Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 19 janvier 2020

« Les expérimentations médicales à Auschwitz. Clauberg et les femmes du bloc 10 » par Sonya Winterberg et Sylvia Nagel


Arte diffusera les 21 et 27 janvier 2020 « Les expérimentations médicales à Auschwitz. Clauberg et les femmes du bloc 10 » (Medizinversuche in AuschwitzClauberg und die Frauen von Block 10 ; Made in Auschwitz: The Untold Story of Block 10) par Sonya Winterberg et Sylvia Nagel. « Les crimes à Auschwitz du gynécologue Claus Clauberg, qui prônait la stérilisation forcée. Un documentaire éprouvant sur les expérimentations médicales nazies. »


Issu d'un milieu modeste composé d'artisans, soldat durant la Première Guerre mondiale, médecin gynécologue, membre du parti nazi dès 1933, le Dr Claus Clauberg (1898-1957) se voit attribuer un grade dans la SS - il obtiendra le titre de Gruppenführer -, et reçoit le badge nazi en or. Ce qui atteste de son implication dans le projet nazi d'extermination des "races inférieures".

En 1937, professeur de gynécologie à la faculté de Königsberg, il dirige des expériences médicales sur des animaux, puis sur des être humains ; il élabore des traitements contre la stérilité féminine et le "test de Clauberg" pour la dépister.

Sa fonction de chef de clinique dans l'hôpital pour femmes de Sainte-Hedwige à Königshütte (Haute-Silésie) lui procure de substantiels revenus. Sa célébrité croît avec la publication d'essais médicaux.

Les Nazis veulent procéder à la stérilisation de masse des races dites inférieures. Dans ce cadre, la "méthode Clauberg" consiste "à injecter des produits corrosifs", dont le formaldehyde, "dans l'utérus". En 1940, Heinrich Himmler autorise Clauberg à mener "un projet d'études et d'expériences de stérilisation de masse dans un camp".

"De sa propre initiative, et sans avoir été sollicité ou réquisitionné par son gouvernement, Clauberg écrivit, à Himmler le 30 mai 1942 une lettre dans laquelle il "prenait la liberté de proposer que des expériences de stérilisation soient pratiquées au camp de concentration d'Auschwitz " et déclarait qu' "il serait extrêmement heureux de travailler à la tête d'un institut d'expérience dirige exclusivement par vous (Himmler)... et dont le matériel humain (sic) serait fourni par une annexe du camp ".

"En décembre 1942, Clauberg  part pour le camp d'Auschwitz et s'installe dans le Bloc n°10 surnommé Bloc « Clauberg ». Là, débutent les expériences. "Himmler ayant insisté sur le fait que les femmes doivent être stérilisées à leur insu, Clauberg prétend à ses victimes procéder à une insémination artificielle. Sans anesthésie, Clauberg et ses assistants (dont le docteur Johannes Goebel injectent d'importantes quantités de produits toxiques, notamment des acides, dans l'utérus de ses cobayes. Les effets des traitements expérimentés sont particulièrement douloureux pour les sujets des expériences, principalement des femmes ayant été mères, tziganes ou juives, d'un âge situé entre 20 et 40 ans. Les douleurs causées par les divers composés introduits dans leurs corps sont souvent telles qu'elles meurent par arrêt cardiaque. Dans la majorité des cas, ces femmes finissent dans les chambres à gaz du camp de concentration. Dans une lettre du 7 juin 1943 à Himmler, Clauberg prétend pouvoir avec dix assistants stériliser jusqu'à 1 000 femmes par jour".

Les convois de la déportation amènent au docteur Clauberg de nouveaux êtres humains pour ses expériences. Clauberg et son équipe procèdent régulièrement à l'ablation des ovaires des femmes décédées pour analyser les conséquences des acides.

Le Dr Clauberg est intéressé par les travaux du Doktor Horst Schumann qui stérilise en recourant aux rayons X.

