samedi 31 décembre 2016

Interview de Bat Ye’or sur la dhimmitude


Bat Ye’or est une essayiste spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme dhimmitude pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes (Dhimmis) dans les pays islamiques ou en « terre d’islam ». Elle a aussi analysé Eurabia, alliance euro-arabe visant à unir l’Europe aux pays arabes dans un ensemble méditerranéen. Interview réalisée en janvier 2008. Le 30 décembre 1066 (3 Tevet 4827), des musulmans assaillent le palais royal de Grenade, alors en al-Andalus (sud de l'Espagne sous domination islamique), et y crucifient Joseph ibn Nagrela, le vizir du roi Berbère et chef des Juifs de la ville. Ils massacrent la plupart des Juifs de Grenade, soit « 1 500 familles juives, représentant environ 4 000 personnes disparaissent en un jour » selon la Jewish Encyclopedia. "Ce nombre est supérieur au nombre des Juifs qui ont été tués, pendant la première Croisade, dans I'ensemble des villes et villages de Rhénanie. C'est pourtant cette dernière tragédie que I'on ne cesse de nous rappeler, en oubliant que trente ans auparavant, dans la seule ville de Grenade. il n'y eut pas moins de victimes" (David Littman)

Some excerpts of my interview have been translated in English by Jewishrefugees.blogspot.com
Des extraits de mon interview ont été traduits en anglais par le blog Jewishrefugees
Interview de Bat Ye'or sur la dhimmitude
Interview de Bat Ye’or sur Eurabia (1/2)
Interview de Bat Ye’or sur Eurabia (2/2)
Interview de Bat Ye'or sur Geert Wilders et l'OCI
Interview of Bat Ye'or about the OIC, Eurabia, Geert Wilders' Fight, President Obama's diplomacy
Interview de Bat Ye'or sur Eurabia, l'OCI et l'Alliance des civilisations
Interview de Bat Ye'or sur son livre « L’Europe et le spectre du califat »
« L’Europe et le spectre du califat » de Bat Ye’or
Le directeur du CAPE a interdit une conférence de presse de Bat Ye'or
Interview de Bat Ye'or sur le califat et l'Etat islamique/ISIS
Interview de Bat Ye’or sur les « migrants », l’Union européenne et Eurabia


Quel a été votre parcours ? Votre nom d’écrivain, Bat Ye’or, signifie « fille du Nil » en hébreu…

Je suis née dans une famille juive religieuse et aisée du Caire. Mon père était italien et ma mère française. Mon père gérait la fortune dont il avait hérité. Après la proclamation des lois raciales italiennes, mon père qui avait demandé à être égyptien perdit sa nationalité italienne.

Je dois à ma mère ma passion de la lecture car notre appartement était empli des livres qu’elle achetait. J’ai très tôt découvert ma vocation d’écrivain qui m’entraînait hors de mon milieu bourgeois sur des voies iconoclastes.

Mes parents étaient assez ouverts pour tolérer mon refus des pratiques religieuses et de certains préjugés ordinaires dans mon milieu.

Cependant, je me sentais très proche du combat des Juifs palestiniens. On en parlait entre nous avec de grandes précautions de crainte des dénonciations et arrestations. En effet, durant la Seconde Guerre mondiale, les partis fascistes, pronazis et les Frères Musulmans (2) faisaient régner un climat de peur et d’insécurité. On savait que les masses arabes étaient favorables aux forces de l’Axe (3).

Comment a évolué la situation des juifs en Egypte après 1945 ?

Dès 1945 le combat des nationalistes égyptiens et des Frères Musulmans contre le sionisme et l’Angleterre (4) provoqua des manifestations de foules dans les rues. Ces foules hurlaient des slogans anti-juifs, saccageaient les magasins, attaquaient les quartiers juifs où vivait une population indigente, pillaient, violaient et incendiaient les écoles et les biens communautaires.

La situation empira avec la guerre d’Indépendance d’Israël ou 1ère guerre israélo-arabe en 1948. Une vague de violences se déclencha, accompagnée de meurtres, d’expulsions, d’arrestations et de mises sous séquestre, dont celles de biens de mon père.

Les troubles sociaux endémiques, l’impopularité du roi Farouk et la défaite humiliante des cinq armées arabes face à l’Etat d’Israël provoquèrent la révolte des Officiers Libres en juillet 1952 et l’abolition de la monarchie en 1953.

En 1954, Gamal Abd al-Nasser s’empara du pouvoir et accueillit en Egypte de nombreux criminels nazis qui participèrent au gouvernement.

En 1955, mon passeport égyptien ne fut pas renouvelé. Malgré cela, je me sentais encore plus égyptienne que juive.

Les violences, les expulsions, les emprisonnements, les meurtres et la confiscation des biens s’amplifièrent avec la guerre de Suez en 1956.

Mais ces excès étaient aussi liés à la situation politique, et surtout au fanatisme haineux fomenté par les Frères Musulmans et le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini (6).

La population en général, les classes populaires ou celles éduquées, demeurait amicale, souvent hostile à ces débordements. Des juifs furent sauvés par des musulmans au cours de manifestations où ils auraient pu être tués.

Comment votre famille a-t-elle vécu cette période dramatique ?

Ma mère en tant qu’ex-française fut mise en résidence surveillée et ne put sortir de l’appartement durant un certain temps. Il en fut de même de mon beau-frère anglais qui fut ensuite expulsé.

Des règlements humiliants furent proclamés interdisant aux Juifs certaines professions, la fréquentation des lieux publics, des clubs et des cinémas. Il n’était plus possible de rester. En quelque mois une communauté vieille de 3 000 ans disparaissait (7). J’avais le sentiment de vivre et d’observer un événement extraordinaire. Beaucoup de juifs partaient en cachette, sans dire adieu de crainte d’être retenus. De 1948 à 1957, environ 60 000 Juifs sur 75 000 à 80 000 quittèrent l’Egypte (8).

Notre départ avait été retardé par une chute qu’avait faite ma mère.

Puis, en 1957, ce fut notre tour de partir en cachette avec un laissez-passer d’apatrides ; les deux valises autorisées pour chacun furent à plusieurs reprises vidées sur le sol par des policiers égyptiens tandis que l’on nous abreuvait d’insultes. Nous fumes fouillés minutieusement, le plâtre qui enveloppait la jambe de ma mère fut cassé et on me confisqua les 50 livres égyptiennes permises. L’avion de la compagnie hollandaise fut longtemps retenu ; les bras croisés, son équipage attendait, révolté par ce spectacle contre deux personnes pouvant à peine marcher - mon père était infirme - et une jeune fille.

Nous avions difficilement obtenu un visa pour l’Angleterre où ma mère voulait rejoindre ma sœur et sa famille. Quant à moi, j’avais l’intention de partir en Israël, mais avec deux parents invalides, il me fallut remettre ce projet à plus tard. Toute ma famille, qui comptait quatre générations, s’éparpilla à travers le monde.

Ce phénomène toucha toute la communauté ; les cellules familiales implosèrent, un style de vie et de société disparaissait (9).

Comment s’est passée votre arrivée en Angleterre ?

A Londres, un Comité pour les réfugiés juifs nous permit de nous débrouiller. J’obtins une bourse pour étudier à l’Institut d’Archéologie de l’université de Londres. C’est là que je rencontrais David G. Littman (10) en 1959, étudiant l’archéologie de la terre d’Israël. Nous nous mariâmes quelque mois plus tard.

Je découvrais que je venais d’un monde différent de celui de mes camarades étudiants : celui de l’autocensure et de la menace. Leur insouciance et leur liberté me faisaient prendre conscience de ce comportement particulier inhérent à la dhimmitude que je décrivis plus tard.

Deux ans après, je retrouvais ces mêmes attitudes chez les juifs et les chrétiens au cours de mes voyages avec mon mari en Tunisie, au Maroc, au Liban. Parce que je venais de leur monde, celui de la vulnérabilité et de la peur, je pouvais lire leurs sentiments, mais parce que j’avais moi-même changé, je pouvais aussi désormais, les reconnaître.

C’est aussi à Londres, dans les épreuves de la pauvreté et de l’exil que je compris et décidais que j’appartenais définitivement au peuple juif.

Comment vous êtes-vous intéressée à la dhimmitude (11), un concept que vous avez forgé ?

Je ne me suis pas intéressée à la dhimmitude, je l’ai découverte au cours de mes recherches sur les chrétiens des pays musulmans (12), dans mes discussions avec eux, mes observations et mes analyses.

C’est un outil conceptuel que j’ai forgé quand je travaillais sur la traduction anglaise d’une édition augmentée de mon livre Le Dhimmi. A la demande de mes amis chrétiens, j’y avais introduit un grand nombre de documents historiques les concernant et ce concept me permettait d’embrasser un vaste éventail de domaines corrélés. Je n’osais pas l’utiliser dans mes écrits, compte tenu de la malveillance de certains à l’égard de mes livres et articles qui, non seulement affirmaient ouvertement mon sionisme, mais introduisaient aussi une analyse critique de la tolérance islamique.

Etant l’une des fondatrices de WOJAC (World Organization of Jews from Arab Countries) en 1974-75, je militais pour les réfugiés juifs du monde arabe, presque un million, et combattais un certain racisme à leur égard.

Cette attitude m’attirait beaucoup d’ennemis, juifs et non-juifs. On raillait mes analyses sur le dhimmi et sur le sionisme. Ces positions exprimaient beaucoup de préjugés inconscients et une attitude paternaliste envers les juifs orientaux.

Le refus d’accepter la judéophobie de l’islam s’explique dans le contexte des efforts de paix de l’Etat d’Israël avec son environnement et la souffrance très présente à cette époque –quelques années après l’extermination dans les camps – de l’ampleur de la Shoah, certainement le plus grand crime commis contre le peuple juif et l’humanité. L’antisémitisme chrétien avait été bien documenté et étudié. Il n’en allait pas de même pour la condition du dhimmi, qui du reste avait été aboli par la colonisation. Les terribles épreuves de la Shoah, les récits des survivants qui commençaient à être publiés, les études historiques sur ce sujet focalisaient l’intérêt du monde juif.

Mon mari était beaucoup plus sensible que moi à ces attaques et me soutenait toujours.

Je discutais souvent de la dhimmitude avec mes amis chrétiens libanais proches de Béchir Gemayel (14). Nous cherchions un mot pour définir cette situation particulière et le mot dhimmitude me semblait le meilleur, mais j’hésitais à l’utiliser.

C’est seulement quand Béchir Gemayel le mentionna dans son dernier discours précédant son assassinat (15), que j’eus le courage de l’utiliser à mon tour dans le sens d’une condition existentielle déterminée par la théologie, la juridiction et l’histoire des pays islamisés.

Je pensais que désormais les chrétiens l’accepteraient. Mais je me trompais, seule une très petite minorité l’adopta et ce mot aggrava l’ostracisme qui me frappait.


Quelle est la définition de la dhimmitude ?

La dhimmitude est corrélée au jihad. C’est le statut de soumission des indigènes non-musulmans – juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. - régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent au fiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique).

Quels en sont les éléments caractéristiques ?

Les éléments sont d’ordre territorial, religieux, politique et social.

Le pays conquis s’intègre au dar al-islam (16) sur lequel s’applique la charîa. Celle-ci détermine en fonction des modalités de la conquête les droits et les devoirs des peuples conquis qui gardent leur religion à condition de payer une capitation mentionnée dans le Coran et donc obligatoire. Le Coran précise que cet impôt dénommé la jizya doit être perçue avec humiliation (Coran, 9, 29).

Les éléments caractéristiques de ces infidèles conquis (dhimmis) sont leur infériorité dans tous les domaines par rapport aux musulmans, un statut d’humiliation et d’insécurité obligatoires et leur exploitation économique.

Les dhimmis ne pouvaient construire de nouveaux lieux de culte et la restauration de ces lieux obéissait à des règles très sévères.

Ils subissaient un apartheid social qui les obligeait à vivre dans des quartiers séparés [mellah au Maroc, Ndr], à se différencier des musulmans par des vêtements de couleur et de forme particulières, par leur coiffure, leurs selles en bois, leurs étriers et leurs ânes, seule monture autorisée.

