Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

lundi 30 avril 2018

Mai 68


Pour le 50e anniversaire des événements de Mai 1968 qui ont bouleversé la vie politique, sociale et culturelle de la France, France 3 diffusera le 30 avril 2018 « 1968, sous les pavés... les flics » par David Korn-Brzoza. Des témoignages inédits de policiers, gendarmes et CRS sur des événements de mai 1968 dans l'hexagone.


« Ce documentaire  raconte, pour la première fois, les événements de Mai 68 à travers le regard des forces de l’ordre, de l’autre côté du pavé. Une vision inédite de l’explosion contestataire qui a secoué la France du général de Gaulle, à contre-courant des idées reçues. Car si la mémoire collective a retenu de Mai 68 une révolte joyeuse, fantasque et le plus souvent pacifique, menée par les étudiants du Quartier latin, elle a, comme souvent, occulté une réalité beaucoup plus conflictuelle. A l’occasion du cinquantenaire de Mai 68, ce film tente de comprendre comment et pourquoi Mai 68 a basculé dans la violence sans pour autant finir en bain de sang. »

« Mai 68. Les étudiants et les ouvriers sont dans la rue. Le pouvoir craint une révolution. De ces semaines tumultueuses, la postérité n’a retenu que ses meneurs, mais qui se souvient des hommes qui leur faisaient face ? Policiers, CRS, gendarmes... Ils sont les oubliés de l’histoire. Sous les injures et les pavés, attendant la charge, le sort de la Ve République était pourtant entre leurs mains. Malgré l’escalade de la violence, comment un bain de sang a-t-il été évité ? ». Christian Fouchet, ministre de l'Intérieur, Maurice Grimaud, préfet, et les membres des forces de l’ordre ont constitué  un rempart efficace pour le pouvoir politique.

Le documentaire « 68 : sous les pavés... les flics » donne la parole à ceux qui étaient de l’autre côté des barricades. 

Des événements de Mai 68, on se souvient de leaders étudiants - Daniel Cohn-Bendit ou Alain Geismar, des images de manifestations, d’un Festival de Cannes interrompu... « Mais que sait-on de ceux qui ont fait face aux étudiants et aux ouvriers dans les affrontements de rue ultra-violents qui ont marqué le milieu du printemps ? « 68 : Sous les pavés... les flics » s’intéresse surtout à ceux qui ont été fustigés aux cris de « CRS-SS ! ». À l’appui de témoignages d’acteurs des deux camps, le documentaire revient sur une opposition qui a marqué, parfois jusqu’au traumatisme, certains de ses protagonistes. L’escalade de la violence commença au lendemain de la fermeture de l’université de Nanterre, suite à laquelle les étudiants vont occuper la Sorbonne. Au lieu de simplement déloger ces derniers, la police décide d’interpeller les manifestants. Voitures retournées, scènes d’émeute, jets de pavés contre les policiers, déchaînement de violence des forces de l’ordre… Les Parisiens ont le sentiment d’assister à de véritables guérillas urbaines. Les policiers constatent quant à eux qu’ils ne sont ni suffisamment préparés, ni équipés pour faire face à des affrontements d’une telle nature. »

C’est une première. « Sous les pavés... les flics » donne « la parole à ceux que les étudiants traitaient de « CRS SS ». Douze membres des forces de l'ordre, gendarmes, CRS, policiers, « pas faciles à trouver », ont accepté de témoignent de « leur mai 68 », dit à l'AFP David Korn-Brzoza, coauteur du film avec Laurent Chabrun. Cinquante ans après la fermeture de la Sorbonne, le 3 mai 1968, qui a marqué le début de semaines d'émeutes estudiantines, ils ont tous « leur petite anecdote » à livrer, « enfin ». Ces témoignages sont entrecoupés d'images d'archives, dont une vingtaine de minutes colorisées, montrant la colère étudiante en action, les rues du Quartier latin ravagées, les montagnes de pavés et les voitures incendiées érigées en barricades. Les « flics » interrogés affirment qu'ils n'étaient guère préparés psychologiquement, ni équipés pour affronter une telle violence urbaine. « On leur avait fourni des casques de la Seconde Guerre mondiale qu'ils portaient sur des costumes cravate ». L'un d'eux déclare avec humour : « On était habillé comme pour faire le festival de Cannes ! » Un gendarme ironise sur le fait que les étudiants ne reconnaissaient pas les différents uniformes : pour eux, ils étaient « tous des CRS SS ». « Pour certains policiers qui avaient grandi pendant la guerre, qui ont pu avoir des parents ou amis fusillés, se faire traiter de SS était douloureux. Il y a eu un vrai malaise policier pendant mai 68 », remarque le réalisateur. 

Les coauteurs « ont eu l'idée du film à la lecture de documents évoquant « des enregistrements audio de la préfecture de police » de l'époque. Ils se sont empressés de « demander l'ouverture de ces archives ». La requête acceptée, ils mettent la main sur « trente-cinq heures de communication inédite entre la salle de commandement et les effectifs sur le terrain », précise l'auteur. A l'écoute de l'intégralité des enregistrements, dont on entend de nombreux extraits dans le film, l'auteur confie avoir été « très étonné de découvrir que les fonctionnaires sur le terrain ne perdent à aucun moment leur sang-froid, pas même verbalement ». Le mouvement étudiant avait eu ses prémices, partout dans le monde. Il avait commencé aux États-Unis au début des années 1960, culminant avec l'opposition à la guerre du Vietnam. C'était comme une sorte de cocotte minute du Gaullisme sur le feu depuis dix ans et qui devait exploser », poursuit David Korn-Brzoza. Une fois que les sommations d'usage sont faites, l'objectif du maintien de l'ordre est de dégager la rue avec des charges et des matraques. « C'est une force qui doit maîtriser la foule, sans provoquer de lésions irréparables », dit-il.

