Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 26 avril 2018

Ronit Elkabetz (1964-2016)


Ronit Elkabetz (1964-2016), née dans une famille d'origine marocaine, scénariste, réalisatrice, et comédienne autodidacte israélienne vibrante, au jeu dramatique, intense et sobre, a poursuivi une carrière en Israël et en France. Le Design Museum Holon lui rend hommage dans l'exposition "Je t'aime, Ronit Elkabetz - Dreams from the wardrobe".

« Je suis en permanence à la recherche de mes racines. Je suis née de parents immigrés du Maroc. Mes fondements et ma culture sont pluriels, mais mon histoire, c'est Israël », avait déclaré Ronit Elkabetz.

Et d’ajouter : « Je n'ai jamais été attirée par les rôles de belle femme. Je suis attirée par la difficulté, la saleté, ce qui gratte, ce qui saigne… J'ai toujours voulu tenter des rôles extrêmes », a confié  Ronit Elkabetz.

Née dans une famille juive marocaine d’Essaouira, Ronit Elkabetz se destine au stylisme de mode.

Sans formation de comédienne, elle est choisie pour incarner le personnage principal dans Le Prédestiné, de Daniel Wachsmann (1990).

Le début d’une carrière israélienne - Eddie King de Giddi Dar (1992), Milim d'Amos Gitai (1996), Ben Gurion de Gil Levenberg (1997) - couronnée de succès et marquée par sa collaboration comme co-scénariste en 1994 à La Cicatrice de Haim Bouzaglo.

« En 1997, j'ai senti qu'un chapitre de ma vie se terminait. Il fallait que je quitte mon pays pour avancer. C'est comme si des inconnus me poussaient dans le dos », expliquait Ronit Elkabetz.

Elle s’installe en France où elle est recrutée par Ariane Mnouchkine comme… stagiaire/ femme de ménage dans la compagnie Le Théâtre du Soleil. Elle se fait remarquer dans un spectacle sur la chorégraphe Martha Graham – « C'est le rôle le plus difficile que j'aie incarné dans ma vie » - au Festival Off d’Avignon, ainsi que dans Ulysse ou le retour d'Ithaque de Botho Strauss d'après Homère, pièce mise en scène Jean-Louis Martinelli, et alterne tournages en Israël - Origine contrôlée d'Ahmed Bouchaala et Zakia Tahri (2001) - et en France.

Pour Mariage tardif (Hatouna Mehuheret) de Dover Kosashvili, elle est distinguée par le prix de la meilleure actrice au Festival international du film de Thessalonique 2001. Mon Trésor (Or), de Keren Yedaya est primé par la Caméra d’or à Cannes en 2004. La visite de la fanfare (Bikur Hatizmoret) d'Eran Kolirinrencontre un succès public en 2007.

En 2004, Ronit Elkabetz coréalise, avec son frère cadet Shlomi Elkabetz, Prendre femme (Ve'Lakhta Lehe Isha) avec Simon Abkarian et Gilbert Melki. Une version cinématographique de l’histoire de leurs parents. La première œuvre d’une trilogie qui se poursuit par Les Sept jours, sur une famille juive lors de la semaine postérieure à la mort de leur proche. Interprété par Simon Abkarian, Yaël Abecassis et Hanna Laslo, le film est sélectionné pour ouvrir la Semaine de la critique à Cannes en 2008.

En France, Ronit Elkabetz s’insère dans les univers d’André Téchiné pour La Fille du RER (2009), inspiré d’un fait divers, de Fanny Ardent, pour Cendres et sang (2010), et de Pascal Elbé pour Tête de turc (2010).

Guett (divorce religieux)
Après Prendre femme (Ve'Lakhta Lehe Isha, 2004) et Les sept jours (Shiv`ah, 2008), Le procès de Viviane Amsalem (2014) ou (Get - Der Prozess der Viviane Amsalem) « clôt avec force la trilogie réalisée par Ronit Elkabetz et son frère Shlomi Elkabetz autour de la condition de la femme en Israël », en particulier parmi les Israéliens pieux. En Israël, le courageux combat d'une femme en instance de divorce religieux (guet) contre le pouvoir patriarcal et religieux... Il s'agit aussi de l’ultime rôle de la vibrante Ronit Elkabetz, comédienne autodidacte israélienne, au jeu dramatique intense et sobre, disparue en avril 2016.

« Viviane, quadragénaire israélienne, veut divorcer d'Elisha, avec qui elle est mariée depuis plus de trois décennies. Elle a quitté le domicile conjugal mais n'est pas libre pour autant. Elisha refuse obstinément le divorce, et en Israël, seul le consentement des deux époux peut permettre à la séparation d'être prononcée. Très déterminée, Viviane doit se battre aussi contre les juges rabbiniques, seuls habilités à marier les Israéliens – et à les séparer. De reports d'audience en défections de son époux, les années passent et Viviane Amsalem ne parvient pas à se faire entendre. Elle est même obligée de réintégrer le foyer conjugal… »

Souvent vêtue de noir, Viviane Amsalem « devient l'archétype de l'épouse contrainte par les règles sociales et religieuses édictées par les hommes. Son désir de liberté mais aussi sa sensualité latente se heurtent inlassablement aux codes d'un pays patriarcal où les lois casher régulent jusqu'à l'intimité des femmes ». Tendue, Ronit Elkabetz alterne la retenue vibrante stupéfaire et l'explosion de colère.

La procédure s'étire sur cinq années. Les juges - tous trois des hommes, des rabbins imbus de leurs pouvoirs et partiaux - ne parviennent pas à comprendre pourquoi, après 20 ans de vie commune, Viviane Amsalem, coiffeuse diplômée, veut divorcer. Ils interrogent : "Est-il un bon mari ?" Devant eux, se succèdent les témoins de l'épouse et du mari Elishaï. Le film montre l'habileté de Shimon, frère du mari et rabbin, pour "retourner" le témoin de l'épouse, le frère de cette dernière. Se dessine progressivement le profil d'un couple attaché à la famille et qui communique rarement, par des cris, le portrait d'un mari ombrageux, indifférent, ne sachant guère exprimer son affection, "jamais content, distillant son venin" selon sa femme qu'il "refuse de voir heureuse". La prison n'infléchit pas le mari qui refuse de donner le guet à sa femme. Devant leur échec, les juges intiment au couple de quitter la salle du tribunal. Indifférents à la prison maritale dans laquelle le mari égoïste enferme son épouse, qu'il dit aimer, jusqu'à l'étouffer de douleur, la détruire. La procédure de divorce tourne au procès de Viviane Amsalem : a-t-elle été fidèle à son mari ? Avec quel homme a-t-elle été vue sur la terrasse d'un café ? Son avocat est-il amoureux de cette belle femme ? Après sa détention, le mari accepte de donner le guet à son épouse. Mais, devant les juges, au moment de prononcer les phrases de répudiation, il ne peut/veut plus accorder le guet. Excédés, les juges intiment l'ordre au couple et à ses avocats de quitter la salle d'audience. Viviane Amsalem explose d'indignation. La volonté de son mari a prévalu sur le tribunal rabbinique. Et, lors d'un tête-à-tête avec son épouse, la condition d'Elishaï Amsalem, non verbalisée, pour lui accorder la liberté, est acceptée par Viviane Amsalem : elle n'appartiendra à aucun autre homme.

