Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 30 avril 2018

Mai 68


Pour le 50e anniversaire des événements de Mai 1968 qui ont bouleversé la vie politique, sociale et culturelle de la France, France 3 diffusera le 30 avril 2018 « 1968, sous les pavés... les flics » par David Korn-Brzoza. Des témoignages inédits de policiers, gendarmes et CRS sur des événements de mai 1968 dans l'hexagone.


« Ce documentaire  raconte, pour la première fois, les événements de Mai 68 à travers le regard des forces de l’ordre, de l’autre côté du pavé. Une vision inédite de l’explosion contestataire qui a secoué la France du général de Gaulle, à contre-courant des idées reçues. Car si la mémoire collective a retenu de Mai 68 une révolte joyeuse, fantasque et le plus souvent pacifique, menée par les étudiants du Quartier latin, elle a, comme souvent, occulté une réalité beaucoup plus conflictuelle. A l’occasion du cinquantenaire de Mai 68, ce film tente de comprendre comment et pourquoi Mai 68 a basculé dans la violence sans pour autant finir en bain de sang. »

« Mai 68. Les étudiants et les ouvriers sont dans la rue. Le pouvoir craint une révolution. De ces semaines tumultueuses, la postérité n’a retenu que ses meneurs, mais qui se souvient des hommes qui leur faisaient face ? Policiers, CRS, gendarmes... Ils sont les oubliés de l’histoire. Sous les injures et les pavés, attendant la charge, le sort de la Ve République était pourtant entre leurs mains. Malgré l’escalade de la violence, comment un bain de sang a-t-il été évité ? ». Christian Fouchet, ministre de l'Intérieur, Maurice Grimaud, préfet, et les membres des forces de l’ordre ont constitué  un rempart efficace pour le pouvoir politique.

Le documentaire « 68 : sous les pavés... les flics » donne la parole à ceux qui étaient de l’autre côté des barricades. 

Des événements de Mai 68, on se souvient de leaders étudiants - Daniel Cohn-Bendit ou Alain Geismar, des images de manifestations, d’un Festival de Cannes interrompu... « Mais que sait-on de ceux qui ont fait face aux étudiants et aux ouvriers dans les affrontements de rue ultra-violents qui ont marqué le milieu du printemps ? « 68 : Sous les pavés... les flics » s’intéresse surtout à ceux qui ont été fustigés aux cris de « CRS-SS ! ». À l’appui de témoignages d’acteurs des deux camps, le documentaire revient sur une opposition qui a marqué, parfois jusqu’au traumatisme, certains de ses protagonistes. L’escalade de la violence commença au lendemain de la fermeture de l’université de Nanterre, suite à laquelle les étudiants vont occuper la Sorbonne. Au lieu de simplement déloger ces derniers, la police décide d’interpeller les manifestants. Voitures retournées, scènes d’émeute, jets de pavés contre les policiers, déchaînement de violence des forces de l’ordre… Les Parisiens ont le sentiment d’assister à de véritables guérillas urbaines. Les policiers constatent quant à eux qu’ils ne sont ni suffisamment préparés, ni équipés pour faire face à des affrontements d’une telle nature. »

C’est une première. « Sous les pavés... les flics » donne « la parole à ceux que les étudiants traitaient de « CRS SS ». Douze membres des forces de l'ordre, gendarmes, CRS, policiers, « pas faciles à trouver », ont accepté de témoignent de « leur mai 68 », dit à l'AFP David Korn-Brzoza, coauteur du film avec Laurent Chabrun. Cinquante ans après la fermeture de la Sorbonne, le 3 mai 1968, qui a marqué le début de semaines d'émeutes estudiantines, ils ont tous « leur petite anecdote » à livrer, « enfin ». Ces témoignages sont entrecoupés d'images d'archives, dont une vingtaine de minutes colorisées, montrant la colère étudiante en action, les rues du Quartier latin ravagées, les montagnes de pavés et les voitures incendiées érigées en barricades. Les « flics » interrogés affirment qu'ils n'étaient guère préparés psychologiquement, ni équipés pour affronter une telle violence urbaine. « On leur avait fourni des casques de la Seconde Guerre mondiale qu'ils portaient sur des costumes cravate ». L'un d'eux déclare avec humour : « On était habillé comme pour faire le festival de Cannes ! » Un gendarme ironise sur le fait que les étudiants ne reconnaissaient pas les différents uniformes : pour eux, ils étaient « tous des CRS SS ». « Pour certains policiers qui avaient grandi pendant la guerre, qui ont pu avoir des parents ou amis fusillés, se faire traiter de SS était douloureux. Il y a eu un vrai malaise policier pendant mai 68 », remarque le réalisateur. 

Les coauteurs « ont eu l'idée du film à la lecture de documents évoquant « des enregistrements audio de la préfecture de police » de l'époque. Ils se sont empressés de « demander l'ouverture de ces archives ». La requête acceptée, ils mettent la main sur « trente-cinq heures de communication inédite entre la salle de commandement et les effectifs sur le terrain », précise l'auteur. A l'écoute de l'intégralité des enregistrements, dont on entend de nombreux extraits dans le film, l'auteur confie avoir été « très étonné de découvrir que les fonctionnaires sur le terrain ne perdent à aucun moment leur sang-froid, pas même verbalement ». Le mouvement étudiant avait eu ses prémices, partout dans le monde. Il avait commencé aux États-Unis au début des années 1960, culminant avec l'opposition à la guerre du Vietnam. C'était comme une sorte de cocotte minute du Gaullisme sur le feu depuis dix ans et qui devait exploser », poursuit David Korn-Brzoza. Une fois que les sommations d'usage sont faites, l'objectif du maintien de l'ordre est de dégager la rue avec des charges et des matraques. « C'est une force qui doit maîtriser la foule, sans provoquer de lésions irréparables », dit-il.

