Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 16 mai 2022

Des féminicides

Un féminicide est un crime visant une femme en raison de son appartement au sexe féminin. Arte diffusera le 17 mai 2022 à 21 h 50 « Tu m’appartiens ! Racines d’un féminicide » (Du gehörst mir! Das Muster der Frauenmorde) d’Ulrike Bremer.


Arte consacre un dossier au « fléau des féminicides ». « En France, 101 féminicides ont été commis en 2021. Autre information importante : près d'une femme sur cinq parmi les victimes avait déjà porté plainte pour des violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Alors même que les violences faites aux femmes ont été déclarées "grande cause du quinquennat" par le président Macron, il reste à faire en matière de prévention. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a d'ores et déjà annoncé le traitement prioritaire des plaintes pour violences conjugales et la désignation d'un officier spécialisé dans ces violences dans chaque commissariat et chaque brigade de gendarmerie. Dans ce dossier, retrouvez les reportages de la rédaction d'ARTE pour comprendre l'ampleur du phénomène, mais aussi les solutions proposées selon les pays. »

Source d'interrogation : la notion ambiguë de "féminicide" qui rompt l'unité de l'être humain exprimée par "homicide". Elle évoque fâcheusement le vocable "génocide" qui désigne l'extermination d'un peuple, et ne permet pas d'appréhender la réalité : une femme homosexuelle juive communiste assassinée, l'a-t-elle été pour son appartenance au sexe féminin, pour ses opinions politiques, son orientation sexuelle ou sa judéité ? Et ce vocable n'interdit-il pas parfois d'appréhender une réalité effroyable contrevenant au "politiquement correct" : les "crimes d'honneur" 
(Honor Killing? Car si le féminicide suscite l'opprobre et la condamnation de la famille de la victime ainsi que de la société, le crime dit d'honneur est rarement puni par la justice et est approuvé par la famille de la victime.

« Tu m’appartiens ! Racines d’un féminicide »
Arte diffusera le 17 mai 2022 à 21 h 50 « Tu m’appartiens ! Racines d’un féminicide » (Du gehörst mir! Das Muster der Frauenmorde) d’Ulrike Bremer.

« Quels mécanismes conduisent aux féminicides ? Que révèlent-ils de nos sociétés ? Tourné en France, en Allemagne et en Espagne, ce documentaire bouleversant donne la parole aux familles, amis et avocats de victimes de féminicides, mais aussi aux militantes et aux rescapées. » 

« À Hanovre, Vanessa a subi une attaque à l’acide de son ex-petit ami ; à Berlin, Rebeccah a succombé aux coups de couteau de son compagnon ; à Mérignac, près de Bordeaux, Chahinez a été brûlée vive par l’homme dont elle voulait se séparer... Partout en Europe, les féminicides se succèdent et se ressemblent ». 

« En Espagne, le gouvernement a créé des tribunaux spécialisés dans les affaires de violences sexistes. À Barcelone, à l’été 2021, un garçon de 2 ans, Léo, est tué par son père, lequel a cherché à se venger de la mère de l’enfant dans un contexte de divorce. Depuis cette affaire, le pays considère ce type d’infanticide comme un féminicide par procuration ». 

« En France, les violences faites aux femmes, déclarées "grande cause du quinquennat" par Emmanuel Macron, ne diminuent pas, et les défaillances de la justice continuent d’indigner la population. Près d’une femme sur cinq morte sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint avait ainsi porté plainte avant le drame. » 

« Outre-Rhin, le terme "féminicide" n’est pas encore véritablement entré dans le vocabulaire, et le fait qu’une femme ait voulu se séparer de son compagnon peut encore contribuer à atténuer la peine de l’homme devant un tribunal. »

« Ce documentaire bouleversant donne la parole aux familles, amis et avocats de victimes de féminicides, mais aussi aux militantes et aux rescapées ». 

« Dressant un constat inquiétant de la situation en France, en Allemagne et en Espagne, la réalisatrice Ulrike Bremer met en lumière, à travers ces témoignages, une mécanique infernale, reflet d’un profond dysfonctionnement de nos sociétés. »


Allemagne, France, 2022, 55 mn
Sur Arte le 17 mai 2022 à 21 h 50
Sur arte.tv du 17/05/2022 au 15/06/2022

Isabelle Huppert


Isabelle Huppert est une comédienne et chanteuse polyglotte française, distinguée par des Prix prestigieux, prisée de la critique, et à la carrière internationale. Arte diffusera le 16 mai 2022 à 20 h 50 
« Elle » de Paul Verhoeven puis à 22 h 55 « Isabelle Huppert, message personnel » (Isabelle Huppert - Leben für den Film) de William Karel.


