Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 25 août 2019

Le Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin


Le Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin ouvrira ses portes au public le 25 août 2019, à l’occasion du 75e anniversaire de la Libération de Paris, dans son nouvel emplacement : dans les pavillons Ledoux de la place Denfert-Rochereau. Doté d’un prestigieux conseil scientifique, il véhicule un discours quelque peu gaullien et, de nouveau, minore, voire occulte le rôle des Juifs dans la lutte contre les Nazis durant la Deuxième Guerre mondiale.

Le Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin 
Pierre Mendès France (1907-1982)

Pierre Clostermann (1921-2006)
Romain Gary, des « Racines du ciel » à « La Vie devant soi »
Max Guedj (1913-1945), héros méconnu de la France libre 

Henry Lafont (1920-2011)  

Jacques Remlinger (1923-2002)  

Groupe de chasse Alsace 1941-2001   

« Ceux de Normandie-Niémen » d’Yves Donjon 

« Oriana Fallaci », par Marco Turco
Résistance en région parisienne 
Destinations Auschwitz. Convois des déportés tatoués 
Les Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 (5675-5679)
Les engagés volontaires Juifs étrangers dans les armées françaises durant les deux guerres mondiales
Max Guedj (1913-1945), héros méconnu de la France libre
Les médecins Juifs militaires ou dans les Armées 

C’est la première fois que j’assiste, lors du vernissage presse d’expositions, a fortiori à thématique historique, à la présentation de l’exposition non par un historien, mais par un scénographe. Surprenant et déroutant.


Pourtant, dirigé par Sylvie Zaidman, le Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin, « innovant et pédagogique », dispose d’un conseil scientifique « composé d’historiens, de conservateurs, d’experts et de directeurs de musée ».

Passons sur les discours de Sylvie Zaidman et de Christophe Girard, président de Paris Musées.

Divisés en deux groupes, les journalistes nombreux commencent par descendre l’escalier pour découvrir, en longeant des couloirs labyrinthiques – les résistants disposaient-ils de plans ? - des pièces vides, aux murs parfois ornés de photographies de scènes rappelant la résistance parisienne ou de panneaux explicatifs.

Attention ! Des marches ne sont pas signalées aux visiteurs. Risques de chutes. 

On arrive enfin au poste de commandement du colonel Rol-Tanguy. Un peu ému.

Puis on remonte pour écouter le discours de scénographes. « La scénographie, signée Marianne Klapisch, de l’agence Klapisch-Claisse, infiltre l’architecture du bâtiment pour raconter l’Histoire et la partager avec les visiteurs ». Bigre ! Donc, les scénographes seraient des co-commissaires des expositions !?

Exemple : pour illustrer que la France était tombée bas avec sa défaite militaire en 1940, le visiteur baisse son regard pour voir photographies et films. Ou, en termes de scénographes : « Pour exprimer le désarroi de l’Exode, de la France à terre, une installation audiovisuelle constituée d’un assemblage tectonique de plaques au sol, mêlant photographies, vidéos d’archives, cartes animées et citations, met en image et en son la foule en déroute ».

Puis, au fil des salles, se déroulent les parcours de Jean Moulin (1899-1943) et de Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947).

A lire les premiers panneaux, on devine une gêne pour désigner le vainqueur de 1940 dénommé « occupant » sans ajout de sa nationalité allemande et de son idéologie nazie. D’autres panneaux le préciseront. 

Les Juifs ? Ils sont présentés essentiellement comme victimes de persécutions les excluant ou les marginalisant, et risquant la déportation. Quid de leurs spoliations ? Oubli ? Sujet tabou ? Un visiteur attentif et informé relèvera les noms des résistants juifs de l’Affiche Rouge figurant dans une des salles ou admirera l'élégant chapeau conçu par la modiste talentueuse Fanny Berger (1901-1943), évoquée par ailleurs dans « Assassinat d'une modiste » (The Murder of a Hatmaker), documentaire bouleversant de Catherine Bernstein (2005).

De nouveau, comme en 2011 lors de son exposition « L'Outre-mer français dans la guerre 39-45 », ce même musée minore, voire occulte le rôle des Juifs résistants, tel Roger Stéphane. Ainsi, une carte montre le parcours en Afrique des troupes du commandant Leclerc : des flèches partent du Cameroun et vont jusqu'en Afrique du Nord, d'autres concernent la libération de l'Afrique du nord à partir du Maroc jusqu’en Tunisie. Le visiteur Béotien risque de penser que la libération de tous ces territoires est due aux troupes de ce commandant. Or, par exemple, l'Opération Torch à Alger résulte principalement d'un groupe de jeunes Français, majoritairement juifs, menés par José Aboulker, étudiant en médecine. Une action déterminante en faveur des Alliés.

Près de cette carte de l’Afrique figure une photographie de Staline, Roosevelt et Churchill lors de la conférence de Téhéran (1943), événement international. Donc, ces carences sont d'autant plus regrettables et incompréhensibles.

« Il faut rendre  à César, ce qui appartient à César », et restituer aux Juifs ce qui leur revient. Ce qui ne ternira pas l'image du maréchal Leclerc. En l'occurrence aussi, les troupes Alliées, notamment américaines, ont joué un rôle important qui aurait gagné à être souligné avec plus de relief. On peine à déterminer les contours précis de toute l’œuvre du maréchal Leclerc dans ou par rapport à celle des Alliés.

Si un historien, et non un scénographe, avait assuré la visite de l’exposition, on aurait pu avoir la réponse à bien des interrogations.

Comment se fait-il qu'aucun membre du Conseil scientifique n'ait vu ces carences informatives ?

Les panneaux vont-ils être modifiés pour être plus conformes à l'Histoire ?

J’ai interrogé le musée. Je publierai ses réponses dès réception.

Qui a conçu l'exposition permanente ?
« Accueilli dans un site patrimonial du XVIIIe siècle, les pavillons Ledoux de la place Denfert-Rochereau (14e), entièrement restaurés et réaménagés, et dans le bâtiment adjacent du XIXe siècle, ce nouveau musée d’histoire est conçu pour transmettre à tous les publics une histoire en partage, celle des deux figures héroïques de la Seconde Guerre mondiale, Philippe Leclerc de Hauteclocque et Jean Moulin et celle de la Libération de Paris ».

« Un nouveau site pour une nouvelle présentation : les musées consacrés au général Leclerc de Hauteclocque et à la Libération de Paris et le musée Jean Moulin quittent la dalle Atlantique et sont mis en valeur dans les pavillons Ledoux de Denfert-Rochereau. Ce sont des musées d’importance pour la Ville de Paris. Issus à l’origine d’un legs et d’une donation, ils permettent d’approcher la vie et les actions de deux hommes hors du commun, mais qui ne se sont jamais rencontrés. Jean Moulin était un haut fonctionnaire passionné d’art, Philippe de Hauteclocque était un officier de cavalerie : deux serviteurs de la France, chacun dans son domaine. Lorsque la débâcle arrive, leur position est claire. Ils n’acceptent pas le déshonneur infligé à leur pays. Tous deux choisissent de continuer la lutte contre l’occupant. Le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin offre cette histoire en partage aux visiteurs. Le nom du musée est le reflet précis de la thématique du parcours : montrer ce que la Libération de Paris et de la France doivent à l’action de ces deux hommes. L’implantation sur le site de Denfert-Rochereau permet une immersion dans l’histoire en proposant la visite du poste de commandement du colonel Rol-Tanguy, chef des Forces françaises de l’intérieur de la région parisienne, installé à 20 mètres sous terre pendant la semaine de la Libération de Paris. Afin de sensibiliser un large public, l’accès aux collections du musée est gratuit ».

« Héritiers des lycéens et des étudiants qui manifestaient le 11 novembre 1940 contre l’occupant, les Parisiennes et les Parisiens d’aujourd’hui et demain comprendront avec le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin la démarche, l’idéal, parfois le sacrifice de ces héros d’hier pour les valeurs de la République et de la démocratie dans lesquelles les Libérateurs de Paris, quel que fût leur parcours, n’ont jamais cessé de croire », a écrit Anne Hidalgo, Maire de Paris. Une réécriture avantageuse de l'Histoire. Le but est principalement d'attirer le public scolaire captif dans un musée à l'accès aisé favorisé par la proximité des lignes de bus et de métros. Quid du patriotisme, de l'attachement à la Nation ?

« Ce nouveau musée symbolise l’ambition que nous portons pour faire entrer les musées parisiens dans le XXIe siècle. Esthétique, lumineux, accessible, engagé, ouvert à tous, il est le précurseur d’une nouvelle génération de sites culturels, trait d’union entre les engagements de plusieurs générations », revendique Christophe Girard, Président de Paris Musées. Quid de l’Histoire ? Ou quand l'architecture oblitère le contenu...

