mardi 12 décembre 2017

Le miel


Le miel est produit par les abeilles à partir de nectar ou de miellat, dans une ruche. C’est leur aliment, ainsi que celui notamment de l’homme qui apprécie ses qualités. Évoqué par la Bible notamment pour la terre d'Israël, le miel est associé à des fêtes juives et un ingrédient important de la gastronomie juive. Arte diffusera le 13 décembre 2017 « Le miel, de la ruche au pot » (Honig, vom Bienenstock ins Glas).

« Le monde des olives », d’Albert Knechtel

Clair – acacia, oranger, romarin - ou au marron foncé intense (sapin, châtaignier) via des nuances ambrées (bruyère), crémeux ou cristallisé, plus ou moins sucré, monofloral (« miel de cru ») ou polyfloral... Le miel fait d’abord les délices des abeilles qui le stockent pour s’en nourrir.

Il est produit dans une ruche par les abeilles à partir du nectar de fleurs mellifères ou de miellat, excrétion d’insectes que les pucerons ou cochenilles fabriquent à partir de la sève d’arbres. C’est leur aliment, ainsi que celui notamment de l’homme qui apprécie ses qualités, et le protège par des labels : AOP (Appellation d'origine protégée), IGP (Indication Géographique Protégée).

« Dans l'Antiquité, les Égyptiens pratiquaient déjà l’apiculture ».

Au Moyen-âge, le miel est utilisé pour fabriquer de délicieux pains d’épices et conserver la viande.

Cet édulcorant a servi aussi à confire, avec l’adjonction de vinaigre ou moutarde, légumes et fruits.

Pour les médecins, il cumule de nombreuses propriétés appréciables, notamment comme antiseptique contre des infections, et facteur accélérant la cicatrisation de plaies.

Si, dans l’Antiquité, l’activité apicole « prestigieuse était réservée à un cercle d’initiés, elle connaît de nos jours une popularité sans précédent », notamment avec l’apiculture urbaine.

Emilie Langlade et Adrian Pflug, présentateurs de « Xenius », se rendent dans « une exploitation apicole pour découvrir les secrets de fabrication du miel ».

Judaïsme 
L’Eternel « nous a menés en ce lieu et nous a donné cette terre, une terre où coulent le lait et le miel » (Deutéronome 26:9)

Le Samson de la Bible hébraïque prélève du miel dans un lion qu’il avait tué, après que des abeilles y aient produit du miel (Livre des Juges, chapitre 14, versets 4 à 20).

Dans le judaïsme, le miel, symbole de douceur, est consommé lors de Roch HaChana (Nouvel an juif) avec les grenades, les pommes, les dattes, les figues.

La gastronomie juive, notamment sépharade, recourt au miel pour les pâtisseries.

L'apiculture est organisée en Eretz Israël depuis 1882.

Israël produit environ 3 000 tonnes de miel chaque année. Ce qui comble les trois quarts de la consommation nationale.

Israël a développé des initiatives innovantes visant à réduire la baisse du nombre d’abeilles, nécessaires à la pollinisation indispensable à la reproduction des plantes. Une diminution observable dans de nombreux pays : baisse de la population d’abeilles de 10% en Israël, contre 30-50% aux Etats-Unis.

« Nous essayons toutes sortes de choses, comme soutenir la recherche pour renforcer les systèmes immunitaires des abeilles ou développer des plantes riches en nectar », a déclaré Hertzel Avidor, qui dirige l’Israel Honey Board.

Cet organisme aide 500 apiculteurs, soit 110 000 ruches.

Pour éviter le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles (« Colony Collapse Disorder », CCD), le ministère israélien de l’Agriculture préconise d’éradiquer les mites Varroa, un parasite considéré comme une cause principale du CCD. 

Autre stratégie pour renforcer la santé des abeilles et le goût du miel : 80 000 à 100 000 semis – surtout de l’eucalyptus – sont plantés chaque année pour offrir aux abeilles une alimentation abondante, variée au fil des saisons malgré la perte de surfaces du fait de l’urbanisation. Ces semis sont donnés par le Keren Kayemeth LeIsrael-Jewish National Fund (KKL-JNF).

Certaines plantations – le long des lignes d’armistice avec la Syrie ou séparant Israël de la bande de Gaza - servent à la fois à nourrir les abeilles et à protéger des zones israéliennes de feux hostiles.

Apicultrice israélienne depuis six ans en Samarie où elle s’applique à rendre réelle cet extrait du Deutéronome, Yael Farbstein avait gagné en février 2017 le Premier prix dans la catégorie International multifloral  du Black Jar Honey Tasting Contest, compétition organisée par le Center for Honeybee Research à Asheville, en Caroline du nord (Etats-Unis) et réunissant des centaines d’apiculteurs du monde entier.

A l’été 2017, des voleurs palestiniens ont dérobé tout son matériel et toute sa production, fruit du labeur d’une saison. Peu après, alors que Yael Farbstein était absente pendant un chabbat, ces vandales palestiniens ont saccagé les ruches dans les champs, laissant des milliers d’abeilles mourir dans la chaleur estivale. Une troisième fois, ils sont revenus pour s’emparer des caméras de sécurité surveillant l’usine désormais vide.

« Ceux qui ont fait cela se trouvent dans des zones où les autorités israéliennes ont interdiction de se rendre [en raison des accords d’Oslo signés en 1995, Nda]… Nous travaillions le jour et souvent assurions une garde la nuit, comme les premiers pionniers venus en Israël, mais cela n’était pas encore suffisant. L’agriculteur moyen ne peut pas résoudre cette menace. La sécurité est une dépense très élevée », a déploré Yael Farbstein.

Grâce à une campagne de dons initiée par les Chrétiens sionistes, elle a pu relancer son activité d’apicultrice.


« Le miel, de la ruche au pot »
Allemagne, 2017, 25 min
Sur Arte le 13 décembre à 17 h 10
Visuels
La récolte du miel est une affaire collante :Emilie avec l'apiculteur Klaus Gottschall
Les rayons pleins sont scellés par les abeilles avec une couche de cire.
© Janett Kartelmeyer/AVE

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Les citations sont extraites d'Arte.

« Caricaturistes, fantassins de la démocratie », de Stéphanie Valloatto


Présenté hors compétition au Festival de Cannes, ce documentaire Caricaturistes, fantassins de la démocratie interviewe douze dessinateurs - Angel Boligan (Mexique), Baki Bouckhalfa (Algérie), Baha Boukhari (« Palestine »), Jeff Danziger (Etats-Unis), Damien Glez (Burkina Faso), Nadia Khiari  célèbre pour son personnage du chat Willis from Tunis (Tunisie), Michel Kichka (Belgique/Israël), Menouar Merabtèn alias Slim (Algérie), Pi San (Chine), Plantu (France), président de Cartooning for Peace, Rayma Supran (Vénézuela), Kurt Westergaard (Danemark), Mikhail Zlatkovsky (Russie) et Lassane Zohore (Côte d'Ivoire) - sur leur conception de leur métier et leurs luttes. Un discours partial sur l’Etat Juif visé par un appel au boycott de dessinateurs de presse. Un dessin de Plantu illustrant une enquête du Monde sur l'antisémitisme en France a suscité une polémique.

