Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 31 octobre 2021

« L’identité juive au miroir de l’art » de Marina Farschid

Arte diffusera le 31 octobre 2021 « L’identité juive au miroir de l’art » (Kunst, Kultur, Kippa. Auf den Spuren des jüdischen Erbes in Europa), documentaire passionnant de Marina Farschid. « Peut-on parler d’un "art juif" européen ? Un voyage comparatif tout en nuances à travers les oeuvres des peintres Moritz-Daniel Oppenheim, Jankel Adler et Chaïm Soutine, lequel est au centre de deux expositions à Paris. »
  


Comment définir un "art juif", s'il existe ?

Sonia Fellous
"L’art juif est issu de la tradition juive et prend ses racines dans la religion. Deux traditions picturales émanent du berceau culturel originel. La première de cette production artistique se perpétue en Orient et nous parvient par les vestiges des pavements de mosaïques synagogales, l’art funéraire et l’ornementation des objets du quotidien. Elle se poursuit en Orient puis en péninsule ibérique sous l’influence de l’Islam jusqu’à la fin du XIIIe siècle rejetant toute forme de représentation figurative. La seconde tradition est narrative ; elle renaît et se développe en Occident chrétien à partir du XIIIe siècle et au contact de la production artistique environnante", a écrit Sonia Fellous, qui a enseigné "l'histoire de l'art juif" à l'Institut Universitaire Elie Wiesel.

"L’art des Juifs se situe à la croisée d’une époque, d’une aire géographique et d’un thème. Il s'alimente de la diversité des modèles sociaux culturels et met en lumière l’importance des réseaux sociaux, économique et intellectuels qui réduisent partiellement la dispersion et l’éclatement des communautés juives."

"L’exil a induit des schémas différents dans l’art juif. Jusqu’au XIXe siècle, la dimension religieuse en a marqué quasiment toute la production qui reste toutefois inscrite dans son propre système de référence tout en se conformant aux critères des civilisations environnantes."

"Ce cours traita des six grandes périodes de la production artistique juive au regard de l’art local contemporain, de la Bible à nos jours :
1. Du texte biblique à la fin du royaume de Judée (+70).
2. Du IIe au VIIe siècle dans les communautés de Galilée et de la diaspora.
3. Le Moyen âge oriental et occidental avec les manuscrits enluminés.
4. La période de l’émancipation et le glissement du répertoire vers les scènes de genre.
5. Le XIXe siècle et l'apparition d'une peinture quasi institutionnelle avec l'ouverture des Ecoles des Beaux-Arts aux Juifs.
6. Le XXe siècle, les nouvelles techniques et les nouveaux styles : l’émergence de l’Ecole de Paris et le refus des peintres de copier le réel ; un art nouveau, situé entre tradition et modernité. Nous abordions enfin le courant issu d'une nouvelle identité juive avec la création de l'Etat d'Israël."

"Existe-t-il un art juif ?" 
En 2013, les éditions Esthétiques du divers ont publié "Existe-t-il un art juif ?" de Dominique Jarrassé. "Existe-t-il un art juif ? La question importe plus que la réponse, car cet essai soulève à travers la diversité des formes prises par l’art juif au cours du temps et dans de nombreuses civilisations, une interrogation à la fois sur l’art et sur l’identité."

"Débattue depuis deux siècles, dans la France du Second Empire, en 1900 à Londres, dans la Russie révolutionnaire, à Berlin et à Vienne autour de Martin Buber et du mouvement sioniste, à Jérusalem avec les pionniers, dans le Montparnasse des années 20, à New York durant les sixties, la question « existe-t-il un art juif ? » semblerait insoluble. "

"Régulièrement, les philosophes ou les théologiens s’enlisent dans l’analyse de l’interdit de l’image et les historiens et les historiens de l’art ressassent, face au déni antisémite, les allusions archéologiques, exposent des judaïca et convoquent Modigliani, Chagall ou Barnett Newman…"

"Quelle catégorie, en effet, pourrait recouvrir légitimement les antiquités bibliques, les objets de culte, des scènes de la vie du schtetl, un paysage de Pissarro et des toiles abstraites de Rothko ?"

Professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université de Bordeaux et à l’École du Louvre, "Dominique Jarrassé interroge la question elle-même et examine pourquoi la notion d’art juif a été si souvent manipulée, pourquoi tant d’avis divergents émis. En montrant comment on a écrit l’histoire de l’art juif, il tord le cou à des appellations  comme « école juive de Paris » et dénonce l’usage fallacieux de concepts nationalistes ou biologiques comme « artistes juifs », ainsi que les dérives d’un marché florissant…"

"À la lecture de cet essai, il apparaît clairement que toutes ces variations sur l’art juif, ou les arts juifs, sont d’abord des variations sur l'« être juif ».

« L’identité juive au miroir de l’art » 
Arte diffusera le 31 octobre 2021 « L’identité juive au miroir de l’art » (Kunst, Kultur, Kippa. Auf den Spuren des jüdischen Erbes in Europa), documentaire passionnant de Marina Farschid. « Peut-on parler d’un "art juif" européen ? Un voyage comparatif tout en nuances à travers les œuvres des peintres Moritz-Daniel Oppenheim, Jankel Adler et Chaïm Soutine, lequel est au centre de deux expositions à Paris. »
  

« Existe-t-il, dans l'histoire européenne de l’art, un courant spécifiquement lié à l’identité juive, autrement dit un "art juif" ? »

« Au-delà du débat théorique, de quelle manière la judéité se reflète-t-elle à travers les époques dans l’œuvre des artistes juifs, qu’ils se revendiquent ou non de leur héritage culturel et religieux ? »

« Ce documentaire explore la question en suivant les trajectoires contrastées, de Paris à Berlin et de Rome à Lodz, de trois peintres : le Prussien Moritz-Daniel Oppenheim (1800-1882), portraitiste officiel de la famille Rothschild entre 1830 et 1850 ; le Polonais Jankel Adler (1895-1949), qui s’exila successivement à Berlin, à Paris et à Londres ; et enfin de son contemporain plus célèbre, membre comme lui de l’école de Paris, le Russe Chaïm Soutine (1893-1943) qui, lui, s’installa définitivement en France. »

Soutine peint ce qu'il ne peut pas manger. Dans ses premières œuvres, il peint la misère, constate Pascale Samuel.

Sioniste, membre du mouvement pictural la Sécession, Lesser Ury (1861-1931) crée des scènes urbaines au style impressionniste et peint des scènes bibliques, notamment le prophète Jérémie. Les nazis ont détruit nombre de ses œuvres.

Né en 1986 à Moscou, petit-fils de Herschel Grynszpan, Yuri Kharshenko vit et travaille en Allemagne. Il peint des étoiles de David, non pas pour peindre des étoiles juives.

« Alors que ce dernier est en vedette à Paris cet automne avec deux expositions – "Chagall, Modigliani, Soutine... Paris pour école – 1905-1940" au Mahj, et “Chaïm Soutine / Willem de Kooning, la peinture incarnée” à l’Orangerie –, Marina Farschid offre un passionnant voyage à travers sa vie et ses toiles, qu’elle met en regard avec les œuvres d’Adler et d’Oppenheim ».

D'origine russe, Anna Schaprio refuse le qualificatif d'artiste juive.

« Au travers des éclairages des historiennes de l’art allemand et polonais Esther Graf et Malgorzata Stolarska-Fronia, ainsi que de celui de la conservatrice du musée d’art et d’histoire du judaïsme (Mahj) Pascale Samuel, une réflexion tout en nuances qui montre comment l'identité juive de ces trois artistes a, indéniablement mais différemment, influencé leurs parcours. »



Allemagne, 2021, 53 min
Production : Telekult, ARTE/MDR
Sur Arte le 31 octobre 2021 à 18 h
Sur arte.tv du 31/10/2021 au 28/01/2022
Visuel : © Marina Farschid

vendredi 29 octobre 2021

Luc Lazza, chanteur et comédien

Luc Lazza chantera le 30 octobre 2021 à 20 h 45 un répertoire israélien au cœur du Marais Juif, à Paris. Une soirée conjuguant des chansons de son dernier album "À vendre ou à laisser", et l’émotion de la variété israélienne, dont des titres en hébreu de la jeune Rika Zaraï.


