Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 30 mars 2018

« Le Livre de la jungle » par Zoltan Korda


Arte diffusera le 1er avril 2018 « Le Livre de la jungle » (Jungle Book, Das Dschungelbuch) réalisé par Zoltán Korda (1942) et produit par Alexander Korda d’après le roman The Jungle Book de Rudyard Kipling (1894). « Librement adapté du chef-d'œuvre de Rudyard Kipling, un enchantement pour petits et grands ». 

Trois frères Korda figurent au générique du film « Le Livre de la jungle » : Alexander (1893-1956) à la production, Zoltán (1895-1961) à la réalisation et Vincent (1897-1979) à la direction artistique.

Les frères Korda, nés Kellner, sont nés dans une famille juive en Hongrie, alors dans l’empire austro-hongrois.

Ils ont débuté une carrière cinématographique en Hongrie.

Après avoir servi dans l’Armée hongroise comme officier de la cavalerie, Zoltán (1895-1961) travaille comme scénariste. Il a réalisé son premier film en Hongrie en 1918, et trois films muets, dont un en Allemagne (1927) avant son départ pour Londres.

Zoltán Korda y réalise Men of Tomorrow (1932).

En 1935, Sanders of the River (1935), avec Paul Robeson et Leslie Banks associe succès public et critique, et lui procure la première de ses quatre nominations dans la catégorie du Meilleur film au Festival du film de Venise, ou Mostra. En 1937, avec Robert Flaherty, il remporte le Prix du Meilleur réalisateur pour Elephant Boy, avec Sabu alors âgé de douze ans.

Il réalise des films d’aventures, dont The Four Feathers en 1936 avec Sir Ralph Richardson.

Alexander Korda est actif à Londres et en France où il réalise en 1931 Marius, d’après la pièce de Marcel Pagnol.

En 1940, ces trois frères ont quitté Londres pour Hollywood. Là, avaient été achevés deux de leurs films au tournage débuté en Angleterre : The Thief of Bagdad (Le Voleur de Bagdad), dont Zoltán Korda est producteur exécutif, et That Hamilton Woman.

Alexander Korda, qui a emprunté 300 000 $ à United Artists, crée sa société de production Alexander Korda Films Inc. Celle-ci produit Le Livre de la jungle.

Si Zoltán voulait une histoire réaliste, Alexander prônait une fantaisie foisonnante. Et finalement, c’est cette dernière option qui a prévalu.

« Dans un petit village de l'Inde britannique, le vieux conteur Buldeo raconte l'histoire de Mowgli. Enlevé par un tigre, le jeune garçon a échappé à la mort grâce à une meute de loups qui a pris soin de lui comme s'il était l'un des siens. Des années plus tard, Mowgli, devenu grand, retrouve le monde des hommes… »

« Dans une Inde de contes de fées, l'étincelante adaptation du chef-d'œuvre de Rudyard Kipling par Zoltán Korda (1895-1961). Bénéficiant de moyens hollywoodiens, celui-ci retrace l'incroyable aventure du jeune Mowgli, interprété par l'enfant-star Sabu (« Elephant Boy », « Le voleur de Bagdad »), avec une débauche de couleurs, d'animaux (qui parlent !) et de décors ».

Le film « Le Livre de la jungle » s’avère un succès commercial, mais critiqué pour la liberté de l’adaptation jugée trop libre de Laurence Stalling.

Il a été sélectionné dans quatre catégories aux Oscar, dont Meilleurs effets spéciaux, meilleur décor.

Il est distribué en France en 1945, après la libération du joug nazi.

Il est inscrit dans le catalogue de l’American Film Institute.
   
Zoltán Korda réalise sept autre films dont Sahara (1943) avec Humphrey Bogart, A Woman's Vengeance (1947) avec Charles Boyer et  Jessica Tandy ainsi qu’un film anti-apartheid Cry, the Beloved Country. Sa carrière est affectée par son combat contre la tuberculose.


« Le Livre de la jungle » par Zoltan Korda
Etats-Unis, 1942
Sur Arte les 1er avril 2018 à 9 h 25, 27 avril 2018 à 13 h 35
Image : W. Howard Greene, Lee Garmes
Musique : Miklos Rozsa
Production : Alexander Korda Films
Producteur/-trice : Alexander Korda
Scénario : Laurence Stallings
Acteurs : Sabu, Joseph Calleia, John Qualen, Frank Puglia, Rosemary De Camp, Patricia O'Rourke, Ralph Byrd, John Mather, Noble Johnson
Auteur : Rudyard Kipling

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Les citations sont d'Arte.

L’âge d’or des sciences arabes


L’Institut du monde arabe a présenté l’exposition L’âge d’or des sciences arabes. D’amalgames en occultations, cette exposition véhiculait moultes mythes et idées choquantes, voire dangereuses. Le "13e Colloque Maghrébin sur l’Histoire des Mathématiques Arabes (COMHISMA 13) aura lieu les 30 -31 mars et 1e avril 2018 en Tunisie."
  

En 2006, l’Institut du monde arabe (IMA) évoquait « l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane (VIIIe-XVe siècle) » dans une exposition didactique, riche de 200 pièces rares, accompagnée d’un beau catalogue publié par les éditions Actes Sud, d’une jolie synthèse dans la collection Découvertes de Gallimard, d’un livret destiné à la jeunesse et d’un CD-Rom coédité avec TF1 Video contenant « Terres d’islam », un film de Robert Pansard-Besson.

« La civilisation de l’islam s’est emparée de toutes les branches du savoir intellectuel et technique et a réalisé des découvertes importantes dans différents domaines de la science. Les savants des pays d’islam ont d’abord étudié et assimilé, puis prolongé d’apports nouveaux les disciplines pratiquées dans les civilisations antérieures en ayant recours à la science expérimentale et en défrichant des domaines et des techniques qui ne se constitueront que bien plus tard en Europe. Une langue commune, l’arabe, la prospérité de l’empire dont l’ampleur du territoire (de l’Espagne à l’Inde) a favorisé les échanges, le mécénat des califes et des princes, une tendance à la liberté de pensée et un esprit de tolérance, sont autant de facteurs qui ont permis de faire progresser le patrimoine scientifique universel », indique le dossier de presse.

A l’heure où politiciens et intellectuels débattaient des méfaits de l’impérialisme français et de la mondialisation, une telle ode à « l’empire arabe » et au libéralisme de ces « pays d’islam » surprend. 

Et l’expression de « sciences arabes » choque car elle contredit les principes mêmes des sciences et leur caractère universel.

Parasitée par la diffusion de films en vis-à-vis, la scénographie claire distingue quatre thèmes principaux : « le temps et l’espace », c’est-à-dire le contexte géo-politique, « le ciel et le monde » - astronomie, cartographie, astrologie -, « le monde du vivant et l’homme dans son environnement » - la médecine, la chirurgie, la pharmacopée, la botanique, la zoologie, l’art vétérinaire, la chimie, l’optique et la mécanique – et les rapports entre « les sciences et les arts : l’architecture, la musique, les automates, les arts décoratifs développés grâce aux sciences ».

A voir, un astrolabe d’Espagne – « instrument utilisé pour calculer l’heure, déterminer la position des objets célestes et faire des mesures » - datant de 1300 et comportant une inscription judéo-arabe.

De plus, est occulté l’apport des Juifs, non nommés dans l’exposition, et est minoré celui des Chrétiens, tel le traducteur Ishâq Hunayn (m. 910), dans l’essor des sciences ainsi que leur statut de dhimmis auxquels ils étaient soumis et qui contredit cette description idyllique de tolérance véhiculée par l’exposition.

