Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 28 février 2019

Vladimir Jankélévitch, figures du philosophe


Vladimir Jankélévitch (1903-1985) était un philosophe majeur et musicologue juif français qui a enseigné à la Sorbonne et publié des livres majeurs. La Bibliothèque nationale de France (BnF) propose l’exposition « Vladimir Jankélévitch, figures du philosophe ».

Claude Lévi-Strauss (1908-2009) 
« Vladimir Jankélévitch, figures du philosophe »

Le 18 janvier 1980, dans le cadre de son émission "Apostrophes", le journaliste Bernard Pivot recevait Vladimir Jankélévitch pour "Le je ne sais quoi et le presque rien". Le philosophe d'origine russe était entouré de deux de ses anciens élèves, François George, auteur de "L'effet 'Yau de Poêle de Lacan et les lacaniens" et de "Pour un ultime hommage au camarade Staline", et Blandine Barret Kriegel pour "L'état et les esclaves". Vladimir Jankélévitch racontait comment il interrogeait ses étudiants sur la mort. Alors qu'ils listait les citations de tel ou tel philosophe, Vladimir Jankélévitch leur rétorquait pour découvrir leur pensée personnelle : "Mais monsieur lambda, qu'est-ce qu'il en pense de la mort ? Il va lui aussi mourir".

Philosophe, professeur à la Sorbonne et musicologue, Vladimir Jankélévitch (1903-1985) est « l’une des plus grandes figures de la philosophie française. Morale, métaphysique et musique sont les domaines de prédilection de sa pensée, écrite dans une langue à la fois fluide et subtile, reconnaissable entre toutes ». 

« Engagé dans les combats de son siècle, durant la Résistance notamment, et contre l’antisémitisme après-guerre, il est l’auteur d’écrits et de prises de position dont le rayonnement a dépassé les cercles de spécialistes et touché le grand public ». 

« Enseignant à la Sorbonne de 1951 à 1975, Vladimir Jankélévitch fut un professeur de philosophie marquant pour des générations d’étudiants »sur lesquels il exerça une influence durable.

« Depuis 1997, grâce à la générosité de la famille de Vladimir Jankélévitch, le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve un important fonds de manuscrits du philosophe, qu’un don récent est venu compléter ».

La Bibliothèque nationale de France (BnF) propose l’exposition « Vladimir Jankélévitch, figures du philosophe » dont le commissariat est assuré par Guillaume Fau, conservateur en chef au département des Manuscrits, BnF.

Cette rétrospective réunit « manuscrits, correspondances, documents d’époque (affiches, tracts, programmes), photographies ou documents audiovisuels, enregistrements audio, parmi lesquels notamment une interview du philosophe sur Henri Bergson pour Radio France réalisée en juin 1995 et une interprétation au piano par le philosophe lui-même de Morceaux en forme de poire d'Erik Satie, dans une émission réalisée pour l'ORTF par Eliane Victor en 1971 - qui éclairent la pensée et l’itinéraire du philosophe, une des plus grandes et des plus attachantes figures de la philosophie française ». 

« Données par sa famille à la BnF, ces quelque 120 pièces sont conservées au département des Manuscrits ».

Cette exposition « propose un regard rétrospectif organisé en cinq grandes sections : les origines familiales et les années de formation, la période de la Deuxième Guerre mondiale, l’activité d’enseignant de Vladimir Jankélévitch et sa défense de l’enseignement de la philosophie, la place de la musique dans sa pensée et une présentation en majesté des grands manuscrits de Jankélévitch ».

Les origines familiales et les années de formation 
Vladimir Jankélévitch est né « dans une famille d’intellectuels juifs russes (fils de Samuel Jankélévitch, médecin, lui-même grand traducteur de l’allemand ; sa sœur Ida sera l’épouse de Jean Cassou) ».

« Au sein de sa famille, il a puisé certaines sources de sa pensée ou encore auprès des figures d’Henri Bergson, avec qui il entretint une correspondance, ou d’Émile Bréhier, son directeur de mémoire sur Plotin ».

La période de la Seconde Guerre mondiale
Vladimir Jankélévitch s’engage dans la Résistance à Toulouse. 
Sa « pensée de l’antisémitisme et de l’imprescriptible marqueront son œuvre durablement et connaîtront un grand retentissement ».

Son activité d’enseignant et sa défense de l’enseignement de la philosophie
Parmi les anciens élèves de ce professeur à la Sorbonne : François George et Blandine Barret Kriegel.

La place de la musique dans sa pensée
« Excellent pianiste, il laisse en outre une série d’études d’une grande finesse d’analyse sur les compositeurs – russes (Rimski-Korsakov), espagnols (Albéniz, de Falla, Mompou), français (Ravel, Fauré, Debussy…) – ainsi que les formes (la rhapsodie, le nocturne) qu’il admire. Son goût de l’improvisation et de la virtuosité l’amène aussi à écrire sur Liszt ».

Une présentation en majesté des grands manuscrits de Jankélévitch
Elle « synthétise le propos de l’exposition et met l’accent sur les traces, fragiles et émouvantes, d’une grande pensée du paradoxe et de l’ineffable pour les hommes du XXIe siècle ».

Autour de l’exposition, a eu lieu la lecture de textes de Vladimir Jankélévitch par des comédiens de la Comédie-Française.



Du 15 janvier 2019 au 3 mars 2019
A la BnF I François-Mitterrand 
Quai François-Mauriac, Paris XIIIe
A la Galerie des donateurs
Du mardi au samedi de 10h à 19h. Dimanche de 13h à 19h
Entrée libre

Visuels :


 A lire sur ce blog :
Les citations sur les films sont de la BnF.

Charles Aznavour (1924-2018)


Né dans une famille d'émigrés arméniens, Charles Aznavour (1924-2018) était un artiste talentueux, intelligent, curieux, maîtrisant la comédie, le drame, la photographie, la composition de musiques et l'écriture de chansons narratives, généreux à l'égard des jeunes artistes, un amoureux de la langue française, et osant aborder des sujets sensibles. Le 26 octobre 2017, en Israël, il a reçu la médaille Raoul Wallenberg pour l’aide apporté par sa famille aux Juifs et Arméniens. Une distinction remise par le président israélien Reuven Rivlin. Le Cercle Bernard Lazare projettera le 28 février 2019 à 15 h "Tirez sur le pianiste" (Schießen Sie auf den Pianisten) réalisé par François Truffaut, avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Michèle Mercier, Nicole Berger, Daniel Boulanger, Claude Heymann, Alex Joffé et le chanteur Boby Lapointe. 


Quatre-vingts ans de carrière, plus de mille chansons composées – Jezebel, Plus bleu que tes yeux, Le feutre taupé (1948), Sur ma vie (1956), Je m’voyais déjà (1960), Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les comédiens (1962), La mamma (1963), Et pourtant (1963), Hier encore (1964), For Me Formidable (1964), Que c'est triste Venise (1964), La Bohème (1965), Emmenez-moi (1967), Désormais (1969), Comme ils disent (1972), La Marguerite  -, concerts dans le monde en six langues différentes, plus de 180 millions de disques vendus, une filmographie de plus de 70 longs métrages, ambassadeur d’Arménie en Suisse... 