Ils étaient astreints à des corvées humiliantes, même les jours de fête, et à des rançons ruineuses extorquées souvent par des supplices. L’incapacité de les payer les condamnait à l’esclavage. Dans les provinces balkaniques de l’Empire ottoman durant quelques siècles, des enfants chrétiens furent pris en esclavage et islamisés. Au Yémen, les enfants juifs orphelins de père étaient enlevés à leur famille et islamisés. Ce système toutefois doit être replacé dans le contexte des mentalités du Moyen Age et de sociétés tribales et guerrières.

Certains évoquent la Cordoue médiévale ou al-Andalous (Andalousie médiévale sous domination arabe) comme des modèles de coexistence entre juifs, chrétiens et musulmans. Qu’en pensez-vous ? Est-ce une vision idéalisée ou l’occultation, voire l’ignorance de la dhimmitude ?

C’est une fable. L’Andalousie souffrit de guerres continuelles entre les différentes tribus arabes, les guerres entre les cités-royaumes (taifas), les soulèvements des chrétiens indigènes, et enfin de conflits permanents avec les royaumes chrétiens du Nord. Les esclaves chrétiens des deux sexes emplissaient les harems et les troupes du calife. L’Andalousie appliquait le rite malékite, l’un des plus sévères de la jurisprudence islamique.

Comme partout, il y eut des périodes de tolérance dont profitaient les dhimmis, mais elles demeuraient circonstancielles, liées à des conjonctures politiques temporaires dont la disparition provoquait le retour à une répression accrue.

La dhimmitude a-t-elle évolué au fil des siècles ?

En 1860, le statut du dhimmi fut officiellement aboli dans l’Empire ottoman (17) sous la pression des puissances européennes, mais en fait il se maintint sous des formes atténuées compte tenu des résistances populaires et religieuses.

Hors de l’Empire ottoman, en Iran, en Afghanistan, dans l’Asie musulmane et au Maghreb, il se perpétua sous des formes beaucoup plus sévères jusqu’à la colonisation. En Iran, la dynastie Pahlavi tenta de l’abolir et d’instituer l’égalité religieuse. C’est aussi l’une des raisons de l’impopularité du Shah dans les milieux religieux. Une fois au pouvoir, ceux-ci rétablirent la charîa et la juridiction coranique.

Quels sont les effets psychologiques de la dhimmitude sur les juifs ?

Les juifs des pays musulmans n’ont pas développé une conscience de droits politiques et humains inaliénables parce que ce concept est étranger au dar al-islam et que ce combat ne fut jamais mené par les musulmans, contrairement à la situation en Europe où juifs et chrétiens s’associèrent dans la lutte pour l’égalité et les droits démocratiques.

La notion de droits s’oppose à celle d’une tolérance concédée au vaincu du jihad moyennant l’acceptation de mesures discriminatoires, situation qui caractérise la condition du dhimmi. Cette tolérance, du reste, est provisoire et peut-être abolie si l’autorité musulmane juge que le dhimmi contrevient aux règlements de son statut. Dans ce cas, divers châtiments sont envisagés. En outre, la notion de laïcité est inexistante dans l’islam et semble même blasphématoire.

Au Yémen et au Maghreb, régions les moins touchées par la modernisation et l’évolution des idées en Europe et où le statut des juifs était parmi les plus sévères, les juifs nourrissaient un sentiment de gratitude envers l’autorité musulmane qui protégeait leur vie. Seule cette protection, mais non le droit, permettait leur existence. Résignés par leur extrême vulnérabilité à subir un despotisme déshumanisant, les juifs inspiraient par leur endurance aux persécutions, l’admiration de nombreux voyageurs étrangers. Seul leur espoir dans la rédemption d’Israël, c’est-à-dire leur libération de l’exil, leur permettait de supporter les humiliations et les souffrances de la dhimmitude.

Comment l’arrivée des colonisateurs français, britannique ou italien a-t-elle été perçue par les dhimmis ?

Il est difficile de généraliser car les colonisateurs n’avaient pas adopté les mêmes systèmes politiques. Mais tous abolirent les lois de la dhimmitude qui s’appliquaient aux juifs et aux chrétiens.

Cependant cette émancipation ne concernait pas seulement la suppression de la dhimmitude, elle impliquait aussi une émancipation de la tutelle exercée par l’autorité religieuse et les notables de chaque communauté sur leurs coreligionnaires. Elle introduisit la modernisation des institutions communautaires et un enseignement scolaire européen (18).

Ces transformations provoquèrent des conflits, mais en général les dhimmis étaient avides de s’instruire, d’accéder aux connaissances modernes et de s’échapper de l’ignorance et de la dégradation que leur imposait le monde sclérosé de la dhimmitude.

Y a-t-il eu des oppositions à cette libération des juifs de la dhimmitude ?

Oui, bien sûr. Il y eut en Algérie le mouvement des colons antisémites qui s’opposaient à l’octroi de la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie (19) car elle les libérait de la dhimmitude (20).

En Irak (21), le colonisateur anglais favorisait les musulmans par rapport aux juifs et aux chrétiens. Après l’indépendance de l’Irak en 1932, et bien qu’y ayant gardé des bases militaires, les Britanniques laissèrent massacrer un millier de chrétiens Assyriens en 1933-34. Londres adopta la même politique à l’égard des Juifs palestiniens.

Comment, dans les années 1950, l’indépendance imminente des colonies a-t-elle été perçue par les anciens dhimmis ?

La colonisation avait supprimé les souvenirs de l’état d’avilissement antérieur, d’autant plus que les juifs, mais surtout les chrétiens, voulaient s’intégrer au mouvement de modernisation et de laïcisation de leur pays amorcé avec la colonisation. Cet oubli explique la nostalgie juive des « temps heureux » dans les pays arabes où n’est évoquée que la période de la colonisation, mais non les discriminations de la dhimmitude.

L’amnésie est encore plus forte chez les chrétiens car elle se fonde sur un tabou politique qui attribue à la restauration de l’Etat d’Israël les persécutions des chrétiens dans les pays islamiques. Ce tabou commence à s’écorner depuis que j’ai démontré qu’elles émanent de la structure juridique et théologique de la dhimmitude établie depuis le VIIe siècle et maintenue quasi-inchangée dans certaines régions, ou atténuée au XIXe siècle dans l’empire ottoman, jusqu’à sa suppression par la colonisation.

Comme les indépendances s’accompagnèrent de guerres nationalistes de type jihadiste, elles réveillèrent les antagonismes religieux traditionnels contre les juifs et les chrétiens.

Les guerres arabes contre Israël provoquèrent des pogroms dans tous les pays arabes. L’indépendance de ceux-ci était liée à une réislamisation qui restaurait la haine religieuse.

Les juifs, donc, anticipaient des temps très difficiles et se préparaient à émigrer. La majorité d’ailleurs était profondément sioniste et voulait ardemment retourner dans la patrie juive historique enfin libérée. Mais l’Etat Israël, peuplé notamment de rescapés de la Shoah et qui venait de repousser les armées de cinq pays arabes, souffrait d’une grave crise économique. Cette situation de pénurie ne lui permettait pas de recevoir dans de bonnes conditions l’afflux de centaines de milliers de réfugiés totalement démunis. Il le fit dans des conditions très pénibles.

Comment vos études sur la dhimmitude ont-elles été reçues ?

Mes écrits, dès le début, suscitèrent une vive opposition. Mais j’ai toujours bénéficié des conseils de quelques amis universitaires. Au-delà de ce petit groupe très restreint auquel je dois beaucoup et de l’aide indéfectible de mon mari, mes écrits m’attirèrent beaucoup d’hostilité.

On me reprochait de nier le sort heureux des dhimmis et de lier les juifs et les chrétiens dans un statut commun. Ceci était un sacrilège contre la tendance politique pro-palestinienne des années 1970 en Europe qui visait à rapprocher les chrétiens et les musulmans dans un front uni contre Israël.

La guerre au Liban renforçait cette politique sur laquelle se fondait toute une stratégie euro-arabe antisioniste (Eurabia [22] ). Mon livre ne pouvait tomber à un pire moment.

On m’accusa d’arrière-pensées sionistes démoniaques pour avoir révélé en toute innocence une vérité vieille de 13 siècles, que l’on cachait obstinément au public afin d’attribuer à Israël, les persécutions infligées aux chrétiens par les musulmans. Cette dernière allégation était une façon de démontrer l’origine satanique d’Israël. Décrire un statut d’avilissement commun aux juifs et aux chrétiens inscrit dans la charîa et imposé durant treize siècles, constituait pour les antisionistes et leurs alliés un blasphème impardonnable.

Les thèses de l’universitaire américain Edward Said (23) triomphaient alors. Elles glorifiaient la supériorité et la tolérance de la civilisation islamique et infligeaient un sentiment de culpabilité aux Européens qui s’en délectaient.

Toute la politique euro-arabe d’union et de fusion méditerranéennes se bâtissait sur ces fondations ainsi que sur la diabolisation d’Israël. Mais, à l’époque, je l’ignorais et je ne comprenais ni la nature ni l’origine de l’ostracisme et de la haine qui me frappaient.

Et quel a été l’accueil de vos analyses dans le monde musulman ?

A ma connaissance, les quelques réactions dans le monde musulman furent toutes négatives, mais certains musulmans européens ont réagi très positivement.

Comment avez-vous réagi à ces réactions d’hostilité ?

Les réactions négatives ne me gênaient pas beaucoup car j’ai toujours été une iconoclaste solitaire, cherchant ma voie. Je ne me préoccupais pas particulièrement de mes détracteurs dont les arguments me semblaient très puérils.

Cette recherche débouchait sur un combat politique que je n’avais pas prévu. J’ignorais que je déchirais un tissu de mensonges opaques créés pour soutenir une idéologie politique, celle de la fusion du christianisme et de l’islam fondée sur la théologie de la libération palestinienne (24) et la destruction d’Israël.

C’était toute la structure idéologique, politique, culturelle d’Eurabia, mais je l’ignorais alors.

Vos écrits suscitent aussi l’estime de bien des penseurs…

Des réactions très positives s’élevèrent d’autres milieux.

A la publication du Dhimmi en 1980, je fus très fortement soutenue par le professeur Jacques Ellul (25) que je ne connaissais pas.

A Londres, mes écrits intéressèrent Robert Wistrich (26) qui n’était pas encore l’universitaire mondialement connu qu’il devînt. Il eut le courage de publier deux études dans le Wiener Bulletin malgré ses supérieurs. Je bénéficiais de l’aide amicale du professeur Paul Fenton et du soutien indéfectible de mon mari qui avait une formation d’historien et menait ses propres recherches sur les juifs du Maroc.

Je reçus aussi des éloges d’universitaires spécialistes de ce domaine, mais ces universitaires appartenaient à une génération de chercheurs qui précédait la politisation des études sur l’islam.

Des organisations chrétiennes évangéliques diffusèrent mes livres en grand nombre. Elles me soutinrent ainsi que des chrétiens dhimmis qui me procurèrent des documents et avec lesquels je pus discuter de ces problèmes. Ces chrétiens dhimmis m’encourageaient à poursuivre et m’étaient très reconnaissants de révéler leur histoire. Ils reprochaient à leur hiérarchie religieuse de la dissimuler.

Ce statut de dhimmitude est-il appliqué dans des pays musulmans en ce début du XXIe siècle ?

Malheureusement oui, avec plus ou moins de sévérité selon le degré de réintroduction de la charîa dans les lois du pays.

Les talibans l’appliquèrent à l’égard des Hindous, les coptes en Egypte continuent d’en souffrir ainsi que les chrétiens en Irak, en Iran, au Soudan, au Nigeria. Même la Turquie maintient certaines restrictions sur les lieux de culte.

La dhimmitude ne pourra pas changer tant que l’idéologie du jihad se maintiendra.


Site Internet de Bat Ye’or :

Photos : © DR
De haut en bas : le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini s’entretient avec Adolf Hitler, et le grand  mufti de Jérusalem Amin al-Husseini s’entretient avec Nasser.


