Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 28 mars 2018

Mireille Knoll, victime d'un assassinat antisémite au cri d'"Allah Akbah"


Mireille Knollveuve juive française âgée de 85 ans, a été découverte le 23 mars 2018 vers 18 h 30 morte, poignardée au cri de "Allah Akbar" et brûlée dans son appartement parisien au 30 avenue Philippe Auguste - 75011 Paris. Attentat terroriste islamiste ? Rapidement, le parquet retenait le chef d’assassinat antisémite. La classe politique unanime exprimait son émotion. Le 28 mars 2018, Mireille Knoll a été inhumée dans un cimetière parisien en la présence notamment du Président Emmanuel Macron et des milliers de personnes ont participé en France aux marches blanches à la mémoire de la défunte. 



A Paris, presqu’un an jour pour jour après l’assassinat de la sexagénaire Sarah Halimi par Kobili Traoré dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, et de nouveau avant la fête de Pessah (Pâque juive, 14-22 Nissan), une dame âgée juive française est assassinée par un voisin musulman. 


Et à proximité du domicile de Sarah Halimi rue Vaucouleurs à Paris.

Assassinat antisémite ou attentat terroriste islamiste ?
Le 23 mars 2018 vers 18 h 30, avant chabbat, Mireille Knoll, veuve juive française âgée de 85 ans, rescapée de la Shoah et qui souffrait de la maladie de Parkinson, a été découverte morte, poignardée par onze coups de couteaux et brûlée dans son appartement parisien au deuxième étage d’un immeuble en comptant dix au 30 avenue Philippe Auguste - 75011 Paris.

Avec les coups à l’arme blanche portés à la victime, la découverte de quatre ou cinq foyers d’incendies écartait définitivement la thèse du suicide. La porte de l’appartement était fermée de l’extérieur où se trouvaient les clés.

Le Procureur de la République s’est déplacé sur les lieux de l’assassinat. Une enquête pour meurtre a été ouverte.

Les enfants de la victime ont appris les faits tragiques ayant causé la mort de leur chère mère. L’un des fils a confié à l’AFP : « Nous sommes vraiment tous sous le choc. Je ne comprends pas comment on peut tuer une femme qui n'a pas d'argent, et vit dans un HLM ».

Le 24 mars 2018, est interpellé Yacine M., suspect âgé de 29 ans et habitant dans l’immeuble de la victime. Selon l’un des fils de Mireille Knoll, celle-ci « le connaissait très bien et le considérait comme un fils ». Ce suspect est d'après Sammy Ghozlan cité par Marianne un locataire de la victime. Il est passé dans l’appartement de Mireille Knoll dans la journée de l’assassinat pour une réunion « amicale, tout en buvant un porto » a déclaré Daniel Knoll, fils de la victime, sur i24News. « Il savait qu'elle était juive, tout le monde savait. Aujourd'hui, on ne menace plus forcément par des graffitis ou des menaces antisémites, mais on passe directement à l'acte », a analysé Sammy Ghozlan.

Né en 1989, il était connu de la police pour actes de violence. L’aide-soignante de Mireille Knoll avait porté plainte contre lui pour agression sexuelle sur sa fille, et pour menaces de mort à l’égard de Mireille Knoll. Cet individu aurait menacé de « brûler l’appartement », voire l’immeuble vers la mi-février. « Il aurait été vu sur les lieux, peu avant l'incendie ». Il sortait de prison après sa condamnation à plusieurs mois d’emprisonnement en 2017 pour agression sexuelle.

Dans la nuit du 25 au 26 mars 2018, un suspect âgé de 22 ans avait été arrêté. Il est connu pour vols avec violence et était présent dans l’immeuble le jour de l’assassinat. Il serait un complice de l’assassin.

Tous deux ont été placés en garde à vue. Aucune confrontation n’a pour le moment été organisée.

Selon RTL, le complice SDF né en 1996 a accusé le présumé assassin de Mireille Knoll d’avoir crié à plusieurs reprises « Allah Ouakbar » avant de la tuer. Ce que nie le quasi-trentenaire qui a imputé à l’autre suspect la responsabilité du crime. Si ces faits étaient avérés, quel qu'en soit le locuteur, il s'agirait d'un attentat terroriste islamiste commis dans le quartier de la mosquée Omar présentée par des experts comme abritant des discours islamistes. Mais le parquet ajoutera-t-il ce chef ?

Le Parisien révélait le 24 mars 2018 cet assassinat.

Le 26 mars 2018, Noa Goldfarb, petite-fille de Mireille Knoll, publiait un texte émouvant sur son compte Facebook illustré de photographies familiales d’un bonheur simple. Elle déplorait que l’assassin en ayant mis le feu à l’appartement ait fait brûler des albums photos de ses grands-parents, des souvenirs… Le 28 mars 2018, sur RTL, elle se souvenait : "Ma grand-mère était une femme merveilleuse, pleine de joie de vivre (...) qui aimait la vie, la culture française, le cinéma, le théâtre. Quand j'étais petite, elle m'emmenait en sortie dans les parcs, dans les cinémas, au restaurant. C'était toujours très agréable de sortir avec Mamie. Elle a échappé aux nazis. Elle ne croyait pas au Mal. Elle voyait le Bien partout (...) Cette haine envers le juif, pourquoi ? Qu'est ce qu'elle a fait, cette pauvre femme ? Je ne comprends pas. Nous, on aime les gens, tout le monde, la vie".

Sur les conseils de Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger incluant l’Etat d’Israël, les fils de Mireille Knoll ont choisi Me Gilles-William Goldnadel pour les représenter. Le 25 mars 2018, ce parlementaire écrivait : « Comme Sarah Halimi, Mireille K. connaissait le suspect, actuellement en garde à vue : un voisin musulman délinquant sexuel, qu'elle connaissait depuis qu'il était enfant ».

Le 26 mars 2018, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour assassinat à caractère antisémite. Les « deux suspects ont été présentés à un juge d’instruction en vue de leur éventuelle mise en examen, notamment pour « assassinat à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion et sur personne vulnérable ». Le parquet a également retenu les chefs de « vol aggravé par trois circonstances » et de « dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes ». Il a requis leur placement en détention provisoire.

La suite de l’enquête permettra de déterminer si les chefs d'assassinat à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion et sur une personne vulnérable seront conservés, et s'il s'agit d'un attentat islamiste.

"Quand son fils m'a appelée, je ne me suis pas retenue, j'ai hurlé. Ma fille m'a dit : 'Maman, je ne t'ai jamais vue pleurer autant", a confié l'ancienne dame de compagnie de Mireille Knoll à RTL le 28 mars 2018. Elle "a vécu au domicile de la défunte pendant huit mois, avec sa fille de 12 ans. Alors qu'elle recherchait un appartement, elle était chargée de veiller sur cette personne âgée en échange du logis. Elle n'a "pas été si surprise que cela de savoir qui était le principal suspect. En février 2017, alors qu'elle rentrait du travail, sa fille lui a dit avoir été agressée par l'homme, fortement alcoolisé. Après l'avoir confronté, Aurélie a déposé plainte contre Yacine. Et pour elle, sa mise en examen n'a rien d'étonnant. "J'ai toujours dit que c'était une personne dangereuse parce qu'avant même qu'on arrive dans l'appartement, [les fils de Mireille Knoll] se plaignaient que des choses disparaissent, comme de la vaisselle, des verres, de l'argent. Cela m'a toujours fait penser qu'il pouvait être dangereux pour Mireille, mais pas au point de la tuer. C'est atroce ce qu'il a fait, je suis très en colère".