C’est tout un pan de notre patrimoine musical que transmet avec talent Luc Lazza, acteur, chanteur, auteur et metteur en scène.

Formé par Jean-Pierre Vincent, Stanislas Nordey et Caroline Clerc, il a enregistré six albums et présenté sept spectacles dans des salles de spectacles et musées.

Accompagné du pianiste et orchestrateur Christian Piget, parfois accompagné du violoncelle et de l'accordéon de Dorian Vigoureux, il explore des univers illuminés ou sombres, joyeux ou nostalgiques.

Théâtre de l'Orme
En juin 2016 au Théâtre de l'Orme, à Paris, Luc Lazza a inscrit au programme de ses récitals : Barbara, Gainsbourg, Rika Zaraï, Dalida… Des soirées conjuguant l’humour et l’émotion de la variété française et israélienne.

Pour le Jour de Jérusalem, il proposa un récital mêlant chansons en français et en hébreu. "Thèmes bibliques et folklore fondateur (" Vayhazkem", "Hava naguila ") se mêlent au "Poinçonneur des Lilas" ou à "Que je t'aime"... 

Puis, il poursuivra par des récitals dédiés aux répertoires de Barbara, Dalida, Rika Zaraï et Gainsbourg - "Un son résolument actuel, des choix audacieux, qui mettent en lumière la modernité de ces compositions. Trente chansons et textes à redécouvrir".

En ce printemps pluvieux, il est agréable d’écouter ses interprétations de chansons contant en refrains nos vies, nos familles, nos joies, nos soucis…

Certaines chansons, parfois injustement méconnues, sont bouleversantes : Les bleus, de Serge Gainsbourg .

Un bain de jouvence.

"Mes chansons d'Israël"
C'est un "lieu atypique et chaleureux pour un spectacle de chansons ce samedi 30 octobre 2021 au soir au cœur du quartier Saint-Paul à Paris. Dans le décor de la boutique éphémère dans laquelle il vend des vêtements, objets et autres curiosités vintage, le chanteur Luc Lazza vous convie à une soirée intimiste. Sans micro, et juste accompagné par les orchestrations de son dernier album "À vendre ou à laisser", il chantera ses propres compositions, des chansons pop, romantiques ou plus rythmées, évoquant la liberté d'un homme, ses égarements amoureux, son regard amusé sur notre société...", a confié l'artiste. 

"Et l'arbre de la chanson de Barbara. Barbara, transition avec le deuxième partie, où, à l'angle de la rue des Rosiers et face à l'ancien Goldenberg, il chantera ce qu'est pour lui l'âme juive. Les chansons en hébreu de la jeune chansonnière Rika Zaraï, la sensibilité et le courage, mais aussi une curieuse interprétation de Brassens, dont nous fêtons le centenaire de la naissance, dans la langue de la Bible. Émotion en perspective", a conclu Luc Lazza.


Le 30 octobre 2021 à 20 h 45
Dans une boutique éphémère
17, rue Ferdinand Duval 75004 Paris

Paris-Tel Aviv
Le 4 juin 2016 à 21 h et le 5 juin à 18 h

« Lucien Gainsbourg, Rivka Zaraï, Barbara.... et moi »
Le lundi 6 juin à 21 h

« Rappelle-moi… Barbara »
Les 9 et 11 juin 2016 à 21h

« Dalid'Amour, Délit d'amour »
Le dimanche 12 juin à 18 h

16, rue de l'Orme, 75019 Paris 
Réservations : 06 63 99 21 86

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié le 3 juin 2016.

jeudi 28 octobre 2021

Chagall, Modigliani, Soutine... Paris pour école, 1905-1940

Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) présente l’exposition « Chagall, Modigliani, Soutine... Paris pour école, 1905-1940 » assorti d’un catalogue intéressant. 
« A travers plus de 130 œuvres, un hommage aux artistes qui, de l'aube du XXe siècle à la Deuxième Guerre mondiale, ont contribué à "une effervescence artistique sans précédent" à Paris. Des artistes anonymes ou célèbres, méconnus ou oubliés, rescapés de la Shoah ou exilés, spoliés ou aux œuvres disparues voire détruites.  


