vendredi 22 août 2014

Hommage au consul espagnol Bernardo Rolland y Miota (1890-1976)


L’Espagne et des associations juives françaises ont rendu hommage (29 novembre-1er décembre 2008) à Bernardo Rolland y Miota, consul d’Espagne de 1939 à 1943, pour avoir sauvé des dizaines, voire des centaines de Juifs d’origine espagnole, organisé le « rapatriement » de 77 judéo-espagnols et protégé leurs biens. 


"Consul d’un pays « ami » de l’Allemagne, mais indigné par les persécutions dont souffraient les Juifs, le Consul Bernardo Rolland y Miota fît tout ce qui était en son pouvoir pour changer le destin de ceux qui étaient promis à une mort certaine. Dès les premières mesures antisémites il envoya télégrammes sur télégrammes à sa hiérarchie, plutôt pro allemande, pour la convaincre de faire quelque chose en faveur des Juifs espagnols. Il écrivit de nombreuses lettres aux autorités d’occupation et aux autorités collaboratrices en leur disant que la loi espagnole ne faisait pas de distinction de race. Par son acharnement il réussit à faire sortir de nombreux Juifs de Compiègne et de Drancy, notamment en signant des certificats de nationalité espagnole à des personnes qui étaient protégées et qui donc « normalement » n’y avaient pas droit. Il mit à la disposition de quatre Judéo-espagnols dont Nick et Enrique Saporta y Beja, cousins de ma mère et Elias Canetti cousin du prix Nobel de littérature, un bureau au sein même du consulat pour lui signaler tous les cas de personnes en danger. Il permit à des dizaines de personnes de gagner individuellement l’Espagne. Pour qu’elles ne soient pas inquiétées par les Allemands, il les fit voyager dans les wagons plombés de la Phalange. Et surtout quand il comprit que même la nationalité espagnole ne constituerait plus une protection, il entreprit auprès du Ministère des Affaires étrangères espagnol de démarches pour que les Judéo-espagnols puissent êtres rapatriés collectivement en Espagne. A cette époque le Gouvernement espagnol n’acceptait qu’au compte-gouttes les entrées  individuelles de Juifs. Le Consul s’est battu de toutes ses forces pour obtenir l’autorisation d’organiser des  convois. Malheureusement son action n’a pas plu à son Ambassadeur et au Ministère, il fût renvoyé de son poste et retourna en Espagne. Il ne pût donc organiser le convoi qui le 10 août 1943 emmena mon père vers l’Espagne ainsi que 80 autres Judéo-espagnols, c’est ce que fit son successeur qui termina son travail", écrit Alain de Tolédo dans Los Muestros (N°71, mars 2008

Les actions de ce diplomate espagnol visaient non seulement les Juifs ayant adopté la nationalité espagnole conformément à la décision du gouvernement de Primo de Rivera en 1924, mais aussi les « protégés » espagnols qui n’avaient pas effectué alors les démarches administratives auprès des consulats ou ne remplissaient pas les conditions fixées. Et ce, « à une époque où le décret d’expulsion des Juifs signé par les rois très catholiques Isabelle et Philippe en 1492 n’était pas abrogé » (Los Muestros, N°71, mars 2008).

Souvent clandestines, les initiatives de ce consul suscitèrent l’hostilité des autorités nazies qui exercèrent des pressions sur Madrid pour obtenir son rapatriement. Celui-ci survint en février 1943.

Comment expliquer le comportement de ce haut fonctionnaire ? Carlos Carderera, consul général d’Espagne en France, avance « la relation particulière des Espagnols à l’égard des Juifs, nourrie des souvenirs des siècles de coexistence confessionnelle et de l’expulsion des Juifs en 1492. A cela, s’ajoute la fonction particulière de consul, plus proche des gens ». Quant à Guillermo Rolland, fils du consul, il note l’influence de sa mère sur son « mari catholique pratiquant ».

Evoqué dans l’exposition itinérante de la Casa Sefarad-Israël  « Visas pour la liberté, des diplomates face à la Shoah »  présentée en 2009 au Foyer du Comité de Ministres du Palais de l´Europe à Strasbourg, Bernardo Rolland y Miota est le sujet du documentaire d’Arancha Gorostola « Préserver la mémoire » diffusé en 2008.

Le dossier visant à lui faire attribuer le titre de Juste parmi les nations a été examiné par Yad Vashem. Sans que lui soit attribué ce titre en raison de critères restrictifs.

  
Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié par L'Arche

Patrick Faigenbaum


Après la Vancouver Art Gallery (Canada) puis la Villa Médicis à Rome, Chambéry accueille la rétrospective de 40 ans de carrière de l'artiste Patrick Faigenbaum. "Près de soixante photographies retracent son œuvre à travers des portraits, des paysages de nature et de périphéries urbaines, des natures mortes".


« Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel)
(Charles Baudelaire, Le Cygne).


Patrick Faigenbaum est né en 1954, dans une famille Juive ashkénaze de confectionneurs à Paris.

« Une géographie et une biographie » (Jean-François Chevrier)
Après avoir suivi une formation de peintre dans une école d’arts graphiques, cet artiste choisit la photographie comme moyen d’expression.

Depuis 1973, son itinéraire est « centré autour de la notion de portraits qui participent pleinement de l’identité du lieu ou de la ville choisie auxquels il donne un visage ».

Ses portraits de familles aristocratiques italiennes – il séjourne à la Villa Medicis (1985-1987) – en noir et blanc le font connaître vers 1984-1985. Patrick Faigenbaum explore le lien entre ces héritiers de familles célèbres posant devant son objectif et leurs palais magnifiques, à l’architecture majestueuse, témoins et chargés d’une histoire brillante.

Il a exposé notamment au Centre Georges Pompidou (1984), à Florence et Stuttgart (1985), Chicago et Dallas (1988), au musée d’art moderne de la Ville de Paris (1991), à New York (1991, 1993, 1999), au Museum of Art, Ein Harod Israël (1993), à Toronto (2000), au musée du Louvre et à Lisbonne (2005), à Lisbonne (2007), au Point du Jour à Cherbourg (2011).

Après Brême en Allemagne où il bénéficie d’une résidence (1997), Prague (1995), Saint-Raphaël (1998), Beauvais (2002), Tulle (2007), Barcelone (2008), un kibboutz et la Sardaigne, Patrick Faigenbaum a photographié sa ville natale, Paris, où il vit et travaille : il enseigne à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris depuis 2000.

En 2012, le Musée de la Vie romantique a présenté l’exposition Patrick Faigenbaum, photographies. Paris proche et lointain. Une promenade dans Paris et de sa banlieue et dans son histoire familiale que nous convie Patrick Faigenbaum. Un périple géographique et temporel, artistique et biographique, poétique et quasi-pictural. De beaux portraits quasi-intemporels, en couleurs, de Paris et de sa banlieue ainsi que ceux de la mère du photographe, jeune boutiquière rue de la Chaussée d’Antin (1972) puis dame âgée (2010) saisie dans un noir et blanc. Des photographies savamment composées, souvent pictorialistes. Une ville natale intimement liée à sa mère.