Le 7 juin 1943, en dépit des échecs qu'il a enregistrés et de la mort d'approximativement 300 femmes, le professeur Carl Clauberg rédige un rapport laudatif sur ses travaux et destiné à Himmler. Il y exprime sa conviction de la proximité de l'objectif fixé : trouver une méthode simple et peu coûteuse pour stériliser le plus rapidement possible le nombre le plus élevé de femmes. Clauberg annonce que "sa méthode est pratiquement au point et qu'il lui sera possible de stériliser mille personnes par jour avec un médecin entraîné et dix assistants". Or, les jeunes femmes décèdent en nombre croissant à la suite de ses opérations."

"Nous savons par le témoignage des doctoresses Hautval et Kleinova, anciennes déportées, ce qui se passa entre ces deux lettres au block 10 d'Auschwitz, qui contenait jusqu'à cinq cents " cobayes ", jeunes filles juives " parquées là dans une indicible atmosphère d'angoisse et d'horreur... Les expériences de stérilisation pratiquées par Clauberg consistaient en l'introduction intra-utérine sous pression d'un liquide caustique destiné à provoquer l'obstruction des trompes. Les séances étaient répétées à intervalles d'un à plusieurs mois chez le même sujet, et furent suivies des souffrances et des complications - parfois mortelles - que l'on imagine. Clauberg effectua d'autre part, en collaboration avec le chimiste Goebbel, de Berlin, une série d'expériences grassement rétribuées par l'industrie chimique allemande et pour lesquelles il payait aux SS un prix d'achat pour chaque femme utilisée. L'iode manquant à l'époque en Allemagne, l'objet de ces expériences était la découverte d'un substitut du lipiodol pour les examens aux R. X. Pratiquées sous contrôle radiographique, elles consistaient en l'injection intra-utérine au moyen d'une pompe électrique d'un épais ciment blanc et furent suivies dans de nombreux cas de péritonites mortelles ou de réactions inflammatoires qui stérilisaient à jamais les victimes", a écrit M.-C. Escoffier-Lambiotte (Le Monde, 15 février 1957).

« Auschwitz, 1943. Leny Adelaar, 24 ans, est "sélectionnée" à Auschwitz au sein d'un groupe de femmes. Les célibataires sont séparées des femmes mariées : les premières sont gazées aussitôt, les secondes vont devenir les cobayes du médecin criminel Carl Clauberg ».

« Il va tester sur elles ses nouvelles méthodes de stérilisation sans chirurgie ».

À la fin de 1944, craignant l'arrivée prochaine de l'Armée rouge, le professeur Clauberg et son équipe abandonnent le Bloc n°10. Ils se rendent au camp nazi de Ravensbrück où ils poursuivent leurs expériences sur des tziganes. L'avancée des Alliés les force à fuir.

« Injections dans les ovaires, trompes de Fallope bouchées par processus inflammatoire, parties d'utérus prélevées… : si un certain nombre d'entre elles survivent à ces expérimentations, la plupart subissent d'atroces souffrances et certaines deviendront stériles ».

"Environ 400 jeunes femmes vont subir les expériences de ce médecin sadique qui les a torturées dans les camps d'Auschwitz et de Ravensbrück".

Le 8 juin 1945, Carl Clauberg est arrêté par les Alliés dans le Schleswig-Holstein et est remis aux forces de l'Union soviétique. Jugé en 1948 en URSS, il est condamné à 25 années d'emprisonnement.

« À la fin de la guerre, Clauberg passe dix ans dans les prisons russes ».

En 1955, Caluberg s'installe en République fédérale d'Allemagne (RFA). Il se vante de ses expériences au camp nazi d'Auschwitz. Il est reconnu par d'anciennes victimes. Une association de victimes juives porte plainte contre lui. Clauberg décédera deux ans plus tard avant un nouveau procès ». Et sans remord.

En août 2010, le musée d'Auschwitz a déclaré "avoir reçu un legs de plus de 150 instruments médicaux" du camp d'Auschwitz. S'il estime que ces objets ont appartenu à Carl Clauberg, il n'écarte pas que d'autres médecins nazis, Eduard Wirths, Horst Schumann ou Bruno Weber, qui eux aussi ont effectué  des expériences sur des déportées.

« Les historiens ont aujourd'hui reconstitué le parcours du gynécologue et obstétricien criminel, considéré avant-guerre comme une sommité et soutenu par l'industrie pharmaceutique (dont Siemens et Schering ».

