lundi 25 juillet 2016

L’atelier en plein air. Les Impressionnistes en Normandie


Le Musée Jacquemart-André présente l’exposition L’atelier en plein air. Les Impressionnistes en Normandie. En une chronologie plus large, l’exposition montre l’essor de cette révolution picturale qui a transformé la Normandie en un atelier en plein air où des peintres tels Boudin né à Honfleur, Monet ou Manet nés à Paris et Pissarro, ont saisi la campagne ou les rivages d’une contrée de labeur et de villégiature pour les Parisiens via le chemin de fer.

« Après les expositions successives consacrées aux frères Caillebotte en 2011, puis à Eugène Boudin en 2013, le Musée Jacquemart-André accueille une fois de plus les chefs-d’œuvre des maîtres de l’impressionnisme... L’approche de cette exposition privilégie pour la première fois une chronologie plus étendue de cette révolution picturale que fut l’impressionnisme à travers l’histoire de rencontres décisives, d’échanges et de partage d’une pratique picturale libre et expérimentale dans les territoires normands », écrit Bruno Monnier, président de Culturespaces.

Le Musée Jacquemart-André présente une cinquantaine d’œuvres prestigieuses, provenant des collections particulières et des institutions européennes et américaines renommées, qui « retrace l’histoire de l’Impressionnisme, de ses peintres précurseurs aux grands maîtres ». 

Le XIXe siècle « voit l’émergence d’un genre pictural nouveau : le paysage en plein air. Cette révolution picturale, née en Angleterre, va se propager sur le continent dès les années 1820 et la Normandie  devenir, pendant un siècle, la destination préférée des peintres d’avant-garde ».

Les atouts de la Normandie pour les artistes ? Des paysages beaux et divers, un patrimoine architectural riche, « la mode des bains de mer, qui draine une clientèle fortunée, un accès aisé « par bateau ou par diligence, puis par le train », une localisation idéale « à mi-chemin entre Londres et Paris, les deux capitales artistiques de l’époque ».

« Dès la fin des guerres napoléoniennes, les paysagistes anglais (Turner, Bonington, Cotman...) débarquent en Normandie, avec leurs boîtes d’aquarelle, tandis que les français (Géricault, Delacroix, Isabey...) se rendent à Londres pour découvrir l’école anglaise ». 

« De ces échanges naît une école française du paysage », dont Corot et Huet s’affirme rapidement en chefs de file. 

« À leur suite, c’est une myriade de peintres qui va sillonner la région et inventer une nouvelle esthétique : Delacroix, Riesener, Daubigny, Millet, Jongkind, Isabey, Troyon... » 

Cette « révolution artistique se cristallise, au début des années 1860, lors des rencontres de Saint-Siméon, qui réunissent chaque année à Honfleur et sur la Côte Fleurie tout le gratin de la nouvelle peinture. Il y a là Boudin, Monet et Jongkind, un trio inséparable, mais aussi tous leurs amis : Courbet, Daubigny, Bazille, Whistler, Cals... Sans compter Baudelaire, le premier à avoir célébré, dès 1859, les « beautés météorologiques » de Boudin ». 

« Non loin de là, dans la Normandie bocagère, Degas peint ses premières courses de chevaux au Haras-du-Pin et Berthe Morisot s’initie au paysage, tandis qu’à Cherbourg, Manet révolutionne la peinture de marine ». 

« Dès lors, pendant plusieurs décennies, la Normandie va devenir l’atelier en plein air préféré des Impressionnistes. Monet, Degas, Renoir, Pissarro, Sisley, Boudin, Morisot, Caillebotte, Gonzales, Gauguin... vont y épanouir leur art et le renouveler constamment ». 

L’exposition « évoque d’abord le rôle décisif joué par la Normandie dans l’émergence du mouvement impressionniste, à travers les échanges franco-anglais, le développement d’une école de la nature et les rencontres de Saint-Siméon. Puis, passant d’une approche historique à une approche géographique, l’exposition montrera à quel point les paysages et plus encore les lumières de la Normandie ont été déterminants dans l’attirance que cette région a exercée sur tous les maîtres de l’Impressionnisme ».

Le commissariat de l’exposition est assuré par Claire Durand-Ruel Snollaerts, historienne de l’art, spécialiste et experte de Camille Pissarro, Jacques-Sylvain Klein, historien de l’art et conseiller du film Le Scandale impressionniste (RMN/Arte) et Pierre Curie, conservateur du Musée Jacquemart-André depuis janvier 2016.

Chronologie longue
Longtemps, l’histoire de l’impressionnisme a été présentée en une chronologie brève commençant en 1863 - Salon des refusés - et s’achevant en 1886, année de la huitième et ultime exposition impressionniste. Une historiographie privilégiant Paris et l’Île-de-France, au détriment de la province et des influences étrangères.

Depuis une trentaine d’années, des historiens d’art ont adopté une perspective historique distincte qui « fait remonter les origines de l’impressionnisme au début des années 1820 ».

Cette « nouvelle approche souligne l’influence de l’école anglaise dans la naissance d’une école française du paysage et accorde à la Normandie un rôle déterminant dans l’émergence de l’impressionnisme (Turner, La Seine près de Tancarville et Lillebonne, The Ashmolean Museum, Oxford) ».

Pourquoi la Normandie a-t-elle été le berceau de l’impressionnisme ?

• sa position « géographique, à mi chemin entre Londres et Paris, les deux capitales artistiques de l’époque (Courbet, L’Embouchure de la Seine dit aussi Vue prise des hauteurs de Honfleur, Palais des Beaux-Arts, Lille).


• la richesse de son patrimoine architectural, au temps où les artistes participaient activement à sa redécouverte (Corot, Jumièges, Smith College Museum of Art, Northampton) : à partir de 1820, Isidore Taylor publie les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, dont les deux premiers volumes sont consacrés à la Normandie, et en 1825 Victor Hugo lance sa Guerre aux démolisseurs.

• la mode des bains de mer, importée d’Angleterre et qui s’implante à Dieppe vers 1820, avant de se propager le long des côtes de la Manche.

• la beauté et la diversité de ses paysages mais aussi la subtilité et la versatilité de ses lumières, à une époque où le paysage devient un genre à part entière et où les peintres sortent de leur atelier pour capter, sur le motif, la lumière naturelle (Monet, La Charrette. Route sous la neige à Honfleur avec la ferme Saint-Siméon, Musée d’Orsay, Paris).

• la facilité de transport par le fleuve puis par le train. Les lignes ferroviaires entre Paris et la côte normande sont parmi les premières à être créées, favorisant l’essor des stations balnéaires ».

Plages, loisirs et mondanités
Le « rivage était traditionnellement le domaine des marins, débarquant leurs cargaisons ou ravaudant leurs filets, et de leurs femmes, lavant le linge ou ramassant les coquillages (Boudin, Marée basse à Trouville, pêcheurs de crevettes, Association Peindre en Normandie, Caen) ».

« Avec la mode des bains de mer, le rivage se transforme en plage, un espace désormais partagé entre travailleurs de la mer et estivants en villégiature (Monet, Sur les planches de Trouville, hôtel des Roches noires, collection particulière) ».

« D’un côté, un prolétariat de plus en plus mis à l’écart, de l’autre une aristocratie et une haute bourgeoisie venant profiter du bon air, des baignades et d’une vie mondaine prolongeant la vie parisienne ».

Ce qui induit « la création de promenades (les fameuses planches de Trouville et de Deauville!), d’hippodromes pour jouer aux courses (Degas, Course de gentlemen. Avant le départ, Musée d’Orsay, Paris), de kiosques à musique pour écouter des concerts, de casinos pour parier, assister à des opérettes ou à des pièces de théâtre. Bientôt ce sera l’ouverture de clubs de tennis sur le modèle anglais. Autant de lieux à la fois de convivialité et de ségrégation sociale ».

« Sous le Second Empire (1852–1870), époque d’industrialisation et d’essor des grandes fortunes, la villégiature prolifère avec la création ex nihilo de nouvelles stations balnéaires tout au long de la « côte Fleurie », entre Deauville et Cabourg ».

« L’émergence d’une « civilisation des loisirs », dont les peintres se font les chroniqueurs, est une aubaine pour des artistes qui peinaient à écouler leurs « marines » et qui peuvent maintenant vendre à bon prix des « scènes de plage ». Ce genre, inventé en 1862 par Eugène Boudin, va être imité par tous ses amis impressionnistes (Boudin, Crinolines à Trouville, collection particulière) ».

De ports en falaise, Dieppe
Les « côtes de la Manche, avec leurs marées tumultueuses et leurs tempêtes fracassantes, ont longtemps encouragé une vision romantique de la mer, qu’illustraient aussi bien Eugène Isabey que William Turner ».

« Mais, à mesure que se développe l’activité balnéaire, c’est à une approche nouvelle du paysage marin que les peintres vont s’exercer. Ils vont moins s’intéresser à la mer elle-même et davantage à son environnement naturel et humain (Pissarro, Avantport de Dieppe, après-midi, soleil, Château-Musée de Dieppe) ».

Avec « ses ports encombrés de navires, s’égrenant du Tréport jusqu’à la baie du Mont-Saint-Michel et ses falaises abruptes, où la blancheur de la craie le dispute à la verdure du tapis végétal, le littoral de la Manche leur offre une infinie variété de motifs à peindre (Gauguin, Le Port de Dieppe, Manchester City Galleries) ».

« Première station balnéaire à se créer dans les années 1820, Dieppe attire, après la guerre de 1870, tout le gratin de la nouvelle peinture (Monet, Renoir, Degas, Boudin, Pissarro et Gauguin), mais aussi – faisant fi des classements artificiels – des artistes dits « mondains » comme Blanche, Gervex ou Helleu, et d’autres inclassables, comme Eva Gonzalès, l’unique élève de Manet. Sans compter une importante colonie d’artistes anglo-saxons ».

De ports en falaises, la côte d'Albâtre
Aux « artistes en quête de motifs à peindre, la côte d’Albâtre offre d’étourdissantes architectures naturelles : d’immenses panoramas, des échancrures d’estuaires et de vallées, de monumentales falaises de craie blanche, rongées par la mer et par le vent ».

Ainsi, Maupassant compare la Manneporte d’Étretat à une « voûte énorme où passerait un navire », et la Porte d’Amont à un « éléphant énorme enfonçant sa trompe dans les flots ».

Mais, « ce que Courbet, Monet, Renoir, Berthe Morisot viennent chercher sur cette portion du littoral, ce sont surtout les incroyables variations chromatiques de la mer et du ciel, liées au flux et au reflux des marées, au passage du vent et des nuages, au flottement des embruns. Ces continuels changements atmosphériques sont pour eux un puissant stimulant à travailler rapidement, sans s’encombrer du détail, afin de capter les moindres nuances lumineuses (Monet, Falaises à Varengeville dit aussi Petit-Ailly, Varengeville, plein soleil, Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre) ».

La « place centrale donnée au traitement de la lumière amène Courbet, dès 1869, à expérimenter le procédé des séries, en représentant la falaise d’Étretat sous différents éclairages (Courbet, La Falaise d’Étretat, Van der Heydt-Museum, Wuppertal), procédé que Monet reprendra dans les décennies 1880 et 1890, en multipliant les représentations des falaises : aux Petites-Dalles, à Fécamp, à Étretat, à Varengeville, à Pourville et à Dieppe (Monet, Étretat. La Porte d’Aval, bateaux de pêche sortant du port, Musée des Beaux-Arts, Dijon) ».

Les chemins de fer
« Vers le milieu du siècle, un nouveau moyen de transport fait son apparition: le train, qui va révolutionner les déplacements. Les lignes ferroviaires entre Paris et la côte normande sont parmi les premières à se créer. La ligne Paris-Rouen est ouverte en 1843, prolongée vers Le Havre en 1847, vers Dieppe l'année suivante et vers Fécamp en 1856 ».

« Dans les années 1860, le train dessert Deauville-Trouville et toutes les stations de la Côte Fleurie ».
Les « compagnies de chemin de fer insistent, dans leurs publicités, sur les deux ou trois heures qui suffisent pour se rendre à la mer. Il y a même des trains spéciaux affrétés pour assister à des événements, tel le combat naval opposant, au large de Cherbourg, deux navires américains et auquel Manet assiste en 1864 ».

Le « train ne sert pas seulement aux artistes parisiens (Morisot, Degas, Manet, Caillebotte...) à quitter la capitale pour s'oxygéner sur le littoral et trouver de nouveaux motifs à peindre, mais aussi aux peintres normands (Boudin, Monet, Dubourg, Lépine, Lebourg...) à « monter » à Paris pour exposer au Salon, visiter des expositions, retrouver des confrères, rencontrer des marchands et des collectionneurs ».

De ports en falaises. Du Havre à Cherbourg
Les « ports et les rivages s'égrenant du Havre jusqu'à Cherbourg vont, tout autant que ceux de la côte d'Albâtre, captiver Boudin, Monet et Pissarro, mais aussi Berthe Morisot, Degas, Signac, Seurat et tant d'autres paysagistes. Parmi eux, un quasi inconnu : Charles Pécrus, que son ami Boudin a converti à l'art du paysage et dont les vues portuaires, très animées, lui doivent beaucoup (Pécrus, Le Port de Honfleur, Association Peindre en Normandie, Caen) ».

Au « soir de sa vie, Boudin adopte une palette encore plus lumineuse, une touche encore plus libre et audacieuse. Poursuivant sa quête éperdue de lumière, il se concentre sur les miroitements de l’eau, les vibrations de l’air, la course des nuages dans un ciel immense (Entrée du port du Havre par grand vent, Collection particulière. Courtesy Galerie de la Présidence, Paris) ».

Cet « art tout en légèreté est à cent lieux des représentations vigoureuses, annonciatrices de l'expressionnisme et du fauvisme, que Monet donnait, au seuil de sa carrière, des bateaux de pêche amarrés dans le port de Honfleur (Barques de pêche, collection particulière, et Bateaux de pêche, Muzeul National de Arta al României, Bucarest) ».

Pour « rendre le va-et-vient des bateaux et des promeneurs, Pissarro et Berthe Morisot préfèrent adopter des vues légèrement plongeantes, depuis un point surélevé. Berthe s'intéresse surtout aux effets de perspective, qu’elle maîtrise à merveille (L’Entrée du port de Cherbourg, Yale University Art Gallery), tandis que Pissarro tente de saisir la fuite du temps et les caprices atmosphériques, livrant une superbe série de vues portuaires du Havre qui forment son testament artistique (L’Anse des Pilotes et le briselames est, Le Havre, après-midi, temps ensoleillé, Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre) ».

Au fil de la seine, de Rouen à Giverny
Si, « tout au long du XIXe siècle, Rouen a attiré autant de maîtres paysagistes - de Turner, Bonington et Corot jusqu’à Monet et Pissarro -, c’est en raison de son patrimoine exceptionnel – la « ville aux cent clochers » célébrée par Hugo et immortalisée par Monet (La Rue de l’Épicerie à Rouen, collection particulière, courtesy Fondation Pierre Gianadda, Martigny) – et, plus encore, de sa topographie, que Flaubert comparait à un amphithéâtre ».

« Blottie entre le fleuve et les collines environnantes, la ville leur offre non seulement « le paysage le plus splendide qu’un peintre puisse rêver » (Pissarro), mais, surtout, des effets de brouillard et de pluie et d’incessantes variations atmosphériques qui font le bonheur de tous ces chasseurs d’effets fugitifs ».

« L’animation portuaire et son paysage industriel, où les hautes cheminées d’usines de la rive gauche font écho aux clochers de la rive droite, arrachent à Pissarro cette comparaison extasiée : « C’est beau comme Venise » (Le Pont Boieldieu, Rouen, effet de pluie, Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe, salle 7) ».

Les « séjours à Rouen des maîtres impressionnistes (Monet, Pissarro, Sisley, Gauguin), mais aussi l’existence d’importants collectionneurs (François Depeaux, Léon Monet, Eugène Murer) vont favoriser l’éclosion d’une « école de Rouen », selon l’expression du critique Arsène Alexandre ».

« Parmi ses principaux représentants, on distingue à la première génération : Albert Lebourg et Charles Angrand (Le Pont de Pierre à Rouen, Association Peindre en Normandie, Caen) ».

Monet à Giverny
Claude Monet « a vécu 43 ans dans sa maison de Giverny, de 1883 à 1926 ».

« Passionné par le jardinage, il a conçu ses jardins comme de véritables peintures ».

En 1893, il « aménage un étang qu’il recouvre de nénuphars et crée un jardin d’inspiration japonaise, « pour le plaisir des yeux, et aussi dans un but de motifs à peindre ». Son jardin devient alors, jusqu’à sa mort, sa source d’inspiration la plus féconde. Il disait d’ailleurs : « Mon plus beau chef-d’œuvre, c’est mon jardin. »

Monet « commence à peindre des nymphéas dès 1895 et son pont japonais fera l’objet de presque cinquante toiles ».

« Évacuant l’horizon et le ciel, il resserre son regard sur le pont, l’eau et les reflets ».

Peut-être en raison de ses problèmes visuels, « à partir de 1918, le motif cède le pas à une explosion de couleurs, dont la densité de la touche confine à l’abstraction. L’eau et le ciel ne font plus qu’un et, sous ce feu d’artifice de couleurs, le pont apparaît petit à petit, donnant un repère à la composition ».

Comme « le dit Daniel Wildenstein, l’auteur du catalogue raisonné de Monet, l’exceptionnelle série des Pont japonais constitue l’aboutissement de son œuvre, où la vibration de la couleur suffit à évoquer un monde de sensations et d’émotions étourdissantes (Pont japonais, Collection Larock-Granoff, Paris) ».


Jusqu’au 25 juillet 2016
158, boulevard Haussmann, 75008 Paris
Tous les jours de 10 h à 18 h. Nocturne le lundi jusqu’à 20 h 30

Visuels :
BONINGTON Richard Parkes (1802-1828) Plage de sable en Normandie - vers 1825-1826 - Huile sur toile - 38,7 × 54 cm - Trustees of
the Cecil Higgins Art Gallery Bedford (The Higgins Bedford) © Trustees of the Cecil Higgins Art Gallery, Bedford

CALS Félix (1810-1880) Honfleur, Saint-Siméon -1879 - Huile sur toile - 35 x 54 cm - Caen, Association Peindre en Normandie
© Association Peindre en Normandie

MORISOT Berthe (1841-1895) La Plage des Petites-Dalles - vers 1873 - Huile sur toile - 24,1 x 50,2 cm
Richmond, Virginie, Virginia Museum of Fine Arts, Collection of Mr and Mrs Paul Mellon © Virginia Museum of Fine Arts/Katherine Wetzel

SIGNAC Paul (1863-1935) Port-en-Bessin. Le Catel - vers 1884 - Huile sur toile - 45 x 65 - Collection particulière © Collection particulière

COURBET Gustave (1819-1877) La Plage à Trouville - vers 1865 - Huile sur toile - 34 x 41 cm - Caen, Association Peindre en Normandie
© Association Peindre en Normandie

MONET Claude (1840-1926) Camille sur la plage à Trouville - 1870 - Huile sur toile - 38,1 x 46,4 cm - New Haven, Yale University Art
Gallery, Collection of Mr. and Mrs John Hay Whitney, B.A. 1926, Hon. 1956 © Photo courtesy of Yale University Art Gallery

MONET Claude (1840-1926) L’Église de Varengeville à contre-jour - 1882 - Huile sur toile - 65 x 81,3 cm - Birmingham, The Henry
Barber Trust, The Barber Institute of Fine Arts, University of Birmingham © The Barber Institute of Fine Arts, University of Birmingham

RENOIR Pierre-Auguste (1841-1919) La Cueillette des moules - 1879 - Huile sur toile - 54,2 x 65,4 cm - Washington D.C., National Gallery
of Art. Gift of Margaret Seligman Lewisohn in memory of her husband, Sam A. Lewisohn © Courtesy National Gallery of Art, Washington

CAILLEBOTTE Gustave (1848-1894) Régates en mer à Trouville - 1884 - 60,3 x 73 cm - Huile sur toile - Toledo, Ohio. Lent by the Toledo
Museum of Art. Gift of The Wildenstein Foundation © Photograph Incorporated, Toledo

BOUDIN Eugène-Louis (1824-1898) Scène de plage à Trouville - 1869 - Huile sur panneau - 28 x 40 cm - Collection particulière. Courtesy
Galerie de la Présidence, Paris © Galerie de la Présidence, Paris

RENOIR Pierre-Auguste (1841-1919)
La Côte près de Dieppe - 1879 - Huile sur toile - 49,5 x 60,6 cm
Montclair, New Jersey, Kasser Mochary Foundation
© Photo Tim Fuller © Kasser Mochary Foundation, Montclair, NJ

PISSARRO Camille (1830-1903) Avant-port de Dieppe, après-midi, soleil - 1902 - Huile sur toile - 53,5 x 65 cm - Dieppe, Château-Musée
© Ville de Dieppe - B. Legros

GAUGUIN Paul (1848-1903) Le Port de Dieppe - vers 1885 - Huile sur toile - 60,2 x 72,3 cm - Manchester, Royaume-Uni, Manchester City
Galleries © Manchester Art Gallery, UK / Bridgeman Images

MONET Claude (1840-1926) Falaises à Varengeville dit aussi Petit-Ailly, Varengeville, plein soleil - 1897 - Huile sur toile, 64 x 91,5 cm
Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux © MuMa Le Havre / Charles Maslard 2016

MONET Claude (1840-1926) Etretat, la porte d’Aval, bateaux de pêche sortant du port - vers 1885 - Huile sur toile - 60 x 80 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts © Musée des beaux-arts de Dijon. Photo François Jay

BOUDIN Eugène-Louis (1824-1898) Entrée du port du Havre par grand vent - 1889 - Huile sur toile - 46 x 55 cm - Collection particulière.
Courtesy Galerie de la Présidence, Paris © Galerie de la Présidence

MONET Claude (1840-1926) La Rue de l’Épicerie à Rouen - Vers 1892 - Huile sur toile - 93 x 53 cm - Collection particulière. Courtesy
Fondation Pierre Gianadda, Martigny (Suisse) © Claude Mercier photographe

ANQUETIN Louis (1861-1932) La Seine près de Rouen - 1892 - Huile sur toile - 79 x 69 cm - Collection particulière © Collection
particulière / Tom Haartsen

Articles sur ce blog concernant :

Des « Blacks, Blancs, Beurs » antisémites attaquent les Juifs à Paris (2/2)


En marge de manifestations haineuses de la « rue arabe » hostile à l’opération israélienne défensive « Protective Edge » (Bordure protectrice, 8 juillet-26 août 2014), les synagogues de Belleville (75020), de la rue de la Roquette (75011) et des Tournelles à Paris ont été visées les 12 et 13 juillet 2014 par des attaques violentes de « Blacks, Blancs, Beurs », portant souvent des keffiehs, dissimulant leur visage par des capuches, armés de projectiles, de battes de base-ball et parfois de hache, brandissant des drapeaux palestiniens, et scandant « Allah Aqbar » (Allah est le plus grand) ainsi que « Mort aux Juifs », en français et en arabe. Services policiers déficients, autorités politiques cyniques, faibles et lentes à réagir, banalisation et refus de nommer l'antisémitismedésinformation médiatique -  silence, dénégation ("manifestations calmes") ou minoration des faits -communauté Juive française institutionnalisée timorée - rassemblement tardif à Paris -, mutisme de la quasi-totalité des dirigeants islamiques, défense des fidèles Juifs dans les synagogues essentiellement par la Ligue de défense juive (LDJ) et le Bétar ainsi que le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), désinformation médiatique - blood libel, etc. - tolérance réitérée de manifestations légalement interdites ou/et aux slogans antisémites - "Mort aux Juifs" -, violences et vandalismes de mobilier urbain et de commerces majoritairement non-musulmans, inquiétants rassemblements de la "rue arabe" ou plutôt "rue musulmane" (Richard Landes) et de ses alliés à Paris, Sarcelles, Londres, Bruxelles, Berlin... Comme lors de l’Opération Plomb durci contre le Hamas (2008-2009), les Français Juifs sont la cible de (tentatives de) pogroms dans l’indifférence générale. Des signes graves de la dégradation de la condition Juive en France. Dossier actualisé et republié en cet anniversaire de l'opération Bordure protectrice.

Le dimanche 13 juillet 2014, près de la synagogue Don Isaac Abravanel de la rue de la Roquette, « le cordon de police a été lamentable – cinq policiers ! -, et les renforts policiers tardifs : ils sont arrivés 10-15 minutes après le début de l’attaque. Si nous n’avions pas été là, il y aurait eu un carnage ce dimanche. C’est très grave », me confie un membre de la Ligue de Défense Juive (LDJ) quelques heures après. 

Une guérilla urbaine antisémite 
Ce 13 juillet 2014 après-midi, la synagogue de la rue de la Roquette a accueilli environ 150 fidèles Juifs venus exprimer leur soutien à Israël attaqué par le Hamas, mouvement dont la charte vise la destruction de l'Etat Juif et qualifié de terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne. Au programme : la lecture de téhilim (psaumes), des prières pour la paix en Israël et  pour la république française rythmée par le son du chofar (corne de bélier), et en présence notamment du grand rabbin de Paris Michel Guggenheim.

Ce militant de la LDJ décrit l’attaque antisémite contre ce lieu de culte familier des Judéo-espagnols : « La police n’avait pas installé de barrières de sécurité rue de la Roquette, qui n’était donc pas sécurisée. Il y avait cinq-six policiers près de la synagogue, dix personnes du SPCJ (Service de protection de la communauté juive) et une dame du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme). De la Bastille  et de Voltaire, quatre-vingts à cent manifestants, alertés par des éclaireurs leur ayant dit « Les Juifs sont là », se sont dirigés vers la rue de la Roquette. Ils étaient munis de projectiles - bouteilles en verre, les objets dans les poubelles, des sortes de bombes artisanales, etc. – qu’ils lançaient contre nous, de fumigènes, armés de battes de base ball ou métalliques, et même d’une hache. A 20-30 mètres de la synagogue de la rue de la Roquette, ils criaient : « Allah Aqbar », « Égorgez les Juifs », et des slogans en arabe. Certains portaient le keffieh. C’était des Arabes, des Noirs, des Blancs aussi, des skinheads. Des racailles qui étaient venus en découdre avec les Juifs, comme pour dire à Israël : « Vous tuez des Palestiniens à Gaza. Les Juifs ne sont pas en sécurité en France. On va en tuer. Cela va calmer Israël ». Ils avaient la rage en eux. C’était de la haine. C’était monstrueux".

"J'avais eu des contacts avec la préfecture de police de Paris qui m'avait informé de Tweets opposés à notre réunion. La préfecture m'a assuré que la manifestation serait très bien encadrée, et que nous ne risquions rien", se souvient Serge Benhaïm, président de la communauté consistoriale dynamique de la Roquette, sur Judaïques FM, le 14 juillet 2014. Et de poursuivre : "Il y a eu des échauffourées entre les forces de l'ordre et des manifestants. Des manifestants se sont engouffrés rue de la Roquette avec des armes froides, des machettes, des tessons de verre. Les forces de l'ordre ne s'attendaient pas à un mouvement aussi fort et rapide rue de la Roquette. On a fermé la synagogue. Le réflexe a été que le bloc de la LDJ montent à la rencontre des manifestants, à 187 mètres de la synagogue selon la mesure effectuée ce matin par la police. Ce qui a bloqué la montée des manifestants, et a laissé le temps à la police de s'interposer entre les deux groupes. De l'intérieur de la synagogue, on entendait des cris, des bruits de pétards. Les fidèles étaient angoissés. C'étaient des gens bien élevés. Pour les rassurer, on leur a fait écouter de la musique, on leur a offert des gâteaux. Les responsables communautaires, dont Joel Mergui, président des Consistoires israélites de Paris et de France, ont pris la parole".

Et ce militant de la LDJ d'ajouter : "Nous avions pressenti le problème avec l’attaque contre la synagogue de Belleville samedi – les agresseurs avaient crié « Mort aux Juifs », « Égorgez les Juifs » -, et on savait qu’un défilé contre Israël partirait de Barbès-Rochechouart à la Bastille. Nous étions 60 de la LDJ, avec quelques jeunes du Bétar. Nous avions nos poings et notre courage. Les agresseurs nous ont chargés à quatre reprises. Comme dans l’Intifada : les assaillants nous ont caillassés. Les deux premières charges, on a tenu. C’était une bataille rangée. A la troisième charge, on a reculé. Des jeunes Juifs ont été sévèrement frappés à la tête, aux yeux… Ils ont saigné. Joël Mergui et Gil Taieb, vice-président du CRIF, sont arrivés à la fin, et ont pu porter secours aux Juifs blessés. Dix à quinze CRS sont restés autour de la synagogue. Mais les agresseurs nous attendaient dans les rues avoisinantes avec des couteaux ».

Directeur de la rédaction à Radio Shalom, Bernard Abouaf se trouve près de la synagogue de la rue de la Roquette ce 13 juillet 2014. Il écrit alors sur son mur Facebook  :
« J'ai vécu l'un des moments les plus vrais de ma vie. C'était comme l'attaque contre la synagogue de Tunis, dans les années 60. (j'ai oublié l'année). Je m'étais dit, à l'époque, (quand je l'ai appris, je suis pas de cette génération), c'est un truc que je comprends pas. Mais je vous le dis cash : j'ai vécu cet après midi, la haine. Y'a aucune excuse,c'était de la haine. En plein Paris.C'est la vérité, on analysera après. Ce que j'ai vu cet après midi devant la synagogue de La Roquette, à Paris :-
J'ai vu une centaine d'activistes pro-palestiniens se ruer sur la synagogue (j'ai dit cet après midi, qu'ils étaient "des dizaines" pour ne pas chauffer les gens, c'était une centaine)
-J'ai vu un groupe d'une quarantaine de Juifs, dehors défendant les 160 fidèles à l'intérieur. dans une ambiance de pure guérilla urbaine
-J'ai vu des jeunes du SPCJ courageux, hyper pro, aux côtés de jeunes de la LDJ déterminés. Je ne me souviens pas d'avoir, une seule fois dans ma vie, écrit un seul mot sur mon mur Facebook pour défendre la LDJ et je peux vous dire que cet après midi, s'ils n'étaient pas là, haz veshalom, la synagogue était dévastée avec toute la population à l'intérieur. Quelqu'un m'a dit "on n'est pas là, ils brûlent la synagogue".
-J'ai vu une dizaine d'anciens, 50-55 ans, avec Gil Taïeb, ruisselant de transpiration après le combat. J'ai vu Fabien, boitant après un méchant coup reçu à la jambe. On m'a dit, après, qu'il avait plus de 60 ans.
-J'ai vu une femme de 40 ans me dire "je leur ai jeté une chaise à la figure, ces salauds"-En sortant de la rue Pavée, pour courir rue de la Roquette, j'ai vu deux jeunes du SPCJ, hyper pro, avec des casques, venus sécuriser la rue. Personne ne leur avait rien demandé, les étudiants d'une yeshiva ne connaissent que l'étude.-
J'ai vu le photographe Alain Azria m'appeler en urgence sur mon portable "vite, cours, il faut que la radio soit là"
-J'ai vu les CRS replier, deux heures plus tard sous les applaudissements des Juifs "merci", "les hommes de la République" (tout le monde, y compris la LDJ)-J'ai vu Baba (c'est son surnom) hyper déterminé me dire "nilhamnou", "on a fait la guerre" et malheureusement, c'était vrai.
-J''ai vu une synagogue sans le moindre drapeaux israélien, sans le moindre officiel israélien. Avec des gens qui prient à l'intérieur (pas sur le trottoir) sans la moindre provocation
-Et j'ai vu, quand on a ouvert le portes pour laisser sortir les gens, des Juifs avec le regard inquiet que je connais trop, j'en ai eu la chair de poule. Vraiment j'ai pensé à la seconde guerre mondiale
Cette photo postée sur mon mur Fb, par un voisin du haut de son immeuble, montre la tension extrême. Et bien, je peux vous dire qu'elle a été prise après l'émeute. La plupart des agresseurs avaient déjà été repoussés".
Près de 150 fidèles Juifs ont attendu pendant plus d'une demi-heure l'arrivée de la police et plusieurs heures à l'intérieur de la synagogue de la rue de la Roquette.

Le bilan ? La préfecture de police de Paris n'a publié sur son site Internet aucun communiqué de presse le concernant Deux jeunes Juifs, dont un jeune Loubavitch, et quatre policiers français ont été blessés. La police a interpellé six individus le 13 juillet au soir. Le 15 juillet 2014, une source "judiciaire indiquait à l'AFP (Agence France Presse) que cinq personnes ont été renvoyées en correctionnelle pour violences sur forces de l'ordre ou rébellion. Quatre personnes, inconnues des services de police, seront jugées pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique et rébellion", a précisé Metronews. Et d'ajouter : "Un homme de 23 ans né à Tarbes a été présenté en comparution immédiate et condamné à quatre mois ferme pour "rébellion" lors d'un contrôle de police, des faits commis alors que l'homme revenait de la manifestation, après 20 heures, dans le 18e arrondissement".

"Notre communauté est traumatisée, en état de choc. Ce matin, beaucoup ne sont pas venus à l'office de prières, et nous ont téléphoné", a déclaré Serge Benhaïm, sur Judaïques FM, le 14 juillet 2014.

Le 14 juillet 2014, sur Radio Shalom, le témoignage de Judith, mère de famille qui se trouvait dans cette synagogue lors de l'attaque, est émouvant : "C'est affreux ce qu'on a vécu hier. On a été bloqué dans la synagogue pendant quatre heures parce qu'il y avait des propalestiniens qui voulaient y entrer. Nos jeunes sont sortis de la synagogue pour nous défendre. Ils ont repoussé les manifestants sur les côtés pour leur éviter de pénétrer dans la synagogue. C'était une guerre  dehors. On entendait les cris, des bruits de bouteilles, des slogans, dehors. On était tous un peu paniqué. On essayait de ne pas le montrer à cause des enfants en pleurs. On a essayé de protéger les enfants comme on pouvait. On a continué à chanter la Hatikvah [hymne national israélien, Nda], les téhilim et les prières pour Israël et Tsahal. Avec l'arrivée des cars de CRS, cela s'est calmé. Bravo pour les dirigeants communautaires, dont Joël Mergui qui est resté très tard ! On a pu sortir de la synagogue vers 21 h pour rentrer chez nous... Je ne suis pas sortie tout au long de cette journée du 14 juillet. Je suis restée chez moi avec ma famille".

"Le SPCJ et la LDJ ont sécurisé le Marais jusqu'en soirée. Dimanche soir, un membre du SPCJ a reçu un appel téléphonique l'alertant sur un groupe qui déambulait rue Manin, une rue éloignée du Marais", a déclaré le journaliste Bernard Abouaf, le 14 juillet 2014, sur Radio Shalom.

"Rien à signaler" et dénégation médiatiques
Occultée par les mainstreams medias - JT de TF1 à 20 h présenté par Claire Chazal, etc. -, révélée par Radio Shalom en fin  d'après-midi, cette guerre antisémite déclarée était relatée en direct sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Twitter, par des Internautes postant des photos et des vidéos effrayantes, et décrivant avec effroi les violences et les slogans - "Jihad résistance", "Hamas résistance" - de cette "France Black Blancs Beurs" cimentée par l'antisémitisme et la peur des 150 fidèles réunis à la synagogue de la Roquette.

Sur place, Bernard Abouaf a informé à la fois par de brèves interventions sur Radio Shalom et sur son mur Facebook.
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RAS (Rien à signaler). C’est l’impression donnée par la dépêche de l’AFP (Agence France Presse) sur cette manifestation  à Paris, et par l’ensemble des médias, notamment par RCJ (Radio de la communauté juive) soutenue par le FSJU (Fonds social juif unifié), dans son bulletin matinal du 14 juillet 2014. Et quand finalement des médias, dont le JT de 20 h de France 2, évoquent des sinon des "échauffourées", ils cèlent les slogans antisémites, la volonté des assaillants d'attaquer des Juifs en position défensive, les drapeaux algériens ou djihadistes des manifestants, etc. Volonté de ne pas effrayer les Juifs, de ne pas détourner l'attention à quelques heures de la finale de la Coupe du monde de football et de donner l'image d'une France "apaisée" souhaitée par le Président François Hollande, et ce, à la veille des célébrations du 14 juillet ? Indifférence ? Banalisation d'une violence récurrente secouant périodiquement la France et venant des mêmes "jeunes de banlieue" ? Hiérarchisation aberrante des informations ? Signes du mépris à l'égard des Juifs ?

L'une des photographies les plus graves occultées a été publiée par Marianne en illustration de l'article de Frédéric Ploquin du 14 juillet 2014 : elle montre une dizaine de manifestants Black Blancs Beurs, dont certains arborant un keffieh ou des cagoules, debout devant une fusée en position horizontale, et faisant le geste de la quenelle créée par Dieudonné.