« Pour cette exposition, Proche et lointain qualifient à la fois une géographie et une biographie… Les lieux les plus proches sont ceux de l’intimité familiale : entre autres, un extraordinaire ensemble de portraits de la mère de l’artiste, des vues du quai de la Loire… Le lointain géographique se distribue selon les quatre points cardinaux du territoire métropolitain (dont Montreuil, Nanterre, Saint-Denis, Rungis), avec un accent particulier sur l’axe historique (les terrasses de Saint-Germain-en-Laye). Le lointain biographique est présenté dans un prologue qui rassemble, sous le titre « Rue Michel-Chasles », les images les plus anciennes de l’artiste, restées inédites jusqu’à ce jour », écrit le philosophe Jean-François Chevrier.

Le proche et le lointain biographique
En 1972, âgé de 18 ans, Patrick Faigenbaum vient d’abandonner la peinture et de découvrir les photographes Richard Avedon qui affectionne les visages sur un fond blanc, et Bill Brandt qu’il rencontre en 1977 à Londres et lui conseille : « Vous photographiez des gens qui semblent liés à un cadre et vous les isolez. Montrez ce cadre ». Avec son Nikon, il photographie alors sa mère, Suzanne, cousant et accueillant la clientèle dans sa modeste boutique de confection, rue de la Chaussée d’Antin, dans le quartier de l’Opéra et des grands magasins. Suzanne Faigenbaum

En avril 2010, cet artiste photographie sa mère, âgée, malade, dans sa chambre à coucher – son père est mort en 1968. Sont exposés ces clichés en planches-contact.

Le proche et le lointain géographique
Paris, ses monuments – parvis de Notre-Dame à Noël - et les vues des Orgues de Flandre et du Quai de la Loire – toits, travaux sur la chaussée, composée de pavés, de rue - depuis l’appartement familial. Plus loin, c’est Orly au printemps 2011, des espaces verts de détente près d’un immeuble d’habitation à Nanterre, les bâtiments de Rungis où sont entreposés les aliments qui nourrissent les Franciliens, la basilique de Saint-Denis, la grande terrasse de Saint-Germain-en-Laye.

Des espaces photographiés en peintre maître en couleurs chaudes.

Du 24 mai au 25 août 2014, le Musée des Beaux-Arts de Chambéry accueille "la dernière étape de la rétrospective des 40 ans de carrière de l’artiste Patrick Faigenbaum, après la Vancouver Art Gallery (Canada) puis la Villa Médicis à Rome. Près de 60 photographies retraceront son œuvre à travers des portraits, des paysages de nature et de périphéries urbaines, des natures mortes". 

Un regard croisé et inédit entre les photographies de Patrick Faigenbaum et les collections de peintures ainsi que sculptures anciennes et d’art contemporain - du XVe au XXIe siècle - du Musée des Beaux-Arts de Chambéry. "Peintre de formation, portraitiste renommé, Patrick Faigenbaum est l’une des figures majeures de la scène photographique contemporaine. Ses œuvres sont présentes dans les plus grandes institutions internationales. L’artiste a remporté le 10 juin 2013 le prestigieux Prix Henri Cartier-Bresson, qui lui vaut de réaliser actuellement un projet en Inde sur la ville de Calcutta « Kolkata ».

Au rez-de-chaussée du musée, "à une photographie de l’artiste seront associées des œuvres de la collection d’art contemporain du musée, datées entre 1979 et 1983 (Raymond Hains, Giuseppe Penone, Patrick Saytour…), période des débuts de la carrière du photographe".

Au 1er étage, "quarante photographies s’articulent autour du panneau double-face peint par Jacquelin de Montluçon pour l’église des Antonites de Chambéry, vers 1496. Cette oeuvre majeure de la production artistique de la région consacre l’entrée du peuple dans la peinture religieuse, à partir de personnages aux visages remarquablement individualisés. Les trois autres panneaux du retable des Antonites, peints par le même Jacquelin de Montluçon et conservés au Musée des Beaux-Arts de Lyon, sont reproduits pour l’occasion à l’échelle 1 et exposés dans la partie introductive de l’exposition. Une vitrine propose une documentation scientifique relative au retable et à l’art en Savoie au XVe siècle, tandis qu’un espace sera consacré à la consultation de catalogues et d’albums dédiés à Patrick Faigenbaum".

Enfin, au 2e étage, "quinze photographies s’intègrent aux collections permanentes dont l’accrochage est modifié pour l’occasion. La série de Prague, tirée en noir et blanc par Patrick Faigenbaum en 1997, se confronte aux grandes œuvres baroques de Mattia Preti et de Luca Giordano, tandis que des natures mortes photographiées en couleur viendront se nicher en contrepoint à la mezzanine".

Du 24 mai au 25 août 2014
Au Musée des Beaux-Arts
Place du palais de justice. 73000 Chambéry
Tél. : 04 79 33 75 03
Tous les jours sauf mardi et jours fériés de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h

Jusqu’au 12 février 2012
Au Musée de la Vie romantique
Hôtel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal. 75009 Paris
Tél. : 01 55 31 95 67
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, sauf les lundis et jours fériés.


Visuels de haut en bas :
Affiche
Patrick Faigenbaum, Vue de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye, mai 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Saint-Denis, avril 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Rungis, mai 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Nanterre Université mai 2011
© Patrick Faigenbaum

Patrick Faigenbaum, Famille Frescobaldi, Florence, 1984-2010
Tirage au gélatino-chlorobromure d’argent
67 x 66 cm avec cadre
©Patrick Faigenbaum

Jacquelin de Montluçon, Le Martyre de sainte Catherine, vers 1496
Panneau double-face, retable des Antonites de Chambéry
Huile sur bois, 97 x 79,1 cm
©Musées de Chambéry_Photo D GOURBIN

Patrick Faigenbaum, Avenue Vinohradska, Prague, 1994
Tirage au gélatino-chlorobromure d’argent
93,5 x 91,5 cm avec cadre
©Patrick Faigenbaum

Articles sur ce blog concernant :
Judaïsme/Juifs
Cet article a été publié le 3 février 2012, puis le 22 mai 2014. Il a été actualisé le 20 mai 2014.

jeudi 21 août 2014

Des donateurs pour l’Etat palestinien grugés, mais encore généreux


Le 18 août, Boerge Brendes, ministre norvégien des Affaires étrangères, a annoncé que les donateurs internationaux pour la "Palestine" se réuniront au Caire (Egypte) afin de "financer la reconstruction de la bande de Gaza dès qu'un accord de cessez-le-feu durable aura été conclu entre Israël et Palestiniens". Le 17 décembre 2007, s’était réunie à Paris la "conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien". Une journée de discours politisés, parfois vindicatifs, souvent soucieux de ne nommer ni le Hamas ni le terrorisme islamiste. Sur trois ans (2008-2010), 7,48 milliards de dollars, dont 3,4 milliards pour 2008, avaient été promis à « la construction institutionnelle et la reprise économique » du futur Etat palestinien. 


« Le vrai vainqueur est… l’Etat palestinien, et c’est donc le Premier ministre Salam Fayyad. Nous visions 5,6 milliards de dollars de dons et nous en avons 7,4 », résume Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, à l’issue de cette conférence.