On dénombre cinq morts pendant les évènements, dont deux en mai. Un « commissaire de police à Lyon a été écrasé par un camion vide lancé par les étudiants sur les forces de l'ordre avec l'accélérateur bloqué. « Ils voulaient faire du grabuge mais voulaient-ils tuer... ? », s'interroge David Korn-Brzoza. Maurice Grimaud, le préfet de Police à Paris à l'époque, qui était le successeur de Maurice Papon « a su tenir ses troupes », estime le réalisateur. « Il ne voulait pas qu'on se souvienne de lui comme un « Papon bis », qui avait ordonné de balancer des Algériens dans la Seine, pendant la guerre d'Algérie. « Le préfet avait écrit une lettre aux forces de l'ordre à bout, datée du 29 mai, « enseignée dans toutes les écoles de police aujourd'hui », selon le documentariste. Avec cet extrait cité dans le film : « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière ».

Les membres des forces de l’ordre « ont été le pilier qui a soutenu le régime, alors même qu'ils ont ressenti comme une trahison l'attitude de Pompidou qui, de retour d'Iran, après la nuit des barricades du 10 mai, fait rouvrir la Sorbonne et libérer les étudiants arrêtés, alors qu'ils venaient de se battre victorieusement pendant plusieurs jours pour empêcher cela. On imagine le moral des troupes, ce dont témoigne l'archive sonore de RTL où sur les ondes de cette radio, le 15 mai, Gérard Monate, grande figure du syndicalisme policier, menace presque d'une grève Georges Pompidou. On devine la pression qu'il devait subir de sa base exaspérée par la décision du Premier ministre. Sur les barrages, cela discutait beaucoup entre policiers. Le malaise policier était tel que, pour tenir certains barrages, il y a eu la formation d'unités mixtes où les gendarmes, des militaires pour qui la grève est interdite, sont venus compléter les effectifs des policiers afin de s'assurer de leur fidélité. Au cas où certains policiers décideraient de passer de l'autre côté... Ce qui n'est jamais arrivé », a déclaré David Korn-Brzoza au Point (26 avril 2018).

Et d’ajouter : « Certains m'ont dit qu'ils savaient bien qu'en face d'eux ce n'était ni des voyous ni des durs, on voit d'ailleurs sur les images de jeunes manifestants en costume-cravate. Mais ce n'est pas le discours dominant. Certains admettent qu'ils ont matraqué, obéissant aux ordres, ils n'avaient pas le choix. Ils étaient eux-mêmes à bout, insultés, agressés, mal équipés, attendant des ordres qui ne venaient pas, en particulier la nuit du 10 mai où ils doivent attendre jusqu'à deux heures du matin. Ils expliquent assez bien qu'ils avaient seulement ordre de contenir, c'était une force-tampon, qui tantôt avançait tantôt reculait, ils détaillent leurs différentes techniques, mais l'ordre numéro un était : s'en tenir au maintien de l'ordre, ne pas causer de blessures irrémédiables, hors de question de tirer sans ordre, surtout pas de Gavroche sur le pavé parisien. Mais ils ont eu des centaines de blessés, passaient parfois 24 ou 48 heures sans dormir. Le 24 mai, après la grande manifestation ; ils étaient à deux doigts de rompre. Contrairement aux policiers, qui devaient tenir leur poste, il y avait un roulement important parmi les étudiants qui se relayaient et pouvaient aller dormir. Par ailleurs, les jeunes avaient l'esprit rempli d'images de la guérilla à Cuba ou au Vietnam, ils incarnaient l'avenir, et puis ils ont été surpris de voir que les forces de l'ordre mettaient si longtemps à les charger ».

Le réalisateur a entendu les archives sonores inédites de la salle de commandement de la préfecture de police de Paris, où « l'on entend les directives données aux différents commissaires sur les barrages dans le Quartier latin » : « Sur les dizaines d'heures que nous avons écoutées, qui représentent près de 900 pages, à aucun moment il n'y a de débordement : les chefs de salle parlent toujours d'une voix claire, mesurée, afin de rassurer et de cadrer les troupes. C'est bien la preuve que l'état-major de la police n'a jamais perdu son sang-froid… Du côté des étudiants, on craignait la répétition du 17 octobre 61, où les Algériens avaient été balancés à la Seine. Il court le bruit qu'on a gazé au lacrymogène certains d'entre eux dans des fourgons. À force de crier « CRS SS », l'amalgame est vite fait. Ils ont vu leurs camarades entraînés dans ces fourgons, matraqués, ils n'ont parfois pas de nouvelles. Cela décuple leur rage. Du côté des policiers, il est question de trois morts dans leurs rangs. Dès le 3 mai, l'un d'eux tombe dans un coma qui dure douze jours, il restera hémiplégique. Le 10 mai, c'est le commandant Journiac, qui reçoit un pavé qui lui enfonce la boîte crânienne. Il décédera l'année suivante d'un accident de voiture provoqué par les séquelles, mais sa veuve mettra quinze ans à faire reconnaître par l'État le lien de cause à effet. Bref, les policiers aussi ont la rage. C'est un cycle : chaque manif entraîne une répression, laquelle, médiatisée, engendre une manif plus importante encore et ainsi de suite ».