En outre, l’absence de distinction entre « arabe » - peuple conquérant - et « musulman » - fidèle de l’islam - gêne la compréhension de cet âge d’or.

De même, on saisit mal les raisons pour lesquelles cet âge d’or a pris fin. Ce qui n’aide pas à trouver les voies permettant un nouvel essor de ces sciences dans le monde musulman sous l’impulsion de « promoteurs d’une nouvelle modernité ».

Des questions demeurent : les différents courants de l’islam ont-ils eu une approche différente des sciences ? Ces « terres d’islam », libérées notamment par la Reconquista, ont-elles vocation à le redevenir ? 

Les 20e Rendez-vous de l’Histoire à Blois (4-8 octobre 2017), dont le thème est EURÊKA Inventer, Découvrir, Innover, ont organisé la conférence d’Alexandre Moatti, ingénieur en chef des Mines, chercheur associé à l’université Paris-Diderot (SPHERE UMR 7219), intitulée Islam et science : antagonismes contemporains.

« Dans le cadre de ses travaux sur l’histoire de la critique de la science et l’alterscience, Alexandre Moatti examine les ressorts d’une opposition à une science dite “occidentale” par certains penseurs islamiques contemporains – certains prônant une « science islamique ». Certains de leurs arguments sont repris et amplifiés sur internet dans des discours radicaux fort éloignés du savoir académique. L’auteur soumet à discussion, sur la base du corpus qu’il a analysé, le concept de “concordisme” (intrication des discours entre science et religion), qu’il voit plus riche et mieux adapté que le terme “créationnisme(s)”.

Le "13e Colloque Maghrébin sur l’Histoire des Mathématiques Arabes (COMHISMA 13) aura lieu les 30 -31 mars et 1e avril 2018 en Tunisie. COMHISMA 13 marque notre désir de maintenir la tradition instituée il y a plus de trente ans visant à prendre connaissance de l’avancement des recherches sur l’histoire des mathématiques arabes et d’offrir aux chercheurs maghrébins un espace de rencontre entre eux et de confrontation de leurs travaux avec ceux de leurs collègues étrangers, notamment :
en rapportant les découvertes, l’édition et la traduction de manuscrits.
en mettant à sa juste place les contributions de l’Occident musulman dans la construction de l’édifice mathématique.
en explorant les liens entre les mathématiques et les autres domaines de la connaissance et, en particulier, leurs applications.
en analysant les traditions d’enseignement des mathématiques dans la civilisation arabo-islamique.
 Thèmes du colloque
1. Mathématiques et Astronomie
2. Mathématiques Appliquées
3. Histoire de l’enseignement et de la circulation des mathématiques arabes.
4. Mathématiques et société
5. Les mathématiques récréatives
Président du Comité scientifique international : Ahmed Djebbar
Comité local d’organisation
Béchir Kachoukh (Président d’honneur)
Mahdi Abdeljaouad
Faouzi Chaabane
Marouane Ben Miled
Hmida Hedfi
Taoufik Charrada et Salma Elaoud (Association Tunisienne des Sciences Mathématiques)
Mounir Dhieb et Rahim Kouki (Association Tunisienne de Didactique des Mathématiques)
Makkia Dammak (Association des Femmes Tunisiennes Mathématiciennes)
Saloua Aouadi (Mediterranean Institute for the Mathematical Sciences)"


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Cet article avait été publié par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 3 octobre 2017.

jeudi 29 mars 2018

« Ronald Reagan, l'enfance d'un chef » d’Antoine Vitkine


Ronald Reagan l'enfance d'un chef est un documentaire intéressant d’Antoine Vitkine (2009, 53 minutes). Une biographie centrée sur l’ascension de cet Américain intelligent, acteur, puis gouverneur, et enfin Président républicain des Etats-Unis (1981-1989), et sa bataille victorieuse pour vaincre l’Union soviétique lors de la guerre froide. 2014 marqua le dixième anniversaire de sa mort, le 5 juin 2004 à Los Angeles (Californie). Le 31 mars 2018 à 3 h 30, Arte diffusera Le Grand bluff de Ronald Reagan (Täuschung - Die Methode Reagan), de Dirk Pohlmann (2014, 53 minutes). 

« Lyndon B. Johnson. Un président méconnu » par Claire Walding
« I have a dream » par Martin Luther King Jr (1929-1968)
« Le désastre Obama » par Guy Millière 

1988. Moscou. Sur la place Rouge, deux chefs d’Etat, « artisans du monde en train de naître », se promènent : Gorbatchev, « secrétaire général du Parti communiste soviétique, grand réformateur », et Reagan (1911-2004), « grand conservateur ».

C’est par cette image au commentaire off que s’ouvre le documentaire d’Antoine Vitkine, auteur de livres (Mein kampf, histoire d'un livre) et réalisateur de documentaires (Mein Kampf, c’était écrit, Les esclaves oubliés).

Cette phrase illustre et contredit le propos du film. D’une part, elle délimite son sujet : la stratégie du président conservateur Ronald Reagan (1911-2004) pour gagner la guerre froide contre l’Union soviétique. D’autre part, elle occulte les révolutions, notamment économiques, que ce président sympathique a initiées et qui ont bouleversé son pays.

Une évolution idéologique
Ronald Reagan naît en 1911 et grandit à Tampico (Illinois), au sein d’une famille modeste de l’Amérique rurale. C’est un bon élève. Sportif, il étudie l’économie et la sociologie, et joue en amateur dans des pièces de théâtre.

Il débute comme journaliste à la radio, puis, après avoir réussi un essai cinématographique, il signe à 25 ans un contrat à Hollywood où il tourne dans 60 films, essentiellement des séries B où il incarne le bon, le héros.

Il éprouve alors de la sympathie pour les idées progressistes.

En 1940, il épouse l’actrice Jane Wyman, avec laquelle il a deux enfants et adopte un troisième.

A l’entrée en guerre des Etats-Unis (1941), il est réformé pour mauvaise vue. Il tourne alors dans des films de propagande. Au printemps 1945, capitaine, il réalise des films en utilisant les images des camps nazis filmés par l’armée américaine. « Cela l’a profondément changé  ».

Politisé, il dirige le syndicat des acteurs. Il signe des pétitions contre le colonialisme français en Indochine et pour Mao Zedong. Vers 1946-47, il est considéré par le FBI comme communiste.

Sa première désillusion date de 1947, quand il affronte une grève des employés des studios soutenus par le parti communiste. Des ouvriers « tentent de prendre le contrôle du syndicat des acteurs ». Ronald Reagan est alors la cible d'appels téléphoniques menaçants : « On va balancer de l’acide sur ton visage pour que tu ne puisses plus jouer ». Craignant pour sa vie, Ronald Reagan s’arme d’un pistolet. Il considère alors les communistes comme des « gens dangereux et sans règle », et s’inquiète de l’expansionnisme communiste en Europe.

En 1948, il divorce, et épouse en 1952 une jeune actrice, Nancy Davis avec laquelle il a deux enfants.

En cette période de guerre froide et de maccarthysme, il témoigne en exprimant sa position nuancée : favorable à la liberté d’opinion et d’expression, sa foi en la démocratie américaine « assez forte pour résister aux excès de n’importe quelle idéologie », mais si « cette organisation est un argent d’une puissance étrangère ou n’est pas un partit politique légitime, ce que le gouvernement est capable de déterminer », alors, « c’est une autre affaire ». Ronald Reagan « participe en sous-mains à la constitution de listes noires et informe le FBI ».

Avec la détente, sa carrière cinématographique décline. Débute une période d’incertitude.

En 1964, Barry Goldwater, « candidat à la présidence, le remet en jeu. Il incarne l’aile droite du parti républicain ». Ronald Reagan prononce un discours important, expliquant son évolution politique. Agréablement surpris, des hommes d’affaires lui suggèrent de devenir gouverneur de Californie.

