Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 29 avril 2018

Destinations Auschwitz. Convois des déportés tatoués


En 2002, le Mémorial-musée du maréchal Leclerc a rendu hommage à 4 500 hommes et femmes déportés de Compiègne (France) à Auschwitz (Pologne) en raison de leur engagement dans la Résistance. 82 000 Français ont été déportés au titre de la répression. Cartes, affiches, livres, photographies, journaux, témoignages audiovisuels et objets façonnés par les déportés (actes de résistance et de préservation de la dignité) présentent le contexte historique et la vie dans les camps. Didactique, cette exposition s’attachait aussi aux déportés envoyés à Auschwitz depuis les camps de Dachau, Mauthausen et Buchenwald. Un catalogue accompagnait l’exposition. Article republié en cette Journée de la commémoration des héros, victimes de la déportation dans les camps de concentration au cours de la guerre 1939-1945.
« Le nom d’Auschwitz reste associé au génocide des Juifs et des Tziganes. Ce complexe concentrationnaire a aussi été la destination de 4 500 hommes et femmes déportés au titre de la répression. Ce sont les « déportés tatoués » ainsi appelés car le numéro de matricule était tatoué sur leur avant-bras gauche. C’était le signe distinctif d’un passage par Auschwitz », camp de concentration, centre d’extermination dans les chambres à gaz et vaste complexe industriel. Les autres déportés avaient un matricule qui était « soit un bracelet soit un numéro cousu sur leur veste. Tous ces déportés ont été les témoins oculaires du génocide  ».

Cette exposition didactique retrace l’histoire des trois convois des 6 juillet 1942, 24 janvier 1943 (composé de 230 femmes) et 27 avril 1944, partis de Compiègne. Ils emportaient Marie-Claude Vaillant-Couturier, Danielle Casanova, l’écrivain Charlotte Delbo, le poète et journaliste Robert Desnos, Hélène Solomon (fille de Paul Langevin), des ouvriers, patrons d’entreprises, étudiants, artisans, prêtres, employés, lycéens, députés, journalistes (Max Rénier), etc. Toutes « régions de France, religions et familles politiques » confondues.

Est aussi décrit le « contexte général du système concentrationnaire nazi pendant la guerre et de la répression exercée par le gouvernement de Vichy complice de l’occupant à l’égard des résistants » (Christine Levisse-Touzé).

En mars 1933, les SA humilient publiquement Bernard Kuhnt, député social démocrate, traîné dans un tombereau à ordures dans Chemnitz. La lecture du statut des Juifs du 3 octobre 1940 glace : court, concis, pris sans aucune pression allemande, ce texte définit la « race juive » qu’il exclut de pratiquement toutes les fonctions, publiques ou privées. En 1939, un Livre blanc publié en Grande-Bretagne dénonce les atrocités commises par les Nazis dans les camps d’internement. Sont aussi affichés des photos de déportés, des textes de Primo Levi et Robert Antelme, etc.

La consultation d’un CD-Rom permet d’approfondir certains thèmes.


Destinations Auschwitz, Des déportés tatoués, par le Mémorial du Mal Leclerc et le Musée Jean Moulin. Ed. Paris-Musées

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Cet article a été publié par Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le 29 mars 2016.

dimanche 22 avril 2018

« Martin Buber, itinéraire d'un humaniste » par Pierre-Henry Salfati


« Martin Buber, itinéraire d'un humaniste » (Martin Buber, Religionsphilosoph und Humanist) est un documentaire par Pierre-Henry Salfati. Une exploration de la vie et de la pensée de Martin Buber (1878-1965), philosophe, conteur et pédagogue juif né à Vienne et mort à Jérusalem. Une œuvre féconde résultant d’une pensée dense articulée autour du dialogue avec l’autre.  Arte rediffusera ce documentaire le 25 avril 2018 à 2 h 10.

« Toute sa vie, ce militant du parti des « Juifs heureux » (contre une conception lacrymale de l'histoire du Judaïsme) a promu un sionisme humaniste et une religion ouverte à l'autre ».

« Étrangement méconnu en France, le philosophe Martin Buber (1878-1965) est l'un des penseurs majeurs du judaïsme au XXe siècle ». « L'émergence du sionisme, le nazisme et la création de l'État d'Israël ont particulièrement nourri et habité sa réflexion ».

« Témoin du conflit judéo-arabe, il a été le premier à plaider pour une solution à deux États. À travers ses écrits, il n'a cessé d'appeler au respect des populations du Proche-Orient, en mettant en garde Israël et ses alliés contre les risques encourus ».

Dialogue
Né dans une famille juive viennoise – son grand-père, vivant en Galicie, était renommé pour son savoir concernant la tradition et la littératures juives -, Martin Buber maîtrise plusieurs langues dès l’enfance : allemand, yiddish, hébreu, français, polonais. Une enfance marquée par le divorce de ses parents et son rapprochement avec ses grands-parents qui l’élèvent. Buber  découvre la Haskala (Lumières juives) et le hassidisme (mouvement de renouveau juif fondé au XVIIIe siècle).

Lors de sa période d’éloignement du judaïsme, il étudie Kant et Nietzsche.

En 1896, il étudie à Vienne la philosophie et l’histoire de l’art.

