Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mardi 23 octobre 2018

« Le retour des frontières » par Simon Brunel et Nicolas Pannetier


Arte diffusera le 23 octobre 2018 « Le retour des frontières » (« Die Rückkehr der Grenzen ») par Simon Brunel et Nicolas Pannetier. « Avec l’arrivée des réfugiés, les frontières se réinstallent aujourd’hui au coeur de l'Ancien Continent, alors que l'Union Européenne les avait fait tomber une décennie plus tôt avec l'espace Schengen ».
« Le 21 décembre 2007, moins de vingt ans après la chute du mur de Berlin, l’Union européenne ouvre son espace de libre-échange à huit pays de l’ancien bloc soviétique, rendant obsolètes les 3 000 kilomètres de frontières de la grande fracture idéologique et géopolitique du XXe siècle ». 

« Près de quatre cents postes-frontières, situés en plein cœur de l’Europe, sont alors détruits, vendus par les États à des particuliers ou à des collectivités locales ». 

« Ces installations, remparts de l’ancien rideau de fer, se retrouvent ainsi échouées au milieu des routes, transformées en casino ou en magasins de piscines ».

« Cette liberté de circulation provoque chez nombre d’Européens un grand optimisme, en particulier dans l’est de l’Union, le processus d’intégration ne semblant plus avoir de limite ». 

« La frontière, avec tout ce qu’elle sous-tendait, contrôle, illégalité, humiliation ?, ne devait rester qu’un lointain et douloureux souvenir ». 

« Mais à l’été 2015, l’arrivée sur le continent de réfugiés fuyant les conflits du Proche et du Moyen-Orient change la donne ». Or, sont arrivés des immigrés illégaux. Quand ces derniers déposent un dossier pour obtenir le statut de réfugiés, ils sont des aspirants à ce statut. Seul l'immigré ayant reçu une réponse positive à sa demande peut être qualifié de réfugié. En outre, une partie de ces immigrés provenaient de zones en paix, comme l'Algérie ou la Tunisie.

« La Hongrie s’entoure de barbelés, les militaires autrichiens sont mobilisés et les clôtures réapparaissent à l’intérieur même de l’espace Schengen, sonnant du même coup le glas du système. À nouveau, les contrôles aux frontières se généralisent… »

Arte oublie de mentionner la menace islamiste, le contexte des attentats terroristes commis par des djihadistes qui pénètrent sur le continent européen parmi ces "migrants".


« Le retour des frontières » par Simon Brunel et Nicolas Pannetier
France, 2017
Sur Arte le 23 octobre 2018 à 0 h 00
Visuels :
Gojak Sandor à Bucsu, Hongrie
Olaf Töteberg devant un ancien poste frontière à Ebersbach
Carte du début de la fermeture des frontières en 2015
©LadybirdsFilmsPhilippe Rekacewi

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Les citations sont d'Arte.

Le chaos libyen


La Libye est constituée de trois régions : la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque. Implantés depuis des millénaires, les Juifs ont du le quitter, essentiellement des années 1940 aux années 1970. Un Etat Judenrein plongé dans le chaos depuis l'intervention militaire en 2011 sous l'égide de l'ONU de puissances occidentales, dont la France : trafics (êtres humains, armes, drogues, pétrole), attentats de l'Etat islamique (ISIS ou ISIL) ou Daech... Arte diffusera le 23 octobre 2018 "Libye - Anatomie d'un crime("Libyen - Vergewaltigung als Waffe"), par Cécile Allegra. 


Ancienne colonie italienne dès 1911, placée en 1947 sous administrations française et britannique, le royaume fédéral de Libye proclame son indépendance en 1951 sous les auspices de l’ONU (Organisation des Nations unies). 

La création utopique d’un Etat-nation appliqué sur des régions habitées par des tribus musulmanes au comportement clanique et se reconnaissant dans l’oumma. Une utopie affectant aussi la "Palestine".

La Libye est constituée de trois régions : la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque.

La Libye est constituée de trois régions : la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque. 

Implantés depuis des millénaires, les Juifs ont du le quitter, essentiellement des années 1940 aux années 1970. 

Un Etat Judenrein plongé dans le chaos depuis l'intervention militaire en 2011, sous l'égide de l'ONU (Organisation des Nations unies), de puissances occidentales, dont la France : trafics (êtres humains, armes, drogues, pétrole), attentats de l'Etat islamique (ISIS ou ISIL) ou Daech... 

