Citations

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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

samedi 15 décembre 2018

Édouard Moyse, peintre de la vie juive en Lorraine


Originaire de Lorraine, Édouard Moyse (1827-1908), peintre de l’émancipation des Juifs, graveur et illustrateur, « artiste original méconnu, se voulut le chantre de la tradition spirituelle juive et le défenseur des valeurs d'intégration ». Le  musée des Beaux-arts de Nancy présenta l’exposition Édouard Moyse, peintre de la vie juive en Lorraine. "À l’occasion de son vingtième anniversaire, le mahJ met à l’honneur une centaine de donateurs dans le parcours permanent et le foyer de l’auditorium, auprès des œuvres qu’ils ont données", notamment un tableau d'Edouard Moyse. Le 19 décembre 2018, le mahJ propose une visite guidée de cet hommage.


            Organisée par le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) et le musée des Beaux-arts de Nancy, l’exposition inédite Édouard Moyse, peintre de la vie juive au XIXe siècle réunissant des œuvres du plus important, mais méconnu, peintre juif français du XIXe siècle a été d'abord présentée au mahJ. La « redécouverte de l’œuvre de Moyse, en partie perdue et présentée pour la première fois au public, s’inscrit dans une exploration des expressions artistiques, souvent méconnues, du judaïsme ».

Artiste d’origine lorraine, Édouard Moyse (1827-1908), peintre d’origine lorraine , « s’est attaché à développer une œuvre de « genre israélite » – selon la formule de l’époque –, traitant à la fois des scènes de la vie juive et des moments historiques qui ancrent les principes défendus par les juifs émancipés intégrés aux nations européennes ».

Moyse est de la même génération que Daniel Iffla (1825-1907), financier, patriote, collectionneur, mécène et philanthrope français juif qui changea en 1861 son patronyme en Osiris, nom d’un dieu égyptien. Tous deux ont en commun des valeurs juives et françaises.

Dans les années 1880, Édouard Moyse peint « ses premières scènes juives. Cet artiste est pionnier dans la représentation des thèmes juifs et l’exposition au Salon de « scènes de la vie juive et des moments fondateurs de l’émancipation ». Il « illustre ainsi un idéal où s’entremêlent les valeurs françaises et celles du judaïsme dans une synthèse qualifiée » d’« israélitisme ».


Célèbre comme « peintre des rabbins », Moyse « a tenté de réhabiliter l'image des Juifs et du judaïsme en développant une nouvelle vision esthétique du rabbin comme un personnage magistral et respectable ».

Avec Édouard Brandon  (1831-1897) et Alphonse Lévy  (1843-1918), Edouard Moyse forme « la triade majeure, en France, des peintres juifs du judaïsme au XIXe siècle », « adeptes d’une peinture de genre israélite » dont il s’affirme en « maître incontesté, et qui est également pratiquée » en Allemagne par Moritz-Daniel Oppenheim (1800-1882) ou en Pologne par Maurycy Gottlieb (1856-1879).


« Chantre de l’israélitisme ou franco-judaïsme, il en représente le moment fondateur, le Grand Sanhédrin institué par Napoléon en 1806, pour marquer son adhésion à cet idéal ».

De son séjour en Algérie, il restitue en une série de pastels la vie des Juifs qu’il y a rencontrés.


Moyse « traite de deux thèmes majeurs répondant à sa volonté, d'une part, de faire connaître le judaïsme, dans ses différentes composantes, et ses valeurs en les intégrant à la culture française, et, d'autre part, de défendre les Juifs face à la montée de l'antisémitisme, en recourant à des scènes historiques. Car peintre académique, il ne peut montrer directement son engagement politique, mais le transpose en présentant au Salon de 1895 Une famille juive insulte par les truands dont les commentateurs n'ont pas manqué de percevoir le message en réponse à Drumont… »

L’exposition a pour commissaire Dominique Jarrassé, université de Bordeaux, et commissaire adjoint Jean Bernheim, arrière petit-neveu du peintre Moyse. Elle est accompagnée d’une monographie de Jean Bernheim, préfacée par Dominique Jarrassé, Édouard Moyse ou la peinture israélite  (Esthétiques du divers, 2012). Jean Bernheim, « esquissant un essai sur cette « peinture israélite » nous fait découvrir qu'au-delà des scènes religieuses, Moyse nourrissait l'ambition de mettre l'art au service d'un humanisme et d'une spiritualité partagée entre toutes les confessions  ».

On peut regretter que certaines œuvres soient si sombres. Effet de la poussière au fil des décennies ?

Cette exposition a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA). Avec le concours des peintures Farrow & Ball.

L’artiste entre Nancy, Alger et Paris
Edouard Moyse est né à Nancy en 1827 dans une famille alsacienne. Il appartient à la tradition ashkénaze.

Il garde des liens « avec sa ville natale, y expose quelquefois au Salon lorrain des amis des arts et y entretient des liens étroits avec Lucien (1828-1909) et René Wiener (1855-1939), animateurs de la vie culturelle nancéienne et collectionneurs ».

Arrivé jeune à Paris, il étudie à l’Ecole des Beaux-arts.

Dès 1850, ce jeune artiste âgé de 18 ans présente sa première exposition.

Paris « est le centre de son activité, en lien avec le Salon qui structure sa carrière ».

La famille de Moyse a inspiré à l’artiste de nombreux tableaux.

Influencé par Martin Drolling d’origine alsacienne, Edouard Moyse  peint d’abord des notables de la vie civile, magistrats ou avocats.

En 1882, il est distingué par la médaille d'argent au Salon de Paris.

« Parallèlement à une production de portraitiste », Moyse « traite d’autres thèmes faisant écho à ses préoccupations : la musique, le culte chrétien, le monde de la justice et de l’art… Il est sensible à la parenté entre les hommes de savoir et de foi : rabbins, moines et avocats ».

En Afrique du Nord, Moyse « découvre un judaïsme original dont il perçoit la dimension profonde ; il refuse la pacotille orientaliste au profit de scènes religieuses et familiales ».

Scènes de la vie religieuse juive
Les artistes juifs de ce temps cherchent à conserver ou à restaurer leur passé qui s'estompe en évoquant ses thèmes à travers dans leurs œuvres.

Édouard Moyse est le maître français incontesté de cette peinture de l’émancipation, pratiquée en Allemagne par Moritz Oppenheim ou en Pologne par Maurycy Gottlieb.


Si d’autres peintres tels Édouard Brandon ou Alphonse Lévy « ont aussi traité de scènes de la vie juive, Moyse s’en est fait une spécialité au point d’être surnommé » « le peintre des rabbins ». Il donne une coloration spécifique à ses représentations.

« Avec un véritable projet d’illustrateur (ses œuvres sont reprises dans les journaux qui tentent d’expliquer les rites juifs), Moyse entreprend, dès 1861, de présenter différents aspects de la vie religieuse, à la fois à la synagogue et au foyer ».