Deux ans plus tard, il s’engage dans le mouvement sioniste. Il diverge avec Theodor Herzl sur la voie, politique et culturelle, à suivre. Il souligne l’importance de créer des bibliothèques et musées juifs, fonder une université hébraïque…

A Zurich, il fait la connaissance de Paula Winkler, qu’il épousera. Un mariage durable, jusqu’au décès de son épouse en 1958.

En 1902, il publie Der Jude, magazine sioniste.

Après avoir (re)découvert le judaïsme hassidique en 1903, il se distancie du mouvement sioniste et s’attelle à son œuvre. L’année suivante, parait sa thèse Beiträge zur Geschichte des Individuationsproblems (« Contributions à l'histoire du problème de l'individuation »).

Suivent Die Geschichten des Rabbi Nachman (1906), recueil sur le rabbi Nahman de Bratslav, figure du mouvement hassidique, Die Legende des Baalschem (La Légende du Baal Shem Tov, 1908), fondateur du hassidisme. Buber s’intéresse aussi à l’analyse des mythes.

En 1908, avec Gustav Landauer, Erich Mühsam et Margarethe Faas-Hardegger, il est parmi les fondateurs de la Sozialistischer Bund.

Lors de la Première Guerre mondiale, il contribue à fonder la Commission nationale juive qui vise à améliorer les conditions de vie des Juifs d’Europe de l’Est.

En 1921, avec le philosophe Franz Rosenzweig dont vient de paraître L’Etoile de la Rédemption, il crée Freies Jüdisches Lehrhaus, « Libre maison d’études juives » à Francfort.

1923 marque la publication de Ich Und Du (Je et Tu).

Après avoir mis un terme à Der Jude en 1924, Buber initie avec Rosenzweig la traduction de la Bible de l’hébreu en allemand - Verdeutschung (« germanification »).

Il débute son enseignement de la philosophie religieuse juive à l'université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main.

L’avènement du nazisme met un terme à son activité professorale.

Buber met en place l’organisme central d’éducation adulte juive.

En 1938, il fait son aliyah. Il enseigne la sociologie à l’université hébraïque de Jérusalem, et œuvre au sein du parti Yi’houd à l’amélioration des relations entre Juifs et Arabes en Palestine sous mandat britannique. Il prône alors un Etat bi-national et démocratique en Eretz Israel.



1946 voit la publication des Voies de l’Utopie de Buber.

C’est la période où Buber donne des conférences en Europe et aux Etats-Unis, et entame un processus de resserrement des relations avec les intellectuels allemands.

En 1951, le Prix Goethe de l’université de Hambourg couronne son œuvre centrée sur la rencontre essentielle dans toute vie, le dialogue fondé sur deux bases – réciprocité et responsabilité - et la religion. L’être humain se construit dans le dialogue avec l’autre, en découvrant « l’altérité d’autrui ».

Martin Buber « a échangé des milliers de lettres avec les plus brillants esprits du siècle dernier. Son ouvrage majeur, Je et tu, a nourri les discours de Martin Luther King et les chansons de Leonard Cohen ».

Le Prix Israël en 1958 et le Prix Erasme à Amsterdam en 1963 distinguent cet intellectuel qui décède en 1965 à Jérusalem.

Pierre Henry Salfati (Je suis venu vous dire...) a réalisé un des premiers documentaires « consacrés à ce grand penseur. Il y « retrace son parcours et fait résonner sa voix à partir d'archives inédites, couplées à des témoignages de chercheurs et d'universitaires ».

On ne peut que déplorer les horaires tardifs de diffusion.

Dans La trahison des clercs d'Israël, Pierre Lurçat stigmatise leur cécité à l’égard de la réalité, leur préférence pour des « principes abstraits et éternels au détriment des nécessités vitales de l’heure dont dépendaient l’existence concrète du peuple juif ». Un aveuglement persistant qui les incite à adopter un processus pervers d’inversion du réel : ces membres de l’intelligentsia juive reprochent aux Juifs les vices de leurs ennemis implacables : dirigeants nazis ou arabes.

L’auteur désigne Brith Chalom (Alliance pour la paix) réunissant des intellectuels allemands dont Martin Buber et Gershom Scholem. Prétendant « réconcilier politique et morale », ce groupe a privilégié, dans son analyse du conflit au Proche-Orient, la « question arabe » soluble, selon Brith Chalom, par la coexistence pacifique entre Juifs et Arabes dans un Etat binational. La négation du sionisme politique.

Le 11 juin 2017, de 19 h à 21 h, l'Union Libérale Israélite de France proposa la conférence De Vienne à Jérusalem, Martin Buber, avec Dominique Bourel, Directeur du Cnrs. "Martin Buber (1878-1965) est un des grands penseurs du judaïsme moderne. Après un engagement sioniste durant sa vie d’étudiant, durant lequel il pose les fondements de l’université hébraïque de Jérusalem, il fait découvrir le hassidisme et devient rapidement le porte parole de la renaissance juive entre les deux guerres". 

