Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

lundi 30 avril 2018

Mai 68


Pour le 50e anniversaire des événements de Mai 1968 qui ont bouleversé la vie politique, sociale et culturelle de la France, France 3 diffusera le 30 avril 2018 « 1968, sous les pavés... les flics » par David Korn-Brzoza. Des témoignages inédits de policiers, gendarmes et CRS sur des événements de mai 1968 dans l'hexagone.


« Ce documentaire  raconte, pour la première fois, les événements de Mai 68 à travers le regard des forces de l’ordre, de l’autre côté du pavé. Une vision inédite de l’explosion contestataire qui a secoué la France du général de Gaulle, à contre-courant des idées reçues. Car si la mémoire collective a retenu de Mai 68 une révolte joyeuse, fantasque et le plus souvent pacifique, menée par les étudiants du Quartier latin, elle a, comme souvent, occulté une réalité beaucoup plus conflictuelle. A l’occasion du cinquantenaire de Mai 68, ce film tente de comprendre comment et pourquoi Mai 68 a basculé dans la violence sans pour autant finir en bain de sang. »

« Mai 68. Les étudiants et les ouvriers sont dans la rue. Le pouvoir craint une révolution. De ces semaines tumultueuses, la postérité n’a retenu que ses meneurs, mais qui se souvient des hommes qui leur faisaient face ? Policiers, CRS, gendarmes... Ils sont les oubliés de l’histoire. Sous les injures et les pavés, attendant la charge, le sort de la Ve République était pourtant entre leurs mains. Malgré l’escalade de la violence, comment un bain de sang a-t-il été évité ? ». Christian Fouchet, ministre de l'Intérieur, Maurice Grimaud, préfet, et les membres des forces de l’ordre ont constitué  un rempart efficace pour le pouvoir politique.

Le documentaire « 68 : sous les pavés... les flics » donne la parole à ceux qui étaient de l’autre côté des barricades. 

Des événements de Mai 68, on se souvient de leaders étudiants - Daniel Cohn-Bendit ou Alain Geismar, des images de manifestations, d’un Festival de Cannes interrompu... « Mais que sait-on de ceux qui ont fait face aux étudiants et aux ouvriers dans les affrontements de rue ultra-violents qui ont marqué le milieu du printemps ? « 68 : Sous les pavés... les flics » s’intéresse surtout à ceux qui ont été fustigés aux cris de « CRS-SS ! ». À l’appui de témoignages d’acteurs des deux camps, le documentaire revient sur une opposition qui a marqué, parfois jusqu’au traumatisme, certains de ses protagonistes. L’escalade de la violence commença au lendemain de la fermeture de l’université de Nanterre, suite à laquelle les étudiants vont occuper la Sorbonne. Au lieu de simplement déloger ces derniers, la police décide d’interpeller les manifestants. Voitures retournées, scènes d’émeute, jets de pavés contre les policiers, déchaînement de violence des forces de l’ordre… Les Parisiens ont le sentiment d’assister à de véritables guérillas urbaines. Les policiers constatent quant à eux qu’ils ne sont ni suffisamment préparés, ni équipés pour faire face à des affrontements d’une telle nature. »

C’est une première. « Sous les pavés... les flics » donne « la parole à ceux que les étudiants traitaient de « CRS SS ». Douze membres des forces de l'ordre, gendarmes, CRS, policiers, « pas faciles à trouver », ont accepté de témoignent de « leur mai 68 », dit à l'AFP David Korn-Brzoza, coauteur du film avec Laurent Chabrun. Cinquante ans après la fermeture de la Sorbonne, le 3 mai 1968, qui a marqué le début de semaines d'émeutes estudiantines, ils ont tous « leur petite anecdote » à livrer, « enfin ». Ces témoignages sont entrecoupés d'images d'archives, dont une vingtaine de minutes colorisées, montrant la colère étudiante en action, les rues du Quartier latin ravagées, les montagnes de pavés et les voitures incendiées érigées en barricades. Les « flics » interrogés affirment qu'ils n'étaient guère préparés psychologiquement, ni équipés pour affronter une telle violence urbaine. « On leur avait fourni des casques de la Seconde Guerre mondiale qu'ils portaient sur des costumes cravate ». L'un d'eux déclare avec humour : « On était habillé comme pour faire le festival de Cannes ! » Un gendarme ironise sur le fait que les étudiants ne reconnaissaient pas les différents uniformes : pour eux, ils étaient « tous des CRS SS ». « Pour certains policiers qui avaient grandi pendant la guerre, qui ont pu avoir des parents ou amis fusillés, se faire traiter de SS était douloureux. Il y a eu un vrai malaise policier pendant mai 68 », remarque le réalisateur. 

