Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 1 octobre 2020

« Le palais du Reichstag Un bâtiment au cœur de l'histoire allemande » de Christoph Weinert

Arte diffusera le 4 octobre 2020 « Le palais du Reichstag Un bâtiment au cœur de l'histoire allemande » (Der ReichstagGeschichte eines deutschen Hauses) de Christoph Weinert. « Incendié en 1933 peu de temps après la prise de pouvoir de Hitler, détruit par les bombardements de 1945, le Reichstag a été reconstruit pendant la division de l’Allemagne puis restauré par l’architecte Norman Foster dans les années 1990. Retour sur la tumultueuse histoire du siège du Parlement allemand et sur les personnalités qui y sont associées. »

« Le palais du Reichstag Un bâtiment au cœur de l'histoire allemande » de Christoph Weinert

« Mein Kampf, c’était écrit » et « Mein Kampf, histoire d'un livre » par Antoine Vitkine 
« La nuit des longs couteaux » de Marie-Pierre Camus et Gérard Puechmorel 

« Le procès du siècle. Les chroniqueurs célèbres de Nuremberg » de Peter Hartl

Conçu par les architectes Paul Wallot et Norman Foster, construit en 1884 « dans le style néoclassique sous l’empire allemand, le palais du Reichstag a été inauguré en 1894. 

Destiné à accueillir l’Assemblée du Reich (Empire), il « a connu un passé mouvementé ». 

Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, il a été incendié. Le prélude à la répression de l'opposition politique aux Nazis.

Photographe Juif pour l'Armée rouge, Evgueni Khaldeï (1917-1997) a souhaité créer le pendant photographique de l'oeuvre de Joe Rosenthal "Le drapeau américain hissé au sommet de l’île japonaise d’Iwo Jima". En avril 1945, il se trouvait dans Berlin vaincue par l'Union soviétique. Staline voulait un cliché représentant la victoire sur le IIIe Reich. Khaldeï "a demandé, quelques jours plus tôt, à Grisha Lioubinsky, l'économe de l'agence Tass, de lui offrir quelques-unes des belles nappes rouges qu'il utilise lors des réunions du Parti", expliquent Pierre Bellemare et Jérôme Equer dans "Histoire secrète des 44 photos qui ont bouleversé le monde". Avec son ami le tailleur Israël Kichitser, Evgueni Khaldeï "a fabriqué dans la nuit trois drapeaux soviétiques. Le plus dur a été de réaliser le marteau et la faucille. Le premier de ses drapeaux fut planté à l'aéroport de Tempelhof où se dresse un aigle gigantesque, symbole du Reich hitlérien. Le deuxième sera érigé au sommet de la porte de Brandebourg, devant le quadrige de Johann Gottfried Schadow, sur lequel trône la déesse de la Victoire". Par manque de recul, Khaldei ne peut pas montrer Berlin. Le troisième et dernier drapeau ? Il est destiné au toit du Reichstag. Ce qui offre une belle vue de la ville, en partie détruite par les combats. Le 30 avril, à 22 h 40, alors que Berlin était encore en proie aux combats, en l'absence de photographe, un drapeau soviétique y avait été installé. Le 1er mai, les Allemands l'avaient enlevé. Le 2 mai, "devant le Reichstag, j'en ai sorti un et les soldats se sont écriés : 'Donnez-nous ce drapeau, on va le planter sur le toit'", a raconté le photographe à "Libération", en 1995. Et d'ajouter : "J'ai demandé à un jeune soldat de le tenir le plus haut possible. Il avait 20 ans, il s'appelait Alexis Kovalev. Je cherchais le bon angle, je lui ai demandé de grimper encore plus haut. Il a répondu "D'accord, mais que quelqu'un me tienne les pieds". Ce qui a été fait. La photo est partie, a plu, etc."

Ce cliché a été sciemment obscurci par son auteur pour en renforcer le caractère dramatique, et donner l'impression que les combats perdurent. En outre, il a été retouché : deux montres entouraient les poignets du soldat, qui tient son camarade brandissant le drapeau soviétique. Pour éviter d'alimenter les rumeurs et récriminations contre les pillages dus aux soldats soviétiques, l'une de ces deux montres a été supprimé de l'oeuvre diffusée.

"En 1995, Visa pour l’Image tombait trois mois après le 50e anniversaire de 1945 et de toutes les commémorations en Normandie, il fallait trouver une idée… J’ai pensé à faire se rencontrer Joe Rosenthal, auteur de la célèbre photo du drapeau d’Iwo Jiwa, avec l’auteur d’une autre photo historique avec un drapeau, celle réalisée par Khaldeï, lors de la prise du Reichstag à Berlin.... La rencontre entre Khaldeï et Rosenthal a été fabuleuse et reste l’un des plus forts moments de l’histoire du Festival. Un jour, ils sont allés tous deux déjeuner à Collioure, avec leurs interprètes respectifs. A leur retour, visiblement ils avaient adoré les vins du Roussillon, ils riaient comme deux vieux complices. Quand je leur ai demandé pourquoi ils se marraient autant, ils m’ont répondu : « Nous avons réalisé que nous sommes Juifs tous les deux. Tu te rends compte du mal que nous avons fait à Hitler ? », s'est souvenu Jean-François Leroy, directeur du Visa pour l'Image, festival international de photojournalisme à Perpignan.

