Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 19 avril 2024

« Le temps des paysans » de Stan Neumann

Arte diffusera le 23 avril 2024 à 20 h 55 « Le temps des paysans », série documentaire 
en quatre volets de Stan Neumann. « Les paysans d’Europe – un peuple immense, une histoire plus que millénaire. Depuis la chute de Rome, les paysans européens ont presque toujours subi les pouvoirs en place. Après Le temps des ouvriersStan Neumann retrace l’histoire longue des paysans, une catégorie méprisée et exploitée, l’épopée paysanne, les siècles d’oppression et de luttes, de solidarités et de rêves.  »

« Une femme d'exception. Le royaume d’Anna » par Beate Thalberg

« Les paysans  d’Europe – un peuple immense, une histoire plus que millénaire. Des ruines de l’empire romain à l’agriculture industrielle en passant par l’oppression féodale, le paysan, au bas de l’échelle sociale, semble avoir presque toujours subi les pouvoirs en place. Stan Neumann parcourt les champs des possibles, sème des questionnements et retrace l’histoire des agriculteurs européens. Alors que le modèle productiviste est en crise, le secteur agricole espèrerait-il un retour du modèle paysan ? »

« Privés de récits, les paysans européens, écrasés, déconsidérés, ont longtemps vécu dans le silence et l’obscurité, ne laissant, durant des siècles, aucun témoignage direct ». 

« Alors, pour raconter leur histoire depuis la chute de Rome, cette série documentaire fleuve « Le temps des paysans » convoque une myriade d’illustrations : iconographie religieuse, si féroce envers eux, gravures, toiles, cartes postales, fables ancestrales, affiches politiques, chansons populaires, perles du cinéma en noir et blanc… »

« Après Le temps des ouvriers, Stan Neumann poursuit son exploration des mécanismes historiques de l’oppression et de l’émancipation. »

Il « retrace l’épopée paysanne, les siècles d’oppression et de luttes, de solidarités et de rêves, l’histoire longue d’une catégorie méprisée et exploitée ».

« Jouant avec les codes narratifs, il opère, tout au long de ces quatre volets, des allers-retours réguliers entre la grande histoire de la paysannerie et des interviews d’agriculteurs en activité, qu’ils soient bretons, italiens, roumains… Mêlant archives et séquences d’animation, ce voyage dans le temps et sur l’ensemble du continent, narré par Catherine Ringer, nous offre aussi une plongée dans l’histoire politique, économique et coloniale de l’Europe. »

Avant leur aliyah, de jeunes juifs citadins sionistes vivant en Europe, s'étaient préparés dans les années 1930 au travail en kibboutz. C'est le cas de Max Windmüller (1920-1945). Né à Emden (Basse Saxe), ce jeune juif allemand se réfugie, avec sa famille, aux Pays-Bas en 1933. A Groningen (Frise occidentale), cet adolescent fait partie d’un mouvement Juif sioniste préparant de jeunes Juifs à leur future vie de pionniers en Palestine mandataire, les formant à des métiers utiles en Eretz Israël : travaux agricoles dans une ferme près d’Assen.

De 1933 à 1935, à Jugeals-Nazareth (Corrèze), « Machar » (demain, en hébreu), seul kibboutz créé en France, a accueilli des centaines de jeunes réfugiés juifs ayant fui les persécutions antisémites en Europe, notamment en Allemagne nazie. A la fermeture de cette « ferme-école », ses élèves sionistes ont rejoint Eretz Israël, alors Palestine sous mandat britannique, et ont contribué à fonder un kibboutz en Galilée.

Les paysans ont non seulement nourri la population, mais aussi modelé et entretenu les paysages. Ils sont actuellement divisés - les intérêts des viticulteurs divergent de ceux des éleveurs ou agriculteurs spécialisés -, et affrontent la concurrence déloyale interne à l'Union européenne (UE) et induite par les traités internationaux conclus avec des pays d'Amérique du nord ou du sud, la réglementation de l'UE et celle encore plus stricte de la bureaucratie française, le rôle parfois problématique des SAFER (Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural), le coût de l'achat d'une exploitation agricole, la crise de l'agriculture biologique - encouragés par "l'écologiquement correct" et la perspective de marchés de niches (clientèle de bobos), de nombreux agriculteurs retournent à une agriculture traditionnelle -, l'abandon de leurs décideurs politiques, etc. 

