Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 31 juillet 2019

La Fraction Armée rouge (RAF) allemande


La Rote Armee Fraktion (Fraction Armée rouge), mouvement gauchiste terroriste allemand créé en 1968 par Andreas Baader et Ulrike Meinhof, actif de 1968 à 1998, et ayant établi des liens avec ses homologues palestiniens, notamment Septembre Noir, contre l’Etat d’Israël. Deux documentaires l'évoquent : « Une jeunesse allemande » (Eine deutsche Jugend) par Jean-Gabriel Périot et « L'Allemagne à l'heure de la RAF  » de Felix Moeller qu'Arte diffusera le 1er août 2019.

          
En 1968, en République fédérale d’Allemagne (RFA), Andreas Baader et Ulrike Meinhof fondent la Rote Armee Fraktion (Fraction Armée rouge, FAR ou RAF), mouvement gauchiste terroriste allemand, actif dans la contestation politique du régime démocratique jusqu’en 1998, année où il a opéré sa dissolution.

La FAR organise des attentats contre des grands magasins francfortois le 3 avril 1968. Arrêtés le lendemain, Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Thorwald Proll et Horst Söhnlein sont condamnés le 31 octobre 1968 à trois ans de prison. Bénéficiant de la libération provisoire le 13 juin 1969, ils entrent dans la clandestinité. Baader est arrêté dès avril 1970, s’évade en mai...

Le 5 juin 1970, Agit 883 publie le texte « Bâtir l’armée rouge », insistant sur le caractère indispensable de la violence et promouvant la guérilla urbaine : « Favoriser la lutte des classes - Organiser le prolétariat - Commencer la résistance armée ». 

Les victimes de la FAR : des policiers allemands et néerlandais, des soldats américains, des attachés de l’ambassade de RFA à Stockholm (Suède), un procureur général et son chauffeur, un directeur de banque, Hanns Martin Schleyer, représentant du patronat allemand et ancien nazi, des douaniers hollandais, une cliente de banque tuée lors d’un braquage, etc.

En 1974, après s’être rendu à la prison où est détenu Baader à Stuttgart, le philosophe Jean-Paul Sartre s’indigne, lors d’une conférence de presse, des conditions d’emprisonnement des dirigeants de la FAR dans le quartier de haute sécurité de Stammheim. Mais il a confié à Daniel Cohn Bendit combien il trouvait Baader « con ».

Le 6 mai 1976, Ulrike Meinhoff se pend dans sa cellule.

Le 18 octobre 1977, les gardiens de la prison de Stammheim, à Stuttgart, découvrent Andreas Baader, âgé de 34 ans, Gudrun Ensslin, âgé de 34 ans, Jan-Carl Raspe, âgé de 32 ans, et Irmgard Möller, quatre membres de la FAR, inanimés dans leurs cellules du 7e étage de cette prison. Seule Irmgard Möller survit. Les trois autres succombent à leurs blessures par armes à feu ou pendaison. La police conclut à des tentatives de suicides. Ce même jour, la FAR tue Hanns Martin Schleyer qu’elle avait enlevé et séquestrait depuis le 5 septembre. Via Libération, la FAR informe que son cadavre se trouve à Mulhouse, en France. Peu auparavant, l’unité antiterroriste allemande GSG9 avait libéré à Mogadiscio (Somalie) les 91 otages du Boeing de la Lufthansa en tuant trois terroristes du commando « Martyr Halimeh » qui avait réclamé la libération des quatre détenus de la FAR.

« Une jeunesse allemande » 
« Une jeunesse allemande » (Eine deutsche Jugend) est un documentaire franco-allemand réalisé par Jean-Gabriel Périot (2016). « Un poignant et magistral récit en archives qui fait résonner au présent le choix de la lutte armée, après 1968, par une frange de la jeunesse allemande en révolte. »

« Quand je repense aujourd'hui, trente ans après, à l'automne 1977, je ne crois pas que notre attitude ait été erronée. Je n'en suis pas moins conscient que nous portons une part de responsabilité dans la mort de Hanns-Martin Schleyer », a écrit l'ancien chancelier Helmut Schmidt dans Ausser Dienst (éd. Siedler, Munich).

Ancien ministre vert des Affaires étrangères, Joschka Fischer, « qui, au début des années 1970, fit partie du milieu « alternatif » de Francfort, a expliqué qu'il comprit l'importance de la renonciation à la violence quand les membres du commando de Mogadiscio commencèrent à trier les passagers juifs et les non-juifs ».

Quant à Karl-Heinz Dellwo, il a participé à l’âge de 23 ans à la prise d’otages à l’ambassade de RFA à Stockholm en 1975. Il a été condamné en 1977 à une « double perpétuité » et a été libéré au terme de vingt ans de prison. A Hambourg, il dirige une société de production de films documentaires et a fréquenté les milieux altermondialistes. En 2007, il a expliqué son engagement par le contexte politique en RFA : mort de Benno Ohnesorg, étudiant tué par un policier en 1967 lors d'une manifestation contre la venue du Chah Mohammad Reza Pahlavi à Berlin-Ouest, « dialogue impossible entre les générations dans un pays sortant à peine de la dictature » nazie. 

