres êtres. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient démunis de ce qu’un proverbe russe appelle l’homme. Ce proverbe russe dit que l’homme est composé du corps, de l’âme et du passeport. Or je leur ai donné un passeport qui les mettait, à l’époque, sous la protection du Comité intergouvernemental et plus tard, sous celle des Nations unies. Je leur ai donné un passeport qui ressemble tout à fait aux passeports officiels, c’est-à-dire qui, lorsqu’ils le présentent à un douanier, a un aspect de passeport fort convenable, fort officiel, alors qu’autrefois, ils n’avaient que le malheureux certificat Nansen, une pauvre petite feuille de papier. J’ai le sentiment d’avoir fait beaucoup de bien à beaucoup d’êtres déshérités, qui sont de pauvres âmes, de pauvres corps, qui naviguent ça et là sans jamais savoir qu’ils sont chez eux. Eh bien maintenant au moins, ils ont le droit de voyager et de s’installer dans le pays qu’ils ont choisi, grâce à mon passeport. », a déclaré Albert Cohen lors d’une interview en 1978 à la Radio Suisse Romande par Jacques Bofford - Emission « En question ». Ce passeport Nansen permettait aussi aux réfugiés de retourner dans le pays lui ayant accordé ce document.

« À partir de la fin de la guerre, il se consacre à nouveau à l’écriture et publie Le Livre de ma mère en 1954, suivi d’Ezéchiel en 1956. Il poursuit son œuvre d’écrivain et obtient une reconnaissance internationale grâce à Belle du Seigneur, publié en 1968. Après la parution des Valeureux en 1969, il publiera ses deux dernières œuvres, Ô vous, frères humains en 1972 et Carnets 1978 en 1979 ». 

Dans Ô vous, frères humains (Gallimard, 1972), l’écrivain septuagénaire « plaçait au cœur de son récit l’événement le plus traumatisant de son enfance : en 1905, le jour de ses dix ans, il avait subi en public les insultes antisémites d’un camelot sur la Cannebière à Marseille. Douleur, colère et désespoir ébranlèrent son sentiment de sécurité, fragilisant à jamais ses certitudes sur la fraternité des hommes. C’est en évoquant cette expérience, que l’écrivain lançait un appel à l’éveil d’une humanité commune et solidaire ». 

Il meurt en octobre 1981, à Genève, des suites d’une pneumonie.

Le fonds Albert Cohen « a été récemment donné au mahJ par les ayants droit de l'auteur, Daniel Jacoby et Anne-Carine Jacoby, détenteurs du droit moral d’Albert Cohen légué par Bella Cohen. Le fonds est composé de documents personnels conservés par Albert Cohen, et d'un ensemble d'archives réunies par Bella, sa dernière épouse, pour l'écriture de ses livres (Autour d'Albert Cohen, 1990 et Mythe et réalité, 1991). On y trouve des archives familiales et personnelles (photographies, livrets de famille, passeports, livret militaire, demandes de naturalisation), des documents relatifs à l’activité professionnelle d’Albert Cohen, à son engagement en faveur du sionisme (correspondance avec des figures importantes du mouvement sioniste, rapports, coupures de presse) et à son activité littéraire (correspondance avec Gaston Gallimard) ». 

Luz 
Luz « naît à Tours en 1972. Il fait ses débuts de dessinateur en août 1991 au journal La Grosse Bertha, hebdomadaire satirique créé la même année. Y collaborent d’anciens membres de Charlie Hebdo comme Cabu, Willem, Cavanna ou Gébé, qui seront rejoints par Charb, Tignous et Riss ». 

En 1992, Luz « participe à la renaissance du journal Charlie Hebdo, où il publiera notamment, à partir de 1997, la rubrique « Les Mégret gèrent la ville ». D’octobre 1994 à mars 1995, il est le rédacteur en chef de Chien méchant, premier mensuel de bandes dessinées politique. Il mène une prolifique activité de dessinateur pour diverses publications telles que Les Inrocks, L’Humanité ou Fluide Glacial ». 

« On lui doit plusieurs ouvrages de bandes dessinées, dont Cambouis, chroniques dessinées sur le traumatisme du second tour de l'élection présidentielle de 2002 ». 

« Après l’assassinat de plusieurs de ses amis et collègues de la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, Luz dessine la une du 14 janvier 2015 ». Cette Une polysémique a été controversée.

En mai 2015, Luz publie chez Futuropolis « un album autobiographique intitulé Catharsis, décrivant sa vie depuis les attentats. En septembre 2015, il quitte l’hebdomadaire Charlie Hebdo ». 

« J’ai découvert Ô vous, frères humains à l’âge de seize ans. J’étais au lycée, mais ce n’était pas un livre imposé par le professeur de français. Je l’ai tout simplement découvert dans une librairie et la phrase au dos de la couverture m’avait fortement interpellé : « Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant. A.C. ». Je n’avais encore jamais lu d’ouvrage d’Albert Cohen. Il a été mon introduction à la fois à son écriture, à son humanisme, mais aussi à sa manière de creuser la folie des hommes. Quand j’ai lu Belle du Seigneur, je l’ai interprété via le prisme de Ô vous, frères humains : la grande œuvre d’un enfant devenu écrivain marqué à vie par l’antisémitisme », a confié Luz à Alain David (Futuropolis). 

Et d’ajouter : « À cette époque, j’étais enfant unique, bien plus curieux du monde des adultes que celui des enfants de mon âge. J’aimais dessiner ce monde des adultes, les dîners familiaux, les soirées entre amis dans lesquelles mes parents m’emmenaient. Mes premiers reportages dessinés en quelque sorte. Je n’ai pas connu de plein fouet l’ostracisme qui a frappé le petit Albert, mais, comme beaucoup d’enfants, j’ai subi les petites haines ordinaires de la cour de récré. On a tous, à un moment donné, été se réfugier dans les toilettes de l’école pour échapper au monde. On a tous sa part de petit Albert en soi. Quand je découvre Ô vous, frères humains à la fin des années 1980, les débats autour du racisme, de l’antisémitisme, du négationnisme et du Front National font rage. Le monde des adultes se durcissait autour de moi, le temps de l’innocence n’était déjà plus ».

