Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

samedi 20 octobre 2018

Au temps de Klimt - La Sécession à Vienne


La Pinacothèque de Paris a présenté l’exposition Au Temps de Klimt - La Sécession à Vienne. Près de 200 œuvres – huiles sur toile, bronzes, dessins, aquarelles, photographies, céramiques -, dont certaines présentées pour la première fois au public ou provenant du Belvédère, évoquent la Sécession viennoise (Sezessionsstil ou Wiener Secession) de 1892 à 1906, courant autrichien de l’Art nouveau, dont l’un plus illustres représentants est Klimt (1862-1918). Arte diffusera le 21 octobre 2018 "Egon Schiele", par Herbert Eisenschenk. 


La Sécession  (Sezessionsstil) est la déclinaison viennoise de l’Art nouveau à la charnière des XIXe et XXe siècle, comme le Jugendstil est l’Art nouveau en Allemagne. Dans cette Sezessionsstil, Gustav Klimt y joua un rôle déterminant « par son exubérance et son talent – de ses débuts précoces à l’opulence décorative de ses œuvres de la maturité dans une abondance du recours à l’or », sous l’influence de l’art byzantin. Fondée en 1897 par Klimt (1862-1918), Schiele et Moser, la Sécession est liée aux arts décoratifs, et rompt avec la peinture traditionnelle.

La Sécession prélude un des courants majeurs de l’art moderne, l’expressionnisme , présenté à la Pinacothèque lors de l’exposition « Expressionismus & Expressionismi » - Berlin-Munich 1905-1920. Der Blaue Reiter vs Brüche (2011).

L’exposition Au Temps de Klimt. La Sécession à Vienne  est centrée sur des œuvres majeures de Gustav Klimt, « de ses premières années d’études jusqu’aux chefs-d’œuvre de son âge d’or ». Elle présente « deux œuvres majeures de l’artiste, la Judith I (1901) et la reconstitution de la Frise Beethoven, qui ne pourront plus être exposées hors d’Autriche pour la prochaine décennie. La superbe Étude de femme sur un fond rouge de Gustav Klimt est pour la première fois présentée au public ». Le musée évoque la famille Klimt, en particulier ses frères Ernst et Georg, artistes, avec lesquels Gustav a souvent travaillé.

Le musée s’attache aussi aux débuts de la Sécession, aux relations avec Paris et « aux suggestions artistiques venues de France, qui rapprochèrent des artistes comme Carl Schuch, Tina Blau, Théodor Hörmann, Josef Engelhart et Max Kurzweil ».

Il réunit « des chefs-d’œuvre de la Sécession, de l’avant-garde autrichienne et avec les premières œuvres d’Egon Schiele et d’Oskar Kokoschka ».

L’exposition s’achève avec « la floraison des arts appliqués et des métiers d’art à Vienne : des pièces de mobilier, fruit d’une antique et raffinée tradition artisanale, aux bijoux précieux et au travail de la céramique. Ces objets sont accompagnés d’une riche documentation historique, qui témoigne des débuts et de l’évolution de grands artistes et architectes de cette époque tels Adolf Loos et Josef Hoffmann, notamment au sein de l’Atelier viennois ».

Empire austro-hongrois
Le 3 juillet 1866, le royaume de Prusse vainc l’empire autrichien lors de la bataille de Sadowa ou bataille de Königgrätz. La dynastie des Habsbourg élabore un compromis avec les Hongrois pour maintenir l’unité d’un empire aux nombreuses nationalités.

Le 8 février 1867, à l’empire autrichien dirigé depuis 1848 par l’empereur François-Joseph 1er succède une double monarchie austro-hongroise.

« Véritable « mosaïque de peuples », le nouvel empire fait en effet cohabiter en son sein des populations d’origines, de religions, de cultures et de langues différentes, agitées depuis le printemps 1848 par des revendications nationales concernant les Allemands, les Hongrois, les Tchèques, mais aussi des Polonais, des Slovaques, des Ruthènes, des Croates, des Slovènes, des Serbes, des Roumains et des Italiens ». 

Par ses dimensions, l’empire austro-hongrois s’avère « le deuxième plus grand pays derrière la Russie et le troisième en terme de population (derrière la Russie et l’Empire allemand) ».

Cet « empire multi-ethnique et multi-religieux se compose alors de deux royaumes distincts, l’empire d’Autriche (Cisleithanie) et le royaume de Hongrie (Transleithanie), dotés chacun d’une capitale (Vienne et Budapest) où siègent un parlement et un gouvernement pour la gestion des affaires intérieures. L’unité du nouvel ensemble était garantie par la personne de l’empereur-roi François-Joseph, assisté dans sa tâche par des ministères communs pour les Affaires étrangères, la Défense et les Finances, installés à Vienne ».

Le « compromis austro-hongrois, s’il satisfait les revendications hongroises, mécontente cependant les autres peuples de l’empire soumis à la domination des Allemands et des Magyars. En Autriche la résistance est forte chez les Tchèques de Bohême, provoquant du même coup chez les Allemands une réaction pangermaniste à caractère racial qui trouvera ses premières expressions politiques dans le parti national allemand de Schönerer (1891) et influencera la pensée du jeune Hitler. Dans la partie de l’empire dominée par les Hongrois, la politique de « magyarisation » à outrance pratiquée par le gouvernement de Budapest suscite l’opposition des Slovaques, qui se rapprochent des Tchèques, et celle des Slaves du Sud (Croates, Slovènes, Bosniaques) attirés par le petit royaume slave de Serbie. L’occupation de la Bosnie-Herzégovine en 1878, annexée en 1908, n’a fait par ailleurs qu’attiser un peu plus les tensions ». 

La vie politique se structure autour des « partis traditionnels des années 1880 (Libéraux et Conservateurs), et dans les années 1890 des partis nationaux et de nouvelles formations politiques de masse nées de la croissance du monde ouvrier et de la petite bourgeoisie : le parti social-démocrate représentant le prolétariat ouvrier et le parti chrétien social de Karl Lüger rassemblant autour d’un programme antisémite. Tous ceux qui étaient effrayés par la révolution industrielle ».

La « minorité juive (10% de la population) essentiellement urbaine » participe activement à l’expansion économique, « au rayonnement culturel de la monarchie danubienne en cette fin de siècle » et au statut de Vienne comme « un des centres de la modernité européenne avec Paris, Berlin et Bruxelles ».

La « Hongrie, en revanche, reste aux mains d’une aristocratie magyare qui entend conserver le monopole du pouvoir et s’oppose à tout élargissement de celui-ci au profit des minorités ou des ouvriers, n’hésitant pas à faire avorter les tentatives de réformes initiées par l’empereur », écrit Marc Restellini.

Vienne, capitale culturelle
Admirateur d'Édouard Drumont, maire de Vienne (1897-1910), Karl Lüger instrumentalise l’antisémitisme à des fins démagogiques, électoralistes.

