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lundi 2 octobre 2023

« Sous contrôle » d’Erwan Le Duc

Arte diffusera le 5 octobre 2023 dès 20 h 55 « Sous contrôle », série réalisée par Erwan Le Duc. « Propulsée ministre des Affaires étrangères, une directrice d'ONG respectée découvre les coulisses absurdes de la diplomatie. Une série comique et frondeuse sur l'exercice du pouvoir, portée par une Léa Drucker jubilatoire. » Décevant. Ennuyeux.

« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre 
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
« Sous contrôle » d’Erwan Le Duc
 
« Propulsée ministre des Affaires étrangères, une directrice d'ONG respectée découvre les coulisses de la diplomatie et de la politique. Série  politique comique et frondeuse, « Sous contrôle » est portée par une Léa Drucker jubilatoire en femme de tête idéaliste confrontée à l’exercice du pouvoir dont elle ne connaît pas tous les codes ».

« L'humanitaire est-il soluble dans la politique ? C'est la question que pose, avec beaucoup de malice, le parcours de Marie, contrainte de revoir ses convictions morales à la baisse lors d'un séjour sous les ors de la République ». 

« Sous contrôle part d'une situation dramatique pour mieux dépeindre un monde politique décalé, où les impératifs de la communication triomphent allègrement du bon sens. »

« L'époque n'est pas au débat mais au clash », explique à Marie sa pragmatique conseillère. »

« Dont acte : après avoir enchaîné les bévues, la débutante va apprendre à maîtriser les règles du jeu et tenter de les employer à bon escient ». 

« Aux manettes de l'écriture de cette série, l'auteur belge Charly Delwart insuffle un humour anglo-saxon à cette satire où les réunions de crise se font dans des placards à balais et où les terroristes font remplir à leurs otages des questionnaires de satisfaction ». 

« Devant la caméra d'Erwan Le Duc (Perdrix), les comédiens interprètent avec jubilation des dialogues sagaces (frôlant parfois l'absurde). En tête, Léa Drucker lâche prise de manière réjouissante au fil des épisodes, à mesure que son personnage est dépassé par les événements. »

Cette série véhicule le stéréotype louangeur de la directrice d'ONG idéaliste, efficace, respectée. Or, divers scandales ont révélé le cynisme et l'arrivisme, l'incompétence à diriger une administration, voire la trahison des intérêts nationaux, de dirigeants d'ONG dépendantes d'argent étranger, dispensant des salaires très élevés à leurs dirigeants partiaux, etc. 


« Dirigeante appréciée de la célèbre ONG Docteurs du monde, Marie Tessier allie l'idéalisme à l'efficacité ». 

« Le président de la République lui demande de remplacer au pied levé le ministre des Affaires étrangères, qui vient de faire un burn-out ». 

« Secondée par son fidèle bras droit Harold, Marie est confrontée dès son arrivée à une prise d'otages menée par une organisation terroriste au Sahel ». 

« Le président souhaite que cette affaire soit résolue dans le plus grand secret ». 

« Plongée dans un environnement où l'absurdité se mêle à une incompétence généralisée, Marie tente de se persuader que tout est sous contrôle… »

« Sur la base d'un questionnaire loufoque envoyé par l'État français, les terroristes de l'organisation AIAO fournissent des preuves de vie des otages. »

« Marie lance un processus de négociation en "concertation" avec les autres ministres européens concernés par l'affaire… »

« Un accord est laborieusement trouvé et le versement doit impérativement rester secret.
« Marie annonce la nouvelle de la libération des otages aux familles alors que l'argent fait demi-tour avant d'atteindre sa destination. « 

« L'affaire des otages fait maintenant la une des médias ».
« Cible des moqueries de l'opinion, Marie accumule les maladresses tandis qu'en privé sa fille lui reproche son absence. »
« La situation lui échappe définitivement lorsque les autres ministres européens décident de négocier de leur côté la libération de leurs ressortissants ». 
« À bout, Marie est à son tour au bord du burn-out… »

« Marie tente d'utiliser ses succès dans le domaine humanitaire pour reprendre la main sur l'affaire des otages. »

« Furieux, le président la somme de donner une conférence de presse pour rétablir une version officielle. » 

« Coachée par sa conseillère en communication, Marie change de tactique, et s'attire les foudres de son petit ami, Thomas. »

« Marie et son adjoint Harold sont relégués au ministère des Sports. Marie veut continuer à suivre l'affaire des otages, mais son successeur la méprise et le président l'ignore. »

« Cependant, la valse des ministres suscite le mécontentement des terroristes qui demandent à traiter avec elle ». 