On dénombre cinq morts pendant les évènements, dont deux en mai. Un « commissaire de police à Lyon a été écrasé par un camion vide lancé par les étudiants sur les forces de l'ordre avec l'accélérateur bloqué. « Ils voulaient faire du grabuge mais voulaient-ils tuer... ? », s'interroge David Korn-Brzoza. Maurice Grimaud, le préfet de Police à Paris à l'époque, qui était le successeur de Maurice Papon « a su tenir ses troupes », estime le réalisateur. « Il ne voulait pas qu'on se souvienne de lui comme un « Papon bis », qui avait ordonné de balancer des Algériens dans la Seine, pendant la guerre d'Algérie. « Le préfet avait écrit une lettre aux forces de l'ordre à bout, datée du 29 mai, « enseignée dans toutes les écoles de police aujourd'hui », selon le documentariste. Avec cet extrait cité dans le film : « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière ».

Les membres des forces de l’ordre « ont été le pilier qui a soutenu le régime, alors même qu'ils ont ressenti comme une trahison l'attitude de Pompidou qui, de retour d'Iran, après la nuit des barricades du 10 mai, fait rouvrir la Sorbonne et libérer les étudiants arrêtés, alors qu'ils venaient de se battre victorieusement pendant plusieurs jours pour empêcher cela. On imagine le moral des troupes, ce dont témoigne l'archive sonore de RTL où sur les ondes de cette radio, le 15 mai, Gérard Monate, grande figure du syndicalisme policier, menace presque d'une grève Georges Pompidou. On devine la pression qu'il devait subir de sa base exaspérée par la décision du Premier ministre. Sur les barrages, cela discutait beaucoup entre policiers. Le malaise policier était tel que, pour tenir certains barrages, il y a eu la formation d'unités mixtes où les gendarmes, des militaires pour qui la grève est interdite, sont venus compléter les effectifs des policiers afin de s'assurer de leur fidélité. Au cas où certains policiers décideraient de passer de l'autre côté... Ce qui n'est jamais arrivé », a déclaré David Korn-Brzoza au Point (26 avril 2018).

Et d’ajouter : « Certains m'ont dit qu'ils savaient bien qu'en face d'eux ce n'était ni des voyous ni des durs, on voit d'ailleurs sur les images de jeunes manifestants en costume-cravate. Mais ce n'est pas le discours dominant. Certains admettent qu'ils ont matraqué, obéissant aux ordres, ils n'avaient pas le choix. Ils étaient eux-mêmes à bout, insultés, agressés, mal équipés, attendant des ordres qui ne venaient pas, en particulier la nuit du 10 mai où ils doivent attendre jusqu'à deux heures du matin. Ils expliquent assez bien qu'ils avaient seulement ordre de contenir, c'était une force-tampon, qui tantôt avançait tantôt reculait, ils détaillent leurs différentes techniques, mais l'ordre numéro un était : s'en tenir au maintien de l'ordre, ne pas causer de blessures irrémédiables, hors de question de tirer sans ordre, surtout pas de Gavroche sur le pavé parisien. Mais ils ont eu des centaines de blessés, passaient parfois 24 ou 48 heures sans dormir. Le 24 mai, après la grande manifestation ; ils étaient à deux doigts de rompre. Contrairement aux policiers, qui devaient tenir leur poste, il y avait un roulement important parmi les étudiants qui se relayaient et pouvaient aller dormir. Par ailleurs, les jeunes avaient l'esprit rempli d'images de la guérilla à Cuba ou au Vietnam, ils incarnaient l'avenir, et puis ils ont été surpris de voir que les forces de l'ordre mettaient si longtemps à les charger ».

Le réalisateur a entendu les archives sonores inédites de la salle de commandement de la préfecture de police de Paris, où « l'on entend les directives données aux différents commissaires sur les barrages dans le Quartier latin » : « Sur les dizaines d'heures que nous avons écoutées, qui représentent près de 900 pages, à aucun moment il n'y a de débordement : les chefs de salle parlent toujours d'une voix claire, mesurée, afin de rassurer et de cadrer les troupes. C'est bien la preuve que l'état-major de la police n'a jamais perdu son sang-froid… Du côté des étudiants, on craignait la répétition du 17 octobre 61, où les Algériens avaient été balancés à la Seine. Il court le bruit qu'on a gazé au lacrymogène certains d'entre eux dans des fourgons. À force de crier « CRS SS », l'amalgame est vite fait. Ils ont vu leurs camarades entraînés dans ces fourgons, matraqués, ils n'ont parfois pas de nouvelles. Cela décuple leur rage. Du côté des policiers, il est question de trois morts dans leurs rangs. Dès le 3 mai, l'un d'eux tombe dans un coma qui dure douze jours, il restera hémiplégique. Le 10 mai, c'est le commandant Journiac, qui reçoit un pavé qui lui enfonce la boîte crânienne. Il décédera l'année suivante d'un accident de voiture provoqué par les séquelles, mais sa veuve mettra quinze ans à faire reconnaître par l'État le lien de cause à effet. Bref, les policiers aussi ont la rage. C'est un cycle : chaque manif entraîne une répression, laquelle, médiatisée, engendre une manif plus importante encore et ainsi de suite ».


