Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

samedi 22 février 2020

« Almanya - Bienvenue en Allemagne » par Yasemin Samdereli


Arte diffusera le 24 février 2020 « Almanya - Bienvenue en Allemagne » (Almanya - Willkommen in Deutschland) par Yasemin Samdereli. « Des années 1960 aux années 2000, le quotidien d'une famille d'origine turque en Allemagne de l'Ouest. Une savoureuse chronique, inspirée des souvenirs de la réalisatrice et de sa sœur ».

"Suis-je allemand ou turc ?", s'interroge Cenk Yilmaz, 6 ans. Fruit d'un mariage mixte, le petit garçon ne comprend pas pourquoi ni ses camarades allemands ni ses copains turcs ne veulent de lui dans leur équipe de football. Pour le consoler, sa cousine Canan décide de lui raconter l'histoire de leur famille : comment, à la fin des années 1960, leur grand-père Hüseyin a quitté son Anatolie natale pour venir travailler en Allemagne, et comment il a gardé au fond de son cœur l'amour du pays où il est né. D'ailleurs, Hüseyin vient d'acheter en Turquie une petite maison, où il souhaiterait réunir les siens pendant les vacances. Pour Canan, qui attend sans être mariée un bébé de son compagnon britannique, et pour tous les autres, le voyage promet des surprises… »
« Déroulée sur près de cinq décennies, cette savoureuse chronique familiale se joue des préjugés culturels et des incompréhensions mutuelles sans gommer les épreuves surmontées et les joies partagées ». 

« De la nostalgie des grands-parents aux nouveaux repères des générations suivantes, du respect des traditions malgré l'exil à l'occidentalisation des plus jeunes, chaque personnage est confronté à des situations et à des états d'âme qui se répondent et se télescopent ». 

« Coauteures du scénario, les sœurs Yasemin et Nesrin Samdereli insufflent au récit des anecdotes savoureuses et des souvenirs personnels, tout en remettant en mémoire la vague migratoire qui vit affluer dans une Allemagne de l'Ouest en plein boom économique plus d'un million de travailleurs turcs ». 

« Présenté hors compétition à la Berlinale en 2011 en présence du président allemand, alors Christian Wulff, Almanya – Bienvenue en Allemagne a suscité un enthousiasme unanime outre-Rhin ». En 2011, il est quatrième film ayant attiré le plus de spectateurs, soit plus d’1,5 million de spectateurs. Un succès public aussi en Suisse, en Autriche et en Italie, mais pas en Turquie.

Difficile à financer, distribué en Allemagne en versions allemande et turque, ce film a été distingué par le Deutscher Filmpreis (Prix du film allemand) du Meilleur scénario. Il a reçu le Lola d’argent du Meilleur film et celui du Meilleur scénario.

Quant à l’accueil critique, certains journaux ont apprécié cette comédie, et d’autres, dont Tagesspiegel et Süddeutsche Zeitung, ont reproché au film d’avoir éludé des problèmes majeurs tels les crimes d’honneur et le terrorisme islamique.


« Almanya - Bienvenue en Allemagne  » par Yasemin Samdereli
Allemagne, 2011, 101 minutes
Scénario : Yasemin Samdereli et Nesrin Samdereli
Production : Roxy Film
Producteur/-trice : Annie Brunner, Andreas Richter, Ursula Woerner
Image : The Chau Ngo
Montage : Andrea Mertens
Musique : Gerd Baumann
Avec Fahri Yardim, Vedat Erincin, Demet Gül, Lilay Huser, Rafael Koussouris, Denis Moschitto, Aylin Tezel
Sur Arte le 24 février 2020 à 20 h 55
Disponible du 24/02/2020 au 01/03/2020
Visuels : © Tele München/Eurozoom

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Les citations sont d'Arte.

Jul, dessinateur et auteur de BD


Julien Berjeaut, dit Jul, est un dessinateur de presse et auteur de bande dessinée (BD) français né en 1974, normalien et agrégé d'histoire. Parmi ses oeuvres, parfois adaptées en séries télévisées : Silex and the City et 50 nuances de Grecs. Le 30 janvier 2020, Jul a posé avec le Président de la République Emmanuel Macron tenant un T-Shirt dénonçant les tirs de LBD connus pour avoir blessé des Gilets jaunes.

« Ô vous, frères humains ». Luz dessine Albert Cohen
Traits d’esprit, des images pour ne pas se prosterner
« Walt Disney - L'enchanteur », par Sarah Colt
Will Eisner. Génie de la bande dessinée américaine
« Du Panthéon à Buenos Aires » de René Goscinny
« René Goscinny, notre oncle d'Armorique » par Guillaume Podrovnik
« La Planète sauvage » par René Laloux
« Lucky Luke - La fabrique du western européen » par Guillaume Podrovnik
« Au cœur de la nuit. Leïla Slimani et Kamel Daoud  », de Andreas Nickel et Matthias Schellenberg


Julien Berjeaut, dit Jul, est un dessinateur de presse et auteur de bande dessinée français né en 1974. 


Cet adolescent de douze ans est distingué par le troisième prix du concours jeunesse au festival d'Angoulême.

Normalien, agrégé d'histoire, il débute comme dessinateur de presse pour La Nouvelle République des Pyrénées. Puis, ses dessins sont publiés par Le Point, Lire, L'Humanité, Philosophie Magazine, L'Écho des savanes, Fluide glacial, Charlie Hebdo, Le Nouvel Observateur, Marianne Le Monde, Libération, etc. 

"Silex and the City"
Arte a rediffusé sur son site Internet « Silex and the City. #Je suis sapiens » par Jean-Paul Guigue. « Les pérégrinations d'une famille d'Homo sapiens au Paléolithique. Une vision hilarante de notre monde contemporain regardé depuis l'aube de l'humanité ! » par le dessinateur et scénariste Jul. Le numéro intitulé #Je suis sapiens évoque l’« attentat à Darwin-Hebdo ».

Créée en 2009, diffusée en dessins animés depuis septembre 2012 par Arte - un succès d'audience et critique -, la « saga paléolithique » de Jul « revient pour une » cinquième et dernière saison. C’est peut-être une heureuse décision, car la série semble manquer d’inspiration.