Etait-ce une manifestation parisienne contre l'opération israélienne défensive Bordure protectrice (Protective Edge) ? On peut en douter. « Est-ce que vous reconnaîtrez Israël ?», crie et crie encore, dans son micro, à l’adresse de ces jeunes, un membre du Collectif Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas, tué par l’armée israélienne en 2004. « Non ! », répondent à plusieurs reprises ceux-ci avec force. Ce Collectif opérait dans la manif aux côtés de Frères musulmans et faisait entonner des « Allahou akbar » à une partie de la foule", relate Antoine Menusier dans Causeur. Et des manifestants appelaient au boycott d'Israël...

Citons le compte-rendu de Jonathan-Simon Sellem qui a entendu ces slogans : "Mort aux Juifs !", "Mort aux ashkénazes !", "Hitler avait raison", "On va vous cramer", "Sales blancs !", "Hamas Résistance !", "Jihad ! Jihad ! Jihad !", "La Palestine doit finir le boulot (ndlr: commencé par Hitler)". Au "micro, à l’approche de la place de la Bastille, (oui, au micro aussi) on crie aussi « Mort aux juifs! » – Et à l’appel de la prière, plus de 2,000 personnes répondent « Allah Ouakbar ». Sur des banderole sont écrits : "Contre le sionisme", "Gaza = camp de concentration".

"Durant le week-end, des manifestations similaires ont été organisées dans plusieurs grandes villes. Selon la police, ils étaient 2 300 à Lille, 1 200 à Marseille et autour de 400 à  Bordeaux. Aucun incident n’a été signalé", conclut Frédéric Ploquin.

Pourtant à Lille, des manifestants ont brandi une banderole sur laquelle figuraient des croix gammées.

Et, après la manifestation anti-israélienne qui avait réuni 500 à 800 individus, le soir du 11 juillet 2014, le député Eric Ciotti et le maire de Nice Christian Estrosi ont mis en garde contre "des dérapages violents ou insultes à caractère raciste et antisémite". Le 14 juillet 2014 au matin, Christian Estrosi a écrit au préfet afin que celui-ci empêche la manifestation similaire qui devait se tenir ce même jour à Nice car "des rumeurs évoquent même des perturbations lors du traditionnel défilé que nous organisons". Et d'ajouter : "Depuis plusieurs jours, des manifestations liées au conflit du Proche-Orient se déroulent à Nice. En plus de ne pas être déclarées, certains membres de ces manifestations pro-palestiniennes bloquent souvent des axes stratégiques de la Ville comme la Place Massena, la Promenade des Anglais ou les abords de l’Hôtel de Ville et scandent des slogans inacceptables tels « Israël assassin » ou « Nous sommes tous des Mohamed Merah ». Bien qu'interdite par la préfecture pour risques de troubles à l'ordre public, cette manifestation a réuni ce 14 juillet 2014 environ 350 individus dans le centre de Nice. Leurs slogans : "Israël assassin, Hollande complice", "Gaza, Gaza, on est tous avec toi", "Vive le Hamas". "Une équipe de France Télévision présente a été prise à partie tandis que les CRS ont usé de gaz lacrymogène pour disperser la foule". A Avignon, un rassemblement similaire a attiré 200 manifestants.

En outre, à Lyon, le "défilé, dont le nombre de participants fait l’objet d’une estimation très proche de la police et des organisateurs (5500 et 6000 personnes), a été filmé  presque de bout en bout lors de son arrivée sur la place Bellecour : les  personnes – comment dire ?- ne pouvant exciper d’une ascendance sud-méditerranéenne sont en nombre infime, malgré la liste impressionnante des organisations militantes non communautaristes qui avaient appelé à participer à cette manifestation. On pourra noter aussi la présence de femmes revêtues du niqab, défiant la loi interdisant cet accoutrement dans l’espace public.  À Toulouse, la manif s’est dispersée aux cris de Allahou akbar, et de très nombreuses oriflammes du Hamas et du Hezbollah étaient agitées", écrit le journaliste Luc Rosenzweig dans Causeur le 14 juillet 2014. Le Hamas est pourtant considéré comme un mouvement terroriste par la France...

« Un drapeau français ? Mais pour quoi faire ? Je ne me sens pas français », confiait un jeune manifestant se présentant comme marocain cité par Antoine Menusier dans Causeur. Que ces manifestants aient défilé sans aucun drapeau français, mais avec les oriflammes palestiniens; de leurs pays d'origine (Algérie, Tunisie, Maroc, etc.) et de pays musulmans en guerre (Iraq, Syrie) révèle que la "France multiculturelle" relève largement du mythe et qu'elle est fragmentée. Ou plutôt que la "France Black Blancs Beurs" est cimentée non par l'amour de la France, mais par la haine des Juifs et du judaïsme. Cette "rue arabe" surgit en oumma, non pas affligée par les chaos arabes - implosions de la Libye et de la Syrie, persécutions et exode des chrétiens, etc. - mais scandalisée que des Juifs ne soient plus, ne se comportent plus en dhimmis, ni en Israël ni en diaspora.

De nombreux médias - RTL, L'Express - ont publié des articles sur la LDJ, généralement à charge et sans donner la parole à un membre de ce mouvement. Des journalistes ont mis sur le même plan la LDJ, défendant une synagogue, et des extrémistes "isolés" : ainsi, le 21 juillet 2014, sur France 24,  alors qu'Elie Korchia, vice-président du Consistoire israélite, a nié que les agresseurs aient été "des gens isolés" et a évoqué le gang des Barbares ainsi que Mohamed Mérah, prétendument "des gens isolés", Vanessa Burggraf a insisté pour qu'il condamne la LDJ "parce qu'il y a aussi des violences de l'autre côté"... Des politiciens, tel le député communiste Jean-Jacques Candelier, ont réclamé la dissolution de la LDJ, mais non du NPA qui a enfreint la loi. Comme si ces hommes politiques et médias, qui condamnent l'Etat Juif se défendant des attaques du Hamas, reproduisaient la même "grille d'analyse" à l'égard des Français Juifs qui devraient subir des attaques sans réagir et demeurer vulnérables à toute agression. Bref, l'éradication de leurs droits et le retour du "bon vieux temps" de la dhimmitude.

La perversité de cette désinformation culmine dans l'interview de Serge Benhaim par Julien Nény, journaliste d'Itélé qui veut obtenir du président de la synagogue de la rue de la Roquette le déni des assauts antisémites et la condamnation de la LDJ comme "provocatrice". L'article annonçant cette interview filmée est titré : "Incidents rue de la Roquette : Serge Benhaim dément toute attaque de la synagogue". Le format anormalement long (19'39'') de la vidéo révèle la volonté flagrante du journaliste. Tout concourt à l'idée de "mise en scène" par les Juifs. Ainsi, cet intertitre "synagogue, théâtre d'un rassemblement pour "la paix en Israël". Or, c'était un office de prières, un "rassemblement de prières" comme le précise Serge Benhaim. Les questions de Julien Nény ? Ni neutres ni étayées d'arguments : "Vous connaissez comme moi la réputation de la LDJ qui est considérée, à tort ou à raison  comme le bras armé de l'extrême-droite juive d'Israël. Ils ont une réputation sulfureuse, assez violente. Vous cautionnez leur action ?" (4'19"). Quelle action ? Mystère. Quelles preuves des allégations de Julien Nény sur les liens avec l'extrême-droite israélienne ? Re-mystère. Si ces allégations étaient vraies, pourquoi la LDJ est-elle autorisée en France et pourquoi la police a-t-elle protégé ses militants lors des assauts destinés à agresser les Juifs dans cette synagogue. Et Julien Nény continue ses questions biaisées : "Certaines vidéos sur Internet.. montrent une version légèrement différente de ce  que vous nous dites. On voit des personnes, on se doute qu'elles sont de la LDJ, en tout cas crier des slogans anti-Arabes et anti-Palestine et poursuivre des manifestants pro-palestiniens. On le voit clairement sur les images". Comment sait-il qu'il s'agit de militants de la LDJ ? Pourquoi Julien Nény n'informe-t-il pas les téléspectateurs/Internautes que ces manifestants avaient effectué plusieurs assauts, armés de battes de base ball, de matraques, de chaises, de dessus de tables, etc. ? Quasiment toutes ses questions concernent la LDJ - sa réputation, la demande de dissolution, etc. - et visent à faire douter que "la synagogue a été assiégée". Pourtant les vidéos prouvent les assauts à proximité de la synagogue protégée par les forces de l'ordre et des bénévoles assurant sa sécurité. Pourquoi n'avoir interviewé aucun des fidèles présents, tels Bernard Abouaf ou Alain Azria ? Sur ce même sujet, Itélé a posté deux autres vidéos diffusant la version des manifestants exprimée par Sabrina Benalia qui évoque un "génocide" commis par Israël sans être contestée par Julien Nény, et par Erwan Simon, "coordinateur de la CIPPP", en fait CCIPPP (Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien), qui allègue que les manifestants "ont défilé dans le calme" en réponse à la première question de Julien Nény toujours aussi neutre : "La manifestation se déroulait très bien jusqu'à la place de la Bastille. Pourquoi cela a dégénéré par la suite ?" Ma parole ! Aucun d'eux n'a vu les drapeaux et slogans djihadistes, ni entendu "Mort aux Juifs" et "Allah Aqbar" ?!

La tolérance de commentaires antisémites par le community management de médias, tels Itélé et LCI, et l'inaction du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) est choquante.

Amalgames, minorations, cynisme ou/et réactions tardives politiques
« Quand les synagogues se comportent comme les ambassades il n’est pas étonnant qu’elles subissent les mêmes attaques qu’une ambassade », a twitté Pierre Minnaert, délégué d’Europe Ecologie les Verts auprès du Parti Vert européen , le 12 juillet 2014 au soir. Bien que réprouvé vertement par ses collègues, notamment par le député Christophe Cavard, il persiste et signe : « Je ne vois pas comment on peut lutter contre la dérive antisémite de jeunes de banlieue quand les synagogues soutiennent Israël ».

Aucun de ceux ayant appelé à cette manifestation - Union générale des étudiants de Palestine-GUPS Paris ; Mouvement des Jeunes Palestiniens-PYM France ; Fatah France ; Génération Palestine ; Parti des Indigènes de la République ; Campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) France ; CCIPPP ; UJFP (Union Juive pour la paix) ; Europalestine ; Forum Palestine citoyenneté ; Collectif HAMEB ; Inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe (L’inter-Co) ; IJAN France ; Uni-T ; NPA (Nouveau parti anti-capitaliste) ; Collectif des Musulmans de France ; PEACE (Palestine Action Espoir Corbeil-Essonnes - ne s'est désolidarisé des slogans antisémites et djihadistes, des drapeaux de mouvements islamistes,de la criminalisation du sionisme, du qualificatif "assassin" écrit sur le portrait brandi du Président François Hollande, etc.

Bref, c’est encore et toujours la faute des Juifs ! Des Juifs français sommés de se désolidariser d’Israël à peine de subir l’antisémite des jeunes de banlieue. Et même lorsqu’ils excluent de défiler dans Paris et abandonnent les artères de la capitale à la « rue arabe » et à ses alliés antisémites, même lorsqu’ils se réunissent dans une synagogue, ils sont tancés s’ils expriment leur soutien à l’Etat Juif ! C’est le périmètre des libertés des Juifs qui est réduit de facto. Et ce, depuis l’Intifada II.

Dans la soirée du 13 juillet 2014, le Premier ministre socialiste Manuel Valls a condamné  « avec la plus grande fermeté les violences qui ont eu lieu [aux abords] des synagogues de la rue des Tournelles et de la rue de la Roquette, respectivement dans les 4e et 11e arrondissements de Paris. De tels actes qui visent des lieux de culte sont inadmissibles. Ils sont d’une extrême gravité et trouveront toujours face à eux une réponse déterminée de la part des pouvoirs publics. Grâce à l’intervention des forces de l’ordre, la situation a pu être rapidement maîtrisée. La France ne tolérera jamais que l’on essaie par la violence des mots ou des actes d’importer sur son sol le conflit israélo-palestinien ». Que d'euphémismes pour éviter de désigner les coupables et dénommer la réalité ! Lamentable et insuffisant. D'autant que Manuel Valls avait été alerté.

Le 13 juillet 2014, le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme) "s'attendait à ce que des agressions contre les personnes et les biens de la communauté juive allaient être commises, comme c'est à chaque fois le cas lorsqu'il y a des turbulences au Moyen-Orient, notamment lorsque l'Etat d'Israël exerce son droit naturel de légitime défense, contre les terroristes islamo-palestiniens du Hamas de Gaza et du Liban qui bombardent la population civile israélienne. Pour le BNVCA, la sécurité des citoyens est du domaine exclusif de l'Etat qui doit prendre des mesures préventives de tous ordres". Le BNVCA avait rappelé "que l'antisionisme et la propagande propalestinienne sont la source de l'antisémitisme depuis 14 ans. Le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur, le Président de l'Assemblée nationale l'ont confirmé. Le BNVCA demande que les mosquées salafistes du département de Seine-Saint-Denis qui font des prêches antisionistes soient fermées et leurs responsables sanctionnés. Le Hamas est une organisation terroriste qui commet des crimes de guerre en utilisant sa population comme bouclier, et des crimes contre l'humanité en bombardant les populations civiles d'Israël. Le BNVCA demande au Ministre de l'Intérieur de ne pas autoriser les manifestations organisées en France par ceux qui soutiennent les terroristes. Il demande au Préfet de Police d'interdire la manifestation prévue à Paris dimanche 13 juillet à Barbès qui va certainement comme d’habitude provoquer des troubles graves. Il a reçu un grand nombre de témoignages rapportant que dans les manifestions qui se sont déroulées à Paris ce samedi 12 juillet, des cris de "Mort aux Juifs" ont été scandés en français et en arabe. Le BNVCA demande aux médias de veiller à ce que leurs reportages soient sans parti pris, sans état d'âme, en veillant scrupuleusement à ne pas se faire le relais de la propagande mensongère palestinienne. Pour le BNVCA si ces mesures préventives ne sont pas observées l'antisémitisme va exploser".

Attaques contre les synagogues d'Asnières, d'Aulnay-sous-Bois (11-12 juillet 2014), de Belleville (12 juillet 2014) - slogan "Mort à Israël", drapeau israélien brûlé -, de la rue des Tournelles (75004) et de la rue de la Roquette historiquement liée aux Judéo-espagnols (13 juillet 2014) à Paris - des synagogues du Paris populaire, historique Juif -, agressions contre des magasins du Marais Juif (rue des Rosiers, rue de Turenne)…

Rien de neuf. Le 22 mars 2003, des manifestants arabes, sortant d'un défilé boulevard Beaumarchais contre une intervention militaire internationale contre l'Iraq de Saddam Hussein, se sont approchés du Cercle  Bernard Lazare, rue Saint-Claude (75003) à Paris en s'enquérant : "Y'a des Juifs là-bas ?" Ils ont tabassé deux  membres du mouvement de jeunesse sioniste Hachomer Hatzaïr. Lors de l’opération Plomb durci  (décembre 2008-janvier 2009), des haineux manifestant contre Israël s'étaient dirigés vers des synagogues pour « casser du Juif ».  Cette tentative de pogrom le 13 juillet 2014 n'était-elle donc pas évitable ? Pourquoi le ministère de l'Intérieur chargé des Cultes et la préfecture de police de Paris n'ont-ils pas adopté les mesures préventives adéquates en 2014 ? Comment des dirigeants français combattant les islamistes au Mali ont-ils toléré des manifestants brandissent des drapeaux de mouvements djihadistes dans la capitale française ?

Recevant le 11 juin 2014 une délégation menée par le Centre Simon Wiesenthal (CSW), le Président François Hollande avait déclaré : "Nous aimerions être un exemple mondial dans la lutte contre l'antisémitisme". Pourquoi le Président Hollande ne réagit-il pas aux slogans antisémites - "A mort les Juifs ! On va vous cramer" - et racistes - "Sales blancs", et refuse-t-il de faire du combat contre l'antisémitisme une cause nationale comme le demande le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) ? Quel est le sens des exhortations des dirigeants français Juifs appelant la France à assurer sa mission régalienne de maintien de l'ordre public quand les dispositifs policiers ont révélé leur extrême faiblesse ?

Roger Cukierman, président du CRIF a demandé l'interdiction de ces manifestations "dérivant vers la violence... L'antisionisme est le nouvel habit de l'antisémitisme. Les Juifs sont inquiets".

A Nice, le défilé anti-israélien s'est déroulé le 14 juillet 2014 malgré son interdiction préfectorale "en raison d'un risque à l'ordre public". Les manifestants ont crié "Israël assassin", "Vive le Hamas". En toute impunité. Les organisateurs de ces manifestations ont testé les autorités politiques françaises au plus haut niveau, et ont constaté leur peur et  leur faiblesse, voire leur lâcheté. Relayés par les médias, ils familiarisent le public français avec la diffamation d'Israël. En toute impunité.

Quid de la société française ? Comment peut-elle réagir quand Le Figaro reprend une dépêche de l'AFP du 15 juillet 2014 évoque des "incidents survenus dimanche devant deux synagogues parisiennes" et ajoute : "Dimanche en fin d'après-midi, après une marche pro-palestinienne en écho au conflit entre Israël et le Hamas, certains manifestants se sont rendus à proximité de deux synagogues parisiennes, rue de la Roquette et rue des Tournelles". C'est pire qu'une série de litotes. La vérité est occultée sciemment par l'AFP.

En plein mois du Ramadan, le Hamas a revendiqué des tirs de roquettes contre Jérusalem, et ses sympathisants défilent notamment à Paris en criant "Mort aux Juifs" et attaquent des Français Juifs en hurlant "Allah Aqbar". Dans un communiqué du 15 juillet 2014, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP) et président du Conseil français du culte musulman (CFCM) créé à l'initiative de Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur chargé des Cultes, a appelé "l'opinion musulmane" au calme et a demandé le "respect des lieux de culte sans exception". Il a "recommandé fermement le respect des lieux de culte sans exception", et a condamné "de tels débordements", qui "ne doivent pas perturber la vie des Français, quelle que soit leur confession. L'opinion musulmane sensible aujourd'hui à ce conflit doit garder son calme et œuvrer pour la paix en ce mois béni de ramadan. L'escalade de la violence a déjà causé de très nombreuses victimes et nous faisons appel à toutes les autorités nationales et internationales pour mettre un terme à ces violences". Il organisera une "prière de l'absent" le vendredi 18 juillet 2014 pour les victimes et a invité "toutes les mosquées à faire de même". 


L’Amitié judéo-musulmane de France (AJFM) a dénoncé et condamné "avec vigueur les actes inacceptables, tant du point de vue du droit que de la morale, perpétrés par des extrémistes contre des synagogues à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), dans la nuit de vendredi à samedi 12 juillet, et rue de la Roquette à Paris, le 13 juillet, en parfaite violation des valeurs de la République si chères à nos cœurs", ont déclaré Schéhérazade Zerouala et Patrick Conquy, co-présidents de l’AJMF. C'est lamentable de ne pas qualifier d'antisémites ces actes et de ne pas évoquer l'antisémitisme virulent des agresseurs musulman. Et l'AJMF d'ajouter : "Nous avons conscience de l'impact du conflit israélo-palestinien sur les relations entre juifs et musulmans, de la souffrance des peuples israélien et palestinien et du droit de chacun d'entre eux à exister dans la sécurité et la souveraineté, tel qu’expressément réaffirmé dans nos statuts.  Cependant, il n'est ni sain ni sans danger pour la paix civile d’importer le conflit israélo-palestinien sur le territoire français.  Nos communautés et nos amis, en France et dans le monde, ont tout à gagner à travailler unis dans cette volonté de rencontre, de dialogue et de connaissance les uns des autres, qui caractérise la profession de foi de l’AJMF-Paris et guide son action au quotidien.  Il est donc impératif de rester vigilants, de lutter contre la facile et détestable tentation d’amalgames et de dérives de toutes sortes, Dues probablement à l’ignorance, aux malentendus et aux préjugés qui nous ont envahi depuis la nuit des temps et qui sont source de violence et de haine souvent injustifiés et de poursuivre de plus en plus fort notre combat pour le mieux-vivre ensemble".

Quid des autres responsables de la communauté musulmane ? Silence.  

Les fomenteurs du pogrom bénéficient de la chappe médiatique et politique. Mais cela ne suffit pas à certains musulmans. Il leur faut imposer leur "vérité", garder intacte l'image de The Cause palestinienne, continuer à défiler pour démontrer leur force, notamment en vue des prochaines élections, influer sur la diplomatie française, tester le Président Hollande et le gouvernement Valls, effrayer, marginaliser et ostraciser les Juifs tancés implicitement de garder le silence et de se désolidariser d'Israël, intimider les chrétiens afin qu'ils ne défendent pas leurs compatriotes juifs. 

Des Internautes tentent vainement de nier tout lien entre les manifestants propalestiniens et cet assaut antisémite aux cris d'"Allah Aqbar" visant les Juifs et la synagogue rue de la Roquette, voire de présenter les assaillants comme des victimes. Curieusement, ils éludent les cris "Mort aux Juifs" scandés lors de la manifestation, les drapeaux de mouvements djihadistes, etc. etc. etc. 

Le 14 juillet 2014, le site Internet Islam&info a désigné le "méchant" : la LDJ. Ses "preuves" sur "ce qui s'est réellement passé" : des Tweets de membres de la LDJ narguant les "Palos" ou "anti-israéliens" - "Dorénavant, nos membres viendront à chaque manifestation anti-israélienne et se chargeront de 'raccompagner' à notre façon les manifestants en fin de cortège. Antisémites tremblez" -, ainsi qu'une vidéo supposée prouver la "culpabilité de la LDJ". Que voit-on dans cette vidéo de 5'50'', sans mention d'heure, et avec des moments flous ? Venant de la partie droite de l'écran, des jeunes avancent le long d'une rue parisienne au sol glissant, brandissent des chaises, pieds et dessus de tables pris sur les terrasses de cafés et utilisés comme projectiles ou boucliers, voire pour intimider, constituent une barricade de poubelles, puis ils refluent derrière une dizaine de CRS - ceux-ci tournent le dos à la synagogue pour voir l'assaut -, et ces CRS s'interposent alors en formant un cordon humain barrant la rue et imposent une distance entre les deux groupes. Questions : que faisaient ces manifestants qui "stagnaient encore à proximité de la synagogue rue de la Roquette" selon Islam&info ? Curieusement, des manifestants pro-palestiniens agressifs se retrouvent, les 13 et 14 juillet 2014, près de synagogues à Belleville, puis rue des Tournelles et enfin rue de la RoquetteToujours des hasards ou des malentendus ? Le 16 juillet 2014, Frédéric Khayat a commanté le post de Bernard Abouaf : "Quand je lis que certains manifestants se trouvaient à la place de la Bastille ( qui donne sur la rue de la Roquette), il y a une incohérence car une video montre que les racailles antijuives sont entrées dans cette rue par la place Voltaire. Ce qui signifierait que ces voyous sont bien venus devant la synagogue pour agresser des juifs". Pourquoi les CRS ont-ils laissé ces scènes de bataille rangée se dérouler rue de la Roquette ? Quel carnage, notamment sur le mobilier des cafetiers de cette rue !

Si les jeunes Juifs avaient été les agresseurs ou provocateurs, ils seraient arrivés rue de la Roquette avec leurs armes. Or, ils n’avaient rien. Ils se sont emparés de ce qu’ils trouvaient sur leur passage : des poubelles pour barrer d'une petite barricade la chaussée, des pieds de chaises ou tables, etc. Et même ces jets dessus de tables n’ont pas empêché les assaillants d’avancer. En outre, le fait que les policiers, qui voyaient la scène violente devant eux, aient laissé les jeunes Juifs se cacher derrière eux quand ceux-ci ont été contraints de refluer sous l’attaque des assaillants, prouve que ces défenseurs Juifs s’opposaient aux assauts des agresseurs musulmans, tentaient de les repousser en leur jetant divers objets, etc. Par ailleurs, si les victimes avaient été les manifestants pro-palestiniens, pourquoi ceux-ci n’ont-ils pas appelé la police et reflué vers la place de la Bastille pour éviter les heurts ? Or, au contraire, ils se sont engouffrés dans la rue de la synagogue. Et c'est le président de la synagogue de la Roquette qui a alerté par téléphone Joel Mergui, président du Consistoire, et la police quand il a été informé de ces manifestants affluant vers sa synagogue. Et Joel Mergui a téléphoné au Premier ministre Manuel Valls pour solliciter qu'il envoie des renforts policiers.

Dans cette bataille de narratifs, le Daily Mail a déformé les faits historiques en présentant les défenseurs Juifs comme des agresseurs de pro-Palestiniens : "Shocking scenes as 150 Jewish men go on rampage in Paris streets and clash with pro-Palestinian demonstrators". Et preuve de sa partialité, il ne cite aucun dirigeant français Juif ni aucun témoin direct des faits, mais donne la parole longuement à Alexis Bachelay, député socialiste dénonçant la "manipulation médiatique concernant qui étaient les vrais agresseurs" et ajoutant que les "Français d'origine musulmane ne devraient pas être attaqués par des groupes radicaux comme la LDJ". Or, ce journal britannique omet d'informer ses lecteurs sur les positions anti-israéliennes de ce parlementaire. Dès le 10 juillet 2014, Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine, et porte-parole de La Gauche Forte, et Razzy Hammadi, son homologue de Seine-Saint-Denis, avaient appelé à "l'arrêt immédiat des représailles" en dénonçant "une escalade de violences au Proche-Orient" : "Aucune vengeance, aucune représaille, ne permettra d’aller vers une solution pacifique à ce conflit qui dure depuis trop longtemps. Au contraire, de nouvelles victimes vont s’ajouter à la liste déjà trop longue des personnes brisées par ce conflit. La loi du Talion ne saurait être cautionnée, elle foule au pied le droit international et doit être condamnée fermement... La  France doit rappeler que l’usage de la violence ne saurait être toléré en aucune manière.  La France condamne le terrorisme et doit rappeler l’Etat d’Israël à ses obligations internationales : arrêt de la colonisation et retrait des territoires occupés, afin de permettre la création d’un Etat palestinien viable. L’existence d’un Etat palestinien viable est la clé de voûte de toute solution négociée. En aucun cas la France ne doit laisser penser qu’elle cautionne les violences ou les représailles militaires. La première conséquence de l’usage disproportionnée de la force contre les palestiniens est la mort de plusieurs dizaines de civils dont de nombreux enfants. La France doit au contraire clairement condamner toutes les représailles militaires. Nous appelons le Président de la République à tenir ces positions claires, qui sont celles de la France depuis des années, au-delà même des alternances. Nous appelons les autorités françaises et européennes à user de toute leur influence pour faire cesser immédiatement et sans délai les violences. Nous mobiliserons dans les jours qui viennent, toute notre énergie dans le cadre d’actions appelant à l’arrêt immédiat des combats et à l’urgence d’une solution politique et définitive". La page Facebook d'Alexis Bachelay, qui a réclamé une commission d'enquête parlementaire sur cette manifestation et la dissolution de la LDJ, montre sa participation à ce genre de manifestations. On peut s'interroger sur l'occultation par ce quotidien britannique des slogans antisémites et djihadistes scandés lors de la manifestation, de la fréquence des agressions antisémites en marge de telles manifestations, et du contexte d'agressions antisémites, notamment à Aulnay-sous-Bois - trois cocktails Molotov contre la porte -, à Belleville, etc.

La violence des assaillants est révélée en particulier par cette vidéo de Ben-Yehuda postée sur Youtube.

Soudainement, à partir du 15 juillet 2014, divers médias nationaux - L'Express, Le Nouvel Observateur - publient des articles, non pas sur les slogans scandaleux proférés lors de cette manifestation, mais sur "les affrontements rue de la Roquette" selon le titre de Metronews. Un  terme volontairement neutre. Le Nouvel Observateur a repris la vidéo et le titre Islam&info, considéré que la manifestation s'est déroulée sans incident, et résumé en légende d'une capture d'écran : "Les affrontements devant la synagogue de la rue de la Roquette dimanche 13 juillet ont été filmés. Et montrent des responsabilités partagées". Bref, victimes et assaillants sont mis sur le même plan !?

Le 14 juillet 2014, Le CRIF a dénoncé "l’attaque violente des synagogues de la rue de la Roquette et de la rue des Tournelles qui a eu lieu dimanche 13 juillet à l’issue de la manifestation pro-palestinienne en faveur du Hamas. Ces synagogues ont été prises d’assaut par des groupes nombreux et haineux proférant des slogans antisémites. Ces débordements ne sont pas tolérables, ils mettent en péril la sécurité voire même la vie des juifs de France. Le CRIF demande aux autorités françaises un très important renforcement de la sécurité des lieux communautaires, l’interdiction des manifestations, de rassemblements ostensiblement violents et radicaux qui représentent un trouble à l’ordre public, dont notamment celui qui doit avoir lieusamedi prochain à Paris. Le CRIF demande la dissolution des groupes qui ont appelé à l’agression de juifs et une sévérité exemplaire envers les auteurs des exactions commises. Le CRIF estime que la situation se dégrade dangereusement, le pire aurait pu arriver. De tels événements peuvent à nouveau se reproduire dès demain. Des mesures fortes et exemplaires doivent être prises dans les plus brefs délais pour mettre fin à cette sauvagerie antisémite".

Interviewé sur Judaïques FM, Sammy Ghozlan, président du BNVCA, a loué les forces de l'ordre qui ont barré la rue des Tournelles afin d'empêcher les émeutiers d'attaquer la synagogue où était célébré un mariage. A Belleville, les attaquants ont crié "Mort aux Juifs", "Israël, casse-toi, la Palestine n'est pas à toi", et les "CRS ont fait évacuer les manifestants". Sammy Ghozlan a estimé "inadmissible que cette manifestation ait pu être organisée et autorisée. J'avais prévenu le cabinet du préfet de police de Paris et le ministre de l'Intérieur, car il y a toujours des dérapages induits par ce genre de manifestations. Ces manifestants ne défilent pas pour les 200 000 victimes de Syrie ou les étudiants israéliens assassinés. Ils veulent terroriser la communauté Juive et l'empêcher de vivre. Ils veulent montrer que l'islamisme, l'islam est fort en France. Ils se renforcent et se regroupent. Les Juifs sont un clignotant" révélant les dangers. Sammy Ghozlan a exhorté à l'interdiction de la manifestation similaire prévue le 19 juillet 2014. 

Lors de sa traditionnelle interview du 14 juillet, le Président Hollande a manqué de fermeté et de netteté dans ses propos : "Je ne veux pas qu'il y ait des conséquences possibles en France. Le conflit israélo-palestinienne ne peut pas s'importer". Favorable à la liberté d'expression, il a précisé : "Il ne peut pas y avoir de dérives et de débordements, d'intrusion ou de volonté d'intrusion dans des lieux de culte, que ce soient des synagogues comme cela s'est passé hier, mais je dirais la même chose pour des mosquées, des églises, des temples". Le Président a minoré, et surtout dénaturé les faits : les assaillants ne voulaient pas seulement entrer dans la synagogue, mais surtout y perpétrer un pogrom. Quelles mosquées ont fait l'objet d'attaques similaires en France ? Aucune. Qu'a dit le Président quand les Femen sont entrées à Notre-Dame ? Quant à la France, elle "veut un Etat palestinien à côté d'Israël".

Lors de sa réunion avec les dirigeants communautaires le 14 juillet 2014 vers 15 h, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a demandé aux préfets d'interdire, "en tenant compte des circonstances locales", les manifestations "en cas de risque avéré de  troubler l'ordre public". Pourquoi ne l'avait-il pas fait auparavant ? Le préfet du Nord a interdit la "manifestation de soutien à la Palestine" prévue le 14 juillet 2014 "dans le centre de Lille... en raison de sa concomitance avec les cérémonies du 14 juillet". Sinon, il l'aurait autorisée ? A cette réunion participaient Anne Hidalgo,  Maire de Paris, Haïm Korsia, Grand rabbin de France, Joël Mergui, président des Consistoires israélites de Paris et de France, Ariel Goldmann, président du FSJU (Fonds social juif unifié), Éric de Rothschild, président du SPCJ et Francis Kalifat, vice-Président du CRIF. Que connaissent ces dirigeants communautaires à la sécurité ? Pourquoi Sammy Ghozlan, président du BNVCA et commissaire de police à la retraite, était-il absent de cette réunion et d'autres avec les responsables politiques ? L'intérêt général de la communauté Juive française devrait prévaloir sur des divisions intestines et des querelles d'egos.

Interpellé le 15 juillet 2014 par le député-maire de Nice Christian Estrosi lors des questions au gouvernement - « Depuis la libération, c’est la première fois dans l’histoire de France qu’une synagogue est investie et que l’on s’attaque à un magasin au motif qu’il vend des produits juifs. Ceci est inadmissible ! Des heurts opposants des manifestants pro-palestiniens aux forces de l’ordre ont éclaté dans les grandes villes de France… Il s’agit d’une provocation intolérable. On ne peut pas continuer à accepter l’inacceptable et à justifier l’inacceptable, surtout le jour où les Français rendaient hommage aux forces de sécurité de notre pays et à nos soldats engagés partout dans le monde ! »  -, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé qu'il saisira la justice.

Alors ministre de l'Intérieur, Manuel Valls avait adressé en décembre 2013 une circulaire aux préfets afin d'interdire les spectacles de Dieudonné. Pourquoi devenu Premier ministre, n'a-t-il pas demandé à son ministre de l'Intérieur d'interdire la manifestation du 13 juillet après la tentative d'attaque ayant visé la synagogue de Belleville le 12 juillet, et celle similaire prévue le 19 juillet 2014 ? La liberté d'expression ne vaut pas plus que celle de manifester. On apprenait le 16 juillet 2014 que la préfecture de police de Paris avait initié une procédure visant à interdire cette manifestation "de soutien à Gaza" en se fondant sur "des risques graves de trouble à l'ordre public qu'engendrerait" ce défilé"dans un contexte de tension accrue". Pourquoi la préfecture a-t-elle autorisé la manifestation similaire à Toulouse ce 16 juillet 2014, à 19 h, au Capitole (Toulouse) ? Pourquoi des manifestations identiques ont-elles eu lieu dans de grandes villes ce 16 juillet 2014 ?

Comment la France entend-elle lutter contre les incitations au djihad sur Internet quand elle tolère des drapeaux djihadistes dans ces manifestations haineuses ?

Le 26 janvier 2014, proférés lors de la manifestation parisienne "Jour de colère" hostile au Président François Hollande et organisée par divers collectifs, principalement de droite ou proches de Dieudonné, les slogans "Juif, la France n'est pas à toi !" et "Shoa nanas", assortis de quenelles, ont suscité l'indignation de la classe politique française relayée par des médias quasi-unanimes. Les slogans "Mort aux Juifs" scandés lors du défilé parisien du 13 juillet 2014 ont été dissimulés par les politiques et les médias qui ont préféré évoquer des "dérapages", des "violences", etc. Cette permissivité française au plus haut niveau s'avère inquiétante.

De nouveau, comme au début de l'Intifada II, les mêmes politiciens socialistes ont occulté et minoré les agressions antisémites qualifiées de "violences", refusé de désigner leurs auteurs majoritairement musulmans et reçoivent les exhortations d'organisations américaines Juives : Manuel Valls était chargé de la communication et de la presse au cabinet du gouvernement du socialiste Lionel Jospin de 1997 à 2002, et François Hollande était premier secrétaire du Parti socialiste de 1997 à 2008. Des voix juives ont manqué au candidat Lionel Jospin lors de l'élection présidentielle en 2002. Qu'une "nuit de cristal" selon l'expression de Roger Cukierman, ait parcouru en quelques jours l'Ile-de-France, et uniquement en France, voici qui n'honore pas la France socialiste du Président Hollande.

Rares sont ceux ayant qualifié de manière adéquate ce pogrom. Citons Christine Tasin de Résistance républicaine : "Le djihad et la haine des juifs, c’est en France. Ils ont défilé aux cris de "Israël assassin" et de "Mort aux juifs" pour finir par attaquer la synagogue au cocktail Molotov. Le gouvernement persistera-t-il à dire que l’islam n’a  rien à voir avec l’antisémitisme ? Ce soir nous sommes avec tous les juifs de France et du monde, menacés partout à nouveau. L’horreur absolue".