Exceptionnel palmarès d’un artiste, Charles Aznavour, né en 1924 lors du séjour de ses parents, survivants du génocide commis à l’égard des Arméniens dans l’empire ottoman et artistes amateurs, à Paris dans l’attente de leurs visas pour les Etats-Unis. Pour la terre de ses ancêtres, il crée une Fondation Aznavour pour l’Arménie, crée Pour toi Arménie chantée par 80 artistes émus par le séisme ayant frappé ce pays (1989).

Avec sa sœur Aïda qui a l’oreille absolue, cet enfant de la balle apprend son métier à l’Ecole des enfants du spectacle, et débute une carrière d’acteur et de chanteur, notamment dans la compagnie de Jean Dasté. Ses parents cachent  des Juifs et des résistants, dont des membres du groupe Manouchian.
Grâce à Raoul Breton, éditeur de Charles Trénet, Charles Aznavour est présenté aux artistes qui comptent dans la variété française.

A la Libération, il forme un duo avec le pianiste Pierre Roche et fait une tournée au Canada - le duo dure huit ans. Remarqué par Edith Piaf, il rentre en France, et sert d’homme à tout faire - secrétaire, chauffeur, etc. - pour la chanteuse qui le persuade de subir une rhinoplastie en 1950. 

S’il peine à s’imposer auprès du public comme interprète – « Mes handicaps ? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d'instruction, ma franchise, mon manque de personnalité. Ma voix ? Impossible de la changer. Les professeurs que j'ai consultés sont catégoriques : ils m'ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte. D'une petite dixième, je peux obtenir une étendue de près de trois octaves. Je peux avoir les possibilités d'un chanteur classique, malgré le brouillard qui voile mon timbre. De la ténacité j'en ai eu, et elle a payé » -, il co-écrit notamment avec Gilbert Bécaud et son beau-frère Georges Garvarentz, des standards interprétés par les plus célèbres chanteurs : Edith Piaf (C'est un gars, Plus bleu que tes yeux, Jezebel) - Piaf reconnaissait en Aznavour la même manière de "croquer dans les mots" -, Juliette Gréco (Je hais les dimanches), Eddie Constantine (Et bâiller et dormir), Marcel Amont (Le Mexicain), Gilbert Bécaud (Mé-qué, mé-qué)…

Ses premiers succès de chanteur surviennent vers 1956 auprès des publics difficiles de Marseille et de Casablanc (Maroc). Et notamment auprès des spectateurs juifs.

Charles Aznavour comparait son métier d'auteur à celui d'écrivain, plutôt que de poète. Un "écrivain de la chanson".

"Tirez sur le pianiste"
Le Cercle Bernard Lazare a projeté le 28 février 2019 à 15 h "Tirez sur le pianiste" (Schießen Sie auf den Pianisten) réalisé par François Truffaut, avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Michèle Mercier, Nicole Berger, Daniel Boulanger, Claude Heymann, Alex Joffé et le chanteur Boby Lapointe. "Hommage à Charles Aznavour le comédien, avec ce deuxième long métrage de François Truffaut, une parodie de série noire américaine et une bouleversante histoire d'amour et de mort."

"Qui est Charlie Kohler, le pianiste secret, distrait et triste du bistrot de Plyne ? Un soir, son frère Chico, poursuivi par des truands, se réfugie dans le bar. Amoureuse de Charlie, la serveuse Léna sait qu'il se nomme Édouard Saroyan, qu'il est un grand pianiste, qu'il a été marié. Un jour, sa femme Thérésa lui a avoué qu'elle avait acheté sa célébrité en couchant avec son imprésario, puis elle s'est jetée par la fenêtre. Depuis, Édouard a troqué son instrument de concert contre un piano de bastringue. Maintenant, Léna veut aider Charlie à redevenir Édouard. Ensemble, ils vont annoncer leur démission à Plyne. Mais celui-ci cherche la bagarre et Charlie le tue. Le couple se réfugie avec Chico dans son chalet à la montagne où, armés jusqu'aux dents, ils attendent l'assaut des gangsters qui ont retrouvé leur trace…"

"Dans cette adaptation du roman de Goodis, le genre policier est joyeusement parodié : depuis les gangsters peu effrayants, dont la conversation provoque le rire général, jusqu'à la prestation de Boby Lapointe, dont la célèbre chanson "Avanie et Framboise" est sous-titrée, Truffaut s'amuse avec le public, multiplie les surprises et les digressions. Le thème de l'amour, qui domine comme dans la plupart de ses films, prend ici trois aspects, trois visages de femmes clairement différenciés par les mouvements de caméra et le cadrage. La caméra se contente d'observer de loin Michèle Mercier, qui représente l'amour physique, détaché. L'isolement tragique de Nicole Berger s'exprime par un cadrage en gros plan sur son visage, sur fond blanc. Fondus enchaînés et images superposées créent un rythme plein de beauté, mais révèlent aussi la fragilité de l'amour de Marie Dubois, ici jeune débutante. Trois aspects de l'amour, tous trois voués à l'échec."

Un Taxi pour Tobrouk
Arte rediffusa le 25 juillet 2018 à 15 h 10 "Un taxi pour Tobrouk" (Taxi nach Tobruk) réalisé par Denys de La Patellière, avec Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Hardy Krüger, Germán Cobos.

"En 1942, le périple de quatre résistants et de leur prisonnier allemand dans le désert libyen... Un film drôle et touchant, porté par les dialogues de Michel Audiard, avec Lino Ventura et Charles Aznavour. Engagés dans la Résistance pour des motifs plus ou moins louables, quatre soldats des Forces françaises libres se retrouvent à Tobrouk, en Libye. Livrés à eux-mêmes après la mort de leur chef, ils s'enfuient dans le désert en direction d'El-Alamein, où les combats font rage. Leader par défaut de ce commando, le brigadier Théo Dumas peine à tenir ses hommes, plus doués pour la parlote que pour la guerre. Quand leur pick-up est détruit par l'aviation ennemie, à 700 kilomètres des lignes alliées, la mort leur semble promise. Mais par un hasard miraculeux, ils tombent sur un convoi allemand, abattent les soldats et font un prisonnier : le capitaine Ludwig von Stegel, francophone et redoutablement malin. Le début d'un périple aux multiples rebondissements".

"Denys de La Patellière a voulu évoquer dans ce film l'absurdité d'une guerre qui a coûté la vie à plusieurs membres de sa famille. Grâce au génie de Michel Audiard, son plaidoyer pacifiste se double d'une ironie féroce et désopilante, superbement maniée par Lino Ventura et Charles Aznavour, étonnant en médecin juif dont le père, vichyste, "a la légalité dans le sang". Le périple de ce "commando d'orateurs" égarés dans les sables se déguste sans modération".

La vague yé-yé
Las ! L’arrivée des chanteurs yé-yé représente un défi qu’il relève en nouant une amitié avec Johnny Hallyday et Sylvie Vartan pour lesquels il écrit des standards : respectivement Retiens la nuit (1961), et La plus belle pour aller danser (1963). Une expérience qu’il renouvellera avec les chanteurs apparus dans les années 1980-1990.

