Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 15 août 2018

« Diabolo menthe » par Diane Kurys


Arte diffusera le 15 août 2018 « Diabolo menthe » (Die kleinen Pariserinnen ; Peppermint Soda) par Diane Kurys. « Au début des années 1960, deux sœurs font l'apprentissage de la vie, de l'amour, de la politique... Premier film (et premier coup d'éclat) pour Diane Kurys, qui signe avec « Diabolo menthe » une chronique subtile de l'adolescence. » Un premier film loué d'une oeuvre en partie autobiographique.

« Le chanteur de Gaza » par Hany Abu-Assad
« Pour Sacha » d'Alexandre Arcady
« Inch’Allah » d’Anaïs Barbeau-Lavalette
« Un Juif pour exemple » par Jacob Berger
« Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard
« Nu parmi les loups » de Frank Beyer
« Jacob le menteur » par Frank Beyer
« M. Kaplan », par Álvaro Brechner
Les Enfants du Paradis, l’exposition
« Borat » de Larry Charles
« Cours sans te retourner » de Pepe Danquart
« Ushpizin » de Gidi Dar
« Schtonk ! » par Helmut Dietl
« L’évasion de Baruch » par Ewald André Dupont
« Le métis de Dieu » par Ilan Duran Cohen
« Ivan le Terrible » par Sergej M. Eisenstein
« Autant en emporte le vent » par Victor Fleming, George Cukor et Sam Wood
« L’Homme qui tua Liberty Valance » par John Ford
« Hôtel Rwanda » de Terry George
« Félix & Meira » par Maxime Giroux
« The Immigrant » par James Gray
« Scarface » de Howard Hawks
« Elser, un héros ordinaire », par Oliver Hirschbiegel
« Enfants prodiges » par Kurt Hoffmann
« La Bible » par John Huston
« Kaddish pour un ami » de Leo Khasin
« The Exchange » par Eran Kolirin
« Le Livre de la jungle » par Zoltan Korda
« Le serment » (The Promise) de Peter Kosminsky
« Fritz Bauer - Un héros allemand » par Lars Kraume
« Diabolo menthe » par Diane Kurys
« La Planète sauvage » par René Laloux
« Les trois lumières », par Fritz Lang
« M le maudit » de Fritz Lang
« Le Testament du Docteur Mabuse » par Fritz Lang
« Metropolis » de Fritz Lang
« Espions sur la Tamise » de Fritz Lang
« L’institutrice » par Nadav Lapid
« La journée de la jupe » par Jean-Paul Lilienfeld
« Nowhere in Africa » par Caroline Link
« Le dossier Odessa » par Ronald Neame

Diane Kurys est née en 1948 dans une famille juive aux origines russe et polonaise à Lyon. Ses parents avaient fait connaissance et s'étaient mariés au camp de Rivesaltes en 1942.

"Mon père était communiste avant d'être juif. [Son] frère, en revanche, c'est le contraire. Le plus curieux, c'est que les traditions juives, chez nous, n'avaient pas cours. Je n'ai connu du judaïsme que la cuisine. La bouffe nous reliait au passé. C'est la seule chose que ma mère avait héritée de la tradition. Mon père, lui, était anticlérical, antireligieux. Le Parti communiste était son point de référence. Pendant quatre ans de guerre, mes parents s'étaient cachés, ils avaient survécu, et le PC était la garantie d'un contre-pouvoir efficace. Ils me racontaient parfois comment ils s'étaient échappés par les toits, devant les Allemands, puis comment ils avaient évité d'être déportés. Mon père, qui était dans la Légion étrangère, était au Maroc quand la guerre a éclaté. Il avait été démobilisé à Marseille, et il s'est retrouvé dans une ferme à Brive-la-Gaillarde. En novembre 1942, il s'est fait recenser, naïvement. On est venu l'arrêter, on l'a interné dans un camp. Mais là, le directeur du camp était un légionnaire : « Qu'est-ce que tu fais là, Kurys ? - Je suis juif. - T'es juif ? Faut pas rester là. Je vais te faire sortir. - Je peux sortir avec ma fiancée ? - Faut te marier », a confié Diane Kurys à L'Obs en 2013. Un épisode représenté dans Coup de foudre (1983) avec Isabelle Huppert,  Guy Marchand et Miou-Miou. Une veine biographique que la réalisatrice parcourt, explore au fil de son oeuvre filmée. Par touches délicates.

En 1954, le couple Kurys divorce. Alors que le père de Diane Kurys demeure à Lyon, sa mère s'installe à Paris et ouvre une boutique de prêt-à-porter féminin.

En 1964, Diane Kurys rencontre Alexandre Arcady. Deux ans plus tard, ils vont vivre dans un kibboutz au nord d'Israël. En 1990, le couple aura un fils, l'écrivain Sacha Sperling.

De retour en France, Diane Kurys étudie les lettres, travaille comme institutrice.

Puis dans les années 1970, elle devient comédienne au sein de la compagnie Renaud-Barrault, puis est recrutée par les metteurs en scène Antoine Bourseiller, Ariane Mnouchkine à La Cartoucherie, et joue au Café de la Gare.

Sa carrière d'actrice ne la satisfait pas.

En 1975, Diane Kurys adapte avec Philippe Adrien la pièce Hôtel Baltimore de Lanford Wilson qu'elle joue à l'Espace Cardin dans une mise en scène d'Alexandre Arcady et dans son adaptation télévisée réalisée par Dirk Sanders.