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Vienne rivalise avec Paris comme « métropole culturelle européenne », et rayonne dans la Mitteleuropa « grâce à une croissance démographique vertigineuse. Capitale d’un empire qui comptait alors plus de 50 millions de sujets et regroupait plus de quinze nations, dirigé par l’empereur François-Joseph, Vienne est un centre culturel regroupant une mosaïque de langues et de traditions diverses ». 

Dans le cadre d’une prospérité économique, « cohabitent une aristocratie encore importante, ancrée dans l’académisme, et une bourgeoisie détachée de l’action politique, qui cherche à s’évader de la réalité dans l’art ».

« La musique, le théâtre et l’art occupent comme nulle part ailleurs une place prépondérante dans la société, et de généreux mécènes permettent aux artistes de réaliser leurs idées audacieuses, comme la fondation de la Sécession viennoise et des Wiener Werkstätte (Ateliers viennois), écrit Agnès Husslein-Arco.

Dans ce terreau culturel, s’épanouissent les idées symbolistes venant de France et de Belgique. Les artistes s’inspirent des « mystères de l’esprit » révélés par Sigmund Freud qui fonde la psychanalyse, et explorent « les thèmes des émotions et des rêves. À la suite des Préraphaélites, eux-mêmes inspirés par la musique de Richard Wagner et la philosophie de Friedrich Nietzsche, les artistes redécouvrent la mystique du Moyen Âge et la mythologie de l’Antiquité comme moyen d’exprimer les intuitions, sentiments et émotions obscures, insaisissables sur le plan rationnel. Ainsi, des thèmes comme la femme fatale ou la femme fragile vont-ils incarner l’exploration artistique des mystères inhérents à la nature féminine. Les tensions sexuelles réprimées par les conventions sociales rigides sont sublimées sur le plan artistique, dévoilées par leur expression symbolique... Le portrait, étude de l’expression des états psychologiques, devient ainsi l’un des genres majeurs de l’art viennois aux alentours des années 1900. Les Symbolistes, pour qui le visage humain est un sujet idéal d’expérimentation, deviennent les pionniers de l’expressionnisme », analyse Agnès Jusslein-Arco.

Parmi ces Juifs viennois aisés figurent les Bloch-Bauer, mécènes d’artistes dont Klimt qui peint d'Adèle Bloch-Bauer en 1907, puis 1912. L’un de ces portraits sera l’objet d’un long contentieux entre Maria Altmann, héritière des Bloch-Bauer, et l’Autriche qui avait spolié sa famille après l’Anschluss .

Klimt
Gustav Klimt nait en 1862. Son père est un orfèvre viennois, habile ciseleur de métaux précieux.

Agé de 16 ans, Gustav Klimt étudie à l’École des arts et métiers de Vienne et collabore avec le peintre d’histoire Hans Makart, qui répond à des commandes. 

En 1880, avec son frère Ernst et son condisciple Franz Match, il « ouvre un atelier de décors de théâtre et de peinture murale. La construction sur le Ring viennois de nombreux palais entraîne d’importantes commandes dont ils bénéficient, tel le Burgtheater de Vienne (1886-1888) ». Ils réalisent aussi « quarante petits médaillons décorant les escaliers des bâtiments du Kunsthistorisches Museum de Vienne, retraçant l’histoire de l’art depuis l’Égypte antique jusqu’au XVIe siècle ». Dans un style académique, Klimt en crée onze.

Conçue pour décorer les murs du Grand Hall de l’université de Vienne, son œuvre Philosophie, Médecine et Jurisprudence, suscite « hostilité et incompréhension. Il est accusé par la presse et les institutions universitaires de « pornographie » et de pervertir les jeunes esprits ». Ses peintures gigantesques sont censurées et le ministre de l’Éducation est contraint de quitter son poste. En 1945, les Nazis détruisent ces œuvres, au château d’Immendorf.

Klimt se distancie « des peintres officiels et de l’académisme, où les conservateurs majoritaires entravent toute nouveauté et contrôlent le marché de l’art ».

Avec une vingtaine d’artistes viennois, il crée en 1897 la Vereinigung Bildender Künstler Österreichs Secession, ou Sécession, dont les buts sont indiqués dans une revue, Ver Sacrum, « printemps sacré », et un lieu d’exposition, le Palais de la Sécession, réalisé par Joseph-Maria Olbrich et inauguré en 1897. Sur son fronton, figure la devise de la Sécession : « À chaque Époque son Art. À l’Art sa Liberté ».

La Sécession ? Le critique Hermann Bahr la résume dans le premier numéro de Ver Sacrum : « Notre art n’est pas un combat des artistes modernes contre les anciens, mais la promotion des arts contre les colporteurs qui se font passer pour des artistes et qui ont un intérêt commercial à ne pas laisser l’art s’épanouir. Le commerce ou l’art, tel est l’enjeu de notre Sécession. Il ne s’agit pas d’un débat esthétique, mais d’une confrontation entre deux états d’esprit. »

Ces jeunes artistes d’avant-garde sont séduits par l’esprit du Gesamtkunstwerk, « Œuvre d’art totale », défini par l’auteur romantique allemand Otto Runge et développé par le compositeur et chef d’orchestre Richard Wagner.

En 1902, lors de sa 14e exposition, la Sécession viennoise rend « hommage à Beethoven. Au centre du pavillon de la Sécession, autour d’une sculpture polychrome représentant le compositeur et réalisée par Max Klinger, Klimt réalise son interprétation de la Neuvième Symphonie, qu’il nomme Frise Beethoven. Il semble convaincu que le but suprême de la peinture est précisément de s’intégrer à la perfection dans un cadre architectural ».

En 1903, Josef Hoffmann, Koloman Moser et l’industriel Fritz Waerndorfer, qui souhaitent associer « les beaux arts aux arts décoratifs afin de créer une forme d’art total accessible au plus grand nombre, fondent les Wiener Werkstätte, « Ateliers viennois », où les arts appliqués trouveront un nouveau souffle ».

« Dans un étrange et exclusif culte de la femme, héritier des recherches symbolistes, Klimt dresse un constat sans concession du rapport ambigu unissant le masculin et le féminin : ses femmes fatales et fragiles révèlent également l’angoisse de la mort et la prise en compte des recherches psychanalytiques de Freud. Représentées en partie comme des objets sexuels et en partie comme des êtres suprêmes, les femmes de Klimt, à la fois soumises et à l’identité affirmée, présentent un lien ambigu avec la Modernité », observe Marc Restellini.

Dans Judith, sa « peinture développe des réseaux de formes géométriques entremêlées ainsi que des mosaïques aux motifs ornementaux abstraits rehaussées d’applications de feuilles d’or et d’argent, qui cherchent à reproduire les effets de la joaillerie. Klimt applique avec intransigeance la bidimensionnalité, caractéristique de ses chefs-d’œuvre ».

En 1905, le groupe artistique viennois se divise entre « artistes naturalistes, qui rejettent l’idée d’œuvre d’art total, et des artistes comme Klimt, Moser et Hoffmann ».

Klimt quitte la Sécession viennoise et co-fonde l’Association des artistes autrichiens. 

Célèbre, il parcourt l’Europe. Il peint des portraits féminins, « qui sont pour lui l’occasion de réaffirmer le concept de la « femme fleur », ainsi que des paysages au lyrisme affirmé ». 