« On a l'air de considérer que nous vivions alors dans une société heureuse et satisfaisante, comme s'il n'y avait pas eu de guerre du Vietnam ni de colonialisme, comme si la République fédérale n'avait pas été créée sur une histoire criminelle et comme si presque tous les nazis n'avaient pas été intégrés dans la nouvelle société. Un des aspects de la RAF est que nous avons voulu mener la résistance au nazisme que nos parents n'avaient pas faite. Je ne cherche pas à me justifier. Chaque mort était de trop et la violence révolutionnaire reste de la violence, mais je refuse d'entrer dans un débat qui renierait l'Histoire... Dans les années 1960, les mouvements de libération étaient tous liés à la lutte armée : la Fraction armée rouge n'est pas tombée du ciel. Il y a eu des actions, lors de la lutte armée, qui étaient incontestablement fausses et illégitimes et dont on doit avoir honte aujourd'hui. Mais nous avons passé des décennies en prison pour cela. Aujourd'hui, des journalistes m'appellent et, sans même s'être présentés, me demandent par trois fois si je regrette. Que nous ayons purgé de lourdes peines de prison ne leur suffit pas. Comme si nous en étions sortis intacts, ils veulent encore nous casser moralement - ce que je ne peux ni ne veux accepter », a confié Karl-Heinz Dellwo, ancien membre de la RAF, à L’Express (22 mars 2007). Sous le nazisme, son père a été chassé du lycée : il avait pour mère une « demi-juive ».

Le 19 février 2016, Dieter Dehm, député du parti antilibéral Die Linke, « a reconnu dans le quotidien Bild que Christian Klar », ancien membre de la « deuxième génération » de la FAR, entré en clandestinité en 1976, arrêté en 1982, condamné en 1985 notamment pour neuf assassinats et détenu en prison pendant 26 ans, libéré en 2008, « travaillait pour lui depuis plusieurs années afin de gérer sur le plan technique son site internet et d'autres contenus en ligne, et qu'il lui avait donné à ce titre plusieurs fois accès à la chambre des députés à Berlin, le Bundestag ». Il a ainsi motivé son recrutement : « Christian Klar est aujourd'hui un citoyen comme les autres, il a effectué sa peine et depuis sa sortie de prison il ne s'est rendu coupable de rien ». Une révélation qui a suscité une polémique outre-Rhin.


« Années de plomb »

« Une jeunesse allemande s'ouvre sur une question, en voix off, de Godard : « Est-ce qu'il est encore possible de faire des images aujourd'hui, en Allemagne ? » Il se clôt sur des extraits du film L'Allemagne en automne, réalisé en 1978 par Fassbinder sous le choc de la mort en prison, officiellement par suicide, d'Andreas Baader et de Gudrun Esslin, deux des membres de la Rote Armee Fraktion (Fraction Armée rouge, RAF). Le cinéaste s'y met en scène, hors de lui, face à sa propre mère, laquelle professe son désir d'un « dirigeant autoritaire qui serait bon, aimable et raisonnable ».

« Entre ces deux séquences, Jean-Gabriel Périot déploie l'histoire, racontée d'abord par leurs images et leurs mots, puis, à partir du moment où la République fédérale allemande (RFA) a fait d'eux les ennemis publics absolus, par les journaux et reportages télévisés, de quelques-unes des figures de la RAF : Ulrike Meinhof, la journaliste au verbe clair, qui met brillamment en cause l'ordre établi, dans le mensuel de gauche Konkret et à la télévision, ou Holger Meins, l'émule de Dziga Vertov, qui avec ses camarades de la DFFB, l'école de cinéma de Berlin inaugurée en 1966, documente la révolte des étudiants et la répression policière ». 

Il « met en scène des films d'abord joyeusement combatifs, puis de plus en plus rageurs, où apparaissent aussi Baader et Esslin, ou encore Horst Mahler, l'avocat socialiste qui ferraille contre l'État policier dans les prétoires ».

« D'une intensité constante, le montage magistral des archives, dépourvu de tout commentaire, met en évidence la répression et la surdité opposées par le pouvoir et sa police, appuyés par les médias, notamment le tout-puissant groupe Springer, à la rébellion d'une partie de la jeunesse ». 

« Vingt ans après la chute du nazisme, celle-ci dénonce l'amnésie historique et l'injustice sociale qui fondent le miracle économique, et crie dans la rue sa colère contre les faux-semblants de la démocratie ». 

« En montrant combien l'aventure sanglante des leaders de la RAF fut aussi la conséquence de cette violence d'État, Jean-Gabriel Périot en restaure la dimension tragique. Il fait aussi résonner au présent la force intacte de cette révolte et le poids de son échec ».

« La singularité de la RAF, c’est qu’elle avait fabriqué des images. Meinhof était une journaliste de télévision en plus de la presse écrite, Holger Meins était réalisateur, Gudrun Ensslin avait joué dans un film… Je n’ai pas eu besoin de l’écrire ou de la penser comme telle, mais il est indéniable que ce qui m’a touché, c’est le côté tragique de cette histoire. Sa part de mythologie, de tragédie grecque : avec des enfants qui vont mourir, à cause de leurs pères et de cette histoire du nazisme qui les dépasse. Car il s’agit d’une génération d’enfants auxquels on a montré Nuit et brouillard de Resnais et qui, une fois revenus à la maison, ont forcément questionné leurs parents », a déclaré le réalisateur (Télérama, 15 octobre 2015).

Et de poursuivre : « Il y a une dimension de gâchis terrible, à mes yeux très incarnée dans les dernières images d’archives de Ulrike Meinhof, deux mois avant la fondation de la RAF, où elle apparaît très atteinte. Sur son visage et dans la manière dont elle parle, quelque chose a changé. Physiquement, on sent que rien n’a marché dans tout ce qu’elle a entrepris jusque-là, qu’elle est découragée, qu’elle porte de grandes failles. Se profile alors très nettement un moment de crise, d’impasse qui va se révéler tragique ».

