vendredi 4 septembre 2015

« Spoliation Nazie. Trois chefs d'œuvre miraculés », d’Olivier Lemaire


Arte diffusera le 6 septembre 2015 « Spoliation Nazie. Trois chefs d'œuvre miraculés », d’Olivier Lemaire (Nazi Beutekunst. Die wiedergefundenen Meisterwerke), d’Olivier Lemaire. Les Nazis ont volé 100 000 à 400 000 œuvres d’art en Europe. Ce documentaire s’attache au parcours de trois œuvres volées à leurs propriétaires Juifs - L'homme à la guitare de Georges Braque (collection Alphonse Kann), Soleil d’automne d’Egon Schiele (collection Karl Grünwald) et Femme assise d’Henri Matisse (collection Paul Rosenberg) - par les Nazis et restitués à ces collectionneurs ou à leurs ayants-droit.


Peintures, sculptures, dessins, livres… En Europe, les Nazis ont pillé les collections des galeristes, amateurs d’art, souvent Juifs, musées, etc.

Le nombre exact des œuvres d’art volées en Europe varie de 100 000 à 400 000. En France, on estime que 100 000 œuvres d’art ont été volées et un million de livres détruits.

L’organisme chargé de ce pillage ? L’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), ou Équipe d'intervention du Reichsleiter Rosenberg, dirigée dès 1933 par Alfred Rosenberg (1893-1946), architecte nazi et ministre du Reich aux Territoires occupés de l'Est. Spécialement créée à cet effet, cette agence faisait partie du bureau de politique étrangère du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, ou Parti national-socialiste des travailleurs allemands). : Hermann Göring, n° 2 du régime nazi, a aussi sélectionné parmi les œuvres d'art volées celles destinées à ses collections, ou à offrir au führer Adolf Hitler.

Le « circuit de spoliation nazi des œuvres d’art était proprement industriel. Alfred Rosenberg, conseiller artistique d'Hitler, avait pour mission de coordonner les milliers de pillages perpétrés en Europe puis de faire convoyer le butin à Berlin. Les œuvres maîtresses rejoignaient les bureaux et habitations des dirigeants de haut rang alors que le reste était stocké dans différents lieux ».

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, des œuvres ont retrouvé leurs propriétaires. En France, Rose Valland a joué un rôle important. Elle a contribué à préserver des œuvres du patrimoine national convoitées par les nazis, a recueilli des informations sur celles pillées dans les collections de Juifs français. A la Libération, elle a été chargée de retrouver et a permis le rapatriement en France et la restitution aux ayants-droit d’une partie de ces œuvres. La plaque apposée sur une façade du Jeu de Paume en hommage à Rose Valland commence à se dégrader : certaines lettres s'estompent. 

« Malgré la diligence d’organismes dévolus à leur restitution, des dizaines de milliers d’œuvres ont disparu ».

Au « fil des décennies, certaines d’entre elles ont ressurgi dans l’espace public, donnant lieu à des batailles en paternité ».

Divers musées ont rechigné à rendre des œuvres d’art à leurs propriétaires ou à leurs ayants-droit. Leur refus a induit de longs procès, rarement couronnés de succès. « L’affaire Klimt » (Stealing Klimt), documentaire passionnant de Jane Chablani et Martin Smith (2006) retrace le combat difficile, long - 50 ans - et victorieux de Maria Altmann, octogénaire Juive américaine d'origine viennoise, pour récupérer des biens familiaux, dont cinq tableaux de Gustav Klimt (1862-1918) - deux portraits de sa tante Adèle Bloch-Bauer et trois paysages (1900-1907) - ayant appartenu à son oncle, Ferdinand Bloch-Bauer, spolié en 1938 par les Nazis. La femme au tableau ("Woman in Gold”), film de Simon Curtis, fondé largement sur le livre The Lady in Gold d'Anne-Marie O’Connor, évoque le combat de Maria Altmann, interprétée par Helen Mirren, et de son avocat Me Randol Schoenberg joué par Ryan Reynolds. 

Pour évoquer « ce scandaleux pillage, ce documentaire retrace l’incroyable parcours de trois œuvres majeures ayant appartenu à des collectionneurs juifs, depuis leur spoliation par les nazis jusqu'à leur restitution : L'homme à la guitare de Georges Braque (collection Alphonse Kann), Soleil d’automne d’Egon Schiele (collection Karl Grünwald) et Femme assise d’Henri Matisse (collection Paul Rosenberg) ».

Détenu secrètement par Cornelius Gurlitt, ce tableau de Matisse a été découvert fortuitement.

On peut regretter qu’aucun visuel pour la presse ne concerne ces trois peintures d’art moderne, si méprisé par les Nazis.


2015, 55 min
Sur Arte le 6 septembre 2015 à 17 h 35

Visuels : © Archives du Ministère des affaires étrangères

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Les citations non sourcées proviennent d'Arte.

jeudi 3 septembre 2015

« Retour à Auschwitz » de Daniel Gauthier


La rencontre Mémoires Juives en Limousin se déroulera du 4 au 6 septembre 2015. C'est aussi dans le Limousin que se situe l'action du polar « Retour à Auschwitz » de Daniel Gauthier.