« Pour symboliser l'enfermement de leur héroïne, les deux réalisateurs composent, entre les murs de la salle d'audience, un huis-clos hypnotique, dont les personnages, filmés en caméra subjective, ne semblent pouvoir s'échapper ». 

Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes en 2014, le film « marque la dernière apparition au cinéma de Ronit Elkabetz, disparue en avril dernier. Sa puissante composition d'une Viviane Amsalem en colère face à l'arbitraire des lois restera dans les mémoires ».

« Les textes traditionnels juifs ont beau définir la femme comme une « reine » ou comme une « femme d’excellence », ils ne conçoivent pas pour autant de véritable égalité entre hommes et femmes. La trilogie de nos films parle précisément de cela et explore la question du statut de la femme en général à travers la situation d’une femme en particulier (Viviane Amsalem), dont la famille a immigré depuis un pays arabe vers la société israélienne. Viviane aspire à être occidentale à tous points de vue et veut adopter la culture et le style de vie moderne. Mais pour son mari, il est un peu plus difficile de s’adapter à cette culture et, de là, naissent d’importantes tensions. À travers l’examen de ces tensions, les films analysent la place des femmes dans la société israélienne. Malgré les valeurs patriarcales, religieuses et orientales dans lesquels elle évolue, Viviane veut croire à ce que la société israélienne lui promet. À travers le rêve d’un monde nouveau, plus égalitaire, cette société se définit en effet comme une démocratie libérale au sein de laquelle tous seraient égaux. En fait, nous ne parvenons pas encore à créer cette réalité par des lois qui permettraient une égalité véritable ; alors, pour bien des gens, le conflit est permanent entre des repères anciens et des définitions nouvelles qui restent souvent théoriques. Mais ce que la société israélienne permet incontestablement, c’est le débat. S’y expriment les voix différentes, et certaines aspirent ouvertement à plus de liberté malgré le carcan d’un monde ancien », a déclaré Ronit Elkabetz

Et d'ajouter : [En Israël,] « j’ai reçu énormément de réactions. Les tribunaux rabbiniques sont un lieu fermé et tout s’y passe derrière des portes closes. Personne n’est en général témoin des débats qui s’y déroulent. Le film constitue donc une sorte de pass d’entrée particulier vers un monde méconnu. C’est la première fois dans l’histoire du cinéma qu’on peut y pénétrer et voir comment les choses se passent. Pour de nombreuses personnes, cette découverte fut un choc. Certains voulaient savoir si les choses se passent comme cela partout dans le monde ou seulement en Israël. D’autres avaient tout simplement du mal à croire que de telles choses pouvaient se produire dans un pays démocratique. Mais, en filigrane, le film ne parle pas que de la situation en Israël mais plus largement du statut des femmes à travers le monde, que ce soit dans des régimes patriarcaux et même des pays occidentaux où les femmes vivent encore des discriminations. Dans le monde juif, le refus de donner le gett est un phénomène qui touche beaucoup plus de gens qu’on ne le pense. Pendant de longues années, j’ai reçu des témoignages très semblables à celui de Viviane dans le film. À l’issue d’une projection récente en avant-première en Israël, de nombreuses femmes m’attendaient, toutes venues témoigner et me dire « c’est mon histoire… c’est l’histoire de ma sœur… c’est l’histoire de mon amie… Il est essentiel que, devant le tribunal, une femme ait au moins autant de droits que son conjoint. J’espère que ce film, réalisé avec mon frère Shlomi, va produire un bouleversement de conscience important pour la société israélienne. Et, qui sait… peut-être déboucher sur des changements très concrets ».

Copropriétaire française juive spoliée, Eva Tanger affronte aussi un divorce religieux soumis aux juges israéliens. Et ce, alors qu'elle n'a pas les moyens financiers pour assister aux audiences en Israël, ni s'y faire représenter.

Sous les grands rabbins de France et de Paris successifs, elle n'y a trouvé aucun soutien. Pas même la possibilité d'une vidéo audience via Internet au siège du Consistoire de Paris Ile-de-France.

Il était une fois
Réalisé par Yossi Aviram, le documentaire Il était une fois... « Le procès de Viviane Amsalem » (Es war einmal... « Get - Der Prozess der Viviane Amsalem ») retrace » la genèse et la fabrication du « Procès de Viviane Amsalem », à la fois histoire familiale et radiographie de la société israélienne » au travers du divorce religieux de l'héroïne, isolée.

« Entrouvrir les portes du huis clos, desserrer l'étreinte d'un drame étouffant, révélateur d'une tradition où les femmes, considérées comme une « possession » de leur mari, sont corsetées… Complément idéal du film de Shlomi et Ronit Elkabetz, ce quarantième documentaire de la collection « Un film et son époque » permet de replacer le combat engagé par le personnage de Viviane Amsalem dans le contexte d'une société israélienne tiraillée entre État et religion ». 

Par « leurs témoignages, les protagonistes du film, mais aussi des juristes, des philosophes et des militantes féministes mettent en évidence les archaïsmes et les contradictions d’un système patriarcal opprimant, lequel prive les femmes du droit même de divorcer ». Cependant, l'épouse peut refuser le divorce à son mari, mais les conséquences sont différentes. Les enfants de son époux ne seront pas alors considérés comme des bâtards. 

Mais, « en s'invitant dans les coulisses du film, ce documentaire en révèle aussi la dimension profondément personnelle. Pour écrire Le procès de Viviane Amsalem ainsi que les deux premiers volets de leur trilogie (Prendre femme et Les sept jours), Ronit Elkabetz et son frère Shlomi se sont inspirés de la vie de leur propre mère, séfarade marocaine exilée au Proche-Orient. Une évocation d'autant plus émouvante que Ronit et Shlomi entretiennent visiblement une relation fusionnelle, quasi gémellaire. Le documentaire prend alors la forme du portrait croisé d’un véritable couple de cinéma ».

Décédée en avril 2016 d’un cancer, Ronit Elkabetz, « plus célèbre actrice israélienne, y livre son ultime et bouleversant entretien ». Aucun rabbin orthodoxe n'est interviewé. Le documentaire élude la vraie question : qu'est-ce qu'un Etat juif ?

Prix de la meilleure actrice dans un second rôle à Ophir du cinéma pour Sh'Chur en 1994, Prix de la meilleure actrice au Festival international du cinéma indépendant de Buenos Aires pour Mariage tardif en 2001, Prix de la meilleure actrice au Festival international du film de Thessalonique pour Mariage tardif en 2001, Prix de la meilleure actrice au Mexico City International Contemporary Film Festival pour Mon trésor en 2004, Prix du public 6 pour Prendre femme à la Mostra de Venise en 2004, Golden Starfish Awards du meilleur film pour Guett au Festival international du film des Hamptons 2014… La carrière de Ront Elkabetz correspond à la dimension internationale du cinéma israélien dopé notamment par l’accord franco-israélien de coopération cinématographique signé en 2002.