« Un musée d’histoire se pense et se visite au présent. L’enjeu du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin est de permettre au public d’aujourd’hui de comprendre une page fondamentale de l’histoire de France au travers du parcours de deux hommes très différents, Jean Moulin et Philippe de Hauteclocque. La défaite de 1940 ébranle les structures du pays, désormais pour partie occupé par les Allemands et administré autoritairement par le gouvernement de Vichy, tenant d’un ordre nouveau. Les libertés sont réduites, le maintien de l’ordre passe par la répression. Chacun selon ses idées, Jean Moulin et Philippe de Hauteclocque (futur général Leclerc) se lancent dans le combat pour défendre leur patrie. Dans un monde en guerre, ils ont des valeurs à défendre et prennent des engagements décisifs. Leur objectif commun ? La libération de la France dont la Libération de Paris est le symbole le plus fort. Leurs histoires accompagnent le visiteur dans une réflexion citoyenne sur ce qui guide leurs actions et celles de résistants ou de combattants de la France libre. Faire découvrir et réfléchir sur cette histoire si proche de nous, telle est l’ambition du musée », a écrit Sylvie Zaidman, Directrice du musée. Le mot "nazi" n'apparaît pas dans son éditorial. Pourquoi ? Pourquoi aucune photographie de ces deux héros n'est-elle disponible pour la presse ?

« Le musée fait revivre des jours, à la fois tragiques et glorieux. Jean Moulin, héros et martyr de la Résistance, parvint à unir celles et ceux qui combattaient l’Occupant nazi. Philippe Leclerc de Hauteclocque, à la tête de la 2e division blindée, contribua à la Libération de Paris. L’un et l’autre ont entretenu « la flamme de la Résistance » que le général de Gaulle avait allumée dans son appel du 18 juin 1940. D’une salle à l’autre, grâce à des documents inédits ou oubliés, grâce à des objets qui soudain reprennent vie, le musée raconte l’histoire de Paris, fidèle à son passé, qui prend les armes et retrouve la liberté. Tous les visiteurs éprouveront une expérience inoubliable - la plongée dans un temps qui semble lointain et, pourtant, demeure si présent aujourd’hui », explique André Kaspi, Professeur émérite à la Sorbonne, Président du Conseil scientifique.

« La Ville de Paris a décidé en 2015 de donner une visibilité nouvelle au musée. Anciennement situé sur une dalle au-dessus de la gare Montparnasse, le choix est fait de transférer le musée dans un lieu plus visible et porteur des traces de la Libération de Paris : les pavillons de l’architecte Claude-Nicolas Ledoux conçus en 1787 place Denfert-Rochereau. En effet un haut-lieu de commandement se cache sous le pavillon Ouest : c’est dans cet abri de défense passive que le colonel Rol-Tanguy installe son poste de commandement le 20 août 1944, dès le début de l’insurrection populaire contre l’occupant. Le PC du colonel Rol-Tanguy sera accessible pour la première fois au public, qui sera plongé au cœur même des journées cruciales de la Libération de Paris ».

« Ce projet muséal a été mené avec le concours d’un conseil scientifique composé d’historiens comptant parmi les plus grands spécialistes de la période, de conservateurs, d’enseignants et de présidents d’associations mémorielles. Dans le cadre du déménagement du musée, leurs conseils ont été sollicités pour construire le nouveau parcours des collections ».

« Fidèle à une politique de valorisation patrimoniale et de transmission de l’Histoire à tous les publics, un parcours clair et didactique invite le visiteur à suivre Jean Moulin et le général Leclerc au fil d’un monde en guerre. Une découverte ponctuée de rencontres, qui complètent le récit et posent la question centrale de l’engagement ».

« La scénographie s’empare d’une architecture entre patrimoine et modernité, pour porter les voix et les récits, créer des faces à faces, questionner, évoquer la Résistance, les combats et la liberté retrouvée ».

« Issues à l’origine de deux fonds – un legs d’Antoinette Sasse, amie de Jean Moulin et un fonds de la Fondation Maréchal Leclerc de Hauteclocque –, les collections du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc - musée Jean Moulin n’ont cessé d’être enrichies par l’acquisition de nouvelles pièces et de nombreux dons, tel le legs d’ Andrée Dubois en 2011, petite cousine de Jean Moulin qui a considérablement enrichi les collections du préfet résistant ».

« Les pavillons Ledoux ont été conçus en 1787 par l’architecte et urbaniste Claude-Nicolas Ledoux (1743-1794). Les plans et les élévations de l’ensemble furent établis en référence aux propylées de la Grèce antique. Dans le cadre du transfert du musée, l’ensemble architectural classé Monuments Historiques en 1907 a été restauré. Le chantier de restauration et de réhabilitation de ce site patrimonial vise à restaurer les façades et à retrouver les volumes originels des pavillons Ledoux. En effet, il était nécessaire de créer également des espaces adaptés à la visite et à une scénographie pertinente pour la valorisation des collections ».

Qui a conçu l'exposition permanente ? Qui en est le commissaire ? Si disert sur la scénographie, le dossier de presse n'apporte aucune réponse à ces questions fondamentales.

Un nouveau parcours d’exposition pour incarner l’histoire
« Le nouveau parcours d’exposition est conçu selon une approche pédagogique, plongeant le visiteur au cœur des situations dans lesquelles Jean Moulin et Philippe Leclerc de Hauteclocque se sont trouvés confrontés et les choix qu’ils durent faire pendant la Seconde Guerre mondiale. Le parcours est organisé dans un ordre chronologique, correspondant à l’action de Jean Moulin et de Philippe de Hauteclocque dans la France de l’entre-deux-guerres, la débâcle de juin 1940 durant l’occupation, dans la Résistance intérieure et pendant les combats jusqu’à la libération du territoire, dont Paris est resté le plus fort symbole ».

« Avec comme fil rouge les parcours des deux figures emblématiques que constituent Jean Moulin et Philippe de Hauteclocque, devenu général Leclerc, le musée rend également hommage aux hommes et femmes de tous horizons qui ont pris aussi le parti de résister. Tout comme ceux ayant appartenu à Jean Moulin et à Philippe de Hauteclocque, leurs objets personnels exposés témoignent de leur engagement dans la Résistance, dans les combats menés en Afrique ou encore en Normandie, aux côtés du général Leclerc et de la 2e DB. Ce sont des traces, parfois humbles, parfois glorieuses, de décisions courageuses ».

« La scénographie imaginée par Marianne Klapisch, de l’agence Klapisch-Claisse, mêlant objets personnels, images d’archives audiovisuelles, uniformes et documents, s’adapte aux espaces du monument historique réhabilité, afin de faciliter l’accessibilité et donner corps et émotion à l’histoire de manière contemporaine ».

« Élément exceptionnel du parcours, la visite de l’abri de défense passive, situé 20 mètres sous le musée, dans lequel le colonel Rol-Tanguy avait installé son état-major durant la semaine décisive de la Libération de Paris, propose une expérience de visite inédite. Après avoir emprunté plus de 100 marches, les visiteurs se retrouvent plongés dans l’ambiance de la semaine insurrectionnelle, évoquant ce moment décisif de la Libération de Paris ».

« La première exposition historique sera proposée en février 2020. Elle portera sur les Parisiens dans l’Exode. En effet, il y a 80 ans, 8 millions de Français, Hollandais, Belges, ont fui l’avancée allemande. Les trois quart des habitants de la capitale sont partis sur les routes. Grâce aux documents d’époque, aux archives filmées et photographiques, l’exposition retracera un moment tragique de l’histoire de France, une expérience traumatisante dont les familles conservent encore la mémoire  ».