Par sa manière de croquer les bobos, la société contemporaine et nos travers, cette série fait penser à la bande dessinée de Claire Brétécher, Les Frustrés publiée par Le Nouvel observateur (1973-1981). Avec le talentueux Jul, le décalage dans le temps permet anachronismes, calembours et jeux de mots, références culturelles et politiques. En plus, les trois générations dans la famille – grand-père Julius, père de Blog, et son amie Olga Finkelstein, le couple marié Blog et Spam, et leurs enfants - multiplient les angles et sources de comique pour un public varié.

« Nous sommes en 40 000 avant JC… La planète semble obéir aux lois de la sélection naturelle. Toute ? Non : une vallée résiste encore et toujours à l’évolution ! ». Ainsi débute, sur un mode évoquant Astérix et son village gaulois résistant aux Romains, chaque épisode de la série parodique Silex and the City mettant en scène la famille Dotcom : les parents, Blog, professeur de chasse dans un collège de « Zone d’évolution Prioritaire », et son épouse Spam, professeur de préhistoire-géo, leur fille Web, une fashionista, et leur fils Url, militant dans une association Alterdarwiniste.


La « famille Dotcom se retire de la vie paléolithique avec panache, au cours d'une saison mouvementée de trente épisodes, qui verra la victoire du Front Néandertal et l'occupation de Notre-Iguane-des-Landes ».

Une « foule d'invités de marque prêtent leurs voix à leurs propres personnages : de Najat Vallaud-Belkacem à Anne Hidalgo, d'Arnaud Montebourg à Nathalie Kosciusko-Morizet, de Charline Vanhoenacker à Léa Salamé, de Hubert Reeves à Michel Fau, », de José Bové à Johnny Hallyday...


« Escortée de nombreux guests, la famille Dotcom boucle en beauté son cycle d’évolution. Aujourd'hui : attentat à Darwin-Hebdo. Toute la vallée, en émoi, converge vers la place de la Stalagmite. Mais force est de constater que tout le monde n'est pas « Sapiens ».

C'est une fresque pariétale humoristique qui a causé l'assassinat d'"homo sapiens de Darwin hebdo" par "des mecs, des polythéistes radicalisés allergiques à toute forme d'évolution" (42'') et lourdement armés. Sur la Place, certains tentent de découvrir le feu pour allumer des bougies, d'autres tentent "d'inventer l'écriture pour déposer des petits mots". Cela parait dérisoire, mais cela montre qu'on partage tous la même préhistoire". Un chasseur-cueilleur crée le hashtag "fédérateur "#Jesuissapiens", vite repris par "toutes les espèces". Parmi ces "Je suis sapiens" : un mammouth, une femme portant un foulard vert (2'20''). Dans la classe de Spam, Keven n'est pas sapiens. Dans un langage de "djeunesdesbanlieues" au débit saccadé, il reproche aux victimes d'avoir été provocateurs : "Ils ne respectent pas ceux qui ne sont pas sapiens".


Berlin a allumé la Porte de Brandebourg aux couleurs bleu et blanc après l'attentat à Jérusalem du 8 janvier 2017, au cours duquel un terroriste palestinien a tué et blessé des soldats israéliens en fonçant sur eux avec son immense camion. Qu'Anne Hidalgo, Maire de la capitale, affirme "Je suis sapiens", alors que la ville de Paris n'a pas éclairé la Tour Eiffel aux couleurs du drapeau israélien, c'est affligeant. Elle ne l'avait pas fait pour de précédents attentats islamistes en Israël.

Le 10 janvier 2017, Anne Hidalgo a twitté : "Ce soir à 19 h 30, l'Hôtel de Ville de #Paris s'illuminera aux couleurs d'Israël en hommage aux victimes de l'attentat de #Jérusalem". Or, la Tour Eiffel a été récemment illuminée aux couleurs de pays frappés par des attentats : Belgique, Etats-Unis (Orlando) ou Turquie.

Qu'Arnaud Montebourg affirme lui aussi "Je suis sapiens", et ne daigne pas twitter pour exprimer son empathie ou son soutien aux victimes de l'attentat, alors qu'il évoque souvent le conflit au Proche-Orient dans ses discours, s'avère ô combien révélateur.

Finalement, Silex and the City reflète le "politiquement correct", ses défenseurs et leurs postures morales et, à ce titre, outre ses qualités artistiques, justifie d'être analysé par les politologues, les sociologues, les historiens, etc.



Arte en diffuse les quatre premières saisons sur ARTE Creative. A voir La barbe-mitsvah, diffusée le 2 novembre 2015 : « Pour faire plaisir à Mme Finkelstein, Url accepte de mauvais gré de suivre des cours à la Néandertalmud-Torah, pour préparer sa Barbe-Mitsvah. Il va encore falloir faire semblant de découvrir l'écriture... »

Lucky Luke et "La Terre Promise"

En 2016, Jul et Achdé ont signé une nouvelle aventure de Lucky Luke : La Terre Promise


"Jul et Achdé ont assigné une mission rocambolesque à l'éternel justicier. Lucky Luke doit escorter toute une famille de juifs d'Europe de l'Est à peine débarqués du bateau à Saint Louis jusqu'aux confins de l'Ouest sauvage ! Jusqu'alors, l'homme qui tire plus vite que son ombre avait déjà côtoyé de sacrés originaux. Un prince russe dans Le Grand Duc, un aristocrate anglais dans Le Pied-Tendre, un psychanalyste viennois dans La Guérison des Dalton... Mais lorsque son copain Jack-la-Poisse le supplie de s'occuper de ses parents (à qui il n'a pas osé avouer qu'il était cow-boy et qui le croient avocat à New-York), Lucky Luke n'écoute que son cœur. Avec un grand-père religieux obsédé du shabbat, une mamma décidée à gaver Lucky Luke de carpe farcie, une jeune fille prude qui cherche le mari idéal (avocat ou médecin, mais bon, cow-boy ça va aussi), et un gamin turbulent plus intéressé par le Far-West que par sa Bar Mitsvah, le voyage promet d'être long. Desperados, joueurs de poker, attaques d'indiens féroces (la tribu des "Pieds Noirs" a mauvaise réputation), tout l'univers de Lucky Luke va être confronté à ce choc des cultures. Mais à la fin du voyage, c'est autant notre cow-boy solitaire que sa nouvelle famille d'adoption qui auront appris à surmonter les épreuves et les préjugés."