« Marie conclut la négociation et pense tenir sa revanche, avant de comprendre qu'on ne lui a pas tout dit… »

« Déterminée, Marie parvient à rejoindre le repaire des terroristes d'AIAO au Sahel en prétendant qu'elle est envoyée par la France pour négocier. »

« Le président est coincé : il doit annuler l'opération militaire secrète et envoyer un avion avec la rançon. Mais les otages avaient planifié une évasion justement cette nuit-là… »

« L'équation impossible  »
Entretien avec Charly Delwart

« Charly Delwart est écrivain (derniers livres en date : Databiographie, Le grand lézard, Que ferais-je à ma place ?). Sous contrôle, sa première série, illustre un genre peu couru en France : la comédie politique, qui met à profit le décalage loufoque pour montrer les dysfonctionnements du pouvoir. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène »

« Qu’est-ce qui vous a inspiré l’idée de Sous contrôle ?
Charly Delwart : J’avais envie de faire une comédie sur la politique depuis longtemps. Ce qui m’intéresse, c’est le caractère impossible de ce métier : comment parvenir à agir malgré les nécessaires compromis ou compromissions ? Quand on vient du civil, et à plus forte raison de l’humanitaire, le défi est encore plus grand. Confronter ces deux modes de comportement, d’arbitrage des situations, était une manière de montrer la complexité de la fonction, qui consiste à résoudre en permanence une grande équation aux données changeantes. Le fait d’avoir un personnage qui est une nouvelle arrivante, avec une habitude du pouvoir sans en avoir pourtant tous les codes, permettait ainsi de mieux plonger avec elle dans les coulisses de ce monde.

Aviez-vous des références en la matière ?
J’admire le travail d’Armando Iannucci, le scénariste et réalisateur des séries The Thick of It, Veep, et du long métrage In the Loop. Il met en scène les dessous de la politique comme un terrain de jeu cruel et hilarant. J’ai aussi pensé à We Are Four Lions, qui raconte l’apprentissage du terrorisme par une bande de bras cassés. Mais j’ai dû aussi m’éloigner de ces références anglo-saxonnes, qui s’autorisent à aller très loin dans le cynisme car elles s’adressent à un public habitué à cet esprit. Sous contrôle ne cherche pas à dénigrer la classe politique, mais à en exposer certaines failles et absurdités, à montrer les femmes et les hommes faillibles derrière la fonction, qui doivent agir sans en avoir parfois le mode d’emploi. Le fait que le personnage de Marie Tessier se retrouve à gérer une prise d’otages permet de pousser les curseurs un cran plus loin, de tendre le récit, en créant une situation paroxystique dès le premier jour de son mandat comme nouvelle ministre des Affaires étrangères…

À quel point la série est-elle documentée ?
L’histoire de la prise d’otages m’a été inspirée par un article du Monde sur la capture de plusieurs employés d’Areva au Niger en 2010. Cet article dévoilait les dysfonctionnements qui avaient accompagné la gestion de la situation, notamment le fait que deux filières de négociation avaient été établies en parallèle, mettant les ravisseurs dans l’embarras, de même que le changement à la tête de l'État français – Nicolas Sarkozy et François Hollande n’avaient pas la même approche du problème… À partir de cette histoire, j’ai fait beaucoup de recherches, tant sur le monde politique que sur la gestion des prises d’otages et les récits de captivité. La série s’en est nourrie pour mêler au bout du compte le vrai et le faux, tout en restant ancrée dans la réalité. L’esprit est celui d’une comédie de bureau, tant dans les arcanes du Quai d’Orsay que dans les sphères du kidnapping au Sahel. Vincent de Crayencour, un diplomate qui a été officier de marine dans les forces spéciales avant de rejoindre le ministère des Affaires étrangères, m’a conseillé sur le versant administratif et militaire de l’intrigue, pour assurer la crédibilité des situations.

Le format de la série s’est-il imposé tout de suite ?
Trente minutes, c’est la forme canonique de la comédie à la télévision. Ce format me permettait de développer à la fois le côté "sitcom" de la série, avec de purs moments de comédie, et un récit construit, qui crée une attente chez le spectateur. En devenant ministre, Marie Tessier acquiert davantage de pouvoir mais voit sa marge de manœuvre diminuer. Comment va-t-elle gérer cette problématique ? Le scénariste Benjamin Charbit, qui a collaboré à l’écriture, m’a aidé à structurer et à faire progresser l’action autour de cette tension. 

La comédie naît des situations, mais aussi des mots. On sent dans votre écriture un vrai goût pour les dialogues…
J’aime le discours, les batailles de mots, les digressions absurdes. Le milieu de la diplomatie était pour cela un terrain idéal. À ce jeu, Léa Drucker a été parfaite. Elle a un débit de parole très rapide et a su insuffler une énergie singulière à son personnage. Avec Erwan Le Duc, nous avons cherché des comédiens capables de jouer sur des registres différents et plusieurs niveaux de comédie. Léa Drucker, Laurent Stocker et Samir Guesmi, entre autres, incarnent cette variété de tons. »

« J’ai été conquise par le mélange de drôlerie et d’insolence  »

« Dans Sous contrôle, Léa Drucker incarne une charismatique patronne d’ONG transformée en ministre au bord de l’implosion. Un baptême politique mouvementé qui lui permet de laisser libre cours à son talent comique. Entretien. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène ».