(1) Anne Matard-Bonucci, L'Italie fasciste et la persécution des Juifs. Perrin, 2007. 599 pages. ISBN : 9782262025403

(2) Organisation islamiste fondée par l’instituteur Hassan el-Banna en 1928. Dès 1935, elle entretient des contacts avec Amin al-Husseini, mufti de Jérusalem, et participe à la révolte arabe palestinienne de 1936. En 1945, une branche du mouvement est créée à Jérusalem par Saïd Ramadan. Yasser Arafat est membre des Frères musulmans en Egypte dans les années 1950. Formé en 1987, le Hamas (Mouvement de la résistance islamique) est une « aile des Frères musulmans en Palestine » (article 2 de sa charte, 1988).

(3) Il s’agit de l’alliance entre l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste, et le Japon impérial.

(4) L’Angleterre occupa l’Egypte en 1882 tout en maintenant l’autorité nominale du Khédive, monarque soumis au sultan ottoman. En 1914 l’Egypte devint un protectorat britannique. En 1922, la Société des nations (SDN) confie au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine pour y construire un Foyer national juif.

(5) En 1956, Nasser bloque le golfe d’Akaba, interdit aux navires israéliens de passer via le canal de Suez qu’il nationalise en juillet. Il met sous séquestre les biens de la compagnie du canal de Suez. La France, le Royaume-Uni et l’Etat d’Israël - harcelé par des fedayin à partir de l’Egypte - signent l’accord de Sèvres pour renverser Nasser et reprendre le contrôle du canal. Débutée en octobre, l’intervention militaire de ces trois pays s’annonce victorieuse quand, après la menace de l’URSS et sous la pression des Etats-Unis, elle prend fin en novembre. La FUNU I (Force onusienne d’urgence) est chargée de surveiller le retrait des forces occidentales et de s’interposer entre l’Egypte et l’Etat d’Israël.

(6) Albert Londres, Le Juif errant est arrivé. Ed; du Serpent à plumes, 2000. 295 pages. ISBN-13 : 978-2842612023
Matthias Küntzel, Jihad et haine des juifs, le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international. Préface de Pierre-André Taguieff. L’œuvre éditions, 2009. 180 pages. ISBN : 978-2-35631-040-8
Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée, le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine. Traduit de l’allemand par Barbara Fontaine Ed. Verdier, 2009 . 352 pages. ISBN : 978-2-86432-591-8

(7) Les Juifs en Égypte. Éditions de l'Avenir, Genève, 1971. Traduit en hébreu par Aharon Amir, dans une édition revue et augmentée, sous le titre (romanisé) Yehudi Mitzraiyim, avec une préface de H.Z. Hirschberg. Maariv (Tel-Aviv, 1974). Publié avec le concours du ministère israélien de l'Éducation, de l'Organisation sépharade mondiale et du Congrès juif mondial (CJM).

(8) « Le facteur dhimmi dans l’exode des Juifs des pays arabes » (pp. 33-60), dans Shmuel Trigano (sous la direction), L’exclusion des Juifs des pays arabes : Aux sources du conflit israélo-arabe, In Press, 2003. 399 pages. ISBN 2-84835-011-3.
Jean-Pierre Allali, Les Réfugiés échangés. Séfarades-palestiniens. Ed. Jupéa, 2007. 168 pages.
Fortunée Dwek, Nonno un juif d’Egypte. L’Harmattan, 2006. 258 pages. ISBN : 2296009131.
Moïse Rahmani, L'exode oublié. Juifs des pays arabes. Edition Raphael, 2007. 438 pages. ISBN : 2877810704.
Nathan Weinstock, Une si longue présence, Comment le monde arabe a perdu ses Juifs, 1947-1967. Plon, 2008. ISBN : 2259204937.

(9) Association des juifs originaires d’Egypte (http://www.ajoe.org) et Association historique des juifs d’Egypte (http://www.hsje.org/homepage.htm).

(10) David G. Littman est un historien et militant des droits de l’homme. Il représente l’Association pour une éducation mondiale (AWE) et l’Union mondiale pour le judaïsme libéral (WUPJ, http://wupj.org) auprès de l’ONU à Genève (Suisse). http://www.dhimmitude.org/littman-biography.html

(11) Bat Ye'or :
Le Dhimmi : profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe. Préface de Jacques Ellul. Éditions Anthropos, Paris, 1980. 335 p. (ISBN 2-7157-0352-X).
Juifs et chrétiens sous l'islam : les dhimmis face au défi intégriste. Berg international, collection « Pensée politique et sciences sociales », Paris, 1994. 420 p. (ISBN 2-900269-91-1) et collection « Pensée politique et sciences sociales », réédition, sous le nouveau titre Face au Danger Intégriste, juifs et chrétiens sous l’islam, Paris, 2004. 420 p. (ISBN 2-911289-70-6)

(12) Les chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude : VIIe-XXe siècle. Préface de Jacques Ellul. Éditions du Cerf, collection « L'histoire à vif », Paris, 1991. 529 p. ISBN 2-204-04347-8.


(14) Béchir Gémayel est né dans une famille maronite en 1947, au Liban. En 1976, il crée la milice des forces libanaises au moment des viols et massacres des chrétiens vivant au Sud du Liban. Proche d’Israël, il est élu président du Liban en 1982, et quelques semaines plus tard, il est assassiné avec plusieurs membres de sa famille le 14 septembre 1982.

(15) Les chrétientés d’Orient entre jihâd et dhimmitude VIIe-XXe siècle à http://biblisem.net/historia/yeorchre.htm

(16) Le dar al-islam (maison de la soumission) se distingue du dar al-harb, composé de territoires à conquérir pour les soumettre à l’islam.

(17) Le 24 janvier 2006, à Londres, la Chambre des Communes a évoqué le « génocide oublié » des Assyriens. En 1915, les deux tiers des Assyriens vivant dans l'Empire ottoman ont été tués. Stephen Pound, membre du Parlement, a demandé la double reconnaissance par les gouvernements turc et britannique du génocide des Assyriens et des Arméniens en 1915. Il « a exhorté le gouvernement britannique à demander à l'Union européenne de faire de la reconnaissance de ce génocide la condition préalable à l'adhésion de la Turquie à l'UE. La Turquie nie ce génocide, appelé seyfo par les Assyriens, au cours duquel des personnes sont mortes de faim, de soif, sans aide médicale, violées, tuées à l'arme blanche, d'autres ont été prises comme esclaves, leurs identité et religion changées ». Source : Guysen International News, 1er février 2006.

(18) A noter le rôle de l’Alliance israélite universelle (AIU) à http://www.aiu.org/

Pour la situation des Juifs à cette époque, voir David G. Littman : « Quelques aspects de la condition de dhimmi : Juifs d'Afrique du Nord avant la colonisation », in Yod (Revue des études hébraïques et juives modernes et contemporaines, Publications orientalistes de France), octobre 1976, 3 ::22-52 (Genève, Avenir, 10 mai, 1997) ; « Les Juifs en Perse avant les Pahlevi », Les Temps Modernes, 395, juin 1979 (pp. 1910-35).


(20) Yves-Maxime Danan, Quelques observations sur « Les trois exils » de Benjamin Stora, 11 janvier 2007 à http://www.guysen.com/articles.php?sid=5435

(21) Le 2 avril 1941, Rashid Ali al-Gailani arrive au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat militaire soutenu par l’Allemagne nazie et le mufti de Jérusalem Amin al-Husseini. Les 1er et 2 juin 1941, à Bagdad, 200 juifs furent assassinés et 2 000 blessés. Environ 900 maisons et des centaines de magasins juifs ont été détruites. Ce pogrom est appelé le farhoud.

(22) Bat Ye'or, Eurabia : L'axe Euro-Arabe. Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2006. 347 pages. ISBN : 2865531899.

(23) Professeur américain de littérature à l’université Columbia de New-York, Edward Saïd (1935-2003) est l’auteur de L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident (Seuil, 1980). Il est à l’origine avec le chef d’orchestre Daniel Barenboïm de l’orchestre Divan occidento-oriental.
Michel Gurfinkiel, L'ascension et la chute d'Edward Saïd, RCJ, 10 octobre 1999 à http://www.upjf.org/detail.do?noArticle=5548&noCat=145&id_key=145&critere=ascension&rub=7

(24) Naissance d’une théologie chrétienne de la libération de la Palestine (p.14-p.18) et Les déchirures des chrétiens d’Orient (p.24-p.26), in L’Observatoire du monde juif, n° 6/7, juin 2003 à http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj06-07.pdf

(25) Jacques Ellul (1912-1994) était un historien, théologien et sociologue français : http://www.ellul.org/ et http://www.jacques-ellul.org/

Cet article a été publié le 10 janvier 2010  puis le 13 juin 2013 à l'approche de la séance Un aller sans retour : l'exil des Juifs d'Egypte au Cercle Bernard Lazare, avec Paula Jacques et Tobie Nathan, le 13 juin 2013 à 20 h 30,  dans le cadre du Festival des Cultures Juives à Paris, les 13 et 31 juillet 2013, et - 9 mars 2015. Le 8 mars 2015, l'UPJF (Union des patrons Juifs de France) a remis le Prix du courage politique à Bat Ye'or ;
- 30 décembre 2015. Dans la nuit de Noël, à Lens et à Béziers (France), des musulmans ont protégé des églises lors de l'office de Noël. Le 26 décembre 2015, Robert Ménard, maire (proche du Front national) de Béziers, a déclaré : ""Ainsi donc la messe de Noël s'est tenue sous la prétendue 'protection' d'un groupe de musulmans dirigé par deux activistes connus pour leur engagement fondamentaliste et anti-israélien" ;
- 30 décembre 2015.

vendredi 30 décembre 2016

Le renouveau des magasins de jouets (2/2)


En 2016 : Mattel adapte la poupée Barbie aux diversités de taille et de couleur de peau, Lego présente des figurines se déplaçant en chaises roulantes, "Hijarbie" fait ses débuts sur sur Instagram"The Lyin Hillary Doll" exprime un des mensonges de la candidate du parti démocrate Hillary Clinton, atouts et variété des jeux et jouets made in France insuffisamment proposés par les détaillants, 5e salon des poupées noires...  Mises à jour 2009-2016.

Pour fêter l'anniversaire de Oui-Oui (Noddy), personnage créé en 1949 en Grande-Bretagne par Enid Blyton, femme de lettres britannique (1897-1968) et illustré par le néerlandais Harmsen van der Beek (1897-1953), la Poste a imprimé un timbre à l'effigie du pantin de bois, dont la tête articulée par un ressort dodeline en semblant dire "Oui". La tête de Oui-Oui est couverte par un bonnet bleu décoré d'un grelot qui sonne à chaque mouvement. Le cou est entouré d'un foulard jaune à pois rouge vif. Oui-Oui vit dans sa « maison-pour-lui-tout-seul » à Miniville, pays des jouets.  Cet enfant exerce le métier de chauffeur de taxi et livreur. Dans sa voiture dotée d'un fort tempérament, il convoie ses amis : Potiron, le gendarme, Mirou, Zim, Melissa. Ses ennemis ? Les farfadets Finaud et Sournois. Les aventures de Oui-Oui sont publiées dès 1962 dans la collection Bibliothèque rose et illustrées par Jeanne Hives.

Mise à jour 2009
En 2008, le volume des ventes de jouets, hors jeux vidéos, dans le monde était de 78 milliards de dollars (55 milliards d’euros). Leaders : les Etats-Unis, avec 30% des ventes, devant l’Union européenne (29%) et l’Asie (27%). Les 2e et 3e rangs sont occupés respectivement par le Japon et la Chine.

Les jouets préférés varient selon les pays. Les enfants américains affectionnent les jouets high tech et produits dérivés. Les goûts des enfants européens les portent plutôt vers les figurines et les jeux de construction transgénérationnels : Lego, Playmobil.

La France, deuxième marché en Europe
En 2008, la France demeure le deuxième marché de l’Union européenne (UE) avec 20% du marché de l’Europe des 27, derrière le Royaume-Uni (20,8%) et devant l’Allemagne (16%). En 2008, le marché français a réalisé un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros (hors vidéos). De janvier à septembre 2009, il a augmenté en valeur de + 2% (Source Panel NPD Consommateurs). « En octobre et novembre, il a baissé de 2 %. Mais le recul n'était plus que de 0,5 % à l'issue de la première semaine de décembre », déclare Yves Cognard, directeur marketing d'Hasbro. Selon le cabinet NPD, le marché des jouets en Grande-Bretagne, Espagne et Etats-Unis enregistre une baisse.