Egon Schiele et Oskar Kokoschka, « disciples directs de Klimt, s’approprieront et exacerberont ses interrogations, annonçant la naissance de l’expressionnisme », analyse Marc Restellini. 

Judith, de Klimt (1901)
Le thème de Judith provient du livre apocryphe » et éponyme de la Bible hébraïque : « alors que des troupes assyriennes assiègent Béthulie, ville juive sur la frontière, et que la situation devient critique, Judith, jeune veuve très pieuse, pénètre désarmée dans le campement d’Holopherne, qui est séduit par sa beauté, et elle le décapite avec son épée. Le livre biblique décrit Judith, fille de Mérari de Béthulie, comme l’incarnation du courage et de la fermeté. Malgré le contexte sanglant de la décapitation du commandant de l’armée babylonienne, la « belle figure » et l’« aspect charmant » de Judith offrent aux artistes, à partir de la fin du Moyen Âge, un matériel iconographique tout à fait intrigant. Son mari, Manassé, lui ayant laissé de grandes richesses, elle est généralement représentée, en plus de sa beauté, vêtue de façon somptueuse et parée de bijoux », rappelle Alfred Weidinger.

La Judith de Gustav Klimt est montrée pour la première fois en 1901, lors de la dixième exposition de la Sécession viennoise. Cette œuvre est acquise par l’artiste Ferdinand Hodler.

Le cadre en bois « décoré avec des appliques en cuivre repoussé et doré », sur lequel est inscrit Judith und Holofernes (« Judith et Holopherne »), est réalisé par Georg Klimt sur un projet de son frère Gustav.

« Dans la peinture allemande et autrichienne du XIXe siècle, l’acte héroïque de Judith gagna une popularité nouvelle après le drame homonyme que lui consacra Friedrich Hebbel en 1839-1840... Hebbel transforma ainsi la Judith biblique en une femme fatale, impulsive et imprévisible ».

Gustav Klimt a étudié avec attention l’histoire de Judith.

Il « renonça totalement aux attributs traditionnels de cette héroïne (l’épée, la servante qui l’accompagne, etc.) et poussa presque à l’extérieur du cadre la sombre tête coupée d’Holopherne. Cet effacement quasi total de la présence physique du général babylonien ne se retrouve que dans la composition homonyme de Goya, appartenant au groupe dit des « peintures noires ». Peut-être Klimt était-il de l’avis de Friedrich Hebbel qui, dans la préface à la première édition de son drame, écrivit que le fait qu’« à cette époque une femme rusée puisse décapiter un héros » le laissait « indifférent ». La tonalité décadente du portrait – qui est moins celui d’une libératrice que d’une odalisque altière et sensuelle – confirme l’idée que Klimt entendait bien représenter en réalité une femme fatale ».

Il a emprunté les traits physionomiques de Judith à ceux de la soprano Anna von Mildenburg, célèbre interprète wagnérienne, amante de Gustav Mahler et, à partir de 1901, Kammersängerin, « Chanteuse de chambre », impériale-royale au Hofoper de Vienne.

Il a représenté son visage en une légère contre-plongée valorisante. La « tête un peu levée vers le haut, les paupières entrouvertes et le regard oscillant entre paresse et lascivité »… Judith « s’impose comme une figure de séductrice. L’aura de sensualité de Judith est alimentée par le contraste entre la somptueuse décoration dorée et la peau nue. Le collier, resplendissant d’or et de pierres colorées, sépare la tête de Judith du reste du corps ».

L’étude au crayon révèle « l’importance que Klimt accorda dès le départ à l’accentuation des lèvres de Judith et aux détails de son nombril. À la différence du tableau, l’étude montre une tête légèrement tournée vers le côté, un avant-bras rehaussé d’un bracelet et, surtout, une poitrine entièrement couverte par une robe de mousseline. Dans la version finale, en revanche, le sein nu de la figure apparaît comme un motif volontairement inséré par l’artiste dans l’œuvre, qui influence de façon décisive sa perception. Le dessin sous-jacent – que fait apparaître la photographie à infrarouge – atteste de l’intention originelle de Klimt de cacher la poitrine nue avec la main droite de la femme, dont le bras montait alors plus haut ».

Après un intermède sous le Classicisme, les artistes prisent la représentation du nu féminin. Les « représentations de déesses mythologiques, nymphes, personnages de l’Ancien Testament et même de martyres peu ou pas vêtus furent de plus en plus à la mode. Mais, tandis que certains s’appuient sur l’intérêt de leurs contemporains pour l’héritage de l’Antiquité et sa renaissance pour justifier leurs nus, d’autres allèrent au-delà de cette approche archéologique et cherchèrent plutôt à imiter l’esprit de l’idéal antique perdu ».

À la fin du XIXe siècle, par prudence, pour éviter une condamnation pour immoralité, les artistes illustrent des thèmes classiques et mythologiques. « Selon les conventions des destinataires, le degré de nu correspondait à la marge de liberté que prenait l’artiste en s’appuyant sur l’exégèse des écritures traditionnelles et leurs diverses traductions ».

ADDENDUM
Le 13 septembre 2015, Arte diffusa Mystérieusement Klimt, documentaire de Herbert Eisenschenk : "Cofondateur de la Sécession – un mouvement d'Art nouveau viennois –, le peintre Gustav Klimt (1862-1918) fut, comme tant d’autres grands artistes de son temps, victime d’un sort typiquement autrichien. Après le dénigrement de son œuvre, les railleries et les attaques personnelles, il fallut attendre près d’un demi-siècle après sa mort pour que l'on reconnaisse en lui bien plus qu’un simple décorateur. Considéré de son vivant comme un être introverti fuyant toute publicité, Gustav Klimt a eu droit à tous les qualificatifs : révolutionnaire, scandaleux, pionnier de la peinture moderne, pornographe contraint, chouchou des grandes bourgeoises de Vienne… Aujourd'hui, il appartient au cénacle des peintres les plus chers de tous les temps. Ce portrait sensible nous ouvre les portes d'un univers mystérieux, que Klimt ne voulait rendre accessible au public qu’à travers son art. C'est dans la Vienne fin de siècle, centre névralgique d’un empire sur le déclin, ville de Sigmund Freud, de Gustav Mahler et d’Arthur Schnitzler, que l'œuvre de Klimt a vu le jour. Respectant le voile opaque qui recouvre la vie personnelle du peintre, ce documentaire fait la part belle à quelques-unes de ses œuvres. La peinture de Gustav Klimt sur la voûte du Burgtheater et les surfaces peintes entre les colonnes du musée des Beaux-arts de Vienne, dont les détails sont habituellement invisibles, s’offrent pour la première fois de près à nos regards. Les dessins de nus de l'artiste permettent une autre approche de son univers intérieur. Alfred Weidinger, Tobias G. Natter et Marian Bisanz-Prakken, trois experts internationaux de Klimt, nous livrent un portrait très personnel du maître, alors que dans des scènes d’atelier, le peintre viennois Friedrich Despalmes se glisse dans la peau de son grand prédécesseur".