« 1968, sous les pavés... les flics » par David Korn-Brzoza
Cinétévé, Fabienne Servan-Schreiber et Lucie Pastor, 2017, 90 minutes
Auteurs : Laurent Chabrun et David Korn-Brzoza
Sur France 3 le 30 avril 2018 à 21 h

Visuels :
Affrontements
Magasin occupé
Barricades, rue des Saints-Pères
Barricades, rue de Paris
© Gaumont Pathé Archives

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Les citations sont du communiqué de presse.

La mer Morte


La mer Morte est un lac salé, alimenté par le Jourdain et partagé entre l'Etat d'Israël, la Jordanie et l'Autorité palestinienne. Sa surface est d'environ 810 km². Malgré sa forte salinité, des organismes de taille infinitésimale parviennent à y vivre. En 2011, on a découvert des sources d'eau douce dans le fond de la mer Morte. Le 1er mai 2018, France 5 rediffusa Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. Dix adolescents israéliens ont été tués lors d'une crue près de la mer Morte, dans le désert du Néguev.

La Mer Morte
Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

À 422 mètres au-dessous du niveau de la mer, la mer Morte  - dénommée par la Torah « Mer de sel » ou « mer de la plaine » - est l’une des merveilles du monde, et attire des touristes aimant s’y faire photographier y flottant.

La "région de la mer Morte s'est développée en se divisant en quatre principaux secteurs : le nord regroupe principalement les kibboutzim, Ein Bokek concentre les hôtels et les stations balnéaires, Sodome réunit l'industrie et la Arava se focalise sur l'agriculture". (Hamodia, 10 février 2010)

"Au début du XXe siècle, la mer Morte commence à intéresser la communauté des chimistes qui découvrent que ces eaux constituent une réserve naturelle de potasse et de brome. Le premier projet d'exploitation de ces matières premières voit le jour en 1930 grâce à l'ingénieur d'origine russe Moché Novomeysky. Ce dernier reçoit une franchise du gouvernement britannique qui administre alors le pays, et fonde la "Palestine Potash Company", une usine au nord de la mer Morte. Les premiers bassins d'évaporation sont construits sur le site de Sodome. En 1937, les autorités locales décident de créer un autre complexe au sud de la mer Morte, comprenant des bassins d'évaporation en raison de la petite profondeur des eaux. Mais les bouleversements politiques de 1948 gèlent les productions. Après la guerre d'Indépendance de 1948, la partie nord de la mer Morte passe à la Jordanie. Bien qu'au sud, Sodome soit sous autorité israélienne, l'accès pour y arriver est bloqué. Afin de le désenclaver, en 1952, le gouvernement israélien construit la route nationale Dimona-Sodome. Parallèlement, il investit de gros fonds pour créer la société "Usines de la mer Morte" (Dead Sea Works Ltd) qui fabrique et distribue dans le monde entier des produits chimiques à base des minéraux extraits de la mer Morte : chlorure de potassium, chlorure de magnésium, chlorure de sodium, brome, sels industriels, chlorure d'aluminium anhydre, sels de tables et sels de bain. Avec 3 millions de tonnes de potasse extraite par , les Usines de la mer Morte se positionnent comme le quatrième plus grand producteur et fournisseur mondial de potasse. Dès les années soixante, Sodome devient plus accessible, en grande partie pour permettre aux employés de se rendre à l'usine et d'ouvrir une voie d'accès pour la commercialisation de ses produits. Dans le même temps, le développement industriel de la mer Morte sert de levier à l'essor du réseau de transports dans la région. En 1961, une nouvelle ressource naturelle est découverte dans la région : de petits gisements de gaz sont repérés à Hakanaïm. En 1965, la ligne de chemin de fer Ashdod-Dimona est construite. Ainsi, la potasse extraite de la mer Morte est chargée dans des camions à Sodome, transportée jusqu'à Dimona, et de là, transférée par wagons au port d'Ashdod. En 1968, le gouvernement israélien crée le IsraLe Chemicals, une société qui réunit sous un même toit la plupart des usines de l'industrie chimique du pays, y compris celles de la mer Morte. En 1987, un transporteur de haute capacité est mis en service pour augmenter l'acheminement des produits de l'usine de Sodome, jusqu'à la plaine de Rotem près de Dimona. En 19965, dans le cadre du processus de privatisation de l'économie israélienne, le gouvernement vent une grande partie de l'actif de la société Usines de la mer Morte à des partenaires privés. Cette société s'associe avec le groupe allemand Volkswagen pour monter conjointement la société "Dead Sea Magnesium". Les produits des Usines de la mer Morte sont exportés dans plus de 60 pays. Les bassins de potasse de la mer Morte sont considérés comme les plus grands au monde, et possèdent une surface atteignant les 105 km² ! On y extrait la potasse la plus pure grâce à l'extraordinaire ensoleillement dont bénéficie le site." (ibid)