« Ses anciennes victimes, rescapées du bloc 10, et dont la parole emplie de dignité porte ce film, soulignent que c'est Himmler qui a personnellement apporté à Carl Clauberg les moyens qu'il réclamait ».

« Paradoxe : ce dernier peut être considéré comme l'inventeur de la pilule contraceptive ».

« Et le groupe Bayer, qui a racheté le laboratoire Schering, fait d'immenses bénéfices grâce à ses travaux sur les hormones de synthèse ».

Ce documentaire a été présenté dans divers festivals juifs aux Etats-Unis.


Allemagne, Israël, Saxonia Entertainment GmbH, Cinephil, Medienkontor Winterberg & Nagel, 2019, 1 h 12
Visuels : © Arved Von Zur Mühlen
Sur Arte les 21 janvier 2020 à 22 h 25 et 28 janvier 2020 à 1 h 50
Disponible du 20/01/2020 au 27/01/2020

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Les citations sur le film sont d'Arte.

« René Goscinny, notre oncle d'Armorique » par Guillaume Podrovnik


Arte rediffusera le 22 janvier 2020 « René Goscinny, notre oncle d'Armorique » (René Goscinny - Der Autor von Astérix und Co), documentaire par Guillaume Podrovnik. Auteur français juif « de génie, père de la bande dessinée moderne, René Goscinny (1926-1977) a légué à la France un héritage d'une importance capitale : « Astérix », « Lucky Luke », « Iznogoud », « Le petit Nicolas »... Une culture populaire de qualité ».

Quarante ans après son décès prématuré, René Goscinny (1926-1977) demeure dans l’actualité : deux expositions complémentaires – celle au musée d’art et d’histoire du Judaïsme est monographique, alors que celle à la Cinémathèque française s’attache aux relations entre cet auteur et le septième art – ainsi que « René Goscinny, notre oncle d'Armorique  », documentaire par Guillaume Podrovnik  lui rendent hommage en révélant des aspects méconnus de ses talents variés et exceptionnels.

« Astérix », « Lucky Luke », « Iznogoud », « Le petit Nicolas », « Le viager », le journal « Pilote »… « Mort en 1977, René Goscinny laisse derrière lui une œuvre pléthorique et nombre d'expressions cultes passées dans le langage courant » : « Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains... Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur » (légende de la carte de la Gaule ouvrant les albums des aventures de l’astucieux Astérix, « Iznogoud, le vizir qui veut devenir calife à la place du calife », « Lucky Luke, l'homme qui tire plus vite que son ombre »… Avec 500 millions de livres vendus dans le monde, Goscinny est l'un des auteurs les plus lus. Et un "inventeur de mythes".

De son enfance en Argentine, il retiendra la difficulté de conquérir une terre, le danger menaçant, et le souvenir d'un héros de la bande dessinée qui inspirera Astérix et Obélix. Il admire aussi Laurel et Hardy, Les Pieds nickelés. Il se rend tous les trois ans en France où il retrouve son grand-père imprimeur.

« Après avoir grandi en Argentine, le jeune auteur passe sept ans à New York où il vit chichement et apprend le métier de scénariste aux côtés de Harvey Kurtzman et de l'irrévérencieuse équipe du futur « Mad Magazine ». Kurtzman "parodie la culture de masse". Goscinny rencontre à New York Morris et d'autres auteurs de la BD belge.

« De cette période, Goscinny conservera une fascination prononcée pour le dynamitage des codes, incarné par la revue américaine. Impertinence, liberté de ton, superposition de différents niveaux de lecture… : Goscinny réinjecte ces grandes lignes dans ses scénarios, puis dans les pages de « Pilote ». Il intègre dans ses histoires deux niveaux : l'un pour les enfants, l'autre pour les adultes.

Goscinny arrive à Bruxelles. Il a conscience du talent de dessinateurs tels Franquin, Jijé, Uderzo, Sempé... Il multiplie les collaborations, accepte des commandes, place sa série Oumpah-Pah dans Le Journal de Tintin.

René Goscinny rejoint la France des années 1950.