Les coauteurs « ont eu l'idée du film à la lecture de documents évoquant « des enregistrements audio de la préfecture de police » de l'époque. Ils se sont empressés de « demander l'ouverture de ces archives ». La requête acceptée, ils mettent la main sur « trente-cinq heures de communication inédite entre la salle de commandement et les effectifs sur le terrain », précise l'auteur. A l'écoute de l'intégralité des enregistrements, dont on entend de nombreux extraits dans le film, l'auteur confie avoir été « très étonné de découvrir que les fonctionnaires sur le terrain ne perdent à aucun moment leur sang-froid, pas même verbalement ». Le mouvement étudiant avait eu ses prémices, partout dans le monde. Il avait commencé aux États-Unis au début des années 1960, culminant avec l'opposition à la guerre du Vietnam. C'était comme une sorte de cocotte minute du Gaullisme sur le feu depuis dix ans et qui devait exploser », poursuit David Korn-Brzoza. Une fois que les sommations d'usage sont faites, l'objectif du maintien de l'ordre est de dégager la rue avec des charges et des matraques. « C'est une force qui doit maîtriser la foule, sans provoquer de lésions irréparables », dit-il.

On dénombre cinq morts pendant les évènements, dont deux en mai. Un « commissaire de police à Lyon a été écrasé par un camion vide lancé par les étudiants sur les forces de l'ordre avec l'accélérateur bloqué. « Ils voulaient faire du grabuge mais voulaient-ils tuer... ? », s'interroge David Korn-Brzoza. Maurice Grimaud, le préfet de Police à Paris à l'époque, qui était le successeur de Maurice Papon « a su tenir ses troupes », estime le réalisateur. « Il ne voulait pas qu'on se souvienne de lui comme un « Papon bis », qui avait ordonné de balancer des Algériens dans la Seine, pendant la guerre d'Algérie. « Le préfet avait écrit une lettre aux forces de l'ordre à bout, datée du 29 mai, « enseignée dans toutes les écoles de police aujourd'hui », selon le documentariste. Avec cet extrait cité dans le film : « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière ».

Les membres des forces de l’ordre « ont été le pilier qui a soutenu le régime, alors même qu'ils ont ressenti comme une trahison l'attitude de Pompidou qui, de retour d'Iran, après la nuit des barricades du 10 mai, fait rouvrir la Sorbonne et libérer les étudiants arrêtés, alors qu'ils venaient de se battre victorieusement pendant plusieurs jours pour empêcher cela. On imagine le moral des troupes, ce dont témoigne l'archive sonore de RTL où sur les ondes de cette radio, le 15 mai, Gérard Monate, grande figure du syndicalisme policier, menace presque d'une grève Georges Pompidou. On devine la pression qu'il devait subir de sa base exaspérée par la décision du Premier ministre. Sur les barrages, cela discutait beaucoup entre policiers. Le malaise policier était tel que, pour tenir certains barrages, il y a eu la formation d'unités mixtes où les gendarmes, des militaires pour qui la grève est interdite, sont venus compléter les effectifs des policiers afin de s'assurer de leur fidélité. Au cas où certains policiers décideraient de passer de l'autre côté... Ce qui n'est jamais arrivé », a déclaré David Korn-Brzoza au Point (26 avril 2018).

Et d’ajouter : « Certains m'ont dit qu'ils savaient bien qu'en face d'eux ce n'était ni des voyous ni des durs, on voit d'ailleurs sur les images de jeunes manifestants en costume-cravate. Mais ce n'est pas le discours dominant. Certains admettent qu'ils ont matraqué, obéissant aux ordres, ils n'avaient pas le choix. Ils étaient eux-mêmes à bout, insultés, agressés, mal équipés, attendant des ordres qui ne venaient pas, en particulier la nuit du 10 mai où ils doivent attendre jusqu'à deux heures du matin. Ils expliquent assez bien qu'ils avaient seulement ordre de contenir, c'était une force-tampon, qui tantôt avançait tantôt reculait, ils détaillent leurs différentes techniques, mais l'ordre numéro un était : s'en tenir au maintien de l'ordre, ne pas causer de blessures irrémédiables, hors de question de tirer sans ordre, surtout pas de Gavroche sur le pavé parisien. Mais ils ont eu des centaines de blessés, passaient parfois 24 ou 48 heures sans dormir. Le 24 mai, après la grande manifestation ; ils étaient à deux doigts de rompre. Contrairement aux policiers, qui devaient tenir leur poste, il y avait un roulement important parmi les étudiants qui se relayaient et pouvaient aller dormir. Par ailleurs, les jeunes avaient l'esprit rempli d'images de la guérilla à Cuba ou au Vietnam, ils incarnaient l'avenir, et puis ils ont été surpris de voir que les forces de l'ordre mettaient si longtemps à les charger ».

Le réalisateur a entendu les archives sonores inédites de la salle de commandement de la préfecture de police de Paris, où « l'on entend les directives données aux différents commissaires sur les barrages dans le Quartier latin » : « Sur les dizaines d'heures que nous avons écoutées, qui représentent près de 900 pages, à aucun moment il n'y a de débordement : les chefs de salle parlent toujours d'une voix claire, mesurée, afin de rassurer et de cadrer les troupes. C'est bien la preuve que l'état-major de la police n'a jamais perdu son sang-froid… Du côté des étudiants, on craignait la répétition du 17 octobre 61, où les Algériens avaient été balancés à la Seine. Il court le bruit qu'on a gazé au lacrymogène certains d'entre eux dans des fourgons. À force de crier « CRS SS », l'amalgame est vite fait. Ils ont vu leurs camarades entraînés dans ces fourgons, matraqués, ils n'ont parfois pas de nouvelles. Cela décuple leur rage. Du côté des policiers, il est question de trois morts dans leurs rangs. Dès le 3 mai, l'un d'eux tombe dans un coma qui dure douze jours, il restera hémiplégique. Le 10 mai, c'est le commandant Journiac, qui reçoit un pavé qui lui enfonce la boîte crânienne. Il décédera l'année suivante d'un accident de voiture provoqué par les séquelles, mais sa veuve mettra quinze ans à faire reconnaître par l'État le lien de cause à effet. Bref, les policiers aussi ont la rage. C'est un cycle : chaque manif entraîne une répression, laquelle, médiatisée, engendre une manif plus importante encore et ainsi de suite ».


