Citations

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vendredi 30 avril 2021

Les Studios Eclair de 1907 à 2021


En 2007, Epinay-sur-Seine, ville dans la banlieue au nord de Paris (Seine-Saint-Denis), et la Cinémathèque française ont célébré le centenaire de ses industries cinématographiques par une exposition  didactique retraçant l’histoire des studios et laboratoires Eclair, « des hommes forts de l’entreprise, des innovations techniques créées – Caméflex et caméras légères utilisées par la Nouvelle vague - et des nombreux films qui y ont vu le jour ». Depuis le 18 juin 2015, la firme Eclair, leader dans la restauration de films, était en redressement judiciaire. En 2018, la municipalité a acheté le site des laboratoires qui sera transformé en quartier artistique et culturel.

L'enfance d'Alexandre Arcady

En 24 panneaux illustrés, Marc Sandberg, petit-fils de Serge Sandberg et auteur de la scénographie, des textes et fiches de l’exposition Les Studios Eclair de 1907 à 2007, assisté d’Olivier Sandberg, ont décrit les mutations d’une société devenue en 2003 le premier laboratoire de postproduction photochimique et numérique d’Europe.

Distinguant plusieurs périodes phares, cette exposition didactique a souligné le dynamisme des fondateurs, Charles Jourjon et Ambroise Parnaland, qui en moins de cinq ans, et par une production variée - séries comiques et scientifiques, l’Eclair-Journal – ont hissé leur firme, la société française des films l’Eclair, au 3e rang mondial de l’industrie cinématographique. 

"La Ville d'Épinay-sur-Seine accueille ses premiers tournages en 1907. Les studios Éclair rivalisent alors avec Pathé et Gaumont pour devenir un incontournable dans le paysage cinématographique. Retour sur un rêve français."

"C’est sur l’ancienne propriété du comte de Lacépède, située avenue de Lattre de Tassigny, que l’industriel parisien Charles Jourjon décide de fonder la société Éclair, le 22 avril 1907. La propriété, située au cœur d’un parc de 4 hectares comptant une grande variété d’essences d’arbres, le ru d’Enghien et sa presqu’île servent alors de décors naturels aux premiers films muets. Un studio y est ensuite construit avec un atelier de décors et, grâce à l’arrivée d’un transformateur électrique en 1911, les tournages ne sont plus soumis aux caprices de la météo."

"Au vu du succès de l’entreprise, Joseph Menchen, producteur de cinéma autrichien, s’installe à son tour à Épinay-sur-Seine, dans l’ancienne propriété de Madame d’Épinay, rue du Mont. Il y fait construire un studio de tournage et en confie la direction artistique au dramaturge Michel Carré. Le plateau de 40 x 22 mètres est alors éclairé de façon naturelle par une grande verrière. Ce studio sera ensuite mis au noir en 1924. En 1914, la guerre éclate et Joseph Menchen doit quitter la France. Charles Jourjon en profite pour récupérer le studio de son concurrent."

A la fin de la Première Guerre mondiale, des problèmes ont amené la direction à faire appel à de nouveaux partenaires, notamment Serge Sandberg (1879-1981), exploitant de salles d’origine lituanienne qui fonda la société SIC Eclair et relança l’orchestre Pasdeloup en 1918.

"En 1920, l’ancien studio de tournage de films muets, ainsi que le magasin de décors d’origine, avenue de Lattre de Tassigny, sont réaménagés en studios d’enregistrement et de synchronisation sonore, s’appelant d’abord « L’Usine Éclair » avant de devenir « Les Laboratoires Éclair ». En 1929, ce studio sera loué à la société anonyme des films sonores Tobis qui en fera le premier studio sonore français. Le début de la fin pour les films muets ! Mais après la guerre, en 1955, Les Laboratoires Éclair s’adaptent encore une fois à l’arrivée de nouvelles techniques pour pouvoir traiter les pellicules couleur."

Avec le film parlant, ces studios ont été choisis en particulier par la société Albatros d’Alexandre Kamenka pour le tournage d’œuvres de Jean Epstein, Jacques Feyder (La Kermesse héroïque) ou René Clair (« Sous les toits de Paris ») dans les décors de Lazare Meerson, assisté d’Alexandre Trauner.

En 1930, Serge Sandberg a revendu à Charles Jourjon tous les actifs d’Eclair sauf les studios de la rue du Mont loués avec promesse de vente à la société des films sonores Tobis…

"Trois autres plateaux de tournage sont, par la suite, construits sur le site de la rue du Mont, dont le plateau F en 1961, celui que l’on voit en arrivant par le pont d’Épinay. Sa forme trapézoïdale permet alors la reconstitution de rues, de carrefours et même d’un quartier entier, une offre inédite pour les réalisateurs à l’époque. Les Laboratoires Éclair règnent alors en maître à Épinay-sur-Seine, concentrant les activités de tournage et de traitement des pellicules."

En complément de cette exposition, étaient diffusés des films tournés par ou dans les studios Eclair de 1913 à 1920.

Depuis le 18 juin 2015, la firme Eclair, leader dans la restauration de films, est en redressement judiciaire

En 2018, la municipalité a acheté le site des laboratoires qui sera transformé en quartier artistique et culturel.

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié par L'Arche, et sur ce blog les :
- 26 novembre 2014. La Cinémathèque française a présenté l'exposition Profession Chef décorateur (3 décembre 2014-28 juin 2015). Un hommage à Bernard Natan, a été rendu le 26 novembre, à 18 h au siège de la Fémis, 6 rue Francoeur, 75018 Paris, qui abrita la société Rapid films, dirigée par Bernard Natan (1886-1942), Juif français né en Roumaniepionnier visionnaire du cinéma françaisproducteur talentueux, spolié - une spoliation évoquant celle du Dr Lionel Krief -, et diffamé par des rumeurs infondées le présentant à tort comme un escroc, puis assassiné à Auschwitz ;
- 8 juillet 2015. 

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