Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 14 novembre 2019

« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé


Arte diffusera le 16 novembre 2019 « Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » (Friedrich II. - Der Staufer Der ewige Kampf mit dem Papst) par Markus Augé. « Portrait de l’empereur Frédéric II, dont le règne marque un tournant dans l’histoire du Saint Empire romain germanique. »
« Les chevaliers Teutoniques » de Krzysztof Talczewski 
« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé 

Le Saint-Empire romain était un regroupement politique de territoires localisés dans l'Europe occidentale et centrale au Moyen Âge. A sa tête : un monarque dénommé « empereur des Romains ». De sa création en 962 à son démantèlement en 1806 par Napoléon, il se situait dans le prolongement de l’empire d’Occident des Carolingiens et même de l’Empire romain. Le qualificatif "Saint" fut ajouté durant le règne de Frédéric Barberousse afin de conférer une légitimation "divine" ou "sacrée" au pouvoir.

Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250), « régna sur le Saint Empire romain germanique de 1220 à 1250". Il fut roi de Germanie, roi de Sicile, roi de Provence-Bourgogne (ou d'Arles), et roi de Jérusalem depuis 1229.

Petit-fils de Frédéric Barberousse, ultime empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il "fut une figure historique hors norme ».  

« Né en Sicile, ce grand réformateur et promoteur des sciences est considéré par certains comme le premier souverain "moderne". Il est surnommé de son vivant "Stupor Mundi" (la « Stupeur du monde ») et « prodigieux transformateur des choses »,

Il dirigea la sixième croisade, pacifique, et fut le second, après Godefroy de Bouillon, à reconquérir les lieux saints de la chrétienté. 

Des différends l'opposèrent à la papauté. Frédéric a été à plusieurs reprises excommunié. Le pape Grégoire IX le surnommait « l'Antéchrist ». 

Polyglotte, « empereur cultivé, épris de beauté, Frédéric II se révéla pourtant un homme de pouvoir brutal, qui n’hésita pas à jeter en prison son propre fils pour défendre son trône ». 

« Retour sur la destinée de cet empereur du Moyen Âge, qui, en raison de son hégémonie, s'attira de nombreux conflits avec les papes qui se succédèrent au cours de son règne ainsi que deux excommunications ».

Juifs
« Nul ne subira de violence pour la raison qu'il est juif ou sarrasin.» Ainsi en disposent les constitutions de Melfi, édictées en 1231 par Frédéric II de Hohenstaufen, l'un des personnages les plus originaux et les plus contrastés de son siècle. Si elles conservent une bonne part d'inégalités – le sang d'un juif ou d'un sarrasin y vaut la moitié de celui d'un chrétien – les constitutions de Melfi sont la première tentative, au Moyen Age, de substituer un Etat laïque, organisé sur la loi et fondé sur un corps de fonctionnaires, à l'instabilité des allégeances féodales."

Ernst Hartwig Kantorowicz (1895-1963) était un historien allemand naturalisé américain, spécialisé dans l'étude des idées politiques médiévales. En 1927, il publie une biographie de l'empereur Frédéric II. Critiquée par certains historiens, cette oeuvre a été appréciée des nazis : le führer Hitler déclarait l'avoir lue plusieurs fois, et Göring en offrit un exemplaire au Duce Mussolini. 


Légendes
En 2015, les éditions Perrin ont publié "Frédéric II. Un empereur de légendes" de Sylvain Gouguenheim. « Frédéric II Staufen (1194-1250), l’empereur qui stupéfia le monde, selon les mots d’un chroniqueur contemporain, exerça son pouvoir dans une époque riche en mutations. Au cours d’un règne tumultueux, il déploya des qualités qui le placent parmi les souverains les plus fascinants de toute l’histoire médiévale occidentale. Héritier des rois normands de Sicile et des souverains germaniques, ce monarque réformateur et d’une volonté de fer apparaît comme l’une des figures majeures du Saint Empire. Dominant l’Allemagne, l’Italie et le royaume de Jérusalem, son objectif fut partout et toujours le même : exercer et défendre les droits royaux et impériaux, en usant avec souplesse des possibilités offertes par les situations locales. Les réussites, réelles, du règne ne masquent pourtant pas ses difficultés et ses échecs. Frédéric II se heurta à la révolte de son premier fils, Henri. En butte à l’opposition radicale de la papauté, il fut excommunié, puis, déclaré parjure et hérétique, il fut déposé par le pape Innocent IV. Par ce travail basé sur des archives aussi bien allemandes qu’italiennes et françaises, et en délaissant le mythe comme la psychologie supposée du personnage, mais en s’attachant à étudier le règne, sans a priori ni anachronisme, Sylvain Gouguenheim dresse le portrait renouvelé d’une figure médiévale d’exception ».

"Gouvernant l’Allemagne de loin, puisqu’il a passé l’essentiel de sa vie en Sicile et en Italie du Sud, Frédéric II représente « une pensée politique traduite en actes ». Le souverain, souligne Gouguenheim, s’attacha à construire un Etat puissant en exerçant les droits royaux et impériaux. Cette ambition, à l’instar de ses prédécesseurs, le fit entrer en conflit avec la papauté. Excommunié, déclaré parjure et hérétique, l’empereur finit par être déposé par le pape Innocent IV. S’il protégea les juifs, il combattit avec ardeur les hérétiques : contrairement à ce qui se dit, il ne fut nullement un apôtre de la tolérance, concept inconnu en son temps. De même ne fut-il pas un adepte du multiculturalisme, puisqu’il fit une guerre sans merci aux dernières poches musulmanes de Sicile. « Même délivré des mythes et des légendes qui le rendent multiforme et intemporel, voire opaque, conclut Gouguenheim, Frédéric II demeure un personnage étonnant, en aucun cas un souverain médiocre. » Une belle leçon d’histoire", a analysé Jean Sévillia.


« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé 
Allemagne, 2018
Sur Arte le 16 novembre 2019 à 21 h 45
Visuels : © Markus Augé

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte.

« 13 novembre, la vie d'après » par Olivier Lemaire


« 13 novembre, la vie d'après » (Das Leben danach. Der 13. November 2015) est un documentaire peu intéressant réalisé par Olivier Lemaire. Le « quotidien de ceux qui vivent ou travaillent à proximité des lieux touchés par les attentats du 13 novembre 2015 avec, en fil rouge, les milliers de témoignages déposés par des anonymes. Un hommage documentaire plein de délicatesse ». 
Le 13 novembre 2015, plusieurs terroristes islamistes ont commis, au nom de l'Etat islamique (ISIL, ISIS ou Daech), des attentats près du Stade de France, à Saint-Denis (banlieue au nord de Paris), et à Paris aux terrasses de café et dans la salle de spectacles Le Bataclan.

« Âgés de 16 à 74 ans, ils sont boulanger, chanteuse, chômeur, prof, restauratrice, concierge, infirmière, retraité, commerçante, lycéenne », relieur, restaurateur, intérimaire.