1ère partie : « Âge d'or, âge de fer »
« L’histoire de la paysannerie européenne débute dans les ruines de Rome. Avec la disparition de l’empire et des grandes villes, la majorité de la population se retrouve paysanne. Libérés de l’impôt, ces nouveaux paysans, plus autonomes qu'ils ne le seront jamais, ne produisent qu’à la mesure de leurs besoins. »

« Mais à partir du IXe siècle, les élites guerrières imposent le retour de la domination, des taxes et des corvées, tandis que l’Église traque les anciens cultes ruraux. Voici venu le temps de la féodalité et de l’oppression. »

2e partie : « Désastres et révoltes »
« Vers l’an mille, la croissance reprend en Europe grâce au travail paysan, seule source de richesse. L’agriculture commerciale, surtout céréalière, prend son essor. Pour conquérir de nouvelles terres à blé, on détruit forêts et zones humides. »

« Mais l’arrêt de la croissance au XIVe siècle et une longue succession de famines, d’épidémies et de guerres déciment l’Europe paysanne et provoquent de grandes révoltes. »

« De la Jacquerie française de 1358 à la Guerre des paysans allemands de 1525, toutes sont noyées dans le sang. »

3e partie : « Vers l'émancipation »
« Au XVIIe siècle, les paysans commencent à savoir lire et écrire, au grand déplaisir des maîtres, les mêmes qui criminalisent les superstitions rurales et font la chasse aux sorcières de village. »

« En Angleterre, l’aristocratie s’empare des terres communales au nom du progrès et de la rentabilité. Pour survivre, les paysans se font ouvriers agricoles ou vagabonds. »

« La France suit un autre chemin. Sa paysannerie se maintient et joue un rôle majeur dans la Révolution de 1789, qui met fin à mille ans de régime féodal. »

« Au XIXe siècle, la révolution industrielle bouleverse le monde paysan. Les anciennes solidarités villageoises sont démantelées, la population agricole chute. L’heure est à l’exode rural. »
« Mais lorsque les nationalismes explosent, le paysan, opposé à l’ouvrier, est promu premier défenseur de la patrie. Après les deux guerres mondiales, le modèle productiviste s’impose partout. Le champ devient usine ; le cultivateur, technicien spécialisé. »

« Aujourd’hui ce modèle est en crise. Le retour des paysans est-il le recours ? »


« Assujettis à des pouvoirs qui n’ont cessé de s’approprier leurs terres et leur force de travail, les paysans ont attendu des siècles avant de se révolter. Retour sur trois exemples symboliques de ces soulèvements agraires.  Par Raphaël Badache ».
 
En France, la Grande Jacquerie   
Mai 1358. La guerre de Cent Ans fait rage. Les paysans savent qu’ils en sont les principales victimes. Les nobles, eux, y voient l’occasion de prouver leur vaillance. Rompant le pacte féodal, ils dépensent en signes extérieurs de richesse l’argent qu’ils ont extorqué aux paysans pour assurer, en principe, leur protection. Certains de ces derniers se révoltent et quatre seigneurs sont massacrés. Durant trois semaines, une vague antiféodale se répand en Île-de-France et dans les provinces environnantes, dont les châteaux sont pillés, et leurs occupants, chassés. C’est la première jacquerie de l'histoire de France, terme dérivé d’un sobriquet méprisant – “les Jacques Bonhomme” – donné par les nobles aux travailleurs de la terre. Les chroniqueurs de l’époque insistent sur la sauvagerie des paysans, dont la colère leur apparaît contre nature. La répression voit les révoltés torturés et tués par milliers. 

En Angleterre, la guerre aux enclosures
À partir du XVIe siècle, l’Angleterre devient la première nation à entreprendre la destruction systématique des communs. Des champs utilisés collectivement par les communautés paysannes sont accaparés par les grands propriétaires terriens, qui érigent des clôtures et réservent ces terres à leurs troupeaux de moutons. L’objectif : favoriser le commerce de la laine, en pleine expansion, et recruter des bras pour les fabriques. On parle de “mouvement des enclosures”. Cette révolution agricole affame nombre de paysans, expulsés du jour au lendemain et privés de moyens de survie. Durant deux siècles, des centaines d’émeutes locales vont éclater. Aucune n’obtient gain de cause. Dans les pays voisins, les pouvoirs en place admirent ce nouveau modèle et cherchent à l’imiter.