Un répertoire qui a enrichi le patrimoine musical français et qui est repris par la jeune génération, en particulier par Joana Mendil.

Filmographie
Parallèlement, Charles Aznavour trouve au cinéma des rôles intéressants, de la comédie au drame : La Tête contre les murs de Georges Franju, avec Pierre Brasseur, Jean-Pierre Mocky (1958), Le Passage du Rhin d’André Cayatte, Tirez sur le pianiste de François Truffaut et Un taxi pour Tobrouk de Denys de La Patellière avec Lino Ventura en 1960,  Le Rat d'Amérique de Jean-Gabriel Albicocco (1962), La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre (1965),  Le Tambour de Volker Schlöndorff avec David Bennent et Mario Adorf (1979),  Qu'est-ce qui fait courir David ? d'Élie Chouraqui avec Francis Huster, Nicole Garcia (1981), Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol avec Michel Serrault (1982),  Ararat de Atom Egoyan avec Marie-Josée Croze (2002)…

Mari et père comblé, il souffre de la mort de son fils Patrick (1951-1976), décédé d'une overdose.

Grand lecteur aux goûts éclectiques, il entame une carrière d’écrivain.

Concert 2015
Arte rediffusera le 7 octobre 2018 « Aznavour en concert. Paris 2015 » (Aznavour in Concert - Paris 2015), réalisé par Marc di Domenico (2015). En septembre 2015, au Palais des sports de Paris, Aznavour « interprète ses éternels succès devant un public ravi. À 91 ans, cet immense artiste démontre une nouvelle fois son talent d'écriture, de composition et d'interprétation sur la scène du Palais des sports. Son répertoire, qu'il a chanté dans le monde entier, de New York à Tokyo, de Moscou à Montréal, raconte toutes les facettes de l'existence humaine ».

Une « captation au plus près de l'artiste et de son immense talent. Privilégiant les plans serrés, la réalisation fait la part belle au visage et à la gestuelle du chanteur, adaptée à chaque titre".

"Un hommage chaleureux à l'un des grands de la chanson française ».

Israël
Le 26 octobre 2017, en Israël, Charles Aznavour a reçu la médaille Raoul Wallenberg pour l’aide apportée par la famille Aznavourian, dont les parents Knar et Mischa, proches du résistant Missak Manouchian, aux Juifs et Arméniens pendant la Deuxième Guerre mondiale, sous le régime de Vichy.

Une distinction remise par le président israélien Reuven Rivlin qui a déclaré : « On peut lire dans le Talmud que quiconque sauve une seule vie sauve tout un monde ».


« Nous avons tant de choses en commun, les Juifs et les Arméniens, dans le malheur, dans le bonheur, dans le travail, dans la musique, dans les arts », a affirmé Charles Aznavour. Et d’ajouter « J’ai un petit peu l’impression que je viens dans un coin de ma famille à moi parce que nous avons la même manière, aussi, de vivre et de manger et de boire. [J'ai des] "relations fortes avec le pays et avec le peuple juif ».

Charles Aznavour a demandé à Reuven Rivlin : « Pourquoi Israël n’a-t-il pas reconnu le génocide des Arméniens ? Je ne vous pose pas une question secrète et je n’attends pas une réponse, mais il est important de la poser. Pourquoi vous ne reconnaissez pas le génocide des Arméniens alors que vous-mêmes avez souffert du régime nazi ? ».

Reuven Rivlin "a répondu que c’était une question politique et que chaque année la question est posée à la Knesset et que lui-même en 2015 à la tribune de l’ONU, il avait évoqué clairement le génocide des Arméniens de 1915. « Nous étions présents à la Knesset lors de la cérémonie sur ces terribles événements. Malheureusement le gouvernement israélien n’a pas réussi à reconnaître les faits comme un génocide (...) et moi en tant que président d’Israël, je me dois de respecter les décisions du gouvernement israélien. Les massacres ou le génocide sont terribles. En 1915, le peuple arménien a été victime de choses terribles » dit Reuven Rivlin. Pourtant, le président israélien a pris position sur des sujets politiques, telle la Cour suprême israélienne accusée de politisation.

Le 1er août 2016, la "commission Knesset pour l’Education, la Culture et le Sport a reconnu le génocide arménien". Elle "a exhorté le gouvernement israélien à reconnaître officiellement l’extermination de masse de 1915 d’1,5 Arméniens en tant que génocide".

 « Notre obligation morale est de reconnaître le génocide arménien », a déclaré Yakov Margi, président de la commission et député  Shas, lors d’une réunion. Il a regretté que l’Etat d’Israël n'ait pas reconnu le génocide perpétré par les Turcs en 1915-1916.

La "députée de Meretz Zehava Gal-on, les députés de l’Union sioniste Zouheir Bahloul et Nahman Shai et le député de la Liste arabe unie, Dov Khenin", ont soutenu "la mesure".

Le 5 juillet 2016, des membres de la communauté arménienne de Jérusalem avaient manifesté devant la Knesset après l'accord diplomatique entre le gouvernement israélien et la Turquie, afin que l’Etat d’Israël reconnaisse le génocide. Le 23 avril 2015, ils avaient défilé avec des drapeaux et des torches dans la Vieille Ville de Jérusalem, à la veille du centenaire du génocide. Reuven Rivlin, qui "était l’un des défenseurs les plus virulents de la reconnaissance du génocide pendant son mandat en tant que président à la Knesset, a évité d’utiliser le terme de génocide" lors de cette commémoration ; ce qui avait déçu les dirigeants arméniens. Il "l’a utilisé, cependant, quelques semaines plus tôt lors d’un événement différent".

En juillet 2016, Yuli Edelstein, député membre du Likud, a souhaité qu'Israël reconnaisse ce génocide malgré les tensions que cette reconnaissance pourrait causer entre l'Etat juif et la Turquie. « Nous ne devons pas ignorer, minimiser ou nier ce terrible génocide. Nous devons déconnecter les intérêts actuels, liés à cette époque et à ce lieu, du passé difficile, dont ce sombre chapitre en fait partie », avait déclaré Edelstein lors de la commémoration par la Knesset du génocide.

Le "refus d’Israël de reconnaître officiellement le massacre des Arméniens comme étant un génocide repose sur des considérations géopolitiques et stratégiques et l’on retrouve en tête de ses considérations ses relations avec la Turquie, qui nie avec véhémence que les Turcs ottomans aient commis un génocide. Israël et la Turquie ont signé un accord de rapprochement au mois de juin, améliorant ainsi la qualité de leurs relations diplomatiques après des années de relations glaciales qui ont été aggravées par" les violences commises contre les soldats de Tsahal par des terroristes turcs lors de l'arraisonnement du navire qui voulait rompre en 2010 le blocus naval de la bande de Gaza dirigée par le mouvement islamiste Hamas.