Ils « vivent ou travaillent dans les quartiers parisiens attaqués le 13 novembre 2015 par les commandos de Daech, à quelques mètres du Bataclan, du bar du Carillon ou de la brasserie La Bonne Bière, des restaurants Le Petit Cambodge et La Belle Équipe » cibles des terroristes islamistes.

« 13 novembre, la vie d’après » est une plongée dans le quotidien de dix Parisiens des 10e et 11e arrondissements, issus de cultures, de milieux sociaux et de générations différents ». Des arrondissements populaires boboïsés, en voie de gentrification depuis quelques décennies, et où vit une importante communauté juive. Des Juifs français absents du documentaire. Un quartier de "mixité".

Après les attentats terroristes islamistes ? Pour certains, il s'agit de fuir un régime dictatorial, pour d'autres de travailler dans un quartier fréquenté depuis l'enfance. Pour d'autres encore, réaliser un rêve professionnel ou poursuivre sa vie là où ils ont grandi. Une commerçante a mis plusieurs semaines avant de reprendre le chemin de son atelier pour fabriquer des bijoux, des "objets futiles". Un intérimaire musulman français se remet en question, entre regrets d'avoir interrompu trop tôt sa scolarité et espoir d'une vie meilleure pour son fils. Une restauratrice rechigne à répondre aux questions de clients l'interrogeant sur "ce qui s'est passé". Souvenirs trop douloureux.

« Comment continuer à vivre lorsqu'on a côtoyé l'horreur ? Comment surmonter la douleur ? Comment faire face à la routine du quotidien et croire encore dans l'avenir ? À travers des récits particulièrement forts », ces Parisiens « confient et racontent l'après, la tristesse, la peur, mais aussi l'émotion collective, la naissance d'une solidarité, le combat personnel, l'attachement à leur quartier et la vision d'un pays… », des souvenirs qui "reviennent tout le temps", l'envie de partir tout de suite après. Les résultats scolaires d'une lycéenne s'en ressentent, car elle "réalise ce qu'est la mort". Originaire du Maroc, un boulanger, "simple citoyen français" que viennent voir des gens du monde entier, veut entreprendre des travaux dans sa boulangerie pour "effacer les traces comme quoi on a été atteint" par les attentats. Un retraité fait des digressions sur les réfugiés, les migrants...

« Parallèlement, pour la première fois dans l'histoire de Paris, les hommages déposés dans les rues", notamment dans une place de la République défigurée par les travaux des maires socialistes, ont été collectés, archivés puis numérisés par les archives de la Ville, soit près de huit mille pièces, rendues publiques pour la première fois en septembre 2016 ». 

Le « documentaire suit ce patient travail d'archivage, donnant aussi à entendre et à voir cet immense témoignage collectif ». Comment archiver des écrits - "Pas peur" - sur des papiers si fragiles ? 

Le « film choral d'Oliver Lemaire dresse avec sensibilité un portrait en mosaïque du Paris d'aujourd'hui et de ses habitants, hommage à une ville blessée, mais toujours vibrante ».

Il est significatif qu'Arte rappelle ces attentats, non par une enquête sur ceux ayant commis les attentats terroristes islamistes ou sur les carences des autorités politiques, judiciaires et de renseignements, mais par un documentaire sur l'émotion, sur l'affect.

Un documentaire peu intéressant, hormis les magnifiques vues de Paris, du canal.

Antoine Leiris
Fille d'une mère française d’origine kabyle et d'un père juif marocain, Hélène Muyal-Leiris, maquilleuse et coiffeuse, était mariée à Antoine Leiris, journaliste né en 1981. Le couple avait un fils âgé de 17 mois. Hélène Muyal-Leiris a été tuée à l'age de 35 ans au Bataclan par des terroristes islamistes de l'Etat islamique.

Le 16 novembre 2015, Antoine Leiris publie sur Facebook le post "Vous n’aurez pas ma haine" :
"Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.
Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.
Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de douze ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.
Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus".
Ce texte est mis en Une du Monde et a un écho très large : centaines de milliers de partage sur Facebook, traduction. A ce quotidien, il déclare :  « Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes ».

En 2016, Fayard publie un livre d'Antoine Leiris sous le titre de ce message personnel. L'auteur y relate les douze premiers jours « d’une vie à trois qu’il faut poursuivre à deux ». « Le livre s'est écrit d'un trait, une fois mon fils à la crèche ou couché. L'écriture n'a pas de vertu thérapeutique mais c'est une parenthèse dans le chagrin », confiait Antoine Leiris. "Ce récit est précieux en raison non seulement de l'appel à l'amour et à la liberté qu'il constitue mais également de ses grandes qualités d'écriture. Cet ouvrage sera plus volontiers l'objet d'une étude au lycée, dans le cadre élargi du programme de Seconde (« Genres et formes de l'argumentation ») ou dans celui du programme de Première (« La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du xvie siècle à nos jours »). Il pourra également faire l'objet d'un enseignement croisé entre Français et EMC (Enseignement moral et civique) dans la mesure où il permet d'aborder la question du terrorisme, de la mémoire et des réseaux sociaux".

Dans ses interviews, il alerte contre « la défaite de la pensée », prônant une réponse culturelle aux attentats afin de saisir l’horreur et lui opposer une réponse adéquate : « Je pense que la culture nous fait avancer, elle nous fait grandir. On parlait d’ignorance… Évidemment, ça doit passer par la culture. À force de la refuser, de la mettre de côté, on finit par en priver une grande partie des gens qui ont le désir de s’élever. » Antoine Leiris est distingué par le Prix littéraire du Rotary d’expression française.

Quelques mois plus tard, France 5 diffuse son documentaire "Vous n’aurez pas ma haine". Réalisateur, il a interviewé des victimes du 13-Novembre, le psychiatre Boris Cyrulnik, le philosophe Abdennour Bidar et une rescapée de l'attentat de la rue de Rennes en 1986.

En novembre-décembre 2017, le Théâtre du Rond-Point propose la pièce "Vous n'aurez pas ma haine", d'après le récit d'Antoine Leiris, dans une mise en scène de Benjamin Guillard, avec Raphaël Personnaz, et sur une composition musicale d'Antoine Sahler, "Bataclan 2015, Hélène Leiris tombe sous les balles des terroristes. Antoine Leiris, journaliste et écrivain, signe alors une lettre qu’il titrera Vous n’aurez pas ma haine. Raphaël Personnaz raconte un combat intérieur, une reconstruction." Une pièce de théâtre saluée par la critique.

En octobre 2019, Robert Laffont publie "La vie, après" d'Antoine Leiris. « J’ai attendu de nous savoir solides pour reprendre la plume. J’ai alors tenté de consigner les mues, cette écume du changement, depuis la perte de tous les repères jusqu’ à cet instant où le ciel se dégage, presque d’un coup. C’est là que vient la vie, après. » Quatre ans plus tard, tous deux ont changé et grandi. Antoine Leiris n’est plus le même homme, ni le même père ; Melvil est devenu un petit garçon. C’est ce voyage que raconte La Vie, après. Celui d’un homme et de son fils qui ont poursuivi, malgré tout, leur chemin vers la vie. Un récit affectif et lumineux, qui dit combien l’ écriture est source et témoin du vivant".