Le 18 juillet 2014, la préfecture de police de Paris (PPP) a interdit la manifestation "de solidarité avec le peuple palestinien" prévue le 19 juillet 2014 à Paris. Une manifestation similaire et un rassemblement de la LDJ devant la gare de Garges- Sarcelles ont eux aussi été interdits, mais celle de Bagnolet a été autorisée. Comprenne qui pourra...  Lors d'une visite au Niger, Président François Hollande a justifié cette interdiction car « il ne peut pas y avoir d’importation du conflit en France, il ne peut pas y avoir des manifestations qui se font face et des risques pour l’ordre public ». Quant à la  PPP, elle a estimé que les « conditions pour que le projet de manifestation prévue demain à Paris se déroule en toute sécurité ne sont aujourd’hui pas réunies. Au vu des risques graves de trouble à l’ordre public qu’engendrerait sa tenue dans un contexte de tension accrue, le préfet de police a décidé d’interdire la manifestation prévue demain entre Barbès et la place de l’Opéra. {La décision avait été prise] à l’issue d’une procédure contradictoire qui s’est tenue » le 17 juillet 2014. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, s'est prononcé pour l’interdiction de la manifestation, considérant « intolérables » les « actes violents » survenus le 13 juillet :  « La république n’est pas compatible avec la haine. La République n’est pas compatible avec la xénophobie. L’antisémitisme ne peut pas parler une seconde fois parce qu’on sait ce à quoi il a abouti ». Les organisateurs ont demandé à la justice administrative en référé (procédure d'urgence) l'annulation de cette interdiction préfectorale. Le Tribunal administratif de Paris a confirmé cette interdiction. Le NPA, un des organisateurs de ce défilé, a maintenu la manifestation qui a rassemblé place de Barbès-Rochechouart plusieurs milliers de personnes, dans un Paris estival et malgré une température dépassant 30° C. Ce faisant, il a engagé sa responsabilité, a démontré son refus de l'autorité, et révélé sa volonté de créer, au détriment du droit et de l'ordre public, une situation de chaos propice à son arrivée au pouvoir. Comme s'il était assez naïf pour croire que son allié islamiste ne se débarrassera pas de lui quand le NPA ne lui sera plus utile. Cette stratégie quasi-insurrectionnelle est poursuivie avec cynisme, au mépris de la vie des Juifs.

Ajoutons que la place Barbès-Rochechouart est située dans un quartier dont la population immigrée est importante. Dans le quartier de la Goutte d'Or "classé ZSP (zone de sécurité prioritaire) par le ministère de l'Intérieur depuis septembre 2012, entre les boulevards Barbès, de la Chapelle, les rues Caplat et de la Charbonnière, « ce sont les voyous qui tiennent le quartier. Ils volent à Barbès. Ils vendent à Barbès », dénonce un policier cité par Le Parisien (7 juillet 2014). Et d'ajouter : "Pour Christophe Tirante, secrétaire national de l'Unsa-Police Paris, « la Goutte-d'Or est en train de se transformer en Etat de non-droit ». Un haut fonctionnaire de la préfecture recadre : « Ce syndicat minoritaire de la police nationale, qui prépare ses élections professionnelles, fait dans la surenchère » et met en avant les efforts d'effectifs supplémentaires déployés dans la ZSP. Mais Christophe Tirante, pas convaincu, prévient : « Il faut répondre à ces émeutiers avant qu'un drame ne se produise. » « Jeudi dernier, souffle un fonctionnaire, certains policiers ont reçu la consigne de laisser tomber les contrôles des marchés à la sauvette. » Valeurs actuelles observe que ce quartier est "en passe de devenir une zone de non-droit".

Il est pour le moins cocasse que ce parti anti-capitaliste soutienne le Hamas dont des dirigeants se déplacent en jets privés et sont devenus multimilliardaires - Khaled Mechaal, l'ancien Premier ministre à Gaza Ismail Haniyeh  grâce à de judicieux  investissements immobiliers luxueux dans la bande de Gaza, au Qatar et en Egypte, au détournement de la manne internationale, au trafic de pétrole entre l'Egypte et Gaza via les tunnels, etc.

Pour contourner et déborder les forces de l'ordre, cette manifestation s'est déroulée à Barbès et devant  la gare du Nord. De la place de Clichy, un autre cortège s'est dirigé vers Barbès, et a terminé au jardin des Halles.


Lors de cette manifestation interdite du 19 juillet 2014, des jeunes issus de l'immigration musulmane  ont reproduit place de Barbès (Paris) des scènes d'Intifada : dissimulant leur visage par un keffieh, ils ont enlevé le revêtement des trottoirs, l'ont découpé pour le transformer en projectiles, se sont emparés des pavés et les ont jetés contre les forces de l'ordre, ont allumé des incendies notamment dans des bennes d'ordures et sous les rames du métro aérien, ont vandalisé des magasins principalement non-musulmans, ont démoli du mobilier urbain (cabines téléphoniques, etc.) et des véhicules de la RATP, ont brûlé des drapeaux israéliens, ont intimidé des journalistes, ont attaqué l'hôpital Lariboisière qualifié de "sioniste", ont hurlé "Israël hors de France" ou "Gaza, police, même combat", etc. Qui les avait provoqués ? (C'est de l'ironie, Nda) 

"Des jeunes lançaient des projectiles divers. Morceaux de bitume, bouteille d’eau, tuyaux d’échafaudage, pavés... Les gendarmes mobile ont chargé à coup de gaz lacrymogènes. Les jeunes se réfugiaient souvent dans les rues adjacentes, parmi les habitants... Quand la police finit par investir la rue de la Goutte d’Or, les jeunes et les passants se cachent dans les portes cochères ou les garages. Certains, qui avaient quelques minutes plus tôt un projectile dans la main, se muent subitement en simples badauds. « Pourquoi vous nous chargez comme ça ? Il y a des enfants ici », lancent-ils. ", constate le journaliste Pascal Riché pour Rue89. Bref, des agresseurs se cachaient parmi les civils. Cela ne vous rappelle rien ? Moi si : le Hamas qui utilise des boucliers humains. Et Pascal Riché, co-fondateur de Rue89, poursuit : "« Si j’avais un AK47, j’les raffalerais tous, ces fils de pute » fanfarrone un ado en pointant le barrage d’hommes casqués au bout de la rue. Jeu stupide et dangereux. J’ai vu un gendarme le nez en sang ; un autre boiter, soutenu par ses collègues... Les policiers disent toujours « Messieurs », on sent qu’ils sont bien formés à cela. J’ai même entendu des gendarmes répondre : « Allez, Messieurs, sur le trottoir ! » à des jeunes qui leur criaient « Fils de Pute ! » 

L'antisémitisme de manifestants, Pascal Riché en est écœuré : "Ce qui m’a le plus effaré, ce samedi, c’est l’antisémitisme, très fréquent dans les propos des jeunes. Je n’ai jamais entendu autant de phrases antisémites en aussi peu de temps. Chez les durs, surtout, ceux qui avaient des bâtons, des masques, des matraques télescopiques souples... « Les juifs, ils sont derrière les rangs de policiers. Faut aller les trouver », supposait l’un. Un gros type attisait ouvertement la haine des autres racontant des rumeurs ridicules, dignes de celle d’Orléans. Dégoût... Un groupe de jeunes (des pacifiques), voyant que j’étais journaliste me dit : « Les télés elles parlent pas de nos manifs pour Gaza, pourquoi ? » Je réponds que ce n’est pas vrai et que je ne suis pas de la télé. Une jeune fille : « De toute façon, ils contrôlent tout ». Je demande, faussement naïf : « Qui ça, ils ? ». La fille, comme si j’étais idiot : « Ben, les Juifs ». Sa copine intervient : « Elle veut dire les israéliens, les sionistes, quoi. Moi j’ai des amies juives ». La fille rétropédale : « Oui, le gouvernement israélien, quoi... ». Israéliens, gouvernement israélien, sionistes, juifs... tout se mélange dans un pauvre brouet. Qui le clarifiera, dans ces têtes ? Il y a urgence ".

Parmi ces manifestants à Barbès : David Martin, enseignant à Sciences Po et chercheur au CERTOP-CNRS, qui n'a pas vu de drapeaux israéliens être brûlés. Commentant un article d'al-Jazeera illustré par une photo de lui lors de ce rassemblement, il véhicule des stéréotypes antisémites - "lobbies juifs", "nettoyage ethnique" par Israël, etc. - comme le révèle JSSNews : "Nous étions plusieurs français non-arabes à manifester afin d’exprimer une double urgence, la situation d’urgence humanitaire pour peuple palestinien, la situation d’urgence citoyenne de la liberté d’opinion en France … mais je reconnais que les Arabes et l’Islam sont des cibles spéciales du gouvernement, poussé par la volonté de satisfaire le racisme populaire contre les Arabes et l’islamophobie … et de faire allégeance aux lobbies juifs extrémistes en France, avec le soutien de beaucoup (pas tous) de juifs modérés qui sont encore traumatisés par la violence ethnicisation de leurs ancêtres. Je ne veux pas pardonner les présents meurtres et le nettoyage ethnique en raison de tout autre traumatisme ethnique. je ne veux pas que ma République Française laïque s’efface face aux lobbies religieux et criminels".

Dans sa page Facebook, David Martin multiplie les écrits faux et partiaux : les Israéliens "sont citoyens d'un pays où ils peuvent choisir démocratiquement leur dirigeants, qui décident d'enfreindre le droit international en occupant des territoires illégaux et en réalisant un blocus sur le peuple parqué dans une bande.. C'est la Palestine la plus victime et il faut assurer l'application du droit international au minimum", "Paix, Justice, égalité, c'est des mots qui nous passionnent tous sincèrement, mais qui sont des espaces de dispute parce que personne y met exactement la même chose... A court terme, il faut éteindre les disputes et exiger des choses précises: fin des massacres et de la violation du droit international au moins sur le blocus et sur les territoires illégalement occupés où c'est le plus réalisable. Exigence sans condition d'Israël. Bien sûr c'est trop peu pour beaucoup de pro Palestiniens, mais il faut arrêter l'hémorragie et pas se disperser dans la surenchère. Il faut refuser de faire de la condamnation des radicaux propalestiniens un préalable à la discussion et à l'application de nos exigences: un peuple oppressé et violé illégalement dans son droit économique et militaire a forcément des radicaux nourris de la haine et du sang de leur proche". Doit-on préciser que le blocus de la bande de Gaza est effectué par l'Egypte et est seulement maritime par l'Etat d'Israël. Ce blocus israélien partiel est légal et légitime, qu'Israël respecte le droit, que les territoires sont "disputés" ou "contestés" et inclus dans le territoire destiné à l'Etat Juif lors de la Conférence de San Remo et confirmé par la SDN et la charte de l'ONU, etc. etc. etc.

Gilles Gaetner livre une synthèse des comptes-rendus des compagnies de CRS à Sarcelles et à Belleville dans Atlantico (23 juillet 2014) : "Sans se prononcer sur le bien-fondé de l’interdiction ou non de  la manifestation, certains responsables policiers, mezza voce, pensent que la zone autour de Barbès aurait pu être sécurisée totalement. Une façon de se demander si le Préfet de police Bernard Boucault a bien mesuré l’ampleur possible des débordements de manifestants dont quelques-uns relevaient davantage des bancs de la correctionnelle que de la cause palestinienne"… Question "lancinante chez les forces de l’ordre : la hiérarchie policière : le préfet de police- n’a-t-elle pas pêché par excès d’optimisme pensant que la seule interdiction de la manifestation empêcherait tout débordement ? En tout cas, chez les policiers, on ne se prive pas de dire que si on avait eu recours aux moyens adéquats - lanceurs d’eau, barre-pont et équipements plus adaptés -, le quartier de Barbès-La Chapelle aurait pu être sécurisé… Et les CRS des 14 compagnies n’auraient pas pris autant de coups".

Bilan des heures d'affrontement entre 1 500 membres des forces de l'ordre et des émeutiers de cette "manifestation pacifique" à Paris : 21 policiers blessés dont le plus atteint a eu une interruption temporaire de travail de 15 jours et 44 individus interpellés, dont 19 se trouvaient toujours en garde à vue le 20 juillet 2014 au soir.

Âgés de 15 à 17, quatre mineurs parmi ces 19 individus ont été déférés le 21 juillet 2014 en vue d'être présentés au juge des enfants, et sont poursuivis pour violences contre les forces de l'ordre. Ils pourraient être mis en examen pour participation à une manifestation interdite et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique. "Sur ces 19 personnes en garde à vue samedi 19 juillet, neuf, en plus de ces quatre mineurs, étaient encore en garde à vue lundi 21 juillet matin. Trois autres, soupçonnées de violences sur les forces de l'ordre, ont été remises en liberté. Enfin, trois personnes ont déjà été déférées. Deux d'entre elles doivent être jugées en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Paris pour participation à une manifestation interdite et rébellion".

En voyant leur violence déchaînée ce 19 juillet 2014, on peut imaginer celle décuplée qu'ils avaient déployée en attaquant les Juifs notamment rue de la Roquette le 13 juillet 2014.  Quelle image de la France !

A Orléans, une manifestation s'est tenue à l'initiative d'associations (Orléans Loiret Palestine, Palestine 45, LDH Orléans, UJFP), de syndicats (UD CGT Loiret et jeunes CGT, Union Syndicale Solidaires du Loiret) et de  partis politiques (Parti de Gauche, PCF, NPA). « Il y a eu quelques provocations qui ont immédiatement été bloquées par les jeunes des quartiers, a déclaré Denis Petitjean, porte-parole de l’association Orléans Loiret Palestine. "Le long du cortège, quelques passants ont pourtant fait part de leurs réserves quant à certains slogans utilisés, notamment celui montant aux cris de « Israël assassin !  ». « On importe le conflit en France », déplorait par exemple, dans le bas de la rue Bannier, une quinquagénaire qui refusait, agacée, un tract tendu par les manifestants... Avant l’ordre de dispersion, quelques « Allah Akbar ! » tentèrent cependant, de façon éparse, de couvrir la minute de silence effectuée en hommage aux victimes du conflit".

Le 20 juillet 2014, lors de la cérémonie à Paris du 72e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv, le Premier ministre Manuel Valls a condamné ces "débordements inacceptables", "des faits d'une extrême gravité" du 13 juillet 2014 et a "appelé à un sursaut de la société" contre cet antisémitisme dont le combat "est une cause nationale". Chaleureusement applaudi, il a voulu rassurer les Français Juifs et a déclaré :  "On a entendu "Mort aux juifs". On s'en est pris à des synagogues avec la volonté de s'attaquer à un lieu de paix au  nom d'un conflit qui a lieu à des milliers de kilomètres".

L'interdiction de la manifestation « a été prononcée car il y avait eu un affrontement d'une extrême violence dimanche dernier. Ce n'est pas l'interdiction qui est à l'origine des violences, ce sont ceux qui l'ont bravée », a expliqué au Monde le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve.

Yves Jégo, député de Seine-et-Marne, a déclaré sur i-Télé : le gouvernement « a fait une forme de provocation » en interdisant cette manifestation et n’a pas « su affirmer l’autorité de l’Etat. Dans les villes de province les manifestations étaient autorisées, elles se sont bien passées. A Paris le gouvernement a pris l’irresponsabilité de l’interdire, et il y a eu des affrontements. C'est  « une erreur du gouvernement [qui] aurait mieux fait d’encadrer cette manifestation. Manifester l’autorité de l’Etat vis-à-vis des casseurs, ça c’est indispensable, mais on n’interdit pas une manifestation compte tenu des circonstances, et de l’émotion d’une grande partie des Français à propos de ce qui se passe en Israël et en Palestine. Le préfet de police aurait dû donner sa démission. Ce qui s’est passé hier est dû à la maladresse d’un gouvernement qui a fait une forme de provocation et qui n’a pas su affirmer l’autorité de l’Etat. Au fond le vivre ensemble à la française fait que arabes, musulmans, juifs, catholiques, doivent avoir la capacité de prospérer ensemble dans ce pays, de se respecter. [L']irresponsabilité [du gouvernement] est une formidable campagne d’adhésion au Front national ». Comment un législateur feint-il d'oublier que force doit  toujours rester à la loi dans la république française ? En alléguant une provocation du gouvernement, ce parlementaire avalise la version des manifestants : "Pour tous les manifestants, ce sont les forces de l’ordre qui ont commencé, qui ont « provoqué. Ils sont convaincus qu’elles pouvaient ne pas charger : elles avaient probablement des ordres pour le faire", a écrit Pascal Riché sur Rue89. Les violences du 13 juillet contre deux synagogues parisienne lors d'une manifestation pourtant autorisée ? « C’est parce que le gouvernement n’avait pas mis les moyens nécessaires pour protéger, encadrer et faire en sorte qu’il n’y ait pas les dérives qu’on a constatées »,   a estimé M. Jégo, candidat à la présidence de l'UDI (Union des démocrates et indépendants).

Le 20 juillet 2014 après-midi, des centaines de pro-Palestiniens se sont rassemblés près de la gare RER de Garges-Sarcelles (Val-d'Oise), bien que cette manifestation ait été interdite par la préfecture et le maire de cette ville de la banlieue nord de Paris. "Le risque avéré de trouble à l'ordre public que pourrait représenter cette manifestation ainsi que les réactions qu'elle pourrait engendrer, m'ont encouragé, conformément aux directives du ministre de l'Intérieur, à interdire tout rassemblement dimanche en lien avec le conflit au Proche-Orient", avait écrit François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles surnommée la "petite Jérusalem", le 18 juillet 2014. Avait appelé à manifester : le collectif "des citoyens de Garges-Sarcelles attachés à l'application du droit international" avec le soutien du NPA, du PCF et d'Europalestine95. Ils prévoyaient d'arpenter les rues de Sarcelles. "Entouré d'un dispositif policier important, plusieurs d'entre eux ont pris la parole sur un parvis derrière la gare pour dénoncer l'interdiction de manifester, mais ont incité au calme, disant vouloir "éviter la casse".

"À 13 heures, l'ambiance est électrique. Des voitures passent à toute allure et les passagers baissent leurs vitres en en croisant les Juifs rassemblés devant le lieu de prières: «On va vous mettre à feu et à sang.» Ce qui frappe les habitants de Sarcelles, c'est la forte présence de Turcs. «C'est la première fois que je vois des manifestants avec des drapeaux turcs dire mort aux Juifs», explique François Pupponi, député maire (PS) de la ville", relate Anne Jouan dans Le Figaro (21 juillet 2014).

Des violences se sont produites dès 16 h, lors de la dispersion, et pendant  quatre heures : les "premiers projectiles volent, des véhicules garés sur les trottoirs sont cassés. Plusieurs conteneurs à poubelles sont alors disposés au milieu de la chaussée et incendiés. Des jets de cocktails Molotov sont lancés alors que plusieurs cordons de CRS ont été déployés. Des fumigènes ont été lancés par les manifestants en direction de la synagogue protégée par les policiers". Sur BFM, François Pupponiqui avait interdit cette manifestation afin surtout de « protéger les lieux de culte et les écoles », a confié n'avoir jamais vu "une telle haine collective et une telle volonté de s'attaquer à la communauté en tant que symbole... C'est extrêmement inquiétant". Sur la fréquence Juive francilienne, il avait confié que des messages affichés notamment à Sarcelles invitaient à "casser du Juif" à l'occasion de cette manifestation.

Sur Twitter, la LDJ a informé qu'elle s'était déployée à "l'entrée du quartier Juif pour éviter de nouveaux drames". Venus protéger la principale synagogue de Sarcelles, des fidèles Juifs français ont entonné, à pleins poumons, la Marseillaise qui a été sifflée par les émeutiers. Contre eux : "une foule majoritairement arabe de 200 hommes qui s’étaient rassemblés à proximité avec des bâtons et des pierres, mettant à feu des poubelles en scandant « On va vous massacrer ! ». « Les renseignements généraux disaient qu'il n'y aurait pas beaucoup de monde », se souvient le rabbin qui estime à 500 le nombre des assaillants. "

La "pizzeria à côté, elle aussi tenue par un Juif, a vu sa devanture saccagée. À côté, la boucherie halal La Ferme d'Afrique est intacte. Même chose pour le supermarché Istanbul", a constaté la journaliste Anne Jouan.

 "Cent policiers vêtus d’une armure anti-émeute" ont protégé cette synagogue de Sarcelles, qui abrite avec Créteil l'une des deux communautés Juives les plus importantes numériquement d'Ile-de-France. Mais le bilan est grave : slogans antisémites - "Nique les Juifs", "Hitler président", "Israël assassin" -, agresseurs, dont des jeunes filles parfois portant le foulard islamique, armés de barres de fer et de matraques, magasins Juifs, dont l'épicerie Naouri victime d'une agression antisémite en 2012, et boutiques chrétiennes vandalisés, bombe incendiaire lancée près d’une petite synagogue qui a été légèrement endommagée, pillage et incendie d'une pharmacie détenue par un pharmacien Juif et tentative d'incendie à la gare de Garges, des habitants priés de quitter les étages au-dessus cette officine, un magasin Simply Market sis derrière le commissariat de Garges incendié, une agence de la Banque populaire de Sarcelles attaquée, des rails du tramway arrachés, journalistes pris à partie par les manifestants - un caméraman de télévision dépouillé de son matériel -, une dame nonagénaire hospitalisée pour intoxication car elle avait respiré la fumée de l'incendie ayant ravagé la pharmacie, etc. La "police tire des balles en caoutchouc sur les émeutiers. Des journalistes sont pris à partie et certains agressés, plusieurs policiers blessés, dont quatre hospitalisés en début de soirée". Trois individus ont été interpellés lors de leur tentative de braquer un bureau de tabac. "C'était une guérilla urbaine. Des gens qui n'ont peur de rien viennent pour provoquer. Et nous, nous retenons nos jeunes", a déclaré Laurent Berros, rabbin de Sarcelles, le 21 juillet 2014 sur RCJ.

De même, la police a protégé la rue des Rosiers (artère emblématique du Marais Juif) "visitée" par une cinquantaine d'anti-Israéliens les 19 et 20 juillet après-midis.

Lors d'une conférence de presse le 20 juillet 2014, Youssef Boussoumah, un porte-parole des organisateurs de ces manifestations émaillées de violences et vandalismes, a appelé à rejoindre une manifestation à Paris les 23 juillet, à l'initiative du "Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens", regroupant un nombre important d'associations, de partis et de syndicats, et 26 juillet 2014 à 15 h sur la place de la République. "Le cas de figure est le même : on ira manifester [même si le rassemblement est interdit]", a précisé Alain Pojolat, membre du NPA et autre porte-parole. M. Boussoumah a estimé que 8 000 à 10 000 personnes avaient manifesté samedi 19 juillet 2014 à Paris. Selon Metronews, la préfecture de police de Paris autorisera la manifestation du 23 juillet 2014.

Le Président François Hollande a réaffirmé sa volonté de ne pas voir importer le conflit proche-oriental.

Si sur Judaïques FM, Sammy Ghozlan a loué au soir du 20 juillet 2014 la fermeté des autorités politiques et policières, il a regretté l'insuffisance de la prévention, et a désigné celui qui a incité les manifestants à ne pas respecter l'interdiction préfectorale : le NPA.

"Toute la conférence des imams de France condamne avec la plus grande fermeté toute sorte des violences et rien ne peut justifier une violence qui porte atteinte à nos concitoyens juifs. Nous appelons aussi à respecter les principes républicains qui nous ressemblent et surtout de faire en sorte de ne pas importer le conflits israélo-palestinien et de chasser la haine rapidement pour que les français de toutes confessions reviennent à un état d'esprit du vivre ensemble", a déclaré Hassen Chalghoumi, imam de Drancy et président de la conférence des imams de France.

Le 21 juillet 2014, après être allée à Sarcelles, le ministre de l'Intérieur a qualifié les violences à Sarcelles d'"antisémites" et a rappelé qu'il n'y aura pas « d'interdiction générale » de ces manifestations qui, si « elles peuvent se tenir dans le calme, elles se tiendront ».

Le président François Hollande a reçu six représentants des cultes juif, catholique, protestant, orthodoxe, bouddhiste et musulman afin d'exprimer sa condamnation des violences. Comme si les agresseurs musulmans avaient visé d'autres fidèles que les juifs...Sur le perron de l'Elysée, Joël Mergui et Dalil Boubakeur se sont serrés la main. Avec quel effet auprès des musulmans ?

Le 21 juillet 2014, sur iTélé, Dalil Boubaker, recteur de la Grande Mosquée de Paris et président du CFCM) a appelé toutes les autorités religieuses à contenir « l'émotion quasi-générale » des fidèles, au lendemain d'affrontements à Sarcelles. Une manière d'amalgamer les coupables musulmans et les victimes juives. Il s'est déclaré « extrêmement inquiet et attristé de voir la situation au Moyen-Orient retentir si fortement dans l'opinion française. Notre premier objectif, nous Français et nous responsables musulmans, est de faire un appel solennel à la paix, à l'apaisement, à la retenue de cette émotion » Il  a indiqué : « La Grande Mosquée de Paris a eu, elle aussi, ses alertes. Les lieux de cultes sont en priorité visés par ces émotions. Les mosquées, synagogues et églises doivent être respectées absolument car elles n'ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient ». Quelle mosquée aurait-été attaquée depuis le déclenchement de l'opération israélienne ? Aucune.  Ce recteur a dit  que le « ramadan est une période de vigilance et de réserve. L'opinion étant forte et l'émotion tellement élevée que nous ne pouvons que demander aux autorités religieuses d'appeler les fidèles à garder leurs calmes. (...) J'appelle tout le monde à la retenue, à la patience et à une véritable paix juste qui puisse être dynamisée par la France. La paix mondiale est menacée. Il faut faire vite pour obtenir un cessez-le-feu et une paix dans la région ».  Un cessez-le-feu ? De quoi se mêle-t-il ?
René Gutman, grand rabbin de Strasbourg, a invité les juifs et les musulmans à « manifester ensemble contre tout ce qui amène à ces situations, et particulièrement aujourd'hui contre la tentation de la terreur qui vise l'humain en général, de la part de mouvements qui se répandent au Moyen-Orient ou en Extrême-Orient et utilisent la prise d'otages et la justice expéditive pour des motifs prétendument religieux ».

Quant à Tareq Oubrou, imam de la Grande Mosquée de Bordeaux, il a invité à « mettre la religion à l'écart de ce conflit » et à « modérer » les prises de positions politiques « afin que les juifs de France ne donnent l'impression d'être plus israéliens que les Israéliens et les musulmans de France plus palestiniens que les Palestiniens ».

Les représentants des cultes ont été reçus, dans l'après-midi du 21 juillet, à l'Elysée. Le Président François Hollande et Bernard Cazeneuve,  ministre de l'intérieur, ont en particulier dialogué avec Dalil Boubakeur, le président du Consistoire central israélite de France, Joël Mergui et Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise pour la Conférence des Évêques de France (CEF). Dalil Boubakeur et Joël Mergui "sont restés quelques instants au bas des marches de l'Élysée pour une poignée de mains devant les photographes de presse".

Yves Jardin de l'AFPS a déclaré sur BFM : "Il y a eu des manifestations dans à peu près 65 villes en France". Selon Le Figaro, la plupart des manifestations des 19-20 juillet se sont déroulées "dans le calme. La majorité des municipalités avaient autorisé les manifestations. Près de 4 000 personnes étaient ainsi présentes à Lyon, 3 000 à Marseille où aucun débordement n'était à noter, 1 700 à Saint-Etienne, environ 1 500 à Lille, 1300 à Strasbourg, 900 à Nantes, 600 à Clermont-Ferrand, 400 à Montpellier ou encore 300 à Bordeaux. À Toulouse, 200 personnes s'étaient rassemblées, dans le calme, mais sans autorisation. La manifestation n'avait pas été interdite, mais aucune déclaration préalable n'avait été faite. À Nice, environ 90 personnes ont bravé l'interdiction préfectorale en se réunissant pour observer une minute de silence «à la mémoire des victimes palestiniennes ». Un défilé à Quimper s'est déroulé "dans le calme et sans débordement" selon BFM. Sur des banderoles et pancartes : "Siège et massacre à Gaza : ça suffit ! Cessez-le-feu", "Israël occupe, Israël enferme. Boycott", "Silence, on assassine", "Israël assassin". Ceux qui y défilaient étaient des Français bourgeois chrétiens souvent quinquagénaires ou sexagénaires. Une population très différente des manifestants jeunes, souvent musulmans, vandales et agresseurs de Barbès et Sarcelles.

La Voix du Nord s'avère le rare, voire le seul journal, à écorner ce mythe de "rassemblements calmes". Sur la Grand Place de Roubaix, le 18 juillet 2014, Brigitte Lemery a observé pour La Voix du Nord (19 juillet 2014) un rassemblement "dans le calme", mais avec un "slogan provocateur" au premier plan. S'il n'y en avait qu'un... Listons ces slogans choquants : « Médias, dites la vérité, c’est un génocide ! » « Israël assassin, Hollande complice ! »... Quelque 200 manifestants n’ont pas fait dans la dentelle. Et tout particulièrement une affiche volontairement provocatrice : « sionisme = fascisme » avec deux croix gammées, l’une nazie et l’autre sur le drapeau israélien. Au point de provoquer une réaction rapide de Margaret Connell. L’adjointe à la sécurité, craignant des débordements, a réclamé, en vain, de l’ôter de la manifestation". Les drapeaux brandis ? Ceux de la "Palestinie", de l'Algérie, de la Turquie, de l'Espagne, du syndicat CGT et du PCF. Demandant une « Free Palestine » et le boycott d' Israël. Sous surveillance de la police municipale, 200 individus avaient répondu à l'appel d’Euro Palestine, AFPS de Roubaix, le Cri, Ziksansfrontières et la CGT de Roubaix, pour "exiger l’arrêt des bombardements israéliens dans la bande de Gaza". Le sociologue Saïd Bouamama a réclamé « la condamnation des bombardements, la levée du blocus illégal de Gaza, des sanctions contre Israël, la suspension des accords d’association de l’Union européenne avec Israël, l’ouverture d’une vraie ambassade de Palestine en France, le boycott de produits israéliens. » Le maire de Roubaix a été invité à « rendre vivant le jumelage avec la ville palestinienne de Kabetia » et de donner son nom à une place ou une rue de la cité du nord de la France. Ssénateur, député, de Roubaix, maire de Wattrelos, Mehdi Massrour, conseiller général PS... Tous ont été sifflés en raison de leur supposée inaction à l'égard de la cause palestinienne. "Free Palestine" est la première partie du slogan "Free Palestine, from the river to the sea" ("Libérez la Palestine, du fleuve à la mer") scandé notamment par des manifestants anti-israéliens à New York qui ont suscité une réaction massive pro-israélienne bien plus importante...

Pour La Voix du Nord, Bruno Renoul enquête sur ce slogan. Et le 20 juillet 2014, il rend publiques les réactions de partis politiques et d'organisateurs. Adjointe (UMP) au maire de Roubaix en charge de la sécurité, Margaret Connell, a vainement tenté samedi, "de convaincre les porteurs de la banderole de la replier" : « C'est une ignominie, en plus d’être illégal. Qui plus est, cette banderole avec des croix gammées a été brandie juste à côté de la stèle qui rappelle la déportation de Jean Lebas ! » D’autres manifestants - Mehdi Massrour, dirigeant du PS de Roubaix, Jean-Marie Duriez, chef du Parti communiste - ont été indignés "après coup de ce message, qu’ils jurent ne pas avoir vu sur le moment" et refusent cet amalgame. Sarah Haddi, militante socialiste et membre de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Roubaix, considère que cela « ne sert en rien la cause palestinienne ». La CGT, France Palestine et Communauté palestinienne du Nord ont dénoncé cet « amalgame », cette« dérive » et cette« confusion ». « Ceux qui la portaient n’ont rien voulu entendre. On a été débordé », déclare Moha Aarab, représentant de l’association France Palestine. Cependant, une membre de l’association Europalestine n'a pas été "choquée par cette banderole dont le contenu lui semble correspondre à la réalité". Ont abondé en ce sens de nombreux Internautes "qui ont abreuvé la rédaction de messages – parfois agressifs et menaçants – soutenant cette banderole, au cours de ces dernières vingt-quatre heures". Le journaliste Bruno Renoul constae : "On aurait pu croire que cette banderole serait très largement condamnée à Roubaix, mais les réactions sont en réalité très mitigées en dehors des élus qui l’ont tous rejetée. Sur Twitter comme sur Facebook, les commentaires étaient très partagés. Sarah Aouina se déclare « nullement choquée » par cette banderole, expliquant qu’elle décrit « une réalité » au vu de la politique de blocus de Gaza menée par Israël. Alexis Vzo ajoute que « malheureusement, les faits contredisent difficilement cette affiche ». D’autres parlent de « génocide ». Il y a aussi ceux qui comme Ali Rahni (EELV) estiment que se focaliser sur cette banderole est « une distraction stratégique » qui met au second plan le vrai sujet de « la vie des enfants de Palestine ». Certains regrettent qu’on n’organise pas « tout simplement une manifestation pour la paix, sans banderole ». Ancien élu roubaisien, Boualem Haddouche estime que la banderole est « la simple preuve du manque d’éducation des uns et des autres ». A l’instar de Claudine, qui juge qu’« il y aurait sûrement eu beaucoup plus de personnes sans cette banderole qui est ni plus ni moins qu’un appel a la haine », de nombreux commentateurs estiment que cette banderole était tout simplement « une honte ». Combien de journaux nationaux ont effectué ce travail journalistique remarquable d'honnêteté ?

Pourtant très active sur les réseaux sociaux, l'eurodéputé controversée Rachida Dati (UMP) n'a pas réagi aux agressions antisémites graves des 11-13 juillet 2013. Ce n'est que le 21 juillet 2014 qu'elle s'indigne. Sur ces émeutes urbaines antisémites ? Non. Sur l'exode des chrétiens spoliés de Mossoul ? Toujours pas. Les chrétiens gazaouis persécutés. Que nenni. Cette ancienne ministre de la Justice assène à 12 h 35 :  "A. Landmann, coordinatrice médicale de MSF à Gaza, appelle à faire cesser les attaques meurtrières c/ les civils. Elle doit être entendue !" et "MSF et d'autres ONG disent être débordées par les blessés graves et les morts de civils... des enfants, des femmes et des personnes âgées". Les habitants du sud d'Israël victimes des tirs de missiles du Hamas ? Même pas un mot de compassion. A 12 h 36, nouveau Tweet en deux parties : "A. Landmann et ces ONG disent que ces victimes ne sont en rien des terroristes ou de dangereux militants. Stop ! (1/2)" S'ils le disent... La seconde partie est postée à 12 h 37 : "Que la France et l'UE prennent leurs responsabilités face à ce carnage ! #Gaza (2/2)". Des Twittos ulcérés s'indignent de son silence sur les chrétiens de Mossoul . Arié lui répond : "De quel carnage vous parlez rachida demande a tes frères du Hamas d'arrêtez d bombarder Israel et vs verrez tous s'arrêtera", Mendel Samama rappelle : "Madame, vous êtes députée eu. Quelle mesure de contrôle pour les aide de l'UE au Pales a été fait? Vous avez financé la terreur". SAINTWITTE  s'enquiert : "pourquoi l'UE devrait prendre sa responsabilité face au carnage #gaza et #Mossoul des chretiens massacrés ça ne compte pas" ? 12 h 37, nouveau Tweet de Rachida Dati : "Ce n'est pas être contre Israël ou antisémite d'agir pour ces populations. Il s'agit d'une urgence humanitaire !" Certes, mais il est étrange que cette "belle âme" oublie "l'urgence humanitaire" notamment des habitants de l'ex-Sahara espagnol occupé illégalement par le Maroc. 12 h 38 : cinquième Tweet "Que les responsables politiques français prennent bien garde à ne pas diviser les Français par leurs discours ! @AFP" suivi une minute plus tard du sixième Tweet : "La France apaisée voulue par François Hollande est aujourd'hui fracturée par Manuel Valls ! @AFP".

Et dans l'après-midi, Rachida Dati a du se souvenir de la récente exposition sur les chrétiens d'Orient à la Mairie du VIIe arrondissement de Paris dont elle est maire. Elle twitte alors sur les chrétiens d'Orient : "35 000 Chrétiens d'Irak sur les routes de l'exode, qui n'ont le choix qu'entre la conversion ou le glaive ! @AFP @Le_Figaro @LaCroixCom(15 h 25) et "La France est traditionnellement la protectrice des Chrétiens d'Orient ! Notre devoir est d'être aujourd'hui à leurs côtés ! @AFP @Le_Figaro" (15 h 26). Deux minutes plus tard, elle regrette le silence de Manuel Valls. Et oui, Rachida Dati est maire du "très catholique" VIIe arrondissement de Paris qui abrite un nombre élevé d'églises catholiques et protestantes.

Puis viennent en fin d'après-midi ses réactions à la réunion de représentants des cultes à l'Elysée : "Réunir les repr. des cultes pr tenter d'apaiser le climat de violence et de haine est 1 déresponsabilisation et 1 démission du gouvernement" (19 h 53). Désapprobation totale : "La question n'est pas religieuse! La gauche fait 1 grave erreur en traitant la fracture de notre société par la religion et l'origine" puis Rachida Dati déplore le "communautarisme". Réponse de Johhny L. : "la question est culturelle dont fait partie la religion. Le contrat social n'est pas assumé par une large minorité". Lorsque le Président de la République, alors Nicolas Sarkozy, avait convié à l'Elysée les représentants des cultes juif et islamique après l'attentat djihadiste de Mohamed Méral contre l'école Ozar HaTorah de Toulouse (2012), on n'a pas le souvenir de critique de cette politicienne sur le "communautarisme" pratiqué par celui qui a joué un rôle si décisif dans sa carrière politique.