En 1966, Ronald Reagan est élu, puis réélu en 1970 à cette fonction jusqu’en 1975. Contre les étudiants contestataires à Berkeley, il envoie la garde nationale.

Grâce à Richard Allen, il rencontre les experts d’un think tank, institut privé réunissant des spécialistes auteurs de rapports sur les politiques publiques, le Committee on Present Danger (Comité du danger immédiat). Parmi eux : Richard Pipes, historien de l'URSS, futur membre du Conseil de sécurité nationale (1981-1982) et le père de l’islamologue et expert en géopolitique Daniel Pipes. Ces « néo-conservateurs » informent Ronald Reagan sur la réalité de l’URSS, sur ses faiblesses.

Après deux échecs aux primaires du parti républicain, Ronald Reagan est le candidat de ce parti aux élections présidentielles en 1980.

L’Amérique a la douloureuse perception de son déclin. Certes le président démocrate sortant Jimmy Carter peut se targuer des accords de Camp David. Mais son mandat est généralement catastrophique : prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran par les Iraniens, échec de la tentative de libération de ces diplomates, deuxième choc pétrolier, crise économique (stagflation, chômage), offensives militaires soviétiques notamment en Afghanistan, etc.

Porteur d’espoirs, Ronald Reagan est élu, à l’âge de 69 ans, président des Etats-Unis en remportant le soutien de 489 grands électeurs contre 49 pour le président Carter.

« America is back ! »
Par ce slogan - « America is back ! », le 40e président américain, qui survit à une tentative d’assassinat (30 mars 1981), signifie sa détermination à replacer les Etats-Unis à leur place de leader du monde libre sur la scène internationale (« Peace through strength »), à gagner la guerre froide, à vaincre l’« Empire du mal », c’est-à-dire l’Union soviétique. Une hypothèse non envisagée par nombre de dirigeants « gérant la guerre froide » et d’experts espérant au mieux des arrangements issus de négociations avec les Soviétiques.

« Nous refusons de nous affaiblir alors que nos ennemis gardent les mêmes visées impérialistes. C’est pourquoi nous sommes très préoccupés par le comportement des Soviétiques. Ils soutiennent des guérillas et des terroristes en Amérique centrale et du Sud, en Afrique, au Moyen-Orient, dans les Caraïbes, en Europe, violent les droits de l’homme et répandent la violence. Mon pays a appris une leçon amère au cours de ce siècle : on n’arrête pas la tyrannie avec des mots », assène le président Reagan à la tribune des Nations unies à New York.

Comment agit-il ? Par des discours de fermeté alliés à des décisions adéquates, tels l’augmentation du budget de la défense (+35%) pour restaurer la puissance militaire américaine, le projet de Guerre des Etoiles pour intercepter les missiles balistiques avant qu’ils n’atteignent le sol des Etats-Unis ou celui de ses alliés, l’installation chez ses alliés européens de missiles Pershing II pointés vers l’Union soviétique, le soutien aux guérillas anti-communistes par la fourniture d’armes modernes (Amérique latine, Afghanistan), la « manipulation du prix du pétrole pour miner l’URSS », etc.

Stupéfaits, les dirigeants soviétiques redoutent cette course aux armements dont ils savent qu’elle leur sera fatale : durement corsetée par le communisme, leur économie périclite et l’argent manque pour relever le défi américain. Alors, ils usent de leurs instruments traditionnels : la propagande, l’instrumentalisation des opinions publiques : « Plutôt rouges que morts » scandent des milliers de manifestants en Europe occidentale.

Mais le président Reagan est soutenu par des dirigeants européens. « Je suis moi aussi contre les euromissiles, seulement je constate que les pacifistes sont à l'Ouest et les euromissiles à l'Est. Je pense qu’il s’agit là d’un rapport inégal », constate le président socialiste François Mitterrand, en 1983.

La tension culmine en novembre 1983 quand les Soviétiques se croient attaqués et sont prêts à riposter.

Vaincue, l’URSS négocie avec les Etats-Unis.

Le président Ronald Reagan a mis fin pacifiquement à la Guerre froide.

Il renforce le « contact humain » pour réduire les tensions, et soutient Gorbatchev dans sa perestroïka qui contribuera à la chute du mur de Berlin, érigé le 13 août 1961, le 9 novembre 1989 et à l’effondrement de l’Union soviétique.

Une image partielle
Ce documentaire, au titre inadéquat et souffrant du manque souvent des noms et qualités des personnes interviewées, offre un portrait honnête d’un homme intelligent doté de bon sens et de fermeté, d’une personnalité complexe, extravertie et solitaire, excellent communiquant et injustement méprisé. « Ronald Reagan a été sous-estimé par tout le monde et, au fond, il considérait ça comme un énorme avantage », estime Richard Allen, ancien conseiller à la Maison-Blanche (1981-1982). « Il a été sous-estimé, et en permanence, par l’opposition démocrate, par Ford, par les médias, par les Soviétiques, et eux ils étaient vraiment largués », surenchérit Lou Cannon, journaliste. Et si l'URSS a perdu la guerre froide, la politique de conquête des esprits des Occidentaux menée depuis près d'un siècle par le KGB a-t-elle échoué ?

Cependant, ce film occulte les années formatrices dans les années 1930, et la déception de Ronald Reagan à l’égard du parti démocrate.

Angle restrictif ? Ce documentaire occulte d’autres actions de la diplomatie américaine (notamment contre le terrorisme) et des faits significatifs - le président Reagan licencie plus de 11 000 contrôleurs aériens en grève -, les autres facettes de la politique de Ronald Reagan – reaganomics -, c’est-à-dire la foi en l’économie de marché, le choix de relancer la croissance par des baisses d’impôts et des diminutions de la dépense publique, de favoriser les entrepreneurs par des mesures incitatives conçues comme inductrices d’investissements et d’emplois, de « déréguler » et de moderniser les marchés intérieurs (financiers)... Une politique de l’offre, à rebours de la théorie keynésienne et de la politique de nationalisations qui prévalent alors dans la France mitterrandienne. Sous l’impulsion de Benyamin Netanyahou, Israël suit une voie économique similaire depuis plus d’une décennie.

A l’heure de la quatrième guerre mondiale, celle contre l’islamisme – la guerre froide ou guerre contre le communisme est la troisième guerre mondiale –, et des choix désastreux de politiques économiques contemporaines, américaine et européennes, surtout française par des pressions fiscales accrues, il aurait été intéressant de brosser un tableau complet du président Reagan, d’évaluer aussi les aspects positifs – à la fin de ses deux mandats, le taux de chômage est divisé par deux (de 10% à 5%, soit presque le taux du chômage structurel) et le taux de croissance a augmenté d’à peine 1% à 5% - et ceux contestés : Irangate, discours tardif sur le SIDA, « nouvelle pauvreté », « bulle financière », etc.

Ronald Reagan incarne des valeurs américaines essentielles – libertés et initiative individuelles, démocratie -, fièrement assumées, fermement défendues et mises en œuvre avec succès.

En cela notamment, le président Barack Hussein Obama est son opposé.