« Dans le courant de l’année dernière, relire ce livre m’a paru comme une évidence. Relire ce manifeste humaniste en cette période de confusion était à la fois un réconfort, mais aussi le souci de trouver peut-être un message à côté duquel j’étais peut-être passé adolescent. Or, dans la description de sa journée et de ses méandres psychologiques suite au monologue antisémite du camelot dont il croise le chemin en 1905, je me suis rendu compte à quel point le petit Albert est à la lisière de la folie. Et à quel point cette folie ouvre un espace considérable au fantastique. Et que, si la réalité peut être cruelle, l’imaginaire, aussi ténébreux soit-il, est toujours la porte de sortie à la solitude, au repli sur soi, aux terribles ressassements, à toutes les haines », a poursuivi le dessinateur. 
La difficulté à adapter le livre d’Albert Cohen ? « En couverture de l’édition de Ô vous, frères humains, il y a un dessin de l’illustrateur André Verret : un enfant prostré dans des toilettes publiques cache son visage de ses deux mains. L’illustration est criante de justesse, un résumé implacable du livre. Mon but était de donner à voir le regard de cet enfant. Qu’il nous regarde. Que l’écrivain qu’il était devenu nous interroge une nouvelle fois. J’ai longtemps été bloqué par cette illustration, dont l’efficacité m’évoque un dessin de presse sans paroles. Et puis j’ai compris que le regard de cet enfant pouvait être le mien. Devait être le nôtre. Et la plume s’est libérée ». 

« Pour moi, la phrase essentielle du livre, « ne plus haïr importe plus que l’amour du prochain », n’a jamais été autant d’actualité. Loin d’un précepte religieux, ce message d’Albert Cohen s’impose comme une évidence du vivre ensemble à l’heure où certaines personnes cherchent à ajouter la haine à la haine. Ce message était déjà valable il y a cinq ou dix ans. La seule différence est qu’aujourd’hui, ayant cru moi-même perdre l’esprit au cœur d’un tourbillon de haine, je comprends mieux le calvaire psychologique du petit Albert. Et me sens capable de le dessiner », a expliqué Luz. 

La place de son adaptation du livre d’Albert Cohen dans sa vie ? « Catharsis était déjà mon moyen de renaître en tant qu’auteur, d’embrasser pleinement mes désirs graphiques, de les renouveler, de les appréhender autrement, de me prouver que j’étais encore et toujours dessinateur. Mais avant de retrouver un travail détaché de tout contexte tragique, j’avais besoin aussi de passer par cette adaptation. De créer dans l’œuvre d’un autre, d’être guidé par le message d’un autre auteur. Je ne pouvais pas trouver meilleur guide qu’Albert Cohen ». 

Son but ? « J’aimerais déjà que le regard que j’ai dessiné du petit Albert s’imprime dans l’inconscient des lecteurs et lectrices, pour qu’ensuite ceux-ci se replongent dans l’œuvre de Cohen. Et que cette œuvre marque bien plus qu’auparavant la mémoire collective. Je me sens tout autant auteur que passeur dans ce travail d’adaptation ». 

La différence entre le travail du dessinateur pour la presse et pour un roman graphique : « Le travail de dessinateur de presse réside surtout dans la concision pour l’efficacité. En bande dessinée, je dois apprendre à redonner du temps au dessin, à étirer l’histoire pour inviter le regard à s’y promener. Mais chaque page est là pour convaincre, avec son propre traitement graphique. Dans « mon » Ô vous, frères humains, le trait n’est prisonnier d’aucune case. Le trait est ouvert pour laisser l’espace à l’imaginaire, qui seul nous sauve de la folie des hommes ».

Indélébiles
En novembre 2018, est sorti "Indélébiles" par Luz. "Indélébiles : comme les taches d’encre sur les doigts et les souvenirs que retient Luz de sa carrière de dessinateur-journaliste à Charlie Hebdo. Indélébiles : un livre résolument optimiste à l’humour communicatif, où Luz vous fait partager l’intimité de ce journal, et aussi son amour du dessin".

"De 1992 à 2015, Luz a dessiné toutes les semaines pour Charlie Hebdo. Jeune provincial puceau arrivé à Paris, il rencontre Cabu qui le prend sous son aile et l’entraîne à La Grosse Bertha, qui devient Charlie Hebdo. Avec le temps il devient l’un des piliers du journal. Dans un long rêve, il égrène ses souvenirs : ses amis, Charb, Tignous, Gébé, Catherine Meurisse…, le premier reportage en banlieue, aux USA, la tournée en Bosnie en guerre avec le chanteur Renaud, son infiltration au RPR, les manifs… Et la vie de bureau, les bouclages, les unes, Johnny. Enfin, il y a surtout la présence de Cabu, le mentor, jamais avare de conseils, qui essaie par exemple de lui apprendre à dessiner discrètement dans sa poche. C’est un Charlie Hebdo inconnu qui nous est présenté ici car, comme l’explique Luz : « Tout ce que vous connaissez ou croyez connaître de Charlie Hebdo ne se trouve pas dans ce livre ».

Cet hebdomadaire a publié un des épisodes de cet album.

Le 27 mai 2019, le jury de la troisième édition du Prix du récit dessiné 2019 a décerné son Prix à Luz "pour son récit graphique Indélébiles. Les prix de la Scam (Société civile des auteurs multimedia) seront remis le 21 juin 2019. Le jury était composé de Yannis La Macchia (lauréat en 2018), Catherine Meurisse, Lamia Ziadé, Aurélie Blard-Quintard, Pascal Boille, Alain Frappier et Isabelle Jarry.