"Pour célébrer le centenaire de la mort" du peintre et illustrateur Egon Schiele, la capitale de l'Autriche, Vienne, a consacré une grande rétrospective à l'artiste autrichien en février 2018 au Leopold Museum. En novembre 2017, la campagne de publicité par affiches annonçant cet événement artistique dans plusieurs villes européennes a été considérée trop « osée » par Londres, Cologne ou Hambourg notamment.
Intitulée « Egon Schiele, expression et lyrisme », cette exposition permettra aux visiteurs de découvrir des études d'Egon Schiele sur "cette nudité si particulière et carnassière qui valut au peintre, en son temps, une réputation orageuse. Egon Schiele fut emprisonné en 1912 pour outrage à la morale publique. Choisies pour servir d'images aux affiches de l'exposition viennoise, les toiles Homme assis nu (1910) et Fille aux bas oranges (1914) ont provoqué l'ire et la réprobation en Angleterre comme en Allemagne. Citée par le New York Times, la porte-parole de l'office du tourisme de Vienne, Helena Hartlauer, a déclaré en effet que la régie des transports londoniens a refusé de placarder les affiches fournies dans un premier temps. Pour motiver sa décision, elle a évoqué sa gêne de voir des parties génitales devenir visibles aux yeux de tous ses usagers. Et proposé une alternative: flouter les sexes. Ce à quoi Vienne a répondu par la négative."
Une "pudibonderie qui n'est pas sans faire penser aux pratiques de Facebook qui a censuré il y a peu de temps L'Origine du monde de Gustave Courbet au prétexte que le réseau social ne tolère aucune nudité, même s'il s'agit d'une toile de maître".
L'office du tourisme de Vienne a adressé des affiches modifiées : les corps "peints par Egon Schiele sont barrés au niveau de leurs organes génitaux d'une bannière sur laquelle on peut lire : « Désolé, cent ans mais toujours aussi scandaleux aujourd'hui ». Nos confrères de L'Evening Standard ont même fait leur une avec cette affiche censurée. Sans faire le moindre commentaire".
« Nous nous demandions si le modernisme viennois était plus supportable aujourd'hui qu'hier ? », s'interrogeait Helena Hartlauer. "Les rues, les abribus et les stations de métro de Cologne, Hambourg et Londres arborent maintenant les nouvelles affiches. Le scandale suscité par cette affaire est une publicité inattendue pour le musée Léopold. Profitant de cette occasion pour mettre en avant le centenaire Schiele programmé en 2018, les responsables de l'événement ont incité sur Twitter les internautes à photographier les affiches controversées et à les signaler sous le mot-dièse #DerKunstihreFreiheit («liberté de l'art»)."

Arte diffusera le 21 octobre 2018 "Egon Schiele", par Herbert Eisenschenk. Ce documentaire revisite la vie du peintre Egon Schiele (1890-1918). "Emporté par la grippe espagnole en 1918, Egon Schiele eut une vie tourmentée. Sorti révolté et sans diplôme en 1909 de l'Académie des beaux-arts de Vienne, dont il avait, trois ans plus tôt, réussi brillamment le concours, le jeune peintre s'émancipe en fondant la Neukunstgruppe, un "groupe pour le nouvel art" qui annonce l'expressionnisme. Doté d'un sens aigu de l'observation et d'une maîtrise parfaite du dessin des corps, surtout féminins, il bouscule les conventions en tordant les silhouettes et les visages de ses modèles. Jugé dérangeant, voire obscène, par ses contemporains, son travail, considéré aujourd'hui comme l'une des œuvres majeures de la Sécession viennoise, ne sera tiré de l'oubli que dans les années 1950, grâce au collectionneur Rudolf Leopold."

"À l'occasion de l'exposition que lui consacre la Fondation Louis Vuitton, ce documentaire se penche sur l'œuvre d'Egon Schiele au travers de ses relations avec ses proches, de ses rencontres amicales et amoureuses, et de ses découvertes artistiques (dont celle de Rimbaud). Arpentant les lieux où vécut le peintre, de Tulln an der Donau, où il naquit en 1890, à la capitale autrichienne où son atelier jouxtait celui de Klimt, en passant par la prison tchèque de Cesky Krumlov, où il fut brièvement incarcéré en 1912 pour "diffusion de dessins offensant la pudeur", des historiens de l'art, comme Jean Clair, et des spécialistes éclairent ses toiles et ses dessins à l'aune des événements méconnus de sa fulgurante existence."


"Egon Schiele" par Herbert Eisenschenk
Allemagne, 2017, 55 min
Sur Arte le 21 octobre 2018 à 17 h 30
  
Jusqu’au 21 juin 2015
8, rue Vignon. 75009 Paris
Tél : 01 44 56 88 80

Visuels 
Affiche
Gustav Klimt • Judith I
1901 • Huile sur toile
84 x 42 cm
© Belvédère, Vienne

Gustav Klimt
Femme près de la cheminée
1897/1898
Huile sur toile • 41 x 66 cm

Gustav Klimt
Feux follets
1903 • Huile sur toile • 52 x 60 cm
Collection privée européenne, Londres
© Alfred Weidinger

Theodor von Hörmann
Vue de Paris
1890
Huile sur toile, 46x81 cm
© Belvédère, Vienne

Josef Hoffmann (conception) Broche, modèle n° G 368
1905 • Argent, corail, lapis-lazuli, malachite et pierre de lune • 4,6 x 4,6 cm
© Galerie bei der Albertina – Zetter, Vienne

Adolf Loos
Fauteuil incliné « Knieschwimmer »
c. 1906
Appartement-galerie Adolf Loos, Prague

Josef Hoffmann (conception)
Broche, modèle n° G 367
1905 • Argent, or, corail, lapis-lazuli et pierre de lune • 5 x 5,1 cm
© Galerie bei der Albertina – Zetter, Vienne

Carl Moll
L’Heldenplatz avec des lilas
c. 1900/1905
Huile sur toile, 60x60 cm
© Belvédère, Vienne

Josef Engelhart
Au Restaurant du jardin
c. 1893 • Huile sur bois
28 x 26 cm
© Belvédère, Vienne

Tina Blau
Vue des Tuileries - Jour gris
1883
Huile sur bois, 18 x 27 cm
© Belvédère, Vienne

Adolf Loos
Table « Trompe d’éléphant » de la salle de musique de l’appartement du Dr. Valentin Rosenfeld,
c. 1912
Acajou, laiton et marbre
Appartement-galerie Adolf Loos, Prague

Ernst Klimt
Pan consolant Psyché (projet)
c. 1892
Huile sur bois, 38 x 26 cm
Collection privée

Gustav Klimt
Étude de tête féminine sur fond rouge
1897-1898 Huile sur toile,
30 x 19,5 cm
Klimt-Foundation, Vienne

Gerhard Stocker
Maquette du Palais de la Sécession durant l’exposition Beethoven de 1902
2011 • Lindenholz, 44 x 100 x 130 cm
© Belvedere, Vienna

Koloman Moser
Forêt de pins en hiver
c. 1907 • Huile sur toile 55,5 × 45,5 cm
© Belvédère, Vienne

Gustav Klimt
Tête de jeune fille de face
c. 1898 • Huile sur carton
38 x 34 cm • Prêt permanent d’une collection privée
© Belvédère, Vienne

Josef Hoffmann
Relief de dessus de porte (modèle)
1902 • Bois tendre peint en blanc,
100 x 96 x 16 cm
© Belvédère, Vienne

Gustav Klimt • Judith I
1901 • Huile sur toile
84 x 42 cm
© Belvédère, Vienne

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse.
Cet article a été publié le 20 juin 2015, puis le 11 septembre 2015.