Juifs
Les Juifs vivaient en Libye depuis plus de 2 000 ans.

Sous domination islamique, ils ont été soumis au statut cruel et déshumanisant de la dhimmitude.

L'Empire ottoman s'efforce de l'alléger vers 1850.

En 1890, l'Alliance israélite universelle (AIU) s'implante en Libye en ouvrant une école.

La colonisation italienne a permis à la communauté juive de devenir florissante..

Vers 1939, les lois antisémites du régime fasciste italien ont visé aussi les Juifs en Libye.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Juifs subissent l'alliance entre les fascistes et les nazis. Environ 2 000 Juifs ont été contraints de rejoindre des camps de travail en traversant le désert. Un cinquième a péri.

En 1941, les Allemands ont occupé la Libye.

Les Juifs de Cyrénaïque ont été internés dans le camp de Giado, à 250 km de Tripoli. Les conditions de vie dans ce camp étaient horribles. En 1943, les troupes britanniques ont libéré le camp.

L'Armée militaire britannique était accompagnée de soldats juifs de la Palestine mandataire. Ce qui a impressionné vivement les Juifs libyens.

De février à mai 1944, les Juifs détenteurs de nationalités étrangères et expulsés de Tripoli ainsi que certains originaires de Benghazi ont été déportés au camp de Bergen-Belsen, tandis que la plupart des Juifs étrangers contraints de quitter Benghazi ont été déportés au camp d'Innsbruck-Reichenau situé en Autriche et lié au camp de Dachau.

 Shmuel Trigano a établi une chronologie qui présente maints points communs avec celle des autres pays Arabes, de la Turquie, de l'Iran à l'égard de leurs Juifs :
"Janvier 1945 : Émeutes anti-juives, pillage des quartiers juifs de Tripoli (60% des biens juifs détruits, 135 morts). Les militaires complices. Évacuation forcée des Juifs. Détention provisoire des Juifs de la Hara à Tripoli et à Benghazi.
1948 : Émeutes".
A la fin des années 1940, vivaient 40 000 Juifs en Libye.
"12 juin 1951, loi sur la nationalité (art 11, clause 27) :
- Les non-musulmans sont astreints à un statut personnel régi par leur tribunaux (rabbiniques), à l’instar des dhimmis de l’époque pré-moderne.
- Les Juifs ne sont pas autorisés à voter et à occuper une fonction politique.
La loi sur la nationalité dispose aussi que les Juifs n’ont pas droit à des passeports ou au certificat de nationalité libyenne mais à des documents de voyage dont le renouvellement, à expiration, n’est pas automatique.
1954 : Interdiction et nationalisation des clubs sportifs Maccabi.
Liaisons postales avec Israël suspendues, restriction de l’émigration vers Israël, interdiction du tourisme à destination d’Israël.
9 mai 1957 : Décret obligeant les Juifs libyens ayant des parents en Israël à se déclarer au bureau libyen du boycott (or 90% des Juifs étaient déjà partis)
3 décembre 1958 : Dissolution de la communauté juive tripolitaine, désormais administrée par un commissaire
  1960 :
- Interdiction d’acquérir de nouveaux biens pour les Juifs
- Les Juifs ne peuvent pas voter, prétendre à des charges publiques, servir dans l’armée ou dans la police
- 2 avril 1960 : Fermeture des écoles de l’Alliance Israélite Universelle.
  1961, loi n°6 : Séquestre des biens des Juifs se ren dant en Israël. Un conservateur général est chargé de les liquider.
15 juillet 1961 : Un certificat de nationalité est exigé pour tout acte commercial mais les Juifs ne peuvent l’obtenir.
Années 1960: Interdiction d’employer des Juifs dans les entreprises pétrolières
Eté 1963 : Une personnalité juive de 84 ans, Halfalla Nahum, est assassinée à Tripoli, des personnalités juives sont agressées et blessées
1967 : Émeutes" (18 morts) lors de la Guerre des Six-jours. Cesare Pasquinelli, ambassadeur d'Italie en Libye, a ordonné aux missions diplomatiques italiennes d'étendre leur protection aux Juifs. Quelques musulmans ont aidé des Juifs.
Dans les semaines suivantes, invités à quitter "provisoirement" le pays par le gouvernement libyen, les Juifs ont pris la voie de l'exil en étant autorisé à emporter avec eux une valise et l'équivalent de 50 dollars. La plupart sont allés en Israël et 2 000 en Italie".
"1969 : Campagne contre les Juifs
1970 : Cimetières juifs rasés. Confiscation des biens juifs.
1978 : Destruction de 64 synagogues et transformation de 78 synagogues en mosquées ou à Benghazi en église copte."
2002 : Esmeralda Meghnagi, dernière Juive, est décédée.
Résultat de cet exode contraint : la Libye est devenu un pays Jüdenrein.
          
