mercredi 31 décembre 2014

« Inch’Allah » d’Anaïs Barbeau-Lavalette


Ciné + Club diffusera les 1er et 6 janvier 2015 « Inch’Allah » (2011), film partial franco-canado-israélien d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Une jeune médecin canadienne envoyée dans les territoires disputés, confrontée à un conflit dans lequel elle prend parti pour le côté palestinien. Un film biaisé, diffusant les poncifs antisémites de la propagande palestinienne dont deux blood libels (accusations diffamatoires de meurtres rituels) modernisés.


Hasard ? C’est le lendemain de la fête juive de Pessah et le jour où la Cour d’appel de Paris devait rendre son arrêt(1) dans l’affaire Charles Enderlin et France 2 contre Philippe Karsenty concernant la controverse « a(l)-Dura » qu'est sorti le 3 avril 2013 en France, dans 52 salles de cinéma, ce film.

Le point commun entre ces deux faits ? Un blood libel, c’est-à-dire une accusation infondée et diffamatoire portée à l’encontre des Juifs accusés de tuer des enfants non-juifs pour recueillir leur sang et l’utiliser dans un cadre rituel (fabrication de matsot – galettes - de Pessah).

Différences : dans ce film de fiction, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette présente deux blood libels ! Et dans les images diffusées par France 2 ce 30 septembre 2000, on peine à distinguer le sang sur les « al-Dura ».

Et c'est lors de l'Intifada diplomatique de l'Autorité palestinienne - rejet le 30 décembre 2014 de la résolution soutenue par la France au Conseil de sécurité de l'ONU (Organisation des Nations unies) - que Ciné + Club programmera ce piètre film biaisé. Quelle idée saugrenue de le diffuser les 1er et 6 janvier 2015 !

Une propagande éhontée
L’intrigue d'« Inch’Allah » : « Dans la clinique de fortune d’un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, Chloé (Evelyne Brochu), une jeune obstétricienne québécoise, accompagne les femmes enceintes, sous la supervision de Michaël, un médecin d’origine française. Entre les checkpoints et le Mur de séparation, Chloé rencontre la guerre et ceux qui la portent : Rand (Sabrina Ouazani), une patiente pour laquelle Chloé développe une profonde affection ; Faysal (Yousef Sweid), le frère aîné de Rand, résistant passionné ; Safi, le cadet de la famille, enfant brisé par la guerre qui rêve de voler au-delà des frontières ; et Ava (Sivan Levy), jeune militaire, voisine de palier de l’appartement de Chloé en Israël. Cette rencontre entraîne Chloé dans une aventure de l'intime comme du territoire. Une aventure où elle perd ses repères, se déracine, chute. Certains voyages bouleversent et transforment. Certains voyages font voler en éclats toutes certitudes. Pour Chloé, Inch’Allah est de ces voyages-là ».

Dès les premières images, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette plonge le spectateur dans le Tiers monde : dépotoir dans lequel des pauvres palestiniens, notamment des enfants, s’efforcent de récupérer des objets. Et omniprésente : la barrière de sécurité antiterroriste dans sa partie murale.

Dès les premières répliques d'« Inch’Allah », le ton est donné : « Ils tirent sur la colonie ! » Et les enfants jouent à simuler être des terroristes. Ceci n’est même pas analysé par la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette comme le produit d’une éducation  protéiforme de l’Autorité palestinienne à la violence.

Avec perversité, ce long métrage de fiction aligne des stéréotypes forgés par le narratif palestinien, et diffusés comme faits réels par de nombreux reportages et documentaires.

Les clichés ? Des oiseaux volant dans un ciel azur, l’enfant tentant de percer de ses petites mains le « Mur ». Des symboles lourds. Mais qui fonctionnent toujours auprès du public à l’esprit formaté par la propagande palestinienne distillée par des médias nationaux.

Parmi les pires scènes : l’intervention nocturne des soldats israéliens aux domiciles des Arabes palestiniens, les deux blood libels  - le tank israélien tuant accidentellement un enfant palestinien qui le défiait et le refus de soldats israéliens d’un check-point de laisser passer la voiture d’une Arabe palestinienne enceinte vers l’hôpital, malgré les demandes de la jeune médecin québécoise, cause la mort du bébé. Cette Arabe palestinienne, qui n’a pu donner la vie à son enfant – un garçon – et voit son statut de femme amoindri, se fait sauter dans la terrasse ensoleillée emplie d’Israéliens. Les affiches et aveux vidéos de cette islamikaze sont déjà prêts pour l’édification des masses palestiniennes… Le spectateur éprouve-t-il de l’empathie pour les victimes de cette terroriste ? On peut en douter. Finalement, le film est construit sur une dramaturgie qui vise à justifier cet attentat terroriste palestinien.

La réalisatrice fait ainsi fi de la réalité : les histoires abondent d’aide de soldats et médecins israéliens à des Arabes palestiniennes enceintes, d’aide médicale israélienne gracieuse dans les soins ou la formation des (para)médicaux Arabes palestiniens, dont les Gazaouis. Ainsi, le 7 février 2011, un nouveau-né palestinien, qui souffrait de problèmes respiratoires, a été sauvé grâce à des soldats israéliens. Rappelons l’action de l’association Un cœur pour la paix. qui assure, avec les autorités militaires israéliennes et l’hôpital Hadassah de Jérusalem, des opérations délicates du cœur des enfants palestiniens d’un coût de 12 000 euros pris en charge pour moitié par cet hôpital : une opération du cœur est effectuée par semaine, un patient sur deux est un nouveau né, etc. De même, l'association israélienne Save a Child's Heart  (SACH) coopère avec le Wolfson Medical Center  à Holon (Israël) afin d'effectuer des opérations chirurgicales du cœur d'enfants de toutes origines. Depuis 1995, SACH a opéré plus de 2 400 enfants, dont 49% sont de l'Autorité palestinienne, de Jordanie, d'Iraq et du Maroc.

Des vérités transparaissent cependant : le nombre élevé d’Arabes palestiniennes portant le foulard islamique, l’omniprésence de l’islam – slogans, mosquée, etc. -, l’ingratitude palestinienne à l’égard de la médecin (« Sale chrétienne ! »).