L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse


L'Iraq constituait une mosaïque ethnico-religieuse réunissant juifs, chrétiens, musulmans, yézidis, Arabes, etc. Jouissant d'une implantation pluri-millénaire, la communauté juive irakienne y était prospère lors de la première moitié du XXe siècle. Éprouvée par le farhud, pogrom lors de la fête de chavouot (1er-2 juin 1941), à Bagdad, persécutée après-guerre, elle a été contrainte à l'exil. Les chrétiens ont du progressivement quitter l'Iraq. Un exode accéléré par l'avènement en 2014 de l'Etat islamique  en Irak et au Levant (EIIL) ou Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS) qui a annoncé le rétablissement du  califat aboli en 1924. Un « Etat islamique » (EI) qui a commis un génocide notamment à l'égard des Yézidis ou Yazidis. Arte évoquera le 20 octobre 2018, dans le cadre de l'émission "Le Dessous des cartes" (Mit offenen Karten), "Irak : après les guerres ?" (Irak - Nachkriegszeit) réalisé par Benoit Laborde et présenté par Emilie Aubry. 

« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz

Arte évoquera le 20 octobre 2018, dans le cadre de l'émission "Le Dessous des cartes" (Mit offenen Karten), "Irak : après les guerres ?" (Irak - Nachkriegszeit) réalisé par Benoit Laborde et présenté par Emilie Aubry. "Après quinze années de guerres, l’Irak, pays mosaïque, est-il enfin en train de "faire nation" ? Existe-t-il un nouveau "nationalisme irakien" qui pourrait le conduire à refuser les ingérences étrangères du passé ? Des accords Sykes-Picot de 1916 aux années Daech, décryptage d’un territoire qui, depuis les élections législatives de mai 2018, aspire à la paix et à la stabilité."


L’Irak comptait 24 millions d’habitants, dont 97% sont musulmans (environ 60% de chiites, 37% de sunnites) et près de 3% chrétiens (Chaldéens, catholiques, assyriens, Arméniens) et juifs. Il réunissait Arabes et non-Arabes, dont des Kurdes...


Juifs

La communauté Juive était implantée depuis son exil forcé à Babylone sur l’ordre de Nabuchodonosor (597 avant l'ère commune). Elle était intégrée et souvent prospère au début du XXe siècle.

Gertrude Bell (1868-1926), agent de renseignement britannique et conceptrice de l'Etat irakien, est évoquée dans Letters from Baghdad, documentaire de Sabine Krayenbühl et Zeva Oelbaum.


Le blog Jewishrefugees a évoqué la perception des Juifs irakiens par Gertrude Bell en publiant un extrait des lettres de l’espionne britannique. Ces lettres sont lisibles sur un site universitaire consacré à Gertrude Bell.


Gertrude Bell décrit les Juifs comme constituant « une partie de la population importante, riche, intelligente, cultivée, active ». Et elle espère que certains de ses illustres représentants, dont Sassoon Eskel (1860-1932), qu’elle dénomme Sasun Effendi et dont elle loue la « sagesse et la modération habituelles », seront des acteurs clés dans la construction du nouvel Iraq :

« The Jews form a very important part of the population, rich, intelligent, cultivated and active. One example of their attitude towards the new order will be enough to show their quality. It has been given out that all the subjects of the Sultan would ultimately be called upon to perform military service; the law (which has since been passed) had not yet assumed a definite shape and many were of the opinion that it would be found impossible to frame it. Not so the Jews of Baghdad. As soon as the idea of universal service had been conceived, a hundred young men of the Jewish community applied for leave to enter the military school so that they might lose no time in qualifying to serve as officers. The permission was granted, and I trust that they may now be well on the road to promotion. The Christians showed no similar desire to take up the duties of the soldier. » (Amurath à Amurath, 1911)

« I'm now going to cultivate the Jew community - there are 80, 000 in Baghdad out of a pop. of 200, 000- and find out more about them. So far, I've only met the bigwigs, such as the Chief Rabbi. There's no doubt they will be a great power here some day ». (Lettre à ses parents, 1917)

« I'm making great friends with two Jews, brothers one rather famous, as a member of the Committee of Union and Progress and a deputy for Baghdad. His name is Sasun Effendi. They have recently come back from Constantinople (Istanbul) - they were at the first tea party I gave for you here. I've known Sha'al's wife and family a long time. They are very interesting and able men. Sasun, with his reputation and his intelligence, ought to be a great help ». (Lettre à ses parents, 14 juin 1920)

« The man I do love is Sasun Eff. and he is by far the ablest man in the Council. A little rigid, he takes the point of view of the constitutional lawyer and doesn't make quite enough allowance for the primitive conditions of the 'Iraq, but he is genuine and disinterested to the core. He has not only real ablility but also wide experience and I feel touched and almost ashamed by the humility with which he seeks - and is guided by - my advice. It isn't my advice, really; I'm only echoing what Sir Percy thinks. But what I rejoice in and feel confident of is the solid friendship and esteem which exists between us. And in varying degrees I have the same feeling with them all. That's something, isn't it? that's a basis for carrying out the duties of a mandatory? »  (Lettre à son père Sir Hugh Bell, 18 December 1920)

Sassoon Eskel est né dans une famille bagdadi juive aristocratique, les Shlomo-David. Ce sioniste avait pour cousin Siegfried Sassoon (1886-1967), poète et soldat britannique.

Sassoon Eskel suit sa scolarité dans un établissement de l’Alliance Israélite universelle à Bagdad.

Son père avocat, rabbin et philanthrope, Ezra Sassoon, l’envoye ensuite se former au droit et économie à Istanbul (Constantinople), Londres et Vienne. Polyglotte, Sassoon Eskel parle neuf langues : arabe, persan, turc, hébreu, grec, allemand, français, latin et anglais.

De retour en 1881 à Bagdad, Sassoon Eskel travaille comme dragoman (interprète) pour l’administration de Bagdad, et occupe un poste important dans les services de gestion de l’eau avant son élection en 1908 au conseil municipal de Bagdad comme échevin.

Apprécié des Ottomans, il remplit deux mandats à ce titre, puis est désigné comme conseiller spécial du ministère de l’Agriculture et du Commerce.

En 1920, il joue un rôle important dans la fondation des lois et de l’infrastructure financière du gouvernement irakien. Il est ministre des Finances à cinq reprises et député de Bagdad dans le premier parlement du royaume. Un parlementaire réélu jusqu’à son décès.