Le parcours en 10 étapes

PARIS D’UNE GUERRE À L’AUTRE (1918-1939)
« Dans les années 1920 la France se relève de la Première Guerre mondiale, mais la crise économique des années 1930 la plonge dans un climat social et politique tendu ».
PHILIPPE DE HAUTECLOCQUE, JEAN MOULIN, DEUX SERVITEURS DE LA FRANCE
(1918-1940)
« Philippe de Hauteclocque et Jean Moulin sont nés avant la Première Guerre mondiale. Des objets et des photographies évoquent leur enfance et les premiers postes qu’ils ont occupé. La formation et les affectations de Philippe de Hauteclocque sont évoquées au travers de sa vareuse et de son burnous, datant de ses années au Maroc. Les skis de Jean Moulin et sa boîte de pastels racontent les activités sportives et artistiques du préfet ».
« La guerre est déclarée le 3 septembre 1939. Les deux hommes sont animés par un même sentiment patriotique. Le capitaine de Hauteclocque rejoint la 4e division d’infanterie, mais Moulin doit rester en poste à Chartres ».
« Les opérations prennent cependant une tournure inattendue. Après 8 mois de guerre, les Allemands envahissent la France en quelques semaines ».
LE PRÉFET MOULIN FACE À L’EXODE
« Le dispositif installé dans le vestibule du pavillon donne à voir l’Exode et l’action du préfet Moulin, grâce à une installation constituée de plaques au sol, mêlant photographies, films d’archives, citations, cartes animées. Une ambiance sonore évocatrice accompagne la découverte de ce cette période tragique ».
LE CAPITAINE DE HAUTECLOCQUE À L’HEURE DU CHOIX (ÉTÉ 1940)
« L’invasion allemande suscite des réponses très différentes. Entre le 14 juin et le 18 juin 1940, des décisions définitives sont prises, engageant l’avenir. Un dispositif audiovisuel détaille les positions du chef du gouvernement le maréchal Pétain, du général de Gaulle, de Jean Moulin et de Philippe de Hauteclocque ».
« Ce dernier va rejoindre le Royaume-Uni sous son nom de Leclerc, comme en témoigne sa carte d’identité anglaise. La mission qui lui est confiée l’envoie en Afrique équatoriale française ».
PARIS OCCUPÉ (JUIN 1940-AOÛT 1944)
« Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entrent en vainqueurs dans Paris. Le maréchal Pétain, chef du nouvel État français et le gouvernement basé à Vichy mettent en oeuvre une politique de collaboration avec l’Allemagne et d’épuration de la société des éléments indésirables, les étrangers, les francs-maçons, les communistes, les républicains et les Juifs, tous désignés responsables, à un degré ou à un autre, de la défaite française. Des objets pour enfants montrent la propagande maréchaliste, des journaux, affiches, brochures dénoncent l’ « anti-France ». La collaboration économique et politique s’affiche dans Paris occupé. Au quotidien, la vie devient de plus en plus difficile, le rationnement est organisé par un système de cartes et de tickets et les matières premières manquent. Pour les Parisiens juifs, la situation devient dangereuse. Le gouvernement français et l’administration acceptent de prêter main forte aux Allemands, qui poursuivent une politique d’extermination des Juifs. À Paris, la rafle du Vel’ d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942 concerne plus de 13 000 femmes, hommes et enfants. Un graffiti provenant des carreaux du camp d’internement de Drancy et un chapeau de modiste aident à comprendre le destin tragique des Juifs de France, dont 72 500 sont assassinés ».
« L’instauration du service du travail obligatoire (STO) rencontre un écho très négatif dans la population, en particulier parmi les Parisiens. De nombreux jeunes tentent de s’y soustraire ».
LES RÉSISTANTS PARISIENS ET LA RÉPRESSION
« Dans l’ombre, des hommes et des femmes agissent contre l’occupant au risque de leur vie. Des tracts montrent la diversité de leur action de propagande, un matériel de faussaire évoque la fabrication de faux-papiers pour les clandestins, une arme présente la lutte armée. Face à ces volontés déterminées, incarnées par des portraits de résistants et de résistantes, la répression est d’une brutalité sanglante : internements, déportations, exécutions. Des avis affichés sèment l’effroi dans la population ».
JEAN MOULIN, UNIFICATEUR DE LA RÉSISTANCE
« Jean Moulin a fait des choix dès juin 1940. Il quitte son appartement de la rue des Plantes, dont il reste quelques meubles exposés, et gagne le Royaume-Uni en passant par le Portugal. Ses papiers établis sous un faux nom racontent son voyage, une combinaison de saut évoque son retour parachuté en France dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942. Le général de Gaulle le charge de la mission Rex consistant à structurer la Résistance. Des témoignages explicitent son travail pour la coordonner et obtenir des chefs des mouvements une unification dans le Conseil national de la Résistance, dont la première réunion se tient à Paris le 27 mai 1943, malgré l’Occupation. La vie officielle de Moulin est celle d’un propriétaire, galeriste à Nice : des tableaux de sa collection personnelle sont présentés dans l’exposition, dont deux oeuvres de Maurice Utrillo ».
« Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire, torturé, Jean Moulin décède le 8 juillet 1943 ».
LECLERC, CHEF DE GUERRE
« Le général de Gaulle missionne le capitaine Leclerc de rallier l’Afrique équatoriale française à la France libre ». 
« Des portraits de Français libres de la colonne Leclerc et des objets ayant appartenu à ces soldats permettent de comprendre leur engagement malgré leur équipement dérisoire. Pourtant, ils obtiennent la reddition du poste italien de Koufra (Lybie) le 1er mars 1941. Leclerc mène des raids dans le Fezzan libyen en 1942 et 1943 avant de conduire des opérations en Tunisie, suggérées par des prises de guerre de soldats de la force L. À compter d’août 1943, Leclerc forme la 2e Division blindée, en s’adjoignant des volontaires venus de France par l’Espagne et des soldats de l’armée d’Afrique. Des portraits d’hommes et de femmes racontent des trajectoires individuelles. Leur équipement, en exposition, est celui que leur a donné l’armée américaine ».
LE TEMPS DU DÉBARQUEMENT
« Du printemps à l’été 1944, la perspective du débarquement durcit les positions des Allemands. La 2e DB arrive en France le 1er août 1944, deux mois après le débarquement allié de Normandie. Sa participation aux durs combats contre les Allemands est abordée par des objets ayant appartenu à des soldats morts au combat ».
LES COMBATS DE LA LIBÉRATION DE PARIS (AOÛT 1944)
« En août 1944, les Forces françaises de l’intérieur décident de passer à l’action pour que la capitale soit enfin libérée ».
« L’insurrection est lancée le 18 août. La préfecture de police puis l’Hôtel de ville sont occupés par les FFI et des barricades s’élèvent dans les rues de la capitale. Jour par jour, des tracts, des documents, des objets et des films font revivre au visiteur les attaques, les ripostes, les Allemands retranchés dans leurs points d’appui et la 2e DB qui reçoit enfin l’ordre de venir libérer Paris. Le 24 août, les premiers éléments comprenant des soldats espagnols de la 9e Compagnie du RMT (la Nueve), 3 chars du 501e régiment de chars de combat et des éléments du génie, conduits par le capitaine Dronne, arrivent à Paris. Le lendemain, les films montrent la 2e DB et la 4e division d’infanterie américaine combattant dans Paris ».
« La reddition du général allemand von Choltitz est acquise ».
PARIS LIBÉRÉ (25-26 AOÛT 1944)
« Un dispositif audiovisuel composé de dix-huit écrans symbolise la France relevée et fait écho à l’installation sur l’Exode de 1940. Un montage sur le défilé du 26 août 1944 montre le général de Gaulle descendant les Champs-Elysées face à une foule immense et en liesse. Mais les traces de l’Occupation ne s’évanouissent pas d’un coup, en témoignent les actes de revanche de la population : cet envers du décor est visible au revers des écrans ».

UN ABRI DE DÉFENSE PASSIVE TRANSFORMÉ EN PC MILITAIRE
« Moment phare de l’exposition, la visite de l’abri de défense passive est proposée au public qui ne craint pas d’affronter une centaine de marches. Ce lieu était à l’origine conçu pour permettre aux services administratifs de fonctionner en dépit des bombardements. Les visiteurs découvrent la défense passive avec la présence d’un cyclo-pédaleur original, et entrent dans les pièces occupées par le colonel Rol-Tanguy et son état-major des Forces Françaises de l’intérieur de la région parisienne en pleine insurrection, à partir du 20 août 1944 ».
« Pour une expérience encore plus immersive, une visite de découverte en réalité mixte est disponible ».
L’APRÈS-GUERRE ET LES MISSIONS DE LECLERC
« La liesse de la Libération ne peut pas masquer la réalité. Le bilan humain de la Seconde Guerre mondiale est particulièrement lourd et le retour à la normale est complexe. Le général Leclerc représente la France à la capitulation japonaise le 2 septembre 1945 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un film vient expliciter la situation que le général Leclerc de Hauteclocque affronte en Indochine, et la nouvelle mission qui lui est confiée en tant que commandant du corps expéditionnaire en Extrême-Orient ».
« Cette expérience met en avant les qualités d’analyse et le pragmatisme que le général a aiguisé au cours de la guerre. Après l’Indochine, il est nommé inspecteur des forces armées en Afrique du Nord. Son décès prématuré dans un accident d’avion, le 28 novembre 1947, brisera net une carrière hors du commun ».
« Avant de quitter l’exposition, une frise rappelle aux visiteurs le devenir des hommes et des femmes croisés dans le parcours ».


SUR LES TRACES DE LA RÉSISTANCE ET DE LA LIBÉRATION DE PARIS

> 1938 : les pouvoirs publics craignant les bombardements aux gaz toxiques aménagent le sous-sol du pavillon Ouest en abri de défense passive.

> Du 20 au 28 août 1944 : le colonel Rol-Tanguy, chef des FFI d’Ile-de-France, installe son poste de commandement dans l’abri de défense passive du pavillon Ledoux, place Denfert-Rochereau.

> 24 août 1944 : arrivée dans Paris des premiers éléments de la 2e Division blindée

> 25 août 1944 : les libérateurs entrent dans Paris. La 2e Division blindée du général Leclerc arrive porte d’Orléans et traverse la place Denfert-Rochereau, en direction de son poste de commandement à la gare Montparnasse.

