Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 29 septembre 2014

« Que la lumière soit ! » de Yoël Benharrouche


La galerie Nuances et lumière a présenté une exposition individuelle d'œuvres récentes – acryliques sur toiles - du peintre Yoël Benharrouche. Cet artiste israélien exprime sa foi dans l’harmonie et le bonheur du couple. Il imprègne son art lyrique, mêlant des influences cubistes à l’art calligraphique à son goût pour les collages, d’une dimension spirituelle juive marquée par la place centrale de Jérusalem. Un de ses tableaux est proposé lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Né en 1961 à Beer-Sheva (Israël), Yoël Benharrouche s’installe avec sa famille à Nice en 1974, et suit les cours à l’Ecole des Beaux-arts jusqu’en 1985. Parallèlement, il étudie les textes bibliques. Il vit en Israël depuis 1993.

Cet artiste peint toujours le mouvement, le déséquilibre comme moteur pour avancer.

Il offre une vision dynamique et douce de la vie. Ses personnages portent des costumes orientaux, aux pantalons bouffants, et sont parés de chevelures ondoyantes. Il les met en scène comme des personnages de spectacles musicaux, jouant de la guitare ou du piano. Le couple composé d’êtres complémentaires vit en fusion (« Le cercle est une forme qui révèle la vie »).

Il affectionne les paysages de cités ensoleillées caractérisées par des maisons aux hautes coupoles (« Ville du ciel sur les trois roues de l’équilibre »).

En 2004, à la Galerie Art Symbol, des influences cubistes sont plus prégnantes (« Le langage du corps ») dans son exposition Parfum de Terre. Certaines œuvres sont bi-ou trichromes, saturées de rouge ou bleu (« Un souffle qui me joue les mélodies de l’espace »).

« Je pense que l’Art en général est la preuve que le lien entre la Terre et le Ciel existe et l’artiste doit parvenir à véhiculer cette pensée spirituelle jusqu’au point de sa cristallisation dans la matière », m’expliquait M. Benharrouche en 2004. Et d’ajouter : « La matière et la terre s’imprègnent de ce ciel. La terre devient alors un corps plein d’âme... »

Si vous vous promeniez sur les Champs-Elysées en 2012, vous pouviez aller à la Galerie Bartoux pour découvrir l'exposition de Yoël Benharrouche, présentant une vingtaine d’œuvres narratives et figuratives.

Le tableau Danse de la vie de Yoël Benharrouche est proposé lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Du 18 novembre au 9 décembre 2013
A la galerie Nuances et lumière
4, cours de la liberté - 69003 Lyon, France
Tel. +33(0) 4 37 48 09 71
Du lundi au samedi de 9 h à 19 h 30. Le dimanche de 14 h 30 à 18 h 30
Vernissage le 24 novembre 2013 de 12 h à 21 h en présence de l'artiste

Jusqu’au 4 novembre 2012
Exposition « Que la lumière soit ! »
A la galerie Bartoux, galerie d’art Elysées
Elysées 26 – 26, avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris
Tél. : 01 42 89 41 21
Du mardi au samedi de 10 h 30 à 20 h, le dimanche de 11 h à 20 h

Visuels :
Contact silencieux de l'amour
100 x 100 cm 

La grande préparation
100 x 80 cm 

L'amour vécu avec Jérusalem
100 x 80 cm 

L'esprit limpide
50 x 60 cm

Danse de la vie
Terragraphie, technique artisanale avec sable
70 x 110 cm

Articles sur ce blog concernant :
 Cet article a été publié par Guysen, puis sur ce blog le 31 octobre 2012, 22 novembre 2013.

dimanche 28 septembre 2014

Regards sur les ghettos


Le Mémorial de la Shoah a présenté l’exposition Regards sur les ghettos, peu didactique, et « islamiquement correcte ». « Près de 500 photographies peu connues de ghettos » en Europe dont les auteurs sont des photographes juifs, soldats allemands, propagande nazie… : une exposition aux regards pluriels », mais occultant notamment les ghettos au Maroc.
Provenant de collections en Europe, en Amérique du Nord ou en Israël, l’exposition « présente près de 500 photographies peu connues des ghettos, prises dans différents ghettos (plus de 400 ghettos existèrent) », indique le dossier de presse de cette exposition.

Or, l’Encyclopedia of Camps and Ghettos, 1933-1945: Ghettos in German-Occupied Eastern Europe (The United States Holocaust Memorial Museum, Indiana University Press, Collection Encyclopedia of Camps and Ghettos, 2012) dirigée par Geoffrey P. Megargee et Martin Dean, a recensé plus de 1 100   ghettos sous férule nazie en Europe de l’Est dans lesquels les Nazis ont assassiné des centaines de milliers de Juifs.

Vernissage presse
Lors du vernissage presse du 12 novembre 2013, interrogée par un journaliste, la commissaire de l’exposition  ignorait pourquoi le Mémorial de la Shoah organisait cette exposition. Une historienne du Mémorial est venue en renfort pour expliquer que le thème du ghetto est un éventuel thème possible chaque année, puis que l’année 2013 rappelle le 70e anniversaire de la liquidation de ghettos.

J’ai regretté publiquement l’absence d’une carte localisant tous les ghettos en début d’exposition et la carence, dans l’espace réservé à chaque ghetto évoqué, d’une carte situant la ville dont ce ghetto est illustré par une série de photographies. Réaction du Mémorial de la Shoah : la carte à l’entrée de l’exposition suffit : elle situe les villes des seuls ghettos photographiés. Pourtant, une carte de tous les ghettos aurait révélé une politique délibérée de création de ghettos, conçus comme une étape cruciale dans l’élimination des Juifs. Mais cela aurait contredit la thèse de cette exposition. 

« Pourquoi ne pas mentionner les Juifs contraints d’aller dans les Mellah, ghettos dans des villes marocaines ? », ai-je demandé.

