Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 20 juin 2018

« Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard


Ciné + classique diffusera les 20 et 22 juin 2018 « Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard avec Michel Simon, Madeleine Sologne, Paul Bernard et Louis Salou. En 1944, des résistants et une jeune juive se cachent dans une clinique psychiatrique savoyarde.

Henri Alekan (1909-2001), directeur de la photographie
L'acteur Roschdy Zem, un « coeur qui bat pour la paix » selon SaphirNews

Raymond Bernard est un réalisateur et scénariste français (1891-1977) dont le père est le célèbre écrivain et dramaturge français spirituel, et amateur de cyclisme, Tristan Bernard (1866-1947).

Il a pour frères le dramaturge Jean-Jacques Bernard, auteur dramatique, promoteur du « théâtre du silence » (Martine), qui témoigna également sur l'univers concentrationnaire (Le Camp de la mort lente, Le Pain rouge), et Étienne Bernard, professeur de médecine, phtisiologue, et artisan majeur de la diffusion du BCG.

Raymond Bernard a pour cousin le journaliste et écrivain Pierre-Gilles Veber, père du scénariste, dialoguiste, producteur et réalisateur Francis Veber.

En 1916, Raymond Bernard débute comme acteur dans Jeanne Doré, film de Louis Mercanton et René Hervil, adapté d’une pièce de son père. Il a pour partenaire la célèbre Sarah Bernhardt.

De sa filmographie qui couvre quarante ans, émergent notamment Le Miracle des loups (1924) avec Charles Dullin, Les Croix de bois (1932) d'après le roman de Roland Dorgelès avec Pierre Blanchar, Gabriel Gabrio, Charles Vanel et Raymond Aimos, Les Misérables (1934), première version cinématographique en noir et blanc du roman de Victor Hugo avec Harry Baur, Charles Vanel et Florelle, Tartarin de Tarascon (1934) sur un scénario de Marcel Pagnol d'après le roman de Alphonse Daudet avec Raimu, Amants et voleurs (1935) avec Arletty, Michel Simon, Florelle et Pierre Blanchar, Marthe Richard, au service de la France (1937) avec Edwige Feuillère et Erich von Stroheim, Cavalcade d’amour (1940) avec Claude Dauphin, Michel Simon et Janine Darcey, Un ami viendra ce soir (1946), La Belle de Cadix (1953) avec Luis Mariano, Carmen Sevilla, Pierjac, Thérèse Dorny, Claire Maurier, Claude Nicot et Jean Tissier, Le Septième Ciel (1958) avec Danielle Darrieux, Noël-Noël, Paul Meurisse et Alberto Sordi.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sous l’Occupation, Raymond Bernard, interdit de tournage, se cache dans le Vercors. Tristan Bernard se réfugie à Cannes, est arrêté et interné avec sa seconde épouse Mamita à Drancy – le réalisateur, dramaturge, comédien, scénariste et dialoguiste Sacha Guitry et l’actrice Arletty parviennent à obtenir sa libération. Le dramaturge Jean-Jacques Bernard est arrêté le 12 décembre 1941, lors de la rafle dite « rafle des notables juifs ». Il est interné dans le camp de Compiègne-Royallieu, camp de transit situé à Compiègne (Oise) où ont été amenés du camp de Drancy des Juifs immigrés. Il en est libéré le 13 mars 1942. Résistant dans le maquis du Tarn, François-René Bernard , fils de Jean-Jacques Bernard, est arrêté en 1944 déporté au camp de Mauthausen (Autriche) où il décède. Son frère Nicolas est résistant dans le Vercors.

En décembre 1944, est publié « Le Camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942 » de Jean-Jacques Bernard. Le récit de conditions terribles imposées aux internés ainsi que des divergences entre Israélites français et Juifs immigrés.

En 1946, c'est une intrigue située dans cette période tragique et avec des résistants admirés que Raymond Bernard choisit pour son premier film réalisé après la Libération, Un ami viendra ce soir

« En août 1944, dans les Alpes, les soldats allemands de la Wehrmacht pénètrent  dans un village de Savoie qui n'était pas encore occupé. Dans le chaos lié à cette intrusion brutale, la postière, Claire, en profite pour alerter discrètement par téléphone la clinique psychiatrique du docteur Lestrade, qui se trouve non loin de là ». Le « commandant Gérard, responsable de tous les maquis des Alpes, a établi son P.C. dans une maison de santé où avec ses adjoints, il est dissimulé parmi d'authentiques malades. Obligées de se comporter comme des fous parmi les fous, ces personnes traquées vivent des instants parfois difficiles ou déstabilisants, susceptibles de leur faire perdre momentanément leurs moyens. Dans l'établissement, Hélène, jeune juive, joue, quant à elle, la comédie de la folie et un médecin suisse » qui la courtise « pourrait bien être un espion à la solde des Allemands. Les affrontements sont terribles et on distingue difficilement les faux résistants des vrais aliénés… Les Alliés parachutent des armes, le médecin suisse se découvre, sa maîtresse le tue, tandis que les maquisards  descendent des montagnes aux accents du Chant de la Délivrance et qu'Hélène devient réellement folle ».

« Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard
Francinex, Compagnie Générale Cinématographique (CGC), Les Productions Jacques Roitfeld, 1946, NB, 2 h 05
Producteurs délégués : Raymond Artus, Albert Dodrumez, Robert Chabert, Marcel Roux, Jacques Roitfeld
Adaptateurs / Dialoguistes : Jacques Companeez, Raymond Bernard
Auteurs de l'oeuvre originale : Jacques Companeez, Yvan Noé
Directeur de la photo : Robert Lefebvre
Cadreur : Leon Bellet
Monteuse : Charlotte Guilbert
Auteur de la musique : Arthur Honegger
Assistant à la réalisation : Guy Lefranc
Dialoguistes : Jacques Companeez, Raymond Bernard
Scénariste : Jacques Companeez
Ingénieur du son : Lucien Legrand
Directeur de production : Constantin Geftman
Scripte : Charlotte Lefèvre-Pecqueux
Photographe de plateau : Roger Corbeau
Avec Michel Simon, Madeleine Sologne, Paul Bernard, Louis Salou, Saturnin Fabre, Marcel André, Lily Mounet, Yvette Andréyor
Sur Ciné + Classique les 20 juin à 10 h 05 et 22 juin 2018 à 14 h 50

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Les citations sur le film sont d'Arte.