Jul a confié au Point  (13 octobre 2016) : « Lucky Luke et les Juifs, c'est un thème qui a tout de suite fait bondir tout le monde au plafond, mais qui, dès qu'on y réfléchit, apparaît comme une évidence. Oser s'attaquer à cette histoire, c'est ouvrir un chapitre important de l'histoire des États-Unis, qui avait très étrangement été entièrement occulté par Goscinny. Les Italiens, les Irlandais, les Chinois, toutes ces communautés emblématiques ont été mises en scène dans d'autres albums... mais jamais les Juifs ! Était-ce par peur de choquer, par pudeur alors que l'histoire de cette migration des Juifs d'Europe de l'Est vers le Nouveau Monde résonnait avec son histoire personnelle ? Aujourd'hui, justement parce que nous sommes en une période de crispation des identités, il m'a paru important de choisir une histoire qui racontait un choc des cultures, sans l'édulcorer, mais en pariant sur la gaieté, et sur l'intelligence du lecteur. »


Ce nouvel opus a été tiré à 500 000 exemplaires. Devant son succès immédiat, l'album de BD a fait l'objet d'une réimpression.


Rabbin Jacqueline
Danièle Thompson prépare, avec Jul, auteur de BD, une suite aux Aventures de Rabbi Jacob, réalisé par Gérard Oury. Le film s'appellera Rabbi Jacqueline


« 50 nuances de Grecs »
En novembre 2017, est publié le premier tome de "50 nuances de Grecs" de "50 nuances de Grecs - Encyclopédie des mythes et des mythologies" sur un scénario de Charles Pépin. ""50 Nuances de Grecs" remet en scène les plus grands mythes de l'Antiquité grecque dans les situations les plus actuelles... Hercule à Acropôle-Emploi, Zeus chez son avocate pour négocier les pensions alimentaires, Icare lançant une compagnie aérienne low-cost ou le dieu Pan mis en examen pour ses liens avec un proxénète surnommé "Dionysos-la-Saumure"... : Retrouvez l'Olympe au grand complet, à travers notre héritage commun. Avec leur oeil malicieux et leur art du détournement, Jul et Pépin revisitent ce patrimoine mythologique, dans une encyclopédie drôle et savante, où défilent tous les travers de notre société !"


Arte diffusa dès le 3 septembre 2018 « 50 nuances de Grecs » (50 Shades of Greek), série animée de Jul et réalisée par Jean-Paul Guigue.

Adaptée de la BD à succès de Jul, cette nouvelle série courte d’animation revisite la mythologie grecque avec un art du décalage à la fois malicieux et grinçant, et un casting de voix du tonnerre (Stéphane Bern, Valérie Lemercier, Leïla Slimani…)

« Avec le même art du détournement humoristique que dans « Silex and the City », Jul propulse les héros et dieux de la mythologie grecque dans le monde d’aujourd’hui... Valérie Lemercier en Pénélope, Cécile de France en Artémis, Philippe Torreton en Zeus ». 

« Dans cette série : Hercule se fait recaler à Acropôle Emploi, Icare lance une compagnie aérienne low-cost… Aujourd’hui dans l'épisode  Moi, mioche et méchant (Nicht von schlechten Eltern: Zeus le séducteur réussira-t-il à échapper à ses 848 demandes de pension alimentaire ?

"Parler du monde d'aujourd'hui à travers un prisme déformant m’amuse. Quoi de mieux pour comprendre notre époque, parfois chaotique, que de revisiter nos bases gréco-latines ? Les récits de l'Antiquité ont permis de théoriser le désordre et la souffrance. Les intellectuels n'ont cessé de solliciter ces mythes pour éclairer notre société et ces références habitent la pop culture. Avec 50 nuances de Grecs, le déploiement de cet univers – un vivier infini – ne fait que commencer et un tome 2 est en préparation. Comme dans Silex and the City, je voulais aussi faire dialoguer plusieurs générations sur un canapé. Ces histoires parlent à tout âge. Les plus jeunes collectionnent les mythes grecs comme les Pokémon", a expliqué Jul à Hélène Porret pour Arte.


Et d'ajouter : "Ce qui m'a plu, c'est de mélanger des figures séparées dans les textes d'origine. Dans l'un des épisodes, j'imagine par exemple que les dieux de l'Olympe voyagent en avion Pégase A380 pour aller en vacances dans la mythologie égyptienne où des personnages parlent en hiéroglyphes comme s'il s'agissait d'émoticônes dans un SMS.'

L'adaptation de l'album en animation ? "Par rapport à la BD, l'univers s'élargit. L'audiovisuel offre également une plus grande liberté graphique. Les équipes du studio de production (Je Suis Bien Content), identiques à celles de Silex and the City, ont réalisé des décors spectaculaires, dignes d'un péplum. L'adaptation me semblait évidente car la mythologie est une telenovela. Coucheries, tromperies, jalousie, mensonges, folie : les ressorts dramatiques de la mythologie inondent les sitcoms et la télé-réalité.C'est un rêve d'enfant de diriger ces comédiens que j'admire. Ils ont réellement créé leur rôle. Sur ce projet, nous avons fait davantage appel à des acteurs professionnels, car les personnages sont récurrents. Le principe de "guests", avec par exemple des politiques qui viendraient pour deux répliques comme dans Silex and the City, ne correspondait pas au côté feuilletonnant de la série. Malgré cette contrainte, nous avons aussi convié des personnalités qui ont accepté de se parodier, comme Nikos Aliagas en Éros Aliagas, l'animateur de The Voice-Olympe".