Commissaire scientifique de l’exposition et professeur au département d'histoire juive et de la communauté juive contemporaine à l'Université hébraïque de Jérusalem, Daniel Blatman a distingué le mellah du ghetto : le ghetto visait à séparer les Juifs des chrétiens. « Et le mellah a séparé les Juifs des chrétiens et des musulmans », ai-je répliqué en soulignant que si le terme était différent, ghettos comme mellahs séparaient les Juifs des non-Juifs.

Et cet universitaire d’alléguer : « Les Juifs sont arrivés au Maroc, en terre d’islam ». Je lui rappelle que les Juifs étaient généralement des autochtones au Maroc, présents bien avant la conquête arabe.

Je me suis étonnée aussi de cette légende d’une photographie sur le ghetto de Varsovie: « Transport des morts par la société juive de pompes funèbres, la Hevra Kadisha. Transport of a body by the Jewish burial society, the Hevrah Kadisha ». J’indique que cette légende risque de laisser penser aux visiteurs, parfois ignorant du judaïsme, que la Hevra Kadisha est une SARL ou une SA, alors que la Hevra Kadisha est une « expression araméenne qui signifie : la sainte assemblée. Elle désigne l’ensemble des personnes, hommes et femmes, qui officient dans la préparation et l’organisation de l’inhumation) »… Pour Rachi, « l’accompagnement au dernier moment de la vie d’un homme se nomme bonté de vérité, parce qu’on ne cherche nulle récompense (de leur part)  ». La Hevra Kadisha  est une mitzva.

Il est pour le moins surprenant que personne, ni le traducteur, ni les commissaires de l’exposition, ni le directeur cet établissement Juif, n’ait relevé ces faits.

Sophie Nagiscarde, l’une des deux commissaires générales, m’a proposé de lui indiquer d’éventuelles autres erreurs pour les faire rectifier. Comment ses recherches historiques d’archives photographiques ne l’ont-elle pas amenée aux mellahs marocains au Maroc !?

A l’évidence, mes remarques ont gêné le Mémorial de la Shoah, dont le directeur Jacques Fredj a exprimé l’étonnement. Une autre journaliste a pourtant abondé en mon sens sur l’absence de cartes localisant chaque ghetto en Europe orientale dans chaque espace dédié. Peine perdue. 

Quant à l’absence de toute mention sur les ghettos au Maroc, Jacques Fredj a semblé se dédouaner en évoquant une exposition sur les Juifs de Tunisie - en 2002 - et un colloque vers 2012-2013 sur les Juifs d’Afrique du Nord. Deux manifestations en une dizaine d’années, cela suffirait ?! « Evoquer les mellahs dans cette exposition, mais vous n’y pensez pas ! On nous aurait dit que c’est ridicule de comparer les deux situations. Enfin, les Juifs en Europe ont été astreints aux travaux forcés, envoyés en camps d’extermination », assène Jacques Fredj. Je réplique : « Des Juifs ont été contraints de quitter leurs domicile pour survivre dans des mellahs marocains qui étaient des ghettos. Les Juifs d’Afrique du Nord ont eux aussi été contraints à des travaux épuisants, des dizaines de Juifs de Tunisie ont été déportés. Et le Mémorial de la Shoah a organisé un colloque dressant un parallèle entre la Shoah et le génocide commis contre les Tutsis et les Hutus modérés ». « Mais 800 000 Juifs sont morts dans les ghettos ! », s’insurge Jacques Fredj. Je reconnais le nombre plus élevé de Juifs tués lors de la Shoah sur le continent européens, et je souligne la pertinence d’inclure l’histoire des mellahs marocains dans celle globale des ghettos lors de la Seconde Guerre mondiale, que les Nazis ont occupé la Tunisie, loin du continent européen, neuf mois et non cinq ans, etc.

Un dialogue de sourds.

Cette exposition révèle le faible intérêt, voire l’ignorance ou le mépris pour l’histoire des Juifs ayant vécu dans les protectorats ou départements français d’outre-mer. Il s’ensuit non pas une concurrence des mémoires – l’histoire de ces Juifs est généralement occultée -, mais une histoire tronquée, peu compréhensible car « islamiquement correcte ». Ainsi, le site Internet du musée et mémorial aux Etats-Unis sur l’Holocauste  (USHMM), indique dans une page non actualisée  sur les ghettos : « La plupart des ghettos (situés uniquement en Europe orientale sous occupation allemande)… » Mais l’USHMM relève aussi que des Juifs marocains ont été contraints de quitter les quartiers européens pour se rassembler dans des mellahs (« In Morocco, Jews who had moved into European urban neighborhoods were forced to move back to the traditional Jewish quarters, known as the mellah”).

Ces carences informatives marquent l’échec de ces musées de la Shoah à écrire une histoire générale, précise et exhaustive des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, et la faiblesse des donateurs qui n’exigent pas que soit retracée cette histoire.

Le « temps des ghettos »
« L’invasion de la Pologne en septembre 1939, marque le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les territoires annexés à l’Est, l’armée allemande rassemble les habitants juifs dans des ghettos très vite surpeuplés et insalubres ».

Le « temps des ghettos » est « considéré comme la première étape du processus génocidaire de la population juive d’Europe centrale. Ils furent liquidés en 1942-1943 et leur population conduite vers les centres de mise à mort pour y être assassinée ».

Alors que les dirigeants nazis ne divulgaient pas leur processus d’assassinats des Juifs d’Europe, de nombreux documents témoignent des ghettos instaurés par les Nazis. Ces images ont pour auteurs des « photographes dépendant du département du ministère de la Propagande allemande » et sont « souvent mises en scène à dessein de propagande antisémite ». D’autres « ont été prises par des civils juif ou polonais, photographes amateurs ou professionnels ». 