Patrick Jardin
Âgée de 31 ans, Nathalie Jardin travaillait au sein de l'équipe technique du Bataclan comme régisseuse-lumière. Le 13 novembre 2019, elle assistait au concert dans cette salle de spectacles.

Son père, Patrick Jardin, exprime un discours non "politiquement correct" qui suscite ostracisation, voire injures, des MSM (MainStream Medias).

Il s'est opposé en 2018 au concert du rappeur Médine au Bataclan les 19 et 20 octobre 2018. Il s'est adressé aux députés de tous les partis politiques. Seuls "des gens de droite" lui ont répondu. Finalement, après la polémique suscitée, Médine et le Bataclan ont annulé ces deux soirées « dans une volonté d’apaisement ».

"Je suis en lutte contre l’islamisation de mon pays. J’estime que c’est très dangereux. J’habite en Belgique, et du côté français il y a Roubaix et Tourcoing, de vraies zones de non-droit où la charia est déjà en place. Il y a des cafés dans lesquels les femmes n’ont pas le droit de se rendre", a-t-il expliqué au micro d’André Bercoff sur Sud Radio (14 février 2019). "Lors de cet entretien avec André Bercoff, Patrick Jardin s’est également dit "persuadé que ce qui s’est passé au Bataclan aurait pu être évité". "Il y a eu d’énormes dysfonctionnements dans les services de l’État, c’est épouvantable. Lorsqu’à 11h30, lors d’un exercice de simulation d’un attentat de masse Bernard Cazeneuve dit à son préfet : 'Je m’attends à un attentat de 130 morts', et que le soir il y a effectivement un attentat de 130 morts, soit Monsieur Cazeneuve est un devin, soit il savait des choses. Je n’ai pas de preuves, mais j’ai d’énormes doutes", a déclaré Patrick Jardin. ""Dès que j’ai su ça, mon but était était d’acheter une kalachnikov, d’entrer dans une mosquée à l’heure de la prière et de faire la même chose. Je ne suis pas du genre à attendre l’autre jour, c’est pas mon style. J’avais envie d’en tuer au moins une centaine. Mais après je me suis dit : 'il y a sans doute des musulmans qui n’y sont pour rien, et puis je ne peux pas imposer à mon fils de vivre dans la peur toute sa vie parce que j’aurais assouvi ma vengeance'", a déclaré Patrick Jardin".


« 13 novembre, la vie d'après » par Olivier Lemaire
Agat Films, 2016, 59 min
Sur Arte les 8 novembre à 21 h 50 et 19 novembre 2016 à 3 h 05
Visuels Agat Films

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 7 novembre 2016, puis le 13 novembre 2017.

mercredi 13 novembre 2019

« Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi » et « Rwanda, 1994, notre histoire ? »


Pour la 25e Commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda, le Mémorial de la Shoah propose, dans ses deux sites franciliens, une double exposition : « Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi » sur le site à Drancy et « Rwanda, 1994, notre histoire ? » dans son site à Paris. Un mini-site les éclaire ou complète. « Entre le 7 avril et la mi-juillet 1994, plus d’un million de personnes sont mortes assassinées au Rwanda : en moins de trois mois, les trois quarts de la population tutsi ont péri au cours du dernier génocide du XXe siècle ». Acronymes et chronologie en fin d'article.

Le Premier génocide du XXe siècle. Herero et Nama dans le Sud-Ouest africain allemand, 1904-1908 
                  
En 2004, le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), durant les travaux au futur Mémorial de la Shoah, avait accueilli l’exposition  « Rwanda : le génocide des Tutsi ». « Conçue dans le cadre de la célébration du 10e anniversaire du génocide des Tutsi au Rwanda, cette exposition présentait les photographies et textes de Yolande Mukagassana et Alain Kazinierakis issus de leur projet Les blessures du silence, ainsi que des dessins d’enfants (qui ont fait l’objet de la publication Witness to genocide : The children of Rwanda de Richard A. Salem) accompagnés de textes rédigés par le Mémorial ». Des photographies de génocidaires côtoyaient celles de victimes. Ce qui inspirait un sentiment de gêne. Mais correspondait à la réalité : des victimes ont été tuées par des voisins.

En 2014, le Mémorial de la Shoah avait proposé « Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi » qui laisse le souvenir terrifiant des armes blanches des génocidaires et prégnant des objets de la vie quotidienne des victimes. 

Cinq ans plus tard, « à l’occasion de la 25e commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda, le Mémorial de la Shoah poursuit son travail pour la reconnaissance et la mémoire des génocides en mobilisant pour la première fois ses espaces d’exposition simultanément à Paris et à Drancy. Il présente deux autres expositions sur le génocide des Tutsi par des Hutu : « Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi » sur son site à Drancy et « Rwanda, 1994, notre histoire ? » dans son site à Paris. 

« Dernier génocide du XXe siècle »
« Au cours des années 1950, les élites politiques et culturelles tutsi contestent l’ordre colonial et sèment les premiers ferments du nationalisme. Trahies par ceux-là même qu’elles considéraient comme une « race supérieure », la Belgique et l’Église catholique renversent leur alliance initiale au profit d’une élite hutu qui revendique le pouvoir au nom du « peuple majoritaire ». La lecture raciale du politique et du social se trouve encore renforcée par les partis portant en étendard « l’émancipation » des Hutu ».

« Sous la plume des pamphlétaires hutu, les Tutsi demeurent ces étrangers – envahisseurs et usurpateurs – décrits par la fable hamitique. La soif d’égalité s’affirme alors au nom d’un « peuple » défini non comme une entité politique mais comme une « race ». 

« En 1959, la mort inopinée du roi Mutara Rudahigwa conjuguée à l’agitation partisane déclenche les premiers pogroms contre les Tutsi. Qualifiées de « révolution sociale » par les propagandistes hutu appuyés par leurs nouveaux soutiens belges et catholiques, ces violences marquent l’avènement d’une équation politique également nouvelle ».

« Reposant sur l’arithmétique raciale et sur l’argument de la majorité, l’idéologie du nouveau régime rwandais, affranchi de la tutelle coloniale en 1962, suppose un exercice exclusif du pouvoir au nom d’une « démocratie majoritaire » de forme « républicaine », par opposition à l’ancienne « féodalité tutsi ».

« C’est ainsi que la Ière République de Grégoire Kayibanda, président du Rwanda indépendant (1962-1973), est marquée par une succession de massacres présentés comme autant de représailles populaires incontrôlées succédant aux incursions armées d’une poignée de Tutsi réfugiés dans les pays voisins ».

« Entre 1961 et 1967, au moins 20 000 Tutsi sont assassinés et 300 000 autres sont contraints à l’exil ».