Il « présente les rites synagogaux à travers les étapes de l’office, la sortie, puis la présentation du rouleau de la Torah (hagbaha), le sermon, et à travers le cycle des fêtes… »

« Chaque toile est empreinte d’une grande solennité, même s’il choisit sciemment de montrer des oratoires et non des synagogues monumentales comme celles qui se construisent alors à Paris : il met en valeur l’intimité et la proximité des fidèles malgré leur diversité. Il se représente lui-même dans Le Grand Rabbin présente aux fidèles le livre de la Loi ». Un tableau exposé en 1896 au Salon de Paris.

« Parmi les rites domestiques, Moyse s’attache au seder de Pessah (la Pâque juive), à la circoncision et surtout à la bénédiction de l’aïeul. Brouillant époques et espaces par le recours à des costumes anciens ou orientaux, il donne au foyer la dimension d’un sanctuaire ».

Moyse « livre également une magnifique série de pastels sur les Juifs d’Algérie, où il découvre l’universalité du judaïsme ; il combinera désormais dans ses compositions des motifs typiques des mondes juifs européen et maghrébin ».

Valeurs du judaïsme : l’étude et le dialogue
« Fidèle aux traditions de l’École des Beaux-arts, Moyse privilégie deux thèmes majeurs en écho à son idéal israélite : les rites et les valeurs du judaïsme intégrés à la culture française ».

Moyse « choisit de transmettre ses valeurs les plus profondes en recourant à l’art et met en images la prescription de l’Éternel à son peuple : « Ce livre de la Doctrine ne doit pas quitter ta bouche, tu le méditeras jour et nuit afin d’en observer avec soin tout le contenu. » (Josué 1, 8). Il privilégie ainsi les thèmes de l’étude des textes et de la discussion talmudique ».

« L’étude se présente comme celle du néophyte sous la férule du maître, celle du rabbin qui poursuit, solitaire, sa lecture et sa méditation, et la discussion théologique à plusieurs ».

Dans « le contexte de l’israélitisme français, le dialogue talmudique fait parfois place à des réunions pleines de décorum, tel le synode où sont conviés les rabbins afin de prendre des décisions doctrinales ».

Au « cœur de la plupart des compositions, le Livre – Torah ou Talmud – objet majeur de la transmission dont le message ne peut vivre hors de la parole des commentateurs et de leur fidélité, tel Moses Mendelssohn confronté à la conversion comme ticket d’entrée dans la société allemande, un impératif désormais dépassé dans la société française ».

Moyse a grandement contribué à la création d'une nouvelle image des Juifs. Comme d'autres artistes tels que Jacques-Émile-Edouard Brandon, il a dépeint avec une grande exactitude les rites qui étaient encore largement pratiqués à son époque, tout en composant ses toiles de façon à les rendre intemporelles plutôt que contemporaines.

Peint en 1859, La Synagogue pendant la lecture de la Loi représente une vingtaine de personnages. Ce tableau dépeint « des Juifs séfarades d'une époque indéfinie avec leurs longs châles de prières et leurs turbans, dans une digne posture de dévotion, mêlée à une ambiance chaleureuse et conviviale ».

L’israélitisme face à l’antisémitisme
Peintre de « genre israélite », Moyse « s’est moins consacré à la peinture d’histoire », genre pictural noble.

« Cependant il évoque des moments fondateurs comme le Grand Sanhédrin convoqué par Napoléon Ier en 1807, assemblée qui permit l’intégration des Juifs à la société française au prix d’une soumission du judaïsme à la loi commune ».

Dès « 1861, le critique d’art Isidore Cahen, dans les Archives israélites, l’avait encouragé : « L’intérieur des familles, les souvenirs de la persécution, les rites de la synagogue offrent encore un vaste champ à ses études. »

Moyse « a repris quelques personnages historiques dans des toiles perdues, Rabbi Akiva en 1868, Esdras en 1908… »

Dès « 1870, il aborde, à travers des scènes historiques empruntées au Moyen Âge, le thème de l’antijudaïsme, dont la persistance sous la forme de l’antisémitisme accompagne ainsi toute sa production ».

Dans « sa longue carrière, il représente des épisodes importants de l’histoire des Juifs de France, ainsi que des scènes de la vie juive quotidienne, et en décrit avec une grande exactitude les rites. Il s’en est fait une spécialité au point d’être surnommé dès 1870 par Cerf Berr de Médelsheim, non sans ironie « le peintre des rabbins ».

« Tout en conservant sa fidélité à la Lorraine il entremêle les valeurs françaises à celles du judaïsme dans une synthèse propre au franco-judaïsme du XIXe siècle que l’on a qualifiée d’« israélitisme ».

Il « s’en fait le chantre, en représentant en 1868 son acte fondateur, le Grand Sanhédrin, assemblée de rabbins convoquée par Napoléon en 1806. Le Grand Sanhédrin, qui commémore la réunion de l’assemblée des notables juifs ordonnée par Napoléon Ier en 1807, et la fondation du Consistoire des israélites de France est un des tableaux les plus importants d’Édouard Moyse. Présenté au Salon de Paris de 1868, il met en scène l’assemblée du Grand Sanhédrin réunie par Napoléon en février-mars 1807 et présidée par le grand rabbin de France David Sintzheim. Ce tableau représentant le Sanhédrin qui est aujourd'hui dans les collections du Musée des Beaux-arts de Nancy est probablement le tableau le plus connu d'Edouard Moyse. Il y décrit un moment fondateur du judaïsme français. Il n'est donc pas étonnant qu'il lui ait consacré plusieurs études et esquisses ».

La gravure comme synthèse
En 1863, Moyse, « initié à l’eau-forte, commence à produire des gravures dans le cadre de la Société des aquafortistes ».

La « série d’une grande qualité et cohérence permet de réintégrer l’œuvre juive dans son ensemble, car Moyse use de la gravure comme d’un mode de présentation synthétique : tous ses thèmes de prédilection sont repris, la discussion talmudique – dont le célèbre épisode confrontant Moses Mendelssohn à ses contradicteurs –, la bénédiction de l’aïeul, Un Philosophe aux allures de rabbin rembranesque, le moine violoncelliste, les musiciens en répétition… C’est aussi un témoignage sur des œuvres disparues ».

La « gravure lui permet aussi d’aborder des thèmes plus rares comme Michel-Ange (1866), ou l’étonnant Un souvenir agréable de la Commune (1871), qui révèle un Moyse attentif aux événements révolutionnaires ».

Le 20 novembre 2016, à 16 h, l'Auditorium du musée des Beaux-arts de Nancy organisera la conférence, co-organisée avec le centre André Spire, Édouard Moyse (1827-1908), peintre de la vie juive au XIXe siècle, par Dominique Jarassé, professeur d'histoire de l'Art contemporain à l'Université Bordeaux Montaigne, commissaire de l'exposition.

"À l’occasion de son vingtième anniversaire, le mahJ met à l’honneur une centaine de donateurs dans le parcours permanent et le foyer de l’auditorium, auprès des œuvres qu’ils ont données", notamment un tableau d'Edouard Moyse. Le 19 décembre 2018, le mahJ propose une visite guidée de cet hommage.