Isabelle Huppert est née en 1953 dans une famille bourgeoise : son père est un industriel juif aux origines slovaques et alsaciennes - il s'était réfugié en Afrique du nord durant la Deuxième Guerre mondiale -, sa mère est professeur d'anglais. Isabelle Huppert est élevée dans la religion catholique.

Elle étudie le russe et des langues slaves, et parallèlement étudie l'art dramatique de l’École de la rue Blanche, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique (promotion 1975) où elle suit l'enseignement de Jean-Laurent Cochet et d'Antoine Vitez.

Dès le début des années 1970, elle est remarquée dans des téléfilms - 
Histoire vraie de Claude Santelli -, films pour le cinéma - Faustine et le Bel Été de Nina Companeez, César et Rosalie de Claude Sautet, Dupont Lajoie d'Yves Boisset, Les valseuses de Bertrand Blier, Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, Les Sœurs Brontë d'André Téchiné, et surtout La Dentellière de Claude Goretta - et pièces de théâtre.

Grâce à la directrice de casting Margot Capelier, elle entame une carrière internationale en tournant Rosebud d'Otto Preminger, La Dame aux camélias de Mauro Bolognini, La Truite de Joseph Losey...

Dans sa filmographie, citons : 
Loulou de Maurice Pialat, Sauve qui peut (la vie) et Passion de Jean-Luc Godard, Heaven's Gate de Michael CiminoLa Femme de mon pote de Bertrand Blier (1983), Sac de nœuds de Josiane Balasko (1985), Signé Charlotte de Caroline Huppert (1985). Coup de foudre de Diane Kurys, Violette Nozière, Une affaire de femmes et La Cérémonie de Claude Chabrol, Les Palmes de monsieur Schutz de Claude Pinoteau, La Pianiste de Michael Haneke, Copacabana de Marc Fitoussi, Elle de Paul Verhoeven.

Isabelle Huppert a reçu notamment le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes (1978, 2001), le Golden Globe de la Meilleure actrice dans un film dramatique (2017), deux César (1996, 2017)...

Au théâtre, Isabelle Huppert interprète des personnages de Shakespeare, Schiller, Woolf, Euripide, Ibsen, Marivaux, Claudel, Tourgueniev, Yasmina Reza, Heiner Müller, Genet, Tennessee Williams, dans des mises en scène signées par Robert Wilson, Claude Régy, Peter Zadek, Luc Bondy, Jacques Lassalle et Krzysztof Warlikowski.

Elle est l'épouse de Ronald Chammah, réalisateur et producteur français juif d'origine libanaise, avec qui elle a trois enfants, dont l'actrice Lolita Chammah.

En 2017, Isabelle Huppert confiait au Jewish Journal se sentir à moitié juive et adorer Israël, ce "merveilleux pays", où elle s'était rendue à quatre reprises, souvent pour y présenter ses films.

« Isabelle Huppert, message personnel »
Arte rediffusera le 16 mai 2022 
à 22 h 55 « Isabelle Huppert, message personnel » (Isabelle Huppert - Leben für den Film) de William Karel.

 « En extraits de films et d’archives qu’elle commente elle-même, Isabelle Huppert transmet sa vision et son amour du jeu. Un (auto)portrait à la fois pudique et intime, qui fait renaître derrière le monstre sacré les multiples visages de l’actrice. » 

« C’est l’hiver dans les jardins du Palais-Royal. À la journaliste qui l’interroge sur sa "plus grande ambition", la débutante rétorque en souriant : "Toutes." Premier ou second degré ? Malice ou rêverie ? Dans son gros gilet de laine, avec ses joues rondes et ses cheveux blond-roux, cette Isabelle Huppert à peine sortie de l’adolescence possède déjà l’art de se tenir à distance, tout en restant vigoureusement présente. Son mystère, son ironie, son intensité ont marqué un demi-siècle de cinéma, dans une extraordinaire filmographie de près de cent cinquante œuvres. On les retrouve avec bonheur au fil des vingt extraits de films qu’elle a choisis pour composer avec William Karel cet (auto)portrait mosaïque, entremêlés d’archives (films de famille, entretiens) et commentés par elle-même, de Malina, de Werner Schroeter, qui sert de fil rouge à ce "message personnel" adressé au spectateur, à Elle, de Paul Verhoeven, en passant par Les valseuses, La dentellière, Violette Nozière, La porte du paradis, Loulou, Sauve qui peut (la vie), La cérémonie ou La pianiste… Ce tourbillon de visages et d’histoires, qu’elle émaille de ses souvenirs et de la perception de son métier, installe peu à peu avec l’actrice une intimité d’autant plus émouvante que ses incarnations successives font palpiter en nous de bouleversantes réminiscences de cinéma. »