« Créé avec Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier, le journal Pilote révolutionne la bande dessinée française, accueillant les futurs grands, si nombreux qu'on ne peut tous les citer : Moebius, Mézières, F'murrr, Gotlib, Bretécher, Mandryka, Bilal, Tardi, Reiser, Patrice Leconte...  Avec Gotlib, Goscinny introduira le style Mad.

"Il était capable d'aller contre ses goûts", se souvient l'auteur de Valérian. « Une génération entière parrainée par l'auteur, qui accouchera plus tard de « Charlie Hebdo », « L'écho des savanes », « Fluide glacial » ou « Métal hurlant ». Goscinny met en avant les jeunes auteurs, en publiant leur visage. En mai 1968, il se retrouve face à des jeunes "révolutionnaires" qui le jugent. Une blessure aggravée avec le départ de Gotlib et de l'équipe de Hara Kiri. Ce qui l'incitera à délaisser quelque peu l'hebdomadaire pour s'orienter vers le cinéma (Le Viager, réalisé par Pierre Tchernia) et la télévision, pour créer ses studios de production de dessins animés.

« Et tout cela grâce au succès d'Astérix, dont l'univers aurait surgi, selon la légende, en deux heures sur un coin de table… » En 1966, l'hebdomadaire L'Express titrait sur "le phénomène Astérix". Dans la Grèce de la dictature des colonels, les clubs Astérix ont proliféré car se regrouper ainsi était le seul moyen de contourner la loi interdisant les réunions, notamment politiques, de plus de trois personnes.

Dargaud reprend vite le journal, et publie les bandes dessinées. Un succès commercial. En 1962, avec Jean Tabary, Goscinny crée le personnage d'Iznogood. "

"Exigeant et populaire"
La « frontière s'est brouillée entre l'homme et l'auteur. De son personnage récurrent dans « Achille Talon », où il est représenté sous les traits de l'irascible rédacteur en chef du magazine « Polite », jusqu'à ses nombreux passages à la télévision, marqués par le même humour pince-sans-rire (« Je ramperai pour passer devant un objectif, devant un micro, je suis prêt à n'importe quelle bassesse. »), Goscinny est devenu pour tous une « star » à part entière ».

« L'inventif documentaire de Guillaume Podrovnik », auteur de « Pif, l’envers du gadget » déborde d'images d'archives insolites (la version pirate de « Lucky Luke », produite par la Turquie dans les années 1970, vaut son pesant d'or), de témoignages de l'auteur et de ceux à qui il a donné une chance ».

Il « brosse le portrait d'un homme dont le travail exigeant et populaire aura fédéré un pays entier, riant comme un seul homme devant la satire malicieuse de ses pires défauts ».
                     

« René Goscinny, notre oncle d'Armorique » par Guillaume Podrovnik
France, 2017, 53 min
Sur Arte les 8 octobre à 17 h 35 et 4 novembre 2017 à 5 h 05, 22 janvier 2020 à 23 h 20

Visuels :
Pierre Christin, scénariste de Valérian, qui débute dans « Pilote » sous la houlette de René Goscinny. Christin explique que c’est Goscinny qui lui a appris, à lui et à tant d’autres, comment écrire des scénarios de BD.
Jean-Claude Mézières, dessinateur de Valérian, une série qui débute dans « Pilote » avec les encouragements et sous la houlette de René Goscinny
© Sara Krzyzaniak

Albert Uderzo et René Goscinny se caricaturent l’un l’autre.
© Sygma/Institut René Goscinny

Tapuscrit de la première planche de l’album de Lucky Luke « Le pied-tendre ». Toujours la même composition en deux colonnes : descriptif à gauche, dialogues à droite.
Première carte préparatoire pour l’écriture du « Tour de Gaule », l’album charnière qui fait exploser les ventes d’Astérix et transforme une simple BD en « phénomène », comme le titre « L’Express » en 1966.
René Goscinny à sa table à dessin en 1956 à Paris. Il pensait initialement devenir dessinateur de bandes dessinées, avant de lâcher ses pinceaux pour se consacrer exclusivement à l’écriture, au milieu des années 50.
Dessin d’Harvey Kurtzman, fondateur de « Mad Magazine », offert à son ami René Goscinny pour le 14 juillet. Goscinny travaille alors à New York dans le studio de Kurtzman à Broadway. 1949 ou 1950
© Institut René Goscinny

Les dessinateurs de bande dessinee Rene Goscinny et Albert Uderzo lors d'une reception annoncant l'ouverture à Nice d'un parc de loisirs consacré à Asterix et Obelix le 17 mars 1967.
© Rue des Archives Paris France

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 8 octobre 2017, puis le 18 janvier 2020.

