vendredi 10 mars 2017

« Ephrussi et Serre de la Madone » de Hugo Benamozig


Arte rediffusera le 9 mars 2017, dans le cadre de Jardins d'ici et d'ailleurs (Magische Gärtena), Ephrussi et Serre de la Madone (Ephrussi & Serre de la Madone), documentaire de Hugo Benamozig. Collectionneuse d’art, dreyfusarde, la belle baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild (1864-1934) a construit à Saint-Jean-Cap-Ferrat, sur la Côte d’Azur, une villa de style Renaissance, agrémentée de jardins et décorée avec raffinement.


« Au début du XXe siècle, les grandes fortunes d'Europe se délassent sur la Riviera française et profitent de la douceur du climat pour créer de magnifiques parcs autour de leurs villas ». La voie ferrée entre Paris et Marseille révolutionne. La French Riviera est à 24 heures de la capitale. Les Anglais "délaissent les palaces, et découvrent une nature luxuriante, et acquièrent des parcelles, construisent des villas qu'ils entourent de jardins".

Le jardin Serre de la Madone
« Discret et élégant, le jardin Serre de la Madone, à Menton, est à l'image de son créateur, le major Johnston, un Anglais passionné de botanique » et de plantes exotiques : il a participé à la guerre des Boers pendant laquelle il découvre des plantes. A son retour en Angleterre, il organise des voyages d'études pour répertorier ces plantes. Le "jardin se mêle au maquis et à la forêt". Des terrasses agricoles étaient alors plantées de citronniers. Les cyprès confèrent le caractère du terroir. Ce jardin complexe, d'acclimatation, exotique, est structuré par des lignes rectilignes. "L'atmosphère de la Belle Epoque semble resurgir". Dans le jardin : 120 mètres  de dénivelé. Ce jardin est un refuge, avec des espaces intimes pour ce solitaire et ses invités.

Depuis 30 ans, ce Jardin,qui avait été abandonné, est géré par le Conservatoire du Littoral. Depuis 2004-2005, des essences sont plantées chaque année. La mahonia s'avère l'arbuste emblématique de ce jardin. L'un des mahonias fleurit en hiver.

« Joyau de la Côte d’Azur »
« À quelques kilomètres de là, la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild (1864-1934) a transformé ses jardins en écrins baroques dédiés aux plaisirs mondains ». Des "jardins composites avec des plantes exotiques" du onde entier. 

Charlotte Béatrice de Rothschild est née en 1864 de l’union de membres de deux branches de cette célèbre famille juive : le baron Alphonse de Rothschild (1827-1905), régent de la Banque de France, actionnaire de la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), éminent collectionneur d'art ancien - dès 1863, il "acquit en particulier L’Astronome de Vermeer alors que le peintre n’a pas encore été redécouvert" - et donateur généreux des musées français, issu de la branche française, et Leonora von Rothschild (1837-1911) de la branche Rothschild dite « de Londres ».

Elle est élevée dans des écrins luxueux – domaine de Ferrières, hôtel particulier parisien de Talleyrand - où l’art est omniprésent.

En 1883, belle, cultivée, intelligente, nerveuse, elle se marie avec Maurice Ephrussi (1849-1916), milliardaire russe juif, merchant-banker originaire d’Odessa (dans l’actuelle Ukraine), qui a édifié sa fortune sur des activités bancaires et commerciales (exportation du blé). Collectionneuse d'art, la famille Ephrussi a noué des liens amicaux avec les Rothschild. "Un des cousins de son époux n'est autre que Charles Ephrussi, mécène des impressionnistes".

Maurice et Béatrice Ephrussi partagent un goût pour l’architecture, la nature et l’art. Béatrice Ephrussi de Rothschild affectionne le XVIIIe siècle français ou l’exotisme. Elle s’affiche en ardente dreyfusarde.


Mais ce mariage malheureux - la jeune femme est devenue stérile à la suite d’une tuberculose génitale, et son mari est passionné par les jeux – se solde par une séparation en 1904.

En 1905, au décès de son père, Béatrice Ephrussi de Rothschild et son frère héritent d’une fortune de 700 millions d’euros. 

Sur la Côte d’Azur, un des lieux de villégiatures de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, Béatrice Ephrussi de Rothschild achète sept hectares rocheux sur la presqu’île de Cap Ferrat, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, et y édifie en cinq ans (1907-1912) de travaux d’arasement, de nivellement du terrain et de construction, une villa magnifique au style Renaissance italienne. Prix de Rome, l’architecte Jacques Marcel Auburtin délègue à Aaron Messiah la construction de la Villa « Ile-de-France » dont le jardin épouse la forme du pont de bateau. 

