Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 15 avril 2021

Des 55 ans aux 73 ans de l’Etat d’Israël


Yom Haatsmaout, Jour de l'indépendance de l'Etat d'Israël, a lieu le 5 du mois d'iyar. Il correspond à la lecture de la déclaration d’indépendance de l’Etat Juif par David Ben Gourion. En 2019, l'Etat d'Israël affichait une réussite, à bien des égards, exemplaire, mais était visée par des mouvements terroristes islamistes et l'Iran qui veulent sa destruction, alors que la France s'enfonçait dans ses déclins. En 2021, les célébrations se déroulent durant la fin de la campagne de vaccination contre le coronavirus contre laquelle le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris des mesures précoces efficaces - fermeture des frontières aériennes -, alors que la vie reprend son cours normal et qu'un nouveau gouvernement doit être formé à la suite des élections législatives du 23 mars 2021. Les Juifs, israéliens ou de diaspora, savent-ils célébrer les grands événements : Yom HaZikaron, Yom Haatsmaout, etc. ? 

La Mer Morte
Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

Le 7 mai 2003, pour Yom Haatsmaout, la Fédération des Organisations Sionistes de France (FOSF) et le KKL, avec l’UPJF, le Consistoire Central, la Wizo, le Libi et l’Agence juive ont organisé une soirée au Palais des Congrès (Paris). L’intensité de l’amour des 3 700 spectateurs pour Israël, qui fêtait les 55 ans de sa refondation, révélait une inquiétude sourde. 

C’est une salle comble qui a témoigné avec enthousiasme son attachement à l’Etat d’Israël en cet anniversaire particulier, notamment pour les superstitieux.

« Le fête du Souvenir est proche de celle de l’Indépendance. Comme dans la tradition juive, la joie est associée à la peine », a noté Robert Zbili, président de la FOSF devant notamment S.E. Nissim Zvili, ambassadeur d’Israël en France, S.E. Yitzhak Eldan, ambassadeur près de l’UNESCO, des édiles, des dirigeants de la communauté juive française et d’organismes israéliens, des responsables de lobbys américains - AIPAC, American Jewish Congress -, des spectateurs de tous âges, dont Clara Beyler, volontaire de la Maguen David Adom choisie pour allumer un flambeau lors de la cérémonie commémorative à Jérusalem.

« Nous sommes au lendemain de la victoire de la Coalition sur les troupes de Saddam Hussein. Cette histoire se serait écrite différemment sans la décision prise par Menahem Begin en 1981 de détruire la centrale nucléaire irakienne Osirak », a ajouté M. Zbili.

Entrecoupés par la retransmission des vœux du président Moshe Katsav et une collecte de fonds au profit de la Forêt des enfants victimes du terrorisme (Jérusalem), les discours de personnalités se sont enchaînés. Dénonçant l’islamisme, le Front national et la résurgence de l’antisémitisme, soulignant la force du lien entre Israël et les Etats-Unis, le président de l’UPJF, Hervé Giaoui, a vivement incité les spectateurs à soutenir les politiciens amis d’Israël et à investir le champs politique.

La remise des Prix de Jérusalem a ensuite consacré l’action en faveur de l’Etat hébreu accomplie par le député Eric Raoult (UMP) et le gal Michel Darmon, président de l’Association France-Israël.

« Un pays n’est pas donné à son peuple sur un plateau d’argent » (Haïm Weizman)
« 55 ans après son indépendance, Israël continue à lutter, jour après jour, pour assurer son indépendance. Cet Etat a une Armée puissante pour assurer sa protection. Il est prêt à faire des concessions pour avoir la paix. Mais il ne se cédera jamais au terrorisme. En 55 ans, Israël a su intégrer les Juifs originaires de 102 pays. Au cours des dix dernières années, l’Etat hébreu a intégré un million d’immigrants. C’est un motif de fierté », a déclaré M. Zvili.

Et c’est Jacques Kupfer, Président du Likoud-France, qui a prôné l’aliyah.

Puis Joseph Sitruk, Grand Rabbin de France, a dénoncé les agressions antisémites et stigmatisé la légende d’une photo publiée par un journal : « L’Esplanade des Mosquées, qui abriterait, selon les Juifs, les vestiges du Temple de Salomon »...


Il a regretté, même s’il en connaissait les raisons, les mesures d’austérité décidées par le gouvernement israélien et qui touchent en particulier les « Noirs » (« Religieux »). « Les Juifs ont une longue mémoire, dénommée l’histoire, et un grand avenir appelé l’éternité », a-t-il conclu.

Rika Zaraï, la troupe Adama, Sarale Sharon et d’autres artistes ont ravi le public. Une farandole de jeunes spectateurs montait sur scène pour poursuivre dans l’allégresse cette longue nuit...

Israël en 2015
Le Central Bureau of Statistics israélien a rendu public des statistiques intéressant l'Etat Juif en 2015. La population israélienne s'élève à 8 345 000 âmes, plus de dix fois celle recensée lors de la refondation de l'Etat en 1948, alors habité par 806 000 personnes. Les Juifs constituent en 2015 74,9% de cette population, et les Arabes 20,7%. Environ 75% de la population Juive sont nés Israéliens, et plus de la moitié des Israéliens de la deuxième génération.

En un an, de 2014 à 2015, la population israélienne a cru de 164 000, avec 32 000 nouveaux immigrants. En 1948, seuls Tel Aviv-Jaffa avait plus de 100 000 résidents. En 2015, il y avait 14 villes en Israël à la population dépassant 100 000 habitants, et six de plus de 200 000 : Jérusalem, Tel Aviv-Jaffa, Haifa, Rishon Lezion, Ashdod et Petah Tikva.


Les 14 Israéliens qui ont allumé les torches lors de la cérémonie d'ouverture de ce Jour de l'Indépendance témoignent de la réussite, à bien des égards, exemplaire de l'Etat Juif dans différents domaines : Dr. Danny Gold a inventé et développé le système de défense Iron Dome missile, Ehud Shabtai, un des fondateurs et développeurs de l'application de navigation Waze utilisée quotidiennement par des millions de conducteurs dans 120 pays, Or Assouline, un lycée et président d'une société pour jeunes entrepreneurs, qui participe à un programme spécial d'ingénierie biomédicale, Malka Piotrkowsky, qui enseigne aux femmes le Talmud, traditionnellement réservé aux hommes, Rami Levy, propriétaire d'une chaine de supermarchés et de réseaux téléphoniques qui a contraint de grands chaines de supermarchés israéliennes à baisser leurs prix, Prof. Marta Weinstock-Rosin, qui a développé des médicaments pour traiter les maladies Alzheimer et Parkinson, Gavriel Iddan, ingénieur qui a développé de minuscules caméras que les patients peuvent avaler, Avihu Medina, auteur-compositeur-interprète pour son importante contribution à la culture israélienne et à la chanson hébraïque, Sima Shine, officier du renseignement de très haut rang, Alice Miller, pilote de l'armée qui a obtenu de la Cour suprême l'autorisation pour les femmes de suivre les cours de l'armée aérienne, Lucy Aharish, journaliste musulmane qui oeuvre à promouvoir le pluralisme social et la coexistence, Gal Lusky, fondateur et président de Israeli Flying Aid, qui fournit une assistance humanitaire dans des zones sinistrées dans le monde, Rafi Mehudar, développeur de l'irrigation au goutte à goutte, innovation en Israël et à l'étranger, et Corp. Dan Korkovsky, membre de l'unité de renseignement spécial de Tsahal composée de soldats autistes dotés de qualités remarquables pour rassembler les informations.

Comment commémorer ?
Dans un article publié en hébreu dans NRG, et édité le 21 avril 2015 dans sa traduction en anglais sous le titre "We Have Forgotten How to Remember" (Nous avons oublié comment nous souvenir) par le mouvement politique Manhigut Yehudit (Leader Juif), Moshe Feiglin a écrit : "Ceux qui sont tombés sur le champs de bataille méritent un respect spécial ; les parents des soldats tombés méritent une fierté spéciale qui l'emporte sur la fierté des familles des victimes du terrorisme. Yom Hazikaron ne doit pas être un jour de deuil. C'est le jour pendant lequel nous devrions honorer ceux qui ont sacrifié leur vie pour nous. C'est le jour où nous devrions les saluer, intérioriser leur héritage, baisser notre tête et saluer leur famille. C'est un jour d'hommage, pas un autre Jour de la Shoah... La raison pour laquelle ces soldats sont morts s'est perdue pour nous. Après tout, la Haute cour de justice a déjà décidé que la Nakba ("catastrophe", en arabe) peut aussi être observée le Jour de l'Indépendance d'Israël. Autrement dit : tout est virtuel, rien n'est réel".