La famille de Jean Bernheim est l'une des donateurs. "Arrière-neveu du peintre Edouard Moyse (1827-1908), Jean Bernheim s’est passionné pour la vie et l’œuvre de son aïeul, et lui a consacreé une riche monographie, Édouard Moyse ou la peinture israélite (Esthétique du divers2012). Originaire de Nancy, Edouard Moyse (Nancy, 1827 – Paris, 1908) appartient à la première génération d’artistes juifs professionnels qui émerge dans le sillage de l’Emancipation. Dans les années 1860, le peintre se tourne vers des représentations de la vie religieuse et de l’histoire juives, avec des scènes de synagogue, ou une représentation du Grand Sanhedrin convoqué par Napoléon en 1807."


En 2001, la famille Jean Bernheim a offert "Une famille juive insultée par les truands" (1895), huile sur toile. "Peinte en 1895 alors qu’a éclatée l’affaire Dreyfus, cette œuvre évoque les émeutes antisémites qui ont suivi l’accession au trône de Charles VI en 1380. Des truands, a la recherche d’or, menacent une famille juive et ne trouvent que des livres, leur seule véritable richesse."

"Composition triangulaire d'un père assis au centre en robe brune et coiffé d'un bonnet caractéristique. Il tient son jeune fils enlacé qui cache son visage dans l'épaule de son père. La mère, à genoux, protège aussi l'enfant et elle regarde vers l'extérieur du tableau avec un air effrayé. Deux personnages masculins encadrent la famille, l'un encapuchonné à gauche, montre le cabinet ouvert dans le fond de la pièce, l'autre, tête et épaule nues, à droite, tient un poignard.
Dans la scène, l'attitude dynamique des personnages latéraux est en contraste avec le statisme du bloc central de la famille .
Originaire d'une famille juive nancéenne, Édouard Moyse vient à Paris étudier à l'École des Beaux-Arts de Paris sous la direction de Michel-Martin Drolling (Paris, 1786- 1851). Il expose pour la première fois au Salon en 1850. Édouard Moyse appartient à la première génération d'artistes juifs professionnels qui émerge dans le sillage de l'émancipation et dont l’œuvre atteint sa pleine maturité dans la seconde moitié du XIXe siècle. Tout d'abord attiré par l'art du portrait, il se tourne, dans le cours des années 1860, vers des représentations de la vie religieuse et de l'histoire juives. À l'instar des peintres Moritz Oppenheim en Allemagne et Isidor Kaufmann en Autriche, Moyse transmet une vision idéalisée du passé juif et souligne le contraste entre un mode d'existence révolu et la vie des juifs émancipés dans une société marquée par des transformations mentales, sociales et économiques propres à l'acculturation et à la modernité. Son souci d'affirmer la dignité de la vie religieuse et familiale juive passée et contemporaine explique le caractère sobre et parfois intemporel de certaines représentations telles que La dispute rabbinique et le Juge rabbinique (dépôts du Musée d'Orsay au MAHJ), réalisées dans les années 1860-70, ou bien Le grand Sanhédrin (1867, MAHJ). Ce même souci se retrouve dans la manière dont il évoque les persécutions subies par les juifs d'Espagne et les marranes dans son tableau Hérétiques devant le tribunal de l'Inquisition à Séville en 1481 (musée municipal de Louviers) ainsi que dans l’œuvre présentée ici et qui lors de sa présentation au Salon de 1895 portait le titre Famille juive insultée par des truands (titre attribué temporairement). Dans ce dernier tableau tout particulièrement, la violence des deux accusateurs contraste fortement avec la dignité du père de famille serrant sa femme et son fils contre lui. La nappe à demi arrachée de la table, le banc renversé, le livre jeté au sol s'associent au poignard et au poing brandi par les accusateurs, au désordre de leurs vêtements. La tension créée entre le calme de la famille le regard fixe du père illustrant sa fermeté d'âme et son attachement inébranlable à la foi juive et les gesticulations brutales des deux hommes ne permet à l'observateur aucune illusion sur le dénouement de la situation. L'intérêt qu’Édouard Moyse a éprouvé pour la description de la vie juive au temps de l'Inquisition met l'accent sur les épreuves traversées par le peuple juif au cours de son histoire. Au contraire, d'autres artistes, tels Hirszenberg et Gottlieb, préféreront interroger les figures du marranisme (Uriel D'Acosta et Spinoza) comme étant les précurseurs de la modernité et de la liberté de pensée que tant d'artistes et d'intellectuels juifs revendiquent au XIXe siècle par rapport au statut de leurs origines."


Jusqu’au 15 août 2016
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple 75003 Paris
Tél. : (33) 1 53 01 86 60
Lundi, mardi, jeudi, vendredi de 11 h à 18 h, mercredi de 11 h à 21 h et dimanche de 10 h à 18 h

Du 4 novembre 2016 au 27 février 2017
3 place Stanislas. 54000 Nancy
Tél. : 0033 (0)3 83 85 30 72
Tous les jours de 10 h à 18 h, sauf le mardi. Fermeture les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 1er novembre et 25 décembre.

Visuels :
Affiche Nancy
Édouard Moyse, La leçon de Talmud

Édouard Moyse, autoportrait (1853)
© RMN-Grand Palais / Franck Raux

Édouard Moyse, Juge rabbinique
Fin XIXe siècle
Photo © RMN-Grand Palais (musée d'art et d'histoire du Judaïsme) / Jean-Gilles Berizzi

Édouard Moyse, Une famille juive insultée par les truands
France, 1895
photo Gilles Berizzi © RMN-Grand Palais - mahJ

Édouard Moyse, Portrait de jeune femme, 1878
Collection particulière
Le Grand Sanhédrin, 1867
© mahJ ; photo Christophe Fouin

Edouard Moyse (Nancy, 1827 – 1908), Tribunal rabbinique
Deuxième moitié du XIXe siècle
Huile sur toile
Photo Gilles Berizzi. Réunion des Musées Nationaux, Paris
Dépôt Musée d'Art Juif
Inv. MAHJ D.98.02.008.MAJ

Édouard Moyse, Sermon dans un oratoire israélite, 1897.
© mahJ  ; photo Gilles Berizzi /RMN-Grand Palais

Édouard Moyse, Le Grand Sanhédrin, 1867 © mahJ, photo Christophe Fouin

Edouard Moyse, Une discussion théologique, 1863
27 x 22 cm 

MOYSE, Edouard
"Une famille juive insultée par les truands" 
France, 1895
Inv. 2001.30.001
Dimensions : H. 98 - L. 146,5 cm
Huile sur toile
mahJ, don de la famille Jean Bernheim

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations sont extraites de documents du MAHJ. Cet article a été publié le 4 août, puis le 5 novembre 2016, puis le 25 février 2017.

La France d’Avedon. Vieux monde, New Look


Américain juif, Richard Avedon (1923-2004) a débuté comme photographe de mode, avant de s’affirmer en portraitiste. Il a développé une relation fertile avec Paris où ses collaborations variées – revues, cinéma, livre monographique, magazine - ont renouvelé son art. BnF a présenté l’exposition « La France d’Avedon. Vieux monde, New Look ». En novembre 2018, Sotheby's a vendu des photographies célèbres d'Avedon.