« Martin Buber, itinéraire d'un humaniste » par Pierre-Henry Salfati
2015, 57 min
Sur Arte les 12 octobre à 23 h 55 et 19 octobre 2016 à 3 h 45, 25 avril 2018 à 2 h 10

A lire sur ce blog :
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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 9 octobre 2016, puis le 12 juin 2017.

vendredi 20 avril 2018

Marian Apfelbaum, survivant du ghetto de Varsovie et professeur de nutrition



Enfant survivant du ghetto de Varsovie (Pologne), Marian Apfelbaum  survit à la Shoah grâce à une chaîne de solidarité, notamment celle de l'organisation de résistance polonaise catholique Zegota. Il arrive en France en 1946. Élève au lycée Louis le Grand, il est accueilli dans un foyer de l’OSE (Œuvre de secours aux enfants). Professeur agrégé de médecine, il devient un nutritionniste réputé. Le 19 avril 2018 à 17 h 30, le Mémorial de la Shoah à Paris accueillera la cérémonie,organisée en partenariat avec la Commission du Souvenir du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), pour le 75e anniversaire du soulèvement du ghetto de VarsovieCette cérémonie "est ponctuée de prières par le rabbin Olivier Kaufmann, d’un témoignage sur la révolte du ghetto, accompagné de musique par la Fanfare de la Garde républicaine et de chants en yiddish par Talila. En présence d’Éric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah, Aliza Bin-Noun, ambassadeur d’Israël en France (sous réserve), et de Francis Kalifat, président du CRIF".


« J’ai une bonne mémoire livresque, mais une mauvaise mémoire ponctuelle », déclare le Professeur Marian Apfelbaum, célèbre expert en nutrition. Rectifions : une bonne mémoire.


Marian Apfelbaum est né à Varsovie en 1931 dans une famille aisée. Son père Emil était docent (professeur agrégé), un cardiologue « polonais de confession mosaïque » ; sa mère Barbara était issue d’une famille Juive « très pratiquante ».


La maison a été détruite lors d’un bombardement pendant la bataille de Varsovie (1939). Un an plus tard, la famille est contrainte de rejoindre le ghetto.
 

Au ghetto de Varsovie
Le Dr Emil Apfelbaum travaille à l’hôpital Czyste et participe à Maladie de famine, Recherches cliniques sur la famine exécutées dans le ghetto de Varsovie en 1942, dont il sera rédacteur en chef. Un livre référence…



Irena, sœur aînée du jeune Marian, combat au sein du ZZW (Zydowski Zwiazek Wojskowy ou Union militaire juive), un mouvement dirigé par le capitaine Mieczyslaw Dawid Apfelbaum, leur cousin. Dans Retour sur le ghetto de Varsovie (2002, Odile Jacob), le Professeur Marian Apfelbaum rappelle le rôle important, longtemps méconnu, du ZZW lors du soulèvement du ghetto.


Tandis que Irena, âgée de 17 ans, reste dans le ghetto pour lutter, la famille Apfelbaum fuit via les égouts. Internée dans un camp, Irena s’évade grâce à la résistance polonaise et meurt lors de l’insurrection polonaise, un an plus tard, en 1944.



Le professeur Marian Apfelbaum a publié Retour sur le ghetto de Varsovie (Ed. Odile Jacob, 2002), un livre d’histoire « né d’un autre livre1, né lui-même d’une dette ». Le fruit aussi de recherches dans les archives, notamment en Pologne et en Israël, pour restituer le rôle du ZZW dans la lutte et le soulèvement du ghetto de Varsovie. Une histoire alors méconnue en raison de « la connivence entre la Pologne communiste et les Israéliens marxistes » et évoquée en avril 2007 lors de la commémoration en Pologne du soulèvement de ce ghetto. Traduit en hébreu, polonais et espagnol, son ouvrage a été publié en 2007 par Gefen Publishing House sous le titre Two flags: Return to the Warsaw Ghetto (Deux drapeaux : retour au ghetto de Varsovie).



« Ma famille a survécu à Varsovie grâce à une chaîne de gens qui ont pris des risques énormes, notamment au sein de Zegota1une organisation politique catholique clandestine, dont beaucoup de membres étaient antisémites », confie le Professeur Marian Apfelbaum. Histoire a diffusé les 23 et 28 décembre 2015, 3, 8, 9 et 15 janvier 2016, dans la série Héros de guerreZegota, les anges de Varsovie, réalisé par Joshua Whitehead : "Dans la Pologne occupée, une organisation secrète du nom de Zegota lutte contre l'Holocauste. Sa mission : soustraire des hommes, femmes et enfants juifs à la solution finale mise en oeuvre par les nazis. Les membres de ce réseau clandestin s'exposent au pire pour les sauver. En septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne depuis l'ouest et l'Union Soviétique attaque par l'est. Le pays capitule le 6 octobre de la même année. Les envahisseurs se partagent le pays et les nazis instaurent leur dictature. Les Juifs polonais sont enfermés dans des ghettos et ont pour interdiction d'y sortir. Le 25 juillet 1942, les nazis emmènent des Juifs en masse pour qu'ils soient déportés au camp de la mort de Treblinka. Zofia Kossa, résistante polonaise, lance un cri de ralliement par le biais d'un tract nommé "Protestation" qui appelle les activistes à agir. Zegota voit alors le jour. Les forces d'occupation allemandes punissaient de mort toute personne qui aidait un Juif. Cette loi n'aidait pas à trouver des volontaires pour les héberger. Zegota se chargeait de trouver les cachettes et de leur fournir de faux papiers d'identité leur permettant de survivre hors du ghetto et de pouvoir se rendre dans la partie aryenne de la ville".