En Italie, l’occupation des terres  
Après la Première Guerre mondiale, les paysans, qui ont été mobilisés dans une plus large proportion que les ouvriers des usines, estiment que les États ont une dette envers eux – particulièrement en Italie, où le gouvernement a promis une grande réforme agraire une fois la paix revenue. Or, celle-ci semble oubliée. En 1919, les ouvriers agricoles et les paysans pauvres lancent alors un mouvement général d’occupation des terres. L’échec est total. Les grands propriétaires terriens du nord du pays font appel à des milices d'extrême droite qui parviennent à mater le mouvement. Leur victoire contre le “bolchevisme rural” propulse sur le devant de la scène les Chemises noires de Mussolini. Assujettie et instrumentalisée, l’agriculture devient le fer de lance d'une propagande fasciste obsédée par l’idée de la nation nourricière, qui gagne du terrain dans toute l'Europe.  »


« Le temps des paysans » de Stan Neumann
France, 2023
Coproduction : ARTE France, Les Films d’Ici 
Conseiller historique : Gérard Béaur
Commentaire dit par Catherine Ringer
Sur Arte 
1ère partie (56 min) : 23 avril 2024 à 20 h 55
2e partie (55 min) : 23 avril 2024 à 21 h 55 : 
3e partie (55 min) : 23 avril 2024 à 22 h 45
4e partie (55mn) : 23 avril 2024 à 23 h 40
Disponible du 22/03/2024 au 21/11/2024
Visuels :
In situ : ©Remi Jaouen
ASTERIX® OBELIX® IDEFIX® / © 2023 LES EDITIONS ALBERT RENE


Le Japon sur Arte

Le Japon est un archipel situé en Asie du sud-est. C'est un régime monarchique (empereur) parlementaire. Le Japon affronte des défis : faible taux de natalité ne permettant pas le renouvellement des générations, dette publique très élevée - en 2023, 1 270 000 milliards de yens (8 140 milliards d'euros), soit plus de 10,4 millions de yens/habitant (66 000 euros) – mais détenue surtout par les Japonais, diplomatie agressive de la Chine et de la Corée du nord… 
Arte diffusera le 22 avril 2024 à 09 h 25 « Japon : la fin du pacifisme ? », documentaire de Marie Linton, puis à 10 h 20 « Japon, ils ont vu la fin de l'empire », documentaire de Kenichi Watanabe.

« Hiroshima, la véritable histoire » par Lucy Van Beek 
« La bombe » par Rushmore Denooyer
« Le procès du siècle. Les chroniqueurs célèbres de Nuremberg » de Peter Hartl

Le Japon est un archipel situé en Asie de l'Est, entre l'océan Pacifique et la mer du Japon, à l'est de la Chine, de la Corée du Sud, de la Corée du Nord et de la Russie, et au nord de l’île de Taïwan.

Il a été longtemps nommé le « pays du soleil levant ».

S’étirant sur plus de trois mille kilomètres, le Japon est constitué de 6 852 à 14 125 îles (de plus de 100 m2) souvent montagneuses, parfois volcaniques - le mont Fuji, qui culmine à 3 776 m, est un volcan dont la dernière éruption est survenue en 1707 -; les plus grands îles, Hokkaidō, Honshū, Shikoku et Kyūshū, représentent 95 % de la superficie terrestre du pays. 

Avec un peu plus de 124 millions d'habitants pour 377 975 km2 (329 hab./km2), le Japon est le onzième pays le plus peuplé du monde. La population privilégie essentiellement les étroites plaines littorales du sud de Honshū et du nord de Shikoku et Kyūshū, ce qui constitue la « Mégalopole japonaise » ou « Taiheiyō Belt » (« ceinture Pacifique »). Le Grand Tokyo, qui englobe la capitale Tokyo, première place financière mondiale en 1990, et des préfectures proches, est la plus grande région métropolitaine du monde : plus de 35 millions d'habitants. 

Eres d’expansion suivies de périodes de repli caractérisent l’histoire du Japon. 

Doté d’une constitution en 1947, le Japon a une monarchie constitutionnelle avec un empereur et un parlement élu, la Diète.

