Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 24 août 2018

« Eldorado Terezín » par Claire Audhuy


L’ancien camp de Natzweiler-Struthof présente , du 23 au 26 août 2018, sous chapiteau, « Eldorado Terezín », écrit et mis en scène par Claire Audhuy. Sur scène est reconstituée la visite au camp nazi de Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par les Allemands, organisée le 23 juin 1944 par les nazis pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), avec en contrepoint la pièce « On a besoin d’un fantôme  » de Hanuš Hachenburg (1929-1944), « récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto ». Des représentations associant comédiens et marionnettes, suivies d’ateliers. Un spectacle gratuit dans la limite des places disponibles.

Des oeuvres conçues ou/et interprétées dans le camp de concentration nazi de Terezín (Theresienstadt), forteresse et cité de garnison localisée dans les Sudètes, région située alors en Tchécoslovaquie et annexée par les Allemands, l'une des plus célèbres est l'opéra pour enfants, Brundibár qui a été composé en 1938 par Hans Krása, sur des lyrics d’Adolf Hoffmeister. Interprétée  le 23 septembre 1943, cette œuvre a été instrumentalisée par la propagande nazie dans le film Theresienstadt - eine Dokumentarfilm aus den jüdische Siedlungsgebiet  (Theresienstadt. Un documentaire sur la zone de peuplement juif), dirigé par Kurt Gerron.

Claire Audhuy, docteur en études théâtrales à l’Université de Strasbourg et directrice artistique de la compagnie Rodéo d’âme, nous invite à découvrir « Eldorado Terezín » qui relate la visite organisée le 23 juin 1944 par les nazis pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Elle y associe en contrepoint la pièce « On a besoin d’un fantôme  » de Hanuš Hachenburg (1929-1944), « récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto ».  « Eldorado Terezín » a été créé lors des « Scènes d’automne en Alsace », à la Comédie de l’Est, à Colmar, en novembre 2017.

La Croix-Rouge à Terezín
« En octobre 1943, 450 juifs danois sont envoyés à Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par le IIIe Reich. Le gouvernement danois demande immédiatement le droit de leur rendre visite. Adolf Eichmann accepte d'organiser la venue d'une délégation internationale, mais pas avant le printemps 1944... Car il lui faut du temps pour transformer le camp en vitrine qui dupera l'opinion internationale. Le ghetto de Terezín devait être représentatif de l'ensemble du système concentrationnaire nazi, devenant même « l'Eldorado » des juifs d'Europe. Aussitôt, exit les malades et les plus fragiles : 7 500 personnes partent à Auschwitz. Quant à toutes les autres, elles sont embauchées pour repeindre les façades du ghetto, pour planter des fleurs, construire un terrain de jeu pour les enfants, un théâtre, un pavillon de musique, une piscine, une synagogue, mais aussi pour rénover le café et la banque, pour ajouter des pancartes qui fleurent bon la petite ville de province. Quelques mois plus tard, la commission de la Croix-Rouge arrive et visite les lieux », a déclaré Claire Audhuy, qui a écrit et mis en scène « Eldorado Terezín  ».

L’histoire ? « Bienvenue à Terezín, le nouvel Eldorado juif offert par le Führer lui-même ! Ici, on rit, on chante, on danse et on mange même des sardines portugaises ! Juin 1944. Dans le ghetto de Terezín, le commandant SS Karl Rahm promène le représentant de la Croix-Rouge dans une ville aux allures de vitrine idéale. Manipulant le malheureux « maire » de cette « colonie juive » vantée par la propagande nazie, Rahm vole d’une baraque à l’autre, anime son pantin préféré et tout un tas de marionnettes dont il tire les ficelles. »

« Après le départ du délégué de la Croix-Rouge, la vie dans le camp reprend son cours normal, au rythme des transports vers l’Est", vers le camp nazi d'Auschwitz. Parmi les internés, Hanuš Hachenburg (1929-1944), un jeune garçon de 14 ans, donne ce soir-là une pièce clandestine pour marionnettes, qu’il vient d’écrire. Elle raconte l’histoire d’un despote sanguinaire et stupide : Analphabète Gueule Premier. Pour assouvir sa soif de pouvoir, le tyran ordonne l’extermination des personnes inutiles, mais la Mort ne fait plus peur et tout le monde se moque d’elle. Cette farce rappelle qu’il ne faut jamais oublier de rire. De ce rire qui peut nous permettre de dépasser la sidération et la peur. Qui nous permet de rester des hommes ».