S’est ainsi constitué un « ensemble photographique » divers par ses auteurs. Propriété de collectionnaires privés ou d’archives publiques, cet « apport documentaire exceptionnel pour l’Histoire » permet « de retracer les étapes de la vie dans les ghettos ». 

L’exposition invite à analyser cet ensemble « avec précision et nuance », et « à questionner l’ambiguïté qui parfois présida à leur réalisation… Que sont ces images ? Propagande ? Témoignage ? Dénonciation pour l’Histoire ? Les réponses sont en partie données par le contexte de leur réalisation, les personnalités de leurs auteurs et bien sûr dans la lecture précise des clichés ».

La « création de ghettos pour les Juifs d'Europe orientale n’est pas le résultat d'une politique planifiée à l’avance. Certes, dès la fin des années 1930, certains dirigeants nazis (Heydrich, Göring et Hess) se sont penchés sur la nécessité de séparer totalement les Juifs allemands du reste de la société, mais ces idées ont été immédiatement abandonnées. On pensait alors que l’opinion allemande n'accepterait pas l’idée de ghettos et que, de surcroît, cela serait techniquement irréalisable. Mais après l’invasion de la Pologne en 1939, des centaines de ghettos sont progressivement mis en place pour y concentrer les Juifs du pays et, à partir de 1941, les Juifs des territoires conquis en Union Soviétique ». Avec plus d'un millier de ghettos, majoritairement en Pologne, on peut doute de l'absence de volonté nazie dans l'institution de ces ghettos.

Les buts des Allemands édifiant des ghettos : « rompre tous liens sociaux entre les Juifs et les autres populations, limiter leurs lieux d'habitation, leur liberté de circulation et surtout, les isoler de leur environnement extérieur. Les ghettos constituent aussi un dispositif administratif qui permet de centraliser le recrutement des Juifs pour le travail forcé ».

Les « premières instructions transmises aux autorités d'occupation en Pologne visent à regrouper les Juifs dans des quartiers spéciaux ; il s’agit en règle générale des quartiers dans lesquels ils résident déjà. Les besoins spécifiques des autorités d'occupation et certaines nécessités locales entraînent par ailleurs la mise en place progressive de ghettos isolés dans différentes villes. De nombreux ghettos sont clos et entourés d’un mur d’enceinte. D'autres sont ouverts jusqu'à la proclamation du couvre-feu. Certains ghettos connaissent la famine, les maladies, et la mortalité élevée ; dans d'autres, la vie quotidienne se déroule de façon plus décente ». Où ?

Le « ghetto devient un cadre de vie forcé où les victimes sont innombrables du fait de la politique nazie, mais il est aussi un cadre de vie dynamique, au sein duquel les Juifs luttent pour leur existence et pour la conservation de leur culture, jusqu'à l'évacuation des ghettos vers les camps d’extermination, à partir du printemps 1942 ». Certes, artistes Juifs des ghettos se sont efforcés de poursuivre leurs créations, le pédagogue Janus Korczak a veillé sur les enfants dont il avait la charge... Mais un « cadre de vie dynamique » !? Une expression pour le moins maladroite. Le Mémorial de la Shoah a-t-il relu son dossier de presse ?

« Parmi les fonds présentés, les photographies couleur ou noir et blanc des allemands Max Kirnberger, Willy Georg ou Heinrich Jöst, des photographes juifs Henryk Ross, Mendel Grossman ou George Kaddish. À travers une approche analytique et historique des photographies, il s’agit de retracer l’histoire de ce que furent l’enfermement et la mort lente de plusieurs centaines de milliers de Juifs dans les ghettos de 1939 à 1944. L’exposition s’articule autour de cinq thématiques : les photographes juifs dans les ghettos, les photographes de propagande nazie, révéler le Juif, le ghetto dans l’objectif nazi, les soldats allemands : photographes amateurs et l’authenticité des images ».


Jusqu’au 2 novembre 2014
Au Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy–l’Asnier 75004 Paris
Tél. : 01 42 77 44 72
Tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h

Visuels :
Affiche
Hans Bibow, chef de l'administration allemande du ghetto (à gauche) et un Juif interné dans le ghetto. Ghetto de Lodz ca. 1940-1944.
Photo : Walter Genewein.
© Musée Juif de Francfort.

Articles sur ce blog concernant :

Les textes du dossier de presse d'où sont extraits ces textes de l’exposition sont rédigés par Daniel Blatman, Johann Chapoutot, Judith Cohen, et Daniel Uziel.

mercredi 24 septembre 2014

« Dans tes yeux. La Pologne », de Ludo Tourte


Arte diffusera le 24 septembre 2014 à 10 h 55 dans la série « Dans tes yeux », le numéro consacré à la Pologne réalisé par Ludo Tourte. Au programme du séjour de Sophie Massieur, journaliste aveugle de naissance, accompagnée de son chien, la région de Cracovie : Kazimiertz, quartier juif de la ville, la mine de sel de Wieliczka et Nowa Huta, ville à l’urbanisme stalinien.


À Cracovie, ancienne capitale de la Pologne, située au bord de la Vistule, centre universitaire depuis 1364, Sophie Massieur se balade dans cette “cité des légendes” dominée par le château royal de Wawel.

Elle se rend en calèche dans le quartier juif de la ville qui abrite plusieurs synagogues, un centre communautaire ainsi qu’un petit cimetière. Elle rencontre Magda, une des rares chanteuses yiddish interprétant des chansons d'avant-guerre. C'est dans ce quartier que Steven Spielberg a réalisé certaines scènes de La Liste de Schindler. Un quartier animé notamment lors du Festival de culture juive fondé en 1988 par Janusz Makuch et Krzysztof Gierat, producteur de films et exploitant de salles de cinéma. Des manifestations publiques, dont un grand concert, composent la programmation de ce célèbre festival. A noter que le Festival des cultures juives organisé par le FSJU (Fonds social Juif unifié) à Paris se déploie uniquement dans des lieux fermés...