« Ce documentaire revient sur les principaux moments de son histoire et sur les personnes qui l’ont marqué de leur empreinte, dont l’homme politique Philipp Scheidemann, qui a proclamé de l’une de ses fenêtres la république en 1918, ou l’artiste Christo qui, emballant de tissu l’intégralité du palais en 1995, a attiré l’attention du monde entier sur ce monument devenu le symbole de l’Allemagne réunifiée. »

Situé dans le Land de Berlin, le Palais du Reichstag (Reichstagsgebäude) est aussi l’actuel siège du Bundestag.


« Le palais du Reichstag Un bâtiment au cœur de l'histoire allemande » de Christoph Weinert

Allemagne, 2017

Sur Arte les 4 octobre 2020 à 15 h 15 et 21 octobre 2020 à 9 h 25

Disponible du 04/10/2020 au 01/01/2021


Sammy Davis Jr. (1925-1990)


Sammy Davis Jr. (1925-1990) était un chanteur, danseur, acteur, imitateur, musicien – il jouait du vibraphone, de la trompette, de la batterie - juif, sioniste, américain qui excellait dans le jazz, le swing, la pop rock. Un "entertainer" qui a milité pour les droits civiques. Arte rediffusera le 4 octobre 2020  « Les nombreuses vies de Sammy Davis Jr. » (Die vielen Leben des Sammy Davis Jr.) par Sam Pollard. Sioniste, « noir, juif et Portoricain : un mélange détonant dans l’Amérique du XXe siècle. Portrait d’un artiste aux multiples talents, Sammy Davis Jr., connu pour avoir bravé la ségrégation raciale ».

Billy Wilder (1906-2002)

« Je vais faire en sorte que les gens m’adorent en tant qu’artiste, même s’ils me détestent en tant que Noir », disait Sammy Davis Jr. (1925-1990), chanteur, danseur, acteur, imitateur, musicien – il jouait du vibraphone, de la trompette, de la batterie - qui excellait dans le jazz, le swing, la pop rock.

Né à Harlem, à New York, « en 1925 de parents artistes : sa mère Elvera Sanchez est danseuse catholique d'origine portoricaine, son père Sammy Davis Sr. un artiste protestant afro-américain aux multiples talents. Trois ans après, ses parents divorcent, et Sammy Davis Jr. est emmené en tournée avec et par son père. Il n'ira pas un seul jour à l'école.

Sammy Davis Jr. "est propulsé très tôt dans le show-business. Excellent danseur de claquettes", cet enfant prodige "se produit aux côtés de son père au sein du Will Mastin Trio". Ces deux adultes le protègent du racisme.

En 1933, il tourne dans des courts métrages : Seasoned Greetings et Rufus Jones for President.

"Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il sert dans l’armée, Sammy Davis Jr. découvre le racisme, et prend conscience du pouvoir de l’humour pour l’affronter ». Il oeuvre dans une unité de divertissement.

Son ami Jerry Lewis lui offre un appareil photographique. Et Sammy Davis Jr. photographie ses amis artistes, les militants célèbres, sa famille, etc.

En 1954, il enregistre son premier disque "Starring Sammy Davis Jr.", puis en 1955 son deuxième album "Just for lovers".

« Sa carrière décolle au milieu des années 1950, lorsqu’il décroche un second rôle dans la comédie musicale Mr. Wonderful, à Broadway ».  Il y triomphe aux côtés de son père et de Will Mastin.

L'histoire d'amour entre Kim Novak et lui s'achèvera par des menaces à son encontre. Une idylle inacceptable à Hollywood, dans l'Amérique des années 1950.

"Juif et fier de l'être"
Le 19 novembre 1954, Sammy Davis Jr. est victime d'un grave accident de voiture à San Bernardino (Californie). Il devait enregistrer le générique du film La Police était au rendez-vous (Six Bridges to Cross) de Joseph Pevney, avec Tony Curtis. Il perd l'usage de son œil gauche, et porte désormais un œil de verre. Ses amis viennent le réconforter à l'hôpital. Eddie Cantor lui avait donné l'année précédente une mezouza que Sammy Davis Jr. portait autour du cou en pendentif porte-bonheur, sauf le soir de l'accident. Eddie Cantor évoque des points communs entre la condition des Noirs américains et celle du peuple Juif. Davis se convertit au judaïsme en 1961 après la lecture de "A History of The Jews" livre d'Abram L. Sachar sur l'histoire des Juifs. Il est particulièrement impressionné par ce passage : « Les Juifs ne peuvent pas disparaître. Trois millénaires d'enseignement prophétique les ont résignés, et ont fait naître en eux un désir de vivre qu'aucune tragédie ne pourrait anéantir. »

Le judaïsme a donné des réponses à "une vie pleine de confusion et d'incertitude", a déclaré cet entertainment au magazine Ebony en février 1960. Et d'expliquer : "Je suis devenu juif car cela m'a donné une force intérieure et c'était la réponse à une curiosité qui m'a animé pendant de nombreuses années".