Evolutions en Israël
En février 2016, la Haute Cour rabbinique a décidé de publier le nom - Oded Guez - et la photographie du mari refusant de donner le guet à son ex-épouse. En outre, le "Beit Din appelle la communauté à exclure Guez de toute vie sociale et surtout de la vie religieuse, de ne pas le faire monter à la Torah, ni même de l’inclure dans un minyan, dans la prière des fidèles de n’importe quelle synagogue en Israël et dans le monde juif. En d’autres termes, shaming de la rabbanout contre un mari récalcitrant". Les réseaux sociaux israéliensont diffusé le nom et la photo de ce mari. 

De plus, le grand rabbin d’Israël, David Lau, a refusé le chantage dans certaines divorces : il "a tranché dans une affaire de divorce qui durait depuis huit ans, imposant la remise du guetavant le règlement des questions financières". 

Le 14 novembre 2016, le ministère israélien de la Justice a annoncé que les maris juifs israéliens "qui refusent d'accorder le divorce religieux à leur femme" et les femmes juives israéliennes refusant d'accepter le guet "pourront désormais être poursuivis par la justice et encourront même des peines de prison ferme".

"Je t'aime, Ronit Elkabetz - Dreams from the wardrobe".
Le Design Museum Holon lui rend hommage dans l'exposition "Je t'aime, Ronit Elkabetz - Dreams from the wardrobe". The "collection, comprising 528 apparel items meticulously collected and stored in Tel Aviv and Paris over four decades, was donated by the Yashar and Elkabetz families to Design Museum Holon". 

 "I truly believe clothes have a spirit and a soul, so it's important to me to care for them and then let them go when the time comes. After they have travelled a long way with me, I allow them to continue on, like a story or a film that needs to go on with its own life". Ronit Elkabetz

Ronit Elkabetz (1964-2016) "was an Israeli and international icon, an actress, screenwriter and director as well as a social activist for women's rights in general and Mizrahi women in particular, and an artist's muse. In her work she combined center and periphery, fashion and art, Be'er Sheva, Kiryat Yam and Tel Aviv - Mogador, Paris, Israel and the world, creating characters that have been etched onto social and cultural consciousness."

"The exhibition Je t'aime, Ronit Elkabetz grew from research of Ronit Elkabetz's wardrobe. The collection, comprising upwards of 500 items meticulously collected and stored in Tel Aviv and Paris over four decades, was donated generously by the Yashar and Elkabetz families. Research into the items reveals a time capsule encompassing Elkabetz's life, allowing us a profound look into her existence, in dialogue with the world of cinema. Every garment contains story, memory, attribution. Items pristinely folded and bound in white silk paper, accompanied by hand-written notes as if anticipating this treasure being discovered at some later time, were found in her wardrobe. Each item signifies a milestone in Elkabetz's rich biography and together they make up a collection of considerable cultural-spiritual value."

"The exhibition invites viewers into a lucid dream following Ronit Elkabetz. The ravishing collection of garments she left behind has been reborn in the form of 90 ensembles, reassembled into scenes combining her clothes, sets and sound design, video art works and requisites, alongside the cinematic, theatrical and artistic productions that are the cornerstones of her biography."

"Garments in the exhibition signify the world Elkabetz created, visiblizing and fostering otherness in order to create new standards - to illuminate the other and make it visible and unforgettable. Elkabetz was simultaneously far from the fashion world and at its very center, creating new objects for the gaze. Under her hands, dress became a living performance, simultaneously representing how we are viewed and the way we view ourselves."

"Ronit Elkabetz's glittering ability to formulate dreams, identity and power through cloth was and continues to be a source of inspiration and power to women and men everywhere. Onscreen, onstage, on the red carpet and in her private life, she has allowed us to dream of another reality - and make it reality."

"Je t'aime, Ronit Elkabetz - Exhibition Catalogue". Curator and Catalog Editor: Ya'ara Keydar. Design: Kobi Franco and Zohar Koren. "The book, published with the opening of the exhibition, includes six original articles that were written especially for the Exhibition, and gathers pictures of Ronit Elkabetz from her cinematic career as an actress, screenwriter and director, along with personal photographs, professional images and modeling images - from the early 1990's and throughout her career. The articles that appear in the catalogue in Hebrew and English deal with cinema, fashion design, gender, feminism, politics and other subjects by looking at Elkabetz's extensive work and career. Among the articles: an article by curator Ya'ara Keydar, a personal biographical article by director Shlomi Elkabetz (Ronit's brother) and an article that includes Elkabetz's filmography written by Yigal Nizri. Additional writers: Zohar Elmakias, Shula Keshet and Raya Morag." From the catalogue : Dreams from Ronit Elkabetz's Wardrobe, by Ya'ara Keydar.

  
 Du 28 novembre 2017 au 28 avril 2018
Au Design Museum Holon
Pinhas Eilon St. 8. Holon, 5845400
Tel: +972 7 32151515
Lundi et mercredi de 10 h à 16 h. Mardi et samedi de 10 h à 20 h. Jeudi de 10 h à 18 h. Vendredi de 10 h à 14 h.
Visuels :
Photo: Shay Ben-Efraim
Upper Gallery

Photo: Shay Ben-Efraim
Upper Gallery (Dress: Vivi Bellaish)

Photo: Shay Ben-Efraim
Dr. Shulamit Katzman Gallery

Photo: Shay Ben-Efraim
Upper Gallery (Dress: Vivi Bellaish)

Le procès de Viviane Amsalem, par Ronit Elkabetz et Shlomi Elkabetz
Elzévir & Cie, France, Allemagne, Israël, 2014, 110 min
Image : Jeanne Lapoirie
Montage : Joëlle Alexis
Musique : Dikla, Shaul Bezer
Production : Elzévir & Cie, Deux Beaux Garçons Films, Riva Filmproduktion, ARTE France Cinéma
Producteur/-trice : Sandrine Brauer, Denis Carot, Shlomi Elkabetz, Marie Masmonteil
 Scénario : Ronit Elkabetz, Shlomi Elkabetz
Avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Menashe Noy, Sasson Gabay, Eli Gornstein, Gabi Amrani 
Sur Arte les 29 novembre à 20 h 55 et 6 décembre 2016 à 13 h 35

Arte, 2016, 52 minutes
Sur Arte le 29 novembre à 22 h 45

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur les films sont d'Arte. L'article a été publié le 29 novembre 2016.

Karl Marx (1818-1883)


Arte diffusera, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx (1818-1883), trois documentaires sur l’auteur de À propos de la question juive (1843) et du « Capital » (1867) : le 28 avril 2018, « Karl Marx - Penseur visionnaire » (Karl Marx - Der deutsche Prophet) par Christian Twente et « De Marx aux marxistes » (Karl Marx und seine Erben) par Peter Dörfler, et le 2 mai 2018 « Le phénomène Karl Marx » (Fetisch Karl Marx) par Torsten Striegnitz et Simone Dobmeier. 


Le 5 mai 2018, on célèbrera le bicentenaire de la naissance de Karl Marx ».


Juifs, judaïsme et Eretz Israël
Karl Marx est né en 1818 dans une famille allemande d’origine juive.