« Entre le 7 avril et la mi-juillet 1994, plus d’un million de personnes sont mortes assassinées au Rwanda : en moins de trois mois, les trois quarts de la population tutsi ont péri au cours du dernier génocide du XXe siècle ».

« Événement historique majeur, le génocide des Tutsi rwandais n’est pas le fruit d’un soudain accès de folie collective. Le 7 avril 1994, lorsque débute l’extermination des Tutsi, les tueurs mobilisent toutes les ressources matérielles et humaines d’un État pour la mise à mort de masse : sur les collines et dans les quartiers, ils s’adonnent alors à la traque et à l’assassinat de leurs voisins. L’efficacité et la rapidité du massacre systématique des hommes, des femmes et des enfants tutsi rendent compte de la préparation minutieuse des tueries. L’ampleur et la cruauté particulière de ce génocide constituent un défi moral mais aussi intellectuel ».

« Cette double exposition est une opportunité unique de se pencher sur le dernier génocide du XXe siècle, d’en comprendre les origines, les conséquences, et surtout d’apporter un soutien sans failles à ceux qui en furent les victimes et à leurs familles. La mobilisation d’une grande variété de supports documentaires suivant un parcours linéaire entre les deux institutions (l’avant-génocide –1950-1994 – et le génocide vu à hauteur des enfants avec des dessins et des témoignages inédits au Mémorial de Paris, le génocide et l’après-génocide au Mémorial de Drancy) permet ainsi de restituer la réalité d’un passé toujours vivant au Rwanda, vingt-cinq ans après ».

« L’exposition est un donc un pari : celui de la connaissance, seule capable de combler la distance qui trop souvent nous éloigne de cet événement majeur de notre contemporain ».

On attendait donc plus d’informations sur les responsabilités dans ce génocide en particulier de la France – Président François Mitterrand, Premier ministre Edouard Balladur, ministre des Affaires étrangères Alain Juppé - , et de l’ONU - secrétaire général Boutros Boutros-Ghali -. En vain.

L'exposition révèle aussi les spoliations de Tutsis lors de précédents arrestations ou massacres avant le génocide. Des spoliations sans restitution.

« À l’occasion de la 25e commémoration du génocide des Tusti au Rwanda, le Mémorial de la Shoah et l’Association Ibuka ont décidé d’officialiser les liens étroits qui les unissent depuis des années en concluant un accord-cadre de coopération. Il porte sur le recueil d’archives, de témoignages afin de constituer un centre de ressources sur le génocide des Tutsi au Rwanda mais comprendra également un volet de coopération culturelle et mémorielle. Le texte a été signé le 4 avril à 20 h au Mémorial de la Shoah à Paris, à l’ouverture de l’exposition Rwanda, 1994, notre histoire ? »

Le Mémorial de la Shoah et Ibuka France ont réalisé "un film de sensibilisation mobilisant personnalités et témoins pour la connaissance du génocide des Tutsi au Rwanda il y a 25 ans" : Ginette Kolinka, rescapée de la Shoah, de Sonia Rolland, comédienne, Aya Cissoko, écrivaine, Chloé Deverly, étudiante... « Ce film a été diffusé sur les écrans de cinéma parisiens ainsi que sur les chaînes du groupe France Télévisions. » Si les réflexions de Gaël Faye, artiste, soulignant le « lent processus qui commence par des mots » et la « déshumanisation par le verbe », s’avèrent pertinentes, on demeure peu convaincu par celles du Dr Michel Cymes évoquant une « même logique génocidaire… des meurtres de masses à l’échelle de tout un pays ». Or, le génocide commis par les Hutu a eu pour cadre un pays – le Rwanda – et celui commis par les Nazis visait tous les Juifs où qu’ils vivent.

Le Mémorial de la Shoah, « plus grand centre d’archives en Europe sur l’histoire de la Shoah, est un lieu de mémoire, de pédagogie et de transmission sur l’histoire du génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale en Europe… Une meilleure connaissance de l’histoire de la Shoah vise à lutter également contre le retour de la haine et contre toutes formes d’intolérance aujourd’hui ».

Depuis 2002, le Mémorial de la Shoah a organisé quatre expositions sur le génocide des Tutsi, une sur celui des Arméniens, une sur celui des Herero et Nama dans le Sud-ouest africain allemand (1904-1908), une sur les Juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale ... A quand des expositions sur les Juifs du monde Arabe ou d’Asie du Sud-est durant la Deuxième Guerre mondiale, sur les relations entre Nazis et monde musulman, les génocides des Assyriens et des Grecs Pontiques ainsi que la Grande Famine dans le Mont Liban et la tentative de tuer les Juifs en Eretz Israël par les Ottomans durant la Première Guerre mondiale ?
  
« RWANDA 1994 : NOTRE HISTOIRE ? »
L’exposition-dossier « Rwanda, 1994, notre histoire ? » est présentée à l’Entresol et à la Mezzanine du Mémorial de la Shoah à Paris. Le commissariat scientifique est assuré par Hélène Dumas, chargée de recherche au CNRS, Institut d’histoire du temps présent (IHTP), la coordination/recherches iconographiques par Sophie Nagiscarde, Marine Lesage, Mémorial de la Shoah, Bruna Lo Biundo et Sandra Nagel, Past/Not Past, la conception graphique et scénographie par Estelle Martin.

« Au Rwanda, d’avril à juillet 1994, le XXe siècle s’est refermé sur un dernier génocide, un de plus : celui des Tutsi. Hommes, femmes et enfants furent traqués et assassinés en masse lors d’une entreprise d’extermination d’une efficacité redoutable. Près d’un million de victimes périrent en moins de trois mois ».

« L’exposition propose deux espaces distincts visant à présenter un état des savoirs accumulés sur le génocide des Tutsi. Loin de relever d’un quelconque exotisme africain, celui-ci s’enracine dans le temps long d’une idéologie raciale issue du XIXe siècle européen ».

« Cette histoire intellectuelle du racisme, objet d’études approfondies, côtoie un autre type de récit fondé sur des sources nouvelles : par la voix des enfants (leur écriture et leurs dessins) le génocide apparaît dans sa matérialité la plus brutale ».

« L’exposition est un donc un pari : celui de la connaissance, seule capable de combler la distance qui trop souvent nous éloigne de cet événement majeur de notre contemporain.

Obsession du nombre, obsession de la menace
« Le 5 juillet 1973, le président Grégoire Kayibanda est renversé par le général-major Juvénal Habyarimana. Le coup d’État intervient quelques mois après un nouveau massacre accompagné de purges menées dans les écoles et la fonction publique contre une présence tutsi jugée intolérable. »

« L’avènement de la IIe République ne change pas fondamentalement la nature d’un régime fondé sur un parti unique créé en 1975 - le Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND) - et sur la discrimination institutionnalisée d’une partie de la population ».