« 1968, sous les pavés... les flics » par David Korn-Brzoza
Cinétévé, Fabienne Servan-Schreiber et Lucie Pastor, 2017, 90 minutes
Auteurs : Laurent Chabrun et David Korn-Brzoza
Sur France 3 le 30 avril 2018 à 21 h

Visuels :
Affrontements
Magasin occupé
Barricades, rue des Saints-Pères
Barricades, rue de Paris
© Gaumont Pathé Archives

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Les citations sont du communiqué de presse.

La Mer Morte


La mer Morte est un lac salé, alimenté par le Jourdain et partagé entre l'Etat d'Israël, la Jordanie et l'Autorité palestinienne. Sa surface est d'environ 810 km². Malgré sa forte salinité, des organismes de taille infinitésimale parviennent à y vivre. En 2011, on a découvert des sources d'eau douce dans le fond de la mer Morte. Le 1er mai 2018, France 5 rediffusera Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. Dix adolescents israéliens ont été tués lors d'une crue près de la mer Morte, dans le désert du Néguev.

La Mer Morte
Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

À 422 mètres au-dessous du niveau de la mer, la mer Morte  - dénommée par la Torah « Mer de sel » ou « mer de la plaine » - est l’une des merveilles du monde, et attire des touristes aimant s’y faire photographier y flottant.

Elle est liée aussi aux manuscrits de Qumrân.

Différent du lac d’eau douce de Tibériade - « lac de Kinneret », mer de Galilée ou lac de Genézareth - au nord d’Israël et à plus de 200 mètres au-dessous du niveau de la mer, la Mer Morte est un lac de 810 km² et sept à dix fois plus salé que l’eau d’océans (2-4%). 

Avec une salinité moyenne de 22 à 25%, les eaux de la mer Morte, en Israël, n'abritent aucun poisson, et seuls y vivent quelques organismes microscopiques (plancton, bactéries). En 2011, des scientifiques de l’université Ben-Gourion du Néguev ont découvert  des sources d’eau douce emplies de micro-organismes, dans les profondeurs de cette mer.

Mais les vertus médicinales et minérales de ses eaux sont connues - soins en cas de psoriasis, rhumatismes, maladies pulmonaires -, et utilisées pour des soins de balnéothérapie ou de dermatologie. L’une des plus célèbres marques de produits de beauté à base de sels et boues de la Mer Morte et en vantant les bienfaits est AHAVA, cible de campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement Sanctions).

Problème : le niveau de la mer Morte décroit d’un mètre de profondeur par an. « Depuis les années 1960, le plan d'eau le plus salé au monde a perdu un tiers de sa surface  ». La « mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l'eau au Proche-Orient ». 

« D’ici à trente ans, si rien n’est fait, il ne restera plus qu’un étang. Car au Proche-Orient, le manque d’eau est une source supplémentaire de conflit, et c’est la loi du plus fort qui triomphe ». Poncif éculé… Quid des tensions entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie autour du Nil  ou entre la Turquie, la Syrie et l’Irak à propos du Tigre et de l’Euphrate? 

Cette « mort annoncée de la mer Morte a des causes bien humaines : les usines chimiques jordaniennes et israéliennes qui retraitent ses sels minéraux accélèrent son exploitation, tandis que le Jourdain, qui la nourrissait en eau douce, n’est plus qu’un ruisseau nauséabond. Son cours est diverti par tous les pays voisins pour les besoins de l’agriculture ».

Un projet pharaonique controversé
Pourtant « des solutions existent, mais il faudrait que » les Jordaniens, les Israéliens et les Arabes palestiniens, « s’accordent pour les mettre en œuvre. La construction d’un canal », pompeusement appelé « canal de la paix », s’étirant sur 180 km, « relié à la mer Rouge, permettrait ainsi d’alimenter des usines électriques assez puissantes pour dessaler l’eau de mer, fournir toute la région en eau potable et redonner vie à la mer Morte. Elle redeviendrait alors source de bienfaits pour toute la région ». Le coût de ce projet  pharaonique ? Trois à quatre milliards de dollars. Un accord a été signé le 9 décembre 2013 entre l’Etat d’Israëk, la Jordanie et l’Autorité palestinienne pour « sauver » la Mer Morte par un canal et une usine de dessalement, pour un coût de 250-400 millions de dollars.

A noter que Theodor Herzl avait songé en 1902 à un tel canal, mais qui relierait la Mer Morte à la Méditerranée.

D’une part, ce projet de « canal de la paix » ambitieux s’inscrit dans la vision du « Marché commun proche-oriental » de Shimon Peres convaincu, à tort, que l’avènement de la paix est conditionné à un tissu dense de relations économiques denses relie ce monde à cet Etat. Or, le monde musulman refuse l’Etat Juif pour des raisons religieuses. 

D’autre part, « l’ONG Friends of the Earth Middle East (FoEME) et d'autres associations écologistes ont appelé  les trois gouvernements à rejeter ce projet, soulignant ses risques pour l'environnement. Selon elles, le fait d'y déverser une trop grande quantité d'eau de la mer Rouge pourrait radicalement modifier la composition chimique unique de la mer Morte, formant des cristaux de gypse et introduisant des éclosions d'algues rouges. De plus, les nappes phréatiques de la vallée de l’Arava, dans le sud-est d'Israël, pourraient être contaminées en cas de fuite des conduites transportant l'eau salée ».