Et d'expliquer : "Tout est devenu confus/ "Victoire" est devenue un mot sale. Nous ne revendiquons pas de représenter la vérité ou la justice, aussi il n'y a rien pour lequel se battre vraiment... La seule victoire que nous voulons adopter est celle du monde occidentale : la justice de la victime. Ne commencez même pas à penser à une parade militaire le Jour de l'Indépendance. "La seule procession que notre Chef d'état-major peut mener est la marche d'Auschwitz à Birkenau", a écrit Amnon Lord, rédacteur en chef de la revue Makor Rishon. Et il avait raison".

Et de dénoncer le plan visant à reconquérir la bande de Gaza dirigée par le Hamas  pour l'offrir à Abu Mazen (Mahmoud Abbas), et de déplorer son coût humain en termes de morts de soldats israéliens chargés de capturer les terroristes libérés dont la capture avait coûté la vie à nombre de soldats de Tsahal.

En France, les organisations Juives, françaises et israéliennes, organisent des soirées musicales en l'honneur de l'anniversaire de la refondation de l'Etat d'Israël. Chanteurs et danseurs israéliens attirent un public essentiellement Juif sioniste, souvent jeune, mais qui ignore une grande partie de l'Histoire Juive, notamment celle de l'Etat d'Israël, tant son leadership communautaire est acquis à la "solution à deux Etats", même dans un Moyen-Orient en complète recomposition politique.

Quant à Yom HaShoah, c'est une journée "islamiquement correcte" qui occulte l'alliance entre dirigeants nazis et musulmans, tel al-Husseini, l'adhésion populaire dans le monde arabe pour le nazisme, etc.

2018
En avril 2018, la population d’Israël s’élève à 8,84 millions d’habitants. Au cours des douze derniers mois, elle a augmenté de 1,9 % - 163 000 personnes -, 177 000 bébés sont nés et environ 41 000 personnes sont mortes. Avec 6,589 millions d'âmes, les Juifs représentent environ les 3/4 de la population totale, et la minorité arabe compte environ 1,849 million de personnes, soit 20,9 % de la population totale. Près de 404 000 personnes feraient partie d’autres communautés.

Avec 6,4 millions de personnes en avril 2018, contre moins de 450 000 en 1939, Israël est le pays où vivent le plus de Juifs. Il devance les Etats-Unis (5,7 millions) et la France avec un peu plus de 450 000 personnes. Il y a plus de 100 000 juifs dans six autres pays : le Canada, la Grande-Bretagne, l'Argentine, la Russie, l'Allemagne et l'Australie.

En 70 ans, la population totale d'Israël a été multipliée par onze, passant de 806 000 à 8 842 000 habitants.

Il y a moins de juifs dans le monde en 2018 qu'en 1939 à la veille de la Seconde Guerre mondiale. On comptait en 1939 16,6 millions de Juifs dans le monde.

2019
En 2019, l'inquiétude des Français juifs s'est approfondie dans une France en déclins, alors que l'Etat d'Israël affichait une réussite, à bien des égards, exemplaire, mais était visée par des mouvements terroristes islamistes et l'Iran visant sa destruction.

2020

En 2020, les célébrations se déroulèrent dans le cadre de la pandémie de coronavirus contre laquelle le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris des mesures précoces et efficaces. 

Durant la pandémie de coronavirus, les parades aériennes vont survoler les hôpitaux israéliens pour rendre hommage au personnel soignant dévoué auprès des malades : pour la première fois, le nombre de guéris a dépassé celui des contaminés. Un couvre-feu a été instauré pour éviter les rassemblements.



La population israélienne est évaluée à 9,2 millions selon le Bureau central de statistiques (BCS). La population israélienne a augmenté de 171 000 habitants depuis Yom HaAtsmaout 2019 et devrait atteindre les 11,1 millions en 2030. D’ici 2048, pour les 100 ans de la refondation de l'Etat Juif, le BCS prévoit une population de 15,2 millions d’habitants. 


En 1948, 6% seulement de la population juive mondiale de 11,5 millions vivaient en Israël. En 2020, 45% des 14,7 millions de Juifs du monde résident dans l'Etat d'Israël. En 2020, les villes ayant le plus grand nombre d'habitants sont Jérusalem (936 047), Tel Aviv-Jaffa (461 352), Haïfa (285 542), Rishon Lezion (254 238) et Petah Tikva (248 005).


Les 6,806 millions de Juifs représentent 74 % de la population israélienne, alors qu’il y a 1,93 million d’Arabes en Israël, soit 21 % de la population. Les 5% restants, soit 454 000 habitants, appartiennent à d’autres groupes. 

"Parmi la population juive, 78 % sont nés dans le pays, et depuis la fondation d’Israël en 1948, 3,3 millions de personnes ont immigré en Israël." En 2019, 180 000 naissances ont été enregistrées, 44 000 personnes sont mortes, et 32 000 olim ont fait leur aliyah. Israël a une “population jeune” : 950 000 enfants âgés de moins de quatre ans, 28% de la population a entre 0 et 14 ans, tandis que 12% a plus de 65 ans."

Selon une étude du Taub Center menée par le Prof. Alex Weinreb, l'augmentation du nombre d'Israéliens âgés de plus de 70 ans est prévisible, plus que doublant de 669 000 en 2017 à environ 1,41 million en 2040. Le taux de personnes âgées dans le secteur arabo-israélien dépassera celui du secteur Juif. Dans la population Juive, le nombre de personnes âgées de plus de 70 s'accroîtra de 88% (de 615 000 à 1,21 million). Parmi les Arabes, le groupe de même âgé quadruplera de 54 000 à 197 000. Le taux de croissance démographique annuel devrait diminuer de 1,87% en 2019 à 1,52% en 2040 en raison de la baisse du taux de fertilité. L'épidémie de coronavirus ne devrait pas avoir d'influence sur le taux de mortalité en 2020 et l'espérance de vie.


Visuels :
Déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël
Carte d'Israël dans ses lignes d'armistices et de frontières en 2006


Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Cet article a été publié dans Actualité juive et sur ce blog le 23 avril 2015, puis les 12 mai 2016, 2 mai 2017, 19 avril 2018, 9 mai 2019 et 29 avril 2020.

« Tsahal, au cœur de l’action » de Gilles Rivet


Pilote, spécialisé dans le photo-reportage, Gilles Rivet a "couvert de nombreux événements et conflits internationaux". Il signe les textes et magnifiques photos en couleurs de ce livre dédié à l’armée israélienne : Israéliens effectuant leur service militaire, infirmières, avions F-15, fusils M16, missiles Arrow, chars Merkava IV aux technologies sophistiquées protégeant son équipage, etc. Des clichés pris par des soldats complètent ce panorama des unités des Forces de défense israéliennes (IDF). Yom HaZikaron est la journée à la mémoire des soldats morts lors des guerres de l'Etat d'Israël et des victimes du terrorisme depuis 1860, soit 23 928 soldats tués, et 3 158 à la vie détruite par le terrorisme.

Dans la peau d’un soldat. De la Rome antique à nos jours

Auteur de Colombie, unités spéciales dans la série Au cœur de l’action chez le même éditeur ETAI, Gilles Rivet évoque la place des femmes, de la religion, et des unités d’élite – brigades Kfir et Golani, parachutistes - et de lutte NBC (nucléaire biologique et chimique). Son objectif capte la camaraderie de ces jeunes soldats, leur détermination, leur entraînement exigeant pour les aguerrir, leur technique de protection « réciproque », ainsi que leur moment de détente et l’évacuation des blessés et morts.

Il souligne le rôle de Tsahal (abréviation de Tsva Haganah Le’Israel, IDF) dans l’intégration des juifs originaires d’Ethiopie au sein de la société israélienne.

Admirateur de l’intégration des Juifs de diaspora et des bâtisseurs sionistes, l’auteur montre une empathie, une sensibilité et une compréhension rares pour ces 250 000 soldats, dont les réservistes, défendant leur pays, une démocratie isolée dans une région souvent hostile et confrontée à une menace existentielle protéiforme. L’auteur n’omet pas les difficultés d’intégrations des juifs originaires d’Ethiopie et le rôle de Tsahal dans l’intégration de leurs jeunes au sein de la société israélienne

On aurait aimé que soient mentionnés l’éthique de Tsahal et le terrorisme islamiste.