1989. Jeffrey Baron, étudiant américain, accompagne en Europe son grand-père, antiquaire à Peoria, Français installé depuis des décennies aux Etats-Unis. Mais, en Pologne, il ne se sent pas la force de se rendre à Auschwitz. Son Grandpa y va donc seul. Et en retourne bouleversé.

Leur voyage se poursuit en France, plus précisément dans la région de Limoges.

Là, Jeffrey découvre le manoir familial et des secrets enfouis. Secrets de familles. Secrets d’alliances tactiques sous l’Occupation. Secrets de la Shoah (Holocaust) décimant une famille Juive française et résistante, les Bloch. Secrets autour d’un meuble, un secrétaire Louis XVI, surgi d’un autre continent et d’un passé douloureux occulté.

Secrets aussi d’une région aux résistances diverses, notamment communiste - Georges Guingouin (1913-2005), valorisée et meurtrie par l’Histoire, et où la communauté juive, augmentée de coreligionnaires ayant fui Strasbourg, maintint sa spiritualité et son activisme.

Citons deux grandes figures Juives françaises : Robert Gamzon (1905-1961), fondateur des Eclaireurs et Eclaireuses Israélites de France, chef de la « Sixième » et du maquis « Marc Haguenau », puis créateur après guerre de l'école Gilbert Bloch d'Orsay. Et le grand rabbin Abraham Deutsch (1902-1992), rabbin de Bischeim, qui fonda un Petit Séminaire israélite à Limoges en 1942…

Sur un fond historique tragique, l’auteur noue la petite histoire à la grande, toutes deux entremêlées de politique. L’Occupation et la déportation, la Résistance et la délation, le sauvetage des Juifs et leur spoliation, des apprentis enquêteurs et des sauveteurs israéliens…

En un style vif et fluide, l’intrigue conjugue amour et vengeance, amitié et jalousie, de puissants moteurs du comportement humain. Réunit et sépare des couples. Se déplace du Limousin à Bordeaux.

Ce retour à Auschwitz marque un tournant pour les deux principaux protagonistes, ce grand-père ancien déporté et son petit-fils. Renforce leur relation scellée par un nouveau secret.

Un périple initiatique – sentimental, intellectuel -, qui bouleversera la vie de tous les personnages, masculins et féminins.

Après Cauchemar rouge – roman policier évoquant le terrorisme en France dans les années 1980 -, Daniel Gauthier a écrit un thriller au rythme soutenu mêlant humour et réflexions sur la vie, en le nourrissant de ses recherches documentaires, et en se plaçant dans la tradition du polar engagé.

Mémoires juives en Limousin ont eu lieu les 23 et 24 août à Chavanac (Corrèze) "sur le thème de la mémoire de la présence Juive en Limousin pendant la Deuxième Guerre mondiale : témoignages, conférences, présentation de films, exposition, concert".


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Daniel Gauthier, Retour à Auschwitz. Editions Amalthée. 324 p. 22 €. ISBN : 978-2-310-00528-9

Le premier chapitre est publié sur le site de l’auteur .

Daniel Gauthier a participé au 15e Salon des écrivains du B'nai B'rith à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris, 71, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Renseignements : 01-55-07-85-45

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Cet article a été publié le 12 novembre 2010, puis le 20 août 2014.

La musique yiddish à travers les partitions


La chanson occupe une place centrale dans la culture yiddish. En 2006, la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem à Paris a présenté l’exposition éponyme réunissant près de cent partitions de chansons yiddish. Cet article est republié pour les Journées Européennes  de la Culture et du Patrimoine Juifs en France (2, 6 septembre 2015).


La chanson occupe une place centrale dans la culture yiddish. Elle témoigne de l’histoire des communautés Juives d’Europe de l’Est, reflète fidèlement la vie Juive et présente des héros, grands ou modestes : enfant faisant sa bar-mitzva, tailleur, marieur, fiancés, rabbi, patriarches, et surtout la yidishe mame

« On chante dans tous les milieux et pour toutes les occasions. Qu’elle soit liturgique ou profane, la chanson accompagne les grands moments et le quotidien de chacun. Le chant est le moyen d’expression privilégié des milieux ouvriers, des petits métiers, des mouvements sioniste, traditionaliste et révolutionnaire. Les airs les plus joyeux se teintent du fait d’une abondance de tragédies d’une nuance de tristesse, d’une note introspective, de nostalgie  ».

Cette chanson yiddish gagne l’Amérique avec les immigrants. A New York, au début du XXe siècle, c’est en yiddish que l’on joue, danse et chante. C’est ce théâtre yiddish musical naissant qui va nourrir les comédies musicales de Broadway, permettant à de jeunes acteurs, dont certains deviendront célèbres, d’y débuter.