Sophie Massieur rencontre Lucas, un des six pompiers qui, à tour de rôle, toutes les heures du jour et de la nuit, interprètent, en se tournant successivement vers les quatre points cardinaux, le Hejnał, mélodie traditionnelle polonaise interprétée inachevée par un trompettiste du haut de la tour la plus élevée de la Basilique Sainte-Marie de Cracovie en souvenir du garde. Celui-ci en 1241, en soufflant dans son buccin, a alerté les habitants de la ville de l'attaque de la ville par les Mongols. Une flèche ennemie l'a tué, et a interrompu l'air interprété.

Sophie Massieur descend dans la mine de sel de Wieliczka, située à quelques kilomètres de Cracovie et transformée en quasi-musée. Elle est guidée par Tadeusz, mineur depuis trente ans, qui lui fait découvrir un lac salé, le sanatorium, et le  trésor édifié par des mineurs : une cathédrale “entièrement en sel à 130 mètres sous terre” haute de plus de dix mètres et décorée de sculptures. Les Mines royales de sel de Wieliczka et Bochnia et le Centre historique de Kraków sont deux des quatorze sites polonais inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

A Nowa Huta (Nouvelle fonderie, en polonais), cité modèle et nouvelle érigée dans les années 1950 et intégrée à Cracovie, la journaliste se plonge dans l’ère stalinienne et apprend sur le plan de reconstruction fondé sur l'opposition avec l'urbanisme et l'architecture traditionnelle. Un tourisme original à bord d'une voiture en plastique soixantenaire et bruyante... Sophie Massieur grimpe sur un char ayant réprimé le printemps des peuples à Prague, visite un appartement-musée tapissé de portraits du pape et de Lénine, ainsi que d'un drapeau de Solidarność.


« Dans tes yeux. Pologne », réalisé par Ludo Tourte
27 minutes
Diffusion sur Arte le 24 septembre 2014 à 10 h 55

Visuels : © DR



Articles sur ce blog concernant :

Les citations proviennent du communiqué d'Arte.


mardi 23 septembre 2014

« Hitler et ses rançonneurs - Quand les nazis échangeaient leurs Juifs » de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann


Arte rediffusera  les 23 et 29 septembre 2014 « Hitler et ses rançonneurs - Quand les nazis échangeaient leurs Juifs » (« Hitlers Menschenhändler, Juden als Austauschware »), documentaire allemand de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann - ces deux derniers sont auteurs du livre Hitlers Menschenhändler: Das Schicksal der "Austauschjuden" (Rotbuch, 2013). L’histoire méconnue de 7 000 « Juifs d’échange », otages au camp de Bergen Belsen que les Nazis ont échangés contre des armes ou de l’argent.

  
C’est un pan ignoré ou méconnu de l’histoire de la Shoah, de « la Solution finale de la question juive » auquel est consacré ce documentaire intéressant de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann. De celui-ci, Arte avait diffusé « Les otages d’Entebbe - Le combat d’Israël contre le terrorisme ».

Les « Juifs d’échange »
Pour les Nazis, certains Juifs avaient une valeur marchande. Avec l’accord d’Hitler, Himmler, chef des SS, a organisé dès 1943 ce « commerce » juteux et secret dont on trouve la trace dans les archives du ministère allemand des Affaires étrangères : échanger des Juifs d’Allemagne ayant un « bon passeport » américain ou britannique, contre des ressortissants allemands à l’étranger.

« Juifs d'échange" : c'est ainsi que les nazis désignaient les prisonniers juifs qui, par leur valeur marchande, leur étaient plus utiles vivants que morts.

Ces détenus Juifs sont regroupés au camp de Bergen-Belsen, dans le canton de Celle, au Nord de l’Allemagne. Un camp libéré par les soldats britanniques le 15 avril 1945 qui y découvrent la famine et les épidémies, et brûlent les baraquements. Sur les 120 000 prisonniers de ce camp, 14 000 devaient faire parties de cette « machination mercantile ».

Après l’invasion de la Hongrie par la Wehrmacht en 1944, Rudölf Kastner et son assistant Joel Brand, tous deux Juifs, mènent les transactions avec les nazis.

« Kastner était un homme très ambigu. Il était arrogant, ambitieux, vaniteux. Mais il était aussi très courageux. Il fallait sans doute toutes ces qualités pour négocier avec Eichmann », indique Ladislaus Löb, adolescent « Juif d’échange ».

A Budapest, Adolf Eichmann est l’ordonnateur de la déportation en quelques mois des Juifs de Hongrie, au nombre total alors d’environ 700 000 vers le camp d'Auschwitz.

En 1966, un film est-allemand de Wolfgang Luderer Lebende Ware reconstitue, en se fondant sur les informations connues lors du procès d’Eichmann à Jérusalem (1961), la rencontre des deux Juifs avec l’exterminateur de leur peuple. Eichmann leur déclare : « L’argent liquide ne m’intéresse pas. Nous avons besoin de matériel de guerre. Voici ma proposition : vous nous livrez 10 000 camions équipés de cinq pneus et je vous remets un million de Juifs à chaque frontière neutre ». Et, pour trouver ce matériel, il les renvoie vers leurs « amis à l’étranger ».

Pourquoi proposer un million de Juifs ? Lors de son procès à Jérusalem (Israël) en 1961, Eichmann répond : « C’était une tactique pour je puisse m’adresser à mes supérieurs sans courir le risque d’être immédiatement renvoyé. Si j’avais opéré par compassion ou par pitié, et parlé de 5 000 ou de 10 000 Juifs, [le général] Mueller ne m’aurait pas écouté. Mais parler d’un million, c’était inattendu et trop important pour que Mueller n’en réfère pas à ses supérieurs  ».

Kastner et Brand sauvent « 1 700 Juifs hongrois qui retrouvent la liberté via Bergen Belsen » contre deux millions de dollars versés aux nazis pour rester en vie.