Extinction Rebellion


Extinction Rebellion est un mouvement écologique extrémiste,  anti-capitaliste, situé à l'extrême-gauche et anti-israélien. Arte diffusera le 20 janvier 2020, dans le cadre d’ARTE Regards, « Extinction Rebellion. Désobéissance civile ou écoterrorisme ? » (Re: Extinction Rebellion. Notwendiger Klimaprotest oder Ökoterrorismus?)
           
Extinction Rebellion (XR) est une organisation fondée en mai 2018 en Grande-Bretagne. En octobre, il est officiellement lancé en bénéficiant du soutien d'une centaine d'universitaires. En avril 2019, il s'internationalise durant la « semaine internationale de la rébellion » et par des branches en particulier aux États-Unis, en Australie, en France, en Allemagne, en Afrique du Sud, en Israël et au Brésil. Politiquement, Extinction Rebellion est situé à l'extrême-gauche. "Début octobre 2019, il avait lancé une vague d'actions dans le monde : ses militants avaient grimpé sur des avions, s'étaient collés avec de la glu aux bâtiments, tandis que d'autres bloquaient des ponts et la chaussée." Peu leur importait d'entraver la liberté de circulation, "d'empêcher des personnes de partir en vacances ou de se rendre auprès de leurs proches" ou de défier les règles de la sécurité.

Ce mouvement écologiste prône la désobéissance civile non violente forcer les gouvernements à agir en matière climatique, à préserver la biodiversité et à éviter l'effondrement social et écologique. Rien que çà ! Son logo ? Un sablier renversé pour souligner l'écoulement du temps et l'urgence de l'action. De quoi stresser et apeurer de nombreuses personnes.

France
A l'automne 2019, Extinction Rebellion a occupé pendant environ 18 h un centre commercial "symbole du capitalisme" à Paris - le parquet a ouvert une enquête sur les dégradations commises et pour « apologie du terrorisme » "après la découverte de tags évoquant l'attaque de la préfecture de Paris" (« Harpon, revient (sic) il en manque plein », « RIP Harpon », « couteau en céramique ») - et au Mans, et a bloqué l'entrée d'autres centres à Annecy et à Nantes. Ces activistes ont manifesté leur indifférence envers de modestes commerçants dont ils ont saccagé les stands qu'ils ont privé de clients.

Début octobre 2019, des militants d'Extinction Rebellion ont occupé la place du Châtelet, situé au centre de Paris, ce qui a provoqué des embouteillages dans une ville où la majorité socialiste-communiste-écologique a imposé depuis plus de dix ans une politique anti-voitures. Le 9 octobre 2019, Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, a déclaré sur BFM TV : « Je soutiens toutes les actions pacifiques. Sur la place du Châtelet, l’action est totalement pacifique. Par ailleurs, le théâtre du Châtelet poursuit son activité sans aucun problème. Je soutiens ces actions dès lors qu’elles sont non-violentes. Évidemment lorsqu’on bascule dans la violence, c’est autre chose. Ça ne s’appelle plus du tout un engagement pour le climat ».

"Avec elle, seuls les écologistes d’Europe Écologie-Les Verts et quelques figures de la gauche radicale ont soutenu publiquement Extinction Rebellion. Le gouvernement, par la voix de sa ministre de la Transition écologique, n’est pas opposé sur le principe. «Je ne peux pas être contre quand les gens se préoccupent du climat», a assuré mercredi Élisabeth Borne sur BFM TV, tout en mettant en garde contre des «actions violentes et de blocage».