En 1956, le kibboutz Ein Guedi est fondé par un groupe de jeunes recrues de l'armée rêvant de s'installer dans le désert de Judée. Il est aujourd'hui le plus important de la région. Le mochav Néot Hakikar, situé à proximité du Na'hal Arava, dans la plaine de Sodome, émerge au début des années soixante. Puis le ministère du Logement construit Névé Zohar en 1964 dans le but de fournir des résidences aux employés des usines de la mer Morte. En 1968, le kibboutz Kalya est le premier d'une lignée de nouvelles colonies dans la région. Un an plus tard, c'est au tour du kibboutz Mitspé Chalem, le détenteur de la société de cosmétiques Ahava, de voir le jour. Parallèlement, dans les années 1980, de nouveaux villages agricoles fleurissent dans la région : le kibboutz Almog, du nom d'un des pionniers de la région, est fondé en 1977 et abrite des entreprises industrielles, le mochav Véred Yéri'ho et le kibboutz Bet Haarava voient le jour en 1980. Enfin, le mochav Ein Tamar est construit en 1982. Tous les kibboutzim de la région sont principalement spécialisés dans les cultures d'hiver, les fruits tropicaux, les plantations de dattiers et la pisciculture. Outre ces occupations, le kibboutz Kalya se concentre également sur l'élevage bovin et les services touristiques." (ibid)

Ein Bokek réunit des "équipements balnéaires. Une station thermale propose des cures médicales héliomarines. Les nombreux spas de la mer Morte proposent des séjours de remise en forme et de beauté... Depuis 2002, la vallée de la Arava est devenue le laboratoire écologique d'Israël. Son Centre de recherche et développement, aidé par le ministère de l'Agriculture, focalise ses efforts sur les légume, les fleurs, la protection des plantes, l'agriculture biologique et la pisciculture". (ibid)

Ma mer Morte est liée aussi aux manuscrits de Qumrân. Des rouleaux de cuir en hébreu sont découverts en 1947, peu avant la recréation de l’Etat d’Israël, par deux Bédouins dans une grotte de Qumrân, près de la mer Morte. Des fragments des manuscrits, des documents inédits insérés dans un cadre rappelant le contexte des « découvertes archéologiques, leur histoire et leur impact sur l’imaginaire scientifique et populaire de notre temps ». Des témoignages précieux sur des habitants juifs de Qumrân, « de la naissance de la Bible, du judaïsme ancien et des premiers temps du christianisme ». 

Différent du lac d’eau douce de Tibériade - « lac de Kinneret », mer de Galilée ou lac de Genézareth - au nord d’Israël et à plus de 200 mètres au-dessous du niveau de la mer, la Mer Morte est un lac de 810 km² et sept à dix fois plus salé que l’eau d’océans (2-4%). 

Avec une salinité moyenne de 22 à 25%, les eaux de la mer Morte, en Israël, n'abritent aucun poisson, et seuls y vivent quelques organismes microscopiques (plancton, bactéries). En 2011, des scientifiques de l’université Ben-Gourion du Néguev ont découvert  des sources d’eau douce emplies de micro-organismes, dans les profondeurs de cette mer.

Mais les vertus médicinales et minérales ("un concentré de 21 minéraux aux propriétés thérapeutiques") de ses eaux sont connues - soins en cas de psoriasis, rhumatismes, maladies pulmonaires -, et utilisées pour des soins de balnéothérapie ou de dermatologie. En 2010, 88 entreprises de cosmétiques réalisaient un chiffre d'affaires à l'exportation de 60 millions de dollars par an, dont 40 millions" vers les Etats-Unis. L’une des plus célèbres marques de produits de beauté à base de sels et boues de la Mer Morte et en vantant les bienfaits est AHAVA, cible de campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement Sanctions). Israël a lancé des campagnes en Europe afin de favoriser le tourisme médical.

Problème : le niveau de la mer Morte décroit d’un mètre de profondeur par an. « Depuis les années 1960, le plan d'eau le plus salé au monde a perdu un tiers de sa surface  ». La « mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l'eau au Proche-Orient ». 

« D’ici à trente ans, si rien n’est fait, il ne restera plus qu’un étang. Car au Proche-Orient, le manque d’eau est une source supplémentaire de conflit, et c’est la loi du plus fort qui triomphe ». Poncif éculé… Quid des tensions entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie autour du Nil  ou entre la Turquie, la Syrie et l’Irak à propos du Tigre et de l’Euphrate? 

Cette « mort annoncée de la mer Morte a des causes bien humaines : les usines chimiques jordaniennes et israéliennes qui retraitent ses sels minéraux accélèrent son exploitation, tandis que le Jourdain, qui la nourrissait en eau douce, n’est plus qu’un ruisseau nauséabond. Son cours est diverti par tous les pays voisins pour les besoins de l’agriculture ».

Un projet pharaonique controversé
Pourtant « des solutions existent, mais il faudrait que » les Jordaniens, les Israéliens et les Arabes palestiniens, « s’accordent pour les mettre en œuvre. La construction d’un canal », pompeusement appelé « canal de la paix », s’étirant sur 180 km, « relié à la mer Rouge, permettrait ainsi d’alimenter des usines électriques assez puissantes pour dessaler l’eau de mer, fournir toute la région en eau potable et redonner vie à la mer Morte. Elle redeviendrait alors source de bienfaits pour toute la région ». Le coût de ce projet  pharaonique ? Trois à quatre milliards de dollars. Un accord a été signé le 9 décembre 2013 entre l’Etat d’Israëk, la Jordanie et l’Autorité palestinienne pour « sauver » la Mer Morte par un canal et une usine de dessalement, pour un coût de 250-400 millions de dollars.