De la caricature à l’affiche 1850-1918
Le XXe siècle en quatre-vingts dessins de presse
TIM
« Caricaturistes, fantassins de la démocratie », de Stéphanie Valloatto
Qu’est-ce qui fait rire les Européens ?
Traits d’esprit, des images pour ne pas se prosterner


« On dit souvent qu’un dessin vaut mille mots. Mais c’est faux. Dans un article, vous pouvez préciser, ajouter des détails… », disait le dessinateur Cabu sur France-Info.

Et citant Cavanna, il expliquait : « Un dessin, c’est comme un fusil à un coup ».

« Cartoon’s diplomacy »
Un dessinateur « pense en images », affirme Plantu, célèbre dessinateur au Monde depuis 40 ans et à L’Express depuis 1991.

En mai 1991, à Tunis, Plantu a rencontré Yasser Arafat  qui a dessiné pour la première fois le drapeau israélien en vis-à-vis de celui palestinien, et a signé ce dessin de ces deux oriflammes séparés par une ligne en pointillés. En 1992, à Jérusalem (Israël), Shimon Peres a apposé sa signature au-dessous du drapeau frappé de l’étoile de David et signé ce dessin.
  
Ce double événement a du faire croire à Plantu qu’il avait favorisé à la paix au Proche-Orient. Or, Arafat ne cessa pas, surtout pas pendant la « guerre d’Oslo », à promouvoir le terrorisme contre l’Etat Juif.

« En réunissant autour d’un même croquis Arafat et Pérès, Plantu a donc posé les bases d’une nouvelle mission du dessinateur ; celle que l’agence Reuters résumera d’une formule en la qualifiant de « Cartoon’s diplomacy ». Cette diplomatie du coup de crayon, où le dessinateur n’est plus seulement un spectateur mais aussi un acteur du monde, Plantu la revendique : «Quand Yasser Arafat a souhaité me rencontrer à Tunis, explique t-il, je ne savais pas qu’il utiliserait le dessin pour reconnaître l’Etat israélien. Cela a été une surprise pour le dessinateur que je suis. J’ai compris que le dessin pouvait servir d’intermédiaire pour essayer de faire avancer les choses », a écrit Marie-Michèle Martinet dans Actualité en France (n° 35-septembre 2009), publication de la direction de la Communication et du porte-parolat sous-direction de la Communication et de la Documentation du ministère français des Affaires étrangères et européennes.

Lors du vernissage presse de la quasi-rétrospective de l’œuvre de Plantu au musée Carnavalet  a consacré une rétrospective  en 2003, j’avais interrogé le placide Plantu sur son absence de dessin sur l’enseignement de la haine dans les manuels scolaires palestiniens ou la corruption des dirigeants palestiniens, il avait éludé en évoquant pêle-mêle que ce n’était pas dans l’actualité, pas très facile à illustrer...

En 2005, le Centre culturel français à Doha (Qatar) a présenté une exposition de Plantu et du caricaturiste pakistanais Shujaat Ali d'Al Jazeera. En décembre 2010, à l'ambassade du Qatar, il prononce un discours sans évoquer les violations des droits de l'homme dans ce pays, etc. !

Lors d'une conférence sur la liberté des médias organisée par l'Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Vienne en février 2008, Plantu "s'est inquiété d'une recrudescence des tensions entre l'Occident et le monde musulman" après la publication, au nom de la liberté d'expression, de dessins sur Mahomet par dix-sept médias danois. Plantu a déclaré ; "Si on continue comme cela on va à la guerre... Nos dessins peuvent humilier les gens. On peut tuer avec. Je revendique le droit à la nuance. Il faut continuer à faire des dessins énervants, mais bien faire comprendre aux croyants que l'on s'en prend à l'intolérance et pas à leur croyance. Je ne comprends pas pourquoi ils (les dessinateurs danois) s'en prennent tant à Mahomet, l'urgence ce sont toutes les intolérances". "Pour résumer sa pensée devant les participants de la réunion de l'OSCE, Plantu a notamment projeté sur écrans géants un dessin de son collègue israélien Kichka montrant un caricaturiste pensant à haute voix "La liberté d'expression, c'est faire couler l'encre, pas le sang". Cependant, le 22 mars 2010, Le Monde Magazine avait publié le dessin de Plantu intitulé « Pédophilie : le pape prend position » et montrant le souverain pontife sodomisant un enfant qui déclare " : "Quitte à se faire enculer, autant voter dimanche !" Ce qui lui avait valu une poursuite judiciaire, par une organisation catholique, et conclue par une relaxe.

Admirateur de son collègue Naji al Ali, Plantu avait aussi participé au lancement au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris (25-28 mars 2008) de Masarat/Palestine, « saison artistique et culturelle » dont l’exposition d’affiches prônait le boycott d’Israël. Cela n’avait pas empêché l’ambassade d’Israël en France de l’inviter à sa réception annuelle…

La journaliste Elisabeth Lévy est l’une des rares à avoir égratigner Plantu, pseudonyme de Jean Plantureux : « Il est de bon ton de dire que Plantu est le meilleur éditorialiste de France, compliment qu’il accepte généralement avec ce qu’il faut d’embarras, en rosissant légèrement. A mon avis, il est surtout le plus imperméable au réel. Le dessinateur qui officie chaque jour en « une » du Monde a sa grille de lecture, la même depuis 20 ans, et quand la majorité de la profession y a enfin renoncé, lui n’en démord pas. Qu’elle ait surtout permis de ne rien comprendre à ce qui se passait dans la société française et d’évacuer par le mépris les inquiétudes du peuple, ce n’est pas le problème de Plantu » (21 janvier 2011).

Parmi les dessins ayant suscité l’ire du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), l’un « transforme les papillotes du rabbin en barbelés, séparant les Palestiniens des Israéliens ».

En avril 2013, le professeur Shmuel Trigano s’est livré à une analyse remarquable du dessin Ségrégation à Jérusalem de Plantu : « L’apparente condamnation du Hamas recouvre en fait une condamnation bien plus puissante d’Israël, suggérant l’idée qu’il constitue non seulement un pouvoir raciste et discriminatoire, n’excluant pas seulement les garçons et les filles en particulier mais tout un peuple, figure du genre humain ».

Sur l’affaire al-Dura, Plantu a créé un dessin « Pour Charles Enderlin » où un homme, devant une tombe illustrée d’une photo de Mohamed abrité contre son père, et surplombée par le drapeau palestinien, déclare « Tu sais fiston. Tu as encore été vu au marché, ce matin ».

En décembre 2013, Plantu  a défendu le droit à Dieudonné à jouer son spectacle controversé.

Cartooning for Peace
En 2006, Plantu a fondé Cartooning for Peace, « réseau international de dessinateurs de presse destiné à promouvoir une meilleure compréhension et un respect mutuel entre des populations de différentes cultures ou croyances, en utilisant le dessin de presse comme moyen d’expression d’un langage universel ».