Inch’Allah, c’est l’avènement de la « Palestine » telle que figurant dans ce film !?

« Raconter la Palestine à ma façon »
Née en 1979, romancière (Je voudrais qu'on m'efface), réalisatrice arabophone - elle a appris l'arabe à l'université Bir-Zeit à Ramallah - Anaïs Barbeau-Lavalette  est l’auteur du documentaire Si j’avais un chapeau (2005), tourné notamment dans un camp de réfugiés, avec des enfants, et d’un recueil de chroniques Embrasser Yasser Arafat (Éditions Marchand de feuilles).

Anaïs Barbeau-Lavalette a signé en 2010 un appel violent de 500 artistes canadiens soutenant le mouvement international BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) contre l'Etat d'Israël : "Il y a plus de 60 ans commença la Nakba (catastrophe en arabe) des Palestiniens... [Le] déni constant par Israël des droits inaliénables des réfugiés palestiniens de regagner leurs maisons et leurs terres, comme le stipule le droit international, et contre l’occupation et la colonisation qu’impose Israël à la Cisjordanie (Jérusalem compris) et à Gaza, violant aussi le droit international et passant outre de multiples résolutions des Nations Unies... Les Palestiniens subissent un système institutionnalisé de racisme et de ségrégation qui ressemble à l’apartheid sud-africain d’autrefois".

En 2010, elle avait déclaré à Montréal : "Quand on est au cœur de cette guerre, ambiguë comme toutes les guerres, on constate qu’il n’y a malgré tout qu’une victime : le peuple palestinien. Oppressé, occupé, étouffé, à qui il ne reste que l’arme du plus faible : la terreur".

Repérée pour son premier film de fiction, Le ring, Anaïs Barbeau-Lavalette "écrit alors une fiction dont le personnage principal prépare un attentat-suicide, une réalité qu’elle a vue de près, de très près. "J’ai rencontré des mères de kamikazes. D’ici, ça a l’air monstrueux, inhumain. Mais en vivant là-bas, en voyant l’humiliation quotidienne, je suis arrivée à comprendre cette issue, celle qui consiste à se faire exploser au milieu des vivants ennemis. Sans la cautionner, je la comprends. Pas seulement intellectuellement, mais émotivement, physiquement."

Elle se sent éloignée de cette société arabe palestinienne. Ce qui l’y accroche pourtant, c’est que ce lieu est « privé de cette liberté qui est essentielle à l’être humain. Autant à l’intérieur (celle des femmes) qu’à l’extérieur (du fait de l’occupation) ».

« Le caractère monstrueux d’actes terroristes (qui pourtant ont lieu depuis longtemps et partout ailleurs) est exacerbé, sorti de son contexte, jamais expliqué et toujours associé aux Arabes », déclare Anaïs Barbeau-Lavalette lors de la sortie d'« Inch’Allah » en France en 2013.

Elle a donc voulu dans son deuxième film de fiction  Inch’Allah « redonner un visage humain à un geste inhumain. C’est dérangeant, mais je pense que ça participe à un processus de paix, d’ouverture à l’autre ».

"On ne comprend pas la guerre parce qu’on la détache de la fibre humaine qui la porte. On parle de terrorisme dans les pays arabes. C’est quoi, ce mot-là ? J’aimerais tant comprendre qui est la personne derrière la bombe humaine. Pas pour excuser, mais pour humaniser l’humain, donc le rapprocher de nous... Pour une Québécoise, le monde arabe est confrontant, attrayant, mystérieux. J’ai beaucoup voyagé dans ces pays-là, j’ai appris l’arabe, j’ai habité en Palestine. Un pays prisonnier, dans lequel les femmes ne sont pas libres. Les portes y sont pourtant ouvertes, les gens sont heureux qu’on s’y aventure. Ce con­traste m’a donné de la maturité", déclarait Anaïs Barbeau-Lavalette au magazine féminin québeccois Châtelaine (10 mai 2012).

Tourné en Jordanie, Inch’Allah est souvent filmé comme un documentaire émaillé de gros plans et rythmée par des "scènes coups de poing". Et du point de vue d’une jeune médecin canadienne « postée en Palestine ». Mais comme ce docteur soigne des Arabes palestiniens et que son seul contact avec les Israéliens se réduit à une soldate qui critique les checkpoints et à des images brèves de la télévision israélienne sur les victimes d’un attentat palestinien en début de film… Les soldats israéliens sont dépeints comme cruels, insensibles, inhumains. Jamais, la réalisatrice ne dénonce l'instrumentalisation cynique des enfants, "élèves en classes, terroristes dans les rues", soumis à un lavage de cerveaux et à un entrainement militaire leur inculquant la haine d'Israël. Son héroïne ne le voit pas.

Pour ceux qui douteraient du caractère politique du film « Inch’Allah », le dossier de presse consacre une page aux « femmes palestiniennes, entre résistance et soumission » - « soumises à la Charia », « limitations des libertés publiques » par le Hamas, « violences conjugales et verbales, agressions sexuelles, crimes d’honneur », « résistantes contre l’occupation »  -, et le site Internet du film  présente des cartes erronées et sans perspective historique de la région. Pourquoi ce film n’illustre-t-il pas ces femmes « prisonnières d’une société archaïque » ? Pourquoi n'évoque-t-il pas les harcèlements sexuels, tentatives de viols, etc. commis par des Arabes palestiniens contre des activistes israéliennes ou étrangères qui soutiennent la Cause palestinienne ? Des agressions sexuelles que des dirigeants des organisations où elles militent minorent, occultent pour ne pas ternir l'image de cette Cause !

Le jeu de Evelyne Brochu s’avère limité à une expression renfrognée, comme celui de Claire Foy, actrice britannique du Serment  (The Promise), série télévisée biaisée de Peter Kosminsky, éclairée de rares sourires tristes, graves. Lassant. C’est surtout une jeune femme ignare de l’Histoire et du droit, dépassée par la situation, enfreignant sciemment les impératifs de neutralité de sa mission, instrumentalisant une soldate israélienne pour permettre à ses amis palestiniens de voir le village quitté par leurs aïeuls, manifestant dans un défilé anti-israélien, mais ne songeant pas à décourager des Arabes palestiniens de commettre un attentat terroriste.