Kadhafi et après
Arrivé au pouvoir en 1969 par un coup d’Etat qui renverse la monarchie – le roi Idris séjournait à l’étranger -, le colonel Mouammar Kadhafi, « Guide de la Révolution », a dirigé en dictateur durant quarante-deux ans la Libye créée en 1951. Sous sa férule, est proclamée la Jamahiriya arabe libyenne ou « Etat des masses » (1977-2011), nouveau nom de la République arabe libyenne, et les velléités de forces centrifuges sont affaiblies. Sont prônées le panarabisme, le panafricanisme. Et est encouragé le terrorisme. 

A la suite du « printemps arabe », de l’intervention militaire d’Etats occidentaux, de la Turquie et de l’OTAN ainsi que de l’assassinat en 2011 de Kadhafi, la Libye est déchirée par des divisions politiques, et a sombré dans la guerre civile, le chaos.

Après la rencontre le 25 juillet 2017 à La-Celle-Saint-Cloud entre le Premier ministre Fayez el-Sarraj du gouvernement d'entente nationale et le chef de l'Armée nationale libyenne Khalifa Haftar, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé que des élections se tiendront en Libye « au printemps ».

« Les démineurs de Benghazi  »
« Des immeubles d’habitation aux terrains de jeux de Benghazi, la deuxième ville de Libye, des groupes djihadistes alliés à l’État islamique ont caché des pièges explosifs meurtriers. Pendant deux ans, un journaliste libyen a suivi les hommes chargés de déminer les décombres de la ville, au péril de leur vie ».

« Au commencement, ils étaient dix-huit. Des pères de famille chargés d’arpenter les rues dévastées de Benghazi, deuxième ville de Libye, pour y déceler et désamorcer, sans détecteurs ni protection, les mines dissimulées dans les décombres ». 

« Partout, des immeubles d’habitation aux terrains de jeux, des groupes djihadistes alliés à l’État islamique ont caché ces pièges explosifs meurtriers au moment où l’armée du futur maréchal Haftar les repoussait hors de la ville ». 

« Le journaliste et caméraman libyen Osama al-Fitori a suivi deux années durant ces démineurs aux mains nues pour présenter un visage méconnu de son pays exsangue, à travers des hommes attachés à le reconstruire, envers et contre tout. À l’issue du tournage, seul l’un d’entre eux restait encore indemne ».

« Dans le chaos libyen  »
« Dans le chaos libyen » est un documentaire réalisé par Juri Mazumdar.

 Le "politologue libyen Abdulsalam Hamtoun, exilé de longue date en Allemagne, livre sa vision, non dépourvue d'espoir, de l'évolution possible du pays".

« Depuis la déflagration des révolutions arabes puis les bombardements de l’Otan contre le régime de Kadhafi en 2011, la Libye s’est embourbée dans une guerre civile interminable ».

« Dans le pays, l’intervention occidentale a laissé le goût amer d’une « révolution volée ». 

« Le politologue Abdulsalam Hamtoun, parti en Europe en 1984, n’a pas perdu l’espoir d’un renouveau démocratique pour son pays : membre de l'Assemblée constituante, élue par le peuple en 2014, il poursuit ses travaux entre Benghazi, le Fezzan (sud-ouest de la Libye) et l’Allemagne », observé par la caméra du documentariste. 

« Quelles institutions refonder dans un pays traversé de fractures communautaires, religieuses et politiques irréconciliables, où le pouvoir se trouve aux mains des milices, des clans et des islamistes ? » s'interroge ce documentaire

« En accompagnant le politologue, ce documentaire « Dans le chaos libyen » par Juri Mazumdar offre un éclairage historique et humain d’un chaos qui semble sans fin ».