« L’acte de naissance de l’initiative Dessins pour la paix / Cartooning for Peace est sans doute le séminaire « Désapprendre l’intolérance » que j’ai inauguré au siège de l’ONU, à New York, en octobre 2006 », a écrit Kofi Annan, alors Secrétaire général des Nations unies. Et d’ajouter : « J’avais alors souligné que, eu égard à l’impact de leurs oeuvres sur le public, les dessinateurs ont une responsabilité à assumer et qu’ils devaient donc absolument être associés au débat sur les moyens de promouvoir la tolérance en tant que vecteur de paix. L’humour qui les anime leur permet de prendre une certaine distance avec l’actualité, sans jamais se départir de l’objectif final qui, pour les artistes intégrés au réseau Dessins pour la paix / Cartooning for Peace, reste la promotion des principes de tolérance et de fraternité en tant que fondements de la paix. Pour être en mesure de promouvoir ces principes, ces artistes doivent jouir d’un droit essentiel inscrit à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : la liberté d’expression. À l’heure où d’aucuns avancent l’idée d’un relativisme culturel à l’aune duquel devrait être pondérée la liberté d’expression, il est crucial de faire le pari que, partout dans le monde, la démocratie et l’émancipation seront toujours préférées à la dictature et à l’obscurantisme, et de rappeler qu’il n’est d’acte plus moderne que celui qui consiste à accorder la parole à ses contradicteurs, prélude indispensable à de véritables débats philosophiques… et démocratiques. En somme, il s’agit de poursuivre le combat séculaire de celui qui affirmait : « Je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les exprimer. »

Après des expositions – Quelle connerie la guerre ! au Forum des Halles  - et débats à New York, Genève, Bruxelles, Atlanta et Rome, a été annoncée la création de la Fondation Dessins pour la paix / Cartooning for Peace visant à « favoriser les échanges sur la liberté d’expression ainsi que la reconnaissance du travail journalistique des dessinateurs de presse. La Fondation offrira également protection et assistance juridique aux dessinateurs de presse travaillant dans des contextes difficiles et leur apportera soutien et conseils dans l’exercice de leur métier »

Hasard ? Le conflit né du refus du monde musulman, notamment arabe, de l’Etat Juif, occupe une place importante dans l’action de Cartooning for Peace qui diffuse le narratif palestinien infondé.

Permis de croquer
« Les dessins de presse nous font rire. Sans eux, nos vies seraient bien tristes. Mais c’est aussi une chose sérieuse : ils ont le pouvoir d’informer mais aussi d’offenser », a écrit Kofi Annan, Prix Nobel pour la Paix, au colloque « Désapprendre l’intolérance », à New York, le 16 octobre 2006.

En 2008-2009, dans le cadre du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, organisée par la bibliothèque Forney, l’exposition  Permis de croquer. Un tour du monde du dessin de presse a été accueillie à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

Vingt-huit dessinateurs utilisaient « le dessin de presse humoristique et la caricature pour œuvrer à la paix, en fustigeant toutes les intolérances et en construisant un pont entre les peuples avec la seule arme du crayon... Riche de nombreux originaux, d’esquisses, d’inédits et de films sur la création des dessins de presse, cette exposition » a proposé « des séances de signatures, des débats et des rencontres avec les caricaturistes exposés ». Le dessin de presse et la caricature comme « moyens d’expression libre et de communication immédiate, sans barrière linguistique, sont un formidable outil au service de la tolérance et de la compréhension mutuelle entre les hommes ». Cet événement a été annoncé lors du Salon Européen de l’Education, sur le stand de la MGEN, partenaire de la manifestation, qui « a accueilli des caricaturistes de toutes nationalités proposant ainsi séances de signatures, rencontres et ateliers de dessins ».

L’album Permis de croquer réunit une sélection de 140 dessins sur les plus de 500 exposés aux thématiques récurrentes : les conflits internationaux (qui constituent de loin la préoccupation principale des artistes), les questions de tolérance liées aux pratiques culturelles ou religieuses, les caricatures des puissants, le sort de la planète, enfin la liberté d’expression ».

« On trouve toujours un prétexte pour montrer du doigt le dessinateur. Les Danois ont servi de prétextes en étant manipulés par certains imams du Proche-Orient ou d’ailleurs, qui recherchent un schisme entre l’Occident et le monde musulman. Bien entendu, aucun des dessinateurs danois n’imaginait l’importance que l’on allait donner à cette affaire. En réalité, les imams ne veulent surtout pas que l’on critique leur intolérance. Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, prétend être une figure religieuse charismatique descendant du Prophète, et demande régulièrement au dessinateur libanais Stavro de ne pas le dessiner, mais Stavro continue à le faire. Au contraire du Prophète, il faut continuer à toucher les imams. Le prétexte « Prophète » leur sert à éviter toute critique de leur dérive religieuse. Ils sont très malins ; à nous d’être encore plus malins, plus subtils. Aux dessinateurs du monde arabe, je dis ceci : s’ils ne veulent pas voir Mahomet figurer sur un dessin, ils ne doivent pas dessiner un Israélien avec un nez crochu, la croix gammée, etc. Les juifs vivent cela comme un blasphème parce qu’ils connaissent les suites de ce type de caricatures dans la Shoah. Aussi je propose une trêve des blasphèmes. Un dessin de Loup montre Jésus-Christ marchant sur les eaux avec les apôtres qui nagent à côté et qui lui disent en substance : « Mais t’es con, elle est bonne ! » Les chrétiens peuvent se sentir offensés dans leur croyance, même si, pour ma part, j’adore ce genre d’humour. Il faut à tout prix éviter que les religions lancent des fatwas pour un oui ou pour un non. Si je peux continuer à critiquer Al-Qaida, les syndicats, Sarkozy, George Bush, les imams et les rabbins irresponsables, l’armée israélienne qui occupe la Palestine, alors je peux travailler. Nous pourrions vivre cette trêve des blasphèmes comme une grosse censure. Nous nous en arrangeons et nous pouvons poursuivre ainsi notre travail. La censure, j’y pense tous les jours. Mais parce que la peur est plus forte que la justice, parce que la médiatisation de cette peur est la plus forte. Alors qu’il était encore secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan m’a proposé d’organiser une rencontre de dessinateurs de presse – de faiseurs d’images – qui ont aussi une rigueur et une responsabilité journalistique qui les engagent. À la suite de l’affaire de Mahomet, nous avons organisé une première rencontre à New York, en octobre 2006 », a écrit Frédéric Casiot, commissaire avec Plantu de l’exposition Permis de croquer.

Au prêchi-prêcha se mêle une incompréhension des problèmes ainsi qu’une ignorance historique, comme en témoignent ce parallèle entre les dessins sur Mahomet et ceux antisémites, l’allégation sur la perception comme blasphème de dessins antisémites, la diatribe sur « l’occupation israélienne de la Palestine », etc.

Le XXe siècle en quatre-vingts dessins de presse
En 2013, le Sénat  a présenté, sur les grilles du Jardin du Luxembourg, l’exposition Le XXe siècle en quatre-vingts dessins de presse réalisée à partir du livre Le XXe siècle en 2000 dessins de presse de deux journalistes - Jacques Lamalle et Patrice Lestrohan (éditions Les Arènes), avec notamment des dessins de Plantu. 

Une exposition trilingue, quasiment franco-française, biaisée, "islamiquement, politiquement et écologiquement correcte" et réécrivant l’Histoire du XXe siècle en gommant les Juifs, la Shoah, la renaissance de l’Etat d’Israël. 

Les Juifs y apparaissaient essentiellement comme conquérants. 