Bien analysé par David OuelletteInch’Allah se situe dans la lignée de Paradise Now, film franco-germano-néerlando-israélien réalisé par Hany Abu-Assad (2005). Même partis pris. Même soin dans le marketing ciblé. L'affiche française laisse une plus grande place aux Arabes palestiniens, dont deux femmes portant le foulard islamique.

Entre Pallywood et ces longs métrages - toujours des fictions haineuses -, le spectateur est aveuglé par des jeux de miroirs teintés.

Sélection officielle Festival International de Toronto 2012, Prix FIPRESCI  - Section Panorama - Festival de Berlin 2013 Prix du Jury œcuménique - Mention spéciale - Festival de Berlin 2013… Les prix  décernés à ce film moins que médiocre révèlent l’appétence de professionnels du cinéma pour ce genre d’histoires diabolisant Israël.

Dans son n° 1250 (11 avril 2013, Actualité juive, hebdomadaire incontournable de la communauté Juive française, a salué ce "joli film maîtrisé, au rythme apaisé" (sic).

Et Akadem, campus numérique du FSJU (Fonds social juif unifié), en a annoncé à deux reprises la diffusion au CCLJ dans sa newsletter et dans son site Internet.

Soutenu par le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), établissement public français, ce film bénéficie du partenariat de France-Culture, radio du service public hexagonal. Est-ce surprenant dans le pays dont le fleuron du service public télévisuel, France 2, a diffusé les images controversée sur les « a(l)-Dura » le 30 septembre 2000 ?

Selon les chiffres de CBO-Box office, ce film a enregistré 9 988 entrées en France au terme de cinq jours d'exploitation. Quel écart entre les Prix récoltés dans des festivals et cette fréquentation si faible ! Le public a toujours raison.

Dans le cadre du Festival A films ouvertsFestival du film pour l'interculturalité et contre le racisme (11-23 mars 2014), ce film a été projeté au Centre communautaire laïc Juif (CCLJ) David Susskind à Bruxelles (Belgique) le 14 mars 2014, à 20 h 30.

« Inch’Allah »
Scénario et réalisation d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Production : Micro_scope (Canada) et ID Unlimited (France) en association avec July August Productions (Israël)
Distribution : Happiness Distribution
1 h 41, 2011
Avec : Evelyne Brochu, Sabrina Ouazani, Sivan Levy, Yousef Sweid et Carlo Brandt
Diffusion sur Ciné + Club les 30 septembre 2014, 27 décembre 2014 et 1er janvier 2015

(1) La Cour d'appel de Paris a anonncé qu'elle rendra son arrêt le 22 mai 2013. Elle a reporté au 26 juin 2013 la date de son délibéré.


Photos : © P. Lavalette et S. Kakas

A lire sur ce blog :
Affaire al-Dura/Israël
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  Cet article a été publié le 3 avril 2013, et modifié le 30 septembre 2014.
Il a été republié le :
- 14 mars 2014. Dans le cadre du Festival A films ouvertsFestival du film pour l'interculturalité et contre le racisme (11-23 mars 2014), ce film a été projeté au Centre communautaire laïc Juif (CCLJ) David Susskind à Bruxelles (Belgique) le 14 mars 2014, à 20 h 30 ;
- 29 septembre 2014.

lundi 29 décembre 2014

« Le serment » (The Promise) de Peter Kosminsky



La chaîne publique franco-allemande Arte rediffusera les 31 décembre 2014 à 20 h 50 (1/4), à 22 h 15 (2/4)  et à 23 h 40 (3/4) ainsi que le 1er janvier 2015 à 01 h 05 (4/4)  les quatre parties du téléfilm britannique Le serment (The Promise) de Peter Kosminsky (2011). Une série partiale qui a suscité l’ire de communautés Juives britannique, française et australienne en raison de ses déformations ou occultations de l’Histoire, notamment du conflit entre le monde musulman et Israël, et de l’image négative des Juifs qu’elle véhicule. Article actualisé.


« Je trouve dommage de ne pas utiliser un média aussi puissant que la télévision comme contre-pouvoir. C'est un excellent outil de divertissement mais aussi un moyen de demander des comptes à ceux qui nous gouvernent, de soulever des questions gênantes », a déclaré Peter Kosminsky (Télérama, 30 août 2008). Et un média qui permet de « faire réfléchir » un large public.

Le Serment est une série bien réalisée et interprétée par des acteurs talentueux, mais qui ignore des pans fondamentaux de l’Histoire qu'elle ne respecte pas.

Une grille partiale
Son réalisateur, Peter Kosminsky, est un reporter de guerre et documentariste réputé, qui transpose en fictions biaisées des conflits : Warriors sur la Bosnie, L’affaire David Kelly sur l’action militaire britannique en Iraq, L’affaire Tony Blair sur la politique de son pays, et Les graines de la colère sur des enfants d’immigrés musulmans tentés par le terrorisme islamiste.

Le serment, Peter Kosminsky le présentait ainsi à Télérama en 2008, avant de le réaliser :
un « projet qui est sans doute le plus controversé de tous ceux que j'ai pu mener. Une fiction qui prend ses racines en Palestine, de 1945 à 1948, pendant le mandat britannique. J'ai rencontré des vieux soldats qui ont servi là-bas. Leurs témoignages, même soixante ans plus tard, demeurent d'une incroyable violence contre l'Angleterre. Mon récit entremêle l'histoire d'une jeune fille dans l'Angleterre d'aujourd'hui, qui s'apprête à retrouver son petit ami juif en Israël, et celle de son grand-père qui a servi en Palestine. J'essaie de montrer que les origines des problèmes actuels dans cette région remontent à l'époque où la Grande-Bretagne était présente. C'est l'histoire de l'échec de la décolonisation britannique. Mais aussi l'évocation de la relation très forte que j'ai eue avec mon grand-père maternel, Juif autrichien, qui a eu une influence énorme sur moi. Il a connu les camps de concentration, j'ai beaucoup pensé à ce qu'il avait vécu dans sa jeunesse ».
Si certains éléments ont disparu – le compagnon Juif de la jeune héroïne -, la trame a été gardée, ainsi que la construction duale avec flashbacks (les années 1940/le début du XXIe siècle). Un récit parsemé d’équivalences fausses, d’erreurs et d’omissions historiques fondamentales. Etonnant pour un « travail de recherches documentaires pendant quatre ans ».