A noter que Theodor Herzl avait songé en 1902 à un tel canal, mais qui relierait la Mer Morte à la Méditerranée.

D’une part, ce projet de « canal de la paix » ambitieux s’inscrit dans la vision du « Marché commun proche-oriental » de Shimon Peres convaincu, à tort, que l’avènement de la paix est conditionné à un tissu dense de relations économiques denses relie ce monde à cet Etat. Or, le monde musulman refuse l’Etat Juif pour des raisons religieuses. 

D’autre part, « l’ONG Friends of the Earth Middle East (FoEME) et d'autres associations écologistes ont appelé  les trois gouvernements à rejeter ce projet, soulignant ses risques pour l'environnement. Selon elles, le fait d'y déverser une trop grande quantité d'eau de la mer Rouge pourrait radicalement modifier la composition chimique unique de la mer Morte, formant des cristaux de gypse et introduisant des éclosions d'algues rouges. De plus, les nappes phréatiques de la vallée de l’Arava, dans le sud-est d'Israël, pourraient être contaminées en cas de fuite des conduites transportant l'eau salée ».

Enfin, cette période d’assèchement n’est pas la première dans l’histoire de la Mer Morte, déjà asséchée voici 120 000 ans, et s’inscrirait dans une histoire cyclique.

Sigalit Landau
L'artiste israélienne Sigalit Landau « est très engagée sur le thème de l’eau et particulièrement de la mer Morte ».

L'une de ses œuvres est une robe noire - "une réplique de la robe hassidique traditionnelle portée par le personnage Leah dans la pièce de théâtre yiddish « Le Dibbouk » - plongée dans la mer Morte, et qui au terme de deux mois, se transforme, sous l'érosion du sel, en vêtement blanc, brillant. 

Sigalit Landau a photographié cette robe à diverses étapes de cette métamorphose. 

Les "eaux riches en sel de mer ont cristallisé la robe, transformant un « symbole associé à la mort et à la folie en une robe de mariage qu’elle était toujours été destinée à être », a déclaré cette artiste lors de l'exposition en 2016 des photographies au musée contemporain Marlborough à Londres.

Partialité
Arte diffusa « Que vive la mer Morte !  », documentaire biaisé de German Gutierrez - « Comment la mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l’eau au Proche-Orient, et comment la coopération régionale pourrait la faire renaître » -, et, dans le cadre de la série Voyage au bout du monde, France 2 diffusa un autre documentaire partial sur la mer Morte, vue essentiellement du point de vue jordanien. Comme si cette mer ne jouxtait pas aussi l’Etat d’Israël et n’était pas liée à l’histoire du peuple Juif… 

On regrette la partialité de ces deux documentaires. « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez, filme complaisamment un Arabe palestinien se plaindre du "refus" d'Israël de lui donner de l'eau, stigmatiser l'"occupation israélienne", voler de l'eau, etc. Or, l'Autorité palestinienne est responsable des problèmes d'eau de sa population : gabegies, détournements des fonds, absence d'entretien des installations, non-respect de leurs engagements, etc.

Curieusement, le numéro de la série Voyage au bout du monde consacrée à la mer Morte présente d’emblée celle-ci en la localisant par rapport à Amman. Et le reste est à l’avenant, mais avec de belles images. Pourtant les liens de ce lac salé avec l’histoire du peuple Juif sont nombreux : manuscrits (rouleaux de cuir en hébreu) découverts en 1947, peu avant la recréation de l’Etat d’Israël, par deux Bédouins dans une grotte de Qumrân, près de la mer Morte, Massada, cité antique surplombant la mer Morte et ayant abrité les Sicaires qui, assiégés par les légions romaines au 1er siècle, décidèrent en 73 de se donner la mort, etc.   
            
Le 1er mai 2018, France 5 rediffusa Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. "En 1952, une équipe d'archéologues découvre un rouleau de cuivre dans une grotte située à Qumrân, près de la mer Morte. Sur la fine plaque de métal, les textes manuscrits ne sont pas porteurs d'un message biblique, mais décrivent l'emplacement d'une soixantaine de sites renfermant des trésors. Qui a rédigé cette carte et à qui appartiennent ces richesses ? Pourquoi ont-elles été cachées et restent-elles à découvrir ? Enquête entre Israël, Jordanie, Egypte et Rome pour éclaircir ce mystère." 

"La baisse rapide du niveau de la Mer Morte, très préoccupante actuellement, n’est pas un phénomène nouveau : elle a déjà eu lieu dans un passé lointain, ce qui entraîna son assèchement complet. C’est du moins le résultat auquel a récemment abouti un projet de forage international auquel ont participé, entre autres, des chercheurs de l’Institut des Sciences de la Terre Fredy and Nadine Herrmann à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Ces recherches ont ouvert une fenêtre sur l’histoire climatique et sismique de la mer Morte, en remontant le temps sur plusieurs centaines de milliers d’années", a écrit Jonathan Garel, Volontaire International chercheur, Institut Weizmann  (Daguesh Science, n° 76, mars 2012).