« Par le montage s’esquisse ainsi une biographie atypique, entre allégorie cinématographique et réflexion sur l’art, ou peut-être "l’artisanat" des comédiens, dit-elle en citant une phrase glissée par Yves Montand sur le tournage de César et Rosalie. Y sont évoqués Claude Chabrol, Michael Haneke, Jean-Luc Godard, Maurice Pialat, Benoit Jacquot ou Michael Cimino, comme le plaisir qu’elle a eu de tourner avec sa fille Lolita Chammah ou son rapport au théâtre – cet "art du faux", par opposition à "l’art du vrai" que serait, selon Bresson, le cinéma. Isabelle Huppert ne franchit pas pour autant la frontière qu’elle a toujours préservée entre "son occupation préférée", c’est-à-dire "faire des films", et sa personne privée. Mais l’ambivalente alchimie entre l’écran et la vie, qui fait la magie du septième art, porte de bout en bout ce voyage au plus près d’une femme qui entend "rester [elle]-même" dans chacun de ses rôles, et ne peut s’imaginer arrêter de jouer. "J’y pense souvent, s’amuse-t-elle. Mais je ne le ferai jamais."

"Isabelle Huppert par Carole Bellaïche"
La galerie XII Paris présente l'exposition "Isabelle Huppert par Carole Bellaïche". "
Dans le cadre de la sortie du livre Isabelle Huppert par Carole Bellaïche (Editions de La Martinière, 2019) Galerie XII Paris exposa une vingtaine de tirages emblématiques et inédits de la comédienne photographiée par Carole Bellaïche". 

En couleurs et en noir et blanc, vingt-sept ans de relations professionnelles et amicales entre la comédienne et la photographe complices.

"Par delà les commandes, ses projets personnels parlent du voyage, explorent les lieux qui l’inspirent, dirigent des mises en scène d’objets ou de personnages, sondent l’intimité. Largement diffusées dans les magazines, ses photographies sont aussi régulièrement exposées".

"Elles se sont rencontrées en 1994 aux Cahiers du Cinéma et ne se sont jamais quittées. Carole Bellaïche a photographiée Isabelle Huppert des centaines de fois depuis lors. Elles partagent depuis toujours cette relation singulière qui leur est apparue comme évidente lors de leur première rencontre. L’actrice est devenue au fil des années le «personnage principal» de la carrière de Carole Bellaïche, un leitmotiv dans son travail de photographe. Les portraits de Carole Bellaïche racontent l’instant présent, loin des codes du portrait traditionnel. La photographe capture des instants de vérité, résultant de la relation privilégiée qu’elle entretient avec son modèle."

"Depuis toutes ces années, je photographie toujours Isabelle Huppert, nous avons fait des dizaines de séances, des expériences, des photos en studio, des photos dans la rue et dans des cafés, des voyages, des moments importants, des photos de famille… etc. Chaque série montre un visage différent de l’actrice, elle se transforme, elle est une autre, elle nous échappe, mystérieuse et quotidienne, c’est là sa magie. [...] J’aime percer le mystère de la star, c’est une recherche qui me passionne. Qui est Isabelle Huppert, un mythe, une grande star de cinéma, une femme modèle", a écrit Carole Bellaïche.

« J’aurais envie de dire qu’avec elle, j’ai trouvé le modèle idéal : complice, joueuse et extrêmement présente. Une grande actrice, d’une rare singularité, qui ne se lasse jamais de ces moments de prises de vue, avec qui tout est possible, et qui par une étrange faculté change sans changer vraiment. » décrit-elle dans l’introduction du livre.

"Depuis toutes ces années, je photographie toujours Isabelle Huppert, nous avons fait des dizaines de séances, des expériences, des photos en studio, des photos dans la rue et dans des cafés, des voyages, des moments importants, des photos de famille… etc. Chaque série montre un visage différent de l’actrice, elle se transforme, elle est une autre, elle nous échappe, mystérieuse et quotidienne, c’est là sa magie. [...] J’aime percer le mystère de la star, c’est une recherche qui me passionne. Qui est Isabelle Huppert, un mythe, une grande star de cinéma, une femme modèle", a confié la photographe.

« La séparation »
Arte diffusa le 23 septembre 2020 « La séparation » (Trennung) de Christian Vincent.

« Malgré leurs résolutions, Pierre et Anne s’éloignent chaque jour un peu plus l’un de l’autre. La radiographie passionnée d’un couple en crise, doublée d’un magistral affrontement entre Isabelle Huppert et Daniel Auteuil ».