Daniel Barenboim


Né dans une famille Juive en Argentine en 1942, Daniel Barenboim  fait son aliyah familiale en 1952. Cet enfant prodige entame une carrière de pianiste, puis de chef d’orchestre et directeur musical mondialement connu, au répertoire couvrant la musique classique et contemporaine (Dutilleux, Boulez). Co-fondateur avec le professeur américain Edward Said du West-Eastern Divan Orchestra, ce Messager de la Paix des Nations unies a pris des positions controversées, notamment en interprétant Wagner en Israël et en acceptant en 2008 la nationalité palestinienne. Le 21 juin 2018 à 20 h 55, Arte proposera "Anna Netrebko et Plácido Domingo chantent "Macbeth" au Staatsoper de Berlin" (Macbeth - Aus der Staatsoper Unter den Linden Berlin). "Les stars internationales de l’art lyrique Plácido Domingo et Anna Netrebko nous livrent leur version du célèbre opéra de Verdi. Cette nouvelle production du Staatsoper de Berlin, sous la baguette de son directeur musical Daniel Barenboim, est un concert événement, retransmis en léger différé".


Artiste engagé ? Certes. Mais, quelle est la part de sincérité et d’intérêt dans les positions de Daniel Barenboim ? Il n’a pas tempêté quand des artistes Juifs, américains ou israéliens, font l’objet de boycotts ou d’intimidations ?

Daniel Barenboim  est né dans une famille Juive d’origine russe en Argentine en 1942. Son père lui enseigne le piano.

En 1952, la famille Barenboim fait son aliyah.

Enfant prodige, Daniel Barenboim  rencontre Arthur Rubinstein, Adolf Busch, Wilhelm Furtwängler, Edwin Fischer. Il est formé à la direction d’orchestre par Igor Markevitch à Salzbourg. A Paris, en 1955, il suit l’enseignement de la composition dans la classe de Nadia Boulanger.

Dans les années 1960, il enregistre chez EMI son premier disque. Des concertos de Mozart, Beethoven. Chef d’orchestre de l’English Chamber Orchestra, il épouse en 1967 la violoncelliste britannique Jacqueline du Pré – le couple se rend en Israël le 31 mai 1967 - qui met prématurément un terme à sa carrière en 1972 en raison de sa maladie, la sclérose en plaques. Il épousera la pianiste Elena Bashkirova, mère de ses deux enfants : David et Michael.

« En 1970, après le fameux Septembre noir qui vit le massacre de milliers de Palestiniens par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Golda Meir, le premier ministre israélien, s'est exclamée : "Qu'est-ce qu'on a à nous parler des Palestiniens ? C'est nous le peuple palestinien !" Ce fut pour moi un choc et un éveil. Notre attitude m'est apparue soudain moralement inacceptable, et j'ai commencé à m'intéresser à ceux qui, contrairement à l'opinion commune en cours, avaient déjà peuplé notre sol avant que nous nous y installions. Il n'était que temps, j'avais 27 ans ! Tout a changé, de toute façon, après la guerre des six jours. Israël s'est résolument tourné vers les Etats-Unis. Les traditionalistes ont dit : "Pas question d'abandonner les nouveaux territoires : ils ne sont pas occupés, ils sont libérés." Les religieux ont renchéri : "Ils ne sont pas uniquement libérés, ce sont des territoires "bibliques" libérés." Adieu, le socialisme. Au lieu de se comporter en conquérant responsable du sort des conquis, comme l'aurait voulu la règle, Israël a agi envers les Palestiniens avec le plus grand mépris. Où sont les écoles, les hôpitaux, les conservatoires qu'il aurait dû avoir à coeur de construire sur la rive ouest du Jourdain ? Pourquoi la survivance de ces camps de réfugiés misérables, quand il aurait été si facile pour l'armée de les remplacer par des logements décents ? », déclare Daniel Barenboim (Le Monde, 23 juillet 2008). Et d’ajouter : « Il faut avoir le courage d'affronter le passé. Les Palestiniens ont besoin que les Israéliens reconnaissent que la terre qu'ils ont investie et dont ils ont voulu faire leur propriété exclusive après la tragédie de la Shoah - avec l'assentiment du monde occidental rongé de culpabilité - était déjà peuplée. Les Israéliens ont besoin que les Palestiniens acceptent la légitimité de l'Etat d'Israël. Les Palestiniens ont besoin de justice, les Israéliens de sécurité. Toute violence est contre-productive. Les destins de nos deux peuples sont inextricablement liés. Je rêve que nos deux populations reprennent ensuite le dialogue. Je rêve qu'elles aient envie de construire collectivement l'avenir. Et je rêve que deux Etats indépendants et interdépendants se développent côte à côte en partageant une vie économique, scientifique... et culturelle. Y a-t-il meilleur endroit qu'un orchestre pour expérimenter la notion d'interdépendance ? »

Avec Pinchas Zukerman, Itzhak Perlman, Isaac Stern et Gervase de Peyer, Barenboim interprète la musique de chambre.

Il dirige les orchestres de Paris (1975-1989), de Chicagoo, de Berlin (Staatsoper), et est chef invité puis directeur musical à la Scala de Milan.

Wagner
En juillet 2001, lors du festival d’Israël, le chef d’orchestre Daniel Barenboim a dirigé le Berlin Staatskapelle. 

Après la représentation, il a prévenu le public de son intention de diriger l’ouverture de Tristan et Isolde de Richard Wagner (1813-1883), célèbre compositeur et librettiste allemand d’opéras romantiques, concepteur de l’opéra comme Gesamtkunstwerk - « œuvre d’art totale » (Gesamtkunstwerk), ainsi qu’auteur d’écrits antisémites adulé par Adolf Hitler. Belle-fille de Wagner, Winifred Wagner (1897-1980) directrice du festival de Bayreuth (1930-1945), membre du Parti national-socialiste (nazi) dès 1929, et amie personnelle d'Adolf Hitler.

Wagner est donc un artiste dont aucune œuvre n’est interprétée lors de concerts publics en Israël.

En 2001, Daniel Barenboim a demandé au public si celui-ci voulait l’entendre diriger ce prélude. 

Un grand nombre de spectateurs ont protesté et ont quitté la salle, quelques uns sont restés. 

Une représentation révélant que l’hostilité à Wagner en Israël ne s’était pas émoussée au fil des ans. 

Un débat qui déborde le monde des mélomanes, et qui mêle des arguments fondés et des émotions vives.

Le West Eastern Divan Orchestra
En 1999, ce maestro fonde avec l’universitaire  controversé  né à Jérusalem dans une famille Arabe chrétienne aisée, Edward Saïd (1935-2003), faux « réfugié palestinien », le West Eastern Divan Orchestra.