« On ne vous voit pas souvent dans des comédies, pourtant vous y semblez comme un poisson dans l’eau…
Léa Drucker : Quand j’étais jeune actrice, je pensais que si je devais avoir une
carrière, ce serait dans la comédie, même si c’est un art difficile, et qu'on ne s’y amuse pas toujours autant qu’on pourrait le croire… J’en ai fait beaucoup à mes débuts, principalement au théâtre, et puis au cinéma avec Julien Rambaldi, dans Les meilleurs amis du monde et C’est la vie, mais le chemin parcouru en a décidé autrement. La série Sous contrôle s’est présentée comme une proposition audacieuse, un pari. J’ai été conquise par le mélange de drôlerie et d’insolence qu’exprimait l’écriture de Charly Delwart.

Qu’est-ce qui vous a intéressée dans le personnage de Marie Tessier ?
Le fait qu’elle ne soit pas adaptée. C’est une femme de terrain, engagée, empathique. Tout d’un coup, on lui demande de se glisser dans un autre costume et d’apprivoiser des codes totalement étrangers. Contrairement à ce que pense le président de la République, joué par Laurent Stocker, elle n’est pas du tout taillée pour le Quai d’Orsay ! Alors elle y va trop fort, trop vite, et elle perd ses moyens. J’aime les personnages qui ne cadrent pas avec le décor.

Vous lui insufflez quelque chose de très physique, qui en fait comme une boule d’énergie comique.
Avec le réalisateur Erwan Le Duc, nous nous sommes très vite mis d’accord sur cette caractérisation. Marie est volubile, elle ne tient pas en place, elle a besoin de se mettre en danger. Je pense à ces actrices des grandes comédies américaines que j’adore, Katharine Hepburn ou Rosalind Russell. Elles étaient capables de parler à toute vitesse tout en étant très spirituelles. Marie, elle, est plutôt comme un éléphant dans un magasin de porcelaine… C’était très amusant de jouer cela en duo avec Samir Guesmi, dont le personnage, à l’inverse, se définit par le calme et la réflexion.

D’après vous, que lui apprend cette expérience politique chaotique ?
Probablement la nécessité d’être plus présente pour ses proches, mais aussi l’envie de continuer à être dans l’action. Quelle sera sa prochaine mission ? Elle ne le sait pas, mais elle l’attend, forte de l’expérience qu’elle a vécue au milieu de toute cette absurdité. Le président et son entourage sont décalés, pétris de névroses qui les font paraître loufoques en regard de leurs hautes fonctions. Contrairement à eux, Marie prend les choses à cœur et suit un chemin intérieur. »


« Sous contrôle » d’Erwan Le Duc
France, 2022, 32 min
Production : Ex Nihilo, ARTE F, Karoninka
Producteurs : Muriel Meynard, Marc Bordure
Scénario : Charly Delwart, Benjamin Charbit
Image : Jordane Chouzenoux
Montage : Amélie Massoutier
Musique : Julie Roué
Costumes : Anne Sophie Gledhill
Décors de film : Gaëlle Usandivaras
Chargée de programme : Clémentine Bobin
Son : Olivier Pelletier
Avec Léa Drucker (Marie Tessier), Samir Guesmi (Harold Drassin), Laurent Stocker (Ferdinand Saulnier), Samuel Churin (Marc Bragier), Machita Daly (Cléa), Youssef Sahraoui (Chef AIAO), Bass Dhem (le berger), Lya Oussadit-Lessert (Emma), Yannick Landrein (Jules Mesniac dit Chirak), Hughes Jourdain (Adrien Pivron dit Macron), Nikola Kmirnac (Milos dit Demis Roussos), Jürgen Genuit (Hans dit Merkel), Emanuele Arioli (Luigi dit Berlusconi), Louise Laine (Jeanne), Laëtitia Spigarelli (mère de Jeanne), Hélène Theunissen (mère d’Adrien), Paul Minthe (père d’Adrien), Patrick d’Assumçao (chauffeur)
Bass Dhem (le berger)
1er épisode : le 5 octobre 2023 à 20 h 55
2e épisode le 5 octobre 2023 à 21 h 25
3e épisode le 5 octobre 2023 à 21 h 55
4e épisodele 5 octobre 2023 à 22 h 25
5e épisodele 5 octobre 2023 à 22 h 55
6e épisode : le 5 octobre 2023 à 23 h 20
Disponible du 27/09/2023 au 03/12/2023


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