Sans Salam Fayyad, sans son programme triennal de développement économique et de réformes institutionnelles (PRDP) soutenu par le FMI et la Banque mondiale, et sans l’arrivée au pouvoir du Hamas, l’Autorité palestinienne (AP) aurait-elle inspiré une telle confiance et obtenu autant d’argent d’Etats et d’organisations internationales dupés ?

Le « palestiniennement correct »
Cette conférence est une première. C’est aussi une réunion politique à laquelle assistent environ 90 délégations..

En général, les discours des chefs d’Etats ou de gouvernements, ministres, représentants d’organisations européennes ou internationales reprennent la rhétorique palestinienne (« humiliation des Palestiniens », « gel de la colonisation »).

Une longue litanie de fausses vérités ponctuées de stigmatisation de la politique israélienne. De rares Occidentaux exhortent à l’arrêt de la violence contre Israël.

Des fausses vérités : l’AP manque d’argent, et non de volonté. Or, malgré le boycott à l’égard du Hamas, le volume des dons à l’AP a plus que triplé en un an, de 2005 à 2006 (1). Autre élucubration : la paix dans le monde dépend de la résolution du conflit au Proche-Orient.

L’avenir espéré ? Un « Etat palestinien ouvert, libre, indépendant, prospère, viable, pacifique, démocratique » grâce aux dons finançant le PRDP et si Israël allège son dispositif sécuritaire.

Vindicatifs, sans nuance, stigmatisant la politique israélienne, les discours arabes ne laissent pas le moindre interstice pour une négociation.

S’exprimant en arabe, le président de l’AP Mahmoud Abbas réclame tout : la libération des prisonniers, la liberté totale de circulation pour les Palestiniens, la fin du « wall of separation » (texte du discours en anglais)... L’interprète traduit en français « mur de l’apartheid », au lieu de mur de séparation (2) ?! Erreur de traduction ou double langage du président Abbas ? Nul ne réagit. A noter aussi que le président Abbas ne s’offusque pas des murs érigés dans le monde, notamment au Maroc afin d’empêcher l’intrusion d’immigrants illégaux dans une enclave espagnole, Ceuta. Là, pas de « colonie », pas de « mur de séparation ».

Domine une compassion pour le « peuple [palestinien] qui souffre ». A l’exception de Tony Blair, les donateurs n’ont aucun mot sur les difficultés des Israéliens, habitants du sud du pays victimes des tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza (3) ou ceux des anciennes implantations de cette bande (4).

Surtout, l’absence d’analyse des échecs de l’AP, induits par le déclenchement de l’Intifadah II, les malversations financières, les erreurs de gestion et le clientélisme de ses dirigeants, dont Yasser Arafat, évite d’expliquer la dégradation de la situation malgré l’aide pléthorique (5).

La voix de la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni rappelant les tirs de roquettes contre ses concitoyens, ne perturbe pas la doxa dominante dont elle partage certains pré-supposés : « le principe de la terre contre la paix », « l’économie au service de la paix », « l’intérêt réciproque des Israéliens et des Palestiniens à l’existence de l’Etat de l’autre ».

La conférence de Paris, dans la continuité de celle d’Annapolis (27 novembre 2007)
Les divers orateurs martèlent « le but à atteindre » - la création d’un Etat palestinien -, mais ne déploient pas le même zêle à l’égard des demandes des indépendantistes corses, basques, irlandais ou tchétchènes.

Le cadre de cet Etat, « rêve de Yasser Arafat qui a mis les fondations d’une renaissance palestinienne » selon le président Abbas ? Les résolutions des Nations unies, l’initiative saoudienne acceptée par la Ligue arabe et la « Feuille de route » (Road map) qui en 2003 demandait à l’AP de combattre les groupes terroristes. Une obligation dont ne s’est pas acquittée l’AP qui contrôlait alors la bande de Gaza.

Généreux, les donateurs promettent 7,48 milliards de dollars sur trois ans, dont 3,4 milliards pour 2008, à la construction institutionnelle et la reprise économique de l’Etat palestinien (6). Une somme à comparer aux « huit à neuf milliards de dollars donnés à l’AP depuis la signature des accords d’Oslo » (7), en 1993. En d’autres termes, en une année, l’AP va recevoir un tiers de l’aide accordée en 14 ans.

Ces bailleurs de fonds ne s’interrogent pas sur la destination de ces huit à neuf milliards de dollars et ne recherchent pas la fortune d’Arafat (8). Ils feront transiter leur 7,48 milliards de dollars via un mécanisme européen institué en juin 2006, le TIM (Mécanisme international temporaire), qui sera remplacé en 2008 par le dispositif PEGASE (Gestion palestino-européenne de l’aide socio-économique) « mis en œuvre en étroite coopération avec » l’AP.

De plus, Israël continuera à transférer les taxes et autres revenus douaniers collectés au nom de l’AP au « gouvernement palestinien engagé à respecter les trois principes du Quartet ».

Un avenir obéré
Avec une prétention naïve - résoudre en un an une longue guerre, existentielle pour Israël, et dangereuse par son manque de lucidité, les donateurs persistent dans une voie menant à ce qu’ils appellent la paix, mais sans analyser la nature de ce conflit né d’un refus musulman de l’Etat juif (9).

Ils n’en tirent pas les conclusions, si douloureuses soient-elles. 

En outre, ils démontrent une incapacité ou un manque de volonté à imaginer de nouvelles perspectives, un autre cadre, ou des partenaires différents, tant ils sont ligotés par la reconnaissance comme « seul représentant légitime du peuple palestinien » de l’OLP, dont le Fatah est une composante majeure.

Ils vont allouer de nouveau des sommes importantes aux mêmes responsables de l’AP, dont le Premier ministre Salaam Fayyad, qui a exercé cette fonction en 2002 et a été ministre des finances de 2002 à 2005. Des leaders qui ne reconnassent pas le caractère juif de l’Etat d’Israël.

Il est à craindre que ces 7,48 milliards de dollars ne réduiront pas le terrorisme. Steven Stotsky a démontré une corrélation entre l’aide budgétaire accordée à l’AP et l’activité terroriste qui évoluent dans le même sens. Ainsi, le terrorisme croît avec l’afflux financier (10).

Certes, les gouvernements israélien et palestinien sont tancés de remplir leurs obligations respectives, mais de manière si déséquilibrée…

Placer sous un seul commandement et « réformer les forces de sécurité qui doivent gagner en professionnalisme ». Telles sont les deux missions essentielles assignées à l’AP. Car, pour les donateurs, la violence vient de « milices » et du Hamas qu’ils ne nomment pas, sinon de manière allusive (« putschistes »). 

Cette obligation sécuritaire respectabilise à tort le Fatah, dont « 612 policiers, soit 4,5% des 13 000 de la bande de Gaza, ont participé au putsch du Hamas » selon le commandant de police Kamal al-Sheikh (11). 

De plus, le 29 novembre 2007, le Fatah a annoncé qu’il serait aux côtés du Hamas, contre Israël, en cas d’intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza. Enfin, selon WorldNetDaily, l’AP va professionnaliser ses forces de sécurité en recrutant 15 000 Palestiniens armés, dont des milliers des Brigades des martyrs al-Aqsa en plus de ceux déjà employés (12). Rappelons que les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, branche armée du Fatah, ont revendiqué le meurtre d’Ido Zoldan (z’’l), âgé de 29 ans, le 19 novembre 2007, près de Kedumim (13).

