Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 11 décembre 2019

Les frères Caillebotte, peintre et photographe


Le peintre Gustave Caillebotte (1848-1894), collectionneur et mécène des impressionnistes, et son frère, le photographe Martial Caillebotte (1853-1910) ont immortalisé dans leurs œuvres les métamorphoses du Paris haussmannien, les nouveaux loisirs des citadins et les innovations techniques à la charnière des XIXe et XXe siècles. Le 12 décembre 2019, Arte rediffusera, dans le cadre de "A Musée Vous, A Musée Moi" (Bilder allein zuhaus), "Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte (2/3)" (Die Parkettschleifer, Gustave Caillebotte (2/3)).


Le musée Jacquemart-André a présenté l'exposition Dans l’intimité des frères Caillebotte, peintre et photographe inédite "à la croisée de la peinture impressionniste et de la photographie" pour évoquer "l'univers artistique et intime des frères Caillebotte", le peintre Gustave, architecte naval et régatier (1848-1894) et le photographe Martial (1853-1910), les métamorphoses du Paris haussmannien, les nouveaux loisirs des citadins et les innovations techniques à la charnière des XIXe et XXe siècles. 

Après ses monographies d'artistes (David) ou des ensembles cohérents de collections privées ou de mouvements artistiques (Du Greco à Dalí, Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle), le musée Jacquemart-André confronta, non pas deux maîtres de la peinture pour évoquer des influences, plus ou moins revendiquées et prégnantes (Picasso et les maîtres, Manet-Velasquez), mais des œuvres de natures différentes - tableaux et photographies -, liées par les thématiques communes - vues de Paris, voiliers, jardins, bords de l’eau, recherche de la perspective oblique - à deux frères artistes : Gustave Caillebotte, célèbre peintre et mécène de ses amis impressionnistes auquel le Grand Palais avait consacré une rétrospective en 1994-1995, et Martial Caillebotte, compositeur de nombreuses pièces pour piano (Airs de ballets, 1887) et de la musique religieuse, pianiste et photographe moins connu et dont le fonds photographique a été récemment étudié.

Une exposition inédite
Grâce à des prêts exceptionnels de collections privées et publiques, l’exposition dévoile les affinités profondes qui unissaient les frères Caillebotte, en faisant dialoguer pour la première fois plus de 50 toiles - dont certaines présentées pour la première fois au public - et près de 130 tirages modernes, souvent inédits, à partir des originaux de Martial Caillebotte. A noter que dix ans séparent les tableaux des clichés qui leur sont postérieurs et ont été pris dans une période de dix ans à partir de 1891.

Dans les salles thématiques où les huiles côtoient les photos, "nous avons privilégié un accrochage plus bas que d'ordinaire pour que le visiteur ait cette sensation de la perspective plongeante propre aux tableaux de Gustave Caillebotte", explique HubertLegal, scénographe.

"L’étude des sujets traités montre de curieuses analogies et offre la possibilité de juxtaposer leurs œuvres et d’en examiner les ressemblances comme les différences. Une telle proximité est rare dans l’histoire de l’art. Elle n’interdit pas le jeu des influences ou à l’inverse, l’autonomie de l’œuvre mais elle s’inscrit dans une problématique plus générale, celle de la seconde moitié du XIXe siècle, où la photographie vient concurrencer la peinture sur son propre terrain", écrit Nicolas Sainte Fare Garnot, conservateur du musée Jacquemart-André.

"Gustave Caillebotte est l’un des peintres impressionnistes les plus originaux, les plus nouveaux, les plus surprenants, les plus ambitieux... Martial, compositeur de musique, ami des plus grands noms de son temps, Fauré, Chausson, Saint-Saëns, Debussy, n’est pas devenu célèbre. Martial Caillebotte a aussi pratiqué en amateur la photographie... Ces photographies se révèlent pleines d’intérêt, sur le plan historique, documentaire, artistique... L’exposition est aussi l’occasion d’étudier non pas seulement la production d’un photographe amateur de la fin du XIXe siècle, mais aussi celle du frère de Gustave Caillebotte, c’est-à-dire une famille, un groupe, un milieu", précise Serge Lemoine, Co-commissaire de l’exposition

Une grande famille parisienne unie
"Entrepreneur du service des lits militaires", commerçant enrichi par la vente de draps aux armées de l'empereur Napoléon III, Martial Caillebotte père lègue à sa mort, en 1874 une importante fortune à ses fils.
Gustave (1848-1894), Martial (1853-1910) et René (1851-1876) sont nés de l'union de Martial Caillebotte et Céleste Daufresne. Né d’un précédent mariage, leur demi-frère Alfred Caillebotte (1834-1896) est ordonné prêtre en 1858, nommé curé de la nouvelle église Saint-Georges-de-La-Villette, puis de Notre-Dame de Lorette.

Gustave et Martial Caillebotte partagent de nombreuses passions : la philatélie, l'horticulture (jardin, serre), le yachting, etc. "En peinture ou en photographie, ce sont ces centres d’intérêt communs que les frères Caillebotte représentent, restituant ainsi les multiples facettes de leur environnement" urbain et campagnard. "Par petites touches, ils évoquent la douceur de vivre qui caractérise leur quotidien foisonnant, entre le nouveau Paris haussmannien et les loisirs en famille".

Un "regard sur le nouveau Paris"
Le Paris des jeunes Gustave et Martial Caillebotte vit de profondes mutations sous l'autorité du baron Haussmann, préfet de la Seine (1853-1870) lors du Second Empire, et avec le soutien actif de banquiers tels les frères Emile et Isaac Péreire : des rues sont démolies, des quartiers nouveaux émergent, animés par de grands magasins, quadrillés par de larges boulevards, arpentés par des piétons pressés ou des badauds curieux.
Alors que se fils sont adolescents, Martial Caillebotte acquiert auprès de la Ville de Paris un terrain à l’angle de la rue de Miromesnil et de la rue de Lisbonne. Dans ce quartier en plein essor, il fait édifier un hôtel particulier doté du confort moderne où Gustave et Martial habitent jusqu’à la mort de leur mère Céleste en 1878. Fidèles à ce quartier, ils s'installent alors dans un appartement situé à l’avant-dernier étage du 31 boulevard Haussmann. De leur balcon surplombant ce boulevard arboré, ils sont "les témoins privilégiés" et fascinés "des transformations urbaines".