« Nous étions toute une génération, des enfants du héder, jusqu’aux étudiants talmudistes, épuisés par tant d’années à la seule analyse des textes. Nous emparant de crayons et de pinceaux, nous avons commencé à disséquer la nature, mais aussi à nous disséquer.
Qui étions-nous ?
Quelle était notre place parmi les nations ?
Qu’en était-il de notre culture ?
A quoi devait ressembler notre art ?
Tout cela s’ébaucha dans quelques villes de Lituanie, de Russie blanche et d’Ukraine pour se prolonger a Paris. »
El Lissitsky, Rimon-Milgroim n° 3, Berlin, 1923

« Peut-on considérer comme indésirable l’artiste pour qui Paris est la Terre promise, la terre bénie des peintres et des sculpteurs ? » C’est ainsi que le critique d’art André Warnod (1885-1960) défendait en 1925 les artistes, marginalisés parce qu’étrangers, au sein du salon des Indépendants. »

« De cette critique de la xénophobie du milieu de l’art parisien est née l’appellation « Ecole de Paris ». Depuis, la formule désigne paradoxalement la scène constituée dès le début du XXe siècle et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale par des artistes venus de toute l’Europe, mais aussi d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Ce cosmopolitisme, qui agite les cafés de Montparnasse et anime les ateliers de la Ruche ou de la cité Falguière, est sans précédent dans l’histoire de l’art. »

« Parmi ces hommes et ces femmes, nombreux sont les juifs, issus des métropoles européennes, mais aussi des bourgades juives de l’Empire russe, venus renforcer les rangs des académies de la capitale. Tous sont en quête d’émancipation politique, sociale, religieuse... L’accès aux disciplines artistiques étant souvent limite dans leurs pays d’origine, ils espèrent à Paris se confronter à la modernité et devenir en toute liberté des créateurs à part entière.

Certains sont aujourd’hui célèbres comme Marc Chagall, Chaïm Soutine ou Amedeo Modigliani, d’autres sont moins notoires comme Michel Kikoïne, Jules Pascin, Jacques Lipchitz, Louis Marcoussis, Chana Orloff, Moise Kisling, Ossip Zadkine, d’autres enfin sont largement oubliés comme Walter Bondy, Henri Epstein, Adolphe Feder, Alice Halicka, Henri Hayden, Leon Indenbaum, Georges Kars, Léopold Lévy, Mela Muter, Simon Mondzain ou Léon Weissberg ».

« A travers plus de 130 œuvres et de nombreux documents inédits, l’exposition « Paris pour école » entend renouveler le regard sur cette génération d’artistes juifs arrivés à Paris entre 1900 et 1914. Leur soudaine apparition, dans un monde où critiques et marchands d’origine juive étaient déjà nombreux, a pu faire croire à l’existence d’une « Ecole juive », et a suscité un antisémitisme virulent dans les années 1920. Mais au-delà d’un même désir de s’affranchir des cadres de la vie juive, de maitriser leur art et de gagner une certaine reconnaissance, tous se retrouvent dans un refus des systèmes et la volonté de mener l’itinéraire singulier que leur récent statut autorise enfin. Ces personnalités d’exception ne sont en réalité d’aucune « Ecole », mais sont liées par une histoire commune, par un idéal et, pour certaines, par un destin tragique ». 

L’exposition « est accompagnée d’un catalogue coédité avec la RMN, de rencontres, de lectures, d’un colloque, de visites guidées, de promenades hors les murs et d’activités pour le jeune public ».

Sous la direction de Pascale Samuel, conservatrice de la collection d’art moderne et contemporain du mahJ, le catalogue reprend l’ensemble des œuvres et leurs cartels, de courts textes didactiques, la chronologie, les cartes : l’intégralité de ce que vous allez voir, de ce vous avez vu, votre visite à l’identique, enrichi de biographies, de citations, de photographies et de documents d’époque".