On regrette quelques approximations - l’aide fournie par la Tchécoslovaquie au jeune Etat d’Israël naissant était en fait constituée de matériel soviétique - et oublis, tels la déclaration Balfour et le rôle du grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini dans les massacres antijuifs dans la Palestine mandataire.

Du même auteur, on peut lire aussi son reportage sur la brigade d’infanterie israélienne Kfir (Raids, n° 263, avril 2008) et ses articles, dont celui sur les Magav cosigné avec Maxime Perez, dans le dossier spécial Israël de la revue Assaut (n° 38, mars 2009).

Yom Hazirakon
Yom HaZikaron est la journée à la mémoire des soldats morts lors des guerres de l'Etat d'Israël et des victimes du terrorisme depuis 1860, "lorsque les premiers habitants juifs de la Vieille ville de Jérusalem ont créé pour la première fois de nouveaux quartiers en dehors des murailles", soit 23 646 soldats  et 3 134 victimes d'attentats terroristes en avril 2018 . 

La journée du Souvenir des soldats tombés pour la défense d'Israël et des victimes du terrorisme (Yom Hazikaron) "est commémorée le 4 Iyar. Une sirène retentit deux fois au cours de Yom Hazikaron. Toute activité, y compris la circulation, cesse immédiatement. Les gens sortent de leur voiture, même au milieu des autoroutes, et observent une minute de silence en mémoire du sacrifice de ceux qui sont morts en défendant Israël. La première sirène marque le début de Yom Hazikaron, et la seconde annonce la récitation publique des prières dans les cimetières militaires. La veille, les sirènes retentiront pendant deux minutes dans le pays. et, en silence, la nation tout entière se souvient de sa dette et exprime sa reconnaissance éternelle à ses fils et à ses filles qui ont donné leur vie pour que le pays parvienne à l'indépendance et poursuive son existence. Cette cérémonie est également dédiée aux victimes du terrorisme. Peut-être parce que la plus grande partie de la population israélienne a des parents ou des amis proches qui ont ainsi perdu la vie, Yom Hazikaron est largement respectée, à l'exception de la plupart des Arabes (sauf les Druzes et les Bédouins, dont beaucoup ont servi dans l'armée) et des Haredi non-sionistes. Tout au long de la journée (la veille au coucher du soleil, selon le calendrier lunaire juif) les magasins, restaurants, cinémas, lieux de divertissement, etc sont fermés par la loi. Radio et télévision passent des programmes sur les guerres d'Israël. Malgré une forte composante laïque, Il y a une composante religieuse dans Yom Hazikaron. On lit un yizkor particulier, la prière "El Male Rahamim" ainsi que le Kadich. Au coucher du soleil, Yom Hazikaron cède la place aux festivités de Yom Haatsmaout, Jour de l'indépendance".

"The figure of 23,646 fallen soldiers is counted from when Jews first began to settle outside of Jerusalem in the 1860s, including 71 fallen IDF officers and soldiers who died in the past year. The last one to join the sad but distinguished list was Sgt. Eliyahu Drori, who was killed on Saturday in an operational accident".

"Since the establishment of the state, 3,117 civilians were murdered in acts of terrorism. Since last year’s Yom Hazikaron, 12 civilians were killed in attacks. The latest victim was Adiel Coleman, a father of four who was stabbed to death in Jerusalem last month".

The dead include members of the Israel Defense Forces, the Shin Bet (Israel’s Security Service), the Mossad, the Israel Police, the Israel Prisons Service and the World War II Jewish Brigade, including 148 fallen soldiers who were also Holocaust survivors and soldiers who died from their disabilities suffered during combat. “On this day, we bow our heads alongside bereaved families – our dear ones who experience daily the yearning and lasting pain,” stated IDF Chief of Staff Lt. Gen. Gadi Eisenkot".

"There are currently some 9,000 bereaved parents in Israel, some 4,800 widows of fallen security servicemen, about 1,800 orphans under the age of 30 and thousands of bereaved siblings and older orphans. Terrorist attacks have left many orphans, including about 100 orphans who have lost both parents, along with some 830 widows and widowers and some 940 bereaved parents".

"More than 1.5 million Israelis are expected to visit Israel’s 52 military and other cemeteries throughout Yom Hazikaron. Sirens will wail on Tuesday night, and a two-minute siren will wail across Israel at 11 a.m. on Wednesday marking the start of memorial ceremonies at military cemeteries. The day’s events conclude with a candle-lighting ceremony at Mount Herzl and the melancholic atmosphere ends sharply at sundown Wednesday when Israel kicks off its 70th Independence Day celebrations".

Yom HaZikaron 2019
"The Jewish State commemorates its fallen soldiers next week during Yom HaZikaron, memorial day. It is set to start at 8 pm next Tuesday, and last through Wednesday, with as many as 1.5 million expected to visit military cemeteries". 
Depuis 1860, 23 741 soldats sont morts en combattant pour Israël, soit 96 victimes de plus par rapport à 2018. "Parmi les victimes, 56 sont des soldats de Tsahal ou des policiers et 40 sont des anciens combattants handicapés décédés à la suite de complications dues à des blessures subies pendant leur mission. Ces chiffres prennent en compte les soldats morts au combat mais aussi ceux décédés des suites d’un accident, d’une maladie ou qui ont mis fin à leurs jours". 
"Neuf noms supplémentaires ont également été ajoutés à la liste des victimes civiles israéliennes du terrorisme qui ont péri dans des attentats au cours de l’année écoulée, portant le total à 3 146".
En 2019, plus d'1,5 million de personnes se rendront dans les cimetières militaires et sites mémoriaux pour Yom Hazikaron. Les activités du ministre auront lieu dans 52 cimetières militaires et des centaines de lieux militaires d'inhumations - de Kiryat Shmona à Eilat - ainsi que dans des milliers de tombes des différentes communautés en Israël.
Israël a près de 170 000 soldats en activité, et 460 000 réservistes. "Military service is compulsory for Israeli Jews, and young conscripts make up two thirds of the standing army."

Yom HaZikaron 2021
Yom HaZikaron
 est la journée à la mémoire des soldats morts lors des guerres de l'Etat d'Israël et des victimes du terrorisme depuis 1860, soit 23 928 soldats tués, et 3 158 à la vie détruite par le terrorisme.

Le 12 avril 2021, Itzik Saidyan, âgé de 26 ans, et "vétéran de l'armée israélienne diagnostiqué avec des troubles de stress post-traumatique, s'est immolé par le feu devant un bureau du ministère de la Défense chargé de la réhabilitation des soldats blessés, a indiqué le ministère dans un communiqué. Itzik Saidyan a été grièvement blessé avec des brûlures sur tout le corps. Itzik Saidyan a été transporté au centre médical de Sheba dans un état grave. Il avait une invalidité de 25% en raison de ses troubles post-traumatiques après avoir participé à l'opération Bordure protectrice lancée par Tsahal contre Gaza en 2014."

"Selon le ministère, l'ancien soldat est arrivé au bureau du Département de réhabilitation situé à Petah Tikva (centre) muni d'une bouteille remplie d’un liquide inflammable, s’en est aspergé, puis s’est immolé à l'entrée du bâtiment. "Les agents de sécurité du ministère de la Défense ont immédiatement réagi en utilisant des extincteurs, lui ont apporté les premiers soins et contacté les services de secours", a déclaré le ministère."

"Le ministre de la Défense Benny Gantz et le directeur général du ministère Amir Eshel ont ordonné une enquête sur l'incident afin d'en déterminer les causes et les mesures à prendre, a déclaré le ministère. L'incident est survenu la veille du jour du Souvenir à la mémoire des soldats tombés au combat et des victimes du terrorisme."