Le grand bluff de Ronald Reagan 
Les 5, 12 et 18 mai 2015, 31 mars 2018 à 3 h 30, Arte diffusera Le Grand bluff de Ronald Reagan (Täuschung - Die Methode Reagan), de Dirk Pohlmann (2014, 53 minutes) : "Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan aux États-Unis en 1981, l’offensive succède à la stratégie de défense. Sous son mandat, les activités dites de "déception" (autrement dit de leurre) afin de déstabiliser l’URSS (Union soviétique) sont érigées en système. On évoque même un "Comité des opérations de leurre" – organe ultrasecret regroupant le patron de la CIA, le conseiller à la sécurité nationale et des représentants des principaux ministres – qui aurait contribué à la déstabilisation de l’URSS. Contre-espionnage, stratégies informatiques, sabotages en Sibérie et entreprise de mystification en mer de Barents… : tous les coups sont permis. La Suède, pays non aligné qui représente pour Washington une position stratégique, en fait aussi les frais. Premier ministre social-démocrate et progressiste, Olof Palme dérange le camp américain par ses positions hétérodoxes en faveur de la détente. Des intrusions de mystérieux sous-marins vont ébranler le pays : manœuvres soviétiques, bluff américain ou conspiration de l’armée suédoise conservatrice contre son propre gouvernement ? Pour la première fois depuis les événements, des témoins et protagonistes – américains, russes et suédois – reviennent sur cette période trouble de l’histoire de la guerre froide, et soulèvent bien des questions qui restent en suspens. Enquête sur une période trouble de l’Histoire".

"Fin de la guerre froide, l’administration Reagan développe des opérations secrètes de leurre afin de déstabiliser l’URSS ; tous les coups sont permis. La Suède qui représente pour Washington une position stratégique, en fait aussi les frais. Mais Olof Palme, le premier ministre social-démocrate du pays commence à poser problème… Enquête sur une période trouble de l’Histoire. Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan aux États-Unis en 1981, l’offensive succède à la stratégie de défense. Sous son mandat, les activités dites de "déception" (autrement dit de leurre) vis-à-vis de l’Union soviétique sont érigées en système. On évoque même un "comité des opérations de leurre" – organe ultrasecret regroupant le patron de la CIA, le conseiller à la sécurité nationale et des représentants des principaux ministres – qui aurait contribué à la déstabilisation de l’URSS. Des témoins et protagonistes – américains, russes et suédois – reviennent sur cette période trouble de l’histoire de la guerre froide, et soulèvent les nombreuses questions qui restent en suspens."

Le 5 août 2016, John Hinckley, âgé de 61 ans, a été libéré sous surveillance étroite : le 31 mars 1981, il avait tenté d'assassiner le président Ronald Reagan.

Ronald Reagan, un président sur mesure
Les 12 mars à 23 h 10 et 28 janvier 2018 à 23 h 10, Arte diffusa Ronald Reagan, un président sur mesure (Ronald Reagan - Ein maßgeschneiderter Präsident, Ronald Reagan: A Custom Made President), documentaire de Julia Kuperberg et Clara Kuperberg (2015, 53 min). "Comment Ronald Reagan s'est-il retrouvé au pouvoir ? Cette effarante enquête dévoile les relations étroites du 40e président des États-Unis avec la mafia".

"Derrière le lisse cow-boy hollywoodien, derrière l'icône anticommuniste autoproclamée du camp républicain se cache un personnage retors, aux relations troubles et à l'intelligence longtemps sous-estimée. Commentateur sportif dans l'Iowa à ses débuts, Ronald Reagan décide un jour de tenter sa chance à Hollywood. Grâce à sa débrouillardise, sa prestance et ses talents de cavalier, il obtient vite des petits rôles".

"Son destin bascule le jour où il intègre l'agence d'acteurs MCA" fondée en 1924 par Jules Stein. Fondée avec la bénédiction d'Al Capone, celle-ci a bâti sa fortune en plaçant des musiciens dans des night-clubs. Ses dirigeants ont gardé des liens avec la pègre grâce à l'avocat Sidney Korshak, connu pour "pacifier" les relations entre les studios et les syndicats, contrôlés alors par la mafia de Chicago". A MCA, Lew Wasserman est un agent artistique puissant pendant plusieurs décennies à Hollywood. Parmi les acteurs dont il défend les intérêts : Ronald Reagan.

Pour briser les grèves dans les grands studios, ceux-ci ont recouru selon le documentaire à la mafia. La mafia de Chicago contrôlait les syndicats de camionneurs, d'arts du spectacles, etc. Sidney Korshak aurait été l'intermédiaire entre les grands studios hollywoodiens et la mafia. Il se tient dans le sillage de Reagan.

"Les réalisatrices Clara et Julia Kuperberg se sont inspirées du livre Dark victory – Ronald Reagan, MCA and the mob, fruit d'une courageuse enquête du journaliste d'investigation Dan E. Moldea, conseiller historique de ce documentaire ; "Moldea's investigatory report, ostensibly a history of MCA, the $2-billion Hollywood conglomerate (Universal Pictures, etc.), is especially concerned with the firm's long-standing and, claims Moldea, questionable ties with President Reagan. The resulting tale of "power and manipulation" is so complex, involving Hollywood, mob and political figures as well as government investigations, that it may try the patience of many readers. Recounting MCA's 62-year rise from Chicago dance-band booking agents into the "General Motors of Hollywood," Moldea (The Hoffa Wars charges that Reagan, while Screen Actors Guild president in the early 1950s, helped create the unprecedented deal that made MCA a powerful force in TV. While wrongdoing has never been proven, Reagan has since benefited financially and politically from close links with MCA heads Jules Stein and Lew Wasserman, he charges. Moldea uses government documents to raise serious questions. 50,000 first printing; author tour". Cet auteur procède par un raisonnement déductif : tel connaissait tel, donc... Des liens probables ou évidents ?

Il "retrace les étapes de la carrière du 40e président américain, dont on apprend avec surprise qu'elles ont quasiment toutes reçu l'appui de la mafia. "Errol Flynn de série B", comme il se qualifiait lui-même, Reagan n'a jamais vraiment percé dans le cinéma. Mais il a parfois obtenu des contrats mirobolants et pris en 1947 la tête de la Screen actors guild, le puissant syndicat des acteurs de Hollywood. En retour, il rendra de nombreux "services", comme celui d'obtenir un passe-droit à la MCA, seule firme autorisée à cumuler les métiers d'agent et de producteur. Cela entraînera une baisse des revenus des comédiens, dont Reagan était censé défendre les intérêts".

De 1947 à 1952, Reagan préside la Screen Actors Guild, "syndicat le plus influent de Hollywood" car ayant pour membres notamment des stars, car "c'est un négociateur-né, intelligent, très puissant" selon Anne Edwards. Il succède à l'acteur Robert Montgommery qui voulait se lancer dans une carrière de producteur d'émissions pour la télévision. Deux fonctions inconciliables en raison de conflits d'intérêts entre les fonctions de producteur et de dirigeant de la Screen Actors Guild. Un deal favorable à MCA est signé : les salaires des acteurs ont été baissés, et "MCA a redonné une carrière" à Reagan, "Errol Flynn de séries B". Le documentaire allègue que MCA aurait aidé Reagan lors de périodes financièrement difficiles : contrats dans les casinos de Las Vegas, pour des publicités, pour présenter une émission télévisée populaire (General Electric Theater) lors de l'essor de ce média.

Les plaintes sur le monopole de MCA à Hollywood ? Des célébrités ont comparu devant une commission qui en 1962 exige que MCA opère un choix entre ses activités. MCA ont abandonné leur fonction d'agent artistique, d'acheter Universal Pictures et de se consacrer à la fonction de producteur. Une enquête fédérale anti-trust a été menée, et Reagan a comparu devant un Grand Jury, car il était soupçonné d'avoir perçu des pots-de-vins de MCA. Loyal, Reagan aurait souffert d'amnésie lors des audiences. Reagan explique avoir voulu favoriser le travail des acteurs. En 1962, Reagan devient conservateur, et se présente en 1966 au poste de gouverneur de Californie. Reagan avait alors des problèmes d'argent. Jules Stein s'arrange pour que Reagan vende sa propriété (120 ha) à la 20th Century Fox qui l'achète... au double du prix. Reagan sera réélu jusqu'en 1975 à ce poste. Après l'élection à la Présidence de Reagan, des enquêtes concernant des mafieux sont closes par les autorités fédérales de la Justice.