Enfin, cette période d’assèchement n’est pas la première dans l’histoire de la Mer Morte, déjà asséchée voici 120 000 ans, et s’inscrirait dans une histoire cyclique.

Sigalit Landau
L'artiste israélienne Sigalit Landau « est très engagée sur le thème de l’eau et particulièrement de la mer Morte ».

L'une de ses œuvres est une robe noire - "une réplique de la robe hassidique traditionnelle portée par le personnage Leah dans la pièce de théâtre yiddish « Le Dibbouk » - plongée dans la mer Morte, et qui au terme de deux mois, se transforme, sous l'érosion du sel, en vêtement blanc, brillant. 

Sigalit Landau a photographié cette robe à diverses étapes de cette métamorphose. 

Les "eaux riches en sel de mer ont cristallisé la robe, transformant un « symbole associé à la mort et à la folie en une robe de mariage qu’elle était toujours été destinée à être », a déclaré cette artiste lors de l'exposition en 2016 des photographies au musée contemporain Marlborough à Londres.

Partialité
Arte diffusa « Que vive la mer Morte !  », documentaire biaisé de German Gutierrez - « Comment la mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l’eau au Proche-Orient, et comment la coopération régionale pourrait la faire renaître » -, et, dans le cadre de la série Voyage au bout du monde, France 2 diffusa un autre documentaire partial sur la mer Morte, vue essentiellement du point de vue jordanien. Comme si cette mer ne jouxtait pas aussi l’Etat d’Israël et n’était pas liée à l’histoire du peuple Juif… 

On regrette la partialité de ces deux documentaires. « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez, filme complaisamment un Arabe palestinien se plaindre du "refus" d'Israël de lui donner de l'eau, stigmatiser l'"occupation israélienne", voler de l'eau, etc. Or, l'Autorité palestinienne est responsable des problèmes d'eau de sa population : gabegies, détournements des fonds, absence d'entretien des installations, non-respect de leurs engagements, etc.

Curieusement, le numéro de la série Voyage au bout du monde consacrée à la mer Morte présente d’emblée celle-ci en la localisant par rapport à Amman. Et le reste est à l’avenant, mais avec de belles images. Pourtant les liens de ce lac salé avec l’histoire du peuple Juif sont nombreux : manuscrits (rouleaux de cuir en hébreu) découverts en 1947, peu avant la recréation de l’Etat d’Israël, par deux Bédouins dans une grotte de Qumrân, près de la mer Morte, Massada, cité antique surplombant la mer Morte et ayant abrité les Sicaires qui, assiégés par les légions romaines au 1er siècle, décidèrent en 73 de se donner la mort, etc.   
            
Le 1er mai 2018, France 5 rediffusera Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. "En 1952, une équipe d'archéologues découvre un rouleau de cuivre dans une grotte située à Qumrân, près de la mer Morte. Sur la fine plaque de métal, les textes manuscrits ne sont pas porteurs d'un message biblique, mais décrivent l'emplacement d'une soixantaine de sites renfermant des trésors. Qui a rédigé cette carte et à qui appartiennent ces richesses ? Pourquoi ont-elles été cachées et restent-elles à découvrir ? Enquête entre Israël, Jordanie, Egypte et Rome pour éclaircir ce mystère." 

 « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez
ARTE France, Alegria Productions, Intuitive Pictures, Radio-Canada, 2011, 77 minutes
Diffusion sur Arte le 22 octobre 2014 à 0 h 25

25 minutes
Diffusion sur France 2 le 22 octobre 2014 à 04:05

Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie
Sur France 5, le 7 septembre 2016, le 1er mai 2018 à 21 h 40

Visuels : © Alegria-Intuitive

Articles sur ce blog concernant :

Les citations sur les émissions sont extraites de communiqués des diffuseurs. Cet article a été publié le 21 octobre 2014, puis le 6 septembre 2016

Le chorégraphe israélien Ohad Naharin


Ohad Naharin est un danseur et chorégraphe israélien célèbre. Arte rediffusera le 30 avril 2018 à 0 h 45 « Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin » (Mr. Gaga. Der Choreograph Ohad Naharin), documentaire réalisé par Tomer Heymann, puis à 1 h 40 Last Work, documentaire réalisé par Tommy Pascal. « Traversé par l’énergie sauvage de ses créations, un fascinant portrait du chorégraphe israélien Ohad Naharin, qui a fait de la Batsheva Dance Company l’une des formations les plus en vue de la danse contemporaine ». Un artiste engagé politiquement à l’extrême-gauche. Ce qui ne l'a pas protégé du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). 

« Let’s dance ! Israël et la danse contemporaine » de Gabriel Bibliowicz et Efrat Amit 
« Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin » par Tomer Heymann
    
« Né en 1952, Ohad Naharin a apprivoisé le rythme et le mouvement dès l’enfance, dans le kibboutz qui l’a vu grandir ».

« Après un premier passage par la Batsheva Dance Company, qu'il intègre dans la foulée de son service militaire – au sein d’une troupe de divertissement, durant la traumatisante guerre du Kippour –, il rejoint New York dans les valises de la prêtresse de la danse Martha Graham, tombée amoureuse de sa vélocité féline ».

« Grâce aux cachets réguliers de son épouse, la ballerine Mari Kajiwara, Ohad Naharin peut alors se consacrer à ses projets : il signe ses premières chorégraphies et invente, à la suite d’une lourde opération du dos, un langage du mouvement novateur et jouissif, le « gaga », enlaçant libération du corps et quête artistique ».