Cet orchestre réunissait des musiciens arabes, israéliens et allemands « pour jouer ensemble à Weimar, ville de « Goethe, Schiller, de Bach et de Liszt » située près du camp de concentration de Buchenwald, capitale culturelle de l'Europe (« Kulturstadt Europas ») en1999, à l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de Goethe : une expérience audacieuse, à laquelle prit part également Yo-Yo Ma. Le nom de l’orchestre est tiré d’un recueil de poèmes de Goethe, intitulé Le divan occidental-oriental, qui rappelle combien le poète allemand était attaché à la Perse et aux pays arabes » et aurait été fasciné par la lecture du Coran.

Le West Eastern Divan Orchestra associe des jeunes musiciens israéliens, « palestiniens », arabes, turcs et espagnols lors d’ateliers de travail, de master class, de concerts. Un « projet contre l’ignorance » selon Daniel Barenboim. Arte mentionne que « l’Orchestre n’a aucune doctrine politique autre que celle qui est la base de sa création : l’idée qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien » et que « les destinées des peuples israélien et palestinien sont inextricablement liées et la terre que certains appellent Grand Israël et les autres Palestine doit accueillir deux peuples  ».

En octobre 2002, le prestigieux Prince Asturias Award for Concord, à Oviedo (Espagne) est remis à Daniel Barenboïm et Edward Saïd pour leur engagement en faveur de la paix.

Depuis 2002, grâce à la Junta de Andalucía, gouvernement régional d’Andalousie, et à une fondation privée, le West-Eastern Divan Orchestra  se réunit en « université d’été » à Séville (Espagne). Un choix non fortuit qui évoque le mythe « al-Andalous » de la coexistence pacifique entre juifs, chrétiens et musulmans sous domination islamique.

Arte a promu cet orchestre, notamment par une programmation spéciale en août 2005. C’est l’époque du désengagement israélien de la bande de Gaza. La dimension politique, et biaisée en faveur des Palestiniens – la cause de l’édification de la barrière de sécurité anti-terroriste n’est pas indiquée dans le documentaire -, a été évoquée lors de la conférence de presse sur cette programmation.

Le 14 août 2005, Arte a reprogrammé Identités multiples. Rencontres avec Daniel Barenboïm, documentaire réalisé par Paul Smaczny et Isabel Iturriagagoitia (SFB, Allemagne, 2001, 59 mn), FIPA d’Argent 2001. « De récitals en concerts, de classes de maîtres en moments plus intimes, le film retrace sa carrière, de son premier concert à sept ans en 1950, sa rencontre avec Fürtwangler quatre ans plus tard, jusqu’à son engagement actuel, discutant avec Simon Peres de la politique au Proche-Orient, et se battant pour sauver le Staatsoper de Berlin qu’il dirige depuis 1992. Barenboïm se dévoile. Dans un club de yachting de Buenos-Aires, il se met spontanément au piano pour jouer du tango. On le voit discuter avec Simon Peres de la politique au Proche-Orient, se battre pour sauver le Staatsoper de Berlin qu’il dirige depuis 1992, et diriger l’Orchestre du divan oriental-occidental, qu’il a créé avec de jeunes musiciens de pays arabes, de Palestine et d’Israël. Une idée qui découle de ses opinions peu conventionnelles à propos du conflit au Proche-Orient qui l’ont également amené à se produire, en 1999, à l’université palestinienne de Bir Zeit en Cisjordanie".

Le 20 août 2005, Arte diffusait le documentaire Nous ne pouvons qu’atténuer la haine, de Paul Smaczny (Allemagne, 2005, 59 min) : « Le film montre les différents ateliers, le voyage au Proche-Orient de Barenboïm en mai 2004, à Ramallah et à Jérusalem et le concert donné devant des membres de la famille du souverain chérifien à Rabat » Mais sans interview d’artistes espagnols. Dans les lecons particulières à de jeunes instrumentistes, Daniel Barenboim révélait des trésors de pédagogie, patience, alternant encouragement et colère ironique. « Jouez tout l’archet ! », tempêtait-il. 

Dans Knowledge is the Beginning (Nous ne pouvons qu’atténuer la haine), documentaire de Paul Smaczny, Daniel Barenboim « remercie, d'un discours aussi calme que ravageur, de la remise d'un prix de la Fondation Wolf à la Knesset en lisant quelques extraits des actes de la déclaration d'indépendance d'Israël en 1948. Ensuite, devant la ministre de la culture israélienne, blême d'indignation, Barenboïm pose « avec une réelle douleur » des « questions rhétoriques » : « Se peut-il que le peuple juif, dont l'histoire a été marquée par la souffrance et la persécution, puisse se permettre d'être indifférent aux droits fondamentaux et à la détresse d'un autre Etat voisin ?  »

Les dirigeants palestiniens, les promoteurs de cet orchestre, ont alors montré leur vrai visage : une indifférence devant les souffrances des Israéliens sommés de tout quitter dans la bande de Gaza et incertains quant à leur avenir, ainsi qu’une constante récrimination, une revendication agressive. Quel est le courage de Daniel Barenboim ? Il ne se démarque pas des propos de dirigeants palestiniens.

Ce film ne rendait pas la mesure réelle d’Edward Said, figure intellectuelle présentée comme brillante, mais qui assène les truismes, et dont divers auteurs ont souligné les erreurs intellectuelles et mensonges sur sa vie. Moral ? Honnête ? Hostile aux accords d’Oslo (1993), Said a siégé « au Conseil national palestinien, l’instance suprême de l’OLP  » (Organisation de libération de la Palestine).

En 2005, le West Eastern Divan Orchestra « compte environ 80 musiciens arabes et israéliens, âgés de 13 à 26 ans, et se réunit un mois tous les ans avant de partir en tournée. En juillet 2005, c’est à Séville que » s’est tenu le septième atelier, suivi d’une tournée européenne, et d’un concert à Ramallah.

« Notre objectif sera atteint quand l’orchestre pourra jouer dans tous les pays dont les musiciens sont originaires. Ce concert à Ramallah est un grand pas dans cette voie », a déclaré Daniel Barenboïm.

Le 21 août 2005, le West Eastern Divan Orchestra, conduit par Daniel Barenboïm, s’est produit pour la première fois à Ramallah lors d’un concert diffusé en direct sur Arte et France Inter. « Même si Daniel Barenboïm a décidé de ne jamais évoquer la politique proche et moyen-orientale pendant les répétitions, l’orchestre agit comme un formidable catalyseur partout où il se produit, que ce soit pendant les concerts ou bien après. Six ans après sa fondation, et alors que la situation au Proche-Orient reste tendue, le projet de la formation musicale n’a rien perdu de sa force. Chaque année en été, les jeunes artistes se retrouvent pour un atelier de plusieurs semaines avant d’entamer une tournée très attendue. La septième session de travail du Divan a eu lieu en juillet à Séville et a été suivie d’une tournée en Amérique latine et en Europe ».