« Pierre et Anne vivent à Paris avec Loulou, leur fils chéri de 15 mois. Depuis quelque temps, Pierre trouve sa compagne acerbe, distante. Un soir, elle lui avoue qu'elle est en train de tomber amoureuse d'un autre homme. Pierre accuse le coup. Comme Anne, il espère qu'il s'agit d'une crise passagère à laquelle leur couple résistera. Mais insidieusement, leurs rapports se tendent et la faille se creuse. Dévasté, fou de jalousie, Pierre se montre agressif, ce qui hérisse encore plus sa femme ». 

« Du moment, tout sauf anodin, où Anne retire sa main de celle de Pierre au cinéma à la séparation effective, le film de Christian Vincent observe les mille et un détails qui sabordent un amour. Ceux-ci vont des petits accrochages du quotidien aux phrases assassines, en passant par les emportements machos auxquels Pierre, malgré ses idées larges, cède parfois. L'obstacle sur lequel bute ce couple parisien, qu'on qualifierait aujourd'hui de bobo, c'est aussi la morosité de l'âge adulte, l'embourgeoisement, la spontanéité perdue avec ceux qu'on aime. Plus passionnée que clinique, cette radiographie s’appuie sur des dialogues émouvants et fins, ainsi que sur la confrontation de deux acteurs éblouissants, Daniel Auteuil et Isabelle Huppert, que Christian Vincent semble se délecter à filmer en gros plan. Jérôme Deschamps, en confident aussi sympa que terre à terre, offre un réconfortant contrepoint ». 

« L'ivresse du pouvoir »
Arte diffusa le 20 septembre 2020 « L'ivresse du pouvoir » (Geheime Staatsaffären) de Claude Chabrol.
« Une juge enquête sur les malversations d’un grand groupe et s’enivre au contact du pouvoir... Claude Chabrol orchestre une jubilatoire chasse aux requins, avec Isabelle Huppert au harpon et le reste du monde à la magouille ». 
« Pour Jeanne Charmant-Killman, c’est la consécration. Les milliers de pages du dossier d’instruction monté contre le "Groupe" paient enfin : la pieuvre tentaculaire de la corruption et des prises illégales d’intérêts tremble et vacille. Le PDG, Michel Humeau, est mis en examen et son domicile, perquisitionné. Dans les hautes sphères et les alcôves du pouvoir, l’on ne reste pas sans rien faire. Chacun a touché sa part et chacun a quelque chose à perdre, d’autant que la juge d’instruction semble particulièrement pugnace. Si les bâtons dans les roues ne fonctionnent pas, une promotion fera peut-être l'affaire… » 

« Chabrol ne s’en cachait pas, il s’agit bien de l’affaire Elf, caricaturée ici par le maître satiriste, de la solitude de sa juge d’instruction Eva Joly aux implications embarrassantes pour les plus hautes sphères de l’État. D’ailleurs, le carton d’entrée du film nous prévient, avec toute l’ironie mordante du réalisateur : "Toute ressemblance avec des personnalités existantes serait, comme on dit, fortuite." Autour d’Isabelle Huppert, magistrale en enquêtrice acharnée qui prend un malin plaisir à humilier les oppresseurs d’antan, mais aussi broyée par son obsession de justice et de reconnaissance, Claude Chabrol scrute le lac aux requins où chacun cherche à sauver sa peau, ainsi que l’étouffante ingéniosité de l'élite en place pour conserver, coûte que coûte, ses privilèges. Comme le dit un sénateur mouillé jusqu’aux yeux, entre la poire et le fromage (de luxe) : "Je crois que notre système a bien tenu." Allez prouver le contraire… »