"Je ne dis pas ça parce que je suis ici, mais il y a des villes dans le monde que je préfère, et je dois avouer que ma ville préférée est Tel-Aviv parce que ça bouge beaucoup. Ici, c'est Tel-Aviv, Barcelone en Espagne, New-York et Milan, j'ai toujours une ville où je me sens le plus à l'aise et où je me sens le plus en osmose avec le public", a confié Charles Aznavour lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv le 26 octobre 2017.

"Je préfère qu'on traduise mes textes en hébreu et que les artistes locaux les chantent", a observé le chanteur en citant Avi Toledano en 1978 avec "la Bohême". Il estime que ses rencontres les plus importantes ont été Edith Piaf, Charles Trénet, Maurice Chevalier et Jean Cocteau : "Ce sont des artistes qui m'ont vraiment apporté et appris quelque chose".

Le 27 octobre 2017, il s'est rendu dans le village israélo-arabe Neve shalom (Oasis de paix, en hébreu)/Wahat as-Salam (Oasis de paix en arabe) dont les habitants sont citoyens israéliens. Il a visité l'Ecole pour la Paix

Le 28 octobre 2017, il a donné un concert au Heichal Menorah Mivtahim (ex Nokia) sur Ygal Alon à Tel-Aviv dans le cadre de sa tournée mondiale One Night Only!

Personne ne bouge !
Arte TV diffuse "Personne ne bouge ! Charles Aznavour" (2017). "De ses débuts comme auteur-compositeur à son incroyable succès aux États-Unis, voyage en compagnie d'un monument de la chanson française. Avec une perle rare de 1980 : invité de la BBC, Charles Aznavour évoque sans ciller les frasques de sa jeunesse dans la langue de Shakespeare... Pour commencer, révision des fondamentaux : devant le sacre de l'autodidacte, on oublie à quel point Aznavour fut à ses débuts un artiste à la voix et au style décriés. Retour sur la revanche artistique d'un auteur-compositeur hors du commun, avec Laurent Balandras, écrivain, et Bertrand Dicale, journaliste ; gros plan sur le deuxième long métrage de François Truffaut, Tirez sur le pianiste, sorti en 1960, dans lequel le grand Charles incarne le musicien taciturne du roman noir de David Goodis ; petite histoire d’"Aznavour l'Américain" avec Robert Belleret, son biographe, et Gérard Davoust, son producteur et éditeur ; et une perle rare de 1980, quand l’artiste, invité de Sir Michael Parkinson, l'étoile de la BBC, évoque sans ciller les frasques de sa jeunesse dans la langue de Shakespeare".

Pour toi, Aznavour
La chanteuse française Joana Mendil rendra hommage avec d'autres artistes, le 1er juillet 2019, de 20 h à 23 h, à Charles Aznavour par un concert au Gymnase à Paris "Pour toi Aznavour", placé sous le haut patronage de l'Ambassade de la République d'Arménie en France. Un "concert en hommage à Charles Aznavour élu par CNN et The Times : “L’artiste de variété du XXe siècle” ! Avec la participation exceptionnelle de Seda Aznavour et Erik Berchot, ainsi que de nombreux artistes". Une soirée au profit de la Fondation Aznavour. "Le 1er juillet, cela fera exactement 9 mois que Charles nous aura quittés, mais c’est le 95e anniversaire de sa naissance que nous allons célébrer avec la participation de nombreux artistes : Essaï Altounian / Seda Aznavour / Erik Berchot / Romain Berrodier (piano) / Agnès Bihl / Ermonia (Finaliste The Voice Kids 2019) / Hakob Ghasabian (Lauréat Prodiges 2015) / Hary Gofin (contrebasse) / Benjamin Legrand / Joana Mendil / Jean Musy / Artyom Minasyan (doudouk) / Nara Noïan / Fred Perrot (batterie) / Vartan Petrossian / Shushana (violon) / Vicken Tarpinian / Frédéric Turyan / Frédéric Zeitoun..."


Le 1er juillet 2019 à 20 h
Le 14 janvier 2019 à 20 h
Au Théâtre du Gymnase-Marie Bell
Tél. : 01 42 46 79 79

"Tirez sur le pianiste" par François Truffaut
France, 1960, 1 h 30
Image : Raoul Coutard
Montage : Claudine Bouché, Cécile Decugis
Musique : Georges Delerue, Boby Lapointe et Félix Leclerc
Production : Les Films de la Pléiade
Producteur/-trice : Pierre Braunberger
Avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Michèle Mercier, Nicole Berger, Serge Davri, Claude Mansard, Richard Kanayan, Albert Rémy, Jean-Jacques Aslanian, Daniel Boulanger, Claude Heymann, Alex Joffé, Boby Lapointe, Catherine Lutz, Alice Sapritch
Auteur : François Truffaut
Marcel Moussy nach David Goodis' Roman "Down There"
Distributeur : Roissy Films
Son : Jacques Gallois
Sur Arte le 7 octobre 2018 à 22 h 30
Au Cercle Bernard Lazare le 28 février 2019 à 15 h

"Un taxi pour Tobrouk" réalisé par Denys de La Patellière
France, Espagne, 1960, 90 minutes
Image : Marcel Grignon
Montage : Jacqueline Thiédot
Musique : Georges Garvarentz
Production : Franco London Films, S.N.E. Gaumont, Procusa, Continental Film
Réalisation : Denys de La Patellière
Scénario : Michel Audiard, Denys de La Patellière, René Havard
Acteurs : Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Hardy Krüger
Germán Cobos

« Aznavour en concert. Paris 2015  », par Marc di Domenico
86 min
Sur Arte les 3 janvier 2015 à 17 h 45 et 6 janvier 2015 à 3 h 15, 11 décembre 2017 à 0 h 00, 7 octobre 2018 à 17 h 45
Visuels : © Marc di Domenico

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sur le concert viennent d'Arte. Cet article a été publié le 2 janvier 2016, puis les 1er novembre et 11 décembre 2017, 22 mars et 2 octobre 2018.

mercredi 27 février 2019

« Les Croisés, une brève histoire de la Terre sainte »


Arte diffusa sur son site Internet, dans le cadre d’Invitation au voyage (Stadt Land Kunst), « Matisse en Bretagne / Terre sainte / Floride  » (Matisses Bretagne / Das Heilige Land / Die Florida-Keys) par Fabrice Michelin. Visible sur Internet, « Les Croisés, une brève histoire de la Terre sainte » évoque, avec un vocabulaire biaisé, le royaume latin de Jérusalem (1099-1291).
Linda Lorin invitait à découvrir « trois lieux qui appartiennent à notre patrimoine artistique, culturel et naturel ». 

Dans ce volet : « En Bretagne, Matisse libère le fauve - Les croisés, une brève histoire de la Terre sainte - L’incontournable : en Floride, les Keys ».

En 1078, les Turcs seldjoukides conquièrent Jérusalem.

« À la fin du XIe siècle, alors que les Seldjoukides interdisent aux chrétiens l’accès au tombeau du Christ, le pape Urbain II lance l’ordre de conquérir Jérusalem ».