Et de conclure : "Je dirais plutôt que les passions individuelles et collectives ont une dimension intemporelle. Quand je me suis replongé dans les exploits des dieux et héros grecs, j'ai immédiatement fait le lien avec l'actualité. Dionysos, Pan, Poséidon sont des harceleurs en puissance. Le "Balance ton porc" marcherait pour tous les personnages, y compris les figures féminines. De même, les meurtres et les pulsions morbides qui défraient la chronique s'enracinent dans la mythologie grecque. Le tueur en série présumé Xavier Dupont de Ligonnès devient ici Agamemnon de Ligonnès, le héros grec des Atrides qui tue sa fille Iphigénie. Cet effet de miroir s'est accentué en cours de production quand la comédienne Océanerosemarie – la voix de Déméter – a changé de sexe pour devenir Océan. Sa transformation m'a renvoyé aux voyages à travers l'identité sexuelle des Métamorphoses d'Ovide".

Le tome 2 de la plongée savante et subversive dans les classiques de la mythologie gréco-latine, la rencontre hilarante entre les mythes fondateurs et notre société contemporaine est toujours aussi passionnante !


Avec le mouvement des « toisons jaunes » les Argonautes bloquent les ronds-points à la sortie de Corinthe; le cheval de Troie est remplacé par un Uber, et les déesses excédées par le harcèlement sexuel des Dieux de l'Olympe lancent le hashtag «#MythToo »...


Dieux, déesses, héros et monstres : retrouvez tous les mythes au chevet de notre époque troublée, pour une indispensable leçon de sagesse éternelle.



En novembre 2019, est paru le tome 2 de "50 nuances de Grecs - Encyclopédie des mythes et des mythologies" sur un scénario de Charles Pépin. "La plongée savante et subversive dans les classiques de la mythologie gréco-latine, la rencontre hilarante entre les mythes fondateurs et notre société contemporaine est toujours aussi passionnante ! Avec le mouvement des « toisons jaunes » les Argonautes bloquent les ronds-points à la sortie de Corinthe; le cheval de Troie est remplacé par un Uber, et les déesses excédées par le harcèlement sexuel des Dieux de l'Olympe lancent le hashtag «#MythToo »... Dieux, déesses, héros et monstres : retrouvez tous les mythes au chevet de notre époque troublée, pour une indispensable leçon de sagesse éternelle."

LBD

Le 30 janvier 2020,  lors d'un déjeuner au Festival international de bande dessinée d'Angoulême, Jul a posé avec le Président de la République Emmanuel Macron tenant un T-Shirt montrant un fauve éborgné, taché de rouge, avec l'inscription "LBD 2020". Une déclinaison politisée du logo du festival BD, initiales de Bande dessinée ; le chat est l'emblème du festival. Des tirs de LBD ont blessé, parfois mutilé, des Gilets jaunes, mouvement politique et social, polymorphe et polyphonique, méfiant à l'égard des instances représentatives, des pouvoirs, dont celui politique, opposés à une taxe sur le carburant ainsi qu'à une vitesse réduite sur les routes et réclamant un pouvoir d'achat leur permettant de vivre,  ou des passants. Le Président et Jul souriaient.


"Sur franceinfo, Jul est revenu sur les coulisses de cette photo. "C'est un petit peu lunaire", raconte-t-il. "En arrivant, les policiers m'ont confisqué le tee-shirt en disant que c'était du matériel séditieux, et qu'il était hors de question de rencontrer le président avec ce genre de choses dans sa poche. En fin de compte, je l'ai récupéré. Au déjeuner, j'ai dit que ces violences [policières] étaient insupportables, quel que soit le contexte. Emmanuel Macron a répliqué que c'était justifié sur un certain nombre de choses. Et je lui ai dit 'j'ai un tee-shirt pour vous'. Quand je lui ai donné, il l'a essayé en disant 'il est trop grand pour moi'. J'ai dit 'si vous voulez on prend une photo', il a dit 'oui oui d'accord'. J'ai dit 'vous êtes sûr, sûr ?' Je voyais les gens autour de lui tirer des têtes de trois kilomètres. Il a dit 'oui oui oui, sûr, sûr', et quelqu'un a pris une photo avec un portable, et voilà la genèse de cette photo insolite. D'intégrer la critique à ce point, c'est assez inédit", reconnaît Jul. "Ca montre aussi la place que peut avoir la satire, la critique, dans un moment où on parle aussi du droit au blasphème. Je pense que c'était important que ce genre de disruption ait lieu dans la communication institutionnelle bien huilée", a relaté Jul. "Qu’il pose avec le t-shirt, ça a surpris tout le monde. J’ai proposé une photo sur le ton d’une boutade, il a dit 'oui pas de problème' et quelqu’un a immortalisé le moment, à la stupéfaction de l‘assemblée", a raconté le 31 janvier 2020 sur RMC le dessinateur Jul.

"Nous sommes un pays libre, démocratique, qui aime l'insolence. J'ai eu une discussion avec Jul. Je suis en désaccord complet avec son approche. Je récuse le terme de violences policières. Je considère que la violence elle est d'abord dans la société. Donc je ne mets pas ces violences sur le même niveau. Néanmoins, de là où je suis, je dois défendre la créativité, la liberté d'expression, y compris l'insolence, y compris la création d'artistes qui disent des choses pour lesquelles je ne suis pas en accord", a expliqué Emmanuel Macron. Et de préciser devant le buzz créé : « Je suis en désaccord avec son approche, la violence est d'abord dans la société. En France, il y a un ordre républicain […] On est dans un pays où on a le droit de critiquer, de railler les dirigeants, c'est un trésor ! Mais il y a une contrepartie : on n'a pas le droit à la violence. Le problème vient de nos concitoyens qui ont décidé d'entrer dans la violence ». "Je dois défendre la liberté d’expression, la créativité et l’insolence y compris la création d’artistes qui disent ou font des choses avec lesquelles je ne suis pas en accord. Je récuse le terme de violences policières, la violence est d’abord dans la société", a commenté le Président de la République.