"Libye - Anatomie d'un crime"
 Arte diffusera le 23 octobre 2018 "Libye - Anatomie d'un crime("Libyen - Vergewaltigung als Waffe"), par Cécile Allegra. "Reposant sur de rarissimes et effroyables récits de victimes, cette investigation exceptionnelle révèle le système de viols de masse qui, en Libye, cible les hommes. Une première brèche dans le mur de silence qui entoure cette entreprise de déshumanisation."


"Le viol est devenu, depuis une trentaine d’années, une arme de destruction massive en Bosnie, au Rwanda, au Congo et en Syrie. Alors que les femmes et les enfants en sont les premières cibles, dans la poudrière libyenne, ce crime de guerre érigé en système frappe d’abord les hommes. Exilés libyens à Tunis, Emad, un militant, et Ramadan, un procureur, tentent dans la clandestinité de recueillir les preuves d’une barbarie dont les victimes restent emmurées dans l’indicible. À force d’opiniâtreté, ces activistes, aidés par Céline Bardet, une juriste internationale, obtiennent les premiers récits circonstanciés d’une poignée d’hommes qui ont subi ces supplices. Anéantis, le fantomatique Yacine, Nazir ou encore Ahmed livrent des bribes effroyables de leur histoire et de leur intimité saccagée. La voix brisée, ils racontent les prisons clandestines, la violence, les humiliations et les tortures commises par les milices armées dans un pays plongé dans le chaos depuis la chute de Kadhafi. Dans ce cycle sans fin d’horreur organisée, les migrants aussi sont utilisés. Détenu dans une dizaine de geôles, Ali, tout juste libéré, témoigne, lui, de la généralisation du viol qui vise systématiquement les Tawergha, une tribu noire ostracisée."

"Dans les pas de ces militants isolés qui luttent au péril de leur vie pour que justice soit rendue devant les tribunaux internationaux, Cécile Allegra lève le voile sur l’ampleur de ce crime de guerre jusqu'ici totalement occulté. Au fil des témoignages et de ce qu'ils révèlent des méthodes employées, des sévices vécus et de leur efficacité à broyer l'humanité des prisonniers se dessine l’enfer d’un pays dévasté, qui engendre rapts, vengeances et tortures. En faisant résonner la voix des victimes, ce film bouleversant participe d'une patiente et difficile quête de vérité, dans l’espoir, un jour, d’enrayer cette mécanique mortifère."



"Libye - Anatomie d'un crimepar Cécile Allegra
France, 2018

Sur Arte le 23 octobre 2018 à 22 h 45
Visuels :
Samir ©Cinétévé.jpg


Tripoli empty harbor ©Cinétévé.jpg


« Les démineurs de Benghazi » par Osama Al-Fitori
Allemagne, 2018, 45 min
Sur Arte le 12 juin 2018 à 23 h 30
Visuels : © Osama Alfaitouri

Allemagne, 2018
Sur Arte le 13 juin 2018 à 0 h 15
Visuels : © Juri Mazumdar

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sur les documentaires sont d'Arte. Cet article a été publié le 12 juin 2018.

Léonard Cohen (1934-2016)


Né dans une famille juive bourgeoise à Montréal (Canada), Leonard Cohen (1934-2016) est un chanteur, compositeur, romancier, parolier, guitariste folk, poète et peintre. Arte diffusera le 23 octobre 2018, dans le cadre d'"Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Leonard Cohen à Montréal / Luther / Barcelone" (Leonard Cohens Montreal / Luther / Barcelona), par Fabrice Michelin. 


Leonard Cohen est né dans une famille juive orthodoxe, bourgeoise, vivant dans une banlieue anglophone de Montréal dans la « belle province » du Québec (Canada) en 1934. Sa mère Marsha Klonitsku est la fille de Rabbi Solomon Klonitsky-Kline, écrivain talmudique d’origine lituanienne. Immigré de Pologne, son grand-père paternel Luon Cohen a fondé le Canadian Jewish Congress qu’il a présidé.

Âgé de neuf ans, Leonard Cohen devient orphelin de père.

Il bénéficie d’une éducation juive, et s’intéresse à la musique, à la poésie, à la photographie.

Il apprend à jouer de la guitare acoustique et constitue un groupe de musique country-folk, les Buckskin Boys.