Troisième puissance économique mondiale pour le PIB nominal, industrie dynamique, acteur important du commerce international, longue espérance de vie des Nippons… Le Japon affronte des défis : faible taux de natalité ne permettant pas le renouvellement des générations, dette publique très élevée - en 2023, 1 270 000 milliards de yens (8 140 milliards d'euros), soit plus de 10,4 millions de yens/habitant (66 000 euros) – mais détenue surtout par les Japonais, diplomatie agressive de la Chine et de la Corée du nord…

« Japon, ils ont vu la fin de l'empire »
Arte diffusera le 22 avril 2024 à 10 h 20 « Japon, ils ont vu la fin de l'empire », documentaire de Kenichi Watanabe.

« Installé dans l'archipel nippon dans les années 1920, un couple franco-belge va, deux décennies durant, être le témoin de la militarisation du pays, de ses conquêtes en Asie à la défaite de 1945. Au travers de leur histoire, une traversée saisissante du Japon en guerre. »

« En 1925, Jean Millot, un jeune ingénieur français, débarque à Yokohama pour installer la liaison télégraphique entre le Japon et la France. »

« En 1927, une nouvelle ère impériale s'ouvre, l'ère Showa – l'"ère de la paix éclairée". En pleine expansion industrielle, le pays est alors une démocratie où la presse est libre et les mouvements sociaux, dynamiques. »

« Mais dès 1929, la crise économique mondiale qui rattrape l'archipel menace sa fragile démocratie : une droite farouchement anticommuniste et militariste monte en puissance. Au même moment, Jean Millot rencontre Emmy, une jeune Belge dont le mariage avec un médecin japonais a tourné court. »

« Installés à Tokyo et rapidement parents de deux garçons, ils vont assister au durcissement du régime qui entraînera le pays dans une guerre de quinze ans. »

« Au début des années 1930, l'armée japonaise annexe la Mandchourie chinoise où elle commet des crimes atroces, et poursuit son expansion coloniale dans toute l'Asie du Sud-Est, jusqu'en Indochine. »

« En 1940, ayant scellé une alliance avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, le Japon entre dans une guerre totale contre l'Amérique et ses alliés. Au nom de l'empereur Hirohito, des millions de soldats sont tenus de sacrifier leur vie pour contribuer à la victoire... »

« Ni Jean Millot ni Emmy, son épouse, n'ont envisagé avant-guerre de quitter le Japon, un pays d'adoption qu'ils considéraient comme le leur et où grandissent leurs deux fils. Au travers des événements personnels et des épreuves traversées par ce couple franco-belge, bien intégré dans la bourgeoisie tokyoïte et les cénacles des expatriés occidentaux, ce film tout en archives (films d'actualité, photos familiales…) entremêle petite et grande histoire. »

« Nourrie notamment des témoignages du journaliste français Robert Guillain, ami des Millot et correspondant au Japon de l'agence Havas, et de la reporter du Petit Parisien Andrée Viollis, une plongée saisissante dans deux décennies dévastatrices qui ont vu le Japon se transformer en machine de guerre avant de sombrer dans un jusqu'au-boutisme mortifère. »

« Japon : la fin du pacifisme ? »
Arte diffusera le 22 avril 2024 à 09 h 25 « Japon : la fin du pacifisme ? », documentaire de Marie Linton.

« Face à la montée des périls russe, nord-coréen et surtout chinois, le Japon, constitutionnellement pacifiste depuis 1946, se réarme massivement. Retraçant les étapes de ce basculement, ce documentaire met en lumière les bouleversements géopolitiques à l’oeuvre dans le Pacifique. »  

« Au lendemain de la guerre du Pacifique, dans laquelle 3 millions de Japonais perdirent la vie – dont 200 000 dans les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945 –, l’archipel nippon, traumatisé, renonçait "à jamais à la guerre". 

« Mais ce pacifisme d’État, inscrit dans la Constitution imposée en 1946 par l’occupant américain, qui s’engageait en retour à protéger le Japon en cas d’attaque, est mis à mal par la dégradation de la situation sécuritaire en Asie du Sud-Est. »

« Face à la menace que représentent la Chine, la Russie et la Corée du Nord, toutes trois dotées de l’arme nucléaire, les forces d’autodéfense japonaises, sous l’impulsion de gouvernements nationalistes et pour contenter les États-Unis, ont commencé à acquérir des capacités offensives, notamment des missiles de croisière. »

« En décembre 2022, le Premier ministre Fumio Kishida dévoilait ainsi une ambitieuse stratégie de défense, prévoyant une augmentation du budget de la défense de 60 % d’ici à 2027, pour faire du pays la troisième puissance militaire mondiale derrière Washington et Pékin. »