La Première croisade (1096-1099) se déroule en réponse à l’appel du pape Urbain II au concile de Clermont (27 novembre 1095) pour aider l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène ainsi que les chrétiens d’Orient et libérer la Terre Sainte.

Le 15 juillet 1099, les croisés s'emparent de Jérusalem. Sont fondés les États latins d’Orient qui disparaissent en 1291 avec la chute d'Acre. Ce royaume chrétien institué en Orient était constitué d'un domaine royal et de quatre fiefs principaux ; tous cinq avaient des vassaux. Les principaux fiefs du royaume de Jérusalem étaient le comté de Jaffa - la seigneurie d'Ascalon, la seigneurie d'Outre-Jourdain, ou de Montréal, la principauté de Galilée, ou de Tibériade, et le comté de Sidon.

Cette « première croisade donne naissance au royaume latin de Jérusalem, lequel a façonné la Terre sainte pendant près d’un siècle ».

Hugues de Payns part s’installer à Jérusalem. Il y fonde en 1118-1120, un quart de siècle après la conquête de la ville par les chrétiens, la confrérie des « pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon », chargée d’assurer la sécurité des pèlerins ». Son seigneur, le comte de Troyes Hugues Ier, le rejoint rapidement, et devient templier.

Assurés du soutien de Bernard, le célèbre abbé de Clairvaux, les frères du Temple constituent en 1129 le premier ordre religieux-militaire de la chrétienté. « Moines et soldats, faisant vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, ils vouent leur existence à la défense de la Terre sainte, jusqu’à la mort ». La mission que s’est fixé l’Ordre : protéger les pèlerins qui se dirigent vers l’Orient, les Lieux saints. Au service du roi de Jérusalem, l’Ordre défend les chrétiens. Les templiers participent aux batailles des croisades.

Contrôlé par les chrétiens durant les croisades (1044-1187 et 1191-1291), Akko ou Saint-Jean-d'Acre est alors une cité-port carrefour par où "transitent pèlerins et commerçants", notamment italiens qui disposent de leur quartier. Des découvertes archéologiques ont mis en valeur la ville souterraine des Croisés - les Mamelouks avaient détruit les niveaux supérieurs pour construire leur ville. Après la chute de Jérusalem (1187), Acre devient le siège du "royaume de Jérusalem".

Les "Croisés ont appris l'utilisation des échalotes de la ville d'Ashkelon, l'utilisation des tapis. Savons, oranges et épices garnissent les marchés européens".

Ce film retrace, grâce à des illustrations médiévales et une carte, ce que fut ce Royaume chrétien doté de châteaux, des forteresses au système militaire élaboré, notamment près du lac de Tibériade, pour protéger les plaines des attaques musulmanes, et ses héros, dont Godefroy de Bouillon, premier souverain de ce royaume chrétien et avoué du Saint-Sépulcre, et le roi Richard Cœur de Lion.

Il évoque, sur le même plan, les massacres des juifs dans les synagogues et ceux des musulmans, conquérants ayant imposé la dhimmitude et interdit aux chrétiens tout accès à leurs lieux saints (Saint-Sépulcre) à Jérusalem, en 1099. De manière erronée et anachronique, il évoque une "Palestine médiévale" (?!) et présente Jérusalem comme un lieu sacré pour les trois religions monothéistes. Il élude le djihad.

En outre, il s'attarde sur l'échoppe à Jérusalem d'un commerçant effectuant des tatouages, une "tradition ancestrale dont les Croisés ont fait la renommée". Le judaïsme interdit le tatouage. 

On peut regretter que les auteurs du film n'aient pas évoqué l'origine du vin blanc Chardonnay : les Croisés auraient rapporté de Jérusalem ce cépage dénommé « Porte de Dieu » (Cha’ar – porte, Adona’ï – Dieu). 


« Matisse en Bretagne / Terre sainte / Floride   » par Fabrice Michelin
France, Elephant Doc, 2018, 39 min
Sur Arte le 28 décembre 2018 à 16 h 40, sur le site Internet du 28/12/2018 au 25/02/2019
Visible sur Internet 

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Les citations sont d'Arte et du reportage.

Les Juifs dans l’orientalisme



Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) a présenté l’exposition éponyme assortie d’une catalogue magnifique et passionnant. Un parcours dans la peinture orientaliste montrant la « représentation et l'imaginaire du Juif comme « oriental » dans l'art, de 1832 à 1929 ». Eclairée par des quêtes spirituelles, identitaires et artistiques ainsi que par les découvertes archéologiques et les périples en Orient, une présence picturale complexe où se mêlent fascination, curiosité, sensualité, essentialisation, stéréotypes, sensibilité, fantasmes, etc. Le 27 février 2019, de 14 h à 16 h, le mahJ propose "Les artistes et l’Orient", atelier pédagogique pour enfants de 8 à 12 ans. 

Les Orientales
Les Juifs dans l’orientalisme 
Une passion pour Delacroix : la collection Karen B. Cohen 
De Delacroix à Matisse. Dessins du musée des Beaux-arts d'Alger 

L’orientalisme vise les œuvres artistiques ayant pour thématique commune l’Orient, vaste espace allant de l’Afrique à l’Asie. Un courant mêlant politique et culture : littérature, peinture, sculpture, photographie, etc. et qui connaît un plein épanouissement au XIXe siècle.

Eugène Delacroix, Théodore Chassériau, Alfred Dehodencq, Jean Lecomte du Nouÿ, Wilhelm Gentz, Charles Cordier, Lucien Lévy-Dhurmer, David Roberts, Thomas Seddon, Jean-Léon Gérôme Gustav Bauernfeind, Alexandre Bida, Gustave Moreau, Alexandre Cabanel, Horace Vernet, Lawrence Alma-Tadema, William Holman Hunt, James Tissot, Maurycy Gottlieb, Lesser Ury, Zeev Raban, E.M. Lilien, Abel Pann, Reuven Rubin, Nahum Gutman… Au MAHJ, les œuvres de ces artistes, nourris aussi parfois de leurs lectures des Mille et une nuits – traduction au XVIIIe siècle - et d’auteurs, romantiques ou non, ayant visité l’Orient, de Chateaubriand à Victor Hugo et Pierre Loti.

La représentation du Juif comme Oriental
Ces oeuvres illustrent la curiosité, l’attrait, l’influence, les recherches spirituelles, identitaires et artistiques, les inquiétudes ou les enthousiasmes face à cet Orient - « monde arabe et empire Ottoman ») – que ces artistes explorent.

Et la « présence picturale des Juifs au sein de l’orientalisme du XIXe siècle, au miroir des voyages, de la littérature et de la critique d’art ». Un orientalisme revisité par  Joann Sfar dans les cinq volumes du Chat du rabbin par son évocation de l’Algérie des années 1920, comme le relève avec pertinence Christine Peltre.

L’orientalisme désigne une discipline scientifique dans laquelle les Juifs ont tenu un rôle majeur de pionniers. Puis, après la publication du livre Orientalism d’Edward Saïd (1978, Vintage Books), ce terme est devenu polémique. Les thèses « de l’universitaire américain Edward Saïd… glorifiaient la supériorité et la tolérance de la civilisation islamique et infligeaient un sentiment de culpabilité aux Européens qui s’en délectaient » (Bat Ye’or). Le livre d’Edward Saïd a suscité de vives critiques.