« Loin de rompre avec la rhétorique du « peuple majoritaire » justifiant l’exclusion des Tutsi, le nouveau pouvoir se proclame héritier de la « révolution sociale » de 1959 dont il entend affermir les principes. Sous couvert d’une rhétorique de justice sociale, la politique d’« équilibre ethnique et régionale » masque une véritable institutionnalisation de la discrimination à l’encontre des Tutsi. Dès le mois d’août 1973, le ministre de l’Éducation encourage les directeurs d’écoles secondaires à prêter une attention scrupuleuse aux proportions « ethniques » et « régionales » dans les modalités d’accès à leurs établissements. »

« Cette force du nombre, le « peuple majoritaire » ne saurait la préserver sans le recours à un appareil statistique s’imposant dans toutes les sphères de la vie sociale. Ainsi, la politique du nombre conduite par le régime Habyarimana confère à la « majorité » une existence rationnelle et objective quand elle entretient l’imaginaire d’une « minorité » sournoise et menaçante. »

Mener la guerre totale : l’appel au « peuple majoritaire »
« Quelques jours à peine avant le déclenchement du génocide des Tutsi, le 7 avril 1994, les mots suivants crépitèrent sur les ondes de la radio extrémiste RTLM (Radio télévision libre des mille collines) : « Le peuple, le voilà le vrai bouclier, c’est la véritable armée qui est forte. » Ces appels à mobilisation du peuple en armes se font entendre dès le début de la guerre contre le Front patriotique rwandais (FPR) en 1990. Ce mouvement politico-militaire fondé en 1987 agrège dans ses rangs les descendants des exilés tutsi de la décennie 1960 et les dissidents hutu du régime Habyarimana. Suite aux fins de non-recevoir du gouvernement qui refuse le retour dans leur pays des quelques 500 000 réfugiés tutsi dispersés dans les pays voisins, le FPR engage le combat le 1er octobre 1990 depuis l’Ouganda. »

« Face à la menace réelle que représentent les offensives du FPR, un double amalgame s’impose
progressivement. En premier lieu, tous les Tutsi sont présentés par la propagande comme autant d’alliés cachés de leurs « frères tutsi » du FPR, et donc prêts à renverser les acquis de la « révolution hutu » pour rétablir féodalité et monarchie. Ensuite, l’ensemble du « peuple majoritaire » est encouragé à défendre la patrie en danger en soutenant les Forces armées rwandaises (FAR). »

« Concrètement, cet imaginaire du peuple en armes prend la forme d’une politique de distribution d’armes à feu aux habitants dans le cadre de « l’autodéfense civile », et d’entraînements militaires dispensés aux milices des partis extrémistes, en particulier les Interahamwe. »

Les massacres (1990 – 1993)
« Dès la première offensive du Front patriotique rwandais (FPR) le 1er octobre 1990, les arrestations massives et les massacres des populations tutsi ainsi que des opposants politiques font l’objet d’une intense campagne de dénonciation publique menée par des militants des droits de l’homme et des journalistes. »

« À la faveur du multipartisme instauré en juin 1991, la presse d’opposition et les organisations de défense des droits humains s’emparent de ce nouvel espace d’expression pour documenter et dénoncer les exactions du régime. La logique des tueries, impliquant toujours les autorités locales, est partout la même : une offensive du FPR ou la rumeur d’un supposé plan de conquête intérieur justifie l’attaque contre les Tutsi. Habitations incendiées, bétail abattu et dévoré, viols des femmes et des fillettes, assassinats par armes à feu ou armes blanches : l’ensemble des pratiques de mise à mort et de cruauté identifiables pendant le génocide se déploient dès les massacres des Bagogwe (1990-1991, janvier 1993) et des Tutsi du Bugesera (mars 1992). Seules les églises demeurent encore des sanctuaires protecteurs. »

« Le génocide ne relève donc pas d’une tragique fatalité ethnique, il est le fruit d’une politique délibérée puisant sa justification dans un imaginaire raciste et la peur obsidionale d’un ennemi d’autant plus menaçant qu’il revêt les traits du voisin. »

Après le génocide, la persistance des stéréotypes
« Cette section réunit des paroles rapportées de diverses personnalités du monde de la culture et de la politique, 25 ans après le génocide des Tutsi au Rwanda. »

Le génocide dans « l’œil de l’enfance »
« À hauteur d’enfant, l’histoire du génocide des Tutsi trouve une forme d’expression singulière, au plus près du langage meurtrier et de sa gestuelle. Paroles scripturaires et graphiques donnent à voir les massacres dans leur matérialité, brutale, constituant ainsi une source, exceptionnelle. Trop souvent captifs du seul registre compassionnel, les enfants peinent à se hisser au statut d’acteurs sociaux et donc de sujets agissants, au même titre que les adultes. Dans les cours de justice comme dans les livres d’histoire, la parole enfantine est souvent disqualifiée en raison de préjugés tenaces. »

« Prendre au sérieux le récit des enfants rescapés, c’est voir le génocide autrement, à partir du basculement de l’enfance dans un monde adulte devenu impuissant à la protéger, voire transformé en menace mortelle. « Sans ciel ni terre », les enfants voient s’inverser toutes les normes sociales et culturelles ayant jusqu’alors structuré leur univers. Exposés aux scènes de cruauté et de mise à mort, ils font l’expérience directe de la réversibilité meurtrière du voisinage. Piégés sur leurs collines ou dans leurs paroisses, ils tentent pourtant d’élaborer des stratégies de survie afin d’échapper aux voisins devenus leurs tueurs. Dénigrement, humiliation, haine révélant la puissance d’un imaginaire raciste et animalisant : rien, qu’il s’agisse des mots ou de la gestuelle exterminatrice, n’échappe à la minutie descriptive des enfants. Leurs dessins comme leurs récits sont saturés de descriptions d’hommes armés et de femmes délatrices. »

« Du 21 au 24 avril 2006, l’Association des veuves du génocide d’avril (AVEGA) organisait un atelier d’écriture réunissant une centaine d’orphelins résidant dans la Province de l’Est. »

« Douze ans après le génocide, les jeunes survivants étaient invités à coucher leurs souvenirs sur le papier de modestes cahiers d’écolier. La perspective est cathartique et testimoniale. »

« Les dessins d’enfants et textes présentés dans l’exposition sont issus de cette expérience d’écriture collective et irréductiblement individuelle initiée par Avega en 2006. »

« Ce fonds est désormais versé à la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG). »

« Tous les textes ont été recouverts du sceau de l’anonymat ».

RWANDA 1994 : LE GENOCIDE DES TUTSI
L’exposition « Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi » est proposée par le Mémorial de la Shoah à Drancy. Le Commissariat scientifique est assuré par Hélène Dumas, Chargée de recherche au CNRS, Institut d’histoire du temps présent (IHTP), Stéphane Audoin-Rouzeau, historien, directeur d’études à l’EHESS, et Marcel Kabanda, historien, président d’Ibuka-France, la coordination par Sophie Nagiscarde, la conception graphique par Emmanuel Labard, Coralie Milière, UNIT France, la scénographie : David Lebreton, Mathilde Daguzan, UNIT France.