The Rat Pack
Sammy Davis Jr. devient membre du Rat Pack (Club des rats) qui réunit Frank Sinatra, Dean Martin et Peter Lawford. le Rat Pack joue en 1960 dans "L'Inconnu de Las Vegas" (Ocean's Eleven)  et en 1964 "Les Sept Voleurs de Chicago" (Robin and the Seven Hoods). Il se produit aussi dans des spectacles.

Admirateur du pasteur Martin Luther King Jr - il participe à la marche de Washington -, « engagé dans le mouvement des droits civiques, Sammy Davis Jr. refuse de jouer dans les salles qui pratiquent la ségrégation et déclenche la polémique en se mariant en 1960 avec l’actrice suédoise May Britt, alors que trente et un États américains interdisent encore les mariages entre Blancs et Noirs. » Le couple a une fille, Tracey, et adopte deux autres enfants : Jeff et Mark. Il divorce en 1968 en raison des infidélités de Sammy Davis Jr., "un nomade".

En 1969, ce fervent sioniste s'est rendu en Israël. Il s'est recueilli au Kotel, a rencontré des soldats. Il a déclaré : "Like every Jew, my feelings at the Wall were deep and personal. This is my religious home. It’s great here. A great thrill. It is a kind of oneness I have with Israel and the Jewish people." ("Comme tout Juif, mes sentiments envers le Kotel sont profonds et personnels. C'est le foyer de ma religion. C'est grand ici. Une grande émotion. C'est une sorte d'unité que j'ai avec Israël et le peuple Juif).

Sammy Davis Jr. soutient les candidats John F. Kennedy et Robert Kennedy, puis le candidat républicain Richard Nixon "qui voulait rassembler". En 1960, il est désinvité de la soirée d'inauguration du président Kennedy organisée par Frank Sinatra. Et ce, à la demande du président. Une blessure pour l'artiste. Sous l'administration Nixon, Sammy Davis Jr. se rend auprès des soldats se battant au Vietnam.

En 1970, Sammy Davis Jr. épouse Altovise Gore, danseuse. La cérémonie est célébrée par le révérend Jesse Jackson. En 1989, le couple adopte un garçon, Manny.

Sammy Davis Jr. a été le premier Afroaméricain à avoir son talk show télévisé : "Sammy and Company".

Parmi les succès de Sammy Davis Jr. : "I've Gotta Be Me", "Mr. Bojangles" qu'il interprète avec distinction, émotion et classe, "The Candy Man" (1972).

Sammy Davis Jr a aussi multiplié les apparitions en "guest star" dans des séries télévisées américaines.

Ce grand fumeur décède d'un cancer à la gorge. 

« Ce passionnant documentaire revient sur la vie mouvementée de cet artiste multifacettes, à la fois chanteur, acteur, danseur et imitateur. À travers une foule d’archives et les témoignages du récemment disparu Jerry Lewis, de Whoopi Goldberg et de Quincy Jones, le film déroule le chemin chaotique que ce frondeur a dû parcourir pour arriver au sommet, sur fond de bataille pour les droits civiques ». 

« Une histoire qui est aussi, pour le meilleur et pour le pire, celle de l’Amérique ».

Paramount prépare un biopic sur Sammy Davis Jr.


« Les nombreuses vies de Sammy Davis Jr. » par Sam Pollard
Etats-Unis, 2017, 53 min
Sur Arte les 24 juin 2018 à 22 h 40, 30 juin et 7 juillet 2018, 4 octobre 2020 à 9 h 30 
Disponible du 25/03/2020 au 29/09/2021
Visuels :
© LaMont Hamilton Photographic
© Joshua

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 22 juin 2018.

mercredi 30 septembre 2020

« Mésopotamie, une civilisation oubliée » de Yann Coquart et Luis Miranda

Arte diffusera le 3 octobre 2020 « Mésopotamie, une civilisation oubliée » (Kurdistan, Schatzkammer Mesopotamiens) de Yann Coquart et Luis Miranda. « Dans le Kurdistan irakien, région encore peu explorée, une formidable aventure archéologique, où le savoir scientifique se fait réponse à l’oubli. Ce documentaire retrace les dernières découvertes effectuées et dévoile une part inestimable du patrimoine de la Mésopotamie, berceau de l’humanité. »  

L’aventure des écritures 

« Mésopotamie, une civilisation oubliée » de Yann Coquart et Luis Miranda

Le Seyfo, génocide des Assyriens 

Mésopotamie signifie en grec « le pays entre les fleuves », le Tigre et l'Euphrate. La Mésopotamie antique correspond grosso modo  à l'Irak actuel. 

La civilisation mésopotamienne (12 000-330 avant l'ère commune) a créé l'écriture cunéiforme, s'est distinguée par ses cités monumentales et ses cités-Etats, son économie fondée sur le commerce, et  ses perfectionnements de systèmes d’irrigation, du tissage, de la roue, de la voûte, etc..

Hébreux, Judaïsme, Bible hébraïque

Certains ont localisé le Jardin d'Eden de la Bible hébraïque en Mésopotamie. Dans ce Jardin, se trouvaient l'Arbre de la Vie, l'arbre de la connaissance du bien et du mal et une végétation permettant à Adam et Ève de subvenir à leurs besoins.