"Depuis leur balcon qui fait l’angle du boulevard Haussmann et de la rue Gluck, Gustave observe la ville et croque les rues et les passants. Plus tard, Martial fera de même depuis le balcon de la rue Scribe où il habitera après son mariage en 1887. Ils évoquent d’abord la posture de l’observateur dont le regard s’attarde sur les rues en contrebas (Jeune Homme au balcon, Moi au balcon) avant de restituer, en vues plongeantes, le spectacle qui s’offre à lui (Le Boulevard vu d’en haut, Vue prise du balcon de l'Opéra). Ils concentrent ensuite leur attention sur les rues de Paris en représentant des promeneurs (esquisse de Rue de Paris, temps de pluie) mais aussi les petits métiers (Les Peintres en bâtiment, La descente d'un réverbère) qui donnent aux artères de la capitale une animation si caractéristique".
Martial Caillebotte se montre particulièrement attentif aux monuments emblématiques de la capitale : les "grands symboles architecturaux (Notre-Dame de Paris, le Louvre…)" ou les "emblèmes du nouveau visage de la ville (le Sacré-Cœur, la Tour Eiffel, l’Opéra Garnier, la passerelle des Arts, le Moulin rouge…)"

La "poésie du quotidien"
La fratrie est très unie, et les liens affectifs se renforcent après les douleurs des décès, en 1876 et 1878, de leur frère René et de leur mère. Une profonde affection les lie à leur demi-frère Alfred.

Le 7 juin 1887, Martial épouse Marie Minoret dont le frère l'initie à la photographie. Les chemins des deux frères, qui auparavant habitaient ensemble, divergent : "Gustave poursuit sa création picturale d’avant-garde", Martial entre dans une autre famille de la grande bourgeoisie et devient père de famille. Mais tous deux restent très proches et partagent de "nombreuses passions et un même intérêt pour la représentation du quotidien. Les deux frères aiment en effet reconstituer l’univers familier qui gravite autour d’eux. De la toilette au coucher des enfants, de la cuisine au salon, du déjeuner aux soirées tranquilles en famille autour du piano, les activités quotidiennes de leurs proches" - promenades, lectures, parties de cartes - "sont fidèlement et tendrement retranscrites dans les toiles de Gustave et les photographies de Martial".
Les frères Caillebotte "se représentent eux-mêmes dans cet environnement familier parfois en tant que peintre (L’Autoportrait au chevalet) ou compositeur (Martial Caillebotte au piano chez lui)".

Gustave et Martial "évoluent dans le cercle des impressionnistes. Gustave participe à plusieurs expositions impressionnistes et se fait le mécène de ses amis. Il est tout particulièrement lié à Auguste Renoir (1841-1919) (Portrait de Madame Renoir) qu’il désigne comme son exécuteur testamentaire". A la mort de Gustave, en 1894, Renoir et Martial luttent victorieusement pour que l’État accepte son legs de tableaux impressionnistes. En 1897, "quarante œuvres de Degas, Monet, Renoir ou Pissarro, encore peu appréciées du grand public et des administrations culturelles, seront finalement exposées au Musée du Luxembourg".



La "vie au jardin ou le bonheur en famille"
Dans leur propriété familiale, à Yerres jusqu'en 1879, puis au Petit Gennevilliers dès 18871, dans celle des beaux-parents de Martial Caillebotte à Montgeron, les frères Caillebotte savourent les plaisirs de la vie en plein air.
Martial Caillebotte photographie ses enfants, Jean né en 1888 et Geneviève née en 1890, s'amusant (Geneviève, Jean et Marie Caillebotte jouant à la corde à sauter dans le jardin de Montgeron).

"Sur la terrasse ou dans le parc, Gustave installe son chevalet pour jouer avec les ombres et les lumières (Le Jardin à Yerres) et rendre les contrastes entre les couleurs vives des fleurs et les teintes plus sourdes des robes des femmes (Portraits à la campagne). Avec Claude Monet (1840-1926), dont le bureau était d’ailleurs orné d’une photographie de son ami en jardinier (Gustave Caillebotte dans sa serre), il se passionne également pour l’horticulture". En attestent des toiles (Le Jardin potager, Yerres ou Les Roses, jardin du Petit Gennevilliers) et la série de photographies de Martial représentant Gustave dans sa serre ou dans son jardin (1892).

Les "nouveaux transports, symboles de la modernité"
Initiée au début du XIXe siècle, la révolution industrielle se développe sous la IIIe République avec l'apparition ou la modernisation de transports - chemins de fer, automobiles -, la construction de ponts usant de matériaux ou de techniques nouveaux.
Les deux frères Caillebotte "observent ces avancéestechniques" transformant profondément le centre et la périphérie de Paris : esquisse et étude pour Le Pont de l’Europe - structure métallique dans le quartier des frères Caillebotte, près de la gare Saint-Lazare -, Vue prise du pont d’Argenteuil, cliché du pont de Chalandray.

Les loisirs nautiques de la grande bourgeoisie parisienne
À la fin des années 1870, les frères Caillebotte découvrent le yachting, qu’ils pratiquent avec passion jusqu’à la mort de Gustave en 1894. Gustave et Martial participent, avec succès, aux régates d’Argenteuil sur des voiliers (Inès, Condor). Le siège des activités du Cercle de la voile de Paris, dont le vice-président du Cercle de la voile de Paris dès 1880 est Gustave : leur propriété du Petit Gennevilliers, en bord de Seine.

Architecte naval, Gustave Caillebotte conçoit les plans de ses bateaux, dont le Roastbeef que Martial photographie en chantier avant qu'il ne vogue sur le bassin d’Argenteuil en 1892.


Canotiers et périssoires (canots longs, étroits et instables qui se manœuvrent à la pagaie double), baigneurs et pêcheurs sont peints par Gustave sur les bords de l’Yerres et sur les bords de Seine et saisis par Martial.
L'invitation à une "agréable promenade" au fil de l'eau - fleuve, et mer avec les clichés de Martial Caillebotte - pour des Parisiens aisés. Les reflets d'une "époque où voisinent douceur de vivre et progrès technique"…

La Propriété Caillebotte a présenté l'exposition Caillebotte à Yerres au temps de l'impressionnisme (5 avril-20 juillet 2014).


"In 1875 Gustave Caillebotte (1848 – 1894) submitted a painting of floor scrapers to the jury of the Salon, the official exhibition of the Academy of Fine Arts in Paris. The work was rejected, but Edgar Degas and Auguste Renoir admired it and encouraged him to exhibit with the impressionists. Caillebotte’s canvas, depicting shirtless laborers finishing a wood floor, became one of the sensations of the second impressionist show in 1876. Describing the picture in terms of its realism and modernity, admirers praised its “truth” and “frank intimacy,” while critics deemed it “crude” and “anti-artistic.”

Caillebotte was thrilled by the impressionists’ fresh, radical vision. Over the next six years he participated regularly in their exhibitions, submitting paintings of the people and places he encountered in and around Paris. Featuring skewed perspectives and modern subjects, the canvases reflect the visual drama of the capital — then undergoing radical transformation into a modern metropolis. Caillebotte established himself as an artistic force in the group, as well as a vital organizer who helped curate and finance their exhibitions. During his brief career he also became a significant patron, amassing a collection of more than seventy works, including masterpieces by Degas and Renoir as well as Paul Cézanne, Claude Monet, Berthe Morisot, Camille Pissarro, and Alfred Sisley.