Afin de valoriser le jouet auprès du grand public, trois fédérations françaises de la filière jouets – la FJP (Fédération française des industries jouet-puériculture), la FCJPE (Fédération des commerces du jouet et des produits de l’enfant) et l’UNEJ (Union nationale des entreprises de gros, importation, exportation en jouets) – ont lancé fin 2009 la campagne pluriannuelle, « signature de filière », « Jouer, c’est La Vie ! »

La saisonnalité demeure élevée : en 2008, 57,7% des ventes ont eu lieu d’octobre à décembre - dont 35,7% pour le seul mois de décembre -, et 42,3% de janvier à septembre. Prisée notamment aux Etats-Unis, Halloween avait dynamisé l’activité – déguisements, etc. - à une période creuse, entre la rentrée des classes et Noël. Proximité avec la Toussaint (1er novembre) et la journée des défunts (2 novembre) ? Rejet d’une opération marketing très médiatisée ? Opposition de l’Eglise catholique ? Américanophobie ? Après avoir été la 3e fête commerciale annuelle après Noël et le Jour de l’an, Halloween (nuit du 31 octobre au 1er novembre) est moins fêtée en France depuis quelques années.

Quant au budget moyen en France, par an et par enfant, il est en 2008 de 210 € - 163 € pour l’UE -, contre 250 € au Royaume-Uni et 160 € en Allemagne. Selon une enquête de La Grande Récré réalisée auprès de 1 442 enfants âgés de 1 à 13 ans et de leurs parents dans toute la France, du 22 au 28 octobre 2008, le budget alloué aux jouets de Noël s’élève à 221 € pour tous les enfants de la famille.

Environ 82% des jouets sont reçus par des enfants de 0 à 9 ans. Chaque année, 60% des produits sont renouvelés. Renversement de tendance observé ces dernières années, les consoles ont évolué et rencontrent un succès aussi auprès des filles. En plus des articles sous licence promus en tête de gondole et parfois liés à des films d’animations, de dessins animés (Arthur et les Minimoys, Transformers, Gormiti) ou de BD – indémodable Babar -, des articles à collectionner (Petshop) les jouets liés au catch – rings, figurines, masques - connaissent un engouement liés à la diffusion télévisuelle de matchs.

Les acheteurs sont les parents à 44% et grands-parents à 19,7%. Plutôt que d’acheter un seul jouet coûteux, les clients préfèrent fractionner les achats pour offrir plusieurs jouets aux prix abordables. Parfois, parents, grands-parents et oncles s’associent pour offrir un jouet au prix élevé, telle une cuisinière en bois.

Les achats pour Noël sont de plus en plus tardifs, et réfléchis. Ce qui complique la logistique, les réassortiments.

En 2009, crise oblige, le budget consacré aux cadeaux de Noël a diminué : 215 euros. Pour le Noël 2009, le budget cadeaux pour les enfants se situe entre 180 et 200 euros.

Les chaînes de magasins s’adaptent aux petits budgets : alignement sur les prix Hypermarchés de 50 produits (JouéClub), troisième jouet offert pour deux jouets achetés chez Toys « R » Us, « corner discount » de jouets neufs de saisons précédentes vendus avec une remise de 50% à 70% dans 70 des points de vente de King Jouet - ce qui représente 5% du chiffre d’affaires avec 350 références de jouets discount -, etc. Une baisse des prix qui risque de se répercuter sur les fabricants et de dévaloriser jouets et commerçants.

Autre effet de la crise : le succès des bourses aux jouets d’occasion. Des magasins ajoutent cette offre, comme Peek et Poke à Etaples. Et la Fnac propose des jeux d’occasion. Les clients à l’affut de petits prix se dirigent aussi vers des magasins de déstockage réunissant fins de série, jouets d’anciennes saisons ou de faillites, etc.

Industriels et enseignes de la filière jouets sont sollicitées par des associations caritatives qui collectent les jouets, neufs ou usagers : « hottes de l’amitié » dans les magasins de La Grande Récré, n° 3 européen du jeu, au profit de son association Ludendo pour l’enfance ; actions locales de Picwic, dons de jouets neufs par Fnac Eveil et Jeux. Des hypermarchés (Carrefour) donnent les invendus. Le but est de les distribuer aux familles en difficultés . Ainsi, l’association Espoir pour un enfant récupère des jouets, recrée le trousseau manquant de poupées, les revend lors de braderies ou les offre à ces familles.

La tendance des jouets traditionnels
En 11 ans, de 1997 à 2008, la part des circuits de distribution marque un notable changement : celle des spécialistes jouets bondit de 28% à 44% (+57,14%) pour occuper la première place, devant les hypermarchés et supermarchés dont la part se contracte de 51% à 41% (- 19,60%). Au 1er trimestre 2009, ces « deux circuits représentent à eux seuls 85% des ventes de jouets ».

Indépendants, franchisés ou affiliés, les magasins de jouets continuent de mettre en scène les jouets et jeux exposés dans des vitrines basses, à hauteur d’enfants, permettant au regard de pénétrer dans l’intérieur de la boutique très éclairée. Transparence, lumière, profusion, qualité d’interlocuteurs de proximité, a fortiori en cas de problème de fonctionnement du jouet, service personnalisé caractérisent toujours ces lieux. Le goût pour le jouet en bois, durable, traditionnel perdure, à Paris, à Tours, à La Bouteille (Thiérache) – Sébastien Morlain, fabricant de puzzles et chevaux à bascule y ouvre sa boutique -, etc.

Réouvert en 2006, Au Nain Bleu, magasin parisien fondé en 1836, a retenu la niche du luxe français par « des jouets haut de gamme, exclusifs et des grands classiques ». A 75%, les jouets sont de qualité et made in Europe. En rachetant l’entreprise berrichonne Blanchet Peluches, Au Nain Bleu fabrique « à la demande et dans des délais très courts des peluches sur mesure », alors que les grandes enseignes spécialisées passent leurs commandes au moins six mois à l’avance.

La « boutique éphémère »
Autre nouveauté : à l’instar des Etats-Unis, la « boutique éphémère » (ou Pop up stores) , magasin qui ouvre en ayant programmé sa date de fermeture, dans une stratégie de « buzz », de course contre la montre, de test d’un projet, de proximité avec le consommateur incité à l’achat d’impulsion, à acheter plus tôt ce qu’il avait budgété.

Un concept intéressant pour des enseignes à l’activité marquée par une forte saisonnalité : maximiser son volume de vente en un minimum de temps, avec un investissement réduit, dans une zone bien achalandée et à la période de l’année concentrant une part élevée d’achats.

C’est le cas de Toys « R » Us qui réalise la moitié de son chiffre d’affaires à Noël et a ouvert en novembre 2009, pour trois mois, un « magasin éphémère » de 700 m² - la superficie moyen de ses points de vente s’élève à 2 000 m²-2 500 m² - au centre commercial de Boissénart (Seine-et-Marne).

« C’est un véritable acte de piratage, une guerre éclair de deux mois où l’on se retire aussi vite qu’on est arrivé ! », déplore Bertrand Poulmaire, propriétaire du magasin JouéClub de Savigny-le-Temple à 1,5 km de ce centre commercial, qui prévoit de fermer son magasin et licencier ses neuf salariés en janvier 2010.

Internet, incontournable dans le processus d’achat
« Le magasin Fnac éveil & jeux (ex-FNAC Junior) fait partie du groupe PPR qui a racheté en janvier 1998 Eveil et Jeux, leader en France de la vente de jeux et jouets sur Internet dans la VPC de jeux éducatifs (2-14 ans) », nous précise Sylvia Abitbol, directrice de l’agence Press Station, le 5 janvier 2010.

Cette enseigne a créé le site Internet Graine de curieux dédié à « tous les parents qui souhaitent s’interroger, débattre ou transmettre leurs idées à propos de l'éveil et de l'éducation de leurs enfants ». Y prennent la parole parents et experts de l'enfance - pédiatres, psychologues, bibliothécaires, etc. -, dans des cadres variés (interviews, forums). Des magasins proposent des animations gratuites : initiation à l'aquarelle, etc.

Redoutable pour les détaillants avec ses sites de comparateurs de prix, Internet s’avère précieux pour le client préparant un achat.

Selon le cabinet d’expertise marketing Acxiom, près d’un quart (22,3%) des foyers français achète des jeux et des jouets à distance : 83,6% via Internet, 25,3% par correspondance et 14,2% par téléphone. Ce secteur a « remplacé la « Téléphonie » dans le Top 3 des produits ayant généré le plus de chiffres d’affaires sur les sites d’achat-vente » (étude réalisée à partir d’une base comportant 439 563 foyers répondants).

Les ventes de jouets on line devraient croître de 30% en 2009. Selon l’étude annuelle de la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) et Médiamétrie/NetRatings, 30% des cyberacheteurs ont l’intention de dépenser en ligne plus de 50% de leur « budget cadeaux ». Parmi les cadeaux plébiscités : les produits culturels (82%), les jeux/jouets (68%), les produits high tech (64%). Prix moins chers qu’en magasin, caractère pratique, rapidité - Pixmania promet des délais de livraison « super express » -, choix d’articles plus large, économie du coût du déplacement en voiture… Autant de facteurs avancés par les Internautes dans un contexte économique morose (étude réalisée du 8 au 16 octobre 2009 auprès de 2 212 personnes de 15 ans et plus).

De plus, si Internet n’a pas modifié la part de la VPC (6%), qui multiplie les remises hors saison, c’est un commerce en ligne particulier qui s’affirme au fil des ans : en plus des sites d’achat/vente, la Toile offre la possibilité de mettre en vente ceux offerts mais ne plaisant pas, tels des jeux vidéo. Une manière aussi de gagner de l’argent et d’économiser en vue d’un prochain achat.

Internet permet aussi de diffuser, via Facebook, Youtube, Dailymotion ou Wideo des films de démonstration de finger skate, skate boards miniatures guidés par l’index et le majeur. Avec parfois, en bonus, le best of !

Pour l’enseigne Bilboquet, le volume des ventes généré par le site Internet – 80% - dépasse désormais celui de la boutique à Vannes (Bretagne) : 20%. Sa clientèle sur Internet est européenne, parfois habite aux Etats-Unis et au Japon. La synergie joue à plein entre le magasin et la boutique en ligne. Les activités liées au commerce électronique – expédition, stocks – ont été externalisées. Quant à la boutique parisienne 1.2.3. familles (75015), les ventes de son site Internet permettent de conserver l’indépendance du magasin.

Pour les artisans du jouet - La Maison des jouets-musée à Bréau-et-Salagosse (Cévennes gardoises) de Christian Poumeyrol -, Internet est une vitrine irremplaçable, offrant une visibilité internationale. Pascal Canot, fabricant de jouets en bois, a fermé son magasin Ourson malin à Reims, mais garde son site Internet éponyme. Atelier 2000 a adossé sa boutique parisienne (75018) à un site Internet éponyme assurant la promotion de ses créations de jouets et jeux en bois, peints ou à peindre.

Phénomènes de société
Les magasins de jouets sont la cible d’opérations de sensibilisation d'ONG contre les stéréotypes sexistes et les déplorables conditions de travail en Chine.

Le jouet « bio », respectueux de l’environnement, c’est tendance ! Air du temps, phénomène de société, la mode est aussi aux jeux écologiques - fabrications d’une éolienne, « démarche qualité et environnementale » de l’entreprise montpelliéraine Bioviva (jeux de sept familles sur les espèces menacées dans le monde) - et à la « production responsable » de jouets, avec des articles (Yo-yo) fabriqués en « écoconception », avec « des matériaux recyclés, du bois certifié et des encres végétales », usant des batteries rechargeables, etc. (LSA, n° 2035, 13 mars 2008).

Enfin, triste nouveauté, la vente de poupées Barbie de Mattel, conçues par la designer Eliana Lorena et revêtues du niqab, du tchador, de la burka… chez Sotheby’s au profit de l’association Save The Children !

Expositions :
Maisons de poupée, l’art de la miniature au musée de la poupée à Paris
Il était une fois Playmobil au musée des Arts décoratifs à Paris


Mise à jour 2010
Au Poussette Café (75009), Nature & Découvertes a présenté le 24 juin 2010 quelques articles emblématiques de sa collection enfants Noël 2010, « respectant un cahier des charges inédit ».