A l’approche de la défaite du IIIe Reich, l’intérêt des nazis pour ces Juifs « utiles » faiblit.

A noter que des projets d’échanges de Juifs européens ont échoué en raison des pressions du grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini hostile à leur arrivée en Palestine mandataire. Cet important dirigeant arabe palestinien, mentor d'Arafat, est responsable de la mort de « 4 000 enfants orphelins Juifs polonais et de 400 juifs adultes qui furent assassinés à Auschwitz en raison de son opposition en 1942 à leur transfert en Palestine mandataire en échange de prisonniers de guerre allemands pronazis. Il a convaincu des gouvernements hongrois, roumain et bulgare pronazis d’envoyer leurs Juifs vers les camps de la mort plutôt que d’accepter leur immigration en Palestine mandataire » (Chuck Morse, The Nazi Connection to Islamic Terrorism, Adolf Hitler and Haj Amin al-Husseini. iUniverse.com, 2003).


de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann
2011, 52 minutes
Diffusions les :
-  14 septembre 2011 à 21 h 35 et 20 septembre 2011 à 10 h 55 ;
23 septembre à 23 h 20 et 29 septembre 2014 à 9 h 50.


Visuels : © NDR-Agenda Media

Articles sur ce blog concernant :
- Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens
Culture
- Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
- Shoah (Holocaust)


Cet article a été publié le 14 septembre 2011.

lundi 22 septembre 2014

Mariza Jonath, peintre et sculpteur


International Art Gallery (Paris) présente une exposition de peintures abstraites de Mariza Jonath, qui est aussi sculpteur. Des œuvres animées d'amples mouvements, colorées, dynamiques.

Ex-chargée du contrôle qualité dans un laboratoire pharmaceutique, Mariza Jonath s’oriente en 1995 vers les arts en autodidacte. Elle apprend la peinture dans les ateliers Beaux-arts de Paris, et se forme à la sculpture dans divers ateliers.

En 2002 et 2004, elle montrait ses œuvres dans une exposition collective au Viaduc des Arts avec André Chemla, créateur de céramiques Iznik, gloire des palais ottomans, et la sculpteur Myriam Franck. Souvent oriental, le style des peintures de Mariza Jonath était figuratif avec des tempera aux couleurs végétales, ou doté de forts reliefs de matières.

Un Orient aux couleurs franches, chaudes et densifiées de reliefs : sable, écorce, etc. Elle privilégie des pigments naturels - safran, rose de racines de garance, marron de coques de noix et indigo - diffusant une énergie spéciale. Aquarelles en marron, bleu et blanc, couronnées d’or pour La Zeina (belle, chérie), ses peintures transparentes sur toile portraiturent aussi des couples unis (Corps accord). Dans La Porte de la Mémoire, la photo en noir et blanc d’une Sépharade est travaillée avec un glacis pour l’intégrer dans un tableau à la matière façonnée en pierres ocres d’édifice. Comme le mirage dans un désert à la lumière éblouissante...

Mariza Jonath  exprimait des sentiments, telle la tendresse, par des mains sculptées (« Confidence », « Caresse »).


Jusqu’au 22 septembre 2014
78 avenue de Suffren - 75015 PARIS
Accès direct au 15 rue Alasseur
Tél. : 01 42 19 96 42
De 14 h 30 à 19 h

Visuels :
Aurore boréale
 100 x 100

Les mains
Cet article avait été publié par Actualité juive.

vendredi 12 septembre 2014

Richard Weisberg, peintre


Richard Weisberg  reconstitue avec nostalgie des scènes de vie d’un monde yiddish disparu. Son tableau, La bénédiction du livre, est proposé lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Autodidacte, Richard Weisberg  rappelle très vite la mémoire de ses grands-pères, Mordka et Leïbel, mort à Auschwitz. Il indique souvent, sur ses œuvres, leurs initiales au côté de sa signature.
Peintre amateur, Mordka lui a raconté sa Pologne natale. Richard Weisberg s’est donc imprégné progressivement d’un monde englouti qu’il restitue dans ses huiles et pastels, petits et moyens formats.

Un monde yiddish
Ses œuvres naïves et narratives montrent des mariages (« Danse du foulard »), des groupes humains, surtout masculins, ou de « vieux métiers » : portefaix, libraire ambulant, cordonnier, vendeur de fichus, etc. Et au travers d’eux, ce sont des sociabilités villageoises, des transmissions de savoir, des relations affectives entre personnes aux extrêmes de la vie (enfant/vieillard), des voyages (« Je ne les oublierai jamais »), des ambiances, que ce quadragénaire peint dans des tons proches des sépias, de la terre.

Autres thèmes de ses œuvres : le Pletzl (le Marais Juif à Paris), des scènes du culte juif.

Quelles sont ses sources ? Bien sûr, les souvenirs égrenés par son grand-père Mordka, les récits de l’écrivain Isaac Bashevis Singer, de vieilles cartes postales et, parfois, son imagination.

Son style noue une filiation artistique avec celui d’Ilex Beller.

Il a exposé notamment au 5e Salon des Peintres du Marais (Paris) son « art yiddish » (« Yeshiva », (« Prière à la lune »), dans diverses galeries françaises et israélienne.

Son tableau, La bénédiction du livre, est proposée lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Visuels
La bénédiction du livre
Pierre noire, huile et vernis sur papier
65 cm x 50 cm

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Cet article a été publié par Actualité juive en 2003.

mardi 9 septembre 2014

Quel avenir pour les Juifs en France ?


 Le 12 décembre 2010, s’est tenu à Paris le colloque éponyme annuel de l’UPJF (Union des patrons et professionnels juifs de France). Une après-midi de tables-rondes animées par Michel Zerbib, directeur de la rédaction de Radio J, devant un public réactif.