Exemples : Juifs et musulmans ne vivaient pas en coexistence pacifique au Proche-Orient depuis des siècles : les Juifs sous domination islamique étaient des dhimmis. Les revendications bibliques Juives n’équivalent pas à la propagande – « vol des terres » - des Arabes palestiniens dont la quasi-totalité s’est installée sur ces terres à partir du XIXe siècle en raison de l'essor économique lié aux sionistes et aux investissements des grandes puissances européennes (création de réseau ferré, etc.) Le conflit et l’aliyah ne remontent pas aux années 1940 ou à la période du mandat britannique sur la Palestine ; cette guerre est liée au refus islamique d’un Etat Juif qui rompt la vision musulmane du monde, de la dhimmitude. D’éminents Arabes palestiniens, tel le Grand mufti de Jérusalem al-Husseini, et leurs liens avec les Nazis, ainsi que les massacres des Juifs en Eretz Israël, notamment celui de Hebron (1929) par les Arabes palestiniens, sont occultés. L’Etat d’Israël ne résulte pas de la « décolonisation britannique » : la Société des Nations (SDN) avait confié en 1922 un mandat à la Grande-Bretagne aux fins notamment de créer un foyer Juif en Eretz Israël conformément notamment à la déclaration Balfour (1917) et à la conférence de San Remo (1920) ; dans les années 1920, les Arabes palestiniens réclamaient non leur indépendance mais leur rattachement à la Grande Syrie . Et la refondation de l'Etat Juif n’est pas un cadeau fait à des Juifs après la Shoah : les historiens ont démontré combien la Shoah a reporté la recréation de l’Etat d’Israël et a affaibli le Yichouv, cette population Juive en Eretz Israël avant cette refondation. La présence Juive n’y est pas récente, mais plurimillénaire...

L’attentat contre l’hôtel King David ne peut pas être comparé aux attentats des Arabes palestiniens visant des civils : cet hôtel servait alors de QG (Quartier général) de l’Armée britannique et les organisateurs de cet attentat avaient prévenu les autorités britanniques de l’imminence de cet attentat ; les Britanniques ont refusé d’évacuer leur QG.


Des dirigeants palestiniens ont démenti le « massacre de Deir Yassin », en réalité une bataille rude (9-10 avril 1948) - 60 morts Arabes palestiniens -  dans un village situé à un lieu stratégique que les indépendantistes Juifs voulaient gagner - la Hagana a préparé cette bataille avec l'Irgoun et le Lehi - pour alléger le blocus par les forces militaires arabes de Jérusalem et de ses environs et ravitailler les Juifs qui y crevaient de faim, etc.

Rien non plus sur le convoi Juif d'ambulances destiné à approvisionner l'hôpital Hadassah situé au mont Scopus (Jérusalem), dont 70 médecins et infirmières ont été tués par des Arabes palestiniens. Un hôpital encerclé de villages arabes non amicaux et dont les routes y menant étaient la cible d'attaques d'Arabes palestiniens.

Le quatrième volet de cette série s'achève sur la réflexion du soldat britannique après la guerre d'Indépendance d'Israël présentée, non comme le résultat du refus arabe de l'Etat Juif ou du plan de partage onusien, mais comme une série de massacre d'Arabes palestiniens inoffensifs par des miliciens Juifs. Ce soldat britannique s'interroge alors sur la légitimité d'un Etat Juif « né dans la violence et dans la cruauté envers ses voisins » !?


Les Juifs ? Le Serment les portraiture en êtres cruels, indifférents à la douleur d’un officier britannique gravement blessé, sirotant leur thé ou savourant des gâteaux à la terrasse de cafés sans lui portant pas secours. Autre image de Juifs : ces Israéliens aisés, résidant dans des résidences luxueuses - quel contraste avec les pauvres Arabes palestiniens ! -, ou combattant au côté de ces derniers à un check-point, dénonçant « l’occupation », sans aucun amour pour leur patrie. Les jeunes Juives, telle Clara, fréquentant les soldats britanniques ? Des espionnes qui se prostituent pour leur cause.


Par contre, les Arabes palestiniens loyaux, fiables, opprimés, sympathiques,  réservent un accueil chaleureux aux Britanniques, etc. etc. etc. Même lorsqu'ils s'avèrent des terroristes islamistes. Et quand une islamikaze se fait exploser dans un café israélien, quand Israël détruit en toute légalité la maison de sa famille, Peter Kosminksy s'émeut sans évoquer la manne financière considérable allouée par l'Autorité palestinienne et des Etats arabes à cette famille de terroriste pensionnée.

Le serment n’est pas la promesse de Lord Balfour d’un foyer Juif, mais celle, non tenue, du soldat britannique, Len, à l’égard de Hassan, jeune Arabe palestinien.

En résumé : Le serment distille la propagande palestinienne, jusque dans la fameuse clé de la maison arabe palestinienne qui symbolise ici la « Palestine », sous couvert d’une prétendue recherche historique approfondie.

En réalité, Peter Kosminksy dépeint une vision si partiale : reprise du mythe du prétendu "massacre" de Deir Yassin, interviews de militants… d’ISM (International Solidarity Movement), organisation harcelant l’Etat d’Israël, mais d’aucun mouvement de jeunesse sioniste, etc.

Trois jours avant sa diffusion sur Canal +, La Croix publiait le 18 mars 2011 l'article souvent pertinent « Le Serment », une oeuvre ambiguë de Laurent Larcher. Une "saga fiévreuse qui se révèle être une charge empoisonnée contre la création d'Israël", et dans laquelle la réalité est "regardée du point de vue de deux Britanniques : un soldat envoyé en Palestine après avoir libéré Bergen-Belsen ; sa petite-fille qui se rend dans la région à l'invitation d'une amie britannico-israélienne. Au début de leurs aventures simultanées, ils sont en sympathie avec les juifs. Ce n'est plus le cas à la fin de la saga : le soldat a déserté l'armée pour sauver un enfant palestinien des mains de juifs armés ; la jeune fille rentre en Angleterre effondrée par le sort des Palestiniens".