« Il y a le souvenir, il y a la mémoire. Restent des traces. Il y a les tâches. Qui reviennent au bout des doigts. Il y a les amis. Au coin d’une pensée qui, tant mieux, ne s’efface pas. Il y a le journal. À moins que Charlie Hebdo n’ait été bien plus que quelques feuilles de papiers. Il y a le métier. Que l’on a appris là-bas avec eux et qu’on ne cesse jamais d’apprendre. Dessiner, putain, quel beau métier ! Y’a pas moyen : ça part pas. Eux non plus. Indélébiles. » Luz

"Luz est né en 1972 à Tours. Dessinateur de presse et de bande dessinée, il est, depuis 1992, l’un des piliers de Charlie Hebdo dont il a dessiné quelques-unes des Unes les plus marquantes. Auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages, seul ou en collectif, il avoue également une passion débordante pour la musique."


Luz, "Indélébiles". Futuropolis, 2018. 18 x 23 mm. 320 pages. ISBN : 9782754823982. 24 €

Luz, Ô vous Frères humains, d’après l’œuvre d’Albert Cohen. Futuropolis, 2016. 136 pages. ISBN : 9782754816434

Du 6 décembre 2016 au 28 mai 2017
Au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme 
Auditorium (sous-sol)
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 65
Mardi, jeudi, vendredi, de 11 h à 18 h. Mercredi de 11 h à 21 h. Samedi et dimanche de 10 h à 19 h

Visuels
Affiche
© Luz /Futuropolis

Luz, Carnet préparatoire pour Ô vous, frère humains
© Luz/Futuropolis

Albert Cohen
© Yves Debraine

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Les citations sont extraites du dossier de presse. Cet article a été publié le 5 avril 2017, puis les 6 janvier et 12 novembre 2018.

vendredi 14 juin 2019

Johnny Clegg


Jonathan Clegg est né en 1953 à Rochdale (Angleterre). Il grandit en Rhodésie (actuel Zimbabwe), en Grande-Bretagne, puis en Afrique du sud. Auteur, compositeur, interprète et danseur, il mêle rythmes africains et rock. Il s’est accompagné des groupes Juluka et Savuka. Arte diffusera le 14 juin 2019 « Johnny Clegg, le Zoulou blanc » (Johnny Clegg - Der weiße Zulu) par Amine Mestari. 
     

Jonathan Clegg est né en 1953 à Rochdale (Angleterre). Sa mère, Muriel Braudo, est issue de la bourgeoisie juive d’origine polonaise de Rhodésie (actuel Zimbabwe). Elle avait rencontré son époux Denis Clegg, non juif, à l’université de Johannesburg.

Le couple divorce quand Jonathan Clegg a six mois.

Muriel Braudo et son fils séjournent brièvement en Israël, puis tous deux se fixent dans l’exploitation agricole familiale à Gwelo, en Rhodésie. Le chauffeur de la famille enseigne à l’enfant le ndébélé du Transvaal, langue dérivée du zoulou.

En 1960, sa mère, chanteuse dans des night-clubs, épouse un journaliste sud-africain, Dan Pienaar. La famille emménage à Johannesburg.

Quelques années plus tard, Dan Pienaar quitte le foyer conjugal.

Critique à l’égard de l’attitude des Juifs sud-africains envers l’apartheid, connaissant peu le judaïsme, Jonathan Clegg refuse de faire sa bar-mitzva.

La musique zoulou et le Ihhlangwini, ainsi que des rencontres artistiques - Mntonganazo Mzila, Sipho Mchunu  - sauvent cet adolescent.

Parallèlement à ses concerts dans lesquels il mêle « mélodies occidentales, paroles en anglais et structures musicales zouloues », Johnny Clegg donne des conférences d’anthropologie à l’Université de Witwatersrand à Johannesburg.

En 1976, Johnny Clegg et Sipho Mchunu enregistrent leur premier disque Woza Friday (Vienne Vendredi). En 1979, le duo devenu Juluka sort un album bien accueilli par la critique, mais censuré dans un pays où règne l’apartheid.

Le deuxième album, African Litany, remporte un succès important. La célébrité mondiale survient avec le quatrième album.

En 1985, le duo se sépare.

Johnny Clegg crée un deuxième groupe, Savuka. Sorti en 1987, le premier album Third World Child (« Enfant du Tiers-Monde ») est vendu à plus de deux millions d’exemplaires dans le monde. Qui n’a pas fredonné Asimbonanga, dédiée à Nelson Mandela, alors détenu dans une prison au large du Cap, ou Scatterlings of Africa (1982), incluse dans la bande originale du film Rain Man, réalisé par Barry Levinson avec Dustin Hoffman et Tom Cruise ?

Au fil des albums et des tournées, Johnny Clegg s’affirme comme auteur, compositeur, interprète et danseur cumulant succès critique et public, et loué par ses pairs. En France, le chanteur Renaud lui dédie sa chanson Jonathan dans l’album Putain de camion et en 2006, il produit l'album One Life. Aux Etats-Unis, Clint Eastwood intègre la chanson The Crossing (Osiyeza) dans la bande originale de son film Invictus, sur l'équipe d'Afrique du Sud de rugby à XV, championne du monde en 1995.

En 2015, un cancer du pancréas est détecté chez Johnny Clegg qui rend publique sa maladie en avril 2017. Deux tumeurs sont découvertes au poumon. Johnny Clegg démarre au Cap une tournée mondiale d’adieu qui l’amène en Grande-Bretagne, en France, à Dubaï, aux Etats-Unis, au Canada.