Gilles Rivet, Au cœur de l’action Tsahal. ETAI, 2008. 144 pages. 29,95 euros. ISBN : 978 2 7268 8828 5

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Cet article a été publié en une version plus concise dans le n° 614-615, juillet-août 2009, de L’Arche, et sur ce  blog les 18 octobre 2009 et :
- 15 avril 2013, lors de Yom HaZikaron, journée à la mémoire des soldats morts lors des guerres de l'Etat d'Israël - au nombre de 22 993 en avril 2012, 23 085 en avril 2013 - et des victimes du terrorisme (2 493 civils en avril 2013) ;
- 4 mai 2014. Débute Yom HaZikaronjournée à la mémoire des soldats morts lors des guerres de l'Etat d'Israël - au nombre de 23 169 en mai 2014 - et des victimes du terrorisme depuis 1860. Le nombre de membres de familles endeuillées s'élève à 17 038, dont 9 931 parents, 4 966 veuves et veufs, et 2 141 orphelins. Le ministre israélien de la Défense estime qu'un million et demi de personnes vont assister aux cérémonies commémoratives dans un des 57 cimetières militaires israéliens ;
- 22 avril 2016. Yom HaZikaron est la journée à la mémoire des soldats morts lors des guerres de l'Etat d'Israël et des victimes du terrorisme depuis 1860, soit 23 320 en avril 2015, dont 67 lors de l'opération Bordure protectrice ;
- 30 mars 2016. Le 24 mars 2016, à Hébron, un soldat israélien, âgé de 19 ans et infirmier de la brigade Kfir, a tué d'une balle dans la tête un terroriste palestinien qui venait d'essayer de poignarder un soldat israélien. Il a expliqué qu'il craignait que ce dernier ne déclenche son éventuelle ceinture explosive. Il ignorait que des vérifications avaient été effectuées avant son arrivée. Ce qui a suscité une polémique nourrie par une vidéo de B'Tselem ;
- 9 mai 2019.

mercredi 14 avril 2021

« Une métropole en devenir - Un reportage sur Chicago » de Heinrich Hauser

Arte diffusera le 20 avril 2021 « Une métropole en devenir - Un reportage sur Chicago » (Weltstadt in Flegeljahren. Ein Bericht über Chicago) de Heinrich Hauser 
(1901-1955), marin, écrivain, réalisateur et photographe allemand. « Quand Heinrich Hauser, un photojournaliste allemand à l’œil aiguisé, prend le pouls du Chicago trépidant des années 1930, sans omettre l’envers du décor... Un film muet d’une grande beauté plastique, récemment restauré et accompagné d’une nouvelle musique composée par Andy Miles ».


Marin allemand, Heinrich Hauser (1901-1955) observe les mouvements révolutionnaires dans l'Allemagne vaincue de la Première Guerre mondiale.

Dès 1925, il débute comme journaliste dans la rédaction du Frankfurter Zeitung. Il acquiert la notoriété comme écrivain, réalisateur et photographe intéressé par les relations entre la technologie, essentiellement l'industrie, et les êtres humains, la ville et le pays.

Il se marie à cinq reprises, dont deux avec des Juives qu'il aidera à fuir l'Allemagne nazie. Un nazisme envers lequel il sympathisera brièvement en 1933, avent de rompre en 1934.

En 1931, il réalise un film muet, en noir et blanc, intitulé “Weltstadt in Flegeljahren: Ein bericht uber Chicago,” Un documentaire sur une ville américaine durant la Grande dépression, la crise économique.

« 1931, à Chicago l’industrieuse, dans le quadrillage enfumé des rues, une foule affairée, avec ses ouvriers noirs fraîchement arrivés des États du Sud, qui mettent de l’huile dans les rouages ».

« Trains filant à toute vapeur, buildings fuselés et ballet impeccable des hommes et des machines : le journaliste, écrivain et photographe allemand Heinrich Hauser lègue un hypnotisant reportage sur cette cité en mouvement perpétuel ». 

« Sa caméra suit le tempo, saute dans le métro aérien ou prend de la hauteur pour se balancer sur une attraction foraine ». 

« S’il reprend le motif de la métropole américaine pleine de promesses, son œil aiguisé de photographe n’oublie pas l’envers du décor ». 

« Médecin, réformateur social et "roi des hobos" (ouvriers nomades laminés par la crise de 1929), Ben Reitman fait irruption et rappelle, poing serré, la misère des innombrables sans-abris de Chicago ». 

« Le rythme se calme alors, et la ville dévoile ses laissés-pour-compte au dos voûté, ses bureaux de placement décevants, ses taudis et ses gamins des rues. »

« Récemment restauré, ce témoignage précieux, d’une grande beauté plastique, à l’affût de la moindre pulsation de vie, s’enrichit d’une nouvelle musique, composée par Andy Miles. »

« Inspirée du jazz de Chicago, elle s’ouvre à d’autres influences pour épouser les aspérités de la ville et souligner la modernité du film. »


Etats-Unis, 1931, 66 min
Noir et blanc, muet - Version restaurée
Production : Schongerfilm, WDR Funkhaus Orchester, ZDF en association avec ARTE
Scénario : Heinrich Hauser
Production : Schongerfilm
Producteur : Hubert Schonger
Image : Heinrich Hauser
Musique : Andy Miles
Sur Arte le 20 avril 2021 à 00 h 20
Disponible du 18/04/2021 au 18/05/2021
Visuels : © ZDF

Sciences Po et l'antisémitisme


Le prestigieux Institut d'Etudes Politiques de Paris (IEP), surnommé Sciences Po, forme une partie de l'élite française. Tags antisémites 2003 durant la direction de Richard Descoings, posts antisémites d'Amira Jumaa, étudiante koweitienne, projection en 2016 de “The Gatekeepers”, documentaire controversé et primé de Dror Moreh, lors des Journées du cinéma politique« Emouna, l’amphi des religions », programme "islamiquement correct" de formation "des ministres du culte de différentes communautés religieuses", interdiction en 2019 d'une conférence de l'essayiste Alain Finkielkraut... A ces événements vient s'ajouter un fait récent. Le 12 avril 2021, des tags - « une étoile de David barrée ainsi que les inscriptions « Mort à Israël », « Kouffar » (« mécréants » en arabe), « école de Kouffar » " - inscrits « à la bombe de peinture noire » ont été découverts. Si les dirigeants politiques ou communautaires ont parlé de tags antisémites, "haineux" et violents", ils ont souvent occulté curieusement que ces tags visaient les non-musulmans désignés par "kouffar".

Une « école » juive française en mutations

Sciences Po est un établissement privé prestigieux, recevant des subventions de l'Etat. Il forme une grande partie de l'élite politique, économique et médiatique française et étrangère.

Inscriptions antisémites
Vers le 24 novembre 2003, des membres de l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) remarquaient, sur les murs des WC et des couloirs de Sciences Po, le réputé Institut d’Etudes Politiques de Paris, ces inscriptions - « Halte au racisme juif. Halte à la maffia juive [sic] » - renvoyant à des sites antisémites, révisionniste ou islamiste. Ces expressions se renouvellent. Le mot "Sharon" - Ariel Sharon était alors Premier ministre en Israël - était écrit dans les WC.

« Sciences Po efface les messages antisémites dès qu’ils lui sont signalés. Il ne peut pas mettre des caméras partout. Ce qui est nouveau, c’est le caractère industriel de ces inscriptions apposées au tampon encreur », explique le directeur de la communication de Sciences Po, Xavier Brunschvicg.

L’UEJF-Sciences Po dénonce ces inscriptions dans un tract, dans sa newsletter et dans une lettre au directeur de Sciences Po, Richard Descoings. Le 27 novembre, elle rencontre M. Descoings, qui propose d’inscrire la réaction de la direction « dans une réflexion sur la laïcité » (sic). 

Incompréhension de l'antisémitisme ? Refus de lancer des actions ciblées contre la haine des Juifs ? Crainte de s'aliéner des mouvements estudiantins ou syndicalistes d'extrême-gauche ? Cette réaction de la direction de Sciences Po s'aligne sur celle des autorités politiques nationales françaises qui, depuis tant d'années, feignent de croire que la laïcité pourrait dissoudre l'antisémitisme. Curieux pour un établissement d'enseignement supérieur si renommé.

Mais il est vrai que Sciences Po a profondément changé sous la direction, autoritaire, favorisant la courtisanerie, opaque et dispendieuse de Richard Descoings. En témoignent les panneaux d'affichage des syndicats étudiants majoritairement occupés par des groupes gauchistes. Auteur de la biographie de Richard Descoings Richie, Raphaëlle Bacqué a qualifié de "révolutionnaire" Richard Descoings. Or, celui-ci a préféré imposer dès 2010 l'enseignement des "études de genre", plutôt qu'un cours analysant cette vague d'antisémitisme depuis l'Intifada II. Pourquoi ? Parce cet antisémitisme est particulièrement virulent parmi des élèves de ZEP (zones d'éducation prioritaire) auxquels Richard Descoings avait destiné une procédure spécifique pour intégrer Sciences Po au nom de la démocratisation de l'IEP de Paris, ou ses étudiants venant de pays étrangers ?