En plus des caractéristiques traditionnelles – solidité, durabilité, intelligence -, la marque insiste sur la valeur de partage intergénérationnel entre parents et enfants des jouets dans ces « rituels jalonnant la vie de l’enfant : premier bain, première dent, premier garage, premier circuit... »

Cette collection s’articule autour de cinq univers : « Le premier âge », « L’enfant qui découvre la nature », « L’imagination en action », « Tous dehors » et « Les petits savants fous ». Nature & Découvertes souhaite éveiller et sensibiliser les enfants aux enjeux environnementaux et énergétiques – Mon train solaire en bois - et à des univers lointains (Mon orchestre de la jungle).


Exclusivité : l’agence Pineau & Le Porcher a élaboré quatre joujoux spécifiquement destinés pour cette enseigne et conformes à ses valeurs : le trotteur Noa le Panda, Mon arbre multi-jeux, le Tableau-arbre et l’Etabli-éléphant.

Poupées gothiques et Monster High

Telles mères, telles filles ? Les poupées gothiques et Monster High constituent un secteur-niche.

En 2010, Mattel a lancé aux Etats-Unis Monster High, une franchise inspirée d’une série littéraire éponyme de Lisi Harrison. Maquillées et vêtues à faire peur, hautes de 20 à 25 cm, les poupées incarnent des personnages tirés de la littérature fantastique, de films-cultes d’horreur, de la mythologie, etc. Ainsi, Draculaura, fille de Dracula, Frankie Stein, fille de Frankenstein, Abbey Bominable, fille de l’Abominable homme des neiges, Manny Taur, fils du Minotaure. Ces personnages sont accompagnées d’un bestiaire : Comte Fabuleux, chauve-souris de Draculaura, Memphis « Daddy O » Longlegs, araignée d'Operetta Phantom, etc. Des séries animées télévisées et des web-séries, des jeux vidéos, et les réseaux sociaux complètent cette gamme visant garçons et filles jusqu’à l’adolescence, ainsi que des adultes.

Photos : © Nature & Découvertes, Mattel


Mise à jour 2011
Les éditeurs "traditionnels" de jeux vidéos tablent sur les réseaux sociaux en y proposant des applications ludiques. Ainsi, Electronic Art (EA) a acehté le 12 juillet 2011 l'éditeur de jeux PopCap : celui-ci est l'auteur des jeux de puzzle Bejeweled ou Zuma ainsi que de stratégie Plantes contre Zombies. Ce qui laisse espérer un chiffre d'affaires d'un milliard de dollars dans le numérique. Initialement disponibles sur PC, "les jeux de PopCap sont également présents sur les terminaux mobiles et sur les réseaux sociaux" (Le Monde, 15 juillet 2011). La société 2K Games a décliné sur Facebook Civilization au succès avéré sur PC (10 millions d'exemplaires vendus).


Les jouets d’occasion à la mode pour Noël 2011

Selon une étude menée par Toyslegend.com, « premier site Internet de recyclage de jouets d’occasion », les jouets d’occasion suscitent un engouement croissant induit par la crise économique et la tendance écolo. « Bien plus qu’une recherche de bas prix, les consommateurs y voient un acte d’achat responsable et réfléchi ».
Pour 67%, le jouet d’occasion permet de réaliser des économies, 28% déclarent avoir déjà acheté un jouet d’occasion pour un enfant à Noël, 36% considèrent l’achat d’occasion comme une façon d’exprimer leur rejet de la surconsommation, 65% expriment via ce choix leur engagement pour le développement durable, 68% « considèrent qu’en achetant un jouet d’occasion ils transmettent des valeurs sociales et écologiques à leurs enfants ».
Cette étude a été menée auprès de 527 familles ayant un ou plusieurs enfants âgés de 0 à 14 ans, du 28 novembre au 5 décembre 2011 (plusieurs réponses possibles).

 
Mise à jour 2012 
Made in Europe
Fabrication nationale et souci du développement durable caractérisent certains fabricants.

Les Jouets Libres associent la fabrication de « jouets en France imaginatifs et écologiques à des prix accessibles ». Il édite RouleTaBille, un « jeu de billes à construire écologique en bois du Jura naturellement fabriqué en France pour les enfants de 4 à 12 ans », doté d’une « identité graphique séduisante qui apporte une touche contemporaine à l’univers du jouet en bois ». RouleTaBille, c’est aussi « une gamme de jouets éco-conçus et pensée en harmonie avec l’environnement avec un objectif « zéro déchet ». L’usine fabriquant ces billes traditionnelles est unique en Europe et a été distinguée par le label des « Entreprises du patrimoine vivant ». Les Jouets Livres arguent de leur « démarche sociétale » par un partenariat avec l’Office National des Forêts.

En Belgique, les Jouets Le roi ont relevé le « défi de créer des jouets de qualité en bois, fabriqués artisanalement dans leur atelier de Remicourt en province de Liège ». Leurs jouets « répondent aux normes de sécurité, et sont livrés dans une jolie boîte en carton recyclé... » Une manière de « faire plaisir de manière écologique et durable ».

Troc et dons
Volonté d’éviter le gaspillage ? Paupérisation en temps de crise ? Nouveaux modes de consommation ? Banalisation des jouets et jeux ? Déception à l’égard des cadeaux reçus ? Des sites de troc et de dons sont à votre disposition.
Selon l’étude Generix/Ifop (12 décembre 2012), 24% des Français prévoient de revendre leurs cadeaux, avant de les avoir reçus, et 22% envisagent de le faire pour gagner de l’argent.

Troc.com achète cash les cadeaux de Noël du 26 décembre 2012 au 31 janvier 2013 ! « Revendre ses cadeaux de Noël est entré dans les mœurs et n’est, dorénavant, plus un tabou mais réellement un acte malin et anti crise ! Obtenir du cash plutôt que d’entasser ce qui nous est inutile, pourquoi s’en priver ? » Troc.com associe site internet, petites annonces gratuites et réseau de magasins dans six pays européens dont la France.
Le troc s’allie à de bonnes causes avec La Trocante. Les Trocanteurs collectent « en son nom des jouets à destination d’associations caritatives parce que la magie de Noël c’est aussi le partage »… Des centaines de jouets ont été distribués l’année dernière. Dans les magasins La Trocante, petits et grands déposent leurs cadeaux : jouets, livres, peluches... « Tous les anciens jouets délaissés parce que les enfants sont devenus grands peuvent à nouveau faire la joie des petits. Plutôt que de les entasser ou de les laisser à la cave, vous pouvez les déposer ou les proposer à la vente. Chaque magasin donnera les cadeaux à l’association de son choix ». Fondé en 1977, le « réseau La Trocante, inventeur du concept de dépôt-vente d’objets d’occasion en France, compte aujourd’hui 32 franchisés en France. Très innovant, le réseau se spécialise de plus en plus dans les produits d’occasion high tech, ainsi qu’en bijouterie, valorisés sous forme de corners. La Trocante est la seule enseigne à proposer trois formules de revente : paiement en espèces, dépôt-vente, vente aux enchères ». Boutiques « de proximité, d’une surface moyenne de 800 m², les magasins La Trocante sont implantés dans les agglomérations directes des grandes villes ».

Depuis 2006, Donnons.org est réservé aux dons d'objets sur Internet. « Solution à la perte du pouvoir d'achat, il est aussi une initiative de développement durable, écologique qui permet d'éviter le gaspillage ». Le site « permet de s'équiper gratuitement de choses sans notion de troc ou de vente : il met en relation des personnes qui possèdent des objets qui les encombrent avec ceux qui en ont besoin. Les intéressés conviennent d'un rendez-vous chez le propriétaire de l'objet pour le récupérer. C'est un marché de l'occasion gratuit. Les objets peuvent nécessiter des fois de petites réparations mais dans la majorité des cas, l'objet est en état. Toutes les annonces de dons sont vérifiées par les modérateurs du site avant leur publication ». L'utilisateur inscrit peut s'abonner gratuitement à une lettre d'information pour être averti des dons proches de chez lui ». Donnons.org vise un double but : permettre aux plus démunis de s'équiper pour 0 €, et contribuer à un développement durable. Quelques chiffres : un million d’objets donnés, mille dons quotidiens, plus de 400 000 membres fidèles, environs 60 000 visiteurs quotidiens et 60 modérateurs.

Poupées, animaux (dinosaures, lapins), voitures, hochets, doudou, gâteaux, avions, chaussons, étoiles et boules de Noël, vêtements pour bébés, porte-clés... La firme britannique Best Years’ propose une large gamme de jouets en tricot et en crochet, en coton ou en alpaga, faits mains, lavables en machine, issus du commerce équitable avec le Bangladesh, le Pérou, l'Egypte et le Népal, à des prix bas : dès trois euros. Après avoir atteint d'énormes volumes de ventes au Royaume-Uni, cette société a trouvé des détaillants en France, notamment dans des merceries ou magasins spécialisés dans la vente de pelotes de laine.


Mise à jour 2013

Selon NPD, le marché des jouets traditionnels dans les cinq plus importants marchés européens – France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni – était atone en 2013, en raison d’une situation économique globale, l’introduction d’un nombre moindre de jouets sous licence et le fait que les films blockbuster n’ont pas eu autant de succès que les années précédentes. Alors que les ventes ont augmenté  en France (+0,7%), en Allemagne (+1.5%) et en Espagne (+0.3%), elles ont diminué en Italie (-3.3%) et au Royaume-Uni (-1%). D’autres pays européens tels la Belgique, la Pologne et le Portugal ont enregistré une croissance remarquable respectivement de 2%, 3% et 6%.

Les ventes de jouets dans ces cinq marchés ont atteint un montant total de 11,4 milliards d’euros en 2013, a constaté NPD. Le Royaume-Uni était le premier marché, suivi de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne. Alors que Furby Boom d’Hasbro était le jouet favori dans quatre de ces cinq marchés, Storio de Leapfrog était le plus vendu en France. Plus d’un jouet sur cinq était acheté en ligne dans ces cinq marchés en 2013, soit une hausse de 19% par rapport à 2012.

Le business du jouet demeure hautement saisonnier avec des clients effectuant la majorité de leurs achats de jouets lors de la période de Noël : 50% en Espagne, 36,7% en Italie, 36,5% en France, 28,2% en Allemagne, et 25,7% au Royaume-Uni.

Selon le sixième baromètre de Noël de l'enseigne du groupe Ludendo, les parents prévoient de consacrer 112 €/enfant pour leurs cadeaux de jeux et de jouets en 2013. Ce budget représente une légère baisse par rapport à celui de 2012 et révèle "la bonne connaissance des prix et des produits par les consommateurs que d'une réelle volonté de restreindre leurs dépenses".

La 16e édition de l’étude de Noël sur les intentions d’achat des consommateurs européens de Deloitte révèle que le budget moyen des Français pour les fêtes de fin d’année a légèrement diminué : 531 €, soit - 0,9% par rapport à 2012 ; 57% des dépenses seront dédiées aux cadeaux, dont le budget de 302 € enregistre une baisse de 2,7%. Les parents préfèreront « leurs propres enfants avec une part inégalée de 34% de leur budget cadeaux, soit 101 € et une valeur moyenne de 50 € ». Ceci qui induira une augmentation de 3% du budget cadeaux pour les enfants. Comment cette hausse est-elle financée ? Par la baisse de budget pour les adultes, en particuliers amis et famille dont le budget baisse de 8% « principalement grâce à l’achat de cadeaux moins chers. Confirmant leur recherche de cadeaux utiles, 55% des consommateurs Français privilégieront le critère éducatif des jouets offerts pour les enfants : les jeux de construction, les livres, les jouets et les accessoires éducatifs occuperont une belle place au pied des sapins ». Les consoles de jeux entrent dans le top 10 des enfants, avançant de quatre places en un an. Aucun changement dans le top 3 des cadeaux pour adolescents : les jeux vidéo, l’argent et les livres. « Les Français continuent de vouloir acheter malin pour leurs achats de Noël et plébiscitent à ce titre les promotions, même si leurs marges de manœuvre semblent diminuer ». L’étude porte sur 17 354 consommateurs dans 18 pays de l’Europe de l’Ouest - en France, le panel regroupe 1 595 répondants -, de l’Est et l’Afrique du Sud ont été interrogés au cours des 2e et 3e semaines de septembre 2013.