Et de poursuivre : "Ce projet a mis en évidence qu’il y a environ 125 000 ans, le lac s’était asséché presque entièrement à la suite d’un changement climatique. Cette découverte suscite l’inquiétude quant à la situation actuelle de la mer Morte - le point le plus bas sur la terre - dont la dangereuse baisse de niveau est en grande partie la conséquence de l’activité humaine.  Une plateforme spéciale a été amenée en Israël spécifiquement pour ce projet, comportant notamment un équipement destiné à récolter des échantillons sédimentaires du plancher lacustre. Les travaux de forage ont duré de Novembre 2010 à Mars 2011, et ont exploré deux sites différents : le centre du lac à une profondeur de 300 mètres, et le rivage près d’Ein Gedi. Ils ont été dirigés, entre autres, par les Profs Mordechai Stein (Université Hébraïque de Jérusalem) et Zvi Ben-Abraham (Université de Tel Aviv)."

Et de rappeler : "La Mer Morte est un lac salé situé dans une profonde dépression tectonique : le bassin de la mer Morte. Celui-ci est endoréique, c’est-à-dire que l’eau de la mer Morte ne s’écoule pas vers l’océan et est évacuée uniquement par évaporation. Depuis des centaines de milliers d’années, le Jourdain et d’autres petits cours d’eau avoisinants charrient des sédiments qui se déposent au fond du lac : ces sédiments permettent donc d’étudier l’histoire climatique et hydrologique de tout le bassin versant, et même au-delà. Par ailleurs, la dépression de la mer Morte est d’une importance capitale pour la préhistoire de l’Homme moderne, car elle se situe dans le prolongement du grand rift africain et constitue vraisemblablement le principal couloir de migration de l’Homo Sapiens hors d’Afrique."

Et de préciser : "Une analyse préliminaire des carottes sédimentaires à mis en évidence, à une profondeur de 250 mètres sous le plancher lacustre (550 mètres sous la surface du lac), d’épaisses couches de sel couverts par des cailloux et des roches. C’est le signe distinctif d’une période où la mer Morte s’était presque totalement asséchée. Au dessus de cette séquence sel/roches, les scientifiques ont découvert un sol boueux qui indique en revanche un apport accru d’eau douce, et donc des conditions climatiques plus pluvieuses."

Et de conclure : "Aujourd’hui, le niveau de la mer Morte est de 426 mètres en dessous du niveau de la mer et décroît de presque un mètre par an. La disparition du lac par le passé devrait être un signal d’alarme concernant son éventuel tarissement à l’avenir, nous avertissent les scientifiques. Alors que dans le passé, un changement climatique naturel a contribué à la «réhydratation» de la mer Morte, le niveau de celle-ci ne pourra pas remonter tant que les eaux du Jourdain continuent d’être surexploitées".


 « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez
ARTE France, Alegria Productions, Intuitive Pictures, Radio-Canada, 2011, 77 minutes
Diffusion sur Arte le 22 octobre 2014 à 0 h 25

25 minutes
Diffusion sur France 2 le 22 octobre 2014 à 04:05

Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie
Sur France 5, le 7 septembre 2016, le 1er mai 2018 à 21 h 40

Visuels : © Alegria-Intuitive

Articles sur ce blog concernant :

Les citations sur les émissions sont extraites de communiqués des diffuseurs. Cet article a été publié le 21 octobre 2014, puis le 6 septembre 2016

dimanche 29 avril 2018

Destinations Auschwitz. Convois des déportés tatoués


En 2002, le Mémorial-musée du maréchal Leclerc a rendu hommage à 4 500 hommes et femmes déportés de Compiègne (France) à Auschwitz (Pologne) en raison de leur engagement dans la Résistance. 82 000 Français ont été déportés au titre de la répression. Cartes, affiches, livres, photographies, journaux, témoignages audiovisuels et objets façonnés par les déportés (actes de résistance et de préservation de la dignité) présentent le contexte historique et la vie dans les camps. Didactique, cette exposition s’attachait aussi aux déportés envoyés à Auschwitz depuis les camps de Dachau, Mauthausen et Buchenwald. Un catalogue accompagnait l’exposition. Article republié en cette Journée de la commémoration des héros, victimes de la déportation dans les camps de concentration au cours de la guerre 1939-1945.
« Le nom d’Auschwitz reste associé au génocide des Juifs et des Tziganes. Ce complexe concentrationnaire a aussi été la destination de 4 500 hommes et femmes déportés au titre de la répression. Ce sont les « déportés tatoués » ainsi appelés car le numéro de matricule était tatoué sur leur avant-bras gauche. C’était le signe distinctif d’un passage par Auschwitz », camp de concentration, centre d’extermination dans les chambres à gaz et vaste complexe industriel. Les autres déportés avaient un matricule qui était « soit un bracelet soit un numéro cousu sur leur veste. Tous ces déportés ont été les témoins oculaires du génocide  ».

Cette exposition didactique retrace l’histoire des trois convois des 6 juillet 1942, 24 janvier 1943 (composé de 230 femmes) et 27 avril 1944, partis de Compiègne. Ils emportaient Marie-Claude Vaillant-Couturier, Danielle Casanova, l’écrivain Charlotte Delbo, le poète et journaliste Robert Desnos, Hélène Solomon (fille de Paul Langevin), des ouvriers, patrons d’entreprises, étudiants, artisans, prêtres, employés, lycéens, députés, journalistes (Max Rénier), etc. Toutes « régions de France, religions et familles politiques » confondues.

Est aussi décrit le « contexte général du système concentrationnaire nazi pendant la guerre et de la répression exercée par le gouvernement de Vichy complice de l’occupant à l’égard des résistants » (Christine Levisse-Touzé).