Despite these accomplishments, Caillebotte remains perhaps the least known of the French impressionists. Because of his secure finances — derived from his father’s successful textile business — he had no need to earn an income from his art. He therefore did not sell his pictures, and few entered public collections. After he bequeathed his collection to the state, it became the cornerstone of impressionist art in French national museums. But the impressive bequest, which included only two of his own works, overshadowed his artistic achievements and further contributed to his obscurity.

More than a half century after his death at age forty-five, interest in Caillebotte’s art began to reemerge. Gustave Caillebotte: The Painter’s Eye continues this rediscovery, gathering his best work for a fresh look. Although all periods of his career are represented, attention focuses on the years 1875 to 1882 when he was most closely allied with the impressionists. The exhibition not only includes his most famous cityscapes and interiors, but also shows his artistic range with a selection of portraits, nudes, river scenes, still lifes, and landscapes. Together they portray an artist deeply interested in his surroundings, preoccupied with the ways art can connect us to our environment: “I imagine,” wrote Caillebotte to Monet, “that the very great artists attach you even more to life.”

Cette exposition itinérante Gustave Caillebotte: The Painter's Eye a été ensuite accueillie par le Kimbell Art Museum, Fort Worth (8 novembre 2015-14 février 2016).

"During the height of Impressionism in the 1870s and 1880s, Gustave Caillebotte (1848–1894) produced some of the movement's most daring and bold paintings. Experimenting with radical points of view and audacious perspective, he created images of Paris streets, of domestic life and of country pursuits that are unforgettable. Some 50 paintings from 1875 to 1882—the time in which Caillebotte was most committed to the Impressionist movement—will reveal his genius. Such masterworks as Paris Street Scene, Rainy Day (Art Institute of Chicago), Floor Scrapers (Musée d'Orsay) and two versions of the Pont de l'Europe (Musée du Petit Palais, Geneva, and Kimbell Art Museum) are among the familiar images that will be joined by paintings from museums and private collections throughout the world. Together they will present to American audiences for the first time in a generation the full range of Caillebotte's extraordinary vision".

Caillebotte, peintre et jardinier

Le musée des impressionnismes à Giverny a présenté l'exposition Caillebotte, peintre et jardinier. Une exposition proposée ensuite par le Museo Thyssen-Bornemisza sous le titre Caillebotte, pintor y jardinero

"Longtemps considéré comme un peintre amateur, collectionneur et mécène de ses amis, Gustave Caillebotte apparaît aujourd'hui comme l'une des figures majeures du groupe impressionniste".


"Célèbre pour ses compositions inspirées du Paris d'Haussmann, il a consacré une part importante de sa production à l'évocation des jardins".

Il "peint ses premières études sur le motif dans la demeure familiale d’Yerres, avant d'acquérir au Petit Gennevilliers une propriété où il élabore un somptueux jardin et fait construire une serre. Tout comme son ami Claude Monet, avec lequel il partage une passion pour l'horticulture, il privilégie l'évocation de cet univers végétal".


"Au musée des impressionnismes Giverny, environ quatre-vingts œuvres, peintures et dessins, sont réunies pour évoquer cet aspect de son art".


"Caillebotte, portrait intime d'une famille normande"

"Pour sa 3e édition, le Festival Normandie Impressionniste a proposé un rapprochement avec ce que le mouvement impressionniste a de plus intime, le portrait. Le MAHB participa pour la première fois au festival avec l'exposition inédite "Caillebotte, portrait intime d'une famille normandeautour d’un seul tableau, « Portraits à la campagne » de Gustave Caillebotte (1876). Présentée lors de la troisième exposition impressionniste de 1877, cette toile tient une place particulière dans l’oeuvre de l’artiste et dans l’histoire du mouvement impressionniste. Sa réalisation est aussi contemporaine d’un moment charnière dans le mode de représentation de l’individu : la supplantation du portrait peint par la photographie".

Ce "portrait collectif et familial est un présent de Gustave Caillebotte à sa cousine Zoé à l’occasion de son mariage à Bayeux en 1887. Au décès de cette dernière et conformément à sa volonté, la toile est offerte au musée de Bayeux. Sa présentation au public en un lieu fréquenté par Caillebotte lui-même, renforce la relation intime qui unit l’artiste à la Normandie".


"Au-delà de la présentation et de l’explication de l’oeuvre, cette exposition s’est révélée être un véritable travail d’enquête sur le passé de la famille Caillebotte, avec notamment la rencontre de ses descendants. A travers plusieurs salles du musée, le visiteur est invité à « entrer » dans le tableau et à  découvrir un autre aspect du peintre, à savoir son attachement au à son cadre familial en Normandie".


"Les raboteurs de parquet" 

Le tableau " Les raboteurs de parquet" de Gustave Caillebotte (1848-1894) "constitue une des premières représentations du prolétariat urbain. Si les paysans (Des glaneuses de Millet) ou les ouvriers des campagnes (Casseurs de pierres de Courbet) ont souvent été montrés, les ouvriers de la ville ont très rarement fait l'objet de tableaux. Contrairement à Courbet ou Millet, Caillebotte, bourgeois aisé, n'introduit aucun discours social, moralisateur ou politique dans son oeuvre. L'étude documentaire (gestes, outils, accessoires) le place parmi les réalistes les plus chevronnés."

Caillebotte "a suivi une formation académique auprès de Bonnat, et la perspective accentuée par l'effet de plongée et l'alignement des lames de parquet est conforme à la tradition. L'artiste a dessiné une à une toutes les parties de son tableau, avant de les reporter au carreau sur la toile. Le torse nu des raboteurs est celui de héros antiques. Mais loin de s'enfermer dans ces exercices académiques, Caillebotte en exploite la rigueur afin d'explorer l'univers contemporain de manière inédite".

"Présenté au Salon de 1875, le tableau est refusé par le Jury, sans doute choqué par ce réalisme cru (certains critiques ont parlé de "sujet vulgaire"). Le jeune peintre décide alors de se joindre aux impressionnistes et présente son tableau à la seconde exposition du groupe en 1876 où Degas expose ses premières Repasseuses. Les critiques sont impressionnés par cette grande page moderne, Zola notamment qui condamne cependant cette "peinture bourgeoise à force d'exactitude".

Le 12 décembre 2019, Arte proposera, dans le cadre de "A Musée Vous, A Musée Moi" (Bilder allein zuhaus), "Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte (1/3)(Die Parkettschleifer, Gustave Caillebotte (1/3)). "En trente épisodes, cette nouvelle série courte revisite avec humour dix tableaux célèbres du monde entier. Au travers de sketchs loufoques et décalés, les personnages de toiles de maîtres – aux décors et costumes scrupuleusement reconstitués – s'animent. Sur des dialogues de Fabrice Maruca (La minute vieille), l'histoire truffée d’anecdotes de ces œuvres emblématiques d'un style ou d'une époque. Aujourd'hui : trois raboteurs de parquet découvrent que le droit du travail a bien évolué depuis le XIXe siècle". Une beau sujet gâché.