Et Laurent Larcher, qui évoque à tort "le carnage de Deir Yassin (massacre d'un village palestinien perpétré par l'Irgoun)", d'illustrer l'ambiguïté et les partis pris de Peter Kosminsky : "À la fin de la projection presse organisée par Canal +, une salariée de la chaîne a eu spontanément cette réflexion : « Comment un peuple qui a été aussi persécuté peut-il être autant persécuteur ? »"

Cette "belle fiction de partisane" débute "par une confusion embarrassante, comme le note l'historienne Annette Wieviorka : « Les téléspectateurs vont croire que les Britanniques, en libérant le camp de Bergen-Belsen, ont libéré les juifs d'un camp d'extermination. Or, Bergen-Belsen est un camp de concentration. Pour appuyer son propos, Kosminsky mêle des archives tournées à Bergen-Belsen et à Auschwitz. Ainsi, le film est construit, dès les premières minutes, sur un montage qui se donne pour vrai mais qui est déjà faux. Ce qui, dans la suite du film, lui permet de suggérer combien les rescapés sont des ingrats ». Avant d'ajouter : « Doit-on rappeler que ces libérateurs ont confiné à Bergen-Belsen les rescapés des camps de la mort dans des baraquements, avant de les laisser mourir en masse du typhus ? » « Nous avons eu le sentiment que nos vies ne comptaient pas », jugeait Simone Veil en évoquant cet épisode".

Plus "embarrassante, la représentation des juifs dans le film : ils sont nécessairement riches, très riches. Quid de la classe moyenne et des juifs israéliens pauvres ? Aux yeux de Samy Cohen, spécialiste de Tsahal, "les trois premiers volets de cette saga ne sont pas trop manichéens, bien qu' « on y trouve des erreurs factuelles : "L'armée contrôle tout", fait dire Kosminsky au jeune Israélien de gauche qui en veut pour preuve le fait que les anciens premiers ministres Rabin, Sharon, Barak et Shamir étaient d'anciens généraux. Or, Shamir n'a jamais été général. Et pour les autres, on est dans le cliché. Aucun d'eux n'a caressé l'armée dans le sens du poil » Mais dans le quatrième volet, le propos du réalisateur dérape : « Du côté juif, on ne voit que des activistes d'extrême droite comme s'ils constituaient à eux seuls toute la communauté juive de Palestine. Le téléspectateur n'entendra jamais parler de Ben Gourion ni du bras de fer entre la Hagana (future armée israélienne) et l'Irgoun…. Et puis, lorsque le réalisateur filme une unité de Tsahal venue détruire la maison d'un kamikaze dans Gaza, il construit sa séquence en s'inspirant de cas réels - les "boucliers humains" -, et les présente à tort comme de la routine. Cette pratique a été exceptionnelle et condamnée par la justice israélienne ».

Laurent Larcher conclut : "On peut s'attendre donc à une vive polémique à la suite de sa diffusion. C'est d'ailleurs, confie Manuel Alduy, le directeur du pôle fiction de Canal +, l'effet espéré". Les Français Juifs réduits à des taureaux se ruant vers un chiffon rouge dans une arène. Lamentable.

Une diffusion mondiale

Après sa diffusion en Grande-Bretagne, Le serment a été diffusé en France par Canal + en mars 2011, avant Pessah, puis quelques mois plus tard distribué en DVD par cette chaîne cryptée qui lui a dédié un site Internet,

Cette série biaisée a été programmée par Arte lors de deux chabbat en 2012 et le sera la veille du jour de l'An 2014. Toujours en prime time. Arte a aussi proposé un dossier sur cette minisérie concernant « les origines de la création de l'Etat d'Israël  » ainsi qu'un chat avec Peter Kosminsky le soir du 20 avril 2012.

Alors que les chaines de télévision diffusent la nuit de la Saint-Sylvestre des émissions de divertissement ou des films prestigieux, Arte a sélectionné une série documentaire anti-israélienne pour toute cette soirée du 31 décembre 2014 !? Ce qui sert l'Intifada diplomatique de l'Autorité palestinienne qui a déposé, le 29 décembre 2014, un projet de résolution, un vrai diktat intimé à l'Etat Juif, au Conseil de sécurité de l'ONU (Organisation des Nations unies).

Comment a réagi la communauté Juive institutionnalisée française en 2011 ?