Né Herschel Marx Levi Mordechai, son père avocat, Heinrich Marx (1777-1838), était d’une lignée de rabbins juifs ashkénazes et de marchands propriétaires de vignobles dans la vallée de la Moselle. 

Grand-père d'Heinrich, Meier Halevi Marx assurait la fonction de rabbin à Trèves en 1723 et ses fils et petit-fils reçurent une éducation séculière.

Pour exercer son métier d'avocat, Heinrich Marx se convertit au protestantisme en 1816 ou 1817, et délaissa son prénom Herschel pour Heinrich. 
Mère de Karl Marx, Henriette Pressburg (1788-1863) venait d’une famille juive hollandaise. Fidèle au judaïsme, elle s’était convertie au luthéranisme en 1825, après le décès de son père, rabbin. Ses petits-neveux sont les frères Gerard Philips et Anton Philips, fondateurs de la société Philips à Eindhoven. 

En 1824, Karl Marx est baptisé dans le luthéranisme, et confirmé à l'église de la Trinité de Trèves en 1834. 

Appliquant la tradition juive, Heinrich Marx a donné à son fils le prénom de son grand-père, Karl Heinrich Mordechai.

En 1843, Karl Marx a écrit l’article « Sur la Question juive » publié en 1844 sous le titre Zur Judenfrage dans la revue Deutsch-Französische Jahrbücher. Une première esquisse de sa conception du matérialisme historique. 

Karl Marx y critique le livre La Question juive et l'article L'aptitude des juifs et chrétiens d'aujourd'hui à être libres de Bruno Bauer (1809-1882), philosophe, historien et disciple de Hegel. Bauer y évoquait les aspirations à l'émancipation politique des juifs de Prusse et prônait l’abolition de la religion afin d’accéder à l’émancipation politique. Prenant en exemple les Etats-Unis, Karl indique que même si ce pays n’a imposé, à la différence de la Prusse, aucune religion d’Etat, la religion y joue un rôle important. Il distingue l’émancipation politique de celle humaine.

Expressions de la « haine de soi » ? Certains passages de « Sur la Question juive » sont empreints de clichés anti-juifs associant les Juifs et l’argent : « Quel est le fond profane du judaïsme? Le besoin pratique, l'utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L’argent. Eh bien, en s’émancipant du trafic et de l’argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même… L'argent est le dieu jaloux d'Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister ».

Mais pour le professeur Iain Hamphsher-Monk, ce texte de Karl Marx doit être considéré, malgré ses maladresses, comme une défense des Juifs.

Karl Marx a poursuivi son analyse critique du judaïsme dans divers essais.

Karl Marx est né en 1818 dans une famille allemande d’origine juive.

En 1854, selon un article publié par le New York Tribune, les Juifs constituaient les deux tiers des habitants de Jérusalem, en Eretz Israël. L'auteur de cet article ? Karl Marx. "Oui, ce Karl Marx".

« À l'occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx, ce portrait très documenté donne la parole à plusieurs biographes (notamment Jacques Attali), ainsi qu’à des historiens et à des économistes, qui mettent en perspective sa vie et son œuvre, en pointant les fulgurances mais aussi les contradictions qui émaillent sa pensée ».

« Au printemps 1882, un an avant sa mort, Karl Marx bataille entre des voyages, une santé déclinante et la rédaction épuisante du deuxième tome du Capital, qui occupa les deux dernières décennies de sa vie ». 

« C’est ce point de départ qu’adopte ce documentaire-fiction élégamment interprété (avec Mario Adorf dans le rôle-titre), narré par Eleanor, la plus jeune des filles de Marx, qui contribua grandement à transmettre ses œuvres à la postérité ». 

Le « récit est émaillé d’épisodes du long et passionnant parcours du philosophe : il revient sur sa jeunesse romantique, son mariage avec la brillante aristocrate Jenny von Westphalen, sa fructueuse période d’exil à Paris – où il fait la rencontre déterminante de Friedrich Engels, avec qui il rédigera le Manifeste du parti communiste – puis ses années difficiles à Bruxelles et à Londres ». 

« Ce portrait très documenté donne la parole à plusieurs biographes (notamment Jacques Attali), ainsi qu’à des historiens et à des économistes, qui mettent en perspective sa vie et son œuvre, en pointant – avec près d’un siècle et demi de recul – les fulgurances mais aussi les contradictions qui émaillent sa pensée ».

Un « panorama historique du riche héritage de l’œuvre de Marx, à travers le destin des régimes qui se sont revendiqués du communisme (l'Union soviétique de Lénine, la Chine populaire, Cuba ou la RDA) mais aussi les mouvements étudiants de Mai 68 et les foisonnantes réflexions qui ont longtemps agité partis de gauche et organisations syndicales ».

Le « théoricien du capitalisme et de la lutte des classes, qui disait vouloir « transformer le monde », aurait-il pu prévoir à quel point son œuvre allait marquer le XXe siècle – et jusqu’à l’époque contemporaine ? » 

Le « documentariste Peter Dörfler entreprend un voyage de plus d’un siècle à travers les applications diverses des théories marxistes – entre les révolutions qu’elles ont inspirées et leur statut de référence théorique qui perdure jusqu’à nos jours ». 

« D'Athènes à Pékin, en passant par Berlin et Paris, ce panorama évoque le destin des régimes qui se sont revendiqués du communisme – l'Union soviétique de Lénine, la Chine populaire, Cuba ou la RDA – mais aussi les mouvements étudiants de Mai 68 et les foisonnantes réflexions qui ont longtemps agité partis de gauche et organisations syndicales ». 

« À l’ère de la mondialisation et des crises bancaires, les détracteurs du capitalisme financier ont remis au goût du jour les analyses de Marx ». 

« Jusqu'à quel point ses thèses sont-elles applicables au monde actuel ? »

« À l’heure du capitalisme mondialisé, l’auteur du « Capital » nous permet-il d’appréhender les réalités d’aujourd’hui ? Avec les éclairages de l'économiste Thomas Piketty et du philosophe Slavoj Zizek ».

« À l’heure du capitalisme mondialisé, alors même que nos sociétés sont de plus en plus prospères, surviennent de nouvelles formes d’exploitation et d’aliénation, tandis que les écarts de richesse continuent de se creuser ». 

Les « analyses marxistes peuvent-elle nous aider à appréhender la complexité du monde actuel, voire à le réinventer ? » 

« Ne place-t-on pas trop d'espoirs en Karl Marx, devenu aujourd'hui une icône ? » 

Des « économistes, dont Thomas Piketty, et des philosophes, dont le Slovène Slavoj Zizek, nous éclairent sur les conditions sociales qui ont donné naissance au Manifeste du parti communiste et au Capital, et les comparent aux réalités du XXIe siècle ». 