Das emese Yidishe harz (1906, 35 cm) est ainsi résumé : "The true Jewish heart; it's not in outward appearances, but in the soul, in true faith and love of God" ("Le vrai cœur Juif : il n'est pas dans des apparences externes, mais dans l'âme, dans une foi et l'amour de Dieu véritables") de "The quiet/secret wedding." (Source: Heskes, Irene, Yiddish American Popular Songs, 1895-1950. )

"The Jewish funeral processional" ("Le cortège funèbre Juif"), est inscrit sur la couverture de Der Yidisher trauer-march (1907, 4 pages). Et d'ajouter : "Inspired and written for the demonstration of December 5th, 1905, participated in by 250,000 citizens of Greater New York in tribute to the memory of the victims of Russian brutal massacres." ("Inspiré et écrit pour le défilé du 5 décembre 1905, auquel ont participé 250 000 citoyens du Greater New York en hommage à la mémoire des victimes des massacres brutaux russes"

« A Brivele der Kale » de M. Aronson et Joseph Rumshinsky (1910) relate l'histoire tragique d'une jeune épouse Juive dont l'époux part en Amérique. Sans nouvelle de son époux, cette jeune femme meurt de chagrin. La couverture indique "Sung with Great Success" ("Chanté avec un grand succès").

Litwack and Galitzianer (1912, 6 pages) est l'oeuvre de Joseph Rumshinsky (1881-1956), compositeur, et A. (Anshel) Shor (1871-1942), parolier.  "Litvak (someone from Lithuania/Latvia) and Galician (someone from Galicia, then Austria/Poland)" (Litvak [quelqu'un de Lituanie] et Galician [quelqu'un de Galicie, alors partagée entre l'Autriche et la Pologne]) de "Dos meydel fun vest" ("The girl from the west"). "More in jest than real antagonism, Jews from those two areas of East Europe poked fun at each other for their regional pronunciations of Yiddish, as well as their special food preferences and social..." ("Plus une plaisanterie qu'un réel antagonisme. Des Juifs venant de ces deux zones d'Europe orientale se moquent d'eux-mêmes en raison de leurs prononciations régionales du yiddish, ainsi que de leurs préférences spéciales alimentaires et sociales...")

En 2006, la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem à Paris a conçu une exposition à partir des 92 partitions de chansons yiddish, publiées en général aux Etats-Unis au début du XXe siècle et acquises fin 2005 par la Bibliothèque Medem. La couverture est souvent illustrée et certaines chansons sont méconnues. Cet ensemble a rejoint les 312 partitions déjà conservées par cette Bibliothèque. La phonothèque  de la Bibliothèque Medem conserve environ 4 500 enregistrements de chansons yiddish et de musique Juive d'Europe orientale. Plus de la moitié a été numérisée. A la la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem, étaient montrées les partitions de « Oy des yetser-hore » et « Oy di meydelekh » de Arn Lebedeff, « A brivele fun Rusland » et « A yor nokh der Khasene » de Solomon Smulevitz, « A glezele lekhayim » de J.M. Rumshisky...

L'Institut européen des musiques Juives (IEMJ) L’Institut Européen des Musiques Juives a numérisé "une cinquantaine de documents musicaux rares : livres, partitions, chansonniers en yiddish, etc., provenant des collections privées de Bernard Vaisbrot et du Centre Medem-Arbeter Ring. La numérisation de ces collections a permis de sauvegarder ces documents originaux des outrages du temps et des manipulations humaines, tout en rendant leur contenu accessible à un large public. Un inventaire de ce fonds sera bientôt consultable sur cette page. Les documents numériques seront intégrés dans son catalogue en ligne".


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Cet article a été publié en une version plus concise dans L'Arche.

mercredi 2 septembre 2015

Interview de Daniel Gauthier sur son livre « Retour à Auschwitz »


Daniel Gauthier est professeur agrégé d’économie et gestion. Diplômé d’HEC, il a été longtemps consultant en marketing pour de grandes entreprises françaises et étrangères. Passionné de rugby, d’économie et de littérature, Daniel Gauthier consacre désormais son temps libre à l’écriture de romans policiers. Il est l’auteur de Cauchemar rouge, un thriller publié par les éditions Cheminements dans leur collection Chemin noir et L'énarque. Il répond à nos questions sur son livre « Retour à Auschwitz ». Un polar respectueux de l'histoire (Shoah, Holocaust), bien construit et sans baisse de rythme. Le 2 septembre 2015, dans le cadre de Des racines et des ailes, France 3 a rediffusé l'émission intitulée Passion patrimoine : le goût du Limousin. La rencontre Mémoires Juives en Limousin se déroulera du 4 au 6 septembre 2015.


Après Cauchemar rouge qui évoquait le terrorisme en France dans les années 80, vous avez choisi une trame historique tragique…

Il y a trois ans, un de mes amis, historien amateur, me raconte qu’il menait une enquête sur la spoliation des Juifs de Bordeaux pendant l’Occupation.

Un jour, il reçoit un coup de téléphone menaçant de s’en prendre à ses enfants s’il continue… Il a abandonné.

Comme j’avais toujours été passionné par la « question juive », j’ai décidé de mener l’enquête et j’ai écrit le livre dans la foulée…

Comment avez-vous travaillé sur ce livre « Retour à Auschwitz » ?

Google m’a donné les premières informations et indiqué les livres de références : ouvrages historiques, principalement.

Puis des recherches à la bibliothèque municipale de Bordeaux ainsi qu’au Limousin, à Saint-Victurnien, Oradour-sur-Glane…

Pourquoi ce choix du thriller ? Quel sont vos auteurs favoris ?