En 1990, il « prend les rênes de la Batsheva et s’impose, au fil de ses bouillonnantes créations et de ses prises de position politiques, comme le chantre de la liberté culturelle dans un pays bridé par la censure religieuse ». Laquelle ? Comment ? Mystères.



En 1990, la nomination de Ohad Naharin, directeur artistique et chorégraphe, à la Batsheva Dance Company, marque un tournant décisif vers une appréhension différente des changements de la société israélienne, un traitement de sujets sociaux, politiques par la danse israélienne.

En témoignent ces spectacles récents : Reservist Diary (Journal d’un réserviste) de Rami Be’er (1989) qui évoque son expérience à Gaza et « les conflits intérieurs d’un soldat devant exécuter des ordres » et ayant « des idées et des sentiments », Strawberry Cream and Grasspowder de Yasmeen Godder, qui au début de l’Intifadah II, avait « l’impression de ne pas savoir » les raison des « évènements terrifiants » quotidiens, ou Echad Mi Yode’a (Un, je le sais) d’Ohad Naharin qui reprend un chant du Séder (rituel) de Pessah (Pâque juive).

Dans Echad Mi Yode’a, les danseurs assis sur des chaises en demi-cercle sont secoués de mouvements violents et brefs, comme s’ils étaient agressés, (dés)unis en une gestuelle de vague déferlante, se lèvent soudainement, tandis que résonne ce chant : « Un, qui sait ? Un, je le sais ! Un, notre Dieu. Au ciel comme sur terre. Deux, les Tables de la Loi. Trois, les patriarches. Quatre, les mères. Cinq, les livres de Moïse. Six, les ordres de la Michna. Sept, les jours de la semaine. Huit, le délai de la circoncision… » A la fin du spectacle jouant sur la répétition, les danseurs ôtent leurs vêtements et leurs chaussures qu’ils jettent au centre de la scène. « On dirait qu’ils essaient de s’arracher la peau. Pour ne plus être Israéliens. On ne veut plus chanter Ani Yode’a », commente Gaby Eldor, critique de danse.

Créée en 2011 en collaboration avec Ohad Naharin et les danseurs de sa compagnie la Batsheva Dance Company, chorégraphiée par Ohad Naharin, "Sadeh21" a été interprétée à Montpellier Danse les 17 et 18 décembre 2013 à l'Opéra Berlioz/Le Corum (Montpellier). "Batsheva, la pièce présente une succession de solos, de duos et d’ensembles tour à tour délicats, athlétiques, lents, saccadés, comme autant de différentes façons d’être au monde. Dénudés, réduits à leur plus simple expression, décor, sons et lumières sont là pour mettre en avant un langage chorégraphique à l’infinie sensualité, où le moindre geste témoigne d’un choix esthétique".


Du 17 au 21  décembre 2014, le Théâtre national de Chaillot a présenté, dans la salle Jean Vilar, Naharin’s Virus (1h10), de la Batsheva Dance Company.

"Le passage de la Batsheva Dance Company en ces murs, en 2012, après de longues années d’absence à Paris, fit l’effet d’une déflagration chorégraphique. Pour le retour attendu de la fameuse troupe israélienne, voici Naharin’s Virus, pièce créée en 2001 et reprise cette année pour le jubilé de la compagnie d’Ohad Naharin.  Quelques jours avant la reprise de Decadance, l’un de ses succès historiques, la Batsheva Dance Company présente une série de représentations de Naharin’s Virus, fruit de la collaboration entre Ohad Naharin, directeur artistique et chorégraphe de la compagnie, et les danseurs. Une façon de lancer les interprètes dans le grand bain de la créativité. On y retrouve, bien sûr, l’énergie qui irradie la danse de cette compagnie, mais aussi la profondeur d’une gestuelle qui, sans être narrative, touche chacun au plus profond de soi. Cette pièce est aussi un dialogue entre le mouvement de la danse et l’écriture de Peter Handke, l’un des plus grands auteurs vivants. En effet, Naharin’s Virus s’inspire de sa pièce Outrage au public. De larges parties du texte constituent une trame idéale tandis que la musique épouse la chorégraphie. Peter Handke dit voir dans son oeuvre « une pièce sans histoire, sans intrigue, sans fil narratif, une pièce qui se raconte elle-même. Pas d’histoire pour nous accrocher comme à un hameçon, pas d’histoire conçue pour s’évader, mais seulement la réalité nue du moment dans l’espace. » Ohad Naharin fait sien cet espace, imaginant une gestuelle débordant d’invention et emmenant ses interprètes toujours plus loin dans l’émotion et la virtuosité", écrit Philippe Noisette.

Le 29 avril et 2 mai 2015, Mezzo a diffusé Naharin's Virus, sur une chorégraphie de Ohad Naharin en collaboration avec les danseurs de la célèbre troupe (1 h 02'). Un spectacle réalisé par Tommy Pascal, le 20 décembre 2014 au Théâtre national de Chaillot - Salle Jean Vilar, Paris.

Compagnie invitée pour la première fois à l'Opéra de Paris du 5 au 9 janvier 2016, la Batsheva Dance Company, célèbre compagnie israélienne présentera "sur la scène du Palais Garnier un ballet créé en 2005 : Three (Trois), conçu par Ohad Naharin, son directeur artistique depuis 1990. Installée à Tel-Aviv depuis son origine, la Batsheva Dance Company a été fondée en 1964 par la chorégraphe américaine Martha Graham et la baronne Batsheva de Rothschild, à qui elle doit son nom. Désormais confiée au chef de file de la danse contemporaine israélienne, elle a accueilli de nombreuses personnalités comme Mats Ek, Angelin Preljocaj ou William Forsythe, et se produit régulièrement sur de grandes scènes internationales".