« Johnny Clegg, le Zoulou blanc »
« Johnny Clegg, le Zoulou blanc » (Johnny Clegg - Der weiße Zulu) est un documentaire réalisé par Amine Mestari. « Dédiée au leader de l’ANC Nelson Mandela, à l’époque emprisonné depuis 24 ans, "Asimbonanga" est une de ces rares chansons qui font l’histoire. Portrait de son auteur et chanteur, Johnny Clegg, qui fit de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud un combat, doublé de son émouvante confession au soir de sa vie ».

« Les chansons qui font l’histoire sont rares. "Asimbonanga" en fait partie. Elle a propulsé Savuka, le groupe du chanteur et danseur Johnny Clegg, en tête des ventes de disques en 1987, avant de s'imposer en hymne de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Dédiée au leader de l’ANC Nelson Mandela, à l’époque emprisonné depuis vingt-quatre ans, la chanson du "Zoulou blanc" marque un jalon dans la trajectoire d’un artiste qui a passé sa jeunesse à braver la censure ».

« Alors qu’il avait jusqu’ici refusé tout projet de documentaire sur sa vie, Johnny Clegg  a accepté de se laisser filmer par Amine Mestari, chez lui à Johannesburg. Âgé de 65 ans et se sachant condamné à brève échéance par un cancer incurable, la star a souhaité revenir sur son enfance, sa jeunesse et sa carrière".

"Particulièrement émouvant, ce portrait entremêle confessions intimes d’un homme affaibli mais au regard toujours pétillant, témoignages de ses compagnons de route, à l’instar de Sipho Mchunu, avec lequel il fonda son premier groupe, Juluka, images de la vie quotidienne sous l’apartheid et extraits de concerts d’un artiste engagé, dont on sait moins qu’il est aussi anthropologue et grand spécialiste... des Zoulous ». 

« Johnny Clegg, l'Afrique du sud d'un zoulou blanc »

Dans le cadre d’« Invitation au voyage » (Stadt Land Kunst), Arte diffuse sur son site Internet jusqu’au 11 juin 2020 « Johnny Clegg, l'Afrique du sud d'un zoulou blanc » (Johnny Clegg, das Afrika des weißen Zulu).

« En Afrique du Sud, Johannesburg est une ville de contrastes, où les gratte-ciels côtoient les quartiers pauvres ».

« C’est dans la capitale économique du pays qu’a grandi Johnny Clegg ».

« Star internationale à la fin des années 1980 avec « Asimbonanga » et Scatterlings of Africa, chantre anti-apartheid, il a puisé dans l’histoire et la culture zoulou du pays pour façonner ses œuvres ».

Un film sur l'Afrique du sud avant d'être dénommée par l'archevêque Desmond Tutu "la nation arc-en-ciel" (Rainbow Nation). On peut regretter qu'Arte n'aborde pas la réalité tragique sudafricaine : les assassinats précédés de tortures ou viols de fermiers blancs, drogue, chômage, criminalité, etc.
            

France, 2018
Sur Arte jusqu’au 11 juin 2020

« Johnny Clegg, le Zoulou blanc » par Amine Mestari
ARTE France, Goyave, Screenshot Productions, 2018
Sur Arte les 14 juin 2019 à 22 h 25 et 22 juin 2019 à 6 h 15 
Visuels :
Johnny Clegg danse sur scène fin années 80
Johnny Clegg danse dans une cérémonie zoulu traditionnelle, fin années 80
Credit : © Screenshot Productions/ D.R.

Johnny Clegg et son groupe Savuka, 1988
Credit : © Ebet Roberts/ Redferns/ Getty

Johnny Clegg et Dudu Zulu dansant sur scène, début des années 90
Johnny Clegg chantant et exécutant une danse zoulu avec des bâtons de danse traditionnels
Credit : © Screenshot Productions/ D.R.

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Les citations sont d'Arte.

« Les faussaires de l'histoire » par Michaël Prazan


« Les faussaires de l'histoire » est un documentaire de Michaël Prazan. Un film intéressant et clair, mais lacunaire, « arabiquement », « palestiniennement » et « islamiquement correct ». Auteur d'une thèse négationniste, Abu Mazen (Mahmoud Abbas) a réitéré des propos négationnistes le 30 avril 2018. La chaîne Histoire diffusera du 12 au 20 juin 2019 "Un pays, deux peuples" : "un cycle avec 2 inédits, une série de prestige..." et un titre biaisé qui suggère l'existence d'un prétendu "peuple palestinien" distinct du peuple Juif. Dans ce cadre, Histoire diffusera ce documentaire les 13 juin 2019 à 23 h 10, 16 juin 2019 à 16 h 15, 20 juin 2019 à  07 h 30, 2 juillet 2019 à 7 h 05

« Les faussaires de l'histoire » par Michaël Prazan

« La passeuse des Aubrais, 1942 » par Michaël Prazan
« Ellis Island, une histoire du rêve américain”, de Michaël Prazan
« Les Amnésiques » par Géraldine Schwarz

Dans le cadre du Mois du film documentaire, le Mémorial de la Shoah a diffusé le 23 octobre 2014 à 19 h 30, en présence des réalisateurs. Était prévu Henry Rousso, directeur de recherche, IHTP-CNRS (sous réserve).

Lors de la projection en avant-première  de ce documentaire au Grand Action le 17 septembre 2014, Michaël Prazan, auteur de documentaires très intéressants tels "Frères Musulmans : Enquête sur la dernière idéologie totalitaire" - ce film courageux est assorti d'un livre - et de « Ellis Island, une histoire du rêve américain”, ainsi que sa co-auteur Valérie Igounet ne cessaient de remercier France 5 : « Une commande de France 5, cela ne se refuse pas », déclarait le réalisateur.

Bien accueilli par le public lors de cette séance, son documentaire laisse pourtant perplexe.