Claire Audhuy « reconstitue sur scène la visite de Terezín, organisée par les nazis pour le Comité international de la Croix-Rouge, le 23 juin 1944. Une multitude de maquettes filmées permettent de découvrir cette grande et ingénieuse machinerie conçue pour duper les rares visiteurs de passage. La pièce de Hanuš Hachenburg, intitulée « On a besoin d’un fantôme », fut récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto. Elle apporte un génial contrepoint à l’entreprise de mystification nazie. « Eldorado Terezín » met en lumière la manipulation de l’information mais aussi l’ironie, l’humour noir et l’autodérision comme autant d’instruments de résistance ».

Et Claire Audhuy d’ajouter : « Je souhaite rejouer sur le plateau cette fameuse visite et sa mise en scène singulière. Pour cela, j'invite les spectateurs à devenir des observateurs, tout comme à l'époque l'ont été les membres de la délégation internationale de la Croix-Rouge lors de la visite guidée officielle. Cela me permet de leur faire découvrir la réalité contextuelle dans laquelle Hanuš Hachenburg écrivit sa pièce de théâtre clandestine « On a besoin d'un fantôme ». Cette visite planifiée sert de prologue à la pièce pour marionnettes d'Hanuš que l'on découvrira en seconde partie de spectacle. »

L’arrivée
« À l'entrée de la salle, les observateurs du jour sont accueillis par le commandant SS du camp, Karl Rahm. Sur scène, discrètement, s'affaire le Dr Eppstein, « doyen des Juifs » et faux maire de la ville. En réalité, il n'était qu'un pantin dans les mains du SS. À l'occasion de la visite officielle, il avait dû soigneusement apprendre chacun des mots qu'il prononçait et était en permanence suivi par le commandant du camp lui-même. Ainsi, sur scène, Eppstein est symbolisé par une marionnette portée aux traits réalistes, d'environ 1,70 cm. À travers la voix et le corps du SS Karl Rahm, il vante les mérites et vertus de ce camp modèle « généreusement offert par le Führer ». Sous les yeux des observateurs se déroule une visite bien rodée, cadrée par les nazis, au mètre près. »

La visite
« Cette visite s'appuie sur le rapport rendu par la Croix-Rouge et sur le film de propagande que les nazis ont tourné après le passage de la délégation, à l’été 1944. Sur le plateau, plusieurs maquettes représentent Terezín. Chacune d’entre elle est filmée et l'image est projetée en direct sur grand écran, où se dévoilent les rues propres de la ville, les maisons coquettes, les parcs verdoyants et les habitants bien habillés. Leurs activités sont diversifiées : agriculture, travail en atelier, match de football, piscine, jeux d'enfants, dégustation de sardines… Une journée ordinaire dans une ville ordinaire.Après cette visite, le SS Karl Rahm propose aux observateurs de regarder un petit film documentaire sur cette colonie juive auto-gérée qu'est Theresienstadt. On découvre quelques extraits des vraies images du film de propagande de 1944 où les visages sont riants et la vie idyllique. »

Derrière le décorum nazi : la réalité du ghetto
« Le commandant SS Rahm se débarrasse alors de sa marionnette d'Eppstein pour saluer ses hôtes. Par ce geste, il vient de condamner Eppstein à la mort : en effet, le faux maire sera exécuté quelques semaines après la visite de la Croix-Rouge.

Avant cette visite, près de 10 000 juifs qui étaient passés par Theresienstadt ont été déportés à Auschwitz et à Treblinka : la plupart y sont morts. Les déportations ont continué après le passage de la Croix-Rouge, et on estime qu'au total, environ 33 000 prisonniers sont morts dans le ghetto même.