Mais c'est sur son compte Facebook que Rachida Dati a publié son communiqué de presse réprouvant non pas la manifestations interdite violente du 19 juillet à Paris, mais l'autorisation de la manifestation du 23 juillet 2014... aux Invalides, célèbre lieu prestigieux situé dans le VIIe arrondissement dont elle est la maire : "Le gouvernement vient d’autoriser une manifestation pro-palestinienne, mercredi 23 juillet, qui doit se terminer sur l’Esplanade des Invalides.  Compte-tenu du climat actuel de violence et des émeutes qui choquent l’ensemble des Français, je considère qu’il est irresponsable d’autoriser cette manifestation dans un délai aussi court, sans aucune concertation ni même consultation.  Je tiens à rappeler au gouvernement les émeutes inouïes, les dégradations, les pillages sans précédent survenus lors d’une manifestation en 2006 sur l’Esplanade des Invalides. Ces émeutes avaient traumatisé l’ensemble de nos compatriotes, mais aussi au-delà de nos frontières.  En tant qu’élue de la République, j’en appelle à la responsabilité de l’Etat et du Président de la République, afin de ne pas autoriser cette manifestation dont je crains l’issue". Avec huit jours de retard, cette édile évoque les violences et émeutes, sans les qualifier d'antisémites, et craint les réactions de ses électeurs. Tant que la guérilla se déroulait dans le populaire Barbès et que des synagogues et magasins Juifs étaient visés, cette "belle âme" gardait son mutisme, mais maintenant que des voyous risquent de vandaliser ce quartier si huppé et d'apeurer ses habitants bourgeois, elle élève la voix... La solidarité avec Gaza a ses limites.

Le site Europe-Israël s'est indigné que la controversée Sihem Souid, ancienne adjointe de sécurité à la police des frontières et actuelle chargée de mission au Service de l'accès au droit et de l'aide aux victimes (SADJAV) au sein du ministère de la Justice, ait publié sur son compte Twitter les visages de membres présumés de la LDJ avec ce commentaire : "Trombi des membes de la LDJ à faire tourner". Selon une de mes sources, certains de ces membres supposés ont reçu des menaces de mort et ont du quitter la France. La police a refusé le dépôt de mains courantes ou plaintes au motif que les pages Internet visées publient des photos sans menace directe. Sur Twitter, Avner lui a répondu le 21 juillet 2014 : "Sihem Souid, utilisez-vous aussi vos contacts pour diffuser les noms de Juifs à tabasser ?"

Auteur d'un livre préfacé par le diffamateur d'Israël Stéphane Hessel, Sihem Souid a manqué à l'obligation de neutralité inhérente à sa fonction en prenant le parti des agresseurs antisémites contre leurs victimes et a porté atteinte à la vie privée et à l'image de ces personnes. En la gardant à son poste, les ministres de l'Intérieur et de la Justice risquent de faillir eux aussi à la neutralité de leur fonction, alors que des prévenus sont ou seront jugés en lien avec ces manifestations haineuses et agressions. Comment croire en l'impartialité de Sihem Souid ?

Le 7 décembre 2011, Claude Bartolone, alors député socialiste et président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, avait dénoncé sur son blog les "méthodes intrigantes" de Sihem Souid, qui souhaitait être candidate socialiste aux élections socialistes dans ce département contre l'avis des instances socialistes et avait co-écrit, sans le signer, un article du Point le mettant en cause, ainsi qu'un SMS du 27 novembre 2011 sur son téléphone portable. Que disait ce texto de Sihem Souid ? « Et si tu es ami au Point avec Sylvie Pierre Brossolette moi mon meilleur ami c’est Franz Olivier Gielsbert (tu peux vérifier) Je saurais lui parler de toi si cet acharnement continue vis-à-vis de moi ». Claude Bartolone avait conclu qu'il ne pouvait "imaginer qu'il y ait eu un lien entre une enquête journalistique manifestement incomplète et une manœuvre politique qui a échoué".

Le 22 juillet 2014, Sihem Souid écrit, mais mal, dans Le Point : "Il est décrété que ces rassemblements seront juridiquement interdits certes, mais imaginer interdire à des hommes de s'exprimer au travers de l'espace public, c'est un peu comme demander à des êtres de chair et de sang de ne plus penser, alors distribuons des neuroleptiques aux personnes voulant s'exprimer et nous terminerons dans un régime autocratique". Cette chargée de mission justifie-t-elle la participation à une manifestation interdite par la PPP et par la justice administrative ? Et elle poursuit : "Il y a beaucoup de casseurs, mais en les arrêtant, les forces de l'ordre se sont aperçues qu'il s'agissait plus de délinquants profitant de n'importe quel rassemblement pour venir piller, voler et allonger un casier déjà long comme le bras, alors que les médias les décrivaient comme des fanatiques pro-palestiniens". Au contraire, les individus arrêtés sont pour certains ingénieurs et informaticiens, donc ont bénéficié d'une formation supérieure très qualifiante, et souvent sans casier judiciaire. Continuons la lecture : "Ce conflit millénaire, problème très clairement géopolitique est devenu un enjeux religieux de par les différentes communautés. Je critique avec force la politique de Benyamin Netanyahou, qui tue de simples civils, tout comme le Hamas, ce mouvement terroriste qui cache son arsenal militaire dans les hôpitaux ou dans les mosquées... Les populations payent un lourd tribut. Les civils palestiniens, d'un côté, et les familles de soldat, de l'autre, car, n'oublions pas que l'essentiel du contingent israélien est composé de conscrits à peine sortis de l'adolescence". Non, le conflit né du refus du monde musulman de reconnaître la recréation de l'Etat Juif a éclaté militairement en 1948 par la guerre d'indépendance d'Israël. Et ce conflit est religieux. Mettre dos à dos le Premier ministre israélien, assimilé à un assassin, et le Hamas, révèle la partialité de Sihem Souid qui feint d'ignorer que c'est toute la population d'Israël qui est visée par le Hamas, et pas seulement les soldats. Et d'ajouter : "Benyamin Netanyahou doit se frotter les mains, les bureaux de l'Alya (organisme d'aide à l'immigration en terre d'Israël pour les juifs de France) sont pris d'assaut par des juifs qui ne demandent pourtant qu'à continuer à vivre paisiblement en France". Bref, ces agressions antisémites réjouissent le Premier ministre israélien. Puis Sihem Souid alerte : "Une nouvelle forme de guerre sans merci se livre sur les réseaux sociaux". Par ses deux messages, elle a pris parti dans cette guerre. Et de conclure : la France "est le seul pays capable d'inciter l'Europe à contrer la tentation d'hégémonie des Américains, dont on oublie souvent qu'ils ont grandement contribué à déséquilibrer le monde. C'est donc pour donner tort à tous ces casseurs que mercredi je participerai à la manifestation pour l'arrêt des bombardements à Gaza, et cela, en tant que simple citoyenne française". On croyait que les terroristes islamistes avaient déséquilibré le monde. Cette "belle âme", qui cependant a reconnu que des cris "Mort aux Juifs" ont été proférés lors de la manifestation parisienne, a choisi son camp : arrêter les bombardements de cibles terroristes pour laisser Israël être attaqué par le Hamas !

Revirement à 180° des autorités politiques qui autorisent le 21 juillet 2014 la manifestation du 23 juillet 2014, qui défilera, non pas de la place de la République à l'Opéra, mais, sur proposition de la préfecture, de la place Denfert-Rochereau aux Invalides et est organisée par le « Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens », qui réunit des associations, syndicats et partis, dont le Parti communiste (PCF), le (NPA, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), la Ligue des droits de l'homme (LDH) ou le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples). Pourquoi ? La préfecture de police de Paris estime les organisateurs "sérieux, responsables" et ayant manifesté « sans aucun souci » près des Invalides : « Ce ne sont pas les mêmes organisateurs que ceux de la manifestation de samedi à Barbès, lancée à l’appel du NPA et de collectifs propalestiniens », explique le cabinet du préfet Bernard Boucault.  Cette préfecture ne s'est pas encore prononcée sur la manifestation prévue ce samedi à 15 heures, place de la République, à l'appel des organisations qui avaient déjà appelé à manifester samedi malgré l'interdiction : le NPA, le Parti des indigènes de la République (PIR), le Mouvement des jeunes Palestiniens (PYM-France) et l'Union juive française pour la paix (UJFP). Certaines appartiennent aussi au Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Divers défilés en province - Lyon, Toulouse, Lille, Reims, Dijon - sont prévus.

Plusieurs dizaines de parlementaires socialistes ont annoncé leur participation à cette manifestation : Pouria Amirshahi, député des Français établis hors de France ; Guillaume Balas, député européen d'Île-de-France ; Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine, Karine Berger, Député des Hautes-Alpes ; Yves Blein, député du Rhône ; Kheira Bouziane, députée de la Côte-d'Or ; Fanélie Carrey-Conte, député de Paris ; Nathalie Chabanne, député des Pyrénées-Atlantiques ; Marie-Anne Chapdelaine, députée de L'Îlle-et-Vilaine ; Dominique Chauvel, députée de Seine-Maritime ; Pascal Cherki, député de Paris ; Guy Delcourt, député du Pas-de-Calais ; Françoise Descamps-Crosnier, députée des Yvelines ; Yann Galut, Député du Cher ; Razzy Hammadi, député de Seine-Saint-Denis ; Mathieu Hanotin, député de Seine-Saint-Denis ; Régis Juanico, député de la Loire ; Chaynesse Khirouni, députée de Meurthe-et-Moselle ; Arnaud Leroy, député des Français établis hors de France ; Lucette Lousteau, députée de Lot-et-Garonne ; Edouard Martin, député européen du Grand Est ; Martine Martinel, députée de Haute-Garonne ; Kleber Mesquida, député de l'Hérault ; Monique Orphe, députée de la Réunion ; Hervé Pellois, Député du Morbihan ; Michel Pouzol, député de l'Essonne ; Valérie Rabault, députée de Tarn-et-Garonne ; Denys Robiliard, député de Loir-et-Cher ; Barbara Romagnan, députée du Doubs ; Suzanne Tallard, députée de Charente-Maritime ; Isabelle Thomas, députée européenne ; Patrick Vignal, député de l'Hérault ; Jean-Michel Villaume, Député de Haute-Saône. Ces politiciens socialistes disent « ni Hamas, ni Likoud, mais le parti de la paix, de la justice et du droit international ». En aucun cas la France ne doit laisser penser qu'elle cautionne les violences ou les représailles militaires. Il est sidérant que des législateurs mettent en parallèle un mouvement terroriste et un parti démocratique.

"Les Français Juifs s'interrogent sur leur avenir en France et sur la capacité de la France à répondre à ces agressions antisémites. Ils ne renoncent jamais", a affirmé Joël Mergui lors d'une cérémonie à la synagogue de Sarcelles en présence notamment du grand rabbin de France Haïm Korsia, d'Enrico Macias et de l'imam de Drancy, Hassen Chalgoumy.

A la Maison des Polytechniciens (Paris), l’association de la presse présidentielle avait invité le Président François Hollande à dîner et dialoguer avec 80 journalistes. « Ce n’est pas l’interdiction (des manifestations, ndlr) qui a produit des violences... c’est parce qu’il y a eu des violences qu’il a y eu une interdiction », a déclaré cet invité d'honneur. "Tout en rappelant que près de 60 manifestations se sont déroulées un peu partout en France dans le calme, il confiera un peu plus tard que ce sont bien des « petits groupes organisés » qui ont été à l’origine des débordements et des actes antisémites qui se sont déroulés à Sarcelles". « Je souhaite que la manifestation de mercredi se passe bien. C’est très important de montrer que manifester ses opinions est possible dans le respect de la République.», a-t-il conclu.

"Huit synagogues ont été attaquées lors de ces derniers jours. Cela ressemble à un pogrom. Les Juifs n'étaient pas les seuls visés : des agences BNP et de Pôle-Emploi ont été vandalisés. Ce sont des attaques contre la république française", a constaté Roger Cukierman, sur RCJ (Radio de la communauté juive), le 22 juillet 2014.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, Walter Steinmeier, de France, Laurent Fabius et d'Italie, Federica Mogherini, déclaré à Bruxelles :
« La haine et la violence antisémite, tout comme les attaques sur les personnes de confession juive et des synagogues n'ont pas leur place dans notre société. Nous condamnons avec la plus grande force les propos antisémites et les violences survenus lors des manifestations de ces derniers jours. Nous respectons le droit de manifester et le droit à la liberté d'expression mais nous agirons cependant avec tous les moyens mis à disposition par l'Etat de droit pour combattre les actions et les paroles à caractère antisémite, raciste et xénophobe. Rien, y compris la confrontation militaire dramatique à Gaza, ne justifie de telles actions chez nous en Europe. Nous agirons en commun dans nos pays respectifs afin de faire tout notre possible pour que tous nos concitoyens puissent vivre de nouveau en toute tranquillité, loin des violences antisémites, dans le calme et la sécurité. »
Une déclaration tardive et inefficace car cet antisémitisme est alimenté par la "politique arabe" de l'Union européenne et de certains de ses pays, dont la France.

L'avis des intellectuels sur ces "débordements" ? Inquiétant par ce qu'il révèle de préjugés à l'égard des Juifs. Le 22 juillet 2014, Le Monde cite trois "spécialistes" aux allégations concordantes imputant notamment aux Juifs un rôle particulier majeur : celui de lobby liberticide.

Selon l'historien Samir Saul, spécialiste de la France et du monde arabe à l'université de Montréal, la "spécificité française tient à la position de son gouvernement qui, en interdisant certaines manifestations, a pris une décision interprétée comme le signe d'un engagement. « Le gouvernement français est allé plus loin qu'aucun autre dans sa position pro-israélienne. » Il aurait dû réagir dès les premières violences du 13 juillet en renforçant la sécurité autour des rassemblements, pas en interdisant la parole d'un des deux camps. « En interdisant les manifestations propalestiniennes, le gouvernement a donné l'impression d'obéir à un lobby », analyse Samir Saul, rappelant qu'à la suite des violences du 13 juillet, c'est le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui a demandé, le premier, « l'interdiction des manifestations en faveur du Hamas ».

Quant à la chercheuse française Dorothée Schmid, spécialiste des politiques européennes en Méditerranée et au Moyen-Orient à l'IFRI (Institut français des relations internationales), elle constate une « communautarisation de la question israélo-palestinienne » en France. Or, dans ce dossier, « le gouvernement a fait preuve de myopie en se crispant complètement sur la question de l'antisémitisme et sur les revendications de la communauté juive et en ignorant le malaise de la communauté arabe et musulmane ». Et de « perpétuer ainsi un sentiment d'injustice ». Un "lobby" si puissant que la PPP a autorisé dès le 21 juillet des manifestations dont on redoute les slogans. L'injustice, ce serait de refuser et condamner l'antisémitisme ?!  Dire que cette "experte" avait été invitée à s'exprimer lors de la 2e convention du CRIF au cours de laquelle elle avait tenu des propos parfois sidérants.

Selon Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques et chercheur associé à l'Université libre de Bruxelles, la reconnaissance par le Président François Hollande du droit d'Israël « de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces », marque également « une rupture avec la tradition diplomatique française, qui vient attiser le conflit ». Bref, pour clore ce conflit, la France devrait condamner la victimes des attaques du Hamas !? Affligeant. Avec justesse, Sébastien Boussois rappelle que ces manifestations avaient dégénéré et été "émaillées de violences et dégradations" déjà en 2008 et 2009, lors de précédentes opérations similaires israéliennes. La raison ? « Confrontation d'une société occidentalisée avec le monde arabe » et « symbole de l'opprimé face à l'oppresseur », le conflit israélo-palestinien est sujet aux tensions. « Il y a eu des manifestations en soutien à Gaza mais aussi pro-israéliennes partout dans le monde. On ne peut pas penser un quart de seconde que ce conflit puisse ne pas s'exporter », estime Sébastien Boussois". Comment peut-on mettre sur le même plan les défilés pacifiques pro-israéliens et ceux violents anti-israéliens ?

Friands d'images de paix, des médias consacrent articles et reportages au succès du hashtag « JewsAndArabsRefuseToBeEnemies » (« Juifs et Arabes refusent d'être ennemis ») doté aussi d'une page Facebook (10 469 Like) qui invite à la rejoindre au nom de "Jews and Arabs against the hate and incitement. Join us" (Juifs et Arabes contre la haine et l'incitation). Ce qui connote aussi positivement les sociétés multiculturelles.  "Le cliché d'un baiser amoureux entre une Libano-Américaine et son petit ami originaire de Tel-Aviv a ainsi fait le tour du web, émouvant des milliers d'internautes. Postée le 13 juillet dernier sur Twittter, la photo de Sulome Anderson a été retweetée plus de 1300 fois. En guise de légende, elle explique « Il m'appelle Neshama, je l'appelle Habibi. L'amour ne parle pas le langage de l'occupation ». Cet "amour" s'exprime par un langage politique biaisé anti-israélien : quelle "occupation" ? Et depuis quand ? 1948 ? Pourquoi ne pas parler aussi des actions menées par les associations Lev L'Achim et Lehava afin de sauver des Juives israéliennes, en situation de détresse - plus de 30 000 -, battues et captives dans des villages Arabes après avoir épousé le jeune Arabe, qui se faisait parfois passer pour Juif généreux, dont elles étaient tombées amoureuses ? Et des problèmes identitaires des enfants nés de ces couples ?

A noter que depuis le 11 juillet 2013, la LCP-Assemblée nationale (La chaine parlementaire) multidiffuse Palestine, l'impossible retour, documentaire biaisé de Kristin Sellefyan et présenté par Emilie Aubry. En plus des reportages des médias, cela fait beaucoup. Beaucoup trop ?

Le 23 juillet 2014, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, a  assumé sur France Inter l'interdiction de la récente manifestation à Paris en expliquant que cette décision a non pas causé des violences, mais a été justifiée par les "violences préalables à l'occasion de manifestations autorisées, au cours desquelles ont a dit "Mort aux juifs". Il a lu une affiche apposée sur les abribus à Sarcelles ayant présidé à la décision d'interdiction par le maire de la ville  : "Palestine. Venez équipés de mortiers, d'extincteurs, de matraques, dimanche 20 juillet. Venez nombreux. Descente au quartier Juif de Sarcelles". Il a conclu : "Est-ce que vous pouvez, quand vous savez cela, laisser les choses dégénérer?"

Et d'ajouter : "Il y a eu deux manifestations d'interdites. Une à Lille le 14 juillet et une à Nice ce week-end : il n'y a pas eu de violences parce que les organisateurs (...) conscients des risques de tension, n'ont pas procédé à ces" manifestations. Le ministre a imputé la responsabilité fautive sur "ceux qui sont allés malgré tout manifester" à Barbès et Sarcelles, et estimé que les violences auraient été "pires" sans interdiction. "Les forces de l'ordre étaient présentes et elles ont maîtrisé la situation. Les synagogues ont été protégées ce week-end.

"Il y a en France, aujourd'hui, des sentiments qui occupent l'espace public qui l'ont déjà d'ailleurs occupé il y a de cela 70 ans et qui n'ont pas lieu d'être. Nous sommes dans un climat de tension, d'irrationalité. L'antisémitisme existe en France. Le risque d'incompréhension, d'affrontement, d'irrationalité peut abîmer la République. J'ai l'impression que la passion s'empare de tout et qu'il y a peu d'acteurs politiques, qui dans un contexte où la responsabilité doit être première, exprime les choses avec la volonté d'apaiser. Je suis profondément attaché à ce que les Français vivent dans la concorde dans la République", a ajouté Bernard Cazeneuve.

"Il y a une volonté de certains acteurs d'importer [le conflit israélo-palestinien]. "Quand on brûle une épicerie parce qu'elle est tenue par un commerçant juif, vous appelez ça comment ? Les principes doivent être affirmés dans la République : lorsque des enfants meurent à Gaza, cela doit susciter l'indignation, il est tout à fait normal que l'on manifeste. Mais il n'est pas normal qu'à l'occasion de ces manifestations on puisse développer des actes antisémites", a-t-il estimé

Il a indiqué avoir donné des "consignes aux forces de l'ordre pour qu'on puisse procéder à des interpellations si des actes antisémites se produisaient" lors de la manifestation de ce jour organisée par un collectif ayant organisé la semaine dernière un rassemblement qui "s'est bien passé". Le ministre a rappelé que les slogans antisémites constituaient un délit pénal. "Nous avons avec ces organisateurs... pris des dispositions concernant le trajet, concernant le déroulement de cette manifestation, qui [témoignent] une fois de plus de la responsabilité des organisateurs et qui [permettent] aux forces de l'ordre de faire correctement leur travail". Le service d'ordre du rassemblement, qui partira de la place Denfert-Rochereau pour arriver aux Invalides, sera assuré par la CGT, le NPA, le Parti de Gauch, le PCF et des forces de sécurité déployées le long du parcours.

Selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié ce jour, 62% des Français sont favorables à l'interdiction des manifestations en raison des violences qui risquent  de les accompagner. Ce sondage révèle la faiblesse du soutien à l'Etat d'Israël, et l'indifférence massive des sondés.

Sur la LDJ, Bernard Cazeneuve a considéré qu'elle "est dans l'excès. Elle est dans des actes qui peuvent être répréhensibles et qui doivent être condamnés et ces actes le sont par moi de façon extrêmement ferme. S'il y a des violences qui ont été commises, des plaintes qui ont été déposées, le droit passera". Le ministre a nié toute protection policière de la LDJ : "Les forces de police se sont interposées entre la LDJ et des manifestants pour éviter des affrontements. Tout ce discours, toutes ces affirmations selon lesquelles il y aurait une complicité de la police avec la LDJ qui expliquerait que les manifestations aient mal tourné relève d'une manipulation pure et simple".

"Une infime minorité [des musulmans en France sont] radicalisés. Cela d'ailleurs choque les représentants de l'Islam de France. Il y a une immense majorité des musulmans de France qui condamnent. En France, les musulmans sont attachés à la République. Ils se sentent eux-mêmes exposés [par les violences]. Ils voient bien les conséquences que cela peut avoir pour eux-mêmes."Ces petits voyous qui cassent à Sarcelles ou ailleurs ne sont pas représentatifs de ce qu'est l'Islam de France", a estimé le ministre de l'Intérieur chargé des cultes.

Lors de la séances des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls a "sèchement rappelé à l'ordre le maire écologiste du IIe arrondissement de Paris, Jacques Boutault", qui avait participé à la manifestation interdite à Barbès :  « Quand on est un élu de la République, quand on est un maire d'arrondissement, on fait attention là où on met les pieds et avec qui on manifeste ». Secrétaire général intérimaire de l'UMP, Luc Chatel a surenchéri : « Je suis scandalisé que des élus de la République, membres de la majorité municipale de Mme Hidalgo [Maire de Paris, Nda], aient pu braver l'interdiction de manifester ». Sur son blog, Jacques Boutault a écrit : « J'ai participé à la manifestation pour Gaza comme je participe à d'autres rassemblements pour les droits humains et la dignité des peuples, comme je me suis toujours mobilisé pour défendre la mémoire juive et le droit pour Israël de vivre en paix. Nul n'a le droit de limiter la liberté d'expression démocratique. Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’une cause présente des défauts qu’elle n’en est pas moins défendable.... EELV (avait) souhaité que des élus puissent observer la manifestation, dont l’interdiction pouvait créer les conditions de débordements éventuels. Je regrette les débordements et condamne tout acte de violence, d’où qu’il vienne et quels qu’en soient les motifs. Alors que j’observais cette manifestation je n’ai entendu aucun slogan antisémite ou antijuif, et constaté aucune présence de prosélytisme islamiste. En revanche des milliers de jeunes français, de Paris et proche banlieue étaient présents pour exprimer leur soutien à un peuple qui voit ses enfants mourir sous les bombes. Les écologistes seront toujours aux côtés des opprimés pour protéger les minorités et agir pour la paix ». Cet édile s'est présenté comme victime d'un « déferlement de haine d’une partie de la droite et de l’extrême-droite », "d'une avalanche d’insultes  reçues pour avoir participé pacifiquement à une manifestation contre le massacre d’une population civile par l’armée d’un État  violant les règles du droit international".

Combien étaient-ils à défiler à Paris ce 23 juillet 2014 malgré la température avoisinant 30° C ? Environ 14 500 selon la PPP, et 25 000 selon France Palestine Solidarité. Les forces de l'ordre ? Plus de mille policiers en civil ou en uniforme, un policier ou un gendarme pour 15 manifestants.

Ébranlé vers 18 h 30, le cortège s'est dispersé vers 21 h.

Le Monde Juif a posté des vidéos inquiétantes de cette manifestation pas si "normale" que çà.  Qu'on en juge.

Dessins antisémites, dont certains révisionnistes ("code barre" au numéro six millions et déportés décharnés en forme de barres), brandis - Juif au nez crochu et à la bouche lippue faussant une balance -, drapeaux du Hamas, du Hezbollah et de l'Etat islamique, oriflamme salafiste avec des caractères arabes blancs sur un fond noir "similaire à la bannière que le prophète Mohammed brandissait lors de ses conquêtes", étendard du djihadsoutien au terrorisme - "Soutien total à la résistance palestinienne", "Hamas résistance", Djihad résistance" -, pancartes ou banderoles diffamant Israël - "Israël assassin", "Le monde a assez d'Israël et de sa folie génocidaire", "Qui va arrêter les pogroms d'Israël, "Il faut un Etat palestinien", "Sionistes, fascistes, c'est vous les terroristes", "Israël apartheid" -, appelant à sa destruction - "Palestine vaincra" - et à son boycott, ce qui constitue un délit pénalement sanctionné - "Moi aussi je boycotte l'occupant israélien", "Boycott Israël Etat raciste" -, atteintes à l'honneur du Président Hollande - "Honte au gouvernement français. Hollande = Pétain" -, échauffourées avec les CRS, visages dissimulés par des keffiehs, des foulards islamiques arborés, drapeau israélien brûlé aux cris d'"Allah Aqbar", drapeaux étrangers, slogans en arabe ("Oulada, Oualda Islamya") ... C'est "normal" dans une manifestation autorisée par la PPP à Paris ?!

"Il faut faire appliquer le droit international. Il faut qu'Israël cesse ses colonies. Qu'Israël sorte des territoires de 1967 et qu'il y ait une vraie négociation de paix à long terme", récitent deux jeunes Françaises tenant leur pancarte  : "La violence n'est pas la solution". Parce que le Hamas respecte le droit international ? Des négociations de paix avec qui ? Quel silence sur le terroriste Hamas ?

Quant à Zahira, militante du BDS, elle veut que "Hollande revienne sur tout ce qu'il a dit, qu'Israël a le droit de se défendre... Nous n'acceptons pas cette injustice. Sous prétexte qu'il y a des roquettes qui sont jetées, on est en train de détruite toute le peuple et toute la zone de Gaza".

Pour Clémentine Autain (conseillère municipale Front de Gauche  à Sevran), "le gouvernement a une responsabilité sur ce qui s'est passé à Sarcelles, en fin de manifestation à Barbès". Elle twitte : 'Grande, digne, déterminée, cette manifestation parisienne de solidarité avec les Palestiniens. Halte au massacre". La rose et le glaive interpelle cette édile ainsi que Sihem Souid sur les drapeaux djihadistes, dont celui noir du Tawhid, lors du défilé. Alors que Clémentine Autain garde le silence, Sihem Souid dément à plusieurs reprises toute présence de drapeaux djihadistes.

"Jusque récemment, je n'ai jamais vu la venue ensemble tant de groupes antisémites et anti-Israéliens associés à l'hostilité de médias partiaux induisant la diabolisation des Juifs, de l'Etat d'Israël et de leurs soutiens", a déploré Shimon Samuels, directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal (CSW).

Près des Invalides, "des petits groupes de jeunes musulmans s’envoient des textos pour se donner rendez-vous à Saint-Paul, au quartier juif, pour provoquer la Ligue de défense juive".

La police a repoussé plusieurs dizaines d'assaillants rue des Rosiers, puis a protégé le restaurant cacher Pitzman, situé rue Pavée qui donne dans la rue des Rosiers. Les cris des assaillants : "Mort aux Juifs", "Israël assassin". Ce restaurant a baissé précipitamment son rideau à la demande de la police. Le LDJ et le Bétar ont protégé cet établissement jusqu'à l'intervention de la police qui a interpellé seize individus, dont la plupart sont des mineurs. Le 24 juillet 2014, leur garde à vue devrait être prolongée.

Des manifestations similaires ont attiré 1 500-2 000 individus à Lyon et près de 1 400 à Lille.

"Pourquoi [le Hamas] arrêterait-il alors que sa popularité est au plus haut parmi les résidents de Gaza pour sa résistance contre Israël détesté et quand il n’a que faire du destin des Gazaouis ? Une centaine de morts israéliens, même au prix de milliers de morts gazaouis, constituerait une victoire à ses yeux. Pourquoi s’arrêter alors qu’il est incité par des dizaines de milliers de manifestants autour du monde, certains souffrant d’un excès de passions et d’un déficit de bon sens, et d’autres étant rongés par la haine envers Israël ?", analyse David Horovitz dans The Times of Israel (23 juillet 2014)

Consensus dans les médias : c'était un "défilé dans le calme" et "sans débordement". "Tout le monde a pu crier sa colère pacifiquement", résume le journaliste Mathieu Charrier lors du flash de 7 h sur Europe 1 du 24 juillet 2014. Sur Europe 1, les manifestants émus interviewés ne parlent que des "enfants palestiniens".

Dès 6 h, Europe 1 diffusait le témoignage de Nivine, "Palestinienne habitant en France depuis plusieurs années" recueilli par Arthur Helm-Baché. Préparez vos mouchoirs pour cette histoire édifiante débitée avec talent et diffamant l'Etat Juif. "Cela fait 14 jours. Chaque jour, je suis en train de pleurer. Tous les jours", débute Nivine. Et de poursuivre en s'interrompant quand elle prend conscience de son lapsus : "J'ai ma tante, j'ai mes cousines qui sont enceintes, qui sont en train de mourir en fait à Gaza. Et personne ne fait rien". Et elle enchaîne, la voix brisée " J'ai notamment une cousine qui m'a demandé il y a deux mois de venir ici comme réfugiée. Je lui ai dit "Viens en tant que Palestinienne, tu viens pour travailler, et tu ne peux pas dire "Voilà je suis réfugiée"... Et là je regrette ce que j'ai fait car [silence] elle va mourir. [sanglot] Elle est à Gaza, elle est enceinte. Ma tante, mes cousins, mes cousines sont là-bas avec leur famille et ils ont pas d'issue.". Une Gazaouie va rejoindre la France pour y solliciter le statut de réfugiée en France, sans répondre aux critères légaux et sans songer à y travailler !? Est-ce que ces combines marchent ? Enfin, Nivine se reprend pour asséner : "Y'a des milliers d'enfants qui sont en train mourir. Arrêtez les massacres, merde. Arrêtez les massacres".  C'est toujours la même antienne de la propagande palestinienne recyclant le blood libel (accusation mensongère et diffamatoire portée à l'encontre des Juifs accusés de tuer des enfants non-Juifs pour utiliser leur sang dans la fabrication des matsot (galettes) de Pessah). Au 22 juillet 2014, l'AFP a annoncé "583 morts côté palestinien". Alors, où qui sont les "milliers-d'enfant-en-train-de-mourir" selon Nivine ? Taqiyyatromperie dans la guerre islamique ? Art consommé de la comédie malgré un lapsus ? Instrumentalisation de l'émotion pour diffuser une message diffamant l'Etat Juifs ? "C'était le témoignage très fort de Nivine", affirme Mathieu Charrier qui gobe, comme son reporter, les "massacres d'enfants" et omet de signaler que le restaurant attaqué dans le Marais est détenu par un Français Juif. Comment deux journalistes, celui qui a recueilli les allégations de Nivine et celui qui a lancé ce sujet sur l'antenne d'Europe 1, peuvent-ils gober cette propagande palestinienne éculée ?! Ignoreraient-ils les statistiques égrenées plusieurs fois par jour par les médias ? Naïveté ? Conviction de la réalité des diffamations d'Israël ?

Les enfants gazaouis sont mis en avant par la propagande palestinienne et sa mouvance, ainsi que par ces manifestants défilant photos d'enfants prétendument palestiniens et supposés avoir été tués par Tsahal, voire portant un faux enfant décédé dans un faux linceul blanc (photo ci-jointe prise lors de la manifestation interdite du 26 juillet 2014). Des images au fort pouvoir émotionnel. Et ce, dans le but de diffamer l'Etat Juif. Au besoin, ces manifestants font passer des photographies des enfants israéliens Juifs Fogel assassinés par des terroristes palestiniens ou celles de poupées tachées de peinture rouge pour celles d'enfants gazaouis victimes réelles ou supposées -mises en scène -, de cette guerre défensive menée par l'Etat d'Israël.

Curieusement, aucun journaliste n'évoque les enfants-travailleurs forcés - au moins 160 - morts à la tache lors de la construction de ces dizaines de tunnels dans la bande de Gaza. Ni la gabegie financière du Hamas préférant investir dans ces tunnels pour envahir, dissimulés en soldats israéliens, l'Etat Juif et pour une contrebande juteuse d'essence et autres biens sensibles, plutôt que dans l'amélioration du niveau de vie des Gazaouis. Ni le nombre réel de terroristes tués par Tsahal. Ni les statistiques faussées - noms de terroristes répétés sous des orthographes légèrement différentes dans la liste officielle du ministre gazaoui de la Santé, imputation à Israël de Gazaouis suspectés de collaborer avec Israël, etc. - de victimes gazaouies prétendument "civiles. Ni la surreprésentation des adultes mâles et la sous-représentation des femmes - 12% des victimes alors qu'elles représentent la moitié de la population - et des enfants - l'âge médian des Gazaouis est d'environ 15 ans ; les garçons âgés de moins de 15 ans représentent 13 % du nombre total de victimes, alors qu'ils représentent la moitié des mâles de la bande de Gaza - dans la liste officielle des victimes gazaouies ; ce qui prouve que Tsahal procède à des éliminations ciblées en visant les seuls terroristes. Ni l'instrumentalisation des civils, notamment les enfants, utilisés comme boucliers humains, forcés de rester dans des zones de combats afin d'augmenter le nombre de victimes, de "martyrs"... Pourquoi ? Manque de curiosité ? Manque de connaissance de la langue américaine ?

Le 24 juillet 2014, interviewée par Christophe Barbier, sur ItéléNajat Vallaud-Belkacem, ministre du Droit des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a allégué, à propos de la manifestation du 23 juillet 2014, l'absence "d'incidentsc'est la preuve qu'une manifestation peut bien se passer". Puis elle s'est élevée "avec la plus grande fermeté contre tous les slogans, contre tous les propos de haine, qu'ils soient antisémites ou autres. C'est inacceptable. Ça n'a pas sa place dans la République. Et c'est précisément le propos du Président de la République lorsqu'il dit que nous n'avons pas à importer le conflit israélo-palestinien sur notre territoire... La position de la France a toujours été très équilibrée, et rien n'a changé en la matière... Nous appelons à la paix". Sur l'enquête de l'ONU, elle a déclaré : "Cette situation à Gaza est intolérable. La souffrance humaine, là-bas, on peut pas rester indifférent. Qu'il puisse y avoir toute la lumière faite sur ce qui se passe à Gaza, oui, c'est évidemment quelque chose qui permettra de progresser et j'espère de cheminer vers un  cessez-le-feu et vers la paix". 

Le 24 juillet 2014, sur France Inter, Laurent Fabius a enjoint les Français Juifs à ne pas avoir peur : "Or, beaucoup d'entre eux ont peur à cause de toute une série de manifestations d'antisémitisme... Il faut une fermeté absolue dans les propos et dans les actes de justice. L'antisémitisme est un délit, et ce délit doit être condamné". Le ministre a souligné la fermeté absolue du Président Hollande et du gouvernement Valls "pour que l’antisémitisme n'ait pas droits de cité".

A l'évidence, le Président François Hollance a entendu le message des manifestants : il a reçu les organisations non gouvernementales (ONG) françaises actives à Gaza qui "lui ont fait part de la gravité de la situation, de l’ampleur des besoins humanitaires de la population civile palestinienne et de la difficulté par les humanitaires d’accéder aux victimes". Parmi ces ONG : la Croix-Rouge française, Médecins du monde (MDM), Médecins sans frontières (MSF), le Secours islamique de France, Première urgence-Aide médicale internationale, Handicap international. Sensible à la moindre mobilisation financière pour l'aide humanitaire en faveur des Gazaouis, le Président de la République "a annoncé que le Gouvernement français allait débloquer une aide de 11 millions d’euros pour faire face à l’urgence (aide budgétaire et aide humanitaire). Il a annoncé la mise en place, par le Ministère des Affaires étrangères, d’un fonds dédié qui permettra de mutualiser les moyens des collectivités territoriales qui souhaitent se mobiliser et de l’Etat, autour de projets significatifs pour venir en soutien aux populations. Cette aide d’urgence s’inscrit dans le cadre d’un engagement constant de la France aux côtés de l’Autorité palestinienne".