Les occultations historiques graves, en particulier sur le négationnisme et le révisionnisme dans le monde arabe, émanent-elles de France 5 ou des deux auteurs ? Pourquoi réaliser un nouveau documentaire sur ces « faussaires de l’histoire », sans mentionner ces révisionnistes et négationnistes de la Shoah, tel l’Arabe « palestinien » Mahmoud Abbas. (Abou Mazen), auteur d'une thèse révisionniste en 1982.

Le 27 avril 2014, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a déclaré, en anglais et en arabe, et peu après la signature d'un accord avec le Hamas, mouvement terroriste islamiste, et peu avant Yom HaShoah : "Ce qui est arrivé aux juifs durant l’Holocauste est le crime le plus odieux qui soit survenu contre l’humanité pendant l’ère moderne". Certains estiment à tort que cette déclaration serait nouvelle et romprait avec les propos précédents du dirigeant de l'Autorité palestinienne. Or, celui-ci n'a pas nié la Shoah dans sa thèse soutenue en Union soviétique (1982) et dans son livre (1984), il a allégué de manière infondée que les Juifs sionistes auraient été complices des Nazis dans la commission de la Shoah, dont il doute du nombre de victimes Juives. C'est ce révisionniste, cet ennemi d'Israël, que de nombreux dirigeants communautaires français, dont le président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) alors Richard Prasquier, le président du Mémorial de la Shoah Eric de Rothschild, la présidente de l’Union des Etudiants Juifs de France Arielle Schwab, l’ancienne secrétaire d’Etat de Chirac Nicole Guedj, l’ancien Grand Rabbin de France, le Rabbin René Sirat, et des personnalités Juives françaises - les journalistes Jean-Pierre Elkabach et Ruth Elkrief, Valérie Hoffenberg et Simone Rodan-Benzaquen, deux déléguées successives de l’American Jewish Commitee (AJC) à Paris, le professeur de l’Ecole Polytechnique Alain Finkielkraut - ont rencontré lors de sa visite en France en septembre 2010. Sans apparemment évoqué cette thèse révisionniste.


Et l'Autorité palestinienne persiste à diffuser des émissions négationnistes, à nier dans ses manuels scolaires la Shoah et à refuser d'évoquer l'alliance et la complicité entre le grand mufti de Jérusalem al-Husseini et Hitler dans la Solution finale. En 2000, Autopsie d’un mensonge, documentaire de Jacques Tarnero évoquait ce révisionnisme de l’Autorité palestinienne.

Bien sûr, le documentaire « Les faussaires de l'histoire » insiste sur le négationnisme revendiqué et patent de dirigeants iraniens, dont l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad, organisateurs de "colloque" révisionniste. Alors pourquoi occulter celui de leurs homologues arabes ou turcs ?

Histoire du négationnisme en Occident
Alternant des archives “méconnues et souvent inédites” et des interviews d’historiens – Henry Rousso, Annette Wieviorka -, du journaliste Yvan Levaï, de Robert Badinter, de la réalisatrice Juive française et ancienne déportée Marceline Loridan, et de l’expert Jean-Yves Camus, le documentaire “Les Faussaires de l’Histoire” retrace “l’histoire du discours négationniste en France et de sa diffusion”.

Sur cette “escroquerie intellectuelle et antisémite”, Michaël Prazan en souligne “l’apparition dans l’immédiat après-guerre chez les nostalgiques du nazisme et de la collaboration”. L’extrême-droite recourt au révisionnisme pour pouvoir diffuser un discours antisémite et nationaliste.

“Dans les années 70, sous l’influence d’une extrême-gauche « antisioniste », le négationnisme subit une certaine réorientation, qui s’étend ensuite jusqu’à la fin des années 90 vers le monde arabo-musulman, portée par la star déchue du parti communiste Roger Garaudy” converti à l’islam.

En 1987, l’historien Henry Rousso forge le terme « négationnisme » car il trouve le vocable « révisionniste » connoté positivement et à l’application trop large.

Le documentaire didactique “décortique pour mieux le comprendre et le conjurer le discours de haine qui se dissimule derrière les masques de l’historicité et du militantisme politique”.

Il recèle des perles. L’aveu du journaliste Ivan Levaï qui interviewant dans les années 1970 Robert Faurisson pour prouver l’absence de fondement de ses allégations négationnistes, reconnait avoir échoué : le révisionniste lui a volé son émission. L’extrait du procès filmé au cours duquel Robert Badinter, ténor du barreau, stigmatise avec émotion et fermeté ces “faussaires de l’histoire”. L’historien Pierre Vidal-Naquet expliquant à Bernard Pivot son refus catégorique de dialoguer avec les révisionnistes : « Leur donner la parole, c’est leur donner la seule chose qu’ils réclament » et c’est aussi légitimer leur discours. La publication en 1978 d’un article négationniste de Faurisson, maître de conférences en littérature à l'université de Lyon-II édité par Jean-Jacques Pauvert et Gallimard, admirateur de Céline et Lautréamont, par Le Monde  et Le Matin de Paris. La scène au cours de laquelle Dieudonné fait remettre au Zénith  de Paris le Prix de l’infréquentabilité et de l'insolence à Faurisson par un régisseur vêtu d’un pyjama en tissu Vichy  arborant l'étoile jaune.

« Discours de haine »
Ce documentaire révèle le dédain et l’incompétence d’historiens à l’égard des aspects techniques de la Shoah. Il élude certains thèmes - pourquoi les universités Lyon II et Lyon III ont-elles été des foyers de révisionnisme ? - et certaines contradictions.