« 1968, sous les pavés... les flics » par David Korn-Brzoza
Cinétévé, Fabienne Servan-Schreiber et Lucie Pastor, 2017, 90 minutes
Auteurs : Laurent Chabrun et David Korn-Brzoza
Sur France 3 le 30 avril 2018 à 21 h

Visuels :
Affrontements
Magasin occupé
Barricades, rue des Saints-Pères
Barricades, rue de Paris
© Gaumont Pathé Archives

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Les citations sont du communiqué de presse.

La Mer Morte


La mer Morte est un lac salé, alimenté par le Jourdain et partagé entre l'Etat d'Israël, la Jordanie et l'Autorité palestinienne. Sa surface est d'environ 810 km². Malgré sa forte salinité, des organismes de taille infinitésimale parviennent à y vivre. En 2011, on a découvert des sources d'eau douce dans le fond de la mer Morte. Le 1er mai 2018, France 5 rediffusera Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. Dix adolescents israéliens ont été tués lors d'une crue près de la mer Morte, dans le désert du Néguev.

La Mer Morte
Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

À 422 mètres au-dessous du niveau de la mer, la mer Morte  - dénommée par la Torah « Mer de sel » ou « mer de la plaine » - est l’une des merveilles du monde, et attire des touristes aimant s’y faire photographier y flottant.

Elle est liée aussi aux manuscrits de Qumrân.

Différent du lac d’eau douce de Tibériade - « lac de Kinneret », mer de Galilée ou lac de Genézareth - au nord d’Israël et à plus de 200 mètres au-dessous du niveau de la mer, la Mer Morte est un lac de 810 km² et sept à dix fois plus salé que l’eau d’océans (2-4%). 

Avec une salinité moyenne de 22 à 25%, les eaux de la mer Morte, en Israël, n'abritent aucun poisson, et seuls y vivent quelques organismes microscopiques (plancton, bactéries). En 2011, des scientifiques de l’université Ben-Gourion du Néguev ont découvert  des sources d’eau douce emplies de micro-organismes, dans les profondeurs de cette mer.

Mais les vertus médicinales et minérales de ses eaux sont connues - soins en cas de psoriasis, rhumatismes, maladies pulmonaires -, et utilisées pour des soins de balnéothérapie ou de dermatologie. L’une des plus célèbres marques de produits de beauté à base de sels et boues de la Mer Morte et en vantant les bienfaits est AHAVA, cible de campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement Sanctions).

Problème : le niveau de la mer Morte décroit d’un mètre de profondeur par an. « Depuis les années 1960, le plan d'eau le plus salé au monde a perdu un tiers de sa surface  ». La « mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l'eau au Proche-Orient ». 

« D’ici à trente ans, si rien n’est fait, il ne restera plus qu’un étang. Car au Proche-Orient, le manque d’eau est une source supplémentaire de conflit, et c’est la loi du plus fort qui triomphe ». Poncif éculé… Quid des tensions entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie autour du Nil  ou entre la Turquie, la Syrie et l’Irak à propos du Tigre et de l’Euphrate? 

Cette « mort annoncée de la mer Morte a des causes bien humaines : les usines chimiques jordaniennes et israéliennes qui retraitent ses sels minéraux accélèrent son exploitation, tandis que le Jourdain, qui la nourrissait en eau douce, n’est plus qu’un ruisseau nauséabond. Son cours est diverti par tous les pays voisins pour les besoins de l’agriculture ».

Un projet pharaonique controversé
Pourtant « des solutions existent, mais il faudrait que » les Jordaniens, les Israéliens et les Arabes palestiniens, « s’accordent pour les mettre en œuvre. La construction d’un canal », pompeusement appelé « canal de la paix », s’étirant sur 180 km, « relié à la mer Rouge, permettrait ainsi d’alimenter des usines électriques assez puissantes pour dessaler l’eau de mer, fournir toute la région en eau potable et redonner vie à la mer Morte. Elle redeviendrait alors source de bienfaits pour toute la région ». Le coût de ce projet  pharaonique ? Trois à quatre milliards de dollars. Un accord a été signé le 9 décembre 2013 entre l’Etat d’Israëk, la Jordanie et l’Autorité palestinienne pour « sauver » la Mer Morte par un canal et une usine de dessalement, pour un coût de 250-400 millions de dollars.

A noter que Theodor Herzl avait songé en 1902 à un tel canal, mais qui relierait la Mer Morte à la Méditerranée.

D’une part, ce projet de « canal de la paix » ambitieux s’inscrit dans la vision du « Marché commun proche-oriental » de Shimon Peres convaincu, à tort, que l’avènement de la paix est conditionné à un tissu dense de relations économiques denses relie ce monde à cet Etat. Or, le monde musulman refuse l’Etat Juif pour des raisons religieuses. 