De rares voix se sont élevées contre Extinction Rebellion. "Sur France Inter, Ségolène Royal, ancienne ministre socialiste de l’Environnement sous la Présidence de François Hollande, a affirmé qu’Extinction Rebellion représentait des «groupes violents» qui pratiquent une «instrumentalisation de l’écologie». «Il faut les réprimer très rapidement, parce que c’est une dégradation de l’image de l’écologie», a-t-elle souligné".

"Plus inattendu, la figure des «gilets jaunes» Maxime Nicolle s’en est lui aussi pris au mouvement, s’interrogeant sur la souplesse des autorités. «Ils débarquent après 10 mois de mouvement social où nous on se fait démonter la gueule tous les week-end?», a-t-il lancé dans une vidéo postée sur son compte Youtube. Le «gilet jaune» a notamment soutenu - sans aucune preuve - qu’Extinction Rebellion était «financé par des philanthropes et riches américains proches du milieu des affaires et pétrolier».

Négationnisme
Co-fondateur d'Extinction Rebellion, le Britannique âgé de 53 ans, Roger Hallam a déclaré à l'hebdomadaire Die Zeit (21 novembre 2019) que la Shoah n'était « qu'une simple connerie de plus dans l'histoire humaine ».  Il a allégué "que des génocides s'étaient déroulés de manière répétée au cours des cinq derniers siècles. « En fait, on pourrait dire que c'est comme un événement régulier... Le fait est que des millions de gens ont régulièrement été tués dans des circonstances cruelles au cours de l'Histoire ».

Roger Hallam "a également assuré que la culture de la repentance, socle de l'identité allemande depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, paralysait les Allemands. « Un traumatisme poussé à l'extrême peut créer une paralysie (qui empêche) d'en tirer les leçons », a souligné l'activiste. 

"L'antenne allemande d'Extinction Rebellion a promptement dénoncé ces propos de Roger Hallam, qu'elle a déclaré persona non grata en Allemagne. « Nous nous distançons nettement des déclarations de Roger Hallam qui minimisent et banalisent l'Holocauste », écrit-elle dans un message sur Twitter. « Roger bafoue les principes des XR qui ne tolèrent pas l'antisémitisme et n'est plus le bienvenu chez XR Allemagne. »

"Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a également condamné ces propos, rappelant que l'extermination des juifs était « inhumaine dans sa singularité ». « Nous devons toujours être conscients de cela pour pouvoir assurer : plus jamais ! » a tweeté le chef de la diplomatie. L'éditeur allemand Ullstein, de son côté, a annoncé qu'il renonçait à publier le livre de Hallam, assurant prendre « ses distances avec toutes les formes de déclarations actuelles de Roger Hallam ». « Pour cette raison, son livre ne sera pas publié », a-t-il ajouté dans communiqué."

Le "codirigeant des Verts allemands, Robert Habeck, a de son côté appelé l'organisation XR « à prendre nettement ses distances » avec Roger Hallam. « Il ne doit y avoir aucune place pour la minimisation de l'Holocauste ou l'antisémitisme. Nulle part et dans aucun mouvement », a-t-il insisté dans Bild.

Juifs, judaïsme et Israël
Sur Facebook, le groupe "Extinction Rebellion Jews", qui réunit 963 followers, organise un événement pour la fête Tou Bichvat (Nouvel an des arbres) et s'interrogera le 13 février sur ce que le judaïsme a à dire sur la désobéissance civile : "Join Rabbi Daniel Lichman to look at what the Torah and classical Jewish texts have to teach us about civil disobedience. Under what circumstances is it justified to disobey the law of the land? Come to discuss and debate. Source sheets will be provided, and Hebrew skills are welcome but not required". 

Quant au groupe Facebook "Extinction Israel", il a attiré 9863 followers. Il relaie le message "Zéro déchet". Il organise des événements (conférences, défilés ou rassemblements avec des manifestants vêtus de noir), en particulier lors de la fête de Souccot (fête des Cabanes).