La famille de Marian Apfelbaum quitte Varsovie pour le camp de Piastow. Quelques semaines plus tard, elle retrouve une capitale « détruite à 90% ».


Le Dr Emil Apfelbaum « reprend son activité dans des conditions dures 
». Il décède en 1946 d’une crise cardiaque. Barbara Apfelbaum fait son aliyah et envoie provisoirement son fils en France.
 

La nutrition
A Paris, cet adolescent déterminé choisit le « meilleur lycée » - lycée Louis le Grand - et sa mère suit des cours d’esthéticienne avant de s’installer définitivement à Tel Aviv.


Marian Apfelbaum est accueilli au foyer FoPoGo (Foyer Pauline-Godefroy), un « endroit agréable, libéral » dans Le Vésinet.



Devenu médecin, il est jusqu'en 1998 chef du service de nutrition de l'hôpital Xavier-Bichat à Paris et directeur de l'unité Nutrition humaine de l’INSERM.

Nul doute que le livre de son père a joué un rôle dans le choix de sa spécialité. De plus, « le métabolisme et la nutrition formaient un domaine évoluant vite », explique le Professeur Marian Apfelbaum, « à l’origine de l’introduction de la nutrition comme discipline universitaire en France ».


Il déplore « l’explosion du surpoids et de l’obésité depuis trente ans », un phénomène « à connotation sociale et un problème de santé publique ».


Les raisons ? « La dépense énergétique a diminué en raison de l’absence d’effort physique et du chauffage. L’offre alimentaire d’aliments goûteux est permanente et notre physiologie n’est pas fabriquée pour cette abondance ». La prédisposition génétique ne représente qu’une part minime dans l’obésité.



Une situation qui risque de perdurer en raison de « matières premières – sucre et graisse – très bon marché et d’emballage individuel pas coûteux ».



Il est l’auteur d’une huitaine d’ouvrages, dont Vivre avec le cholestérol (1992), Risques et peurs alimentaires (1999).


Le professeur Marian Apfelbaum est membre du Comité scientifique d’OCHA (Observatoire Cidil des habitudes alimentaires), « un site ressource sur l'alimentation, les cultures et les comportements alimentaires en relation avec les identités, la santé et les modes de vie ».



« Maladie de la « vache folle », aliments génétiquement modifiés, nitrates dans l’eau, salmonelles dans l’œuf, listeria dans le fromage : dans quelle mesure nos peurs face à la nourriture sont-elles justifiées ? Les risques alimentaires sont-ils plus importants aujourd’hui ? », interroge le professeur Marian Apfelbaum.


Il pourfend le catastrophisme ainsi que les préjugés. Dénonce « l’alimentation biologique, une monstrueuse foutaise ». Défend les produits AOC (Appellation d’origine contrôlée), qui présente une variété de goût que n’offre pas l’industrie agro-alimentaire...


1 : Zegota, Commission d’aide aux Juifs de Teresa Prekerowa (Ed. du Rocher, 1999). Traduction et préface de Marian Apfelbaum.


Bibliographie du professeur Marian Apfelbaum
Le savoir maigrir,
Physiologie de la nutrition
Régulation du bilan d’énergie
Les Mangeurs inégaux (1978)
Abrégé de diététique et de nutrition (Masson, 1982 1989)
Dictionnaire pratique de diététique et de nutrition (1980)
Vivre avec le cholestérol (1992)
L’alimentation biologique (1993)
Risques et peurs alimentaires (1999)
Diététique et nutrition (2004)
Tous obèses (2006)

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié dans  le n° 14 d'Osmose (avril-juin 2007), revue trimestrielle de l'OSE, et sur ce blog le :
- 19 avril 2013 à l'approche de la cérémonie commémorant le soulèvement du ghetto de Varsovie (19 avril-16 mai 1943). Organisée par le Mémorial de la Shoah en partenariat avec le CRIF, cette cérémonie aura lieu au Mémorial de la Shoah le 21 avril 2013, à 17 h ;
- 20 avril 2014. Le 71e anniversaire du soulèvement des habitants Juifs du ghetto de Varsovie contre l'occupant nazi allemand a été commémoré le 19 avril 2014 ;
- 17 mars et 22 décembre 2015, 18 avril 2016 ; le 19 avril 2016, à 17 h 30,  le Mémorial de la Shoah accueillera la cérémonie du 73e anniversaire du soulèvement du ghetto de VarsovieOrganisée en partenariat avec la Commission du souvenir du Conseil représentatif des institutions juives de France, "cette cérémonie ponctuée de prières par le Grand Rabbin Olivier Kaufmann, d’un témoignage sur la révolte du ghetto, accompagné de musique par la fanfare de la Garde républicaine et de chants en yiddish par Talila. Avec le concours du Grand Rabbin de France, Haïm Korsia (sous réserve), et en présence de Claude Hampel, président de la Commission du souvenir, Éric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah, Aliza Bin-Noun, ambassadeur d’Israël en France (sous réserve), Andrzej Byrt, ambassadeur de Pologne en France (sous réserve), et Roger Cukierman, président du Crif".
- 18 avril 2016 ;
- 20 avril 2017. Le 19 avril 2017, le Mémorial de la Shoah marquera le 74e anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie. Cette cérémonie est ponctuée de prières par le rabbin Olivier Kaufmann, d’un témoignage sur la révolte du ghetto, accompagné de musique par la Fanfare de la Garde républicaine et de chants en yiddish par Talila. En présence d’Éric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah, Aliza Bin-Noun, ambassadeur d’Israël en France (sous réserve), Dariusz Wisniewski, chargé d’Affaires près l’ambassade de Pologne, et Francis Kalifat, président du CRIF. Un hommage sera rendu à Claude Hampel..