Dans les années 1950 et 1960, il acquiert la célébrité comme poète et romancier.

En 1960, Leonard Cohen rencontre la norvégienne Marianne Ihlen, sa muse à qui il dédie So Long, Marianne (1968), et Bird on the Wire (1969).

Puis vers 1967, ce trentenaire se lance dans une carrière musicale.

En 1984, sort son album Various Positions, qui contient deux chansons devenues très célèbres : Danse me to the end of love et Hallelujah. L'album est bien accueilli, par le public et par la critique,  en Europe, mais la firme Columbia ne le sort pas aux États-Unis, où le succès de Leonard Cohen y est moins important.

En 1994, Leonard Cohen se retire dans un monastère bouddhiste, près de Los Angeles. Deux ans plus tard, il est ordonné prêtre bouddhiste.

En 2004, Leonard Cohen prend conscience que Kelley Lynch. Son ancienne manager l'avait escroqué en détournant à son profit 50 millions de dollars. Kelley Lynch est condamnée, mais, insolvable, ne restituera pas cette fortune à Leonard Cohen.

Bird on a Wire
« Il y a un an disparaissait l'immense songwriter Leonard Cohen. ARTE lui rend à nouveau hommage avec ce documentaire du réalisateur Tony Palmer, qui l'avait suivi durant toute sa tournée européenne de 1972 ».

« À l'origine, il s'agissait d'un documentaire promotionnel, commandé pour dynamiser les ventes de Leonard Cohen. Alors jeune réalisateur, Tony Palmer – un passionné de musique – avait suivi l'artiste canadien durant toute sa tournée européenne de 1972, immortalisant les concerts comme les coulisses de l'événement ». 

« Mécontent du film, l'entourage de Leonard Cohen l'avait fait remonter, pour un résultat très vite oublié ».

« En 2009, les rushes originels sont retrouvés dans un entrepôt hollywoodien et réexpédiés au réalisateur, qui décide de monter une nouvelle version de son documentaire. » 

« Les pellicules de 16 mm montrent l'artiste sans artifice, dans les moments les plus enflammés (des versions live de « Famous Blue Raincoat », « So Long, Marianne » ou « The Partisan ») comme les plus routiniers de sa tournée de 1972 ». 

« Véritable ode à la vie sur la route dans les seventies, le remontage final tient du poème visuel, avec une approche intimiste de l'homme et de l'artiste que fut Leonard Cohen. Un inestimable témoignage sur le chanteur poète disparu le 7 novembre 2016 ».

Leonard Cohen a été distingué par le Canadian Music Hall of Fame, le  Canadian Songwriters Hall of Fame, et le Rock and Roll Hall of Fame.

Il a été Compagnon de l’Order of Canada, la plus haute distinction civile canadienne.

En  2011, Cohen a reçu un des Prince of Asturias Awards pour la Littérature et le neuvième Glenn Gould Prize.

Hineni
Fin octobre 2016, est sorti l'album mystique, quasi-testament de Leonard Cohen, octogénaire : "You want It Darker". Ce 14e album de l'artiste contient en particulier cette chanson : "Hineni, hineni / Je suis prêt mon Dieu". Hineni signifie en hébreu :"Me voici".

Âgé de 82 ans, Leonard Cohen décède dans la nuit du 7 au 8 novembre 2016, trois mois après Marianne Ihlen, sa muse norvégienne rencontrée en 1960.

Le 10 novembre 2016, il est inhumé à Montréal, dans le cimetière juif de la congrégation Shaar Hashomayim où reposent des membres de sa famille.

Le 26 octobre 2017, lors du premier gala de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), un hommage a été rendu à Leonard Cohen. Peter Gabriel a loué ce "grand poète". Dans un des rares moments touchants de la soirée, on a rendu un hommage posthume à Leonard Cohen par un montage de bouts d’entrevues, collés à ses chansons, Toute la salle s'est levée pour interpréter a capella le refrain Hallelujah. Adam Cohen, fils de l'artiste, a reçu le Félix d'honneur.

Très ému, il a déclaré : "Mon père aurait été très touché par cette expression de reconnaissance. Il y a une trentaine d'années, on a essayé de lui donner un Prix, le Governor General Award qu'il a refusé car il trouvait qu'il correspondait un peu plus à l'ouest du pays. Mais celui-là, il l’accepterait volontiers. Il aurait aimé que je vous dise bien sûr merci, et deux choses : un de ses grands regrets à la fin de sa vie a été de ne pas avoir pu revenir passer ses derniers jours à Montréal et se prononcer sur un débat un peu chaud au Québec : le smoked meat du Schwartz's ou celui du Main ? Il préférait celui du Main".