"Un portrait n’est pas une ressemblance. Dès lors qu’une émotion ou qu’un fait est traduit en photo, il cesse d’être un fait pour devenir une opinion. L’inexactitude n’existe pas en photographie. Toutes les photos sont exactes. Aucune d’elles n’est la vérité", a dit Richard Avedon (1923-2004).


Chroniqueur photographique
Richard Avedon est né dans une famille juive américaine. Immigré de Russie, son père Jacob Israel Avedon est un self made man qui, à force de travail, a ouvert sa boutique à New York, Avedon’s Fifth Avenue. Après la crise économique de 1929, son père ferme son magasin de prêt-à-porter en 1930 et se reconvertit en agent de change. Enfant, Richard Avedon se passionne pour la photographie et entre, à l'âge de 12 ans à la Young Men’s Hebrew Association (YMHA), club photographique. Il est curieux que ni la Bibliothèque nationale de France (BNF), à la différence du Jeu de Paume qui lui avait consacré en 2008 une rétrospective, a occulté la judéité de Richard Avedon.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Richard Avedon s'engage en 1942 et est affecté comme photographe des marins de deuxième classe dans la Marine marchande américaine. "Mon travail consistait à réaliser des photographies d'identité. J'ai du faire 100 000 portraits avant que je ne prenne conscience que je devenais un photographe." Au bout de deux ans, il quitte la Marine.

Richard Avedon se lance dans la carrière de photographe de mode pour un grand magasin, et étudie avec Alexey Brodovitch au Design Laboratory de la New School for Social Research. Il collabore à Harper’s Bazaar. Ce célèbre magazine lui ayant dénié l'usage d'un studio, il innove en photographiant les modèles et la mode dans les rues, dans les night-clubs, au cirque ou sur les plages, exprimant des expressions telle la surprise, en puisant dans ses facultés imaginatives : Dovima with Elephants (1955). Sous la direction de Brodovitch, il devient le photographe favori de Harper’s Bazaar, et multiplie les portraits de VIP (Very Important People) pour d'autres magazines, tels Life et Look. En avril 1965, il quitte Harper’s Bazaar à la suite d'une polémique relative à son choix de mannequins "de couleurs", et rejoint Vogue. En 1992, il est le premier photographe du New Yorker. Fondateur de son studio, il effectue les photographies pour les campagnes publicitaires de Calvin Klein, Revlon, Versace...


Curieux et engagé, Richard Avedon a aussi saisi le mouvement des Droits civiques, capté les manifestations contre la guerre du Vietnam ou les patients d'un hôpital psychiatrique - une de ses soeurs souffre d'une maladie psychiatrique  -, et photographié son père, Jacob Israel Avedon, atteint d'un cancer (1969-1973). En 1976, pour le magazine Rolling Stone, il réalise “The Family,” un portrait collectif de l'élite au pouvoir aux Etats-Unis. En 1978, alors que le Metropolitan Museum of Art lui consacre une rétrospective, Richard Avedon apparaît en couverture de Newsweek.

France d’Avedon
« C’est précisément ici et ainsi que la photographie a commencé : à Paris, dans cette lumière du jour, avec une chambre 8 x 10, dans un studio comme celui-ci – une version miniature des lieux romantiques échevelés où Nadar a travaillé, et Daguerre avant lui. Je voulais me servir de ce cadre et de cette histoire comme références pour de nouvelles images… », a déclaré Richard Avedon.


De manière inédite, la BnF analyse « les liens singuliers de l’artiste Richard Avedon, l’un des plus grands noms de la photographie américaine, avec la France ». 

Environ 200 pièces relatent l’histoire  « de l’attachement profond pour la France de l’un des plus grands photographes américains de la seconde moitié du XXe siècle ».

« Célébré dès ses débuts pour ses photographies de mode, Avedon a développé au long de sa vie une œuvre exceptionnelle, jalonnée de rencontres françaises qui ont fortement influencé son travail ». 

« L’image photographique chez Avedon s’est constamment enrichie et renouvelée par et pour d’autres formes : le texte, le livre, le magazine, le cinéma, la danse… Cette réinvention permanente est particulièrement sensible dans son travail développé en lien avec la France ». 

La « France d’Avedon » se déploie à la BnF « en quatre temps, qui témoignent de la richesse de son œuvre ». 

Dans les années 1940, Richard Avedon photographie les collections de mode à Paris pour le magazine Harper’s Bazaar. La « culture française sous-tend presque tout l’art d’Avedon. Avant même qu’il ne foule le sol français, il avait commencé par faire son apprentissage chez Alexey Brodovitch, le directeur artistique de Harper’s Bazaar, qui avait vécu et travaillé à Paris dans l’entre-deux-guerres. À partir de 1947, Avedon allait accompagner à Paris, deux fois par an, Carmel Snow, la rédactrice en chef de la revue. Marie-Louise Bousquet, l’éditrice parisienne, prit Avedon sous son aile et le convia au salon qu’elle tenait les jeudis ». Avedon intègre des modèles de la haute couture française dans des sites parisiens, ou en souligne la sophistication dans des salons bourgeois. Ce sont déjà des top-modèles célèbres : Dovima, Suzy Parker, Dorian Leigh... Avedon offre une image de la Parisienne active et élégante, amoureuse et songeuse, belle et active.

Au milieu de la décennie suivante, il collabore au film Funny Face.En 1956, Richard Avedon est « consultant visuel » dans Funny Face (Drôle de frimousse) réalisé par Stanley Donen et dont l'acteur principal, Fred Astaire interprète un personnage appelé Dick Avery est inspiré par Avedon. Le film,  « largement tourné en France, s’inspire de la carrière d’Avedon en tant que photographe de mode à Paris. Sont extraites et exposées pour la première fois les photographies réalisées par Avedon pour le film lors de la fameuse séance de mode, immergeant ainsi le visiteur dans un Paris fantasmé des années 50. En parallèle, le public peut contempler un modèle de Vistavision ainsi qu’un photomaton, du même type que celui dans lequel Avedon a fait poser Audrey Hepburn, son époux Mel Ferrer et Truman Capote, affirmant ainsi que l’œil importe plus en photographie que la maîtrise technique ». Une observation pertinente que les magistrats, délitant souvent le droit d’auteur, gagneraient à méditer.

« C’est en France qu’Avedon retourna à la fin des années soixante pour renouveler son regard, en collaborant avec le photographe Jacques Henri Lartigue, après l’échec critique de son deuxième livre de photographies, Nothing Personal (1964) ». En 1968, Richard Avedon conçoit l’édition de Diary of a Century, monographie de Jacques Henri Lartigue. La « relation intime entre Avedon et la France se lit également dans son travail sur l’œuvre de Jacques Henri Lartigue. Ce livre contribuera à faire reconnaître l’artiste français dans le monde entier. En véritable « metteur en page » en plus de « découvreur » des images de Lartigue, Avedon réussit à inscrire l’œuvre du photographe dans l’histoire du XXe siècle, bien au-delà de la seule Belle-Epoque à laquelle Lartigue était alors identifié ». 