"Ce système de renvois d'ascenseur atteindra son apogée quand il deviendra président des États-Unis et fera classer les affaires impliquant le crime organisé. Nourri d'interviews d'auteurs, de journalistes, d'archives, d'extraits de westerns et de bluettes dans lesquels Reagan apparaît toujours fringant et persuasif – "avec lui, ça glisse tout seul", commente l'écrivain James Ellroy dans le film –, ce documentaire décrit les hommes de l'ombre qui l'ont épaulé, et démonte les rouages d'un système corrompu. En racontant l'ascension d'un outsider que rien ne prédestinait à devenir président, cette enquête effarante fait aussi écho à la trajectoire d'un certain Donald Trump…"


Le grand bluff de Ronald Reagan (Täuschung - Die Methode Reagan), par Dirk Pohlmann
Allemagne, 2014

Ronald Reagan l'enfance d'un chef d’Antoine Vitkine
2009, 53 minutes
Sur Arte les 18 septembre 2010 à 15 h 55 et 21 septembre 2010 à 10 h 30

Reagan, une idole controversée, documentaire d'Eugene Janecki.
Sur Arte, les  10, 17 et 26 février 2015 

Visuels :
Photo de Ronald Reagan © DR

Ronald Reagan, président de la SAG (Screen Actors Guild) avec Henri Fonda, Gene Kelly
L'agent américain Lew Wasserman
Ronald et Nancy Reagan dans le film "Hellcats on the navy", 1957
Ronald et Nancy remontant Pennsylvania Avenue pour participer aux cérémonies d'investiture du 40e président des États-Unis, 1981
© Wichita Films

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 20 septembre 2010, puis le :
- 9 novembre 2011 à l'occasion du centenaire de la naissance de Ronald Reagan et de la diffusion de Ronald Reagan, une idole controverséedocumentaire d'Eugene Jarecki, par Arte ;
- 7 juin et 12 novembre 2014. Le 9 novembre 2014 a été célébré le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin ;
- 10 février et 5 mai 2015, 15 août 2016 et 12 mars 2017, 27 janvier 2018.

Bob Dylan



Avec 110 millions de disques vendus, 600 chansons, 46 albums, Bob Dylan est universellement connu comme compositeur/parolier/interprète majeur.

Les œuvres du peintre et dessinateur sont moins connues, bien que divers musées et éditeurs aient présenté depuis 1994 ses aquarelles, dessins, gouaches...

De Robert Zimmerman à Bob Dylan
Robert Zimmerman nait en 1941 dans une famille Juive bourgeoise américaine originaire d’Odessa et installée depuis la fin du XIXe siècle dans le Midwest. Il grandit à Duluth, puis Hibbing, dans le Minnesota.

Il fréquente un camp d’été Juif sioniste dans le Wisconsin. Là, il pratique divers sports et joue du piano, de l’harmonica et de la guitare.

Il fait sa bar mitzva et s’adonne à sa passion pour la musique, notamment le rock, dans des groupes (Golden Chords, Accords dorés).


Dans la planète rock, le jeune artiste admire Elvis Presley, Little Richard et Buddy Holly, et parmi les chanteurs de country (folksinger), Hank Williams et Woody Guthrie qui décrit dans ses chansons simples et émouvantes les effets dramatiques de la Grande dépression (The Land is Your Land).

Il étudie à l’université de Minnesota à Minneapolis, et se produit dans des cafés sous le pseudonyme de Bob Dylan. Il découvre la musique populaire d’Odetta et du Kingston Trio. Et rencontre Woody Guthrie, malade, en hommage duquel il écrit Song to Woody.


La Cité de la musique a présenté l’exposition Bob Dylan, l'explosion rock (61-66) focalisée sur les premières années de la carrière de cet artiste américain Juif emblématique de la seconde moitié du XXe siècle. Une période courte, mais déterminante au cours de laquelle Bob Dylan bouleverse son approche artistique et opère une révolution musicale en inventant un style empruntant à la chanson à texte et à la poésie, et à la musique folk, traditionnelle, dans une société américaine qui sera bouleversée par les mouvements sociaux et hippies. Photos inédites notamment de Bob Santelli et Daniel Kramer, objets et documents rares, ainsi qu’archives audiovisuelles rappellent les années , cette étonnante histoire d'une évolution personnelle marquant un basculement de société. Un hommage rendu par la Cité de la musique après celui rendu à d’autres artistes consacrés : Serge Gainsbourg, Georges Brassens, John Lennon ou Miles Davis. Conçue par le Grammy Museum de Los Angeles, Bob Dylan, l'explosion rock raconte cette période d’effervescence artistique de Bob Dylan.


En janvier 1961, il rejoint New York, où Peter, Paul and Mary et Pete Seeger constituent cette scène avant-gardiste musicale des clubs de Greenwich Village. Il débute dans des clubs, tel le Gaslight.

Repéré par le journaliste du New York Times, Robert Shelton, il signe un contrat pour Columbia Records.


En octobre 1962, il enregistre son premier album Bob Dylan, puis en 1963 l’album The Freewheelin’ qui contient Blowin’ in the Wind. Une chanson reprise par le groupe Peter, Paul and Mary et qui devient un hymne pour les droits civiques.

Sensible à la justice et à la spiritualité, influencé par le gospel, Bob Dylan casse les règles d’écriture des chansons en puisant dans un registre folk rock, forgeant sa voix grave et rocailleuse, créant des chansons longues non formatées pour des diffusions à la radio telle Like a Rolling Stone, juste avant son récital au Newport Folk Festival (été 1965).

En cinq ans particulièrement productives (1961-1966), cet artiste talentueux compose sept albums qui rencontrent un succès critique et public dans une Amérique parcourue de mouvements contestataires, combattant en faveur des droits civiques, puis contre la guerre du Vietnam. Des artistes comme Bob Dylan et Joan Baez sont porteurs de ces aspirations.

En 1963, sort l’album The Times They Are A-Changin’ avec notamment la chanson With God On our Side dans laquelle il aborde la Shoah (“When the Second World War/Came to an end/We forgave the Germans/And we were friends/Though they murdered six million/In the ovens they fried/The Germans now too/Have God on their side”). La même année, l'album Joan Baez in Concert Part 2 révèle aussi Bob Dylan qui signe en 1965 quatre des onze chansons de Farewell, Angelina, sixième album de cette militante soprano de la "protest song".

Le 28 août 1964, par l'intermédiaire de son ami écrivain Al Aronowitz, Bob Dylan rencontre les Beatles à l'hotel Delmonico à New York. Admirateur du groupe britannique auquel Life Magazine vient de consacrer sa couverture, il loue particulièrement les qualités de chanteurs de John Lennon et de Paul Mc Cartney. Celui-ci, devenu un artiste chevronné, dit : Bob Dylan "était notre idole".


En 1965, l’album Highway 61 Revisited d’ouvre par une chanson évoquant un dialogue entre Abraham et Dieu. Bob Dylan épouse le mannequin Bunny Sara Lowndes (Shirley Nozinsky). Le couple a quatre enfants - Jesse, Sam, Jakob et Anna et se sépare en 1977.

En 1966, à la suite d’un accident de moto, Bob Dylan fait une pause dans une carrière fulgurante.

C’est un nouveau Bob Dylan qui réapparaît au public newyorkais pour un hommage à Woody Guthrie en 1968.