Robert Badinter estime, avec raison, que le révisionnisme ou le négationnisme sont des formes d’antisémitisme, mais il s’oppose à la loi Gayssot  (1990) qualifiée à tort de loi mémorielle. Or, Jean-Claude Gayssot, député communiste, avait élaboré sa proposition de loi afin de sanctionner l’antisémitisme sous ses habits négationnistes et révisionnistes, et il ne considère pas sa loi comme une loi mémorielle.


Directeur du musée d’Auschwitz, Piotr Cywinski directeur du Musée d'Auschwitz, rappelle que les preuves des chambres à gaz abondent dans les camps nazis, dont Sobibor. Mais il a tort : le négationnisme n’a pas quitté l’Europe. Les révisionnistes sont parmi nous.Ce sont ces élèves négationnistes souvent issus de l’immigration musulmane en France (Rapport ObinLes territoires perdus de la République) ou en Grande-Bretagne.

C'est cette « rue musulmane » et ses alliés qui déclinent le révisionnisme en slogans, banderoles et pancartes en arpentant les artères des villes occidentales pour assimiler à tort Gaza à Auschwitz. En outre, il est inutile de se culpabiliser : le révisionnisme n’a pas besoin de terreau dans le monde arabe, turc ou iranien. Il est largement représenté dans les stands des Salons du livre de ces sphères.

Des questions demeurent notamment sur le rôle de l’Union soviétique : Abbas y a soutenu sa thèse. Le révisionnisme et le négationnisme servent-ils à miner la légitimité d’Israël?

Sont-ils des instruments visant à dissimuler l’alliance avec les nazis de dirigeants du monde musulman, dont al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et mentor d’Arafat, et à disculper ces dirigeants de leur rôle meurtrier dans la Shoah ?

Et qui finance ces revues, livres et librairie révisionnistes ?

ADDENDUM
Le 2 mars 2015, France 3 a diffusé à 20 h 45 Une division SS en France, Das Reichdocumentaire de Michaël Prazan, produit par Nilaya Productions, avec la participation de France 3, Arte France, CNC, DMPA, Procirep-Angoa. Quand le service public audiovisuel diffusera-t-il un documentaire sur la Légion nord-africaine (LNA), dénommée aussi Brigade nord-africaine (BNA) et Phalange nord-africaine ? Cette Légion a été fondée janvier 1944 par Henri Chamberlin dit Henri Lafont (1902-1944), un chef de la Gestapo française de la rue Lauriston (75016), et par Mohamed el-Maadi (1902-1954 ou 1957), dont le père était le Caïd Mahfuz al-Ma'adi, Bachagha, commandeur de la Légion d'honneur, et la mère française, ex-officier français et militant pour l'indépendance algérienne : en janvier 1943, il fonde le bimensuel « Er Rachid » grâce à l'argent de l'Abwehr et au tirage, remarquable en période de pénurie, de 80 000 exemplaires. Cette Légion nord-africaine a pour supérieur hiérarchique le colonel SS Helmut Knochen. Elle sert l’armée allemande occupante. Elle compte dans ses rangs des musulmans originaires d'Afrique du Nord et habitant en Ile-de-France. Non seulement elle lutte contre la résistance intérieure française, dans les maquis de Corrèze, en Dordogne et en Franche-Comté, mais en plus elle commet des massacres à Brantôme (26 mars 1944), Sainte-Marie-de-Chignac (27 mars 1944), Saint-Martin-de-Fressengeas, Mussidan (52 fusillés), Saint-Germain-du-Salembre et des Piles à Cornille. Après sa dissolution en août 1944, une partie de ses membres accompagnent en Allemagne Mohamed el-Maadi. Celui-ci y est accueilli par le Grand Mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, puis s'installe au Caire. Citons d'autres musulmans alliés des Nazis : Saïd Mohammedi, dont le nom de guerre était Si Nacer (1912- 1994), kabyle aspirant de l'armée française, s'engage dans la Waffen-SS et la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme), lutte sur le front russe, séjourne à Berlin, est décoré par la croix de fer, en mission de renseignement et sabotage en Algérie à la demande de l'Abwehr, fin 1944, avec 5 compagnons d'armes, arrêté, condamné aux travaux forcés et à l'emprisonnement à perpétuité, libéré après des remises de peine en 1952, il lutte pour l'indépendance de l'Algérie en portant son Stahlhelm casque allemand et sa mitraillette de cette période de collaboration, colonel de l'Armée de libération nationale (ALN) en Wilaya III, député (1962), ministre des Anciens combattants et victimes de la guerre (moudjahidines), et finit sympathisant du FIS, etc.


Rédigé par l'"historienne et écrivaine", Valérie Igounet, préfacé par Marc Knobel, le n° 34 des Etudes du CRIF intitulé Négationnisme - Histoire d'une idéologie antisémite (1945-2014) occulte le négationnisme ou le révisionnisme dans le monde islamique ou/arabe. Une historienne qui selon OJIM aurait déclaré « s’attaquer à des ennemis politiques », des « ennemis moraux » - les membres de l'extrême-droite - et aurait relaté lors d'un colloque sa visite au domicile de Maurice Bardèche : « J’ai été surprise de voir que c’était un très vieux monsieur, qui marchait mal, qui avait du mal à se déplacer. Un moment il a dû aller aux toilettes, je me suis dit qu’il allait y passer un bout de temps et j’ai été fouiller dans sa bibliothèque pour y lire des documents ». Question de Nonna Mayer « Et tu les as remis en place ? » Réponse : « Non, pas tous, mais c’est la seule fois où cela m’est arrivé ». Petit rire faussement gêné, sourire complice des présents".

Du 2 au 10 septembre 2015, David Irving, négationniste, a mené un groupe de touristes visiter les camps de concentration nazis en Pologne et en Lituanie.