Concert

Le 9 février 2018, de 20 h 30 à 22 h 15, l’église Notre-Dame de Lorette (Paris 9e) a accueilli le concert Chez Caillebotte - Autour de la musique du XIXème et de la fratrie Caillebotte, par l'orchestre régional Vittoria d'Ile-de-France sous la direction de Boris Mychajliszyn. "Un événement où la musique tisse l'intimité d'une célèbre famille de la Belle Epoque, dans la paroisse qui a vu officier Alfred Caillebotte, et où ont été créées les oeuvres de Martial Caillebotte, au son de l'orgue d'origine ! S’enchaîneront : Gabriel Fauré, Claude Debussy, mais également Boulanger, Gounod ou encore Caillebotte bien sur, qui préludera ce concert en son honneur avec deux œuvres totalement inédites..."

"Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte (1/3)" par  Fabrice Maruca
France, 2016
Sur Arte :
Le 17 janvier 2018 à 20 h 48
1er volet : du 02/08/2019 au 16/01/2023
2e volet : 12 décembre 2019 à 20 h 52, du 02/08/2019 au 01/02/2023 
3e volet : 16 décembre 2019 à 20 h 50, du 02/08/2019 au 20/02/2023

Du 19 juillet au 30 octobre 2016
Au Museo Thyssen-Bornemisza 
Paseo del Prado, 8. 28014 Madrid
Tel. :  91 791 13 70
Du mardi au dimanche de 10 h à 19 h. 

Du 16 avril au 18 septembre 2016
37 rue du Bienvenu - 14400 BAYEUX
Tél. +33 (0)2 31 51 25 50
De 9 h 30 à 18 h 30

Du 25 mars au 3 juillet 2016
Au musée des impressionnismes Giverny 
99 rue Claude Monet. 27620 Giverny
Tél +33 (0)2 32 51 94 65
Tous les jours de 10 h à 18 h 

Du 8 novembre 2015 au 14 février 2016
Au Kimbell Art Museum, Fort Worth

Du 28 juin au 4 octobre 2015
6th and Constitution Avenue NW.  Washington, DC 20565
Du lundi au samedi de 10 h à 17 h. Le dimanche de 11 h à 18 h.

Du 5 avril au 20 juillet 2014
8, rue de Concy, 91330 Yerres.
Tél. : 01 80 37 20 61
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Nocturnes vendredi et samedi jusqu'à 20 h 30

Jusqu'au 11 juillet 2011
158, boulevard Haussmann, 75008 PARIS
Tel. : + 33 (0)1 45 62 11 59
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h
Nocturne tous les lundis jusqu’à 21 h 30.

Visuels de haut en bas :
Canotier au chapeau haut de forme
1877-1878, huile sur toile, 90 x 117 cm, collection particulière
Courtesy Comité Caillebotte, Paris

Maurice Minoret ramant
Tirage photographique, 11 x 8 cm, collection particulière
© D.R.

Anonyme
Gustave et Martial Caillebotte
Tirage photographique, collection particulière
© D.R.

Les Roses, jardin du Petit Gennevilliers
1886, huile sur toile, 89 x 116 cm, collection particulière
© Photo Alberto Ricci

Un Balcon
1880, huile sur toile, 69 x 62 cm, collection particulière
Courtesy Comité Caillebotte, Paris

Gustave Caillebotte et Bergère sur la place du Carrousel
1892, tirage photographique, 15,5 x 10,5 cm
Collection particulière
© D.R.

Pêche à la ligne
1878, huile sur toile, 157 x 113 cm, collection particulière
Courtesy Comité Caillebotte, Paris

Portraits à la campagne
1876, huile sur toile, 98,5 x 111 cm
Collection du Musée Baron Gérard, Bayeux
© Musée Baron Gérard, Bayeux

La descente d’un réverbère (Pont de la Concorde)
Décembre 1891, tirage photographique, 14,5 x 10,5 cm
Collection particulière
© D.R.

Régates à Argenteuil
1893, huile sur toile, 157 x 117 cm, collection particulière
Courtesy Comité Caillebotte, Paris

Les Périssoires
1878, huile sur toile, 157 x 113 cm
Musée des beaux-arts, Rennes
© MBA, Rennes, Dist. RMN / Louis Deschamps – photo de presse

Gustave Caillebotte, The Pont de l’Europe, 1876, oil on canvas, Association des Amis du Petit Palais, Geneva. Erich Lessing/Art Resource, NY

Gustave Caillebotte, Nude on a Couch, 1880, oil on canvas, Lent by The Minneapolis Institute of Arts, The John R. Van Derlip Fund

Gustave Caillebotte, Fruit Displayed on a Stand, c. 1881–1882, oil on canvas, Museum of Fine Arts, Boston, Fanny P. Mason Fund in memory of Alice Thevin. Photograph © 2015 Museum of Fine Arts, Boston

Gustave Caillebotte, The Fields, a Plain in Gennevilliers, Study in Yellow and Green, 1884, oil on canvas, Collection of Frederic C. Hamilton, Bequest to the Denver Art Museum. Photograph courtesy of the Denver Art Museum

Gustave Caillebotte, The Boulevard Seen from Above, 1880, oil on canvas, Private Collection. © Comité Caillebotte, Paris

Affiche
Gustave Caillebotte
Orchidées (détail), 1893
Huile sur toile, 65 x 54 cm
Collection particulière
© Paris, Comité Caillebotte

Articles sur ce blog concernant :
- Chrétiens
- Culture
- France
Cet article a été publié le 9 juillet 2011, puis les 18 juillet 2014, 22 juillet et 6 novembre 2015, 14 février et 3 juillet 2016, 16 janvier 2018.

L'Iran


L'Iran détient une position géo-stratégique sensible (détroit d'Ormuz). Après la fuite du shah d'Iran Reza Pahlavi, la République islamique d'Iran a été proclamée par l'ayatollah Khomeiny le 1er avril 2019. Négationniste, le régime des mollahs ambitionne de restaurer un empire perse, une puissance régionale qui, par ses affidés - Hezbollah au Liban, mouvement du djihad islamique dans la bande de Gaza, etc. - a créé un "arc chiite" hostile aux Etats sunnites arabes. Dans une vision apocalyptique, eschatologique (mahdaviat), par haine des Juifs, ce régime vise à détruire l'Etat d'Israël par l'arme nucléaire. Après une politique d'apaisement menée notamment par les Etats-Unis, notamment sous la présidence de Barack Hussein Obama, la France et l'Allemagne - signature du JCPoA, accord de Vienne (2015) -, le Président Donald Trump a renforcé les sanctions économiques sur ce régime, soutenu notamment par  la Corée du nord, menaçant la paix mondiale. Arte diffusera le 10 décembre 2019 deux documentaires sur l'Iran, où survivent difficilement quelques milliers de Juifs.

Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ? 
« Humoristes et musulmans » de Frank Eggers  
« Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui » 
« Riad Sattouf. L’écriture dessinée »
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein 
« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau
L'Etat islamique 
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS 
« Les armes des djihadistes » par Daniel Harrich 
« L'argent de la terreur »
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel 
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse 
« Iran-Irak, la guerre par l'image » par Maryam Ebrahimi
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz
Le keffieh, c'est tendance !

L'Iran détient une position géo-stratégique sensible : ancienne route de la Soie, gisements pétroliers, zone convoitée par la Russie et l'Angleterre aux XIXe et XXe siècles, etc. Depuis 1979, le régime des ayatollahs a défié les Etats-Unis, encouragé le terrorisme islamiste et la haine du "Grand Satan" et du "Petit Satan", organisé des concours de dessins révisionnistes, développé un programme nucléaire militaire, etc.

Arte consacra sa soirée du 31 mai 2016 à l’Iran en diffusant « Iran, une puissance dévoilée » (Iran, Der Wille Zur Grossmacht), documentaire de Jean-Michel Vecchiet, Iran, chronique d'une année décisive (Iran - Atomdeal Mit Folgen) par Vincent de Cointet, Antoine Mariotti, Stéphane Saporito, et Entretien avec Abnousse Shalmani (Gespräch Mit Abnousse Shalmani), réalisé par Laurent Besancon.

    « Iran, une puissance dévoilée »
De « la découverte de réserves pétrolières au début du XXe siècle à la crise du nucléaire en passant par le coup d'État américain de 1953 qui réinstalla le Shah au pouvoir et la révolution islamique de 1979, ce documentaire retrace cent ans d'histoire mouvementée d'un pays partagé entre religion et révolution moderniste, soumission et indépendance, de l'Iran, revenant aux sources des tensions avec l'Occident".

En 1906, à la fin du règne des Qâjar (1779-1925), l'Iran est le premier pays à se doter d'une "constitution et d'un Parlement à l'occidentale". La découverte du pétrole révolutionne le XXe siècle. L'Anglo-Persian Oil Company est créée en 1909.

Reza shah a fondé la dynastie Pahlavi. Il admirait Atatürk, et a voulu instaurer la république. Il a interdit le port du foulard islamique aux femmes. Il a mis en place un système éducatif inspiré de celui occidental, créé des institutions modernes. Mais le clergé et Mossadegh s'y sont opposés. La Perse devient l'Iran. En 1933, un différend oppose Reza shah aux Britanniques. Reza shah parvient à changer des articles du contrat. La durée de ce dernier est passée de 60 ans à 90 ans. Reza shah se tourne vers l'Allemagne, notamment sous l'ère nazie. L'Iraq et nombre d'autres Etats arabes sont pro-nazis. L'URSS et la Grande-Bretagne envahissent l'Iran, et le divisent afin de le diriger. Reza shah est contraint d'abdiquer. Son fils se souviendra de cet acte humiliant. En décembre 1943, la conférence de Téhéran réunit Roosevelt, Staline et Churchill qui redessinent la carte du monde. Un passé pro-nazi sur lequel le documentaire passe vite...

" Une fresque passionnante, une histoire vivante et tragique qui s'appuie sur des archives et des documents d'époque, mais aussi et surtout sur les récits de témoins éloquents : Hachemi Rafsandjani, ancien président de la République islamique, d'anciens chefs religieux, des responsables de la CIA et du Mossad, des ambassadeurs, des Iraniens ordinaires... »

Le « documentaire explore deux pistes essentielles : d'un côté la relation complexe que l'Iran entretient avec l'Occident, de l'autre ses remous intérieurs. Les gouvernements iraniens affichent très tôt leur volonté d'ouverture vers l'Occident, notamment sous le règne de Reza Khan (1925- 1941) qui interdit le port du voile et promeut une éducation laïque".

Sous le Premier ministre Mossadegh décide en 1951 l nationalisation de l'industrie pétrolière. "Huit puissantes sociétés dominaient l'industrie pétrolière mondiale". Les Iraniens subissent l'embargo britannique. Affaibli, Mossadegh poursuit sa politique freinée par les sanctions. Entre le parti nationaliste et celui religieux, un imam assure la liaison. L'Union soviétique soutient les manifestants. Sous le président Truman, les Etats-Unis se proposent comme médiateurs entre la Grande-Bretagne et le gouvernement iranien. Ils veulent contenir le danger soviétique, et comblent le vide laissé par le départ des anciennes puissances européennes au Moyen-Orient. En 1951, Mossadegh donne une semaine au personnel anglais pour quitter l'Iran. Partisan du Toudeh ? Il écarte les communistes et s'éloigne des religieux. Britanniques et Américains (CIA) renversent le gouvernement nationaliste. Le Shah nomme un militaire chef du gouvernement, et Mossadegh prend la voie de l'exil. Communistes, loyalistes, religieux, etc. défilent dans les rues. Le Parti Toudeh a permis la réussite de ce coup d'Etat.


"Ces orientations provoquent des désaccords violents avec les religieux chiites, bientôt écartés du pouvoir. À ces tensions intérieures viennent se superposer des enjeux internationaux. Compte tenu de ses réserves pétrolières et de sa position stratégique, l'Iran est au centre de toutes les convoitises".

"Contrôlé par les Britanniques, puis sous l'influence des États-Unis (qui n'hésitent pas à fomenter un coup d'État contre le Premier ministre Mossadegh jugé trop proche des communistes), le pays souffre d'une instabilité permanente. Cette situation explosive conduit les Iraniens, las de l'autocratie du Shah, à se soulever en 1979 ».

Après la chute de Mossadegh, Mohammed Reza instaure un régime autoritaire. Le programme Atoms for Peace est stratégique pour les Etats-Unis qui donnent à l'Iran son premier réacteur nucléaire. Le Président John F. Kennedy souhaite soutenir les pays du Tiers-Monde pour éviter qu'ils ne passent sous l'orbite soviétique. L'Iran signe un pacte défensif avec les Etats-Unis. Il se dote d'un arsenal perfectionné d'armes. Il noue des relations étroites avec l'Etat d'Israël : tous deux évoquent l'avenir en espérant un havre de paix régional. Le Shah lance la "révolution blanche", agricole, et songe à un référendum. Ce qui suscite l'ire des mollahs, grands propriétaires de terres, et de l'aristocratie foncière.

L'ayatollah Khomeini est hostile aux alliances avec les Etats-Unis et l'Etat juif. Dans ses prêches, il attaque jusqu'à la monarchie. En 1964, il est expulsé de l'Iran, et se rend en Irak, puis en France. En 1967, le Shah s'auto-couronne "lumière des Aryens". Il fait édifier des barrages hydrauliques pour irriguer les terres. En 1971, le monarque organise les fêtes de Persépolis et s'adresse au roi Cyrus. La crise pétrolière de 1973 lui donne l'opportunité de démontrer sa puissance. Le prix du baril de pétrole augmente de 400% en deux ou trois mois.