Fantassins de la démocratie
« La caricature est une métaphore visuelle. Ce n’est pas juste de l’information. C’est un avertissement », résume le dessinateur Jeff Danziger.

Le 19 mai 2014, le documentaire Caricaturistes, fantassins de la démocratie  de Stéphanie Valloatto a été présenté hors compétition au festival de Cannes. « Ces belles personnes sont pour moi des héros du monde moderne », considère Radu Mihaileanu, coproducteur de ce film composé d’interviews de dessinateurs, réalisateur et scénariste, français d’origine roumaine, notamment de Va, vis et deviens, Le Concert et La Source des femmes.

Le 23 mai, place de la République (Paris) en présence d’Anne Hildago, maire de Paris, le film était présenté en avant-première publique et gratuite, avant sa sortie en salles le 28 mai 2014. Le DVD est sortie en décembre 2014.

Angel Boligan (Mexique), Baki Bouckhalfa (Algérie), Baha Boukhari (« Palestine »), Jeff Danziger (Etats-Unis), Damien Glez (Burkina Faso), Nadia Khiari célèbre pour son chat dénommé Willis from Tunis (Tunisie), Michel Kichka (Belgique/Israël), Menouar Merabtèn alias Slim (Algérie), Pi San (Chine), Rayma Supran (Vénézuela), Kurt Westergaard (Danemark), Mikhail Zlatkovsky (Russie) et Lassane Zohore (Côte d'Ivoire)… Radu Mihaileanu et Plantu, « les ont rencontrés dans leurs pays respectifs. Chacun d’eux a été invité à retracer son parcours, donner les motifs de son combat, raconter les épisodes comiques ou tragiques qui ont ponctué sa carrière ».

Pour « prolonger ces entretiens », les éditions Actes Sud ont alors publié Caricaturistes. Fantassins de la démocratie  signé par Cartooning for Peace et réunissant près de 300 dessins et expliquant le « processus créatif des auteurs ».

« Grâce à ces douze lanceurs d’alerte armés seulement d’un crayon, Caricaturistes - Fantassins de la démocratie dit bien l’état du monde d’aujourd’hui et du combat pour la démocratie toujours et partout menacée ».

Auteur du célèbre dessin sur un homme au turban en forme de bombe allumée, Kurt Westergaard explique avoir voulu dénoncer le terrorisme. Il vit sous protection policière depuis la publication des dessins sur Mahomet par un journal danois en 2006.

« Le Kremlin, c’est l’image de l’enfer, c’est le symbole du pouvoir corrompu », affirme Mikhail Zlatkovsky.

Le talent et le courage de dessinateurs se paient de violences brisant les mains pour l’un, et de leur assassinat pour les membres du comité de rédaction de Charlie Hebdo.

Cette ode aux caricaturistes et autres dessinateurs de presse, contre-pouvoir dans les régimes démocratiques et autoritaires ou totalitaires est dénuée de tout esprit critique et est « politiquement correcte ».

Aucun dessinateur n’émet le moindre doute sur la pertinence d’un de ses dessins.

« Ca n’existe pas un dessin qui ne blesse personne », reconnaît le dessinateur Michel Kichka. Peut-être, mais certains réagissent par l’indifférence, des mots ou des procédures judiciaires. D’autres par la violence, comme le révèle l’attentat islamiste contre la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

Le documentaire Caricaturistes, fantassins de la démocratie véhicule le narratif anti-israélien en montrant les images de Peres et d’Arafat signant le fameux dessin de Plantu, et par les dessinateurs Baha Boukhari (Palestine) et Michel Kichka (Belgique/Israël).

Ces « douze grands caricaturistes internationaux » sont « reconnus pour leur courage et leur engagement en faveur de la démocratie ». Vraiment ? On peut en douter en écoutant Baha Boukhari qui met sur le même plan Israël et le Hamas, omet toute attaque visant le Fatah dirigeant l’Autorité palestinienne, dénonce le « mur ». Il instrumentalise le film en se rendant avec Plantu et Kichka sur la tombe de ses grands-parents à Jérusalem. Mais, cette scène se retourne contre lui : deux générations enterrées en Israël pour ce « Palestinien ». C’est très peu pour un prétendu « peuple palestinien ».

Avec suffisance, le talentueux Michel Kichka exprime sa haine pour Ariel Sharon, et avec candeur effrayante son enthousiasme quand l’Assemblée générale de l’ONU a reconnu en novembre 2012 la « Palestine », et non comme il dit l’Autorité palestinienne, comme Etat observateur. Cette grave défaite diplomatique le réjouissait !? Comme s’il n’avait pas compris les enjeux et la nature du conflit.

 « Comme le fantassin, ce soldat d’infanterie qui avance en première ligne sur le front de bataille, le dessinateur de presse se fraye un chemin à travers l’actualité avec comme seule arme son crayon », observe Plantu.

L’auto-critique ? Aucun ne la pratique. La remise en question ? Néant. Admiratif d’un dessin de Michel Kichka montrant les ressemblances entre les extrémistes Juifs et musulmans, Plantu déclare : « Tout le monde te déteste, donc tu as réussi ton travail ». Quel dédain pour les lecteurs !

Une telle absence de remise en question mine le crédit de ces dessinateurs.

En réaction à l’assassinat  de rédacteurs de Charlie Hebdo par des terroristes islamistes, France 3 a diffusé le 9 janvier 2015 à 22 h 45 « Caricaturistes, fantassins de la démocratie  » (2014), de Stéphanie Valloatto.

 Le 19 mai 2015, Canal + diffusa ce documentaire.

Festival de la BD d'Angoulême
Le 21 janvier 2015, donc après l'attentat terroriste islamique à la rédaction de Charlie hebdo, le site Internet de l'Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (AURDIP) a publié la pétition Pas de “business as usual” avec Israël ! de dessinateurs de presse exhortant Franck Bondoux, directeur du prestigieux festival international de la bande dessinée à Angoulême, à "abandonner tous liens avec la société israélienne Sodastream" - déjà ciblée par un boycott en 2014 - et "à tous les festivals, conventions, et célébrations de la bande dessinée et de l’art de la caricature auxquels nous participons, de rejeter tout partenariat, financement ou coopération avec une société israélienne ou une institution qui ne favorise pas explicitement la liberté et la justice pour les Palestiniens, ainsi que l’égalité des droits et l’égalité entre les israéliens Juifs et Palestiniens, en particulier le gouvernement israélien et ses consulats, tant qu’Israël continuera à dénier aux Palestiniens leurs droits. Aujourd’hui, la société Sodastream se vante fièrement de l’emplacement de son usine dans la colonie illégale de Maale Adumim, ce qui la rend complice du crime d’occupation militaire. Cependant, même si, grâce entre autres à la campagne de pression lancée l’an dernier, Sodastream déplace sa fabrication dans le Néguev (territoire palestinien dont les Bédouins sont menacés d’expulsion de leurs terres ancestrales par le “Plan Prawer” du gouvernement israélien), elle, comme d’autres entreprises et institutions israéliennes complices, fait partie d’un système basé sur le nettoyage ethnique de masse des communautés palestiniennes, et maintenu en place par le racisme et la discrimination. Comme d’autres entreprises israéliennes, elle contribue à l’économie d’un Etat qui a procédé à une agression militaire brutale contre la population civile dans la bande de Gaza à l’été 2014, faisant plus de 2100 morts, dont plus de 500 enfants. Nous ne pouvons pas accepter que notre art soit utilisé pour blanchir ces crimes, comme le ministère israélien des Affaires étrangères a explicitement déclaré qu’il tentera de le faire, à travers sa campagne « Brand Israël ». Angoulême, un centre d’appréciation de la bande dessinée à l’échelle internationale, ne devrait pas être utilisé de cette manière".