En mars 1933, les SA humilient publiquement Bernard Kuhnt, député social démocrate, traîné dans un tombereau à ordures dans Chemnitz. La lecture du statut des Juifs du 3 octobre 1940 glace : court, concis, pris sans aucune pression allemande, ce texte définit la « race juive » qu’il exclut de pratiquement toutes les fonctions, publiques ou privées. En 1939, un Livre blanc publié en Grande-Bretagne dénonce les atrocités commises par les Nazis dans les camps d’internement. Sont aussi affichés des photos de déportés, des textes de Primo Levi et Robert Antelme, etc.

La consultation d’un CD-Rom permet d’approfondir certains thèmes.


Destinations Auschwitz, Des déportés tatoués, par le Mémorial du Mal Leclerc et le Musée Jean Moulin. Ed. Paris-Musées

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Cet article a été publié par Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le 29 mars 2016.

jeudi 26 avril 2018

Karl Marx (1818-1883)


Karl Marx (1818-1883) est un journaliste, journaliste, essayiste, historien, philosophe, sociologue, économiste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste allemand majeur. Il était né dans une famille d'origine juive. OCS City diffusera "Le Jeune Karl Marx" de Raoul Peck (2017, 1 h 53).


Le 5 mai 2018, fut célébré le bicentenaire de la naissance de Karl Marx.

Juifs, judaïsme et Eretz Israël
Karl Marx est né en 1818 dans une famille allemande d’origine juive.

Né Herschel Marx Levi Mordechai, son père avocat, Heinrich Marx (1777-1838), était d’une lignée de rabbins juifs ashkénazes et de marchands propriétaires de vignobles dans la vallée de la Moselle. 


Grand-père d'Heinrich, Meier Halevi Marx assurait la fonction de rabbin à Trèves en 1723 et ses fils et petit-fils reçurent une éducation séculière.


Pour exercer son métier d'avocat, Heinrich Marx se convertit au protestantisme en 1816 ou 1817, et délaissa son prénom Herschel pour Heinrich. 


Mère de Karl Marx, Henriette Pressburg (1788-1863) venait d’une famille juive hollandaise. Fidèle au judaïsme, elle s’était convertie au luthéranisme en 1825, après le décès de son père, rabbin. Ses petits-neveux sont les frères Gerard Philips et Anton Philips, fondateurs de la société Philips à Eindhoven. 

En 1824, Karl Marx est baptisé dans le luthéranisme, et confirmé à l'église de la Trinité de Trèves en 1834. 


Appliquant la tradition juive, Heinrich Marx a donné à son fils le prénom de son grand-père, Karl Heinrich Mordechai.


En 1843, Karl Marx a écrit l’article « Sur la Question juive » publié en 1844 sous le titre Zur Judenfrage dans la revue Deutsch-Französische Jahrbücher. Une première esquisse de sa conception du matérialisme historique. 

Karl Marx y critique le livre La Question juive et l'article L'aptitude des juifs et chrétiens d'aujourd'hui à être libres de Bruno Bauer (1809-1882), philosophe, historien et disciple de Hegel. Bauer y évoquait les aspirations à l'émancipation politique des juifs de Prusse et prônait l’abolition de la religion afin d’accéder à l’émancipation politique. Prenant en exemple les Etats-Unis, Karl indique que même si ce pays n’a imposé, à la différence de la Prusse, aucune religion d’Etat, la religion y joue un rôle important. Il distingue l’émancipation politique de celle humaine.


Expressions de la « haine de soi » ? Certains passages de « Sur la Question juive » sont empreints de clichés anti-juifs associant les Juifs et l’argent : « Quel est le fond profane du judaïsme? Le besoin pratique, l'utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L’argent. Eh bien, en s’émancipant du trafic et de l’argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même… L'argent est le dieu jaloux d'Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister ».

Mais pour le professeur Iain Hamphsher-Monk, ce texte de Karl Marx doit être considéré, malgré ses maladresses, comme une défense des Juifs.


Karl Marx a poursuivi son analyse critique du judaïsme dans divers essais.


En 1854, selon un article publié par le New York Tribune, les Juifs constituaient les deux tiers des habitants de Jérusalem, en Eretz Israël. L'auteur de cet article ? Karl Marx. "Oui, ce Karl Marx".

"Le Jeune Karl Marx" 
OCS City diffusera "Le Jeune Karl Marx" (The early years of Karl Marxde Raoul Peck (2017, 1 h 53). "1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la "Révolution industrielle", cherchent à s'organiser devant un "capital" effréné qui dévore tout sur son passage. Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d'une Allemagne répressive, s'exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d'un riche industriel Allemand. Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que "les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde, alors que le but est de le changer". Entre parties d'échecs endiablées, nuits d'ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la "bible" des révoltes ouvrières en Europe : "Le manifeste du Parti communiste" (1848)."

Arte 
Arte diffusa, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx (1818-1883), trois documentaires sur l’auteur de À propos de la question juive (1843) et du « Capital » (1867) : le 28 avril 2018, « Karl Marx - Penseur visionnaire » (Karl Marx - Der deutsche Prophet) par Christian Twente et « De Marx aux marxistes » (Karl Marx und seine Erben) par Peter Dörfler, et le 2 mai 2018 « Le phénomène Karl Marx » (Fetisch Karl Marx) par Torsten Striegnitz et Simone Dobmeier. 