Ce folksinger a profondément influencé ses contemporains, dont Hugues Aufray qui introduit son œuvre en France.

Parmi ses protest songs : Here comes the story of the Hurricane (Voici l'histoire de Hurricane), en 1975. Une chanson Hurricane de onze couplets écrite par Bob Dylan après avoir lu Le Seizième Round (The Sixteenth Round, 1974), autobiographie de Rubin Carter, surnommé « Hurricane » (« Ouragan »), et après l'avoir rencontré dans la prison. Cet ancien champion noir de l'armée dans les super-légers avait été condamné à la prison à vie, en 1967, pour meurtre. Un juge fédéral reconnait l'innocence de Carter en 1985, après que Carter ait purgé dix-neuf ans de détention. Agé de 76 ans, ce sportif est mort d'un cancer de la prostate le 20 avril 2014 au Canada.

A la fin des années 1970, Bob Dylan se convertit au christianisme dont il se distancie dès la décennie suivante.

Bob Dylan visite l’Etat d’Israël pour son 30e anniversaire, et poursuit diverses expériences spirituelles et mystiques, se rapprochant de groupes chrétiens. Ce qui déconcerte et irrite de nombreux fans Juifs.

En 1983, Bob Dylan se rend dans l’Etat Juif pour la bar mitzva de son fils Jesse. Il est photographié au Kotel (mur dit des Lamentations) portant les tefillins et priant. Sa chanson Nieghborhood Bully dans son album Infidels (1983) est un hymne à cet Etat non nommé, critique et condamné, suppose ne pas répliquer, aux voisins hostiles, menaçants : « The neighborhood bully just lives to survive/He’s criticized and condemned for being alive/He’s not supposed to fight back/He’s supposed to have thick skin/He’s supposed to lay down and die when his door is kicked in/He’s the neighborhood bully”.


Bob Dylan étudie avec les Loubavitch de Brooklyn, épouse la chanteuse Carol Dennis en 1986 avec laquelle il a une fille et divorce en 1992.

Ses albums (Desire avec Hurricane) et tournées ont connu des succès variés. Consécration : Bob Dylan a été distingué par le Prix Pulitzer de la musique en 2008 et la plus haute médaille américaine, le Presidential medal of freedomn le 29 mai 2012 en présence du président Barack Obama.

En 2005, Martin Scorsese raconte Bob Dylan dans son film No Direction Home - Bob Dylan (208 min). La "naissance d'un mythe, de son enfance à l'année 1966, date de sa rupture avec le public folk et de l'accident de moto qui interrompit sa carrière. Une biographie musicale en forme de chef-d'oeuvre".

"Comment un tout jeune homme venu d'un coin perdu du Minnesota est-il devenu en quelques années l'icône absolue de la culture et de la musique populaires ?"

"Rien ne prédisposait le jeune Robert Allen Zimmerman, né en 1941, à devenir, à son corps défendant, le porte-parole de sa génération".

"À la fin des années 1950, il découvre la musique country, change son nom en Bob Dylan (en hommage, semble-t-il, au poète irlandais Dylan Thomas) et surtout s'abreuve à l'immense répertoire des folk songs, n'hésitant pas à "emprunter" durablement des centaines de disques à de fins connaisseurs du genre. En quelques mois, il rejoint New York, se mêle aux beatniks de Greenwich Village, et débute en chantant dans des cafés. Très vite, influencé par Kerouac et plus encore par Woody Guthrie, à qui il voue une profonde admiration, le jeune homme de 20 ans révèle des dons de poète et de song-writer fracassants".

"De 1961 à 1966, Bob Dylan passe brutalement du statut de coqueluche du Newport Folk Festival, jeune chanteur engagé et adulé, à celui de traître à la cause du folk, conspué par un public intransigeant lors de sa tournée européenne, coupable d'avoir électrifié sa guitare acoustique… De la protest song au rock'n'roll, Dylan se montre insaisissable, refusant les étiquettes et rétif à toute forme de récupération politique, y compris celle de la gauche contestataire. C'est cette image de ménestrel viscéralement indépendant, qui se dit sans racines autres que la musique, artiste exigeant se plaisant à cultiver le mystère sous une attitude mi-narquoise, mi-espiègle, qui domine au fil de ce fabuleux film fleuve signé Martin Scorsese".

En plus de "sa passionnante série sur le blues et son opus sur les Rolling Stones Shine a light", Martin Scorsese "avait filmé en 1976 le concert d'adieu du groupe The Band, auquel participait Bob Dylan, leur mentor, dans The last waltz. Nourri de documents d'archives rares et de témoignages de choix, ce portrait de l'artiste en jeune homme revient sur l'éclosion d'un talent fulgurant, depuis une enfance sans histoire jusqu'à un moment crucial de sa carrière".

"Passé maître dans l'art du montage en contrepoint, Scorsese met en regard d'ahurissants passages du concert surréaliste de Londres, en 1966, où le musicien joue sous les huées d'un public qui lui crie "Judas" ou "Dylan go home !", avec des extraits d'un entretien récent où Bob Dylan, veste de cuir noir et regard bleu pétillant, se livre comme rarement. Les vestiges du maccarthysme, le combat pour les droits civiques des Noirs, la guerre du Viêtnam, Joan Baez et Pete Seeger, Johnny Cash et Allen Ginsberg, la marche sur Washington de Martin Luther King et l'assassinat de JFK, Robert Johnson et Odetta, tout un pan de l'Amérique est là, absorbé et magnifié par un musicien de génie".

Non-lieu
A l'été 2012, Bob Dylan avait répondu à Rolling Stone qui l'interrogeait sur l'Amérique de la guerre civile et celle contemporaine : « Les Etats-Unis se sont embrasés et ont été détruits à cause de l’esclavage (…). Ce pays est trop obsédé par la couleur de peau. (…) Des gens continuent de se déchirer parce qu’ils ont une couleur de peau différente. (…) Les Noirs savent que certains Blancs n’auraient jamais abandonné l’esclavage – que si on les avait laissé faire, ils seraient encore sous leur joug, et ils ne peuvent pas faire semblant de l’ignorer. Si vous avez un esclavagiste ou un membre du Ku Klux Klan dans votre sang, les Noirs peuvent le sentir. Même encore aujourd’hui. Tout comme les juifs peuvent sentir le sang nazi et les Serbes le sang croate". 

En décembre 2012, le Conseil représentatif de la communauté et des institutions croates de France (CRICCF) avait porté plainte avec constitution de partie civile. A l'automne 2013, Bob Dylan a donné des concerts au Grand Rex, à Paris (12-14 novembre 2013). Il s'est vu signifier sa mise en examen pour "injure publique" et "provocation à la haine". 

Le 16 avril 2014, Bob Dylan a bénéficié d'un non lieu. La juge d'instruction instruisant la plainte visant Bob Dylan et le magazine a considéré que "le chanteur avait donné son accord à la publication de l'interview dans l'édition américaine du magazine, mais pas dans l'édition française".

Légion d'Honneur
Au printemps 2013, la remise des insignes de la Légion d'Honneur à Bob Dylan a suscité une controverse en France. Le 13 novembre 2013, il a reçu la Légion d'Honneur remise par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture.

La National Portrait Gallery à Londres a présenté l'exposition Bob Dylan: Face Value. Des portraits au pastel réalisés par le chanteur, compositeur et parolier américain Juif qui peint depuis six décennies,

Jean-Jacques Astruc a présenté sa conférence Bob Dylan et moi le 18 février 2014, à 15 h, à la Maison des Seniors et de la Culture Bluma Fiszer (75012).