« Elle »
Arte diffusera le 16 mai 2022 à 20 h 50
 « Elle  » de Paul Verhoeven.
« Violée par un homme cagoulé, Michèle réagit à sa manière à cette épreuve... Entre farce amorale et thriller vénéneux, un sulfureux portrait de femme signé Paul Verhoeven, avec Isabelle Huppert, époustouflante, entourée de partenaires de choix (Laurent Lafitte, Anne Consigny, Charles Berling...). » 
« Michèle a été frappée et violée par un homme cagoulé qui a fait irruption chez elle. Se refusant à porter plainte, elle se contente de changer les serrures de sa maison, de réaliser un test de dépistage du VIH et de cacher, dans un premier temps, l’agression à ses proches. Femme d’affaires, dirigeant une maison d’édition de jeux vidéo avec son amie Anna, elle poursuit son activité sans rien laisser paraître et fait face avec froideur aux événements qui se bousculent dans sa vie : la demande de libération de son père, emprisonné depuis les années 1970 pour avoir massacré, dans un accès de folie, 27 personnes quasiment sous ses yeux ; la quête de jouvence de sa mère au bras de jeunes amants ; la nouvelle relation de son ex-mari, écrivain fauché, avec une jolie prof de yoga ; la future paternité de son fils immature ; sa liaison sans passion avec l’époux d’Anna… Tandis qu’elle reçoit des messages menaçants et qu’un rôdeur a été repéré dans leur quartier, Michèle se rapproche de ses voisins, Rebecca et Patrick. »
« Des éclats de verre et des cris terribles sur fond noir, les yeux d’un chat, puis un corps à moitié dénudé, ensanglanté, gisant sur le parquet… D’abord rejouée sous forme de rémanence du choc, cette scène d’une rare violence se mue, avec la dissipation du mystère sur l’identité du violeur, en rituels inquiétants, à travers lesquels Michèle prend les rênes de leurs fantasmes communs ». 
« Si Paul Verhoeven (Basic Instinct, Black Book), qui adapte ici le roman de Philippe Djian "Oh…", ménage un certain suspense, il n’en subvertit pas moins les codes du thriller, et la morale avec, pour signer le fascinant et dérangeant portrait d’une bourgeoise déviante, infusé d’une ironie qui penche du côté de la farce chabrolienne ». 
« Comme son regretté homologue français, le cinéaste néerlandais a trouvé en Isabelle Huppert une interprète inégalable. Sélectionné à Cannes et multirécompensé, Elle est tout entier habité par la maestria de l’actrice, qui donne corps à la perversité de son personnage avec une troublante ambiguïté ».


« Valley of Love »
Arte diffusa le 16 septembre 2020 « Valley of Love  » (Valley of Love - Tal der Liebe) de Guillaume Nicloux.

« Après le suicide de leur fils, une mère (Isabelle Huppert) et un père (Gérard Depardieu) se retrouvent dans la Vallée de la Mort à l’instigation du défunt. Par Guillaume Nicloux, une bouleversante ode à l’amour. »

« Séparés depuis de longues années, Isabelle et Gérard ont chacun refait leur vie. Se pliant à la lettre que leur a envoyée leur fils Michaël peu de temps avant son suicide, ils se retrouvent pour une semaine dans un motel californien de la Vallée de la Mort. Leurs retrouvailles ne vont pas de soi dans la chaleur écrasante, alors que les rancœurs et les incompréhensions ont miné leur relation. Malgré tout ce qui désormais les sépare, ils doivent se rendre ensemble chaque jour dans un lieu particulier du désert de Mojave, car le défunt le leur a promis dans sa missive : à un moment donné, ils se retrouveront. »

« Trente-cinq ans après Loulou de Pialat, Guillaume Nicloux (La religieuse) réunit Isabelle Huppert et Gérard Depardieu dans un road-movie intimiste où il explore les fragiles fondations du couple, le ciment des sentiments et les bourrasques du deuil ». 

« Suffoquant colosse aux pieds d’argile, Gérard affronte Isabelle, frêle roseau de certitudes pliant sous la tempête ». 

« De reproches en rapprochements, de défiance en confidences, les deux anciens amants refont le film de leur histoire, se racontent et s’apprivoisent à petits pas ». 

« Les paysages crépusculaires de l’Ouest américain, superbement filmés par Christophe Offenstein, récompensé aux César, les délicates mélodies du compositeur Charles Ives, et l’interprétation magistrale de ces deux monstres sacrés du cinéma français confèrent au film une dimension presque surnaturelle ». 

« Une ode bouleversante à l’amour, qui demeure vivant malgré les échecs du passé ».

« Madame Hyde »
Arte diffusera le 18 septembre 2020 « Madame Hyde » de Serge Bozon

« Frappée par la foudre, une timide prof de lycée s’en trouve étrangement ragaillardie. Une fable stylisée sur la pédagogie par le fantasque Serge Bozon, avec une Isabelle Huppert littéralement irradiante. » 

« Entre Mme Géquil, professeure de physique-chimie, et ses lycéens, le courant ne passe pas. Ses cours sont chahutés, souvent rendus ingérables par Malik, élève handicapé physique à la langue bien pendue. De plus, le proviseur ne la prend pas au sérieux et ses collègues la méprisent. Seul son mari la soutient et l’entoure d’un indéfectible amour. Un soir qu’elle travaille dans son labo, elle est frappée par la foudre et s’en trouve transformée, dotée d’une énergie nouvelle et d’étranges pouvoirs... »