Ont signé cette pétition infâme et infondée : Palestine Comics Festival (Palestine), Leila Abdul Razaq (USA), Zainab Akhtar (UK), Khalid Albaih (Sudan/Qatar), Albertine (Switzerland), Hilary Allison (USA), Enzo Apicella (Italy), Serge Baeken (Belgium), Alex Baladi (Switzerland), Edd Baldry (UK/France), Edmond Baudoin (France, 3 Angoulême prizes), Kate Beaton (Canada), Alison Bechdel (USA), Sofiane Belaskri (Algeria), Faiza Benaouda (Algeria), Khalil Bendib (Algeria/USA), Peter Blegvad (USA/UK, Angoulême prize in 2014), David Brothers (USA), Paul Buhle (USA), Nicole Burton (Canada), Jennifer Camper (USA), Gilles Ciment (France, former director of the Cité internationale de la bande dessinée in Angoulême from 2007 to 2014), Rob Clough (USA), Sean T. Collins (USA), Gianluca Costantini (Italy), Jean-Luc Coudray (France, Angoulême prize in 1990), Philippe Coudray (France, Angoulême prize in 2011), Molly Crabapple (USA), Pino Creanza (Italy), Marguerite Dabaie (USA), Bira Dantas (Brazil), Eleanor Davis (USA), Marcel « Lidwine » De la Gare (France, Angoulême prize in 1999), Guy Delisle (Canada, Angoulême Prize in 2012), Dror (France), Warren Ellis (UK), Magdy El Shafee (Egypt), elchicotriste (Spain), Brigitte Findakly (France), Ganzeer (Egypt/USA), Lucile Gomez (France), Jenny Gonzalez-Blitz (USA), Graphic History Collective : Sam Bradd, Sean Carleton, Robin Folvik, Mark Leier, Trevor McKilligan, Julia Smith (Canada), Dominique Grange (France), Thierry Groensteen (France, former director of the Cité internationale de la bande dessinée in Angoulême from 1993 to 2001), Jeet Heer (Canada), Ethan Heitner (USA), Delphine Hermans (Belgium), Anaële Hermans (Belgium), Jaime Hernandez (USA), Alex Hoffman (USA), Dylan Horrocks (New Zealand, nominated in Angoulême in 2002), Igort (Italy, nominated in Angoulême in 2003), Hatem Imam (Lebanon), Jiho (France), Monica Johnson (USA), Ben Katchor (USA), Mazen Kerbaj (Lebanon), Peter Kuper (USA), Carlos Latuff (Brazil), Wilfrid Lupano (France), Rodolphe « Ohazar » Lupano (France), Lena Merhej (Lebanon), Jean-Claude Mézières (France, 2 Angoulême prizes and Grand Prix in 1984), Katie Miranda (USA), Anne Elizabeth Moore (USA), Mric (France), José Muñoz (Argentina, 3 Angoulême prizes and Grand Prix in 2007), Ernest Pignon-Ernest (France), Jeanne Puchol (France), Maël Rannou (France), Patricia Réaud (France), Helge Reumann (Switzerland), Barrack Rima (Lebanon/Belgium), Mohammad Sabaaneh (Palestine), Salgood Sam (Canada), Amitai Sandy (Israel), François Schuiten (Belgium, Grand Prix in 2002), Gabby Schulz (USA), Siné (France), Jean Solé (France), Philippe Squarzoni (France, nominated in Angoulême in 2003), Sylvain-Moizie (France, Angoulême prize in 2000 and in residence at the Cité internationale de la bande dessinée in Angoulême in 2014-2015), Tardi (France, 5 Angoulême prizes and Grand Prix in 1985), Seth Tobocman (USA), Lewis Trondheim (France, 2 Angoulême prizes and Grand Prix in 2006, creator of the Angoulême mascot), Guillaume Trouillard (France), Willem (France/Nederland, Angoulême Grand Prix in 2013), Willis From Tunis (Tunisia), Jordan Worley (USA), Wozniak (France/Poland), yAce (France), Germano Zullo (Switzerland).

Michel Kichka a répondu : "Cette année, comme l’an dernier, un appel au boycott d’Israël a été adressé au directeur du Festival de la BD d’Angoulême. Mais cette année avec une virulence et une mauvaise fois décuplée. Le directeur du festival Franc Bondoux, ils appellent au boycott de la firme israélienne Soda Stream (http://www.aurdip.fr/dessinateurs-et-travailleurs-de-l.html?lang=fr) un des sponsors du festival. Le directeur du Festival répond dans l’édition en ligne pour abonnés de Sud-Ouest. (http://www.sudouest.fr/2015/01/23/bulles-indesirables-1806534-813.php). Parmi les signataires figurent des grands auteurs dont j’apprécie énormément le travail. A lire avant de lire ma réponse. http://www.aurdip.fr/dessinateurs-et-travailleurs-de-l.html?lang=fr Ma réponse: C’est dur d’être instrumentalisé par des collègues! L’appel de l’AURDIP de 2015 a un côté malsain. Ses signataires y expriment brièvement leur chagrin et leur indignation face aux attentats contre leurs collègues de Charlie Hebdo qui pour certains sont aussi des amis. Puis ils embrayent dans la foulée, avec une indélicatesse déconcertante, pour condamner Israel de façon virulente pour ce qu’ils appellent « un nettoyage ethnique de masse ». Ils sont dans l’amalgame le plus primaire, un amalgame que mes copains de Charlie Hebdo n’auraient jamais cautionné. Un amalgame qui est l’expression de cette obsession anti-israélienne qui sert de masque au « nouvel » antisémitisme qui pousse comme de la moisissure en France et ailleurs en Europe. C’est pathétique de voir l’extrême gauche concurrencer l’extrême droite. Après les attentats de Charlie Hebdo et d’Hyper Cacher, Khalil Abu-Arafeh, mon collègue palestinien de Jérusalem-Est et moi, nous sommes fixés rendez-vous dans un hôtel calme de la ville pour partager notre douleur et notre effroi. Chacun de nous a réalisé des dessins pour soutenir la liberté d’expression et de satire. Car nous sommes Charlie, par delà nos cultures, nos croyances et nos différences. Nous sommes Charlie par delà l’occupation et le conflit. Nous sommes Charlie dans notre espoir de Paix pour laquelle nous mobilisons nos coeurs et nos crayons.. Nous sommes Charlie dans notre esprit de tolérance et de dialogue. Tout art est espace d’ouverture et de dialogue, par définition. La culture est une passerelle qui tente de relier les peuples et les idées. Luz a demandé: « Je suis Charlie. Prouvez-le! » C’est ce que nous faisons chaque jour sur cette terre de conflit que nous rêvons meilleure. Appeler au boycott c’est renoncer à ce rôle majeur de l’art, pour satisfaire un besoin puéril d’auto-satisfaction: se donner bonne conscience. Trois semaines après les massacres de Paris, je trouve ça d’un cynisme bas de gamme et d’un opportunisme pervers. Ce n’est en rien une forme d’engagement. Michel Kichka Berlin, 27.01.15 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz".