Le 24 juillet 2014, dénoncé par un voisin - "Celui-là je le connais si vous voulez son adresse je vous la donne en MP" -, un Français Juif a été tabassé, au  bas de l'immeuble de Bobigny où il habite, par trois individus qui l'ont interpellé : « T’es le mec de la photo de Facebook toi ?! » Les agresseurs lui ont dit « Sale juif » et « On va te faire la même chose qu’à Ilan Halimi ». Ils "ont été rejoints par quinze individus qui l’ont violenté, armés de barres de fer", malgré ses dénégations. "Ils ont ensuite pris la fuite à la vue d’un habitant de l’immeuble", relate l'UEJF (Union des étudiants Juifs de France).

L’UEJF a condamné cette "agression antisémite d’un jeune homme à Bobigny à la suite de sa désignation publique sur Facebook. Depuis plusieurs jours, de nombreuses pages Facebook ont été créées pour appeler à la violence physique à l’encontre de jeunes Juifs. Des photos ont été publiées, avec les identités les numéros de téléphone, et les coordonnées. Ce jeune homme était directement visé par une telle page Facebook. Il est inacceptable que des juifs soient la cible sur Facebook d’appels au meurtre. L’UEJF portera plainte contre les administrateurs de la page Facebook concernée pour incitation à la haine raciale et incitation à la violence. Elle se portera partie civile et accompagne la victime dans ses démarches dès à présent. », a conclu Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF.

Le 24 juillet, Amnesty international (AI) s'était inquiété de « la menace qui pèse en France sur le droit fondamental qu'est la liberté de réunion pacifique ».

Le 25 juillet 2014, sur Radio J, le grand rabbin de France Haïm Korsia a exhorté ses coreligionnaires à continuer leur vie quotidienne, à aller à la synagogue, et à aller de l'avant : "Les Juifs ne se laissent pas intimider. Même pendant l'Occupation, le Consistoire n'a pas fermé ses synagogues". Il a senti un "moment de bascule vers une prise de conscience" de la société.

La manifestation prévue le 26 juillet 2014 à Paris a été interdite par la PPP en raison de l'insuffisance des garanties fournies par ses organisateurs en termes de sécurité.

« J'appelle les organisateurs à renoncer à la manifestation de samedi », a déclaré le ministre de l'Intérieur à Mont-de-Marsan. Et de rappeler le « trajet à haut risque », près de synagogues, suggéré par les organisateurs de ce défilé à 15 heures, place de la République. Et de préciser au Figaro Scan : « Ce sont les mêmes organisateurs que la manifestation de samedi dernier, et on sait à quel débordement elle a conduit ».  Il a évoqué la « grande émotion » après le crash d'Air Algérie.  Les forces de l'ordre ont reçu des « consignes de fermeté » pour intervenir « très rapidement et interpeller » si l'interdiction de manifester n'était pas respectée et si « des slogans ou manifestations antisémites » survenaient. Plus de 1200 policiers et gendarmes protégeront les synagogues. Seront aussi surveillées les gares desservant des trains de banlieue. Des interpellations ne sont pas exclues « si besoin est ».

Le PCF, le Parti des Indigènes de la République (PIR), le NPA, un des organisateurs de la manifestation "en solidarité avec le peuple palestinien" du 19 juillet à Barbès, refusent cette interdiction.  « Le cas de figure est le même [que samedi dernier] : on ira manifester même si le rassemblement est interdit», avait déclaré Alain Pojolat porte-parole du NPA, le 20 juillet 2014. « Stupéfait » de cette nouvelle interdiction, alors que les organisateurs devaient selon lui négocier le 25 juillet « un parcours de manifestation ». « Les arguments, c'est qu'il y aurait beaucoup de monde et qu'on serait incapables d'encadrer la manif ». Or "selon lui, les organisateurs auraient pu mobiliser 200 personnes pour assurer le service d'ordre". Omar Alsoumi, du « Palestinian Youth movement », accuse le gouvernement de créer « une division entre des citoyens qui seraient légitimes à s'exprimer et d'autres non ».

 Me Hosni Maati, avocat des organisateurs, a « introduit un mémoire en référé-liberté », procédure d'urgence, auprès du Tribunal administratif de Paris qui a prévu une audience ce 25 juillet à 18 h 30.

Pour le PCF , « les autorités ne prennent déjà aucune initiative politique à la hauteur de la gravité du drame qui se déroule à Gaza [et] bâillonnent la voix de milliers de jeunes Français qui veulent faire entendre la voix de la solidarité. ouvrent la porte à tous les débordements. [Elles] Les autorités ouvrent ainsi la porte à tous les débordements et à toutes les manipulations possibles. La quasi totalité des manifestations qui se tiennent en France se passe sans problème ; le PCF appelle tous ceux qui manifesteront ce week-end à porter pacifiquement, haut et fort l'exigence du droit, de la paix et de la justice. Il faut arrêter d'urgence le gouvernement et l'armée israéliens dans leur entreprise de destruction du peuple palestinien. C'est par une pression populaire la plus large, pacifique et rassemblée possible pour les sanctions et le boycott qu'au moment où, par le vote de son Conseil des droits de l'homme, l'ONU engage une commission d'enquête sur les crimes de guerre commis à Gaza, nous pourrons contraindre Israël à un cessez-le-feu et la levée du blocus sur Gaza, ouvrant la voie à une solution politique de deux États. Les agissements d'Israël en cours depuis 2 semaines à Gaza relèvent désormais de la Cour pénale internationale qui doit être saisie. Nous exigeons des autorités françaises de suspendre tous les accords de coopération économique et militaire avec Israël, et d'agir avec détermination pour la suspension des accords d'association qui lient l'Union européenne et Israël. Cette complicité tacite doit cesser. Le PCF appelle à démultiplier partout en France dans les jours qui viennent, et particulièrement ces 26 et 27 juillet, les initiatives de signature de la pétition exigeant de placer le peuple palestinien sous protection internationale et d'une assistance humanitaire et sanitaire internationale ; pétition qui a recueilli en 24h près de 10 000 signatures ». Or, "malgré les attaques incessantes de roquettes contre Israël à partir de la bande de Gaza lors de l'Opération Bordure protectrice, le point de passage de Kerem Shalom est demeuré ouvert, fournissant nourriture et articles essentiels aux résidents de" cette bande.

 Human Rights Watch a regretté le 25 juillet cette interdiction, « entrave disproportionnée à la liberté de réunion et d'expression ».

Le 25 juillet 2014, selon Frédéric Pennel, de Délits d'Opinion, "si davantage de Français ont de la sympathie pour les Palestiniens (17%) que pour les Israéliens (12%), la grande majorité des Français (71%) ne se montre en faveur de quiconque... C'est la ligne de la fermeté qui emporte l'adhésion, la majorité des Français (62%) se prononçant pour l'interdiction des manifestations".

Le 26 juillet 2014, le Conseil d'Etat a confirmé le jugement du tribunal administratif considérant légale l'interdiction préfectorale de cette manifestations.

Le 26 juillet 2014, quatre milliers de manifestants selon la police, et 10 000 selon les organisateurs, se sont rassemblés place de la République bloquée par les CRS et gendarmes.

Même population jeune et familiale, même drapeau israélien brûlé, mêmes oriflammes palestiniens et djihadistes, mêmes slogans - "Israël assassin, Hollande complice", "Israël hors de Palestine" - et appels au boycott d'Israël, même cri "Allah Aqbar", quenellistes et porteurs de keffieh et foulards islamiques, des journalistes agressés, projectiles - débris de verre des vitres des abribus vandalisés dans des sacs en kraft - lancés contre les forces de l'ordre, la mise en avant des enfants palestiniens...

Nouveautés : une prière musulmane s'est déroulée sur cette place célèbre et dans le silence, un salut nazi sur la statue ornant cette place symbolique, une croix gammée dessinée sur le socle de cette statue édifiée à "la gloire de la république française", salut nazi, dialogue tel ""Est-ce que vous reconnaissez Israël?" demande le speaker et "Non !" répond une partie des manifestants, amalgame faux "Guernica 1937-Gaza 2014", slogans comme "Non au régime despotique de Valls", "Nous, c'est aussi la France", "Boycott PS 2017". "Une manifestante brandit sa carte d'électeur. "On n'est plus des citoyens de seconde zone", prévient un jeune. "Nous ne courberons plus l'échine !" assure au micro un responsable du collectif Cheikh Yassine". "Au moins, on sait pour qui on ne revotera plus jamais", dit une femme, la quarantaine".

L'intervention des "gilets jaunes" du service d'ordre des organisateurs s'est révélée insuffisante. Les contrôles en amont des véhicules par les forces de l'ordre aussi. Moins violents qu'à Barbès, des heurts ont opposé des extrémistes aux forces de l'ordre qui avaient barré les boulevards et rues partant de cette place pour mieux contrôler ce rassemblement.

Les forces de l'ordre ont interpellés 65 individus, dont 41 étaient en garde à vue le 27 juillet au matin car soupçonnés de "violences volontaires aggravées" (avec arme ou en réunion) sur les forces de l'ordre et "rébellion". Une "des personnes gardées à vue est mineure. Samedi soir, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, avait dressé un bilan de 70 interpellations et 30 gardes à vue, ainsi que d'une douzaine de policiers et gendarmes mobiles légèrement blessés".

En fin d'après-midi ce 26 juillet, une quarantaine de jeunes revêtus du keffieh ont convergé, par petits groupes de deux ou trois jeunes pour ne pas alerter les forces de l'ordre, vers la rue des Rosiers afin d'agresser des Juifs. Ils ont tenté d'atteindre la rue des Rosiers par différentes rues, dont la rue Pavée, la rue Ferdinand Duval et la rue du Roi-de-Sicile, mais ils ont été repoussés par la police qui les a interpellés, puis relâchés. Plusieurs jeunes Juifs détenant des matraque et cocktails Molotov en vue de défendre cette rue Juive emblématique, ont été arrêtés par la police, et deux d'entre eux ont été placés en garde à vue.

Plusieurs manifestants ont été interpellés par la police alors qu'ils se dirigeaient vers la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth.

Une heure après la manifestation pro-Hamas ayant réuni 500 individus au centre de Toulouse (Haute-Garonne), un Franco-algérien de 29 ans a lancé trois cocktails Molotov et des pierres contre l'Espace du judaïsme, principal centre communautaire de la ville rose, et contre une voiture de police. Arrêté rapidement, il a fait l'objet le 28 juillet d'une hospitalisation "d’office en raison de son état psychique". Il "devrait être prochainement mis en examen pour ses actes. Titulaire d’une pension d’adulte handicapé et suivi à l’hôpital psychiatrique Marchant de Toulouse, il a indiqué lors de sa garde à vue qu’il avait agi « par solidarité avec la cause palestinienne ». Examiné par un expert psychiatre, il a été considéré responsable de ses actes mais « avec altération du discernement », a précisé le procureur-adjoint de Toulouse Patrice Michel. Ce prévenu vit en France depuis dix ans. « Le parquet a ouvert une information judiciaire pour dégradations volontaires et dégradations avec une substance incendiaire, ainsi que violences volontaires à l’encontre d’agents de la force publique », des "délits passibles de peines allant jusqu’à sept ans de prison, a précisé le procureur-adjoint de Toulouse. En l’absence d’atteinte aux personnes, le parquet n’a en revanche pas retenu de composante explicitement raciste qui entraînerait des poursuites criminelles devant une cour d’assises". Nicole Yardeni, présidente du CRIF régional, a déploré : « Notre vie est devenue absurde, nous endurons quotidiennement des insultes et des crachats, c’est l’inquiétude permanente car il est entré dans la tête d’une partie de la population un poison lui donnant mission de faire du mal aux Juifs, et ce n’est pas dû à Gaza, cela va bien au-delà. Nous demandons une protection permanente de l’Espace du Judaïsme ». Elle a regretté "que la présence d’une voiture de police en faction ne soit assurée qu’aux jours et heures des manifestations propalestiniennes".

Le 26 juillet 2014, des manifestations similaires ont eu lieu à Marseille, à Lyon, à Grenoble, à Bourges, etc.

A Compiègne, cette manifestation, qui avait reçu le soutien du député-maire (UMP) Philippe Marini sur Twitter le 17 juillet, a réuni 600 personnes, au lieu des 300 espérées par les organisateurs. "Après Amiens, Beauvais et Tergnier (Aisne), c’est à Compiègne qu’un collectif a décidé d’organiser une manifestation « en faveur de la paix en Palestine » à 14 heures, du quartier de la Victoire à l’Hôtel de ville, où les manifestants ont été sollicités afin de donner de l'argent à l'association BarakaCity, active à Gaza. Une initiative locale de Benjamin Belaïdi, "issu des quartiers et très investi dans le monde associatif". Ce jeune Compiégnois a déploré au Courrier picard « l’absence de prise de position de nos responsables politiques face à une situation inacceptable ».  exception, toutefois : Philippe Marini, le sénateur-maire UMP de Compiègne, qui affirmé le 12 juillet sur Twitter son soutien aux organisateurs. « Je ne raisonne pas en termes de parti quand je donne mon opinion. Je ne regarde pas les avis des uns et des autres », assure Philippe Marini voulant faire « respecter le droit à manifester ses opinions, sa solidarité, dans la mesure où on s’astreint à ne pas enfreindre les règles de la République... connais bien les organisateurs, il s‘agit d’un groupe sérieux. D’autres manifestations ont eu lieu un peu partout en France qui se sont bien passées ». Et de préciser au Courrier picard le 22 juillet : «  Je n’ai jamais caché que je suis sensible à la situation en Palestine. J’estime qu’une évolution des choses nécessite un respect mutuel. Or j’observe que, sur le terrain, le développement du peuple israélien sur la rive droite du Jourdain, la mise en œuvre du mur et l’absence de reconnaissance de l’État palestinien ont conduit à la situation actuelle  » Ce qui ne l’empêche pas de «  rester fidèle au jumelage qui lie Compiègne et Kiryat Tivon, une ville d’Israël  » depuis 1988. Sur les banderoles : "Silence on extermine les Palestiniens", "Compiègne s'indigne du massacre de la Palestine". Sur le drapeau palestinien : "#FREE".

Et au théâtre de la Main d'or, Dieudonné a organisé une conférence sur Gaza avec "tout le gratin de l'antisionisme". Vêtu de "sa fameuse combinaison orange de prisonnier de Guantanamo, avec inscrit "quenelle" en lieu et place du prénom du détenu", Dieudonné a évoqué la "plus grande injustice, Gaza." Ancien élu belge, Laurent Louis a allégué : "C'est pas une politique nazie que poursuit l'Etat d'Israël, c'est pire! Même Hitler, il ne bombardait pas des hôpitaux." Ainsi que l'a résumé un spectateur : "Il y a des noirs, des blancs, des arabes, c'est bien, c'est multiculturel l'antisémitisme."

Ce 26 juillet, à Paris, un rassemblement en solidarité avec les chrétiens persécutés en Iraq a été perturbé par des mauritaniens musulmans rassemblés à proximité. Le cri "Allah Aqbar" a fusé.

Le 26 juillet 2014, Edward Amiach, président de l'UPJF (Union des patrons et professionnels Juifs de France), a écrit au Premier ministre et au ministre de l'Intérieur :
"Madame Sihem Souid qui est fonctionnaire de police, chargée de mission au Ministère de la Justice et membre du bureau du CEPS (Centre d’Etudes et de Prospective Stratégique ) a illégalement détourné des fichiers de Police pour publier sur tweeter et facebook des photos de personnes juives présumées membres de la LDJ.
Cette action est ouvertement une invitation à la « chasse aux juifs », et une trahison de la confiance que la République a placée en elle.
Les citoyens de France, juifs ou non juifs ne peuvent tolérer qu’un fonctionnaire abuse de ses pouvoir et de ses fonctions, et viole tous ses devoirs, aux fins d’assouvir ses buts politiques, en incitant à la haine, à la discrimination et à l’antisémitisme, et en appelant, au meurtre de façon à peine voilée.
C’est intolérable. C’est inadmissible pour que les français puissent garder confiance en la république.
Nous connaissons votre engagement dans la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et toutes les formes de discrimination ou d’appels à la haine.
C’est pourquoi nous exigeons que Madame Sihem Souid soit exclue sans délai de la fonction publique, et qu’elle soit dûment poursuivie pour trahison de ses devoirs, détournement de fichiers, appels à la haine et à l’antisémitisme, visés notamment par l’article L 226-21 du Code pénal et l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881".

Le 27 juillet 2014, le rabbin Gabriel Farhi sur Judaïques FM et le psychanalyste Daniel Sibony sur RCJ ont fustigé cette fermeté de parole des autorités politiques associé à un laxisme des actes. Les manifestations étaient interdites par des arrêtés préfectoraux confirmés par le juge administratif, mais les rassemblements ont été autorisés tacitement. Les prières sur la voie publique sont légalement interdites, mais elles ont eu lieu au nez et à la barbe des forces de l'ordre. Affirmée par la loi du 11 octobre 2010, l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public, sanctionnée une amende d’un montant maximum de 150 euros, a pris effet à compter du 11 avril 2011 et ses modalités d’application ont été précisées par une circulaire publiée au Journal officiel du jeudi 3 mars 2011, mais des agresseurs ont vandalisé des véhicules au su et au su des CRS et gendarmes. Quant aux porteurs de drapeaux djihadistes, ils peuvent être identifiés sur les innombrables photos et vidés disponibles sur Internet.

Autorisé par la préfecture, et à l'appel du CRIF Marseille-Provence, du FSJU et du Consistoire, un rassemblement s'est tenu à 19 h, dans le calme près du Vieux-Port de Marseille, sous l'Ombrière. Puis le cortège de 2 000 à 6 000 personnes, a emprunté la rue Paradis pour rejoindre le consulat d'Israël. Sur Radio J, Michèle Teboul, président de ce CRIF local, avait présenté les deux buts de cette initiative : affirmer le soutien à l'Etat d'Israël visé par les tirs de roquettes du Hamas et ne pas céder un espace public tel le Vieux-Port aux anti-israéliens qui y avaient manifesté. Étaient brandis drapeaux français et israéliens. Sur des banderoles : "Non aux boucliers humains", "Israël a le droit de se défendre". Slogans : "Hamas assassin, Israël vivra", "Halte au terrorisme islamiste". Des adjoints au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, ont pris part à ce rassemblement. Yves Moraine, maire (UMP) des 6e et 8e arrondissements de la ville de la cité phocéenne, Yves Moraine a déclaré "être venu en ami d'Israël" car "n'importe quel État attaqué a le droit et le devoir de se défendre". Président du Conseil général, Jean-Noël Guérini (ex-PS), a fait lire un message de soutien justifiant une "opération militaire nécessaire" et le droit d'Israël "à se défendre. Jaillissant de rues adjacentes par petits groupes, des dizaines de militants pro-Hamas ont essayé de perturber le rassemblement sur le Vieux-Port en criant des slogans hostiles à Israël : "A mort Israël". Ils ont été "encerclés par les forces de l'ordre qui les ont tenus à distance. Plusieurs manifestants pro-palestiniens ont mimé le geste de la quenelle, ont constaté les journalistes de l'AFP. Ayant pris place sur le balcon d'un hôtel dominant le Vieux-Port, quatre jeunes gens, poings levés, ont brandi un drapeau palestinien et crié  « Israël assassin », provoquant des cris d'indignation des pro-israéliens". Lors de la dislocation du défilé pro-israélien vers 21 h, les manifestants ont applaudi les CRS qui ont répondu par des klaxons, heureux de ne pas recevoir de pierres comme à Barbès ou place de la République lors des rassemblements violents.

D'autres villes européennes, dont Budapest (Hongrie) ou nord-américaine comme Toronto (Canada)  , ont accueilli des manifestations en soutien à Israël. A Bruxelles (Belgique), deux cortèges différents, un pro-israélien calme dans la matinée - environ 500 personnes, dont plusieurs non-juives, se tenaient devant l'ambassade d'Israël et brandissaient des drapeaux -, et un pro-Hamas dans l'après-midi. A Londres (Grande-Bretagne),  plusieurs centaines de personnes pro-israéliens se sont réunies devant l’ambassade d’Israël, brandissant des drapeaux de l’Etat Juif et des pancartes sur lesquelles ils affirmaient leur fierté de soutenir Israël, seul Etat démocratique du Moyen-Orient et rappelaient qu'Israël avait respecté cinq cessez-le-feu rompu par le Hamas qui tirait des roquettes, ce qui constituait un "crime de guerre".

Le 28 juillet 2014, le CRIF et "l'ensemble des organisations juives de France" ont appelé à un rassemblement unitaire des amis d'Israël devant l'ambassade d'Israël avenue Matignon (angle rue Rabelais) 75008 Paris, le 31 juillet 2014, à 18 h 30. Les raisons ? "Depuis 21 jours, Israël est engagé dans une guerre contre les terroristes du Hamas. Parce que nous affirmons le droit d'Israël à se défendre contre les attaques aveugles qui visent sa population. Parce que le Hamas est un mouvement terroriste qui prend en otage la population palestinienne. Parce que nos pensées vont à toutes les victimes civiles. Parce que nul gouvernement ne peut accepter que ses enfants grandissent sous la menace de missiles et d'attaques terroristes. Parce que l'Etat d'Israël se bat pour les démocrates du monde entier.

 Bref, ces organisations communautaires laissent les grandes places et les principales artères de la capitale aux anti-Israéliens. Pourquoi cette date si tardive ? Vingt-et-un jours après le début de l'Opération Bordure protectrice, un jour de semaine, la journée du chassé croisé entre les juillettistes et les aoûtiens, en l'absence de dirigeants communautaires dont Gil Taieb, vice-président du FSJU et du CRIF, en Israël, et après les manifestations pro-israéliennes dans de grandes capitales européennes, et en province. Influence des autorités politiques nationales ? Crainte que la police ne parvienne pas à assurer la sécurité des manifestants ? Peur de ne pas attirer assez de monde ? Sensibilité aux critiques de coreligionnaires lambda qui sur les réseaux sociaux s'étonnaient de l'absence de défilé en soutien à l'Etat Juif attaqué par le Hamas ?

La page Facebook créée pour ce "Grand rassemblement de soutien à Israël", autorisé par la PPP et sous haute surveillance des forces de l'ordre, est pourrie par des messages antisémites. Exemples : "Ces sales sionistes aiment personne dans le monde depuis le début et ils seront comme ça jusqu'à la fin Donc ils sont à anéantir ces limasses", "Vous êtes trop sale et vous puez vous servirez de graisse pour les machines" (Kamel Ben Ben), "Vous tuer des enfant" (Salem Aaleykoum), etc. etc. etc. Certains Internautes se sont étonnés du caractère tardif de ce rassemblement.

La démonstration de force et le décharnement de violences de la "rue arabe" et de ses soutiens, ainsi que le chantage à peine voilé du "vote halal" sont parvenus à atteindre plusieurs de leurs objectifs. Après avoir promis le 24 juillet 2014 à des ONG une "aide de 11 millions d’euros pour faire face à l’urgence (aide budgétaire et aide humanitaire)", le Président François Hollande s'est entretenu avec le Président Mahmoud Abbas le 28 juillet 2014.  "Il l’a informé que la France allait procéder au versement d’une première tranche d’aide budgétaire de 8 millions d’euros à l’Autorité palestinienne qui s’ajoutera à l’aide humanitaire exceptionnelle de 3 millions d’euros déjà débloquée pour la population de Gaza. Dans le prolongement de la réunion internationale qui s’est tenue samedi à Paris, il a réitéré la pleine mobilisation de la France en faveur d’un cessez-le-feu. Alors que la situation sécuritaire et humanitaire observée à Gaza appelle la mobilisation de toute la communauté internationale, le Chef de l’Etat a souligné auprès de M. Abbas la nécessité de soutenir les démarches entamées pour obtenir une trêve durable, qui réponde aux besoins légitimes des Palestiniens en matière de développement économique et de protection des civils comme des Israéliens en matière de sécurité. Il a souligné la nécessité d’associer pleinement l’Autorité palestinienne aux efforts menés en ce sens sur la base de l’initiative égyptienne. Le Chef de l’Etat a enfin marqué sa conviction que cette crise venait souligner l’urgence de redonner un horizon politique aux Palestiniens et aux Israéliens : seules des négociations crédibles entre Israéliens et Palestiniens pourraient permettre la signature d’un règlement juste et définitif, établissant deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité".

Quels succès politiques et financiers pour le Hamas et Abbas !

Quelle faiblesse politique et morale d'une France endettée et privilégiant une  "politique arabe" si désastreuse et le soutien à un mouvement islamiste ! Qui croira en une énième trêve quand cinq trêves ont déjà été rompues par le Hamas ?

Alors que la France endettée et appauvrie verse sans fin des sommes aux Palestiniens, le Canada a demandé, le 22 juillet 2014, à l'ONU que cette organisation lance une "enquête indépendante" sur la découverte, pour la deuxième fois, de roquettes dans des écoles d'une de ses agences, la problématique UNRWA, et de la remise de ces armes au Hamas, "une organisation placée sur la liste des organisations terroristes, une fois que les autorités israéliennes eurent découvert leur emplacement. Si ces faits étaient avérés, ils iraient à l'encontre de tout ce que l'Organisation des Nations unies devrait représenter en tant qu'institution au service de la paix et de la sécurité de ses membres", a déclaré John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères. Et le 29 juillet 2014, l'UNRWA a annoncé avoir trouvé pour la troisième fois des armes du Hamas dans une de ses écoles.

"Les socialistes au pouvoir sont-ils à la hauteur de l'enjeu ? Sont-ils conscients de ce qui est en train de s'emparer d'une part non négligeable de la société ? À les voir considérer de manière aussi inattentive, légère et dilettante les incidents de ces derniers jours, prisonniers de petits calculs qui leur interdisent de s'en prendre réellement à Besancenot et au NPA, on s'inquiète. Et là où l'on rêverait de voir des héritiers de Clemenceau (la référence de Manuel Valls, paraît-il) on ne voit pour le moment que des petits Daladier. Oui, des petits Daladier qui nous préparent, à force de renoncement et d'aveuglement, de légèreté et de dilettantisme, un mortifère Munich communautariste", résume Bruno-Roger Petit, chroniqueur politique au Nouvel Observateur, le 28 juillet 2014, tout en déplorant le silence du Président Hollande et de son Premier ministre après ces "démonstrations de haine".

Le 28 juillet 2014, lors de la réunion Commission de la Knesset sur l’Immigration et l’Intégration, des députés israéliens ont interrogé les ambassadeurs de pays européens sur les actions menées afin de lutter contre l'antisémitisme, notamment celui de ces défilés haineux. Le député Hasson les a avertis que « si les pays européens ne parviennent pas à protéger les Juifs sur leur territoire, l’État d’Israël le fera. Le sang juif n’est pas du sang qui ne compte pas ! » Un "représentant de l’ambassade de France à Tel-Aviv a déclaré que son pays s’engage dans la « tolérance zéro » contre l’antisémitisme, ajoutant que » toutes les attaques sur les Juifs de France sont des attaques contre la France. » Selon lui, « la France a renforcé sécurité autour des communautés juives avant même que les récentes manifestations anti-israéliennes n’éclatent. La France ne nie pas qu’il y a un problème… Le gouvernement français s’efforce de lutter contre les actes de racisme augment progressivement. »

L'Observatoire national contre l'islamophobie, organe au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), a demandé le 28 juillet la dissolution de la LDJ. « La LDJ est interdite en Israël et aux Etats-Unis, elle crée pas mal de problèmes, pratique la “ratonnade”... Mais les pouvoirs publics ne la dénoncent pas avec force. C'est une association extrémiste, raciste et qui pratique la violence. Les organisations qui pratiquent la violence, d'où qu'elles viennent, doivent être dissoutes », a déclaré le président de l'Observatoire contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, dénonçant un « deux poids, deux mesures ». Abdallah Zekri avait présidé au nom du CFCM et de la famille Merah la cérémonie de funérailles du terroriste islamiste franco-algérien Mohamed Merah dans le carré musulman du cimetière de Cornebarrieu, près de Toulouse fin mars 2012. Il avait alors déclaré au Figaro : "Tout est terminé, il est dans sa tombe, on n'en parle plus. Maintenant il faut tourner la page, il faut oublier et arrêter les débats inutiles. C'était un terroriste, un monstre qui a tué des innocents, qui a commis des actes que la religion musulmane condamne. Néanmoins, il avait le droit d'être enterré, comme tout citoyen français, sur le sol français... Il y a eu une prière des morts, très simple. Il n'était pas question d'éloge. Des jeunes de son quartier qui l'avaient connu étaient là, une petite cinquantaine, nous ne pouvions pas les refuser. Ils sont restés calmes, sauf 4 ou 5 salafistes qui ont voulu crier «Allah akbar» et «douleur au martyr»… " Au printemps 2011, ce responsable d'une section UMP du Gard avait déchiré publiquement sa carte de membre de ce parti car celui-ci organisait un débat sur l'islam en France.

Le 29 juillet 2014, les mêmes organisations (NAP, FG, EELV) ont annoncé une nouvelle manifestation "pour la paix à Gaza" de la place Denfert-Rochereau aux Invalides le 2 août 2014.

Trois semaines après le lancement de l'opération israélienne défensive Bordure protectrice, Jacques Attali, essayiste et financier français Juif, a écrit le 29 juillet 2014 sur le mur de son compte Facebook : "Rien ne justifie les massacres des civils, à Gaza, comme en Irak, en Syrie et ailleurs. Ils ne produisent que de la haine et doivent cesser". Aucun message pour dénoncer les manifestations haineuses de la "rue arabe" et de ses soutiens. Le signe de l'échec de la plupart des intellectuels français Juifs, silencieux. D'autant plus grave que ce message émane d'un ancien dirigeant communautaire et d'un intellectuel souvent invité dans les colloques d'organisations communautaires tel le FSJU.

Organiser ou non un rassemblement de la communauté française Juive institutionnalisée à Paris ? Cette question a suscité un débat au sein du leadership communautaires.

Sur RCJ, Joël Mergui en a expliqué le 30 juillet le caractère tardif : "On a été scotché par le quotidien : la sécurité des lieux communautaires. On n'a pas voulu laisser la rue française, parisienne à ces rassemblements de haine. Nous devons faire entendre notre voix, dire la légitimité d'Israël dans son combat. Ce serait une victoire contre la démocratie si on n'entendait pas la voix des amis d'Israël". Les risques ? Les pro-Israéliens "ont manifesté dans les principales capitales européennes, et on ne pourrait pas le faire à Paris en raison des risques !? C'est vrai, des images nous interpellentJ'ai confiance dans les forces de l'ordre pour assurer la sécurité de ce rassemblement. La communauté Juive doit bénéficier, elle aussi, de la liberté d'expression. Ce rassemblement s'effectuera, comme les précédents de la communauté Juive, dans la dignité et le calme". 

Plus incisif, Me Gilles-William Goldnadel a pourfendu la ligne jugée désastreuse de dirigeants communautaires dans sa  tribune Entre la colère et la honte (Actualité juive, 30 juillet 2014) :  
"Lors de ma dernière chronique... je pointais  du doigt cet antiracisme de pacotille qui a ouvert les bras aux islamistes et a fait le lit d'un antisémitisme qui n'a plus rien de très nouveau sauf pour les aveugles et les malentendants. Cet antiracisme que la gauche extrême aura utilisé jusqu'à la trame pour terroriser intellectuellement tous ceux qui tentaient de prévenir du danger. C'est cette extrême gauche qui a accompagné dans la rue les barbus islamistes et les femmes voilées vociférant, porteurs de drapeaux du Hamas et du Hezbollah, brûleurs du drapeau d'Israël, casseurs de juifs et de synagogues.
Et ce, dans l'impunité la plus totale, juridique : où sont les poursuites contre le NPA qui a maintenu la manifestation interdite ? Et morale : j'attends toujours le moindre articulet du sentencieux Le Monde protestant contre l’union islamo-gauchiste.
J'avoue ne pas pouvoir aisément réprimer ma colère lorsque je songe à la niaise désinvolture avec laquelle la communauté juive organisée aura pendant si longtemps accompagné cet antiracisme sélectif, qui n'a jamais voulu ouvrir les yeux sur le racisme anti-blanc, anti-occidental, antifrançais, antichrétien et a contribué à tétaniser la juste lutte républicaine des autorités pour la régulation des flux migratoires.
Au lieu de cela, et même après Toulouse, la communauté organisée a continué imperturbablement à en faire des tonnes contre le Front National et des grammes contre l'islamo-gauchisme…
Pour affronter les périls, les juifs se devaient de maintenir la tradition d’une réflexion non-conformiste et courageuse. La mort dans l'âme, j'ai rencontré dans les allées du pouvoir juif beaucoup de responsables qui croyaient pouvoir plaire en tenant le langage de l'idéologie dominante antiraciste ou le prêchi-prêcha creux du vivre ensemble.
Beaucoup se réveillent aujourd'hui avec la gueule de bois. Si seulement leur langue n'avait pas été du même arbre. Il y a six mois, dans ces mêmes colonnes, sur un ton amiable, je disais au président du CRIF qu'il s'illusionnait en croyant que délaisser le combat pour Israël, comme il en avait manifesté l'intention, rendrait l'organe représentatif communautaire plus efficace ou plus populaire, à l’heure où l'anti israélisme était le vecteur principal d'un antisémitisme et d'un antijudaïsme puissants au sein de l'islam. 
C'était il y a six mois. Autant dire un millénaire. Depuis, la détestation antijuive a fait des ravages. Le CRIF est conspué quoi qu'il fasse… ou qu’il ne fasse pas. La manière fantasmatique dont la LDJ a été traitée, y compris dans la presse généraliste est révélatrice de la folie du temps : chacun sait que les groupes chargés de la sécurité sont rarement composés de pianistes distingués ou d'ornithologues délicats. Pas un mot sur les nervis de la CGT dont la réputation n'est plus à faire et qui se sont chargés gentiment du service d'ordre des manifestations pro palestiniennes. En revanche les jeunes qui auront défendu les synagogues en auront pris pour leur matricule…
J'affirme que toute politique d'accommodements ne fera qu'aggraver les choses. Et j'avoue ressentir comme une honte le fait qu'aucune manifestation en faveur d'Israël ou même pour protester contre le traitement fait aux juifs n'aura été organisée à Paris dans ces circonstances exceptionnelles. Ainsi, la rue aura été laissée à ceux qui veulent la mort des juifs et de leur état, et ceux-ci préposés uniquement à aller demander la protection du pouvoir.
Avouer à ce point sa faiblesse confine à une franchise que j'oserai qualifier de désarmante".  
Le 30 juillet 2014, le Président François Hollande a condamné "le bombardement qui a frappé une école des Nations Unies, dans le camp de Jabaliya dans la bande de Gaza, causant la mort d’au moins seize Palestiniens. Il s’associe au Secrétaire général des Nations Unies qui a jugé ces faits « injustifiables ». La France exige la mise en place d’un cessez-le-feu immédiat. Tous les efforts doivent converger vers cet objectif".

Cinquante-huit députés UMP et UDI - Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Debré, Claude Goasguen, Hervé Mariton, Alain Marleix, Dominique Bussereau ou Patrick Devedjian, les centristes Jean-Christophe Fromantin et François-Xavier Villain - ont réclamé au chef d'État une double initiative diplomatique pour "éviter la disparition progressive des Chrétiens d'Orient" : une intervention de la France auprès des autorités des "pays du Proche et du Moyen-Orient concernés pour leur demander de mieux garantir le libre exercice du culte sur leur territoire et de prendre des mesures de sécurité particulières autour des lieux de culte fréquentés par les chrétiens" ; un projet de résolution présenté par la France devant le Conseil de Sécurité des Nations unies afin de "réaffirmer solennellement - après sa récente 'déclaration à la presse' sur la persécution de minorités à Mossoul en Irak - le droit de toutes les minorités à pratiquer en toute liberté et en toute sécurité leur religion dans le respect des principes de la Déclaration universelle des droits de l'Homme." Curieusement, l'Elysée n'a pas encore réagi...

Olivier Faure, député socialiste de Seine-et-Marne, a écrit au ministre de l'Intérieur le 30 juillet 2014. Il y a  allégué avoir été "interpellé à plusieurs reprises par des citoyens de (sa) circonscription sur les agissements de la Ligue de Défense juive... l’émanation française de la Jewish Defense League, classée comme organisation terroriste aux Etats-Unis" et "en Israël, le parti correspondant Kacha a été interdit car jugé comme raciste". Ce proche de Jean-Marc Ayrault et François Hollande a évoqué l'"objectif d'autodéfense" de la LDJ : "ses "membres s'engagent à maintenir une veille tant idéologique que sportive afin de pouvoir parer à toutes menaces physiques des ennemis du peuple juif, qui n'ont jamais hésité par le passé à faire usage de leur force". Depuis quelques semaines, l’organisation a été partie prenante d’échauffourées, qu’elle annonce et revendique sur les réseaux sociaux". Ce député a souhaité "comprendre pourquoi la Ligue de Défense juive est autorisée en France et connaître les mesures prises par vos services pour prévenir ses actes qui peuvent être violents".  Il a ajouté à la main : "le maintien de la sérénité sur notre territoire suppose de ne laisser prise à aucun sentiment d’un ‘deux poids, deux mesures’.