JEAN MOULIN (1899-1943)

« Né à Béziers dans une famille provençale à laquelle il sera toujours très lié, Jean Moulin mène avant la guerre une carrière dans l’administration préfectorale et dans les cabinets ministériels tout en pratiquant le dessin. Proche de Pierre Cot, ministre de l’Air du Front populaire, il est chargé de mener secrètement l’aide à l’Espagne républicaine en 1936.
Patriote, il se voit pourtant refuser l’incorporation lorsque la guerre contre l’Allemagne est déclarée le 3 septembre 1939 ».
« Jean Moulin est au cœur de la débâcle alors que, en poste en Eure-et-Loir, il voit la foule des réfugiés sur les routes de l’Exode auxquels il s’efforce de venir en aide. Le 17 juin 1940, il accueille les Allemands vainqueurs à Chartres. Torturé par l’occupant pour extorquer sa signature, Moulin préfère le suicide plutôt que le déshonneur. Il est soigné mais en garde la cicatrice ».
« Le projet de Jean Moulin prend forme peu à peu. Il est révoqué de son poste de préfet par Vichy le 2 novembre 1940. Il noue alors des contacts avec les milieux résistants en zone sud, moins facilement en zone occupée, puis part pour Marseille d’où il parvient à gagner le Portugal puis le Royaume-Uni. Il se présente au général de Gaulle le 25 octobre 1941 comme l’émissaire de la Résistance intérieure. Le chef de la France libre le désigne comme son représentant personnel, et lui fixe la mission d’organiser la Résistance en zone sud en tissant les liens avec la France libre. Commence alors un travail dangereux et harassant de contacts et de coordination, mené avec sa toute petite équipe pour inciter les chefs de la Résistance intérieure, soucieux de leur autonomie, à structurer les liens avec Londres. Jean Moulin est alors officiellement un propriétaire à la recherche d’un local à Nice pour installer une galerie d’art, qui ouvre le 9 février 1943. Lors d’un deuxième voyage à Londres en février-mars 1943, Moulin est fait Compagnon de la Libération par le chef de la France libre, Charles de Gaulle. Il va plus loin dans la coordination et met sur pied un conseil de la Résistance groupant les mouvements de Résistance et les anciens partis politiques et syndicats. Cela ne va pas sans difficulté mais, le 27 mai 1943, Jean Moulin parvient à réunir, en plein Paris occupé, le premier Conseil de la Résistance, bientôt appelé Conseil national de la Résistance ».
« L’étau se resserre. Le 21 juin 1943, Moulin et les résistants participant à une réunion à Caluire-sur-Cuire sont arrêtés. Torturé par la Gestapo lyonnaise puis par la Gestapo parisienne, Jean Moulin meurt dans le train qui le transporte en Allemagne, probablement le 8 juillet 1943. Ses cendres sont transférées au Panthéon le 19 décembre 1964 ».

PHILIPPE DE HAUTECLOCQUE (1902-1947)

« Né dans la demeure familiale de Belloy-Saint-Léonard, près d’Amiens, Philippe de Hauteclocque grandit dans un milieu aristocratique chrétien et traditionaliste. Il choisit le métier des armes et, à force de travail, réussit les concours de l’école militaire de Saint-Cyr et sort major de l’école de cavalerie de Saumur. Après une première affectation en Allemagne, où sa jeune épouse Marie-Thérèse de Gargan le suit, Hauteclocque est affecté à sa demande au Maroc pour pacifier des tribus rebelles entre 1926 et 1933. Il y connait son baptême du feu et s’immerge en profondeur dans ce pays dont il apprécie la culture. Revenu en France, il est instructeur et admis premier à l’École de Guerre. La guerre est déclarée alors qu’il vient de finir sa première année ».
« Sur le front, le jeune capitaine est affecté à l’état-major de la 4e division d’infanterie. Il ne peut accepter le repli des troupes et, avec l’accord de son chef, quitte son unité pour combattre dans l’est. Il refuse par deux fois la captivité. Blessé, refusant la défaite, il gagne Paris où il entend le 25 juin parler des appels du général de Gaulle. Son choix est fait : là est le devoir rejoindre le chef de la France libre à Londres. Il passe en Espagne et parvient à se présenter au général de Gaulle le 25 juillet 1940. Le 6 août, sous le nom de « Leclerc », il embarque aux côtés de Claude Hettier de Boislambert et de René Pleven pour une mission de taille : rallier les pays d’Afrique équatoriale à la France libre ».
« Après le ralliement du Cameroun et du Gabon, Leclerc rejoint le Tchad. La colonne Leclerc, dotée de moyens dérisoires, mène des raids en liaison avec les Britanniques. Le 1er mars 1941, elle remporte sa première victoire au nom de la France libre contre la Sahariana italienne postée à Koufra (Lybie). Le « serment de Koufra » semble alors bien ambitieux : ne pas déposer les armes avant la libération de Strasbourg. Le 6 mars 1941, Leclerc est fait compagnon de la Libération. Malgré les conditions climatiques, la colonne Leclerc lance des raids contre les oasis italiennes du Fezzan en deux campagnes, hiver 1941-1942 et 1942-1943. Elle fait la jonction à Tripoli fin janvier 1943 avec la 8e armée britannique. Devenue la Force L, elle participe à la campagne de Tunisie. La Force L devient la 2e Division française libre. En août 1943, la 2e Division blindée, commandée par Leclerc, est formée en se séparant des troupes coloniales et en intégrant des unités de l’armée d’Afrique. Au printemps 1944, elle embarque à destination du Royaume-Uni. La 2e DB débarque le 1er août 1944 à Saint-Martin de Varreville et connaît l’épreuve du feu en Normandie puis à l’approche de la capitale. Le 24 août au soir, Leclerc envoie le capitaine Dronne à la tête d’un détachement prévenir la Résistance de l’arrivée de la 2e DB le lendemain. Le général Leclerc est aux côtés du général de Gaulle le 26 août 1944, descendant les ChampsÉlysées, sous les acclamations d’une foule immense ».
« Mais la guerre n’est pas terminée et la 2e DB part vers l’Est ».
« Les combats sont âpres. Strasbourg est libérée le 23 novembre 1944. Le serment de Koufra est tenu, la 2e DB poursuit jusqu’à Berchtesgaden, où se trouvait la résidence d’Hitler, en mai 1945 ».
« Le général Leclerc représente la France lors de la reddition du Japon le 2 septembre 1945. Nommé chef du corps expéditionnaire en Extrême-Orient, il rétablit la souveraineté en Indochine tout en prônant l’autonomie. Nommé en Afrique du Nord en tant qu’inspecteur général des forces terrestres, il meurt lors de l’accident de son avion près de Colomb-Béchar (Algérie) le 28 novembre 1947. Le 23 août 1952, il reçoit le titre de Maréchal de France à titre posthume ».

LES PAVILLONS DE LA PLACE DENFERT-ROCHEREAU

« Les pavillons de la place Denfert-Rochereau ponctuaient le tracé de la nouvelle enceinte des Fermiers généraux établi en 1785, qui permettait de percevoir l’octroi, taxe sur les marchandises entrant dans Paris.
« L’édifice est réalisé dans un style néoclassique fortement affirmé, fait de colonnes simples, doubles ou crénelées, de frontons et d’arcades. Les deux pavillons, Est et Ouest, formant la barrière dite d’Enfer, se font face et renforcent l’effet d’une entrée marquée dans la capitale. Leurs colonnes sont surmontées de frises sculptées d’un cortège d’allégories féminines. En 1870, la construction de l’enceinte de Thiers reporte les frontières de Paris, la barrière d’Enfer perd alors son rôle de porte de la ville et devient une place urbaine.

LA RESTAURATION DES FRISES
« Les allégories féminines situées en façade des pavillons de la barrière d’octroi ont été sculptées d’après les dessins de Claude-Nicolas Ledoux ».
Probablement inachevées, elles représentaient les grandes villes de France. Ternies par un voile noir déposé au fil du temps et de la peinture silicatée, ces frises ont fait l’objet d’une minutieuse restauration : microgommage, retrait à la pointe fine des restes de peinture, amélioration des reprises modernes, patine des zones altérées ».
« La priorité était de redonner de la lisibilité et de la cohérence au projet urbain qu’étaient les octrois d’Enfer », a résumé Christophe Batard, Architecte en Chef des Monuments Historiques
« L’opération a consisté à restaurer, réhabiliter et restructurer ces deux pavillons, ainsi que le bâtiment de l’ancien laboratoire d’essai des matériaux adossé à l’ouest et construit à la fin du XIXe siècle, afin de les adapter à un programme dense et multiple ».

Le conseil scientifique du musée est composé d’historiens, de conservateurs, d’experts et de directeurs de musée.

Président
André KASPI, professeur émérite de l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne.