Puis elle se lance dans l'écriture de scénarios et la production de films pour Alexandre Films, la société qu'elle co-crée en 1977 et dirige avec Alexandre Arcady. "La société Alexandre Films a produit la totalité des films de Diane Kurys et d’Alexandre Arcady, ainsi que quelques longs métrages du jeune réalisateur Alexandre Aja. Développer à la fois des sujets personnels et atteindre le grand public en toute indépendance a été la ligne éditoriale de cette société. La plupart des films produits par Alexandre Films témoignent de notre histoire collective. Ils partent souvent de la mémoire intime et entrent en résonnance avec le vécu du public : Diabolo Menthe, Le coup de Sirocco, Coup de Foudre, La Baule les Pins , Après l’Amour, Comme les cinq doigts de la main, Pour une femme… Parfois, ils explorent les différents aspects de notre culture et de nos valeurs à travers un fait divers ou une page de la grande Histoire :  Ce que le jour doit à la nuit, Le Grand Pardon, Le Grand Carnaval, K, L’Union sacrée , Là-bas mon pays, Cocktail Molotov, Pour Sacha… Ou bien ils évoquent des personnages historiques ou littéraires : Sagan, Les enfants du Siècle, Un homme amoureux…

Adolescence
1976. Diane Kurys débute l'écriture d'un roman autobiographique. Un an plus tard, sur le conseil d'Alexandre Arcady, elle transforme son texte en scénario de film. C'est ainsi que naît « Diabolo menthe » qui représente son premier film en tant que réalisatrice-scénariste-productrice autodidacte.

« Septembre 1963. C'est la rentrée des classes. Dans les cours et les couloirs du lycée Jules-Ferry, à Paris, des essaims de jeunes filles en fleur. Parmi elles : Anne, 13 ans, et sa sœur Frédérique, 15 ans. À l'intérieur du lycée, c'est la monotonie accablante des travaux et des cours : l'état-major autoritaire, les professeurs plus ou moins ridicules, le folklore des chahuts improvisés, la discipline que l'on supporte ou que l'on brave, les amitiés adolescentes. Au-dehors, Anne et Frédérique s'accommodent comme elles peuvent d'une vie de famille pleine de tiraillements et d'incidents domestiques. Leurs parents sont divorcés... »

« Premier film (et premier coup d'éclat) pour Diane Kurys, qui signe avec Diabolo menthe une chronique subtile de l'adolescence, rythmée par les radios portatives, la candeur des écolières et l'émission Salut les copains, mais aussi par l'appétit d'hommes qui ne s'embarrassent pas de l'âge ». 

« En toile de fond, la politique et sa violence, mais surtout, la solitude des femmes, qu'elles soient professeures, élèves ou mères. On se laisse happer par le regard mélancolique d'Éléonore Klarwein, révélation restée dans la mémoire sentimentale de générations de spectateurs. Un portrait ultrasensible de la sortie de l'enfance, entre instants sucrés et âpreté de la vie qui blesse, sans attendre ».

Un opus remarqué par la critique et qui attire trois millions de spectateurs en France. Un film « générationnel » avant La Boum. La réalisatrice encadre les deux adolescentes débutantes - Odile Michel et Éléonore Klarwein - par des comédiens réputés : Anouck Ferjac, Yves Rénier, Tsilla Chelton, Dominique Lavanant, Françoise Bertin, Marthe Villalonga, Dora Doll...

Signée par Yves Simon, la chanson du film doucement mélancolique contribue au succès du long métrage. L'affiche est dessinée par Floc’h, auteur de BD chez Dargaud. Prix Louis-Delluc 1977, « Diabolo menthe » est « une chronique subtile de l'adolescence. Pour son premier film, la réalisatrice Diane Kurys mêle douceur avec cruauté pour cristalliser ce qui fut une période marquante de sa vie. Culte d'une génération, ce film est un portrait ultrasensible de la sortie de l'enfance, entre instants sucrés et âpreté de la vie qui blesse, sans attendre ».

En 2017, pour la quarantième anniversaire du film Diabolo Menthe, la réalisatrice Diane Kurys et Eléonore Klarwein (Anne Weber) ont visité le lycée Jules-Ferry, à Paris (75009), place de Clichy, où une grande partie du film avait été tourné en août 1977.

"J'ai tout fait en sorte que l'image de Diabolo Menthe ne soit pas ternie, abîmée, parce que moi aussi je l'aime. C'est comme une bulle de coton, une barbe à papa. C'est tendre. Tout le monde s'y retrouve. J'ai toujours fait attention à protéger la petite Anne", a déclaré Éléonore Klarwein à  France 2.

« C’est un film d'époque. Et ça, ça vieillit toujours mieux. Et puis c'est un film sur l'adolescence. Ça parle à tout le monde », constate Diane Kurys en 2017 (Vanity Fair).


« Diabolo menthe » par Diane Kurys
France, 1977, 100 min
Image : Philippe Rousselot
Montage : Joële van Effenterre
Musique : Yves Simon
Production : Les Films de l'Alma, Alexandre Films
Producteur/-trice : Serge Laski
Scénario : Alain Le Henry
Acteurs : Eléonore Klarwein, Odile Michel, Anouk Ferjac, Michel Puterflam, Yves Rénier, Robert Rimbaud, Marie-Véronique Maurin, Corinne Dacla, Coralie Clément
Sur Arte le 15 août 2018 à 20 h 55

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Les citations sur le film proviennent d'Arte.

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