Cette photographie a indigné des policiers. « Il y a beaucoup de colère et d'incompréhension. Ça ne passe pas du tout dans les rangs », a notamment réagi dans la soirée Yves Lefebvre, secrétaire général de l'Unité-SGP-FO. Pour lui, « le selfie » (qui n'en est pas un) du chef de l'Etat est « une marque de défiance et de mépris à l'égard de ceux qui lui ont permis d'être encore président » grâce à leurs actions de maintien de l'ordre « du 1er décembre 2018 et de mars 2019, au moment où la République vacillait » pendant la crise des Gilets jaunes, a-t-il ajouté. « On attend autre chose d'un président. C'est scandaleux. On se demande s'il y a des conseillers en communication à l'Elysée », a-t-il poursuivi. Conseillers qui ont toutefois pris le temps de préciser que le président désapprouvait le message du tee-shirt".


Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance, a fait part de la colère des policiers ce jeudi soir : « On attend autre chose d'un président de la République qu'il pose avec un t-shirt insinuant que les forces de l'ordre éborgnent les gens. (...) Le problème, ce n'est pas le t-shirt, mais le fait que le chef de l'Etat pose avec », a-t-il encore précisé, en soulignant que « ce signal » était « ce qu'il y (avait) de pire dans le contexte actuel de chaos et au moment où la police et la gendarmerie sont les derniers remparts de la République ». Cette photo « pose question », a également réagi Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa Police, qui a « regretté que le président en rajoute dans un positionnement polémique sur un sujet important où l'ironie et la dérision n'ont pas leur place ». Et de rappeler « que les manifestations n'ont jamais été aussi nombreuses depuis mai 2017, date de l'élection du président Emmanuel Macron à la tête du pays (...) Les forces de l'ordre ont malheureusement passé plus de temps à faire du maintien de l'ordre qu'à se consacrer à la sécurité des Français. »



Linda Kebbab déléguée nationale du syndicat Unité SGP-Police a demandé des excuses au président de la République, l'accusant de jeter les policiers "à la vindicte populaire". "Il se permet d’arborer un t-shirt qui nous jette à la vindicte populaire". Si certaines victimes ont dénoncé "un déni de réalité", le cliché a aussi irrité du côté des forces de l'ordre: "Quand on est président de la République, on prend de la hauteur, on prend du recul, on réfléchit à ce qu’on fait!", a dénoncé le 31 janvier 2020 sur RMC Linda Kebbab déléguée nationale du syndicat Unité SGP-Police.

Elle a assuré qu'Emmanuel Macron cautionnait le discours "à la mode" dénonçant l'utilisation du LBD en s'affichant ainsi avec le t-shirt tenu sur le cliché. "Moi j’aimerai proposer un autre t-shirt au président de la République", a-t-elle ensuite lancé avant de montrer à l’antenne un t-shirt ou l’on pouvait lire "59 suicides en 2019". "Cinquante-neuf policiers se sont suicidés l’année dernière dans l’indifférence totale de nos politiques et de notre administration. On a eu des centaines et des milliers de messages de collègues sur l’ensemble du territoire qui disent 'il y a quelques semaines on l’a sorti d’un pétrin au théâtre', on a permis à la République de tenir debout quand sa politique la faisait chanceler. Et aujourd’hui il se permet d’arborer un t-shirt qui nous jette à la vindicte populaire!", a lâché Linda Kebbab avant d'interpeller Emmanuel Macron. "Monsieur le président de la République nous demandons que vous fassiez des excuses aux forces de l’ordre et en même temps si vous pouviez arborer ce t-shirt ce serait bien. Mais ce serait surtout bien que vous luttiez contre les suicides", a-t-elle conclu.

"Coloc of Duty"
En janvier 2020, a été publié "Coloc of Duty" de Jul. "Une bande dessinée d'actualité criante, destinée au 12-25 ans et plus largement au public intéressé par le concept de partage et la conservation des ressources naturelles. Une association vertueuse entre Jul, un dessinateur expert sur l'actualité, et un organisme d'état, l'AFD" (Agence française du développement) "expert sur le développement durable." Au premier plan de la couverture de l'album, une enfant aux traits de visage identiques à ceux de Greta Thunberg. L'AFD a présenté à Citéco "Nés quelque part" véhiculant cette idéologie.



« 50 nuances de Grecs. Moi, mioche et méchant » réalisée par Jean-Paul Guigue
France, 2018
Sur Arte le 3 septembre 2018 à 20 h 46
Visuels© Jul/Haut et Court
MOI, MIOCHES ET MECHANT : Zeus le séducteur va-t-il réussir à échapper à ses 848 demandes de pension alimentaire ?
© Jul/Haut et Court

GREXIT : Ulysse saura-t-il résister aux appels des sirènes de la Bundesbank ?
© Jul/ Haut et Court

LES AILES DU DÉLIRE : Pour profiter de la dérégulation du transport aérien gréco-latin, Icare lance sa compagnie low-cost
© Jul/ Haut et Court

PAN-PAN CUL-CUL : Le Dieu Pan va avoir du mal à justifier devant le juge ses relations avec "Dionysos-la-Saumure".
© Jul_Haut et Court

« Silex and the City. #Je suis sapiens » par Jean-Paul Guigue
2016, 3 min
Sur Arte le 10 janvier 2017 à 20 h 45

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 10 janvier 2017, puis le 4 septembre 2018.

vendredi 21 février 2020

Sergueï Eisenstein (1898-1948)


Sergueï Eisenstein (1898-1948) est un réalisateur, théoricien du cinéma et maître du montage russe dont la carrière s'est déroulée sous le stalinisme. Il a pu se rendre en Europe, aux Etats-Unis et tourner au Mexique. Le Centre Pompidou-Metz présente l'exposition "L'Œil extatique. Eisenstein, un cinéaste à la croisée des arts".

« Ivan le Terrible » par Sergej M. Eisenstein 
Sergueï Eisenstein (1898-1948)


Né d'un père d'origine juive - grand-père paternel juif allemand converti au christianisme -, le réalisateur Sergueï Eisenstein (1898-1948) acquiert une célébrité mondiale par ses films tournés en Union soviétique dans les années 1920 et au montage remarquable : La Grève (1924), Le Cuirassé Potemkine (1925), Octobre (1927), La Ligne Générale (1929).