Le mahJ « publie parallèlement avec les éditions Hazan Nos artistes martyrs, traduction de l'ouvrage de Hersh Fenster sur les artistes juifs assassinés ou morts dans le dénuement pendant l'Occupation, et présente une évocation du livre dans le foyer intitulée « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse ».

Le Commissariat est assuré par Pascale Samuel, conservatrice de la collection moderne et contemporaine du mahJ ; la coordination et recherches ont été effectuées par Dorota Sniezek, assistée d’Emma Levy.

L’exposition bénéficie du soutien de la fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la direction régionale des Affaires culturelles d'Ile-de-France – ministère de la Culture, de la fondation Feldstein, sous l'égide de la fondation du Judaïsme français, de la Délégation interministérielle a la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, et de la fondation Pro mahJ.

Elle « est rendue possible par les prêts exceptionnels du Centre Pompidou – Musée national d’art moderne. »


Repères chronologiques

« 1900 Picasso arrive à Paris.
1902 Inauguration de la Ruche au 2, passage Dantzig a Paris dans le 15e arrondissement.
1903 Premier salon d’Automne ; Gertrude Stein arrive à Paris ; vague de pogroms anti-juifs dans l'Empire russe ; Walter Bondy, Rudolf Levy, et Louis Marcoussis arrivent à Paris, suivis de Bela Czobel l’année suivante.
1905 Les fauves exposent ensemble au salon d’Automne ; Sonia Delaunay et Jules Pascin arrivent à Paris.
1906 Réhabilitation d'Alfred Dreyfus par un arrêt de la Cour de cassation ; émigration massive des juifs russes, consécutive au pogroms en Russie ; Oscar Miestchaninoff et Amedeo Modigliani arrivent à Paris.
1908 L’académie Matisse ouvre ses portes en janvier avec le soutien, notamment, de Sarah et Leo Stein, Rudolf Levy et Hans Purrmann ; cette école d'art connait un succès rapide et compte plus de soixante-dix élèves de toutes les nationalités.
1909 Première exposition cubiste majeure au salon d’Automne et au salon des Indépendants.
1910 Marc Chagall, Adolphe Feder, Moise Kisling, et Chana Orloff arrivent à Paris ; Chagall et Zadkine s’installent à la Ruche ; Sonia Terk Uhde épouse Robert Delaunay ; Pascin présente sa première exposition personnelle à la galerie Berthe Weill ; nouvelle vague de pogroms anti-juifs dans l'Empire russe.
1911 Léon Idenbaum arrive à Paris ; Mondzain visite Paris une seconde fois.
1912 Arrivée à Paris d'Isaac Dobrinsky, Henri Epstein, Morice Lipsi, Marevna, Michel Kikoine, Pinchus Kremegne et Chaim Soutine ; Simon Mondzain rejoint son ami Kisling ; Lipchitz rencontre Picasso ; exposition cubiste ≪ La Section d’Or ≫ à la Galerie de la Boétie, avec notamment Marcel Duchamp, Francis Kupka, Albert Gleizes et Louis Marcoussis.
1913 Alice Halicka et Mane-Katz arrivent à Paris ; Levy, Miestchaninoff, Pascin et Zak envoient leurs oeuvres à l’Armory Show de New York.
1914 Début de la Première Guerre mondiale ; Kikoine, Kisling, Marcoussis, Mondzain et Zadkine s’engagent dans l’armée française ; Dobrinsky est refusé pour des raisons de santé ; Rudolf Levy rejoint l’armée allemande et Leopold Gottlieb l’armée polonaise ; Chagall et Mane-Katz retournent en Russie ; Georges Kars retourne à Prague ; Czobel part en Hollande ;
les Delaunay partent en Espagne et au Portugal ; Lipchitz reste en Espagne pendant un an ; Zak part dans le sud de la France ; Pascin émigre aux Etats-Unis.
1918 L'armistice du 11 novembre marque la fin de la Première Guerre mondiale.
1919 Nouvelle vague de pogroms antisémites en Russie ; Kars quitte Prague et revient à Paris ; Kisling organise sa première exposition temporaire à la Galerie Druet.
1920 Mane-Katz revient de Kharkov ; Pascin devient citoyen américain et revient à Paris ; mort de Modigliani.
1922 Kars organise sa première exposition personnelle parisienne à la galerie de la Licorne et Orloff à la galerie Povolozsky ; une annexe du musée du Luxembourg est installée dans le musée du Jeu de Paume pour présenter les œuvres d’artistes étrangers.