La seconde partie du spectacle met quant à elle en lumière un régime imaginaire où des enfants ont décidé de rester libres dans un univers carcéral et totalitaire. Ces adolescents ne se sont pas pris pour des rois. Ils se sont au contraire définis comme des êtres libres et responsables, conscients de leurs droits et des valeurs auxquelles ils continuèrent à adhérer malgré tout via "la République de Skid".

« On a besoin d’un fantôme », pièce clandestine
Hanuš Hachenburg (1929-1944) a écrit la pièce « On a besoin d’un fantôme  » clandestinement dans le camp de concentration nazi de Terezín (Theresienstadt). Il a été tué au camp nazi d'Auschwitz.

Cette pièce a été publiée dans Vedem (« Nous menons » en tchèque), magazine littéraire en langue tchèque édité de 1942 à 1944 dans ce camp. Il était élaboré de manière artisanale par une quarantaine d'adolescents âgés de 13 à 15 ans, sous l'autorité du jeune dessinateur Petr Ginz (1928-1944), encadrés par Valtr Eisinger (mort en 1945 près de Buchenwald) et Josef "Pepek" Stiassny. Environ 800 pages de Vedem ont été découvertes après la Deuxième Guerre mondiale.

Vedem était intégralement écrit, édité et illustré par des enfants et adolescents habitant la baraque L417, dite « Maison Une », que les garçons évoquaient sous le nom de « République de Škid ». La revue réunissait des poèmes, des essais, des blagues, des dialogues, des critiques littéraires, des histoires et des dessins. La plupart des garçons ont été tués au camp nazi d'Auschwitz, une quinzaine ont survécu.

Les "onze dernières pages de Vedem sont la pièce de théâtre « On a besoin d’un fantôme  », écrite par Hanuš Hachenburg, jeune dramaturge et poète juif tchèque né à Prague. Les exemplaires étaient copiés à la main et lus dans les baraques le vendredi soir. Pendant un certain temps, les nouveaux numéros étaient aussi annoncés sur le tableau d'affichage des baraques, mais cette pratique cessa par mesure de prudence en raison des inspections régulières des SS. L'esprit satirique de nombreux articles aurait en effet pu mettre en danger les garçons".

Dans le spectacle, « un petit garçon se faufile vers l'avant du plateau, une peluche dans sa main. C'est Hanuš, en compagnie de l’un des personnages de la pièce qu'il s'apprête à jouer pour ses compagnons de baraque, les « Skidites ». Les marionnettes de table d’« On a besoin d'un fantôme » sont toutes des animaux anthropomorphes d'environ 70 cm de hauteur. Tout se fait à vue puisqu'il s'agit d'un enfant qui joue avec des pantins pour ses camarades. Deux autres marionnettistes interviennent en noir pour manipuler tous les personnages et donner la réplique à Hanuš. »

« On découvre un univers qui semble naïf et ludique, fait de petits animaux sympathiques. Mais c'est là que se déploie la puissance de l'analyse du jeune auteur qui manie l'humour pour dénoncer la terrible réalité concentrationnaire. Rien n'est oublié : délation, extermination, manipulation des esprits.  »

« Quelques jours seulement après la visite de juin 1944, le subterfuge nazi ayant parfaitement fonctionné, la Croix-Rouge rend un rapport très satisfaisant au sujet du traitement des juifs par les nazis. Dès lors, le « camp des familles » pour les juifs de Terezín, créé à Auschwitz, est liquidé. Hanuš est assassiné début juillet 1944, à la veille de ses 15 ans. On sait qu'à Auschwitz, il continua à écrire des poèmes. Les déportés se les récitaient entre eux, de bouche à oreille ».

Cette pièce de théâtre a été « récemment retrouvée par la metteuse en scène dans les archives du ghetto ». Elle est parfois jouée par des lycéens, tels ceux des lycées Jean-Rostand, à Strasbourg, et de Robert-Schuman, à Haguenau.