"C’est également [en Mésopotamie] que l’on trouve les plus anciens récits du Déluge auquel survit un certain Uta-Napishtim, ancêtre de Noé. De même, la tour de Babel est inspirée des ziggurats ou tours à étages qui caractérisaient les grandes villes mésopotamiennes, et plus particulièrement de celle de Babylone. Cette dernière devint elle-même mythique, avec ses palais, ses murailles ou ses jardins suspendus classés parmi les sept merveilles du monde antique. L’imaginaire collectif reste aussi frappé par les noms de la ville « divinement grande » de Ninive (Jonas III, 3) comme par les monstres qui en gardaient les passages et qui semblent avoir directement inspiré la vision d’Ezéchiel (Ezéchiel I, 6-11)", souligne Ariane Thomas, commissaire de l'exposition L'Historie commence en Mésopotamie.

Premier patriarche du peuple Juif, Abraham était originaire de Mésopotamie. Il a quitté Sumer pour la Terre de Canaan.

En 722 avant l'ère commune, le royaume Israël est détruit par les Assyriens. En 586 avant cette ère, le royaume de Juda est vaincu par les Babyloniens. 

Après avoir conquis Jérusalem en 587 (ou 586) avant cette ère, Nabuchodonosor II contraint ses habitants à l'exil à Babylone. 

"Sur les fleuves de Babèl, nous habitions là. Nous pleurions aussi, en mémorisant Siôn. (note : Zion)

Sur les saules, en son sein, nous suspendions nos lyres.

Oui, nos geôliers nous demandaient les paroles d’un poème ; nos pillards, de la joie : « Poétisez-nous un poème de Siôn ! »

Quoi, poétiser le poème de IHVH-Adonaï (note : = Jah, etc.) sur une glèbe étrangère ?" (Psaume 137, Livre des Psaumes, traduction de André Chouraqui).

Troisième opéra de VerdiNabucco relate l’esclavage des Hébreux à Babylone. 

Ces Judéens exilés constituent l'une des plus anciennes diasporas juives, et certains d'entre eux ont contribué de manière majeure à l'histoire du Judaïsme. 

Durant l'ère des Gueonim, les académies talmudiques de Babylonie détiennent une autorité spirituelle sur les Juifs de la diaspora, de la fin du VIe siècle à la première moitié du XIe siècle (589 à 1038). 

Après la prise de Babylone en 539, Cyrus, qui a fondé l'empire Perse, autorise les Judéens à retourner à Jérusalem et à y reconstruire le Temple. Fin érudit de la Torah, Ezra, ou Esdras, et Néhémie mènent une partie de ces Israélites à Jérusalem. 

Illustre représentant du judaïsme rabbinique, Hillel l’Ancien, Hillel le Sage (Hillel Hazaken) ou le Babylonien est le dernier président du Sanhédrin de l'ère des Zougot, binômes de Sages d'Israël.

Vers le VIe siècle de l'ère commune, des rabbins de Babylonie ont rédigé le Talmud de Babylone. Fondement de la Halakha (Loi juive), le Talmud est constitué de la Mishna et de la Guemara, 

La deuxième moitié du XXe siècle a vu l'exil contraint des Juifs irakiens.

"Epopée archéologique"

« Si l'État islamique a déclaré la guerre au patrimoine archéologique en Irak et en Syrie, au Kurdistan irakien, l'une des seules régions à avoir pu repousser les djihadistes, les archéologues des plus prestigieuses universités mondiales poursuivent inlassablement leurs recherches ». 

« Ici, ils prospectent et fouillent un paysage vierge de toute exploration, dont le sol dissimule encore les vestiges des civilisations anciennes ». 

« Il y a environ cinq mille ans, la zone appartenait à l’empire d’Assyrie qui contrôlait, au moyen de ses capitales de Ninive, Khorsabad et Nimrud, tout le Proche-Orient ». 

« Au sud d’Erbil, les chercheurs ont récemment fait une découverte surprenante : celle d’une cité antique dénommée Idu, ensevelie sous un village ».

« En restaurant ces monumentales ruines assyriennes et islamiques, les scientifiques français, italiens, polonais ou encore américains éclairent leur extraordinaire histoire et s’emploient à transmettre leur savoir aux équipes locales, kurdes et irakiennes ». 

« Également nourri d’images d’archives qui retracent les premières tentatives de fouilles au XIXe siècle, ce documentaire à l’allure d’épopée archéologique retrace les dernières découvertes effectuées ».  

les autorités juives halakhiques faisant suite aux Savoraïm (Sages qui avaient fixé le Talmud de Babylone), et rashei yeshiva (directeurs) des deux grandes académies talmudiques de Babylonie, Soura et Poumbedita.

CHRONOLOGIE DE LA MÉSOPOTAMIE

(Extraite du dossier de presse de l'exposition L'Histoire commence en Mésopotamie)

Période proto-urbaine dite « d’Uruk » (vers 3800 - 2900 avant J.-C.)

Apparition des premières villes au sud de la Mésopotamie. Uruk est la plus importante.

Apparition de l’écriture cunéiforme à Uruk vers 3200 avant J.-C.