Pour ce premier anniversaire du décès de Leonard Cohen, de nombreux événements ont eu lieu ou sont prévus sur les rives du Saint-Laurent, à Montréal.

"Elvis Costello, Feist, Sting, Courtney Love... De nombreuses personnalités du monde de la musique ont célébré, le 6 novembre 2017, le chanteur canadien disparu à travers un concert réunissant 15.000 personnes. Le premier ministre Justin Trudeau est même monté sur scène pour réciter I'm Your man. Sting a ouvert le bal en jouant Dance me to the End of Love devant une assistance émue. Même le premier ministre canadien Justin Trudeau, malgré les récentes révélations des Paradise Papers, avait fait le déplacement et, accompagné de son épouse Sophie Grégoire, a récité la chanson I'm Your man sur scène. Il faut dire que son père, Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada de 1968 à 1979 puis de 1980 à 1984, était un ami proche de Leonard Cohen. Le chanteur fit d'ailleurs partie des hommes qui portèrent son cercueil le jour de ses funérailles nationales, le 3 octobre 2000".

"Maître d'œuvre de l'organisation de cette soirée spéciale, Adam Cohen, fils du chanteur disparu et lui-même musicien, a interprété le chef-d'œuvre de son père : So long Marianne. Lors de la présentation du concert hommage, il avait révélé les dernières instructions de l'artiste: « Mets-moi dans une boîte en pin près de ma mère et mon père [...] Si tu veux faire un événement public, fais-le à Montréal. » Soulignant la modestie de son père, Adam Cohen a expliqué à l'AFP : «Je pense qu'il aurait préféré être tenu à l'écart d'un tel événement ou aurait essayé de nous décourager d'en faire quelque chose d'aussi marquant. »

"Rappelant l'attachement de sa famille à la ville de Montréal, Adam Cohen s'est également lui-même décrit comme appartenant à la « diaspora montréalaise ». «Montréal a quelque chose de mythique pour nous et nous sommes des ambassadeurs de Montréal quel que soit l'endroit où nous allons», a-t-il ajouté".

"Mais les hommages à l'enfant du pays ne s'arrêteront pas en si bon chemin. Cinq autres concerts sont prévus sur cinq mois et d'autres artistes y interpréteront des titres de cinq des quatorze albums du Montréalais. De plus, la semaine d'hommages lancée ce 6 novembre 2017 est aussi marquée par l'inauguration de deux énormes fresques murales à l'effigie de l'artiste installées dans la ville (voir ci-dessous) ou encore par la tenue de soirées poétiques".

"Une exposition au Musée des arts contemporains (MAC) de Montréal a ouvert le 8 novembre 2017 avant de s'exporter, plus tard, ailleurs dans le monde. Intitulée « Une brèche en toute chose », elle présente les dessins et enregistrements revenant sur plus de 50 ans de carrière ainsi que des œuvres dédiées à la mémoire du chanteur et poète canadien. Une exposition dotée, annonce-t-on au MAC, « d'environnements multimédias novateurs ». Des artistes comme le producteur new-yorkais Moby, le pianiste canadien Chilly Gonzales ou encore la chanteuse française Lou Doillon participent à ce projet".

"Pour Adam Cohen, qui fut aussi le producteur de You Want it Darker, le dernier album de son père, occasion est ici donnée de montrer au monde « l'étendue de l'influence » de Leonard Cohen et de permettre à la ville de Montréal de célébrer comme il se doit sa légende".

Arte diffusa le 3 novembre 2017 à 23 h 10 « Leonard Cohen - Bird on a Wire », documentaire de Tony Palmer.

"Leonard Cohen : Une brèche en toute chose/A Crack in Everything"
L’exposition "Leonard Cohen : Une brèche en toute chose/A Crack in Everything" a attiré plus de 280 000 visiteurs au MACM à Montréal. "Véritable exposition multidisciplinaire où se mélangent arts visuels, réalité virtuelle, installations, performances, musique et écriture, Leonard Cohen – Une brèche en toute chose / A Crack in Everything propose au public des oeuvres inédites expressément commandées par le MAC, et conçues par des artistes locaux et internationaux qui se sont inspirés de la vie de Leonard Cohen, de son oeuvre et de son héritage artistique."

