Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 10 avril 2014

Le monde d'Albert Kahn. La fin d'une époque


La chaîne Histoire diffusera les 10 et 13 avril 2014 l'épisode la série documentaire Le monde d'Albert Kahn (The Wonderful World of Albert Kahn) de David Okuefuna  consacré notamment aux Balkans, et intitulé La fin d’une époque. Un montage à partir des « archives de la Planète » constituées essentiellement dans le premier tiers du XXe siècle par Albert Kahn (1860-1940), financier et philanthrope français Juif. Des images souvent inédites.


Coproduite par la BBC et le musée Albert-Kahn en 2007, cette série présente par thèmes géographiques des montages d’images, fixes et animées, extraites des « archives de la Planète » constituées par Albert Kahn (1860-1940) à la fin du XIXe siècle et lors des trois premières décennies du XXe siècle.

Les «archives de la Planète »
De 1898 à 1931, Abraham, dit Albert, Kahn (1860-1940), Français Juif banquier et philanthrope, œuvre à « l’établissement de la paix universelle » et constitue les « archives de la Planète » afin de conserver les traces visuelles – en autochromes couleurs et en films noir et blanc – des vies quotidiennes des hommes sur tous les continents. Ces autochromes constituent le premier procédé de films photographique en couleurs breveté par les frères Lumière en 1903.

Pour ce faire, Albert Kahn constitue une équipe d’une douzaine d’opérateurs – photographes ou/et cinéastes - qui arpentent des contrées lointaines.

Balkans, Suède, Norvège… Né à Bordeaux, Auguste Abraham Isaac Leon (1857-1942) voyage pour constituer les « Archives de la planète ». Puis, à Boulogne, il gère le laboratoire de ces Archives, conseille les opérateurs et photographie les invités de ce visionnaire.

Le krach boursier de 1929 ruine Albert Kahn, sexagénaire, et met un terme à cette collection.

Les « archives de la Planète », témoignages visuels exceptionnels, sont déposées au musée Albert-Kahn, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Elles font l’objet d’expositions et sont publiées dans de beaux livres.

Coproduite par la BBC et le musée Albert-Kahn en 2007, réalisée par David Okuefuna, la série Le monde d’Albert Kahn est régulièrement diffusée par Arte (2009) et Histoire. L’occasion de (re)découvrir des images rares de mondes disparus.

En 2003, le musée Albert-Kahn a présenté l’exposition La Macédoine en 1913. Autochromes de la collection du musée Albert-Kahn.

Guerres balkaniques
Voulant s’extraire de l’Empire ottoman et acquérir leur indépendance, la Bulgarie, la Grèce et la Serbie, déclarent la guerre à cet Empire en 1912.

Ce conflit s’achève par la victoire sur l’armée turque.

Les vainqueurs se partagent la Macédoine.

Or la Serbie occupe la partie destinée aux Bulgares, dont Bitola, ancienne métropole de l’Empire ottoman qui récupère son nom slave.

Mécontente de ce partage qui lui concède des territoires jugés exigus, la Bulgarie déclare en 1913 la guerre à la Grèce et à la Serbie. Celles-ci remportent une victoire et obtiennent la reconnaissance des frontières du premier conflit.

La Macédoine se retrouve divisée en quatre : la Grèce obtient le sud, la Serbie le territoire de la république macédonienne contemporaine, la Bulgarie une région aux confins orientaux et l’Albanie de petits territoires situés à l'ouest. Chaque État va assimiler les populations locales, parfois par la contrainte, et souvent en interdisant l'usage public des langues macédoniennes.

En mai 1913, Albert Kahn envoie le géographe Jean Brunhes et le photographe Auguste Léon pour montrer la vie quotidienne en Macédoine - artisans spécialisés dans le travail de la peausserie, paysannes, commerçants, militaires de l’armée serbe, etc. - et des églises transformées en mosquées.

A Bitola (Monastir ou Manastır, au sud-ouest de la Macédoine), nous découvrons une famille du « Jaudihanata (« quartier Juif » en turc), des femmes séfarades et un Juif, un chef de la confrérie Heva Nadich qui assure l’enterrement des défunts pauvres ou dépourvus de famille, tous deux en costumes traditionnels, l’intérieur de la synagogue II Kar Aragon, construite vers la seconde moitié du XVIe siècle et détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que les cimetières Juifs.

Tout un monde bouleversé par la Première Guerre mondiale.

« La Macédoine en 1913 ». Ed. Musée départemental Albert Kahn et Musée de la Ville de Skopje, 2001

Sur Histoire : 9, 14, 20 et 27 février 2013 ; 31 janvier et 6 février 2014


Visuels :
Albert Kahn sur le balcon de son bureau. Paris, 102 rue de Richelieu, vers 1928.
Photographe Paul Ducelier (Inv I 135 X). 

Un juif sépharade, chef de la confrérie Heva Nadich, 17 mai 1913
© Musée Albert Kahn - Département des Hauts de Seine

 
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Cet article a été publié les 7 février 2013, puis 29 janvier 2014.

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