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mercredi 20 juin 2018

« Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard


Ciné + classique diffusera les 20 et 22 juin 2018 « Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard avec Michel Simon, Madeleine Sologne, Paul Bernard et Louis Salou. En 1944, des résistants et une jeune juive se cachent dans une clinique psychiatrique savoyarde.

Henri Alekan (1909-2001), directeur de la photographie
L'acteur Roschdy Zem, un « coeur qui bat pour la paix » selon SaphirNews

Raymond Bernard est un réalisateur et scénariste français (1891-1977) dont le père est le célèbre écrivain et dramaturge français spirituel, et amateur de cyclisme, Tristan Bernard (1866-1947).

Il a pour frères le dramaturge Jean-Jacques Bernard, auteur dramatique, promoteur du « théâtre du silence » (Martine), qui témoigna également sur l'univers concentrationnaire (Le Camp de la mort lente, Le Pain rouge), et Étienne Bernard, professeur de médecine, phtisiologue, et artisan majeur de la diffusion du BCG.

Raymond Bernard a pour cousin le journaliste et écrivain Pierre-Gilles Veber, père du scénariste, dialoguiste, producteur et réalisateur Francis Veber.

En 1916, Raymond Bernard débute comme acteur dans Jeanne Doré, film de Louis Mercanton et René Hervil, adapté d’une pièce de son père. Il a pour partenaire la célèbre Sarah Bernhardt.

De sa filmographie qui couvre quarante ans, émergent notamment Le Miracle des loups (1924) avec Charles Dullin, Les Croix de bois (1932) d'après le roman de Roland Dorgelès avec Pierre Blanchar, Gabriel Gabrio, Charles Vanel et Raymond Aimos, Les Misérables (1934), première version cinématographique en noir et blanc du roman de Victor Hugo avec Harry Baur, Charles Vanel et Florelle, Tartarin de Tarascon (1934) sur un scénario de Marcel Pagnol d'après le roman de Alphonse Daudet avec Raimu, Amants et voleurs (1935) avec Arletty, Michel Simon, Florelle et Pierre Blanchar, Marthe Richard, au service de la France (1937) avec Edwige Feuillère et Erich von Stroheim, Cavalcade d’amour (1940) avec Claude Dauphin, Michel Simon et Janine Darcey, Un ami viendra ce soir (1946), La Belle de Cadix (1953) avec Luis Mariano, Carmen Sevilla, Pierjac, Thérèse Dorny, Claire Maurier, Claude Nicot et Jean Tissier, Le Septième Ciel (1958) avec Danielle Darrieux, Noël-Noël, Paul Meurisse et Alberto Sordi.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sous l’Occupation, Raymond Bernard, interdit de tournage, se cache dans le Vercors. Tristan Bernard se réfugie à Cannes, est arrêté et interné avec sa seconde épouse Mamita à Drancy – le réalisateur, dramaturge, comédien, scénariste et dialoguiste Sacha Guitry et l’actrice Arletty parviennent à obtenir sa libération. Le dramaturge Jean-Jacques Bernard est arrêté le 12 décembre 1941, lors de la rafle dite « rafle des notables juifs ». Il est interné dans le camp de Compiègne-Royallieu, camp de transit situé à Compiègne (Oise) où ont été amenés du camp de Drancy des Juifs immigrés. Il en est libéré le 13 mars 1942. Résistant dans le maquis du Tarn, François-René Bernard , fils de Jean-Jacques Bernard, est arrêté en 1944 déporté au camp de Mauthausen (Autriche) où il décède. Son frère Nicolas est résistant dans le Vercors.

En décembre 1944, est publié « Le Camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942 » de Jean-Jacques Bernard. Le récit de conditions terribles imposées aux internés ainsi que des divergences entre Israélites français et Juifs immigrés.

En 1946, c'est une intrigue située dans cette période tragique et avec des résistants admirés que Raymond Bernard choisit pour son premier film réalisé après la Libération, Un ami viendra ce soir

« En août 1944, dans les Alpes, les soldats allemands de la Wehrmacht pénètrent  dans un village de Savoie qui n'était pas encore occupé. Dans le chaos lié à cette intrusion brutale, la postière, Claire, en profite pour alerter discrètement par téléphone la clinique psychiatrique du docteur Lestrade, qui se trouve non loin de là ». Le « commandant Gérard, responsable de tous les maquis des Alpes, a établi son P.C. dans une maison de santé où avec ses adjoints, il est dissimulé parmi d'authentiques malades. Obligées de se comporter comme des fous parmi les fous, ces personnes traquées vivent des instants parfois difficiles ou déstabilisants, susceptibles de leur faire perdre momentanément leurs moyens. Dans l'établissement, Hélène, jeune juive, joue, quant à elle, la comédie de la folie et un médecin suisse » qui la courtise « pourrait bien être un espion à la solde des Allemands. Les affrontements sont terribles et on distingue difficilement les faux résistants des vrais aliénés… Les Alliés parachutent des armes, le médecin suisse se découvre, sa maîtresse le tue, tandis que les maquisards  descendent des montagnes aux accents du Chant de la Délivrance et qu'Hélène devient réellement folle ».

« Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard
Francinex, Compagnie Générale Cinématographique (CGC), Les Productions Jacques Roitfeld, 1946, NB, 2 h 05
Producteurs délégués : Raymond Artus, Albert Dodrumez, Robert Chabert, Marcel Roux, Jacques Roitfeld
Adaptateurs / Dialoguistes : Jacques Companeez, Raymond Bernard
Auteurs de l'oeuvre originale : Jacques Companeez, Yvan Noé
Directeur de la photo : Robert Lefebvre
Cadreur : Leon Bellet
Monteuse : Charlotte Guilbert
Auteur de la musique : Arthur Honegger
Assistant à la réalisation : Guy Lefranc
Dialoguistes : Jacques Companeez, Raymond Bernard
Scénariste : Jacques Companeez
Ingénieur du son : Lucien Legrand
Directeur de production : Constantin Geftman
Scripte : Charlotte Lefèvre-Pecqueux
Photographe de plateau : Roger Corbeau
Avec Michel Simon, Madeleine Sologne, Paul Bernard, Louis Salou, Saturnin Fabre, Marcel André, Lily Mounet, Yvette Andréyor
Sur Ciné + Classique les 20 juin à 10 h 05 et 22 juin 2018 à 14 h 50

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Les citations sur le film sont d'Arte.

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