D’autre part, « l’ONG Friends of the Earth Middle East (FoEME) et d'autres associations écologistes ont appelé  les trois gouvernements à rejeter ce projet, soulignant ses risques pour l'environnement. Selon elles, le fait d'y déverser une trop grande quantité d'eau de la mer Rouge pourrait radicalement modifier la composition chimique unique de la mer Morte, formant des cristaux de gypse et introduisant des éclosions d'algues rouges. De plus, les nappes phréatiques de la vallée de l’Arava, dans le sud-est d'Israël, pourraient être contaminées en cas de fuite des conduites transportant l'eau salée ».

Enfin, cette période d’assèchement n’est pas la première dans l’histoire de la Mer Morte, déjà asséchée voici 120 000 ans, et s’inscrirait dans une histoire cyclique.

Sigalit Landau
L'artiste israélienne Sigalit Landau « est très engagée sur le thème de l’eau et particulièrement de la mer Morte ».

L'une de ses œuvres est une robe noire - "une réplique de la robe hassidique traditionnelle portée par le personnage Leah dans la pièce de théâtre yiddish « Le Dibbouk » - plongée dans la mer Morte, et qui au terme de deux mois, se transforme, sous l'érosion du sel, en vêtement blanc, brillant. 

Sigalit Landau a photographié cette robe à diverses étapes de cette métamorphose. 

Les "eaux riches en sel de mer ont cristallisé la robe, transformant un « symbole associé à la mort et à la folie en une robe de mariage qu’elle était toujours été destinée à être », a déclaré cette artiste lors de l'exposition en 2016 des photographies au musée contemporain Marlborough à Londres.

Partialité
Arte diffusa « Que vive la mer Morte !  », documentaire biaisé de German Gutierrez - « Comment la mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l’eau au Proche-Orient, et comment la coopération régionale pourrait la faire renaître » -, et, dans le cadre de la série Voyage au bout du monde, France 2 diffusa un autre documentaire partial sur la mer Morte, vue essentiellement du point de vue jordanien. Comme si cette mer ne jouxtait pas aussi l’Etat d’Israël et n’était pas liée à l’histoire du peuple Juif… 

On regrette la partialité de ces deux documentaires. « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez, filme complaisamment un Arabe palestinien se plaindre du "refus" d'Israël de lui donner de l'eau, stigmatiser l'"occupation israélienne", voler de l'eau, etc. Or, l'Autorité palestinienne est responsable des problèmes d'eau de sa population : gabegies, détournements des fonds, absence d'entretien des installations, non-respect de leurs engagements, etc.

Curieusement, le numéro de la série Voyage au bout du monde consacrée à la mer Morte présente d’emblée celle-ci en la localisant par rapport à Amman. Et le reste est à l’avenant, mais avec de belles images. Pourtant les liens de ce lac salé avec l’histoire du peuple Juif sont nombreux : manuscrits (rouleaux de cuir en hébreu) découverts en 1947, peu avant la recréation de l’Etat d’Israël, par deux Bédouins dans une grotte de Qumrân, près de la mer Morte, Massada, cité antique surplombant la mer Morte et ayant abrité les Sicaires qui, assiégés par les légions romaines au 1er siècle, décidèrent en 73 de se donner la mort, etc.   
            
Le 1er mai 2018, France 5 rediffusera Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. "En 1952, une équipe d'archéologues découvre un rouleau de cuivre dans une grotte située à Qumrân, près de la mer Morte. Sur la fine plaque de métal, les textes manuscrits ne sont pas porteurs d'un message biblique, mais décrivent l'emplacement d'une soixantaine de sites renfermant des trésors. Qui a rédigé cette carte et à qui appartiennent ces richesses ? Pourquoi ont-elles été cachées et restent-elles à découvrir ? Enquête entre Israël, Jordanie, Egypte et Rome pour éclaircir ce mystère." 

 « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez
ARTE France, Alegria Productions, Intuitive Pictures, Radio-Canada, 2011, 77 minutes
Diffusion sur Arte le 22 octobre 2014 à 0 h 25

25 minutes
Diffusion sur France 2 le 22 octobre 2014 à 04:05

Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie
Sur France 5, le 7 septembre 2016, le 1er mai 2018 à 21 h 40

Visuels : © Alegria-Intuitive

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Les citations sur les émissions sont extraites de communiqués des diffuseurs. Cet article a été publié le 21 octobre 2014, puis le 6 septembre 2016