Du début du XIXe siècle à l’aube du XXIe siècle, les Juifs « se sont distingués par le regard à la fois novateur et dépourvu de préjugés qu’ils portaient sur les différents aspects d’une culture avec laquelle ils surent entrer en dialogue intime. Dans cet Orient qu’ils découvrent, parcourent, dont ils exhument les textes et les coutumes, les Juifs jouent au jeu des ressemblances et des différences ».

« Les traits de cet Orient singulier qui fut celui des savants, explorateurs et historiens juifs, aussi éloigné de l’image fantasmée de l’Orient rêvé ou diabolisé du XIXe siècle que de la conception d’un Orient dominé politiquement, comme dans les représentations produites par le XXe siècle ».

Une présentation à nuancer. Certes, des Juifs pro-islamiques ont forgé au XIXe, avec une finalité précise, siècle le mythe de la « coexistence interreligieuse pacifique sous domination musulmane », mais la dhimmitude, avec ses séries de persécutions antisémites, a limité ce dialogue.

Cette belle exposition suscite des critiques sur son absence de rigueur lexical et des interrogations.

Il conviendrait de mettre entre guillemets l’expression « terre d’islam » et, mieux respecter les règles de typographie françaises : « islam » est dépourvu, comme les autres religions de majuscule, alors que les noms de peuples débutent par une lettre capitale.

De plus, l’exposition évoque « le monde arabe » comme s’il était homogène et uniforme, en omettant les Berbères, indigènes distincts des conquérants arabes.

Curieusement, la bibliographie de l’exposition élude le livre incontournable L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam (1148-1912) de David G.Littman et Paul B. Fenton.

La découverte des Juifs en « terre d’islam »
Au début du XIXe siècle, les artistes européens parcourant l’Orient découvrent les diverses communautés Juives des contrées du pourtour méditerranéen.

Une rencontre surprenante qui « offre un visage pittoresque à cet Orient souvent rêvé avant d'être visité ». Un choc devant le chatoiement et la profusion des couleurs, les costumes – turban, toge, keffieh, etc. - la lumière si éblouissante.

« Eugène Delacroix au Maroc, Theodore Chassériau en Algérie, emplissent leurs carnets d'esquisses de figures Juives, qui nourriront de grandes toiles, en particulier la Noce juive de Delacroix (1841) ». En 1834, Zulayka Hajwal (Solika Hatchuel), belle Juive de Tanger enlevée pour être convertie à l’islam, mais restée fidèle à sa foi, est exécutée à Fès (Maroc) pour apostasie. Cette tragédie inspire au peintre français orientaliste Alfred Dehodencq (1822-1882), qui séjourna au Maroc, son tableau L’exécution de la Juive (1861).

Ignorés en France et en Europe, ces Juifs constituent un « groupe identifiable, car ségrégué » en Afrique du Nord. Ils sont généralement soumis au statut humiliant et cruel de la dhimmitude. Les conquêtes française ou italienne les émanciperont.

« Sans doute sont-ils plus accessibles aux voyageurs, en raison des liens familiaux, ou des réseaux, qu'ils peuvent entretenir avec l'Occident. Peut-être sont-ils moins rétifs au portrait. Ils sont des intercesseurs privilégiés du monde arabe ». Par leurs activités commerciales, artisanales ou financières, ils s’avèrent des intermédiaires privilégiés.

La « synagogue, le cimetière, le Shabbat se prêtent à la mise en scène d’une dévotion traditionnelle, mais c’est sans doute la noce qui cristallise le plus l’attention. Le faste de la célébration, les danses, la richesse des costumes fascinent ». Alfred Dehodencq se caractérise par la « variété des peintures que lui inspirent les Juifs du Maroc, notamment ceux de Tanger et Tétouan dont il livre une vision passionnée et vibrante ». Ces peintres du XIXe siècle, restituent dans leurs tableaux les somptueux costumes ou habits d’apparat de velours tramés de fils d’or produits par les artisans Juifs du Maroc, d’Algérie et de Tunisie.

« L’arrière-plan militaire de cette présence française en Afrique du Nord favorise cependant les considérations radiologiques » qui se développent au XIXe siècle ; si « le sculpteur Charles Cordier contredit avec ses portraits algériens une ethnologie hiérarchisante des peuples, l’antisémitisme de quelques artistes prolonge des schémas européens anciens ».

Le voyage en Terre sainte
« L’affaiblissement de l’Empire ottoman, les intrusions militaires françaises et anglaises sur le pourtour de la Méditerranée ouvrent les portes de l’Orient à l’Europe. Dans ce « Grand Tour » des voyageurs occidentaux, célébré par les écrivains autant que par les peintres, qui les mène de l’Egypte à la Turquie, la Terre sainte occupe une place à part ».

Le retour sur les sites du récit biblique répond fréquemment à des « aspirations religieuses. Cependant, un nouveau désir de connaissance guide les études philologiques et les fouilles archéologiques entreprises du pays des Pharaons jusqu’à la Mésopotamie. L’Occident poursuit là une quête de ses origines ».

La Jérusalem « révélée par les artistes est empreinte d’une grande charge symbolique. Les visions romantiques et théâtrales de Louis de Forbin ou de David Roberts traduisent l’éclat mythique de la ville et la mélancolie qu’inspire son long abandon. Si les commentaires des voyageurs sont parfois peu amènes sur le quartier Juif, le spectacle du Mur des lamentations suscite plus d’empathie ».

Alexandre Bida ou Vassily Vereshchagin « livrent des descriptions attentives et sensibles avant tout à la spiritualité du lieu. C’est une même vision spirituelle qui hante les paysages » de Thomas Seddon, et un même souci d’exactitude chez Gustav Bauernfeind dans ses portraits des Juifs de Jérusalem.

La Bible est née en Orient
Une "meilleure connaissance des pays d’Orient et de leurs populations conduit à une évolution remarquable de l’iconographie biblique, où se mêlent étrangement les empreintes des mondes juif, musulman et chrétien, tout en prétendant à davantage d’authenticité".

Cette « quête de vérité ne s’embarrasse pas toujours de perspective historique et semble postuler que les coutumes et les costumes orientaux seraient demeurés figés dans le temps. En particulier, la difficulté à identifier des vestiges liés aux Hébreux et des royaumes d’Israël et de Judée génère d’improbables synthèses ».

Ainsi, Horace Vernet, « imaginant Abraham tel un Bédouin contemporain, ouvre un nouveau chapitre de la représentation du monde de la Bible en opérant une « arabisation » pittoresque, mais discutée ».

Grâce aux découvertes de l’archéologie en Egypte et en Mésopotamie des peintres, tels Lawrence Alma-Tadema ou Edward Armitage, illustrent les épisodes de la vie de Joseph ou l’histoire d’Esther à la cour du grand roi des Perses et des Mèdes dans de talentueuses mises en scène; William Holman Hunt, qui « place Jésus dans une synagogue au milieu de Juifs dont il a fait le portrait lors d’un voyage à Jérusalem, témoigne d’une autre manière de ces télescopages temporels propres à perpétuer des visions imaginaires ».