Arte diffusera le 8 novembre 2017 « Le cuirassé Potemkine  / La mobilisation des rêves » (Panzerkreuzer Potemkin / Mobilisierung der Träume). « Conçu pour commémorer le 20e anniversaire de la révolution avortée de 1905, "Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein est considéré comme l'un des plus grands films de propagande. Il est suivi d'un documentaire passionnant qui retrace l'histoire des techniques de communication, du téléphone à la télévision, mais aussi les utopies et les craintes qui les ont accompagnées ».


Le Cuirassé Potemkine

« Conçu pour commémorer le 20e anniversaire de la révolution avortée de 1905, "Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein est considéré comme l'un des plus grands films de propagande  ».


« En 1905, une mutinerie éclate à bord du cuirassé Potemkine. Les marins s'insurgent contre les officiers qui leur servent de la viande infestée de vers. Après avoir pris le contrôle du navire, ils débarquent dans le port d'Odessa où une foule accourt pour les accueillir. Un vent de révolte souffle sur la ville. Mais les soldats tsaristes s'empressent de mettre fin à cet élan en ouvrant le feu sur les habitants… »

« Conçu pour commémorer l'anniversaire de la révolution avortée de 1905, "Le cuirassé Potemkine" est considéré comme l'un des plus grands films de propagande. Dans cette version sonore de 1930, le réalisateur s'empare des évolutions techniques du XXe siècle naissant pour synchroniser l'image et le son, notamment la musique magistrale d'Edmund Meisel, précurseur de la bande-son moderne. Le film atteint une intensité émotionnelle sans précédent. D'autres innovations techniques sont introduites pour la première fois comme le travelling utilisé dans la scène des escaliers d'Odessa, plusieurs fois citée, notamment, dans le cinéma de Brian De Palma ».

La Mobilisation des rêves 

La Mobilisation des rêves est un documentaire de Manu Luksch, Martin Reinhart et Thomas Tode  (2015).

« À travers plus de deux cents archives étonnantes, ce documentaire retrace l'histoire des techniques de communication, du téléphone à la télévision, mais aussi les utopies et les craintes qui les ont accompagnées. Il revient sur le pouvoir des médias de masse, notamment celui du cinéma. Après la Grande Guerre, ce médium en pleine construction devient un instrument de propagande important, comme en témoigne "Le cuirassé Potemkine." Depuis Moscou, le film d'Eisenstein est parti à la conquête de l'Occident en racontant la révolution avec une telle vigueur qu'on l'a accusé de menacer l'ordre public ».


« Que viva Eisenstein ! » par Peter Greenaway
« Que viva Eisenstein ! » (Eisenstein in Guanajuato) est un film réalisé par Peter Greenaway. « Les dix jours qui, en 1931, au Mexique, bouleversèrent la vie du grand cinéaste russe Sergueï Eisenstein... Entre documentaire et fiction, un film troublant signé Peter Greenaway ».


« En 1931, fraîchement éconduit par Hollywood et sommé de rentrer en URSS, le cinéaste Sergueï Eisenstein se rend à Guanajuato, au Mexique, pour y tourner son nouveau film, « Que viva Mexico ! » Chaperonné par son guide, Palomino Cañedo, il se brûle au contact d’Éros et de Thanatos. Son génie créatif s’en trouve exacerbé et son intimité fortement troublée... »


« Dix jours dans la vie d'un des géants du cinéma, toute génuflexion admirative était formellement exclue ».

« Fervent adepte de Sergueï Eisenstein, dont il est devenu un spécialiste, Peter Greenaway s'est inspiré d'un fait réel : le tournage chaotique d'un long métrage au Mexique, qui ne verra jamais le jour, par le cinéaste russe ».


Conçu au départ comme un documentaire, « Que viva Eisenstein ! » en garde certaines spécificités – l'utilisation de photos, d'archives – mais s'autorise toutes les audaces de la fiction ».

« Aidé d'un époustouflant acteur finlandais, Elmer Bäck, venu du théâtre, le film met en scène, avec une grande fantaisie et des séquences parfois très crues, un Eisenstein mis à nu, en plein bouleversement artistique et personnel, initié à la passion physique par son guide mexicain et hanté par la mort. Un hommage délirant et virtuose ».

En confrontant des archives filmées aux reconstitutions contemporaines, Peter Greenaway s’interroge sur ces dix jours au Mexique qui ont modifié le style artistique du réalisateur soviétique S.M. Eisenstein.

"L'Œil extatique. Eisenstein, un cinéaste à la croisée des arts"

Le Centre Pompidou-Metz présente l'exposition "L'Œil extatique. Eisenstein, un cinéaste à la croisée des arts". "Sergueï Eisenstein, réalisateur mythique qui fit la gloire du cinéma russe et soviétique, est bien plus qu’un cinéaste. Cultivant l’art du montage et du rythme au point d’inventer un nouveau langage visuel au milieu des années 1920, Eisenstein s’est toujours placé à la croisée des arts. Homme de théâtre, dessinateur, théoricien, collectionneur et lecteur insatiable, il n’a cessé de se nourrir de l’histoire de l’art tout au long de sa carrière. Le Centre Pompidou-Metz propose avec cette exposition une redécouverte du septième art, à travers l’une des figures les plus marquantes de son histoire."

« Sergueï Eisenstein, réalisateur mythique qui fit la gloire du cinéma russe, est bien plus qu’un cinéaste. Cultivant l’art du montage et de la lumière au point d’inventer un nouveau langage visuel au milieu des années 1920, Eisenstein s’est toujours placé à la croisée des arts. Homme de théâtre et de littérature, dessinateur, théoricien, passionné d’archéologie et d’anthropologie,il n’a cessé de se nourrir de l’histoire de l’art tout au long de sa carrière.Le Centre Pompidou-Metz propose une rétrospective de son oeuvre en regard de l’influence de cet héritage universel. On y retrouve les grands films qui l’on fait connaître (La Grève, 1924 ; Le Cuirassé Potemkine, 1925 ; Octobre, 1927 ; La Ligne Générale, 1929 ; Que Viva Mexico !, 1932 ; Alexandre Nevski, 1938 ou encore Ivan le Terrible, 1944-46), mais aussi ses expérimentations théâtrales, ses dessins riches de symboles, tracés à la ligne claire, ou ses projets inachevés. L’exposition retrace la méthodologie et l’approche visionnaire du cinéaste, aux productions fortement liées à l’histoire russe mais aussi à ses nombreux voyages en Europe, au Mexique et aux Etats-Unis, à ses lectures et à ses rencontres ».