The Basement Tapes
Le 4 novembre 2014, est sorti The Basement Tapes Complete: The Bootleg Series Vol. 11coffret avec 138 titres et six CDs, avec les grands classiques de Bob Dylan et des inédits restaurés datant de 1967, alors qu'il se rétablit d'un grave accident de moto de juillet 1966. Ont collaboré à ces œuvres The Band, composé de Robbie Robertson, Rick Danko, Richard Manuel, Garth Hudson et, plus tard, Levon Helm, dans une petite maison dans West Saugerties, New York, surnommée "Big Pink" par le groupe. Bob Dylan et The Band ont enregistré plus de cent chansons en plusieurs mois dont des douzaines de chansons récentes de Bob Dylan, dont les futurs classiques "I Shall Be Released", "The Mighty Quinn", "This Wheel's On Fire" et"You Ain't Going Nowhere." Columbia Records a distribué seize de ces chansons en 1975. L'album The Basement Tapes, qui inclut aussi huit nouvelles chansons du Band sans Bob Dylan, a rencontré un succès critique et commercial, se hissant dans les Tops 10 américain et britannique. John Rockwell, journaliste du New York Times, a écrit que cet album était "un des plus grands albums de l'histoire de la musique populaire américaine".

Le 5 novembre 2014, interviewé par la webradio Nerdist, Larry Charles, scénariste, réalisateur et producteur de séries télévisées dont Seinfeld et de films, tel Borat, a confié avoir proposé, avoir Bob Dylan, dans les années 1990 un projet de série télévisuelle à la chaîne HBO. Lors de ses tournées en bus, Bob Dylan se passionne pour les films de Jerry Lewis, accompagne son ami à HBO, puis se ravise, car il trouve le projet "trop burlesque". Le film Masked and Anonymous s'est avéré un échec.

Le 23 novembre 2014, dans le cadre de l'expérience suédoise « Experiment Ensam (Experimenter seul, en français) » et à l'Académie de musique de Philadelphie, le septuagénaire Bob Dylan et son groupe ont donné un concert devant un seul spectateur : Fredrik Wikingsson, "star de la télévision suédoise qui travaille sur une série de films sur l'expérience en solitaire d'événements conçus pour de larges foules". Il a interprété des "morceaux de pionniers du rock, dont Heartbeat de Buddy Holly 2et Blueberry Hill de Fats Domino. Fredrik Wikingsson va réaliser un documentaire de quinze minutes qui sera diffusé en janvier 2015 sur YouTube3.

Lors d'une vente aux enchères du 4 décembre 2014, Christie's a proposé les manuscrits originaux de deux chansons inédites de Bob Dylan. Le prix estimé se situait entre 40 000 $ et 60 000 $. On espérait vendre les paroles de deux chansons de Bob Dylan, écrites pour Izzy Young au début de sa carrière, non enregistrées : Talking Blues (1962) est estimé à 40 000 à 60 000 dollars, et Go Away You Bomb (1963) à 30 000-50 000 dollars. Israel "Izzy" Young avait ouvert le Folklore Center à MacDougal Street, au cœur de Greenwich Village en 1957. Son magasin est devenu le point focal de la scène musicale américaine folk à la fin des années 1950 et 1960. Ces manuscrits n'ont pas trouvé d'acquéreurs.

La synagogue Adath Shalom a accueilli le 16 février 2015, de 14 h à 17 h, la conférence de l'écrivain Jean-Jacques Astruc intitulée Bob Dylan et moi. "Anecdotes et vidéos autour de la vie de Bob Dylan, artiste majeur du 20e siècle, génie à vingt ans, poète, prophète, imposteur, comédien et martyr. L'après-midi s'est poursuivi autour d'un café avec Bob Dylan en musique de fond".

Arte diffusa les 8 août à 22 h 25 et 18 août 2015 à 1 h, et le 28 mai 2016 No Direction Home - Bob Dylan, documentaire de Martin Scorsese (2005, 208 min). La "naissance d'un mythe, de son enfance à l'année 1966, date de sa rupture avec le public folk et de l'accident de moto qui interrompit sa carrière. Une biographie musicale en forme de chef-d'oeuvre".

Le 7 mars 2016, Bob Dylan a annoncé sur les réseaux sociaux la sortie de son 37e album « Fallen Angels » disponible dès le 20 mai 2016, et une prochaine tournée américaine d’une trentaine de dates dans laquelle la première partie des concerts sera assurée par Mavis Staples, chanteuse de blues et de soul. Bob Dylan se produira au Japon en avril 2016 pour une quinzaine de concerts.

Bob Dylan s'est produit au Japon en avril 2016 pour une quinzaine de concerts. 

En mai 2016, est sorti le 37e album Fallen Angels de Bob Dylan. En février 2015, l’album Shadows in the Night, de Bob Dylan, réunissait des chansons des années 1940 et 1950 interprétées par Frank Sinatra (1915-1998). Fallen Angels se situe dans cette veine artistique : douze standards américains revisités. 

Le  Musée du peuple Juif à Beit Hatfutsot, Tel Aviv, Israël, présente jusqu'en mai 2017 l'exposition Forever Young - Bob Dylan at 75. "A New Exhibition in the framework of the festive events taking place as part of the inauguration of the Museum’s New Wing.

"It is difficult to think of a Jewish musician who has had a greater influence on 20th century culture than Bob Dylan. Dylan was one of the greatest American poets, the voice of an entire generation. In 1999, he was included in Time Magazine’s ‘100 most influential people of the 20th century’ describing him as a “poet, artist, social commentator, and the leading spirit of the anti-culture generation”. In order to demonstrate to what extent Dylan had become became a myth in his lifetime, Time quoted a line from one of his songs, Jokerman, “You were born with a snake in both of your fists while a hurricane was blowing”.

"Beit Hatfutsot’s exhibition will is designed to show to Museum visitors the complex figure that is Bob Dylan; through film, pictures, images, posters, exhibits and of course a lot of his music".

The "exhibition deliberately does not follow the chronological order of his life but rather describes his life story according to three core themes: The social revolution that Dylan caused; Dylan’s influence on music throughout the world; Dylan’s complex relationship with his Jewish identity".

"The Artistic Director of the exhibition is Yoav Kutner whose voice will be heard in the audio guide. In the framework of the exhibition there will be on display for the first time in Israel original photographs by Elliott Landy, who was the official photographer of the Woodstock Festival. In addition, a special short documentary film will be produced – ‘My Dylan’ – which will show Dylan’s influence specifically on Israeli music. The film will include a number of leading Israeli musicians, over different generations of the Israeli music scene, who will describe Dylan’s influence on them or a meaningful personal experience they had as a result of his inspirational music".

Prix Nobel de Littérature 2016
Le 13 octobre 2016, le Prix Nobel de Littérature a été décerné à Bob Dylan, âgé de 75 ans, « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique », ainsi que l'a déclaré Sara Danius, secrétaire générale de l’Académie suédoise.

« Bob Dylan écrit une poésie pour l’oreille », a expliqué Mme Danius à la télévision publique SVT, affirmant que les membres de l’académie avaient manifesté « une grande cohésion » dans ce choix. « Il s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à William Blake », le célèbre poète anglais mort en 1827, a-t-elle affirmé, citant Visions of Johanna et Chimes of Freedom. « Il est extrêmement doué pour la rime. C’est un sampleur littéraire qui convoque la grande tradition et peut marier de façon absolument novatrice des musiques de genres différents, des textes de genres différents. »

Bob Dylan est le premier musicien à être distingué par l’Académie depuis la création du Prix en 1901, et le premier Américain à obtenir le prix Nobel de littérature depuis Toni Morrison, en 1992. Il succède à la Biélorusse Svetlana Alexievitch. Le prix Nobel est doté de huit millions de couronnes suédoises (822 000 euros).