"En plus des œuvres qui seront créées spécialement pour Leonard Cohen – Une brèche en toute chose / A Crack in Everything, l’exposition comprendra des environnements multimédias novateurs dans lesquels seront reprises et interprétées les chansons de Cohen, et seront examinés ses documents d’archives (écrits, dessins et enregistrements produits sur une période de cinquante ans). Six salles sont consacrées à la célébration critique, à l’hommage affectueux et, un an après son décès, à la commémoration paisible d’une grande réussite artistique et d’une vie inspirante. Romancier, poète et auteur-compositeur-interprète montréalais de réputation internationale qui a inspiré des générations d’écrivains, de musiciens et d’artistes, Cohen est un extraordinaire poète de la tristesse et de la condition humaine qui a exprimé ce que signifie le fait d’être vraiment sensible aux complexités et aux désirs à la fois du corps et de l’esprit".

"La pensée, l’écriture et la musique de Leonard Cohen sont aussi belles que désespérantes. Pendant des décennies, le romancier, poète et auteur-compositeur-interprète nous a livré un monde de mélancolie mais aussi des observations profondes sur l’état du cœur humain. Avec autant de gravité que de grâce, il s’est forgé un langage remarquablement inventif et singulier, manifestant à la fois une spiritualité exaltée et une sexualité toute terrestre. À l’instrument émoussé qu’était son illustre voix — «une corne de brume en velours», profonde et caverneuse — et plus récemment, aux chuchotements râpeux proches de la psalmodie, il a donné de belles mélodies et des arrangements simples qui trahissent une grande intelligence musicale. Son entrelacement du sacré et du profane, du mystère et de l’accessibilité, a été une combinaison si formidable qu’elle s’est gravée dans notre mémoire."

Arte diffusera le 23 octobre 2018, dans le cadre d'"Invitation au voyage" (Stadt Land Kunst), "Leonard Cohen à Montréal / Luther / Barcelone" (Leonard Cohens Montreal / Luther / Barcelona), par Fabrice Michelin. "Linda Lorin nous emmène à la découverte de trois lieux de notre patrimoine artistique, culturel et naturel. Dans ce numéro : "Suzanne", l’amour made in Montréal de Leonard Cohen - Quand Luther a converti l’Allemagne - L’incontournable : à Barcelone, une étoile est née... Dans les années 1960, en rupture avec sa famille bourgeoise, le jeune Leonard Cohen s’évade en arpentant les rues de Montréal. Son premier succès, "Suzanne", est une lettre d’amour à sa ville natale."


"Leonard Cohen à Montréal / Luther / Barcelone" par Fabrice Michelin
France, 2018, 38 min
Sur Arte le 23 octobre 2018 à 16 h 30
  
« Leonard Cohen - Bird on a Wire » de Tony Palmer
Etats-Unis, 2010, 106 min
Sur Arte le 3 novembre 2017 à 23 h 10

Visuels
Portrait du chanteur Léonard Cohen
Léonard Cohen en concert
© ZDF

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sur le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 3 novembre 2017, puis le 9 avril 2018.

lundi 22 octobre 2018

« L'Italie à l'heure des populistes. Un danger pour l’Europe ? » par Julie Peyrard et Natalia Rodriguez Perez


Arte diffusera le 23 octobre 2018 « L'Italie à l'heure des populistes. Un danger pour l’Europe ? » (Italien und die Populisten: Eine Gefahr für Europa?) par Julie Peyrard et Natalia Rodriguez Perez. « Formée par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, l’alliance populiste qui gouverne l’Italie depuis juin 2018 peut-elle faire imploser l’Union européenne ? Décryptage d’une crise latente  ».