"Son directeur artistique Ohad Naharin y a introduit un ensemble de techniques appelé " Gaga dance ", s'appuyant sur une meilleure compréhension individuelle du corps et de ses limites propres, permettant à chaque interprète de les dépasser. Cette méthode originale invite à libérer les corps autant que les personnalités de chaque danseur de la compagnie".

"Lui-même formé à la Batsheva Dance Company, mais passé par les États-Unis, la compagnie bruxelloise Mudra de Maurice Béjart et le Nederlands Dans Theater de Jiří Kylián, Ohad Naharin a conçu un ballet en trois parties : Bellus, Humus et Secus, où dix-sept danseurs évoluent avec une physicalité presque animale".

BDS à Paris
Cette compagnie de danse est la cible d'une campagne de BDS, en particulier de boycott culturel aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne. CAPJPO-Europalestine a appelé à un rassemblement le 5 janvier 2016 place de l'Opéra (Paris) et a demandé l'annulation de ce spectacles.

Le soir du 5 janvier 2016, alors que la France vit sous l'état d'urgence, commémore les attentats terroristes de janvier 2015, et malgré un dispositif policier, des dizaines d'individus ont listé les noms de terroristes islamistes palestiniens, et ont appelé au boycott d'Israël. Avant la représentation à laquelle assistait l'ambassadrice d'Israël en France Aliza bin Noun, des spectateurs arborant le keffieh ont déployé sur un balcon un drapeau palestinien, tandis que des cris haineux anti-israéliens retentissaient : "Une troupe raciste dans à l'Opéra Garnier", "On ne danse pas avec l'apartheid" et "Israël assassin, la Palestine vaincra", Opéra de Paris accusé de "complicité avec les sionistes colonisateurs".

Le 6 janvier 2016, Roger Cukierman, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a écrit au Premier ministre Manuel Valls pour lui demander l'interdiction du BDS qui prône le boycott. Une copie de ce courrier a été adressé à Fleur Pellerin, ministre de la Culture, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, à Michel Cadot, préfet de police de Paris.

AJC (American Jewish Committee) Paris a exprimé "sa plus totale stupéfaction devant l’autorisation accordée par la Préfecture de Police de Paris à la tenue hier d’un rassemblement du collectif BDS devant l’Opéra Garnier":
Alors que la nation commémore cette semaine les 17 victimes des attentats terroristes de janvier dernier et que l’état d’urgence a été proclamé dans tout le pays par le Président de la République suite aux tragiques événements du 13 novembre, il apparaît invraisemblable que les pouvoirs publics aient pu permette l’organisation d’une manifestation appelant entre autres au boycott d’Israël et rendant hommage à travers une liste lue par les intervenants à des membres de l’organisation terroriste Hamas.
Ce rassemblement était d’autant plus choquant qu’il visait une manifestation culturelle d’un groupe de danse mondialement connu, Batsheva dont l’engagement au service de la paix, de l’échange et du dialogue entre les peuples est un combat de tous les instants.
AJC Paris tient à souligner que le Conseil Constitutionnel et la justice française à travers plusieurs de ses récentes décisions ont rappelé que l’appel au boycott était totalement illégal dans notre pays.
L’Opéra de Paris, lieu prestigieux de la culture française au rayonnement international a été le théâtre de la haine de militants se cachant derrière la cause palestinienne pour déverser leur haine de l’Etat d’Israël.
Nous ne comprenons pas comment les membres de l’organisation BDS ont pu passer les cordons policiers avec leurs drapeaux et leurs pancartes et impunément perturber la tenue d’un spectacle prenant ainsi en otage des centaines de spectateurs souhaitant simplement assister à une représentation de danse.
Alors que plusieurs initiatives culturelles, écologistes ou festives n’ont pu se tenir ces dernières semaines à Paris en raison de l’état d’urgence, nous sommes surpris et consternés qu’une manifestation qui veut réduire au silence des artistes simplement parce qu’ils sont israéliens et apporter son soutien à des mouvements terroristes ait pu se tenir librement dans une ville encore meurtrie par les actes de guerre du 13 novembre.
Face à la menace terroriste qui continue à peser sur la France, face à la violence antisémite qui a notamment coûté la vie à 4 personnes lors de l’attentat l’an dernier de l’Hypercacher, face à la dangerosité de ce mouvement d’appel au boycott qui veut réduire au silence des créateurs et des artistes en raison de leur seule origine, AJC Paris demande aux autorités de la République la plus grande fermeté et la plus grande vigilance".
 Le 9 janvier 2016, lors de la cérémonie organisée par des institutions françaises Juives en hommage aux victimes de l'attentat antisémite perpétré par Amédy Coulibaly le 9 janvier 2015 - 28 otages, quatre Français Juifs assassinés -, le Premier ministre Manuel Valls a déclaré :
"Détermination également à lutter contre l’antisémitisme. Il est là, toujours là, virulent, charrié à longueur d’écrits, de déclarations, de ces manifestations – alors qu’au cœur de Paris, capitale de la liberté, il y a quelques mois, on a crié de nouveau : "mort aux Juifs" ! –, de prétendus spectacles par des négationnistes en tous genres. Je les ai combattus, nous les avons combattus, et nous continuerons à le faire : il y va de l’honneur de la République ! Il est là, sur les réseaux sociaux, il est là, dans les paroles et dans les actes et dans cette détestation compulsive de l’État d’Israël. Comment pouvons-nous accepter qu’il y ait des campagnes de boycott ? Comment pouvons-nous accepter que face à l’Opéra de Paris, il y ait des manifestations pour qu’on interdise des ballets d’Israël ? Comment peut-on accepter que dans le pays de la liberté, dans ce pays des valeurs universelles, on cherche à nier la culture, la culture qui est là précisément pour rapprocher les peuples et pour la paix ? Non, cela est inacceptable ! L’antisémitisme, qu’il vienne de l’extrême-droite ou de l’extrême-gauche, qu’il vienne du fond des âges ou aujourd'hui d’une partie de la jeunesse de nos quartiers, doit être combattu avec la même détermination, parce qu’il y va de la République et parce qu’il y va de nos valeurs".
Une déclaration symbolique. Le symbolique s'avère indispensable, mais il doit être suivi d'actes. Or, paradoxalement, c'est le même gouvernement socialiste qui a autorisé ce rassemblement appelant au boycott d'Israël et s'est indigné de ce boycott !?