Les éditions illustrées de la Bible suscitent un engouement notable ; dans le sillage de Gustave Dore, James Tissot « donne chair aux récits bibliques à travers un très large ensemble d’aquarelles nées d’une observation rigoureuse de la Terre sainte autant que du savoir le plus récent sur l’Orient antique ».

La « confrontation avec la réalité de l’Orient ne parvient cependant pas à effacer les fantasmes s’exprimant à travers la figure récurrente de la belle Juive, héroïne guerrière ou femme fatale. Salomé, qui hante les artistes à la fin du siècle, résume à elle seule toute la dangereuse séduction de l’Orient faite femme ».

Une vision érotisée de l’Orient illustrée par ces héroïnes bibliques – pécheresse primitive (Eve), vierges bafouées (Suzanne, Bethsabée, la Sulamite du Cantique des Cantiques, Thamar), séductrice castratrices (Salomé, Hérodiade, Judith, Dalila) - qui fascinent les peintres français du XIXe siècle, quels que soient les mouvements artistiques : orientalisme romantique, symbolisme, etc. Des figures bibliques qui incarnent un amour parfois mortifère, et l’éternel féminin.

Au-delà de l'Afrique du Nord, le « périple en Terre sainte est porteur d'enjeux plus symboliques. Mus par des aspirations religieuses et une nouvelle curiosité archéologique, qui s'applique de l'Egypte à la Mésopotamie, l'Occident poursuit au Proche-Orient une quête de ses origines ». En témoignent les vues de Jérusalem de peintres comme David Roberts ou Thomas Seddon.

Les « empreintes des mondes Juif, arabe et chrétien se fondent alors dans une peinture biblique renouvelée. Un Bédouin devant sa tente incarne une belle figure d'Abraham chez Horace Vernet, tandis qu'une synagogue de Jérusalem abrite un Jésus prêchant chez Tissot ou Hunt ».

L'« orientalisation » de la Bible est « particulièrement sensible dans l'illustration d'épisodes ayant pour cadre l'Egypte (Joseph) ou la Perse (Esther), et tire parti des connaissances acquises sur l'Antiquité ».

À la recherche d’une histoire juive ?
Dans un contexte où « est échue à la peinture la mission d'écrire l'histoire nationale, l'œuvre de quelques artistes Juifs européens s'inscrit aussi dans une problématique identitaire ».

Quelques artistes juifs européens « célèbrent les grandes heures et les tragédies de leur histoire ». Exemple : réinterprété, le thème de l’exil à Babylone devient emblématique de la dispersion Juive et inspire des compositions académiques à Henri-Léopold Levy et à Eduard Bendemann ; celui-ci « réalise un tableau inspiré qui devient rapidement une référence incontournable de l’imagerie juive ». Edouard Moyse « aborde plus directement les scansions d’une histoire plus proche – Inquisition, Révolution, Empire – et s’attache à leur donner une hauteur classique, dans un espace intemporel mêlant Orient et Occident ».

Les peintres Juifs, qui « jouent leur intégration dans la sphère artistique » au XIXe siècle, sont soucieux de reconnaissance générale et préoccupés par leur histoire dans une période de fort activisme des nationalismes.

L’émancipation politique induit aussi un questionnement sur « l’articulation entre judaïsme et christianisme », et se décline en peinture, en raison du poids des thématiques religieuses dans les diverses traditions européennes.

L’œuvre du Polonais Maurycy Gottlieb « constitue le plus fascinant exemple de relecture de la douloureuse relation entre judaïsme et christianisme, et se nourrit des avatars littéraires de cette concurrence ou de cette détestation pour inverser la perspective et mettre en évidence l’histoire partagée des Juifs et des chrétiens, dans une vision universaliste. Maurycy Gottlieb, interroge l'histoire Juive à travers sa représentation littéraire, ou issue du christianisme, en peignant » un Jésus affrontant ses juges ».

Les « nouveaux Hébreux »
Conséquence de l’affaire Dreyfus et de l’antisémitisme vivace en Europe, le sionisme prôné par Theodor Herzl revendique la création d’un « Etat des Juifs » susceptible de mettre un terme à un exil de plus en plus dramatique.

Le mouvement politique se conjugue rapidement d’une dimension culturelle et artistique : élaborer un art national.

Des 1906, s’ouvre à Jérusalem, sous la direction d’artistes européens (Boris Schatz, Abel Pann, Zeev Raban et Ephraim Moses Lilien), une école d’art et d’artisanat « portant le nom de Bezalel – celui-là même qui dans la Bible fut désigné pour construire le sanctuaire du désert –, ayant pour mission d’établir une continuité entre l’Israël antique, l’antiquité biblique, et sa résurrection dans l’Orient contemporain avec une « identité Juive orientale ».

Le projet national et le retour aux sources, conjugués à l’influence des mouvements artistiques alors à la mode – mouvement esthétique, Jugendstil et symbolisme parmi d’autres –, confèrent aux productions artistiques et artisanales de l’école un style qui se veut authentiquement « hébreu ».

Ce style original trouve un nouvel élan avec l’esprit pionnier animant les artistes du « foyer national Juif » dans les années 1920. Ainsi nait « une peinture volontiers teintée de primitivisme, célébrant l’harmonie avec la terre et le paysage, et une paix rêvée entre les hommes, tous attachés à un nouvel Orient ».

Un « art sioniste nait en quête d’une identité hébraïque » (Ygal Zalmona) ou un « sionisme culturel » (Chaïm Weizmann et Martin Buber).

Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux a présenté l'exposition Orientalismes. Collections du musée des Beaux-Arts (26 avril-23 juin 2014). 

Le 4 janvier 2018, de 14 h à 16 h, le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ) proposa Les artistes et l’Orient, un atelier pour enfants 8-12 ans : "Sur les traces des voyageurs (peintres, écrivains, hommes de science, commerçants, pèlerins…), les enfants partent à la découverte des collections provenant d’Orient. Un carnet à la main, ils relèvent les motifs de tissus, de bijoux, de céramiques qu’ils réinterpréteront ensuite pour réaliser un croquis à l’aquarelle".


Le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ) organisa des ateliers pédagogiques/stages les 23, 24 et 25 octobre 2018, de 14 h à 16 h, destinés aux adolescents de 12-15 ans et intitulés "Cliché ! La photographie orientaliste revisitée".  "À partir des collections d’Afrique du Nord conservées au mahJ – peintures, photographies, tenues traditionnelles –, les jeunes participants sont invités à reconstituer des images de l’Orient entre fiction et réalité. Reportage photographique dans le musée, studio, retouche, montage, autant d’activités pour revisiter et actualiser avec humour la photographie orientaliste du XIXe et du début du XXe siècle."