Mes parents lisaient des « Série Noire » et j’ai tout de suite accroché. Cette passion dure encore et j’ai tout naturellement choisi le thriller comme mode d’expression.

En polars, mes auteurs favoris sont les « fondateurs » du genre : Hammett, Chandler, Himes, Mac Coy, Cain, Thompson…

Parmi les classiques, Shakespeare, Balzac, Proust et Dostoïevski. J’apprécie aussi VS Naipaul et les écrivains indiens. Et, en philosophie, Nietzsche, Serres, Girard, Morin.

Pourquoi ce titre ?

Mon idée de départ était d’écrire un « road movie » : un grand-père qui retourne à Auschwitz, son petit-fils qui l’accompagne.

Le titre s’est imposé tout naturellement – même si mon idée de départ s’est transformée en l’écriture d’un polar « engagé », dans la tradition des Manchette, Fajardie, Jonquet...

Comment qualifiez-vous votre style ?

Je pense avoir une écriture minimaliste, la fameuse « écriture Remington » des fondateurs du genre (le « hard boiled »). J’ai en horreur la « sur écriture » de certains écrivains français - dont on sent qu’ils ont travaillé et retravaillé leur texte…

Votre livre est écrit à la première personne du singulier, par un jeune Américain, à qui son grand-père va confier ses secrets. Il évoque le silence entre les déportés et leurs enfants, et le dialogue qui s’établit entre les déportés et leurs petits-enfants, la deuxième génération…

J’ai passé un an dans un lycée américain à l’âge de 18 ans et je connais donc assez bien la mentalité d’un jeune Américain.

En faire le narrateur permet d’établir une complicité avec le lecteur, qui découvre l’histoire avec les yeux de ce jeune homme, mais également avec son propre recul.

Quant au grand-père, j’ai lu des confessions d’anciens déportés ; des amis m’ont parlé de l’attitude de leur père. Il y a eu toutes sortes de réactions. Celle du grand-père est typique, mais pas plus que nombre d’autres.

Parlez-nous de la résistance en Limousin…

Mon père, qui est toujours en vie, était commissaire politique dans un maquis FTP, celui de Saint-Victurnien.  Il m’a raconté sa visite à Oradour, l’épisode des onze fusillés par les miliciens - il a failli y laisser la vie -, d’autres encore…

Je me suis donc tout naturellement intéressé très jeune à la Résistance dans le Limousin, exemplaire à bien des égards, à Georges Guingouin (1913-2005), qui prit les armes très tôt, contre l’avis de son propre parti, le parti communiste.

Vous évoquez la résistance communiste, celle Juive

L’histoire des Juifs de Limoges, ville reliée par tramway à Oradour, est extraordinaire : la communauté juive exerçait ses activités au grand jour, il y avait deux synagogues, le Petit Séminaire Israélite

Quand commence la répression, en août 1942, deux figures héroïques émergent.

Celle de Robert Gamzon (1905-1961), fondateur des Eclaireurs et Eclaireuses Israélites de France, chef de la « Sixième » assurant des faux papiers et le sauvetage d’enfants juifs et du maquis « Marc Haguenau » qui libéra entre autres Mazamet et Castres, et créateur après guerre de l'école Gilbert Bloch d'Orsay.

Celle du rabbin Abraham Deutsch (1902-1992), rabbin de Bischeim devenu le chef spirituel de la communauté, plusieurs fois arrêté, torturé, qui s’évadera et sera repris, torturé à nouveau, jusqu’à sa libération par le maquis de Guingouin…

Votre intrigue se déroule aussi à Bordeaux…

Bordeaux, situé en zone occupée, possédait deux spécificités.

La communauté juive y était ancienne – dès le XVe siècle, des Marranes s’y étaient établis en grand nombre - et prospère.

La Gestapo y était particulièrement active et bien organisée : à la Libération, la Résistance avait été pratiquement décimée.

La spoliation des Juifs – le régime de Vichy disait « l’aryanisation des biens juifs » - a commencé très tôt et concerné de nombreux biens : immeubles, usines, commerces, villas… dont certains sont restés aux mains des bénéficiaires des spoliations !

Quels sont vos projets ?

Je prépare l'adaptation de « Retour à Auschwitz » pour le cinéma ou la télévision, et je songe  à son adaptation en bande dessinée. Mon nouveau roman, « L’énarque », vient d'être publié.

Addendum : Robert et Henriette Sandler, ainsi que Blanca Sandler, respectivement grands-parents et grande-tante de Jonathan Sandler assassiné avec ses deux fils Arieh, 5 ans, et Gabriel, 4 ans, devant l'école Ozar Hatorah (Toulouse) par Mohamad Merah, terroriste islamiste franco-algérien, le 19 mars 2012, tenaient un restaurant clandestin cacher à Limoges sous l'Occupation.

Daniel Gauthier, Retour à Auschwitz. Editions Amalthée, 2010. 324 pages. 22 €. ISBN : 978-2-310-00528-9


QUELQUES REPÈRES AU XXe SIÈCLE

1933, 30 janvier. Adolf Hitler, Führer du parti national-socialiste, devient chancelier d’Allemagne. Il va instituer le IIIe Reich.