Le 12 février 2015, à 18 h, à la galerie de l’Ancienne gare, lors de la 27e Foire internationale du livre de Jérusalem (Israël), a eu lieu la table-ronde inédite « Le dessin de presse : aux frontières de la liberté » (Press Cartoon: To the Frontiers of Liberty) avec des caricaturistes et dessinateurs israéliens - Michel Kichka, Gilad Selektar, Shay Charka, Yonathan Wachsman, Liav Zabari - et la participation exceptionnelle de Plantu, caricaturiste français pour le journal Le MondeLa rencontre en français et en hébreu (traduction simultanée) sera modérée par Galit Gaon, directrice du Musée national de la caricature et de la bande dessinée - Holon. Le 13 février 2015 à 12 h, la Cinémathèque de Jérusalem a projeté « Caricaturistes, fantassins de la démocratie », de Stéphanie Valloatto (2014, 1 h 46, version originale avec des sous-titres en anglais) "qui retrace l'aventure de Cartooning for Peace sera projeté en présence des dessinateurs de presse Plantu et Michel Kichka".

10 ans de Cartooning for Peace

Pour son dixième anniversaire, Cartooning for Peace a multiplié les événements. Le livre Le dessin de presse dans tous ses Etats, publié aux éditions Gallimard, est sorti le 15 septembre 2016 en France. Un concert de bienfaisance a été offert le 16 septembre au Victoria Hall (Genève) par l’Orchestre de la Suisse romande. Et Le Monde Festival met à l’honneur Cartooning for Peace avec une exposition et une rencontre de dessinateurs le 18 septembre à l’Opéra Bastille (Paris).

Le Monde organise dans le cadre du « Monde Festival » un débat sur le dessin de presse avec Willis from Tunis, Firoozeh Mozaffari, Michel Kichka et Louison qui illustrera le débat en direct, à l’Opéra Bastille (Amphithéâtre) le 18 septembre 2016 de 11 h à 12 h 30. Une table ronde animée par Plantu à l’occasion des 10 ans de l’association Cartooning for peace.

"Pouvoir de dénoncer. Pouvoir d’analyser. Pouvoir d’interroger la réalité qui nous entoure. Contre-pouvoir, parfois. Souvent! Dans certains régimes autoritaires, il ne fait pas bon dessiner… Les ciseaux de la censure sont là pour nous le rappeler. Et pourtant les caricaturistes, dans certains pays, font un vrai travail de résistance : ils contournent les interdits et les pressions. Et ça marche! Le dessin de presse est cette lame à double tranchant capable, dans certains contextes difficiles, de révéler les tensions et les fractures non-dites de nos sociétés, de déchaîner des passions disproportionnées, de susciter, bien malheureusement, les pires réactions… Depuis les fatwas lancées contre les caricaturistes danois en 2005, depuis les tueries de 2015, nous en savons quelque chose. Pourtant, comme Kichka aime à le rappeler, le dessin de presse, contrairement aux armes de destruction massive, est cette « arme de distraction massive » qui tantôt titille, tantôt torpille l’actualité par le trait pacifique du crayon. Par l’exagération graphique, le dessinateur réalise un travail de journaliste : il déforme la réalité pour dire la vérité. Baromètre de la liberté d’expression, exutoire de nos malaises, le pouvoir du dessin de presse n’est-il pas, avant tout, pacificateur ?"

Enseignement de la Shoah
Dans son édition du 3 novembre 2017, le quotidien "Le Monde" a publié une enquête sur "l'antisémitisme au quotidien" en France en rechignant à désigner l'antisémitisme islamique.

Il l'a illustré par un dessin de Plantu où un professeur déclare : « Moi, ça fait longtemps que je ne parle plus de la Shoah dans ma classe !», dit ce professeur tournant le dos à des élèves sagement assis derrière lui.

Ce dessin a suscité une polémique. En effet, des professeurs d'histoire et de français ont réagi sur les réseaux sociaux en indiquant qu'ils enseignaient la Shoah à leurs élèves, bien que cela soit difficile. La Shoah figure au programme des classes de troisième, dernière année de collège, et de première.


« Caricaturistes, fantassins de la démocratie », de Stéphanie Valloatto
EuropaCorp1, 2014, 106 minutes

Cartoonists for Peace, Caricaturistes. Fantassins de la démocratie. Préface de Plantu. Introduction de Radu Mihaileanu. Actes Sud Editions, 2014. 416 pages. ISBN : 978-2330036119

Citations

« Le dessin de presse est un cri de colère » PLANTU (France)

« Du sang, du sang… je ne veux plus utiliser ce pot de peinture rouge… » WILLIS FROM TUNIS (Tunisie)

« Sans humour, sans satire, n’importe quelle société devient inhumaine »  ZLATKOVSKY (Russie)

« J’essaie d’avancer au plus près de la “ligne rouge” » BOLIGÁN (Mexique)

« Le caricaturiste est un philosophe graphique qui remet sans arrêt le monde en question » RAYMA (Venezuela)

« Notre temps est le meilleur et le pire de tous les temps » DANZIGER (États-Unis)

« Nous, les caricaturistes, ne sommes les amis de personne au pouvoir » KICHKA (Israël)

« Je voudrais dessiner de l’autre côté du mur, pour adresser un message à l’occupant » BOUKHARI (Palestine)

« Lors de situations dramatiques, nos dessins donnent le moral » ZOHORÉ (Côte d’Ivoire)

« Avec un petit crayon, un peu de papier, je pose les problèmes » SLIM (Algérie)

« Je dois continuer à faire ce que je veux, le gouvernement ne peut pas me tuer » PI SAN (Chine)

« Le dessin prend une force particulière, dans ce pays où la population est en partie analphabète » GLEZ (Burkina Faso)

Visuels : © EuropaCorp Distribution

A lire sur ce blog :
Articles in English

Les citations proviennent des dossiers de presse et du film.
Cet article a été publié le 9 janvier, puis les 11 février et 18 mai 2015, 18 septembre 2016.

« Miss Univers 1929. Lisl Goldarbeiter, les chemins de la beauté» de Peter Forgács


Arte a diffusé « Miss Univers 1929. Lisl Goldarbeiter, les chemins de la beauté » (Miss Universe 1929 - Lisl Goldarbeiter. A Queen in Wien), documentaire de Péter Forgács. « De la Vienne des années 1920 à l’Anschluss, le destin romanesque », doux-amer, de Lisl Goldarbeiter (1909-1997), jeune Viennoise issue d’une famille Juive et élue à l’âge de 20 ans « plus belle femme au monde ». Une polémique a surgi en novembre 2017 car Miss Irak a publié sur les réseaux sociaux une photo d'elle avec Miss Israël lors du concours de Miss Univers 2017.


« Lisl avait des mouvements gracieux, une élégance naturelle. Elle est devenue La Beauté », se souvient son cousin, Marci Tenczer.

Ce dont attestent les photos et films réalisés, amoureusement, par Marci Tenczer.

Première Miss Univers non américaine

Lisl Goldarbeiter nait en 1909 à Vienne, alors capitale de l’empire austro-hongrois. La famille Goldarbeiter fait partie de la branche viennoise d’une famille Juive dont la branche hongroise réside à Szeged.