Brian Eno
En août 2016, le compositeur et producteur britannique Brian Eno, qui soutient le BDS, a écrit une lettre à la Batsheva Dance Company pour indiquer qu'il ne l'a pas autorisée à utiliser une de ses œuvres musicales lors de sa tournée estivale en Italie. L'artiste âgé de 68 ans a évoqué dans son courrier "l'occupation des territoires palestiniens" et a poursuivi : "J'essaie de comprendre les difficultés que doit affronter tout artiste israélien maintenant - et en particulier ceux comme vous qui ont montré de la sympathie pour la cause palestinienne".

Eno est l'un des 1 200 signataires de l'Artists’ Pledge for Palestine, qui refuse tout financement ou tout contact culturel avec le gouvernement israélien.

La compagnie de danse basée à Tel Aviv a répondu : "Nous respectons le souhait de M. Eno et avons remplacé sa musique dans le ballet Humus de "Three" - et ce, avec une grande tristesse - car nous croyons que ce genre d'action est inutile et ne contribue pas à résoudre le conflit, à mettre un terme à l'occupation ou à amener la paix dans notre région. Ohad Naharin est un militant politique depuis des années en Israël, et n'a jamais hésité à s'exprimer sur la situation dans la rive occidentale du Jourdain et les conséquences de l'occupation. Son profond engagement pour la liberté de l'esprit humain est reflété dans ses actions et ses créations artistiques".

Selon La Repubblica, la compagnie israélienne devait utiliser la musique d'Eno lors d'une représentation de "Humus" le 6 septembre 2016, lors du festival TorinoDanza au Teatro Regio à Turin, mais la musique d'Eno, Neroli, a été remplacée  après qu'Eno a eu conscience que ce spectacle avait pour sponsor l'ambassade d'Israël qui "promeut la marque Israël" ("brand Israel").

Des organisations juives françaises organisaient le 25 septembre 2016 un rassemblement au Trocadéro (Paris) visant à l'interdiction du boycott visant Israël.

Mr Gaga
« Des répétitions avec sa formidable troupe, somme de singularités exaltées, aux cours réparateurs (« Je crois au pouvoir de guérison de la danse ») qu’il dispense à des amateurs, de ses pirouettes d’adolescent à Last Work, projet dont il confie qu’il pourrait être le dernier, la politique du gouvernement Netanyahou menaçant à la fois son art et la survie de ses concitoyens, ce documentaire offre une immersion palpitante dans la vie et l’œuvre d’un artiste aussi sensible qu’exigeant ».

Le 1er juin 2016, est sorti en France Mr Gagadocumentaire de Tomer Haymann (2015) sur Ohad Naharin, chorégraphe et directeur artistique de la Batsheva Dance Company.

"Enter the world of Ohad Naharin, renowned choreographer and artistic director of the Batsheva Dance Company. “Mr. Gaga”, eight years in the making, captures the elusive beauty of contemporary dance and immerses the audience in the creative process behind Batsheva’s unique performances. Using intimate rehearsal footage, extensive unseen archive materials and stunning dance sequences, acclaimed director Tomer Heymann ("Paper Dolls", "I shot my Love") tells the fascinating story of an artistic genius who redefined the language of modern dance".

« Sorti en salles dans une version étirée, Mr. Gaga met ainsi en miroir événements intimes (dont la perte de sa première femme, décédée d’un cancer en 2001, et sa paternité tardive) et travail de création grâce à un réjouissant ballet d’archives familiales, d’extraits de spectacles et d’entretiens ».

Last Work
Le Théâtre de Chaillot a présenté Last Work (8-16 juin 2017). "Retrouvailles au sommet avec la Batsheva Dance Company et Ohad Naharin, son directeur artistique. Last Work, nouvel opus, est une chorégraphie d’émotions et d’inventions, une oeuvre en prise avec son temps. Attendez-vous à l’inattendu".

 "Il faut un talent fou pour surprendre son public à chaque nouvelle création : Ohad Naharin est de cette trempe d’artistes entiers et généreux qui composent avec l’impatience de leurs admirateurs. Le chorégraphe semble repousser une fois de plus les limites de sa danse avec la Batsheva Dance Company, troupe dont il assure la direction artistique. Fidèle à Chaillot – où les spectateurs ont pu voir Sadeh 21, Decadance Paris et Naharin’s Virus – la compagnie israélienne présente cette saison Last Work".