« Si la population, choquée par l’invasion russe de l’Ukraine, s’inquiète des conséquences d’une potentielle agression de Taïwan par la Chine, les derniers hibakusha, les survivants des bombes atomiques, s’émeuvent de ce revirement, à l’instar de Toshiko Tanaka, âgée de 6 ans au moment de l’explosion à Hiroshima. »

"Ce n’est pas la guerre mais on est au-delà de la paix", analyse Noboru Yamaguchi, ancien lieutenant général dans l’armée japonaise, alors que les garde-côtes chinois pénètrent presque chaque jour dans les eaux territoriales nippones, au large des îles Senkaku, revendiquées par Xi Jinping ». 

« L’archipel va-t-il définitivement entrer dans une logique de bloc aux côtés de son allié américain ou choisira-t-il de préserver la coopération régionale mise en place pendant des décennies ? » 

« De 1945 à nos jours, ce documentaire retrace les étapes qui ont vu les dirigeants de l’empire du Soleil levant renoncer au pacifisme. » 

« Donnant la parole à de nombreux experts, mais aussi à des citoyens opposés à la remilitarisation, Marie Linton dresse un état des lieux inquiétant des tensions dans la région, qui pourraient déboucher, en cas d’embrasement, sur un nouveau conflit mondial. »



« Japon, ils ont vu la fin de l'empire » de Kenichi Watanabe
France, 2023, 55 min
Coproduction : ARTE France, Kami Productions, Eleazar
Sur Arte le 22 avril 2024 à 10 h 20
Disponible du 19/03/2024 au 30/06/2024

« Japon : la fin du pacifisme ? » de Marie Linton
France, 2023, 53 min
Coproduction : ARTE GEIE, Kino
Sur Arte le 22 avril 2024 à 09 h 25
Disponible du 11/12/2023 au 09/12/2024



mardi 16 avril 2024

Harvey Keitel

Né en 1939, Harvey Keitel est un comédien interprétant souvent des personnages ambigus ou des "tough guys" (durs) 
Les Duellistes, Taxi Driver, Thelma et Louise, Reservoir Dogs, Pulp Fiction, The Irishman - et producteur juif américain dont le début de carrière a coïncidé avec le mouvement New Hollywood. Arte diffusera le 21 avril 2024 à 23 h 00 « Harvey Keitel - À l'ombre des ténèbres », documentaire de Stéphane Benhamou et Erwan Le Gal, et le 22 avril 2024 à 23 h 35 « Taking Sides - Le cas Furtwängler » d’István Szabó avec Harvey Keitel, Moritz Bleibtreu, Stellan Skarsgård et Birgit Minichmayr.


Harvey Keitel est né en 1939 à New York dans une famille juive aux origines roumaine et polonaise. Il a grandi à Brighton Beach à Brooklyn.

Adolescent de 17 ans, il s'engage dans les Marines, et sert au Liban. Un engagement de trois ans.

De retour aux Etats-Unis, il gagne sa vie comme sténographe judiciaire. 

Formé par Stella Adler et Lee Strasberg à l'Actors Studio, Harvey Keitel a débuté sa carrière de comédien dans des pièces de théâtre dans le off-Broadway, et d'acteur aux côtés de Martin Scorsese et Robert De Niro dans Who's That Knocking at My Door (1967). Il débute une relation marquée par la fidélité : Mean Streets (1973), Alice Doesn't Live Here Anymore (1974), Taxi Driver (1976), The Last Temptation of Christ (1988), et The Irishman (2019). 

Il a interprété des personnages dans les premiers films de Ridley Scott (Les Duellistes, 1977), d'Alan Rudolph (Bienvenue à Los Angeles, 1976), de James Toback (Mélodie pour un tueur, 1978), de Quentin Tarantino (Reservoir Dogs que l'acteur coproduit, 1992).

Il a joué souvent des personnages ambigus ou des "tough guys" (durs) : Thelma et Louise de Ridley Scott (1991), Bad Lieutenant d'Abel Ferrara (1992) ; La Leçon de piano de Jane Campion (1993), Pulp Fiction de Quentin Tarantino (1994), Lansky de Eytan Rockaway (2021) qui insiste sur la judéité et le sionisme de Meyer Lansky. 