Un concert pour la Paix ? Trop souvent, les projets labellisés « pour la paix », associant Israéliens et Palestiniens dans des manifestations culturelles sont dévoyées par une politisation partisane palestiniste. On ne s’y habitue pas. On s’y sent à chaque fois piégé, triste et choqué. Cet orchestre révélait les ambiguités et les contradictions d’un projet non dénué de moyens financiers voilés par l’opacité financière. Trois ministres, dont le vice-Premier ministre Nabil Chaath, ont assisté au concert parmi 700 spectateurs. A Ramallah, Daniel Barenboïm a été notamment accueilli par Moustapha Barghouti avec qui il s'est rendu près de la clôture de sécurité anti-terrorisme.

« Palestine ». Ce terme inadéquat apparaît à de nombreuses reprises dans le dossier de presse d’Arte sur l’évènement, dans les discours repris par les journalistes, dans l’affiche immense illustrée du portrait d’Edward Said et du slogan : « Freedom for Palestine » (Liberté pour la Palestine) et couvrant un mur du Palais de la Culture (Ramallah). Quelle « Palestine » ? Celle des manuels scolaires palestiniens, généralement arabes ou/et musulmans, qui englobent sous ce vocable l’Etat d’Israël ?

Nul, ce soir-là, ne s’est prononcé sur la qualité du concert ni n’a expliqué les choix musicaux : la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, basson et cor en mi bémol majeur KV 297b de W.A. Mozart et la Symphonie n°5de P.I. Tchaïkovski, deux valeurs sûres pour l’exploitation commerciale en CD-Rom et en DVD de ce concert.

Le 14 juillet 2016 à 4 h 10, Arte rediffusera Les voies de la musique (Wege Zur Musik Mit Daniel Barenboim) avec Daniel Barenboim, documentaire réalisé par Paul Smaczny. Un film qui a reçu l’Emmy Award du meilleur documentaire lié à l’art de 2006.

« Pour Daniel Barenboim, la musique, langue universelle, se joue des frontières. Avec elle pour seule arme, l'artiste cosmopolite tente de dépasser tensions et conflits. Dans son West-Eastern Divan Orchestra, il est ainsi parvenu à faire jouer ensemble de jeunes musiciens venus d'Israël et de pays arabes voisins. Un inlassable engagement dont sa visite dans la bande de Gaza, en 2011, a constitué un point d'orgue au puissant retentissement. Des répétitions du West-Eastern Divan Orchestra à la rencontre avec des amis du chef d'orchestre, parmi lesquels Pierre Boulez et Joschka Fischer, un éclairage sur le parcours du maestro ».

Quelle Paix ?
Lauréat du Prix Ernst von Siemens en 2006, Daniel Barenboim est distingué en 2007 par la médaille d’or du Mérite des Beaux-arts par le ministère de l’Education, de la Culture et des Sports. 

Son engagement pour la « paix au Proche-Orient » est évoqué par le Président Jacques Chirac qui lui remet en 2007 les insignes de commandeur de la Légion d’Honneur – le Président Nicolas Sarkozy lui décerne en 2011 ceux de Grand Officier de la Légion d’Honneur. 

Daniel Barenboim est aussi désigné en 2007 Messager de la Paix des Nations unies  par le Secrétaire général de l’ONU. 

A l’initiative de l’Autriche et avec le soutien de l’Espagne et dans un but de paix, il a donné un concert à l’Opéra du Caire (Egypte) le 16 avril 2009, quelques mois après l’opération militaire israélienne Plomb durci contre le Hamas dans la bande de Gaza. Ce qui a suscité une polémique en Egypte où le ministre égyptien de la Culture Farouk Hosni, futur candidat  au poste de directeur général de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), l’a défendu : « Ce maestro a attaqué la politique israélienne, et une demande a même été formulée de lui retirer sa nationalité », et a été invité « par conviction, car il défend la cause palestinienne et parle de la paix ».

Le 27 juillet 2012, pour marquer l’ouverture des Jeux olympiques (27 juillet-12 août 2012) à Londres (Grande-Bretagne), Daniel Barenboim a dirigé  le West Eastern Divan Orchestra qui a interprété la 9e symphonie de Beethoven – Hymne à la Joie – et été l’un des porteurs du drapeau olympique au stade accueillant la cérémonie d’ouverture de ces Jeux. Des Jeux ayant refusé d’accorder une minute de silence lors de cette cérémonie d'ouverture à la mémoire des onze athlètes Juifs israéliens assassinés lors des Jeux olympiques à Munich en 1972.

Prévu au mont des Oliviers, à Jérusalem, le concert de ce citoyen d’honneur Palestinien prévu le 31 juilet 2012, a été annulé en raison de l’opposition de Palestiniens.
« Daniel Barenboim s'entretient en ce moment avec l'Iran sur la possibilité d'un concert de la Staatskapelle de Berlin à Téhéran », a annoncé l'Opéra d’Etat (Staatskapelle) de Berlin le 27 août 2015, quelques semaines après la signature de l’accord controversé entre l’Iran et les Etats du « P 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) sur le programme iranien nucléaire militaire. Une initiative soutenue par le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. Et qui a soulevé des protestations de Miri Regev, ministre israélienne de la Culture : sur Facebook, elle a accusé Daniel Barenboim d’instrumentaliser la culture au profit de ses « opinions politiques anti-Israël ». Le Centre Simon-Wiesenthal a demandé  à la chancelière allemande Angela Merkel, de reconsidérer la venue d’une délégation allemande à Téhéran (Iran) en octobre 2015 et d’annuler ce concert : « La semaine dernière, le conseiller parlementaire iranien des Affaires étrangères et ancien ambassadeur en Syrie, Hussein Sheikholeslam, a déclaré : « L’Iran continuera de rejeter l’existence de tout Israélien sur terre »… Sous la couverture de la musique, cet événement musical embellit le dessein constant et déclaré de l’Iran d’un génocide nucléaire pour détruire Israël ». Le 31 août 2015 , le régime iranien a refusé que ce chef d’orchestre israélien dirige ce concert. « Nous n'avons aucune opposition quant à la venue de l'orchestre national allemand en Iran, notre opposition concerne la personne qui dirige l'orchestre. Cette personne a plusieurs nationalités, dont la nationalité israélienne. Notre enquête montre que le chef d'orchestre a un lien national et identitaire avec Israël, il a été élevé en Israël et ses parents vivent là-bas. Il est suspecté d'avoir un lien avec ce pays qui est illégitime », a déclaré Hossein Noushabadi, porte-parole du ministère de la Culture, cité par l'agence Isna. Et d’ajouter que l'Iran refuse la venue de « toute personne, dans le cadre d'un groupe culturel, sportif ou touristique, suspectée d'avoir un lien avec le régime sioniste. Si l'orchestre allemand change de chef, il peut de nouveau présenter sa demande pour venir en Iran ».