1939, Septembre. Entrée en guerre de la France dans la Seconde Guerre mondiale.

1940, Juin. Le gouvernement dirigé par le maréchal Pétain signe la convention d’armistice avec le représentant du IIIe Reich. Appel du général de Gaulle à Londres afin de poursuivre le combat.
27 septembre. Ordonnance allemande sur le statut des Juifs en zone occupée. Recensement des Juifs.
3 octobre. Premier statut des Juifs édicté par le régime de Vichy ; le décret Crémieux est abrogé. Le 2e statut des Juifs est pris en 1941. Ces statuts s’appliquent aussi en Algérie et dans les protectorats du Maroc et de Tunisie.
7 octobre. En zone occupée, « aryanisation » des entreprises.

1941, La dépossession des Juifs relève du Commissariat général aux questions juives, créé le 29 mars 1941 et dirigé par Xavier Vallat, puis par Darquier de Pellepoix.
2 juin. Deuxième statut des Juifs : définition durcie du Juif, élargissement des interdictions professionnelles, numerus clausus à l'Université (3 %) et les professions libérales (2 %). Les Juifs sont obligés de se faire recenser en zone libre. Ce statut permet aux préfets l'internement administratif de Juifs français.

1942, Janvier. Lors de la conférence de Wannsee, les dirigeants Nazis décident de la « Solution finale », c'est-à-dire l'extermination des Juifs.
27 mars. De Compiègne, le premier convoi de Juifs déportés va vers un camp d'extermination.
16-17 juillet. Lors de la rafle du Vel' d'hiv à Paris et dans sa banlieue, 12 884 Juifs sont arrêtés : 3 031 hommes, 5 802 femmes et 4 051 enfants.

1942-1944. Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de Gironde.

1944, Fondateur des Eclaireurs Eclaireuses Israélites de France (EEIF), Robert Gamzon dirige la 2e compagnie (dénommée Marc Haguenau) des maquis de Vabre dans le Tarn.
6 juin. Débarquement allié en Normandie.
24 août. Entrée à Paris de la 2e division blindée du général Leclerc.
Par une ordonnance fondamentale, les actes de spoliation opérés de 1940 à 1944 sur le fondement des législations antisémites édictées par l’occupant nazi ou les autorités de Vichy, sont annulés.

1945, 8 mai. Capitulation de l’Allemagne nazie. Découverte de l’ampleur de l’extermination des Juifs : six millions de Juifs tués pendant la Shoah.


1995, 16 juillet. Le Président Jacques Chirac reconnaît que le régime de Vichy a secondé le gouvernement allemand dans la politique nazie de la Solution Finale.

1997, Mars. Le Premier ministre Alain Juppé confie à Jean Mattéoli la direction d’une mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France de 1940 à 1944.

1998, 2 avril. Maurice Papon est condamné par la cour d'assises de la Gironde à une peine de dix ans de réclusion criminelle, d'interdiction des droits civiques, civils et de famille pour complicité de crimes contre l'humanité.

1999, Septembre. Mise en place de la Commission pour l'indemnisation des victimes de spoliations intervenues du fait des législations antisémites en vigueur pendant l’Occupation (CIVS).
Novembre. Création de la Fondation pour la mémoire des victimes de la Shoah (FMS).

2000, 17 avril. Jean Mattéoli présente au Premier ministre Lionel Jospin le rapport général de la mission d’étude, des rapports sectoriels et des recommandations.

Mémoires juives en Limousin ont eu lieu les 23 et 24 août à Chavanac (Corrèze) "sur le thème de la mémoire de la présence Juive en Limousin pendant la Deuxième Guerre mondiale : témoignages, conférences, présentation de films, exposition, concert" .



Cet article a été publié pour la première fois le 21 avril 2011, puis le 21 mars 2012 et le :
- alors que les Eclaireuses éclaireurs israélites de France (EEIF),  mouvement scout fondé par Robert Gamzon, célèbrent leur 90e anniversaire, notamment par des journées de rencontre en Gironde (21-22 juillet 2013) ;
- 22 mars 2014. France 3 diffusa à 22 h 40 Le Grand Georges, de François Marthouret. Un téléfilm qui évoque le Compagnon de la Libération communiste Georges Guingouin ;
- 7 août 2014.
Il a été modifié le 21 mars  2012.

Fred Kleinberg


La galerie Frank Pagès présente la première exposition du peintre Fred Kleinberg à Genève (Suisse). Intitulée « Reborn Project », elle réunit « une nouvelle série de toiles produites entre 2012 et 2015, qui se focalisent sur la puissance du paysage, sur l’horizon, la ramification, la fluidité, le changement ». Vernissage le mercredi 2 septembre à 18 h 30. La galerie Adriano Ribolzi présente pour la première fois à Monaco la rétrospective « Du paysage à l'intime » de Fred Kleinberg, lauréat du Grand prix d'Art Contemporain Gemlucart 2014. Vernissage le 16 septembre 2015 à 18 h. Si le style demeure animé, la gamme chromatique a abandonné le rouge flamboyant pour des bleu et verts d'une Nature sauvage. 