Devant le peu d'offres de scénarios, il tourne dans des films en Europe : La Mort en direct de Bertrand Tavernier (1980) et La Nuit de Varennes d'Ettore Scola (1982). En 1988, il joue le rôle de Judas dans La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese.

Pour divergence de vues avec le réalisateur, il a quitté le tournage en 1979 d'Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, qui le remplace par Martin Sheen, et en 1998 celui de Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick).

En 2008, Harvey Keitel figure au générique de la série américaine Life on Mars.

En 2012, il est l'invité au 38e festival du cinéma américain de Deauville, pour un hommage qui lui est rendu pour l'ensemble de sa carrière.

En 1982, il épouse l'actrice Lorraine Bracco avec qui il a une fille Stella née en 1985. Il divorce en 1993. De sa relation avec Lisa Karmazin, est né en 2001 Hudson. En 2001, à Jérusalem (Israël),  durant le Festival international du film de Haïfa, Harvey Keitel épouse Daphna Kastner, actrice, scénariste et réalisatrice canadienne ; le couple a un fils, Roman né en 2004. 

En 2019, Harvey Keitel joue dans "Esau", de Pavel Lungin avec Shira Haas. Le film est inspiré du roman éponyme de Meir Shalev.

En 2023, il a incarné dans la série télévisée "The Tattooist of Auschwitz" Lali Sokolov, tatoueur juif slovaque des déportés au camp nazi d'Auschwitz (Pologne).

Il a reçu l'Ours d'argent à la Berlinale 1995. Il est aussi Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.

« Harvey Keitel - À l'ombre des ténèbres »
Arte diffusera le 21 avril 2024 à 23 h 00 « Harvey Keitel - À l'ombre des ténèbres », documentaire de Stéphane Benhamou et Erwan Le Gal.

Sa carrière, qu’en jeune fou il a d’abord sabotée, s’est bonifiée avec les années. Un portrait savoureux de l’acteur et producteur Harvey Keitel, qui a tourné neuf films avec son ami Martin Scorsese.  

"Quand j’avais 17 ans, j’étais un petit salaud, complètement fêlé", dira le personnage, autobiographique, qu’il interprète dans Smoke de Paul Auster et Wayne Wang. »

« Longtemps, Harvey Keitel ne s’est pas senti à sa place. Issu d’une famille juive pauvre de Brooklyn, il est élevé par un grand-père strict qui lui inculque la religion et la pudeur. »

« Tenaillé par le doute, le jeune Harvey préfère à la synagogue les attractions de Coney Island. »

« Puis il apaise ses conflits intérieurs en allant au cinéma. »

« Surnommé "le blasphémateur", il crache par bravade sur les mézouzas de son quartier. Mais à l’inverse, lorsque ce jeune homme à la dérive s’engage trois ans dans les marines, il exhibe l’étoile de David dans les pays arabes. »

« L’occasion aussi pour lui de barder d’une solide musculature ce corps qui l’embarrasse. »

« Miraculeusement, un cours de théâtre où il rencontre Lee Strasberg, le futur pape de l’Actors Studio, lui révèle sa vocation de comédien. » 

« Puis il croise Martin Scorsese, son double catholique grandi à Little Italy, avec lequel l’entente est immédiate. Le cinéaste prometteur en fait son alter ego, et le dirige dans Who’s that Knocking at my Door, puis dans Mean Streets, aux côtés de Robert De Niro. Le film triomphe mais, bizarrement, Harvey Keitel choisit de s’effacer derrière son confrère et ami, déclinant ainsi le premier rôle de Taxi Driver. »

« Alors que le duo Scorsese/De Niro enchaîne les succès, ce perfectionniste agace les réalisateurs par ses questionnements incessants, et sa cote à Hollywood plonge. »  

« Parsemé d’archives savoureuses, ce film explore la carrière en dents de scie d’un immense acteur miné par un sentiment d’illégitimité, qui s’est d’abord sabordé lui-même avant de trouver sa voie hors du cénacle hollywoodien. »

« Si le film Bad Lieutenant d’Abel Ferrara, sorti en 1992, marque son retour en grâce, Harvey Keitel s’est aussi épanoui dans le cinéma d’auteur en tournant notamment La mort en direct de Bertrand Tavernier. »

« Homme des premiers films, il a eu le flair de coproduire ceux de Paul Auster et de Quentin Tarantino. »

« De nouveau estimé par les plus grands réalisateurs hollywoodiens, il s’offre une fin de carrière classieuse avec des rôles sur mesure. »

« Aujourd’hui apaisé, il illumine ce portrait, nourri de plusieurs de ses interviews, par sa spontanéité, son ouverture d’esprit et l’humilité avec laquelle il a apprivoisé ses fêlures. »


« Taking Sides - Le cas Furtwängler »
Arte diffusera le 22 avril 2024 à 23 h 35 « Taking Sides - Le cas Furtwängler », film réalisé par István Szabó avec Harvey Keitel, Moritz Bleibtreu, Stellan Skarsgård, Birgit Minichmayr.