Membres :
Jean-Pierre AZÉMA, professeur honoraire à l’IEP de Paris.
Serge BARCELLINI, contrôleur général des Armées, Président du Souvenir Français.
Général Robert BRESSE, président de la Fondation de la France libre.
Général d’Armée Bruno CUCHE, président de la Fondation Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de l’Association Nationale des Anciens de la 2ème DB, ancien Chef d’état-major de l’Armée de terre, ancien gouverneur des Invalides.
Hanna DIAMOND, historienne, professeur à l’université de Cardiff.
Thomas FONTAINE, directeur du musée de la Résistance nationale, docteur de l’université.
Olivier FORCADE, professeur et vice-président de l’université Paris-Sorbonne.
Robert FRANK, professeur émérite de l’université Paris-Sorbonne.
Jacques FREDJ, directeur du Mémorial de la Shoah.
Patricia GILLET, conservateur en chef aux Archives nationales.
Vincent GIRAUDIER, chargé d’études documentaire au musée de l’Armée, responsable de l’historial de Gaulle.
Antoine GRANDE, directeur des Hauts lieux de mémoire en Île-de-France.
Fabrice GRENARD, chef du département Recherche et Pédagogie de la Fondation de la Résistance.
Frédéric GUELTON, historien, ancien directeur des recherches du Service historique de l’armée de Terre.
Élisabeth HELFER AUBRAC, membre du jury du Concours national de la Résistance et de la Déportation.
Christine LEVISSE-TOUZÉ, docteur ès Lettres, conservateur général honoraire du patrimoine de la Ville de Paris, directrice honoraire du musée du général Leclerc de Hauteclocque et de la libération de Paris – musée Jean Moulin, directeur de recherche associé à l’université Paris-Sorbonne.
Stefan MARTENS, directeur adjoint de l’Institut Historique allemand de Paris.
Guillaume NAHON, directeur des Archives de Paris.
Isabelle RIVÉ, directrice du Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon.
Dominique ROSSIGNOL, docteur ès Lettres.
Yann SIMON, enseignant en histoire-géographie, professeur-relais du musée.
Peter STEINBACH, directeur scientifique de la Gedenkstätte Deutscher Widerstand (Mémorial de la Résistance allemande, à Berlin).
Danielle TARTAKOWSKY, présidente honoraire de l’université Paris 8, présidente du comité d’histoire de la Ville de Paris.
Julien TOUREILLE, enseignant en histoire-géographie, docteur de l’Université.
Vladimir TROUPLIN, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération.
Dominique VEILLON, directrice de recherches honoraire au CNRS.
Olivier WIEVIORKA, professeur à l’École Normale Supérieure.
Sylvie ZAIDMAN, docteur de l’Université, conservateur en chef du patrimoine, directrice du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc - musée Jean Moulin.
TOUS LES MUSÉES DE LA VILLE DE PARIS


Au Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin
Place Denfert-Rochereau
4, avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy. 75014 Paris
Tél. : 01 40 64 39 44
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h
Les collections permanentes sont gratuites
Visuels :
Place Denfert-Rochereau, le musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin © Ch. Batard, Agence Artene

La descente au poste de commandement souterrain du colonel Rol-Tanguy
© Pierre Antoine

Bibi (chapeau) réalisé par la modiste Fanny Berger, vers 1941 © Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris / Roger Viollet

Casque tankiste américain. Entre 1934-1944 © Stéphane Piera / musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées) / Roger Viollet

Vue de la façade du pavillon Ouest © Pierre Anto

Plaquette de vingt-quatre boutons à croix de Lorraine. Haute Nouveauté Paris. Carton, bois, peinture, 1944. © musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées)

Brassard FFI. © Musée de la Libération de Paris - Musée du général Leclerc - Musée Jean Moulin (Paris Musées)

Perspective scénographique © Agence Klapisch-Claisse

Libération de Paris, rue de Rivoli, 25 août 1945 © National Archives and Records Administration

Robe tricolore décorée avec des monuments parisiens, 26 août 1944 © Julien Vidal / musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées) / Roger Viollet

25 août 1944, place Denfert-Rochereau, musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées)

La visite, claire et didactique, s’adresse à tous les publics. © Pierre Antoine

Portrait d’Antoinette Sasse, fin des années 1930 © Fonds A. Sasse, musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées)

Combinaison de saut du « Special Operations Executive» (SOE) © Julien Vidal / musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées) / Roger Viollet

Chaque vitrine est une rencontre avec l’histoire d’hommes et de femmes qui ont lutté contre l’Occupant. © Pierre Antoine

Le poste de commandement du colonel Rol-Tanguy
© Pierre Antoine

Boîte de pastels de Jean Moulin, don Escoffier-Dubois © Lyliane Degräces-Khoshpanjeh / musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées)

Canne du général Leclerc de Hauteclocque. Entre 1931 – 1945 © Stéphane Piera / musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées) / Roger Viollet

Tamzak ou Rhala touareg (Hoggar) : selle de méhariste, entre 1940-1950
© Julien Vidal / musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées) / Roger Viollet

La 2e Division blindée place Denfert Rochereau, le 25 août 1944 © musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées)

Un cyclo-pédaleur installé dans l’abri permettait d’alimenter les lieux en électricité ou en air filtré
© Pierre Antoine

Le Campion. Claude Nicolas Ledoux architecte. « La Barrière sur la route d’Orléans ». Gravure. Roger-Viollet (Paris Musées)

Paris. Place Denfert-Rochereau. Ancienne barrière de Nicolas Ledoux, architecte français. © Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet

Vue du square Nicolas Ledoux sur le musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin © Ch. Batard, Agence Artene

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Les citations proviennent du dossier de presse.

samedi 24 août 2019

Cornelius Gurlitt (1932-2014)


En 2012, chez Cornelius Gurlitt (1932-2014), fils d’Hildebrandt Gurlitt (1895-1956), “marchand d’art qui fut complice des nazis", sont découverts "1406 tableaux dont la provenance n'est toujours pas élucidée”, et dont une grande partie provient vraisemblablement de collections de Juifs spoliés. Ce qui suscite surprise et scandale. Cornelius Gurlitt est mort à 81 ans, le 5 mai 2014, dans son appartement de Schwabing près de Munich, après une opération cardiaqueLe 24 novembre 2014, le Musée des Beaux-arts de Berne a déclaré qu'il acceptait l'héritage de Cornelius Gurlitt, un « trésor » de "1620 gravures, dessins, aquarelles et une dizaine d'huiles découverts, dont 630 à la provenance régulièreet d'autres volées à des Juifs par les Nazis. La valeur de ce trésor ? Plusieurs millions d'euros. Ces faits ont inspiré des documentaires : Monsieur Gurlitt et le secret du trésor nazi” (Der seltsame Herr Gurlitt) de Maurice Philip Remy (2014), Les Marchands d'Hitler de Stephane Bentura que Toute l'Histoire diffusera les 24 août 2019 à 14 h 04, 25 août 2019 à 17 h 21. 
L’histoire de la famille Gurlitt, qui compte un peintre, est liée à Dresde.  

Hildebrandt Gurlitt

Historien de l’architecture, autodidacte, « mon grand-père a rendu l’art baroque populaire en Saxe », se souvient Cornelius Gurlitt. Un goût pour l’art que son grand-père transmet à ses enfants, dont son benjamin Hildebrandt Gurlitt, père de Cornelius, « homme aux multiples visages, collectionneur réputé, conservateur de musées et historien de l’art”, et dont la grand-mère Elisabeth Gurlitt, née Lewald et sœur de la femme de lettres Fanny Lewald, était Juive.

Engagé lors de la Première Guerre mondiale, Hildebrandt Gurlitt est nommé en 1925 directeur du Musée du Roi Albert (König-Albert-Museum) à Zwickau (Saxe). Il “fit découvrir des artistes novateurs que les nazis considéreront ensuite comme des tenants de l‘“art dégénéré“, dont Emil Nolde et Max Beckmann. Il transforme "une salle en espace d'art baroque". Des amis du Bauhaus conçoivent l'agencement des salles du musée. Des novations qui séduisent le public, mais qui déconcertent beaucoup. Ce qui cause son licenciement en 1930.


Hildebrandt Gurlitt s’établit en 1931 comme dirigeant d'une association promouvant l'art à Hambourg, en promouvant avec un goût sûr l’art moderne d’avant-garde. Nouveaux succès et mêmes ennemis d'un "art dévoyé".


Il est obligé de démissionner en 1933. Il vit difficilement et est frappé par les lois de Nuremberg qui le définissent comme "métis de seconde catégorie". Sa famille est surveillée, ses enfants interdits d'école.


Hildebrandt Gurlitt se lance dans le commerce d'art, comme galeriste et marchand d’art. De manière cachée, il vend l'art moderne.


L’exposition Art dégénéré (Entartete Kunst) est montrée à Munich, en 1937.