Dès 1985, Richard Avedon contribue à Egoïste dirigé par Nicole Wisniak dès 1985. « Chaque rencontre française amène Avedon à se réinventer, à développer toujours plus une pratique hybride de la photographie ». Avedon « collabore de nombreuses années avec le magazine français Egoïste », magazine luxueux fondé en 1977 par Nicole Wisniak et consacré « aux arts, la littérature, la performance, le théâtre et la danse, mêlant reportage, publicités, portraits et photographies de mode dans une mise en page d’une grande élégance… Avec Egoïste, il réalise pleinement une photographie nourrie des autres formes d’art ». Et c’est en France qu’il revint « pour travailler avec Nicole Wisniak à sa revue Egoïste dans les années quatre-vingts, après une période lucrative à Vogue, qui fut néanmoins étouffante sur le plan artistique ».

L’exposition se raconte au travers de nombreux portraits de personnalités saisies par l’objectif de l’artiste. Jean Cocteau, Coco Chanel, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Yannick Noah, Isabelle Adjani, Yves Montand, Simone Signoret, Sylvie Guillem… Autant de personnalités et d’icônes photographiques qui témoignent de l’attachement de l’artiste à la culture française comme de son œuvre exceptionnelle développée autour du portrait pendant près de cinquante ans ». Cent vingt images de personnalités du cinéma, de la chanson, de la danse ou de la littérature « témoignent de l’œuvre exceptionnelle du photographe développée autour du portrait pendant près de cinquante ans ».
    
L’exposition « qui dessine « La France d’Avedon » suit ainsi les courbes du parcours exceptionnel du photographe à travers la culture française : d’un Paris fantasmé dans Funny Face, l’histoire bascule à la Belle-Epoque « relookée » dans Diary of a Century, pour s’achever en 1991 dans Egoïste, avec le Bal Volpi à Venise, une série photographique qui met en scène le déclin du « vieux monde » proustien ». Ses commissaires sont Robert M. Rubin et Marianne Le Galliard.

La France d’Avedon « est un pays avec sa propre géographie. Ce pays n’est pas à proprement parler une création mais une recréation, née après la Seconde Guerre mondiale sur les décombres des avant-gardes de l’entre-deux-guerres, filtrées pour l’Américain moyen, par les revues telles que Harper’s Bazaar, Vogue et The New Yorker. Le défilé Christian Dior de 1947 – immédiatement baptisé « le New Look » - fut le point de départ. Marcel Proust et la Belle Époque furent ensuite associés, d’où le sous-titre Vieux monde, New Look ».

Dans « une présentation qui met l’accent sur le processus créatif et expérimental de la pratique d’Avedon, l’exposition, à travers le prisme de ses multiples engagements en France, renforce la position d’Avedon comme l’une des figures les plus importantes de la culture visuelle du XXe siècle, amorçant celle du début du XXIe siècle ».

La RATP s’associe à la rétrospective de la BnF « La France d’Avedon, vieux monde, new look ». Offrant à ses voyageurs la richesse de l’œuvre de ce photographe emblématique, la RATP a lancé sur son réseau l’exposition « La RATP invite Richard Avedon ». Composée de 44 clichés dont 27 exclusifs, elle s’articule autour de trois thèmes : Portraits de cinéma, Danse et Mouvement, Avedon à Paris. Les « clichés du photographe sont exposés en grand format dans des scénographies exceptionnelles dans les stations Bir-Hakeim, Gare de Lyon, Hôtel de Ville, Jaurès, La Chapelle, Luxembourg, Madeleine, Nanterre Université, Pyramides, Saint Denis Porte de Paris et Saint Michel ».

Robert M. Rubin, commissaire de l’exposition de la BnF, souligne que « Richard Avedon aurait aimé l’idée d’une exposition parallèle dans le métro. Il essayait toujours d’intégrer une note théâtrale à ses installations : les agrandissements gigantesques, les collages joyeux, les juxtapositions insolites et, comme ici, les lieux d’exposition inattendus. »

Funny Face
« J’éclaire chaque restaurant, chaque rue comme si j’éclairais un film », expliquait Richard Avedon.

Avant même qu’Avedon n’arrive à Paris, la « Ville Lumière était, pour reprendre les termes du mannequin Dorian Leigh, « une jolie image dans sa tête ». 

Durant vingt ans, les photographies d’Avedon pour Harper’s Bazaar « ont servi à donner vie à un nouvel imaginaire parisien né des cendres de la vieille ville ». 

En 1956, le film Funny Face de Stanley Donen « offre un tour d’horizon sur les innovations techniques apportées par Avedon, en faveur de ce « New Look ». Le film, basé sur la carrière d’Avedon renforça sa réputation de « photographe le plus célèbre du monde ».

Consultant visuel pour Funny Face, Richard Avedon « parvient à intégrer la photographie de mode et les astuces de son métier au grand écran de la comédie musicale hollywoodienne. L’exposition présente sa contribution tant au niveau des photographies que des séquences filmiques. En témoignent le générique du début ou encore les multiples « arrêts sur images » (freeze frames) avec Audrey Hepburn à Paris ».

Dans « la rotonde, au milieu des images en couleur sont disposés des objets emblématiques : un photomaton Mutoscope de la fin des années cinquante, identique à celui utilisé par Avedon pour ses célèbres portraits au photomaton, une réplique du caisson lumineux qui apparaît dans le film (sur lequel reposaient également des transparents d’Avedon) posé sur un modèle de bureau proche de celui de la célèbre directrice Carmel Snow (là aussi reproduit dans Funny Face) ou encore l’imposante caméra Vistavision ».

« L’un des petits portraits au photomaton pris par Avedon, avec Audrey Hepburn entourée de Mel Ferrer et Truman Capote, pièce d’une grande rareté, propose un délicat contrepoint au format panoramique imposant des reproductions du film ». 

« C’est la première fois que les photographies de mode d’Avedon pour Funny Face sont montrées au public, imprimées en grand format. Sur chaque écran peuvent être visualisées les séquences mode, jusqu’à l’arrêt sur image, le moment capturé par l’appareil photo d’Avedon et filmé ensuite par Stanley Donen pour être intégré au flux cinématographique ».

Made in France / Paris Pursuit
Deux petites salles montrent d’autres facettes sur Avedon et le cinéma.

Dans la salle Made in France, titre d’un livre publié en 2001 « sur les photographies de mode en studio des années cinquante par Avedon, les liens entre la photographie de mode et Harper’s Bazaar sont mis en exergue. Au centre, les tirages d’imprimeur laissent voir les multiples annotations d’Avedon au verso. Immersion dans l’univers de Harper’s Bazaar, cet espace révèle l’importance de la culture française, encouragée par les deux « professeurs » d’Avedon, Carmel Snow et Alexey Brodovitch ».

La section Paris Pursuit « est consacrée au rapport entre mode et cinéma. Avedon ne s’aventure plus à Hollywood après Funny Face, mais la forme cinématographique continue d’imprégner son œuvre ».

Sur la couverture de Harper’s Bazaar de septembre 1959, il « est salué comme le réalisateur de Paris Pursuit : a Love Farce. Ce qui suit est une sorte de ciné-roman qui met en scène Audrey Hepburn, Mel Ferrer et Buster Keaton à Paris ».