Les incendiaires de la mémoire
Les 22 janvier à 17 h 53, 23 janvier à 11 h 32 et 25 janvier 2017 à 23 h 35, 4 et 6 décembre 2017, Toute l'Histoire rediffusa "Les incendiaires de la mémoire" de Chantal Picault (Araprod, 2013, 52 min) : "Les incendiaires évoqués par le titre, ce sont les négationnistes, ces Etats, ces individus, qui nient la Shoah, le génocide arménien ou celui des Tutsis. Comment peut-on nier des faits historiques, avérés, filmés ? Pourquoi ? Quel est le mécanisme du négationnisme ?"


Le 18 mai 2017, le Centre universitaire de Troyes proposa le colloque Peut-on incriminer d’autres négationnismes que celui de la Shoah ? Au programme : "La cour européenne des droits de l’homme : l’arrêt Perinçek et ses suites", et "La France : La jurisprudence du Conseil constitutionnel et le nouveau délit de négationnisme". L'entrée est libre. Les inscriptions sont souhaitées.

Ernst Zündel
Éditeur, graphiste et pamphlétaire allemand, Ernst Zündel, est mort le 5 août 2017, à l'âge de 78 ans,  à Bad Wildbad, bourgade du Bade-Wurtemberg où il était né le 24 avril 1939. Il avait été condamné à plusieurs reprises pour propagande antisémite et négationniste. Il avait émigré en 1958 au Canada pour "éviter d’être appelé sous les drapeaux alors que le service militaire venait d’être réintroduit en République fédérale d’Allemagne (RFA)", et en avait été extradé. Au Canada, il "s'était rapidement rapproché du fasciste canadien Adrien Arcand". "Auteur et éditeur d’ouvrages aux titres explicites, tels Did Six Million Really Die ? (« Six millions de personnes sont-elles vraiment mortes ? ») ou The Hitler we Loved and Why (« Le Hitler que nous aimons et pourquoi »), auteur d’écrits fumeux sur les ovnis nazis, il se fait connaître du grand public dans les années 1980 lors de deux procès où il doit répondre de « propagation de fausses informations ». "Condamné une première fois au Canada pour "publication de fausses informations", après avoir notamment sollicité le témoignage en défense du négationniste français Robert Faurisson,  Ernst Zündel avait vu la sentence cassée par la Cour suprême canadienne pour atteinte à la liberté d'expression. Mais après s'être brièvement exilé aux Etats-Unis, il avait finalement été incarcéré au Canada pour menace à la sécurité nationale puis extradé en Allemagne en 2005, où il avait immédiatement été remis en prison. Jugé en 2007 à Mannheim (ouest), il avait été condamné à la peine maximale de 5 ans de prison pour "incitation à la haine", une infraction qui inclut la négation de la Shoah et du nombre de ses victimes, au terme d'un procès houleux. L'audience avait valu trois ans et demi de prison à sa propre avocate, Sylvia Stolz, pour avoir soutenu pendant les débats que l'extermination des Juifs d'Europe était "le plus grand mensonge de l'histoire du monde". Ernst Zündel avait été libéré en 2010".


Mark Zuckerberg
Le 18 juillet 2018, Mark Zuckerberg, président-fondateur de Facebook, a déclaré à Recode que les négationnistes avaient simplement "tort", mais pas "intentionnellement". Évoquant sa judéité, il a annoncé qu'il ne retirera pas leurs posts sur Facebook. Deborah Lipstadt, Dorot Professor of Holocaust Studies at Emory University et créatrice du site Internet Holocaust Denial at Trial, s'est indignée de ces allégations erronées. Le 19 juillet 2018, CNN a publié sa tribune "Zuckerberg's comments give Holocaust deniers an opening". Deborah Lipstadt a expliqué que les négationnistes ne peuvent agir que sciemment tant ils se fondent sur des "mensonges" ou "allégations illogiques". Et elle a conclu : "Zuckerberg must recognize that theirs is not a cognitive error or a regrettable misinterpretation or failure in judgment that can be rectified by showing them documentation or evidence. They are white supremacists and antisemites. Their agenda is to reinforce and spread the very hatred that produced the Holocaust".

Le 21 octobre 2018, le négationniste Robert Faurisson est mort.

Le 5 décembre 2018, pour illustrer les manifestations des Gilets jaunes, l'hebdomadaire Paris-Match a publié en couverture une photographie montrant Hervé Ryssen, récemment condamné pour négationnisme, parlant avec un gendarme près de l'Arc-de-Triomphe.