« À la lumière des crises passées du capitalisme, déjà prophétisées par Marx, pourra-t-on anticiper les soubresauts à venir ? »


« Karl Marx - Penseur visionnaire » par Christian Twente
Allemagne, 2018
Sur Arte le 28 avril 2018 à 20 h 50, le 2 mai 2018 à 9 h 25
Visuels : © MF Dobmeier, © Martin Christ

« De Marx aux marxistes » par Peter Dörfler
Allemagne, 2018, 53 minutes
Sur Arte le 28 avril 2018 à 22 h 20, le 2 mai 2018 à 10 h 55
Visuels : © Martin Christ, © Peter Dörfler

« Le phénomène Karl Marx » par Torsten Striegnitz et Simone Dobmeier
Allemagne, 2017, 52 minutes
Sur Arte le 2 mai 2018 à 22 h 20
Visuels : © MF Kerst, © MFF Striegnitz, © MF Dobmeier


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Les citations sont d'Arte.

Arménie 1915. Centenaire du génocide


L’Hôtel de Ville de Paris a présenté l’exposition Arménie 1915. Centenaire du génocide à l’occasion du centième anniversaire du génocide commis à l’égard des Arméniens. Cette exposition présentait « un état de nos connaissances sur cet événement marquant de l’histoire du XXe siècle, illustrant les violences de masse commises contre les populations civiles et leurs conséquences ». En éludant notamment la dhimmitude et le grand mufti de Jérusalem al-Husseini, alors officier dans l'armée ottomane. Le 24 avril 1915, sur ordre du ministre de l’Intérieur, Talât, les autorités ottomanes arrêtent 235 à 270 élites arméniennes, à Istanbul (Constantinople) et dans des villes de province. Ces hommes sont exécutés localement ou provisoirement internés à Çangırı et Ayaş, autour d’Ankara et de Kastamonu, puis tués. Ce "dimanche rouge" marque le début du génocide arménien.

Arménie 1915. Centenaire du génocide
« Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman. Stigmatiser, détruire, exclure »


« Les violences de masse perpétrées contre les Arméniens ottomans en 1915-1916 par le régime jeune-turc ont inauguré « le siècle des génocides », le XXe siècle, celui des deux guerres mondiales et des idéologies totalitaires ».
Ainsi débute le dossier de presse de cette exposition.

Non, le génocide des Arméniens n’a pas été le premier des génocides du XXe siècle.

Il a été précédé par le massacre ou génocide des Héréro et des Nama, dans le Sud-Ouest africain allemand (Deutsch-Südwestafrika, actuelle Namibie) dès 1904. Ordonné par le général Lothar von Trotha, ce massacre est qualifié de premier génocide du XXe siècle. Il s’est déroulé sur plusieurs années, dans le cadre de la  conquête d'un territoire africain par les troupes coloniales allemandes (1884-1911). Environ 80 % des autochtones insurgés et leurs familles - 65 000 Héréro et environ 20 000 Nama – ont été tués, internés dans des camps de concentration, où ils étaient tatoués « GH » (Gefangener Herero, prisonnier Héréro), ou de travaux forcés. Une partie a été victime d’expériences prétendument médicales.

Produite par la Ville de Paris et accueillie dans son Hôtel de Ville, l’exposition Arménie 1915. Centenaire du génocide a bénéficié du prêt exceptionnel de 350 documents photos et de 150 pièces prêtés par le Musée-Institut du Génocide Arménien et la Bibliothèque Nubar à Paris.

Elle « vise à présenter au grand public une synthèse des savoirs » actuels « sur ces violences extrêmes et leurs conséquences ».

Génocide
Les génocides constituent des « pratiques issues de la modernité considérées en leur temps comme un moyen radical de résoudre les questions de minorités, de purifier un pays de ses « ennemis intérieurs ». Ces violences de masse illustrent une époque marquée par les idéologies totalitaires et le nationalisme, qui ont été à l’origine des deux guerres mondiales ». Un peu rapide…

Le dossier de presse de l’exposition débute à la fin du XIXe siècle, sans évoquer la dhimmitude, le statut précaire des dhimmis – Juifs, chrétiens, etc. – sous domination islamique, et caractérisé par de fréquents massacres, spoliations, etc. Un statut évoqué par le réalisateur Elia Kazan dans America, America, dans lequel sont représentés des dhimmis grecs et arméniens vivant vers 1890 en Anatolie, leur peur, leurs divisions attisées par le pouvoir ottoman, etc. De même le rôle des dhimmis dans l’essor économique est occulté.

Le « génocide des Arméniens montre que le contexte de la Première Guerre mondiale et l’émergence d’un régime totalitaire, celui des Jeunes-Turcs, ont constitué les deux conditions dont le pouvoir avait besoin pour mettre en œuvre son programme génocidaire ».

A la charnière des XIXe et XXe siècles, les Arméniens « sont principalement concentrés dans les six provinces orientales de l’Empire ottoman, leur terroir ancestral, ainsi qu’à Constantinople et dans les principales villes d’Anatolie. C’est ce monde vivant qui va subir des massacres dès 1895, puis en Cilicie en 1909, avant d’être définitivement éradiqué en 1915 ».

De « 1908 à 1918, l’Empire a été dirigé par le Comité Union et Progrès. L’efficacité de son programme génocidaire a largement été déterminée par l’association de l’État-parti avec les notables locaux, les cadres religieux et les chefs tribaux ».

A son arrivée au pouvoir en juillet 1908, le Comité Union et Progrès (CUP) « hérite d’une situation catastrophique et d’une image de l’Empire ottoman dégradée. En effet, les massacres organisés contre les Arméniens sous le règne du sultan Abdülhamid II en 1894-1896 ont beaucoup contribué à révéler la nature tyrannique du régime impérial et ses pratiques à l’égard des minorités non musulmanes. Pour les unionistes une décennie plus tard, ces violences pré-génocidaires ont probablement constitué la première étape de l’élimination d’une communauté stigmatisée comme étrangère car n’appartenant pas à la communauté des croyants.

« L’idéologie dominante, le darwinisme social, partait du postulat que le Comité avait pour mission de régénérer la « race turque » et de lui faire retrouver les vertus des ancêtres. Ce parti a pourtant suscité bien des espoirs en accédant au pouvoir. Entre la révolution jeune-turque et le coup d’État du 25 janvier 1913 qui instaure un parti unique, laissant les mains libres au Comité Union et Progrès, les crises internes et externes se sont multipliées et ont contribué à la radicalisation de la direction du parti-État ».

La « guerre constitue la première condition à la mise en œuvre d’une politique systématique d’extermination. Elle permet notamment la mobilisation, dès le début d’août 1915, des Arméniens âgés de 20 à 40 ans, autrement dit des « forces vives » arméniennes, neutralisées. Le projet d’homogénéisation ethnique de l’Asie Mineure, caressé par les chefs du CUP, a alors pris la forme d’une entreprise d’extermination des Arméniens et des Syriaques ».

« L’offensive ottomane sur le front caucasien, en décembre 1914, est accompagnée, sous couvert d’opérations militaires, de massacres localisés, en particulier dans la région d’Artvin et tout au long de la frontière avec la Perse, où la population arménienne d’une vingtaine de villages est massacrée, de même qu’en Azerbaïdjan perse, où des contingents de l’armée ottomane, soutenus par des chefs tribaux kurdes, exterminent des villageois arméniens des plaines de Khoy, Salmast et Ourmia.

La « décision d’exterminer les Arméniens a été prise entre le 20 et le 25 mars 1915, au cours de plusieurs réunions du Comité central unioniste ».