Le 18 avril 2016, à 1 h 30, Arte diffusa Zubin Mehta et Daniel Barenboim à Berlin (Zubin Mehta und Daniel Barenboim in Berlin), de Henning Kasten. "À l'occasion de ses 70 ans, le 15 novembre 2012, Daniel Barenboim se met au piano et cède le pupitre à son compagnon de route Zubin Mehta, à la tête de la Staatskapelle de Berlin. Ils interprètent le "Concerto pour piano n°3 en ut mineur" de Beethoven et le "Concerto pour piano n°1 en si bémol mineur" de Tchaïkovski. Né le 15 novembre 1942 à Buenos Aires, Daniel Barenboim est arrivé à la musique par le piano. Devenu chef d'orchestre, il n'a jamais délaissé ses premières amours malgré ses multiples fonctions : directeur musical de la Scala de Milan, de l'Opéra d'État et de la Staatskapelle de Berlin, il a également fondé le West-Eastern Divan Orchestra en 1999 - du nom d'un recueil de poèmes de Goethe -, qui réunit des musiciens arabes et israéliens, et milite pour la paix au Proche-Orient. En cette soirée anniversaire, le musicien aux quatre passeports (argentin, israélien, palestinien et espagnol) confie sa baguette à un compagnon de route et ami de longue date, Zubin Mehta, chef d'orchestre indien et directeur musical de l'Orchestre philharmonique d'Israël. Accompagné de la Staatskapelle de Berlin, Daniel Barenboim interprète le Concerto pour piano n° 3 en ut mineur de Beethoven et le Concerto pour piano n° 1 en si bémol mineur de Tchaïkovski - deux chefs-d'oeuvre du répertoire classique qu'il fait revivre avec une virtuosité époustouflante, entre profondeur du toucher et liberté de phrasé. Également au programme, un détour par la musique contemporaine avec Dialogues II pour piano et orchestre, spécialement composé par Elliott Carter pour Daniel Barenboim".

Arte rediffusa le 14 juillet 2016 à 4 h 10 Les voies de la musique (Wege Zur Musik Mit Daniel Barenboim) avec Daniel Barenboim, documentaire réalisé par Paul Smaczny.

Les 5, 6 et 7 janvier 2017, la Philharmonie de Paris proposa des concerts symphoniques de Daniel Barenboim dirigeant le Staatskapelle de Berlin. Ces "concerts seront diffusés en direct sur live.philharmoniedeparis.fr où ils resteront disponibles pendant six mois". Au programmeWolfgang Amadeus Mozart (Symphonie concertante pour violon, alto K 364) et Anton Bruckner (Symphonie n° 1) avec Wolfram Brandl, violon, et Yulia Deyneka, alto. "Ce qui relie Mozart à Bruckner, c’est le talent et la force d’interprétation de Daniel Barenboim, très tôt repérée dans le répertoire mozartien et qui atteint un degré inégalé de maturité musicale dans la compréhension de l’oeuvre de Bruckner. Composée en 1779 au terme d'un voyage enthousiasmant à Paris, la Symphonie concertante K. 364 est une œuvre d'une grande maturité qui s'éloigne des stérotypes galants en vogue à cette période. S'y affirment le souci constant d'une architecture à grande échelle, tout comme la tendance à se rapprocher des modèles expressifs pré-romantiques.  La Première Symphonie de Bruckner date de 1865-66, sa création intervenant deux ans plus tard avant l'installation du compositeur à Vienne. Malgré un succès relatif, elle ne sera plus jouée avant 1891, dans une version remaniée. Ce premier maillon du corpus symphonique brucknérien frappe par ses rythmes de marche, l'élan du scherzo et les vastes proportions de son final". Dans le cadre de l’intégrale des symphonies de Bruckner en neuf concerts, de septembre 2016 à septembre 2017.

Le 16 août 2017, Arte diffusa Daniel Barenboim et le West-Eastern Divan Orchestra. Proms 2014 (Daniel Barenboim bei den Proms 2014), réalisé par Peter Maniura. "Fondé à Weimar en 1999 par le chef d’orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim et l’intellectuel d’origine palestinienne Edward Said, symbole d’espoir, cet orchestre symphonique hors du commun, le West-Eastern Divan Orchestra est formé de jeunes musiciens juifs, musulmans et chrétiens du Proche-Orient. Le  West-Eastern Divan Orchestra s’est imposé comme l’une des meilleures formations de la scène musicale internationale. Lors de ce concert enregistré en 2014, il célébrait Ravel à travers ses airs les plus connus. Le concert donné à Londres lors des BBC Proms 2014 a permis de fêter les 15 ans de l’ensemble. Au programme, une sélection d'inspiration ibérique des airs les plus connus de Maurice Ravel : "Rhapsodie espagnole", "Alborada del gracioso", "Pavane pour une infante défunte" et, bien entendu, le célèbre "Boléro".

Prix ECHO
Les prix ECHO sont des prix musicaux distinguant des artistes "dans des domaines allant du classique à la musique pop en passant par le jazz. Les prix se fondent sur les succès commerciaux des artistes". Ils sont remis lors d'une cérémonie.

Le 12 avril 2018, le prix de meilleurs artistes hip-hop de l’année est revenu aux rappeurs Kollegah et Farid Bang, dont l'album « Jeune, brutal et beau gosse 3 » a été vendu à plus de 200 000 exemplaires en Allemagne. Dans "0815", une de leurs chansons, ce groupe indique "avoir des muscles plus aiguisés que ceux des prisonniers d’Auschwitz", et exhorte à « un autre Holocauste ; prenons les cocktails Molotov ». Le "duo a été vivement critiqué" par Campino, le chanteur du groupe allemand de punk rock Die Toten Hosen qui a souligné que "la liberté artistique a ses limites. [Cette ligne est franchie] lorsqu'il s'agit d'insultes misogynes, homophobes, extrémistes de droite et antisémites". Le groupe Die Toten Hosen a alors reçu une "standing ovation" de la part de la salle pour ses propos".

Les rappeurs Kollegah et Farid Bang ont nié tout antisémitisme. "Tous deux musulmans", ils "se sont excusés pour les paroles lorsqu'ils sont montés sur scène et ont insisté sur le fait qu'ils s'étaient efforcés de prendre leurs distances avec "toutes les formes d'antisémitisme et de haine contre les minorités".