Le 18 mars 2011, Richard Prasquier, alors président du CRIF, a écrit à Bertrand Meheut, président du directoire du Groupe Canal +. Une alerte adressée aussi à Michel Boyon, alors président du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), autorité administrative chargée du respect de la "déontologie des programmes" ainsi que du "pluralisme de l'expression des courants d'opinion et honnêteté de l'information". Citons quelques extraits de ce courrier du CRIF :
"Nous avons appris la diffusion sur Canal +, le lundi 21 mars 2011, à 20h50, du premier épisode de la série « Le Serment », réalisée par Peter Kosminsky et traduite de l’original « The Promise »...
Je vous écris pour vous faire part de mes craintes les plus vives concernant ce téléfilm, qui a été accueilli par une grave polémique lors de sa diffusion en Grande-Bretagne sur Channel 4. Cette série n’est pas une retranscription des faits, mais une vision partiale et idéologique de l’Histoire.
On voit dans ce téléfilm de nombreux Arabes et soldats britanniques tués par des Juifs. À seulement une occasion dans tout le téléfilm, nous voyons une personne juive mourir, tuée alors qu’elle protégeait une famille arabe. Où sont par exemple représentées dans cette fiction les insurrections arabes contre l’armée britannique ? Pourquoi n’y a-t-il aucune explication de l’entrée en guerre de tous les Etats arabes environnants, qui ont rejeté le vote de l’ONU pour une solution de deux Etats, en essayant de rejeter les Juifs à la mer ?
Des parallèles sont faits entre l’attentat contre l’hôtel King David à Jerusalem et les attentats suicides des djihadistes contemporains. La série ne mentionne pas les coups de fils d’alerte qui ont été faits avant l’explosion. On insiste sur le massacre de Deir Yassin, sans mentionner l’attaque du convoi juif au Mont Scopus, qui a tué 70 infirmières et médecins.
Je vous présente cette liste limitée d’inexactitudes simplement pour vous montrer que le contenu du « Serment » n’avait pas pour but d’informer, ou de présenter une image vraie de la situation à l’époque.
Dans ce film, le spectateur voit le conflit israélo-palestinien, si complexe, uniquement comme la conséquence de la violence et de la cruauté des Juifs, qui sont représentés de manière si extrémiste que toute empathie envers eux est exclue.
Il s’agit là malheureusement d’une tendance lourde aujourd’hui : le récent massacre de la famille Fogel le vendredi 11 mars 2011, a été unanimement décrit par la presse comme celui cinq « colons » (y compris le bébé de 3 mois) et c’est là le résultat de la déshumanisation des Juifs dont ce film participe.
Le CRIF respecte la pluralité des opinions et n’entend censurer personne. Cependant, il souhaite que Canal +, chaine responsable et respectée, établisse de sérieuses recherches et présente un autre programme plus équilibré sur le même thème, car les implications de la diffusion de « Le Serment » peuvent être très graves. En tant que représentant d’un groupe déjà victime d’abus physiques et verbaux, je crains que les calomnies sur les Juifs dans « Le Serment » conduisent à la montée de l’antisémitisme qui s’exerce sous couvert d’antisionisme.
Nous demandons en outre à Canal + que les émissions soient précédées d’un bandeau bien visible qui indique aux spectateurs qu’il s’agit d’une œuvre de fiction engagée et discutée, et non pas d’une transcription historique". 
Richard Prasquier concluait en exprimant son souhait de rencontrer le président de Canal + pour dialoguer sur cette série.


Cette communauté française Juive a peiné à mobiliser : près d’un millier de personnes le 21 mars 2011 se sont rassemblées devant le siège de la chaine cryptée à Issy-les-Moulineaux.

Elle a aussi agi en ordre dispersé. Menée par son président Richard Prasquier, une délégation du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a rencontré le 25 mars 2011 Bertrand Méheut, président de Canal +. Celui-ci a espéré atténuer les critiques du CRIF en déclarant qu'il s'agissait d'une fiction. Richard Prasquier a souligné que le téléspectateur prend Le Serment pour un document historique, a insisté sur le lien entre diabolisation de l'Etat Juif et antisémitisme. Bertrand Méheut a reconnu n'avoir pas vu cette série franco-britannique dont il a loué le réalisateur. Une délégation de la Confédération des Juifs de France et amis d'Israël (1) composée de Richard Abitbol, président, et de Sammy Ghozlan, Vice-président, a été reçue au siège de Canal+ par la présidence de la chaine le 31 mars 2011.


Le 12 avril 2011, dans le cadre de Séries mania, les deux premières parties du Serment ont été projetées au Forum des images en présence de son réalisateur, et dans une salle spacieuse à moitié pleine. Surprise : un impressionnant service de sécurité avait été déployé pour cette seule projection : fouille aux entrées de la salle, agents de sécurité côtés cour et jardin de la scène. En raison d’un « problème technique », la soirée a débuté avec 30 minutes de retard. Ce qui a réduit la durée du débat avec le public. Interrogé par un journaliste admiratif de Télérama, Peter Kosminsky a revendiqué sa « responsabilité sociale » s’est dit « troublé par les accusations d’antisémitisme portées à son endroit », a éludé les critiques sur sa série polémique en se retranchant derrière ses recherches documentaires et en s’apitoyant sur les Arabes qui « payent depuis 60 ans le prix de la décolonisation britannique désastreuse ». Curieusement, aucun responsable communautaire et aucun média Juif français ne s’étaient déplacés pour l’interroger. Seuls, des journalistes de médias israéliens étaient présents.

Le 27 avril 2011, le CRIF publiait sur son site Internet la tribune du Dr Bruno Halioula "La séquence oubliée du «Serment» : le massacre du personnel de l’hôpital Hadassah le 13 avril 1948 - La Grande-Bretagne a une responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui". Curieusement, le CRIF a ajouté "Ce texte est publié dans la rubrique Tribunes Libres réservée aux commentaires issus de la presse. Les auteurs expriment ici leurs propres positions, qui peuvent être différentes de celles du CRIF". Le Dr Bruno Halioula a relaté "le massacre de 79 juifs, principalement membres du personnel médical et paramédical de l’hôpital Hadassah", dans l'indifférence des Britanniques qui, pourtant informés, ont mis six heures avant d'intervenir, le 13 avril 1948, soit entre l'adoption du plan de partage de la Palestine mandataire par l'Assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947 et la proclamation de la refondation de l'Etat d'Israël le 14 mai 1948. On ne peut que déplorer que le Dr Bruno Halioula désigne sous le terme de "combattants" les terroristes ayant attaqué, brûlé, tué et mutilé des (para)medics Juifs, surestime le nombre de morts à Deir Yassin et ne rétablisse pas la vérité sur cette bataille qu'il évoque à plusieurs reprises : "Le convoi a alors subi l’attaque de vagues de combattants arabes qui criaient « Minshan Deir Yassin » (« pour Deir Yassin ») (It takes a dream. The story of Hadassah Marlin Levin, Esther Kustanowitz Hewlett, NY: Gefen Books, 2002 p 228)" ; "Dans « O Jérusalem » de Dominique Lapierre et Larry Collins, on lit : « Que ce soit par une incroyable lenteur à réagir, par désir de punir la communauté juive pour Deir Yassin, par pure sottise, ou par des complicités à un quelconque échelon de la hiérarchie, les Anglais allaient se rendre coupables de l'énorme retard mis à secourir le convoi »".

En Australie, le Conseil exécutif de la communauté Juive australienne (ECAJ) a tenté de s’opposer à la diffusion télévisuelle de The Promise et à la distribution commerciale du DVD de cette série. En vain.