« Dans le partage des tâches, la planification des déportations était assurée par le Directorat pour l’installation des tribus et des migrants qui a installé dès la fin août 1915 une sous-direction des déportés à Alep ; la police dressait les listes d’hommes à déporter ; la gendarmerie assurait l’« encadrement » des convois ; les services du Trésor s’occupaient de « gérer » les « biens abandonnés ».

« Sur ordre donné par le ministre Enver le 28 février, les dizaines de milliers de conscrits arméniens servant dans la IIIe Armée ont été désarmés et versés dans des bataillons de travail ou exécutés. En mai, les autorités internent et exécutent les hommes âgés de 16 à 60 ans ou optent, dans les districts à forte densité arménienne, pour la conscription des 16-19 ans et 41-60 ans, jusqu’alors épargnés. Ces hommes sont exécutés dans des endroits isolés ».

Le 24 avril 1915, « sur ordre du ministre de l’Intérieur, Talât, les autorités procèdent à l’arrestation des élites arméniennes, à Istanbul (Constantinople) comme dans les villes de province, marquant le début officiel du programme génocidaire. Ces hommes sont exécutés localement ou momentanément internés à Çangırı et Ayaş, autour d’Ankara et de Kastamonu, avant d’être assassinés ».

Le « génocide s’est opéré en plusieurs phases : l’élimination des conscrits ; l’élimination des élites ; l’élimination des autres hommes adultes ; la déportation des femmes et des enfants entre mai et septembre 1915 ; l’internement des survivants dans des camps de concentration du désert syrien, fermés à l’automne 1916 ».

« La vengeance des Arméniens. Le procès Tehlirian  », documentaire de Bernard George soulignait un fait majeur : des « bataillons de bouchers » sédentaires émanaient du Parti. Ces unités spéciales sédentaires, chargées du processus d'élimination, étaient composées de trois groupes : des tribus kurdes, des immigrants du Caucase et des Balkans, haïssant les chrétiens et ayant soif de vengeance, et des prisonniers de droit commun ou psychopathes, libérés des prisons où ils étaient détenus par le Parti du progrès ».

Après avoir subi des violences et atrocités, les « rescapés recensés à la fin de la guerre peuvent être classés en deux catégories principales : quelques milliers d’enfants et de jeunes filles enlevés par des tribus bédouines et récupérés après l’armistice d’octobre 1918 ; plus de cent mille déportés, surtout ciliciens, que les forces britanniques découvrent, dans un état indescriptible, lors de leur lente conquête de la Palestine et de la Syrie, dès la fin de 1917 et en 1918. On recense par ailleurs plusieurs dizaines de milliers de rescapés dans le Caucase et en Perse ».

À la fin de la Première Guerre mondiale, des dizaines de « refuges pour femmes et des orphelinats dispersés au Proche-Orient et en Grèce assurent la réhabilitation des rescapés qui constitueront la base de la diaspora en formation dans les années 1920, trouvant en France, et notamment à Paris, un de ses points d’ancrage ».

Le dossier de presse omet une des caractéristiques de ce génocide : le sort de femmes et enfants arméniens, convertis de force à l’islam, adoptés dans des familles turques ou kurdes, et devenus des « crypto-Arméniens  » ou  « restes de l’épée » (kiliç artigi), parfois qualifiés par les familles adoptives de djavours (infidèles) et dénommés par le journaliste arménien de Turquie Hrant Dink « âmes errantes ». Combien sont-ils, eux et leurs descendants ? Un sujet sensible pour de nombreuses familles, parfois tabou, notamment pour l’Etat turc qui veille sur son identité.

Entre 1922 et 1927, « environ 58 000 réfugiés arméniens débarquent à Marseille : certains transitent par des camps de fortune, comme le camp Oddo, le camp Hugo, le camp de Sainte-Marthe. D’autres vont s’établir ensuite dans les quartiers de la périphérie marseillaise, à Saint-Julien, Saint-Loup, Saint-Jérôme, Saint-Antoine et Sainte-Marguerite, ou au-delà à Martigues, Gardanne, Uzès, Avignon ».

D’autres vont remonter la vallée du Rhône pour se fixer à Bollène, Aubenas, Privas, Valence, Romans, Grenoble, et autour de Lyon, à Vienne, Décines, Pont-de-Chéruy, Villeurbanne, etc. La région parisienne attire également une partie de ces réfugiés qui s’installent dans la petite couronne, à Alfortville, Gentilly, Issy-les-Moulineaux, Arnouville et, à Paris, dans les quartiers de Belleville et de Cadet.

Parmi ces descendants de survivants, Paul Kieusseian, victimologue, et Loïc Ohanian, podologue, fondateurs en 1992 de Sassoun, association arménienne d’amitié entre les peuples Juifs et Arméniens,  et qui apporte son soutien indéfectible à l’Etat d’Israël.

Autre omission dans cette exposition : le grand mufti de Jérusalem al-Husseini, alors officier dans l'armée ottomane

CHRONOLOGIE

• "2 août 1914
Signature de l’accord secret d’alliance entre l’Empire ottoman et l’Allemagne.
2 novembre 1914
Entrée en guerre de l’Empire ottoman aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.
4 janvier 1915
Défaite de la IIIe Armée ottomane à Sarikamich contre les forces russes.
25 février 1915
Les conscrits arméniens de la IIIe Armée ottomane sont désarmés et versés dans des bataillons de travail ou exécutés.
20 avril 1915
Les deux quartiers arméniens sont attaqués par la troupe et des miliciens : l’autodéfense de la ville de Van commence.
24 avril 1915
Plusieurs centaines de membres des élites arméniennes sont arrêtées à Constantinople et dans les villes de province et déportées.
Mai 1915
Les hommes adultes des six provinces orientales sont arrêtés et exécutés.
Juin-Septembre 1915
1 040 000 femmes, enfants et vieillards sont déportés vers les déserts de Syrie en 306 convois.
Ces marches de la mort font plusieurs centaines de milliers de victimes.
Octobre 1915-Novembre 1916
Les déportés parvenus en Syrie sont versés dans une vingtaine de camps de concentration.
Mars 1916
Les autorités décident de liquider les 500 000 déportés encore présents dans les camps.
Juillet-Novembre 1916
Les camps de concentration sont fermés et les derniers déportés poussés au cœur du désert, à Der Zor. En quelques mois, 197 250 Arméniens sont exécutés dans la vallée proche du Khabour".


PORTRAITS CROISÉS

Mehmed Talât (1874-1921), "chef du Comité central unioniste, et Krikor Zohrab (1860-1915), juriste de renom, « étaient des amis et dînaient souvent ensemble. L’un était le chef du Comité central jeune-turc et ministre de l’Intérieur, l’autre une figure emblématique des cercles arméniens, avocat, député au parlement ottoman, écrivain de talent. Alors que les élites arméniennes avaient déjà été arrêtées et les déportations entamées, Mehmed Talât et Krikor Zohrab se rencontrent en soirée, le 2 juin 1915, au Cercle d’Orient, haut lieu de rendez-vous des élites ottomanes dans le quartier de Péra à Constantinople. Ils y font une partie de tavlou (sorte de jacquet oriental) à l’issue de laquelle les deux hommes se quittent, vers minuit. Dans l’heure qui suit, Krikor Zohrab est arrêté chez lui par les policiers aux ordres de son ami et déporté : il sera assassiné par un cadre militaire du parti, Çerkes Ahmed, quelques semaines plus tard, la tête fracassée, sur la route entre Ourfa et Diyarbékir où on l’escortait officiellement pour être traduit en justice.

