jeudi 7 décembre 2017

L’enfance de... Alexandre Arcady


Réalisateur, scénariste et producteur, Alexandre Arcady est le fils d’Alexandre, d’origine hongroise, et Driffa Egry, et l’aîné d’une fratrie de cinq frères. Il a grandi dans une famille Juive française modeste en Algérie. De son enfance qui a nourri son œuvre artistique, il garde le goût des grandes tablées familiales, la nostalgie d’une « mer omniprésente », et le souvenir d’un « Paradis perdu sur une terre âpre, violente, mais si infiniment attachante ». Propos recueillis fin 2006. Alexandre Arcady participera à la Convention du CRIF le 10 décembre 2017.


Tolérance. « J’ai grandi au 7, rue du Lézard, au pied de la basse Casbah d’Alger, un quartier populaire. Dans mon immeuble vivaient en paix Juifs, catholiques, Kabyles, Arabes ».

Pauvreté, solidarité et bonheur. « Alexandre, mon père était représentant de commerce. Ancien légionnaire, il aimait marcher. C’est à pied qu’il effectuait ses tournées, sous un soleil de plomb, pour vendre aspirateurs, anisette, chocolat... A la fin de son engagement, il avait rencontré ma mère Driffa, et tous deux s’étaient mariés. Driffa, ma mère, avait un caractère indépendant. Ma famille était très pauvre, mais nous n’avons jamais manqué de rien. J’ai le souvenir d’une enfance heureuse, de joie, d’amour, de solidarité. Cette terre, cette mer, les Bains Padovani, les Bains Franco nous étaient accueillants ».

Judaïsme. « Ma famille était traditionaliste. Nous fêtions les grandes fêtes. Au fond de notre cour, se trouvait une synagogue ».

Alger. « Je me souviens des odeurs - café grillé, épices -, mais surtout - café grillé, épices -, mais surtout des bruits caractéristiques : les rires d’enfants et la sirène des bateaux au loin, quittant le port. Lors du montage son de mes films, j’ajoute ces éléments qui ont bercé mon enfance ».

Le racisme et l'antisémitisme. « J’allais à l’école communale du Soudan, dans la casbah. Il y avait un racisme des petits Algériens à l’égard des Juifs et des chrétiens, minoritaires. Les petits Algériens nous ont fait sentir la différence. Cela a donné lieu à des bagarres. Au lycée Bugeaud à Alger, j’ai vu le racisme à l’égard des Arabes, minoritaires et visés par les quolibets des copains. Les enfants reflètent la haine des adultes ».

Le « retour » en France. « Cela a été une césure pour la génération de mes parents. J’avais 12 ans, je quittais un pays en guerre, avec des perspectives un peu étroites. Le fait de partir était un peu excitant. On allait voir en couleurs ce qu’on regardait en noir et blanc à la télévision… »


Quelques dates repères (la filmographie n’est pas exhaustive)

1947
Alexandre Arcady naît à Alger.

1960
Il « retourne » avec sa famille en France.

1969
Il débute dans La Cravache d’or, série télévisée d’André Michel.

1970
Il met en scène Haute surveillance de Jean Genet, au Théâtre Récamier.

1976
Il joue dans Lorenzaccio d'Alfred de Musset, dans une mise en scène de Pierre Vielhescaze, pour les Tréteaux de France.

1977
Il fonde avec Diane Kurys Alexandre Films, société de production de films dont le premier film Diabolo menthe, réalisé par Diane Kurys est un succès public et est salué par la critique.

1979
Alexandre Arcady connaît le succès dès son premier film Le coup de sirocco, avec Roger Hanin, Marthe Villalonga, Patrick Bruel.

1982
Il dirige Le Grand pardon.

1983
Le grand carnaval sort sur les écrans.

1985
Il réalise Hold-up.

1986
Dernier été à Tanger est diffusé dans les salles de cinémas françaises.

1989
Il réalise L’Union sacrée.


1991
Il dirige Pour Sacha.


1992
Le Grand pardon 2 sort en France.


1997
Il réalise K.

2003
Il écrit Le petit blond de la Casbah (Plon).

2004
Il met en scène le spectacle musical Les enfants du soleil.

2010
Il réalise Comme les cinq doigts de la main.

2013
Il dirige 24 jours, La vérité sur l’affaire Ilan Halimi d’après 24 jours. La vérité sur la mort d’Ilan Halimi, de Ruth Halimi et Emilie Frèche (Seuil, 2009).

2015
Le 12 février 2015, à 20 h, l’Association Schibboleth organise, dans le cadre de ses séminaires sur les figures de la cruauté, à l'Institut Supérieur Européen de Gestion (ISEG) la projection en présence d'Alexandre Arcady de son film 24 jours, La vérité sur l’affaire Ilan Halimi. La projection sera suivie d’un débat : "questions sur la complicité d’une cité ; les stéréotypes moteurs de ces tortures et de cet assassinat ; interrogations sur la réaction de la presse (à l’événement et au film) et des institutions cinématographiques (au film) ; comment rendre compte de la cruauté dans un événement (social, psychique, politique) sans en faire une source de jouissance. Comment s’articulent cruauté et identification ?"

Alexandre Arcady, né Egry, a été promu au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur (J.O., 14 juillet 2015)

2017
Toute l'Histoire diffusa les 8, 9 et 14 janvier 2017, dans le cadre de la série L’événement historique qui m'a le plus marqué, Alexandre Arcady : Ma Guerre des Six-Jours.


Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié en une version concise dans Osmose.
Il a été republié sur ce blog le :
- 29 avril 2014 à l'approche de la sortie en salles de 24 jours. La vérité sur l'Affaire Halimi, réalisé par Alexandre Arcady ;
- 4 janvier 2015. HD1 a diffusé  à 23 h 05 L'Union sacrée, d'Alexandre Arcady, avec Richard Berry, Patrick Bruel, et Bruno Cremer ;
- 12 février et 15 juillet 2015, 9 janvier 2017.

1 commentaire:

  1. Je savais que m. Arcade avait grandi à la rue du lézard, une rue qu' on appelait la rue des artistes, car au 7 de cette rue, où je suis né le 29 mai 1952, il y avait un local de theatre où répétaient des pièces theatrales les artistes algeriens de renoms tels que Rouiched,Debah, Sissani, Latifa, avec le grand pianiste Skandrani. Il y avait également l'artiste Mustapha Kateb,un homme de théâtre et un acteur algérien,marié à une actrice algerienne dont j'ai oublié le nom.
    qui habitait ce 7 rue des lézards. Je me souviens de tous ces artistes,
    Car j'allait leur acheter des cigarettes globe si je me souvient bien. Je me rappelle également de la synagogue que j'appercevait de notre balcon, on voyait la procession du rabbi, qu'on appelait " chnougha". Mais l'entrée de cette cinaguogue se situait du côté de la rue boutin.
    Ouahib Rasnaama

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