Certains orateurs prônent une réconciliation nationale sous la férule du président Abbas. A terme, l’union du Fatah et du Hamas ? Celui-ci a obtenu un soutien massif de centaines de milliers de Gazaouis lors de son 20e anniversaire, le 15 décembre 2007, deux jours à peine avant cette conférence.

Sur Israël pèsent des pressions urgentes et dangereuses : alléger les restrictions à la circulation pour permettre la réussite du PRDP et l’amélioration de la vie quotidienne des Palestiniens afin que ceux-ci adhèrent au « processus de paix ». Des restrictions pragmatiques motivées par le souci de la sécurité des Israéliens. Et qui permettent à l’AP de désigner à l’avance le responsable de ses éventuels futurs échecs : Israël.

Surtout cette manne financière n’est conditionnée ni par des informations sur le sort de Guilad Shalit, la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël par les dirigeants de l’AP et par la population palestinienne (14), ni par l’arrêt de l’enseignement de la haine des juifs et des Croisés via les manuels scolaires, les émissions télévisées où l’Etat d’Israël est peint aux couleurs du drapeau palestinien (15) ou les noms des rues, etc.

En laissant vitupérer contre Israël, les donateurs obèrent l’avenir. En effet, comment songer faire la paix avec un Etat qui se conduit aussi cruellement ?

Preuve est donnée dès le lendemain de la conférence des donateurs.

Lors du 13e séminaire méditerranéen de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à Tel-Aviv, Tzipi Livni déclarait : « J’ai été un peu déçue aujourd’hui [18 décembre 2007] de ne pas voir les représentants de certains Etats dont, bien que nous n’ayons pas de relations diplomatiques, j’ai rencontré les ministres des Affaires étrangères hier, à Paris ».

ADDENDUM. 
Un an plus tard, plusieurs Etats arabes n'avaient pas versé leur quote-part.
En 2013, la Cour des comptes de l'Union européenne a rendu un rapport soulignant les dysfonctionnements de l'aide européenne aux Palestiniens. "Selon des estimations de la Cour des Comptes, environ 22% des fonctionnaires des services de santé et 24% de ceux du secteur de l'éducation reçoivent des subsides européens alors qu'ils ne travaillent pas. Pegase, nom du principal programme d'aide aux Palestiniens, "est destiné à soutenir les services publics au profit de la population palestinienne, le paiement des fonctionnaires qui ne travaillent pas ne fait pas partie de cet objectif", souligne le rapport. Selon M. Wessberg, la Commission européenne et le service diplomatique de l'UE "n'ont pas prêté une attention suffisante à ce problème". Le rapport recommande de rediriger vers la Cisjordanie l'aide versée aux fonctionnaires de Gaza".
Ce rapport constate que "l’UE a payé 2,9 milliards d’euros depuis 2007 pour des projets dans les territoires palestiniens, ce qui représente près d'un cinquième de son budget consacré à la « neighbourhood policy », c'est-à-dire les fonds utilisés comme instrument politique pour exercer des influences sur les pays proches".

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-ue-paye-des-fonctionnaires-palestiniens-qui-ne-travaillent-pas_1306932.html#xtqZKAjWzsLvOCTz.99


(1) Selon un rapport d’OCHA (Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires) de mai 2007, la communauté internationale a donné en 2006 aux Palestiniens plus de 900 millions de dollars, contre 349 millions de dollars en 2005, et selon un rapport du Congrès, ce montant s’élève à 1,5 milliard de dollars. En 2007, l’aide européenne atteint presque 2,5 milliards de dollars (Daniel Pipes, Financer les Palestiniens ? Mauvaise idée 19 décembre 2007, http://fr.danielpipes.org/article/5278).

(2) Vers 467 à http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/processus-paix_2800/conference-internationale-donateurs-pour-etat-palestinien-17.12.2007_57013.html

(3) « Entre 2000 et 2007, 2 383 impacts de roquettes, provenant de tirs à partir de la bande de Gaza, ont touché l’intérieur et les alentours des localités du sud Néguev, principalement la ville de Sdérot. Ces attaques continuelles provoquent l'accumulation d'un malaise psychologique dans la population et détruisent le sentiment de sécurité dont pouvaient jouir auparavant près de 190 000 personnes qui maintenant vivent sous la menace quotidienne des attaques de roquettes ou d'obus de mortier » (Etude d’Intelligence and Terrorism Intelligence Center à  http://www.terrorism-info.org.il/malam_multimedia/English/eng_n/pdf/rocket_threat_e.pdf).

(4) Selon l’étude de Sadan-Lowenthal Consultants, 85% des familles vivent dans des logements temporaires, 1 2060 résidents sont au chômage et 500 familles reçoivent une aide publique.

(5) Selon la Commission européenne, le taux de croissance de l’économie de l’AP s’est élevé à 48% entre 1994 et 1999 et le revenu par habitant actuel est d’environ 40% au-dessous de celui de 1999.

(6) Statistiques à http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/_57687.html

(7) Estimation du Premier ministre Salam Fayyad lors de la conférence de presse clôturant la réunion du 17 décembre 2007. Selon la Banque mondiale, ce montant avoisine les 10 milliards de dollars.

(8) En 2003, la résolution 1483 du Conseil de sécurité de l'ONU puis une décision du Conseil européen ont imposé aux Etats détenant des fonds et avoirs financiers sortis d’Iraq ou acquis par Saddam Hussein de les transférer au Fonds de développement pour l’Iraq. Une attention dont a été épargnée la fortune de Yasser Arafat.

(9) Sur la question juive de Bernard Lewis, The Wall Street Journal, 26 novembre 2007, http://online.wsj.com/article_email/SB119604260214503526-lMyQjAxMDE3OTI2NjAyNDYyWj.html

(10) Correlating Palestinian Aid and Homicides 2000-2007, 7 septembre 2007 à http://www.camera.org/index.asp?x_context=2&x_outlet=118&x_article=1362

(11) PA Officials admit problems with reforming security forces de Khaled Abou Toameh, The Jerusalem Post¸ 13 décembre 2007 à http://www.jpost.com /servlet/Satellite?cid=1196847336410&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

(12) Palestinians in scheme to fool global donors d’Aaron Klein, WorldNetDaily, 18 décembre 2007, http://www.worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=59250

(13) Le 20 novembre, Tsahal a arrêté trois suspects : trois policiers, dont deux membres du Fatah qui ont reconnu leur implication dans cette attaque. Les faits ont été révélés par les autorités israéliennes le 2 décembre 2007.

(14) Selon un sondage réalisé par NEC (Near East Consulting) auprès de 1 200 Palestiniens vivant dans la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem, du 12 au 15 février 2007, 75% des Palestiniens interrogés ne pensent pas que l’Etat d’Israël a le droit d’exister et 70 % sont favorables à la solution à un Etat.
(15) Itamar Marcus et Barbara Crook, Palestinian Media Watch, 17 octobre 2007.