Plus de 20 000 œuvres d'art dit "dégénéré" ont été enlevées des cimaises et entrepôts des musées allemands afin d'être vendues.


Hildebrandt Gurlitt “deviendra rapidement un serviteur fidèle d’Hitler et sera chargé d'organiser son futur musée”, le Führermuseum à Linz (Autriche) où serait exposé l’art prisé par le dictateur nazi


C’est “un des quatre galeristes chargés par Goebbels de vendre les œuvres d'art dit « dégénéré » saisies par les nazis dans les collections des musées allemands et dans les collections privées de familles juives ». 


Hildebrandt Gurlitt négocie l'art moderne et les chefs d'œuvres des anciens maitres figurant dans les collections d'Allemands Juifs contraints de les vendre afin de pouvoir quitter l'Allemagne nazie. Mais ces Juifs spoliés sont obligés de verser une grande partie de la vente de ces œuvres à l'administration fiscale. 


En 1938, on estime la valeur des biens des Juifs à au moins huit milliards de Reich marks.


Hildebrandt Gurlitt se rend une dizaine de fois à Paris, y achète, notamment auprès d'intermédiaires, environ 200 œuvres d'art dont un célèbre Matisse.


Il déménage à Dresde en raison des bombardements.


Il achète aussi dans les pays occupés des œuvres d'art pour le compte d'Hitler. Il "profite de la flambée des prix".


En mars 1945, il fuit l'avancée des Russes, et est interrogé par les Alliés.


C’était un grand recycleur. Il travaillait pour les nazis. Comme il était à moitié juif, il a réussi ensuite à duper les Américains en réclamant dans les années 1950 des œuvres dont il a prétendu avoir été spolié », explique  Élizabeth Royer, une des spécialistes des spoliations sous l’Occupation et qui a transformé le sous-sol de sa galerie parisienne en bibliothèque ouverte aux chercheurs pouvant étudier ses photocopies d’archives rares consultées lors de ses recherches d’œuvres volées.


En 1947, il dirige la Société des amis des arts de Düsseldorf, rétablit l'image des peintres modernes, multiplie les expositions notamment à Sao Polo en présence de Thomas Mann.


Il meurt en 1956 dans un accident. 


Cornelius Gurlitt
Né en décembre 1932 à Hamboourg, Cornelius Gurlitt étudie l'histoire de l'art pour faire plaisir à son père. Il se fixe à Salzbourg (Autriche) en 1960 où il s'épanouit en artiste.

Munich, janvier 1968. Cornelius Gurlitt hérite plus de mille œuvres d’art – gravures, estampes, dessins, affiches, peintures à l’huile – au décès de sa mère âgée. Il décide de veiller sur son trésor.


C’est l’arrestation fortuite, en 2010, de Cornelius Gurlitt, lors d’un contrôle à la frontière suisse et la découverte de 9 000 euros en liquide convoyés par cet octogénaire qui amène l’administration douanière et fiscale allemande à le surveiller étroitement.


Cornelius Gurlitt fait expertiser Le dompteur de lion, une gouache de Max Beckmann, avant de le vendre aux enchères à Cologne en septembre 2011 au prix de 864 000 euros.


Lors d’une perquisition en 2011  à son domicile munichois, sont découverts 96 peintures, 675 estampes, 140 aquarelles et 299 dessins signés des maitres des XIXe et XXe siècles : Courbet, Matisse, Picasso, Renoir, Toulouse-Lautrec, Max Liebermann, Kirchner, Klee, Kokoschka, Nolde, Munch... Des artistes représentant l’impressionnisme, le cubisme, Die Brücke  (Le Pont) à l’origine avec Der Blaue Reiter  (Le Cavalier Bleu) de l’expressionisme allemand… Plusieurs centaines de ces œuvres auraient été montrées lors de l’exposition Art dégénéré (Entartete Kunst), à Munich, en 1937.
Ces chefs d’œuvre “sont discrètement saisies” et deux experts en art sont mandatés.


Ce n’est que deux ans plus tard, le 4 novembre 2013, que l’hebdomadaire allemand Focus  rend publique cette découverte par un article titré Meisterwerke zwischen Müll – Fahnder entdecken in München Nazi-Schatz in Milliardenhöhe et révélant des photos de la perquisition.


Sept jours plus tard, une commission est créée par le Procureur. Un site Internet est mis en ligne pour présenter des œuvres découvertes. Sur les 1280 œuvres saisies, 590 sont en cours d'examen, plus de 300 appartiennent à Cornelius Gurlitt qui avait accepté le legs de son père.


Cornelius Gurlitt réagit par une lettre demandant que son nom n'apparaisse plus dans les médias qu'il fuit. Il "communique avec la presse par des Post-it".


Une conférence de presse est organisée hâtivement. Vingt-cinq tableaux posant problème n'y sont pas mentionnés. Le Procureur se voit reprocher son long silence.


Novembre 2013. Cornelius Gurlitt sort de son domicile et répond aux questions du Spiegel. Ou plutôt pense à haute voix selon la journaliste du Spiegel. Avec émotion, il revoit pour la première fois les œuvres d'art saisies à son domicile.


Rebondissement le 10 février 2014. Porte-parole de l'avocat munichois de Cornelius Gurlitt, Stephan Holzinger déclare qu’une soixantaine d’œuvres  de Manet, Monet, Picasso et Renoir ont été saisies dans une maison de Gurlitt près de Salzbourg (Autriche).


Pourquoi aucune autorité judiciaire allemande et aucun historien d’art lié à cette première découverte ont-ils gardé le silence si longtemps ?


La “collection récupérée chez Cornelius Gurlitt serait-elle constituée de biens pris à des familles juives et à des musées étrangers pendant le règne nazi ? D’où proviennent ces trésors ? 


Cornelius Gurlitt prétend en être le propriétaire légal : elles appartenaient à son père Hildebrandt Gurlitt”.


Mais les ayants-droit de certaines œuvres de cette collection se sont manifestés. Ainsi ceux du marchand d’art et galeriste Paul Rosenberg, grand-père maternel d’Anne Sinclair, célèbre directrice éditoriale du Huffington Post, réclament la Femme assise de Matisse dont la trace était perdue depuis la Seconde Guerre mondiale.


Exeunt le silence, la discrétion et le secret gardés pendant des décennies.


Nourri notamment des interviews de Cornelius Gurlitt, le documentaire, “Monsieur Gurlitt et le secret du trésor nazi” par Maurice Philip Remy, allié à un site Internet bilingue allemand-anglais, factuel et argumenté, constituent deux vecteurs majeurs de la stratégie de communication, désormais offensive et publique, de cet octogénaire et de ses avocats, le professeur  Tido Park et Derek Setz. 


Un possesseur fermement décidé à conserver son trésor artistique, en arguant du droit – délais allemands de prescription, etc. - et de l’élément affectif. Et à en jouir dans le calme, sans les exposer au public. Et sans remord.



ADDENDUM : 
Le 26 mars 2014, Cornelius Gurlitt a mis un terme à la mission de son avocat Hannes Hartung, auparavant chargé des négociations avec les ayants-droit et adepte d'une ligne ferme à l'égard des revendications des ces derniers : il réclamait que son client soit indemnisé pour chaque retour d'œuvre d'art.

Selon les déclarations de Christoph Edel, avocat de Cornelius Gurlitt, la Süddeutsche Zeitung du 27 mars, son client serait disposé à restituer à leurs propriétaires ou à leurs ayants-droit Juifs les œuvres dont ils avaient été spoliés sous le nazisme. Parmi ces œuvres : le tableau de Matisse Femme assise de Matisse, qui serait remis aux héritiers du galeriste Paul Rosenberg. Cette œuvre pourrait atteindre 20 millions de dollars si elle était vendue aux enchères.


Le Henie-Onstad Art Center, fondation et musée créés par la célèbre championne olympique de patinage artistique et star  Sonja Henie (1912-1969) et son mari Niels Onstad (1909-1978), a annoncé qu'il restituerait La Femme en bleu, de Matisse, à la famille de Paul Rosenberg.


Le 8 avril 2014, l'accord conclu entre les autorités allemandes et Cornelius Gurlitt est révélé. Il stipule que les "œuvres issues de spoliations commises par les nazis seront rendues aux ayants droit des propriétaires spoliés, juifs pour la plupart". Les recherches pour retrouver les ayants droit des œuvres trouvées en Allemagne dureront un an. Au-delà de cette période, Cornelius Gurlitt les conservera. 


Cornelius Gurlitt est mort à 81 ans, le 5 mai 2014, dans son appartement de Schwabing près de Munich, après une opération cardiaque. Dans son testament, il lègue selon Süddeutsche Zeitung et la radio NDR ses œuvres à fondation de droit privé du Musée des beaux-arts de Berne (Suisse), son légataire universel. Ce musée a été « informé par un message téléphonique et écrit de Me Christophe Edel, l'avocat de M. Cornelius Gurlitt, décédé le 6 mai 2014 ». "Célibataire sans enfants, il n'a pas d'héritier direct, sa seule sœur étant décédée en 2012. La justice devra cependant se prononcer sur la légalité du testament".