En 1921, quand Winston Churchill organise la conférence du Caire pour discuter de l’avenir de l’Iraq, de la Jordanie et d’Israël, Eskell est un des deux Irakiens envoyés pour déterminer le futur du pays et choisir son roi.

En 1923, le roi George V lui décerne le titre de Chevalier.

Eskell s’est vu qualifier du vocable turc laudateur « Effendi » et reçoit la Médaille al-Moutamayez ottomane. Il est aussi distingué par le roi Faisal.

Eskell est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris où il suivait un traitement médical. Sa bibliothèque réputée est pillée, et sa collection perdue après 2003.

Le 5 août 2016, la municipalité de Bagdad a annoncé qu’elle démolira la maison centenaire de Sir Sassoon Eskell et allouera le terrain à un promoteur immobilier. Cette maison était située rue Rashid, dans le centre de la ville, parallèlement à une rive du Tigre.

Sa’id Hamza, directeur du département d’investigation des sites patrimoniaux au sein du ministère irakien du Tourisme et des Antiquités, a qualifié cette décision de « violation » de la loi. Il a ajouté que « la maison d’Eskell est composée de deux parties : l’une devant aller au ministère des Finances, et l’autre à l’héritier, Albert Sassoon Eskell.

Malgré cette protestation, la maison a été détruite.

« La nouvelle de cette démolition a été reçue [à Bagdad] avec une grande tristesse. Chaque intellectuel irakien, toute personne intéressée par le passé du pays, sait qui Yechezkel Sassoon était », a déclaré Nabil al-Rube’l, historien irakien spécialisé dans l’histoire des Juifs babyloniens. Et d’ajouter ironiquement : « J’aimerais remercier notre pays, notre gouvernement et ses institutions pour avoir honoré, par cette démolition, la grande contribution de Sassoon en tant que serviteur public dévoué qui a utilisé de bonne foi et avec honnêteté l’argent public ».

Indigné par cette démolition, le poète Mohammed al-Rakabi a écrit un poème partagé sur Internet : « Sassoon, votre demeure est dans notre cœur. L’amour demeure et ne mourra pas dans les chaines. Si vous étiez né dans un pays qui reconnait ses fondateurs, les ignares ne seraient pas parvenus à devenir des maîtres ».
    
Dans les années 1920, l'enseignement de l'histoire Juive et de l'hébreu est interdit dans les établissements scolaires Juifs.

Dès 1934, puis entre 1948 et 1951, l’Irak édicte des lois anti-Juives. Les Juifs sont exclus de l'enseignement et de la fonction publique.

Le grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini et le gouvernement pro-nazi de Rachid al-Gaylani, ainsi que la propagande nazie de Radio-Berlin, ont joué un rôle dans le farhoud (violente dépossession, en arabe), pogrom les 1er-2 juin 1941, lors de la fête de chavouot, à Bagdad (Iraq) : 175-180 Juifs tués, mille Juifs blessés, 900 maisons juives détruites, des biens Juifs pillés, etc. Al-Husseini a voulu punir les Juifs irakiens de leur supposée coopération avec la Grande-Bretagne. Les fomenteurs du farhud projetaient une rafle des Juifs, leur déportation et leur élimination dans des camps dans le désert.

En juillet 1948, il est interdit aux 140 000 Juifs de quitter l'Iraq. De lourdes amendes sont infligées aux Juifs irakiens riches.

En septembre 1948, Shafik Adass, millionnaire Juif irakien, est exécuté.

En 1949, la communauté Juive irakienne compte 130 000 âmes.


De 1949 à 1952, 120 000 Juifs (92% de cette communauté) opprimés, dénaturalisés, spoliés, émigrent, généralement vers Israël.

Le 12 janvier 1950, une loi bancaire ruine les agents de change, majoritairement Juifs.

Le 9 mai 1950, une loi prive de la nationalité les Juifs quittant l'Irak. Le 10 mars 1951, les biens des Juifs, ayant quitté le pays et déchus de leur nationalité, sont gelés.

Le 14 juin 1950, l'attentat contre une synagogue de Bagdad fait trois morts et vingt blessés.

Le 27 janvier 1969, sous Saddam Hussein, quatorze Irakiens, dont neuf Juifs, sont pendus publiquement pour « complot sioniste ». Pendant plus de vingt-quatre heures, leurs dépouilles demeurent visibles. Des dirigeants irakiens haranguent alors une foule de 200 000 individus.

Dans les années 1970, Saddam Hussein a confisqué les archives de cette communauté. Ces archives, comme celles des Juifs d'Egypte constituent des enjeux majeurs.

Parmi les Juifs irakiens émigrés célèbres : les frères Saatchi, publicitaires britanniques, Naïm Kattan, universitaire canadien auteur de « Adieu Babylone » (1975), et le peintre Abraham Hadad.

Victimes de l’exode oublié d'environ un million de Juifs des pays arabes ou musulmans dès 1948, les Juifs irakiens de la diaspora ou leurs descendants réclament des indemnisations pour les préjudices subis.

Souvent âgés, isolés, malades et pauvres, les 34 Juifs irakiens vivent en 2003 dans les villes, cachant leur identité dans une société martelant la haine d’Israël et des Juifs.

Découvertes en piteux état en 2003 lors de l'Opération Liberté pour l'Irak par des soldats américains, les archives juives irakiennes ont été rapatriées aux Etats-Unis et présentées, après leur restauration, dans une exposition itinérante.

Après avoir traversé des lieux bibliques, « le Major Carlos C. Huerta, rabbin de la 1ère Division aéroportée », découvre « la synagogue de Nineveh (Mosul), cité du prophète Jonas, emplie de détritus » (New Jersey Jewish Standard, 8 août 2003).

Le 1er juin 2015 est la  date du lancement du Jour international du Farhud. Les 1er et 2 juin 1941, eut lieu le farhud, pogrom, à Bagdad, capitale de l'Iraq. Organisée par l'International association of Jewish Lawyers and Jurists (IAJLJ), l'American association of Jewish Lawyers and Jurists (AAJLJ) et Stand With Us, une cérémonie a eu lieu ce 1er juin 2015, à 13 h 15, au siège de l'ONU à New York en présence notamment d'Edwin Black, auteur du Farhud, et du rabbin Elie Abadie. Elle liera le souvenir de cette tragédie à l'exode de près d'un million de Juifs du monde musulman (sphère Arabe, Turquie, Iran, partie de Jérusalem occupée par la Transjordanie), essentiellement des années 1940 aux années 1970.