« Isabelle Huppert telle qu’on ne l’a jamais vue : une apparition électroluminescente en survoltage après son foudroiement. La petite prof timide et dépassée a fait la bascule : sa personnalité s’affirme, son énergie se décuple et Mme Géquil/Hyde prend les problèmes (de physique-chimie ou des relations avec ses élèves) non plus à l’envers, mais à revers. Après Mods, La France, Tip top, le cinéma de Serge Bozon s’enrichit d’une originale variation sur le thème Docteur Jekyll et Mister Hyde : une fable sociale aux nuances de fantastique, de comédie et de burlesque. Avec son style si particulier, fantaisie permanente tissée d’inventivité visuelle et de ruptures stylistiques, le cinéaste livre une pensée régénérante sur l’éducation et la transmission. À noter les rôles drolatiques et touchants de Romain Duris en proviseur imprévisible et José Garcia en amoureux transi, puis décontenancé par les sorties nocturnes de son irradiante épouse. » 
  
« Eva »
Arte diffusa le 30 septembre 2020 « Eva » de Benoît Jacquot.

« La relation toxique entre un jeune gigolo, écrivain imposteur, et une prostituée de luxe... En adaptant, après Joseph Losey en 1962, le roman de James Hadley Chase, Benoit Jacquot réalise un film au charme vénéneux, avec Gaspard Ulliel et Isabelle Huppert. » 

« Jeune gigolo sans foi ni loi, Bertrand se retrouve propulsé dramaturge à succès après avoir volé le dernier manuscrit d’un de ses vieux clients écrivain, décédé sous ses yeux. Mais alors que son éditeur lui réclame une nouvelle œuvre, l’imposteur, bien incapable de la produire, va tenter de s’inspirer de sa liaison avec Eva, une mystérieuse et fascinante prostituée de luxe dont le mari est en prison et qu’il entreprend de conquérir, en marge de son mariage annoncé avec sa jolie fiancée ». 

« Infusée d’un parfum sulfureux, c’est une histoire noire de faux-semblants, un thriller psychologique où le mensonge, porteur de mystère, attise de sombres désirs et finit par échapper à son auteur. Lequel, narcissique, a le tort de s’imaginer grand manipulateur, à défaut d’écrivain, avant d’être sévèrement renvoyé à sa médiocrité. En adaptant, après Joseph Losey en 1962, le roman de James Hadley Chase, Benoit Jacquot met en scène une liaison toxique entre une prostituée qui assume et maîtrise le port de masques, et un homme aveuglé par ses troubles desseins. Joueur, Bertrand est un loser qui s’ignore. Face à ce courtisan plus jeune qu’elle, Eva, fardée sous sa perruque brune au carré de dominatrice, poursuit avec opiniâtreté un seul et simple objectif : faire libérer son mari. Et si son charme vénéneux opère auprès de ses clients fortunés, c’est bien elle l’auteure de la pièce de théâtre à l’œuvre, par sa capacité pragmatique à cloisonner fiction et réalité. Une fois encore, Isabelle Huppert excelle à incarner cette duplicité, quand Gaspard Ulliel promène son cynisme avec une parfaite désinvolture. »
  
« Cinéma : Isabelle Huppert est "Frankie"

« Isabelle Huppert est passée maîtresse dans l'art subtil de transmettre des émotions à travers le grand écran. C'est donc tout naturellement que le réalisateur américain Ira Sachs a choisi l'actrice française pour incarner sa délicate "Frankie", une actrice en fin de vie tiraillée entre ses doutes et ses forces. Le film a été projeté au Festival de Cannes en mai dernier. »


Du 15 novembre 2019 au vendredi 17 janvier 2020. Finissage de l'exposition le 18 janvier de 15 h à 18 h, en présence de la photographe.
A la galerie XII Paris 
14, rue des Jardins Saint-Paul - 75004 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 78 24 21
Du mardi au vendredi de 14 h à 19 h, le samedi de 12 h à 19 h, et sur rendez-vous
Visuels :
Le voyage au Brésil #2, 1994
24 x 30 cm / 9,4 x 11,8 in
30 x 40 cm / 11,8 x 15,7 in
60 x 80 cm / 23,6 x 31,5 in

Dans le métro #1, 2012
24 x 30 cm / 9,4 x 11,8 in
30 x 40 cm / 11,8 x 15,7 in
60 x 80 cm / 23,6 x 31,5 in

Une journée à la campagne #4, 2003
30 x 24 cm / 11,8 x 9,4 in
40 x 30 cm / 15,7 x 11,8 in
80 x 60 cm / 31,5 x 23,6 in