lundi 16 avril 2018

« Printemps 48 - L'Europe à l'heure de la guerre froide » par Mathias Haentjes


Arte diffusera le 17 avril 2018 à 22 h 35 « Printemps 48 - L'Europe à l'heure de la guerre froide », documentaire par Mathias Haentjes. « 1948 : moins de trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la tempête gronde de nouveau sur le Vieux Continent ». 


L’année 1948 reste comme une date marquante de l’immédiat après-guerre. Et ce, dans les domaines politiques, économiques, culturels et sportifs.

Guerre froide
L’Assemblée générale des Nations unies adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme et la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.

En 1948, sont instituées des organisations, régionales ou internationales, majeures. Entre en vigueur le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) qui en 1949 sera remplacé par l'OMC (Organisation mondiale du commerce).

Le 16 avril est fondée à Paris l’OECE (Organisation européenne de coopération économique, future OCDE) chargée de répartir l’aide américaine fournie dans le cadre du plan Marshall.

Le 26 octobre, le Conseil consultatif de l’Organisation du traité de Bruxelles met sur pied un « Comité pour l’étude et le développement de l’unité européenne », dont les travaux induisent l’institution du Conseil de l’Europe le 5 mai 1949. Les cinq signataires approuvent le principe d’une alliance atlantique.

Le 7 mai, s’ouvre le Congrès de la Haye ou « Congrès de l’Europe », visant une Europe unie, sous la présidence de Winston Churchill. Ce qui aboutit à la création du Conseil de l’Europe (5 mai 1949).

Tandis que se poursuit la Guerre civile grecque (1946-1949), « les anciens Alliés se déchirent et un rideau de fer sépare désormais les Européens. Alors que les communistes accèdent au pouvoir en Tchécoslovaquie » - coup de Prague (20-27 février), « la rupture est consommée entre le Yougoslave Tito et Staline, et Berlin est soumis à un blocus qui se transforme en épreuve de force ».

Par ce blocus, l’Union soviétique interrompt le 23 juin les communications ferroviaires entre Berlin et l’Allemagne de l’Ouest. Pour le contrer, les Occidentaux mettent en place le 26 juin un pont aérien vers Berlin-Ouest.

« Au printemps 1948, des événements marquants viennent accentuer les divisions ».

« Des images d’archives, des citations d’auteures de l’époque (Anna Seghers, Simone de Beauvoir) et des témoignages, notamment ceux de l’historien français Marc Ferro, du comédien allemand Günter Lamprecht et de l’écrivaine russe Maya Turovskaya, font revivre l’incertitude et la crainte qui prévalaient en cette année mouvementée ».

Aux Etats-Unis, le président Harry S. Truman est réélu.

Le 31 juillet, le procès  d’Alfried Krupp prend fin par le verdict rendu par le tribunal militaire américain de Nuremberg. Il est condamné à douze ans de prison et ses biens sont confisqués. En 1951, le Haut-commissaire américain l’amnistie et Krupp récupère sa fortune personnelle.

Le 21 novembre, le Comité antifasciste juif en Union soviétique est dissous au prétexte qu’il serait un « centre de propagande antisoviétique », après l’assassinat de son président Solomon Mikhoels le 7 janvier. Les dirigeants soviétiques initient une campagne pour détruire ce qui demeure de la culture juive (1948-1952).

Des purges dans des Partis communistes d’Europe de l’Est évincent, éliminent des adhérents jugés peu sûrs.

En février, un accord entre le gouvernement de la République populaire de Bulgarie et de l’Agence juive reconnait le droit des Juifs à l’émigration. De septembre 1948 à septembre 1949, 38 000 Bulgares émigrent.

Le 9 mai, la Tchécoslovaquie devient une « démocratie populaire » sous l’orbite de l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques). Des procès visent les fascistes et les opposants, ou présentés comme tels, au régime.

Le 4 août, la République populaire roumaine décrète le « régime général des cultes » plaçant les religions sous le contrôle de l’Etat.

Le congrès mondial des intellectuels pour la paix se tient à Wroclaw du 25 au 28 août. Y participent Vercors, Marcel Prenant, Pierre Seghers, Aimé Césaire, Picasso, Fernand Léger, Paul Éluard et Irène Joliot-Curie.