« Jusqu’à quel point le chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler s’est-il compromis avec les nazis ? Adaptant une pièce à succès, Istvan Szabo élabore un face-à-face magistral entre Harvey Keitel et Stellan Skarsgard. » 

« Au lendemain de sa capitulation, l’Allemagne vaincue est soumise à un vaste processus de "dénazification" mené par les Alliés. Dans un Berlin en ruine, le major américain Steve Arnold, flanqué d'un officier de liaison et d'une secrétaire aussi mélomane que lui est inculte en la matière, se voit chargé d'enquêter sur le cas épineux de Wilhelm Furtwängler : le prestigieux chef d'orchestre, alors à la tête du Philharmonique de Berlin, est soupçonné de compromissions vis-à-vis du pouvoir hitlérien et provisoirement suspendu de ses fonctions. Quelle a été la vraie nature de son rapport avec le régime, entre 1933 et la fin de la guerre ? »

« S’il n’a jamais montré de sympathie claire à l’égard du parti nazi, le maestro a refusé de quitter l'Allemagne, à la différence de nombre de ses pairs, continuant à diriger des concerts, dont certains devant des parterres de dignitaires du Reich – et notamment, en 1942, pour l’anniversaire de Hitler… Soumis à l'interrogatoire musclé de cet Américain fruste et pragmatique, Furtwängler peine à faire valoir l’argument clé dont découle sa posture de "résistant de l'intérieur" : l’indépendance absolue de l’art vis-à-vis de la politique. » 

« Comment juger l'attitude de ceux qui, à l'instar du chef d'orchestre, ont accepté de rester socialement haut placés dans un régime criminel ? S'ils ont agi par peur, par lâcheté ou même par simple opportunisme, méritent-ils pour autant d'être condamnés ? »

« Le cas Furtwängler est d'autant plus complexe que, grâce à sa position, le maestro aida de nombreux musiciens juifs à fuir le pays... »

« Adapté d’une pièce à succès (À torts et à raisons de Ronald Harwood), elle-même tirée de faits réels, ce face-à-face magistralement interprété par Harvey Keitel et Stellan Skarsgård, en incarnations respectives du matérialisme américain et de l’idéalisme germanique, soulève l’épineuse question de la responsabilité de l’artiste face à la morale et à l’histoire. » 



« Harvey Keitel - À l'ombre des ténèbres » de Stéphane Benhamou et Erwan Le Gal
France, 2023, 53 mn
Coproduction : ARTE France, Siècle Productions
Sur Arte les 21 avril 2024 à 23 h 00, 12 mai 2024 à 20 h 05
Sur arte.tv du 14/04/2024 au 20/05/2024
Visuels : © Siecle Productions


« Taking Sides - Le cas Furtwängler » d’István Szabó
Allemagne, France, Royaume-Uni, 2001
Auteur et scénario : Ronald Harwood
Production : Little Big Bear Filmproduktion, Paladin Production, Studio Babelsberg, Production : MBP, Maecenas Film
Producteur : Yves Pasquier
Image : Lajos Koltai
Montage : Sylvie Landra
Musique : Ulrich Trimborn
Avec Harvey Keitel (Major Steve Arnold), Moritz Bleibtreu (Lieutenant David Wills), Stellan Skarsgård (Wilhelm Furtwängler), Birgit Minichmayr (Emmi Straube), Ulrich Tukur (Helmuth Rode), Hanns Zischler (Rudolf Werner), Armin Rohde (Schlee)
Sur Arte les 22 avril 2024 à 23 h 35, 26 avril 2024 à 13 h 35, 15 mai 2024 à 13 h 35
Sur arte.tv du 22/04/2024 au 21/05/2024
Visuels : © 2024 ARD/Degeto