« La séparation » de Christian Vincent
France, 1994
Auteur : Dan Franck
Scénario : Dan Franck, Christian Vincent
Production : Renn Productions, France 2 Cinéma, D.A. Films, C.M.V. Productions
Producteur/-trice : Claude Berri
Image : Denis Lenoir
Montage : François Ceppi
Musique : Renzo Rossellini
Avec Isabelle Huppert (Anne), Daniel Auteuil (Pierre), Jérôme Deschamps (Victor), Karin Viard (Claire), Laurence Lerel (Laurence), Louis Vincent (Loulou), Nina Morato (Marie)
Sur Arte le 23 septembre 2020 à 20 h 55
Visuels : © 1994 PATHE FILMS - FRANCE 2 C

« L'ivresse du pouvoir » de Claude Chabrol
 
France, Allemagne, 2005
Scénario : Odile Barski, Claude Chabrol
Production : Alicéleo, France 2 Cinéma, Ajoz Films, Integral Film
Producteur : Patrick Godeau
Image : Eduardo Serra
Montage : Monique Fardoulis
Musique : Matthieu Chabrol
Avec Isabelle Huppert (Jeanne Charmant-Killman), François Berléand (Michel Humeau), Patrick Bruel (Jacques Sibaud), Robin Renucci (Philippe Charmant-Killman), Marilyne Canto (Erika), Thomas Chabrol (Félix), Jean-François Balmer (Boldi), Pierre Vernier (Martino)
Sur Arte le 20 septembre 2020 à 20 h 55
Visuel : © PATHE FILMS - FRANCE 2 CINEM
    
« Madame Hyde » de Serge Bozon
Belgique, France, 2015, 92 min
Auteur : Robert Louis Stevenson
Scénario : Axelle Ropert, Serge Bozon
Production : Les Films Pelléas, ARTE France Cinéma, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, Frakas Productions
Producteurs : Philippe Martin, David Thion
Image : Céline Bozon
Montage : François Quiqueré
Musique : Benjamin Esdraffo
Avec Isabelle Huppert (Marie Géquil), Romain Duris (Le proviseur), José Garcia (Pierre Géquil), Adda Senani (Malik), Guillaume Verdier (Le stagiaire), Patricia Barzyk (La voisine), Belkacem Lalaoui (Belkacem)
Sur Arte le 18 septembre 2020 à 00 h 40
Disponible du 09/09/2020 au 16/09/2020
Visuel 
Romain Duris joue le rôle du proviseur dans le film de Serge Bozon " Madame Hyde"
© LFP – Les Films Pelléas 

« Elle » de Paul Verhoeven
Belgique, France, Allemagne, 2015, 124 min
Auteur : Philippe Djian
Scénario : David Birke
Production : SBS Productions, Twenty Twenty Vision Filmproduktion, France 2 Cinéma, Entre Chien et Loup
Producteurs : Saïd Ben Saïd, Michel Merkt
Image : Stéphane Fontaine
Montage : Job ter Burg
Costumes : Nathalie Raoul
Musique : Anne Dudley
Avec Isabelle Huppert (Michèle), Laurent Lafitte (Patrick), Virginie Efira (Rebecca), Anne Consigny (Anna), Charles Berling (Richard), Judith Magre (Irène), Christian Berkel (Robert), Jonas Bloquet (Vincent)
Sur Arte le 16 mai 2022 à 20 h 50
Disponible du 16/05/2022 au 22/05/2022

« Valley of Love » de Guillaume Nicloux
France, 2015
Scénario : Guillaume Nicloux
Production : Les Films du Worso, Thibault Grabherr/LGM Cinéma, Scope Pictures, France 3 Cinéma, DD Productions, Cinéfeel Prod
Producteurs : Sylvie Pialat, Benoît Quainon, Jean-Baptiste Dupont, Cyril Colbeau-Justin
Image : Christophe Offenstein
Montage : Guy Lecorne
Musique : Charles Ives
Avec Isabelle Huppert (Isabelle), Gérard Depardieu (Gérard), Dan Warner (Paul), Dionne Houle (la vieille dame), Aurélia Thierrée (Katherine), Derek Newman (Patron du bar)
Sur Arte le 16 septembre 2020 à 20 h 55
Disponible du 16/09/2020 au 22/09/2020
Visuels : © LE PACTE