dimanche 29 avril 2018

Destinations Auschwitz. Convois des déportés tatoués


En 2002, le Mémorial-musée du maréchal Leclerc a rendu hommage à 4 500 hommes et femmes déportés de Compiègne (France) à Auschwitz (Pologne) en raison de leur engagement dans la Résistance. 82 000 Français ont été déportés au titre de la répression. Cartes, affiches, livres, photographies, journaux, témoignages audiovisuels et objets façonnés par les déportés (actes de résistance et de préservation de la dignité) présentent le contexte historique et la vie dans les camps. Didactique, cette exposition s’attachait aussi aux déportés envoyés à Auschwitz depuis les camps de Dachau, Mauthausen et Buchenwald. Un catalogue accompagnait l’exposition. Article republié en cette Journée de la commémoration des héros, victimes de la déportation dans les camps de concentration au cours de la guerre 1939-1945.
« Le nom d’Auschwitz reste associé au génocide des Juifs et des Tziganes. Ce complexe concentrationnaire a aussi été la destination de 4 500 hommes et femmes déportés au titre de la répression. Ce sont les « déportés tatoués » ainsi appelés car le numéro de matricule était tatoué sur leur avant-bras gauche. C’était le signe distinctif d’un passage par Auschwitz », camp de concentration, centre d’extermination dans les chambres à gaz et vaste complexe industriel. Les autres déportés avaient un matricule qui était « soit un bracelet soit un numéro cousu sur leur veste. Tous ces déportés ont été les témoins oculaires du génocide  ».

Cette exposition didactique retrace l’histoire des trois convois des 6 juillet 1942, 24 janvier 1943 (composé de 230 femmes) et 27 avril 1944, partis de Compiègne. Ils emportaient Marie-Claude Vaillant-Couturier, Danielle Casanova, l’écrivain Charlotte Delbo, le poète et journaliste Robert Desnos, Hélène Solomon (fille de Paul Langevin), des ouvriers, patrons d’entreprises, étudiants, artisans, prêtres, employés, lycéens, députés, journalistes (Max Rénier), etc. Toutes « régions de France, religions et familles politiques » confondues.

Est aussi décrit le « contexte général du système concentrationnaire nazi pendant la guerre et de la répression exercée par le gouvernement de Vichy complice de l’occupant à l’égard des résistants » (Christine Levisse-Touzé).

En mars 1933, les SA humilient publiquement Bernard Kuhnt, député social démocrate, traîné dans un tombereau à ordures dans Chemnitz. La lecture du statut des Juifs du 3 octobre 1940 glace : court, concis, pris sans aucune pression allemande, ce texte définit la « race juive » qu’il exclut de pratiquement toutes les fonctions, publiques ou privées. En 1939, un Livre blanc publié en Grande-Bretagne dénonce les atrocités commises par les Nazis dans les camps d’internement. Sont aussi affichés des photos de déportés, des textes de Primo Levi et Robert Antelme, etc.

La consultation d’un CD-Rom permet d’approfondir certains thèmes.


Destinations Auschwitz, Des déportés tatoués, par le Mémorial du Mal Leclerc et le Musée Jean Moulin. Ed. Paris-Musées

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Cet article a été publié par Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le 29 mars 2016.

Ingrid Bergman (1915-1982)


Ingrid Bergman (1915-1982), comédienne polyglotte, talentueuse, à la carrière internationale jalonnée par 54 films et couronnée par quatre Oscar, a infléchi sa carrière par de nombreux tournants : arrivée à Hollywood en 1939, installation tumultueuse en 1949 en Italie auprès de son futur mari deuxième Roberto Rossellini, retour triomphal à Hollywood en 1956. Le 29 avril 2018, Arte diffusera Je suis Ingrid (Ingrid Bergman- In Her Own Wordspar Stig Björkman.



Ingrid Bergman  est née en 1915 à Stockholm (Suède). Sa mère allemande, Friedel Adler Bergman, née à Hambourg, décède d'une jaunisse quand Ingrid a trois ans. Son père Justus Samuel Bergman, propriétaire d’un magasin de photographie, élève Ingrid Bergman en la familiarisant avec l’objectif de la caméra, en filmant sa fille dans des saynètes. Il décède en 1927.

"Vive, timide, turbulente et têtue, triste et solitaire". C'est ainsi qu'Ingrid Bergman se décrit enfant se créant un monde imaginaire pour fuir une réalité triste.

Ingrid Bergman est élevée par divers membres de sa famille paternelle.

Comme d'autres membres de sa famille, elle était persuadée avoir du "sang juif" dans sa branche maternelle. Des recherches généalogiques auraient infirmé cette croyance.

A 18 ans, elle est admise à l’Ecole Royale d’Art Dramatique de Suède en interprétant un rôle comique, et entame une carrière fulgurante au théâtre et au cinéma. Elle épouse Petter Lindstrom, neuro-chirurgien, in 1937.

A 22 ans, Ingrid Bergman a tourné dans onze films populaires et est déjà une vedette.

En 1938, pour son contrat de trois films avec une société cinématographique allemande, Universum Film AG (UFA) un certificat attestant qu'elle a seulement des ancêtres aryens s'avère nécessaire.

Ingrid Bergman aime filmer les voyages effectués avec son époux en Allemagne. Là, elle saisit le panneau indiquant un commerce Juif, des jeunes nazis défilant...

Le 20 septembre 1938, le couple Lindstrom a une fille, Friedel Pia, future journaliste de télévision.

Éprise de liberté, Ingrid Bergman "veut voir le monde, et travailler dans une langue qui n'est pas la sienne".

Hollywood, Hollywood !
Repérée par Hollywood, elle arrive aux Etats-Unis en 1939, à l’invitation du producteur David O. Selznick qui souhaite faire un remake d’Intermezzo (1936) de Gustaf Molander où Ingrid Bergman brillait par le naturel de son jeu, irradiant la pellicule de l’expressivité de ses expressions et de son charme.