Une polémique a surgi. Des "lauréats de la manifestation cette année ont rendu leurs récompenses pour dénoncer la remise de ce Prix. Plusieurs responsables des prix ECHO ont démissionné pour protester contre la récompense remise aux rappeurs, également dénoncée par des ministres allemands et des responsables d’organisations juives. Cette polémique qui ne cesse de faire des vagues depuis mi-avril intervient dans un contexte de craintes d’une résurgence de l’antisémitisme en Allemagne. La chancelière Angela Merkel s’est elle-même émue de cette situation à plusieurs reprises ces derniers mois, la dernière fois dimanche dans une interview accordée à une télévision israélienne". Le "président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Josef Schuster, a également fustigé le duo, déclarant que "tandis que nous exigeons des immigrés d’accepter nos valeurs, la violence et l'intolérance sont célébrées dans ces types de chansons". Un autre artiste allemand a qualifié de « macabre et honteux » que les rappeurs allemands soient honorés le même jour que la journée de la Shoah. La survivante de l'Holocauste et musicienne Esther Bejarano, âgée de 93 ans, connue pour s'être associée à un groupe de hip-hop pour combattre l'intolérance, s'est jointe à la critique".

Farid Bang "a présenté ses excuses sur Facebook indiquant qu’il n’avait pas l’intention d’offenser qui que ce soit et a suggéré d'enregistrer une chanson avec Bejarano et de faire don de la recette à une œuvre caritative". "Kollegah - un converti à l’Islam de 33 ans dont le vrai nom est Felix Blum, et qui a consacré un documentaire à ses visites dans les Territoires - avait indiqué que les paroles des morceaux avaient été "mal interprétées", proposant d’offrir des billets gratuits à ses fans juifs lors d’un prochain concert".

Le 23 avril 2018, Daniel Barenboim, récipiendaire de prix ECHO, a fustigé dans un communiqué "un album de rap aux textes « clairement antisémites, misogynes, homophobes et d’une manière générale méprisants pour la dignité humaine ». En conséquence, le chef d’orchestre israélo-argentino-hispano-palestinien et deux orchestres qu’il dirige, la Staatskapelle du Staatsoper de Berlin et le West-Eastern Divan Orchestra qu’il a fondé, composé de musiciens palestiniens et israéliens, ont « décidé de rendre toutes [leurs] distinctions. Les intérêts commerciaux ne doivent pas supplanter la décence et l’humanité ».

L’événement a finalement été annulé.

Macbeth
Le 21 juin 2018 à 20 h 55, Arte proposera "Anna Netrebko et Plácido Domingo chantent "Macbeth" au Staatsoper de Berlin" (Macbeth - Aus der Staatsoper Unter den Linden Berlin). "Les stars internationales de l’art lyrique Plácido Domingo et Anna Netrebko nous livrent leur version du célèbre opéra de Verdi. Cette nouvelle production du Staatsoper de Berlin, sous la baguette de son directeur musical Daniel Barenboim, est un concert événement, retransmis en léger différé".

"Après un combat victorieux, trois sorcières prédisent au général Macbeth qu’il deviendra roi d’Écosse. Exaltée par cette prédiction, son épouse le pousse à assassiner le roi Duncan pour accéder au trône. Macbeth s’exécute, avant de faire éliminer son ami Banquo. Rongé par la culpabilité et hanté par des apparitions, le couple Macbeth sombre peu à peu dans une folie de plus en plus meurtrière…"

"Afin de rester aussi fidèle que possible à Shakespeare, dont il était un fervent admirateur, Verdi a bousculé les conventions de son époque pour composer l’une de ses œuvres les plus sombres. Plus condensée que l’originale, son intrigue se recentre sur quelques personnages, et en particulier celui de Lady Macbeth. Pleines "de bruit et de fureur", des scènes de chœur mettant en avant la révolte des opprimés y contrastent avec des arias et des duos décrivant la descente aux enfers des protagonistes. Servie par une distribution exceptionnelle, avec Plácido Domingo dans le rôle de Macbeth et Anna Netrebko dans celui de sa femme, la nouvelle production du Staatsoper de Berlin, sous la baguette de son directeur musical Daniel Barenboim, affiche déjà complet jusqu’à la fin de la saison 2018".


 "Anna Netrebko et Plácido Domingo chantent "Macbeth" au Staatsoper de Berlin"
Acteurs : Anna Netrebko, Plácido Domingo, Kwangchul Youn, Evelin Novak, Fabio Sartori
Auteur : William Shakespeare
Direction musicale : Daniel Barenboim
Direction de chœur : Martin Wright
Costumes : Yan Tax
Choeur : Staatsopernchor
Scénographie : Hans Schavernoch
Lumière : Olaf Freese
Mise en scène : Harry Kupfer
Orchestre : Staatskapelle Berlin
Présentation : Annette Gerlach
Réalisation TV : Tiziano Mancini
Allemagne, 2018
Sur Arte le 21 juin 2018 à 20 h 55

Daniel Barenboim et le West-Eastern Divan Orchestra. Proms 2014, réalisé par Peter Maniura
ZDF, Allemagne, 2014, 44 min
Direction musicale : Daniel Barenboim
Composition : Maurice Ravel, Georges Bizet
Orchestre : West-Eastern Divan Orchestra
Sur Arte le 16 août 2017 à 5 h
Visuel :

ZDF, 2012
Direction musicale : Zubin Mehta
Composition :  Ludwig van Beethoven, Pjotr Iljitsch Tschaikowsky, Elliott Carter
Orchestre : Staatskapelle Berlin
Présentation : Annette Gerlach
Avec Daniel Barenboim (piano)
© Dominik Skurzak

2012, 56 min et 28 min

Visuels :
© Monika Rittershaus
© The United Nations Relief and Works Agency

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sur les films viennent d'Arte. Cet article a été publié le 11 octobre 2015, puis les 16 avril  et 12 juillet 2016, 5 janvier et 17 août 2017.

Art Spiegelman's Co-Mix: A Retrospective


Le Jewish Museum de New York a présenté l’exposition éponyme. Par des fac-similés et originaux, l’évocation de la carrière d’Art Spiegelman, auteur new-yorkais talentueux de bandes dessinées (BD) ayant débuté dans la bande dessinée underground (Raw), puis collaboré notamment au New Yorker dont il a assuré des couvertures sobres ou polémiques. Illustrateur de livres, auteur d’histoires courtes et d’instantanés, cet auteur a été distingué par le Prix Pulitzer en 1992 pour sa série Maus, roman graphique illustrant la vie de ses parents Juifs polonais, Vladek et Anja, déportés par les Nazis et survivants de la Shoah. Le 19 juin 2018 à partir de 18 h, MEL Publisher présentera, sur son site internet et à la librairie Artcurial, "la lithographie Silent Six réalisée par le célèbre auteur de bandes dessinées et illustrateur américain Art Spiegelman. Une séance de  dédicace d' Art Spiegelman à la Librairie Artcurial le même jour de 18 à 21 h. Exposition des estampes d'Art Spiegelman éditées par MEL Publisher du 19 au 28 juin 2018."