« Envisager l’histoire et la mémoire du génocide des Tutsi implique une confrontation avec la réalité humaine et matérielle des massacres. Récit historique, l’exposition vise à faire entrer le visiteur dans la matérialité des massacres et à approcher l’événement par une narration centrée sur les objets, les archives sonores, vidéo ou écrites, suivant un parcours en 3 parties :
Comprendre l’événement,
Entrer dans l’événement, 
Vivre avec l’événement : l’après-coup. »

« L’exposition a bénéficié de prêts d’objets originaux de la part du Mémorial de Kigali-Aegis Trust, Rwanda, et des témoignages enregistrés par l’association Voices of Rwanda et Valérie Nivelon, RFI. »

Comprendre l'événement (1990-1994)
« Cet espace est consacré à un récit de l’ « avant », décrivant la séquence chronologique 1990-1994 et rendant compte de la mise en place d’un dispositif idéologique et pratique qui sera réinvesti dans la violence pendant le génocide. Sont ainsi évoquées, archives sonores à l’appui, la radicalisation du jeu politique et la naissance du « Hutu Power » ; la mise en place de l’autodéfense civile en mobilisant ici des archives administratives ; et la constitution des milices ».

Vivre avec l’événement : l’après-coup
« Deux thèmes sont évoqués, l’après-génocide (les mouvements de population, la justice avec des images des tribunaux Gacaca et du Tribunal pénal international pour le Rwanda) et la mémoire (par le biais notamment des chants de commémoration). L’exposition propose aussi une série de témoignages de survivants et de sauveteurs, ainsi qu’un espace consacré aux « idées reçues » où sont reprises et expliquées quelques notions souvent entendues sur cet événement : la lecture « ethnique » de la réalité rwandaise, le « double génocide »…

JOURNÉE D’ETUDES « LES FORMES DES GENOCIDES »
En partenariat avec l’Institut des hautes études sur la justice, une journée d'études a accompagné l'exposition. « L’enjeu de cette journée est d’appréhender les génocides par leurs formes pour saisir le sens de leurs changements et ainsi mieux les anticiper et y répondre ».

Introduction par Joël Hubrecht, chargé de mission à l’Institut des hautes études sur la justice, en présence d’Yves Ternon, historien et médecin, d'Hélène Dumas, chargée de recherche, CNRS, du Père Patrick Desbois, président de l’association Yahad-In-Unum, de Nicolas Werth, directeur de recherche retraité, CNRS. Animée par Stéphane AudoinRouzeau, directeur d’études, EHESS

« Singularités et dominances des génocides. « La recherche comparative a montré les convergences et dominances qui existent entre les processus génocidaires. Or si les catégorisations favorisent les rapprochements, l’étude des formes tend à éclairer ce qui les distingue. Quelles sont les singularités fortes des génocides du XXe et début du XXIe siècle perpétrés en Europe (contre les Arméniens, les ukrainiens et les Juifs d’Europe), en Afrique (contre les Tutsi du Rwanda) et au Moyen-Orient (contre les Yezidis d’Irak) ».

« Comment reconnaître aujourd’hui les formes sociales culturelles prégénocidaires ? » En présence de Vincent Duclert, Richard Rechtman, psychiatre, psychanalyste et anthropologue, directeur d’études à l’EHESS, François XavierNsanzuwera ancien Secrétaire général de la FIDH, ancien Avocat général des Appels au TPIR et auteur de « La battante. Renaitre après le génocide des Tutsis» (Fauves eds, 2018) et de Clotilde Champeyrache Maîtresse de conférences en économie à Paris 8, enseignante au CNAM. Animée et conclusion générale par Antoine Garapon. «  La nature des formes sociales et culturelles qui structurent des époques et des communautés particulières génèrent diverses méthodes exterminatrices : par la famine organisée, dans des chambres à gaz, par démembrement, esclavagisme, transfert forcé… N’est-il pas concevable voire primordiale aujourd’hui de reconnaître leurs prémices ? »

Trois questions à Hélène Dumas, commissaire scientifique,
chargée de recherche au CNRS, Institut d’histoire du temps présent (IHTP)

« Pourquoi une double exposition au Mémorial de la Shoah à Paris et à Drancy pour commémorer le 25e anniversaire du génocide des Tutsi au Rwanda ? Quel parcours commun offre les deux expositions ?
Espace de connaissance et de souvenir, le Mémorial de la Shoah tient une place singulière pour ce qui concerne l’histoire et la mémoire du génocide des Tutsi en France.
Dans un contexte saturé par l’ignorance et le déni – en particulier dans notre pays – le Mémorial représente un lieu unique de diffusion du savoir auprès d’un large public.
Exigence intellectuelle et rigueur historique se sont toujours conjuguées au respect du deuil des survivants et à la mémoire des disparus.
Les temps de commémoration sont propices à rappeler l’histoire d’un génocide encore trop méconnu, voilé par des clichés tenaces et par des polémiques incessantes.
Les deux expositions visent donc à assumer un premier devoir : celui du savoir.
L’exposition présentée à Drancy reprend sous une forme légèrement remaniée celle que nous avions élaborée il y a cinq ans à l’occasion de la vingtième commémoration du génocide des Tutsi. Nous avions privilégié une confrontation directe avec la matérialité de l’événement à travers la présentation de vêtements et d’objets ayant appartenu aux victimes mais aussi en exposant les armes mobilisées lors de la campagne d’extermination. Cette volonté de faire entrer le visiteur dans la réalité très concrète du génocide est reconduite dans la nouvelle exposition en proposant un accès aux expériences enfantines des massacres.
Récits scripturaires et graphiques donnent à voir la brutalité inouïe à laquelle furent confrontés les enfants. Sans pathos, dans une scénographie que nous avons souhaité sobre, les paroles enfantines nous font approcher le coeur de toute politique génocidaire, c’est-à-dire l’intention radicale de rompre à jamais la filiation du groupe voué à l’extermination.
Contrairement à un cliché répandu, le choc moral et affectif provoqué par une telle confrontation à la violence n’annihile pas la nécessité de comprendre. Il faut accepter de regarder bien en face la réalité terrifiante du génocide pour comprendre la déflagration qu’a représenté un tel événement non seulement pour le pays tout entier mais aussi pour les existences individuelles.
À Drancy comme à Paris, suit un parcours sur la généalogie idéologique, politique et militaire du génocide des Tutsi. Les deux itinéraires de visite sont cependant organisés de manière différente et nous avons choisi à Paris de revenir sur l’histoire longue du racisme anti-tutsi qui puise aux racines intellectuelles d’une Europe obsédée de classification raciale. Face à la persistance de l’évidence ethnographique présentant Hutu, Tutsi et Twa comme autant de « races » ou « d’ethnies » différentes, il nous a paru essentiel d’expliquer au public que le racisme procédait d’une histoire culturelle et politique.