« Depuis plus vingt ans, je développe un travail de peinture et de dessin, qui vise à interroger essentiellement la place de l'homme dans l’univers, dans son environnement, choisie parfois, subie souvent  », écrit Fed Kleinberg, à Shanghaï, le 4 décembre 2011.

Et de poursuivre :
« Je crois que ma peinture d’histoire et de métaphore, souvent qualifiée à mon insu d’expressionniste, relève d’un certain art de la vérité et de la réconciliation, qui, en cette crise de début de siècle, commence à s’imposer sur la scène mondiale. Abordant des thèmes comme la mémoire du corps, l'obscénité et la fureur, l'errance, l'autobiographie, l'héroïsme et la mythologie, je procède par séries, à l'image d'un musicien qui compose un nouvel album. Chaque nouvelle série s’accompagne naturellement, intuitivement, d’un déplacement, mental et aussi physique. J’ai besoin d’être au plus près de mon sujet. Ce mode de fonctionnement m’a conduit à errer - mais aussi à travailler - en Espagne, en Italie, en Russie, aux Etats-Unis, et, de manière récurrente ces dix dernières années, en Inde et aujourd'hui en Chine. Je me suis ainsi confronté aux enjeux des modes de vie et de pensées, ainsi qu’aux représentations visuelles qui en découlent, au-delà d'une approche exotique d'artiste voyageur. J’utilise souvent une palette aux tons opulents, vifs et stridents, où le rouge vermillon l’emporte. Imprégné de photos anciennes et d’articles de journaux sur la Seconde Guerre mondiale, je fais aussi des incursions brutales dans le noir et blanc, afin de créer d’autres niveaux de réalité. Je suis en quête d'une nouvelle réponse sur l'humain et sur ses détournements. Mon besoin d'immersion, mon désir de partir sans cesse à la découverte de nouveaux territoires, de remonter aux sources sensibles est le moteur de ma recherche picturale. Cette exposition rassemble les douze dernières années de ce cheminement  ».

Un expressionnisme fantastique
Né en 1966, Fred Kleinberg est diplômé de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1982.

Depuis 1985, ce peintre et graveur expose aux Etats-Unis et en Europe, et montrera ses œuvres en septembre 2011 à Shanghai (Chine). En 1998, ce vidéaste a réalisé le film Effet de vitrine montré au Salon de Montrouge.

Il a aussi effectué des résidences à la Villa Médicis à Rome (1996), à Moscou (Russie) en 2001, à Pondichéry (Inde) en 2004.

Distingué par de nombreux Prix de peinture - Prix de la Fondation Coprim en 2000, Prix de la Fondation Taylor et de la Fondation Charles Oulmont en 2008 -, Fred Kleinberg vit à Paris et dans cet ancien comptoir français.

Dans sa série précédente, Kleinberg avait saisi les visages de musiciens contemporains de rock'n roll et punk : Nick Cave, Johnny Rotten...

Cet artiste initie "un dialogue avec la peinture et l’art classique". Dans "ses pastels, divinités antiques, gorgones et méduses, déesses indiennes et vanités côtoient des objets de la vie moderne dans des scènes de banquets fantastiques".

Fred Kleinberg renoue aussi avec l'autoportrait. "Les yeux fixes, l’artiste observe impassible une scène que nous ne voyons pas. Derrière lui, des paysages de forêts incandescentes ou de mers en tempête, mais aussi les objets qui l’entourent transmettent son état d’esprit, son humeur. Un chapeau sur lequel reposent des chandelles, rappelle celui que portaient les artistes pour peindre la nuit. Ce chapeau sujet à part entière du tableau, semble chargé de la présence de celui qui l’a porté".

Cette "exploration de l’art ancien est aussi un questionnement sur une manière de peindre et dessiner. Un esprit baroque réactualisé prédomine dans cette série : Kleinberg emprunte à ce mouvement le goût du contraste et de la dualité. Il utilise une palette aux tons opulents, vifs voire stridents, où le rouge vermillon l’emporte. Le noir et blanc fait une incursion inopinée, créant ainsi plusieurs niveaux de réalité. L’artiste joue aussi en peinture sur les oppositions de matière : l’huile épaisse, travaillée au couteau, achoppe sur une surface lisse et brillante où les couleurs se fondent. Par endroit, la saturation du vernis vient rider la surface du tableau. Cet ensemble, tout en contrastes et en tensions porte en lui la beauté étrange d’une perle irrégulière, d’où le mot “baroque” tire son origine".

Des œuvres qui font penser à l'expressionnisme allemand par les couleurs, les lignes, le pessimisme.

C'est une vision sombre d'un monde violent, de monstres forts et cannibales, de festins horribles où le manger devient agression, de forêts fumantes qui se consument, de rare espace de tendresse, de tablées aux mets étranges, de victimes aux regards effrayées, d'êtres flous (arbre humanisé), de violences soulignées par les crocs des animaux de compagnie, de contradictions (seins arrondis d'un animal décharné... Cet univers en voie de destruction ne laisse entrapercevoir aucun avenir.

“Matière épaisse, tons stridents, contrastes acides, cadrages décalés, très gros plans et formats énormes : les attitudes sont fixes, l’ambiance électrique, l’insolence des regards essentielle”, écrit Françoise Monnin, historienne d'art et journaliste.