Mais l’UEJF-Sciences Po a voulu distinguer "la lutte contre l’antisémitisme du débat sur la laïcité », indique son président, Stéphane de Miroschedji.

Le 28 novembre, la newsletter de Sciences Po, vecteur de la communication de la direction vers les étudiants et son personnel éducatif et administratif, a présenté dans sa rubrique « A la une » un communiqué où la direction, « préoccupée par la multiplication d'inscriptions antisémites dans son établissement, condamne ces dérives avec fermeté. Leurs auteurs feront l’objet des sanctions les plus lourdes. Insulter étudiants et professeurs juifs de Sciences Po, c'est porter un affront intolérable à toute l'Ecole et aux valeurs d'échange et de tolérance qu'elle promeut. Notre projet éducatif met en avant le courage intellectuel, la capacité à assumer la complexité, le respect des autres. Aucune discrimination n'y trouve sa place. Nous appelons en conséquence étudiants, professeurs et personnel à la plus grande vigilance ».

Ce communiqué répondait aux attentes de l’UEJF-Sciences Po qui reçoit le soutien d’étudiants et d’un professeur, Olivier Duhamel. Il montrait qu’une réaction officielle et ferme est non seulement possible, mais aussi indispensable.

Quelle est l’origine de ces tampons, externe ou interne ? L’extrême-droite ou les islamistes ? Les interrogations demeurent.

Amira Jumaa
En octobre 2015, le site TheInglouriousBasterds a révélé les posts antisémites d'Amira Jumaa, jeune Koweitienne. Lors d'un échange sur les réseaux sociaux, elle pestait contre les Juifs qu'elle assimilait aux "rats" : "Oui, vous les Juifs méritez d'apprendre ces leçons. Vous vous attendez à quoi, s'emparer de la terre d'un peuple et le tuer ? Un câlin ?... Vous n'appartenez à aucun lieu dans ce monde - c'est pourquoi vous, mecs, êtes des racailles et des rats, et êtes discriminés où que vous soyez. N'en blâmez pas les pauvres Palestiniens... D'abord, rat dispersé, je ne suis pas une immigrante de France. Je suis du Koweït, aussi mon pays peut acheter vos parents et vous, et vous mettre dans des fours".

Née d'un père koweïtien et d'une mère jordanienne d'origine palestinienne, cette étudiante à Sciences Po effectuait un stage au service Culturel à l'ambassade de France aux Etats-Unis. Elle avait auparavant été stagiaire à l'ambassade du Koweït à Athènes (Grèce).

L'Etat Israël ? "Not even a country" ("Pas même un pays"), écrivait dédaigneusement Amira Jumaa sur Facebook, le 22 juillet 2014.

Donc en pleine opération Bordure protectrice menée par l'armée israélienne contre le Hamas, mouvement islamiste visant la destruction d'Israël, dans la bande de Gaza. Quand la "rue islamique" défilait massivement, fomentait des pogroms, hurlait "Mort aux Juifs"...

En août 2014, Amira Jumaa avait liké un message sur Facebook d'I Hate Israel : au premier plan d'un défilé, une banderole large prônait le boycott de l'Etat Juif.

Après ces révélations, l'ambassade de France a mis un terme au stage d'Amira Jumaa. Ce qu'a annoncé Gérard Araud, ambassadeur de France aux Etats-Unis qui soutenait le PDG d'Orange souhaitant désengager sa firme d'Israël, sur son compte Twitter, le 27 octobre 2015.
Curieusement, le message du service Culture de cette ambassade, publié initialement sur sa page Facebook le 23 octobre 2015, en a disparu. Ce service y exprimait la "consternation" du ministère des Affaires étrangères en apprenant "les propos antisémites" tenus "sur sa page personnelle" par son ancienne stagiaire.


Le 25 octobre 2015, sur Facebook, All With Us-Tous Avec Nous a publié une réponse, en anglais et en français, d'Amira Jumaa : "Je voulais présenter mes excuses pour cet incident. J'ai réagi à une attaque personnelle d'une manière erronée. Comme étudiante, je prends conscience que l'ignorance et le racisme n'est pas la bonne manière de résoudre un problème. J'aimerais m'excuser auprès de toute personne que j'ai blessée et retirer ce que j'ai dit. J'espère que vous pourrez trouver en vous pour me pardonner et me permettre de réparer cette erreur. Je suis désolée - c'était une réaction irrationnelle.... Le conflit en Palestine peut créer des sentiments contre lesquels il est parfois difficile de luter. Et donc j'ai fait une grosse erreur. J'espère que vous allez pouvoir me pardonner pour cette bête erreur. I am sorry for the reactions I have put into you and the anger I have caused. I am apologizing because I realize my mistake and for nothing else. A lot may not accept my apology but I will do it anyways to prove as an example and hopefully, others can learn a lesson from my mistake. I am sincerely sorry once again for the insults. I do indeed retract what was written".

"Erreur", "incident", "conflit en Palestine".. Les mots sont inadéquats. Aucune mention des termes "antisémitisme", "Juifs". Aucune excuse, aucun regret pour sa haine d'Israël. Aucune condamnation du terrorisme islamiste assassinant des Israéliens en plein jihad ou "Intifada des couteaux et voitures béliers". Une "réaction irrationnelle" qui exprime sa haine viscérale des Juifs.

C'est l'héritage du grand mufti de Jérusalem, al-Husseini.


Le 27 octobre 2015, Meyer Habib, député des Français de l'étranger dans une circonscription incluant l'Etat d'Israël, a écrit au directeur de l'IEP de Paris, Frédéric Mion, pour lui demander s'il comptait prendre des mesures à l'égard de cette étudiante.

Le 29 octobre 2015, Frédéric Mion lui a répondu avoir, "au vu de la gravité" des faits reprochés, suspendu la scolarité de Amira Jumaa "à titre conservatoire" dans l'attente de la décision de la section disciplinaire. Il a exprimé la "ferme volonté" de la communauté de l'IEP de "lutter contre toute forme de pratiques et expressions discriminatoires, racistes, xénophobes, antisémites, sexistes ou homophobes".

« Compte tenu de la gravité des accusations portées contre (la femme), le directeur de Sciences Po a décidé de suspendre ses études par mesure de précaution, en attendant une décision disciplinaire » a déclaré à l’AFP un porte-parole de Sciences Po. Après la suspension, quelle sanction ?

Le 16 décembre 2015, Sciences Po a définitivement exclu Amira Jumaa. Résultant d'une audition de l'étudiante et d'une enquête, affichée sur les murs de l'IEP, cette décision de la section disciplinaire, composée de manière paritaire - cinq professeurs, cinq étudiants - est ainsi motivée :
« Considérant que XXX explique ses propos par une réaction non maîtrisée, due en particulier à son histoire familiale, en réponse à d’autres propos injurieux proférés sur le réseau social en cause par des tiers, à l’encontre des populations arabes ; qu’elle indique, sans pouvoir le prouver, avoir immédiatement présenté des excuses pour ses propos auprès des internautes concernés ; que les propos cités plus haut ont, ainsi qu’il a été dit, été tenus dans trois messages successifs, sur une durée non contestée d’environ une heure ; qu’ils réitèrent, par écrit, des insultes relevant d’un registre particulièrement caractérisé, alors que l’intéressée admet avoir continué, durant cette période, à vaquer à ses occupations avec un groupe d’amis ; qu’ils doivent, dans ces conditions, être regardés comme présentant un caractère délibéré ;
Considérant que de tels propos, à caractère antisémite, faisant l’apologie du crime de génocide et évoquant la traite de l’être humain, sont en France sévèrement puis par la loi pénale et font l’objet, à ce titre, de peines très lourdes prononcées par les juridictions répressives ; qu’ils sont au demeurant directement contraires aux valeurs et aux missions de l’Institut d’études politiques de Paris [...] ;
Considérant que ces propos, que l’intéressée a choisi de rendre publics en les mentionnant sur un réseau social sont, par leur caractère exceptionnel et leur gravité, définitivement inacceptables de la part d’une jeune adulte responsable, membre d’une communauté éducative ; qu’en dépit des regrets exprimés par XXX, ils compromettent de façon évidente le fonctionnement normal de l’établissement, duquel XXX s’est elle-même désolidarisée de ce fait ; que l’intéressée ne justifie en outre, par les éléments de preuve qu’elle apporte, d’aucune circonstance atténuante ;
Considérant qu’il résulte de ce qui précède que la gravité de la faute disciplinaire commise par XXX appelle une sanction d’une particulière sévérité ».
Cette sanction d'exclusion est la première prise par cet établissement. Selon Rue89, Amira Jumaa occuperait un poste dans une banque soudanaise.