Qu’en est-il de la mémoire du génocide des Tutsi aujourd’hui ? Dans quelle perspective s’inscrit cette initiative forte du Mémorial de la Shoah ?
Le génocide des Tutsi appartient à l’histoire tragique de notre vingtième siècle. Il n’est ni un événement lointain et incompréhensible, ni le résultat d’une brusque flambée de colère populaire ou d’une mêlée « interethnique ». Le savoir historique vise à faire entrer pleinement cet événement majeur de notre contemporain dans l’histoire universelle. Qu’un lieu comme le Mémorial de la Shoah investisse depuis près de quinze ans ses efforts de formation et ses activités culturelles sur un tel sujet revêt une importance capitale qui témoigne précisément de la volonté d’inscrire le génocide des Tutsi dans l’histoire et la mémoire des génocides du vingtième siècle.
En France, le soutien du Mémorial de la Shoah est d’autant plus capital qu’en raison du rôle qu’a joué notre pays dans l’appui au régime criminel rwandais, les discours de déni et de négation s’expriment sans complexe, sans provoquer de protestation unanime. La mémoire du génocide des Tutsi ne peut se départir d’un effort de connaissance et le Mémorial de la Shoah a toujours su conjuguer rigueur historienne et respect aux victimes et aux survivants.
Mémoire et histoire cheminent ensemble pour parvenir à une véritable prise de conscience de l’importance de l’événement.

En quoi ces expositions peuvent-elles contribuer à la lutte contre le racisme et les préjugés, en particulier auprès de la jeunesse ?
Si l’on devait tirer une leçon de l’histoire longue du génocide des Tutsi c’est bien une vigilance aigue face à toutes les formes de racisme et de discrimination qui peuvent naître au sein d’une population partageant une même langue, une même religion et unie par des relations sociales étroites.
Nous espérons que les élèves qui viendront au Mémorial de Paris et de Drancy visiter les expositions consacrées au génocide des Tutsi en ressortent attentifs aux expressions de dénigrement et de haine d’un Autre qui n’est pas une altérité relevant de l’évidence mais d’une construction idéologique. »


"MRND : Mouvement révolutionnaire national pour le développement, parti unique à partir de 1975, placé sous la férule du président Habyarimana.
MDR : Mouvement Démocratique Républicain. Principale formation d’opposition au MNRD pendant le multipartisme. Il est l’héritier du Parmehutu, le parti fondé par Grégoire Kayibanda à la fin des années 1950. À l’instar des autres partis, il se scinde en octobre 1993 en une faction « Hutu Power » et une aile modérée, favorable au partage du pouvoir avec le FPR.
FPR : Front patriotique rwandais, parti politique fondé en 1987 par les descendants des exilés tutsi ayant fui les massacres des années 1960. Il accueille également des dissidents hutu au régime Habyarimana.
APR : Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR.
FAR : Forces armées rwandaises, nom de l’armée gouvernementale.
RTLM : Radio Télévision Libre des Mille collines, média extrémiste créé en juillet 1993.
MINUAR : Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda, force onusienne déployée à partir d’octobre 1993 afin de superviser l’application des Accords d’Arusha.
TPIR : Tribunal pénal international pour le Rwanda, créé le 8 novembre 1994.
Compétence universelle : Cette disposition du droit international permet à un État de poursuivre les auteurs de crimes graves, en particulier les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, quel que soit le lieu où le crime a été commis, et sans égard à la nationalité des auteurs ou des victimes.

TERMES EN KINYARWANDA
En kinyarwanda, les marques du singulier et du pluriel sont fonction de la classe à laquelle appartiennent les substantifs. L’usage veut que soit respectée cette règle grammaticale.
Gacaca : terme dont l’étymologie renvoie à l’herbe sur lequel se tenaient les assemblées villageoises au Rwanda pour régler les contentieux. Depuis 2001, les juridictions gacaca ont assuré l’essentiel de l’instruction et du jugement du contentieux lié au génocide des Tutsi. Les juges (inyangamugayo, les « intègres ») ont été élus par la population et sont pour la plupart d’entre eux des anciens voisins, survivants ou témoins, ayant traversé l’expérience des massacres. Le 18 juin 2012, ce processus judiciaire inédit a été clôturé officiellement. Près de deux millions de dossiers ont été examinés par ces juridictions, ancrées dans les espaces micro-locaux des collines et des quartiers.
Igitero (plur. ibitero) : groupe de tueurs.
Interahamwe : « Ceux qui attaquent ensemble », mouvement de jeunesse affilié au MRND qui se constitue en milice.
Icyunamo : deuil, désigne la semaine de deuil national marquant les commémorations du génocide au Rwanda.
Abakijije abantu : « Ceux qui ont sauvé des gens », désigne les personnes ayant risqué leur vie pour sauver des Tutsi pendant le génocide.
Ibuka : « Souviens-toi », principale association représentative des rescapés du génocide.
Iyenzi : terme insultant en kinyarwanda qui signifie cafard.

NOTE SUR L’ORGANISATION ADMINISTRATIVE DU RWANDA EN 1994
Le pays se divise en quatre entités essentielles :
La préfecture, dirigée par un préfet
La commune, dirigée par un bourgmestre
Le secteur, dirigé par un conseiller
La cellule, dirigé par un responsable"


"1897 Établissement d’un protectorat militaire allemand sur le Rwanda.

1900 Fondation de la première Mission catholique à Save par des prêtres appartenant à la Société des Missionnaires d’Afrique.

1916 Les troupes belges chassent les quelques officiers allemands et le pays passe sous administration miliaire belge.

1922 La Belgique reçoit le Mandat de la Société des Nations sur les « Territoires du Ruanda-Urundi »

1931 La mention ethnique est apposée sur les livrets d’identité visant à recenser les hommes adultes valides en vue de récolter l’impôt et d’appliquer le travail forcé. Le roi Musinga, hostile à l’évangélisation est déposé par les autorités belges. Son fils, Mutara Rudahigwa, accède au trône.

1946 Le Rwanda et le Burundi passent sous la Tutelle belge, les Nations Unies prenant le relais de la SDN.

1957 Publication du Manifeste des Bahutu, sous-titré « Note sur l’aspect social de la question raciale indigène », signé par une partie élite hutu parmi laquelle figure Grégoire Kayibanda. Ce texte recommande le maintien de la mention ethnique sur les cartes d’identité et conseille le recours à la médecine en cas de « métissage ».

1959 (octobre) Grégoire Kayibanda fonde le Parti pour l’Émancipation du peuple hutu (le Parmehutu) qui exige l’abolition de la « colonisation tutsi » avant le départ des Belges.

(novembre) « Révolution sociale hutu » qui se traduit dans les faits par le massacre de plusieurs centaines de Tutsi. Les violences visent essentiellement les membres de l’administration « indigène », c'est-à-dire les chefs et les sous-chefs, mise en place par le colonisateur qui renverse alors son alliance initiale en encourageant désormais la « Révolution hutu ». Des dizaines de milliers de Tutsi prennent le chemin de l’exil dans les pays limitrophes.