"Le camp de la liberté, celui de la France, est confronté aujourd’hui à un obscurantisme barbare, qui n’a pour programme que l’élimination de nos libertés et de nos solidarités. Les atours religieux dont il se pare ne sont que le dévoiement de toute spiritualité, et la négation même de l’esprit. Car il nie la valeur que nous donnons à la vie. Valeur niée par le terroriste de Trèbes. Valeur niée par le meurtrier de Mireille Knoll, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu’elle était juive, et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire", a déclaré le Président de la République Emmanuel Macron lors de l'hommage national au colonel Arnaud Beltrame, le 28 mars 2018, dans la cour des Invalides.

Le 28 mars 2018 à 14 h, Mireille Knoll a été enterrée au cimetière parisien de Bagneux en présence du Président de la République Emmanuel Macron, venu à titre privé selon l'Elysée. "Ce sacrifice ne sera pas vain", a confié le Président Emmanuel Macron en étreignant Allan et Daniel Knoll, fils de la victime. Pourquoi parler de sacrifice ?

Le 6 avril 2018, les deux fils de Mireille Knoll, Allan et Daniel, ont été interviewés par Jean-Pierre Elkabbach sur CNews. Allan a vu sa mère deux heures avant l'assassinat. Ils ont relaté les réactions dans le monde entier. Daniel Knoll a décrit sa mère comme "très candide, très discrète sur son passé". Allan Knoll a révélé que sa mère avait "été égorgée, lardée de coups de couteau et brûlée aux cris d'Allah Aqbar". "Pour moi, brûlée, c'est les camps de concentration, et c'est horrible", a soupiré Daniel Knoll. Allan Knoll était dans la même obédience maçonnique qu'Arnaud Beltrame, gendarme héroïque. "On a été très ému par les paroles du Président de la République... Ma mère est aujourd'hui la mère et la grand-mère de tous les autres", a déclaré Daniel Knoll. Tous deux ont souligné que "l'acte était prémédité". L'assassin, que Mireille Knoll connaissait depuis qu'il avait sept ans, a bu du Porto le matin-même chez Mireille Knoll. Allan Knoll a été extrêmement sensible à l'engagement de la communauté juive exemplaire à nos côtés. Un arbre sera planté dans la cour de l'immeuble où la famille Knoll a vécu pendant des années. Les frères Knoll ont conclu sur leur absence de peur.

"Il y a des gens qui croient encore que les juifs sont tous riches. Ma mère touchait 800 euros par mois avec les APL", a relaté Daniel Knoll à France Info.

Médias
Comme pour l’assassinat de Sarah Halimi en 2017, quelques médias ont évoqué l’assassinat commis ce 23 mars 2018, mais sans donner le nom de la victime, et sans indiquer que l’assassin était musulman.

C’est Le Parisien qui, le 24 mars 2018, a révélé l’assassinat de Mireille Knoll dans l’article titré  : « Paris : une femme de 85 ans périt dans un mystérieux incendie ». « D’après une source policière, la victime avait déposé des mains courantes contre un riverain qui l’avait menacé de la faire brûler. Ce dernier aurait été vu dans son appartement. L’enquête a été confiée à la police judiciaire ». Indiquer que la victime était une rescapée de la Shoah aurait conféré un sens d’autant plus horrible à cette menace.

Même occultation dans l’article « Paris: une octogénaire tuée dans un incendie suspect » publié le 24 mars 2018 par BFMTV.

« Paris : une femme de 85 ans meurt dans un incendie suspect, un homme interpellé  ». Tel est le titre de l’article publié par FranceTVinfo le 25 mars 2018. FranceTVinfo évoque « l’enquête de flagrance pour meurtre ouverte et confiée au deuxième district de police judiciaire » et « un individu, né en 1989, placé en garde à vue le lendemain de l’incendie dans le cadre de cette enquête ». Le même jour, le journal juif newyorkais Algemeiner titrait  « French-Jewish Holocaust Survivor Found Dead in Burned Paris Apartment; Security Group: ‘Everything Suggests’ It Was Antisemitic Crime ».

Pour ne pas écrire que la victime, souvent anonymisée, était juive, certains journalistes ont usée de la périphrase « une rescapée de la rafle du Vél d’Hiv en juillet 1942 » (Le Monde, 26 mars 2018).

Les médias distillaient des pans de la vie de Mireille Knoll. « Née en 1932 à Paris », elle « avait échappé de justesse à la rafle du Vel d'Hiv' de juillet 1942 en s'enfuyant de Paris juste avant avec sa mère, a raconté à l'AFP son fils. Réfugiée au Portugal, elle est revenue à Paris après la guerre, et a épousé un homme rescapé du camp d'Auschwitz, décédé au début des années 2000 ».

« Après l’affaire Sarah Halimi, nos concitoyens doivent comprendre que nous devons faire face au retour d’un antisémitisme meurtrier qui n’hésite pas à s’en prendre aux plus vulnérables. Ces crimes ne sont pas seulement l’affaire d’une communauté. Ils sont l’affaire de tous. C’est toute la Nation qui est meurtrie. La mobilisation du pays face à ces crimes odieux doit être unanime et massive » a considéré la LICRA .

Pourtant, le 26 mars 2018, Le Parisien  a titré « Vive émotion dans la communauté juive après la mort d’une octogénaire poignardée et brûlée ». Même phrase dans Le Figaro publiant une dépêche de l’AFP. Ce qui signifie que l’antisémitisme demeure le sujet de préoccupation des seuls juifs.

Ce sont les réseaux sociaux qui ont humanisé cette affaire en diffusant une photographie de Mireille Knoll irradiant de bonté et rayonnante de bonheur, en informant sur sa judéité et son passé d’enfant ayant évité la rafle du Vél d’Hiv.

Si l’information sur son assassinat par un musulman avait été diffusée d’abord sur les réseaux sociaux, aurait-elle été censurée et ses rédacteurs sanctionnés par la future loi sur les fakenews tant souhaitée par le Président de la République Emmanuel Macron et le gouvernement dirigé par Edouard Philippe ?

Le 27 mars 2018, l’hebdomadaire Le Point publiait l’article d’Aziz Zemouri intitulé « Meurtre de Mireille Knoll : la famille du suspect menacée ?  ». Difficile de comprendre le déroulé des faits dans cet article construit mal et à charge contre la LDJ (Ligue de défense juive), et émaillé de confusions. Menaces à la famille du présumé assassin ou/et incendiaire ? Ou recueillement de membres de la LDJ en allumant des bougies ?

Le 1er avril 2018, dans sa chronique "Le chagrin et la pitié" publiée par Le Journal du Dimanche, la journaliste Anne Sinclair a évoqué, sur le registre émotionnel, "l'attentat de Trèbes et le meurtre de Mireille Knoll" sans indiquer la religion des assassins et d'Arnaud Beltrame, sans donner les informations indispensables aux lecteurs pour qu'ils comprennent les évènements :
"La maladresse insigne, le faux pas du Crif, qui excluait des élus de la République de ce rassemblement, a risqué de transformer la communion nationale en polémique stupide.
Le déroulement de cette marche a failli, lui aussi, déraper. Je peux témoigner que ceux qui étaient boulevard Voltaire, quand les cris et les insultes d’irresponsables ont manqué d’abîmer le sens de cette démonstration, étaient sincèrement indignés.
C’était idiot en ce qui concerne Marine Le Pen, dont il fallait au contraire se féliciter de la venue. C’était tout à fait injuste et blessant pour Jean-Luc Mélenchon, qui a toujours été personnellement inattaquable sur l’antisémitisme. Heureusement, à l’image du fils de Mireille Knoll, Daniel, qui eut l’attitude la plus digne et respectable, il restera de cette journée la volonté des Français de toutes origines de dire leur vigilance face à  l’antisémitisme renaissant. No pasarán. Le chagrin et la révolte".
Quel rapport entre la guerre d'Espagne et ces assassinats islamistes ? Anne Sinclair semble ignorer que la diffamation et la délégitimation d'Israël sont vecteurs d'antisémitisme. Et que les assassins potentiels de Juifs, les terroristes islamistes sont déjà en France.