La couleur dominante : le rose – colonnades du patio en marbre rose de Vérone. Le beige est la couleur dédiée aux salons, galeries, cabinets, chambres et boudoirs. Porcelaines de Vincennes et Sèvres, tapisseries des Gobelins et d’Aubusson, tableau de Carpaccio, Tiepolo et Fragonard, lavis de Boucher, pendule de Gouthière, faïences de Castelli, sculptures de Clodion, meubles Louis XVI… Des illustrations du bon goût raffiné de la propriétaire.

La villa, une « folie » à l’instar des demeures Renaissance de Venise et Florence, est alors entourée de quatre jardins conçus par les architectes-paysagistes Achille Duchëne et Harold Peto : jardins « à la française », lapidaire, japonais et roseraie. La volière était située dans le zoo.

Orpheline de sa mère en 1911, elle devient propriétaire d’un terrain à Monte-Carlo. Dans ses résidences monégasques – « Villa Soleil » et « Villa Rose de France » -, elle intègre une volière.

A Paris, elle vit dans un hôtel particulier avenue Foch.

Ses animaux de compagnie ? Deux singes et une mangouste.

Ses villas et ses collections d’art constituent la création de Béatrice Ephrussi de Rothschild. Une œuvre conçue comme son empreinte éternelle. 

Dans sa villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat, tous les dimanches, Béatrice Ephrussi de Rothschild y donne des garden parties où affluent des capitaines d'industries américains, le fils de la reine Victoria, l'aristocratie européenne... En 1911, elle demande à un créateur de roses de lui créer un rose sans épine, bicolore, odorante. "De couleur rose caminé, chamoisé, teinté cuivre, cette rose odorante a vu le jour en 1911 grâce à l’obtenteur Paul Nabonnand". Une fleur qui a disparu de la French Riviera.

La villa « Ile-de-France  » est léguée, ainsi que ses collections d’art, en 1933 à l’Institut de France. Elle accueille le public dès 1937, et environ 130 000 touristes par an. Majestueuse, elle offre des lieux de tournages pour des films : Lady L de Peter Ustinov, avec Sofia Loren et David Niven (1965), Mortelle randonnée de Claude Miller avec Michel Serrault et Isabelle Adjani (1983)...

Son frère cadet, Edouard de Rothschild, hérite de sa fortune à son décès. 

En plus des jardins à la française, japonais, roseraie et jardin lapidaire, de nouveaux espaces sont créés : les jardins espagnols, italien, exotique avec des "plantes succulentes", provençal.


"Avec 162 000 visiteurs en 2015, la Villa Ephrussi de Rothschild est aujourd'hui l'un des lieux culturels les plus visités de la Côte d'Azur. La Fête des Roses et des Plantes accueille environ 7 000 visiteurs sur un week-end chaque printemps".


Présentation de la Villa Ephrussi de Rothschild par Culturespaces, délégataire de cette Villa depuis 1992
  
"Pour la construction de la Villa entre 1907 et 1912, elle s'adjoint les talents de tous les experts et marchands, amis de la famille. Un conseil d'excellence efficace, à en juger par les pièces exposées ici. La prospection, à travers le monde commence, jubilatoire et élitiste. Les recherches portent leurs fruits : la baronne fait parvenir par le train de Beaulieu des œuvres qu'elle sélectionne sur le quai de la gare. Petite anecdote : un jour, elle achète les ruines d'une chapelle pour ne garder qu'une fresque !
Au cours de ses pérégrinations, elle affirme, outre sa passion pour l'art, son amour de la nature. Vérone, Florence, Venise entre autres, des jardins exotiques aux déserts, tout la fascine. Et naturellement, elle s'entoure d’œuvres d'art dans sa Villa qui illustre à merveille l’éclectisme de ses goûts.
La baronne séjourne une dizaine d’hivers dans ce palazzino puis la loue ou la met à disposition des différents membres de sa famille. Elle s'éteint en 1934 à l'âge de 70 ans, léguant sa propriété à l'Académie des Beaux-Arts.

La Belle Époque de la Riviera
La Riviera. Un nom évocateur de luxe, de richesse et dont le climat incite à la douceur des mœurs. Un condensé d'élégance sur quelques kilomètres entre ciel et mer. Emplacement idyllique pour les volontés impérieuses de Béatrice. En effet, apprécié pour sa beauté mais aussi pour la proximité de Nice et de Monte-Carlo, le Cap Ferrat attire à la Belle Époque l'attention de l'élite internationale, qui prend ses quartiers d'hiver sur la Riviera. En 1907, Madame Ephrussi acquiert sept hectares de terrain sur la partie la plus étroite de l'isthme.