Quel est l'avenir des quelque 1400 toiles conservées par le défunt ? "
Si certaines ont été spoliées à leurs propriétaires juifs pendant les années 1930, d'autres ont été acquises légalement par Hildebrand Gurlitt". Selon des médias allemands, des organismes autrichien ou suisse, pourraient hériter de ces œuvres. Le Süddeutsche Zeitung souligne que ce transfert d'œuvres hors du sol allemand signifie aussi que ces œuvres risquent de ne plus relever de la justice fédérale allemande, et que des recours d'ayants droit ne pourraient être formés. Le 6 mai 2014, le ministère allemand de la Justice a déclaré que l'accord conclu début avril 2014 entre Cornelius Gurlitt et l'État demeure valable. "Tous ceux qui pensent pouvoir faire valoir des droits sur des œuvres, dont ils s'estiment être les propriétaires légitimes, ont un an pour se faire connaître et apporter la preuve de leurs titres. Au bout d'un an, les autres œuvres devaient être définitivement acquises au vieil homme". 


Le 12 juin 2014, Femme assise de Matisse, tableau retrouvé chez lui, a été reconnu comme une oeuvre dont le marchand d'art Paul Rosenberg avait été spolié sous l'Occupation nazie.


Le 12 juin 2014, un groupe d'experts internationaux, présidé par la juriste Ingeborg Bergreen-Merkel et dénommé « Trésor artistique de Schwabing », a conclu que le tableau Femme assise de Matisse fait partie des œuvres dont le marchand d'art Paul Rosenberg avait été spolié, sans pouvoir éclaircir les circonstances par lesquelles Gurlitt a obtenu cette huile peinte vers 1924 demeurent inconnues.

Le musée bernois avait six mois, à dater de l’ouverture du testament, pour décider d’accepter ou non ce legs. En juillet 2014, sa direction a annoncé que ce délai lui sera nécessaire pour examiner toutes les questions soulevées avant de décider. A la mi-octobre 2014, ce musée suisse des Beaux-Arts a déclaré que "son conseil de fondation décidera le 26 novembre s’il accepte ou non l’héritage de la collection Gurlitt, qui compterait quelque 1400 toiles estimées à plusieurs millions de francs" suisses. 


Le 3 novembre 2014, Ronald Lauder, président du Congrès Juif mondial (CJM) a averti le musée des Beaux-arts de Berne (Suisse), d'une future "avalanche de procès" si ce musée acceptait le legs de Cornelius Gurlitt constitué d'une collection importante de tableaux ayant appartenu à des Juifs spoliés par les Nazis. Une telle acceptation ouvrira la boite de Pandore, selon Ronald Lauder qui a fait ces déclarations au Spiegel qui publie aussi l'interview de Monika Grütters, ministre de culture allemande. Monika Grütters a indiqué que le gouvernement allemand est en négociations avec ce musée à propose de 1280 tableaux et dessins de Chagall, Monet et Picasso, et a exprimé son optimisme sur l'issue de ces pourparlers. "Plus ancien musée de Suisse, il avait été désigné en mai comme l'héritier de la collection de Cornelius Gurlitt", après son décès. 


M. Lauder a invité de nouveau l'Allemagne "à plus s'investir dans la recherche des œuvres volées, notamment celles qui se trouvent toujours dans des musées", en légiférant. "L'idée que les choses vont trop lentement ne trompe malheureusement pas", a reconnu Mme Grütters, indiquant toutefois que l'Etat allemand avait triplé les crédits pour établir l'origine des œuvres. La législation doit changer en Allemagne, estime M. Lauder, c'est un point "très important. Les Américains pensent que les musées allemands se retranchent derrière (elle) car elle ne les contraint à rien". En novembre 2013, dans une entretien à l'AFP, il avait déjà enjoint l'Allemagne à restituer au plus vite les centaines d’œuvres d'art retrouvées chez Cornelius Gurlitt à leurs légitimes propriétaires".


Le 24 novembre 2014, le Musée des Beaux-arts de Berne a déclaré qu'il acceptait l'héritage de Cornelius Gurlitt, un « trésor » de "1620 gravures, dessins, aquarelles et une dizaine d'huiles découverts, dont 630 à la provenance régulièreet d'autres volées à des Juifs par les Nazis. La valeur de ce trésor ? Plusieurs millions d'euros. Environ 500 œuvres à l'origine litigieuse seront gardées en Allemagne dans l'attente d'informations sur leur origine. Christoph Schäublin, président du conseil de la Fondation du Musée des Beaux-Arts de la cité helvétique, a ajouté que "son institution allait coopérer avec les autorités allemandes pour restituer les œuvres volées ou extorquées aux propriétaires légitimes. S'il est avéré qu'un tableau ou un dessin provient de spoliations, il sera remis à un éventuel ayant droit. Mais si le groupe d'experts ne peut déterminer avec certitude qu'une œuvre a été volée, le Musée de Berne devra décider lui-même s'il veut prendre le risque de la récupérer ou pas". Il se conformera aux règles de la déclaration de Washington, "c'est-à-dire qu'il poursuivra au maximum ce travail d'identification des œuvres, de recherche en provenance et de restitution aux éventuels ayants droit". Monika Grütters, secrétaire d'État à la Culture, a annoncé que « l'Allemagne est déjà prête à restituer trois œuvres dont il a été prouvé qu'elles ont été dérobées à des juifs ». Parmi ces œuvres : Femme assise, tableau de Matisse volé au marchand d'art français, Paul Rosenberg, grand-père de la journaliste française Anne Sinclair.


Les autorités helvètes, l'ancien avocat de M. Gurlitt et l'antenne allemande de la Jewish Claim Conference ont salué cet accord.

"Cette décision s'accompagne en fait de la signature à Berlin d'une convention sur la gestion de cette succession. La ministre allemande de la Culture, Monika Grütters, le ministre de la Justice du Land de Bavière, Winfried Bausback, et moi-même assumons désormais conjointement le traitement des injustices", a déclaré Christoph Schäublin au Figaro (24 novembre 2014).

Les œuvres dont la provenance n'a pas pu été établie sont consultables "sur la base de données du site www.lostart.de et les éventuels réclamants - descendants de familles volées ou ayant vendu des biens en dessous de leur valeur alors qu'ils se trouvaient en détresse durant la Seconde Guerre mondiale - doivent se manifester auprès du chef du groupe d'experts, le Dr Ingeborg Berggreen-Merkel, Geschwister-Scholl-Str. 6 10117 Berlin, (tél.: 49 (0) 30 2061 487 10. office@taskforce-kunstfund.de)".

Uta Werner, cousine de Cornelius Gurlit âgée de 86 ans, a réclamé en justice l'héritage légué par cet octogénaire à ce musée.  Elle a décidé de faire valoir « ses droits sur l'héritage du collectionneur d'art Cornelius Gurlitt devant le tribunal des successions de Munich », selon l'agence de communication qui la représente.


Mme Werner considère "que le rapport d'un expert psychiatre, mandaté par elle-même et sa famille et rendu public cette semaine, est susceptible de remettre en cause la validité du testament au profit du musée de Berne car, au moment de sa rédaction, M. Gurlitt aurait souffert « d'obsessions paranoïaques ». Elle avance "un risque juridique, qu'elle prétend lever grâce à la procédure qu'elle engage. Par ailleurs, la famille s'engage, en cas de succès de sa démarche, à la « restitution sans conditions » aux ayants droit, des œuvres dont il serait démontré qu'elles sont issues de spoliations".



Le 24 mars 2015, Monika Grütters, ministre allemande de la Culture, a signé avec les ayants-droit du galeriste français Juif Paul Rosenberg, un accord permettant de leur restituer La Femme assise, de Matisse, peinture dérobée en 1940 à ce galeriste. « L'accord doit encore être approuvé par un tribunal des successions avant qu'une date ne soit fixée pour la restitution du tableau », a déclaré l'avocat des ayants-droit.

En mai 2015, ce tableau de Matisse a été restitué aux ayants-droit du galeriste Paul Rosenberg, dont la journaliste française Anne Sinclair.