L'ayatollah Khomeini incarne l'islamisme. Les étudiants lancent le mouvement, relayés officiellement ensuite par les mollahs. Le Conseil de la révolution provisoire est créé avant le retour de l'ayatollah Khomeini. L'Armée ouvre le feu contre les manifestants. On dénombre des centaines de morts. Le Shah est persuadé de la nécessité d'adopter des mesures démocratiques. Le Président Jimmy Carter a annoncé à ses homologues qu'il considérait le Shah comme perdu. A Neuphle-le-chateau, l'ayatollah Khomeini enregistre des cassettes aux prêches virulents, diffusés publiquement en Iran. Il "traduit en termes religieux et anti-occidentaux les ressentiments du peuple". Le Shah prend la voie de l'exil, abandonnés de nombreux dirigeants occidentaux. Le Président Sadate l'assure de son soutien.

De nombreux médias occidentaux accueillent avec un enthousiasme naïf et ignorant le renversement du pouvoir politique et l'arrivée en Iran de l'ayatollah Khomeini qui donne une fausse image de "gentil gourou". Sa "dimension féroce" n'est alors pas perçue. Des purges sont organisées, des dirigeants de l'ancien régime sont exécutés, lois civiles et religieuses fusionnent...

En 1979, débute la prise d'otages des diplomates américains. Une opération américaine visant à libérer les otages "a tourné au désastre" en raison d'une tempête de sable. Les otages sont libérés lors de l'élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis.

La guerre Iran-Irak a opposé deux des principaux producteurs mondiaux de pétrole, au nord du golfe Persique. "Collusion des Etats occidentaux, dont les Etats-Unis, contre le régime des mollahs iraniens ? Sans doute". Saddam Hussein luttait contre la propagation chiite au Moyen-Orient, et use d'armes chimiques. Près d'un million d'Iraniens meurent lors du conflit.

Après 1979, l'isolement de l'Iran se poursuit : attentats fomentés au Liban et en France, etc. Après les attentats islamistes terroristes du 11 septembre 2001, sous la présidence Bush, les Etats-Unis focalisent leur réaction sur l'Afghanistan et l'Iraq, et classent l'Iran dans "l'Axe du Mal".

Un grand nombre des experts interviewés sont des Iraniens vivant en Iran - ce qui réduit leur crédibilité - ou d'anciens ministres français des Affaires étrangères, dont Hubert Védrine.  Le portrait du Shah est assombri : le Shah ne semble pas avoir perçu la menace religieuse, tant il semblait obnubilé par les grandes puissances. Quid du soutien au terrorisme du régime des mollahs ?

Iran, chronique d'une année décisive
Signé le 14 juillet 2015, l'accord scandaleux sur le programme nucléaire militaire iranien a « suscité de grands espoirs en Iran. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Téhéran pour manifester leur joie après la signature de l'accord dit « sur le nucléaire » entre l'Iran et les Occidentaux. Celui-ci prévoit, notamment, la levée des sanctions économiques qui frappent le pays depuis des décennies. Huit mois plus tard, les attentes de la population ont-elles été comblées ? Comment l'accord impacte-t-il la vie quotidienne ? Le marché iranien, si convoité par les Occidentaux, s'est-il ouvert ?"

Les « trois auteurs de ce documentaire ont tourné dans le pays huit mois durant, pour en repérer les retombées concrètes » car le pays est "à bout de souffle" après des années de sanctions économiques.

En « réponse à ces interrogations, Vincent de Cointet, Antoine Mariotti et Stéphane Saporito tiennent la chronique iranienne des huit mois décisifs qui ont suivi la signature, de juillet 2015 à mars 2016, moment de la percée des réformateurs aux élections législatives". Le documentaire ne saisit pas la stratégie du régime iranien plaçant à sa tête des personnalités similaires.

"Ils ont observé la vie quotidienne à Téhéran, les tentatives d'industriels occidentaux pour gagner ce marché prometteur, les prêches politiques du vendredi à la grande mosquée, la campagne électorale dans la ville ultraconservatrice de Qom..."

"Une période cruciale éclairée par les regards d'observateurs politiques iraniens comme Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême pour les Affaires étrangères, Akbar Torkan, principal conseiller du président Hassan Rohani, Mehdi Saharkhiz, militant des droits de l'homme, mais aussi John McCain, membre du parti républicain américain, l'ancien ministre Laurent Fabius ou Antony Blinken, numéro deux de la diplomatie américaine... »

Le documentaire véhicule les poncifs erronés : "mollah conservateur modéré" pour désigner un mollah extrémiste. Il escamote la vision eschatologique du régime iranien, occulte le revirement de la diplomatie américaine sous le président Barack Obama - absence de soutien lors de la révolte estudiantine -, et dissimule la politique étrangère tentaculaire de l'Iran : liens avec le Venezuela de Hugo Rafael Chávez, le Hezbollah au Liban, la Corée du Nord nucléaire, la rébellion chiite houthiste au Yémen, etc.

"Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice"
Arte diffusa le 7 octobre 2018 à 23 h 50 "Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice" (Farah Diba Pahlavi - Die letzte Kaiserin), par Gero von Boehm. "D’une vie princière à l’exil et à la tragédie : retour sur la vie tumultueuse de la première et dernière impératrice d’Iran, Farah Diba Pahlavi, épouse du chah d'Iran de 1959 à 1980."

"Née en 1938 à Téhéran, Farah Diba rencontre le monarque iranien Mohammad Reza Pahlavi à Paris, alors qu’elle est étudiante en architecture. En l'épousant, elle devient la troisième femme du dernier Shah, et la première impératrice de l’histoire de l’Iran lors du sacre de son mari. La jeune souveraine devient alors une figure internationale populaire, notamment pour son charisme et son engagement dans de nombreux projets sociaux, lequel fait d'elle un moteur de modernisation pour le pays. Mais elle subit aussi la réprobation suscitée par le régime répressif de son époux.

"En 1979, l’ayatollah Khomeiny prend le pouvoir et instaure une République islamique. La famille impériale prend la fuite."

"Après la mort du Shah en 1980, l’ancienne impératrice se retire à Paris où le destin continue de s’acharner contre elle. En 2001, sa benjamine, Leila, se suicide. Dix ans plus tard, c’est au tour de son plus jeune fils, Ali-Reza. Retraçant sa vie tumultueuse, le documentaire suit Farah Pahlavi à Paris, puis lors de voyages en Égypte et à Venise".

"Documents d'archives, photographies inédites et films amateurs privés animent ce portrait fouillé et sensible."

Interview de Abnousse Shalmani
L'accord sur le nucléaire signé le 14 juillet 2015 a-t-il un impact positif sur les conditions de vie des Iraniens ? Après la répression brutale de la révolution verte, en 2009, l'ouverture économique du pays sera-t-elle profitable au peuple iranien ? Le rôle de la femme peut-il évoluer sous la présidence d'Hassan Rohani ?