Ce documentaire a été présenté en particulier au Festival international du film documentaire Docaviv  en Israël.

« L'Allemagne à l'heure de la RAF  » 
Arte diffusera le 1er août 2019 « L'Allemagne à l'heure de la RAF » (Sympathisanten. Unser deutscher Herbst) de Felix Moeller, documentariste auteur des "Films interdits du IIIe Reich". « Plongée dans les mémoires des "sympathisants" de la Rote Armee Fraktion (RAF) : des artistes, intellectuels ou religieux accusés de complaisance avec la "bande à Baader", violemment traqués par l’État ouest-allemand et les médias ». Parmi les personnalités interviewées : Margarethe von Trotta, mère du réalisateur, Volker Schlöndorff, Peter Schneider, Marius Müller-Westernhagen, Daniel Cohn-Bendit.

« Dans les années 1970, la Rote Armee Fraktion (la RAF, Fraction armée rouge), organisation d’extrême gauche, choisit la lutte armée pour s’opposer au pouvoir ouest-allemand, au libéralisme et à l’impérialisme américain. Dans un pays qui peine encore à assumer son passé nazi, des personnalités de gauche, assimilées à des "sympathisants" de la RAF, sont alors pourchassées par le gouvernement et les médias, dont le tout-puissant groupe de presse Springer. Inventée par les journaux, cette étiquette (un néologisme en allemand) instaure dans le pays un virulent climat de délation. Comme le prix Nobel de littérature Heinrich Böll, Margarethe von Trotta et Volker Schlöndorff, figures de proue du cinéma politique allemand et par ailleurs mère et beau-père du réalisateur Felix Moeller, ont été accusés de faire le lit de l’organisation terroriste. »

« Construit autour des carnets personnels de Margarethe von Trotta, le film éclaire sous un angle inédit les "années de plomb" allemandes en brossant le portrait d’une génération de partisans de gauche, déchirée entre ses idéaux révolutionnaires et ses doutes vis-à-vis de la lutte armée. Nourri de nombreuses images d’archives et de témoignages – ceux des deux cinéastes, mais aussi de Daniel Cohn-Bendit, René Böll, fils du prix Nobel, Peter Schneider, écrivain et d'anciens membres de la RAF –, le film retrace avec acuité la rage contestataire d’une époque, la chasse aux sorcières menée contre les militants de gauche et le climat de violence qui pesait sur la société allemande, sans occulter les stratégies de manipulation de la "bande à Baader" et les raisons de son échec. »

Israël
La FAR a noué des relations avec les terroristes palestiniens, notamment avec Septembre Noir, contre l’Etat d’Israël. 

Ses membres s’entraînaient dans les camps du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), ont participé au détournement de l’avion d’Air France à Entebbe en juin 1976… 

Lors de la prise d’otages durant les Jeux olympiques de Munich 1972, les terroristes palestiniens ont exigé notamment la libération de terroristes de la FAR emprisonnés.

« Le terrorisme de gauche aurait existé en Allemagne, même sans le soutien des Palestiniens. Les contacts n'en ont pas moins été réels : débutant en 1969-1970, ils se sont poursuivis pendant toute la durée de la lutte armée en Allemagne jusqu'aux années 90. Des militants des futurs groupes de l'ultragauche se sont rendus en Jordanie, au cours des étés 1969 et 1970, pour y suivre des camps d'entraînement à la lutte armée. A l'autre bout de la chaîne, une terroriste de la RAF a fourni une assistance logistique à un groupe palestinien auteur de » l'attaque près de l’aéroport de Budapest (Hongrie), en 1991, d'un bus de Juifs russes souhaitant faire leur aliyah, a déclaré à Libération  Thomas Skelton-Robinson, historien britannique, un des auteurs de l'ouvrage collectif La RAF et le terrorisme de gauche.

Et de préciser : « Des liens existaient aussi avec des pays tels que l'Algérie, la Libye, la Syrie, le Yémen du sud et surtout l'Irak jusqu'en 1979. Ces pays ont moins soutenu le terrorisme de gauche allemand que l'action des alliés palestiniens de ces terroristes. Mais ils savaient ce qu'ils faisaient et des témoins parlent de contacts directs entre certains membres de la RAF et les services de renseignement irakiens par exemple. Ces pays ont d'ailleurs soutenu toutes sortes de groupes du terrorisme international. L'Algérie, par exemple, a soutenu les Black-Panthers au début des années 70, la Libye a soutenu l'IRA [Armée républicaine irlandaise, ndlr]. Les terroristes de gauche allemand se sont retrouvés, à leur insu, impliqués dans de complexes conflits et querelles d'intérêt qui les dépassaient. En Allemagne, nombre de militants de la lutte armée venaient des mouvements pacifistes et avaient refusé de faire leur service militaire. Il leur fallait acquérir l'expérience de la lutte armée. Par ailleurs, les groupes terroristes allemands se considéraient comme une part d'un vaste mouvement anti-impérialiste… Un groupuscule a commis un attentat raté contre des locaux de la communauté juive de Berlin, le 9 novembre 1969, jour anniversaire de la Nuit de cristal. L'action a été justifiée après coup dans un appel critiquant la position dominante de la gauche allemande de l'époque : «La Palestine est pour la RFA et l'Europe ce que le Vietnam est aux Américains». Ulricke Meinhof a également pris position en septembre 1972 dans un long article après le massacre des athlètes israéliens de Munich appelant Moshe Dayan « le Himmler » d'Israël. Mais le plus souvent, les terroristes allemands, dans un pays hanté par l'Holocauste, se sont arrangés pour ne pas avoir à se justifier de ces crimes contre des juifs. Ils ne se considéraient pas comme antisémites, mais comme « antisionistes ». La différence est ténue lorsque des terroristes allemands séparent les juifs des autres otages lors d'un détournement d'avion en 1976. Dès le début des années 80, les groupes allemands, tout comme leur principal soutien arabe, le FPLP-SC [Front de libération de la Palestine-Commandement spécial], ne sont plus les bienvenus en Irak après l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979. Ne subsistent que des liens épars, avec quelques terroristes isolés, comme Carlos. Mais de nombreux membres de la RAF trouvent refuge en RDA (République démocratique d’Allemagne). On suppose que l'Allemagne de l'Est a proposé cette solution pour rendre service aux groupes palestiniens. Il ne faut pas oublier que l'Union soviétique a longuement soutenu les groupes palestiniens, qu'elle a utilisés comme source d'information sur le Moyen Orient ». 