Période sumérienne dite « des Dynasties archaïques » (vers 2900 - 2340 avant J.-C.)

Apparition des premiers rois et des premières dynasties historiques.

Le pays est divisé en une quinzaine de petits royaumes parmi lesquelles Eridu, Lagash, Larsa, Uruk, Ur ou encore Kish. Chacune domine un modeste territoire avec à sa tête son dieu tutélaire et son roi. Le dieu possède de vastes domaines administrés par le souverain qui est son représentant sur terre et qui doit lui bâtir des temples.

Particulièrement bien connu, le royaume de Lagash fondé par le roi Ur-Nanshe connait alors une grande prospérité.

Période d’Akkad (vers 2340 - 2180 avant J.-C.)

Premier essai impérial : Sargon, roi fondateur d’Akkad, unifie pour la première fois le pays vers 2340 avant J.-C. Il conquiert les principales villes sumériennes mais aussi Mari, Ebla (Syrie actuelle) et la région de l’Elam (Iran actuel).

Akkad devient la nouvelle capitale et donne son nom à toute sa région.

Période néo-sumérienne (vers 2150 - 2004 avant J.-C.) 

Les royaumes sumériens retrouvent leur indépendance. 

Lagash redevient prospère. Son souverain Gudea est un grand bâtisseur. Sa plus importante réalisation est le temple de Ningirsu à Girsu.

C’est surtout le royaume d’Ur qui domine très vite la Mésopotamie et ses voisins comme Suse, reprenant à son compte les ambitions impériales d’Akkad. Shulgi, le fils du fondateur, a lui aussi laissé plusieurs témoins de ses constructions pieuses.

Épanouissement de la production littéraire. L’Épopée de Gilgamesh, le plus célèbre texte de la littérature mésopotamienne, commence à être mis par écrit à cette époque (mais la première version complète sera rédigée dans le royaume de Babylone au cours du millénaire suivant).

Période amorrite (2004 - 1595 avant J.-C)

La chute d’Ur marque la disparition définitive des Sumériens sur le plan politique.

Peuple nomade venu de l’ouest, les Amorrites se sédentarisent et instaurent des royaumes.

Babylone devient une grande puissance sous le règne de Hammurabi (1792 - 1750 avant J.-C.), qui parvient à dominer l’ensemble de la Mésopotamie.

Le célèbre Code de Hammurabi est un recueil de décisions de justice prises par le souverain et destinées à être des modèles pour les princes à venir. C’est l’une des premières formes de jurisprudence.

Période du Bronze récent (1595 - 1100 avant J.-C)

En 1595, Babylone est prise par les Hittites, un peuple venu d’Anatolie.

Les Kassites, un peuple asiatique dont l’origine est encore incertaine, s’installent alors en Babylonie dans le sud de la Mésopotamie, assimilant les traditions mésopotamiennes.

Au nord, l’Assyrie devient une grande puissance autour de sa capitale religieuse Assur, notamment sous le règne glorieux de Tukulti-Ninurta I.

Période néo-assyrienne (934 - 610 avant J.-C) 

Expansion de l’Assyrie, notamment sous les règnes de Sargon II et d’Assurbanipal. 

L’Assyrie s’étend de l’Iran oriental à la mer Méditerranée, et de l’Anatolie au nord du désert d’Arabie. Après Nimrud et Khorsabad, sa dernière capitale, Ninive, est alors l’une des plus grandes villes du monde.

À la mort d’Assurbanipal en 627, commence un conflit de succession qui précipite la disparation de l’empire assyrien en 610, sous les coups des Babyloniens alliés aux Mèdes. 

Période néo-babylonienne (vers 1000 - 539 avant J.-C) 

Après une longue période plus ou moins en retrait de l’Assyrie, une nouvelle dynastie est fondée en 625 avant de reprendre à son compte le territoire dominé par les Assyriens.

Babylone se transforme profondément et connait son apogée sous le règne de Nabuchodonosor II (605 – 562 avant J.-C.). La cité devint la plus célèbre de tout le Proche-Orient. L’empire babylonien s’étend des frontières de l’Égypte à l’Asie mineure et jusqu’aux abords de la Perse.

Période perse (539 - 331 avant J.-C.)

En 539 avant J.-C., Babylone et la Mésopotamie tombent sous domination perse avec la conquête de Cyrus II le Grand. Babylone et sa région restent très admirées et continuent de prospérer dans l’espace de paix que constitue l’empire perse.

Avec la conquête de l’empire perse par Alexandre le Grand en 331 avant J.-C., la Mésopotamie s’hellénise et la culture mésopotamienne décline peu à peu.

Aux alentours de notre ère, la dernière tablette écrite en cunéiforme est attestée."

« Mésopotamie, une civilisation oubliée » de Yann Coquart et Luis Miranda

France, 2017

Sur Arte les 3 octobre 2020 à 20 h 50 et 22 octobre 2020 à 10 h 25


Articles sur ce blog concernant :

Les citations sur le documentaire sont d'Arte.