Au pays des merveilles
La topographie de son nouvel Eden inspire déjà la baronne. Elle décide de concevoir le jardin principal comme le pont d'un paquebot. En effet, quel que soit l'endroit où l'on porte le regard, on voit la mer. Béatrice peut ainsi s'imaginer à bord du paquebot « Ile de France » et laisser remonter les souvenirs heureux d'une croisière à bord de ce navire. C'est décidé : la villa sera baptisée « Ile de France » ! L’excentrique baronne va même jusqu’à engager des figurants pour déambuler dans ses jardins, coiffés de bérets à pompon rouge !
Un paquebot en partance...

La Villa est entourée de neuf magnifiques jardins, reconnus par le label « Jardin remarquable » ; ornés de colonnades, de cascades, de bassins, de parterres fleuris, d’allées ombragées et d’arbres aux essences rares : jardins florentin, espagnol, à la française, exotique, lapidaire, japonais, provençal, roseraie et enfin jardin de Sèvres.

La réalisation des jardins nécessita cinq ans de travaux, de 1907 à 1912. Comme pour la Villa, elle a fait appel à des personnalités de renom comme Harold Peto (dont on trouve trace des plans au musée de la villa). Paysagiste fort prisé en Europe et aux États-Unis, il a bâti sa réputation sur la création de jardins d'inspiration classique. Senteurs et splendeurs des essences, diversité des plantations ravissent le visiteur, étonné et charmé par tant de magie végétale. Pénétrer dans cet Eden, c'est embarquer pour un voyage autour du monde. Une croisière transatlantique.

Le jardin à la française domine tous les autres; par sa taille et par son emplacement. Il se trouve dans le prolongement direct de la Villa. Du bâtiment, la perspective, magnifique, s’impose : en face de la Villa, le temple de l'Amour s’inspire de celui de Trianon et domine la cascade à degrés. La pente de celle-ci a d'ailleurs été spécialement structurée pour donner à l'eau un effet de blancheur, le fameux « châle d'eau » des Orientaux.
Côté jardin, le lieu offre aux amoureux de l'art une vue unique sur le palazzino. L'été, lotus et nénuphars colonisent les grands bassins. Les pelouses, ornées de pots à feux classiques et de grands vases Renaissance italienne, se prélassent dans un agencement parfait. Émerveillement face à une nature épanouie et pourtant si structurée.
En descendant les grandes marches depuis la cours d’honneur, le visiteur atteint le jardin espagnol. Datura, jasmin, chèvrefeuille exhalent leurs parfums entêtants. Aranjuez n'est pas loin... À l'extrémité de ces escaliers, une grotte est cachée derrière les colonnes de marbre rose. Au milieu de la grotte se trouve la fontaine au dauphin. Grâce à elle, le bassin prend toute son importance dans le décor et s'étend au pied de la pergola. Une pause hors du temps, à l'ombre des colonnes.
Au-delà du bassin et de la pergola, le jardin florentin et nouveau changement d'univers. En son centre, un escalier en fer à cheval encadre une grotte rocailleuse. Derrière les philodendrons et les jacinthes d'eau, un éphèbe de marbre détourne le regard du panorama.
Neuf jardins de rêve
En suivant l'allée florentine, bordée de cyprès, le visiteur parvient au jardin lapidaire. Un spectacle étrange intrigue par une accumulation recherchée d'œuvres d'art, de provenances et d'époques diverses. Sous le camphrier, se trouve un rassemblement disparate d’œuvres pour lesquelles la baronne n’a pas trouvé de place à l’intérieur de la villa : arceaux, fontaines, chapiteaux, bas-reliefs du Moyen Âge et de la Renaissance, gargouilles monstrueuses, grotesques en pierre ou encore gnomes siciliens.
Le jardin japonais "Cho-Seki-Tei" - qui signifie « jardin où l’on écoute tranquillement l’agréable bruit des vagues au crépuscule » - plonge le visiteur dans un monde zen. Conçu et réalisé par le professeur Masao Fukuhara, ce jardin japonais présente le traditionnel pavillon en bois, le pont, les lanternes et les vasques qui illustrent plus de mille ans de tradition japonaise. Apaisement assuré. Il est restauré en mars 2016.
Le jardin exotique est le royaume des cactées et des succulentes. Seuls ou par groupe serrés, ils semblent défier l'azur.
Le bouquet final de ce feu d'artifice est la roseraie. Plusieurs variétés de la fleur fétiche de Béatrice embaument ce lointain bout de jardin. Un coin à part, avec son petit temple hexagonal. Au centre de celui-ci, pour seule habitante, une divinité, allégorie de la source.
À ne pas manquer non plus, le jardin anglo-provençal sur le flan est, ainsi que le jardin de Sèvres qui achève la visite avec le salon de thé.