Organisations communautaires
Les radios juives de la fréquence francilienne ont joué un rôle majeur pour diffuser l’information, quitte à rectifier des allégations erronées - viol de la victime -, et en donnant souvent la parole aux dirigeants communautaires. Ainsi, le 27 mars 2018, sur Radio J, Francis Kalifat, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a affirmé, en citant les enfants de la victime, l’absence de mains courantes et de dépôt de plainte par Mireille Knoll.

Dès le 25 mars 2018, le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme) publiait un communiqué  sur cet assassinat. Dans l’après-midi, sur Radio J, son président Sammy Ghozlan livrait des détails sur cet assassinat. Il « demandait que tout soit mis en œuvre pour identifier et confondre l’auteur, et vérifier s’il s’agit ou pas d’un crime antisémite comme tout laisse à le croire. Un suspect est actuellement interrogé par la Police Judiciaire du 2e District de Paris ».

Le SPCJ publiait lui aussi un communiqué sur Facebook  : « Les responsables des Institutions juives le Consistoire, le CRIF et le FSJU maintiennent sans relâche leur pression sur les pouvoirs publics, à tous les niveaux pour connaître rapidement la vérité sur cette terrible affaire et les circonstances exactes de celle-ci. Nous sommes totalement impliqués dans le suivi de cette enquête jusqu’à ce que toute la lumière soit faite ».

Le 25 mars 2018, le CRIF publiait son premier communiqué  : « La barbarie de cet assassinat nous renvoie à celui de Sarah Halimi il y a juste un an. Le Président du Crif, Francis Kalifat s'est longuement entretenu avec les enfants de la victime. Au cours de ses entretiens avec le Préfet de Police et le Cabinet du Président de la République, le Président du Crif a exprimé l'émotion et l'inquiétude des Français Juifs. Il attend des autorités la plus totale transparence dans l'enquête en cours afin que les motifs de ce crime barbare soient connus de tous le plus rapidement possible ».

En 2017, après l’assassinat antisémite de Sarah Halimi, les dirigeants des principales organisations juives françaises – CRIF par la voix de son président Francis Kalifat, Consistoires représentés par leur président Joël Mergui, le Grand Rabbin de France Haïm Korsia, FSJU (Fonds Social Juif Unifié) via Me Ariel Goldman – rivalisaient en incitations à la prudence, surtout après leur réunion avec le Procureur. En résumé : « Rien ne permet d’affirmer le caractère antisémite de l’assassinat de l’ancienne directrice d’école juive… Laissons la justice faire son travail ».

Échaudes, ces dirigeants communautaires avaient tiré les leçons de l’affaire Sarah Halimi. On ne les y reprendrait pas de sitôt à croire naïvement dans les discours officiels et à jouer les porte-paroles d'autorités politiques ou judiciaires...

Presqu’un an jour pour jour, en mars 2018, revirement à 180°. Le CRIF et le BNVCA ont osé dire immédiatement les mots « assassinat antisémite » et fait part de leurs pressions pour éviter de se laisser piéger. Volonté d’éviter le discrédit ayant miné la confiance mise en eux ? Souhait d’être en phase avec le Juif lambda ? Amertume devant la durable réticence du parquet, puis de la juge d’instruction Anne Ihuellou à adjoindre le caractère antisémite de l’assassinat ? Un revirement d’autant plus acceptable en 2018 par le pouvoir politique que le parquet a retenu rapidement et l’homicide volontaire et l’antisémitisme.

Le 26 mars 2018, la Ligue de défense juive  (LDJ) appelait « ses militants, ses sympathisants et toute la communauté juive à se rassembler le 28 mars 2018 : « Si le gouvernement tarde à agir pour la protection de ses citoyens, nous le forcerons à se réveiller ! Il est temps de redresser l’image du Juif, celle de 1939 refait surface en France, il est temps de l’enterrer ! »

Le 26 mars 2018, sur Radio Chalom, à l’invité de la rédaction Gil Taieb, vice-président du CRIF, une auditrice soulignait posément, poliment, combien les dirigeants communautaires lui semblaient plus impressionnés par les ors et lambris des palais de la République que sensibles aux problèmes de leurs coreligionnaires, et l’urgence de reloger les Juifs vivant dans un environnement dangereux. Un langage qui a semblé surprendre Gil Taieb.

Le 27 mars 2018, sur Radio J, Francis Kalifat s’est prononcé pour l’interdiction du « salafisme, des idéologies qui mènent au crime, à l’assassinat. Il faut les bouter hors des frontières ». Une idée proposée aussi par Manuel Valls, ancien ministre de l'Intérieur et Premier ministre socialiste.

Le CRIF a organisé des marches blanches, silencieuses – quelle aubaine pour les politiques ! – dans plusieurs villes françaises  : Strasbourg, Marseille, Lyon, Montpellier, Toulouse et Bordeaux. Il avançait  ses mots d’ordre : « Ensemble, mobilisons-nous contre la haine. Ensemble, marchons pour honorer la mémoire de nos disparus. Et ensemble, soyons unis contre le terrorisme ». Incroyable ! Le CRIF n’osait même pas mobiliser sur le mot d’ordre de la lutte contre l’antisémitisme. Et ce, alors que même la justice a inclus le chef d’antisémitisme ! Le CRIF ajoute : « Suite au meurtre odieux de Mireille Knoll, une femme Juive de 85 ans, à son domicile à Paris, le Crif appelle à un rassemblement en sa mémoire et en soutien à sa famille. Ce rassemblement sera l'expression de la compassion de tous les Français. Soyons nombreux ».

La LICRA  (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) s’est jointe à cet appel.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté aux marches blanches à Paris et dans les principales villes de province.

En Israël, Arié Lévy, président de Sauveteurs sans frontières (SSF) a organisé à 19 h 30 devant le Consulat de France à Jérusalem, pour « rendre hommage à Mireille Knoll, 85 ans, rescapée de la Shoah qui n'a pas survécu à l’antisémitisme en France de 2018 ». A Tel Aviv, des bougies ont été allumées à la mémoire de Mireille Knoll.

Politiques
2017. Alors, en pleine campagne électorale pour la présidence de la République, seule Marine Le Pen, candidate et présidente du Front national, avait évoqué l’assassinat antisémite de Sarah Halimi. Pour les autres, tous les autres candidats et présidents de mouvements politiques : silence durable et constant.

2018 ? Que de différences ! Du parti communiste aux Républicains, du Président Emmanuel Macron à son Premier ministre via le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb - «Je salue la mobilisation des enquêteurs de la Police Nationale qui a permis au Parquet de retenir dès ce lundi le caractère antisémite de cet acte ignoble. Tout sera mis en œuvre pour identifier les auteurs de ce crime barbare » -, via la Maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, tous ont twitté sur le registre de l’émotion suscitée par cet assassinat.

Quoique parfois un peu tardivement : le Président Emmanuel Macron a twitté le 26 mars à 23 h 50. Et dire que Gil Taieb « a l’oreille » de son ami, le Président de la République...

Le 26 mars 2018, lors de sa visite en Israël, Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a exprimé son émotion aujourd'hui à Jérusalem après le meurtre de Mireille Knoll, jugeant la piste antisémite « plausible ». « J'ai eu un moment d'émotion quand je quittais la visite très émouvante de Yad Vashem et j'ai appris qu'une rescapée de la Shoah avait été assassinée à Paris. On ne peut pas dire à cette heure les raisons qui ont provoqué cet assassinat, mais l'hypothèse d'un crime antisémite est plausible. Cela nous rappelle le caractère fondamental et permanent (du) combat » contre l'antisémitisme, a-t-il déclaré . Le même Jean-Yves Le Drian qui s’est rendu au mausolée du terroriste antijuif Yasser Arafat…

Marche blanche
Tous les partis politiques  ont appelé leurs adhérents à participer à la marche blanche du 28 mars 2018 à Paris.