« L'Allemagne à l'heure de la RAF » de Felix Moeller
Allemagne,  Blueprint Film, Rundfunk Berlin-Brandenburg (RBB), Südwestrundfunk (SWR), 2018, 90 min
Sur Arte le 1 août 2019 à 02 h
Visuels : © Börres Weiffenbach/Blueprint Film

« Une jeunesse allemande » par Jean-Gabriel Périot
Allemagne, France, 2016, 93 min

Visuels :
Studentenprotest
Als die dffb besetzt wurde, wurde sie umbenannt in Dziga-Vertov-Akademie
Holger Meins bei der Eröffnung der Deutschen Film- und Fernsehakademie Berlin (dffb) durch Willy Brandt
Ulrike Meinhof zu Gast in der Talk-Runde "?Die ausgehöhlte Autorität?"
Filmausschnitt aus ?"The Green Beret?" von Carlos Bustamante aus dem Jahr 1968
Ausschnitt aus einem Übungsfilm für ein dffb-Kameraseminar: „Farbtest. Die Rote Fahne“ von Gerd Conradt (1968)
© W-film Distribution/Local Films

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations sur le documentaire proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 23 mai 2018.

« Bazar d’Orient. Jérusalem », de Elke Werry


Arte rediffusera les 30 juillet et 11 août 2019, dans le cadre de la série Bazars d’Orient, « Bazar d’Orient. Jérusalem » (Basare Der Welt), documentaire de Elke Werry. Une balade dans la vieille ville de Jérusalem, capitale éternelle et indivisible de l'Etat d'Israël.


« Découverte des plus beaux marchés couverts d'Orient, à travers les dédales des ruelles et les artisans qui y travaillent. Aujourd'hui : le bazar de Jérusalem, à cheval sur les quartiers chrétien et musulman, creuset bouillonnant traversé de tensions explosives ».

Dans les échoppes de ce bazar vieux de deux mille ans, on vend de tout : bijoux, objets liturgiques, vêtements, bibelots anciens, etc.

« Sept portes traversent les épaisses murailles qui encerclent le vieux Jérusalem, ville sainte des trois religions monothéistes. Le bazar, à cheval sur les quartiers chrétien et musulman, est à l'image de la cité, creuset bouillonnant traversé de tensions explosives. Des boucheries du souk Al-Lahamin à l'échoppe d'un photographe arménien - "venu en 1920, son père a perdu 160 membres de sa famille pendant le génocide nié par Turcs" - en passant par une boulangerie "palestinienne", une déambulation dans ce marché fascinant, où l'on rencontre un coiffeur pour dames à la clientèle œcuménique ». Or, Jérusalem est sainte pour le judaïsme et le christianisme, mais n'est pas mentionnée dans le Coran. Le documentaire allègue aussi : "Chacun y a ses racines et veut y faire valoir ses droits" et "l'occupation illégale" !? C'est délégitimer Israël que d'en nier les racines historiques, juridiques, bibliques.


Curieusement, ce documentaire débute par des commerçants "palestiniens" musulmans. Les juifs israéliens sont d'abord évoqués par des "soldats israéliens qui patrouillent" et auxquels il est préférable de ne pas "se frotter de trop près". Puis "l'atmosphère se raidit quand se profile le chabbat", mais pas pendant les prières du vendredi. La "crise du logement est due aux familles nombreuses et aux juifs venus du monde entier".

"Pendant des siècles, Jérusalem a été la plate-tournante entre la Palestine, l'Asie et l'Afrique". Un raccourci sémantique qui accrédite l'idée d'une prétendue "Palestine" ancrée de toute éternité dans l'Histoire. Ainsi, Ayman tient une boucherie halal qui "appartient à sa famille depuis des générations", et des "maisons urbaines de tradition palestinienne s’intègrent dans l'architecture globale". Ce mythe éclate quand le documentaire interviewe le propriétaire, quarantenaire ayant vécu aux Etats-Unis, d'une auberge accueillant les pèlerins :  l'origine remonte à 150 ans".

Saïd al Mansour "vend des bibelots du monde entier, surtout des objets anciens juifs : boite à ranger le cédrat venant de Pologne, boite de donation en argent de Shiraz, gobelet d'Iran du chabbat". Et des "antiquités israéliennes, pakistanaises, afghanes, iraniennes". Il souligne que les "gens ont moins d’argent à dépenser". Il "a acheté ces objets à des familles démunies".
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Des "anciens bains turcs", témoignant de la grande culture orientale, sont à l’abandon. Un hammam a plus de 500 ans". Mais rien sur les bâtiments et découvertes archéologiques prouvant que Jérusalem, "citée à plus de cent reprises dans le Nouveau Testament", est le berceau du judaïsme, siège des deux Temples.