Lisl Goldarbeiter grandit dans la capitale de la « petite république autrichienne » apparue après la dislocation de cet Empire, à la suite de la Première Guerre mondiale. Son père Juif dirige un magasin de maroquinerie à Vienne. Son domicile au 5 Freilagergasse est modeste.

En 1929, après ses études dans une école de commerce, pianiste amateur, Lisl Goldarbeiter travaille dans la boutique familiale.

Écarté de l’université hongroise par le numerus clausus visant les Juifs, son cousin hongrois, Marci Tenczer, quitte Szeged, emménage chez les Goldarbeiter et étudie à l’université pour devenir ingénieur. Le jeune homme s’éprend de sa belle et joyeuse cousine dont il envoie une photo à un journal viennois dans le cadre d’un concours de beauté visant à élire Miss Autriche.

Élue parmi 1 500 candidates, Lisl Goldarbeiter est invitée dans des réceptions, des spectacles, et noue une amitié avec le compositeur Franz Lehár.

Lors d’une réunion familiale, son oncle Hermann prédit que les deux cousins se marieront. Une prophétie qui n’enchante guère la jeune beauté nationale.

Lisl Goldarbeiter est élue dauphine de Miss Europe – titre remporté par Miss Hongrie Böske Simon -, puis, en l'absence de celle-ci,  Miss Univers 1929 lors du concours disputé à Galveston (Texas) et doté d’un prix de 2 000 dollars (14 000 shillings). Une coquette somme que Lisl Goldarbeiter donne à sa famille.

Première Miss Univers non américaine, Lisl Goldarbeiter refuse des propositions intéressantes, notamment celle du réalisateur King Vidor.

La jeune Lisl séduit les foules européennes qui se pressent lors de ses visites, et épouse le 5 août 1930 l’un de ses prétendants, Fritz Spielmann, fils d’un riche industriel de la cravate en soie.

Elle entame une vie oisive avec son mari, joueur familier des casinos. Lasse des dettes accumulés par cet insouciant rejeton, la famille Spielmann finit par proposer à Fritz Spielmann une rente s’il quitte définitivement Vienne. Représentant de commerce pour l’Europe, Fritz Spielmann garde son mode de vie.

Son diplôme d’ingénieur en poche, Marci Tenczer retourne en 1937 à Szeged (Hongrie) où son père dirige une entreprise de plomberie. Après avoir effectué son service militaire, il se voit interdire d’exercer son métier en raison d’une loi antisémite adoptée en 1938. Il travaille chez son père, puis est employé comme tourneur dans une usine où il cache sa formation et son identité juive.

1938. Après l’Anschluss – annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie -, la famille Spielmann quitte Vienne pour la Hongrie, en emportant une partie de ses bijoux. Avec l’aide de Marci, Fritz Spielmann parvient à récupérer les autres bijoux et valeurs que ses proches n’avaient pu emporter.

Il se rend en Belgique avec son épouse. A Bruxelles, Lisl le quitte pour rejoindre ses parents âgés à Vienne. Après des pérégrinations – Londres, Afrique du Sud, Shanghai -, Fritz Spielmann arrive en Amérique.

Comme de nombreux Juifs, le père Juif de Lisl est sauvagement battu à Vienne. Sa mère chrétienne l’envoie à Szeged où elle le rejoint après avoir vendu leur magasin et leur appartement.

Contraint aux travaux forcés en Hongrie en 1942, Marci Tenczer est fait prisonnier en janvier 1943 par l’Armée russe et détenu en Union soviétique.

Le 18 mars 1944, l’Allemagne occupe la Hongrie. Les Juifs hongrois spoliés sont déportés vers Auschwitz.

En juin 1944, Lisl et sa mère sont arrêtées à l’entrée du ghetto – la synagogue - de Szeged, où elles tentent d’apporter du ravitaillement aux Juifs. Par chance, un garde SS les chasse hors du ghetto.

Interné dans un camp de concentration, le père de Lisl est ramené à Vienne où il meurt dans une prison de la Gestapo.

Cinq ans après sa captivité en URSS, Marci Tenczer retourne à Szeged. Seules ont survécu à la Shoah, ses trois sœurs. Marci Tenczer est recruté comme ingénieur à l’usine Ganz et épouse Lisl en 1949. Tous deux ont 40 ans et n’auront pas d’enfant. Bien qu’ils aient songé à émigrer, ils demeurent en Hongrie.

Lisl revient à Vienne en 1963. Les années n'ont pas entamé la finesse et l'harmonie de ses traits.

Lisl décède en 1997, à l’âge de 88 ans. Marci Tenczer meurt en 2003, toujours éperdument épris de « la plus belle femme qui ait existé ».



Ombres et lumières

« Comme dans Le chien noir, documentaire sur la guerre d’Espagne diffusé par Arte en 2006, le réalisateur Péter Forgács croise des archives privées et publiques, des films professionnels et amateurs tournés dans la Vienne de l’époque ». Et comme dans les films muets, il insère des intertitres dans ce documentaire intéressant, émouvant et primé.

« Ces 20 dernières années, j'ai découvert que les vieux films d'amateurs constituaient de manière involontaire de véritables chroniques historiques. Ces journaux intimes en images nous disent quelque chose du passé, de ce que l'on ne peut plus ni toucher ni ressentir, tout en nous donnant à voir l'histoire officielle sous un autre angle », a déclaré Péter Forgács.

Le 30 janvier 2017, Iris Mittenaere, Miss France 2016, a été couronnée Miss Univers 2017, à Pasay (Philippines). "Lors d'une séance de questions-réponses réservée aux trois dernières candidates, elle a ainsi indiqué que "les frontières ouvertes permettent de voyager davantage et de découvrir ce qu'il se passe ailleurs dans le monde", après avoir estimé que les pays ont le droit de fermer ou ouvrir leurs frontières mais que la France avait fait le choix d'accueillir les réfugiés".


Une polémique a surgi en novembre 2017 car Miss Irak, Sarah Idan, a publié sur les réseaux sociaux une photographie d'elle avec Miss Israël, Adar Gandelsman, lors du concours de Miss Univers 2017. Devant l'indignation d'une partie des Internautes, Miss Irak a du présenter des excuses auprès de « tous ceux qui considèrent [la photographie] comme blessante pour la cause palestinienne ».

« Miss Univers 1929. Lisl Goldarbeiter, les chemins de la beauté »
de Péter Forgács

Pays-Bas, 2006, 1 h 10 mn
Coproduction : ARTE, ZDF
Diffusion le 28 décembre 2011 à 23 h 55 


Photos : © Mischief Films

Articles sur ce blog concernant :
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Judaïsme/Juifs
Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié le 28 décembre 2011, et 31 janvier 2017.

lundi 11 décembre 2017

« Quand Hitler faisait son cinéma » de Rüdiger Suchsland


Arte diffusera le 12 décembre 2017 « Quand Hitler faisait son cinéma » (Hitler’s Hollywood ; Hitlers Hollywood - Das deutsche Kino im Zeitalter der Propaganda 1933-1945), documentaire de Rüdiger Suchsland, puis « Offrande au bien-aimé » (Opfergang), film de fiction réalisé par Veit Harlan (1944). 