Emilie Aubry « s'entretient des récents changements de la société iranienne » avec Abnousse Shalmani

Née à Téhéran en 1977, Abnousse Shalmani s'exile à Paris avec sa famille en 1985. Après ses études d'histoire, elle emprunte la voie du journalisme puis de la production et de la réalisation de courts-métrages avant de revenir à sa première passion, la littérature. Elle a signé « Khomeiny, Sade et moi ».

"A l'arrivée des mollahs au pouvoir, tout était recouvert en noir. Aujourd'hui, certaines femmes mettent un châle. Ouverture, il y a. Mais il faut éviter d'être trop complaisant avec les mollahs au pouvoir", a déclaré Abnousse Shalmani.

Et d'ajouter : "L'Etat, c'est les Pasdarans, l'élite qui a gagné la guerre Iran-Iraq, et détient tous les leviers économiques. Aujourd'hui les enfants des Bazari, du Bazar, s'ouvrent à Internet. Comment l'Occident va comprendre l'Iran ? L'Iran est le pays du paradoxe. Le régime a forcé à la schizophrénie. Le régime n'a pas changé. Il y a une liberté intérieure. Lors de la "révolution verte" en 2009, les mollahs ont senti quelque chose trembler sous leurs pieds. Il y a deux capitales en Iran : Téhéran qui veut aller vers le renouveau, et Qom, capitale religieuse tenue par les mollahs".

"Iran, rêves d'Empire"
Arte diffusera le 15 mai 2018 à 20 h 50 "Iran, rêves d'Empire" (Iran - Vom Gottesstaat zur Großmacht), documentaire réalisé par Vincent de Cointet (France, 2017,54 min.)

"Au Moyen-Orient, les cartes sont redistribuées : l'Iran, redevenue une puissance incontournable, inspire de la crainte à ses voisins. Ce passionnant documentaire retrace l'histoire récente du pays jusqu'à sa nouvelle position sur l'échiquier géopolitique."

"Le 14 juillet 2015, à Vienne, Téhéran renonçait au nucléaire militaire après des années de tensions avec la communauté internationale. L'accord, historique, signait le grand retour de l'Iran à la table de l'économie mondialisée". En 2015, par cet accord, qui n'est pas un traité international, l'Iran n'a pas renoncé à son programme nucléaire militaire. Ni à son programme balistique.

"Depuis, la république islamique a renforcé son statut de puissance régionale, tout en s'aventurant à l'extérieur de ses frontières. Participant directement aux conflits en Syrie, en Irak et au Yémen, renforçant son influence au Liban grâce au Hezbollah, l'Iran sème le doute chez ses alliés comme chez ses opposants : Ali Khamenei, le Guide suprême de la révolution islamique, aurait-il des visées expansionnistes ? Ou cet esprit offensif incarne-t-il un nationalisme plus moderne, visant à garantir la pérennité de son régime ?"

"Résumant près de quarante ans d'évolution géopolitique depuis la révolution islamique de l'ayatollah Khomeyni, le documentaire de Vincent de Cointet dénoue les fils d'un isolement qui se conjugue de plus en plus au passé". Non, cet isolement va se renforcer. Le Président américain Donald Trump a accordé un délai de plusieurs mois aux entreprises en affaires en Iran. Malgré les rodomontades européennes, de nombreuses entreprises européennes ont réduit depuis quelques années leurs engagements en Iran, car elles craignent la législation américaine, des condamnations pénales, financières aux Etats-Unis, etc.

"Comment l'ancienne Perse, cernée de nations arabes, est-elle devenue incontournable au Moyen-Orient – notamment dans la lutte contre Daech –, au grand dam de ses ennemis jurés, Israël et la sunnite Arabie saoudite ? Interrogeant experts et hommes politiques, le film éclaire les fondements de la psyché iranienne contemporaine". La puissance iranienne provient aussi du choix aberrant de Barack Hussein Obama, alors président des Etats-Unis, de privilégier un rapprochement avec le régime des ayatollahs, en refusant en 2009 de soutenir ceux qui se sont révoltés contre ce régime, en délaissant ses alliés saoudiens et israéliens, etc.

"Souvent liée à sa culture religieuse ou à son histoire récente – l'isolement pendant sa guerre contre l'Irak (1980-1988), au cours de laquelle seule la Syrie lui apporta son soutien –, la stratégie du pays gagne ici en clarté. Un passionnant voyage au cœur du mystère iranien."

« L'Iran à court d'eau »  
« L'Iran à court d'eau » (Dürre-Alarm: Wassernotstand im Iran) est un documentaire de Komeil Sohani et Laurent Cibien - "En Iran, la pénurie d’eau devient une urgence nationale. Comment la république islamique a-t-elle sacrifié cette ressource vitale ? Un documentaire éclairant".

"Quel est le plus grand danger qui menace l'Iran ? C'est à l'intérieur de ses frontières, et non à l'extérieur, que la réponse est à chercher. Le pays traverse une dramatique crise de l'eau : ses étangs et ses zones humides disparaissent, ses nappes phréatiques se vident tandis que ses rivières s'assèchent".

"Le phénomène a des conséquences graves pour l'agriculture et de nombreux villages sont en voie de désertification".

"Une véritable banqueroute" selon les experts locaux, qui déplorent aussi la frénésie de construction de barrages – plus de six cent cinquante, dont 40 % ne servent plus. Si rien ne change, "l’Iran, avec ses sept mille ans d’histoire, ne sera plus vivable dans vingt ans", s'alarment-ils. Qu'est-il arrivé aux descendants des Perses, réputés pendant des millénaires pour leurs ingénieux systèmes d'irrigation ?"

"Le changement climatique et la baisse de la pluviométrie sont les premières causes identifiables de cette crise environnementale, qui, par son ampleur, crée des tensions régionales au cœur du pays".

"L'enquête de Laurent Cibien et Komeil Sohani fait aussi affleurer les failles systémiques de la politique hydrologique iranienne. À une gestion défaillante de l'urbanisation, à des décisions ubuesques et des passe-droits aux effets dévastateurs se surajoute les malversations qui permettent aux ingénieurs de construire toujours plus et aux entreprises sous contrat avec l'armée de tourner. Suivant le cours de l'emblématique rivière Zayandeh Rud, ce documentaire éclairant raconte une désertification en marche".

Projet d'attentat déjoué
Le Mossad, service israélien de renseignements, a informé la France d'un projet d'attentat prévu en juin 2018 à Villepinte contre les Moudjahidines du peuple, des opposants au régime des mollahs. Le "30 juin 2018, un couple de Belges d’origine iranienne, Asmir et Nasmeh S., a été arrêté par la police belge. A bord de leur voiture, on découvrait des explosifs (500 grammes de TATP), ainsi qu’un mécanisme de mise à feu. Le couple âgé d’une trentaine d’années, avait, semble-t-il, pour projet de se rendre à Villepinte, au nord de Paris, afin d’y commettre un attentat contre l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI). Ce mouvement d’opposition radicale à la République islamique y tenait un grand meeting."