Dans l’Espace Pierre Cardin bien rempli - plus de 500 spectateurs, au premier rang desquels Dominique Lunel, qui assure l'interface entre la communauté juive française et le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, Christine Boutin, ancienne ministre, Ferhat Mehenni, président en France du Gouvernement provisoire kabyle, et Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy -, intellectuels, religieux et politiques ont brossé un portrait de la situation des Juifs en France dix ans après le déclenchement de l’Intifada II par Arafat.

Avec en filigrane la question : que doivent faire les Juifs français : partir ou rester ? Le consensus demeurait : « Il va falloir lutter » et vraisemblablement forger des alliances autour des valeurs françaises, républicaines, et avec d’autres groupes ou communautés.

Antisémitismes
La France traverse une crise économique – effets de la mondialisation et du marché unique -, politique - l’intégration européenne a réduit la souveraineté nationale d’une France marquée par le centralisme étatique -, sociale et d’identité. Le terme « crise » est-il adéquat pour désigner un phénomène durable, structurel et qui s’approfondit ?

La France affronte « le problème de la non-intégration de l’islam dans le schéma républicain », a précisé Shmuel Trigano, professeur à l'université Paris X. A la différence du christianisme et du judaïsme qui s’est réformé au début du XIXe siècle (Sanhedrin, Consistoire) sous la férule de l’empereur Napoléon 1er, l’islam a en France, car l'Etat n'a pas su exiger de lui sa réforme, de facto (nolens volens) un « statut de religion la plus favorisée sans s’intégrer dans l’Etat » et sans avoir renoncé à ses ambitions politiques. Et Shmuel Trigano de dénoncer le « discours sur la réalité qui fait écran à la réalité ».

Les Juifs ? « Un consensus né après la Shoah pour leur accorder un minimum de considération dans la société française a volé en éclat. La diabolisation d’Israël est commune. Un « phénomène Dieudonné » et apparu. Aux Juifs incombent la charge de la preuve dans les débats », a résumé le journaliste-écrivain Michel Gurfinkiel.

« Dans les années 200, un antisémitisme nouveau, moral est apparu dans l’immigration et les médias. Il s’est développé dans le silence de l’Etat et de la presse », a renchéri Shmuel Trigano, sociologue, qui a souligné le danger pour les Juifs dans des zones de non-droit ou dans certains établissements scolaires publics.

« Antisionisme et antisémitisme sont deux mots synonymes », affirmait Guy Konopnicki, journaliste-écrivain. Une opinion partagée par Claude Goasguen, maire du XVIe arrondissement de Paris.

A ceux qui s’indignaient des propos de Marine Le Pen évoquant l’occupation dans sa diatribe contre les prières de musulmans sur les trottoirs et les chaussées, Me Gilles-William Goldnadel, président de l'association France-Israël, rappelaient les amalgames, par nombre de politiciens et d'associations, entre la situation des Roms en France et l’occupation, et il exhortait à la vigilance à l’égard de tous les extrêmes, de droite et de gauche et l’islamo-gauchisme. Des mouvements d’extrême-gauche n’hésitant pas à s’allier à des islamistes et à défiler dans des manifestations anti-israéliennes.

Cet antisémitisme actuel a été nié par Robert Ménard, journaliste à I-Télé, qui n’a présenté ni argument ni statistique à l’appui de ses allégations qui ont suscité l’ire d’un public tendu. La directrice de Causeur.fr, Elisabeth Lévy, qui a défendu la liberté d’expression de son collègue, a rappelé que les « musulmans ne sont pas les Juifs des années 1930 ».

Très applaudi comme François d’Orcival de Valeurs actuelles et primé par un prix de l'UPJF, Ivan Rioufol a « donné raison aux Juifs pour leur inquiétude ».

Et Laurent Cathala et François Pupponi, maires socialistes respectivement de Créteil (Val-de-Marne, banlieue Sud-est de Paris) et Sarcelles (Seine-Saint-Denis, banlieue Nord de Paris), ont décrit leurs efforts pour que les Juifs puissent « vivre leur judaïsme en sécurité » dans ces deux villes importantes. Ont aussi été évoquées les migrations des Juifs franciliens quittant, quand ils en ont les moyens financiers, des quartiers ou cités où leur vie est devenue difficile pour d’autres quartiers ou villes. Sarcelles a cédé récemment à Créteil son rang de ville accueillant la communauté juive la plus importante en Ile-de-France.

Prônant le vivre-ensemble avec les Juifs, Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis) a exhorté à un « islam de France » et souhaité que les musulmans soient libérés en France des influences étrangères (saoudiennes, algériennes, etc.) et des « fanatiques » sur leurs mosquées.

Le rabbin Olivier Kauffmann a déploré l’insuffisance d’actions dirigées vers les jeunes Juifs, notamment l’absence d’éducation sur Sion, sur le sionisme, sur l’histoire juive au sein de mouvements de jeunesse juive.

Optimistes, Armand Laferrère, ancien conseiller du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, et le père Patrick Desbois, directeur du Service national des évêques de France pour les relations avec le judaïsme et président de l’association Yahad In Unum, ont rappelé « la force de vie » représentée par la Bible.
Remettant le Prix de l’UPJF 2010 de la lutte contre l’antisémitisme au père Patrick Desbois, Dominique Lunel,  a annoncé une décision prochaine afin de résoudre l’affaire liée à la sanction – suspension de quatre mois - ayant frappé fin août 2010 Catherine Péderzoli, professeur d’histoire et de géographie organisatrice à Nancy de voyages scolaires de la Mémoire de la Shoah à Auschwitz (1). Elle a rappelé l’attention du Président de la République Nicolas Sarkozy à l’enseignement de la Shoah.

Quant à Jacques Kupfer, il s’est montré critique à l’égard des médias français qui parlent de « mettre fin à la colonisation en Cisjordanie ou dans les territoires palestiniens » et évitent ainsi de dire qu’ils ne veulent pas de « Juifs en Judée et en Samarie ». La « Palestine » ? Existent déjà l’Autorité palestinienne, le Hamastan, et la Jordanie…

Les réactions du public ont démontrées sa sensibilité aux problèmes évoqués.