En 2012, à l'occasion de la sortie de MetaMaus, la Bibliothèque du Centre Pompidou a présenté l’exposition Co-Mix. Une rétrospective de bandes dessinées, graphisme et débris divers d’Art Spiegelman. Une exposition reprise au Jewish Museum de New York.

« Mon père m’avait appris à faire les valises, à empaqueter pour mettre le maximum de choses dans une valise au cas où on doive partir vite. Dans mes BD, je fais de même, en laissant un espace pour la respiration du lecteur… Après avoir fini un chapitre de Maus, j’ai réalisé des couvertures de livres et magazines », a déclaré Art Spiegelman lors du vernissage de cette exposition, le 20 mars 2012.

« Créateur exigeant et perfectionniste, Art Spiegelman révèle, à travers ses images, tout autant que dans le découpage de ses planches, un sens de la composition qui ne cède rien au hasard », écrit Benoît Mouchart, directeur artistique du Festival de la Bande dessinée d'Angoulême.

Et d’ajouter : « En compagnie de son épouse Françoise Mouly, une jeune artiste française qui venait de s'établir à New York, il a posé en 1980 une véritable bombe esthétique en fondant RAW. Le sommaire de RAW réunissait en effet des auteurs américains, japonais et européens, contemporains ou passés, qui partageaient tous une très haute ambition dans le domaine du graphisme comme dans celui de la narration. Par la modernité et l'audace de ses choix artistiques, RAW a permis de changer le regard posé sur une forme d'expression trop peu souvent considérée comme un art à part entière.  La variété thématique des projets d'Art Spiegelman lui permet de tirer le meilleur parti des potentialités formelles et signifiantes de ce medium qu'il désigne parfois, comme ses contemporains de l'underground américain, sous le nom de comix, mais qu'il aime aussi appeler co-mix, évoquant ainsi le mélange des images et des mots. Les travaux de Spiegelman révèlent non seulement une insoumission révoltée et une urgence d'expression personnelle propres aux plus grands créateurs, mais aussi et surtout une foi inexpugnable dans les potentialités infinies de la bande dessinée… Spiegelman, qui a refusé toutes les offres d'adaptation de Maus au cinéma pour préserver l'intégrité de cette œuvre, se trouve et se raconte depuis toujours en BD ; il rêve parfois même en bandes dessinées ».


De l’underground à la célébrité
Auteur de bande dessinée, illustrateur, éditeur et critique né en 1948, Art Spiegelman a su mêler la culture savante et la culture populaire » en s’extrayant de la culture under ground, laboratoire d’idées mais à faible diffusion (Raw) pour accéder à des magazines célèbres et officiels, et atteindre la célébrité avec Maus.

En partenariat avec le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou présente cette exposition en hommage à l'œuvre d’Art Spiegelman. Une version adaptée à une superficie moindre que celle de l’exposition originelle à Angoulême quelques mois auparavant.

Une scénographie fluide, permettant au visiteur de circuler, dans un espace sombre et sans indication de début ou de fin d’exposition, comme dans les méandres d’un cerveau humain.

L’exposition s’articule autour de plusieurs axes : L’underground, Breakdowns, portrait de l'artiste en jeune, Maus, La revue Raw, A l’ombre des tours mortes, et Travaux d’illustration - des pièces plus ou moins connues sur le travail d'illustrateur d'Art Spiegelman (couvertures du New Yorker, dessins pour La Nuit d'enfer de Joseph Moncure, et l'édition allemande des ouvrages de Boris Vian).


Art Spiegelman est né en 1948 à Stockholm (Suède) où ses parents, déportés à Auschwitz en 1944 et survivants de la Shoah, s'installent après avoir quitté la Pologne. La famille émigre aux Etats-Unis trois ans plus tard.

Pour diverses marques, il conçoit des jeux de cartes, des autocollants, etc.

Art Spiegelman débute dans l'underground de San Francisco. Dans les années 1970, il publie la revue Arcade. Y collaborent notamment Robert Crumb et Gilbert Shelton. Art Spiegelman édite « ses premiers travaux, récits de vie souvent très brefs baignant » dans l’avant-garde de l'époque.

Breakdowns, portrait de l'artiste en jeune retient certaines histoires courtes, publiées pour la première fois en 1977 et réunies dans le recueil éponyme (Casterman, 2008). On y découvre son « regard pessimiste sur son environnement » et sa quête de la mémoire, la sienne et celle de ses parents. Ces premières œuvre augurent d’une « démarche autobiographique singulière », et du « travail mémoriel et introspectif du futur Maus ».

Au cœur de l’exposition : Maus, oeuvre majeure d'Art Spiegelman. Un roman graphique d’environ 300 pages, réalisé entre 1978 et 1991, traduit dans 18 langues et publié en France par Flammarion dès 1987. L'intégralité des planches des deux volumes est montrée en fac-similés, au côté de 200 documents originaux, dont des croquis, storyboards et recherches qui composent la matrice des pages finales et des archives familiales : enregistrement sonore du témoignage du père d’Art Spiegelman qu’il avait recueilli avant d’entreprendre cette œuvre dans laquelle il retrace le destin de ses parents rescapés d'Auschwitz.


Les Juifs sont dessinés en souris et les nazis en chats. Selon l'essayiste Benoît Peeters, il offre « par rapport à un film sur la Shoah, un accès au réel beaucoup moins indécent ».

Maus est présenté dans son intégralité avec des documents préparatoires, des travaux parus à la fin des années 1960, des illustrations pour le New Yorker, des livres pour la jeunesse…

Avec Françoise Mouly, son épouse et  actuelle directrice artistique du New Yorker, Art Spiegelman crée la revue Raw qui publie Maus. Sur une courte période (1980-1991), en douze numéros, RAW marque « l'histoire de la bande dessinée contemporaine par son exigence, son avant-gardisme et son habileté à mélanger bande dessinée, illustration et graphisme, réunissant des auteurs venus de tous pays qui, selon les mots de Spiegelman, "s'intéressaient au vocabulaire de la BD" : Charles Burns, Tardi, Joost Swarte, Baru, Lorenzo Mattoti, Loustal, Chris Ware, Gary Panter, Mark Beyer, Jerry Moriarty… » Ces numéros montrés sur des écrans, ainsi que les livres édités par RAW Books.