Très vite, elle s’oppose aux studios qui, au terme des premiers essais, veulent la métamorphoser en star glamorous : épilation des sourcils, maquillage sophistiqué, adoption d’un nom d’artiste - "Indy Lindberg" -, etc.

Ruth Roberts, coach technique et "excellent professeur d'anglais", Kay Brown, son agent, et Irène Selznick, épouse de David I. Selznick, deviennent ses meilleures amies.

Devant les refus d’Ingrid Bergman, les studios s’inclinent et promeuvent « la première actrice naturelle ». Elle avait "un rayonnement, une lumière", se souvient sa fille Isabella Rossellini.



Ingrid Bergman obtient de signer, non un contrat standard de sept ans, mais un contrat pour tourner dans quatre films. Elle s'installe à Hollywood avec sa fille. Son mari la rejoint, étudie la médecine à Rochester. Il devient neuro-chirurgien.

Casablanca
"1942. Tous ceux qui tentent d’échapper au joug nazi et de rejoindre l’Amérique échouent à Casablanca, encore sous administration française. Une foule cosmopolite se presse ainsi chez Rick’s, le cabaret-casino à la mode. Un soir, le capitaine Renault, représentant du gouvernement de Vichy, y fait arrêter Ugarte, un aventurier qui a assassiné deux courriers allemands pour leur dérober leurs lettres de transit. Avant d’être emmené, Ugarte est parvenu à confier son butin au propriétaire des lieux, Rick, un Américain qui affecte la neutralité. Le même soir, Victor Laszlo, un important chef de la Résistance, débarque au cabaret en compagnie de sa femme. Rick reconnaît aussitôt Ilsa, dont il est tombé amoureux à Paris deux ans plus tôt, et qui l’a trahi..."

"Tourné en pleine Seconde Guerre mondiale, Casablanca est un film mythique sur lequel le temps n’a pas de prise. Michael Curtiz a réalisé un film de propagande antinazie, mais c’est à coup sûr le plus original et le plus subtil jamais tourné pendant le conflit". Un chef d'oeuvre à la chanson inoubliable "As time goes by".

"D’abord, il fait entrer dans la légende le couple Bogart/Bergman, qui n’a pas fini de faire rêver. Ensuite, il présente un formidable raccourci du conflit mondial dans une vision d’une grande justesse, les différentes forces en présence étant personnifiées par les clients du cabaret".

"Enfin, il parvient à mélanger avec fluidité et élégance une multitude de genres : Casablanca est à la fois l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma hollywoodien, un film de guerre, un mélodrame exotique, un thriller et un prêche patriotique. Sur fond de guerre se joue le drame d’un trio dont chaque protagoniste incarne un mode d’engagement différent : rationnel (Laszlo), sentimental (Ilsa), chevaleresque (Rick). Résultat d’une improvisation féconde (le scénario du film était écrit au fur et à mesure du tournage), les louvoiements de l’action servent admirablement le propos d’un film où règnent l’incertitude, le hasard, le mensonge et le bluff".

Pour qui sonne le glas 
En 1943, Sam Wood a réalisé Pour qui sonne le glas  (For Whom the Bell Tolls) avec Gary Cooper et Ingrid Bergman. "En pleine guerre d'Espagne, Robert Jordan, un Américain, s'engage auprès des combattants républicains... Tiré du célèbre roman d'Hemingway, un mélodrame poignant sur fond de guerre civile espagnole".

"Dans la nuit espagnole, en pleine guerre civile, un train explose. Deux hommes s'enfuient, des soldats à leurs trousses. L'un d'eux est touché. Pour lui éviter de tomber aux mains de l'ennemi, son compagnon l'achève. Ce dernier s'appelle Robert Jordan, il est américain et combat aux côtés des républicains. Sa prochaine mission : faire sauter un pont lors d'un assaut d'envergure contre les troupes franquistes. Dans les montagnes, l'" Inglés" rejoint un groupe dirigé par une femme, Pilár. Celle-ci a recueilli la jeune María, dont les parents ont été tués par les franquistes. Robert et María tombent amoureux..."

"Sierra melodramática". "Comment traduire à l'écran l'idéalisme sec et le romantisme sombre du roman d'Hemingway ? La Paramount, qui avait racheté les droits du livre en 1949, voulut en faire une superproduction mélodramatique tournée dans la Sierra Nevada californienne. La guerre d'Espagne et la politique passent à l'arrière-plan, et l'intrigue se concentre sur les personnages : d'un côté la petite troupe de Pilár, tronches burlesques et caractères hauts en couleur, de l'autre les deux héros, beaux, passionnés et très émouvants, incarnés par Gary Cooper et Ingrid Bergman".

Oscar
"Je ne demande pas grand chose. Je veux tout".

Ingrid Bergman n'hésite pas à choisir des contre-emplois : dans Dr. Jekyll and Mr. Hyde, film de Victor Fleming (1941) avec Spencer Tracy et Lana Turner, Ingrid Bergman, lasse de jouer des rôles de femmes vertueuses, échange avec Lana Turner le rôle de la jeune première vertueuse fiancée du Dr Jekyll contre celui de la prostituée masochiste Ivy.