La scolarité à Sciences Po d'Amira Jumaa n'a en rien entamé sa haine antisémite. Pourquoi ? A quand un cours ou un séminaire sur les antisémitismes islamique et arabe, l'alliance de dirigeants musulmans avec leurs homologues nazis, et une Shoah qui ne soit pas "islamiquement correcte" ?

Sans ces réponses, Sciences Po n'aura rien compris à ces faits, et manquera à sa mission de faire comprendre le monde à ses étudiants.

Rappelons que Richard Descoings avait fermé en décembre 2010 la chaire Moyen-Orient Méditerranée, cofinancée par la firme pétrolière Total et dirigée par Gilles Kepel, expert renommé. Une décision qui a contribué à réduire fortement la connaissance de l'islam et du monde Arabe en France.

En janvier 2016, JSSNews a décerné le prix « personnalité sioniste francophone de l’année » aux blogueurs du site internet The Inglourious Basterds "pour le travail exceptionnel qu’ils ont fait au cours des mois écoulés" pour avoir révélé les propos antisémites d'Amira Jumaa.

La "Commission disciplinaire a décidé de réintégrer Amira Jumaa jusqu'à ce que la décision statuant sur l’appel qu’elle a formé soit rendue". 


Le 9 juin 2016, l'UEJF Sciences Po s'est indignée par un post sur son compte Facebook :
"Non à la réintégration d’une étudiante antisémite sur les bancs de Sciences Po !
L’UEJF Sciences Po s’inquiète de la réintégration de l'étudiante Amira Jumaa qui avait été exclue en décembre dernier par la Commission disciplinaire de Sciences Po, à la suite des propos antisémites et d’apologie de la Shoah qu’elle avait proférés sur les réseaux sociaux, tels que : « Vous n’êtes de nulle part dans ce monde. C’est la raison pour laquelle vous êtes des déchets et des rats et mal traités partout dans le monde. Ne remettez pas ça sur le dos des pauvres Palestiniens [...]. D’abord, vous, les rats dispersés, je ne suis pas une immigrée de France. Je viens du Koweït et mon pays peut vous acheter, vous et vos parents, et vous mettre dans des fours. »
La Commission disciplinaire a en effet décidé de réintégrer Amira Jumaa jusqu'à ce que la décision statuant sur l’appel qu’elle a formé soit rendue.
Sciences Po est une école qui se donne pour mission de former les cadres politiques de demain. Au vu du contexte politique actuel, il est fondamental que la parole de haine raciste et antisémite y soit résolument bannie. Réintégrer Amira Jumaa serait une injure à tous ceux qui ont pu être la cible de ses propos et constituerait un précédent dangereux.
Il est indigne que les origines palestiniennes de cette étudiante aient été mises en avant lors du Conseil de discipline comme circonstances atténuantes à l’antisémitisme qu’elle a véhiculé. Rien ne peut excuser le racisme et l’antisémitisme.
L’UEJF Sciences Po demande à la direction de Sciences Po de ne pas tolérer la réintégration, ne serait-ce que provisoire, de cette étudiante, et invite tous les étudiants à se mobiliser en relayant cet appel au sein de la communauté étudiante, auprès de leurs professeurs et directeurs d’étude, et auprès de l’administration, afin que leur indignation soit entendue".
Cette décision de l'IEP de Paris marque la victoire du narratif palestinien dans l'une des institutions formant l'élite française. Une victoire d'autant plus aisée que la diplomatie israélienne s'avère inexistante pour le contrer et rappeler la légitimité de l'Etat d'Israël.

Le Grand Rabbin de France, partisan du programme Emouna de l'IEP de Paris qui formera les ministres des cultes, n'a pas réagi publiquement à cette décision de Sciences Po.

"Gatekeepers"

Le 17 mars 2016, “The Gatekeepers”, documentaire controversé et primé de Dror Moreh, a été diffusé à l'Arlequin (Paris) lors des Journées du cinéma politique (16-18 mars 2016), dans la thématique Côté coulisses : le pouvoir et ses secrets.

Constituées de projections de films et de débats, ces Journées sont organisées par Sciences Po Alumni, la fondation Jean Jaurès, Albingia, l'Assemblée nationale, le Sénat, le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), les Ecrans de Paris, l'Arlequin, BdA Sciences Po, La Mairie de Paris, LCP, France Info et L'Express. Le "thème du pouvoir politique, de son mystère et de ses arcanes est au cœur de la première édition des Journées du Cinéma Politique de Sciences Po. Les questions inhérentes à cette thématique font partie des fondements du projet intellectuel de l’établissement, « comprendre le monde pour le transformer ». Elles sont aussi au centre de la pratique cinématographique, qui a l’immense avantage de donner à voir le corps politique, de le projeter dans l’imaginaire et de l’interroger dans ses mystères et sa part non visible. Au travers de la crise traversée par nos sociétés de l’information et de l’image, nous n’avons jamais autant regardé le pouvoir politique ; mais que voyons-nous vraiment ? Les 17 et 18 mars 2016, les Journées du Cinéma Politique montreront la politique dans tous ses états".

Pourquoi n'avoir pas programmé un des documentaires de Pierre Rehov sur le Moyen Orient : The Trojan Horse or Arafat's strategy to destroy Israel (Le cheval de Troie ou la stratégie d'Arafat pour détruire Israël), Holy Land: Christians in Peril (Terre Sainte : chrétiens en péril), Silent Exodus (Exode silencieux), etc. ? Pourquoi n'avoir pas organisé un débat sur l'affaire al-Dura ?

J'ai interrogé les responsables de ces Journées sur la raison de leur choix de ce film. 

Le 16 mars 2016,  Madani Cheurfa, secrétaire général de Sciences Po Cevipof, m'a répondu : "Je lirai attentivement votre blog et me permettrai de vous répondre si j’estime ma réponse suffisamment pertinente face à vos interrogations".

Emouna
Le 13 janvier 2015, interrogé par RCF sur l'agression à la machette d'un professeur français juif à Marseille, Moché Lewin, rabbin du Raincy, ancien porte-parole du grand rabbin de France Gilles Bernheim devenu directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens (CER) et conseiller spécial du grand rabbin de France Haïm Korsia, a prôné le dialogue inter-religieux pour lutter contre les préjugés et endiguer la violence.

Qui mène et depuis quand ce dialogue ? Avec quelles compétences ? Dans quels buts et selon quelles modalités ? Avec quels résultats ? Mystères.

Dans ce cadre, le rabbin Moché Lewin a annoncé la prochaine formation assurée à Sciences Po auprès des "élèves des différentes religions" : rabbins, prêtres et imams se connaîtront avant leur entrée en fonction. Ce qui sera "porteur d'amitié, de connaissance et de relations". Ou vecteur de la communication pour Sciences Po et pour le Grand rabbinat de France ?

En effet, le grand rabbin de France Haïm Korsia et son conseiller Moché Lewin refusent d'évoquer « l’antijudaïsme théologique et l’antisémitisme politique » islamiques (Shmuel Trigano).

Un choix aux conséquences tragiques pour leurs coreligionnaires.

Le 4 mai 2016, a été annoncé à Sciences Po le programme Emouna.

"Prêtres, pasteurs, rabbins, imams et moines bouddhistes : à partir de septembre 2016, des étudiants un peu particuliers vont faire leur rentrée à Sciences Po pour une formation unique en son genre. Baptisé "Emouna, l'amphi des religions", ce programme va former des "ministres du culte de différentes communautés religieuses". L'objectif : renforcer les liens et la connaissance mutuelle, et assumer une juste place dans la laïcité et la culture françaises".

Le "contenu du programme sera dispensé à la fois par des universitaires, des responsables religieux et des professionnels issus des secteurs public et privé. Il sera axé sur la connaissance des liens entre les religions et institutions françaises, la culture française et les enjeux du leadership : apprentissage de l’environnement politique et institutionnel entourant les pratiques religieuses, connaissance des différentes religions et de leurs traditions intellectuelles et rituelles, travail sur l’exercice de responsabilités dans le cadre d’une communauté religieuse".

Alain Finkielkraut
L’association étudiante Critique de la Raison Européenne (CRE) à Sciences Po avait organisé la conférence d'Alain Finkielkraut le mardi 23 avril 2019. Un groupuscule d’étudiants gauchistes dénommé « Sciences Po en Lutte - Institut Clément Méric » s'y est opposé.