Le 27 février 2019, de 14 h à 16 h, le mahJ propose "Les artistes et l’Orient", atelier pédagogique pour enfants de 8 à 12 ans. "Sur les traces des voyageurs (peintres, écrivains, hommes de science, commerçants, pèlerins…), les enfants partent à la découverte des collections provenant d’Orient. Un carnet à la main, ils relèvent les motifs de tissus, de bijoux, de céramiques qu’ils réinterprèteront ensuite pour réaliser un croquis à l’aquarelle."

Artistes présentés dans l’exposition

Lawrence ALMA-TADEMA (Dronrijp, Pays-Bas, 1836 – Wiesbaden, 1912)

Edward ARMITAGE (Londres, 1817 – Tunbridge Wells, Kent, 1896)

Gustav BAUERNFEIND (Sulz am Neckar, 1848 – Jerusalem, 1904)

Eduard Julius Friedrich BENDEMANN (Berlin, 1811 – Dusseldorf, 1889)

Ateliers de BEZALEL, École d’art et d’artisanat, Jérusalem

Alexandre BIDA (Toulouse, 1823 – Buhl, Haut-Rhin, 1895)

Félix BONFILS (Saint-Hippolyte-du-Fort, 1831 – Ales, 1885)

Alexandre CABANEL (Montpellier, 1823 – Paris, 1889)

Théodore CHASSERIAU (Sainte-Barbe-de-Samana, Saint-Domingue, 1819 – Paris, 1856)

Charles CORDIER (Cambrai, 1827 – Alger, 1905)

Alfred DEHODENCQ (Paris, 1822 – 1882)

Eugène DELACROIX (Charenton-Saint-Maurice, 1798 – Paris, 1863)

Louis Nicolas Philippe Auguste DE FORBIN (La Roque d’Antheron, 1777 – Paris, 1841)

Arieh EL-HANANI (Poltava, Russie, 1898 – Tel-Aviv, 1985)

J. GARRIGUES

Wilhelm GENTZ (Neurippen, 1822 – Berlin, 1890)

Jean-Léon GÉRÔME (Vesoul, 1824 – Paris, 1904)

Marcin GOTTLIEB (Drohobycz, Empire austro-hongrois, actuelle Ukraine, 1867 – Etats-Unis, 1936)

Nahum GUTMAN (Teleneşti, Russie, 1898 – Tel-Aviv, 1980)

John Evan HODGSON (Londres, 1831 – Coleshill, 1895)

William Holman HUNT (Londres, 1827 – 1910)

Jean-Pierre-Marie JAZET (Paris, 1788 – 1871)

Frantisek KUPKA (Opocno, Boheme, 1871 – Puteaux, 1957)

Charles LALLEMAND (?, 1826 – ?, 1904)

Charles LANDELLE (Laval, 1821 – Chennevieres-sur-Marne, 1908)

Jean Jules Antoine LECOMTE DU NOUŸ (Paris, 1842 – 1923)

Henri LEHMANN (Kiel, 1814 – Paris, 1882)

Jean-Baptiste Auguste LELOIR (Paris, 1809 – 1892)

Alexandre LEROUX (Beziers, 1836 – Alger, 1912)

Henri-Léopold LÉVY (Nancy, 1840 – Paris, 1904)

Lucien LEVY-DHURMER (Alger, 1865 – Le Vesinet, 1953)

Ephraïm Moses LILIEN (Drohobycz, Pologne, 1874 – Badenweiler, 1925)

Pinchas LITVINOVSKY (Novo Georgievsk, Russie, 1894 – Jerusalem, 1985)

James MCDONALD (?, 1822 – ?, 1885)

Princesse MATHILDE (Mathilde Letizia Wilhelmine Bonaparte) (Trieste, 1820 – Paris, 1904)

Émile MARQUETTE (Douai, 1839 – ?, apres 1889)

Gustave MOREAU (Paris, 1826 – 1898)

Aimé-Nicolas MOROT (Nancy, 1850 – Dinard, 1913)

Félix-Jacques MOULIN (Paris, 1802 – 1875)

Édouard MOYSE (Nancy, 1827 – Paris, 1908)

Israel PALDI (Berdiansk, Russie, 1892 – Tel-Aviv, 1979)

Abel PANN (Kreslawka, Russie, 1883 – Jerusalem, 1963)

Zeev RABAN (Lodz, 1890 – Jerusalem, 1970)

David ROBERTS (Stockbridge, 1796 – Londres, 1864)

James ROBERTSON (?, 1813 – ?, 1888)

Reuven RUBIN (Galaţi, Roumanie, 1893 – Tel-Aviv, 1974)

Auguste SALZMANN (Ribeauville, 1824 – Paris, 1872)

Boris SCHATZ (Varniai, Lituanie, 1867 – Denver, Etats-Unis, 1932)

Thomas SEDDON (Londres, 1821 – Le Caire, 1856)

Jacques Joseph, dit James, TISSOT (Nantes, 1836 – Chenecey-Buillon, 1902)

Lesser URY (Birnbaum, aujourd’hui Międzychod, province de Poznan, 1861 – Berlin, 1931)

Vassily VERESHCHAGIN (Tcherepovets, Russie, 1842 – pres de Port-Arthur, 1904)

Horace VERNET (Paris, 1789 – 1863)

George Washington WILSON (Aberdeen, 1823 – ?, 1893)


Les Juifs dans l’orientalisme. Musée d’art et d’histoire du Judaïsme et Skira-Flammarion, 2011. 200 pages. ISBN : 978-2081277120. 35,50 €


Jusqu’au 8 juillet 2012
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Du dimanche au vendredi de 10 h à 18 h, nocturnes les mercredis jusqu’à 21 h
Les citations sont extraites du dossier de presse.

Visuels :
Affiche
Théodore Chassériau, Juives d’Alger au balcon
1849
Musee du Louvre
c Daniel Arnaudet, RMN, Paris

Félix-Jacques Moulin, Juif et Juive de Constantine
Algerie, 1856
Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie
Eugène Delacroix, Mariée juive au Maroc
1852 [?]
Collection Ethel LeFrak et la famille LeFrak
c Adam Reich / Collection Ethel LeFrak et famille LeFrak

Jean-Léon Gérôme, Vieux marchand juif et Arabes
Avant 1883
Amsterdam, Stedelijk Museum, depot de longue duree au Amsterdams Historisch Museum

Lesser Ury, Moïse regarde la Terre Promise avant sa mort
1828
Judisches Museum Berlinc Jens Ziehe / Judisches Museum Berlin

Lawrence Alma-Tadema, Joseph gardien des greniers de Pharaon
1874
New York, Dahesh Museum of Art

Gustave Moreau, Salomé
Vers 1874-76
Musee national Gustave-Moreau, Paris
c Christian Jean / Réunion des musées nationaux, Paris

Maurycy Gottlieb, Le Christ devant ses juges
1877-79
The Israel Museum, Jerusalem
c Elie Posner / The Israel Museum, Jerusalem

Reuven Rubin, Les Vendeurs de légumes
1923
Tel-Aviv, Phoenix Collection



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Monde arabe/Islam 
Cet article a été publié le 5 juillet 2012, puis les 24 avril et 22 juin 2014, 4 janvier et 23 octobre 2018.