« À l'occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx, ce portrait très documenté donne la parole à plusieurs biographes (notamment Jacques Attali), ainsi qu’à des historiens et à des économistes, qui mettent en perspective sa vie et son œuvre, en pointant les fulgurances mais aussi les contradictions qui émaillent sa pensée ». Un documentaire laudateur.

« Au printemps 1882, un an avant sa mort, Karl Marx bataille entre des voyages, une santé déclinante et la rédaction épuisante du deuxième tome du Capital, qui occupa les deux dernières décennies de sa vie ». 

« C’est ce point de départ qu’adopte ce documentaire-fiction élégamment interprété (avec Mario Adorf dans le rôle-titre), narré par Eleanor, la plus jeune des filles de Marx, qui contribua grandement à transmettre ses œuvres à la postérité ». 

Le « récit est émaillé d’épisodes du long et passionnant parcours du philosophe : il revient sur sa jeunesse romantique, son mariage avec la brillante aristocrate Jenny von Westphalen, sa fructueuse période d’exil à Paris – où il fait la rencontre déterminante de Friedrich Engels, avec qui il rédigera le Manifeste du parti communiste – puis ses années difficiles à Bruxelles et à Londres ». 

« Ce portrait très documenté donne la parole à plusieurs biographes (notamment Jacques Attali), ainsi qu’à des historiens et à des économistes, qui mettent en perspective sa vie et son œuvre, en pointant – avec près d’un siècle et demi de recul – les fulgurances mais aussi les contradictions qui émaillent sa pensée ».

Un « panorama historique du riche héritage de l’œuvre de Marx, à travers le destin des régimes qui se sont revendiqués du communisme (l'Union soviétique de Lénine, la Chine populaire, Cuba ou la RDA) mais aussi les mouvements étudiants de Mai 68 et les foisonnantes réflexions qui ont longtemps agité partis de gauche et organisations syndicales ».

Le « théoricien du capitalisme et de la lutte des classes, qui disait vouloir « transformer le monde », aurait-il pu prévoir à quel point son œuvre allait marquer le XXe siècle – et jusqu’à l’époque contemporaine ? » 

Le « documentariste Peter Dörfler entreprend un voyage de plus d’un siècle à travers les applications diverses des théories marxistes – entre les révolutions qu’elles ont inspirées et leur statut de référence théorique qui perdure jusqu’à nos jours ». 

« D'Athènes à Pékin, en passant par Berlin et Paris, ce panorama évoque le destin des régimes qui se sont revendiqués du communisme – l'Union soviétique de Lénine, la Chine populaire, Cuba ou la RDA – mais aussi les mouvements étudiants de Mai 68 et les foisonnantes réflexions qui ont longtemps agité partis de gauche et organisations syndicales ». 

« À l’ère de la mondialisation et des crises bancaires, les détracteurs du capitalisme financier ont remis au goût du jour les analyses de Marx ». 

« Jusqu'à quel point ses thèses sont-elles applicables au monde actuel ? »

« À l’heure du capitalisme mondialisé, l’auteur du « Capital » nous permet-il d’appréhender les réalités d’aujourd’hui ? Avec les éclairages de l'économiste Thomas Piketty et du philosophe Slavoj Zizek ».

« À l’heure du capitalisme mondialisé, alors même que nos sociétés sont de plus en plus prospères, surviennent de nouvelles formes d’exploitation et d’aliénation, tandis que les écarts de richesse continuent de se creuser ». 

Les « analyses marxistes peuvent-elle nous aider à appréhender la complexité du monde actuel, voire à le réinventer ? » 

« Ne place-t-on pas trop d'espoirs en Karl Marx, devenu aujourd'hui une icône ? » 

Des « économistes, dont Thomas Piketty, et des philosophes, dont le Slovène Slavoj Zizek, nous éclairent sur les conditions sociales qui ont donné naissance au Manifeste du parti communiste et au Capital, et les comparent aux réalités du XXIe siècle ». 

« À la lumière des crises passées du capitalisme, déjà prophétisées par Marx, pourra-t-on anticiper les soubresauts à venir ? »


"Le Jeune Karl Marx" de Raoul Peck
France, 2017, 1 h 53
Avec August Diehl (Karl Marx), Stefan Konarske (Friedrich Engels), Vicky Krieps (Jenny von Westphalen-Marx), Olivier Gourmet (Pierre-Joseph Proudhon), Hannah Steele (Mary Burns), Alexander Scheer (Wilhelm Weitling), Hans-Uwe Bauer (Arnold Ruge), Michael Brandner (Joseph Moll)
Sur OCS city : les 11 décembre 2019 à 12 h 10, 13 décembre 2019 à 10 h 45, 16 décembre 2019 à 18 h 40 et 20 décembre 2019 à 08 h 05

« Karl Marx - Penseur visionnaire » par Christian Twente
Allemagne, 2018
Sur Arte le 28 avril 2018 à 20 h 50, le 2 mai 2018 à 9 h 25
Visuels : © MF Dobmeier, © Martin Christ

« De Marx aux marxistes » par Peter Dörfler
Allemagne, 2018, 53 minutes
Sur Arte le 28 avril 2018 à 22 h 20, le 2 mai 2018 à 10 h 55
Visuels : © Martin Christ, © Peter Dörfler

« Le phénomène Karl Marx » par Torsten Striegnitz et Simone Dobmeier
Allemagne, 2017, 52 minutes
Sur Arte le 2 mai 2018 à 22 h 20
Visuels : © MF Kerst, © MFF Striegnitz, © MF Dobmeier


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