« Mon fils » par Eran Riklis


Arte diffuse sur son site Internet « Mon fils » (Mein Herz tanzt ; Dancing Arabs), film gênant réalisé par Eran Riklis (2014). De la première guerre au Liban (1982) à celle du Golfe (1991), « le parcours initiatique d'un jeune Arabe israélien à Jérusalem... Eran Riklis (« Les citronniers ») dépeint les déchirements de son pays et signe une réflexion vertigineuse sur l'identité et l'ostracisme ». Un film sur les apprentissages, les passages.


1982. « Élève surdoué, Eyad a grandi dans un village palestinien », non arabe « en Israël, dont les habitants, citoyens de seconde zone de l'État juif » - Arte diffuse la propagande antisémite mensongère contre Israël -, « n'éprouvent à l'égard de ce dernier aucune loyauté ». Pourquoi généraliser ?

« Mais ses parents, conscients qu'il s'agit pour lui d'une chance rarissime, ne le poussent pas moins à partir lorsqu'il est accepté comme interne dans le plus prestigieux lycée de Jérusalem ». Son père lui a dit : « Mêle-toi à eux pour les vaincre » et manifeste, lors de la Première guerre d’Israël au Liban, au cri de « Que Dieu protège Arafat ! » La profession du père de Eyad ? « Terroriste », répond Eyad. Uniquement par bravade ? La scène "drôle" du déjeuner du condisciple juif d'Eyad dans la famille d'Eyad semble inspirée de celle de L'Incompris, film de Luigi Comencini.

Seul Arabe de l'établissement » - ou seul musulman ? -, « en butte à un racisme plus ou moins déguisé, Eyad survit grâce à l'amitié qu'il noue avec un autre réprouvé : atteint d'une maladie dégénérative incurable et privé de l'usage de ses jambes, Yonatan vit avec sa mère avocate, Edna, qui accueille à bras ouverts le premier ami invité par son fils… » Que de poncifs invraisemblables !

Une idylle avec Naomi, adolescente juive israélienne, se greffe sur cette histoire d'apprentissages.

Sayed Kashua
Le réalisateur israélien de gauche Eran Riklis a adapté « Les Arabes dansent aussi » (2002) - proverbe juif ? Allusion aux réjouissances d’Arabes israéliens quand les missiles irakiens de Saddam Hussein s’abattaient en Israël lors de la Première guerre du Golfe ? - et « La deuxième personne » (2010), de Sayed Kashua, coscénariste du film.

« La plus grande difficulté a consisté à les mêler harmonieusement, ce qui nous a pris beaucoup de temps et a donné lieu à plusieurs versions avant qu’on soit tous les deux satisfaits du scénario. C’est une histoire personnelle qui est, à bien des égards, autobiographique pour Sayed, et je voulais conserver cette dimension. Mais un film est une oeuvre à part entière, qui a sa propre logique, et dont les personnages sont indépendants des livres. Sayed en était conscient, et une fois que le scénario a été finalisé, il ne s’est plus du tout mêlé du tournage », a déclaré Eran Riklis.

Né en 1975 dans un village de Galilée, élève au prestigieux Israel Arts and Science Academy, Sayed Kashua a étudié la philosophie et la sociologie à l’université hébraïque de Jérusalem. Il est éditorialiste humoristique à Haaretz et pour l’hebdomadaire HaIr. Cet écrivain arabe israélien musulman écrit en hébreu. Il est l’auteur de Avoda Aravi (Travail d’Arabe, en hébreu), sitcom satirique diffusée en partie en arabe sur Aroutz 2. En 2011, Sayed Kashua a été fait chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres à la résidence de France à Jaffa.

En juillet 2014, pendant l’opération défensive israélienne Bordure protectrice contre le Hamas, il « a décidé, l'année même de la production du film de quitter Israël » avec son épouse et leurs trois enfants, « pour émigrer aux États-Unis », car selon le dossier de presse il aurait ressenti « qu’il n’arrivera pas à faire changer les mentalités des Juifs israéliens envers les Arabes par ses écrits et qu'une « majorité désespérément déterminante dans le pays ne reconnaît pas à l’Arabe le droit de vivre, en tout cas pas dans ce pays ». Cet auteur s’était vu offrir un pont d’or pour enseigner à l’université de l’Illinois, qu’il a accepté en imputant son départ à Israël !? Comme de Français musulmans quittent la France pour des raisons professionnelles ? Pourquoi Sayed Kashua n’a-t-il pas émigré dans l’Autorité palestinienne, en Jordanie ou en Arabie saoudite ?