Selon Libération (31 juillet 2014) citant une "source policière haut placée" La DLPAJ (Direction des libertés publiques et des affaires juridiques ) du ministère de l’Intérieur "travaille à temps plein pour étudier la possibilité d’une interdiction de la LDJ. Nous menons l’analyse la plus fine possible pour être certains que c’est faisable ». L’article 212-1 du Code de la sécurité intérieure "mentionne sept critères pouvant justifier une dissolution par décret en Conseil des ministres... Deux d’entre eux pourraient être invoqués contre la LDJ. L’un concerne les groupes qui«provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence pour motifs ethniques ou religieux, ou propagent des idées encourageant cette discrimination », l’autre ceux « qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ». Consacrer sa Une à une rumeur de dissolution d'un mouvement très minoritaire, et n'ayant pas contrevenu à la loi, est déjà aberrant, mais le faire le jour du rassemblement de soutien à l'Etat Juif, est-ce un hasard ? En juillet 2014, c'est un post du Lab d'Europe 1 sur Facebook et évoquant le 21 juillet 2014 la demande du député communiste Jean-Jacques Candelier de dissolution de la LDJ qui est le plus liké : 9668 « likes » ! La "moyenne étant de 291 « likes » par article". 

Ignorance ? Perversité ? En tout cas désinformation. Pour illustrer la violence attribuée aux membres de la LDJ, de nombreux médias télévisuels ont diffusé ce 31 juillet 2014 des images, non pas des assaillants antisémites assiégeant la synagogue de la rue de la Roquette, mais des défenseurs de ce lieu de culte, dont des membres de la LDJ, qui relançaient vers leurs agresseurs les battes de base-ball, les dessus de tables, les pieds de chaises, etc. que ces assaillants leur avaient jetés lors d'assauts répétés. Or, on trouve sur les réseaux sociaux, sur Youtube et autres plate-formes de vidéos, les images filmées des agresseurs venant de la place de la Bastille et s'engageant armés dans la rue de la Roquette aux cris d'"Allah Aqbar". 

Libération, le député Olivier Faure a indiqué que même si la LDJ "n’a pas de lien direct avec l’organisation interdite en Israël et aux Etats-Unis, elle n’est pas plus tolérable. Surtout si elle revendique les mêmes modes d’action et partage les mêmes valeurs et les mêmes références... L’interdiction est un acte symbolique. Il faut rappeler que dans notre République, il n’y a aucune place pour des milices ou des groupes d’actions violents. Le schéma qui laisse penser que les chrétiens défendent les chrétiens, les juifs défendent les juifs et les musulmans défendent les Palestiniens découle d’une vision communautaire qui n’a pas sa place dans notre République. La République assure elle-même la paix civile pour tous". Alors pourquoi les forces de l'ordre ont-elles laissé des voyous agir en vandale à Barbès, à Sarcelles et place de la République ? En quoi des musulmans criant lors de ces défilés, autorisés ou interdits, "Allah Aqbar" et "Mort aux Juifs" défendent-ils les Palestiniens ?

Quant au NPA, sa porte-parole Sandra Demarcq a déclaré sur France 2 : « On combat cette organisation», un groupuscule « d'extrême-droite ». Sur la dissolution, on est toujours un peu perplexe. Ça n'empêche pas la reconstitution de ces groupes. Les membres de la LDJ, il faut les condamner pénalement ».

On perçoit mal la pertinence et l'urgence de cet examen en vue d'une dissolution réclamée par EuroPalestine, l'Observatoire contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM), et des députés dont les socialistes Alexis Bachelay et Olivier Faure ainsi que le communiste Jean-Jacques Candelier (Front de Gauche) qui imputait à tort à la LDJ les violences des 13 et 19 juillet 2014 !? On n'ose pas imaginer que des gouvernants socialistes tenteraient ainsi d'apaiser leurs soutiens parlementaires et le "vote halal" critiques à l'égard de leur politique, et ce, au détriment de la liberté et de leurs concitoyens Juifs.

Alors que les statistiques de la délinquance révèlent une hausse non endiguée par le ministère de l'Intérieur, alors que la quasi-totalité des casseurs, antisémites et adorateurs du djihad lors de ces défilés ou rassemblements haineux demeurent en liberté, alors que la LDJ a pallié les carences des forces de l'ordre lors des assauts ayant visé la synagogue de la rue des Tournelles du 13 juillet 2014, le ministère de l'Intérieur songerait "à plein temps" à interdire la LDJ, mais pas le NPA qui a pourtant manifesté malgré deux interdictions préfectorales confirmées par la justice, ni le collectif Cheikh Yacine, ni les organisations appelant au boycott d'Israël !?

Les antisémites en rêvent : des Juifs sans défense... Bref, le "bon vieux temps de la dhimmitude" avec ses pogroms, ces Juifs qui rasent les murs... C'est la même logique qui préside aux condamnations de l'Etat d'Israël se défendant contre les islamistes.

Interrogés le 31 juillet 2014 sur la fréquence Juive francilienne, Roger Cukierman, président du CRIF, Sammy Ghozlan, président du SPCJ, et Joël Mergui, président des Consistoires ont exprimé ce 31 juillet 2014 leur stupéfaction devant cette décision visant un groupe de quelques dizaines de militants en Ile-de-France, et ayant défendu des synagogues. Roger Cukierman a stigmatisé un "deux poids, deux mesures" en dressant un parallèle avec l'impunité d'organisations pro-palestiniennes ayant attaqué des synagogues.

Claude Goasguen a renchéri auprès du Figaro :  « Si la LDJ est dissoute, alors il faut dissoudre le NPA. Si on dissout l'un, il faut dissoudre l'autre. Manuel Valls fait des discours mais les actes ne suivent pas. Quand on interdit une manifestation, il faut mettre en œuvre l'interdiction ». Dressant un parallèle avec la répression des manifestations contre le mariage pour tous, il s'indigne : « Là ça casse, ça détruit, ça crie “Mort aux juifs” et il n'y a qu'un type qui est poursuivi. Lors de la Manif pour tous, c'était des familles qui manifestaient pour la première fois. Les magistrats ont été très sévères avec la Manif pour tous mais ça, c'est à cause de l'idéologie rampante ».

Tollé d'organisations communautaires, dont l'UEJF (Union des étudiants Juifs de France) peu suspecte de sympathie pour la LDJ, devant cette partialité ? Prise de conscience du caractère biaisé de cette étude ? Bernard Cazeneuve a déclaré :  « Si les conditions de droit sont remplies, concernant l'ensemble des groupes qui peuvent poser problème, nous procéderons à des dissolutions. Si elles ne sont pas réunies, nous ne le ferons pas. Dans la république, ce qui compte c'est le respect des principes de droit. Le ministère de l'Intérieur doit, sur ces sujets, veiller à ce que les règles soient respectées de façon scrupuleuse pour éviter tout arbitraire ». Et faire travailler un service "à plein temps" sur les motivations juridiques d'une dissolution uniquement d'une organisation Juive française et non pas de mouvements ne respectant pas le droit, est-ce arbitraire !? Et qu'il n'a évoqué d'autres groupes dans sa ligne de mire qu'une fois rendue publique

Et le gouvernement socialiste inactif depuis des années pour mettre un terme à la spoliation teintée d'antisémitisme du Dr Lionel Krief, médecin nucléaire français Juif, approuverait illico presto cette dissolution sans motivation à ce jour !?

Le rassemblement parisien unitaire en soutien  à l'Etat d'Israël a réuni 4 500 personnes selon la PPP et environ 6 000 selon les organisateurs communautaires. Parmi eux, outre des dirigeants communautaires, l'association d'amitié entre Juifs et Arméniens Sassoon, et Claude Goasguen, député-maire du XVIe arrondissement de Paris. Drapeaux français et israéliens étaient brandis. Les slogans ? "Israël vivra", "Israël légitime défense", 'Tous unis contre le terrorisme". Les noms et âges des jeunes soldats israéliens tués ont été lus. La Marseillaise et la Hatikva, hymne national israélien, ont été entonnés par la foule. Une minute de silence a été observée pour toutes les victimes, israéliennes et palestiniennes. Et aucune pour l'ouvrier agricole thaïlandais tué en Israël par un tir de roquette du Hamas ?!

Une cérémonie de recueillement a eu lieu dans la grande synagogue Lyon. Retour au ghetto ?

Est-ce un hasard si un rassemblement pro-Hamas s'est tenu, à l'appel d'Europalestine et d'autres organisations pro-palestiniennes, le même jour, à le même heure, dans l'Est parisien à forte population d'immigrés ? Volonté d'amoindrir l'audience médiatique pour le rassemblement pro-israélien ?

A Orléans, environ 500 individus ont manifesté à l'appel du Collectif Palestine, avec notamment la Cimade, brandissant des banderoles : "Stop au ghetto de Gaza", "Halte au massacre", "Palestine, un Etat maintenant", "Israël, ton nom s'écrit avec le sang des Palestiniens. Stop au génocide de Gaza". Avant que le cortège ne s'ébranle, les manifestants se sont allongés sur le sol". Pour comparaison, un défilé du 1er mai y réunit au maximum 200 personnes.

Le 30 juillet 2014, le ministre de l'Intérieur a adressé une circulaire aux préfets sur le "signalement des délits de diffamation, d'injures ou de provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciale ou religieuse". "Le contexte actuel des tensions internationales, notamment au Proche-Orient, se traduit par une recrudescence d'actes et de propos à caractère raciste ou antisémite", allègue d'emblée le ministre. Or, seuls les actes antisémites ont connu une recrudescence. Et Bernard Cazeneuve de poursuivre : "Ces faits graves constituent autant d'atteintes aux principes fondateurs de notre République et à l'unité de la nation face auxquels l'Etat doit faire preuve d'une fermeté absolue. En plus de la sauvegarde de l'ordre public, il relève de votre responsabilité de signaler systématiquement au parquet compétent, aux fins de poursuite, les actes et propos à caractère raciste ou antisémite". Le ministre y a aussi cité les articles de la loi de 1881 punissant ces délits.

Le 31 juillet 2014, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a annoncé avoir porté plainte contre X après que des inscriptions antisémites ont été découverts le 28 juillet dans le XIII arrondissement de Marseille : une stèle érigée en mémoire des 30 enfants et 14 adultes Juifs arrêtés le 20 octobre 1943 au château de la Verdière et déportés à Auschwitz a été dégradée. A quelques mètres de ce monument, les murs d'un magasin ont été salis d'une inscription antisémite. Une "enquête a été ouverte et confiée à la direction départementale de sécurité publique". Le 28 juillet 2014, ce ministre "avait annoncé son intention de demander aux préfets d'ester en justice. Il avait alors cité deux cas : des croix gammées tracées sur un lieu de culte musulman à La Charité-sur-Loire (Nièvre) le 26 juillet", et cette inscription antisémite sur cette stèle. Il semble paradoxal de poursuivre judiciairement pour une croix gammée dessinée sur une mosquée, quand des musulmans dessinent des croix gammées sur le monument place de la République redonnant ainsi vie et sens à l'alliance entre Hitler et le grand mufti de Jérusalem al-Husseini.

Quant à  la ministre de la Justice, Christiane Taubira, c'est sur son compte Twitter qu'elle diffuse les 31 juillet et 1er août deux messages sur les seuls enfants Gazaouis. Les horreurs commises par exemple au Congo ne suscitent aucun Tweet de sa part. En reprenant les allégations fausses de la propagande anti-israélienne distillant des blood libels, cette Garde des Sceaux leur donne un crédit et mine la crédibilité en sa détermination à lutter contre l'antisémitisme.

Le 1er août 2014, Le Figaro a publié la tribune partiale, virulente, anti-israélienne, émaillée de parallèles infondés, « Lever la voix face au massacre perpétré à Gaza » de Dominique de Villepin, ancien Premier ministre du Président Jacques Chirac. Cet avocat, notamment du Qatar qui soutient le Hamas, écrit : "il n'y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l'occupation et encore moins un droit au massacre...  L'État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu'elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu'elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire". Les trois solutions selon cet énarque ? Des sanctions visant l'Etat Juif, l'adhésion de la "Palestine" à la Cour pénale internationale et "imposer [une solution] par la mise sous mandat de l'ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales. Cette administration... aurait vocation à redresser l'économie et la société sur ces territoires par un plan d'aide significatif et par la protection des civils. Elle aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de garantir des élections libres sur l'ensemble de ces territoires. Forte de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en en traçant les grandes lignes". On croirait lire un texte de la Ligue Arabe ou de l'OCI (Organisation de la coopération islamique).

Le 1er août 2014, Simone Rodan-Benzaquen, directrice France de l'American Jewish Committee (AJC) et Richard Odier, président du Centre Simon Wiesenthal-France, écrivent dans le Huffington Post : "La France ne doit pas se tromper de combat: interdire la LDJ, oui, mais quid d'autres organisations radicales telles que le Collectif du cheikh Yassine, publiquement proche du Hamas, ou de la nouvelle structure "Gaza Firm" qui soutiennent également cette organisation, pourtant figurant sur la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne et parmi certains scandent des propos antisémites lors des manifestations pro-palestiniennes? Quid de ces associations, syndicats et partis politiques qui acceptent de reconduire chaque semaine ces manifestations où se trouvent des drapeaux djihadistes, ceux portés tous les jours par ceux qui combattent aujourd'hui les militaires français, les chrétiens d'Orient ou les femmes de nombreux pays ?"

Le 2 août 2014, des manifestations autorisées ont eu lieu à Paris, Lyon et Lille. "Dans le calme", selon les médias. C'est-à-dire avec les mêmes slogans et banderoles - "Israël assassin, Hollande assassin" -, révisionnistes, les mêmes appels au boycott de l'Etat Juif, le même faux missile assorti de croix gammée... A Paris, ils étaient 11 500 selon la police, et 20 000 selon les organisateurs, encadrés par les services d'ordres de la CGT et du Parti communiste, ainsi que par les forces de l'ordre, à rejoindre la place Denfert-Rochereau aux Invalides. Parmi les VIP : des parlementaires socialistes, le trotskiste Alain Krivine, le comédien Guy Bedos. Amar, 60 ans, "dit soutenir « de tout cœur le peuple palestinien et la politique du Hamas qui combat d'une manière régulière et ne s'attaque pas au faible comme le fait l'armée israélienne ». Pour lui, la position de la France est « catastrophique ». « Je suis français et je n'ai jamais été déçu de la France comme cette fois-ci », explique Amar. Certains exhibent un keffieh ou un masque aux couleurs de la Palestine, d'autres une affiche proclamant « Palestine habibi mon amour », tandis que la foule s'époumone : « Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine ».

Dans ce cortège, le Collectif Cheikh Yacine a diffusé le discours en arabe du porte-parole du Hamas, Mushir Al Masri. "Au milieu de Gaza emmuré, au milieu des cadavres", al Masri a remercié les manifestants et conclu, sous les applaudissements et "Allah Aqbar" et "Salam Aléquoum" : "Nous gagnerons, inch Allah ! La victoire est bientôt. Et à bientôt, à Jérusalem qui sera libéré".

En fin d'après-midi, la police a interpellé 54 individus, le visage souvent dissimulés et scandant des slogans "hostiles", sortant de la station de métro Saint-Paul-Le Marais et voulant se diriger vers la symbolique rue des Rosiers. Un fait alarmant occulté par la quasi-totalité des médias français.

Le 3 août 2014, à l'initiative sur Facebook de Céléna Azouaoui, étudiante de 18 ans, plusieurs centaines de personnes, dont des membres de l'UEJF, SOS Racisme et l'édile parisien socialiste Patrick Klugman, se sont réunies près du Louvre "pour la paix au Proche-Orient". Bannissant les drapeaux hors celui tricolore, ce rassemblement #JuifsetMusulmansMainDansLaMain suivait une banderole «Tous unis dans la fraternité», et prônait  « tolérance », « amour », « dialogue » ou « fraternité ». Bande-son : « Imagine » de John Lennon ou « We are the world » de Michael Jackson. Au final : la Marseillaise. Interviewé par RTL, Rachid Birbach, qui se présentait comme imam conférencier à Auxerre, a exhorté à la paix : "Assez de massacre !" Combien de musulmans dans ce rassemblement ? "A peine une dizaine", selon un ami de la LDJ. On peut s'interroger sur l'utilité de ces rassemblements, révélateurs ou comm', qui évacuent les sujets de dissension sur des mots d'ordre certes positifs, mais qui n'attirent même pas les musulmans. Où est la morale quand agressé - Israël - et agresseur - Hamas - sont mis sur le même plan, dans les oubliettes... ?

Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l'Orne (Basse-Normandie) a retweeté, en le détournant, un message de Gal Berger, correspondant pour les questions palestiniennes de Israel Broadcasting Authority (IBA) et de la radio Kol Israel, remontant au 24 juillet 2014. Gal Berger commentait en anglais et en hébreu trois dessins signés "Saint-Hoax" : "anti-Israel campaign on web" (campagne anti-israélienne sur le web, ndt) accompagné du hashtag "#gaza". Trois politiciens israéliens - le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la ministre Tzipi Livni et l'ancien président Shimon Peres - brutalisent ou vont assassiner, au couteau ou au marteau, des personnages de dessins animés de films de Walt Disney, sur une mare de sang, tenant ou près d'un drapeau palestinien : Pinocchio inanimé dont la jambe gauche est cassée, Alice au pays des merveilles effrayée et Peter Pan dont la bouche laisse couler un filet de sang. La légende commune de ces trois dessins "Save the innoncence of Palestine" est adapté à chaque héros : "He never became a real boy..." (Il n'est jamais devenu un vrai garçon), "She could never dream again..." (Elle ne pouvait plus jamais rêver de nouveau) et "He was forced to grow up" (Il a été forcé à grandir).

Des dessins véhiculant des bloods libels avec d'autant plus de force qu'ils recourent à des personnages familiers et aimés des petits et grands. Sur le site Internet Saint-Hoax, on peut voir l'animation encore plus choquante de ces dessins : Netanyahu s'acharne à frapper Pinocchio. Ces trois dessins font partie de la série : "Once Upon A War" (Il était une fois une guerre) qui "questionne le destin des personnages les plus aimés au monde  s'ils étaient nés en Palestine occupée. Elle représente ces icônes de l'espoir dans des situations sans espoir que les enfants palestiniens vivent chaque jour".
Or, Nathalie Goulet a publié le 3 août 2014 ces trois dessins en écrivant :  "#Gaza very powerful campaign against children mass murder" (Gaza, campagne très puissante contre le meurtre de masse des enfants, Ndt). Elle a approuvé ainsi la propagande anti-israélienne. Elle a été interpellée, par des Internautes outrés, notamment par Hervé Roubaix, Nanojv et Mehdi Thomas Allal ("dérapage à l'antisémitisme").

Interrogée le 4 août 2014 par le Lab, elle s'est défendue de tout antisémitisme en évoquant sa famille Juive victime de la rafle du Vél d'Hiv. Elle a ajouté : "Cette campagne est parue dans tous les journaux aux Etats-Unis, il n'y a pas eu d'interdiction, elle circule librement. Je trouve ça absolument invraisemblable que la communauté soit moins choquée par les images d'enfants que par les personnes de Disney. C'est la preuve que la campagne marche ! Je n'ai pas été extirper une campagne du Hamas pour la promouvoir, je ne suis pas demeurée". Comme l'a indiqué Gal Berger, c'est une campagne diffamatoire anti-israélienne. Cette sénatrice, qui renvoie à son article du 20 juillet évoquant déjà le "massacre des innocents", est désolée de son tweet "peut-être un peu maladroit"...

Pour expliquer l'empathie pro-Gazaouie de stars telles Madonna, Selena Gomez ou Rihanna, l'actrice octogénaire pro-israélienne Joan Rivers a spontanément désigné les images d'enfants palestiniens morts diffusées par le Hamas tablant sur l'émotion, et non la raison ou les faits.

"L’enfant est devenu le dispositif sémiotique, symbolique, capital, de la guerre palestinienne, et il faudrait ajouter musulmane dans la mesure où ce dispositif puise dans l’imaginaire islamique et son antijudaïsme foncier... Dans cet affairement autour de l’enfant victime, nous nous trouvons en fait devant une version rénovée de l’accusation médiévale de crime rituel, accusant les Juifs de se repaître du sang d’un enfant égorgé à des fins rituelles, accusation précédant toujours un pogrom...C’est la même structure qui est à l’œuvre dans la tactique du Hamas que nous avons décrite : l’enfant sacrifié (pour son salut – « shahid »- et le salut de tous), c’est à dire envoyé à la mort (bombes humaines, émeutes, boucliers humains…), est construit comme une victime (rituelle) des Juifs, supposés tueurs d’enfants et de civils par cruauté maléfique. Le côté religieux, ici islamique, est très important car le rite supposé chez les Juifs cache le rite religieux mortifère que les Palestiniens mettent en acte... L’exhibition télévisée de l’acte meurtrier/sacrificiel est capital car cet acte est destiné à un Tiers, l’Occident, les télévisions occidentales. C’est le but de guerre absolu des Palestiniens qui ne font la guerre au milieu de leurs civils que pour cette fin, qui majore les gains des actes terroristes... En Occident, l’arme-enfant soulève ainsi une hostilité antijudaïque très ancienne, religieuse, archaïque", analyse Shmuel Trigano dans "Il faudrait plus de victimes israéliennes ! Le sens des "proportions" de la "communauté internationale" (28 juillet 2014). Et de souligner : "l’extraordinaire responsabilité des médias occidentaux en matière d’incitation à la haine, en adoptant le récit victimiste trompeur du mouvement terroriste et en provoquant les populations musulmanes de par le monde qui ont déjà leur content avec les prêches antijuifs permanents d’Al Djezira. Ils sont les véritables prêcheurs de haine".

L'ensemble des médias ont respecté de facto, volontairement ou sous les menaces ou  pressions, consciemment ou non, les directives du ministre de l'Intérieur du Hamas intitulées « Be Aware – Social Media Activist Awareness Campaign » [Soyez vigilants – Campagne de sensibilisation pour les activistes des médias sociaux]. Révélées par MEMRI, ces directives "sont contenues dans une vidéo d’instruction mise en ligne sur son site officiel et annoncée sur ses pages Twitter et Facebook, ses comptes sociaux et ses forums". Exemples : "Le narratif de la vie comparé au narratif du sang : [en parlant] à un ami arabe, commencez par le nombre de martyrs. [Mais en parlant] à un ami occidental, commencez par le nombre de blessés et de morts. Veillez à humaniser la souffrance palestinienne. Essayez de dépeindre la souffrance des civils à Gaza et en Cisjordanie pendant les opérations de l’occupation et ses bombardements de villes et villages" et "Évitez de publier des photos de tirs de roquettes sur Israël depuis les centres-villes de Gaza. Cela [servirait de] prétexte pour attaquer des zones résidentielles de la bande de Gaza". Certains journalistes ont été menacés, et n'ont que rarement révélé la vérité sur les tirs, à partir ou près de lieux civils - hôpitaux, mosquées, écoles, etc. -, du Hamas, auxquels ripostaient les Forces de défense israéliennes (IDF) pour protéger ses habitants. Ou encore "Pour les administrateurs de pages d’informations sur Facebook : ne publiez pas de photos d’hommes masqués avec des armes lourdes en gros plan, afin que votre page ne soit pas fermée [par Facebook] sous prétexte d’incitation à la violence. Dans vos informations, assurez-vous de préciser : « Les obus fabriqués localement tirés par la résistance sont une réponse naturelle à l’occupation israélienne qui tire délibérément des roquettes contre des civils en Cisjordanie et à Gaza »…" 

Et tous ces "correspondants de guerre" ou "grandes reporters" ont illustré le narratif, la "stratégie médiatique" du Hamas vidant à délégitimer la réaction défensive de l'Etat Juif, diaboliser et isoler Israël par des condamnations afin d'exercer des pressions efficaces sur ses dirigeants : pendant toute la durée de cette opération militaire, leurs médias n'ont diffusé que les images de mères palestiniennes en foulard islamique implorant on ne sait qui, d'ambulances avec leurs lots de "blessés", de destructions d'immeubles, de souffrances gazaouies, d'enfants gazaouis morts ou présentés comme tels, etc. Sans aucune image de terroristes tirant une roquette sur Israël.

Même lorsque la saynète de Pallywood a eu de nombreux témoins visuels journalistes et autres "correspondants de guerre", ceux-ci se sont laissés manipulés avec une aisance confondante. Un exemple : la mort de quatre adolescents Gazaouis le 30 juillet 2014.

Pire, ces médias ont occulté la répression violente des manifestations de Gazouis anti-Hamas, les meurtres commis par le Hamas, parfois pour éliminer un rival au sein de ce mouvement terroriste ou des sympathisants du Fatah, et le fait que le Hamas ait accusé à tort Tsahal de ces morts.  Pourquoi ? Par crainte de mesures de rétorsion par le Hamas : expulsion de la bande de Gaza, etc. ? Par complicité avec le Hamas ? Ou parce que ces médias sont déjà profondément convaincus par le narratif palestinien selon lequel les victimes seraient nécessairement les Palestiniens, et les bourreaux les Juifs, pardon les Israéliens. Expert en balistique, Thomas Wictor a analysé l'épisode de la "mort de Mohammed Bakr, Ahed Bakr, Zakaria Bakr, et Mohammed Bakr le 16 juillet 2014", à la suite de tirs attribués à  tort à Tsahal, sur une place gazaoui, près d'un hôtel où résidaient des journalistes. Il prouve que ces quatre Gazaouis avaient été tués avant le 16 juillet 2014 par le Hamas qui a déposé leurs cadavres sur cette plage, en usant de leurre pour détourner l'attention des journalistes, afin d'accabler Tsahal.

La vérité a filtré tardivement, progressivement. Aishi Zidan, journaliste finnoise du quotidien Helsingin Sanomat disant  "Une roquette a été tirée vers Israël à 2 h du matin "juste derrière le parking de l'hôpital Shifa à Gaza... C'est vrai que les roquettes sont lancées ici à partir du côté gazaoui vers Israël -. Gabriele Barbati, journaliste italien qui ayant quitté Gaza révèle sur Twitter que le Hamas est responsable du tir de roquette ayant atteint, par erreur, le 28 juillet 2014, l'école du camp de réfugiés Shati à Gaza - “Out of #Gaza far from #Hamas retaliation: misfired rocket killed children 2day in Shati. Witness: militants rushed and cleared debris” -. Nick Casey, reporter pour le Wall Street Journal, a twitté, photo à l'appui, que les dirigeants du Hamas rencontrent les journalistes à l'hôpital Shifa à Gaza puis supprimant son Tweet. Libération a supprimé l'article du 23 juillet de Radjaa Abou Dagga, journaliste palestinien menacé par le Hamas, etc.

Et  c'est la chaîne indienne NDTV qui a tourné le 4 août 2014 l'installation et le montage d'un lanceur de roquettes par une équipe du Hamas, dans une zone résidentielle de Gaza et sous une tente pour ne pas être repéré par Tsahal. Le 5 août 2014, dans les minutes précédant le cessez-le-feu de 72 heures, le Hamas a tiré une roquette à partir de cette zone d'hôtels. NDTV  a diffusé le 5 août 2014 cette vidéo après que ses journaliste et cameraman ont eu quitté Gaza.


La chaîne France 24 a diffusé un reportage sur un site de lanceurs de roquettes pointées vers Israël et à peine enfoui parmi des immeubles d'habitations et de l'ONU.

Malgré ces révélations, et une semaine après qu'al-Jazeera ait informé sur des cadavres d'hommes vêtus de treillis militaires, Paris-Match a publié le "scoop bidonA Gaza, la maison de l'horreur. Sept Palestiniens massacrés (6 août 2014) signé de son envoyé spécial Frédéric Helbert. "Notre envoyé spécial a gaza raconte comment il a découvert la scène d'un massacre dans une maison du petit village de Khouza'a" allègue cet hebdomadaire français. En fait, c'est l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui n'a pas vu l'ours... Et l'imputation fallacieuse, sans aucune preuve, à Tsahal d'avoir tué des civils gazaouis.

Le 3 août 2014, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, a déploré "la récente hausse du nombre d'agressions antisémites, en lien avec les manifestations liées à l'escalade de la violence à Gaza". Il a "insisté sur le fait que le conflit au Moyen-Orient ne doit pas constituer un prétexte pour une discrimination qui pourrait affecter la paix et l'harmonie sociale partout dans le monde. Il croit fermement que le conflit doit être résolu au travers de la fin immédiate de la violence et des négociations".

Le Président Hollande a prononcé un discours à l’occasion de la cérémonie de commémoration franco-allemande du centenaire de la Grande Guerre au Monument National du Hartmannswillerkopf et en présence de Joachim Gauck, président de la République fédérale d’Allemagne. Le  Président Hollande a déclaré : pour préserver la paix, "la France et l’Allemagne doivent faire entendre leur réponse et doivent apaiser ces cris de détresse. C’est ce que nous faisons aussi en Afrique, au Sahel pour empêcher des groupes terroristes ; c’est ce que nous faisons en République centrafricaine où un génocide menaçait ; et c’est ce que nous devons faire encore et toujours au Proche-Orient pour faire cesser les massacres. Tous nos efforts doivent être tendus pour imposer aujourd’hui plus que jamais le cessez-le-feu à Gaza et en finir avec les souffrances des populations civiles. Je le dis ici, dans un lieu de mémoire. Mais à ceux qui désespèrent du processus de paix au Proche-Orient, quel plus beau message pouvons-nous délivrer que celui d’aujourd’hui. L’histoire de la France et de l’Allemagne démontre que la volonté peut toujours triompher de la fatalité, et que des peuples qui ont été regardés comme des ennemis héréditaires peuvent en quelques années se réconcilier. Voilà l’image que nous devons donner pour tous les peuples qui s’interrogent sur l’avenir et qui s’affrontent encore aujourd’hui". Trois "oublis" historiques majeurs : la paix est née de la capitulation du IIIe Reich, celui-ci ne visait pas le génocide des Français, et les manuels scolaires français et surtout allemands ont été écrits pour ôter tout ferment de haine entre les deux peuples. Donc, rien de comparable avec le conflit religieux né du refus islamique de l'Etat Juif.

Puis, le Président Hollande a dénoncé " le bombardement inadmissible d'une école de Rafah gérée par les Nations Unies qui a provoqué la mort d'au moins dix personnes qui y avaient trouvé refuge. Il se joint au Secrétaire général des Nations Unies pour demander que les responsables de cette violation du droit international répondent de leurs actes. Une nouvelle fois, l'impérieuse nécessité d'un cessez-le-feu pour soulager la détresse des populations civiles se confirme tragiquement". Là encore, le Hamas a monté une mise en scène pour les médias : modification de la position des jambes, changement du lieu de prise des clichés, exhibition du même cadavre pour plusieurs saynètes, absence de mare de sang sur le sol, etc.

Le 4 août 2014, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a déclaré : "Combien de morts faudra-t-il encore pour que s’arrête ce qu’il faut bien appeler le carnage de Gaza ? La tradition d’amitié entre Israël et la France est ancienne et le droit d’Israël à la sécurité est total, mais ce droit ne justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils. Le Hamas porte évidemment une responsabilité écrasante dans cet engrenage macabre qui sert surtout les extrémismes, mais celle-ci non plus ne justifie pas ce que le Secrétaire général des Nations unies a qualifié de crimes. C’est pourquoi nous soutenons, nous exigeons l’instauration d’un réel cessez-le-feu comme le propose l’Egypte et nous sommes prêts, en tant que Français et Européens, à concrètement y contribuer. C’est pourquoi aussi une solution politique est indispensable, dont les paramètres sont connus, et qui selon moi devra être imposée par la communauté internationale, puisque les deux parties, malgré d’innombrables tentatives, se sont malheureusement montrées incapables d’en conclure la négociation. Cessez-le-feu, imposition de la solution de deux Etats et sécurité d’Israël, il n’y a pas d’autre voie".

Lors de son déplacement à l’occasion de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale à Liège (Belgique), le Président Hollande a déclaré : "L'Europe doit regarder en face [la situation de l'autre côté de la Méditerranée]... Le terrorisme, la violence peuvent se propager, se transposer. Nous devons agir..Quand je vois ce qui se passe pour les Chrétiens d'Irak, les minorités en Syrie, les massacres tous les jours. Ce qui se produit également comme massacres à Gaza. Vingt six jours de conflit, nous devons agir".

Et, sur son compte Facebook, le chanteur et acteur Patrick Bruel a publié une Mise au point, likée 36 912 fois et partagée 5 050 fois en quelques heures. Il a commencé par nier toute aide financière à Tsahal : "Contrairement à ce que je peux lire avec effroi, je n'ai jamais donné un centime à l'armée Israélienne, ni à une armée quelle qu'elle soit et cela ne me traversera jamais l'esprit". Et quand bien même il aurait donné de l'argent à une armée, où serait le problème ? Des artistes américains participent à des soirées de gala au profit des Amis des Forces de défense israéliennes (Friends of IDF). Patrick Bruel semble oublier que les contribuables français financent l'armée française qui intervient hors des frontières de l'hexagone, notamment au Mali. Si Patrick Bruel peut séjourner en Israël en toute sécurité, c'est parce que Tsahal veille, que des soldats sont morts ou ont été blessés pour la tranquillité des Israéliens, des touristes, etc. Puis cet "homme de paix" a révélé une grande ignorance ou une dangereuse naïveté : "J'ai toujours prôné la création d'un Etat Palestinien qui reconnaisse l'Etat d'Israël et respecte sa sécurité et vice-versa... Des enfants et des civils sont au cœur de cette tragédie. JUSQU'À QUAND...?  Aucune cause ne peut justifier ça ! Cette escalade et ces images quotidiennes me font horreur et j'implore les responsables politiques de s'assoir à une table de négociation.  Seule une solution politique est possible et le dialogue s'impose". Doit-on rappeler à cet artiste qu'il existe déjà plusieurs Etats palestiniens : la Jordanie, le Hamastan, le Fatahland... ? Avec qui dialoguer ? Avec le Hamas qui veut détruire Israël ? Par ce texte maladroit et diversement apprécié, Patrick Bruel n'a pas compris d'une part que sa "patte" ne serait jamais assez blanche pour les ennemis d'Israël, et d'autre part, que ses coreligionnaires l'espéraient sur sa réaction aux (tentatives de) pogroms et à la désinformation sur Tsahal, et non sur sa solution au conflit. Ils voulaient savoir s'ils sont seuls à trouver partiaux les médias, si leur angoisse est partagée par leurs coreligionnaires VIP...

Le silence des artistes et intellectuels français Juifs ne peut s'expliquer uniquement par la trêve estivale. Et pourquoi les artistes francophones qui participent au spectacle annuel parisien Rire ensemble contre le racisme gardent-ils le silence devant ce regain d'antisémitisme ? Pour ne pas s'aliéner leur public, des médias et un monde artistique "islamiquement correct" ?

Par contre, des artistes n'hésitent pas à afficher leurs opinions anti-israéliennes. Ainsi, le 25 juillet 2014, le comédien espagnol Javier  Bardem a publié une lettre anti-israélienne, en espagnol et en anglais ("Génocide"), dénonçant une "guerre d'occupation et d'extermination contre un peuple sans défense, confiné dans un petit territoire". Le 31 juillet 2014, il signait avec le réalisateur Pedro Almodóvar, son épouse Penélope Cruz et des dizaines d'artistes espagnols, un texte virulent anti-israélien dans lequel ils ont exprimé leur  "indignation devant le génocide qui est perpétré par l'armée d'occupation israélienne dans la bande de Gaza contre la population civile palestinienne".  Ajoutons que si Penélope Cruz a utilisé sa célébrité pour soutenir PETA, association de défense des animaux, elle a honni l'Etat Juif.

Le producteur Ryan Kavanaugh a été l'un des rares dirigeants de Hollywood à exprimer son indignation le 2 août au Hollywood Reporter : "Petit-fils de survivants de la Shoah, je sais que quiconque appelant ce qui se passe en Israël un "génocide" au lieu de l'auto-défense est soit un ignorant et ne devrait pas commenter, soit un vrai antisémite". Il a dit avoir reçu plus de 500 lettres, courriels et d'appels de soutien, en particulier de dirigeants de l’industrie cinématographique, dans les 24 heures suivant sa déclaration. Et The Hollywood Reporter a publié le 13 août 2014 la lettre publique de ce producteur de Relativity Media et récipiendaire du Prix de l'ADL pour l'industrie du spectacle, exhortant Hollywood à soutenir Israël, dont il a loué la créativité et le respect des libertés, contre le Hamas terroriste, misogyne, liberticide et célébrant la mort.