Mue par un goût sûr, Ingrid Bergman ne veut tourner que dans des chefs d'oeuvre. Ce qui fait sourire Alfred Hitchcock, "un homme brillant qui sait mêler comédie et drame". "Il lui apprend à se détendre", déclare Isabella Rossellini.

Casablanca (1942), For Whom the Bell Tolls (1943), Gaslight (Hantise, 1944) de George Cukor – Ingrid Bergman reçoit l’Oscar de la meilleure actrice -, Spellbound (La Maison du docteur Edwardes, 1945), The Bells of St. Mary's (Les Cloches de Sainte-Marie), Notorious (Les Enchaînés, 1946) d’Alfred Hitchcock, Joan of Arc (1948) -Ingrid Bergman "aimait ce personnage de jeune paysanne choisie pour être héroïque", confie sa fille aînée Pia -, Under Capricorn (Les Amants du Capricorne, 1949) d’Alfred Hitchcock...

C'est une filmographie brillante, variée dans les genres - drame, suspense, comédie romantique -, que constitue en quelques années Ingrid Bergman, star mondialement connue. Elle joue en Europe pour les soldats américains.

En 1945, Ingrid Bergman rencontre à Paris le photographe Robert Capa. Ils vivent une liaison amoureuse pendant deux ans. "Son influence hongroise lui fait du bien".

Ingrid Bergman "se languit de vivre quelque chose de nouveau" et sent "l'oiseau migrateur en elle".

En 1950, enthousiasmée par le néoréalisme italien (Rome ville ouverte, Païsa), elle écrit au réalisateur italien Roberto Rossellini et tourne Stromboli, sous sa direction. "L'île entière participe au tournage".

Une histoire d’amour lie ce réalisateur du "néo-réalisme" et Ingrid Bergman. Ce qui suscite la réaction courroucée de ceux stigmatisant une relation adultère. Un fait privé devenu un scandale public médiatisé et évoqué au Sénat américain.

Après leurs divorces réciproques, le couple se marie en 1950. Trois enfants naissent de leur union : Renato Roberto (1950), Isabella et Isotta (1952). "Charmante, courageuse, énergique, timide, volontaire mais pas sereine". C'est ainsi que les enfants Rossellini décrivent leur mère.

En Italie, le couple tourne quatre autres films ensembles de 1950 à 1955 : Europa 1951, Viaggio in Italia, Giovanna d'Arco al rogo (Jeanne au bûcher), La Paura (Fear). "De bons films, mais que le public n'aime pas". La relation au sein du couple s'en ressent.

Le couple se sépare au milieu des années 1950.

Deux films à succès - Elena et les hommes de Jean Renoir et surtout Anastasia (1956) d’Anatole Litvak avec Yul Brynner – relancent la carrière d’Ingrid Bergman. Le rôle de la princesse russe vaut un Oscar à Ingrid Bergman reçu, pour elle, par Cary Grant. "Jean Renoir lui a appris le rôle d'un film dans la société. Elle a appris à mieux comprendre les films de mon père", explique Isabella Rossellini.

Ingrid Bergman poursuit une carrière cinématographique - Indiscreet (Indiscret, 1957) de Stanley Donen, Cactus Flower (1969), Murder on the Orient Express (1974) de Sidney Lumet, Sonate d’automne (Höstsonaten, 1978) d’Ingmar Bergman -, théâtrale et télévisuelle. 

Elle épouse en 1958 le producteur suédois Lars Schmidt. Leur divorce est prononcé en 1975.

En 1972, le Sénat présente des excuses à Ingrid Bergman pour l’avoir attaquée lors de son union avec Roberto Rossellini.

Le 7 mars 1979, Alfred Hitchcock reçoit lors d’une soirée animée par Ingrid Bergman le Life Achievment Award de l’American Film Institute. Maitresse de cérémonie, Ingrid Bergman lui remet la fameuse clé qu’elle détenait depuis Notorious (Les Enchaînés, 1946).

Le dernier rôle incarné par Ingrid Bergman est Golda Meir, pour la série télévisée A Woman Called Golda. Un rôle significatif, outre la stature de l’ancien Premier ministre israélien, car Ingrid Bergman s’est sentie coupable, lors de la Seconde Guerre mondiale, de n’avoir pas pris conscience de la situation en Allemagne. Un personnage avec lequel elle partageait des points communs, notamment celui d’être soignée pour un cancer à l’hôpital Tel Hashomer lors du tournage. Une interprétation qui lui vaut un Emmy Award et un Golden Globe.

En 1982, Ingrid Bergman meurt d’un cancer, diagnostiqué en 1973, à son domicile londonien.

La Cinémathèque française a présenté une rétrospective de la comédienne Ingrid Bergman  (1915-1982).

Pour le centenaire de la naissance de la comédienne Ingrid Bergman (1915-1982), Arte a diffusé Casablancade Michael Curtiz (1941). Je suis Ingrid (Ingrid Bergman- In Her Own Words), documentaire de Stig Björkman (2014) a été diffusé par Arte le 30 août 2015 et par l'Institut suédois de Paris le 5 septembre 2015.