Le théâtre concentrationnaire, par Claire Audhuy
« La découverte récente de pièces de théâtre concentrationnaires oubliées permet d'entendre des voix dans la nuit. Ce ne sont pas celles de fantômes ou de revenants mais celles d'hommes et de femmes qui ont osé faire du théâtre là où survivre était en soi une gageure. Se jouant des nazis, ils donnèrent la vie dans les camps de la mort. Ils compilèrent la mémoire des indésirables.
Ils apostrophèrent la mort en s'en moquant. Ils rêvèrent de libération, de retour, de vie après les camps.
Ces textes permettent de mieux appréhender une partie de l’univers concentrationnaire et apportent aussi de nouveaux éclairages sur les ressorts vitaux de l’humain et ses méthodes de survie par l’outil artistique. Car le travail des nazis pour briser les hommes, s’il est physique, est aussi psychique, et, sur ce terrain invisible, les résistances s’organisèrent. Tout acte créatif, quel que soit le médium, devint une arme pour lutter contre la déchéance, la chute vers le , la perte des convictions et des valeurs, la fin de la dignité et de l’humanité. Déportée à Ravensbrück où elle écrivit une opérette, Germaine Tillion dit bien : « Survivre, notre ultime sabotage. »
Faire du théâtre concentrationnaire clandestin, c’était à la fois protester et s'affirmer. Ainsi, les déportés luttèrent contre la désinformation, l’abandon du combat, les manipulations nazies, mais aussi pour la défense de leur identité et de leur intégrité. Ce combat mental et intellectuel du théâtre aura des effets sur les possibilités de survie au camp : encaisser les coups durs, espérer encore, vouloir vivre, penser à l'avenir. Le théâtre est une résilience qui offre l'accessibilité à des capacités retrouvées. C’est dans la création que certains déportés puisèrent leur courage et leur énergie pour dépasser la peur ; c'était à la fois un moyen de ne pas désespérer mais aussi une technique d'apaisement.
Pour reprendre la phrase du Kapo Halle, qu'il a lui-même empruntée à un immense écrivain anglais : faire du théâtre dans les camps, c'est « être ou ne pas être ». Réunir des camarades, à l'insu des nazis, pour leur prodiguer un peu de réconfort grâce à des saynètes théâtrales « pose la question du surgissement de l’humain dans un univers dont la finalité est de [le] détruire1. »
Ce théâtre fait découvrir des facettes méconnues des camps (les joies procurées par la création artistique, l’empathie pour des personnages irréels, le besoin de réécrire un quotidien invivable, les actions groupées, le partage, le divertissement par le rire...). Quant au contexte concentrationnaire, il nous donne à voir, à entendre, de nouveaux théâtres : un « théâtre de la survie » orchestré par les condamnés, un « théâtre de veille » destiné à assurer par des conseils la protection des spectateurs, un « théâtre de sauvetage » qui divertit pour mieux soutenir, un « théâtre de spectres » où les souvenirs des hommes sont conviés pour rappeler l’existence d’un autre monde.
Produits dans des environnements violents, avec de bonnes volontés et dans le dépouillement, ces théâtres « pauvres » se rapprochent de l'essentiel : exister. Ils ont une réelle empreinte sur la réalité concentrationnaire et interviennent « socialement » en créant de la cohésion entre les déportés. Face à l’expérience concentrationnaire, le théâtre s'est plus que jamais transformé en monde parallèle avec ses règles propres. Déracinés et isolés, les déportés s’y expatrièrent pour retrouver un peu d'espoir. Au contact des camps, le théâtre s'est radicalisé pour devenir un véritable outil salutaire.
« Dans les camps, le théâtre est né. [..] Il a restitué les hommes à eux-mêmes. Il a libéré². »

Rodéo d’âme
« À la fois compagnie de théâtre, maison d’édition et incubateur de projets pluridisciplinaires, Rodéo d’âme interroge des thématiques engagées au fil de ses actions.

Les projets documentaires se construisent à partir de recherches sur le terrain et en archives, d’entretiens divers et de reportages. Ils aboutissent aussi bien à des spectacles qu’à des films, des ateliers ou des expositions, et s’articulent souvent autour d’éditions complémentaires.