1923 Décision du comite du salon des Indépendants d’exposer les œuvres en fonction de la nationalité des artistes ; Chagall revient de Russie, via Berlin ; le collectionneur Albert C. Barnes achète un grand nombre de peintures de Soutine, asseyant sa réputation.
1925 Hitler publie Mein Kampf ; Czobel revient de Berlin ; Zadkine travaille sur la sculpture Pergola de la douce France, présentée en 1925 à l’exposition des Arts Décoratifs de Paris.
1926 Gottlieb quitte la Pologne et revient à Paris ; Orloff fait construire une maison par Auguste Perret a la villa Seurat ; décès d'Eugene Zak ; une rétrospective de son œuvre est présentée a la galerie Bing.
1927 Soutine organise sa première exposition personnelle à la galerie Bing ; premières publications de la série de monographies « Les artistes juifs » aux éditions Le Triangle (Paris).
1928 Les partis de gauche remportent les élections françaises et allemandes.
1929 Exposition des collections du marchand d’art Paul Guillaume à la Galerie Bernheim-Jeune, qui comprend dix-huit œuvres de Modigliani et six de Soutine ; Adolphe Basler inaugure la Galerie de Sèvres au 13, rue de Sèvres ; la veuve d’Eugene Zak inaugure la Galerie Zak au 16, rue de l’Abbaye ; le krach boursier a Wall Street marque le début d’une crise économique mondiale.
1930 Les troupes françaises achèvent leur évacuation du Rhin ; restriction des quotas d’immigration aux Etats-Unis ; Pascin se suicide dans son studio à Paris.
1931 Vague de xénophobie contre les artistes étrangers ; Waldemar-George publie l’article « Ecole Française ou Ecole de Paris » dans la revue Formes.
1933 Hitler est nommé chancelier du Reich ; début du boycott des juifs, qui sont persécutés en Allemagne ; vague d’immigration juive d’Allemagne ; les œuvres de Chagall sont brulées publiquement à Mannheim, sur les ordres de Goebbels.
1935 L’Allemagne commence à se réarmer ; les lois de Nuremberg révoquent les droits des juifs.
1937 Exposition internationale de Paris sous le Front Populaire ; Guernica de Picasso est exposé dans le pavillon espagnol ; l’exposition « Les maitres de l’Art Independant 1895-1937 » au Petit Palais comprend les œuvres de Chagall, Kisling, Lipchitz, Marcoussis, Modigliani, Orloff, Pascin, Soutine, Zadkine, ainsi que de Braque, Ernst, Gris, Matisse, Picasso et Renoir ; Lipchitz, Lipsi et Miestchaninoff remportent des Prix pour leurs sculptures ; l’exposition « Art dégénéré », organisée par les nazis à Munich, présente entre autres les œuvres de Chagall et de Grosz ; un camp de concentration est établi à Buchenwald ; chute du gouvernement Léon Blum.
1938 L’Allemagne envahit les Sudètes et annexe l’Autriche (Anschluss) ; Nuit de Cristal ; promulgation de lois anti-juives en Italie.
1939 Alliance entre l’Allemagne et l’Italie ; l’Allemagne occupe la République Tchèque ; la Pologne est envahie et divisée entre l’Allemagne et l'Union soviétique ; la France et l’Angleterre déclarent la guerre a l’Allemagne ; Chagall, les Delaunay, Dobrinsky, Kars et Zack s’enfuient en province ; Mondzain émigre en Algérie ; Kikoïne et Kisling s'engagent dans l’armée française ; Mane-Katz est emprisonné par les Allemands.
1940 Apres la mise en place du gouvernement de Vichy, les artistes étrangers ne sont plus autorisés à exposer en France ; Breton, Mondrian, Duchamp, Leger, Dali et bien d’autres partent aux Etats-Unis ; Chagall, Halicka, Krémàgne, Lipchitz, Lipsi, Marcoussis et Soutine s’enfuient en province ; Bondy meurt de diabète ; l’Allemagne envahit le Danemark, la Norvège, la Hollande, la Belgique et le Luxembourg ; un camp de concentration nazi est établi à Auschwitz ; en juin, les troupes allemandes occupent Paris ; capitulation de l’Armée française ; depuis Londres, Charles de Gaulle crée les Forces françaises libres ; promulgation par Vichy du Statut des Juifs ; internement des juifs en Zone libre. »