De ces réflexions pertinentes, de ces interrogations légitimes et de ces angoisses graves et actuelles de Juifs français, rien n’a filtré dans les médias nationaux non communautaires, privés ou publics.
Pire, France Télévisions vient de confier à Ego Productions, dirigée par Pascale Breugnot, la réalisation d’une sitcom sur « l'histoire d'une famille juive qui, à la mort du père de la tribu va découvrir que celui-ci avait de très nombreuses femmes qui vont toutes se battre pour l'héritage du défunt et face à ces querelles, la famille va exploser ».

On retrouve dans ce synopsis un mélange détonnant d'un stéréotype antisémite – l'appât du gain guide les Juifs -, et de clichés sur « la tribu » et une « polygamie » qui ne concernent pas les Juifs français. Et cette fin annoncée : la famille juive n’existera plus ! Sans famille juive, plus de Juifs.

La sitcom serait diffusée en 2011.

Après l’affaire al-Dura (2000), après des reportages biaisés durant l'Intifada II, lors de la guerre israélienne Plomb durci contre le Hamas dans la bande de Gaza ou l’arraisonnement par Israël du navire turc Mavi Marmara, après la remise du Grand Prix France Télévisions du documentaire et du reportage méditerranéens à Samir Abdallah et de Kheridine Mabrouk, réalisateurs du partial « Gaza-Strophe, le jour d’après » (1er décembre 2010) lors d'une cérémonie aux discours anti-israéliens, France Télévisions inaugure ainsi 2011.

On peine à saisir la neutralité d'un service public français audiovisuel problématique.

J'ai interrogé Ego Productions et France Télévisions. Sans recevoir de réponse.

Le 27 novembre 2013, France 2 a diffusé les deux premiers épisodes de La famille Katz, ce soir, première soirée de la fête juive de Hanoucca. Produite par Ego Production, la série est réalisée par Arnauld Mercadier sur un scénario de Thalia Rebinsky. Il y est question d'un Juif ashkénaze ayant fondé plusieurs familles, de la recherche de millions d'euros dont Osie Katz, grand-père souffrant de la maladie d'Alzheimer, ne sait plus comment il les a utilisés... Les enfants du défunt se disputent lors de l'enterrement, fêtent Noël, etc. Quand Roméo, un des petits-fils du défunt, qui ne sait pas nager, plonge sciemment dans une piscine, aucun de ses deux frères, pourtant des nageurs accomplis, vêtus de leurs  maillots de bains et debout sur un plongeoir, ne plonge pour le sauver de la noyade.


(1) Le rectorat de l’académie de Nancy-Metz a annoncé début janvier 2011 que Catherine Péderzoli-Ventura était réintégrée en étant nommée au lycée Henri-Poincaré, établissement prestigieux de Nancy. Une sanction de niveau 2 ; l’échelle des sanctions en compte quatre.
Dominique Lunel est la mandataire officielle des 21 associations, cultuelles ou laïques, et du Comité de soutien et des personnalités ayant soutenu cette enseignante « dans ce combat juste et équitable ». Ont apporté un soutien majeur à cette enseignante : Serge Hajdenberg et Michel Zerbib, respectivement président et directeur de l’information de Radio J, radio juive francilienne.
Très active dans ce combat, Dominique Lunel a rappelé : « Nous devons rester vigilants pour protéger les enseignants et toutes les associations ou personnes témoignant ou enseignant la Shoah, l’Histoire et la mémoire ».
Dominique Lunel a souligné « l’implication totale sur ces sujets du Président de la République Nicolas Sarkozy (discours au dîner du CRIF le 13 février 2008), de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, François Fillon, Premier ministre, Jean-Baptiste de Froment, conseiller Education à l’Elysée, et Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, qui ont permis d’être fermes, au-delà des personnes, sur les valeurs de l’enseignement de la Shoah, de la mémoire, de l’Histoire et de la laïcité, un des piliers fondamentaux de la République française ».
« Nous connaissons plusieurs cas où l’enthousiasme de professeurs à enseigner la Shoah à leurs élèves a entrainé des réactions hostiles de certains de leurs collègues ou auprès de la hiérarchie locale… Nous avons discuté avec le ministère des dossiers qui nous paraissaient le plus problématiques et nous attendons que des solutions soient trouvées… L’enseignement de la Shoah est en danger s’il ne se confronte pas à ses nouveaux défis et aux problèmes de l’avenir, dont l’effacement inéluctable des témoins n’est pas le moindre. Mais répétons-le : cet enseignement est exemplaire dans notre pays, il est porté par des hommes et des femmes dont l’engagement est admirable et il est soutenu sans faille par les autorités, à commencer par le plus haut niveau de l’Etat », a écrit Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), le 4 janvier 2011.