Pour l'historien et critique d'art Jean-Luc Chalumeau, c'est "une peinture de vérité... [Fred Kleinberg est d'abord concerné par] la misère du monde, d'où une rage visible".

En 2011, la galerie Polad-Hardouin avait présenté l'exposition « Baroque Flesh » d'oeuvres - huiles et pastels - Fred Kleinberg. Après Monstre-toi (2009), c'était la deuxième exposition individuelle de Fred Kleinberg dans cette galerie du Marais, à Paris.

En 2012, en collaboration avec la Galerie Polad Hardouin, et à l’occasion de la parution de son livre « Territoires d'héroïsme et de fureur » chez Critères Éditions (coll. In Vivo), la galerie Messine Blaise Parinaud  a présenté une rétrospective des œuvres figuratives - tableaux, dessins et gravures - créées depuis 12 ans, en grands format, du peintre Fred Kleinberg.

Elle a montré des œuvres de Fred Kleinberg provenant de cinq séries d’oeuvres de 1999 à 2011. Ces cinq séries avaient été montrées lors d'expositions éponymes : La Mémoire au corps à la Fondation Coprim à Paris en 1999, D’obscénité et de fureur au Passage de Retz à Paris en 2002, Made in India à la Galerie P. Friedland & A. Rivault et Espace Univer à Paris en 2006, Monstre-toi en 2009 et Baroque flesh en 2011 à la Galerie Polad-Hardouin à Paris. Un style animé, une gamme chromatique dominée par le rouge flamboyant, le noir et le blanc et un bestiaire fantastique.

Le 29 octobre 2014, à l'Auditorium Rainier III de Monaco, Fred Kleinberg a reçu le 1er prix du Concours International d’Art Contemporain de Monte-Carlo de l’association GemlucArt pour son tableau Monbay – Victoria Terminal. Placé sous la présidence d’honneur de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre, ce concours "récompense un artiste pour sa création par une exposition prévue en 2015 à la galerie Adriano Ribolzi à Monaco". Il vise "à récolter des fonds dans la lutte contre le cancer".

La galerie Frank Pagès présente la première exposition de Fred Kleinberg à Genève. Intitulée « Reborn Project », elle réunit « une nouvelle série de toiles produites entre 2012 et 2015, qui se focalisent sur la puissance du paysage, sur l’horizon, la ramification, la fluidité, le changement. La nature se veut spéculum, miroir des pulsions et des instincts de l’homme. Purification. Initiation.Transformation ». Si le style demeure animé, la gamme chromatique a abandonné le rouge flamboyant pour des bleu et verts d'une Nature sauvage.

La galerie Adriano Ribolzi présente pour la première fois à Monaco une exposition de Fred Kleinberg, lauréat du Grand prix d'Art Contemporain Gemlucart 2014, Intitulée « Du paysage à l'intime », cette rétrospective présente une sélection d'oeuvres marquantes de son travail depuis 2006.

"Il me semble que sa peinture est une peinture de vérité, parce qu'elle est vraie à trois niveaux : par rapport à elle-même, par rapport à l'artiste, et par rapport à son contenu. Un tableau de Fred Kleinberg répond par avance à tous les « pourquoi », étant entendu que la réponse ne saurait appartenir à l'ordre de l'entendement : c'est dans le sensible qu'il nous plonge et c'est à un acquiescement du corps qu'il invite, aussi bien dans les récents paysages de la série Reborn Project et dans les non moins récentes figures, portraits de l'intime (Intimis) que dans ses compositions plus anciennes inspirées par ses voyages en Inde. La forme est sûre et juste : on est d'autant plus sensible à cette vérité de la peinture venue de la rigueur du sensible que l'on perçoit aussi une vérité par rapport à l'artiste. Il semble en effet que Fred Kleinberg travaille sous l'emprise de deux nécessités, l'une d'ordre technique et l'autre d'ordre quasi spirituel. On ressent fortement, devant ces grandes compositions expressionnistes, que, pour le peintre, faire et être sont une seule et même chose. Enfin, les tableaux de Kleinberg contiennent une troisième vérité : celle de leur contenu. L'artiste ne parle que de ce qui le concerne dans le monde, il n'a rien à démontrer mais il a à montrer ce qui ne peut être décrit. La rage de peindre, cela existe ! Une rage telle que les tableaux de Fred Kleinberg apportent une signification avant les signes, offrent un monde avant les choses. Oui, décidément, une peinture de vérité comme il en est peu d'exemples aujourd'hui", a écrit Jean-Luc Chalumeau, historien de l'art, critique d'art français, auteur de nombreux ouvrages sur l'Art contemporain et directeur de la revue Verso Arts et Lettres.

Du 17 Septembre au 3 octobre 2015
A la Galerie Adriano Ribolzi
3 avenue de l'Hermitage - 98000 Monaco
Du mardi au dimanche de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 19 h
Vernissage le 16 septembre 2015 à 18 h

Du 2 au 20 septembre 2015 A la Galerie Frank Pagès
Grand-rue 2.  CH1204 Genève
Tel: +41 223119777.  +41(0) 78 654 71 23
Vernissage le 2 septembre à 18 h 30


Fred Kleinberg, Baroque Flesh. Préface de Françoise Monnin. Ed. Polad-Hardouin, 2011. 48 pages. ISBN : 9 782918 888093.