« Les routes mythiques de l'Europe. La via Cassia en Italie », par Jeremy J.P. Fekete  
« Funérailles juives » d'Alessandro Magnasco au musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Trésors du ghetto de Venise
« Italie, une simple histoire d’amour. Témoignages d’un ambassadeur d’Israël » de Mordechaï Drory 


"On assiste, depuis quelques années, à la construction d’un nouvel ennemi quasi mondial, baptisé « le populisme ». Passons sur l’indétermination du terme dans ses usages ordinaires et polémiques. Il fonctionne habituellement en tant que synonyme approximatif d’expressions telles que «extrême droite », « droite extrême », « droite radicale », « droite autoritaire », « droite réactionnaire ». Certains l’emploient même comme substitut lexical de « fascisme ». La confusion sémantique s’accroît du fait que certains ex-communistes prétendent défendre un «populisme de gauche». Il est temps de sortir de la pensée-slogan", a analysé le politologue Pierre-André Taguieff (Le Figaro, 24 novembre 2016).

Populisme est un vocable choisi par des dirigeants politiques, des journalistes, etc. pour désigner, avec dédain, ceux dont le vote n'a pas l'heur d'être « politiquement correct » et caractérisé par la défense de la nation et d'un Etat assurant ses missions régaliennes, notamment la sécurité des biens et des personnes, l'appartenance à des civilisations nationale et européenne, un conservatisme concernant les « questions sociétales », un scepticisme croissant à l'endroit des édiles et médias, souvent une angoisse à l'égard de changements rapides dans leur pays et un pessimisme concernant son avenir, parfois l'adhésion au libéralisme économique, etc. Et la volonté de citoyens de demeurer maîtres de leur Histoire.

« C’est l’alliance de la carpe et du lapin, celle de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles (M5S), lesquels gouvernent aujourd’hui l’Italie, troisième économie de l’UE (Union européenne), sans guère de point commun si ce n'est leur rejet de l’Europe. Implantée dans le nord prospère et industrialisé, la Ligue, parti de l'extrême droite identitaire, veut en finir avec l’État-providence. Ancré dans la moitié sud agricole et pauvre, le Mouvement 5 étoiles, populaire et "antisystème", mise sur la démocratie directe et promet d’éradiquer la corruption comme de redistribuer les richesses ».

« Matteo Salvini (Ligue), ministre de l’Intérieur et nouveau maître du jeu à Rome, qui a fait du combat contre l’immigration son fer de lance politique, et Luigi Di Maio (M5S), ministre du Développement économique, n’ont pas réussi à imposer aux Finances l’eurosceptique Paolo Savona. Récusé par le président italien Sergio Mattarella, celui-ci a cependant été recyclé en… ministre des Affaires européennes  ».  Le président Mattarella, qui a évolué de la Démocratie chrétienne à L'Olivier et occupe une fonction honorifique, s'est présenté en « garant des engagements européens » lors de la formation du gouvernement issu des élections législatives de 2018. 

« De la politique migratoire aux libertés sociétales en passant par les relations avec la Russie de Poutine, la coalition souverainiste entend faire entendre sa différence à Bruxelles ». Car l'Italie a longtemps été, avec la Grèce, le premier pays d'arrivée des « migrants », sans grande aide de l'Union européenne et notamment depuis la décision de la chancelière allemande Angela Merkel annonçant une "politique d'ouverture européenne".


« Cette alliance résistera-t-elle à ses tensions internes ? Peut-elle provoquer l’implosion d’une Union européenne déjà fragilisée par le Brexit et la crise catalane ? Ce documentaire apporte un éclairage historique, politique et géopolitique sur la nouvelle crise qui secoue l’Europe  ».

L'UE est déjà profondément divisée. Et le Président de la République Emmanuel Macron concourt à cette division par des actions unilatérales jugées illégales par l'Italie, des invectives ou comparaisons - « comme une lèpre un peu partout en Europe » - à l'égard notamment de politiciens hongrois, italiens ou autres soucieux de réformer l'Union européenne, sachant parler au peuple, et aux choix distincts de la politique macronienne du « et en même temps ».

Le géopolitologue américain Daniel Pipes classe Matteo Salvini en troisième position dans sa liste des personnalités politiques européennes majeures.

Matteo Salvini revendique la défense des intérêts des Italiens, l'attachement à la souveraineté nationale, la défense de la famille traditionnelle.

Il soigne ses relations avec des Italiens juifs et l'Etat d'Israël. 


« L'Italie à l'heure des populistes. Un danger pour l’Europe ? » par Julie Peyrard et Natalia Rodriguez Perez
France, 2018, 52 minutes
Sur Arte les 23 octobre 2018 à 20 h 50 et 16 novembre 2018 à 9 h 25