Cette photographie prise à Marach résume parfaitement la situation des Arméniens ottomans au printemps 1915. Les hommes représentés sur le registre inférieur du document sont des habitants de la ville arménienne de Zeytun, réputés pour leur courage et leur indépendance d’esprit. Ils ont à plusieurs reprises tenu tête aux forces ottomanes qui avaient tenté d’investir leur nid d’aigle, en 1863, puis en 1895 lorsque des irréguliers ont attaqué la ville.

Au printemps 1915, leur réputation est telle qu’ils sont les premiers visés par le programme génocidaire. Les autorités prennent pour prétexte la résistance d’une quinzaine de déserteurs originaires de la ville, retranchés sur les hauteurs, pour faire investir la ville par plusieurs brigades de la IVe Armée ottomane. Le commandant de cette armée, Ahmed Ce mal, a demandé au chef religieux des Arméniens de Cilicie, le catholicos Sahag II Khabayan, d’écrire aux notables de la ville, dont bon nombre sont sur cette photographie, pour qu’il leur demande de se soumettre aux ordres des autorités. Ce mal menaçait, dans le cas contraire, d’exterminer tous les Arméniens de Cilicie. Ces hommes se sont soumis à ces ordres et ont été déportés.

Ils sont photographiés ici à Marach, sur le chemin de la déportation, avec sur le plan supérieur les autorités civiles et militaires de la ville, ainsi que ses notables turcs.

Victimes et bourreaux sont réunis sur cet unique document. Les premiers seront massacrés quelques jours plus tard".

Le 18 août 2015, à 20 h 35, LCP (La Chaîne parlementaire) diffusa un documentaire de Laurence Jourdan sur le génocide ayant visé les Arméniens : "Le génocide arménien a coûté la vie à plus d’un million d’Arménien. Il y a 100 ans, le 24 avril 1915, l’arrestation de plus de 600 notables et intellectuels Arméniens, lors d’une rafle ordonnée à Constantinople par les nationalistes Jeunes-Turcs, alors au gouvernement dans l’Empire Ottoman, scellait le destin des deux tiers des Arméniens d’Anatolie. Entre un million et un million et demi d’Arméniens, accusés de complot au profit des Russes, alors que la Turquie venait de s’engager dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, ont été victimes entre 1915 et 1916 d’une politique de déportations et de massacres. Ce film raconte cette page de l’Histoire, en replaçant les faits dans le contexte géopolitique complexe du début du siècle. Par le biais de documents d’archives et les témoignages disponibles des différents acteur s et/ou témoins de cette tragédie, ce documentaire revient sur l’origine, la nature et les enjeux du génocide arménien".

Toute l'Histoire diffusa les 20 novembre à 20 h 45, 22 novembre à 17 h 28, 23 novembre à 12 h 32 et 25 novembre à 23 h 15 Aghet 1915, le génocide arméniendocumentaire de Eric Friedler  (2010, Allemagne, 90 minutes) avec Martina Gedeck, Sandra Hüller, Sylvester Groth : "En arménien, le mot aghet signifie catastrophe. Cette catastrophe, c'est celle du massacre d'un million et demi d'Arméniens entre 1915 et 1918, dans l'Empire ottoman. Mais la Turquie d'aujourd'hui refuse toujours de reconnaître sa responsabilité dans ce que les historiens sont presque unanimes à qualifier de génocide. Le président turc Erdogan déclare avoir encore besoin de preuves. Et même si l'on commence, timidement, à oser aborder publiquement le sujet dans le pays, ceux qui s'opposent à la version officielle risquent gros".

Lors de sa visite en Arménie, le pape François a reconnu le 25 juin 2016, dès le premier jour de son séjour, le génocide commis à l'égard des Arméniens. "Je prie ici pour que plus jamais de telles tragédies ne se passent", a déclaré François, en se recueillant avec le président Serge Sarkissian, devant la flamme perpétuelle du Mémorial du génocide arménien à Tzitzernakaberd. 

Après avoir déposé une couronne de fleurs, il "est descendu quelques marches jusque dans une cour intérieure ronde entourée de douze stèles géantes de basalte inclinées qui représentent les douze provinces où les Arméniens avaient enduré sous l'Empire ottoman les grands massacres en 1915-1916". 

« Cette tragédie, ce génocide, a marqué malheureusement le début de la triste série des catastrophes immenses du siècle dernier », a aussi déclaré le pape devant le président Serge Sarkissian et les politiciens arméniens. Le pape a évoqué « la tragédie » et l'effroyable et folle extermination » subies par les Arméniens sous l'Empire ottoman entre 1915 et 1917, avant d'inviter « les peuples arménien et turc à prendre le chemin de la réconciliation ».

"Le pape avait déjà évoqué un génocide en avril 2015 au Vatican, provoquant la colère d'Ankara et le rappel de son représentant au Saint-Siège durant près d'un an. 

Une "étole rouge sur les épaules, au milieu des évêques de l'Église apostolique arménienne vêtus de noir et portant une capuche de même couleur, le pape a écouté très concentré les chants d'un chœur de femmes puis un groupe de flûtistes. L'assemblée a entonné le chant religieux arménien "Hrashapar" ("Miraculeux"). Un évêque a lu un épître : "Vous avez dû supporter un grand combat" et le pape a prononcé une prière d'intercession. Il s'est rendu ensuite en voiture découverte dans les jardins où il a arrosé un arbre en signe de paix et de renaissance, puis s'est assis à une table en plein air, sur laquelle était ouvert un grand livre d'or. "Je prie ici, avec la douleur au cœur, pour que plus jamais de telles tragédies ne se passent, pour que l'humanité n'oublie pas et sache vaincre le mal par le bien", a-t-il écrit dans son message. "Que Dieu protège la mémoire du peuple arménien ! La mémoire ne peut être étouffée ni oubliée ! La mémoire est source de paix et d'avenir !"

"Au loin, alors qu'une petite foule applaudissait, on distinguait le mont Ararat enneigé, lieu symbolique de la culture chrétienne arménienne, où se serait posé selon la légende l'Arche de Noé, et situé aujourd'hui en Turquie".

La Turquie a qualifié de « très malheureux » les propos du pape François nommant le génocide en Arménie sous l'Empire ottoman. Elle considère que ces propos relèvent de « la mentalité des croisades ». « Ce n'est pas un point de vue objectif qui correspond à la réalité. On peut voir toutes les marques et les reflets de la mentalité des croisades dans les propos du pape », a affirmé le soir-même le Premier ministre adjoint Nurettin Canlikli, selon l'agence turque d'information Anadolu. 