 A Paris, l'association Rejoué fondée par Claire Tournefier recycle les poupées, peluches et jeux usagés. Grâce aux dons de jouets et au travail de personnes en réinsertion, ces jouets, doudous et jeux sont lavés, recyclés et vendus entre 50% et 80% du prix du jouet ou du jeu neufs à des particuliers, ludothèques, écoles, crèches, centres de loisirs, etc. Rejoué dispose aussi de deux boutiques parisiennes dans les XIVe et XVe arrondissements. Pour le Noël 2013, Rejouré offrira des cadeaux aux Restos du Cœur.

Catalogues progender
En 2012, le catalogue  des magasins U pour Noël avaient choisi « des pages thématisées et unisexes » inversant les clichés : poupées pour les filles et bricolage pour les garçons. Ce qui avait suscité une polémique à laquelle les magasins U avaient répondu en avançant une réponse à une demande d’une partie de leur clientèle. De nouveau, en 2013, les magasins U, représentant des moyennes et grandes surfaces, ont appliqué dans leur catalogue de jouets pour Noël la contestée théorie du genre : les garçons jouent avec des poupées, et les filles s’amusent avec des camions miniatures. Sur Twitter, cette inversion des stéréotypes a suscité des réactions contrastées : du soutien à l’opposition . Une opposition de Twittos liés au mouvement hostile au mariage pour les homosexuels rendu récemment légal en France.

Barbie ouvrière
En octobre 2013, China Labor Watch a alerté sur 18 violations du droit du travail constatées dans six usines fabriquant en Chine des jouets pour Mattel : « Jusqu'à 13 heures de travail par jour, sept jours sur sept, des dortoirs surpeuplés, des produits toxiques manipulés sans protection, des papiers confisqués lors de l’embauche… »

En cet hiver 2013-2014, Peuples Solidaires et China Labor Watch ont lancé une campagne  dénonçant les « conditions indignes de travail  » de milliers d’ouvriers chinois travaillant « sur les chaines de fabrication de jouets Mattel » en Chine. Ces deux ONG arpentent  les boulevards où sont installés de grands magasins de Paris et d’autres grandes villes une Barbie ouvrière à taille humaine, bâillonnée, empaquetée. « Mattel est le premier fabricant mondial de jouet. Il peut influencer le secteur », a déclaré Fanny Gallois, responsable de campagne de Peuples solidaires.

Ces ONG mobilisent les réseaux sociaux dans leur campagne de communication, et invitent à signer la pétition Libérons Barbie ouvrière  qui a déjà revêtu 62 599 signatures.

Le 18 décembre 2013, le site Plus-size-modeling.com a vanté les modèles en léger ou en fort surpoids. Sur son compte Facebook, il a présenté la photo d’une poupée Barbie à la silhouette étoffée par un double menton et des rondeurs accentuées. Ce qui a suscité une controverse.


Mise à jour 2014
En 2014 : deux expositions sur les bateaux-jouets au musée de la Marine à Brest et à Toulon, les difficultés de fabricants de jouets en bois nées de normes européennes très contraignantes, la poupée Lammily, une étude de Bonial sur les recherches de jouets effectuées sur son portail et sur ses applications mobiles, et les produits ou les marques incontournables pour Noël" 2014, l'engouement pour les drones...

Les bateaux jouets
 En 2007, le musée national de la Marine a présenté à Paris l'exposition  Bateaux jouets, 1850-1950, "la première du genre, et mettait en lumière un siècle complet d'histoire des bateaux jouets. Composée de près de 350 objets anciens, œuvres et documents, rarissimes ou uniques", cette exposition "témoignait de l’essor extraordinaire du bateau jouet en Europe, du milieu du XIXe siècle à la fin des années 1950. Cent ans d’imaginaire maritime et d’histoire de ces jouets... Le "voilier de bassin, véritable symbole du jeu de bateau", était entouré "d’une incroyable variété de bateaux mécaniques dont les moyens de propulsion rivalisent d’ingéniosité. Qu’ils soient jouets d’exception ou jouets à quatre sous, chaque type de bateau présente un moyen de propulsion qui lui est propre". Il suffisait "de comparer le Comte de Hainaut, le plus ancien jouet à vapeur de la collection (1859), et le Godilleur de Fernand Martin, jouet de 1893, fonctionnant avec un simple écheveau de caoutchouc".

De nouveau, en 2014, ces objets de collection sont montrés dans deux expositions originales dans les musées de Brest et de Toulon.

À Brest, le voilier-jouet dévoilé !
Le musée de la Marine à Brest présente l’exposition exceptionnelle  Il était un petit navire... Les bateaux jouets  (9 avril 2014-3 janvier 2016) qui "retrace l’histoire du jeu de bateau de 1850 à 1950. A travers une soixantaine d’objets, cette exposition  évoque les grands thèmes liés au développement du jeu de bateau de 1850 à 1950. Une période marquée par l’âge industriel et les transformations techniques, économiques et sociales. De l’apparition du bateau-jouet manufacturé, au jeu à la maison, en passant par des trésors du génie mécanique ; des jouets, des peintures et des photos restituent avec humour et tendresse l’ambiance si particulière attachée au bateau-jouet. Un éclairage particulier est mis sur le voilier, emblème du jeu de bassin et de bord de mer, mais aussi motif incontournable de l’iconographie convenue du tourisme balnéaire en pleine expansion, dont le littoral breton fut l’un des théâtres".

Toulon, la bataille navale à tout âge !
L’exposition Touché Coulé ! Les bateaux jouets(21 mai 2014-3 janvier 2016) retrace l’histoire du bateau jouet militaire  depuis le simple morceau de bois taillé au couteau jusqu’aux jeux vidéo de batailles navales. Elle met également en lumière l’importance du bateau jouet dans l’éducation de l’enfant ainsi que sa capacité à reproduire en miniature le monde des grands. Sur 200 m², une centaine d’objets variés – jeux, bateaux jouets, reproductions, photos et livres animés, figurines, jeux vidéos – racontent un siècle marqué par de nombreux conflits, et traduisent les rêves d’une génération, les évolutions techniques et morphologiques de cette marine de guerre toujours en transformation".

En mars 2014, Dominique Amey, âgé de 48 ans, a annoncé qu'il mettait un terme à l'activité de sa société de production de jouets en bois - chevaux à bascule, épées, voitures, etc. - installée à Gigean, près de Montpellier (Hérault) à la suite du respect des normes européennes coûteuses - norme du jouet EN71 sur les propriétés mécaniques et physiques, l'inflammabilité, la nature des produits chimiques - exigé par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Il avait repris cette entreprise, fondée en 1987, en 2009.

"J’étais le dernier dans le département à fabriquer des jouets en bois destinés à des magasins et pas seulement à des marchés artisanaux. Nous sommes tellement peu que, comble du comble, ce sont mes petits chevaux à bascule qui se vendent aujourd’hui à Moirans en Montagne, la capitale du jouet de bois !", a déclaré Dominique Amey qui songe à se reconvertir dans les objets de décoration en bois. Dans son site Internet Il était en bois, il précise que certains jouets ne peuvent être vendus dans l'Union européenne.

C'est près de l'église de Labège-Village et du four à bois et de halle de la cité que Dominique Agnès a installé en novembre 2012 son atelier de jouets en bois "Le moulin à bois". Là, elle fabrique des jouets en bois pour petits - jouets à tirer, à pousser, à bascule, d'éveil - et seniors - jeux de stimulation, de mémoire - ainsi que des objets de décoration en bois, sur commande et sur catalogue.

Né dans une famille russe Juive, Nickolay Lamm quitte à Saint-Petersbourg en 1995 pour s’installer à Pittsbourg. Cet artiste et chercheur âgé de 26 ans a conçu Lammily, une poupée jeune femme anti-Barbie : elle a des mensurations corporelles humaines.

Il avait constaté  que le monde des poupées était « dominé par des divas, princesses et sirènes » et a voulu aider les femmes à trouver leur chemin. Lancée le 5 mars 2014, sa campagne de crowdfunding  a eu le soutien de 13 621 Internautes qui ont commandé 19 000 exemplaires de Lammily, une poupée  reflétant « la vie réelle en dimension réduite » et non pas obéissant aux standards sociétaux. Le 28 novembre 2014, ces poupées, correspondant  à la taille moyenne d’une jeune Américaine de 19 ans – 1,63 m pour 68 kg et 85 cm de tour de poitrine - ont été livrées à leurs clients qui peuvent la personnaliser par des accessoires-stickers : cicatrices, piqûres de moustiques, cellulite, etc.


Bonial a "étudié les recherches de jouets effectuées sur son portail et sur ses applications mobiles. Quels sont les produits ou les marques incontournables pour Noël" 2014 ? Les résultats et les tendances de cette étude révèlent que, dans ce Top 10, "Playmobil et Lego, grands classiques, jouent encore les premiers rôles cette année en occupant respectivement les 2 premières places du podium des jouets les plus recherchés sur Bonial". En troisième position : Monster High. Suivent les consoles et jeux Play Station et Nintendo, ainsi que les trottinettes. Petite dernière : la tablette.

Bonial a aussi présenté le pourcentage total des recherches par catégorie de jouets en 2014. Les "jouets ont été classés en 11 catégories différentes. Les recherches de produits technologiques occupent la première place (24%) suivie par la catégorie Sport/Plein Air (17%) et les produits créatifs/éducatifs (13%)".

En 2014, se confirme le succès du drone. Avions ou hélicoptères, ces aéronefs télécommandés  sont déclinés ou présentés comme drones-jouets équipés d’appareils photographiques ou de caméra dans une gamme de prix – de plusieurs dizaines d’euros à plus de mille euros - et de dimension étendue. Le public visé  ? Enfants et adultes. Certains drones  de loisirs, tel le Jumping Sumo de la société Parrot, sont contrôlés, via une application, depuis un smartphone ou une tablette, et suivent le « plan de route », « parcours avec acrobaties », conçu par l’utilisateur dans une maison ou en extérieur. Les lieux de vente : en plus des magasins, généralistes ou de modélisme, des boutiques sont dédiées sur Internet aux drones, tel Droneshop.com. Si certains détaillants prennent le temps de former les jeunes acheteurs à l'utilisation du drone, les clients demeurent souvent peu informés du contexte juridique d'utilisation du drone, du souci à porter à la météorologie, etc.
 
Mise à jour 2015
En 2016 : retour en France d'entreprises ayant préféré la production de jouets en Chine, consommation en berne après les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015, retrait d'armes factices de l'offre de magasins de jouets...

Mille bornes, Mako moulages, L'arbre magique, briques Lego... Depuis cinq ans s'est affirmée la vogue du jouet néo-rétro ou vintage. « Elle s’accentue d’année en année et correspond notamment à la remontée en puissance de Lego, qui a su se renouveler en intégrant des licences comme Star Wars ou Minecraft. Les parents plébiscitent des jouets transgénérationnels », a expliqué Frédéric Carré, directeur des achats des magasins Toys'R'Us.

Les jouets étaient à l'honneur au MIF Expos, salon des produits Made In France (6-8 novembre 2015), dans le corner dédié à l'enfance. "Sur le marché du jouet, les entreprises historiques renouvellent leurs gammes et surfent sur les tendances. Le secteur ludique des jouets en bois est particulièrement prisé par les parents pour la qualité des matériaux naturels, sans danger pour les enfants, et leur aspect pédagogique. Les jeux et jouets traditionnels  permettent  à  toute la famille  de se retrouver et de partager un moment!de complicité tout en faisant travailler la créativité des plus jeunes". Parmi les exposants : les puzzles Michèle Wilson, puzzles d'art en bois découpés à la main en suivant le motif des pièces dans des ateliers de Bourgogne et de Paris, et les bateaux jouets fabriqués et peints à la main de la Maison Tirot, installée depuis plus de 70 ans à Romagné en Bretagne. Ces jouets représentent 8% des jouets vendus en France.