« Eva » de Benoît Jacquot 
France, Belgique, 2017
Auteur : James Hadley Chase
Scénario : Benoît Jacquot, Gilles Taurand
Production : Macassar Productions, EuropaCorp, ARTE France Cinéma, NJJ Entertainment, Scope Pictures
Producteurs : Marie-Jeanne Pascal, Mélita Toscan du Plantier
Image : Julien Hirsch
Montage : Julia Gregory
Musique : Bruno Coulais
Avec Gaspard Ulliel (Bertrand), Isabelle Huppert (Eva), Richard Berry (Régis), Julia Roy (Caroline), Marc Barbé (Georges), Didier Flamand (le père de Caroline)
Sur Arte le 30 septembre 2020 à 20 h 55
Disponible du 23/09/2020 au 06/10/2020
Visuel : © Guy Ferrandis

France, Allemagne, 2019, 3 min
Journaliste : Bertrand Loutte
Disponible du 28/08/2019 au 30/08/2022

« Isabelle Huppert, message personnel » de William Karel 
France, 2020, 52 min
Sur Arte le 20 septembre 2020 à 22 h 45
Disponible du 13/09/2020 au 18/11/2020
Visuel : © INA

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Les citations sur les films proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 18 septembre 2020.

vendredi 13 mai 2022

« Le Louvre en musiques » de Christophe Maillet

 Arte diffusera le 15 mai 2022 à 18 h 45 « Le Louvre en musiques » (Die Musik des Louvre) de Christophe Maillet. « Le Louvre nous conte ses huit siècles d’histoire au son des airs qui y ont résonné ou qu’il a inspirés. Point d’orgue de cette exploration musicale, un concert d’exception donné par l’Ensemble Correspondances dans la salle des Caryatides. »


« Avant de devenir l’un des musées les plus prestigieux au monde, le Louvre fut un palais, écrin du pouvoir royal en même temps que lieu de vie, de fêtes et d'éblouissante création artistique. Son évolution architecturale intègre des agrandissements successifs ». 

« La forteresse médiévale édifiée par Philippe Auguste se transforme en palais Renaissance sous François Ier et Henri II, prolongé jusqu’aux Tuileries ». 

« Cette nouvelle résidence royale puis impériale, dotée de galeries supplémentaires sous Napoléon Ier puis Napoléon III, sera incendiée pendant la Commune de Paris ». 

« En huit siècles d’existence, cet édifice a inspiré d’innombrables musiciens de cour, devenant le théâtre de somptueux concerts et ballets entrés dans l’histoire ».
 
« On retient notamment les œuvres d’Antoine Boësset sous Louis XIII, l’extraordinaire "Ballet royal de la nuit" donné en 1654 au Petit-Bourbon (où un Louis XIV adolescent apparaît en soleil levant), les spectacles publics du Concert spirituel, qui réunissent aux Tuileries le Tout-Paris du XVIIIe siècle, ou encore, en 2008, la représentation de "L’oiseau de feu" de Stravinski sous la pyramide, avec Pierre Boulez à la baguette. »

« Explorant les salles, galeries et cours du célèbre monument, "Le Louvre en musiques" propose une balade musicale à travers les époques, des polyphonies médiévales jusqu’aux compositions classiques ou romantiques – qui entrent elles-mêmes en résonance avec les œuvres d’art exposées dans les galeries du musée ».

« Depuis plus de  huit siècles, le Louvre est un lieu d’inspiration et d’expression pour les plus grands compositeurs. Cette déambulation visuelle et musicale au cœur du plus grand musée du monde fait résonner les œuvres musicales avec l’histoire du lieu. L'Ensemble Correspondances interprète les célèbres ballets royaux dans la salle des Caryatides et nous rappelle ainsi que le Louvre fut d'abord un lieu de pouvoir et de fêtes ».
 
« Mais le documentaire fait avant tout la part belle à la musique baroque, à travers la captation d’un concert exceptionnel donné par l’Ensemble Correspondances, dirigé par Sébastien Daucé, depuis la salle des Caryatides : les instrumentistes et chanteurs y font résonner les plus beaux ballets royaux – compositions de Francesco Cavalli, Jean de Cambrefort, Jean-Baptiste Lully ou de Louis XIII lui-même, rythmant avec panache cet inspirant voyage à la croisée des arts. »


« Le Louvre en musiques » de Christophe Maillet
France, 2021, 44 min
Coproduction : ARTE France, Schuch Productions, Musée du Louvre, harmonia mundi 
Orchestre : Ensemble Correspondances
Sur Arte le 15 mai 2022 à 18 h 45
Disponible du 08/05/2022 au 10/12/2022
Sur arte.tv du 08/05/2022 au 10/12/2022
Visuels :
"Le Louvre en musiques", série documentaire proposant de mettre en situation des musiques tout en cheminant à travers les domaines artistiques associés à chacun des lieux, architecture, peinture, sculpture, théâtre, littérature... sans oublier l'histoire des compositeurs et des oeuvres.
© SCHUCH PRODUCTIONS