Le palais d’une collectionneuse
Une folie vénitienne
Impérieuse, Béatrice exigeait l'excellence. De 1907 à 1912, pas moins de quinze architectes se sont succédé et ont patiemment écouté les doléances de la baronne. Pas facile de donner forme aux rêves d'une excentrique. Surtout quand elle sait exactement ce qu'elle veut. La commanditaire est autoritaire, l'architecte devient un docile exécutant. En réalité, le véritable architecte, c'est la baronne elle-même ! Les architectes créent une demeure aux multiples réminiscences. Florence, Venise, Ravenne deviennent leur point de référence, sans oublier les patios des grands palais espagnols. La construction est toutefois achevée en 1912, après bien des tourments et des péripéties. La baronne possède désormais, réunis dans un même lieu, les fastes des plus grandes époques. Un temple du raffinement.

L’ambiance d’une demeure habitée
Les œuvres d’art que Béatrice a rassemblées tout au long de sa vie, témoignant de son goût pour l’art et les voyages sont regroupées dans les salons et appartements privés de la villa. À côté du standing des salles de réceptions fastueuses, les appartements privés de Béatrice contrastent. Même s’ils conservent toujours le même raffinement, ils possèdent cependant une intimité particulière d’où le paraître semble banni.
Le patio couvert
Il surprend par ses dimensions. Ses grandes arcades soutenues par des colonnes en marbre rose de Vérone évoquent les villas italiennes de la Renaissance. Les collections qui s’y trouvent datent de l’époque médiévale et de la Renaissance. C’est dans ce lieu que Béatrice donnait ses réceptions. Ce patio détonne avec les pièces alentour où s’étale la passion de Béatrice pour le XVIIIe siècle français
Le grand salon 
Salon le plus imposant de la villa, entièrement restauré par les Amis de la Villa, il présente un aménagement somptueux. Les boiseries peintes du XVIIIe siècle proviennent de l’hôtel Crillon à Paris. Nombreuses sont les pièces de ce salon qui ont une origine royale ou aristocratique : un des tapis porte le monogramme de Louis XV et provient de la chapelle royale du Château de Versailles, alors que le second, commandé par Louis XIV pour la Grande Galerie du Louvre. Ils ont été réalisés par la Manufacture de la Savonnerie. Le plafond est orné d’une toile du peintre vénitien Tiepolo et représente un Char de l’amour tiré par des colombes. Un des joyaux de cette pièce est la table de whist de Marie-Antoinette aux piétements à volutes et au décor de perles, estampillé Dubois.
Le petit salon.
Orné de boiserie gris trianon, deux alcôves abritent des tapisseries de la Manufacture des Gobelins et représentant des scènes du Don Quichotte de Cervantès. Sur les murs sont accrochés des tableaux : Un amour aux colombes, Diane sur les nuées et Le sommeil de Vénus réalisés par l’atelier de François Boucher ainsi que les charmantes danseuses de Frédéric Schall.

Les appartements de la baronne
Les appartements de la baronne ont gardé toute leur atmosphère. Chaque pièce dénote un grand raffinement et une grande richesse dans le choix du mobilier et des éléments décoratifs.
Le premier espace est un boudoir aux boiseries peintes dans le goût pompéien. Le secrétaire est l’oeuvre de l’ébéniste attitré de Marie-Antoinette et l’un des principaux fournisseurs du mobilier royal sous Louis XVI, Jean-Henri Riesener. Mais le meuble le plus rare demeure un discret guéridon octogonal, sans doute conçu par Adam Weisweiler, orné de scènes animalières et composés de réelles plumes d’oiseaux et ailes d’insectes se détachant sur un fond de cire.
Orientée à l’ouest vers le soleil couchant, la Chambre de la baronne donne sur la rade de Villefranche. Le lit de la maîtresse des lieux est recouvert d’une soierie de Chine brodée de multiples motifs de fleurs et d’oiseaux. La commode dans la rotonde est signée Nicolas Petit, l’un des meilleurs représentant du style transition. Le plafond de la rotonde est décoré d’une peinture de l’école vénitienne du XVIIIe siècle représentant le triomphe d’une famille patricienne.

La garde-robe conserve une série de costumes XVIIIe et début XIXe, ainsi d’une surprenante collection de costumes de mandarin et de petites chaussures chinoises du XIXe siècle. Enfin, la salle de bain attenante est un chef-d’oeuvre de raffinement : les boiseries peintes par Leriche (fin du XVIIIème siècle) dissimulent lavabo et rangements.