Fondée en 2014, l’Association des Créateurs-Fabricants de Jouets Français (ACFJF), "rassemble 24 acteurs du jouet qui fabriquent en France", réalisent 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires, et emploient environ un millier de personnes. "Fédérer cette industrie permet de valoriser le savoir-faire à la française. De la création à la commercialisation, toutes les fonctions de l’industrie sont représentées : plasturgie, couture, tournerie, découpe de bois, laquage, traitement des caoutchoucs, fabrication des produits cosmétiques, parfums, fabrication de peinture, de peluche…" Succès indémodable de la société Vulli, la girafe Sophie est en caoutchouc naturel peint en colorants alimentaires. Les raisons de ce regain d'intérêt pour le made in France ? La hausse du dollar, l’augmentation des frais de transports, le renchérissement du coût de la main-d’œuvre chinoise, et la souplesse dans les commandes (réactivité à la commande, la rapidité dans la production et la livraison même de petites séries, réduction des stocks coûteux d'invendus). Une activité forte en croissance d'emplois, malgré la modernisation par l'automatisation des machines.

Pour répondre aux exigences de parents, des jouets en bois proviennent de forêts gérées de manière durable, leur packaging est biodégradable ou en carton recyclé, etc.

A ces jouets traditionnels, s'ajoutent depuis quelques années, des jouets connectés. Start-up française installée à Bordeaux, Marbotic "commercialise des jouets éducatifs connectés fabriqués en bois. Adoptant la forme tantôt de chiffres tantôt de lettres, ils prennent place sur l'écran d'une tablette et fonctionnent avec des applications pour apprendre à lire et à compter en s'amusant". Des smart letters et smart numbers...

Association de consommateurs, l'UFC Que choisir a alerté sur les risques de jouets connectés. En plus des données communiquées volontairement en début d'utilisation - nom, prénom, coordonnées bancaires -, de nombreuses informations peuvent être "collectés sans que vous ne soyez précisément informés, ou sans que l'on ait demandé votre consentement spécifique".  Une cyberattaque a permis de capter les données personnelles de 6,4 millions d'enfants de VTech et de trois millions de bambins fans de Hello Kitty...

Le 21 octobre 2015, LSA a révélé les résultats de l'institut Toluna concernant les budgets cadeaux pour Noël 2015. Les "Français prévoient un budget cadeaux d'environ 97 € par les cadeaux aux enfants", en hausse de 4,4% par rapport à 2014. "Ils sont plus de 41% à prévoir acheter des jouets pour les glisser au pied du sapin. "Il ne s’agit bien sûr que de premières tendances et l’offre des distributeurs jouera un grand rôle dans les dépenses de chacun. Mais il est clair que Noël reste un grand moment de la consommation, par opposition aux soldes ont fait moins recette cette année", a expliqué Philippe Guilbert, directeur général de Toluna.

Pour ce premier sondage concernant le Noël 2015, "la surprise vient plutôt des circuits dans lesquels les Français comptent faire leurs emplettes : pour l'ensemble de leurs cadeaux - pour les enfants comme pour les adultes - les sondés prévoient d'abord d'acheter... sur Internet qui arrive en tête avec plus de 55% des suffrages, devant les centres commerciaux et les hypers et supermarchés".

Selon le sondage de YouGov réalisé pour Ma-reduc.com et publié le 12 novembre 2015, les stratégies déployées pour détecter les meilleurs prix sont plurielles. " Près d’un tiers des Français célébrant Noël repère et/ou achète ses cadeaux sur Internet (32 %), un quart achète en ligne les produits vus en magasin car ils sont moins chers (25 %) et 20 % profitent de promotions ponctuelles tout au long de l’année".

Selon une étude du cabinet Deloitte publiée le 13 novembre 2015, le budget des dépenses de Noël des Français en 2015 devrait légèrement dépasser celui de 2014. Les Français "ont prévu de consacrer 577 euros, soit 0,23 % de plus qu’en 2014, aux repas, cadeaux et loisirs des fêtes de fin d’année. Cela fait cinq ans que cette enveloppe prévisionnelle est supérieure à celle de la moyenne des consommateurs européens (513 euros, en repli de 0,3 %). cette hausse, aussi faible soit-elle, est notable, surtout si on la compare à la contraction de 4,5 % des intentions enregistrées en 2014". « Il s’agit surtout du budget d’intentions d’achats le plus élevé depuis 2011, où il avait atteint 606 euros », a précisé Stéphane Rimbeuf, associé responsable distribution et biens de consommation au cabinet Deloitte.

A l'instar des années précédentes, les Français arbitrent dans leur budget prévu pour Noël. Ils envisagent notamment de diminuer la part dédiée aux loisirs et aux sorties, et en revanche d’accroître celle consacrée au repas. Les "Français vont privilégier les cadeaux, qui représenteront les deux tiers de leur budget, soit 350 euros en moyenne. Deux tendances se dégagent : « D’une part privilégier les enfants – la moitié du budget cadeaux –, et, d’autre part, offrir des cadeaux moins nombreux mais plus qualitatifs », constate M. Rimbeuf. Le montant moyen d’un cadeau atteint 42,50 euros tous âges confondus (56,95 euros pour ses propres enfants), contre 34,10 euros en 2014. Les cadeaux souhaités du top 3 (livres, argent, chèques-cadeaux) n’ont pas varié depuis cinq ans".

Crise oblige, les consommateurs recherchent les promotions. « Ces dernières années, les Français ont développé des comportements prudents, de stratèges, guidés par la recherche du meilleur prix et des promotions. Cette année encore, ils vont y être sensibles puisqu’un Français sur deux prévoit d’acheter plus en promotion. Et même, quatre Français sur dix prévoient de dépenser plus de la moitié de son budget de Noël avec des produits en promotions [seulement 3 sur 10 en Europe] », remarquait M. Rimbeuf.

Pour réaliser "de bonnes affaires, les consommateurs prévoient de s’y prendre bien plus tôt qu’à l’accoutumée. Si, en 2014, ils étaient plus nombreux à envisager d’attendre la dernière minute pour faire leurs achats, cette année, près de un Français sur deux (48 %, contre 43 % en 2014) aura effectué ses achats avant la fin du mois de novembre. 15 % seulement les feront sur les 9 jours précédant Noël (contre 18 % en 2014). « Seuls deux pays anticipent plus ou autant leurs achats de Noël que les Français : le Royaume-Uni et l’Allemagne », précise l’étude".

Les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 à Paris ont profondément marqué les habitants de la France, et ailleurs.

L'enseigne JouéClub est implantée à Paris par un magasin situé dans le quartier des grands boulevards. La « fréquentation, comme le chiffre d’affaires, y ont chuté, samedi, de 60 % par rapport au même samedi de 2014, sachant que nous avons fermé le magasin à 16 heures, contre 20 heures habituellement. Le phénomène s’est poursuivi lundi, avec une chute de 25 %. En province, c’est moindre. Près de l’aéroport de Roissy-CDG, nous avons un magasin dans le centre commercial d’Aeroville, dont l’activité avait chuté de 15 % samedi et dimanche, mais il a rattrapé son retard lundi », a indiqué au Monde (17 novembre 2015) Alain Bourgeois Muller, PDG du groupement coopératif. Et d'ajouter : « On navigue un peu à vue, on fera le bilan en fin de semaine, mais en décembre sur Paris, cela risque d’être très compliqué, avec la présence des militaires et la crainte de nouveaux attentats. Déjà que nous avions une crainte sur les ventes en raison des élections et surtout de la COP21, qui compliquera sérieusement la circulation dans Paris ».

"Chez un autre distributeur de jouets, on signale qu’« il y a eu, dans Paris, un transfert d’activité entre les rues. Dans un magasin situé vers Montmartre, il y a eu un vrai ralentissement de l’activité, tandis que dans un autre des Champs-Elysées, cela a augmenté. En province, dans certains grands centres commerciaux, c’est aussi compliqué. Depuis trois semaines, on était sur une dynamique de croissance dans le jouet, portée par les phénomènes Star Wars et Reine des Neiges. Là, c’est en stand-by, et il n’y a pour le moment pas de report sur internet car il reste encore un mois et demi avant Noël ».

Le 20 novembre 2015, la direction de Toys'R'Us a retiré de ses 48 magasins en France "23 références de jouets ressemblant à des armes à feu", dont les pistolets et les mitraillettes. « Cette décision fait suite aux attentats de Paris. Elle a été prise car ces jouets ressemblaient à s'y méprendre à des armes à feu réelles. Cela pouvait donc être source de confusion pour les forces de l'ordre ». JouéClub a déclaré avoir réduit « les gammes de ce type de produits. JoueClub compte accélérer cette démarche et ne mettra plus de copie d'armes de combat dans ses prochains catalogues. Il appartient aux parents de juger ce qu'ils considèrent comme le bon ou le mauvais jouet, tous ne placent pas le curseur au même niveau ».

« Depuis une semaine, il y a une hypersensibilité de nos consommateurs à tout ce qui touche la violence », explique au Figaro un porte-parole d'Auchan, "dont de nombreux clients ont fait part de leur désapprobation face à la mise en rayons de la nouvelle version du jeu vidéo « Call of Dut y», réputé pour son côté brutal. Le groupe a aussi fait passer en interne des consignes pour bannir le vocabulaire guerrier (ou négatif) du langage de ses employés, comme la « guerre des prix », les produits « bombes » et bien évidemment l'inapproprié « Black Friday », devenu le « Crazy Week-end ».

Le 8 décembre 2015, alors que le jihad ou Intifada des couteaux et voitures assassines a tué plus d'une vingtaine d'Israéliens depuis septembre 2015, le quotidien israélien Maariv a relaté la saisie par des douaniers de Haïfa de 4 000 poupées au style Intifada, destinées à inciter à la haine la jeunesse de l'Autorité palestinienne.  Habillées aux couleurs palestiniennes - rouge, vert, noir et blanc -, portant des keffiehs aux slogans "Jérusalem est à nous" et "Jérusalem, nous voici", ces poupées avaient en mains des pierres. Elles se trouvaient en contrebande dans un container indiquant renfermer des articles en plastiques et des vêtements. Elles provenaient des Emirats arabes unis (EAU). Une enquête est en cours. "Ces poupées visaient à empoisonner l'esprit d'enfants innocents. Les Palestiniens continuent d'inciter leur jeunesse en utilisant les moyens nécessaires pour les éduquer à la violence et à la haine", a déclaré Tzipi Hotovely, vice-ministre israélienne Likoud des Affaires étrangères. Et d'ajouter : "Nous ne pouvons pas mener un dialogue ouvert avec nos voisins tant que le système éducatif palestinien n'aura pas changé".

En 2012, le distributeur Super U avait "été la première a publier un catalogue de jouets sans distinction de sexe". Avant Noël 2015, l'enseigne a lancé une campagne publicitaire contre les stéréotypes. "Un château il est rose, et bah c'est pour les filles...", affirme une fillette vêtue de rose. Dans la suite du spot, l'enseigne s’interroge "Mais est-ce la réalité quand ils jouent ?" et les enfants sont lâchés dans un grand espace de jeu. On voit alors une fillette qui manie la perceuse, un petit garçon qui fait le ménage dans une tenue de super-héros et un autre qui s'occupe d'une poupée etc. L'enseigne titre alors "Il n'existe pas de jouets pour les filles ou pour les garçons, mais des jouets, tout simplement." 

Saluée le 18 décembre sur Twitter par Pascale Boistard, secrétaire d'État chargée des Droits des femmes, cette campagne promouvant des jouets unisexes a suscité l'ire de parents et de Philippe de Villiers.

Ce politicien de droite a décrit le 24 décembre 2015 le but de Super U : "L’idée, c’est d’aller plus loin : c’est de s’engager contre les stéréotypes, contre l’idée qu’il y a des filles et des garçons.... On voit bien la manœuvre qui est derrière tout ça : la manœuvre c’est d’installer l’unisexe, c’est-à-dire un monde dans lequel les hommes et les femmes de demain seraient sans patrie, sans sexe, désaffiliés , désinstitués, l’homme nomade de Jacques Attali, l’homme déraciné. Il faut donc se battre contre cette publicité, c’est la raison pour laquelle d’ailleurs j’ai agi avec les militants de La Manif pour tous – il n’y a d’ailleurs aucune concertation entre nous – pour boycotter Super U".