Des relents de récupération politicarde ? Cela semble quelque peu indécent au vu de leur attitude en 2017 dont ont souffert les proches de Sarah Halimi qui sollicitaient en vain notamment les médias.

Francis Kalifat a précisé son refus d'admettre dans cette marche le Front national et La France insoumise : « La surreprésentation des antisémites, tant à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite, rend ces deux partis infréquentables ». Et d'ajouter concernant Les Insoumis, qu’« il faudrait éclaircir leur position en ce qui concerne le boycott d’Israël, la haine d’Israël véhiculée dans notre pays. Ces mouvements veulent faire d’Israël, le juif des nations ».

Patatras ! Le 28 mars 2018, Daniel Knoll souhaitait sur RMC que la marche silencieuse soit ouverte "à tout le monde, sans exception. Les gens qui ont une mère peuvent me comprendre. Le CRIF fait de la politique. Moi, j'ouvre mon cœur à tous ceux qui ont une mère, à tout le monde. Tous les gens sont concernés. C'est insupportable de savoir que quelqu'un peut mourir de cette façon aussi affreuse. Je suis contre les limites".

L'instrumentalisation par les autorités politiques d'organisations juives françaises trouvait là sa limite publique. Le fils de la victime juive ne voulait pas du "barrage républicain" dont usaient et abusaient, depuis des décennies, droite et gauche à l'égard du Front national, ni de l'ostracisme à l'égard de La France Insoumise dirigée par Jean-Luc Mélenchon. Il semblait ignorer ou oublier l'antisémitisme de membres de La France Insoumise.

"Ce matin, sur RMC, Daniel Knoll, le fils de Mireille Knoll, sauvagement assassinée, s’est démarqué de la position sectaire du CRIF, en appelant dans un message empreint d’une grande dignité « tout le monde, sans exception » à participer à la marche blanche. Il s’est déclaré « absolument pas sur la même ligne que le CRIF », qui a cru pouvoir briser l’unité nationale en écartant le Front national, lequel alerte et dénonce depuis des années la montée de l’antisémitisme islamiste. Marine Le Pen, les députés et élus du Front National, ainsi que de très nombreux militants, marqués par ce meurtre infâme, participeront à la marche blanche organisée à Paris en mémoire de Mme Knoll", a indiqué le Front national dans un communiqué publié sur son site Internet le 28 mars 2018. La veille, le ce mouvement avait dénoncé la position du CRIF. "Nonobstant le message discriminatoire incompréhensible du CRIF, le FN-RN, mouvement républicain respectueux des valeurs démocratiques, appelle ses adhérents et ses sympathisants à se joindre à la marche blanche organisée en hommage à madame Mireille Knoll".

Out, le CRIF ?

A Paris, parmi les manifestants : Marine Le Pen et Gilbert Collard, parlementaires du Front national, Jean-Pierre Mélenchon, président de LFI, et des députés de LFI, accueillis par des huées, Henda Ayari, fondatrice de l'association Libératrices pour la défense des droits des femmes, militante féministe laïque, anti-islamistes, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, Patrick Bruel, etc. Hormis les dirigeants du FN et de LFI, combien de militants anonymes de ces mouvements ont-ils rejoint les rangs de cette marche à Paris ? Une mention spéciale à Esther Benbassa, historienne et sénatrice d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) qui a posté sur son compte Twitter de nombreuses photos d'elle lors de ce rassemblement.

Ils étaient des dizaines de milliers de personnes à défiler dans le recueillement à Paris et dans des villes importantes de la province française. Ce qui tranchait, numériquement et dans sa composition, avec le défilé "a-politique", communautaire, en mémoire de Sarah Halimi en 2017.

Les médias ont essentiellement retenu et montré les incidents bruyants liés à la présence des dirigeants du Front national et de La France insoumise, et peu le recueillement de la quasi-totalité des manifestants. Aucun n'a évoqué les propos de Jean-Luc Mélenchon rappelés par François Heilbronn dans La Règle du jeu :
"Dans l’Obs, le 26 août 2014 : « Une précision quant aux soldats franco-israéliens : ils ne s’enrôlent au sein de Tsahal qu’après avoir acquis la nationalité israélienne et non pas, comme d’autres, avec l’objectif d’aller combattre au nom du jihad dans un pays étranger, éventuellement contre l’armée française, pour revenir ensuite en France commettre d’autres crimes ».
Pour M. Mélenchon, donc, le partage est clair. Les casseurs qui font l’apologie de l’islam radical et descendent dans la rue pour casser du juif, sont des vrais républicains. Et s’il y a des citoyens à dénoncer, ce sont les manifestants pacifiques qui viennent, dans le respect de la loi, se rassembler devant une ambassade à Paris.
Puis Mélenchon s’attaque aux représentants de la Communauté juive :
« Nous n’avons peur de personne. N’essayez pas de nous faire baisser les yeux. Peine perdue. Je voudrais dire au CRIF que cela commence à bien faire. Les balayages avec le rayon paralysant qui consiste à traiter tout le monde d’antisémite dès qu’on a l’audace de critiquer l’action d’un gouvernement, c’est insupportable, nous en avons assez. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays. », a-t-il conclu.
« Une communauté agressive » ? Nous qui pleurons ces dernières années, neuf Juifs assassinés en France, car Juifs… Nous qui sommes la cible d’attaques antisémites violentes, représentant depuis 17 ans plus de 50% de toutes les attaques racistes en France… Nous dont les amis de Mélenchon, ou du moins ses compagnons de manifestation, attaquent les synagogues, armés de bâtons aux cris de « A Mort les Juifs »… Ce qui est « insupportable » c’est ce « nous en avons assez » ! Ce qui ne « sent pas bon », comme vient de l’écrire le dessinateur Joann Sfar, c’est cette façon de faire des Français juifs une « communauté agressive » qui devrait, elle, du coup, « baisser les yeux » ! Pour certains, de tout temps, les Juifs sont toujours responsables des attaques dont ils sont victimes. Mélenchon utilise la même rhétorique pour attaquer nos institutions représentatives.
De quoi devons nous donc qualifier cet homme politique qui insulte les Français Juifs solidaires d’Israël ? Lui qui ne trouve rien à redire contre les bouchers Assad et Poutine et à leurs centaines de milliers de victimes civiles en Syrie et en Tchétchénie ? Lui qui ne critique pas le gazage d’enfants syriens par Assad mais critique Trump qui sanctionne ce régime criminel ?
Je n’oublie pas non plus qu’en mai 2013, pour Jean-Luc Mélenchon, Pierre Moscovici « ne pense plus en français » et « pense dans la langue de la finance internationale » et plus récemment, qu’il a fait huer le nom de Bernard-Henri Lévy lors d’un meeting."
Aucun média n'a osé s'interroger sur l'antisémitisme musulman, ni enquêté sur le principal suspect, ni donné les noms patronymiques et photographies des deux suspects. Ni interrogé les politiques sur leur silence et absence lors de la marche blanche à la mémoire de Sarah Halimi en 2017.

Aucun journaliste n'a interrogé ses confrères sur leur silence et absence lors de la marche blanche de 2017.

Pourquoi dans une marche silencieuse, des médias ont-ils interrogé quasi-uniquement les dirigeants du FN et de LFI, et non les manifestants lambda dignes ? De manière paradoxale, dans une marche blanche, donc silencieuse, les seuls à avoir parlé ont été les journalistes et les politiciens du FN et de LFI.

En 1917, L’Humanité publiait une photographie du Président Raymond Poincaré, affligé d'un rictus durant la visite d'un cimetière militaire, ainsi qualifié : « Poincaré, la guerre, l'homme qui rit dans les cimetières. »

Que dire de ces édiles sourires aux lèvres, volubiles, lors d'une marche blanche, silencieuse, en hommage à Mireille Knoll, assassinée parce qu'elle était juive ?