Le 19 octobre 2019, une douzaine d'enfants bédouins du village d'Umm al-Khair, au sud de Hebron, ont participé à la première manifestation d'Extinction Rebellion associée à Good Shepherd Collective. Ils ont protesté en tenant des banderoles "Vivez avec la terre, vivez comme les Bédouins". Un communiqué de l'International Solidarity Movement (ISM) allègue que, certes Israël et la Palestine souffrent de la montée des températures et de la raréfaction des pluies en raison du changement climatique, mais le Palestiniens souffriront vraisemblablement davantage de ses effets" Pourquoi ? Parce que l'Autorité palestinienne multiplie les gabegies et se désintéresse de la pollution des nappes phréatiques ? Vous n'y êtes pas. "Israël restreint l'accès à l'eau des Palestiniens" au profit des habitants des agglomérations, dont Carmel, de Judée et de Samarie. Comme ce n'était pas suffisant, l'ISM allègue ainsi que l'Armée israélienne détruirait des oliviers.

« Extinction Rebellion. Désobéissance civile ou écoterrorisme ? »
« Dans la lutte contre le réchauffement climatique, Extinction Rebellion (XR) est le dernier mouvement de désobéissance civile à avoir vu le jour. Aux manifestations classiques, ses militants préfèrent les actions coups de poing pour pousser les politiques à agir contre la hausse des températures. Qui sont les cerveaux de XR et jusqu’où sont-ils prêts à aller ? »

« Les militants n’hésitent pas à se faire arrêter. XR est considéré comme un mouvement radical et suscite beaucoup plus de critiques que, par exemple, Fridays for Future. Certains vont jusqu'à parler de "secte apocalyptique".

Metropolis
« Gros plan sur les nouveaux modes d'action des militants d'Extinction Rebellion ». « Depuis que ces militants radicaux ont bloqué la circulation dans les villes européennes, ils sont considérés comme les alliés substantiels du mouvement Fridays for Future. Leurs actions n’en restent pas moins controversées. "Metropolis" s’entretient avec Carola Rackete, Michael Timmermann et Harald Welzer. »

« Extinction Rebellion déchire la famille Johnson »
Arte diffuse sur son site Internet, dans le cadre de « 28 minutes », « Extinction Rebellion déchire la famille Johnson ». « Chez la famille Johnson, s’il y a un sujet à ne pas aborder lors des repas de famille, c’est le mouvement “Extinction Rebellion”. Alors que le père défend l’action de ces jeunes militants écologistes, son fils, le Premier ministre britannique Boris Johson, les considère comme des “bivouaqueurs qui sentent le chanvre”. »


Allemagne, 2019, 33 min
Sur Arte le 20 janvier 2020 à 13 h
Disponible du 19/01/2020 au 18/04/2020

« Brest Extinction Rebellion  / Ersan Mondtag / Tim Walker / Karin Sander »
Allemagne, 2019, 44 min
Disponible sur Arte du 10/11/2019 au 07/02/2020

France, 2019, 4 min
Disponible du 12/10/2019 au 12/10/2020

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur les films sont d'Arte.

samedi 18 janvier 2020

« 1944 : il faut bombarder Auschwitz » par Mark Hayhurst


Arte diffusera le 21 janvier 2020 « 1944 : il faut bombarder Auschwitz » (1944: Bomben auf Auschwitz?1944: Should We Bomb Auschwitz?) par Mark Hayhurst. « Au printemps 1944, le témoignage de deux évadés juifs sur l’extermination en cours à Auschwitz parvient aux Alliés. Ce film retrace la trajectoire du document et les débats, persistants, suscités par le projet de bombardement du camp. »

« Le 10 avril 1944, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler réussissent à s'échapper du camp d'Auschwitz-Birkenau ».

« Parvenus à Zilina, en Slovaquie, ils entrent en contact avec les responsables du Conseil juif et, interrogés séparément, décrivent avec une abondance de détails la machine d'extermination nazie ».

« Leurs témoignages sont consignés dans le "rapport Vrba-Wetzler" ou "protocole d'Auschwitz".

« Par la diffusion de ce document, les deux hommes espèrent empêcher l'anéantissement, imminent, de 800 000 membres de la communauté juive de Hongrie ».

« Après avoir transité par le rabbin Michael Weissmandl, qui y a joint un appel à bombarder le camp, le rapport parvient en Suisse à Roswell McClelland, le représentant du War Refugee Board, un organisme créé par Roosevelt ». 