"AJ + en arabe, média Internet géré par le groupe qatari Al-Jazeera Media Network, a mis en ligne sur Twitter et Facebook, le 18 mai 2019, une vidéo sur « l’histoire de l’Holocauste » . La vidéo s’intitulait : « Les chambres à gaz ont tué des millions de Juifs – en voici l’histoire. Quelle est la vérité derrière l’Holocauste et comment le mouvement sioniste en a-t-il bénéficié ? » Muna Hawwa, Palestinienne d’origine koweïtienne résidant au Qatar et productrice pour Al-Jazeera, raconte l’Holocauste à l’appui d’images d’archives."
Hawwa a allégué que "le nombre de victimes juives de l’Holocauste continuait de faire l’objet de « l’un des débats historiques les plus importants à ce jour » et que certains estimaient qu’Hitler avait soutenu l’idéologie sioniste. Selon elle, le « récit tant régurgité des tourments de l’Holocauste » a pavé la voie à l’immigration juive en Palestine. Soulignant que « la dénonciation de l’Holocauste est une obligation morale », Hawwa a estimé qu’Israël est son « principal gagnant » et qu’il utilise les « mêmes justifications que les nazis » comme « tremplin pour mettre en œuvre la purification raciale et l’anéantissement des Palestiniens ». Elle a affirmé que l’idéologie derrière l’État d’Israël était « tétée de l’esprit nazi », concluant : « Comment un Palestinien peut-il dénoncer un crime qui est devenu le revers de sa propre tragédie ? »
"Peu après sa mise en ligne, la vidéo n’était plus accessible sur Facebook. Extraits :
Muna Hawwa : "Le mouvement sioniste a fait sien le récit selon lequel le mouvement nazi a tué six millions de Juifs. Ce récit est répété chaque année à l’occasion du prétendu « Jour de la mémoire de l’Holocauste ». Nous allons vous raconter l’histoire de l’Holocauste. […]Avant la Seconde Guerre mondiale, plus de neuf millions de Juifs vivaient en Europe, principalement dans des pays qui tomberaient plus tard sous le contrôle des nazis. Après l’Holocauste, le mouvement sioniste a prétendu que deux Juifs sur trois avaient été tués. […]Les nazis prenaient pour cible tous ceux qu’ils considéraient comme un « excédent humain » – soit parce qu’ils étaient « racialement inférieurs », soit parce qu’ils n’étaient pas acceptés politiquement. Cela signifie que les Juifs n’étaient pas les seules victimes de cette époque. Les nazis s’en sont pris aux Roms, aux nations slaves et à certains Arabes, et à d’autres groupes tels que les communistes, les socialistes, les syndicats, les homosexuels et les handicapés. […]Tout comme les autres, les Juifs subirent une politique de persécution systématique qui a abouti à la « Solution finale » ou à l’anéantissement. Leurs livres furent brûlés, ils furent licenciés, leurs biens furent confisqués et ils furent arrachés de chez eux pour vivre dans les quartiers isolés du ghetto. Ils furent forcés de porter un signe distinctif sur leurs vêtements. Ils furent envoyés dans des centres de détention où on les faisait travailler jusqu’à la mort. Les victimes des nazis – nazis qui suivaient les ordres d’Hitler – dépassèrent les 20 millions de personnes. Les Juifs en faisaient partie. Alors, pourquoi cette focalisation sur les Juifs uniquement ?Les groupes juifs avaient des ressources financières, des institutions médiatiques, des centres de recherche et des universitaires qui réussirent à attirer l’attention sur les victimes juives des nazis en particulier. Néanmoins, le nombre de victimes de l’Holocauste continue de faire l’objet de l’un des débats historiques les plus importants à ce jour. Les gens sont divisés entre ceux qui nient l’anéantissement, ceux qui pensent que le bilan est exagéré et d’autres encore qui accusent le mouvement sioniste de l’avoir exagéré au service du projet de création ce que l’on appellera par la suite « l’État d’Israël ». Marquons une petite pause. Comment Israël a-t-il bénéficié de l’Holocauste ? Dans les premiers mois ayant suivi l’ascension au pouvoir des nazis, un accord fut signé entre l’Allemagne nazie et l’Agence juive, visant à faciliter l’immigration des Juifs en Palestine, en échange de la cession de leurs biens à l’Allemagne. […]Avec cet accord, et d’autres documents, certains ont pensé qu’Hitler soutenait le sionisme. L’ancien maire de Londres [Ken Livingstone] a publiquement faite sienne cette opinion et a été suspendu du Parti travailliste pour cette raison. La persécution et la souffrance – le récit tant régurgité des tourments de l’Holocauste – ont pavé la voie à l’immigration juive en Palestine. […][L’Allemagne] verse toujours d’énormes dédommagements pour ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale à un État qui n’existait même pas au moment de cette annihilation. La Grèce, les Serbes, la Yougoslavie et les Roms ont tous souffert, mais on ne peut comparer les dédommagements accordés par l’Allemagne à ces victimes à ce qui est versé à Israël, qui à son tour a englouti les dédommagements de toutes les victimes juives du nazisme.L’Holocauste n’a jamais cessé d’être un événement tragique. Plusieurs pays le dénoncent comme un crime. Des dizaines d’institutions parrainent de grands musées dans diverses capitales du monde commémorant la tragédie des Juifs. Cela a suscité un grand intérêt pour cet incident, même si des crimes similaires, non moins odieux, sont toujours perpétrés contre d’autres peuples. L’extermination de tout peuple pour des raisons de race, sexe ou religion est une chose inacceptable qui mérite d’être vigoureusement dénoncée. C’est certes un devoir moral de dénoncer l’Holocauste, mais Israël est son plus grand gagnant et il se sert des mêmes arguments que les nazis pour mettre en œuvre la purification raciale et l’extermination des Palestiniens. La principale idéologie derrière « l’État d’Israël » repose sur des notions religieuses, nationales et géographiques tétées de l’esprit nazi et de ses fondements idéologiques. Alors, comment un Palestinien peut-il dénoncer un crime qui est devenu le revers de sa propre tragédie ?"



« Les faussaires de l'histoire » par Michaël Prazan
Co-écrit avec Valérie Igounet
Montage : Yvan Gaillard
Musique originale : Stephan Haeri
Production : Vincent Gazaigne. Talweg / CNRS Images, avec la participation de France Télévisions, TV5 Monde et avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, de la PROCIREP – Société des Producteurs, de l'ANGOA et du Centre national du cinéma et de l’image animée
2014
Ce film existe en deux versions : 62’ et 52’
Sur France 5 le 28 septembre 2014 à 22 h 25
Sur Histoire les 13 juin 2019 à 23 h 10, 16 juin 2019 à 16 h 15, 20 juin 2019 à  07 h 30, 2 juillet 2019 à 7 h 05

Le 23 octobre 2014 à 19 h 30 
Au Memorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier. 75004 Paris
En présence des réalisateurs et de Henry Rousso, directeur de recherche, IHTP-CNRS (sous réserve).

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Cet article a été publié le 28 septembre et 22 octobre 2014, 2 mars et 11 septembre 2015, 30 janvier, 17 mai, 17 août et 4 décembre 2017, 4 mai 2018 et 13 juin 2019.