Publiée en janvier 2016, une photographie montre que la tombe du prophète juif Ézéchiel, lieu de pèlerinage juif situé à al Kifl près de Bagdad, a été transformée en lieu musulman chiite surplombé par un minaret et recouvert d'inscriptions islamiques. Une pétition visant à alerter l'Unesco, les gouvernements et organisations occidentaux avait recueilli 1102 signatures. Issu de la tribu de Lévi, le prophète Ézéchiel a vécu au VIe siècle avant l'ère commune. Quand Nabuchodonosor II, roi de Babylone (597 av. J.-C.), a conquis le royaume de Juda, il fit détruire me temple de Salomon, premier temple de Jérusalem (587 av. J.-C.), et les Hébreux furent exilés en Mésopotamie après une ultime révolte (582 avant l'ère commune). Ézéchiel  et son épouse ont été exilés en 597 avant l'ère commune à Tel Aviv, village de Basse-Mésopotamie situé près de Nippour. Livre composant la Bible hébraïque, le Livre d’Ézéchiel annonce le retour des Juifs en Eretz Israel et la refondation de leur Etat.

En mars 2016, Sherzad Omar Mamsani, directeur des Affaires kurdes juives, a alerté sur les destructions du patrimoine juif - synagogues, cimetières - dans les régions de l'Iraq sous domination iranienne. Il a alerté en vain l'Unesco. Il a perdu sa main gauche lors d'un attentat terroriste contre sa maison et sa famille.

Sherzad Omar Mamsani est l'un des six membres de la délégation de Kurdes et Yazidis ayant visité le 13 mars 2016 le Mémorial Yad Vashem à Jérusalem (Israël). La délégation comprend aussi Saeed Khudeda Alo, enseignant à l'université de Duhok, et Khaleel al-Dakhi, avocat Yazidi et militant qui a aidé à sauver des personnes de l'esclavage par l'Etat islamique (ISIS). Cette délégation a participé à une conférence de la Spring of Hope Foundation et dont le thème est les voix des minorités ethniques et religieuses persécutées.

Constituées de dizaines de milliers de livres et documentas, les archives juives Irakiennes (Iraqi Jewish Archives) sont devenues un enjeu entre le pouvoir politique irakien et les Juifs d'origine irakienne. Le pouvoir politique irakien a obtenu leur retour en Irak. Ce qui a suscité l'indignation d'associations juives qui réclament leur dépôt en Israël où vit la majorité des Juifs ayant du quitter l'Irak généralement dans les années 1940 et 1950.  Une pétition a été lancée afin de soutenir la conservation par l'Etat juif de ces archives juives.

Le Jewish Museum of Maryland présenta l'exposition Discovery and Recovery: Preserving Iraqi Jewish Heritage (15 octobre 2017-15 janvier 2018). Discovery and Recovery: Preserving Iraqi Jewish Heritage "details the dramatic recovery of historic materials relating to the Jewish community in Iraq from a flooded basement in Saddam Hussein’s intelligence headquarters, and the National Archives’ ongoing work in support of U.S. Government efforts to preserve these materials. In both English and Arabic, the 2,000 square foot exhibit features 23 recovered items and a “behind the scenes” video of the fascinating yet painstaking preservation process. This exhibit was created by the National Archives and Records Administration, with generous support from the U.S. Department of State".


"Display Highlights Include:
>A Hebrew Bible with Commentaries from 1568 – one of the oldest books in the trove;
>A Babylonian Talmud from 1793;
>A Torah scroll fragment from Genesis – one of the 43 Torah scroll fragments found;
>A Zohar from 1815 – a text for the mystical and spiritual Jewish movement known as “Kabbalah”;
>An official 1917 letter to the Chief Rabbi regarding a request to Allow Jewish Prisoners to Attend Worship for Rosh Hashanah (the Jewish New Year);
>Materials from Jewish schools in Baghdad, including exam grades and a letter to the College Entrance Examination Board in Princeton regarding SAT scores;
>A Haggadah (Passover script) from 1902, hand lettered and decorated by an Iraqi Jewish youth; and
>
A lunar calendar in both Hebrew and Arabic from the Jewish year 5732 (1971-1972) – one of the last examples of Hebrew printing produced in Baghdad".


"Discovery and Recovery is divided into six sections:
Discovery: The dramatic story of how these materials were found, rescued and preserved is one worthy of a Hollywood blockbuster. A short film captures these heroic efforts. The section includes the actual metal foot lockers used to ship the documents to the United States.
Text and Heritage: This section explores Iraqi Jewish history and tradition through recovered texts, including a Torah scroll fragment, a Hebrew Bible with Commentaries from 1568, and a Babylonian Talmud from 1793.
Iraqi Jewish Life: Constancy and Change: Using recovered texts, this section explores the pattern of Jewish life in Iraq. Highlights include a Haggadah (Passover script), siddur (prayer book) and an illustrated lunar calendar in both Hebrew and Arabic (one of about 20 found that date from 1959-1973).
Personal and Communal Life: Selected correspondence and publications illustrate the range and complexity of Iraqi Jewish life in the 19th and 20th centuries. Original documents and facsimiles in flipbooks range from school primers to international business correspondence from the Sassoon family.
After the Millennia: Iraqi Jewish life unraveled in the mid-20th century, with the rise of Naziism and proliferation of anti-Jewish propaganda. In June 1941, 180 Jews were killed and hundreds injured in an anti-Jewish attack in Baghdad. Persecution increased when Iraq entered the war against the new State of Israel in 1948. In 1950 and 1951, many Iraqi Jews were stripped of their citizenship and assets and the community fled the county en masse. This section includes the 1951 law freezing assets of Iraqi Jews.
Detail of Tik (Torah case) and Glass Panel from Baghdad, 19th-20th centuries. In Jewish communities throughout the Middle East, the Torah scroll is generally housed in a rigid “tik” or case made of wood or metal".

"This exhibit is made possible, in part, through the generous support of our lead sponsor, The Herbert Bearman Foundation. Additional sponsors include: Alfred Moses, The David B. Liebman Philanthropic Fund, The Jacob and Hilda Blaustein Fund for the Enrichment of Jewish Education, Middendorf Foundation, John J. Leidy Foundation, Lois and Philip Macht Family Philanthropic Fund, Lowell Glazer".

Sauce à base de mangue, de vinaigre, de sel, de moutarde, de curcuma, de piment et de fenugrec, l'amba a été introduite en Iraq par des marchands juifs indiens. Les Juifs irakiens exilés ont continué d'en agrémenter leurs repas. L'amba est intégrée dans la gastronomie israélienne.

Chrétiens
L’Eglise de l’Orient survit, mais ses membres s’exilent dès les années 1960, et surtout depuis les années 1980, vers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australie.

Les chrétiens les plus illustres sont le vice-Premier ministre Tarek Aziz et le patriarche Raphaël Bidawid, chef de l’Eglise chaldéenne et soutien du Raïs.

Les Chaldéens étaient au nombre de 350 000, soit près de la moitié des chrétiens irakiens. Le 29 avril 2003, les patriarches et évêques d’Irak revendiquaient la liberté religieuse pour tous. L’instabilité politique et la volonté d’islamistes d’imposer la charia (loi islamique) obèrent l’avenir des chrétiens et des Juifs.


Le nombre de chrétiens irakiens s'élevait à environ 1,5 million vers 2005. Dix ans plus tard, il est estimé à environ 500 000 en Irak. Les autres ont été soit assassinés soit en exil.