La compagnie travaille depuis de nombreuses années sur la construction des mémoires contemporaines, notamment dans ses ouvrages : « Penser & parler l’Europe », « Mémoires vivantes », « Les Yeux mêlés » ou « Les Robes grises ».

L’équipe de Rodéo d’âme a monté une pièce de théâtre, « Frères ennemis », dans un camp de réfugiés en Cisjordanie et est partie à la rencontre des gardiens des anciennes synagogues d’Alsace, avec « Les Gardiens des lieux ».

Elle continue à faire découvrir des voix du passé pour mieux comprendre et changer notre présent, en éditant « On a besoin d’un fantôme », une pièce de théâtre satirique écrite en 1943 par un adolescent en déportation et « Les Théâtres de l’extrême », carnet de route qui pose la question du surgissement du théâtre en des lieux inattendus.

Poursuivant sa démarche autour des jeunes écritures contemporaines, Rodéo d’âme oeuvre également à faire connaître le théâtre documentaire et la poésie du réel à travers quelques-uns de ses titres : « Misères de vie » (poésie), « Une poignée de terre » (théâtre), « Guerre sans visage » (théâtre), « Les Migrantes » (théâtre), « La Lumière sur le seuil » (poésie), « Frères ennemis » (théâtre), « Dieu, les caravanes et les voitures » (théâtre), « Pas de chips au paradis » (théâtre), « Eldorado Terezín » (théâtre)… »

« Née en 1985, Claire Audhuy crée en 2004 la compagnie Rodéo d’âme. Elle écrit et met en scène des pièces documentaires, où se mêlent souvent musique, théâtre, danse, chant et vidéo : « La Guerre de Joseph », « Les Migrantes », « Frères ennemis », « Une poignée de terre », « Dieu, les caravanes et les voitures », « 120 jours à Hénin-Beaumont ».
Spécialiste du théâtre en situations extrêmes, Claire Audhuy a soutenu une thèse de doctorat sur le théâtre dans les camps nazis. Lors de ses recherches universitaires, elle a exhumé 28 manuscrits de pièces concentrationnaires clandestines. Parmi ces oeuvres, celle d’un jeune auteur prodigieux et plein d’humour retient son attention. Elle décide de retrouver les anciens camarades de camp d’Hanuš, recueille leur témoignage, assure l’édition de la pièce et anime des ateliers pédagogiques.
En février 2016, elle part en tournée théâtrale en République tchèque avec une classe de 36 lycéens qui ont joué la pièce d’Hanuš dans l’ancien ghetto de Terezín.
En août 2016, avec Baptiste Cogitore, elle interviewe Zdenek Taussig, survivant de la Shoah et ami d’Hanuš, dans l’optique de réaliser un film documentaire de 52 minutes intitulé « Les fantômes d’Hachenburg ».
En parallèle, elle multiplie ses activités de conférencière et d’intervenante artistique auprès des collégiens et lycéens. »

Né en 1987, Baptiste Cogitore « est journaliste reporter d’images. En 2004, il fonde Rodéo d’âme avec Claire Audhuy. Son ouvrage sur les anciennes synagogues d’Alsace, « Les Gardiens des lieux », paraît à l’automne 2013. En 2015, il codirige avec Claire Audhuy l’édition du livre « On a besoin d’un fantôme » et réalise le film documentaire « Bulli Tour Europa ». Son livre « Aux frontières de l’oubli » (paru chez Médiapop en mai 2016) est un récit de voyage du Bulli Tour Europa. »

Diplômée du Théâtre aux Mains Nues et de la London School of Puppetry, Célia Constantinesco crée et dirige la compagnie Mademoiselle Sauvage depuis 2014. Elle participe comme scénographe à « La Guerre de Joseph », création de Rodéo d'âme en 2015. Pour « Eldorado Terezín », elle manipule caméra vidéo et marionnettes.