Le 10 décembre 2015, à 23 h 35, France 3 diffusa Les marchands d'Hitler, documentaire de Stéphane Bentura, et dont le texte est lu par Stéphane Freiss. "En mai 2014, un vieux collectionneur est enterré dans le plus grand secret à Düsseldorf : Cornelius Gurlitt, l'ermite aux 1500 toiles du trésor nazi. C'est par cette scène que démarre le documentaire de Stéphane Bentura : sur cette collection secrète, retrouvée par hasard dans l'appartement de Cornelius Gurlitt en plein Munich, 70 ans après la guerre.  Ce trésor maudit, Cornelius le tenait de son père, Hildebrand Gurlitt. Il est la preuve que Gurlitt père, mort en 1956 en notable honorable, était un des plus grands profiteurs de guerre du régime nazi.  Pourvoyeur du musée d'Hitler et spoliateur de juifs, la vie d'Hildebrand Gurlitt nous entraîne, de Dresde à Berlin avant la guerre, en passant par Paris pendant l'Occupation allemande, dans les coulisses des spoliations et de la collaboration du marché de l'art français.  Pourtant en 1945, Hildebrand Gurlitt a failli être démasqué : capturé par les "Monuments Men", l'unité américaine chargée des pillages, Gurlitt joua une admirable partie de poker menteur et s'en sort. Son fils Cornelius vivra caché avec ce trésor, et poursuivra le sale commerce de son père. A travers le roman noir des Gurlitt, c'est une facette méconnue du nazisme, et de la collaboration dans le marché de l'art à Paris, que ce film nous fait découvrir. En novembre 2013, la découverte d'une collection de tableaux à Munich stupéfie le monde : par quel miracle, le vieux collectionneur Cornelius Gurlitt a-t-il réussi à occulter derrière les boîtes de conserves de son appartement, 1500 dessins, peintures et toiles de maîtres acquis en grande partie sous le IIIème Reich par son père Hildebrand Gurlitt, marchand d'art d'Hitler ? Dans son documentaire, le réalisateur Stephane Bentura nous entraîne sur les traces des marchands d'Hitler, ces érudits qui ont pactisé avec les Nazis. Dans les années 1930, Hildebrand Gurlitt aurait pu faire partie des victimes : d'origine juif, il est spécialiste de l'art moderne que les Nazis détestent. Cela ne l'empêche ni d'acheter chez des Juifs en détresse, ni de profiter de ses accointances avec les nazis pour s'enrichir. Le parcours de Gurlitt nous fait revivre la folie totalitaire haineuse de Goebbels et Hitler, qui ont déclaré la guerre à l'art moderne "dégénéré" des peintres juifs, communistes, russes". Les 13 octobre 2017 à 0 h 05, 19 octobre à 18 h 58, 21 octobre à 16 h 04, 23 octobre à 12 h 57, 25 octobre à 8 h 28, 27 octobre 2017 à 8 h 05, 10 février à 23 h 28, 11 et 12 février à 6 h 19, 16 février 2017 à 19 h 43, Toute l'Histoire a diffusé ce documentaire.

En 2016, les 13, 19 et 23 avril 2017, Histoire diffusa A la recherche de l'art perdu. Le marchand d'art d'Hitler, documentaire de Cal Saville. "Cette série revient sur l’histoire passionnante et étonnante de la disparition des plus grandes œuvres d’art. Certaines ont été retrouvées, mais d’autres manquent encore à l’appel. Ce premier épisode s'intéresse à la plus grande collection de biens spoliés de tous les temps. Mars 2012, à Münich, la police fait une descente au domicile du collectionneur allemand Cornelius Gurrlit. Cela remet sur le devant de la scène une affaire oubliée pendant soixante ans, impliquant le trésor de guerre des nazis, l'Art dégénéré et la collection privée d'Hitler. Menant une vie de reclus, Cornelius Gurlitt conservait un millier d’œuvres signées de peintres de renom comme Matisse, Chagall, Degas, Picasso... dont certaines n'ont jamais été vues. Quand elle est révélée par un magazine allemand, l'affaire frappe le monde entier. Qui est donc Cornelius Gurlitt ? Comment a-t-il réussi à passer inaperçu pendant si longtemps ? D'où viennent toutes ces œuvres d'art ? Pour répondre à ces questions, nous remontons aux années 30 dans l'est de l'Allemagne, dans la ville natale du père de Cornelius, l'historien et marchand d’art Hildebrand Gurlitt. Ce dernier officiait au service de différents musées allemands et cotôyait les artistes allemand d'avant-garde et les expressionnistes contemporains. A l'arrivée des nazis au pouvoir, il devint rapidement un des plus grands marchands d'art à la solde du régime et un acteur clé dans la lutte contre l'Art dégénéré..."

"La collection Gurlitt - Etat des lieux « L’art dégénéré » – confisqué et vendu"
"Sous le titre général Collection Gurlitt, état des lieux, le Kunstmuseum Bern et la Bundeskunsthalle de Bonn ont montré pour la première fois une sélection d’oeuvres de la succession de Cornelius Gurlitt dans deux expositions conjointes qui ont eu lieu à la même période. Les œuvres que le marchand d’art Hildebrand Gurlitt, père de Cornelius Gurlitt, avait acquises dans les années 1930 et 1940 y sont présentées dans leur contexte historique. Cette double exposition reflète l’état actuel de la recherche sur la découverte de l'ensemble Gurlitt".

Le Kunstmuseum Bern présenta sous le titre « Collection Gurlitt, état des lieux. « L'art dégénéré » – confisqué et vendu » près de "160 œuvres dont la plupart furent saisies dans les musées allemands en tant qu’« art dégénéré ». Il s’agit principalement de travaux sur papier, parmi lesquels des oeuvres exceptionnelles, expressionnistes, constructivistes et de la nouvelle objectivité. L’exposition s’intéresse également aux circonstances politiques qui conduisirent au dénigrement de l’art moderne, qualifié d’art « dégénéré », et à sa destruction et mise en vente".

Dans l'exposition  "Bestandsaufnahme Gurlitt - Der NS-Kunstraub und die Folgen" (Collection Gurlitt, état des lieux. Les spoliations nazies et leurs conséquences), la Bundeskunsthalle de Bonn se concentrait sur les œuvres « spoliées » dans le cadre des persécutions nazies et dont l’origine n’a pas encore pu être établie avec certitude". L’exposition de Bonn Les spoliations d’œuvres d'art sous le IIIe Reich et leurs suites sera présentée au Kunstmuseum Bern du 19 avril au 15 juillet 2018, puis à Berlin, au Martin-Gropius-Bau, à l’automne 2018.



Du 3 novembre 2017 au 11 mars 2018 
A la Bundeskunsthalle de Bonn 
Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland GmbH
Museumsmeile Bonn
Friedrich-Ebert-Allee 4
53113 Bonn
T +49 228 9171–200
Mardi et mercredi de 10 h à 21 h. Jeudi à dimanche de 10 h à 1 9h

Du 2 novembre 2017 au 4 mars 2018
Au KUNSTMUSEUM BERN
Hodlerstrasse 8–12 
3011 Bern
Tel. :  +41 31 328 09 44
Mardi 10 h – 21 h. Mercredi - Dimanche 10 h – 17h 

Sur Histoire les 5 février à 15h40, 7 février À 11h55, 11 février à 15h35, 17 février à 15h45, 19 février à 23h10, 23 février à 15h40, 29 février 2016 à 15h35

Monsieur Gurlitt et le secret du trésor nazi” (Der seltsame Herr Gurlitt), de Maurice Philip Remy
ZDF, 2014, 51 min
Diffusion le 19 mars 2014 à 22 h 25

© DR 
                   
Les Marchands d'Hitler de Stephane Bentura 
Sur Toute l'Histoire les 10 février à 23 h 28, 11 et 12 février à 6 h 19, 16 février 2017 à 19 h 43, 24 août 2019 à 14 h 04, 25 août 2019 à 17 h 21.
Sur France 3 les 19 octobre 2018 à 0 h 40 et 26 octobre 2018 à 0 h 30

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse.
Publié le 19 mars 2014, cet article a été modifié le 17 mai 2015.
Il a été republié les :
- 22 juin, 15 octobre et 26 novembre 2014. Histoire a diffusé Le marchand d'art d'Hitler : "cette série revient sur l'histoire passionnante et étonnante de la disparition des plus grandes œuvres d'art. Certaines ont été retrouvées, mais d'autres manquent encore à l'appel. Ce premier épisode s'intéresse à la plus grande collection de biens spoliés de tous les temps. Mars 2012, à Münich, la police fait une descente au domicile du collectionneur allemand Cornelius Gurrlit. Cela remet sur le devant de la scène une affaire oubliée pendant soixante ans, impliquant le trésor de guerre des nazis, l'Art dégénéré et la collection privée d'Hitler. Menant une vie de reclus, Cornelius Gurlitt conservait un millier d'œuvres signées de peintres de renom comme Matisse, Chagall, Degas, Picasso... dont certaines n'ont jamais été vues. Quand elle est révélée par un magazine allemand, l'affaire frappe le monde entier. Qui est donc Cornelius Gurlitt ? Comment a-t-il réussi à passer inaperçu pendant si longtemps ? D'où viennent toutes ces oeuvres d'art ? Pour répondre à ces questions, nous remontons aux... "
- 26 mars, 19 mai et 9 décembre 2015, 5 février 2016, 14 avril et 20 octobre 2017, 8 février et 19 octobre 2018.