Citations


Le Président de la République Nicolas Sarkozy
’’Les paramètres d’un règlement final sont connus : les résolutions des Nations unies, le principe de l’échange de la terre contre la paix, la feuille de route du Quartet, l’initiative arabe de paix en ont fixé le cadre ».
« Notre but n’est pas de perpétuer l’assistance aux Palestiniens indéfiniment. Je sais que le vœu le plus cher des responsables palestiniens est de ne plus dépendre de l’aide internationale ».
« L’Etat palestinien… souverain sur son territoire et ses ressources, contrôlant ses frontières, disposant d’une continuité entre Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Un Etat qui combattra les milices et imposera une seule force armée pour une seule autorité. La paix ne se fera pas sans Gaza, partie intégrante du futur Etat palestinien. Elle ne se fera pas sous la houlette de groupes qui refusent l’existence d’Israël ». 
« L’amélioration de la liberté de circulation des biens et personnes est une priorité. Le gel complet et immédiat de la colonisation l’est également. [Une existence normale en Cisjordanie] permettra aux Palestiniens de pouvoir travailler, de cesser de remâcher leur humiliation, de faire reculer la violence et les trafics, et de retrouver le goût de vivre. Les institutions palestiniennes de Jérusalem-Est doivent réouvrir leurs portes. 
« Je le dis en toute amitié à .l’Autorité palestinienne : le temps est venu d’engager les vraies réformes et de prendre à bras le corps le problème de la sécurité. Je le dis à mes amis israéliens : le temps est venu de mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967, de permettre à tout un peuple de retrouver sa dignité ».
’’La France fournira, pour accompagner la création de l’Etat palestinien, un peu plus de 200 millions d’euros (soit 300 millions de dollars) sur les trois prochaines années : 65 millions d’euros d’aide budgétaire, 33 millions d’euros d’aide humanitaire et 96 millions d’euros d’aide projets dans le domaine des réformes à effets macro-économiques. Les 25 millions d’euros d’aide budgétaire pour 2008 seront déboursés dès le mois de janvier. A cela s’ajoute la part que la France prend dans l’aide de l’Union européenne’’
« Soyons audacieux. C’est la paix qui en dépend. Cette paix servira toutes les parties du monde ».
La présidence et les co-présidences se réuniront à nouveau dès le 22 janvier

Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères
’’La conférence a donné un signal fort de soutien politique et financier au gouvernement du président Abbas et du Premier ministre Fayyad, et à leur vision du futur Etat palestinien. La présidence et les co-présidences félicitent l’AP pour son plan Construire un Etat palestinien [qui] comprend un programme macro-économique et budgétaire ambitieux, mais cohérent et réalisable’’.
Un allègement du dispositif de sécurité israélien constitue un préalable dont dépend le succès du programme ».
Après ’’avoir porté en 2007 son soutien au niveau le plus élevé depuis dix ans aux Territoires palestiniens – plus de 40 millions d’euros -, la France va apporter une aide totale de 68 millions d’euros en 2008 à l’AP.
Bernard Kouchner et Salam Fayyad ont signé des conventions : une convention d’aide budgétaire de 25 millions d’euros (cette somme représente un tiers de la dépense mensuelle de rémunération des fonctionnaires palestiniens), un protocole d’accord pour la mise en place du Fonds social du développement (un million d’euros), un projet d’appui par l’AFD (Agence française du développement) aux exportations d’huile d’olive palestinienne (1,25 million d’euros) et un fonds d’expertise mis en place par l’AFD et doté de 500 000 euros.
L’aide de 25 millions fera l’objet d’un audit a posteriori.

Mahmoud Abbas, président du Comité exécutif de l’OLP et Président de l’AP
’’Au nom de D., le bienfaisant et le miséricordieux… 
Ce que nous ferons influera la paix mondiale.
Une transformation complète qui nous mènera vers la fin de l’occupation de notre terre et d’autre terre arabe qui a débuté en 1967.
Je persévèrerai à respecter toutes nos obligations fixées par la Road map et j’attends du côté israélien qu’il fasse de même de manière large, sans excuse de notre côté ou du sien.
J’attends un arrêt de toute activité d’implantation sans exception, le retrait des 127 avant-postes établis depuis 2001, la réouverture des institutions palestiniennes à Jérusalem, le retrait des checkpoints militaires et des restrictions de mouvements, l’arrêt de la construction du mur illégal de séparation et la libération des prisonniers, d’une manière réelle et non symbolique.
Le gouvernement palestinien a commencé à accomplir sa tache à travers la reconstruction des forces de sécurité. Ce qui manque, ce n’est ni une décision politique ni la détermination, mais c’est la capacité financière et l’allègement des restrictions sur le terrain pour réaliser son programme.
La bande de Gaza souffre aujourd’hui d’un embargo oppressant qui n’affecte pas les auteurs du coup (Ndlr : putsch)… mais blesse le citoyen palestinien ordinaire : l’étudiant qui veut finir sa formation, le travailleur, le fermier, l’économiste et le patient qui veut recevoir le traitement et tous les secteurs variés de la population sans exception.
Notre gouvernement s’est déclaré capable de surveiller les points de passage de la bande de Gaza afin de mettre un terme au siège…
Le gouvernement palestinien a payé les salaires de 77 000 employés de la bande de Gaza travaillant dans les domaines de la sécurité, de l’éducation, de la santé, etc.
Nous voulons établir un Etat sur la base de la continuité… indépendant, dans les frontières de 1967 et assurer les droits de nos réfugiés selon l’initiative de paix arabe et la résolution 194 des Nations unies.
Notre vision est fondée sur la loi contre le chaos… C’est le futur Etat de Palestine que nous oeuvrons à établir. C’est le rêve de Yasser Arafat qui a mis les fondations d’une renaissance palestinienne.
Ceux qui ont réalisé le coup (Ndlr : putsch) répandent partout des mensonges. Ils ne dépensent pas l’argent qu’ils ont reçu via des moyens illégitimes sauf pour financer leur force militaire et assurer la loyauté de ceux nommés illégalement dans des positions d’autorité. Vous avez tous entendus parler des meurtres, kidnappings, et détentions continus quotidiens.
Sans le soutien continu et la fourniture de liquidité au trésor palestinien, nous affronterons une catastrophe en Cisjordanie et à Gaza.
Les auteurs du [putsch] utilisent maintenant le dialogue comme excuse pour légitimer leurs actions. Je n’accepterai pas le dialogue comme moyen d’accepter ce [putsch]. Celui-ci doit d’abord cesser’’.

Salam Fayyad, Premier ministre de l’AP
’’Il est temps de prouver que le processus de paix marchera et de prouver l’engagement de la communauté internationale à mettre un terme à 40 ans d’occupation. 
Des 5,6 milliards de dollars que nous demandons pour les trois prochaines années, 3,9 milliards de dollars sont nécessaires pour soutenir le budget. Dans un proche avenir, il est important que nos besoins budgétaires – environ 120 millions de dollars par mois – soient satisfaits à temps ».

Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies
« L’inquiétude que j’éprouve pour les 1,4 million de personnes qui vivent aujourd’hui à Gaza dans des conditions effroyables n’est un secret pour personne. 
En 2007, environ 80% de la population de Gaza reçoit une aide alimentaire directe des Nations unies. Plus de 20 agences spécialisées des Nations unies fournssent une large palette d’expertise et de capacité vite opérationnelle [à l’AP] »

Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne chargée des Relations extérieures
« En 2008, nous ferons une contribution de 440 millions d’euros (650 millions de dollars), dont 115 millions d’euros iront à l’UNRWA (Agence onusien de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) et à l’aide humanitaire. Plus de 325 millions d’euros (500 millions de dollars) contribueront à la mise en œuvre du PRDP.
En 2006, pour aider le peuple palestinien, malgré les circonstances politiques, la Comission européenne a mis en place le TIM (Mécanisme international temporaire) par lequel ont transité 600 millions d’euros de fonds. 
Il est temps de travailler directement avec l’Autorité palestinienne. En février 2008, nous lancerons un nouveau mécanisme, PEGASE (Gestion palestino-européenne de l’aide socio-économique) afin de soutenir le PRDP. Ouvert à d’autres donateurs internationaux, PEGASE utilisera différents canaux pour transférer l’aide de manière transparente soit directement à l’AP soit aux bénéficiaires de l’infrastructure publique et du secteur privé ».

Tzipi Livni, vice-Premier ministre et ministre israélienne des Affaires étrangères
« Dans le cadre de la Road map, une réforme fondamentale et la renonciation à la terreur pré-conditionnent le dialogue politique. La logique de ce principe demeure valable. Nous sommes prêts à remplir nos obligations.
Nous devons faire face aux obstacles, mais nous ne pouvons pas en être prisonniers. La situation créée par la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza - ce qui provoque une terreur quotidienne aux familles israéliennes et des privations quotidiennes aux Palestiniens, tandis que Guilad Shalit demeure otage -, pèse lourdement sur nous. L’absence de droit, l’incitation, le trafic d’armes et la terreur n’ont pas cessé. Tout ceci pourrait être une excuse pour l’inaction. Alors que les obstacles posés par la réalité peuvent être grands. Notre détermination commune de ne pas céder à cette réalité doit être plus grande. J’espère que nous pourrons œuvrer à débarrasser Gaza de la terreur et à la placer sous le contrôle du gouvernement légitime palestinien.
Nous avons convenu avec l’AP de reprendre le dialogue dans le JEC (Comité économique joint), forum économique bilatéral de plus haut niveau. Un accord a été trouvé, en principe, sur les termes de référence pour la mission EUCOPPS afin d’aider à entraîner et préparer la police palestinienne.
Pour nous, les mots accès et mouvement doivent être traduits en pratique. Chaque jour, nous devons examiner comment faire avancer au mieux la paix et la sécurité, et à la fin, cela se décline dans les détails, checkpoint par checkpoint, étape par étape pour un avenir meilleur.
Pour la paix, réussir à assurer la sécurité d’Israël doit être un intérêt palestinien, comme un Etat palestinien est un intérêt d’Israël. Je crois que le président Abbas et le Premier ministre Fayyad sont nos partenaires dans cette compréhension. Nous ne voulons pas contrôler les vies des Palestiniens. Nous ne voulons pas que l’image d’Israël dans l’esprit des Palestiniens soit celle d’un soldat à un checkpoint. Mais nous savons que faire chaque effort pour améliorer la qualité de la vie, signifie aussi faire chaque effort pour mettre un terme aux menaces de la terreur et la violence ».

Dr Balaji Sadasivan, ministre des Affaires étrangères de Singapour
« Petit Etat-île sans ressource naturelle, Singapour comprend les défis qui se présentent à une Palestine indépendante. Le développement de la ressource humaine est un facteur-clé. Comme Singapour a tiré un bénéfice d’autrui, nous sommes prêts à partager notre expérience avec les dirigeants palestiniens. Nous projetons d’accorder une aide technique de 700 000 dollars ».

La présidence française et les co-présidences : Norvège qui préside le comité de liaison ad hoc des bailleurs internationaux, Commission européenne et Tony Blair, représentant spécial du Quartet pour le Proche-Orient
« Aucune reprise économique ne sera possible sans amélioration substantielle de la situation sur le terrain. Il est nécessaire que les Palestiniens et les Israéliens prennent leurs responsabilités respectives de manière à ce que les mesures sur le terrain, en particulier en ce qui concerne la liberté de mouvement et d’accès, favorisent la reprise économique et la mise en œuvre du plan ».


La conférence sur le site du ministère français des Affaires étrangères :
href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/processus-paix_2800/conference-internationale-donateurs-pour-etat-palestinien-17.12.2007_57013.html" target="_blank">http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/processus-
paix_2800/conference-internationale-donateurs-pour-etat-palestinien-17.12.2007_57013.html


Visuels : © Photo et infographies de Véronique Chemla ; carte : PMW
Photo de gauche à droite : Salam Fayyad, Bernard Kouchner et Tony Blair.


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Cet article avait été publié par Guysen.

mercredi 20 août 2014

« Retour à Auschwitz » de Daniel Gauthier

Mémoires juives en Limousin se dérouleront les 23 et 24 août à Chavanac (Corrèze) "sur le thème de la mémoire de la présence Juive en Limousin pendant la Deuxième Guerre mondiale : témoignages, conférences, présentation de films, exposition, concert". C'est aussi dans le Limousin que se situe l'action du polar « Retour à Auschwitz » de Daniel Gauthier.


1989. Jeffrey Baron, étudiant américain, accompagne en Europe son grand-père, antiquaire à Peoria, Français installé depuis des décennies aux Etats-Unis. Mais, en Pologne, il ne se sent pas la force de se rendre à Auschwitz. Son Grandpa y va donc seul. Et en retourne bouleversé.

Leur voyage se poursuit en France, plus précisément dans la région de Limoges.

Là, Jeffrey découvre le manoir familial et des secrets enfouis. Secrets de familles. Secrets d’alliances tactiques sous l’Occupation. Secrets de la Shoah (Holocaust) décimant une famille Juive française et résistante, les Bloch. Secrets autour d’un meuble, un secrétaire Louis XVI, surgi d’un autre continent et d’un passé douloureux occulté.

Secrets aussi d’une région aux résistances diverses, notamment communiste - Georges Guingouin (1913-2005), valorisée et meurtrie par l’Histoire, et où la communauté juive, augmentée de coreligionnaires ayant fui Strasbourg, maintint sa spiritualité et son activisme.

Citons deux grandes figures Juives françaises : Robert Gamzon (1905-1961), fondateur des Eclaireurs et Eclaireuses Israélites de France, chef de la « Sixième » et du maquis « Marc Haguenau », puis créateur après guerre de l'école Gilbert Bloch d'Orsay. Et le grand rabbin Abraham Deutsch (1902-1992), rabbin de Bischeim, qui fonda un Petit Séminaire israélite à Limoges en 1942…

Sur un fond historique tragique, l’auteur noue la petite histoire à la grande, toutes deux entremêlées de politique. L’Occupation et la déportation, la Résistance et la délation, le sauvetage des Juifs et leur spoliation, des apprentis enquêteurs et des sauveteurs israéliens…

En un style vif et fluide, l’intrigue conjugue amour et vengeance, amitié et jalousie, de puissants moteurs du comportement humain. Réunit et sépare des couples. Se déplace du Limousin à Bordeaux.