Du 17 juin au 31 octobre 2021
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 53
Mardi, jeudi, vendredi : 11h-18h. Mercredi : 11h-21h. Samedi et dimanche : 10h-19h


mercredi 27 octobre 2021

Thomas Brasch (1945-2001)

Thomas Brasch (1945-2001) était un écrivain, poète, scénariste, réalisateur, dramaturge et traducteur juif allemand nés de parents exilés en Angleterre. En 1947, la famille communiste rejoint la RDA (République démocratique allemande). Arte diffusera le 2 novembre 2021 « Brasch - Le désir et la peur » (Brasch - Das Wünschen und das Fürchten) de Christoph Rüter. « Journal vidéo personnel, entretiens filmés et archives de ses pièces esquissent un portrait mosaïque de l'écrivain, poète et cinéaste allemand Thomas Brasch, disparu il y a vingt ans. »

Raymond Aron (1905-1983) 
« ENS : L'école de l’engagement à Paris » par Antoine de Gaudemar et Mathilde Damoisel
Archives de la vie littéraire sous l'Occupation 

"Pourquoi écris-tu ?", demande Christoph Rüter à Thomas Brasch. "C'est une question trop intime", répond ce dernier face caméra, avant de lâcher qu’il aimerait agréger autour de sa plume une communauté mue par les mêmes désirs et angoisses, pour "oublier qu'on naît et meurt seul". 

« L'écrivain, poète et cinéaste allemand, peu connu en France mais estimé pour sa plume subversive et critique, souffrira profondément de son déracinement ». 

« Son premier recueil de nouvelles, "Les fils meurent avant les pères", publié après son départ de RDA pour échapper à la censure, connaît un grand succès en Allemagne de l’Ouest. »

« Son œuvre majeure, "Brunke, "non traduite, écrite en six ans après la réunification, contient au premier jet 14 000 feuillets manuscrits de prose, notes et documentation, condensés en 4 000 pages et publiés en huit volumes ». 

« Également réalisateur et metteur en scène (il a beaucoup adapté Tchekhov), Brasch fait partie de la sélection officielle cannoise en 1981 avec son film le plus connu, "Les anges de fer".

« À la fin des années 1980, le documentariste Christoph Rüter, alors conseiller à la mise en scène dans un théâtre de Berlin-Ouest, se lie d’amitié avec Thomas Brasch et le filme durant les vingt années qui suivent ». 

« La masse d'archives, augmentée du propre journal vidéo de Brasch et d'extraits de ses pièces, le tout bercé par la trompette de Miles Davis," "constitue la matière de ce voyage, tissé de fragments, dans la psyché de l'artiste rongé par le doute et la souffrance, et hanté par la nécessité de transmettre et d’interroger la mémoire de la Shoah ». 

« Pourtant critique de l'exercice documentaire de Christoph Rüter, Brasch, en chef d'orchestre compulsif, dirige son entreprise, soulignant les passages les plus saillants de leurs entretiens. »

« Disparu il y a vingt ans, l'artiste lègue une œuvre amère sur l’état du monde, mais non dénuée d’espoir de le transformer, ce que Brasch appelait les "potentialités politiques" de son travail. »


« Brasch - Le désir et la peur » de Christoph Rüter
Allemagne, 2011, 1 h 32 mn
Production : Tag/Traum Filmproduktion, Christoph Rüter Filmproduktion, en association avec la ZDF
Sur Arte le 2 novembre 2021 à 01 h 45
Sur arte.tv du 01/11/2021 au 29/01/2022

Les citations sont d'Arte.