Dans une lettre intitulée Toutes les raisons pour lesquelles je quitte Israël et publiée dans divers journaux dans et hors d’Israël (The Guardian, Libération), Sayed Kashua écrivait :
« Vingt-cinq ans pendant lesquels je n’ai pas eu beaucoup de raisons d’être optimiste mais j’ai continué à croire que c’était encore possible que, un jour, ce lieu où vivent des juifs et des Arabes puisse connaître une histoire qui ne nie pas l’histoire de l’autre. Qu’un jour, les Israéliens cessent de nier la Nakba, l’occupation, et qu’ils cessent de fermer les yeux devant la souffrance du peuple palestinien. Qu’un jour, les Palestiniens se montrent disposés à pardonner, et qu’ensemble nous bâtissions un lieu où il soit agréable de vivre, exactement comme dans les romans à happy end.
Vingt-cinq ans que j’écris en hébreu, et rien n’a changé. Vingt-ans que j’écris et que j’essuie des critiques hostiles des deux camps mais, la semaine dernière, j’ai renoncé. La semaine dernière, quelque chose s’est brisé en moi.
Quand de jeunes juifs exaltés se sont répandus en hurlant «mort aux Arabes !» et ont attaqué des Arabes juste parce qu’ils étaient arabes, j’ai compris que j’avais perdu ma minuscule bataille personnelle.
J’ai écouté alors les politiciens et les gens des médias et j’ai su que ceux-là faisaient la différence entre un sang et un autre, entre un être humain et un autre être humain. Des individus, devenus la force dominante du pays, clamaient à voix haute ce que la plupart des Israéliens pensent : « Nous sommes meilleurs que les Arabes.»
Dans les tables rondes auxquelles j’ai participé, on affirmait que les juifs étaient un peuple plus éminent, plus digne de vivre. Une majorité désespérément déterminante dans le pays ne reconnaît pas à l’Arabe le droit de vivre, en tout cas pas dans ce pays.
Après lecture de mes derniers articles, certains lecteurs ont suggéré de m’expédier à Gaza, de me briser les os, de kidnapper mes enfants.
J’habite à Jérusalem et j’ai de merveilleux voisins juifs, et j’ai des amis écrivains et journalistes merveilleux, mais je ne peux pas envoyer mes enfants dans des colonies de vacances ou des centres aérés avec leurs copains juifs.
Mon aînée, furieuse, a protesté, affirmant que personne ne saurait qu’elle est arabe à cause de son hébreu impeccable mais je n’étais pas disposé à l’écouter. Elle s’est enfermée dans sa chambre, en pleurs ».
Sayed Kashua occultait les manifestations antisémites pro-Hamas dans le monde, les tirs de roquettes du Hamas contre les civils israéliens, etc.

I don't need Jewish historians to tell me about the NakbaJe n’ai pas besoin d’historiens juifs pour me parler de la Nakba »). Tel est le titre d’un éditorial de Sayed Kashua publié dans Haaretz (29 octobre 2016) dans lequel l’auteur a stigmatisé une prétendue malhonnêteté israélienne.

Ainsi que l’a démontré CAMERA (Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America), Kashua a déformé les événements de 1948 pour occulter les attaques commises par les habitants de Tira, village de son père, contre le kibboutz Ramat Hakovesh, et de Miska, bourgade des parents de son épouse, contre le kibboutz Ramat Kavosh et d’autres communautés juives dans la région du Sharon. CAMERA a fustigé le révisionnisme de Kashua imputant aux Israéliens le meurtre de deux Arabes israéliennes dont l’une a été assassinée par son frère, et l’autre semble-t-il par son époux suspecté par la police. 

Déchirements
« Comme toujours, c'est par le prisme complexe de l'individu qu'Eran Riklis (« Les citronniers », « La fiancée syrienne ») dépeint les déchirements de son pays et l'interminable guerre qui le ronge ». 

« Partagé entre l'amertume et la tendresse, la noirceur et l'humanisme, le film parvient finement à faire ressentir les ambiguïtés, racisme ordinaire ou préjugés inconscients, d'une société dont 20 % des citoyens sont arabes, mais aussi les vacillements de l'identité auxquels sont confrontés ces derniers ». Les problèmes d’identité d’Arabes israéliens proviennent en partie de la faiblesse de l’Etat d’Israël à s’affirmer en Etat juif, à clamer son Histoire et à combattre la propagande haineuse visant à le délégitimer, à l’oscraciser et à le détruire. Ce qui fait naître des craintes chez certains Arabes israéliens et des espoirs chez d’autres. Un « racisme ordinaire », et pas d’« antisémitisme ordinaire » arabe ou/et islamique ? Un « racisme » qui n’a pas entravé des parcours à la Cour suprême, dans la diplomatie, etc.

« La qualité de l'interprétation, notamment celle de Tawfeek Barhom (vu plus récemment dans « Le chanteur de Gaza ») et de Yaël Abecassis (« Hatufim »), transmue ce que la démonstration pourrait avoir de pesant en une émotion de plus en plus puissante ».

Substitution
L'un des points les plus choquants du film, outre sa partialité dénigrant les Israéliens juifs, est qu'il illustre le remplacement du juif par le musulman, de l'Israélien Juif par l'Israélien/Palestinien Arabe : affublé de toutes les qualités, Eyad usurpe l'identité de Yonatan - auprès de la banque, lors de l'examen -, et ce, avec l'approbation tacite d'Edna, mère de Yonatan. Pour exister, Eyad doit se faire passer pour Juif, et pour que son stratagème soit couronné de succès, il lui faut la mort physique de Yonatan et l'accord d'Edna, une "mère juive". Pas de meurtre risquant de ternir l'image d'Eyad "le-dévoué-qui-se-sacrifie-par-amour" : l'intrigue se noue autour de la maladie incurable de Yonatan. Et elle résulte de la collaboration scénaristique d'un Juif et d'un musulman, tous deux Israéliens !?