« A travers cette séquence mode publiée dans le magazine comme un scénario de film et les multiples prises de vue durant le tournage de Funny Face, cette salle vient clore la première partie des débuts d’Avedon, de 1946 à 1959 ».

Portraits français
« C’est le visage des autres qui m’apprend ce qu’est le mien », analysait Richard Avedon.

« Au cœur de l’exposition, des portraits célèbres et de grands formats côtoient d’autres images moins connues. Coco Chanel, Jean Cocteau, Picasso, Jean Genet, René Clair, Bernard Buffet, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Anouk Aimée, Jeanne Moreau... Autant de personnalités dont les portraits soulignent l’intérêt et l’attachement de Richard Avedon pour la culture française ».

Un « grand nombre de ces portraits figurent dans la première monographie de Richard Avedon, Observations, publiée en 1959 avec les textes de l’écrivain Truman Capote ».

Au centre de cet espace « sont installées des vitrines avec de très nombreux tirages contacts d’Avedon, souvent jamais tirés, qui présentent des séances photo dans le temps, des tirages de travail, des images de mode, des publicités, des maquettes de livre comme celle pour Observations, avec les notes originales de Truman Capote. Dans ces vitrines, le public pourra par exemple découvrir les images du « New Look » en 1947 avec la comtesse Maxime de la Falaise suivies de contacts pris vingt ans plus tard avec sa fille Loulou, les dessins de décor et costumes de Christian Bérard pour la pièce de théâtre La Folle de Chaillot et pour l’album des photographies de la Comtesse de Castiglione, objet qui faisait partie de la collection personnelle de Richard Avedon ».

La « couverture en grand format d’Egoïste avec Yannick Noah établit une continuité entre les portraits de personnalités françaises pris par Avedon entre 1950 et 1970 et ceux plus tardifs réalisés pour Egoïste. Ces portraits constituent un témoignage fort des rencontres françaises qui ont jalonné toute la carrière de l’artiste ».

Lartigue : Diary Of A Century
« Lartigue a dû attendre sa première exposition au Museum of Modern Art à New York puis la publication aux Etats-Unis de Diary of a Century, livre dont je fus l’éditeur pour que la France le découvre vraiment. Peut-être faut-il un étranger pour découvrir le trésor national d’autrui ? », observait Richard Avedon.

« Richard Avedon ! Celui que j’admire le plus depuis tant d’années comme le plus grand photographe du monde. Bea Feitler rédactrice en chef de ce Bazaar, le journal qui depuis trois ou quatre dizaines d’années me caresse l’enthousiasme. Eux deux venir à Paris pour moi ! Venir choisir mes photos. Les revoir toutes avec eux, avec leurs yeux neufs, leurs yeux qui savent si bien tout voir. » (Journal manuscrit de Jacques Henri Lartigue, mai 1968)

Jacques Henri Lartigue et Richard Avedon se rencontrent pour la première fois en novembre 1966 dans le studio d’Avedon à New York. 

En mai 1968, la « mise en page de Diary of a century est lancée ».

Alors qu’Avedon et Bea Feitler choisissent « les tirages et images des albums de Lartigue dans son appartement à Paris, les émeutes dans la rue font rage ».

L’exposition « montre comment Avedon a construit le livre, édité en 1970. Elle apporte un éclairage sur l’oeuvre de Lartigue en identifiant le rôle crucial et néanmoins méconnu d’Avedon dans la production et l’édition du livre, ainsi que l’influence que Diary of a century a eu sur la carrière des deux artistes ».

Le travail de « producteur » d’Avedon « inaugure la reconnaissance internationale de Lartigue en 1970 en révélant pour la première fois son travail photographique sur tout le siècle. Les double-pages du livre punaisées sur la hauteur des cimaises montrent comment Richard Avedon applique les principes de Brodovitch pour son travail sur Lartigue : l’importance de la narration, du rythme dans la mise en page, la nécessité de laisser des blancs ou d’insérer des images-choc... L’agenda de 1912 et des albums de Lartigue, la plaque métallique qui a servi pour la couverture du livre et les nombreuses maquettes du livre annotées par Avedon ponctuent le propos de cette section ».

Une « projection des pages d’albums du photographe français met en lumière le work in progress avant le projet éditorial final. Les deux exemplaires du livre respectivement signés par les deux artistes se trouvent réunis ici pour la première fois ».

Le « travail d’Avedon pour Diary of a century révèle la place que prennent le livre et l’écrit dans l’oeuvre de l’artiste américain. Dans ce rôle qu’a joué Avedon en tant qu’éditeur se lit la volonté de révéler au monde un « nouveau » Lartigue, de réactiver le regard sur le photographe français ».

« Immersion complète dans une oeuvre qui couvre le XXe siècle, cette expérience est également pour le lecteur de Proust qu’est Avedon une formidable source de questionnement sur le temps qui passe, sur la mémoire et sur le monde d’hier ».

Egoïste
« Egoïste est le seul magazine au monde à me donner une liberté d’expression complète », reconnaissait Richard Avedon.

En 1985, Avedon débute sa collaboration pour Egoïste. Son « travail est audacieux et expérimental ».

Il « participe à neuf numéros entre 1985 et 2004 et réalise les portraits de personnalités diverses comme François Pinault, « Dany Le Rouge » Cohn-Bendit ou encore John Galliano, aux côtés de sujets surprenants tels que l’Abbé Pierre, Sœur Emmanuelle ou encore le personnel du Château Lafite ».


« Avec son travail pour Egoïste, Avedon trace à partir des années 80 de nouvelles voies dans le domaine croisé de la photographie d’art et de l’image éditoriale en photographiant une Europe en mutation : le Bal Volpi, Checkpoint Charlie, la banlieue parisienne comme Drancy ».

« Avant d’entrer dans la salle Egoïste, le visiteur est accueilli par les images du Bal Volpi, une série réalisée par Avedon en 1991 pour le magazine, et qui montre une aristocratie européenne fatiguée qui n’est pas sans évoquer le vieux monde proustien ». 

« Dans cette même salle, deux films inédits permettent de saisir le processus créatif de l’artiste : un film réalisé par le photographe Hiro lors du montage de l’exposition au Smithsonian Institute à Washington en 1962 où Avedon punaise directement ses tirages sur les murs puis un court film réalisé par le cinéaste D. A. Pennebaker lors d’une présentation par Avedon de ses photographies à l’agence de publicité McCann Erickson à New York en 1964 ».

Dans la salle Egoïste, une « galerie de portraits français (Marguerite Duras, Gérard Depardieu, Yannick Noah, Françoise Sagan, Sylvie Guillem, Isabelle Adjani...) rappelle l’importance de la danse, de la littérature et du spectacle dans l’oeuvre d’Avedon ».

L’exposition « se termine sur la série Kate’s Story réalisée en 1991, un remarquable ciné-roman sur un ménage à trois, qui, par ses modèles grandes tailles, explore de manière visionnaire les stéréotypes de la beauté féminine tant vue et corrigée par Avedon ».