Je suis Ingrid (Ingrid Bergman- In Her Own Words)
Je suis Ingrid (Ingrid Bergman- In Her Own Words ; Ich Bin Ingrid Bergman), documentaire de Stig Björkman (2014) a été diffusé par Arte le 30 août 2015 et, dans le cadre de Cinéma en plein air #1, par l'Institut suédois de Paris le 5 septembre 2015. Au travers de documents inédits - films familiaux, dont certains tournés par Ingrid Bergman et son père, archives personnelles (journaux intimes) -, d'interviews des enfants de la comédienne, le réalisateur Stig Björkman brosse le portrait "de la sublime Ingrid Bergman. Star hollywoodienne, par deux fois oscarisée, elle fut avant tout une femme aux vies multiples, capable de choix audacieux", d'une "femme qui a toujours choisi son chemin", de "la vie exceptionnelle d’une jeune Suédoise devenue l’une des plus célèbres actrices au monde". 

"En 2011, Isabella Rossellini donne au documentariste Stig Björkman l'accès aux journaux intimes de sa mère, Ingrid Bergman, et à des films de famille jamais montrés. Le portrait d'une femme peu conventionnelle s'y dessine : dès les années 1940, à l'encontre des usages à Hollywood, la star avait refusé de se transformer pour correspondre aux canons des productions et joua toute sa vie peu maquillée, avec subtilité et dépouillement. Au fil des archives, son intimité est aussi dévoilée, de sa liaison tenue secrète avec le photographe Robert Capa, qui l'encouragea à filmer – ce qu'elle fit tout au long de sa vie dans sa sphère privée – et qui inspira Alfred Hitchcock pour Fenêtre sur cour, à sa fugue italienne avec Roberto Rossellini, qui scandalisa l'Amérique".

Je suis Ingrid "montre comment une star hollywoodienne par excellence (Casablanca, Les enchaînés, etc.) fut d'abord une femme aux vies multiples, puis une figure marquante du cinéma moderne. Étayé par des archives rares, ce portrait décrypte la manière dont une jeune Suédoise, née il y a tout juste cent ans, devint l'une des actrices les plus célébrées du cinéma américain, jusqu’à recevoir deux Oscars de la meilleure actrice (Hantise et Anastasia). En point d'orgue au documentaire, une belle rencontre entre Sigourney Weaver (qui joua au théâtre au côté de la star), sa fille Isabella et l'actrice Liv Ullman, avec laquelle Ingrid Bergman tourna son dernier film, en 1978, Sonate d'automne, sous la direction d’Ingmar Bergman".


Casablancade Michael Curtiz (1941). 
Etats-Unis, 1941, 98 min
Sur Arte le 30 août 2015 à 20 h 45
Auteur : Murray Burnett, Joan Alison
Image : Arthur Edeson
Montage : Owen Marks
Musique : Max Steiner
Producteur/-trice : Hal B. Wallis, Jack L. Warner
Production : Warner Bros.
Réalisation : Michael Curtiz
Scénario : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch
Image : HD, 16/9
Son : Mono
Acteurs : Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Sydney Greenstreet, Peter Lorre, S.Z. Sakall, Madeleine LeBeau, Dooley Wilson, Joy Page, John Qualen, Leonid Kinskey, Curt Bois
Sur Arte les 30 août à 20 h 45 et 31 août 2015 à 13 h 35

Pour qui sonne le glas de Sam Wood
Paramount Pictures, 1943, 150 min
Auteur : Ernest Hemingway
Image : Ray Rennahan
Montage : John F. Link Sr., Sherman Todd
Musique :Victor Young
Scénario : Dudley Nichols
Avec Gary Cooper (Robert Jordan), Akim Tamiroff (Pablo), Ingrid Bergman (María), Arturo de Cordova (Agustin), Vladimir Sokoloff (Anselmo), Fortunio Bonanova (Fernando), Katina Paxinou (Pilar)
Sur Arte les 26 septembre à 20 h 50 et 17 octobre 2016 à 13 h 35
© 1943 Paramount Pictures, EMKA

Je suis Ingrid (Ingrid Bergman- In Her Own Words) par Stig Björkman
Suède, 2015, 114 min.VOSTF.
A l'Institut suédois le 5 septembre 2015 à 21 h
11 rue Payenne. F-75003 Paris
Tél. : + 33 1 44 78 80 20
Sur Arte le 29 avril 2018 à 22 h 55, le 20 mai 2018 à 9 h 25

Jusqu’au 2 août 2015
51, rue de Bercy. 75012 Paris
Tél. : 01 71 19 33 33

Visuels
Casablanca de Michael Curtiz, 1952 © Théâtre du Temple et © Warner Bros
Docteur Jekyll et Mr Hyde de Victor Fleming, 1941 © Warner Bros. Picture France
Hantise de George Cukor, 1944 © Théâtre du Temple
Les Cloches de Sainte Marie de Leo McCarey, 1945 © DR
La Maison du Docteur Edwards de Alfred Hitchcock, 1944 © Les Acacias
Stromboli de Roberto Rossellini, 1949 © Films sans frontières
Jeanne au bûcher de Roberto Rossellini, 1954 © Gaumont
Elena et les hommes de Jean Renoir, 1955 © Gaumont
Les Enchaînés de Alfred Hitchcock, 1945 © Les Acacias

© "Wesleyan University Cinema Archive"
© Stina Gardell

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Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié sur mon blog le 31 juillet et 30 août 2015, puis le 27 septembre 2016.