1961 La monarchie est abolie par référendum.

1962 (1er juillet) Le Rwanda accède à l’indépendance sous la présidence de Grégoire Kayibanda.

1963-1964 (décembre-janvier) Des incursions d’exilés tutsi (surnommés Inyenzi – cafards – en raison de leurs attaques nocturnes) depuis le sud du pays déclenchent une répression féroce contre les Tutsi de l’intérieur. Les massacres prennent une ampleur considérable à Gikongoro : entre 10 et 20% de la population tutsi de cette préfecture sont assassinés par des bandes armées de lances et de bâtons, sur ordre du préfet. Les violences s’étendent ensuite aux préfectures environnantes et font au total entre 10 000 et 14 000 victimes. Dans l’édition du journal Le Monde du 6 février 1964, le philosophe Bertrand Russel dénonce un « massacre d’hommes le plus horrible et le plus systématique auquel il a été donné d’assister depuis l’extermination des Juifs par les nazis en Europe. » Des dizaines de milliers de Tutsi grossissent les rangs des réfugiés.

1973 (février-mars) Des purges organisées par des « Comités de salut public » provoquent de nouvelles violences contre les Tutsi, chassés des écoles, de l’université, des séminaires et de la fonction publique. Des cases sont incendiées et environ 200 personnes assassinées.

(5 juillet) Le général-major Juvénal Habyarimana, un officier hutu originaire du Nord du pays prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’État.

1975 Le Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND) est fondé. Il est le seul parti autorisé du pays.

1987 Face aux fins de non-recevoir du régime Habyarimana sur le droit au retour des réfugiés tutsi, ces derniers – et leurs descendants – fondent le Front patriotique rwandais (FPR). Ce mouvement se dote d’une branche armée, l’Armée patriotique rwandaise (APR). Il comprend par ailleurs des dissidents hutu au pouvoir en place à Kigali.

1988-1989 Le Rwanda est confronté à une grave crise économique suite à l’effondrement des cours du café et du thé sur le marché international.

1990 (1er octobre) Le FPR lance sa première offensive dans l’Est du pays, rapidement jugulée par les Forces armées rwandaise (FAR), appuyées par les troupes zaïroise, belge et surtout françaises. En réaction, les autorités rwandaises jettent en prison plusieurs milliers de personnes, dont une majorité sont Tutsi, accusées de « complicité » avec l’ennemi.

1991 (juin) Face au mouvement de protestation de la société civile, le président Habyarimana concède le multipartisme.

1992 Les milices Interahamwe, mouvement de jeunes affidés au MRND, sont créées. Ces milices sont rejointes dans leur combat contre l’« ennemi tutsi » par un parti raciste, la Coalition pour la Défense de la République (CDR).

(mars) La diffusion à la radio nationale d’un tract attribuant faussement l’assassinat de Hutu par des membres d’un parti à dominante tutsi sert de prétexte au déclenchement des massacres dans la région du Bugesera (Sud de Kigali). Miliciens, autorités locales et civils conjuguent leurs forces.

1993 (août) Les Accords d’Arusha sont signés entre le président Habyarimana, les partis d’opposition et le FPR. Ils prévoient le partage du pouvoir et la fusion des armées.

(octobre) La Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) commandée par le général canadien Roméo Dallaire entame son déploiement.

1994 (avril) Dans la soirée du 6 avril, l’avion du président Habyarimana est abattu. Les unités d’élite de l’armée rwandaise et les miliciens quadrillent Kigali. Le colonel Bagosora réunit un comité de crise au cours duquel il refuse de remettre le pouvoir au Premier ministre Agathe Uwilingiyimana comme le prévoit la constitution.

7 avril Le Premier Ministre est assassinée à son domicile par des militaires ; les opposants politiques hutu sont assassinés de manière systématique. Les dix casques bleus belges affectés à la protection du Premier ministre sont massacrés au Camp Kigali par des soldats rwandais. Le FPR reprend l’offensive.

8-9 avril Un gouvernement intérimaire est constitué puis prête serment.

9-15 avril Plusieurs puissances occidentales, dont la Belgique et la France, envoie des troupes au Rwanda pour assurer l’évacuation de leurs ressortissants.

21 avril Le Conseil de Sécurité des Nations Unies réduit les effectifs de la force onusienne qui passe de 2 500 à 270 hommes dont une majorité sont des civils.

1994 (mai) La majorité des victimes a été assassinée.

22 juin La France lance l’Opération Turquoise sous l’égide des Nations Unies. Alors que le génocide est consommé, les forces françaises forment un glacis dans l’Ouest du pays permettant aux cadres du gouvernement extrémiste de fuir vers le Zaïre face à l’avancée des troupes du FPR.

4 juillet Le FPR remporte la bataille de Kigali.

19 juillet Les forces du génocide sont en déroute ayant poussé sur les chemins de l’exil au Zaïre et en Tanzanie plus de deux millions de civils hutu. Un nouveau gouvernement d’ « Union nationale » est mis en place à Kigali, dominé par le FPR."


« Rwanda, 1994, notre histoire ? » 
Du 4 avril 2019 au 5 janvier 2020
Au Mémorial de la Shoah, Paris 
Entresol et Mezzanine
17, rue Geoffroy–l’Asnier. Paris 4e
Tél. : 01 42 77 44 72
Ouverture de 10 h à 18 h tous les jours, sauf le samedi. Nocturne jusqu’à 22 h le jeudi.
Entrée libre et gratuite

« Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi » 
Du 4 avril 2019 au 17 novembre 2019  
Au Mémorial de la Shoah, Drancy 
110-112 avenue Jean-Jaurès. 93700 Drancy
Tél. : 01 42 77 44 72
Ouverture de 10 h à 18 h tous les jours, sauf le samedi
Entrée libre et gratuite

Visuels :
Memorial Genocide Center, Gisozi, Kigali. 2018. © Mémorial de la Shoah, Paris.

Le mémorial des enfants au Memorial Genocide Center, Gisozi, Kigali. 2018. © Mémorial de la Shoah, Paris.

Messages écrits sur une bannière par des visiteurs sur le site du mémorial de Ntarama, Rwanda.2018. © Mémorial de la Shoah, Paris.

Entrée du site mémorial de Ntarama, Rwanda. 2018. © Mémorial de la Shoah, Paris.

Intérieur de l’église de Nyamata, actuel mémorial de Nyamata, Rwanda. 2018. © Mémorial de la Shoah, Paris.

Hommes couchés devant un paysage. Rwanda, vers 1921-1927. © Bruno Dardenne, Belgique

Carte d’identité retrouvée près de l’église de Ntarama (Bugesera), Rwanda. Ethnie : Tutsi. Le 15 avril 1994, près de 5 000 personnes ont été tuées dans cette église, érigée depuis en site mémoriel. © Francis via ZU Ric

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