Le 25 août, Franco rencontre les deux fils du défunt roi Alphonse XIII, Jacques-Henri de Bourbon (1908-1975), « duc d’Anjou et de Ségovie » et Jean de Bourbon (1913-1993), « comte de Barcelone », qui prétend au trône, près de Saint-Sébastien. Ils décident que le jeune Juan Carlos de Bourbon (né en 1938, fils de Jean de Bourbon) et son frère Alphonse (né en 1941) étudieraient en Espagne.

Le 6 septembre est couronnée la reine Juliana des Pays-Bas, fille de la reine Wilhelmine qui a abdiqué le 4 septembre.

« C’est aussi à ce moment-là que l’État d’Israël voit le jour ». Plutôt revoit le jour après le vote sur le plan de partage de la Palestine mandataire.

Le 11 octobre 1947, Abdul Rahman Azzam Pasha, premier Secrétaire général de la Ligue arabe, a déclaré au quotidien égyptien Akhbar al Yom : “Ce sera une guerre d'extermination et un massacre capital, dont on parlera comme des massacres de Tartares ou des guerres des Croisés... Chaque combattant considère la mort au nom de la Palestine comme le plus court chemin vers le Paradis... Cette guerre sera une opportunité pour de vastes pillages”.



Le 14 novembre 1947, et dans un discours comminatoire au Comité politique de l’Assemblée générale de l’ONU, Heykal Pasha, délégué égyptien, annonce un exil d'environ un million de Juifs vivant dans le monde musulman :
« Les Nations unies… ne devraient pas perdre de vue le fait que la solution proposée risque de mettre en danger un million de juifs vivant dans les pays musulmans. La partition de la Palestine risque de créer dans ces pays un antisémitisme même plus difficile à extirper que celui que les Alliés étaient en train d’éradiquer en Allemagne… Si les Nations unies votaient pour la partition de la Palestine, elles pourraient être responsables du massacre d’un grand nombre de juifs ».

« Un million de Juifs vivent en paix en Egypte [et dans d’autres pays musulmans] et apprécient tous les droits de la citoyenneté. Ils n’ont aucun désir d’émigrer en Palestine. Cependant, si un Etat juif était créé, nul ne pourrait empêcher des troubles. Des émeutes pourraient éclater en Palestine, se répandre à travers tous les Etats arabes et risquent de mener à une guerre entre deux races ».
Ce qui suppose une coordination entre les pays arabes selon un modèle dégagé par le professeur Shmuel Trigano  : isolement, marginalisation et exclusion juridiques, économiques et politiques par un « statut des juifs », pogroms, expulsions, etc.

Le Conseil juif institue le 30 mars un cabinet provisoire composé de treize ministres sous l’autorité de David Ben Gourion et d’un Parlement de 37 membres.

Le 14 mai 1948 à minuit, a lieu le retrait de la Grande-Bretagne, dont le mandat a expiré, et est proclamé l’Etat d’Israël qui a accepté le plan de partage onusien et sortira vainqueur de sa guerre d'Indépendance.

Le jeune Etat affronte la guerre déclenchée par le refus du monde musulman d’un Etat juif, réédifié par des anciens dhimmis en Eretz Israël, sa terre ancestrale, son berceau historique, biblique.

Les Juifs combattent au sein de diverses organisations - Irgoun, groupe Stern, légion juive, Haganah – contre la Ligue arabe, l’Égypte, la (Trans)Jordanie, l’Irak, la Syrie, le Liban (1948), l'Arabie saoudite, le Jihad al-Muqadas, l’Armée de libération arabe, des volontaires étrangers, dont d’anciens nazis...

Le 26 mai, est créée Tsva Haganah leIsrael (Tsahal) ou Armée de défense d’Israël » .

A l’appel de dirigeants arabes et de Palestine, constatant la fuite de leurs leaders, craignant les Juifs qui pourtant les invitent à rester, les Arabes de la Palestine mandataire abandonnent leurs foyers et se dirigent vers des pays Arabes limitrophes, notamment le Liban et la Syrie.

Des combats âpres ont lieu en particulier à Deir Yassin, où les terroristes se cachent parmi les civils, tandis qu’un convoi médical visant à rejoindre l’hôpital Hadassa au mont Scopus à Jérusalem est attaqué, et ses membres assassinés.

Médiateur de l’ONU, le comte suédois Folke Bernadotte est tué le 17 septembre à Jérusalem par des membres du groupe Lehi.

Un congrès palestinien se réunit à Gaza et rejette les propositions de ce médiateur onusien. Il proclame l'indépendance de la Palestine et le 23 septembre le Gouvernement de toute la Palestine dirigé par Ahmad Hilmi Pacha.  Le 30 septembre, l'assemblée constituante composée de 83 membres du Haut Comité arabe, des comités nationaux, des chambres de commerces et des municipalités vote l'investiture du nouveau gouvernement et choisit comme président le grand mufti de Jérusalem al-Husseini auquel l'Egypte avait interdit l'entrée à Gaza. Est rétablie la milice palestinienne Jaysh al-Jihad al-Muqaddas. Mais le 2 octobre, à Amman (TransJordanie), un congrès palestinien nie toute légitimité au « gouvernement de toute la Palestine » et elle assure le désarmement de tous ses membres dans les territoires sous son contrôle. Ce gouvernement est reconnu par l'Égypte et l'Irak le 12 octobre, par la Syrie et le Liban le 13, par l'Arabie saoudite le 15 et par le Yémen le 16. La Grande-Bretagne exerce des pressions pour que les Etats-Unis ne reconnaissent pas ce gouvernement de « toute la Palestine ». Devant l'offensive militaire israélienne, ce gouvernement fuit au Caire. L'Egypte contrôle la bande de Gaza à l'issue de la guerre, et met un terme à l'existence de ce gouvernement en 1959.