Eléments biographiques


Richard Avedon « est né en 1923 à New York. Il est considéré comme l’un des plus grands photographes américains de la deuxième moitié du XXe siècle. Célébré dès ses débuts avec ses photographies de mode, il a développé une oeuvre exceptionnelle autour du portrait sur près de cinquante ans.

Richard Avedon a dix ans quand il reçoit son premier appareil photo, un Rolleiflex. 

Après avoir brièvement fréquenté l’Université de Columbia, il débute sa carrière en 1942 en s’engageant dans la marine marchande en tant que photographe. 

Découvert en 1944 par Alexey Brodovitch, dont il suit les cours à la New School for Social Research à New York, il intègre le célèbre magazine de mode Harper’s Bazaar dès 1946. 

En quelques années, il devient le photographe phare de la revue, portée par sa rédactrice en chef Carmel Snow et son directeur artistique, Brodovitch. 

Ses clichés de mode renouvellent le genre. Rompant avec la tradition du studio, il fait poser les mannequins en extérieur, dans les rues de Paris. La spontanéité, le mouvement et la vitalité caractérisent ses images de mode. 

Au sein du Harper’s Bazaar, il réalise également des portraits de célébrités, qu’il publie dans sa première monographie Observations en 1959, accompagnée d’un texte de Truman Capote.

S’ensuit un deuxième ouvrage Nothing Personal en 1964, servi cette fois par la plume de l’écrivain James Baldwin.

En 1966, Richard Avedon quitte Harper’s Bazaar et rejoint le magazine Vogue. Il y travaillera jusqu’en 1990. 

Parallèlement à ses portraits et sa photographie publicitaire, il s’intéresse dans les années soixante-dix à la question politique (déjà abordée dans Nothing Personal) avec des travaux sur la guerre du Vietnam ou la série « The Family » pour Rolling Stone en 1976 qui reproduit une soixantaine de portraits de personnalités de l’élite politique et financière américaine. 

En 1979, il se lance dans un projet ambitieux qui est de représenter l’ouest américain avec ses ouvriers, ses personnes ordinaires. Celui-ci donne lieu en 1985, après six années de travail à la publication de « In the American West » avec ses fameux portraits monumentaux d’anonymes devant un fond blanc. "Mon sujet n’est pas l’Ouest ; j’aurais pu faire ces photos en n’importe quel lieu du monde. Ces portraits parlent des gens, comme tout ce que je fais. Peu importe l’Ouest", a expliqué Richard Avedon. 

En 1992, Avedon devient le premier photographe du magazine The New Yorker et travaille en parallèle avec la revue française Egoïste depuis les années 80.

Décédé en 2004, Richard Avedon œuvrait alors sur un projet intitulé « On Democracy » sur les élections présidentielles, qui fut exposé aux Rencontres d’Arles en 2008 ».

Sotheby's
Le 9 novembre 2018, Sotheby's a vendu des photographies célèbres d'Avedon. Parmi les photographies mises en vente : "Dovima With Elephants, Evening Dress By Dior, Cirque d’Hiver, Paris, 1955". Estimé entre 600 000 dollars et 900 000 dollars, ce cliché célèbre a été publié par Harper's Bazaar en septembre 1955.


"Considered as one of the most important fashion photographs in the history of photography, the image appeared for the first time in the Harper's Bazaar magazine in September 1955. The print offered here is dated 1962 and is historical for many reasons. First of all, the print was made from his first original negative before it was retouched. Secondly, it was produced for the very first exhibition of Richard Avedon, at the Smithsonian Museum of American Art. Avedon made only two prints at this occasion, the second print being in the collection of the Smithsonian.
The reverse also has an inscription by the photographer "From my home to yours" showing the intimate relationship that the photographer had with this particular print which was hang at his studio.
In 1955, the young Richard Avedon was sent to Paris by Carmel Snow, the Editor-in-Chief of Harper's Bazaar, to photograph the fall couture collections. A series of 15 photographs by the young photographer were selected to illustrate 'Carmel Snow's Paris Report,' published in the magazine's September 1955 issue (pp. 204-17). The most famous photograph from this series is Dovima with Elephants, which received a full page illustration.
Visible in the postures and the images of Harper's Bazaar at the time, the elegance is in the lithe figure and the drawn silhouettes combined with movement in a very casual and playful everyday atmosphere. This contributes in giving the image of a relaxed and confident Parisienne in the streets of postwar Paris.
In order to embody the Parisian lady, Avedon chose the model nicknamed Dovima (Dorothy Virginia Margaret Juba), who represented perfectly the refinement and the preciseness he was looking for. He later would say that she was "the most remarkable and unconventional beauty of her time". She was also at the time one of the highest paid models of her period and posed for many notable photographers, including Irving Penn, Horst P. Horst, and Erwin Blumenfeld.
In the year 1955, Carol Reed was in the middle of the film shooting of "Trapeze" featuring Burt Lancaster, Tony Curtis and Gina Lollobrigida at the Cirque d'Hiver. It is this location that Avedon chose to pose Dovima accompanied by the elephants. As ever, the photographer knew exactly what he wanted "I saw the elephants under an enormous skylight and in a second I knew that I then had to find the right dress, and I knew that there was the potential here for a kind of dream image."
This photograph is also important in the history of fashion since the evening dress worn by Dovima is one of the very first realizations of the young nineteen-year-old Yves Saint Laurent who was the new assistant of Christian Dior."