Le 2 octobre 2018 au matin, s'est déroulée l’opération antiterroriste à Grande-Synthe (Nord) contre l’association chiite Centre Zahra France. Elle "est directement liée à la tentative d’attentat à Villepinte (93) contre les Moudjhadines du peuple". « C’est une mesure de rétorsion », explique-t-on dans les milieux proches du dossier, où l’on estime que le couple arrêté par la police belge en juin était « en cheville avec les services iraniens ». Cette affaire a refroidi, si besoin était, les relations entre Paris et Téhéran. La France refuse pour l’instant d’envoyer un nouvel ambassadeur en Iran, proposant simplement un chargé d’affaires".

La France "a gelé les avoirs de deux Iraniens et de la Direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement, attribuant à Téhéran la responsabilité d’un attentat déjoué à Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 30 juin dernier. « Cet acte d’une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse », écrivent les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Economie, respectivement Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire dans un communiqué commun."

"L’association visée par l’opération de police à Grande-Synthe, Centre Zahra France, est accusée par les autorités françaises d’un « soutien marqué » à « plusieurs organisations terroristes ». Ce centre aurait pu servir comme soutien logistique à des opérations iraniennes en France. « Cette opération s’inscrit dans le cadre de la prévention du terrorisme, les activités de l’association Centre Zahra France étant particulièrement suivies en raison du soutien marqué par ses dirigeants à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République », indique la préfecture dans un communiqué".

"Onze personnes ont été interpellées et les avoirs financiers de Centre Zahra France mais aussi des associations Fédération chiite de France, Parti antisioniste et France Marianne Télé, toutes déclarées à Dunkerque entre 2005 et 2011, de même que ceux de quatre personnes ont été gelés pour une durée de six mois. Le Centre Zahra France est très proche de l’Iran et cette opération n’a rien à voir avec les autres opérations terroristes qui visent des milieux radicaux sunnites. Le Centre Zahra s’inscrit, lui, dans le cadre du chiisme, extrêmement minoritaire dans l’Islam de France."

Cour internationale de justice
Le 3 octobre 2018, la Cour internationale de justice (CIJ), organe judiciaire des Nations unies, "a ordonné aux États-Unis de s'assurer que leurs sanctions contre Téhéran n'affectaient pas la situation humanitaire en Iran. Un revers pour Washington qui a toutefois récusé la compétence de la Cour dans cette affaire".

La Cour "considère que les Etats-Unis, conformément à leurs obligations au titre du traité de 1955, doivent, par les moyens de leur choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers le territoire de l’Iran de biens nécessaires à des fins humanitaires tels que i) les médicaments et le matériel médical, et ii) les denrées alimentaires et les produits agricoles, ainsi que de biens et services indispensables à la sécurité de l’aviation civile tels que iii) les pièces détachées, les équipements et les services connexes (notamment le service après-vente, l’entretien, les réparations et les inspections) nécessaires aux aéronefs civils. A cette fin, les Etats-Unis doivent veiller à ce que les permis et autorisations nécessaires soient accordés et à ce que les paiements et autres transferts de fonds ne soient soumis à aucune restriction dès lors qu’il s’agit de l’un des biens et services susvisés".

"LA COUR,
Indique à titre provisoire les mesures conservatoires suivantes :
1) A l’unanimité,
Les Etats-Unis d’Amérique, conformément à leurs obligations au titre du traité d’amitié, de commerce et de droits consulaires conclu en 1955, doivent, par les moyens de leur choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers le territoire de la République islamique d’Iran
i) de médicaments et de matériel médical ;
ii) de denrées alimentaires et de produits agricoles ; et
iii) des pièces détachées, des équipements et des services connexes (notamment le service après-vente, l’entretien, les réparations et les inspections) nécessaires à la sécurité de l’aviation civile ;
2) A l’unanimité,
Les Etats-Unis d’Amérique doivent veiller à ce que les permis et autorisations nécessaires soient accordés et à ce que les paiements et autres transferts de fonds ne soient soumis à aucune restriction dès lors qu’il s’agit de l’un des biens et services visés".

"Le Shah et l’ayatollah - Le duel iranien"
Arte diffusera le 10 décembre 2019 "Le Shah et l’ayatollah - Le duel iranien" (Der Schah und der Ayatollah) par Holger Preuße. "En 1979, sous l’impulsion de l’ayatollah Khomeyni, la révolution éclate en Iran et renverse le shah Mohammad Reza Pahlavi. Cet événement marque la fin d’une monarchie vieille de deux mille cinq cent ans. Ce documentaire retrace la vie de ces deux ennemis qui se sont affrontés pendant plus de trente ans, de l’arrivée au pouvoir du Shah dans les années 1940 jusqu’à sa chute.


"Le Shah et l’ayatollah - Le duel iranien" par Holger Preuße
Allemagne, 2019, 53 min
Sur Arte les 22 novembre 2019 à 09 h 25, 10 décembre 2019 à 22 h 20

"Iran, rêves d'Empire" par Vincent de Cointet 
France, Artline Films, 2017, 54 min.
Sur Arte le 15 mai 2018 à 20 h 50
Visuels :
Peinture des visages des Ayatollah Khomeini et Khamenei sur un batiment
Affichage en ville de photos de 3 martyrs
Affichage en ville du visage de Moshen Hojaji, gardien de la révolution en ville
Femme faisant un selfie
© Artline Films

« L'Iran à court d'eau » par Komeil Sohani et Laurent Cibien
France, Artline Films, 2017
Sur Arte le 15 mai 2018 à 21 h 45
Visuels :
Image d'une rizière
Ispahan
Ispahan, place Imam
Un barrage à sec
© Artline Films

« Iran, une puissance dévoilée » de Jean-Michel Vecchiet
105 min
Sur Arte les 31 mai à 20 h 55, le 9 juin 2016 à 8 h 55 et 14 juin 2016 à 8 h 55
© Alle Rechte vorbehalten

Iran, chronique d'une année décisive, par Vincent de Cointet, Antoine Mariotti, Stéphane Saporito 
Arte, 2016, 10 min
Sur Arte les 31 mai à 22h30 et 9 juin 2016 à 10 h 30
© Point du Jour

Entretien avec Abnousse Shalmani, réalisé par Laurent Besancon
2016, 10 min 
Sur Arte le 31 mai 2016 à 23 h 25

"Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice" par Gero von Boehm
Allemagne, 2018
Sur Arte le 7 octobre 2018 à 23 h 50
Visuels :
Farah Diba, adolescente
© SWR/privat
Depuis la mort par cancer du Shah en juillet 1980 en Egypte, Farah Diba Pahlavi vit dans l'isolement à Paris. Cependant, elle n'a jamais rompu le contact avec son pays d'origine.
© SWR/Gero von Boehm

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 31 mai 2016, puis le 15 mai 2018, puis le 5 octobre 2018.