Le 11 décembre, l’Assemblée générale de l’ONU adopte la résolution 194.

Dans son Autobiographie politique, l’essayiste Bat Ye’or se souvient de cette année pour les Juifs dans son Egypte natale :
« La guerre israélo-arabe de 1948 empira la situation. Le 13 mai 1948 la censure fut proclamée et le lendemain la loi martiale. Dans la nuit, la police arrêta quelque six cents Juifs et les emmena menottés en prison. De nombreux autres vinrent les rejoindre et les arrestations continuant, les juifs furent internés dans des camps près d’Héliopolis, d’Aboukir et de Port-Saïd, les femmes séparées des hommes. Le 15 mai, en réponse à la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël, sept États arabes lui déclarèrent la guerre. Le 24 mai le gouvernement instaura des cours martiales, interdit aux Juifs de quitter le pays, supprima tous les journaux juifs et mit sous séquestre les biens des personnes soupçonnées de sionisme. Une liste de suspects fut dressée. Du jour au lendemain des gens expulsés de leur travail furent privés du droit de se défendre devant les tribunaux ; ceux qui tentaient de les aider furent eux-mêmes poursuivis. La police ferma les centres culturels et les clubs juifs et interdit toute réunion. À la recherche d’indices elle effectuait régulièrement des fouilles nocturnes dans les maisons et les synagogues. L’angoisse s’empara de toute la communauté
Le 6 juin des explosions ébranlèrent des magasins juifs et une semaine plus tard, la populace attaqua deux fois le quartier juif de Zuweleh au Caire, tuant les habitants dans les maisons, les rues, les lieux publics et détruisant les maisons. Le 20 juin le dynamitage de douze maisons dans le quartier de la secte juive des Karaïtes fit de nombreux tués et blessés. Le 28 juin des bombes explosèrent dans les grands magasins juifs, causant un nombre considérable de morts et de blessés et la destruction de cinq cents commerces. La campagne de terreur anti-juive continua avec l’expulsion hors de certains quartiers de familles entières dans les vingt-quatre heures. Les meubles n’ayant pu être déménagés étaient pillés sur les trottoirs ou vendus à vil prix. Jusqu’en septembre des explosions répétitives dévastèrent le quartier juif. En juillet, des bombardements simulés par le gouvernement égyptien, faisant tirer du canon à ras des maisons, excita la fureur de la foule qui se répandit dans les rues du Caire. Conduite par des meneurs, hurlant et pillant, elle attaqua tous les Européens aux cris de « Juifs ! Juifs ! » prenant à partie de nombreux étrangers. L’Américain Stephan Haas et le Français Henri Gaillard, furent tués à coups de couteau. Les États-Unis, la France, la Grèce, l’Italie protestèrent. Le calme revint quand le Royaume Uni menaça de rétablir l’ordre en faisant marcher sur le Caire ses troupes postées sur le canal de Suez.
Des émeutes similaires, parfois plus meurtrières, se déroulèrent dans tous les pays arabes de l’Irak au Maghreb, alimentant chez les jeunes un mouvement de départs clandestins vers Israël alors agressé militairement par les armées arabes. Dans le nouvel État hébreu la milice musulmane d’Amin al-Husseini qui avait servi dans les armées de l’Axe, trois ans plus tôt, menait sa guérilla. Après l’armistice de 1948 entre les pays arabes et l’État d’Israël, l’humiliation de la défaite et la rage des officiers préparèrent le terrain des futures révolutions arabes. Les emprisonnements, les expulsions arbitraires, les discriminations dans tous les domaines professionnels, l’ambiance antisémite de haine et de terreur, réduisirent sensiblement la communauté. Les gens partaient en secret. Soudain un chuchotement nous apprenait que X ou Y avait définitivement quitté le pays. Malgré ces circonstances, le comportement des Égyptiens en général demeura correcte. Les domestiques n’assassinèrent pas leurs maîtres même si la police les avait chargés de les espionner. Les pogroms, les tueries, les viols, les bombes s’intégraient à une politique d’État et à la stratégie des Frères musulmans pour faire fuir les Juifs. Mais le peuple, quand il n’était pas l’instrument de meneurs ne manifesta pas de violence spontanée. Au cours d’une émeute contre les juifs au Khan Khalil – vieux quartier commercial – un bawab sauva la vie de Jo, mon futur beau-frère, en le dissimulant dans un immeuble. Moi-même, plus tard, je fis l’objet d’attentions particulières de mes amis égyptiens. Eux aussi d’ailleurs – propriétaires fonciers ou apparentés à la famille royale destituée et ruinée par la révolution nassérienne, ou classes aisées éduquées –étaient victimes de la répression révolutionnaire et de la campagne d’arabisation forcenée déferlant dans les années cinquante sur tout le Moyen-Orient.
La guerre de 1948 contre Israël avait traumatisé les officiers égyptiens. Ils attribuèrent à la corruption, à l’armement défectueux et aux vices du régime une défaite rendue d’autant plus cuisante par la nature méprisable de l’ennemi. Désormais un groupe d’officiers nationalistes alliés aux Frères musulmans mobilisera la nation pour écraser Israël, chasser l’Angleterre haïe et se débarrasser du régime royal exploi¬tant le peuple par le maintien de ses privilèges.
De son côté la confrérie des Frères musulmans intensifia les actes terroristes et les manifestations monstres culminant en émeutes et pillages qui désorganisèrent la vie des grandes agglomérations. Sabotages et attaques se multiplièrent contre les bases anglaises situées sur le canal de Suez. Après la signature du deuxième armistice avec Israël, les Frères musulmans dynamitèrent les entreprises juives en Égypte et firent abattre Nokrachi Pacha, président du Conseil et artisan de l’armistice. En représailles, le Guide suprême de la Confrérie fut lui-même assassiné.
À la fin de 1949, l’Association des Officiers Libres s’organisa et nomma un Comité Exécutif de cinq membres : Gamal Abdel Nasser, Kamal al-Din Husayn, Khaled Mohyeddine, Hassan Ibrahim, Abdel Mun’im abd al-Rauf ».
Le 12 juin, éclatent des émeutes antijuives à Tripoli, en Libye.