Projet post-11 Septembre, À l'ombre des tours mortes réunit des planches de grand format parues à l'origine dans l'hebdomadaire allemand Die Zeit, puis éditées par Casterman (2004). Selon le Centre Pompidou, « bousculant les habitudes de lecture par une mise en page étonnante, Spiegelman y dit son amour pour New York et dénonce le terrorisme intellectuel des années Bush ». Quel « terrorisme intellectuel » ? Pourquoi cette omission du terrorisme islamiste dans les documents sur cette exposition édités par le Centre Pompidou ?

Le 20 mars 2012, interrogé sur la tuerie à Toulouse – l’identité de l’assassin était alors ignorée -, Art Spiegelman a d’abord nié le caractère antisémite de la tuerie à l’école Ozar HaTorah à Toulouse la veille. La journaliste l’ayant questionné sur cette tragédie a opiné de la tête en signe d’approbation. J’ai alors souligné que des enfants et un professeur Juifs d’une école Juive étaient visés, donc cette tuerie était antisémite. Art Spiegelmn a alors rappelé que l’assassin avait aussi tué des non Juifs. J’ai alors indiqué que tuer des Noirs ou des Arabes pour ce qu’ils sont constitue un acte raciste, que cet assassin n’avait pas tué une dame blanche âgée près d’une de ses cibles, et que viser des enfants ou adulte Juifs dans une école Juive constituait un acte antiJuif. Art Spiegelman a alors admis le caractère antisémite de la tuerie contre cette école et a ajouté : « C’est abominable ».

Le 19 juin 2018 à partir de 18 h, MEL Publisher présentera, sur son site internet et à la librairie Artcurial, "la lithographie Silent Six réalisée par le célèbre auteur de bandes dessinées et illustrateur américain Art Spiegelman. Cette œuvre est en lien direct avec la performance Wordless ! le 17 juin 2018 à la Philharmonie de Paris. A cette occasion seront également présentées 4 autres lithographies de l’artiste, éditées par MEL Publisher. Une séance de  dédicace d' Art Spiegelman à la Librairie Artcurial le même jour de 18 à 21 h. Exposition des estampes d'Art Spiegelman éditées par MEL Publisher du 19 au 28 juin 2018."


Citations extraites d’une interview par BenoÎt Mouchart

Sur Maus. « Je suis fier de ce travail, mais parfois aussi exaspéré par son succès... J'espère que MetaMaus répondra à toutes les questions que Maus a soulevées et me permettra de tourner la page. Lorsque quelqu'un me demandera « Pourquoi des souris ? », je répondrai « Allez voir pages 110 à 119 ! » Ce travail me hante encore. Je ne l'avais pas réalisé jusqu'à ce que je regarde les photos, les documents, croquis et notes nécessaires pour réaliser MetaMaus. Ceux qui pensent que travailler sur Maus a été cathartique se trompent. J'ai dû développer une carapace pour y œuvrer sans me blesser. L'armure a disparu quand le travail s'est achevé […]. Faire face à nouveau à ce passé et cette tragédie familiale m'a montré que les blessures sont toujours vives ».

« Ce qui nourrit toutes mes bandes dessinées, qu'elles soient d'inspiration personnelle, politique ou autre, c'est l'aspect formel du travail : les mots et les images sur une page comme un diagramme, un circuit de pensées ».

« Les manifestations autour de la bande dessinée sont nombreuses, en Europe comme aux États-Unis. Bientôt il faudra se méfier des BD qui vont devenir trop institutionnelles. Une part de l'énergie de ce médium vient de ses racines populaires, et j'espère contribuer à la préservation de cette tradition. Après tout, j'ai fait Les Crados, des BD pour Playboy et ce roman graphique qui a remporté le Pulitzer…


Du 19 au 28 juin 2018
A la Librairie Artcurial 
7 rond-point des Champs-Élysées 75008 Paris
Tél. : 01 42 99 16 19
Lundi : 09:00 - 19:00 Mardi : 09:00 - 19:00 Mercredi : 09:00 - 19:00 Jeudi : 09:00 - 19:00 / 09:00 - 19:00 Vendredi : 09:00 - 19:00 Samedi : 10:30 - 19:00  
Visuel :
Art SPIEGELMAN
Silent Six, 2018
Lithographie en 8 couleurs avec rehaut de 3 couleurs en sérigraphie sur papier Arches 400g
Edition de 35 exemplaires
Signée et numérotée par l'artiste
79 x 100 cm
Réalisée à l'atelier Stéphane Guilbaud pour la lithographie et à l'atelier ParisPrintClub pour la sérigraphie

Du 8 novembre 2012 au 23 mars 2014
Au Jewish Museum
1109 5th Ave at 92nd St. New York NY 10128
Tel. : 212-423-3200
Du vendredi au mardi de 11 h à 17 h 45. Jeudi de 11 h à 20 h

Jusqu’au 21 mai 2012
Niveau 2
Place Georges Pompidou
19, rue Beaubourg, 75004 Paris
Tél. : 33 (0)1 44 78 12 33
Lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 12 h à 22 h. Samedi, dimanche et jours fériés de 11 h à 22 h.


Visuels de haut en bas
Affiche
Self-portrait with Maus mask. © Art Spiegelman, 1989

Art Spiegelman © Nadja Spiegelman

Art Spiegelman avec à sa droite son épouse Françoise Mouly et sa gauche Rina Zavagli-Mattotti, commissaire de l’exposition et fondatrice de la Galerie Martel, Paris. © Véronique Chemla

Crash!
Crayon, encre et crayons de couleur.
Lead Pipe Sunday n°2, 1997
© Art Spiegelman

Page non publiée de carnet à dessin, 1975
© Art Spiegelman

The Plastic Arts, gouache.
Couverture pour The New Yorker, 19 avril 1999
© Art Spiegelman

Art Spiegelman
Breakdowns

Dessin préparatoire pour Maus
© Art Spiegelman

Crossroads, lithographie, 1996 © Art Spiegelman

Raw n°7, The Torn-Again Graphix Mag
Encre de Chine, gouache et photo-collage.
© Art Spiegelman. Photo : Béatrice Hatala

Illustration pour la case centrale de A l’ombre des Tours mortes n°6.
Encre sur papier.
© Art Spiegelman. Photo : Béatrice Hatala

Autoportrait, 1999. © Art Spiegelman

Couverture pour Print Magazine, 1981. © Art Spiegelman

Je ne voudrais pas crever, 1985.
Dessin original pour la couverture.
© Art Spiegelman. Photo : Béatrice Hatala

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Cet article a été publié le 18 mai 2012, puis le 23 mars 2014. Il a été modifié le 19 juin 2018.