Quelle malchance ! Quelques semaines après le refus du Président Emmanuel Macron d'adopter la définition de l'antisémitisme formulée par l'International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), quelques jours après l’annonce du deuxième plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe, Mireille Knoll a été assassinée aux cris de « Allah Aqbar ». Ce qui dénote une judéophobie musulmane. Mais nul ministre ne songe à apporter d’éventuelles modifications à ce plan pour lutter contre l’antisémitisme islamique létal. Et nul dirigeant communautaire ne le lui demande.

Aucun homme politique n'a remis en cause ses modes de pensée pour cesser d’invoquer le « vivre ensemble » idyllique, mais mythique, induit par l'"islam-religion-de-paix".

Un exemple : Christophe Castaner, délégué général de La République en Marche (LREM) et secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé des Relations avec le Parlement, a déclaré  le 25 mars 2018, après les attentats terroristes à Carcassonne et Trèbes : « Environ 700 Français sont partis faire le djihad, environ 300 sont morts sur place. Il reste selon nos chiffres 258 adultes qui pourraient revenir. (...) Il vaut mieux les suivre, les accueillir, les emprisonner lorsque des actes criminels ont été commis, pour faire en sorte que l'on puisse identifier le risque ». Alors que la France manque de moyens humains pour surveiller les milliers de fichés S et analyser les informations recueillies ! Les djihadistes déjà présents sur le territoire, plus ceux infiltrés parmi les migrants, cela ne suffit pas !? Christophe Castaner a aussi dénoncé un antisémitisme d'une nouvelle forme « parce qu'il est banalisé, il est quotidien, il n'est pas fondé sur ces mythes que nous connaissions, ce mythe du riche, tous ces mythes de la propagande qu'on a connus pendant de longues années. Il est tout simplement aujourd'hui organisé autour du refus de la différence ». L'élu du Sud-Est a réaffirmé le principe de laïcité, « la force de la laïcité ». Quelle analyse indigeste !

Le 28 mars 2018, Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, a déclaré que Yacine M., principal suspect dans l'assassinat de Mireille Knoll, n'était "pas du tout" radicalisé. Lui, c'était le profil petit voyou de quartier qui allait faire des rapines. [Il avait] 22-24 inscriptions [au traitement d'antécédents judiciaires (TAJ). Il avait commis toute une série de larcins avant de tuer cette personne". Les deux suspects ont présenté des versions contradictoires. "Ils sont allés attaquer parce qu'ils pensaient que cette dame - qui ne pouvait plus se déplacer donc qui était une proie facile - avait de l'argent qu'on pouvait prendre facilement", a déclaré Gérard Collomb sur France Inter. Il a confirmé que l'un des assassins présumés avait dit : "C'est une juive, elle doit avoir de l'argent". Hors de questions d'enquêter sur la piste menant à la mosquée ?  Quand le même jour, 23 mars 2018, Radouane Lakdim tue au cri d'Allah Akbar", il commet un attentat terroriste islamiste, mais quand le suspect musulman fait de même, niet ?! C'est ce combat pour toute la vérité que devront mener des organisations juives françaises affaiblies.

Me Gilles-William Goldnadel, a fustigé le 27 mars 2018 sur BFM TV "un antisémitisme d’origine islamiste. Il peut y avoir le vieux fantasme, peut-être que dans cette affaire-là on s’imaginait que la pauvre Mme Knoll détenait beaucoup d’argent." Cet avocat de la famille de Mireille Knoll insiste sur le lien entre un éventuel mobile lié à l'argent et l'antisémitisme.

Le 29 mars 2018, sur La chaîne parlementaire (LCP), Richard Ferrand, président de groupe des députés La République en marche (LREM) "a reproché dans l’émission "Questions d'info", à Francis Kalifat, président du Crif, sa volonté de ne voir ni la France insoumise, ni le Front national, à la manifestation mercredi soir à Paris en hommage à l'octogénaire tuée à coups de couteau dans son appartement, parce que juive. Il dit avoir été choqué par les cris de certains manifestants contre le leader de la France insoumise : « Cela m'a rendu triste et mal à l'aise. A un moment de communion nationale on ne fait pas le tri, la sélection, de celles et ceux qui viennent s'incliner... ». A la question de savoir ce qu’il demande au Président du Crif, Richard Ferrand répond au journaliste : « Je ne lui demande rien ». Puis, Richard Ferrand a ajouté : « Je lui demande de ne pas récidiver. Dans la circonstance, ce n'était pas à la hauteur...» Quel dédain !

Le 4 avril 2018, le CRIF a répondu par cet éditorial :
"Expliquons. Le Crif n’a jamais interdit à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon de venir à la manifestation. Il n’était pas question d’empêcher qu’ils puissent assister à ce rassemblement, il avait été formulé que leur présence n’était pas souhaitée.
Notons. Les cris qui ont été entendus ici ou là lorsque Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se sont présentés au cortège, n’ont rien à voir avec le Crif.
Précisons. Le Crif condamne fermement les injures entendues. Elles sont inadmissibles. Soulignons une fois encore : des injures et des violences verbales ont été proférées contre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, elles sont condamnables et nous les condamnons. Le débat ne signifie pas que l’on doive insulter des personnalités politiques.
Définissons. Les définitions du verbe «récidiver» sont multiples. Le Larousse en énumère trois «Faire quelque chose une nouvelle fois, recommencer», «En parlant d’une maladie, se manifester de nouveau», «Commettre de nouveau une infraction».
Voilà donc un verbe fameux et dont l’utilisation et en ces termes et en cette polémique est particulièrement fâcheuse.
Questionnons. Nous ne savons pas pourquoi Richard Ferrand devrait être celui qui disposerait à son gré et/ou déciderait de mettre en ordre. Dans l’exercice d’une critique publique, il importe lorsque l’on est un responsable politique de mesurer les termes que l’on utilise/emploie, fut-ce pour critiquer des institutions, groupes, partis…
Le débat doit être mesuré. Et faire de la politique, ce n’est pas ni ordonner, ni demander sévèrement, ni châtier. C’est savoir aussi se positionner.  Ajoutons que le Crif n’est pas un sujet. Il conçoit les termes de son propre engagement et définit sa propre politique.
Rappelons. Enfin, pour terminer, que lors d'une précédente polémique dont les réseaux sociaux ont le secret (autour, en l'occurrence, du soutien de Richard Ferrand à l’association France Palestine Solidarité (AFPS)), le Crif n’avait pas tiré à boulet rouge sur Richard Ferrand. Le Crif avait attendu, avant toute réaction, que Richard Ferrand puisse expliquer sa démarche, ce qu’il allait rapidement faire sur son blog, mettant un terme salutaire à cette polémique. Parce que le Crif a toujours préféré le débat aux invectives.
Concluons. Gardons à l’esprit ce que le débat politique signifie Monsieur Richard Ferrand. Et même là, le Crif ne vous demande pas de ne pas récidiver"

Le 3 avril 2018, Jean-Luc Mélenchon s'est joint à la manifestation des cheminots de la SNCF afin de soutenir les grévistes et leurs demandes. Las ! Si certains l'ont salué, d'autres l'ont chahuté et insulté. "“Mélenchon, casse-toi !”, “Dehors les socialistes”, a-t-on ainsi pu entendre. “On vous déteste” a aussi lancé un jeune homme habillé d’une chasuble du syndicat SUD". « Mélenchon, casse-toi », « Hé, le sénateur, là, qui a marché dans toutes les combines », « Dehors les socialistes », « Ni dieu, ni maître, ni Mélenchon », "Charognard"... C'est ainsi qu'il a été accueilli. Le leader de la France Insoumise a rapidement quitté la manifestation.