Après l'exil contraint des Juifs, les chrétiens ont du, en nombre croissant, quitter l'Iraq. Un exode accéléré par l'avènement en 2014 de l'Etat islamique  en Irak et au Levant (EIIL) ou en anglais Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS) - al-Sham désignait la province de Syrie dans les précédents califats - qui a annoncé le rétablissement du  califat aboli en 1924.

Dans les territoires qu'ISIS (Etat islamique) contrôle, notamment en Iraq, ISIS a imposé la dhimmitude qui exige que les chrétiens payent un impôt (jizya) pour leur "protection" réduit à un état inférieur, cruel et humiliant.


Le 28 septembre 2017, au Collège des Bernardins, Yahad - In Unum proposa la conférence de la Dr. Maria Rita Corticelli "Les Chrétiens et les Juifs en Irak : Défis et Espoirs". " La présentation propose un panorama historique afin de mieux connaître les communautés chrétiennes et juives d’Irak, leur patrimoine et de comprendre les défis auxquels elles font face. L’intervenante mettra un accent particulier sur le tournant qui a eu lieu ente 2003 et aujourd’hui. Avec l’invasion de l’Irak par l’Etat Islamique en 2014, toutes les minorités religieuses présentes en Irak ont dû faire face à des persécutions qui ne sont, certes pas les premières, mais qui sont les pires de l’histoire contemporaine du pays".

Musulmans
Cet Etat composite est peuplé à 75-80% d’Arabes, et à 15-20% de Kurdes, de Turkmènes et d’Assyriens. Les Sunnites (sunna, tradition) sont essentiellement Kurdes ou Arabes.

Trois Irakiens sur quatre sont liés à 150 tribus. Conscients de la force des liens claniques, Saddam Hussein se rapproche des tribus lors de la première guerre du golfe. En 2003, vêtu en Bédouin, il les appelle à la lutte.

Dès 1991, ce partisan de la laïcité se tourne vers l’islam : relative prohibition de l’alcool, enseignement obligatoire du Coran, interdiction de prénoms chrétiens, etc. La propagande l’associe au Dôme en or du Rocher (Jérusalem).

Quant aux chiites, persécutés par Saddam Hussein, majoritaires à Bagdad, ils peuplent le sud de l’Irak où sont situés Nadjaf et Kerbala, leurs deux lieux les plus saints. Nadjaf abrite le tombeau d’Ali, gendre et cousin de Mahomet, premier imam du chiisme. Rivale de l’école de Qom (Iran), celle de Nadjaf est dirigée par les ayatollahs Khoï, puis Sistani. A Kerbala, se trouve le mausolée du fils d’Ali, Hussein, vaincu et tué par les sunnites Omeyyade.

Kurdes
Vivant dans le nord de l’Irak (cinq millions), les Kurdes sont aussi implantés en Turquie (15 millions), Iran (sept millions), Syrie (un million) et en Russie (350 000).

Leur aspiration à un Etat indépendant, prévu par le traité de Sèvres (1920), refusé par celui de Lausanne (1923), menace d’éclatement les pays où ils habitent.

Instrumentalisés par divers gouvernements, minés par leurs divisions, les Kurdes se sont opposés au régime du dictateur qui a réprimé leurs insurrections, notamment en 1991, provoquant alors la fuite de deux millions d’entre eux vers la Turquie et l’Iran.

Le 8 septembre 2002, les dirigeants de l’opposition kurde au Raïs, Massoud Barzani du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et Jalah Talabani, de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), signent la paix. Gouvernant une zone autonome au nord du 36e parallèle, ils s’accommoderaient d’un Etat fédéral au régime démocratique.

Le 25 septembre 2017, "le « oui » l’a emporté avec 92,73 % au référendum d’indépendance organisé au Kurdistan irakien, selon les résultats officiels proclamés" le 27 septembre 2017 "par la commission électorale. Selon ces données, la participation a atteint 72,16 %, soit plus de 3,3 millions de votants".


Ces "chiffres viennent renforcer le président de cette région autonome, Massoud Barzani, à l’initiative du référendum. Avant même la proclamation officielle des résultats, l’homme fort du Kurdistan irakien avait pris la parole, mardi, lors d’une allocution télévisée, pour inviter le gouvernement irakien à entamer avec lui « un dialogue sérieux (…) plutôt que de brandir des menaces ».

Des drapeaux israéliens ont été brandis lors de rassemblements de Kurdes au Kurdistan ou en Europe avant ce référendum. L'Etat d'Israël, où vivent des Kurdes juifs, a salué les résultats de ce référendum et un Etat kurde indépendant, et condamne l'utilisation du terrorisme.

Ce qui a suscité l'ire notamment de la Turquie.

Yazidis
Les Yazidis ou Yézidis vivent principalement dans le nord de l'Iraq. Environ 300 000 Yazidis se sont réfugiés au Kurdistan irakien pour fuir les persécutions de l'Etat islamique : mise en esclavage, viols, etc.

L'« Etat islamique » (EI) a commis un génocide notamment à l'égard des Yézidis.

Le Père Patrick Desbois "a consacré sa vie aux recherches sur la Shoah, au combat contre l’antisémitisme et à l’amélioration des relations entre catholiques et Juifs. Patrick Desbois est prêtre catholique et Président de Yahad-In Unum".

Il a co-écrit, avec Nastasie Costel, La Fabrique des terroristes - Dans les secrets de Daech. Le 29 juin 2017, sur i24News, le père Patrick Desbois s'est indigné du silence sur le génocide commis par l'Etat islamique à l'égard des Yézidis, et probablement aussi d'autres minorités religieuses : "Ce qui est le plus choquant pour moi c'est que Baghdadi, la police religieuse, ont commis un génocide contre les Yézidis et peut-être contre d'autres minorités. Ils ont aussi expulsé tous les chrétiens, les ont maltraités. Personne n'est accusé de génocide, on parle de l'Etat islamique comme d'une entité qui disparaît". Il a souligné l'importance de désigner les coupables de ce génocide par leur nom. Il demeure sceptique à l'égard de la "mort" de l'Etat islamique qui selon lui "a besoin d'argent", se projette ailleurs", dans d'autres pays, et compte sur ses "lionceaux" pour poursuivre sa guerre. Il a évoqué le sort bouleversant des enfants captifs, convertis de force, victimes de "lavages de cerveaux", revendus - 25 000 dollars la fille, 15 000 dollars le garçon - et ne reconnaissant pas leurs parents ou les traitant de "koufars" (mécréants, en arabe). Yadad-In Unum construit des "ateliers avec des psychologues pour réveiller les enfants yazédis", forme des femmes, souvent veuves, à des métiers afin qu'elles acquièrent leur indépendance, etc.

"Irak : après les guerres ?" réalisé par Benoit Laborde
France, 2018, 13 min
Sur Arte le 20 octobre 2018 à 19 h 30

Articles sur ce blog concernant :
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)
Cet article avait été publié en 2003 dans un dossier destiné à un CD-Rom d'EMME sur la guerre en Iraq. 
Cet article a été publié le 1er juin 2015, puis les 27 janvier, 18 mars et 1er juin 2016, 28 septembre 2017, 18 mai et 19 octobre 2018.