Et de conclure : "Derrière tout ça il y a, en filigrane, le mondialisme. Super U est une entreprise mondialiste, qui profite du mondialisme, qui prospère sur le mondialisme. Et le mondialisme consiste à couper l’homme de ses attachements vitaux... Noël est l’un des derniers obstacles à la puissance de l’idéologie mondialiste. Noël, c’est l’Enfant qui nait, un petit garçons qui nait dans la crèche, qui s’appelle Jésus-Christ. Il a un père et une mère et sauve l’humanité au nom de la paternité céleste. C’est tout ce que le mondialisme combat. Le mondialisme veut un monde débarrassé de toute forme de filiation. La filiation de Jésus-Christ est donc insupportable pour l’athéisme moderne qui vise à éradiquer toute forme de religion et surtout la religion chrétienne, car en même temps ces gens-là accueillent l’islam au nom du vivre ensemble et de l’accueil de l’autre. Donc, il y a une préférence islamique chez ces gens-là. Pour eux, il s’agit de détruire et d’éradiquer le christianisme".

Après Noël, les magasins de jouet font office de SAV (Service après-vente) pour accueillir les parents dont les jouets défectueux, ne fonctionnent pas en raison des piles, etc.
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Mise à jour 2016
Le 28 janvier 2016, Mattel a annoncé une mutation majeure : le fabriquant de poupée Barbie élargira son offre  en proposant "sept couleurs de peau, 22 couleurs pour les yeux, et de nombreuses coupes de cheveux pour ses poupées" fashionistas. En outre, il déclinera Barbie en "ronde", "petite", "grande".

En décembre 2016, l'association Poupées des Tropiques a organisé à Pantin la 5e édition du Salon des poupées Noires. "De nombreux créateurs" ont présenté "leurs créations, des poupées noires en vinyl, en porcelaine, grandes, petites...."

Quant à Lego, il présente des figurines se déplaçant en chaises roulantes.


Nigériane de 24 ans, Haneefah Adams a lancé sur Instagram "Hijarbie", une Barbie revêtue de vêtements moches dissimulant sa chevelure et sa silhouette.

A l'approche de l'élection présidentielle aux Etats-Unis en novembre 2016, est mise en vente, pour un prix modique, une poupée à l'effigie d'Hillary Clinton. Cette poupée est surnommée "The Lyin Hillary Doll" : si l'on presse son ventre, cette poupée exprime un des nombreux mensonges de la candidate du parti démocrate.

Dans une enquête publiée en novembre 2016, la Fédération Indépendante du Made in France (FIMIF) "a répertorié l’origine de fabrication de plus de 3 000 produits vendus chez les 8 principaux distributeurs de jeux et jouets en France, dans le but d’évaluer l’offre made in France, les pratiques des enseignes, et les principales marques de jouets fabriquant en France".

En France, le "marché du jouet ne connait pas la crise. Bénéficiant d’une forte croissance depuis 5 ans, les ventes de jeux et jouets drainent désormais plus de 3,5 Mrds d’euros de chiffre d’affaires par an, dont plus de la moitié se concentre sur le seul dernier trimestre, avec la célébration des fêtes de fin d’année en point d’orgue".

En 2015, "plus de 220 millions de jouets ont été vendus dans l’Hexagone. La France est d’ailleurs le pays d’Europe avec le budget jeux et jouets par enfant le plus élevé : une somme de 295 euros a été dépensée en moyenne par enfant de 0 à 11 ans" en 2015.

Les "fabricants de jouets français profitent-t-ils de cette manne économique ? Assez peu semble-t-il puisque seuls 7% des jeux et jouets vendus en France sont fabriqués sur le territoire national. Les jouets vendus aux consommateurs sont donc massivement importés. Les importations de jeux et jouets sur le territoire français sont même reparties à la hausse ces dernières années. Entre 2013 et 2015, leur montant en valeur aura ainsi augmenté de plus de 11%. 60% de nos importations proviennent de Chine, où les leaders mondiaux du jouet ont délocalisé ou sous-traité l’essentiel de leur production".

"Conséquence ? En France, depuis le début des années 2000, le nombre de sociétés a fondu de plus d’un tiers et les effectifs salariés de la profession ont été divisés par 2. En 2014, la fabrication des jeux et jouets ne rassemblait plus que 2 200 salariés au sein de 161 entreprises pour un chiffre d’affaires de 360 millions d’euros".

Entre le 19 septembre et le 8 octobre 2016, la FIMIF a "passé au crible plus de 3 000 produits distribués dans les boutiques physiques et e-boutiques des huit principales enseignes de jeux et jouets. Ces enseignes représentent à elles seules près de la moitié des ventes de jouets en France. Parmi les 90 principales marques de jeux et jouets fabriquant en France que la FIMIF a recensé, seule 1 sur 8 est référencée auprès d’au moins un distributeur. Parmi elles, seules 8 sont présentes dans au moins 5 des 8 distributeurs étudiés : Bioviva, Ecoiffier, Jeujura, Joustra, Meccano, Sentosphère et Smoby. Aucune marque n’est proposée par l’ensemble des 8 distributeurs".

"Alors que les jouets à l’effigie des héros de nos enfants (Reine des neiges, Violetta, Star Wars…) représentent en France près d’un quart des ventes, les fabricants français ne sont qu’une poignée à pouvoir exploiter ces coûteuses licences : Smoby Toys (Reine des Neiges, Hello Kitty) et Jouets Ecoiffier (Hello Kitty, Barbapapa) en sont les rares exceptions. Le taux de présence  des marques Made in France en boutiques est de 5,3%. Autrement dit, dans l’offre proposée par les 8 enseignes étudiées, seule 1 marque sur 20 fabrique tout ou partie de ses produits en France".

"Pourtant, en rapportant la part des ventes de jouets Made in France (7% en 2015 selon l’étude Xerfi) à la présence qui leur est accordée en boutique (5,3% selon notre étude), un jouet fabriqué en France se vend en moyenne 35% mieux qu’un jouet importé. Un argument économique de poids qui devrait séduire les enseignes qui n’ont pas encore fait la démarche de repenser leur offre de produits".

"L’enseigne proposant la plus grande proportion de produits Made in France est Le Bonhomme de bois avec une offre qui s’élève à 14% (11 marques sur les 79 proposées à la vente). Suivent La Grande Récré (8%) et JouéClub (7,5%) ; et c’est Nature & Découvertes qui ferme la marche avec 2% seulement d’offre hexagonale". En valeur absolue, les enseignes JouéClub, La Grande Récré et King Jouet sont celles qui proposent le plus de marques Made in France (18 marques)". 

"Côté merchandising en boutique, seule La Grande Récré réalise dans certaines de ses boutiques des mises en avant de son offre hexagonale. Au-delà d’une valorisation en rayon parfois plus visible que pour les produits importés, nous avons également trouvé dans une boutique (Montigny-le-Bretonneux, 78) un dépliant intitulé « Qu’est ce qui se fabrique près de chez vous ? » présentant les 11 principales marques de jeux et jouets Made in France à retrouver en magasin".

"Si environ 80% des produits étudiés disposent d’une indication d’origine, plus ou moins lisible pour le consommateur selon les marques, deux exceptions sont notables :
Les produits de la petite enfance (doudous, poupons, jeux d’éveil…) ne disposent de pratiquement aucune indication d’origine. L’indication du Made in China, également majoritaire dans ce secteur, serait-elle un tel frein à l’achat pour ce types de produits « sensibles » ?
Les produits de marques distributeurs, et en particulier ceux de Nature & Découverte, ne fournissent que très peu, voire aucune indication d’origine".

"Dans ce secteur plus qu’ailleurs, nombreuses sont les marques dont la stratégie de communication pourrait s’apparenter à du « franco-lavage ». Le franco-lavage est cette technique visant à créer une confusion dans l’esprit du consommateur en lui faisant croire à une production hexagonale sans que cela soit le cas. Généralement, ce sera uniquement le « design » ou la « conception » qui sera française. Le produit sera ensuite fabriqué hors de France. Deux vendeurs de chez JouéClub (Boutique Paris Village)  ont par exemple présenté, en toute bonne foi, les peluches et poupées des marques Histoire d’Ours et Corolle comme étant Made in France. La fabrication de ces produits a pourtant été entièrement délocalisée, en Chine principalement. Seulement, ces marques mettent en évidence une Tour Eiffel et/ou la mention « création française » sur tous leurs produits". Ce manque de transparence touche également les références françaises les plus célèbres, tel le fameux jouet d’éveil Sophie la Girafe de la marque Vulli (« Born in Paris » indiqué sur le produit).  En juin 2016, Vulli a annoncé la création d'une usine de production pour l'export située à Saint-Nabord, dans les Vosges.

En "e-boutique, pour ces mêmes distributeurs, la situation est encore moins glorieuse du fait que l’indication d’origine, souvent présente qu’au dos de l’emballage des produits, ne peut plus être lue par le consommateur. King Jouet est le distributeur qui joue le plus le jeu de la transparence en prévoyant une possibilité pour ses clients de faire une recherche en utilisant le critère « fabrication française » et en précisant sur les fiches des produits concernés la mention « fabrication française ». Toys’R’US propose également ce type de facilités, sans toutefois préciser d’indication d’origine dans les fiches produits concernées".


"L’espace considérable dont disposent les magasins visités (JouéClub Village Paris fait 2 km²) et le nombre d’articles proposés à la vente sont amplement suffisants pour que des alternatives Made in France y trouvent davantage leur place. Au-delà de la performance commerciale avérée des fabricants français (+35% par rapport à un produit importé), leurs produits bénéficient en outre d’une capacité de réactivité face aux retards récurrents de livraison des fournisseurs asiatiques, ce qui constitue un argument compétitif de poids au regard du caractère très saisonnier de l’activité de vente de jeux et jouets. D’autant plus qu’il existe un engouement certain du parent consommateur, tout particulièrement dans le domaine du jouet, en recherche d’une certaine authenticité et surtout de standards élevés de sécurité et de qualité, à laquelle l’offre asiatique ne répond pas toujours. Parallèlement, l’offre Made in France existe pourtant bel et bien. Elle est variée, innovante et le plus souvent compétitive. La FIMIF l’a répertoriée".


"En synthèse, si vous deviez réaliser vos achats de jouets dans les grandes enseignes spécialisées, Le Bonhomme de Bois ou La Grande Récré semblent être les deux distributeurs les plus engagés. Si vous préférez réaliser vos achats en ligne, la FIMIF propose une liste d’e-boutiques alternatives, la plupart indépendantes, qui ont fait du Made in France leur cœur d’activité".

Malgré Internet, les catalogues des enseignes demeurent une lecture privilégiée pour les enfants. JouéClub "a sorti début octobre le catalogue le plus fourni du secteur (400 pages pour 2056 produits) avec le plus gros tirage : 12 millions d'exemplaires".


Chien Snoopy, les Pooples (Spin Master), peluches multicolores, le Stretch Armstrong, Cluedo, Richesses du monde, Rubik's cube... Les jouets et jeux des années 1960-1978, parfois relookés, sont réédités pour le plus grand bonheur des enfants et de leurs parents. Cette vogue a suscité des Salons des jouets vintage : le 1er Salon du jeu et du jouet vintage s'est tenu au Mans en 2015. La 70e édition de Toymania, Salon international du jouet ancien, s'est tenue en 2016. Dans le XIVe arrondissement de Paris, la boutique Quand j'étais petit garçon vend des jouets des années 1950 à 1980. D'autres boutiques, notamment sur Internet - Jouets vintage et pop culture -, généralistes - Les vieilles choses - ou spécialisées, s'engouffrent dans cette niche.

Mise à jour 2017
A l'été 2017, le hand spinner, petit toupie, s'était imposé comme le jouet préféré des petits et des grands. Serré entre le pouce et l'index, le hand spinner effectue des rotations : ses trois ailettes tournent à vive allure, induisant des effets d'optiques, laissant apparaître des formes animées, parfois lumineuses. 

A l'origine destiné aux enfants autistes ou très actifs, le hand spinner favorise la concentration, calme.


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Cet article a été publié une première fois le 27 décembre 2009, republié les 22 décembre 2011, 24 décembre 2012, 31 décembre 2013, 25 décembre 2014 et 31 décembre 2015. Il a été modifié pour la dernière fois le 22 août 2017.