« Si, de son vivant, Eisenstein fut un artiste que le monde entier s’arrachait et dont le travail et la pensée bouleversaient les esprits, cette aura s’est aujourd’hui considérablement amoindrie, du fait que l’oeuvre cinématographique d’Eisenstein n’est plus diffusée de manière systématique via les ciné-clubs. De même, la complexité et la portée des accomplissements d’Eisenstein ont été longtemps sous-estimées en raison d’interprétations essentiellement idéologiques réduisant son travail au seul contexte de l’URSS communiste et à ses relations avec Staline. L’exposition L’Oeil extatique. Sergueï Eisenstein à la croisée des arts entend donc faire découvrir et redécouvrir au public français et européen un nom majeur du septième art et de la culture mondiale, un homme considéré comme le « Léonard de Vinci russe », et qui, le premier, se présenta comme un cinéaste en habits d’artiste. Il s’agit ainsi d’insister sur l’Eisenstein faiseur, amateur, collectionneur commentateur et monteur d’images, un Eisenstein visionnaire, toujours soucieux d’expérimentation radicale et d’affecter profondément et durablement le spectateur ».


« En s’appuyant sur le vaste éventail de références mobilisées par Eisenstein dans son travail, cette confrontation entre images fixes et images en mouvement permet de dévoiler de manière exemplaire la manière dont un créateur fabrique ses images, à un moment où la question de la genèse artistique est devenue centrale. L’exposition s’appuie sur un dialogue avec l’histoire de l’art, il s’agit de montrer comment Eisenstein se nourrit, dans ses travaux, des chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art mondial, d’oeuvres de ses contemporains russes et étrangers, mais aussi et surtout du patrimoine artistique précédant l’apparition du cinéma, aussi bien peinture, sculpture, gravure, dessin, architecture. L’exposition montre aussi l’intérêt et l’appétence d’Eisenstein pour les cultures populaires (américaine, russe, européenne), dans une abolition des hiérarchies qui est représentative de sa logique associative. »


« Eisenstein, en tant que théoricien, relit l’histoire de l’art à la lumière du cinéma. En effet, le cinéma ne représente pas tant pour Eisenstein un médium qu’une opération de pensée, une matérialisation de processus psychologiques profondément ancrés en l’homme depuis la nuit des temps. A cet égard, le cinéma lui permet de repenser l’intégralité de l’histoire de l’art et de la culture mondiale, ce qui se traduit dans l’exposition par une galerie de peintures et de sculptures qu’Eisenstein analyse en termes cinématographiques et dont certaines peuvent également, à sa suite, être interprétées à travers le prisme du cinéma. L’histoire de l’art eisensteinienne est délibérément anachronique et déhiérarchisée, ouverte aux cultures extra-occidentales. Le Centre Pompidou-Metz propose avec cette exposition une redécouverte du septième art, à travers l’une des figures les plus marquantes de son histoire ».

« Le Centre Pompidou-Metz propose une rétrospective de son œuvre en regard de l’influence de cet héritage universel. On y retrouve les grands films qui l’on fait connaître (La Grève, 1925 ; Le Cuirassé Potemkine, 1925 ; Octobre, 1928 ; La Ligne Générale, 1929 ; ¡ Que Viva Mexico !, 1932 ; Alexandre Nevski, 1938 ou encore Ivan le Terrible, 1944-46), mais aussi ses expérimentations théâtrales, ses dessins déployant un imaginaire foisonnant, ou ses projets inachevés. L’exposition retrace les inspirations artistiques et l’approche visionnaire du cinéaste, aux productions fortement liées à l’histoire russe mais aussi à ses nombreux voyages en Europe, au Mexique et aux États-Unis, à ses lectures et à ses rencontres. »


« Si, de son vivant, Eisenstein fut un artiste que le monde entier s’arrachait et dont le travail et la pensée bouleversaient les esprits, cette aura s’est aujourd’hui considérablement amoindrie, du fait que l’œuvre cinématographique d’Eisenstein n’est plus diffusée de manière systématique via les ciné-clubs. De même, la complexité et la portée des accomplissements d’Eisenstein ont été longtemps sous-estimées en raison d’interprétations essentiellement idéologiques réduisant son travail au seul contexte de l’URSS communiste et à ses relations avec Staline ».


« L’exposition L’Œil extatique. Sergueï Eisenstein à la croisée des arts entend donc faire découvrir et redécouvrir au public français et européen un nom majeur du septième art et de la culture mondiale, un homme considéré comme le « Léonard de Vinci russe », et qui, le premier, se présenta comme un cinéaste en habits d’artiste. Il s’agit ainsi d’insister sur l’Eisenstein faiseur, amateur, collectionneur commentateur et monteur d’images, un Eisenstein visionnaire, toujours soucieux d’expérimentation radicale et d’affecter profondément et durablement le spectateur. En s’appuyant sur le vaste éventail de références mobilisées par Eisenstein dans son travail, cette confrontation entre images fixes et images en mouvement permet de dévoiler de manière exemplaire la manière dont un créateur fabrique ses images, à un moment où la question de la genèse artistique est devenue centrale. Il s’agit de montrer comment Eisenstein se nourrit, dans ses travaux, des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art mondial, d’œuvres de ses contemporains russes et étrangers, mais aussi et surtout du patrimoine artistique précédant l’apparition du cinéma, aussi bien peinture, sculpture, gravure, dessin, ou architecture. L’exposition insiste également sur l’intérêt et l’appétence d’Eisenstein pour les cultures populaires dans une abolition des hiérarchies qui est représentative de sa logique associative ».