Les films de fiction sont particulièrement prisés de la propagande palestinienne : ils illustrent en la confortant, cette dernière, ils fonctionnent sur le déjà-vu (situations reprises de reportages), le (télé-)spectateur est plus perméable au message et est séduit par les acteurs, le financement est assumé par la manne publique, la diffusion européenne ou mondiale assurée par le biais des coproductions, et la liberté d’expression, voire celle du commerce, s’avère l’argument-clé pour contrer toute esquisse de contradiction ou toute réticence à la circulation de l’œuvre audiovisuelle. La judéité du réalisateur constitue un atout afin d’écarter toute critique d’antisémitisme.

Le Serment s’ajoute à la longue liste des films controversés de tous genres – reportages, documentaires, fictions comme La Porte du Soleil (2004) de l’Egyptien Yousry Nasrallah d’après le roman du Libanais Yousry Nasrallah – diffusés par Arte sur ce conflit né au Proche-Orient du refus par le monde islamique de l'Etat Juif, malgré les protestations vaines du CRIF alertant sur cette focalisation démesurée et injustifiée au détriment des autres guerres et en pleine recrudescence des agressions antisémites.

On peut s’interroger sur le financement public dont a bénéficié Le Serment, notamment de la chaine franco-allemande Arte.

D’autant qu’Arte a refusé de diffuser les films de Pierre Rehov sur le terrorisme palestinien, le double langage et la stratégie du cheval de Troie de l’Autorité palestinienne, l’exode oublié d’environ un million de Juifs fuyant les pays Arabes, l’Iran et la Turquie, etc.

Enfin, The Promise révèle que le narratif arabe palestinien dominant a éjecté l’Histoire, que les artistes Juifs attachés à la vérité historique ne sont pas mobilisés pour imposer l’Histoire et que les organisations Juives ne parviennent pas, voire refusent de contrecarrer ce récit propagandiste Arabe palestinien façonné par les propagandes nazie et soviétique.


Le Serment (The Promise)
Royaume Uni, 2011
ARTE F
Réalisateur et scénariste : Peter Kosminsky
Image: David Higgs
Musique: Debbie Wiseman
Montage: David Blackmore
Distribution : Claire Foy, Itay Tiran, Katharina Schüttler, Haaz Sleiman, Perdita Weeks, Christian Cooke (Len Matthews)
Production : Daybreak Pictures, Stonehenge Films, Canal +, ARTE F, Channel 4
Producteur : Hal Vogel
Rédacteur : Pierre Merle
Son : Simon Clark

-  le 20 avril 2012 à 20 h 40 (1/4) et à 22 h (2/4), 
-  le 5 mai 2012 à 1 h 15 (1/4) et à 2 h 35 (2/4)
-  le 31 décembre 2014 à 20 h 50 (1/4) et à 22 h 15 (2/4)

- le 27 avril 2012 à 20 h 40 (3/4) et à 22 h à 22 h 05 (4/4) 
- le 31 décembre 2014 à 23 h 40 (3/4) et 1er janvier 2015 à 01 h 05 (4/4)

 
(1) La Confédération regroupe une vingtaine d'associations juives et d'associations amies d'Israël parmi les plus importantes existant sur le territoire national (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, les Centres communautaires juifs, Europe-Israël, Fédération des organisations sionistes de France, France-Israël, LIBI, Union des C.C.J, Union des patrons et professionnels Juifs de France, etc.) et les adhérents directs.


Visuels : © DR et Library of Congress

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié pour la première fois le 3 décembre 2012, puis le 27 avril 2012.

dimanche 28 décembre 2014

Vitalité, diversité et tolérance à Saint-Germain-en-Laye


En quelques décennies, s’est développée une communauté forte de  âmes bien intégrée dans cette ville huppée de la banlieue ouest de Paris (département des Yvelines). Majoritairement sépharade, cette ville francilienne associe trois composantes : liée au Consistoire israélite de Paris Ile-de-France, libérale et Loubavitch. Très active, la communauté Juive de Saint-Germain-en-Laye bénéficie de synagogues et Talmud Torah. Reportage effectué en 2006.

Saint-Germain-en-Laye « est une ville d’histoire et de culture où naquit, notamment, le Roi Louis XIV. Son château, ainsi que sa terrasse dessinée par Le Nôtre et dominant la vallée parisienne, est une des plus belles demeures des rois de France. Molière y créa la troupe du Roy en 1665. Des chênes datant du règne de Louis XIV peuvent être admirés dans la forêt domaniale, fleuron de notre ville, qui s’étend sur plus de 3 500 ha ».

A quand remonte l’installation des Juifs à Saint-Germain-en-Laye ? Difficile de le déterminer.

L’histoire de la communauté saint-germanoise est peu connue.

Le Dr Jules-Jacob Ariche, président de la communauté locale associée au Consistoire israélite de Paris Ile-de-France, cite d’illustres habitants coreligionnaires : au XIXe siècle, les frères Emile et Isaac Pereire, l’historien Salomon Reinach et la baronne Gérard, née Schnapper.

Chronologiquement, cette communauté saint-germanoise est postérieure à celles de Versailles et du Vésinet. 

L’essor de la communauté débute dans les années 1960.

Composée à 90% de Juifs sépharades, souvent originaires d’Algérie et du Maroc, traditionalistes, elle choisit le statut de communauté associée au Consistoire Israélite de Paris Ile-de-France  en 1973 : les actes de son rabbin- Gabriel Dahan en 2006 - sont valables et signés par cet organisme qui ne la gère ni ne la finance. 

Du Maire, alors Michel Péricard, elle obtient 2 000 m² près de la RN 13 ainsi qu’un local en préfabriqué pour les prières, et se constitue en association.

Victime d’actes de vandalisme, elle contracte un prêt bancaire en 1993 pour financer l’édification d’une synagogue « en dur ».

Tout en renégociant le taux d’intérêt de ce prêt afin d’en réduire le poids du remboursement, elle rembourse grâce essentiellement aux dons de juifs et chrétiens encouragés par leurs chefs spirituels, dont le père Thomas, à des recettes de spectacles - concert du violoniste Patrice Fontanarosa et la harpiste Marielle Nordmann, etc. - et au produit de la vente de pins’s.