« On a appris lundi soir, la veille de l’événement, que des militants d’extrême gauche voulaient empêcher la venue d’Alain Finkielkraut. Après une discussion interne nous avons finalement décidé de renoncer aux locaux de l’école, à contre-cœur, pour donner la conférence à quelques mètres dans les locaux de l’école de commerce l’Ipag » raconte à Valeurs actuelles Etienne Campion, vice-président de l’association CRE, pour la première fois confrontée à un blocage, après avoir reçu des personnalités comme Georges Malbrunot, Natacha Polony, Hélène Carrère d’Encausse, Hubert Védrine ou Jean-Pierre Chevènement, avec une ligne directrice antilibérale et souverainiste. "
"Quelques heures plus tard, le groupuscule d’extrême gauche appelait au blocage de l’Ipag, signifiant sa volonté d’interdire toute expression de l’intellectuel, « parce que nous refusons la parole de l’extrême-droite où qu’elle est » pouvait-on lire dans un communiqué. Un jeu du chat et de la souris, qui a contraint l’association à ne divulguer le lieu de la conférence qu’à l’arrivée d’Alain Finkielkraut, semant la confusion parmi les participants informés via les réseaux sociaux, ainsi que par courriels".

"C’est finalement dans les locaux de Sciences Po, rue de l’Université, sous haute protection policière, qu’Alain Finkielkraut a pu s’exprimer. Non sans avoir au préalable échangé quelques propos musclés avec la vingtaine de bloqueurs qui, se sachant filmés, se sont contentés de traiter l’académicien de fasciste. « Bande de voyous », « pauvres merdes », leur a-t-il répondu, avant de s’engouffrer dans l’école où attendait une petite centaine de participants selon les organisateurs. « Un des militants est parvenu à s’infiltrer, grâce à sa carte d’élève, avec des paquets de farine et du lait dans son sac, probablement pour enfariner l’intervenant. Mais il s’est vu contraint de cacher son sac dans les toilettes à cause du dispositif de sécurité ». 

"La conférence, d’une heure trente, était l’occasion pour Alain Finkielkraut de partager sa vision de l’Europe à quelques semaines des élections européennes. L’intellectuel, heurté par les blocages et agressions de rue dont il est victime depuis le mouvement Nuit Debout, s’est dit découragé. « Il a cité Milan Kundera pour évoquer les antiracistes » relate Aziliz Le Corre, journaliste au Figaro venue assister à la conférence. « La lutte « pour » est indissociable de la lutte « contre » et, pendant la lutte, les lutteurs oublient toujours la préposition pour, au profit de la préposition contre ». Et l’intellectuel d’ajouter, avant d’évoquer Notre-Dame, les catholiques, la démocratie, l’école et l’Europe : « l’antiracisme s’est complètement dévoyé en violence sectaire et sans limite ». 

"A l’issue de la conférence, l’académicien a fait savoir face aux quelques caméras postées devant Science Po, qu’il n’y avait « pas eu d’incident, les méchants étaient à l’extérieur ». Quant aux invectives échangées avec les bloqueurs, il relate : « je leur ai répondu les fascistes c’est vous, les années 30 c’est vous, l’autodafé c’est vous (…). Moi je défends la liberté d’esprit (…). Je suis fatigué, même bouleversé, de ne pouvoir mettre le nez dehors dans que des gens aient envie de me faire la peau ». Blessé donc, mais aussi pessimiste quant à l’évolution du paysage intellectuel français, il estime que « ça va continuer (…) On est au début de quelque chose. J’en suis la cible ».

"En 2016,  le philosophe fut dans l'impossibilité de débattre avec les militants de Nuit Debout, place de la République. En janvier 2019, l'intellectuel a été invectivé par les participants à une manifestation parisienne des Gilets Jaunes"

"De son côté l’association CRE, consciente de la bataille idéologique qui se joue, se dit « d’autant plus déterminée » à vouloir poursuivre les débats avec diverses personnalités. « Ces gens [les bloqueurs] nuisent à leurs idées, même auprès de la gauche. Ce sont des adolescents attardés qui doivent s’interroger sur leur rapport au monde adulte » conclut Etienne Campion."

Dans son article "Etrange silence de la communauté académique suite aux attaques contre Alain Finkielkraut à Sciences Po : la nouvelle trahison des clercs" (Atlantico, 29 avril 2019),  Edouard Husson a écrit :

"Ce qui s'est passé à Sciences Po devrait produire une prise de conscience, tardive mais réelle. Certes, les censeurs n'ont pas réussi à empêcher la tenue de la réunion. La direction de Sciences Po a fini par faire garantir la tenue de la conférence avec l'aide des forces de l'ordre. On ne peut s'empêcher, pour autant, d'éprouver un profond malaise face à la manière dont les choses ont tourné. Coupable silenceDepuis la soirée du 23 avril, on a attendu en vain une parole publique de la direction de Sciences Po. Alain Finkielkraut est un de nos grands intellectuels, un homme libre, courageux, qui n'a pas peur de parler contre les modes - la marque du vrai penseur. Le traitement qui lui a été réservé ce soir-là est indigne d'une des plus prestigieuses institutions académiques de notre pays. Les étudiants qui ont voulu l'empêcher de parler sont, pour autant que l'on puisse savoir, des étudiants de Sciences Po. On se serait attendu à ce que la direction de l'établissement non seulement condamne fortement ce qui s'était passé mais que des mesures disciplinaires soient annoncées contre les fauteurs de trouble. En restant silencieuse et inactive, l'école ne garantit en rien que de tels comportements ne se reproduiront pas. Au contraire, la mentalité de l'appeasement est toujours prise par les agresseurs comme un encouragement à récidiver. Un mal qui atteint les élites autant que le reste de la société  L'épisode du 23 avril est d'autant plus grave qu'il confirme que tous ceux qui voudraient lire ce qui se passe dans notre pays selon un clivage populisme/élitisme est erroné. Depuis des semaines, on veut faire porter le chapeau de l'intolérance et de la violence à des populistes de toute sorte. Mais l'autre soir à Sciences Po, rue de l'Université, aucun populiste n'était en vue. Il ne s'est pas agi, mardi 23 avril, d'une manifestation contre la Loi Travail ou d'un rassemblement des Gilets Jaunes. Nous parlons de l'une des écoles où se forment les futurs responsables de l'Etat et de la vie économique française. Sciences Po est un espace académique, au sein duquel la liberté de débat, la tolérance vis-à-vis des opinions divergentes doivent être préservées à tout prix. Sommes-nous en train de laisser former de futurs cadres dirigeants qui n'ont plus que mépris pour la liberté de penser, la différence d'opinion et le droit de désaccord? Pouvons-nous prendre la responsabilité de laisser avancer vers la diplomation, comme si de rien n'était, des individus qui se comportent comme des militants staliniens ou fascistes de la pire espèce? Quel avenir préparons-nous à notre pays, ce faisant?  Nous fêterons, à l'automne prochain, le trentième anniversaire de la Chute du Mur de Berlin. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'une génération plus tard, l'esprit de liberté qui s'était emparé de l'Europe et des Etats-Unis dans les années 1980, a pratiquement disparu. Nous nous étions réjouis de la chute du communisme; sans doute avions nous cru trop vite qu'avec l'effondrement de l'URSS et la libération de son empire, le totalitarisme de gauche était mort. Il est revenu sous de nouvelles formes. Rien ne le dit mieux que l'intolérance qui règne sur bien des campus universitaires américains où depuis quelques années, on essaie de faire taire les conservateurs comme Alain Finkielkraut.Parti de banlieue, le nouvel antisémitisme est maintenant au coeur de Paris.En 1989, nous avions cru que le terrible 20è siècle était complètement terminé, le retour du fascisme étant encore plus impensable que celui du communisme. Or il faudrait être aveugle, pour ne pas voir que les attaques proférées contre Alain Finkielkraut, depuis des années, sont l'expression d'un antisémitisme contemporain, avec, selon les agresseurs, une proportion variable d'antisionisme, d'islamisme et de haine des fondements de la civilisation occidentale. Lorsqu'Alain Finkielkraut avait été pris à partie en janvier dernier, le retour de la haine des Juifs était si évident que la classe politique s'était mobilisée. En revanche, depuis mardi dernier, rien ne s'est produit de tel. Sommes-nous entrés dans une forme de banalisation et d'accoutumance, très loin des promesses (grandiloquentes) d'il y a quelques semaines - le président de la République avait annoncé vouloir forger les moyens législatifs d'une condamnation de l'antisionisme ? Ceux qui aiment bien se référer, par principe, aux années 1930, se rappellent-ils qu'après les premières émotions de la communauté internationale au printemps 1933 face aux violences commises par les nazis contre les Juifs, le silence s'était progressivement installé? Toutes choses égales par ailleurs, l'événement de Sciences Po est très grave dans la mesure où, là encore, il prouve que c'est de haut en bas que notre société est progressivement gangrenée par le retour de l'antisémitisme: des "territoires perdus de la République" à la rue Saint Guillaume. Et le mal a gagné bien d'autres établissements universitaires que Sciences Po, malheureusement. La Ministre de l'Enseignement Supérieur avait, à ma connaissance, oublié de tweeter en soutien à Alain Finkielkraut; en revanche elle a mis un message, vendredi dernier, pour condamner des propos ignobles tenus vis-à-vis de Sacha Gozlan, président de l'UEJF. Mieux vaut tard que jamais. Il existe un lien organique entre la liberté académique et la démocratie. Aucune des deux ne peut être menacée sans que l'autre ne souffre aussi. Or, la liberté académique est aujourd'hui menacée. On n'en finit pas d'énumérer les symptômes d'une intolérance croissante et d'une tendance d'individus peu nombreux à pratiquer l'intimidation: venues des campus des universités nord-américaines, les gender studies ou les études décoloniales, par exemple, deviennent entre les mains d'universitaires trahissant leur vocation et la liberté de penser, des instruments d'intimidation intellectuelle. Un mois avant l'épisode de Sciences Po, c'est à la Sorbonne que le nouveau totalitarisme avait frappé en faisant annuler une représentation des Suppliantes d'Eschyle, dont le metteur en scène était accusé de racisme. On avait déjà pu observer la mollesse, à cette occasion, de l'autorité universitaire, prête à tous ces apaisements qui préparent des lendemains terribles. Il y a quelques mois, c'est un sociologue de l'Université de Limoges qui avait été exclu de son laboratoire "pour non-compatibilité scientifique" par des chercheurs devenus adeptes des études décoloniales. Cela fait un moment que l'on a repéré d'inquiétantes dérives communautaristes au sein de l'UNEF. Les circonstances de la conférence d'Alain Finkielkraut à Sciences Po permettront-elles d'accélérer une prise de conscience? On sent bien qu'un certain nombre d'universitaires sont gênés: ils trouvent le philosophe trop "à droite", trop conservateur. Ils aimeraient mieux avoir quelqu'un d'autre à défendre. C'est le moment de leur rappeler la belle citation de Martin Niemöller, pasteur et opposant conservateur à Hitler : "Ils sont d'abord venus chercher les communistes, et je n'ai rien dit - parce que je n'étais pas communiste. Puis ils sont venus chercher les syndicalistes, et je n'ai rien dit - parce que je n'étais pas syndicaliste. Puis ils sont venus chercher les Juifs, et je n'ai rien dit - parce que je n'étais pas Juif. Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait plus personne pour me défendre".     
Aux Etats-Unis, des personnalités politiques ou intellectuelles sont parfois huées et leurs conférences perturbées par des militants, voire annulées.