Et c'est l'acteur américain Jon Voight, fervent sioniste, qui a publié dès le 2 août 2014 une lettre défendant l'Etat d'Israël, rappelant son histoire jalonnée de guerres déclenchées par ses voisins Arabes, et le danger de susciter ou d'alimenter l'antisémitisme par de telles déclarations partiales.

Devant l'indignation suscitée outre-atlantique par cette position choquante qualifiée par certains d'antisémite, le couple oscarisé Bardem-Cruz a publié des déclarations nuançant fortement sa position initiale, a reconnu son manque d'expertise sur ce sujet, a affirmé détester l'antisémitisme, et s'est présenté comme apôtre de la paix. Ce qui ressemble à une opération comm' de crise.

A noter que le 31 juillet 2014,  StandWithUs a remercié sur Facebook la société Garnier Israël pour avoir donné à des soldates israéliennes des produits cosmétiques : déodorants, savons de toilette, etc. Ce message a été salué positivement sur Facebook, liké 12 070 fois et partagé 22 087 fois. C'est al-Jazeera en anglais qui le 4 août 2014 a révélé, et est-ce un hasard ? seulement sur son site Internet, ce  don. Des Internautes anti-Israéliens ont alors appelé au boycott de la firme Garnier. En plus du hashtag #boycottIsrael réactivé - "Environ 70 personnes avaient notamment manifesté lundi 21 juillet dans un hypermarché près d'Avignon aux cris d'"Israël assassin, Auchan complice !", en vidant les rayons du magasin des produits israéliens" -, les hashtags #boycottGarnier et #boycottLOreal, société dont Garnier est l'une des enseignes, sont devenus viraux sur Twitter.

Une  campagne 2.0 de boycott, d'indignation sélective, comminatoire, et en plusieurs langues - arabe, français, anglais, etc. -, a détourné la photographie initiale - les produits cosmétiques sont remplacés par des roquettes -, commenté des images gore d'enfants tués à l'origine inconnue, saturé les comptes de ces deux firmes de messages diffamant Tsahal accusé d'avoir tué des civils palestiniens, en particulier des enfants (blood libel) : "@GarnierFR la marque qui pense qu il faut toujours sentir bon quand on s'apprête à massacrer des enfants. Honte !!! #boycottgarnier #gaza", "No make up can hide murder of women children. Evil people", "Rewarding Israel child killer is not the sort of company i will buy from", "Cuidate con esta marca que ellos se encargan de cuidar genocidas y politicos corruptos. Boicot a Garnier", "Je n’achèterais jamais plus aucun de vos produits!! Mon argent ne financera pas le meurtre des Palestiniens!! #BoycottGarnier".

Le buzz du boycott de Garnier a enflé. Interrogée par le Huffington Post, L'Oréal a déclaré le 6 août 2014 : "Garnier a pour règle de ne pas prendre partie dans un conflit ou une affaire politique. Après vérification, il s’avère qu’il s’agit d’une distribution ponctuelle d’environ 500 produits qui fait partie d’une action développée par un distributeur local. Garnier désapprouve cette initiative strictement locale et regrette d’avoir pu offenser certains de ses fans". Et le 7 août 2014, Garnier USA a publié un post similaire à celui de L'Oréal sur Twitter et Facebook, dans lequel la société désapprouve l'initiative de sa firme locale. Mais cela n'a pas dissuadé des Internautes qui persistent à prôner leur boycott... Curieusement, L'Oréal n'a pas été interviewé et n'a pas réagi quand son égérie Penélope Cruz, a signé cette lettre virulente anti-israélienne... Ainsi que le résume PureTrend, "pour la team l'Oréal, Penelope a tout fait depuis 2006. Fond de teint, parfums, rouge à lèvres, mascara..." Preuve que les pro-Israéliens ne prônent pas le boycott, illégal en France...

Le 5 août 2014, le réalisateur Alexandre Arcady a affirmé sur RCJ : "Patrick Bruel n'a jamais tourné le dos à Israël. Il a toujours été présent pour des associations caritatives. Il était indigné par les attaques meurtrières des roquettes contre Israël. Il l'a évoqué à travers un message de paix" sur Facebook. Et d'ajouter : "Il est harcelé, provoqué sur les réseaux sociaux. Il a voulu dire "Je suis un homme de paix qui souhaite que les hommes puissent vivre dans un sentiment de fraternité". On a besoin de se  serrer les coudes dans cette période difficile. Envoyez des messages de soutien à Patrick Bruel. Ces insanités viennent de Dieudonné et toute sa clique". Ce réalisateur a dit "n'avoir jamais fait de dons à l'armée israélienne". La journaliste Sandrine Sebbane a assuré : "Patrick Bruel a été infiniment blessé. Il a toujours été proche de l'Etat d'Israël. Sa position est celle de la majorité des Israéliens. Ce n'est pas une position révolutionnaire". Mais un sondage des 15-17 juin 2014 effectué par un institut palestiniens de sondage pour le Washington Institute for Near East Policy (WINEP) a révélé que la majorité - 55% en Judée et Samarie (territoires disputés), 68% dans la bande de Gaza - des 1 200 "Palestiniens" interrogés s'opposaient à la solution à deux Etats, rejetaient l'existence de l'Etat Juif et suggéraient à leurs dirigeants "d’œuvrer à la réclamation de toute la Palestine historique, du fleuve à la mer". Alors pourquoi s'obstiner à soutenir cette chimère sans fondement historique ou légal, simple étape dans le plan d'élimination d'Israël ? Et où passerait la frontière entre ces deux Etats ? En divisant Jérusalem ? Ces deux artistes ne semblent pas avoir tiré les leçons de "la guerre d'Oslo". On peut s'étonner que Sandrine Sebbane n'ait pas interrogé sur RCJ les VIP - acteurs, chanteurs, etc. - qu'elle connait sur ce regain d'actes antisémites, sur cette "rue arabe" déferlante de violences, etc. Pourquoi ?

Dans sa chronique biaisée Les nouveaux Baal-Zebud (5 août 2014), Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express, a révélé l'immensité de son ignorance historique ("colonisation excessive"), sa méconnaissance dramatique de la situation des Français Juifs, la prégnance des clichés négatifs accolés aux Juifs - "lâcheté", "désertion" - et son incompréhension des enjeux actuels. L'absence du mot "musulman" à elle-seule trahit ses tabous et sa peur de se retrouver en première ligne face aux islamistes si ses concitoyens Juifs quittaient la France. Et qualifier l'Etat d'Israël d'"ailleurs qui n'est nulle part" discrédite ce journaliste. "L’éditorialiste d’un grand magazine s’estime fondé à traîner les Juifs dans la boue, dans leurs sentiments, leurs comportements, leur identité", déplore Shmuel Trigano. Et cet essayiste de critiquer le dossier de cet hebdomadaire : "Le constat que démontre ce dossier est très simple : les victimes d’agression sont fustigées et les agresseurs exemptés de toute critique... On n’y trouve de façon stupéfiante aucun article sur la furie islamique ni sur les dessous de manifestations organisées simultanément dans plusieurs villes de France, ce qui suppose une vraie stratégie. C’est au fond un trait classique de l’antisémitisme. Au Moyen âge les Juifs étaient assassinés parce qu’ils pratiquaient le « meurtre rituel ». Sous le nazisme ils étaient pourchassés parce qu’ils étaient « responsables de la guerre », etc. Les Juifs sont responsables des agressions dont ils sont l’objet. Ils ont effectivement le tort d’exister. Et c’est ce que nous voyons de façon encore plus magistrale avec l’Opération « Bordure protectrice » quand la légitime défense contre une entité fasciste (je pèse ce mot) est qualifiée de « crime de guerre ».

Dans un courrier adressé le 5 août à François Hollande, Roger Cukierman "a alerté le Président de la République sur l'utilisation des termes "carnage" et "massacre" pour qualifier les opérations de l'armée Israélienne à Gaza. Le caractère disproportionné de ces termes a suscité de l'incompréhension et une vive émotion chez les Juifs français". Le CRIF a estimé "que le Président de la République et le ministre des Affaires étrangères ne tiennent pas compte des exactions commises par le Hamas sur la population palestinienne de Gaza, utilisée comme bouclier humain dans des écoles et des hôpitaux ou sont stockés armes et missiles. Ils ne tiennent pas compte des enlèvements et des assassinats de civils israéliens, ni des tunnels creusés pour tuer, ni des milliers de missiles lancés sur la population israélienne depuis 10 ans par les terroristes du Hamas".

En reprenant, certes tardivement, le slogan "Halte aux massacres" de la propagande du Hamas véhiculée par la "rue arabe" et ses soutiens depuis plusieurs semaines, le Président Hollande et le ministre Fabius ont donné du crédit à ces prétendus "massacres" diffamant Tsahal, qui "fait tout ce qui est en son pouvoir pour minimiser les pertes civiles", et servant à exercer des pressions sur le seul Etat Juif isolé.

Ils ont donné des gages au "vote halal". Mais ils se sont décrédibilisés, notamment sur le plan moral : si plusieurs centaines de victimes civiles regrettables - aucune statistique fiable n'est disponible - d'une guerre contre le Hamas résulteraient d'un "massacre", comment qualifier les 2 959 civils tués, dont 12 % imputables aux « forces pro-gouvernementales » (principalement l'armée afghane), en Afghanistan en 2013 selon les statistiques de l'ONU, "1 600 personnes tuées en Irak pour le seul mois de juillet 2014", et a fortiori les 150 000 morts en trois ans de guerre en Syrie ? Comment la France pourrait-elle convaincre qu'elle serait un médiateur impartial pour résoudre ce conflit ? Et quid de la crise humanitaire créée sciemment par le Hamas, avec l'aide parfois de l'UNRWA et de la Croix-Rouge.

A défaut de victoire militaire, c'est donc une victoire médiatique, politique - alliance de l'extrême-droite aux gauchistes via des centristes -, symbolique et d'opinion publique majeure du Hamas, et de son principal soutien, le Qatar. La oumma, notamment ses membres les plus intégrés, a répondu "Présente" sans guère de voix rompant cet unanimisme : de la baronne d'origine pakistanaise Sayeeda Warsi, première femme musulmane secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères et secrétaire d'Etat chargée des cultes et des communautés au Royaume-Uni, qui a démissionné le 5 août 2014 par un Tweet expliquant ne plus pouvoir "soutenir la politique moralement indéfendable du gouvernement" de David Cameron sur Gaza à la fonctionnaire de police Sihem Souid, via la maire Rachida Dati et Zayn Malik, chanteur du boy band britannique One Direction, qui a twitté le 28 juillet 2014 "#FreePalestine" retweeté 308 494 fois et ajouté en favoris 315 415 fois.

Sans oublier Lutfur Rahman, maire du quartier situé à l'est de Londres, Tower Hamlets : cet élu a d'une part multiplié les Tweets exprimant sa compassion pour les seuls Gazaouis (23 juillet), saluant le jour de l'Eid Mubarak les Gazaouis (27 juillet) et évoquant sa "rencontre positive pour discuter de la paix en Palestine avec les membres d'Amos Trust & Jews for Boycotting Israeli Goods" (4 août), et d'autre part fait flotter le 30 juillet le drapeau palestinien sur la façade de la mairie "in solidarity with #Gaza and in support of a ceasefire & peace". Au 6 août, ce dernier geste controversé aurait suscité 7 018 courriers électroniques de soutien et 23 d'Internautes inquiets. Soupçonné de fraude électorale lors de l'élection de 2013, cet édile a participé, avec le membre du Parlement Jeremy Corybn à la manifestation le 9 août pour demander la "levée du blocus de Gaza" et dont l'une des banderoles affichait : "Free Palestine". Il avait été exclu du parti travailliste quand ont été connu "ses liens étroits avec le Forum islamique européen, groupe extrémiste".

La "rue musulmane" a de nouveau constitué un levier efficace pour infléchir le langage de la diplomatie française et imposer sa "politique arabe". Et elle a révélé sa "passion palestinienne", sa violence islamique hystérisée aux cris d'"Allah Aqbar", son adhésion enthousiaste pour le terrorisme islamiste et le djihad, son amour du nazisme et sa haine de la France, de la république, de la démocratie et des Juifs. L'inscription de croix gammées par des individus, parfois masqués de keffieh, sur le grand monument parisien consacré à la République française est significative à maints égards. Une preuve de ce soulèvement de l'oumma ? A Sydney (Australie), les manifestants brandissaient le drapeau noir du djihad, interpellaient un journaliste par "Honte sur vous, Juif", et entonnaient : "La solution est le djihad ! Votre oppression ne durera pas ! Vous ne pourrez jamais arrêter l'islam de l'Australie à al Sham (Syrie) ! Une Oumma main dans la main de Lakemba à Gaza".

Ce soutien à l'islamisme, principalement par cette "rue arabe" et de ses alliés d'extrême-droite et d'extrême-gauche, n'est pas nouveau. En octobre 2011, environ un tiers des électeurs tunisiens en France ont voté pour Ennahda, un parti islamiste voulant imposer la shari’a, la loi islamique contraignant les non-musulmans – Juifs, chrétiens, etc. - à la dhimmitude, aspirant à un 6e califat et à la  « reconquête de Jérusalem ». Publié le 15 août 2014, un sondage d'ICM Research pour l'agence de presse russe Rossiya Segodnya, et effectué auprès de plus de mille personnes âgées de plus de 15 ans (plus de 18 ans en Grande-Bretagne) du 11 au 13 juillet 2014, 16% des sondés en France - contre 7% en Grande-Bretagne et 2% en Allemagne  - ont une opinion favorable de l'Etat islamique d'Iraq et du Levant. Le taux atteint 27% chez les 18-24 ans en France.
Le 12 septembre 2013, le WZB Berlin Social Science Center a publié l'étude de Ruud Koopmans fondée sur plus de 9 000 interviews téléphoniques auprès de musulmans immigrés de Turquie et du Maroc et d'autres nés dans ces pays : en Allemagne, France, aux Pays-Bas, en Autriche, en Belgique et en Suède. "Deux tiers des musulmans interrogés affirment que les règles religieuses sont plus importantes pour eux que les lois du pays où ils vivent. Trois quarts considèrent qu'il y a seulement une interprétation légitime du Coran. Des nombres infiniment plus élevés que ceux observés auprès de chrétiens de ces six pays : seulement 13% de ce groupe mettent leurs règles religieuses au-dessus de la loi nationale et moins de 20% refusent d'accepter des interprétation différentes de la Bible". Ruud Koopmans estime "inquitétante" cette tendance majeure vers le fondamentalisme religieux musulman. Près de 60% des musulmans interrogés rejettent toute amitié avec des homosexuels et 45% pensent que l'on ne peut pas avoir confiance dans des Juifs". Les taux chez les chrétiens interrogés sur ces deux sujets sont respectivement de 13% et 9%.

Lors de son interview du 7 août par Canal +/ITélé,  le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré : "Ce n'est pas la bataille d'Israël. C'est votre bataille. C'est la bataille de la France, parce que c'est la même bataille. S'ils [Nda : les islamistes] réussissent ici, si Israël, celui qui est blâmé ici et non les terroristes, si nous ne nous tenons pas ensemble, alors cette peste arrivera chez vous. C'est une simple question de temps. Cela vous arrivera, cela arrivera en France".

Alors que chrétiens et Yézidis irakiens fuient l'avancée des combattants de l'Etat islamique qui les décapitent, les kidnappent, etc., une énième manifestation autorisée a eu lieu, de la place Denfert-Rochereau aux Invalides le 9 août 2014... en soutien au Hamas ?! Combien de manifestants ? Trois mille cinq cents selon la police, et 8 000 selon les organisateurs. Mille membres des forces de l'ordre surveillaient la manifestation similaires aux précédentes : avec les mêmes drapeaux islamistes, la réplique de missile du Hamas, le même révisionnisme - "Les sionistes d'aujourd'hui sont les nazis d'hier", "Sionistes, fascistes, c'est vous les terroristes" -, les mêmes keffiehs...

Nouveauté : un happening macabre. En fin de défilé, avançait le camion du collectif Cheickh Yassine qui "se livre à un simulacre d'exécution. Plusieurs enfants, allongés au sol, représentent les cadavres palestiniens et des bruitages de tirs sortent des enceintes". Le photographe Nathanael Charbonnier de France Info relate : "Il y avait un homme habillé en militaire avec ce qui semblait vraiment être une Kalachnikov. Il faisait le tour des enfants et faisait semblant de tirer sur eux. Il est parti assez vite et est remonté dans le camion qui abritait la sono". Cet individu était dissimulé par des spectateurs, entravant peut-être le champ de vision des policiers. Expert judiciaire en armement, et auteur d'Histoire de la kalachnikov, Jean Huon, au vu des photos, "confirme qu'il s'agit très probablement d'un fusil d'assaut. "L’agencement du canon et le chargeur cintré ressemblent aux Kalachnikovs AK47", mais précise-t-il, "que ce soit un vrai ou une copie, c’est absolument interdit. C’est la première fois depuis plus de 40 ans que je m’intéresse à l’armement que je vois ça... dans une manifestation.. Cela me semble être une provocation". Selon "la préfecture de police de Paris, les policiers ont été informés de la présence de ce qui semblait être une Kalachnikov dans un véhicule, mais n'en ont pas trouvé trace". Et  les répliques des autres armes brandies lors des précédentes manifestations pro-Hamas, la PPP n'en a pas non plus "trouvé trace" ?

Le " procureur de la République de Paris a été saisi" et "a ouvert une enquête pour infraction à la législation sur les armes". "Si on avait vu ça on aurait immédiatement désarmé. Habituellement on intervient même pour le port d'un casque", explique-t-on le 10 août. Les services de renseignement ont été saisis pour tenter d'identifier l'homme qui porte l'arme, et le retrouver. Ils vont analyser les bandes des caméras de la ville de Paris.

Mohamed, l'individu qui avait brandi cette réplique d'arme, s'est rendu à la police le 10 août au soir. "Mohamed assurait que son arme était un jouet, acheté uniquement pour mimer, dans le cortège, des exécutions d'enfants, un simulacre pour dénoncer la guerre à Gaza. Selon une source proche de l'enquête, l'arme n'était pas un jouet, mais ce n'était qu'une réplique de Kalachnikov, achetée il y a quelques jours. Mohamed a été relâché dès hier soir et ne risquera probablement pas de poursuites, car il n'y avait ,semble-t-il, pas d'intention de nuire, avec son arme factice. Une enquête reste malgré tout ouverte. Les organisateurs de la manifestation vont notamment être entendus pour vérifier les liens qu'entretenait avec eux le porteur de la Kalachnikov factice et vérifier dans quelle mesure, les organisateurs ont participé ou pas à l'organisation de cette mise en scène", écrit Sophie Parmentier sur France-Info, le 11 août 2014. Cette saynète jouée n'était pas innocente : elle a été conçue pour alléguer que Tsahal tue des civils, notamment des enfants. Ce que relève le commentaire audio de cette journaliste : Mohamed a allégué avoir acheté ce jouet "dans un magasin des enfants", "pour approcher de la réalité" et "uniquement pour mimer dans le cortège des exécutions d'enfants, des simulacres pour dénoncer la guerre à Gaza, dit-il". S'il avait voulu "dénoncer la guerre à Gaza", il aurait pu brandir une banderole, manifester silencieusement. Selon une source proche de l'enquête citée par cette radio, il s'agit non d'un jouet, mais d'une réplique de Kalachnikov. Comment aucun des mille policiers n'a-t-il pas vu cette scène ? Chargé de communication au syndicat de police de l'UNSA, Christophe Crépin "explique que lors d'une manifestation, "la police encadre" les manifestants mais "n'infiltre pas" les cortèges. Certains effectifs sont chargés de détecter les groupes "particuliers", indique-t-il, mais ils ne vont jamais entre les manifestants. Il faut donc, selon Christophe Crépin, que les organisateurs préviennent les autorités dès qu'ils voient un problème", rapporte France-Info.

Le 10 août 2014, le chanteur Enrico Macias a défendu Israël dans les colonnes du Parisien : "Israël ne peut pas se permettre de perdre une bataille, car c'est son existence même qui est en jeu. (...) Mais d'un autre côté, je suis malheureux de voir les Palestiniens pris en otage. Non seulement par l'armée israélienne et ses représailles, mais surtout par les Palestiniens eux-mêmes et le Hamas qui les enferme dans les écoles, des hôpitaux. Des enfants sont pris en otage et ça c'est dégueulasse. Les victimes qu'elles soient israéliennes ou palestiniennes, ça me fait mal au cœur. (...) Le peuple palestinien, quand il ouvrira les yeux dégagera ces gens du Hamas pour qu'ils puissent avoir une vie plus facile. A partir du moment où des gens veulent diriger un pays, il ne faut pas que ce soit des terroristes".

Une manifestation pro-Hamas a réuni à Montréal (Canada) plusieurs centaines d'individus.

D'après divers journaux américains dont The Hollywood Reporter, le couple Bardem-Cruz serait officieusement ostracisé  par des studios hollywoodiens qui soutiennent Israël ou souhaitent rester à l'écart de la controverse. Un producteur confie à ce magazine influent : "Je crois que tout dirigeant ou producteur essaiera de calculer,  avant de travailler avec Penelope Cruz ou Javier Bardem dans le proche avenir, ce que leur valeur est dans les marchés internationaux majeurs. Et dans quels territoires ils ont ont du s'aliéner des gens par leur déclaration. Cela peut n'être pas beaucoup de marchés. Mais tout cela, c'est vraiment du business." Jon Voight est hostile à une liste noire.
Le 11 août 2014, l'IFOP a rendu publics les résultats de son sondage pour Sud Ouest Dimanche réalisé du 6 au 8 août 2014 sur "les Français et le conflit israélo-palestinien". Une majorité des 1 013 personnes  interrogées, représentatives de la population française et âgées de 18 ans et plus, "confirment leur attitude réservée et distanciée par rapport au conflit israélo-palestinien". "En effet, trois quarts des Français n’expriment de sympathie pour aucun des deux camps en présence (74%, +3 points depuis le 21-22 juillet dernier), 17% (stable) se déclarant en faveur des Palestiniens et 9% (-3) pour Israël.  Ces résultats, très stables par rapport à ceux enregistrés deux semaines après le lancement de l’opération « Bordure protectrice », confirment le détachement des Français à l’égard des protagonistes du conflit – soit par manque d’intérêt, soit qu’ils ne parviennent plus à identifier clairement de « victimes » de la situation – puisque les Palestiniens comme Israël sont ainsi renvoyés dos à dos".

La "remarquable stabilité des résultats observés depuis le début de l’opération (voire depuis ces dernières années, une enquête effectuée en mai 2008 indiquant que 19% des Français éprouvaient plutôt de la sympathie vis-à-vis des Palestiniens et 14% pour Israël quand 67% refusaient de « choisir un camp ») montre qu’en dépit de l’importante couverture médiatique du conflit – émaillée d’images choquantes – et des efforts de « propagande » fournis par les partisans des deux camps, l’opinion des Français n’a pas incliné significativement vers l’un ou l’autre des belligérants. Nos concitoyens semblent au contraire de plus en plus las d’un conflit provoquant des affrontements réguliers et fréquents dans la région sans aucune perspective d’amélioration".

 Trois points inquiétants : le soutien à l'Etat Juif s'est érodé pour descendre au-dessous de 10% ; les sondés ne comprennent pas ce conflit ni en quoi ils sont concernés par lui, et ils refusent de choisir le seul camp moral, démocratique, partageant leurs valeurs et intérêts  : Israël. On peut suggérer comme causes expliquant ce phénomène : la "politique arabe de la France", la désinformation des médias, la carence de l'Etat d'Israël pour affirmer l'Histoire et son narratif, les failles des organisations françaises Juives pour exprimer ces derniers,  etc. La dénomination par l'IFOP du conflit dans ses divers sondages (1967-2014) s'avère très révélatrice : le "conflit qui oppose Israël aux pays arabes" (1967-1970) est devenu le "conflit israélo-palestinien" (2008). Pourtant, c'est le même conflit.

Quotidien le plus lu en Allemagne, le  Bild Zeitung a publié le 11 août 2014, et sous le titre “La guerre d'Israël contre les terroristes du Hamas : Les visages de ceux qui sont tombés au combat”, les visages des 64 soldats israéliens tués lors du conflit dans la bande de Gaza. De courtes biographies ont accompagné les visages. Signé par Anne-Christine Merholz, le reportage décrit ces soldats comme “64 fils, amis, époux qui ne retourneront jamais rejoindre leurs familles. Ils sont morts pour leur patrie, en combattant le Hamas à Gaza”. Diffusé à au moins 3,5 millions d'exemplaires chaque jour, le  Bild Zeitung est publié par la compagnie Axel-Springer, à la ligne éditoriale pro-israélienne, visant à "promouvoir la réconciliation entre Juifs et non-Juifs en Allemagne et à soutenir le droit d'Israël à exister". Une initiative inimaginable dans un quotidien français.

"Dissoudre la Ligue de défense juive (LDJ) constituerait une grave erreur... La question doit être posée, d'une part, du principe essentiel de la liberté d'association et, d'autre part, de l'étrange simultanéité de la proposition de dissolution avec les manifestations propalestiniennes en France", écrit Me Léon-Lef Forster, avocat à la Cour de Paris et ancien membre du Conseil de l'ordre, dans une tribune publiée par Le Monde (12 août 2014). Et de conclure, au terme d'un raisonnement juridique citant la jurisprudence du Conseil constitutionnel (décision du 16 juillet 1971), la Convention européenne des droits de l'homme, le pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la loi du 1er juillet 1901 sur la liberté d'association, à "l'absence de fondement juridique à cette éventuelle dissolution". Et cet avocat s'interroge : "En cas de dissolution, la question pourrait être posée de savoir pourquoi prendre cette décision si tardivement et les raisons de cette discrimination, alors que tant d'instances provoquent à la haine, au boycott, et sous l'apparence d'un antisionisme qui ne critiquerait que la politique israélienne, en réalité dissimule bien mal un antisémitisme radical refusant au seul peuple juif le droit effectif à une entité nationale. Mais ce qui est encore plus grave, c'est la soudaineté de cette intention de dissoudre qui donne un sentiment d'opportunisme malsain. Peut-on penser que la communauté juive est suffisamment protégée par les forces de l'ordre républicaines ? Ce n'est pas leur bonne volonté qui est en cause, mais les moyens qui leur sont donnés. Comment éviter les violences individuelles, le respect des lieux du culte et de réflexion, d'études et de mémoire ? Les attentats récents (Toulouse et Bruxelles) montrent les difficultés de repérage et de prévention. L'absence, ou en tout cas la faiblesse, des poursuites à l'égard des provocations manifestes à la haine nécessite des précautions pour éviter le pire. Je ne fais pas partie de ceux qui étaient opposés aux manifestations dénonçant les morts civiles à Gaza, sous réserve que les débordements indignes soient sanctionnés, tout en regrettant qu'aucune mobilisation de ces mêmes personnes, partis ou associations, ne soit intervenue ou n'intervienne pour les morts en Syrie et en Irak et dénonce l'islamisme violent dont les premières victimes sont les enfants, les femmes et tous les musulmans voulant vivre leur islam dans la paix. Je ne peux que comprendre l'émotion face à des morts inacceptables tout en déplorant que ne soit pas dénoncée l'intransigeance aveugle de ceux qui ne souhaitent pas la paix et provoquent par des assassinats de civils et la construction de tunnels offensifs des réactions tragiques. Encore faudrait-il que des solutions soient proposées pour permettre que les populations civiles soient épargnées tout en éradiquant les actions terroristes. Le choix de se dissimuler dans les populations civiles ne semble pas faire l'objet de beaucoup de critiques...  Dissoudre la LDJ donnerait le sentiment de vouloir compenser l'attitude modérée de la France vis-à-vis du conflit entre Israël et les islamistes violents et donner un gage à ceux qui ne souhaitent pas la paix et privilégient d'une façon discriminatoire les responsables du conflit actuel en ne protégeant pas les Palestiniens silencieux qui sont leurs otages. Que sont les quelques dizaines de sympathisants de la LDJ face aux milliers de personnes martelées par des idéologies de haine et par des courants démagogiques en quête d'électeurs ? Il n'y a qu'une réponse : ne pas céder aux voix des sirènes de la compromission, ce qui serait injuste en droit et en fait serait vraisemblablement ressenti comme un signe de faiblesse, un exorcisme inutile".

Le 13 août 2014, Le Monde a publié la lettre de François Fillon (ancien premier ministre), Alain Juppé (ancien premier ministre ) et Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre), dirigeants de l'UMP (opposition), au Président François Hollande : "Le Proche-Orient brûle et l'Europe regarde ailleurs. Tous les fragiles équilibres de cette région sont remis en cause... Le conflit israélo-palestinien est dans une impasse sanglante à Gaza... Aujourd'hui, monsieur le Président, face aux urgences de la scène internationale, la France, pour faire entendre sa voix, doit avoir l'audace de l'initiative et demander la réunion sans délai d'un conseil européen extraordinaire, et proposer à l'ordre du jour de réaffirmer l'exigence d'un cessez-le-feu et d'un programme humanitaire pour les Palestiniens de Gaza, le déblocage immédiat d'un programme massif d'aide humanitaire aux populations déplacées en Irak, le soutien aux frappes américaines contre les djihadistes irakiens, une politique collective de fourniture d'armes aux combattants kurdes qui constituent le seul rempart contre le massacre des chrétiens d'Irak et la réunion d'urgence d'une conférence régionale associant notamment la Turquie, l'Iran et le Qatar, qui seuls peuvent encore stopper l'Etat islamique en Irak et au Levant". Trois Etats qui soutiennent le Hamas...  Israël a maintenu l'envoi de son aide humanitaire aux Gazaouis lors de cette Opération.

Le 13 août 2014, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, a déclaré à Médiapart « 485 manifestations ont eu lieu à Paris et en province ; cinq seulement ont été interdites. Contrairement à ce que j’ai pu lire, ce ne sont pas le président de la République ou le Premier ministre qui ont pris cette décision d’interdiction. C’est moi. Et je leur ai fait cette proposition pour des raisons que je veux prendre le temps d’expliquer et que j’assume... Il ne faut pas confondre la liberté de crier son indignation et le droit à commettre des délits qui ne sauraient exister dans la République. Car l’antisémitisme n’est pas un droit. C’est un délit. Or, qu’avais-je entre les mains ? Des éléments précis et concrets témoignant du fait que des synagogues et des commerces allaient être attaqués et que des actes antisémites seraient perpétrés ». Et d'ajouter : "Sur le fond, il est évident que la cause pour laquelle les manifestants se sont mobilisés était juste. Revendiquer pour les Palestiniens un droit à disposer d’un État, exiger que la guerre cesse à Gaza et que des enfants ne soient pas tués était une cause qui aurait pu justifier que toute la France fût dans la rue. J’ai moi-même beaucoup manifesté par le passé pour ces causes et je l’aurais fait de nouveau dans un autre contexte que celui des fonctions que j’occupe". Il est grave qu'un ministre de l'Intérieur prononce un discours politique si partial - pas un mot sur les Israéliens ciblés par le Hamas - et véhiculant un blood libel.

Le 16 août 2014, des manifestants à la place du Panthéon (Paris) à l'appel du Collectif Cheikh Yassine (CCY) ont réitéré les mêmes slogans diffamatoires - « Israël assassin, Hollande complice », tandis qu’on pouvait voir sur une bannière des photos d’enfants ensanglantés avec pour légende : « Les crimes que le président de la République soutient ». Sous la surveillance d’un important dispositif policier posté aux abords du Panthéon, un homme au micro a demandé à l’assistance d’envoyer des armes au Hamas et au Jihad islamique, la foule reprenant « des armes pour le Hamas, Hamas résistance » -, à Lyon et à Dreux ont attiré moins de monde que les précédentes.

"Ce n'était pas des manifestations pour Gaza. C’était un prétexte à venir crier sa haine des Juifs. Ce qui m’a chagriné, et même un peu révolté, c’est qu’il n’y ait pas eu une réponse populaire massive en France à la mesure de ces événements... Ces djihadistes du dimanche matin ont pris ce prétexte pour brailler la haine des Juifs", a résumé le philosophe et dramaturge Bernard-Henri Lévy le 4 septembre 2014.

De janvier à juillet 2014, 527 actes antisémites ont été enregistrés en France, soit une augmentation de 91% par rapport à la même période en 2013. Environ 1% des Français Juifs, soit quelque 5 500 personnes, feront leur « aliyah » (« montée » en Israël) en 2014 ; la France deviendra alors le premier pays d’émigration juive, devant l'Ukraine et les Etats-Unis.

Lors de la cérémonie des vœux pour la nouvelle année 5775, le 18 septembre 2014, à la Grande synagogue des Victoires (75009 Paris), Le Premier ministre Manuel Valls a revendiqué ses interdictions de spectacles de Dieudonné et de manifestations pro-Hamas, a rappelé que le sionisme est une forme d'antisémitisme et a déclaré : « Un plan national d’action contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie existe. Force est de constater que sa mise en oeuvre n’est pas à la hauteur des enjeux... Ce qu’il faut c’est remettre à plat ce plan d’action, c’est lui donner de l’ambition et de la visibilité ; nous y travaillons... Le Fonds interministériel de prévention de la délinquance sera à nouveau mobilisé en 2015... et il permettra de financer les travaux de sécurisation » des bâtiments Juifs (lieux de culte, centres communautaires, écoles, etc.) ». Rien de neuf. Les magistrats ne considèrent pas l'antisionisme comme une forme d'antisémitisme, les autorités politiques ne luttent pas contre les causes de l'antisémitisme, etc. Mais le Premier ministre Manuel Valls a été chaleureusement applaudi par environ un millier de personnes, dont des dirigeants communautaires, des fidèles lambda, des élus franciliens et l'ambassadeur d'Israël en France. Des paroles non suivies d'actes efficaces.

Sur RCJ (Radio de la communauté Juive financée par le Fonds social Juif unifié) le 24 septembre 2014, Patrick Bruel a reconnu avoir eu "des mots mal  choisis, maladroits". Et d'ajouter à propos des attaques l'ayant visé : "C'était douloureux. J'ai pas vu une grande levée de boucliers en général, ni dans la communauté. Ai-je besoin de redire ce que je pense de la responsabilité du Hamas. Je l'ai dit dès 2008". Il a remercié Jean Frydman et l'acteur-réalisteur Yvan Attal pour leurs soutiens radiophoniques. Yvan Attal a abondé dans le sens d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël.

Les dernières manifestations anti-israéliennes ont été précédées, et non plus suivies, par la venue dans le quartier du Marais d'individus armés. La police a protégé les lieux.
    
Un antisémitisme impuni ?
Paris, Bruxelles, LondresCalgary, Berlin... Certes les manifestations anti-israéliennes attirent moins de monde que lors de l'Opération Plomb durci, mais c'est la même violence, verbale ou physique, souvent accrue, contre les Juifs, le même antisémitisme islamique - "Mort aux Juifs", "Jude, Jude, feiges Schwein" ("Juif Juif, cochon peureux"), les mêmes slogans ("Allah Aqbar") de manifestants souvent jeunes et féminins, venant en famille défiler, non pas contre le nettoyage religieux à Mossoul, deuxième ville d'Irak, vidée de ses chrétiens spoliés de leurs biens et dépossédés de leurs papiers d'identité - ceux-ci avaient été sommés de choisir avant le 19 juillet 2014 "l’une des trois conditions imposées par le nouveau calife, dans la province de Ninive, Abou Bakr al Baghdadi, chef de l’EIIL (État islamique d’Irak et du Levant (EIIL), appelé désormais État islamique) : se convertir à l’islam, accepter le statut de dhimmi, ou en cas du refus du premier ou du second, ils seront exécutés par l’épée"- ou en solidarité avec les victimes de génocides en Afrique ou au Moyen-Orient, mais contre les Juifs comme l'a reconnu un policier français le 19 juillet 2014.

Ces manifestants n'ont pas défilé non plus quand en juillet 2014, le Hamas a revendiqué des tirs de roquettes sur Jérusalem. Ni le CFCM (Conseil français du culte musulman), ni l'Organisation de la coopération islamique (OCI), ni la Ligue arabe, ni l'UNESCO, ni le Vatican n'ont dénoncé ces tirs contre la "troisième ville de l'islam", et ce, lors du Ramadan et au risque de détruire leur célèbre mosquée. 


Ils n'ont pas non plus demandé que le Hamas restitue à Tsahal les restes de deux soldats israéliens tués lors de cette guerre. Et ce, afin que leurs familles puissent les enterrer selon la halakha (loi juive). Le Hamas veut utiliser ces restes comme éléments dans sa négociation avec Israël. Ces deux soldats israéliens sont le sous-lieutenant Goldin mort à l'âge de 23 ans le 1er août après une attaque d'un commando terroriste palestinien dans la bande de Gaza, et le sergent-chef Shaul Oron tué à l'âge de 21 ans, le 20 juillet, à Gaza lors de l’explosion d’un véhicule blindé.