En juillet 1948, les autorités irakiennes interdisent aux Juifs de quitter le pays. Des amendes aux montants élevés pénalisent les Juifs. En septembre 1948, est exécuté Shafik Adass, millionnaire juif.

Au Maroc, 7 et 8 juin 1948, éclatent des émeutes anti-juives à Oujda et Jerrada.

Au Yémen, l’imam Ahmad contraint "les Juifs à transmettre aux Yéménites leur savoir faire dans les métiers de l’artisanat et du commerce avant de quitter le pays". Les Juifs sont accusés de crime rituel.

En Afrique du sud, le parti national forme une gouvernement composé d’Afrikaners.

En Inde, Gandhi est assassiné le 30 janvier par un brahmane à Delhi. Le gouvernement de Nehru mène une politique économique favorisant l’industrie et les infrastructures dans un cadre planifié.

Le Pakistan est dirigé par le Premier ministre, Liaqat Ali Khan,

Le Japon adopte une loi sur l’eugénisme. Est rendu le verdict du tribunal militaire international de Tokyo, ouvert en 1946, contre des dirigeants politiques et militaires japonais.

Pendant la guerre civile chinoise, Tchang Kaï-chek, cumule les fonctions de chef de l’armée et du gouvernement, ainsi que de Président de la République de Chine, et combat les troupes communistes menées par Mao.

Le 16 février est proclamée la République populaire de Corée du nord où Kim Il-sung est élu Premier ministre de cette République populaire démocratique de Corée (RPDC) le 9 septembre. En Corée du sud, une assemblée constitutionnelle adopte une constitution le 12 juillet, et Syngman Rhee y est élu président le 20 juillet. Le 15 août, s’achève l’occupation américaine de la Corée du sud, et est proclamé la République de Corée.

En Birmanie, Malaisie et République d’Indonésie, surgissent des insurrections fomentées par des communistes.

Culture
Parmi les artistes décédés en 1948 : Isidor Achron (1892-1948), pianiste, frère du violoniste et compositeur Joseph Achron, et Alexander Aaronsohn (1888-1948), journaliste pour Do'ar ha-Yom créé à Jérusalem (1919), écrivain. Alexander Aaronsohn a co-fondé Nili, groupe d'espionnage pour la Grande-Bretagne au Moyen-Orient pendant la Première Guerre mondiale. Il a vécu aux États-Unis (de 1915 à 1917). Il est le frère de l’agronome sioniste Aaron Aaronsohn (1876-1919).

Le 20 avril 1948, a lieu la première représentation au Théâtre La Bruyère du spectacle Les Branquignols, mis en scène par Robert Dhéry (1921-2004), sur une chorégraphie signée par son épouse Colette Brosset (1922-2007).

Sports
C’est à Londres, cité de résistance et bombardée, que le Comité international olympique (CIO), confie la tache de relancer en 1948 le cycle olympique interrompu à Berlin (1936). Les performances réalisées lors des Jeux Olympiques d’été à Londres (29 juillet–14 août 1948) sont souvent inférieures à celles de 1936, car les organismes sont affaiblis. Ces jeux estivaux de la XIVe olympiade de l'ère moderne en 1948 symbolisent le monde libre et la résistance au nazisme. Ils sont les premières à être diffusés à la télévision, medium naissant. Y sont représentées 59 nations ayant envoyé 4 104 athlètes, dont 390 femmes, concourant à 136 épreuves dans 17 disciplines sportives. Parmi ces sportifs : Alfred Nakache (1915-1983), nageur d’Auschwitz.

Le 6 octobre est présentée au Salon de l’automobile de Paris  la Citroën 2 CV, dont la production prendra fin… en juillet 1990.


Sur Arte le 17 avril 2018 à 22 h 35

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