Sur un seul niveau, la synagogue nouvelle au style sobre est inaugurée  en 1995 en présence des grands rabbins de France et de Paris, Joseph Sitruk et David Messas. Dotée d’une plaque mentionnant les cent noms des membres fondateurs, elle comprend une salle de prières pouvant contenir 140 places assises, un immense hall, une salle pour le rabbin et quatre pièces pour le Talmud Torah. Agrémentée d’un jardin, elle est décorée de panneaux du céramiste d’art André Chemla. Des pyramides en verre dans les plafonds éclairent naturellement l’espace. Plus de trois cents fidèles s’y rendent pour Yom Kippour ou les fêtes de Tichri. Une quinzaine d’enfants fréquentent le Talmud Torah. Quatre bar mitsvot célébrées chaque année, et trois-quatre mariages depuis la création de la synagogue.

« Quatre fois par an, la synagogue accueille des collégiens et lycéens, publics et privés, accompagnés de leur professeur de français et de parents. L’amitié judéo-chrétienne saint-germanoise s’y réunit ainsi que les Eclaireurs israélites de France (EEIF). Des cours d’hébreu gratuits pour deux niveaux y sont prodigués. Des conférences y sont tenues », a décrit le Dr Ariche, retraité septuagénaire, alors président de la communauté.

Cette communauté entretient des relations régulières et harmonieuses avec les autorités publiques et religieuses.

Les projets ? « Poursuivre les efforts vers les différentes communautés, attirer plus d’enfants dans le Talmud Torah, renouveler une partie du mobilier et multiplier les activités (conférences, concerts) pour que les gens découvrent l’enchantement de cette synagogue », a envisagé ce rhumatologue. Hommage a été rendu à ce président d’honneur en donnant son nom à la rue abritant cette synagogue.
La communauté Juive française de Saint-Germain-en-Laye est jumelée avec la ville de Lakhich (Israël).

Le tournant des années 1990
Depuis une dizaine d’années, deux mouvements sont apparues, en partie en raison de la présence du prestigieux Lycée international de la ville.

« Fondée en 1993, la libérale Kehilat Gesher (Communauté Pont, en hébreu) regroupe 150 familles entre Saint-Germain-en-Laye et Paris. Bilingue, elle compte de nombreux mariages mixtes : des anglophones ashkénazes ayant épousé, côté féminin, des sépharades francophones », expliquait avec humour son rabbin, Tom Cohen. 

Kehilat Gesher réunit pour « un Talmud Torah 75 enfants des deux cités et se réjouit de 20 bar/bat mitsvot et cinq à six mariages par an ». 

« Depuis fin 1999, les Loubavitch complètent les activités de la communauté locale, plus particulièrement en direction des jeunes. Notre synagogue répond à une demande de familles d’un lieu de rencontre et discussion. Nous y proposons des cours de Torah et une préparation à la bar mitsva à moins d’une dizaine d’enfants », a confié le rav Mendel Sebag . 

De 80 à 100 personnes assistent aux prières lors de fêtes. Depuis quatre ans, les Loubavitch - Loubavitch est le nom d'une ville, actuellement en Biélorussie, où "s'installa pendant plus d'un siècle le mouvement" - organisent un centre de loisirs en juillet.


Visuels : 
© Saint-Germain-en-Laye, Kehilat Gesher et Loubavitch-Chabad (Chabad, acronyme de Hokhma Bina Da'at, « sagesse, compréhension, savoir »)

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Cet article a été publié par Osmose.

dimanche 21 décembre 2014

"I Have a Dream..." de la peintre Micha Tauber


La galerie Art Symbol-Mastey Fine Art présente l'exposition éponyme de la peintre Micha Tauber. Des œuvres récentes colorées, joyeuses.


Le parcours de Micha Tauber est aussi culturellement varié que sa peinture est colorée.

Cette artiste est née aux Pays-Bas. Elle a étudié à l’université des Beaux-arts de Trèves (Allemagne). Puis, elle s’établit en France en 1988.

Diplômée de l’Ecole Nationale des Arts Appliqués et des Métiers d’Arts (Paris) en 1992, elle entre à l’Atelier national d’art textile.

Parallèlement à son métier de styliste pour tissus d’ameublement, cette jeune femme expose ses œuvres figuratives, sur toile ou sur papier, à Amsterdam, Berlin, Barcelone, New York ou Hong Kong.

A Paris, la galerie Art Symbol montre régulièrement les techniques mixtes pleines d’allégresse, d’onirisme, d’allant et d’optimisme de cette peintre.

Tels des échantillons de tissus, des carreaux lumineux - dans des nuances de bleu, rouge et jaune - déambulent, et se muent en maisons quand des triangles les chapeautent.

Signes, mots, roue libre, guitare, arbre, échiquier, bateau, échelle, soleil, étoile, lune, fruit et fleur animent l’ensemble.

Tandis que les marouflages révèlent des fragments de partition musicale ou autres documents vieillis.

En fait, ces carrés sont autant de souvenirs qui affleurent la mémoire ou la conscience et composent une vie ou un rêve (« Les étoiles ne parlent que de toi », « Blue moon, blue mood »).

Micha Tauber croit. En quoi ? « En la vie. En tout... »


Micha Tauber, entre ciel et terre. Ed. Art Symbol, 2003

Du 27 novembre 2014 au 4 janvier 2015
Du 29 novembre 2012 au 6 janvier 2013
« Itinéraires privés »
Jusqu’au 9 janvier 2011
A la galerie Art Symbol
24, place des Vosges, 75003 Paris
Tél. : 01 40 27 05 75
Du lundi au dimanche de 11 h à 20 h

Visuels de haut en bas :
Big Apple
Technique mixte sur toile
73 x 116 cm

Balades, escapades, Cyclades...
Technique mixte sur toile
81 x 100 cm

Soleil à Moscou
Technique mixte sur toile
64 x 64 cm

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Cet article a été publié pour la première fois le 29 décembre 2010, puis le 4 janvier 2013.