Le 4 avril 2018, Jacques Tarnero, essayiste, écrivait :
"Il faut être d’une singulière mauvaise foi pour faire porter au Crif la responsabilité des incidents survenus au cours de la marche blanche en hommage à Mireille Knoll. Le président du Crif, Francis Kalifat avait déclaré avant cette marche que la présence de Marine Le Pen et de Jean Luc Mélenchon n’y était pas souhaitée. Le Crif n’a jamais prétendu interdire quoi que ce soit. Il était prévisible que des incidents se produiraient avec la présence de ces deux personnes et ils ont bien eu lieu. Le propos de Kalifat était donc fondé dans sa prévision et son anticipation. S’il ne l’avait pas dit, de quelle turpitude aurait il été accusé : de collaboration, de tolérance pour les extrêmes : l’une qui est allée danser la valse avec d’anciens nostalgiques nazis et l’autre pour sa haine très progressiste d’Israël. Fallait il composer avec ces gens la ? Serait ce par esprit sectaire que ces deux la n’étaient pas souhaités ou par souci de prévention de désordres prévisibles ?
C’est la haine obsessionnelle d’Israël, c’est l’alibi anti sioniste qui a donné à l’antisémitisme ses lettres de noblesse. Cette « forme renouvelée de l’antisémitisme », pour reprendre les mots du Président de la République, n’est que la reformulation d’une constante. Elle permet de rendre acceptable sinon vertueuse le déni d’une légitimité : celle de l’affirmation nationale du peuple juif. Que cette incapacité à penser la complexité de cette question soit le fait de personnes de bonne foi de gauche et de droite, ne change rien au résultat. Que d’autres à droite de la droite fassent mine d’oublier que leur antisémitisme traditionnel cohabitait avec la haine d’Israël ne change rien non plus au résultat. Que le Quai d’Orsay fasse semblant de ne pas être au courant de sa complaisance passée à l’égard des formes les plus extrémistes du mouvement palestinien ne change rien à l’affaire. Que le moraliste en chef de Libération, Laurent Joffrin soit aussi oublieux de certains de ses éditoriaux compassionnels pour angelots turcs du Navi Marmara, pour la sainteté de Stéphane Hessel ne change rien non plus au résultat. Que Serge July s’autocongratule d’avoir dirigé la rédaction de Libération, dans le sillage de mai 68 en oubliant les bavures antisémites de ce même journal, permet de faire passer sous couvert d’impertinence intellectuelle, une des pires dérives de l’après 68.
C’est bien l’amalgame de ces composantes diverses qui a permis à l’air du temps de devenir irrespirable pour les Juifs. C’est cet ensemble de vecteurs qui rend possible cette situation ubuesque actuelle qui convoque au tribunal un historien coupable d’avoir énoncé une vérité connue de tous : l’antisémitisme est une constante dans la plupart des mentalités arabo musulmanes. La haine d’Israël est l’explication magique de l’enfermement intellectuel et psychique de ces sociétés".
Psychanalyste, Michel Gad Wolkowicz, professeur de psychopathologie fondamentale ; psychiatrie GHU.Paris11Sud-Orsay a souligné des contradictions :
"Serge Klarsfeld sommé par cette même journaliste et trois commentateurs politique en masse, sommé de répondre s’il était d’accord avec la position du Crif ayant déclaré monsieur Mélenchon et madame Le Pen "indésirables" à la "Marche blanche" organisée par le Crif en hommage à madame Mireille Knoll, horriblement assassinée par un voisin musulman qu’elle avait souvent accueilli. Serge Klarsfeld fut livré à la horde, à la foule, et la "communauté juive" avec lui en accusation, faisant du communautarisme, marchant pour elle plutôt que pour la nation. Plus question de l'islamisme, des collabos, de l’antisémitisme en France aujourd’hui, de son déni depuis les années 2000 ; au contraire, Mélenchon et Le Pen devenaient des victimes républicaines du  communautarisme juif et sioniste, et d'un groupe violent d'"extrême droite" qui les ont pris à partie lors de cette manifestation où ils sont bien sûr tout de même venus pour jouer les martyrs persécutés, les victimes de l’intolérance. Plus un mot sur les assassinats, le contexte intellectuel, idéologique, les positions politiques: on assista à une inversion des rôles, la horde des loups défendant Le Pen et surtout Mélenchon. Ceux-là même qui à longueur d’années et d’élections se fixent sur Le Pen et le FN, en les considérant comme des fascistes, des racistes pas fréquentables, hors jeu de la démocratie malgré leur représentation démocratique, l’utilisent là pour blanchir Mélenchon sur le principe. "Il n’est pas antisémite, son parti n’est pas antisémite" : "on a bien le droit de critiquer la politique d’Israël" : pas question des discours de haine, des justifications des attentats, du soutien au BDS, aux terroristes assassins de civils israéliens, de manifestations conjointes et alliées aux djiadistes, au Hamas ! Le Crif aurait accepté la participation de Le Pen, il aurait été taxé d'’éxtrême droite, il la déclare indésirable, il est taxé d’intolérant, de radical, responsable du "non-vivre ensemble". Discours paradoxal, diagnostique-t-on en psychopathologie. L’un des commentateurs : "Merah, Coulibaly, les malfaiteurs tueurs de cette dame, n'étaient pas au parti des Insoumis !" Le message ainsi qui se dégageait était : "La population juive" et le Crif politicien sont responsables de la non Unité Républicaine, ils ont brisé l’unité républicaine, de la Nation".
Le 10 avril 2018, Francis Kalifat s'est expliqué dans une tribune publiée par Le Figaro et intitulée Marche en mémoire de Mireille Knoll : les raisons de la position du Crif :
"Certains ont, à cette occasion, reproché au Crif d'avoir «brisé l'unité nationale» en indiquant que les dirigeants du Front national et de La France insoumise «ne seraient pas les bienvenus» à cette manifestation. Dans ce tumulte, j'ai distingué les vociférations des ennemis habituels des Français juifs, de l'émotion sincère d'amis, gênés par notre démarche.
J'ai entendu les critiques de ces amis. Je souhaite ici les examiner et expliquer les raisons de nos positions.
Le souvenir d'une femme assassinée doit être digne et solennel. Je condamne d'abord donc, sans réserve et avec force, les huées qui ont accueilli Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le Crif n'a rien à voir avec la minorité de manifestants qui a brisé le recueillement du reste du cortège et encore moins avec la prétendue Ligue de défense juive, qui au-delà de ces troubles attaque publiquement le Crif et ses dirigeants depuis près de vingt ans.
Je craignais précisément ces débordements ; c'est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai indiqué que les dirigeants du Front national et de La France insoumise ne seraient pas les bienvenus. Ces incidents, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon les anticipaient eux aussi, mais cela ne les a pas dissuadés de venir. Au contraire, eux, les intolérants, ont ainsi pu prendre la pose en victimes de l'intolérance. La ficelle est grosse, mais en ces temps de confusion et d'emballement, les ficelles les plus grosses marchent, hélas, plutôt bien.
Certains ont accusé le Crif de briser l'unité nationale que requiert le combat contre l'antisémitisme en privant le pays de la photo-souvenir d'un temps collectif d'indignation. À ceux-là, je veux dire ma méfiance face une unité qui n'aurait été que de façade. La lutte contre l'antisémitisme exige certes une capacité d'indignation collective face à l'ignominie. Mais elle exige surtout un travail de mobilisation républicaine et de clarification politique. C'est précisément au nom de cette nécessité de clarification que les participations de La France insoumise et du Front national, nous ont paru, pour des raisons différentes, illégitimes et contre-productives.
Concernant tout d'abord le Front national, je dois dire mon inquiétude face aux critiques faisant fi, subitement, de plus de quarante ans de «cordon sanitaire» face à l'extrême droite. Depuis quand existerait-il en effet une tradition républicaine consistant à réunir, en tête de cortège et derrière une même banderole, des ministres et des élus de droite et de gauche en compagnie de Le Pen? A-t-on déjà vu pareille photo? Pourquoi est-ce à l'occasion d'une manifestation contre l'antisémitisme que l'on invoque précisément une nouvelle règle visant à inclure et donc à légitimer les dirigeants d'un parti fondé par des nostalgiques de Vichy? Les organisateurs de la manifestation historique du 11 janvier 2015 se sont épargné - à raison! - un tel «protocole» et une telle «unité», eux qui n'avaient pas invité Marine Le Pen. Mais peut-être certains souhaitaient-ils voir Le Pen acclamée et Mélenchon hué dans une manifestation organisée à l'initiative du Crif et contribuer ainsi à faire sauter le verrou moral pesant sur le Front national. Je demande face au Front national une chose simple: que les républicains de gauche comme de droite restent unis et continuent à résister à «l'offensive de dédiabolisation» de Marine Le Pen
Certains ont compris que Marine Le Pen n'ait pas sa place mais se sont offusqués que La France insoumise ne soit pas la bienvenue. À ceux-là, j'aurais beaucoup à dire sur les complaisances de l'extrême gauche avec l'antisémitisme mais aussi avec l'islamisme. Que dire en effet du soutien apporté, par exemple, par la députée Danièle Obono à Houria Bouteldja du Parti des Indigènes de la République, lorsqu'on lui présente les propos antisémites récurrents de cette dernière? Que signifient les propos de Jean-Luc Mélenchon, lorsqu'il reprend dans son récit de la marche du 28 mars le refrain bien connu de l'accusation de double allégeance? Jean-Luc Mélenchon est trop cultivé pour ignorer le poids symbolique de telles déclarations. Pourquoi La France insoumise a-t-elle tant de mal ne serait-ce qu'à énoncer le danger posé en France par le développement de l'islamisme? Enfin, comment expliquer - si ce n'est peut-être par clientélisme électoral? - l'aveuglement de La France insoumise face à la part inextricable d'antisémitisme présente dans les rhétoriques antisionistes? Soyons précis: la critique du gouvernement israélien peut être légitime, comme pour tout autre gouvernement, mais que signifie la haine absolue d'Israël lorsque cette haine ne vise que ce seul État dans le monde? Que dire enfin des propos de Jean-Luc Mélenchon en juillet 2014 félicitant les manifestants pro-palestiniens pour avoir su «se tenir dignes et incarner mieux que personne les valeurs fondatrices de la République française» alors que des groupes sortaient de ces cortèges à Paris ou Sarcelles pour attaquer des synagogues? Ce sont l'ensemble de ces ambiguïtés qu'une mobilisation sincère contre l'antisémitisme doit appeler à clarifier.
La lutte contre l'antisémitisme n'est pas un combat à la carte. Si les dirigeants de ces partis veulent vraiment participer à l'unité de la nation contre l'antisémitisme, alors qu'ils fassent le ménage chez eux et qu'ils lèvent toute ambiguïté sur leurs amitiés et leurs complaisances avec de véritables antisémites. Qu'ils dénoncent publiquement toutes les formes de l'antisémitisme, y compris l'antisionisme qualifié de «forme réinventée de l'antisémitisme» par le président de la République lui-même, mais aussi tout rejet de l'autre.
Voilà énoncées les conditions d'un rassemblement sincère et sans arrière-pensées, pour extirper ensemble ce cancer qui gangrène notre société et qui rend la vie des Français juifs de plus en plus difficile, il en va de la France, et de la République. Le Crif est prêt à relever le défi."
Les suspects
Le 30 mars 2018, Le Figaro a brossé un tableau inquiétant du fonctionnement de la justice. "Les deux meurtriers de Mireille Knoll, qui sont passés par cette structure avant de passer à l'acte, ont scrupuleusement respecté les obligations liées à leur sursis avec mise à l'épreuve. Le premier, Yacine Mihoub, incarcéré en février 2017 pour agression sexuelle sur une fillette de 12 ans, a été écroué le 31 mars de cette même année, écopant d'une peine mixte de 24 mois d'emprisonnement, dont 14 mois avec sursis, mise à l'épreuve pendant 2 ans, comprenant une interdiction de paraître rue Philippe-Auguste, dans le XIe, à Paris. Remise de peine automatique aidant, il sort de détention le 11 septembre 2017, se présente dès le 14 septembre à sa conseillère de probation et la reverra, comme prévu, le 12 décembre 2017 et le 18 janvier 2018. Lors de ses entretiens, il déclarera travailler et être suivi par un psychiatre. Aux dires des proches de Mireille Knoll, il n'aurait enfreint son interdiction de paraître qu'une seule fois, au moment des faits".