« Eisenstein, en tant que théoricien, relit l’histoire de l’art à la lumière du cinéma. En effet, le cinéma ne représente pas tant pour lui un médium technique que la réponse la plus élaborée à des besoins humains primordiaux. À cet égard, le cinéma lui permet de repenser l’intégralité de l’histoire de l’art et de la culture mondiale, ce qui se traduit dans l’exposition par une galerie de peintures et de sculptures qu’il analyse en termes cinématographiques et dont certaines peuvent également, à sa suite, être interprétées à travers le prisme du cinéma. L’histoire de l’art eisensteinienne est ainsi délibérément anachronique et déhiérarchisée, ouverte aux cultures extra-occidentales ».

« Pour l’exposition, les commissaires Ada Ackerman et Philippe-Alain Michaud et le scénographe Jean-Julien Simonnot explorent des modalités d’exposition spécifiques qui permettront d’organiser la confrontation des oeuvres fixes et des images en mouvement et de présenter les films sous une forme qui ne soit pas réductible à la projection en salle : projections monumentales et dispositifs analytiques à l’aide de ralentis, boucles d’extraits et arrêts sur image ».

« Par ailleurs, tout en s’inspirant de l’esthétique constructiviste contemporaine de l'artiste, la scénographie et l’accrochage obéissent à des principes fondamentaux dans la pensée et la pratique d’Eisenstein, tels que le montage-conflit, le montage-collision, l’extase, permettant d’instaurer des relations explosives et inattendues entre les images, au-delà des hiérarchies et classifications ».




Du 28 septembre 2019 au 24 février 2020
Au Centre Pompidou-Metz
1, parvis des Droits-de-l’Homme. CS 90490. 57020 Metz Cedex 1
Tél : +33 (0)3 87 15 39 39
Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10 h à 18 h
Visuels :
Sergueï Eisenstein, Ivan le Terrible, 1945
© FSF

André Kertész, Sergueï Eisenstein, 1929
Épreuve gélatino-argentique, 24,3 x 18,1 cm
Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
© RMN-Grand Palais
© Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist.
RMN-GP

Sergueï Eisenstein, Esquisse pour La Maison des cœurs brisés de Bernard Shaw, costume du Personnage de Sam Mangan
Эскиз костюма Менгена к пьесе Б. Шоу “Дом, где разбиваются сердца“. 1922.
papier, crayon graphite, aquarelle, 35,2 х 22,8
© Russian State Archive of Literature and Art

Sergueï Eisenstein, La Ligne générale, 1929
© FSF

Sergueï Eisenstein, La Grève, 1925
© FSF

Sergueï Eisenstein, Octobre, 1928
© FSF

Vassili Trokhatchev, Photographie de tournage, Alexandre Nevski, 1938
© Russian State Archive of Literature and Art

Alexandre Rodtchenko, Affiche pour le Cuirassé Potemkine, 1926
101 x 72 cm
© Adagp, Paris, 2019
© A.Dobrovinsky Collection

Sergueï Eisenstein, Le Cuirassé Potemkine, 1925
© FSF

Sergueï Eisenstein, Ivan le Terrible, 1945
© FSF

« Le cuirassé Potemkine  / La mobilisation des rêves »
Allemagne, Autriche, 1930, 136 min
Sur Arte le 8 novembre 2017 à 23 h 25
Russie/Allemagne/Autriche, 1925, 48 mn, VOSTF
Production : Goskino - Version sonorisée et colorisée par Sergueï M. Eisenstein en 1930
Scénario : Nina Agadjanova, Sergueï M. Eisenstein, Nikolaï Asseïev
Auteur : Sergej M. Eisenstein
Image : Eduard Tissé, Martin Putz
Montage : Oliver Neumann, Sergej M. Eisenstein
Musique : Edmund Meisel, Siegfried Friedrich
Production : Goskino, Filmmuseum Berlin, Filmmuseum Wien, Amour Fou Vienna, Bildschön Filmproduktion, Ambient Information Systems
Producteur/-trice : Wilhelm Karl Gerst, Alexander Dumreicher-Ivancenau, Bady Minick
Réalisation : Sergej M. Eisenstein, Manu Luksch, Martin Reinhart, Thomas Tode
Scénario : Nina Agadschanowa, Sergej M. Eisenstein, Manu Luksch, Mukul Patel
Avec Alexandre Antonov (Grigory Vakoulintchouk), Vladimir Barski (le commandant Golikov), Grigori Alexandrow, Mikhail Gomorrow, Dörte Lyssewski
Sur Arte le 8 novembre 2017 à 23 h 25
Visuels 
Le précurseur du Walkman, il y a 90 ans.
Photo tirée du film publicitaire d'époque pour l'exposition cinématographique et photographique KIPHO 1925 à Berlin.
© ZDF

La Mobilisation des rêves, de Manu Luksch, Martin Reinhart et Thomas Tode 
Autriche/Allemagne/Royaume-Uni, 2015, 1 h 25mn
Coproduction : ARTE/ZDF, Amour Fou Vienna, Bildschön Filmproduktion, Ambient Information Systems

« Que viva Eisenstein ! » par Peter Greenaway
Pays-Bas, Belgique, Mexique, 2015, 102 min
Image : Reinier van Brummelen
Montage : Elmer Leupen
Production : Submarine, Fu Works, Paloma Negra Films, Edith Film, Potemkino, Mollywood, ZDF, ARTE
Producteur/-trice : Bruno Felix, Femke Wolting, San Fu Maltha, Cristina Velasco L.
Scénario : Peter Greenaway
Avec Elmer Bäck, Luis Alberti, José Montini, Cristina Velasco Lozano, Maya Zapata, Jakob Öhrman, Rasmus Slätis, Lisa Owen, 
Sur Arte le 23 octobre 2017 à 23 h 15

Visuels
Luis Alberti et Elmer Bäck
Rasmus Slätis et Elmer Bäck
Elmer Bäck et Luis Alberti
Elmer Bäck
© Submarine

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 23 octobre 2017.