Dylan "est une histoire de l’Amérique à lui seul, synthétisant dans son œuvre la poésie surréaliste de la beat generation, l’austérité militante du folk, la complainte du blues, l’énergie révoltée du rock et la chronique de la vie quotidienne propre à la country. Présentée par l’Académie suédoise comme une « icône », la légende du folk a sorti son 37e album, Fallen Angels, en mars. A l’occasion d’une cérémonie de remise de trophées, organisée en 2015, l’auteur-compositeur était revenu sur son parcours : « Les chansons ne sont pas apparues par magie, je ne les ai pas fabriquées à partir de rien. J’ai appris à écrire des paroles en écoutant des chansons folk. Et je les ai jouées (…), je n’ai rien chanté d’autre que des folk songs, et elles m’ont ouvert le code pour tout ce qui est de bonne chasse, tout ce qui appartient à tout le monde. » A cette occasion, il avait aussi défendu sa voix : « Mes critiques disent que je mutile mes mélodies, que je rends mes chansons méconnaissables. Vraiment ? (…) Sam Cooke [chanteur de rhythm’n’blues à la voix d’ange] a répondu ceci quand on lui a dit qu’il avait une belle voix : “C’est très gentil à vous, mais les voix ne doivent pas être jugées en fonction de leur joliesse. Elles ne comptent que si elles vous convainquent qu’elles disent la vérité”. »
"Né le 24 mai 1941, à Duluth, dans le Minnesota, l’artiste a grandi dans une famille juive de la classe moyenne. Dans sa jeunesse, comme la plupart des adolescents américains, Bob Dylan tombe sous le charme du rock avec Elvis Presley et Jerry Lee Lewis avant de former son propre groupe. En 1959, étudiant à l’université de Minneapolis, il découvre les pionniers du blues, du country et du folk : Robert Johnson, Hank Williams et Woody Guthrie. En 1961, il abandonne ses études et déménage à New York pour fréquenter la scène musicale embryonnaire de Greenwich Village. C’est à cette époque que Robert Allen Zimmerman adopte comme nom de scène Bob Dylan, qui sera aussi le titre de son premier album. Sorti en 1962, celui-ci est un fiasco. La percée se produit un an plus tard avec l’album The Freewheelin’. Bob Dylan et ses deux titres folk de protestation : Blowin’ in the Wind, chanson pacifiste qui sera un hymne des années 1960 contre la guerre au Vietnam, et A Hard Rain’s A-Gonna Fall. En 1963, il participe à la marche sur Washington autour de Martin Luther King. A partir de la fin des années 1960, il se détache de plus en plus des fans de folk et des milieux de gauche, refusant d’être l’étendard des contestations et des luttes de l’époque. Depuis les années 80, son extraordinaire créativité s’est tarie, mais il parcourt la route sans relâche, sans toujours convaincre. A l’été 2012, il s’est produit au festival des Vieilles Charrues, en France, où sa prestation a déçu".

"Décidément habitué à être là où ne l’attend pas, il a aussi reçu en 2008 le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques. Il avait été distingué, selon les mots du jury, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire ». Bien qu’il n’ait signé qu’un petit nombre de grands albums après l’apothéose créative des années 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique, maintes fois recopié, jamais égalé". 

Le 1er avril 2017, dans la plus grande discrétion, Bob Dylan a reçu son Prix Nobel lors d'une cérémonie à huis clos avec des académiciens à Stockholm (Suède), où il a donné deux concerts.

Triplicate
Le 31 mars 2017, sortit un triple album, Triplicatede Bob Dylan qui y reprend trente chansons célèbres américaines, comme As Time Goes By et As Time Goes By.

"Bob Dylan: Trouble No More"
Arte diffusera le 30 mars 2018 à 23 h 30 "Bob Dylan: Trouble No More", documentaire réalisé par Jennifer Lebeau.

"À la fin des années 1970, Bob Dylan, déjà virtuose de la provocation, déroute une nouvelle fois son public en sortant trois albums emplis de ferveur chrétienne. Récemment converti, il part en tournée durant près de trois ans pour défendre une litanie de morceaux à la fois exaltés et convaincants sur le plan musical".

"Ce documentaire, qui ravira ses adorateurs, comporte une séquence en studio, des coupures de presse assassines de l'époque, de splendides photos noir et blanc de la star, les doléances prises sur le vif de fans déconcertés, et, surtout, de nombreux extraits inédits d'une série de concerts de 1980. Entouré d'un chœur gospel et d'un solide groupe de rock, Bob Dylan entonne des titres comme "Jesus Met the Woman at the Well", "Are you Ready?", "Slow Train" ou "Pressing on". Sur une suggestion que Dylan lui-même aurait glissée à la réalisatrice, ces séquences live alternent avec des images de l'excellent acteur Michael Shannon, habillé en prédicateur et nimbé de la lumière d'un vitrail, qui déclame des extraits de sermons en écho aux paroles des chansons.  Ce film fait partie du coffret Bob Dylan, Trouble No More – The Bootleg Series Vol. 13 1979-1981, sorti chez Sony Music en novembre 2017.


"Bob Dylan: Trouble No More", par Jennifer Lebeau.
Etats-Unis, 2017

No Direction Home - Bob Dylan, de Martin Scorsese 
2005, 208 min
Sur Arte les  8 août à 22 h 25 et 18 août 2015 à 1 h 

Du 24 août 2013 au 5 janvier 2014
A la National Portrait Gallery
Contemporary Collection displays, Room 40, on the Ground Floor Lerner Galleries
St Martin’s Place WC2H 0HE. Londres
Tél. : +44 (0)207 306 0055
Tous les jours de 10 h à 18 h, nocturne le jeudi et le vendredi jusqu’à 21 h

Jusqu’au 22 juillet 2012
221, avenue Jean-Jaurès. 75019 Paris
Tél. : 01 44 84 44 84
Du mardi au samedi de 12 h à 18 h. Nocturne le vendredi et le samedi jusqu’à 22 h. Dimanche de 10 h à 18 h

Visuels :
Nina Felix par Bob Dylan © Bob Dylan

Bob Dylan en chapeau haut-de-forme,
en voiture, Philadelphie, 1964
© Daniel Kramer

Bob Dylan sur scène, Forest Hills Stadium, New York, 1965
© Daniel Kramer

Bob Dylan, New York, 1965
© Daniel Kramer

No Direction Home - Bob Dylan, documentaire de Martin Scorsese
Bob Dylan lors de l'enregistrement de " Bringing it all back home ", en mars 1965
Le film est une odyssée folk sur la légende vivante Bob Dylan, en particulier sur ses premières années
© BR/WDR

DYLAN, Bob. Original typescript for the song "Go Away You Bomb," unpublished and unreleased, New York, 1963. 4to, two pages, recto and verso on a single sheet, 39 lines of typescript, with annotations in Dylan's hand, 29 words; additionally annotated by Israel Young: "1963, Bob Dylan wrote this when I asked him to do a song for a bomb song book."

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 6 juillet 2012, puis le 15 septembre 2012 alors que sortait Tempest, le 35e album studio de Bob Dylan, le 29 août et le 12 novembre 2013, les 17 février, 23 avril et 3 décembre 2014, 
- 8 avril 2015. Le 9 avril 2015, à 20 h 30, le Cercle Bernard Lazare proposa la conférence-débat "Bob Dylan et moi" de Jean-Marc Astruc qui illustrera ses propos d'extraits musicaux de cet artiste américain ;
- 7 août 2015, 9 mars, 28 mai et 13 octobre 2016, 10 février 2017. 
Il a été modifié le 28 mars 2018.