"Son complice, Alex Carrimbacus, a été condamné une première fois en mai 2016 à une peine de 8 mois d'emprisonnement, assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve, avec une interdiction de paraître dans le XIe arrondissement. Pendant ce dernier, il sera à nouveau écroué le 3 mars 2017 pour vol aggravé. Il purge une peine de 4 mois pour vol aggravé et une seconde, de 10 mois, pour vol et tentative de vol aggravé. Par la grâce des remises de peine automatiques, il sortira de détention le 17 janvier 2018 mais ne se rendra pas à sa convocation, sept jours plus tard. Son statut de SDF ne permettra pas au service de probation de le retrouver. De même, il ne fera pas l'objet de contrôle pour son interdiction de paraître, pas plus d'ailleurs qu'en ce qui concerne Yacine Mihoub. Et pour cause. Les conseillers d'insertion et de probation n'ont pas les moyens d'assurer ces contrôles qui, concrètement, se font par les forces de police au hasard des vérifications inopinées d'identité. Le premier meurtrier avait entre cinq et dix mentions au casier, le second une dizaine".

"Actuellement, le Spip de Paris gère annuellement 4000 mesures de ce type pour cinquante conseillers d'insertion et de probation. La future loi Belloubet, qui réformera le droit des peines, s'apprête à automatiser le prononcé pour ces modes de probation et ces interdictions de paraître concernant des peines inférieures ou égales à six mois - soit 87.564 peines prononcées ou 10.692 personnes - et confirme l'aménagement systématique pour celles de moins d'un an".

"À cela s'ajoute la difficulté de procéder en amont à des enquêtes de personnalité dignes de ce nom par des services de probation déjà débordés. «Bien des profils, comme ceux des deux meurtriers de Mireille Knoll vraisemblablement, ne sont pas compatibles avec ce type de peine», s'inquiète ce haut cadre de la pénitentiaire. «Et bien des rendez-vous de sursis avec mise à l'épreuve n'ont rien à envier aux rendez-vous Pôle emploi, malgré l'engagement des agents de probation. De plus, contrairement aux agents de probation anglo-saxons, les nôtres ne font pas les visites de vérification des interdictions. Autrement dit, par ces choix politiques faits au nom de logique de coûts ou par choix idéologique, nous faisons courir et assumer un risque énorme à la société elle-même. Et aux victimes qui en payeront le prix», prédit-il".

Le 10 avril 2018, on apprenait de source judiciaire que Zoulikha K., mère de Yacine Mihoub et voisine de la victime, a été le 6 avril mise en examen pour "modification des preuves d'un crime" et placée sous contrôle judiciaire. Ce qui confirme une information du Parisien. La police lui reproche "d'avoir nettoyé un couteau trouvé à son domicile et qui pourrait avoir été utilisé pour assassiner Mireille Knoll. D'après l'enquête, la mort est survenue avant l'incendie. "Il est juste et logique qu'une personne qui a mis tout en oeuvre pour détruire des preuves en soit comptable devant la justice et les parties civiles", a réagi auprès de l'AFP Me Gilles-William Goldnadel, avocat de la famille Knoll".

"Un médecin légiste doit déterminer si ce couteau correspond aux blessures de la victime. Peu après le crime, deux suspects, qui se sont connus en prison, avaient été rapidement identifiés: Yacine M., le fils d'une voisine âgé de 28 ans, et Alex Carrimbacus, un marginal de 21 ans. Ils ont été mis en examen le 27 mars pour homicide volontaire en raison de "l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion" et "vol aggravé". Les deux suspects s'accusent mutuellement du meurtre, dont le scénario reste encore trouble".