« Les studios Babelsberg ou le Hollywood allemand » de Alexander Lück et Daniel Finkernage
Tournages Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939
« Serait-ce un rêve ? Le cinéma en chansons de W. R. Heymann » de Helma Sanders-Brahms
« Quand Hitler faisait son cinéma » de Rüdiger Suchsland
« Le Film Maudit - Jud Süss » par Oskar Roehler
     
« Quand Hitler faisait son cinéma » (Hitler’s Hollywood), documentaire de Rüdiger Suchsland, critique de cinéma, tente de répondre à la question de savoir si les films tournés entre 1933 et 1945 ont, à un degré comparable, influencé et reflété la population allemande pendant le nazisme. Plus d’un millier de longs métrages ont été tournés dans l’Allemagne hitlérienne. Si les films de propagande affichée représentent une infime minorité dans le lot, il n’en reste pas moins que le divertissement proposé n’est pas anodin : il s’agissait bien là de produits d’une « industrie de la conscience » parfaitement organisée, qui entendait rien de moins que produire du « Großes Kino ». Quand Hitler faisait son Cinéma s’arrête sur les pages les plus noires, les plus dramatiques de la cinématographie allemande, convoque, à l’occasion du centenaire de l’UFA, ses films et ses stars, montre comment les nazis s’y sont pris pour faire rêver les Allemands ».         

« Pour Hitler, le cinéma est un instrument de communication privilégié à destination des masses. Confiée à Goebbels, ministre de l'Éducation du peuple et de la Propagande, la production cinématographique est l'objet de toute son attention. Scénario, réalisation, casting, distribution : sa censure s'exerce à tous les niveaux ».

« Dès les premières années du régime, près de deux mille personnes (juifs, communistes, étrangers…) sont interdites d'exercer. Un grand nombre d'entre elles, comme Marlene Dietrich et Fritz Lang, prennent la route de l'exil ».

« En 1937, la société de production Universum Film AG (UFA) est nationalisée et les studios disparaissent les uns après les autres ».

« Sur un peu plus de mille œuvres produites sous le IIIe Reich, plus de la moitié sont des comédies et des films musicaux, qui mettent à l'honneur la joie, la fantaisie, mais aussi l'ordre et la discipline. Également prisés, les mélodrames et les fresques historiques sont l'occasion de valoriser la camaraderie, l'esprit de sacrifice et l'amour de la patrie… »

« Avec des stars comme Hans Albers, Ferdinand Marian, Gustaf Gründgens, Kristina Söderbaum, Zarah Leander et Ilse Werner, les films tournés sous le régime nazi n'ont pas été que d'inoffensifs divertissements : au-delà des apparences, leur sous-texte raconte souvent une autre histoire ».

« Projetées pendant la Seconde Guerre mondiale dans la plupart des pays occupés par l'Allemagne, des œuvres comme « Le Juif éternel » de Fritz Hippler ou « Le Juif Süss » de Veit Harlan ont servi à justifier la politique d'élimination des « indésirables » du régime ».

« Replaçant chaque extrait de film dans son contexte historique, Rüdiger Suchsland apporte une foule d'informations sur les acteurs et les réalisateurs en vogue ou bannis de ces années noires ».

« Mettant ses pas dans ceux du sociologue Siegfried Kracauer, auteur de l'ouvrage de référence « De Caligari à Hitler – Une histoire psychologique du cinéma allemand », Rüdiger Suchsland « revisite une production à la maîtrise technique parfaite mise au service d'un imaginaire mortifère et d'une idéologie criminelle ».

« Pour rivaliser avec Hollywood, l'industrie du cinéma nazie a produit une majorité de divertissements. Composé d'extraits de films, un panorama éclairant d'une production tout sauf inoffensive ».

« Offrande au bien-aimé »
Arte diffusera le 12 décembre 2017 « Offrande au bien-aimé » (Opfergang), film de fiction réalisé par Veit Harlan (1944). Un film tourné sous le IIIe Reich.

Offrande au bien-aimé » (Opfergang), film allemand de fiction réalisé par Veit Harlan en 1942-1943 et distribué dans les salles de cinéma en décembre 1944.


« Le scénario de ce film en Agfacolor est signé par Veit Harlan et Alfred Braun, d'après le roman mélodramatique de Rudolf Binding.

« Après un long séjour à l'étranger, Albrecht revient à Hambourg, sa ville natale. Conformément aux souhaits de sa famille, il doit épouser sa séduisante cousine Octavia. Le jeune couple s’installe dans une villa des bords de l’Elbe".

"Rapidement, Albrecht fait la connaissance d’Aels Flodéen, une ravissante Nordique qui vient chaque année se faire soigner dans la région. Ils se découvrent une passion commune : le cheval. Au fil de leurs balades, la jeune femme tombe amoureuse d’Albrecht qui, dans un premier temps, ne le remarque pas ».


« Puis Octavia et son futur mari déménagent à Düsseldorf mais, ayant du mal à s’acclimater, reviennent à Hambourg. Devenue jalouse, Octavia apprend qu’Aels, touchée par le typhus, a une petite fille, hébergée dans le quartier du port. Le couple accepte de s’occuper d’elle mais Albrecht tombe malade à son tour… »

« Tourné pendant la guerre, qu'il n'évoque en rien, et sorti en 1944, le mélodrame « Offrande au bien-aimé » marque l’apogée du cinéma nazi ».

« Dans des couleurs en demi-teinte, Veit Harlan filme en Agfacolor la décadence du monde bourgeois et met en scène l’amour inassouvi d’un homme, qui rappelle une fièvre délirante ».

Pourquoi Arte diffusera-t-elle ces deux œuvres en pleine nuit ?


« Quand Hitler faisait son cinéma », documentaire  de Rüdiger Suchsland
Allemagne, 2017
Sur Arte le 12 décembre 2017 à 0 h 10
Visuels
Irene von Meyendorff (à gauche et à droite), Paul Kemp et Oskar Sima (au centre)
Marianne Hoppe dans "Auf Wiedersehen Franziska"
Ingrid Bergman dans "Quatre filles courageuses"
Scène du film "Le grand jeu"
Ilse Werner dans "Große Freiheit Nr. 7"
Hilde Krahl dans "Le chant de la métropole"
© Murnau Stiftung

« Offrande au bien-aimé » (Opfergang), de Veit Harlan
Allemagne, 1944, 
Auteur : Rudolf G. Binding
Image : Bruno Mondi
Montage : Friedrich Karl von Puttkamer
Musique : Hans-Otto Borgmann
Production : UFA
Producteur/-trice : Veit Harlan
Scénario : Alfred Braun, Veit Harlan
Avec Kristina Söderbaum, Irene von Meyendorff, Carl Raddatz, Franz Schafheitlin, Otto Tressler, Annemarie Steinsieck, Ernst Stahl-Nachbaur
Sur Arte le 12 décembre 2017 à 1 h 55
Visuels
Irene von Meyendorff et Carl Raddatz
Franz Schafheitlin et Irene von Meyendorff
Kristina Söderbaum
Carl Raddatz et Kristina Söderbaum
Carl Raddatz et Irene von Meyendorff
Carl Raddatz
© Friedrich-W.-Murnau-Stiftung

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Les citations sont extraites d'Arte.