2015, 43 min
Sur Arte les 31 mai 2016 à 15 h 35, 14 octobre 2017 à 17 h 20, 14 janvier 2018 à 11 h 55, 30 juillet 2019 à 13 h et 11 août 2019 à 13 h 35
Visuels : © HR/Elke Werry
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié les 31 mai 2016 et 14 octobre 2017.

mardi 30 juillet 2019

« Rachel, une ultra-orthodoxe dans l‘urgence » de Paula Eiselt


« Rachel, une ultra-orthodoxe dans l‘urgence » (Rachels Rettungsdienst Ultraorthodoxe Jüdinnen im Einsatz ; 93Queen) est un documentaire émouvant de Paula Eiselt. « Portrait de Rachel Freier, qui brave les lois patriarcales de la communauté juive hassidique de son quartier de Borough Park, à Brooklyn. Mère de six enfants, elle est devenue avocate et a été élue au poste de juge à la cour pénale de New York ». Les 7 août 2019 à 17 h et 10 août 2019 à 18 h, le film sera diffusé au  23º Festival de Cinema Judaico - Sao Paolo (Brésil).
      

 Diplômée de la Tisch School of the Arts de l'Université de New York, Paula Eiselt est une réalisatrice et productrice américaine juive orthodoxe. C'est avec empathie et une compréhension intime du monde hassidique qu'elle a suivi pendant des années Rachel Freier, issue de sa communauté.

« Le quartier de Borough Park, à Brooklyn, abrite l’une des plus importantes communautés juives ultraorthodoxes. Rachel Freier, alias « Ruchie », a grandi dans cet univers hassidique quasi autarcique ».

Elle a été scolarisée dans le Bais Yaakov de l'école élémentaire jusqu'au "seminary". Elle y a acquis la conviction du potentiel énorme de chaque être humain créé à l'image de Dieu.

« La séparation des sexes obéit à des règles strictes. Les femmes ne doivent ni travailler ni étudier, et se consacrer à leur foyer ».

Pourtant, Rachel Freier a travaillé comme secrétaire, puis auxiliaire juridique pour aider son époux, Tzi David Freier, qui étudiait le Talmud au Kollel durant les dix premières années de son mariage. Elle est diplômée de sciences politiques du Touro College, où elle a dirigé la Women’s Pre-Law Society.

« Dévouée à sa religion, Rachel a pourtant bravé l’interdit en menant à bien des études de droit ».

Elle a étudié à la Brooklyn Law School à temps partiel pour élever ses six enfants.

Elle a ensuite fondé Chasdei Devorah, Inc., une association à la mémoire d'une amie prématurément décédée. Puis elle a créé B’Derech, qui promeut l'éducation pour les adolescents de la communauté hassidique.

« Aujourd’hui avocate, elle lutte à sa manière contre le carcan patriarcal ». 

Contactée par un groupe de femmes hassidiques d'Emergency Medical Technicians (EMTs) in Borough Park, elle initie une réflexion qui la mènera à Ezras Nashim et à se former comme EMT, paramédique spécialisée dans les urgences.

« Elle a créé un corps de secouristes uniquement composé de femmes, afin de garantir un accès égalitaire aux premiers secours ». Une association appelée "Ezras Nashim" (aide des femmes, en hébreu) car la puissante association de sauveteurs Hatzalah refusait d'admettre les femmes.

« En effet, une juive hassidique ne peut théoriquement être touchée par aucun autre homme que son mari ». 

« Pour leur engagement, ces courageuses bénévoles risquent leur réputation, mais aussi l’avenir de leurs enfants… » 

Grand-mère, « Rachel Freier n’entend pas s’arrêter là : elle a été récemment élue au poste de juge à la cour pénale de New York, ce qui fait d’elle la première femme hassidique à occuper une aussi haute fonction ».

En octobre 2018, Rachel Freier a statué dans une affaire d'agression antisémite à Brooklyn. Âgé de 37 ans, Farrukh Afzal, chauffeur de taxi musulman, avait violemment agressé physiquement un Juif parce qu'il pensait que ce Juif orthodoxe s'être arrêté devant sa voiture plus tôt dans la journée. En colère, il a frappé le rabbin Lipa Schwartz, âgé de 62 ans, en criant "Allah, Allah". Le rabbin s'est défendu. Il a été arrêté peu après l'agression sauvage. Une fois son identité divulguée, son employeur, Church Avenue Car Service, l'a licencié. Le rabbin a été amené au Maimonides Medical Center où il a été traité pour des blessures mineures. Rachel Freier a condamné le prévenu à verser une caution élevée de 15 000 dollars pour sa libération. Afzal n'a pu réunir cette somme et est demeuré en prison.

Le documentaire suit Rachel Freier lors de la première année d'existence de cette association : la formation assurée aux aspirantes secouristes, la recherche vaine d'un rabbin acceptant de donner la brakha (bénédiction, en hébreu), les problèmes affrontés. Exemples : quand chaque minute compte pour sauver une vie à Borough Park, comment ces femmes secouristes se déplacent-elles alors que la plupart d'entre elles ne savent pas conduire ? Comme concilient-elles leur activité de secouriste et leur vie familiale, leurs actions et la réserve, la modestie, voire la timidité, induites par leur culture ?