Il sera facile pour la police française de repérer les assaillants tant les photographies et vidéos postées sur les réseaux sociaux, blogs, etc. sont nombreuses et nettes.

Les quelques agresseurs interpellés par la police française seront-ils jugés et condamnés ? Et pour quels griefs ? Vandalisme ? Incitations à la haine antisémite ? Qui va porter plainte ? Et contre qui ? Les organisateurs ? "Sont pas responsables", "savaient pas", "ont pas vu"... Qui pourra prouver que des jeunes Juifs ont été tabassés par tel ou tel prévenu encagoulé ?

Et puis, la loi pénale française est d'interprétation stricte, des magistrats laxistes, les autorités politiques et les médias ont tant évité de dénoncer ce pogrom aux cris de "Mort aux Juifs" et d'"Allah Aqbar" qui est aussi le cri du djihad...

Qui jugerait les prévenus et condamnerait les coupables pour antisémitisme à l'approche d'élections locales ou nationales que le Parti socialiste (PS) craint de perdre en s'aliénant le "vote halal" qui l'a porté au pouvoir en 2012 ? Un PS qui a mis du temps pour sanctionner Ahmed Chekhab, adjoint aux Sports à Hélène Geoffroy, maire socialiste de Vaulx-en-Velin, d'origine guadéloupéenne, secrétaire nationale du PS chargée de la lutte contre les exclusions et encline à pardonner. Le 30 mai 2014, Ahmed Chekhab a déclaré : "Tu me parlais des sionistes. Tu veux Zittoun ? Tu veux un juif ? Tu veux Zittoun ? Tu veux ça toi ? C’est ça que t’aime ! T’aimes pas quand les gens qui te ressemblent sont en place et veulent t’aider. Tu préfères un enculé qui te nique bien. C’est ça ce que tu veux. Tu préfères Philippe. Tu aimes bien Zittoun". Ce n'est que le 21 juillet 2014 que la Commission des conflits du PS l'a exclu de ce parti. Mais, Ahmed Chekhab est toujours membre du conseil municipal ; ce qui a incité les élus de l'opposition municipale à quitter la salle du Conseil le 9 octobre 2014 pour manifester leur indignation. Ahmed Chekhab, qui n'est plus "adjoint aux sports depuis début juillet, car il souhaitait se "consacrer entièrement à la mise en place à Vaulx-en-Velin d’un plan d’action ambitieux de lutte contre le racisme et l’antisémitisme en partenariat avec La LICRA". Un arrêté municipal du 3 octobre 2014, affiché le 10 octobre 2014, accueille sa demande, et le promeut : Ahmed Chekhab est désigné "adjoint à la citoyenneté par le sport, la culture et la vie associative". 

Le 21 juillet 2014 au soir, la chambre 23-2 du  Tribunal correctionnel de Paris a prononcé trois peines de prison avec sursis et une relaxe lors des premiers procès de quatre prévenus interpellés lors de la manifestation interdite du 19 juillet 2014 à Barbès-Rochechouart (Paris) et jugés en comparution immédiate, une procédure accélérée.
Il a sanctionné "par la peine la plus lourde, 10 mois avec sursis, un ingénieur depuis six ans dans une grande entreprise et âgé de 33 ans, reconnu coupable de rébellion et de participation à un attroupement malgré les sommations de se disperser". « Monsieur est un meneur d’hommes, quelqu’un qui a exhorté la foule, qui a demandé à deux cent personnes de rejoindre Barbès en scandant des propos inacceptables et déplacés. Les policiers ont dû faire face à une véritable guérilla urbaine dont vous êtes en partie responsable. Vous n’étiez pas là pour appeler au respect des droits de l’homme en Palestine, vous étiez là pour attiser la haine »  : "CRS assassins", "Israël assassin", "Bêtar bâtard"...», a rappelé la présidente. Cet individu est "un père de famille au casier judiciaire vierge, qui comparaissait vêtu notamment d'une veste de costume beige, a été qualifié de « meneur » par le procureur de la République, qui avait requis six mois de prison ferme et un mandat de dépôt" et déclaré : « Monsieur est un meneur d’hommes, quelqu’un qui a exhorté la foule, qui a demandé à deux cent personnes de rejoindre Barbès en scandant des propos inacceptables et déplacés. Les policiers ont dû faire face à une véritable guérilla urbaine dont vous êtes en partie responsable. Vous n’étiez pas là pour appeler au respect des droits de l’homme en Palestine, vous étiez là pour attiser la haine ».  Le Tribunal correctionnel a "prononcé la non-inscription de sa condamnation au casier judiciaire".
Un autre individu," informaticien de 33 ans et père de trois enfants, a écopé de 4 mois de prison avec sursis pour les mêmes délits ainsi que celui de dissimulation de son visage par un keffieh lors de la manifestation. Il a également été condamné à verser 1 150 euros à un policier, blessé à la suite de son interpellation et ayant eu quatre points de suture sur le nez et trois jours d’ITT (incapacité temporaire de travail. Le procureur avait requis quatre mois de prison ferme, avec mandat de dépôt, à son encontre".
La chambre 23-1 du tribunal correctionnel a condamné une femme de 31 ans vivant à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) "à six mois de prison avec sursis et 105 heures de travaux d'intérêt général, notamment pour violences sur les forces de l'ordre, en l'occurrence un jet de bombe lacrymogène". Cette prévenue a déclaré au Tribunal : « Je ne pensais pas qu’il y aurait des incidents, alors qu’en fait c’était la guerre. Moi, je ne fais partie d’aucun groupe politique. Je suis juste venue manifester avec une amie pour soutenir la Palestine ». Elle "avait déjà été condamnée pour conduite sous l’emprise d’alcool, défaut d’assurance, outrage et rébellion". Le procureur voulait « une peine exemplaire, un signal de découragement pour éviter d’autres incidents » et avait réclamé dix mois de prison assortis de six mois de travaux d’intérêt général".
Un prévenu, "arrêté place de la Bastille alors que la manifestation avait lieu à Barbès, a été relaxé des faits de rébellion qui lui étaient reprochés. Sept autres individus placés en garde à vue devaient être jugées le 22 juillet, toujours en comparution immédiate, pour des violences à l'encontre des forces de l'ordre lors de cette manifestation.

Quelle mansuétude !

Concernant les violences à Sarcelles, onze individus soupçonnés d’avoir participé aux violences se trouvaient toujours en garde à vue le 21 juillet au soir et devraient être jugées le 22 juillet. Le parquet a ouvert des procédures pour participation à un attroupement armé, violence sur des fonctionnaires de police, vols et dégradations. « Ces jeunes n’ont pas de profil particulier. Pour la plupart, ils sont peu ou pas connus de nos services. Ils se sont greffés à la manifestation pour se livrer à des exactions", indique Yves Jannier, le procureur de Pontoise au Parisien. Parmi les onze gardés à vue, quatre sont mineurs. Le 22 juillet 2014, quatre hommes, jugés en comparution immédiate ont été condamnés à de la prison ferme. "Âgés de 21 à 28 ans, avec peu ou pas de casier judiciaire, trois d'entre eux ont été condamnés par le tribunal de Pontoise à des peines allant de dix mois d'emprisonnement dont quatre avec sursis à six mois dont trois avec sursis, pour des "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique" et ont été immédiatement incarcérés. Le quatrième a écopé d'une peine de trois mois d'emprisonnement, sans mandat de dépôt pour "port d'arme prohibé".

Curieusement, la justice française a été particulièrement sévère dans ses sanctions à l'égard de Nicolas Bernard-Buss opposant au mariage entre homosexuels et en 2014 d'Anne-Sophie Leclère, alors candidate Front national ayant publié un dessin comparant Christiane Taubira, ministre de la Justice, à un singe.

Le 23 juillet 2014 au matin, le parquet a interjeté appel de toutes les condamnations de prison avec sursis dans les dossiers sur lesquels il avait requis des peines de prison ferme, soit les trois sentences parisiennes du 21 juillet et cinq condamnations du 22 juillet 2014. Un signe de fermeté adressé à l'approche de la manifestation de l'après-midi.

Le 26 juillet 2014, le tribunal correctionnel de Paris a statué dans l'affaire de l'attaque du restaurant cacher Pitzman, situé rue Pavée (75004 Paris), du 23 juillet par plusieurs dizaines d'agresseurs, en relaxant trois jeunes prévenus pour "absence de preuve" et en condamnant avec sursis un quatrième prévenu" à l'audience des comparutions immédiates. Seize individus, dont huit mineurs, avaient été placés en garde à vue après l'attaque, dont onze suspects avaient été relâchés faute de preuve, et un  mineur devait être mis en examen le 26 juillet par un juge des enfants. Les assaillants de ce restaurant avaient crié : "A mort les Juifs" et « Bande de sales juifs, on va vous crever ». Le gérant avait à peine le temps de baisser la grille de fer de son restaurant visé par des coups de pied et poing. Des dizaines de clients étaient attablés à l'intérieur. Poursuivis pour dégradations en réunion et menaces de mort à caractère antisémite, les deux principaux mis en cause ont été relaxés : l'un, âgé de 32 ans et avec 14 mentions à son casier judiciaire, niait sa participation aux faits, avait été reconnu sur photo par deux victimes, l'autre, étudiant en BTS électro-technique, âgé de 20 ans, sans passé judiciaire et habitant à Sarcelles, a déclaré : « Quand j'ai vu les débordements, j'ai eu peur, je voulais partir », avant de pleurer : « Déjà, la garde à vue c'est un truc de malade pour moi ». « Tout s'est passé tellement vite » et « dans une telle confusion qu'on ne peut pas identifier les auteurs », a plaidé l'avocat des prévenus, Eric Mantrand. Quant au troisième prévenu âgé de 19 ans et originaire d'Aulnay-sous-Bois, reconnu par sa victime à son tee-shirt orange fluo, il comparaissait pour violence aggravée en raison de la religion : il était accusé d'avoir frappé d'une claque la fesse d'une femme. Mais la procureure de la République a douté du caractère antisémite du geste. Ce prévenu a été relaxé. Sans inscription au casier judiciaire, un quatrième individu de 21 ans a été condamné à trois mois avec sursis pour avoir dégradé un rétroviseur et un deux-roues.

Concernant les violences à la fin de la manifestation pro-Hamas interdite du 26 juillet 2014 place de la République (Paris), 65 individus avaient été interpellés, dont 41 ont été placés en garde à vue. Vingt-et-un ont bénéficié d'un classement sans suite pour absence d'infraction ou caractérisation insuffisante, et deux individus "feront l'objet d'un rappel à la loi". La plupart ont été libérés sans suite judiciaire. Trois individus ont été condamnés le 28 juillet au soir "en comparution immédiate" devant le Tribunal correctionnel de Paris à quatre mois de prison, dont deux mois avec sursis - deux des trois âgés de 42 et 25 ans ont été immédiatement incarcérés" car le tribunal avait ordonné contre eux un mandat de dépôt - "le tribunal a justifié les mandats de dépôts par les « risques de renouvellement » pour le plus âgé, au casier judiciaire chargé, et compte tenu « de la gravité des charges et de votre cursus, qui fait que vous auriez dû vous rendre compte qu'il ne fallait pas aller » à cette manifestation interdite pour l'étudiant de 25 ans" - et le troisième, âgé de 18 ans, a été laissé en liberté « compte tenu de [son] très jeune âge et d'un phénomène d'entraînement ». Les deux jeunes de 18 et 25 ans avaient été interpellés bien à l'écart de la manifestation interdite "alors qu'ils se dirigeaient avec un petit groupe vers le quartier du Marais, qui abrite plusieurs synagogues et de nombreux commerces de la communauté juive. L'un était accusé d'avoir lancé à la figure d'un CRS un morceau de tube de carton, occasionnant une ITT de trois jours au fonctionnaire de police, et l'autre avait une bouteille de white spirit dans son sac. Le premier a nié avoir jeté son projectile sur le fonctionnaire et dit avoir été « dépassé par les événements ». Le second, affirmant à l'audience sa proximité avec le Front national, a dit avoir voulu aller vers le Marais pour « provoquer la Ligue de défense juive » mais n'avoir pas touché à sa bouteille inflammable « quand [il a] vu qu'il y avait du conflit ». Le troisième homme, interpellé lors d'un contrôle dans le métro République avec deux canifs et un bombe de défense lacrymogène dans son sac, a assuré avoir voulu « regarder de loin par curiosité » la manifestation en entendant une annonce dans sa rame de métro à République alors qu'il se rendait au marché aux puces".
Six individus interpellés lors de ces violences place de la République seront jugés par le tribunal correctionnel. Cinq seront jugées ultérieurement (notamment pour organisation d'une manifestation illicite ou port d'arme prohibé). 
Quatre individus doivent être jugés le 29 juillet après-midi en comparution immédiate à Paris : l'un pour « non-dispersion malgré sommation » et « menace de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique », et les trois autres pour « participation à un attroupement armé » et « port d'arme prohibé ».

En outre, l'un des organisateurs de la manifestation interdite du 19 juillet à Barbès (Paris), Alain Pojolat, membre du NPA, est convoqué le 22 octobre 2014 devant la justice qui l'a poursuivi pour "appel à une manifestation interdite". Il n'avait pas respecté les interdictions de manifester décidées par la PPP et confirmées par la justice administrative le 19 juillet à Barbès et le 26 juillet 2014 place de la République à Paris. Il risque six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende.

Résumé de Samuel Laurent pour Le Monde (23 juillet 2014) :
"A la suite des émeutes à Barbès :
◾Mardi [22 juillet], deux personnes ont été condamnées à quatre et trois mois de prison avec sursis, pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique » (jets de projectile), un troisième relaxé des violences mais condamné pour « outrage et rébellion » (avoir résisté à son arrestation et insulté les policiers) à cinq mois de prison avec sursis. Un quatrième prévenu est en attente d’une expertise psychiatrique.

◾La veille, le tribunal correctionnel de Paris avait infligé dix mois avec sursis à un homme pour rébellion et participation à un attroupement ; quatre mois avec sursis à un autre (coupable en outre d’avoir dissimulé son visage), qui devra aussi payer des dommages et intérêts à un policier blessé lors de son interpellation. Une femme de 31 ans a de son côté écopé de six mois avec sursis et 150 heures de travaux d’intérêt général pour un jet de bombe lacrymogène. Un dernier cas, celui d’un homme arrêté place de la Bastille, donc loin des faits, a abouti à une relaxe.

Pour les cas de Sarcelles  :
◾Quatre hommes ont été condamnés à des peines de prison ferme pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique » :
◾Deux frères ont écopé de six mois dont trois fermes avec mandat de dépôt (incarcération immédiate à l’issue de l’audience) pour avoir jeté une bouteille sur un commissaire.
◾Un homme qui avait jeté des canettes a été condamné à dix mois dont six ferme, lui aussi avec mandat de dépôt (et 300 euros de dommages et intérêts aux parties civiles).
◾Un autre, père de famille, a écopé de trois mois de prison pour « port d’arme prohibée », mais a bénéficié d’un aménagement de peine du fait de son statut.
◾Un jeune majeur qui avait volé quatre paquets de cigarettes à la faveur des troubles devra payer 400 euros. 

◾Enfin, trois mineurs seront présentés au juge des enfants en septembre".

Le 4 août 2014, un Algérien âgé de 32 ans avait été repéré, interpellé dans le quartier de Barbès, puis placé en garde à vue. Identifié grâce aux images des caméras de vidéo-surveillance et à des photos, il a été accusé d'être un des "principaux auteurs des dégradations commises sur un véhicule utilitaire de la RATP" - il avait détruit à coups de barre de fer, puis mis le feu à cette camionnette avec "une vingtaine de casseurs" - lors de la manifestation interdite pro-Hamas à Barbès le 19 juillet 2014. "Connu des services de la police", il a été jugé le 5 août 2014 en comparution immédiate, et condamné à trois mois de prison ferme par le tribunal correctionnel. Une condamnation "assortie d'un mandat de dépôt à l'audience". C'est la peine la plus lourde prononcée. Les dégâts ont été évalués à 26 000 euros.

Le 14 août 2014, un individu âgé de 23 ans et habitant dans une commune voisine de Sarcelles a été condamné à 18 mois de prison, dont un an ferme, pour avoir mis le feu à une voiture Peugeot "stationnée, vitres brisées, au milieu de la chaussée" après la manifestation pro-Hamas du 20 juillet 2014 à Sarcelles. "Repéré par la vidéo-surveillance", il avait été interpellé le 11 août et jugé en comparution immédiate deux jours plus tard. Selon une source policière citée par l'AFP, il tient "un chiffon enflammé à la main, et parvient à ses fins bien qu'un autre protagoniste tente de l'en empêcher". Ces "dernières semaines, six majeurs de 18 à 26 ans ont été condamnés à des peines de prison ferme pour leur participation à ces émeutes. Trois mineurs ont par ailleurs été mis en examen pour les même faits".

 Cent dix individus soupçonnés d'être des casseurs avaient été arrêtés à la suite des manifestations interdites des 19 et 26 juillet respectivement à Barbès et place de la République (Paris). "Un peu moins d'une dizaine de fauteurs de troubles ont été condamnés par la justice. L'un d'entre eux a pris trois mois de prison ferme pour avoir lancé des projectiles sur les forces de l'ordre".

Inconnu des services de police, Abbas C.ambulancier de 27 ans, avait été placé en garde à vue fin septembre 2014. Il "devait être jugé en comparution immédiate, mais il avait demandé un délai pour préparer sa défense. Dans l'attente de son procès, renvoyé au 24 octobre 2014, le tribunal correctionnel de Pontoise avait décidé de le placer en détention provisoire.  Confondu grâce aux images de vidéosurveillance de la ville, il avait été convoqué au commissariat, où il s'était "présenté de lui-même" et avait "reconnu les faits", a relaté une source policière.  "Sur les images, on le voit présent sur tous les points sensibles de la manifestation, et notamment l'incendie de l'épicerie casher Naouri Market. Il n'était peut-être pas seul mais, lui, on le voit et il met le feu à des papiers et des chiffons", a poursuivi cette source". Le 24 octobre 2014, Abbas C. a été condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d'Oise) pour incendie du supermarché casher Naouri, violences à l'encontre des forces de l'ordre et vol aggravé à de Sarcelles le 20 juillet 2014. "Lors de scènes d'émeutes, qui avaient émaillées une manifestation pro-palestinienne interdite le 20 juillet dernier, il avait jeté des pierres sur des policiers et pillé un magasin de télévision. Une peine lourde alors que la procureur avait requis 26 mois de prison dont 12 avec sursis et son maintien en détention. Deux jours après les émeutes, quatre personnes avaient déjà écopé de peines de prison ferme. Début septembre, un autre émeutier avait, lui, été condamné à neuf mois de prison ferme". 


 Selon la source policière citée par Le Figaro (24 octobre 2014), "d'autres enquêtes sont en cours et pourraient donner lieu à des interpellations prochainement".

Bref, de très rares poursuites poursuites pour antisémitisme, des peines faibles ou assorties généralement de sursis pour avoir détruit des biens. Aucune condamnation pour antisémitisme et incitation à la haine, et ce, malgré d es témoins.

La justice française, un des territoires perdus de la république...

Un avenir encore plus sombre
Au fil des opérations militaires défensives israéliennes, le même scénario défile : attaques terroristes islamistes contre Israël, réplique israélienne, manifestations comminatoires de la "rue arabe", recrudescence du nombre d'actes antisémites dans le monde - rapport de l'ADL sur cette montée inquiétante -, consensus initial d'Etats européens et américains suivi de condamnations européennes et onusiennes ("réponse disproportionnée", "massacres"), désinformation médiatique - accusations de blood libels - Juifs britanniques appelés "child murderers" -, de viser des civils, etc. -, exigences de levée du blocus mythique de la bande de Gaza, réclamations de trêve et d'aide humanitaire pour la bande de Gaza, constitution d'une commission onusienne d'enquête composée d'anti-Israéliens notoires, publication de son rapport biaisé, dégradation de la condition Juive en France, inaction des instances de l'Union européenne face à une explosion antisémite similaire et simultanée dans de nombreux pays européens, etc.

Seules différences en 2014 : le silence d'Etats arabes craignant un Iran en voie de devenir une puissance nucléaire chiite et ses pions, dont le Hamas, ainsi que l'extension du "printemps arabe", les autorités politiques françaises redoutant le retour dans l'hexagone de 900, voire 2 000, djihadistes français formés en Syrie ou en Irak, la violence anti-française de la "rue arabe", deux articles de Libération alertant sur "#GazaUnderAttack : la désinformation en images" (9 juillet 2014)  - "En une semaine, près de 400 000 tweets ont été publiés pour dénoncer les frappes israéliennes, la plupart détournant des photos prises en Syrie, en Irak ou à Gaza il y a plusieurs années" - et sur les intimidations du Hamas à l'égard des journalistes - l'article « Tu dois quitter Gaza au plus vite et arrêter de travailler » (24 juillet 2014), "qui décrivait les tentatives d'intimidation à l'encontre du journaliste palestinien Radjaa Abou Dagga, correspondant de «Ouest France» et ancien collaborateur de « Libération », a été dépublié à sa demande" -le communiqué du 11 août 2014 de l'Association de la presse étrangère (FPA) protestant contre les "méthodes incessantes, évidentes, contraignantes des autorités du Hamas et de ses représentants contre les correspondants de médias étrangers au cours du dernier mois" - combien de médias français en ont fait état ?

La presse internationale s'est faite l'écho de ces (tentatives de) pogroms ainsi que de ces Intifadas franciliennes vandalisant des quartiers ou magasins Juifs ou chrétiens de Paris et de Sarcelles, et adressant un triple message comminatoire. Aux Juifs : "Ce n'est qu'un début. Désolidarisez-vous d'Israël, soumettez-vous à la dhimmitude ou quittez la France". Aux chrétiens : "Tenez-vous à l'écart, ou vous subirez le même sort". Aux autorités politiques françaises : "Nous vous défions. Nous commençons à détruire la France".

"Aujourd’hui pour être « heureux comme un juif en France », certains pensent qu’il faudrait que les juifs français choisissent le « bon camp ». Ce n’est bien sûr pas la République qui le demande, ce sont quelques intellectuels qui ne semblent pas comprendre qu’ils fournissent un vernis de légitimité à une violence antisémite qui ne cesse de s’étendre", analyse Noam Ohana dans sa tribune Qu'est-ce qu'un «bon» Juif ? (Libération, 12 août 2014). Et de préciser : "Lorsque l’écologiste Pierre Minnaert a jugé « pas étonnant » que des synagogues « subissent des attaques » lorsqu’elles soutiennent la politique d’Israël, il a au moins eu le courage de Twitter tout haut ce que ce que beaucoup pensent tout bas. D’autres ont suivi, comme le sociologue Farhad Khosrokhavar, qui nous a expliqué dans les pages du Monde que, pour que la situation de la communauté juive de France s’améliore, il faudrait qu’elle change d’attitude vis-à-vis d’Israël sans quoi elle ne peut s’étonner de ce «qu’une partie des musulmans la prenne au mot et dirigent leur ire contre elle ». Edwy Plenel, lui, nous a rassurés en nous disant qu’« évidemment, on peut être juif et antisioniste, juif et résolument diasporique plutôt qu’aveuglément nationaliste ». Le journaliste Dominique Vidal s’est fendu d’un article dans Le Monde Diplomatique fort bien résumé par son titre : «Sur l’antisémitisme. Qui sème le vent récolte la tempête…» Alain Soral, lui, aime parler des « juifs du quotidien », une sorte de figure diasporique disparue, un joyeux mélange entre les juifs polonais qui peuplaient le quartier du Marais avant leur déportation et les juifs des mellahs d’Afrique du Nord qui ne devaient leur survie qu’à l’humeur du sultan du coin. Il semble qu’un « marché » soit donc possible ici et maintenant, un marché qui pourrait satisfaire ces intellectuels ; mais aussi cette foule qui a pris la mauvaise habitude de finir les manifs pour Gaza devant des synagogues. Il nous suffirait d’être de «bons juifs», des juifs «antisionistes». Il faut dire ici que si la majorité des manifestants de ces derniers jours récuse l’accusation d’antisémitisme, ils revendiquent volontiers le qualificatif d’antisioniste. Si les mots ont encore un sens, être «antisioniste», c’est être opposé à l’existence d’un Etat juif sur la terre d’Israël".

Les fomenteurs de ces manifestations non spontanées ont testé la République française dans tout l'hexagone, à Paris comme en province. Les autorités n'ont pas osé adopter les mesures adéquates : effectif policier insuffisant, laxisme judiciaire, etc. Leur faiblesse, voire leur complaisance, leur incompétence et leur lâcheté ont été patentes. 

Une fois de plus, ces manifestations ont souligné l'inanité, le danger et l'inefficacité du "dialogue judéo-musulman" pratiqué par le leadership communautaire et la problématique ambassade d'Israël en France qui évitent les sujets qui fâchent tels l'antisémitisme et l'antijudaïsme islamiques, la dhimmitude, "l'exode oublié", etc. 

Pour lutter contre cette haine antisémite déchaînée, les Juifs français demeurent seuls. Et leur Service de protection, le SPCJ, ne pallie pas les carences publiques, françaises et européennes, et révèle leurs contradictions ainsi que celles des pouvoirs publics : ces dirigeants communautaires rappellent que le maintien de l'ordre public relève de la puissance publique, mais se dotent d'un service de protection spécifique tout en marginalisant et en se privant des compétences de Sammy Ghozlan, commissaire de police à la retraite.

Sur RCJ, Frank Melloul, dirigeant d'i24news et ayant travaillé au sein d'un gouvernement, a avec pertinence souligné le 22 juillet 2014 que les mots des autorités politiques nationales ne suffisent pas, et que ces dernières doivent prendre des mesures.

"Les manifestations de solidarité avec les palestiniens représentent une réalité politique avec laquelle notre pays devra compter à l'avenir", a tweeté le sénateur-maire (UMP) Philippe Marini, vice-président du groupe d’étude, et "d'amitié", sur la "Palestine" au Sénat, le 27 juillet 2014. Un politicien ayant refusé d'intervenir en faveur du Dr Lionel Krief, victime de spoliations teintées d'antisémitisme.

Ces diffamations et délégitimations de l'Etat Juif par slogans, pancartes et banderoles lors de ces manifestations haineuses correspondent aux critères de la définition de l'antisémitisme élaborée par l'Union européenne et publiée jusqu'en 2013 sur le site de la FRA (Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne) chargée notamment de combattre l'antisémitisme. Mais nulle autorité, même pas judiciaire, n'oserait apposer cette grille de qualification et d'analyse sur ces violences verbales et physiques.

Ces violences et ces vandalismes seraient-ils une "répétition" avant des événements plus dramatiques ? 

Des organisations ont défié la république française et son ordre juridique, créant une situation quasi-insurrectionnelle. Jusqu'à quand ? La police française saura-t-elle adopter la stratégie adéquate pour mettre un  terme à cette escalade djihadiste, à ces agressions antisémites visant à terroriser les Juifs, ainsi qu'à cette diffusion géographique  ? Tout le monde garde en mémoire les émeutes urbaines de l'automne 2005 en France.

"Les Juifs sont progressivement repoussés d’un espace qui n’est plus "public" mais fragmenté sous l’effet de la "diversité". L’image des Juifs, d’Israël, voire du judaïsme, est sans cesse bafouée... Quel va être l’impact de cet événement sur les Juifs de France ? Il pourrait jouer le rôle que des faits de ce type ont rempli dans le passé pour les Juifs du monde arabe : un événement symbolique très fort (une émeute, un assassinat...) qui donne le signal du départ en donnant à comprendre aux Juifs qu’ils n’ont plus d’avenir dans le pays qui était le leur. Ce phénomène s’est répété dans les 10 pays d’où les Juifs ont été chassés en masse. Après tout, ce serait plausible car c’est comme si l’exclusion des Juifs, qui avait commencé en Afrique du Nord et qui, d’une certaine façon menace, depuis, ceux d’entre eux qui ont trouvé refuge en Israël, se poursuivait sur le sol français. De la "Françalgérie" ?", interroge le professeur Shmuel Trigano, le 15 juillet 2014.

Et après les Juifs, à qui le tour ?

Analysant la faiblesse de la réaction politique, médiatique et sociétale à ces manifestations violentes antisémites qui se déroulent à Lille ou à Nice malgré leur interdiction, l'essayiste Michel Gurfinkiel a écrit le 15 juillet 2014 dans Commentary : "There is a deadly logic in such matters. Governments that do not set the rules and do not enforce them whatever the cost are likely to disintegrate as governments" ("Il y a une logique mortelle dans de tels domaines. Les gouvernements, qui ne fixent pas les règles et ne les mettent pas en vigueur quel qu'en soit le coût, vont vraisemblablement se désintégrer comme gouvernements").

Dans cette hypothèse d'anomie et de chaos, la situation des Juifs, éternels boucs-émissaires, deviendra intenable en France.

"Je crois que nous voyons le début de la fin de l'histoire Juive en Europe. Ce qui rend la situation en Europe unique dans l'Histoire est le fait que l'Europe est devenue très intolérante à l'égard des identités dans un environnement multiculturel et post-nationaliste. Ce nouvel antisémitisme est très lien à Israël - diabolisation, délégitimation et double standards - est est maintenant si profondément ancré dans le cœur des dirigeants européens politiques et intellectuels que pratiquement tous les Juifs sont sommés de choisir entre être loyal à Israël ou être loyal à l'Europe", a décIaré Natan Sharansky au Jewish Chronicle (24 juillet 2014). Et d'ajouter : "Cette insécurité est due à l'immigration musulmane et à la montée de la droite classique, qui voit les Juifs comme "l'autre". Ces trois facteurs nous mènent à la situation où un nombre inédit de Juifs du monde libre s'installent en Israël. Cette année, un pour cent de la communauté française Juive fera son aliyah. Je vois ce moment historique comme le début du processus de distanciation des Juifs de l'Europe. L'Europe abandonne ses identités, avec l'idée multiculturelle que les Etats-nations ou la religion n'ont pas d'avenir. Dans l'Europe post-identitaire, il y a de moins en moins d'espace pour les Juifs pour lesquels il importe d'avoir à la fois l'identité et la liberté. En Europe, il devient plus difficile d'avoir les deux... Le monde Juif dépend de l'Etat d'Israël pour sa survie et l'Etat d'Israël dépend du monde Juif pour mobiliser le soutien dans la lutte contre la délégitimation. C'est une dépendance mutuelle... Israël est le lieu qui combat pour les valeurs européennes. L'Europe mourra ici et survivra en Israël ".

Addendum
Présentée par Nicolas Poincaré, l'émission de France 2 Complément d'enquête sera consacrée le 25 septembre 2014 aux Juifs de France : ont-ils raison d'avoir peur ? France 2 s'intéresse, "après les violences cet été à Paris et à Sarcelles" aux "jeunes Juifs qui se radicalisent notamment sur Internet et sur ceux qui décident de partir en Israël". En ce jour de Rosh HaShana (Nouvel an Juif),  La chaîne publique occulte le caractère largement islamique de ces violences !?

Le "20 juillet 2014, environ 300 manifestants s’étaient rassemblés sur le parvis de la gare RER de Garges-Sarcelles malgré l’interdiction de manifester. A 16 heures, ils s’étaient éparpillés dans le calme, les émeutes ont débuté ensuite". 

Le Parisien a publié l'article Un an après les émeutes, Sarcelles n’a pas oublié (19 juillet 2015). Il omet les mots "musulman" et "islamique". Ce dimanche 20 juillet 2014, "une manifestation propalestinienne qui doit partir de la gare de Garges-Sarcelles est interdite par la préfecture. Quelque 350 personnes sont tout de même présentes au lieu de rendez-vous... Les manifestants s’éparpillent et des groupes de jeunes foncent vers la synagogue de Sarcelles. Bloqués par les policiers, certans commencent à brûler des poubelles, puis s’attaquent au centre commercial des Flanades. Six commerces sont touchés, dont deux brûlés. Excepté un bar, tenu par des Assyro-chaldéens, tous appartiennent à des membres de la communauté juive, particulièrement importante à Sarcelles avec plus de 12 000 personnes. A Garges, ville voisine, la synagogue essuie des jets de pierre. L’attaque est donc bien ciblée... Ils sont une trentaines d’émeutiers à être passés entre les mains de la justice du Val-d’Oise au fil des mois, au fur et à mesure de leur identification. Les policiers de la sûreté départementale ont visionné autour de 200 heures de vidéosurveillance pour repérer les auteurs d’exactions, certaines clairement antisémites, commises lorsque la manifestation propalestinienne a dégénéré. Une dizaine de personnes ont été incarcérées. C’est le cas, parmi elles d’Abbas C., un ambulancier de 27 ans, condamné à 4 ans ferme en octobre pour l’incendie de l’épicerie juive. « Le bon magasin, c’est lui, là, c’est le juif » avait lancé les casseurs avant de passer à l’acte, en désignant le magasin Naouri. Un autre jeune de 24 ans qui avait caillassé les policiers et brûlé une Peugeot 106 pensant qu’elle appartenait à un membre de la communauté juive, a écopé de deux ans ferme. Un autre a été condamné à un an ferme pour avoir mis le feu au magasin TD Dépannage vidéo. « J’étais brûlant, je me sentais comme dans un film, très fort » avait-il reconnu à l’audience. Le pilleur de la pizzeria des Flanades, qui avait aussi participé au caillassage de la voiture de la brigade anticriminalité d’Ermont, a été condamné à 18 mois. Pilleurs, caillasseurs, incendiaires... tous ont expliqué devant les enquêteurs puis les magistrats «avoir suivi le mouvement». Aucun n’a évoqué de dimension politique". De rares condamnations judiciaires. L'antisémitisme, si évident, n’apparaît pas comme grief ou circonstance aggravante dans ces verdicts.

Quant à la plainte contre l’organisateur de cette manifestationNabil Koskossi poursuivi pour « destruction ou dégradation de biens privés ou menace », elle a été classée sans suite. Nabil Koskossi envisage de porter plainte pour dénonciation calomnieuse et diffamation. Le tribunal de Pontoise l'a informé que la plainte déposée par la ville de Sarcelles contre son association, le collectif des habitants de Garges-Sarcelles, avait été classée sans suite par le parquet : « infraction insuffisamment caractérisée ». Nabil Koskossi a déclaré : « Je peux enfin rétablir la vérité, se félicite le quarantenaire, enfant de Sarcelles. Pendant un an j’ai été sali, insulté. La justice montre que toutes ces accusations, totalement insupportables, sont infondées. Je suis venu sur place parce que les services de la préfecture me l’ont demandé. Afin de prévenir les gens que la manifestation n’aurait pas lieu, raconte Nabil Koskossi, également directeur du service jeunesse d’Argenteuil. J’ai toujours voulu respecter la loi ». Jean-Luc Nevache, préfet du Val-d’Oise, avait déclaré en 2014 : « La manifestation s’est tenue un quart d’heure puisque très rapidement, l’organisateur a demandé le respect de l’arrêté d’interdiction et la dissolution des manifestants ».
Député-maire de Sarcelles, François Pupponi  a exprimé son indignation : « Je suis sidéré de ce classement sans suite, et que cette personne [Nabil Koskossi, Nda], proche de certains réseaux, puisse être dégagée de toute responsabilité. Je ne céderai pas et j’irai jusqu’au bout. Il y a un décalage entre ce que l’on vit dans les quartiers et la manière dont certaines institutions gèrent le phénomène. Je suis sidéré que de tels individus aient la parole ouverte dans les médias ». Depuis "un an, l’élu n’a de cesse d’évoquer la responsabilité de l’ancien employé du service jeunesse de la ville de Sarcelles, lors des conseils municipaux ou sur sa page Facebook".
« Il fallait trouver un bouc émissaire. Quand on interdit une manifestation, on peut s’attendre à ce qu’il y ait des débordements. Là, la ville n’avait rien préparé du tout. Le maire a géré ça avec ses pieds et a tout fait pour trouver un responsable. Le maire n’a eu de cesse de violer la présomption d’innocence. Ces accusations vont continuer et il faut calmer ça dès maintenant. Nous envisageons de porter plainte pour dénonciation calomnieuse et diffamation », a déclaré Me Arié Alimi, avocat de Nabil Koskossi.
François Pupponi a interjeté appel de l'ordonnance de non lieu. Il « reste déterminé à ce que les émeutiers et les organisations qui ont appelé à manifester ne puissent, s’il y a lieu, fuir leurs responsabilités. J’ai demandé à mon avocat d’envisager le recours à la plainte avec constitution de partie civile […] permettant de désigner un juge d’instruction ». 


Visuels : © DR, Rue89.nouvelobs.com/, Europe-Israël, France 24
 
Publié le 14 juillet puis les 24 septembre 2014 et 6 juillet 2015, cet article a été actualisé au 20 août 2014.