Ce retour à Auschwitz marque un tournant pour les deux principaux protagonistes, ce grand-père ancien déporté et son petit-fils. Renforce leur relation scellée par un nouveau secret.

Un périple initiatique – sentimental, intellectuel -, qui bouleversera la vie de tous les personnages, masculins et féminins.

Après Cauchemar rouge – roman policier évoquant le terrorisme en France dans les années 1980 -, Daniel Gauthier a écrit un thriller au rythme soutenu mêlant humour et réflexions sur la vie, en le nourrissant de ses recherches documentaires, et en se plaçant dans la tradition du polar engagé.

Mémoires juives en Limousin se dérouleront les 23 et 24 août à Chavanac (Corrèze) "sur le thème de la mémoire de la présence Juive en Limousin pendant la Deuxième Guerre mondiale : témoignages, conférences, présentation de films, exposition, concert".

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Daniel Gauthier, Retour à Auschwitz. Editions Amalthée. Pages : 324. 22 €. ISBN : 978-2-310-00528-9

Le premier chapitre est publié sur le site de l’auteur .

Daniel Gauthier a participé au 15e Salon des écrivains du B'nai B'rith à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris, 71, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Renseignements : 01-55-07-85-45

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Cet article a été publié le 12 novembre 2010.

Le sculpteur Joel Shapiro


Dans le cadre de The New York Moment, « saison transversale mêlant arts visuels, musique et danse », le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne a présenté une exposition sur la création artistique new-yorkaise des années 1970 et le « minimalisme qui, en réaction au culte de l’individu et à la société de consommation, a diffusé son Less is moreMoins c’est plus ») dans les arts visuels, la musique, l’architecture ou le design. Un mouvement représenté par trois « grandes figures de ce courant influent tels que Joel Shapiro et Peter Halley », et Philip Glass. La galerie Karsten Greve présente jusqu'au 23 août 2014 une exposition de Joel Shapiro, sculpteur américain minimaliste américain célèbre pour ses sculptures de formes rectangulaires et en bronze monumentales, en équilibre instable, défiant la gravité. Un « artiste essentiel du paysage sculptural américain ». 


Joel Shapiro est né en 1941 à New York et a vécu dans Sunnyside Gardens, dans une famille démocrate, ouverte aux causes progressistes.

Agé de 22 ans, il séjourne en Inde pendant deux ans dans le cadre des Peace Corps. Un tournant dans sa vie.

Diplômé de l’Université de New York, il est recruté par le musée Juif de la Big Apple lors de l’installation des expositions sur Yves Klein, et d’autres artistes. Il est impressionné par la sobriété et l’épure des œuvres de Robert Morris à la Green Gallery vers 1964.

Il est repéré lors de l’exposition « Anti-Illusion : Procedure/Material » au Whitney Museum of American Art en 1969. Il débute sa collaboration avec la galerie newyorkaise Paula Cooper qui l’expose en 1970.

Ses œuvres figurent dans de nombreuses expositions internationales : la Biennale de Venise (1980), Documenta à Kassel (1977), au Stedelijk Museum à Amsterdam en 1985, au Louisiana Museum of Modern Art au Danemark en 1990...

Le Whitney Museum of American Art organise une rétrospective de Joel Shapiro en 1982.

Les créations de Joel Shapiro sont montrées au Museum of Fine Arts de Boston en 1999, au Denver Art Museum (Colorado) en 2001, au Metropolitan Museum of Art de New York en 2001, au Gana Art Center de Seoul en 2008, au Minneapolis Institute of Arts (Minnesota) en 2008.

Elles sont acquises par le Los Angeles County Museum of Art (Californie), le Museum of Modern Art de New York, le Whitney Museum of American Art de New York, le Tate Britain de Londres, la Peggy Guggenheim Collection de Venise, le Tel Aviv Museum of Art, le Klasma Museum of Contemporary Art d’Helsinki.

On découvre la première grande sculpture monumentale de Joel Shapiro au Walker Art Center/Minneapolis Sculpture Garden en 1995 ; cette œuvre est exposée en 1996 au Nelson-Atkins Museum of Art/Kansas City Sculpture Park. Depuis cette date, cet artiste a réalisé une vingtaine de commissions publiques, notamment aux Etats-Unis, et ses sculptures de bronze et de bois sont présentes dans plus de 75 collections publiques dans le monde.

Joel Shapiro expose à la galerie Daniel Templon en 2001 pour la troisième fois.

Joel Shapiro n’a eu de cesse de repousser les limites de la sculpture.

Selon Rosalind Krauss, Joel Shapiro « appartient à cette famille d’artistes qui, depuis le pop art jusqu’au minimalisme, ont délaissé le « psychologisme » des formes torturées pour investir le champ de la perception : le conceptualisme plus que l’expressionisme. En effet, une œuvre comme 75 Ibs (1970), qui consiste en la réunion de deux barres, l’une de plomb, l’autre de magnésium, qui ont le même poids mais pas la même longueur, n’est pas sans évoquer l’art conceptuel, tandis que les petites maisons de bronze que l’artiste disperse dans les espaces d’exposition au cours des années 70 ne cachent pas leur sympathie pour le minimalisme. Mais l’œuvre de Shapiro se distingue de ces illustres mouvements, et, partant, en dépasse l’ancrage dorénavant historique. Elle s’en émancipe tout d’abord parce qu’elle ne refoule pas la figure humaine sans toutefois y faire appel d’une manière littérale. En effet, les sculptures des années 80 et 90 évoquent, par un assemblage de formes parallélépipédiques, les silhouettes de corps aux membres largement déployés mais dont la géométrie les tire irrésistiblement du côté de l’abstraction. Cette œuvre se distingue également par cette conscience que l’artiste a de l’histoire de l’art. Son indéfectible fidélité pour la technique de la fonte du bronze a son importance : il s’agit d’une histoire dont les acteurs ont pour nom Cellini, Rodin, Giacometti, Picasso, Gonzalez, ou Tony Smith. Les billots de bois assemblés, l’artiste décide ou non de les soumettre à la fonte. Shapiro œuvre en sorte que le bronze garde dans sa chair les veines du bois, un détail qui dénote un intérêt pour une certaine tactilité mais qui inclut aussi toutes les étapes du processus à l’œuvre finale. Mais surtout, les sculptures de Shapiro exploitent cette contradiction inhérente à l’histoire de la sculpture, celle qui s’immisce entre le poids supposé colossal du bronze et l’équilibre précaire auquel les formes paraissent soumises. Une instabilité feinte qui fait des sculptures de Shapiro des figures baroques, éternellement figées devant une chute à jamais différée ».