"D'après les déclarations de Yacine, c'est Alex Carrimbacus qui aurait porté les coups mortels à Mireille Knoll et qui aurait "mis le feu", selon le procès-verbal de synthèse des enquêteurs dont a eu connaissance l'AFP. Mais Alex Carrimbacus dit avoir vu son compagnon "lui porter deux coups de couteau à la gorge en criant Allah Akbar", avant de l'étrangler. Alex a raconté que "Yacine avait parlé des juifs avec madame Knoll", mais a aussi tenu des propos confus, assurant que Yacine Mihoub était décidé à la tuer car elle "l'aurait dénoncé à la police pour un trafic d'armes".

Contrastes
Peut-on imputer le silence politique quasi-unanime sur l'assassinat de Sarah Halimi à la seule "volonté de ne pas faire le jeu du Front national" à l'approche du premier tour de scrutin ? L'assassinat de Mireille Knoll aurait-il reçu le même écho si les médias ne l'avaient pas présentée comme une rescapée de la Shoah ? Médias et politiques manifestent de la compassion à l'égard des Juifs assassinés lors de la Shoah, mais critiquent les Juifs israéliens combattant ceux qui veulent commettre un génocide à leur endroit ou une Ligue de défense juive (LDJ) visant à protéger les Juifs comme elle l'a fait lors de la tentative de pogrom visant la synagogue de la rue de La Roquette en juillet 2014 contre la "rue islamique" et ses complices. Les hommages politiques à Mireille Knoll seraient donc liés au devoir de mémoire d'une classe politique qui vitupère contre le CRIF, organisateur de la manifestation, pour sa sélection, - mais s'imposerait-elle dans un événement sans y être invitée ? - ou contre la LDJ pour mieux occulter des questions gênantes pour ces "belles âmes".

Peut-être aussi que la classe politique reproche au CRIF d'avoir dit sa vérité, la vérité : la France insoumise, mouvement d'extrême-gauche, est aussi peu fréquentable que le Front national, et tous deux comptent des antisémites dans leurs rangs. En associant les deux extrêmes politiques dans le même rejet, en nommant l'antisémitisme/antisionisme de gauchistes, Francis Kalifat s'est attiré les foudres de la classe politique, de droite et de gauche, et des journalistes. Ce qui révèle la profondeur de l'influence de la doxa gauchiste sur ces politiciens et ces journalistes. On n'ose imaginer les critiques outrées de ces "belles âmes" si le CRIF avait déclaré que des dirigeants d'organisations musulmanes n'étaient pas les bienvenus dans cette marche en raison de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme islamiques.

Coïncidence ? Le 22 mars 2018, Le Point publiait la tribune Un « habeas corpus » républicain pour l'islam de France, par Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris qui "s'insurge contre les intellectuels, les médias et les politiques qui nourrissent la peur et l'islamophobie" ! Comme les précédents attentats terroristes islamistes commis par les « Allah Akbar boys » (Mark Steyn), aucun leader politique ou d'organisations musulmanes n'a entamé une réflexion sur "l'islam-religion-de-paix" et son lien avec la violence. Un lien souligné par des musulmanes modérées comme Ayaan Hirsi Ali. Ce qui les isole et marginalise.

"Comme un symbole, la marche du 28 mars a eu lieu la veille du procès en appel de Georges Bensoussan, à qui certains ne pardonnent pas d’avoir dirigé le livre des « territoires perdus de la République », qui mettait dès 2002 le doigt sur la haine anti-juive et anti-française qui contamine une partie de la jeunesse de notre pays", a écrit Richard Prasquer, ancien Président du CRIF. Il n'ose pas écrire que le reproche essentiel porté par le CCIF (Comité contre l'islamophobie en France), soutenu par le parquet, consiste dans la désignation de l'antisémitisme musulman.

Peu après cette marche, des élus socialistes et de LFI ont posté sur Twitter des messages injustifiés, choquants - antisémites ? - sur les réactions de Tsahal aux émeutes de terroristes palestiniens près de la bande de Gaza.

A la différence de Sarah Halimi, « Mireille Knoll n'avait pas peur de son assassin » a relevé le député Meyer Habib qui a publié dans les premiers jours deux posts sur sa page Facebook.

Pourquoi le parquet a-t-il refusé dès l’annonce de l’assassinat de Sarah Halimi d’inclure le chef d’antisémitisme dans l’enquête et l’instruction de cet homicide volontaire ?

Pourquoi les principales organisations juives françaises, dont le FSJU présidée par l’avocat Me Ariel Goldman, ont-elles accepté ce choix aberrant ? A ce jour, aucune d’elles n’a jugé utile de s’en expliquer auprès des Français juifs.

Et mobiliser dans une marche blanche ne peut suppléer l’absence de réflexions de ces organisations sur la conduite à mener dans une conjoncture où des vies juives sont en danger. Car l'ancien président de SOS Racisme et député socialiste Malek Boutih l'a souligné le 27 mars 2018 sur France Inter face à une Léa Salamé outrée, incrédule : "Les Juifs ne sont pas en sécurité en France".

Comme dans tous les autres attentats terroristes islamistes ou assassinats antijuifs, ce sont deux France qui apparaissent : celle laborieuse, pacifique, aimant la vie, respectant et partageant les valeurs républicaines de leur pays représentée par les victimes juives, et l'autre violente, sans humanité, abhorrant la France ainsi que ses principes, et éprise de mort pour l'islam. Et au fil des années, c'est une guerre d'attrition que ces assassins ou/et terroristes islamistes mènent contre les Juifs dans une France généralement indifférente et refusant, ou incapable de désigner l'ennemi et de l'analyser correctement, autrement qu'en évoquant la folie ou la pauvreté ou en accablant la France ancienne puissance coloniale.

Comme de nombreuses familles juives françaises, de jeunes Knoll ont fait leur aliyah. Leurs parents séjournent auprès d'eux une partie de l'année. Puis, ils les rejoindront selon toute vraisemblance définitivement. En ré-inhumant Mireille Knoll en Israël pour éviter une profanation éventuelle en France ?

Le 6 avril 2018, sur CNews, alors que son frère Allan exprimait sa confiance dans un avenir des juifs français dans leur pays, Daniel a affirmé que ses coreligionnaires n'étaient pas en sécurité en France. "Je ne proposerai à pas à un juif français de quitter la France, nous sommes enracinés dans ce pays que nous aimons", a déclaré Allan Knoll, ancien élu à Montreuil, qui a attiré l'attention sur le "danger pesant sur des musulmans face à leurs frères qui les assassinent". "Malheureusement, l'avenir des Juifs en Europe est en danger, il faut préparer soit une aliyah en Israël soit un départ dans d'autres continents... Il faut protéger tout le monde... Il y a un vrai problème : tout le monde souffre du manque de respect, de courtoisie. Les gens ont besoin de sécurité... Il y a un terreau extrémiste, islamiste qui ne comprend rien au Coran, et il est temps de le combattre", a analysé Daniel Knoll.

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2 commentaires:

  1. A la différence de Sarah Halimi, « Mireille Knoll n'avait pas peur de son assassin » a relevé le député Meyer Habib qui a publié deux posts sur sa page Facebook.

    Il ne connait pas ses dossiers ! Madame Knoll avait déposé une maincourante au commissariat .

    En plus, c'est vraiment trop stupide de FAIRE UNE DIFFERENCE MEME DANS CES CAS.

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  2. Si elle a survécue a une rafle pendant l'occupation allemande, peut on légitimement se poser la question si il n'est pas plus risqué de vivre aujourd'hui dans des "citées" Française que dans la France occupée de la seconde guerre mondiale.

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