Le pape François « ne fait pas de croisade » ni ne s'est exprimé contre la Turquie « dans un esprit de croisade », a réagi le porte-parole du Vatican. « Si l'on écoute le pape, il n'y a rien (dans ses propos) qui évoque un esprit de croisade. Sa volonté est de construire des ponts au lieu de murs. Son intention réelle est de construire les fondations pour la paix et la réconciliation. François a prié pour la réconciliation de tous, n'a pas prononcé un mot contre le peuple turc. Le pape ne fait pas de croisade, ne cherche pas à organiser de guerres », a affirmé lors d'une conférence de presse le père Federico Lombardi à Erevan. 

La "reconnaissance du génocide arménien par les députés du Bundestag, le 2 juin 2016, avait déjà provoqué la colère de Recep Tayyip Erdogan qui avait prévenu que cela allait « sérieusement affecter les liens turco-allemands ».

TEMOIGNAGES

ARCHAG VRAMIAN, député de Van [1912]
« Personne ne songe à la partition de la Turquie. Cela serait une stupidité, non pas parce que nous n’en sommes pas capables, mais parce que nos intérêts sociaux-économiques l’exigent. Les Turcs ne comprennent pas la fédération que nous réclamons et voient en elle du séparatisme. Il est indispensable de les convaincre et de faire comprendre aux Turcs que cela est le seul moyen de [conserver] l’intégrité de la Turquie. »

KUŞÇUBAŞIZÂDE EŞREF, directeur de l’O.S. au ministère de la Guerre [1919]
« L’Organisation spéciale était une boîte secrète qui est devenue l’édifice fondamental assurant la sécurité intérieure et extérieure de l’État ottoman. [...] Pour cela, elle disposait de ses propres cadres, d’uniformes, de trésorerie, de son chiffre, étant un État dans l’État. En assumant des missions qui dépassaient les limites normales, elle a acquis une personnalité morale. En poursuivant ses trois principaux objectifs, concrètement l’unification de la Turquie, l’union islamique et le panturquisme, l’Organisation a mis en œuvre la politique intérieure et extérieure de l’État. »

WINSTON CHURCHILL [1929]
« En 1915, le gouvernement turc commença et mena à bonne fin sans ménagements une œuvre infâmante, le massacre et la déportation générale des Arméniens d’Asie Mineure [...] La suppression de ce peuple sur la carte de l’Asie Mineure fut à peu près aussi complète qu’elle pouvait l’être à une aussi grande échelle [...] Il ne fait aucun doute que ce crime fut planifié et exécuté pour des raisons politiques. Une chance se présentait de purifier le sol turc d’un peuple chrétien opposé à toutes les ambitions turques. »

HALIL [MENTEŞE], ministre des Affaires étrangères [1930]
« J’ai été pris d’anxiété quand j’ai reçu ces télégrammes concernant les Arméniens.
Je n’ai pu dormir la nuit. Le coeur ne pouvait rester indifférent à cela. Mais si ce n’était pas nous, c’était eux qui allaient le faire. Naturellement, c’est nous qui avons commencé. Il s’agissait pour notre nation de la vie ou de la mort. »

DR. CLARENCE D. USSHER, La Défense héroïque de Van [1916]
« Avant le lever du soleil, le mardi 20 avril, nous entendîmes plusieurs coups de fusil dans la plaine de Varak. Ils furent suivis d’une fusillade. Pendant la nuit, les soldats turcs avaient occupé une ligne de tranchées près du quartier arménien d’Aykesdan (le Jardin). Deux d’entre eux s’étaient emparés d’une belle jeune femme, l’une de nos anciennes orphelines, fuyant avec ses enfants de Chuchantz vers la ville. Les soldats turcs tirèrent et tuèrent deux hommes arméniens qui couraient au secours de la jeune femme. Tout cela eut lieu devant les bâtiments de l’orphelinat allemand sous les yeux de Herr et de Frau Spörri. Ces quelques coups de feu avaient été le signal d’une fusillade des Turcs de tous les côtés et presque immédiatement Cevdet bey ouvrit des tirs d’artillerie sur le quartier arménien à Aykesdan et aussi sur le quartier arménien de la ville fortifiée ».

RAFAËL DE NOGALES, Massacres à Siirt
« Sur la route de Siirt, plusieurs officiers du bataillon de volontaires de Başkale me prirent à part et prirent le temps de m’expliquer, d’un air très satisfait, comment et quand les autorités à Bitlis avaient tout prévu, attendant seulement l’ordre final de Halil bey pour entamer les massacres les plus lâches de l’histoire de l’Arménie. 
Cédant à l’impulsion de la camaraderie, avec laquelle les Turcs m’avaient toujours traité - peut-être parce que j’avais appris leur langue - ces gars me conseillèrent même de me dépêcher si je voulais arriver à temps pour assister au massacre de Siirt qui avait à cette heure déjà dû commencer sous la direction de gouverneur général de la province, Cevdet bey ».

Jusqu’au 4 juillet 2015
À L’Hôtel de Ville
A la Salle des prévôts - Parvis de la Libération
Tous les jours, sauf dimanches et jours fériés, de 10 h à 18 h 30

Visuels
Une du Petit Journal, n° 1303 du 12 décembre 1915.
© Bibliothèque Nubar

Réfugiés arméniens de Kessab embarquant dans la baie de Bazit sur des chaloupes françaises pour rejoindre Le Michelet, avril 1909.
© Musée-Institut du Génocide Arménien

Escadron de Kurdes hamidiye qui jouèrent un rôle déterminant dans les massacres de 1895. CPA
© Michel Paboudjian

Réfugiés arméniens de Kessab sur la plage de la baie de Bazit attendant leur rembarquement sur le croiseur Le Michelet, avril 1909
© Musée-Institut du Génocide Arménien

Convois de déportés près de Suşehri, près de Zara, sur la route de Sıvas.
© Photographie Viktor Pietschmann, Naturhistorischen Museum, Vienne

Adana, avril 1909, quartier arménien incendié pendant les massacres.
© Société de Géographie, Paris

Réfugiés arméniens de Kessab embarquant dans la baie de Bazit sur des chaloupes françaises pour rejoindre Le Michelet, avril 1909.
© Musée-Institut du Génocide Arménien

Déportés arméniens regroupés dans la caserne ottomane d’Alep après le départ des troupes turques, en 1918.
© Bibliothèque Nubar

Convoi d’hommes adultes arméniens extraits du Konak Rouge de Mezre sous escorte pour une destination inconnue.
© Pères Mékhitaristes de Venise

Arméniens de Zeytun déportés et momentanément emprisonnés à Marach.
© Musée-Institut du Génocide Arménien, Erevan

Carte
© DR

Affiche de W. B. King, collecte de fonds du NER au profit des réfugiés arméniens.
© Library of Congress

Ouvriers arméniens d’un atelier de montage de chaussures, à Belleville, c. 1926/1928.
© Bibliothèque Nubar

Mehmed Talât (1874-1921), chef du Comité central unioniste.
© Bibliothèque Nubar

Krikor Zohrab (1860-1915), juriste de renom.
© Michel Paboudjian

Articles sur ce blog concernant :
Les citations et les repères chronologiques proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 3 juillet 2015, puis les 18 août et 23 novembre 2015, 27 juin 2016.