« Celui-ci transmet en urgence à Washington une version résumée, à laquelle auront accès les leaders des principales organisations juives, mais aussi Winston Churchill et son ministre des Affaires étrangères, Anthony Eden ».

« Alors que tous deux sont favorables au bombardement, des doutes sur la faisabilité technique d'une telle opération émergent ».

« En cette phase cruciale du conflit, les Alliés, qui viennent de débarquer en Normandie, choisissent finalement de concentrer leurs forces sur le champ de bataille ».

« Il faudra attendre le 27 janvier 1945 pour que les troupes soviétiques libèrent le camp, où 1,1 million de déportés ont été exterminés ».

« Entre le 15 mai et le 9 juillet 1944, plus de 5 000 juifs hongrois en moyenne ont péri quotidiennement dans les chambres à gaz ».

« Fallait-il bombarder Auschwitz, au risque de sacrifier les survivants ? »

« Croisant reconstitutions, archives et éclairages d’historiens et de rescapés hongrois, ce documentaire suit la trajectoire tortueuse du rapport Vrba-Wetzler, premier témoignage de l’intérieur de l’indicible horreur du génocide, et retrace les tractations qu'il a engendrées, sur fond de dilemme moral, de stratégie militaire et d’antisémitisme larvé ».
"• April 1944: The harrowing testimony of Rudolf Vrba and Alfred Wetzler, Jewish prisoners who escaped the Auschwitz-Birkenau concentration camp, was turned into a detailed report known as The Auschwitz Protocol.
May 1944: The Auschwitz Protocol reached Rabbi Michael Weissmandl, who secretly worked for the Jewish Underground in Slovakia. Weissmandl sent the protocol to Roswell McClelland at the War Refugee Board in neutral Switzerland with a plea for help and a demand for Allied air forces to bomb Auschwitz. Later, McClelland sent a cable containing a summary of the protocol and the plea to bomb the camp to the headquarters of the War Refugee Board in Washington, D.C.
June 29, 1944: War Refugee Board director John Pehle passed the recommendations to bomb Auschwitz to John McCloy, Assistant Secretary of War, who was not inclined to divert resources from the war to stop the mass murder happening at the camp.
July 6, 1941: Jewish Agency representatives Chaim Weizmann and Moshe Shertok met with Foreign Secretary Anthony Eden in London, where he was presented with The Auschwitz Protocol and a memo from U.K. Prime Minister Winston Churchill urging the bombing of Auschwitz. Eden then summoned Head of Air Ministry Sir Archibald Sinclair to discuss the feasibility of a raid.
September 13, 1944: Allied forces accidentally bombed Auschwitz, killing 40 prisoners and 15 SS troops, while attempting to bomb a nearby IG Farben factory.
Early November 1944: John Pehle received the complete The Auschwitz Protocol and shared the report with John McCloy who informed him that bombing Auschwitz was not “feasible from a military standpoint.” Failing to get the War Department involved, Pehle leaked The Auschwitz Protocol to newspapers.
November 1944: With the tide of the war turning, the Nazis began dismantling the gas chambers at Auschwitz in an effort to destroy evidence of their crimes – and accelerated their efforts with the new media attention.
December 3, 1944: The Washington Post published an editorial on the atrocities titled “Genocide,” marking the first time the word appeared in a national newspaper.
January 27, 1945: Nine months after Rudolf Vrba and Alfred Wetzler gave their testimony to the Jewish Underground, Auschwitz was liberated by the Soviet Army."


« 1944 : il faut bombarder Auschwitz » par Mark Hayhurst
Allemagne, Oxford Film & Television, 2019, 59 minutes
Avec Daniel Caltagirone (John Pehle), Ashley Cook (Leon Kubowitski), Doron Davidson (Rabbi Weissmandl), Michael Fox (Alfred Wetzler), Ilan Goodman (Benjamin Akzin)
Sur Arte les  21 janvier 2020 à 20 h 50 et 28 janvier 2020 à 0 h 20
Disponible du 20/01/2020 au 19/02/2020
Visuels : © Oxford Films

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Les citations sur le film sont d'Arte.