Le prénom de Yonatan est-il fortuit ? Personnage biblique, prince du royaume d'Israël dont son père Saül est roi, Jonathan se lie d'amitié avec David qui succédera à Saül. La propagande ant-israélienne présente souvent l'enfant palestinien lançant des pierres contre le soldat israélien comme David usant de sa fronde contre Goliath. Mais, nulle homosexualité présumée dans le film qui souligne la virilité, le charme de l'adolescent Eyad qui séduit Naomi, l'ambitieuse ingrate.

En remplaçant officiellement Yonatan auprès d'Edna et de l'Etat d'Israël, Eyad fait figure d'Ismaël, ancêtre des Arabes, et Edna est assimilée à une Sarah qui aurait accepté le fils d'Agar ou au patriarche Abraham, "père de multiples nations". Exit Isaac. Notons la disparition du judaïsme dans la scène de l'enterrement qui islamise contre son gré le défunt juif.

La déclinaison cinématographique de la théologie chrétienne de la substitution selon laquelle le christianisme se serait substitué au judaïsme - celui-ci n'ayant pas reconnu Jésus comme le Messie - comme le "véritable Israël" ? Une variante de la "théologie chrétienne de la libération de la Palestine" par la mort programmée du Juif /Israël?

Autant de symboles instrumentalisés de manière inquiétante dans ce film co-produit par Arte.

                

« En 1982, la guerre du Liban a éclaté : c’était un conflit décisif et traumatisant pour Israël, et une époque marquante et douloureuse pour l’OLP et donc pour tous les Palestiniens vivant en Israël ou dans les territoires. En 1991, la guerre du Golfe est un conflit majeur et traumatisant pour toute la région, et pour le monde entier. Comme Iyad grandit pendant ces guerres, et dans la période qui les sépare, sa personnalité, ses choix – et ceux de ses parents –, son identité et son parcours sont marqués par ce contexte. Du coup, la fusion entre identité individuelle et identité nationale est parfaitement pertinente, et c’est ce que je recherche toujours chez mes personnages et dans mes décors. Par ailleurs, le fait de situer l’histoire dans le passé permet de prendre du recul et de porter un regard sur les événements sans ressentiment, mais plutôt avec compréhension et compassion ».

« Nous voulons tous faire partie de la société où nous vivons. Mais aujourd’hui, la plupart des Arabes ont le sentiment d’être exclus du corps social au sens large. Ce ressenti a fini par se banaliser, il y a un grand sentiment de malaise entre les deux peuples. C’est un élément fondamental de cette histoire ».

« Israël est surtout dépeint comme un pays complexe, qui réunit des points de vue, des idées et des comportements très différents. Certes, comme on le voit dans le film, on y trouve des autocollants anti Arabes sur des cabines téléphoniques qui sont le fait d’imbéciles extrémistes. Mais Israël est un pays à la fois généreux et hostile, ouvert et craintif, accueillant et indifférent à l’égard de sa minorité arabe. Comme le montre le film, on ne peut pas être manichéen, et la situation est très nuancée. Car pour chaque brute épaisse, on trouve un être bienveillant, pour chaque mère craintive – comme celle de Naomi –, on trouve une Edna (Yaël Abecassis), et pour chaque acte de violence, on trouve un acte de compassion. Israël, à cet égard, n’est pas si différent de la plupart des pays européens, et même de la plupart des pays du monde entier. Mais, bien évidemment, Israël est constamment observé à la loupe en raison du poids de l’histoire, de la politique et de l’importance géopolitique de la région ».

« Ce n’est pas facile d’être un Arabe en Israël, et que ce n’est pas facile d’appartenir à une minorité dans n’importe quelle société, et dans n’importe quel pays. L’Europe en offre d’innombrables exemples et on peut faire le même constat en France. Mais je crois profondément que PERSONNE ne devrait dissimuler son identité, mais que, parfois, les minorités y sont contraintes par la majorité, car elles éprouvent le besoin de se faire accepter et apprécier, et de survivre ».


« Mon fils » par Eran Riklis
United Channel Movies, Riva Filmproduktion, Heimatfilm, MACT Productions, Alma Film Produktion, ZDF/ARTE, Allemagne, France, Israël, 2014, 97 minutes
Auteur : Sayed Kashua
Image : Michael Wiesweg
Montage : Richard Marizy
Musique : Yonatan Riklis
Producteurs/-trices : Chilik Michaeli, Michael Eckelt, Antoine de Clermont-Tonnerre, Avraham Pirchi, Tami Leon, Bettina Brokemper
Scénario : Sayed Kashua
Avec Tawfeek Barhom, Razi Gabareen, Yaël Abecassis, Michael Moshonov, Ali Suliman, Danielle Kitzis, Marlene Bajali, Laëtitia Eïdo
Sur Arte le 2 août 2017 à 20 h 55
Sur le site d'Arte, disponible du 27/09/2020 au 03/10/2020

Visuels :
Tawfeek Barhom et Yaël Abecassis
Danielle Kitzis et Tawfeek Barhom 
Danielle Kitzis 
Tawfeek Barhom et Danielle Kitzis
© Riva Filmproduktion/Mact Productions/Heimatfilm/Alma Film Productions/New Lineo

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Les citations sont extraites du dossier de presse. Cet article a été publié le 1er août 2017.