Plasticienne décoratrice, maquettiste et factrice de marionnettes, Léa Haouzi est aussi très investie dans les films d’animation stop-motion (FASE film, la Fémis). Avec Rodéo d’âme, elle a déjà réalisé les marionnettes de « La Guerre de Joseph » (2015). Elle assure la construction de 18 marionnettes de table et à fils pour la pièce de Hanuš Hachenburg.

Marie Hattermann a fondé en 2012 la compagnie Du ciel entre les oiseaux. Elle collabore aux projets de Rodéo d’âme dès 2011 à l’occasion de concerts de musiques composées dans les camps nazis où elle intervient comme récitante. En 2015-2016, elle est marionnettiste-comédienne et chanteuse pour « La Guerre de Joseph ». Elle interprète le personnage de Hanuš.

Médaille d’or du CNR en clarinette, premier prix de musique de chambre de la ville de Paris et diplômé du Théâtre aux Mains nues, Sylvain Juret est à la fois musicien et marionnettiste. Dans la pièce « Eldorado Terezín », il interprète le SS Karl Rahm et manipule sa marionnette portée, le juif Eppstein.

Chef d’orchestre, compositeur et directeur musical, notamment pour le Théâtre du Peuple de Bussang en 2015 et en 2017, Gabriel Mattei travaille à un théâtre musical. Il a déjà composé la musique pour les pièces de Claire Audhuy : « Une poignée de terre » (2011) et « Dieu, les caravanes et les voitures » (2016). Pour « Eldorado Terezín », il compose la musique et l’interprète à l’accordéon sur le plateau.

Collaborateur du TJP, de la compagnie Flash Marionnettes, du Fil Rouge Théâtre ou encore de la compagnie Les Anges au Plafond, Jaime Olivares est à la fois peintre, scénographe et constructeur de marionnettes.

Morgane Viroli se forme au Point d’Eau, l’espace culturel d’Ostwald, avant d’étendre ses expériences au Maillon, au TJP, au Fossé des Treize… Elle participe à plusieurs festivals de cirque en Belgique, de contes en Alsace (L’Avide Jardin, L’Avide Château), de marionnettes (TJP). Elle se spécialise dans la création lumière pour marionnettes et théâtre d’objets. Elle travaille avec les compagnies de Menotte en Paluche, Bardaf, Mademoiselle Sauvage…

1. Jacques Sémelin, « Face au totalitarisme, la désobéissance civile », Bruxelles, André Versaille éditeur, 2011, p. 18.
2. Louis Jouvet, « Le théâtre rend aux hommes la tendresse », in Témoignages sur le théâtre, Paris, Flammarion (1952),
« Champs Arts » (2009), 2016, p. 317.

Hanuš Hachenburg« On a besoin d’un fantôme  » (1929-1944). Traduit en français par Alžběta Tichá. Rodéo d'âme, 2015. 157 pages. ISBN-13: 979-1091045049

« Eldorado Terezín », écrit et mis en scène par Claire Audhuy
Du 23 au 26 août 2018
Jeudi 23 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'un atelier sur les coulisses d'un spectacle de marionnettes
Vendredi 24 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'une initiation à la manipulation de marionnettes
Samedi 25 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'un atelier "autoportrait"
Dimanche 26 août à 16 h 30, suivi à 18 h d'un atelier d'écriture sur l'écriture mémorielle
Route Départementale 130. Natzwiller, 67130 France
Le 7 décembre 2018 à Montigny en Gohelle (62) pour scolaire et tout public

D'après la pièce « On a besoin d'un fantôme » d'Hanuš Hachenburg, œuvre éditée par Rodéo d’âme
Scénographie et construction de décores : Jaime Olivares assisté de Jean-François Frering et Frédérique Hault-Charlier
Création musicale : Gabriel Mattei
Création marionnettes : Jaime Olivares
Régie : Morgane Viroli
Images d’archives : Baptiste Cogitore
Avec Célia Constantinesco, Marie Hattermann, Sylvain Juret (marionnettistes) et Gabriel Mattei (musicien)
Production : Rodéo d’âme
Coproduction : Comédie de l’est – Centre dramatique national d’Alsace

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