En juin 2019, lors d'un vol de la compagnie Lufthansa de Budapest (Hongrie) à Frankfort (Allemagne) Rachel Freier a apporté les premiers soins à un passager qui n'allait pas bien. Porte-paroles de Lufthansa Airlines, Ana Becker et Sarah Schindler ont loué son action dans une lettre qu'elles lui ont adressée après avoir été informées par l'équipage : "They told us how you administered medical treatment to a passenger. We wanted to thank you from the bottom of our hearts. You very much helped the sick traveler, and we were very happy that you were on the flight. As a token of our appreciation, we will give you a flight voucher of 150 Euro; it will be a privilege to host you again on board our company's aircraft in the future."

En juillet 2019, l'association Ezras Nashim a été distinguée par l'EMS Agency of the Year Award du Regional EMS Council de New York City. Ce Prix a récompensé sa participation et son engagement dans l'amélioration du système de service médical d'urgence.

Les chants sont interprétés par Perl Wolfe. Perl, chanteuse hassidique, et ancienne chanteuse principale de l'orchestre féminin hassidique, Bulletproof Stockings.

Pourquoi Arte diffusera-t-elle ce documentaire à un horaire si tardif ?



"Five years ago, I uncovered a shocking act of defiance in an unexpected setting that I now see as a Hasidic variation of the Me Too movement.

As I was perusing a Yiddish website, I came across a photo featuring Hasidic women in lab coats. In the accompanying description, I read about Ruchie Freier, a Hasidic woman from Brooklyn who was leading an effort to create New York City's first all-female volunteer EMT corps, called Ezras Nashim, or “women's help.”

While an all-female EMT corps is remarkable in itself, I was even more intrigued by the context surrounding Ruchie’s efforts and its implications in Hasidic Brooklyn.

As an Orthodox Jewish woman myself, I immediately understood that the formation of Ezras Nashim would be a significant cultural disruption to the gender-segregated Hasidic community. For decades, Hatzolah has actively prevented women from participating in their Emergency care corps and now made it known they were not going to make space for the women’s solution that is Ezras Nashim. But, these women were refusing to take to no for an answer.

Until that moment, I had never heard of proud Hasidic women challenging their community's status quo; Their courage and persistence in demanding systemic progress—especially in the face of fierce opposition from the all-powerful patriarchy—is why I made 93Queen.

In many ways, the making of 93Queen mirrors the radical formation of Ezras Nashim:

In Hasidic culture, secular media is taboo and women typically shy away from any sort of public attention. In fact, Hasidic publications do not print photos of women at all. In addition to being overlooked by Orthodox press outlets, women like Ruchie and her fellow EMTs are seldom, if ever, given a voice in mainstream secular media. These women are universally shut out.

As a filmmaker and insider, who understands Hasidic modesty tenants and agreed to follow them in the making of the film, I was granted unprecedented and exclusive access to bring these women to the forefront through the David and Goliath story of Ezras Nashim.

Over four years of filming, I operated as a one woman-crew to subtly capture the highs and the lows of creating Ezras Nashim, from its inception through its launch, and, finally, Ruchie’s surprise run for Brooklyn Civil Court judge. The result is a rare documentary portrayal of observant Hasidic women ... from their point of view.

My commitment to allowing minorities to tell their own stories extends to our music as well. The vocals interlaced into Laura Karpman’s masterful score are sung by Hasidic singer Perl Wolfe. Perl is the former lead singer of the first all-female Hasidic band, Bulletproof Stockings. Women are forbidden to sing publicly in mixed company in Hasidic communities, so Perl’s riveting and raw vocals literally give Hasidic women a worldwide voice. The vocals are a combination of traditional Hasidic melodies known as niggunim that are almost always sung by men, as well as an original song built with lyrics from a Jewish prayer that highlights the power of women. Perl’s vocals inherently reclaim another male-dominated space and serve as a “Greek chorus” for our story.

No one embodies the confounding dichotomy between tradition and modernity quite like Ruchie Freier. While toeing the blurred line between redefining traditional roles and merely updating them, Ruchie takes matters into her own hands to move her community forward — first with Ezras Nashim and then with her political campaign. Ruchie’s personal evolution from community activist to community leader presents a thought-provoking—yet challenging—model of progress.

Whether they recognize it or not, Ruchie and the women of Ezras Nashim have laid the groundwork for a lasting and sustainable change in the Hasidic community. And like women all over the globe, they have proven to be the most potent force their community has to combat injustice and fulfill societal needs."


“Chagrah v’oz mosneiha vat’ametz zro’oseiha” – Eishes Chayil
“She girds herself in strength, and makes her arms strong”. – Woman of Valor

"Over the last fifty years, volunteer-based Emergency Medical Services (EMS) groups have grown to become renowned international organizations servicing Jewish communities world-wide; the care they provide is invaluable and unparalleled. We are deeply grateful to the men who volunteer their time and rely on their services for ourselves, family and friends. However, there is a significant void in first response medical services in the observant Jewish Community that we are prepared to fill: Dignified emergency care for women, provided by women.

As observant Jewish women, Tznius, or modesty, is way of life. It dictates the way we dress, speak and act on a daily basis. Our personal identity and the defining characteristic we bring forth to nations of the world is our dedication to Tznius. According to Jewish law, the preservation of human life trumps almost anything, even Tzinus.

For the past five decades, Jewish women have been given only two sub-par options in emergency care: be treated by men in their immediate community, resulting in a very uncomfortable situation that threatens their Tznius or turn outside the community for assistance. Inspired by our ancestral midwives, Shifrah and Pooah, it is time for Bnos Yisroel to reclaim our role as healers and midwives for our mothers, daughters, sisters and fellow woman. B’Zchus Nashim Tzidkaniyos, we invite you to become our partners.