ADDENDUM
Le 8 septembre 2014, le vénérable magazine Juif américain Forward a publié l'article French Jews, Escaping to Israel Is Not the Answer (Juifs français, fuir en Israël n'est pas la réponse) de Laurent-David Samama. 
Pourquoi avoir exhorté ses compatriotes et coreligionnaires à demeurer en France dans un article en anglais publié par un magazine américain ? Un tel article en français n'aurait-il pas eu plus d'audience chez le public visé ? A moins que l'auteur ait voulu assurer aux  Américains Juifs que tout va bien en France, que le gouvernement Valls lutte avec efficacité contre l'antisémitisme et que les Français Juifs ont tort de songer au départ, etc. A lire les commentaires des Internautes, Laurent-David Samama n'a pas convaincu ces derniers. 
Il y oublie de citer l'assassinat de Sébastien Selam en 2003, l'extrême-gauche antisioniste, etc. Pourquoi ? 
Il y épingle la nouvelle orientation de L'Arche. Il déplorZ le récent focus croissant sur l'Etat d'Israël de L'Arche qui "perd lentement son identité socialiste". Il allègue avoir réuni lorsqu'il en était le rédacteur en chef "une équipe de penseurs établis populaires et de nouveaux écrivains prometteurs pour dire aux lecteurs comme il était intéressant d'être un Juif en France - en opposition aux regards toujours tournés vers Israël. Cette ligne éditoriale a échoué. Nos lecteurs ne pouvaient absolument pas accepter le changement. Ils étaient - et malheureusement sont toujours - plein d'informations biaisées venant de blogss et de sites Internet non professionnels". Bref, ce n'est pas de la faute de Laurent-David Samama, mais celle des lecteurs  et de la direction du FSJU qui a mis un terme prématuré à cette orientation. N'y avait-il pas d'autres raisons ? Quel dommage que Laurent-David Samama ne nomme pas ces "penseurs établis populaires" et ces "nouveaux écrivains prometteurs" Pourquoi cet homme de gauche n'informe-t-il pas ses lecteurs que s'il a manifesté de l'intérêt pour mon dossier sur les Juifs Noirs, il ne l'a pas publié dans L'Arche ? Pourquoi L'Arche devrait-il avoir une "identité socialiste" ? Il est financé par le FSJU qui doit respecter un principe de neutralité. A se positionner à gauche sur l'échiquier politique français, il s'éloigne d'une partie non négligeable des Français Juifs. Quelles "informations biaisées" ? Quels "sites non professionnels" ? Deux liens Internet renvoient vers Dreuz et vers JSSNews. Nous attendons leur réponse avec intérêt. Laurent-David Samama croit-il qu'il soit si facile de créer un blog ou site Internet, de l'alimenter en informations, de le faire monter en puissance, et de tromper les Internautes par un contenu erroné ? 
Il écrit aussi : "En France, une diversité d'opinions peut encore être exprimée en politique et dans les médias". Mais non, le "politiquement et islamiquement correcte" caractérise la classe politique et les médias français. Ce qui explique le fossé croissant entre eux et les Français lambda. Laurent-David Samama conclut : "La fuite est-elle vraiment la solution ? L'aliyah résoud-elle tous les problèmes des Juifs français (sécurité, jobs, éducation) ? Tous les Juifs qui se précipitent en Israël croient-ils vraiment qu'il est plus facile d'être une part d'un pays constamment en guerre, une terre jamais apaisée, un Etat sous la constante menace d'attaques terroristes et de la montée possible d'une nouvelle Intifada ? La France souffre probablement de problèmes sociaux profonds, d'une incapacité à intégrer ses récents immigrants et d'une organisation politique désespérément datée, mais elle demeure un des pays les plus paisibles et beaux au monde. Aussi longtemps que cela ne change pas, il y aura toujours un avenir pour les Juifs en France". Cette description de l'Etat d'Israël, dénuée de toute spiritualité, est étonnante et affligeante. La France ne vit-elle pas au rythme des Intifadas : émeutes urbaines récurrentes, manifestations violentes de la "rue arabe", d'un niveau élevé du nombre d'agressions antisémites, etc. Pourquoi ne pas nommer des immigrants musulmans ? Dans ce beau pays de France, Laurent-David Samama arborerait-il une étoile de David ou une kippa, par exemple à Barbès ou en Seine-Saint-Denis ? 

Pour les Juifs espagnols au XVe siècle, pour les Juifs allemands des années 1930, pour les Juifs marocains dans les années 1960, la fuite a été la solution. Et l'affaire du Dr Krief prouve que nous n'en sommes pas si loin.

Le 17 septembre 2014, le CRIF a organisé une grande réflexion « Apaiser la société pour mieux vivre ensemble ? » à  l’Espace Rachi. "Vivre dans une société apaisée, où les différences de religion, de couleur, d’origine ne créent pas de conflit impose de redonner corps à notre société. Il faut donner du sens à la fraternité et impulser, encourager les initiatives pour mieux vivre ensemble, partager des expériences, des acquis, des réflexions et interroger les acteurs de terrain". La seconde des deux tables-rondes, "animée par André Benayoun, est composée des personnalités issues du monde religieux ou du dialogue interreligieux s’articulera sur la question de « Comment le message religieux peut-il aider à vivre avec l’Autre ? » avec le Pasteur François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, Marie Stella Boussemard, présidente de l’Union Bouddhiste de France, Fatima Messaoudi, rectrice de la mosquée d’Antony, le Rabbin Michel Serfaty, président de l’Amitié judéo-musulmane de France et le Père Antoine Guggenheim, directeur de recherches au Collège des Bernardins". Le bouddhisme menace-t-il le vivre-ensemble ou/et les Français Juifs ? Je ne le pense pas.


Deux rendez-vous
Michel Zerbib et Guy Rozanowicz dirigeront sur Radio J, le dimanche 23 janvier 2011 à 15 h 30 l’émission spéciale La nouvelle donne du Front national de Marine Le Pen. Il y a invité diverses personnalités et experts dont Dominique Lunel et l’historien Pierre-André Taguieff.

L’UPJF organisera la table-ronde Attaques contre les chrétiens d'Orient : la réponse des démocraties face à l'intolérance islamiste animé par Michel Zerbib le mardi 25 janvier 2011, à 19 h, à la Mairie du XVIe arr. de Paris : Salle des Fêtes, 71, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Tél : 06 25 30 72 10 ; e-mail : contact@upjf.org

A lire sur ce blog :

Article publié le 23 janvier 2011, et modifié pour la dernière fois le 4 décembre 2013. Il a été republié le :
- 27 novembre 2013. La sitcom évoquée dans cet article est diffusée sous le titre La famille Katz par France 2, ce soir, à 20 h 45, première soirée de la fête juive de Hanoucca. Produite par Ego Production, la série est réalisée par Arnauld Mercadier sur un scénario de Thalia Rebinsky.