Avedon et la France : Chronologie sélective

« 1923
Richard Avedon naît à New York le 15 mai.
1937
Avedon intègre le lycée DeWitt Clinton dans le Bronx.
1942
Avedon sert dans la marine marchande des États-Unis en tant que photographe. Il réalise alors des milliers de portraits et de photos d’identité.
1944
De retour à la vie civile, Avedon épouse Dorcas Nowell (qui changera de prénom pour s’appeler Doe), qu’il encourage à devenir mannequin. Il s’inscrit à la New School for Social Research à New York où il étudie la photographie sous la direction Alexey Brodovitch.
1945
Alexey Brodovitch engage Richard Avedon comme photographe pour Harper’s Bazaar. Ses premières photographies sont reproduites dans les numéros d’avril et de juin du Junior Bazaar.
1947
Pour la première fois, Avedon se rend à Paris en août pour photographier les collections de haute couture. En février, Christian Dior accompagné de son assistant Pierre Cardin présente son défilé printemps-été avec les créations « Corolle » ou encore le tailleur « Bar ». Un commentaire de Carmel Snow est à l’origine de l’expression « New Look ».
1949
Avedon se sépare de Doe.
1951
En janvier, Avedon se marie avec Evelyn Franklin et séjourne avec elle à Paris.
1956
Tournage du film Funny Face l’été à Paris. En août à Paris, Avedon photographie Suzy Parker. La série sera publiée dans l’ouvrage Richard Avedon: Made in France (2001).
1957
Drôle de Frimousse (Funny Face) sort en novembre en France au cinéma après une première projection au festival de Cannes en mai.
1959
Avedon réalise en août à Paris pour réaliser la série Paris Pursuit: A Love Farce avec Audrey Hepburn, Mel Ferrer et Buster Keaton. Le numéro de septembre de Harper’s Bazaar reproduit cette série.
Avedon publie sa première monographie, Observations, avec un essai écrit par Truman Capote.
1961
Trois tirages d’Avedon exposés à la Bibliothèque Nationale, lors du Salon International du Portrait photographique.
1962
La première exposition d’Avedon, intitulée Richard Avedon, se tient au Smithsonian Institute à Washington DC.
1964
Avedon publie sa deuxième monographie, Nothing Personal (Sans allusion), accompagnée de textes de son ancien camarade de classe de DeWitt Clinton, James Baldwin. L’exposition Avedon: A Collage ouvre à l’agence de publicité McCann Erickson à New York.
1965
Avedon est le photographe et rédacteur du numéro d’avril de Harper’s Bazaar.
1966
Avedon quitte Harper’s Bazaar et travaille désormais pour Vogue. Avedon fait pour la première fois la rencontre de Jacques Henri Lartigue en novembre, à New York.
1967
En janvier, Avedon rend visite à Lartigue à Paris et visite la rétrospective Hommage à Pablo Picasso au Grand Palais.
1968
Du 17 au 30 mai, Avedon travaille à Paris avec Bea Feitler sur Diary of a Century.
1969
Avedon photographie Andy Warhol et des membres de la Factory.
1970
En juillet s’ouvre sa première grande rétrospective, intitulée Richard Avedon, au Minneapolis Institute of Arts.
Diary of a Century est publié en décembre.
1971
Avedon se rend à Saïgon au sud du Vietnam et réalise un portrait du Mission Council des États-Unis.
1972
Avedon participe à une manifestation contre la guerre à Washington, DC. où il est arrêté et emprisonné pour désobéissance civile.
1973
Publication de l’ouvrage Alice in Wonderland: The Forming of a Company and the Making of a Play avec des photographies d’Avedon et un texte de Doon Arbus. L’édition française de Diary of a Century, re-titrée Instants de ma vie, voit le jour.
1974
Avedon obtient sa première exposition à New York, au Museum of Modern Art (MoMA), Jacob Israel Avedon, qui rassemble huit portraits de son père pendant les dernières années de sa vie.
1975
La première grande exposition new-yorkaise d’Avedon se tient à la Marlborough Gallery et s’intitule Portraits 1969-1975.
Elle circule aux États-Unis, ainsi qu’au Japon et au Canada.
1976
Publication du livre Portraits: Richard Avedon avec un texte de Harold Rosenberg.
La série d’Avedon intitulée The Family est publiée dans Rolling Stone.
1978
En juillet débute sa fameuse série In the American West. En novembre a lieu une exposition rétrospective de ses photographies de mode au Metropolitan Museum of Art à New York, Avedon : Photographs 1947-1977. L’exposition circule aux États-Unis et au Japon.
1979
Avedon photographie Samuel Beckett en avril. Avedon remporte le Prix Nadar avec l’ouvrage Photographs 1947-1977.
1985
En janvier, Avedon commence à travailler pour Egoïste et en deviendra l’un des photographes principaux. Son autoportrait figure en couverture du numéro 9 qui comporte l’entretien « Un Portrait est une opinion » avec Nicole Wisniak, la fondatrice du magazine.
1989
Avedon se rend à Berlin pour y photographier pour Egoïste le premier réveillon du Jour de l’an depuis la chute du Mur.
1991
Durant l’été, il se rend à Venise et photographie pour Egoïste le Bal Volpi, l’un des plus vieux bals regroupant l’aristocratie européenne. En octobre, la série de photographies d’Avedon sur la chute du mur de Berlin est exposée au Carnegie International à Pittsburgh.
1992
Avedon est nommé photographe en chef de The New Yorker.
1993
L’ouvrage An Autobiography par Avedon est publié, représentant cinquante ans de sa production photographique.
Il présente une sélection de portraits de l’Amérique aux 24e Rencontres d’Arles.
1994
La rétrospective Richard Avedon Evidence: 1944-1994 ouvre au Whitney Museum of American Art à New York et circule dans plusieurs villes d’Europe (sauf Paris) : à Cologne, au Musée Ludwig, puis à Milan, au Palazzo Reale, enfin à Londres à la National Portrait Gallery. Elle retourne ensuite aux États-Unis au Minneapolis Institute of Arts.
Avedon reçoit le Prix Nadar pour son livre Evidence: 1944-1994.
1999
L’ouvrage d’Avedon The Sixties, commencé depuis longtemps, est publié, avec un texte de Doon Arbus.
2001
L’exposition Richard Avedon: Made in France ouvre à la galerie Fraenkel à San Francisco. Le livre sort la même année en édition limitée.
2002
L’exposition Richard Avedon: Portraits débute en septembre au Metropolitan Museum of Art.
2004
Avedon décède le 1er octobre à l’âge de quatre-vingt-un ans ».


Du 18 octobre 2016 au 24 février 2017
A la Bibliothèque nationale de France BnF / François-Mitterrand
Quai François-Mauriac. 75013 Paris
Tél. : +33 (0)1 53 79 59 59
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h. Dimanche de 13 h à 19 h

Visuels
Affiche
Audrey Hepburn with Balloons, Funny Face, 1957. Funny Face © Paramount Pictures. All rights reserved.

François Truffaut et Jean-Pierre Léaud, réalisateur et acteur, Paris, 20 juin 1971
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

Harper’s Bazaar, mars 1959 : Marc Chagall, Francis Poulenc, François Mauriac.
Photograph by Richard Avedon.
© The Richard Avedon Foundation
Credit : Previously published by Harper’s Bazaar magazine.
Reprinted with permission of Hearst Communications, Inc.

Yves Montand et Simone Signoret, acteurs, New York, 23 octobre 1959
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

Harper’s Bazaar, septembre 1960, pp. 194-5: François Truffaut, Alain Robbe-Grillet, Alain Resnais, Claude Chabrol.
Photograph by Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation
Credit: Previously published by Harper’s Bazaar magazine.
Reprinted with permission of Hearst Communications, Inc.

Audrey Hepburn, actrice sur le plateau de Funny Face, Paris, 1956
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

Audrey Hepburn, Mel Ferrer et Buster Keaton dans « Paris Pursuit » pour Harper’s Bazaar, Paris, 9 août 1959
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

Catherine Deneuve, actrice, Los Angeles, 22 septembre 1968
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

Richard Avedon, New York, novembre 1966.
Photographie JH Lartigue
© Ministère de la Culture - France / AAJHL

« Travail de Dick Avedon pour mon livre Diary of a Century », consignes d’Avedon pour le retoucheur, page d’album 0046R49, album, 1949.
Photographie JH Lartigue
© Ministère de la Culture - France / AAJHL

Harper’s Bazaar, mars 1960, pp. 176-7 : Simone Signoret et Yves Montand. Photograph by Richard Avedon.
© The Richard Avedon Foundation
Credit : Previously published by Harper’s Bazaar magazine.
Reprinted with permission of Hearst Communications, Inc.

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Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 19 février 2017.