En 2004, la galerie Daniel Templon a présenté pour la première fois en France six sculptures de petit format de Joel Shapiro lors de l’exposition, Small scale sculpture. « Entre la tradition constructiviste et la référence discrète à la figure humaine, ces sculptures géométriques semblent évoquer la pose délicate et précaire d’un corps vivant ou d’un arbre. Ensemble ces six sculptures posées chacune sur leur piédestal, semblent presque créer un ballet. Pour les réaliser, Joel Shapiro manipule longuement dans son atelier de petites poutrelles de bois qu’il assemble avec du fil de fer. Chaque angle et chaque longueur sont précisément étudiés. Elles sont ensuite soigneusement coulées dans le bronze qui conserve chaque détail de la trame du bois : aspérités, coupures, traces de colle ou de clou laissées par l’artiste ». Vues à longue distance, ces sculptures « ont l’aspect minimaliste d’objets parfaitement lisses, entre la construction architecturale et l’outil, mais de près elles gardent la sensualité du bois, et la trace même de leur construction ». Joel Shapiro « dépasse l’exploration formelle des volumes et de la ligne. La sculpture ne se veut pas non plus mimétique, elle ne « représente » ni un humain, ni un arbre. Ce que l’artiste cherche à provoquer chez le spectateur, c’est plutôt une « empathie ». Pour lui, ces formes géométriques incarnent des émotions. Il les réaliste presque intuitivement, toujours à la recherche d’une expressivité particulière ou du point d’équilibre le plus périlleux possible ».

En 2009, pour la première fois, cet artiste minimaliste a présenté à la Galerie Daniel Templon des dessins inspirés par ses sculptures abstraites. « Entre tradition constructiviste et référence à la figure humaine, Joel Shapiro utilise des formes extrêmement simplifiées et les inscrit dans une palette vive et gaie de couleurs simples. Il joue avec elles sur la notion de mouvement et cherche à provoquer chez le spectateur une certaine « empathie ». Pour lui, ces formes géométriques incarnent des émotions. Réalisées de manière intuitive, elles sont construites avec spontanéité et conservent la trace de la réflexion de l’artiste. Empreintes de doigt, traces de gomme, formes effacées puis déplacées, agissent comme des « repentirs » de l’artiste à la recherche d’un équilibre subtil entre harmonie et déconstruction ». Ses « dessins sont l’approche bidimensionnelle d’un sujet qu’il explore à travers la sculpture : la forme dans l’espace. Comme il l’explique, « les dessins sont des questions et des notes. Je dessine les problèmes auxquels je pense à un moment donné. Une fois le problème résolu, il devient une synthèse de mon travail ».

Le 27 novembre 2012, le premier prix de la Gabarron International Award for Visual Arts a été  décerné à Joel Shapiro.

La L.A. Louver Gallery (Etats-Unis) a présenté une exposition de Joel Shapiro.

Dans le cadre de The New York Moment, « saison transversale mêlant arts visuels, musique et danse », le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne a présenté une exposition sur la création artistique new-yorkaise des années 1970 et le « minimalisme qui, en réaction au culte de l’individu et à la société de consommation, a diffusé son Less is more (« Moins c’est plus ») dans les arts visuels, la musique, l’architecture ou le design. Un mouvement représenté par trois figures emblématiques de ce courant majeurs : Joel Shapiro, Peter Halley, et Philip Glass.

La salle centrale du musée a réuni des sculptures monumentales de Joel Shapiro « composées d’éléments géométriques », et, des objets archétypiques, qui donnent à voir la maison comme un concept universel, dans une forme ruinée par l’Histoire et altérée par le temps. Ces œuvres permettent de découvrir deux méthodes de formulation plastique chères à Joel Shapiro: le singulier, l’éphémère et la trace du processus, en regard de surfaces pures d’où l’intervention humaine semble absente ».

Joel Shapiro « joue avec le poids, la densité et l’équilibre des matériaux. Ses sculptures peuvent être posées au sol, suspendues au plafond ou en appui entre les murs… La relation de l’oeuvre à l’espace est pour lui essentielle. Ses formes géométriques assemblées ressemblent à des silhouettes en mouvement et les formes architecturales évoquent des maisons ».

L’art minimal s’impose aux Etats-Unis lors des années 1960. « Comme d’autres artistes minimalistes (Carl Andre par exemple), il utilise du bois ou du bronze et supprime le socle dans ses premières œuvres car, comme le cadre, il sépare l’art de son environnement ». « Impressionné par les œuvres de Robert Morris », Joel Shapiro se distingue de l’art minimal. « A l’inverse des œuvres minimales lisses, régulières, au fini industriel, Shapiro réalise de petites sculptures (« Maisons »), de façon artisanale, en laissant visibles les traces de son travail. Dans l’art minimal, le spectateur est renvoyé aux éléments de base de l’œuvre (forme et matière), en toute neutralité. Pour Shapiro, l’œuvre doit emmener le spectateur dans un espace qui devient différent ».

En 1973, quand Joel Shapiro « pose au sol sa première maison composée de pièces de bois, il se demande : « Cela peut-il être une sculpture ? ». Les pièces ici brûlées, fragiles et malléables portent des traces de leur fabrication. Il y a de la tenue et de l’effondrement à la fois, de la construction et de la destruction, comme une représentation qui serait en mutation perpétuelle. Les modifications, les passages produits peuvent donner en retour une émotion, voire quelque chose d’angoissant, notamment dans la mise en abîme d’une représentation familière (la maison) ».

Joel Shapiro crée des sculptures ni figuratives ni abstraites, mais « motivées par des formes géométriques articulées qui deviennent, comme lui-même le dit, « la manifestation du corps ». Elles produisent sur le spectateur un effet notable : selon son propre regard, il peut reconnaître dans telle ou telle forme sculpturale la représentation d’une chose précise, concrète, référentielle. Shapiro l’exprime ainsi : « mes sculptures ne revendiquent pas autre chose que leur statut d’objet occupant l’espace ». Elles posent ces questions : l’espace existe-t-il et comment le saisir ? »

La galerie Karsten Greve présente jusqu'au 23 août 2014 une exposition de Joel Shapiro, sculpteur américain minimaliste américain célèbre pour ses sculptures de formes rectangulaires et en bronze monumentales, en équilibre instable, défiant la gravité. Un « artiste essentiel du paysage sculptural américain ».


Du 3 mai au 23 août 2014
A la galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme. 75003 Paris
 Tel: +33-(0)1-42 77 19 37
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h

Jusqu’au 18 mai 2014
Au MAM Saint-Etienne Métropole
rue Fernand Léger. 42270 Saint-Priest-en-Jarez
Tél. +33 (0)4 77 79 52 52
Tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h

Du 14 novembre 2013 au 11 janvier 2014
A la L.A. Louver Gallery
45 North Venice Boulevard.  Venice, Californie 90291
Tel: 310.822.4955 
Du mardi au samedi de 10 h à 18 h. Le lundi sur rendez-vous

Jusqu’au 20 octobre 2012
30, rue Beaubourg, 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 72 14 10
Du lundi au samedi de 10 h à 19 h

Visuels :
Joel Shapiro, Vues d’installation au Museum Ludwig, Cologne, 2011 ©Joel Shapiro. Photo Lothar Schnepf
Joel Shapiro, New Installation, 2012, commission, Rice University Art Gallery, Houston, Texas Photo: Nash Baker
Joel Shapiro, Untitled, 2002 – 2004, bronze blanc, 406.4 x 203.2 x 86.4 cm. © 2002-2004 Joel Shapiro / Artist Rights Society (ARS), New York. Image Courtesy of the artist. ADAGP, Paris 2014

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Les citations proviennent des communiqués de presse. Cet article a été publié les 14 octobre 2012,  13 novembre 2013, 8 janvier et 18 mai 2014.