Ezras Nashim is a newly NYS Certified Basic Life Support First Response organization (BLS-FR) endorsed by prominent Rabbonim. We received privileges for training and rotations at Northshore University Medical Center and Brookdale Hospital. Ezras Nashim’s primary purpose is to train women as Emergency Medical Technicians (EMTs) who can then assist women in emergency situations, and preserve her dignity. Ezras Nashim is also obligated by law to serve anyone who calls for their service regardless of gender and race.

Ezras Nashim strives to provide emergency care to women in the Orthodox Jewish community. Our goal is to expand our growing network of trained professional female EMTs that are available 24/7. It is our hope that Ezras Nashim will become an indispensable part of the Brooklyn community and then spread to Jewish communities around the globe. We will allow women to focus on their health, rather than the loss of their dignity, during an medical emergency."


Etats-Unis, Malka Films, LLC, American Documentary | POV, and INDEPENDENT TELEVISION SERVICE (ITVS) with funding provided by CORPORATION FOR PUBLIC BROADCASTING (CPB), et SWR en collaboration avec ARTE, Heidi Reinberg, Marco Williams, Adam Bolt, 2019, 1 h 30
Montage : Rebecca Laks
Musique : Laura Karpman
Sur Arte le 30 juillet 2019 à 23 h 25
Visuels : © SWR/Malka Films/J. Cervantes, © SWR/Malka Films/Nina Weinberg Doran

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent d'Arte.

« L’aventure aérienne » par Jame’s Prunier


Peintre de l’Air, Jame’s Prunier a écrit une histoire précise, claire, articulée autour des principales étapes d’une aventure épique, avec l’Aéropostale, industrielle, avec les avionneurs et la constitution de pôles nationaux, puis continentaux, technologique, par des innovations capitales (réacteur, cabine pressurisée, etc.), culturelle (livres, films), sportive, avec les records, et humaine avec les « fous volants ». Les 2 et 3 août 2019, Histoire diffusera, dans le cadre de Mystères d'archives, "Lindbergh la fabrication d'un héros" réalisé par Serge Viallet.

« Images inconnues de l’aviation » de Daniel Costelle
« Le ciel en héritage » de Patrick Guérin et Gérard Maoui
« L’aventure aérienne » par Jame’s Prunier
« Hélène Boucher, la fiancée de l’air » de Bernard Marck
« Mermoz » par Catherine Herszberg et Anne Proenza

Talentueux peintre de l’Air, Jame’s Prunier a écrit une histoire précise, claire, articulée autour des principales étapes d’une aventure épique, avec l’Aéropostale, industrielle, avec les avionneurs et la constitution de pôles nationaux, puis continentaux, technologique, par des innovations capitales (réacteur, cabine pressurisée, etc.), culturelle (livres, films, chansons), sportive, avec les records, et humaine avec les « fous volants » qui ont fait rêver tant d'enfants et d'adultes.


Le tout sur fond de réglementations croissantes, avec l’IATA (Association internationale de transport aérien) et l’OACI (Organisation de l'aviation civile internationale).

Une iconographie riche et variée l’illustre : timbres-postes, gouaches, extraits de journaux, dessins, etc.

Sans viser l’exhaustivité, l’auteur Jame’s Prunier décrit la rivalité avion/hydravion qui s’achèvera au profit du premier.

On peut regretter qu’il n’ait pas insisté davantage sur le rôle déterminant de l’aviation dans l’issue de guerres, telle la bataille d’Angleterre, ou l’essor de l’hélicoptère.

Le premier vol motorisé

Le 18 août 2018 à 16 h 40, Arte diffusa "La conquête du ciel. L'énigme du premier vol motorisé" (Pioniere am Himmel. Das Rätsel um den ersten Flug), documentaire réalisé par Tilman Remme. "Qui fut le véritable pionnier de l'aviation motorisée ? Le nom des frères Wright est resté dans l'histoire, mais ils auraient volé la vedette à un certain Gustav Weißkopf, un ingénieur bavarois émigré aux États-Unis..." où il a américanisé son nom en Gustave Whitehead.

"Il y a un peu plus d’un siècle, l'apparition du vol motorisé révolutionnait l’histoire des transports. Mais qui en furent les véritables pionniers ? D’après tous les livres d’histoire, ce sont les frères Orville et Wilbur Wright qui s’élancèrent pour la première fois à bord de leur "flyer" en 1903. Cette version a pourtant été contestée : la primeur pourrait en réalité revenir à un ingénieur bavarois émigré aux États-Unis, Gustav Weißkopf". 

"Une thèse que soutint dès les années 1930 la journaliste Stella Randolph, s’appuyant sur des recherches intensives et des témoignages d’époque – ce qui lui vaudra de se mettre à dos la famille Wright. Quel crédit faut-il accorder aux dires des témoins oculaires, d’après lesquels Weißkopf aurait réalisé son premier vol deux ans avant les illustres frères, à bord d’un incroyable engin volant aux allures d’oiseau ? Les Wright auraient-ils volontairement minimisé son rôle dans l’histoire de l’aviation – ou pire, auraient-ils pratiqué à son encontre de l’espionnage industriel ? Grâce notamment à l’historien et pilote John Brown, le documentaire tente de percer cette épineuse énigme, qui nous emmène des États-Unis jusqu’en Allemagne." Et implique la Smithsonian Institution alliée des frères Wright.