"Dans un décor réduit à sa plus simple expression, les interprètes émergent peu à peu, alternant mouvements au ralenti et gestuelle furieuse. On reconnaît sans mal la technique qu’Ohad Naharin a baptisée « gaga » : des corps comme disloqués, une agilité unique, une virtuosité maîtrisée. Last Work est énigmatique et tout à la fois engagée. Un drapeau ou un fusil en disent parfois plus qu’un long discours. Mais c’est encore et toujours sa gestuelle si particulière qui bouscule nos certitudes, qu’elle soit robotique ou sensuelle".

"Les danseurs, comme une tribu sans maître, déploient l’étendue de leurs capacités sans jamais sombrer dans la démonstration. Last Work est à la fois un pur moment de chorégraphie et une ouverture sur le monde. Des figures quasi énigmatiques habitent cette création perturbant notre regard. Et c’est bien là toute la force d’Ohad Naharin : nous tenir en haleine soixante-cinq minutes durant tout en nous faisant réfléchir. Portée par les dix-huit danseurs de la Batsheva Dance Company, Last Work risque bien de vous laisser groggy : la beauté de l’écriture en mouvement d’Ohad Naharin est à ce prix. / Philippe Noisette".

Le 30 avril 2018 à 1 h 40, Arte diffusera Last Work, documentaire réalisé par Tommy Pascal. "En juin 2017, Ohad Naharin, chorégraphe majeur, retrouvait le Théâtre national de Chaillot pour "Last Work", création portée par les danseurs de la Batsheva Dance Company. Un spectacle incandescent".

"Dans cette pièce au décor minimaliste, Ohad Naharin, considéré comme un génie de la danse contemporaine, surprend et captive une fois encore avec sa technique baptisée "Gaga Dance", les corps de ses interprètes apparaissant comme disloqués".

"Magicien de la scène, le chorégraphe opère une fusion explosive entre mouvement, composition, espace, lumières et son. En fond de scène, une femme court d’est en ouest, sans jamais progresser, alors que peu à peu les danseurs émergent, alternant ralentis et gestuelle furieuse, avec une densité contagieuse qui envahit le plateau".

"Ohad Naharin convoque ainsi des images fortes pour évoquer le désir de paix et les chaînes qui étreignent les hommes des pays en guerre. Les dix-huit danseurs se déploient avec une virtuosité délicate qui évite l’écueil de la démonstration. Œuvre engagée en prise avec son temps, Last Work reste pourtant énigmatique, pur moment chorégraphique qui signe le choix d’une ouverture au monde".

Mois du documentaire 
Dans le cadre de la 18e édition du Mois du film documentaire, Mr Gaga a été projeté les 17 et 21 novembre 2017. Le 21 novembre 2017, à 20 h et à 20 h 30, Armoric-Cinéma proposera Mr Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin. "L’histoire fascinante d'Ohad Naharin, célèbre chorégraphe de la Batsheva Dance Company, dont les performances dégagent une puissance et une beauté inégalées. Le film nous dévoile le processus créatif d'un chef de file incontesté de la danse contemporaine, l’invention d’un langage chorégraphique unique et d’une technique de danse hors-norme appelée "Gaga".


« Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin »
Israël, 2014, 53 min
Sur Arte les 28 mai 2017 à 23 h 35,  30 avril 2018 à 0 h 45
Visuels 
Le chorégraphe israélien Ohad Naharin
© Gadi Dagon

Le chorégraphe Ohad Naharin avec les danseurs et les danseuses
"Ehad Mi Yodea" le chorégraphe isréalien Ohad Naharin met en scène la chanson traditionnelle Pessah
© Heymann Brothers

Le chorégraphe israélien Ohad Naharin
© Gadi Dagon

Last Work, par Tommy Pascal
France, 2017
Musique : Grischa Lichtenberger
Costumes : Eri Nakamura
Chorégraphie: Ohad Naharin
Danse : Batsheva Dance Company
Scénographie: Zohar Shoef
Lumière : Avi Yona Bueno
Son : Maxim Warratt
Sur Arte le 30 avril 2018 à 1 h 40
© Gadi Dagon

Du 8 au 16 juin 2017
Chorégraphie Ohad Naharin
Lumières Avi Yona Bueno (Bambi)
Son Maxim Warratt
Musique originale Grischa Lichtenberger
Scénographie Zohar Shoef
Costumes Eri Nakamura
Assistants à la chorégraphie et au son Ariel Cohen, Guy Shomroni
Musique Sagat, Hysterics, MPIA3, Monkey, Luminox, Lullabies-of-Europe, Clara Rockmore
 Avec William Barry, Yael Ben Ezer, Matan Cohen, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Hsin-Yi Hsiang, Chunwoong Kim, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Ori Moshe Ofri, Nitzan Ressler, Or Meir Schreiber, Maayan Sheinfeld, Yoni Simon, Amalia Smith, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Coureur (en alternance) Luc Jabobs, Rani Lebzelter, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Production Batsheva Dance Company – Tel Aviv
Coproduction Festival Montpellier Danse 2015 / Hellerau, European Center for the Arts – Dresden
Avec le soutien de la Batsheva New Works Fund et de la Dalia and Eli Hurvitz Foundation, ainsi que le soutien spécial des American Friends of Batsheva
Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas
Visuels : WorkCrédits : Gadi Dagon

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Les citations sir le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 28 mai 2017, puis le 22 novembre 2017.