Des collections remarquables

Grâce aux marchands et experts, la Baronne Ephrussi de Rothschild prospecte à travers le monde entier. Elle fait de la Villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat une demeure de collectionneur épris d’éclectisme où porcelaines, tableaux de maître et pièces de mobilier se côtoient dans un souci permanent d’harmonie.

Les porcelaines
Le salon des porcelaines et la fabuleuse collection qu’il renferme sont l’une des merveilles de la Villa. Au fil de ses voyages et faisant preuve d’un goût très sûr en la matière, la Baronne Ephrussi a constitué un ensemble de porcelaines françaises, riche en pièces de Sèvres et de Vincennes, mais aussi allemandes et chinoises. Le salon des porcelaines présente les précieux vases, plats, soucoupes et assiettes, issus des manufactures royales. Un des vases présentés à appartenu à la Marquise de Pompadour, la favorite du roi Louis XV.

Les salons du premier étage
Le salon Fragonard recèle un mobilier XVIIIème siècle (bureau à cylindre de Saulnier, mobilier milanais en bois peint). À en juger par l'état de conservation parfait des oeuvres et l'atmosphère de cette pièce, la baronne aimait cet artiste de génie. Comment résister aux lavis du grand Fragonard (Femme se mirant dans un cours d'eau, Danaé visitée par Jupiter, S'il m'était aussi fidèle...) ?
Le salon des tapisseries, outre le mobilier Jacob recouvert de tapisseries de Beauvais offre un large éventail des arts du XVIIIème siècle : des tapisseries, une table de tric-trac, un secrétaire à Bonheur-du-jour et un tapis de la Savonnerie.
Le salon des singeries : pied de nez de l'excentrique de la Riviera ? Référence savoureuse au siècle des lumières? Peut-être, mais plus sûrement, bel hommage à ces petits animaux que la baronne affectionnait tant. Ce motif montre sa passion du XVIIIème siècle et sa propension à l'originalité. Au XVIIIème siècle, la fable et le pittoresque animalier sont à l'honneur. Ainsi, sur les lambris, le peintre néglige les chinoiseries pourtant à la mode, leur préférant ces curieux singes mimant les défauts des humains. C'est ce même sens de l'amusement qui triomphe dans les porcelaines de Meissen : les petits animaux en costumes jouent une petite musique, que le visiteur n'est pas prêt d'oublier !
Enfin, le salon d’art d’Extrême-Orient, dans le goût des cabinets de Chinoiseries de la fin du XVIIIème siècle, présente des portes laque et or provenant du Palais Impérial de Pékin et une collection de quartz rose et de précieux jades blancs".


Villa et Jardins Ephrussi de Rothschild 
06230 Saint-Jean-Cap-Ferrat 
Tél : 04 93 01 33 09 
 Tous les jours : 10 h – 18 h. En juillet et août : 10h – 19h De novembre à janvier: semaine 14h – 18h / week-end et vacances scolaires 10h – 18h 
 A 8 km de Nice et 12 km de Monaco, la Villa Ephrussi de Rothschild domine la rade de Villefranche et la baie de Beaulieu.

« Ephrussi et Serre de la Madone » par Hugo Benamozig
2015, 26 min
Sur Arte les 21 avril à 17 h 45, 12 mai à 6 h et 19 mai 2016 à 6 h 25, 9 mars 2017 à 17 h 45

Visuels :
Documentaire : © Bo Travail
Culturespaces :
Extérieur 8 © S.Lloyd
Galeries © S.Lloyd
Intérieur © S.Lloyd
Extérieur 7 © S.Lloyd
Loggia © S.Lloyd
© S.Lloyd
Roseraie © S.Lloyd
Extérieur 8 © S.Lloyd
Grand Salon 2  © C. Recoura
Galeries © C. Recoura
Grans Salon © S. Lloyd
Petit Salon © S.Lloyd
Appartements de la baronne © S.Lloyd
Appartements de la baronne © C.Recoura

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte et de Culturespaces. L'article a été publié le 19 avril 2016.

2 commentaires:

  1. Un obtenteur local avait créé pour elle une rose, 'Béatrice Ephrussi'. Le documentaire d'arte m'apprend que cette fleur parfumée a disparu de la Côte d'Azur. Mais peut-on encore la trouver?

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    1. Je l'ignore. Peut-être en cherchant dans les archives, catalogues anciens d'horticulteurs ou de cet obtenteur Paul Nabonnand ayant créé cette rose odorante.

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