Tags en 2021
Le lundi 12 avril 2021, des tags - 
« une étoile de David barrée ainsi que les inscriptions « Mort à Israël », « Kouffar » (« mécréants » en arabe), « école de Kouffar » " - inscrits « à la bombe de peinture noire » ont été découverts. Une caméra de surveillance a film l'individu commettant ces actes durant la nuit du 11 au 12 avril 2021.

Le 12 avril 2021, Bénédicte Durand, administratrice provisoire de Sciences Po, a déclaré dans un communiqué
"Ce matin, des inscriptions haineuses, dont certaines à caractère antisémite, ont été découvertes sur les murs du 27 rue Saint-Guillaume, qui constitue l’entrée principale du campus de Sciences Po à Paris. La direction condamne vivement cet acte odieux et lâche. Un dépôt de plainte est en cours. Une opération de nettoyage se poursuit. 
Face à ces attaques, Sciences Po poursuivra plus que jamais son combat contre toutes formes de discrimination et d’atteintes à la dignité des personnes. Sciences Po rappelle également ses valeurs d’ouverture, de débat et de pluralité des points de vue qui seront toujours au cœur de son projet de formation universitaire, de sa recherche et de sa vie étudiante."
Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Frédérique Vidal a twitté le 12 avril 2021 à 14 h 17 : "Je condamne avec la plus grande fermeté les tags antisémites commis sur les murs de Sciences Po Paris ce matin. La haine n'a pas sa place dans notre République. Tout sera mis en œuvre pour identifier et poursuivre les responsables." Un message retwitté par Gérard Darmanin, ministre de l'Intérieur, chargé des Cultes

Les quatre syndicats de Sciences Po - UNEF, Solidaires, UNI, UEJF - ont condamné ces actes.

"L'UEJF a également annoncé porter plainte « pour injure raciale et provocation à la haine raciale » et appelle Sciences Po pour que des « mesures soient prises afin de lutter contre le fléau de la haine raciste et antisémite en son sein ». 

L'ensemble des médias, politiciens et dirigeants d'organisations français ont exprimé leur indignation suscitée par les tags antisémites.

Ils ont parlé de tags "antisémites", les qualifiant parfois de "haineux" ou violents", en occultant curieusement que ces tags visaient les non-musulmans - juifs, chrétiens, etc. -, des Infidèles désignés par le vocable "kouffar".

Le 
11 avril 2021, vers 5 h 45, des "tags islamophobes ont été découverts sur le centre culturel et cultuel Avicenne à Rennes". Ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin s'est rendu sur les lieux "en fin d'après-midi pour apporter son soutien à la communauté musulmane". Ces tags sont : "Catholicisme religion d'Etat", "Mahomet prophète pédophile", "Non à l'islamisation", "Vive le Roy", "EELV = traitres", "les croisades reprendront", 732 Charles Martel sauve nous", "France éternelle".

"A l'issue de la réunion, le ministre a indiqué être "venu témoigner de la solidarité du gouvernement. J'ai eu le président au téléphone tout à l'heure qui m'a chargé de dire tout le dégoût que nous inspirent ces inscriptions qui sont des insultes aux musulmans français et des insultes à la France." Il a tenu à rappeler que "tout lieu de culte, tout lieu d'inspiration religieuse est le bienvenu dans notre pays et fait partie de nos libertés fondamentales : celles de croire ou de ne pas croire." "Je suis venu dire qu'il n'y a pas de petits faits", a-t-il ajouté, rappelant que "les actes anti-musulmans sont des actes contre la République". 

"Interrogé sur la multiplication des actes anti-musulmans ces derniers jours, avec notamment les menaces contre la mosquée du Mans, Gérald Darmanin a souligné qu'il y a "depuis quinze ans une augmentation des actes anti-religieux dans notre pays", contre toutes les religions. "Ceux qui se sont attaqués à ces lieux de culte sont eux-mêmes des séparatistes." "La République doit protéger tous ses enfants, et notamment ses enfants musulmans."

"A deux jours du Ramadan, le ministre de l'Intérieur a tenu à rappeler qu'il avait donné pour consigne aux préfets de "protéger" les musulmans, "nous serons particulièrement vigilants", dit-il. Il a rappelé plusieurs mesures, comme la présence de policiers pendant les fêtes religieuses, l'augmentation des moyens - "l'enveloppe augmente encore de 40% pour les caméras de vidéoprotection qui sont à la disposition des lieux de culte" - et la priorisation des plaintes déposées par les présidents d'associations cultuelles. Un peu plus tôt dans la journée, Gérald Darmanin avait apporté son soutien aux musulmans du pays."

"Une enquête a été confiée à la sûreté départementale de Rennes sous la qualification de "dégradations à raison de l’appartenance à une religion" qui fait encourir une peine de 4 ans d’emprisonnement et 30.000 € d’amende. Le préfet d'Ille-et-Vilaine et la maire de Rennes, Nathalie Appéré ont tenu eux aussi à condamner ces actes. Tout comme Carole Gandon, membre de l'opposition à la ville de Rennes".

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié par Guysen. Cet article a été publié sur ce blog le 3 mai 2015, puis les 13 novembre 2015, 3 février et 23 juin 2016, 12 mai 2019.