Le Baron rouge

Arte diffusa les 1er et 22 mars 2016 Le Baron rouge. Manfred von Richthofen (Der Rote Baron - Manfred von Richthofen), documentaire de Peter Moers : "Né en 1892 dans une famille de hobereaux prussiens, Manfred von Richthofen devient pilote de chasse en 1915 après une brève instruction. Il excelle très vite dans les combats aériens. D'abord aux commandes d'appareils Albatros, il passe ensuite à un Fokker qu'il fait peindre en... rouge. Après quatre-vingts victoires homologuées, le "Baron rouge" est abattu le 21 avril 1918, soit par un avion canadien, soit par un tir provenant des tranchées de la Somme. Un membre de son escadrille, un certain Hermann Göring, convaincra la mère du défunt de publier le journal de guerre de Manfred, dont il a lui-même rédigé la préface. As de l'aviation allemande durant la Première Guerre mondiale, Manfred von Richthofen fut adulé par le Kaiser puis par les nazis, avant qu'il ne devienne en Allemagne l'incarnation du guerrier exemplaire. Les recherches de l'historien Joachim Castan montrent que la personnalité du "Baron rouge" fut pourtant moins reluisante que son mythe : ambition dévorante, manque de scrupules, obsession de la chasse à l'homme qui l'amène à être impitoyable avec ses adversaires... L'historien démonte parfaitement la façon dont le mythe s'est construit. Il a eu accès à des archives inédites de la famille, notamment au journal intime de la mère de Richthofen, qui ne tenait pas son fils en haute estime. Joachim Castan s'étonne aussi de ce que de nos jours la Bundeswehr et l'Otan continuent de glorifier le souvenir du Baron rouge".

Charles Lindbergh

Dans le cadre de Mystères d'archives, Arte a diffusé les 17 et 24 novembre et 3 décembre 2015 1927. La traversée de l'Atlantique de Lindbergh (27 min) : "Juin 1927. Le jeune aviateur Charles Lindbergh traverse l'Atlantique à bord de son Spirit of St. Louis, allant de New York à Paris en trente-trois heures et demie. En quelques semaines, les caméras et la presse font du jeune homme timide et discret un héros mondial. La machine médiatique s'emballe en Europe comme aux États-Unis. Pourtant, il n'était pas le premier à avoir traversé l'Atlantique en avion..."

Les 2 et 3 août 2019, Histoire diffusera, dans le cadre de Mystères d'archives, "Lindbergh la fabrication d'un héros" réalisé par Serge Viallet.

L’Étoffe des héros

Ce 29 décembre 2017, Arte diffusa L’Étoffe des héros (1983), réalisé par Philip Kaufman d'après un livre de américain Tom Wolfe, avec Fred Ward, Dennis Quaid, Ed Harris, Scott Glenn, Sam Shepard, Barbara Hershey, Lance Henriksen, Veronica Cartwright.
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"À la fin des années 1950, les États-Unis se lancent dans la conquête spatiale... Portée par une brochette de comédiens charismatiques (dont Ed Harris, Dennis Quaid et Sam Shepard, récemment disparu), une fresque à grand spectacle, récompensée par quatre Oscars".

"À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'US Air Force mène dans une base du désert californien des essais sur un avion capable de voler à une vitesse supersonique. Après la mort de plusieurs pilotes, le vétéran Chuck Yeager réalise l'exploit de franchir le mur du son. Lorsqu'en 1957 l'Union soviétique lance son premier Spoutnik, une course contre la montre s'engage aux États-Unis. Mis sur pied par la Nasa, le programme Mercury doit permettre d'envoyer dans l'espace un équipage américain. Les sélections débutent pour choisir les "têtes brûlées" qui participeront, au péril de leur vie, à l'aventure…"
"Déroulés sur un peu plus de quinze ans, ces premiers pas de la conquête spatiale américaine sont racontés à la manière d'une épopée tumultueuse. S'attachant autant à la vie privée des intrépides pilotes qu'aux dangers qu'ils bravent au quotidien, Philip Kaufman n'occulte rien des prouesses et des défis technologiques relevés dans la sueur et les larmes. Il ne laisse pas non plus dans l'ombre les méandres de la politique et le grand barnum médiatique qui transforme ces pionniers de l'aéronautique en héros de la nation. Adaptée d'un roman éponyme de Tom Wolfe et servie par des comédiens charismatiques (Sam Shepard, que le film révéla comme acteur, mais aussi Ed Harris, Dennis Quaid…), une fresque de très haute volée".


Jame’s Prunier, L’aventure aérienne. Préface de Serge Dassault. La Poste, 2000. 90 pages. ISBN : 2-913763-05-7

"La conquête du ciel. L'énigme du premier vol motorisé" par Tilman Remme
Autriche, 2015
Sur Arte le 18 août 2018 à 16 h 40

 L’Étoffe des héros (1983), réalisé par Philip Kaufman 
D'après un livre de américain Tom Wolfe
Avec Fred Ward, Dennis Quaid, Ed Harris, Scott Glenn, Sam Shepard, Barbara Hershey, Lance Henriksen, Veronica Cartwright
Visuels
Scène du film : Le retour triomphant des astronautes.
Présentation du casting : Fred Ward, Dennis Quaid, Scott Paulin, Ed Harris...
© Warner Bros

A lire sur ce blog :
Chrétiens
Culture
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Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
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Shoah (Holocaust)

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Cet article a été publié par Aviasport et sur ce blog le 28 novembre 2010, et le :
- 27 janvier 2014. Histoire a diffusé le 27 janvier 2014 Les pionniers de l'aviation ;
- 21 avril 2015 : Histoire diffusa les 21 avril et 1er mai 2015  Les pionniers de l'aviation ;
- 1er mars 2016, 30 décembre 2017, 17 août 2018.