Fred Kleinberg, Paintings-Drawings 2007-2010. Ed. Polad-Hardouin, 2010. 48 pages.

Jusqu'au 25 mai 2012
A la galerie Messine Blaise Parinaud
4, avenue de Messine, 75008 Paris
Tél. : 01 45 63 53 72
Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h 30. Samedi sur rendez-vous
Signature du livre et parcours commenté le 3 mai 2012 à partir de 18 h 30.
  
Jusqu'au 25 juin 2011
A la galerie Polad-Hardouin
86, rue Quincampoix, 75003 Paris
Tél. : 01 42 71 05 29
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h

Visuels de haut en bas : © Bertrand Rieger, courtesy galerie Polad-Hardouin
Portrait de Fred Kleinberg

Fred Kleinberg, Vertiges, 2011, huile sur toile, 120 x 150 cm

Fred Kleinberg, Bacchanales, 2010, pastel sur papier, 130 x 300 cm

Fred Kleinberg, Sans titre, 2010, huile sur toile, 120 x 150 cm

Le Quarantième rugissant, 2010, huile sur toile, 200 x 200 cm, série Baroque flesh

Fred Kleinberg, Pulsion2014, huile sur toile, 200 x 200 cm

Les citations sont extraites du dossier de presse.


Cet article a été publié pour la première fois le 12 juin 2011 et modifié le 1er janvier 2015. Il a été republié le 1er mai 2012.

mardi 1 septembre 2015

« La fille du charbonnier » d’Emmanuelle Polack et Sarah Royon


Les éditions Lharmattan publient La fille du charbonnier, un conte bilingue français-yiddish écrit par Emmanuelle Polack et sa fille écolière, Sarah Royon. Un récit charmant et simple sur l’amour familial et l’intelligence sauvant de situations délicates. Article republié en ce jour de rentrée des enfants en France et en Israël.


L’histoire se déroule dans un petit village de Pologne, Zabludow, où vivait un pauvre charbonnier juif.

Ce modeste charbonnier était veuf et élevait sa fille chérie adolescente dont il admirait la beauté et l’intelligence.

A l’approche des 15 ans de sa fille, il lui achèta deux rubans rouges, épuisant ses maigres économies dans ce futur cadeau.

Quelques mois plus tard, arriva l’intendant du royaume qui lui réclama la dîme royale. Malheureusement, cet humble charbonnier ne pouvait s’acquitter de cet impôt et fut donc arrêté. Emmené au château, il comparut devant le roi…

Ce conte dépeint des sentiments essentiels au travers de personnages traditionnels d’un shtettl : le père pauvre et méritant, la jeune fille parée de toutes les qualités (intelligence, sensibilité, pudeur) et le roi dur, mais cachant un bon fond.

Il est écrit en termes simples, habillé par un habile équilibre entre le texte – dans ses deux langues – et les dessins en noir et blanc, comme au fusain, de Johann Le Berre. Quelques mots sont expliqués clairement.

Autre originalité : ce livre a été écrit par Emmanuelle Polack, attachée de conservation au musée des Monuments français, et sa fille Sarah Royon, écolière de onze ans.

La version en yiddish est l’œuvre de Bernard Vaisbrot, enseignant de yiddish à l'université Paris VIII et auteur d'historiettes dans cette langue dans la revue estudiantine américaine Yug-nt Ruf.

Ce livre court se termine par une brève histoire du conte yiddish. Il se conclut sur une citation d’Isaac Bashevis Singer (1902-1991), auteur américain d’origine polonaise de romans, contes et nouvelles en yiddish, qui déclara lors de la remise de son Prix Nobel de littérature en 1978 : « Je suis sûr qu’un jour des millions de cadavres parlant yiddish se lèveront de leur tombe, et la première question qu’ils poseront, ce sera : quel est le dernier livre publié en yiddish ».

Par ce conte, voici une tendre réponse…


Emmanuelle Polack et Sarah Royon. La fille du charbonnier. L’Harmattan, coll. Contes des quatre vents, bilingue français-yiddish, version en yiddish de Bernard Vaisbrot, illustré en noir et blanc par Johann Le Berre. Paris, 2007. 24 pages. ISBN : 978-2-296-03472-3


En charge des archives historiques du musée des Monuments français au sein de la Cité de l’architecture et du patrimoine, chercheuse associée au musée de Montparnasse, Emmanuelle Polack est commissaire invitée de l’exposition Rose Valland sur le front de l’art, la dame du Jeu de Paume, jusqu’au 2 mai 2010 au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. Elle est co-auteur de deux bandes dessinées pour la jeunesse :
- avec Bouilhac et Catel de Rose Valland, Capitaine Beaux-Arts. Editions Dupuis, 2009. 48 pages. ISBN : 9782800145525
- avec Emmanuel Cerisier de L’espionne du Jeu de Paume. Editions Gulfstream, 2009. 96 pages. ISBN : 978-2-35488-046-0

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié par Guysen International News; le numéro 79 de mars 2010 de la revue Los Muestros et sur ce blog le 13 février 2010Article modifié le 7 juin 2010